Types Des Betons & Applications
Types Des Betons & Applications
APPLICATIONS
DES BÉTONS
8.1 Le béton armé
Pourquoi armer le béton ? (1848) et à Monier (1849), qui prit un brevet pour des
caisses horticoles en ciment armé.
Les premières applications du béton armé dans des
Dans la plupart des éléments d’une construction, se
constructions sont dues à Coignet, puis à Henne-
développe un ensemble de contraintes résultant des
bique, qui a réalisé le premier immeuble entièrement
diverses actions auxquelles ils sont soumis. La résis-
en béton armé en 1900.
tance à la compression du béton lui permet d’équili-
brer correctement les contraintes de compression. La quantité d’armatures et leur disposition, dictées
Par contre, du fait de la relative faiblesse de sa résis- par la répartition des contraintes, résultent de calculs
tance à la traction, il n’en est pas de même pour les qui font appel aux lois de comportement des maté-
contraintes de traction. riaux. Il faut enfin souligner que certains ouvrages en
béton ne nécessitent pas d’armatures : c’est le cas
C’est pourquoi l’on dispose dans les parties tendues des bétons de masse, ou d’une grande partie des
d’une pièce de béton, des armatures (barres ou chaussées en béton.
treillis soudés) généralement en acier, matériau qui
présente une bonne résistance à la traction.
Diverses raisons justifient l’emploi des armatures Principes de calcul du béton armé
dans le béton, notamment :
• la reprise des efforts de traction que ne peut assu- Les règlements de calcul sont conçus de façon à
mer le béton ; garantir la sécurité et la pérennité des structures.
D’une part, ils précisent le niveau maximal des
• un moyen de s’opposer à sa fissuration ; actions (voir le paragraphe « Actions et
• la liaison entre éléments ; sollicitations ») pouvant s’exercer sur un ouvrage
pendant sa durée de vie ; d’autre part, ils tentent de
• des raisons de sécurité ; prémunir le concepteur contre les insuffisances de
• plus généralement des dispositions dites « de qualité des matériaux.
bonne construction ». Le premier objectif est atteint par la prescription de
L’idée d’associer au béton des armatures d’acier dis- valeurs caractéristiques ou nominales des actions
posées dans les parties tendues revient à Lambot et, éventuellement, par l’imposition de coefficients
165
1900 : le premier immeuble en béton armé, rue Danton à Paris.
166
actions considérées, par des méthodes de calcul
appropriées faisant généralement appel à la résis-
tance des matériaux ou à des études de modélisation.
Décomposition en sollicitations
élémentaires Notations
(conformément aux règles BAEL 1991)
Pour la compréhension des calculs, il est intéressant h : hauteur totale de la section ;
de considérer successivement les différentes natu-
res de sollicitations indépendamment les unes des y : distance de la fibre neutre ;
autres, bien que, dans la réalité, on ait, la plupart du εbc : raccourcissement relatif du béton comprimé ;
temps, affaire à une combinaison de celles-ci. εst : allongement relatif de l’acier tendu ;
z : bras de levier du couple de flexion.
■ Efforts normaux L’équilibre de la résultante des forces de traction et
de celle des forces de compresion dans chaque
Compression simple section se traduit par l’égalité :
Lorsqu’un poteau n’est soumis, en plus de son poids Nbc x z = Nst x z = Mf.
propre, qu’à une charge F appliquée au centre de Nbc : résultante des efforts de compression ;
gravité de sa section, il est dit sollicité en compres-
sion simple. Il convient de remarquer que ce cas Nst : résultante des efforts de traction (repris par
théorique n’est pratiquement jamais réalisé, la force l’acier) ;
F résultante étant généralement excentrée par rap- Mf : moment fléchissant dans la section considérée.
port à l’axe du poteau ; il existe aussi des efforts hori-
zontaux qui provoquent un moment fléchissant. ■ Effort tranchant
Traction simple
L’effort dit tranchant entraîne, pour une poutre homo-
Ce cas limité (suspentes, tirants) nécessite évidem- gène, une fissuration qui se développe à environ
ment une armature longitudinale pour reprendre cet 45° par rapport à la ligne moyenne de la poutre.
effort que le béton ne serait pas à même de supporter.
■ Flexion
167
■ Pièces fléchies hyperstatiques
168
Les aciers d’armature Les spécifications concernant les barres sont
détaillées dans les normes AFNOR NF A 35-015
(barres lisses), NF A 35-016 (barres à haute adhé-
■ Diagramme déformation/contrainte rence) et NFA 35-022 (treillis soudés).
Un acier soumis à une contrainte de traction crois- Les barres à haute adhérence comportent des
sante s’allonge de façon linéaire jusqu’à un point E reliefs ou nervures qui favorisent l’ancrage de la
correspondant à sa limite élastique. barre sur le béton ; les reliefs définis par la norme
comme paramètres de forme sont répartis en trois
Au-delà, la déformation non réversible présente une classes.
courbe du type ductile (selon le traitement de l’acier).
Les aciers utilisés comme armatures sont désignés Les aciers sont livrés en barres de 12 m et 15 m
par : dans les diamètres 6, 8, 10, 12, 14, 16, 20, 25, 32,
• leur limite élastique conventionnelle E en MPa ; 40 millimètres.
• leur nuance (doux, mi-dur, dur) ;
• leur forme (lisse, haute adhérence).
Exemple : un acier HA FeE 400 désigne un acier
haute adhérence de limite élastique 400 MPa.
Les nuances les plus courantes utilisées pour le
béton armé sont les suivantes :
169
Château d’eau, poutres rayonnantes :
des exemples de durée ou de beauté des formes.
170
171
Le béton
Une protection efficace des armatures nécessite à la
fois un béton dont la porosité est aussi faible que
possible (impliquant notamment un dosage mini-
mum en ciment de 350 kg/m3) et un enrobage de
1 à 5 cm selon l’agressivité de l’environnement.
Des dispositions complémentaires sont indiquées
dans les règles BAEL 91 notamment pour les dispo-
sitions d’armatures groupées.
La liaison béton-acier
Adhérence
La résistance d’un élément en béton armé suppose
que l’acier ne puisse pas glisser à l’intérieur du
béton, c’est-à-dire qu’il y ait adhérence entre les
deux matériaux.
L’adhérence des armatures est fonction de leur
forme, de leur surface (les nervures améliorent l’ad-
hérence), de la rugosité de l’acier, de la résistance
du béton.
Pour les treillis soudés, l’ancrage est également
assuré par les barres transversales au sens de l’ef-
fort axial.
Des formules appropriées permettent le calcul
d’adhérence d’une barre en partie courante et au
niveau des différents types d’ancrage, dont le plus
habituel est obtenu par courbure de la barre (ou
crochet) (règles BAEL 91).
Diverses dispositions d’ancrage des barres Recouvrements
Pour assurer la continuité d’adhérence au niveau de
la jonction de deux barres, les prescriptions pré-
Ancrages rectilignes.
voient leur recouvrement sur une certaine longueur
et, éventuellement, l’exécution de crochets à leurs
extrémités.
Ancrages courbes.
172
Dispositions des armatures
dans les cas usuels
■ Poteaux en compression centrée
ou faiblement excentrée
Les efforts de traction maximum en partie basse Le moment de flexion croissant des appuis jusqu’au
sont entièrement repris par les aciers longitudinaux milieu de la portée, on aura intérêt à prévoir plu-
qu’on aura intérêt à placer le plus bas possible, tout sieurs nappes superposées d’armatures de lon-
en gardant un enrobage suffisant pour assurer leur gueur décroissante, afin que les sollicitations soient
protection. équilibrées, quelle que soit la section considérée.
Les armatures longitudinales en partie haute – des- Indépendamment des armatures destinées à
tinées à faciliter la mise en place des armatures reprendre certains efforts particuliers et qui résultent
transversales dont la fonction est la reprise de l’effort des calculs de résistance à l’état limite ultime, un mur
tranchant – peuvent être conçues pour reprendre doit comporter des armatures minimales, dites de
une partie des efforts de compression. comportement, susceptibles de s’opposer aux sollici-
Dans le cas des poutres hyperstatiques (poutres tations d’origine hygrothermique ou aux variations
continues sur plusieurs appuis, encastrement), des dimensionnelles dues au retrait du béton.
efforts de traction se développent localement à la Pour les murs extérieurs, la norme NF P 18-210
partie supérieure de la poutre, ce qui conduit à y pré- (DTU 23.1) prévoit une épaisseur minimale de
voir des armatures longitudinales (chapeaux). 15 cm, avec une armature de peau généralement
constituée par un treillis soudé disposé côté exté-
■ Murs en béton armé rieur du mur (enrobage minimum 3 cm).
Section minimale d’acier :
Les dispositions concernant la détermination et le – pour les fils horizontaux : 1 cm2/m linéaire vertical ;
positionnement des armatures sont décrites, pour – pour les fils verticaux : 0,5 cm2/m linéaire horizontal.
les cas généraux, par la norme NF P 18-210
« Travaux de bâtiment. Murs en béton banché. Maille du treillis inférieure à 25 cm.
Cahier des clauses techniques. (ref DTU 23.1) ». Des dispositions particulières sont prévues pour la
liaison des murs superposés et pour les jonctions
avec les planchers ou les chaînages.
Pour un mur de refend soumis à une charge centrée,
les armatures sont réparties en deux nappes
proches des faces du mur.
173
Exemples de dispositions ■ Semelles de fondation
Panneau de façade d’une maison individuelle charge
< 1 MPa. Les semelles correspondent à l’élargissement à la
base de la section des murs ou des poteaux, de
façon à répartir les charges transmises au sol selon
Mur de refend, bâtiment R + 3.
sa capacité portante.
Treillis soudés 200 × 200, ∅ 6 mm.
Lorsque la semelle est filante sous un mur, des
aciers disposés dans l’axe de celui-ci assurent un
rôle de répartition (chaînage).
174
■ Murs de soutènement
175
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176
8.2 Le béton précontraint
177
Pour une poutre isostatique de hauteur constante et Principes de calcul
dont la ligne moyenne est rectiligne, un câble de du béton précontraint
courbure constante exerce des efforts verticaux
uniformément répartis le long de la poutre p = F qui De même que pour le béton armé, les règlements de
r
calcul du béton précontraint sont conçus de façon à
s’opposent aux charges supportées par la poutre et garantir la sécurité et la pérennité des structures.
à son poids propre. L’équilibre se traduit par la D’une part, ils précisent le niveau maximal des
relation : actions (voir le paragraphe « Actions et
Σ r(x)
F
= 2F × sin α sollicitations ») pouvant s’exercer sur un ouvrage
pendant sa durée de vie ; d’autre part, ils tentent de
prémunir le concepteur contre les insuffisances de
qualité des matériaux.
Le premier objectif est atteint par la prescription de
valeurs caractéristiques ou nominales des actions
et, éventuellement, par l’imposition des coefficients
de sécurité majorateurs frappant les sollicitations
résultant de ces actions. La probabilité d’occurrence
simultanée d’actions indépendantes peut être très
variable selon leur nature. Il est donc nécessaire de
définir les combinaisons d’actions dans lesquelles, à
la valeur caractéristique d’une action dite de base,
s’ajoutent des valeurs caractéristiques minorées
En fait, l’assimilation de l’action de la précontrainte à d’autres actions dites d’accompagnement.
une charge répartie est rarement utilisée dans les
calculs, du fait de la complexité à laquelle conduit Le second est obtenu par l’application de coeffi-
cette analyse. On préfère considérer la précontrain- cients de sécurité minorateurs aux valeurs des résis-
te comme un effort extérieur sollicitant la section de tances caractéristiques des matériaux utilisés. Les
l’élément considéré en flexion composée, et se valeurs de ces coefficients diffèrent selon les prin-
réduisant aux efforts ramenés au centre de gravité : cipes de calcul adoptés.
effort normal, effort tranchant, moment de flexion. La méthode de calcul « aux états-limites » se fonde
En présence de forces extérieures développant des sur une approche semi-probabiliste de la sécurité.
efforts tranchants, l’effort tranchant résultant est la Ce type de calcul permet de dimensionner une
somme algébrique de ces efforts et de ceux engen- structure de manière à offrir une probabilité accep-
drés par la précontrainte. Dans une section quel- table de ne pas atteindre un « état-limite », qui la
conque d’un élément où l’effet de la précontrainte rendrait impropre à sa destination. Cette définition
F x sin α ( s’oppose à celui des forces extérieures V, conduit à considérer plusieurs familles d’états-
l’effort tranchant réduit Vr, est égal à : limites, telles que les états-limites de service, les
états-limites de fissuration, de déformation, les états-
Vr = V – F x sin α limites ultimes de résistance, de renversement, de
Dans la pratique, la tension d’un câble de précon- flambement, les états-limites de fatigue ou les états-
trainte est calculée pour appliquer au béton un effort limites de tenue au feu.
tranchant permettant de compenser les forces exté- Les règles BPEL 91 (Béton Précontraint aux États-
rieures et le poids propre de l’élément, ce qui Limites) sont fondées, comme leur nom l’indique, sur
empêche généralement l’apparition des fissures ces notions.
d’effort tranchant que l’on observe dans certaines
conditions en béton armé (inclinées à 45° sur l’axe
d’une poutre exagérément sollicitée, par exemple).
178
Actions et sollicitations Le coefficient γQ1 vaut généralement 1,5 ; dans les
bâtiments agricoles à faible densité d’occupation
humaine, entre autres, il vaut 1,35.
■ Les actions
Les valeurs des coefficients Ψ sont fixées par les
Elles sont constituées par les forces et les couples textes en vigueur (norme).
résultant des charges appliquées ou des déforma- γp est égal à 1 dans la plupart des cas ; il est pris égal
tions imposées à une construction, ainsi que celles à 1,35 lorsque la précontrainte est à considérer
résultant de la précontrainte. comme une action extérieure. Les combinaisons
On distingue : accidentelles ou celles définissant les sollicitations
de calcul vis-à-vis des états-limites de service sont
• Les actions permanentes dues au poids propre de précisées par le BPEL 91.
la structure et au poids total des équipements fixes.
Les poussées de terre ou la pression d’un liquide Coefficients de sécurité partiels sur les matériaux
(pour les murs de soutènement, les réservoirs, etc.)
sont également comptées comme actions perma- Les valeurs des résistances caractéristiques des
nentes. matériaux sont minorées par un coefficient de sécu-
rité partiel (γm dont la valeur est fonction du degré de
• Les actions de la précontrainte.
certitude avec lequel sont réputées connues ces
• Les actions variables dues aux charges d’exploita- résistances. A l’ELU, on prend γm = 1,50 (sauf déro-
tion, aux charges climatiques, aux charges tempo- gation sur justification) pour le béton et γm = 1,15
raires appliquées en cours d’exécution, aux déforma- pour l’acier.
tions provoquées par les variations de température.
En fonction de la destination des locaux ou des
ouvrages et en l’absence de données résultant des
conditions réelles d’exploitation, les charges rete-
nues pour les calculs sont fixées forfaitairement par
des normes ou des règlements (par exemple, la
norme AFNOR NF P 06-001 pour les charges d’ex-
ploitation des bâtiments).
Les charges dues au vent ou à la neige sont fixées
par les règles Neige et NV selon le site, l’altitude,
l’exposition, l’inclinaison de l’ouvrage.
• Les actions accidentelles dues aux séismes, aux
explosions, à l’incendie sont prises en compte par
des règlements spécifiques (Règles PS pour les
séismes).
■ Les sollicitations
179
Béton précontraint
pour tous les ouvrages d’art
(viaducs, ponts)
ou pour des bâtiments
circulaires, avec
précontrainte annulaire.
180
Mise en œuvre de la précontrainte
La précontrainte peut être appliquée au béton soit
par pré-tension, soit par post-tension des armatures,
selon que celles-ci sont mises en tension avant le
coulage du béton ou après son durcissement.
■ La post-tension
Principe
La précontrainte est réalisée par des armatures
(généralement des câbles ou des torons) mises en
tension lorsque le béton a acquis une résistance suf-
fisante lui permettant de supporter les efforts de
compression auxquels il est alors soumis.
Les armatures, qui doivent pouvoir coulisser libre-
ment dans le béton, sont disposées dans des
conduits et s’appuient sur les extrémités de la pièce
à précontraindre par l’intermédiaire de systèmes
d’ancrage.
Une technique dite de précontrainte extérieure s’est
développée depuis quelques années. Elle consiste à
faire passer les câbles de précontrainte à l’extérieur
de la section de béton. Cette solution présente de
nombreux avantages, notamment l’allégement des
structures par réduction des sections, la facilité de
mise en œuvre et surtout les possibilités de rempla-
cement des câbles endommagés ou de renforce-
ment de structures soumises à des charges accrues.
La mise en tension des câbles est effectuée à l’aide
de vérins, généralement de façon échelonnée dans
le temps (entre 2 et 28 jours) de manière à respec-
ter l’évolution du durcissement du béton et l’applica-
tion des charges.
Le contrôle de la tension est effectué soit par mano-
mètre, soit de manière plus précise par mesure de
l’allongement des câbles. Le calcul de l’allongement
du câble doit tenir compte des différentes causes de
pertes de tension, par frottement, par déformations
instantanée ou différée du béton ou par rentrée des
ancrages. Les règles BPEL 91 fournissent les diffé-
rents coefficients liés à ces pertes de tension. La limite d’élasticité des armatures a une valeur
Après mise en tension des armatures, les conduits conventionnelle définie par la valeur de l’effort
sont remplis avec des coulis de ciment qui doivent FTgpour les torons, et par celle de la contrainte Tg
occuper aussi parfaitement que possible les espa- pour les fils, correspondant au point d’intersection de
ces entre câbles et conduits. La qualité de l’injection la loi de comportement de l’acier avec une droite
est une opération très importante, qui conditionne passant par le point (0,1 %, 0) et ayant une pente de
la protection des armatures, donc leur durabilité. 200 000 MPa.
La valeur de FTg est comprise entre 137 et 155 kN
Les armatures de précontrainte pour les T 13, et entre 196 et 225 kN pour les T 15.
Elles sont composées de torons ou de fils en acier à L’allongement à rupture est d’au moins 3 %.
haute limite élastique (HLE), plus rarement de • Les câbles de précontrainte sont composés de plu-
barres. sieurs torons ou fils. Les câbles les plus couramment
• Les torons comportent en général sept fils de petit utilisés sont les 12 T 13, 12 T 15, 19 T 15 (compor-
diamètre dont six sont disposés en hélice autour tant respectivement 12 et 19 torons). Lorsque de
d’un fil central de diamètre légèrement plus grand. grandes puissances sont nécessaires, on utilise des
Les torons les plus courants ont un diamètre d’envi- câbles 37 T 15 (37 torons).
ron 13 mm et 15 mm. Par abréviation, on les dénom- Les conduits dans lesquels sont disposées les arma-
me torons T 13 et T 15. La réglementation définit les tures sont soit métalliques (à profil ondulé en
résistances garanties à la rupture des fils d’arma- feuillard d’épaisseur comprise entre 0,3 et 0,6 mm
tures d’une part – contrainte de rupture RG compri- ou en tube d’acier laminé soudé de 1,5 à 2 mm
se entre 1 400 et 1 800 MPa –, des torons d’autre d’épaisseur, notamment pour des câbles extérieurs),
part, pour lesquels on considère l’effort de rupture soit en matière plastique (polychlorure de vinyle
exprimé en kilonewtons (kN). PVC ou polyéthylène, de 5 à 6 mm d’épaisseur pour
L’effort garanti de rupture (FRG) d’un toron T 13, de les gros diamètres). Afin de permettre un bon rem-
93 mm 2 de section nominale, varie, selon la classe plissage des conduits, leur section intérieure doit
de l’acier, de 160 à 180 kN ; celui d’un toron T 15, de être 2 à 2,5 fois plus grande que la section des arma-
139 mm2 de section nominale, de 220 à 260 kN. tures qu’il contient.
181
Précontrainte pour des voiles
de longue portée, des paraboloïdes,
des dalles de grande surface,
des poutres et des caissons –
ou des tours de bureaux.
182
Les ancrages de précontrainte
Ils constituent un organe essentiel puisqu’ils permet-
tent d’assurer le maintien de l’effort de précontrainte
dans les armatures après la mise en tension.
Dans la plupart des systèmes de précontrainte, le
blocage des armatures par rapport à l’ancrage est
obtenu par frottement (clavetage dans une pièce
conique).
Les ciments utilisables dans le béton précontraint
par post-tension font l’objet de la norme NF P 15-318
« Ciments à teneur en sulfures limitée pour béton
précontraint ». La norme précise les spécifications
relatives à ces ciments ; le critère de sélection est
essentiellement une teneur en sulfures et en chlo-
rures limitée.
Les ciments retenus sont des CEM I, CEM II, CEM
III/A et B ou CEM V de classe au moins 32,5.
183
Les domaines d’emploi
de la précontrainte
■ La post-tension
■ La pré-tension
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184
8.4 Les produits en béton
fabriqués en usine
La fabrication en usine de produits en béton permet La liberté du choix de l’implantation des poteaux, de
de rationaliser la production, d’apporter la qualité la portée des poutres, des décrochements de
d’une fabrication industrielle et de réaliser une façades séduit les concepteurs de bâtiments indus-
importante économie de main-d’œuvre sur le chan- triels, commerciaux ou scolaires.
tier. La gamme des éléments élaborés en usine est
très diverse, depuis l’élément standardisé comme le
bloc jusqu’à l’élément de structure ou le panneau de
façade multifonctions.
Ces produits présentent plusieurs avantages, dont la
disponibilité sur catalogue et leurs possibilités d’as-
semblage.
193
Une autre technique, employée pour les bâtiments précontraint qui permettent de créer des toitures en
industriels et agricoles, consiste en une structure pente. Les portées entre poteaux peuvent atteindre
constituée de portiques ou de fermes en béton 10 à 35 mètres.
Panneaux sandwiches
à voile extérieur librement dilatable.
L’isolation est incorporée.
194
Une autre variété de cette famille est constituée par tant une résistance mécanique suffisante pour leur
les panneaux de type coque en fibres-ciment ou en conférer un caractère porteur.
béton de fibres de verre utilisés en habillage décora- • Les blocs à isolation intégrée : le caractère isolant
tif. Ces panneaux, légers et de formes variées, sont est apporté par un isolant rigide (polystyrène expan-
très utilisés en neuf ou en réhabilitation. sé, mousse de polyuréthane) qui relie deux blocs
Le parement constitue pour l’ensemble des pan- dont l’un assure la fonction porteuse.
neaux de façade un élément important où le béton
peut exprimer ses possibilités architecturales. Les blocs à bancher
La teinte et l’aspect, mis en valeur par les traite- Ils comportent un ou deux alvéoles verticaux de
ments de surface et le choix des granulats, offrent de grandes dimensions, destinés à être emplis de béton
vastes possibilités au concepteur. La recherche après le montage de la maçonnerie sur une hauteur
décorative et esthétique est parfois la seule fonction correspondant à un étage.
de ce type de panneaux, dits architectoniques, qui Le coffrage est, en quelque sorte, assuré par les
constituent, à l’heure actuelle, un secteur important parois des blocs. Des armatures peuvent être dispo-
de la préfabrication de façades. sées dans les alvéoles pour augmenter la résistan-
Les traitements de surface variés (sablé, désactivé, ce, permettant ainsi la réalisation de plusieurs
acidé, poli…) sont beaucoup plus simples à réaliser niveaux porteurs en murs extérieurs ou en refends.
en usine que sur chantier. Il faut enfin souligner que L’emploi d’un béton allégé ou d’un isolant permet
certains types de panneaux peuvent être démontés d’assurer partiellement ou en totalité l’isolation ther-
pour réemploi. mique du mur.
195
Les dalles alvéolées
Bien que connues depuis plus de vingt-cinq ans, les
dalles alvéolées ne se développent en France que
depuis peu de temps.
Les principaux avantages de ce procédé sont la rapi-
dité de mise en œuvre (suppression d’étaiement), la
possibilité d’utilisation immédiate du plancher et le
gain de poids (la dalle de 32 cm d’épaisseur pèse
360 à 400 kg/m 2 selon les modèles et permet une
portée de 15 à 17 mètres).
Les dalles en béton précontraint par fils adhérents
présentent des alvéoles longitudinaux de nombre et
de section déterminés par le choix de la filière d’ex-
trusion. Les dalles actuellement fabriquées ont une
largeur de 1,20 m, une épaisseur de 16 à 40 cm, et
une longueur pouvant atteindre 15 mètres.
Les dalles alvéolées sont utilisables pour tous types
de bâtiments, et plus spécialement pour la réalisa-
tion de planchers de longues portées, permettant
d’obtenir des plateaux libres de grande surface : bâti-
ments industriels, locaux scolaires, bureaux, locaux
commerciaux, parkings, bâtiments sportifs. Les
dalles alvéolées sont également très utilisées pour
Mise en place de dalles alvéolées. les planchers dont l’étaiement est difficilement réali-
sable.
196
Les produits en béton fabriqués en usine, bien que standardisés,
se prêtent également aux formes compliquées.
197
Autres éléments
■ Les éléments de voirie et de mobilier
urbain
198
8.7 Le béton
dans les routes
L’intérêt du béton dans les routes des colorants et des traitements de surface qui
offrent de nombreuses possibilités décoratives ;
Un intérêt croissant pour les routes en béton se • le béton est un matériau simple à réaliser et à
développe dans le monde entier, tant pour la réali- mettre en œuvre.
sation des grands axes routiers et autoroutiers que
pour les voiries urbaines ou pour des applications Définitions
plus modestes, mais très nombreuses, telles que les
routes secondaires et la voirie rurale, forestière ou
de lotissement. ■ Le trafic
Les raisons principales de ce développement sont
dues à la satisfaction qu’elles apportent aux usagers Il est déterminé en fonction du nombre de poids
comme aux responsables des réseaux : lourds par jour :
• la chaussée en béton apporte à l’usager un niveau
de service élevé, associé à un niveau de sécurité
remarquable : adhérence par tous temps, absence
d’orniérage, visibilité due à une bonne réflexion de la
lumière ;
• le bilan économique à long terme est très favorable
du fait de la longévité de la chaussée béton et de son
entretien réduit ;
• le béton apporte aux chaussées ses perfor-
mances, notamment sa durabilité (résistance à la
chaleur, au froid et au gel), et sa solidité (résistance
aux charges, à l’érosion et aux agressions chi- Le dimensionnement d’une chaussée tient compte
miques) ; de la classe de trafic initiale et de la durée de servi-
• le béton permet de réaliser des chaussées inté- ce prévue, conduisant à considérer le trafic cumulé
grées à l’environnement en employant des granulats, sur cette période.
211
■ La portance du sol Le rôle d’une chaussée est de reporter sur le sol
support, en les répartissant convenablement, les
Les sols sont classés en cinq classes de p0 à p5, efforts dus au trafic. La chaussée doit avoir une
caractérisant la capacité du sol à résister aux épaisseur telle que la pression verticale transmise
charges appliquées (voir le chapitre 8.8). au sol soit suffisamment faible, afin que celui-ci puis-
se la supporter sans dégradation.
Comme la pression décroît régulièrement en profon-
deur, on peut constituer une chaussée par la super-
position de couches de caractéristiques mécaniques
croissantes à partir du sol. En général, on rencontre
successivement.
La couche de fondation
La construction de cette couche ne pose pas de pro-
blème particulier ; la plupart des matériaux convien-
nent.
La couche de base
La construction de cette couche doit faire l’objet
d’une attention toute spéciale : le matériau utilisé doit
pouvoir résister aux contraintes résultant du
trafic.
Le rôle et la structure
de la chaussée béton
La couche de surface (ou de roulement)
Le poids du véhicule est transmis au sol, sous forme Elle doit notamment résister aux efforts tangentiels
de pressions, par l’intermédiaire des pneumatiques. des pneumatiques et s’opposer à la pénétration de
Ces pressions, voisines de la pression de gonflage l’eau.
des pneumatiques, sont relativement importantes : L’ensemble de ces trois couches constitue l’assise
6 à 7 kg/cm 2. de la chaussée.
D’une manière générale, les sols ne peuvent sup- L’avantage apporté par la chaussée béton est le
porter sans dommage de telles pressions ; il se remplacement des couches de base, de surface et,
forme alors des ornières. éventuellement, de fondation, par une dalle monoli-
thique qui remplit leurs fonctions ; c’est le principe de
la chaussée rigide.
212
■ Le béton pervibré
C’est un béton réalisé avec du ciment et des granu-
lats usuels, dosé de 300 à 350 kg de ciment par m3
de béton. La mise en œuvre se fait avec vibration
soit à l’aiguille vibrante soit avec des machines plus
élaborées allant de la poutre vibrante au finisseur ou
encore des machines à coffrage glissant.
■ Le béton fluide
Le béton fluide est un béton routier de composition
classique auquel est incorporé un fluidifiant qui faci-
lite sa mise en œuvre sans réduire sa résistance. La
fluidification du béton augmente considérablement
sa maniabilité, mesurée par l’affaissement au cône
qui passe par exemple de 5 cm à 20 cm.
■ Le béton compacté
C’est un mélange de grave, de sable, de liant, d’eau
et éventuellement d’adjuvants, ayant des caractéris-
tiques bien définies et dans des proportions don-
nées. La granulométrie est particulièrement étudiée Chaussée épaisse en dalles courtes non armées.
pour assurer une stabilité naturelle et permettre une
ouverture à la circulation quasi immédiate, après
compactage et couche de protection.
Parmi les nombreux types de béton utilisés dans les
techniques routières, on peut citer outre les bétons
usuels mentionnées ci-dessus.
■ Le béton poreux
Le béton poreux est un béton hydraulique qui se
caractérise par une porosité ouverte très importante
avec des canaux de forte section. Cette porosité se
situe entre 15 et 30 %. Elle est obtenue en suppri-
mant les gravillons intermédiaires et/ou en diminuant
la quantité de sable. Ces bétons sont intéressants
pour leurs qualités drainantes, d’adhérence, et l’af-
faiblissement du bruit de roulement.
■ Le béton de sable
C’est un matériau fabriqué en centrale et destiné à
être utilisé en assises de chaussées. Il est constitué
d’un mélange de sable, de ciment, d’eau, d’adju-
vants et éventuellement d’un correcteur granulomé-
trique.
■ Le béton de fibres Béton armé continu : armatures en fer rond ou en ruban cranté.
213
La voirie à faible trafic ■ L’assainissement
Une voie est dite « à faible trafic » lorsque le nombre Le projet d’une route à faible trafic en béton doit être
de véhicules qui y circulent est inférieur à l’équiva- conçu en fonction de la spécificité du matériau qui
lent de 150 poids lourds (essieux-types de 13 t) par est le béton de ciment.
jour, soit environ 1 500 véhicules par jour, tous En effet, par sa forte résistance aux diverses sollici-
modèles confondus. tations extérieures, en particulier à l’érosion, il per-
La route à faible trafic en béton est constituée soit met une grande variété de profils (en travers et en
d’un revêtement en béton de ciment (pervibré ou flui- long) car la chaussée elle-même peut être utilisée
de), qui sert de couche de roulement, soit d’une pour assurer le ruissellement des eaux (profil à
couche de base en béton sec compacté revêtue d’un écoulement central ou latéral, profil en toit).
enduit superficiel.
Les caractéristiques mécaniques du béton de ciment EXEMPLES DE PROFILS EN TRAVERS
(grande rigidité, forte résistance vis-à-vis de diverses
sollicitations, etc.) permettent d’apporter des simpli-
fications substantielles au niveau de la conception
de la structure, du profil en travers et du profil en
long – et, par suite, des économies notables sur l’in-
vestissement.
D’une manière générale, la réalisation d’une route
dans de bonnes conditions et son bon fonctionne-
ment dans le temps nécessitent de respecter, dans
sa conception, certaines règles fondamentales tou-
chant à l’infrastructure, à l’assainissement, au drai-
nage, aux joints et aux matériaux constituant la
chaussée.
■ L’infrastructure
EXEMPLES D’EMPRISES
CHAUSSÉE CLASSIQUE
214
■ Le drainage ■ La réalisation de la chaussée
Le plus souvent, la chaussée en béton ne nécessite Les différentes phases de réalisation de la chaussée
pas de dispositif de drainage particulier. sont les suivantes :
Cependant, pour les sols à teneur en eau élevée ou • les travaux préparatoires ;
susceptibles de présenter des accumulations d’eau, • les terrassements incluant notamment les traite-
il y a lieu de prévoir un drainage efficace, facteur ments de sols au ciment ou à la chaux ;
essentiel de durabilité de la chaussée, notamment
en matière de résistance aux cycles gel-dégel. • la mise en œuvre du béton, effectuée selon l’une
des trois techniques :
– le béton est pervibré soit à l’aiguille vibrante, soit
■ Les joints avec du matériel permettant l’exécution de l’en-
semble des opérations de mise en place du béton,
La réalisation correcte de joints destinés à localiser de vibration et de lissage (vibro-finisseur, machine à
la fissuration est une condition essentielle de la coffrage glissant) ;
durabilité de la chaussée. On distingue les joints
transversaux et les joints longitudinaux. – le béton fluide, comportant un superplastifiant, se
met en place de lui-même, sans vibration ni com-
Les joints transversaux sont destinés à réduire les pactage, entre coffrages réglés ;
sollicitations dues au retrait ou au gradient ther-
mique (joints de retrait), à compenser les variations – le béton est compacté avec un compacteur vibrant
dimensionnelles d’origine thermique (joints de dilata- en une ou deux couches selon l’épaisseur à réaliser.
tion) ou à marquer un arrêt de bétonnage (joints de
construction).
Les joints longitudinaux, servent à compenser
essentiellement les contraintes dues au gradient
thermique, sont donc des joints de retrait.
215
Les finitions ■ Le béton désactivé
Les joints sont exécutés, soit aussitôt après mise en
œuvre du béton par incorporation dans le béton frais Cette technique consiste à éliminer le mortier super-
d’un profilé en plastique, soit dans le béton durci par ficiel du revêtement en béton de façon à faire appa-
sciage avec une machine à disque diamanté. raître les granulats et à conférer à la surface des
caractéristiques particulières d’adhérence et/ou
Les traitements de surface du béton permettent de d’aspect.
créer une texture donnant une bonne adhérence sur
revêtement sec ou mouillé, et un aspect esthétique
qui peut être agrémenté par des colorations variées. ■ Le béton bouchardé
Les traitements usuels sont le brossage, le striage,
La surface du béton durci est attaquée avec un mar-
ainsi que le dénudage des granulats mécanique-
teau spécial « boucharde ».
ment ou par voie chimique.
La cure du béton frais permet d’éviter la dessiccation
du béton sous l’effet du vent ou de la chaleur. ■ Le béton imprimé
Elle est généralement réalisée par pulvérisation d’un Des matrices ou des moules spéciaux sont utilisés
produit de cure ou, plus simplement, par protection pour créer des dessins ou motifs à la surface d’un
par un film de polyéthylène ou par arrosage. béton frais.
216
hauteur, est réalisée par des goujons en acier d’en-
viron 60 cm de longueur, de diamètre 20 à 30 mm,
espacés d’environ 30 cm.
L’épaisseur
L’épaisseur de la dalle, variable selon le trafic et la
durée de service, est généralement comprise entre
20 et 28 cm.
Dans certains cas, la couche de roulement et la fon-
dation sont réunies en une seule couche de béton
qui constitue la « dalle épaisse ». Elle peut atteindre
30 à 40 cm.
217
• La mise en œuvre du béton peut se faire de deux ■ Le béton de ciment mince collé
façons : « BCMC »
– BAC monocouche : un béton homogène est dis-
posé sur toute l’épaisseur de la dalle avec une Le BCMC est une technique d’entretien superficiel
machine à coffrage glissant ; des structures bitumineuses. Il s’agit d’une technique
– BAC bicouche monobloc : deux couches de béton récente en France inspirée de celle développée par
sont disposées en une seule opération ; elles se dif- les Américains ces dix dernières années.
férencient essentiellement par la nature des granu- Elle consiste à fraiser ou à raboter la structure bitu-
lats : durs et de très bonne qualité en partie supé- mineuse dégradée sur une épaisseur adéquate et à
rieure pour assurer l’adhérence et le polissage, plus mettre en œuvre, après nettoyage de la surface, une
ordinaires et moins onéreux pour la couche inférieu- couche mince de béton de ciment (6 à 10 cm) qui
re (granulats généralement locaux). adhère parfaitement à la couche bitumineuse rési-
duelle sous-jacente.
■ Les applications du béton dans
les chaussées à moyen et fort trafic ■ Les équipements de la route
Le béton, aussi bien en dalles courtes qu’en BAC, De nombreux ouvrages en béton viennent compléter
est utilisé pour la construction d’autoroutes ou de une route ajoutant des éléments de sécurité, de
routes à fort trafic, ou pour le renforcement et la confort ou d’apport à l’environnement : séparateurs
réfection d’ancienne chaussées. en béton, caniveaux, dispositifs de drainage et d’as-
Le BAC se développe en particulier : sainissement des eaux polluées, passages pour ani-
maux.
• en renforcement de chaussées anciennes à deux
voies ou trois voies avec ou sans élargissement ;
Pour consulter
• en réfection de voie lente d’anciennes chaussées
avec ou sans conservation de la fondation en grave le chapitre suivant,
traitée existante. cliquer ici.
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218
8.9 Les ponts en béton
Pont de l’Iroise.
C’est dans le domaine des ponts, ouvrages d’art par A ces structures fondamentales dont le principe de
excellence, que les ingénieurs et architectes ont fonctionnement est simple, il faut ajouter les struc-
appliqué leurs connaissances avec la plus grande tures mixtes ou composées :
créativité, en développant des techniques auda- – le BOW-STRING ou arc sous-tendu
cieuses, originales, qui ont permis la réalisation
d'ouvrages exceptionnels par leurs portées, leurs – le pont suspendu raidi par haubanage
hauteurs ou leurs procédés de construction. C'est – le pont à HAUBANS
aussi dans ce domaine que les architectes et les Pour un ouvrage donné, le choix d’un type de struc-
ingénieurs ont pu le mieux exprimer leurs complé- ture est lié à de nombreuses contraintes dont les
mentarités. plus évidentes sont souvent la recherche esthétique
Au fil des années, les progrès des matériaux et d'intégration dans un site et les portées possibles
notamment le béton armé et le béton précontraint, entre deux appuis.
l'évolution des exigences et des moyens de calcul, Les trois structures fondamentales Structures composées
les nouvelles méthodes de mise en œuvre ont
apporté des changements profonds auxquels les
constructeurs français ont largement contribué. poutre
bow-string
Le pont, ouvrage de franchissement
arcs
Pour un pont, il existe trois structures fondamen-
tales :
– la POUTRE, structure à réactions sur appuis ver- pont suspendu raidi par
ticales, haubanage
223
appareil d'appui
TABLIER
remblai
chevêtre fondation
colonne
appui d'extrémité (pile - culée ) APPUIS
semelle
224
Une exigence constante de bétons ■ Ponts en arc en béton armé
de qualité appuyée sur un plan Les arcs sont, avec les ponts à béquilles, les struc-
d'assurance qualité tures les mieux adaptées au franchissement de val-
lées encaissées ou de gorges profondes. L’arc,
Généralement, la composition des bétons est justi- poutre courbe à réactions d’appuis obliques, à fibre
fiée par vérification de la résistance en 2 étapes : moyenne circulaire ou parabolique, ne peut être
une épreuve d'étude et une épreuve de convenance. envisagé que sur un sol de fondation de bonne résis-
Pour la formulation des bétons, outre les exigences tance (rocher sain). Il porte un tablier qui peut être
mécaniques et esthétiques, deux aspects importants placé au-dessus de l’arc (pont en arc à tablier supé-
sont pris en compte : rieur) ou au-dessous (pont en arc à tablier suspendu
ou intermédiaire).
– l'adaptation de la maniabilité du béton frais aux
conditions et moyens de mise en œuvre, L’arc proprement dit peut être :
– le respect des exigences et recommandations du – un caisson mono ou multicellulaire pour les
Laboratoire Central des Ponts et Chaussées en grandes ouvertures
matière de prévention du risque d'alcali-réaction. – des poutres pleines entretoisées pour les ouver-
Dans certains cas, la variation des conditions clima- tures moyennes.
tiques au cours des travaux peut justifier de plu- – une dalle à nervures latérales pour les faibles
sieurs formulations de béton pour un même ouvrage, ouvertures.
par exemple bétonnage par temps chaud, bétonna- Le tablier peut être une dalle armée ou précontrainte
ge par temps froid. avec ou sans nervures, une structure mixte, un tablier
à poutres précontraintes ou une poutre caisson.
Les différents types de ponts
■ Ponts à poutres
Les poutres en béton armé ou en béton précontraint
peuvent être préfabriquées. Elles sont rendues soli-
daires d'une dalle de béton armé qui assure la répar-
tition transversale des sollicitations.
■ Ponts dalles
Réalisés sur le chantier, les tabliers de ponts dalles
sont en béton armé ou en béton précontraint.
Généralement de faible épaisseur, les dalles don-
nent aux franchissements un aspect harmonieux
très élancé pour des portées importantes.
Viaduc du Crozet (A 51).
225
■ Ponts en béton précontraint construits
en encorbellement
L’encorbellement consiste à construire le tablier de
pont par tronçons à partir des piles. Les tronçons
successifs sont exécutés symétriquement de part et
d'autres de la pile. Ils peuvent être coulés en place
dans des coffrages portés par des équipages
mobiles ou préfabriqués par voussoirs. Ils sont
assemblés par des câbles de précontrainte.
Pour des portées supérieures à 70 m, on a recours
à un tablier de hauteur variable plus délicat à
construire mais, plus économique et plus esthétique.
Il peut être encastré sur les piles (encastrement
total) ou simplement posé sur une file d’appareils
d’appui (appuis simples).
Transversalement le tablier est souvent un caisson
unicellulaire, le hourdis supérieur débordant en
console de part et d’autre peut être raidi par des ner-
vures transversales éventuellement précontraintes
ou par des bracons. Il est possible d’atteindre des
largeurs de l’ordre de 30 m.
226
■ Ponts à haubans
Le principe de ce type d’ouvrage est ancien, mais il
a eu beaucoup de difficultés pour sortir du domaine
marginal. Albert CAQUOT en 1950 à Pierrelatte,
Jean MULLER en 1975 au pont de Brotonne ont
contribué au développement de cette technique qui
a abouti avec Michel VIRLOGEUX à la réalisation du
pont de la Normandie dont la portée entre pylônes
est de 856 m.
En quelques années, le domaine d’emploi des ponts
à haubans s’est largement étendu pour des raisons
esthétiques de bonne intégration à des sites sen-
sibles. C’est une technique qui donne une très gran-
de liberté de conception architecturale.
Pont de Normandie.
Pont de l’Iroise.
227
■ Ponts suspendus ■ Ponts à béquilles
Cette technique a été quelque peu supplantée par Bien adaptés aux vallées encaissées et aux grandes
celle des ponts à haubans et semble limitée aux très portées, cette variante d’ouvrages en arc, permet
grandes brèches à franchir d’une seule portée. Il d’éviter les lignes verticales des pylônes de ponts à
existe toutefois en France un patrimoine de quelque câbles qui peuvent s’avérer inesthétiques dans cer-
deux cents ponts de ce type, dont la plus grande par- tains sites. Tablier et béquilles sont souvent exécutés
tie est équipée de tabliers à structures métalliques en béton précontraint.
relativement flexibles.
Pour les ouvrages importants de Tancarville et de
Bordeaux (Pont d’Aquitaine), une dalle mince en
béton armé solidaire d’une tôle en acier au moyen
de connecteurs a permis d’associer le platelage à la
structure du tablier pour en améliorer la rigidité.
Dans une conception plus récente adoptée pour le
Viaduc de Chavanon, trois raisons fondamentales
ont nécessité l’exécution d’un tablier à grande rigidi-
té propre de torsion :
– le choix pour des raisons esthétiques d’une sus-
pension axiale,
– une grande largeur de tablier : 22 m,
– absence de connexion entre les pylônes et le
tablier qui file sur 360 m entre les culées sur les-
quelles il est encastré vis à vis de la torsion. Pont sur la Truyère.
Le niveau de rigidité requis est obtenu par la solida-
risation d’une dalle-hourdis en béton B40 de 0,22 m
d’épaisseur et de 22 m de largeur précontrainte
transversalement et d’un caisson métallique central
de 9 m de largeur en fibre supérieure, complété par
des bracons supportant les très larges encorbelle-
ments du hourdis béton (encorbellement de 6,50 m).
Viaduc du Chavanon.
228
Préfabrication d’ouvrages d’art d’un hourdis en béton armé coulé en place de
25 cm d’épaisseur pour constituer le tablier. La conti-
La préfabrication est une méthode de construction nuité d’une travée à l’autre peut être assurée par une
traditionnelle des ouvrages d’art. En la matière, il y a entretoise en béton armé, ce qui permet de réduire
lieu de distinguer trois échelles très différentes de la le nombre de pièces d’appui et de concevoir des
notion de préfabrication : appuis de faible largeur.
– l'échelle de la préfabrication transportable par voie Fréquemment, la préfabrication sur le chantier de
routière qui correspond à la fabrication de pièces pièces de grandes dimensions, les voussoirs, per-
dont la masse est limitée à 25 tonnes voire 30 met de simplifier largement les conditions de mise
tonnes : préfabrication concevable en usine, en œuvre, c’est une solution applicable aux
ouvrages construits par encorbellements.
– l'échelle de la préfabrication manipulable sur
chantier au moyen d'engins spécifiques (par Dans le cas de très grands ouvrages réalisés en site
exemple fardiers) qui correspond à des éléments marin, la préfabrication sur le rivage d’éléments de
dont la masse peut atteindre 100 à 150 tonnes : pré- très grande dimension, transportables par engins flot-
fabrication foraine, tants, est possible. C’est ainsi que, pour le pont de
la Confédération reliant l’Ile du Prince Edouard au
– l'échelle du gigantisme où les éléments préfabri-
Canada, un gigantesque catamaran a été utilisé pour
qués peuvent atteindre plusieurs milliers de tonnes,
transporter et poser des fûts de piles et des fléaux :
jusqu'à 10 000 tonnes et qui ne sont transportables
énormes éléments béton de 200 m de longueur, de
que par voie maritime soit par mise en flottaison des
9000 tonnes posés à 70 mètres de hauteur.
éléments préfabriqués eux-mêmes soit au moyen
d'engins de levage et de transports exceptionnels.
Pour des portées allant jusqu’à 20 mètres entre
appuis, il est possible d’utiliser des poutres en béton
précontraint par fils adhérents préfabriquées en
usines. Sur chantier, elles sont rendues solidaires
Pont de la Confédération.
229
Ouvrages innovants
La recherche permanente de progrès dans les maté-
riaux, dans les moyens de calcul, dans les méthodes
de mise en œuvre, dans les équipements de chan-
tier donne à chaque ouvrage significatif une origina-
lité par rapport aux précédents. La précontrainte
extérieure, les bétons de haute performance, l’appli-
cation de ciment blanc pour la réalisation des
tabliers, les bétons auto-plaçants, les adjuvants de
nouvelle génération, les possibilités de préfabrica-
tion, les modes de traitement de surface sont des
moyens à la disposition des maîtres d’ouvrage,
maîtres d’œuvre et entreprises dans lesquels il est
largement possible de trouver les sources raison-
nables d’originalité et de réussite technique.
Pont sur le Vecchio (Corse).
Pour consulter
le chapitre suivant,
cliquer ici.
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