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École de technologie supérieure

Service des enseignements généraux


Local B-2500 514-396-8938
Site internet : http://www.etsmtl.ca/

MAT145

C ALCUL DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL

N OTES DE COURS

2e PARTIE

PAR G ENEVIÈVE S AVARD,


R OBERT M ICHAUD ET
A NDRÉ B ORDELEAU

R ÉDIGÉ EN OCTOBRE 2006


R ÉVISÉ EN AOÛT 2021
Table des matières

Avant-propos vii

4 L’intégrale 1
4.1 L’intégrale définie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
4.1.1 Unités de l’intégrale définie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4.1.2 Propriétés de l’intégrale définie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
4.2 Théorème fondamental du calcul différentiel et intégral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
4.2.1 L’intégrale indéfinie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
4.2.2 Table d’intégrales indéfinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
4.2.3 Interprétation de l’intégrale définie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
4.2.4 Preuve du théorème fondamental du calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.3 Techniques d’intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4.3.1 Intégration par substitution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
4.3.2 Complétion de carré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
4.3.3 Intégration par parties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
4.4 Intégrales impropres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
4.5 Autres applications de l’intégrale définie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
4.5.1 Forces distribuées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76

5 Calculs d’aires, de volumes et de longueurs 81


5.1 Aires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
5.2 Solides de révolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
5.2.1 Méthode des disques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
5.2.2 Méthode des tubes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
5.3 Longueurs d’arc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109

iii
iv TABLE DES MATIÈRES

6 Polynômes et séries de Taylor 115


6.1 Approximer une fonction grâce à un polynôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
6.2 Les séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
6.2.1 Des polynômes de Taylor de degré de plus en plus grand . . . . . . . . . . . . . . 127
6.2.2 Séries numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
6.2.3 Séries de puissances, séries de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
6.2.4 Intervalle de convergence et test du rapport . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
6.2.5 Séries alternées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
6.3 Obtention de nouvelles séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
6.3.1 Séries de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
6.3.2 Dérivation et intégration des séries de puissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
6.3.3 Substitution dans une série de puissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
6.4 Utilisation des séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
6.4.1 Applications en physique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
6.4.2 Calcul d’intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
6.5 Séries géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169

Annexe 175
A.1 Quelques notions de cinématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
A.1.1 Comment obtenir la position à partir de la vitesse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
A.1.2 Comment obtenir la vitesse à partir de l’accélération . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
A.2 Aide-mémoire TI-Nspire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180
A.2.1 Suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180
A.2.2 Sommations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180
A.2.3 Sommes de droite et de gauche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
A.2.4 Comment rendre une fonction accessible dans tous les classeurs . . . . . . . . . 182
A.2.5 Utilisation de l’éditeur de programmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183
A.2.6 Intégrales définies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
A.2.7 Intégrales indéfinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
A.2.8 Construction de primitives : intégrale définie avec une borne variable . . . . . . . 186
A.2.9 Polynômes de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187
A.3 Règles et formules de dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188
A.4 Table d’intégrales indéfinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190
TABLE DES MATIÈRES v

A.5 Table des séries de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191

Réponses 193
Chapitre 4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
Chapitre 5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
Chapitre 6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214

Bibliographie 223

Index 225
Avant-propos

Le texte que vous avez entre les mains est le fruit d’une réflexion amorcée il y a quelques années
au sein du groupe de mathématiques de l’ÉTS. Deux défis nous interpellaient à ce moment :
1. Comment rendre les mathématiques intéressantes et vivantes à un groupe d’étudiants en
génie ? Notre clientèle provient principalement du secteur technique au collégial et elle a, en
conséquence, « soif » de concret et d’applications.
2. Étant donnés l’avènement et l’accessibilité grandissante de divers outils de calcul, quelle
attitude adopter à l’égard de ceux-ci ?
La première question en est une d’actualité dans chaque faculté ou école de génie au Québec. À
l’ÉTS, certaines lignes directrices se sont dégagées à l’issue des nombreuses discussions et échanges
sur les pratiques pédagogiques de chacun. Ces lignes directrices colorent en quelque sorte le texte
qui suit ; nous y reviendrons. . .
La deuxième question s’est conclue par l’adoption d’une résolution de la part du groupe allant
dans le sens d’une « permissivité contrôlée ». Permissivité en ce sens que plutôt que de chercher à
mener un combat qui s’avérerait toujours d’arrière-garde (et en définitive, perdu) contre les « nou-
velles technologies », il a été décidé d’en faire un usage étendu. Contrôlée, en ce sens que le choix
de l’outil a été arrêté et le calculateur symbolique produit par Texas Instrument (TI-92+ à l’époque,
Voyage 200 ensuite et Nspire maintenant) a été retenu pour usage. Dire que cette décision a eu un
impact senti sur l’enseignement (et l’apprentissage) des maths à l’ÉTS serait un euphémisme. . .
D’emblée, une constatation s’est imposée : il n’existait pas de manuel qui correspondait à ce
que le groupe recherchait. Il fallait donc plonger dans l’aventure de la rédaction. Celle-ci débuta au
printemps 2006 et résulta en la production d’un recueil d’exercices couvrant l’ensemble de la matière
enseignée. L’étape suivante, la rédaction à proprement parler de notes de cours, débuta au printemps
2007 et se poursuivit peu à peu au fil des sessions.
Les « lignes directrices » auxquelles nous référions plus haut ont déterminé l’allure globale du
texte produit. Elles se manifestent dans la présentation des concepts et dans le choix des exemples et
exercices, entre autres. Quelles sont-elles ?

1. Mettre l’accent sur l’interprétation et le traitement graphiques.


2. Avoir recours aux applications comme support au développement des habiletés et comme
contexte d’utilisation des notions enseignées. À ce titre, nous jugeons pertinent de signaler
l’espace important consenti aux applications relevant spécifiquement du génie et des sciences
en général.

vii
viii AVANT-PROPOS

3. Encourager et susciter l’utilisation judicieuse (parfois nécessaire) du calculateur symbolique


TI dont l’emploi est imposé à toute la communauté étudiante de l’ÉTS depuis 1999. Les
fonctionnalités graphiques et la puissance de calcul de l’outil facilitent d’ailleurs le suivi des
deux premières lignes directrices.

Ces notes de cours ayant comme propos d’agir comme support didactique au cours MAT145,
il aurait été contre-productif selon les auteurs d’aller, dans la présentation, au-delà des notions
enseignées « sur le terrain », c’est-à-dire en classe. Si on privilégie une approche en enseignement
centrée sur l’utilisation de représentations graphiques et le recours à des situations « concrètes »
comme contexte pour faire des maths, il faut être prêt à payer le prix concomitant en ce qui a trait
à la rigueur de certains traitements et de certaines discussions. Ainsi, le lecteur observera que les
théorèmes ne sont pas tous accompagnés de démonstrations formelles. Celles qui apparaissent ont
été jugées utiles parce qu’elles servent spécifiquement les fins de la discussion. À ceux qui désireraient
se procurer un manuel de référence, nous suggérons les ouvrages [1] ou [2] de la bibliographie,
disponibles à la bibliothèque de l’ÉTS.

Remerciements

Plusieurs personnes ont consenti temps et efforts dans le but de rendre ce texte lisible, compré-
hensible et, nous l’espérons, de facture agréable à l’œil. D’autres ont gracieusement partagé quelques
exercices de leur cru. Nous les en remercions sincèrement. Nous tenons à remercier particulièrement
Mme Kathleen Pineau du Service des enseignements généraux pour sa contribution (exercices,
exemples et résumés), MM. Alain Hénault et Frédérick Henri (aussi du SEG) pour le temps qu’ils
ont aimablement consenti à la révision, ainsi que M. Martin Chicoine, du département de physique
de l’Université de Montréal pour ses révisions de textes et le développement d’outils graphiques fort
utiles.
Nous tenons finalement à exprimer notre reconnaissance à l’endroit des étudiants qui se sont
prêtés de bonne grâce au jeu de la « chasse à l’erreur » des premières éditions ainsi qu’à ceux qui
nous ont encouragés à poursuivre l’entreprise. Les commentaires et suggestions seront toujours
appréciés. . .

Geneviève Savard, Robert Michaud et André Bordeleau,


Maîtres d’enseignement à l’École de technologie supérieure
Août 2011
ix

Calculatrice symbolique

Lorsque nous mentionnons l’emploi d’une calculatrice symbolique dans ce texte, nous ré-
férons à la calculatrice actuellement en usage à l’ÉTS, soit la TI-Nspire CX CAS de Texas
Instrument (version calculatrice ou logiciel). Pour une introduction à la calculatrice symbo-
lique TI-Nspire ou pour de l’aide sur son utilisation, nous vous suggérons de regarder la
chaîneVUnETS - Vidéos sur l’utilisation de nspire à l’ÉTS et de visiter le site conçu spécialement pour
les étudiantes et étudiants de l’ÉTS : http://www.seg.etsmtl.ca/nspire/home.html.

Liens intéressants

Une version en ligne du présent texte, avec hyperliens et en couleurs, est disponible sur le
site de Geneviève Savard https://cours.etsmtl.ca/seg/GSAVARD/MAT145V2.pdf et sur le
site Moodle https://ena.etsmtl.ca/course/view.php?id=93. Si vous désirez une version
papier, nous vous conseillons de vous la procurer à la Coop ÉTS plutôt que d’imprimer la version
PDF : la résolution sera meilleure en général, particulièrement celle des graphiques.
Si une image vaut mille mots, combien de mots vaut une animation ? Visionnez des anima-
tions illustrant des concepts mathématiques aux adresses suivantes : https://cours.etsmtl.
ca/seg/GSAVARD/Animations/index.html et https://seg-apps.etsmtl.ca/nspire/
rmichaud/RepertoireNspire.html. Le répertoire de Robert Michaud contient des centaines
de fichiers en format tns (pour le logiciel ou la calculatrice Nspire) qui sont directement en lien avec
les exercices que nous vous proposons ici.
L’ensemble du document a été rédigé avec l’éditeur de texte TeXnicCenter et le logiciel MikTex,
une version Windows du traitement de texte scientifique TEX (de Donald Knuth) et de son préproces-
seur LATEX (de Leslie Lamport). Ces logiciels sont gratuits. Voir le site de logiciels libres http://www.
framasoft.net/article1002.html.
Quelques graphiques de ce recueil d’exercices ont été réalisés à l’aide du logiciel Graph, un
logiciel convivial et gratuit disponible à l’adresse suivante : http://www.padowan.dk/graph/. La
majorité des graphiques a cependant été créée directement en LATEX, avec PSTricks et PSTricks-add de
Herbert Voss, que nous tenons à remercier pour ses puissantes librairies et pour son empressement
à répondre à nos questions sur leur utilisation et leur développement. Voir http://tug.org/
PSTricks/main.cgi.
x AVANT-PROPOS

Remarque aux enseignants concernant la version d’août 2018

Cette nouvelle version compte une vingtaine de nouvelles pages. Elle propose quelques nouveaux
exemples et exercices sur les sujets suivants, ce qui entraîne une modification de la numérotation :
• intégration par substitution : # 4.43 et # 4.44

• fonctions spéciales : # 4.39 et # 4.40

• intégration par parties : exemples 4.21 et 4.22, interprétation graphique (page 64), # 4.53

• calcul d’aire avec bornes variables : # 5.5

• poussée d’Archimède : les données du # 5.6 ont été modifiées (plus gros bateau)

• calcul du volume d’un solide troué : nouvelles figures à l’exemple 5.6, avec lien vers fichier Nspire pour
animer la construction

• calcul de volume avec bornes variables : # 5.18

• séries alternées : figure illustrant le théorème 6.2, # 6.11

• approximation d’une intégrale définie à l’aide d’un polynôme de Taylor : exemple 6.31, # 6.21.
Nous avons aussi mis à jour l’Aide-mémoire TI-Nspire et lui avons ajouté les sections :

• Sommes de droite et de gauche (A.2.3) (notez que la syntaxe proposée à été modifiée)

• Comment rendre une fonction accessible dans tous les classeurs (A.2.4)

• Utilisation de l’éditeur de programmes (A.2.5).

Finalement, nous avons décidé d’indiquer les exercices qui doivent être faits à la main.
Pour le reste, il s’agit essentiellement de corrections mineures, de reformulations ou de précisions
supplémentaires ajoutées suite aux suggestions des étudiants et enseignants de l’ÉTS, en particulier
de M. Louis-Xavier Proulx, M. Xavier Provençal et Mme Anouk Bergeron-Brlek.
En terminant, nous tenons à remercier Mme Anouk Bergeron-Brlek et M. Alain Hénault pour leur
révision de cette nouvelle version.

Geneviève Savard

Remarque concernant la version d’août 2021

Cette version ne comporte que des modifications mineures visant à corriger les coquilles dé-
tectées. La numérotation des exemples et exercices demeure la même. Merci de continuer à nous
signaler erreurs et suggestions.
C’est aussi l’occasion de rendre hommage à titre posthume à mon collègue Robert Michaud.
Son humour, sa gentillesse, son intégrité, sa rigueur, sa passion tranquille et les fruits de son travail
continueront de m’accompagner sur ma route. Bob, merci de tout coeur !

Geneviève Savard
Chapitre 4

L’intégrale

Comment concevoir la pratique de l’ingénierie sans les outils mathématiques essentiels que sont
les calculs de longueur, d’aire et de volume ? De tout temps, les mathématiciens ont cherché à déve-
lopper ces outils ; pensons aux formules donnant l’aire d’un triangle, la longueur de la circonférence
d’un cercle, son aire, le volume d’une pyramide, l’aire d’une section d’ellipse ou la longueur de son
arc. . . Au 2e millénaire av. J.-C., les Babyloniens et les Égyptiens savaient déjà calculer l’aire d’un
triangle. Au 3e siècle av. J.-C., Archimède découvrit la formule donnant l’aire sous une parabole.

2e millénaire av. J.-C. 3e siècle av. J.-C. 17e siècle

Mais c’est l’arrivée du calcul différentiel et intégral au 17e siècle qui a enfin fourni une façon
systématique de calculer l’aire d’une région de forme quelconque, de même que la longueur d’une
courbe et le volume d’un solide.

3
b b
2

1
L1

b b x
1 2 3 4 5 6 7 L1 8

1
2 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Dans ce chapitre, nous présenterons l’intégrale, concept clé des calculs d’aire, de volume et
de longueur. Nous présenterons d’abord la définition de l’intégrale définie avec son interprétation
graphique en tant qu’aire sous une courbe, puis celle d’intégrale indéfinie ainsi que le lien entre ces
deux notions : le théorème fondamental du calcul. Nous étudierons ensuite des façons de calculer
certaines intégrales à la main (appelées techniques d’intégration) ainsi que diverses applications de
l’intégrale en sciences.

4.1 L’intégrale définie

Il est souvent nécessaire d’évaluer la surface d’une région délimitée par une ou plusieurs courbes.
p
Considérons par exemple la région délimitée par l’axe des x, la courbe y = f (x) = x et les droites
verticales x = 1 et x = 9.

y
f
3

1 A =?

x
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

F IGURE 4.1 Comment calculer l’aire de cette région ?

Aucune formule de la géométrie élémentaire ne permet de calculer cette aire : il ne s’agit ni d’un
cercle, ni d’un triangle, ni d’un rectangle...
Nous pouvons cependant approximer l’aire de la région grâce à une somme d’aire de rectangles.
La base de chacun des rectangles repose sur l’axe des x et un de ses sommets se situe sur la courbe.
Si la région considérée est découpée en rectangles dont les bases sont égales et dont les sommets
de gauche sont en contact avec la courbe, alors l’aire recherchée sera approximée par la somme des
aires de ces n rectangles, appelée somme de gauche et notée G n .
4.1. L’INTÉGRALE DÉFINIE 3

p
En guise d’exemple, calculons la somme de gauche G 4 de la fonction f (x) = x entre x = 1 et
x = 9.

y
3
X
f
3
G4 G4 = f (x i ) · ∆x où ∆x = largeur des rectangles
i =0
2 f (7) · 2 = f (x 0 ) · ∆x + f (x 1 ) · ∆x + f (x 2 ) · ∆x + f (x 3 ) · ∆x
f (5) · 2
1 f (3) · 2 = f (1) · 2 + f (3) · 2 + f (5) · 2 + f (7) · 2
f (1) · 2 p p p p
x = 1·2 + 3·2 + 5·2 + 7·2
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
x0 x1 x2 x3 x4 ≈ 15, 227740

Si les n rectangles utilisés ont leur sommet de droite en contact avec la courbe, alors la somme des
aires de ces n rectangles sera désignée somme de droite et notée D n .

y
4
X
f
3
D4 D4 = f (x i ) · ∆x
i =1
2 f (9) · 2 = f (x 1 ) · ∆x + f (x 2 ) · ∆x + f (x 3 ) · ∆x + f (x 4 ) · ∆x
f (7) · 2
1 f (5) · 2 = f (3) · 2 + f (5) · 2 + f (7) · 2 + f (9) · 2
f (3) · 2 p p p p
x = 3·2 + 5·2 + 7·2 + 9·2
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
x0 x1 x2 x3 x4 ≈ 19, 227740

b−a
Définition 4.1 Si l’intervalle [a ; b] est divisé en n sous-intervalles de largeur ∆x = n , et si

x0 = a x 1 = a + ∆x x 2 = a + 2∆x ... x i = a + i ∆x ... xn = b

alors les sommes de gauche et de droite de la fonction f entre a et b sont définies par

n−1
P
Gn = f (x i ) · ∆x = f (x 0 ) · ∆x + f (x 1 ) · ∆x + f (x 2 ) · ∆x + ... + f (x n−1 ) · ∆x
i =0
Pn
Dn = f (x i ) · ∆x = f (x 1 ) · ∆x + f (x 2 ) · ∆x + f (x 3 ) · ∆x + ... + f (x n ) · ∆x
i =1

Consultez l’aide-mémoire TI à la page 182 pour l’implémentation des commandes droite et


gauche.
4 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

L’approximation de l’aire sera meilleure si un plus grand nombre de rectangles est utilisé.

y y

3
G8 3
D8

2 2
1 1
x x
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

y y

3
G 16 3
D 16

2 2
1 1
x x
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

y y

3
G 24 3
D 24

2 2
1 1
x x
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

G4 = 15, 227740... D4 = 19, 227740...


G8 = 16, 306000... D8 = 18, 306000...
G 16 = 16, 826419... D 16 = 17, 826419...
G 24 = 16, 996919... D 24 = 17, 663586...
G 50 = 17, 172622... D 50 = 17, 492622...
G 100 = 17, 253155... D 100 = 17, 413155...
G 200 = 17, 293288... D 200 = 17, 373288...
G 400 = 17, 313322... D 400 = 17, 353322...
G 800 = 17, 323330... D 800 = 17, 343330...
p
On remarque que, pour une fonction croissante sur [a ; b], comme par exemple la fonction x,
on a
Gn < A < Dn
et que plus le nombre n de rectangles augmente, plus l’écart entre G n et D n diminue.
On peut démontrer, mais nous ne le ferons pas dans ce texte, que si la fonction f est continue
sur l’intervalle [a ; b], alors l’écart entre G n et D n tend vers zéro lorsque l’on fait tendre le nombre n
4.1. L’INTÉGRALE DÉFINIE 5

de rectangles vers l’infini. Ainsi, les deux sommes convergent vers la même valeur :

lim G n = A = lim D n .
n→∞ n→∞

Définition 4.2 Soit f une fonction continue sur l’intervalle [a ; b]. La limite des sommes de droite
(ou de gauche) quand n tend vers l’infini est appelée l’intégrale définie de la fonction f sur
Rb
l’intervalle [a ; b] et elle est désignée par le symbole a f (x) d x.

Zb y
n
X
f (x) d x = lim D n = lim f (x i )∆x
n→∞ n→∞
a i =1
Zb
n−1
X
= lim G n = lim f (x i )∆x f (x) d x
n→∞ n→∞
i =0 a
x
b−a a b
où ∆x = et x i = a + i ∆x
n
L’intégrale définie est donc égale à l’aire algébrique de la région comprise entre l’axe des x, la
courbe y = f (x) et les droites verticales x = a et x = b.

L’aire algébrique d’une région située au-dessus de l’axe des abscisses (axe des x) est simplement
son aire, et celle d’une région située sous l’axe des x est son aire affectée du signe moins. L’aire
algébrique d’une région située de part et d’autre de l’axe des x est calculée en additionnant l’aire
algébrique de chacune de ses parties (voir figure 4.2).

y y y
f a b f
x

+ +
+
x
x −
a b
a b f Rb
Rb Rb f (x) d x > 0
f (x) d x > 0 f (x) d x < 0 a
a a
F IGURE 4.2 Illustration de la notion d’aire algébrique.

Résumé et généralisation
Le principe de base du calcul d’aire est donc de couvrir une région par la juxtaposition d’un
grand nombre n (plus précisément la limite quand n → ∞) de rectangles très étroits et d’en
additionner les aires. Nous verrons ultérieurement qu’il en va de même pour le calcul du volume
d’un objet ou de la longueur d’une courbe : il suffira de remplacer les rectangles par des petits
volumes ou segments de droites. L’intégrale est l’outil qui permet d’additionner toutes les petites
quantités ; elle est d’ailleurs désignée par un symbole en forme de « s » provenant du mot latin
R
summa (somme) : .
6 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.1.1 Unités de l’intégrale définie

Exemple 4.1
Soit P (t ) la puissance électrique utilisée par une résidence au temps t , où la puissance P est exprimée
en kW et le temps t est exprimé en h. Déterminez quelles sont les unités de l’intégrale définie

20
Z
P (t ) d t .
4
Solution :
Utilisons la définition de l’intégrale :

20
Z n
X
P (t ) d t = lim D n = lim P (t i )∆t .
n→∞ n→∞
i =1
4

Les unités de l’intégrale sont donc celles de la somme de gauche G n ou de droite D n (comme illustrée
à la figure 4.3), c’est-à-dire les unités du produit

P (t i ) ∆t .

Ainsi, les unités de l’intégrale sont :


kW · h .

P (kW) 20
Z
P (t ) d t s’exprime en kW · h
P 4
P (t i )∆t

t (h)
4 ti 20

F IGURE 4.3 Illustration de la somme de droite G 16 pour la fonction P (t ) entre t = 4 et t = 20.

R20
N.B. L’intégrale 4 P (t ) d t correspond à l’énergie électrique consommée entre l’instant t = 4 h et
l’instant t = 20 h. En la multipliant par le prix du kW · h, on obtient le coût de cette consommation.

Exemple 4.2
Soit Q(t ) le débit (exprimé en L/min) de liquide entrant ou sortant d’un réservoir à l’instant t , où t est
le nombre de minutes écoulées depuis midi. Un débit positif signifie que le réservoir se remplit, alors
qu’un débit négatif signifie qu’il se vide.
180
R
(a) Déterminez quelles sont les unités de l’intégrale définie suivante : Q(t ) d t .
30
4.1. L’INTÉGRALE DÉFINIE 7

(b) Pour chacun des graphes de Q(t ) ci-dessous, déterminez le signe de l’intégrale définie
R180
30 Q(t ) d t et donnez son interprétation dans le contexte du réservoir.

Q (L/min) (i) Q (L/min) (ii)

t (min) t (min)
30 180 30 180

Q Q

Solution :
(a) Utilisons la définition de l’intégrale :
180
Z n
X
Q(t ) d t = lim D n = lim Q(t i )∆t .
n→∞ n→∞
i =1
30
Les unités de l’intégrale sont donc celles de la somme de droite D n (ou de la somme de gauche
G n ), c’est-à-dire les unités du produit
Q(t i ) ∆t .
Ainsi, les unités de l’intégrale sont :
L
· min = L .
min
R180
(b) (i) Le résultat de l’intégrale 30 Q(t ) d t correspond à l’aire algébrique de la région comprise
entre l’axe des t et la courbe y = Q(t ), pour 30 ≤ t ≤ 180. Puisque cette région est un rectangle
situé sous l’axe des t , son aire algébrique est négative.
Q (L/min)

180
Z
t (min)
Donc Q(t ) d t < 0
30 180
(−) 30
Q

Ce résultat négatif signifie que le volume de liquide contenu dans le réservoir à 15h (t = 180)
est inférieur à celui de 12h30 (t = 30) (rappelons qu’un débit négatif correspond au fait que le
réservoir se vide).
(ii) Cette fois, l’aire algébrique qui correspond à l’intégrale est positive, car la région située au-
dessus de l’axe est plus grande que la région située en dessous. Dans le contexte, cela signifie
que le réservoir contient plus de liquide à 15h qu’à 12h30.
Q (L/min)

(+) 180
Z
t (min)
Donc Q(t ) d t > 0
(−)
Q 30
8 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.1.2 Propriétés de l’intégrale définie

Théorème 4.1 Si f et g sont des fontions continues sur l’intervalle I contenant a, b et c, alors
Zb Zb
1. k f (x) d x = k f (x) d x où k ∈ R
a a
Zb Zc Zc
2. f (x) d x + f (x) d x = f (x) d x
a b a
Za
3. f (x) d x = 0
a
Zb Za
4. f (x) d x = − f (x) d x
a b
Zb Zb Zb
¡ ¢
5. f (x) d x + g (x) d x = f (x) + g (x) d x
a a a
Ces propriétés découlent directement de la définition d’intégrale définie. Leur démonstration est
laissée au lecteur.

Exercices

4.1 À l’aide du graphe, estimez les sommes de gauche et de droite G 5 et D 5 de la fonction f ci-
dessous entre x = −5 et x = 10.
y

x
−8 −6 −4 −2 2 4 6 8 10

−2

−4

−6

−8

−10
4.1. L’INTÉGRALE DÉFINIE 9

4.2 L’accélération (en m/s2) d’un objet se déplaçant en ligne droite diminue durant une période de
10 secondes. Le graphique suivant présente un relevé de l’accélération aux 2 secondes.

a (m/s2)

6 bc

5
4 bc

3 bc
bc
2
1 bc

bc t (s)
2 4 6 8 10

(a) Calculez D 5 et G 5 pour la fonction accélération sur l’intervalle [0 ; 10] (sans oublier de men-
tionner leurs unités). Accompagnez vos résultats des graphiques appropriés. De plus, afin de
mieux décortiquer la notation utilisée à la définition 4.1, présentez le calcul détaillé de D 5 et
G 5 en utilisant cette notation.
(b) Expliquez ce que représentent D 5 et G 5 dans le contexte.
(c) Sachant que la vitesse de l’objet au temps t = 0 s était de 40 m/s, quelle peut être la vitesse au
temps t = 10 s ? Répondez en donnant un intervalle de valeurs possibles.

4.3 Un objet part du repos et accélère jusqu’à atteindre sa vitesse maximale en parcourant une
trajectoire rectiligne. Il poursuit ensuite son chemin à vitesse constante.
La vitesse de l’objet, relevée 4 fois par seconde, est présentée dans le tableau suivant.

t (s) 0,00 0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50 1,75 2,00
v (m/s) 0,0 2,2 5,1 7,3 8,5 9,1 9,5 9,5 9,5

Si x désigne la position de l’objet au temps t , estimez l’écart entre la position de départ et la position
de l’objet après 2 secondes (∆x = x(2) − x(0)) en le bornant entre une valeur minimale et une valeur
maximale :
valeur minimale ≤ ∆x ≤ valeur maximale
Conseil : tracez le graphe de v(t ).

4.4 Considérons la fonction f (x) = −x 2 + 6x + 7.


(a) En traçant clairement les rectangles utilisés, calculez les sommes de gauche et de droite
G 2 , D 2 , G 4 et D 4 de la fonction f entre x = −1 et x = 3.
(b) En utilisant un logiciel de calcul symbolique muni des fonctions « somme de gauche » et
« somme de droite », vérifiez vos résultats puis calculez aussi G 100 et D 100 .
(c) Calculez la moyenne de G 100 et D 100 pour donner une approximation de l’aire sous la courbe
y = f (x) entre x = −1 et x = 3.
10 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.5 Considérons à nouveau la fonction f (x) = −x 2 + 6x + 7.


(a) ⋆ Grâce au symbole de sommation Σ, exprimez D n , la somme de droite avec n sous
intervalles de la fonction f entre x = −1 et x = 3.
(b) À l’aide d’un logiciel de calcul symbolique, trouvez une forme close pour D n , c’est-à-dire une
formule exempte du symbole de sommation.
(c) Calculez D 2 et D 4 et comparez vos résultats à ceux de l’exercice précédent.
(d) Calculez D 10 , D 100 , D 1000 et D 10000 .
(e) L’aire exacte sous la courbe y = f (x) entre x = −1 et x = 3 est égale à la limite de la somme de
droite (ou de gauche) quand n → ∞. Calculez cette limite.

N. B. Nous verrons à la section 4.2 que le théorème fondamental du calcul


permet, pour certaines fonctions, d’obtenir la valeur de l’aire sous la courbe en
évitant tout le travail du calcul de la limite de D n ou G n .

4.6 Soit f une fonction continue sur l’intervalle [a ; b] et soient D n et G n les sommes de droite et de
gauche de f entre x = a et x = b.
(a) Sachant que sur l’intervalle [a ; b] f prend des valeurs positives et f ′ des valeurs négatives là
où elle est définie, dites si D n constitue une sous-estimation ou une surestimation de

Zb
f (x) d x.
a

Faites de même pour G n .


(b) Sachant que sur l’intervalle [a ; b] f ne prend que des valeurs positives et f ′ que des valeurs
positives là où elle est définie, dites si D n constitue une sous-estimation ou une surestimation
de
Zb
f (x) d x.
a

Faites de même pour G n .


(c) Si l’on ne précise pas que la fonction f est continue sur [a ; b], les résultats précédents
demeurent-ils vrais ? Justifiez.

4.7 Donnez une approximation à une décimale exacte de l’intégrale suivante en calculant les
sommes de droite appropriées (D 10 , D 50 , D 250 , . . .).

Z1 Z2
2
(a) sin(x ) d x (b) xx d x
0 1

4.8 La vitesse (en m/s) d’un objet se déplaçant sur une tige rectiligne est donnée par le graphique
suivant, où t est exprimé en secondes.
4.1. L’INTÉGRALE DÉFINIE 11

v (m/s)
6

t (s)
2 4 6 8 10 12 14 16 18
−2

−4

(a) À quelle distance de son point de départ l’objet se trouve-t-il après 5 secondes ? Et après 9
secondes ?
(b) À quel moment la vitesse de l’objet change-t-elle de sens1 ?
(c) Quelle est l’accélération de l’objet au temps t = 2 s, au temps t = 4 s, et au temps t = 6 s ?
(d) L’objet repassera-t-il par sa position de départ ? Si oui, à quel moment cela se produira-t-il pour
la première fois ? Pour la deuxième fois ?
(e) Au temps t = 7, 5 s, l’objet est-il en train de ralentir ?

4.9 À l’aide du graphique de f , évaluez les intégrales suivantes.

Z0 Z8 y
(a) f (x) d x (d) f (x) d x
4
−2 −2

Z4 Z0
x
(b) f (x) d x (e) f (x) d x −4 4 8
−2 4
−4
Z6 Z6
(c) f (x) d x (f ) f (x) d x
2 8

4.10 Exprimez le résultat de l’opération à l’aide d’une seule intégrale.


Z10 Z15
(a) f (x) d x + f (x) d x
0 10
Z10 Z5
(b) f (x) d x − f (x) d x
0 0
Z10 Z5
(c) f (x) d x + f (x) d x
0 10

1. La terminologie utilisée est celle des vecteurs. La vitesse est un vecteur : elle a une grandeur, une direction (verticale
ou horizontale, par exemple) et un sens (haut ou bas, gauche ou droite, etc.). Les vitesses −2 m/s et 2 m/s sont de même
grandeur, mais de sens opposés. Pour d’autres informations, vous pouvez consulter l’annexe A.1 du volume 1.
12 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.11 Évaluez les intégrales suivantes de façon géométrique (sans utiliser le théorème fondamental
et sans calculatrice). Pour chaque intégrale : tracez la région dont l’aire algébrique est donnée par
l’intégrale et évaluez l’aire grâce aux formules de géométrie élémentaire. Attention au signe du
résultat !
Z7 Z2 ³ p ´
(a) 5dx (d) −4 − 4 − x 2 d x
Z16 Z−22π
(b) (10 − x) d x (e) sin(x) d x
2 0
Z5 Z3
(c) (2x − 3) d x (f ) |x| d x
0 −1

4.12 Soit V (t ) le volume de liquide (exprimé en litres) d’un grand réservoir au temps t (exprimé en
minutes). Au temps t = 0, le réservoir contient 40 L de liquide. Soit Q(t ) le débit (exprimé en L/min)
de liquide entrant ou sortant de ce réservoir. Un débit positif signifie que le réservoir se remplit, alors
qu’un débit négatif signifie qu’il se vide.

Q (L/min)

t (min)
30 60 90 120
−1

(a) Calculez le volume de liquide contenu dans le réservoir au temps t = 30 min, t = 60 min et
t = 120 min.
(b) Tracez le graphique de la fonction V (t ) pour 0 ≤ t ≤ 120.
(c) Tracez le graphique de la dérivée de la fonction V (t ) pour 0 ≤ t ≤ 120. Que remarquez-vous ?
(d) Soit t f une valeur de t comprise entre 0 et 120. Écrivez une expression contenant une intégrale
définie décrivant V (t f ), le volume au temps t f .

Zt 2
4.13 Quelles sont les unités de l’intégrale définie f (t ) d t si
t1

(a) f est exprimée en m/s2 et (d) f est exprimée en individus par année et
t est exprimé en secondes ; t est exprimé en années ;
(b) f est exprimée en L/h et (e) f est exprimée en (km/h)/°C et
t est exprimé en heures ; t est exprimé en °C ;
(c) f est exprimée en °C/min et (f ) f est exprimée en newtons (N) et
t est exprimé en minutes ; t est exprimé en mètres.
4.1. L’INTÉGRALE DÉFINIE 13

4.14 Du lait se déverse d’un camion-citerne à un taux de f (t ) litres par minute, où t est exprimé en
90
Z Z90

minutes. Dans ce contexte, que représente f (t ) d t ? Et que représente f (t ) d t ?


0 50

4.15 Un économiste étudie le taux p (t ) de production de pétrole dans un nouveau puits. Le taux
p (t ) est donné en nombre de barils par mois où t est le temps mesuré en mois depuis la mise en
service du puits. Expliquez ce que représente, dans ce contexte, l’égalité suivante :

18
Z
p (t ) d t = 1200.
12
14 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.2 Théorème fondamental du calcul différentiel et intégral

Définition 4.3 Soit f et F des fonctions définies sur l’intervalle ]a ; b[. On dit que F est une
primitive de f sur l’intervalle si, pour tout x de l’intervalle, la dérivée de F (x) est égale à f (x) :

pour x ∈ ]a ; b[, F ′ (x) = f (x).

Exemple 4.3
1
Donnez une primitive de f (x) = x sur ]0 ; ∞[ et de g (x) = cos(x) sur R.

Solution :
£ ¤′
F (x) = ln(x) est une primitive de f (x) = x1 car F ′ (x) = ln(x) = x1 = f (x) pour tout x de l’intervalle
]0 ; ∞[.
G(x) = sin(x) est une primitive de g (x) = cos(x) car G ′ (x) = g (x) pour tout nombre réel x.
Remarque. La fonction F n’est pas l’unique primitive de f . Par exemple, F 2 (x) = ln(x)+5 est aussi une
primitive de f (x). De même, G n’est pas la seule primitive de g . Nous reviendrons sur cet aspect un
peu plus loin.

Théorème 4.2 Théorème fondamental du calcul différentiel et intégral (TFC)


Soit f une fonction continue sur l’intervalle I . Soit a et b dans l’intervalle I . Alors :
1. Construction d’une primitive de f
La fonction g , définie de la façon suivante,
Zx
g (x) = f (t ) d t , pour x ∈ I
a

est une primitive de f sur l’intervalle I , c’est-à-dire que pour x ∈ I , g ′ (x) = f (x).
Zb
2. Évaluation d’une intégrale définie f (x) d x
a
Si F est une primitive de f , c’est-à-dire si F ′ = f , alors

Zb
f (x) d x = F (b) − F (a).
a

Notation La notation suivante est souvent employée pour désigner la soustraction F (b)−F (a) :
¯b
¯
F (x)¯ = F (b) − F (a)
a
4.2. THÉORÈME FONDAMENTAL DU CALCUL DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL 15

Nous avons choisi de présenter des exemples et exercices sur l’utilisation du théorème fonda-
mental avant d’en présenter une preuve. Celle-ci sera expliquée à la section 4.2.4.
Quoique cela puisse paraître étrange, nous commencerons par travailler sur la deuxième partie
du théorème : l’évaluation d’une intégrale définie. Elle est plus facile à comprendre. Une fois cette
partie comprise, on est en général mieux préparé pour aborder la première partie : la construction
d’une primitive.

Exemple 4.4
Calculez l’intégrale définie suivante :
Z4
x 2 d x.
1

Solution :
x3
La fonction F (x) = 3 est une primitive de f (x) = x 2 car
³ 3´
d x3 3x 2
F ′ (x) = = = x 2 = f (x).
dx 3
On a donc
Z4 ¯
x 3 ¯¯4 43 13 63
x2 d x = = − = = 21.
3 ¯1 3 3 3
1
Validation rapide à l’aide du graphe.
La valeur de l’intégrale définie correspond à l’aire de la région ombrée.

16
14
12
10
f (x) = x 2
8
6
4
2
x
−1 1 2 3 4 5

On peut estimer grossièrement cette aire grâce à un trapèze :


µ ¶ µ ¶
b +B 1 + 16
A≈ h= (3) = 25, 5.
2 2
Or la surface de la région ombrée est plus petite que celle du trapèze et on a obtenu 21 qui est
effectivement plus petit que 25. Le résultat semble donc plausible.
16 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Exemple 4.5
p
Calculez l’aire de la région située sous la courbe y = x entre x = 1 et x = 9.

3
2
1 A =?
x
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Solution :
p
Puisque la fonction f (x) = x est positive, l’aire de la région est égale à l’intégrale définie :
Z9
p
A= x d x.
1

2x 3/2
La fonction F (x) = est une primitive de f (x) car
3
2 3
F ′ (x) = · x 1/2 = x 1/2 = f (x).
3 2
On a donc Z9 ¯
p 2x 3/2 ¯¯9 2 · 93/2 2 · 13/2 2 · 27 2 52
x dx = ¯ = − = − = = 17, 3̄.
1 3 1 3 3 3 3 3
Validation.
En comparant cette valeur avec les sommes de gauche et de droite calculées au début du chapitre, on
constate qu’on a effectivement G 200 < 17, 3̄ < D 200 . Le tout semble donc cohérent.

Définition 4.4 La valeur moyenne de la fonction f sur l’intervalle [a ; b] est donnée par
Zb
1
f moy = f (x) d x.
b−a a

Graphiquement, la valeur moyenne est la hauteur du rectangle de base [a ; b] dont l’aire algé-
brique est égale à celle de la région comprise entre la courbe y = f (x) et l’axe des x, entre x = a et
x = b.
y y
y = f (x) y = f (x)

f moy
A1 = A2 f moy
A1 A2
x x
a b a b
4.2. THÉORÈME FONDAMENTAL DU CALCUL DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL 17

Exemple 4.6

p
(a) Calculez la valeur moyenne de la fonction f (x) = x sur l’intervalle [1 ; 9]. De plus, indiquez à
quoi correspond cette valeur sur le graphique de f . Notez qu’il s’agit de la même fonction qu’à
l’exemple 4.5.
(b) Si f représente la vitesse en m/s et x, le temps en s, déterminez les unités de la valeur moyenne
calculée en (a) et expliquez ce qu’elle représente.

Solution :
(a)
Zb Z9
1 1 p 1 52 13
f moy = f (x) d x = x dx = · = = 2, 16̄
b−a 9−1 8 3 6
a 1

Graphiquement, la valeur moyenne est la hauteur du rectangle de base [1 ; 9] dont l’aire


algébrique est égale à celle de la région comprise entre la courbe y = f (x) et l’axe des x, entre
x = 1 et x = 9.

1 f moy = 2, 16̄
x
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

(b) f moy = 2, 16̄ m/s. Cela correspond à la vitesse moyenne de l’objet entre la première et la
neuvième seconde. Autrement dit, un objet dont la vitesse est 2, 16̄ m/s parcourt la même
p
distance durant cet intervalle qu’un objet dont la vitesse est v(t ) = t .

4.2.1 L’intégrale indéfinie

Comme nous l’avons vu, l’emploi du théorème fondamental pour évaluer l’aire algébrique sous
une courbe y = f (x) entre x = a et x = b requiert une primitive F de la fonction f , c’est-à-dire une
fonction F telle que
F ′ (x) = f (x) pour a ≤ x ≤ b.

Par exemple, si f (x) = 2x, nous pouvons utiliser F (x) = x 2 + 5 car F ′ (x) = (x 2 + 5)′ = 2x. Bien
sûr, F 2 (x) = x 2 − 3 est aussi une primitive de f . En fait, peu importe la valeur de la constante C ,
F (x) = x 2 + C est une primitive de f (x) = 2x. Y a-t-il des primitives de f qui ne sont pas de cette
forme ? Le théorème suivant nous dit que non.
18 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Théorème 4.3 Soit f une fonction continue sur un intervalle et soient F 1 et F 2 des primitives de
f sur cet intervalle, c’est-à-dire
F ′1 (x) = f (x) = F 2′ (x).
Alors il existe un nombre C tel que, pour tout x de cet intervalle,

F 1 (x) = F 2 (x) + C .

Autrement dit, les fonctions F 1 et F 2 sont égales à une constante près.

F ′1 (x) = F 2′ (x) F1

C F2
C
C

⊲ Démonstration Si F ′1 = f = F 2′ sur l’intervalle, alors F ′1 − F 2′ = (F 1 − F 2 )′ = 0. Puisque sa dérivée est


nulle sur l’intervalle, la fonction (F 1 − F 2 ) y est constante. Il existe donc un nombre réel C tel que,
pour tout x de l’intervalle,
F 1 (x) − F 2 (x) = C .
Ainsi
F 1 (x) = F 2 (x) + C .
fin de la démonstration ⊳
Lors de l’évaluation d’une intégrale définie à l’aide du théorème fondamental, le choix d’une
primitive plutôt qu’une autre ne modifie en rien le résultat (heureusement !) : en effet, la constante
C est éliminée lors de la soustraction F (b) − F (a). Illustrons cela avec un exemple :
Z4 µ ¶ ¯4 µ 3 ¶ µ 3 ¶ µ 3 ¶
2 x3 ¯
¯ 4 1 4 1
x dx = +C ¯ = +C − +C = − + (C − C ) = 21.
3 1 3 3 3 3
1

R
Définition 4.5 L’intégrale indéfinie de la fonction f , notée f (x) d x est la famille de toutes les
primitives de f . Elle est définie par l’équivalence suivante :
Z
f (x) d x = F (x) + C si et seulement si F ′ (x) = f (x)

où C désigne une constante réelle arbitraire.


4.2. THÉORÈME FONDAMENTAL DU CALCUL DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL 19

4.2.2 Table d’intégrales indéfinies

Notez que u et v désignent des variables, f et g désignent des fonctions, a, b, c, n et C désignent


des constantes et a > 0.

Règles d’intégration
Z Z
1. c f (u) d u = c f (u) d u
Z³ ´ Z Z
2. f (u) + g (u) d u = f (u) d u + g (u) d u
Z³ ´ Z Z
3. f (u) − g (u) d u = f (u) d u − g (u) d u
Z Z
4. u d v = u v − v d u (la règle d’intégration par parties)

Formules d’intégration
Z Z
n u n+1 11. tan(u) d u = − ln (|cos(u)|) + C
1. u du = + C , où n 6= −1
n +1 Z
Z
1 12. cot(u) d u = ln (|sin(u)|) + C
2. d u = ln (|u|) + C
u Z
Z
3. eu d u = eu + C 13. sec(u) d u = ln (|sec(u) + tan(u)|) + C
Z Z
1 14. csc(u) d u = ln (|csc(u) − cot(u)|) + C
4. au d u = a u + C où a > 0 et a 6= 1
ln(a) Z ³u ´
Z 1 1
5. sin(u) d u = − cos(u) + C 15. d u = arctan +C
u2 + a2 a a
Z Z ³¯ u + a ¯´
1 1 ¯ ¯
6. cos(u) d u = sin(u) + C 16. d u = ln ¯ ¯ +C
a2 − u2 2a u−a
Z Z ³¯ u − a ¯´
1 1 ¯ ¯
7. sec2 (u) d u = tan(u) + C 17. 2 2
d u = ln ¯ ¯ +C
u −a 2a u+a
Z Z ³p ´
1
8. csc2 (u) d u = − cot(u) + C 18. p d u = ln u2 + a2 + u + C
u2 + a2
Z Z ³u ´
1
9. sec(u) tan(u) d u = sec(u) + C 19. p d u = arcsin +C
a2 − u2 a
Z Z ³¯p ¯´
1 ¯ ¯
10. csc(u) cot(u) d u = − csc(u) + C 20. p d u = ln ¯ u 2 − a 2 + u ¯ + C
2
u −a 2

Formules particulières d’intégration


Z Z
cos(bx)
1a. 1dx = x +C 5a. sin(bx) d x = − +C
b
Z Z
e bx sin(bx)
3a. e bx d x = +C 6a. cos(bx) d x = +C
b b
20 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Exercices sur l’évaluation d’intégrales définies et indéfinies

4.16 À l’aide du théorème fondamental du calcul, calculez à la main la valeur exacte de l’aire des
régions ombrées suivantes. Donnez ensuite la valeur arrondie à la deuxième décimale.

(a) (b)
y y

2 1
f (x) = sin(x)
1
f (x) =
x
1
x
1 2 3 4 5 6

x
1 2 −1

(c) (d)
y y

4
f (x) = sec2 (x) 15
3
f (x) = 8 − x 3
10
2
5
1
x
x −2 2
1

(e) (f )
y y

10
1
f (x) =
8 1.0 1 + x2
f (x) = x 2 − 4x + 5
6

4 0.5

2
x
x −1 1
−1 1 2 3 4 5
4.2. THÉORÈME FONDAMENTAL DU CALCUL DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL 21

4.17 Pour chaque fonction de l’exercice précédent, calculez la valeur moyenne de la fonction sur
l’intervalle ombré en tenant compte du fait que x est exprimé en heures et y en km/h. De plus, tracez
la droite y = f moy dans le même système d’axes que la fonction.

4.18 Calculez à la main l’intégrale indéfinie et vérifiez ensuite votre résultat avec un calculateur
symbolique.
Z Zp
x
(a) 8dx (h) dx
Z 2
Z
(b) 4 sin(x) d x p3
Z (i) x dx
(c) (e x − cos(x)) d x Z
Z (j) sec2 (x) d x
(d) (6x + 1) d x Z
Z 3
(k) dx
(e) (2x 3 − 4x + 9) d x 1 + x2
Z
Z −2
2 (l) p dx
(f ) dx 1 − x2
Zx Z 4
1 x − 3x 2 + 5x + 10
(g) d x (m) dx
2x 3 x2

4.19 Calculez à la main l’intégrale définie et vérifiez ensuite votre résultat avec un calculateur
symbolique.

Z6 Z9
x 1
(a) e dx (d) p dx
x
2 1
Z2 2π
Z
(b) x3 d x (e) sin(x) d x
1 0
Z4 Z8
(c) (3x 2 + 2x − 2) d x (f ) −5 d x
0 4

4.20 Déterminez f (x) en utilisant les informations suivantes, sans calculatrice.


³π´
(a) f ′ (x) = cos(x), f =4 (d) f ′′ (x) = − sin(x), f ′ (0) = 6, f (0) = 3
2 2
(b) f ′ (x) = 2x + 5, f (2) = 10 (e) f ′′ (x) = 1 − 2 , f ′ (1) = 7, f (1) = 4
2 x
(c) f ′ (x) = 5 , f (1) = 0 (f ) ⋆ f ′′ (x) = 36x 2 , f (0) = 2, f (1) = 10
x
22 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.2.3 Interprétation de l’intégrale définie

Exemple 4.7
Soit :
• T (x) la température en un point x d’une barre métallique en degrés Kelvin (K)
• x la position le long de la barre en mètres (m)
• T (1) = 400 K.
Répondez aux questions suivantes en utilisant le graphe du taux de variation de la température par
rapport à la position.

dT
dx

36,8
S = 159,0

16,8

1 5

dT
(a) Trouvez les unités du taux de variation dx .
(b) Établissez ce à quoi correspond la surface de la zone ombrée et spécifiez ses unités.
(c) Calculez T (5).
(d) Déterminez si la température de la barre est plus grande en x = 2 ou en x = 5.
(e) Calculez T ′ (1).
(f ) Évaluez le signe de T ′′ (1).
(g) ⋆ Estimez T (1, 5).
(h) ⋆ (Optionnel) Sachant que T ′′ (1) = 18, pouvez-vous améliorer l’approximation de T (1, 5) ?

Solution :
dT Unités de T
(a) Unités de dx = = K/m.
Unités de x
(b) La surface correspond à la variation de la température entre x = 1 m et x = 5 m, cette variation
est exprimée en K. En effet, puisque T est une primitive de ddTx , le théorème fondamental
permet de conclure que
Z5
dT T FC
S = d x = T (5) − T (1).
dx
1

(c) La température en x = 5 m est obtenue en isolant T (5) dans l’équation précédente :

T (5) = T (1) + S = 559 K.

(d) La température de la barre est plus grande en x = 5 qu’en x = 2.


4.2. THÉORÈME FONDAMENTAL DU CALCUL DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL 23

Attention, il ne faut pas se laisser berner par le fait que le graphe passe par un maximum
autour de x = 2. Rappelons qu’il représente le taux de variation ddTx et non la température
elle-même. Ce taux est positif sur tout l’intervalle considéré, indiquant de ce fait que la
température est croissante sur l’intervalle. Elle est donc plus grande en x = 5 qu’en x = 2.

T ′ (x) > 0 pour x ∈ ]0 ; 5[ =⇒ T est croissante sur ]0 ; 5[ =⇒ T (2) < T (5).


¯
¯
(e) T ′ (1) = ddTx ¯ = 36, 8 K/m (valeur lue directement sur le graphe).
x=1

(f ) T ′′ (1) correspond à la pente de T ′ (x) en x = 1. Sur le graphe de T ′ , on voit que cette pente est
positive. Ainsi,
T ′′ (1) > 0.

(g) Nous devons estimer T (1, 5) et nous connaissons T (1). Nous devons donc estimer la diffé-
rence :
∆T = T (1, 5) − T (1) ≈ ?
D’après le théorème fondamental du calcul différentiel et intégral (TFC), nous savons que,

∆T = T (1, 5) − T (1)
1,5
Z
T FC dT
= dx
dx
1
dT
= surface sous la courbe entre x = 1 et x = 1, 5
dx

dT
dT
dx
dx

36,8

T(1,5) − T(1) T (1) 0,5


x x

1 1,5 5 1 1,5 5

Approximons cette surface par l’aire du rectangle de base 0, 5 et de hauteur T ′ (1) :

∆T ≈ aire du rectangle = T ′ (1) · 0, 5

Ainsi,
T (1, 5) = T (1) + ∆T
≈ T (1) + T ′ (1) · 0, 5
≈ 400 + 36, 8 · 0, 5
≈ 418, 4 K
En fait, cette valeur constitue une sous-estimation de T (1, 5) puisque l’aire du rectangle est
inférieure à ∆T .
24 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Remarque importante. Nous avons employé le TFC pour estimer la variation de tem-
pérature entre x = 1 et x = 1, 5 et avons été conduits à l’approximation

T (1, 5) ≈ T (1) + T ′ (1) · 0, 5.

Le procédé d’approximation avait déjà fait l’objet d’une discussion à la section 2.3
ainsi qu’à l’exercice 2.35 de la première partie des notes de cours. Le graphe de T (x)
illustre cette façon différente d’aborder l’approximation de T (1, 5) : l’approximation par
la droite tangente.

T(1,5)

T(1) + T (1) 0,5

T(x)
T (1) 0,5

T(1)
x
1 1,5

Cette figure confirme aussi la conclusion à laquelle nous étions arrivés, à savoir que

T (1) + T ′ (1) · 0, 5

constitue une sous-estimation de T (1, 5) étant donnée la concavité de la courbe (elle-


même déduite du fait que T ′′ (1) > 0).

(h) Nous voulons améliorer l’approximation de T (1, 5) en utilisant le fait que T ′′ (1) = 18. Comme
nous venons de le voir en (g), cela passe par une amélioration de l’approximation de l’aire
sous la courbe T ′ (x) entre x = 1 et x = 1, 5.

Ajoutons l’aire d’un petit triangle à celle du rectangle.

1
(T (1) 0,5) 0,5
2
dT tangente
1
dx aire du triangle = 2 · hauteur · base
1 ′′
2 (T (1) · 0, 5) · 0, 5
T (1) 0,5 =
T (1) T ′′ (1) 2
= · 0, 5
2

T (1) 0,5 ∆T ≈ aire rectangle + aire triangle

1 1,5 5
4.2. THÉORÈME FONDAMENTAL DU CALCUL DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL 25

Ainsi,
T (1, 5) = T (1) + ∆T
≈ T (1) + aire rectangle + aire triangle
T ′′ (1)
≈ T (1) + T ′ (1) · 0, 5 + · 0, 52 (I)
2
18
≈ 400 + 36, 8 · 0, 5 + · 0, 52
2
≈ 400 + 18, 4 + 2, 25
≈ 420, 65 K

Remarque. Notons la forme du résultat (I). Nous verrons à la section 6.1 (page 121) qu’il est
possible d’améliorer encore l’approximation de T (1, 5) si l’on connaît la dérivée troisième de
T en x = 1. Nous montrerons en effet (en utilisant un polynôme de Taylor de degré 3) que

T ′′ (1) T ′′′ (1)


T (1, 5) ≈ T (1) + T ′ (1) · 0, 5 + · 0, 52 + · 0, 53
2 6

Exercices sur l’interprétation et l’utilisation du TFC - évaluation d’une intégrale définie

4.21 Soit :
• T (t ) la température au temps t d’une substance en kelvins (K)
• t le temps en minutes (min)
• T (10) = 300 K.
Répondez aux questions suivantes en utilisant le graphe du taux de variation de la température par
rapport au temps. Notez le nouveau symbole utilisé pour désigner une pente de 51 .

dT
dt
6

1
5
3
S

10 30

dT
(a) Trouvez les unités du taux de variation dt .
(b) Exprimez la surface de la zone ombrée à l’aide d’une intégrale définie. De plus, établissez ce à
quoi elle correspond dans le contexte décrit et spécifiez ses unités.
(c) Calculez T (12) et T (30).
26 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.22 Soit :
• v(t ) la vitesse au temps t d’un corps qui se déplace en ligne droite, une vitesse positive indiquant
un déplacement vers le haut exprimée en m/s
• a l’accélération exprimée en m/s2
• t le temps exprimé en secondes
• v (10) = −50 m/s, donc l’objet se déplace vers le bas à la vitesse de 50 m/s.

a Demi-cercle
15

10

33

5 15 t
-5

(a) Établissez ce à quoi correspond la surface de la zone ombrée et spécifiez ses unités.
(b) Calculez v(33) et v(5).
(c) En quelle valeur de t l’accélération est-elle maximale ?
(d) En quelle valeur de t la vitesse est-elle maximale ?
(e) En quelle valeur de t l’objet commence-t-il à remonter ?

4.23 Soit :
• U (V ) l’énergie exprimée en kJ d’une substance occupant un volume V
• V le volume de la substance exprimé en m3
• U (0) = 0.

dU Quarts de cercle
1 dV
2

V
1

dU
(a) Trouvez les unités du taux de variation dV .
(b) Établissez ce à quoi correspond la surface de la zone ombrée et spécifiez ses unités.
(c) Calculez U (1).
4.2. THÉORÈME FONDAMENTAL DU CALCUL DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL 27

4.24 Le taux auquel la réserve de pétrole mondiale est consommée augmente continuellement. Si
on suppose que ce taux (en milliards de barils par année) est donné par la fonction r (t ) où t est
mesuré en année depuis le début de 2001, expliquez ce que représente l’égalité suivante dans ce
contexte :
Z5
r (t ) d t = 181, 7.
0

4.25 Des mesures de la radiation solaire captée durant la journée indiquent que celle-ci est donnée
par une fonction r (t ) où r est mesurée en joules par heure et t est mesuré en heures. Expliquez ce
que représente l’égalité suivante dans ce contexte :

12
Z
r (t ) d t ≈ 6, 22 × 106 .
0

4.26 Soit :
• V le volume de la substance exprimé en cm3
• t le temps exprimé en secondes
• V (2) = 20 cm3.

dV
dt

2,2
t
1 2 3 x 4

−5

dV
(a) Trouvez les unités du taux de variation dt .
(b) Établissez ce à quoi correspond la surface de la zone ombrée et spécifiez ses unités.
(c) Estimez V (2, 2).
(d) À quel moment durant les 4 premières secondes le volume est-il maximal ? Suggestion : esquis-
sez le graphe de V à l’aide du tableau de signes de V ′ (t ).
(e) À quel moment durant les 4 premières secondes le volume est-il minimal ?
(f ) Écrivez une expression contenant une intégrale définie donnant la valeur du volume au temps
t = 3 s. Estimez grossièrement cette valeur d’après le graphe donné.
(g) Écrivez une expression contenant une intégrale définie donnant la valeur du volume au temps
t = x s.
28 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.27 Établissez ce à quoi correspond la surface de la zone ombrée.

dY
dx

x
a b

dY
Remarque. À l’exercice précédent, si l’on renomme Y (x) = F (x) et dx = f (x), alors le
résultat se récrit de la façon suivante :

Zb
S= f (x) d x = F (b) − F (a)
a

et l’on retrouve ainsi le théorème fondamental du calcul différentiel et intégral.

4.28 La vitesse v (en m/s) d’un objet se déplaçant sur une tige verticale est donnée par

t2
v(t ) = − 2, pour 0≤t ≤6
5
où t est exprimé en secondes. Une vitesse positive indique un déplacement vers le haut. Au temps
t = 0, la hauteur de l’objet est de 5 m.
(a) Exprimez la hauteur en fonction du temps.
(b) À quelle hauteur se trouve l’objet après 2 secondes ? Et après 5 secondes ?
(c) À quel moment la vitesse de l’objet change-t-elle de sens ?
(d) Quelle est l’accélération de l’objet au temps t = 2 s ? Au temps t = 4 s ?
(e) L’objet repassera-t-il par sa position de départ ? Si oui, à quel moment cela se produira-t-il pour
la première fois ?
(f ) Au temps t = 2 s, l’objet est-il en train de ralentir ?
(g) Au temps t = 2 s, l’objet se dirige-t-il vers le haut ou vers le bas ?
4.2. THÉORÈME FONDAMENTAL DU CALCUL DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL 29

4.29 Voici le graphique de l’accélération a (en cm/s2) d’un objet se déplaçant sur une tige verticale.

a (cm/s2)
9
6
3
t (s)
3 6

où t est exprimé en secondes. Une vitesse positive indique un déplacement vers le haut. Au temps
t = 0, la hauteur de l’objet est de 10 cm et sa vitesse est de 5 cm/s vers le haut.
(a) À quel moment durant les 6 premières secondes la vitesse de l’objet est-elle minimale ?
(b) À quel moment durant les 6 premières secondes la vitesse de l’objet est-elle maximale ?
(c) Estimez grossièrement la vitesse à l’instant t = 6 s.
(d) À quel moment durant les 6 premières secondes la vitesse de l’objet est-elle nulle ?
(e) Esquissez le graphique de la vitesse pour les 6 premières secondes.
(f ) À quel moment durant les 6 premières secondes la hauteur de l’objet est-elle maximale ?
(g) En observant le graphique, établissez si l’accélération moyenne durant les 6 premières se-
condes est supérieure, inférieure ou égale à 4, 5 cm/s2. Justifiez.

4.30 Vous apprenez que l’accélération a (en cm/s2) de l’exercice précédent est donnée par
a(t ) = 6t − t 2 ,
où t est exprimé en secondes.
(a) Calculez la vitesse à l’instant t = 6 s.
(b) Comment s’exprime la vitesse par rapport au temps à l’instant t ?
(c) Comment s’exprime la position par rapport au temps à l’instant t ?
(d) Calculez la hauteur maximale atteinte par l’objet durant les 6 premières secondes.
(e) Calculez a moy , l’accélération moyenne durant les 6 premières secondes.

4.31 Un grand réservoir contient initialement 500 litres d’essence. À 8 heures commence le rem-
plissage du réservoir d’essence avec un débit d’entrée de
p
6
Q(t ) = 300 t + 1000,
où Q s’exprime en litres par heure et où t désigne le nombre d’heures écoulées depuis le début du
remplissage.
(a) Combien de litres d’essence le réservoir contiendra-t-il à 14 heures ?
(b) Quel est le débit moyen durant les 6 premières heures ? Représentez-le sur le graphe de Q(t ).
Quelle intégrale définie permet de le calculer ?
(c) Quel est le débit instantané à 14 h ? Représentez-le sur le graphe de Q(t ).
(d) Expliquez ce que représente l’aire sous la courbe Q(t ) entre t = 0 et t = 6 dans le contexte du
réservoir.
30 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.32 Un mobile se déplace le long d’une ligne droite et sa vitesse (en m/s) en fonction du temps est
donnée par
v(t ) = 3 e −t /3 sin(2 t ),
où t est exprimé en secondes.
Utilisez un logiciel ou une calculatrice symbolique pour répondre aux questions suivantes.
(a) Donnez la position x(t ) du mobile après t secondes si sa position initiale était x(0) = 1 m et
tracez son graphique pour 0 ≤ t ≤ 12. Dans le même plan cartésien, tracez aussi la fonction
vitesse.

Attention ! Avec Nspire, il est fortement déconseillé de définir une fonction x(t ).
Utilisez un autre nom, par exemple p(t ) pour position. Le problème vient du fait que
x est toujours la variable indépendante en mode graphique.

(b) Donnez la position du mobile après 3 secondes, après 4 secondes, après une minute et après
dix minutes.
(c) Établissez à quels moments la vitesse du mobile change de sens entre les instants 0 et 4
secondes.
(d) Déterminez la distance totale parcourue par ce mobile entre 0 et 4 secondes.
(e) Déterminez le déplacement entre 0 et 4 secondes, c’est-à-dire la variation de la position de
l’objet : x(4) − x(0).

Attention ! La distance parcourue et le déplacement ne sont pas synonymes comme le montre


l’exercice précédent.

4.33 Soit A(x) l’aire de la région située sous la courbe y = f (t ) = 2t + 3 et au-dessus de l’axe des t
entre les droites verticales t = 1 et t = x (c’est-à-dire l’aire du trapèze délimité par ces quatre droites)
pour un x quelconque tel que x ≥ 1.

3
8
= 2t +
6 f (t )
4
2 A(x)
t
−2 1 2 x 3

(a) Calculez A(1) et A(2).


(b) Exprimez A(x) à l’aide d’une intégrale définie.
(c) Calculez A(x) à l’aide de la formule de géométrie élémentaire donnant l’aire d’un trapèze.
Calculez ensuite A(x) à l’aide de la partie « évaluation d’une intégrale définie » du théorème
fondamental du calcul (TFC).
(d) Calculez A ′ (x). Que remarquez-vous ?
4.2. THÉORÈME FONDAMENTAL DU CALCUL DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL 31

4.34 Refaites les étapes (b), (c) et (d) de l’exercice précédent avec la courbe

y = f (t ) = a t + b

et les droites verticales t = c et t = x. Considérez a > 0, b > 0, c > 0 et un x quelconque tel que x ≥ c.

4.35 La chaleur spécifique d’une substance est définie comme la quantité de chaleur qu’un
kilogramme de cette substance doit absorber pour voir sa température s’élever d’un degré. Cette
quantité est en général elle-même fonction de la température ; en effet, les chaleurs nécessaires pour
hausser la température de 450 à 451 K et de 600 à 601 K diffèrent. L’expression de la chaleur spécifique
de la vapeur d’eau en fonction de la température est de la forme qui suit, les valeurs des coefficients
apparaissant au tableau :

g h
C p (T ) = aT 5 + bT 4 + cT 3 + eT 2 + f T + 2
+ 3 400 ≤ T ≤ 1100 K.
T T

La température T s’exprime en Kelvin et la chaleur spécifique C p en kJ .


K·kg

a b c e f g h
4
1, 691 × 10 −15
−7, 757 × 10 −12
1, 432 × 10 −8
−1, 352 × 10 −5
7, 493 × 10 −3
7, 770 × 10 −9, 274 × 106

(a) Quelles sont les chaleurs spécifiques aux températures de 400 et 600 K ?
(b) Intégrez l’expression de la chaleur spécifique en termes des constantes a à g (sans les rempla-
cer par leurs valeurs numériques).
(c) La chaleur totale qu’on doit fournir à m kg de substance lorsque celle-ci voit sa température
passer de T1 à T2 s’obtient par le calcul suivant :
ZT 2
Q =m C p (T ) d T .
T1

Calculez la chaleur fournie à 0,5 kg de vapeur d’eau si la température passe de 500 à 800 K
d’une part, et de 600 à 400 K, d’autre part. Interprétez les signes des réponses.
(d) La chaleur spécifique varie peu sur l’intervalle de température spécifié. De ce fait, on la
considère souvent comme constante, utilisant la valeur qu’elle présente à 400 K. Calculez à
nouveau la chaleur absorbée par 0,5 kg de vapeur d’eau entre 500 et 800 K, mais de façon
approximative cette fois (considérant C p constante) et comparez-la au résultat « exact » de la
question précédente. Établissez en termes relatifs l’erreur qui résulte de l’emploi de la méthode
approximative.
¯ ¯
¯ val. approx.−val. exacte ¯
Rappel : erreur relative % =¯ ¯ × 100%
val. exacte

4.36 Suite de l’exercice 4.35. On veut définir une fonction Q(T ) qui permet d’établir la chaleur
absorbée par m kg de vapeur d’eau lorsque sa température passe de 500 K à T K. Cette fonction sera
alors obtenue via le calcul : Z T
Q 500 (T ) = m C p (u) d u.
500
32 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

(a) Trouvez l’expression de Q 500 (T ) pour une masse de 1,5 kg de vapeur d’eau.
(b) Déduisez la chaleur absorbée par les 1,5 kg d’eau lorsque leur température passe de 500 K à
800 K ainsi que de 500 K à 400 K. Interprétez les signes des résultats.
(c) Utilisez Q 500 (T ) pour déduire la chaleur absorbée quand la température passe de 600 K à 900 K.

Remarque. À l’exercice 4.36, nous avons rencontré une intégrale dont la borne supérieure
est la variable T . Z T
Q 500 (T ) = m C p (u) d u
500
Le nom de la variable d’intégration a donc été modifié : on utilise u plutôt que T . En
effet, le symbole choisi pour désigner la borne supérieure doit être différent de la variable
d’intégration. On rencontre parfois des textes où cette nuance n’est pas prise en compte.
Cependant, celle-ci est fondamentale lors de l’implémentation de telles intégrales dans un
système symbolique.

Exercices sur la partie 1 du TFC : construction de primitive (p. 14)

4.37 Considérez le graphe de la fonction f (t ) ci-dessous.

3
f
2
1
t
−1 1 2 3 4 5 6 7
−1
−2
−3

Soit g et h les fonctions définies par


Zx Zx
g (x) = f (t ) d t et h(x) = f (t ) d t .
2 0
(a) Calculez g (0), g (2), g (3) et g (4). Idem pour h.
(b) Calculez g ′ (0), g ′ (2), g ′ (3) et g ′ (7). Idem pour h.
(c) Calculez g ′′ (0), g ′′ (2), g ′′ (3) et g ′′ (7). Idem pour h.
(d) Quel est le minimum absolu de g (x) sur l’intervalle [2 ; 8] ? En quelle valeur de x est-il atteint ?
Idem pour h.
(e) Quel est le minimum absolu de g (x) sur l’intervalle [0 ; 8] ? En quelle valeur de x est-il atteint ?
Idem pour h.
(f ) Quel est le maximum absolu de g (x) sur l’intervalle [2 ; 8] ? En quelle valeur de x est-il atteint ?
Idem pour h.
De plus, tracez une esquisse des graphes de g et h.
4.2. THÉORÈME FONDAMENTAL DU CALCUL DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL 33

4.38 Considérez le graphe de la fonction f (t ) ci-dessous. Soit g la fonction définie par


Rx
g (x) = 0 f (t ) d t . Complétez avec un des trois symboles suivants : < = > .
y
(a) g (0) ? 0
2 f
(b) g (2) ? 0
t (c) g (4) ? g (2)
2 4 6 8 10 12
−2 (d) g (12) ? 0

(e) g (3) ? 0
−4

(f ) g (7) ? 0
−6 ′′
(g) g (7) ? 0
−8 (h) g ′′ (10) ? 0

Une fonction élémentaire est une fonction d’une variable construite à partir d’un nombre fini
d’exponentielles, de logarithmes, de polynômes, de racines n-ièmes, de fonctions trigonométriques
et trigonométriques inverses. Autrement dit, c’est une fonction qui peut être construite avec les
touches d’une calculatrice scientifique ordinaire.
Les fonctions des 3 prochains exercices, décrites par une intégrale définie, ne sont pas élémentaires.
On les qualifie de fonctions spéciales.
Auparavant, les ingénieurs qui avaient affaire aux fonctions spéciales devaient fouiller dans des
tables de valeurs. Désormais, les fonctions spéciales sont implémentées dans plusieurs logiciels. Vous
pouvez même les définir dans votre calculatrice CAS et tracer leur graphe.

4.39 La fonction d’écart logarithmique intégrale, notée Li(x), est définie par
Zx
1
Li(x) = dt.
ln(t )
2

Répondez aux questions (a) à (e) sans utiliser de calculatrice.


(a) Trouvez la valeur de Li(2).
(b) Calculez les dérivées première et seconde de Li(x). Conseil : pensez au TFC (p. 14).
(c) Étudiez le signe des dérivées première et seconde de Li(x) pour x ≥ 2.
(d) Déterminez si la fonction Li(x) est croissante ou non pour x ≥ 2.
(e) Déterminez si le graphe de la fonction Li(x) est concave vers le haut ou vers le bas pour x ≥ 2.
À l’aide d’une calculatrice symbolique :
(f ) Calculez Li(5) en arrondissant au millième.
(g) Faites tracer le graphe de Li(x) sur [2 ; 7].
1
(h) Faites tracer le graphe de ln(x) et expliquez à quoi correspond la valeur Li(5) sur ce graphe.
Remarque. La fonction Li(x) joue un rôle important en théorie des nombres. Elle permet d’estimer le
nombre de nombres premiers inférieurs à x. Par exemple, il y a 78498 nombres premiers inférieurs à
¡ ¢
106 , alors que Li 106 arrondi à l’unité vaut 78627.
34 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.40 La fonction d’erreur de Gauss, notée erf(x), est une fonction spéciale définie par
Zx
2 2
erf(x) = p e −t d t .
π
0

Répondez aux questions a) à c) sans utiliser de calculatrice.


(a) Trouvez la valeur de erf(0).
(b) Calculez les dérivées première et seconde de erf(x).
(c) Vrai ou faux ? La fonction erf(x) est croissante sur tout son domaine.
À l’aide d’une calculatrice symbolique :
(e) Calculez erf(−1) en arrondissant au millième.
(f ) Faites tracer le graphe de erf(x) et de sa dérivée sur [−3 ; 3].
(g) Expliquez pourquoi la valeur erf(−1) est négative.
Remarque. La fonction erf(x) est utilisée notamment en probabilités et statistiques.

4.41 La fonction sinus intégral Si(x) est une fonction spéciale définie par
Zx
sin(t )
Si(x) = dt.
t
0
sin(t )
L’intégrande f (t ) = t n’est pas définie en t = 0, mais puisque l’on sait que lim sin(t
t
)
= 1, on définit
t →0
alors f (0) = 1 de sorte que f (t ) est une fonction continue sur ]−∞; ∞[.
(a) Faites tracer le graphe de Si(x) et celui de sa dérivée sur ]−10 ; 10[ dans un même plan
cartésien. Vous pouvez utiliser un logiciel de calcul comme Maple ou Derive (ou la calculatrice
symbolique si vous êtes patient !).
Sans même avoir fait tracer le graphe demandé en (a), vous pouvez répondre aux questions suivantes.
(b) Calculez Si(0), Si(1) et Si(2) en arrondissant à la sixième décimale.
(c) Trouvez la valeur de la ou des solutions de l’équation Si(x) = 1, 6 pour 0 ≤ x ≤ 10 avec six bonnes
décimales. Indice : regardez le graphique de Si(x) pour déterminer le nombre de solutions et
leur valeur approximative.
(d) En quelles valeurs de x cette fonction atteint-elle des valeurs maximales ou des valeurs
minimales ?
(e) Déterminez les coordonnées du premier point d’inflexion situé à la droite de l’origine.
(f ) ⋆ Sachant que cette fonction admet deux asymptotes horizontales y = k 1 et y = k 1 , détermi-
nez pour quelles valeurs de k 1 et k 2 (valeur arrondie à la deuxième décimale).

4.42 À l’exercice 4.36, nous avons défini la fonction


T
Z
Q 500 (T ) = m C p (u) d u.
500
(a) En considérant m constante, calculez la dérivée de Q 500 (T ).

(b) En posant m = 2 kg, évaluez Q 500 (600). Conseil : évitez des calculs en réutilisant des résultats de
l’exercice 4.35.
(c) Interprétez la valeur calculée en (b) dans le contexte.
4.2. THÉORÈME FONDAMENTAL DU CALCUL DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL 35

4.2.4 Preuve du théorème fondamental du calcul

Rappelons l’énoncé de la première partie du théorème.

Théorème fondamental du calcul différentiel et intégral (TFC)


Soit f une fonction continue sur l’intervalle I . Soit a et b dans l’intervalle I . Alors :
1. Construction d’une primitive de f
Si
Zx
g (x) = f (t ) d t , pour x ∈ I
a

alors g est une primitive de f sur l’intervalle I , c’est-à-dire que pour x ∈ I , g ′ (x) = f (x).

⊲ Démonstration de la partie 1.
On cherche la valeur de la dérivée g ′ (x). Or la dérivée est définie comme la limite d’un taux de
variation :
¡ ¢
′ ∆g g (x + ∆x) − g (x)
g (x) = lim = lim . (4.1)
∆x→0 ∆x ∆x→0 ∆x
¡ ¢
Regardons à quoi correspond le numérateur g (x + ∆x) − g (x) dans le graphe de f . Selon la définition
de la fonction g , on a :

Zx
g (x) g (x) = f (t ) d t
y = f (t )
a
= aire algébrique de la région située
entre t = a et t = x sous la courbe
t
y = f (t )
a x

et
y

(x+∆x)
Z
g (x + ∆x)
g (x + ∆x) = f (t ) d t
y = f (t )
a
= aire algébrique de la région située
t entre t = a et t = x + ∆x sous la
a x x + ∆x courbe y = f (t ).

¡ ¢
Ainsi, g (x + ∆x) − g (x) correspond à la différence des deux aires algébriques :
36 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

y
g (x + ∆x) − g (x)

(x+∆x)
Z
g (x + ∆x) − g (x) = f (t ) d t
x
y = f (t )
= aire algébrique de la région située
t entre t = x et t = x + ∆x sous la
a x x + ∆x courbe y = f (t ).

Puisque f est une fonction continue sur [a ; b], il existe un nombre u situé entre x et (x +∆x) tel
que le rectangle de base ∆x et de hauteur f (u) soit d’aire algébrique égale à g (x + ∆x) − g (x).

y
g (x + ∆x) − g (x)

f (u)
f (x)
g (x + ∆x) − g (x) = f (u) ∆x
y = f (t )
avec x ≤ u ≤ x + ∆x
t
a x u x + ∆x

Ainsi,
¡ ¢
g (x + ∆x) − g (x) f (u) ∆x
= = f (u). (4.2)
∆x ∆x
Que se passe-t-il quand ∆x tend vers 0 ? Puisque u est coincé entre x et (x + ∆x), u tend alors vers x
et cela entraîne, puisque f est continue, que f (u) tend alors vers f (x). Ainsi, en substituant 4.2 dans
4.1, on obtient

¡ ¢
′ g (x + ∆x) − g (x)
g (x) = lim = lim f (u) = f (x).
∆x→0 ∆x ∆x→0

fin de la démonstration ⊳

Suite du théorème fondamental du calcul différentiel et intégral


Soit f une fonction continue sur l’intervalle I . Soit a et b dans l’intervalle I . Alors :
Zb
2. Évaluation d’une intégrale définie f (x) d x
a
Si F est une primitive de f , c’est-à-dire si F ′ = f , alors

Zb
f (x) d x = F (b) − F (a).
a
4.2. THÉORÈME FONDAMENTAL DU CALCUL DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL 37

⊲ Démonstration de la partie 2.
Rb
On cherche à évaluer l’intégrale définie f (t ) d t , qui est aussi égale à g (b).
a

Zb
g (b) g (b) = f (t ) d t
y = f (t )
a
= aire algébrique de la région située
t entre t = a et t = b sous la courbe
a b
y = f (t )

Soit F une primitive de la fonction f . La démonstration de la partie 1 montre que la fonction g


Rx
définie par g (x) = a f (t ) d t est aussi une primitive de f (puisque g ′ (x) = f (x)). D’après le théorème
4.3 (p. 18), il existe donc un nombre C tel que, pour tout x de l’intervalle I ,

g (x) = F (x) + C .

En particulier, pour x = a, on a
g (a) = F (a) + C .
Or
Za
g (a) = f (t ) d t = 0,
a

ce qui permet de déterminer la valeur de C :

C = −F (a).

Ainsi
g (x) = F (x) − F (a).
Finalement, en posant x = b, on obtient

g (b) = F (b) − F (a)

d’où
Zb
f (t ) d t = = F (b) − F (a).
a

fin de la démonstration ⊳
38 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.3 Techniques d’intégration

Définition 4.6 Si y = f (x), et ∆x est un nombre réel, alors les différentielles d x et d y sont définies
par
d x = ∆x et d y = f ′ (x) d x.

Notez que la définition de la dérivée peut alors être écrite ainsi :


∆y d y
f ′ (x) = lim =
∆x→0 ∆x d x
ce qui nous permet de considérer f ′ (x) comme un quotient de différentielles.

y
′ (x )
ntef
e pe
te d
a ngen
t
f (x + ∆x) d y = f ′ (x)d x
∆y
f (x)
d x = ∆x

∆x

x
x x + ∆x
y = f (x)

F IGURE 4.4 Les différentielles d x et d y sont illustrées par des segments traitillés.

En d’autres mots, une variation de ∆x de la variable indépendante x entraîne une variation de


∆y de la fonction f (x) et une variation d y sur la droite tangente. En général, d y 6= ∆y. Mais plus la
variation ∆x est petite, plus la différentielle d y est une bonne approximation de ∆y :

si ∆x → 0 alors d y → ∆y.

Exemple 4.8
Si y = x 3 alors d y = 3x 2 d x.
Si y = sin(4t ) alors d y = cos(4t ) 4 d t .
2 2
Si u = e x alors d u = e x 2x d x.
p
Si u = 1 + 3x 2 alors d u = p 6x 2 d x = p 3x d x.
2 1+3x 1+3x 2
4.3. TECHNIQUES D’INTÉGRATION 39

4.3.1 Intégration par substitution

Toutes les intégrales que l’on est appelé à calculer ne présentent pas l’une des formes que l’on
retrouve à table de la section 4.2.2. On est alors amené à manipuler l’intégrale de façon à retrouver
une forme familière dont on connaît le résultat. De ces « techniques d’intégration », on en recense un
certain nombre ; le propos ici est de présenter la technique dite de substitution (ou de changement
de variable).
Avant d’entrer dans le vif du sujet, la présentation de la technique et les exemples afférents,
R
considérons d’abord les faits suivants. On connaît le résultat de l’intégrale u 2 d u. En effet :

Z
u3
u2 d u = +C. (I)
3

Si, d’aventure, on pose :


u = ln (x) ,
alors la différentielle d u est :
1
d u = u ′ (x) d x =
d x.
x
Substituant u et du dans les deux membres de l’équation (I), on obtient :
Z 2
ln (x) ln3 (x)
dx = + C . (II)
x 3
Il s’agit d’un tout nouveau résultat ! En effet, il n’apparaît pas à la table d’intégrales de la page 19. On
peut aisément vérifier la justesse de ce résultat en le dérivant :
µ ¶′
ln3 (x) 3 ln2 (x) 1 ln2 (x)
+C = · = .
3 3 x x
Poursuivant notre « exploration », posons cette fois :

u = sin (x)

et calculons la différentielle d u :
d u = u ′ (x) d x = cos(x) d x.
Substituant à nouveau dans (I), nous trouvons :
Z
sin3 (x)
sin2 (x) cos (x) d x = +C.
3
Une autre intégrale dont le résultat nous était antérieurement inconnu. En fait, on remarque qu’on
peut générer une infinité de ces intégrales accompagnées de leur résultat : une pour chaque change-
ment de variable u = g (x) envisageable. On pourrait répéter l’opération avec une autre formule de la
R du
table 4.2.2, 1+u 2 , par exemple, et ainsi obtenir toute une autre classe d’intégrales avec leur résultat.

La discussion qui précède suggère une façon d’aborder le problème du calcul d’une intégrale dont
R
le résultat n’est pas connu a priori. Ayant l’intégrale h (x) d x à calculer, on cherche à l’écrire sous la
forme
Z Z
¡ ¢
h (x) d x = f g (x) g ′ (x) d x
40 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

puis l’on pose u = g (x), de sorte que d u = g ′ (x) d x. Alors


Z Z
h (x) d x = f (u) d u.
R
Si l’intégrale f (u) d u est connue, alors le problème est résolu.
Par exemple, pour calculer l’intégrale
Z
ln2 (x)
d x,
x
on remarque que
Z Z µ ¶
ln2 (x) 2 1
dx = (ln (x)) · d x .
x x
En posant
f (u) = u 2 avec u = g (x) = ln (x) ,
on a
1
d u = g ′ (x) d x = dx
x
et, en substituant, on trouve
Z Z µ ¶
ln2 (x) 1
dx = (ln (x))2 · d x
x | {z } x
f (g (x)) | {z }
g (x) d x

Z
= f (u) d u
Z
= u 2 d u.

On a donc ramené le problème à une intégrale dont on connaît le résultat. Ainsi,


Z 2 Z
ln (x) u3
dx = u2 d u = +C
x 3
(ln(x))3
= +C.
3

Théorème 4.4 [La règle de substitution pour les intégrales indéfinies] Si u = g (x) est une fonction
dérivable dont l’ensemble image est un intervalle I et si f est continue sur I , alors
Z Z
¡ ¢
f g (x) g ′ (x)d x = f (u)d u.

Remarque. En pratique, on cherchera à poser le changement de variable u = g (x) de sorte que la


différentielle
d u = g ′ (x)d x
apparaisse à une constante près dans l’intégrale. Les exemples suivants illustrent la technique
d’intégration par substitution.
4.3. TECHNIQUES D’INTÉGRATION 41

Exemple 4.9
Calculez Z
¡ ¢
5x cos 3x 2 d x.

Solution :
On peut commencer en sortant la constante multiplicative de l’intégrale (règle 1) et en permutant les
termes : Z Z
¡ ¢ ¡ ¢
5x cos 3x 2 d x = 5 cos 3x 2 x d x.

On remarque ensuite que la fonction cos(3x 2 ) est la composition de la fonction f (u) = cos(u) avec la
fonction u(x) = g (x) = 3x 2 . De plus, en posant

u = g (x) = 3x 2 ,

on obtient la différentielle
d u = g ′ (x) d x = 6x d x
qui est présente à une constante près dans l’intégrale. On y trouve en effet

3x 2 ) |x{z
cos(|{z} d x} .
u ?

Il faut diviser d u par 6 afin de retrouver exactement l’expression présente dans l’intégrale :

1
d u = x d x.
6

On peut maintenant procéder au changement de variable (de la variable x à la variable u) pour


ensuite utiliser la table d’intégrales et revenir à la variable initiale :
Z Z
¡ ¢ ¡ ¢
5x cos 3x 2 d x = 5 cos 3x 2 x d x
Z
1
= 5 cos(u) d u
Z 6
5
= cos(u) d u
6
5
= (sin(u) + K ) (par la formule 6 de la table)
6
5 ¡ ¢
= sin 3x 2 + C .
6

où C = 5K6 est une nouvelle constante. On remarque qu’il n’est pas nécessaire de tenir compte des
facteurs constants multipliant les constantes d’intégration. Par la suite, nous écrirons directement
« +C » sans passer par la ou les constantes intermédiaires.
Vérification : µ ¶′
5 ¡ ¢ 5 ¡ ¢
sin 3x 2 + C = cos(3x 2 )(6x) + 0 = 5x cos 3x 2
6 6
42 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Exemple 4.10
Calculez Z
sin(3x)d x.

Solution :
On remarque que la fonction à intégrer (on dit aussi l’intégrande)

h(x) = sin(3x)

est la composition de la fonction f (u) = sin(u) avec la fonction u = g (x) = 3x. En posant

u = 3x,

on obtient la différentielle
du = 3dx
qui est présente à une constante près dans l’intégrale. On ajuste la constante en divisant par 3 de
chaque côté de l’égalité :

1
d u = d x.
3
On peut donc procéder au changement de variable (de la variable x à la variable u) pour ensuite
utiliser la table d’intégrales et revenir à la variable initiale :
Z Z
1
sin(3x)d x = sin(u) d u
Z 3
1
= sin(u)d u
3
1
= (− cos(u)) + C (par la formule 5 de la table)
3
1
= (− cos(3x)) + C
3
1
= − cos(3x) + C .
3

Vérification : µ ¶′
1 1
− cos(3x) + C = − (− sin(3x)) (3) + 0 = sin(3x)
3 3

Exemple 4.11
Calculez Z p
4x 2 x 3 + 2 d x.

Solution :
En posant
u = x 3 + 2,
4.3. TECHNIQUES D’INTÉGRATION 43

on obtient la différentielle
d u = 3x 2 d x
qui est présente à une constante près dans l’intégrale. On ajuste la constante en divisant par 3.
On a alors
1
d u = x 2 d x.
3
Ainsi
Z p Zp
2
4x 3
x +2dx = 4 x3 + 2 x2 d x
Z
p 1
= 4 u du
Z 3
4
= u 1/2 d u
3
4 u 3/2
= + C (par la formule 1 avec n = 1/2)
3 3/2
8 3/2
= u +C
9
8¡ 3 ¢3/2
= x +2 +C.
9

Exemple 4.12
Calculez Z
2x 2 + 3x
p d x.
x
Solution :

N’oublions pas qu’il est parfois possible de calculer une intégrale en utilisant tout simple-
ment des manipulations algébriques et les règles de base : aucun changement de variable
n’est nécessaire. Ne nous lançons pas trop vite dans une substitution !

Ici on obtient successivement :


Z 2 Zµ 2 ¶
2x + 3x 2x 3x
p dx = p + p dx
x x x
Z 2 Z
2x 3x
= p dx + p dx
x x
Z Z
3 1
= 2 x 3/2 d x + 3 x 1/2 d x (la formule 1 avec n = et n = où u = x)
2 2
x 5/2 x 3/2
= 2 +3 +C
5/2 3/2
4 5/2
= x + 2x 3/2 + C .
5
44 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Exemple 4.13
Calculez Z p
3x x + 3 d x.

Solution :
Cette intégrale ressemble à celle de l’exemple 4.11, mais la technique utilisée doit être adaptée.
Première façon de procéder.
p p
La fonction x + 3 étant la composition de la fonction f (u) = u avec la fonction u = x + 3, posons

u = x +3

de sorte que
d u = d x.
Que devient alors l’intégrale ? Z p
3 x | x{z+ 3} |{z}
|{z} dx .
p
? u du

⋆ Nous devons donc exprimer x en termes de u :

u = x +3 =⇒ x = u − 3.

Ainsi Z p Z p
3x x + 3 d x = 3 x x +3dx
p
x x+3 d x
Z z }| { z}|{
p z}|{
= 3 (u − 3) u d u
Z
¡ 3/2 ¢
= 3 u − 3u 1/2 d u
Z Z
= 3 u d u − 9 u 1/2 d u
3/2
(la formule 1 avec n = 3/2 et n = 1/2)

u 5/2 u 3/2
= 3 −9 +C
5/2 3/2
6
= (x + 3)5/2 − 6(x + 3)3/2 + C .
5

Deuxième façon de procéder.


On peut aussi utiliser le changement de variable
p
u= x + 3.

On remarque alors que


u2 = x + 3
de sorte que
x = u 2 − 3.

En calculant la différentielle de chaque côté de x = u 2 − 3 on obtient

d x = 2u d u.
4.3. TECHNIQUES D’INTÉGRATION 45

On peut maintenant utiliser ce changement de variable pour obtenir :


Z p Z
¡ 2 ¢
3x x + 3 d x = 3 u − 3
|{z} | {z } |{z}u 2u
| {zd u}
p
3 x x+3 d x
Z
¡ 4 ¢
= 6u − 18u 2 d u
Z Z
= 6 u 4 d u − 18 u 2 d u (la formule 1 avec n = 4 et n = 2)

u5 u3
= 6 − 18 + C
5 3
6
= (x + 3)5/2 − 6(x + 3)3/2 + C .
5
En factorisant, on obtient :
Z p µ ¶
63/2
3x x + 3 d x = (x + 3) (x + 3) − 6 + C
5
µ ¶
3/2 6x + 18 − 30
= (x + 3) +C
5
6
= (x + 3)3/2 (x − 2) + C .
5

Théorème 4.5 [La règle de substitution pour les intégrales définies] Si g ′ est une fonction
continue sur l’intervalle [a ; b] et si f est continue sur l’ensemble image de u = g (x), alors

Zb gZ
(b)
¡ ¢ ′
f g (x) g (x)d x = f (u)d u.
a g (a)

Exemple 4.14
Calculez l’intégrale définie
Z4
6x
d x.
x2 + 3
1
Solution :
Première façon de procéder.
En posant
u = x 2 + 3,
on obtient la différentielle
d u = 2x d x
qui est présent à une constante près dans l’intégrale. On ajuste la constante en multipliant par 3 :

3 d u = 6x d x.
46 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Notons qu’ici, nous n’avons pas sorti la constante 6 de l’intégrale. Nous aurions pu le faire, seul
l’ajustement de la constante aurait différé.
Attention ! Lors d’un changement de variable dans une intégrale définie, il faut aussi changer les
bornes d’intégration (voir théorème 4.5). Nous verrons plus loin une façon différente de procéder
qui ne requiert pas de changement de borne.
Ici, si x varie de 1 à 4 alors u varie de 4 à 19. En effet,

x = 1 =⇒ u = x 2 + 3 = 12 + 3 = 4
x = 4 =⇒ u = x 2 + 3 = 42 + 3 = 19.
Ainsi, Z4 Z4
6x 1
2
dx = 6x d x
x +3 x2 + 3
1 1
Z19
1
= 3du
u
4
19
Z
1
= 3 du (la formule 2 de la table)
u
4
¯19
¯
= 3 ln(|u|)¯
4
= 3 ln(19) − 3 ln(4)
µ ¶
19
= 3 ln (par une loi des logarithmes).
4
Deuxième façon de procéder.
Notons qu’il est aussi possible d’évaluer une intégrale définie par substitution sans changer les bornes
d’intégration en procédant de la façon suivante.
R4
On veut calculer x 6x 6x
2 +3 d x. On commence par trouver une primitive de x 2 +3 .
1
En posant u = x 2 + 3, on obtient d u = 2x d x qui est présent à une constante près dans l’intégrale. On
ajuste la constante en multipliant par 3 de chaque côté de l’égalité : 3 d u = 6x d x.
Ainsi
Z Z
6x 1
2
dx = 2
6x d x
x +3 Z x +3
1
= 3du
Zu
1
= 3 d u (la formule 2 de la table)
u
¡¯ ¯¢
= 3 ln (|u|) + C = 3 ln ¯x 2 + 3¯ où on a choisi la primitive telle que C = 0.
6x
Maintenant que nous connaissons une primitive de x 2 +3
, nous pouvons calculer l’intégrale définie
grâce au théorème fondamental du calcul :
Z4 µ ¶
6x ¡¯ 2 ¯¢¯¯4 19
dx ¯ ¯
= 3 ln x + 3 ¯ = 3 ln(19) − 3 ln(4) = 3 ln .
2
x +3 1 4
1
4.3. TECHNIQUES D’INTÉGRATION 47

Exercices

Calculez à la main les intégrales des exercices 4.43 à 4.46 en utilisant la table de la page 19 et la
technique de substitution au besoin.
• Il faut parfois effectuer des manipulations algébriques sur l’intégrande.
• Il n’est pas toujours nécessaire d’utiliser un changement de variable.

4.43 En utilisant les formules 1 à 7 de la table, calculez à la main les intégrales suivantes.
Z Z
¡ 2 ¢
(a) 25x cos 5x + 1 d x (j) e sin(x) cos(x) d x
Z Z
(b) sin(x 4 )x 3 d x ¡ ¢
(k) sec2 e x e x d x
Z
¡ ¢4 Z
(c) sin(x) cos(x) d x ¡ ¢
Z (l) x 4 sec2 x 5 d x
2x 2 Z
(d) 3
dx
Z 4x + 7 (m) e d x
2x
(e) p dx Z
2
Z 3x + 1 (n) 6x d x
¡ ¢3 1
(f ) ln(x) dx Z
Z x
(o) 2cos(x) sin(x) d x
(g) sin(2x) d x
Z Z
2
(h) x3 2
e x dx (p) 10(x ) · 3x d x
Z Z
4 sin(5x) ¡ ¢2
(i) dx (q) cos(x) sin(x) d x
2 + cos(5x)

4.44 Calculez à la main les intégrales (a) à (d) en utilisant les formules 15 à 17 de la table.
Z Z
cos(x) 1 1
(a) d x (c) 2
dx
4 + sin2 (x) 25 + (ln(x)) x
Z Z
cos(x) x2
(b) 2
d x (d) dx
9 − sin (x) x6 + 1

Calculez à la main les intégrales suivantes, en utilisant toute la table d’intégrales.


Z
x6 + 1 Z2 Z2
(e) dx 25x 2 − 4 10
x2 (i) dx (n) dx
x2 5x + 2
Z4 1 0
¡ ¢5 Z Z2
(f ) 3 y −2 dy 1 5x + 2
(j) p dx (o) dx
2 9x 2 + 4 10
Z p 0
Z8 (k) 3x 9x 2 + 4 d x Z
π/2
16 60 cos(3x)
(g) p dt (p) dx
20 − 2t Z 5 9 + 5 sin(3x)
2 x
(l) dx 0
Z6 x6 + 1 Z
π/2
3 Z
(h) p dt 4t 2 + 1 (q) (5 − sin(2t )) d t
36 − t 2 (m) dt
0 2t 0
48 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.45 Calculez les intégrales suivantes à la main.


Z Z
(a) πdx (t + 2)2
(n) p dt
Z t

(b) sin (4x) d x e 2x e 2x + 2 ´
Z (o) + dx
¡ ¢ e 2x + 2 e 2x
(c) e x sec2 e x d x Z
3
Z (p) dy
¡ ¢ e 4y
(d) x 2 sec2 x 3 d x Z
Z³ cos(2x)
´ (q) dx
(e) e 5x − cos(3x) d x sin2 (2x)
Z
Z 2
(r) 4y e y d y
(f ) (3t + 17)10 d t

Z 1 1 ´
(g) 4x 2 (x 3 + 4)3 d x (s) p +p dx
2 x 2x
Z³ 3 Z ¡ 3¢
t 3 ´ ln x
(h) − 2 dt (t) dx
2 4t 2x
Z
π/2 µ ¶ Z p
2x (u) 5 4x + 3 d x
(i) cos dx
3 Z
0
Z4 (v) sin2 (2θ) cos(2θ) d θ
1 Z
(j) dx
3x + 1 (w) tan4 (3x) sec2 (3x) d x
0
Z p Z
(k) 5x x 2 + 3 d x 4x 2
Z (x) p
3
dx
¡ ¢ Z x3 + 4
(l) 3x cos 2x 2 d x 3x
(y) p dx
Z2 p 4 − x 2
3 Z
(m) x 4 + x 2 d x 5
(z) p dx
0 4 − x2

4.46 Calculez les intégrales suivantes à la main.

1/2
Z Z4
1 x
(a) dx (f ) p dx
4 + x2 1 + 2x 2
0 0
p Z
Z x
sin( x) (g) dx
(b) p dx x4 + 1
x Z
4 e 1/x
e
Z 2 (h) 2
dx
1 Z x
(c) p dx 3x
x ln(x) (i) ¡ ¢ dx
e cos2 x 2
Z
x +1 Z
π/3
(d) dx sin(x) cos(x)
x 2 + 2x (j) dx
16 + sin4 (x)
Z8 0
p Z
(e) 3
x (2x − 3) d x x +1
(k) p dx
0 x 2 + 2x + 5
4.3. TECHNIQUES D’INTÉGRATION 49

Z
x 2 − 5x + 9 Z4
(l) p dx x
x (t) p dx
Z 1 + 2x
2 0
(m) p dx Z p
9 − 4x 2 x
Z (u) p dx
5x 2 1+ x
(n) 6
dx Z x
Z 4+x e +1
sin(x) (v) dx
(o) p dx ex − 1
1 + cos(x) Indices : séparer en deux intégrales,
Zµ ¶3 il est parfois utile de multiplier par 1
1 1
(p) 1+ dz −x
(ici 1 = ee −x ).
Z z z2 Z
p
(q) (4 − x) x d x (w) sin3 (x) d x
Z p
Indices : sin3 (x) = sin2 (x) · sin(x),
(r) x 2x − 1 d x
Z p sin2 (x) + cos2 (x) = 1.

(s) x2 1 − x d x

Z
π/6

(x) (3 sin(2x) + sin3 (5x) + 17x 7 + 2x 5 + 4 tan(2x) + 1 ) d x Indice : fonction paire ou impaire ?
−π/6

Les applications 4.47 à 4.51 conduisent à des intégrales qui peuvent être évaluées par substitution.
p
4.47 La consommation en carburant d’un véhicule motorisé est de t 36 − t 2 litres par heure. Si le
moteur est mis en marche en t = 0 h, combien de carburant aura-t-il consommé après 2 heures 30
minutes ?

4.48 À Saint-Ours, le 6 mai, la température (en °C) était modélisée par la fonction
µ ¶
79 63 πt
T (t ) = + sin ,
8 8 12

où t est le nombre d’heures écoulées depuis 8:00. Quelle a été la température moyenne entre 8:00 et
20:00 le 6 mai à Saint-Ours selon ce modèle ?

4.49 Calculez les valeurs moyennes des fonctions ci-dessous sur les intervalles spécifiés. Pour
chaque fonction, tracez son graphe et celui de sa valeur moyenne.
µ ¶
(a) f (x) = k pour a ≤ x ≤ b 2π T
(d) f (t ) = 2 sin t pour 0 ≤ t ≤
T 2
(b) f (x) = k x pour a ≤ x ≤ b µ ¶

µ ¶ (e) f (u) = k cos2 u pour 0 ≤ u ≤ T
2π T
(c) f (t ) = 2 sin t pour a ≤ t ≤ a + T (en utilisant un calculateur symbolique)
T
50 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.50 Dans l’étude des circuits électriques, on considère trois composantes qui sont d’importance
fondamentale : la résistance, le condensateur et l’inductance. La relation entre la tension (notée V
pour « voltage ») aux bornes de la composante et le courant qui la traverse (noté I ) dépend de la
nature de la composante. Ainsi :
− pour une résistance de grandeur R : VR = R I R
− pour un condensateur de capacité C : IC = C dV
dt
− pour une inductance de grandeur L : V = L ddItL

+ IL(t) IR(t) IC(t)

V(t) L R C
-

La résistance R, la capacité C et l’inductance L sont des constantes caractéristiques de la composante


concernée. On dit d’un courant qu’il est alternatif si la tension varie de façon sinusoïdale dans le
temps, c’est-à-dire : µ ¶

V (t ) = V0 cos t
T

• V0 est l’amplitude de tension exprimée en volts (V) ; c’est-à-dire la valeur maximale que la
tension peut prendre,
• T est la période d’oscillation exprimée en secondes (s), c’est-à-dire le temps que prend la
tension pour décrire un cycle complet.
(a) Établissez l’expression du courant en fonction du temps pour chacune des composantes pré-
citées sachant qu’elles sont toutes soumises à la même tension V (t ) (branchement parallèle).
Pour l’inductance L, supposez que le courant est nul au temps t = 0.
(b) La puissance qui est délivrée à une composante se calcule par :

P (t ) = V (t ) I (t ) .

Trouvez l’expression de la puissance dans les trois cas susmentionnés. La convention de


signe sur la puissance stipule qu’une valeur positive de celle-ci réfère à de l’énergie fournie
à la composante alors qu’une valeur négative réfère à de l’énergie libérée par la composante
(retournée au reste du circuit). Tracez le graphe des expressions de P que vous aurez obtenues
et interprétez à l’aide de la convention de signe. Pour le graphe, prenez V0 = 10 V, T = 0, 1 s,
R = 2 Ω, C = 10−6 F et L = 0, 002 H.
(c) Calculez la valeur moyenne de la puissance pour chacune des composantes. Calculez-la sur
une période d’oscillation de V (t ). Interprétez les résultats à la lumière de la convention
présentée ci-haut.
4.3. TECHNIQUES D’INTÉGRATION 51

4.51 Une fusée s’élève dans l’atmosphère sous la poussée de ses propulseurs. Son carburant de
masse initiale m 0C s’épuise au taux constant de α kg/s, c’est-à-dire que la masse totale de la fusée et
de son carburant s’écrit :

m(t ) = m 0 − αt pour 0 ≤ t ≤ t f


• m 0 = m 0C + m F avec m 0C : masse initiale du carburant et m F : masse de la fusée ;
• α : taux d’utilisation du carburant (α > 0) ;
• t f : instant à partir duquel le carburant est épuisé.

a v

mF

mC

Si on néglige le frottement de l’air et que seuls la poussée des moteurs et son poids déterminent le
mouvement de la fusée, alors l’accélération de cette dernière se calcule de la façon suivante :

dv kα2
a F (t ) = = −g
dt m (t )

• k est une constante positive qui fait intervenir les caractéristiques des gaz expulsés ;
• g est la constante d’accélération gravitationnelle.
(a) Écrivez l’expression de t f en termes de la masse initiale de carburant et du taux d’utilisation
du carburant.
(b) Pour que la fusée décolle, on doit évidemment avoir a F > 0. Trouvez l’expression de la valeur
minimale que doit prendre α en fonction de k, m 0C , m F et g .
(c) Établissez l’expression de la vitesse en fonction du temps v(t ) pour l’intervalle 0 ≤ t ≤ t f . Lors
de l’intégration, procédez par changement de variable et supposez que la vitesse initiale est
nulle.
(d) Établissez l’expression de la valeur maximale atteinte par la vitesse.
Soit k = 0,5 kg/m, m 0C = 400 kg et m F = 200 kg et g = 9,8 m/s2 .
(e) En utilisant l’expression déduite précédemment, calculez αmin , la valeur minimale de α.
(f ) Établissez les différents instants t f et vitesses maximales pour les valeurs de α correspondant
à αmin , 2αmin , 3αmin , 4αmin . Que peut-on déduire des résultats ?
52 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.3.2 Complétion de carré

L’identité algébrique suivante permet d’écrire un polynôme de degré 2 comme somme ou diffé-
rence de carrés de polynômes, c’est-à-dire d’effectuer sa complétion de carré.

Si a et b sont des nombres réels positifs, alors


µ ¶2 µ ¶
2 2 b b 2
(ax) ± bx = (ax) ± bx + −
2a 2a
µ ¶ µ ¶2
b 2 b
= ax ± − .
2a 2a

Exemple 4.15
Complétez le carré de
x 2 − 8x + 21.

Solution :
µ ¶2 µ ¶
b b 2
(ax)2 ± bx (ax)2 ± bx +
= −
2a 2a
µ ¶ µ ¶
8 2 8 2
x2 − 8x 2
+ 21 = (1x) − 8x + − + 21
2·1 2·1
¡ 2 ¢
= x − 8x + 42 + (−16 + 21)
³p ´2
= (x − 4)2 + 5

Exemple 4.16
Complétez le carré de −9x 2 − 12x + 11.

Solution :
h i
−9x 2 − 12x + 11 = − 9x 2 + 12x − 11
h µ ¶ µ ¶ i
2 12 2 12 2
= − (3x) + 12x + − − 11
2·3 2·3
h¡ ¢ i
= − (3x)2 + 12x + 22 − 22 − 11
h i
= − (3x + 2)2 − 15
³p ´2
= 15 − (3x + 2)2
Il est évidement possible de compléter le carré via un autre cheminement algébrique, par exemple en
mettant d’abord −9 en évidence pour ainsi travailler avec un coefficient de x 2 égal à 1.
4.3. TECHNIQUES D’INTÉGRATION 53

Exemple 4.17

Calculez Z
1
d x.
−x 2 + 6x + 7

Solution :
Commençons par compléter le carré du dénominateur pour l’écrire comme une somme ou une
différence de carrés (u 2 + a 2 ou u 2 − a 2 ) de façon à pouvoir utiliser une des formules 15 à 17 de la
table d’intégration de la section 4.2.2 :
 
¡ ¢
−x 2 + 6x + 7 = − x 2 − 6x − 7 = − (x − 3)2 − |{z}
42  = 42 − (x − 3)2 = a 2 − u 2
| {z }
x 2 −6x+9 16


u = x −3 et a = 4.
On a donc d u = d x. Procédons maintenant au changement de variable :
Z Z
1 1
2
d x = du
−x + 6x + 7 a − u2
2
1 ³¯ u + a ¯´
¯ ¯
= ln ¯ ¯ +C (formule 16)
2a µ¯ u − ¯a¶
1 ¯x +1¯
= ln ¯¯ ¯ +C.
8 x −7¯

Exemple 4.18
Calculez Z
3x − 1
d x.
x 2 − 8x + 21

Solution :
Première façon de procéder.
Complétons le carré du dénominateur :
³p ´2
x 2 − 8x + 21 = (x − 4)2 +5 = (x − 4)2 + 5 = u2 + a2
| {z }
x 2 −8x+16

où p
u = x −4 et a= 5.

On a donc
du = dx et x = u + 4.
54 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Procédons au changement de variable dans l’intégrale :


Z Z
3x − 1 3x − 1
2
d x = p 2 dx
x − 8x + 21 (x − 4)2 + 5
Z
3(u + 4) − 1
= 2 2
du
Z u +a
3u + 11
= 2 2
du
Z u +a Z
3u 11
= 2 2
du + 2 2
du .
| u + {za } | u + {za }
I1 I2

Calculons chacune des intégrales I 1 et I 2 séparément. On a


Z
1
I 2 = 11 du
u + a2
2
1 ³u ´
= 11 arctan + C2 par la formule 15
a aµ ¶
1 x −4
= 11 p arctan p + C2
5 5
p Ãp !
11 5 5(x − 4)
= arctan + C2 en rationalisant le dénominateur.
5 5

Quant à l’intégrale I 1 , la présence du u au numérateur nous empêche d’utiliser directement les


formules 15 à 17 de la table d’intégration de la section 4.2.2. Par contre, on remarque que la dérivée
du dénominateur est présente à une constante près au numérateur : (u 2 + a 2 )′ = 2u. Ceci suggère un
second changement de variable :

w = u2 + a2

donc
d w = 2ud u
et
dw
= ud u.
2
Ainsi,
Z
1
I1 = 3 u du
u2 + a2
Z
1 dw
= 3
Zw 2
3 1
= dw
2 w
3
= ln (|w|) + C 1 par la formule 2
2
3 ¡¯¯ 2 ¯¢
= ln u + a 2 ¯ + C 1
2
3 ¡¯¯ 2 ¯¢
= ln x − 8x + 21¯ + C 1 .
2
4.3. TECHNIQUES D’INTÉGRATION 55

Remarque. Dans l’expression précédente, la valeur absolue n’est pas essentielle puisqu’une somme
de carrés est toujours positive. C’est pourquoi certains systèmes de calcul symbolique ne l’indiquent
pas.
Finalement, en additionnant les deux intégrales, on obtient
Z
3x − 1
2
d x = I1 + I2
x − 8x + 21
p Ãp !
3 ¡¯¯ 2 ¯¢ 11 5 5(x − 4)
= ln x − 8x + 21¯ + arctan +C.
2 5 5

Deuxième façon de procéder. Z


3x − 1
dx
x 2 − 8x + 21
En écrivant le numérateur 3x − 1 en fonction de 2x − 8, qui est la dérivée de x 2 − 8x + 21, on obtient
3
3x − 1 = (2x − 8) + 11. (4.3)
2 | {z }
dx (
d
x 2 −8x+21)

Pour obtenir ce résultat, on cherche a et b tels que

3x − 1 = a (2x − 8) + b (4.4)
= 2ax − 8a + b. (4.5)

On trouve tout d’abord que a = 23 pour avoir le coefficient de x et on trouve ensuite que b = 11 en
résolvant pour le terme constant −1 = −8 32 + b.
On peut alors récrire notre intégrale à résoudre en utilisant l’équation (4.3) et on obtient :
Z Z Z
3x − 1 3 2x − 8 1
2
dx = 2
d x + 11 2
d x.
x − 8x + 21 2 x − 8x + 21 x − 8x + 21
La première des deux dernières intégrales est résolue en utilisant la formule 2 de la table. Pour la
deuxième intégrale, il suffira d’écrire son dénominateur comme une somme ou une différence de
carrés (une somme en l’occurence) :
³p ´2
x 2 − 8x + 21 = (x − 4)2 +5 = (x − 4)2 + 5
| {z }
x 2 −8x+16

et on utilisera la formule 15 de la table.


On réécrit finalement notre intégrale initiale
Z Z Z
3x − 1 3 1 1
2
d x = 2
(2x − 8) d x + 11 ¡p ¢2 d x
x − 8x + 21 2 x − 8x + 21 (x − 4)2 + 5
Z Z
3 1 1
= d u + 11 dw (formules 2 et 15 de la table)
2 u w + a2
2
µ ¶
3 ¡¯¯ 2 ¯¢ 1 x −4
= ¯
ln x − 8x + 21 + 11 p arctan p +C
2 5 5
p à p !
3 ¡¯¯ 2 ¯¢ 11 5 5 (x − 4)
= ln x − 8x + 21¯ + arctan +C.
2 5 5
56 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Exemple 4.19
Calculez Z
5x + 3
p d x.
2
2x + 6x + 13

Solution :
Première façon de procéder.
Commençons par compléter le carré du polynôme de degré 2 situé sous le radical afin de l’écrire
comme une somme ou une différence de carrés (u 2 + a 2 ou u 2 − a 2 ) dans le but d’utiliser une des
formules 18 à 20 de la table d’intégration :  
µ ¶ µ ¶ r 2
2 2 13 
 3 2 17 
 = 2(u 2 + a 2 )
2x + 6x + 13 = 2 x + 3x + = 2 x + + 
2 2 4
| {z } | {z }
17
x 2 +3x+ 49 4

avec r
3 17
u=x+ et a= .
2 4
On a donc
3
du = dx et x =u− .
2
Procédons au changement de variable dans l’intégrale :
Z Z
5x + 3 5x + 3
p dx = q ¡ ¢ dx
2x 2 + 6x + 13 2 x 2 + 3x + 132
Z
1 5x + 3
= p r dx
2 q 2
3 2 17
(x + 2 ) + 4
Z ¡ ¢
1 5 u − 23 + 3
= p p du
2 u2 + a2
Z
1 5u − 29
= p p du
2 2 2
Z u +a Z
5 u 9 1
= p p du − p p du
2 u 2 2 2 2 u + a2 }
2
| {z + a } | {z
I1 I2

Rationalisons les dénominateurs : p p


5 5 2 5 2
p =p p = ,
2 2 2 2
p p
9 9 2 9 2
p = p p = .
2 2 2 2 2 4
Calculons chacune des intégrales I 1 et I 2 séparément. On a :
4.3. TECHNIQUES D’INTÉGRATION 57

p Z
9 2 1
I2 = p du
4 u2 + a2
p
9 2 ³p 2 ´
= ln u + a2 + u + C2 par la formule 18
4 Ãr !
p
9 2 13 3
= ln x 2 + 3x + +x + + C2.
4 2 2

Quant à l’intégrale I 1 , la présence du u au numérateur nous empêche d’utiliser directement les


formules 18 à 20 de la table. Par contre, on remarque que la dérivée de u 2 + a 2 est présente à une
constante près au numérateur. Ceci suggère le changement de variable suivant :

13
w = u2 + a2 ( donc w = x 2 + 3x + )
2
ainsi
d w = 2ud u
et
dw
= ud u.
2
Procédons donc à un deuxième changement de variable :
p Z
5 2 u
I1 = p du
2 u + a2
2
p Z
5 2 dw
= w −1/2
2 2
p 1/2
5 2w
= 1
+ C1 par la formule 1
4 2
p q
5 2 x 2 + 3x + 132
= + C1
2
q
5 2(x 2 + 3x + 13
2 )
= + C1
2
p
5 2x 2 + 6x + 13
= + C1.
2
Finalement, en additionnant les deux intégrales, on obtient :
Z p p Ãr !
5x + 3 5 2x 2 + 6x + 13 9 2 2
13 3
p d x = I1 − I2 = − ln x + 3x + +x + + C.
2x 2 + 6x + 13 2 4 2 2

Deuxième façon de procéder.


En exprimant le numérateur en termes de la dérivée de 2x 2 + 6x + 13,
5 9
5x + 3 = (4x + 6) − ,
4 | {z } 2
dx (
d
2x 2 +6x+13)
58 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

on obtient
Z Z Z
5x + 3 5 4x + 6 9 1
p dx = p dx − p dx
2x 2 + 6x + 13 4 2x 2 + 6x + 13 2 2x 2 + 6x + 13
Z Z
5 4x + 6 9 1
= p dx − p p dx
4 2x 2 + 6x + 13 2 2 x 2 + 3x + 13/2
Z Z
5 4x + 6 9 1
= p dx − p q
4 2x 2 + 6x + 13 2 2 ¡p ¢2
(x + 3/2)2 + 17/4 d x
p p à r !
5 2x 2 + 6x + 13 9 2 ³p ´2
2
= − ln x + 3/2 + (x + 3/2) + 17/4 + C f. 1 et 18
4 1/2 4
p
5p 2 9 2 ³ p ´
= 2x + 6x + 13 − ln x + 3/2 + x 2 + 3x + 13/2 + C .
2 4

Exercices

4.52 Calculez à la main l’intégrale (en utilisant en particulier les formules 15 à 20 de la table).
Z Z
1 2x
(a) dx (j) p dx
x 2 − 6x + 13 2
x + 2x + 26
Z Z
5 −4x + 5
(b) p dt (k) p dx
−t 2 − 6t − 5 −4x 2 + 12x − 8
Z
3 Z
(c) 2
dx 5x + 12
x − 8x + 20 (l) p dx
Z x 2 − 7x + 10
1
(d) p dy Z
3 − 4y 2 + 4y 5x + 2
Z (m) 2 + 5x + 12
dx
3x + 1 2x
(e) dx Z
x 2 + 6x + 13 x −1
Z (n) 2
dx
4x − 2 3x − 4x + 3
(f ) p dx
x 2 + 10x + 16 Z
Z 3x − 1
x +1 (o) 2
dx
(g) p dx 4x − 4x + 5
x 2 + 2x + 3 Z
Z x +5
1 (p) dx
(h) d x 2
x + 9x + 14
−x 2 − 2x + 8
Z Z
3x 1
(i) p dx (q) p dx
−x 2 + 8x + 9 2
−x + 8x + 6
4.3. TECHNIQUES D’INTÉGRATION 59

4.3.3 Intégration par parties

Exemple 4.20
Calculez l’intégrale indéfinie suivante :
Z
5x cos(3x) d x.

Solution :
Malgré la similitude que présente cette intégrale avec celle de l’exemple 4.9, on ne peut pas la
résoudre par substitution. Pourquoi ? Parce que le x qui multiplie le cos(3x) n’apparaît pas dans la
dérivée de u = 3x : le changement de variable u = 3x conduirait donc à l’intégrale
Z Z
u du 5
5 cos(u) = u cos(u) d u
3 3 9

qui n’apparaît pas dans la table.


On utilisera ici la règle 4 de la table d’intégrales, appelée formule de l’intégration par parties :

Z Z
u dv = u v − v d u.

R
Cette règle nous dit qu’on peut quelquefois résoudre une intégrale de la forme u d v en calculant
R
plutôt une autre intégrale de la forme v d u si cette dernière est plus aisée à résoudre.
Pour utiliser cette règle, on doit identifier dans l’intégrale à résoudre les deux « parties » u et d v dont
R
le produit correspond exactement à ce qui apparaît sous le symbole d’intégration .
Puis, on calcule d u et v. Notez que d u est la différentielle d’une fonction u et que d v est la
différentielle d’une fonction v.
Dans cet exemple on posera ici

u = 5x et d v = cos(3x) d x
R
de sorte que u d v correspondent exactement à l’intégrale de départ :
Z Z
5x cos(3x) d x .
u d v = |{z}
| {z }
u dv

On trouve alors que Z


1
du = 5 dx et v= dv = sin(3x).
3
Vérifiez-le avec la formule d’intégration 6 où u = 3x et remarquez que l’on omet ici la constante
d’intégration : on la rajoutera à la fin du calcul.
En appliquant alors la règle 4 on obtient
60 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Z Z
u dv = uv − v du
Z Z
1 1
=⇒ 5x cos(3x)
|{z} | {z } d x = 5x
|{z} 3 sin(3x) − sin(3x) 5 d x
| {z } |3 {z } |{z}
u dv u du
v v
Z
5x sin(3x) 5
= − sin(3x) d x
3 3
µ ¶
5x sin(3x) 5 − cos(3x)
= − +C
3 3 3
(vérifiez-le avec la formule 6 où u = 3x)
5x sin(3x) 5 cos(3x)
= + +C
3 9
5
= (3x sin(3x) + cos(3x)) + C .
9
Notez que, dans cet exemple, si on avait plutôt posé

u = cos(3x) et d v = 5x d x,

on en aurait déduit que


Z
5x 2
d u = −3 sin(3x) d x et v= dv =
2
de sorte qu’on aurait obtenu
Z Z
u dv = uv − v du
Z Z 2
5x 2 5x
⇒ 5x cos(3x) d x = cos(3x) − (−3 sin(3x)) d x
2 2
Z
5x 2 cos(3x) 15
= + x 2 (sin(3x)) d x
2 2

Dans ce cas, la nouvelle intégrale à calculer n’est pas plus simple à établir que l’intégrale d’origine.
On ne poursuivrait donc pas cette démarche.

Exemple 4.21
Calculez l’intégrale définie

Z
x sin(x) d x
0

et validez le signe du résultat en observant le graphique de la fonction f (x) = x sin(x).

Solution :
Puisqu’il est impossible d’appliquer une des formules 1 à 20 de la table d’intégration pour trouver
une primitive de x sin(x), on essaie la technique d’intégration par parties.
4.3. TECHNIQUES D’INTÉGRATION 61

Dans le cas des intégrales définies, la règle 4 devient :

Zb Zb
¢¯¯b
¡
u dv = u v ¯ − v du
a
a a

ou encore, sous forme longue avec u = u(x), v = v(x), d u = u ′ (x) d x et d v = v ′ (x) d x :

Zb ¯b Zb
¯
u(x) v (x) d x = (u(x) v(x)) ¯ − v(x) u ′ (x) d x.

a
a a

On pose
u(x) = x et v ′ (x) = sin(x)
et on trouve alors que
u ′ (x) = 1 et v(x) = − cos(x).

En appliquant la règle 4 on obtient



Z 2π
Z
¡ ¢¯¯2π
x sin(x) d x = − x cos(x) ¯ − − cos(x) d x
0
0 0

Z
¡ ¢ ¡ ¢
= − 2π cos(2π) − − 0 cos(0) + cos(x) d x
0
¯2π
¯
= −2π + sin(x)¯
0
¡ ¢
= −2π + sin(2π) − sin(0)
= −2π + (0 − 0)
= −2π.

Validation graphique du signe du résultat. L’observation du graphe de f (x) = x sin(x) permet de


constater que l’aire algébrique entre 0 et 2π est effectivement négative puisque la portion comprise
sous l’axe des x est plus grande que celle située au-dessus.
y
10
8
6
4 f (x) = x sin(x)
2
x
−3 −2 −1−2 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
−4
−6
62 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Exemple 4.22
Utilisez la règle de la dérivée d’un produit de deux fonctions afin de démontrer la règle d’intégration
par parties (règle 4).

Solution :
La règle de la dérivée du produit des fonctions u(x) et v(x) est
¡ ¢′
uv = u ′ v + uv ′ .

Ainsi
¡ ¢′
uv ′ = uv − u ′ v.
En intégrant, on obtient
Z Z
u(x) v ′ (x) d x = u(x) v(x) − v(x) u ′ (x) d x

que l’on peut aussi réécrire en utilisant la notion de différentielle :


Z Z
u d v = u v − v d u.

L’exemple suivant montre que l’on doit parfois utiliser l’intégration par parties plusieurs fois pour
obtenir le résultat d’une intégrale.

Exemple 4.23
Calculez Z
5 e 3x x 2 d x.

Solution :
En posant
u = 5x 2 et d v = e 3x d x
on déduit que
Z
e 3x
d u = 10x d x et v= dv = .
3
Ainsi
Z Z
5 e 3x x 2 d x = 5 x 2 e| 3x{zd x}
|{z}
u dv
3x Z
e e 3x
5 x2
= |{z} − 10x d x (par la règle 4 de la table)
3
|{z} 3 | {z }
|{z}
u du
v v
Z
5 2 3x 10
= x e − x e 3x d x . (4.6)
3 3
| {z }
I2
4.3. TECHNIQUES D’INTÉGRATION 63

L’intégration par parties a permis de simplifier le problème en le ramenant au calcul de I 2 , l’intégrale


du produit d’un polynôme de degré 1 par une exponentielle.
On doit donc maintenant calculer Z
I2 = x e 3x d x

en utilisant encore une fois la règle d’intégration par parties (règle 4).
En posant
u=x et d v = e 3x d x
on déduit que
Z
e 3x
du = dx et v= dv = .
3
Ainsi
Z
I2 = x e| 3x{zd x}
|{z}
u dv
Z
e 3x e 3x
x
= |{z} − dx
3
|{z} 3 |{z}
|{z}
u du
v v
Z
1 3x 1
= xe − e 3x d x
3 3
1 3x 1 e 3x
= xe − +C (en utilisant la formule 3 de la table avec u = 3x)
3 3 3
1 3x e 3x
= xe − +C.
3 9
Nous pouvons laisser tomber cette constante d’intégration et l’ajouter simplement à la dernière étape
du calcul.
Substituant cette solution dans l’équation 4.6, on obtient maintenant pour réponse
Z
5 2 3x 10
5 e 3x x 2 d x = x e − I2
3 3
µ ¶
5 2 3x 10 1 3x 1 e 3x
= x e − xe − +C
3 3 3 3 3
5 2 3x 10 3x 10 3x
= x e − xe + e +C
3 9 27
5 ¡ 2 ¢
= 9x − 6x + 2 e 3x + C .
27
64 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Terminons cette section en donnant une interprétation graphique à la règle de l’intégration par
partie. Il n’est pas nécessaire de comprendre (ni même de lire) cette interprétation ! On peut très bien
s’en tenir aux exemples algébriques pour réussir le cours, mais la jolie figure 4.5 illustrant les différents
éléments de la formule d’intégration par parties intéressera peut-être certains lecteurs curieux et visuels.
Rappelons que, dans le cas des intégrales définies, la règle d’intégration par parties s’énonce ainsi :

Zb ³ ´¯¯b Zb
I = ′
u(x) v (x) d x ¯
= u(x) v(x) ¯ − v(x) u ′ (x) d x
a
a a

³ ´ Zb
= u(b) v(b) − u(a) v(a) − v(x) u ′ (x) d x.
a

En posant u 1 = u(a), u 2 = u(b), v 1 = v(a) et v 2 = v(b), on obtient

v2
Z u2
Z
u(v) d v = u 2 v 2 − u 1 v 1 − v(u) d u.
v1 u1

Les quatre membres de cette équation sont illustrés à la figure 4.5 qui présente le graphe de u en
fonction de v. Rappelons que lorsque x varie de a à b (qui sont les bornes de l’intégrale I ), v varie de
v 1 à v 2 : l’aire algébrique sous la courbe u(v), notée I 1 , est donc égale à l’intégrale I . Le terme u 2 v 2
correspond à l’aire du gros rectangle de base v 2 et de hauteur u 2 . Le terme u 1 v 1 correspond à l’aire
du petit rectangle de base v 1 et de hauteur u 1 . Finalement, le quatrième terme, l’intégrale définie de
v(u) entre u 1 et u 2 correspond à l’aire de la région notée I 2 . L’idée de l’intégration par parties est
donc d’obtenir la valeur de I 1 sans calculer directement cette intégrale, mais en calculant plutôt
l’intégrale I 2 , puis en effectuant la soustraction : I 1 = u 2 v 2 − u 1 v 1 − I 2 .

F IGURE 4.5 Interprétation graphique de l’intégration par parties : I 1 = u 2 v 2 − u 1 v 1 − I 2 .


4.3. TECHNIQUES D’INTÉGRATION 65

Pour ceux qui désirent comprendre plus finement le graphique de la figure 4.5, voici les fonctions
et valeurs utilisées :

Z4 ³ ´¯¯4 Z4
2
x ln(x) d x = u(x) v(x) ¯¯ − v(x) u ′ (x) d x
2
2 2
³ ¯
x 3 ´¯¯4
= ln(x) · − I2
3 ¯2
43 23
= ln(4) · − ln(2) · − I2
3 3
I1 = u2 v 2 − u1 v 1 − I 2

avec
1 x3
u(x) = ln(x) u ′ (x) = v ′ (x) = x 2 v(x) = a =2 b=4
x 3
23 43
v 1 = v(a) = v 2 = v(b) =
u 1 = u(a) = ln(2) u 2 = u(b) = ln(4)
3 3
³p ´ e 3u
3
u = f (v) = ln 3v v = g (u) =
3
En calculant I 2 de deux façons, on peut vérifier que sa valeur correspond bien à l’aire de la région
illustrée à la figure 4.5.
u2
Z
I2 = v du
Zb u1
I2 = v(x) u ′ (x) d x ln(4)
Z
a e 3u
= du
Z4 3
x3 1 ln(2)
= · dx ¯
3 x e 3u ¯¯ln(4)
2 =
Z4 9 ¯ln(2)
x2
= dx e 3 ln(4) e 3 ln(2)
3 = −
2 9 9
¯ ¡ ln(4) ¢3 ¡ ln(2) ¢3
x 3 ¯¯4 e e
=
9 ¯2 = −
9 9
43 23 43 23
= − = −
9 9 9 9
66 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Exercices

4.53 Calculez à la main les intégrales suivantes en utilisant la technique d’intégration par parties.
Z Z
x
(a) xe d x (f ) 2x cos(3x) d x
Z p
Z1 (g) x x +1dx
(b) xe x d x Z
0 (h) x n ln(x) d x
Z Z
3
(c) x ln(x) d x (i) 2x 2 e 3x d x
Z
Z
π/6 (j) 3x 2 cos(2x) d x
(d) x sin(2x) d x Z
¡p ¢
0 (k) cos x d x
Z1 aide : posez tout d’abord le changement de
p
(e) arctan(x) d x variable u = x puis calculez l’intégrale
0
obtenue.

4.4 Intégrales impropres

Définition 4.7 Une intégrale impropre de type I est une intégrale dont au moins une des bornes
d’intégration est infinie.
1. Si une seule des bornes est infinie, l’intégrale impropre est définie par une limite de la façon
suivante :
Z∞ Zt
f (x) d x = lim f (x) d x
t →∞
a a

Zb Zb
f (x) d x = lim f (x) d x.
t →−∞
−∞ t

2. Si les deux bornes d’intégration sont infinies, l’intégrale impropre est définie par une
somme de deux intégrales impropres comportant chacune une seule borne infinie :

Z Zc ∞
Z
f (x) d x = f (x) d x + f (x) d x
−∞ −∞ c
Zc Zt
= lim f (x) d x + lim f (x) d x
t →−∞ t →∞
t c

où c désigne n’importe quel nombre réel.


L’intégrale impropre est dite convergente si la ou les limites qui la définissent existent (appar-
tiennent à R) et divergente dans le cas contraire.
4.4. INTÉGRALES IMPROPRES 67

Exemple 4.24
Calculez

Z
1
d x.
x3
1

Solution :
Il s’agit d’une intégrale impropre de type I. On doit remplacer la borne infinie par une borne finie t ,
calculer l’intégrale de 1 à t grâce au théorème fondamental du calcul et, finalement, prendre la limite
quand t tend vers l’infini.

y = f (x)
1
Rt
f (x) d x = ?
1

x
1 t


Z Zt
1
dx = lim x −3 d x
x3 t →∞
1 1
µ ¶ ¯t
x −2 ¯¯
= lim
t →∞ −2 ¯1
µ ¶¯
1 ¯¯t
= lim
t →∞ −2x 2 ¯1
µ ¶
1 1
= lim − 2 +
t →∞ 2t 2
1
=
2

y y

1 1
f (x) = f (x) =
1 x3 1 x3

¡1 ¢
Rt A = lim − 2t12 = 1
A= f (x) d x = − 1 1 t →∞ 2 2
2 2t 2
1

x x
1 t 1
68 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Exemple 4.25
Calculez

Z
1
d x.
xn
1

Solution :
Il s’agit d’une intégrale impropre de type I. On doit remplacer la borne infinie par une borne finie t ,
calculer l’intégrale de 1 à t grâce au théorème fondamental du calcul puis prendre la limite quand t
tend vers l’infini.
⋆ Cette question comporte une particularité qui augmente sa difficulté : on trouve les lettres x et n
sous le symbole d’intégration. Rappelons-nous que le symbole d x indique que la fonction à intégrer
dépend de x. Ainsi, n désigne ici une constante. Il s’agit d’une généralisation de l’exemple 4.24.
Étant donné que la première formule d’intégration de la table est valide pour toutes les valeurs de
l’exposant n sauf 1, on doit étudier ces deux possibilités séparément.
Si n 6= 1 alors

Z Zt
1
dx = lim x −n d x
xn t →∞
1 1
¶ ¯t
µ
x −n+1 ¯¯
= lim
t →∞ −n + 1 ¯1
µ ¶¯
1 1 ¯¯t
= lim
1 − n t →∞ x n−1 ¯1
µ ¶
1 1
= lim −1
1 − n t →∞ t n−1
( 1
n−1 si n > 1
= .
∞ si n < 1


R 1
Pour n = 1, l’intégrale devient x d x et alors
1


Z Zt ³ ¯t ´
1 1 ¯
d x = lim d x = lim ln(|x|)¯ = lim (ln(|t |) − 0) = ∞
x t →∞ x t →∞ 1 t →∞
1 1

donc l’intégrale diverge.



Z
1 1
Ainsi, l’intégrale d x converge vers n−1 si n > 1 et diverge si n ≤ 1.
xn
1
4.4. INTÉGRALES IMPROPRES 69

Les graphiques suivants illustrent ce résultat pour trois valeurs de n.

n=2 n =1 n = −1
y y y
1
1 1 f (x) = =x
f (x) = 2 f (x) = 8 x −1
1 x 1 x

1 A=∞ 4
A= 2−1 =1
A=∞
x x
1 4 8 1 4 8
x
1 4 8

Exemple 4.26
Calculez

Z
1
d x.
x 2 + 2x + 5
−∞

Solution :
Il s’agit d’une intégrale impropre de type I ayant deux bornes infinies ( notez que x 2 + 2x + 5 6= 0 pour
1
tout x et qu’en conséquence x 2 +2x+5 est continue sur R).
Lorsque le domaine d’intégration est ]−∞ ; ∞[, on doit d’abord séparer le domaine en deux parties.
Par exemple, en prenant c = 0, on obtient

Z Z0 Z∞
1 1 1
dx = dx + dx
x 2 + 2x + 5 x 2 + 2x + 5 x 2 + 2x + 5
−∞ −∞ 0
| {z } | {z }
I1 I2

y
1 0.3
f (x) = 2
x + 2x + 5
0.2

0.1
I1 I2

x
−8 −6 −4 −2 2 4

−0.1
70 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Calcul de l’intégrale indéfinie par complétion de carré :


Z Z
1 1
dx = dx
2
x + 2x + 5 (x + 1)2 + 22
µ ¶
1 x +1
= arctan +C (formule 15 de la table).
2 2

Alors

Z0
1
I1 = dx
x 2 + 2x + 5
−∞
µ ¶¯
1 x + 1 ¯¯0
= lim arctan
t →−∞ 2 2 ¯t
µ ¶ µ ¶
1 1 1 t +1
= arctan − lim arctan
2 2 t →−∞ 2 2
µ ¶ ³
1 1 π´
= arctan − −
2 2 4
et

Z
1
I2 = dx
x 2 + 2x + 5
0
µ ¶¯
1 x + 1 ¯¯t
= lim arctan
t →∞ 2 2 ¯0
µ ¶ µ ¶
1 t +1 1 1
= lim arctan − arctan
t →∞ 2 2 2 2
µ ¶
π 1 1
= − arctan .
4 2 2

Ainsi


Z
1
dx = I1 + I2
x 2 + 2x + 5
−∞
µ ¶ µ ¶
1 1 π π 1 1
= arctan + + − arctan
2 2 4 4 2 2
π
= .
2
Remarque. N’est-ce pas étonnant que l’aire de la région située sous cette courbe en forme de cloche
soit égale à π2 ?
4.4. INTÉGRALES IMPROPRES 71

Rb
Définition 4.8 Une intégrale impropre de type II est une intégrale f (x) d x dont l’intégrande
a
f (x) possède au moins une discontinuité sur l’intervalle [a ; b] et présente une asymptote verticale
à cet endroit.
1. Si f est continue partout sur [a ; b] sauf en a, alors l’intégrale impropre est définie par la
limite

Zb Zb
f (x) d x = lim f (x) d x
t →a +
a t
Zb
= f (x) d x (par abus de notation).
a+

2. Si f est continue partout sur [a ; b] sauf en b, alors l’intégrale impropre est définie par la
limite

Zb Zt
f (x) d x = lim f (x) d x
t →b −
a a
b−
Z
= f (x) d x (par abus de notation).
a

3. Si f est continue partout sur [a ; b] sauf en c (où a < c < b), alors l’intégrale impropre est
définie par la somme d’intégrales impropres

Zb Zc Zb
f (x) d x = f (x) d x + f (x) d x
a a c
Zt Zb
= lim f (x) d x + lim+ f (x) d x
t →c − t →c
a t
c−
Z Zb
= f (x) d x + f (x) d x (par abus de notation).
a c+

L’intégrale impropre est dite convergente si la ou les limites qui la définissent existent
(appartiennent à R) et divergente dans le cas contraire.

Si l’intégrande f (x) présente plusieurs asymptotes verticales sur l’intervalle [a ; b], on décompose
Rb
l’intégrale f (x) d x en une somme d’intégrales présentant chacune une seule asymptote verticale
a
en une de leurs bornes d’intégration.
72 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

Exemple 4.27
Calculez
Z5
3
d x.
x −2
0

Solution :
3
La fonction f (x) = x−2 est discontinue en x = 2 et 2 est compris dans l’intervalle [0 ; 5]. On ne peut
donc pas utiliser le théorème fondamental du calcul pour évaluer cette intégrale (car celui-ci exige
que la fonction à intégrer soit continue entre les bornes d’intégration).
Puisque
3
lim+ = ∞,
x→2 x −2
on constate qu’il y a une asymptote verticale à la courbe y = f (x) et que l’intégrale à calculer est
impropre de type II.

20

I2
10

x
1 2 3 4 5
−10 I1

−20

−30

On décompose I de la façon suivante pour éviter la discontinuité :

Z5 2−
Z Z5
3 3 3
dx = dx + dx
x −2 x −2 x −2
0 0
| {z } 2| {z }
+

I1 I2

où l’on a utilisé l’abus de notation pour alléger l’écriture.


4.4. INTÉGRALES IMPROPRES 73

y
t
x
2
−10
I1
−20

Pour calculer I 1 , on intègre f de 0 à t (où t < 2) grâce au théorème fondamental ( f est bien continue
entre 0 et t ) puis on prend la limite quand t tend vers 2 par des valeurs inférieures :

Zt
3
I1 = lim dx
t →2− x −2
0
= lim− 3 ln (|x − 2|) |0t
t →2
= lim 3 ln (|t − 2|) − 3 ln (|−2|)
t →2−
= −∞ − 3 ln(2).

L’intégrale I 1 diverge, donc l’intégrale de départ diverge aussi.


N. B. Il est inutile de calculer I 2 . On conclut que l’intégrale proposée est divergente dès que l’une des
intégrales de sa décomposition est divergente.

Attention ! Le Théorème fondamental du calcul ne s’applique à cette intégrale définie, car


la fonction n’est pas continue sur le domaine d’intégration : il y a une discontinuité en x = 2.
L’utilisation du théorème conduirait ici à un résultat erroné :

Z5 ¯5
3 NON ! ¯
dx = 3 ln(|x − 2|)¯ = 3 ln(3) − 3 ln(2) ≈ 1, 216.
x −2 0
0

Exercices

4.54 Calculez à la main les intégrales impropres suivantes.

Z6 Z6 ∞
Z
3 7 3
(a) p dt (c) dt (e) dt
t −2 5−t t2
2 5 4


Z Z
π/2 Z2
−x 1
(b) e dx (d) tan(x) d x (f ) dx
x2
0 0 −1
74 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE


Z ∞
Z ∞
Z
x 1 x
(g) dx (m) 2
dx (t) dx
ex
2
x (ln(x)) 1 + x4
4 2 −∞
Z8
Z5 1 (u) Trouvez k tel que
3 (n) 1/3
dx Z∞
(h) dx (8 − x) k
(x − 3)4/3 0 dx = 1
0
Z
π/2 1 + x2
−∞
sin(x)
Z3 (o) dx Ze
1 1 − cos(x)
(i) dx 0 (v) ln(x) d x
(5 − 2x) ∞
Z
1
0
(p) sin(x) d x
Z2 ∞
Z
1 0 2
(j) dx Z2 (w) |x| e −x d x
(x − 1)2/3 x
0 (q) p dx −∞
4 − x2
Z3 0 Z1
x ∞
Z x
1
(k) ¡ ¢2/3 d x e (x) dx
x2 − 4 (r) dx xn
0 1 + e 2x 0
−∞

Z ∞
Z ∞
Z
1 x 1
(l) dx (s) p dx (y) dx
x ln(x) x2 + 4 xn
2 −∞ 1

4.5 Autres applications de l’intégrale définie

4.55 Un objet soumis à la force F voit en général sa vitesse se modifier de v 0 à v lors d’un
déplacement de x 0 à x. La vitesse finale v s’obtient de v 0 (vitesse initiale ou v en x 0 ) et de la force
selon :
Zx
2 2 2
(v (x)) − v 0 = F (u) d u
m
x0

Une masse de 2 kg attachée à l’extrémité d’un ressort de constante k = 200 N/m est soumise à la force :

F (x) = −kx pour − 0,1 ≤ x ≤ 0, 1

où x correspond à l’élongation du ressort par rapport à sa longueur au repos (x est mesurée en mètres
et x < 0 pour un ressort comprimé). La longueur au repos l 0 d’un ressort est sa longueur lorsqu’il n’est
ni étiré ni comprimé.
4.5. AUTRES APPLICATIONS DE L’INTÉGRALE DÉFINIE 75

(a) Si la masse se déplace à 1 m/s lorsqu’elle passe par l’origine, calculez sa vitesse au moment où
elle passe en x = 0, 05 m, x = −0, 05 m, x = 0, 1 m et en x = −0, 1 m.
(b) Si la masse est au repos (v 0 = 0) en x = −0, 1 m, trouvez sa vitesse en x = 0, 02 m, en x = −0, 02 m
et lorsqu’elle passe par l’origine.
(c) Étant données les conditions spécifiées en b) (v 0 (−0, 1) = 0), trouvez l’expression générale de
la vitesse en fonction de la position x. Vérifiez la validité de cette expression en l’évaluant en
x = ±0, 02 m et à l’origine, et comparez avec les résultats obtenus en (b).

4.56 Un objet soumis à la force F voit en général sa vitesse se modifier de v 0 à v lors d’un
déplacement de x 0 à x. La vitesse finale v s’obtient de v 0 (vitesse initiale ou v en x 0 ) et de la force
par :
Zx
2 2 2
(v (x)) − v 0 = F (u) d u
m
x0

La masse m est soumise à la force gravitationnelle exercée par la masse M , c’est-à-dire :


−G M m
F (x) =
x2
où G = 6, 672 × 10−11 Nm2 /kg2 est la constante gravitationnelle.

x
F(x0) F(x)
m
M m x

x0

Pour les calculs qui suivent, nous considérerons que le corps de masse m (de taille négligeable) se
déplace dans le champ gravitationnel terrestre, c’est-à-dire :
• M = M T = 5, 98 × 1024 kg (la masse de la Terre)
• x = R T + h où R T = 6, 37 × 106 m (le rayon terrestre)
• h représente l’altitude au-dessus de la surface terrestre.
De plus, la Terre est présumée stationnaire ; seule la masse m se déplace.
(a) Établissez la vitesse d’un corps de 10 kg au moment de frapper le sol s’il a été lâché du repos
(v 0 = 0) à partir d’une altitude de 200 km.
(b) Refaites le calcul pour un corps de 2000 kg. Qu’observez-vous ? Reprenez le calcul sans utiliser
aucune valeur numérique. Montrez que la vitesse finale ne dépend pas de la masse du corps
en mouvement.
(c) Quelle doit être la vitesse initiale d’une fusée si elle veut se mettre en orbite au voisinage de la
Station spatiale internationale (ISS) qui se situe à une altitude de 400 km. Notez que pour être
maintenue en orbite à cette altitude, la fusée doit arriver avec une vitesse de 7,68 km/s.
(d) Reprenez la question (c) si la fusée doit atteindre l’orbite géostationnaire à l’altitude de 35 800
km. Afin de se maintenir sur l’orbite, elle devra y arriver à la vitesse de 3,076 km/s.
76 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.57 La vitesse de libération d’un corps est la vitesse initiale de l’objet qui lui permettra de
s’affranchir de l’attraction gravitationnelle de l’astre duquel il a été lancé. On veut établir la formule
qui donne la vitesse de libération d’un corps cherchant à s’échapper de l’attraction gravitationnelle
terrestre.
Utilisez les formules et données de l’exercice 4.56. On présumera que le point d’arrivée du corps se
situe à l’infini (x → ∞) et que la vitesse correspondante est nulle. Trouvez l’expression de cette vitesse
en termes des grandeurs appropriées (aucun calcul numérique). Calculez ensuite cette vitesse.

4.5.1 Forces distribuées

Il arrive souvent que les forces qui agissent sur un corps soient distribuées de façon continue
sur celui-ci. À titre d’exemples, on peut penser à la charge de vent sur une paroi ou à la charge de
neige sur un toit. La poutre de la figure ci-dessous est soumise à une charge w (x) (exprimée en N/m)
qui dépend de la position x le long de la poutre. À des fins de calcul (en statique et en dynamique,
notamment) on remplace souvent les forces distribuées par leur résultante W qu’on fait agir en un
point de coordonnée x̄.

W et x̄ s’obtiennent à l’aide des formules qui suivent :

Zb
W= w (x) d x
a

Zb
1
x̄ = x w (x) d x.
W
a
4.5. AUTRES APPLICATIONS DE L’INTÉGRALE DÉFINIE 77

4.58 En raison du vent, la couche de neige sur le toit d’un garage est d’épaisseur variable. Suppo-
sons que cette épaisseur soit donnée par :
³x ´
y (x) = cosh −1
3
où x et y sont exprimés en mètres.

Le poids par unité de longueur de la neige, w (x), est proportionnel à l’épaisseur de neige :

w (x) = C y (x) N/m.

La constante de proportionnalité C dépend de la masse volumique de la neige ainsi que de la


profondeur du toit. Dans le cas qui nous occupe, on trouve2 :

C = 5880 N/m2 .

Établissez le poids total W de la neige, ainsi que la coordonnée x̄ de son point d’application (le calcul
de cette dernière intégrale nécessite une intégration par parties – voir section 4.3.3 – ou l’utilisation
d’un calculateur symbolique ou bien de tables d’intégrales).

e x + e −x
Rappel : cosh (x) =
2

2. Si la masse volumique est ρ = 100 kg/m3 , la profondeur du toit est b = 6 m et l’accélération gravitationnelle est g = 9, 8
m/s2 , alors C = ρg b = 5880 N/m2 .
78 CHAPITRE 4. L’INTÉGRALE

4.59 Dans un liquide au repos, la pression augmente linéairement en fonction de la profondeur.


Si, comme il est illustré ci-dessous, une plaque rectangulaire est plongée dans le liquide, alors il
¡ ¢
s’exercera sur celle-ci une force par unité de longueur w y qui variera linéairement en fonction de
la profondeur y.

Alors
¡ ¢
w y = ρg b y N/m

Où :

• ρ est la masse volumique du liquide ;


• g est l’accélération gravitationnelle ;
• b est la dimension transversale de la plaque (normale au plan de la figure) ;
• y est la profondeur mesurée par rapport à la surface du liquide.
(a) Montrez que la force totale F exercée par le liquide sur la plaque ainsi que la profondeur ȳ à
laquelle celle-ci agit sont données par :

1
W = ρg bd 2
2
2
ȳ = d
3
N.B. Puisque l’on calcule la force exercée par la pression du liquide, le domaine d’intégration
pour y correspond à la portion immergée de la plaque (surface « mouillée »).
(b) Calculez W et ȳ si le liquide est de l’eau (ρ = 1000 kg/m3 ) et que b = 3 m et d = 2 m.
4.5. AUTRES APPLICATIONS DE L’INTÉGRALE DÉFINIE 79

4.60 Une plaque circulaire de rayon R est partiellement immergée dans l’eau. La figure qui suit
illustre la situation depuis deux points de vue. La figure de gauche montre la plaque telle qu’elle
apparaîtrait vue de face alors que la figure de droite la montre vue de profil. La dimension h
correspond à la profondeur à laquelle se situe le centre du disque.

On a déjà établi que dans un liquide au repos, la pression augmente linéairement en fonction de la
profondeur. Dans le cas de la plaque circulaire ci-haut, l’effet de la pression se traduit par une force
¡ ¢
par unité de longueur w y qui vaut :
q
¡ ¢ ¡ ¢2
w y = 2ρg y R2 − y − h N/m.

(a) Sachant que le liquide est de l’eau (ρ = 1000 kg/m3 ), que R = 2m et h = 1m, établissez
¡ ¢
l’expression correspondante pour w y .
(b) Calculez la grandeur de la force totale W (la méthode d’intégration par substitution est
suggérée) et la profondeur de sa ligne d’action, ȳ (en employant la calculatrice).
N.B. Puisque l’on calcule la force exercée par la pression du liquide, le domaine d’intégration
de y correspond à la portion immergée de la plaque (surface « mouillée »).
Chapitre 5

Calculs d’aires, de volumes et de longueurs

5.1 Aires

Comme nous l’avons évoqué en introduction du chapitre 4, les techniques de calcul de longueur,
d’aire et de volume sont essentielles en sciences et en ingénierie. Nous avons vu au chapitre précédent
que l’aire algébrique comprise entre le graphe d’une fonction et l’axe horizontal est donnée par une
intégrale définie. Voyons maintenant comment obtenir l’aire d’une région bornée par les graphes de
deux fonctions. Précisons que l’on s’intéresse ici à la « vraie aire » de la région, l’aire totale, et non pas
l’aire algébrique.

Théorème 5.1 L’aire A de la région bornée par les courbes y = f H (x) et y = f B (x) ainsi que par les
droites verticales x = a et x = b, où f H (x) ≥ f B (x) pour a ≤ x ≤ b, est donnée par
y
y = f H (x)

Zb
¡ ¢ A
A= f H (x) − f B (x) d x. x
a a b
y = f B (x)

On suppose ici que f H , la « fonction du Haut », et f B , la « fonction du Bas », sont continues sur
l’intervalle [a ; b].
Attention ! A désigne véritablement l’aire de la région et non pas son aire algébrique (voir page 5).

Rappelons que l’intégrale définie correspond à l’aire algébrique d’une région. Or, l’aire algébrique
d’une région située au-dessus de l’axe des x correspond simplement à son aire, tandis que celle d’une
région située sous l’axe des x est égale à son aire affectée du signe moins. En identifiant par A 1 , A 2 et
A 3 les aires respectives des régions représentées à la page suivante, on peut exprimer l’aire A comme
la soustraction de deux intégrales définies et ainsi retrouver le résultat du théorème 5.1 pour ce cas
particulier.

81
82 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

y y
y = f H (x) y = f H (x)

A1 A2
x x
a
y = f B (x) b a A3 y = f B (x) b

Rb Rb
A1 = f H (x) d x A2 − A3 = f B (x) d x
a a

y
A = A1 − A2 + A3
y = f H (x) = A 1 − (A 2 − A 3 )
Zb Zb
A = f H (x) d x − f B (x) d x
x a a
a
y = f B (x) b Zb
¡ ¢
= f H (x) − f B (x) d x
a
A = A1 − A2 + A3

Voyons maintenant une démonstration du théorème 5.1. Celle-ci repose sur une approximation
de la région par un ensemble de rectangles. Elle présente l’avantage de pouvoir être généralisée au
calcul d’un grand nombre d’autres quantités : les aires de régions comprises entre deux courbes de la
forme x = g (y), les volumes de solides de révolution et les longueurs d’arcs, par exemple. Ce sera, en
conséquence, la démarche que nous adopterons par la suite.
⊲ Démonstration du théorème 5.1 : point de vue d’une somme de rectangles.
Tout comme il a été fait à la section 4.1, on approxime l’aire A de la région en la couvrant de rectangles.
Séparons l’intervalle [a ; b] en n sous intervalles de largeurs identiques (n = 12 dans l’exemple illustré
ci-dessous). Pour définir la hauteur des rectangles, choisissons, par exemple, de situer les sommets
gauches des rectangles sur les courbes y = f H (x) et y = f B (x).

y y

y = f H (x) y = f H (x) ∆x

h 11
h2
x x
a b x0 x1 x2 x3 x 10 x 11 x 12
y = f B (x) y = f B (x)

On vérifie facilement que les hauteurs des deux rectangles illustrés à la figure de droite sont

h 2 = f H (x 2 ) − f B (x 2 ) et h 11 = f H (x 11 ) − f B (x 11 ),
5.1. AIRES 83

alors que la base de chaque rectangle est égale à


b−a b−a
= . ∆x =
n 12
Ainsi, l’aire A est approximée par la sommation suivante
11
X 11 ¡
X ¢
A ≈ h i ∆x = f H (x i ) − f B (x i ) ∆x.
i =0 i =0

L’approximation de l’aire est d’autant meilleure qu’on utilise un grand nombre de rectangles.

y y

y = f H (x) y = f H (x)

x x
a b a b
y = f B (x) y = f B (x)

En faisant tendre le nombre n de rectangles vers l’infini, on obtient la valeur exacte de A :


n−1
X¡ ¢
A = lim f H (x i ) − f B (x i ) ∆x
n→∞
i =0
Zb
¡ ¢
= f H (x) − f B (x) d x par la définition 4.2 de l’intégrale définie.
a

fin de la démonstration ⊳

Calcul d’aire
En notant h la hauteurdu rectangle et d e son épaisseur puis en renommant e 1 et e 2 les bornes
a et b, on peut reformuler le théorème 5.1 de façon plus compacte et générale.
y y
y = f H (x) x = fG (y)
e2
e2
Z de
h h x = f D (y)
x Aire = h de
x
e1 e2 e1
y = f B (x) e1

de
de = dx de = d y
h = f H (x) − f B (x) h = f D (y) − fG (y)

Dans le graphique de droite, les courbes correspondent à des fonctions de y. On procède alors à un découpage en
rectangles horizontaux comme nous le verrons à la page 87. Nous utilisons le terme hauteur pour désigner le plus
grand côté d’un rectangle et le terme épaisseur pour le petit côté. Les termes hauteur, épaisseur désignent ici à la fois
les segments et les mesures des segments. Il en sera de même pour le rayon à la prochaine section.
84 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

Exemple 5.1
Calculez l’aire de la région délimitée par les courbes suivantes :

y = 5 + x 2, y = 1 − x 2, x =0 et x = 2.
Solution :
Traçons la région dont on cherche l’aire en indiquant clairement l’équation de chaque courbe ainsi
qu’un rectangle type qui servira à caractériser les quantités h et d e de la formule du calcul d’aire.

y pour x ∈ [0 ; 2] :
y = f H (x) = 5 + x 2
h = f H (x) − f B (x) = (5 + x 2 ) − (1 − x 2 )
8
= 4 + 2x 2
6
de = dx
x =2

4 Ze 2 Z2
h ¡ ¢
2 Aire = h de = 4 + 2x 2 d x
e1 0
x ³ 2x 3 ´¯¯2
1 2 3 = 4x + ¯
−2 3 0
³ 16 ´
∆x y = f B (x) = 1 − x 2 = 8+ − (0 + 0)
−4 3
40
= = 13, 3̄
3

L’aire de la région est donc 40/3. Nous ne précisons pas l’unité de cette aire car les unités des axes ne
sont pas spécifiées.
Validation. La validation vise à détecter la présence d’erreurs dans le calcul de la valeur exacte de
l’aire : erreur de calcul, mauvais choix des bornes d’intégration ou, plus bêtement, erreur dans la saisie
de l’intégrale sur la calculatrice. Une des façons de procéder consiste à comparer le résultat obtenu à
l’aire d’une figure géométrique simple, un trapèze par exemple.

y µ ¶
b +B
Aire du trapèze = H
y = f H (x) = 5 + x 2 µ
2

8 4 + 12
= (2) = 16
6 2

4 B L’aire de la région ombrée est plus petite que celle


b du trapèze et on a obtenu 13, 3̄ qui est effective-
2
ment plus petit que 16. Le résultat semble donc
x plausible.
1 2 3
−2
y = f B (x) = 1 − x 2
−4
H
5.1. AIRES 85

Exemple 5.2
Calculez l’aire de la région délimitée par les courbes suivantes : y = −x + 8 et y = x 2 − 8x + 14.

Solution :
Une fois la région tracée, on désigne par f H (x) et f B (x) les fonctions définissant respectivement les
courbes du haut et du bas (sur l’intervalle [1 ; 6]). On obtient les abscisses des points d’intersection
des courbes en résolvant l’équation f H (x) = f B (x) :

f H (x) = f B (x) ⇐⇒ −x + 8 = x 2 − 8x + 14
⇐⇒ 0 = x 2 − 7x + 6
⇐⇒ 0 = (x − 1) (x − 6)
⇐⇒ x =1 ou x =6

y
8 pour x ∈ [1 ; 6]
(1 ; 7)
bc h = f H (x) − f B (x) = (−x + 8) − (x 2 − 8x + 14)
y

= −x 2 + 7x − 6
=

6
fH
(x
)=

de = dx

x

e2
Z Z6
+

4 ¡ ¢
8

Aire = h de = − x 2 + 7x − 6 d x
e1 1
(6 ; 2) ³ x 3 7x 2 ´¯6
2 bc ¯
= − + − 6x ¯
3 2 1
125
= ≈ 20, 833
bc bc x 6
2 4 6 8 L’aire de la région est donc 125/6.
Validation. On observe que l’aire de la région cor-
−2 respond environ à celle du trapèze de sommets
y = f B (x) = x 2 − 8x + 14
(1 ; 0), (1 ; 7), (6 ; 2) et (6 ; 0), soit 22, 5. Le résultat de
20, 833 semble donc plausible.

Conseil : Lors d’un calcul d’aire, il est fortement recommandé de bien


tracer la région et quelques rectangles types, d’indiquer l’équation de
chaque courbe et les coordonnées des points d’intersection.
86 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

Exemple 5.3
y2
Calculez l’aire de la région délimitée par les courbes suivantes : x= 2 +1 et y = x − 5.

Solution :

Rappel sur le tracé de courbe :


y
La variable y n’est pas isolée dans la première équa-
tion. Pour tracer la courbe à la main, on bâtit sim- 6
plement le tableau (9 ; 4)
4 p bc

5
y2 y = f H (x) = 2x − 2


y x= +1

x
2

)=
0 1

(x
2
R2

2
fB
±1 1, 5

=
R1

y
(1 ; 0)bc
±2 3 x
±4 9 2 4 6 8 10
bc
−2 (3 ; −2)
Il existe plusieurs façons de tracer cette courbe avec
p
Nspire. On peut isoler y et placer chacune des fonc- y = f B 1 (x) = − 2x − 2
tions obtenues dans l’éditeur d’équations. Plus sim- −4
plement, on peut entrer directement la relation
x = f (y). Voir Annexe A.4 de la partie 1.

Isolons y dans l’équation de la parabole :


y2 y2
x = 2 + 1 ⇐⇒ x −1 =
2
⇐⇒ 2x − 2 = y2
p
⇐⇒ ± 2x − 2 = y.
Si l’on veut utiliser des rectangles verticaux, la région doit alors être séparée en deux sous-régions
R 1 et R 2 . En effet, on remarque que la fonction de x définissant la courbe du bas n’est pas la même
p
partout. Il s’agit de f B 1 (x) = − 2x − 2 pour 1 ≤ x ≤ 3 et de f B 2 (x) = x − 5 pour 3 ≤ x ≤ 9. Par ailleurs, on
remarque que la fonction de x définissant la courbe du haut est la même pour les deux sous-régions :
p
y = f H (x) = 2x − 2. L’aire de la région comprise entre les deux courbes est trouvée en calculant pour
chaque sous-région
e2
Z Zb
¡ ¢
Aire = h de = f H (x) − f B (x) d x.
e1 a
Si A 1 et A 2 désignent respectivement l’aire des régions R 1 et R 2 , on obtient l’aire totale en les
additionnant :
A = A1 + A2
Z3 ³ p ´¢ Z9
¡p ¡p ¢
= 2x − 2 − − 2x − 2 d x + 2x − 2 − (x − 5) d x
1 3
16 38
= +
3 3
= 18.
5.1. AIRES 87

L’aire totale de la région est donc 18.


Présentons maintenant une méthode qui s’avère plus efficace pour calculer l’aire de certaines
régions, en l’occurrence celle de cet exemple.

Autre façon de calculer l’aire : utiliser un découpage en rectangles horizontaux

Voici deux raisons qui nous feront parfois opter pour un découpage en rectangles horizontaux.
• Si les équations des frontières de la région sont de la forme x = f (y), il est alors plus naturel
de la découper en rectangles horizontaux. La hauteur des rectangles sera donnée par une
fonction de y et leur épaisseur par d y. On évite ainsi d’avoir à isoler y dans l’équation des
frontières. Et puisqu’il est souvent difficile, voire impossible, d’isoler une variable dans une
équation, ce facteur pèsera beaucoup dans le choix du découpage en rectangles verticaux
ou horizontaux.
• L’utilisation de rectangles horizontaux permet parfois d’éviter la division de la région en
plusieurs sous-régions, réduisant ainsi le nombre d’intégrales à calculer. Dans le présent
exemple, une seule intégrale sera requise puisque les rectangles horizontaux sont tous
délimités à droite et à gauche par les mêmes courbes.
y On remarque que, pour tous les rectangles, la
(9 ; 4) fonction de y définissant la courbe de droite
e2 = 4 y2 bc est f D (y) = y + 5 et que celle définissant la
x = fG (y) = 2 +1 y2
courbe de gauche est fG (y) = 2 + 1. Ici la
hauteur d’un rectangle est donnée par
R x = f D (y) = y + 5 ¶ µ
¡ ¢y2
h = f D (y) − fG (y) = y + 5 − +1
(1 ; 0) 2
x
−2 2 4 6 8 10 et son épaisseur par

e 1 = −2 bc
(3 ; −2) d e = d y.

L’aire de la région comprise entre les deux courbes est alors trouvée en calculant l’intégrale définie
suivante :
e2
Z e2
Z Z4 µ µ ¶¶
¡ ¢ ¡ ¢ y2
A = h de = f D (y) − fG (y) d y = y +5 − + 1 d y = 18.
2
e1 e1 −2

Attention ! Puisque l’on intègre une fonction de y, les bornes d’intégration déterminent l’intervalle
que doit balayer y pour engendrer tous les rectangles.
88 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

Exercices

Pour tous les exercices du chapitre 5, l’utilisation d’un calculateur symbolique est
conseillée afin de résoudre les équations et d’évaluer les intégrales plus rapidement.

5.1 Calculez l’aire des régions ombrées suivantes.

y y
y1 = x 2 − 2
8 y 1 = −x 2 + 6x − 2
8
6 −x 2 6x 7
6 y2 = + +
4 10 5 5
4
2

0 x 2
−3 −2 −1 0 1 2 3
−2
0 x
−4 0 2 4 6 8 10
y2 = 8 − x 2 −2

(a) (b)

5.2 Illustrez clairement la région délimitée par les courbes y = −2x 2 + 1, 5 et y = sin(2x − 0, 5) dans
une fenêtre appropriée. Calculez son aire.

5.3 Calculez l’aire de la (ou des) région(s) délimitée(s) par les courbes :
(a) y + x 2 = 6 et y + 2x = 3
(b) y = x + 3 et x + y2 = 3
(c) y = x 2 − x et y = x 3 − 4x 2 + 3x
¯ 2 ¯
(d) y = ¯x − 4¯ , y = 0, x = −3, x =4
¡ ¢
(e) y = 3 cos x2 − 3 et y = x 2 − 6x + 5
(f ) x 2 + y 2 = 9 et y = −2x + 1 (on s’intéresse à la région dont fait partie le point (0 ; 0)).

5.4 Soit R la région qui est bornée par les courbes y = x 2 et y = x + 2.


(a) Déterminez le nombre a tel que la droite x = a divise la région R en deux régions de même
aire.
(b) ⋆ Déterminez le nombre b tel que la droite y = b divise la région R en deux régions de même
aire.

5.5 Soit P la région du plan illustrée à la figure 5.1 et bornée par


• le cercle de rayon 3 centré à l’origine
5.1. AIRES 89

• la droite DE , où D = (−3 ; 0) et E est un point du cercle.


Les mesures sont en centimètres.

y
4

E
bc
2
P
D bc x
−4 −2 2 4

−2

−4

F IGURE 5.1 Illustration de l’exercice 5.5. La position du point E est variable.

(a) Si E = (0 ; 3), calculez l’aire de la région P .


(b) Si E est situé dans le deuxième quadrant avec une abscisse égale à −1, calculez l’aire de la
région P.
(c) Si la pente de la droite DE est de 1/2, calculez l’aire de la région P.
(d) ⋆ Déterminez les coordonnées du point E de sorte que l’aire de la région P soit égale à 4 cm2.

5.6 La figure 5.2 représente la coque d’un bateau. Celui-ci flotte quand son poids W est compensé
par la poussée d’Archimède P , c’est-à-dire lorsque P = W . Archimède a découvert que cette poussée

y
Niveau de
L VArch
W

VArch
h Coque

−b
P
b x

F IGURE 5.2 La poussée d’Archimède P est proportionnelle au volume de liquide déplacé.

est proportionnelle au volume de liquide déplacé (VArch sur la figure). En fait, si l’objet est plongé dans
l’eau de mer, on a :
90 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

kg m
P = 1025 · 9, 8 2 · VArch m3
m 3 s
= 10045VArch (où P est exprimé en N et VArch en m3 ).

On veut établir la profondeur h à laquelle la coque s’enfonce dans l’eau. On sait que la forme de la
coque obéit à l’équation :
x2
y (x) =
10, 125
où x et y sont exprimés en mètres.
(a) Exprimez la dimension b en fonction de h.
(b) Si la coque mesure L = 100 m de longueur, calculez VArch en fonction de h.
(c) Sachant que la masse m du bateau est de 9840 tonnes, calculez h.
N. B. 1 tonne = 1000 kg, W = mg et g ≈ 9, 8 m/s2.

5.7 Le but de cet exercice est de comparer l’aire de la région bornée par une parabole et l’axe des x
avec l’aire du triangle inscrit dans cette région tel que présenté à la figure suivante.

y (a) Calculez l’aire du triangle.


(b) Déterminez l’équation de la parabole en
h
termes des paramètres b et h.
(c) Calculez l’aire de la région bornée par la
parabole et l’axe des x.
(d) Calculez le rapport

x
−b b aire sous la parabole
.
aire du triangle

Vous disposez désormais d’une formule utile pour calculer rapidement l’aire
sous une parabole, formule qui ne nécessite pas le calcul préalable de l’équation
de celle-ci. Ce résultat est connu depuis Archimède (287 à 212 av. J.-C.), mais sa
démonstration à l’aide du calcul intégral est plus simple en ce sens qu’elle ne
nécessite pas d’astuce géométrique particulière.

5.8 En utilisant le résultat de l’exercice 5.7, calculez l’aire de la région délimitée par l’axe des x et
par la parabole d’équation y = x 2 − 3x − 4.
5.2. SOLIDES DE RÉVOLUTION 91

5.2 Solides de révolution

En général, le calcul du volume des solides nécessite le recours aux intégrales multiples ; il sera
donc présenté dans le cours de calcul à plusieurs variables. Nous n’aborderons ici que le calcul du
volume d’un type spécifique de solides : les solides de révolution. De nombreux objets usinés entrent
dans cette catégorie : vases, rivets, toupies, pieds le lampes, entonnoirs, barreaux de chaise, etc.

Définition 5.1 Un solide de révolution est un solide engendré par la révolution (un tour complet)
d’une région plane autour d’une droite de l’espace tridimensionnel.

y
Lorsqu’une courbe d’équation y = f (x),
a ≤ x ≤ b, tourne autour de l’axe des x,
la région R qu’elle délimite dans le plan y = f (x)
xy engendre alors un solide de révolu-
tion, notons-le S. Comment procède-t-
x
on pour calculer son volume ?
a R b
92 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

5.2.1 Méthode des disques

Pour calculer l’aire d’une région plane, nous avons procédé par passage à la limite avec une
somme d’aires de rectangles très étroits. Nous utiliserons un raisonnement similaire pour calculer
le volume d’un solide de révolution, additionnant cette fois les volumes de disques minces.

y y y

x x x
1 2 3 1 2 3 1 2 3

F IGURE 5.3 Approximation du solide S à l’aide d’une juxtaposition de disques.

Comment calcule-t-on le volume de ces disques1 ? Remarquons que ces disques sont eux-mêmes
des solides de révolution : chacun d’eux est engendré par la révolution d’un rectangle qu’on qualifie
de rectangle générateur. Notons r la hauteur de l’un de ces rectangles (r correspond alors au rayon
du disque engendré). Remarquons, par ailleurs, que r est une fonction de x ; il dépend du disque
considéré. Si l’axe de rotation est horizontal (y = c), alors l’épaisseur du rectangle est ∆x et le volume
du disque est donné par

Volume du disque = π · rayon2 · épaisseur = π r 2 ∆x.

r
y
r
y=c
y =c
axe de rotation axe de

rotation

x
∆x x
∆x
F IGURE 5.4 Disque engendré par la révolution d’un rectangle autour d’un axe horizontal.

1. Contrairement à son usage en langage courant, © le terme « disque » désigne


ª habituellement en mathématiques
l’intérieur d’un cercle, incluant sa frontière : D = (x ; y)|(x − a)2 + (y − b)2 ≤ r 2 . Il s’agit donc d’un objet du plan (à 2
dimensions) et non pas un objet de l’espace. Le solide engendré par la révolution d’un rectangle perpendiculaire à l’axe
de rotation est appelé « cylindre circulaire droit ». L’usage de la terminologie « méthode des disques » est cependant très
répandu. Nous nous permettrons donc ici d’appeler « disques » ces petites galettes très minces.
5.2. SOLIDES DE RÉVOLUTION 93

Puisque le volume du solide de révolution S, noté VS , peut être trouvé en calculant les volumes de
n disques répartis le long de l’intervalle [a ; b] et en faisant tendre le nombre de disques vers l’infini
(revoir figure 5.3), il sera donné par la formule suivante :

n−1
X¡ ¢
VS = lim volume du ie disque
n→∞
i =0
n−1
X¡ ¢ b−a
= lim π r i2 ∆x où ∆x =
n→∞
i =0 n
Zb
= π·r2 dx où r est une fonction de x.
a

Si l’axe de révolution est vertical, on utilisera un découpage en disques horizontaux d’épaisseur


∆y et de volume π r 2 ∆y (voir figure 5.5). La formule qui suit exprime le résultat de façon plus générale.

Méthode des disques. Le volume du solide de révolution S, noté VS , est donné par
e2
Z
VS = π · r 2 de
e1

où r est une fonction donnant le rayon du disque et d e est l’épaisseur du disque


(d e = d x pour les disques verticaux et d e = d y pour les disques horizontaux).

y
rotation
axe de

y
axe de rotation

r
r
∆y ∆y r

x
x
x =c

x=c

F IGURE 5.5 Disque engendré par la révolution d’un rectangle autour d’un axe vertical.

Comme on peut l’observer aux figures 5.4 et 5.5 :


• pour engendrer un disque, le rectangle doit être adjacent à l’axe de rotation ;
• la hauteur du rectangle doit être perpendiculaire à l’axe de rotation pour ainsi corres-
pondre au rayon du disque engendré.
94 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

Exemple 5.4
Soit R la région délimitée par les courbes :

y = x 2, x = 0, y =1 et y = 9.

Les grandeurs sont exprimées en cm.


(a) Dessinez la région R et esquissez le solide S engendré par la rotation de R autour de l’axe
des y.
(b) Déterminez quel type de découpage est propice au calcul du volume de S : en disques hori-
zontaux ou en disques verticaux. De plus, tracez quelques-uns des rectangles qui engendrent
les disques.
(c) Estimez grossièrement le volume de S sans utiliser le calcul intégral.
(d) Calculez le volume exact de S grâce à une intégrale.

Solution :
(a) Traçons la région R et le solide engendré par sa révolution autour de l’axe des y.
(À titre informatif, les 3 images du haut ont été produites respectivement avec : psgraph dans
LATEX, Maple et SolidWorks. Celles du bas ont été générées avec Nspire. Par ailleurs, le mot
esquisse désigne une figure tracée rapidement à la main.)
y
(3 ; 9)
bc
9
axe de rotation

R y = x2

bc
1 (1 ; 1)
x
−2 −1 1 2 3
5.2. SOLIDES DE RÉVOLUTION 95

(b) Représentons quelques rectangles qui engendreront des disques lors de leur rotation. Puisque
l’axe de rotation est vertical et que les hauteurs des rectangles doivent être perpendiculaires à
celui-ci pour engendrer des disques, on devra utiliser un découpage en disques horizontaux.

y
(3 ; 9)
bc
9

axe de rotation

y = x2
ou
p
x = f D (y) = y
x = fG (y) = 0

bc
1 (1 ; 1)
x
−2 −1 1 2 3

(c) Le volume VS du solide S sera compris entre ceux d’un cône et d’un cylindre pleins dont les
rayons de la base circulaire (3 cm) et les hauteurs (8 cm) sont les mêmes que celles de S :

Volume du cône < VS < Volume du cylindre


1 2
πr h < VS < πr 2 h
3
24π cm3 < VS < 72π cm3 .

(d) En observant un des rectangles horizontaux tracés en (b), on trouve

e2
Z
VS = π · r 2 de
e1


p p
de = d y et r = f D (y) − fG (y) = y −0 = y.
96 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

Puisque l’on intègre une fonction de y, les bornes d’intégration sont les valeurs minimale et
maximale que doit prendre y pour engendrer tous les disques : e 1 = 1 et e 2 = 9. Ainsi :

e2
Z Z9 ³
¡ ¢ ¡p ¢2 ´
VS = π · r 2 de = π· y dy
e1 1
Z9
¡ ¢
= π· y dy
1
¯9
π y 2 ¯¯
=
2 ¯1
= 40π ≈ 125, 664.

Le volume de S est donc de 40π cm3 .


Validation rapide. Le volume obtenu est compris entre celui du cône et celui du cylindre tel
que prévu à l’étape précédente.

Exemple 5.5
Reprenez les étapes de la question précédente pour le solide engendré par la révolution de la région
plane illustrée ci-dessous. Les grandeurs sont exprimées en cm.

y
bc
(3 ; 9)
9

6
y = x2

R
3

y =1 (1 ; 1) axe de rotation
bc bc

x
1 3

Solution :
(a) Traçons un rectangle type (toujours perpendiculaire et adjacent à l’axe de révolution) et
produisons l’esquisse du solide de révolution.
5.2. SOLIDES DE RÉVOLUTION 97

y
bc
(3 ; 9) y
9

6
y = x2

1
r y=1
3
3
y =1 (1 ; 1)bc bc axe de rotation

x
1 ∆x 3

(b) Puisque l’axe de rotation est horizontal, nous utiliserons un découpage en disques verticaux.

(c) Estimons le volume du solide S en le comparant à celui d’un cône engendré par la révolution
du triangle plein de sommets (1 ; 1), (3 ; 9) et (3 ; 1). Le rayon de la base circulaire du cône
mesure donc 8 cm et sa hauteur, 2 cm. On a donc
1 2 128π
VS < Volume du cône = πr h = ≈ 134, 041 cm3 .
3 3
e2
Z
(d) VS = π · r 2 de où de = dx et r = f H (x) − f B (x) = x 2 − 1.
e1
Puisque l’on intègre une fonction de x, les bornes d’intégration sont les valeurs minimale et
maximale que doit prendre x pour engendrer tous les disques : e 1 = 1 et e 2 = 3. Ainsi,
e2
Z Z3
¡ ¢ ¡ ¢2
Volume = π · r 2 de = π x2 − 1 d x
e1 1
Z3
¡ ¢
= π x 4 − 2x 2 + 1 d x
1
µ ¶¯3
x 5 2x 3 ¯
= π − + x ¯¯
5 3 1
496π
= ≈ 103, 882.
15
496π
Le volume de S est donc de 15 cm3 .
Validation rapide. Tel que prévu en (c), le volume de S est inférieur à celui du cône : 103, 882 <
134, 041. (L’écart entre les volumes peut sembler plus important que ce que la figure laisse
croire, mais remarquons que les échelles en x et en y n’y sont pas les mêmes, ce qui biaise
notre perception.)
98 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

Exemple 5.6
Calculez le volume du solide engendré par la révolution autour de l’axe y = 7 de la région R délimitée
2
par les courbes y = x + 3 et y = x2 + 23 .

Solution : y
8
axe de rotation
7
bc
(3 ; 6)
6
3
5 +
x
=
4
y

3 R
x2
(−1 ; 2) bc y= 2 + 23
2

x
−1 1 2 3

Attention ! La région R n’est pas adjacente à l’axe de rotation. Par contre, elle correspond à la
différence des régions R 1 et R 2 qui, elles, sont adjacentes à l’axe de rotation : R = R 1 − R 2 .2 Le volume
de S peut donc être calculé en retranchant du volume engendré par la révolution de R 1 celui obtenu
par la révolution de R 2 : V = V1 − V2 .
y y

axe de rotation y = 7 = f H (x) axe de rotation y = 7 = f H (x)

R1 R2
y = f B (x) = x + 3

x2
y = f B (x) = 2 + 23

1 1
x x
−1 1 2 3 −1 1 2 3

2. Il s’agit ici d’une soustraction au sens ensembliste, c’est-à-dire de l’ensemble des points de R 1 qui n’appartiennent
pas à R 2 .
5.2. SOLIDES DE RÉVOLUTION 99

y y

axe de rotation y = 7 = f H (x) axe de rotation y = 7 = f H (x)

r 2 (x)
r 1 (x)
R2
y = f B (x) = x + 3
R1

x2
y = f B (x) = 2 + 23

1 1

x x
−1 1 2 3 −1 1 2 3

de = dx de = dx
³ ´
x2
r 1 (x) = f H (x) − f B (x) = 7 − 2 + 32 r 2 (x) = f H (x) − f B (x) = 7 − (x + 3)

e2 ¡
R ¢ R3 ³ 11 x 2 ´2 e2 ¡
R ¢ R3
V1 = π · r 12 d e = π 2 − 2 dx V2 = π · r 22 d e = π (4 − x)2 d x
e1 −1 e1 −1

1228π 124π
= ≈ 257, 192 = ≈ 129, 852
15 3

V1 V2

1228π 124π 608π


V = V1 − V2 = − = ≈ 127, 339
15 3 15
Le volume du solide engendré par la révolution de la région R autour de la droite y = 7 est
donc de 608π
15 . Puisque les unités ne sont pas spécifiées dans l’énoncé, on ne peut les mentionner
dans la réponse. (Consultez ce fichier Nspire pour visualiser la construction de V1 et V2 en 3D :
https://seg-apps.etsmtl.ca/nspire/librairies/Revolution.tns.)
100 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

5.2.2 Méthode des tubes

Un solide de révolution peut aussi être approximé par la juxtaposition de tubes concentriques de
rayons et hauteurs variables (voir figure 5.6).

F IGURE 5.6 Décomposition d’un solide de révolution en tubes concentriques


(seulement 5 des tubes sont illustrés).

Les tubes sont eux-mêmes des solides de révolution ; ils sont engendrés par la révolution de rec-
tangles dont la hauteur est parallèle à l’axe de rotation, qu’on appelle parfois rectangles générateurs.
(voir figures 5.7 et 5.8). Lorsque l’axe de rotation est vertical, le rectangle engendre un tube de rayon
r (x), de hauteur h(x) et d’épaisseur ∆x. Pensons à une boîte de conserve cylindrique sans fond et
sans couvercle dont l’épaisseur du métal serait ∆x.
rotation
axe de

y r
r (x) y
∆x
axe de rotation

h(x)
h

∆x
x
x =c

x
x
x=c

F IGURE 5.7 Un tube est engendré par la révolution d’un rectangle générateur dont la hauteur h est parallèle à
l’axe de rotation. Ici, l’axe de rotation est vertical, c’est-à-dire parallèle à l’axe des y.

Le volume de ce tube (par analogie, le volume du métal et non le volume du contenu de la boîte
de conserve) est alors

Volume d’un tube d’axe vertical = 2π · r (x) · h (x) · ∆x


|{z} .
| {z } | {z }
circonférence moyenne hauteur épaisseur
5.2. SOLIDES DE RÉVOLUTION 101

On comprend mieux cette formule en observant le tube « déroulé » dans la démonstration du


théorème 5.2.
Dans le cas où l’axe de rotation est horizontal (y = c), le volume du tube est donné par

¡ ¢ ¡ ¢
Volume d’un tube d’axe horizontal = 2π · r y · h y · ∆y .
| {z } | {z } |{z}
circonférence moyenne hauteur épaisseur

y
h(y) h
y ∆y
y ∆y
y=c
r (y)
y =c axe de
r
axe de rotation rotation

x x

F IGURE 5.8 Un tube est engendré par la révolution d’un rectangle


dont la hauteur h est parallèle à l’axe de rotation. Ici, l’axe de rotation est horizontal.
102 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

Théorème 5.2 Volume d’un tube


Considérons le tube d’axe vertical dont les dimensions sont indiquées sur la figure suivante et
précisons que r correspond au rayon moyen.

r
∆x

F IGURE 5.9 Tube d’axe vertical et ses dimensions.

Le volume du tube est donné par la différence des volumes de deux cylindres, l’un de rayon
¡ ¢ ¡ ¢
r + ∆x ∆x
2 , l’autre de rayon r − 2 .

Volume du tube = Volume du cylindre plein − Volume du cylindre vide


= base du cylindre plein · hauteur − base du cylindre vide · hauteur
µ ¶ µ ¶
∆x 2 ∆x 2
= π· r + ·h − π· r − ·h
2 2
³ ∆x (∆x)2 ´ ³ ∆x (∆x)2 ´
= π · h r 2 + 2r + − π · h r 2 − 2r +
2 4 2 4
= π · h (r ∆x + r ∆x)
= 2 π r h ∆x

Ainsi, le volume du tube est exactement le même que celui du prisme rectangulaire droit de
longueur 2 π r , de hauteur h et d’épaisseur ∆x, prisme qui correspond au tube « déroulé ».

r
∆x

2π r

h
x

F IGURE 5.10 Tube et « planche » de même volume.


5.2. SOLIDES DE RÉVOLUTION 103

Revenons maintenant au calcul du volume d’un solide de révolution.

Sur le graphique ci-contre, la ré-


gion plane est adjacente à l’axe
de rotation et engendre un solide
de révolution plein. L’exemple 5.7
présentera le cas d’une région qui
n’est pas adjacente à l’axe de rota-
tion, ce qui donne lieu à un solide
x
de révolution « troué ».
a x1 x2 x3 x7 b

Puisque le volume d’un solide de révolution S peut être trouvé en additionnant les volumes de n
tubes répartis le long de l’intervalle [a ; b] et en faisant tendre le nombre de tubes vers l’infini, il sera
donné par une intégrale définie :
n
X
Volume du solide de révolution = lim ( volume du ie tube )
n→∞
i =1
X n
= lim (2π · r (x i ) · h (x i ) · ∆x)
n→∞
i =1
Zb
= 2π · r (x) · h (x) d x.
a

Si l’axe de révolution est horizontal, on utilisera un découpage en tubes générés par des rectangles
horizontaux d’épaisseur ∆y. De façon générale, on pourra utiliser la formule suivante.

Méthode des tubes : Le volume du solide de révolution S, noté VS , est donné par
e2
Z
VS = 2π · r · h · d e
e1

où h est une fonction donnant la hauteur d’un tube, r son rayon (la distance
entre le rectangle générateur et l’axe de rotation) et d e son épaisseur.
104 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

Exemple 5.7
Calculez le volume du solide engendré par la rotation de la région R délimitée par les courbes y = 1,
y = x 5 + 2x + 1 et x = 1, autour de la droite x = 2.

Solution :
y Pour engendrer tous les tubes, x doit balayer
5
y = x + 2x + 1
l’intervalle [0 ; 1].
4 bc

axe de rotation x = 2
(1 ; 4) de = dx
r (x) = x D − xG = 2 − x
3
h(x) = y H − y B = (x 5 + 2x + 1) − (1)
Ze2
2
h(x) VS = 2π · r · h d e
R
e1
1 bc
Z1
(0; 1) ¡ ¢
r (x) = 2π · (2 − x) · x 5 + 2x d x
x 0
x 1 2 64
e1 e2 = π
21

Aurions-nous pu calculer ce volume à l’aide de la méthode des disques ?


• Remarquons d’abord que la région R n’est pas adjacente à l’axe de rotation. Il aurait
fallu l’exprimer comme R = R 1 − R 2 et procéder comme à l’exemple 5.6.
• Puisque l’axe de rotation est vertical, le découpage exigerait des disques hori-
zontaux (perpendiculaires à l’axe). Or les hauteurs des rectangles horizontaux
s’obtiennent en soustrayant deux fonctions de y : h(y) = x D − xG = 2 − xG , où xG
s’obtient en isolant x dans l’équation y = x 5 + 2x + 1. Mais cela est impossible !
5.2. SOLIDES DE RÉVOLUTION 105

Exemple 5.8
Déterminez la formule donnant le rayon r du tube engendré par la révolution du rectangle autour de
l’axe pointillé.
y (a) y (b) (c) y
axe de rotation x = 2

h(x) h(x) h(x)

r (x) r (x)

x x x
2 x x 4 −5 x

∆x ∆x ∆x

(d) y y (e) y (f )

h(y)
∆y y

5
h(x)

x
∆y y
h(y)
x −6
x −3
x
∆x

Solution :
(a) r = r (x) = x D − xG = x − 2

(b) r = r (x) = x D − xG = 4 − x

(c) r = r (x) = x D − xG = x − (−5) = x + 5

(d) r = r (x) = x D − xG = −3 − x

(e) r = r (y) = y H − y B = y − (−6) = y + 6

(f ) r = r (y) = y H − y B = 5 − y
106 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

Exercices

Pour tous les exercices du chapitre 5, l’utilisation d’un calculateur symbolique est
conseillée afin de résoudre les équations et d’évaluer les intégrales plus rapidement.

5.9 Soit R la région du premier quadrant délimitée par la parabole d’équation

4x 2
y = 4−
9
et S le solide engendré par la révolution de R autour de l’axe des y.
(a) Illustrez la région R et le solide S.
(b) Si l’on calcule le volume de S à l’aide de la méthode des disques, les disques seront-ils
horizontaux ou verticaux ?
(c) Calculez le volume du solide S.

5.10 Déterminez lequel des solides ci-dessous est un solide de révolution.

5.11 Dessinez la région R délimitée par les courbes y = x 2 et y = 4 et trouvez le volume du solide
engendré par la rotation de R autour de la droite d’équation donnée.

(a) y = 4 (b) y = 5 (c) x = 2 (d) x = 3

5.12 Posez et évaluez une intégrale permettant de trouver le volume du solide obtenu en faisant
tourner la région donnée autour de l’axe mentionné.
p
(a) Région bornée par : y = x, l’axe des y et y = 1. Axe de rotation : l’axe des y.
(b) Région bornée par : y = 1 − x, y = x − 1 et l’axe des y. Axe de rotation : y = 1.
(c) Région bornée par : y = x1 , l’axe des x et située à droite de x = 1. Axe de rotation : l’axe des x.
(d) Région bornée par : y = x 2 − 4, l’axe des x. Axe de rotation : i) l’axe des x, ii) y = −4.
5.2. SOLIDES DE RÉVOLUTION 107

5.13 Faites tracer les courbes


p
f (x) = 5 sin( x ) et g (x) = e x/2 + e−2x .

(a) Calculez l’aire (avec 4 décimales exactes) de la région R comprise entre ces deux courbes.
(b) Calculez le volume du solide de révolution engendré par la rotation de la région R autour de
l’axe des x.
(c) Calculez le volume du solide de révolution engendré par la rotation de la région R autour de la
droite y = 1.

5.14 Considérez la région R bornée par les courbes


x
y = x2 − 1 et y= + 2.
2
Calculez le volume du solide obtenu en faisant tourner la région R autour de la droite y = 5.

5.15 Utilisez la méthode des tubes cylindriques pour calculer le volume du solide engendré par la
rotation
(a) autour de l’axe x = 2 de la région délimitée par les courbes y = x − x 4 et y = 0.
(b) autour de l’axe des y de la région du premier quadrant bornée par les courbes y = x 2 , y = 2−x 2
et x = 0.
(c) autour de la droite x = 5 de la région du premier quadrant bornée par les courbes x = 0, y = 0
et y = −x 2 + 2x + 3.
(d) autour de l’axe des y du disque de rayon a centré en (b ; 0), avec a < b (voir figure 5.11).

5.16 Déterminez, en utilisant une (ou des) intégrale(s) définie(s), le volume du solide décrit ci-
dessous (voir figure 5.11).
(a) Un cône circulaire droit de rayon r et de hauteur h.
(b) Une sphère de rayon r .
(c) Une calotte de hauteur h d’une sphère de rayon r .
(d) Un tore obtenu en faisant tourner un disque de rayon a centré en (b ; 0) (avec a < b) autour de
l’axe des y.

5.17 Soit S le solide engendré par la révolution autour de l’axe des y de la région du premier
quadrant délimitée par la parabole de sommet (0 ; h) passant par le point (b ; 0) telle qu’illustrée à
la figure 5.12. Soit C le cône engendré par la révolution autour de l’axe des y du triangle de sommets
(0 ; 0), (0 ; h) et (b ; 0).
(a) Déterminez l’équation de la parabole en termes des paramètres b et h.
(b) Calculez le volume de S.
(c) Calculez le volume de C .
volume de S
(d) Calculez le rapport .
volume de C
(e) Le rapport des volumes est-il le même que le rapport des aires calculé à l’exercice 5.7 ?
108 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

h
y b

a x
r z

F IGURE 5.11 Cône circulaire droit, calotte de sphère et tore.

x
b

F IGURE 5.12 Quel est le ratio des volumes du paraboloïde et du cône ? Exercice 5.17

5.18 On peut modéliser un ballon de football par le solide S obtenu en faisant tourner la région B
autour de la droite d , où B est une région du plan bornée par un cercle C de rayon r et une droite d ,
située à une distance (r − h) du centre du cercle (voir figure 5.13).

F IGURE 5.13 Modélisation d’un ballon de football à l’exercice 5.18. Photo de John Brodie signature football.

(a) Posez et évaluez l’intégrale donnant le volume d’un ballon dont la longueur est de 30 cm et
pour lequel h est égal à 9 cm.
h
(b) ⋆ Pour un nouveau sport, on désire utiliser un ballon de 3000 cm3 pour lequel le rapport r
serait d’un tiers. Déterminez les dimensions d’un tel ballon.
(c) Considérez à nouveau les mesures données en (a) : longueur de 30 cm et h = 9 cm. Posez une
5.3. LONGUEURS D’ARC 109

intégrale qui donne le volume du solide de révolution obtenu par la rotation de la région B
autour de la droite d 2 , une droite tangente au cercle C et parallèle à d : utilisez la méthode des
tubes.
(d) Recalculez le même volume qu’en (c) mais en utilisant cette fois la méthode des disques.

5.19 On fore dans une boule de rayon R cm un trou cylindrique de rayon r cm (r < R) dont le centre
coïncide avec celui de la boule. Calculez le volume du solide ainsi obtenu.

5.3 Longueurs d’arc

Théorème 5.3 Si f est une fonction continue et dérivable sur l’intervalle [a ; b] alors la longueur
de la courbe d’équation y = f (x) pour a ≤ x ≤ b est donnée par
y

y = f (x)
s
Zb µ ¶2
dy
L= 1+ d x. L
a dx
x
a b

Si g est une fonction continue et dérivable sur l’intervalle [c ; d ] alors la longueur de la courbe
d’équation x = g (y) pour c ≤ y ≤ d est donnée par
y

d
s µ ¶2
Zd
dx x = g (y)
L= 1+ d y. L
c dy
c

⊲ Démonstration Comme pour les calculs d’aire et de volume des sections précédentes, les for-
mules donnant la longueur d’arc proviennent elles aussi d’un processus de passage à la limite. La
courbe peut être considérée comme une juxtaposition de petits segments rectilignes. La somme
des longueurs des petits segments fournit alors une approximation de la longueur de la courbe.
L’approximation est d’autant meilleure que le nombre de segments est grand.
Soit f une fonction continue et dérivable sur l’intervalle [a ; b]. La courbe y = f (x) est alors une
courbe lisse sur [a ; b] (c’est-à-dire continue et dérivable, donc ne changeant pas brusquement de
– l’arc (la portion de
direction). Soit P = (a ; c) et Q = (b ; d ) deux points de cette courbe et soit PQ
courbe) qui les relie. Pour un partage de [a ; b] en n sous-intervalles de largeur égale ∆x i = ∆x = b−a
n
on obtient la figure suivante, où chaque portion de l’arc est approximée par un segment P i P i +1 .
110 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

Q bc

P 2bc

bc
P1 bc
P3
bc
bc
P4
P bc
x
a = x0 x1 x2 x3 x4 xn = b

Considérons le triangle rectangle obtenu dans le ie sous-intervalle et exprimons la longueur


de son hypoténuse ∆s i en fonction de ∆x i et ∆y i grâce au théorème de Pythagore et à quelques
manipulations algébriques.

q
y ¡ ¢2
∆s i = (∆x i )2 + ∆y i
q
¡ ¢2 ∆x i
P i +1 = (∆x i )2 + ∆y i ·
bc
∆x i

i P i +1 v
u
u (∆x )2 + ¡∆y ¢2
∆y i t i i
∆s i = 2
· ∆x i
(∆x i )
Pi v
u
u (∆x )2 ¡∆y ¢2
bc
∆x i t i i
= 2
+ · ∆x i
(∆x i ) (∆x i )2
s
µ ¶
∆y i 2
= 1+ · ∆x i .
bc bc x ∆x i
xi x i +1
Rappelons que, lorsque le nombre n de sous-intervalles tend vers l’infini, cela entraîne que la
largeur ∆x i de ceux-ci tend vers 0 et que la pente du segment P i P i +1 tend vers la pente de la tangente
à la courbe en P i . Or cette pente est donnée par la dérivée f ′ (x i ) ; c’est la définition de la dérivée !

∆y i ∆y i
lim = lim
i)

y = f (x) n→∞ ∆x i ∆x i →0 ∆x i
(′ x

bc
f

P i +1
d y ¯¯
=
m

∆y i = ¯ (notation de Leibniz de la dérivée)


Pi bc d x x=xi
∆x i = f ′ (x i ) (notation « prime » de la dérivée)

bc bc x
xi x i +1
Ainsi, en utilisant le processus d’intégration pour ce partage de [a ; b] en n sous-intervalles, on
5.3. LONGUEURS D’ARC 111

– la formule suivante.
obtient pour la longueur L de l’arc PQ
n−1
X Xq
n−1 ¡ ¢2
L = lim ∆s i = lim (∆x i )2 + ∆y i
n→∞ n→∞
i =0 i =0
s 
n−1 µ ¶2
X ∆y i
= lim  1+ · ∆x i 
n→∞ ∆x i
i =0
s
Zb µ ¶
dy 2
= 1+ dx La présence du ∆x i était nécessaire pour pouvoir passer à l’intégrale.
dx
a
Zb q
¡ ¢2
= 1 + f ′ (x) d x
a
On obtient de façon similaire la formule de la longueur d’arc sur la courbe x = g (y) par un partage de
[c ; d ] en n sous-intervalles de largeur ∆y i = ∆y = d n−c .
n−1
X Xq
n−1 ¡ ¢2
L = lim ∆s i = lim (∆x i )2 + ∆y i
n→∞ n→∞
i =0 i =0
Ãs µ ¶2 !
n−1
X ∆x i
= lim 1+ · ∆y i
n→∞ ∆y i
i =0
d s µ ¶2
Z
dx
= 1+ dy
dy
c
dq
Z
¡ ¢2
= 1 + g ′ (y) d y
c
fin de la démonstration ⊳

Exemple 5.9
Calculez la longueur de l’arc de la courbe y = x 2 +4x −1 entre les points P = (1 ; 4) et Q = (3 ; 20). L’unité
de mesure de x et y est le cm.

Solution : y
s
Zb µ ¶2
Q bc dy
20 L = 1+ dx
dx
a
2 Z3 q
y = x + 4x − 1
4 P bc = 1 + (2x + 4)2 d x ≈ 16, 127 cm
x 1
1 3

Validation rapide. Calculons la longueur du segment PQ à l’aide du théorème de Pythagore. Nous


devrions obtenir une valeur légèrement inférieure à 16, 127. En effet, nous avons :
p p
PQ = (3 − 1)2 + (20 − 4)2 = 260 ≈ 16, 125 cm.
112 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

Exemple 5.10
y6
Calculez la longueur de la portion de la courbe x = − y − 2 située dans les quadrants II et III.
3

Solution :

y y6
x= − y −2
bc
3
Q
1

x
−3 −2 −1 1 2

−1 bc
P

Trouvons d’abord les valeurs de y lorsque x = 0 :

y6
− y − 2 = 0. (5.1)
3

En résolvant avec un calculateur symbolique, on trouve y ≈ −1, 165 et y ≈ 1, 478 (ce qui semble bien
correspondre aux ordonnées des points P et Q). Pour être le plus précis possible, on doit conserver
un maximum de décimales, par exemple en gardant les valeurs obtenues en mémoire ; disons en c et
d.

d s µ ¶2 dq
Z Z
dx ¡ ¢2
L = 1+ dy = 1 + 2y 5 − 1 d y ≈ 6, 402
dy
c c

Validation rapide. Puisque les échelles de x et y sur le graphique sont les mêmes, nous pouvons
utiliser la « technique du bout de corde » pour estimer la longueur de l’arc.

Remarque. Si l’on avait arrondi les solutions de l’équation 5.1 à la troisième


décimale (plutôt qu’en conservant toute la précision possible), on aurait obtenu
une longueur de 6, 397 plutôt que 6, 402 :

d s µ ¶2 1,478
Z Z q
dx ¡ ¢2
L = 1+ dy ≈ 1 + 2y 5 − 1 d y ≈ 6, 397.
dy
c −1,165
5.3. LONGUEURS D’ARC 113

Exercices sur la longueur d’arc

5.20 Calculez la longueur de l’arc décrit par y = x 4 pour 0 ≤ x ≤ 3. Indiquez l’intégrale définie
utilisée.

5.21 Calculez la longueur de l’arc de parabole x = y 2 compris entre (1 ; 1) et (4 ; −2). Indiquez


l’intégrale définie utilisée.

5.22 Déterminez la longueur d’arc pour les courbes suivantes. Indiquez l’intégrale définie utilisée.
(a) y = ln(cos(x)) entre x = 0 et x = π4 .
1
(b) y = 2x 3/2 entre x = 3 et x = 7.
(c) y = x sin(x) entre x = 0 et x = 1.
(d) y = tan(x) entre x = 0 et x = π2 .

5.23 Utilisez une intégrale définie pour mesurer la portion de la circonférence du cercle de rayon 1
centré à l’origine qui est située dans le premier quadrant. Indiquez l’intégrale définie utilisée et
comparez sa valeur avec le résultat attendu.

5.24 Tracez les courbes suivantes et calculez leurs longueurs.


(a) y = sin(x) entre ( 0 ; 0 ) et ( 2π ; 0 ).
(b) y = sin(2x) entre ( 0 ; 0 ) et ( 2π ; 0 ).
(c) y = 2 sin(x) entre ( 0 ; 0 ) et ( 2π ; 0 ).
(d) Montrez que la longueur de la courbe y = sin(a x) entre ( 0 ; 0 ) et ( 2π ; 0 ) est égale à la
longueur de la courbe y = a sin(x) entre ( 0 ; 0 ) et ( 2π ; 0 ) pour a ∈ N∗ .

Rappel.

N∗ = {1, 2, 3, . . .}
N = {0, 1, 2, 3, . . .}
Z = {. . . , −3, −2, −1, 0, 1, 2, 3, . . .}
na ¯ o
¯
Q = ¯ a ∈ Z, b ∈ Z, b 6= 0
b

5.25 Faites tracer les courbes


2
f (x) = 2 cos(3 x − 4) et g (x) = 1, 8 − e (x−3,8) .

(a) Soit R la région comprise entre ces deux courbes. Calculez son aire en arrondissant le résultat
à la quatrième décimale.
(b) Calculez la longueur de la frontière de la région R à l’aide d’intégrales définies en arrondissant
le résultat à la quatrième décimale.
114 CHAPITRE 5. CALCULS D’AIRES, DE VOLUMES ET DE LONGUEURS

Rappel. La fonction cosinus hyperbolique est définie par

e u + e −u
cosh(u) = .
2

5.26 Un câble électrique est suspendu entre deux tours distantes de 200 m. La forme du câble est
décrite par l’équation ci-dessous, appelée équation de la chaînette :
³ x ´
y(x) = 150 cosh pour − 100 ≤ x ≤ 100
150
où x et y sont exprimés en mètres. Faites tracer cette courbe et trouvez la longueur du câble entre les
deux tours.

5.27 La forme du « Gateway Arch » à Saint-Louis dans le Missouri peut être modélisée par

y = 693, 8597 − 68, 7672 cosh(0, 0100333 x) pour − 299, 226 ≤ x ≤ 299, 226

(x et y en pieds). Trouvez la longueur de cette courbe.

5.28 ⋆ Deux couloirs d’une piste de course sont modélisés par les demi-ellipses
s s
x2 x2
y = 100 − et y = 150 −
5 5
p
où x et y sont exprimés en mètres. Le point de départ pour le couloir intérieur est D1 = (− 500 ; 0).
p p
Les points d’arrivée sont A1 = ( 500 ; 0) et A2 = ( 750 ; 0). Où doit-être situé le point de départ D2 du
couloir extérieur pour que les deux couloirs soient de même longueur ?

 

x
     




F IGURE 5.14 Deux couloirs de course.

Conseil : l’utilisation d’un solveur (avec approximation initiale) est conseillée, par exemple le
« nsolve » de la calculatrice TI ou le « fsolve » du logiciel Maple. Sinon, il est toujours possible de
résoudre par essais et erreurs sur l’inconnue.
Chapitre 6

Polynômes et séries de Taylor

Introduction

Vous êtes-vous déjà demandé comment une calculatrice ou un ordinateur procède pour obtenir
la valeur de sin(14°), arctan(3), 50,31 ou ln(1, 2) ? Les valeurs des fonctions ne peuvent être toutes
placées en mémoire. La machine doit les calculer en employant les opérations arithmétiques de base
que sont l’addition, la soustraction, la multiplication et la division. Par exemple, on peut obtenir des
approximations de plus en plus précises de la valeur de ln(1, 2) de la façon suivante :

ln(1, 2) ≈ 0, 2
0, 2 × 0, 2
≈ 0, 2 − = 0, 18
2
0, 2 × 0, 2 0, 2 × 0, 2 × 0, 2
≈ 0, 2 − + = 0, 182666 . . .
2 3

Par ailleurs, en physique et en ingénierie, l’approximation d’une fonction par un polynôme est
souvent justifiée par la simplicité de calcul qui en découle. À titre d’exemple, l’approximation

sin(x) ≈ x pour de petits angles x exprimés en radians

est fréquemment employée.


Nous verrons dans ce chapitre que de nombreuses fonctions peuvent être approximées par
des polynômes et nous expliquerons comment obtenir les coefficients de ces polynômes. Nous
remarquerons que la précision des approximations augmente avec le degré du polynôme utilisé, une
précision parfaite étant atteinte par un « polynôme de degré infini ».
En plus de fournir une façon de calculer les valeurs des fonctions, les séries de puissances
fournissent une façon de calculer des intégrales définies. Elles jouent aussi un rôle important dans la
résolution d’équations différentielles, ce qui sera vu dans le cours MAT265. Finalement, mentionnons
que les séries permettent la généralisation des fonctions élémentaires (e x , ln(x), sin(x), etc.) au
domaine des nombres complexes, univers dans lequel les racines carrées des nombres négatifs
existent.. . .

115
116 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

6.1 Approximer une fonction grâce à un polynôme

Dans l’optique de l’approximation d’une fonction, les polynômes sont particulièrement intéres-
sants du fait que leur évaluation ne nécessite que l’utilisation des quatre opérations arithmétiques de
base (l’addition, la soustraction, la multiplication et la division). Ils sont donc faciles à implémenter
dans un circuit électronique. De plus, ils sont très faciles à dériver et à intégrer. La question suivante
est donc d’une très grande importance :

Comment trouver un polynôme p(x) de degré k qui approxime bien la fonction


f (x) près de x = a ?

Rappelons d’abord que parmi les polynômes de degré 1, celui qui approxime le mieux la fonction
f près de x = a est p(x) = f (a) + f ′ (a)(x − a), dont le graphe est celui de la droite tangente à la courbe
y = f (x) en x = a.

y f
y p y
p
f f
p
p(a) = f (a) bc bc bc

x x x
a a a

p ′ (a) < f ′ (a) p ′ (a) = f ′ (a) p ′ (a) > f ′ (a)

F IGURE 6.1 Quel polynôme p(x) de degré 1 approxime le mieux la fonction f (x) près de x = a ?

y f
y y
f f
)

)
(a

(a

(a
f ′

f ′

f ′

p
p
)=

)=

)=

p(a) = f (a) bc bc bc
(a

(a

(a

p
p′

p′

p′

x x x
a a a

p ′′ (a) > f ′′ (a) p ′′ (a) = f ′′ (a) p ′′ (a) < f ′′ (a)

F IGURE 6.2 Quel polynôme p(x) de degré 2 approxime le mieux la fonction f (x) près de x = a ?

Pour que p(x) constitue une bonne approximation de f (x) lorsque x est près de a, certaines
conditions doivent être satisfaites. D’abord, les deux courbes doivent passer par le point (a ; f (a)) :
ainsi p(a) = f (a). De plus, leurs tangentes en a doivent présenter la même pente : p ′ (a) = f ′ (a). La
6.1. APPROXIMER UNE FONCTION GRÂCE À UN POLYNÔME 117

précision de l’approximation sera plus grande si les deux courbes sont de même courbure en x = a,
c’est-à-dire si leurs dérivées secondes en a sont aussi égales. Et il en ira de même pour les dérivées
d’ordre supérieur. Ainsi, pour obtenir la meilleure approximation polynomiale de degré k de f , il faut
choisir les k + 1 coefficients du polynôme p de sorte que les fonctions f et p et leurs k premières
dérivées soient respectivement égales en a :

p(a) = f (a)

p (a) = f ′ (a)
p ′′ (a) = f ′′ (a)
...
(k)
p (a) = f (k) (a)

où f (k) (a) désigne la dérivée d’ordre k de la fonction f évaluée en a. Les k + 1 équations ci-dessus
permettent de déterminer les k + 1 coefficients du polynôme p(x).

Rappel sur les factorielles.

0! = 1 1! = 1 2! = 2 · 1 = 2 3! = 3 · 2 · 1 = 6 4! = 4 · 3 · 2 · 1 = 4 · 3! = 24 ...

n! = n · (n − 1)! = n · (n − 1) · (n − 2) · ... · 3 · 2 · 1 si n ∈ N∗

Exemple 6.1
Considérez la fonction
f (x) = cos(x).
(a) Donnez un polynôme de degré 4 de la forme

p(x) = c 0 + c 1 x + c 2 x 2 + c 3 x 3 + c 4 x 4

qui approxime la fonction f près de 0. Tracez le graphe du polynôme et celui de la fonction


cos(x) sur le même système d’axes afin d’établir dans quelle mesure p constitue une bonne
approximation de f pour des valeurs de x situées près de 0.
(b) Calculez l’erreur commise en utilisant l’approximation p(x) plutôt que la valeur de cos(x)
fournie par la calculatrice pour x = 0, 5 ainsi que pour x = 1 et x = 2.

Solution :
(a) Évaluons d’abord les dérivées du polynôme p et celles de la fonction f en x = 0.

p(x) = c0 + c1 x + c2 x 2 + c3 x 3 + c4 x 4 p(0) = c 0 = 0! c 0
′ 2 3 ′
p (x) = c 1 + 2c 2 x + 3c 3 x + 4c 4 x p (0) = c 1 = 1! c 1
′′ 2 ′′
p (x) = 2c 2 + 3 · 2c 3 x + 4 · 3c 4 x p (0) = 2c 2 = 2! c 2
′′′ ′′′
p (x) = 3 · 2c 3 + 4 · 3 · 2c 4 x p (0) = 3 · 2c 3 = 6c 3 = 3! c 3
(4) (4)
p (x) = 4 · 3 · 2c 4 p (0) = 4 · 3 · 2c 4 = 24c 4 = 4! c 4
118 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

f (x) = cos(x) f (0) = 1


′ ′
f (x) = − sin(x) f (0) = 0
′′ ′′
f (x) = − cos(x) f (0) = −1
′′′ ′′′
f (x) = sin(x) f (0) = 0
(4) (4)
f (x) = cos(x) f (0) = 1

Les 5 équations permettent de déterminer les valeurs des 5 coefficients du polynôme :

p(0) = f (0) =⇒ c 0 = 1 Pour que p constitue la meilleure approxima-


tion possible de la fonction f près de x = 0
p ′ (0) = f ′ (0) =⇒ c 1 = 0
par un polynôme de degré 4, il faut que f et
1
p ′′ (0) = f ′′ (0) =⇒ c 2 = − p, ainsi que leurs 4 premières dérivées soient
2
p ′′′ (0) = f ′′′ (0) =⇒ c 3 = 0 égales en x = 0. Cette condition se traduit
1 par 5 équations dont les 5 inconnues sont les
p (4) (0) = f (4) (0) =⇒ c 4 = coefficients du polynôme.
24

Ainsi, le polynôme de degré 4 recherché est

p(x) = c 0 + c 1 x + c 2 x 2 + c 3 x 3 + c 4 x 4
1 1
= 1 + 0x − x 2 + 0x 3 + x 4
2 24
1 2 1 4
= 1− x + x .
2 24
Traçons les graphes de f et p dans la même fenêtre afin d’établir dans quelle mesure p
constitue une bonne approximation de f pour des valeurs de x situées près de 0.

3
y = p(x) = 1 − 21 x 2 + 24
1 4
x
2

1 bc

x
−7 −6 −5 −4 −3 −2 −1 1 2 3 4 5 6 7
−1
y = f (x) = cos(x)
−2

On observe que, lorsque x est près de 0, p(x) constitue une « relativement bonne » approxi-
mation de f (x) = cos(x). Sur ce graphique, on ne peut même pas distinguer les deux courbes
sur l’intervalle ] − 1, 5 ; 1, 5[ . Cependant, quand x s’éloigne de 0, le polynôme p(x) « remonte »
vers l’infini alors que le cosinus oscille toujours entre −1 et 1.
6.1. APPROXIMER UNE FONCTION GRÂCE À UN POLYNÔME 119

(b)

en x = 0, 5 : erreur = p(0, 5) − cos(0, 5)


≈ 0, 877604 − 0, 877583
≈ 0, 000021

en x = 1 : erreur = p(1) − cos(1)


≈ 0, 541667 − 0, 540302
≈ 0, 001365

en x = 2 : erreur = p(2) − cos(2)


≈ −0, 333333 − −0, 416147
≈ 0, 082814

Observez-vous un comportement particulier de l’erreur lorsque x s’éloigne de 0 ?

Exemple 6.2
Considérez la fonction
f (x) = e x .
Donnez un polynôme de degré 4, c’est-à-dire de la forme

p(x) = c 0 + c 1 x + c 2 x 2 + c 3 x 3 + c 4 x 4 ,

qui approxime la fonction f près de 0. Tracez le graphe du polynôme et celui de la fonction f sur le
même système d’axes et commentez.

Solution :
On a déjà évalué les dérivées de p(x) en x = 0 à l’exemple précédent et les dérivées successives de
f (x) = e x évaluées en 0 sont toutes égales à e 0 = 1. Ainsi,
f (0) 1
p(0) = 0! c 0 = f (0) =⇒ c 0 = = = 1
0! 0!
f ′ (0) 1
p ′ (0) = 1! c 1 = f ′ (0) =⇒ c 1 = = = 1
1! 1!
f ′′ (0) 1 1
p ′′ (0) = 2! c 2 = f ′′ (0) =⇒ c 2 = = =
2! 2! 2
f ′′′ (0) 1 1
p ′′′ (0) = 3! c 3 = f ′′′ (0) =⇒ c 3 = = =
3! 3! 6
f (4) (0) 1 1
p (4) (0) = 4! c 4 = f (4) (0) =⇒ c 4 = = = .
4! 4! 24
Remarquons au passage que les dérivées d’ordre supérieur ou égal à 5 d’un polynôme de degré 4 sont
toujours nulles. Il serait donc impossible de satisfaire la condition

p (5) (0) = f (5) (0)


120 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

à moins d’utiliser un polynôme p de degré 5. Ainsi, le polynôme recherché est

p(x) = c 0 + c 1 x + c 2 x 2 + c 3 x 3 + c 4 x 4
1 1 1
= 1 + 1x + x 2 + x 3 + x 4 .
2 6 24

On observe à la figure 6.3 que, lorsque x est près de 0, p(x) semble constituer une bonne approxima-
tion de e x . Cependant, quand x s’éloigne de 0 en prenant des valeurs négatives, p(x) « remonte » pour
x < −2 alors que e x tend vers 0. Quand x s’éloigne de 0 en prenant des valeurs positives, la résolution
du graphique ne permet de distinguer les courbes que pour x > 2.

y
18
y = ex
16
y = p(x) = 1 + 1x + 21 x 2 + 16 x 3 + 24
1 4
x
14

12

10

2
bc

x
−5 −4 −3 −2 −1 1 2 3 4
−2

F IGURE 6.3 Graphes de la fonction e x et du polynôme de degré 4 p(x).

Généralisation
Les exemples qui précèdent indiquent la voie à suivre pour déterminer les coefficients du polynôme

p(x) = c 0 + c 1 x + c 2 x 2 + c 3 x 3 + c 4 x 4 + · · · + c k x k

qui approxime la fonction f (x) pour des valeurs de x situées près de 0. En effet, pour n ≤ k, puisque

p (n) (0) = n! c n ,

la condition
p (n) (0) = f (n) (0)
entraîne alors
f (n) (0)
cn = .
n!
6.1. APPROXIMER UNE FONCTION GRÂCE À UN POLYNÔME 121

Il en va de même pour le polynôme

p(x) = c 0 + c 1 (x − a) + c 2 (x − a)2 + c 3 (x − a)3 + · · · + c k (x − a)k

qui permet d’approximer une fonction pour des valeurs de x proches de a. Sa dérivée n-ième évaluée
en a est donnée par
p (n) (a) = n! c n ,
de sorte que la condition
p (n) (a) = f (n) (a)
entraîne
f (n) (a)
. cn =
n!
Cette remarque nous conduit à la définition suivante.

Définition 6.1 Le polynôme de Taylor d’ordre k de la fonction f développé en x = a est

k
X
Tk (x) = c n (x − a)n = c 0 + c 1 (x − a) + ... + c k (x − a)k .
n=0

avec
f (n) (a)
cn = .
n!
Ainsi
Xk µ f (n) (a) ¶
Tk (x) = (x − a)n .
n=0 n!

Cas particuliers

• Dans le cas particulier où a = 0, les puissances de (x − a) deviennent des puissances de (x − 0),


donc de x. Le polynôme de Taylor d’ordre k prend alors la forme

k
X f (n) (0)
Tk (x) = c n x n = c 0 + c 1 x + ... + c k x k , avec cn = .
n=0 n!

• Dans le cas particulier où k = 1, on obtient


1
X
T1 (x) = c n (x − a)n = c 0 + c 1 (x − a)1 = f (a) + f ′ (a)(x − a)
n=0
¡ ¢
qui est l’équation de la droite tangente à la courbe y = f (x) au point a ; f (a) .

• Dans le cas particulier où k = 2, on obtient


2
X f ′′ (a)
T2 (x) = c n (x − a)n = c 0 + c 1 (x − a)1 + c 2 (x − a)2 = f (a) + f ′ (a)(x − a) + (x − a)2 .
n=0 2
122 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

À la page 25, nous avions obtenu par des arguments de nature géométrique ce développement
pour l’approximation de la température T d’une barre de métal en x = 1, 5 :

T ′′ (1)
T (1, 5) ≈ T (1) + T ′ (1) · 0, 5 + · 0, 52 .
2
Il s’agissait en fait du polynôme de Taylor d’ordre 2 de la fonction température T développé au point
x = 1 et évalué en x = 1, 5 :

T ′′ (1)
T (1, 5) ≈ T (1) + T ′ (1) · (1, 5 − 1) + · (1, 5 − 1)2 .
2

Ainsi, les polynômes de Taylor en x = a servent à approximer une fonction f (x) au voisinage du
point a. L’approximation sera d’autant meilleure que x est proche de a. Par ailleurs, le nombre de
termes utilisés dans l’approximation déterminera aussi la justesse de l’approximation : plus le degré
du polynôme employé sera élevé, meilleure sera l’approximation, comme l’illustrent les graphes des
figures 6.4 et 6.5.1
Ces graphes montrent que le polynôme de Taylor épouse la fonction sur un intervalle dont la
longueur augmente avec le degré du polynôme employé.

y y
T1 (x)

2
T3 (x) 2

1 1 f (x) = sin(x)

0 bc x 0 bc x
−6 −4 −2 0 2 4 6 −6 −4 −2 0 2 4 6
−1 −1
f (x) = sin(x)
−2 −2

y y

2
T5 (x) T11 (x) 2

1 1 f (x) = sin(x)

0 bc x 0 bc x
−6 −4 −2 0 2 4 6 −6 −4 −2 0 2 4 6
−1 −1
f (x) = sin(x)
−2 −2

F IGURE 6.4 Fonction sin(x) et quatre de ses polynômes de Taylor développés en x = 0.

1. Pour voir des polynômes de Taylor utilisés pour approximer différentes fonctions, ouvrez le fichier Géogébra
https://cours.etsmtl.ca/seg/GSAVARD/Animations/Polynomes_de_Taylor/Polynomes_de_Taylor.
ggb et modifiez le degré du polynôme ou la valeur autour de laquelle il est développé.
6.1. APPROXIMER UNE FONCTION GRÂCE À UN POLYNÔME 123

y y

2 2

1 bc
T1 (x) 1 bc f (x) = sin(x)

0 x 0 x
−6 −4 −2 0 2 4 6 −6 −4 −2 0 2 4 6
−1 −1
f (x) = sin(x)
−2 −2
T2 (x)
y y

2
T5 (x) T8 (x) 2

1 bc 1 bc

0 x 0 x
−6 −4 −2 0 2 4 6 −6 −4 −2 0 2 4 6
−1 −1
f (x) = sin(x) f (x) = sin(x)
−2 −2

F IGURE 6.5 Fonction sin(x) et quatre de ses polynômes de Taylor développés en x = 2.

Exemple 6.3
p
Déterminez T3 (x), le polynôme de Taylor d’ordre 3 qui permet d’approximer la fonction f = 1 + x
p
au voisinage de x = 0. Utilisez ce polynôme pour approximer 1, 2. Comparez la valeur obtenue avec
p
la valeur de 1, 2 donnée par la calculatrice.

Solution :
D’après la définition 6.1, on a
3
X f (n) (0)
T3 (x) = c n (x − 0)n = c 0 + c 1 x + c 2 x 2 + c 3 x 3 avec cn = .
n=0 n!

Calculons donc les dérivées successives de f évaluées en x = 0 pour obtenir les coefficients du
polynôme.

f (n) (0)
f (n) (x) f (n) (0) cn =
n!
p f (0) 1
f (x) = 1+x f (0) = 1 c0 = = =1
0! 1

1 1 f (0) 1/2 1
f ′ (x) = (1 + x)−1/2 f ′ (0) = c1 = = =
2 2 1! 1 2
′′
1 −1 1 f (0) −1/4 1
f ′′ (x) = · (1 + x)−3/2 f ′′ (0) = − c2 = = =−
2 2 4 2! 2 8
1 −1 −3 3 f ′′′ (0) 3/8 1
f ′′′ (x) = · · (1 + x)−5/2 f ′′′ (0) = c3 = = =
2 2 2 8 3! 6 16
124 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

Ainsi,
x x2 x3
T3 (x) = c 0 + c 1 x + c 2 x 2 + c 3 x 3 = 1 + − + .
2 8 16
p
L’approximation de 1, 2 calculée à l’aide de T3 est donc
p p 0, 2 0, 22 0, 23
1, 2 = 1 + 0, 2 = f (0, 2) ≈ T3 (0, 2) = 1 + − + = 1, 0955
2 8 16
p
tandis que la valeur de 1, 2 donnée par la calculatrice est 1, 095445115. L’écart entre ces valeurs est
inférieur à 0, 0001.

Exemple 6.4
Déterminez le polynôme de Taylor d’ordre 3 qui permet d’approximer la fonction f au voisinage de
x = 2 sachant que

f (2) = 8 f ′ (2) = 4 f ′′ (2) = −2 et f ′′′ (2) = −3.

Utilisez ce polynôme pour approximer f (1, 8). Pouvez-vous évaluer l’erreur commise lors de cette
approximation, c’est-à-dire l’écart entre l’approximation et la valeur exacte ?

Solution :
On a
3
X f (n) (2)
T3 (x) = c n (x − 2)n = c 0 + c 1 (x − 2) + c 2 (x − 2)2 + c 3 (x − 2)3 avec cn =
n=0 n!

f (2) 8
c0 = = = 8
0! 1
f ′ (2) 4
c1 = = = 4
1! 1
′′
f (2) −2
c2 = = = −1
2! 2
f ′′′ (2) −3 −1
c3 = = =
3! 6 2
Ainsi,
1
T3 (x) = 8 + 4(x − 2) − (x − 2)2 − (x − 2)3
2
et, lorsque x = 1, 8,
1
T3 (1, 8) = 8 + 4(−0, 2) − (−0, 2)2 − (−0, 2)3 = 7, 164
2
ce qui nous permet d’approximer la valeur de la fonction f en x = 1, 8 à

f (1, 8) ≈ 7, 164.

Il nous est toutefois impossible d’évaluer l’erreur commise, car la fonction f n’est pas spécifiée.
6.1. APPROXIMER UNE FONCTION GRÂCE À UN POLYNÔME 125

Exercices sur les polynômes de Taylor

1
6.1 Trouvez le polynôme de Taylor d’ordre 2 de f (x) = développé en x = 0 en utilisant la
1 + x2
définition 6.1.

6.2 Soit h(t ) la fonction qui donne la hauteur (en m) au temps t (en s) d’un objet se déplaçant
verticalement, v(t ), sa vitesse (en m/s) et a(t ) son accélération (en m/s2). Connaissant les mesures
suivantes
3
h(10) = 25 v(10) = −3 a(10) = 1 et a ′ (10) = ,
5
donnez une fonction permettant d’estimer la hauteur h(t ) lorsque t est près de 10 s. Utilisez cette
fonction pour estimer la hauteur de l’objet au temps t = 11 s.

6.3 Sachant que le polynôme de Taylor d’ordre 4 développé en x = 0 de la fonction f est

x4
T4 (x) = 15 + 2x − 2x 2 + ,
8

déterminez les valeurs de f (0), f ′ (0), f ′′ (0), f ′′′ (0) et de f (4) (0).

6.4 La population d’une ville est de 187000 habitants. Elle croît actuellement au taux de 13000
habitants par année, mais ce taux semble lui-même diminuer de 1000 hab./année par année. À l’aide
de ces informations, estimez la population de la ville dans un an et dans deux ans.

6.5 Trouvez le polynôme de Taylor d’ordre 6 de f développé en x = a en utilisant la définition 6.1.


(a) f (x) = e 3x en a = 0
(b) f (x) = sin(4x) en a = 0
(c) f (x) = cos(2x) en a = 0
(d) f (x) = cos(2x) en a = π
(e) f (x) = ln(x) en a = 2
(f ) f (x) = 3x ln(1 + 3x) en a = 0
(g) f (x) = tan(x) en a = 0
(h) f (x) = sec(x) en a = 0
(i) f (x) = arcsin(x) en a = 0

6.6 Trouvez le polynôme de Taylor d’ordre 2 de f (x) = 2x 2 −12x +14 développé en x = a en utilisant
la définition 6.1 et tracez son graphe dans la même fenêtre que celui de f .
(a) pour a = 0. Que remarquez-vous ?
(b) pour a = 1. Que remarquez-vous ?
(c) pour a = 3. Que remarquez-vous ?
126 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

6.7 ⋆ Cet exercice constitue une introduction à la notion d’intervalle de convergence. Utilisez votre
calculatrice (commandes « Taylor » et « Seq », voir Aide-mémoire TI sections A.2.9 et A.2.1) pour faire
calculer les sept premiers polynômes de Taylor de f en x = a, donc T0 à T6 , et faites tracer les graphes
de tous ces polynômes et celui de f dans une même fenêtre.
(a) f (x) = e x en a = 0.
(b) f (x) = sin(x) en a = 0.
Pour chacun des polynômes, calculez aussi l’erreur relative commise en utilisant l’approxima-
tion T (x) plutôt que la valeur exacte f (x) en x = 1.
(c) f (x) = ln(x) en a = 2 (faites tracer les graphes sur [−1 ; 5] puis dans une fenêtre plus large).
Vous semble-t-il judicieux d’utiliser un des polynômes obtenus pour approximer ln(4, 6) ?
Pourquoi ?
(d) f (x) = tan(x) en a = 0.
Vous semble-t-il judicieux d’utiliser un des polynômes obtenus pour approximer tan(1, 6) ?
Pourquoi ? Croyez-vous qu’en utilisant polynôme de Taylor de plus grand degré, l’on pourrait
approximer tan(1, 6) ?

6.8 Vous désirez utiliser un polynôme de Taylor pour approximer les fonctions suivantes.
(a) f (x) = cos (x)
(b) f (x) = cos2 (x)
¡ ¢
(c) f (x) = cos x 2
Cette approximation portera sur des valeurs de x comprises entre −1 et 1. Vous utiliserez des
polynômes de Taylor développés en x = 0. L’erreur faite en approximant sera plus importante aux
extrémités de l’intervalle, d’où l’intérêt de minimiser l’erreur en ces points. Établissez le degré k du
polynôme qui, évalué en x = 1, donnera lieu à une erreur relative inférieure à 1%. En d’autres termes,
trouvez k tel que : ¯ ¯
¯ f (1) − Tk (1) ¯
¯ ¯ × 100% < 1%
¯ f (1) ¯

Utilisez la commande taylor() de Nspire pour générer les polynômes (voir section A.2.9 p. 187).
6.2. LES SÉRIES 127

6.2 Les séries

6.2.1 Des polynômes de Taylor de degré de plus en plus grand

À l’exercice 6.7, nous avons remarqué que les polynômes de Taylor de f développés en a ne
peuvent pas être utilisés pour approximer la fonction f au-delà d’un certain intervalle, peu importe
le degré de ceux-ci. Revenons sur ce fait important.

Exemple 6.5
Calculez et tracez quelques polynômes de Taylor de la fonction

1
f (x) =
1−x
développés en x = 0 afin d’observer si l’intervalle sur lequel ils approximent f semble croître
indéfiniment quand le degré du polynôme augmente.

Solution :
Calculons les dérivées successives de f évaluées en x = 0 pour obtenir les coefficients des polynômes.

f (n) (0)
f (n) (x) f (n) (0) cn =
n!
1 f (0) 1
f (x) = f (0) = 1 c0 = = =1
1−x 0! 1

1 f (0) 1
f ′ (x) = f ′ (0) = 1 c1 = = =1
(1 − x)2 1! 1
2 f ′′ (0) 2
f ′′ (x) = f ′′ (0) = 2 c2 = = =1
(1 − x)3 2! 2
3·2 f ′′′ (0) 6
f ′′′ (x) = f ′′′ (0) = 3! c3 = = =1
(1 − x)4 3! 6
4·3·2 f (4) (0) 4!
f (4) (x) = f (4) (0) = 4! c4 = = =1
(1 − x)5 4! 4!
(5)
5·4·3·2 f (0) 5!
f (5) (x) = f (5) (0) = 5! c5 = = =1
(1 − x)6 5! 5!
Nous constatons une régularité dans les dérivées (que nous ne démontrerons pas formellement ici)
qui nous permet d’affirmer que les coefficients c 0 , c 1 , c 2 , . . . sont tous égaux à 1. Les polynômes de
1
Taylor de f (x) = 1−x développés en 0 sont donc

T0 (x) = 1
T1 (x) = 1+x
T2 (x) = 1 + x + x2
T3 (x) = 1 + x + x2 + x3
...
Tn (x) = 1 + x + x2 + x3 + . . . + xn
128 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

y T7 T4
9
8
7 f
T10
6
5
4
T4 3
T1
2
1
f
x
T1
−1 −1 1

−2
T7
−3 f
−4
−5
−6

1
F IGURE 6.6 Fonction f (x) = et quelques-uns de ses polynômes de Taylor développés en 0.
1−x
Aucun d’eux ne permet d’approximer f (x) pour x > 1.

En observant les graphes de la figure 6.6, nous constatons que les polynômes de Taylor développés
en 0 ne semblent permettre d’approximer la fonction f que sur l’intervalle ] − 1 ; 1[. Une observation
de nature algébrique vient confirmer cette impression. En effet, pour x > 1, le polynôme Tn ne peut
pas servir à approximer la fonction, f car Tn (x) est positif alors que f (x) est négatif :

1
x >1 =⇒ f (x) = < 0
1−x
mais Tn (x) = 1 + x + x 2 + x 3 + · · · + x n > 1

Poursuivons l’étude des polynômes de Taylor de l’exemple précédent, en adoptant maintenant


un point de vue numérique. La table 6.1 présente les valeurs de la fonction f avec celles prises par ses
polynômes de Taylor développés en 0 pour différentes valeurs de x.
En observant les entrées de la troisième colonne (x = −0, 6), on constate que la suite de valeurs

T1 (−0, 6), T2 (−0, 6), T3 (−0, 6), . . .

semble s’approcher de plus en plus de 0, 625, à savoir la valeur de f (−0, 6). On dit que cette suite
converge vers 0, 625, ou que 0, 625 est la limite de cette suite. Il en va de même des colonnes pour
lesquelles x = −0, 2, x = 0, 3 et x = 0, 8, ainsi que, nous l’établirons plus loin, pour toutes les valeurs de
x comprises dans l’intervalle ] − 1 ; 1[. Pour ces valeurs de x, nous écrirons

1 + x + x 2 + x 3 + . . . = f (x).
6.2. LES SÉRIES 129

x −1,2 −0,6 −0,2 0,3 0,8 1,3

T1 (x) = 1 + x −0,2 0,4 0,8 1,3 1,8 2,3


T2 (x) = 1 + x + x 2 1,24 0,76 0,84 1,39 2,44 3,99
2 3
T3 (x) = 1 + x + x + x −0,488 0,544 0,832 1,417 2,952 6,187
2 3 4
T4 (x) = 1 + x + x + x + x 1,5856 0,6736 0,8336 1,4251 3,3616 9,0431
.. .. .. .. .. .. ..
. . . . . . .
T10 (x) = 1 + x + x 2 + . . . + x 10 3,8319 0,6273 0,8333 1,4286 4,5705 56,4053
.. .. .. .. .. .. ..
. . . . . . .
T15 (x) = 1 + x + x 2 + . . . + x 15 −7,9493 0,6248 0,8333 1,4286 4,8593 218,4722
.. .. .. .. .. .. ..
. . . . . . .
× ↓ ↓ ↓ ↓ ×
1
f (x) = 0,4545 0,625 0,8333 1,4286 5 −3,3333
1−x

TABLE 6.1 Table de valeurs, arrondies à la quatrième décimale s’il y a lieu, de la fonction f
et de quelques-uns de ses polynômes de Taylor développés en 0.

Les points de suspension dans l’expression

1 + x + x 2 + x 3 + . . . = f (x)

signifient que l’on peut approcher aussi près que l’on veut la valeur de f (x) pour autant que l’on
additionne un nombre suffisant de termes de la somme.
Par ailleurs, l’observation de la dernière colonne de la table (x = 1, 3) révèle que la suite de valeurs
T1 (1, 3), T2 (1, 3), T3 (1, 3), . . . devient de plus en plus grande : elle ne se stabilise donc pas vers une
valeur limite. On dit que cette suite diverge. Pour x = −1, 2, la suite de valeurs ne se stabilise pas non
plus : au contraire, elle prend des valeurs qui s’éloigne de plus en plus de 0. Cette suite diverge donc
elle aussi. Il en va de même pour toutes les valeurs de x n’appartenant pas à l’intervalle ] − 1 ; 1[.
En évaluant des polynômes de Taylor de degré de plus en plus grand, on génère donc des sommes
comportant de plus en plus de termes. Ces sommes peuvent converger vers une valeur donnée ou,
au contraire, diverger. La prochaine section précise ce concept et en présente quelques exemples.

6.2.2 Séries numériques

Définition 6.2 Une suite de nombres réels est une liste ordonnée et infinie de nombres réels
appelés termes de la suite
a 1 , a 2 , a 3 , a 4 , ..., a n , a n+1 , ...
Le terme a n est appelé le terme général de la suite. Le terme suivant, a n+1 , est appelé le successeur
de a n .
On désigne souvent la suite a 1 , a 2 , a 3 , a 4 , ..., a n , a n+1 , ... par {a n }∞
n=1 ou tout simplement par
{a n }.
130 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

On peut utiliser l’expression suite finie pour désigner une liste ordonnée et finie, par opposition
au terme de suite qui, quant à lui, désigne une liste infinie.

Définition 6.3 Soit {a n } une suite. Si la limite de la suite existe et vaut le nombre réel L, c’est-à-dire
si
lim a n = L,
n→∞

alors on dit que la suite {a n } converge vers L.


Dans le cas contraire, c’est-à-dire si

lim a n = ∞ ou lim a n n’existe pas,


n→∞ n→∞

on dit que la suite {a n } diverge.

Exemple 6.6
La suite
3 3 3 3
(a) , , , ... , , ... converge vers 0.
10 100 1000 10n

(b) 0, 6 ; 0, 66 ; 0, 666 ; 0, 6666 ; 0, 66666 ; . . . converge vers 0, 6̄.

(c) −1, 1, −1, 1, . . . , (−1)n , . . . diverge car lim (−1)n n’existe pas.
n→∞

(d) 1, 4, 9, 16, 25, . . . , n 2 , . . . diverge car elle tend vers l’infini.

1 2 3 n
(e) , , , ... , , ... converge vers 1.
2 3 4 n +1

1 1 1 1
(f ) , , , ... , , ... converge vers 0.
1 2 3 n

(g) 3 ; 3, 1 ; 3, 14 ; 3, 141 ; 3, 1415 ; . . . converge vers π.


n
Remarque. La suite (e) est illustrée dans le graphique 6.7. La suite des a n = n+1 , n ≥ 1, est représentée
x
par les points (n ; a n ). Les points sont situés sur la courbe d’équation y = f (x) = x+1 . Insistons sur
le fait qu’une suite de nombres a un caractère discret (points isolés), même si la fonction réelle
correspondante est continue sur les réels positifs (courbe tracée sans lever le crayon).
6.2. LES SÉRIES 131

n
F IGURE 6.7 Représentation de la suite a n = n+1 pour n ≥ 1.

Définition 6.4 Une série est la sommation de tous les termes d’une suite. C’est une expression
qui est de la forme
X∞
a n = a 1 + a 2 + a 3 + a 4 + ... + a n + ...
n=1

ou encore, en commençant la sommation au m-ième terme de la suite, pour m ∈ N, de la forme



X
a n = a m + a m+1 + a m+2 + a m+3 + ...
n=m


P
Définition 6.5 Étant donné une série a n = a 1 + a 2 + a 3 + a 4 + ... + a n + ..., on notera par S k la
n=1
somme des k premiers termes de cette série :

k
X
Sk = a n = a 1 + a 2 + a 3 + ... + a n ... + a k
n=1

qu’on appellera somme partielle d’ordre k de cette série.

On observe que les différentes sommes partielles S 1 , S 2 , S 3 , ..., S k , ...

1
X 2
X k
X
S1 = an , S2 = an , ... , Sk = an , ...
n=1 n=1 n=1

peuvent elles-mêmes être considérées comme les termes d’une suite.


132 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR


P
Définition 6.6 Soit a n une série.
n=1
• Si la suite des sommes partielles {S k } converge vers un nombre réel S, c’est-à-dire si

lim S k = S,
k→∞

alors on dira que S est la somme de cette série, que cette série converge vers S et on écrira

X
a n = S.
n=1

• Si lim S k n’existe pas ou est infinie, alors on dira que cette série diverge.
k→∞

Exemple 6.7
Déterminez si la série suivante converge et si oui, vers quelle valeur.
1 1 1 1
1 + + + + ... + + ...
10 100 1000 10n

Solution :
Calculons les premières sommes partielles de la série
S1 = 1 = 1
S2 = 1 + 0, 1 = 1, 1
S3 = 1 + 0, 1 + 0, 01 = 1, 11
S4 = 1 + 0, 1 + 0, 01 + 0, 001 = 1, 111
10
Nous voyons que la série converge vers 1, 11111111 . . . soit . (Il s’agit en fait d’une série géométrique,
9
comme nous le verrons à la section 6.5).

Exemple 6.8
Déterminez si la série suivante converge et si oui, vers quelle valeur.

X
10n−1 = 1 + 10 + 100 + 1000 + ... + 10n + ...
n=1

Solution :
Calculons les premières sommes partielles de la série
S1 = 1 = 1
S2 = 1 + 10 = 11
S3 = 1 + 10 + 100 = 111
S4 = 1 + 10 + 100 + 1000 = 1111
6.2. LES SÉRIES 133

Les sommes partielles deviennent de plus en plus grandes. La série diverge.


Attention ! Plusieurs étudiants sont tentés de dire que « la série converge vers l’infini », ce qui n’est pas
conforme à la définition de convergence.

Remarquons que les deux derniers exemples correspondent à la substitution de x = 0, 1 puis


x = 10 dans l’expression
1 + x + x2 + x3 + . . . + xn + . . .
que nous avons rencontrée à la section précédente. Comme nous l’avions remarqué en observant la
table 6.1 de la page 129, cette expression donne lieu à une série numérique convergente ou divergente
selon la valeur de x choisie.

Exemple 6.9
Déterminez si la série suivante converge et si oui, vers quelle valeur.

X∞ 1 1 1 1 1 1 1
n
= 1+ + + + + + +...
n=0 2 2 4 8 16 32 64

Solution :
L’argument géométrique de la figure 6.8 montre que la série converge vers 2. On commence par tracer
un carré d’aire égale à 1, puis un rectangle d’aire égale à 1/2, un carré d’aire 1/4 et ainsi de suite. On
remarque que, peu importe le nombre de termes ajoutés, l’aire totale est toujours inférieure à 2, mais
s’approche de plus en plus de cette valeur.

y 1 + 1/2 + 1/4 + 1/8 + 1/16 + 1/32 + ... = 2

1/16
1/32
1/4

1/8

1/2

F IGURE 6.8 Convergence de la série 1 + 1/2 + 1/4 + 1/8 + 1/16 + 1/32 + . . .

On peut aussi raisonner algébriquement, en déterminant une formule pour la nième somme partielle
de la série puis en calculant sa limite quand n tend vers l’infini.
134 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

L’observation de la suite des sommes partielles

1
S1 = 1 = 2−
1
1 3 1
S2 = 1+ = = 2−
2 2 2
1 1 7 1
S3 = 1+ + = = 2−
2 4 4 4
1 1 1 15 1
S4 = 1+ + + = = 2−
2 4 8 8 8
1 1 1 1 31 1
S5 = 1+ + + + = = 2−
2 4 8 16 16 16
1 1 1 1 1 63 1
S6 = 1+ + + + + = = 2−
2 4 8 16 32 32 32
1 1 1 1 1 1 127 1
S7 = 1+ + + + + + = = 2−
2 4 8 16 32 64 64 64

nous indique que


1
Sk = 2 − .
2k−1
Puisque µ ¶
1
lim S k = lim 2 − k−1 = 2,
k→∞ k→∞ 2
on peut en conclure que la série converge et que sa somme est 2.
Ici encore, un argument géométrique peut servir de support à la réflexion.

S1 S3 S5

S2 S4
0 1 2

Pour chaque nouveau terme qui est additionné, la valeur de S k se retrouve à mi-chemin entre la
valeur de S k−1 et 2. Ainsi, la suite des sommes partielles tend vers 2. La somme de la série est donc 2.

Exemple 6.10
Montrez que la série ci-dessous, appelée série harmonique, diverge.

X∞ 1 1 1 1 1 1 1 1
= 1+ + + + + + + +...
n=1 n 2 3 4 5 6 7 8

Solution :
1
L’astuce est de remarquer que 3 + 41 > 14 + 14 = 21 , et qu’en regroupant judicieusement les termes de la
6.2. LES SÉRIES 135

1
série, on peut obtenir autant de 2 que l’on veut :

X∞ 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
= 1+ + + + + + + + + + ... + + + + ... + + + ... + +...
n=1 n 2 |3 {z 4} |5 6 {z 7 8} |9 10 {z 16} |17 18{z 32} |33 34{z 64}
> 42 = 21 > 84 = 21 8
> 16 = 21 16 1
> 32 =2 32 1
> 64 =2

S1 = 1

1 3
S2 = 1+ =
2 2
1 1 1 4
S4 = 1+ + + >
2 3 4 2
1 1 1 1 5
S8 = 1+ + + + ... + >
2 3 4 8 2
1 1 1 1 1 6
S 16 = 1+ + + + ... + + ... + >
2 3 4 8 16 2
1 1 1 1 1 1 7
S 32 = 1+ + + + ... + + ... + + ... + >
2 3 4 8 16 32 2
On en déduit alors que
i +2
S 2i >
2
et puisque
i +2
lim S k = lim S 2i > lim = ∞
k→∞ i →∞ i →∞ 2

on peut en conclure que la série harmonique diverge.

Il peut être surprenant d’apprendre que la série harmonique diverge. Ses termes de-
viennent si petits qu’il est difficile d’imaginer que leur somme peut dépasser n’importe
quel nombre réel si on en additionne suffisamment. En fait, la croissance des sommes
partielles est très lente : il faut additionner plus de douze mille termes pour dépasser 10
et cent millions de termes ne permettent même pas d’atteindre 19.

12367
X 1 1000000
X 1 100000000
X 1
= 10, 00004301 = 14, 39272672 = 18, 99789641
n=1 n n=1 n n=1 n


P
L’exemple de la série harmonique est important : il montre qu’une série a n peut diverger
n=1
même si le terme général a n tend vers 0 quand n tend vers l’infini.

6.2.3 Séries de puissances, séries de Taylor

Généralisons maintenant les concepts introduits à la section 6.2.1, « Des polynômes de Taylor de
degré de plus en plus grand ».
136 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

Définition 6.7 Une série qui est de la forme



X
c n x n = c 0 + c 1 x + c 2 x 2 + c 3 x 3 + c 4 x 4 + ... + c n x n + ...
n=0

est appelée une série de puissances de x. Dans cette expression, x est une variable et les c n sont
des constantes qu’on appelle les coefficients de la série.
Si on attribue une valeur à la variable x, la série devient une série numérique (une série de
nombres) qui peut converger ou diverger.
La somme d’une série de puissances est donc une fonction qui dépend de la variable x, c’est-à-
dire

X
g (x) = c n x n = c 0 + c 1 x + c 2 x 2 + c 3 x 3 + c 4 x 4 + ... + c n x n + ... (voir note 2).
n=0

Le domaine de définition de cette fonction g est l’ensemble des valeurs de x pour lesquelles la
série de puissances devient une série numérique qui converge.
Notons qu’une série de puissances peut être vue comme un polynôme de degré infini.

Définition 6.8 Une série qui est de la forme



X
c n (x − a)n = c 0 + c 1 (x − a) + c 2 (x − a)2 + c 3 (x − a)3 + c 4 (x − a)4 + ... + c n (x − a)n + ...
n=0

est appelée série de puissances de (x − a). On dit aussi que c’est une série de puissances en x = a
ou autour de a .

Définition 6.9 Soit f une fonction infiniment dérivable au voisinage de a.3 Le développement
en série de Taylor de la fonction f au voisinage du point a est la série de puissances de (x − a)

X
c n (x − a)n
n=0
pour laquelle les coefficients c n sont donnés par la formule :
f (n) (a)
.
cn =
n!
Ainsi, la série de Taylor de f au voisinage de a (on dit aussi en x = a ou autour de a) est
X∞ f (n) (a) f ′′ (a) f (n) (a)
(x − a)n = f (a) + f ′ (a)(x − a) + (x − a)2 + ... + (x − a)n + ... .
n=0 n! 2! n!
Le cas particulier pour lequel a = 0 est souvent désigné sous l’appellation de série de MacLaurin

P
de la fonction f . Il s’agit d’une série de puissances de x : cn x n .
n=0


P
2. La formule abrégée, c n x n , utilisée pour désigner la série, peut poser problème pour le terme n = 0 lorsque x = 0.
n=0
En effet, on se retrouve alors avec x n = 00 qui n’est pas défini. Afin de pouvoir utiliser la formule ci-haut, on conviendra que
le terme c 0 x 0 = c 0 même pour x = 0.
6.2. LES SÉRIES 137

Exemple 6.11
L’exemple 6.5 où l’on calculait les polynômes de Taylor développés en 0 de la fonction

1
f (x) =
1−x
nous permet de conclure que le développement en série de Taylor autour de 0 de cette fonction est

1 + x + x2 + x3 + . . . + xn + . . .

que l’on peut aussi écrire sous la forme (plus compacte)



X
xn .
n=0

On remarque que les coefficients de cette série sont tous égaux à 1 : c 0 = 1, c 1 = 1, c 2 = 1, etc.

Exemple 6.12
Déterminez le développement en série de Taylor autour de 0 de la fonction f (x) = e x . Utilisez les dix
premiers termes du développement pour calculer une valeur approchée du nombre e.

Solution :
Comme nous l’avons remarqué à l’exemple 6.2 où l’on calculait les polynômes de Taylor développés
en 0 de la fonction f (x) = e x , les dérivées successives de f (x) sont toutes égales à e x et leur évaluation
en 0 vaut donc toujours 1. Ainsi, quelque soit n, le coefficient c n de la série est donné par

f (n) (0) 1
cn = = .
n! n!

Le développement recherché est donc



X X∞ 1 x2 x3 x4 x5 xn
cn x n = xn = 1 + x + + + + +... +... .
n=0 n=0 n! 2 6 24 120 n!

En posant x = 1, on obtient une approximation du nombre e.

X∞ 1 1 1 1 1 1 1 1 1
e1 = 1n ≈ 1 + 1 + + + + + + + + ≈ 2, 71828
n=0 n! 2 6 24 120 720 5040 40320 362880
¡ ¢n
Rappel : le nombre e a été défini à l’exemple 1.3 par e = limn→∞ 1 + n1 .

3. Une fonction f est dite infiniment dérivable au voisinage du nombre a s’il existe un intervalle ouvert I contenant a
sur lequel toutes les dérivées de f existent : ∀x ∈ I , ∀n ∈ N, f (n) (x) existe.
138 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

Exemple 6.13
Déterminez le développement en série de Taylor au voisinage de 1 de la fonction

f (x) = ln(x).

Solution :
Calculons les dérivées successives de f évaluées en x = 1 pour obtenir les coefficients des polynômes.

f (n) (1)
f (n) (x) f (n) (1) cn =
n!
f (1) 0
f (x) = ln(x) f (1) = 0 c0 = = =0
0! 1
1 f ′ (1) 1
f ′ (x) = = x −1 f ′ (1) = 1 c1 = =
x 1! 1
′′
f (1) 1
f ′′ (x) = −x −2 f ′′ (1) = −1 c2 = =−
2! 2
′′′
f (1) 2 1
f ′′′ (x) = −(−2)x −3 f ′′′ (1) = 2 c3 = = =
3! 3! 3
(4)
f (1) −3! 1
f (4) (x) = −(−3)(−2)x −4 f (4) (1) = −3! c4 = = =−
4! 4! 4
f (5) (1) 4! 1
f (5) (x) = −(−4)(−3)(−2)x −5 f (5) (1) = 4! c5 = = =
5! 5! 5
... ... ...
Nous constatons une régularité dans les dérivées qui nous permet d’affirmer que la série de Taylor de
f (x) = ln(x) au voisinage de 1 est


X
c n (x − a)n = c 0 + c 1 (x − 1) + c 2 (x − 1)2 + c 3 (x − 1)3 + . . .
n=0
1 1 1 1
= 0 + (x − 1) − (x − 1)2 + (x − 1)3 − (x − 1)4 + (x − 1)5 − . . .
2 3 4 5
X∞ (−1)n+1
n
= (x − 1) .
n=1 n

6.2.4 Intervalle de convergence et test du rapport

Il est important de connaître l’ensemble des valeurs de la variable pour lesquelles une série de
puissances converge. En général, pour une série

X
c n (x − a)n ,
n=0

cet ensemble de valeurs de x constitue un intervalle centré en a, de rayon (demi-longueur) ρ, dont


les extrémités peuvent être incluses ou non :

]a − ρ ; a + ρ[ , [a − ρ ; a + ρ] , ]a − ρ ; a + ρ] ou [a − ρ ; a + ρ[.
6.2. LES SÉRIES 139

L’ensemble des valeurs de x pour lesquelles la série de puissances converge est donc appelé l’inter-
valle de convergence de la série et ρ est appelé le rayon de convergence de la série (voir figure 6.9).

x
a-ρ a a+ρ

P
F IGURE 6.9 La série c n (x − a)n converge pour les valeurs de x comprises entre a − ρ et a + ρ.
n=0

Le théorème suivant est un outil servant à déterminer les extrémités a − ρ et a + ρ de l’intervalle


de convergence d’une série de puissances, mais il ne nous permet pas de déterminer si ces extrémités
sont incluses ou non dans l’intervalle. En MAT145, nous donnerons donc toujours un intervalle
ouvert : ]a − ρ ; a + ρ[.

Théorème 6.1 Test du rapport Soit la série



X
un = u 0 + u 1 + u 2 + u 3 + u 4 + ... + u n + u n+1 + ... . (6.1)
n=0

On calcule le rapport R entre deux termes consécutifs de la série lorsque n → ∞


¯ ¯
¯ u n+1 ¯
R = lim ¯¯ ¯
n→∞ u n ¯

et on en conclut que

X
1. u n converge si R < 1
n=0
X∞
2. u n diverge si R > 1
n=0
3. on ne peut rien conclure si R = 1.

Lorsque R < 1, le test du rapport nous permet de déterminer l’intervalle de convergence d’une sé-

P
rie u n où les termes u n dépendent d’une variable x. Les exemples qui suivent illustrent comment
n=0
procéder.

Second rappel sur les factorielles.

(n + 1)! = (n + 1) · n! = (n + 1) · n · (n − 1) · (n − 2) · ... · 3 · 2 · 1 si n ∈ N

(n + 1)! (n + 1) · n!
= = (n + 1) si n ∈ N
n! n!
140 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

Exemple 6.14
Déterminez l’intervalle de convergence (ouvert) de la série de Taylor développée en x = 1 de la
fonction
f (x) = ln(x).

Solution :
La série en question a été calculée à l’exemple 6.13 :

X∞ (−1)n+1
(x − 1)n .
n=1 n

Ici
(−1)n+1 (x − 1)n (−1)(n+1)+1 (x − 1)(n+1)
un = et u n+1 = .
n n +1
Calculons R, la limite du rapport de deux termes consécutifs :
¯ ¯ ¯ ¯
¯ u (n+1) ¯ ¯ ¯
R = lim ¯¯ ¯ = lim ¯ u (n+1) · 1 ¯
n→∞ un ¯ n→∞ ¯ 1 un ¯
¯ ¯
¯ (−1)n+2 (x − 1)(n+1) n ¯
= lim ¯ ¯ · ¯
n→∞ (n + 1) (−1) n+1 (x − 1) ¯
n
¯ ¯
¯ (−1) · (x − 1) · n ¯
= lim ¯ ¯ ¯
n→∞ n +1 ¯
¯ n ¯
¯ ¯ x est considéré comme une constante puisque
= |−1| · |x − 1| lim ¯ ¯
n→∞ n + 1 seul n varie quand on évalue la limite
H
= |x − 1| · 1
H
où le symbole = dénote l’utilisation de la règle de l’Hospital dans la calcul de la limite.

P ∞
P (−1)n+1
Le test du rapport stipule que u n converge si R < 1, donc n (x − 1)n converge pour les
n=0 n=1
valeurs de x satisfaisant l’inéquation
|x − 1| < 1.

Cette inéquation est équivalente à


−1 < x − 1 < 1
ou encore, en ajoutant 1 à chaque membre de l’inéquation, à

0 < x < 2.

L’intervalle de convergence (ouvert) de la série est donc ]0 ; 2[.


Remarques : l’intervalle de convergence est centré en 1 puisque la série étudiée est développée en
a = 1 (puissances de (x − 1)) et le rayon de convergence de cette série est ρ = 1. La figure 6.10 appuie
ces conclusions. En effet, on y observe que les Tk s’écartent de f hors de l’intervalle ]0 ; 2[.
6.2. LES SÉRIES 141

T11 (x)
2
ln(x)

bc x
1 2 3

−2
T8 (x)
−4

F IGURE 6.10 Fonction ln(x) et deux de ses polynômes de Taylor développés en 1.

Le test du rapport n’indique pas si la série de l’exemple précédent converge ou non en x = 0 et en


x = 2. Pour le savoir, il faudrait utiliser d’autres outils, par exemple le théorème des séries alternées
(prochaine section).

Exemple 6.15
Déterminez l’intervalle de convergence (ouvert) de la série
X∞ n xn

n
.
n=0 2

Solution :
Ici
n xn (n + 1) x n+1
un = et u n+1 = .
2n 2n+1
Ainsi
¯ ¯ ¯ ¯
¯ u (n+1) ¯ ¯ u (n+1) 1 ¯
R = lim ¯ ¯ = lim ¯ ¯ · ¯
n→∞ ¯ u n ¯ n→∞ 1 un ¯
¯ ¯
¯ (n + 1) x n+1 2n ¯
= lim ¯¯ · ¯
n→∞ 2n+1 n xn ¯
¯ ¯
¯ (n + 1) x ¯
= lim ¯¯ ¯
n→∞ 2n ¯
¯x ¯ ¯ ¯
¯ ¯ ¯ (n + 1) ¯ x est considéré comme une constante puisque
= ¯ ¯ lim ¯¯ ¯
2 n→∞ n ¯ seul n varie quand on évalue la limite
¯x ¯ 1
H ¯ ¯
= ¯ ¯ · 1 = |x| .
2 2

P ∞
P n xn
Le test du rapport indique que u n converge si R < 1, donc que 2n converge pour des valeurs
n=0 n=0
de x satisfaisant l’inéquation
1
|x| < 1
2
142 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

c’est-à-dire pour
|x| < 2.

P n xn
La série 2n converge donc pour x ∈ ]−2 ; 2[.
n=0
N.B. Le test du rapport n’indique pas si la série converge ou non en x = −2 et en x = 2.
Réponse : l’intervalle de convergence (ouvert) de la série est

]−2 ; 2[ .

Remarques : l’intervalle de convergence de cette série de puissance est centré en 0 puisqu’il s’agit
d’une série de puissances de (x − 0) ; son rayon de convergence est ρ = 2.

Exemple 6.16
Déterminez l’intervalle de convergence (ouvert) de la série de MacLaurin de la fonction f (x) = e x .

Solution :
La série en question a été calculée à l’exemple 6.12 :

X∞ 1
xn .
n=0 n!

Ici
xn x n+1
un = et u n+1 = .
n! (n + 1)!
Calculons R :
¯ ¯
¯ u (n+1) ¯
R = lim ¯ ¯
n→∞ ¯ u n ¯
¯ n+1 ¯
¯ x n! ¯¯
= lim ¯ ·
n→∞ ¯ (n + 1)! x n ¯
¯ x ¯
¯ ¯
= lim ¯ ¯
n→∞ n + 1
¯ ¯
¯ 1 ¯
= |x| lim ¯ ¯ ¯
n→∞ n + 1 ¯
= |x| · 0.

P ∞
P 1 n
Ainsi u n converge si R < 1, c’est-à-dire que n! x converge pour les valeurs de x satisfaisant
n=0 n=0
l’inéquation
0 · |x| < 1.
Or toutes les valeurs de x satisfont cette inéquation. Cela entraîne que la série de MacLaurin de e x
converge pour tout x. Son intervalle de convergence est donc l’ensemble des nombres réels :

] − ∞ ; ∞[.
6.2. LES SÉRIES 143

Exemple 6.17
Déterminez l’intervalle de convergence (ouvert) de la série
X∞ (n + 2) (3x − 1)n
.
n=0 5n
Solution :
Ici
(n + 2) (3x − 1)n (n + 1 + 2) (3x − 1)n+1
un = et u n+1 = .
5n 5n+1
Ainsi
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯ u (n+1) ¯ ¯ (n + 3) (3x − 1)n+1 5n ¯ ¯ (n + 3) (3x − 1) ¯
R = lim ¯ ¯ = lim ¯ ¯ ¯ ¯
= lim ¯ ¯
n→∞ ¯ u n ¯ n→∞ 5n+1 (n + 2) (3x − 1)n ¯ n→∞ 5 (n + 2) ¯
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯ 3x − 1 ¯ ¯ ¯ H ¯ 3x − 1 ¯
¯ ¯ lim ¯ n + 3 ¯ = ¯ ¯ 1
= ¯ 5 ¯ · n→∞ ¯ n +2¯ ¯ 5 ¯ · 1 = 5 |3x − 1| .

P ∞
P (n+2) (3x−1)n
Le test du rapport indique que u n converge si R < 1, c’est-à-dire que 5n converge si
¯ n=0¯ ¯ ¯ n=0
1
5
|3x − 1| < 1, c’est-à-dire si 53 ¯x − 13 ¯ < 1 et donc si ¯x − 31 ¯ < 53 .

P (n+2) (3x−1)n ¤ £
Réponse : l’intervalle de convergence (ouvert) de la série 5n est − 43 ; 2 .
n=0
Remarques : l’intervalle de convergence est centré en 31 puisque la série étudiée est développée en
¡ ¢n
a = 13 , car (3x − 1)n = 3n x − 31 , et le rayon de convergence de cette série est ρ = 35 .

6.2.5 Séries alternées

Définition 6.10 Une série qui est de la forme



X
a 1 − a 2 + a 3 − a 4 + a 5 − ... + (−1)n+1 a n + ... = (−1)n+1 a n
n=1

ou qui est de la forme



X
−a 1 + a 2 − a 3 + a 4 − a 5 + ... + (−1)n a n + ... = (−1)n a n
n=1

où a n ≥ 0 pour tout n est dite alternée.

Exemple 6.18
Voici deux exemples de séries alternées :

X 1 1 1 1 1 1 X∞ 1
1 − 2 + 3 − 4 + 5 − 6 + 7 − ... = (−1)n+1 n et −1+ − + − + − − ... = (−1)n .
n=1 2 3 4 5 6 7 n=1 n
144 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

Théorème 6.2 Critère de convergence pour une série alternée


Si les deux conditions suivantes sont vérifiées :
1. il existe un rang k à partir duquel la suite des a n est strictement décroissante :

n ≥ k =⇒ a n > a n+1

2. le terme général tend vers 0 quand n → ∞.

lim a n = 0
n→∞

alors la série converge, c’est-à-dire que la somme de la série est égale à un nombre réel.

De plus, lorsqu’on tronque une série alternée qui converge, la valeur absolue de l’erreur commise
est inférieure à celle du premier terme omis, ce qui permet de fournir une borne pour l’erreur.

P
Par exemple, pour S = (−1)n+1 a n , on a
n=1
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯Erreur¯ = ¯somme de la série − somme des k premiers termes¯ < ¯premier terme omis¯
¯ ¯
¯ ¯ ¯X ∞ Xk ¯
¯ ¯ ¯ ¯
¯Erreur¯ = ¯ (−1)n+1 a n − (−1)n+1 a n ¯ < a k+1
¯n=1 n=1
¯
¯ ¯ ¯ ¯
¯ ¯ ¯ ¯
¯Erreur¯ = ¯S − S k ¯ < a k+1

Le théorème est illustré à la figure 6.11.

+a 1
−a 2
+a 3
−a 4
+a 5
−a 6
+a 7
x
S2 S4 S6 S7 S5 S3 S1
0 =a =a S =a =a =a
1 −a 1 −a 1 −a 1 −a 1
2 2 +a 2+ 2
3
a3 + a3
−a −a
4 4+
a
5
F IGURE 6.11 Illustration du théorème 6.2 : sommes partielles d’une série alternée où la suite des a n est
décroissante et tend vers 0. On observe que les sommes partielles sont de plus en plus rapprochées : elles
convergent. La somme de la série, notée S, est située entre S 6 et S 7 . La distance entre S et la somme partielle
S 6 est inférieur à a 7 .

Exemple 6.19
Considérez la série de Taylor développée en x = 1 de la fonction f (x) = ln(x). Remarquez qu’il s’agit
d’une série alternée.
(a) Montrez que cette série converge pour x = 2.
6.2. LES SÉRIES 145

(b) Utilisez les 10 premiers termes de la série pour approximer sa somme totale, c’est-à-dire ln(2).
(c) Donnez une borne pour l’erreur de l’approximation donnée en (b). En d’autres mots, vous devez
fournir un nombre qui soit supérieur à l’écart entre la valeur exacte de ln(2) et l’approximation
donnée, et ce sans connaître la valeur exacte en question.

Solution :
(a) La série en question a été calculée à l’exemple 6.13 :
X∞ (−1)n+1
(x − 1)n ,
n=1 n
et le test du rapport a permis de conclure qu’elle converge pour x appartenant à l’intervalle
]0 ; 2[ sans permettre de conclure ce qui se passe aux extrémités de l’intervalle. En substituant
x = 2 dans cette série de puissance, on obtient la série numérique suivante
X∞ (−1)n+1 X∞ (−1)n+1
(2 − 1)n =
n=1 n n=1 n
1 1 1 1 1 1 1
= 1 − + − + − + − ... + (−1)n + ... .
2 3 4 5 6 7 n +1
Cette série est alternée. Vérifions si les deux conditions du théorème 6.2 sont vérifiées.
1. Il existe un rang k à partir duquel la suite des a n est strictement décroissante :
On a
1 1 1
an = , a (n+1) = =
n +1 (n + 1) + 1 n + 2
et
1 1
an = > = a (n+1) pour tout n ≥ 0.
n +1 n +2
Ainsi, la suite des a n est strictement décroissante dès le début.
2. Le terme général tend vers 0 quand n → ∞ :
1
lim a n = lim = 0.
n→∞ n→∞ n + 1

Puisque les deux conditions sont respectées, la série converge.


Conclusion. La série de Taylor développée en x = 1 de la fonction f (x) = ln(x) converge pour
x = 2.
1
(b) Si l’on tronque cette série alternée après le 10e terme (soit − 10 ), on obtient la valeur
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1627
1− + − + − + − + − = (≈ 0, 64563492) .
2 3 4 5 6 7 8 9 10 2520
1
(c) Le premier terme de la sommation qui a été omis lors de l’approximation faite en (b) est 11 . Il y
1
a donc au plus 11 d’écart entre l’approximation donnée par la somme des 10 premiers termes
1
et la somme exacte de cette série (qui est ln(2)). La valeur 11 = 0, 0909... constitue donc une
borne pour l’erreur commise.
N.B. Il n’est pas toujours possible de connaître la valeur exacte d’une série. Mais, dans ce cas
particulier, puisque l’on sait qu’il s’agit de la série de Taylor de ln(x), nous savons que la valeur
exacte de cette série alternée est ln(2), soit 0, 69314718.... Nous pouvons donc calculer la
valeur absolue de l’erreur et ainsi vérifier que cette erreur est inférieure à la borne annoncée :
Erreur = | ln(2) − 0, 64563492...| = 0, 0475... < 0, 0909...
146 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

Exemple 6.20
Déterminez si la série de Taylor développée en x = 1 de la fonction f (x) = ln(x) converge pour x = 0.

Solution :
La série en question a été calculée à l’exemple 6.13 :

X∞ (−1)n+1
(x − 1)n ,
n=1 n

et le test du rapport a permis de conclure qu’elle converge pour x appartenant à l’intervalle ]0 ; 2[ sans
permettre de conclure ce qui se passe aux extrémités de l’intervalle. En substituant x = 0 dans cette
série de puissance, on obtient la série numérique suivante :

X∞ (−1)n+1 1 1 1 1 1 1
(0 − 1)n = −1 − − − − − − − ... .
n=1 n 2 3 4 5 6 7

Cette série n’est pas alternée, nous ne pouvons donc pas utiliser le théorème des séries alternées
pour déterminer si elle converge ou non. Cependant, remarquons qu’il s’agit de l’opposée de la série
harmonique, et que nous avons déjà démontré que cette série diverge (exemple 6.10).
Conclusion. La série de Taylor développée en x = 1 de la fonction f (x) = ln(x) diverge pour x = 0.
Remarque. L’intervalle de convergence de la série de Taylor développée en x = 1 de la fonction
f (x) = ln(x) est donc ]0 ; 2]. Rappelons, par ailleurs, que la fonction ln(x) n’est pas définie en x = 0.

Exemple 6.21
Déterminez le développement en série de Taylor de la fonction f (x) = sin(x) au voisinage de x = 0
ainsi que son intervalle de convergence. De plus, donnez la liste de ses polynômes de Taylor d’ordre
0 à 9 développés en x = 0.

Solution :
f (n) (0)
On calcule successivement les numérateurs des coefficients c n = n! , c’est-à-dire les dérivées de f
évaluées en x = 0 :
f (x) = sin(x) f (0) = sin(0) = 0
′ ′
f (x) = cos(x) f (0) = cos(0) = 1

f ′′ (x) = − sin(x) f ′′ (0) = − sin(0) = 0

f ′′′ (x) = − cos(x) f ′′′ (0) = − cos(0) = −1

f (4) (x) = sin(x) f (4) (0) = sin(0) = 0

f (5) (x) = cos(x) f (5) (0) = cos(0) = 1


(6) (6)
f (x) = − sin(x) f (0) = − sin(0) = 0

f (7) (x) = − cos(x) f (7) (0) = − cos(0) = −1

f (8) (x) = sin(x) f (8) (0) = sin(0) = 0

f (9) (x) = cos(x) f (9) (0) = cos(0) = 1


... ...
6.2. LES SÉRIES 147

On trouve ainsi que le développement en série de Taylor autour de x = 0 de f (x) = sin(x) est

X∞ f (n) (0) f ′′ (0) 2 f ′′′ (0) 3 f (4) (0) 4 f (5) (0) 5


xn = f (0) + f ′ (0) x + x + x + x + x
n=0 n! 2! 3! 4! 5!
f (6) (0) 6 f (7) (0) 7 f (8) (0) 8 f (9) (0) 9
+ x + x + x + x + ...
6! 7! 8! 9!
0 2 −1 3 0 4 1 5 0 6 −1 7 0 8 1 9
= 0+1 x + x + x + x + x + x + x + x + x ...
2! 3! 4! 5! 6! 7! 8! 9!
1 3 1 5 1 7 1 9
= x− x + x − x + x ...
3! 5! 7! 9!
X∞ (−1)n
= x 2n+1 .
n=0 (2n + 1)!

On remarque qu’il s’agit d’une série alternée.


Pour trouver l’intervalle de convergence de cette série, on utilise le test du rapport. On obtient
¯ ¯ ¯ ¯
|u n+1 | ¯ (−1)n+1 x 2(n+1)+1 (2n + 1)! ¯¯ ¯ (−1)n+1 x 2n+3 (2n + 1)! ¯¯
R = lim = lim ¯¯ · = lim ¯ ¯ ·
n→∞ |u n | n→∞ (2(n + 1) + 1)! (−1)n x 2n+1 ¯ n→∞ (2n + 3)! (−1)n x 2n+1 ¯
¯ ¯ ¯ ¯
¯ (−1) x 2 ¯ ¯ ¯ ¯
¯ = ¯x 2 ¯ lim ¯ 1 ¯
¯ = x2 · 0 = 0
= lim ¯¯ ¯
n→∞ (2n + 3) (2n + 2) ¯
n→∞ (2n + 3) (2n + 2) ¯

et ce, peu importe la valeur de x.



P
Le test du rapport stipule que la série u n converge lorsque la condition R < 1 est respectée. Or
n=1
nous venons de voir qu’ici, peu importe la valeur de x, R est égal à 0 et la condition R < 1 est donc

P (−1)n
vérifiée. Ainsi, la série (2n+1)!
x 2n+1 converge pour tout x. Son intervalle de convergence est donc
n=0
]−∞ ; ∞[.
Ce dernier résultat indique que le développement en série de Taylor obtenu est égal à la fonction
sin (x) pour toute valeur de x, quelle qu’elle soit. Dans la pratique, on doit se restreindre à évaluer un
certain nombre de termes de la série, c’est-à-dire à employer les polynômes de Taylor associés.
Les polynômes de Taylor d’ordre 0 à 9 de la fonction f (x) = sin(x) en x = 0 sont donc :

1 3 1 5
T0 (x) = 0 T5 (x) = x− x + x
3! 5!
1 3 1 5
T1 (x) = x T6 (x) = x− x + x
3! 5!
1 3 1 5 1 7
T2 (x) = x T7 (x) = x− x + x − x
3! 5! 7!
1 3 1 3 1 5 1 7
T3 (x) = x− x T8 (x) = x− x + x − x
3! 3! 5! 7!
1 1 3 1 5 1 7 1 9
T4 (x) = x − x3 T9 (x) = x− x + x − x + x .
3! 3! 5! 7! 9!
On remarque que le polynôme d’ordre 4, T4 (x), est de degré 3 étant donné que le coefficient de x 4 est
nul.
148 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

Voyons comment les polynômes obtenus à l’exemple précédent peuvent être employés dans le
¡ ¢
cadre de l’approximation de sin π6 .
Évaluons chacun de ces polynômes en x = π6 et calculons la valeur absolue de l’erreur faite dans
¡ ¢
l’emploi de ce polynôme pour approximer sin π6 . Rappelons que pour ce cas particulier, la valeur
¡π¢ 1
exacte de la fonction est connue : sin 6 = 2 . Il est donc possible de calculer l’écart entre la valeur
exacte et l’approximation (troisième colonne du tableau).

Valeur absolue de Valeur absolue du premier


¡π¢ terme omis
Degré k Tk l’erreur ¯ ¯
6 ¯1 ¡ ¢¯ ¯ (−1)k+2 ¡ π ¢k+2 ¯
¯ − Tk π ¯ ¯ 6 ¯
2 6 ¯ (k+2)! ¯

1 0, 523598775598299 0, 023598775598299 0, 0239245962039350


3 0, 49967417939436 0, 000325820605636 0, 000327953194429
5 0, 500002132588792 2, 132588792 × 10−6 2, 140719769 × 10−6
7 0, 499999991869023 8, 130977 × 10−9 8, 151256 × 10−9
9 0, 500000000020280 2, 0280 × 10−11 2, 0316 × 10−11

Rappelons que la série de Taylor de sin (x) est alternée. Ce fait se manifeste dans les valeurs
approchées calculées avec les différents polynômes ; on observe en effet que celles-ci oscillent de part
et d’autre de la valeur exacte. Il est manifeste que la qualité de l’approximation va en s’améliorant avec
le degré du polynôme utilisé.
À la dernière colonne apparaissent les valeurs absolues des termes suivants de la série évalués en
π −x 3
6 . Ainsi, pour k ¯ ¡est¢3 ¯3! (le dernier terme de T3 (x)) de sorte qu’on aura
= 1, le terme suivant de la série
¯ π ¯
à la dernière colonne de la première rangée ¯¯− 63! ¯¯ ≈ 0,0239245962039350. Notons que les éléments
de cette colonne excèdent toujours la grandeur de l’erreur correspondante (en valeur absolue) ; c’est
un des résultats du théorème 6.2.
Grâce à cette propriété, on peut se doter d’un critère qui nous permet d’établir quand on peut
cesser d’ajouter des termes étant donné qu’on veut approximer à une certaine précision. Si la valeur
exacte n’est pas connue et que l’on veut s’assurer que l’écart entre celle-ci et l’approximation reste
inférieur à un certain seuil, on établit le terme dont la grandeur (en valeur absolue) est plus petite
que ce seuil.
¡ ¢
Par exemple, si on veut une approximation de sin π6 avec deux bonnes décimales (ainsi l’erreur
ne doit pas excéder 5 × 10−3 = 0, 005), alors on utilisera le polynôme de degré k = 3. En effet, la valeur
absolue du premier terme omis est alors inférieure à l’erreur tolérée : |0, 0032...| < 0, 005.
Attention ! Cette façon de borner l’erreur ne s’applique qu’aux séries alternées.
6.2. LES SÉRIES 149

Exercices

6.9 Considérez le développement en série de Taylor au voisinage de 1 de la fonction f (x) = ln(x)


obtenu à l’exemple 6.13.
(a) Utilisez les deux premiers termes non nuls de cette série pour obtenir une approximation de
ln(1, 1) sans utiliser une calculatrice.
(b) Sans utiliser une calculatrice, donnez une borne pour l’erreur de l’approximation effectuée en
(a). En d’autres mots, vous devez fournir un nombre qui soit supérieur à l’écart entre la valeur
exacte de ln(1, 1) et l’approximation donnée, et ce sans connaître la valeur exacte en question.
(c) Calculez l’erreur de l’approximation effectuée en (a) en utilisant une calculatrice.
(d) Pouvez-vous utiliser cette série pour obtenir une approximation de ln(2, 1) ?

6.10 Considérez le développement en série de Taylor au voisinage de 0 de la fonction f (x) = sin(x).


(a) Utilisez les deux premiers termes non nuls de cette série pour obtenir une approximation
de sin(15°) en utilisant uniquement les touches de votre calculatrice correspondant aux quatre
opérations arithmétiques.
(b) Donnez une borne pour l’erreur de l’approximation effectuée en (a) en utilisant uniquement
les touches de votre calculatrice correspondant aux quatre opérations arithmétiques.
(c) Calculez l’erreur de l’approximation effectuée en (a).
(d) Pouvez-vous utiliser cette série pour obtenir une approximation de sin(400°) ?

6.11 Considérez la série de puissance

X∞ 2n (x − 5)n
S(x) = .
n=0 n +1

(a) Déterminez l’intervalle (ouvert) de convergence de la série (sans vérifier la convergence aux
extrémités de l’intervalle).
(b) Approximez la somme de la série alternée S(4, 8) en additionnant les 4 premiers termes.
(c) La valeur donnée en (b) constitue-t-elle une sous-estimation ou une surestimation de S(4, 8) ?
(d) Utiliser le critère de convergence pour une série alternée pour trouver une borne pour l’erreur
de l’approximation obtenue en (b).
(e) En additionnant un nombre suffisant de termes, calculez la valeur de S(4, 8) arrondie à la 6e
décimale.

6.12 Déterminez l’intervalle (ouvert) de convergence de la série (sans vérifier la convergence aux
extrémités de l’intervalle).

X xn X∞ 2n (x − 3)n X∞ (−1)n x 2n+1
(a) (c) (e)
n=0 n +1 n=0 (n + 3) n=0 2n + 1

X∞ x 2n+1 X∞ (x + 1)n X∞ n 2 (x − 4)n


(b) n
(d) (f )
n=0 (−3) n=1 n (n + 1) n=1 2n
150 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

X∞ (−1)n (x − 2)n X∞ n (2x − 1)n


(g) (i) ⋆
n=0 (n + 1)2 n=0 4n
X n! x n
∞ X∞
(h) n
(j) ⋆ n! (3x − 2)n
n=1 100 n=1

6.13 Pour chacune des séries alternées suivantes, calculez une valeur approchée de sa somme de
sorte que l’erreur commise soit inférieure à 5×10−6 . Précisez aussi la valeur minimale de n permettant
d’atteindre cette précision.

X∞ (−1) n−1 X∞ (−1) n n X∞ (−1) n


(a) (b) (c)
n=1 (2n − 1)! n=1 4n n
n=0 2 n!
6.3. OBTENTION DE NOUVELLES SÉRIES 151

6.3 Obtention de nouvelles séries

6.3.1 Séries de base

Voici une table de séries de Taylor développées autour de u = 0. Certaines ont été calculées dans
les exemples précédents, le lecteur pourra vérifier les autres en exercice.

1 X∞
1. = u n = 1 + u + u 2 + u 3 + u 4 + u 5 + ... u ∈] − 1 ; 1[
1−u n=0

X∞ un u u2 u3 u4 u5
2. e u = = 1+ + + + + + ... u ∈ ]−∞ ; ∞[
n=0 n! 1! 2! 3! 4! 5!

X u 2n+1 u3 u5 u7 u9
3. sin(u) = (−1)n = u− + − + − ... u ∈ ]−∞ ; ∞[
n=0 (2n + 1)! 3! 5! 7! 9!

X u 2n u2 u4 u6 u8
4. cos(u) = (−1)n = 1− + − + − ... u ∈ ]−∞ ; ∞[
n=0 (2n)! 2! 4! 6! 8!

X u 2n+1 u3 u5 u7 u9
5. arctan(u) = (−1)n = u− + − + − ... u ∈ [−1 ; 1]
n=0 2n + 1 3 5 7 9

X u n+1 u2 u3 u4 u5
6. ln (1 + u) = (−1)n = u− + − + − ... u ∈] − 1 ; 1]
n=0 n +1 2 3 4 5
k k (k − 1) 2 k (k − 1) (k − 2) 3
7. (1 + u)k = 1 + u+ u + u
1! 2! 3!
k (k − 1) (k − 2) ... (k − n + 1) n
+ ... + u + ... u ∈]−1 ; 1[ pour tout k ∈ R
n!

Cette dernière série est appelée série du binôme de Newton. C’est lui qui eut l’idée géniale
de généraliser à des valeurs quelconques de l’exposant k, le développement déjà connu
pour des valeurs entières et positives de (1 + u)k . Par exemple, pour k = 4, on retrouve

4 4·3 2 4·3·2 3 4·3·2·1 4 4·3·2·1·0 5


(1+u)4 = 1+ u+ u + u + u + u +. . . = 1+4u+6u 2 +4u 3 +u 4 .
1 2 3·2 4·3·2 5·4·3·2
Remarquons que les développements comportant un nombre fini de termes ne sont obtenus
que pour des valeurs de k entières et positives.

Cette série permit entre autres à Isaac Newton de calculer efficacement les racines. À titre
d’exemple :
¡1¢ ¡1¢¡1 ¢
p 1/3 3 3 3 −1 1 1
u 2 + ... = 1 + u − u 2 + . . .
3
1 + u = (1 + u) = 1+ u+
1 2 3 9
C’est cependant Leonhard Euler qui en prouva la convergence pour −1 < u < 1.
152 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

6.3.2 Dérivation et intégration des séries de puissances


P
Théorème 6.3 Si la série de puissances c n (x − a)n converge sur l’intervalle ouvert
n=0
I = ]a − ρ ; a + ρ[, alors la fonction f définie par

X
f (x) = c n (x − a)n
n=0

est dérivable (et continue) sur l’intervalle I .


De plus, la série de puissances obtenue en dérivant terme à terme la série de f converge vers f ′ (x)
pour x dans l’intervalle I , tout comme la série obtenue en intégrant la série de f terme à terme
converge aussi sur I :
X∞
1. f ′ (x) = n c n (x − a)n−1 converge pour x ∈ I
n=1
Z X∞ (x − a)n+1
2. f (x)d x = C + cn converge pour x ∈ I .
n=0 n +1

Exemple 6.22
Utilisez le théorème précédent pour démontrer la série 4 de la table des séries de bases en utilisant
une des séries 1 à 3.

Solution :
On cherche le développement en série de la fonction f (u) = cos(u) autour de u = 0. Or cos(x) est la
dérivée de sin(x) dont la série est donnée à la formule 3 de la table (elle a été calculée à l’exemple 6.21
de la page 146).

X∞ (−1)n 2n+1 u3 u5 u7 u9
sin(u) = u = u− + − + − ... pour u ∈ ]−∞ ; ∞[ .
n=0 (2n + 1)! 3! 5! 7! 9!
En dérivant de part et d’autre de l’égalité, on obtient par le théorème 6.3 :
µ ¶

P (−1)n 2n+1
d (2n+1)!
u
d (sin(u)) n=0
=
du du
¡ ¢
X∞ (−1)n d u 2n+1
cos(u) =
n=0 (2n + 1)! du
X∞ (−1)n
= (2n + 1) u 2n+1−1
n=0 (2n + 1)!
X∞ (−1)n u2 u4 u6 u 2n
= u 2n = 1 − + − + ... + (−1)n + ... pour u ∈ ]−∞ ; ∞[ .
n=0 (2n)! 2! 4! 6! (2n)!
6.3. OBTENTION DE NOUVELLES SÉRIES 153

6.3.3 Substitution dans une série de puissance

Plusieurs séries de puissances peuvent être obtenues rapidement en utilisant les séries de base
de la section 6.3.1, tout comme certaines intégrales indéfinies peuvent être calculées grâce à un
changement de variable et une table d’intégrales.

Exemple 6.23
À l’aide de la table de séries de base, trouvez le développement de la fonction

4
f (x) =
3 − 2x 2
en série de puissances de x et déterminez son intervalle de convergence.

Solution :

4 1 4 1
f (x) = 2
= 4 ³ ´ =
3 − 2x 2x
3 1− 3
2
3 1 − 2x 2
3

4 1 2x 2
où la dernière expression est de la forme 3 1−u avec u = 3 .
On peut alors utiliser la série de base

1 X∞
= u n = 1 + u + u 2 + u 3 + u 4 + u 5 + ... u ∈ ]−1 ; 1[
1−u n=0

pour obtenir
à µ 2 ¶2 µ 2 ¶3 µ 2 ¶4 µ 2 ¶5 !
4 1 4 2x 2 2x 2x 2x 2x
= 1+ + + + + + ...
3 1 − 2x 2 3 3 3 3 3 3
3 µ ¶
4 2x 2 4x 4 8x 6 16x 8 32x 10 4 X∞ µ 2 ¶n
= 1+ + + + + + ... = x 2n
3 3 9 27 81 243 3 n=0 3
4 8x 2 16x 4 32x 6 64x 8 128x 10
= + + + + + + ...
3 9 27 81 243 729
¯ 2¯
¯ ¯
et cette série converge pour u ∈ ] −1 ; 1 [, c’est-à-dire pour |u| < 1 et donc pour ¯ 2x3 ¯ < 1 ou bien pour
¯ 2¯ 3 i q q h
¯x ¯ < et enfin pour x ∈ − 3 ; 3 .
2 2 2
Ainsi,
# r r "
4 4 8x 2 16x 4 32x 6 64x 8 4 X∞ µ 2 ¶n 3 3
= + + + + + ... = x 2n pour x ∈ − ; .
3 − 2x 2 3 9 27 81 243 3 n=0 3 2 2
154 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

Exemple 6.24
À l’aide de la table de séries de base, trouvez le développement de la fonction f (x) = 3x sin (2x) en
série de puissances de x et déterminez son intervalle de convergence.

Solution :

f (x) = 3x sin(2x) = 3x sin(u)


avec u = 2x.
On peut alors utiliser la série de base

X u 2n+1 u3 u5 u7 u9
sin(u) = (−1)n = u− + − + − ... u ∈ ]−∞ ; ∞[
n=0 (2n + 1)! 3! 5! 7! 9!

pour obtenir
µ ¶
(2x)3 (2x)5 (2x)7 (2x)9
3x sin (2x) = 3x 2x − + − + − ...
µ 3! 5! 7! 9! ¶
3 5 7 9
8x 32x 128x 512x
= 3x 2x − + − + − ...
3! 5! 7! 9!
4 6 8 10
24x 96x 384x 1536x
= 6x 2 − + − + − ...
3! 5! 7! 9!
6 8 10
4x 8x 4x
= 6x 2 − 4x 4 + − + − ...
5 105 945
et cette série converge pour u ∈ ]−∞ ; ∞[, c’est-à-dire pour 2x ∈ ]−∞ ; ∞[ et donc pour x ∈ ]−∞ ; ∞[.
Ainsi,
4x 6 8x 8 4x 10
3x sin (2x) = 6x 2 − 4x 4 + − + − ... pour x ∈ ]−∞ ; ∞[ .
5 105 945

Exemple 6.25
Démontrez la formule 5 de la table des séries de bases en utilisant une des séries 1 à 4.

Solution :
L’astuce consiste ici à calculer le développement en série de la dérivée de

f (x) = arctan (x)

pour ensuite l’intégrer et obtenir le développement en série de f (x), sans oublier d’ajuster la
constante d’intégration.
On a
1
f ′ (x) = .
1 + x2
Or, selon la formule 1 de la table des séries de base,

1 X∞
= u n = 1 + u + u 2 + u 3 + ... + u n + ... si u ∈ ]−1 ; 1[
1−u n=0
6.3. OBTENTION DE NOUVELLES SÉRIES 155

ainsi, en posant u = −x 2 , on obtient,

1 1 X∞ ¡ ¢n
f ′ (x) = 2
= ¡
2
¢ = −x 2
1+x 1 − −x n=0

X n 2n
= (−1) x
n=0
= 1 − x 2 + x 4 − x 6 + ... + (−1)n x 2n + ... .

En intégrant, on obtient
ZX
∞ ∞
X x 2n+1
arctan (x) = (−1)n x 2n d x = C + (−1)n
n=0 n=0 2n + 1
x3 x5 x7 x 2n+1
= C +x − + − + ... + (−1)n + ... .
3 5 7 2n + 1
Pour déterminer la valeur de la constante C , on pose x = 0 dans l’équation précédente

arctan(0) = C + 0 − 0 + 0 − 0 + ...

et, puisque arctan(0) = 0, on obtient C = 0.


On en conclut donc que

X x 2n+1 x3 x5 x7 x 2n+1
arctan (x) = (−1)n = x− + − + ... + (−1)n + ...
n=0 2n + 1 3 5 7 2n + 1

pour −x 2 ∈ ]−1 ; 1[, c’est-à-dire pour x ∈ ]−1 ; 1[.

Exemple 6.26
Démontrez la formule 6 de la table des séries de bases

X u n+1 u2 u3 u4 u5
ln (1 + u) = (−1)n = u− + − + − ... u ∈] − 1 ; 1]
n=0 n +1 2 3 4 5

en utilisant le développement de ln(x) autour de x = 1 obtenu à l’exemple 6.13 :

X∞ (−1)n+1 1 1 1
ln(x) = (x − 1)n = 0 + (x − 1) − (x − 1)2 + (x − 1)3 − (x − 1)4 + ... .
n=1 n 2 3 4

Solution :
Utilisons le changement de variable
u = x − 1,
qui entraîne
x = u + 1.
Substituons cela dans la série de ln(x) :
X∞ (−1)n+1 1 1 1 1
ln(1 + u) = (u)n = u − u 2 + u 3 − u 4 + u 5 − ...
n=1 n 2 3 4 5
156 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

L’intervalle de convergence pour x, ]0 ; 2] (obtenu à l’exemple 6.20), devient donc ] − 1 ; 1]. En effet :

0 < x ≤ 2
⇒ 0 < u +1 ≤ 2
⇒ −1 < u ≤ 1.

La figure 6.12 fournit l’interprétation géométrique du changement de variable utilisé à l’exemple


précédent.

y y

T11 (x) T11 (u)


2 2
ln(x) ln(1 + u)

bc x bc u
1 2 3 −1 1 2

−2 −2
T8 (x) T8 (u)
−4 −4

F IGURE 6.12 Le changement de variable u = x − 1 correspond à une translation horizontale.


6.3. OBTENTION DE NOUVELLES SÉRIES 157

Exercices

6.14 En utilisant une substitution dans une série de base, donnez les 5 premiers termes non
nuls du développement de la fonction f en série de puissances de x et déterminez l’intervalle de
convergence de cette série.
N.B. Rappelez-vous qu’il n’est pas nécessaire d’utiliser le test du rapport pour calculer l’intervalle de
convergence de la nouvelle série : servez-vous de l’intervalle de convergence de la série de base pour
obtenir celui qui est recherché.

(a) f (x) = cos(2x) 1


(g) f (x) =
(b) f (x) = 3x ln(1 + 3x) 1 + 2x 2
( sin(x)
(c) f (x) = 2x 3 e 2x x si x 6= 0
(h) f (x) =
3 1 si x = 0
(d) f (x) =
1 + x5 p
4x (i) ⋆ f (x) = cos( x )
(e) f (x) =
3 + 2x (j) ⋆ f (x) = cos2 (x) Conseil : utilisez une
(f ) f (x) = x 2 sin(3x) identité trigonométrique.

6.15 En utilisant une substitution dans une série de base, déterminez les trois premiers termes non
nuls des développements en séries de Taylor en x = 0 des fonctions ci-dessous. De plus, déterminez
l’intervalle de convergence de ces séries.
³p ´3
f 1 (x) = 1 + x2
1
f 2 (x) = p
1 + 4x

Remarque. Vous pouvez vérifier les premiers termes en utilisant la commande Taylor de la calculatrice
symbolique, mais il n’y a pas de commande Nspire qui donne l’intervalle de convergence.

6.16 Vérifiez que les développements en séries de Taylor en u = 0 des fonctions ci-dessous débutent
ainsi : p
r 1 (u) = R 1 − 2u sin(θ) + u 2 = R − R sin(θ) u + . . .
p
r 2 (u) = R 1 + 2u sin(θ) + u 2 = R + R sin(θ) u + . . .

Rappelons que, puisque le développement se fait en puissances de u, les paramètres θ et R (et tout
autre paramètre le cas échéant) sont considérés constants. L’intérêt particulier de ces développe-
ments sera présenté à l’exemple 6.29.
(a) En utilisant une substitution dans une série de base.
(b) En utilisant la commande Taylor de la calculatrice symbolique.
158 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

6.4 Utilisation des séries

6.4.1 Applications en physique

L’emploi de séries de Taylor est monnaie courante en physique et en ingénierie. On recourt à


celles-ci en particulier afin de simplifier une expression dont l’analyse peut être ardue en une autre
qui s’y prête mieux. Le développement en série s’effectue pour une variable que l’on sait être de faible
grandeur (en valeur absolue). On est amené à se doter de la convention suivante :

Convention Étant donné deux quantités positives, a et b, on dit de a qu’elle est « beaucoup
plus petite » que b, ce que l’on note a ≪ b, si a est au moins dix fois plus petite que b.
Les affirmations suivantes sont donc équivalentes :

b a 1 a
a ≪b ⇐⇒ a< ⇐⇒ < ⇐⇒ ≪ 1.
10 b 10 b

Exemple 6.27
Obtenez les expressions pour « l’approximation des petits angles ». L’approximation en question
concerne les fonctions trigonométriques de base sin (x), cos (x) et tan (x) quand x est beaucoup plus
petit que 1, c’est-à-dire pour x ≪ 1.

Solution :
Écrivons les premiers termes des développements en série autour de 0 pour chacune de ces fonctions.

x3 x5 x2 x4 x3 2
sin (x) = x − + +··· ; cos (x) = 1 − + +··· ; tan (x) = x + + x5 + · · ·
6 120 2 24 3 15
Sous l’hypothèse x ≪ 1, on constate que l’ajout de chaque nouveau terme de la série de sin (x)
n’apporte qu’une contribution très faible au calcul du résultat. En effet, pour x = 0, 1 (la valeur
3
maximale admissible étant donnée l’hypothèse), le terme d’ordre 3, à savoir x6 , ne vaut que le 600e
du terme d’ordre 1 et le terme d’ordre 5 ne vaut que le 2000e du terme d’ordre 3. L’examen des deux
autres séries montre un comportement tout à fait similaire. Il est alors d’usage de ne retenir que les
termes d’ordre 1 du développement en série, c’est-à-dire d’utiliser les polynômes de Taylor d’ordre 1
pour approximer ces trois fonctions :

sin (x) ≈ x ≈ tan (x) ; cos (x) ≈ 1.

Les résultats qui précèdent constituent ce qui est communément désigné par « l’approximation des
petits angles ».
N. B. : On dit souvent, en physique qu’on fait une approximation d’ordre 1 ou une approximation du
premier ordre quand une expression est remplacée par son polynôme de Taylor d’ordre 1.
6.4. UTILISATION DES SÉRIES 159

Exemple 6.28
Établissez une approximation du premier ordre de la grandeur de l’angle α de la figure 6.13 en
fonction de d et L si on sait que α ≪ 1.

L
d/2
d/2

F IGURE 6.13 Quelle est l’approximation d’ordre 1 de α en termes de d et L ?

De plus, comparez la valeur de θ pour d = 3 et L = 50 que l’on trouve en employant l’approximation


avec celle obtenue par un calcul « exact ».

Solution :
L’examen de la figure montre que :
³α´ d
tan = .
2 2L
Puisque α est très petit, on utilise l’approximation des petits angles :
³α´ α d
tan ≈ = .
2 2 2L

Ainsi,
d
α≈ .
L

Pour d = 3 et L = 50, la valeur exacte de α est


µ ¶ µ ¶
d 3
α = 2 arctan = 2 arctan = 0, 059982...
2L 100

tandis que l’approximation conduit à la valeur

d 3
α≈ = = 0, 06.
L 50
L’écart entre ces valeurs est inférieur à 0, 000018, ce qui correspond à moins de 0, 03% de la valeur
de α.
160 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

Exemple 6.29
Établissez une formule qui donne une approximation du premier ordre de la différence des distances
r 2 − r 1 en termes des paramètres a, R et θ si on sait que a ≪ R.

r1

R
r2
a
θ

Solution :
Exprimons d’abord les distances r 1 et r 2 en termes des paramètres. L’emploi de la loi des cosinus
donne :
³π ´
r 12 = R 2 + a 2 − 2aR cos −θ
2
et ³π ´
r 22 = R 2 + a 2 − 2aR cos +θ .
2
¡π ¢ ¡π ¢
Puisque cos 2 − θ = sin (θ) et que cos 2 + θ = − sin (θ), on a
s
p a a2
r 1 = R 2 − 2aR sin (θ) + a 2 = R 1−2 sin (θ) + 2
R R

et s
p a a2
r2 = R 2 + 2aR sin (θ) + a 2 = R 1+2 sin (θ) + 2 .
R R
a
Afin que le procédé apparaisse plus clairement, effectuons le changement de variable u = au sein
R
des expressions pour r 1 et r 2 .
p p
r 1 = R 1 − 2u sin (θ) + u 2 ; r2 = R 1 + 2u sin (θ) + u 2

Les développements en séries de Taylor de ces expressions en u = 0 s’écrivent (voir exercice 6.16) :

u2
r 1 = R − R sin (θ) u + R cos2 (θ) + ...
2
u2
r 2 = R + R sin (θ) u + R cos2 (θ) + ...
2
6.4. UTILISATION DES SÉRIES 161

L’hypothèse a ≪ R implique que u ≪ 1. Il est en conséquence justifié de ne retenir que les termes
d’ordre 1 en u :
r 1 ≈ R − R sin (θ) u
r 2 ≈ R + R sin (θ) u.
Alors :
r 2 − r 1 ≈ 2R sin (θ) u
a
et, puisque u = ,
R
r 2 − r 1 ≈ 2a sin (θ) .

Remarque. Le résultat que nous venons d’obtenir présente une interprétation géométrique inté-
ressante. En effet, si le point de rencontre des segments de longueur r 1 et r 2 est suffisamment
éloigné (a ≪ R), ces segments paraissent parallèles faisant un angle θ par rapport à l’horizontale.
La différence des distances r 2 − r 1 , correspond alors au segment de droite représenté sur la figure
suivante.

r1
θ

r2
2a
θ
r2 − r1 2a sin (θ )
162 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

Exercices

6.17 Un écran (E 1 ) percé de deux trous est éclairé par un laser de longueur d’onde λ et on observe
l’intensité lumineuse transmise sur l’écran E 2 (voir figure 6.14).

E1
r1
S1
y
r2
Flux 2a θ
lumineux

S2 E2

F IGURE 6.14 Illustration du dispositif des fentes de Young.

On sait que l’intensité lumineuse va varier sur l’écran d’observation et qu’elle sera maximale (inter-
férence constructive) quand la différence des parcours des faisceaux provenant des ouvertures S 1 et
S 2 correspondra à un multiple entier de longueurs d’onde, c’est-à-dire quand on aura :

r 2 − r 1 = nλ où n = 0, ±1, ±2, . . .
(a) Sachant que a ≪ L, utilisez le résultat de l’exemple 6.29 pour exprimer la condition d’interfé-
rence constructive ci-haut en termes de a, θ et λ.
(b) Si on considère les points au voisinage du centre de l’écran, on sait qu’on peut faire usage
de l’approximation des petits angles pour θ. Exprimez à nouveau la condition d’interférence
constructive pour ces points en fonction de y et de L.
(c) Si on utilise un laser hélium-néon (λ = 638 nm), que les ouvertures S 1 et S 2 sont distantes
0, 5 mm et que l’écran d’observation se situe à L = 1, 5 m de celles-ci, établissez les positions
des points près du centre de l’écran pour lesquels il y aura interférence constructive.
(d) ⋆ Les réponses en (c) constituent une approximation des positions où a lieu l’interférence
constructive. Pouvez-vous déterminer les valeurs précises de y à la question (c), donc sans
utiliser les approximations du premier ordre de l’exemple 6.29 ? Quelles équations faut-il
résoudre ?
6.4. UTILISATION DES SÉRIES 163

6.18 La figure 6.15 illustre une configuration de charges électriques que l’on rencontre fréquem-
ment : le dipôle électrique. Le dipôle est constitué de deux charges de même grandeur, mais de signes
opposés, +Q et −Q. En un point quelconque P , le potentiel électrique du dipôle est donné par :
µ ¶
1 1
VP = kQ − où k est une constante.
r+ r−

r+

R
+Q
r-
a
θ

a
-Q

F IGURE 6.15 Point P en position quelconque par rapport au dipôle électrique.

Vous inspirant du traitement de l’exemple 6.29, établissez une formule pour le potentiel électrique
VP si le point P est choisi suffisamment éloigné du dipôle, c’est-à-dire, si on peut écrire a ≪ R.

6.19 On s’intéresse au comportement du potentiel électrique d’un dipôle sur l’axe de celui-ci.

r-
r+
a a P
-Q +Q R

F IGURE 6.16 Point P situé dans l’axe du dipôle électrique.

Rappelons que le potentiel en P est donné par :


µ ¶
1 1
VP = kQ − .
r+ r−

(a) Écrivez l’expression exacte du potentiel en P en fonction des paramètres k, Q, R et a de la


figure 6.16.
(b) Considérez que P est très loin (a ≪ R). Exprimez le potentiel en P au premier ordre en Ra .
Comment le résultat se compare-t-il avec celui qu’on obtiendrait en faisant usage de la formule
trouvée à l’exercice 6.18 ?
164 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

6.20 À la figure 6.17, la masse m est soumise à l’influence gravitationnelle des trois objets de
masses, M , M et 2M , respectivement.

M
r
a θ m 2M

a R R
r
M
F IGURE 6.17 Masse m subissant l’influence gravitationnelle de trois autres masses.

La force gravitationnelle résultante ressentie par m est


µ ¶
1 cos (θ)
F g = 2G M m 2 − .
R r2

(a) Écrivez F g en termes des paramètres a et R, ainsi que des constantes G, m et M .


(b) Établissez une approximation au premier ordre en Ra pour F g .
Indice : Faites apparaître le rapport Ra dans l’expression obtenue en (a) et pensez au dévelop-
pement du binôme.

6.4.2 Calcul d’intégrales

Nous avons débuté le chapitre 4 avec l’étude des intégrales définies, présentant leur intérêt en
génie ainsi que le théorème fondamental du calcul qui fournit une façon de les évaluer :

Zb
f (x) d x = F (b) − F (a) si f est continue sur ]a ; b[ et si F ′ = f .
a

Tout le défi consistait alors à trouver une primitive de la fonction à intégrer. Mais il est souvent difficile
et parfois même impossible de déterminer l’expression algébrique d’une primitive : le théorème
fondamental n’est alors d’aucune utilité.
Pour évaluer une intégrale définie dont la primitive est inconnue, nous avons vu que l’on peut
calculer les sommes de gauche ou de droite pour un nombre n de rectangles de plus en plus grand.
Cette méthode requiert cependant un grand nombre d’opérations arithmétiques, nombre qui varie
en fonction de la précision désirée. Une autre approche consiste à utiliser la série de Taylor de
la fonction à intégrer, à condition toutefois que les bornes de l’intégrale soient comprises dans
l’intervalle de convergence de la série.
6.4. UTILISATION DES SÉRIES 165

Exemple 6.30
Utilisez la série de Taylor de l’intégrande au voisinage de 0 pour calculer la valeur arrondie à la
cinquième décimale de l’intégrale définie
0,4
Z
2
x 2 e −x d x.
0
Solution :
Nous connaissons déjà la série de Taylor de e u développée autour de 0 (voir table de la page 151) :
X∞ un u u2 u3 u4 u5 un
eu = = 1+ + + + + +...+ +... pour u ∈ ]−∞ ; ∞[ .
n=0 n! 1! 2! 3! 4! 5! n!
En y substituant u = −x 2 , nous obtenons
à ¡ 2 ¢ ¡ 2 ¢2 ¡ 2 ¢3 ¡ 2 ¢4 ¡ 2 ¢n !
−x −x −x −x −x ¡ ¢
e( ) = 1 +
2
−x
+ + + +...+ +... pour −x 2 ∈ ]−∞ ; ∞[ .
1! 2! 3! 4! n!

Et en multipliant le tout par x 2 , nous obtenons la série de Taylor de l’intégrande :


µ ¶
2 (−x 2 ) 2 −x 2 x 4 −x 6 x 8 (−1)n x 2n ¡ ¢
x ·e = x 1+ + + + +...+ +... pour −x 2 ∈ ]−∞ ; ∞[
1! 2! 3! 4! n!
6 8 10 n 2n+2
x x x (−1) x
= x2 − x4 + − + +...+ +... pour x ∈ ]−∞ ; ∞[ .
2! 3! 4! n!

Puisque l’intervalle [0 ; 0, 4] est compris dans l’intervalle de convergence de la série précédente, on a


0,4
Z 0,4µ
Z ¶
x 6 x 8 x 10 (−1)n x 2n+2
x 2 · e (−x ) d x
2
2 4
= x −x + − + +...+ +... dx
2! 3! 4! n!
0 0
µ ¶ ¯0,4
x3 x5 x7 x9 x 11 (−1)n x 2n+3 ¯
= − + − + +...+ + . . . ¯¯
3 5 2! · 7 3! · 9 4! · 11 n! · (2n + 3) 0
µ 3 5 7 9 11 ¶ µ 3 ¶
0, 4 0, 4 0, 4 0, 4 0, 4 0 05 07 09 011
= − + − + +... − − + − + +...
3 5 2! · 7 3! · 9 4! · 11 3 5 2! · 7 3! · 9 4! · 11
0, 43 0, 45 0, 47 0, 49 0, 411
= − + − + +...
3 5 2! · 7 3! · 9 4! · 11
L’observation de la table des cinq premières sommes partielles permet de constater que la précision
augmente rapidement.
S1 0, 0213333 . . .

S2 0, 0192853 . . .

S3 0, 0194023 . . .

S4 0, 0193975 . . .

S5 0, 0193976 . . .

En arrondissant à la cinquième décimale, on obtient 0, 01940.


166 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

Exemple 6.31
Utilisez les deux premiers termes non nuls du développement en série de Taylor de l’intégrande, au
voisinage de 0, pour estimer la valeur de l’intégrale définie
Z1
¡ ¢
cos x 2 d x.
0

Trouvez une borne pour l’erreur, c’est-à-dire l’écart entre l’approximation obtenue et la valeur
exacte de l’intégrale définie. Pour ce faire, utilisez le critère de convergence pour une série alternée
(théorème 6.2).
Expliquez à quoi correspond graphiquement la valeur de l’approximation obtenue et celle de l’écart .

Solution :
Nous connaissons déjà la série de Taylor de cos(u) développée autour de 0 (voir table de la page 151).
En posant u = x 2 , on obtient
¡ ¢2n
¡ 2
¢ ∞
X n x2 x 4 x 8 x 12
cos x = (−1) = 1− + − + . . . pour x ∈ ]−∞ ; ∞.[
n=0 (2n)! 2! 4! 6!
En intégrant les 2 premiers termes non nuls de cette série, on obtient l’approximation
Z1 Z1 µ ¶ µ ¶¯
¡ 2
¢ x4 x 5 ¯¯1
cos x dx ≈ 1− dx = x−
2! 2 · 5 ¯0
0 0
µ ¶
15
= 1− − (0)
10
9
= .
10
D’après le théorème des séries alternées, la valeur absolue de l’erreur commise en tronquant une telle
série est inférieure au premier terme omis. Or le premier terme omis ici est
Z1 ¯
x8 x 9 ¯¯1 1
dx = ¯ = ≈ 0, 00463.
24 24 · 9 0 216
0

Ainsi, même sans avoir calculé la valeur exacte de l’intégrale définie, nous pouvons être certain que
l’écart entre cette valeur exacte et l’approximation obtenue est inférieur à 0, 00463.

R1 R1
y f (x) d x ≈ p(x) d x = 0, 9 y
0 0
différence des aires < 0, 00463
1 1
0, 9
x ¡ ¢
0, 9 f (x) = cos x 2
−2 −1 1 4
¡ ¢ p(x) = 1 − x4
f (x) = cos x 2 −1 4
p(x) = 1 − x4 x
1
6.4. UTILISATION DES SÉRIES 167

Exercices

6.21 Pour chacune des intégrales définies, répondez aux 4 questions suivantes. Donnez les résultats
numériques en utilisant la notation scientifique avec 4 chiffres significatifs, comme 2, 345 × 10−5 ou
2, 345E-5.

Z2 Z1 1/3
Z
2 2 4
(a) sin (x ) d x (c) x arctan(x ) d x (e) x 3 cos(x) d x
0 0 0
1/2
Z 3/10
Z
2 1
(b) x 2 e −x d x (d) dx
1 + x7
0 0

1. Trouvez les trois premiers termes non nuls du développement en série de Taylor de l’intégrande
au voisinage de 0.
Ceci peut être fait manuellement, par substitution et manipulations algébriques de séries
connues. On peut utiliser la commande taylor() de la calculatrice pour vérifier le polynôme
obtenu.
2. Utilisez les trois premiers termes non nuls du développement en série de Taylor de l’intégrande,
au voisinage de 0, pour estimer la valeur de l’intégrale définie.
3. Utiliser le critère de convergence pour une série alternée pour trouver une borne pour l’écart
entre l’approximation obtenue en (1) et la valeur exacte de l’intégrale définie. (Vous ne devez
pas utiliser la valeur de l’intégrale fournie par la calculatrice.)
4. Vérifiez que l’écart entre l’approximation obtenue en (1) et la valeur exacte de l’intégrale définie
est effectivement inférieur à la borne donnée en (2), en utilisant le résultat de l’intégrale définie
obtenu directement avec la calculatrice.

6.22 ⋆ Le nombre imaginaire i , aussi qualifié de nombre complexe, est défini par
p
i = −1.

On calcule les puissances de i de la façon suivante :


p p
i2 = i i = −1 −1 = −1
i3 = i2i = (−1) i = −i
4 2 2
i = i i = (−1) (−1) = 1
5 4
i = i i = (1) (i ) = i
6 4 2 2
i = i i = i = −1
7 4 3 3
i = i i = i = −i
8 4 4 4
i = i i = i = 1
9 4 5 5
i = i i = i = i
...

(a) En utilisant la liste des séries de base, écrivez la série de la somme

cos(x) + i sin(x).
168 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

(b) En utilisant la liste des séries de base, écrivez la série de

e (i x) .

Conseils :
• Évaluez d’abord les puissances de i qui apparaissent dans l’expression de la série : rempla-
cez i 2 par −1, i 3 par −i et ainsi de suite.
• Regroupez tous les termes contenant i afin de mettre i en évidence et regroupez tous les
termes ne contenant pas i .
(c) Vérifiez que les résultats obtenus en (a) et (b)sont égaux. Ceci démontre l’importante formule
d’Euler :
e i x = cos(x) + i sin(x).

6.23 Les fonctions cosinus hyperbolique et sinus hyperbolique sont définies par

e x + e −x e x − e −x
cosh(x) = et sinh(x) = .
2 2
(a) Trouvez le développement de cosh(x) et de sinh(x) en série de Taylor en a = 0 en utilisant une
des séries de base. Que remarquez-vous ?
(b) Vérifiez les résultats suivants, en utilisant les définitions ci-dessus ou les séries obtenues en
(a).
d (sinh(x)) d (cosh(x))
= cosh(x) = sinh(x)
dx dx

cosh(x) + sinh(x) = e x cosh2 (x) − sinh2 (x) = 1


6.5. SÉRIES GÉOMÉTRIQUES 169

6.5 Séries géométriques

Certaines séries de nombres ont une propriété bien spéciale : chaque terme, sauf le premier, est
obtenu en multipliant le terme précédent par un facteur constant appelé raison. Ces sont les séries
géométriques. Elles apparaissent dans plusieurs domaines, comme les mathématiques financières
par exemple.
On pourrait choisir de commencer le chapitre sur les séries par l’étude des séries géométriques,
et certains enseignants feront peut-être ce choix. Par conséquent, nous élaborerons la preuve du
théorème 6.4, le critère de convergence des séries géométriques, sans utiliser les notions vues
aux sections précédentes. C’est d’ailleurs sur ce résultat que repose la preuve du Test du rapport
(théorème 6.1), preuve que nous avons omis de fournir.

Définition 6.11 Une série de nombres qui est de la forme



X
a r n−1 = a + a r + a r 2 + a r 3 + a r 4 + ... + a r n−1 + ...
n=1

où a 6= 0, est appelée série géométrique.


Le nombre a est appelé le premier terme de la série et le nombre r est la raison de la série.
Dans une telle série, chaque nouveau terme est obtenu en multipliant le terme précédent par la
raison r .

Exemple 6.32
Déterminez si les termes donnés peuvent constituer le début d’une série géométrique.

5 5 5 4 8 16 (c) 10 + 12 + 14 + 16 + 18 + ...
(a) 10 + 5 + + + + ... (b) 3 − 2 + − + + ...
2 4 8 3 9 27

Solution :
(a) Calculons le rapport des termes successifs :
5 5 5
a2 5 1 a3 2 1 a4 4 1 a5 8 1
= = , = = , = 5
= , = 5
=
a 1 10 2 a2 5 2 a3 2
2 a4 4
2

1
Ces termes coïncident donc avec les premiers termes d’une série géométrique de raison r = 2
et de premier terme a = 10.

(b) Calculons le rapport des termes successifs :


4 8 16
a 2 −2 2 a3 2 a4 − 9 2 a5 2
= =− , = 3 =− , = 4 =− , = 27 = −
a1 3 3 a 2 −2 3 a3 3
3 a 4 − 89 3

Ces termes coïncident donc avec les premiers termes d’une série géométrique de raison
r = − 23 et de premier terme a = 3.
170 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

(c) Calculons le rapport des termes successifs :


a 2 12 6 a 3 14 7
= = , = =
a 1 10 5 a 2 12 3
Inutile de continuer, le rapport de deux termes successifs de cette série n’est pas constant. Il
ne s’agit donc pas d’une série géométrique.

Exemple 6.33
Déterminez si la série de l’exemple 6.9 est une série géométrique ou non.
X∞ 1 1 1 1 1 1 1
n
= 1+ + + + + + + ...
n=0 2 2 4 8 16 32 64

Solution :
Cette série est une série géométrique dont le premier terme est a = 1 et la raison est r = 21 .

P
En effet, la série peut être récrite sous la forme a r n−1 :
n=1

X∞ 1 X∞ µ 1 ¶n−1

n
= 1 .
n=0 2 n=1 2


P
Théorème 6.4 La série géométrique a r n−1 = a + a r + a r 2 + a r 3 + ... + a r n−1 + ... , où a 6= 0,
n=1
a
• converge si |r | < 1 et alors sa somme est égale à
1−r
• diverge si |r | ≥ 1.

⊲ Démonstration Analysons d’abord le cas où la raison est égale à 1.

• r =1


X ∞
X ∞
X
a r n−1 = a 1n−1 = a = a + a + a + a + a + ... + a + ...
n=1 n=1 n=1
Dans ce cas, la somme partielle S k est donnée par
k
X
Sk = a + a + ... + a} = k a.
a = |a + a + a + {z
n=1
k termes

Calculons la limite de la somme partielle S k quand k tend vers l’infini afin de déterminer si la
série converge ou non.
(
−∞ si a < 0
lim S k = lim k a =
k→∞ k→∞ +∞ si a > 0
Ainsi, pour le cas r = 1, on conclut que la série diverge (et ce pour toute valeur non nulle de a).
6.5. SÉRIES GÉOMÉTRIQUES 171

• r 6= 1

X
a r n−1 = a + a r + a r 2 + a r 3 + a r 4 + ... + a r n−1 + ...
n=1

Déterminons d’abord une forme close pour la somme partielle S k . On a

k
P
Sk = a r n−1 = a + a r + a r 2 + a r 3 + a r 4 + ... + a r k−1 (1)
n=1
k
P k
P
et r Sk = r a r n−1 = arn = a r + a r 2 + a r 3 + a r 4 + ... + a r k (2)
n=1 n=1

Si on soustrait membre à membre les deux équations précédentes ( (1) – (2) ), on obtient

Sk = a + ar + ar2 + ar3 + ar4 + ... + a r k−1



r Sk = ar + ar2 + ar3 + ar4 + ... + a r k−1 + ark

Sk − r Sk = a + 0 + 0 + 0 + 0 + ... + 0 − ark

ou, en factorisant,
S k (1 − r ) = a − a r k .

Ainsi, on obtient une expression simple pour la k-ième somme partielle de la série :

a − a r k a(1 − r k )
Sk = = .
1−r 1−r
Calculons la limite de la somme partielle S k quand k tend vers l’infini afin de déterminer pour
quelles valeurs de r la série converge :
( a
a(1 − r k ) ³ a ´ si −1 < r < 1
1−r
lim S k = lim = lim (1 − r k ) =
k→∞ k→∞ 1−r 1 − r k→∞ diverge si r < −1 ou r > 1

car
lim r k = 0 si |r | < 1 et lim r k diverge si |r | > 1.
k→∞ k→∞

P
Ainsi, la série géométrique a r n−1 = a + a r + a r 2 + a r 3 + ... + a r n−1 + ... , où a 6= 0,
n=1
a
• converge si |r | < 1 et alors sa somme est égale à
1−r
• diverge si |r | ≥ 1.

fin de la démonstration ⊳
Une autre démonstration de ce résultat consiste tout simplement à mettre a en évidence et à
remarquer que 1 + r + r 2 + r 3 + . . . est le développement en série de 1/(1 − r ), série dont nous avons
déjà obtenu l’intervalle de convergence par le test du rapport : ] − 1, 1[. Il ne resterait qu’à analyser la
convergence aux extrémités de l’intervalle, soit pour r = −1 et r = 1.
172 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

Exemple 6.34
Déterminez si la série géométrique suivante converge et, si oui, calculez sa somme.

6 12 24 48
3− + − + − ...
5 25 125 625

Solution :
Ici, puisqu’on nous dit que c’est une série géométrique, on utilise le théorème précédent avec a = 3
et r = aa12 = − 52 .
Puisque |r | < 1, la série converge et sa somme est

a 3 3 15
S= = ¡ 2¢ = 7 = .
1−r 1− −5 5
7

Exemple 6.35
Écrivez le nombre décimal périodique 3, 541 = 3, 541414141... sous la forme d’un quotient d’entiers.

Solution :

41 41 41 41
3, 541 = 3, 541414141... = 3, 5 + 3
+ 5 + 7 + 9 + ...
10 10 10 10
41 41
À partir du deuxième terme, on est en présence d’une série géométrique où a = 10 3 = 1000 et

r = 101 2 = 100
1 a
. Puisque |r | < 1, le théorème 6.4 permet de conclure que la série converge vers 1−r . On
obtient donc
41 41
35 1000 35 41 1753
3, 541 = 3, 5 + 10001 = + 99 = + = .
1 − 100 10 100
10 990 495

Exercices

6.24 Pour chacune des séries suivantes, déterminez si elle converge et trouvez sa somme advenant
le cas.
µ ¶ µ ¶2 µ ¶3 ∞ (−2)n−1
2 2 2 X
(a) 1+ + + + ... (e)
3 3 3 n=1 3n
3 9 27 81 X 4 +2n
∞ n
(b) 2− + − + − ... (f )
2 8 32 128 n=1 6n
9 27 81 X∞
(c) 2−3+ − + − ... (g) 5 −n 7 n+1
2 4 8
∞ 3n +1 n=1
X
(d) 3 3 3 3
n (h) ⋆ 7 + 5 + 3 + + + + + ...
n=0 4 4 16 64 256
6.5. SÉRIES GÉOMÉTRIQUES 173

6.25 Une certaine balle de caoutchouc est telle que chaque fois qu’elle tombe verticalement d’une
hauteur h cm sur une surface rigide, elle rebondit verticalement à la hauteur c h, où 0 < c < 1. En
supposant que la balle est relâchée verticalement d’une hauteur initiale de k cm, trouvez la distance
verticale totale que parcourrait cette balle si celle-ci rebondissait indéfiniment.

6.26 Trouvez la longueur totale du chemin en dents de scie dans la figure 6.18.

F IGURE 6.18 Quelle est la longueur totale du chemin en dents de scie ?

6.27 ⋆ Considérez la figure 6.19 où 0 < r < 1 :

y=r x+a

y=x

F IGURE 6.19 Quelle est la somme des hauteurs des « contremarches » (traits verticaux) ?

(a) Quelle est la somme des hauteurs des « contremarches » (c’est-à-dire des traits épais verti-
caux) ? Écrivez d’abord la sommation puis évaluez-là en utilisant le théorème 6.4 sur les séries
géométriques.
Pouvez-vous retrouvez le même résultat, cette fois sans avoir recours au séries ?
(b) Que se passe-t-il si r ≥ 1 ?
(c) Que se passe-t-il si −1 < r < 0 ? Conseil : dessinez la figure avec les droites y = x et y = r x + a
pour a > 0.
174 CHAPITRE 6. POLYNÔMES ET SÉRIES DE TAYLOR

6.28 ⋆ Vous connaissez le paradoxe4 de Zénon ? Zénon était un philosophe grec qui vécut au Ve
siècle av. J.-C. Une des formes de son fameux paradoxe allait comme suit.

On tire une flèche vers une cible placée à d m de l’archer. Après un certain temps, la
flèche aura parcouru la moitié de la distance. Un peu plus tard, la flèche aura parcouru
la moitié de la distance résiduelle et ainsi de suite. Zénon concluait que puisque l’on peut
toujours décomposer la distance restante en deux, une infinité de déplacements seraient
nécessaires et que puisque chacun de ceux-ci prend un certain temps, la flèche n’arriverait
jamais...

Démontrez que Zénon se trompait. Présumez que la flèche est animée de la vitesse constante v et
rassurez-nous que le temps que prendra la flèche pour parcourir la distance sera :

d
∆t = .
v

4. Un paradoxe est une proposition qui contient ou semble contenir une contradiction logique.
Annexe

A.1 Quelques notions de cinématique

A.1.1 Comment obtenir la position à partir de la vitesse

Dans l’annexe de la première partie du recueil, nous avons établi comment les vitesse et accélé-
ration instantanées (v(t ) et a(t ) respectivement) peuvent être obtenues à partir de la connaissance
de la position x(t ). Il doit être possible de « parcourir le chemin en sens inverse » et trouver les vitesse
et position à partir de l’accélération. Nous nous attelons ici à cette tâche. Nous présenterons deux
« points de vue » ou façons de comprendre et d’aborder le problème. Le premier utilisant l’intégrale
définie et le second, l’intégrale indéfinie.
On considère un objet se déplaçant durant l’intervalle de temps t A ≤ t ≤ t B .

Premier point de vue

Selon le théorème fondamental du calcul, si f est continue sur l’intervalle [a ; b] et si F est une
primitive de f , c’est-à-dire si F ′ (t ) = f (t ), alors
Zb
f (t ) d t = F (b) − F (a).
a

En prenant le cas particulier où f est la vitesse en fonction du temps, f (t ) = v(t ), on obtient

Zt 2
v(t ) d t = x(t 2 ) − x(t 1 )
t1

où t 1 et t 2 sont des instants compris entre t A et t B et x(t ) est la position au temps t . En effet, la position
est une primitive de la vitesse puisque x ′ (t ) = v(t ).
Ainsi, le déplacement du corps animé de la vitesse v s’obtient en intégrant la vitesse sur l’inter-
valle de temps considéré.
Si la position en t 1 et la vitesse v(t ) sont connues, on peut donc calculer la position en t 2 (il suffit
d’isoler x(t 2 ) dans l’équation encadrée précédente) :
Zt 2
x(t 2 ) = x(t 1 ) + v(t ) d t .
t1

175
176 ANNEXE

Pour obtenir la fonction position x(t ), on remplace t 2 par un instant t quelconque tel que t A ≤ t ≤ t B ,
et on modifie le nom de la variable d’intégration5 :

Zt
x (t ) = x (t 1 ) + v (u) d u.
t1

Considérons l’exemple simple où un objet se déplace à la vitesse constante de 3 m/s. Son dépla-
cement entre l’instant t = 1 s et l’instant t = 9 s sera donné par
Z9 Z9 ¯9
¯
x(9) − x(1) = v(t ) d t = 3 d t = (3t )¯ = 27 − 3 = 24 m.
1 1 1

Graphiquement, ce déplacement correspond à l’aire algébrique sous la courbe y = v(t ) (qui est ici
une droite).

v (m/s)

Z9
A= v(t ) = x(9) − x(1)
1

t (s)

Si la position en t = 1 s est de x = 10 m, alors la position en t = 9 s est donnée par


Zt 2
x(9) = x(1) + v(t ) d t = 10 + 24 = 34 m.
t1

Pour obtenir la fonction position x(t ),


Zt Zt ¯t
¯
x (t ) = x (t 1 ) + v (u) d u = 10 + 3 d u = 10 + (3u) ¯ = 10 + (3t − 3) = 7 + 3t
t1 1 1

où la position x est exprimée en mètres et le temps t est exprimé en secondes.

5. Voir remarque à l’exercice 4.36 de la page 31 concernant la modification du nom de la variable d’intégration.
A.1. QUELQUES NOTIONS DE CINÉMATIQUE 177

Deuxième point de vue

La vitesse s’obtenant par dérivation de la position, il est logique que la position s’obtienne de
la vitesse par l’opération inverse : l’intégration. N’est-il pas concevable alors d’obtenir la position
par une intégrale indéfinie plutôt que par une intégrale définie ? C’est effectivement le cas. Voyons
comment on procède en reprenant l’exemple précédent : v(t ) = 3 m/s avec x(1) = 10 m. On calcule
d’abord l’intégrale indéfinie Z Z
x (t ) = v (t ) d t = 3 d t = 3t + C

en s’assurant de ne pas oublier de faire apparaître la constante d’intégration. Pour déterminer la


valeur de cette constante, on doit connaître la position à un instant donné (qu’on appelle condition
initiale). Ici, on sait que x(1) = 10 m. Ainsi,

10 = x(1) = 3 · 1 + C

donc
C =7
et
x(t ) = 3t + 7,
où la position x est exprimée en mètres et le temps t est exprimé en secondes.

A.1.2 Comment obtenir la vitesse à partir de l’accélération

La discussion est tout à fait analogue à celle de la section A.1.1.

Premier point de vue

Puisque la vitesse est une primitive de l’accélération, c’est-à-dire

v ′ (t ) = a(t ),

le théorème fondamental entraîne que la variation totale de la vitesse du corps soumis à l’accélération
a s’obtient en intégrant l’accélération sur l’intervalle de temps considéré :

Zt 2
a(t ) d t = v(t 2 ) − v(t 1 ).
t1

Ainsi, si la vitesse en t 1 et l’accélération a(t ) sont connues, on peut calculer la vitesse en t 2 :


Zt 2
v(t 2 ) = v(t 1 ) + a(t ) d t .
t1

Pour obtenir la fonction vitesse v(t ), on remplace t 2 par un instant t quelconque, et on modifie le
nom de la variable d’intégration
178 ANNEXE

Zt
v (t ) = v (t 1 ) + a (u) d u.
t1

Considérons l’exemple où l’accélération est a(t ) = 2t m/s2 . La variation de vitesse entre les
instants t = 1 s et t = 9 s est donnée par
Z9 Z9 ¯9
¯
v(9) − v(1) = a(t ) d t = 2t d t = (t 2 )¯ = 81 − 1 = 80 m/s.
1 1 1

Graphiquement, cette variation de vitesse correspond à l’aire algébrique sous la courbe a(t ).

a (m/s2 )

t
=2
a (t )

Z9
A= a(t ) = v(9) − v(1)
1

t (s)

Si la vitesse en t = 1 s est de −5 m/s, alors la vitesse en t = 9 s est donnée par


Zt 2
v(9) = v(1) + a(t ) d t = −5 + 80 = 75 m/s.
t1

Pour obtenir la fonction vitesse v(t ), on intègre l’accélération de t 1 à t :


Zt Zt
¡ ¢ ¯¯t
v (t ) = x (t 1 ) + a (u) d u = −5 + 2u d u = −5 + u 2 ¯ = −5 + (t 2 − 12 ) = t 2 − 6,
t1 1 1

où la vitesse est exprimée en m/s et le temps, en secondes.

Deuxième point de vue

L’accélération s’obtenant par dérivation de la vitesse, la vitesse se déduit par intégration de


l’accélération. Voyons comment on procède en reprenant l’exemple précédent : a(t ) = 2t m/s2 avec
v(1) = −5 m/s. On calcule d’abord l’intégrale indéfinie
Z Z
v (t ) = a (t ) d t = 2t d t = t 2 + C .
A.1. QUELQUES NOTIONS DE CINÉMATIQUE 179

Pour déterminer la valeur de la constante d’intégration, on doit connaître la vitesse à un instant donné
(qu’on appelle condition initiale). Ici, on sait que v(1) = −5 m/s. Ainsi,

−5 = v(1) = 12 + C

donc
C = −6
et
v(t ) = t 2 − 6,
où la vitesse est exprimée en m/s et le temps, en secondes.
180 ANNEXE

A.2 Aide-mémoire TI-Nspire

Les commandes qui suivent sont directement reliées à la matière présentée dans la deuxième
partie des notes de cours de MAT145. Pour une introduction à la calculatrice symbolique TI ou pour
de l’aide sur son utilisation, vous pouvez visiter le site conçu spécifiquement pour les étudiants de
l’ÉTS : http://www.seg.etsmtl.ca/Nspire/.
Avertissement : les menus peuvent changer lors des mises à jour du système d’exploitation de
la Nspire. Le présent aide-mémoire comporte quelques captures d’écran réalisées avec une version
antérieure, mais nous avons vérifié que les commandes présentées sont toujours situées dans les
menus de l’O.S. 4.5 ; les raccourcis clavier mentionnés demeurent donc corrects pour cette version.

A.2.1 Suites

Pour générer une suite finie de nombres, on utilise la commande seq (de l’anglais « sequence »).

seq(terme général, variable, valeur inférieure de la variable, valeur supérieure de la variable)

Par exemple, la suite

6, 9, 12, 15, 18

est obtenue du terme général 3i en remplaçant la


variable i par les valeurs entières allant de 2 à 6.
Remarquons que la commande seq ne se limite pas aux suites de nombres ; elle permet aussi
de générer des suites d’expressions algébriques. Notons aussi que la TI place toujours une suite
entre accolades (contrairement à l’usage général en mathématiques qui réserve les accolades aux
ensembles).

A.2.2 Sommations

Pour additionner les termes d’une suite finie ou infinie, on utilise le symbole de sommation Σ
(t ou b[4][5]).

Σ (terme général, variable, valeur inférieure de la variable, valeur supérieure de la variable)


A.2. AIDE-MÉMOIRE TI-NSPIRE 181

Par exemple,

6
X
3i = 6 + 9 + 12 + 15 + 18 = 60
i =2

4
X
nx 2n = 1x 2·1 + 2x 2·2 + 3x 2·3 + 4x 2·4
n=1
= 4x 8 + 3x 6 + 2x 4 + x 2

À la figure A.1, on effectue une sommation impliquant des valeurs de la fonction f alors qu’à ce
stade, aucune fonction f n’a encore été définie. Le résultat est donc exprimé de façon symbolique ;
son évaluation numérique dépendra de la fonction f implémentée. Par exemple, si l’on implémente
la fonction f (x) = ln(x), alors la même commande de sommation génère cette fois la valeur numé-
rique 21, 57.

F IGURE A.1 Exemples de sommations avec une fonction f quelconque ou définie.

Aviez-vous remarqué que l’expression

4
X
f (10 + 2i ) · 2 = 2 · f (12) + 2 · f (14) + 2 · f (16) + 2 · f (18) = 21, 57
i =1

que l’on retrouve à la figure A.1 correspond à une somme de droite ? En effet, il s’agit de D 4 pour la
fonction f (x) = ln(x) avec a = 10, b = 18 et ∆x = b−a
n =
18−10
4 = 2. Les rectangles correspondant à cette
somme sont illustrés à la figure A.2.

y
y = f (x) = ln(x)

x
2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24

F IGURE A.2 somme de droite D 4 pour la fonction f (x) = ln(x) avec a = 10, b = 18 et ∆x = 2 .
182 ANNEXE

A.2.3 Sommes de droite et de gauche

Pour définir les commandes droite et gauche qui calculeront les sommes de droite et de
gauche pour des paramètres quelconques, il suffit de substituer a + i ∆x à x i puis b−a
n à ∆x dans la
définition de la page 3.

n
X
Dn = f (x i ) · ∆x avec x i = a + i ∆x
i =1
X n b−a
= f (a + i ∆x) · ∆x avec ∆x =
i =1 n
X n ³ b−a´ b−a
= f a +i ·
i =1 n n

F IGURE A.3 Définition et utilisation des fonctions calculant les sommes de droite et de gauche à partir de la
fenêtre de calculs.

En guise de vérification, on peut calculer la somme de droite D 4 de la fonction f (x) = ln(x)


p
calculée précédemment, puis les sommes D 8 , D 16 et G 16 pour f (x) = x présentées à la page 4 (voir
figure A.3). On remarque que le temps de calcul augmente avec la taille de n.

A.2.4 Comment rendre une fonction accessible dans tous les classeurs

Pour définir des fonctions qui seront accessibles dans tous les classeurs (et non pas uniquement
dans le classeur où elles sont définies), on peut procéder de la façon suivante :

1. Définir les fonctions en les précédant du mot LibPub. On peut travailler directement dans une
fenêtre de calculs (figure A.3) ou opter pour l’éditeur de programmes (figures A.7, A.8 et A.9).
2. Sauvegarder le classeur dans le répertoire MyLib en lui donnant un nom court et simple : par
exemple, perso (voir figure figure A.4). Le nom ne doit comporter ni espace, ni trait d’union,
ni point et il doit être composé d’un maximum de 16 caractères. Il ne peut commencer par
un chiffre ni par un caractère de soulignement. Il ne doit pas être un nom de variable ou de
commande déjà définie.
3. Rafraîchir les bibliothèques (voir figure figure A.5).

Les fonctions ainsi définies seront affichées dans la bibliothèque, accessible avec le bouton
affichant un livre ouvert (figure A.6). Pour que les paramètres soient affichés dans le catalogue, il
faut les avoir indiqués dans un commentaire à la première ligne avec l’éditeur de programmes.
A.2. AIDE-MÉMOIRE TI-NSPIRE 183

F IGURE A.4 Sauvegarder le classeur dans le répertoire MyLib en lui donnant un nom court et simple.

F IGURE A.5 Rafraîchir les bibliothèques.

F IGURE A.6 Accéder aux fonctions personnelles : onglet 6 du catalogue. Pour que les paramètres soient
affichés (écran de droite), il faut les avoir indiqués dans un commentaire (figure A.8).

A.2.5 Utilisation de l’éditeur de programmes

L’éditeur de programmes peut aussi servir à implémenter de nouvelles fonctions. Les figures
A.7, A.8 et A.9 illustrent brièvement son utilisation. Pour plus de détails, consulter par exemple le
document Introduction à la programmation sur TI-nspire, de Geneviève Savard et Chantal Trottier.
184 ANNEXE

F IGURE A.7 Ouvrir l’Éditeur de programmes, choisir le type fonction, entrer le nom voulu et préciser l’accès à
la bibliothèque LibPub.

F IGURE A.8 Dégrouper les pages et définir la fonction. La ligne encadrée en rouge est optionnelle ; elle permet
d’afficher les paramètres dans le catalogue.

F IGURE A.9 Vérifier la syntaxe et enregistrer. Rafraîchir les bibliothèques.


A.2. AIDE-MÉMOIRE TI-NSPIRE 185

A.2.6 Intégrales définies

On peut calculer une intégrale définie dans un écran Calculs en utilisant un modèle t ou g[+]
ou le menu Analyse : le résultat y est donné en valeur exacte si possible.
On peut aussi calculer une intégrale définie dans l’écran graphique avec b[6][7] : le résultat est
alors donné en valeur arrondie. On peut utiliser la souris pour définir les bornes d’intégration (limites
inférieure et supérieure) mais ce n’est pas précis. On peut aussi entrer les valeurs précises des bornes
d’intégration avec le clavier.6

F IGURE A.10 Évaluation d’une intégrale définie dans un fenêtre de calculs et dans une fenêtre graphique.

A.2.7 Intégrales indéfinies

On peut calculer une intégrale indéfinie dans un écran Calculs en utilisant un modèle ; on affiche
le modèle avec t ou g[+] ou le menu Analyse (en laissant alors vides les cases correspondant
aux bornes). On peut aussi utiliser la commande integral.
Remarquons que Nspire n’ajoute pas la constante d’intégration à moins qu’on le demande
R
spécifiquement. Pour ce faire, on doit utiliser la commande integral (ou le symbole situé juste
au-dessus dans la liste du catalogue) et préciser le nom de la constante comme dernier argument.

R
F IGURE A.11 Obtention d’une intégrale indéfinie avec le symbole ou avec la commande integral.

Lorsque le système ne peut pas trouver de primitive élémentaire, il retourne l’intégrale indéfinie
comme résultat (voir figure A.12). Mais même dans les cas où la fonction f ne possède pas de
6. Rappel : nous travaillons toujours dans un classeur et non dans l’environnement Brouillon (Scratchpad) qui n’est
destiné qu’aux calculs et graphiques rapides. Les menus y sont différents.
186 ANNEXE

Rb
primitive élémentaire, le système retourne une valeur de l’intégrale définie a f (x)d x. Cette valeur est
alors une approximation obtenue de façon numérique puisque le théorème fondamental du calcul
ne peut être utilisé sans la connaissance d’une primitive F de f .

F IGURE A.12 Exemples de fonction pour lesquelles le système ne peut pas calculer l’intégrale indéfinie.
Il peut toujours calculer l’intégrale définie par méthodes numériques (valeurs arrondies et non pas exactes).

A.2.8 Construction de primitives : intégrale définie avec une borne variable

La première partie du théorème fondamental du calcul stipule que toute fonction continue f
sur un intervalle I possède une primitive F = g sur cet intervalle. Elle fournit aussi une façon de la
générer : il suffit de choisir une constante a ∈ I et de poser
Zx
g (x) = f (t ) d t , pour x ∈ I .
a

2
La prochaine figure montre comment implémenter une primitive g (x) de la fonction f (x) = e −x . Une
fois g définie, on peut l’évaluer pour différentes valeurs de x. On peut aussi la dériver pour vérifier le
résultat attendu : g ′ (x) = f (x).

2
F IGURE A.13 Implémenter une primitive g (x) de la fonction f (x) = e −x .
A.2. AIDE-MÉMOIRE TI-NSPIRE 187

A.2.9 Polynômes de Taylor

On génère un polynôme de Taylor développé autour de a à l’aide de la commande taylor


(b[4][c][1]).

taylor( fonction, variable, ordre du polynôme, a )

Si l’on ne précise pas de quatrième argument, le polynôme sera développé autour de 0.


Par exemple, à la figure A.14, on obtient le polynôme de Taylor d’ordre 9 développé autour de 0
pour la fonction sin(x) ; on a alors des puissances de x. À la ligne suivante, on obtient le polynôme de
Taylor d’ordre 4 développé autour de 1 pour la fonction ln(x) ; on a alors des puissances de (x − 1).

F IGURE A.14 Exemples de polynômes de Taylor.


188 ANNEXE

A.3 Règles et formules de dérivation

Règles de dérivation

Si c est une constante et si u et v sont des fonctions de x, alors on a les règles suivantes, où le
symbole ′ désigne la dérivée par rapport à x. Les notations suivantes sont équivalentes :

d (u(x)) d u
u ′ ≡ (u)′ ≡ u ′ (x) ≡ (u(x))′ ≡ ≡
dx dx

³ u ´′ u′ v − u v ′
1. (c u)′ = c u ′ 5. =
v v2
2. (u + v)′ = u ′ + v ′
³ ¡ ¢´′ ¡ ¢
3. (u − v)′ = u ′ − v ′ 6. v u(x) = v ′ u(x) u ′ (x)
dv du
4. (u v)′ = u ′ v + u v ′ = v ′ (u) u ′ (x) = ·
du dx

Formules de dérivation

Si u est une fonction de x et si c, n et a sont des constantes, avec a > 0, alors les dérivées par
rapport à x sont données par les formules suivantes.

1. c ′ = 0 9. (tan(u))′ = sec2 (u) u ′

2. (u n )′ = n u n−1 u ′ 10. (cot(u))′ = −csc2 (u) u ′

3. (e u )′ = e u u ′ 11. (sec(u))′ = sec(u) tan(u) u ′

4. (a u )′ = ln(a) a u u ′
12. (csc(u))′ = −csc(u) cot(u) u ′
1 ′
5. (ln(u))′ = u 1
u 13. (arcsin(u))′ = p u′
1 − u2
¡ ¢′ 1
6. loga (u) = u′
ln(a) u −1
14. (arccos(u))′ = p u′
1 − u2
7. (sin(u))′ = cos(u) u ′
1
8. (cos(u))′ = − sin(u) u ′ 15. (arctan(u))′ = u′
1 + u2
A.3. RÈGLES ET FORMULES DE DÉRIVATION 189
190 ANNEXE

A.4 Table d’intégrales indéfinies

Notez que u et v désignent des variables, f et g désignent des fonctions, a, b, c, n et C désignent


des constantes et a > 0.

Règles d’intégration
Z Z
1. c f (u) d u = c f (u) d u
Z³ ´ Z Z
2. f (u) + g (u) d u = f (u) d u + g (u) d u
Z³ ´ Z Z
3. f (u) − g (u) d u = f (u) d u − g (u) d u
Z Z
4. u d v = u v − v d u (la règle d’intégration par parties)

Formules d’intégration
Z Z
n u n+1 11. tan(u) d u = − ln (|cos(u)|) + C
1. u du = + C , où n 6= −1
n +1 Z
Z
1 12. cot(u) d u = ln (|sin(u)|) + C
2. d u = ln (|u|) + C
u Z
Z
3. eu d u = eu + C 13. sec(u) d u = ln (|sec(u) + tan(u)|) + C
Z Z
1 14. csc(u) d u = ln (|csc(u) − cot(u)|) + C
4. au d u = a u + C où a > 0 et a 6= 1
ln(a) Z ³u ´
Z 1 1
5. sin(u) d u = − cos(u) + C 15. d u = arctan +C
u2 + a2 a a
Z Z ³¯ u + a ¯´
1 1 ¯ ¯
6. cos(u) d u = sin(u) + C 16. d u = ln ¯ ¯ +C
a2 − u2 2a u−a
Z Z ³¯ u − a ¯´
1 1 ¯ ¯
7. sec2 (u) d u = tan(u) + C 17. 2 2
d u = ln ¯ ¯ +C
u −a 2a u+a
Z Z ³p ´
1
8. csc2 (u) d u = − cot(u) + C 18. p d u = ln u2 + a2 + u + C
u2 + a2
Z Z ³u ´
1
9. sec(u) tan(u) d u = sec(u) + C 19. p d u = arcsin +C
a2 − u2 a
Z Z ³¯p ¯´
1 ¯ ¯
10. csc(u) cot(u) d u = − csc(u) + C 20. p d u = ln ¯ u 2 − a 2 + u ¯ + C
2
u −a 2

Formules particulières d’intégration


Z Z
cos(bx)
1a. 1dx = x +C 5a. sin(bx) d x = − +C
b
Z Z
e bx sin(bx)
3a. e bx d x = +C 6a. cos(bx) d x = +C
b b
A.5. TABLE DES SÉRIES DE BASE 191

A.5 Table des séries de base

1 X∞
1. = u n = 1 + u + u 2 + u 3 + u 4 + u 5 + ... u ∈] − 1 ; 1[
1−u n=0

X∞ un u u2 u3 u4 u5
2. e u = = 1+ + + + + + ... u ∈ ]−∞ ; ∞[
n=0 n! 1! 2! 3! 4! 5!

X u 2n+1 u3 u5 u7 u9
3. sin(u) = (−1)n = u− + − + − ... u ∈ ]−∞ ; ∞[
n=0 (2n + 1)! 3! 5! 7! 9!

X u 2n u2 u4 u6 u8
4. cos(u) = (−1)n = 1− + − + − ... u ∈ ]−∞ ; ∞[
n=0 (2n)! 2! 4! 6! 8!

X u 2n+1 u3 u5 u7 u9
5. arctan(u) = (−1)n = u− + − + − ... u ∈ [−1 ; 1]
n=0 2n + 1 3 5 7 9

X u n+1 u2 u3 u4 u5
6. ln (1 + u) = (−1)n = u− + − + − ... u ∈] − 1 ; 1]
n=0 n +1 2 3 4 5
k k (k − 1) 2 k (k − 1) (k − 2) 3
7. (1 + u)k = 1 + u+ u + u
1! 2! 3!
k (k − 1) (k − 2) ... (k − n + 1) n
+ ... + u + ... u ∈]−1 ; 1[
n!

Test du rapport
Soit la série

X
un = u 0 + u 1 + u 2 + u 3 + u 4 + ... + u n + u n+1 + ...
n=0

On calcule le rapport R entre deux termes successifs de la série lorsque n → ∞


¯ ¯
¯ u n+1 ¯
R = lim ¯¯ ¯
n→∞ u n ¯

et on en conclut que

X
1. u n converge si R < 1
n=0
X∞
2. u n diverge si R > 1
n=0
3. on ne peut rien conclure si R = 1.

Lorsque R < 1, le test du rapport nous permet de déterminer l’intervalle de convergence d’une

P
série u n où les termes u n dépendent d’une variable x.
n=0
Réponses

Chapitre 4

Rép. 4.1 G 5 = −21 et D 5 = −51.


y y

4 4
G 5 = −21 D 5 = −51
2 2

x x
−8 −6 −4 −2 2 4 6 8 10 −8 −6 −4 −2 2 4 6 8 10
−2 −2

−4 −4

−6 −6

−8 −8

−10 −10

Rép. 4.2 (a) G 5 = 33 m/s et D 5 = 21 m/s.

a (m/s2) a (m/s2)

6 bc 6 bc

5 5
4 bc G 5 = 33 m/s 4 bc D 5 = 21 m/s
3 bc 3 bc
bc bc
2 2
1 bc 1 bc
bc t (s) bc t (s)
2 4 6 8 10 2 4 6 8 10

Détails du calcul de G 5 et D 5 avec le symbolisme utilisé dans la définition 4.1.

b−a
∆x = x0 = a x 1 = a + ∆t x 2 = a + 2∆x ... x i = a + i ∆x ... xn = b
n
10 − 0
∆t = =2 t0 = 0 t1 = 2 t2 = 4 t3 = 6 t4 = 8 t 5 = 10
5

193
194 RÉPONSES

4
P
G5 = (hauteur i ) (base i )
i =0
P4
= a(t i )∆t
i =0
= a(t 0 ) · ∆t + a(t 1 ) · ∆t + a(t 2 ) · ∆t + a(t 3 ) · ∆t + a(t 4 ) · ∆t
= a(0) · 2 + a(2) · 2 + a(4) · 2 + a(6) · 2 + a(8) · 2
= 12 + 8 + 6 + 5 + 2 = 33
5
P
D5 = (hauteur i ) (base i )
i =1
P5
= a(t i )∆t
i =1
= a(t 1 ) · ∆t + a(t 2 ) · ∆t + a(t 3 ) · ∆t + a(t 4 ) · ∆t + a(t 5 ) · ∆t
= a(2) · 2 + a(4) · 2 + a(6) · 2 + a(8) · 2 + a(10) · 2
= 8 + 6 + 5 + 2 + 0 = 21
(b) Durant l’intervalle de 10 secondes, la vitesse de l’objet a augmenté (puisque l’accélération est
positive), mais la valeur exacte de la variation totale de la vitesse (∆v) ne peut être calculée
à partir du relevé présenté. Cependant, puisque la fonction accélération est strictement
décroissante, on peut borner la variation de vitesse par les sommes de gauche et de droite :

D5 ≤ ∆v ≤ G5
21 m/s ≤ ∆v ≤ 33 m/s.

(c) La vitesse au temps t = 10 s se situe entre 61 m/s et 73 m/s.


Rép. 4.3 12, 8 m ≤ ∆x ≤ 15, 175 m
Rép. 4.4 (a) G 2 = 24, D 2 = 56, G 4 = 34 et D 4 = 50.
Le graphe de gauche illustre la somme de gauche G 2 : le premier rectangle a une hauteur nulle
car f (−1) = 0. Celui de droite illustre la somme de gauche G 4 .
y y

14 14
12 12
10 10
8 8
6 6
4 4
2 2
x x
−2 −1−2 1 2 3 −2 −1−2 1 2 3
−4 −4
RÉPONSES 195

Les graphes suivants illustrent les sommes de droite D 2 et D 4 .


y y

14 14
12 12
10 10
8 8
6 6
4 4
2 2
x x
−2 −1−2 1 2 3 −2 −1−2 1 2 3
−4 −4

(b) G 100 = 42, 3456 et D 100 = 42, 9856.


(c) Aire ≈ 42, 6656.
Rép. 4.5 (a) Détails du calcul de D n :
Pn
Dn = (hauteur i ) (base i )
i =1
Pn
= f (x i )∆x
i =1
Pn ¡ ¢¡4¢
= f −1 + 4i
n n
i =1 h i
n ¡ ¢ ¡ ¢
4 P 4i 2
= n − −1 + n + 6 −1 + 4i
n +7
i =1
32(n + 1)(4n − 1)
(b) Dn =
3n 2
(c) D 2 = 56 et D 4 = 50 tel qu’obtenu précédemment.
(d) D 10 = 45, 76 D 100 = 42, 9856 D 1000 = 42, 698656
128
(e) Aire = lim D n = = 42, 6̄
n→∞ 3
Rép. 4.6 (a) D n est une sous-estimation de l’intégrale. G n est une surestimation de l’intégrale.
(b) D n est une surestimation de l’intégrale. G n est une sous-estimation de l’intégrale.
(c) Non, comme le montre l’exemple suivant.
Voici le graphique d’une fonction f prenant des valeurs positives sur [0 ; 4] et dont la dérivée
f ′ ne prend que des valeurs négatives. Pourtant D 4 constitue une surestimation de l’intégrale
R 4
0 f (x) d x (tracez D 4 pour bien la voir).

 y

x




196 RÉPONSES

Rép. 4.7 (a) Rappel : angle en radians. On a (b) On a


n Dn n Dn

10 0, 35324... 10 2, 205253...
50 0, 31871... 50 2, 080638...
250 0, 31195... 250 2, 056453...
500 0, 31111... 500 2, 053448...
donc donc
Z1 Z2
sin(x 2 ) d x ≈ 0, 3. x x d x ≈ 2, 1.
0 1

Rép. 4.8 (a) 21 m ; 22, 5 m. (d) Oui, pour la première et seule fois à t = 16, 5 s.
(e) Non. La grandeur de la vitesse (en valeur ab-
(b) À t = 7 s.
solue) augmente : l’objet se dirige de plus en
(c) 2 m/s2 ; 0 m/s2 ; −3 m/s2. plus rapidement vers les x négatifs.

Rép. 4.9 (a) 4


(b) 14
(c) 0
(d) 2
(e) −10.
Pourquoi cette intégrale définie prend-elle une valeur négative ? Utilisons la définition de
l’intégrale définie pour répondre à cette question.
Puisque la borne a = 4 est supérieure à la borne b = 0, on a ∆x = b−a
n < 0. Or f (x) > 0 sur [a ; b].
Ainsi
Zb Xn
f (x) d x = lim f (x i )∆x < 0
n→∞
a i =1

(f ) 8
Z15 Z10 Z5
Rép. 4.10 (a) f (x) d x (b) f (x) d x (c) f (x) d x
0 5 0

Rép. 4.11 (a) 30 (d) −16 − 2π (rectangle et demi-cercle)


(b) 24 (e) 0
(c) 10 (f ) 5

Rép. 4.12 (a) 130 L, 130 L, 70 L. (c) On remarque que V ′ (t ) = Q(t ), sauf en t = 30
(b) Graphique de V (t ). et t = 60 où la dérivée de V n’existe pas.
Zt f
 V
(d) V (t f ) = 40 + Q(t ) d t
 0




 t
   
RÉPONSES 197

Rép. 4.13 (a) m/s (d) individus


(b) litres (e) km/h
(c) °C (f ) N·m

Rép. 4.14 La première intégrale définie représente le volume de lait (en litres) déversé durant les 90 premières
minutes. La seconde représente le volume déversé entre la 50e et la 90e minute.
Rép. 4.15 L’égalité signifie que 1200 barils de pétrole ont été produits entre le 12e et le 18e mois depuis la
mise en service du puits.

Rép. 4.16 (a) ln(2) ≈ 0, 69 (d) 32


(b) 2 (la borne de droite est π car sin(π) = 0) (e) 503 = 16, 6̄ ≈ 16, 67
(c) tan(1) ≈ 1, 56 (f ) π2 ≈ 1, 57

Rép. 4.17 (a) ln(2) ≈ 0, 69 km/h (d) 8 km/h


(b) π2 ≈ 0, 64 km/h (e) 10
3 = 3, 3̄ km/h
π
(c) tan(1) ≈ 1, 56 km/h (f ) 4 ≈ 0, 79 km/h

(a) (b)

v (km/h) v (km/h)

1
2 f (x) = 1
x f (x) = sin(x)
v moy

1
v moy 0 t (h)
−1 0 1 2 3 4 5 6

t (h)
−1
0 1 2

(c) (d)

v (km/h) v (km/h)
4
f (x) = (sec(x))2
3 f (x) = 8 − x 3
v moy
v moy 2

1
t (h)
t (h)
0 1

(e) (f )

v (km/h) v (km/h)

f (x) = x 2 − 4x + 5 1
f (x) =
1 + x2
v moy

v moy

t (h)
t (h)

x 3/2
Rép. 4.18 (a) 8x +C (h) 3 +C
(b) −4 cos (x) +C 3x 4/3
(i) 4 +C
(c) e x − sin (x) +C
(j) tan (x) +C
(d) 3x 2 + x +C
(e) x4 2 (k) 3 arctan (x) +C
2 − 2x + 9x +C
(f ) 2 ln (|x|) +C (l) −2 arcsin (x) +C
R 1 R 1 x −2 3
(g) d x = 21 x −3 d x = +C = − 4x1 2 +C (m) 5 ln (|x|) + x3 − 3x − 10
x +C
2x 3 2 −2
198 RÉPONSES

Rép. 4.19 (a) e 6 − e 2 (d) 4


(b) 15
4 (e) 0
(c) 72 (f ) −20

Rép. 4.20 (a) f (x) = sin(x) + 3


(b) f (x) = x 2 + 5x − 4
1 1
(c) f (x) = − 4 +
2x 2
(d) f (x) = sin(x) + 5x + 3
x2 1
(e) f (x) = 2 ln(x) + + 4x −
2 2
(f ) f (x) = 3x 4 + 5x + 2
Rép. 4.21 (a) Unités de ddTt : K/min
Z30
dT
(b) S = dt.
10 d t
Cette surface correspond à la variation de la température entre t = 10 minutes et t = 30
minutes, donc S = ∆T = T (30) − T (10), cette variation est exprimée en K.
Z12
dT
(c) T (12) = T (10) + d t = 300 + 6 = 306 K
dt
Z1030
dT
T (30) = T (10) + d t = 300 + 82, 5 = 382, 5 K
10 d t
Rép. 4.22 (a) La surface correspond à la variation de la vitesse entre t = 5 s et t = 33 s, cette variation est
exprimée en m/s.
(b) v (33) ≈ 99, 27 m/s et v(5) = −100 m/s.
(c) t = 20 s
(d) t = 25 s
(e) t = 15 s car la vitesse passe alors de négative à positive.
Rép. 4.23 (a) Unités de dU 3
dV : kJ/m .
(b) La surface correspond à la variation de l’énergie entre V = 0 m3 et V = 1 m3 , cette variation
est exprimée en kJ.
(c) U (1) = 14 kJ.
Rép. 4.24 L’égalité signifie que 181,7 milliards de barils de pétrole ont été consommés entre le début de 2001
et le début de 2006.
Il est aussi possible d’interpréter l’intégrale définie en termes de variation totale. En effet, si C (t )
désigne la consommation totale depuis le début de 2001, l’intégrale définie représente la variation
de C entre le début de 2001 et le début de 2006.
Z5
r (t ) d t = C (5) −C (0)
0

Mais la première interprétation, moins artificielle, est préférable.


Rép. 4.25 L’égalité signifie que 6, 22 × 106 joules d’énergie ont été captés en 12 heures.
Rép. 4.26 (a) Unités de dV 3
d t : cm /s.
(b) La surface correspond à la variation du volume entre t = 2 s et t = 2, 2 s, cette variation est
exprimée en cm3 .
(c) V (2, 2) ≈ V (2) + V ′ (2) · 0, 2 = 20 − 5 · 0, 2 = 19 cm3.
(d) Le volume est maximal au tout début, à t = 0 s.
RÉPONSES 199

20

t
1 2 3 4

(e) Le volume est minimal à t = 3 s.


Z3
dV (−5)(1)
(f ) V (3) = V (2) + d t ≈ 20 + = 17, 5 cm3 .
2 dt 2
Zx
dV
(g) V (x) = V (2) + d t cm3.
2 dt
Rép. 4.27 La surface correspond à la variation de Y entre x = a et x = b, donc à Y (b) − Y (a).

t3
p
Rép. 4.28 (a) h(t ) = 15 − 2t + 5 m. (e) Oui, à t = 30 s.
23 10
(b) 15 m ;p3 m. (f ) Oui, l’objet ralentit (la grandeur de sa vitesse
(c) À t = 10 ≈ 3, 16 s. diminue).
(d) 54 m/s2 ; 58 m/s2. (g) Vers le bas.

Rép. 4.29 (a) t = 0 s.


(b) t = 6 s.
(c) 32 < v(6) < 59 (en cm/s). Nous avons calculé l’aire du triangle sous la parabole et l’aire du
rectangle contenant la parabole, en ajoutant 5 cm/s à cette aire pour tenir compte de la vitesse
initiale. Géométriquement, on constate que l’aire sous la parabole est plus près de l’aire du
triangle, donc 32 cm/s est une meilleure approximation de la vitesse à t = 6 s.
(d) Jamais.
(e) Graphique de la vitesse en fonction du temps.

v (cm/s)
40

30

20

10

t (s)
0 3 6

(f ) À t = 6 s.
(g) Supérieure à 4, 5. En effet, la valeur moyenne de l’accélération sur l’intervalle [0 ; 6] correspond
à la hauteur du rectangle ayant une base de longueur 6 et une aire égale à celle de la région
comprise entre l’axe des t et la courbe a. Sur le graphique, on voit que cette valeur doit être
plus grande que 4, 5.
200 RÉPONSES

a (cm/s2) a (cm/s2)
9 9
a moy 6 a moy 6
3 3
t (s) t (s)
0 3 6 0 3 6

Rép. 4.30 (a) 41 cm/s


t3
(b) 5 + 3t 2 − cm/s
3
t4
(c) − + t 3 + 5t + 10 cm
12
(d) 148 cm
Z6
1 1³ t 3 ´¯¯6 36
(e) a moy[0 ; 6] = a(t )d t = 3t 2 − ¯ = = 6 cm/s2
6−0 0 6 3 0 6
Rép. 4.31 (a) 8579, 78 litres
Z6
1
(b) Q moy[0 ; 6] = Q(t ) d t = 1346, 63 L/h
6−0 0
(c) Q(6) = 1404, 40 L/h
Q (L/h)

1500 Q
Q(6) = 1404, 40

Q moy[0 ; 6] = 1346, 63
1000

500

t (h)
1 2 3 4 5 6

(d) L’aire sous la courbe représente la variation du volume d’essence dans le réservoir entre 8h et
14h.
9 91
Rép. 4.32 (a) x(t ) = − e −t /3 (6 cos(2t ) + sin(2t )) + m
37 37

y
4
3 x(t )
2
1 v(t )

t
−1 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

−2

(b) x(3) ≈ 1, 96894 m, x(4) ≈ 2, 451999 m, x(60) ≈ 2, 459459 m, x(600) ≈ 2, 459459 m.


RÉPONSES 201

(c) La vitesse change de sens en t = π/2 s et en t = π s.


(d) 4, 205429 m.
(e) 1, 45 m.

Rép. 4.33 (a) A(1) = 0 et A(2) = 6 (c) A(x) = x 2 + 3x − 4


Zx
(b) A(x) = (2t + 3) d t (d) A ′ (x) = 2x + 3. On remarque que A ′ (x) = f (x).
1

Zx
a x2 2
Rép. 4.34 (b) A(x) = (at + b) d t (c) 2 + b x − a2c − b c
c ′
(d) A (x) = a x + b = f (x)

Rép. 4.35 (a) C p (400) ≈ 1, 910 kJ ; C p (600) ≈ 2, 021 kJ


K·kg K·kg
R aT 6 bT 5 cT 4 eT 3 f T2 g
(b) C p (T ) d T = 6 + 5 + 4 + 3 + 2 − T − 2Th 2 +C
(c) Pour T1 = 500 K et T2 = 800 K,
Q ≈308,12 kJ ; positive, donc chaleur absorbée par la vapeur ;
pour T1 = 600 K et T2 = 400 K,
Q ≈-196,25 kJ ; négative, donc chaleur rejetée par la vapeur.
(d) Si C p = ct e, alors : Q = mC p ∆T . Prenant C p (400) ≈ 1, 910 kJ , on trouve :
K·kg
Q ≈ 286, 49 kJ et l’erreur est d’environ 7%.
³ 6 ´
5 4 3 f T2 g
Rép. 4.36 (a) Q 500 (T ) = 1, 5 aT6 + bT5 + cT4 + eT3 + 2 − T − 2Th 2 − 624, 17 kJ
avec les valeurs de a à g spécifiées au problème 4.35.
(b) Pour T1 = 500 Ket T2 = 800 K,
Q ≈ 924, 36 kJ ; positive, donc chaleur absorbée par la vapeur ;
pour T1 = 500 K et T2 = 400 K,
Q ≈ −290, 18 kJ ; négative, donc chaleur rejetée par la vapeur.
(c) On peut considérer que :

T2
Z T2
Z T1
Z
Q =m C p (T ) d T = m C p (T ) d T − m C p (T ) d T = Q 500 (T2 ) −Q 500 (T1 )
T1 500 500

ainsi la chaleur absorbée entre 600 et 900 :


Q = Q 500 (900) −Q 500 (600) ≈ 954, 01 kJ
Rép. 4.37 (a) g (0) = −2, g (2) = 0, g (3) = 1 et g (4) = 0. h(0) = 0, h(2) = 2, h(3) = 3 et h(4) = 2.
′ ′ ′ ′
(b) g (0) = 0, g (2) = 2, g (3) = 0 et g (7) = 2. h ′ (0) = 0, h ′ (2) = 2, h ′ (3) = 0 et h ′ (7) = 2.
′′ ′′ ′′ ′′
(c) g (0) = 1, g (2) Ø, g (3) = −2 et g (7) = 0. h ′′ (0) = 1, h ′′ (2) Ø, h ′′ (3) = −2 et h ′′ (7) = 0.
(d) Le minimum absolu de g sur [2 ; 8] est −1, il est atteint en x = 5.
Le minimum absolu de h sur [2 ; 8] est 1, il est atteint en x = 5.
(e) Le minimum absolu de g sur [0 ; 8] est −2, il est atteint en x = 0.
Le minimum absolu de h sur [0 ; 8] est 0, il est atteint en x = 0.
(f ) Le maximum absolu de g sur [2 ; 8] est 4, il est atteint en x = 8.
Le maximum absolu de h sur [2 ; 8] est 6, il est atteint en x = 8.
202 RÉPONSES

4 h
2 g
x
2 4 6
−2

Rép. 4.38 (a) g (0) = 0 (e) g ′ (3) > 0


(b) g (2) > 0 (f ) g ′ (7) < 0
(c) g (4) > g (2) (g) g ′′ (7) > 0
(d) g (12) < 0 (h) g ′′ (10) = 0

Rép. 4.39 (a) La valeur de Li(2) est 0, car c’est le résultat d’une intégrale définie dont les bornes sont égales.
1
(b) Grâce au TFC, on sait que Li′ (x) = ln(x) . Il reste à dériver cette dernière fonction pour obtenir
1
Li′′ (x) = − .
x(ln(x))2
(c) On sait que ln(x) > 0 lorsque x > 1. [Rappel : il est bon de connaître l’allure des fonctions de
bases comme e x et ln(x) ; mettez ces graphes sur votre résumé !]
1
Ainsi, pour x ≥ 2, on a ln(x) = Li′ (x) > 0 et Li′′ (x) < 0.
(d) La fonction Li est croissante, car sa dérivée première est positive.
(e) La courbe est concave vers le bas, car la dérivée seconde de Li est négative.
(f ) 2, 589
(g) On implémente la fonction Li(x) puis on fait tracer son graphe comme à la figure 4.15.
1
(h) Tel qu’illustré à la figure 4.15, Li(5) correspond à l’aire sous la courbe ln(x) pour x allant de 2 à
5.

F IGURE 4.15 Graphe de Li(x) et de sa dérivée.

Rép. 4.40 (a) La valeur de erf(0) est 0, car c’est le résultat d’une intégrale définie dont les bornes sont égales.
2
2ep−x
(b) Grâce au TFC, on sait que erf′ (x) = π
. Il reste à dériver cette dernière fonction pour obtenir
−x 2
−4xe
erf′′ (x) = p
π
.
(c) Vrai. La fonction erf est croissante, car dérivée première est positive.
(d) La courbe est concave vers le bas, car la dérivée seconde de erf est négative quand x > 0.
(e) −0, 843
RÉPONSES 203

(f ) On implémente la fonction erf(x) puis on fait tracer son graphe comme à la figure 4.16.
−x 2
(g) Tel qu’illustré à la figure 4.16, erf(−1) correspond à l’aire algébrique sous la courbe 2epπ pour
x allant de 0 à −1. Comme les bornes d’intégration sont en ordre décroissant et que la région
est située au-dessus de l’axe des x, le résultat de l’intégrale définie est négatif.

F IGURE 4.16 Graphe de erf(x) et de sa dérivée.

Rép. 4.41 (a) Voici le graphe tracé par le logiciel Maple (écran de gauche) à l’aide de la commande
plot(Si(x), x=-10..10); La fonction Si est implémentée dans Maple ; il n’est donc
pas nécessaire de la définir. Par contre, ce n’est pas le cas de la calculatrice TI Nspire (écran de
droite).

1,5
1
0,5

-10 -8 -6 -4 -2 -0,5 2 4 6 8 10

-1 x

-1,5

(b) 0, 0, 946083, 1, 605413


(c) x ≈ 1, 988161, x ≈ 4.752021 et x ≈ 8, 216642. Voici une démarche conduisant à ces résultats
avec Nspire.

(d) max en {..., −6π, −4π, −2π, π, 3π, 5π, ...}


min en {..., −5π, −3π, −π, 2π, 4π, 6π, ...}.
204 RÉPONSES

(e) PI en (4, 493409 ; 1, 655572)

π
(f ) k 1 ≈ 1, 57 et k 2 ≈ −1, 57. (Les valeurs exactes sont k 1 = 2 et k 2 = − π2 , mais on ne peut pas les
obtenir avec la calculatrice.)

1,5
1
0,5
0
-40 -20 0 20 40
-0,5
x
-1
-1,5

T
³Z ´′
′ T FC
Rép. 4.42 (a) Q 500 (T ) = m C p (u) d u = m C p (T )
500

(b) ′
Q 500 kJ = 4, 042 kJ
(600) = 2C p (600) = 2kg · 2, 021
K·kg K
(c) Ainsi, Q 500 (601) sera environ 4, 042 kJ plus élevée que Q 500 (600). La quantité de chaleur absor-
bée par 2 kg de vapeur d’eau lorsque sa température passe de 500 K à 601 K est environ 4, 042
kJ de plus que la quantité absorbée lorsque sa température passe de 500 K à 600 K. Autrement
dit, la quantité de chaleur absorbée par 2 kg de vapeur d’eau lorsque sa température passe
de 600 K à 601 K est d’environ 4, 042 kJ, soit sa masse multipliée par la chaleur spécifique à
600 K. Plus précisément, une variation ∆T de la température à partir de 600 K entraînera une
absorption de chaleur d’environ ∆Q ≈ 4, 042∆T kJ. Cette approximation sera d’autant plus
précise que ∆T sera petit (approximation par la droite tangente).

5 sin(5x 2 + 1) 4
Rép. 4.43 (a) +C (i) − ln (2 + cos(5x)) +C
5
¡2 4 ¢
− cos x (j) e sin(x) +C
(b) +C ¡ ¢
¡ 4 ¢5 (k) tan e x +C
¡ ¢
sin(x) tan x 5
(c) +C (l) +C
5 5
1 ¡¯¯ 3 ¯¢
(d) ln 4x + 7¯ +C (m) e x +C
6p 6x
2 3x 2 + 1 (n) +C
(e) +C ln(6)
¡ 3¢ 2cos(x)
4
ln(x) (o) − +C
(f ) +C ln(2)
4 ¡ ¢ ¡ ¢
2
− cos 2x 3 · 10 x
(g) +C (p) +C
2 2 ln(10)
3 ¡ ¢3
ex cos(x)
(h) +C (q) − +C
3 3
µ ¶ µ ¶
1 sin(x) 1 ln(x)
Rép. 4.44 (a) arctan +C (c) arctan +C
2 2 5 5

µ ¶
1 3 + sin(x) 1 ¡ ¢
(b) ln +C (d) arctan x 3 +C
6 3 − sin(x) 3
RÉPONSES 205

¡ ¢
x5 1 ln x 6 + 1
(e) − +C (l) +C
5 x 6
(f ) 32 ln (|t |) + 2t 2
(g) 32 (m) +C
2

(h) (n) 2 ln (6)
2 7
(i) 23 ³ ´ (o)
p 5
ln 9x 2 + 4 + 3x µ ¶
3
(j) +C (p) −8 ln
3 2
¡ 2 ¢3/2
9x + 4 5π
(k) +C (q) −1
9 2
p
2 t (3t 2 +20t +60)
Rép. 4.45 (a) πx +C = 15 +C
− cos(4x)
(b) +C ln(e 2x +2) 1
4 (o) 2 + x − e 2x +C
x
(c) tan (e ) +C e 2x [ln(e 2x +2)+2x ]−2
tan(x 3 ) = 2e 2x
+C
(d) 3 +C −3
e 5x sin(3x)
(p) 4e 4y
+C
(e) 5 − 3 +C −1
(q) 2 sin(2x) +C
(3t +17)11
(f ) 33 +C 2
4 (r) 2e y +C
(g) (x 3 +4) +C ¡ p ¢p
3 (s) 1 + 2 x +C
t4 3 2
(h) + 4t +C (ln(x 3 )) +C
8
p (t) 12
3 3
(i) 4 5(4x+3)3/2
(u) 6 +C
1
(j) 3 ln (13) sin3 (2θ)
3/2 (v) 6 +C
5(x 2 +3)
(k) 3 +C tan5 (3x)
(w) 15 +C
3 sin(2x 2 ) ¡ 3 ¢2/3
(l) +C
4
p (x) 2 x + 4 +C
3 p
(m) 6− 3 2 4 2
(y) −3 4 − x +C
p 5/2 3/2 ¡ ¢
(n) 8 t + 2t5 + 8t3 +C (z) 5 arcsin x2 +C

¡ ¢ p
Rép. 4.46 (a) 12 arctan 41 (o) −2 1 + cos (x) +C
¡p ¢ ¡ ¢4
(b) −2 cos x +C
p (p) − 41 1 + 1z +C
(c) 2 2 − 2 5/2 3/2 2x 3/2 (20−3x)
ln(|x 2 +2x |)
(q) − 2x5 + 8x3 +C = 15 +C
(d) 2 +C (2x−1) 5/2 3/2
516 (r) 10 + (2x−1)
6 +C
(e)
p7 = (2x−1)3/2 (6x+2)
+C
33−1 30
(f ) 2 ¡ 2¢ 2(1−x)7/2 5/2 3/2
(g) 1
arctan x +C (s) − 7 + 4(1−x)
5¡ − 2(1−x)
3 +C
2 2
¢
(h) −4e +C 1/x = − 105 (1 − x)3/2 15x 2 + 12x + 8 +C
¡ ¢ 10
(i) 23 tan x 2 +C (t) 3
¡3¢ p ¡
p ¢
(j) 81 arctan 16 (u) x − 2 x + 2 ln 1 + x +C
p ¡¯ x ¯¢ ¡¯ ¯¢
(k) x 2 + 2x + 5 +C (v) ln ¯e − 1¯ + ln ¯1 − e −x ¯ +C
2x 5/2 10x 3/2 p = 2 ln (|e x − 1|) − x +C
(l) 5p− 3 + 18 x +C
2 x (3x 2 −25x+135) cos3 (x)
= +C (w) − cos(x) + +C
¡ 2x15¢ ¡3 2 ¢
(m) arcsin 3 +C 1
= − 3 cos (x) sin (x) + 2 +C
³ 3´
(n) 56 arctan x2 +C (x) π
3
206 RÉPONSES

p
119 119
Rép. 4.47 72 − ≈ 17, 91 litres
24
79 π+126
Rép. 4.48 8π ≈ 14, 888381 °C
Rép. 4.49 (a) f moy = k
³ ´
a+b
(b) f moy = k 2

f (x) = k x
kb
³ ´
a+b
f moy = k 2

ka

x
a b

(c) f moy = 0

y µ ¶

f (t ) = 2 sin t
T
2

f moy = 0 t
a a +T

−2

4
(d) f moy = π

y
µ ¶

f (t ) = 2 sin t
T
2

4
f moy = π

t
T
2

k
(e) f moy = 2

Rép. 4.50 (a) résistance : I R (t ) = VR0 cos( 2π


T t)
condensateur : IC (t ) = −2πCV0
T sin( 2π
T t)
T V0 2π
inductance : I L (t ) = 2π L sin( T t )
RÉPONSES 207

V2
(b) résistance : P (t ) = R0 cos2 ( 2π
T t ) ; toujours positive donc énergie toujours absorbée par la
résistance.
−2πCV02
condensateur : P (t ) = T sin( 2π 2π
T t ) cos( T t ) ; la puissance change de signe à chaque quart
de période. Ainsi, la moitié du temps l’énergie est absorbée par le condensateur et l’autre
moitié du temps elle est restituée au circuit par le condensateur.
LT V02 2π 2π
inductance : P (t ) = 2π sin( T t ) cos( T t ) ; mêmes conclusions que pour le condensateur.
V 2
(c) résistance : P moy = 2R0 ; positive donc absorbée par la résistance
condensateur et inductance : P moy = 0 ; toute l’énergie absorbée par la composante est
restituée au circuit.
m 0C
Rép. 4.51 (a) t f = α
q q
g m0 g (m 0C +m F )
(b) αmin = k = k
³ ´
(c) v(t ) = αk ln mm 0
0 −αt
− g t (En utilisant la loi des logarithmes pour simplifier.)
¡ ¢ ³ ´
m gm
(d) v max = v t f = αk ln m0C + 1 − α0C ;
F
(e) αmin ≈ 108, 44 kg/s.
αmin 2αmin 3αmin 4αmin
(f ) t f en s 3,69 1,84 1,23 0,92
v max en m/s 23,42 101,06 166,66 229,24
Plus le taux d’évacuation de la masse de carburant est élevé, plus la vitesse maximale est
grande et ce, en dépit du fait que la durée de la poussée en est d’autant réduite.
µ ¶
1 x −3
Rép. 4.52 (a) arctan +C
2 µ 2¶
t +3
(b) 5arcsin +C
µ 2 ¶
3 x −4
(c) arctan +C
2 µ 2 ¶
1 2y − 1
(d) arcsin +C
2 2 µ ¶
3 x +3
(e) ln(x 2 + 6x + 13) − 4arctan +C
2 ³¯p 2 ¯´
p ¯ ¯
(f ) 4 x 2 + 10x + 16 − 22 ln ¯ x 2 + 10x + 16 + x + 5¯ +C
p
(g) x 2 + 2x + ¯¶3 +C
µ¯
1 ¯ x+4 ¯
(h) ln ¯¯ ¯ +C
6 x-2 ¯ µ ¶
p x −4
(i) −3 −x 2 + 8x + 9 + 12 arcsin +C
³p 5 ´
p
(j) 2 x 2 + 2x + 26 − 2 ln x 2 + 2x + 26 + x + 1 +C
p 1
(k) −4x 2 + 12x − 8 − arcsin (2x − 3) +C
2 µ¯ ¯¶
p 59 ¯p 7 ¯¯
(l) 2
5 x − 7x + 10 + ¯ 2
ln ¯ x − 7x + 10 + x − ¯ +C
2 Ãp 2 !
p
5 17 71 71 (4x + 5)
(m) ln(2x 2 + 5x + 12) − arctan +C
4 142 71
p Ãp !
1 2 5 5 (3x − 2)
(n) ln(3x − 4x + 3) − arctan +C
6 15 5
µ ¶
3 1 2x − 1
(o) ln(4x 2 − 4x + 5) + arctan +C
8 8 2
208 RÉPONSES

µ¯ ¯¶
1 ¡¯¯ 2 ¯¢ 1 ¯x +2¯ ¯¢
¯ +C = 1 ln ¯(x + 7)2 (x + 2)3 ¯ +C
¡¯
(p) ln x + 9x + 14¯ + ln ¯¯ ¯
2 10 x +7 5
µ ¶
x −4
(q) arcsin p +C
22
(obtenue avec la formule 16). Vous pouvez vérifier avec l’aide d’un triangle rectangle que cette
solution est équivalente à la solution
µ ¶
x −4
arctan p +C
−x 2 + 8x + 6
(obtenue avec une calculatrice).

2 4
Rép. 4.53 (a) (x − 1)e x +C (g) 3 x (x + 1)
3/2
− 15 (x + 1)5/2 +C
(b) 1 x n+1 ((n+1) ln(x)−1)
4
x4 (h) +C
(c) x ln(x)
4 − 16 +C (n+1)2
p 2 2 3x 4 3x 4 3x
(d) 3 π (i) 3 x e − 9 xe + 27 e +C
8 − 24
ln(2) 3 3 2 3
(e) π (j) 2 x cos(2x) + 2 x sin(2x) − 4
sin(2x) +C
4 − 2 ¡p ¢ ¡p ¢
2 2 p
(f ) 9 cos(3x) + 3 x sin(3x) +C (k) 2 x sin x + 2 cos x +C

Rép. 4.54 (a) 12 (n) 6


(b) 1 (o) diverge
(c) diverge (−∞) (p) diverge
(d) diverge (q) 2
3 π
(r) 2
(e)
4 (s) diverge
(f ) diverge (t) 0
1
(g) (u) k = π1
2 e 16
(h) diverge (v) 0
(i) diverge (w) 1
( 1
1−n si n<1
(j) 6 (x)
¡p
3 3
p
3
¢ diverge si n≥1
(k) 2 5 + 4 ≈ 4, 946065
( 1
(l) diverge n−1 si n>1
1 (y)
(m) diverge si n≤1
ln(2)

Rép. 4.55 (a) v (0, 05) = v (−0, 05) ≈ 0, 866 m/s; v (0, 1) = v (−0, 1) = 0
(b) v (0, 02) = v (−0, 02) ≈ 0, 98 m/s; v (0) = 1 m/s
p
(c) v (x) = 1 − 100 x 2 m/s.
Rép. 4.56 (a) v ≈ 1953 m/s
(b) v ≈ 1953 m/s ; le
rrésultat est indépendant de la masse du corps en chute libre.
³ ´
En général v = 2G M R1 − (R 1+h) ; où h est l’altitude de départ.
T T

(c) v 0 ≈ 8147, 6 m/s


(d) v 0 ≈ 10761 m/s
q
Rép. 4.57 v L = v 0 = 2GRMT ; v L ≈ 11, 2 km/s
T
RÉPONSES 209

Rép. 4.58 W ≈ 3090, 55 N ; x̄ ≈ 2, 262 m


Rép. 4.59 W = 58800N et ȳ =4/3 m
¡ ¢ p
Rép. 4.60 (a) w y = 19600y 3 + 2y − y 2 N/m
(b) W ≈ 133022 N ; ȳ ≈ 1, 81 m

Chapitre 5
p p
40 5 4 30
Rép. 5.1 (a) 3 ≈ 29, 814 (b) 3 ≈ 7, 3030

Rép. 5.2 Réponse : Aire ≈ 2, 3755


Démarche. On trouve d’abord les abscisses des points d’intersection, a ≈ −1, 01741 et b ≈ 0, 63435,
en résolvant y = −2x 2 + 1, 5 = sin(2x − 0, 5) à l’aide d’une calculatrice. On fait ensuite tracer les
deux courbes dans une fenêtre appropriée, par exemple [−1, 3 ; 1, 2] × [−1, 5 ; 2]. On y indique aussi
quelques rectangles représentatifs.

y = f H (x) = −2x 2 + 1, 5 1

x
−1 b 1
y = f B (x) = sin(2x − 0, 5)
−1

L’aire de la région comprise entre les deux courbes est trouvée en calculant

Zb 0,63435
Z
¡ ¢ ¡¡ ¢ ¢
f H (x) − f B (x) d x = −2x 2 + 1, 5 − (sin(2x − 0, 5) d x ≈ 2, 3755
a −1,01741

Validation. On valide ce résultat en comparant la région à une forme géométrique simple, par
exemple le rectangle encadrant la région ( largeur = b − a ≈ 1, 6 et hauteur ≈ 2, 5). L’aire de ce
rectangle est d’environ 1, 6 · 2, 5 = 4. Une aire de 2, 3755 pour la région est donc plausible.

32 71
Rép. 5.3 (a) 3 (d) 3
125
(b) 6 (e) 12, 8982
7 45 71
(c) 12 + 4 = 6 (f ) 16, 8105
210 RÉPONSES

Rép. 5.4 (a) a = 0, 5


(b) b ≈ 1, 4905
9(π−2)
Rép. 5.5 (a) cm2 ≈ 2, 569 cm2
¡9 4 ¡ ¢ p ¢
(b) 2 arccos 13 − 3 2 cm2 ≈ 1, 297 cm2
(c) On trouve que x = 59 et ainsi l’aire est de 6, 364 cm2
(d) E ≈ (0, 827 ; 2, 884)
p
Rép. 5.6 (a) b = 10, 125 h
4p
(b) VArch = 10, 125 L h 3/2 = 424, 264 h 3/2
3
(c) h = 8 m
Rép. 5.7 (a) b h
(b) y = − bh2 (x − b)(x + b)
4b h
(c) 3
4
(d) 3

Rép. 5.8

4 ¡ ¢
Aire = · aire triangle inscrit
3 µ ¶
4 1
= · · base · hauteur
3 2
4 1 25
= · ·5·
3 2 4
125
=
6

Rép. 5.9 (a)

2
3 y = 4 − 4x9

R
1

x
−1 1 2 3

(b) Disques horizontaux.


RÉPONSES 211

(c) Le volume de S est 18π.


Solution détaillée. On peut utiliser la méthode des disques ou celles des tubes.
Méthode des disques. Remarquons qu’il faut isoler x dans l’équation de la parabole.

q de = dy
4 4x 2 9y r
y = 4− 9 ou x = 9 − 4 9y
r = x D − xG = 9− −0
3 r 4

e2
Z Z4 Ãr !2
2 ¡ ¢ 9y
Volume = π · r 2 de = π 9− dy
4
R e1 0
1 Z4 µ ¶
9y
= π 9− dy
4
x Ã0 ¯4 !
−1 1 2 3 9y 2 ¯¯
= π 9y −
8 ¯0
= 18π ≈ 56, 549

N.B. Puisque l’on intègre une fonction de y, les bornes d’intégration sont les valeurs minimale
et maximale que doit prendre y pour engendrer tous les disques : e 1 = 0 et e 2 = 4.

Méthode des tubes. Remarquons qu’il n’est pas nécessaire d’isoler x dans l’équation de la
parabole.

4 2
de = dx
y = 4 − 4x9
r = x D − xG = x − 0
3 µ ¶
4x 2
R h = y H − yB = 4 − − (0)
9
2 Ze 2

r h V = 2π · r · h d e
1 e1
Z3 µ ¶
4x 2
x = 2π · (x) · 4 − dx
9
−1 1 x 2 3 0

∆x = 18π

Rép. 5.10 Le solide illustré à gauche n’est pas d’un solide de révolution (nous ne pouvons donc pas utiliser les
méthodes présentées dans ce chapitre - méthode des disques et méthode des tubes - pour calculer
son volume). Les deux autres images semblent bien représenter des solides de révolution.

512 π 128 π
Rép. 5.11 (a) 15 (c) 3
832 π
(b) 15 (d) 64 π
212 RÉPONSES

Rép. 5.12 Utilisons la méthode des disques.


Z1 Z1
¡ 2 ¢2 π
(a) π y dy = π y4 d y =
5
Z01 0
Z1 Z1 Z1
¡ ¢
(b) π (2 − x)2 d x − π x2 d x = π (2 − x)2 − x 2 d x = π (4 − 4x) d x = 2π
Z0∞ 0 0 0
1
(c) π 2
dx = π
1 x
Z2
¡ ¢2 512π
(d) i) π 4 − x2 d x =
−2
Z 15 Z
2³ ¡ 2 ¢2 ´ 2¡ ¢ 256π
2
ii) π 4 − x dx = π 16 − x 4 d x =
−2 −2 5
Rép. 5.13 (a) 5, 3238 (b) 114, 787 (c) 81, 337

14063 π
Rép. 5.14 240 ≈ 184, 084

13π 135 π
Rép. 5.15 (a) (c)
15 2
(b) π (d) 2π2 a 2 b

π r 2h
Rép. 5.16 (a) 3
4πr 3
(b) 3 ³ ´
(c) π h 2
r − h3
(d) 2 π2 a 2 b
Rép. 5.17 (a) y = − bh2 (x − b)(x + b)
π b2 h
(b) 2
π b2 h
(c) 3
3
(d) 2
(e) Non, le rapport des aires est de 43 tandis que celui des volumes est de 23 . Ceci montre qu’il
est dangereux de généraliser trop vite les propriétés des figures (2 dimensions) aux solides (3
dimensions).
15 µ
Z ³p ´2 ¶
Rép. 5.18 (a) π· 172 − x 2 − 8 d x ≈ 4467, 97 cm3
−15
(b) r ≈ 21, 72 cm, l ≈ 32, 37 cm, h ≈ 7, 24 cm
Z17µ q ¶
(c) 2π(17 − y) · 2 172 − y 2 d y ≈ 6409, 87 cm3
8
15
Z 15
Z ³ p ´2
2
(d) π·9 dx − π · 17 − 172 − x 2 d x ≈ 6409, 87 cm3
−15 −15
¡ ¢3/2
4 π R2 − r 2
Rép. 5.19 cm3
3
s
Z3 µ ¶2 Z3 q Z3 p
dy ¡
3
¢2
Rép. 5.20 L = 1+ dx = 1 + 4x dx = 1 + 16x 6 d x ≈ 81, 6555
0 dx 0 0
RÉPONSES 213

s µ ¶2
Z1 Z1 q Z1 q
dx ¡ ¢2
Rép. 5.21 L = 1+ dy = 1 + 2y d y = 1 + 4y 2 d y ≈ 6, 1257
−2 dy −2 −2
Zπ p
4 1
Rép. 5.22 (a) d x = ln( 2 + 1) ≈ 0, 88137
cos(x)
Z07 p
112
(b) 9x + 1 d x =
1 3
Z31 q
(c) sin2 (x) + 2x sin(x) cos(x) + x 2 cos2 (x) + 1 d x ≈ 1, 35134
0
Zπ p
2 1 + cos4 (x)
(d) d x = ∞ voir le graphe de tan(x)
0 cos2 (x)
p
Rép. 5.23 Le quart de cercle est décrit par la fonction y = 1 − x 2 , où 0 ≤ x ≤ 1.
s s
Z1 µ ¶ Z1 µ ¶2
dy 2 −x
Sa longueur d’arc est donc L = 1+ dx = 1+ p d x ≈ 1, 5708.
0 dx 0 1 − x2
On sait que le quart de la circonférence d’un cercle de rayon 1 mesure exactement π2 , soit environ
1, 5708, ce qui correspond au résultat de l’intégrale.

Rép. 5.24 (a) 7, 640396 (c) 10, 540734


(d) posez u = a x et utilisez le fait que la fonction
(b) 10, 540734 sinus est périodique.

Rép. 5.25 (a) 1, 4909 (b) 2, 222076 + 3, 974499 ≈ 6, 1966

³ x ´ e x/150 + e −x/150
Rép. 5.26 215, 1475 m. N.B. On a y = 150 cosh = 150 .
150 2
Rép. 5.27 Environ 1480, 31 pieds.
Rép. 5.28 Réponse :(−19, 909 ; 8, 410).
Définissons les fonctions f et g et faisons calculer la longueur du couloir intérieur (L 1 ).

p
750p
R
Déterminons l’abscisse a du point D 2 en faisant résoudre l’équation 1 + (g ′ (x))2 d x = L 1 par
a
le solveur de la TI en utilisant la commande nsolve.
214 RÉPONSES

Chapitre 6

Rép. 6.1 T2 (x) = 1 − x 2


Détail du calcul des coefficients :

f (n) (0)
f (n) (x) f (n) (0) cn =
n!
1 f (0) 1
f (x) = f (0) = 1 c0 = = =1
1 + x2 0! 1

2x f (0) 0
f ′ (x) = − f ′ (0) = 0 c1 = = =0
(1 + x 2 )2 1! 1
8x 2 2 f ′′ (0) −2
f ′′ (x) = 2 3
− f ′′ (0) = −2 c2 = = = −1
(1 + x ) (1 + x 2 )2 2! 2

Rép. 6.2 Utilisons le polynôme de Taylor d’ordre 3 de la fonction h développé en t = 10 :


T3 (t ) = 25 − 3(t − 10) + 12 (t − 10)2 + 10
1
(t − 10)3 .
On estime donc la hauteur de l’objet au temps t = 11 s à 22, 6 m.
Rép. 6.3 f (0) = 15 f ′ (0) = 2 f ′′ (0) = −4 f ′′′ (0) = 0 et f (4) (0) = 3.
Rép. 6.4 Utilisons le polynôme de Taylor d’ordre 2 de la fonction population développé en t = 0 :
T2 (t ) = 187000 + 13000t − 500t 2 .
Ainsi, dans un an, la population sera d’environ T2 (1) = 199500 habitants, et dans deux ans, si la
tendance se maintient, elle sera d’environ T2 (2) = 211000 habitants.
81 6 81 5 27 4 9 3 9 2
Rép. 6.5 (a) x + x + x + x + x + 3x + 1
80 40 8 2 2
128 5 32 3
(b) x − x + 4x
15 3
4 2
(c) − x 6 + x 4 − 2x 2 + 1
45 3
4 2
(d) − (x − π)6 + (x − π)4 − 2 (x − π)2 + 1
45 3
1 6 1 1 1 1 1
(e) − (x − 2) + (x − 2)5 − (x − 2)4 + (x − 2)3 − (x − 2)2 + (x − 2) + ln (2)
384 160 64 24 8 2
RÉPONSES 215

729 6 243 5 27
(f ) x − x + 27x 4 − x 3 + 9x 2
5 4 2
2 5 1 3
(g) x + x +x
15 3
61 6 5 4 1 2
(h) x + x + x +1
720 24 2
3 5 1 3
(i) x + x +x
40 6
Rép. 6.6 (a) T2 (x) = 14 − 12x + 2x 2 = f (x). Le polynôme T2 est égal à la fonction f elle-même.
(b) T2 (x) = 4 − 8(x − 1) + 2(x − 1)2 = 14 − 12x + 2x 2 = f (x). Le polynôme T2 est égal à la fonction f
elle-même.
(c) T2 (x) = −4 + 2(x − 3)2 = 14 − 12x + 2x 2 = f (x). Le polynôme T2 est encore une fois égal à la
fonction f . L’algébriste remarquera que T2 développé en x = 3 correspond à la complétion
du carré du trinôme f (x). Le géomètre remarquera que cette expression correspond à la
forme canonique de la parabole, ce qui permet de déduire que son sommet se situe au point
(3 ; −4). Le programmeur, dans son souci d’accélérer chaque calcul afin de gagner en efficacité,
remarquera que l’expression −4 + 2(x − 3)2 requiert moins d’opérations arithmétiques pour
obtenir la valeur de f (x) que l’expression 4 − 8(x − 1) + 2(x − 1)2 .
1 6 1 5 1 4 1 3 1 2
Rép. 6.7 (a) T6 (x) = x + x + x + x + x +x +1
720 120 24 6 2

1 5 1 3
(b) T6 (x) = x − x +x
120 6

1 1 1 1
T6 (x) = − (x − 2)6 + (x − 2)5 − (x − 2)4 + (x − 2)3
(c) 384 160 64 24
1 1
− (x − 2)2 + (x − 2) + ln (2)
8 2
216 RÉPONSES

Non, il n’est pas possible d’utiliser un polynôme de Taylor de f développé en 2 pour approxi-
mer ln(4, 6). Ces polynômes semblent constituer des approximations de ln(x) uniquement
pour des valeurs de x comprises entre 0 et 4. Lorsque x < 0, ln(x) Ø, il est donc vain de tenter
de l’approximer. Et lorsque x > 4, on remarque que les graphes des polynômes de Taylor
commencent à s’éloigner du graphe de ln(x), en bifurquant vers les y positifs ou négatifs.
2 5 1 3
(d) T6 (x) = x + x +x
15 3

Non, il n’est pas possible d’utiliser un polynôme de Taylor de f développé en 0 pour ap-
proximer tan(1, 6). On remarque que ces polynômes prennent tous des valeurs positives en
x = 1, 6 alors que tan(1, 6) ≈ −34, 233. Ces polynômes semblent constituer des approximations
de tan(x) uniquement pour des valeurs de x comprises entre − π2 et π2 .
Rép. 6.8 (a) k = 4
(b) k = 8
(c) k = 8
Rép. 6.9 (a) 0, 1 − (0, 1)2 /2 = 0, 095
(b) Selon le théorème des séries alternées, l’erreur sera inférieure au premier terme omis, soit
(0,1)3 1
3 = 3000 = 0, 000333....
(c) ln(1, 1) − 0, 095 = 0, 00031...
(d) Non, car cette valeur n’appartient pas à l’intervalle de convergence de cette série.
Rép. 6.10 (a) 0, 258808813274
(b) Selon le théorème des séries alternées, la valeur absolue de l’erreur sera inférieure à celle du
5 π5
premier terme omis, soit x5! où x = π/12, donc à 29859840 = 0, 0000102485....
(c) 0, 0000102318...
(d) Oui, car cette série converge quelque soit la valeur de x. Mais il serait plus rapide (moins de
termes requis pour atteindre la même précision) de soustraire 360° à l’angle avant de calculer
son sinus.
RÉPONSES 217

¤ £
Rép. 6.11 (a) 92 ; 11
2 (d) 0, 00512
(b) 0, 837333 (e) 0, 841181
(c) Une sous-estimation.

¤ 3 5£
Rép. 6.12 (a) ]−1 ; 1[ (e) ]−1 ; 1[ (i) − ;
¤ p p £ © 2 ª2 2
(b) − 3; 3 (f ) ]2 ; 6[ (j)
¤5 7£ 3
(c) 2;2 (g) ]1 ; 3[
(d) ]−2 ; 0[ (h) {0}

Rép. 6.13 (a) 0, 841468 (n = 4) (b) −0, 160000 (n = 10) (c) 0, 606532 (n = 6)

2 4 2 8
Rép. 6.14 (a) cos(2x) = 1 − 2x 2 + x 4 − x 6 + x − ... ; x ∈ ]−∞; ∞[
3 45 315 ¸ ·
27 243 5 729 6 1 1
(b) 3x ln(1 + 3x) = 9x 2 − x 3 + 27x 4 − x + x − ... ; x∈ − ;
2 4 5 3 3
3 2x 3 4 5 8 6 4 7
(c) 2x e = 2x + 4x + 4x + x + x + ... ; x ∈ ]−∞; ∞[
3 3
3
(d) = 3 − 3x 5 + 3x 10 − 3x 15 + 3x 20 − ... ; x ∈ ]−1; 1[
1 + x5 ¸ ·
4x 4 8 16 32 64 5 3 3
(e) = x − x2 + x3 − x4 + x − ... ; x∈ − ;
3 + 2x 3 9 27 81 243 2 2
2 3 9 5 81 7 243 9 243 11
(f ) x sin(3x) = 3x − x + x − x + x − ... ; x ∈ ]−∞; ∞[
2 40 560 4480 #
p p "
1 2 2
(g) = 1 − 2x 2 + 4x 4 − 8x 6 + 16x 8 − ... ; x∈ − ;
1 + 2x 2 2 2
( sin(x)
x si x 6= 0 1 1 4 1 1
(h) = 1 − x2 + x − x6 + x 8 − ... ; x ∈ ]−∞; ∞[
1 si x = 0 6 120 5040 362880
¡p ¢ 1 1 1 3 1
(i) cos x = 1 − x + x2 − x + x 4 − ... ; x ∈ ]0; ∞[
2 24 720 40320
1 2 1 8
(j) cos2 (x) = 1 − x 2 + x 4 − x 6 + x − ... ; x ∈ ]−∞; ∞[
3 45 315

Rép. 6.15
3
Rép. 6.15 Utilisons la série du binôme avec k = 2 et u = x 2 :

(1 + u)k = k
1 + 1! u + k (k−1) 2
2! u . . . pour u ∈]−1 ; 1[
p 3 3 2 31 1 2 2
=⇒ 1 + x2 = 1+ 2 (x ) + 2 2 2! (x ) + . . . pour x 2 ∈]−1 ; 1[
3x 2 3 4
= 1+ 2 + 8 x +... pour x ∈]−1 ; 1[
218 RÉPONSES

De même pour la seconde fonction, avec k = − 21 et u = 4x.

(1 + u)k = k
1 + 1! u + k (k−1) 2
2! u + . . . pour u ∈]−1 ; 1[
p 1 1 + −1 −1 −3 1 2
=⇒
1+4x
= 2 (4x) + 2 2 2! (4x) + . . . pour 4x ∈]−1 ; 1[
= 1 − 2x + 83 16x 2 + . . . pour x ∈]− 14 ; 41 [
= 2
1 − 2x + 6x + . . . pour x ∈]− 14 ; 41 [

Rép. 6.16 (a) Avec Nspire

1
(b) Utilisons la série du binôme avec k = 2 et x = (−2u sin(θ) + u 2 ) :

k
(1 + x)k = 1 + 1! x +... pour x ∈]−1 ; 1[
p ¡ ¢
1
=⇒ R 1 − 2u sin(θ) + u 2 = R 1 + 2 (−2u sin(θ) + u 2 ) + . . .
= R − Ru sin(θ) + . . .

De même pour la seconde fonction, avec x = (2u sin(θ) + u 2 ).


Remarquons que la condition u < 1/10 (voir exemple 6.29) nous assure que x = (−2u sin(θ) +
u 2 ) et x = (2u sin(θ) + u 2 ) sont bien compris dans l’intervalle de convergence ] − 1 ; 1[.
Rép. 6.17 (a) 2a sin (θ) ≈ nλ
y
(b) 2a sin (θ) ≈ 2aθ ≈ 2a tan (θ) ≈ nλ alors : 2a L ≈ nλ
L
(c) y ≈ nλ 2a ≈ 1, 914n mm, c’est-à-dire :
y ≈ 0, ±1, 914 mm, ±3, 828 mm, ± 5, 742 mm, . . .
(d) On doit déterminer les valeurs de y à partir de la condition

r 2 − r 1 = nλ où n = 0, ±1, ±2, . . .

Les valeurs exactes de r 1 et r 2 sont données par


p p
r 1 = R 2 − 2aR sin (θ) + a 2 r 2 = R 2 + 2aR sin (θ) + a 2 .

Les valeurs de L et a sont données et y est notre inconnue ; il faudra donc exprimer θ et R en
fonction de a, L et y :
R 2 = L2 + y 2 et R sin(θ) = y
L’équation à résoudre devient donc

r2 − r1 = nλ
p p
R + 2aR sin (θ) + a 2
2 − R 2 − 2aR sin (θ) + a 2 = nλ
p p
L 2 + y 2 + 2a y + a 2 − L 2 + y 2 − 2a y + a 2 = nλ
RÉPONSES 219

avec
λ = 638 × 10−9 , a = 0, 25 × 10−3 , L = 1, 5, n = 0, ±1, ±2, . . .
donc
q q
y 2 + 0, 0005y + 2, 2500000625 − y 2 − 0, 0005y + 2, 2500000625 = 0, 000000638n

Il faudra résoudre cette équation pour chaque valeur entière de n (le solveur de la calculatrice
TI prend quelques secondes chaque fois).

n=1 → y ≈ 0, 00191400578
n=2 → y ≈ 0, 00382801249
n=3 → y ≈ 0, 005742042187
...
2kaQ
Rép. 6.18 VP = sin (θ)
R2
µ ¶
1 1
Rép. 6.19 (a) VP = kQ −
R −a R +a
1
(b) On utilise deux fois la série 1 de la table : = 1 + u + u 2 + . . . pour −1 < u < 1.
1−u
à !
kQ 1 1
VP = ¡ ¢−¡ ¢
R 1 − Ra 1 + Ra
µµ ³ a ´ ³ a ´2 ¶ µ ³ −a ´ ³ −a ´2 ¶¶
kQ
= 1+ + +... − 1+ + +...
R R R R R

2kaQ
donc VP ≈
R2 π
On obtient le même résultat on posant θ = 2 dans la formule obtenue à l’exercice 6.18.
 
1 R
Rép. 6.20 (a) F g = 2G M m  2 − ¡ ¢3

R R 2 + a2 2
(b)
 
2G M m 
1 − 1 

Fg =
R2  ³ ¡ a ¢2 ´ 32 
1+ R
 
¶¶ −3
µ µ
2G M m  a2 2 
= 1− 1+ 2
R2 R
à à µ ¶ µ ¶2 !!
2G M m −3 a 2 −3 −5 1 a 2 a2 −3
= 1− 1+ + · · − ... série 7 avec u = et k =
R2 2 R2 2 2 2! R 2 R 2 2

3G M ma 2
donc : F g ≈
R4
x 6 x 10
Rép. 6.21 (a) 1) x 2 − + 2) I ≈ 1, 171E0 3) Écart < 4, 334E-1 4) 3, 658E-1 < 4, 334E-1
6 120
(b) 2) I ≈ 3, 597E-2 3) Écart < 3, 617E-5 4) 3, 439E-5 < 3, 617E-5
(c) 2) I ≈ 1, 293E-1 3) Écart < 4, 608E-3 4) 2, 892E-3 < 4, 608E-3
(d) 2) I ≈ 3, 000E-1 3)Écart < 1, 426E-13 4) 1, 400E-13 < 1, 426E-13
(e) 2) I ≈ 2, 973E-3 3) Écart < 2, 352E-9 4) 2, 348E-9 < 2, 352E-9
220 RÉPONSES

Rép. 6.22 (a)


µ ¶
x 2 x 4 x 6 x 8 x 10 x3 x5 x7 x9
cos(x) + i sin(x) = 1− + − + − + ... + i x − + − + + ...
2! 4! 6! 8! 10! 3! 5! 7! 9!

(b)

(i x)2 (i x)3 (i x)4 (i x)5 (i x)6 (i x)7 (i x)8 (i x)9 (i x)10


eix = 1+i x + + + + + + + + + + ...
2! 3! 4! 5! 6! 7! 8! 9! 10!
2 2 3 3 4 4 5 5 6 6 7 7 8 8 9 9 10 10
i x i x i x i x i x i x i x i x i x
= 1+i x + + + + + + + + + + ...
2! 3! 4! 5! 6! 7! 8! 9! 10!
−1 x 2 −i x 3 1 x 4 i x 5 −1 x 6 −i x 7 1 x 8 i x 9 −1 x 10
= 1+i x + + + + + + + + + + ...
2! 3! 4! 5! 6! 7! 8! 9! 10!
2 4 6 8 10 3 5 7
−1 x 1x −1 x 1x −1 x −i x ix −i x i x9
= 1+ + + + + + ... + i x + + + + + ...
2! 4! 6! 8! 10! 3! 5! 7! 9!
µ ¶
x 2 x 4 x 6 x 8 x 10 x3 x5 x7 x9
= 1− + − + − + ... + i x − + − + + ...
2! 4! 6! 8! 10! 3! 5! 7! 9!

(c) On a
µ ¶ µ ¶
x 2 x 4 x 6 x 8 x 10 x3 x5 x7 x9
eix = 1− + − + − + ... + i x − + − + + ...
2! 4! 6! 8! 10! 3! 5! 7! 9!
= cos(x) + i sin(x)

Rép. 6.23

(e x + e −x )
cosh(x) =
2
1¡ x ¢
= e + e −x
2
µ ¶
1 x2 x3 x4 x5 x6 x7 x8
= 1+x + + + + + + + + ...
2 2! 3! 4! 5! 6! 7! 8!
µ ¶
1 (−x)2 (−x)3 (−x)4 (−x)5 (−x)6 (−x)7 (−x)8
+ 1 + (−x) + + + + + + + + ...
2 2! 3! 4! 5! 6! 7! 8!
à x2 x3 x4 x5 x6 x7 x8
!
1 1 + x + 2! + 3! + 4! + 5! + 6! + 7! + 8! + ...+
= 2 3 4 5 6 7 8
2 1 − x + x2! − x3! + x4! − x5! + x6! − x7! + x8! + ...
µ ¶
1 x2 x4 x6 x8
= 2 + 2 + 2 + 2 + 2 + ...
2 2! 4! 6! 8!
x2 x4 x6 x8
= 1+ + + + + ...
2! 4! 6! 8!
On remarque que le développement de cosh(x) en série de Taylor correspond à la composante
paire du développement de e x en série de Taylor. On remarque aussi la similitude entre la série du
cosinus hyperbolique et celle du cosinus : seuls les signes sont différents.
Par un calcul similaire à celui de cosh(x), on trouve que

x3 x5 x7 x9
sinh(x) = x + + + + + ...
3! 5! 7! 9!
On remarque cette fois que le développement de sinh(x) en série de Taylor correspond à la
composante impaire du développement de e x en série de Taylor. On remarque aussi la similitude
entre la série du sinus hyperbolique et celle du sinus : seuls les signes sont différents.
RÉPONSES 221

5
Rép. 6.24 (a) Converge vers 3. (f ) Converge vers 2 .
(b) Converge vers 8
. (g) Diverge.
7
(c) Diverge. (h) Converge vers 16 (attention, il faut omettre
les 2 premiers termes pour obtenir une sé-
(d) Converge vers 12. rie géométrique de premier terme 3 et de
1
(e) Converge vers 5 . raison 41 ).

k(1 + c)
Rép. 6.25 cm
1−c
Rép. 6.26 15
Rép. 6.27 (a) La première contremarche va de 0 à a, la deuxième de a à a + ar , la troisième de a + ar à
a + ar + ar 2 et ainsi de suite. Les hauteurs sont alors de a, ar, ar 2 ,... respectivement. La
somme des hauteurs des contremarches est donc
a
a + a r + a r 2 + a r 3 + a r 4 + ... = si 0 < r < 1.
1−r
Cette somme est aussi l’ordonnée du point d’intersection des droites :

y =x et y = r x + a.
a
Donc y = r y + a, d’où y(1 − r ) = a et y = 1−r .
(b) La somme des hauteurs des contremarches devient infinie. La série diverge, car r ≥ 1.
(c) La somme des « hauteurs » (avec le signe + ou -) devient une série alternée et converge encore
a
vers 1−r (ordonnée du point d’intersection des droites).

y = a + rx

y=x

Rép. 6.28
1d 1d 1d 1 d 1 d
+ + ∆t =+ + +···
v 2 v 4 v 8 v 16 v 32
µ ¶ µ∞ ¶ Ã !
d 1 1 1 1 1 d X∞ 1 d X 1 d 1 d
∆t = + + + + +··· = n
= n
−1 = 1
−1 =
v 2 4 8 16 32 v n=1 2 v n=0 2 v 1− 2 v
Bibliographie

[1] Stewart, James: Analyse, concepts et contextes : fonctions d’une variable, tome 1. Bruxelle : De
Boeck, 2001.
[2] Hughes-Hallett, Deborah, Andrew M. Gleason et al.: Calcul différentiel et intégral : fonctions d’une
variable (Le projet Harvard). Montréal : Chenelière/McGraw-Hill, 1998. Supervision de l’édition
française : Michel Beaudin, École de technologie supérieure.
[3] Labelle, Jacques et Armel Mercier: Introduction à l’analyse réelle. Mont-Royal : Modulo, 1993.

223
Index

aire exercices, 58
algébrique, 5 cosh(u), cosinus hyperbolique, 114
calcul d’, 83
calcul d’, exercices, 88 déplacement, 30
sous la parabole, 90 dérivée
animations d’ordre k, 117
¡ ¢
site Web, ix règles de dérivation pour f u(x) , 188
applications différentielle, 38
influence gravitationnelle de trois objets, 164 disques, 92
potentiel d’un dipôle électrique, 163
factorielle, 117, 139
étude des circuits électriques, 50
fonction
attraction gravitationnelle, 75
élémentaire, 33
chaleur spécifique, 31
d’erreur de Gauss erf(x), 34
cinématique, 9, 10, 28–30, 51
infiniment dérivable, 137
débit et volume, 12, 29
sinus intégral Si(x), 34
des séries de Taylor en physique, 158
spéciale, 33
forces distribuées, 76
fonction d’écart logarithmique intégrale Li(x), 33
interférence de Young, 162
forces distribuées, 76
longueur d’un câble suspendu, 114
formule d’Euler, 168
potentiel d’un dipôle électrique, 163
poussée d’Archimède, 89 intégrale
vitesse d’un ressort, 74 impropre, 66
vitesse d’une fusée, 51 impropre : exercices, 73
vitesse de libération, 76 impropre de type I, 66
vitesse initiale d’une fusée pour atteindre impropre de type II, 71
une orbite donnée, 75 intégrale définie
approximation définition, 5
d’ordre 1, 158 exemple de calcul à l’aide du TFC, 15, 16
des petits angles, 158 unités (exemple), 6
unités (exercice), 12
calculatrice TI
intégrale indéfinie, 18
sites Web d’aide à l’utilisation, ix
table, 19
calculatrice TI-Nspire
intégrande, 42
aide-mémoire, 180
intégration
chaînette, 114
par changement de variable, 39
cinématique
par parties, 59
annexe, 175
par parties : exercices, 66
complétion de carré, 52
par substitution, 39

225
226 INDEX

par substitution : exercices, 47 a ≪ b, 158


i , 167
LATEX, ix
logiciel Graph, ix théorème fondamental du calcul différentiel et
longueur d’arc, 109 intégral, 14, 35
exercices, 113
valeur moyenne, 16
méthode des disques, 93 volume
méthode des tubes, 100 d’un cône, 107
d’un solide de révolution : exercices, 106
nombres complexes, 167 d’un solide de révolution, méth. disques, 92
d’un solide de révolution, méth. tubes, 100
paradoxe de Zénon, 174
d’un tore, 107
polynôme de Taylor, 121
d’une calotte sphérique, 107
primitive, 14, 17
d’une sphère, 107
PSTricks, ix

rectangle générateur, 92, 100

série harmonique, 134


séries
alternées, 143
convergence ou divergence, 132
définition, 131
de puissances, 136
de Taylor, 136
du binôme, 151
géométriques, 169
géométriques, théorème sur, 170
intervalle de convergence, 139
rayon de convergence, 139
somme partielle d’ordre k, 131
table des séries de bases, 151, 191
test du rapport, 138
solide de révolution, 91
somme de droite D n , 3
définition, 3
implémentation sur la TI, 182
somme de gauche G n , 2
définition, 3
suite
convergence ou divergence, 130
définition, 129
symboles
R
, 18
Rb
a,5
N, Z, Q, 113
Responsable du projet, de l’édition et de la mise en page : Geneviève Savard.

Première version rédigée par Geneviève Savard, Robert Michaud et André Bordeleau,
Service des enseignements généraux,
École de technologie supérieure.
Août 2006

Nouvelle version rédigée par Geneviève Savard.


Août 2021

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4.0 International.

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