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Ce document introduit les intégrales multiples comme une généralisation des intégrales simples à des fonctions de plusieurs variables. Il définit l'intégrale double sur un rectangle, donne ses propriétés et formules de calcul, comme celle de Fubini, et présente des exemples d'application.

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Ce document introduit les intégrales multiples comme une généralisation des intégrales simples à des fonctions de plusieurs variables. Il définit l'intégrale double sur un rectangle, donne ses propriétés et formules de calcul, comme celle de Fubini, et présente des exemples d'application.

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5 Intégrales multiples

5.1 Introduction :
Les intégrales multiples constituent la généralisation des intégrales dites simples : c’est-à- dire les intégrales
d’une fonction d’une seule variable réelle. On s’attache ici à la généralisation à des fonctions dont le nombre
de variables est plus important (deux ou trois dans notre cas). Rappelons qu’une fonction réelle , définie sur un
intervalle [a, b], est dite Riemann intégrable si on peut l’encadrer entre deux fonctions en escalier ; d’où toute
Rb
fonction continue est intégrable. L’intégrale de f sur [a, b], notée a f (x) dx, est interprétée comme l’aire comprise
entre le graphe de f , l’axe (x0 ox) et les droites d’équations x = a, x = b. En subdivisant [a, b] en n sous intervalles
b a
[xi 1 , xi ] de même longueur x = , on définit l’intégrale de f sur [a, b] par :
n
Z b Xn
f (x) dx = lim f (ai )(xi xi 1 ), ai 2 [xi 1 , xi ].
a n!+1
i=1

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5.2 Intégrales doubles :


5.2.1 Principe de l’intégrale double sur un rectangle :
Soit f la fonction réelle des deux variables x et y, continue sur un rectangle D = [a, b] ⇥ [c, d] de R2 . Sa
! ! !
représentation est une surface S dans l’espace muni du repère (O, i , j , k )

On partage D en sous-rectangles, dans chaque sous-rectangle [xi 1 , xi ] ⇥ [yi 1 , yi ] on choisit un point M(x, y) et on
calcule l’image de (x, y) pour la fonction f .

La somme des volumes des colonnes dont la base est des sous-rectangles et la hauteur f(x,y) est une approximation
du volume compris entre le plan Z = 0 et la surface S. Lorsque le quadrillage devient suffisamment ” fin ” pour
que la diagonale de chaque sous-rectangle tende vers 0, ce volume sera la limite des sommes de Riemann et on le

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note
(b a)(d c) X b a d c
"
f (x, y) dx dy = lim f (a + i ,c + j ).
D n!+1 n2 n n
1i, jn

Remarques :
— A priori, l’intégrale double est faite pour calculer des volumes, de même que l’intégrale simple était faite
pour calculer une aire.
— Dans une intégrale double, les bornes en x et y doivent toujours être rangées en ordre croissant.

Théorème 94.

Soit D un domaine borné de R2 . Alors toute fonction continue f : D ! R est intégrable aux sens de
Riemann.

5.2.2 Les propriétés des intégrales doubles :


— L’intégrale double sur un domaine D est linéaire :
" " "
(↵f + µg)(x, y) dx dy = ↵ f (x, y) dx dy + µ g(x, y) dx dy.
D D D

— Si D et D 0 sont deux domaine tels que D \ D 0 = ; ou une courbe, ou points isolés, alors
" " "
f (x, y) dx dy = f (x, y) dx dy + f (x, y) dx dy.
D[D 0 D D0

— Si f (x, y) 0 en tout points de D, avec f non identiquement nulle, alors


"
f (x, y) dx dy > 0.
D
" "
— Si 8 (x, y) 2 D, f (x, y)  g(x, y), alors f (x, y) dx dy  g(x, y) dx dy.
" " D D
— | f (x, y) dx dy|  |f (x, y)| dx dy.
D D

5.2.3 Formules de Fubini


Théorème 95.

Soit f une fonction continue sur un rectangle D = [a, b] ⇥ [c, d]. Nous avons
" Z b Z d Z d Z b
f (x, y) dx dy = [ f (x, y) dy] dx = [ f (x, y) dx] dy.
D a c c a

Nous calculons donc une intégrale double sur un rectangle en calculant deux intégrales simples :
— En intégrant d’abord par rapport à x entre a et b (en laissant y constante). Le résultat est une fonction de y.
— En intégrant cette expression de y entre c et d.
Alternativement, on peut faire de même en intégrant d’abord en y puis ensuite en x.

Exemple :

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1. Calculons "
I= sin(x + y) dx dy.
[0, ⇡2 ]⇥[0, ⇡2 ]

D’après Fubini, on a :
Z ⇡ Z ⇡ Z ⇡

2 2 2
I= [ sin(x + y) dx] dy = (cos(y) + sin(y)) dy = [sin(y) cos(y)]02 = 2.
0 0 0

2. Calculons
1
"
I= dx dy.
[0,1]⇥[2,5] (1 + x + 2y)2
D’après Fubini, on a :
Z 5 Z 1
1
I = [ 2
dx] dy
0 (1 + x + 2y)
R 52 1
= [ ]1 dy
2 1 + x + 2y 0
1 1 11
= [log(1 + 2y) log(2 + 2y)]52 = log( ).
2 2 10

Cas particulier :
Si g : [a, b] ! R et h : [c, d] ! R sont deux fonctions continues, alors
" Z b Z d
g(x)h(y) dx dy = ( g(x) dx)( h(y) dy).
D a c

Exercice :

Calculer l’intégrale "


sin(x) cos(y) dx dy.
[0, ⇡2 ]⇥[0, ⇡2 ]

Théorème 96.
"
Soit f une fonction continue sur un domaine borné D de R2 . L’intégrale double f (x, y) dx dy se
D
calcule par l’une ou l’autre des façons suivantes :
— Si l’on peut représenter le domaine D sous la forme

D = {(x, y) 2 R2 : f 1 (x)  y  f 2 (x), a  x  b}

alors Z Z
" b f 2 (x)
f (x, y) dx dy = [ f (x, y) dy] dx.
D a f 1 (x)

— Si l’on peut représenter le domaine D sous la forme

D = {(x, y) 2 R2 : g1 (y)  x  g2 (y), c  y  d}

alors Z Z
" d g2 (y)
f (x, y) dx dy = [ f (x, y) dx] dy.
D c g1 (y)

Si les deux représentations sont possibles, les deux résultats sont évidemment égaux.

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Exemples :
"
1. Calculons l’intégrale (x2 + y 2 ) dx dy avec D le triangle de sommets (0, 1), (0, 1) et (1, 0).
D

D = D = {(x, y) 2 R2 : x 1  y  1 x, 0  x  1}
Z 1 Z 1 x Z 1
y3 1 1
"
(x2 + y 2 ) dx dy = [ (x2 + y 2 ) dy] dx = [x2 y + ] x
1 dx = .
D 0 x 1 0 3 x 3
"
2. Calculons l’intégrale (x + 2y) dx dy sur le domaine formé de la réunion de la partie gauche du disque
D
unité et du triangle de sommets (0, 1), (0, 1) et (2, 1).
On a : Z Z Z q
1 y+1 1
I= [ p (x + 2y) dx] dy = (3y + 3y 2 + 2y 1 y 2 ) dy = 2.
1 1 y2 1
"
2
3. Calculons l’intégrale ex dx dy avec D = {(x, y) 2 R2 : 0  y  x  1}. Le domaine est l’intérieur du
D
triangle limité par l’axe des x, la droite des x = 1 et la droite y = x. Dans ce cas, on est obligé à intégrer
2
d’abord par rapport à y puis par rapport à x, car la primitive de la fonction x 7! ex ne s’exprime pas au
R1 Rx 2 R1 2 e 1
moyen des fonctions usuelles. D’où I = 0 [ 0 e x dy] dx = 0 xe x dx = .
2

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5.2.4 Changement de variables dans une intégrale double


Nous allons avoir un résultat analogue à celui de l’intégrale simple, où le changement de variable x = %(t) nous
demandait de remplacer le ”dx” par % 0 (t) dt. C’est le Jacobien qui va jouer le rôle de la dérivée :

Rappel : On appelle le Jacobienne de % : Rn ! Rm la matrice à m lignes et n colonnes :


0 @%1 @%1
1
BB
BB @x1
(a) ... @xn
(a) CC
CC
BB @%2 @%2 CC
BB
BB @x1
(a) ... @xn
(a) CC
CC
BB .. .. CC
Jac(%)(a) = BBB . .
CC .
CC
BB CC
BBB @%m 1
(a) ...
@%m 1
(a) CC
BB @x1 @xn CC
BB CC
@ @%m
(a) ...
@%m
(a) A
@x1 @x n

La première colonne contient les dérivées partielles des coordonnées de % par rapport à la première variable
x1 , la deuxième colonne contient les dérivées partielles des coordonnées de % par rapport à la deuxième variable
x2 et ainsi de suite.

Théorème 97.

Soient U un ouvert de R2 et % : U ! R2 une application de classe C 1 . On suppose de plus que :


— % est injective ;
— Jac(%)(u, v) , 0 pour tout (u, v) 2 U sauf peut être pour un nombre fini d’éléments de U .
Soit une partie compacte de U et f : %( ) ! K une application continue. Alors on a :
" "
f (x, y) dx dy = f %(u, v) |Jac(%)(u, v)| du dv.
%( )

Changement de variables en coordonnées polaires


Soit % : R2 ! R2 telle que (r, ✓) 7! (r cos(✓), r sin(✓)). Alors % est de classe C 1 sur R2 , et sont jacobien vaut :
!
cos(✓) r sin(✓)
Jac(%)(a) = = r.
sin(✓) r cos(✓)

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Exemples :

1
"
— Calculant en passant en coordonnées polaires dx dy où
D x2 + y 2

D = {(x, y) 2 R2 : 1  x2 + y 2  4, x 0, y 0}.

D (est un quart d’anneau) représente le quart de la partie comprise entre les deux cercles centrés à l’origine
et de rayon 1 et 2.
Z ⇡ Z2
1 r dr d✓ ⇡
"
2

2 2
dx dy = = log(2).
D x +y 0 1 r2 2
" q
— Calculer le volume d’une sphère : V = 2 R2 x2 y 2 dx dy et puisque la fonction est paire par
x2 +y 2 R2
rapport aux deux variables ;
Z ⇡ Z R p
2 3
V =8 R2 r 2 r dr d✓ = ⇡ R3 .
0 0 4

5.2.5 Applications :
Calcul d’aire d’un domaine D :
"
On a vu que f (x, y) dx dy mesure le volume sous la représentation de f et au dessus de D. On a aussi la
D
possibilité d’utiliser l’intégrale double pour calculer l’aire elle-même du domaine D. Il suffit pour cela de prendre
f (x, y) = 1. Ainsi, l’aire AD du domaine D est
" "
AD = dx dy = r dr d✓.
D

Exemples :
x2 y 2
Calculons l’aire délimitée par l’ellipse d’équation + = 1. Notons l’aire de cette ellipse A, donc
a2 b 2
"
A= 2 2
dx dy.
x y
+ 1
a2 b2

Par symétrie et en passant aux coordonnées polaires généralisées : x = ar cos(✓), y = br sin(✓), on obtient :
Z ⇡ Z 1
2
A= abr dr d✓ = ⇡ab.
0 0

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5.3 Intégrales triples :


Le principe est le même que pour les intégrales doubles, si (x, y, z) 7! f (x, y, z) 2 R est une fonction continue de
trois variables sur un domaine D de R3 . On définit
$
f (x, y, z) dx dy dz
D

comme limite de somme de la forme


X
f (ui , vj , wk )(xi xi 1 )(yj yj 1 )(zk zk 1 ).
i,j,k

Remarque :
On a les mêmes propriétés algébriques des intégrales doubles : linéarité, · · ·

5.3.1 Formule de Fubini :


— Sur un parallélépipède :
Le théorème de Fubini s’applique de façon assez naturelle quand D = [a, b] ⇥ [c, d] ⇥ [e, f ], on se ramène à
calculer trois intégrales simples :
$ Rb Rd Rf
f (x, y, z) dx dy dz = a [ c [ e f (x, y, z) dz] dy] dx
D Rf Rd Rb
= e [ c [ a f (x, y, z) dx] dy] dz
Rd Rf Rb
= c [ e [ a f (x, y, z) dx] dz] dy
= ··· ···
— Sur un domaine quelconque borné :
Représentons un domaine D pour établir le traitement de la recherche des bornes d’intégration. Pour un
certain x fixé, variant entre xmin et xmax , on découpe dans D une surface Dx On peut alors représenter dans
le plan Y OZ, puis le traitement sur Dx se fait comme avec les intégrales doubles :
Z xmax Z ymax Z zmax
I= [ [ f (x, y, z) dz] dy] dx.
xmin ymin zmin

Bien-sûr, on peut intervertir les rôles de x, y et z.

Exemples :
$
Calculons I = (x2 + yz) dx dy dz sur le domaine
D

D := {(x, y, z) 2 R3 : y 0, z 0, x + y + 2z  1}.
Z 1 Z 1 2z Z 1 2z x
2 1
I= [ [ (x2 + yz) dy] dx] dz = .
0 0 0 96

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5.3.2 Changement de variables


Théorème 98.

Soient U un ouvert de R3 et % : U ! R3 une application de classe C 1 . On suppose de plus que :


— % est injective ;
— Jac(%)(u, v, w) , 0 pour tout (u, v, w) 2 U sauf peut être pour un nombre fini d’éléments de U.
Soit une partie compacte de U et f : %( ) ! K une application continue. Alors on a :
$ $
f (x, y, z) dx dy dz = f %(u, v, w) |Jac(%)(u, v, w)| du dv dw.
%( )

5.3.3 Calcul en coordonnées cylindrique :


En dimension 3, les coordonnées cylindriques sont données par :
8
>
> x = r cos(✓)
>
<
>
> y = r sin(✓)
>
: z = z

le déterminant de la matrice Jacobienne de % : (r, ✓, z) 7! (x, y, z) sera

cos(✓) r sin(✓) 0
|Jac(%)(u, v, z)| = sin(✓) r cos(✓) 0 = r dr d✓ dz.
0 0 1

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$
I = f (x, y, z) dx dy dz
$D
= g(r, ✓, z) r dr d✓ dz
Z ✓max Z rmax Z zmax
= [ [ rg(r, ✓, z) dz] dr] d✓.
✓min rmin zmin
Exemple :
$
Calculons I = (x2 + y 2 + 1) dx dy dz où
D

D = {(x, y, z) 2 R3 : x2 + y 2  1 et 0  z  2}.
Il est facile de vérifier que :
Z 2⇡ Z 2
1
I= d✓ dz[ (r 2 + 1)2 ]10 = 4⇡.
0 0 4

5.3.4 Calcul en coordonnées sphériques :


En dimension 3, les coordonnées sphériques sont données par :
8
>
> x = r sin(✓) cos( )
>
<
>
> y = r sin(✓) sin( )
>
: z = r cos(✓)
Le déterminant de la matrice Jacobienne de % : (r, ✓, ) 7! sera

sin(✓) cos( ) r cos(✓) cos( ) r sin(✓) sin( )


|Jac(%)(r, ✓, )| = sin(✓) sin( ) r cos(✓) sin( ) r sin(✓) cos( ) = r 2 sin(✓) dr d✓ d .
cos(✓) r sin(✓) 0

$ $
et donc f (x, y, z) dx dy dz = g(r, ✓, ) dr d✓ d .
D
Exemple :
$
Calculons I = z dx dy dz où
D

D = {(x, y, z) 2 R3 : x2 + y 2 + z 2  R2 et 0  z}.
Le domaine D est l’hémisphère supérieur (centre à l’origine et de rayon R), en passant aux coordonnées sphériques :
Z 2⇡ Z ⇡ ZR
2 ⇡
I= d cos(✓) sin(✓) d✓ r 2 dr = R3 .
0 0 0 3

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5.3.5 Volume :
$
Le volume d’un corps est donné par V = dx dy dz tel que D est le domaine délimité par ce corps.
D
Exemple :
Calculons
$le volume d’une sphère.
V= dx dy dz, d’après la propriété de la symétrie :
$x2 +y 2 +z2 R2

V =8 dx dy dz, avec
D

D = {(x, y, z) 2 R3 : x2 + y 2 + z 2  R2 et 0  x, y, z}.

D’où Z ⇡ Z ⇡ Z R
2 2 4⇡ 3
V= d sin(✓) d✓ r 2 dr = R .
0 0 0 3

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