JEUDI 27 JANVIER 2022 / FINANCES NEWS HEBDO www.fnh.
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34 SPÉCIAL BANQUES
Innovation technologique
L’industrie bancaire classique bousculée par les Fintech
◆ Bank Al-Maghrib résolue à accompagner l’émergence de cet écosystème.
◆ A l’échelle africaine, les Fintech marocaines sont à la traîne.
Par D. William Les start-up
L
Fintech sur
le continent
a révolution numérique est en africain ont
marche et touche tous les domaines, levé plus de
335 millions
en particulier le secteur financier. d’USD sur
Les besoins d’autonomie et d’in- la première
dépendance des consommateurs moitié de
font qu’ils demandent de plus en plus des 2021.
services moins coûteux et plus efficaces.
Le business model de l’industrie financière
est donc en train de changer et changera
encore davantage à la faveur notamment de
l’avènement des technologies disruptives.
Ce boum technologique oblige ainsi tous les
acteurs qui évoluent dans l’écosystème de la
finance à sortir de leur zone de confort pour
innover et être créatifs, afin de s’adapter à ce
nouvel environnement. En effet, aujourd’hui, experts d’ailleurs, tous ces acteurs gagne- ment et la consolidation du cadre réglemen-
ils sont bousculés par les sociétés de tech- raient à s’inscrire dans une démarche de taire régissant la protection du consomma-
nologie financière, appelées aussi Fintech, co-création pour tirer mutuellement profit teur via l’utilisation saine des moyens de
qui ont révolutionné les codes de la finance des compétences des uns et des autres paiement sécurisés.
classique. afin de pouvoir développer leurs activités. Cette démarche s’inscrit pleinement dans
Réputées pour leur agilité et pour leur rapi- Les établissements financiers dits classiques la stratégie d’inclusion financière du Maroc.
dité en termes d’innovation, les Fintech ont sont donc contraints de cohabiter avec ces Il s’agit notamment pour BAM, en ce qui
réussi à mettre l’innovation technologique au nouvelles venues, voire d’en faire des par- concerne les Fintech, d’un côté, de déve-
service de la finance pour réinventer profon- tenaires privilégiés. Au Maroc cependant, lopper des modèles alternatifs permettant
dément les services bancaires et financiers. Réputées pour les Fintech peinent encore à s’exprimer en d’atteindre les populations les plus exclues
Les Fintech ont rapidement compris que tous leur agilité et raison d’une réglementation bancaire qui ne à moindre coût et qui soient adaptés aux
les types de services financiers (transferts donne pas forcément une large fenêtre de tir spécificités de ces dernières. D’autre part,
d'argent, prêts, investissements, paiements,
pour leur rapi- à l’innovation par des acteurs non bancaires. l’objectif est de créer les conditions d’un plus
transactions boursières...) devaient s'inté- dité en termes Toutefois, Bank Al-Maghrib reste disposée à grand usage des produits financiers en accé-
grer de manière transparente dans la vie d’innovation, accompagner l’émergence des Fintech sur le lérant la dématérialisation des paiements, en
des clients férus de technologie pour rester les Fintech ont marché marocain. Intervenant dans un sémi- particulier ceux entre l’État et les usagers,
pertinents, dans un univers où les affaires naire en mai dernier, Fadwa Jouali, respon- pour ancrer l’inclusion financière dans les
réussi à mettre
et la vie privée deviennent de plus en plus sable du service Fintech et Développement comportements des ménages et renforcer
numérisées. «L’agilité des start-up leur per-
l’innovation des paiements au sein de la Banque centrale, l’éducation financière. Cette volonté est illus-
met d’être proactives au changement de technologique a laissé entendre que BAM a opté pour la trée par l’institution des établissements de
mœurs, pousser pour l’adoption de techno- au service de mise en place d’une disposition d’accompa- paiement, tremplin au développement des
logies, faire preuve de créativité, déployer la finance pour gnement légal et réglementaire, en vue d’ai- Fintechs au Maroc. En attendant, le Maroc
des Minimum Viables Products (MVP) rapi- der ces entreprises technologiques œuvrant reste à la traîne par rapport aux autres pays
réinventer
dement et capitaliser sur le «time to mar- dans le service financier à intégrer les mar- africains. Selon Faqir, «les start-up Fintech
ket». Bref, tout ce qui est essentiel pour profondément chés et à leur donner la possibilité d’être sur le continent africain ont levé plus de
servir un marché jeune, principalement non les services en contact avec les acteurs de la place qui 335 millions d’USD sur la première moitié
bancarisé», souligne Yacine Faqir, consultant bancaires et pourront les soutenir et signer des contrats de 2021, ce qui est en soi deux fois plus
pour les Fintech/start-up désireuses de se financiers. avec elles. Ainsi, l’objectif de BAM est de que toute l’année précédente». Si l’on y
développer au Maroc et sur le continent afri- promouvoir un cadre légal et réglementaire trouve des Fintech de l’Afrique du Sud, de
cain (www.fnh.ma). propice au développement des innovations l’Ouganda, du Rwanda ou encore du Kenya,
Dès lors, les acteurs de cet écosystème financières. Et ce, à travers le renforcement «aucune Fintech marocaine n’apparait dans
ne se voient pas comme des concurrents du cadre juridique pour accompagner l’essor ce palmarès», déplore Faqir, tout en souli-
de l’industrie bancaire, mais plutôt comme des paiements électroniques, l’introduction gnant que «ce n’est pas pour autant que rien
des opérateurs complémentaires. Pour les de nouvelles catégories de services de paie- ne se passe au Maroc». ◆