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Rapport

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Mohammed Berroukech
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Remerciements

Ce rapport est le fruit d’un travail mené avec l’aide de nombreuses personnes que je souhaite re-
mercier du fond du cœur.

Mes remerciements s’adressent en premier temps à monsieur M’barek FEDDAOUI, pour son enca-
drement, ses nombreuses réponses à mes questions, ses connaissances et son aptitude toute particu-
lière à les transmettre.

Je tiens tout particulièrement à remercier monsieur Youness EL FOUIH, Directeur général de la so-
ciété Trusted Energy, pour m’avoir accueilli au sein de son entreprise et pour tous les conseils et les
directives qui ont permis de mener à bien ce projet, tout en restant ouvert à mes initiatives.

Je remercie également Monsieur Hicham JAMOULI, responsable de formation Efficacité Énergé-


tique et Contrôle des Bâtiments (EECB) et professeur à l’École Nationale des Sciences Appliquées,
pour ses aides et ses conseils le long du parcours.

Par la même occasion, j’adresse mes remerciements à tout les enseignants de la filière EECB de
l’établissement. Je remercie également les membres du jury pour le temps et l’attention accordés à la
lecture et la critique de ce travail.

Je ne saurais oublier les bons moments passés avec les collègues ingénieurs et stagiaires du bureau
Trusted Energy, en particulier Taha EL ABKARI et Youness EL FOUIH qui m’ont apporté leurs lumières
dans les moments de doute. Merci donc à tous.

Plus personnellement et de façon infiniment plus intime je remercie mes parents qui m’ont tou-
jours soutenu et qui m’ont permis d’aboutir à des études supérieures.
Merci pour tout l’amour qu’ils m’apportent jour après jour...

Pour finir, je tiens à remercier toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont contribué à la réali-
sation de ce travail.

i
Résumé

Les consommations d’énergie sont amenées à être fortement diminuées dans les années à venir,
notamment dans le secteur du bâtiment. En effet, la nouvelle réglementation marocaine demande
des consommations de plus en plus faibles.
Les règles et usages actuels de conception des bâtiments sont essentiellement basés sur la minimi-
sation des déperditions thermiques. Pour l’enveloppe du bâtiment cela se traduit par une prédomi-
nance de son isolation thermique.

L’objectif principal du projet de fin d’études est de concevoir un bâtiment dédié au conditionne-
ment et conservation de poissons, dans le but qu’il devienne bâtiment HQE, et donc moins consom-
mateur d’énergie. Pour cela, la mise en œuvre de matériaux performants sera de vigueur. Le bâtiment
est un débarcadère de pêche aménagé (DPA).
La méthodologie présentée dans cette mémoire consiste en modélisation et simulation thermodyna-
mique du bâtiment par TRNSYS afin d’évaluer les performances thermiques et énergétiques du DPA,
à savoir la consommation énergétique annuelle dans le but d’optimiser le maximum possible cette
consommation et par la suite améliorer le confort du travail.

Mots clés : DPA, STD, TRNSYS, indice PMV, architecture bioclimatique, confort thermique, mur
trombe.

ii
Table des matières

Remerciements i

Résumé ii

Table des matières iii

Liste des figures iv

Liste des tableaux v

Liste des abréviations vi

Nomenclature vii

Introduction générale 1

1 Généralités 3
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Présentation de l’entreprise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.1 Vision globale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.2 Pôles des différents services . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Crise énergétique mondiale et nationale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3.1 Secteur du bâtiment : des enjeux énergétiques mondiaux et régionaux importants 4
1.3.2 Des enjeux énergétiques et socio-économiques importants pour le Maroc . . . . 5
1.3.3 Règlementation thermique de construction au Maroc (RTCM) . . . . . . . . . . . 6
1.4 Architecture bioclimatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4.1 La compacité et la conception de la maison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4.2 L’orientation de la maison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.5 L’inertie thermique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.6 Les ponts thermiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.7 Condensation à la surface d’une paroi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.8 Confort thermique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.9 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

iii
TABLE DES MATIÈRES

2 Contexte de l’étude et définition de la problématique 19


2.1 Présentation du projet DPA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.1.1 Maîtrise d’ouvrage et finalité du projet global . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.1.2 Généralités et objectifs de la mission . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.1.3 Critères de conception et réalisation de l’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.4 Surface globale du bâtiment estimée et espaces requis . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.1.5 Autres informations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.1.6 Conception architecturale du débarcadère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.2 Méthodologie du travail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.2.1 Objectif de la Simulation Thermique Dynamique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.2.2 Logiciels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.2.3 Étapes de l’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.3 Analyse thermique dynamique du débarcadère de pêche aménagé . . . . . . . . . . . . 26
2.3.1 Hypothèses de l’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.3.2 Choix et simulation de bâtiment de référence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.3.3 Optimisation énergétique et amélioration du confort thermique du DPA . . . . . 32
2.3.4 Récapitulatif des résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37

3 Étude analytique du mur Trombe sur le confort thermique et la consommation énergétique 38


3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.2 Description du mur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.2.1 Modèle géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.2.2 Principe de fonctionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.3 Méthodologie et hypothèses de l’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.4 Simulation sous TRNSYS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.4.1 Description du type 36b . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.4.2 Modèle mathématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.4.3 Stratégie de connexion avec le bâtiment « Type 56 » . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.4.4 Implantation sous TRNSYS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.5 Analyse des résultats de simulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
ème
3.6 Comparaison avec les résultats du 2 chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.7 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

Conclusion 49

Bibliographie i

Annexe : expression du PMV et PPD ii

iv
Liste des figures

1.1 Consommation d’énergie finale du secteur du bâtiment dans le monde 2010. . . . . . . 5


1.2 Structure du potentiel d’efficacité énergétique dans la région de la Méditerranée du sud
sur la période 2010-2030. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Structure de la consommation par secteur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.4 Zonage climatique du Maroc. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.5 Compacité et conception de la maison. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.6 Orientation et apports solaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.7 Les apports solaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.8 Comportement d’une enveloppe opaque sans chauffage et sans ensoleillement. . . . . 13
1.9 Exemple de ponts thermiques linéaires PTL. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.10 Exemple de ponts thermiques intégrés PTI (ou ponctuels). . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.11 Exemple de dégradation due à un pont thermique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.12 Exemple de diagramme thermique d’un mur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.13 Diagramme de Mollier. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.14 Diagramme d’évaluation de l’indice PPD ([9] ). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

2.1 Plan 2D illustratif des différentes pièces. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22


er
2.2 Débarcadère de pêche aménagé prés de barrage Hassan 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.3 Vue Sud-Est de DPA. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.4 Température ambiante de la ville de Béni-Mellal. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.5 Découpage thermique du débarcadère. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.6 Implantation du bâtiment DPA sous TRNSYS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.7 Variation de température intérieure des zones du bâtiment standard. . . . . . . . . . . . 30
2.8 Consommation énergétique annuelle de bâtiment de référence en kWh/an. . . . . . . 31
2.9 Variations de températures intérieures des zones - Variante 1. . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.10 Consommation énergétique en kWh/an de bâtiment amélioré - Variante 1. . . . . . . . 33
2.11 Variations de températures intérieures des zones - Variante 2. . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.12 Consommation énergétique en kWh/an de bâtiment amélioré - Variante 2. . . . . . . . 34
2.13 Variations de températures intérieures des zones - Variante 3. . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.14 Consommation énergétique en kWh/an de bâtiment amélioré - Variante 3. . . . . . . . 35
2.15 Consommations en kWh/an de trois variantes par rapport au bâtiment standard. . . . 37

v
LISTE DES FIGURES

3.1 Modèle schématique du mur Trombe. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39


3.2 Fonctionnement du mur trombe en été et en hiver. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.3 Implantation géométrique du mur Trombe dans le logement du gardien - façade sud. . 40
3.4 Organigramme de fonctionnement du mur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.5 Circuit thermique du mur solaire (Référence [6]). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.6 Stratégie de connexion de mur Trombe avec le bâtiment. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.7 Implantation du mur Trombe sous Simulation Studio. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.8 Évolution de la température intérieure et extérieure sur l’année. . . . . . . . . . . . . . . 45
3.9 Évolution de la température intérieure et extérieure du 08/01 au 15/01. . . . . . . . . . . 45
3.10 Évolution de la température intérieure et extérieure du 15/07 au 22/07. . . . . . . . . . . 46
3.11 Évolution de l’indice PMV sur l’année. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
3.12 Températures intérieure et extérieures du logement sans mur. . . . . . . . . . . . . . . . 47

vi
Liste des tableaux

1.1 Zonage climatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7


1.2 Performances thermiques des bâtiments résidentiels par zone en kWh/m 2 /an. . . . . . 8
1.3 Besoins spécifiques thermiques annuels maximaux de chauffage et de climatisation dans
le secteur tertiaire en kWh/m 2 /an. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Les propriétés thermiques des matériaux de construction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

2.1 Occupation des zones. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26


2.2 Répartition horaires de fréquentation des espaces. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.3 Propriétés thermiques des matériaux utilisés pour le bâtiment de base. . . . . . . . . . . 29
2.4 Épaisseurs et coefficients U des parois de bâtiment de référence. . . . . . . . . . . . . . . 29
2.5 Résultats du confort intérieur des zones - Bâtiment standard. . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.6 Propriétés thermiques des matériaux utilisés pour le bâtiment amélioré. . . . . . . . . . 32
2.7 Tableau comparatif entre les coefficients U. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.8 Résultats du confort intérieur des zones - Variante 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.9 Résultats du confort intérieur des zones - Variante 2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.10 Résultats du confort intérieur des zones - Variante 3. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.11 Consommation en kWh/an en fonction du type de vitrage. . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.12 Tableau récapitulatif des consommations kWh/an. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

3.1 Propriétés thermiques du système mur Trombe. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40


3.2 Propriétés dimensionnelles du système mur Trombe. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.3 Tableau comparatif des résultats avec et sans mur Trombe. . . . . . . . . . . . . . . . . . 47

vii
Liste des abréviations

ADEREE Agence pour le Développement des Énergie Renouvelables et de l’Efficacité Énergétique.


RTCM Réglementation Thermique de Construction au Maroc.
DMN Direction de la Météorologie Nationale.
GIZ Coopération Allemande.
HCEF Haut-Commissariat des Eaux et Forêts.
TGBV Taux Général des Baies Vitrées.
PMV Predicted Mean Vote.
PPD Predicted Percentage Dissatisfied.
STD Simulation Thermique Dynamique.
DPA Débarcadère de Pêche Aménagé.
HQE Haute Qualité Environnementale.
LEED Leadership in Energy and Environmental Design.

viii
Nomenclature

λ Conductivité thermique du matériau.


ρ Masse volumique du matériau.
c Capacité thermique massique.
A Surface de mur Trombe.
Ag Aire de section transversale de la lame d’air.
Av Surface totale de l’orifice.
m Débit massique de l’air dans la lame d’air du mur Trombe.
Cpa Chaleur spécifique de l’air.
hc Coefficient de transfert thermique dans la lame d’air.
C1 Coefficient de pertes de pression dans l’orifice de mur Trombe.
C1 Coefficient de pertes de pression dans la lame d’air de mur Trombe.
h Hauteur du mur Trombe.
g Accélération de la gravité.
Tm Température moyenne dans la lame d’air.
TR Température de l’air la chambre.

ix
Introduction générale

Les bâtiments occupent une bonne superficie de la planète et sont primordiaux pour la société. Ce-
pendant, les humains sont vraiment loin d’être confortables lorsqu’ils sont à l’intérieur d’un bâtiment
sans aucun système pour le chauffer ou le refroidir. C’est donc la raison pour laquelle les systèmes
de chauffage, de ventilation et d’air climatisé (CVAC) existent. Ceux-ci permettent aux personnes de
travailler ou de bien de faire toute autre activité dans un climat confortable peu importe les condi-
tions climatiques à l’extérieur. Par contre, ces appareils doivent utiliser beaucoup d’énergie et cette
consommation d’énergie peut être très coûteuse. La consommation et la production de l’énergie au
sein des bâtiments sont également responsables d’importantes émissions de gaz à effet de serre qui
provoquent les changements climatiques. L’efficacité énergétique des bâtiments est donc un aspect
primordial pour la planète, puisque les habitants de celle-ci doivent vivre avec un certain minimum
de confort. Comme les bâtiments sont responsables d’une grande partie de la consommation d’éner-
gie dans le monde, améliorer leur efficacité a donc aussi pour effet de réduire les émissions de gaz à
effet de serre.

Au niveau mondial, le secteur du bâtiment représente à lui seul autour de 28% de la consommation
d’énergie finale et contribue à hauteur d’un tiers environ des émissions de CO2 .
Au niveau national, parmi les secteurs consommateurs d’énergie, le bâtiment est le premier consom-
mateur d’énergie avec une part de 25% de la consommation énergétique totale du pays, dont 18%
réservés au résidentiel et le reste pour le tertiaire.

L’objectif de ce projet est de concevoir un bâtiment moins consommateur d’énergie à haute qualité
environnementale. Il s’agit d’une construction nouvelle d’un débarcadère de pêche aménagé (DPA)
situé près du barrage Hassan 1er côté d’Ouzoud destiné, d’une part à assurer un conditionnement et
la conservation de poissons et améliorer les conditions de vie des pêcheurs au niveau des retenues de
barrage d’autre part. L’objectif final de ce bâtiment est d’assurer une large pénétration des poissons
au marché marocain avec moins de consommation de l’énergie.

Il s’agit d’analyser différents aspects des performances thermiques et énergétiques de ce bâtiment


DPA. Pour ce faire, un modèle thermique dynamique est créé sur le logiciel SketchUp ensuite exporté
vers l’environnement TRNSYS, puis calibré à l’aide de séries de mesures en été et en hiver sous TRN-
Build selon les exigences de la RTCM et l’esquisse de projet. Une analyse détaillée de la consommation

1
INTRODUCTION GÉNÉRALE

suite à l’évolution de température est ensuite présentée pour évaluer les performances du bâtiment
au niveau de sa consommation, notamment la climatisation et le chauffage.

L’étude abordera en premier temps une brève présentation de la nouvelle règlementation ther-
mique au Maroc, et une initiation vers l’architecture bioclimatique : objet du premier chapitre. Dans
le deuxième chapitre l’étude se poursuit sur une présentation détaillée de différentes pièces consti-
tuantes le DPA, ensuite élaborer une méthodologie de travail et choisir un bâtiment de référence pour
la simulation. L’objectif final est de rendre le bâtiment à énergie positive puis limiter son consomma-
tion en optant à une bonne architecture bioclimatique.
Dans le troisième chapitre, le but est d’étudier un système énergétique intégré dans l’enveloppe du
bâtiment, notamment dans la façade sud de l’une des zones de DPA, permettant de préchauffer l’air
neuf. La simulation dynamique du système effectuée grâce au logiciel TRNSYS a permis d’évaluer le
confort thermique et d’estimer l’efficacité du système en terme de consommation énergétique.

2
Chapitre 1
Généralités

1.1 Introduction
Le secteur du bâtiment est aujourd’hui l’un des premiers postes de consommation énergétique et
l’un des principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre. Derrière ce constat, les enjeux
environnementaux en termes d’épuisement des ressources et de changement climatique sont très
importants.

1.2 Présentation de l’entreprise

1.2.1 Vision globale


Conscient de l’importance de l’énergie qui constitue un paramètre essentiel de l’activité écono-
mique et de la vie sociale au Maroc, le cabinet de conseil spécialisé en stratégie énergétique et envi-
ronnement, TRUSTED ENERGY, vise avec son savoir-faire et son expertise dans le domaine énergé-
tique, à contribuer non seulement au développement des solutions efficaces et renouvelables mais à
la sensibilisation sur l’importance de l’efficacité énergétique et du développement durable dans les
secteurs urbain et industriel.

1.2.2 Pôles des différents services


Les services et les activités du bureau TRUSTED ENERGY sont organisées autour de six pôles :

Pôle bâtiment

– Réalisation des études énergétiques réglementaires et labélisation (RTCM, HQE, RT2012, LEED, ..).
– Simulation thermique dynamique (STD) : Optimisation énergétique des bâtiments par STD.
– Etude paramétrique et optimisation des ressources.
– Assistance technique au choix des technologies.
– Assistance technique à la réalisation des travaux énergétiques.

3
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS

Pôle industrie

– Mise en place d’indicateurs de performance énergétique industrielle.


– Réalisation du bilan énergétique global et diagnostic de performance énergétique industrielle.
– Phase de l’étude.
– Assistance à Maîtrise d’ouvrage (AMO) ou Maîtrise d’œuvre.
– Phase de réalisation des travaux.

Pôle énergies renouvelables

– Photovoltaïque.
– Solaire thermique.
– Biomasse.

Pôle environnement

– Étude d’impact environnemental.


– Investigation dans l’environnement.
– Conseil et accompagnement.

Pôle simulation

– Simulation thermique dynamique en temps réel des Bâtiments.


– Simulation de la production énergétique des parcs photovoltaïques.
– Simulation des équipements énergétiques.
– Simulation de la production d’un système solaire.
– Simulation de l’efficacité énergétique des chaines de production en industrie.
– Simulation d’une amélioration de niveau.
– Simulation des scénarios d’éclairage et évaluation énergétique.
– Simulation en environnement.

Pôle formation

– L’efficacité énergétique dans le bâtiment.


– La gestion énergétique dans le secteur industriel.
– Environnement et développement durable.
– Les certifications et les normes internationales.

1.3 Crise énergétique mondiale et nationale

1.3.1 Secteur du bâtiment : des enjeux énergétiques mondiaux et régionaux im-


portants
Au niveau mondial, le secteur du bâtiment représente à lui seul autour de 28% de la consommation
d’énergie finale et contribue à hauteur d’un tiers environ des émissions de CO2, comme le montre le

4
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS

graphique 1.1 suivant :

F IGURE 1.1 – Consommation d’énergie finale du secteur du bâtiment dans le monde 2010.

Par ailleurs, il est estime que le potentiel d’économies d’énergie dans ce secteur au niveau mon-
dial est de l’ordre de 40%, et cela en grande partie via des mesures économiquement rentables c’est
également un secteur éminemment stratégique du fait de la longue durée de vie des bâtiments : les
constructions d’aujourd’hui conditionneront durablement les consommations de demain et un bâti-
ment bien pense de s sa conception sera toujours plus performant et moins coûteux qu’un bâtiment
rénove a posteriori. Si le secteur de la rénovation est crucial aux vues du parc de logements existant,
la construction neuve se doit d’être exemplaire.

La région du sud de la Méditerranée ne déroge pas à ce constat puisque, en moyenne, le secteur du


bâtiment représente environ 38% de l’énergie consommée (ce pourcentage varie entre 27 et 65% se-
lon les pays). Il représente, par ailleurs, le gisement d’économie le plus important qui se situe souvent
autour de 40% dans la plupart des pays de la région.

Ce potentiel peut être atteint à travers l’agrégation de l’effet de plusieurs mesures individuelles,
comme le montre le graphique 1.2 suivant, issu d’une étude réalisée par Plan Bleu en 2009.
Notons que la mesure de l’amélioration des performances thermiques de l’enveloppe des bâti-
ments couvre à elle seule 50% de ce potentiel, grâce aux économies d’énergie qu’elle implique pour
les besoins de chauffage et de climatisation. Il en découle l’importance des mesures réglementaires
relatives aux performances thermiques des bâtiments.

1.3.2 Des enjeux énergétiques et socio-économiques importants pour le Maroc


Parmi ces secteurs, le bâtiment est le premier consommateur d’énergie avec une part de 25% de
la consommation énergétique totale du pays, dont 18% réservés au résidentiel et le reste pour le ter-
tiaire (cf. Figure 1.3). Cette consommation énergétique est appelée à augmenter rapidement dans les
années futures pour deux raisons :
– L’évolution importante du parc de bâtiments à cause des grands programmes annonce : Plan Azur
de l’hôtellerie, programme d’urgence de l’éducation nationale, programme des 150 000 logements
par an, programme de réhabilitation des hôpitaux, etc.

5
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS

F IGURE 1.2 – Structure du potentiel d’efficacité énergétique dans la région de la Méditerranée du sud
sur la période 2010-2030.

– L’augmentation sensible du taux d’équipement des ménages en équipements CVC, éclairage et ECS
du fait de l’amélioration du niveau de vie et la baisse des prix de ces équipements (chauffage, cli-
matisation, chauffage de l’eau, réfrigération, etc.).

F IGURE 1.3 – Structure de la consommation par secteur.

1.3.3 Règlementation thermique de construction au Maroc (RTCM)


Objectifs Développé par l’ADEREE comme un outil de présentation du Règlement Thermique de
Construction, ce document est notamment destiné aux professionnels du bâtiment, travaillant sur
des constructions à usage résidentiel ou tertiaire (santé, tourisme, enseignement, administration et
commerce).

La Règlement Thermique de Construction au Maroc (RTCM) vise essentiellement à améliorer les per-
formances thermiques :
– Réduire les besoins de chauffage et de climatisations des bâtiments ;
– Améliorer le confort des bâtiments non climatisés ;
– Réduire la puissance des équipements de chauffage et de climatisation à installer ;

6
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS

– Inciter les architectes, ingénieurs et maîtres d’œuvre à l’utilisation des approches de conception
thermique performante de l’enveloppe du bâtiment ;
– Mettre à la disposition des maîtres d’ouvrage, décideurs publics et bailleurs de fonds, un outil per-
mettant d’améliorer la productivité de leurs investissements ;
– Aider à la réalisation de diagnostics énergétiques des bâtiments existants.

Zonage climatique Les travaux de zonage climatique ont été réalisés en étroite coordination entre
la DMN et l’ADEREE, avec l’appui d’une expertise internationale.
Le territoire Marocain a été subdivisé en zones climatiques homogènes en se basant sur l’analyse des
données climatiques enregistrées par 37 stations météorologiques sur la période de 1999-2008 (10
ans). La construction des zones a été effectuée selon le critère du nombre de degrés jours d’hiver et le
nombre de degrés jours d’été.

Deux types de zonage ont été établis par la DMN :


– Un zonage sur la base des degrés jours de chauffage à base 18 °C ;
– Un zonage sur la base des degrés jours de climatisation à base 21 °C.

TABLE 1.1 – Zonage climatique


Zone 1 Agadir
Zone 2 Tanger
Zone 3 Fès
Zone 4 Ifrane
Zone 5 Marrakech
Zone 6 Errachidia

F IGURE 1.4 – Zonage climatique du Maroc.

7
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS

La RT dans le secteur de l’habitat – Approche performancielle Les spécifications techniques mi-


nimales des performances thermiques des bâtiments sont fixées par la RTCM conformément à l’ap-
proche performancielle suivante (cf. Tableau 1.2) :

TABLE 1.2 – Performances thermiques des bâtiments résidentiels par zone en kWh/m 2 /an.
Z1 Agadir 40
Z2 Tanger 46
Z3 Fès 48
Z4 Ifrane 64
Z5 Marrakech 61
Z6 Errachidia 65

La RT dans le secteur tertiaire – Approche performancielle Selon l’approche performancielle, les


spécifications techniques minimales de performance thermique des bâtiments sont fixées par le RTCM
comme suit :

TABLE 1.3 – Besoins spécifiques thermiques annuels maximaux de chauffage et de climatisation dans
le secteur tertiaire en kWh/m 2 /an.
Écoles Administrations Hôpitaux Hôtes
Z1 44 45 72 48
Z2 50 49 73 52
Z3 61 49 68 66
Z4 80 35 47 34
Z5 65 56 92 88
Z6 67 58 93 88

Approche prescriptive L’étude thermique d’un bâtiment commence par une analyse architecturale
qui conditionnera le choix et la méthode du calcul. Le thermicien commence par le calcul du coef-
ficient TGBV : Le taux général des baies vitrées, comme son nom l’indique le TGBV des espaces cli-
matisés (chauffés et/ou refroidis) est le rapport en pourcentage entre la surface totale vitrée des baies
vitrées et la surface brute de leurs murs extérieurs.

A
TGBV =
B

P
Où, A = Surfaces des baies vitrés des murs extérieurs des espaces chauffés et/ou refroidis ;
P
B = Surfaces brutes des murs extérieurs des espaces chauffés et/ou refroidis.

Si la valeur de TGBV est inférieure ou égale à 45%, l’étude thermique peut se faire en adoptant
l’approche prescriptive, qui exprime les spécifications thermiques des éléments de constructions.

8
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS

1.4 Architecture bioclimatique


L’architecture bioclimatique est une manière de construire en respectent l’environnement. Le concept
global est également appelé « architecture climatique » ou « architecture naturelle ». Lorsque la prise
en compte de l’environnement se fait aussi dans l’utilisation des matériaux, les émissions de gaz à
effet de serre, la gestion de l’eau ou des déchets, ce type d’architecture est appelé « architecture éco-
logique », « architecture durable », ou « architecture verte ». Si l’intégration dans l’environnement est
plus spécifiquement axée sur l’utilisation des ressources énergétiques, et plus particulièrement du so-
leil, on parle d’« architecture solaire », ou d’« architecture passive », ces deux termes pouvant d’ailleurs
être combinés.

Pour limiter la consommation d’énergie et augmenter le confort d’une habitation, de nombreux


critères sont à prendre en compte. C’est à l’étape du projet qu’un maximum de mesures efficaces
et écologiques peuvent être prises. Outre l’isolation, il primordial de prendre en considération des
mesures simples, mais qui peuvent s’avérer fortement efficaces pour les performances futures de la
construction.

A l’étape du plan, il est facile d’agir sur la compacité de la maison, sur son orientation en fonction
des contraintes urbanistique et du terrain, sur le choix des matériaux ou sur le dimensionnement et
l’exposition des ouvertures.

1.4.1 La compacité et la conception de la maison


Toute les formes de bâtiments ne se valent pas en termes de performances. En effet, pour un même
volume, plus la surface de parois extérieures est grande, plus les déperditions sont importantes. Il est
donc judicieux d’adopter une forme la plus compacte possible pour le futur bâtiment que l’on sou-
haite construire (cf. Figure 1.5).

Les formes compactes optimisent la répartition de la chaleur. Les décrochements, les balcons, les
parties proéminentes augmentent les déperditions. De même, deux maisons mitoyennes sont plus
performantes thermiquement que ces mêmes maisons indépendantes. A surface habitable égale, une
maison à étage présente moins de déperditions qu’une maison de plain-pied (Référence [1]).

1.4.2 L’orientation de la maison


L’orientation de la maison a des conséquences directes sur sa consommation en énergie (cf. Fi-
gure 1.6). Dans la mesure du possible, il est préférable de choisir une orientation sud pour la façade,
orientation qui peut varier de plus ou moins 25 °C. Il convient d’éviter autant que possible d’oppo-
ser la construction aux vents dominants (cf. Figure 1.5). Par exemple, une toiture basse détourne le
vent sans s’y opposer brutalement. Placez les entrées sur la façade la moins exposée afin de limiter les
pertes lors de leur ouverture. Il est possible de se protéger du vent en profitant du relief du terrain, par

9
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS

F IGURE 1.5 – Compacité et conception de la maison.

un mur, de la végétation ou les habitations avoisinantes.

F IGURE 1.6 – Orientation et apports solaires.

Les pièces à vivre ainsi que la véranda seront situées au sud pour profiter du soleil bas d’hiver et
donc d’un apport de chaleur gratuit. Les chambres seront idéalement situées à l’est pour bénéficier
du soleil matinal et de la fraîcheur en soirée. Les pièces techniques (salle de bains, WC, buanderie,
garage, circulations...) et les espaces de rangement peuvent être placés au nord, avec des ouvertures

10
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS

les plus petites possible. Ces pièces, moins chauffées, jouent le rôle de zone tampon entre l’extérieur
et l’espace de vie (cf. Figure 1.7).

La façade nord sera idéalement consacrée à l’accès voiture. En hiver, pour profiter de l’exposition
sud et de ses apports solaires, la méthode la plus efficace consiste à rechercher l’effet de serre. En effet,
les vitrages laissent passer le rayonnement solaire qui réchauffe les parois et le mobilier. La chaleur
est emmagasinée puis restituée dans la pièce sous forme de rayonnement infrarouge, arrêté par le
verre. Pour optimiser encore cet apport de chaleur momentané, il est intéressant de le stocker. Pour
cela tous les éléments lourds à forte inertie sont bénéfiques (voir l’inertie thermique plus loin).

Là où parvient le rayonnement solaire à l’intérieur de la maison, vous pouvez un muret en brique


pleines, par exemple pour réaliser un bar, ou opter pour une décoration en béton ou béton cellulaire.
De même, les couleurs utilisées sont importantes. Pour absorber de la chaleur, utilisez des teintes
sombres ou du noir. Les couleurs claires et blanc rejettent le rayonnement. Les éléments de décoration
comme les tapis, les coussins ou la moquette jouent un rôle d’isolant thermique, évitez-les donc dans
les parties ensoleillées.

F IGURE 1.7 – Les apports solaires.

1.5 L’inertie thermique


L’inertie thermique est la capacité d’un matériau à emmagasiner et à restituer de la chaleur ou de
la fraîcheur. La conception bioclimatique doit inciter le constructeur à mettre à profit cette carac-

11
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS

téristique physique. Lorsqu’il s’agit d’isolation, l’inertie thermique peut être l’alliée ou l’ennemie du
confort et de la consommation d’énergie. Les performances thermique globales de l’habitation seront
effectivement largement influencées par cette capacité de stockage de la chaleur et par la façon dont
vous en tenez compte au moment de la conception. L’inertie thermique d’un matériau est évaluée
à l’aide des deux paramètres suivants :

– La diffusivité [m 2 /s] :
α = λ/(ρ.c) (1.1)

– L’effusivité [J/K.m 2 .s 1/2 ] : q


E= (λ.ρ.c) (1.2)

Avant toute chose, il est important de connaître les principes caractérisant l’inertie thermique. Se-
lon l’effet recherché, plusieurs propriétés physiques des corps entrent en jeu. La première d’entre elles
est la capacité thermique. Il s’agit de la quantité de chaleur potentille que peut absorber un matériau
en fonction de sa masse ou de son volume. Généralement, plus le matériau est lourd, plus sa capacité
thermique volumique est grande. Par exemple, le béton et la pierre sont des matériaux présentant
une masse volumique élevée. Ils ont également une forte capacité à emmagasiner de la chaleur. Les
matériaux ne sont pas tous égaux de ce point de vue, comme le montre le Tableau 1.4 :

TABLE 1.4 – Les propriétés thermiques des matériaux de construction.


Matériaux Masse Conductivité Capacité Capacité Effusivité Diffusivité
volumique thermique thermique thermique thermique thermique
ρ(kg /m 3 ) λ(W/m.K) volumique massique spécifique (x10−7 m 2 /s)
(kJ/m 3 .°C) (J/kg .°C) (J/m 2 .s.°C)
Acier 7870 52 1350 465 14000 138
Aluminium 2700 204 2511 896 24000 916
Béton 2300 1,75 2160 878 1945 8
Béton cellulaire 400 à 800 0,10 à 0,22 352 à 700 100 278 à 394 6,2 à 3,1
Béton léger 400 0,12 960 878 339 1,25
Béton lourd 800 0,23 2160 2400 705 1,06
Bois panneaux 400 à 600 0,12 à 0,15 1380 3000 440 1
Bois panneaux 400 à 600 0,12 à 0,15 1380 3000 440 1
Fibres de bois 50 à 150 0,03 à 0,04 105 à 315 2000 65 à 112 3,8 à 1,3
Laine de cellulose 35 à 90 0,03 à 0,04 120 à 180 2000 69 à 85 3,3 à 2,22
Laine de chanvre 25 à 35 0,04 30 à 42 1300 35 à 41 13 à 9,5
Laine de coton 20 à 30 0,04 à 0,06 38 à 57 1300 39 à 48 10 à 7
Laine de mouton 10 à 30 0,04 17 à 52 800 26 à 45 23 à 7,8
Laine de roche 40 0,04 33 880 37 12
Laine de verre 15 à 25 0,03 à 0,04 13 à 21 880 22 à 29 32 à 19

Connaître la capacité d’un matériau n’est pas le seul critère. En effet, il est intéressant de savoir
également comment la chaleur est stockée et à quelle vitesse. C’est pourquoi, pour définir l’inertie

12
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS

thermique, on tient compte d’une autre propriété physique qui est l’effusivité. C’est la vitesse à la-
quelle varie la température de superficie d’un matériau. Plus cette valeur est grande pour une paroi,
plus elle se réchauffe ou se refroidit rapidement.

Dans le même ordre d’idée, la diffusivité nous indique la vitesse de diffusion de la chaleur non plus
en surface mais à l’intérieur même du matériau. Plus elle est élevée, plus le matériau s’échauffe ou
se refroidit rapidement en son cœur. L’inertie thermique est la combinaison de toutes ces propriétés.
Lorsqu’on les connaît, on peut les mettre à profit pour jouer sur les températures à l’intérieur d’un
bâtiment. En effet, on comprend que l’inertie thermique va entraîner un effet retard ou un déphasage
entre la variation de la température intérieure et extérieure. Prenons une paroi lourde non isolée. S’il
fait froid à l’intérieur, il faudra un certain temps pour que la paroi absorbe du froid, le stock et le res-
titue à l’intérieur. Inversement, si l’on chauffe l’intérieur, il faudra un délai avant que la paroi absorbe
la chaleur émise dans la pièce et devienne chaude à son tour. On comprend alors que cette propriété
physique des corps a une influence importante à l’échelle d’une habitation, notamment en fonction
des matériaux utilisés.

Prenons un autre exemple pour illustrer le déphasage (cf. Figure 1.8), un bâtiment avec des murs
légers et non isolés comme un abri de jardin en tôles. Plaçons un thermomètre à l’intérieur et no-
tons les courbes de température. Du fait de la légèreté du matériau constituant les parois, de sa faible
épaisseur et de sa grande effusivité, le froid, ou la chaleur extérieure pénètre immédiatement à l’inté-
rieur. Les températures extérieure et intérieure sont égales pratiquement à tout instant. L’inertie est
quasiment inexistante. Toute l’énergie consommée pour réchauffer ou refroidir le local serait immé-
diatement dissipée.

(a) Enveloppe légère (b) Enveloppe lourde

F IGURE 1.8 – Comportement d’une enveloppe opaque sans chauffage et sans ensoleillement.

Pour avoir une température plus douce à l’intérieur de l’abri, on décide d’installer des panneaux
d’isolant thermique. Que constate-t-on alors ? La variation de température intérieure suit l’évolution
de la température extérieure, mais cette fois-ci avec une amplitude moindre. La variation se produit
à la même vitesse, cependant les températures extérieure et intérieure sont différentes de quelques

13
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS

degrés. L’écart de température est rendu possible grâce à l’isolation (cf. 1.8(a) ).

Si en plus, on pouvait construire de lourds murs en béton en remplacement des tôles, que se produirait-
il dans l’abri de jardin ? Son inertie thermique augmenterait considérablement, entraînant un dépha-
sage. Tout au long de la journée et de la nuit, la température intérieure serait influencée par la tempé-
rature extérieure mais seulement après plusieurs heures, à cause de l’inertie des parois.
En ajoutant aux murs lourds une isolation thermique par l’extérieur, notre abri de jardin pourrait
combiner et mettre à profit les deux avantages de l’abaissement de l’amplitude de température, grâce
à l’isolant, et du déphasage, grâce à l’inertie du matériau constituant les murs. La température exté-
rieure parviendrait donc diminuée jusqu’à l’intérieur, seulement après plusieurs heures (cf. 1.8(b)).

1.6 Les ponts thermiques


L’architecture d’une construction comporte des points où l’isolation présente des faiblesses ou
même s’avère inexistante. Ces points se situent généralement au niveau des changements des plans
(vertical/horizontal) ou des changements de paroi (mur/toiture ou mur/fenêtre). On appelle ces points
faibles ponts thermique linéaires (cf. Figure 1.9).

F IGURE 1.9 – Exemple de ponts thermiques linéaires PTL.

Un autre type de ponts thermiques, dits intégrés ou ponctuels, est souvent généré par les éléments
de fixation des isolants ou par des ossatures secondaires (ossature métallique d’une isolation par l’in-
térieur, poutrelle en béton d’un plancher à hourdis, chevilles de fixation métalliques), cf. Figure 1.10.
Ils doivent être pris en compte pour le calcul du coefficient de transmission thermique U de la paroi.
Les ponts thermiques linéaires sont quantifiés par le coefficient linéique ψ (psi) exprimé en W/m.K.
Les ponts thermiques intégrés sont caractérisés par le coefficient χ (ki) exprimé en W/K.

14
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS

F IGURE 1.10 – Exemple de ponts thermiques intégrés PTI (ou ponctuels).

La conséquence des ponts thermiques est double. Ils ont une source importante de perte de chaleur
(jusqu’à 40%) et peuvent engendrer des désordres dus à la condensation (cf. Figure 1.11).

F IGURE 1.11 – Exemple de dégradation due à un pont thermique.

Pour comprendre l’importance des ponts thermiques et la nécessité de les traiter ou de veiller à ne
pas en créer, on peut les considérer comme de véritable fuites. Un récipient aux parois étanches pré-
sente peu d’intérêt pour contenir un liquide s’il est percé d’un trou, même infime. Si l’on considère
une habitation comme un récipient dans lequel on voudrait conserver non pas un liquide mais de la
chaleur, les ponts thermiques constitueraient autant de trous qui entraîneraient des fuites de chaleur.
Cela signifie aussi, en pratique, qu’il est inutile de sur-isoler une partie du logement ou d’une pièce,
par exemple en laissant une paroi non traitée. En isolant la moitié des murs, on n’obtiendrait pas une
isolation à moitié efficace, mais simplement des performances très localisées et globalement prati-
quement nulles, avec en prime des désagréments.
Telle un liquide, la chaleur empreinte la voie la plus facile pour traverser les matériaux, c’est-à-dire la
moins isolée. Par exemple, le diagramme thermique d’une dalle béton reprise dans un mur en béton
cellulaire (cf. Figure 1.12), montre le comportement du flux thermique. La chaleur tente de s’échapper
par la dalle vers l’extérieur. Elle est freinée par l’isolant et la planelle en bout de dalle.

15
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS

F IGURE 1.12 – Exemple de diagramme thermique d’un mur.

1.7 Condensation à la surface d’une paroi


L’air intérieur ayant une température, une humidité relative et une pression donnée, peut arriver
en contact avec une surface de température plus faible. Au contact, l’air se refroidit et la température
qu’il atteint dans le voisinage de la surface peut se retrouver en dessous du point de rosée. Il apparaît
alors de la condensation dite de surface (la pression de vapeur dans l’air atteint la pression de satura-
tion).
La Figure 1.13 montre l’évolution de l’état de cet air sur le diagramme de Mollier. Pour connaître
la température du point de rosée, placez un point à l’intersection de la courbe d’humidité relative et
de la température intérieure. Reportez ensuite horizontalement le point sur la courbe de saturation et
lisez la température de correspondante.
Exemple : 20°C à 70% d’humidité = point de rosée à 14,2 °C (cf. Figure 1.13).

Pour empêcher la condensation de surface, il faut :

– Avoir une qualité suffisante de l’isolation de l’enveloppe de façon à ce que la température de la face
intérieure de celle-ci n’atteint pas le point de rosée.
– Diminuer par ventilation complémentaire l’humidité relative de l’air intérieur.
– Chauffer la face intérieure des parois froides.

1.8 Confort thermique


Le confort thermique est défini comme un état de satisfaction vis-à-vis de l’environnement ther-
mique. Il est déterminé par l’équilibre dynamique établi par échange thermique entre le corps et son
environnement.
Il dépend de 6 paramètres :

16
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS

F IGURE 1.13 – Diagramme de Mollier.

– Le métabolisme est la production de chaleur interne au corps humain permettant de maintenir


celui-ci autour de 36,7 °C. Un métabolisme de travail correspondant à une activité particulière
s’ajoute au métabolisme de base du corps au repos.
– L’habillement représente une résistance thermique aux échanges de chaleur entre la surface de la
peau et l’environnement.
– La température ambiante de l’air Ta .
– La température des parois Tp .
De façon simplifiée, on définit une température (opérative) de confort ressentie (appelée aussi tem-
pérature résultante sèche) : Top = (Ta + Tp )/2.
– L’humidité relative de l’air (HR) est le rapport exprimé en pourcentage entre la quantité d’eau conte-
nue dans l’air à la température Ta et la quantité maximale d’eau contenue à la même température.
– La vitesse de l’air influence les échanges de chaleur par convection.

L’utilisation de tableaux et d’abaques permet soit d’évaluer le niveau de confort thermique atteint
dans un local soit, pour une situation donnée, de fixer la température de confort thermique optimale.
A cet effet l’indice de vote moyen prévisible est utilisé et le pourcentage prévisible d’insatisfaits est

17
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS

calculé.

L’indice de vote moyen prévisible, (PMV - Predicted Mean Vote) donne l’avis moyen d’un groupe im-
portant de personnes qui exprimeraient un vote de sensation de confort thermique en se référant à
l’échelle suivante. Une valeur de PMV de zéro exprime une sensation de confort thermique optimale.
Une valeur de PMV négative signifie que la température est plus basse que la température idéale et ré-
ciproquement une valeur positive signale qu’elle est plus élevée. On considère que la zone de confort
thermique s’étale de la sensation de légère fraîcheur à la sensation de légère chaleur, soit de -1 à +1.

+3 Chaud
+2 Tiède
+1 Légèrement tiède
0 Neutre
-1 Légèrement frais
-2 Frais
-3 Froid

Le pourcentage prévisible d’insatisfaits (PPD - Predicted Percentage Dissatisfied) donne, en fonc-


tion de l’indice PMV d’une situation thermique précise, le pourcentage de personnes insatisfaites
par rapport à la situation. Connaissant PMV, la Figure 1.14 permet d’évaluer directement PPD. Si par
exemple, le PMV est de -1 ou +1, l’indice PPD montre que près de 25% de la population n’est pas sa-
tisfaite. Pour ramener le PPD à une valeur maximale de 10%, le PMV doit se situer entre -0,5 et +0,5.
Et pour une valeur 0 de PMV, soit un état de confort thermique optimal, il y a encore 4% d’insatisfaits.

F IGURE 1.14 – Diagramme d’évaluation de l’indice PPD ([9] ).

1.9 Conclusion
Le secteur tertiaire et résidentiel représentent une source potentielle d’économie d’énergie incon-
tournable si on désire parvenir aux objectifs fixées par la RTCM. Parmi les différents champs d’actions
possibles, le recours à l’efficacité énergétique de l’enveloppe extérieure du bâtiment par l’isolation
thermique permet de réduire les dépenses énergétiques de manière durable et certaine.

18
Chapitre 2
Contexte de l’étude et définition de la
problématique

2.1 Présentation du projet DPA

2.1.1 Maîtrise d’ouvrage et finalité du projet global


Débarcadère de pêche aménagé (DPA), il s’agit d’un bâtiment destiné, d’une part à assurer un
conditionnement et la conservation des poissons selon les normes d’hygiène en vigueur et à amé-
liorer les conditions de vie des pêcheurs au niveau des retenues de barrage d’autre part.
Maîtrise d’ouvrage :
– Haut-Commissariat des Eaux et Forêts (HCEF) ;
– GIZ DKTI.
Ce projet a pour finalité d’installer le DPA au niveau du barrage exploitant la pisciculture afin d’assu-
rer le conditionnement et la conservation des poissons pour augmenter la pénétration de ces produits
dans le marché national : le DPA est un maillon de toute la chaîne de valeur du secteur.

2.1.2 Généralités et objectifs de la mission


Les conditions ont été traitées par la GIZ et le partenaire. Les activités de l’expert seront menées en
étroite coordination avec l’interlocuteur du côté de la GIZ, M. Verick Schick, chef de la composante «
Appui au Secteur Privé » du projet DKTI 1 et le partenaire du projet, dans ce cas, M. Ahmed Belamine,
DG ABG Studio.

L’objectif du contrat mène à réaliser :

– Cahier de charges : Projet de débarcadère de pêche aménagé (DPA) au niveau du Barrage Hassan
1er .

Avec son expertise le consultant effectuera les taches suivantes :

19
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

– Étude générale, recherches documentaires, visites de sites et prospections ;


– Conception architecturale du projet et intégration du projet dans son environnement ;
– Étude de structure et des performances énergétiques du bâtiment dans son environnement avec
modélisation et simulation thermodynamique ;
– Réalisation d’un « cahier de charges » du projet regroupant tous les éléments graphiques et des-
criptifs techniques de l’étude. Le cahier de charges peut servir de support de base pour lancer des
appels d’offre relatifs à la réalisation du projet ;
– Chiffrage du projet.

2.1.3 Critères de conception et réalisation de l’étude


Le bâtiment doit répondre aux critères suivants :
– Fonctionnalité pour l’efficacité du travail ;
– Respect des normes d’hygiène en vigueur ;
– Faible consommation d’énergie : diminuer les coûts mensuels à charge de la coopérative (efficacité
énergétique des systèmes, utilisation de techniques de construction passives et des concepts de
l’architecture bioclimatique) ;
– Autonomie pour de DPA qui est éloigné du réseau de distribution électrique (production d’éner-
gie par des systèmes exploitant les énergies renouvelables et autoconsommation de l’énergie pro-
duite) ;
– Faible impact environnemental (matériaux de constructions locaux et écologiques, consommation
d’énergie « propre », revalorisation des déchets) ;
– L’intégration paysagère et l’esthétisme sont des critères impératifs. Certains lieux sont situés dans
des parcs nationaux.

Le projet devra être reproductible tout en prenant en compte les aspects tels que le lieu d’implanta-
tion et les volumes de production :

– Les règles de conception du bâtiment et les modélisations seront réalisées selon la zone climatique
4 (Référence Ifrane) ;
– Les locaux et le matériel seront dimensionnés pour un volume de production estimé du DPA de 200
t /an.
Les coûts de construction devront être économiques. Il doit passer le plus rapidement possible dans
le pipeline de réalisation du HCEF, comme également l’étude devra permettre au bénéficiaire de lan-
cer des marchés de réalisation de DPA : c’est donc un CPS adaptable aux caractéristiques du DPA
envisagé qui est demandé.

Objectif : Viser une qualification bâtiment HQE 1 .


1. Haute Qualité Environnementale

20
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

2.1.4 Surface globale du bâtiment estimée et espaces requis


La superficie globale de ce bâtiment (cf. Figure 2.1) est estimée à 160 m 2 répartie comme suit :

Zone de conditionnement de poissons :

Cet espace, d’une superficie de 60 m 2 , sera dédié au triage, le nettoyage, la mise en caisse et à la
pesée du poisson. Il doit être équipé de tables en inox pour la manipulation du poisson (éviscération,
nettoyage), d’appareils de pesage et d’une zone (caisse isolée) où doivent être déposés des déchets de
poisson.

Chambre froide :

Il s’agit d’un local de stockage soumis à une température avoisinants les 0 à 2 degrés, efficace pour
garder le poisson frais. La chambre isotherme est importante pour le stockage du poisson en attente
son transport vers les lieux de vente. Surface : 4, 5m 2 .

Fabrique de glace :

La mise en place d’une fabrique de glace au niveau du DPA est primordiale pour assurer le condition-
nement du poisson selon les normes et les exigences sanitaires en la matière. La production actuelle
du site est de 25 tonnes par an et la production potentielle est estimée à 100 tonnes par an. Une fa-
brique de glace d’une capacité de 500 kg / j our est suffisante pour le cas de cette pêcherie. Surface :
4, 5m 2 .

Local de stockage des caisses :

Une zone au niveau du DPA sera réservée au stockage des caisses en plastiques. Le nombre de caisses
habituellement utilisées par barque est de 5 caisses. Il faut compter 150 caisses à stocker au niveau de
cette zone. Il faut prévoir également un espace de lavage de ces caisses selon les normes sanitaires en
vigueur en matière de gestion des déchets. La superficie allouée à cet espace sera de 40 m 2 .

Magasin :

Il s’agit d’un espace d’une superficie de 14 m 2 affecté pour chaque pêcheur pour stocker son matériel
de pêche. Pour cela, il faut prévoir 40 magasins pour la communauté de pêcheurs du lac de barrage
Hassan 1er .

Salle polyvalente :

Cette zone, de 12 m 2 , sera réservée aux réunions administratives.

Bloc socio-collectif :

Il sera composé de :
– Salle de restaurant 18 m 2 ;

21
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

– Cuisine de 4 m 2 ;
– Sanitaires de 9,5 m 2 .

Logement de gardien :

Un local de 6 m 2 sera réservé au gardien du DPA.

Autres zones :

– Local technique de surface 4,5 m 2 ;


– Déchets de surface 9 m 2 .

Salle restaurant

Loge gardien

Vestiaire
femme
Conditionnement

caisses
des
Stockage

Cuisine
Salle polyvalente

Déchets
de glace froide
Fabrique Chambre Local

Magasin
technique

F IGURE 2.1 – Plan 2D illustratif des différentes pièces.

22
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

2.1.5 Autres informations


– Le bâtiment est projeté sur un seul niveau au rez-de-chaussée ;
– Le bâtiment doit avoir une géométrie caractéristique afin d’être reconnaissable en tout lieu d’im-
plantation ;
– Le DPA sera dimensionné pour 200 tonnes/an (1 tonne/jour en période de de production) et 30/50
personnes ;
– Le DPA ne comporte pas de Hall, il n’y a pas de vente directe sur place, il n’y a pas de visiteurs
extérieurs ;
– Le DPA doit être situé à une cinquantaine de mètre de l’eau, à proximité des pontons de débarque-
ment ;
– Il existe une limite écologique au nombre de poisson produit dans chaque barrage ;
– Un DPA peut-être ou non raccordé au réseau électrique : étudier les coûts de l’auto-production face
aux coûts de raccordement au réseau ;
– Le DPA fonctionne toute l’année ;
– Généralement il faut 1 kg de glace pour conserver 2 kg de poisson ;
– Il faut étudier l’intégration d’un système de chauffe pour les travailleurs dans les DPA situés en
zones froides ;
– Moyens humains :
– Nombre de pêcheurs : de 30 à 40 pour le barrage Hassan 1er , mais peut aller jusqu’à 100 si les
capacités de production sont augmentées (création des DPA) ;
– Employés permanent : 8 personnes ;
– Valorisation du poisson : 5/6 personnes.

2.1.6 Conception architecturale du débarcadère


La Figure 2.2 illustre en 3D le débarcadère de pêche aménagé près de barrage Hassan 1er . Une vue
illustre l’enveloppe extérieure du DPA (cf. 2.2(a)), l’autre sert à donner une idée sur les pièces inté-
rieures au bâtiment (cf. 2.2(b)).

(a) Vue de l’enveloppe exterieure (b) Vue des pièces intérieures

F IGURE 2.2 – Débarcadère de pêche aménagé prés de barrage Hassan 1er .

23
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

F IGURE 2.3 – Vue Sud-Est de DPA.

2.2 Méthodologie du travail

2.2.1 Objectif de la Simulation Thermique Dynamique


La simulation thermique dynamique, objet du présent chapitre, vise à fournir aux décideurs les élé-
ments pertinents qui leur permettront de choisir les meilleures solutions techniques afin d’optimiser
l’efficacité énergétique du futur bâtiment tout en préservant le niveau et la qualité du service rendu
et du confort d’usage ; et ce au meilleur coût global (investissement, exploitation, entretien et main-
tenance, amortissement).
Pour cela, l’étude intégrera de la façon la plus précise possible, les éléments influant sur l’efficacité
énergétique (données climatiques du lieu, contraintes de conception) ainsi que les consignes d’utili-
sation du bâtiment liées à ses divers usages [2].

2.2.2 Logiciels
Seront seuls utilisables pour la réalisation de cette étude des outils de calcul de simulation dy-
namique fonctionnant avec des pas de temps horaires et notamment : TRNSYS 17, METEONORM,
Google SketchUp.

2.2.3 Étapes de l’étude


La mise en application de l’étude nécessite un outil de simulation informatisé adéquat, appuyé sur
des banques de données très bien fournies en informations climatiques locales (rayonnement solaire,
température, humidité, vitesse du vent).
La réalisation de l’étude STD du débarcadère (DPA), objet du présent rapport, se décompose en plu-
sieurs étapes, résumées ci-dessous :

24
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

Saisie du bâtiment

La première étape consiste en la saisie du bâtiment dans le logiciel. Cette saisie s’effectue à partir
des données d’entrée recueillies : compositions de parois, vitrages, scénarios de fonctionnement du
bâtiment,..

Définition des zones thermiques

A partir de la saisie du bâtiment, le logiciel simule le comportement thermique du bâtiment en


fonction d’un découpage choisi. Le principal découpage s’effectue au niveau de zones thermiques,
généralement une zone thermique étant associée à une pièce ou à un regroupement de pièces de
même typologie.

Simulation du cas de base

Une fois les éléments des étapes précédentes vérifiés, la simulation peut être lancée. La première
simulation effectuée, appelée cas de base, correspond toujours au bâtiment dans son état initial. C’est
la simulation de référence pour le projet ou simulation du bâtiment de référence, c’est un bâtiment
avec le minimum de standards sans intégrer aucune disposition d’optimisation et d’économie ni une
vraie architecture bioclimatique.

Simulation des variantes

En fonction des objectifs de l’étude STD, des variantes sont ensuite simulées. Ces variantes peuvent
intervenir sur les épaisseurs d’isolants, les caractéristiques des vitrages, la présence et la taille des
brises soleil... Une simulation est effectuée pour chaque valeur du paramètre étudié.
Les calculs permettent d’obtenir des résultats concernant le comportement global du bâtiment mais
aussi pour chaque zone thermique, ce qui permet d’évaluer les conditions de conforts en tout point
du bâtiment.

Analyse des résultats

Le comportement thermique de l’objet simulé peut être défini grâce à de nombreux paramètres qui
constituent le résultat du calcul :
– Besoin de chauffage (kWh/m 2 .an)
– Besoin de climatisation (kWh/m 2 .an)
– Indices de confort

25
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

Des comparaisons sont effectuées entre le cas de base et les différentes variantes pour les besoins de
chauffage et de climatisation, les indices de confort, les apports solaires, l’évolution des températures.
Ces comparaisons sont généralement réalisées sur l’année entière, puis sur la semaine la plus chaude
et la semaine la plus froide de l’année. L’analyse est effectuée en recoupant les comparaisons de ces
différents résultats, afin de déterminer la solution optimale pour le projet.

2.3 Analyse thermique dynamique du débarcadère de pêche amé-


nagé

2.3.1 Hypothèses de l’étude


Exigences thermiques et occupation de chaque zone

Le débarcadère ainsi choisi pour l’étude dans le présent rapport est celui près du barrage Hassan
1er . Pour la suite du rapport, les consignes et les exigences thermiques suivantes sont prises en consi-
dération :
Une température de 14 °C doit être maintenue dans la zone de conditionnement le long de l’année
(Source : esquisse de projet). Les autres zones n’ont pas d’exigences imposées par l’esquisse de projet,
donc les consignes suivantes sont maintenues pour les journées de fonctionnement selon un calen-
drier fixe pour chaque zone (cf. Tableau 2.6) : 18 °C hiver et 26 °C été.
Le tableau suivant montre le nombre d’occupants exigé par l’esquisse de projet dans certaines zones :

TABLE 2.1 – Occupation des zones.


Zone Nombre d’occupants max
Conditionnement 8
Cuisine / Restau 2
Loge gardien 1
Salle polyvalente 1

Horaires / calendriers de fonctionnement

Le Tableau suivant 2.6 la répartition horaires de fonctionnement pour chaque zone.

26
TABLE 2.2 – Répartition horaires de fréquentation des espaces.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23
Stockage des caisses 1
Fabrique de glace 1 1 1 1 1
Chambre froide 1 1
Local technique 1

27
Magasin 1 1 1 1
Cuisine 1 1 1 1 1 1 1 1 1
Salle de restaurant 1 1 1 1 1 1 1
Salle polyvalente 1 1 1
Loge gardien 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
Conditionnement 1 1 1 1 1 1
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

Choix de la zone climatique et données météorologiques

Le débarcadère étudié se situe près de barrage Hassan 1er 28 km de Azilal (côté d’Ouzoud). Selon le
zonage climatique élaboré par l’ADEREE (cf. chapitre 1), le débarcadère fait partie de la zone clima-
tique 4.
Seules les données météo qui seront utiles pour l’étude sont celles de la ville de Béni-Mellal. La Figure
2.4 présente l’évolution annuelle de température de la ville de Béni-Mellal (Source METEONORM) :

F IGURE 2.4 – Température ambiante de la ville de Béni-Mellal.

Elle varie entre valeur minimale -1,6 °C pendant la 2ème semaine du mois de Janvier, et valeur maxi-
male 45,95 °C pendant la 3ème semaine du mois de Juillet.

2.3.2 Choix et simulation de bâtiment de référence


Les hypothèses présentées dans le paragraphe précèdent sont généralistes et communes pour le
reste du travail. Dans le présent paragraphe nous allons concevoir un bâtiment de référence, i.e. un
bâtiment avec le minimum de standards sans intégrer aucune disposition d’optimisation et d’écono-
mie ni une vraie architecture bioclimatique.

Matériaux de construction

Les matériaux choisis pour la simulation du bâtiment DPA de référence (ou de base) sont principa-
lement le brique et le béton, les vitrages seront du simple vitrage. Le choix de ces matériaux est basé
sur leurs propriétés physiques, donc ils doivent satisfaire les conditions suivantes :

– Une forte diffusivité pour que l’échange d’énergie thermique entre le mur et le climat intérieur
se fasse le plus rapidement possible. Ceci conduit à choisir un matériau possédant une capacité
thermique faible, donc une conductivité thermique élevée.

28
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

– une faible effusivité thermique pour que le mur stocke au minimum l’énergie thermique.

En général, les matériaux de base choisis offrent une faible inertie thermique, donc une demande
énergétique assez élevée. Les caractéristiques thermiques de ces matériaux sont présentées dans le
Tableau 2.4.

TABLE 2.3 – Propriétés thermiques des matériaux utilisés pour le bâtiment de base.
Conductivité Capacité Densité
Matériau (W/m.K) (kJ/Kg .K) (Kg /m 3 )
Brique 1,173 0,794 1700
Béton lourd 1,755 0,920 2300

Les épaisseurs de parois prises en considération pour la simulation du bâtiment de référence ainsi
leurs coefficients de transmission thermique sont alors :

TABLE 2.4 – Épaisseurs et coefficients U des parois de bâtiment de référence.


Épaisseur Coefficient U
Paroi (cm) (W/m 2 .K)
Mur adjacent 15 3,35
Mur externe 20 2,93
Toiture 20 3,52
Plancher bas 25 3,20

Découpage thermique et implantation sous TRNSYS

Une fois les éléments des étapes précédentes vérifiés (compositions de parois, vitrages, scénarios
de fonctionnement du bâtiment) la simulation de bâtiment de base peut être lancée. Seules les cinq
zones suivantes (zones occupées) seront simulées : Conditionnement, cuisine / restaurant, loge gar-
dien et la salle polyvalente. La Figure 2.5 illustre le modèle thermique de DPA sous SketchUp :

F IGURE 2.5 – Découpage thermique du débarcadère.

29
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

L’étape qui vient après la modélisation thermique du débarcadère est l’importation du fichier d’ex-
tension (*.idf ) dans l’environnement Simulation Studio de TRNSYS comme le montre la Figure 2.6.

F IGURE 2.6 – Implantation du bâtiment DPA sous TRNSYS.

Une première simulation consiste en un premier temps, de visualiser l’évolution de température


dans les zones en question. La demande énergétique (i.e. consommation annuelle en chauffage et en
climatisation) escomptée de chaque zone fera l’objet de cette simulation.

Évolution des températures et consommation escomptées

La Figure 2.7 présente la variation des températures intérieures aux zones cités précédemment pen-
dant toute l’année.

F IGURE 2.7 – Variation de température intérieure des zones du bâtiment standard.

30
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

D’après ce graphe on remarque que les températures sont inférieures à celle du confort en hiver (18
°C) et supérieures à 26 °C en été. La température donc suit celle de l’extérieur et ceci est dû principa-
lement à la faible inertie thermique du bâtiment.

TABLE 2.5 – Résultats du confort intérieur des zones - Bâtiment standard.


Nombre d’heures Nombre d’heures
Pièce (T° < 18°C) (T° > 26°C)
Cuisine 1615 0
Restaurant 818 221
Conditionnement 903 91
Salle polyvalente 431 1
Loge gardien 1460 188

2500

2000

1500

1000

500

Climatisation Chauffage

F IGURE 2.8 – Consommation énergétique annuelle de bâtiment de référence en kWh/an.

31
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

2.3.3 Optimisation énergétique et amélioration du confort thermique du DPA


Les résultats cités dans le paragraphe précédent 2.3.2 ont été conçus pour un bâtiment standard
(bâtiment de référence). Toutefois, on peut optimiser la consommation de l’énergie du débarcadère
on optant à des matériaux de construction assez performants et mettre des parois épaisses afin d’aug-
menter son inertie thermique. Une comparaison entre double triple vitrages fera aussi l’objet de cette
étude.
Les matériaux ainsi choisis, y compris l’isolant, sont la terre crue (source : esquisse de projet) et le
liège expansé dont les propriétés thermiques sont données dans le Tableau 2.6 :

TABLE 2.6 – Propriétés thermiques des matériaux utilisés pour le bâtiment amélioré.
Conductivité Capacité Densité
Matériau (W/m.K) (kJ/Kg .K) (Kg /m 3 )
Terre crue 0,75 0,900 1500
Béton lourd 1,755 0,920 2300
Liège expansé 0,144 0,048 120

La méthodologie à suivre pour cette étude d’amélioration est de simuler et comparer trois variante
d’optimisation, à savoir :
– Variante 1 : Simulation d’impact de l’épaisseur seul des parois ;
– Variante 2 : Simulation d’impact de l’isolation thermique seule ;
– Variante 3 : Simulation d’impact de l’épaisseur et l’isolation thermique à la fois.
Ensuite pour chaque variante on présente l’évolution des températures intérieures, les résultats du
confort intérieur et le taux d’inconfort en cas de présence et finalement la consommation annuelle en
climatisation et chauffage.

Note : Pour les trois variante le vitrage sera du simple vitrage (Ug = 5, 74W/m 2 K), une autre variante
de simulation sera consacré à la comparaison double et triple vitrage.

Le Tableau 2.7 présente une comparaison entre les coefficients de transmission thermique U des
parois de chaque variante par rapport à celui de bâtiment standard :

TABLE 2.7 – Tableau comparatif entre les coefficients U.


Coefficient U (W/m 2 .K)
Paroi Bâtiment standard Variante 1 Variante 2 Variante 3
Mur adjacent 3,35 2,29 3,35 2,29
Mur externe 2,93 1,42 0,62 0,51
Toiture 3,52 0,60 0,65 0,6
Plancher bas 3,20 3,20 3,20 3,20

32
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

i- Variante 1 : Impact de l’épaisseur seul - Parois épaisses

F IGURE 2.9 – Variations de températures intérieures des zones - Variante 1.

TABLE 2.8 – Résultats du confort intérieur des zones - Variante 1.


Nombre d’heures Nombre d’heures
Pièce (T° < 18°C) (T° > 26°C)
Cuisine 2191 0
Restaurant 2182 42
Conditionnement 970 5
Salle polyvalente 612 0
Loge gardien 2182 0

1600

1400

1200

1000

800

600

400

200

Climatisation Chauffage

F IGURE 2.10 – Consommation énergétique en kWh/an de bâtiment amélioré - Variante 1.

33
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

ii- Variante 2 : Impact de l’isolation thermique seule

F IGURE 2.11 – Variations de températures intérieures des zones - Variante 2.

TABLE 2.9 – Résultats du confort intérieur des zones - Variante 2.


Nombre d’heures Nombre d’heures
Pièce (T° < 18°C) (T° > 26°C)
Cuisine 2191 0
Restaurant 1247 0
Conditionnement 1443 0
Salle polyvalente 626 0
Loge gardien 2498 0

900

800

700

600

500

400

300

200

100

Climatisation Chauffage

F IGURE 2.12 – Consommation énergétique en kWh/an de bâtiment amélioré - Variante 2.

34
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

iii- Variante 3 : Impact Impact de l’épaisseur + Isolation thermique

F IGURE 2.13 – Variations de températures intérieures des zones - Variante 3.

TABLE 2.10 – Résultats du confort intérieur des zones - Variante 3.


Nombre d’heures Nombre d’heures
Pièce (T° < 18°C) (T° > 26°C)
Cuisine 2189 0
Restaurant 1193 0
Conditionnement 1369 0
Salle polyvalente 626 0
Loge gardien 2503 0

1000

900

800

700

600

500

400

300

200

100

Climatisation Chauffage

F IGURE 2.14 – Consommation énergétique en kWh/an de bâtiment amélioré - Variante 3.

35
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

iv- Impact du vitrage - Comparaison double et triple

La question des vitrages est centrale dans un bâtiment très isolé (2ème variante). La simulation ther-
mique dynamique permet de répondre à la question : est-t-il préférable de privilégier les apports
solaires d’hiver ou de choisir des vitrages à haute performance isolante. Une batterie de test a été ef-
fectuée pour les vitrages du bâtiment DPA. Les résultats sont consignés dans le Tableau 2.11 :
Note : Le bâtiment choisi pour la comparaison des vitrages est celui de référence.

TABLE 2.11 – Consommation en kWh/an en fonction du type de vitrage.


Climatisation Chauffage Total
Simple (Ug = 5, 74W/m 2 K) 2210,00 2385,00 4595,00
Double (Ug = 2, 95W/m 2 K) 717,00 2126,50 2843,50
Triple (Ug = 1, 43W/m 2 K) 617,00 2148,00 2765,00

Les résultats montrent des corrélations entre les différents coefficients de transmission thermique
Ug des vitrages utilisés et leurs impacts sur la consommation énergétique annuelle du bâtiment DPA.
Le débarcadère, selon l’esquisse de projet, est doté de vitrage sur les façades Sud et Ouest (salle poly-
valente, logement gardien et zone de conditionnement) et Nord (salle de restaurant). D’après ces ré-
sultats on peux constater qu’une amélioration du coefficient Ug permet de baisser la consommation
énergétique du bâtiment. En effet, la diminution du coefficient Ug entraine une baisse consomma-
tion de chauffage et de climatisation (cf. Tableau 2.11).
On remarque que ce soit en terme de consommation totale le triple et le double vitrage assurent
presque tout les deux le même potentiel d’économie d’énergie, soit 38% par rapport au simple vi-
trage. Il est préférable d’opter pour le double vitrage vu de l’investissement du triple par rapport aux
autres.

2.3.4 Récapitulatif des résultats

TABLE 2.12 – Tableau récapitulatif des consommations kWh/an.


Climatisation Chauffage Total
Bâtiment standard 2210,00 2385,00 4595,00
Variante 1 1601,50 1731 3332,50
Variante 2 868,00 2125,60 2993,60
Variante 3 986,00 1972,00 2958,00

L’histogramme 2.15 présente le cumul des consommations annuelles de climatisation et du chauf-


fage ainsi leur somme en kWh/an du débarcadère pour les trois variantes simulées précédemment
par rapport à la consommation totale annuelle du bâtiment de référence (standard).

36
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE

5000,00

4500,00

4000,00

3500,00

3000,00

2500,00

2000,00

1500,00

1000,00

500,00

0,00
Clim Chauff Total Clim Chauff Total Clim Chauff Total Clim Chauff Total
Standard Variante 1 Variante 2 Variante 3

F IGURE 2.15 – Consommations en kWh/an de trois variantes par rapport au bâtiment standard.

2.4 Conclusion
Dans cette partie nous avons cherché à optimiser les caractéristiques de l’enveloppe de notre bâti-
ment débarcadère de pêche aménagé en fonction de deux critères :

– Le critère classique de minimisation des besoins de climatisation résiduels, utilisé dans l’approche
par la mise en place des matériaux performants, à savoir la terre crue et l’isolation thermique.
– Un critère de l’inertie thermique qui stabilise la température et par la suite améliorer le confort
thermique.

Pour cela nous avons commencé par la modélisation et simulation du bâtiment de référence, en
choisissant les paramètres de l’enveloppe de telle sorte à avoir le maximum possible de consomma-
tion d’énergie (cas défavorable).

Nous avons ensuite comparé les résultats de l’optimisation avec les résultats trouvés dans le cas
standard et constaté que seulement le changement des matériaux de construction donne suite à une
économie d’énergie pour chaque variante simulée, soient 27,47%, 34,85% et 35,62% d’économie sur la
consommation totale de climatisation et du chauffage pour la variante 1 (resp. variantes 2 et 3). Aussi
bien cette comparaison a montré que les températures n’ont pas dépassées les 26 °C pendant l’été.
L’inertie thermique seule a amélioré le confort d’été et éliminé totalement les besoins en climatisation
(sauf pour la zone de conditionnement qui avait une consigne de 14 °C).

37
Chapitre 3
Étude analytique du mur Trombe sur le confort
thermique et la consommation énergétique

3.1 Introduction
Le mur Trombe est une technologie connue depuis longtemps pour exploiter les gains solaires et
stocker l’énergie thermique dans l’enveloppe du bâtiment, afin de réduire les besoins énergétiques
de l’édifice en garantissant un niveau de confort aux occupants. Ce chapitre présente un code numé-
rique pour la simulation du comportement d’un mur Trombe et son intégration dans la zone d’occu-
pation. Pour cela nous sommes partis d’un modèle existant de l’environnement de calcul TRNSYS (le
Type36b) représentant un mur Trombe classique.

3.2 Description du mur


Le mur Trombe (parfois appelé mur Trombe-Michel) est un système de chauffage solaire dit « pas-
sif ». Mis en œuvre et expérimenté par le professeur Félix Trombe et l’architecte Jacques Michel dans
les années 1950-1970, ce dispositif tire parti, par effet de serre, de l’énergie gratuite du soleil. Idéa-
lement, le mur trombe est un mur plein (béton, pierre...), de couleur sombre (mat), exposé au sud
(dans l’hémisphère nord), devant lequel on dispose un vitrage. Ce vitrage piège la chaleur du soleil
qui se propage et s’accumule dans la maçonnerie. La restitution, à l’intérieur de l’habitation, se fait de
manière douce, continue et étalée dans le temps. Dans cette configuration, le mur est couramment
appelé mur capteur. Le percement, dans la maçonnerie accumulatrice, d’ouvertures basse et haute
permettant à l’air préchauffé d’être envoyé dans l’espace intérieur, transforme ce mur capteur en mur
Trombe.

3.2.1 Modèle géométrique


Un modèle schématique du mur Trombe est présentée dans la Figure 3.1

38
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE

F IGURE 3.1 – Modèle schématique du mur Trombe.

3.2.2 Principe de fonctionnement


Fonctionnement hiver

Le capteur vitré, ouvert en bas chauffe l’air extérieur. L’air se réchauffe alors par effet de serre. L’air
chaud, plus « léger » car moins dense, monte, ce qui provoque l’aspiration de l’air frais. La sortie,
en haut du capteur, est opposée à une entrée (de préférence basse) dans la maison, apportant ainsi
de l’air chaud et nouveau avec peu de déperdition. La circulation de l’air se fait naturellement sans
mécanique.

Fonctionnement été

L’entrée en bas du capteur est reliée à une prise d’air haute dans la maison. La sortie en haut du
capteur est alors directement évacuée à l’extérieur. L’apport calorique dans le capteur sert de thermo-
siphon en forçant les évacuations d’air chaud de la maison et, de ce fait, favorise les entrées d’air frais.

F IGURE 3.2 – Fonctionnement du mur trombe en été et en hiver.

39
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE

3.3 Méthodologie et hypothèses de l’étude


L’objectif du présent chapitre est d’intégrer le mur Trombe dans l’une des zones de DPA étudié dans
le chapitre précédent, ensuite simuler et voir son effet sur le confort thermique ainsi que la consom-
mation énergétique de la zone. La zone choisie pour l’étude est le logement du gardien et le mur sera
intégré sur la façade orientée Sud comme le montre la Figure 3.3.

F IGURE 3.3 – Implantation géométrique du mur Trombe dans le logement du gardien - façade sud.

Le bâtiment sera équipé de parois épais isolées (variante 3 du chapitre 2). Le mur choisi pour l’étude
comprend les spécifications suivantes (Tableaux 3.1 et 3.2) :

TABLE 3.1 – Propriétés thermiques du système mur Trombe.


Conductivité thermique 2kJ/h.m.K
Capacité spécifique 1800kJ/m 3 .K
Transmissivité du vitrage 0, 8kJ/h.m 2 .K
Absorptivité du mur 0, 7
Nombre de vitrages 1

TABLE 3.2 – Propriétés dimensionnelles du système mur Trombe.


Hauteur du mur 2, 75m
Largeur du mur 2, 15m
Épaisseur du mur 0, 3m
Surface d’orifice 1m 2
Distance entre orifices 2m
Distance vitrage - mur massif 0, 1m

3.4 Simulation sous TRNSYS

3.4.1 Description du type 36b


Sous TRNSYS, le type 36b est utilisé pour simuler le mur vitré. Ce type modélise directement un
mur vitré dans le module « simulation studio » de TRNSYS. Ce composant offre 3 modes de fonction-
nement :

40
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE

– Mode 0 : Pas d’écoulement d’air à travers le Gap du mur.


– Mode 1 : L’air ambiant circule à partir de la chambre, à travers la lame d’air, et revient dans la
chambre elle-même (mode chauffage).
– Mode 2 : L’air ambiant circule à partir de l’environnement, à travers la lame d’air, et revient ensuite
dans l’environnement elle-même (mode refroidissement).
Pour basculer entre les trois modes décrits ci-dessus, le composant 36b compte parmi ses entrées
une appelée Control function la fonction de commande notée γ. Elle détermine si le débit massique
de l’air est autorisé et avec quelle partie l’air est échangé :
Si γ = +1, l’air dans la lame d’air est échangé avec l’air de la zone intérieure (mode 2). Si γ = -1, l’air
dans la lame d’air est échangé avec l’air ambiant (mode 3).
Si la fonction de commande est ni +1 ni -1, plus souvent γ = 0, il est supposé avoir aucun écoulement
d’air à travers la lame d’air (mode 0). La Figure 3.4 résume la stratégie de contrôle de fonctionnement
de mur :

Entrées météorologiques au
bâtiment

T° de sortie de mur
OUI NON
>
T° d’entrée de mur

OUI OUI
Mode 0 Tint > 18 °C Tint > 26 °C Mode 2

NON NON

Mode 1 Mode 0

Mode 0 : Pas d’écoulement d’air – Control = 0


Mode 1 : Air échangé avec la zone intérieure – Control = 1
Mode 2 : Air échangé avec l’ambiant – Control = -1

F IGURE 3.4 – Organigramme de fonctionnement du mur.

3.4.2 Modèle mathématique


Nous allons dans cette partie effectuer une étude des phénomènes physiques (thermiques) liées au
mur issue des références ([6] ; [7]). Les équations qui viennent par la suite sont basées sur les hypo-
thèses simplificatrices suivantes :

41
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE

– Le modèle correspond à une simulation en 1D. Cela suppose que le transfert de chaleur dans le mur
est unidimensionnel et que la variation verticale de la température ne sera pas prise en compte.
– L’inertie du vitrage est celle de l’air sont négligées.
– L’air est parfaitement transparent.
– Les différents éléments du mur (vitre, paroi stockeuse) sont supposés homogènes et thermique-
ment uniformes sur toute la hauteur.
Le circuit thermique utilisé pour modéliser les performances de mur Trombe est présenté sur la Fi-
gure 3.5).
La vitesse moyenne de l’air dans la lame d’air est donnée par l’équation :

v
2g h (Tm − Ts )
u
v =t . (3.1)
u
Ag |Tm |
(C1 ( Av )2 + C2 )

Où, Ts = Ta ou TR ça dépend avec quelle partie l’air est échangé, l’environnement ou la chambre inté-
Ag Ag
rieure. Le terme (C1 ( Av )2 + C2 ) représente les pertes de pression de système. Le ratio ( Av )2 représente
la différence entre la vitesse de l’air dans les orifices et la vitesse de l’air dans la lame d’air.
La résistance thermique au flux d’énergie entre la lame d’air et la chambre intérieure lorsque m est

F IGURE 3.5 – Circuit thermique du mur solaire (Référence [6]).

fini est donnée par (Référence [6]) :

2h A
mCpa −( mCc )
A[( 2hc A )(exp pa − 1) − 1]
R= 2h A
(3.2)
−( mCc )
mCpa (exp pa − 1)

Si l’air dans la lame d’air est échangé avec l’environnement, Ta remplace TR .

Les équations du débit massique du fluide, des coefficients de convection dans la cavité et du coef-
ficient de convection extérieure sont données par la référence [5].

42
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE

3.4.3 Stratégie de connexion avec le bâtiment « Type 56 »


Une simulation sous TRNSYS est généralement mise en place par une liaison graphique sous Si-
mulation Studio. Chaque "Type" ou "Composant" est décrit par un modèle mathématique dans le
moteur de simulation TRNSYS. Un diagramme simplifié décrit la stratégie de connexion de type 36b
et le bâtiment est montré dans la Figure 3.6 :

F IGURE 3.6 – Stratégie de connexion de mur Trombe avec le bâtiment.

3.4.4 Implantation sous TRNSYS


La Figure 3.7 représente l’intégration du mur Trombe au bâtiment DPA sous Simulation Studio avec
la stratégie de contrôle décrite ci-dessus.

43
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE

F IGURE 3.7 – Implantation du mur Trombe sous Simulation Studio.

44
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE

3.5 Analyse des résultats de simulation


Température intérieure

Le logiciel TRNSYS permet une analyse du confort du bâtiment, grâce aux valeurs de température
et d’indice PMV au pas horaire. La zone analysée est le logement du gardien.

F IGURE 3.8 – Évolution de la température intérieure et extérieure sur l’année.

Ce graphique permet de voir l’évolution de la température intérieure du logement de gardien (en


rouge), tout en comparant à l’évolution de la température extérieure (en bleu). Nous observons à
première vue que les consignes de température sont bien respectées. En effet, le taux d’inconfort ou
le pourcentage qui présente le nombre d’heures où la température sort de l’intervalle des consignes
suivante : [18 °C ; 26 °C] est 10,13%. Détaillons une semaine d’hiver et une semaine d’été :

F IGURE 3.9 – Évolution de la température intérieure et extérieure du 08/01 au 15/01.

En hiver, bien que les températures extérieures soient aux alentours de -1,6 °C / 16 °C, la tempé-

45
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE

rature de consigne de chauffage est respectée. En effet, la journée, la température à l’intérieur du


logement reste au dessus de 18 °C et atteint 22 °C. La nuit, la température atteint sa valeur minimale
15 °C. Cependant, le bâtiment étant bien isolé, la température ne chute pas vite, ce qui permet de ne
pas mettre le chauffage la nuit, tout en ne descendant pas en dessous de 15 °C.

F IGURE 3.10 – Évolution de la température intérieure et extérieure du 15/07 au 22/07.

En été, les températures de consigne de climatisation sont elles aussi respectées. On observe que
la température ne dépasse jamais 26 °C, même lors de forte chaleur extérieure (45,95 °C), voir Figure
3.10.

Indice de confort PMV

F IGURE 3.11 – Évolution de l’indice PMV sur l’année.

46
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE

La plupart de l’année, l’indice PMV le plus faible est aux alentours de -0,5 / -1,5, et l’indice PMV le
plus élevé est légèrement inférieur à 0,8. Cela implique que la plupart de l’année, il y a moins de 25%
des occupants insatisfaits. Comme la zone de confort thermique se situe entre un indice de PMV de -1
à +1 (cf. Confort thermique, chapitre 1), nous pouvons nous considérer en zone de confort thermique
(excepté pendant les trois mois de février, avril et mai).

3.6 Comparaison avec les résultats du 2ème chapitre


Afin de mieux estimer l’effet du mur Trombe, il est utile de présenter les résultats trouvés dans le
chapitre 2 et les comparer avec le mur Trombe, résultats du présent chapitre. La Figure 3.12 présente
la température intérieure du logement et celle extérieure sans mur Trombe (cf. chapitre 2).

F IGURE 3.12 – Températures intérieure et extérieures du logement sans mur.

En se basant sur les résultats trouvés avec le mur Trombe (cf. Figure 3.8), il est à noter, pour le cas
de mur Trombe, que la température intérieure reste dans l’intervalle du confort [18 °C ; 26 °C] presque
sur toute l’année. En revanche, les résultats présentés sans mur Trombe montre, même avec les éco-
nomies d’énergie, un mal confort d’hiver. La clarté de cette comparaison est illustré sur le Tableau 3.3 :

TABLE 3.3 – Tableau comparatif des résultats avec et sans mur Trombe.
Nombre Nombre
d’heures d’heures
(T° < 18°C) (T° > 26°C) Climatisation Chauffage Total
Sans mur Trombe 2503 0 0 853,00 853,00
Avec mur Trombe 120 149 9,12 10,00 19,12

On constate des économies importantes quant à l’utilisation du mur Trombe, soit 97,75% d’écono-
mie sur la consommation totale.

47
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE

3.7 Conclusion
Ce travail concerne une étude d’un système énergétique passif faisant partie de l’architecture bio-
climatique, à savoir le mur Trombe. Le mur Trombe est système passif regroupant à la fois le préchauf-
fage et le rafraîchissement de l’air.
Dans ce chapitre nous avons optimisé la consommation énergétique du logement de gardien (un cas
d’étude) par l’intégration du mur Trombe sur la façade sud, et constaté également que cela a bien
amélioré aussi le confort en cas de présence

Nous avons ensuite comparé les résultats de l’optimisation avec ceux trouvés sans mur Trombe
dans le chapitre 2 sur toute l’année, et constaté que ce dispositif bioclimatique donne suite à une
économie importante, soit 97,75% de l’énergie consommée annuellement est économisée.

48
Conclusion

A l’échelle internationale, de nombreux efforts ont été réalisés en matière de maîtrise des consom-
mations énergétiques des bâtiments. Ces efforts ont notamment conduit à la mise en place d’une
méthode de conception essentiellement basée sur la limitation des pertes énergétiques dans les bâti-
ments. Parallèlement, les bases d’une approche dite « bioclimatique », prenant en compte les apports
gratuits de l’environnement pour couvrir le besoin énergétique des bâtiments, ont été posées.
Au Maroc, le secteur du bâtiment représente à lui seul autour de 28% de la consommation d’énergie
finale, les consommations sont alors menées d’être réduites dans les années à venir.

L’objectif principal de ce projet de fin d’études a donc consisté à proposer de technologies biocli-
matiques, basées sur la simulation numérique, qui permettent de quantifier à la fois la qualité éner-
gétique d’un bâtiment (DPA en l’occurrence) en fonction de ses besoins énergétiques, et l’aptitude de
ce bâtiment à exploiter le maximum possible les ressources énergétiques naturelles, l’énergie solaire
en l’occurrence, sans intégrer aucun système actif.

La méthodologie présentée dans ce projet nous a permis d’aborder, en premier lieu, l’étude et le
choix des données climatiques utiles pour la simulation, puis dans un deuxième lieu, le choix des
matériaux de construction pour un bâtiment de référence d’une part, et le bâtiment amélioré d’autre
part. Nous avons ensuite procédé à des simulations numériques à l’aide de l’outil TRNSYS, et seules
les zones occupées ont été retenues pour l’analyse thermique et énergétique.
La comparaison entre les performances thermiques de ces deux bâtiments, standard et amélioré, dans
les mêmes conditions météorologiques est le but de la simulation thermique dynamique. Pour cela
nous avons choisi d’étudier l’impact de trois variante d’amélioration : la première consiste à mettre
des parois épaisses construites en terre crue avec toiture végitalisée, la deuxième nous avons gardé
le bâtiment standard en mettant de l’isolation thermique sur les parois extérieures et la troisième va-
riante était une combinaison des deux première à la fois. D’après les résultats nous avons constaté ce
qui suit :

– Les trois variantes d’optimisation ont totalement supprimé les besoins en climatisation pour les
zones ayant 26 °C comme consigne en été sauf pour la zone de conditionnement qui avait une
température de consigne de 14 °C toute l’année. Nous avons comme même noté des économies
d’énergie sur la consommation de climatisation pour cette zone, soient : 27,53% (resp. 60,72% et

49
CONCLUSION

55,4%) pour la première variante (resp. variantes 2 et 3).


– Les trois variantes n’ont permis pas d’éliminer les besoins en chauffage ce qui montre bien l’insa-
tisfaction pendant la période d’hiver. En effet, la température intérieure reste au dessous de 18 °C
durant toute l’année. Cela nous a conduit de penser à mettre en place de solution bioclimatique
assurant le préchauffage pendant l’hiver.

L’intégration de mur capteur-solaire (mur Trombe) dans la façade sud du logement de gardien, par
son implantation sous l’environnement Simulation Studio « Type 36b », a permis de diminuer le pour-
centage d’insatisfaits, soit au dessous de 25%. En effet, l’indice PMV évalué avec l’intégration de ce
mur est aux alentours de -0,5 / -1,5 pendant toute l’année. Le calcul aussi de consommation énergé-
tique totale du logement a donné suite à une économie d’énergie importante, soit : 97,75%.

50
Bibliographie

[1] Thierry Gallauziaux et David Fedullo, Le grand livre de l’isolation. Troisième édition,
deuxième tirage 2013, 677 pages.
[2] ADEME, Cahier des charges - étude d’optimisation thermique dynamique, bâtiment neuf,
édition 2010.
[3] ADEREE, Réglementation thermique de construction au Maroc, édition 2014.
[4] Sylvain MORETEAU, Enduits de terre crue avec 20 recettes : techniques de mise en œuvre et
conseils de professionnels.
[5] J. Shen, S. Lassue, L. Zalewski,D. Huang, Numerical study on thermal behavior of classical or
composite Trombe solar walls, Energy and Buildings 39(2007), 962-974.
[6] S.A. KLEIN, W.A. BECKMAN, J.W. MITCHEL, J.A DUFFIE, N.A. DUFFIE, T.L. FREEMAN et al.
“TRNSYS manual”, University of Wisconsin, 1998.
[7] Cheikh SECK, D. DEFER, E. GAVIOT, F. HAGE. CHEHADE, S. LASSUE, L. ZALEWSKI, Analyse
et modélisation du comportement thermique d’un système de préchauffage d’air neuf pour
l’habitat, intégrant un matériau à changement de phase, Université d’Artois, 2010.
[8] Mai Thi Do, Modélisation et optimisation d’un mur solaire avec vitrage dans un bâtiment
résidentiel, Université Laval Québec, 2012.
[9] International Standard ISO 7730, Ergonomie des ambiances thermiques. Version allemande
2005.
[10] Site web : http://www.energieplus-lesite.be.

i
Annexe : expression du PMV et PPD

Le PMV défini par Fanger se construit à partir du bilan thermique du corps humain en régime per-
manent. Il prédit le vote moyen d’un groupe de personne sur l’échelle ASHRAE à partir des paramètres
suivants :

– Température d’air, Ti nt (°C).


– Température radiante moyenne, Tr m (°C).
– Vitesse relative de l’air, v (m.s −1 ).
– Pression partielle de vapeur, Pv (Pa).
– Activité, M (W.m −2 ).
– Habillement, résistance thermique Icl (m 2 .K.W −1

PMV = (0.0303.e −0.036.M + 0.028).(M − 0.00305(5733 − 6.99M − Pv ) − 0.42(M − 58.15) −


1.7.10−5 M(5867 − Pv − 0.0014M(33 − Ti nt ) − 3.96.10−8 . f cl .((Tcl + 173)4 + (Tr m + 273)4 ) −
f cl h cl (Tcl − Ti nt )))

La valeur du PPD est entièrement déterminée par le PMV :

PPD = (0.303e −0.036M + 0.028).L

ii
ANNEXE : EXPRESSION DU PMV ET PPD

iii

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