2.3.
Poste téléphonique
Le poste téléphonique conventionnel, malgré sa simplicité apparente assure un nombre
surprenant de fonctions dont voici quelques-unes :
Il est hors de fonction quand le combiné est raccroché, une sonnerie est branchée en
permanence sur la ligne permettant d'avertir l'abonné chaque fois qu'un appel lui est
adressé.
Une fois le combiné décroché, il indique que le poste est prêt à être utilisé en recevant
une tonalité continue. Au cas où le combiné à été décroché pour répondre à un appel,
il n'y aurait pas de tonalité mais le poste est directement relié à l'abonné demandeur.
Il reçoit et génère la signalisation d'abonné comme la sonnerie, les différentes
tonalités, les signaux de numérotation, le décrochage et le raccrochage.
Il permet de transformer le signal acoustique (parole) en signal électrique qui sera
transmis sur la ligne. Il transforme aussi le signal électrique reçu en signal acoustique.
Il indique au centre de rattachement la fin de la communication quand l'abonné
raccroche, le centre de rattachement avertira l'autre abonné en lui envoyant la tonalité
de fin de communication.
2.4. Type des Postes téléphoniques :
2.4.1. Poste téléphonique à cadran
Le Schéma simplifié D'un poste téléphonique à cadran est donné dans la figure 4.
Figure 4 : Schéma simplifié D'un poste téléphonique à cadran
Quand le combiné est raccroché, K1 ouverts, seule la sonnerie est reliée à la ligne, La capacité
C empêche le courant continue de circuler dans la ligne à travers la sonnerie. L'interrupteur K
est fermé au repos, c'est lui qui permettra de composer le numéro, par l'ouverture et la
fermeture de la ligne au rythme du retour du cadran.
Quand on décroche le combiné, l'interrupteurs K1 se ferme et un courant continue circule
dans la ligne créant ce qu'on appelle La boucle de courant ou boucle locale. (locale entre
l'abonné et son centre de rattachement).
Figure 5 : Boucle de couran
La valeur du courant de boucle Io est de l'ordre de 25 à 40 mA, elle dépend de Rp, résistance
(statique) équivalente de la boucle qui englobe :
Le circuit de parole, constitué principalement d'une bobine et d'une résistance
d'équilibrage
La résistance de la ligne qui dépend de sa longueur
La résistance équivalente des circuits traversés au niveau du centre de rattachement,
essentiellement des bobines et des résistances de protection.
Le courant Io informe le poste de rattachement (à l'aide d'un circuit de détection de courant de
boucle non représenté sur le schéma) que l'abonné veut passer un appel, Le centre renvoie
alors la tonalité d'invitation à numéroter pour informer l'abonné qu'il est prêt à recevoir le
numéro.
2.4.2. Poste téléphonique à clavier
Il s'agit de poste à clavier permettant de simuler le fonctionnement du poste à cadran en
générant des impulsions similaires. Ils sont donc utilisés avec le même type de carte d'abonné
au niveau des centres téléphoniques.
Figure 6: poste impultionnel à clavier
Quand on appuie sur une touche, le générateur d'impulsion génère un signal qui va agir sur
l'interrupteur de numérotation K1. On obtient ainsi sur la ligne un nombre d'impulsions égal
au chiffre marqué sur la touche en respectant les temps de fermeture et d'ouverture en vigueur
(~10 Hz, BD/MD=2).
La majorité des constructeurs de circuits intégrés proposent des circuits réalisant cette
fonction.
Avec ce genre de poste, l'opérateur peut actionner les touches à une cadence supérieure à la
vitesse d'acheminement des numéros sur la ligne (1 s pour le chiffre 0 par exemple). Le
dernier numéro tapé reste en mémoire même s'il y a raccrochage, il pourra être retransmis par
l'action d'une touche spécifique (redile), ceci est particulièrement utile surtout quand on
essaye d'avoir une ligne continuellement occupée.
L'alimentation de ces postes se fait par la ligne à travers un pont redresseur pour éviter le
problème de polarité.
Ici aussi, il faut faire attention aux surtensions, pour cela, quand on appuie sur une touche :
K2 s'ouvre pour isoler le circuit de parole le protégeant ainsi des surtensions. ( sur ce
genre de poste, la bobine est souvent remplacée par un circuit électronique hybride)
K1 s'ouvre et se referme un nombre de fois égal à la touche actionnée.
Une fois la numérotation du chiffre terminée, K2 est fermé et K1 reste ouvert.
Le générateur d'impulsion ainsi que les transistors réalisant K1 et K2 sont des composants
haute-tension pour minimiser le risque de destruction par mauvaise protection contre les
surtensions.
2.4.3. Envoi du numéro
Le poste à cadran possède un disque mobile contenant 10 trous également espacés numérotés
de 0 à 9. Pour composer un chiffre, on arme le cadran à partir du chiffre qu'on désire
composer jusqu'à la butée puis on le relâche, le disque revient alors à sa position de repos sous
l'action d'un ressort de rappel. C'est durant le retour que sera généré le train d'impulsion
correspondant au chiffre composé. Cela par l'ouverture et la fermeture de la ligne par
l'intermédiaire de l'interrupteur K un nombre de fois égal au chiffre composé.
Un cadran est caractérisé par sa vitesse de retour donc par le nombre d'impulsions générées
par seconde et par le rapport de la durée d'ouverture BD sur la durée de fermeture MD.
L'ordre de grandeur est de 10 impulsions par seconde avec un rapport BD/MD=2. Toute
fermeture (I = I 0 ) nettement supérieure à 33 ms est considérée comme une séparation entre
deux chiffres ou à une fin ou abandon de numérotation. Toute ouverture (I = 0) nettement
supérieure à 66 ms est considérée comme un raccrochage.
Figure 7 : Signal de numérotation impulsionnelle
2.4.4. Envoi de la parole
Tout simplement le courant de boucle est modulé par la voix. Dans le cas de l'utilisation d'un
microphone à poudre de charbon, la modulation se fait grâce à la résistance variable du
microphone. Le fait de parler devant la membrane, on comprime et décomprime la poudre de
charbon qui se trouve dans une boule flexible, qui de ce fait, voit sa résistance varier au même
rythme que la parole.
2.4.5. Le circuit de parole
Le circuit de parole est constitué d'une bobine particulière sur laquelle sont branchés
l'écouteur et le microphone constituant le combiné. Le rôle principal de cette bobine
est d'adapter la ligne téléphonique (2 fils) au combiné (4 fils micro + écouteur). Elle est
constituée d'un transformateur différentiel simplifié.
Le transformateur différentiel est un quadriporte sur lequel on peut montrer que si
une terminaison se comporte comme générateur et si la terminaison opposée est
chargée par une impédance égale à l'impédance de la première, alors une des
deux terminaisons restantes présentera un affaiblissement important (+ de 20 dB) donc
l'information sera aiguillée vers la terminaison restante.
La Figure 8 illustre l'utilisation d'un tel transfo dans un poste téléphonique. Le problème est
que, dans un réseau téléphonique, la longueur des lignes varie d'un abonné à l'autre,
l'impédance de la ligne ZL n'est pas constante, il est donc impossible de définir une
impédance d'adaptation Za qui réalise une adaptation parfaite, ce qui n'est d'ailleurs pas
souhaitable car, dans ce cas, tout le signal issu du microphone serait acheminé vers la ligne et
on aura un antilocal parfait alors que l'expérience montre qu'il y a un meilleur confort de
conversation quand on entend "un peu" dans l'écouteur sa propre voix captée par le
microphone.
Figure 8 : Transformateur Différentiel en téléphonie
2.5. Principe du raccordement d’usager
L’usager est raccordé au réseau via une unité de raccordement (URA, Unité de Raccordement
d’Abonnés). Celle-ci peut être locale ou distante (URAD, Unité de raccordement d’Abonnés
Distants). Le commutateur de raccordement assure les fonctions de réception et de
mémorisation de la numérotation (Enregistreur), celle-ci est analysée et traduite par un
traducteur qui va définir les conditions de taxation et déterminer le routage. Enfin, le sélecteur
recherche une ligne disponible (joncteur) et affecte les ressources (circuits ou IT). La figure 8
illustre ces différents éléments.
Figure 8 : Principe du raccordement des abonnés.
2.6. La mise en relation Usager/Usager
La mise en relation de deux abonnés répond à un protocole qui organise le dialogue entre les
terminaux d’usager et le réseau (signalisation Usager/Réseau). Elle comporte deux ensembles
de mécanisme. Le premier correspond à un échange d’information hors communication
destiné à établir celle-ci ou à libérer les ressources, c’est la signalisation. Le second est la
communication téléphonique proprement dite.
La figure 9 illustre les différentes étapes de la mise en relation de deux abonnés, celles-ci au
nombre de cinq sont détaillées ci-dessous :
– décroché du combiné, détection de la boucle de courant, envoi de la tonalité d’invitation à
numéroter (signal à 440 Hz, le « la » des musiciens) ;
– numérotation, le numéro composé est mémorisé et décodé par le commutateur de
rattachement. Le système établit le lien. Durant cet intervalle de temps, le demandeur recevait,
une tonalité dite de progression d’appel;
– envoi du signal de sonnerie à l’appelé distant et attente du décroché de celui-ci. L’appelant
reçoit le signal de retour d’appel communément appelé sonnerie ;
– le correspondant décroche. Le central de rattachement détecte le décroché (boucle de
courant), il arrête les signaux de sonnerie, les signaux de retour d’appel et déclenche la
taxation ;
– l’échange d’information (voix ou données) peut commencer.
Figure 9 : Diagramme d’une communication téléphonique.
2.7. Commutateurs
Les commutateurs, jadis manuels et aujourd'hui automatiques (autocommutateurs),
constituent les nœuds du réseau téléphonique. Leur rôle est d'aiguiller les communications
téléphoniques vers les destinations demandées.
On distingue les commutateurs d'abonnés et les commutateurs de transit, certains
commutateurs peuvent assurer les deux fonctions à la fois.
Un commutateur d'abonné peut assurer les fonctions suivantes :
Liaison entre deux lignes d'abonné qui lui sont connectées, c'est une liaison locale.
Connecter une ligne d'abonné vers une jonction reliée à un autre commutateur. C’est
un appel sortant.
Connecter une jonction provenant d’un autre commutateur vers une ligne d'abonné.
C’est un appel entrant.
Un commutateur de transit réalise des connexions entre jonctions provenant de commutateurs
distants, il réalise des liaisons de transit.
Un commutateur peut être analogique ou numérique. Un commutateur analogique réalise une
liaison physique entre une ligne entrante et une ligne sortante et ceci à l'aide de points de
connexions métalliques ou électroniques.
Un commutateur numérique associe une voie temporaire sur un multiplex MIC à la
communication entre deux abonnés et peut aiguiller une VT d'un MIC entrant vers une autre
VT d'un MIC sortant.
Il est difficile d'établir le schéma bloc d'un commutateur vu les différences architectures
rencontrées dans la pratique. Le schéma ci-dessous présente un ensemble de blocs fonctionnel
rencontrés sur tous les commutateurs.