Introduction au calcul tensoriel
Introduction au calcul tensoriel
Calcul tensoriel
Application à la relativité
Olivier Castéra
Le 7 juillet 2022
Table des matières
Chapitre 2. Vecteurs 9
2.1 Représentation géométrique 9
2.1.1 Lois de composition géométriques 9
2.1.2 Propriétés des lois de composition 11
2.1.3 Quelques propriétés 12
2.1.4 Définitions mathématiques 13
2.2 Représentation algébrique 13
2.2.1 Base vectorielle 15
2.2.2 Base naturelle 17
2.2.3 Lois de compositions algébriques 18
2.2.4 Propriétés des lois de composition 19
2.2.5 Espaces vectoriels réels 21
2.2.6 Norme 21
2.2.7 Composantes d’un vecteur 21
Chapitre 4. Matrices 29
4.1 Système d’équations linéaires 29
4.2 Addition matricielle 30
2 Table des matières
yM M
O x
xM
(
x (ρ, θ) = ρ cos θ
T : ρ > 0 et 0 6 θ < 2π
y (ρ, θ) = ρ sin θ
4 Systèmes de coordonnées
M(ρ, θ)
ρ
y
θ
x
O x
y
arctan si x > 0
x
arctan y + π si x <
0 et y > 0
x
q
ρ (x, y)
y
= x2 + y 2 arctan − π si x < 0 et y < 0
T : θ (x, y)
avec atan2(y, x) = x
= atan2(y, x)
π
+ si x = 0 et y > 0
2
π
− si x = 0 et y < 0
2
indéfinie si x = 0 et y = 0
Les lignes de coordonnée ρ = cste sont des cercles centrés sur l’origine. Les lignes de coordonnée
θ = cste sont des demi-droites issues de l’origine.
y
θ = 60◦
θ = 30◦
ρ=3
ρ=1
x
ρ=2
θ = −30◦
θ = −60◦
ρ eφ
eρ
φ
y
x
Pour que le centre du système de coordonnées soit sur la surface cylindrique, on peut la
dérouler pour en faire un plan, et utiliser les coordonnées rectangulaires ou polaires à sa surface.
Les lignes de coordonnées sont alors des droites du plan, mais aussi des courbes dans l’espace à
trois dimensions dans lequel est plongé le cylindre. Nous dirons que le cylindre a une courbure
extrinsèque et n’a pas de courbure intrinsèque. En restant à sa surface rien ne permet de mettre
en évidence une quelconque courbure locale. En revanche la courbure globale apparait lorsque
en avançant tout droit perpendiculairement à la génératrice du cylindre l’on revient sur ses pas.
φ = atan2(y, x)
z =z
La surface de coordonnée ρ = cste est le cylindre d’axe z.
La surface de coordonnée φ = cste est le demi-plan limité par l’axe z.
La surface de coordonnée z = cste est le plan parallèle au plan (x, y).
Sur une sphère les droites sont des arcs de grands cercles. On ne peut déplier la sphère pour
en faire un plan car la sphère a une courbure intrinsèque, que l’on peut mettre en évidence
en mesurant la somme des angles d’un triangle dit sphérique, dont les côtés sont des arcs
de grands cercles. Elle est en effet supérieure à π (et inférieure à 3π). De même son aire est
supérieure à celle d’un triangle plat. Plus le triangle est petit et plus la somme de ses angles
tend vers π. Au voisinage infinitésimal d’un point, c’est-à-dire « localement », la surface de
la sphère est assimilable au plan qui lui est tangent en ce point. Sur les surfaces en général,
non nécessairement sphériques, les courbes qui minimisent la distance entre deux points sont
appelées des orthodromies. Sur une sphère ce sont les petits arcs de grands cercles. Dans les
espaces ayant une courbure intrinsèque, les droites sont appelées géodésiques. On réserve alors
le terme « droite » aux espaces plats, sans courbure intrinsèque.
x = r sin θ cos φ
y = r sin θ sin φ r > 0, 0 6 θ < π, 0 6 φ < 2π
z = r cos θ
er
eφ
r
θ eθ
z
y
φ
x
√
r
=u2 + v 2 + w 2
√
θ = atan2 u 2 + v2, z
φ = atan2 (y, x)
ρ = r sin θ
z = r cos θ
φ = φ
Systèmes de coordonnées 7
θ = atan2 (ρ, z)
φ =φ
Notation 1.2.1. Lorsqu’aucune confusion n’est possible sur les coordonnées employées, la dérivée
partielle première par rapport à la ie variable d’une fonction f quelconque est parfois notée,
∂f
≡ ∂i f
∂xi
ou bien simplement avec une virgule et un indice inférieur :
∂f
≡ f,i
∂xi
La dérivée partielle seconde est notée :
∂2f
≡ ∂ij f
∂xi ∂xj
≡ f,ij
Pour un système de coordonnées primé, nous mettrons le prime sur l’indice,
∂f
≡ ∂i′ f
∂xi′
≡ f,i′
bien qu’il ne s’agisse pas de l’indice i′ mais de la i ème coordonnée x′ . Cette notation permet au symbole
∂i′ d’indiquer une dérivation partielle par rapport à la i ème coordonnée de la base primée.
Vecteurs
2
Historiquement, les vecteurs modélisèrent d’abord des notions issues de la mécanique clas-
sique, principalement celle de force et de vitesse.
Notation 2.1.1. Les vecteurs sont notés par des lettres droites en caractère gras, par exemple f
pour la force, ou par des lettres surmontées d’une flèche f~.
Dans l’espace physique, représenté par l’espace à trois dimensions de la géométrie classique,
les vecteurs forces sont représentés par une flèche ayant une longueur proportionnelle à l’inten-
sité de la force, une direction et un sens qui sont celui de la force, et ayant pour origine le point
d’application de la force.
v
v u+
C’est la règle du parallélogramme pour la composition des forces ayant même point
d’application. De même que la somme de deux forces est une force, la somme de deux
vecteurs est un vecteur. On ne peut additionner que des forces, et donc que des vecteurs,
ayant même origine.
10 Vecteurs
En négligeant les frottements, sous l’action de ces deux forces le cube se déplace
en translation. Pour sommer ces deux forces en une unique force nous les translatons
pour qu’elles aient même origine. Pour que le cube ait un mouvement de translation
sans rotation, la force résultante doit passer par le centre de gravité du cube. On en
déduit le point d’application de cette force.
αu
u
(b) Associativité :
u ⊕ (v ⊕ w) = u ⊕ v ⊕ w
(c) Existence d’un élément neutre appelé vecteur nul et noté 0, tel que :
u⊕0= u
(d) Pour tout vecteur u il existe le vecteur opposé ū, tel que :
u ⊕ (ū) = 0
L’existence d’un opposé nécessite donc l’existence d’un élément neutre. De plus on
définit la soustraction vectorielle comme étant l’addition vectorielle avec l’opposé :
u ⊖ v = u ⊕ (v̄)
On montre plus loin que ū = (−1) ⊙ u.
(2) Multiplication par un réel. ∀(α, β) ∈ R2 ,
(a) Associativité :
α ⊙ (β ⊙ u) = (α × β) ⊙ u
Il s’agit ici d’un abus de langage, il n’y a pas associativité puisque le signe ⊙ du
membre de gauche de l’égalité est le signe opératoire de la multiplication d’un
vecteur par un réel, alors que le signe × du membre de droite est celui de la
multiplication dans R.
(b) Distributivité par rapport à l’addition des réels :
(α + β) ⊙ u = (α ⊙ u) ⊕ (β ⊙ u)
Il s’agit ici aussi d’un abus de langage, il n’y a pas distributivité puisque le signe
+ du membre de gauche est le signe opératoire de l’addition dans R, alors que le
signe ⊕ du membre de droite est celui de l’addition vectorielle.
(c) Distributivité par rapport à l’addition des vecteurs :
α ⊙ (u ⊕ v) = (α ⊙ u) ⊕ (α ⊙ v)
Démonstration.
(0 + 0) ⊙ u = 0 ⊙ u
0⊙u+0⊙u= 0⊙u+0
0⊙u=0
(2) k ⊙ 0 = 0
Démonstration.
k ⊙ (0 ⊕ 0) = k ⊙ 0
k⊙0⊕k⊙0=k⊙0⊕0
k⊙0=0
(3) ū = (−1) ⊙ u
Démonstration.
0=0⊙u
k ⊙ 0 = (k − k) ⊙ u
k ⊙ (u ⊕ ū) = [k + (−k)] ⊙ u
k ⊙ u ⊕ k ⊙ ū = k ⊙ u ⊕ (−k) ⊙ u
k ⊙ ū = (−k) ⊙ u
1 ⊙ ū = (−1) ⊙ u
ū = (−1) ⊙ u
(4) Si k ⊙ u = 0 alors k = 0 ou u = 0
Démonstration. Supposons k = 0 :
0⊙u=0
Supposons k 6= 0 :
k⊙u=0
−1
k ⊙ (k ⊙ u) = k −1 ⊙ 0
(k −1 k) ⊙ u = 0
u=0
Vecteurs 13
Pour effectuer des calculs sur les vecteurs, par exemple en trois dimensions, on dote l’espace
ponctuel d’un système de coordonnées (O, x, y, z), c’est-à-dire d’un point origine O et, dans
le cadre de la physique classique, d’un système de coordonnées habituellement rectangulaire
(x, y, z), comme définis au paragraphe 1.1 p. 1.
À l’aide des points de cet espace ponctuel, on peut construire des vecteurs de la façon
suivante. À chaque point A = (xA , yA , zA ) de l’espace ponctuel on associe le vecteur a = OA,
et à chaque vecteur a on associe le point A tel que OA = a. Ainsi en généralisant à n
dimensions, il existe une bijection ϕ entre l’espace ponctuel En et l’espace vectoriel En , ils sont
« équipotents » :
ϕ : a ∈ En 7→ A = ϕ(a) ∈ En
0 ∈ En 7→ O = ϕ(0) ∈ En
14 Vecteurs
zf
f
O yf
xf y
x
Fig. 2.3. Coordonnées du vecteur force f
Notation 2.2.1. Nous utiliserons la notation indicielle pour les axes et pour les coordonnées :
x3
x3f
O x2f
x1f
x2
x1
Les vecteurs i, j, k forment la base orthonormée (i, j, k) dite base canonique, signifiant ici « la
plus simple ». Toute autre base sera définie par rapport à la base canonique.
k
f
i j
f 1i f 3k
f 2j
Elle préexiste donc, souvent de façon implicite, à toute autre base. Une fois posée, nous
pouvons nous abstraire du système de coordonnées. Nous dirons que le vecteur force f se dé-
compose dans la base unitaire (i, j, k) de l’espace des forces, et que les nombres f 1 , f 2 et f 3
sont les composantes du vecteur force f dans cette base.
Définition 2.2.2. Composantes d’un vecteur
Tout vecteur se décompose de façon unique dans une base, sous la forme d’une combinaison
linéaire des vecteurs de base. Les coefficients de cette combinaison linéaire sont appelés les
composantes du vecteur dans cette base.
Remarque 2.2.1. On trouve parfois le terme de « coordonnées » d’un vecteur dans une base à la place
de « composantes ». On réserve ce terme aux « coordonnées » d’un point dans un système de coordonnées.
Remarque 2.2.2. Les vecteurs forces, positions, vitesses, accélérations, champs électriques, etc. appar-
tiennent à des espaces vectoriels différents, munis chacun d’une base vectorielle. En physique nous ramenons
tous ces vecteurs dans le même espace vectoriel, avec une unique base. Ce faisant, nous procédons à l’assimilation
d’espaces isomorphes à l’un d’entre eux.
Notation 2.2.2. En notation indicielle les vecteurs de base sont notés avec un indice en bas :
f = f 1 e1 + f 2 e2 + f 3 e3
3
X
= f i ei
i=1
Il faut s’assurer que les vecteurs que l’on utilise pour former une base sont linéairement
indépendants, c’est-à-dire tels que l’on ne puisse pas exprimer un vecteur en fonction des autres
car il serait redondant.
Définition 2.2.3. Famille de vecteurs linéairement indépendants d’ordre p
Soient {u1 , u2 , . . . , up } une famille de p vecteurs non nuls d’un espace vectoriel E. Ces
vecteurs forment un système linéairement indépendant d’ordre p, ou encore une famille libre
d’ordre p, s’il est impossible de trouver p nombres λ1 , λ2 , . . . , λp non tous nuls, tels que :
λ1 u1 + λ2 u2 + · · · + λp up = 0 (1)
Une famille de vecteurs qui n’est pas libre est dite liée.
Remarque 2.2.3. Interprétation géométrique :
Utilisons la représentation intuitive des vecteurs par des flèches. Un ensemble de vecteurs est linéairement
indépendant s’il n’est pas possible de construire une figure fermée avec deux ou plusieurs de ces vecteurs, même
en ajustant leurs longueurs. Aucun vecteur de cet ensemble ne peut alors être exprimé comme combinaison
linéaire des autres car chacun définit une nouvelle dimension.
Exemple 2.2.3. Montrons que les vecteurs u1 (a, 0, 0), u2 (b, c, 0), u3 (0, 0, d) sont linéaire-
ment indépendants :
λ1 u1 + λ2 u2 + λ3 u3 = 0
λ1 (a, 0, 0) + λ2 (b, c, 0) + λ3 (0, 0, d) = (0, 0, 0)
(λ1 a + λ2 b, λ2 c, λ3 d) = (0, 0, 0)
La seule solution est λ1 = λ2 = λ3 = 0 par conséquent les vecteurs sont linéairement indépen-
dants.
Il faut également s’assurer que la famille de vecteur que l’on a choisi pour former une base
de l’espace vectoriel permet bien de générer tous les vecteurs de cet espace. Nous dirons que
cette famille est génératrice, et que chaque vecteur de l’espace vectoriel se décompose sur les
vecteurs de cette famille, ou encore que tout vecteur est une combinaison linéaire des vecteurs
de cette famille.
Vecteurs 17
Les ei forment alors un champ de vecteurs, ils sont fonction de la position de la base.
En général les vecteurs de la base naturelle ne sont pas de longueur unité (voir l’exemple ci-
dessous de la base naturelle polaire). Sauf précision contraire, on se placera toujours dans la
base naturelle du système de coordonnées. En annexe 20.3 p. 248, on montre l’existence de
bases non holonomiques que l’on ne peut rattacher à aucun système de coordonnées.
Exemple 2.2.4. Exprimons les vecteurs de la base naturelle polaire (eρ , eθ ) en fonction des
vecteurs de la base rectangulaire (ex , ey ) :
!
∂OM ∂OM ∂x ∂OM ∂y ∂x ∂y
e = = + = ex + ey = cos θ ex + sin θ ey
ρ ∂ρ ∂x ∂ρ ∂y ∂ρ ∂ρ ∂ρ
!θ (2)
∂OM ∂OM ∂x ∂OM ∂y ∂x ∂y
eθ = = + = ex + ey = −ρ sin θ ex + ρ cos θ ey
∂θ ρ
∂x ∂θ ∂y ∂θ ∂θ ∂θ
Exprimons les vecteurs de la base rectangulaire en fonction des vecteurs de la base naturelle
polaire :
!
∂OM ∂OM ∂ρ ∂OM ∂θ ∂ρ ∂θ sin θ
e = = + = eρ + eθ = cos θ eρ − eθ
x ∂x ∂ρ ∂x ∂θ ∂x ∂x ∂x ρ
y
!
∂OM ∂OM ∂ρ ∂OM ∂θ ∂ρ ∂θ cos θ
ey = = + = eρ + eθ = sin θ eρ + eθ
∂y x
∂ρ ∂y ∂θ ∂y ∂y ∂y ρ
Longueur des vecteurs de la base naturelle polaire :
q
keρ k = cos2 θ + sin2 θ = 1
q
keθ k = ρ2 sin2 θ + ρ2 cos2 θ = ρ
La base naturelle polaire n’est pas normée. En revanche elle est orthogonale :
(1) L’addition vectorielle consiste à additionner les composantes respectives des vecteurs :
u ⊕ v = u1 , u2 , u3 ⊕ v 1 , v 2 , v 3
= u1 + v 1 , u2 + v 2 , u3 + v 3
= w1, w2, w3
=w
Vecteurs 19
(2) La multiplication d’un vecteur par un réel α consiste à multiplier chaque composante
par ce réel :
α ⊙ u = α ⊙ u1 , u2 , u3
= αu1 , αu2, αu3
= v1, v2, v3
=v
(b) Associativité :
h i
u ⊕ (v ⊕ w) = u1 , u2 , u3 ⊕ v 1 , v 2 , v 3 ⊕ w1, w2 , w3
= u1 , u2 , u3 ⊕ v 1 + w 1 , v 2 + w 2 , v 3 + w 3
= u1 + v 1 + w 1 , u2 + v 2 + w 2 , u3 + v 3 + w 3
= u1 + v 1 , u2 + v 2 , u3 + v 3 ⊕ w 1 , w 2 , w 3
h i
= u1 , u2 , u3 ⊕ v 1 , v 2 , v 3 ⊕ w1 , w2, w3
= (u ⊕ v) ⊕ w
= u⊕v⊕w
(c) Existence d’un élément neutre appelé vecteur nul et noté 0, tel que :
u ⊕ 0 = u1 , u2 , u3 ⊕ (0, 0, 0)
= u1 + 0, u2 + 0, u3 + 0
= u1 , u2 , u3
=u
(d) Pour tout vecteur u il existe le vecteur opposé −u, tel que :
u ⊕ (−u) = u1 , u2, u3 ⊕ −u1 , −u2 , −u3
= u1 − u1 , u2 − u2 , u3 − u3
= (0, 0, 0)
=0
20 Vecteurs
u ⊖ v = u ⊕ (−v)
2.2.6 Norme
D’après le paragraphe 2.1 p. 9, la longueur d’un vecteur force est proportionnelle à l’intensité
de cette force. Dans un système de coordonnées orthonormales, le théorème de Pythagore donne
la longueur d’un vecteur quelconque u(u1 , u2, u3 ), appelée norme euclidienne de ce vecteur :
q
kuk = (u1 )2 + (u2 )2 + (u3)2
On définit la norme par ses propriétés :
Définition 2.2.10. Norme
Soit E un espace vectoriel sur le corps des réels R. L’application :
k k : E → R+
u 7→ kuk
est une norme si elle satisfait aux propriétés suivantes :
Séparation : ∀u ∈ E, kuk = 0 ⇒ u = 0
Homogénéité : ∀α ∈ R, ∀u ∈ E, kα ⊙ uk = |α| × kuk
Inégalité triangulaire : ∀(u, v) ∈ E 2 , kuk + kvk > ku ⊕ vk
A partir de l’inégalité triangulaire et de l’homogénéité, nous tirons une nouvelle propriété :
kuk + k − uk > ku ⊕ (−u)k
kuk + | − 1|kuk > k0k
kuk + kuk > 0
kuk > 0
La norme est donc toujours non négative (positive ou nulle).
Définition 2.2.11. Vecteur normé
On appelle vecteur normé ou vecteur unitaire, un vecteur de norme unité. En divisant un
vecteur quelconque u par sa norme, on obtient un vecteur normé :
u
e=
kuk
kek = 1
D’après le paragraphe 2.2.1 p. 15, à partir d’un système de coordonnées rectilignes obliques,
nous pouvons construire deux bases réciproques. Prenons une seule de ces deux bases, un vecteur
peut y être projeté de deux façons : parallèlement ou perpendiculairement aux vecteurs de base.
— En projetant parallèlement on obtient les composantes contravariantes du vecteur
— En projetant perpendiculairement on obtient les composantes covariantes du vecteur
Notons que les composantes covariantes dans une base sont égales aux composantes contrava-
riantes dans la base réciproque. Dans les bases orthonormées, les composantes covariantes et
contravariantes sont confondues.
Se donner une base et des composantes contravariantes ou covariantes est équivalent à se
donner un vecteur. Réciproquement, dans une base donnée tout vecteur peut se décomposer
en composantes contravariantes ou en composantes covariantes. Un vecteur est donc la donnée
d’une base et de composantes contravariantes, ou de composantes covariantes. Dans une base
donnée :
(u1 , u2 , u3) ≡ (u1 , u2 , u3)
Par abus de langage, lorsque l’on décrit un vecteur en composantes covariantes on parle de
covecteur ou vecteur covariant.
Exemple 2.2.5. Soit (x1 , x2 ) un système de coordonnées rectilignes obliques dans lequel le
point M a pour coordonnées (x1M , x2M ).
x2M = 2 M
O
x1M = 3
Fig. 2.6. Système de coordonnées rectilignes obliques
À ce système de coordonnées nous associons le repère (O, e1 , e2 ) tel que la base (e1 , e2 ) soit
normée et les vecteurs de base pris le long des droites de coordonnées.
x2
u2 M
u
e2
O x1
e1 u1
Fig. 2.7. Composantes contravariantes du vecteur u
Elles sont représentées au moyen d’un indice supérieur. La décomposition d’un vecteur en
composantes contravariantes est unique dans chaque base et les composantes contravariantes
(u1 , u2 , . . . , un ) représentent un unique vecteur dans la base (e1 , e2 , . . . , en ).
Les vecteurs ont une existence propre, il sont indépendants de la base dans laquelle on
les exprime : leur norme, direction et sens ne varient pas par changement de base. Ils sont
invariants par changement de base, seules leurs composantes changent. Pour assurer cette
invariance, lorsqu’on les écrit sous la forme d’une combinaison linéaire des vecteurs de base,
leurs composantes contravariantes (les coefficients) doivent se transformer de façon « contraire »
aux vecteurs de base.
Exemple 2.2.6. Dans la base orthonormée (ex , ey , ez ), soit u un vecteur de composantes
(x, y, z). Déterminons ses composantes contravariantes (u1 , u2, u3 ) dans la base (e1 , e2 , e3 ) avec
e1 (a, 0, 0), e2 (b, c, 0), e3 (0, 0, d).
M(6, 2)
2
e2
O e1 6
Fig. 2.8. Coordonnées et composantes contravariantes
Les dxi sont donc les composantes contravariantes du vecteur différentiel dOM dans le repère
naturel ayant pour origine M, en coordonnées (xi ).
Convention de sommation
3
3.1 Notation indicielle et convention de sommation
∀i xi = δji xj
∂xi
∀i, j = δji
∂xj
Exemple 3.3.3. Soient (xi ) et (y j ) deux systèmes de coordonnées. Les n fonctions
∀i = 1, . . . , n xi = xi y 1, y 2 , . . . , y n
sont supposées (au moins) de classe C 2 : les dérivées premières et secondes existent et sont
continues. Elles sont également supposées indépendantes de sorte que l’on puisse résoudre les
n équations en fonction des xi ,
∀j = 1, . . . , n y j = y j x1 , x2 , . . . , xn
j ∂y j l
∀j dy = dy
∂y l
= δlj dy l
∂y j ∂xk
∀j, l k l
= δlj (4)
∂x ∂y
Exemple 3.3.4. Avec le symbole de Kronecker, la norme 2.2.10 p. 21 du vecteur u s’écrit :
kuk = δij ui uj
Les indices du symbole de Kronecker s’écrivent en haut ou en bas pour respecter la convention
de sommation.
Convention de sommation 27
Pour j variant de 1 à 3 :
aij uj = ai1 u1 + ai2 u2 + ai3 u3
Pour aij 6= aji , ([aij ] non symétrique), nous avons les égalités et inégalités suivantes :
aij ui v j 6= aij uj v i alors que aij uiv j = aij v j ui
aij ui v j 6= ajiui v j alors que aij uiv j = aji uj v i
En effet, pour i et j variant de 1 à 2,
aij uiv j = a11 u1 v 1 + a12 u1 v 2 + a21 u2 v 1 + a22 u2 v 2
aij uj v i = a11 u1 v 1 + a12 u2 v 1 + a21 u1 v 2 + a22 u2 v 2
On en déduit :
(aij + aji )ui v j 6= 2aij uiv j
Nous avons aussi,
aij (uj + v j ) = aij uj + aij v j
où l’on peut poser z j = uj + v j . En utilisant le fait que ui uj = uj ui :
(aij + aji )ui uj = 2aij uiuj
(aij − aji )ui uj = 0
Matrices
4
4.1 Système d’équations linéaires
A1 u1 + A2 u2 + · · · + An un = a
Il est inutile de réécrire les inconnues pour chaque ligne. Simplifions l’écriture de ce système en
introduisant le nouvel opérateur de multiplication matricielle ⊠ :
A11 A12 · · · A1n u1 a1
2
A21 A22 · · · A2n u a2
⊠ . = . (6)
. .. ..
.
. . ··· . .. ..
Am1 Am2 · · · Amn un am
Nous ne considérons que les systèmes ayant autant d’équations que d’inconnues, m = n, qui
donnent alors des matrices carrées et qui admettent une solution unique ou aucune solution.
Définition 4.2.1. Ordre d’une matrice
Une matrice est d’ordre n si elle est de dimension n × n.
Le raisonnement sur des matrices d’ordre 2 est facilement généralisable aux matrices d’ordre
supérieur à 2.
Soient les deux systèmes d’équations linéaires suivants,
A11 u1 + A12 u2 = a1 B11 u1 + B12 u2 = b1
et
A 1
+ A22 u2 = a2 B 1
+ B22 u2 = b2
21 u 21 u
qui s’écrivent :
" # ! ! " # ! !
A11 A12 u1 a B11 B12 u1 b
⊠ 2 = 1 et ⊠ 2 = 1
A21 A22 u a2 B21 B22 u b2
Additionnons ligne à ligne les deux systèmes de départ :
(A11 + B11 )u1 + (A12 + B12 )u2 = a1 + b1
(A + B21 )u1 + (A22 + B22 )u2 = a2 + b2
21
(2) Existence d’un élément neutre appelé matrice nulle, notée 0, dont tous les éléments
sont nuls et telle que :
A⊞0 =A
Matrices 31
(3) Pour toute matrice A il existe une matrice opposée notée Ā telle que :
A ⊞ Ā = 0
L’existence d’une matrice opposée nécessite donc l’existence d’une matrice nulle. De
plus on montre que la soustraction matricielle est l’addition matricielle avec la matrice
opposée :
A ⊞ B̄ = A ⊟ B
(4) Commutativité :
A⊞B = B⊞A
L’addition matricielle est habituellement notée + et la soustraction − par analogie avec les
scalaires.
Exemple 4.3.1. Exprimons sous forme matricielle les vecteurs de la base naturelle polaire
en fonction des vecteurs de la base rectangulaire :
! " # !
eρ x y ex
= ,ρ ,ρ
eθ x,θ y,θ ey
" # !
cos θ sin θ ex
=
−ρ sin θ ρ cos θ ey
Exprimons sous forme matricielle les vecteurs de la base rectangulaire (ex , ey ) en fonction
des vecteurs de la base naturelle polaire (eρ , eθ ) :
! " # !
ex ρ θ eρ
= ,x ,x
ey ρ,y θ,y eθ
" # !
cos θ − sinρ θ eρ
=
sin θ cosρ θ eθ
Nous noterons les matrices colonnes et les matrices lignes avec des parenthèses plutôt qu’avec
des crochets. Pour une base donnée, un ensemble ordonné de nombre est un vecteur. Par
conséquent, pour une base donnée, les matrices colonnes et les matrices lignes sont des vecteurs.
Les éléments de ces matrices sont les composantes covariantes ou contravariantes d’un vecteur.
Les inconnues u1, u2 forment un vecteur. Nous avons les deux possibilités suivantes :
— On pré-multiplie A par une matrice ligne
" #
A11 A12
u1 u2 = A11 u1 + A21 u2 A12 u1 + A22 u2
A21 A22
Le couple u1, u2 forme une matrice ligne et le résultat est aussi une matrice ligne.
— On post-multiplie A par une matrice colonne
" # ! !
A11 A12 u1 A11 u1 + A12 u2
=
A21 A22 u2 A21 u1 + A22 u2
Le couple u1, u2 forme une matrice colonne et le résultat est aussi une matrice colonne.
Toute matrice carrée peut prendre en entrée un vecteur et donner en sortie un autre vecteur,
autrement dit peut transformer un vecteur en un autre vecteur.
Remarque 4.4.1. La notation 4.3.1 p. 32 adoptée pour la multiplication matricielle implique que les
deux écritures suivantes
A11 A12 u1 A11 A12
u1 u2 et
A21 A22 u2 A21 A22
Nous n’obtenons pas le même système d’équations linéaires selon que l’on pré-multiplie ou
que l’on post-multiplie.
34 Matrices
Remarque 4.6.1. Pour la multiplication matricielle, soit le dernier indice de la première matrice est
égal au premier indice de la seconde matrice, soit le premier indice de la première matrice est égal au dernier
indice de la seconde matrice.
Démonstration.
!T
T
X
(AB) = Aik Bkj = [Cij ]Tmp = [Cji]pm
k
En posant (
B T = D = [Dij ]pn Dij = Bji
⇒
AT = E = [Eij ]nm Eij = Aji
on a :
X X X
B T AT = DE = (Dik Ekj ) = (BkiAjk ) = (Ajk Bki ) = [Cji]pm
k k k
L’expression
∀i Aij uj = ai
donne le système :
A11 u1 + A12 u2 = a1
A 1
(7)
21 u + A22 u2 = a2
Cela correspond à la post-multiplication matricielle Au = a. L’expression
∀i Aji uj = ai (8)
donne le système :
A11 u1 + A21 u2 = a1
A 1
+ A22 u2 = a2
12 u
AB = BA = I
En notation indicielle :
X X
Aik Bkj = Bik Akj = δij
k k
(A−1 )−1 = A
(kA)−1 = k −1 A−1
(AB)−1 = B −1 A−1
B = BI = B(AC) = (BA)C = IC = C
(AB)−1 = B −1 A−1
De même :
B −1 A−1 (AB) = B −1 A−1 A B = B −1 IB = B −1 B = I
Démonstration.
AA−1 = I
T
AA−1 = IT
T
A−1 AT = I
−1 −1
−1 T T
A A AT = I AT
T −1 −1
A−1 AT AT = AT
T −1
A−1 = AT
−1
T
Si A−1 existe alors on peut prendre sa transposée et (A−1 ) existe, donc AT existe.
uT Au = aij ui uj (9)
On remarque que ui uj = uj ui permet d’écrire :
Q = a11 u1 u1 + 21 (a12 + a21 )u1 u2 + · · · + 12 (a1n + an1 )u1 un
+ 12 (a12 + a21 )u2 u1 + · · · + 21 (a2n + an2 )u2un
+ ...
+ 12 (a1n + an1 )un u1 + · · · + ann un un
38 Matrices
5.1 Définitions
f :E→F
x 7→ f (x) = v
Les deux conditions de linéarité peuvent être remplacées par la seule condition suivante :
Nous dirons que f préserve les opérations de combinaison linéaire car peu importe que f soit
appliquée avant ou après l’addition vectorielle ou la multiplication par un scalaire.
Remarque 5.1.1. Dans (2) posons λ = 0. En utilisant les propriétés 2.1.3 p. 12 :
f (0 ⊙ u) = 0 ⊙ f (u)
f (0) = 0
Nous n’avons besoin que de transformer les vecteurs de base. En effet, la transformation
linéaire d’un vecteur u quelconque s’écrit :
f (u) = f u1 e1 + u2 e2 + · · · + un en
= u1 f (e1 ) + u2 f (e2 ) + · · · + un f (en )
5.1.1 Exemples
Exemple 5.1.1. Soit α un scalaire. L’homothétie vectorielle de rapport α :
h:E→E
x 7→ α ⊙ x
est une application linéaire. En effet :
h(x) = α ⊙ x
h(x ⊕ y) = α ⊙ (x ⊕ y)
= (α ⊙ x) ⊕ (α ⊙ y)
= h(x) ⊕ h(y)
et,
h(λ ⊙ x) = α ⊙ (λ ⊙ x)
= αλ ⊙ x
= λ ⊙ (α ⊙ x)
= λ ⊙ h(x)
Exemple 5.1.2. Soit D(R, R) l’espace vectoriel des fonctions dérivable de R dans R, et soit
F (R, R) l’espace vectoriel des fonctions de R dans R. L’application dérivation,
d : D(R, R) → F (R, R)
f 7→ f ′
qui à toute fonction f associe sa dérivée f ′ , est linéaire. En effet, la dérivée de la somme de
deux fonctions est la somme de leur dérivée,
d(f + g) = df + dg
et la dérviée d’une fonction multipliée par une constante est égale à cette constante fois la
dérivée de cette fonction :
d(λf ) = λ df
est une application linéaire de chaque vecteur u(u1 , u2) vers son vecteur image v(v 1 , v 2 ) qui
peut s’écrire sous forme matricielle
! ! !
a11 a12 u1 v1
2 =
a21 a22 u v2
Applications linéaires 41
Q+
+P
(2) (v 1 , v 2 ) sont les coordonnées du même point P dans un nouveau système de coordon-
nées. On parle alors de l’aspect alias de la transformation, ou bien d’une transformation
passive. Les deux systèmes de coordonnées sont reliés par la relation v = Au. Pour
trouver dans l’ancien système de coordonnées, les coordonnées du vecteur de base (1, 0)
de ce nouveau système, on résoud le système d’équations suivant :
1 = 1
2
u1 − 4 u2 1 = 1
2
+ 4
3
u1 u 1 = 6
11
0
⇒ u 2
⇒ u 2
= 1
3
u1 + u2 = − 31 u 1 = − 11
2
1. du latin « ailleurs ».
42 Applications linéaires
+ P
Lorsque l’on combine une transformation linéaire et une translation on obtient une trans-
formation affine,
v = Au + b
où b est un vecteur constant. En posant u = 0, nous voyons que l’origine du nouveau repère
se trouve à l’extrémité du vecteur b.
Tout comme les vecteurs, le produit scalaire est une notion issue de la mécanique classique.
Il permet d’exprimer le travail d’une force. En notant f l’intensité d’une force, d le déplacement
du point d’application de cette force sous l’effet de cette force, et θ l’angle que font la force et
le déplacement, le travail W (work) de la force lors de ce déplacement a pour expression :
W = fd cos θ
Le travail est une mesure de l’effet mécanique d’une force en l’absence de déformations. A l’ori-
gine il permettait d’évaluer l’énergie fournie par un cheval pour déplacer une charge, autrement
dit le travail du cheval. La notion de travail suggère de définir une nouvelle opération sur les
vecteurs.
Notons d le vecteur déplacement. Le produit scalaire de la force par le déplacement est la
projection du vecteur force sur le vecteur déplacement :
f · d = fd cos (f , d)
Remarque 6.1.1. Notez qu’en physique nous effectuons le produit scalaire de vecteurs qui n’appar-
tiennent pas forcément au même espace vectoriel.
u3 u2
u1
Posons u1 ⊕ u2 = u3 :
(u1 ⊕ u2 ) · v =u3 · v
=kx3 kkvk cos v
[, u3
v, u1 ) + (\
=kx3 kkvk cos[([ u1 , u3 )]
h i
=kx3 kkvk cos v
[, u1 cos u
\ 1 , u3 − sin v
[, u1 sin u
\ 1 , u3
\
kx1 k + kx2 k cos (u1 , u2 )
\
kx k sin (u
2 1 , u2 )
= kx3 kkvk cos v
[ , u1 − sin v[, u1
kx3 k kx3 k
h i
= kvk kx1 k cos v
[, u1 + kx2 k cos v
[, u1 cos x
\1 , u2 − kx2 k sin v
[ , u1 sin x
\1 , u2
(u1 ⊕ u2 ) · v = kvkkx1 k cos v
[, u1 + kvkkx2 k cos v
[, u2
= u1 · v + u2 · v
Il s’agit d’un abus de langage, il n’y a pas distributivité puisque le signe ⊕ du membre
de gauche est le signe opératoire de l’addition vectorielle, alors que le signe + du
membre de droite est celui de l’addition dans R.
(3) Associativité par rapport à la multiplication par un scalaire
Posons α ⊙ u = w :
(α ⊙ u) · v = w · v
= kwkkvk cos θ
= αkukkvk cos θ
= α × (u · v)
Il s’agit ici aussi d’un abus de langage, il n’y a pas associativité puisque le signe ⊙
du membre de gauche est le signe opératoire de la multiplication d’un vecteur par un
scalaire, alors que le signe × du membre de droite est la multiplication dans R.
Produit scalaire 45
kuk2 = 0
u=0
(5) Positive : ∀u, u · u > 0
Par la suite, le produit scalaire a été défini de façon purement algébrique par ses propriétés.
Définition 6.2.1. Produit scalaire euclidien
Soient λ et µ deux scalaires, et soient u, v, w trois vecteurs d’un espace vectoriel E. Sup-
posons qu’il existe une loi de composition externe, de E × E dans R, notée ·, telle qu’à tout
couple (u, v) de vecteurs de E elle fasse correspondre un scalaire de R, noté u · v, ayant les
propriétés suivantes :
(1) Symétrie :
u·v=v·u
On trouve parfois le terme « commutativité » bien que ce terme soit réservé aux lois
de composition internes, l’application produit scalaire étant une opération externe.
(2) Bilinéarité, c’est-à-dire :
(a) Distributivité à gauche par rapport à l’addition vectorielle :
u · (v ⊕ w) = u · v + u · w
La symétrie implique la distributivité à droite.
(b) Multiplication à gauche par un scalaire :
(λ ⊙ u) · v = λ × (u · v)
La symétrie implique la multiplication à droite.
2a et 2b sont équivalents à la linéarité à gauche :
u · (λ ⊙ v ⊕ µ ⊙ w) = λ × (u · v) + µ × (u · w)
La symétrie implique la linéarité à droite. La bilinéarité regroupe la linéarité à droite
et à gauche.
(3) Définie :
∀u, u · u = 0 ⇒ u = 0
(4) Positive :
∀u, u · u > 0
Cette loi s’appelle multiplication scalaire euclidienne de u par v sur le R-espace vectoriel E, et
le scalaire u · v est appelé produit scalaire euclidien des vecteurs u et v.
On parle de produit scalaire (tout court) lorsque les propriétés (3) et (4) sont remplacées
par la propriété suivante :
46 Produit scalaire
u · v = uiv j ei · ej (11)
Cette relation est valable que la base soit orthogonale ou non, normée ou non, car nous n’avons
pas fait d’hypothèse.
Définition 6.3.1. Vecteurs orthogonaux
Deux vecteurs u et v d’un espace vectoriel euclidien sont orthogonaux ssi leur produit scalaire
est nul :
u·v=0
Le produit scalaire permet de définir les composantes covariantes. À partir d’un système
de coordonnées rectilignes obliques (x1 , x2 ), construisons une base normée (e1 , e2 ). En proje-
tant le vecteur u perpendiculairement aux vecteurs de base, nous obtenons ses composantes
covariantes :
x2
u2
u
e2
o x1
e1 u1
Fig. 6.2. Composantes covariantes du vecteur u
Nous avons :
u1 = u · e1
u2 = u · e2
Remarque 6.4.1. À chaque axe de coordonnée on associe un vecteur de base tangent normé, sur lequel
on définit deux composantes, l’une contravariante, l’autre covariante. La variance, c’est-à-dire le fait d’être
covariant ou contravariant, ne s’applique qu’aux composantes.
Remarque 6.4.2. Bien qu’ayant un indice supérieur, les coordonnées ne sont ni contravariantes ni cova-
riantes. Les coordonnées du point à l’extrémité d’un vecteur se confondent avec ses composantes contravariantes,
ce qui justifie la position haute de leur indice.
Si un vecteur de base est multiplié par deux, la composante correspondante le sera aussi.
Ces composantes sont dites covariantes.
Bien que la base (e1 , e2 ) soit normée :
u 6= u1 e1 + u2e2
Théorème 6.4.1. Pour que n quantités rapportées à une base d’un espace vectoriel En soient
les composantes d’un vecteur, il faut et il suffit que ces quantités soient toutes covariantes ou
toutes contravariantes par changement de base.
Une égalité entre deux vecteurs est indépendante de la base dans laquelle on l’exprime
puisque les termes de l’égalité (les vecteurs) sont invariants par changement de base. Une
égalité entre deux vecteurs qui est vraie dans une base, est vraie dans toutes les bases.
6.5 Covecteurs
À tout vecteur u on peut associer son covecteur ũ = (u1 , u2 ), qui n’est autre que le vecteur u
exprimé en composantes covariantes. Représentons u = v+w et projetons perpendiculairement
ces vecteurs sur les axes de coordonnées x1 et x2 :
x2
u2
u
e2 w
v
o x1
e1 u1
Fig. 6.3. Composantes covariantes
Notation 6.6.1. Le produit scalaire d’un vecteur avec lui-même est noté :
u · u , u2
Définition 6.6.1. Norme d’un vecteur
Le carré de la norme d’un vecteur est le produit scalaire de ce vecteur avec lui-même :
kuk2 = u · u
Lorsque le vecteur appartient à un espace vectoriel euclidien, le produit scalaire euclidien
permet de définir la norme euclidienne d’un vecteur en accord avec la définition 2.2.10 p. 21
d’une norme. Dans le cas euclidien nous avons :
Définition 6.6.2. Norme euclidienne d’un vecteur
√
kuk = u2
Lorsque le vecteur appartient à un espace vectoriel pré-euclidien, le produit scalaire n’est
pas défini positif mais seulement non dégénéré, et le carré de la norme de tout vecteur non nul
n’est plus obligatoirement strictement positif, il peut être nul ou négatif, comme c’est le cas dans
l’espace-temps pseudo-euclidien de la relativité restreinte. Nous parlerons de pseudo-norme.
Tenseur métrique
7
7.1 Définition
L’expression analytique du produit scalaire de deux vecteurs, relation (11) p. 47, fait appa-
raitre le produit scalaire de tous les vecteurs de base pris deux à deux, ei · ej . Nous pouvons
former une matrice carrée à partir de ces produits scalaires.
Définition 7.1.1. Tenseur métrique
La matrice [gij ] définie par ses composantes gij telles que
∀i, j gij , ei · ej
est appelée tenseur métrique ou tenseur fondamental.
Au paragraphe 14.8 p. 139 nous montrerons que lors d’un changement de base, la matrice
[gij ] se transforme d’une façon particulière que nous préciserons. Ces matrices particulières
portent le nom de tenseur. Toutes les matrices ne sont pas des tenseurs, tous les tenseurs à
deux indices sont des matrices.
Exemple 7.1.1. Soit (ex , ey ) une base orthonormée de l’espace vectoriel euclidien E2 (le
plan euclidien aussi noté R2 ). Le tenseur métrique s’écrit :
" # " #
ex · ex ex · ey 1 0
=
ex · ey ey · ey 0 1
La symétrie du produit scalaire implique la symétrie des gij quelle que soit la base :
∀i, j ei · ej = ej · ei
Les gij permettent de passer des composantes contravariantes aux composantes covariantes :
∀j uj = gij ui (15)
Ces relations sont des relations entre composantes. Si i et j varient de 1 à 3, l’écriture
indicielle condense trois relations, comme le ferait une écriture vectorielle.
Exemple 7.1.2. Soit u un vecteur d’un espace vectoriel euclidien E2 . Pour la première
composante covariante,
u1 = u · e1
= u1 e1 + u2 e2 · e1
= u1 (e1 · e1 ) + u2 (e2 · e1 )
= g11 u1 + g21 u2
et pour la seconde composante covariante :
u2 = u · e2
= (u1 e1 + u2 e2 ) · e2
= u1 (e1 · e2 ) + u2 (e2 · e2 )
= g12 u1 + g22 u2
Tenseur métrique 53
Nous avons vu qu’avec le tenseur métrique le produit scalaire de deux vecteurs (11) p. 47
s’écrit :
u · v = gij ui v j
Les relations (15) p. 52 permet de passer des composantes contravariantes aux covariantes
u · v = uj v j (17)
Le tenseur métrique n’apparait plus dans l’expression du produit scalaire et tous les termes
sont précédés d’un signe positif,
u · v = u1 v 1 + u2 v 2 + . . . un v n
mais chaque terme est algébrique, c’est-à-dire positif, négatif ou nul.
Exemple 7.2.1. Montrons que dans un espace vectoriel euclidien E2 , le vecteur u de com-
posantes contravariantes (3/5, 4/(5ρ)) dans la base naturelle polaire locale (eρ , eθ ) (locale, c’est-
à-dire la base présente en tout point du plan mais différente en chaque point. On devrait parler
des bases naturelles polaires au pluriel).
!
3 4 3/5
u = eρ + eθ ⇒ u
5 5ρ 4/5ρ
9 16
kuk2 = δij uiuj = (3/5 cos θ − 4/5 sin θ)2 + (3/5 sin θ + 4/5 cos θ)2 = + =1
25 25
" # ! !
′ cos θ −ρ sin θ −4/5 −4/5 cos θ
− 3/5 sin θ
v = = −4
sin θ ρ cos θ 3/5ρ /5 sin θ + 3/5 cos θ
16 9
kvk2 = δij v i v j = (−4/5 cos θ − 3/5 sin θ)2 + (−4/5 sin θ + 3/5 cos θ)2 = + =1
25 25
D’après (14) p. 52 le déterminant de la matrice [gij ] est différent de zéro, par suite le système
admet une solution unique. Appelons αij le cofacteur de l’élément gij de la matrice [gij ]. En
utilisant la méthode de Cramer, nous avons :
αji
∀j uj = ui
det[gij ]
En posant,
αji
∀i, j g ji =
det[gij ]
nous obtenons les relations cherchées :
∀j uj = g jiui (19)
où les g ij sont les éléments de la matrice inverse de la matrice [gij ]. Les g ij permettent de passer
des composantes covariantes aux composantes contravariantes. La notation avec deux indices
supérieurs sera justifiée au paragraphe 14.8 p. 139.
[gij ] étant symétrique, il en est de même de [g ij ]. De plus les déterminants de matrices
inverses sont inverses l’un de l’autre :
1
det[g ji] =
det[gij ]
Les relations (15) p. 52 et (19) p. 55 nous donnent :
∀k uk = gkj uj
∀i g ik uk = g ik gkj uj
∀i ui = g ik gkj uj
Par conséquent
∀i g ik gkj , δji (20)
qui exprime en notation indicielle que les matrices sont inverses l’une de l’autre.
Exemple 7.4.1. Dans la base naturelle polaire le tenseur métrique s’écrit :
" # " #
eρ · eρ eρ · eθ 1 0
=
eθ · eρ eθ · eθ 0 ρ2
Les éléments du tenseur métrique sont fonction des coordonnées, par exemple ici gθθ = ρ2 . On
les appelle des fonctions métriques. Le déterminant du tenseur métrique polaire vaut :
det[gij ] = 1 × ρ2 − 0 × 0 = ρ2
u
u2 = u2
e2
+ +
O u1 e1 u1
Pour avoir,
u = u1 e1 + u2e2
la composante contravariante u1 est divisée par 2 pour compenser la multiplication par 2 de
la norme du vecteur de base e1 . Elle varie contrairement (contra-variante) à la norme de son
vecteur de base e1 .
La composante covariante u1 , telle que
u1 = u · e1
est multipliée par 2 en même temps que le vecteur de base e1 . Elle varie comme (co-variante)
la norme de son vecteur de base e1 .
Bien que la base soit orthogonale nous avons quand même u 6= u1e1 + u2 e2 , car lors d’un
changement de base la composante covariante u1 et le vecteur de base e1 sont multipliés dans
le même rapport, ne laissant pas invariant u1 e1 + u2 e2 . En utilisant les relations (15) p. 52 nous
avons :
u1 = g11 u1
= (e1 · e1 ) u1
= ke1 k2 u1
= 4 u1
La composante g11 = e1 · e1 , et de façon générale toutes les composantes gij , est covariante au
carré puisqu’elle varie comme ke1 k2 . Nous la dirons deux fois covariante. Par abus de langage
nous dirons que le tenseur est deux fois covariant alors que ce sont ses composantes qui le
sont. La double covariance du tenseur métrique permet l’indépendance du produit scalaire par
changement de base, relation (11) p. 47.
Pour la seconde composante nous avons simplement :
u2 = u2
u2
u2 u
e2
O
e1 u1 u1
Cette base est oblique et non normée. Déterminons les composantes de son inverse [g ij ]. L’in-
verse d’une matrice vaut un sur le déterminant fois la transposée de la comatrice :
1
M −1 = [com(M)]T
det M
Or :
det[gij ] = 4 × 10 − (−2) × (−2)
= 36
La comatrice de toute matrice symétrique est symétrique. Ici elle a pour expression :
" #
10 2
com[gij ] =
2 4
Toute matrice symétrique étant égale à sa transposée (com[gij ])T = com[gij ] et :
" #
ij 1 5 1
[g ] =
18 1 2
Déterminons l’inverse du tenseur métrique grâce aux relations (20) p. 55 :
11 11
g11 g 11 + g12 g 21 = δ 11
4g − 2g 21 = 1
g = 5/18
g11 g 12
+ g12 g 22 = δ 21 4g 12 − 2g 22 = 0 g 12 = 1/18
⇒ ⇒
g21 g 11
+ g22 g 21
= δ 12
− 2g 11
+ 10g 21
=0
g 21
= 1/18
g21 g12
+ g22 g 22
= δ 22 12
− 2g + 10g 22
=1 22
g = 1/9
Formes linéaires et formes bilineaires
8
8.1 Définitions
Définition 8.1.1. On appelle forme tout polynome homogène par rapport à n variables
u1 , u2 , . . . , un .
Définition 8.1.2. On appelle forme linéaire tout polynome homogène de degré un par
rapport à n variables u1 , u2 , . . . , un :
f = a1 u1 + a2 u2 + · · · + an un
x̃ :E → R
v 7→ x̃(v) = α
∀u, v ∈ E × E, ∀λ ∈ R, x̃(λ ⊙ u ⊕ v) = λx̃(u) + x̃(v)
L’équivalence entre les deux définitions est démontrée un peu plus loin, théorème 8.2.1 p. 63.
Soit v un vecteur donné d’un espace vectoriel E sur le corps R. Le produit scalaire avec le
vecteur v, noté fv , prend en entrée un vecteur x de E et donne en sortie un scalaire de R :
fv (x) = v · x
= v i xi
De plus, le produit scalaire possède les propriétés de linéarité de la définition 8.2.1 p. 61 d’une
forme linéaire :
(1) Additivité :
fv (x) + fv (y) = v · x + v · y
= v · (x + y)
= fv (x + y)
(2) Homogénéité :
Par conséquent, fv est une forme linéaire. Reprenons le produit scalaire (17) p. 53 :
u · v = ui v i
ũ(v) = ui v i
où ũ prend en entrée un vecteur et donne en sortie un scalaire. Notons que par symétrie du
produit scalaire :
ũ(v) = ṽ(u)
x̃ : R2 → R
v(v 1 , v 2 ) 7→ x̃(v) = 2v 1 + 3v 2
est une forme linéaire sur R2 . En effet, x̃ prend en entrée un vecteur et donne en sortie un
scalaire (sous la forme d’un polynome homogène de degré un des variables v 1 et v 2 ). Nous
pouvons vérifier les deux conditions de linéarité :
(1) Additivité : soient u, v, w ∈ E 3 tels que w = u ⊕ v,
x̃(u ⊕ v) = x̃(w)
= 2w 1 + 3w 2
= 2(u1 + v 1 ) + 3(u2 + v 2 )
= 2u1 + 3u2 + 2v 1 + 3v 2
= x̃(u) + x̃(v)
Formes linéaires et formes bilineaires 63
La forme linéaire x̃(u) est donc parfaitement déterminée par les n scalaires ai , sa décomposition
étant unique. Ainsi on peut déterminer une forme linéaire par correspondance des vecteurs de
base avec des scalaires déterminés.
Considérons l’ensemble des formes linéaires définies sur E. Pour en faire un espace vectoriel
adoptons pour cet ensemble les deux lois de composition :
(1) Addition vectorielle
La somme de deux formes linéaires est une forme linéaire :
x̃(u) + ỹ(u) = ui ai + uibi
X
= ui (ai + bi )
i
i
= u ci
= z̃(u)
(2) Multiplication par un scalaire
La multiplication par un scalaire d’une forme linéaire est une forme linéaire :
αx̃(u) = α(uiai )
= (αai )ui
= bi ui
= ỹ(u)
Ces deux lois de composition vérifient les propriétés énoncées au paragraphe 2.2.3 p. 18. Par
conséquent, l’ensemble des formes linéaires munies de ces deux lois forment un espace vectoriel
appelé dual 1 de E et noté E ∗ , dont les formes linéaires de E en sont les vecteurs.
Soit u un vecteur d’un espace vectoriel E, et soit la forme linéaire ẽi telle que :
∀i ẽi (u) = ui
Cette forme linéaire est particulière puisqu’elle donne en sortie la ième composante contrava-
riante du vecteur qu’elle prend en entrée. Alors :
x̃(u) = ai ui
= ai ẽi (u)
x̃ = ai ẽi
Le système des n formes linéaires ẽi constitue donc une base de l’espace vectoriel dual E ∗ . Les
ai sont les composantes de la forme linéaire x̃. De plus
∀j ẽj (u) = ẽj (ui ei )
∀j uj = ui ẽj (ei )
donc :
∀i, j ẽj (ei ) = δij
Définition 8.5.1. Base duale
La base (ẽ1 , ẽ2 , . . . , ẽn ) de E ∗ telle que
∀i, j ẽj (ei ) , δij
est appelée base duale de la base (e1 , e2 , . . . , en ) de E.
Le tenseur métrique [gij ] permet de passer d’une base réciproque à sa base d’origine. Nous
voyons que cette relation qui s’appliquait à des composantes, relations (15) p. 52, s’applique
ici à des vecteurs. Par analogie, les vecteurs de la base réciproque seront notés avec un indice
supérieur, ce qui permettra l’emploi de la convention de sommation. En remplaçant ǫj par ej ,
la dernière relation s’écrit
∀i ei = gij ej
et la définition (25) p. 65 devient :
∀i, j ei · ej , δij (26)
66 Formes linéaires et formes bilineaires
Soit (e1 , e2 , . . . , en ) une base de En , pour démontrer que les vecteurs réciproques (e1 , e2 , . . . , en )
forment aussi une base de En , nous devons montrer qu’ils sont linéairement indépendants :
λj ej = 0 ⇒ ∀j, λj = 0
Posons λj ej = 0. Soit u = ui ei un vecteur quelconque de l’espace vectoriel En :
λj ej · u = λj ej · ui ei
0 · u = λj ui (ej · ei )
0 = λj ui δij
0 = λj u j
Cette égalité devant être vérifiée quels que soient les uj , tous les λj sont nuls et les vecteurs ej
sont linéairement indépendants.
Exemple 8.7.1. Dans un espace euclidien E2 , soit une base (e1 , e2 ) telle que
! !
1 3
e1 , e2
2 4
où les vecteurs de base sont exprimés dans la base rectangulaire (ex , ey ). Déterminons sa base
réciproque (e1 , e2 ).
Formes linéaires et formes bilineaires 67
(1) En utilisant la définition de la base réciproque (26) p. 65. Posons e1 (a, b) et e2 (c, d) :
( ( ( !
e1 · e1 = 1 a + 2b = 1 a = 1 − 2b a = −2 1 −2
⇒ e
e1 · e2 = 0 3a + 4b = 0 3 − 2b = 0 b = 3/2 3/2
( ( ( !
e2 · e1 = 1 c + 2d = 0 c = −2d c=1 2 1
⇒ e
e2 · e2 = 0 3c + 4d = 1 − 2d = 1 d = −1/2 −1/2
e1 = g 11 e1 + g 12 e2
e1 cos(70)
= − e2
sin (70) sin2 (70)
2
e2 = g 21 e1 + g 22 e2
cos(70) e2
=− e1 +
sin (70)
2
sin (70)
2
68 Formes linéaires et formes bilineaires
! !
2 cos(70) 1 1 cos(70)
e =− 2 +
sin (70) 0 sin (70) sin(70)
2
!
0
=
1/ sin(70)
α
M
e2 e2
e1
O α
e1
eρ = g ρρ eρ + g ρθ eθ
= eρ
eθ = g θρeρ + g θθ eθ
= eθ /ρ2
(1) En utilisant la définition de la base réciproque (26) p. 65. Pour le vecteur réciproque
e0 porté par la coordonnée temporelle :
0
e · e0 = 1
e0 · e1 = 0
e0 · e2 = 0
e0 · e3 = 0
Or,
e0 · e0 = −1
= −e0 · e0
e0 = −e0
Pour le vecteur réciproque e1 porté par la première coordonnée spatiale :
1
e
· e0 = 0
1
e · e1 = 1
e1 · e2 = 0
e1 · e3 = 0
e1 · e1 = 1
= e1 · e1
e1 = e1
De même e2 = e2 et e3 = e3 .
(2) D’après (7.6.2) p. 57 le tenseur métrique en relativité restreinte est égal à son inverse :
e0 −1 0 0 0 e0
e1 0 0
1 0 e1
2 =
e 0 0 1 0 e2
e3 0 0 0 1 e3
−e0
e
= 1
e2
e3
par conséquent :
∀j uj = uj (28)
et
OM = uiei (29)
Exemple 8.8.1. En reprenant l’exercice 8.7.3 p. 67, représentons les composantes contra-
variantes du vecteur u = OM dans la base réciproque (e1 , e2 ) non normée (Fig. 8.2) :
u2 = u2 + u2
M
u
ǫ2 ≡ e2
e2
e1
O u1
ǫ1 ≡ e1
u1 = u1+
OM = ui ei
∀j OM · ǫj = ui ei · ǫj
∀j uj = ui ei · ej
∀j uj = ui δij
par conséquent :
∀j uj = uj (30)
et
∀i OM · ei = ui
Exemple 8.9.1. En reprenant l’exercice 8.7.3 p. 67, représentons les composantes cova-
riantes du vecteur u = OM dans la base réciproque (e1 , e2 ) non normée (Fig. 8.3) :
Formes linéaires et formes bilineaires 71
u2 = u2+ M
u
ǫ2 ≡ e 2
e2
e1
O
ǫ1 ≡ e1 + u1 = u
1
Exemple 8.10.1. Le tenseur métrique est une forme bilinéaire symétrique. En effet :
g :E×E →R
u, v 7→ g(u, v) = α
et g est symétrique :
g(u, v) = g(v, u)
B(u, u) = −B(u, u)
=0
B(u, v) = B(ui ei , v j ej )
= ui v j B(ei , ej )
= ui v j aij
où
La forme bilinéaire B(u, v) est donc parfaitement déterminée par les n2 scalaires aij , sa décom-
position étant unique. Ainsi on peut déterminer une forme bilinéaire par correspondance des
couples de vecteurs de base avec des scalaires déterminés.
Q(u) = B(u, u)
= B(ui ei , uj ej )
= ui uj B(ei , ej )
Exemple 8.13.1. Considérons la forme bilinéaire sur E2 × E2 :
B(u, u) = au1 u1 + b(u1 u2 + u2 u1 ) + cu2 u2
= a(u1 )2 + 2b(u1 u2) + c(u2)2
où a, b, c sont des scalaires.
Une transformation linéaire est une matrice carrée prenant en entrée un vecteur et donnant
en sortie un vecteur. Les matrices carrées ne peuvent donc pas représenter aussi les formes
bilinéaires qui elles prennent en entrée un vecteur et donnent en sortie une forme linéaire. Une
représentation des formes bilinéaires reste cependant possible sous la forme d’une matrice ligne
de matrices lignes. La relation (18) p. 54 s’écrit :
!
u1
g11 g12 g21 g22 2 = g11 g12 u1 g21 g22 u2
u
= g11 u1 g12 u1 + g21 u2 g22 u2
= g11 u1 + g21 u2 g12 u1 + g22 u2
Nous avons alors
g11 u1 + g21 u2 g12 u1 + g22 u2 = u1 u2
qui redonne bien le système :
u1 = g11 u1 + g21 u2
u = g12 u1 + g22 u2
2
Pour inverser [gij ] nous devons revenir à une matrice carrée. De plus, cette notation n’est pas
applicable à des tenseurs ayant plus de deux indices.
Formes linéaires et formes bilineaires 75
Exemple 8.14.1. Soit {e1 (2, 0), e2 (−1, 3)} une base de l’espace vectoriel E2 . Le tenseur
métrique s’écrit :
g11 = e1 · e1 = 4
g12 = e1 · e2 = −2
⇒ [gij ] = 4 −2 −2 10
g21 = e2 · e1 = −2
g = e · e = 10
22 2 2
Exemple 8.14.2. Dans l’espace de la physique classique non relativiste, plaçons nous dans
la base orthonormée (ex , ey , ez ). Le tenseur métrique s’écrit :
ex · ex ex · ey ex · ez ey · ex ey · ey ey · ez ez · ex ez · ey ez · ez
= 1 0 0 0 1 0 0 0 1
Exemple 8.14.3. Plaçons-nous dans la base canonique (e0 , e1 , e2 ), de l’espace-temps de la
relativité restreinte en deux dimensions d’espace :
e0 (i, 0, 0)
e1 (0, 1, 0)
e2 (0, 0, 1)
Le tenseur métrique s’écrit :
e0 · e0 e0 · e1 e0 · e2 e1 · e0 e1 · e1 e1 · e2 e2 · e0 e2 · e1 e2 · e2
= −1 0 0 0 1 0 0 0 1
Exemple 8.14.4. Dans une base (e1 , e2 ) de E2 , on se donne le tenseur métrique suivant :
[gij ] = 2 −3 −3 1
Déterminons les composantes de son inverse [g ij ] grâce aux relations (20) p. 55 :
11
g11 g 11 + g12 g 21 = δ 11
2g 11 − 3g 21 = 1
g = −1/7
12 22
g11 g + g12 g = δ 21 2g 12
− 3g 22
=0 12
g = −3/7
⇒ ⇒
g21 g 11 + g22 g 21 = δ 12
−3g 11 + g 21 = 0
g 21 = −3/7
g g 12 + g22 g 22 = δ 22 −3g 12 + g 22 = 1 g 22 = −2/7
21
!
−1/7
h i
ij
−3/7!
g =
−3/7
−2/7
La matrice de matrice suggère d’introduire un nouveau produit matriciel, le produit de
Kronecker.
Produit de Kronecker
9
9.1 Introduction
9.2 Propriétés
9.3 Exemples
Le produit de Kronecker d’une matrice ligne par une matrice ligne donne une matrice ligne
de matrices lignes :
h i
a1 a2 ⊗ b1 b2 = a1 b1 b2 a2 b1 b2
h i
= a1 b1 a1 b2 a2 b1 a2 b2
On note que :
h i
b1 b2 ⊗ a1 a2 = b1 a1 a2 b2 a1 a2
h i
= b1 a1 b1 a2 b2 a1 b2 a2
6= a1 a2 ⊗ b1 b2
On vérifie que c’est une forme bilinéaire. La multiplication matricielle par un premier vecteur
u donne une forme linéaire :
!
h i u1 h i
a1 b1 a1 b2 a2 b1 a2 b2 = a b
1 1 a b
1 2 u 1
+ a b
2 1 a b
2 2 u
2
u2
h i
= a1 b1 u1 a1 b2 u1 + a2 b1 u2 a2 b2 u2
= a1 b1 u1 + a2 b1 u2 a1 b2 u1 + a2 b2 u2
La multiplication matricielle par un second vecteur v donne un scalaire :
!
v1
a1 b1 u + a2 b1 u
1 2
a1 b2 u + a2 b2 u
1 2
= a1 b1 u1 v 1 + a2 b1 u2 v 1 + a1 b2 u1 v 2 + a2 b2 u2v 2
v2
10
Espaces vectoriels
Grâce au théorème de Gram-Schmidt plaçons nous dans une base orthogonale d’un espace
vectoriel pré-euclidien. Dans cette base le tenseur métrique [gij ] est diagonal et le produit
scalaire de deux vecteurs non nuls u et v se réduit à,
u · v = g11 u1 v 1 + g22 u2 v 2 + · · · + gnn un v n
et la norme d’un vecteur non nul u s’écrit :
2 2 1/2
kuk = g11 u1 + g22 u2 + · · · + gnn (un )2
u · v = −u0 v 0 + u1 v 1 + u2 v 2 + u3 v 3
Exemple 10.1.4. À la surface d’une sphère de rayon r, plaçons nous dans la base naturelle
(eθ , eφ ) associée aux coordonnées sphériques (θ, φ), où θ est la colatitude et φ la longitude (voir
la figure 1.5 p. 6). Le tenseur métrique s’écrit
" # " #
eθ · eθ eθ · eφ r2 0
=
eφ · eθ eφ · eφ 0 r 2 sin2 θ
où r est constant. L’élément g22 dépend de θ. Il n’existe pas de système de coordonnées global
à la surface de la sphère dans lequel gij = δij , mais localement en chaque point on peut définir
un espace tangent dans lequel gij = δij . La sphère est un espace riemannien non euclidien 1 de
signature ++. Cet espace est dit sphérique.
Nous avons vu qu’un espace vectoriel sur lequel est défini un produit scalaire est appelé
espace vectoriel pré-euclidien. Les espaces vectoriels pré-euclidiens sont plats, ce sont des cas
particuliers d’espaces riemanniens.
D’après le théorème de Gram-Schmidt, dans tout espace pré-euclidien on peut trouver une
base orthonormale ou pseudo-orthonormale globale (par exemple en relativité restreinte), c’est-
à-dire un tenseur métrique diagonal (base pseudo-orthonormale) dont les termes sont indé-
pendants des coordonnées (base globale). À cette base nous pouvons associer un système de
coordonnées rectangulaire global. En revanche, dans un espace courbe il n’existe pas de base
globale. Le tenseur métrique peut être diagonal mais ses éléments dépendent des coordonnées,
il est local.
|u · v| 6 kukkvk
1. Voir le chapitre 16
Espaces vectoriels 83
∃λ ∈ R, u2 λ2 + 2u · vλ + v2 avec ∆′ = 0
∃λ ∈ R, (λu ⊕ v)2 = 0
∃λ ∈ R, λu ⊕ v = 0
Théorème 10.2.2. Inégalité triangulaire
∀u, v ∈ En :
ku ⊕ vk 6 kuk + kvk
Exemple 10.3.4. Soient en coordonnées cylindriques u (0, 1, 2bφ) et v (0, −2bφ, ρ2 ) deux
vecteurs, où b est une constante. Montrons qu’ils sont orthogonaux :
1 0 0 0
gij u v = 0 1 2bφ 0 ρ 0 −2bφ
i j 2
0 0 1 ρ2
1
= 0 1 2bφ −2bφρ2 = 0
ρ2
u est le champ de vecteurs tangents à la courbe paramétrique de paramètre t
C (t) : ρ = a, φ = t, z = bt2
car en dérivant on retrouve u :
dρ/dt = da/dt = 0, dφ/dt = dt/dt = 1, dz/dt = d(bt2 )/dt = 2bt = 2bφ
D’après son équation paramétrique, C (t) est une hélice à pas variable sur le cylindre droit de
rayon a. De même, la courbe L (τ ) de paramètre τ :
dφ dz
L (τ ) : ρ = a, = −2bφ, = a2
dτ dτ
a pour champ de vecteurs tangents v. Cette courbe est orthogonale à la courbe C . La courbe L
s’écrit aussi :
dφ
ρ = a, = −2bdτ, z = a2 τ + c1
φ
Supposons qu’à τ = 0, z = 0 :
ρ = a, ln φ = −2bτ + c2 , z = a2 τ
ρ = a, φ = C exp −2bz/a2
Cette solution n’inclue pas toutes les courbes orthogonales à C car certaines n’ont pas pour
champ de vecteurs tangents v.
Espaces ponctuels
11
Au paragraphe 2.2 p. 13, à chaque vecteur nous avons associé un couple de points. Nous
revenons ici sur cette correspondance.
Définition 11.0.1. Espace ponctuel pré-euclidien
On appelle espace ponctuel pré-euclidien, un espace ponctuel tel que l’espace vectoriel associé
soit un espace pré-euclidien.
Définition 11.0.2. Espace ponctuel euclidien
On appelle espace ponctuel euclidien, un espace ponctuel tel que l’espace vectoriel associé
soit un espace euclidien.
11.2 Distance
le carré de la distance infinitésimale mais nous enlevons les parenthèses pour alléger la notation, la confusion
étant peu probable.
ayant pour signature − + ++, dite de type hyperbolique normal. Le déterminant du tenseur
métrique a pour valeur :
det[gαβ ] = −1
Dans un espace pseudo-euclidien, le déterminant peut être négatif. Pour les composantes contra-
variantes xα , on adopte habituellement la notation suivante (avec t = t c’est-à-dire c = 1) :
x0 = t ; x1 = x ; x2 = y ; x3 = z
Pour les composantes covariantes, xβ = gαβ xα , nous avons :
x0 = −t ; x1 = x ; x2 = y ; x3 = z
Si l’on choisit la convention de signe opposée pour écrire l’intervalle : t2 − u2 − v 2 − w 2 , le
tenseur métrique,
1 0 0 0
0 −1 0 0
gαβ =
0 0 −1 0
0 0 0 −1
a pour signature + − −−, et les composantes covariantes s’écrivent :
x0 = t ; x1 = −x ; x2 = −y ; x3 = −z
Si l’on prend pour quatrième coordonnée un temps imaginaire it, l’intervalle devient u2 + v 2 +
w 2 + (it)2 et le tenseur métrique s’écrit :
1 0 0 0
0 1 0 0
gαβ =
0 0 1 0
0 0 0 1
La métrique a une apparence euclidienne, de signature + + ++. Les composantes covariantes
et contravariantes sont alors confondues, et l’on adopte la notation suivante :
x1 = x ; x2 = y ; x3 = z ; x4 = it
où les composantes sont notées xi avec un indice latin prenant les valeurs de 1 à 4.
Le plan de coordonnées (x, it) ne doit pas être confondu avec le plan complexe (x, t). Dans
le premier cas le carré de la peudo-norme d’un vecteur s’écrit u2 − t2 et il peut être négatif ou
nul, alors que dans le second cas le carré de la norme d’un vecteur s’écrit u2 + t2 .
Exemple 11.3.1. Les vecteurs de la base naturelle du système de coordonnées (xi ) sont
notés :
∂M
ei =
∂xi
12
Gradient
12.1 Définition
En un point donné d’un espace ponctuel E, soient (xi ) et (xi ) deux systèmes de coordon-
′
nées quelconques (rectiligne ou curviligne, orthogonal ou non). Soit une fonction scalaire des
coordonnées (une fonction qui prend en entrée des coordonnées et donne en sortie un scalaire).
En chaque point de l’espace, cette fonction associe un scalaire, par exemple la température en
chaque point d’un solide, et forme ainsi un champ de scalaires. On note cette fonction φ(xi ) ou
φ(xi ) selon les coordonnées employées. En un point donné, la différentielle de φ est la même
′
Les dérivées partielles de φ par rapport aux coordonnées se transforment comme les com-
posantes covariantes d’un vecteur, on les note avec l’indice en bas :
∂xi
∀i ∂i′ φ = ∂i φ (35)
∂xi′
Une réécriture de la différentielle de φ
∂φ i
dφ =dx
∂xi
sous forme d’un produit scalaire permet de faire apparaitre ce « vecteur covariant » (vecteur
exprimé en composantes covariantes) :
Définition 12.1.1. On appelle gradient de phi, noté grad φ, le vecteur tel que :
dφ , grad φ · dM
À chaque valeur prise par la fonction φ en chaque point de l’espace, l’opérateur différentiel
gradient associe un vecteur. Le gradient prend en entrée un champ de scalaires et donne en
sortie un champ de vecteurs. Mettons en évidence la base naturelle du système de coordonnées
(xi ) :
∂M i
dφ = grad φ · dx
∂xi
∂i φdxi = grad φ · ei dxi
Dans la base naturelle du système de coordonnées (xi ), le vecteur gradient de phi a pour
coordonnées covariantes :
∀i ∂i φ , grad φ · ei
Les coordonnées covariantes ∂i φ forment le covecteur
˜ φ = (∂1 φ, ∂2 φ, . . . , ∂n φ)
grad
Avec les relations (19) p. 55 :
∀i ∂ i φ = g ij ∂i φ
Les coordonnées contravariantes ∂ i φ forment le vecteur
grad φ = ∂ 1 φ, ∂ 2 φ, . . . , ∂ n φ
Exemple 12.1.2. En coordonnées rectangulaires en deux dimensions, donc dans un espace
vectoriel pré-euclidien E2 , φ = φ(x, y), les coordonnées covariantes du vecteur gradient phi sont
les suivantes : (
∂x φ = grad φ · ex
∂y φ = grad φ · ey
La base naturelle associée aux coordonnées rectangulaires étant orthonormée, les coordonnées
contravariantes et covariantes du vecteur gradient sont confondues et l’on a :
grad φ = ∂x φ ex + ∂y φ ey
!
∂ φ
= x
∂y φ
Lorsque la base n’est pas orthonormée on définit les coordonnées contravariantes du vecteur
gradient en passant par le tenseur métrique.
Gradient 97
′
x2 x2 M
α
e2 e2′
O
e1 = e1′ x1
′
x1
Inversement :
1′ 1 2′ x2
x
= x − x cos α
x
1′
= x1 −
⇒ tan α
x2′
x2 x2
=
x2
′
=
sin α sin α
OM = x1 e1 + x2 e2
′ ′
′
= x1 + x2 cos α e1 + x2 sin α e2
Cette relation donne
′ vecteurs de la base naturelle (e1′ , e2′ ) du système de coordonnées rec-
les
tiligne oblique x , x :
1 2′
∂M (
e1′
= e1′ = e1
∂x1′ ⇒
∂M e2′ = cos α e1 + sin α e2
e2′ =
∂x2′
( (
grad φ · e1 = 1 grad φ · e1′ = 1
grad φ · e2 = 0 grad φ · e2′ = cos α
Dans la base orthonormée (e1 , e2 ) les composantes contravariantes et covariantes sont confon-
dues :
∂φ ∂φ
grad φ = 1 e1 + 2 e2
∂x ∂x
= e1
Dans la base primée (e1′ , e2′ ) :
grad φ = e1′
Exemple 12.1.4. Soit φ = φ(ρ, θ) une fonction scalaire en coordonnées polaires. Dans la
base naturelle polaire (eρ , eθ ) les coordonnées covariantes du vecteur gradient phi s’écrivent :
(
grad φ · eρ = ∂ρ φ
grad φ · eθ = ∂θ φ
Dans la base naturelle polaire, les composantes covariantes forment le covecteur :
˜ φ = (∂ρ φ, ∂θ φ)
grad
Avec les relations (19) p. 55 :
grad φ = g ρρ ∂ρ φ eρ + g ρθ ∂θ φ eρ + g θρ∂ρ φ eθ + g θθ ∂θ φ eθ
Les coordonnées polaires étant orthogonales, les termes croisés sont nuls :
grad φ = g ρρ ∂ρ φ eρ + g θθ ∂θ φ eθ
Avec l’inverse du tenseur métrique en polaire (21) p. 55, nous trouvons les coordonnées contra-
variantes du vecteur gradient phi :
1
grad φ = ∂ρ φ eρ + ∂θ φ eθ (36)
ρ2
!
∂ρ φ
=
∂θ φ/ρ2
Exemple 12.1.5. Dans un espace vectoriel pré-euclidien, soit la courbe C (λ) d’équations
paramétriques xi = xi (λ), et soit φ(xi ) une fonction scalaire le long de C . Sa dérivée a pour
expression :
dφ ∂φ dxi
= i
dλ ∂x dλ
= ∂i φui
ui = dxi /dλ est un vecteur partout tangent à C . Il se transforme suivant les relations :
′
i′ ∂xi
∀i dx = dxi
∂xi
′ ′
dxi ∂xi dxi
∀i =
dλ ∂xi dλ
′
i′ ∂xi i
∀i u = u
∂xi
Gradient 99
ui est contravariant. ∂i φ est le gradient de la fonction φ, il est covariant d’après (35) p. 96.
dφ/dλ est donc invariant par changement de coordonnées :
dφ(xi ) ∂φ dxi
= i
dλ ∂x dλ
′ ′
∂xi ∂φ ∂xi dxi
=
∂xi ∂xi′ ∂xi′ dλ
′
∂φ dxi
= i′
∂x dλ
dφ(xi )
′
=
dλ
En effet dφ/dλ est le rapport de deux invariants. Le produit du covecteur ∂i φ par le vecteur ui
est appelé multiplication contractée.
Exemple 12.1.6. Prenons un exemple en relativité restreinte. Dans cette branche de la
physique, l’espace-temps est un espace mathématique à quatre dimensions. Les vecteurs ayant
tous quatre coordonnées sont appelés quadrivecteurs. En prenant un temps réel, le quadrivecteur
vitesse d’une particule s’écrit :
Ut dt/dτ
U x dx/dτ
U = y =
U dy/dτ
Uz dz/dτ
où τ est le temps propre de la particule, et où les composantes sont contravariantes. Soit
φ(t, x, y, z) une fonction scalaire, sa différentielle s’écrit :
∂φ ∂φ ∂φ ∂φ
dφ(t, x, y, z) = dt + dx + dy + dz
∂t ∂x ∂y ∂z
t
τ =2 b
U
τ =1 b
Si l’on prend un point sur la ligne d’univers de la particule (Fig. 12.2), les coordonnées en
entrée de φ sont toutes des fonctions du temps propre τ , et φ qui est une fonction explicite des
coordonnées, est aussi une fonction implicite du temps propre :
dφ [t(τ ), x(τ ), y(τ ), z(τ )] ∂φ dt ∂φ dx ∂φ dy ∂φ dz
= + + +
dτ ∂t dτ ∂x dτ ∂y dτ ∂z dτ
= ∂t φ U + ∂x φ U + ∂y φ U + ∂z φ U z
t x y
100 Gradient
12.2 Représentation
Plus les lignes parallèles sont rapprochées et plus la norme du covecteur est grande (plus le
gradient est fort). La contraction d’un covecteur et d’un vecteur est le nombre de segments de
droite traversés par le vecteur en ce point, ici environ 3, 4 (Fig. 12.4).
Soit (xi ) un système de coordonnées curvilignes d’un espace ponctuel euclidien En , et soit
M un point de cet espace. Soit (ei ) une base naturelle de l’espace vectoriel euclidien En associé
à En . Montrons que la base formée par les vecteurs grad xj est la base réciproque de la base
(ei ).
Prenons la définition 12.1.1 p. 96 du vecteur gradient :
grad φ · dM = dφ
Posons φ = x1 :
dx1 = grad x1 · dM
= grad x1 · e1 dx1 + e2 dx2 + · · · + en dxn
Par conséquent :
grad x1 · e1 = 1
grad x1 · ek = 0 ∀k = 2, . . . , n
De même pour grad x2 , . . . , grad xn . Par conséquent,
∀i, j grad xj · ei = δij
qui montre que ces bases sont réciproques. En général, les vecteurs de base de la base réciproque
de la base naturelle ne sont pas de norme unité, comme on peut le constater dans l’exemple
12.1.3 p. 97.
102 Gradient
Montrons que les vecteurs de base de la base réciproque sont perpendiculaires aux hyper-
surfaces de coordonnées. Dans le système de coordonnées (xi ), considérons l’hypersurface de
coordonnée x1 = cste , sur laquelle la différentielle de x1 est nulle :
dx1 = grad x1 · dM
=0
grad x1 est donc perpendiculaire à dM , lui même tangent en M à l’hypersurface x1 = cste .
Par conséquent grad x1 est perpendiculaire en M à l’hypersurface x1 = cste .
Exemple 12.3.1. En coordonnées polaires
(1) En utilisant l’expression du gradient en coordonnées polaires (36) p. 98 :
ρ 1 ρ
e = ∂ρ ρ eρ + ρ2 ∂θ ρ eθ e = eρ
( ρ
e = grad ρ
⇒ ⇒ eθ
eθ = grad θ
eθ = ∂ρ θ eρ +
1 θ
e = 2
∂θ θ eθ ρ
ρ2
(2) En utilisant l’expression du gradien en coordonnées rectangulaires :
( ρ ( ρ eρ = √ x
ex + √ 2
y
ey
e = grad ρ e = ρ,x ex + ρ,y ey
x +y
2 2 x + y2
⇒ ⇒ −y x
eθ = grad θ eθ = θ,x ex + θ,y ey
θ
e = 2
ex + 2 ey
x +y 2 x + y2
ρ ρ
e = cos θ ex + sin θ ey
e = eρ
⇒ 1 1 ⇒ θ eθ
e = 2
θ
e = − sin θ ex + cos θ ey
ρ ρ ρ
Transformation de coordonnées
13
13.1 Matrice jacobienne
Soit T la transformation
′ de l’ancien système de coordonnées (xi ) vers un nouveau système de
coordonnées xj :
′ ′
T : ∀j = 1, . . . , n xj = xj x1 , x2 , . . . , xn (37)
où les Jj ′i sont les éléments de la matrice J, le prime sur l’indice indiquant la nouvelle base.
En utilisant la convention de sommation sur les indices répétés :
′
∂xj
j′
∀j dx = dxi
∂xi
′
= Jij dxi
Lorsque l’on utilise la convention de sommation il n’y a plus de notation indicielle ligne-colonne
car l’indice sur lequel on somme est toujours l’indice de colonne. Il dépend du terme qui suit.
Le déterminant
∂x1′ ∂x1
′
1
∂x ··· ∂xn
.. ..
det J , . .
∂xn′ ∂xn
′
1 ··· n
∂x ∂x
est appelé jacobien de la transformation T .
Définition 13.1.2. Transformation de coordonnées
Soit (x1 , x2 , . . . , xn ) un système de coordonnées de l’espace ponctuel En . L’ensemble des n
équations (37) p. 103 est une transformation ′ de′ coordonnées
ou un changement de coordonnées
vers le nouveau système de coordonnées x , x , . . . , x
1 2 n′
de l’espace ponctuel En , si le jacobien
de la transformation est non nul :
det J 6= 0
En effet, T est bijective ssi son jacobien est non nul. Pour être une transformation de coor-
données, la transformation doit de plus être de classe C 2 (les dérivées partielles secondes de T
existent et sont continues, donc a fortiori les dérivées partielles premières).
Le jacobien étant non nul, nous pouvons inverser la transformation,
′ ′ ′
T −1 : ∀i = 1, . . . , n xi = xi x1 , x2 , . . . , xn
de matrice jacobienne :
∂x1 ∂x1
" #
∂x1′
··· ∂xn′
∂xi . ..
K,
∂xj ′ ..
= . (38)
nn ∂xn ∂xn
∂x1′ ··· ∂xn′
En notation indicielle :
∂xi
∀i, j Kji′ =
∂xj ′
À partir des relations (4) p. 26,
′ ′
∂xj ∂xk j ∂xj ∂xk
k i′ = δi et k ′ i
= δij
∂x ∂x ∂x ∂x
qui s’écrit sous forme matricielle :
JK = KJ = I
où I est la matrice identité. La matrice K est aussi notée J −1 .
Les matrices jacobiennes étant inverses l’une de l’autre, il s’en suit que les jacobiens sont
également inverses l’un de l’autre :
det K = 1/ det J
Transformation de coordonnées 105
La transformation T est bijective pour det J 6= 0, donc pour ρ 6= 0, c’est-à-dire pour le plan
privé du point origine.
cos2 θ sin2 θ 1
det K = + =
ρ ρ ρ
Exemple 13.1.2. Passer dans l’espace-temps de Minkowski revient à effectuer la transfor-
mation suivante :
x1 = x
x2 = y
x3 = z
x4 = it
Exemple 13.2.1. Le vecteur vitesse v d’une particule ne dépend pas du système de coor-
données dans lequel on l’exprime.
106 Transformation de coordonnées
e2 e2′
O
e1 = e1′
Dans le cas où ce vecteur est unitaire vertical dirigé vers le haut, il ne doit pas être con-
fondu avec le vecteur de base e2 qui lui subira un vrai changement pour devenir e2′ . Lors du
changement de base les composantes du vecteur vitesse se transforment de manière à ce que le
vecteur reste identique à lui-même.
Définition 13.2.1. Matrice de passage
Soient (ei ) et (ej ′ ) deux bases d’un espace vectoriel En où par convention la nouvelle base
est primée, telles que :
1 2 n
e1 = A1′ e1 + A1′ e2 + · · · + A1′ en
′
e2′
= A12′ e1 + A22′ e2 + · · · + An2′ en
..
.
e
= A1n′ e1 + A2n′ e2 + · · · + Ann′ en
n′
Nous appelons A la matrice de passage ou matrice changement de base de l’ancienne base (ei )
vers la nouvelle base (ej ′ )
A1′ . . . An1′
.1 ..
..
A, .
1 n
An′ . . . An′
telle que l’on ait
e1′ e1
.
. = A .. (40)
. .
en′ en
où les éléments des vecteurs sont eux-mêmes des vecteurs. En utilisant la convention de som-
mation sur les indices répétés :
∀j ej ′ = Aij ′ ei (41)
Remarque 13.2.1. La matrice jacobienne et la matrice de passage ne sont pas des tenseurs, elles ne se
transforment pas lors d’un changement de base. Leurs indices ne sont pas des indices de variance, nous pouvons
les placer en haut ou en bas pour utiliser la convention de sommation.
Remarque 13.2.2. Dans la plupart des ouvrages on appelle matrice de passage la matrice :
P , (e1′ )ei (e2′ )ei . . . (en′ )ei
où (ej ′ )ei est le vecteur ej ′ exprimé dans la base (ei ). C’est la transposée de A :
A1′ 1 . . . An′ 1
P , AT = ... ..
.
A1′ n . . . An′ n
Transformation de coordonnées 107
d’une part,
∀j ej ′ = Aij ′ ei
′
= Aij ′ Bik ek′
′
= Bik Aij ′ ek′
et d’autre part :
′
∀j ej ′ = δjk′ ek′
Par conséquent :
′ ′
∀k, j Bik Aij ′ = δjk′ (43)
∂xi
∀j ei
ej ′ = (44)
∂xj ′
Cette relation n’est valable que pour un changement de base naturelle à base naturelle. Cette
relation et les relations (41) p. 106 donnent l’expression des éléments de la matrice de passage
A entre deux bases naturelles :
i ∂xi
∀i, j Aj ′ = j ′
∂x
∂x1 ∂x2 ∂xn
e1′
= e1 + e2 + · · · + en
∂x1′ ∂x1′ ∂x1′
∂x1 ∂x2 ∂xn
e2′ = 2′ e1 + 2′ e2 + · · · + en
∂x ∂x ∂x2′
..
.
en′
∂x1 ∂x2 ∂xn
= e1 + e2 + · · · + en
∂xn′ ∂xn′ ∂xn′
∂x
1 ∂xn
e1′ 1′ ··· ∂x1′
e1
. ∂x. .. .
. = .
. ..
. .
en′ en
∂x1 ∂x n
∂xn′
··· ∂x n′
Cette relation et la relation (40) p. 106 montrent que pour des bases naturelles les matrices A
et K sont transposées l’une de l’autre :
A = KT
Les transformations inverses s’écrivent :
∂M
∀i ei =
∂xi
′
∂M ∂xj
=
∂xj ′ ∂xi
′
∂xj
∀i ei = ej ′ (45)
∂xi
Les relations (42) p. 107 donnent l’expression des éléments de la matrice B en bases naturelles :
′
′ ∂xj
∀i, j Bij =
∂xi
Nous avons aussi
B = JT
Exemple 13.3.1. Rotation d’une base
Soit (e1 , e2 ) une base orthonormée du plan. Une rotation d’angle α du système de coordon-
nées transforme cette base en une nouvelle base orthonormée du plan, (e1′ , e2′ ) :.
Transformation de coordonnées 109
e2
e2′
e1′
α
O e1
! " # !
e1′ cos α sin α e1
=
e2′ − sin α cos α e2
′ ′ ′ ′
B11 = cos α B12 = − sin α B21 = sin α B22 = cos α
Soient (O, ei ) et (O ′, ej ′ ) deux repères de l’espace ponctuel. Les bases étant reliées par les
relations (44) et (45) p. 108, quelles sont les relations entre les coordonnées d’un point M
exprimées dans chacun de ces repères ?
Nous avons,
OO ′ = αi ei OM = xi ei
O ′ O ′ et O ′ M ′
= αj ej ′ = xj ej ′
110 Transformation de coordonnées
OM = OO′ + O′ M
′
xi ei = αi ei + xj ej ′
∂xi ′
= αi ei + xj ei
∂xj ′ !
i
′ ∂x
= αi + xj ei
∂xj ′
i
′ ∂x
∀i xi = αi + xj
∂xj ′
Par symétrie :
′
′ ′ ∂xj
∀j xj = αj + xi
∂xi
Nous avons suivi la notation 1.2.1 p. 7 du prime sur l’indice, bien qu’il ne s’agisse pas de l’indice
j ′ mais de la j e composante du vecteur dans la base primée.
′ ′ ′
′ ∂x1 1 ∂x1 2 ∂x1 n
u1 = u + u +···+ u
∂x1 ∂x2 ∂xn
′
∂x2 1 ∂x2 2
′ ′
∂x2 n
2′
u = u + u +···+ u
∂x1 ∂x2 ∂xn
..
.
′ ′ ′
′ ∂xn 1 ∂xn n ∂xn n
u n = u + u + · · · + u
∂x1 ∂xn ∂xn
Transformation de coordonnées 111
′ ∂x 1′ ∂x1
′
u1 ∂x1 ... ∂xn u
1
. . .. ..
. =
..
. . .
un
′ ′ ′
un ∂xn
... ∂xn
∂x1 ∂xn
u1
.
..
=J
un
u′ = Ju (47)
Par changement de base naturelle, les composantes contravariantes se transforment comme les
différentielles des coordonnées, par la matrice jacobienne J, et de façon « contraire » (transposée
de la matrice inverse de A) aux vecteurs de base (40) p. 106. À partir du changement de base
naturelle (44) p. 108 :
′
ui ei = uj ej ′
′ ∂xi
= uj ei
∂xj ′
∂xi j ′
∀i ui = u (48)
∂xj ′
En notation matricielle, en composantes contravariantes :
u = Ku′
Remarque 13.5.1. u′ n’est autre que u (exprimé dans la base primée). Le prime désigne ici le même
objet. Par contre e′i (noté ei′ ) n’est pas ei . Le prime désigne ici deux objets différents.
Remarque 13.5.2. Dans les expressions (44) p. 108 et (48) p. 111, respectivement ∂xi i ′
ei et ∂x
∂xj′
∂x
j′ u ,
j
les matrices de dérivées partielles sont transposées l’une de l’autre. La sommation se faisant sur l’indice répété,
elle dépend du terme qui suit.
∀j uj ′ = OM · ej ′
∂xi
= OM · ei
∂xj ′
∂xi
= (OM · ei )
∂xj ′
Par changement de base naturelle, les composantes covariantes se transforment selon :
∂xi
∀j uj ′ = ui
∂xj ′
112 Transformation de coordonnées
∂x1 ∂x2 ∂xn
u1′ = u 1 + u2 + · · · + un
∂x1′ ∂x1′ ∂x1′
∂x1 ∂x2 ∂xn
u2′ = 2′ u1 + 2′ u2 + · · · + un
∂x ∂x ∂x2′
..
.
∂x1 ∂x2 ∂xn
u n′ = u 1 + u n + · · · + un
∂xn′ ∂xn′ ∂xn′
∂x
1 ∂xn
u1′ 1′ ... ∂x1′
u1
. ∂x. ..
. = . ..
. . . .
u n′ ∂x1 ∂xn un
n′ ∂x
... ∂x n′
u1
..
= A
.
un
En composantes covariantes :
u′cov = Au (49)
Les composantes covariantes se transforment comme les vecteurs de base, relations (40) p. 106.
De même :
∀i ui = OM · ei
′
∂xj
= OM · ej ′
∂xi
′
∂xj
= (OM · ej ′ )
∂xi
′
∂xj
∀i ui = uj ′ (50)
∂xi
u = Bu′cov
13.5.3 Exemples
Exemple 13.5.1. Soient (e1 , e2 ) et (e1′ , e2′ ) deux bases normées quelconques (Fig. 13.3).
Transformation de coordonnées 113
u2 M
′
u2
e2
e2′ u1
′
e1′
O e1 u1
Par conséquent :
′ ′ ′
u 1 = B11 u1 + B21 u2
u2′ ′
= B12 u1 + B22 u2
′
′
! " ′ ′
# ! ! !
u1 B 11 B 12 u1 T u
1
u1
= = B = J
u2 u2 u2
′ ′ ′
u2 B 21 B 22
De même :
′ ′
u1 e1 + u2 e2 = u1 e1′ + u2 e2′
′
′
= u1 A11′ e1 + A21′ e2 + u2 A12′ e1 + A22′ e2
′ ′
′ ′
= u1 A11′ + u2 A12′ e1 + u1 A21′ + u2 A22′ e2
par conséquent :
′ ′
u 1 = A11′ u1 + A12′ u2
u 2 = A21′ u1 + A22′ u2
′ ′
! " # ′
!
u1 A11′ A12′ u1
2 =
A21′ A22′
′
u u2
′
!
T u1
=A ′
u2
′
!
u1
= K 2′
u
114 Transformation de coordonnées
′ ′ ′
′
u 1 = B11 u1 + B21 u2 u 1 = cos α u1 + sin α u2
u2′ ′ ′ ⇒ u2′
= B12 u1 + B22 u2 = − sin α u1 + cos α u2
Nous pouvons aussi les déterminer en remplaçant les vecteurs de l’ancienne base :
OM = u1 e1 + u2 e2
= u1 (cos α e1′ − sin α e2′ ) + u2 (sin α e1′ + cos α e2′ )
= cos α u1 + sin α u2 e1′ + − sin α u1 + cos α u2 e2′
′ ′
= u1 e1′ + u2 e2′
2
x1′ = x2
x2′ = x1 x2
! !
2x1 x2
′
u1
= 2 2
(x2 ) + (x1 )
′
u2
Exemple 13.5.4. Soient (e1 , e2 ) et (e1′ , e2′ ) deux bases normées quelconques (Fig. 13.4).
En partant de l’expression des composantes covariantes :
(
u1′ = OM · e1′
u2′ = OM · e2′
u2 u2′
e2
e2′
e1′ u1′
O e1 u1
u1′ = OM · (A11′ e1 + A21′ e2 ) u1′ = A11′ OM · e1 + A21′ OM · e2
⇒
u = OM · (A12′ e1 + A22′ e2 ) u = A12′ OM · e1 + A22′ OM · e2
2′ 2′
u1′ = A11′ u1 + A21′ u2
u = A12′ u1 + A22′ u2
2′
! " # ! !
u1′ A1 ′ A21′ u1 u
= 11 =A 1
u2′ A 2′ A22′ u2 u2
De même :
! ! !
u1 u′ u1′
=B 1 =A −1
u2 u2′ u2′
Dans une base non normée ou non orthogonale, les composantes covariantes et contrava-
riantes (selon comment on projette le vecteur sur la base) ne se transforment pas de la même
manière par changement de base.
Exemple 13.5.5. Dans la base orthonormée (ex , ey , ez ), on considère les deux vecteurs
u (u1 , u2 , u3 ) et v (v1 , v2 , v3 ) de E3 . La base étant orthonormée les composantes contravariantes
et covariantes sont confondues. Effectuons le changement de base qui passe à la nouvelle base
{e1′ (1, 1, 1) , e2′ (0, 1, 1) , e3′ (0, 0, 1)}, et déterminons les nouvelles composantes de u et v.
Pour les composantes contravariantes :
′ ′ ′
u1 ex + u2 ey + u3 ez = u1 e1′ + u2 e2′ + u3 e3′
′ ′ ′
= u1 (ex + ey + ez ) + u2 (ey + ez ) + u3 ez
′
′ ′
′ ′ ′
= u1 ex + u1 + u2 ey + u1 + u2 + u3 ez
′ 1′
u
1
= u1
u = u1
′ ′
′
u2 = u1 + u2 ⇒
u2 = u2 − u1
′ ′ ′ ′
u3 = u1 + u2 + u3 u3 = u3 − u2
116 Transformation de coordonnées
De même pour v : 1′
v = v1
2′
v = v2 − v1
′
v 3 = v3 − v2
Pour les composantes covariantes, en utilisant la définition 6.4.1 p. 47 :
u1′ = u · e1′ u1′ = (u1 , u2 , u3) · (1, 1, 1) u ′ = u1 + u2 + u3
1
u2′ = u · e2′ ⇒ u2′ = (u1 , u2 , u3) · (0, 1, 1) ⇒ u2′ = u2 + u3
u ′ = u · e ′ ′ u ′ = u
3 3 u3 = (u1 , u2 , u3) · (0, 0, 1) 3 3
De même pour v :
= v1 + v2 + v3 v′
1
v2′ = v2 + v3
v ′ = v
3 3
Une seconde méthode consiste à passer des composantes contravariantes dans la nouvelle base
aux composantes covariantes en utilisant le tenseur métrique, relations (15) p. 52 :
′ ′ ′
u1′ = u1 e1′ + u2 e2′ + u3 e3′ · e1′
u1′
′ ′ ′
= u1 e1′ · e1′ + u2 e2′ · e1′ + u3 e3′ · e1′
′ ′ ′
u2′ = u1 e1′ + u2 e2′ + u3 e3′ · e2′ ⇒
′ ′ ′
u2′ = u1 e1′ · e2′ + u2 e2′ · e2′ + u3 e3′ · e2′
′ ′ ′
u
3′
′ ′
= u1 e1′ + u2 e2′ + u3 e3′ · e3′
′
u3′ = u1 e1′ · e3′ + u2 e2′ · e3′ + u3 e3′ · e3′
′ ′ ′
u1′ = u1 g11 + u2 g21 + u3 g31 u′ = u1 + u2 + u3
1
⇒ 1′
u2′ = u g12 + u g22 + u g32 2′ 3′
⇒ u2′ = u2 + u3
1′ 2′ 3′ u ′ = u
u3′ = u g13 + u g23 + u g33 3 3
ǫ √ 1′
′
∂x1 ∂x2 ǫx2
u2′ = 2′ u1 + 2′ u2 = √ ′ ǫ x + 0 × √ ′ = 1
∂x ∂x x1 x1
(2) Méthode matricielle
(a) Première méthode h ii
T
D’après 49 p. 112, u′cov = (J −1 ) u, avec J −1 , ∂x∂x
j′ . On inverse le système
22
d’équations du changement de coordonnées :
√ ′
2
x = ǫ x
1
′ ′
1 x2 ǫx2
x = = √
x2 x1′
! −ǫx 2′
√ǫ √ ′ !
√ 3 1
u1′ 2 x1′ 2 x1′ ǫ x 0
=
ǫx2′
√ =
u2′ √ǫ 0 1
x1′
x1′
y eθ
eρ
ρ M
θ
O x
∂θ x ∂θ y −ux sin θ + uy cos θ
u θ = u + u =
∂x ∂y ρ
(2) En notation matricielle, la relation (47) p. 111 donne :
u′ = Ju
! " # ! !
uρ cos θ sin θ ux ux cos θ + uy sin θ
= =
uθ − sinρ θ cosρ θ u y
(−ux sin θ + uy cos θ) /ρ
Si u (ux = 1, uy = 1) alors au point de coordonnées polaires (3, 30◦ ) :
! "√ # ! √ !
uρ 3/2 1/2 1 3+1
= √ = 2√
uθ −1/6 3/6 1 −1+ 3
6
y eθ
eρ
u ρ M
θ
O x
p. 70 et (50) p. 112 :
∀i ui = ui
′
∂xj
= uj ′
∂xi
′
X ∂xj ′
= i
uj (51)
j ∂x
∀i ui = ui
∂xi j ′
= u
∂xj ′
X ∂xi
= u′
j′ j
j ∂x
Les composantes covariantes dans la base réciproque se transforment de façon identique aux
composantes contravariantes dans la base d’origine.
matrice de passage de la nouvelle base (ej ′ ) vers la base d’origine (ei ). Avec les relations (51)
120 Transformation de coordonnées
p. 119,
′
ui ǫi′ = uj ǫj
′ !
X X ∂xi i′
= u ǫj
j i ∂xj
′
X ∂xi
∀i ǫi′ = ǫj
j ∂xj
′
∂xi j
i′
∀i e = e (52)
∂xj
En utilisant les relations (43) p. 107 :
′
∂xk i′ ∂xk ∂xi j
∀k e = i′ e
∂xi′ ∂x ∂xj
= δjk ej
∂xk i′
∀k ek = e (53)
∂xi′
Les vecteurs de base de la base réciproque se transforment de façon « contraire » (par la matrice
inverse de la transposée) aux vecteurs de base de la base d’origine, relations (41) p. 106.
Algèbre tensorielle
14
14.1 Introduction
Il existe en physique des quantités intrinsèques qui, comme les vecteurs, existent en elles-
mêmes indépendamment de la base dans laquelle on les exprime. Par exemple la matrice inertie
ou la matrice rotation d’un solide. Ces matrices carrées particulières sont appelées des tenseurs.
La combinaison linéaire de deux tenseurs donne un nouveau tenseur, les tenseurs sont donc
des vecteurs d’après la définition 2.1.2 p. 13. Les matrices carrées sont aussi des vecteurs car
elles sont invariantes par changement de base de l’espace vectoriel des matrices. Les tenseurs
sont des matrices particulières car ils sont invariants par changement de base lié au change-
ment de coordonnées de l’espace-temps physique. En effet, un changement de coordonnées de
l’espace-temps induit un changement de base de l’espace vectoriel des forces, des vitesses, des
accélérations, des tenseurs en général, mais pas de celui des matrices. Les tenseurs ont donc un
sens physique que n’ont pas les matrices.
L’ordre d’un tenseur est son nombre d’indices. Un tenseur avec p indices contravariants est
dit contravariant d’ordre p, avec q indices covariants il est dit covariant d’ordre q. S’il est les
deux il est dit d’ordre p + q. L’ordre d’un tenseur n’a donc rien à voir avec l’ordre d’une matrice
qui est de combien varie son ou ses deux indices.
Habituellement on appelle « vecteurs » uniquement les tenseurs d’ordre un alors que tous
les tenseurs sont des vecteurs, quel que soit leur ordre. En physique, nous utiliserons cet abus
de langage pour dire que les vecteurs appartiennent à une catégorie plus grande d’objets ma-
thématiques, les tenseurs. Les scalaires sont alors des tenseurs d’ordre zéro.
Les tenseurs d’ordre deux sont souvent représentés par des matrices carrées dont les éléments
sont leurs composantes. Cependant nous avons vu que cette représentation n’est valable que
dans les espaces euclidiens, les composantes covariantes et contravariantes étant confondues. De
plus, pour les tenseur d’ordre trois la multiplication des matrices 3D n’est pas définie. Il faut
alors abandonner la représentation matricielle des tenseurs et n’utiliser que la représentation
indicielle.
Toutes les équations de la physique doivent être invariantes de forme (covariantes) par chan-
gement de base. C’est le principe de covariance des équations de la physique (cette covariance
n’a pas de rapport avec la covariance des composantes). Or, pour les vecteurs comme pour
les tenseurs, les composantes de même variance se transforment de la même façon. Toutes les
équations de la physique doivent donc être écrites sous la forme d’une égalité entre tenseurs
122 Algèbre tensorielle
de même ordre. Pour assurer cette invariance des tenseurs, leurs composantes doivent se trans-
former d’une façon bien précise que nous allons déterminer. Cette propriété d’invariance par
changement de base est fondamentale puisqu’elle peut servir de définition des tenseurs.
Dans un second temps, de même que nous avons défini les vecteurs et les espaces vectoriels
uniquement à partir de leurs propriétés opératoires, nous définirons les tenseurs et les espaces
tensoriels uniquement à partir de leurs propriétés opératoires.
Exemple 14.1.1. Une façon simple de former un nouveau vecteur (dans le sens d’une quan-
tité indépendante de la base dans laquelle on l’exprime), consiste à multiplier les composantes
de deux vecteurs dans un ordre déterminé. Soient u (u1 , u2 ) et v (v 1 , v 2 ) deux vecteurs de l’es-
pace vectoriel E2 , le nouveau vecteur T a quatre composantes et appartient à l’espace vectoriel
E4 (les dimensions des espaces vectoriels de départ se multiplient) :
T = u1 v 1 , u1 v 2 , u2 v 1 , u2 v 2
Notation 14.1.1. En notation indicielle, si u = ui ei et v = vi ei alors
∀i, j tij = ui v j
Remarque 14.1.1. L’ordre des indices i et j compte car en général u1 v2 6= u2 v1 donc tij 6= tji .
En utilisant la notation ci-dessus :
T t11 , t12 , t21 , t22
T est un tenseur, appelé produit tensoriel de u et v, noté ⊗. On le défini comme suit :
u ⊗ v = u1 e1 + u2 e2 ⊗ v 1 e1 + v 2 e2
= u1 e1 ⊗ v 1 e1 + u1 e1 ⊗ v 2 e2 + u2 e2 ⊗ v 1 e1 + u2 e2 ⊗ v 2 e2
= u1 v 1 e1 ⊗ e1 + u1 v 2 e1 ⊗ e2 + u2 v 1 e2 ⊗ e1 + u2 v 2 e2 ⊗ e2
= t11 e1 ⊗ e1 + t12 e1 ⊗ e2 + t21 e2 ⊗ e1 + t22 e2 ⊗ e2
=T
Soient e1 = (1, 0) et e2 = (0, 1) les vecteurs de base d’une base orthonormée de E2 :
e1 ⊗ e1 = (1 × 1, 1 × 0, 0 × 1, 0 × 0)
= (1, 0, 0, 0)
e1 ⊗ e2 = (1 × 0, 1 × 1, 0 × 0, 0 × 1)
= (0, 1, 0, 0)
e2 ⊗ e1 = (0 × 1, 0 × 0, 1 × 1, 1 × 0)
= (0, 0, 1, 0)
e2 ⊗ e2 = (0 × 0, 0 × 1, 1 × 0, 1 × 1)
= (0, 0, 0, 1)
En écriture matricielle nous retrouvons le produit de Kronecker du chapitre 9 :
! !
u1 v1
u⊗v= 2 ⊗ 2
u v
! ! !
1 v1 u1 v 1 t11
u
v 2 ! u1 v 2 ! t12 !
=
= =
2 v1
u2 v 1
t21
u
v2 u2 v 2 t22
=T
Algèbre tensorielle 123
Par changement de base naturelle, les composantes du tenseur T, produit tensoriel des
vecteurs u et v, se tranforment de la façon suivante :
′ ′ ′ ′
∀i, j ti j = ui v j
′ ′
∂xi k ∂xj l
= u v
∂xk ∂xl
′ ′
∂xi ∂xj k l
= u v
∂xk ∂xl
′ ′
∂xi ∂xj kl
= t (54)
∂xk ∂xl
Les tij sont les composantes deux fois contravariantes du tenseur T.
Le produit tensoriel des vecteurs des bases naturelles est défini de façon à assurer l’invariance
du vecteur T par changement de base naturelle grâce aux relations (41) p. 106 :
∀i, j (ei ⊗ ej )′ = ei′ ⊗ ej ′
∂xk ∂xl
ek ⊗ = el
∂xi′ ∂xj ′
∂xk ∂xl
= i′ j ′ (ek ⊗ el ) (55)
∂x ∂x
T est alors indépendant de la base naturelle dans laquelle on l’exprime :
′
(u ⊗ v)′ = ui ei ⊗ v j ej
′
= ui v j ei ⊗ ej
= ti j (ei ⊗ ej )′
′ ′
′ ′
∂xi ∂xj kl ∂xk ∂xl
= t (ek ⊗ el )
∂xk ∂xl ∂xi′ ∂xj ′
= tkl ek ⊗ el
= uk ek ⊗ v l el
=u⊗v
Exemple 14.2.1. On considère deux vecteurs u = 4e1 + 3e2 et v = e1 + 5e2 de E2 . Déter-
minons les composantes contravariantes du produit tensoriel de u par v.
T =u⊗v
= (4e1 + 3e2 ) ⊗ (e1 + 5e2 )
= 4 e1 ⊗ e1 + 20 e1 ⊗ e2 + 3 e2 ⊗ e1 + 15 e2 ⊗ e1
Nous avons :
t11 = 4 t12 = 20 t21 = 3 t22 = 15
En reprenant l’exercice 13.3.1 p. 108 de rotation d’une base, déterminons les composantes
contravariantes du produit tensoriel dans la nouvelle base naturelle. Par changement de base
124 Algèbre tensorielle
′
naturelle, les composantes de T se tranforment selon (54) p. 123 avec Bij = ∂xj /∂xi :
′
′ ′ ′ ′
B11 = cos α B12 = − sin α B21 = sin α B22 = cos α
Nous avons alors :
1′ 1′ ′ ′ ′ ′ ′ ′ ′ ′
t = B11 B11 t11 + B11 B21 t12 + B21 B11 t21 + B21 B21 t22
′ ′ ′ ′ ′ ′ ′ ′ ′ ′
t1 2 = B11 B12 t11 + B11 B22 t12 + B21 B12 t21 + B21 B22 t22
′ ′
t2 1
′ ′ ′ ′ ′ ′ ′
= B12 B11 t11 + B12 B21 t12 + B22 B11 t21 + B22 B21 t22
′
2′ 2′ ′ ′ ′ ′ ′ ′ ′ ′
t = B12 B12 t11 + B12 B22 t12 + B22 B12 t21 + B22 B22 t22
1′ 1′
t = 4 cos2 α + 17 cos α sin α + 15 sin2 α
′ ′
12
t = 11 sin α cos α + 20 cos2 α − 3 sin2 α
′ ′
t2 1 = 11 sin α cos α − 20 sin2 α + 3 cos2 α
2′ 2′
t = 4 sin2 α − 23 sin α cos α + 15 cos2 α
(3) Soit (ei ) une base de En et soit (f α ) une base de Fp . Les np éléments,
ei ⊗ f α
forment une base de Gq .
Remarque 14.3.1. L’espace En ⊗ Fp se distingue de l’espace Gq en ce qu’il est muni de la loi ⊗. Nous
dirons que Gq constitue le support de En ⊗ Fp .
′
∂xj
∀i ei = e′
i j
∂x
∀α f = B β ′ f ′
α α β
soit,
u1 v 1 = t11 ; u1 v 2 = t12 ; u2 v 1 = t21 ; u2 v 2 = t22
par conséquent :
v1 t11 v1 t21
= et =
v2 t12 v2 t22
soit :
t11 t21
=
t12 t22
ce qui a priori n’est pas toujours vrai, les composantes de l’élément T étant quelconques. Nous
en concluons qu’il existe des éléments de l’espace En ⊗Fp qui ne sont pas des produits tensoriels
de deux vecteurs.
Exemple 14.3.1. Le tenseur T suivant est-il le produit tensoriel de deux vecteurs ?
T = 11e1 ⊗ e1 + 8e1 ⊗ e2 + 20e2 ⊗ e1 + 12e2 ⊗ e2
Si T est le produit tensoriel de deux vecteurs alors il est de la forme
T = ui v j (ei ⊗ ej )
et l’on a :
u1 v 1 = 11, u1 v 2 = 8, u2 v 1 = 20, u2 v 2 = 12
En faisant les rapports des deux premières expressions puis celui des deux dernières :
v1 11 v1 20
= =
v 2 8 v 2 12
Ces valeurs étant différentes, T n’est pas le produit tensoriel de deux vecteurs.
et :
v ⊗ u = v j ui (ej ⊗ ei )
= v 1 u1 (e1 ⊗ e1 ) + v 1 u2 (e1 ⊗ e2 ) + v 2 u1 (e2 ⊗ e1 ) + v 2 u2 (e2 ⊗ e2 )
= Z u1 v 1 , u2 v 1 , u1 v 2 , u2 v 2
Par suite :
u ⊗ v 6= v ⊗ u
Remarque 14.3.2. Les tenseurs ont un ordre mais pas de variance. Parler d’un tenseur
contravariant d’ordre p et covariant d’ordre q est un abus de langage pour parler d’un tenseur
d’ordre p + q dont l’écriture indicielle des composantes fait apparaitre p indices contravariants
et q indices covariants.
∀i, j (u ⊗ v) · (ei ⊗ ej ) , ui vj
Par conséquent :
Exemple 14.4.1. Soit {e1 (2, 0, 0), e2 (1, 3, 0), e3 (1, 1, 1)} une base de l’espace euclidien E3 .
Déterminons les composantes du tenseur métrique de l’espace produit tensoriel E3 ⊗ E3 . Les
vecteurs de base s’écrivent :
e1 ⊗ e1 = (4, 0, 0, 0, 0, 0, 0, 0, 0)
e1 ⊗ e2 = (2, 6, 0, 0, 0, 0, 0, 0, 0)
e1 ⊗ e3 = (2, 2, 2, 0, 0, 0, 0, 0, 0)
e2 ⊗ e1 = (2, 0, 0, 6, 0, 0, 0, 0, 0)
e2 ⊗ e2 = (1, 3, 0, 3, 9, 0, 0, 0, 0)
e2 ⊗ e3 = (1, 1, 1, 3, 3, 3, 0, 0, 0)
e3
⊗ e1 = (2, 0, 0, 2, 0, 0, 2, 0, 0)
e ⊗ e2 = (1, 3, 0, 1, 3, 0, 1, 3, 0)
3
e3 ⊗ e3 = (1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1)
130 Algèbre tensorielle
(e1 ⊗ e1 ) · (e1 ⊗ e1 ) = g11 g11 = 16
(e1 ⊗ e2 ) · (e1 ⊗ e1 ) = g11 g21 = 8
(e1 ⊗ e1 ) · (e1 ⊗ e2 ) = g11 g12 = 8
(e1 ⊗ e2 ) · (e1 ⊗ e2 ) = g11 g22 = 40
(e1 ⊗ e1 ) · (e1 ⊗ e3 ) = g11 g13 = 8
(e1 ⊗ e2 ) · (e1 ⊗ e3 ) = g11 g23 = 16
⊗ e1 ) · (e2 ⊗ e1 ) = g12 g11 = 8 ⊗ e2 ) · (e2 ⊗ e1 ) = g12 g21 = 4
(e1 (e1
(e1 ⊗ e1 ) · (e2 ⊗ e2 ) = g12 g12 = 4 (e1 ⊗ e2 ) · (e2 ⊗ e2 ) = g12 g22 = 20 ...
(e1 ⊗ e1 ) · (e2 ⊗ e3 ) = g12 g13 = 4
(e1 ⊗ e2 ) · (e2 ⊗ e3 ) = g12 g23 = 8
(e1 ⊗ e1 ) · (e3 ⊗ e1 ) = g13 g11 = 8
(e1 ⊗ e2 ) · (e3 ⊗ e1 ) = g13 g21 = 4
(e1 ⊗ e1 ) · (e3 ⊗ e2 ) = g13 g12 = 4
(e1 ⊗ e2 ) · (e3 ⊗ e2 ) = g13 g22 = 20
(e1 ⊗ e1 ) · (e3 ⊗ e3 ) = g13 g13 = 4 (e1 ⊗ e2 ) · (e3 ⊗ e3 ) = g13 g23 = 8
∀i, j tij = ui vj
Pour tout tenseur T = u⊗v d’un espace vectoriel euclidien En(2) , avec la relation (60) p. 129
et la défintion 14.4.1 p. 129, le produit scalaire de ce tenseur par un vecteur de base s’écrit :
14.5 Base
Soient (ej ) la base duale de (ei ), et soit (eq ) la base duale de (ep′ ). Le changement de base
′
∂xj ∂xr ∂xs q′ ′ ′
j
∀j, k, l e ⊗ ek ⊗ el = q′ e ⊗ er ′ ⊗ es′
∂x ∂xk ∂xl
∂xq ∂xr ∂xl j
′
∀q, r, s eq ′ ⊗ er′ ⊗ es′ = e ⊗ e k ⊗ el
∂xj ∂xr′ ∂xs′
Inversement,
′ ′
tpq (ep ⊗ eq ) = ti j (ei′ ⊗ ej ′ )
p
′ ′ ∂x ∂xq
= ti j (ep ⊗ eq )
∂xi′ ∂xj ′
∂xp ∂xq i′ j ′
∀p, q tpq = i′ t
∂x ∂xj ′
∂xp i′ j ′ ∂xq
= i′ t
∂x ∂xj ′
T
T = J −1 T′ J −1
Algèbre tensorielle 133
2
x1′ = x2
x2′ = x1 x2
(1) Méthode indicielle
′ ′ ′ ′ ′ ′ ′ ′
1′ 1′ ∂x1 ∂x1 11 ∂x1 ∂x1 12 ∂x1 ∂x1 21 ∂x1 ∂x1 22
t = t + t + t + t
∂x1 ∂x1 ∂x1 ∂x2 ∂x2 ∂x1 ∂x2 ∂x2
2
= 2x2 × 2x2 × t22 = 8 x2
′ ′ ′ ′ ′ ′ ′ ′
1′ 2′ ∂x1 ∂x2 11 ∂x1 ∂x2 12 ∂x1 ∂x2 21 ∂x1 ∂x2 22
t = t + t + t + t
∂x1 ∂x1 ∂x1 ∂x2 ∂x2 ∂x1 ∂x2 ∂x2
2
= 2x2 × x2 × t21 + 2x2 × x1 × t22 = −2 x2 + 4x1 x2
′ ′ ′ ′ ′ ′ ′ ′
2′ 1′ ∂x2 ∂x1 11 ∂x2 ∂x1 12 ∂x2 ∂x1 21 ∂x2 ∂x1 22
t = t + t + t + t
∂x1 ∂x1 ∂x1 ∂x2 ∂x2 ∂x1 ∂x2 ∂x2
2
= x2 × 2x2 × t12 + x1 × 2x2 × t22 = 2 x2 + 4x1 x2
′ ′ ′ ′ ′ ′ ′ ′
2′ 2′ ∂x2 ∂x2 11 ∂x2 ∂x2 12 ∂x2 ∂x2 21 ∂x2 ∂x2 22
t = t + t + t + t
∂x1 ∂x1 ∂x1 ∂x2 ∂x2 ∂x1 ∂x2 ∂x2
2 2
= x2 x2 × t11 + x2 x1 × t12 + x1 x2 × t21 + x1 x1 × t22 = x2 + 2 x1
G = J T G′ J
G = JT J (65)
∂xp ∂xj i′ ′
= tpq e ⊗ ej ′
∂xi′ ∂xq
′
′ ∂xp ∂xj q
∀i, j ti′j = i′ t (66)
∂x ∂xq p
′
∂xp q ∂xj
= i′ tp
∂x ∂xq
T
T′ = J −1 TJ T (67)
′
Les ti′j sont appelées composantes mixtes du tenseur T. On généralise à un produit tensoriel
d’espace supérieur à deux. Soit T un tenseur de l’espace tensoriel En ⊗ En ⊗ En ⊗ . . . tel que,
j ′ j2′ ...
′ ′
ti′ i′ ... 1 ei1 ⊗ ei2 ⊗ · · · ⊗ ej1′ ⊗ ej2′ ⊗ . . . = tp1 p2 ...q1 q2 ... (ep1 ⊗ ep2 ⊗ . . . eq1 ⊗ eq2 . . . )
1 2
′
En revanche, ti j ′ ei′ ⊗ ej est la transposée de ti′j ei ⊗ ej ′ (la notion de transposée n’a pas
′ ′ ′
T
′T −1 T T
T = J TJ
T
= TJ T J −1
= JTT J −1
Inversement,
′
tpq (ep ⊗ eq ) = ti′j ei ⊗ ej ′
′
′
∂xi ∂xq p
j′
= ti′ (e ⊗ eq )
∂xp ∂xj ′
′
q ∂xi ∂xq j ′
∀p, q tp = t′
∂xp ∂xj ′ i
′
∂xi j ′ ∂xq
= t′
∂xp i ∂xj ′
T
T = J T T′ J −1
La transposée s’écrit,
′
′
tpq (ep ⊗ eq ) = ti j ′ ei′ ⊗ ej
′
∂xp ∂xj i′
= t j ′ i′ (ep ⊗ eq )
∂x ∂xq
′
p ∂xp ∂xj i′
∀p, q t q = i′ t ′
∂x ∂xq j
′
∂xp i′ ∂xj
= i′ t j ′
∂x ∂xq
T −1 ′ T
T = J (T ) J
En généralisant :
′ ′
∂xi1 ∂xi2 ∂xq1 ∂xq2 j1′ j2′ ...
∀p1 , p2 , . . . , q1 , q2 , . . . tp1 p2 ...q1 q2 ... = p1 . . . . . . t ′ ′
i1 i2 ...
∂xj1 ∂xj2
′ ′
∂x ∂xp2
14.6.4 Exemples
Exemple 14.6.2. À partir du changement de coordonnées sphériques en rectangulaires,
cherchons l’expression du tenseur métrique euclidien en coordonnées sphériques.
x = r sin θ cos φ
y = r sin θ sin φ r > 0, 0 6 θ < π, 0 6 φ < 2π
z = r cos θ
Algèbre tensorielle 137
G = JT J
sin θ cos φ sin θ sin φ cos θ sin θ cos φ r cos θ cos φ −r sin θ sin φ
=
r cos θ cos φ r cos θ sin φ −r sin θ sin θ sin φ r cos θ sin φ r sin θ cos φ
−r sin θ sin φ r sin θ cos φ 0 cos θ −r sin θ 0
1 0 0
= 0 r 2
0
0 0 r 2 sin2 θ
Exemple 14.6.3. Soit le système de coordonnées (x1 , x2 ), défini à partir des coordonnées
rectangulaires (x1 , x2 ) :
′ ′
′
x1 = x1
x2 = exp x2 − x1
′ ′
′
x1 = x1
x2′ = x1 + ln x2
G = JT J
" #" #
1 1 1 0
= 2 −1 2 −1
0 (x ) 1 (x )
" −1
#
2 (x2 )
= −1 −2
(x2 ) (x2 )
Au paragraphe 14.5.3 p. 131, nous avons vu comment se transforment les composantes d’un
tenseur lors d’un changement de base.
Réciproquement, donnons nous n3 quantités que nous rattachons à une base ei ⊗ ej ⊗ ek . Si,
lors d’un changement de base, vers une nouvelle base ep′ ⊗ eq′ ⊗ er′ , les n3 quantités se trans-
forment selon les formules (61), alors on peut faire correspondre un tenseur à ces n3 quantités,
dont elles constituent les composantes contravariantes. De même, si les n3 quantités se trans-
forment selon les formules (63) ou (66) alors elles constituent respectivement les composantes
covariantes ou mixtes d’un tenseur. Ce résultat se généralise à np quantités. Nous pouvons
énoncer le théorème suivant :
Théorème 14.7.1. Pour que np quantités rapportées à une base d’un espace vectoriel En(p)
soient les composantes d’un tenseur, il faut et il suffit que ces quantités se transforment par
changement de base selon les formules du paragraphe 14.5.3 p. 131.
138 Algèbre tensorielle
E′ = E
∂E ′ ∂E
∀i i′ =
∂x ∂xi′
∂E ∂xj
= j i′
∂x ∂x
Les invariants sont des tenseur.
Exemple 14.7.2. Soit f (x1 , x2 , . . . , xn ) une fonction dérivable par rapport aux n coordon-
nées xi . Montrons que les dérivées partielles de f sont les composantes d’un tenseur d’ordre
un.
Soit la transformation de coordonnées xi (x1 , x2 , . . . xn ) et soit xi (x1 , x2 , . . . xn ) la trans-
′ ′ ′ ′
∂xj
∀i f,i′ = f,j
∂xi′
D’après les relations (44) p. 108, les dérivées partielles se transforment comme les vecteurs de
la base naturelle. Ce sont donc les composantes covariantes d’un tenseur d’ordre un, justifiant
la notation f,i .
Exemple 14.7.3. Soit u un vecteur de composantes covariantes ui . Montrons que les déri-
vées partielles ui,j des composantes covariantes ne sont pas les composantes d’un tenseur. Les
composantes covariantes d’un vecteur se transforment selon les relations (50) p. 112,
′
∂xk
∀i ui = uk ′
∂xi
La dérivation partielle de cette expression nous donne :
′ ′
∂ 2 xk ∂xk
∀i, j ∂j ui = j i uk + ′ ∂j uk′
∂x ∂x ∂xi
′ ′ ′
∂ 2 xk ∂xk ∂xl
∀i, j ui,j = j i uk′ + uk′ ,l′
∂x ∂x ∂xi ∂xj
Le premier terme est nul si les coordonnées xk sont des fonctions affines des coordonnées xj ,
′
c’est-à-dire si xj et xk sont des coordonnées rectilignes. Pour autant, pour être un tenseur la loi
′
de transformation des composantes doit être valable quel que soit le changement de coordonnées.
Exemple 14.7.4. Montrons que les différentielles des composantes covariantes dui ne sont
pas les composantes d’un tenseur :
′
∂xk
∀i ui = uk ′
∂xi
′! ′
∂xk ∂xk
∀i dui = d uk ′ + duk′
∂xi ∂xi
Le premier terme est nul si les coordonnées xk sont des fonctions affines des coordonnées xj ,
′
c’est-à-dire si xj et xk sont des coordonnées rectilignes. Pour autant, pour être un tenseur la loi
′
de transformation des composantes doit être valable quel que soit le changement de coordonnées.
Algèbre tensorielle 139
Les gij sont les composantes d’un tenseur deux fois covariant. De même,
∀i, j g ij = ei · ej
∂xi ′ ∂xi l′
= ek · e
∂xk′ ∂xk′
∂xi ∂xi k′ l′
= k′ e ·e
∂x ∂xk′
∂xi ∂xi k′l′
= k′ g
∂x ∂xk′
Les g ij sont les composantes d’un tenseur deux fois contravariant.
Exemple 14.8.1. Soit le changement de base d’un espace vectoriel E2 défini par :
(
e1′ = 3e1 + e2
e2′ = −e1 + 2e2
Déterminons les nouvelles composantes du tenseur métrique gk′ l′ en fonction des anciennes gij .
(1) En partant de la définition du tenseur métrique :
gk′ l′ = ek′ · el′
g1′ 1′
= (3e1 + e2 ) · (3e1 + e2 ) g1′ 1′
= 9g11 + 6g12 + g22
g1′ 2′ = (3e1 + e2 ) · (−e1 + 2e2 ) g1′ 2′ = −3g11 + 5g12 + 2g22
⇒
g2′ 1′ = (−e1 + 2e2 ) · (3e1 + e2 )
g2′ 1′ = −3g11 + 5g12 + 2g22
g ′ ′ = g11 − 4g12 + 4g22
g2′ 2′ = (−e1 + 2e2 ) · (−e1 + 2e2 ) 22
∂xi
∀k ek′ = ei
∂xk′
e1′ = A11′ e1 + A21′ e2 ′
e 2′
⇒ A11′ = 3 ; A21′ = 1 ; A12′ = −1 ; A22 = 2
2′ = A12′ e1 + A 2 e2
g1′ 1′
= A11′ A11′ g11 + A21′ A11′ g21 + A11′ A21′ g12 + A21′ A21′ g22
′ ′
g1′ 2′ = A11′ A12′ g11 + A21′ A12′ g21 + A11′ A22 g12 + A21′ A22 g22
g2′ 1′
′
= A12′ A11′ g11 + A22 A11′ g21 + A12′ A21′ g12 + A22 A21′ g22
′
′ ′ ′ ′
g2′ 2′ = A12′ A12′ g11 + A22 A12′ g21 + A12′ A22 g12 + A22 A22 g22
g1′ 1′ = 9g11 + 6g12 + g22
g1′ 2′ = −3g11 + 5g12 + 2g22
⇒
g2′ 1′ = −3g11 + 5g12 + 2g22
g ′ ′ = g11 − 4g12 + 4g22
22
Algèbre tensorielle 141
T=U+V
tij ei ⊗ ej = uij ei ⊗ ej + v ij ei ⊗ ej
= uij + v ij ei ⊗ ej
∀i, j tij = uij + v ij
V = λU
v ij ei ⊗ ej = λ uij ei ⊗ ej
∀i, j v ij = λ uij
∂xi ∂xj k′ l′
= k′ t
∂x ∂xl′
D’après le théorème 14.7.1 p. 137, les quantités tij constituent les composantes deux fois contra-
variantes d’un tenseur. La combinaison linéaire de deux tenseurs du même ordre donne un
tenseur du même ordre.
Exemple 14.9.1. Soit tij un tenseur, montrer que tij − tji est également un tenseur. Com-
mençons par montrer que si tij est un tenseur deux fois contravariant alors sa transposée tji
est aussi un tenseur deux fois contravariant :
′ ′ ′ ′
∂xi ∂xj kl
′ ′ j ′ i′ ∂xj ∂xi kl
∀i, j ti j = t ⇒ ∀i, j t = t
∂xk ∂xl ∂xk ∂xl
Par conséquent tji est un tenseur deux fois covariant, ainsi que tij − tji d’après le paragraphe
14.9.1 p. 141.
Exemple 14.9.2. Soit T un tenseur mixte, montrons que sa transposée est un tenseur. Les
composantes mixtes de T se transforment par changement de base selon :
′ ′
∂xi ∂xj ′ ∂xi ∂xi
tj i′ j
′
∀i, j =tjti j ′ i
⇒ ∀i, j = t i j′
∂xi ∂xj ′ ∂x ∂xj
Par conséquent TT est un tenseur.
contraction des indices fait passer un tenseur mixte d’ordre trois à un vecteur ou tenseur d’ordre
un.
′ ′
∂xl ∂xm ∂xk
= uijk i j n ′ xl′ ym′ z
n′
∂x ∂x ∂x
146 Algèbre tensorielle
est une relation vraie quels que soient les vecteurs x, y, z donc,
′ ′
∂xl ∂xm ∂xk
uijk
′ ′
∀l, m, n u l m n′ =
∂xi ∂xj ∂xn′
et les n3 quantités uijk sont les composantes mixtes d’ordre 3 d’un tenseur.
Théorème 14.9.2. Critère de tensorialité
Pour qu’un ensemble de np+q quantités ayant p indices supérieurs et q indices inférieurs
soit un tenseur, il faut et il suffit que leur produit complètement contracté par les composantes
contravariantes de p vecteurs quelconques et par les composantes covariantes de q vecteurs
quelconques donne un scalaire.
Exemple 14.9.7. Démontrons que le produit contracté des tenseurs U et V est invariant
par changement de base :
′
j′∂xj i ∂xk
∀j u = u ; ∀l vl′ = vk
∂xi ∂xl′
Le produit des composantes donne :
′
j′ ∂xj ∂xk i
∀j, l u vl′ = u vk
∂xi ∂xl′
Contractons des indices j et l :
′
j′ ∂xj ∂xk i
u vj ′ = u vk
∂xi ∂xj ′
= δik ui vk
= uk vk
uk vk est invariant par changement de base. C’est le produit scalaire des vecteurs U et V.
Une équation tensorielle vraie dans un système de coordonnées est vraie dans tout système
de coordonnées.
Exemple 14.10.1. Soit T un tenseur deux fois covariant, nul dans un système de coordon-
née :
∀i, ∀j, tij = 0
Alors, par changement de système de coordonnée :
′ ′
∂xk ∂xl
∀k, l tk′ l′ = tij
∂xi ∂xj
=0
et le tenseur T est nul dans tout système de coordonnées.
Exemple 14.10.2. Soit l’équation suivante,
∀i, j rijk sk = 3tkl
i ujk vl + wij
(2) Dans le plan euclidien en coordonnées polaires (ρ, θ), en se servant du tenseur métrique
de l’exemple 7.4.1 p. 55 :
2 2
ds2 = g11 dx1 + g22 dx2
= dρ2 + ρ2 dθ2
(3) Dans le plan euclidien en coordonnées obliques (x1 , x2 ) (Fig. 12.1 p. 97) :
2 2
ds2 = g11 dx1 + g12 dx1 dx2 + g21 dx2 dx1 + g22 dx2
Par symétrie du tenseur métrique (12) p. 51,
2 2
ds2 = g11 dx1 + 2g12 dx1 dx2 + g22 dx2
2 2
= dx1 + 2 cos α dx1 dx2 + dx2
(4) Dans un espace courbe. En partant de l’exemple 11.2.4 p. 91, en coordonnées sphériques
(r, θ, φ) sur une sphère de rayon r (la coordonnée r est fixe) :
ds2 = r 2 dθ2 + r 2 sin2 θ dφ2
Passons en coordonnées polaires (ρ, φ) à la surface de la sphère. On pose ρ = θr le
déplacement à la surface de la sphère :
ρ2 sin2 θ 2
ds2 = dρ2 + dφ
θ2
Exemple 15.1.2. Dans l’espace euclidien à trois dimensions :
(1) En coordonnées rectangulaires :
ds2 = δij dxi dxj
2 2 2
= dx1 + dx2 + dx3
= dx2 + dy 2 + dz 2
(2) En coordonnées cylindriques :
2 2 2
ds2 = g11 dx1 + g22 dx2 + g33 dx3
= dρ2 + ρ2 dφ2 + dz 2
(3) En coordonnées sphériques :
2 2 2
ds2 = g11 dx1 + g22 dx2 + g33 dx3
= dr 2 + r 2 dθ2 + r 2 sin2 θdφ2
Exemple 15.1.3. Déterminons l’expression du carré de l’élément linéaire d’espace en coor-
données sphériques de quatre façons différentes.
(1) En coordonnées rectangulaires, la relation suivante est toujours valide :
ds2 = dx2 + dy 2 + dz 2
Passons des coordonnées rectangulaires aux coordonnées sphériques :
x = r sin θ cos φ
y = r sin θ sin φ
z = r cos θ
Espace euclidien en coordonnées curvilignes 151
En différentiant :
dx = x,r dr + x,θ dθ + x,φ dφ
dy = y,r dr + y,θ dθ + y,φ dφ
dz = z dr + z dθ + z dφ
,r ,θ ,φ
dx = sin θ cos φ dr + r cos θ cos φ dθ − r sin θ sin φ dφ
dy = sin θ sin φ dr + r cos θ sin φ dθ + r sin θ cos φ dφ
dz = cos θ dr − r sin θ dθ
Soit :
dM = (sin θ cos φ ex + sin θ sin φ ey + cos θ ez ) dr
+ (r cos θ cos φ ex + r cos θ sin φ ey − r sin θ ez ) dθ
+ (−r sin θ sin φ ex + r sin θ cos φ ey ) dφ
= (sin θ cos φ dr + r cos θ cos φ dθ − r sin θ sin φ dφ)ex
+ (sin θ sin φ dr + r cos θ sin φ dθ + r sin θ cos φ dφ)ey
+ (cos θ dr − r sin θ dθ)ez
dont le produit scalaire avec lui-même donne l’expression cherchée :
dM · dM = sin2 θ cos2 φ + sin2 θ sin2 φ + cos2 θ dr 2
+ r 2 cos2 θ cos2 φ + cos2 θ sin2 φ + sin2 θ dθ2
+ sin2 θ sin2 φ + sin2 θ cos2 φ dφ2
ds2 = dr 2 + r 2 dθ2 + r 2 sin2 θdφ2
′
x1 = 3λ
C (λ) : (0 6 λ 6 2)
x2′ = 3λ + λ = 4λ
C’est l’équation d’une droite
′ ′
x2 = 34 x1
qui passe au point (0, 0) en λ = 0, et au point (6, 8) en λ = 2. La distance entre ces points vaut
√
62 + 82 = 10.
Il existe plusieurs définitions équivalentes d’une droite. Par exemple, c’est le chemin le plus
court entre deux points (segment de droite), donc tel que la variation première de la longueur de
ce chemin soit nulle. Dans un espace ponctuel rapporté à un système de coordonnées curviligne
(xi ), une courbe xi = xi (λ) est une droite ssi :
ˆ bv
u
u
tg dxi dxj
δ dλ = 0
a
ij dλ dλ
En posant le lagrangien
L = gij ẋi ẋj
nous avons
ˆ b
δ L ẋi dt = 0
a
D’après le principe de Hamilton cette relation donne le système des n équations d’Euler-
Lagrange :
!
d ∂L ∂L
∀i i
− i =0
dt ∂ ẋ ∂x
d ∂
∀i 2gij ẋj − i gij ẋi ẋj = 0
dt ∂x
d
∀i gij ẋj − 21 ∂i gkj ẋk ẋj = 0
dt
Exemple 15.3.1. Cherchons le système d’équations paramétriques pour une droite en coor-
données polaires. Le lagrangien a pour expression :
L(ρ̇, θ̇) = gρρ ρ̇2 + 2gρθ ρ̇θ̇ + gθθ θ̇2
= ρ̇2 + ρ2 θ̇2
Les équations d’Euler-Lagrange s’écrivent :
!
d ∂L ∂L
dt
− =0 2
ρ̈ − ρθ̇ = 0
∂ ρ̇ ∂ρ
! ⇒ d 2
d ∂L ∂L
ρ θ̇ = 0
− =0 dt
dt ∂ θ̇ ∂θ
Ce sont respectivement les termes d’accélération en eρ et eθ . Nous verrons p. 193 qu’une droite
peut aussi être définie comme la trajectoire d’un point ayant une accélération nulle.
Montrons que ce système d’équations différentielles donne bien une droite. En coordonnées
rectangulaires, l’équation d’une droite y = ax + b peut aussi s’écrire :
ax + by = c
En passant en coordonnées polaires :
aρ cos θ + bρ sin θ = c
ρ (a cos θ + b sin θ) = c
En dérivant par rapport au temps :
ρ̇ (a cos θ + b sin θ) + ρθ̇(−a sin θ + b cos θ) = 0
En dérivant à nouveau :
ρ̈ (a cos θ + b sin θ) + ρ̇θ̇(−a sin θ + b cos θ) + ρ̇θ̇(−a sin θ + b cos θ)
+ ρθ̈(−a sin θ + b cos θ) + ρθ̇2 (−a cos θ − b sin θ) = 0
ρ̈ − ρθ̇2 (a cos θ + b sin θ) + 2ρ̇θ̇ + ρθ̈ (−a sin θ − b cos θ) = 0
1 d 2
ρ̈ − ρθ̇2 (a cos θ + b sin θ) + ρ θ̇ (−a sin θ − b cos θ) = 0
ρ dt
156 Espace euclidien en coordonnées curvilignes
On retrouve bien 2
ρ̈ − ρθ̇ = 0
d 2
ρ θ̇ = 0
dt
e1 · e2 × e3 = ∂1 M · ∂2 M × ∂3 M
∂1 x ∂2 x ∂3 x
=
∂1 y · ∂2 y × ∂3 y
∂1 z ∂2 z ∂3 z
∂1 x ∂2 y∂3 z − ∂2 z∂3 y
= ∂1 y · ∂2 z∂3 x − ∂2 x∂3 z
∂1 z ∂2 x∂3 y − ∂2 y∂3 x
= ∂1 x(∂2 y∂3 z − ∂2 z∂3 y)
+ ∂1 y(∂2 z∂3 x − ∂2 x∂3 z)
+ ∂1 z(∂2 x∂3 y − ∂2 y∂3 x)
∂1 x ∂2 x ∂3 x
= det ∂1 y ∂2 y ∂3 y
∂1 z ∂2 z ∂3 z
(e1 · e2 × e3 )2 =
(x,1 )2 + (y,1)2 + (z,1 )2 x,1 x,2 + y,1 y,2 + z,1 z,2 x,1 x,3 + y,1y,3 + z,1 z,3
det x,2 x,1 + y,2 y,1 + z,2 z,1 (x,2 )2 + (y,2)2 + (z,2 )2 x,2 x,3 + y,2y,3 + z,2 z,3
x,3 x,1 + y,3 y,1 + z,3 z,1 x,3 x,2 + y,3 y,2 + z,3 z,2 (x,3 ) + (y,3 ) + (z,3 )
2 2 2
e1 · e1 e1 · e2 e1 · e3
= det e2 · e1 e2 · e2 e2 · e3
e3 · e1 e3 · e2 e3 · e3
= det[gij ]
d’où :
q
e1 · e2 × e3 = det[gij ]
158 Espace euclidien en coordonnées curvilignes
Nous avons vu au chapitre 13 p. 103 que lorsque le système de coordonnées est curviligne,
qu’il soit orthogonal ou non, nous ne pouvons plus lui associer de base globale. Nous avons alors
définit une base locale, la base naturelle, dont les vecteurs de base sont fonction des coordonnées
du point où l’on se trouve. Nous avons effectuer des changements de base en restant au même
point, par changement de système de coordonnées.
Nous nous intéressons maintenant au changement de base lorsque l’on passe d’un point à
un autre infiniment proche, en restant dans le même système de coordonnées. Les vecteurs de
la nouvelle base naturelle locale tournent et changent de norme en passant d’un point à un
autre. Ils sont bien entendu exprimés dans l’ancienne base naturelle locale, seule base connue
a priori. Pour rester dans l’ancienne base naturelle locale, nous utiliserons le calcul différentiel
au voisinage de l’origine de cette ancienne base.
comparer ces tenseurs, il convient d’étudier comment le repère naturel varie quand on passe
d’un point M à un point infiniment voisin.
Problème. L’espace euclidien En étant rapporté à un système de coordonnées curvilignes
(ui), pour lequel l’élément linéaire de l’espace est
ds2 = gij dui duj
déterminer, par rapport au repère naturel (M, ei ), le repère naturel infiniment voisin (M +
dM , ei + dei ).
Autrement dit, cherchons l’expression des vecteurs infinitésimaux dM et dei . Le premier
est donné par la relation (3) p. 24 :
dM = ei dui
Pour le second, appelons ω j les composantes contravariantes (cherchées) du vecteur dei :
Tout vecteur dei est fonction du vecteur déplacement dM . Les ωij sont donc des combinaisons
linéaires des différentielles duk (ceci devient évident avec l’exemple 15.5.1 p. 159)
Nous avons :
∀i dei = Γi j k ej duk
∀i ∂k ei duk = Γi j k ej duk
Le tenseur métrique abaisse l’indice haut entre les deux indices bas. C’est pourquoi nous laissons
une espace entre le i et le k. De même, nous écrirons :
La connaissance des n3 fonctions Γi j k est donc équivalente à celle des n3 fonctions Γijk . Comme
seul l’indice central monte ou descend, la notation Γjik sous-entend que l’indice du haut descend
entre les deux indices du bas.
∀i, j, k Γijk = 1
2
(gjk,i + gij,k − gik,j ) (84)
Avec les relations (77) p. 160, les symboles de deuxième espèce ont pour expression :
Pour les symboles de Christoffel de deuxième espèce nous utilisons les relations (87) :
ρ ρ
Γρ ρ = (gρρ )−1 Γρρρ
Γρ ρ = 0
Γθ θθ = (gθθ )−1 Γθθθ
Γθ θθ = 0
Γρ ρθ = (gρρ )−1 Γρρθ
Γρ ρθ = Γθ ρρ =0
⇒
Γθ θρ = (gθθ )−1 Γθθρ
Γθ θρ = Γρθ θ = ρ−1
Γρ θρ = (gθθ )−1 Γρθρ
Γρ θρ =0
ρ Γ ρ = −ρ
Γθ θ = (gρρ )−1 Γθρθ θ θ
De même :
Γφφφ = 21 ∂φ ρ2 = 0
Avec i = j = φ 6= k :
(
Γφφρ = 12 ∂ρ ρ2 Γφφρ = ρ
⇒
Γ
φφz = 1
∂ ρ2
2 z
Γφφz = 0
Pour les symboles de Christoffel de deuxième espèce, avec i = j = k = φ, les relations (87)
donnent :
Γφ φφ = g φφ Γφφφ = 0
Avec i = j = φ 6= k :
φ φ
Γ
φ ρ = g φφ Γφφρ Γ
φ ρ = ρ−2 ρ = ρ−1
⇒
Γ φ = g φφ Γφφz Γ φ =0
φ z φ z
164 Espace euclidien en coordonnées curvilignes
De même,
et :
Les symboles de Christoffel ne sont pas des tenseurs à cause de la présence du second terme du
membre de droite. De même :
′
∂xj
∀i ei = ej ′
∂xi
′ ′!
∂xj ∂xj
∀i dei = dej ′ + d ej ′
∂xi ∂xi
′ ′ !
∂xj l′ ∂xj
∀i ωik ek = ω el ′ + d ej ′
∂xi j
′
∂xi
′ ′ !
∂xj l′ ∂xk ∂xj ∂xk
= ω j ′ ek + d ek
∂xi ∂xl ′
∂xi ∂xj ′
′ ′ !
∂xj ∂xk l′ ∂xk ∂xj
∀i, k ωik = ω + d
∂xi ∂xl′ j
′
∂xj ′ ∂xi
′ ′
∂xj ∂xk ′ ∂xk ∂ 2 xj
n′
∀i, k Γi km
du = m
Γj ′ l n ′
du + j ′ dum
∂xi ∂xl′ ∂x ∂xm ∂xi
′ n′ ′
∂xj ∂xk l′ ∂x m ∂xk ∂ 2 xj
= Γj ′ n′ m du + j ′ dum
∂xi ∂xl′ ∂x ∂x ∂x ∂xm i
′ n′ ′
k ∂xj ∂xk ∂x l′ ∂x ∂ 2 xj
k
∀i, k, m Γi m = Γ ′ ′ + j′ (88)
∂xi ∂xl′ ∂xm j n ∂x ∂xm ∂xi
Dans un espace ponctuel En rapporté au système de coordonnées (xi ), soit une courbe
C (λ) d’équations paramétriques xi = xi (λ). Une variation infinitésimale dλ du paramètre fait
passer d’un point de la courbe à un autre point de la courbe infiniment proche. Soit un champ
166 Espace euclidien en coordonnées curvilignes
de vecteurs u[ui (xj (λ))] défini le long de C . Dérivons par rapport au paramètre λ la loi de
transformation par changement de base naturelle des composantes contravariantes de ce champ
de vecteurs le long de la courbe C (λ) :
′
i′ ∂xi j
∀i u = u
∂xj " #
′ ′ i′
dui duj ∂xi d ∂x
∀i = + uj (xk )
dλ dλ ∂xj dλ ∂xj
′ ′
duj ∂xi 2 i
j ∂ x dxk
= + u
dλ ∂xj ∂xk ∂xj dλ
la relation de transformation doit être valable quel que soit le changement de coordonnées.
Exemple 15.6.1. Soit u(λ) = dx/dλ le champ de vecteurs tangents le long de la courbe
C (λ) de paramètre λ. La courbure de C (λ) est donnée par :
du
κ=
dλ
du/dλ n’étant pas un tenseur, la courbure ne sera pas invariante si l’on passe en coordonnées
curvilignes. Or la courbure est une notion intrinsèque, indépendante du système de coordonnées.
Il faut donc redéfinir la dérivation des vecteurs, donc des tenseurs.
′
′ ∂xi
∀i ui = uj
∂xj !
i′ i′
∂u ∂ j ∂x
∀i, k = k′ u
∂xk′ ∂x ∂xj
′ !
∂ ∂xi ∂xl
= l uj
∂x ∂xj ∂xk′
′ ′
∂uj ∂xi ∂xl 2 i
j ∂ x ∂xl
= + u
∂xl ∂xj ∂xk ′
∂xl ∂xj ∂xk′
Remarque 15.8.3. Les ui,k ne sont donc pas les composantes mixtes d’un tenseur d’ordre deux.
v = cste
dv = 0
dv j ej + v i dei = 0
dv j + v i ωij ej = 0
∀j dv j = −v i ωij
u · v = ui v i
d (u · v) = d ui v i
du · v + u · dv = duiv i + uj dv j
du · v = duiv i + uj dv j
du · ei v i = dui − uj ωij v i
∀i du · ei = dui − uj ωij
∀i Dui = du · ei (91)
Remarque 15.8.4. Les dui ne sont pas les composantes covariantes d’un vecteur.
Remarque 15.8.5. Les ui,k ne sont pas les composantes deux fois covariantes d’un tenseur d’ordre
deux.
∀k u,k = ∇k ui ei
Notation 15.9.1. Il existe deux notations pour la dérivée covariante des composantes contrava-
riantes :
∀i, k ui ; k , ∇k ui
∀i, k ∇k ui , ui,k − uj Γi j k
∀i, k ∇k ui = u,k · ei
Notation 15.9.2. Il existe deux notations pour la dérivée covariante des composantes cova-
riantes :
ui ; k , ∇k ui
Dans un espace ponctuel En rapporté à un système de coordonnées (xi ), soit C (λ) une
courbe d’équation paramétrique xi = xi (λ). Soit un champ de vecteurs u[ui (xj (λ))] défini le
long de C (λ). À partir des relations (90) p. 167, on définit la dérivée absolue par rapport au
paramètre λ du champ de vecteurs u le long de la courbe C (λ), par :
où ei n’est jamais fonction du temps. Il relie l’origine de l’ancien repère à l’origine du nouveau
repère, et n’est exprimé que dans l’ancienne base. Par conséquent, dans la base naturelle locale
(ei ), sa différentielle est donnée par la relation (3) p. 24
dM = dxi ei
et non par la définition 15.8.2 p. 167. Le vecteur vitesse a alors pour expression :
dM
v,
dt
dxi
ei
v i ei =
dt
dxi
∀i v i = (94)
dt
Le vecteur accélération a pour expression :
dv
γ,
dt
i Dv i
γ ei = ei
dt
Dv i
∀i γ i =
dt
dv i
∀i γ i = + Γk ij v k v j (95)
dt
Remarque 15.10.1. Le vecteur dérivée absolue d’un vecteur le long d’une courbe est unique. En effet,
supposons qu’il y en ait deux, alors en coordonnées rectilignes ou les symboles de Christoffel sont nuls, nous
aurions :
Du du δu du Du δu
= et = implique =
dλ dλ δλ dλ dλ δλ
Or d’après le paragraphe 14.10 p. 146, une équation tensorielle valable dans un système de coordonnées et valable
dans tout système de coordonnées.
Exemple 15.10.1. Une particule se déplace d’un mouvement circulaire uniforme ayant pour
équations en coordonnées polaires ρ = cste , θ = ωt. Cherchons l’expression de son accélération.
En se servant des symboles de Christoffel calculés dans l’exemple 15.5.2 p. 162 :
d2 ρ dθ dθ
γ
ρ
= 2
+ Γθ ρθ γ ρ = −ρθ̇2 = −ρω 2
dt dt dt ⇒
d 2
θ dθ dρ γ θ =0
γ θ = + Γθ θρ
dt2 dt dt
D’après la définition 6.6.1 p. 49 de la norme d’un vecteur :
γ2 = γ · γ
= γ i ei · γ j ej
q
γ= gij γ i γ j
q
= gρρ γ ρ γ ρ
= ρω 2
172 Espace euclidien en coordonnées curvilignes
L’accélération du point M est nulle ssi sa trajectoire est une géodésique de En . D’après (94)
et (95), les coordonnées xi (t) d’une géodésique de En sont solutions du système d’équations
différentielles :
d2 xi k
i dx dx
j
∀i = 1, . . . , n + Γk j =0 (96)
dt2 dt dt
Soit u le vecteur unitaire tangent à la trajectoire du point M et s l’abscisse curviligne. On le
définit à partir du vecteur vitesse,
dM
v=
dt
dM ds
=
ds dt
= uv
où l’on a posé :
dM
u, (97)
ds
Le vecteur u est unitaire puisque
v
u=
v
Il a pour composantes :
dxi
∀i ui =
ds
Adoptons comme paramètre indépendant à la place du temps, l’abscisse curviligne s du point
M le long de la géodésique de En , comptée à partir d’une origine fixe. Le système d’équations
différentielles (96) devient
dui
∀i = 1, . . . , n + Γk ij duk duj = 0 (98)
ds
où u est le vecteur unitaire tangent porté par la géodésique.
15.11.1 Exemples
Exemple 15.11.1. En coordonnées rectilignes, donc dans un espace euclidien, les gij étant
constants les symboles de Christoffel sont nuls. Le système d’équations différentielles (96)
s’écrit :
d2 xi
∀i =0
ds2
dxi
∀i = ai
ds
∀i xi = ai s + bi
Dans l’espace ponctuel euclidien E2 (le plan) rattaché au système de coordonnées (x, y) :
(
x = a1 s + b1 s
= (x − b1 )/a1
⇒ a2 a2 ⇒ y = ax + b
y = a2 s + b2 y =
x + b2 − b1
a1 a1
Espace euclidien en coordonnées curvilignes 173
Le long de la droite :
v
u" !#2 !2 !2
ds u d a a dλ
t
= +
dλ dλ cos(λ) cos(λ) dλ
v
u
u
ta2 sin2 λ a2
= +
cos4 λ cos2 (λ)
s
a2 a
= =
cos4 λ cos2 (λ)
dλ cos2 (λ)
=
ds a
Ainsi, pour toute fonction x(λ) le long de la droite :
dx(λ) dx dλ
=
ds dλ ds
cos2 (λ) dx
=
a dλ !
d2 x(λ) d cos2 (λ) dx dλ
=
ds2 dλ a dλ ds
!
−2 cos(λ) sin(λ) dx cos2 (λ) d2 x cos2 (λ)
= +
a dλ a dλ2 a
cos4 (λ) d2 x 2 sin(λ) cos3 (λ) dx
= −
a2 dλ2 a2 dλ
L’équation de droite pour ρ(λ) s’écrit :
!2
d2 ρ ρ dθ dθ cos4 (λ) d2 ρ 2 sin(λ) cos3 (λ) dρ cos4 (λ) dθ
+ Γθ θ = − + (−ρ)
ds2 ds ds a2 d(λ)2 a2 dλ a2 dλ
cos4 (λ) ′′ ′ ′2
= ρ − 2ρ tan(λ) − ρθ
a2 !
cos4 (λ) a cos3 (λ) + 2a sin2 (λ) cos(λ) 2a sin(λ) a
= − tan(λ) −
a2 cos4 (λ) cos2 (λ) cos(λ)
=0
174 Espace euclidien en coordonnées curvilignes
Les considérations du paragraphe 15.8 p. 167 sur la différentielle absolue d’un vecteur
s’étendent à un champ de tenseur. Soit En un espace ponctuel euclidien rapporté à un système
de coordonnées curvilignes (xi ). Soit un champ de tenseurs T d’ordre 3, deux fois covariant et
une fois contravariant, de composantes tkij :
T = tkij ei ⊗ ej ⊗ ek
Lorsque l’on passe d’un point à un point infiniment proche, les composantes tkij du tenseur T
changent, ainsi que le repère naturel ei ⊗ ej ⊗ ek :
dT = d tkij ei ⊗ ej ⊗ ek
= dtkij ei ⊗ ej ⊗ ek + tkij d ei ⊗ ej ⊗ ek
d(tkij uiv j wk ) = dtkij uiv j wk − tkij ul ωli v j wk − tkij uiv l ωlj wk + tkij ui v j wl ωkl
= dtkij uiv j wk − tklj ui ωil v j wk − tkil ui v j ωjl wk + tlij uiv j wk ωlk
= dtkij − tklj ωil − tkil ωjl + tlij ωlk ui v j wk
∀i, j, k Dtkij = dtkij − tklj ωil − tkil ωjl + tlij ωlk (99)
Démonstration. Appliquons les relations (99) p. 175 à un tenseur deux fois covariant :
∀i, j Dgij = dgij − ωjk gik − ωik gjk
Or :
∀i, j gij = ei · ej
∀i, j dgij = ei · dej + dei · ej
= ei · ωjk ek + ωik ek · ej
= ωjk gik + ωik gjk (100)
176 Espace euclidien en coordonnées curvilignes
Donc :
∀i, j Dgij = 0
∀i, j, k gij ; k = 0
Le tenseur métrique se comporte comme une constante vis à vis de la dérivation covariante.
Nous pouvons également le démontrer en utilisant les relations (81) p. 161 :
∀j ti δij = tj
∀j, k ti ; k δij + ti δij ; k = tj ; k
∀j, k tj ; k + ti δij ; k = tj ; k
∀i, j, k δij ; k = 0
∀i, j, k g ij; k = 0
∀i, j Dgij = 0
∀i, j ∇k gij dxk = 0
∀k, i, j ∇k gij = 0
X
∀k g ij gij,k = 2 Γhhk (101)
h
Remarque 15.15.1. Le cofacteur G(i, j) de l’élément gij est le déterminant de la sous-matrice obtenue
à partir de la matrice [gij ] par suppression de la ligne et de la colonne dans lesquelles l’élément gij apparaît, et
multiplication par (−1)i+j . Dans l’espace vectoriel E3 , pour i = 2 nous avons :
Remarquons que
∀j uj = g jiui
∀j gij uj = gij g jiui
∀i ui = gij g jiui
∀i, j gij g ji = 1 (102)
178 Espace euclidien en coordonnées curvilignes
si bien que
Xh i
∀k ∂k det[gij ] = G(i, j) gij g ij gij,k
j
X
= det[gij ] g ij gij,k
j
ij
= det[gij ]g gij,k
q
∀k Γi ik = ∂k ln | det[gij ]|
∀i ∂i φ , grad φ · ei
div u , ui ; i = ∇i ui (104)
div u , ui ,i + uj Γj i i
uj q
= ui ,i + q ∂j | det[gij ]|
| det[gij ]|
q
1 i
div u = q ∂i u | det[gij ]| (105)
| det[gij ]|
div u = ui ,i (106)
Espace euclidien en coordonnées curvilignes 179
∀i, j ui ; j = ui,j − uk Γi kj
∀i, j uj ; i = uj,i − uk Γi kj
si bien que :
D’après le paragraphe 14.9.1 p. 141, la soustraction de deux tenseurs est un tenseur, par consé-
quent les quantités,
∀i, j rotij u , ui,j − uj,i
antisymétrique
rotij u = −rotji u
Espace de dimension 3
Un tenseur antisymétrique d’ordre n possède n2 composantes, dont n(n − 1)/2 sont diffé-
rentes. Dans le cas d’un espace à trois dimensions, et seulement dans ce cas, 3(3 − 1)/2 = 3, le
nombres de composantes « strictes » du tenseur est égal à la dimension de l’espace :
0 u1,2 − u2,1 u1,3 − u3,1
rot u = −(u1,2 − u2,1 ) 0 u2,3 − u3,2
−(u1,3 − u3,1 ) −(u2,3 − u3,2 ) 0
À tout tenseur antisymétrique on peut adjoindre un vecteur ayant pour composantes les com-
posantes strictes du tenseur.
u3,2 − u2,3
rot u = u1,3 − u3,1
u2,1 − u1,2
Appliquons la dérivation covariante d’un tenseur deux fois covariant, en reprenant la définition
15.13.1 p. 175 :
∀i, k, m ∇m tik = ∂m tik − tlk Γi lm − til Γkl m
∇m (vi ; k ) = ∂m vi ; k − vi ; l Γk l m − vl ; k Γi lm
= ∂m vi,k − vj Γi j k − vi,l − vj Γi j l Γk l m − vl,k − vj Γl jk Γi lm
= vi,mk − vj ∂m Γi j k − Γi j k vj,m − Γk l m vi,l + vj Γi j l Γk l m − Γi lm vl,k + vj Γl jk Γi lm
∀k, p, q, r, s upq pq p tq q pt t pq t pq
rs ; k = urs,k + Γt k urs + Γt k urs − Γr k uts − Γs k urt
= tpr,k sqs + tpr sqs,k + Γt pk utq q pt t pq t pq
rs + Γt k urs − Γr k uts − Γs k urt
= tpr,k + Γt pk ttr − Γr t k tpt sqs + tpr sqs,k + Γt qk sts − Γst k sqt
= tpr ; k sqs + tpr sqs ; k
Exemple 15.18.3. La contraction des indices et la dérivée covariante commutent :
∀i, j, l rkij; l δjk = rk,l
ij
+ Γt il rktj + Γt jl rkit − Γkt l rtij δjk
ij
= rj,l + Γt il rjtj + Γt jl rjit − Γj t l rtij
ij
= rj,l + Γt il rjtj
= rjij; l
182 Espace euclidien en coordonnées curvilignes
Dans sa forme primitive, une variété est un ensemble amorphe de points. En général les
variétés sont continuement paramétrisables. Le nombre de paramètres indépendants pour spéci-
fier un point de l’ensemble est la dimension de la variété, et les paramètres sont les coordonnées
de la variété. Une variété n’est en fait qu’un espace, dans le sens général et mathématique du
terme.
La plupart des variétés en physique sont des variétés différentielles, ce qui signifie qu’elles
sont continues et différentiable dans le sens suivant : une variété est continue s’il existe au
voisinage de tout point d’autres points dont les coordonnées ne diffèrent qu’infinitésimalement.
Une variété est différentiable s’il est possible de définir un champ scalaire en tout point de la
variété qui puisse être partout différentié. L’association des points et des valeurs des paramètres
peut être vu comme une application allant des points de la variété vers les points d’un espace
euclidien de même dimension. Localement, une variété ressemble donc à un espace euclidien.
Exemple 16.1.1. L’espace euclidien de la mécanique classique est une variété différentielle
à trois dimensions. Les paramètres sont les trois coordonnées de position.
Exemple 16.1.2. L’espace-temps pseudo-euclidien de la relativité restreinte est une variété
différentielle à quatre dimensions. Les paramètres sont les trois coordonnées d’espace et celle
de temps.
Définition 16.1.1. Espace topologique
Un espace topologique est un ensemble de points sur lequel on définit la notion de voisinage en
chaque point, grâce à laquelle on définit les concepts de continuité, de limite et de connexité.
Définition 16.1.2. Homéomorphisme
Deux espaces topologiques sont homéomorphes s’il existe une fonction f d’un espace dans l’autre,
qui soit continue, bijective, et d’inverse continue.
Définition 16.1.3. Variété
Une variété Vn de dimension n, est un espace topologique dont le voisinage de chaque point est
homéomorphe à un espace euclidien En de même dimension n.
D’un point de vue topologique, ces espaces sont localement équivalents.
Définition 16.1.4. Variété différentielle
Une variété différentielle (ou différentiable) Vn est une variété sur laquelle on peut faire du
calcul différentiel.
184 Espaces riemanniens
Tous les termes sont des carrés de coefficients positifs, donc Q est positive et n’est nulle que
lorsque dx = dy = dz = 0, par conséquent elle est définie positive.
Exemple 16.2.3. La forme quadratique,
2 2 2
Q x1 , x2 , x3 = 8 x1 + x2 − 6x1 x3 + x3
n’est pas définie positive. En effet,
Q (1, 0, 3) = −1
Exemple 16.2.4. L’espace-temps de la relativité restreinte est un espace de Riemann pseudo-
euclidien.
Exemple 16.2.5. Dans un espace vectoriel, soit le champ de matrice suivant :
2
(x1 ) − 1 1 0
2
1 (x2 ) 0
64
0 0 9
Montrons que si cette matrice est un tenseur deux fois covariant, alors c’est un tenseur métrique.
A. Les éléments de la matrice sont des polynômes en x1 et x2 , donc de classe C 2 .
B. La matrice est symétrique
C. Par hypothèse la matrice est un tenseur deux fois covariant.
n h i o
2 2
D. det[g] = 64
9
(x2 ) (x1 ) − 1 − 1 6= 0
Nous avons vu, définition 6.2.3 p. 46, qu’un espace vectoriel est euclidien s’il admet une
base orthonormée globale, autrement dit si le tenseur fondamental [gij ] peut être ramené par
un changement de coordonnées à la forme :
∀i, j gij = δij
Cela n’est pas toujours possible car dans un espace à n dimensions, un changement de variables
fournit n fonctions xi = xi (xj ) alors qu’il en faudrait n(n + 1)/2 pour changer chaque élément
′ ′
d’une métrique riemannienne quelconque. L’espace euclidien est donc un cas particulier d’espace
riemannien, et il n’existe qu’un seul espace euclidien alors qu’il existe une infinité d’espaces
riemanniens. Si nous ne pouvons pas toujours ramener globalement un espace de Riemann à un
espace euclidien par changement de coordonnées, il est toujours possible de le faire localement en
un point, que nous noterons M0 . Cela revient à considérer l’espace euclidien tangent à l’espace
de Riemann en M0 . Les métriques de deux espaces tangents en un point sont par définition
égales. De plus, nous cherchons un espace tangent euclidien, dont le tenseur métrique noté ḡij
est tel que :
∀i, j, k ∂k ḡij = 0
Par changement de variables dans En , y i = y i(xj ), utilisons les mêmes coordonnées (xi ) que
celles de Rn . La métrique de En s’écrit à présent :
Pour l’instant nous avons fixé la métrique de l’espace euclidien en un seul point, le point m0 .
Prenons une métrique constante (dont les composantes ne sont pas des fonctions explicites ou
implicites des coordonnées) pour l’espace En entier, qui soit en tout point égale à (ḡij )m0 . C’est
le plus simple et cela nous assure que l’espace que nous avons contruit est bien euclidien. Notons
(ēi ) sa base :
Supposons qu’à tout point M(xi ) du voisinage de M0 (xi0 ) dans Rn , nous fassions corres-
pondre un point m du voisinage de m0 dans En , tel que :
h i
m0 m , xi − xi0 + Ψi2 (xr − xr0 ) ēi
h i
, dxi + Ψi2 (dxr ) ēi (109)
où les fonctions Ψi2 sont du deuxième ordre par rapport aux variables (xr − xr0 ), pour xr −
xr0 voisins de zéro. Cette correspondance définit une représentation du premier ordre pour le
voisinage de M0 . Le point m est l’image de M dans cette représentation, et m0 est l’image de
M0 .
D’après cette relation, m a pour coordonnées xi dans la base (m0 , ēi ). On vérifie ainsi que
le système de coordonnées curvilignes (xi ) de Rn constitue aussi un système de coordonnées
curvilignes de l’espace euclidien au voisinage de m0 . On vérifie également que la base naturelle
de En est définie par les (ēi ) :
∂m0 m ∂ h i i
i r r
i
∀i = x − x0 + Ψ 2 (x − x0 ) ēi
∂xi ! ∂xi
∂m
∀i = ēi (110)
∂xi m0
188 Espaces riemanniens
où les fonctions Θi2 sont du deuxième ordre par rapport aux variables xr − xr0 , pour xr − xr0
′ ′ ′ ′
voisins de zéro. Sa forme étant indépendante du système de coordonnées utilisé, elle présente
un caractère intrinsèque.
Pour que la métrique euclidienne tangente présente elle aussi un caractère intrinsèque, l’éga-
lité (108) p. 187 doit être également vérifiée dans le nouveau système de coordonnées :
∀k, l ḡk′l′ = (gk′l′ )M0
D’après les relations (68) p. 139, par changement de système de coordonnées, le tenseur métrique
de l’espace euclidien tangent En se transforme en tout point selon la loi :
′ ′
∂xk ∂xl
∀i, j ḡij = ḡk′ l′
∂xi ∂xj
Par conséquent, il faut aussi que dans l’espace de Riemann Rn nous ayons en tout point
′ ′
∂xk ∂xl
∀i, j gij = gk ′ l ′
∂xi ∂xj
et c’est ce que nous poserons. En effet, dans ce cas d’après (108) p. 187
∀i, j ḡij = (gij )M0
′ ′ ′ ′
∀i, j ∂i xk ∂j xl ḡk′l′ = ∂i xk ∂j xl (gk′ l′ )M0
∀k, l ḡk′ l′ = (gk′ l′ )M0
et l’égalité est conservée par changement de système de coordonnées. Nous pouvons alors, grâce
au caractère instrinsèque de la représentation du premier ordre et de la métrique euclidienne
tangente, étendre aux espaces riemanniens des notions géométriques d’origine euclidienne.
Produit scalaire
Le produit scalaire de deux vecteurs attachés au même point M d’un espace de Riemann
de tenseur métrique [gij ], est donné par :
v · w = (gij )M v i w j
Distance dans Rn
Le carré de la distance élémentaire entre deux points M0 et M infiniment proches dans
l’espace de Riemann est égale à la distance élémentaire euclidienne des deux points images :
Par intégration de la distance élémentaire, on déduit la longueur d’un arc de courbe dans l’espace
de Riemann. Le carré de la distance pouvant être négatif si l’espace est pseudo-riemannien, on
introduit la fonction ε telle que,
pour avoir :
En notation matricielle :
!2 !T !
ds dxi dxj
ε = [gij ]
dλ dλ dλ
(2λ − 1)2 − 1 1 0 2
2
= 2 4λ 3λ2 1 (2λ2 ) 0 4λ
64 2
0 0 9
3λ
!2
ds
= 64λ6 + 64λ4 + 16λ2
dλ
2
= 8λ3 + 4λ
ds
= 8λ3 + 4λ
dλ
ˆ 1 ˆ 1 h i1
Γ(λ) = ds = 8λ3 + 4λ dλ = 2λ4 + 2λ2 =4
0
0 0
!2 !T !
ds dxi dxj
ε = [gij ]
dλ dλ dλ
" # !
1/λ2 0 1
= 0 1
0 1/λ2 0
1
=
λ2
donc ε = 1.
2 2
dλ
ˆ ˆ
Γ= ds = = ln 2
1 1 λ
Volume dans Rn
Le volume élémentaire d’origine M est donné par :
q
dV = | det[gij ]| dx1 . . . dxn
q
= | det[ḡij ]| dx1 . . . dxn
où le déterminant det[gij ] est fonction des coordonnées du point M. Par intégration on déduit
le volume d’un domaine de dimension n :
ˆ q n
Y
V= | det[ḡij ]| dxi
i=1
Espaces riemanniens 191
il faudrait avoir
∀i, j, k Γk i j = Γ̄k ij
M0 m0
On en déduit :
∀i, j, k Γk i j = Γ̄k ij
M0 m0
Nous pouvons alors étendre la notion de différentielle absolue aux espaces de Riemann. Quel
que soit le point m0 , nous avons :
∀i Dv i = dv i + v j ω ij
Si le champ de vecteur est défini par ses composantes covariantes vi , sa différentielle absolue
a pour composantes covariantes :
∀i Dvi = dvi − vj ω ji
De même, on généralise aux espaces de Riemann la notion de dérivée covariante d’un vecteur.
Les quantités,
∀i, k v i ; k = v i,k + v j Γj i k
sont les composantes mixtes du tenseur dérivée covariante en fonction des composantes contra-
variantes du vecteur v.
Si le champ de vecteur est défini par ses composantes covariantes, les quantités,
∀i, k vi ; k = vi,k − vj Γi j k
sont les composantes deux fois covariantes du tenseur dérivée covariante en fonction des com-
posantes covariantes du vecteur v.
Ces formules de dérivées covariantes sont généralisées aux dérivées covariantes des tenseurs
riemanniens.
Espaces riemanniens 193
formant un même angle avec une géodésique seront dits parallèles. Les géodésiques constituent
l’extension en géométrie de Riemann des droites de l’espace euclidien. Elles possèdent la même
courbure locale que l’espace lui-même. Les systèmes de coordonnées construits avec les géodé-
siques d’un espace courbe sont appelés systèmes de coordonnées géodésiques (voir le paragraphe
16.6.6 p. 202). Un système de coordonnées rectilignes, dit cartésien, est un système de coor-
données géodésiques de l’espace euclidien (construit avec des droites qui sont des géodésiques
de l’espace euclidien).
Si nous adoptons pour paramètre indépendant l’abscisse curviligne s le long de la géodésique,
le vecteur u de composantes dxi /ds est un vecteur colinéaire à dM et unitaire :
kuk = u · u
= ui ui
= dxi dxi /(ds2 )
= gij dxj dxi /(ds2 )
=1
Il est tangent à la courbe, comme l’est la vitesse (voir (97) p. 172), les équations (112) donnent :
d2 xi
∀i + Γk ij uk uj = 0
ds2
En relativité générale, la présence de matière et/ou d’énergie (le tenseur impulsion-énergie)
change la métrique de l’espace-temps. d2 xi /ds2 est la quadriaccélération de l’espace-temps plat
pseudo-euclidien de la relativité restreinte, et Γk ij uk uj est la courbure de l’espace-temps. Nous
avons :
d2 xi
∀i m 2 = −mΓj i k uk uj (113)
ds
La force gravitationnelle de Newton est remplacée par le terme −mΓj i k uk uj de courbure de
l’espace-temps. Les particules libres suivent une géodésique de l’espace-temps (quadri-espace
de Riemann R4 ). Le tenseur métrique est le potentiel du champ de gravitation car sa dérivée
donne l’intensité du champ de gravitation Γj i k (relations (85) p. 161).
Dans les espaces euclidiens et pseudo-euclidiens toute droite est à la fois une trajectoire
à accélération nulle (donc une géodésique) et un extremum de longueur entre deux points de
cette droite. Il en va de même en géométrie riemannienne.
Théorème 16.4.1. Géodésique
L’arc de courbe joignant deux points a et b de Rn est une géodésique ssi sa longueur est
extrémale.
ˆ tb s
dxi dxj
d gij dt = 0
ta dt dt
Posons également que les points m de l’espace euclidien et les vecteurs des repères naturels
dans En vérifient les relations différentielles :
dm = dxi ei
(116)
∀i dei = Γkhi dxk eh
M
où les symboles de Christoffel au point M sont évalués dans l’espace de Riemann et ne dépendent
que du paramètre t.
L’intégration du système différentiel (116) pour obtenir m(t) et les ei (t) avec les conditions
initiales que nous nous sommes données, fait alors correspondre à la courbe C de Rn , une
courbe Γ de En , appelée développement de la courbe C sur l’espace euclidien.
La modification des conditions initiales revient à effectuer un déplacement quelconque de
la courbe Γ dans l’espace euclidien. Par suite, Γ se trouve définie à un déplacement près dans
En , et est indéterminée en orientation.
où les symboles de Christoffel sont évalués sur la courbe C, c’est-à-dire pour xα = 0. À tout
point P (xi ) au voisinage d’un point M de C, faisons correspondre un point p au voisinage du
point m de C̄, en posant
h i
mp = xip − xim + 21 Γj i k xjp − xjm xkp − xkm + Φi3 xrp − xrm ei (118)
où les fonctions Φi3 sont du 3e ordre par rapport aux variables xrp − xrm pour xrp − xrm voisins de
zéro. Le point m décrivant la courbe C̄, ses coordonnées sont telles que :
(
x1m = t
xαm = 0
Le point p étant au voisinage de m :
(
x1p = x1m
xαp 6= 0
La relation (118) devient :
h i
mp = xβp eβ + 1
2
Γγi δ xγp xδp + Φi3 xǫp ei (119)
198 Espaces riemanniens
Le point p de En se trouve défini comme fonction des n variables (xi ). Les (xi ) constituent donc
aussi un systéme de coordonnées curvilignes pour En dans le voisinage de C̄. Pour ce système
de coordonnées, le repère naturel en m(t, xα = 0) est défini par :
!
∂p dm
= = e1
∂x1 α =0 dy 1
!x (120)
∂p
= eβ
∂xβ xα =0
Ce repère naturel coïncide avec le repère (m, ei ) du développement de la courbe dans l’espace
ponctuel euclidien En . La métrique de En dans le système de coordonnées (xi ), admet donc pour
coefficients en m les produits scalaires ei · ej .
Montrons qu’en tout point de la courbe C, ces coefficients sont égaux à ceux de la métrique
riemannienne. Avec la seconde relation de (117) nous avons :
d(ei · ej ) = dei · ej + ei · dej
= Γki h eh · dej dxk + Γkhj eh · dei dxk
M M
h i
= Γki h ghj + Γkhj ghi dy k
M M
= dgij
Les quantités ei · ej et gij satisfont donc au même système différentiel. Or, d’après la relation
(115) p. 196, les conditions initiales sont les mêmes. Il en résulte
ei · ej = gij
identiquement quand M décrit C. Les métriques euclidienne et riemannienne sont donc tan-
gentes en tous point de C.
Pour monter qu’elles sont osculatrices (tangentes à l’ordre deux), il faut monter que les
symboles de Christoffel en m dans En sont égaux à ceux en M dans Rn . Pour la première
coordonnée, d’après les relations (117) p. 197 et (120) :
! !
∂2p d ∂p
= 1
∂xi ∂x1 xα =0
dx ∂xi xα =0
∂ei
Γ1hi eh = 1
∂x
M
= Γ1hi α eh
x =0
Γ1hi = h
Γ1 i α
M x =0
(Le facteur 21 disparait car la somme dans (119) donne deux termes). Les métriques sont donc
osculatrices, et la métrique euclidienne obtenue est appelée métrique euclidienne de raccorde-
ment le long de C.
Sous cette hypothèse, pour une fonction scalaire f (xi ) deux fois continûment différentiable des
xi , nous avons :
dδf = d ∂i f δxi
= ∂ij f δxi dxj + ∂i f dδxi
= ∂ji f dxj δxi + ∂j f δdxj
= δ ∂j f δxj
= δdf
La fonction f pouvant être par exemple un changement de variables, on en déduit que le
caractère échangeable de deux symboles de différentiation subsiste par un changement arbitraire
des variables xi .
Soit M(xi ) un point de Rn :
— la différentiation d fait passer de M(xi ) à M1 (xi + dxi ) = M + dM
— la différentiation δ fait passer de M(xi ) à M2 (xi + δxi ) = M + δM
Nous supposerons que dM et δM ne sont pas colinéaires, c’est-à-dire que dxi et δxi ne sont
pas proportionnels.
— de M1 (xi + dxi ), la différentiation δ fait passer au point M3 (xi + δxi + dxi + δdxi )
— de M2 (xi + δxi ), la différentiation d fait passer au point M4 (xi + dxi + δxi + dδxi )
D’après les relations (121) p. 199, les points M3 et M4 sont confondus. Le circuit fermé formé
des quatre points M, M1 , M3 , M2 est appelé quasi-parallélogramme.
Le tilde indique la forme différentielle prise par ω pour les δxi . Puis, lorsque dans Rn on passe du
point M2 au point M3 , dans En on passe au repère (m + δm + dm + dδm, ei + δei +dei + dδei ).
200 Espaces riemanniens
′ ′
∂xj ∂xj
∀i dδei − δdei = dδej ′ − δdej ′
∂xi ∂xi
′
∂xj
= (dδej ′ − δdej ′ )
∂xi
′
∂xj k′
∀i Ωhi eh = Ω ek′
∂xi j
′
∂xj k′ ∂xh
= Ω eh
∂xi j ∂xk′
′
∂xj ∂xh k′
∀h, i Ωhi = Ω
∂xi ∂xk′ j
— et d’autre part
∀h, i ω̃ik ωkh − ωik ω̃kh = Γsk i δxs Γrh k dxr − Γrk i dxr Γsh k δxs
= Γsk i Γrh k − Γrk i Γsh k dxr δxs
nous avons :
∀h, i Ωhi = ∂r Γsh i − ∂s Γrh i dxr δxs + Γsk i Γrh k − Γrk i Γsh k dxr δxs
= ∂r Γsh i − ∂s Γrh i + Γsk i Γrh k − Γrk i Γsh k dxr δxs
En posant :
Nous avons :
∀i, h Ωhi = Ri h,rs dxr δxs
Les dxr et les δxs étant les composantes contravariantes de deux vecteurs arbitraires, et les Ωhi
étant les composantes mixtes d’un tenseur d’ordre deux, il en résulte que les quantités Ri h,rs
sont les composantes d’un tenseur d’ordre quatre, trois fois covariant et une fois contravariant.
A ce tenseur antisymétrique par rapport aux indices r et s, on donne le nom de tenseur de
Riemann-Christoffel ou tenseur de courbure de l’espace riemannien Rn .
202 Espaces riemanniens
Etant donnée une forme différentielle quadratique arbitraire, pour qu’elle soit la métrique
d’un espace euclidien, il est nécessaire que les conditions suivantes soient satisfaites :
∀h, i, r, s Ri h,rs = 0 (124)
Dans ce cas, l’orientation du repère ne dépend pas du chemin suivi (par exemple le long d’un
parallélogramme), et les conditions (71) p. 158 est intégrable.
Lorsque la variété correspondante est topologiquement équivalente à l’espace euclidien, on
démontre que ces conditions sont suffisantes. Lorsque la variété correspondante n’est pas to-
pologiquement équivalente à l’espace euclidien, si les conditions (124) sont satisfaites, l’espace
riemannien est dit localement euclidien : ses propriétés purement locales ne diffèrent pas de
celles d’un espace euclidien.
∀i, j, r, s Rij,rs = 12 (∂ri gsj + ∂sj gri − ∂rj gsi − ∂si grj ) − Γsk i Γrkj + Γrk i Γskj (125)
Les équations (112) p. 193 d’une géodésique nous donnent l’expression de la dérivée seconde
des coordonnées de la géodésique xi (s) par rapport à s au point M,
! ! !
d2 xi i dxk dxj
∀i = −Γk j
ds2 M
ds M
ds M
si bien que :
∀i xi = ai + sui − 12 s2 Γk ij uk uj + . . .
M
Si l’on se place dans le système de coordonnées ayant pour centre M en effectuant le changement
de système de coordonnées
′
∀i xi = xi − ai
nous avons
′
∀i xi = sui − 21 s2 Γk ij uk uj + . . .
M
Définition 16.6.1. Coordonnées riemanniennes
Les coordonnées riemanniennes y i au voisinage du point M(ai ) sont définies par :
∀i y i , sui (126)
Les coordonnées riemanniennes ne conservent que la partie linéaire des coordonnées cur-
vilignes en prenant les tangentes aux géodésiques, et reviennent à effectuer le changement de
coordonnées :
′
∀i y i = xi + 12 s2 Γk ij uk uj
M
Les relations (81) p. 161 donnent les dérivées partielles des composantes du tenseur métrique :
∀i, j, k (∂k gij )M = (Γjik )M + (Γijk )M
=0
D’après les équations (113) p. 194 le champ gravitationnnel de la mécanique non relativiste
est la courbure de l’espace-temps de la relativité générale. En un point arbitraire de l’espace-
temps, le système de coordonnées riemanniennes ou coordonnées localement géodésiques permet
d’éliminer localement autour de ce point la courbure de l’espace-temps, donc le champ gravi-
tationnel. En mécanique non relativiste, l’égalité entre masse grave et masse inerte entraine
l’égalité locale entre forces d’inertie et force de gravitation : c’est le principe d’équivalence
entre ces forces. Le choix toujours possible d’un système de coordonnées riemanniennes est
l’expression du principe d’équivalence en relativité générale. En mécanique relativiste et non
relativiste on parle de système de référence localement inertiel.
si bien que :
∀h, r, s ∇r ∇s v h − ∇s ∇r v h = v i ∂r Γi hs − v i ∂s Γi hr
+ Γi hs ∂r v i − Γi hr ∂s v i + Γkhr ∂s v k − Γkhs ∂r v k
+ v i Γi ks Γkhr − v i Γi kr Γkhs
= v i ∂r Γi hs − ∂s Γi hr
+ Γi hs ∂r v i − Γi hr ∂s v i + Γi hr ∂s v i − Γi hs ∂r v i
+ v i Γi ks Γkhr − Γi kr Γkhs
La dérivée seconde d’un vecteur dépend du chemin suivi à cause de la courbure non nulle de
l’espace-temps.
Les composantes Rij,rs étant antisymétriques par rapport à i et j d’une part, r et s d’autre
part, la contraction de i avec j ou de r avec s conduit à des tenseurs identiquement nuls, en
composantes covariantes comme en composantes contravariantes. Contractons alors les indices
j et r du tenseur de courbure :
Ce tenseur deux fois covariant est appelé tenseur de Ricci. Il est symétrique par rapport aux
indices i et s. En effet, en utilisant les symétries du tenseur de courbure du paragraphe 16.6.7
206 Espaces riemanniens
p. 204 :
∀i, s Ris = g rj Rij,rs
= g rj Rrs,ij
= g rj Rsr,ji
= Rsj ,ji
La géométrie de Riemann trouve une application importante dans les problèmes de mé-
canique. Soit un système dynamique se déplaçant dans l’espace ordinaire, euclidien à trois
dimensions. Prenons le cas d’un pendule sphérique. La tige du pendule exerce une force sur la
masse l’obligeant à se déplacer sur une sphère. Nous pouvons ignorer cette force et considérer
directement que la masse se déplace sur une sphère, sans jamais la quitter. Nous savons que
l’espace accessible à la masse du pendule simple est une sphère. Dans le cas général pour trou-
ver la forme de l’espace accessible, la force doit pouvoir être remplacée par une fonction des
coordonnées, de la forme
F x1 , x2 , x3 = 0
La force est alors dite holonome. Par exemple pour le pendule sphèrique :
ρ = cste
Dans le cas présent elle est aussi scléronome, c’est-à-dire indépendante du temps. Grâce à cette
relation, pour décrire le mouvement de la masse nous passons de :
— trois coordonnées sphériques (ρ, θ, φ), une force, un espace euclidien
à:
— deux coordonnées (θ, φ), aucune force, un espace courbe (la sphère)
Lorsque l’on utilise un nombre minimal de coordonnées pour décrire l’évolution du système, on
parle de coordonnées généralisées. Ici ce sont deux angles, et l’espace de Riemann correspondant
est une surface.
En l’absence de champ de gravitation, la masse ne peut décrire que des grands cercles de la
sphère, c’est-à-dire des géodésiques de cet espace de Riemann. De plus la masse se déplace à
vitesse constante en norme.
Lorsqu’il existe une force dérivant d’une énergie potentielle, par exemple un champ de gravi-
tation, nous verrons qu’il existe quand même un espace de Riemann dans lequel les trajectoires
sont encore toutes des géodésiques.
Enfin, lorsque la longueur de la tige varie dans le temps, par exemple un moteur allonge ou
raccourcit la tige, la liaison est holonome rhéonome. Nous pouvons encore supprimer la force,
mais l’espace de Riemann évolue dans le temps. Le temps devient une nouvelle coordonnée,
210 Dynamique classique
au même titre que les coordonnées spatiales, et nous considérons l’évolution du système dans
un nouvel espace de Riemann ayant une dimension supplémentaire. Dans le cas du pendule
sphérique, l’espace de Riemann a alors trois coordonnées, (θ, φ, t).
ds2 = gij dq i dq j
où les indices latins varient de 1 à n, et où les gij sont fonction des q i uniquement.
17.2.1 Cinématique
Le vecteur vitesse a pour composantes contravariantes,
dq i
∀i v i = = q̇ i
dt
et pour composantes covariantes :
T = 21 mv 2
ds2
= 21 m
dt2
= 12 mgij q̇ i q̇ j
2T 2
ds2 = dt (129)
m
Remarque 17.2.1. On peut toujours poser m = 1 pour avoir :
ds2 = 2T dt2
√
On peut également diviser l’unité de longueur des q i par m et obtenir le même résultat.
Dynamique classique 211
dv i v 2 i
∀i ai = u + n (131)
dt ρ
!
d ∂T ∂T
∀i = 1, . . . , n − = Qi (132)
dt ∂ q̇ i ∂q i
Désignons par Qi δq i le travail élémentaire des forces extérieures appliquées au système lors
d’un déplacement virtuel arbitraire δq i . C’est un scalaire qui ne dépend pas du système de
coordonnées dans lequel on l’exprime, car si c’était le cas le système gagnerait ou perdrait de
l’énergie par changement de système de coordonnées. C’est donc un invariant par changement
de coordonnées. Les δq i étant les composantes contravariantes d’un vecteur, les Qi sont les
composantes covariantes du vecteur force généralisées de Vn . Remplaçons l’énergie cinétique
par son expression donnée par les relations (130) p. 211 :
d ∂
∀i mgij q̇ j − i 21 mgkj q̇ k q̇ j = Qi (133)
dt ∂q
!
dgij dq k j 1 ∂gkj k j
j
∀i m gij q̈ + k q̇ − q̇ q̇ = Qi
dq dt 2 ∂xi
∀i m gij q̈ j + gij,k q̇ k q̇ j − 12 ∂i gkj q̇ k q̇ j = Qi
h i
∀i m gij q̈ j + gij,k − 21 ∂i gkj q̇ k q̇ j = Qi
h i
∀i m gij q̈ j + 1
2
gki,j + 21 gij,k − 12 ∂i gkj q̇ k q̇ j = Qi
h i
∀i m gij q̈ j + 12 ( gki,j + gij,k − ∂i gkj ) q̇ k q̇ j = Qi
∀i m gij q̈ j + Γkij q̇ k q̇ j = Qi
Dynamique classique 213
La courbure est nulle dans l’espace de Riemann. À partir des relations (133) p. 212 nous avons
également :
d ∂
∀i mgij q̇ j − i 21 mgkj q̇ k q̇ j = 0
dt ∂q
∀i Qi = −∂i V (q i )
qui est l’équation de conservation de l’énergie mécanique d’un système conservatif (dont les
forces dérivent toutes d’un potentiel). La constante est l’énergie mécanique totale E. Cette
équation nous donne l’expression de la vitesse d’un système conservatif :
q
v= 2 (E − V )
d m ∂gkj k j ∂V
∀i m gij q̇ j − i
q̇ q̇ = − i
dt 2 ∂q ∂q
Ce ne sont pas les équations des coordonnées d’une géodésique à cause du membre de droite
non nul. Cependant, dans le paragraphe suivant nous montrons que nous pouvons quand même
réduire le problème à la recherche d’une géodésique.
∀i q i = q i [θ(t)]
dq i [θ(t)] dq i dθ(t)
∀i =
dt dθ(t) dt
dq i
∀i q̇ i = θ̇
dθ
Dynamique classique 215
La loi horaire ne dépend plus explicitement du temps mais cela ne change pas la forme
de la trajectoire suivie par le système :
!
dθ d dq j dθ m ∂gkj dq k dθ dq j dθ ∂V
∀i m gij − + =0
dt dθ dθ dt 2 ∂q i dθ dt dθ dt ∂q i
!
d dq j 1 ∂gkj dq k dq j 1 ∂V
∀i θ̇ gij θ̇ − θ̇2 i
+ =0 (136)
dθ dθ 2 ∂q dθ dθ m ∂q i
— Changeons d’espace de configuration en changeant de métrique mais pas de système
de coordonnées (q i ) :
ds′2 = F (q i )ds2
= F (q i )gij dq i dq j
= gij′ dq i dq j
Par la suite nous fixerons la nouvelle métrique par l’intermédiaire de la fonction inconnue F (q i )
de telle sorte que la trajectoire soit une géodésique dans le nouvel espace de configuration.
Cherchons la composante covariante de la vitesse dans cette nouvelle métrique en utilisant la
fonction θ(t) :
∀i qi′ = gij′ q j
= F (q i )gij q j
dqi′ dq j
= F (q i )gij
∀i
dθ dθ
Par analogie avec les relations (135) p. 213, les équations des coordonnées d’une géodésique de
ce nouvel espace de configuration sont données par :
! ′
d dqi′ 1 ∂gjk dq j dq k
∀i − =0
dθ dθ 2 ∂q i dθ dθ
!
d dq j 1 ∂gkj dq k dq j 1 ∂F dq k dq j
∀i F gij − F − g kj =0
dθ dθ 2 ∂q i dθ dθ 2 ∂q i dθ dθ
Puisque le choix de la fonction θ(t) est libre, prenons la égale à l’abscisse curviligne s′ (qui est
bien fonction du temps). Nous avons alors,
dq k dq j dq k dq j
F gkj = F gkj ′ ′
dθ dθ ds ds
′2
ds
= ′2
ds
dq k dq j 1
gkj =
dθ dθ F
et par conséquent (en gardant θ plutôt que s ) :
′
!
d dq j 1 ∂gkj dq k dq j 1 ∂F
∀i F gij − F i
− =0
dθ dθ 2 ∂q dθ dθ 2F ∂q i
!
d dq j 1 2 ∂gkj dq k dq j 1 ∂F
∀i F F gij − F i
− =0
dθ dθ 2 ∂q dθ dθ 2 ∂q i
Cette relation s’identifie avec la loi du mouvement du système (136) p. 215, si l’on prend :
2V
F (q i ) = θ̇ et F (q i ) = cste −
m
216 Dynamique classique
Pour la constante, prenons le double de l’énergie mécanique totale divisée par la masse :
2 h i
F (q i ) = E − V (q i )
m
Dans cette relation il vaut mieux ne pas remplacer E − V par T , car T est fonction des
vitesses. Dans l’hypothèse de la conservation de l’énergie mécanique, la trajectoire d’un système
dynamique qui correspond à une valeur donnée de l’énergie mécanique est une géodésiques de
l’espace de configuration pour la métrique riemannienne :
ds′2 = F (q i)gij dq idq j
2
= E − V (q i ) gij dq i dq j
m
La loi horaire selon laquelle ces géodésiques sont décrites au cours du temps est donnée par :
dθ 2
= E − V (q i )
dt ˆm
2
θ(t) = E − V (q i ) dt
m
2t
= E − V (q i ) + θ(t = 0)
m
Considérons un système dynamique à n degrés de liberté. Lorsque les liaisons sont holo-
nomes, parfaites et dépendantes du temps, les configurations possibles pour le système dé-
pendent de l’instant considéré. Nous sommes amenés à substituer à l’espace de configuration,
l’espace-temps de configuration, c’est-à-dire une variété à n + 1 dimensions Vn+1 , pour laquelle
les q i et le temps q 0 constituent un système de coordonnées. Le point représentatif du système
dynamique se déplace en fonction du temps, sur une hypersurface qui se déforme dans le temps.
Remarque 17.3.1. Le passage à un système de coordonnées en mouvement est traité comme un cas
particulier de liaisons holonomes dépendantes du temps. On utilise les mêmes formules mais le nombre de
coordonnées ne change pas.
= mgαβ q̇ β
= mvα
Les n composantes pi de l’impulsion généralisée sont donc encore égales aux n composantes
covariantes vi de la vitesse multipliée par la masse.
La dérivée absolue de la vitesse par rapport au temps donne l’accélération :
Dv α
∀α aα =
dt
= q̈ + Γγαβ q̇ γ q̇ β
α
Réécrivons le premier terme du membre de gauche. L’énergie cinétique est une fonction homo-
gène de degré deux des vitesses généralisées (si les variables, ici les vitesses généralisées, sont
multipliées par un scalaire, le résultat est multiplié par ce scalaire au carré) :
T λq̇ 0 , . . . , λq̇ n = λ2 T q̇ 0 , . . . , q̇ n
En différentiant :
∂T
α 2
d (λ q̇ ) = d λ T
∂ (λq̇ α )
∂T d (λq̇ α ) d (λ2 T )
=
∂ (λq̇ α ) dλ dλ
∂T
q̇ α = 2λ T
∂ (λq̇ α )
∂T α
q̇ = 2T
∂ q̇ α
appelée identité d’Euler, ici pour une fonction homogène de degré deux. Changeons d’indice :
∂T i ∂T 0
q̇ + 0 q̇ = 2T
∂ q̇ i ∂ q̇
∂T i ∂T
i
q̇ = 2T − 0
∂ q̇ ∂ q̇
! !
d ∂T i dT d ∂T
i
q̇ = 2 −
dt ∂ q̇ dt dt ∂ q̇ 0
Les formules (139) subsistent avec cette métrique à condition de remplacer les forces par leurs
énergies potentielles, c’est-à-dire T par L et les Qi par zéro. Les équations du mouvement du
point représentatif M dans l’espace Vn+1 doué de la nouvelle métrique s’écrivent :
∀i ai = 0
dL
ma0 =
dt
x2
1
x
Fig. 17.1. Tétraèdre
222 Dynamique classique
Soient f 1 , f 2 , f 3 les forces par unité de surface s’exerçant sur chacune des faces 1, 2, 3, et soit
F la force par unité de surface s’exerçant sur la face inclinée. Dans la base naturelle (ej ) le
vecteur f 1 qui s’exerce sur la face (x2 , x3 ) a pour expression :
f 1 = t11 e1 + t12 e2 + t13 e3
= t1j ej
Il a pour composantes une fois contravariantes les t1j . S’il n’y a pas de cisaillement sur cette
face,
f 1 = t11 e1
qui montre que f 1 est positive si elle de même sens que e1 , c’est-à-dire entrante. De même
f 2 = t2j ej
f 3 = t3j ej
En notation matricielle
f1 t11 t12 t13 e1
2
f = t21 t22 t23 e2
f 3
t31
t32
t33
e3
où les éléments des vecteurs sont eux-mêmes des vecteurs. En notation indicielle :
∀i f i = tij ej
Les tij sont homogènes à une force par unité de surface, une pression. Le tétraèdre étant supposé
à l’équilibre, la somme des forces entrantes est nulle :
Fs + f 1 s1 + f 2 s2 + f 3 s3 = 0
−F = f 1 s1 /s + f 2 s2 /s + f 3 s3 /s
Nous choisissons d’écrire F = kFkn où n est la normale sortante à la surface inclinée. Le signe
négatif disparait :
F = f 1 s1 /s + f 2 s2 /s + f 3 s3 /s
= f 1 (n · e1 ) + f 2 (n · e2 ) + f 3 (n · e3 )
Notons n1 , n2 , n3 les composantes covariantes du vecteur n :
F = f 1 n1 + f 2 n2 + f 3 n3
= f i ni
F j ej = tij ni ej
F j = tij ni
Dans la base naturelle (ej ) la force par unité de surface F a pour composantes contravariantes
les tij ni . D’après le critère de tensorialité 14.9.2 p. 146, les tij sont les composantes deux fois
contravariantes d’un tenseur. Vérifions-le en effectuant le changement de coordonnées de xi à
xi , auquel correspond le changement de base naturelle :
′
′
∂xk
∀j ej = ek′
∂xj
Dynamique classique 223
Lorsque le fluide est parfait (aucune force de cisaillement) le tenseur des tensions devenu
tenseur des pressions prend la forme suivante :
∀i, j tij = pg ij (144)
où le scalaire p est la pression du fluide au point et à l’instant considéré, et où les g ij sont les
composantes du tenseur métrique dans le système de coordonnées choisi. Lorsque ce dernier est
orthogonal, le tenseur métrique est diagonal ainsi que celui des pressions.
En intégrant :
˚ ¨
i i
∀i, V f − ργ dv − tki dsk = 0
V S
En utilisant le théorème de la divergence (voir plus loin 17.6.1 p. 225) dans un système de
coordonnées rectilignes :
˚
∀i, V f i − ργ i − ∂k tki dv = 0
V
∀i ργ = f i − ∂k tki
i
(145)
De plus, la somme des moments des forces extérieures est égale au moment des forces d’inertie :
r × (f dv − Fds) = r × γρdv
En notation indicielle et en intégrant :
˚ h i ¨
i j j j i i
∀i, j, V x f − ργ − x f − ργ dv − xi tkj − xj tki dsk = 0
V S
En utilisant le théorème de la divergence (voir plus loin 17.6.1 p. 225) :
˚ h i ˚
i j j kj j i i ki
∀i, j, V x f − ργ − ∂k t − x f − ργ − ∂k t dv − tij − tji dv = 0
V V
Avec les relations (145) la première intégrale est nulle :
˚
∀i, j, V tij − tji dv = 0
V
∀i, j tij = tji
Le tenseur des tensions est donc symétrique par rapport à ses deux indices.
Cherchons les équations de la dynamique des milieux continus dans un système de coordon-
nées curvilignes arbitraires. Les équations tensorielles
∀i ργ i = f i − ∇k tki (146)
sont invariantes par changement de système de coordonnées et redonnent les relations (145)
p. 224 pour un système de coordonnées rectilignes. Ce sont donc les équations cherchées. Ré-
écrivons l’accélération en fonction de la vitesse, relations (95) p. 171 :
dv i
∀i γ i = + Γk ij v k v j
dt
Avec la relation (140) p. 220, où la caractéristique quelconque ρ du milieu est ici l’une des
composantes contravariantes de la vitesse :
∀i γ i = ∂t v i + v k ∂k v i + Γk ij v k v j
= ∂t v i + v k ∂k v i + Γk ij v j
Avec la définition de la dérivée covariante 15.9.1 p. 169 :
∀i γ i = ∂t v i + v k ∇k v i
i ∂v i
∀i ργ = ρ + ρv k ∇k v i
∂t
∂ (ρv i ) ∂ρ
= − vi + ∇k ρv k v i − v i ∇k ρv k
∂t ∂t " #
∂ (ρv )i ∂ρ
= + ∇k ρv k v i − v i + ∇k ρv k
∂t ∂t
Dynamique classique 225
Avec l’équation de continuité (142) p. 221 le dernier terme est nul, il reste :
∀i ργ i = ∂t ρv i + ∇k ρv k v i
Par conséquent les équations de la dynamique des milieux continus (146) s’écrivent aussi :
∀i ∂t ρv i + ∇k ρv k v i + tki = f i (147)
Ces trois équations et celle de continuité déterminent la dynamique du milieu continu sous
l’action de forces de volume et de surface. Il faut bien entendu remplacer les tki et les f i par
des modèles de forces.
Dans un système de coordonnées rectilignes les symboles de Christoffel sont nuls. Avec les
relations (95) p. 171 puis avec (140) p. 220 :
dv i
∀i γ i =
dt
∂v i
= + v k ∂k v i
∂t
Si de plus la vitesse relative est nulle (référentiel au repos par rapport au milieu continu) :
∂v i
∀i γ i =
∂t
∂ (ρv i ) ∂ρ
∀i ργ i = − vi
∂t ∂t
i
∂ (ρv )
=
∂t
car les v i sont nulles dans ce référentiel entrainé. Les équations de la dynamique (147) s’écrivent :
∀i ∂t (ρv i ) + ∂k tki = f i
Soit p̄ le vecteur impulsion par unité de volume non relativiste, de composantes contravariantes :
∀i p̄i , ρv i (148)
Les équations de la dynamique et l’équation de continuité (141) p. 221 s’écrivent :
∀i ∂t p̄i + ∂k tki = f i
(149)
∂ + ∂i p̄i = 0
tρ
En effet, si dans un volume donné un champ de vecteurs ne diverge pas, ni ne converge, alors
ce champ de vecteurs est à flux conservatif à travers la surface fermée de ce volume.
226 Dynamique classique
x3
n2
S2
S1
n1
e3
e2
e1
x2
R
x1
avec :
e3 · n1 ds1 = −dx1 dx2
e · n2 ds2 = dx1 dx2
3
Le théorème peut s’étendre aux surfaces qui ne satisfont pas la condition que des droites paral-
lèles aux axes de coordonnées rectangulaires les coupent en au plus deux points. Pour établir
cette généralisation, subdiviser le domaine S en sous-domaines dont les surfaces satisfont la
condition.
er · n
"
O est extérieur à S, ds = 0
r2
"S
er · n
O est intérieur à S, ds = 4π
S r2
2
3 1 2 6
= r − 3r(x ) /r
donc :
h i
er
div = 3r 3 − 3 x2 + y 2 + z 2 r /r 6
r2
=0
Le flux du champ de vecteurs g est nul à travers une surface extérieure à M, appelé « cas
extérieur » :
"
g · n ds = 0
S
div g = −4πρG
△φ = 4πρG (151)
230 Dynamique classique
lumière vue par un observateur dans R′ n’a pas pour centre O mais O ′, et a pour équation dans
R′ :
x′2 + y ′2 + z ′2 = c2 t′2
L’équation de la sphère de lumière est invariante par changement de référentiels galiléens, c’est
un invariant relativiste.
On note que pour toute vitesse relative il existe un facteur relativiste. Lorsque il y a plusieurs
vitesses relatives il faut préciser de quel facteur relativiste l’on parle.
Relativité restreinte 233
De plus 0 6 V 6 c implique :
γ>1
La transformation devient
x′ = γ (x − Vt)
y′ =y
z′ = z
!
Vx
t′ =γ t− 2
c
et est appelée transformation spéciale de Lorentz. Elle est obtenue ici grâce à l’hypothèse
de l’invariance de c (qui entraine celle de l’équation de la sphère de lumière) et grâce à la
transformation de Galilée en considérant un mouvement de R′ dans le sens des x croissants.
On obtient la transformation inverse en permutant les coordonnées et en changeant V en −V :
!
′ ′ ′ ′ Vx′
x = γ (x + Vt) ; y=y ; z=z ; t=γ t + 2
c
donc
′ V·r
r
= r + (γ − 1)V − γVt
V2
V·r
t′ = γ t −
c2
Les transformations inverses s’obtiennent en permutant les coordonnées et en changeant V en
−V :
′ V · r′
r = r + (γ − 1) 2
V + γVt′
V
!
′ V · r ′
t = γ t +
c2
Nous avons vu que si s2 est nul dans un référentiel galiléen R, alors il est nul dans tout autre
référentiel galiléen R′ , autrement dit s et s′ sont proportionnels :
s = αs′
soit,
s1 = α(V12 )α(V23 )s3
α(V13 ) = α(V12 )α(V23 )
Cette relation est impossible car V13 dépend non seulement des valeurs V12 et V23 , mais aussi
de l’angle entre les vecteurs V12 et V23 . Par conséquent α est une constante et nous avons :
α = α2
Cela laisse deux possibilités, α = 0 donne s = 0 ce qui est impossible, donc α = 1 et :
s = s′ (156)
Définissons le temps propre τ comme étant le temps qui s’écoule dans le référentiel du point
matériel, autement dit le temps du référentiel dans lequel les deux évènements ont lieu au même
endroit. La relation (157) p. 235 donne :
ds2 = c2 dτ 2
ds = cdτ
qui montre que l’intervalle s est égal au temps propre au facteur c près, dans la convention de
signe (157) p. 235 choisie.
αdxα
∀α u ,
ds
Sa pseudo-norme est bien unitaire :
kuk2 = u · u
= mαβ uα uβ
!2 !2 !2 !2
dx4 dx1 dx2 dx3
= − + +
ds ds ds ds
ds2
= 2
ds
=1
Nous avons :
dxi
dt
∀i
i
u = ∀i
ui = v i
ds ⇒ ds
dx4
dt
u 4 =
u 4 =c
ds ds
Relativité restreinte 237
Supposons le point matériel animé d’un mouvement inertiel, autrement dit rectiligne et uniforme
(v i = cstes ) :
dui
∀i = 1, 2, 3 =0
ds
du4
=0
ds
La quadrivitesse est constante (et pas seulement la vitesse). D’après la définition 16.4.1 p. 193 le
point matériel décrit une géodésique de l’espace-temps de métrique (157) p. 235. Nous pouvons
à présent écrire le principe d’inertie en relativité restreinte :
Un point matériel isolé admet pour trajectoire d’univers une géodésique de l’espace de Min-
kowski pour laquelle le ds2 est positif (dans la convention choisie).
Les géodésiques pour lesquelles ds2 = 0 correspondent aux droites parcourues à la vitesse c,
c’est-à-dire aux rayons lumineux si l’on suppose que la lumière se propage à la vitesse limite.
Nous nous plaçons dans un référentiel galiléen R0 au repos par rapport au milieu (les
composantes du vecteur vitesse d’espace sont nulles), dans un système de coordonnées rectan-
gulaire. Dans les équations non relativistes de la dynamique et de continuité (149) p. 225 le
vecteur impulsion volumique non relativiste p̄ ne contient que l’énergie de masse. Or en dyna-
mique relativiste toutes les formes d’énergie apportent leur contribution au vecteur impulsion
(les énergies s’additionnent). Pour former le vecteur impulsion relativiste nous devons prendre
en compte l’énergie des tensions mécanique. En revanche nous supposons l’absence de champ
électromagnétique.
Le travail par unité de temps de la force de tension est son produit scalaire par la vitesse
de l’élément de matière considéré. D’après (143) p. 223 :
vj F j ds = vj tij dsi
Remarque 18.4.1. Les composantes covariante vj sont nulles mais P la substitution se fera à la fin. De
même que lorsque l’on écrit la relation fondamentale de la dynamique F = d(mv)/dt la vitesse peut être
nulle sans que l’accélération le soit.
238 Relativité restreinte
Au terme vj tij homogène à une énergie par unité de temps et de surface correspond le terme
de mêmes dimensions c2 ρv i , où ρ est la masse volumique dans le référentiel propre. En se servant
de la définition non relativiste (148) p. 225, le vecteur impulsion relativiste par unité de volume
p a pour composantes contravariantes :
1
∀i pi = ρv i − vj tij
c2
Le signe négatif vient de la convention de signe positif pour une force de tension sortante de
l’élément de volume, or l’énergie de volume augmente si la force de tension est entrante. Les
composantes de ce vecteur sont nulles mais il n’en est pas de même de leurs dérivées. Les
équations (149) p. 225 deviennent :
1
∀i
∂t ρv − 2 vj tij + ∂k tki = f i
i
c
1
∂t ρ + ∂i ρv i − 2 vj tij = 0
c
En tenant compte de la nullité des v i :
1
∀i ρ∂t v i − ∂t vj tij + ∂k tki = f i
c2
∂t ρ + ρ∂i v i −
1
∂i vj tij = 0
c2
Introduisons la variable x4 = ct :
1
∀i cρ∂4 v i −∂4 vj tij + ∂k tki = f i
c (159)
i 1
c∂4 ρ + ρ∂i v −
2
∂i vj tij = 0
c
Il s’agit d’écrire les relations (159) dans l’espace-temps de la relativité, c’est-à-dire sous
forme de quadri-tenseurs et quadrivecteurs. Nous introduisons le quadri-tenseur d’univers sy-
métrique T de composantes deux fois contravariantes T λµ qui généralise le tenseur des tensions
du paragraphe 17.4.3 p. 221
∀i, k T ik = tik ; ∀i T i4 = T 4i = T 44 = 0
le quadrivecteur force d’univers
∀i φi = f i ; φ4 = 0
ainsi que le quadrivecteur vitesse unitaire d’univers (158) p. 237,
∀i ui = γv i /c ; u4 = γ
qui a alors pour composantes dans R0 :
∀i ui = 0 ; u4 = 1
Montrons que les équations (159) s’écrivent
∀λ ∇µ c2 ρuλ uµ + T λµ = φλ (160)
Relativité restreinte 239
Or :
∀µ ∂µ u4 = 0 ⇒ ∂µ uµ = ∂k uk
∀i ∂i ρ = 0 ⇒ ∂µ ρ = ∂4 ρ ⇒ uµ ∂µ ρ = u4 ∂4 ρ
∀i c2 ui u4 ∂4 ρ + c2 ρuµ ∂µ ui + c2 ρui ∂µ uµ + ∂4 T i4 + ∂k T ik = f i
c2 u 4 u 4 ∂ + c2 ρu4 ∂k uk + ∂k T 4k + ∂4 T 44 = 0
4ρ
Dans R0 , ∀i ui = 0 et avec u4 = 1 :
∀i uµ ∂µ ui = u4 ∂4 ui + ui ∂i ui
= u4 ∂4 ui
= ∂4 ui
∀i c2 ρ∂4 ui + ∂4 T i4 + ∂k T ik = f i
c2 ∂ + c2 ρ∂i ui + ∂k T 4k + ∂4 T 44 = 0
4ρ
1
∀i cρ∂4 v i − ∂4 vj tij + ∂k tik = f i
c
i 1
c∂4 ρ + ρ∂i v −
2
∂i vj tij = 0
c
En mécanique classique la gravitation est une force attractive entre les masses. Nous aban-
donnons ici la notion de force gravitationnelle pour un modèle où les masses et distributions
énergétiques courbent l’espace-temps. Une masse d’épreuve infiniment petite ainsi que la lu-
mière suivent alors les géodésiques de l’espace-temps.
L’univers est représenté par un espace de Riemann V4 à quatre dimensions, de métrique
ds2 = g λµ dy λdy µ
ds2 = 0
définit en chaque point de la variété V4 un hypercône élémentaire de lumière. Les g λµ sont des
fonctions des coordonnées y λ , qui définissent complètement dans ce système de coordonnées les
géodésiques, donc la gravitation. C’est pourquoi on les appelle les potentiels de gravitation de
ce système. Ils sont au nombre de dix. Les dérivées de ces potentiels déterminent les symboles
de Christoffel qui apparaissent dans les équations des géodésiques. Le problème consiste en la
détermination de ces potentiels de gravitation.
Elles doivent généraliser les équations de Poisson (151) p. 229 et de Laplace qui déterminent
localement le potentiel newtonien dans les cas intérieur et extérieur à la distribution de matière,
et elles doivent s’exprimer sous la forme d’une égalité entre tenseurs de l’espace-temps,
où χ est une constante liée à la constante d’attraction gravitationnelle. Le tenseur Qλµ est
le tenseur impulsion-énergie total des distributions de matière et d’énergie. Ce tenseur étant
d’ordre 2, le tenseur Sλµ que nous cherchons est aussi d’ordre 2.
242 Gravitation relativiste
Remarque 19.2.1.
∀λ, µ Sλµ = χQλµ
∀ν, ξ g λν g µξ Sλµ = g λν g µξ χQλµ
∀ν, ξ S νξ = χQνξ
∀λ, µ S λµ = χQλµ
Dans l’hypothèse d’un milieu continu avec interaction électromagnétiques nous avons
∀λ, µ Qλµ = Pλµ + Mλµ
où Pλµ est le tenseur impulsion-énergie du milieu continu et Mλµ est le tenseur impulsion-énergie
du champ électromagnétique. Pλµ et Mλµ étant symétriques, Qλµ l’est aussi. Par conséquent le
tenseur que nous cherchons Sλµ est aussi symétrique. La gravitation n’étant pas modélisée par
une force, les f i sont nulles et les équations (162) p. 240 deviennent :
∀λ, µ ∇µ P λµ = 0
La divergence du tenseur impulsion-énergie du milieu continu est nulle ainsi que celle de Qλµ
qui généralise Pλµ
∀λ, µ ∇µ Qλµ = 0
et donc aussi celle de Sλµ :
∀λ, µ ∇µ S λµ = 0
Sλµ est un tenseur purement géométrique ne dépendant que des potentiels de gravitation et de
leurs dérivées à l’ordre un et deux.
Le tenseur d’Einstein (128) p. 207, symétrique d’ordre deux, est conservatif et dépend des
potentiels de gravitation,
∀λ, µ Rλµ − 12 gλµ R
où Rλµ est le tenseur de Ricci et R sa courbure riemannienne scalaire. Élie Cartan a montré
que de façon générale les tenseurs satisfaisant aux deux conditions précédentes sont donnés par
h i
∀λ, µ Sλµ = h Rλµ − 12 gλµ (R + k)
où h et k sont des constantes. Nous avons alors
∀λ, µ Rλµ − 12 gλµ (R + k) = χQλµ
où l’on a supprimer la constante h puisqu’il y a déjà la constante χ. Sauf dans certaine études
cosmologiques très spéciales, on n’envisage en théorie relativiste de la gravitation que le cas
k = 0. Comme en mécanique de newton, on distingue le champ de gravitation intérieur à la dis-
tribution de matière de celui extérieur à cette distribution. Par exemple le champ de gravitation
est nul au centre d’une sphère pleine homogène, il croît linéairement avec la distance au centre
jusqu’à sa surface et enfin décroît en raison inverse du carré de la distance au centre. Dans le
« cas intérieur » donc, c’est-à-dire à l’intérieur des masses ou de la distribution énergétique qui
engendrent la courbure de l’espace-temps,
∀λ, µ Rλµ − 12 gλµ R = χQλµ
et dans le « cas extérieur » :
∀λ, µ Rλµ − 12 gλµ R = 0
Gravitation relativiste 243
y, y ′
R, R′
x, x′
y y′
R R′
x x′
où les référentiels ont une vitesse constante d’éloignement v selon l’axe x, et où la trajectoire
relative est en pointillés. La représentation du vecteur v attaché à R ou à R′ implique que l’on
se situe dans l’autre référentiel (Fig. 20.3) :
246 Annexes
y y′
R R′
v
x x′
Nous sommes dans R et nous observons le référentiel R′ s’éloigner de nous avec la vitesse v.
Pour faire le lien avec la représentation de Minkowski-Poincaré de l’espace-temps de la relativité
restreinte, voici une représentation avec la coordonnée temporelle et une coordonnée spatiale.
À l’instant t0 où les référentiels se croisent (Fig. 20.4) :
t, t′
R, R′
t0 x, x′
À l’instant t1 nous avons la représentation suivante, dans laquelle les observateurs se trouvent
au croisement des axes temporel et spatial (Fig. 20.5) :
t t′
R R′
t1 x t′1 x′
t0 t′0
Fig. 20.5. Référentiels à t1 = t′1
t t′
R, R′
x′
t0 x
Nous sommes dans R et nous observons le référentiel R′ dont les axes de coordonnées
spatio-temporelles sont obliques. En représentant les coordonnées (t, x) à l’instant t1 on a la
figure 20.7,
t t′
R R′
x′
t1 x t1
t0 t0
λ1 est non nul car u1 et u2 sont supposés non orthogonaux. Le vecteur v2 est non nul car
le système (v1 , u2 , . . . , un ) étant libre, v1 et u2 sont non nuls et linéairement indépendants.
(v1 , v2 , u3 , . . . , un ) est donc un système libre. Cherchons le troisième vecteur v3 sous la forme :
v3 = µ1 v1 + µ2 v2 + u3
Les coefficients µ1 et µ2 se calculent en écrivant d’une part les relations d’orthogonalité entre
v1 et v3 :
v1 · v3 = 0
u1 · (µ1 v1 + µ2 v2 + u3 ) = 0
u1 · [µ1 u1 + µ2 (λ1 u1 + u2 ) + u3 ] = 0
µ1 u1 · u1 + µ2 λ1 u1 · u1 + µ2 u1 · u2 + u1 · u3 = 0
µ1 ku1 k2 + µ2 λ1 ku1 k2 − µ2 λ1 ku1 k2 + u1 · u3 = 0
u1 · u3
µ1 = −
ku1 k2
et d’autre part les relations d’orthogonalité entre v2 et v3 :
v2 · v3 = 0
(λ1 v1 + u2 ) · (µ1 v1 + µ2 v2 + u3 ) = 0
λ1 µ1 v1 · v1 + λ1 µ2 v1 · v2 + λ1 v1 · u3 + µ1 u2 · v1 + µ2 u2 · v2 + u2 · u3 = 0
λ1 µ1 v1 · v1 + λ1 µ2 v1 · v2 + λ1 v1 · u3 + µ1 (v2 − λ1 v1 ) · v1
+µ2 (v2 − λ1 v1 ) · v2 + (v2 − λ1 v1 ) · u3 = 0
µ1 v2 · v1 + µ2 kv2 k2 + v2 · u3 = 0
µ2 kv2 k2 + v2 · u3 = 0
v2 · u3
µ2 = −
kv2 k2
Nous avons déterminé le vecteur v3 , orthogonal aux vecteurs v1 et v2 . Ce vecteur est non
nul, car le système (v1 , v2 , u3 , . . . , un ) étant libre, v1 , v2 et u3 sont non nuls et linéairement
indépendants. Le système (v1 , v2 , v3 , . . . , un ) est donc libre. On construit ainsi de proche en
proche le système de vecteurs (v1 , v2 , . . . , vn ) orthogonaux entre eux, dont aucun n’est nul, et
dont l’ensemble forme une base orthogonale de En .
En divisant chacun de ces vecteurs par sa norme,
vi
∀i = 1, . . . , n ei =
kvi k
l’ensemble des vecteurs (e1 , e2 , . . . , en ) forme une base orthonormée de En .
Considérons la base polaire normée. Ses vecteurs de base ont pour expression :
( (
eρ̂ = eρ eρ̂ = cos θ ex + sin θ ey
⇒
eθ̂ = ρ eθ
1
eθ̂ = − sin θ ex + cos θ ey
Existe-t-il un système de coordonnées (ξ, η) tel que (eρ̂ , eθ̂ ) en soit une base naturelle ?
( (
eρ̂ = eξ eρ̂ = x,ξ ex + y,ξ ey
⇒
eθ̂ = eη eθ̂ = x,η ex + y,η ey
Annexes 249
eρ cos φ sin φ 0 ex
eφ = −ρ sin φ ρ cos φ 0 ey
ez 0 0 1 ez
q q
ker k
= sin2 θ cos2 φ + sin2 θ sin2 φ + cos2 θ = sin2 θ + cos2 θ = 1
q q
r 2 cos2 θ cos2 φ + r 2 cos2 θ sin2 φ + r 2 sin2 θ = r 2 cos2 θ + r 2 sin2 θ = r
keθ k =
q
√
ke k = r 2 sin2 θ sin2 φ + r 2 sin2 θ cos2 φ = r 2 sin2 θ = r sin θ
φ
(
x = (u2 − v 2 )/2
y = uv
√
u = 2ρ cos (θ/2)
v
√
= 2ρ sin (θ/2)
y
u=2 v=2
u = 1.5 v = 1.5
u=1 v=1
u = 0.5 v = 0.5
u=0 v=0
x
√
keu k = u2 + v 2
ke
√
vk = v 2 + u2
x
= (u2 − v 2 )/2
y = uv
z =z
avec −∞ < u < +∞, v > 0, −∞ < z < +∞.
Elles sont identiques aux coordonnées paraboliques, avec en plus z = z et ez = ez .
x
= uv cos φ
y = uv sin φ
z = (u2 − v 2 )/2
avec u > 0, v > 0, 0 6 φ < 2π.
On obtient les surfaces de coordonnées paraboloïdales u = cste et v = cste en faisant tourner les
paraboles de la figure 20.8 p. 251 autour de l’axe x, cet axe devenant l’axe z (axe de symétrie
de révolution). Le troisième ensemble de surfaces de coordonnées, φ = cste , est formé de plans
coupant cet axe de révolution.
Annexes 253
(
x = a cosh u cos v
y = a sinh u sin v
avec u > 0, 0 6 v < 2π.
En élevant au carré, nous avons :
u 2 = a2 cosh2 u cos2 v
v2 = a2 sinh2 u sin2 v
u2
= cos2 v
a2 cosh2 u
v2
= sin2 v
2 2
a sinh u
254 Annexes
d’où :
u2 v2
2 2 + 2 2 = cos2 v + sin2 v
a cosh u a sinh u
=1
qui est l’équation d’une ellipse lorsque le paramètre u est constant, et :
u2 v2
2 2
− 2 2 = cosh2 u − sinh2 u
a cos v a sin v
=1
qui est l’équation d’une hyperbole lorsque le paramètre v est constant.
y
v = 2π/3 v = π/2 v = π/3
u=2
v = 5π/6 v = π/6
u = 1.5
u=1
v = 7π/6 v = 11π/6
v = 4π/3 v = 5π/3
v = 3π/2
q
keu k = a2 sinh2 u cos2 v + a2 cosh2 u sin2 v
q
kev k = a2 cosh2 u sin2 v + a2 sinh2 u cos2 v
q
keu k = a sinh2 u cos2 v + (1 + sinh2 u) sin2 v
q
ke 2 2 2 2
v k = a (1 + sinh u) sin v + sinh u cos v
q
keu k = a sinh2 u + sin2 v
q
kev k = a sin2 v + sinh2 u
x = a cosh u cos v
y = a sinh u sin v
z =z
avec u > 0, 0 6 v < 2π, −∞ < z < +∞.
Elles sont identiques aux coordonnées elliptiques, avec en plus z = z et ez = ez .
x = a sinh ξ sin η cos φ
y = a sinh ξ sin η sin φ
z = a cosh ξ cos η
avec ξ > 0, 0 6 η 6 π, 0 6 φ < 2π.
On obtient les surfaces de coordonnées elliptiques de trace allongée, ξ = cste et η = cste , en
faisant tourner les courbes de la figure 20.9 p. 254 autour de l’axe x, cet axe devenant l’axe z
(axe de symétrie de révolution). Le troisième ensemble de surfaces de coordonnées, φ = cste ,
est formé de plans coupant cet axe de révolution.
256 Annexes
20.4.8.3 Norme des vecteurs de la base naturelle en coordonnées de trace elliptique allongée
keξ k
q
= a2 cosh2 ξ sin2 η cos2 φ + a2 cosh2 ξ sin2 η sin2 φ + a2 sinh2 ξ cos2 η
keη k
q
= a2 sinh2 ξ cos2 η cos2 φ + a2 sinh2 ξ cos2 η sin2 φ + a2 cosh2 ξ sin2 η
keφ k
q
= a2 sinh2 ξ sin2 η sin2 φ + a2 sinh2 ξ sin2 η cos2 φ
q
keξ k = a cosh2 ξ sin2 η + sinh2 ξ cos2 η
q
keη k = a sinh2 ξ cos2 η + cosh2 ξ sin2 η
ke k = a sinh ξ sin η
φ
q
keξ k
= a (1 + sinh2 ξ) sin2 η + sinh2 ξ cos2 η
q
2 2 2 2
keη k = a sinh ξ(1 − sin η) + cosh ξ sin η
ke
φk = a sinh ξ sin η
q
keξ k = a sin2 η + sinh2 ξ
q
keη k = a sinh2 ξ + sin2 η
ke k = a sinh ξ sin η
φ
Annexes 257
20.4.9.3 Norme des vecteurs de la base naturelle en coordonnées de trace elliptique aplatie
keξ k =
q
a2 sinh2 ξ cos2 η cos2 φ + a2 sinh2 ξ cos2 η sin2 φ + a2 cosh2 ξ sin2 η
keη k =
q
a2 cosh2 ξ sin2 η cos2 φ + a2 cosh2 ξ sin2 η sin2 φ + a2 sinh2 ξ cos2 η
keφ k =
q
a2 cosh2 ξ cos2 η sin2 φ + a2 cosh2 ξ cos2 η cos2 φ
q
keξ k = a sinh2 ξ cos2 η + cosh2 ξ sin2 η
q
keη k = a cosh2 ξ sin2 η + sinh2 ξ cos2 η
ke k = a cosh ξ cos η
φ
258 Annexes
q
keξ k = a sinh2 ξ(1 − sin2 η) + cosh2 ξ sin2 η
q
keφ k = a (1 + sinh2 ξ) sin2 η + sinh2 ξ cos2 η
ke k = a cosh ξ cos η
φ
q
keξ k = a sinh2 ξ + sinh2 η
q
keφ k = a sin2 η + sinh2 ξ
ke k = a cosh ξ cos η
φ
A partir de cette équation, nous écrivons les familles de surfaces orthogonales, qui constituent
ce système de coordonnées :
u2 v2 w2
+ + =1 (164a)
a2 − λ b2 − λ c2 − λ
u2 v2 w2
+ + =1 (164b)
a2 − µ b2 − µ c2 − µ
u2 v2 w2
+ + =1 (164c)
a2 − ν b2 − ν c2 − ν
avec :
λ < c2 < µ < b2 < ν < a2 (165)
L’équation (164a), avec la condition (165), est l’équation d’un ellipsoïde lorsque le paramètre
λ est constant.
L’équation (164b), avec la condition (165), est l’équation d’un hyperboloïde à une nappe
lorsque le paramètre µ est constant.
L’équation (164c), avec la condition (165), est l’équation d’un hyperboloïde à deux nappes
lorsque le paramètre ν est constant.
En résolvant par rapport aux variables x, y, z, nous avons :
2 (a2 − λ)(a2 − µ)(a2 − ν)
u
=
(a2 − b2 )(a2 − c2 )
(b2 − λ)(b2 − µ)(b2 − ν)
v 2
= (166)
(b2 − a2 )(b2 − c2 )
2 (c2 − λ)(c2 − µ)(c2 − ν)
w =
(c2 − b2 )(c2 − a2 )
1. Voir Coniques.pdf
Annexes 259
Vérifions que l’on retrouve, par exemple, l’équation (164a) à partir des équations (166) :
u2 v2 w2
+ +
a2 − λ b2 − λ c2 − λ
(a2 − µ)(a2 − ν) (b2 − µ)(b2 − ν) (c2 − µ)(c2 − ν)
= 2 + +
(a − b2 )(a2 − c2 ) (b2 − a2 )(b2 − c2 ) (c2 − b2 )(c2 − a2 )
(a2 − µ)(a2 − ν)(b2 − c2 ) − (b2 − µ)(b2 − ν)(a2 − c2 )+
=
(a2 − b2 )(a2 − c2 )(b2 − c2 )
(c2 − µ)(c2 − ν)(a2 − b2 )
+ 2
(a − b2 )(a2 − c2 )(b2 − c2 )
(a4 − µa2 − νa2 + µν)(b2 − c2 ) − (b4 − µb2 − νb2 + µν)(a2 − c2 )+
=
(a4 − b2 a2 − a2 c2 + b2 c2 )(b2 − c2 )
(c4 − µc2 − νc2 + µν)(a2 − b2 )
+ 4
(a − b2 a2 − a2 c2 + b2 c2 )(b2 − c2 )
v
u
1u (µ − λ)(ν − λ)
ke k = t 2
λ
2 (a − λ)(b2 − λ)(c2 − λ)
v
u
1u (µ − ν)(λ − µ)
keµ k = t 2
2 (a − µ)(b2 − µ)(c2 − µ)
v
u
1u (λ − ν)(µ − ν)
keν k
= t 2
2 (a − ν)(b2 − ν)(c2 − ν)
a sinh v
x
=
cosh v − cos u
a sin u
y =
cosh v − cos u
260 Annexes
v=0
u = π/6
u = π/4
v = −0.5 v = 0.5
u = π/2
v = −1 v=1
v = −2 v=2 u = 2π
x
u = 3π/2
u = 7π/4
u = 11π/6
OM = xex + yey
a sinh v a sin u
= ex + ey
cosh v − cos u cosh v − cos u
nous trouvons l’expression des vecteurs de la base naturelle :
∂M
eu
=
∂u
∂M
ev =
∂v
Annexes 261
a sinh v sin u
eu = ex +
(cosh v − cos u)2
a cos u(cosh v − cos u) − a sin u(cosh v + sin u)
+ ey
(cosh v − cos u)2
a cosh v(cosh v − cos u) − a sinh v(sinh v − cos u)
ev =
2
ex −
(cosh v − cos u)
a sin u sinh v
− ey
(cosh v − cos u)2