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Code de Procédure du Bénin

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UBUQUE DU BENIN
flCrl(lfnjl~ - Jus!lce • Tfgvoil

PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
Loi n° 2008-07 DU 28 FEVRIER 2011
portant code de procédure
civile. commerciale. sociale.
administrative et des comptes ..

L'Assemblée Nationale a délibéré et adopté en sa séance du 16 octobre 2008. puis en sa


séance du 26 octobre 2010. suite à la décision DCC 09-120 du 06 octobre 2009 de la
Cour Constitutionnelle pour mise en conformité à la Constitution;

Suite à la Décision de conformité à la Constitution DCC 11-011 du 25 février 2011 de la


Cour Constitutionnelle;

Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit:

LIVRE PREMIER
DES DISPOSITIONS COMMUNES A TOUTES LES JURIDICTIONS

TITRE PREMIER
DES DISPOSITIONS LIMINAIRES

Article 1er : Les dispositions du présent code s'appliquent devant les juridictions
statuant en matières civile. commerciale, sociale. administrative et des comptes sans
préjudice des règles spéciales à chacune d'elles. . .

CHAPITRE 1
DES PRINCIPES DIRECTEURS DU PROCES CIVIL

SECTION 1
DE L'INSTANCE

Article 2 : Seules les parties introduisent l'instance hors le cas où la loi en dispose
autrement.
Elles ont la liberté d'y mettre fin avant qu'elle ne s'éteigne p'qr l'effet du jugement
ou en vertu de la loi.
Article 3 : Les parties conduisent l'instance sous les charges qui leur incombent. Il
leur appartient d'accomplir les actes de la procédure dans les formes et délais requis.
Article 4: Le juge veille au bon déroulement de l'instance. Il a le pouvoir d'impartir
les délais et d'ordonner les mesures nécessaires.

SECTION Il
DE L'OBJET DU LITIGE
,
Article 5 : L'objet du litige est déterminé par les prétentions respectives des
parties.
Ces prétentions sont fixées par l'acte introductif d'instance et par les
observations ou conclusions en défense.
, (

.'
Toutefois. l'objet du litige peul être modifié par des demandes incidentes
lorsque celles-ci se rattachent aux prétentions originaires par un lien suffisant.
Arficle 6 : le juge doit se prononcer sur tout ce qui est demandé et seulement
sur ce qui est demandé.
SECTION '"
DES FAITS

Arficle 7 : A l'appui de leurs prétentions, les parties ont la charge d'alléguer les
faits propres à les fonder.
Article B : Le juge peut inviter les parties à fournir les explications de fait qu'il
estime nécessaires à la solution du litige. Parmi les éléments du débat. le juge peut
prendre en considération même les faits que les parties n'auraient pas spécialement
invoqués au soutien de·leurs prétentions.
Article 9 : Il est fait défense au juge de fonder sa décision sur des faits qui ne
sont pas dans le débat.
SECT/ON IV
DES PREUVES

Article 10 : /1 incombe à chaque partie de prouver. conformément à la loi, les


faits allégués au soutien de sa prétention.
Article 11 : Le juge a /e pouvoir d'ordonner d'office toutes les mesures
d'instruction légalement admissibles.

Article 12 : Les parties sont tenues d'.apporter leurs concours aux mesures
d'instruction.
" appartient au juge de tirer toute conséquence d'une abstention ou d'un
refus des parties.
Si une partie détient un élément de preuve, le juge peut, à la requête de
l'autre partie, lui enjoindre de le produire. à peine d'astreinte. " peut également à la
requête de l'une des parties. demander, sous la même peine. la production de tous
documents détenus par des tiers s'il n'existe pas d'empêchement légitime.

SECT/ON V
DU DROIT

Article 13 : Le juge tranche le litige conformément aux règles de droit qui lui
sont applicables.
" doit donner ou restituer leur exacte qualification aux faits et actes litigieux
sans s'arrêter à la dénomination que les parties en auraient proposée.
Toutefois, il ne peut changer la dénomination ou le fondement juridique
lorsque les parties. en vertu d'un. accord exprès et pour les droits dont elles ont la libre
disposition, l'ont lié par les qualifications et points de droit auxquels elles entendent limiter
le débat. .
Le litige né. les parties peuvent aussi, dans les mêmes matières et sous 10
même condition. conférer au juge la mission de statuer comme amiable compositeur.
sous réserve d'appel si elles n'y ont pas spécialement renoncé. ,
'4:

24
• •
;;... ,.

Article 14 : Le juge peut inviter les parties à fournir les explications de droit qu'il
estime nécessaires à la solution du litige.

seCTION VI
DE LA CONTRADICTION

Article 15 : Aucune partie ne peut être jugée sans avoir été entendue ou
appelée.

Article 16 : les parties doivent se faire connaître mutuellement, en temps utile,


les moyens de fait sur lesquels elles fondent leurs prétentions, les éléments de preuve
qu'elles produisent et les moyens de droit qu'elles invoquent, afin que chacune soit à
même d'organiser sa défense.

Article 17 : Le juge doit, en toutes circonstances, faire observer et observer lui-


même le principe de la contradiction.
" ne peut retenir, dans sa décision, les moyens, les explications et les
documents invoqués ou produits par les parties que si celles-ci ont .été à même d'en
débattre contradictoirement.
Il ne peut fonder sa décision sur les moyens de pur droit qu'il a relevés d'office
sans avoir au préalable invité les parties à présenter leurs observations.

Article 18 : Lorsque la loi permet ou la nécessité commande qu'une mesure


soit ordonnée à l'insu d'une partie, celle-ci dispose d'un recours approprié contre la
décision qui lui fait grief. .
CHAPITRE Il
DE LA REPRESENTATION ET ASSISTANCE EN JUSTICE

Article 19 : Les parties peuvent se faire assister ou représenter par un avocat ou


un mandataire dans le cas où la loi l'autorise.

Article 20 : Le mandat de représentation en justice emporte pouvoir et devoir


d'accomplir, au nom du mandant, les actes de la procédure.

Article 21 : la mission d'assistance en justice emporte pouvoir et devoir de


conseiller la partie et de présenter sa défense sans l'obliger.

Article 22 : le mandat de représentation emporte mission d'assistance sauf


dispositions ou conventions contraires.

Article 23 : l'assistance et la représentation des parties devant les juridictions


sont assurées par les avocats sous les réserves suivantes:
1°_ devant les juridictions de première instance, les personnes physiques
peuvent toujours se faire représenter par leur conjoint et leurs parents jusqu'au troisième
degré; les gérants des sociétés de personnes peuvent se faire représenter par un associé
dans les actions intéressant la société; les personnes morales privées ou publiques
peuvent se faire représenter par un de leurs préposés fondé de pouvoir;
2°_ devant la cour d'appel, Jes personnes physiques, ne peuvent comparaître
qu'en étant représentées ou assistées par un avocat. Les personnes morales privées ou
publiques ne peuvent comparaître qu'en étant représentées par un avocat;
~.

f
1 <

, -'

3 _ devant la cour suprême, la représentation des parties est exclusivement


0

assurée par les avocats.


Article 24 : Le nom et la qualité du représentant doivent être portés à la
connaissance du juge. soit par déclaration au greffe de la juridiction, soit à l'audience.
Arficle 25 ; Quiconque entend représenter ou assister une partie doit justifier
qu'il en a reçu mandat ou mission. L'avocat est toutefois dispensé d'en justifier.
Article 26 : La personne investie d'un mandat de représentation en justice est
réputée à l'égard du juge et de la partie adverse avoir reçu pouvoir spécial de faire ou
accepter un désistement, d'acquiescer, de faire accepter ou donner des offres, un aveu
ou un consentement.
Article 27 ; La partie qui révoque son mandataire doit immédiatement, soit
pouNoir à son remplacement, soit informer le juge et la partie adverse de son intention
de se défendre elle-même si la loi le permet, faute de quoi son adversaire est fondé à
poursuivre la procédure et à obtenir jugement en continuant à ne connaître que le
représentant révoqué.
Article 28 : Le représentant qui entend mettre fin à son mandat n'en est
déchargé qu'après avoir informé de son intention son mandant, le juge et la partie
adverse.
Lorsque la représentation est obligatoire, l'avocat ne peut se décharger de
son mandat de représentation que du jour où il est remplacé par un nouveau
représentant constitué par la partie ou, à défaut, commis par le bâtonnier en cas de
bénéfice de l'assistance judiciaire.
Article 29 : L'avocat remplit les obligations de son mandat sans nouveau
pouvoir jusqu'à l'exécution du jugement.
Ces dispositions ne font pas obstacle au paiement direct à la partie de ce qui
lui est dû. 1
CHAPITRE III
DE l'ACT/ON EN JUSTICE

Article 30: L'action est le droit, pour l'auteur d'une prétention, d'être entendu .
sur le fond de celle-ci afin que le juge la dise bien ou mal fondée. ·1

Pour l'adversaire, l'action est le droit de discuter le bien-fondé de cette


prétention. j
Le demandeur peut se désister de son action en tout état de cause. 1

1
j
Article 31 : Toute personne physique ou morale peut agir devant les juridictions
!
de la République du Bénin en vue d'obtenir la reconnaissance, la protection ou la !
sanction de son droit.
Toute personne physique ou morale peut, dans tous les cas, être appelée
devant ces juridictions à l'effet de combattre une action dirigée contre elle.
Arficle 32 : Le ministère public peut agir en justice, soit comme partie
principale, soit comme partie jointe. .
'f-J;

'1
..
..
En tant que partie principale, il agit d'office dans les cas spécifiés par la loi et
lorsque l'ordre public esl directement et principalement intéressé.
En outre, lorsqu'il le juge utile, le ministère public peut se faire communiquer,
pour ses observations, copie de tout dossier en toutes matières. Dans ce cas, il dispose
d'un délai qui ne saurait excéder quinze (15) jours et au-delà duquel le juge peut
poursuivre la procédure.
Article 33 : L' action n'est recevable que si le demandeur:

- justifie d'un intérêt légitime, direct et personnel juridiquement protégé;


- a la qualité pour agir en justice;
- possède la capacité d'agir en justice.

CHAPITRE IV
DE LA COMPETENCE DES JURIDICTIONS

SECTION 1
DE LA COMPETENCE D'ATTRIBUTION

Article 34 : La compétence des juridictions, en raison de la matière, est


déterminée par les règles relatives à l'organisation judiciaire et par les dispositions
particulières.
Article 35 : Le taux du ressort au-dessous duquel l'appel n'est pas ouvert, est
déterminé par la loi.
Article 36 : Lorsque plusieurs prétentions fondées sur des faits différents et non·
connexes sont émises par un demandeur contre le même adversaire et réunies en une
même instance, le taux du ressort est déterminé par la valeur de chaque prétention
considérée isolément.
Lorsque les prétentions réunies sont fondées sur les mêmes faits ou sont
connexes, le taux du ressort est déterminé par la valeur totale de ces prétentions.

Article 37 : Lorsque des prétentions sont émises dans une même instance et en
vertu d'un titre commun, par plusieurs demandeurs ou contre plusieurs défendeurs, le
taux du ressort est déterminé pour l'ensemble des prétentions, par la plus élevée d'entre
elles.
Article 38 : Sous réserve des dispositions de l'article 36, le jugement n'est pas
susceptible d'appel lorsqu'aucune des demandes incidentes n'est supérieure au taux du
dernier ressort.
Si l'une d'elles est supérieure à ce taux, le juge statue en premier ressort sur
toutes les demandes. Il se prononce toutefois en demier ressort si la seule demande qui
excède le taux du dernier ressort est une demande reconventionnelle en dommages et
intérêts fondée exclusivement sur la demande initiale.
Article 39: Le jugement qui statue sur une demande indéterminée est. sauf
disposition contraire, susceptible d'appel.
'fY'
...
SECTION Il
DE LA COMPETENCE TERRITORIALE

Article 40: La juridiction territorialement compétente est. sauf disposition


contraire, celle du domicile du défendeur.
S'il y a plusieurs défendeurs. le demandeur saisit, à son choix. la juridiction du
domicile de l'un d'eux.

Si le défendeur n'a ni domicile, ni résidence connus, le demandeur peut saisir


la juridiction du lieu de son propre domicile ou celle de son choix si le demandeur réside
à l'étranger.
Article 41 : Le domicile du défendeur s'entend:
- s'il s'agit d'une personne physique. du lieu où celle-ci a son principal
établissement ou du lieu où elle demeure effectivement et. à défaut. sa résidence;
- s'il s'agit d'une personne morale, du lieu de son siège social et à défaut du
lieu où elle est établie.
Article 42 : Le demandeur peut saisir à son choix, outre la juridiction du lieu où
demeure le défendeur:
- en matière contractuelle, la juridiction du lieu de la conclusion du contrat, de
la livraison effective de la chose ou celle du lieu de l'exécution de la prestation de
service;
- en matière délictuelle, la juridiction du lieu du fait dommageable ou celle
dans le ressort de laquelle le dommage a été subi;
- en matière mixte, la juridiction du lieu où est situé l'immeuble ou celle du
domicile du défendeur;
- en matière d'aliments ou de contribution aux charges du ménage, la
juridiction du lieu où demeure le créancier ou celle du lieu où demeure le débiteur. j
Article 43 : En matière réelle immobilière, la juridiction du lieu où est situé
l'immeuble est seule compétente.
1
Article 44 : En matière de succession, la juridiction du lieu d'ouverture de la 1

succession est compétente pour connaître de toutes les actions relatives à la succession. 1
à l'exception des contestations concernant la propriété des biens réels immobiliers
relevant de la succession et des demandes formées par les créanciers du défunt après le
partage. 1
1
1
Article 45 : En matière de faillite ou de liquidation judiciaire, l'instance est
1
portée devant la juridiction du domicile du failli ou du bénéficiaire de la liquidation !
judiciaire.
Article 46 : En matière de garantie, l'instance est portée devant la juridiction
où la demande originaire est pendante.

Article 47 : En cas d'élection de domicile pour l'exécution d'un contrat,


l'action peut être portée devant la juridiction du domicile élu.

Article 48: La demande en réparation du dommage causé par un délit. quasi


délit. ou une contravention pourra être portée devant la juridiction du lieu où le faif
dommageable s'est produit.
if
,; -
Article 49 : Lorsqu'un magistrat ou un auxiliaire de justice est partie à un litige
qui relève de la compétence d'une juridiction dans le ressort de laquelle celui-ci exerce
ses fonctions, le demandeur peut saisir une juridiction située dans un ressort limitrophe.
le défendeur ou toutes les parties en cause d'appel peuvent également
demander le renvoi devant une juridiction choisie dans les mêmes conditions.
Article 50 : la juridiction territorialement compétente en matière administrative
est déterminée par les règles relatives à l'organisation judiciaire et par les dispositions
particulières.

Article 51 : La juridiction territorialement compétente en matière sociale est


déterminée par les dispositions du code du travail.

Article 52 : Toute clause qui, directement ou indirectement. déroge aux règles


de compétence territoriale est réputée non écrite à moins qu'elle n'ait été convenue
entre des personnes ayant toutes contracté en qualité de commerçants et qu'elle n'ait
été spécifiée de façon très apparente dans l'engagement de la partie à qui elle est
opposée.
TITRE Il
DE L'INTRODUCTION ET DE L'INSTRUCTION DES INSTANCES

CHAPITRE 1
DES ACTES ET DELAIS DE PROCEDURE

SECTION 1
DES ACTES

SOUS-SECTION 1
DE LA FORME DES-ACTES

Article 53 : Tout acte d'huissier de justice indique, outre les mentions prescrites
par ailleurs:
1°_ sa date et l'heure;
2°_ a) si le requérant est une personne physique, ses nom, prénoms, profession,
domicile, nationalité;
b) si le requérant est une personne morale, sa forme, sa dénomination, son
siège social ou lieu d'établissement, l'organe qui la représente légalement et son
immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier ou son numéro
d'enregistrement selon le cas;
3°-les nom, prénoms, demeure, signature de l'huissier de justice et l'indication
de son inscription au tableau des huissiers ou l'acte de nomination en qualité d'huissier
intérimaire;
4°_ si l'acte doit être signifié. les nom et domicile du destinataire. ou, s'il s'agit
d'une personne morale, sa dénomination et son siège social ou son lieu d'établissement.
Ces mentions sont prescrites à peine de nullité. .
~

li
..,
Article 54 : La nullité des actes d'huissier de justice est régie par les dispositions
qui gouvernent la nullité des actes de procédure.
Article 55 : Les frais afférents aux actes inutiles sont à la charge des huissiers de
justice qui les ont faits, sans préjudice des dommages et intérêts qui seraient réclamés. Il
en est de même des frais afférents aux actes nuls par l'effet de leur faute.

SOUS-SECTION 2
DE LA FORME DES NOTIFICATIONS

Article 56 : Les actes sont portés à la connaissance des intéressés par la


notification qui leur en est faite.
Lorsqu'une partie a chargé une personne de la représenter en justice, les
actes qui lui sont destinés peuvent être notifiés à son représentant sous réserve des règles
particulières à la notification des jugements.
Article 57 : La notification faite par acte d'huissier de justice est une
signification.
La notification peut toujours être faite par voie de signification alors même que
la loi l'aurait prévue sous une autre forme.

Paragraphe 1: De la signification

Article 58 : La date de la signification d'un acte d'huissier de justice est celle


du jour où elle est faite à personne, à domicile, à résidence ou à parquet.

Article 59: La signification doit être faite à personne.


La signification à une personne morale est faite à personne lorsque l'acte est
délivré à son représentant légal, à un fondé de pouvoir de ce dernier ou à toute autre
personne habilitée à cet effet.

Article 60 : Si la signification à personne s'avère impossible, l'acte peut être


délivré soit à domicile, soit à défaut du domicile connu, à résidence.
La copie peut être remise à toute personne présente, à défaut au gardien de
l'immeuble, en dernier lieu à tout voisin.
La copie ne peut être laissée qu'à la condition que la personne présente, le
gardien ou le voisin, l'accepte, déclare ses nom, prénoms, qualité et s'il s'agit du voisin,
indique son domicile et donne récépissé.
L'huissier de justice doit laisser, dans tous ces cas, au domicile ou à la
résidence du destinataire un avis de passage daté, l'avertissant de la remise de la copie
et mentionnant la nature de l'acte, le nom du requérant, ainsi que les indications
relatives à la personne à laquelle la copie a été remise.

Article 61 : Si personne ne peut ou ne veut recevoir la copie de l'acte et s'il


résulte des vérifications faites par l'.huissier de justice et dont il sera fait mention dans
l'acte de signification, que le destinataire demeure bien à l'adresse indiquée, ·10
signification est réputée faite à domicile ou à résidence.
Dans ce cas l'huissier de justice est tenu de remettre copie de l'acte à mairie
le jour même ou au plus tard le premier jour où les services de la mairie sont ouverts au
public.
i;
s;I
Le maire, son adjoint ou le secrétaire général de la mairie fait mention dans un
répertoire de la remise et en donne récépissé.
L' huissier de justice laisse au domicile ou à la résidence du destinataire un avis
de passage conformément à l'article précédent.
Cet avis mentionne que la copie de l'acte doit être retirée dans le plus bref
délai à la mairie contre récépissé ou émargement, par l'intéressé ou par toute personne
spécialement mandatée.
La copie de l'acte est conservée à la mairie pendant trois 103) mois. Passé ce
délai, celle-ci en est déchargée.

Le maire, son adjoini ou le secrétaire général de la mairie peut, à la demande


du destinataire, transmettre la copie de l'acte à une autre mairie où celui-ci pourra la
retirer dans les mêmes conditions.

Article 62 : Lorsque l'acte n'est pas délivré à personne, l'huissier de justice


mentionne sur la copie, soit les indications relatives à la personne à laquelle cette copie
a été laissée, soit l'indication de la mairie à laquelle elle a été remise.
La copie de l'acte signifié doit être placée sous enveloppe fermée, ne portant
que "indication des nom et adresse du destinataire de l'acte, et le cachet de l'huissier
apposé sur la fermeture du pli de "enveloppe.

Article 63 : Dans tous les cas prévus aux articles 61 et 62 du présent code.
l'huissier de justice doit aviser l'intéressé de la signification, le jour même, ou au plus tard
le premier jour ouvrable, par lettre recommandée avec accusé de réception
comportant les mêmes mentions que l'avis de passage et rappelant, si la copie de l'acte
a été remise à mairie, les dispositions du dernier alinéa de "article 62. La lettre contient en
outre copie de l'acte de signification.
Il en est de même en cas de signification à domicile élu ou lorsque la
signification est faite à une personne morale.
Le cachet de "huissier de justice est apposé sur la fermeture du pli de
l'enveloppe.
Article 64 : La signification d'un acte qui concerne une personne n'ayant ni
domicile, ni résidence, ni lieu de travail connus est faite à parquet. Le dernier domicile. la
dernière résidence ou le dernier lieu de travail connu est mentionné sur l'acte de l'huissier
de justice.
Le procureur vise l'original et fait rechercher le destinataire aux fins de remise
de la copie.

Article 65 : En cas de signification à parquet, le procureur informe l' huissier de


justice des diligences faites ; il lui transmet, le cas échéant, tout procès-verbal ou
récépissé constatant la remise de la copie, pour être annexé au premier original. Ces
documents sont tenus par "huissier de justice à la disposition de la juridiction.
Si dans les cas prévus à l'article 64, l'intéressé n'est pas retrouvé, le juge peut
prescrire d'office toutes diligences complémentaires, sauf à ordonner les mesures
provisoires ou conservatoires nécessaires à la sauvegarde des droits du demandeur.
Article 66 : Les originaux des actes d'huissier de justice doivent porter mention
des formalités et diligences auxquelles donne lieu l'application des dispositions du
présent paragraphe, avec indication de leurs dates. .
W

tI
,
lorsque la signification n'a pas été faite à personne, l'original de l'acte doit
préciser les nom et qualité de la personne à laquelle la copie a été laissée. Il en est de
même dans le cas prévu à l'article 59 alinéa 2.
Aucune signification ne peut être faite avant six 106} heures et après vingt-et-
une (21) heures, ni les dimanches, les jours fériés ou chômés, si ce n'est en vertu de
l'autorisation du juge en cas de nécessité.
l'huissier de justice est tenu de mettre à la fin de l'original et de la copie de
l'exploit, le coût de celui-ci à peine d'une amende civile de cinquante mille (50 OOO)
francs à cent mille (100 000) francs. Cette amende est prononcée d'office par le
président de la juridiction saisie de l'affaire.
Article 67 : Toute assignation ou signification, sauf dispositions contraires de la
loi, est faite par exploit d'huissier. l'exploit doit être rédigé sans blanc, lacune, interligne ni
abréviation. Il doit être timbré et enregistré conformément aux dispositions du code de
l'enregistrement.

Article 68: Sauf le cas de remise à la personne intéressée, la copie de l'exploit


est délivrée sous enveloppe fermée ne portant d'autres indications, d'un côté, que les
nom, prénoms, surnom, adresse du destinataire, et de l'autre que le cachet de l'étude
apposé sur la fermeture du pli de l'enveloppe et la signature de l'huissier.
Article 69 : L'huissier doit toujours mentionner sur l'original de l'exploit ses
diligences ainsi que les réponses faites à ses différentes interpellations. 1/ doit adresser ou à
défaut, remettre dans les trois (03) jours l'original de l'exploit à la partie requérante.

Article 70: L'huissier ne peut instrumenter dans les causes qui concernent
personnellement ses parents, son conjoint et ses alliés en ligne directe, ses parents et alliés
collatéraux jusqu'au degré de cousin issu de germain inclusivement, le tout à peine de
l'annulation de l'acte par application des articles 197 et 198 du présent code.

Paragraphe 2 : De la notification des actes en la forme ordinaire

Article 71 : La notification doit contenir toutes indications relatives aux nom et


prénoms ou à la dénomination ou raison sociale de la personne dont elle émane et au
domicile, siège social ou lieu d'établissement de cette personne. Elle doit désigner de la
même manière la personne du destinataire.

Article 72 : Les autres mentions que doit comporter la notification sont


déterminées, selon la nature de l'acte notifié, par les règles particulières à chaque
matière.
Article 73 : La notification est faite sous enveloppe ou pli fermé, soit par la voie
postale recommandée avec demande d'avis de" réception, soit par la remise de l'acte
au destinataire par un agent de la force publique contre émargement ou récépissé.

Article 74 : La date de la notification par voie postale est, à l'égard de celui


qui y procède, celle de l'expédition et, à l'égard de celui à qui elle est faite, la date de
la réception de la lettre.

Article 75 : La date de l'expédition d'une notification faite par la voie postale


est celle qui figure sur le cachet du bureau d'émission.
la date de la remise est celle du récépissé ou de l'émargement.
'I-J;-

101
· ~

La date de réception d'une notification faite par lettre recommandée avec


demande d'avis de réception est celle qui est apposée par l'administration des postes
lors de la remise de la lettre à son destinataire.
Article 76 : La notification est réputée faite à personne lorsque l'avis de
réception est signé par son destinataire.

Article 77 : En cas de retour au greffe de la juridiction d'une lettre de


notification qui n'a pu être remise à son destinataire, le greffe invite à procéder par voie
de signification.

Paragraphe 3: Des notifications entre avocats

Article 7B : Les dispositions des paragraphes l et 2 ne sont pas applicables à la


notification des actes entre avocats. Celle-ci se fait par notification directe ou par toute
autre voie prévue par les règles régissant l'exercice de la profession d'avocat.

Article 79 : La notification directe s'opère par la remise de l'acte en double


exemplaire à l'avocat destinataire, lequel restitue aussitôt à son confrère, l'un des
exemplaires après l'avoir daté et visé.
SOUS-SECTION 3

DES REGLES PARTICULIERES A LA NOTIFICATION DES JUGEMENTS

Article 80 : les jugements sont notifiés par la remise d'une simple expédition
selon les formes prévues à l'article 73. Toutefois, la partie intéressée peut procéder par
voie de signification.

Article 81 : les jugements sont notifiés aux parties elles-mêmes.


Lorsque la représentation est obligatoire, le jugement doit être préalablement
notifié aux représentants, faute de quoi la notification à la partie est nulle. Toutefois, si le "
représentant est décédé ou a cessé d'exercer ses fonctions, la notification n'est faite
qu'à la partie avec l'indication du décès ou de la cessation de fonction.
Mention de l'accomplissement de cette formalité doit être portée dans l'acte
de notification destiné à la partie.
Article 82 : En matière gracieuse, le jugement est notifié aux parties et aux tiers
dont les intérêts risquent d'être affectés par la décision, ainsi qu'au ministère public
lorsqu'un recours lui est ouvert.

Article 83 : L'aefe de notification ou de signification d'un jugement à une


partie doit, à peine de nullité indiquer de manière apparente le délai d'opposition,
d'appel ou de pourvoi en cassation dans le cas où l'une de ces voies de recours est
ouverte ainsi que les modalités selon lesquelles le recours peut être exercé.
Article 84 : La notification ou la signification d'un jugement est valablement
faite au domicile élu en République du Bénin par Jo partie demeurant à l'étranger.
~

1/1
...
>

SOUS-SECTION 4
DES REGLES PARTICULIERES AUX NOTIFICATIONS INTERNATIONALES

Paragraphe 1 : De le notification des actes à l'étranger

Article B5 : Les notifications à l'étranger sont faites par voie de signification à


parquet.
Toutefois, la partie qui y a intérêt, peut procéder à la signification par ministère
de l'officier public compétent au lieu où la signification doit être faite.
Les dispositions du présent article ne préjudicient pas à l'application des traités
prévoyant une autre forme de notification.

Article B6 : Le parquet auquel la signification est faite est selon le cas, celui de
la juridiction devant laquelle la demande est portée, celui de la juridiction qui a statué.
ou celui du domicile du requérant.

Article B7 : L'huissier de justice remet deux copies de l'acte au procureur qui


vise l'original. Le procureur fait parvenir les copies de l'acte au ministre chargé de la
justice aux fins de transmission sous réserve des cas où la transmission peut être faite de
parquet à parquet.
Il y joint une ordonnance du juge prescrivant la transmission de l'acte lorsque
l'intervention du juge est exigée par le pays destinataire.
Article BB : L'huissier de justice doit le jour même de la signification faite à
parquet ou, au plus tard le premier jour ouvrable, expédier au destinataire par lettre
recommandée, une copie certifiée conforme de l'acte notifié.

Article B9 : S'il n'est pas établi que le destinataire d'un acte en a eu


connaissance en temps utile, le juge saisi de l'affaire peut prescrire d'office toutes
diligences complémentaires, sauf à ordonner les mesures provisoires ou conservatoires
nécessaires à la sauvegarde des droits du demandeur.
Le juge peut donner commission rogatoire à toute .autorité compétente aux ,'.
fins de s'assurer que le destinataire a eu connaissance de l'acte et de l'informer des
conséquences d'une abstention de sa part. En' ce cas, la commission rogatoire est
transmise par le parquet comme il est dit à l'article 88.

Article 90: La notification faite par le greffe d'une juridiction à une personne
qui demeure à l'étranger l'est par la remise ou par la transmission de l'acte de
notification au parquet qui doit le transmettre aux autorités compétentes de la
République du Bénin pour notification.
Le greffier de la juridiction est tenu des mêmes obligations que l' huissier de
justice en ce qui concerne les mentions de l'acte.

Article 91 : L'acte destiné à être notifié à un Etat étranger, à un agent


diplomatique étranger à la République du Bénin, ou à tout autre bénéficiaire de
l'immunité de juridiction, est notifié au parquet. et transmis par l'intermédiaire du ministère
de la justice à moins qu'en vertu d'un traité, la transmission puisse être faite par une autre
voie.
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, -
Paragraphe 2: De la notification des actes en provenance de l'étranger

Article 92 : Les actes en provenance d'un Etat étranger dont la notification est
demandée par les autorités de cet Etat sont notifiés par voie de simple remise ou de
signification.

Article 93 : Le ministre de la justice transmet les actes qui lui sont adressés au
parquet près le tribunal de première instance dans le ressort duquel ils doivent être
notifiés ou à la chambre nationale des huissiers de justice, à moins qu'en vertu d'un traité,
la transmission puisse être effectuée directement par les autorités étrangères au parquet
ou à la chambre nationale des huissiers de justice et sous réserve de tout autre mode de
notification.

Article 94 : Lorsque la notification est faite par les soins du parquet, elle a lieu
par voie de simple remise et sans frais.

Article 95 : La chambre nationale des huissiers de justice transmet les actes qui
lui sont adressés à un huissier de justice territorialement compétent pour les signifier.

Article 96 : La partie requérante est tenue de faire l'avance des frais de


signification sous réserve des conventions internationales existantes.

Article 97: L'acte est notifié dans la langue de l'Etat d'origine.


Toutefois, le destinataire qui ne connaît pas la langue dans laquelle l'acte est
établi peut en refuser la notification et demander que celui-ci soit traduit ou
accompagné d'une traduction en langue française à la diligence et aux frais de la
partie requérante.

Article 98 : Les pièces constatant l'exécution ou le défaut d'exécution des


demandes de notification ou de signification sont transmises en retour selon les mêmes
voies que celles par lesquelles les demandes avaient été acheminées.
Article 99 : L'exécution d'une demande de notification ou de signification 'f

peut être refusée par l'autorité béninoise si elle est de nature à porter atteinte à la
souveraineté ou à la sécurité de l'Etat. Elle peut également être refusée si la demande
n'est pas présentée conformément aux dispositions du présent code.

SOUS-SECTION 5
DU LIEU DES NOTIFICATIONS

Article 100 : Les notifications sont faites au lieu où demeure le destinataire s'il
s'agit d'une personne physique. Toutefois, lorsqu'elle est faite à personne, la notification
est valable quel que soit le lieu où elle est délivrée y compris le lieu du travail.
La notification est aussi valablement faite au domicile élu lorsque la loi l'admet
ou l'impose.

Article 101 : La notification destinée à une personne morale de droit privé ou à


un établissement public à caractère industriel, commercial ou social est faite au lieu de
son établissement.
A défaut d'un tel lieu, elle l'est en la personne de l'un de ses membres
habilitée à la recevoir. .
~

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...
Article 102 : Les notifications destinées au parquet et celles qui doivent être
faites à parquet le sont selon le cas:
- au parquet de la juridiction devant laquelle Ja demande est portée;
- à celui de la juridiction qui a statué ou ;
- à celui du dernier domicile connu.
Article 103 : Les notifications destinées aux collectivités publiques ou aux
établissements publics sont faites aux lieux où ils sont établis, à toute personne habilitée à
les recevoir.
SOUS-SECTION 6
DES DISPOSITIONS DIVERSES

Article 104 : La nullité des notifications est régie par les dispositions qui
gouvernent la nullité des actes de procédure.

Article 105 : Sont observées à peine de nullité, les dispositions prescrites aux
articles 59 à 63, 66, 71,76,81,83,85,86,88, 100 à 103 du présent code.

SECTiON Il
DES DELAIS

SOUS-SECTION 1
DES DELAIS DE COMPARUTION

Article 106 : Le délai entre la délivrance de la convocation ou de l'assignation


et le jour indiqué pour la comparution est fixé comme suit:
- huit (08) jours si la partie convoquée ou assignée demeure dans le ressort de
la juridiction appelée à connaître de l'affaire;
- quinze (15) jours si elle demeure dans le ressort limitrophe;
- un (01) mois si elle demeure dans les autres parties de la République;
- deux (02) mois si elle demeure en dehors du territoire de la République.
Les délais spécifiés ci-dessus sont francs.

Article 107 : Dans les cas qui requièrent célérité, le Président de la Juridiction
peut, par ordonnance, abréger les délais ci-dessus fixés et permettre d'assigner à jour
fixe, même d'heure à heure.
En cas de transmission à l'étranger, le requérant doit justifier de la sûreté et de
la rapidité des communications.

Article 108 : Les parties peuvent toujours comparaître volontairement ou sur


simple avertissement oral. Elles peuvent renoncer aux dispositions des articles 106 et 107. .
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SOUS-SECTION 2
DE LA COMPUTATION DES DELAIS

Article 109 : Lorsqu'un acte ou une formalité doit être accompli avant
"expiration d'un délai, celui-ci a pour origine la date de l'acte, de l'événement, de la
décision ou de la notification qui le fait courir.
Article 110 : Lorsqu'un délai est exprimé en jours, celui de l'acte, de
l'événement, de la décision ou de la notification qui le fait courir ne compte pas.
Lorsqu'un délai est exprimé en mois, ce délai expire le jour du dernier mois qui
porte le même quantième que le jour de "acte, de l'événement, de la décision ou de la
notification qui fait courir le délai. A défaut d'un quantième identique, le délai expire le
dernier jour du mois.
Lorsqu'un délai est exprimé en années, ce délai expire le mois de la dernière
année qui porte le même quantième.
Lorsqu'un délai est exprimé en mois et en jours. les mois sont d'abord
décomptés, puis les jours.

Article 111 : Tout délai expire le dernier jour à vingt quatre (24) heures.

Le délai qui expirerait normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié


ou chômé, est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant.

Article 112 : Les dispositions des articles 109 à 111 sont également applicables
aux délais dans lesquels les inscriptions et autres formalités de publicité doivent être
opérées.
Article 113 ; Lorsque la demande est portée devant une juridiction qui a son
siège en République du Bénin. les délais de comparution. d'appel, d'opposition, de
recours en révision et de pourvoi en cassation sont augmentés de deux mois pour les
personnes qui demeurent à J'étranger.
Article 114 : Les augmentations de délais prévus à l'article 113 s'appliquent
dans les cas où il n'y est pas expressément dérogé.
Article 115: Lorsqu'un acte destiné à une partie domiciliée à l'étranger ou en
un lieu où elle bénéficierait d'une prorogation de délai est notifié à sa personne en un
lieu où ceux qui y demeurent n'en bénéficieraient point, cette notification n'emporte
que les délais accordés à ces derniers.

CHAPITRE Il
DE L'INTRODUCTION DE L'INSTANCE

SECTION 1
DE LA DEMANDE INITIALE

Article 116 : La demande initiale est celle par laquelle un justiciable prend
l'initiative d'un procès en soumettant au juge ses prétentions. Elle introduit l'instance.
La demande est formée, soit par requête écrite, soit par assignation. .
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SOUS-SECTION 1
DE LA REQU ETE ECRITE

Article 117 : La demande en justice ne peut être introduite par requête écrite
que dans les actions personnelles ou mobilières dont l'intérêt pécuniaire n'excède pas
cinq cent mille (500000) francs. Toutefois. la requête peut avoir pour objet, une matière
gracieuse.
La demande formée par requête écrite est adressée au président du tribunal.
Elle est enregistrée dans un registre coté et paraphé par le président. Elle doit être
enrôlée à l'audience la plus proche.
Article 118 : La requête doit être datée des jours, mois et an. Elle doit indiquer
les nom, prénoms usuels, domicile, nationalité et profession du demandeur ainsi que les
nom, prénoms usuels, domicile et le cas échéant, la profession du défendeur.
Elle doit préciser l'objet, les motifs et, s'il y a lieu, le montant de la demande.
Elle est signée du requérant ou porte ses empreintes digitales.
Elle peut également être signée et introduite par son avocat.
Cette requête vaut conclusions.
Article 119 : Le demandeur peut adresser sa requête par la poste et solliciter
d'être entendu sur commission rogatoire lorsqu'il réside hors du ressort territorial de la
juridiction saisie.
Dans tous les cas, il peut demander à être jugé sur pièces.

Article 120: La requête doit être accompagnée d'une ou plusieurs copies


certifiées conformes destinées à être notifiées à la partie ou aux parties défenderesses.
La requête et les pièces sont déposées en autant d'exemplaires qu'il y a de
personnes appelées à la cause.

Article 121 : Le président du tribunal transmet la requête et les pièces y


annexées au greffier en chef du tribunal qui procède immédiatement à l'enrôlement
conformément aux dispositions du présent code.
Le président du tribunal donne "ordre de convoquer les parties et de notifier
copie de la requête et des pièces aux parties défenderesses. Toutefois, si la requête ne
lui paraît pas suffisamment explicite, il peut, avant d'en prescrire "enrôlement et
d'ordonner la convocation des parties, inviter le demandeur à fournir toutes précisions
nécessaires.
Paragraphe 1 : De la convocation

Article 122 : La convocation est rédigée par le greffier. Elle contient les
indications suivantes:
1°_ les nom, prénoms usuels, profession s'il y a lieu, le domicile ou la résidence
de la partie convoquée;
2°_ la juridiction ou le juge devant lequel l'intéressé doit comparaître;
3°_ les lieu, jour et heure de la comparution;

4°_ l'avis d'avoir à faire, s'il y a lieu, élection de domicile au siège de la


juridiction;
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5°· éventuellement, l'invitation à déclarer si la partie convoquée entend être


jugée sur pièces;

6°_ la signature du greffier et le sceau du greffe.

La copie de la requête et les pièces sont jointes à la convocation initiale.

Article 123 : La remise de la convocation est effectuée à la diligence du


greffier.
Si elle ne peut être servie par le greffier lui-même et si le destinataire réside en
République du Bénin, elle est transmise par pli spécial de notification judiciaire soit par la
voie administrative, soit par la voie postale avec demande d'avis de réception.
Si le destinataire de nationalité béninoise demeure à "étranger, la
convocation est transmise par pli de notification judiciaire par la voie administrative et
adressée directement aux agents diplomatiques ou consulaires de la République du
Bénin ou aux autorités désignées par les conventions diplomatiques.

Arficle 124: La convocation est remise valablement:


1°· à la personne à qui elle est destinée, si elle peut être trouvée à son domicile
ou en tout autre lieu;
2°· au domicile de la personne à qui elle est destinée, entre les mains des
parents, serviteurs, concierges ou de toute autre personne habitant la même demeure, si
la personne destinataire est absente de son domicile;
3°_ au maire, ou à défaut, à un adjoint. au secrétaire de la mairie. au chef de
village ou de quartier de ville; s'il n'y a personne au domicile de l'intéressé ou si la
personne convoquée ou toute autre personne présente au domicile refuse de recevoir
l'acte, le réceptionnaire est invité à la remettre au destinataire;
4°· au parquet. soit au procureur de la république, soit à un secrétaire du
parquet, si la personne à qui elle est destinée est sans domicile ni résidence connus.
Dans les cas prévus aux points 2, 3 et 4 ci-dessus, la requête et les pièces y
annexées sont remises sous pli fermé.
Toute résidence, à défaut de domicile en République du Bénin. vaut domicile.

Article 125 : A la convocation est annexé un récépissé indiquant l'identité de


celui qui a reçu et la date de remise. Ce récépissé est signé, soit de la partie, soit de la
personne à qui la remise a été faite.
Si celui qui reçoit le récépissé ne veut ou ne peut signer, mention en est faite
sur le récépissé par le greffier ou "autorité qui assure la remise. Ce greffier ou cette
autorité atteste cette mention par sa signature et fait parvenir immédiatement le
récépissé au greffe du tribunal.
Sauf dans le cas de remise à "intéressé, la convocation est délivrée dans les
formes prévues à l'article 58 et suivants du présent code.
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Paragraphe 2 : Des personnes à convoquer ou à assigner

Article 126 : Sont convoqués ou assignés :

JO-l'Etat. lorsqu'il s'agit des domaines et droits domaniaux. en la personne ou


au bureau du conservateur de la propriété foncière;
2°_ l'Etat. en toute autre matière en la personne de l'agent judiciaire du trésor
ou en son bureau;
3°-l'administration ou les établissements publics en leur bureau. en la personne
du chef de l'administration ou de l'établissement;
4°_ les communes. en la personne des maires. de leurs adjoints ou en leur
bureau;
5°- les sociétés jusqu'à leur liquidation définitive. en leur siège social ou au lieu
de leur principal établissement et s'il n'yen a pas. au domicile de leur représentant
légal;
6°_ la masse des créanciers, en la personne du Syndic à son domicile;
7°_ les coopératives en la personne ou au domicile de leurs responsables;
8°_ ceux qui n'ont aucun domicile connu en République du Bénin, au lieu de
leur résidence habituelle.
Si le lieu n'est pas connu. la convocation est remise au parquet ainsi qu'il est
dit à l'article 124 point 4 et copie est affichée à la principale porte de l'auditoire du
tribunal où la demande est portée;
9°_ ceux qui résident à l'étranger. au parquet de la juridiction où la demande
est portée. qui transmet par voie hiérarchique.
Dans tous les cas. à défaut de comparution du défendeur, si la notification n'a
pu être remise à sa personne. ou s'il n'est pas établi qu'il en a eu connaissance, la
juridiction peut fixer une nouvelle date d'audience et inviter le greffier à .réitérer la
convocation pour la nouvelle date fixée.

SOUS-SECTION 2
DE LA REQUETE CONJOINTE

Article 127 : L'instance peut être introduite par requête conjointe. La requête
conjointe est l'acte commun par lequel les parties soumettent au juge leurs prétentions
respectives. les points sur lesquels elles sont en désaccord ainsi que leurs moyens
respectifs.
Article 128 : La requête conjointe contient à peine de nullité:

1°_ a) - pour les personnes physiques, les nom, prénoms, profession, domicile et
nationalité;
b) - pour les personnes morales. leur forme, leur dénomination. leur siège
social et l'organe qui les représente légalement. l'immatriculation au registre du
commerce et du crédit mobilier;
2°_ l'indication de la juridiction devant laquelle la demande est portée;
3°_ le cas échéant, les mentions relatives à la désignation des immeubles
exigées pour la publication au livre foncier.
Elle comprend aussi l'indication des pièces sur lesquelles la demande est
fondée. .
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Elle est datée et signée par les parties et par leur avocat lorsqu'il en est
constitué.
Cette requête vaut conclusions.

Article 129 : Les parties peuvent, si elles ne l'ont déjà fait depuis la naissance
du litige. conférer au juge dans la requête conjointe mission de statuer comme amiable
compositeur ou le lier par les qualifications et points de droit auxquels elles entendent
limiter le débat.

Article 130 : Sous réserve des dispositions particulières de la loi. la requête


conjointe n'est admise que dans les matières où les parties ont la libre disposition de leur
droit.
SOUS-SECTION 3
DE l'ASSIGNATION

Article 131 : La demande introduite par assignation est signifiée par un huissier
de justice.
L'assignation doit contenir outre les mentions prévues à "article 53 du présent
code:
1°_ la constitution. s'il y a lieu, par le requérant d'avocat et l'éjection de
domicile;
2°· les nom. prénoms usuels. profession s'il y a lieu et domicile du défendeur;
3°-l'objet de la demande et les motifs;
4°· l'indication de la juridiction qui doit connaître de la demande. la date.
l'heure de la comparution.
Cette assignation vaut conclusions.
Elle est signifiée dans les conditions prévues aux articles 58 à 66 et 70 du
présent code. et établie conformément aux prescriptions des articles 131 et 132.
L'huissier de justice doit toujours mentionner sur l'original de l'exploit ses
diligences ainsi que les réponses faites à ses différentes interpellations.
Il doit adresser ou à défaut, remettre dans les trois jours. l'original de l'exploit à
la partie requérante.

Article 132 : Les délais normaux des assignations sont ceux fixés par l'article 106
du présent code.
Dans les cas qui requièrent célérité, il est procédé comme il est dit à l'article
107. Mais en cas de transmission à l'étranger. le requérant doit justifier de Ja sûreté et de
la rapidité des communications. .
SECTION Il
DES DEMANDES INCIDENTES

Article 133 : La demande peut être incidente. Les demandes incidentes sont:
• la demande reconventionnelle;
- la demande additionnelle;
- l'intervention.
~
., ,

Article 134 : Constitue une demande reconventionnelle, la demande par


laquelle le défendeur originaire prétend obtenir un avantage autre que le simple rejet de
la prétention de son adversaire.
Article 135 : Constitue une demande additionnelle, la demande par laquelle
une partie modifie ses prétentions antérieures.
Article 136 : Constitue une intervention, la demande dont l'objet est de rendre
une tierce personne partie au procès engagé entre les parties originaires.
Lorsque la demande émane du tiers, l'intervention est volontaire.
L'intervention est forcée lorsque le tiers est mis en cause par une partie.

Article 137 : La demande incidente doit exposer les prétentions et les moyens
de la partie qui la forme et indiquer les pièces justificatives s'il y a lieu.

Article 138 : Les demandes inCidentes sont formées à l'encontre des parties à
l'instance de la même manière que sont présentés les moyens de défense.

Elles sont faites à l'encontre des parties défaillantes ou des tiers dans les formes
prévues pour l'introduction de l'instance.

Article 139 : L'acte par lequel est formée une demande incidente vaut
conclusions. Il est notifié aux autres parties.

Article 140: Les demandes reconventionnelles ou additionnelles ne sont


recevables que si elles se rattachent aux prétentions originaires par un lien suffisant.
Toutefois, la demande en compensation est recevable même en l'absence
d'un te/lien. sauf au juge à la disjoindre si elle risque de retarder le jugement sur le tout.

SECTION III
DE LA MISE AU ROLE

Article 141 : Le greffe tient un répertoire général des affaires dont la juridiction
est saisie.
Le répertoire général indique la date de saisine, le numéro d'inscription, le
nom des parties, la nature de l'affaire, s'il y a lieu la chambre à laquelle celle-ci est
distribuée, la nature et la date de la décision.

Article 142 : Pour chaque affaire inscrite au répertoire général, le greffier


constitue un dossier sur lequel sont portés, outre les indications figurant à ce répertoire, la
chambre ayant à connaître de l'affaire, et s'il y a lieu, le nom des personnes qui
représentent ou assistent les parties.
Sont versés dans ce dossier après avoir été visés par le juge, les lettres, les actes
et documents relatifs à l'affaire. Y sont mentionnés ou versés en copie les décisions
auxquelles celle-ci donne lieu, les avis et les lettres adressées par la juridiction.
En cas de comparution volontaire, les prétentions des parties ou la référence
qu'elles font aux prétentions qu'elles auraient formulées par écrit, sont notées au dossier.

Article 143 : La remise au greffe de la copie d'un acte de procédure ou d'une


pièce est constatée par la mention de la date de remise et le visa du greffier sur l'original
ainsi que sur /0 copie qui est immédiatement restitué.
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• •

Article 144 : L'original de l'assignation, de la requête ou de la requête


conjointe est, dès sa remise au greffe, présenté par le greffier au président du tribunal en
vue des formalités de fixation et de distribution. La décision du président fait l'objet d'une
simple mention en marge de la requête.

Article 145 : Dans le cas prévu à l'article 762 du présent code, les copies de la
requête et des pièces remises au président sont, ainsi qu'une copie de son ordonnance,
placées par le greffier, dans le dossier, dès sa constitution.

Article 146 : Le greffier avise aussitôt les parties ou les avocats dont la
constitution lui est connue du numéro d'inscription au répertoire général, des jour et
heure fixés par le président du tribunal pour l'appel de l'affaire et de la chambre à
laquelle celle-ci est distribuée.

Article 147 : Les avocats de chacune des parties ou les parties elles-mêmes
sont avisés des charges qui leur incombent par le Président ou par le juge de la mise en
état, selon le mode d'instruction de l'affaire. Ils peuvent être avisés verbalement, avec
émargement et mention au dossier.
En cas d'absence, ils le sont par simple avis daté et signé par le greffier, et
remis par celui-ci aux parties ou déposé au lieu où sont effectuées, au siège du tribunal,
les notifications entre avocats.
les injonctions doivent toujours donner lieu à la délivrance d'un avis.

Article 148 : le dossier de l'affaire est conservé et tenu à jour par le greffier de
la chambre à laquelle l'affaire a été distribuée.

Il établit une fiche permettant de connaître à tout moment l'état de l'affaire.


Article 149 : le greffier de la formation de jugement tient un registre oÙ sont
portés, pour chaque audience:
-la date de l'audience;
- le nom du ou des juges et du greffier;
-le nom des parties et la nature de l'affaire;
- l'indication des parties qui comparaissent elles-mêmes dans les matières où la
représentation n'est pas obligatoire;
-le nom des personnes qui représentent ou assistent les parties à l'audience.
le greffier y mentionne également le caractère unique ou non de "audience,
les incidents d'audience et les décisions prises sur ces incidents.
l'indication des jugements prononcés est portée sur le registre qui est signé
après chaque audience, par le président et le greffier.
Article 150 : En cas de recours par voie de déclaration écrite au greffe ou de
renvoi après cassation, le greffier adresse le dossier à la juridiction compétente, dans un
délai d'un (Dl) mois, sauf si d'autres délais sont fixés par des dispositions particulières.
le greffier établit, s'il y a lieu, copie des pièces nécessaires à la poursuite de
l'instance.
L'inobservation du délai prévu à l'alinéa 1er du présent article est sanctionnée
d'une amende de cent mille (100000) francs. .
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.. ,

Article 151 : Les actes des greffiers sont ceux qu'ils dressent seuls dans les cas
prévus par la loi.
Article 152 : Les procès-verbaux de dépôt au greffe sont dressés sur-le-champ
par le greffier qui en conserve minute.
Ils sont datés et contiennent les nom. prénoms et qualités du greffier rédacteur,
les nom, prénoms et domicile de la partie requérante ou déclarante et toutes les
mentions spéciales à la nature de chaque acte.
Ils sont signés par le greffier et la partie. Si elle ne le peut. il en est fait mention.

Article 153 : Les procès-verbaux sont inscrits sur un répertoire spécialement


prévu à cet effet.
Ce sont des actes authentiques qui font preuve jusqu'à inscription de faux.

Article 154 : Est qualifié minute, l'original d'un jugement, d'un arrêt, d'une
ordonnance ou de tout autre acte public établi en la forme authentique que le greffier
en chef garde au greffe pour en assurer la conservation et en délivrer des grosses.
expéditions, copies ou extraits.
Est qualifié brevet, l'acte authentique dont l'original est délivré directement
aux parties dans les cas où la loi le prévoit.

Article 155 : La reproduction littérale des minutes est qualifiée copie simple
lorsqu'elle n'est ni signée, ni certifiée conforme, ni revêtue du sceau du greffe. Elle ne
vaut qu'à titre de renseignements.
Elle est qualifiée expédition, lorsqu'elle est certifiée conforme à l'original par le
greffier en chef, signée par celui-ci et revêtue de son sceau.
Est qualifiée grosse, l'expédition revêtue de la formule exécutoire.
Est qualifiée extrait. la copie partielle ou l'analyse de l'un des actes visés à
l'article précédent délivrée par le dépositaire de ·Ia minute. En aucun cas, un extrait ne
peut être revêtu de la formule exécutoire.
La forme des grosses. expéditions, copies ou extraits et l'emploi des divers
moyens de reproduction pour les obtenir sont fixés par décret.

Article 156 : La reproduction littérale des minutes sous la forme de grosse,


expéditions, copies ou extraits est toujours collationnée avec le document reproduit sous
la responsabilité de celui qui l'établit.

Article 157 : Les greffiers en chef sont tenus de délivrer expéditions ou copies
des actes dont ils doivent conserver la minute, aux parties ou à leurs avocats, sans
ordonnance de justice sauf si la loi en dispose autrement et sous réserve du paiement
préalable des droits qui leur sont dus le cas échéant.
Toutefois, lorsque les débats préalables à une décision judiciaire se sont
déroulés en chambre du conseil, il ne peut être délivré aux parties autres que les
intéressés, leurs héritiers ou ayants droit à titre universel qu'un extrait ne mentionnant que
le dispositif de la décision rendue.
Si la décision judiciaire n'a pas été rendue en audience publique, il ne peut
être délivré expédition ou copies qu'aux seuls intéressés, à leurs héritiers ou ayants droit. .
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Article 158 : Il ne peut être délivré qu'une seule grosse d'un même acte ou
décision. Toutefois, lorsqu'il y a plusieurs créanciers, chacun d'eux peut obtenir la
délivrance d'une grosse.
La parfie qui, avant d'avoir pu faire exécuter la décision rendue à son profit,
est dans l'impossibilité de se servir de la grosse, peut en obtenir une seconde par
ordonnance du président du tribunal du lieu où l'acte a été établi ou la décision rendue.
Elle fera sommation aux autres parties intéressées d'être présentes à la délivrance qui en
sera faite aux heure et jour indiqués. Mention sera faite de cette ordonnance au bas de
la seconde grosse.
Lorsque la partie a constitué avocat, la grosse ne peut être délivrée qu'à
celui-ci ou à elle-même.

Article 159: En marge de la minute, mention est faite par le greffier de la


délivrance de toute expédition ou de toute grosse avec la date de la délivrance et le
nom de la personne à laquelle elle a été faite.

CHAPITRE III
DE LA PROCEDURE PREPARATOIRE AU JUGEMENT

SECTION 1
DE L'APPEL DES CAUSES

Article 160: Au jour fixé pour l'audience, l'affaire est obligatoirement appelée.
Si le demandeur ne comparaît pas, ni personne pour lui, l'affaire est renvoyée à huitaine.
Si à l'audience de renvoi, le demandeur ne comparaît pas, ni personne pour lui, l'affaire
est rayée d'office à moins que le défendeur ne sollicite jugement au fond.
Si le demandeur se trouve dans l'impossibilité de se déplacer, il peut solliciter
que le tribunal statue sur pièces.
Si le défendeur ne comparaît pas, ni personne pour lui, il sera statué
conformément aux articles 540 et suivants du présent code.

Article 161 : Au jour fixé pour l'audience, si les parties comparaissent ou sont
régulièrement représentées, le tribunal peut:
1°_ soit retenir l'affaire s'il estime qu'elle est en état d'être jugée le jour même à
la demande des parties;
2°_ soit fixer la date à laquelle l'affaire sera plaidée et impartir les délais utiles à
la communication de pièces ou au dépôt de conclusions, ces délais devant être
observés à peine d'irrecevabilité desdites pièces et conclusions. Cette irrecevabilité sera
prononcée d'office par le tribunal à moins que l'inobservation des délais résulte d'un cas
fortuit ou de force majeure;
3°_ soit, dans les matières civiles et commerciales, renvoyer l'affaire devant le
président d'audience pour être mise en état par ses soins. Lorsque le président
d'audience est président d'un tribunal de première Instance, la procédure de mise en
état pourra être suivie par un juge qu'il désigne à cet effet, par ordonnance, parmi les
juges du tribunal.
Les décisions du tribunal visées au présent article sont des décisions de pure
administration judiciaire contre lesquelles aucun recours n'est possible. Elles seront
mentionnées au registre d'audience. .
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SECTION 1/
DES MOYENS DE DEFENSE

SOUS-SECTION 1
DE LA DEFENSE AU FOND

ArtIcle 162 : Constitue une défense au fond, tout moyen qui tend à faire rejeter
comme non justifiée, après examen au fond du droit, la prétention de l'adversaire.
Article 163 : Les défenses au fond peuvent être proposées en tout état de
cause.
SOUS-SECTION 2
DES EXCEPTIONS DE PROCEDURE

Article 164 : Constitue une exception de procédure tout moyen qui tend soit à
faire déclarer la procédure irrégulière ou éteinte, soit à en suspendre le cours.
Les exceptions sont:
- Les exceptions de caution à fournir par les demandeurs étrangers:
- les exceptions d'incompétence;
- les exceptions de litispendance et de éonnexité :
- les exceptions dilatoires:
- les exceptions de nullité:
- l'exception d'inconstitutionnalité.

Article 165 : Les exceptions, dès lors qu'elles ne sont pas d'ordre public, ne
sont recevables que si elles sont présentées simultanément et avant toute défense au
fond ou fin de non recevoir.
Il en est de même des fins de non recevoir lorsque celles-ci ne constituent pas
par elles-mêmes de véritables défenses au fond.
La demande de communication de pièces ne constitue pas une cause
d'irrecevabilité des exceptions.
Les dispositions de l'alinéa 1er ne font pas non plus obstacle à "application
des articles 182, 190, 191 et 196 du présent code. ~

Paragraphe 1 : De l'exception de caution judlcatum solvl

Article 166 : Sauf conventions diplomatiques et instruments communautaires


contraires, l'étranger, demandeur principal ou intervenant, peut être tenu, si le
défendeur le requiert, de fournir une caution destinée à garantir le paiement des frais et
des dommages et intérêts auxquels il pourrait être condamné, à moins qu'il ne justifie que
la valeur de ses immeubles situés en République du Bénin est suffisante pour répondre de
ses condamnations éventuelles. Il pourra être substitué à la caution, un cautionnement
dont le montant sera fixé par le juge ou toutes autres garanties suffisantes laissées à
l'appréciation souveraine du juge.
Cette caution ne peut être exigée en matière de référé ou lorsque le
demandeur étranger agit en contestation d'une saisie attribution pratiquée contre lui. y.,,:
• 0
, 1»

Paragraphe 2 : Des exceptions d'Incompétence

A- De l'incompétence soulevée par les parties

Article 167: S'il est prétendu que la juridiction saisie est incompétente, la partie
qui soulève cette exception doit, à peine d'irrecevabilité, la motiver et faire connaître
dans tous les cas devant quelle juridiction elle demande que l'affaire soit portée.
Article 168 : Le juge peut, dans un même jugement, mais par des dispositions
distinctes, se déclarer compétent et statuer sur le fond du litige, sauf à mettre
préalablement les parties en demeure de conclure sur le fond.

Article 169: Lorsqu'il ne se prononce pas sur le fond du litige, mais que la
détermination de la compétence dépend d'une question de fond, le juge doit dans le
dispositif du jugement, statuer sur cette question de fond et sur la compétence par des
dispositions distinctes.
Article 170: Si le juge se déclare compétent, il statue sur le fond du litige dans
un même jugement; celui-ci ne peut être attaqué que par voie d'appel, soit dans
l'ensemble de ses dispositions s'il est susceptible d'appel, soit du chef de la compétence
dans le cas où la décision sur le fond est rendue en premier et dernier ressort.

Article 171 : Lorsque la cour infirme du chef de la compétence, elle statue


néanmoins sur le fond du litige si la décision attaquée est susceptible d'appel et si la cour
est juridiction d'appel relativement à la juridiction qu'elle estime compétente.
Dans les autres cas, la cour, en infirmant du chef de la compétence la
décision attaquée, renvoie les parties à mieux se pourvoir.

Article 172: Si le juge se déclare compétent, l'instance est suspendue jusqu'à


l'expiration du délai pour former appel et en cas d'appel jusqu'à ce que la cour
d'appel ait rendu sa décision.

B- De l'incompétence relevée d'office

Article 173: L'incompétence peut être prononcée d'office en cas de violation


d'une règle de compétence d'attribution. Elle ne peut l'être qu'en ce cas.
Devant la cour d'appel et la chambre judiciaire de la cour suprême, cette
incompétence ne peut être prononcée d'office que si l'affaire relève de la compétence
d'une juridiction répressive, administrative ou échappe à la compétence des juridictions
nationales.
Article 174 : En matière gracieuse, le juge peut relever d'office son
incompétence territoriale. Il ne le peut en matière contentieuse que dans les litiges relatifs
à l'état des personnes, ou dans les cas où la loi attribue compétence exclusive à une
autre juridiction.
Article 175 : Lorsque l'incompétence est prononcée d'office ou par voie
d'appel par la cour d'appel, celle-ci renvoie les parties à mieux se pourvoir.
Article 176: La voie d'appel est ouverte lorsqu'une juridiction statuant en
premier ressort se déclare d'office incompétente. .
iJ)
i .

c- Des dispositions communes


Article 177 : Lorsque le juge en se prononçant sur la compétence tranche la
question de fond dont elle dépend, sa décision est susceptible d'appel.
Article 178 : Lorsque le tribunal estime que l'affaire relève de la compétence
d'une juridiction répressive, administrative, arbitrale, ou étrangère, il renvoie les parties à
mieux se pourvoir.
Paragraphe 3 : Des exceptions de litispendance et de connexité

Article 179 : Si le même litige est pendant devant deux juridictions de même
degré également compétentes pour en connaître, la juridiction saisie en second lieu doit
se dessaisir au profit de l'autre, soit d'office, soit à la demande du ministère public, des
parties ou de l'une d'elles.

Article 180: S'il existe entre des affaires porlées devant deux juridictions
différentes un lien tel qu'il soit de l'intérêt d'une bonne justice de les faire instruire et juger
ensemble, l'une de ces juridictions peut soit d'office, soit à la demande du ministère
public, des parties ou de l'une d'elles, se dessaisir et renvoyer en l'état la connaissance
de l'affaire à l'autre juridiction.

Article 181 : Lorsque les juridictions saisies ne sont pas de même degré,
l'exception de litispendance ou de connexité ne peut être soulevée que devant la
juridiction du degré inférieur.

Article 182: L'exception de connexité peut être proposée en tout état de


cause, sauf à être écarlée par décision motivée si elle a été soulevée tardivement dans
une intention dilatoire.

Article 183 : Les recours contre les décisions rendues sur la litispendance ou la
connexité par les juridictions du premier degré sont formés et jugés comme en matière
d'exception d'incompétence.

En cas de recours multiples, la décision appartient à la cour d'appel la


première saisie qui, si elle fait droit à l'exception, attribue la connaissance de l'affaire à
celle des juridictions qui, selon les circonstances, parait la mieux placée pour en
connaître.
Article 184 : La décision rendue sur l'exception, soit par la juridiction qui en est
saisie, soit à la suite d'un recours, s'impose tant à la juridiction de renvoi qu'à celle dont le
dessaisissement est ordonné.
Article 185 : Dans le cas où les deux juridictions se seraient dessaisies, la
décision intervenue la dernière en date est considérée comme non avenue.
Article 186 : Lorsque s'élèvent sur la connexité des difficultés entre diverses
formations d'une même juridiction, elles sont réglées par le président, sans formalité,
comme en matière de distribution.
Paragraphe 4: Des exceptions dilatoires

Article 187: Le juge doit suspendre l'instance lorsque la partie qui le demande
jouit, soit d'un délai pour faire inventaire et délibérer, soit d'un bénéfice cfe discussion ou
de division, soit de quelque autre délai d'attente en vertu de la loi. .
'S-J;
..
.,
Article 188 : Le juge peut accorder un délai au défendeur pour appeler un
garant.
l'instance reprend son cours à l'expiràtion du délai dont dispose le garant
pour comparaître. sauf en ce qu'il soit statué séparément sur la demande en garantie si
l'assignation n'a pas été faite dans le délai ou si le garant n'a pas comparu.
Article 189 : Le juge peut également suspendre l'instance lorsque l'une des
parties invoque une décision frappée de tierce opposition, de recours en révision ou de
pourvoi en cassation.
En aucun cas. cette suspension ne peut empêcher l'exécution d'une décision
invoquée.

Article 190: Le bénéficiaire d'un délai pour faire inventaire et délibérer peut ne
proposer ses autres exceptions qu'après l'expiration de ce délai.

Paragraphe 5 : Des exceptions de nullité

A~ De la nullité des actes pour vice de forme

Article 191 : La nullité des actes de procédure peut être invoquée au fur et à
mesure de leur accomplissement ; mais elle est couverte si celui qui l'invoque a.
postérieurement à l'acte critiqué, fait valoir des défenses au fond ou opposer une fin de
non recevoir sans soulever la nullité.
Article 192 : Tous les moyens de nullité contre des actes de procédure déjà
faits doivent être invoqués simultanément à peine d'irrecevabilité de ceux qui ne
l'auraient pas été.

ArtIcle 193 : Aucun acte de procédure ne peut être déclaré nul pour vice de
forme si la nullité n'en est pas expressément prévue par la loi, sauf en cas d'inobservation
d'une formalité substantielle ou d'ordre public.
La nullité ne peut être prononcée qu'à charge pour l'adversaire qui l'invoque
de prouver le grief que lui cause "irrégularité.
Article 194 : La nullité est couverte par la régularisation ultérieure de l'acte si
aucune forclusion n'est intervenue et si la régularisation ne laisse subsister aucun grief.

B~ De la nullité des actes pour Irrégularité de fond

Article 195 : Constituent des irrégularités de fond affectant la validité de


l'acte:
- le défaut de capacité d'ester en justice;
- le défaut de pouvoir d'une partie ou d'une personne figurant au procès
comme représentant, soit d'une personne morale, soit d'une personne atteinte d'une
incapacité d'exercice;
- le défaut de capacité ou de pouvoir d'une personne assurant la
représentation d'une partie en justice.
Article 196 : Les exceptions de nullité fondées sur l'inobservation des règles de
fond relatives aux actes de procédure peuvent être proposées en tout état de cause,
sauf la possibilité pour le juge de condamner à des dommages et intérêts ceux qui se
seraient abstenus, dans une intention dilatoire de les soulever plus tôt. .
~
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Article 197 : Les exceptions de nullité fondées sur "inobservation des règles de
fond relatives aux actes de procédure doivent être accueillies sans que celui qui les
invoque ait à justifier d'un grief et alors que la nullité ne résulterait d'aucune disposition
expresse.
Article 198 : Les exceptions de nullité fondées sur l'inobservation des règles de
fond relatives aux actes de procédure doivent être relevées d' office lorsqu'elles ont un
caractère d'ordre public.
Le juge peut relever d'office la nullité pour défaut de capacité d'ester en
justice.
Article 199 : Dans les cas où elle est susceptible d'être couverte, la nullité ne
sera pas prononcée si sa cause a disparu au momeni où le juge statue.
Paragraphe 6 : De "exception d'inconstitutionnalité

Article 200: Dans une affaire qui le concerne devant une juridiction, tout
citoyen peut soulever l'exception d'inconstitutionnalité de la loi appelée à s'appliquer à
l'espèce.
L' exception doit indiquer clairement le ou les articles de la loi incriminée avec
à l'appui et par écrit l'exposé sommaire des moyens.
Article 201 : La décision de sursis à statuer doit être prise sur le siège.
La décision de sursis à statuer contenant les précisions et moyens sommaires
du plaideur est transmise dans un délai de huit (08) jours à la Cour Constitutionnelle qui
statuera dans le délai d'un (Dl) mois.
La décision ordonnant le sursis à statuer n'est pas susceptible d'appel.
Article 202: Le sursis à statuer pour cause d'exception d'inconstitutionnalité ne
peut être prononcé dans les procédures tendant aux résultats visés à l'alinéa 596 du
présent code.

Article 203: Si la Cour Constitutionnelle déclare que l'exception


d'inconstitutionnalité est soulevée manifestement dans un but dilatoire ou de manière
abusive, la partie auteur de "exception peut être condamnée à une amende civile de
deux cent mille (200000) à cinq cent mille (500000) francs CFA sans préjudice des
dommages-intérêts qui lui seraient réclamés.

SOUS-SECTION 3
DES FINS DE NON RECEVOIR

Article 204: Constitue une fin de non recevoir tout moyen qui tend à faire
déclarer "adversaire irrecevable en sa demande, sans examen au fond, pour défaut de
droit d'agir, tels le défaut de qualité, le défaut d'intérêt, la prescription, le délai préfix, la
chose jugée.
Cette énumération n'est pas limitative.

Article 205 : Les fins de non recevoir peuvent être proposées en tout état de
cause, sauf la possibilité pour le juge de condamner à des dommages et intérêts ceux
qui se seraient abstenus dans une intention dilatoire, de les soulever plus tôt. .
'N:-
.,
..
Article 206 : Les fins de non recevoir doivent être accueillies sans que celui qui
les invoque ait à justifier d'un grief et alors même que l'irrecevabilité ne résulterait
d'aucune disposition expresse.

Article 207 : Les fins de non recevoir doivent être relevées d'office lorsqu'elles
ont un caractère d'ordre public. notamment lorsqu'elles résultent de l'inobservation des
délais dans lesquels doivent être exercées les voies de recours.
Le juge peut relever d'office la fin de non recevoir tirée du défaut d'intérêt ou
de l'absence d'ouverture d'une voie de recours.

Article 208 : Dans le cas où la situation donnant lieu à fin de non recevoir est
susceptible d'être régularisée, l'irrecevabilité sera écartée si sa cause a disparu au
moment où le juge statue.
Il en est de même lorsque, avant toute forclusion, la personne ayant qualité
pour agir devient partie à l'instance.
SECTION 1/1
DES MESURES D'INSTRUCTION

SOUS-SECTION 1
DES PIECES

Paragraphe 1 : De la communication des pièces entre les parties

Article 209 : La partie qui fait état d'une pièce s'oblige à la communiquer à
toute autre partie à l'instance.
La communication des pièces doit être spontanée. Elle est faite
préalablement à l'audience.
En cause d'appel, une nouvelle communication des pièces déjà versées aux
débats de première instance n'est pas exigée.
Toute partie peut néanmoins la demander.

Article 210 : Lorsque la communication des pièces n'est pas faite, il peut être
demandé, sans forme, au juge d'enjoindre cette communication.

Article 211 : Le juge fixe, le cas échéant, à peine d'astreinte, le délai et, s'il y a
lieu, les modalités de la communication.

Article 212 : Le juge peut écarter du débat les pièces qui n' ont pas été
communiquées en temps utile.

Article 213: La partie qui ne restitue pas les pièces qui lui ont été
communiquées en original peut y être contrainte éventuellement sous astreinte.

Article 214: L'astreinte peut être liquidée par le juge qui l'a prononcée.

Paragraphe 2 : De l'obtention des pièces détenues par un tiers

Article 215: Lorsqu'au cours d'une instance, une partie entend faire état d'un
acte auquel elle n'a pas été partie ou d'une pièce détenue par un tiers dont elle ne .
y.,...'
, ,

peut obtenir une expédition ou la production, elle peut demander au juge saisi de
"affaire d'ordonner la délivrance de l'expédition ou la production de la pièce.

Article 216 : La demande est faite sans forme. Le juge, s'il estime cette
demande fondée, ordonne la délivrance ou la production de l'acte ou de la pièce. en
original. en copie ou en extrait selon le cas, dans les conditions et sous les garanties qu'il
fixe, au besoin à peine d'astreinte.
Article 217 : La décision du juge est exécutoire par provision, sur minute.

Article 218 : En cas de difficulté. ou s'il est invoqué quelque empêchement


légitime, le juge qui a ordonné la délivrance ou la production peut, sur la demande sans
forme qui lui en serait faite, rétracter ou modifier sa décision. Le tiers peut interjeter appel
de la nouvelle décision dans les quinze (15) jours de son prononcé.

Paragraphe 3 = De la production des pièces détenues par une partie

Article 219 : Les demandes de production des éléments de preuve détenus


par les parties sont faites, et leur production a lieu, conformément aux dispositions des
articles 211 et 212, le cas échéant sous peine d'astreinte.

Paragraphe 4 = De la communication de pièces au ministère public.

Article 220 : Dans toutes les causes, le ministère public peut demander
communication des pièces ou copie du dossier de la procédure à charge d'en faire
retour sous huitaine.
La communication est faite à la diligence du juge par transmission d'une
photocopie des éléments sollicités.

Article 221 : Lorsqu'il y a eu communication, le ministère public doit être avisé


de la date de l'audience.

Paragraphe 5 = Du dépôt et du retrait de pièce

Article 222 : Les pièces que les parties déposent au dossier doivent l'être en
original ou en copies certifiées conformes à l'original.
Le juge saisi de l'affaire peut, à tout moment, se faire représenter l'original de
la pièce déposée.
Article 223 : En aucun cas, les pièces ou leurs copies ne doivent être retirées du
dossier.
SOUS-SECTION 2
DES DECISIONS ORDONNANT DES MESURES D'INSTRUCTION

Article 224 : Les faits dont dépend la so.lution du litige peuvent, à la demande
des parties ou d'office, être l'objet de toute mesure d'instruction légalement admissible.

Article 225 : Les mesures d'instruction peuvent être ordonnées en tout état de
cause dès lors que le juge ne dispose pas d'éléments suffisants pour statuer.

Article 226: Lorsqu'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant


tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures .
C/.t:
· -
d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout
intéressé, sur requête ou en référé.
Article 227 : Une mesure d'instruction ne peut être ordonnée sur un fait que si
la partie qui l'allègue ne dispose pas d'éléments suffisants pour le prouver.
En aucun cas, une mesure d'instruction ne peut être ordonnée en vue de
suppléer la carence de la partie dans l'administration de la preuve.
Article 228 : Le juge doit limiter le choix de la mesure à ce qui est suffisant pour
la solution du litige, en s'attachant à retenir ce qui est le plus simple et le moins onéreux.
Article 229 : Le juge peut conjuguer plusieurs mesures d'instruction. Il peut. à
tout moment, et même en cours d'exécution, décider de joindre toute autre mesure
nécessaire à celles qui ont déjà été ordonnées.

Article 230 : Le juge peut. à tout moment, accroître ou restreindre l'étendue


des mesures prescrites.
Article 231 : La décision qui ordonne ou modifie une mesure d'instruction n'est
pas susceptible d'opposition. Elle ne peut être frappée d'appel ou de pourvoi en
cassation indépendamment du jugement sur le fond que dans les cas spécifiés par la loi.
Il en est de même de la décision qui refuse d'ordonner ou de modifier une
mesure.
Article 232: Lorsqu'elle ne peut être l'objet de recours indépendamment du
jugement sur le fond, la décision peut revêtir la forme d'une simple mention au dossier ou
au registre d'audience.
Article 233: La décision qui, en cours d'instance, se borne à ordonner ou à
modifier une mesure d'instruction n'est pas notifiée. Il en est de même de la décision qui
refuse d'ordonner ou de modifier la mesure.
Le greffe adresse copie de la décision par simple lettre aux parties défaillantes
ou absentes lors du prononcé de la décision.
Article 234 : La décision qui ordonne une mesure d'instruction ne dessaisit pas
le juge.
sous-seCTION 3
DE L'EXECUTION DES MESURES D'INSTRUCTION

Article 235 : Les mesures d'instruction sont mises à exécution, à l'initiative du


juge ou de l'une des parties selon les règles propres à chaque matière, au vu d'un extrait
ou d'une copie certifiée conforme de la décision.

Article 236 : La mesure d'instruction est exécutée sous le contrôle du juge qui
l'a ordonnée lorsqu'il n'y procède pas lui-même.
Lorsque la mesure est ordonnée par une juridiction statuant en formation
collégiale, le contrôle est exercé par le juge qui était chargé de l'instruction, à défaut. il
l'est par le président s'il n'a été confié à l'un des juges de cette formation.

Article 237 : Le juge peut se déplacer hors de son ressort pour procéder à une
mesure d'instruction ou pour en contrôler l'exécution. .
W
· ,

Article 238 : Lorsque l'éloignement des parties ou des personnes qui doivent
apporter leur concours à la mesure, ou /' éloignement des lieux, rend le déplacement très
difficile ou très onéreux, le juge peut charger une juridiction de degré égal ou inférieur de
procéder à tout ou partie des opérations ordonnées.
La décision est transmise avec tous documents utiles par le greffe de la
juridiction commettante à la juridiction commise. Dès réception, il est procédé aux
opérations prescrites à l'initiative de la juridiction commise ou du juge que le président de
cette juridiction désigne à cet effet.
Les parties ou les personnes qui doivent apporter leur concours à l'exécution
de la mesure d'instruction sont directement convoquées ou avisées par la juridiction
commise. Les parties ne sont pas tenues de constituer avocat devant cette juridiction.
Sitôt les opérations accomplies, le greffe de la juridiction qui y a procédé
transmet à la juridiction commettante les procès-verbaux d'exécution accompagnés des
pièces annexées ou déposées.

Article 239 : Lorsque plusieurs mesures d'instruction ont été ordonnées, il est
procédé simultanément à leur exécution chaque fois qu'il est possible.

Article 240: La mesure d'instruction ordonnée peut être exécutée sur-Ie-


champ.

Article 241 : Les parties et les tiers qui doivent apporter leur concours aux
mesures d'instruction sont convoqués, selon le cas, par le greffier de la juridiction qui y
procède ou par le technicien commis.
La convocation est faite par lettre recommandée avec demande d'avis de
réception. Les parties peuvent également être convoquées par remise à leur conseil d'un
simple avis.

Les parties et les tiers peuvent aussi être convoqués verbalement s'ils sont
présents lors de la fixation de la date d'exécution de la mesure.

Les conseils des parties sont avisés par simple lettre s'ils ne l'ont été
verbalement ou par avis.

Les parties défaillantes sont avisées par simple lettre.

Article 242 : Les parties peuvent se faire assister lors de l'exécution d'une
mesure d'instruction.

Elles peuvent se dispenser de s'y rendre si la mesure n'implique pas leur


audition personnelle.

Article 243 : Celui qui représente ou assiste une partie devant la juridiction qui
a ordonné la mesure peut en suivre l'exécution, quel qu'en soit le lieu, formuler des
observations et présenter toutes les demandes relatives à cette exécution même en
l'absence de la partie.

Article 244 : Le ministère public peut toujours être présent lors de l'exécution
des mesures d'instruction, même s'il n'est point partie principale.

Article 245: Les mesures exécutées devant la juridiction le sont en audience


publique ou en chambre du conseil selon les règles applicables aux débats sur le fond. \
'i-,;
Article 246 : Le juge doit, pour procéder à une mesure d'instruction ou assister
à son exécution, se déplacer et être assisté pàr le greffier de 10 juridiction.
Article 247 : Le juge chargé de procéder à une mesure d'instruction ou d'en
contrôler l'exécution peut ordonner telle autre mesure d'instruction que rendrait
opportune "exécution de celle qui a déjà été prescrite.
Article 248 : Les difficultés auxquelles se heurterait l'exécution d'une mesure
d'instruction sont réglées, à la demande des parties, à l'initiative du technicien commis,
ou d'office, soit par le juge qui y procède, soit par le juge chargé du contrôle de son
exécution.
Article 249 : Le juge se prononce sur-le-champ si la difficulté survient au cours
d'une opération à laquelle il procède ou assiste.
Dans les autres cas, le juge saisi, sans forme particulière, fixe la date pour
laquelle les parties et, s'il y a lieu, le technicien commis seront convoqués par le greffier
de la juridiction.
Article 250 : En cas d'intervention d'un tiers à l'instance, Je greffier de la
juridiction en avise aussitôt le juge ou le technicien chargé d'exécuter la mesure
d'instruction.

L'intervenant est mis en mesure de présenter ses observations sur les opérations
auxquelles il a déjà été procédé.
Article 251 : Les décisions relatives à l'exécution d'une mesure d'instruction ne
sont pas susceptibles d'opposition. Elles ne peuvent être frappées d'appel ou de pourvoi
en cassation qu'en même temps que le jugement sur le fond.
Elles revêtent la forme, soit d'une simple mention au dossier ou au registre
d'audience, soit, en cas de nécessité, d'une ordonnance ou d'un jugement.

Article 252 : Les décisions prises par le juge commis ou par le juge chargé du
contrôle n'ont pas au principal l'autorité de la chose jugée.
Article 253: Dès que la mesure d'instruction est exécutée, l'instance se poursuit
à la diligence du juge. Celui-ci peut, dans les limites de sa compétence, entendre
immédiatement les parties en leurs observations ou plaidoiries, même sur les lieux, et
statuer aussitôt sur leurs prétentions.
Article 254 : Les procès-verbaux, avis ou rapports établis, à l'occasion ou à Ja
suite de l'exécution d'une mesure d'instruction sont adressés ou remis en copie à
chacune des parties par le greffier de la juridiction qui les a établis ou par le technicien
qui les a rédigés, selon le cas. Mention en est faite sur l'original.

Article 255: Le juge peut faire établir par un homme de l'art, un


enregistrement sonore, visuel ou audiovisuel de tout ou partie des opérations d'instruction
auxquelles il procède.
L'enregistrement est conservé au greffe de la juridiction ou dans le bureau du
président.
Chaque partie peut demander qu'il lui en soit remis, à ses frais, un exemplaire.
une copie ou une transcription. •
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33!1
, .
SOUS-SECTION 4
DES VERIFICATIONS PERSONNELLES DU JUGE

Article 256 : Le juge peut. afin de les vérifier lui-même, prendre en toute
matière, connaissance personnelle des faits litigieux, les parties présentes ou appelées.
Il procède en la présence du greffier aux constatations, évaluations,
appréciations ou reconstitutions qu'il estime nécessaires, en se transportant si, besoin est,
sur les lieux.
Article 257 : Lorsqu'il n'y procède pas immédiatement, le juge fixe les lieu, jour
et heure de la vérification; le cas échéant, il désigne pour y procéder un membre de la
formation de jugement.
Article 258: Le juge peut, au cours des opérations de vérification, à l'audience
ou en tout autre lieu, se faire assister d'un technicien, entendre les parties elles-mêmes et
toute personne dont l'audition parait utile à la manifestation de la vérité.
Article 259 : Il est dressé procès-verbal des constatations, évaluations,
appréciations, reconstitutions ou déclarations.
La rédaction du procès-verbal peut toutefois être suppléée par une mention
dans le jugement si l'affaire est immédiatement jugée en dernier ressort.

SOUS-SECTION 5
DE LA COMPARUTION PERSONNELLE DES PARTIES

Article 260 : Le juge peut. en toute matière, faire comparaître personnellement


les parties ou l'une d'elles.
La notification de la décision ordonnant cette comparution vaut convocation.
Article 261 : La comparution personnelle ne peut être ordonnée que par la
formation de jugement ou par celui des membres de cette formation qui est chargé de
l'instruction de l'affaire.

Article 262 : Lorsque la comparution personnelle est ordonnée par une


formation collégiale, celle-ci peut décider qu'elle aura lieu devant "un de ses membres.
Lorsqu'elle est ordonnée par le juge chargé de l'instruction, celui-ci peut y
procéder lui-même ou décider que la comparution aura lieu devant la formation de
jugement.
Article 263 : Le juge, en l'ordonnant, fixe les lieu, jour et heure de la
comparution personnelle, à moins qu'il n'y soit procédé sur-le -champ.

Article 264 : La comparution personnelle peut toujours avoir lieu en chambre


du conseil.

Article 265 : Les parties sont interrogées en présence "une de l'autre à moins
que les circonstances n'exigent qu'elles le soient séparément. Elles doivent être
confrontées si l'une des parties le demande.
Lorsque la comparution d'une seule des parties a été ordonnée, cette partie
est interrogée en présence de l'autre à moins que les circonstances n'exigent qu'elle le ,
~:
soit immédiatement ou hors sa présence. sous réserve du droit pour la partie absente
d'avoir immédiatement connaissance des déclarations de la partie entendue.
L'absence d'une partie régulièrement convoquée, n'empêche pas
d'entendre l'autre.
Article 266 : Les parties peuvent être interrogées en présence d'un technicien
et confrontées avec les témoins.
Article 267 : Les parties répondent en personne aux questions qui leur sont
posées sans pouvoir lire aucun projet.

Article 268 : La comparution personnelle a lieu en présence des avocats de


toutes les parties ou ceux-ci appelés.
Article 269 : Le juge pose, s'il l'estime nécessaire, les questions que les parties
lui soumettent après l'interrogatoire.

Article 270: " est dressé procès-verbal des déclarations des parties, de leur
absence ou de leur refus de répondre.
La rédaction du procès-verbal peut toutefois être suppléée par une mention
dans le jugement si l'affaire est immédiatement jugée en dernier ressort.
Article 271 : Les parties interrogées signent le procès-verbal après lecture ou le
certifient conforme à leurs déclarations, auquel cas mention en est faite au procès-
verbal.
Le cas échéant, il y est indiqué que les parties ne savent pas signer ou que les
parties refusent de le signer ou de le certifier conforme.

Le procès-verbal est en outre daté et signé par le juge et par le greffier.

Article 272: Lorsque "une des parties est dans l'impossibilité de se présenter, le
juge qui a ordonné la comparution ou le juge commis par la formation de jugement à
laquelle il appartient peut se transporter auprès d'elle après avoir, le cas échéant,
convoqué la partie adverse.

Article 273 : Le juge peut faire comparaître les incapables sous réserve des
règles relatives à la capacité des personnes et à l'administration de la preuve, ainsi que
leurs représentants légaux, ou ceux qui les assistent.

" peut faire comparaître les personnes morales, y compris les collectivités
publiques et les établissements publics en la personne de leurs représentants qualifiés.

" peut en outre faire comparaître tout membre ou agent d'une personne
morale pour être interrogé tant sur les faits qui lui sont personnels que sur ceux qu'il a
connus en raison de sa qualité.
Article 274; Le juge peut tirer toute conséquence de droit des déclarations
des parties. de l'absence ou du refus de répondre de l'une d'elles.
Yi
\ .
SOUS-SECTION 6
DE L'ENQUETE

Paragraphe l : Des dispositions générales

Article 275 : Lorsque l'enquête est ordonnée, la preuve contraire peut être
rapportée par témoins sans nouvelle décision.
Article 276 : Toute personne peut être entendue comme témoin à l'exception
des personnes qui sont frappées d'une incapacité de témoigner en justice.
Les personnes qui ne peuvent témoigner, peuvent cependant être entendues
dans les mêmes conditions, mais sans prestation de serment. Toutefois, les descendants
ne peuvent jamais être entendus sur les griefs invoqués par les époux à l'appui d'une
demande en divorce ou en séparation de corps.
Est tenu de déposer, quiconque en est légalement requis. Peuvent être
dispensées de déposer, les personnes qui justifient d'un motif légitime. Peuvent s'y refuser,
les parents ou alliés en ligne directe de l'une des parties ou le conjoint, même divorcé.
Article 277 : Les témoins défaillants peuvent être cités si leur audition est jugée
nécessaire.
Les témoins défaillants et ceux qui, sans motif légitime, refusent de déposer ou
de prêter serment peuvent être condamnés à une amende civile de dix mille (la 000) à
cinquante mille (50 000) francs.
Celui qui justifie n'avoir pas pu se présenter au jour fixé, pourra être déchargé
de l'amende et des frais de signification.
Article 278 : Le juge entend les témoins en leur déposition séparément et dans
l'ordre qu'il détermine.
Les témoins sont entendus en présence des parties ou celles-ci appelées.
Par exception, le juge peut, si les circonstances l'exigent, inviter une partie à se
retirer sous réserve du droit pour celle-ci d'avoir immédiatement connaissance des
déclarations des témoins entendus hors sa présence.
Le juge peut s'il y a risque de dépérissement de la preuve, procéder sans
délai à l'audition d'un témoin après avoir appelé les parties ou leurs avocats.
Article 279 : L'enquête a lieu en présence des avocats de toutes les parties ou
ceux-ci appelés.

Article 280 : Les témoins déclarent leurs nom, prénoms, date et lieu de
naissance, demeure et profession ainsi que s'il y a lieu, leur lien de parenté ou d'alliance
avec les parties, de subordination à leur égard, de collaboration ou de communauté
d'intérêts avec elles.

Article 281 : Les personnes qui sont entendues en qualité de témoins prêtent
serment de dire la vérité.
Le juge leur rappelle qu'elles encourent des peines d'amende et
d'emprisonnement en cas de faux témoignage.
Les personnes qui sont entendues sans prestation de serment sont informées de
leur obligation de dire la vérité. .
~
Article 282 : Les témoins ne peuvent lire aucun projet.
Article 283 : Le juge peut entendre ou interroger les témoins sur tous les faits
dont la preuve est admise par la loi. alors même que ces faits ne seraient pas indiqués
dans la décision prescrivant l'enquête.

Article 284 : Les parties ne doivent ni interrompre. ni interpeller, ni chercher à


influencer les témoins qui déposent, ni s'adresser directement à eux, à peine d'exclusion.
Le juge pose, s'i/I'estime nécessaire, les questions que les parties lui soumettent
après l'interrogatoire du témoin.

Article 285 : Le juge peut entendre à nouveau les témoins, les confronter entre
eux ou avec les parties; le cas échéant, il procède à l'audition en présence d'un
technicien.

Article 286 : A moins qu'il ne leur ait été permis ou enjoint de se retirer après
avoir déposé, les témoins restent à la disposition du juge jusqu'à la clôture de l'enquête
ou des débats. Ils peuvent, jusqu'à ce moment, apporter des additions ou des
changements à leur déposition.

Article 287 : Lorsqu'un témoin justifie qu'il est dans l'impossibilité de se déplacer
au jour indiqué, le juge peut lui accorder un délai ou se transporter pour recevoir sa
déposition.

Article 288 : Le juge qui procède à l'enquête peut, d'office ouà la demande
des parties, convoquer ou entendre toute personne dont l'audition lui paraît utile à la
manifestation de la vérité.
Article 289 : Les dépositions sont consignées dans un procès-verbal.
Toutefois, si elles sont recueillies au cours des débats, i/ est seulement fait
mention dans le jugement du nom des personnes entendues et de la conclusion tirée de
leurs dépositions lorsque l'affaire doit être immédiatement jugée en dernier ressort.

Article 290 : Le procès-verbal doit faire mention de la présence ou de


l'absence des parties, des nom, prénoms, date et lieu de naissance, demeure et
profession des personnes entendues ainsi que, s'i/ y a lieu, du serment par elles prêté et
de leurs déclarations relatives à leur lien de parenté ou d'alliance avec les parties, de
subordination à leur égard, de collaboration ou de communauté d'intérêts avec elles.
Chaque personne entendue signe le procès-verbal de sa déposition après
lecture, ou le certifie conforme à ses déclarations, auquel cas, mention en est faite au
procès-verbal. Le cas échéant, il y est indiqué que les parties ne savent pas signer ou
qu'elles refusent de le signer ou de le certifier conforme.
Le juge peut consigner dans ce procès-verbal ses constatations relatives au
comportement du témoin lors de son audition.
Les observations des parties sont consignées dans le procès-verbal ou lui sont
annexées lorsqu'elles sont écrites.
Les documents versés à l'enquête sont également annexés.
Le procès-verbal est daté et signé par le juge et par le greffier.

Article 291 : Le juge autorise le témoin sur sa demande, à percevoir les


indemnités auxquelles il peut prétendre. •
tW
·.
Paragraphe 2: De l'enquête ordinaire

Article 292 : La partie qui demande une enquête doit préciser les faits dont elle
entend rapporter la preuve.

Il appartient au juge qui ordonne l'enquête de déterminer les faits pertinents à


prouver.
Article 293 : Il incombe à la partie qui demande une enquête d'indiquer les
nom. prénoms et demeure des personnes dont elle sollicite l'audition.
La même charge incombe aux adversaires qui demandent l'audition de
témoins sur les faits dont la partie prétend rapporter la preuve.
La décision qui prescrit l'enquête énonce les nom. prénoms et demeure des
personnes à entendre.
Article 294: Lorsque les parties sont dans l'impossibilité d'indiquer d'emblée les
personnes à entendre, le juge peut néanmoins les autoriser. soit à se présenter sans autres
formalités à l'enquête avec les témoins qu'elles désirent faire entendre, soit à faire
connaître au greffier de la juridiction. dans le délai qu'il fixe, les nom, prénoms et
demeure des personnes dont elles sollicitent l'audition.
Lorsque l'enquête est ordonnée d'office, le juge, s'il ne peut indiquer dans sa
décision, les noms des témoins à entendre. enjoint aux parties de procéder comme il est
dit à l'alinéa précédent.

Article 295: La décision qui ordonne l'enquête précise si elle aura lieu devant
la formation de jugement, devant un membre de cette formation ou, en cas de
nécessité. devant tout autre juge de la juridiction.
Article 296 : Lorsque l'enquête a lieu devant le juge qui l'ordonne ou devant
l'un des membres de la formation de jugement. la décision indique les jour. heure et lieu
où il y sera procédé.

Article 297 : Lorsque le juge commis au sein de la juridiction n'appartient pas à


la formation de jugement, la décision qui ordonne l'enquête peut se borner à indiquer le
délai dans lequel il devra y être procédé.
En cas de commission d'une autre juridiction, la décision précise le délai dans
lequel il devra être procédé à l'enquête. Ce délai peut être prorogé par le président de
la juridiction commise qui en informe le juge ayant ordonné l'enquête.
Le juge commis fixe les jour. heure et lieu de l'enquête.

Article 298 : les témoins sont convoqués par le greffier de la juridiction huit (08)
jours au moins avant la date de l'enquête.

Article 299 : Les convocations mentionnent les nom et prénoms des parties et
reproduisent les dispositions des deux premiers alinéas de l'article 277 du présent code.

Article 300: Les parties sont avisées de la date de l'enquête verbalement ou


par simple lettre. •
'ii;
Paragraphe 3 : De l'enquête sur-le-champ

Article 301 : Le juge peut, à l'audience ou en son cabinet ainsi qu'en tout lieu
à l'occasion de l'exécution d'une mesure d'instruction, entendre sur-le-champ des
personnes dont l'audition lui paraît utile à la manifestation de la vérité.

SOUS-SECTION 7
DES MESURES D'INSTRUCTION EXECUTEES PAR UN TECHNICIEN

Paragraphe 1 : Des dispositions communes

Article 302: Le juge peut commettre toute personne de son choix pour
l'éclairer par des constatations, par une consultation ou par expertise sur une question de
fait qui requiert les lumières d'un technicien.

Article 303 : Le technicien investi de ses pouvoirs par le juge en raison de sa


qualification, doit remplir personnellement la mission qui lui est confiée.
Si le technicien désigné est une personne morale, son représentant légal
soumet à l'agrément du juge le nom de la ou des personnes physiques qui assureront, au
sein de celle-ci et en son nom l'exécution de la mesure.
Article 304 : Les techniciens peuvent être récusés pour les mêmes causes que
les juges. S'il s'agit d'une personne morale, la récusation peut viser tant la personne
morale elle-même que la ou les personnes physiques agréées par le juge.
La partie qui entend récuser le technicien doit le faire devant le juge qui l'a
commis ou devant le juge chargé du contrôle avant le début des opérations ou dès la
révélation de la cause de la récusation.
Si le technicien s'estime récusable, il doit immédiatement le déclarer au juge
qui l'a commis ou au juge chargé du contrôle.

Article 305 : Lorsque la récusation est admise, si le technicien refuse la mission,


ou s'il existe un empêchement légitime, il est pourvu au remplacement du technicien par
le juge qui l'a commis ou par le juge chargé du contrôle.
Le juge peut également, à la demande des parties ou d'office, remplacer le
technicien qui manquerait à ses devoirs après avoir provoqué ses explications.

Article 306 : Le juge qui a commis le technicien ou le juge chargé du contrôle


peut accroître ou restreindre la mission confiée au technicien.

Article 307 : Le technicien commis doit accomplir sa mission avec conscience,


objectivité et impartialité.

Article 308 : Le technicien doit donner son avis sur les points pour l'examen
desquels il a été commis.
" ne peut répondre à d'autres questions, sauf accord écrit des parties. Il ne
doit jamais porter des appréciations d'ordre juridique.
Article 309 : Le technicien doit respecter les délais qui lui sont impartis.

Article 310: Le juge ne peut donner au technicien mission de concilier les


parties. .
-W
, .
Article 311 : Le juge chargé du contrôle peut assister aux opérations du
technicien.
/1 peut provoquer ses explications et lui impartir des délais.
Article 312 : Le technicien peut recueillir des informations orales ou écrites de
toutes personnes, sauf à ce que soient précisés leurs nom, prénom, demeure et
profession ainsi que, s'il y a lieu, leur lien de parenté ou d'alliance avec les parties, de
subordination à leur égard, de collaboration ou de communauté d'intérêts avec elles.
Lorsque le technicien commis ou les parties demandent que ces personnes
soient entendues par le juge, celui-ci procède à leur audition s'il l'estime utile.

Article 313: Le technicien peut demander communication de tous documents


aux parties et aux tiers, sauf au juge à l'ordonner en cas de difficulté.

Article 314 : Le technicien doit faire connaître dans son avis toutes les
informations qui apportent un éclaircissement sur les questions à examiner.
" lui est interdit de révéler les autres informations dont il pourrait avoir
connaissance à l'occasion de l'exécution de sa mission. Il ne peut faire état que des
informations légitimement recueillies.

Article 315 : Le juge peut toujours inviter le technicien à compléter, préciser ou


expliquer, soit par écrit, soit à l'audience, ses constatations ou ses conclusions.

Article 316 : Le juge n'est pas lié par les constatations ou les conclusions du
technicien.

Article 317: L'avis du technicien dont la divulgation porterait atteinte à


l'intimité de la vie privée ou à tout autre intérêt légitime ne peut être utilisé en dehors de
l'instance si ce n'est sur autorisation du juge ou avec le consentement de la partie
intéressée.

Article 318 : /1 est interdit au technicien de recevoir directement d'une partie,


sous quelque forme que ce soit, une rémunération même à titre de remboursement de
débours, si ce n'est sur décision du juge.

Paragraphe 2: Des constatations

Article 319 : Le juge peut charger toute personne qu'il commet de procéder à
des constatations.
Le constatant ne doit porter aucun avis sur les conséquences de fait ou de
droit qui peuvent en résulter.

Article 320 : Les constatations peuvent être prescrites à tout moment, y


compris en conciliation ou au cours du délibéré. Dans ce dernier cas, les parties en sont
avisées.
Les constatations sont consignées par écrit à moins que le juge n'en décide la
présentation orale.

Article 321 : Le juge qui prescrit des constatations fixe le délai dans lequel le
constat sera déposé ou la date de l'audience à laquelle les constatations seront
présentées oralement. " désigne la ou les parties qui seront tenues de verser par provision
au constatant une avance sur sa rémunération dont il fixe le montant. .
~

40..~
fI>
·.
Article 322 : Le constatant est avisé de sa mission par le greffier de la
juridiction.

Article 323 : Le constat est remis au greffier de la juridiction et aux parties au


procès.
"est dressé procès-verbal des constatations présentées oralement.
La rédaction du procès-verbal peut toutefois être suppléée par une mention
dans le jugement si l'affaire est immédiatement jugée en dernier ressort.

Sont joints au dossier de l'affaire les documents à l'appui des constatations.

Article 324: Lorsque les constatations ont été prescrites au cours du délibéré, le
juge, à la suite de l'exécution de la mesure, ordonne d'office la réouverture des débats.

Paragraphe 3: De la consultation

Article 325 : Lorsqu'une question purement technique ne requiert pas


d'investigations complexes, le juge peut charger toute personne qu'il commet de lui
fournir une simple consultation.

Article 326 : La consultation peut être prescrite à tout moment, y compris en


conciliation ou au cours du délibéré. Dans ce dernier cas, les parties en sont avisées.
La consultation est présentée oralement à moins que le juge ne prescrive
qu 1 elle soit consignée par écrit. .

Article 327 : Le juge qui prescrit une consultation fixe, soit la date de
l'audience à laquelle elle sera présentée oralement, soit le délai dans lequel elle sera
déposée. Il désigne la ou les parties qui seront tenues de verser par provision au
consultant une avance sur sa rémunération dont il fixe le montant.

Article 328 : Le consultant est avisé de sa mission par le greffier de la juridiction


qui le convoque s'il y a lieu.

Article 329: Lorsque la consultation est donnée oralement, il en est dressé


procès-verbal. La rédaction du procès-verbal peut toutefois être suppléée par une
mention dans le jugement si l'affaire est immédiatement jugée en dernier ressort.

Si la consultation est écrite, elle est remise au greffier de la juridiction et aux


parties au procès.

Sont joints au dossier de l'affaire les documents à l'appui de la consultation.

Article 330 : Lorsque la consultation a été prescrite au cours du délibéré, le juge


à la suite de l'exécution de la mesure, ordonne la réouverture des débats si l'une des
parties le demande ou s'il l'estime nécessaire.

Paragraphe 4 : De l'expertise

Article 331 : L'expertise n'a lieu d'être ordonnée que dans le cas où des
constatations ou une consultation ne pourraient suffire à éclairer le juge.
Une contre expertise peut toujours être ordonnée par le juge s'il y a lieu. .
~.
..
A· De la décision ordonnant l'expertise

Article 332: Il n'est désigné qu'une seule personne à titre d'expert à moins que
le juge n'estime nécessaire d'en nommer plusieurs. Dans ce dernier cas. le nombre des
experts désignés doit être impair.
Article 333 : La décision qui ordonne l'expertise:
- expose les circonstances qui rendent nécessaire l'expertise et, s'il y a lieu, la
nomination de plusieurs experts;
- nomme le ou les experts;
- énonce les chefs de la mission d'expert;
- impartit le délai dans lequel l'expert devra donner son avis.
Article 334 : La décision peut aussi fixer une date à laquelle l'expert et les
parties se présenteront devant le juge qui "a rendue ou devant le juge chargé du
contrôle pour que soient précisés la mission et. s'il y a lieu. le calendrier des opérations.
Les documents utiles à l'expertise sont remis à l'expert lors de cette
conférence.
Article 335: Dès le prononcé de la décision nommant l'expert, le greffier de la
juridiction lui en notifie copie par simple lettre.
L'expert fait connaître sans délai au juge son acceptation ; il doit commencer
les opérations d'expertise dès qu'il est averti que les parties ont consigné la provision mise
à leur charge, ou le montant de la première échéance dont la consignation a pu être
assortie. à moins que le juge ne lui enjoigne d'entreprendre immédiatement ses
opérations.
L'expert désigné, s'il n'est déjà inscrit sur la liste des experts agréés. prête
serment avant de commencer sa mission.

Article 336 : Les dossiers des parties ou les documents nécessaires à l'expertise
sont provisoirement conservés au greffe de la juridiction, sous réserve de l'autorisation
donnée par le juge aux parties qui les ont remis d'en retirer certains éléments ou de s'en
faire délivrer copie.
L'expert peut les consulter même avant d'accepter sa mission.
Dès son acceptation, l'expert peut, contre émargement ou récépissé, retirer
ou se faire adresser par le greffier de la juridiction copies des dossiers ou les documents
des parties.

Article 337 : Le juge qui ordonne l'expertise ou le juge chargé du contrôle fixe
lors de la nomination de l'expert ou, dès qu'il est en mesure de le faire, le montant d'une
provision à valoir sur la rémunération de l'expert.
" désigne la ou les parties qui devront consigner la provision au greffe de la
juridiction dans le délai qu'il détermine; il aménage, s'il y a lieu, les échéances dont la
. consignation peut être assortie.

Article 338 : Le greffier de la juridiction invite les parties qui en ont la charge à
consigner sans aucun frais, provision au greffe dans le délai imparti.
"informe l'expert de la consignation..
~
, .
..
Article 339: A défaut de consignation dans le délai prescrit, le juge invite les
parties à fournir leurs explications et. s'il ya lieu, ordonne la poursuite de l'instance, sauf à
ce qu'il soit tiré toute conséquence de l'abstention ou du refus de consigner.
Article 340 : La décision ordonnant l'expertise peut être frappée d'appel
indépendamment du jugement sur le fond sur autorisation du président de la cour
d'appel s'il est justifié d'un motif grave et légitime.
la partie qui veut faire appel saisit le président qui statue en la forme des
référés.
L'assignation doit être délivrée dans le mois de la décision.
S'il fait droit à la demande, le président fixe le jour où l'affaire sera examinée
par la cour d'appel, laquelle est saisie et statue comme en matière de procédure à jour
fixe ainsi qu'il est dit aux articles 885 du présent code et suivants.
Si le jugement ordonnant "expertise s'est également prononcé sur la
compétence, le président de la cour d'appel peut être saisi de la contestation sur la
compétence alors que les parties n'auraient pas formé appel.

B- Des opérations d'expertise

Article 341 : L'expert doit informer le juge de l'avancement de ses opérations.

Article 342 : Lorsque le juge assiste aux opérations d'expertise, il peut consigner
dans un procès-verbal ses constatations, les explications de l'expert ainsi que les
déclarations des parties et des tiers; le procès-verbal est signé par le juge et le greffier.
Article 343 : Les parties doivent remettre sans délai à l'expert tous les
documents que celui-ci estime nécessaires à l'accomplissement de sa mission.
En cas de carence des parties, l'expert en informe le juge qui peut ordonner la
production des documents, s'il ya lieu sous astreinte, ou bien, le cas échéant, l'autoriser
à passer outre ou à déposer son rapport en l'état.
Article 344 : L'expert doit prendre en considération les observations ou
réclamations des parties et, lorsqu'elles sont écrites, les joindre à son avis.
Il doit faire mention, dans son avis, de la suite qu'il leur aura donnée.

Article 345 : Lorsque le ministère public est présent aux opérations d'expertise,
ses observations sont, à sa demande, relatées dans l'avis de l'expert ainsi que la suite
que celui-ci leur aura donnée.
Article 346 : L'expert peut prendre l'initiative de recueillir l'avis d'un autre
technicien, mais seulement dans une spécialité distincte de la sienne.

Article 347 : Lorsque l'expert se heurte à des difficultés qui font obstacle à
l'accomplissement de sa mission ou si une extension de celle-ci s'avère nécessaire, il en
fait rapport au juge.
Celui-ci peut, en se prononçant, proroger le délai dans lequel l'expert doit
donner son avis.
Article 348 ; L'expert qui justifie avoir fait des avances peut être autorisé à
prélever un acompte sur la somme consignée. ,
~
·.
Le juge peut ordonner la consignation d'une provision complémentaire si la
provision initiale devient insuffisante.
Article 349 : Lorsque les parties viennent à se concilier, l'expert constate que sa
mission est devenue sans objet; il en fait rapport au juge.
Les parties peuvent demander au juge de donner force exécutoire à l'acte
exprimant leur accord.
C- De l'avis de l'expert

Article 350 : Lorsque l'avis n'exige pas de développements écrits, le juge peut
autoriser l'expert à l'exposer oralement à l'audience; il en est dressé procès-verbal. La
rédaction du procès-verbal peut toutefois être suppléée par une mention dans le
jugement si l'affaire est immédiatement jugée en dernier ressort.
Dans les autres cas, l'expert doit déposer un rapport au greffe de la juridiction.
" n'est rédigé qu'un seul rapport, même s'il y a plusieurs experts; en cas de divergence,
chacun indique son opinion.
Si l'expert a recueilli l'avis d'un autre technicien dans une spécialité distincte
de la sienne, cet avis est joint. selon le cas, au rapport, au procès-verbal d'audience ou
au dossier.
Article 351 : Lorsque le juge ne trouve pas dans le rapport les éclaircissements
suffisants, il peut entendre l'expert, les parties présentes ou appelées.

Article 352 : Sur justification de l'accomplissement de la mission, le juge fixe la


rémunération de l'expert et l'autorise à se faire remettre, jusqu'à concurrence des
sommes consignées au greffe.
" ordonne, s'il y a lieu, la restitution à la partie des sommes consignées en
excédent. ou le versement de sommes complémentaires à l'expert. " peut lui délivrer un
titre exécutoire.
SECTION IV
DES CONTESTATIONS RELATIVES A LA PREUVE LITTERALE

Article 353 : La vérification des écritures sous seing privé et l'inscription de faux
contre un acte authentique relèvent de la compétence du juge saisi du principal
lorsqu'elles sont formées incidemment devant le tribunal de première instance ou
devant la cour d'appel.
Dans les autres cas. elles relèvent de la compétence du tribunal de première
instance.

SOUS-SECTION 1
DES CONTESTATIONS RELATIVES AUX ACTES SOUS SEING PRIVE

Paragraphe 1 : De la vérification d'écriture

A- De l'incident de vérification

Article 354 : Lorsque l'une des parties dénie l'écriture qui lui est attribuée ou
déclare ne pas reconnaître celle qui est attribuée à son auteur. le juge vérifie l'écrit
contesté à moins qu'il puisse statuer sans en tenir compte.
"4-'
·.
Si "écrit contesté n'est relatif qu'à certains chefs de la demande, il peut être
statué sur les autres.
Article 355 : Il appartient au juge de procéder à la vérification d'écriture au vu
des éléments dont il dispose après avoir, s'il y a lieu, enjoint aux parties de produire tous
documents à comparer à "écrit contesté et fait composer sous sa dictée, des
échantillons d'écriture.
Article 356 : Lorsqu'il ne statue pas sur-le-champ, le juge retient l'écrit à
vérifier et les pièces de comparaison et ordonne leur dépôt au greffe de la juridiction,
après les avoir paraphés.

Article 357 : Lorsqu'il est utile de comparer l'écrit contesté à des documents
détenus par des tiers, le juge peut ordonner, même d'office et à peine d'astreinte, que
ces documents soient déposés au greffe de la juridiction en original ou en reproduction.
Il prescrit toutes les mesures nécessaires, notamment celles qui sont relatives à
la conservation, la consultation, la reproduction, la restitution ou le rétablissement des
documents.
Article 358 : En cas de nécessité, le juge ordonne la comparution personnelle
des parties, le cas échéant. en présence d'un consultant, ou toutes autres mesures
d'instruction.
Il peut entendre l'auteur prétendu de l'écrit contesté.

Article 359 : Lorsqu'il est fait appel à un technicien, celui-ci peut être autorisé
par le juge à retirer contre émargement l'écrit contesté et les pièces de comparaison ou
à se les faire adresser par le greffier de la juridiction.
Article 360 : Peuvent être entendus comme témoins, ceux qui ont vu écrire ou
signer l'écrit contesté ou dont l'audition parait utile à la manifestation de la vérité.

Article 361 : Le juge règle les difficultés d'exécution de la vérification d'écriture


notamment quant à la détermination des pièces de comparaison.
Sa décision revêt la forme soit d'une simple mention au dossier ou au registre
d'audience, soit en cas de nécessité, d'une ordonnance ou d'un jugement.
Article 362 : S'il est jugé que la pièce a été écrite ou signée par la personne
qui l'a déniée, celle-ci est condamnée à une amende civile de cent mille (100 000) à
cinq cent mille (500 000) francs sans préjudice des dommages et intérêts qui seraient
réclamés.
B- De la vérification d'écriture demandée à titre principal

Article 363 : Lorsque la vérification d'écriture est demandée à titre principal. le


juge tient l'écrit pour reconnu si le défendeur cité à personne ne comparaît pas.
Article 364 : Lorsque le défendeur reconnaît l'écriture, le juge en donne acte
au demandeur.
Article 365 : Si le défendeur dénie ou méconnaît l'écriture, il est procédé
comme il est dit aux articles 354 à 362 du présent code.
Il en est de même lorsque le défendeur qui n'a pas été cité à personne ne
comparait pas. .
'1.,:
..
• 7

Paragraphe 2 : Du faux
A- De l'incident de faux

Article 366 : Lorsqu'un écrit sous seing privé produit en cours d'instance est
argué de faux. il est procédé à "examen de l'écrit litigieux comme il est dit aux articles
354 à 362 du présent code.

B- Du faux incident demandé à titre prIncIpal

Article 367 : Lorsqu'un écrit sous seing privé est argué de faux à titre principal.
"assignation indique les moyens de faux et fait sommation au défendeur de déclarer s'il
entend ou non faire usage de l'acte prétendu faux ou falsifié.
Article 368 : Si le défendeur déclare ne pas vouloir se servir de l'écrit argué de
faux. le juge en donne acte au demandeur.
Article 369 : Si le défendeur ne comparait pas ou déclare vouloir se servir de
l'écrit litigieux. il est procédé comme il est dit aux articles 354 à 362 du présent code.

SOUS-SECT/ON 2
DE L'INSCRIPTION DE FAUX CONTRE LES ACTES AUTHENTIQUES

Article 370 : L'inscription de faux contre un acte authentique donne lieu à


communication au ministère public.

Article 371 : Le juge peut ordonner l'audition de celui qui a dressé l'acte
litigieux.
Article 372 : Le demandeur en faux qui succombe peut être condamné à une
amende civile de cent mille (] 00 000) à cinq cent mille (500 000) francs sans préjudice
des dommages et intérêts qui seraient réclamés.

Paragraphe 1 : De l'inscription incidente de faux

A- De l'incident soulevé devant le tribunal de première instance ou


la cour d'appel

Article 373 : L'inscription de faux est formée par acte remis au greffe par la
partie ou son mandataire muni d'un pouvoir spécial.
L'acte. établi en double exemplaire. doit. à peine d'irrecevabilité. articuler
avec précision les moyens que la partie invoque pour établir le faux.
L'un des exemplaires est immédiatement versé au dossier de l'affaire et
l'autre. daté et visé par le greffier. est restitué à la partie en vue de la dénonciation de
l'inscription au défendeur.
La dénonciation doit être faite par notification entre avocats ou signification à
la partie adverse dans le mois de l'inscription. .

Article 374 : Le juge se prononce sur le faux à moins qu'il puisse statuer sans
tenir compte de la pièce arguée de faux.
Si l'acte argué de faux n'est relatif qu'à l'un des chefs de la demande. il peut
être statué sur les autres.
'Hl
·.
Article 375 : Il appartient au juge d'admettre ou de rejeter "acte litigieux ou vu
des éléments dont il dispose.
S'il y a lieu, le juge ordonne, sur le faux, toutes mesures d'instruction
nécessaires et il est procédé comme en matière de vérification d'écriture.
Article 376 : Le juge statue au vu de moyens articulés par les parties ou de
ceux qu'il relèverait d'office.
Article 377 : Le jugement qui déclare le faux est mentionné en marge de
l'acte reconnu faux.
Il précise si les minutes des actes authentiques seront rétablies dans le dépôt
d'où elles avaient été extraites ou seront conservées au greffe.
Il est sursis à l'exécution de ces prescriptions tant que le jugement n'est pas
passé en force de chose jugée, ou jusqu'à "acquiescement de la partie condamnée.
Article 378 : En cas de renonciation ou de transaction sur l'inscription de faux,
le ministère public peut requérir toutes les mesures propres à réserver "exercice des
poursuites pénales.
Article 379: Lorsque des poursuites pénales sont engagées contre les auteurs
ou complices du faux, if est sursis au jugement civil jusqu'à ce qu'il ait été statué au pénal
à moins que le principal puisse être jugé sans tenir compte de la pièce arguée de faux
ou qu'il y ait eu, sur le faux, renonciation ou transaction.

S- De l'incident soulevé devant les autres juridictions

Article 380: Lorsque l'incident est soulevé devant une juridiction autre que le
tribunal de première instance ou la cour d'appel, il est sursis à statuer jusqu'au jugement
sur le faux à moins que la pièce litigieuse ne soit écartée du débat lorsqu'il peut être
statué au principal sans en tenir compte.
Article 381 : JI est procédé à l'inscription de faux comme if est dit aux articles
382 à 384. L'acte d'inscription de faux doit être remis au greffe du tribunal de première
instance dans le mois de la décision de sursis à statuer, faute de quoi, il est passé outre à
l'incident et l'acte litigieux est réputé reconnu entre les parties.

Paragraphe 2 : De l'Inscription principale de faux

Article 382 : La demande principale en faux est précédée d'une inscription de


faux formée comme il est dit à l'article 373 du présent code.
La copie de l'acte d'inscription est jointe à l'assignation qui contient
sommation, pour le défendeur, de déclarer s'il entend ou non faire usage de l'acte
prétendu faux ou falsifié.
L'assignation doit être faite dons le mois de l'inscription de faux à peine de
caducité de celle-ci.
Article 383 : Si le défendeur déclare ne pas vouloir se servir de la pièce arguée
de faux, le juge en donne acte au demandeur.
Article 384 : Si le défendeur ne comparaît pas ou déclare vouloir se servir de la
pièce litigieuse, il est procédé comme il est dit aux articles 355 à 363 et 377 à 380 du
présent code.
~
, .
..
SECT/ON V
DU SERMENT JUDICIAIRE

Article 385 : La partie qui défère le serment énonce les faits sur lesquels elle le
défère.
Le juge ordonne le serment s'il est admissible et retient les faits pertinents sur
lesquels il sera reçu.
Article 386 : Lorsque le serment est déféré d'office, le juge détermine les faits
sur lesquels il sera reçu.

Article 387 : Le jugement qui ordonne le serment fixe les jour, heure et lieu où
celui-ci sera reçu. Il formule la question soumise au serment et indique que le faux
serment expose son auteur à des sanctions pénales.
Lorsque le serment est déféré par une partie, le jugement précise en outre
que la partie à laquelle le serment est déféré succombera dans sa prétention si elle
refuse de le prêter et s'abstient de le déférer.
Dans tous les cas, le jugement est notifié à la partie à laquelle le serment est
déféré ainsi que, s'il y a lieu, à son mandataire.

Article 388 : Le jugement qui ordonne ou refuse d'ordonner un serment


décisoire peut être frappé de recours indépendamment de la décision sur le fond.

Article 389: Le serment est fait par la partie en personne et à l'audience.

Si la partie justifie qu'elle est dans l'impossibilité de se déplacer, le serment


peut être prêté, soit devant un juge commis à cet effet qui se transporte, assisté du
greffier, chez la partie, soit devant le tribunal du lieu de sa résidence.

Dans tous les cas, Je serment est fait en présence de l'autre partie ou celle-ci
appelée.
Article 390: La personne investie d'un mandat de représentation en justice ne
peut déférer ou référer le serment sans justifier d'un pouvoir spécial.

CHAPITRE IV
DES INCIDENTS D'INSTANCE

SECTION 1
DES DEMANDES INCIDENTES

SOUS-SECTION 1
DES DEMANDES ADDITIONNELLES ET RECONVENTIONNELLES

Article 391 : Jusqu'à la clôture de l'instruction, le demandeur peut présenter,


sous forme de demandes additionnelles, toutes prétentions se rapportant à la demande
principale.
Elles ne sont recevables que si leurs causes existaient à l'époque où la
demande principale a été présentée, sauf exception prévue par la loi.

Article 392 : Le droit de former une demande reconventionnelle peut être


exercé jusqu'à la clôture de J'instruction. La demande n'est recevable que si elle est .
y,;.
• •

connexe à l'action principale, si elle sert de défense à cette action ou si elle tend à
compensation ou à réparation du préjudice né du procès.

Article 393 : Les demandes additionnelles et reconventionnelles sont jugées en


même temps que la demande principale.

SOUS-SECTION 2
DE l'INTERVENTION

Article 394 : L'intervention n'est recevable que si elle se rattache aux


prétentions des parties par un lien suffisant.

Article 395: Lorsque l'intervention risque de retarder à l'excès le jugement sur


le tout, le juge la rejette et statue sur la cause principale.

Article 396: L'intervention en première instance est volontaire ou forcée.


L'intervention forcée ne peut être demandée pour la première fois en cause d'appel.
Seule est admise devant la cour suprême l'intervention volontaire formée à
titre accessoire.

Paragraphe 1 : De l'intervention volontaire

Article 397 : L'intervention volontaire est principale ou accessoire.

Article 398: L'intervention est principale lorsqu'elle élève une prétention au


profit de celui qui la forme.
Elle n'est recevable que si son auteur a le droit d'agir relativement à cette
prétention.
Article 399 : L'intervention est accessoire lorsqu'elle appuie les prétentions
d'une partie.
Elle est recevable si son auteur a intérêt, pour la conservation de ses droits, à
soutenir cette partie.
L'intervenant à titre accessoire peut se désister unilatéralement de son
intervention.

Paragraphe 2 : De l'intervention forcée

A· Des dispositions communes à toutes les mises en cause


Article 400 : Un tiers peut être mis en cause aux fins de condamnation par
toute partie qui est en droit d'agir contre lui à titre principal.
Il peut également être mis en cause par la partie qui y a intérêt afin de lui
rendre commun le jugement.
Le tiers doit être appelé en temps utile pour faire valoir sa défense.

Article 401 : Le juge peut inviter les parties à mettre en cause tous les intéressés
dont la présence paraît nécessaire à la solution du litige.
En matière gracieuse, il peut ordonner la mise en cause des personnes dont les
droits ou les charges risquent d'être affectés par la décision à prendre. •
'N/
• 7

..
Article 402 : Le tiers mis en cause est tenu de procéder devant la juridiction
saisie de la demande originaire. sans qu'il puisse décliner la compétence territoriale de
cette juridiction. même en invoquant une clause attributive de compétence.
Article 403 : Conformément aux dispositions de la convention internationale
des droits de "enfant, l'enfant qui est capable de discernement peut être entendu sur
des questions concernant son intérêt supérieur dans toute procédure judiciaire. soit
directement. soit par l'intermédiaire de son représentant légal.
Article 404 : L'enfant peut être entendu, soit sur sa propre demande ou celle
de son représentant légal. soit à la requête du juge.
Article 405 : La demande est présentée au juge par requête écrite. Elle peut
l'être en tout état de la procédure et même pour la première fois en cause d'appel.
Article 406: La décision statuant sur la demande d'audition formée par le
mineur n'est susceptible d'aucun recours.
La décision par laquelle l'audition est ordonnée peut toutefois être modifiée
ou rapportée par une autre décision spécialement motivée lorsque le juge a
connaissance d'un motif grave s'opposant à ce que le mineur soit entendu.
Article 407: Lorsque la décision d'entendre l'enfant émane du juge, elle peut
revêtir la forme d'une simple mention au dossier ou au registre d'audience.
Une convocation en vue de son audition peut également être adressée au
mineur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.
La convocation l'informe de son droit d'être entendu seul. avec un avocat ou
une autre personne de son choix.
L'avocat choisi par le mineur doit en informer le juge.
Si le mineur demande à être entendu en présence d'un avocat et s'il ne
choisit pas lui-même celui-ci, le juge requiert du bâtonnier la désignation d'un avocat.

Le même jour, le greffier avise les autres parties par lettre recommandée avec
avis de réception.

Article 408: Lorsque le juge est saisi de la demande d'audition en présence de


toutes les parties et du mineur, l'audition peut "avoir lieu sur-le-champ. S'il n'est pas
procédé à celle-ci immédiatement. la convocation du mineur et l'information prévue à
l'alinéa précédent ~ont données verbalement.

Article 409 : La décision refusant l'audition est adressée par le greffier au


mineur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. La copie de la
décision est adressée à l'avocat du mineur par simple lettre.

Article 410 : La juridiction qui statue collégialement peut entendre elle-même


le mineur ou désigner l'un de ses membres pour procéder à l'audition et lui rendre
compte.
B· Des dispositions spéciales aux appels en garantie

Article 411 : La garantie est simple lorsque le demandeur en garantie est lui-
même poursuivi comme personnellement responsable obligé. .
~
..
.,
Elle est formelle lorsque le demandeur en garantie est lui-même poursuivi
comme détenteur d'un bien.
Article 412: Le demandeur en garantie simple demeure partie principale.
Article 413 : Le demandeur en garantie formelle peut toujours requérir, avec sa
mise hors de cause, que le garant lui soit substitué comme partie principale.
Cependant le garanti. quoique mis hors de cause comme partie principale,
peut y demeurer pour la conservation de ses droits ; le demandeur originaire peut
demander qu'il y reste pour la conservation des siens.
Article 414 : Le jugement rendu contre le garant formel. peut. dans tous les
cas, être mis à exécution contre le garanti sous la seule condition qu'il lui ait été notifié.
Article 415 ; Les dépens ne sont recouvrables contre le garanti qu'en cas
d'insolvabilité du garant formel et sous réserve que le garanti soit demeuré en la cause,
même à titre accessoire.

Paragraphe 3 : De l'Intervention du ministère public

Article 416 ; Le ministère public- peut agir comme partie principale ou venir
comme partie jointe. Il représente autrui dans les cas que la loi détermine.
Article 417 : Le ministère public agit d'office dans les cas spécifiés par la loi.

Article 418 ; le ministère public agit également pour la défense de l'ordre


public à l'occasion des faits qui portent atteinte à celui-ci.
Article 419 : le ministère public est partie jointe lorsqu'il intervient pour
présenter ses observations sur l'application de la loi dans une affaire dont il a
communication.
Article 420;" Sont obligatoirement communicables au ministère public, trois
jours au moins avant l'ordonnance de clôture ou avant l'audience, suivant les distinctions
prévues à l'article 161, les causes suivantes:
- celles dans lesquelles l'ordre public, "Etat ou les collectivités publiques sont
intéressés:
- celles concernant l'état des personnes ou la nationalité;
- celles où des incapables ou des absents sont en cause;
- celles révélant que la demande résulte d'une infraction à la loi pénale ou
concerne une procédure de faux;
- celles pour lesquelles l'assistance judiciaire a été accordée;
- celles des procédures de suspension des poursuites et d'apurement du passif,
des procédures de redressement judiciaire et de liquidation des biens concernant les
sociétés commerciales ainsi que des causes relatives à la responsabilité pécuniaire des
dirigeants sociaux, aux faillites personnelles et autres sanctions.

Dans toutes les affaires communicables, le ministère public doit présenter des
conclusions par écrit dans un délai de quinze (15) jours.
Article 421 ; le ministère public peut également demander communication de
toutes autres affaires conformément aux dispositions des articles 220 et 221 du présent
code..
'W
. '.
• •

Article 422 : Le juge peut d'office décider la communication d'une affaire au


ministère public dans les conditions fixées par "article 220 du présent code.

SECTION"
DE l'ABSTENTION. DE LA RECUSATION ET DU RENVOI

SOUS-SECTION 1
DE l'ABSTENTION

Article 423 : Le juge qui suppose en sa personne une cause de récusation ou


estime en conscience devoir s'abstenir. se fait remplacer par un autre juge que désigne
le président de la juridiction à laquelle il appartient.
Article 424 : Lorsque l'abstention de plusieurs juges empêche la juridiction
saisie de statuer. il est procédé comme en matière de renvoi pour cause de suspicion
légitime.
SOUS-SECTION 2
DE LA RECUSATION

Article 425 : La récusation d'un juge n'est admise que pour les causes
déterminées par la loi.
Sauf dispositions particulières à certaines juridictions. la récusation d'un juge
peut être demandée:

1°_ si lui-même ou son conjoint a un intérêt personnel à la contestation;


2°_ si lui-même ou son conjoint est créancier. débiteur. héritier présomptif ou
donataire de l'une des parties:
3°_ si lui-même ou son conjoint est parent ou allié de l'une des parties ou de
son conjoint jusqu'au quatrième degré inclusivement;
4°_ s'il y a eu ou s'il y a procès entre lui ou son conjoint et l'une des parties ou
son conjoint;
5°_ s'il a précédemment connu de l'affaire comme juge ou comme arbitre ou
s'il a conseillé l'une des parties;
6°_ si le juge ou son conjoint est chargé d'administrer les biens de l'une des
parties;
7°_ s'il existe un lien de subordination entre le juge ou son conjoint et l'une des
parties ou son conjoint;
8°- s'il y a amitié ou inimitié notoire entre le juge et l'une des parties ou son
avocat.
Le ministère public. partie jointe. peut être récusé dans les mêmes conditions.
Article 426 : La partie qui veut récuser un juge doit. à peine d'irrecevabilité. le
faire dès qu'elle a connaissance de la cause de récusation.
En aucun cas. la demande de récusation ne peut être formée après la clôture
des débats.
La partie n'est plus admise à récuser le juge. lorsque connaissant la cause de
récusation. elle a été entendue ou a accompli un acte de procédure ou pris des
conclusions devant lui sans invoquer la récusation. •
~
..
• A

Article 427 : La récusation doit être proposée par la partie elle-même ou par
son mandataire muni d'un pouvoir spécial.
L'avocat qui veut récuser n'a pas besoin d'un pouvoir spécial de son client.
Article 428 : La demande de récusation est formée par acte remis au greffe de
la juridiction à laquelle appartient le juge ou par une déclaration qui est consignée par le
greffe dans un procès-verbal.
La demande doit, à peine d'irrecevabilité, indiquer avec précision les motifs
de la récusation et peut être accompagnée des pièces propres à la justifier.
Il est délivré récépissé de la demande.

Article 429 : Le greffier communique immédiatement au juge la copie de la


demande dont celui-ci est l'objet.

Article 430: Le juge, dès qu'il a communication de la demande, doit s'abstenir


jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la récusation.
En cas d'urgence, un autre juge peut être désigné, même d'office, pour
procéder aux opérations nécessaires.

Article 431 : Dans les huit (08) jours de cette communication, le juge récusé fait
connaître par écrit soit son acquiescement à la récusation, soit les motifs pour lesquels il
s'y oppose.
Article 432 : Si le juge acquiesce, il est aussitôt remplacé.

Article 433: Si le juge s'oppose à la récusation ou ne répond pas, la demande


de récusation est jugée sans délai:
- par le président de la cour suprême si elle est dirigée contre le président de la
cour d'appel et les conseillers de la cour suprême;
- par le président de la cour d'appel si elle est dirigée contre un conseiller de
la cour d'appel ou contre le président du tribunal de première instance;
- par le président du tribunal de première instance si elle est dirigée contre un
juge du tribunal.
Article 434 : Le greffier communique la demande de récusation avec la
réponse du juge ou mention de son silence, selon le cas, au président de la cour
suprême, au président de la cour d'appel ou au président du tribunal de première
instance.
Article 435 : L'affaire est examinée sans qu'il soit nécessaire d'appeler les
parties si le juge est récusé.
L'ordonnance sur la récusation est susceptible de voie de recours. Copie de la
décision est remise ou adressée par le greffier au juge et aux parties.

Article 436 : Lorsque la récusation est admise, il est procédé au remplacement


du juge.
Article 437 : Lorsque la récusation est rejetée, son auteur peut être condamné
à une amende civile de cent mille (100 000) à cinq cent mille (500 OOO) francs sans
préjudice des dommages et intérêts qui pourraient être réclamés. .
'V-,:
" "

, ,

Article 438 : Les actes accomplis par le juge récusé avant qu'il ait eu
connaissance de la demande de récusation ne peuvent être remis en cause.
Article 439 : La récusation contre plusieurs juges doit, à peine d'irrecevabilité,
être demandée par un même acte à moins qu'une cause de récusation ne se révèle
postérieurement.
Il est alors procédé comme il est dit à la sous-section ci-après, alors même que
le renvoi n'aurait pas été demandé.
SOUS-SECTION 3
DU RENVOI A UNE AUTRE JURIDICTION

Paragraphe 1 : Du renvoi pour cause de suspicion légitime

Article 440 : Il y a renvoi pour cause de suspicion légitime, lorsque la suspicion


est dirigée contre une formation collégiale dans son ensemble. Le renvoi pour cause de
suspicion légitime peut également résulter de l'abstention simultanée de plusieurs juges.
La demande de renvoi pour cause de suspicion légitime est assujettie aux
mêmes conditions de recevabilité et de forme que la demande de récusation.
Lorsque la demande de renvoi pour cause de suspicion légitime est rejetée,
son auteur peut être condamné à une amende civile de cent mille (100 000) à cinq cent
mille (500 000) francs sans préjudice des dommages et intérêts qui pourraient être
réclamés.
Article 441 : La demande de dessaisissement est aussitôt communiquée par le
greffier au président de la juridiction.
Article 442: Lorsque la demande est dirigée contre l'une des formations de la
juridiction et si le président l'estime fondée, il attribue l'affaire à une autre formation de la
même juridiction.
Si le président estime que l'affaire doit être renvoyée à une autre juridiction, il
transmet la demande et le dossier de la procédure au président de la juridiction
immédiatement supérieure qui désigne la juridiction de renvoi.
Copie de la décision est adressée par le greffe de la juridiction supérieure aux
parties.
La décision n'est susceptible d'aucun recours; elle s'impose aux parties et au
juge de renvoi.
Article 443: Lorsque le président s'oppose à la demande, il transmet l'affaire,
avec les motifs de son refus, au président de la juridiction immédiatement supérieure.
Cette juridiction statue dans le mois, en chambre du conseil, le ministère public
entendu, et sans qu'il soit nécessaire d'appeler les parties.
Copie de la décision est adressée par le greffe aux parties et au président de
la juridiction dont le dessaisissement a été demandé.
Article 444: Lorsque la demande est justifiée, l'affaire est renvoyée soit à une
autre 'formation de la juridiction primitivement saisie, soit à une autre juridiction de même
nature que celle-ci.
La décision s'impose aux parties et au juge de renvoi.
Elle n'est susceptible d'aucun recours.
'tV
..
• 6

Article 445 : L'instance n'est pas suspendue devant la juridiction dont le


dessaisissement est demandé.
Le président de la juridiction saisie de la demande de renvoi peut toutefois
ordonner suivant les circonstances, que la juridiction soupçonnée de partialité surseoira à
statuer jusqu'au jugement sur le renvoi.

Article 446 : En cas de renvoi. il est procédé comme il est dit à l'article 442 du
présent code.

Article 447: Le rejet de la demande de renvoi peut emporter "application des


dispositions de l'article 437 du présent code.

Paragraphe 2 : Du renvoi pour cause de récusation contre plusieurs juges

Article 448 : Lorsque le renvoi est demandé pour cause de récusation en la


personne de plusieurs juges de la juridiction saisie, il est procédé comme en matière de
renvoi pour cause de suspicion légitime, après que chacun des juges récusés a répondu
ou laissé expirer le délai de réponse.

Paragraphe 3 : Du renvoi pour cause de sûreté publique

Article 449 : Le renvoi pour cause de sûreté publique est prononcé par la cour
suprême à la requête du procureur général près ladite cour, des procureurs généraux
près les cours d'appel, ou des procureurs de la République près les autres juridictions.

Article 450 : Lorsque le renvoi est admis, il est procédé comme il est dit à
"article 442 du présent code.

SECTION III

DES JONCTIONS ET DISJONCTIONS D'INSTANCES

Article 451 : Le juge peut, à la demande des parties ou d'office, ordonner la


jonction de plusieurs instances pendantes devant lui s'il existe entre les litiges un lien tel
qu'il soit de l'intérêt d'une bonne justice de les faire instruire ou juger ensemble.
"peut également ordonner la disjonction d'une instance en plusieurs.

Article 452 : Les décisions de jonction ou de disjonction d'instances sont des


mesures d'administration judiciaire.

SECTION IV
DE L'INTERRUPTION DE L'INSTANCE

Article 453: L'instance est interrompue par :

- la majorité d'une partie;


- la cessation de fonctions de l'avocat lorsque la représentation est
obligatoire;
- l'effet du jugement qui prononce le redressement judiciaire ou la liquidation
des biens dans les causes où il emporte assistance ou dessaisissement du débiteur.

Article 454 : A compter de la notification qui en est faite à l'autre partie,


l'instance est interrompue par: '
'W
,
.
-~

-le décès d'une partie dans les cas où l'action est transmissible;
-la cessation de fonctions du représentant légal d'un incapable;
-le recouvrement ou la perte par une partie de la capacité d'ester en justice.

Article 455 : En aucun cas, l'instance n'est interrompue si l'événement survient


ou est notifié après la clôture des débats.
Article 456 : Les actes accomplis et les jugements même passés en force de
chose jugée, obtenus après l'interruption de l'instance, sont réputés non avenus à moins
qu'ils ne soient expressément ou tacitement confirmés par la partie au profit de laquelle
l'interruption est prévue.
Article 457 : L'instance peut être volontairement reprise dans les formes
prévues pour la présentation des moyens de défense.
A défaut de reprise volontaire, elle peut l'être par voie d'assignation.
Article 458: L'instance reprend son cours en l'état où elle se trouvait au
moment où elle a été interrompue.
Article 459: Lorsque la partie assignée en reprise d'instance ne comparaît pas,
il est procédé comme il est dit aux articles 541 et suivants du présent code.
Article 460: L'interruption de l'instance ne dessaisit pas le juge.
Celui-ci peut inviter les parties à lui faire part de leurs initiatives en vue de
reprendre l'instance et radier l'affaire à défaut de diligence dans le délai par lui imparti.

" peut demander au ministère public de recueillir les renseignements


nécessaires à la reprise de l'instance.

SECTION V
DE LA SUSPENSION DE L'INSTANCE

Article 461 : En dehors des cas où la loi le prévoit, l'instance est suspendue par
la décision qui sursoit à statuer ou qui radie l'affaire.

SOUS-SECT/ON 1
DU SURSIS A STATUER

Article 462 : La décision de sursis suspend le cours de l'instance pour le temps


ou jusqu'à la survenance de l'événement qu'elle détermine.

Article 463 : Le sursis à statuer ne dessaisit pas le juge. A l'expiration du sursis,


l'instance est poursuivie à l'initiative des parties ou à la diligence du juge, sauf la faculté
d'ordonner, s'il y a lieu, un nouveau sursis.

Le juge peut, suivant les circonstances, révoquer le sursis ou en abréger le


délai.
Article 464 : La décision de sursis peut être frappée d'appel sauf pour
l'exception d'inconstitutionnalité.
La partie qui veut faire appel saisit la cour d'appel qui statue comme en
matière de procédure, à jour fixe ou comme il est dit à l'article 882 selon le cas.
Y-!;

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·.
L'assignation doit être délivrée dans le mois de la décision.
Article 465 : La décision de sursis rendue en dernier ressort, peut être attaquée
par la voie du pourvoi en cassation, mais seulement pour violation de la règle de droit.
SOUS-SECTION 2
DE LA RADIATION

Article 466 : La radiation sanctionne dans les conditions du présent code, le


défaut de diligence des parties. Elle emporte retrait de l'affaire du rôle des affaires en
cours.
Article 467: La décision de radiation est une mesure d'administration judiciaire.

Article 468 : La radiation ne fait pas obstacle à la poursuite de l'instance. après


rétablissement de l'affaire, s'il n'y a. par ailleurs. péremption.

SECTION VI
DE L'EXTINCTION DE L'INSTANCE

Article 469 : En dehors des cas où cet effet résulte du jugement. l'instance
s'éteint accessoirement à l'action par l'effet de la transaction. de l'acquiescement, du
désistement d'action ou, dans les actions non transmissibles par le décès d'une partie.

L'extinction de l'instance est constatée par une décision de dessaisissement.


Il appartient au juge de donner force exécutoire à l'acte constatant l'accord
des parties, que celui-ci intervienne devant lui ou ait été conclu hors sa présence.

Article 470 : L'instance s'éteint à titre principal par l'effet de la péremption et


du désistement d'instance.
Dans ces cas, la constatation de "extinction de l'instance et du
dessaisissement de la juridiction ne met pas obstacle à l'introduction d'une nouvelle
instance. si l'action n'est pas éteinte par ailleurs.

SOUS-SECT/ON 1
DE LA PEREMPTION D'INSTANCE

Article 471 : L'instance est périmée lorsqu'aucune des parties n'accomplit de


diligence pendant trois (03) ans.

Article 472 : La péremption peut être demandée par l'une quelconque des
parties.
Elle peut être opposée par voie d'exception à la partie qui accomplit un acte
après l'expiration du délai de péremption.

Article 473: La péremption doit, à peine d'irrecevabilité, être demandée ou


opposée avant tout autre moyen ; elle est de droit.
Elle ne peut être relevée d'office par le juge.
Article 474 : La péremption n'éteint pas l'action; elle emporte seulement
extinction de l'instance sans qu'on puisse jamais opposer aucun des actes de la
procédure périmée ou s'en prévaloir. .
~
Article 475 : La péremption en cause d'appel ou d'opposition confère au
jugement la force de la chose jugée même s'il n'a pas été notifié.
Article 476 : Le délai de la péremption court à l'égard de toutes les personnes
physiques ou morales, même incapables, sauf leur recours contre les administrateurs et
tuteurs.
Article 477: L'interruption de l'instance emporte celle du délai de péremption.
Ce délai continue à courir en cas de suspension de l'instance sauf si celle-ci
n'a lieu que pour un temps ou jusqu'à la survenance d'un événement déterminé; dans
ces derniers cas, un nouveau délai court à compter de l'expiration de ce temps ou de la
survenance de cet événement.

Article 478 : Les frais de l'instance périmée sont supportés par celui qui a
introduit cette instance.
SOUS-SECTION 2
DU DESISTEMENT D'INSTANCE

Paragraphe 1 : Du désistement de la demande en première instance

Article 479: Le demandeur peut, en toute matière, se désister de son instance.

Article 480: Le désistement n'est parfait que par l'acceptation du défendeur.


Toutefois, l'acceptation n'est pas nécessaire si le défendeur n'a présenté
aucune défense au fond ou fin de non-recevoir au moment où le demandeur se désiste.

Article 481 : Le juge déclare le désistement parfait si la non acceptation du


défendeur ne se fonde sur aucun motif légitime.

Article 482 : Le désistement est exprès ou implicite; il en est de même de


l'acceptation.

Article 483: Le désistement d'instance n'emporte pas renonciation à l'action,


mais seulement extinction de l'instance.

Article 484: En cas de désistement d'instance, le demandeur peut être


condamné au paiement des frais de l'instance éteinte.

Paragraphe 2 : Du désistement de l'appel ou de l'opposition


Article 485 : Le désistement de l'appel ou de "opposition est admis en toutes
matières sauf dispositions contraires.
Article 486 : Le désistement de l'appel n'a besoin d'être accepté que s'il
contient des réserves ou si la partie à l'égard de laquelle il est fait a préalablement formé
un appel incident ou une demande reconventionnelle.
Article 487 : Le dé.sistement de l'opposition n'a besoin d'être accepté que si le
demandeur initial a préalablement formé une demande additionnelle.
Article 488 : Le désistement de l'appel emporte acquiescement au jugement.
" est non avenu si, postérieurement, une autre partie interjette elle-même régulièrement
appel. .
~
· ..
Article 489 : Le désistement de l'opposition fait sans réserve, emporte
acquiescement au jugement.
Article 490 : Les articles 481, 482 et 484 sont applicables au désistement de
l'appel ou de l'opposition.
SECTION VII
DE L'ACQUIESCEMENT

Article 491 : L'acquiescement à la demande emporte reconnaissance du


bien- fondé des prétentions de l'adversaire et renonciation à l'action.
Il n'est admis que pour les droits dont la partie a la libre disposition.

Article 492 : L'acquiescement au jugement emporte acceptation des


dispositions de celui-ci et renonciation aux voies de recours sauf si, postérieurement, une
autre partie forme régulièrement un recours.
Il est toujours admis sauf dispositions contraires.
Article 493: L'acquiescement peut être· exprès ou implicite.
L'exécution sans réserve d'un jugement non exécutoire vaut acquiescement,
hors les cas où celui-ci n'est pas permis.

TITRE III
DE LA CONCILIATION, DE L'AUDIENCE ET DU JUGEMENT

CHAPITRE 1
DE LA CONCILIATION

Article 494 : Sous réserve des dispositions particulières à certaines matières


prévues par la loi, le préliminaire de la conciliation n'est pas obligatoire.

Toute partie peut cependant, au premier appel de la cause et avant toutes


conclusions au fond, demander qu'il soit procédé à une tentative de conciliation sur la
base de la demande.
Article 495 : Les parties peuvent se concilier d'elles-mêmes ou à l'initiative du
juge tout au long de l'instance.

Sauf disposition particulière, la conciliation est tentée au lieu et au moment


que le juge estime favorables.
Article 496 : Lorsque les parties se concilient totalement ou partiellement, il est
dressé procès-verbal des points d'accord, lequel est signé du président du tribunal et des
parties ou de leur conseil respectif s'il y en a.
Si elles ne savent signer, il en est fait mention. Le procès-verbal de conciliation
n'est susceptible d'aucune voie de recours.
Il vaut titre exécutoire. .
~.

sJ
CHAPITRE Il
DE L'AUDIENCE

SECTION 1
DES DEBATS

Article 497 : La juridiction est composée, à peine de nullité, conformément aux


règles relatives à l'organisation judiciaire.
Les contestations relatives à sa composition doivent être présentées, à peine
d'irrecevabilité, dès l'ouverture des débats ou dès la révélation de l'irrégularité, si celle-ci
survient postérieurement, faute de quoi aucune nullité ne pourra être ultérieurement
prononcée de ce chef, même d'office.
Les dispositions de l'alinéa qui précède ne sont pas applicables dans les cas
où il aurait été fait appel à une personne dont la profession ou les fonctions ne sont pas
de celles qui l'habilitent à faire partie de la juridiction.
Article 498 : Le ministère public n'est tenu d'assister à l'audience que dans les
cas où il est partie principale, dans ceux où il représente autrui, ou lorsque sa présence
est rendue obligatoire par la loi.
Dans tous les autres cas, il peut adresser à la juridiction des conclusions écrites;
il peut aussi venir à l'audience et y prendre la parole.
Article 499 : Les débats ont lieu au jour et, dans la mesure où le déroulement
de l'audience le permet, à l'heure préalablement fixés selon les modalités propres à
chaque juridiction.
I/s peuvent se poursuivre au cours d'une audience ultérieure.
En cas de changement survenu dans la composition de la juridiction après
l'ouverture des débats, ceux-ci doivent être repris.

Article 500 : Les audiences de toutes les juridictions sont publiques, à moins que
cette publicité ne soit dangereuse pour l'ordre public ou les bonnes mœurs, ou interdites
par la loi. Dans ce cas, les arrêts et les jugements sont prononcés publiquement et
doivent contenir les motifs sous peine de nullité, sauf dispositions légales contraires.
La police de l'audience est assurée conformément aux textes en vigueur par
le juge qui préside ladite audience.

Article 501 : Les parties et les témoins qui ne parlent pas la langue dans
laquelle se déroule la procédure ont le droit de se servir de la langue de leur nationalité
ou de leur langue nationale, assistés d'un interprète assermenté.
Le juge n'est pas tenu de recourir à un interprète lorsqu'il connaît la langue
dans laquelle s'expriment les parties et les témoins.

Article 502: Les parties sont tenues de garder en tout le respect dû à la justice.
Le juge peut, suivant la gravité des manquements, prononcer, même d'office,
des injonctions, supprimer des écrits, les déclarer calomnieux, ordonner l'impression et
l'affichage de ses jugements aux frais de la partie en cause.

Article 503 : En matière gracieuse, la demande est examinée en chambre du


conseil. .

'*
Article 504 : Hors les cas prévus par la loi, les débats sont publics à moins que le
tribunal ne décide le huis clos, soit d'office, soit à la demande du ministère public ou de
l'une des parties, pour sauvegarder l'ordre public, les bonnes mœurs ou l'inviolabilité des
secrets de famille.
le juge peut décider que les débats auront lieu ou se poursuivront en
chambre du conseil s'il doit résulter de leur publicité une atteinte à l'intimité de la vie
privée, ou si toutes les parties le demandent, ou s'il survient des désordres de nature à
troubler la sérénité de la justice.
l'emploi de tout appareil d'enregistrement sonore, photographique, caméras
de télévision ou de cinéma, est interdit à l'intérieur des salles d'audience pendant le
cours des débats sauf autorisation donnée à titre exceptionnel par les présidents de
cours d'appel ou de la cour suprême, suivant le cas.

Article 505: En chambre du conseil, il est procédé hors la présence du public.

Article 506 : S'il apparaît ou s'il est prétendu, soit que les débats doivent avoir
lieu en chamb're du conseil alors qu'ils se déroulent en audience'publique, soit l'inverse,
le président se prononce sur-le-champ.

Si l'audience est poursuivie sous sa forme régulière, aucune nullité fondée sur
son déroulement antérieur ne pourra être ultérieurement prononcée, même d'office.

Article 507 : Le président veille à l'ordre de l'audience. Tout ce qu'il ordonne


pour l'assurer doit être immédiatement exécuté.
Les juges disposent des mêmes pouvoirs sur les lieux où ils exercent les fonctions
de leur état.
Article 508 : Les personnes qui assistent à l'audience doivent observer une
attitude digne et garder le respect dû àla justice. Il leur est interdit de parler sans y avoir
été invitées, de donner des signes d'approbation ou de désapprobation, ou de causer
du désordre de quelque nature que ce soit.
le président peut faire expulser toute personne qui n'obtempère pas à ses
injonctions, sans préjudice des poursuites pénales ou disciplinaires qui pourraient être
exercées contre elle.
Article 509 : Le président dirige les débats. Il donne la parole au rapporteur
dans le cas où un rapport doit être fait.
Le demandeur, puis le défendeur, sont ensuite invités à exposer leurs
prétentions.
lorsque la juridiction s'estime éclairée, le président peut faire cesser les
plaidoiries ou les observations présentées par les parties pour leur défense.
Article 510 : Même dans les cas où la représentation est obligatoire, les parties,
assistées de leur représentant, peuvent présenter el/es-mêmes des observations orales.
-- - -------~--~~.~--_._----_.--------------- +--._ _ . _ - - - _.- -+- ----~.~_ • • - ... - --.-._.--.-- . - - - - - - - ' - - - - - - - - - - - - - - , - ~ ••• - • ., '.- -- _.-- •• - -~--.-_._- ' -

La juridiction a la faculté de leur retirer la parole si la passion ou I.'inexpérience


les empêche de discuter leur cause avec la décence convenable ou la clarté
nécessaire.
Article 511 : Le président et les juges peuvent inviter les parties à fournir les
explications de droit ou de fait qu'ils estiment nécessaires ou à préciser ce qui paraît
obscur. :
~

61

1
Article 512: Le ministère public, partie jointe, a le dernier la parole.

S'il estime ne pas pouvoir prendre la parole sur-le-champ, il peut demander


que son audition soit reportée à une prochaine audience.

Article 513 : Le président peut ordonner la réouverture des débats. Il doit le


faire chaque fois que les parties n'ont pas été à même de s'expliquer contradictoirement
sur les éclaircissements de droit ou de fait qui leur avaient été demandés.
En cas de changement survenu dans la composition de la juridiction, il y a lieu
de reprendre les débats.

Article 514 : Après la clôture des débats, les parties ne peuvent déposer
aucune note à l'appui de leurs observations si ce n'est en vue de répondre aux
arguments développés par le ministère public ou à la demande du président dans les
cas prévus aux articles 5 J 1 et 5 J2 du présent code.

Article 515 : Les prescriptions des articles 499 alinéa 3, 500, 503, 504 alinéa 2 et
513 alinéa 2 doivent êtr~ observées à peine de nullité.
Toutefois, aucune nullité ne pourra être ultérieurement soulevée pour
inobservation de ces dispositions si elle n'a pas été invoquée avant la clôture des débats.
La nullité ne peut pas être relevée d'office.

SECTION If
DE LA PROCEDURE EN CHAMBRE DU CONSEIL

Article 516 : En chambre du conseil, il est procédé hors la présence du public.

La chambre du conseil statue:

10 _ en matière gracieuse, sur toutes ies demandes ne comportant aucun


adversaire et ne pouvant donner lieu à aucune contestation de la part de tiers, et en
outre, sur celles dans lesquelles les parties, n'étant pas en désaccord, sont tenues, par
leur qualité ou par la nature de l'affaire, d'obtenir une décision du tribunal;
20 _ en matière contentieuse, dans tous les cas prévus par la loi et, en outre, si la
demande tend à la nomination d'un mandataire de la conservation des biens d'un
absent ou d'un incapable ou encore des biens constituant le gage d'un créancier ou
d'une collectivité de créanciers;
30 _ en toutes autres matières prévues par les lois particulières.

Article 517 : En matière gracieuse, requête est présentée au tribunal par le


demandeur ou son représentant ; le président nomme un juge rapporteur et ordonne
communication au ministère public.
Après avoir entendu la partie ou son représentant en ses observations et le
ministère public en ses conclusions motivées, le tribunal rend son jugement en chambre
______ -du_conseil-s-'-iI.n~en-esi.clJtrernent·GrEleAAé·par la 10;;----------··- - --.----------.-. _. -.... --·-0

Si un Tiers intervient, les parties ou leurs représentànts sont entendus


contradictoirement par le tribunal.

Article 51 B : En matière contentieuse, le tribunal siège en chambre du conseil


dans les cas et selon la procédure prévus par la loi. ,
'M.:
Article 519 : Les voies de recours sont ouvertes contre les décisions rendues en
chambre du conseil dans les formes du droit commun.
La cour d'appel statue en chambre du conseil.

SECT/ON 1/1
DU DELIBERE

Article 520 : " appartient aux juges devant lesquels l'affaire a été débattue
d'en délibérer. Les auditeurs de justice peuvent être autorisés à assister aux délibérés des
juridictions devant lesquelles ils font leur stage.

Article 521 : Les débats clos, le juge délibère immédiatement, à moins qu'il
n'en décide autrement.
Les délibérations des juges sont secrètes.
CHAPITRE III
DU JUGEMENT

Article 522 : La décision est rendue à la majorité des voix dans les formations
collégiales.
Article 523 : Lorsque le jugement ne peut être prononcé sur-le-champ, le
prononcé en est renvoyé, pour plus ample délibéré, à une date raisonnable que le
président indique aux parties et qui ne peut excéder deux (02) mois.
Toutefois, sauf cas de force majeure, le délibéré ne pourra être prorogé plus
de deux (02) fois.

Article 524: Les décisions contentieuses sont prononcées publiquement et les


décisions gracieuses hors la présence du public, le tout sous réserve des dispositions
particulières de la loi.

Article 525 : La date du jugement est celle à laquelle il est prononcé.

Article 526 : Tout jugement est rendu au nom du peuple béninois. " doit
contenir:
- les nom, prénoms, qualité, profession, domicile, siège social ou principal
établissement de chacune des parties, de leurs mandataires et de leurs conseils;
- l'objet du litige;
-la mention, le cas échéant. de l'ordonnance de clôture;
- les motifs, en fait et en droit, précédés d'un résumé des prétentions des
parties;
-le dispositif;
- la date à laquelle il a été rendu;
------------ - - - .-- --= lafiqufddJon-des dép·ens·srellé-est alors· possible;

- le nom des juges qui en ont délibéré;


- en matière gracieuse, "le nom des personnes auxquelles il doit être notifié;
-la mention qu'il a été rendu en audience publique ou en chambre du conseil
et que le ministère public a été entendu le cas échéant en ses conclusions; .
~
- le cas échéant, le nom du représentant du ministère public;
-le nom et la signature du président et du greffier qui l'a assisté.
La minute du jugement, signée par le président qui l'a rendu et par le greffier.
est déposée au greffe.
--
Article 527 : Le jugement doit exposer succinctement les prétentions
respectives des parties et leurs moyens; il doit être motivé.-
Le jugement énonce la décision sous forme de dispositif.
Article 528 : Le jugement est signé par le président et par le greffier.
En cas d'empêchement du président, mention en est faite sur la minute qui est
signée par le plus ancien des juges qui en ont délibéré.
En cas d'empêchement d'un juge statuant seul et qui n'a pu signer un
jugement qu'il a prononcé, il en est référé au président de la cour d'appel qui, par
ordonnance, désigne un juge à cette fin. Le juge ainsi désigné fera précéder sur la
minute sa signature de la mention : II par empêchement de M , et par autorisation
du président de la cour d'appel JJ.

"sera pareillement procédé dans le cas où tous les membres-d'une formation


collégiale seraient empêchés.
Article 529 : Le jugement a la force probante d'un acte authentique sous
réserve des dispositions de l'article 533 du présent code.
Article 530: Ce qui est prescrit par les articles 522, 524, 526 en ce qui concerne
la mention du nom des juges, 527 et 528 alinéa 1er doit être observé àpein~ de nullité.
Toutefois, aucune nullité ne pourra être ultérieurement soulevée ou relevée
d'office pour inobservation des formes prescrites à l'article 524 si elle n'a pas été
invoquée au moment du prononcé du jugement par simples observations dont il est fait
mention au registre d'audience.

Article 531 : La nullité d'un jugement ne peut être demandée que par les voies
de recours prévues par la loi.
. .
Article 532: Il appartient à tout juge d'interpréter sad~cision si elle n'est pas
frappée d'appel.
La demande en interprétation est formée par simple requête de l'une des
parties ou par requête commune.
le juge se prononce, les parties entendues ou appelées.

Article 533 : Les erreurs ou omissions matérielles qui affectent un jugement,


même passé en force de chose jugée peuvent toujours être réparées par la juridiction
qui l'a rendu ou par celle à laquelle il est déféré, selon ce que le dossier révèle.

Le juge est saisi par simple requête de l'une des parties ou par requête
commune. Il peut aussi se saisir d'officè. .
Le juge statue après avoir entendu les parties ou celles-ci appelées.

La décision rectificative est mentionnée sur la minute et sur les expéditions du


jugement. Elle est notifiée comme le jugement. .
. - ~
, .
~ "

Si la décision est passée en force de chose jugée, la décision rectificative ne


peut être attaquée que par la voie du recours en cassation.
Article 534 : Chacune des parties a la faculté de se faire délivrer une
expédition revêtue de la formule exécutoire.
Une seconde expédition, revêtue de cette formule ne peut être délivrée à la
même partie qu'en vertu d'une ordonnance du président de la juridiction qui a rendu le
jugement.
Article 535 : En matière gracieuse, copie de la requête est annexée à
l'expédition du jugement.
SECTION 1
DU JUGEMENT CONTRADICTOIRE

Article 536 : Le jugement est contradictoire dès lors que les parties
comparaissent en personne ou par mandataire, selon les modalités propres à la
juridiction devant laquelle la demande est portée.

Article 537 : Lorsque, sans motif légitime, le demandeur ne comparait pas, le


défendeur peut requérir un jugement sur le fond qui sera contradictoire, sauf la faculté
du juge de renvoyer l'affaire à huitaine.

Article 538 : Lorsqu'après avoir comparu, l'une des parties s'abstient


d'accomplir les actes de la procédure dans les délais impartis, le juge statue par
jugement contradictoire au vu des éléments dont il dispose.

Article 539: Lorsqu'aucune des parties n'accomplit les actes de la procédure


dans les délais impartis, le juge peut, d'office, radier l'affaire par une décision non
susceptible de recours après un dernier avis adressé aux parties elles-mêmes ou à leur
mandataire.
SECTION JI
DU JUGEMENT RENDU PAR DEFAUT ET DU JUGEMENT
REPUTE CONTRADICTOIRE

Article 540 : Le défendeur qui ne comparaît pas, peut, à l'initiative du


demandeur ou sur décision prise d'office par le juge, être à nouveau invité à
comparaître si l'assignation n'a pas été délivrée à personne ou si la convocation n'a pas
été remise à personne.
L'assignation ou la convocation est, sauf application des règles particulières à
certaines juridictions, réitérée selon les formes de la première assignation ou
convocation.
Le juge peut cependant ordonner qu'elle sera faite par ade d'huissier de
justice lorsque la première convocation avait été faite par le greffe de la juridiction. La
nouvelle assignation doit faire mention, selon le cas, des dispositions des articles 541, 542
ou de celles de l'article 543 alinéa 2 du présent code.
Le juge peuf aussi informer l'intéressé, par lettre simple, des conséquences de
son abstention.
Article 541 : Lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur
le fond. .
~

:/
, .
Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière,
recevable et bien fondée.
Article 542 : Lorsque le défendeur ne comparaît pas, le jugement est rendu par
défaut si l'assignation n'a pas été délivrée à personne.
Le jugement est réputé contradictoire lorsque la décision est susceptible
d'appel ou lorsque l'assignation a été délivrée à la personne du défendeur.
Article 543 : En cas de pluralité de défendeurs assignés pour le même objet,
lorsque l'un au moins d'entre eux ne comparaît pas, le jugement est réputé
contradictoire à l'égard de tous si la décision est susceptible d'appel ou si ceux qui ne
comparaissent pas ont été assignés à personne.
Si la décision requise n'est pas susceptible d'appel, les parties défaillantes qui
n'ont pas été assignées à personne doivent être assignées à nouveau. Le jugement
rendu après nouvelles assignations est réputé contradictoire à l'égard de tous dès lors
que l'un des défendeurs comparaît ou a été assigné à personne sur la première ou
seconde assignation; dans le cas contraire, le jugement est rendu par défaut.

Article 544 : Le juge ne peut statuer avant l'expiration du plus long délai de
comparution, sur première ou seconde assignation ou convocation.
Il statue à l'égard de tous les défendeurs par un et même jugement, sauf si les
circonstances exigent qu'il soit statué à l'égard de certains d'entre eux seulement.

Article 545 : Le jugement rendu par défaut peut être frappé d'opposition, sauf
dans le cas où cette voie de recours est écartée par une disposition expresse.

Article 546 : Le jugement réputé contradictoire ne peut être frappé de recours


que par les voies ouvertes contre les jugements contradictoires.

Article 547 : Le jugement rendu par défaut ou le jugement réputé


contradictoire au seul motif qu'il est susceptible d'appel est non avenu si le jugement ou
à défaut, l'extrait n'a pas été notifié dans les six {06} mois de sa date.
La procédure peut être reprise après réitération de l'assignation ou de la
convocation primitive.

Article 548 ; Le jugement par défaut ou le jugement réputé contradictoire


rendu contre une partie demeurant à "étranger doit constater expressément les
diligences faites en vue de donner connaissance de l'acte introductif d'instance au
défendeur.
SECTION III
DES DISPOSITIONS SPECIALES

SOUS-SECTION l
DES JUGEMENTS SUR LE FOND

Article 549 : Le jugement qui tranche dans son dispositif tout ou partie du
principal. ou celui qui statue sur une exception de procédure, une fin de non recevoir ou
tout autre incident a, dès son prononcé, l'autorité de la chose jugée relativement à la
contestation qu'il tranche. .
~

6Y
,.
, .
le principal s'entend de l'objet du litige tel qu'il est déterminé par l'article 5 du
présent code.
Article 550 : le jugement, dès son prononcé, dessaisit le juge de la
contestation qu'il tranche.
Toutefois, le juge a le pouvoir de rétracter sa décision en cas d'opposition, de
tierce opposition ou de recours en révision.
" peut également l'interpréter ou la rectifier sous les distinctions établies aux
arficles 532 et 533 du présent code.
SOUS-SECTION 2
DES AUTRES JUGEMENTS

Paragraphe 1 : Des jugements avant dire droit

Article 551 : Le jugement qui se borne, dans son dispositif, à ordonner une
mesure d'instruction ou une mesure provisoire n'a pas, au principal, l'autorité de la chose
jugée sans préjudice des dispositions de l'article 624 du présent code.

Article 552 : Le jugement avant dire droit ne dessaisit pas le juge.

Paragraphe 2 : Des ordonnances de référé

Article 553 : L'ordonnance de référé est une décision provisoire rendue à la


demande d'une partie, l'autre présente ou appelée, dans le cas où la loi confère à un
juge qui n'est pas saisi au principal le pouvoir d'ordonner immédiatement les mesures
nécessaires.
Article 554 : La demande est portée par voie d'assignation à une audience
tenue à cet effet aux jour et heure habituels des référés.
Si, néanmoins, le cas requiert célérité, le juge des référés peut permettre
d'assigner à heure indiquée, même les jours fériés ou chômés, soit à l'audience, soit à son
domicile, portes ouvertes.

Article 555 : Le juge s'assure qu'il s'est écoulé un temps suffisant entre
l'assignation et l'audience pour que la partie assignée ait pu préparer sa défense.
Article 556 : Le juge des référés a la faculté de renvoyer l'affaire en état de
référé devant une formation collégiale de la juridiction à une audience dont il fixe la
date.
Dans ce cas, la formation collégiale statue dans les mêmes formes et
conditions que le juge unique des référés.
En tout état de cause, la décision de référé doit intervenir dans un délai d'un
(DI) mois pour compter de la date de la première audience.

Article 557 : L'ordonnance de référé n'a pas, au principal, l'autorité de la


chose jugée.
Elle ne peut être modifiée ou rapportée en référé qu'en cas de circonstances
nouvelles.
Article 558: L'ordonnance de référé est exécutoire à titre provisoire sans
caution, à moins que le juge n'ait ordonné qu'il en serait fourni une.
iV
67::/
~ .
En cas de nécessité, le juge peut ordonner que l'exécution aura lieu au seul
vu de la minute.

Article 559: L'ordonnance de référé n'est pas susceptible d'opposition.


Elle peut être frappée d'appel.
Le délai d'appel est de quinze (151 jours.

Arficle 560 : Le juge statuant en référé peut prononcer des condamnations à


des astreintes. Il peut les liquider à titre provisoire.
Il statue sur les dépens.

Article 561 : Les minutes des ordonnances de référé sont conservées au greffe
de la juridiction.
Les ordonnances de référé doivent contenir les indications prescrites par
l'article 526.

Paragraphe 3 : Des ordonnances sur requête

Article 562 : L'ordonnance sur requête est une décision provisoire rendue non
contradictoirement dans les cas où le requérant est fondé à ne pas appeler de partie
adverse.

Article 563 : La requête est présentée en cinq (05) exemplaires. Elle doit être
motivée.
Si elle est présentée à l'occasion d'une instance, elle doit indiquer la juridiction
saisie.
En cas d'urgence, la requête peut être présentée au domicile du juge.

Article 564 : L'ordonnance sur requête est exécutoire au seul vu <?e la minute.
Copie de la requête et de l'ordonnance est laissée à la personne à laquelle
elle est opposée.
Tout intéressé peut se référer au juge qui a rendu l'ordonnance.

Article 565 : Lorsqu'il n'est pas fait droit à la requête, l'ordonnance de rejet est
motivée et appel peut en être interjeté. Le délai d'appel est de quinze (lSJ jours.
L'appel est instruit et jugé comme en matière gracieuse.

Article 566 : Le juge a la faculté de modifier ou de rétracter son ordonnance,


même si le juge du fond est saisi de l'affaire.

Article 567: Le double de l'ordonnance est conservé au greffe.

Article 568 : Les dispositions du présent titre ne sont pas applicables aux
mesures d'administration judiciaire.
~

6R A f
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, . ,.
SECT/ON IV
DE l'EXECUTION DU JUGEMENT

SOUS-SECTION 1
DES CONDITIONS GENERALES DE l'EXECUTION

Article 569 : Nul jugement. nul acte ne peut être mis à exécution que sur
présentation d'une expédition revêtue de la formule exécutoire, à moins que la loi n'en
dispose autrement.
En toute matière, la formule exécutoire est la suivante : (( En conséquence, la
République du Bénin mande et ordonne à tous huissiers ou agents légalement habilités
sur ce requis de mettre ledit arrêt ou {jugement} à exécution, aux procureurs généraux
près les cours d'appel, aux procureurs de la République près les tribunaux de première
instance d'y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter
main forte lorsqu'ils en sont requis J>.
(( En foi de quoi, le présent arrêt ou (jugement) a été signé par... )).

Article 570 : A moins que l'exécution n'en soit volontaire, les jugements ne
peuvent être exécutés contre ceux auxquels ils sont opposés que huit (08) jours après leur
avoir été signifiés.

Article 571 : La preuve du caractère exécutoire ressort du jugement même


lorsque celui-ci n'est susceptible d'aucun recours suspensif ou qu'il bénéficie de
l'exécution provisoire.
Dans les autres cas, cette preuve résulte:
- soit de l'acquiescement de la partie condamnée;
- soit de la notification de la décision et d'un certificat permettant d'établir,
par rapprochement avec cette notification, l'absence, dans le délai, d'une opposition,
d'un appel, ou d'un pourvoi en cassation. ou indiquant la date du recours s'il en a été
formé.
Article 572 : Toute partie peut se faire délivrer par le greffe de la juridiction
devant laquelle le recours pouvait être formé un certificat attestant l'absence
d'opposition, d'appel ou de pourvoi en cassation, ou indiquant la date du recours s'il en
a été formé.
Article 573 : Les mainlevées, radiations de sûretés, mentions, transcriptions ou
publications qui doivent être faites en vertu d'un jugement sont valablement faites au vu
de la production, par tout intéressé, d'une minute, d'une expédition ou d'une copie
certifiée conforme du jugement et s'il n'est pas exécutoire à titre provisoire, de la
justification de son caractère exécutoire.
Article 574 : Les jugements qui prononcent une mainlevée, une radiation
d'inscription hypothécaire, un paiement quelconque ou quelque autre chose à faire par
un tiers ou à sa charge, ne sont exécutoires par les tiers ou contre eux, même après les
délais d'appel. que sur preuve de la signification du jugement faite à la partie
condamnée et sur l'attestation du greffier constatant qu'il n'existe contre le jugement ni
opposition ni appel. .
\~

69,d'
Article 575 : Les séquestres, conservateurs et tous autres sont tenus de satisfaire
au jugement au vu de l'attestation de non opposition ni appel délivré par le greffier.
Article 576 : La remise du jugement ou de l'acte à l'huissier de justice vaut
pouvoir pour toute exécution pour laquelle il n'est pas exigé de pouvoir spécial.
Article 577 : Aucune exécution ne peut être faite avant six (06) heures et après
vingt-et-une (21) heures, ni les jours fériés ou chômés si ce n'est en vertu de la permission
du juge en cas de nécessité.
Article 578 : Les jugements rendus et les actes passés en République du Bénin
sont exécutoires dans toute la République sans visa.
Article 579 : Les jugements rendus par les tribunaux étrangers et les actes reçus
par les officiers étrangers sont exécutoires sur le territoire de la République de la manière
et dans les cas prévus par la loi.

Article 580 : Les jugements rendus par les tribunaux étrangers et les actes reçus
par les officiers étrangers ne sont susceptibles d'exécution en République du Bénin
qu'après avoir reçu l'exequatur par une décision rendue par le président du tribunal de
première instance du lieu où l'exécution doit être poursuivie, sans préjudice des
dispositions résultant des accords et traités internationaux.
Les décisions rendues par la cour commune de justice et d'arbitrage sont
immédiatement exécutoires sur le territoire de la République du Bénin.
Article 581 : Si les difficultés élevées sur l'exécution des jugements ou actes
requièrent célérité, le juge de l'exécution compétent dans le ressort du lieu de
l'exécution y statue définitivement, sauf le cas où la juridiction ayant rendu la décision est
saisie aux fins d'interprétation ou de statuer sur la difficulté.
Article 582 : L'officier outragé dans l'exercice de ses fonctions dresse procès-
verbal de rébellion et il est procédé suivant les règles établies par le code de procédure
pénale.
SOUS-SECTION 2
DU JUGE DE L'EXECUTION

Article 583: Les difficultés relatives aux titres exécutoires, les incidents
d'exécution et les contestations qui s'élèvent à l'occasion de l'exécution forcée des
jugements et arrêts sont portés en premier ressort devant le juge de l'exécution à moins
qu'elles n'échappent à la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire.

Article 584: Lorsqu'aucune juridiction n'est saisie et lorsque la demande n'a


pas été faite dans une instance pendante devant un tribunal de première instance, le
juge de l'exécution pourra être saisi aux fins:
- d'ordonner un délai de grâce, reporter ou échelonner le paiement, ordonner
que les paiements s'imputeront en priorité sur le principal;
- d'autoriser la substitution à la garantie primitive d'une garantie équivalente
ou encore de fixer le cas échéant, la nature et la valeur des garanties réelles ou
personnelles suffisantes pour répondre de toute restitution ou réparation;
- de condamner aux astreintes. .
W

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...
Article 585 : Tous litiges ou toute demande relative à une mesure d'exécution
forcée. à une saisie conservatoire sont soumis au juge de l'exécution même si elles
portent sur le fond du droit.
Il connaît également des demandes en réparation fondées sur l'exécution ou
l'inexécution dommageable des mesures d'exécution forcée ou des mesures
conservatoires.
Dans les mêmes conditions. il autorise les mesures conservatoires et connaît
des contestations relatives à leur mise en œuvre.
Pour l'application du présent article, toutes les procédures de recouvrement et
d'exécution forcée en matière fiscale et toutes les mesures conservatoires en cette
même matière, doivent se conformer aux dispositions de l'acte uniforme de l'OHADA
portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies
d'exécution.

Article 586: Les fonctions du juge de l'exécution sont exercées par le président
du tribunal de première instance statuant en urgence. Le président du tribunal peut
déléguer ces fonctions à un ou plusieurs juges de ce tribunal. Il fixe la durée et l'étendue
de cette délégation.

Article 587: Tout juge saisi d'une demande relevant de la compétence du


juge de l'exécution doit relever d'office son incompétence.
L'autorité de chose jugée au fond s'impose au juge de l'exécution.

Article 588: Le juge de l'exécution est saisi par voie d'assignation ou de


requête accompagnée des pièces justificatives ou sur procès-verbal de difficulté dressé
par l'huissier. 1/ statue les parties dûment appelées à la cause dans la forme ordinaire de
saisine du tribunal de première instance.
Il peut être saisi par voie d'urgence lorsque les circonstances l'exigent.

Article 589 : Les décisions du juge de l'exécution, à l'exception des mesures


d'administration judiciaires, sont susceptibles d'appel devant une formation de la cour
d'appel statuant en matière d'urgence. Toutefois, l'appel des ordonnances de rejet des
demandes en autorisation de mesures conservatoires est porté devant le premier
président de la cour d'appel ou le magistrat délégué par lui.
La décision du juge de l'exécution est susceptible d'appel dans un délai de
quinze (15) jours à compter de son prononcé.
Le délai d'appel comme l'exercice de cette voie de recours n'a pas un
caractère suspensif.
Toutefois, la cour d'appel peut. par décision motivée, ordonner qu'il soit sursis
à l'exécution de la mesure.
Article 590 : Devant le juge de l'exécution, les parties ont la faculté de se faire
assister ou représenter selon les règles applicables devant le tribunal.

Article 591 : A force de chose jugée, le jugement qui n'est susceptible d'aucun
recours suspensif d'exécution.
Le jugement susceptible d'un tel recours acquiert la même force à l'expiration
du délai de recours si ce dernier n'a pas été exercé dans le délai. •
Y'J--"

71/
, .
Article 592 : Le jugement est exécutoire, sous les conditions qui suivent, à partir
du moment où il passe en force de chose jugée à moins que le débiteur ne bénéficie
d'un délai de grâce ou le créancier de l'exécution provisoire.
SOUS-SECTION 3
DU DELAI DE GRACE

Article 593 : Le délai de grâce peut être accordé sous réserve des restrictions
prévues par la loi.
Article 594 : A moins que la loi ne permette qu'il soit accordé par une décision
distincte, le délai de grâce ne peut être accordé que par la décision dont il est destiné à
différer l'exécution.
L'octroi du délai doit être motivé.
Article 595 : Le délai court du jour du jugement lorsque celui-ci est
contradictoire; il ne court, dans les autres cas, que du jour de la notification ou de la
signification du jugement.

SOUS-SECTION 4
DE L'EXECUTION PROVISOIRE

Article 596 : L'exécution provisoire ne peut pas être poursuivie sans avoir été
ordonnée si ce n'est pour des décisions qui en bénéficient de plein droit.
Sont notamment exécutoires de plein droit à titre provisoire les ordonnances
de référé, les décisions qui prescrivent des mesures provisoires pour le cours de l'instance,
celles qui condamnent au paiement d'une pension alimentaire, celles qui ordonnent
des mesures conservatoires ainsi que les ordonnances du juge de la mise en état qui
accordent une provision au créancier.

Article 597 : Hors les cas où elle est de droit, l'exécution provisoire peut être
ordonnée, à la demande des parties et seulement pour les cas d'urgence ou de péril en
la demeure.
Elle ne peut être ordonnée que pour partie n'excédant pas la moitié de la
condamnation. En aucun cas, elle ne peut l'être pour les dépens.

Article 598 : L'exécution provisoire ne peut être ordonnée que par la décision
qu'elle est destinée à rendre exécutoire, sous réserve des dispositions des articles 605 et
606 du présent code.

Article 599 : L'exécution provisoire peut être subordonnée à la constitution


d'une garantie, réelle ou personnelle, suffisante pour répondre de toutes restitutions ou
réparations.

Article 600: La nature, l'étendue et les modalités de la garantie sont précisées


par la décision qui en prescrit la constitution.

Article 601 : Lorsque la garantie consiste en une somme d'argent, celle-ci est
déposée à la caisse des dépôts et consignations; elle peut aussi l'être, à la demande de
l'une des parties, entre les mains d'un tiers commis à cet effet.
Article 602 : La partie condamnée au paiement de sommes autres que les
aliments ou des rentes indemnitaires peut éviter que l'exécution provisoire soit poursuivie 1
H;

72/1
1 •
·.
en consignant sur autorisation du juge les espèces ou les valeurs suffisantes pour garantir.
en principal. intérêts et frais. le montant de la condamnation.
En cas de condamnation au versement d'un capital en réparation d'un
dommage corporel. le juge peut aussi ordonner que ce capital sera confié à un
séquestre à charge d'en verser périodiquement à la victime la part que le juge
détermine.
Article 603: Les demandes relatives à l'application des articles 599 à 602 ne
peuvent être portées, en cas d'appel. que devant la cour d'appel ou. dans les cas
prévus aux articles 605 et 606 devant le magistrat chargé de la mise en état dès lors qu'il
est saisi.
Article 604 : Lorsque l'exécution provisoire a été ordonnée, elle ne peut être
arrêtée. en cas d'appel, que par la cour d'appel et dans les cas suivants:
] 0_ si elle est interdite par la loi;
2°_ si elle risque d'entraîner des conséquences manifestement excessives
dans ce cas, la cour d'appel peut aussi prendre les mesures prévues aux articles 599 à
602 du présent code;
3°_ Si elle a été à tort ordonnée.
Le même pouvoir appartient, en cas d'opposition, au juge qui a rendu la
décision.
Article 605 : Lorsque l'exécution provisoire a été refusée, elle ne peut être
accordée, en cas d'appel, que par la cour d'appel.

Article 606 : Lorsque l'exécution provisoire a été demandée et que le juge a


omis de statuer. elle ne peut être accordée, en cas d'appel, que par la cour d'appel.

TITRE IV
DES VOIES DE RECOURS

Article 607 : Les voies ordinaires de recours sont l'opposition et l'appel.


Les voies extraordinaires de recours sont la tierce opposition, le recours en
révision et le pourvoi en cassation.
CHAPITRE 1
DES DISPOSITIONS COMMUNES

Article 608 : Le délai à l'expiration duquel un recours ne peut plus être exercé
court:
- à compter du prononcé pour les décisions contradictoires ;
- à compter de la notification ou de la signification pour les décisions de
défaut et les décisions réputées contradictoires.
Article 609 : En cas de condamnation solidaire ou indivisible de plusieurs
parties, la notification ou la signification faite à l'une d'elles ne fait courir le délai qu'à son
égard.
Dans le cas où le jugement profite solidairement ou indivisiblement à plusieurs
parties, chacune peut se prévaloir de la notification ou de la signification faite par l'une
d'elles. .
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· ,
Article 610 : Le délai ne court contre une personne en tutelle qu'au jour où le
jugement est notifié tant à son représentant légal qu'au subrogé tuteur s'il y a lieu,
encore que celui-ci n'ait pas été mis en cause.
Le délai ne court contre le majeur en curatelle que du jour de la notification
faite au curateur.
Article 611 : Lorsqu'il se produit, au cours du délai du recours, un changement
dans la capacité d'une partie à laquelle le jugement avait été notifié, le délai est
interrompu.
Le délai court en vertu d'une notification faite à celui qui a désormais qualité
pour la recevoir.

Article 612: Le délai est interrompu par le décès de. la partie à laquelle le
jugement avait été notifié.
Il court en vertu de la notification faite au domicile du défunt et à compter de
l'expiration des délais pour faire inventaire et délibérer si cette nouvelle notification a eu
lieu avant que ces délais fussent expirés.
Cette notification peut être faite aux héritiers et représentants, collectivement
et sans désignation de noms et qualités.

Article 613 : Lorsque la partie qui a notifié le jugement est décédée, le recours
peut être notifié au domicile du défunt, à ses héritiers et représentants, collectivement et
sans désignation de noms et qualités.
Article 614: Celui qui représentait légalement une partie peut, en cas de
cessation de ses fonctions et s'il y a un intérêt personnel, exercer le recours en son nom.
Le recours est pareillement ouvert contre lui.

Article 615 : La partie à laquelle est notifié un recours est réputée, pour cette
notification, demeurée à l'adresse qu'elle a indiquée dans la notification du jugement.

Article 616: La qualification inexacte d'un jugement par les juges qui l'ont
rendu est sans effet sur le droit d' exercer un recours.

Article 617 : Les mesures d'administration judiciaire ne sont sujettes à aucun


recours.
Article 618: Lorsque le défendeur habite à l'étranger, le délai d'opposition
courra du jour de la signification au parquet.
Si la preuve de la remise de l'acte à l'intéressé n'est pas rapportée à
"expiration d'un délai de trois (03) mois à compter de la signification au parquet, le
demandeur présentera requête aux fins de permis d'exécution au président du tribunal
qui s'assurera que toutes les diligences utiles ont été faites pour donner connaissance de
l'acte au défendeur. Dans l'affirmative, l'ordonnance portant permis d'exécuter
constatera l'expiration du délai d'opposition.

CHAPITRE Il
DES VOIES ORDINAIRES DE RECOURS

Article 619 : Le délai de recours par une voie ordinaire suspend l'exécution du
jugement. Le recours exercé dans le délai est également suspensif. _
~.

74;{/
·.
Article 620: Lorsque le jugement a été rendu par défaut ou s'il est réputé
contradictoire, le juge de "opposition ou de l'appel a la faculté de relever le défendeur
de la forclusion résultant de "expiration du délai si le défendeur. sans qu'il y ait eu faute
de sa port. n'a pas eu connaissance du jugement en temps utile pour exercer son
recours, ou s'il s'est trouvé dans l'impossibilité d'agir.
Lorsqu'un intéressé n'a pu, sons faute de sa part, exercer dans le délai prescrit,
le recours ouvert contre une décision gracieuse, il peut être relevé de la forclusion dans
les conditions prévues à l'alinéa précédent.
Le relevé de forclusion est demandé au président de la juridiction compétente
pour connaître de l'opposition ou de l'appel. Le président est saisi par requête.
La demande n'est recevable que si elle est formée dans un délai raisonnable
à partir du moment où le défendeur a eu connaissance de la décision, sans jamais
pouvoir l'être plus d'un an après la notification de celle-ci.
Ce délai n'est pas suspensif d'exécution.
S'il fait droit à la requête. le délai d'opposition ou d'appel court à compter de
la date de sa décision, sauf au président à réduire le délai ou à ordonner que
l'assignation ou la convocation sera faite pour le jour qu'il fixe.
Lorsque le relevé de forclusion a été à tort ordonné, la partie intéressée pourra
l'invoquer devant la juridiction saisie de l'appel ou de "opposition.

SECTION 1
DE L'APPEL

Article 621 : L'appel tend à faire réformer ou annuler par la cour d'appel, un
jugement rendu par une juridiction inférieure.
Sous réserve des dispositions particulières:

- en matière contentieuse, le délai d'appel est d'un (01) mois;


- en matière gracieuse, ce délai est de quinze (15) jours;
-l'appel relevé hors délai est irrecevable.
La cour d'appel doit, dès la première audience, statuer sur la recevabilité de
J'appel.
Article 622: Dans les cas où la procédure est introduite par requête, l'appel est
formé soit par déclaration écrite. soit par lettre recommandée avec demande d'avis de
réception adressée au greffe de la juridiction qui a rendu la décision.
Le greffier qui reçoit la déclaration d'appel l'inscrit sur le registre des appels et
oppositions à la date de la déclaration ou à celle de l'affranchissement par pli
recommandé. Il en délivre récépissé par simple lettre.
La déclaration doit contenir les noms, prénoms, qualités, domiciles de
l'appelant et de l'intimé, la date du jugement, son dispositif et l'objet de l'appel.
Dès réception de la déclaration d'appel, le greffier de la juridiction qui a
rendu la décision attaquée, notifie cette déclaration aux parties intéressées dans les
formes et modalités prévues par le présent code. .
'J.,;
1/ avise les parties qu'el/es seraient ultérieurement convoquées par la cour
d'appel. Simultanément, il transmet au greffe de la cour d'appel le dossier de l'appel
avec une copie de Ja déclaration signée par lui-même.
Dans les cas où la procédure est introduite par voie d'assignation, l'appel est
formé par exploit d'huissier contenant déclaration d'appel et assignation à comparaître
devant la cour d'appel dans un délai maximum de deux (02) mois. L'huissier fait transcrire
l'acte d'appel au greffe de la juridiction qui a rendu la décision dans un registre ouvert à
cet effet sous peine d'amende équivalente au montant de l'acte.
Outre les mentions prévues au présent code pour les assignations, J' assignation
d'appel contient:
- l'indication de la juridiction qui a statué;
- la date de ce jugement;
- les nom et adresse de la partie ou des parties intimées;
-la notification à l'intimé des obligations qui lui incombent.

SOUS-SECTION l
DES JUGEMENTS SUSCEPTIBLES D'APPEL

Article 623: La voie d'appel est ouverte en toutes matières, même gracieuses,
contre les jugements de première instance s'il n'en est autrement disposé.
Article 624: Les jugements qui tranchent dans leur dispositif une partie du
principal et ordonnent une mesure d'instruction ou une mesure provisoire peuvent être
immédiatement frappés d'appel comme les jugements qui tranchent tout le principal.
1/ en est de même lorsque le jugement qui statue sur une exception de
procédure. une fin de non recevoir ou tout autre incident met fin à l'instance.

Article 625 : Les autres jugements ne peuvent être frappés d'appel


indépendamment des jugements sur le fond, que dans les cas spécifiés par la loi.

Article 626: La voie de l'appel est seule ouverte contre les ordonnances de
référé et contre les ordonnances du juge conciliateur en matière de divorce ou de
séparation de corps.
SOUS-SECTION 2
DES PARTIES

Article 627 : Le droit d'appel appartient à toute partie qui ya intérêt, si elle n'y
a pas renoncé.
En matière gracieuse, la voie de l'appel est également ouverte aux tiers
auxquels le jugement a été notifié.

Article 628 : En matière contentieuse, l'appel ne peut être dirigé que contre
ceux qui ont été parties en première instance. Tous ceux qui ont été parties peuvent être
intimés.
En matière gracieuse, l'appel est recevable même en l'absence d'autres
parties.
Article 629 : L'appel peut être incidemment relevé par "intimé tant contre
l'appelant que contre les autres intimés. .
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·.

Article 630: L'appel incident peut également émaner, sur "appel principal ou
incident qui le provoque, de toute personne, même non intimée, ayant été partie en
première instance.
Article 631 : L'appel incident ou l'appel provoqué peut être formé en tout état
de cause, alors même que celui qui "interjetterait serait forclos pour agir à titre principal.
Dans ce dernier cas, il ne sera toutefois pas reçu si "appel principal n'est pas lui-même
recevable.
La cour d'appel peut condamner à des dommages et intérêts ceux qui se
seraient abstenus, dans une intention dilatoire, de former suffisamment tôt leur appel
incident ou provoqué.

Article 632 : L'appel incident ou "appel provoqué est formé de la même


manière que le sont les demandes incidentes.

Article 633: En cas de solidarité ou d'indivisibilité à l'égard de plusieurs parties,


l'appel formé par "une conserve le droit d'appel des autres, sauf à ces dernières à se
joindre à l'instance.

Article 634 : En cas d'indivisibilité à l'égard de plusieurs parties, l'appel de l'une


produit effet à l'égard des autres même si celles-ci ne se sont pas jointes à l'instance;
l'appel formé contre l'une n'est recevable que si toutes sont appelées à l'instance.

Article 635 : Peuvent intervenir en cause d'appel, dès lors qu'elles y ont intérêt,
les personnes qui n'ont été ni parties ni représentées en première instance ou qui y ont
figuré en une autre qualité.

Article 636: La renonciation à l'appel ne peut être antérieure à la naissance


du litige.

Article 637 : La renonciation peut être expresse ou résulter de l'exécution sans


réserve d'un jugement non exécutoire.
La renonciation ne vaut pas si, postérieurement, une autre partie interjette elle-
même régulièrement appel.

Article 638 : En cas d'appel principal dilatoire ou abusif, l'appelant peut être
condamné à une amende civile de cent mille (100 000) à trois cent mille (300 000) francs
sans préjudice des dommages et intérêts, qui lui seraient réclamés.

Cette amende, perçue séparément des droits d'enregistrement de la décision


qui l'a prononcée, ne peut être réclamée aux intimés. Ceux-ci peuvent obtenir une
expédition de la décision revêtue de la formule exécutoire sans que le non-paiement de
l'amende puisse y faire obstacle.

Article 639 : Le juge d'appel peut condamner à des dommages et intérêts


celui qui forme un appel principal après s'être abstenu, sans motif légitime, de
comparaître en première Instance. .
'M;

77,:;1
, .

SOUS-SECTION 3
DES EFFETS DE L'APPEL

Paragraphe 1 : De l'effet dévolutif

Article 640 : L'appel remet la chose jugée en question devant là juridiction


d'appel pour qu'il soit à nouveau statué en fait et en droit.
Article 641 : L'appel ne défère à la cour que la connaissance des dispositions
du jugement qu'il critique expressément ou implicitement et de ceux qui en dépendent.

Article 642 : Pour justifier en appel les prétentions qu'elles avaient soumises au
premier juge, les parties peuvent invoquer des moyens nouveaux. produire de nouvelles
pièces ou proposer de nouvelles preuves.

Article 643 : Les parties ne peuvent soumettre à la cour de nouvelles


prétentions si ce n'est pour opposer compensation, faire écarter les prétentions adverses
ou faire juger les questions nées de l'intervention d'un tiers ou de la révélation d'un fait.

Article 644 : Les prétentions ne sont pas nouvelles dès lors qu 1 elles tendent aux
mêmes fins que celles soumises au premier juge même si leur fondement juridique est
différent.
Article 645 : Les parties peuvent aussi expliciter les prétentions qui étaient
virtuellement comprises dans les demandes et défenses soumises au premier juge et
ajouter à celles-ci toutes les demandes qui en sont l'accessoire, la conséquence ou le
complément.
Paragraphe 2: De l'évocation

Article 646 : En cas d'appel d'un jugement avant-dire-droit, si cette décision


est infirmée, la juridiction d'appel pourra évoquer l'affaire, à condition que la matière soit
susceptible de recevoir une décision définitive.
Il en sera de même dans le cas où elle annulerait des jugements sur le fond.
soit pour vice de forme, soit pour toute autre cause.
l'évocation ne fait pas obstacle à l'application des articles 632, 642 à 645 du
présent code.
SOUS-SECTION 4
DES DISPOSITIONS FINALES

Article 647 : L'exécution des jugements improprement qualifiés en dernier


ressort peut être arrêtée par le juge d'appel à tout moment de l'instance.

SECTION"
DE L'OPPOSITION

Article 648 : l'opposition tend à faire rétracter un jugement rendu par défaut.
Elle n'est ouverte qu'au défaillant.
le délai pour faire opposition est de quinze (J 5) jours, sauf augmentation de
délai comme il est dit aux articles J06 et 113 du présent code.
Ce délai commence à courir du jour de la signification de la décision. .
lo/J"':
78 ~
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·.
Article 649 : L'opposition, si elle est recevable, remet la cause et les parties en
l'état où elles se trouvaient lors de l'acfe introducfif d'instance.
En cas d'indivisibilité, l'opposition de l'une des parties profite aux autres et
l'opposition formée contre l'une des parties ayant obtenu gain de cause est opposable
aux autres.
En cas de solidarité, l'opposition d'un des co-obligés profite aux autres si elle
est fondée sur des moyens résultant d'une circonstance commune à tous les co-obligés.
En cas de garantie, et s'il existe entre l'action principale et l'acfion en garantie
un lien de connexité, l'opposition du garant profite au garanti et réciproquement.
Les dispositions qui précèdent ne profitent pas aux parties qui ont comparu et
contre lesquelles une décision contradicfoire est passée en force de chose jugée
irrévocable au jour de l'opposition ou qui auraient régulièrement acquiescé au jugement
contre lequel est formée l'opposition.
Le jugement frappé d'opposition n'est anéanti que par le jugement qui le
rétracte.
Article 650: L'opposition est faite dans les mêmes formes que celles prévues
pour la demande en justice devant la juridiction qui a rendu la décision.

Article 651 : L'opposition doit contenir les moyens du défaillant.

Article 652 : L'affaire est inscrite et jugée selon les règles applicables· devant la
juridiction qui a rendu la décision frappée d'opposition.
Dans l'instance qui commence, la recevabilité des prétentions respectives du
demandeur et de l'opposant s'apprécie, en fonction de la demande primitive, suivant
les règles ordinaires.

Article 653 : Celui qui se laisserait juger une seconde fois par défaut n'est plus
admis à former une nouvelle opposition.
CHAPITRE III
DES VOIES DE RECOURS EXTRAORDINAIRES

Article 654 : Le recours par une voie extraordinaire et le délai ouvert pour
l'exercer ne sont pas suspensifs d'exécution si la loi n'en dispose autrement.

Article 655 : Les voies extraordinaires de recours ne sont ouvertes que dans les
cas spécifiés par la loi.
Article 656 : En cas de recours dilatoire ou abusif, son auteur peut être
condamné par la juridiction saisie du recours, à une amende civile de cent mille
(l00 000) à trois cent mille (300 000) francs, sans préjudice des dommages et intérêts qui
seraient réclamés.
SECTION 1

DE LA TIERCE OPPOSITION

Article 657 : La tierce opposition tend à faire rétracter ou réformer un jugement


au profit du tiers qui l'attaque. (
~

79;1
·.

Elle remet en question relativement à son auteur les points jugés qu'elle
critique. pour qu'ils le soient à nouveau en fait et en droit.
Article 658 : Est recevable à former tierce opposition toute personne qui y a
intérêt, à la condition qu'elle n'ait été ni partie, ni représentée au jugement qu'elle
attaque.
Les créanciers et autres ayants cause d'une partie peuvent toutefois former
tierce opposition au jugement rendu en fraude de leurs droits ou s'ils invoquent des
moyens qui leur sont propres.
En matière gracieuse, la tierce opposition n'est ouverte qu'aux tiers auxquels
la décision n'a pas été notifiée.
Article 659 : En cas d'indivisibilité à l'égard de plusieurs parties au jugement
attaqué, la tierce opposition n'est recevable que si toutes ces parties sont appelées à
l'instance.
Article 660: Tout jugement est susceptible de tierce opposition si la loi n'en
dispose autrement.

Article 661 : La tierce opposition est ouverte à titre principal pendant trente
(30) ans à compter du jugement à moins que la loi n'en dispose autrement.
Elle peut être formée sans limitation de temps contre un jugement produit au
cours d'une autre instance par celui auquel on l'oppose.
En matière contentieuse, elle n'est cependant recevable, de la part du tiers
auquel le jugement a été notifié ou signifié, que dans les deux (02) mois de cette
notification ou signification, sous réserve que celle-ci indique de manière très apparente
le délai dont il dispose ainsi que les modalités selon lesquelles le recours peut être exercé.

Article 662 : La tierce opposition formée à titre principal est portée devant la
juridiction dont émane le jugement attaqué.
La décision peut être rendue par les mêmes juges.
Lorsque la tierce opposition est dirigée contre un jugement rendu en matière
gracieuse, elle est formée, instruite et jugée selon les règles de la procédure
contentieuse.

Article 663 : La tierce opposition incidente à une contestation dont est saisie
une juridiction est tranchée par cette dernière si elle est de degré supérieur à celle qui a
rendu le jugement ou si, étant d'égal degré, aucune règle de compétence d'ordre
public n'y fait obstacle.
La tierce opposition est alors formée de la même manière que les demandes
incidentes.
Dans les autres cas, la tierce opposition incidente est portée, par voie de
demande principale devant la juridiction qui a rendu le jugement.

Article 664 : La juridiction devant laquelle le jugement attaqué est produit


peut, suivant les circonstances, passer outre ou surseoir.

Article 665 : Le juge saisi de la tierce opposition à titre principal ou incident


peut suspendre l'exécution du jugement attaqué en ce qui concerne le tiers.

Article 666 : La décision qui fait droit à la tierce opposition ne rétracte ou ne


réforme le jugement attaqué que sur les dispositions préjudiciables au tiers opposant. •
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..

Le jugement primitif conserve ses effets entre les parties même sur les
. . dispositions annulées.
Toutefois. la chose jugée sur tierce opposition "est à l'égard de toutes les
parties appelées à l'instance en application de "article 659 du présent code.
Article 667 : Le jugement rendu sur tierce opposition est susceptible des mêmes
recours que les décisions de la juridiction dont il émane.

SECTION Il
DU RECOURS EN REVISION

Article 668 : Le recours en révision tend à faire rétracter un jugement passé en


force de chose jugée pour qu'il soit à nouveau statué en fait et en droit.

Article 669 : La révision ne peut être demandée que par les personnes qui ont
été parties ou représentées au jugement.

Article 670: Le recours en révision n'est ouvert que pour l'une des causes
suivantes:
1°· s'il se révèle. après le jugement, que la décision a été surprise par la fraude
de la partie au profit de laquelle elle a été rendue;
2°· si, depuis le jugement, il a été recouvré des pièces décisives qui avaient été
retenues par le fait d'une autre partie;
3°· s'il a été jugé sur des pièces reconnues ou judiciairement déclarées fausses
depuis le jugement;
4°· s'il a été jugé sur des attestations, témoignages ou serments judiciairement
déclarés faux depuis le jugement.
Dans tous ces cas, le recours n'est recevable que si son auteur n'a pu, sans
faute de sa part, faire valoir la cause qu'il invoque avant que la décision ne soit passée
en force de chose jugée.

Article 671 : Le délai du recours en révision est de trois {03} mois. Il court à
compter du jour où la partie a eu connaissance de la cause de révision qu'elle invoque.

Article 672 : Toutes les parties au jugement attaqué doivent être appelées à
l'instance en révision par l'auteur du recours, à peine d'irrecevabilité.

Article 673 : Le recours en révision est formé par assignation.

Cette assignation est obligatoirement accompagnée:


• de la preuve de la consignation au greffe de la juridiction saisie, d'une
somme de cinq cent mille {SOOooO} francs pour amende et deux cent cinquante mille
(2S0OO0) francs pour les dommages et intérêts de la partie, sans préjudice de plus
amples dommages et intérêts s'il y a lieu;
- de la constitution de trois 103} avocats, régulièrement inscrits au barreau de la
République du Bénin et exerçant depuis dix (1 0) ans au moins, sans discontinuation, près
les juridictions ,béninoises;
Toutefois, s'il est dirigé contre le jugement produit au cours d'une autre
instance entre les mêmes parties devant la juridiction dont émane le jugement, la révision ,
Y1-'

8~
·.
est demandée suivant les formes prévues pour 10_ présentation des moyens de défense.

Article 674 : Si une partie s'est pourvue ou déclare qu'elle entend se pourvoir
en révision contre un jugement produit dans une instance pendante devant une
juridiction autre que celle qui l'a rendue, Ja juridiction saisie de la cause dans laquelle il
est produit peut, suivant les circonstances, passer outre ou surseoir à statuer jusqu'à ce
que le recours en révision ait été jugé par la juridiction compétente.

Article 675: le recours en révision est communiqué au ministère public.

Article 676 : lorsque le juge déclare Je recours recevable, il statue par le même
jugement sur le fond du litige, sauf s'il y a lieu à complément d'instruction.

Article 677 : Si la révision n'est justifiée que contre une disposition du jugement.
cette disposition est seule révisée à moins que les autres n'en dépendent.

Article 678 : Une partie n'est pas recevable à demander la révision d'un
jugement qu'elle a déjà attaqué par cette voie, si ce n'est pour une cause qui se serait
révélée postérieurement.
Le jugement qui statue sur le recours en révision ne peut être attaqué par
cette voie.
SECTION II/
DU POURVOI EN CASSATION

Article 679 : Le pourvoi en cassation tend à faire censurer par la cour suprême
la conformité de la décision qu'il attaque aux règles de droit.
Lorsqu'est en cause un acte uniforme de l'OHADA, le pourvoi est porté
devant la cour commune de justice et d'arbitrage.

SOUS-SECTION 1
DE L'OUVERTURE DU POURVOI EN CASSATION

Article 680: Outre les cas d'ouverture du pourvoi en cassation prévus par les
dispositions de la loi portant composition, organisation, fonctionnement et attribution de
la cour suprême, le pourvoi en cassation est ouvert contre:
- les jugements en dernier ressort qui tranchent dans leur dispositif une partie
du principal et ordonnent une mesure d'instruction ou une mesure provisoire, comme les
jugements qui tranchent en dernier ressort tout le principal;
- Jes jugements en dernier ressort qui, statuant sur une exception de procédure,
une fin de non recevoir ou tout autre incident mettent fin à l'instance.

Article 681 : Les autres jugements en dernier ressort ne peuvent être frappés de
pourvoi en cassation indépendamment des jugements sur le fond, que dans les cas
spécifiés par la loi.

Article 682 : Toute partie qui y a intérêt est recevable à se pourvoir en


cassation même si la disposition qui lui est défavorable ne profite pas à son adversaire.
Mais le ministère public, en matière civile, ne peut se pourvoir que dans l'intérêt de la loi.

Article 683 : En matière gracieuse, le pourvoi est recevable même en


l'absence d'adversaire. .
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·.

Article 684 : En matière contentieuse, le pourvoi est recevable, même


lorsqu'une condamnation a été prononcée au profit ou à l'encontre d'une personne qui
n'était pas partie à l'instance.
Article 685 : Sauf dispositions contraires, le délai du pourvoi en cassation est de
trois (3) mois à compter du prononcé de l'arrêt ou du jugement.
A l'égard des arrêts et jugements rendus par défaut, le délai du pourvoi court
à compter de la signification de l'arrêt ou du jugement à personne ou à domicile.
Article 686 : La recevabilité du pourvoi incident même provoqué, obéit aux
règles qui gouvernent celle de l'appel incident.

Article 687 : En cas d'indivisibilité à l'égard de plusieurs parties, le pourvoi de


l'une produit effet à l'égard des autres même si celles-ci ne se sont pas jointes à
Ilinstance en cassation.
Dans le même cas, le pourvoi formé contre l'une nlest recevable que si toutes
sont appelées à l'instance.

Article 688 : Lorsque le jugement peut être rectifié en vertu de l'article 533 du
présent code, le pourvoi en cassation n'est ouvert dans les cas prévus par cet article
qu'à l'encontre du jugement statuant sur la rectification.
Article 689 : La contrariété de jugement peut être invoquée lorsque la fin de
non-recevoir tirée de l'autorité de la chose jugée a en vain été opposée devant les juges
du fond. En ce cas, le pourvoi en cassation est dirigé contre le jugement second en
date. Lorsque la contrariété est constatée, elle se résout au profit du premier.

Article 690 : La contrariété de jugement peut aussi, par dérogation aux


dispositions de l'article 680 du présent code, être invoquée lorsque deux décisions, même
non rendues en dernier ressort, sont inconciliables et qu'aucune d'elles n'est susceptible
d'un recours ordinaire; le pourvoi en cassation est alors recevable, même si J'une des
décisions avait été déjà frappée d'un pourvoi en cassation et que celui-ci avait été
rejeté.
En ce cas, le pourvoi peut être formé même après l'expiration du délai prévu à
l'article 685 du présent code. Il doit être dirigé contre les deux décisions.
Lorsque la contrariété est constatée, la cour suprême annule J'une des
décisions, ou sIii y a lieu, les deux.

Article 691 : Le procureur général près la cour suprême peut, en vue de


déférer, dans l'intérêt de la loi, une décision à la cour, inviter le ministère public près la
juridiction qui a rendu cette décision à la faire notifier aux parties. La notification est
effectuée par le greffier de Ja juridiction par lettre recommandée avec demande d'avis
de réception.
En ce cas également le pourvoi est formé même après l'expiration du délai
prévu à l'article 685 du présent code.
SOUS-SECTION 2
DES MODES ET FORMES DU POURVOI EN CASSATION

Article 692 : La chambre judiciaire est saisie par la déclaration de pourvoi. '
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Article 693: Le pourvoi est formé par déclaration écrite que l'avocat ou la
partie fait. remet ou adresse au greffe de la juridiction qui a rendu la décision attaquée.

Lorsque la volonté de se pourvoir se fait connaître par un écrit. celui-ci peut


être:
- soit une lettre simple remise directement au greffe, la date de la remise étant
réputée celle du pourvoi;
- soit une lettre recommandée ou une lettre recommandée avec accusé de
réception, la date d'envoi portée sur le cachet de la poste étant considérée comme
date du pourvoi.
L'écrif quel qu'il soit, est rédigé, à peine d'irrecevabilité du pourvoi, de
manière à en identifier l'auteur; à cet effet, il comporte notamment la signature de
l'intéressé;
- soif une télécopie (fax), un télégramme, un télex ou un courrier électronique;
la date d'émission éfant considérée comme celle du pourvoi. Dans ces derniers cas, la
déclaration doit être confirmée par le déclarant dans un délai d'un (01) mois à compter
de la date d'émission, à peine d'irrecevabilité du pourvoi.
Sous la même sanction prévue à l'alinéa précédent, l'écrit indique la décision
attaquée.

SOUS-SECTION 3
DES EFFETS DU POURVOI EN CASSATION

Article 694 : Les moyens nouveaux ne sont pas recevables devant la cour
suprême.
Peuvent néanmoins être invoqués pour la première fais, sauf dispositions
contraires :
1°_ les moyens de pur droit;
2°_ les moyens nés de la décision attaquée.

Article 695 : La cour suprême peut rejeter le pourvoi en substituant un motif de


pur droit à un motif erroné; elle le peut également en faisant abstraction d'un motif de
droit erroné mais surabondant.

Elle peut, sauf disposition contraire, casser la décision attaquée en relevant


d'office un moyen de pur droit.

Article 696: Si le pourvoi en cassation est rejeté, la parfie qui l'a formé n'est
plus recevable à en former un nouveau contre le même jugement hors le cas prévu à
l'article 684 du présent code.
Il en est de même lorsque la cour suprême constate son dessaisissement,
déclare le pourvoi irrecevable ou prononce la déchéance.

Article 697 : Les arrêts rendus par la cour suprême ne sont pas susceptibles
d'opposition.

Article 698 : La cassation peut être totale ou partielle.

Elle est partielle lorsqu'elle n'atteint que certaines dispositions dissociables des
autres. .
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Article 699 : La censure qui s'attache à un arrêt de cassation est limitée à la


portée du moyen qui constitue la base de la cassation, sauf le cas d'indivisibilité ou de
dépendance nécessaire.
Sur les points qu'elle atteint, la cassation replace les parties dans l'état où elles
se trouvaient avant le jugement cassé.
Elle entraîne, sans qu'il y aif lieu à une nouvelle décision, l'annulation par voie
de conséquence de foute décision qui est la suite, l'application ou l'exécution du
jugement cassé ou qui s'y rattache par un lien de dépendance nécessaire.
Article 700: En cas de cassation, la cour suprême renvoie le fond de l'affaire à
une autre juridiction du même ordre ou à la même juridiction autrement composée.

Article 701 : La cour suprême peut casser sans renvoi lorsque la cassation
n'implique pas qu'il soit à nouveau statué sur le fond.
Elle peut aussi, en cassant sans renvoi, mettre fin au litige lorsque les faits tels
qu'ils ont éfé souverainement constatés et appréciés par les juges lui permettent
d'appliquer la règle de droit appropriée.
En ces cas, elle se prononce sur la charge des dépens afférents aux instances
devant les juges du fond.

L'arrêt emporte exécution forcée.


Article 702: Le demandeur en cassation qui succombe dans son pourvoi peut,
en cas de recours jugé abusif, être condamné à une amende civile dont le montant ne
peut excéder trois cent mille (300 OaO) francs et au paiement d'une indemnité envers le
défendeur.

Article 703 : La cour suprême peut laisser la totalité ou une fraction des dépens
à la charge d'une partie autre que celle qui succombe.
Article 704 : L'arrêt emporte exécution forcée pour le paiement de l'amende.
de l'indemnité et des dépens.
Article 705 : Devant la juridiction de renvoi, l'instruction est reprise en l'état de
la procédure non atteinte par la cassation.
Article 706 : Les parties peuvent invoquer de nouveaux moyens à l'appui de
leurs prétentions.
Article 707 : La recevabilité des prétentions nouvelles est soumise aux règles qui
s'appliquent devant la juridiction dont la décision a été cassée.
Article 708 : Les parties qui ne formulent pas de moyens nouveaux, ni de
nouvelles prétentions sont réputées s'en tenir aux moyens et prétentions qu'elles avaient
soumis à la juridiction dont la décision a été cassée.

Il en est de même de celles qui ne comparaissent pas.

Article 709 : L'intervention des tiers est soumise aux mêmes règles que celles
qui s'appliquent devant la juridiction dont la décision a été cassée.
Article 710 : Les personnes qui, ayant été parties à l'instance devant la
juridiction dont la décision â été cassée, ne l'ont pas été devant la cour suprême, •
~.

y
·.
peuvent être appelées à la nouvelle instance ou y intervenir volontairement. lorsque la
cassation porte atteinte à leur droit.
Article 711 : Ces personnes peuvent sous la même condition, prendre
l'initiative de saisir elles-mêmes la juridiction de renvoi.
Article 712 : L'affaire est à nouveau jugée en fait et en droit par la juridiction
de renvoi à l'exclusion des dispositions du jugement non atteintes par la cassation.

La juridiction de renvoi statue sur la charge de tous les dépens exposés devant
les juridictions du fond y compris ceux afférents à la décision cassée.

TITRE V
DES FRAIS ET DES DEPENS

CHAPITRE 1
DE LA CHARGE DES DEPENS

Article 713 : Les dépens afférents aux instances, actes et procédures


d'exécution comprennent:
1°_ les droits, taxes, redevances ou émoluments perçus par les greffes des
juridictions ou l'administration des impôts à l'exception des droits, taxes et pénalités
éventuellement dûs sur les actes et titres produits à l'appui des prétentions des parties:
2°_ les indemnités des témoins ;
3°-la rémunération des techniciens à l'exclusion des frais de consultation;
4°_ les débours tarifés;
5°-/es émoluments des officiers publics ou ministériels.

Article 714 : La partie perdante est condamnée aux dépens à moins que le
juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre
partie.

Article 715 : Les dépens afférents aux instances, actes et procédures


d'exécution injustifiés sont à la charge des auxiliaires de justice et officiers publics et
ministériels qui les ont faits, sans préjudice des dommages et intérêts qui seraient
réclamés. Il en est de même des dépens afférents aux instances, actes et procédures
d'exécution nuls par l'effet de leur faute.

Article 716 : Les avocats peuvent, dans les matières où leur ministère est
obligatoire, demander que la condamnation aux dépens soit assortie à leur profit du
droit de recouvrer directement contre la partie condamnée ceux des dépens dont ils ont
fait l'avance sans avoir reçu provision.
La partie contre laquelle le recouvrement est poursuivi peut toutefois déduire
des dépens par compensation légale, le montant de sa créance de dépens.

Article 717: Lorsqu'il parait inéquitable de laisser à la charge d'une partie les
sommes exposées par elle et non comprises dans les dépens, le juge peut condamner
l'autre partie à lui payer le montant qu'il détermine. •
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..
CHAPITRE Il
DE LA LIQUIDATION DES DEPENS ET DES FRAIS

Article 718 : Dans les affaires où aucune partie n'a constitué un avocat. la
liquidation des dépens et frais est faite par le jugement qui l'adjuge à la demande des
parties.
Article 719 : Les notaires, avocats, huissiers et commissaires priseurs ne
peuvent poursuivre le paiement des frais s'appliquant aux actes de leur ministère
qu'après en avoir obtenu la taxe et selon les formes établies à l'article 720 du présent
code.
La demande de taxe doit être accompagnée de l'état détaillé des frais et des
pièces justificatives.
La demande de taxe pour les notaires est portée devant le président du
tribunal de première instance de leur résidence, ou en cas d'empêchement. devant un
juge commis par lui. La taxe est arrêtée conformément au tarif s'il s'agit d'actes qui y
sont compris, et s'il s'agit d'actes non tarifés, suivant la nature et l'importance de ces
actes, les difficultés que leur rédaction a présentées et la responsabilité qu'ils peuvent
entraîner.
Pour les avocats, les huissiers et commissaires priseurs, la taxe est faite par le
président du tribunal ou par le premier président de la cour d'appel où les frais ont été
exposés, ou, à leur défaut, par un magistrat qu'il désigne.
Pour les notaires et les avocats, en matière de compte, liquidation et partage,
les frais exposés devant le tribunal sont taxés à moins d'empêchement. par le juge.
Article 720 : Les notaires, avocats, huissiers et commissaires priseurs doivent
signifier à la partie débitrice, par acte entre avocats, s'il y a avocat constitué, sinon à
personne ou à domicile, l'état détaillé des frais taxés et l'ordonnance du magistrat
taxateur revêtue sur minute de la formule exécutoire.
Cette signification contient en outre, à peine de nullité, la déclaration que
cette ordonnance deviendra définitive si elle n'est pas frappée d'opposition dans les
délais déterminés au paragraphe suivant.
Dans les quinze (15) jours de la signification, sauf l'application des articles 106
et 107, l'ordonnance de taxe est susceptible d'opposition de la part tant de la partie
débitrice que de la partie qui en est bénéficiaire. Cette opposition est motivée et faite
par acte entre avocats s'il y a avocats constitués de part et d'autre, sinon par requête
adressée au président de la juridiction qui a rendu l'ordonnance de taxe contre
récépissé.
Article 721 : les débats ont lieu en chambre du conseil, le ministère public
entendu.
Le jugement est rendu en audience publique ; il est susceptible d'appel dans
les formes et les cas ordinaires.
Artrcle 722: la signification de l'ordonnance de taxe, faite conformément aux
prescriptions de l'article 720 à la requête des notaires, avocats, huissiers et commissaires
priseurs, interrompt la prescription et fait courir les intérêts.
l'ordonnance de taxe vaut titre exécutoire, mais elle ne peut être exécutée
qu'après l'expiration du délai d'opposition qui est de quinze (15) jours. .
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.. . .
Article 723: Les mêmes règles s'appliquent aux frais. non liquidés par le
jugement ou l'arrêt, réclamés par un avocat distractionnaire des dépens. contre la partie
adverse condamnée à les payer. Toutefois en ce cas:

)0_ le délai d'opposition n'est pas augmenté à raison des distances. si le


jugement ou l'arrêt sur le fond est contradictoire;
2°_ l'appel n'est recevable que s'il y a appel de quelque disposition sur le
fond;
3°-l'ordonnance de taxe peut être exécutée dès qu'elle a été signifiée.

Article 724: L'exécution de l'ordonnance de taxe est suspendue s'il y est fait
opposition ou si la décision sur le fond est frappée d'opposition ou d'appel.

TITRE VI
DES COMMISSIONS ROGATOIRES

CHAPITRE 1
DES COMMISSIONS ROGATOIRES INTERNES

Article 725 : Lorsque l'éloignement des parties ou des personnes qui doivent
apporter leur concours à la justice, ou l'éloignement des lieux, rend le déplacement trop
difficile ou trop onéreux, le juge peut, à la demande des parties ou d'office, commettre
la juridiction de degré égal ou inférieur qui lui paraît la mieux placée sur le territoire de la
République, afin de procéder à tous les actes judiciaires qu'il estime nécessaires.

Article 726 : La décision est transmise avec tous documents utiles, par le greffe
de la juridiction commettante à la juridiction commise. Dès réception, il est procédé aux
opérations prescrites à l'initiative de la juridiction commise ou du juge que le président de
cette juridiction désigne à cet effet.

Les parties ou les personnes qui doivent apporter leur concours à la justice sont
directement convoquées ou avisées par la juridiction commise. Les parties ne sont pas
tenues de constituer avocat devant cette juridiction.

Article 727 : Sitôt les opérations accomplies, le greffe de la juridiction qui y a


procédé transmet à la juridiction commettante les procès-verbaux accompagnés des
pièces et objets annexés ou déposés.
CHAPITRE /1
DES COMMISSIONS ROGATOIRES INTERNATIONALES

SECTION 1
DES COMMISSIONS ROGATOIRES A DESTINATION D'UN ETAT ETRANGER

Article 728: Le juge peut, à la demande des parties ou d'office, faire procéder
dans un Etat étranger aux mesures d'instruction ainsi qu'aux autres actes judiciaires qu'il
estime nécessaires en donnant commission rogatoire soit à toute autorité judiciaire
compétente de cet Etat, soit aux autorités diplomatiques ou consulaires béninoises.
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...
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Article 729 : Le greffe de la juridiction commettante adresse au Parquet de son


ressort une expédition de Jo décision donnant commission rogatoire. accompagnée
d'une traduction établie à la diligence des parties.
Article 730 : Le parquet fait aussitôt parvenir la commission rogatoire au
ministère de la justice aux fins de transmission, à moins qu'en vertu d'un traité la
transmission puisse être faite directement à l'autorité étrangère.

SECTION Il
DES COMMISSIONS ROGATOIRES EN PROVENANCE D'UN ETAT ETRANGER

Article 731 : Le ministre de la justice transmet au parquet dans le ressort duquel


elles doivent être exécutées, les commissions rogatoires qui lui sont adressées par les Etats
étrangers.
Article 732 : Le parquet fait aussitôt parvenir la commission rogatoire à la
juridiction compétente aux fins d'exécution.

Article 733 : Dès réception de la commission rogatoire, il est procédé aux


opérations prescrites à l'initiative de la juridiction commise ou du juge que le président de
cette juridiction désigne à cet effet.

Article 734 : La commission rogatoire est exécutée conformément à la loi


béninoise à moins que la juridiction étrangère n'ait demandé qu'il y soit procédé selon
une forme particulière.
Si demande en est faite dans la commission rogatoire, les questions et les
réponses sont intégralement transcrites ou enregistrées.

Article 735 : Les parties et leurs défenseurs même s'ils sont étrangers, peuvent,
sur autorisation du juge, poser des questions; celles-ci sont formulées ou traduites le cas
échéant par un interprète; il en est de même des réponses qui lui sont faites.
Article 736 : Le juge commis est tenu d'informer la juridiction commettante qui
en fait la demande, des lieu, jour et heure auxquels il sera procédé à l'exécution de la
commission rogatoire; le juge étranger commettant peut y assister.

Article 737 : Le juge ne peut pas refuser d'exécuter une commission rogatoire
au seul motif que la loi béninoise revendique une compétence exclusive, ou qu'elle ne
connait pas de voie de droit répondant à l'objet de la demande portée devant la
juridiction commettante, ou qu'elle n'admet pas le résultat auquel tend la commission
rogatoire.
Article 738: Le juge commis peut refuser, d'office ou à la demande de toute
personne intéressée, l'exécution d'une commission rogatoire s'il estime qu'elle ne rentre
pas dans ses attributions. Il doit la refuser si elle est de nature à porter atteinte à la
souveraineté ou à la sécurité de l'Etat béninois.
Les personnes intéressées peuvent également dans ces mêmes cas,
demander au juge commis de rapporter les mesures qu'il a déjà prises et d'annuler les
actes constatant l'exécution de la commission rogatoire.

Article 739: Le parquet doit s'assurer du respect des principes directeurs du


procès dans l'exécution des commissions rogatoires. .
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Article 740 : Si la commission rogatoire a été transmise irrégulièrement, le juge
commis peut d'office ou à la demande du parquet refuser de l'exécuter; il peut
également, à la demande du parquet, rapporter les mesures qu'il a déjà prises et
annuler les actes constatant l'exécution de la commission rogatoire.
Article 741 : La décision par laquelle le juge refuse d'exécuter une commission
rogatoire. annule les actes constatant son exécution. rapporte les mesures qu'il a prises.
ou refuse de les rapporter, doit être motivée.
Les parties et le ministère public peuvent interjeter appel de la décision.
Le délai d'appel est de quinze (15) jours; il n'est pas augmenté en raison des
distances.

Article 742 : Les actes constatant l'exécution de la commission rogatoire ou la


décision par laquelle le juge refuse de l'exécuter, sont transmis à la juridiction
commettante selon les mêmes voies que celles par lesquelles la commission rogatoire a
été transmise à la juridiction requise.

Article 743 : L'exécution des commissions rogatoires a lieu sans frais ni taxes.
Toutefois, les sommes dues aux témoins, aux experts, aux interprètes ainsi qu'à
toute personne prêtant son concours à l'exécution de la commission rogatoire sont à la
charge de l'autorité étrangère. 1/ en est de même des frais résultant de l'application
d'une forme particulière de procéder demandée par la juridiction commettante.

LIVRE DEUXIEME
DES DISPOSITIONS PARTICULIERES A CHAQUE JURIDICTION

TITRE PREMIER
DE LA PROCEDURE DEVANT LE TRIBUNAL DE PREMIERE INSTANCE

CHAPITRE 1
DE LA PROCEDURE DEVANT LE TRIBUNAL STATUANT EN MATIERES
CIVILE ET COMMERCIALE

SECTION 1
DE LA PROCEDURE EN MATIERE CONTENTIEUSE

Article 744 : La demande en justice est formée par assignation, par requête
écrite, ou par requête conjointe.

Article 745 : La requête contient, à peine de nullité, les mentions prévues à


l'article 118 du présent code.
L'assignation contient, à peine de nullité, les mentions prévues à l'article 131
du présent code.

Article 746 : Le tribunal est saisi et l'affaire instruite en suivant, sauf cas
d'urgence, les règles de la procédure ordinaire.
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SOUS-SECTION 1
DE LA PROCEDURE ORDINAIRE

Paragraphe 1 : De la saisine du tribunal

Article 747 : Le tribunal est saisi, à la diligence de l'une ou l'autre partie par
l'enregistrement de la requête au secrétariat greffe ou par l'enrôlement de l'assignation
au greffe.
Lorsque le tribunal est saisi par requête. le président du tribunal fixe les jour et
heure auxquels l'affaire sera évoquée. S'il y a lieu. il désigne la chambre à laquelle elle
est distribuée.
Avis en est donné par le greffier aux parties et aux mandataires.

Article 748 : Au jour fixé. l'affaire est obligatoirement appelée devant le


président de la chambre à laquelle elle a été distribuée.
Celui-ci confère de "état de la cause avec les parties ou leurs mandataires
présents.

Article 749 : Le défendeur est tenu de constituer avocat dans les cas où la loi
l'y oblige.
Paragraphe 2 : Du renvoi à l'audience

Article 750 : Le président renvoie à l'audience les affaires qui. d'après les
explications des parties ou de leurs mandataires et au vu des conclusions échangées et
des pièces communiquées. lui paraissent prêtes à être jugées sur le fOT:ld.
Il renvoie également à l'audience les affaires dans lesquelles le défendeur ne
comparaît pas si elles sont en état d'être jugées sur le fond à moins qu'il n'ordonne la
réassignation du défendeur.
Dans tous ces cas. le président déclare l'instruction close et fixe la date de
l'audience. Celle-ci peut être tenue le jour même.

Article 751 : Le président ou le juge chargé de la mise en état peut également


décider que les parties ou leurs mandataires se présenteront à nouveau devant lui, à une
date qu'il fixe. pour conférer une dernière fois de l'affaire s'il estime qu'un ultime
échange de conclusions ou qu'une ultime communication de pièces suffit à la mettre en
état.
Dans ce cas. il impartit à chacune des parties ou à chacun de leurs
mandataires le délai nécessaire à l'échange des conclusions et. s'il y a lieu. à la
communication des pièces. Sa décision fait l'objet d'une simple mention au dossier.
A la date fixée par lui. le président renvoie l'affaire à l'audience si elle a été
mise en état dans les délais impartis. ou si l'une des parties ou "un de leurs mandataires le
demande. auquel cas il déclare l'instruction close et fixe la date de l'audience. Celle-ci
peut être tenue le jour même.

Article 752 : Les causes relatives aux incidents des saisines, celles pour
déclinatoires et exceptions. de provision alimentaire ou toutes autres de pareilles
urgences. ainsi que celles dans lesquelles une des parties n'est pas représentée par
avocat. sont jugées sans remise. '
11/

y
..
Toutefois, s'il l'estime indispensable, le tribunal peut accorder remise qui sera à
jour fixe.
Les parties qui n'ont pas constitué avocat sont entendues en leurs moyens dès
la première audience à laquelle l'affaire est appelée en leur présence ; elles peuvent les
compléter aux audiences de renvoi.
Article 753 : Toutes les affaires que le président ne renvoie pas à l'audience
sont mises en état d'être jugées, conformément aux dispositions sur la mise en état.

Paragraphe 3 : De la mise en état

Article 754 : Le juge chargé de la mise en état, comme il est dit à l'article 161,
doit prendre toutes mesures qui lui paraissent nécessaires pour parvenir à une instruction
complète de l'affaire.

A cet effet, il peut notamment:

J 0_ inviter les parties, leurs avocats, leurs représentants ou mandataires, à


présenter sur leurs prétentions respectives, les conclusions soit écrites, soit orales; dans ce
dernier cas elles sont mentionnées au plumitif d'audience;
2°_ convoquer les parties, leurs conseils, leurs représentants ou mandataires
aussi souvent qu'il le juge nécessaire, leur faire toutes communications utiles, leur adresser
des injonctions, procéder à leur conciliation dans les formes prévues aux articles 494 et
suivants du présent code, leur donner acte de leur désistement;
3°_ autoriser ou réclamer le dépôt de conclusions additionnelles ainsi que
toutes pièces utiles, en original ou en copie, sauf au tribunal à tirer toutes conséquences
d'une abstention ou d'un refus:
4°_ procéder à une enquête d'office ou à la demande des parties, ou
commettre tel juge compétent à cet effet;
5°_ ordonner une expertise, une vérification d'écriture, une descente sur les
lieux, la comparution personnelle des parties, déférer d'office le serment, ou commettre
un huissier de justice pour procéder à des constatations:
6°_ recevoir ou ordonner toute intervention, prescrire la jonction de deux ou
plusieurs instances instruites par ses soins, sauf au tribunal à prescrire, le cas échéant, la
disjonction ;
7°_ statuer sur les exceptions de caution, de communication de pièces ou de
nullité d'acte, ainsi que sur les demandes de provision ad !item;
8°_ se prononcer sur les demandes de provision sur dommages et intérêts
lorsque la responsabilité ne sera pas contestée ou aura été établie par une décision
passée en force de chose jugée;
9°_ ordonner même d'office une mise sous séquestre ou toutes mesures
conservatoires.
Le juge chargé de la mise en état est assisté, dans ses fonctions, d'un greffier.

Article 755 : Le juge de la mise en état prononce, par ordonnances, les parties
entendues ou appelées, les mesures sur ce qui est dit aux articles 164 et suivants, 494 et
suivants, 452 et suivants, 467 et suivants du présent code.
~

9Y
. . ..
Ces ordonnances ne sont pas susceptibles d'opposition. Elles ne peuvent être
frappées d'appel ou de pourvoi en cassation qu'en même temps que la décision du
tribunal sauf si elles ont pour effet de mettre fin à l'instance.
Elles sont exécutoires immédiatement. Elles sont dispensées de la formalité de
timbre et d'enregistrement.
le montant des frais résultant de l'exécution des mesures ordonnées par le
juge chargé de la mise en état est prélevé sur la provision constituée au vu de la taxe
qui en sera faite par le juge. sous réserve des dispositions de l'article 338 du présent code.

Article 756: le juge de la mise en état fixe souverainement les délais qu'il
estime nécessaires pour "exécution de chacune des mesures qu'il prescrit en vue de
l'instruction des dossiers dont il a la charge.

Les délais doivent permettre aux parties en cause de lui soumettre leurs
moyens de telle sorte que "instruction de l'affaire puisse être effectuée sans aucun
retard.
Si l'une des parties n'a pas respecté les délais qui lui ont été accordés ou si elle
ne s'est pas soumise aux injonctions qui lui ont été adressées par le juge. ce dernier peut.
en prononçant la clôture de "instruction. renvoyer la procédure devant le tribunal.
Cette mesure est de droit si elle est sollicitée par l'une des parties en cause.
Toute procédure d'instruction non réglée dans un délai de quatre (04) mois
doit faire l'objet d'une ordonnance de prorogation pour une nouvelle période
n'excédant pas quatre (04) mois par le juge qui est saisi.
Cette ordonnance doit être motivée. Si la procédure n'est pas en état au
terme du nouveau délai imparti. le président du tribunal peut, par ordonnance motivée.
soit accorder un dernier délai de mise en état qu'il fixe souverainement. soit clôturer la
procédure en fixant la date de l'audience de plaidoirie.

Article 757: Dès que l'affaire lui paraît en état d'être plaidée, le juge chargé
de la mise en état constate immédiatement par une ordonnance de clôture. non
susceptible de recours, que la procédure est en état.
Cette ordonnance, qui mentionne la date à laquelle l'affaire sera plaidée. est
notifiée aux parties par le greffier à leur domicile réel ou élu.
Dans le cas où conformément à l'article 161, il aurait été désigné par le
président du tribunal de première instance. le juge chargé de la mise en état établit en
outre sans faire connaître son avis. un rapport écrit dans lequel il expose l'objet de la
demande, les moyens des parties en précisant, s'il y a lieu. les difficultés du litige. les
questions de fait et de droit soulevées par celui-ci ainsi que les éléments propres à
éclairer les débats.
Article 758 : Jusqu'à l'ordonnance de clôture, les parties peuvent toujours
rectifier leurs prétentions. les préciser. les développer ou les réduire.
Après l'ordonnance de clôture. les conclusions. à l'exception de celles aux fins
de désistement. ne pourront être déposées. ni aucune pièce communiquée ou produite
aux débats, à peine d'irrecevabilité desdites conclusions ou pièces prononcée par le
tribunal. Celui-ci pourra toutefois par décision motivée. non susceptible de recours.
admettre aux débats lesdites conclusions ou pièces si un fait nouveau de nature à influer
sur la décision est survenue depuis ladite ordonnance. ou si un fait. survenu
~,
,
\
antérieurement n'a pu être invoqué pour des raisons indépendantes de la volonté des
. parties. et jugées valables.
le tribunal pourra également. sans modifier ni l'objet ni la cause de la
demande. invifer oralement ou par écrit, les parties à fournir dans un délai fixé des
explications de droit ou de fait nécessaires à la solution du litige. Aucun moyen. même
d'ordre public. non soulevé par les parties ne pourra être examiné sans que celles-ci
aient été appelées à présenter leurs observations à cet égard.
Peuvent également être retenues postérieurement à l'ordonnance de clôture.
les conclusions relatives aux loyers. arrérages, intérêts et autres accessoires échus et aux
débours faits depuis ladite ordonnance dont le décompte ne fait pas l'objet d'une
contestation sérieuse.

Article 759 : Lorsqu'une demande en intervention volontaire est formée


postérieurement à l'ordonnance de clôture, celle-ci ne pourra être rapportée que s'il
convient de joindre l'incident au principal.
Toutefois, sans rapporter l'ordonnance, le tribunal pourra retenir à l'audience
la demande en intervention qu'if entend joindre au principal, lorsqu'il estimera qu'il peut
être immédiatement statué sur le tout.

Paragraphe 4 : Des disposiflons communes

Article 760 : L'ordonnance de clôture ne peut être révoquée que s'if se révèle
une cause grave depuis qu'elle a été rendue. La constitution d'avocat postérieurement
à la clôture ne constitue pas, en soi, une cause de révocation.
L'ordonnance de clôture peut être révoquée, d'office ou à la demande des
parties, soit par ordonnance motivée du juge de la mise en état, soit après l'ouverture
des débats, par décision du tribunal.

Article 761 : Les mesures d'instruction ordonnées par le tribunal sont exécutées
sous le contrôle du président ou d'un juge désigné à cet effet.
Dès l'accomplissement d'une mesure d'instruction, le président de la juridiction
ou, s'il y a lieu, de la chambre à laquelle l'affaire a été distribuée, la renvoie à l'audience
du tribunal ou au juge de la mise en état comme il est dit au paragraphe 2 ci-dessus.

SOUS-SECTION 2
DE LA PROCEDURE A JOUR FIXE

Article 762: En cas d'urgence, le président du tribunal peut autoriser le


demandeur, sur sa requête, à assigner le défendeur à jour fixe. Il désigne, s'il y a lieu, la
chambre à laquelle l'affaire est distribuée.

La requête doit exposer les motifs de l'urgence, contenir sommairement les


moyens du demandeur et viser les pièces justificatives.

Article 763 : L'assignation indique, à peine de nullité, les jour et heure fixés par
le président auxquels J'affaire sera appelée ainsi que la chambre à laquelle elle est
distribuée.
Copies de la requête et des pièces sont jointes à l'assignation. •
\j;

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. ,
. .-
ArtIcle 764: Le défendeur est tenu de constituer avocat avant la date de
l'audience dans les cas où la loi l'y oblige.
Article 765 : Le tribunal est saisi par la remise de l'original de l'assignation au
greffe.

En cas de besoin, le défendeur peut faire enrôler sa copie qui lui tient lieu
d'original.
Article 766 : Le jour de l'audience. le président s'assure qu'il s'est écoulé un
temps suffisant depuis l'assignation pour que la partie assignée ait pu préparer sa
défense.
Si le défendeur a constitué avocat, l'affaire est plaidée sur-le-champ en l'étai
où elle se trouve, même en l'absence des conclusions du défendeur ou sur les
conclusions verbales.
En cas de nécessité, le président de la chambre peut user des pouvoirs prévus
à l'article 751 du présent code ou renvoyer l'affaire devant le Juge de la mise en état.
Si le défendeur n'a pas constitué avocat, il est procédé selon les règles
prévues à l'article 750 du présent code.

SOUS-SECTION 3
DE LA REQUETE CONJOINTE

Article 767 : Le tribunal est saisi par la remise au greffe de la requête conjointe.

ArtIcle 768 : Le président du tribunal fixe les jour et heure auxquels l'affaire sera
appelée; s'il y a lieu, il désigne la chambre à laquelle elle est distribuée.

Avis en est donné par le greffe aux avocats constitués.

1/ est alors procédé comme il est dit aux articles 750 à 753 et 760 du présent
code.
SECTION Il
DE LA PROCEDURE EN MATIERE GRACIEUSE

Article 769 : La demande est formée par les parties ou leurs mandataires.
Article 770 : Le parquet peut avoir communication des affaires gracieuses.

Article 771 : Le parquei, s'il y a des débats, peut y assister.

SECTION lIJ
DES REGLES PARTICULIERES A LA MATIERE COMMERCIALE

Article 772 : Relèvent de la matière commerciale sans que la présente liste ne


soit limitative:
- Les différends relatifs aux commerçants et intermédiaires de commerce pour
les actes accomplis à l'occasion ou pour les besoins de leur commerce et les différends
qui concernent leurs relations commerciales;
- Les contestations relatives aux sociétés commerciales et groupement
d'intérêt économique; .
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,
,

- Les contestations relatives aux actes de commerce entre toutes personnes;


- Les contestations relatives aux sûretés consenties pour garantir l'exécution
d'obligations commerciales;
- Les contestations relatives aux baux commerciaux;
- Les litiges en matière de concurrence. de distribution, propriété industrielle,
contrefaçons;
- Les opérations comptables;
- Les procédures collectives;
- Les offres publiques d'achat et les actes du marché financier;

- Les litiges en matière de consommation et la protection du consommateur et


plus généralement l'application des législations commerciales quelle que soit la nature
des personnes concernées.
Sont également portés devant les juridictions statuant en matière
commerciale:
- Les différends relatifs aux expéditions maritimes, affrètements ou nolisement,
assurances et autres contrats concernant le commerce de mer ou la naviation
intérieure;
- Le contentieux aérien, les affrètements, assurances et contrats concernant
les voyages aériens et les locations d'avions,
le contentieux maritime relève du code maritime de la République du Bénin
tandis que le contentieux aérien relève de l'ordonnance nO 26/GPRD/MTP du
27 décembre 1963 portant code de l'aviation civile et commerciale et des conventions
internationales ratifiées par la République du Bénin.
Article 773: La procédure est orale en matière commerciale.
Les prétentions des parties ou la référence qu'elles font aux prétentions
qu'elles auraient formulées par écrit sont notées au dossier ou consignées dans un
procès-verbal.
Article 774: Toutefois, dans les affaires maritimes et aériennes, l'assignation
peut être donnée, même d'heure à heure, sans autorisation du président aux audiences
ordinaires, lorsqu'il existe des parties non domiciliées ou s'il s'agit de matières urgentes et
provisoires et en vertu d'une autorisation de ce dernier dans les autres cas. Le défaut
pourra être jugé sur-le-champ.
Lorsque le tribunal est saisi, les règles applicables sont prévues au code
maritime.
Article 775 : Toutes assignations données à bord au représentant légal de la
personne assignée sont valables.

Article 776 : Si les parties comparaissent et qu'à la première audience il


n'intervient pas jugement, les parties qui n'ont pas de représentant dans le lieu où siège
le tribunal seront tenues d'y faire élection de domicile.
L'élection de domicile doit être mentionnée sur le registre d'audience; à
défaut de cette élection, toute signification, même celle du jugement définitif sera faite
valablement au greffe du tribunal. .
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..
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SECTION IV
DES DISPOSITIONS DIVERSES

Article 777 : Lorsque le tribunal est saisi par requête en matière contentieuse ou
gracieuse, les parties sont avisées de la date de l'audience par le greffe.
Article 778 : Connaissance en est donnée, soit aux avocats par simple avis,
soit, lorsque la représentation n'est pas obligatoire, par lettre aux parties. Copie de la
requête est jointe à l'avis adressé aux avocats ou aux parties.

Article 779 : La constitution d'avocat par le défendeur ou par toute personne


qui devient partie en cours d'instance est dénoncée aux autres parties par notification
entre avocats.

Article 780 : Les conclusions des parties sont signées et datées par leurs
avocats et communiquées dans la forme des notifications entre avocats.
La communication des pièces produites est valablement attestée par la
signature de l'avocat destinataire apposée sur le bordereau établi par l'avocat qui
procède à la communication.

Article 781 : Si les parties n'ont pas constitué avocat, elles peuvent produire au
tribunal un mémoire.
Copie datée et signée de ce mémoire doit être communiquée à la partie
adverse.
CHAPITRE Il
DE LA PROCEDURE DEVANT LE TRIBUNAL STATUANT EN MATIERE SOCIALE

SECTION 1
DE LA COMPETENCE

Article 782 : Le tribunal statuant en matière de' droit social territorialement


compétent pour connaître d'un litige est celui dans le ressort duquel est situé
l'établissement où est effectué le travail.
Si le travail est effectué en dehors de tout établissement ou à domicile, la
demande est portée devant le tribunal du domicile du salarié.
Le salarié peut toujours saisir le tribunal du lieu où l'engagement a été
contracté ou celui du lieu où l'employeur est établi.
Pour les litiges nés de la résiliation du contrat de travail. le travailleur dont la
résidence habituelle est située en République du Bénin, en un lieu autre que le lieu du
travail, aura le choix entre le tribunal de sa résidence et celui de son lieu de travail.
Toute clause qui directement ou indirectement, déroge aux dispositions qui
précèdent est réputée non écrite.
Article 783 : Les affaires sont réparties entre les sections de la formation du
jugement en fonction des règles régissant l'appartenance des salariés aux différentes
sections.
En cas de difficulté ou de contestation relative à la connaissance d'une
affaire par une section et quel que soit le stade de la procédure auquel survient cette
difficulté ou cette contestation, le dossier est transmis au président du tribunal, qui
désigne par une ordonnance non susceptible de recours la section compétente. ,
Yj.:.
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.,
SECTION Il
.. DE L'INSTANCE

Article 784 : la procédure devant les juridictions statuant en matière de droit


social est régie par les dispositions particulières prévues par le code du travail, les lois
sociales et les dispositions ci-après.

SOUS-SECTION 1
DE LA SAISINE DU TRIBUNAL

Article 785 : Avant la saisine du tribunal, la procédure de règlement des litiges


opposant les travailleurs de la mer à leur employeur est soumise aux formalités prévues
aux articles 276 et 277 du code maritime de la République Bénin.
Article 786 : le tribunal statuant en matière de droit social est saisi soit par
requête écrite, soit par procès-verbal de non conciliation dressé par les services de
"inspection du travail.
Le tribunal statuant en matière de droit social saisi par requête renvoie les
parties devant l'inspecteur du travail aux fins de tentative de conciliation et lui transmet
une copie de la requête qu'il certifie conforme.

Si dans le délai de deux (02) mois, le dossier n'est pas de retour, le juge peut
procéder à la tentative de conciliation et, le cas échéant au jugement.

S'il use de ce droit, il avise l'inspection du travail.

La saisine du tribunal statuant en matière de droit social même incompétent


interrompt la prescription.

Article 787 : La requête est présentée au greffe du tribunal. Elle peut lui être
adressée par lettre recommandée avec une demande d'avis de réception.
Elle doit indiquer les nom, prénoms, profession et adresse des parties ainsi que
les motifs. Le greffe délivre ou envoie un récépissé au demandeur.

Article 788: le greffe avise le demandeur des lieu, jour et heure de


"audience à laquelle l'affaire sera appelée, soit verbalement lors de la présentation de
Jo demande, soit par simple lettre.

Article 789 : Le greffe convoque le défendeur devant le tribunal en vue de la


conciliation, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.
" lui adresse le même jour copie de cette convocation.
La convocation destinée au défendeur indique les nom, prénoms, profession
et domicile du demandeur, les lieu, jour et heure de l'audience à laquelle l'affaire sera
appelée, ainsi que les motifs de la demande.
Elle informe en outre le défendeur que des décisions exécutoires à titre
provisoire, pourront. même en son absence, être prises contre lui par le tribunal au vu des
seuls éléments fournis par son adversaire.

Article 790 : La convocation du défendeur devant le tribunal vaut citation


en justice sous réserve des dispositions de "article 786 relatif à la prescription. r
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· ...
SOUS-SECTION 2
DE LA RECEVABILITE DES DEMANDES

Article 791 : Toutes les demandes découlant du contrat de travail entre les
mêmes parties qu'elles émanent du demandeur ou du défendeur, doivent faire l'objet
d'une même instance. à moins que le fondement des prétentions ne soit né ou ne soit
révélé que postérieurement à la saisine.
Article 792 : Les demandes nouvelles découlant du même contrat de travail
sont recevables en tout état de cause, devant le tribunal, sans que puisse être opposée
l'absence de tentative de conciliation.

Article 793 : Le tribunal statuant en matière de droit social connaît de toutes les
demandes reconventionnelles ou en compensation qui. par leur nature, entrent dans sa
compétence.

Article 794: Les parties sont tenues de se rendre au jour et à l'heure fixés
devant le tribunal. Elles peuvent se faire assister ou.représenter soit par un travailleur ou un
employeur appartenant à la même branche d'activités, soit par un avocat de leur choix
ou toute personne habilitée par la loi.
Sauf en ce qui concerne les avocats, le mandataire doit être porteur d'une
procuration.
Article 795: Devant la cour d'appel, les parties peuvent aussi se faire assister
ou représenter par un mandataire comme en première instance.

Article 796 : La procédure est orale.

SOUS-SECTION 3
DE L'ASSISTANCE ET DE LA REPRESENTATION DES PARTIES

Article 797 : Les prétentions des parties ou la référence qu'elles font aux
prétentions qu elles auraient formulées par écrit sont notées au dossier ou consignées sur
1

les feuilles de note d'audience.


S'il apparaît que le défendeur n'a pas été joint. sans faute de sa part, par la
première convocation, le tribunal décide qu'il sera à nouveau convoqué à une
prochaine séance soit par lettre recommandée du greffe avec demande d'avis de
réception soit par acte d'huissier de justice à la diligence du demandeur. Cet acte doit
intervenir dans les trois (03) mois de la décision du tribunal sous peine de radiation de la
cause du rôle.
SOUS-SECTION 4
DE LA TENTATIVE DE CONCILIATION

Article 798 : La tentative de conciliation a lieu en chambre du conseil. Le juge


entend les parties en leurs explications et s'efforce de les concilier. Il en est dressé procès-
verbal.
Article 799: En cas de conciliation totale ou partielle, le procès-verbal
mentionne la teneur de l'accord intervenu.
Article 800 : A défaut de conciliation totale, les points contestés sont consignés
au procès-verbal. , .
'jr;

2:1
Article 801 : Lorsqu'au jour fixé pour la tentative de conciliation. le demandeur
ne comparaît pas sans avoir justifié en temps utile d'un motif légitime. la cause est radiée
du rôle.
Elle ne peut être remise au rôle qu'une seule fois à moins que le tribunal. saisi.
ne constate que le demandeur n'a pu comparaître par suite d'un cas fortuit.
Article 802 : Si. au jour fixé pour la tentative de conciliation. le défendeur ne
comparaît pas. le dossier est renvoyé devant la formation de jugement.

Toutefois. si le défendeur a justifié en temps utile d'un motif légitime. il est


convoqué à une prochaine séance de conciliation par simple lettre.

S'il apparaît que le défendeur n'a pas été joint. sans faute de sa part. par la
première convocation. le tribunal décide qu'il sera à nouveau convoqué à une
prochaine séance. soit par lettre recommandée du greffe avec demande d'avis de
réception. soit par acte d'huissier de justice à la diligence du demandeur. Cet acte doit
intervenir dans les trois (03) mois de la décision du tribunal sous peine de radiation de la
cause du rôle.

Article 803 : Si les parties se concilient. même partiellement, le juge constate


dans un procès-verbal la teneur de l'accord intervenu.

Le procès-verbal de conciliation signé par les parties et le juge vaut titre


exécutoire.
En cas de non conciliation totale ou partielle, le dossier est renvoyé devant la
formation de jugement.

SOUS-SECTION 5
DU JUGEMENT

Article 804 : Sur renvoi de l'affaire devant la formation de jugement. le greffier


convoque les parties à l'audience par simple lettre.

La convocation indique les nom, profession et domicile des parties, les lieu, jour
et heure de l'audience.

Les parties présentes peuvent également être convoquées verbalement avec


émargement au procès-verbal prévu à l'article précédent.

Article 805 : Si les parties se concilient, même partiellement, la formation de


jugement constate dans un procès-verbal la teneur de l'accord intervenu.

Article 806 : Les décisions de la formation de jugement sont prises à la majori1é


des voix en cas de formation collégiale.

souS-SeCTION 6
DU REFERE EN MATIERE SOCIALE

Article 807 : Les articles 553 à 561 et 854 à 856 du présent code sont
applicables au référé de droit social.

Toutefois, la· demande en référé peut également être formée par requête
écrite. "
~;

y
·.
"

Article S08 : L'appel est formé par exploit d'huissier ou par déclaration au
greffe de la juridiction qui a rendu la décision attaquée. 1/ es1 ins1ruit et jugé comme il es1
di1 aux ariicles 816 e1817 du présen1 code.
SOUS-SECTION 7
DE L'EXECUTION DES JUGEMENTS

Article S09 : Sont de droit exécutoires à titre provisoire:


- les jugements qui ne sont susceptibles d'appel que par suite d'une demande
reconventionnelle conformément aux dispositions de l'article 812 alinéa 3;
- les jugements qui ordonnent la remise de certificats de travail. de bulletins de
paie ou de toutes pièces que l'employeur est tenu de délivrer;
- les jugements qui ordonnent le paiement de salaire dans la limite des trois
(03) derniers mois ou d'indemnité de préavis dans la même limite.

SOUS-SECTION 8
DES DISPOSITIONS GENERALES ET DIVERSES

Article 810 : Les exceptions de procédure doivent. à peine d'irrecevabilité.


être soulevées avant toute défense au fond ou fin de non recevoir.
Elles peuvent sous cette réserve être encore soulevées devant la formation de
jugement. La formation de jugement peut ordonner toutes mesures nécessaires à la
conservation des preuves ou des objets litigieux.

SECTION II/
DES VOIES DE RECOURS

SOUS-SECT/ON 1
DE L'OUVERTURE DES VOIES DE RECOURS

Article 811 : Le tribunal statue en dernier ressort en matière de droit social:

lO-lorsque le chiffre de la demande n'excède pas le taux de la compétence


en dernier ressort des tribunaux de première instance statuant en matière civile et
commerciale tel que prévu par la loi portant organisation judiciaire;

2°_ lorsque la demande tend à la remise. même sous astreinte. de certificats


de travail. de bulletins de paie ou toutes pièces que l'employeur est tenu de délivrer. à
moins que le jugement ne soit en premier ressort en raison du montant des autres
demandes.

Article 812: Le jugement est sans appel lorsqu'aucun des chefs des demandes
initiales ou incidentes ne dépasse. à lui seul. le taux de compétence en dernier ressort du
tribunal.
Si l'un des chefs des demandes n'est susceptible d'être jugé qu'à charge
d'appel. le tribunal se prononce. sur le tout. en premier ressort.
'f1;

(/
Le jugement n'est pas susceptible d'appel si 10 seule demande
reconventionnelle en dommages et intérêts. lorsqu'elle est fondée exclusivement sur la
demande initiale. dépasse le taux de la compétence en dernier ressort.
Article 813 : Si une demande reconventionnelle reconnue mal fondée a eu.
pour effet de rendre le jugement susceptible d'appel. la cour peut condamner son
auteur à une amende civile de dix mille (la OOO) à cent mille (100 OOO) francs sans
préjudice des dommages et intérêts qui seraient réclamés.
SOUS-SECTION 2
DE L'OPPOSITION

Article 814 : L'opposition est portée devant le tribunal qui a rendu la décision
attaquée.
Le délai d'opposition est de quinze (15) jours à compter de la notification de la
décision.
L'opposition est caduque si la partie qui l'a faite ne se présente pas. Elle ne
peut être réitérée.
SOUS-SECTION 3
DE LA PROCEDURE D'OPPOSITION A L'EXECUTION DES CONTRAINTES DELIVREES
PAR LA CAISSE NATIONALE DE SECURITE SOCIALE (CNSS)

Article 815: Conformément aux articles 27 et 28 de la loi n° 98-019 du 21 mars


2003 portant code de sécurité sociale en République du Bénin, l'exécution de la
contrainte délivrée par le directeur général de la caisse nationale de sécurité sociale et
rendue exécutoire par le président du tribunal peut être interrompue par le recours
introduit par le débiteur devant le tribunal statuant en matière sociale.
Le débiteur dispose d'un délai de huit (08) jours à compter de la signification
de la contrainte rendue exécutoire pour contester la réalité ou le montant de la dette.
Le recours est introduit devant le président du tribunal statuant en matière d'exécution
par simple requête.
Toutefois, en cas d'urgence reconnue et motivée, le président du tribunal de
première instance pourra ordonner que "affaire soit examinée en procédure d'urgence,
en autorisant le débiteur à assigner la caisse à bref délai et à jour fixe.
SOUS-SECTION 4
DE L'APPEL

Article 816: Le délai d'appel est de quinze (15) jours.


l'appel est formé par une déclaration que la partie ou tout mandataire fait,
ou adresse par pli recommandé, au greffe de la juridiction qui a rendu le jugement.
La déclaration indique les nom, prénoms, profession et domicile de l'appelant
ainsi que les nom et adresse des parties contre lesquelles l'appel est dirigé.
Elle désigne le jugement dont il est fait appel et mentionne, le cas échéant, les
dispositions du jugement auxquelles se limite l'appel ainsi que le nom et l'adresse du
représentant de l'appelant devant la cour d'appel.

Article 817: L'appel est porté devant la cour d'appel. Il est jugé sur pièces.
Toutefois, les parties peuvent demander à être entendues. Dans ce cas. la
représentation des parties obéit aux règles fixées par le présent code à cet effet.
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CHAPITRE III
DE LA PROCEDURE DEVANT LES JURIDICTIONS STATUANT
EN MATIERE ADMINISTRATIVE

SECTION 1
DE LA COMPETENCE

Article 818 : La juridiction statuant en matière administrative est compétente


pour connaître du contentieux de tous les actes émanant de toutes les autorités
administratives de son ressort.
Relèvent de ce contentieux:

1°_ les recours en annulation pour excès de pouvoir des décisions des autorités
administratives;
2°_ les recours en interprétation des actes des mêmes autorités sur renvoi des
autorités judiciaires;
3°_ tous litiges de plein contentieux mettant en cause une personne morale de
droit public sauf exceptions prévues par la loi;
4°_ les réclamations des particuliers contre les dommages causés par le fait
personnel des entrepreneurs concessionnaires et régisseurs de l'Administration:
5°_ le contentieux fiscal.
SECTION Il
DE L'INSTANCE

SOUS SECTION 1
DE LA REQUETE INTRODUCTIVE D'INSTANCE

Article 819 : La juridiction statuant en matière administrative est saisie par


requête introductive d'instance signée du demandeur ou de son avocat, et adressée au
greffe sous pli recommandé avec demande d'avis de réception, le cachet postal faisant
foi de la date du recours.
Lorsqu'elle émane d'une personne publique, elle est signée de l'autorité
compétente pour représenter l'Etat ou la collectivité intéressée ou d'un agent de l'Etat
ayant reçu délégation à cet effet.

Article 820 : La requête indique l'acte administratif ou la personne publique


contre laquelle l'action est dirigée.
Elle mentionne les nom, prénoms usuels, domicile et profession du demandeur.
ainsi que les nom, prénoms usuels, domicile et profession du défendeur.
Elle contient en outre l'énonciation par le demandeur des pièces jointes
accompagnées, en vue des communications, de copies certifiées conformes, en autant
d'exemplaires qu'il ya de parties au procès.
Le greffier en assure la communication par voie administrative ou par lettre
recommandée avec demande d'avis de réception.
'Ii

;/
Article 821 : la requête peut. dans la mesure du possible, être accompagnée
d'une expédition de la décision attaquée.
Elle doit contenir l'exposé sommaire des faits et moyens ainsi que les
conclusions du demandeur.
Article 822 : Les requêtes introductives d'instance irrégulières par rapport aux
dispositions ci-dessus, relatives à la forme et au fond, pour vice de forme ou de fond,
n'entraînent nullité ou irrecevabilité du recours que selon l'appréciation de la juridiction
saisie.
Article 823 : Devant les juridictions statuant en matière administrative, la
procédure est écrite.
Le ministère public présente des conclusions écrites.
Article 824 : Le ministère d'avocat est obligatoire pour introduire et suivre tout
recours devant les juridictions statuant en matière administrative. Toutefois, le défendeur
n'est pas tenu de constituer avocat.
Sont dispensés du ministère d'avocat:
- les recours pour excès de pouvoir;
- les requêtes en matière de pension;
-les litiges d'ordre individuel concernant les agents de l'Etat;
- le contentieux fiscal.
Article 825 : la constitution d'un avocat emporte élection de domicile en son
cabinet.
Article 826 : Dès "enregistrement du dossier au greffe de la juridiction saisie, le
greffier l'adresse au président qui désigne un juge rapporteur.

SOUS-SECTION 2
DES DELAIS

Article 827 : Le délai du recours pour excès de pouvoir est de deux (02) mois.
Ce délai court de la date de publication ou de notification de la décision attaquée.
Avant de se pourvoir contre une décision individuelle, le demandeur doit
présenter un recours hiérarchique ou gracieux tendant à faire rapporter ladite décision.
le silence gardé plus de deux (02) mois par l'autorité compétente pour le recours
hiérarchique ou gracieux vaut décision de rejet.
Le demandeur dispose pour se pourvoir contre cette décision implicite, d'un
délai de deux (02) mois à compter du jour de l'expiration de la période de deux (02) mois
sus-mentionnée.
Néanmoins, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient dans ce délai de
deux (02) mois, elle fait à nouveau courir le délai de recours.
les délais prévus pour introduire le recours ne commencent à courir que du
jour de la notification de la décision de rejet du recours gracieux ou à l'expiration du
délai de deux (02) mois prévu à l'alinéa précédent.
En matière fiscale, les délais applicables sont fixés par le code général des
impôts et les lois fiscales en vigueur.
~
Toutes les communications de pièces ont lieu par la voie administrative à 10
diligence du greffier de la julidiction saisie.
Article 828 : En matière de plein contentieux. le recours peut être formé sans
condition de délai contre une décision implicite de rejet.
Cependant, s'il intervient à n'importe quel moment une décision explicite sur
la demande, sa notification fait courir le délai de recours.
Article 829 : En matière de plein contentieux. il ne peut être opposé au
demandeur d'autres forclusions que celles tirées de la prescription trentenaire ou de
dispositions édictant des règles particulières en matière de délais.
soUS-SeCTION 3
DE L'INSTRUCTION

Article 830: Le juge rapporteur dirige la procédure.

" procède à toutes mesures d'instruction qu'il estime nécessaires.


Il assigne aux parties en cause un délai pour produire leurs mémoires. Ce délai
est de deux (02) mois sauf en cas d'urgence reconnue par ordonnance du président, sur
requête de la partie qui sollicite l'abréviation du délai. Le ministère public doit en être
informé.
Le justiciable domicilié à l'étranger, s'il n'a pas constitué avocat, est tenu
d'élire domicile en République du Bénin par déclaration au greffe de la juridiction.
Article 831 : Lorsque le délai imparti par le rapporteur, en application de
l'article 830 ci-dessus est expiré, le juge rapporteur adresse à la partie qui n'a pas observé
le délai une mise en demeure comportant un nouveau et dernier délai de trente (30)
jours.
Si la mise en demeure reste sans effet, la juridiction statue.
Article 832 : En application de l'alinéa 2 de l'article ci-dessus, le demandeur
qui n'a pas observé le délai prescrit, est réputé s'être désisté et il lui en est donné acte
par décision; si c'est l'Administration, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés
dans la requête.
Article 833: Les dossiers des affaires sont déposés au greffe et peuvent être
communiqués aux parties sans dessaisissement. Si des pièces y figurent accompagnées
de copies certifiées conformes, celles-ci sont communiquées aux autres parties par le
greffier de la juridiction par voie administrative ou par lettre recommandée avec
demande d'avis de réception.
Article 834: L'affaire est réputée en état lorsque les mémoires et pièces ont
été produits ou que les délais pour les produire sont expirés.

Article 835 : Le juge rapporteur rédige son rapport dès que Itaffaire est en état
et transmet le dossier au ministère public pour conclusions à prendre dans les deux (02)
mois.
Dans le délai de quinze (J 5J jours suivant le retour du dossier. le président fixe
l'audience à laquelle l'affaire sera appelée.
Article 836 : Le rôle des affaires qui seront retenues à chaque audience est
affiché au greffe. .
'{o/

y
Quinze (15) jours à l'avance. les défendeurs ou leurs conseils. éventuellement
les demandeurs. sont avisés de la date de "audience par les soins du greffe.
Article 837 : Les parties en cause. ou leurs avocats peuvent être autorisés à
développer oralement devant le juge saisi. un résumé des faits, moyens et conclusions
exposés dons les mémoires.

SOUS-SECTION 4
DU SURSIS A EXECUTER ET DU REFERE

Article 838 : Sur demande expresse de la partie requérante, la juridiction saisie


peut. à titre exceptionnel, ordonner le sursis à l'exécution des décisions des autorités
administratives contre lesquelles a été introduit le recours en annulation.
Le sursis à l'exécution ne peut être accordé que si les moyens invoqués
paraissent sérieux et si le préjudice encouru par le requérant est irréparable.
Article 839 ; Dans les cas d'urgence. le président de la juridiction saisie ou le
juge qu'il délègue peut, sur simple requête, ordonner toutes mesures utiles sans porter
préjudice au principal ni faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La décision est exécutoire par provision.
La requête peut intervenir à tout moment. Elle est faite par ministère d'avocat.
Elle est communiquée au parquet pour avis par le président de la juridiction saisie
préalablement à toute décision.
Le président ou le juge délégué notifie immédiatement la demande au
défendeur avec fixation d'un délai impératif de réponse à l'expiration duquel la décision
est prise en l'état.
En cas de difficultés graves, le président renvoie l'affaire à l'audience.
Le président ne peut ordonner que de.s mesures relatives à des questions de
fait telles qu'une instruction, un constat ou une mesure conservatoire provisoire.

Article 840; Dans tous les cas d'urgence, le président ou le juge qu'il délègue
peut en "absence d'une décision administrative préalable, désigner un expert pour
constater sans délai, les faits susceptibles de donner lieu à un litige devant la chambre
administrative du tribunal.
Avis est donné immédiatement aux défendeurs éventuels.
SOUS-SECTION 5
DU JUGEMENT

Article 841 La juridiction saisie statue, le juge rapporteur et le parquet


entendus.

Article 842 ; Le délibéré est secret. Les décisions sont prises à la majorité simple
lorsque la juridiction siège en formation collégiale. Elles sont rendues en audience
publique.
Article 843 ; La décision rendue est contradictoire même en cas d'absence
des parties en cause ou de leurs avocats.

Article 844 ; Les décisions rendues sont motivées. .


~
'"
Elles visent les textes dont il est fait application et mentionnent
obligatoirement:
J0_ les nom, prénoms, qualité et profession. domicile des parties et de leurs
avocats;
2°_ les mémoires produits ainsi que l'énoncé des moyens invoqués et les
conclusions des parties;
3°_ les noms des juges qui ont rendu la décision, le nom du juge rapporteur
étant spécifié;
4°_ le nom du représentant du ministère public;
5°-la lecture du rapport et l'audition du ministère public:
6°-l'audition des parties et de leurs avocats le cas échéant;
7°-la publicité de l'audience ou le prononcé du huis clos.

La minute de la décision est signée du président. du juge rapporteur et du


greffier.

Article 845 : En cas d'erreur matérielle. les décisions sont rectifiées par la
juridiction qui les a rendues sur simple requête de la partie la plus diligente ou du
ministère public.

Article 846 : L' expédition délivrée par le greffier des décisions rendues porte la
formule exécutoire; la première copie est adressée par les soins du greffe à chacune des
parties.
Article 847 : Les décisions sont notifiées aux parties en cause au lieu où elles
demeurent effectivement par les soins du greffier, par lettre recommandée avec
demande d'avis de réception, par voie administrative ou par voie d'huissier.

Article 848 : La décision de la juridiciion saisie annulant en tout ou en partie un


acie administratif a effet à "égard de tous.
La décision d'annulation fait l'objet de la même publication que l'acte
annulé.
SECTION III
DES VOIES DE RECOURS

Article 849 : Les décisions rendues par les juridictions statuant en matière
administrative peuvent être frappées d'appel devant la cour d'appel. Le délai d'appel
est d'un (01) mois à compter du prononcé de la décision.
L'appel est ouvert aux parties et au ministère public.
Uest reçu au greffe de la juridiction saisie.
L'appel des parties est interjeté par lettre recommandée avec demande
d'avis de réception, celui du ministère public par déclaration écrife.
Dès réception de la lettre ou de la déclaration d'appel, le greffier en donne
notification aux parties et au parquet.
Le greffier transmet à la juridiciion d'appel le dossier inventorié, avec une
expédition de la décision attaquée et l'acte d'appel.
Article 850 : L'appel est porté devant la juridiction d'appel. .
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I07d
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Arficle 851 : Toute personne peut former tierce opposition à une décision qui
préjudicie à ses droits, dès lors que ni elle ni ceux qu'elle représente n'ont été
régulièrement appelés ou présents dans l'instance qui a abouti à cette décision.
" est procédé à l'instruction de la tierce opposition dons les formes établies
pour les recours contentieux.
Article 852: Le recours en révision est ouvert aux parties devant la cour
suprême dans les cas suivants:
- si la décision a été rendue sur pièces fausses;
- lorsqu'après décision rendue. des pièces inconnues lors des débats. de
nature à modifier la décision de la juridiction saisie, sont présentées.
Le délai du recours en révision est de six (6) mois à compter de la découverte
de la pièce fausse ou de la pièce inconnue lors des débats.

Article 853 : Le droit de demander la révision appartient également au


ministère public.
Dans ce cas, la décision prononcée a effet à l'égard des parties.
CHAPITRE IV
DES POUVOIRS DU PRESIDENT

SECTION 1
DES ORDONNANCES DE REFERE

Article 854 : Dans tous les cas d'urgence, le président du tribunal de première
instance peut ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune
contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend.

Article 855: Le président peut toujours, même en présence d'une contestation


sérieuse. prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui
s'imposent. soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble
manifestement illicite.

S'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès. la


preuve des faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instructions
légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé en
référé.
Article 856 : Les pouvoirs du président du tribunal de première instance prévus
aux deux artie/es précédents. s'étendent à toutes les matières où il n'existe pas de
procédure particulière de référé.
SECTION"
DES ORDONNANCES SUR REQUETE

Article 857 : Le président du tribunal est saisi par requête dans les cas spécifiés
par la loi.
" peut également ordonner sur requête toutes mesures urgentes lorsque les
circonstances exigent qu'elles ne soient pas prises contradictoirement.
Les requêtes afférentes à une instance en cours sont présentées au président
de la chambre à laquelle l'affaire a été distribuée ou au juge déjà saisi. .
~
Arflcle 858 : la requête est présentée par les parties ou leurs mandataires.
Si elle est présentée à "occasion d'une instance, elle doit indiquer la juridiction saisie.
SECTION 11/
oes MESURES D'ADMINISTRATION JUDICIAIRE

Arficle 859 : Dans les tribunaux où le président est seul et juge unique, il remplit
toutes les fonctions de juge.
/1 peut alors connaître de toutes les affaires qu'il a instruites.
Dans les tribunaux où il y a plusieurs juges, le président répartit les affaires selon
les modalités fixées pour la répartition des juges entre les diverses chambres du tribunal.
/1 peut, en matière civile et commerciale, désigner un ou plusieurs juges
chargés de la mise en état des dossiers.

Article 860: Les juges de la mise en état peuvent être remplacés à tout
moment en cas d'empêchement.

Article 861 : Le président du tribunal de première instance peut déléguer à un


ou plusieurs juges tout ou partie des pouvoirs qui lui sont dévolus par le chapitre 1 du
présent titre.
Les présidents de chambre peuvent de même déléguer aux juges de leur
chambre, tout ou partie des fonctions qui leur sont aHribuées par le présent titre.

TITRE "
DES DISPOSITIONS PARTlCULIERES DEVANT LA COUR D'APPEL

CHAPITRE 1
DE LA PROCEDURE DEVANT LA COUR STATUANT EN MATIERE JUDICIAIRE,
CIVilE, COMMERCIALE ET SOCIALE

seCTION 1
DE LA COMPETENCE, DE LA SAISINE ET DE LA MISE AU ROLE

SOUS-SECTION 1
DE LA COMPETENCE

Article 862: En matière civile, commerciale et sociale, la cour d'appel est


compétente pour connaître de tous les jugements rendus par les tribunaux de première
instance de son ressort et frappés d'appel dans les formes et délais prévus par la loi.
SOUS-SECTION 2
DE LA SAISINE ET DE LA MISE AU ROLE

Paragraphe 1 : Des dispositions communes


Article 863: La remise au greffe de la copie d'un acte de procédure ou d'une
pièce est constatée par la mention de la date de remise et le visa du greffier sur la copie,
ainsi que sur l'original qui est immédiatement restitué. .
isy
r

r
Article 864 : Les parties sont convoquées ou avisées des charges qui leur ~

incombent, par le président de la cour d'appel ou par le juge de la. mise en état selon le
r
mode d'instruction de l'affaire; elles sont convoquées ou avisées verbalement avec
émargement et mention au dossier.
r
Cette formalité est accomplie à l'égard des avocats s'il en est constitué,
r En cas d'absence, ils le sont par simple avis daté et signé par le greffier et
remis ou déposé par celui-ci au lieu où sont effectuées, au siège de la cour, les
r notifications entre avocats,

r
Les injonctions doivent toujours donner lieu à la délivrance d'un avis.

Article 865 : les avis et convocations prescrits par les articles 869, 872, 880, 881
r
du présent code sont acheminés selon les formes prévues par ces dispositions aux
organismes qui doivent être tenus informés de la procédure en vertu de la loi.
r
Paragraphe 2 : De la mise au rôle de "acte d'appel fait par exploit d'huissier
r
ArtIcle 866: Dès réception de "original de l'acte d'appel, le greffier en chef
r
de la cour d'appel l'inscrit au rôle général de la cour.
r I! constitue un dossier qui porte les nom et domicile des parties, les noms et
prénoms des avocats, le numéro et la date de la mise au rôle.
r
Paragraphe 3: De la mise au rôle de "acte d'appel fait par décfaration i

r
Article 867 : le récépissé de la déclaration, de la requête ou de la requête
r
conjointe est, dès sa remise au greffe, présentée par le greffier au président de la cour 1
d'appel en vue des formalités de fixation et de distribution. 1
1
r
la décision du président fait l'objet d'une simple mention en marge de la
r
copie.
Article 868 : le greffier avise immédiatement les parties ou les avocats dont la
r constitution lui est connue du numéro d'inscription au répertoire général, des jour et
heure fixés par le président pour "appel de l'affaire et de la chambre à laquelle celle-ci
r est distribuée.
Cet avis est donné aux parties et aux avocats dont la constitution n'est pas
r encore connue, dès la remise au greffe de "acte de constitution.

r Article 869; S'il Y a lieu de convoquer à nouveau une partie qui n'a pas été
jointe par la première convocation, il peut être ordonné que la nouvelle convocation
r sera faite par acte d'huissier de justice.

r Article 870 : Au dossier de la cour d'appel est joint celui de la juridiction de


première instance que le greffier demande dès que la cour est saisie.
r
SECTION Il
r DE L'INSTANCE

r Article 871 : les règles édictées pour la procédure devant les tribunaux de
première instance. sont applicables aux instances d'appel tant devant la cour que
r devant le juge chargé d'instruire l'affaire dans la mesure où elles ne sont contraires aux
dispositions du présent chapitre. ','
r ~

r
1 ;Y
, .

SOUS-SECTION 1
..
DE LA PROCEDURE CONTENTIEUSE

Paragraphe 1 : De la procédure ordinaire

Article 872: le greffier de la cour d'appel convoque les parties à l'audience


prévue pour les débats dès sa fixation et quinze (J 5) jours ou moins à l'avance, par lettre
recommandée avec demande d'avis de réception.
Article 873 : Si au jour fixé pour les débats, l'affaire n'est pas en état d'être
jugée, son instruction peut être confiée à l'un des membres de la juridiction ou de la
chambre.
Article 874: Le juge chargé d'instruire l'affaire peut entendre les parties.
" peut les inviter à fournir les explications qu'il estime nécessaires à Jo solution
du litige, et Jes mettre en demeure de produire dans un délai qu'il détermine tous
documents ou justifications propres à éclairer la cour, faute de quoi, il peut passer outre
et renvoyer l'affaire devant la chambre qui tirera toute conséquence de l'abstention de
la partie ou de son refus.
Article 875 : le juge chargé d'instruire l'affaire constate la conciliation même
partielle, des parties.
/1 constate l'extinction de l'instance.

Article 876 : le juge chargé d'instruire l'affaire tranche les difficultés relatives à
la communication des pièces.

"procède auxjondions et disjonctions d'instances.


Article 877 : le juge chargé d'instruire "affaire peut:
- ordonner, même d'office, toute mesure d'instruction;
- ordonner, le cas échéant à peine d'astreinte, la production de documents
détenus par une partie, ou par un tiers s'il n'existe pas d'empêchement légitime.
Article 878 : Les décisions du juge chargé d'instruire l'affaire n'ont pas, au
principal, "autorité de la chose jugée.
Elles ne sont susceptibles d'aucun recours indépendamment de l'arrêt sur le
fond.
Toutefois, elles peuvent être déférées par simple requête à la cour d'appel
dans les quinze () 5J jours de leur date lorsqu'elles constatent l'extinc tion de l'instance.

Article 879: la procédure est orale.


Les prétentions des parties ou la référence qu'elles font aux prétentions
qu'elles auraient formulées par écrit sont notées ou dossier ou consignées dans un
procès-verbal.
Article 880: A moins que l'affaire ne soit jugée dès la première audience, Je
greffier avise par simple lettre de la date des audiences ultérieures les parties qui ne
"auraient pas été verbalement.

Article 881 : La partie dont les droits sont en péril peut, même si une date
d'audience a déjà été fixée, demander au président de la cour d'appel de retenir
l'affaire. par priorité à une prochaine audience. .
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1

1
-
S'il est fait droit à sa demande, le requérant est aussitôt avisé de la date fixée.
1
A moins que le président n'ait décidé qu'elle le seroU par acte d'huissier de
justice à l'initiative du requérant, le greffier convoque la partie adverse par lettre
1 recommandée avec demande d'avis de réception et lui adresse le même jour, par lettre
simple, copie de cette convocation.
1
La cour d'appel s'assure qu'il s'est écoulé un temps suffisant entre la
convocation et l'audience pour que la partie convoquée ait pu préparer sa défense.
1

Paragraphe 2: Des procédures d'urgence


1

Article 882 : Si les droits d'une partie sont en péril, le président peut, sur
1 requête, fixer le jour auquel l'affaire sera appelée par priorité. " désigne la chambre à
laquelle l'affaire est distribuée.
1
Article 883 : la requête doit exposer la nature du péril, contenir les conclusions
1
sur le fond et viser les pièces justificatives. Une expédition de la décision peut y être jointe.
Copie de la requête et des pièces doit être remise au président pour être
1 versée au dossier de la cour d' appel.

1 Article 884: la déclaration d'appel vise l'ordonnance du président de la cour


d'appel.
1 Les exemplaires destinés à l'intimé sont restitués à l'appelant.
Article 885 : l'appelant assigne la partie adverse pour le jour fixé. Copie de la
1
requête, de l'ordonnance du président et un exemplaire de la déclaration d'appel visé
par le greffier sont joints à l'assignation.
1
l'assignation informe l'intimé que, faute de conclure avant la date de
1
l'audience, il sera réputé s'en tenir à ses moyens de première instance.
L'assignation indique à l'intimé qu'il peut prendre connaissance au greffe de
1 la copie des pièces visées dans la requête et lui fait sommation de communiquer avant
la date de l'audience les nouvelles pièces dont il entend faire état.
1
Article 886 : La cour d'appel est saisie par la remise d'une copie de
l'assignation au greffe.
1

Cette remise doit être faite avant la date fixée pour l'audience, faute de quoi,
1 la déclaration sera caduque.
la caducité est constatée d'office par ordonnance du président de la
1
chambre à laquelle l'affaire est distribuée.

1 Article 887 : Le jour de l'audience, le président s'assure qu'il s'est écoulé un


temps suffisant depuis l'assignation pour que la partie assignée ait pu préparer sa
1 défense. Le cas échéant, il ordonne réassignation.
Si l'intimé a constitué avocat. les débats ont lieu sur-le-champ ou à la
1 prochaine audience, en l'état où l'affaire se trouve.

1 Si l'intimé ne comparaît pas et n'a pas conclu, la cour statue par arrêt réputé
contradictoire en se fondant, au besoin, sur les moyèns de première instance..
1 \fi.-

1
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..
Article 888 : la cour d'appel statuant en matière de référé et dans tous les cas
.. d'urgence, rend sa décision dans un délai n'excédant pas trois (03) mois à compter de
sa saisine.
1/ en est de même lorsque la cour statue sur appel des décisions du juge de
l'exécution.
Paragraphe 3: De l'appel par requête conjointe

Article 889 : La requête conjointe n'est recevable que si elle est présentée par
toutes les parties à Ja première instance.
Article 890: Outre les prescriptions prévues à l'article 128 du présent code, la
requête conjointe contient. à peine d'irrecevabilité:
1°_ le cas échéant, l'indication des dispositions du jugement dont appel est
relevé;
2°-la constitution d'avocat des parties.
Elle est signée soit par les parties, soit par leurs avocats constitués.
Article 891 : la cour est saisie par la remise au greffe de la requête conjointe.
Cette remise doit être faite dans le délai d'appel.

Article 892 : Le président fixe les jour et heure auxquels l'affaire sera appelée;
s'il y a lieu, il désigne la chambre à laquelle elle est distribuée.
Avis est donné aux parties ou à leurs avocats s'il en est constitué.
Article 893: L'affaire est instruite et jugée comme en matière de procédure
abrégée.
sous-seCTION 2
DE LA PROCEDURE EN MATIERE GRACIEUSE

Article 894: L'appel contre une décision gracieuse est formé par une
déclaration faite ou adressée par pli recommandé au greffe de la juridiction qui a rendu
la décision.
Le greffier de la juridiction transmet sans délai au greffe de la cour d'appel le
dossier de l'affaire avec Jo déclaration et une copie de la décision signée par le greffier.

Article 895: l'appel est instruit et jugé selon les règles applicables en matière
gracieuse devant le tribunal de première instance.
SOUS-SECTION 3
DES DISPOSlriONS DIVERSES

Article 896 : les conclusions d'appel doivent formuler expressément les


prétentions de la partie et les moyens sur lesquels ces prétentions sont fondées.
la parfie qui conclut à l'infirmation du jugement doit expressément énoncer
les moyens qu'elle invoque sans pouvoir procéder par voie de référence à ses
conclusions de première instance.
la partie qui, sans énoncer de nouveaux moyens, demande la confirmation
du jugement, est réputée s'en approprier les motifs. .
~
Article 897 : Lorsqu'elle rend un arrêt confirmatif, la cour est réputée avoir
.. adopté les motifs du premier juge qui ne sont pas contraires aux siens.
Article 898 : Si l'affaire est renvoyée devant une juridiction de première
instance ou si elle doit reprendre son cours devant une telle juridiction, le dossier est
transmis sans délai par le greffier de la cour d'appel au greffier de cette juridiction.

Dans tous les cas, il est joint une copie de la décision de la cour d'appel.

CHAPITRE 1/
DE LA PROCEDURE DEVANT LA COUR STATUANT EN
MATfERE ADMINISTRATIVE

SECT/ON 1
DE LA COMPETENCE

Article 899 : En matière administrative, la cour d'appel est compétente pour


connaître des jugements rendus par les chambres administratives des tribunaux de
première instance de son ressort et frappés d'appel dans les formes et délais prévus par
le présent code.
SECTION /1
DE L'INSTANCE

Article 900 : l'appel est formé, instruit et jugé conformément aux dispositions
des articles 621 et suivants du présent code.
Article 901 : les règles édictées pour la procédure devant les tribunaux de
première instance en matière administrative, sont applicables aux instances d'appel.
SeCTION III
OES RECOURS

Article 902 : Toute personne peut former tierce opposition à une décision qui
préjudicie à ses droits, dès lors que ni elle, ni ceux qu'elle représente n'ont été
régulièrement appelés ou présents dans l'instance qui a abouti à cette décision.
1/ est procédé à l'instruction de la tierce opposition dans les formes établies
pour les recours contentieux.
Article 903: Le recours en révision est ouvert aux parties devant la cour
suprême dans les cas suivants:
- si l'arrêt a été rendu sur pièces fausses;
- lorsqu'après décision rendue, des pièces inconnues lors des débats, de
nature à modifier la décision de la juridiction saisie, sont présentées.
. le délai du recours en révision est de six (6) mois à compter de la découverte
de la pièce fausse ou de la pièce inconnue lors des débats.

Article 904 : Le droit de demander la révision appartient également au


ministère pyblic.
Dans ce cas, la décision prononcée a effet à l'égard des parties. .
N.:
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j •

Article 905: Le pourvoi en cassation est formé au greffe de la juridiction


. d'appel.
" est instruit et jugé conformément aux dispositions du présent code.
CHAPITRE III
DE LA PROCEDURE DEVANT LES JURIDICTIONS STATUANT
EN MATIERE DES COMPTES

SECTION 1
DE LA COMPETENCE

Article 906: La cour d'appel est la juridiction de premier degré compétente


pour apurer et arrêter les comptes des communes, et des établissements communaux.
des établissements départementaux dotés ou non de la personnalité morale.
Cette compétence s'exerce à l'égard des collectivités locales relevant du
ressort de la cour d'appel, des établissements et organismes dont le budget ou le chiffre
d'affaires est inférieur ou égal à cinq cent millions (500 000 000) de francs.
Article 907 : La cour d'appel délivre tout certificat de concordance dans les
limites de sa compétence entre les comptes de l'ordonnateur et ceux du comptable.
SECTION"
DE L'INSTANCE

Article 908: La procédure devant la chambre des comptes de la cour d'appel


est c~lIe suivie devant la chambre des comptes de la cour suprême.

Article 909 : Les arrêts de la chambre des comptes de la cour d'appel sont
notifiés par les mêmes voies que ceux de la chambre des comptes de la cour suprême,
Notification est également faite au président de la cour suprême et au
procureur général près ladite cour.
A ce dernier sont transmis le dossier de la procédure et toutes les pièces
comptables.
SECT/ON III
DES RECOURS

Article 910: Les décisions rendues en matière des comptes par la cour d'appel
peuvent être frappées d'appel devant la cour suprême. Le délai d'appel est de quatre
(04) mois à compter de la notification de la décision.
l'appel est ouvert aux comptables, aux représentants des collectivités ou
établissements, aux ministères intéressés et au procureur général près la cour d'appel et
à toute personne qui ya intérêt.
Nonobstant l'expiration du délai d'appel, le procureur général près la cour
d'appel peut, pendant un délai de dix (10) ans, demander la réformation des décisions
prises sur les comptes.
Article 911 : L'appel est reçu au greffe de la cour d'appel. Il peut également
être reçu au greffe de la cour suprême. .

'*
;if
l'appel des personnes visées à l'article précédent, est interjeté par lettre
recommandée avec avis de réception; celui du procureur général par déclaration
écrite adressée au greffe.
Dès réception de la lettre ou de la déclaration d'appel. le greffier en chef en
donne notification aux intéressés.
"transmet à la cour suprême l'acte d'appel et le dossier de la procédure.
Article 912 : Outre le droit d'évocation résultant de l'appel. la chambre des
comptes de la cour suprême exerce sur les décisions des chambres des comptes des
cours d'appel. un contrôle comportant pouvoir d'évocation.

CHAPITRE IV
DES POUVOIRS DU PRESIDENT

SECTION 1
DES ORDONNANCES SUR REQUETE

Article 913: le président de la cour d'appel peut, au cours de l'instance


d'appel, ordonner sur requête toutes mesures urgentes relatives à la sauvegarde des
droits d'une partie ou d'un tiers lorsque les circonstances exigent qu'elles ne soient pas
prises contradictoirement.
Article 914: la requête est présentée par la partie ou son avocat.
SeCTION Il
DES MESURES D'ADMINISTRATION JUDICIAIRE

Article 915: la désignation des juges chargés de la mise en état est faite selon
les modalités fixées pour la répartition des juges entre les diverses chambres de la cour
d'appel.
le président de la cour d'appel et les présidents de chambre de cette
juridiction peuvent exercer eux-mêmes ceffe fonction.
Article 916 : Plusieurs juges peuvent être chargés de la mise en état dans une
même chambre; dons ce cos, les affaires sont réparties entre eux par le président de la
chambre.
les ju'ges de la mise en état peuvent être remplacés à tout moment en cas
d' empêchement.
Article 917 : le président de la cour d'appel peut déléguer à un ou plusieurs
juges de la cour tout ou partie des fonctions qui lui sont attribuées par le chapitre IV.
les présidents de chambre peuvent de même déléguer aux juges de leur
chambre tout ou partie des fonctions qui leur sont attribuées par le titre " du présent livre. 1

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TITRE 1/1
..
DES DISPOSITIONS PARTICUlIERES A LA COUR SUPREME
CHAPITRE 1
DE LA PROCEDURE EN MATIERE CIVILE, COMMERCIALE,
SOCIALE ET ADMINISTRATIVE
seCTION 1
DE LA SAISINE

Arflcle 918 : En matière civile, commerciale et sociale, la cour est saisie par la
déclaration de pourvoi.

Article 919 : Le pourvoi est formé, soit par déclaration au greffe de la juridiction
qui a rendu la décision attaquée, soit par écrit conformément aux dispositions de
l'article 693 du présent code.
1/ est ouvert à toutes les parties au procès.
Le ministère public ne peut se pourvoir que dans l'intérêt de la loi.

Article 920 : La déclaration de pourvoi est faite par acte contenant :


1°· aJ si le demandeur en cassation est une personne physique, ses nom,
prénoms, domicile, nationalité, date et lieu de naissance;
b) si le demandeur est une personne morale, sa forme, sa dénomination,
son siège social et l'organe qui la représente légalement;
2°· les nom, prénoms et domicile du défendeur ou, s'il s'agit d'une personne
morale, sa dénomination et son siège social;
3°· la constitution de l'avocat du demandeur;
4°· l'indication de la décision attaquée.
La déclaration précise, le cas échéant, les chefs de la décision auxquels le
pourvoi est limité.
Elle est signée par l'avocat.

Article 921 : Le ministère d'avocat est obligatoire pour introduire et suivre tout
pourvoi en matière civile, commerciale et sociale.

Article 922 : La constitution d'avocat emporte élection de domicile en son


cabinet.
Article 923 : Le délai pour se pourvoir en cassation en matière civile,
commerciale et sociale est de trois (03) mois à compter du prononcé de la décision
contradictoire.
A l'égard des jugements et arrêts rendus par défaut. le délai de pourvoi ne
court qu'à compter de la notification faite par le greffe ou de la signification par la partie
intéressée. .
Article 924 : lorsque le procureur général près la cour suprême est informé qu'il
a été rendu en dernier ressort une décision contraire aux lois et aux formes de procédure
et contre laquelle cependant aucune des parties n'a formé pourvoi dans le délai fixé à
l'article précédent, après ce délai expiré, il en saisit la cour suprême par déclaration au
greffe de la juridiction qui a rendu la décision.
~

;y'
Si la cassation intervient, les parties ne peuvent s'en prévaloir pour éluder les
·. dispositions de la décision cassée.
Article 925 : Le pourvoi est inscrit dès réception sur un registre ouvert à cet
effet.
Toute personne intéressée peut s'en faire délivrer extrait.
Article 926 : Dans le délai de quinze (15) jours à compter de l'inscription du
pourvoi. notification en est donnée par les soins du greffier en chef aux parties contre
lesquelles le pourvoi est dirigé.
Article 927 : Dans le délai de deux (02) mois. à compter de l'inscription du
pourvoi, le greffier de la juridiction qui a rendu la décision attaquée devra transmettre le
dossier au greffier en chef de la cour suprême.
Ce dossier. constitué sans frais. comprendra:
-l'expédition de la décision attaquée;
-l'acte de pourvoi ainsi que l'inventaire des pièces.
l'inobservation de ces prescriptions, lorsque copie de la décision a été
régulièrement remise au greffe par le juge, entraînera pour le greffier en chef une
amende de cinquante mille (50 000) à cent mille (100 000) francs prononcée par le
président de la cour suprême sur requête de la partie la plus diligente et après avis du
ministère public.
Article 928 : L'introduction d'un pourvoi en cassation ne suspend pas
l'exécution de la décision attaquée.
Toutefois, les pourvois en cassation sont suspensifs:
- en matière d'état des personnes;
- en cas de faux incidents;
- en cas d'immatriculation foncière;
- en matière de droit de propriété immobilière de tenure coutumière.

Article 929 : Dès l'enregistrement du dossier au greffe de la cour suprême, le


greffier en chef adresse le dossier au président de la cour suprême qui saisit la chambre
compétente.
Le président de cel/e-ci désigne un rapporteur qui dispose d'un délai
n'excédant pas six (06) mois pour rédiger son rapport.
En cas d'abréviation de délai, tous les délais prévus au présent article et au
présent chapitre sont réduits de moitié.

Article 930 ; Devant la cour suprême, statuant en matière civile, commerciale


et sociale, la procédure est écrite.
Le procureur général présente des conclusions écrites.
Article 931 : Le demandeur est tenu, sous peine de déchéance, de consigner
au greffe de la cour, une somme de quinze mille (15 000) francs dans le délai de quinze
(15) jours à compter de la mise en demeure qui lui sera faite par lettre recommandée
avec demande d'avis de réception ou de notification administrative, sauf demande
d'assistance judiciaire dans le même délai. ,
~

~
", . ·.
La consignation de cette somme est justifiée par la production d'un récépissé
de versement.
En cas de rejet du pourvoi, la somme est acquise au Trésor public. En cas
d'admission, la somme est restituée au demandeur.
Article 932 : Sont dispensés de la consignation de la somme prévue à l'ariicle
précédent:
- les personnes morales de droit public;
- les justiciables admis au bénéfice de l'assistance judiciaire;
- les demandeurs au pourvoi en matière de droit social.

seCTION Il
DE L'INSTANCE

Article 933 : le rapporteur dirige la procédure. Il procède à toutes mesures


d'instruction qu'il estime nécessaires.
Il assigne aux parties en cause un délai pour produire leurs mémoires. Ce délai
est de deux (02J mois sauf en cas d'urgence reconnue par ordonnance du président de
la cour suprême, sur requête de la partie qui sollicite l'abréviation.
Article 934 : lorsque le délai imparti par le rapporteur en application de
l'article précédent est expiré, le rapporteur adresse à la partie qui n'a pas ,observé ce
délai une mise en demeure comportant un nouveau et dernier délai de trentè (30) jours.
Si cette mise en demeure reste sans effet. la chambre statue.
Article 935: Les dossiers des affaires en cours d'instruction sont déposés au
greffe de la cour et peuvent être communiqués aux parties sans dessaisissement.
Si des pièces y figurent, celles-ci sont communiquées aux autres parties par les
soins du greffe par voie administrative ou par lettre recommandée avec demande d'avis
de réception.
Article 936 : L'affaire est réputée en état lorsque les mémoires et pièces ont
été produits ou que les délais pour les produire sont expirés. Le rapporteur transmet le
dossier au ministère public pour conclusions à prendre dans un délai n'excédant pas
deux (02) mois.
Article 937: Le rapporteur communique aux parties qui ont préalablement
déposé leur mémoire, les conclusions du ministère public. Les parties disposent de trente
(3D) jours pour faire leurs observations relativement aux conclusions du ministère public.
le rapporteur rédige son rapport et transmet le dossier au président de chambre.
Lorsqu'une affaire pose une question de principe ou lorsque sa solution serait
susceptible de causer une contrariété de décision, le président de chambre désigne un
conseiller contre-rapporteur.
Celui-ci étudie le dossier, rédige si nécessaire un contre-rappori puis transmet
le dossier au président de chambre.
Ce dernier en informe le président de la cour suprême qui convoque
l'assemblée plénière.
Article 938 : Dans le délai maximum d'un {Dl J mois. le président de chambre
fixe l'audience à laquelle l'affaire sera appelée. .
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1

1
Article 939 : Le rôle des affaires qui seront retenues à chaque audience est
1 '. affiché au greffe.
Quinze (15) jours avant l'audience, les avocats constitués et les parties sont
1 avisés de la date de l'audience par les soins du greffe.

1
Article 940 : La chambre statue, le rapporteur et le ministère public entendus.
Article 941 : Les avocats sont entendus après le rapport et les observations du
1 ministère public s'ils le demandent.

1
Article 942 : Le délibéré est secret. Les décisions sont prises à la majorité simple.
Article 943: L'arrêt rendu est contradictoire même en l'absence des parties en
1 cause ou de leurs avocats.

1 Article 944 : les arrêts rendus sont motivés. Ils visent les textes dont il est fait
application et mentionnent obligatoirement:
1 1°_ les nom, prénoms, qualité et domicile des parties et de leurs avocats;
2°_ les mémoires produits ainsi que "énoncé des moyens invoqués et les
1
conclusions des parties;

1
3°_ les noms des juges qui ont rendu "arrêt, le nom du rapporteur étant
spécifié;
4°_ le nom du représentant du ministère public;
1
5°_ la lecture du rapport et l'audition du ministère public;
1 6°-l'audition des parties ou de leurs avocats le cas échéant;
7°-la publicité de l'audience ou le prononcé du huis clos.
1

la minute de l'arrêt est signée du président, du rapporteur et du greffier.


1
Article 945 : En cas d'erreur matérielle, les arrêts sont rectifiés par la chambre,
sur simple requête de la partie la plus diligente ou du ministère public.
1

Article 946 : Les arrêts rendus par la cour suprême seront transcrits sur les
1 registres des juridictions dont les décisions auront été cassées.

1
Article 947 : L'expédition délivrée par le greffier en chef des arrêts rendus par
la cour suprême porte la formule exécutoire.
1
CHAPITRE JI

1 DE LA PROCEDURE DEVANT LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE


DE LA COUR SUPREME
1
SECTION 1
1 DE LA COMPETENCE

1
Article 948 : la chambre administrative de la cour suprême est juge de droit
commun en premier et dernier ressort des décisions prises en conseil des ministres.
1 Elle est juge de cassation de toutes les décisions rendues en matière
administrative par les juridictions d'appel et par les juridictions statuant en premier et
1
dernier ressort.
~;
1
y
\ .
'r.)

Article 949: la chambre administrative connaît en outre comme juge d'appel


des décisions rendues en premier ressori par les organismes administratifs à caractère
juridictionnel.
Ces mêmes décisions rendues en dernier ressort sont susceptibles de cassation
devant la cour suprême statuant en assemblée plénière.
En matière fiscale, la juridiction administrative est également compétente
lorsque la contestation porte sur le bien fondé de l'impôt, sur sa quotité ou sur son
exigibilité.
Article 950 : Le délai de réclamation, notamment à l'égard des contribuables
figurant à un rôle nominatif, est de trois (03) mois à compter du jour où le contribuable a
eu connaissance de l'existence de l'impôt.

Quelle que soit la nature des impôts et taxes en cause, les contestations
élevées par les contribuables sont d'abord obligatoirement soumises, par voie de
réclamation, à "administration des impôts, soit au ministre chargé des finances (Direction
générale des impôts et des domaines), soit directement à l'auteur de l'acte portant grief.
L'administration des impôts doit notifier sa décision au réclamant dans un délai de six (06)
mois suivant la date de présentation de sa demande.

Article 951: Tout réclamant, qui n'a reçu avis de la décision de l'administration
des impôts dans le délai de six (06) mois suivant la date de présentation de sa demande,
peut porter le litige devant la chambre administrative de la cour suprême.

Lorsque la décision de l'administration des impôts ne donne pas entièrement


satisfaction au demandeur, celui-ci a la faculté, dans un délai de deux (02) mois à partir
du jour où il a reçu notification de cette décision, de porter le litige devant la chambre
administrative de la cour suprême qui statue.

Article 952 : Toutes procédures fiscales mettant en œuvre des mesures


conservatoires, des mesures d'exécution forcée ou des procédures de recouvrement,
doivent se conformer aux dispositions de l'acte uniforme portant organisation des
procédures simplifiées de recouvrement et des voies d'exécution, adopté dans le cadre
de l'OHADA.
SECTION"
DE L'INSTANCE

Arficle 953 : Le pourvoi est formé, instruit et jugé conformément aux dispositions
du présent code.
Les articles 919 à 947 du chapitre précédent sont applicables devant la
chambre administrative de la cour suprême.

Article 954 : les règles édictées pour la procédure devant les tribunaux de
première instance en matière administrative, sont applicables devant la chambre
administrative de la cour suprême statuant comme juge de droit commun en premier e1
dernier ressort des décisions prises en conseil des ministres.
Elles sont également applicables lorsque la chambre administrative statue
comme juge d'appel des décisions rendues en premier ressort par les organismes
administratifs à caractère juridictionnel. .
~

3
Article 955 : En cas de cassation des arrêts ou jugements qui lui sont soumis, la
· . chambre administrative peut. soit renvoyer l'affaire à une autre juridiction du même
ordre. soit la renvoyer devant la même juridiction autrement composée.

Les arrêts rendus par la chambre administrative s'imposent à la juridiction de


renvoi.
la chambre administrative peut régler l' affaire au fond:

- lorsqu'il existe des solutions divergentes entre les juges de fond et la cour
suprême:
- lorsque après cassation d'un premier arrêt ou jugement, la décision rendue
par la juridiction de renvoi est attaquée par les mêmes moyens.

CHAPITRE III
DE LA PROCEDURE DEVANT LA CHAMBRE DES COMPTES
DE LA COUR SUPREME

Article 956 : la chambre des comptes de la cour suprême est juge d'appel
des décisions rendues par les chambres des comptes des cours d' appel.
Elle statue en premier et dernier ressort dans les cas spécifiés par la loi.

Article 957 : Outre le droit d'évocation résultant de l'appel, la chambre des


comptes de la cour suprême exerce sur les décisions des chambres des comptes des
cours d'appel, un contrôle comportant pouvoir d'évocation.

Article 958 : la procédure devant la chambre des comptes de la cour


suprême est celle prévue par les lois en vigueur.

CHAPITRE IV
DES DISPOSITIONS DIVERSES

SECTION 1
DU DESISTEMENT

Article 959: Le désistement du pourvoi doit être accepté même s'il contient
des réserves ou si le défendeur a préalablement formé un pourvoi incident.

Article 960 : Les dispositions des articles 480, 481, 484, 485, et 488 s'appliquent
au désistement du pourvoi.

Article 961: le désistement est constaté par arrêt. Cet arrêt équivaut à un arrêt
de rejet et entraîne l'application des dispositions des articles 702 et 704 du présent code.

SECTION If
DE LA RECUSATION

Article 962 : la demande de récusation d'un juge de la cour suprême est


examinée par le président de la cour suprême conformément aux dispositions des articles
435 et 439 du présent code. ,
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, .
SECTION '"
.. DE LA DEMANDE EN FAUX

Article 963 : la demande en inscription de faux contre une pièce produite


devant la cour est soumise au président de la cour suprême.
Elle est obligatoirement signée d'un avocat et déposée au greffe de la cour.

Article 964 : La demande en inscription de faux ne peut être examinée que si


une somme de vingt cinq mille (25 000) francs a été consignée au greffe. Le président de
la cour suprême rend, après avis du procureur général, soit une ordonnance de rejet,
soit une ordonnance portant permission de s'inscrire en faux.
En cas de rejet, la somme consignée est acquise à la cour suprême et le
demandeur peut être condamné à une amende civile dans les conditions prévues à
l'article 696 du présent code.

Article 965 : l'ordonnance portant permission de s'inscrire en faux et la


requête à cet effet sont notifiées au défendeur à l'incident dans le délai de quinze (15)
jours avec sommation d'avoir à déclarer s'il entend se servir de la pièce arguée de faux.
A cette sommation doit être jointe une copie de la requête et de
l'ordonnance du président.

Article 966 : Le défendeur doit y répondre dans le délai d'un (Dl) mois, faute
de quoi la pièce est écartée des débats. !

La pièce est également écartée si la réponse est négative.


Si la réponse est affirmative, elle est portée à la connaissance du demandeur
à l'incident dans le délai de quinze (l5) jours.
Le président renvoie alors les parties à se pourvoir devant telle juridiction qu'il
désigne pour procéder au jugement de faux.
SECTION IV
DE LA PRISE A PARTIE

Article 967: La prise à partie est une procédure par laquelle un plaideur peut,
dans les cas précisés à l'article suivant, agir en responsabilité civile contre un magistrat
en vue d'obtenir contre celui-ci une condamnation à des dommages et intérêts.

Arficle 968 : Les juges peuvent être pris à partie:

1°_ S'il Y a dol, fraude, concussion ou faute lourde professionnelle commis, soit
au cours de l'instruction, soit lors des décisions;
2°_ Si la prise à partie est expressément prévue par la loi;
3°- S'il refuse de juger sous prétexte du silence, de l'obscurité ou de
l'insuffisance de la loi;
4°_ S'il Ya déni de justice.
L'Etat est civilement responsable des condamnations en dommages et
intérêts prononcées à raison de ces faits contre les magistrats, sauf son recours contre ces
derniers. .
~
Article 969 : Il y a déni de justice lorsque les juges refusent ou négligent de
·. répondre aux requêtes des parties ou de juger les affaires en étai et en cours d' être
jugées.
Article 970 : Le déni de justice est constaté par deux (02) réquisitions faites par
huissier de justice, adressées au magistrat, à huit (08) jours d'intervalle.
Article 971 : La prise à partie contre les magistrats des tribunaux de première
instance est portée devant les cours d'appel.
Article 972 : La prise à partie contre les magistrats des cours d'appel est portée
devant Jo cour suprême.

Article 973 : La prise à partie est introduite au moyen d'une requête signée du
demandeur ou d'un avocat, de son représentant légal ou de son mandataire, et
déposée, selon Je cas, aux greffes des cours d'appel ou de la cour suprême.
Article 974 : Le premier président de la cour d'appel, après avoir recueilli l'avis
du procureur général près ladite cour, vérifie que la demande est fondée sur un des cas
de prise à partie prévus par la loi.

Article 975 : La décision du premier président de la cour d'appel autorisant la


procédure de prise à partie fixe le jour où l'affaire sera examinée par l'assemblée
générale de la cour. Le greffe porte par tout moyen la décision à la connaissance du
juge et du président de Jo juridiction à laquelle il appartient.

Article 976 : La décision de refus est susceptible d'un recours devant la cour
suprême dans les quinze {15} jours de son prononcé. Le recours est formé, instruit et jugé
selon la procédure applicable devant les formations de la cour suprême.

Article 977 : Le juge, dès qu'il a connaissance de la décision autorisant la


procédure de prise à partie, s'abstient jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la prise à partie.

Article 978 : Le requérant assigne le juge pour le jour fixé. A peine


d'irrecevabilité de la demande, une copie de la requête, de la décision du premier
président et des pièces justificatives sont jointes à l'assignation. Une copie de
l'assignation est adressée au ministère public par lettre recommandée avec demande
d'avis de réception à Ja diligence de l'huissier de justice.

Article 979 : A "audience, les parties se défendent elles-mêmes.

Toutefois, elles ont la faculté de se foire assister ou représenter conformément


aux dispositions des articles 23 et suivants du présent code.
le représentant doit, s'il n'est avocat, justifier d'un pouvoir spécial.
La cour statue après avis du ministère public.

SeCTION v

DES DISPOSITIONS PARTICULIERES AUX JURIDICTIONS DE RENVOI


APRES CASSATION

Article 980 : le greffe de la cour suprême, après un arrêt de cassation suivi de


renvoi, adresse le dossier de la procédure au greffe de la juridiction de renvoi. ,
~.:
---

Dès réception du dossier de la procédure, le greffier le transmet


.. immédiatement au président de la juridiction de renvoi qui fixe la date de l'audience à
laquelle "affaire sera appelée.
Le greffier avise les parties par lettre recommandée avec demande d' avis de
réception.
Article 981 : Les arrêts rendus par 10 cour suprême s'imposent aux juridictions
de renvoi.
LIVRE III
DES PROCEDURES PARTICUlIERES A CERTAINES MATIERES

TITRE 1
DES DISPOSITIONS RELATIVES AUX PERSONNES ET A LA FAMillE

CHAPITRE 1
DES BIENS

SeCTION 1
DE LA VENTE DES BIENS IMMEUBLES APPARTENANT A DES MINEURS

Article 982 : La vente des immeubles appartenant à des mineurs en tutelle ne


peut être autorisée que par une délibération du conseil de famille prise conformément
aux dispositions du code des personnes et de la famille.

Le conseil en donnant son autorisation, indique la nature des biens et leur


valeur approximative.
Le conseil pourra prescrire toutes les mesures qu'il jugera utiles.
La délibération ne sera pas nécessaire si les biens appartiennent en même
temps à des majeurs ou si la vente est poursuivie par eux.
La vente d'immeubles appartenant à des mineurs en tutelle, pourra être
poursuivie, soit de gré à gré, soit par voie judiciaire.
Article 983 : Lorsqu'il y aura lieu à une vente judiciaire selon les dispositions
relatives au code des personnes et de la famille, les enchères seront reçues, soit par un
notaire commis à cet effet par le tribunal, à la requête du tuteur ou du subrogé tuteur,
soit à l'audience des criées par un juge que désignera, à la requête du tuteur ou du
subrogé tuteur, le tribunal de première instance dans le ressort duquel la tutelle est
organisée.
Si les immeubles sont situés dans plusieurs régions, le tribunal pourra donner
commission rogatoire à chacun des tribunaux de la situation des biens.
La délibération du conseil de famille qui autorise la vente déterminera la mise
à prix de chacun des immeubles à vendre et les conditions de la vente.
Cette mise à prix sera réglée, soit d'après J'avis des parents, soit d'après les
titres de propriété, soit dl après les baux authentiques ou sous seing privé ayant date
cerfaine et, à défaut de baux, d'après le rôle de la contribution foncière.
Néanmoins, le conseil de famille pourra, suivant les circonstances, faire
procéder à l'estimation totale ou partielle des immeubles. 1
~

6/
Cette estimation aura lieu, selon l'importance et la nature des biens, par un
(01) ou trois (03) experts commis à cet effet.

Article 984 : Lorsque l'estimation a été ordonnée, l'expert ou les experts, après
avoir prêté serment, soit devant le président du tribunal, soit devant un juge commis par
lui, rédigent leurs rapports qui indiquent sommairement les bases de l'estimation sans
entrer dans le détail descriptif des biens à vendre.
La minute du rapport est déposée au greffe du tribunal. Il n'en est pas délivré
d' expédition.
Article 985 : les enchères seront ouvertes sur un cahier des charges déposé au
greffe du tribunal par le représentant du vendeur. Ce cahier contiendra :
1°~ l'énonciation du jugement qui a autorisé la vente;
20- le numéro du titre foncier;
3°-I';ndication de la nature ainsi que la situation des biens à vendre, celle des
corps d'héritage, de leur contenance, approximativement, et de deux (02) au moins des
tenants et aboutissants;
40 _ l'énonciation du prix auquel les enchères sont ouvertes et les conditions de
la vente.
Article 986 : Après le dép6t du cahier des charges, il sera rédigé et établi des
placards qui contiendront:

10 _ l'énonciation du jugement qui a autorisé la vente;


2°~ les nom, prénoms, profession et domicile du mineur, de son tuteur et de son
subrogé tuteur;
30 - la désignation des biens, telle qu'elle a été insérée dans le cahier des
charges;
40 _ le prix auquel seront ouvertes les enchères sur chacun des biens à vendre;
50 - les jour, lieu et heure de "adjudication, l'indication du tribunal devant
lequel l' adjudication aura lieu, ainsi que celle du représentant du vendeur.

Article 987 : Les placards seront affichés quinze (15) jours au moins, trente (30)
jours au plus avant l'adjudication dans les lieux suivants:

10 - au tableau d'affichage du tribunal du lieu où la vente doit être effectuée;


20 - à la porte de la mairie ou de la résidence du chef lieu de la circonscription
administrative dans le lieu où les biens sont situés et sur la propriété, s'il s'agit d'un
immeuble bâti;
30 - à la principale place du lieu où réside le tuteur et s'jl réside hors du ressort,
à la principale place du domicile par lui élu, ainsi qu'à la principale place du lieu où les
biens sont situés.
L'huissier attestera par un procès-verbal rédigé sur un exemplaire des placards
que l'apposition a été faite aux lieux ordonnés par la loi, sans les détailler.

Article 988 : Copie de ces placards sera publiée dans le même délai par voie
d'insertion dans un journal d'annonces légales.
Il en sera justifié conformément au dernier alinéa de l'article précédent. .
'f;;

.~
..
Article 989 : Selon la nature et l'importance des biens. il pourra être donné à 10
. . vente une plus grande publicité conformément aux textes en vigueur.
Article 990: Le tuteur ou le subrogé tuteur du mineur sera appelé à la vente. A
cet effet. le jour, le lieu et "heure de l'adjudication lui seront notifiés un (al) mois
d'avance avec avertissement qu'il y sera procédé tant en son absence qu'en sa
présence.
Article 991 : Si, au jour indiqué pour l'adjudication, les enchères ne s'élèvent
pas à la mise à prix, le tribunal pourra ordonner, sur simple requête en la chambre du
conseil, que les biens sont adjugés en dessous de l'estimation; l'adjudication sera remise
à une date fixée par le jugement et qui ne pourra être moindre de quinzaine.
Cette adjudication sera encore indiquée par des placards et des insertions
dans les journaux comme il est dit ci-dessus, huit (08) jours au moins avant l'adjudication.

Article 992 : Dans les dix (10) jours qui suivront "adjudication, toute personne
pourra faire une surenchère du dixième en se conformant aux formalités et délais
prescrits par les textes en vigueur.
SECTION"
DES PARTAGES ET LICITATIONS

Article 993 : Dans les cas prévus par les dispositions relatives à la famille, lorsque
le partage doit être fait en justice, la partie la plus diligente se pourvoira, soit par voie de
requête adressée au tribunal, soit par voie d'assignation.

Article 994 : Le jugement qui se prononce sur la demande en partage commet


un juge et en même temps un notaire.
Si dans le cours des opérations, le juge ou le notaire est empêché, le président
du tribunal pourvoit au remplacement par une ordonnance sur requête, laquelle n'est
susceptible ni d'opposition, ni d'appel.

Article 995 : En se prononçant sur cette demande, le tribunal ordonne par le


même jugement le partage, s'il peut avoir lieu, ou la vente par licitation qui sera faite
devant un membre du tribunal ou devant un notaire. Le tribunal peut, soit qu'il ordonne
le partage, soit qu'il ordonne la licitation, déclarer qu'il y sera immédiatement procédé,
après expertise, même lorsqu'il y a des mineurs en cause; dans le cas de licitation, le
tribunal détermine la mise à prix conformément aux dispositions de l'article 983 du
présent code.

Article 996 : Lorsque le tribunal ordonne l'expertise, il y est procédé


conformément aux dispositions de l'article 984 du présent code.

Article 997 : JI est procédé à la vente conformément aux formalités prescrites


dans le chapitre « de la vente des biens immeubles appartenant à des mineurs», en
ajoutant dans le cahier des charges:
-les nom, prénoms, demeure et profession du poursuivant, les nom et demeure
de son avocat;
- les nom, prénoms, demeure et profession des colicitants et de leurs avocats.

En outre. dans la huitaine du dépôt du cahier des charges au greffe ou chez le


notaire, sommation est faite, par simple acte, aux colicitants au cabinet de leurs avocats,
d'en prendre communication. .
~

~
S'il s'élève des difficultés sur le cahier des charges au greffe ou chez le notaire.
sommation est faite. par simple acte. aux colicitants au cabinet de leurs avocats d'en
prendre communication.
S'il s'élève des difficultés sur le cahier des charges, elles seront vidées à
l'audience. sans aucune requête, et sur simple acte d'avocat à avocat.
Le jugement qui interviendra ne pourra être attaqué que par la voie de
l'appel, dans les formes et délais prescrits par les dispositions de l'acte uniforme de
l'Organisation pour "Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) sur les
procédures simplifiées de recouvrement et des voies d'exécution.
S; au jour fixé pour l'adjudication, les enchères ne couvrent pas la mise à prix, il
sera procédé comme il est dit à l'article 986 du présent code.
Dans les dix (I0) jours de l'adjudication, toute personne pourra surenchérir
d'un dixième du prix principal en se conformant aux formalités prescrites par les
dispositions de l'acte uniforme de l'OHADA sur les procédures simplifiées de
recouvrement et des voies d'exécution en ses dispositions relatives à la saisie.
Cette surenchère produira le même effet que dans les ventes de biens de
mineurs.
Dans le cas où l'adjudication a lieu devant notaire, le tribunal pourra, par le
même jugement qui validera la surenchère, renvoyer la nouvelle adjudication devant le
même notaire qui procédera sur le cahier des charges précédemment dressé.

Article 998 : Lorsque la situation des immeubles exige plusieurs expertises


distinctes et que chaque immeuble est déclaré impartageable, il n 'y a cependant pas
lieu à licitation s'il résulte du rapprochement des rapports que la totalité des immeubles
peut se partager commodément.
Article 999 : Si la demande en partage n'a pour objet que la division d'un ou
plusieurs immeubles sur lesquels les droits des intéressés sont déjà liquidés, les experts, en
procédant à l'estimation, composent les lots et, après que leur rapport a été entériné, les
lots sont tirés au sort, soit devant le juge-commissaire, soit devant le notaire déjà commis
par le tribunal conformément aux termes de l'article 994 du présent code.
Article 1000 : Dans les autres cas, et notamment lorsque le tribunal a ordonné
le partage sans faire procéder à un rapport d'experts, le poursuivant fait sommer les
copartageants de comparaître au jour indiqué, devant le notaire commis à l'effet de
procéder aux comptes, rapport, formation de masse, prélèvements, composition des lots
et fournissements.
JI en est de même, après qu'il a été procédé à la licitation, si le prix de
l'adjudication doit être confondu avec d'autres objets dans une masse commune de
partage pour former la balance entre les divers lots.

Article 1001 : Le notaire commis procède seul et sans l'assistance d'un second
notaire ou de témoins; si les parties se font assister auprès de lui d'un conseil, les
honoraires de ce conseil n'entrent point dans les frais de partage et sont à leur charge.
Au cas de contestations, le notaire rédige en un· procès-verbal séparé les
difficultés et dires des parties; ce procès-verbal est par lui remis au greffe et y est retenu.
Si le juge-commissaire renvoie les parties à l'audience, l'indication du jour où
elles doivent comparaître leur tient lieu d'ajournement. .
-'fL;
\ '.
" n'est fait aucune sommation pour comparaifre, soit devant le juge, soit à
l'audience.
Article 1002 : Lorsque la masse du partage, les rapports et prélèvements à faire
par chacune des parties intéressées, ont été établis par le notaire, les lots sont faits par
l'un des cohéritiers, s'ils sont tous majeurs, s'ils s'accordent sur le choix et si celui qu'ils ont
choisi accepte la commission; dans le cas contraire, le notaire, sans qu'il soit besoin
d'aucune autre procédure, renvoie les parties devant le juge-commissaire et celui-ci
nomme un expert.
Art/cie 1003 : Le cohéritier choisi par les parties, ou l'expert nommé pour la
formation des lots, en établit la comparaison par un rapport qui est reçu et rédigé par le
notaire à la suite des opérations précédentes.
Article 1004 : Lorsque les lots ont été fixés et que les contestations sur leur
formation, s'il y en a eu, ont été jugées, le poursuivant fait sommer les copartageants à
l'effet de se trouver, au jour indiqué, en l'étude du notaire, pour assister à la clôture de
son procès-verbal, en entendre lecture et le signer avec lui s'ils le peuvent et le veulent.
Article 1005 : L'expédition du procès-verbal de partage est remise par le
notaire à l'avocat du poursuivant qui la communique, sur leur demande, aux avocats
des défendeurs sur simple récépissé, ou aux parties en son étude sans déplacement. Elle
n'est ni signifiée ni déposée au greffe.
Sur la poursuite de la partie la plus diligente et le rapport du juge-commissaire,
le tribunal homologue le partage, s'il y a lieu les parties présentes ou appel~es si toutes
n' ont pas comparu à la clôture du procès-verbal, et sur les conclusions du procureur de
la République dans le cas où la qualité des parties requiert son ministère. Si toutes les
parties sont d'accord pour approuver l'état liquidatif, l'homologation peut en être
demandée, même par les tuteurs de mineurs et d'incapables et sans autorisation du
conseil de famille par voie de requête collective. En ce cas, le jugement est rendu en
chambre du conseil et il n'est pas susceptible d'appel à moins que le tribunal n'ait
ordonné d'office une rectification quelconque.
Article 1006 : Le jugement d'homologation ordonne le tirage des lots, soit
devant le juge-commissaire, soit devant le notaire, lequel en fait la délivrance aussitôt
après le tirage.
Article 1007 : Soit le greffier, soit le notaire sont tenus de délivrer tels extraits, en
tout ou partie. du procès-verbal de partage que les parties intéressées requièrent.
Article 1008 : Les formalités ci-dessus sont suivies dans les licitations et partages
tendant à faire cesser l'indivision, lorsque les mineurs ou autres personnes ne jouissant
point de leurs droits civils y ont intérêt.
Article 1009 : Au surplus, lorsque tous les copropriétaires ou cohéritiers sont
majeurs, jouissant de leurs droits civils, présents ou dûment représentés, ils peuvent
s'abstenir des voies judiciaires, ou les abandonner en tout état de cause, et s'accorder
pour procéder de telle manière qu'ils aviseront.
Tout co-indivisaire bénéficie d'un droit de préemption. .
~

12.99 d
~
SECTION III
DES DISPOSITIONS RELATIVES A L'ADMINISTRATION PROVISOIRE DES BIENS
EN CAS DE DECLARATION DE PRESOMPTION D'ABSENCE

Article 1010 : L'administration provisoire des biens en cas de déclaration de


présomption d'absence est réglée ainsi qu'il est prévu au code des personnes et de la
famille.
Sans préjudice des dispositions du code des personnes et de la famille, dès la
désignation d'un administrateur provisoire par le tribunal saisi d'une requête aux fins de
déclaration de présomption d'absence, le greffier en chef adresse au procureur de la
République une expédition du jugement intervenu.
1/ informe également, sans délai. le procureur de la République de la date à
laquelle l'administrateur provisoire a déposé l'inventaire des biens appartenant à
l'absent présumé. Si ce dépôt n'est pas intervenu dans les deux mois suivant le jugement
qui a désigné l'administrateur provisoire, le ministère public, ou toute personne intéressée,
peut requérir du tribunal la désignation d'un autre administrateur provisoire ou celle du
curateur aux intérêts absents après appel en cause de la personne ayant introduit la
demande de déclaration de présomption d'absence et de l'administrateur provisoire
nommé par le jugement.

Article 1011 : Lorsque l'administrateur provisoire désigné n'est pas le curateur


aux intérêts absents, il est tenu, dans les trois (03) premiers mois de chaque exercice
suivant la date de son entrée en fonction, de présenter au tribunal de première instance
son compte sommaire de gestion pour l'année précédente, en faisant dépôt au greffe
du tribunal.
Faute par lui de se conformer à cette obligation, il peut être pourvu à son
remplacement conformément aux dispositions de l'article précédent et même d'office
après conclusions du ministère public.
Ses fonctions sont gratuites. " ne peut prétendre qu'au remboursement de ses
débours justifiés après l'apurement de son compte annuel par le tribunal.
Le curateur aux intérêts absents désigné comme administrateur provisoire
assure la gestion des intérêts de l'absent ou du disparu pendant toute la durée de la
présomption d'absence.

Article 1012 : Il est ouvert au greffe de chaque tribunal de première instance


un contrôle des administrations provisoires des biens des personnes présumées ou
déclarées absentes.
Ce contrôle est tenu par folio séparé pour chaque administration et il y est fait
mention:
)0_ du jugement désignant l'administrateur provisoire;
2°_ des jugements de déclaration de présomption d'absence et de décès;
3°_ de la date du dépôt de l'inventaire des biens;
4°_ de la date de dépôt des comptes annuels de gestion, que l'administrateur
provisoire soit ou non le curateur aux intérêts absents.
Lorsqu'il constate que le compte annuel de gestion n'a pas été déposé dans
le délai prévu par l'article 10) 1 selon le cas. le greffier en chef est tenu d'en rendre
compte aussitôt au procureur de la République et au présidenf du tribunal. .
~

2:/
SECTION IV
DE LA VENTE DU MOBILIER

Article 1013 : Chacun des cohéritiers peut demander sa part en nature des
meubles de la succession. Néanmoins, s'il y a des créanciers saisissants ou opposants, ou
si la majorité des cohéritiers juge la vente nécessaire pour l'acquit des dettes et charges
de la succession, les meubles sont vendus conformément aux dispositions de l'acte
uniforme de l'OHADA relatif aux procédures simplifiées de recouvrement et aux voies
d'exécution.
Article 1014 : Il y est procédé sur la réquisition de l'une des parties intéressées,
en vertu de l'ordonnance du président du tribunal de première instance et par un officier
public.
Article 1015: Sont appelées les parties ayant droit d'assister à l'inventaire et
qui demeurent ou ont élu domicile à moins de cinquante (50) kilomètres; l'acte est
signifié au domicile élu.

Article 1016: S'il s'élève des difficultés, il peut être statué provisoirement en
référé par le président du tribunal de première instance.
Article 1017: La vente se fait dans le lieu où sont les effets, s'il n'en est
autrement ordonné.
Article 1018: La vente est faite tant en l'absence qu'en présence, sans
appeler personne pour les non-comparants.

Article 1019: Le procès-verbal fait mention de la présence ou de l'absence du


requérant.
Article 1020: Si toutes les parties sont majeures, présentes et d'accord et qu'il
n'y ait aucun tiers intéressé, elles ne sont obligées à aucune des formalités ci-dessus.

SECTION V
DE LA PROCEDURE RELATIVE A L'OUVERTURE DES SUCCESSIONS

SOUS-SECTION 1
DE LA DESIGNATION DU LIQUIDATEUR DE SUCCESSION

Article 1021 : Conformément aux articles 690 et suivants du code des


personnes et de la famille, la succession est liquidée par un ou plusieurs liquidateurs.
La qualité de liquidateur appartient de plein droit aux héritiers. Toutefois,
lorsque le défunt avait lui-même désigné un liquidateur ou un exécuteur testamentaire, la
qualité de liquidateur appartiendra exclusivement à la personne désignée.

Article 1022 : La demande aux fins de désignation du ou des liquidateurs est


adressée au président du tribunal de première instance du lieu d'ouverture de la
succession.
Article 1023 : Lorsque les héritiers décident, d'un commun accord, de confier
les fonctions de liquidateur à l'un ou plusieurs d'entre eux, ou à un tiers, ils présentent une
requête au président du tribunal qui procède à la nomination par voie d'ordonnance. .
"1'P

d/
S'il Y a lieu à remplacement du liquidateur ainsi nommé, il est procédé dans les
·. mêmes formes, en cas d'accord de tous les héritiers.

Article 1024 : En cas de mésentente entre héritiers, d'opposition d'intérêts ou


lorsque la situation successorale est complexe. toute personne intéressée peut saisir le
tribunal aux fins de désignation du liquidateur. en la personne d'un ou plusieurs héritier(s)
ou d'un tiers.
la demande est formée par simple requête.
EI/e peut être formée par toute personne qui assurait. pour le compte de la
personne décédée, l'administration de tout ou partie de son patrimoine, de son vivant.
S'il y a lieu à remplacement du liquidateur ainsi désigné, la demande peut en
être présentée, par toute personne intéressée, au tribunal qui statue par jugement.

sous-seCTION 2
DE L'ADMINISTRATION DES SUCCESSIONS ET DES BIENS VACANTS

Paragraphe 1 : Du curateur et de ses attributions

Article 1025 : Lorsqu'après l'expiration des délais pour faire inventaire et pour
délibérer. il ne se présente personne qui réclame une succession, qu'il n'y a pas d'héritier
connu. ou que les héritiers connus y ont renoncé. cette succession est réputée vacante;
elle est pourvue d'un curateur conformément aux dispositions du code des personnes et
de la famille.
les fonctions de curateur sont remplies dans le ressort de chaque tribunal de
première instance par le receveur des domaines.

Article 1026 : L'action du curateur s'exerce:


JO. sur la succession d'une personne décédée sans laisser d'exécuteur
testamentaire ou dont les ayants droit ne sont pas présents ou ont renoncé, quel que soit
le lieu de décès;
2°· sur les biens des personnes absentes ou disparues sans laisser de
procuration ou dont le mandataire est dans l'impossibilité de remplir sa mission.
Si les biens soumis à la curatelle se trouvent dans le ressort de plusieurs
tribunaux, Jo liquidation est effectuée par le curateur du domicile ou, à défaut, de la
résidence ou de J'établissement le plus important. Les biens situés dans les autres ressorts
judiciaires sont administrés par les curateurs de ces ressorts pour le compte du curateur
principal qui conserve Jo direction de la gestion et à qui il en est rendu compte.

Article 1027 : le curateur ayant l'administration de tous les intérêts et dé tous


les biens soumis à sa gestion exerce et poursuit les droits des parties intéressées qu'il
représente, et répond aux demandes formées contre elles, le tout à charge de rendre
compte à qui il appartiendra.

Article 1028 : Les receveurs de la curatelle fournissent un cautionnement pour


garantie de leur gestion envers les ayants droit.
Sont applicables aux cautionnements fournis en numéraire et immeubles par
les curateurs, les règles et formalités prescrites. en matière de cautionnement, pour les
conservateurs de Jo propriété foncière. .
~

;y
ArtIcle 1029 : Le cautionnement subsiste et conserve son affectation jusqu'à la
décision qui décharge définitivement le curateur de sa gestion.
·.
Article 1030 : Le curateur ne peut se dispenser de poursuivre la rentrée des
sommes dues aux personnes qu'il représente et aux successions remises en ses mains,
qu'en justifiant de l'insolvabilité des débiteurs ou des autres causes qui s'opposent aux
poursuites.
Les fonds déposés en banque ou dans un établissement public y sont
maintenus et gérés par le curateur.

Article 1031 : 1/ est alloué au curateur, indépendamment de ses débours, pour


tous droits. vacations et indemnités, des remises dont le taux sera calculé sur les bases
suivantes à savoir: 1,5% sur les recettes, 1,5% sur les dépenses, 5% sur le solde créditeur;
ces honoraires sont taxés par le jugement et l'arrêt d'apurement.
Toutefois la décision d'apurement peut refuser d'accorder remises sur les
opérations du curateur qui n'apparaîtraient pas utiles à la gestion des intérêts qu'il
administre.
En ce qui concerne les fonds déposés en banque ou dans un établissement
public, les honoraires du curateur sont réduits de moitié.

Article 1032 : Le curateur est responsable des fautes qu'il commet dans son
administration. Cette responsabilité se détermine d'après les règles du mandat.
Toutefois, il ne répond que des actes de sa gestion personnelle.

Article 1033 : La gestion du curateur prend fin :

1°_ par la remise de la succession, soit aux héritiers dont les droits ont été
reconnus, soit à l'administration des domaines;
2°_ par la liquidation entièrement effectuée de l'actif de la succession;
3°_ par la remise aux ayants-droit des biens et valeurs qu'il a administrés en leur
nom.
Paragraphe 2 : De "avis au curateur concernant les successions vacantes

Article 1034 : En recevant la déclaration de tout décès, "officier de l'état civil


est tenu de s'informer si les héritiers du défunt sont présents ou connus. En conséquence
les aubergistes, hôteliers, bailleurs de maison et toutes autres personnes chez lesquelles
est décédé un individu dont les héritiers sont inconnus ou non présents, doivent, à peine
de tous dépens et dommages et intérêts envers qui de droit, fournir à cet égard, à
l'officier de l'état civil, tous renseignements qui peuvent être à leur connaissance, et lui
déclarer en même temps si le défunt a laissé ou non des sommes d'argent, des effets
mobiliers ou des papiers dans la maison mortuaire.
Article 1035: S'il résulte des informations recueillies que les héritiers du décédé
ne sont ni présents ni connus, l'officier de l'état civil en donne sur-le-champ avis au
procureur de la République, au président du tribunal de première instance et au curateur
du lieu du décès.
!lIeur transmet en même temps les indications qui ont pu lui être fournies sur les
objets délaissés par le défunt. .
~
Article 1036 : Si le décès a eu lieu dans une formation sanitaire, le directeur de
· . cet établissement doit, sous la même responsabilité, en transmettre l'avis, avec les
renseignements et déclarations ci-dessus indiqués à l'officier de l'état civil et au curateur.
Paragraphe 3: Des obligations des curateurs lors de l'ouverture d'une
succession

Article 1037 : Aussitôt que le curateur a eu connaissance d'un décès et qu'il


ne se présente ni héritier, ni légataire universel, ni exécuteur testamentaire, il provoque
immédiatement l'apposition des scellés, si elle n'a pas été opérée. Il adresse dans le
même temps au président du tribunal, une requête aux fins de son habilitation à gérer la
succession concernée. Il joint à la requête toutes pièces établissant la présomption de
vacance de la succession.

Article 1038 : L'ouverture de toute succession réputée vacante est publiée, à


la diligence du curateur dans un journal d'annonces légales.
Cette publication est requise dans les huit (OB) jours de l'apposition des scellés
ou, s'il y a lieu, de l'appréhension des biens. La même publication invite les créanciers de
la succession à produire leurs titres, soit au curateur, soit au notaire chargé de dresser
l'inventaire des biens.

Article 1039 : Dans les huit (OB) jours de l'apposition des scellés, le curateur fait
procéder à leur levée et à la constatation par un inventaire de l'état de la succession.
S'il y a lieu de présumer avant la levée des scellés, que la succession consiste
uniquement en valeurs mobilières et que ces valeurs ne s'élèvent pas à cent mille
(100 OOO) francs, il en est dressé par le président du tribunal de première instance un état
descriptif qui tient lieu d'inventaire, et J'estimation des objets décrits dans ce procès-
verbal est faite par le greffier qui assiste à l'opération.
Article 1040: Tout inventaire commence par l'examen des papiers, à l'effet de
connaître les héritiers non présents, s'il y en a, d'avoir des renseignements sur le lieu de
leur résidence, et principalement de constater s'il existe ou n'existe pas de testament. Le
résultat de ces recherches est constaté dans l'inventaire qui doit contenir, outre
l'indication et l'évaluation estimative des biens situés dans le territoire, les autres mentions
et formalités exigées par la loi.

Article 1041 : Lorsque les papiers du défunt contiennent des renseignements


sur ses héritiers, le curateur, sans attendre la fin des opérations d'inventaire, doit leur
donner immédiatement avis de l'ouverture et, autant que possible, des charges de la
succession.

Article 1042 : Dans les quinze /15} jours de la clôture de l'inventaire et pour les
successions dont l'actif dépasse cent mille (100000) francs, le curateur fait toute publicité
qu'il estime utile pour retrouver les héritiers pouvant résider en République du Bénin.
En ce qui concerne la succession des étrangers, il informe le consul intéressé,
ou celui qui en tient lieu, de la consistance de la succession et lui communique tous
renseignements en sa possession quant à J'identité et au lieu de résidence des héritiers
éventuels.
Il transmet les mêmes précisions au ministre des affaires étrangères lorsque les
héritiers d'un Béninois sont susceptibles d'être trouvés à l'étranger. •
1i:-

~
Paragraphe 4: De Jo réalisation de l'actif et du règlement du passif

Article 1043 : Le curateur peut faire procéder à la vente des meubles corporels
susceptibles de dépérir ou dispendieux à conserver, même avant la clôture de
l' inventaire après y avoir été autorisé par ordonnance du président du tribunal.
La vente est faite dans les formes usitées pour les ventes du mobilier de l'Etat
sauf dérogation accordée par ordonnance du président du tribunal délivrée au bas de
la requête.
Les meubles corporels peuvent être transportés et vendus en tout lieu qui sera
désigné par ordonnance du président du tribunal.
Article 1044 : Si les intérêts de la liquidation l'exigent, les biens sont aliénés en
vertu d'une autorisation donnée par ordonnance du président du tribunal après
communication au ministère public et portant désignation expresse des biens à vendre.
Appel de ladite ordonnance peut être interjeté, même par le ministère public,
dans les quinze (15) jours du prononcé.
Les meubles corporels sont vendus dans les formes usitées pour les ventes du
mobilier de l'Etat.
Les immeubles, fonds de commerce et valeurs incorporelles autres que celles
cotées en bourse sont vendus aux enchères publiques par le ministère d'un notaire.
Les titres et valeurs négociables en bourse ne peuvent être vendus que par
l'intermédiaire d'une banque de la place. Les autres titres et valeurs sont vendus aux
enchères publiques par le ministère d'un notaire.
Toutefois, les biens d'une valeur inférieure à trois cent mille (300 000) francs
peuvent être vendus aux conditions et dans les formes réglées par l'ordonnance visée au
début du présent article.
Article 1045 : Il est interdit au curateur de se rendre adjudicataire, directement
ou indirectement. d'aucun meuble ou immeuble et d'aucune valeur dépendant des
biens qu'il administre à peine de restitution des objets illégalement acquis et s'il y a lieu,
de tous dommages et intérêts.
Article 1046 : Les paiements à faire par le curateur à la décharge des
liquidations qu'il administre sont opérés:
- s'il s'agit de dépenses courantes, sur états ou mémoires des parties prenantes
certifiés par le curateur et taxés par le président du tribunal de première instance;
- s'il s'agit d'autres dettes, et après production des titres, le curateur doit, pour
chaque liquidation, dresser un tableau général des créanciers connus dans l'ordre de
leurs privilèges. Ce tableau est transmis au procureur de la République puis au président
du tribunal de première instance qui ordonne le paiement.
Lorsque l'actif réalisé ne permet pas le règlement intégral du passif, il est
procédé à la diligence du curateur, comme il est dit au titre de la Il distribution du prix H.

Paragraphe 5 : De la remise des successions à l'administration des domaines


et de la vente des biens non réclamés qui en dépendent

Article 1047: A l'expiration de la cinquième année de la gestion du curateur.


s'·il ne s'est présenté aucun ayant-droit, l'administration des domaines entre en possession
provisoire des successions gérées par la curatelle un (01) mois après publication d'un avis .
"h::

Y
au journal officiel et diffusion par voie radiophonique et insertion du même avis dans un
journal d'annonces légales du ressort de l'ouverture de la succession.
· . Article 1048 : Dans les quatre (04) premiers mois de chaque année, le curateur
dresse l'état de situation de toutes les successions non liquidées dont l'ouverture
remonte à cinq (OS) années et qui n'ont été réclamées par aucun ayant droit ni par
l'administration des domaines.

Cet état est adressé par le curateur au procureur de la République.


Il contient:
1°_ les nom, prénoms. profession et demeure du défunt;
2°-10 date du décès;
3°_ le montant des recettes réalisées;
4°_ le montant des dépenses;
5°_ le détail des créances à recouvrer, avec indication du nom des débiteurs;
6°_ la désignation détaillée des immeubles invendus avec indication de leur
valeur;
7°_ le montant des dettes et charges de la succession.

Article 1049: Sur la demande du curateur. s'il est encore saisi. le tribunal
autorise, s'il y a lieu, la vente par adjudication publique des biens meubles et immeubles,
créances et valeurs de toute nature appartenant aux successions ouvertes depuis plus
de cinq (OS) ans et non liquidées ni réclamées.

Paragraphe 6: De la surveillance administrative et de l'apurement des


comptes des curateurs

Article 1050 : L'administration des domaines et de l'enregistrement vérifie


chaque année, dans toutes ses parties, la gestion du curateur. Une copie de leur rapport
est transmise au procureur général près la cour d'appel.
Article 1051 : Le procureur général près la cour d'appel et le procureur de la
République sont spécialement chargés de la surveillance de la curatelle. A cet effet, ils
peuvent se faire représenter, sur récépissé, toutes pièces et tous registres et se transporter
au besoin dans les bureaux du curateur et s'y livrer à toutes les investigations qu'ils jugent
convenables.

Article 1052: Dans les trois I03} premiers mois de chaque année financière, le
curateur présente au tribunal de première instance son compte de gestion de l'année
précédente.
Ce compte est déposé au greffe du tribunal et accompagné d'un inventaire
sommaire, en double expédition des pièces produites et sur l'une desquelles le greffier
donne reçu. Mention de cette remise est faite, à sa date, sur un registre d'ordre tenu au
greffe à cet effet.
En cas de négligence dans la remise au greffe des comptes d'une ou de
plusieurs des liquidations dont le curateur est saisi. celui-ci peut être condamné à une
amende de cent mille (100000) à cinq cent mille (500000) francs.
L'amende est prononcée par le tribunal chargé de l'apurement des comptes,
soit d'office, soit sur réquisition du ministère public.
'Iv'

~
Article 1053 : Indépendamment des pièces indiquées à l'article précédent, la
copie du rapport mentionné à l'article 1041 est produite ou tribunal chargé d'apurer les
· . comptes du curateur.
Article 1054 : Le tribunal statue sur ces comptes dans les deux (02) mois du
dépôt fait au greffe.
Le jugement est rendu sur les conclusions du ministère public.
Le curateur peuL dans les trois (03) mois, se pourvoir par requête devant la
cour d'appel qui se prononce, dans 10 même forme et dans le même délai, sur le rapport
d'un conseiller.
Les comptes du curateur apurés par les tribunaux ne peuvent être attaqués
par les ayants droit que pour erreur de calcul. omission, faux ou double emploi.

Article 1055 : Lorsqu'il est statué par un jugement collectif sur plusieurs
comptes, le jugement fixe, d'une manière distincte pour chacun d'eux, le montant de la
recette et de la dépense et la situation du curateur vis-à-vis des ayants droit.
Article 1056 : Les décisions annuelles qui statuent sur les comptes du curateur
en exercice se bornent à fixer la situation du comptable à la fin de l'année.
Celles qui interviennent lorsque la gestion a pris fin, soit comme il est dit à
l'article 1033 du présent code, soit par une cessation de fondions, prononcent, seules, la
décharge définitive du curateur.
Le jugement annuel statue, s'il y a lieu, sur les honoraires acquis au curateur
pour les affaires courantes et le jugement définitif pour celles terminées.
Article 1057 : Toute décision qui rejette comme non justifiées des dépenses
portées aux comptes du curateur peut si les justifications sont ultérieurement produites,
être de sa part l'objet d'un pourvoi en révision de comptes devant le tribunal qui a rendu
la décision.
Ce pourvoi est formé par requête déposée au greffe à laquelle sont jointes les
pièces à l'appui. "est statué conformément à "article 1054 du présent code.
Article 1058 : Les prescriptions relatives à la présentation des comptes ne
peuvent en aucun cas être opposées aux ayants droit ou à leurs représentants. Le
curateur est tenu de leur rendre compte à la première réquisition.
Article 1059 : Lorsqu'une succession ne dispose pas de fonds provenant de
biens réalisés pour faire face aux dépenses indispensables de son administration ou aux
frais de justice, l'avance en est faite par le service de l'enregistrement dans les conditions
ci-après indiquées.
Article 1060 : Les fonds sont délivrés au curateur au fur et à mesure de ses
demandes contre des mandats émis par lui et visés par le président du tribunal, d'après
la justification de l'utilité de la dépense.
Article 1061 : Les avances faites aux successions par l'enregistrement sont
remboursées par le curateur sur les premières rentrées de chacune des liquidations
auxquelles elles sont appliquées.
L'excédent des dépenses sur les recettes, s'il y en a, est passé au débit des
comptes particuliers que ces dépenses concernent et reste provisoirement, sous toutes
réserves de recouvrement ultérieur, à la charge du trésor public. .
~.
Article 1062 : Le curateur tient un compte spécial des dépenses avancées et
restant à la fin de chaque année à la charge du trésor. Ce compte est annexé au
compte général indiqué à l'article 1052 et apuré dans les mêmes formes.
Article 1063 : Pour toutes les liquidations de successions où la valeur des biens
gérés par le curateur ne s'élève pas au-delà de cinq cent mille (500 000) francs, la
procédure a lieu sans frais, les actes sont enregistrés en débet comme en matière
d'assistance judiciaire et il n'est alloué aucune remise au curateur.
CHAPITRE"
DES PERSONNES

SECTION 1
DU JUGE DES TUTELLES ET DES CONSEILS DE FAMILLE
SOUS-SECTION 1
DU JUGE DES TUTELLES

Article 1064: Hors les cas où il se saisit d'office, le juge des tutelles est saisi par
requête écrite. Les fonctions du juge des tutelles sont régies par les dispositions du code
des personnes et de la famille.
Les articles du code des personnes et de la famille régissant la tutelle et la
gestion de l'indivision restent applicables.
SOUS-SECTION 2
DU CONSEIL DE FAMILLE

Article 1065 : Les séances du conseil de .famille ne sont pas publiques.


Les tiers ne peuvent obtenir des expéditions de ses délibérations qu'avec
l'autorisation du président du tribunal de première instance ou du juge des tutelles.
Article 1066 : La délibération du conseil de famille est exécutoire après
homologation par le tribunal de première instance.

Article 1067 : La délibération du conseil de famille est motivée; toutes les fois
qu'elle n'est pas prise à l'unanimité, l'avis de chacun des membres est mentionné dans
le procès-verbal.
Article 1068: Dans tous les cas, le jugement d'homologation de la délibération
du conseil de famille peut être frappé d'un recours devant la cour d'appel, soit par le
tuteur, le subrogé tuteur ou les autres membres du conseil de famille, soit par le juge des
tutelles, quel qu'ait été leur avis lors de la délibération.
Le délai du recours est de quinze (15) jours. /1 court du jour du jugement
d'homologation hors les cas prévus par la loi où il ne court, contre les membres du conseil
de famille, que du jour où le jugement leur a été notifié.

Article 1069 : La procédure prévue aux articles 973 et 974 est applicable aux
recours formés contre les jugements d'homologation des délibérations de conseil de
famille.
Lorsque le recours est formé par le juge des tutelles, celui-ci joint au dossier une
note exposant les motifs de son recours. .
"V

;/
SOUS-SECTION 3
DES DISPOSITIONS COMMUNES

Article 1070 : Les notifications qui doivent être faites à la diligence du juge
des tutelles le sont par lettre recommandée avec demande d'avis de réception; le juge
peut toutefois décider qu'elles auront lieu par acte d'huissier de justice ou par la voie
administrative.
Article 1071 : La délivrance d'une copie certifiée conforme d'une décision du
juge des tutelles et des conseils de famille par le greffe contre récépissé daté et signé
équivaut à la notification.

Article 1072 : Les recours formés contre les décisions du juge des tutelles et des
conseils de famille sont inscrits sur un répertoire tenu au greffe de la cour d'appel.
y sont mentionnés, le nom de l'auteur du recours, celui de son avocat, la date
à laquelle le recours a été formé ainsi que celle de la transmission du dossier à la cour
d'appel.
Article 1073 : Lorsque le recours formé contre une décision du juge des tutelles
et de conseil de famille est rejeté, celui qui l'a formé peut être condamné aux dépens et
même à des dommages et intérêts.
Article 1074 : Le recours est instruit et jugé par priorité en chambre du conseil.
La cour d'appel peut demander au juge des tutelles les renseignements qu'elle estime
utiles.
Article 1075: Le montant des amendes civiles prévues par la loi en cette
matière est de dix mille (la OOO) francs au moins, et de cent mille (1 00 000) francs au
plus.
Article 1076: Lorsque le partage à l'amiable a été autorisé conformément à la
loi, l'état liquidatif, approuvé par les parties, est déposé au greffe où les membres du
conseil de famille peuvent en prendre connaissance suivant l'avis qui leur sera notifié à la
diligence du juge des tutelles.
Quinze (15) jours après l'avis qui aura èté notifié aux membres du conseil de
famille, l'homologation de l'état liquidatif pourra être poursuivie soit par l'administrateur
légal ou le tuteur, soit par les autres parties intéressées au partage.
Ceux des membres du conseil de famille qui croiraient devoir s'opposer à
l'homologation interviendront devant la cour d'appel.

SECTION Il
DES REGIMES DE PROTECTION APPLICABLES AUX MAJEURS

SOUS-SECTION 1
DES MAJEURS EN TUTELLE

Article 1077 : L'ouverture d'une tutelle est prononcée dans les conditions
prévues au code des personnes et de la famille.
Article 1078: Le juge ne peut prononcer l'ouverture d'une tutelle que si
l'altération des facultés mentales ou corporelles du malade a été constatée par deux
(02) médecins spécialistes choisis sur la liste des experts établie par la cour d'appel. ,
y.y'

~
Article 1079 : La requête aux fins d'ouverture de la tutelle désigne la personne
à protéger et énonce les faits qui appellent cette protection.
Doit y être joint un certificat délivré par deux (02) médecins spécialistes
comme il est dit à l'article précédent.
La requête énumère les proches parents de la personne à protéger, autant
que leur existence est connue du requérant ; elle indique le nom et l'adresse du médecin
traitant.
Quand le juge se saisit d'office aux fins d'ouverture d'une tutelle, il commet un
médecin spécialiste choisi sur la liste des experts afin de constater l'état de la personne à
protéger.
Le greffier avise le procureur de la République de la procédure engagée.

Article 1080 : Le juge des tutelles entend la personne à protéger et lui donne
connaissance de la procédure engagée. L'audition peut avoir lieu au siège du tribunal,
au lieu de l'habitation, dans l'établissement de traitement ou en tout autre lieu
approprié.
Le juge peut, s'il l'estime opportun, procéder à cette audition en présence du
médecin traitant et, éventuellement, d'autres personnes.

Le procureur de la République et le c-onseil de la personne à protéger sont


informés de la date et du lieu de l'audition; ils peuvent y assister.
Il est dressé procès-verbal de l'audition.
Article 1081 : Lorsque l'audition de la personne à protéger est de nature à
porter préjudice à sa santé, le juge peut, par disposition motivée, sur l'avis du médecin,
décider qu'il n'y a pas lieu d'y procéder. Il en avise le procureur de la République.
Par la même occasion, il ordonne que connaissance de la procédure
engagée sera donnée à la personne à protéger dans une forme appropriée à son état.
1/ est fait mention, au dossier de la tutelle, de l'exécution de cette décision.

Article 1082 : Le juge peut, soit d'office, soit à la requête des parties ou du
ministère public, ordonner toute mesure d'information. Il peut notamment faire procéder
à une enquête sociale ou à des constatations par telle personne de son choix.
Il entend lui-même, autant qu'il est possible, les parents, alliés et amis de la
personne à protéger.
Article 1083 : Le juge des tutelles peut, avant de statuer, réunir un conseil de
famille formé selon le mode que détermine le code des personnes et de la famille pour
la tutelle des mineurs.
Le conseil de famille est appelé à donner son avis sur l'état de la personne
pour laquelle est demandée l'ouverture d'une tutelle, ainsi que sur l'opportunité d'un
régime de protection.
L'avis du conseil de famille ne lie pas le juge.

Article 1084 : Le dossier est transmis au procureur de la République un (01) mois


avant la date fixée pour l'audience. Quinze (15) jours avant cette date, le procureur de
la République le renvoie au greffe avec son avis écrit.
Ces délais peuvent être réduits par le juge en cas d'urgence. ,
y.,;

~
;

Le juge fait connaître au requérant et à la personne à protéger, si elle lui paraît


en état de recevoir utilement cette notification, ou à leurs conseils, qu'ils pourront
consulter le dossier au greffe jusqu'à la veille de l'audience.
Article 1085: A l'audience, le juge entend, s'il l'estime opportun, le requérant
et la personne à protéger.
Les conseils des parties sont entendus en leurs observations.
L'affaire est instruite et jugée en chambre du conseil, après avis du ministère
public.
Article 1086 : La requête aux fins d'ouverture de la tutelle est caduque si la
décision relative à cette ouverture n'intervient pas dans l'année de la requête.
En cas de saisine d'office du juge, les actes de procédure sont non avenus si la
décision d'ouverture n'intervient pas dans l'année.

Article 1087 : Le jugement relatif à l'ouverture de la tutelle doit être notifiée à


la personne protégée; avis en est donné au procureur de la République.
Le jugement peut être notifié, si le juge l'estime utile, aux personnes qu'il
désigne parmi celles que la loi habilite à exercer un recours.

Article 1088 : Sont toujours notifiés à la personne concernée, les jugements


d'ouverture de la tutelle ou les jugements postérieurs dans lesquels le juge, sur l'avis du
médecin traitant, énumère certains actes que la personne en tutelle aura la capacité de
faire par elle-même, soit seule, soit avec l'assistan.ce du tuteur ou de la personne qui en
tient lieu.
" en est de même des jugements de mainlevée de la mesure de tutelle par
suite de cessation des causes qui l'ont déterminée.

Article 1089 : Les décisions du juge des tutelles, sont frappées de recours
devant la cour d'appel dans les forme et délai prévus par le code des personnes et de la
famille.
Article 1090 : Le recours prévu à l'article précédent doit être exercé dans les
quinze 115) jours du jugement. A l'égard des personnes à qui la décision est notifiée, le
délai ne court qu'à compter de la notification.

Article 1091 : Le ministère public peut former recours jusqu'à l'expiration d'un
délai de quinze (15) jours suivant la remise de l'avis qui lui a été donné.
Article 1092 : Le greffier du tribunal informe de la date de l'audience les
personnes ayant formé un recours contre la décision, celles à qui la décision a été
notifiée ainsi que, le cas échéant, leurs avocats. .

Article 1093 : Un extrait de toute décision portant ouverture, modification ou


mainlevée d'une tutelle est transmis au greffe du tribunal dans le ressort duquel est née la
personne protégée, à fin de conservation au répertoire et de publicité par la mention en
marge de son acte de naissance.
La transmission de la décision rendue par le juge des tutelles est faite par le
greffier dans les quinze (15) jours qui suivent l'expiration des délais de recours.

Article 1094 : Dans toute instance relative à l'ouverture, à la modification ou à


la mainlevée de la tutelle, le juge peut, en tout état de la cause, faire désigner d'office
un conseil à la personné à protéger ou protégée si celle-ci n'en a pas choisi. ,
<rt-'

;;y
SOUS-SECTION 2

DE LA CURATELLE

Article 1095 : Les règles édictées par le présent chapitre pour la tutelle des
majeurs sont applicables à leur curatelle.

Article 1096 : Quand le majeur en curatelle demande une autorisation


supplétive, le juge ne peut statuer qu'après avoir entendu ou appelé le curateur.

SOUS-SECTION 3
DU PLACEMENT SOUS SAUVEGARDE DE JUSTICE

Article 1097: Les conditions du placement sous sauvegarde de justice sont


celles prévues au code des personnes et de la famille.
Avant d'ordonner la mesure et pour faire préciser l'altération des facultés
mentales ou corporelles du majeur susceptible de bénéficier de ladite mesure, le juge
désigne un expert dont il communique le rapport au ministère public en lui demandant
ses conclusions.
La décision par laquelle le juge des tutelles place sous la sauvegarde de
justice la personne intéressée est transmise par lui au procureur de la République de son
ressort. Celui-ci en donne avis, le cas échéant, au procureur du lieu de traitement.

Article 1098 : Le procureur de la République qui a reçu la décision du juge des


tutelles en fait mention sur un registre spécialement tenu à cet effet.
Les déclarations aux fins de faire cesser la sauvegarde, ainsi que les radiations,
sont portées en marge de la mention initiale.
Les déclarations en renouvellement sont portées à leur date sur le registre ;
référence y est faite en marge de la mention initiale.

Article 1099 : La déclaration aux fins de placement sous sauvegarde de


justice se périme par deux (02) mois ; les déclarations aux fins de renouvellement, par six
(06) mois.
ArtIcle 1100 : Pour tout ce qui concerne les mandataires des personnes
placées sous la sauvegarde de justice, les décisions du juge des tutelles sont prises suivant
la procédure prévue au présent chapitre.

Article 1101 : La décision par laquelle le juge des tutelles place provisoirement
au cours de l'instance, la personne intéressée sous sauvegarde de justice est susceptible
d'appel, dans le délai de quinze (15) jours, par toute personne qui y a intérêt et par le
ministère public.
S; par la même décision, le juge désigne un mandataire spécial dans les
conditions prévues par la loi, tout intéressé peut, de ce chef, intenter un recours.

Article 1102 : Le procureur de la République du lieu de traitement et le juge


des tutelles ont la faculté, sans préjudice d'autres mesures, de faire examiner par un (01)
médecin, les personnes protégées.

Article 1103 : Lorsque le procureur de la République est informé que les biens
r:neubles appartenant à un majeur protégé, sont mis en péril, il doit requérir l'apposition •
"h:-
;

des scellés. quand il n'y a sur place ni conjoint. ni-descendant majeur, ni ascendant. qui
puisse veiller à la conservation des biens.
" est procédé selon la forme prévue pour les scellés après décès.
Article 1104 : S'il apparaît que la consistance des biens ne justifie pas l'emploi
de ces formes. le procureur de la République pourra requérir le commissaire de police ou
le commandant de brigade de gendarmerie de dresser un état simplement descriptif du
mobilier et. si les lieux sont inoccupés, d'en assurer la clôture et d'en conserver les clefs.
Les clefs sont restituées. sur simple reçu à la personne protégée dès son retour
sur les lieux. Elles ne peuvent être remises à d'autres personnes qu'en vertu d'une
autorisation du procureur de la République.
Article 1105 : Un extrait sommaire de toute décision portant ouverture,
modification ou mainlevée de mesures concernant la protection des incapables majeurs
est transmis par le greffier en chef du tribunal de première instance aux personnes
habilitées à procéder aux mesures de publicité prescrite par la loi en la matière.

SECTION III
DE L'INTERVENTION EN JUSTICE QUANT AUX DROITS DES EPOUX

Article 1106 : Dans les cas prévus par la loi, l'époux qui veut se faire autoriser
ou habiliter par justice, présente requête au président du tribunal de première instance à
cet effet, en produisant à l'appui de sa demande les justifications nécessaires.
Lorsque la cohabitation des époux à la résidence choisie présente un péril
grave pour la sécurité de "un d'eux ou des enfants mineurs issus du mariage, celui-ci
peut également se faire autoriser par justice à fixer séparément sa résidence et celle de
ses enfants.
En ordonnant la comparution des époux, lorsque les faits allégués lui paraissent
manifestes et nécessitent une mesure immédiate, le président du tribunal peut autoriser
provisoirement le requérant à fixer ailleurs sa résidence jusqu'à ce qu'il ait été statué par
le tribunal sur la requête.

Article 1107 : Si l'un des époux ne se trouve pas en état de manifester sa


volonté en raison de son incapacité, de son absence présumée ou déclarée, de son
éloignement ou de toute autre cause, l'autre époux présente requête au président du
tribunal de première instance en justifiant des causes qui font obstacle à la manifestation
de la volonté de son conjoint et de la nécessité de l'autorisation ou de l'habilitation
sollicitée.
Article 1108 : En recevant la requête, le président du tribunal adresse au
demandeur les observations qu'il estime opportunes. Si le demandeur maintient sa
requête, le juge ordonne que les époux comparaissent au jour et à l'heure qu'il indique
et fait en même temps convoquer le défendeur.
Quand le défendeur réside dans un autre ressort judiciaire, le juge donne
commission rogatoire au magistrat compétent pour qu'avis de la demande soit donné à
l'autre époux et que ses observations soient recueillies.
Dès réception du procès-verbal d'exécution ou de l'avis que le défendeur n'a
pu être touché, le président du tribunal convoque les parties au jour et à l'heure qu'il
indique. ,
~
A l'audience fixée. le juge peut. avant de rendre sa décision. prescrire. toutes
mesures d'information qu'il croit utiles. tout en ordonnant les mesures provisoires
nécessaires.
Les jugements d'autorisation et d'habilitation visés aux articles précédents
fixent les conditions auxquelles l'exécution de leur décision est subordonnée ainsi que
l'étendue de l'autorisation ou du pouvoir de représentation accordé.
La procédure se déroule dans le cabinet du président, en audience non
publique. même pour le prononcé du jugement.
Article 1109 : Faute par l'un des époux de remplir son obligation de contribuer
aux charges du mariage dans les conditions prévues par la loi, l'autre époux peut obtenir
du président du tribunal l'autorisation de pratiquer une saisie simplifiée et de toucher.
dans la proportion de ses besoins une part de salaire. du produit du travail ou des revenus
de son conjoint conformément aux textes en vigueur.

SECTION IV
DE L'APPOSITION DES SCELLES

Article 1110 : Tous officiers ayant droit d'apposer des scellés, de les reconnaître
et de les lever. de rédiger des inventaires, de faire des ventes ou autres actes dont la
confection peut exiger plusieurs séances, sont tenus d'indiquer à chaque séance, l'heure
du commencement et celle de la fin.

Article 1111 : Lorsqu'il y a lieu à l'apposition des scellés après décès, elle est
ordonnée par le président du tribunal de première instance dans le ressort duquel se
trouvent les biens.
Le président du tribunal commet un huissier de justice pour les opérations de
scellé.

Article 1112: L'apposition des scellés peut être requise:

1°_ par tous ceux qui prétendent avoir droit dans la succession ou la
communauté;
2°_ par tous les créanciers munis de titre exécutoire ou autorisés par une
permission du président du tribunal de première instance dans le ressort duquel le scellé
doit être apposé ;
3°_ en cas d'absence, soit du conjoint, soit des héritiers ou de l'un d'eux, par
les personnes qui demeuraient avec le défunt et par ses serviteurs et domestiques.

Article 1113 : Si les créanciers ou prétendants de droit sont mineurs non


émancipés et s'ils n'ont pas de tuteur ou d'administrateur légal ou s'il est absent.
l'apposition peut être requise par un de leurs parents.

Article 1114 : Le scellé est apposé, soit à la diligence du ministère public. soi1
sur la déclaration du maire ou de son adjoint et même d'office par le président du
tribunal:
1°_ si le mineur est sans tuteur et que le scellé n'est requis par un parent;
2°_ si le conjoint, ou si les héritiers ou l'un d'eux, sont absents;
; 3°_ si le défunt était dépositaire public, auquel cas le scellé n'est apposé que
pour raison de ce dépôt et sur les objets qui le composent. ,
-y.,;

~
Aussitôt que le curateur aux biens vacants a eu connaissance d'un décès
autre que celui d'un fonctionnaire ou agent civil ou militaire, et qu'il ne se présente ni
héritiers. ni légataire universel, ni exécuteur testamentaire, il provoque immédiatement
"apposition des scellés si cela n'a déjà été fait.

Article 1115 : Si le scellé n'a pas été apposé avant l'inhumation, "huissier de
justice constate. par son procès-verbal, le moment où il a été requis de l'apposer et les
causes qui ont retardé, soit la réquisition, soit l'apposition.
Article 1116 : Le procès-verbal d'apposition contient :
1°· la date des mois, an, jour et heure;
2°· les motifs de l'apposition;
3°· les nom, prénoms, profession et demeure du requérant. s'il y en a, et son
élection de domicile dans la commune où le scellé est apposé, s'il n'y demeure;
4°· s'il n'y a pas de partie requérante, l'énonciation que le scellé a été apposé
d'office sur le réquisitoire ou sur la déclaration de l'un des fonctionnaires dénommés à
l'article 1114 du présent code;
50-l'ordonnance qui permet le scellé;
6°· la mention de la comparution et des dires des parties;
7°· la désignation des lieux, bureaux, coffres, armoires, sur les ouvertures
desquels le scellé a été apposé:
8°· la description sommaire des effets qui ne sont pas mis sous scellés;
9°· le serment lors de la clôture de l'apposition par ceux qui demeurent dans le
lieu, qu'ils n'ont rien détourné, ni vu ni su qu'il ait été rien détourné directement ou
indirectement;
10°_ l'établissement du gardien présenté, s'il a les qualités requises, sauf s'il ne
les a pas ou s'il n'en est pas présenté à en établir un d'office par l'huissier de justice.

Article 1117 : Les clefs des serrures sur lesquelles le scellé a été apposé restent,
jusqu'à la levée, entre les mains de l'huissier de justice, lequel fait mention, sur le procès-
verbal, de la remise qui lui en a été faite; l'huissier de justice ne peut aller, jusqu'à la
levée. dans la maison où est le scellé à peine d'interdiction, à moins qu'il n'en soit requis
ou que son transport n'ait été précédé d'une ordonnance motivée.

Article 1118: Si lors de l'apposition il est trouvé un testament ou autres papiers


cachetés, l'huissier de justice en constate la forme extérieure, le sceau et la suscription
s'il y en a, paraphe l'enveloppe avec les parties présentes si elles le savent ou le peuvent.
et indique les jour et heure où le paquet sera par lui présenté au président du tribunal de
première instance. " fait mention du tout sur son procès-verbal, lequel est signé des
parties, sinon mention est faite de leur refus.
Article 1119: Sur la réquisition de toute partie intéressée l'huissier de justice fait
avant l'apposition du scellé, la perquisition aux fins de retrouver le testament dont
l'existence est annoncée; et s'il le trouve, il procède ainsi qu'il est dit ci·dessus.

Article 1120 : Aux jour et heure indiqués, sans qu'il soit besoin d'aucune
assignation, les paquets trouvés cachetés sont présentés, par l'huissier de justice qui les a
découverts, au président du tribunal de première instance, lequel en fait "ouverture. en
constate l'état et en ordonne le dépôt si le contenu concerne la succession. •
~
Article 1121 : Lorsque les paquets cachetés paraissent, par leur suscription ou
par quelque' autre preuve écrite, appartenir à des tiers, le président du tribunal de
première instance ordonne que ces tiers soient appelés dans un délai qu'il fixe, pour qu'ils
puissent assister à l'ouverture; il Y procède au jour indiqué en leur présence ou à leur
défaut. Si les paquets sont étrangers à la succession, il les leur remet sans en faire
connaître le contenu ou les cachette de nouveau pour leur être remis à leur première
réquisition.
Article 1122 : Si un testament est trouvé ouvert, l'huissier de justice en constate
l'état et observe ce qui est prescrit en l'article 1118 du présent code.

Article 1123 : Si les portes sont fermées, s'il se rencontre des obstacles à
l'apposition des scellés, s'il s'élève, soit avant, soit pendant le scellé, des difficultés, il y est
statué en référé par le président du tribunal de première instance. A cet effet, il est sursis
et établi par l'huissier de justice garnison extérieure même intérieure, si le cas y échet; il
en est référé sur-le-champ au président du tribunal.

Article 1124 : Dans tous les cas où il est référé par l'huissier de justice au
président du tribunal, en quelque matière que ce soit, ce qui est fait et ordonné est
constaté sur le procès-verbal dressé par l'huissier de justice; le président du tribunal signe
ses ordonnances sur ledit procès-verbal.

Article 1125 : Lorsque l'inventaire est parachevé, les scellés ne peuvent être
apposés à moins que l'inventaire ne soit attaqué et qu'il ne soit ainsi ordonné par le
président du tribunal de première instance.
Si l'apposition des scellés est requise pendant le cours de l'inventaire, les
scellés ne sont apposés que sur les objets non inventoriés.

Article 1126 : Lorsqu'il n'y a aucun effet mobilier, l'huissier de justice dresse un
procès-verbal de carence.
S'il y a des effets mobiliers qui soient nécessaires à l'usage des personnes qui
restent dans la maison, ou sur lesquels le scellé ne puisse être mis, "huissier de justice fait
un procès-verbal contenant description sommaire desdits effets.

Article 1127 : " est tenu au greffe de chaque tribunal de première instance un
registre d'ordre pour les scellés sur lequel sont inscrits, dans les vingt quatre (24) heures de
l'apposition:
1°_ les noms et demeures des personnes sur les effets desquelles le scellé aura
été apposé;
2°-le nom et la demeure de l'huissier de justice qui a fait l'apposition;
3°_ le jour où elle a été faite.
SECTION V
DES OPPOSITIONS AUX SCELLES

Article 1128 : Les oppositions aux scellés peuvent être faites soit par une
déclaration sur le procès-verbal des scellés, soit par exploit d'huissier au greffe du tribunal
de première instance.

Article 1129: Toutes oppositions à scellés contiennent, outre les formalités


communes à tout exploit: ~
~

.4f
i

10 _ l'élection de domicile dans la commune où siège le tribunal de première


instance compétent si l'opposant ne demeure pas dans le ressort dudit tribunal;
2°-I'énonciation précise de la cause de l'opposition;
30 _ l'énonciation. si l'opposition est faite par requête. des mentions ci-dessus et
celles des articles 1J8 et suivants du présent code.
Elle est déposée au greffe, contre récépissé, ou adressée sous pli
recommandé avec demande d'avis de réception.
seCTION VI
DE LA LEVEE DES SCELLES

Article 1130: Les scellés ne pourront être levés et l'inventaire fait, que trois (03)
jours après l'inhumation, s'ils ont été apposés auparavant, et trois (03) jours après
l'apposition, si elle a été faite depuis l'inhumation, à peine de nullité des procès-verbaux
de levée des scellés et inventaire, et des dommages et intérêts contre ceux qui les auront
faits et requis ; le tout. à moins que. pour des causes urgentes et dont il sera fait mention
dans son ordonnance. il n'en soit autrement ordonné par le président du tribunal de
première instance. Dans ce cas, si les parties qui ont droit d'assister à la levée ne sont pas
présentes, il sera appelé pour elles. tant à la levée qu'à l'inventaire, un notaire nommé
d'office par le président.

Article 1131 : Si les héritiers ou quelques-uns d'entre eux sont- mineurs non
émancipés, il ne sera pas procédé à la levée des scellés, avant qu'ils n'aient été
émancipés. ou préalablement pourvus d'un représentant légal.

Article 1132 : Tous ceux qui ont droit de faire apposer les scellés pourront en
requérir la levée par requête adressée au président du tribunal, excepté ceux qui ne les
ont fait apposer qu'en exécution de l'article J 112 point 3.
Article 1133 : Les formalités pour parvenir à la levée des scellés sont:
10 _ une réquisition à cet effet consignée sur le procès-verbal de "huissier de
justice;
20 _ une ordonnance du président du tribunal indicative des jour et heure où la
levée sera faite;
30 _ une sommation d'assister à cette levée, faite au conjoint survivant, aux
héritiers présomptifs, à l'exécuteur testamentaire, aux légataires, et aux opposants.
" ne sera pas besoin d'appeler les intéressés demeurant hors Jo distance de
cinquante (50) kilomètres, mais on appelle pour eux, à la levée et à l'inventaire, un
notaire nommé d'office par le président.
Les opposants sont appelés aux domiciles par eux élus.

Article 1134 : Le conjoint, l'exécuteur testamentaire, les héritiers, les légataires


universels et ceux à titre universel, pourront assister à toutes les vacations de la levée des
scellés et de l'inventaire, en personne ou par un mandataire.
Les opposants ne pourront assister, soit en personne, soit par un mandataire,
qu'à la première vacation; ils seront tenus de se faire représenter aux vacations suivantes
par un seul mandataire pour tous. dont ils conviendront; sinon il est nommé d'office par
le président. .
-;0;
Si, parmi ces mandataires, se trouvent des avocats, ils justifieront de leurs
pouvoirs par la représentation du titre de leur partie; l'avocat des créanciers en titres
authentiques, le plus ancien selon l'ordre du tableau assistera de droit pour tous les
opposants. Si aucun des créanciers n'est fondé en titre authentique, l'avocat le plus
ancien des opposants fondés en titre privé assistera.
L'ancienneté sera définitivement réglée à la première vacation.
Article 1135 : Si l'un des opposants avait des intérêts différents de ceux des
autres, ou des intérêts contraires, il pourrait assister en personne ou par un mandataire
particulier, à ses frais.
Article 1136 : Les opposants pour la conservation des droits de leur débiteur ne
pourront assister à la première vacation ni concourir au choix d'un mandataire commun
pour les autres vacations.

Article 1137 : Le conjoint commun en biens, les héritiers, l'exécuteur


testamentaire et les légataires universels ou à titre universel, pourront convenir du choix
d'un ou de deux notaires et d'un ou de deux commissaires-priseurs ou experts; s'ils n'en
conviennent pas il sera procédé, suivant la nature des objets par un ou deux notaires,
commissaires-priseurs ou experts nommés d'office par le président. Les experts prêteront
serment devant lui.
Article 1138 : Le procès-verbal contiendra:
1°-la date;
2°_ les nom, prénoms, profession, demeure et élection de domicile du
requérant;
3°-l'énonciation de l'ordonnance délivrée pour la levée;
4°-l'énonciation de la sommation prescrite par l'article 1124 du présent code;
5°_ la mention de la comparution et des dires des parties;
6°_ la nomination des notaires, commissaires-priseurs et experts qui devront
opérer;
7°_ la reconnaissance des scellés s'ils sont sains et entiers; s'ils ne le sont pas,
l'état des altérations, sauf à se pourvoir ainsi qu'il appartiendra pour raison desdites
altérations;
8°_ les réquisitions à fin de perquisitions et toutes autres demandes sur lesquelles
il y aura lieu de statuer.

Article 1139 : Les scellés seront levés successivement et, au fur et à mesure de
la confection de l'inventaire; ils seront réapposés à la fin de chaque vacation.

Article 1140 : On pourra réunir les objets de même nature pour être inventoriés
successivement suivant leur ordre; ils seront, dans ce cas replacés sous scellés.

Article 1141 : S'il est trouvé des objets et papiers étrangers à la succession et
réclamés par des tiers, ils seront remis à qui il appartiendra; s'ils ne peuvent être remis à
l'instant et qu'il soit nécessaire d'en faire Ja description, elle sera faite sur le procès-verbal
des scellés et non sur l'inventaire.
Article 1142 : Si la cause de l'apposition des scellés cesse avant qu'ils soient
levés, ou pendant le cours de leur levée, ils seront levés sans description. ,
W

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Article 1143 : Les frais d'apposition et de levée des scellés sont à la charge de
celui qui en a sollicité l'apposition sauf décision contraire du président du tribunal.
SECTION VII
DE L'INVENTAIRE

Article 1144 : L'inventaire peut être requis par ceux qui ont droit de requérir la
levée des scellés.
Article 1145 : Il doit être fait en présence:
1°_ du conjoint survivant;
2°- des héritiers présomptifs;
3° - de l'exécuteur testamentaire si le testament est connu;
4°_ des donataires et légataires universels ou à titre universel, soit en propriété,
soit en usufruit ou eux dûment appelés, s'ils demeurent à moins de cinquante (50)
kilomètres; s'ils demeurent au-delà, il sera appelé, pour tous les absents, un seul notaire
nommé par le président du tribunal de première instance pour représenter les parties
appelées et défaillantes.
Article 1146 : Outre les formalités communes à tous les actes devant notaire,
l'inventaire contiendra:
1°_ les nom, prénoms, profession et demeure des requérants, des comparants,
des défaillants et des absents, s'ils sont connus, du notaire appelé pour les représenter,
des commissaires-priseurs et experts et la mention de l'ordonnance qui commet le
notaire pour les absents et défaillants;
2°-l'indication des lieux où l'inventaire est fait;
3°- la description, l'estimation des effets. laquelle est faite à juste valeur et sans
crue;
4°_ la désignation des espèces en numéraires;
5°-la désignation des qualités, poids et titre de l'argenterie;
6°- les papiers seront cotés par première et dernière; ils seront paraphés de la
main d'un des notaires; s'il y a des livres et registres de commerce, l'état en sera
constaté, les feuillets en seront pareillement cotés et paraphés s'ils ne le sont; s'il y a des
blancs dans les pages écrites, ils sont bâtonnés;
7°- la déclaration des titres actifs et passifs;
8°_ la mention du serment prêté, lors de la clôture de l'inventaire, par ceux qui
ont été en possession des objets avant l'inventaire ou qui ont habité la maison dans
laquelle sont lesdits objets, qu'ils n'en ont détourné, vu détourner, ni su qu'il en ait été
détourné aucun;
9°_ la remise des effets et papiers, s'il y a lieu, entre les mains de la personne
dont on conviendra ou qui, à défaut, sera nommée par le président du tribunal de
première instance.

Article 1147: Si, lors de l'inventaire, il s'élève des difficultés ou s'il est formé des
réquisitions pour l'administration de la communauté ou de la succession ou pour tous les
autres objets, et qu'il n'y soit pas déféré par les autres parties, les parties requérantes se
pourvoiront en référé devant le président du tribunal de première instance.
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.
Le président mettra son ordonnance sur la minute du procès-verbal.
SECTION VIII
DU BENEFICE D'INVENTAIRE

Article 1148: Si l'héritier veut, avant de prendre qualité, et conformément à la


loL se faire autoriser à procéder à la vente d'effets mobiliers dépendant de la succession,
il présente à cet effet requête au président du tribunal de première instance dans le
ressort duquel la succession est ouverte.
La vente en est faite par un officier public, après les affiches et publications
prescrites par l'acte uniforme de l'OHADA relatif aux procédures simplifiées de
recouvrement et aux voies d'exécution.

Article 1149 : S'il y a lieu à vendre les immeubles dépendant de la succession,


l'héritier bénéficiaire présente au président du tribunal de première instance du lieu
d'ouverture de la succession une requête dans laquelle ces immeubles sont désignés
sommairement.
Cette requête est communiquée au ministère public ; sur ses conclusions et le
rapport du juge nommé à cet effet, il est rendu jugement qui autorise la vente et fixe la
mise à prix ou qui ordonne préalablement que les immeubles soient vus et estimés par un
expert nommé d'office.
Dans ce cas, le rapport de l'expert est entériné sur requête par le, tribunal et,
sur les conclusions du ministère public, le tribunal ordonne la vente.

Article 1150 : Il est procédé à la vente dans chacun des cas ci-dessus prévus,
suivant les formalités prescrites au titre "de la vente des biens immeubles appartenant à
des mineurs" du présent code. L'héritier bénéficiaire est réputé héritier pur et simple s'il a
vendu des immeubles sans se conformer aux règles prescrites par le présent chapitre.

Article 1151 : S'il ya lieu à faire procéder à la vente du mobilier et des rentes
dépendant de la succession, la vente est faite suivant les formes prescrites pour la vente
de ces sortes de biens, à peine contre l'héritier bénéficiaire, d'être réputé héritier pur et
simple.
Article 1152 : Le prix de la vente du mobilier est distribué entre les créanciers
opposants suivant les formalités indiquées au titre "de la distribution du prix" de l'acte
uniforme de l'OHADA relatif aux procédures simplifiées de recouvrement et aux voies
d'exécution.
Article 1153 : Le prix de la vente des immeubles est distribué suivant l'ordre des
privilèges et hypothèques.
Article 1154 : Le créancier ou toute autre partie intéressée qui veut obliger
l'héritier bénéficiaire à donner caution, lui fait faire sommation à cet effet, par acte extra
judiciaire signifié à personne ou à domicile.
Article 1155 : Dans les quinze (15) jours de cette sommation, outre les délais de
distance entre le domicile de l' héritier et la commune où siège le tribunal, il est tenu de
présenter caution au greffe du tribunal de l'ouverture de la succession, dans la forme
prescrite pour les réceptions de caution.

Article 1156 : S'il s'élève des difficultés relativement à la réception de la


caution, les créanciers provocants sont représentés par l'un d'eux. .
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Article 1157 : Sont observées pour la reddition du compte du bénéficiaire


d'inventaire, les formes prescrites au chapitre "des redditions de comptes" du présent
code.
Article 1158 : Les actions à intenter par l' héritier bénéficiaire contre la
succession sont intentées contre les autres héritiers, et s'il n'yen a pas, ou qu'elles soient
intentées par tous, elles le sont contre le curateur au bénéfice d'inventaire, nommé par le
président du tribunal de première instance à la requête de toute personne intéressée.

TITRE"
DE LA PROCEDURE D'EXEQUATUR ET DE L'ARBITRAGE

CHAPITRE 1
DE LA PROCEDURE D'EXEQUATUR

Article 1159 : Les jugements rendus par les tribunaux étrangers et les actes
reçus par les officiers étrangers ne sont susceptibles d'exécution en République du Bénin
qu'après avoir reçu l'exequatur par une décision rendue par le président du tribunal de
première instance du lieu où l'exécution doit être poursuivie, sans préjudice des
dispositions résultant des accords et traités internationaux.
Article 1160; En matière civile, commerciale, sociale et administrative, Jes
décisions contentieuses et gracieuses rendues par les juridictions étrangères ont de plein
droit l'autorité de la chose jugée sur Je territoire de la République du Bénin dans les
conditions suivantes;
1°- si le litige se rattache d'une manière caractérisée à l'Etat dont le juge a
été saisi et si le choix de la juridiction n'a pas été frauduleux;
2°_ si la décision est, d'après la loi de "Etat où elle a été rendue, passée en
force de chose jugée et susceptible d'exécution;
3°_ si les parties ont été régulièreme·nt citées, représentées ou déclarées
défaillantes;
4°_ si la décision ne contient rien de contraire à l'ordre public de la République
du Bénin.
Ces décisions n'auront pas l'autorité de la chose jugée sur le territoire de la
République du Bénin si un litige entre les mêmes parties et ayant le même objet est
pendant devant une juridiction béninoise antérieurement saisie, ou y a déjà été jugé, ou
a donné lieu à une décision judiciaire dans un autre Etat, pour autant que cette décision
puisse être reconnue en République du Bénin.
Article 1161 : Les décisions visées à l'article précéde nt ne peuvent donner lieu
à aucune exécution forcée en République du Bénin ni faire l'objet d'aucune formalité
publique telle que l'inscription, la transcription ou la rectification sur les registres publics
qu'après y avoir été déclarées exécutoires.
Article 1162; L'exequatur est accordé quelle que soit la valeur du litige, par le
président du tribunal de première instance du lieu où l'exécution doit être poursuivie.
Le président est saisi et statue suivant 10 forme prévue po~r les référés.
La décision est susceptible de recours devant la cour d'appel qui statue
comme en matière de référé dans un délai n'excédant pas trois (03) mois à compter de
sa saisine. Le président se borne à vérifier si la décision dont l'exequatur est demandé .
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remplit les conditions prévues à l'article 1160 pour avoir de plein droit "autorité de la
chose jugée.
Il procède d'office à cet examen et doit en constater le résultat dans sa
décision.
1/ ordonne. s'il y a lieu. les mesures nécessaires pour que la décision soumise à
exequatur reçoive la même publicité que si elle avait été rendue en République du
Bénin.
L'exequatur peut être accordé partiellement pour l'un ou l'autre seulement
des chefs de la décision invoquée.
Article 1163 : La décision d'exequatur a effet entre les parties à l'instance en
exequatur et sur toute l'étendue du territoire de la République du Bénin.
Cette décision d'exequatur permet à la décision rendue exécutoire de
produire. à partir de la date de "obtention de l'exequatur. en ce qui concerne les
mesures d'exécution. les mêmes effets que si elle avait été rendue par le tribunal ayant
accordé "exequatur. à Ja date de l'obtention de celui·ci.
Artlc le 1164 : La partie qui invoque l'autorité d'une décision judiciaire ou qui en
demande "exécution doit produire:
JO. une expédition de la décision réunissant les conditions nécessaires à son
authenticité;
2°· l'original de l'exploit de signification de Jo décision ou de tout autre acte
qui tient lieu de signification;
3°· un certificat du greffier constatant qu'il n'existe contre la décision ni
opposition ni appel. s'il y a lieu;
4°_ le cas échéant, une copie de la citation ou de la convocation de la partie
qui a fait défaut à "instance.

Article 1165 : Les actes authentiques, notamment les actes notariés,


exécutoires dans un Etat étranger, sont déclarés exécutoires en République du Bénin par
le président du tribunal de première instance du lieu où l'exécution doit être poursuivie.
Le président du tribunal vérifie seulement si Jes actes réunissent les conditions
nécessaires à leur authenticité dans l'Etat où ils ont été reçus et si Jes dispositions dont
l'exécution est poursuivie n'ont rien de contraire à l'ordre public ou aux principes de droit
public en République du Bénin.

Article 1166 : Les hypothèques terrestres conventionnelles consenties à


l'étranger ne sont inscrites et ne produisent effet en République du Bénin que lorsque les
actes qui en contiennent la stipulation ont été rendus exécutoires par le président du
tribunal de première instance du lieu de situation.
Le président du tribunal vérifie seulement si les actes et Jes procurations qui en
sont le complément réunissent toutes les conditions nécessaires pour 'eur validité.
Les dispositions qui précèdent sont également applicables aux actes de
consentement à radiation ou à réduction passés dans l'un des deux (02) pays. .
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.
CHAPITRE Il
DE LA PROCEDURE DE L'ARBITRAGE

Article 1167 : Sauf conventions contraires des parties, l'arbitrage et la


procédure y relative sont régis par l'acte uniforme.de l'OHADA sur le droit de l'arbitrage.
Article 1168: Sauf dispositions contraires, les demandes d'exequatur des
sentences arbitrales, sont portées devant le président du tribunal du lieu où l'exécution
sera entreprise.

Article 1169: la sentence dessaisit "arbitre du litige.


L'arbitre a néanmoins le pouvoir d'interpréter la sentence, ou de réparer les
erreurs et omissions matérielles qui "affectent.
Lorsqu'il a omis de statuer sur un chef de demande, il peut le faire par une
sentence additionnelle.
Dans l'un ou l'autre cas susvisé, la requête doit être formulée dans le délai de
trente (30) jours à compter de la notification de la sentence. Le tribunal dispose d'un
délai de quarante cinq (45) jours pour statuer.
Si le tribunal arbitral ne peut à nouveau être réuni, ce pouvoir appartient à la
juridiction qui eût été compétente à défaut d'arbitrage.

Article 1170: Le recours en annulation prévu à l'article 25 alinéa 2 de l'acte


uniforme de l'OHADA relatif aux droits de l'arbitrage est porté devant la cour d'appel du
siège de l'arbitrage, par voie d'assignation.
Sous peine d'irrecevabilité du recours, l'assignation doit indiquer que la cour
est saisie en matière de recours en annulation sur le fondement de l'article 25 alinéa 2
précité.
La cour d'appel statue comme en matière d'urgence.

TITRE III
DES DISPOSITIONS DIVERSES

CHAPITRE 1
DE L'APPOSITION DE LA FORMULE EXECUTOIRE SUR LES ARRETS DE
LA COUR COMMUNE DE JUSTICE ET D'ARBITRAGE

Article 1171 : La formule exécutoire prévue à l'article 46.1 du règlement de


procédure de la cour commune de justice et d'arbitrage et à l'article 31.1 de l'acte
uniforme de l'OHADA relatif au droit de l'arbitrage, est apposé par le greffier en chef de
la cour d'appel de Cotonou.

CHAPITRE. "
DES OFFRES DE PAIEMENT ET DE LA CONSIGNATION

Article 1172 : Tout procès-verbal d'offres désigne l'objet offert, de manière


qu'on puisse lui en substituer un autre ; et si ce sont des espèces, il en contient
l'énumération et la qualité.
Le procès-verbal fait mention de la réponse, du refus ou de l'acceptation du
créancier, et s'il a signé, refusé ou déclaré ne pouvoir signer. .
't,;
Si le créancier refuse les offres. le débiteur peut. pour se libérer, consigner la
somme ou la chose offerte, en observant les formalités prescrites par l'article suivant.
Le tiers saisi qu'une opposition empêche de payer, peut se libérer en
consignant sans avoir à faire des offres réelles selon les formalités prescrites par l'article
suivant. Cette opposition doit être dénoncée.
Article 1173: " n'est pas nécessaire pour la validité de la consignation, qu'elle
ait été autorisée par le juge. Il suffit :

1°_ qu'elle ait été suivie d'une sommation signifiée au créancier et contenant
"indication du jour, de l'heure et du lieu où la chose offerte a été déposée;
2°_ que le débiteur se soit dessaisi de la chose offerte a été en la remettant
dans le dépôt indiqué par la loi pour recevoir les consignations avec les intérêts jusqu'au
jour du dépôt;
3°_ qu'il y ait procès-verbal dressé par l'officier ministériel, de la nature des
espèces offertes, du refus qu'a fait le créancier de les recevoir, ou de sa non
comparution, et enfin du dépôt;
4°_ qu'en cas de non comparution du créancier, le procès-verbal du dépôt lui
ait été signifié avec sommation de retirer la chose déposée.

Article 1174 : L'action qui peut être intentée soit en validité, soit en nullité
d'offres ou de consignation, est formée d'après les règles établies pour les demandes
principales; si elle est incidente, elle l'est par conclusions.

Article 1175 : Le jugement qui déclare les offres valables ordonne, dans le cas
où la consignation n'a pas encore eu lieu, que faute par le créancier d'avoir reçu la
somme ou la chose offerte, elle sera consignée; il prononce la cessation des intérêts, du
jour de la consignation.

Article 1176 : La consignation volontaire ou ordonnée est toujours à la charge


des parties ayant fait oppositions, s'il en existe.

Article 1177 : Le surplus est réglé par les dispositions du code civil en vigueur
relatif aux offres de paiement et à la consignation.

CHAPITRE III
DES VOIES A PRENDRE POUR AVOIR EXPEDITION OU COPIE D'UN ACTE
OU POUR LE FAIRE REFORMER

Article 1178 : Les grosses, expéditions, copies et extraits délivrés par les notaires,
greffiers et commissaires priseurs ainsi que les copies et exploits, des pièces annexées aux
exploits d'huissier sont établis conformément à la loi.

Article 1179 : Le notaire ou autre dépositaire qui refuse de délivrer expédition


ou copie d'un acte aux parties intéressées en nom direct, héritiers ou ayants droit, y est
condamné sur assignation à bref délai en vertu de la permission du président du tribunal
de première instance. .
S'il s'agit de requête, le greffier se conforme aux dispositions de l'article 122 du
présent code. .
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Article 1180 : L'ordonnance ou le jugement est exécutoire nonobstant


opposition ou appel.
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Article 1181 : La partie qui veut obtenir copie d'un acte non enregistré ou
même resté imparfait présente sa requête au président du tribunal de première instance,
sous réserve de "application des lois et règlements relatifs à l'enregistrement.
Article 1182 : La délivrance est faite, s'il y a lieu, en exécution de "ordonnance
mise en suite de la requête et il en est fait mention au bas de la copie délivrée.

Article 1183: En cas de refus de la part du notaire ou du dépositaire, il en est


référé au président du tribunal de première instance.

Article 1184 : La partie qui veut se faire.délivrer une seconde grosse soit d'une
minute d'acte, soit par forme d'ampliation sur une grosse déposée, présente à cet effet
requête au président du tribunal de première instance; en vertu de l'ordonnance qui
intervient, elle fait sommation au notaire pour faire la délivrance à jour et à heure
indiqués et aux parties intéressées pour y être présentes; mention est faite de cette
ordonnance au bas de la seconde grosse, ainsi que de la somme pour laquelle on peut
exécuter, si la créance est acquittée ou cédée en partie.

Article 1185 : En cas de contestation, les parties se pourvoient en référé.


Article 1186: Celui qui, dans le cours de l'instance, veut se faire délivrer
expédition ou extrait d'un acte dans lequel il n'a pas été partie se pourvoifainsi qu'il va
être réglé.
Article 1187 : La demande à fin de compulsoire est formée par requête
d'avocat à avocat ou par citation de partie à partie. Elle est portée à l'audience et
jugée conformément à l'article 161 du présent code sans aucune procédure.

La demande à fin de compulsoire peuf également être introduite par requête


écrite. Dans ce cas, le greffier se conforme aux dispositions de l'article 121 du présent
code.
Article 1188 : Le jugement est exécutoire, nonobstant appel ou opposition.

Article 1189 : Les procès-verbaux de compulsoire ou de collation sont dressés


et l'expédition ou la copie est délivrée par le notaire ou le dépositaire, à moins que le
tribunal qui l'a ordonnée n'ait commis un de ses membres ou tout autre juge du tribunal
de première instance ou un autre notaire.

Article 1190 : Les parties peuvent collationner l'expédition ou la copie à la


minute, dont lecture est faite par le dépositaire; si elles prétendent qu'elles ne sont
conformes, il en est référé, à jour indiqué par le procès-verbal, au président du tribunal de
première instance lequel fait la collation; à cet effet, le dépositaire est tenu d'apporter la
minute.
les frais du procès-verbal ainsi que ceux du transport du dépositaire sont
avancés par le requérant.

Article 119.1 : Les greffiers et dépositaires des registres publics en délivrent, sans.
ordonnance de justice, expédition, copie ou extrait à tous requérants à la charge de
leurs droits, à peine de dépens et dommages et intérêts.
Article 1192 : Le jugement dont les termes sont obscurs ou ambigus peut être
interprété par le juge qui l'a rendu à condition qu'il ne soit pas porté atteinte à l'autorité ,
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de la chose jugée et que l'interprétation demandée présente un intérêt pour la partie qui
l'a sollicitée.
Article 1193 : Les fautes d'orthographe, les omissions, les erreurs matérielles de
nom et prénoms, de calcul et autres irrégularités évidentes de même nature qui peuvent
se trouver dans la minute d'une décision de justice, doivent toujours être rectifiées,
d'office ou sur requête par simple ordonnance du président de la juridiction qui statue, à
condition que la rectification demandée ne soit pas un moyen détourné de modifier le
jugement et de porter atteinte à l'autorité de la chose jugée.

La décision qui ordonne une rectification est mentionnée sur la minute et sur
les expéditions qui auraient pu être délivrées.
Article n94 : Si le jugement est frappé d'appel, la juridiction d'appel est
compétente pour connaître de l'interprétation ou de la rectification.
Les demandes en interprétation ou en rectification sont introduites et jugées
selon les voies ordinaires.

Article 1195: Une seconde expédition èxécutoire d'un jugement n'est délivrée
à la même partie qu'en vertu d'ordonnance du président du tribunal où il a été rendu.
Sont observées les formalités prescrites pour la délivrance des secondes
grosses des actes devant notaire.
Article 1196 : Celui qui veut faire rectifier une erreur matérielle dans un acte de
l'état civil, procède comme il est dit aux dispositions des articles 100 à 111 du code des
personnes et de la famille.
Celui qui veut faire rectifier un jugement relatif à l'état civil, présente requête
au tribunal de première instance.
L'affaire sera instruite et jugée selon la procédure de la chambre du conseil.
Le président du tribunal ou le tribunal peut ordonner que toutes les parties
intéressées soient appelées en cause et que le conseil de famille soit convoqué.

Article 1197 : Appel peut être interjeté. contre l'ordonnance ou le jugement,


dans les conditions prévues par la loi relative à la chambre du conseil.

Article 1198 : Le dispositif des ordonnances, jugements et arrêts, quels qu'ils


soient, dont la transcription ou la mention sur les registres de l'état civil aura été
ordonnée, devra énoncer les noms et prénoms des parties en cause, ainsi que les lieux et
dates des actes en marge desquels la mention devra être portée.
La transcription ne comprendra que le dispositif ; les qualités et les motifs ne
devront être ni signifiés par les parties à l'officier de l'état civil, ni transmis par le procureur
de la République.
CHAPITRE IV
DE LA RECONSTITUTION DES ACTES DETRUITS

Article 1199 : La demande en reconstitution de l'original d'un acte


authentique ou sous seing privé détruit, en tous lieux, par suite de faits de guerre ou de
sinistres est portée devant le tribunal de première instance. ,
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Article 1200: Le tribunal compétent est celui du lieu où l'acte a été établi ou si
"acte a été établi à l'étranger, celui du lieu où demeure le demandeur; si celui-ci
-. demeure à l'étranger, le tribunal de première instance de Cotonou est compétent.
Article 1201 : La reconstitution d'une décision de justice est effectuée par la
juridiction qui l'a rendue.
Article 1202 : La demande est formée, instruite et jugée comme en matière
gracieuse.

Article 1203: Le tribunal peut opérer la reconstitution partielle de l'acte dans le


cas où la preuve de certaines clauses, se suffisant â elles-mêmes, est seule rapportée.

CHAPITRE V
DES RECEPTIONS DE CAUTIONNEMENT

Article 1204: Le cautionnement est présenté par acte signifié au domicile de


la partie ou au domicile par elle élu, avec sommation à jour et heure fixés de se présenter
au greffe pour prendre communication sans déplacement des titres du cautionnement,
s'il est ordonné qu'elle en fournira, et à l'audience pour voir prononcer sur l'admission en
cas de contestation.

Article 1205 : Lorsque la partie ne comparait pas, ou ne conteste point le


cautionnement. elle fait sa soumission au greffe ; si elle conteste, il est statué au jour
indiqué par la sommation ; dans tous les cas, le jugement est exécutoire nonobstant
opposition ou appel.
CHAPITRE VI
DES REDDITIONS DE COMPTES

Article 1206 : Les comptables commis par justice sont poursuivis devant les
juges qui les ont commis, les tuteurs, devant les juges du lieu où la tutelle a été déférée,
tous les autres comptables devant les juges de leur domicile.

Article 1207 : En cas d'appel d'un jugement qui a rejeté une demande en
reddition de compte, l'arrêt infirmatif renvoie, pour la reddition et le jugement du
compte, au tribunal où la demande a été formée ou à tout autre tribunal de première
instance que "arrêt indique.
Si le compte a été rendu et jugé en première instance, l'exécution de l'arrêt
infirmatif appartient à la cour qui l'a rendu, ou à un autre tribunal qu'elle a indiqué par le
même arrêt.

Article 1208 : Les demandeurs en reddition de compte qui ont le même intérêt
nomment un seul avocat ; faute de s'accorder sur le choix, le plus ancien occupe ;
néanmoins chacun d'eux peut en constituer un, mais les frais occasionnés par cette
constitution particulière, et faits tant activement que passivement, sont supportés par ce
demandeur.
Article 1209 : Tout jugement portant condamnation de rendre compte fixe le
délai dans lequel le compte sera rendu et commet un juge. ,
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Article 1210: Si le préambule du compte, en y comprenant la mention de'
l'acte ou du jugement qui a commis le rendant et celle du jugement qui a ordonné le
compte, excède six (06) rôles, l'excédent ne passe point en taxe.
Article 1211 : Le rendant n'emploie pour dépenses communes que les frais de
voyage, s'il y a lieu, les vacations de l'avocat qui aura mis en ordre les pièces du
compte, les grosses et copies. les frais de présentation et affirmation.
Article 1212 : Le compte contient les recettes et dépenses effectuées; il est
terminé par la récapitulation de la balance desdites recettes et dépenses sauf à faire un
chapitre particulier des objets à recouvrer.
Article 1213 : Le rendant présente et affirme son compte en personne ou par
mandataire spécial. dans le délai fixé. et au jour indiqué par le juge-commissaire. les
demandeurs audit compte présents ou appelés à personne ou à domicile s'ils en ont
constitué.
Le délai passé. le rendant y sera contraint par saisie et vente de ses biens
jusqu'à concurrence d'une somme que le tribunal arbitrera.
Article 1214 : Le compte présenté et affirmé. si la recette excède la dépense.
le demandeur peut requérir du juge-commissaire exécutoire de cet excédent sans
approbation du compte.

Article 1215 : Après présentation et affirmation. le compte es.t signifié au


demandeur en reddition de compte ou à son avocat. Les pièces justificatives sont cotées
et paraphées par le rendant ou par son avocat s'il en a un ; si elles sont communiquées
sur récépissé. elles sont rétablies dans le délai quÎ sera fixé par le juge-commissaire sous
astreinte.
Si les demandeurs ont constitué des avocats différents, la copie et la
communication ci-dessus sont données à l'avocat le plus ancien, s'ils ont le même
intérêt. et à chaque avocat s'ils ont des intérêts différents.
S'il y a des créanciers intervenants. ils n'ont tous ensemble qu'une seule
communication, tant du compte que des pièces justificatives. par les mains du plus
ancien des avocats qu'ils ont constitués.
La partie qui ne restitue pas les pièces communiquées peut y être contrainte.
éventuellement sous astreinte.

Article 1216 : Les quittances de fournisseurs. ouvriers, maîtres de pension et


autres de même nature, produites comme pièces justificatives du compte, sont
dispensées de l'enregistrement.

Article 1217 : Aux jour et heure indiqués par le juge-commissaire, les parties se
présentent devant lui pour fournir débats, soutènements et réponses sur son procès-
verbal.
Si les parties ne se présentent pas, l'affaire est portée à l'audience sur simple
acte.
Les soutènements sont constitués par des justifications présentées pour rétablir
la sincérité du compte.

Article 1218 : Lorsque les parties ne s'accordent pas, le juge-commissaire


ordonne qu'il en sera par lui déposé rapport à l'audience. au jour qu'il indique; les
parties sont tenues de s'y trouver, sans aucune sommation. •
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ArtIcle 1219 : Le jugement qui intervient sur l'instance de compte contient le
calcul de la recette et des dépenses. et fixe le reliquat précis.
-, Article 1220 : Il n'est procédé à la révision d'aucun compte. sauf aux parties à
en former la demande devant les mêmes juges, s'il y a erreurs. omissions. faux ou doubles
emplois.
Article 1221 : Si le demandeur en reddition de compte est défaillant. le juge-
commissaire dépose son rapport au jour par lui indiqué. Les articles sont alloués. s'ils sont
justifiés; le rendant, s'il est reliquataire. garde les fonds sans intérêts; s'il ne s'agit point
d'un compte de tutelle, le comptable donne caution, si mieux il n'aime consigner.

CHAPITRE VII
DES BIENS INSAISISSABLES

Article 1222 : Ne peuvent être saisis:

1°_ les objets que la loi déclare immeubles par destination;


2°· le coucher nécessaire des saisis, ceux de leurs enfants vivant avec eux, les
habits dont les saisis sont vêtus et couverts;
3°-les livres relatifs à la profession du saisi, jusqu'à la somme de cinq cent mille
1500000) francs à son choix;
4°· les machines et instruments servant.à l'enseignement pratique ou exercice
des sciences et arts, jusqu'à concurrence de la même somme et au choix du saisi;
50 -les équipements des militaires, suivant l'ordonnance et le grade;
6°_ les outils des artisans, nécessaires à leurs occupations personnelles;
7°_ les farines et menues denrées nécessaires à la consommation du saisi et de
sa famille pendant un (01) mois;
8°· enfin, une vache ou trois brebis ou deux chèvres, au choix du saisi, avec les
pailles, fourrages et grains nécessaires pour la litière et la nourriture desdits animaux
pendant un (Dl) mois.

ArtIcle 1223: Lesdits objets ne peuvent être saisis pour aucune créance,
même celle de l'Etat, si ce n'est pour aliments fournis à la partie saisie, ou sommes dues
aux fabricants ou vendeurs desdits objets, ou à celui qui aura prêté pour les acheter,
fabriquer ou réparer; pour fermages et moissons des terres à la culture desquelles ils sont
employés; loyers des manufactures, moulins, pressoirs, usines dont ils dépendent et loyers
des lieux servant à l'habitation personnelle du débiteur.
Les objets spécifiés sous le n° 2 du précédent article ne peuvent être saisis pour
aucune créance.
Ne peuvent être saisis pour aucune créance, le mobilier meublant, le linge, les
vêtements et objets de ménage appartenant aux personnes qui bénéficient de
l'assistance à la famille conformément aux textes en vigueur.
Sur la demande qui lui en sera faite par l'huissier, le saisi devra déclarer au
moment de la saisie, s'il appartient à une des catégories ci-dessus visées et en fournir la
justification. .
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CHAPITRE VIII
DES PROCEDURES SIMPLIFIEES DE RECOUVREMENT
..... ET DES VOIES D'EXECUTION

Article 1224: Les dispositions du traité relatif à l'Organisation pour


l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires annexées au présent code, sont
applicables suivant les cas aux procédures ci-après:
10 - l'injonction de payer;
2°-la procédure simplifiée tendant à la délivrance ou à la restitution d'un bien
meuble déterminé;
3°-les voies d'exécution relatives:
- aux saisies conservatoires des biens meubles et des récoltes sur pied,
- à la saisie-vente,
- à la saisie-attribution des créances,
- à la saisie et cession des rémunérations,
- à la saisie-appréhension et saisie-revendication des biens meubles
corporels,
- à la saisie des droits d'associés et des valeurs mobilières,
- à la saisie-immobilière,
- à la distribution du prix.

L'acte Uniforme de l'OHADA portant organisation des procédures simplifiées


de recouvrement et des voies d'exécution abroge toutes les dispositions relatives aux
matières qu'il concerne dans les Etats parties.

CHAPITRE IX

DE LA SUSPENSION DES DELAIS DE SAISINE, DE PRESCRIPTION, DE PEREMPTION


D'INSTANCE, D'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS "ET DES VOIES D'EXECUTION EN CAS DE
CESSATION CONCERTEE DU TRAVAIL

Article 1225 : En cas de cessation concertée de travail perturbant le


fonctionnement normal du service public de la justice, les délais impératifs fixés par les
textes en vigueur, notamment aux fins de saisine, de prescription, de péremption
d'instance, d'exercice de voies de recours, d'exécution des décisions, dans toutes les
procédures judiciaires, contentieuses ou non contentieuses, sont suspendus.

1/ en est de même des délais administratifs, lorsque leur inobservation est due à
l'impossibilité d'obtenir des documents délivrés par l'Administration centrale du ministère
de la justice, les juridictions et des services rattachés.

Article 1226: La suspension des délais susvisés prend fin dès l'arrêt de la
cessation concertée du travail. .
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TITRE IV
DES DISPOSITIONS TRANSITOIRES ET DIVERSES

Article 1227 : Les présentes dispositions entreront en vigueur un (01) an après


leur promulgation.
Article 1228 : En matière administrative. la cour suprême demeurera
compétente jusqu'à la mise en place des chambres administratives des tribunaux de
première instance.
Dès la mise en place de ces chambres, les procédures en cours à la cour
suprême leur seront transférées en l'état où elles se trouveront, sauf celles qui seraient en
état d'être jugées immédiatement.

Seraient en état d'être jugées immédiatement:

10 _ les procédures communiquées au parquet pour conclusions;

20 _ celles dans lesquelles les parties auraient produit leurs mémoires et pièces
ou que les délais pour les produire seraient expirés;

30 _ celles pour lesquelles une mise en demeure aurait été déjà notifiée aux
parties conformément aux textes en vigueur.

Article 1229 : En attendant l'harmonisation du droit applicable en matière


immobilière, l'appel et le pourvoi en cassation peuvent se faire par déclaration orale en
matière immobilière de droit traditionnel.
Article 1230 : Sont et demeurent abrogées toutes les dispositions antérieures
contraires à celles du présent code à l'exception de celles régissant le droit traditionnel
qui demeurent applicables en ce qu'elles ne sont pas contraires à la présente loi.

Article 1231 : La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat.-

Fait à Cotonou, le 28 février 2011

Par le Président de la République,


Chef de l'Etat, Chef du Gouvernement,

Dr Boni YAYI.-
Le Ministre d'Etat Chargé de la Prospective, du Développement,
de l'Evaluation des Politiques Publiques et de la Coordination
de l'Action Gouvernementale,

Pascal Irénée KOUPAKI

Le Garde des Sceaux, Ministre Le Ministre Chargé des Relations


de la Justice, de la Législation et avec les Institutions,
des Droits de l'Homme,

Grégoire AKOFODJI ~-
AMPLIATIONS: PR 6 AN 4 CS 2 CC 2 CES 2 HAAC 2 HCJ 2 MECPDEPPCAG 4 GS/MJLDH 4 MCRI4 AUTRES MINISTERES
23 SGG 4 SMTP 2 DGAE-DGCPE 2 DGBM·DCF-DGTCP-DGID-DGDDI 5 BN-DAN-DLC- 3 GCONB-DGCST·INSAE 3 BCP·CSM-
IGAA 3 BCP·CSM·IGAA 3 UAC-ENAM·FADESP 3 UNIPAR-FDSP 2 JO 1.

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