Rapport
Rapport
Ce rapport est le fruit d’un travail mené avec l’aide de nombreuses personnes que je souhaite re-
mercier du fond du cœur.
Mes remerciements s’adressent en premier temps à monsieur M’barek FEDDAOUI, pour son enca-
drement, ses nombreuses réponses à mes questions, ses connaissances et son aptitude toute particu-
lière à les transmettre.
Je tiens tout particulièrement à remercier monsieur Youness EL FOUIH, Directeur général de la so-
ciété Trusted Energy, pour m’avoir accueilli au sein de son entreprise et pour tous les conseils et les
directives qui ont permis de mener à bien ce projet, tout en restant ouvert à mes initiatives.
Par la même occasion, j’adresse mes remerciements à tout les enseignants de la filière EECB de
l’établissement. Je remercie également les membres du jury pour le temps et l’attention accordés à la
lecture et la critique de ce travail.
Je ne saurais oublier les bons moments passés avec les collègues ingénieurs et stagiaires du bureau
Trusted Energy, en particulier Taha EL ABKARI et Youness EL FOUIH qui m’ont apporté leurs lumières
dans les moments de doute. Merci donc à tous.
Plus personnellement et de façon infiniment plus intime je remercie mes parents qui m’ont tou-
jours soutenu et qui m’ont permis d’aboutir à des études supérieures.
Merci pour tout l’amour qu’ils m’apportent jour après jour...
Pour finir, je tiens à remercier toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont contribué à la réali-
sation de ce travail.
i
Résumé
Les consommations d’énergie sont amenées à être fortement diminuées dans les années à venir,
notamment dans le secteur du bâtiment. En effet, la nouvelle réglementation marocaine demande
des consommations de plus en plus faibles.
Les règles et usages actuels de conception des bâtiments sont essentiellement basés sur la minimi-
sation des déperditions thermiques. Pour l’enveloppe du bâtiment cela se traduit par une prédomi-
nance de son isolation thermique.
L’objectif principal du projet de fin d’études est de concevoir un bâtiment dédié au conditionne-
ment et conservation de poissons, dans le but qu’il devienne bâtiment HQE, et donc moins consom-
mateur d’énergie. Pour cela, la mise en œuvre de matériaux performants sera de vigueur. Le bâtiment
est un débarcadère de pêche aménagé (DPA).
La méthodologie présentée dans cette mémoire consiste en modélisation et simulation thermodyna-
mique du bâtiment par TRNSYS afin d’évaluer les performances thermiques et énergétiques du DPA,
à savoir la consommation énergétique annuelle dans le but d’optimiser le maximum possible cette
consommation et par la suite améliorer le confort du travail.
Mots clés : DPA, STD, TRNSYS, indice PMV, architecture bioclimatique, confort thermique, mur
trombe.
ii
Table des matières
Remerciements i
Résumé ii
Nomenclature vii
Introduction générale 1
1 Généralités 3
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Présentation de l’entreprise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.1 Vision globale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.2 Pôles des différents services . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Crise énergétique mondiale et nationale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3.1 Secteur du bâtiment : des enjeux énergétiques mondiaux et régionaux importants 4
1.3.2 Des enjeux énergétiques et socio-économiques importants pour le Maroc . . . . 5
1.3.3 Règlementation thermique de construction au Maroc (RTCM) . . . . . . . . . . . 6
1.4 Architecture bioclimatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4.1 La compacité et la conception de la maison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4.2 L’orientation de la maison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.5 L’inertie thermique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.6 Les ponts thermiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.7 Condensation à la surface d’une paroi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.8 Confort thermique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.9 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
iii
TABLE DES MATIÈRES
Conclusion 49
Bibliographie i
iv
Liste des figures
v
LISTE DES FIGURES
vi
Liste des tableaux
vii
Liste des abréviations
viii
Nomenclature
ix
Introduction générale
Les bâtiments occupent une bonne superficie de la planète et sont primordiaux pour la société. Ce-
pendant, les humains sont vraiment loin d’être confortables lorsqu’ils sont à l’intérieur d’un bâtiment
sans aucun système pour le chauffer ou le refroidir. C’est donc la raison pour laquelle les systèmes
de chauffage, de ventilation et d’air climatisé (CVAC) existent. Ceux-ci permettent aux personnes de
travailler ou de bien de faire toute autre activité dans un climat confortable peu importe les condi-
tions climatiques à l’extérieur. Par contre, ces appareils doivent utiliser beaucoup d’énergie et cette
consommation d’énergie peut être très coûteuse. La consommation et la production de l’énergie au
sein des bâtiments sont également responsables d’importantes émissions de gaz à effet de serre qui
provoquent les changements climatiques. L’efficacité énergétique des bâtiments est donc un aspect
primordial pour la planète, puisque les habitants de celle-ci doivent vivre avec un certain minimum
de confort. Comme les bâtiments sont responsables d’une grande partie de la consommation d’éner-
gie dans le monde, améliorer leur efficacité a donc aussi pour effet de réduire les émissions de gaz à
effet de serre.
Au niveau mondial, le secteur du bâtiment représente à lui seul autour de 28% de la consommation
d’énergie finale et contribue à hauteur d’un tiers environ des émissions de CO2 .
Au niveau national, parmi les secteurs consommateurs d’énergie, le bâtiment est le premier consom-
mateur d’énergie avec une part de 25% de la consommation énergétique totale du pays, dont 18%
réservés au résidentiel et le reste pour le tertiaire.
L’objectif de ce projet est de concevoir un bâtiment moins consommateur d’énergie à haute qualité
environnementale. Il s’agit d’une construction nouvelle d’un débarcadère de pêche aménagé (DPA)
situé près du barrage Hassan 1er côté d’Ouzoud destiné, d’une part à assurer un conditionnement et
la conservation de poissons et améliorer les conditions de vie des pêcheurs au niveau des retenues de
barrage d’autre part. L’objectif final de ce bâtiment est d’assurer une large pénétration des poissons
au marché marocain avec moins de consommation de l’énergie.
1
INTRODUCTION GÉNÉRALE
suite à l’évolution de température est ensuite présentée pour évaluer les performances du bâtiment
au niveau de sa consommation, notamment la climatisation et le chauffage.
L’étude abordera en premier temps une brève présentation de la nouvelle règlementation ther-
mique au Maroc, et une initiation vers l’architecture bioclimatique : objet du premier chapitre. Dans
le deuxième chapitre l’étude se poursuit sur une présentation détaillée de différentes pièces consti-
tuantes le DPA, ensuite élaborer une méthodologie de travail et choisir un bâtiment de référence pour
la simulation. L’objectif final est de rendre le bâtiment à énergie positive puis limiter son consomma-
tion en optant à une bonne architecture bioclimatique.
Dans le troisième chapitre, le but est d’étudier un système énergétique intégré dans l’enveloppe du
bâtiment, notamment dans la façade sud de l’une des zones de DPA, permettant de préchauffer l’air
neuf. La simulation dynamique du système effectuée grâce au logiciel TRNSYS a permis d’évaluer le
confort thermique et d’estimer l’efficacité du système en terme de consommation énergétique.
2
Chapitre 1
Généralités
1.1 Introduction
Le secteur du bâtiment est aujourd’hui l’un des premiers postes de consommation énergétique et
l’un des principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre. Derrière ce constat, les enjeux
environnementaux en termes d’épuisement des ressources et de changement climatique sont très
importants.
Pôle bâtiment
– Réalisation des études énergétiques réglementaires et labélisation (RTCM, HQE, RT2012, LEED, ..).
– Simulation thermique dynamique (STD) : Optimisation énergétique des bâtiments par STD.
– Etude paramétrique et optimisation des ressources.
– Assistance technique au choix des technologies.
– Assistance technique à la réalisation des travaux énergétiques.
3
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
Pôle industrie
– Photovoltaïque.
– Solaire thermique.
– Biomasse.
Pôle environnement
Pôle simulation
Pôle formation
4
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
F IGURE 1.1 – Consommation d’énergie finale du secteur du bâtiment dans le monde 2010.
Par ailleurs, il est estime que le potentiel d’économies d’énergie dans ce secteur au niveau mon-
dial est de l’ordre de 40%, et cela en grande partie via des mesures économiquement rentables c’est
également un secteur éminemment stratégique du fait de la longue durée de vie des bâtiments : les
constructions d’aujourd’hui conditionneront durablement les consommations de demain et un bâti-
ment bien pense de s sa conception sera toujours plus performant et moins coûteux qu’un bâtiment
rénove a posteriori. Si le secteur de la rénovation est crucial aux vues du parc de logements existant,
la construction neuve se doit d’être exemplaire.
Ce potentiel peut être atteint à travers l’agrégation de l’effet de plusieurs mesures individuelles,
comme le montre le graphique 1.2 suivant, issu d’une étude réalisée par Plan Bleu en 2009.
Notons que la mesure de l’amélioration des performances thermiques de l’enveloppe des bâti-
ments couvre à elle seule 50% de ce potentiel, grâce aux économies d’énergie qu’elle implique pour
les besoins de chauffage et de climatisation. Il en découle l’importance des mesures réglementaires
relatives aux performances thermiques des bâtiments.
5
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
F IGURE 1.2 – Structure du potentiel d’efficacité énergétique dans la région de la Méditerranée du sud
sur la période 2010-2030.
– L’augmentation sensible du taux d’équipement des ménages en équipements CVC, éclairage et ECS
du fait de l’amélioration du niveau de vie et la baisse des prix de ces équipements (chauffage, cli-
matisation, chauffage de l’eau, réfrigération, etc.).
La Règlement Thermique de Construction au Maroc (RTCM) vise essentiellement à améliorer les per-
formances thermiques :
– Réduire les besoins de chauffage et de climatisations des bâtiments ;
– Améliorer le confort des bâtiments non climatisés ;
– Réduire la puissance des équipements de chauffage et de climatisation à installer ;
6
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
– Inciter les architectes, ingénieurs et maîtres d’œuvre à l’utilisation des approches de conception
thermique performante de l’enveloppe du bâtiment ;
– Mettre à la disposition des maîtres d’ouvrage, décideurs publics et bailleurs de fonds, un outil per-
mettant d’améliorer la productivité de leurs investissements ;
– Aider à la réalisation de diagnostics énergétiques des bâtiments existants.
Zonage climatique Les travaux de zonage climatique ont été réalisés en étroite coordination entre
la DMN et l’ADEREE, avec l’appui d’une expertise internationale.
Le territoire Marocain a été subdivisé en zones climatiques homogènes en se basant sur l’analyse des
données climatiques enregistrées par 37 stations météorologiques sur la période de 1999-2008 (10
ans). La construction des zones a été effectuée selon le critère du nombre de degrés jours d’hiver et le
nombre de degrés jours d’été.
7
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
TABLE 1.2 – Performances thermiques des bâtiments résidentiels par zone en kWh/m 2 /an.
Z1 Agadir 40
Z2 Tanger 46
Z3 Fès 48
Z4 Ifrane 64
Z5 Marrakech 61
Z6 Errachidia 65
TABLE 1.3 – Besoins spécifiques thermiques annuels maximaux de chauffage et de climatisation dans
le secteur tertiaire en kWh/m 2 /an.
Écoles Administrations Hôpitaux Hôtes
Z1 44 45 72 48
Z2 50 49 73 52
Z3 61 49 68 66
Z4 80 35 47 34
Z5 65 56 92 88
Z6 67 58 93 88
Approche prescriptive L’étude thermique d’un bâtiment commence par une analyse architecturale
qui conditionnera le choix et la méthode du calcul. Le thermicien commence par le calcul du coef-
ficient TGBV : Le taux général des baies vitrées, comme son nom l’indique le TGBV des espaces cli-
matisés (chauffés et/ou refroidis) est le rapport en pourcentage entre la surface totale vitrée des baies
vitrées et la surface brute de leurs murs extérieurs.
A
TGBV =
B
P
Où, A = Surfaces des baies vitrés des murs extérieurs des espaces chauffés et/ou refroidis ;
P
B = Surfaces brutes des murs extérieurs des espaces chauffés et/ou refroidis.
Si la valeur de TGBV est inférieure ou égale à 45%, l’étude thermique peut se faire en adoptant
l’approche prescriptive, qui exprime les spécifications thermiques des éléments de constructions.
8
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
A l’étape du plan, il est facile d’agir sur la compacité de la maison, sur son orientation en fonction
des contraintes urbanistique et du terrain, sur le choix des matériaux ou sur le dimensionnement et
l’exposition des ouvertures.
Les formes compactes optimisent la répartition de la chaleur. Les décrochements, les balcons, les
parties proéminentes augmentent les déperditions. De même, deux maisons mitoyennes sont plus
performantes thermiquement que ces mêmes maisons indépendantes. A surface habitable égale, une
maison à étage présente moins de déperditions qu’une maison de plain-pied (Référence [1]).
9
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
Les pièces à vivre ainsi que la véranda seront situées au sud pour profiter du soleil bas d’hiver et
donc d’un apport de chaleur gratuit. Les chambres seront idéalement situées à l’est pour bénéficier
du soleil matinal et de la fraîcheur en soirée. Les pièces techniques (salle de bains, WC, buanderie,
garage, circulations...) et les espaces de rangement peuvent être placés au nord, avec des ouvertures
10
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
les plus petites possible. Ces pièces, moins chauffées, jouent le rôle de zone tampon entre l’extérieur
et l’espace de vie (cf. Figure 1.7).
La façade nord sera idéalement consacrée à l’accès voiture. En hiver, pour profiter de l’exposition
sud et de ses apports solaires, la méthode la plus efficace consiste à rechercher l’effet de serre. En effet,
les vitrages laissent passer le rayonnement solaire qui réchauffe les parois et le mobilier. La chaleur
est emmagasinée puis restituée dans la pièce sous forme de rayonnement infrarouge, arrêté par le
verre. Pour optimiser encore cet apport de chaleur momentané, il est intéressant de le stocker. Pour
cela tous les éléments lourds à forte inertie sont bénéfiques (voir l’inertie thermique plus loin).
11
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
téristique physique. Lorsqu’il s’agit d’isolation, l’inertie thermique peut être l’alliée ou l’ennemie du
confort et de la consommation d’énergie. Les performances thermique globales de l’habitation seront
effectivement largement influencées par cette capacité de stockage de la chaleur et par la façon dont
vous en tenez compte au moment de la conception. L’inertie thermique d’un matériau est évaluée
à l’aide des deux paramètres suivants :
– La diffusivité [m 2 /s] :
α = λ/(ρ.c) (1.1)
Avant toute chose, il est important de connaître les principes caractérisant l’inertie thermique. Se-
lon l’effet recherché, plusieurs propriétés physiques des corps entrent en jeu. La première d’entre elles
est la capacité thermique. Il s’agit de la quantité de chaleur potentille que peut absorber un matériau
en fonction de sa masse ou de son volume. Généralement, plus le matériau est lourd, plus sa capacité
thermique volumique est grande. Par exemple, le béton et la pierre sont des matériaux présentant
une masse volumique élevée. Ils ont également une forte capacité à emmagasiner de la chaleur. Les
matériaux ne sont pas tous égaux de ce point de vue, comme le montre le Tableau 1.4 :
Connaître la capacité d’un matériau n’est pas le seul critère. En effet, il est intéressant de savoir
également comment la chaleur est stockée et à quelle vitesse. C’est pourquoi, pour définir l’inertie
12
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
thermique, on tient compte d’une autre propriété physique qui est l’effusivité. C’est la vitesse à la-
quelle varie la température de superficie d’un matériau. Plus cette valeur est grande pour une paroi,
plus elle se réchauffe ou se refroidit rapidement.
Dans le même ordre d’idée, la diffusivité nous indique la vitesse de diffusion de la chaleur non plus
en surface mais à l’intérieur même du matériau. Plus elle est élevée, plus le matériau s’échauffe ou
se refroidit rapidement en son cœur. L’inertie thermique est la combinaison de toutes ces propriétés.
Lorsqu’on les connaît, on peut les mettre à profit pour jouer sur les températures à l’intérieur d’un
bâtiment. En effet, on comprend que l’inertie thermique va entraîner un effet retard ou un déphasage
entre la variation de la température intérieure et extérieure. Prenons une paroi lourde non isolée. S’il
fait froid à l’intérieur, il faudra un certain temps pour que la paroi absorbe du froid, le stock et le res-
titue à l’intérieur. Inversement, si l’on chauffe l’intérieur, il faudra un délai avant que la paroi absorbe
la chaleur émise dans la pièce et devienne chaude à son tour. On comprend alors que cette propriété
physique des corps a une influence importante à l’échelle d’une habitation, notamment en fonction
des matériaux utilisés.
Prenons un autre exemple pour illustrer le déphasage (cf. Figure 1.8), un bâtiment avec des murs
légers et non isolés comme un abri de jardin en tôles. Plaçons un thermomètre à l’intérieur et no-
tons les courbes de température. Du fait de la légèreté du matériau constituant les parois, de sa faible
épaisseur et de sa grande effusivité, le froid, ou la chaleur extérieure pénètre immédiatement à l’inté-
rieur. Les températures extérieure et intérieure sont égales pratiquement à tout instant. L’inertie est
quasiment inexistante. Toute l’énergie consommée pour réchauffer ou refroidir le local serait immé-
diatement dissipée.
F IGURE 1.8 – Comportement d’une enveloppe opaque sans chauffage et sans ensoleillement.
Pour avoir une température plus douce à l’intérieur de l’abri, on décide d’installer des panneaux
d’isolant thermique. Que constate-t-on alors ? La variation de température intérieure suit l’évolution
de la température extérieure, mais cette fois-ci avec une amplitude moindre. La variation se produit
à la même vitesse, cependant les températures extérieure et intérieure sont différentes de quelques
13
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
degrés. L’écart de température est rendu possible grâce à l’isolation (cf. 1.8(a) ).
Si en plus, on pouvait construire de lourds murs en béton en remplacement des tôles, que se produirait-
il dans l’abri de jardin ? Son inertie thermique augmenterait considérablement, entraînant un dépha-
sage. Tout au long de la journée et de la nuit, la température intérieure serait influencée par la tempé-
rature extérieure mais seulement après plusieurs heures, à cause de l’inertie des parois.
En ajoutant aux murs lourds une isolation thermique par l’extérieur, notre abri de jardin pourrait
combiner et mettre à profit les deux avantages de l’abaissement de l’amplitude de température, grâce
à l’isolant, et du déphasage, grâce à l’inertie du matériau constituant les murs. La température exté-
rieure parviendrait donc diminuée jusqu’à l’intérieur, seulement après plusieurs heures (cf. 1.8(b)).
Un autre type de ponts thermiques, dits intégrés ou ponctuels, est souvent généré par les éléments
de fixation des isolants ou par des ossatures secondaires (ossature métallique d’une isolation par l’in-
térieur, poutrelle en béton d’un plancher à hourdis, chevilles de fixation métalliques), cf. Figure 1.10.
Ils doivent être pris en compte pour le calcul du coefficient de transmission thermique U de la paroi.
Les ponts thermiques linéaires sont quantifiés par le coefficient linéique ψ (psi) exprimé en W/m.K.
Les ponts thermiques intégrés sont caractérisés par le coefficient χ (ki) exprimé en W/K.
14
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
La conséquence des ponts thermiques est double. Ils ont une source importante de perte de chaleur
(jusqu’à 40%) et peuvent engendrer des désordres dus à la condensation (cf. Figure 1.11).
Pour comprendre l’importance des ponts thermiques et la nécessité de les traiter ou de veiller à ne
pas en créer, on peut les considérer comme de véritable fuites. Un récipient aux parois étanches pré-
sente peu d’intérêt pour contenir un liquide s’il est percé d’un trou, même infime. Si l’on considère
une habitation comme un récipient dans lequel on voudrait conserver non pas un liquide mais de la
chaleur, les ponts thermiques constitueraient autant de trous qui entraîneraient des fuites de chaleur.
Cela signifie aussi, en pratique, qu’il est inutile de sur-isoler une partie du logement ou d’une pièce,
par exemple en laissant une paroi non traitée. En isolant la moitié des murs, on n’obtiendrait pas une
isolation à moitié efficace, mais simplement des performances très localisées et globalement prati-
quement nulles, avec en prime des désagréments.
Telle un liquide, la chaleur empreinte la voie la plus facile pour traverser les matériaux, c’est-à-dire la
moins isolée. Par exemple, le diagramme thermique d’une dalle béton reprise dans un mur en béton
cellulaire (cf. Figure 1.12), montre le comportement du flux thermique. La chaleur tente de s’échapper
par la dalle vers l’extérieur. Elle est freinée par l’isolant et la planelle en bout de dalle.
15
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
– Avoir une qualité suffisante de l’isolation de l’enveloppe de façon à ce que la température de la face
intérieure de celle-ci n’atteint pas le point de rosée.
– Diminuer par ventilation complémentaire l’humidité relative de l’air intérieur.
– Chauffer la face intérieure des parois froides.
16
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
L’utilisation de tableaux et d’abaques permet soit d’évaluer le niveau de confort thermique atteint
dans un local soit, pour une situation donnée, de fixer la température de confort thermique optimale.
A cet effet l’indice de vote moyen prévisible est utilisé et le pourcentage prévisible d’insatisfaits est
17
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS
calculé.
L’indice de vote moyen prévisible, (PMV - Predicted Mean Vote) donne l’avis moyen d’un groupe im-
portant de personnes qui exprimeraient un vote de sensation de confort thermique en se référant à
l’échelle suivante. Une valeur de PMV de zéro exprime une sensation de confort thermique optimale.
Une valeur de PMV négative signifie que la température est plus basse que la température idéale et ré-
ciproquement une valeur positive signale qu’elle est plus élevée. On considère que la zone de confort
thermique s’étale de la sensation de légère fraîcheur à la sensation de légère chaleur, soit de -1 à +1.
+3 Chaud
+2 Tiède
+1 Légèrement tiède
0 Neutre
-1 Légèrement frais
-2 Frais
-3 Froid
1.9 Conclusion
Le secteur tertiaire et résidentiel représentent une source potentielle d’économie d’énergie incon-
tournable si on désire parvenir aux objectifs fixées par la RTCM. Parmi les différents champs d’actions
possibles, le recours à l’efficacité énergétique de l’enveloppe extérieure du bâtiment par l’isolation
thermique permet de réduire les dépenses énergétiques de manière durable et certaine.
18
Chapitre 2
Contexte de l’étude et définition de la
problématique
– Cahier de charges : Projet de débarcadère de pêche aménagé (DPA) au niveau du Barrage Hassan
1er .
19
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
Le projet devra être reproductible tout en prenant en compte les aspects tels que le lieu d’implanta-
tion et les volumes de production :
– Les règles de conception du bâtiment et les modélisations seront réalisées selon la zone climatique
4 (Référence Ifrane) ;
– Les locaux et le matériel seront dimensionnés pour un volume de production estimé du DPA de 200
t /an.
Les coûts de construction devront être économiques. Il doit passer le plus rapidement possible dans
le pipeline de réalisation du HCEF, comme également l’étude devra permettre au bénéficiaire de lan-
cer des marchés de réalisation de DPA : c’est donc un CPS adaptable aux caractéristiques du DPA
envisagé qui est demandé.
20
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
Cet espace, d’une superficie de 60 m 2 , sera dédié au triage, le nettoyage, la mise en caisse et à la
pesée du poisson. Il doit être équipé de tables en inox pour la manipulation du poisson (éviscération,
nettoyage), d’appareils de pesage et d’une zone (caisse isolée) où doivent être déposés des déchets de
poisson.
Chambre froide :
Il s’agit d’un local de stockage soumis à une température avoisinants les 0 à 2 degrés, efficace pour
garder le poisson frais. La chambre isotherme est importante pour le stockage du poisson en attente
son transport vers les lieux de vente. Surface : 4, 5m 2 .
Fabrique de glace :
La mise en place d’une fabrique de glace au niveau du DPA est primordiale pour assurer le condition-
nement du poisson selon les normes et les exigences sanitaires en la matière. La production actuelle
du site est de 25 tonnes par an et la production potentielle est estimée à 100 tonnes par an. Une fa-
brique de glace d’une capacité de 500 kg / j our est suffisante pour le cas de cette pêcherie. Surface :
4, 5m 2 .
Une zone au niveau du DPA sera réservée au stockage des caisses en plastiques. Le nombre de caisses
habituellement utilisées par barque est de 5 caisses. Il faut compter 150 caisses à stocker au niveau de
cette zone. Il faut prévoir également un espace de lavage de ces caisses selon les normes sanitaires en
vigueur en matière de gestion des déchets. La superficie allouée à cet espace sera de 40 m 2 .
Magasin :
Il s’agit d’un espace d’une superficie de 14 m 2 affecté pour chaque pêcheur pour stocker son matériel
de pêche. Pour cela, il faut prévoir 40 magasins pour la communauté de pêcheurs du lac de barrage
Hassan 1er .
Salle polyvalente :
Bloc socio-collectif :
Il sera composé de :
– Salle de restaurant 18 m 2 ;
21
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
– Cuisine de 4 m 2 ;
– Sanitaires de 9,5 m 2 .
Logement de gardien :
Autres zones :
Salle restaurant
Loge gardien
Vestiaire
femme
Conditionnement
caisses
des
Stockage
Cuisine
Salle polyvalente
Déchets
de glace froide
Fabrique Chambre Local
Magasin
technique
22
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
23
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
2.2.2 Logiciels
Seront seuls utilisables pour la réalisation de cette étude des outils de calcul de simulation dy-
namique fonctionnant avec des pas de temps horaires et notamment : TRNSYS 17, METEONORM,
Google SketchUp.
24
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
Saisie du bâtiment
La première étape consiste en la saisie du bâtiment dans le logiciel. Cette saisie s’effectue à partir
des données d’entrée recueillies : compositions de parois, vitrages, scénarios de fonctionnement du
bâtiment,..
Une fois les éléments des étapes précédentes vérifiés, la simulation peut être lancée. La première
simulation effectuée, appelée cas de base, correspond toujours au bâtiment dans son état initial. C’est
la simulation de référence pour le projet ou simulation du bâtiment de référence, c’est un bâtiment
avec le minimum de standards sans intégrer aucune disposition d’optimisation et d’économie ni une
vraie architecture bioclimatique.
En fonction des objectifs de l’étude STD, des variantes sont ensuite simulées. Ces variantes peuvent
intervenir sur les épaisseurs d’isolants, les caractéristiques des vitrages, la présence et la taille des
brises soleil... Une simulation est effectuée pour chaque valeur du paramètre étudié.
Les calculs permettent d’obtenir des résultats concernant le comportement global du bâtiment mais
aussi pour chaque zone thermique, ce qui permet d’évaluer les conditions de conforts en tout point
du bâtiment.
Le comportement thermique de l’objet simulé peut être défini grâce à de nombreux paramètres qui
constituent le résultat du calcul :
– Besoin de chauffage (kWh/m 2 .an)
– Besoin de climatisation (kWh/m 2 .an)
– Indices de confort
25
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
Des comparaisons sont effectuées entre le cas de base et les différentes variantes pour les besoins de
chauffage et de climatisation, les indices de confort, les apports solaires, l’évolution des températures.
Ces comparaisons sont généralement réalisées sur l’année entière, puis sur la semaine la plus chaude
et la semaine la plus froide de l’année. L’analyse est effectuée en recoupant les comparaisons de ces
différents résultats, afin de déterminer la solution optimale pour le projet.
Le débarcadère ainsi choisi pour l’étude dans le présent rapport est celui près du barrage Hassan
1er . Pour la suite du rapport, les consignes et les exigences thermiques suivantes sont prises en consi-
dération :
Une température de 14 °C doit être maintenue dans la zone de conditionnement le long de l’année
(Source : esquisse de projet). Les autres zones n’ont pas d’exigences imposées par l’esquisse de projet,
donc les consignes suivantes sont maintenues pour les journées de fonctionnement selon un calen-
drier fixe pour chaque zone (cf. Tableau 2.6) : 18 °C hiver et 26 °C été.
Le tableau suivant montre le nombre d’occupants exigé par l’esquisse de projet dans certaines zones :
26
TABLE 2.2 – Répartition horaires de fréquentation des espaces.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23
Stockage des caisses 1
Fabrique de glace 1 1 1 1 1
Chambre froide 1 1
Local technique 1
27
Magasin 1 1 1 1
Cuisine 1 1 1 1 1 1 1 1 1
Salle de restaurant 1 1 1 1 1 1 1
Salle polyvalente 1 1 1
Loge gardien 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
Conditionnement 1 1 1 1 1 1
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
Le débarcadère étudié se situe près de barrage Hassan 1er 28 km de Azilal (côté d’Ouzoud). Selon le
zonage climatique élaboré par l’ADEREE (cf. chapitre 1), le débarcadère fait partie de la zone clima-
tique 4.
Seules les données météo qui seront utiles pour l’étude sont celles de la ville de Béni-Mellal. La Figure
2.4 présente l’évolution annuelle de température de la ville de Béni-Mellal (Source METEONORM) :
Elle varie entre valeur minimale -1,6 °C pendant la 2ème semaine du mois de Janvier, et valeur maxi-
male 45,95 °C pendant la 3ème semaine du mois de Juillet.
Matériaux de construction
Les matériaux choisis pour la simulation du bâtiment DPA de référence (ou de base) sont principa-
lement le brique et le béton, les vitrages seront du simple vitrage. Le choix de ces matériaux est basé
sur leurs propriétés physiques, donc ils doivent satisfaire les conditions suivantes :
– Une forte diffusivité pour que l’échange d’énergie thermique entre le mur et le climat intérieur
se fasse le plus rapidement possible. Ceci conduit à choisir un matériau possédant une capacité
thermique faible, donc une conductivité thermique élevée.
28
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
– une faible effusivité thermique pour que le mur stocke au minimum l’énergie thermique.
En général, les matériaux de base choisis offrent une faible inertie thermique, donc une demande
énergétique assez élevée. Les caractéristiques thermiques de ces matériaux sont présentées dans le
Tableau 2.4.
TABLE 2.3 – Propriétés thermiques des matériaux utilisés pour le bâtiment de base.
Conductivité Capacité Densité
Matériau (W/m.K) (kJ/Kg .K) (Kg /m 3 )
Brique 1,173 0,794 1700
Béton lourd 1,755 0,920 2300
Les épaisseurs de parois prises en considération pour la simulation du bâtiment de référence ainsi
leurs coefficients de transmission thermique sont alors :
Une fois les éléments des étapes précédentes vérifiés (compositions de parois, vitrages, scénarios
de fonctionnement du bâtiment) la simulation de bâtiment de base peut être lancée. Seules les cinq
zones suivantes (zones occupées) seront simulées : Conditionnement, cuisine / restaurant, loge gar-
dien et la salle polyvalente. La Figure 2.5 illustre le modèle thermique de DPA sous SketchUp :
29
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
L’étape qui vient après la modélisation thermique du débarcadère est l’importation du fichier d’ex-
tension (*.idf ) dans l’environnement Simulation Studio de TRNSYS comme le montre la Figure 2.6.
La Figure 2.7 présente la variation des températures intérieures aux zones cités précédemment pen-
dant toute l’année.
30
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
D’après ce graphe on remarque que les températures sont inférieures à celle du confort en hiver (18
°C) et supérieures à 26 °C en été. La température donc suit celle de l’extérieur et ceci est dû principa-
lement à la faible inertie thermique du bâtiment.
2500
2000
1500
1000
500
Climatisation Chauffage
31
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
TABLE 2.6 – Propriétés thermiques des matériaux utilisés pour le bâtiment amélioré.
Conductivité Capacité Densité
Matériau (W/m.K) (kJ/Kg .K) (Kg /m 3 )
Terre crue 0,75 0,900 1500
Béton lourd 1,755 0,920 2300
Liège expansé 0,144 0,048 120
La méthodologie à suivre pour cette étude d’amélioration est de simuler et comparer trois variante
d’optimisation, à savoir :
– Variante 1 : Simulation d’impact de l’épaisseur seul des parois ;
– Variante 2 : Simulation d’impact de l’isolation thermique seule ;
– Variante 3 : Simulation d’impact de l’épaisseur et l’isolation thermique à la fois.
Ensuite pour chaque variante on présente l’évolution des températures intérieures, les résultats du
confort intérieur et le taux d’inconfort en cas de présence et finalement la consommation annuelle en
climatisation et chauffage.
Note : Pour les trois variante le vitrage sera du simple vitrage (Ug = 5, 74W/m 2 K), une autre variante
de simulation sera consacré à la comparaison double et triple vitrage.
Le Tableau 2.7 présente une comparaison entre les coefficients de transmission thermique U des
parois de chaque variante par rapport à celui de bâtiment standard :
32
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
1600
1400
1200
1000
800
600
400
200
Climatisation Chauffage
33
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
900
800
700
600
500
400
300
200
100
Climatisation Chauffage
34
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
1000
900
800
700
600
500
400
300
200
100
Climatisation Chauffage
35
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
La question des vitrages est centrale dans un bâtiment très isolé (2ème variante). La simulation ther-
mique dynamique permet de répondre à la question : est-t-il préférable de privilégier les apports
solaires d’hiver ou de choisir des vitrages à haute performance isolante. Une batterie de test a été ef-
fectuée pour les vitrages du bâtiment DPA. Les résultats sont consignés dans le Tableau 2.11 :
Note : Le bâtiment choisi pour la comparaison des vitrages est celui de référence.
Les résultats montrent des corrélations entre les différents coefficients de transmission thermique
Ug des vitrages utilisés et leurs impacts sur la consommation énergétique annuelle du bâtiment DPA.
Le débarcadère, selon l’esquisse de projet, est doté de vitrage sur les façades Sud et Ouest (salle poly-
valente, logement gardien et zone de conditionnement) et Nord (salle de restaurant). D’après ces ré-
sultats on peux constater qu’une amélioration du coefficient Ug permet de baisser la consommation
énergétique du bâtiment. En effet, la diminution du coefficient Ug entraine une baisse consomma-
tion de chauffage et de climatisation (cf. Tableau 2.11).
On remarque que ce soit en terme de consommation totale le triple et le double vitrage assurent
presque tout les deux le même potentiel d’économie d’énergie, soit 38% par rapport au simple vi-
trage. Il est préférable d’opter pour le double vitrage vu de l’investissement du triple par rapport aux
autres.
36
CHAPITRE 2. CONTEXTE DE L’ÉTUDE ET DÉFINITION DE LA PROBLÉMATIQUE
5000,00
4500,00
4000,00
3500,00
3000,00
2500,00
2000,00
1500,00
1000,00
500,00
0,00
Clim Chauff Total Clim Chauff Total Clim Chauff Total Clim Chauff Total
Standard Variante 1 Variante 2 Variante 3
F IGURE 2.15 – Consommations en kWh/an de trois variantes par rapport au bâtiment standard.
2.4 Conclusion
Dans cette partie nous avons cherché à optimiser les caractéristiques de l’enveloppe de notre bâti-
ment débarcadère de pêche aménagé en fonction de deux critères :
– Le critère classique de minimisation des besoins de climatisation résiduels, utilisé dans l’approche
par la mise en place des matériaux performants, à savoir la terre crue et l’isolation thermique.
– Un critère de l’inertie thermique qui stabilise la température et par la suite améliorer le confort
thermique.
Pour cela nous avons commencé par la modélisation et simulation du bâtiment de référence, en
choisissant les paramètres de l’enveloppe de telle sorte à avoir le maximum possible de consomma-
tion d’énergie (cas défavorable).
Nous avons ensuite comparé les résultats de l’optimisation avec les résultats trouvés dans le cas
standard et constaté que seulement le changement des matériaux de construction donne suite à une
économie d’énergie pour chaque variante simulée, soient 27,47%, 34,85% et 35,62% d’économie sur la
consommation totale de climatisation et du chauffage pour la variante 1 (resp. variantes 2 et 3). Aussi
bien cette comparaison a montré que les températures n’ont pas dépassées les 26 °C pendant l’été.
L’inertie thermique seule a amélioré le confort d’été et éliminé totalement les besoins en climatisation
(sauf pour la zone de conditionnement qui avait une consigne de 14 °C).
37
Chapitre 3
Étude analytique du mur Trombe sur le confort
thermique et la consommation énergétique
3.1 Introduction
Le mur Trombe est une technologie connue depuis longtemps pour exploiter les gains solaires et
stocker l’énergie thermique dans l’enveloppe du bâtiment, afin de réduire les besoins énergétiques
de l’édifice en garantissant un niveau de confort aux occupants. Ce chapitre présente un code numé-
rique pour la simulation du comportement d’un mur Trombe et son intégration dans la zone d’occu-
pation. Pour cela nous sommes partis d’un modèle existant de l’environnement de calcul TRNSYS (le
Type36b) représentant un mur Trombe classique.
38
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE
Le capteur vitré, ouvert en bas chauffe l’air extérieur. L’air se réchauffe alors par effet de serre. L’air
chaud, plus « léger » car moins dense, monte, ce qui provoque l’aspiration de l’air frais. La sortie,
en haut du capteur, est opposée à une entrée (de préférence basse) dans la maison, apportant ainsi
de l’air chaud et nouveau avec peu de déperdition. La circulation de l’air se fait naturellement sans
mécanique.
Fonctionnement été
L’entrée en bas du capteur est reliée à une prise d’air haute dans la maison. La sortie en haut du
capteur est alors directement évacuée à l’extérieur. L’apport calorique dans le capteur sert de thermo-
siphon en forçant les évacuations d’air chaud de la maison et, de ce fait, favorise les entrées d’air frais.
39
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE
F IGURE 3.3 – Implantation géométrique du mur Trombe dans le logement du gardien - façade sud.
Le bâtiment sera équipé de parois épais isolées (variante 3 du chapitre 2). Le mur choisi pour l’étude
comprend les spécifications suivantes (Tableaux 3.1 et 3.2) :
40
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE
Entrées météorologiques au
bâtiment
T° de sortie de mur
OUI NON
>
T° d’entrée de mur
OUI OUI
Mode 0 Tint > 18 °C Tint > 26 °C Mode 2
NON NON
Mode 1 Mode 0
41
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE
– Le modèle correspond à une simulation en 1D. Cela suppose que le transfert de chaleur dans le mur
est unidimensionnel et que la variation verticale de la température ne sera pas prise en compte.
– L’inertie du vitrage est celle de l’air sont négligées.
– L’air est parfaitement transparent.
– Les différents éléments du mur (vitre, paroi stockeuse) sont supposés homogènes et thermique-
ment uniformes sur toute la hauteur.
Le circuit thermique utilisé pour modéliser les performances de mur Trombe est présenté sur la Fi-
gure 3.5).
La vitesse moyenne de l’air dans la lame d’air est donnée par l’équation :
v
2g h (Tm − Ts )
u
v =t . (3.1)
u
Ag |Tm |
(C1 ( Av )2 + C2 )
Où, Ts = Ta ou TR ça dépend avec quelle partie l’air est échangé, l’environnement ou la chambre inté-
Ag Ag
rieure. Le terme (C1 ( Av )2 + C2 ) représente les pertes de pression de système. Le ratio ( Av )2 représente
la différence entre la vitesse de l’air dans les orifices et la vitesse de l’air dans la lame d’air.
La résistance thermique au flux d’énergie entre la lame d’air et la chambre intérieure lorsque m est
2h A
mCpa −( mCc )
A[( 2hc A )(exp pa − 1) − 1]
R= 2h A
(3.2)
−( mCc )
mCpa (exp pa − 1)
Les équations du débit massique du fluide, des coefficients de convection dans la cavité et du coef-
ficient de convection extérieure sont données par la référence [5].
42
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE
43
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE
44
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE
Le logiciel TRNSYS permet une analyse du confort du bâtiment, grâce aux valeurs de température
et d’indice PMV au pas horaire. La zone analysée est le logement du gardien.
En hiver, bien que les températures extérieures soient aux alentours de -1,6 °C / 16 °C, la tempé-
45
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE
En été, les températures de consigne de climatisation sont elles aussi respectées. On observe que
la température ne dépasse jamais 26 °C, même lors de forte chaleur extérieure (45,95 °C), voir Figure
3.10.
46
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE
La plupart de l’année, l’indice PMV le plus faible est aux alentours de -0,5 / -1,5, et l’indice PMV le
plus élevé est légèrement inférieur à 0,8. Cela implique que la plupart de l’année, il y a moins de 25%
des occupants insatisfaits. Comme la zone de confort thermique se situe entre un indice de PMV de -1
à +1 (cf. Confort thermique, chapitre 1), nous pouvons nous considérer en zone de confort thermique
(excepté pendant les trois mois de février, avril et mai).
En se basant sur les résultats trouvés avec le mur Trombe (cf. Figure 3.8), il est à noter, pour le cas
de mur Trombe, que la température intérieure reste dans l’intervalle du confort [18 °C ; 26 °C] presque
sur toute l’année. En revanche, les résultats présentés sans mur Trombe montre, même avec les éco-
nomies d’énergie, un mal confort d’hiver. La clarté de cette comparaison est illustré sur le Tableau 3.3 :
TABLE 3.3 – Tableau comparatif des résultats avec et sans mur Trombe.
Nombre Nombre
d’heures d’heures
(T° < 18°C) (T° > 26°C) Climatisation Chauffage Total
Sans mur Trombe 2503 0 0 853,00 853,00
Avec mur Trombe 120 149 9,12 10,00 19,12
On constate des économies importantes quant à l’utilisation du mur Trombe, soit 97,75% d’écono-
mie sur la consommation totale.
47
CHAPITRE 3. ÉTUDE ANALYTIQUE DU MUR TROMBE SUR LE CONFORT THERMIQUE ET LA
CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE
3.7 Conclusion
Ce travail concerne une étude d’un système énergétique passif faisant partie de l’architecture bio-
climatique, à savoir le mur Trombe. Le mur Trombe est système passif regroupant à la fois le préchauf-
fage et le rafraîchissement de l’air.
Dans ce chapitre nous avons optimisé la consommation énergétique du logement de gardien (un cas
d’étude) par l’intégration du mur Trombe sur la façade sud, et constaté également que cela a bien
amélioré aussi le confort en cas de présence
Nous avons ensuite comparé les résultats de l’optimisation avec ceux trouvés sans mur Trombe
dans le chapitre 2 sur toute l’année, et constaté que ce dispositif bioclimatique donne suite à une
économie importante, soit 97,75% de l’énergie consommée annuellement est économisée.
48
Conclusion
A l’échelle internationale, de nombreux efforts ont été réalisés en matière de maîtrise des consom-
mations énergétiques des bâtiments. Ces efforts ont notamment conduit à la mise en place d’une
méthode de conception essentiellement basée sur la limitation des pertes énergétiques dans les bâti-
ments. Parallèlement, les bases d’une approche dite « bioclimatique », prenant en compte les apports
gratuits de l’environnement pour couvrir le besoin énergétique des bâtiments, ont été posées.
Au Maroc, le secteur du bâtiment représente à lui seul autour de 28% de la consommation d’énergie
finale, les consommations sont alors menées d’être réduites dans les années à venir.
L’objectif principal de ce projet de fin d’études a donc consisté à proposer de technologies biocli-
matiques, basées sur la simulation numérique, qui permettent de quantifier à la fois la qualité éner-
gétique d’un bâtiment (DPA en l’occurrence) en fonction de ses besoins énergétiques, et l’aptitude de
ce bâtiment à exploiter le maximum possible les ressources énergétiques naturelles, l’énergie solaire
en l’occurrence, sans intégrer aucun système actif.
La méthodologie présentée dans ce projet nous a permis d’aborder, en premier lieu, l’étude et le
choix des données climatiques utiles pour la simulation, puis dans un deuxième lieu, le choix des
matériaux de construction pour un bâtiment de référence d’une part, et le bâtiment amélioré d’autre
part. Nous avons ensuite procédé à des simulations numériques à l’aide de l’outil TRNSYS, et seules
les zones occupées ont été retenues pour l’analyse thermique et énergétique.
La comparaison entre les performances thermiques de ces deux bâtiments, standard et amélioré, dans
les mêmes conditions météorologiques est le but de la simulation thermique dynamique. Pour cela
nous avons choisi d’étudier l’impact de trois variante d’amélioration : la première consiste à mettre
des parois épaisses construites en terre crue avec toiture végitalisée, la deuxième nous avons gardé
le bâtiment standard en mettant de l’isolation thermique sur les parois extérieures et la troisième va-
riante était une combinaison des deux première à la fois. D’après les résultats nous avons constaté ce
qui suit :
– Les trois variantes d’optimisation ont totalement supprimé les besoins en climatisation pour les
zones ayant 26 °C comme consigne en été sauf pour la zone de conditionnement qui avait une
température de consigne de 14 °C toute l’année. Nous avons comme même noté des économies
d’énergie sur la consommation de climatisation pour cette zone, soient : 27,53% (resp. 60,72% et
49
CONCLUSION
L’intégration de mur capteur-solaire (mur Trombe) dans la façade sud du logement de gardien, par
son implantation sous l’environnement Simulation Studio « Type 36b », a permis de diminuer le pour-
centage d’insatisfaits, soit au dessous de 25%. En effet, l’indice PMV évalué avec l’intégration de ce
mur est aux alentours de -0,5 / -1,5 pendant toute l’année. Le calcul aussi de consommation énergé-
tique totale du logement a donné suite à une économie d’énergie importante, soit : 97,75%.
50
Bibliographie
[1] Thierry Gallauziaux et David Fedullo, Le grand livre de l’isolation. Troisième édition,
deuxième tirage 2013, 677 pages.
[2] ADEME, Cahier des charges - étude d’optimisation thermique dynamique, bâtiment neuf,
édition 2010.
[3] ADEREE, Réglementation thermique de construction au Maroc, édition 2014.
[4] Sylvain MORETEAU, Enduits de terre crue avec 20 recettes : techniques de mise en œuvre et
conseils de professionnels.
[5] J. Shen, S. Lassue, L. Zalewski,D. Huang, Numerical study on thermal behavior of classical or
composite Trombe solar walls, Energy and Buildings 39(2007), 962-974.
[6] S.A. KLEIN, W.A. BECKMAN, J.W. MITCHEL, J.A DUFFIE, N.A. DUFFIE, T.L. FREEMAN et al.
“TRNSYS manual”, University of Wisconsin, 1998.
[7] Cheikh SECK, D. DEFER, E. GAVIOT, F. HAGE. CHEHADE, S. LASSUE, L. ZALEWSKI, Analyse
et modélisation du comportement thermique d’un système de préchauffage d’air neuf pour
l’habitat, intégrant un matériau à changement de phase, Université d’Artois, 2010.
[8] Mai Thi Do, Modélisation et optimisation d’un mur solaire avec vitrage dans un bâtiment
résidentiel, Université Laval Québec, 2012.
[9] International Standard ISO 7730, Ergonomie des ambiances thermiques. Version allemande
2005.
[10] Site web : http://www.energieplus-lesite.be.
i
Annexe : expression du PMV et PPD
Le PMV défini par Fanger se construit à partir du bilan thermique du corps humain en régime per-
manent. Il prédit le vote moyen d’un groupe de personne sur l’échelle ASHRAE à partir des paramètres
suivants :
ii
ANNEXE : EXPRESSION DU PMV ET PPD
iii