Gestion Fiscale et Sociale des Salaires
Thèmes abordés
Gestion Fiscale et Sociale des Salaires
Thèmes abordés
Définition :
Le salaire est la rémunération de l’effort fournit par un individu ou une entité qui
contribue à la production des biens et services.
Le travail c’est tout effort physique ou intellectuel contribuant à la satisfaction d’un
besoin. Le salaire est également la rémunération d’un travail mettant au prise un employeur
qui est le bénéficiaire du travail et un employé qui fournit l’effort. Cette relation se fait sur la
base d’une convention appelée Contrat de Travail. Ce contrat peut être sous forme évolue
vers l’informel, il faut un reçu lorsqu’on donne le salaire (Bulletin de Paie)
Le salaire s’étudie sur plusieurs formes :
Volet Juridique, volet Comptable / Financier et volet Administratif.
1) Volet Juridique :
2) Volet Administratif :
3) Volet Comptable
Il s’agit des dispositions à mettre en place pour le bon calcul et le règlement des
rémunérations du personnel notamment :
- Les grilles de salaire
- Les fiches de renseignement
- Les feuilles de présence
- La loi de finance
- Le code général des impôts
- Les textes réglementaires organisant le régime de cotisation sociale, syndicale et
mutualiste.
- Les ordonnances judiciaires
- La grille de salaire, taux de rémunération ou barème des monuments, prime,
indemnité, appointement
- Grille ou barème des retenues pour impôt et cotisation sur salaire
- Les formules de calcul et d’évaluation des éléments de paie
- La procédure d’exécution de la paie ou description de processus de la paie
- Les dissolutions préparatoires de la paie
- Les outils de calculs de la paie (fiche récapitulative des éléments de paie et
l’acompte)
- Bulletin de paie
- Etat de paiement des salaires
- Journal de paie
- D.I.P.E. (Document d’Information sur le Personnel Employé)
4) Volet Financier :
- Les dispositions pratiques sur le règlement de salaire par banque (n° de compte de
l’employeur, n° des comptes des employés, les états de virements des salaires)
- Les dispositions pratiques sur le règlement de salaire par caisse (état de salaire
payé par billetage, l’ordre de sortie de salaire par caisse, etc.)
- Les dispositions pratiques pour le reversement des impôts, taxe sur salaire
1° La préparation de la paie :
2) Exécution de la paie :
4) Reversement du D.I.P.E :
6) Comptabilisation de la paie :
Il s’agit de prendre en compte dans les états financiers de l’entreprise les éléments
relatifs à la paie (voir méthode de comptabilisation par étape).
ECRITURES DE PAIE :
Schéma d’écriture de l’entreprise
31/01/…
6611 Salaires et appointements
(Paie janvier…)
d°
6651 Charges sociales du personnel
d°
422 Personnels rémunérations dues
431 Sécurité sociale
4471 Impôts taxes sur les salaires
571
Caisse principale
INTRODUCTION
Il n’existe aucun texte commun portant dispositions fiscale et sociale relatives aux
salaires.
Ainsi, nous ferons un regroupement cohérent des principales dispositions qui s’y
rattachent.
1) LES DISPOSITIONS A CARACTERE FISCAL
A – I.R.P.P
Les salaires constituent l’une des catégories des revenues (art. 68 et suivants). Par
conséquent, les salaires sont soumis à la :
- T.P. au taux de 6% avec abattement de 20% pour frais professionnels ;
- S.P. avec application du quotient familial. En principe, son calcul est annuel. Mais,
comme la paie est mensuelle, une approximation suffisante est faite tous les mois
(un barème indicatif existe). D’où la nécessité de procéder à des régularisations
lors de la déclaration annuelles des revenues.
L’I.R.P.P est un impôt assis sur le revenu annuel du salarié. C’est la contribution du salarié
qui figure sur le bulletin, conformément au barème préétablis par le législateur.
BASE TAUX
[0 à 50 000] 0
[50 001 à 100 000] 750
[100 001 à 200 000] 1 950
[200 001 à 300 000] 3 250
[300 001 à 400 000] 4 550
[400 001 à 500 000] 5 850
[500 001 à 600 000] 6 850
[600 001 à 700 000] 7 150
[700 001 à 800 000] 8 450
[800 001 à 900 000] 11 050
[900 001 à 1 000 000] 12 350
[1 000 001 et plus 13 000
La quote-part de l’employeur est payée en même temps que la patente. Son montant
correspond au principal de la patente.
Il faut préciser que les redevances CRTV payées constituent un crédit d’impôt à valoir
sur l’impôt sur les revenus.
C- CREDIT FONCIER
Les cotisations au crédit foncier se calculent comme suit :
- Part salarial : 1%
- Part patronale : 1,5%
D- F.N.E
Le Fonds National de l’Emploi est à la charge de l’employeur. Le taux est de 1%.
L’assiette des cotisations des pensions vieillesses et prestations familiales est plafonnée à
750 000 FCFA / mois. Les cotisations sont payables au plus tard le 15 du mois suivant.
Prime :
- Ancienneté X X X X X
- Panier X X X X X
- salissure X
Tableau récapitulatif
Eléments Salarié Employeur Comptabilité OBS
IRPP X RAS
CRTV X RAS Impôts = Part
CF X X RAS patronale
FNE X
CNPS X X RAS Cotisation =
TDL X RAS Part salariale
Cotisation Syndicale X RAS
Exercice
La société FGC emploi [Link] Bernard (marié, père de 3 enfants) comme chef usine, affilié
à la CNPS au N° 4879K et au fisc M192560047J. Il perçoit une rémunération de base de
FCFA 230 000 et à cela s’ajoutent :
- Une indemnité de fonction…………………………….. 40 000
- Une prime transport…………………………………….30 000
- Prime de logement………………………………………65 000
- Indemnité de représentation…………………………….60 000
- Heures supplémentaires……………………………….. 29 415
TAF :
N.B : - La paie se fait tous les 5 premiers jours du mois suivant en espèces.
- L’éclairage de la maison de [Link] 25 000 F / mois, est à la charge de la société.
Ecritures Comptables
- Salaire total :
Salaire de base……………………………………………………230 000
Indemnité …………………………………………………………40 000
Prime de transport
Prime de logement
Indemnité de représentation
Heures supplémentaires
Eclairage
- Salaire taxable :
Salaire de base
Prime de transport
Indemnité de fonction
Heures supplémentaires
Salaire taxable intermédiaire
Prime de logement (15%)
Eclairage (4%)
- Salaire cotisable :
Salaire de base
Indemnité de fonction
H.S
Prime de logement
Le salaire cotisable est plafonné à 300 000F, donc nous retenons cette valeur.
TP
SP
CAC
CFC
TDL
RAV
CNPS
Charges patronales :
- Fiscales
FNE
CFC
- sociales
Pension vieillesse
Allocation familiale
Accident de travail
IRPP
CALCUL DE L’IMPOT
OBLIGATIONS DU CONTRIBUABLE
CALCUL DE L’IMPOT
L’impôt sur le Revenu des Personnes Physiques est obtenu en appliquant au revenu net global
le barème légal ci-dessous. Toutefois, certaines catégories de revenus sont soumises à des
taux spécifiques.
A- Barème de l’impôt
Il s’applique aux revenus salariaux, aux bénéfices industriels et commerciaux, aux revenus
fonciers, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux.
- De 0 F à 2 000 000 de F…………………..10%
- De 2 000 001 à 3 000 000 de F………………..15%
- De 3 000 001 à 5 000 000 de F…………………25%
- Plus de 5 000 000 de F…………………………..35%
Avec un minimum de perception de 1,1% sur le chiffre d’affaires en ce qui concerne les BIB,
BA et BNC.
B- Taux spécifiques
C- Application pratique
N.B. S’agissant des contribuables dont le CA est inférieur à 60 millions, il est fait par
application des taux fixés par décret (7,5% CA pour les commerçants non importateurs). CA
réalisé : 50 000 000 de F
Bénéfice net : 7,5% x 50 000 000 = 3 750 000 F
Total des revenus nets catégoriels : 5 769 000 + 2 100 000 +3 750 000 = 11 619 000 F
Abattement général : 50 000 000 F (Art. 29 CGI)
Revenu net global : 11 619 000 - 500 000 = 11 190 000F
A - OBLIGATIONS DECLARATIVES
1- Obligations déclaratives des personnes imposables
B- OBLIGATION COMPTABLES
- Un livre de recettes
- Un livre de dépenses nécessaires à l’exploitation
- Un état de la variation des avoirs
Régime du simplifié : Les contribuables soumis à ce régime doivent produire des documents
conformes à ceux du système comptable allégé à savoir :
- Un bilan simplifié
- Un compte de résultat simplifié
- Un état annexe simplifié
Régime du réel : Les contribuables relevant de ce régime sont soumis aux obligations
correspondant au système comptable normal (SCN) du Droit Comptable OHADA. A cet effet,
ils doivent produire :
- Le bilan
- Le compte de résultat
- Le TAFIRE
- Un état annexé
- Un état supplémentaire statistique
C- OBLIGATIONS DE PAIEMENT
L’IRPP est acquitté au plus tard le 15 mars de chaque année, lors du dépôt de la
déclaration annuelle des revenus, déduction faite des acomptes et retenues à la source opéré
au cours de l’exercice.
Les modalités de paiement des acomptes et retenues à la source varient en fonction de
la catégorie du revenu.
Les retenues effectuées au titre d’un mois doivent être reversées au plus tard le 15 du mois
suivant à la Recette des Impôts de rattachement.
Ces modalités sont les suivantes :
Revenus fonciers
L’IRPP est acquitté par voie de retenue à la source et par acomptes trimestriels suivant
le cas.
La retenue est égale à 5% du montant brut des loyers.
Elle est opérée par l’Etat et ses démembrements, ainsi que par les entreprises privées soumises
au régime du réel et du régime simplifié.
Pour ceux dont l’impôt n’est pas retenu à la source, les acomptes trimestriels doivent être
acquittés les 15 avril, 15 juillet, 15 octobre et 15 janvier de chaque année.
Les plus-values réalisées sur les immeubles acquis à titre onéreux ou gratuit subissent
un prélèvement libératoire de 25% effectué par le notaire pour le compte du vendeur, et
reversé lors de la formalité de l’enregistrement au Centre Provincial des Impôts de
rattachement.
S’agissant de ces revenus catégoriels, l’IRPP est acquitté par acompte de 1,1% sur le
chiffre d’affaires réalisé soit mensuellement, soit trimestriellement, selon le régime auquel
appartient le contribuable.
Cet acompte est retenu à la source par les comptables publics et assimilés lors du règlement
des factures payés sur le budget de l’Etat, des collectivités publiques locales, des
administrations dotées d’un budget annexe, des établissements publics, des entreprises du
secteur public et para-public.
Ceux qui ne subissent pas la retenue à la source doivent acquitter ledit acompte sur la base
d’une déclaration, à la caisse du Receveur des impôts compétent au plus tard :
- Le 15 du mois qui suit le mois de la réalisation du chiffre d’affaires
- Le 15 du mois qui suit la fin de chaque trimestre
Le solde le l’impôt définitivement dû à la fin de l’exercice est acquitté spontanément en un
versement unique au plus tard le 31 mars à l’aide d’une déclaration.
LES OBLIGATIONS DE L’EMPLOYEUR
EN MATIERE DE DECLARATION
ET DE PAIEMENT DES COTISATIONS
Tout employeur ayant reçu notification d’un rapport de contrôle accompagné d’une mise en
demeure de payer adressée par la CNPS peut contester tout ou partie de la dette de cotisations
sociales ainsi notifiée, en exerçant un recours devant le Comité de Recours a un caractère
obligatoire, en ce sens qu’il doit être exercé préalablement à la saisie éventuelle de la
Chambre Administrative de la Cour Suprême.
1) Organe Compétent
Références :
o Loi n° 2001/017 du 18/12/01 portant réaménagement des
procédures de recouvrement des cotisations sociales.
o Arrêté conjoint METPS/MINEFI n°035 du 12/07/02 fixant les
modalités d’application de la loi n° 2001/017 du 18/12/01
o Arrêté conjoint METPS/MINFI n° 049 du 11/10/02 modifiant et
complétant certaines dispositions de l’arrêté conjoint n° 035 du
12/07/02 fixant les modalités d’application de la loi n° 2001/017
du 18/12/01.
LE CALCUL DES COTISATIONS ET LE CONTROLE EMPLOYEURS
Le système de paiement des cotisations sociales au Cameroun est déclaratif. L’employeur est
responsable du calcul et de la liquidation des cotisations sociales. Il est soumis à la double
obligation de déclarer tout le personnel qu’il emploie et de verser l’intégralité des cotisations
sociales dues à la CNPS à ce titre dans les quinze (15) premiers jours du mois qui suit le
trimestre auquel elles se rapportent. La déclaration tardive des salaires expose l’employeur à
des pénalités de retard évaluées à 300 FCFA par employé et ne peuvent excéder 75 000
FCFA. Le défaut de paiement quant à lui entraîne l’application contre l’employeur d’une
majoration de retard de 10% qui est augmentée de 3% chaque trimestre ou fraction de
trimestre supplémentaire écoulé après trois mois à compter de la date d’échéance des
cotisations. Ces cotisations sont calculées sur une base appelée couramment « l’assiette des
cotisations ». L’employeur doit donc en maîtriser les règles de gestion.
Les rémunérations en espèces se composent des salaires proprement dits, des indemnités et
primes de toute nature, des gratifications ainsi que de tous autres avantages en espèces.
Certains salariés bénéficient de la nourriture et du logement qui constituent une partie de leur
rémunération. La valeur de ces avantages en nature doit être ajoutée à la rémunération en
espèces pour le calcul des cotisations, lorsque l’employeur les fournit à titre onéreux à ses
salariés et n’effectue aucune retenue à cet effet. L’évaluation de ces avantages en nature se
fait forfaitairement et par journée de travail dans les proportions suivantes :
Pour le logement : une fois le taux horaire du salaire minimum
interprofessionnel garanti
Pour la nourriture : deux fois et demi le taux horaire du même salaire que
pour le logement et pour la même durée de travail.
Les frais professionnel ne sont pas en principe soumis à cotisation. Ils ne doivent pas être un
salaire déguisé, mais doivent constituer plutôt un remboursement des frais réellement engagés
par le travailleur, ils doivent être réels, spécifiques à la fonction, nécessaire pour l’exécution
du travail concerné et leurs montants doivent rester raisonnables.
Les frais professionnels comprennent :
Les indemnités : Ainsi que les primes :
- de déplacement - de transport
- de lait - de salissure
- de bicyclette ou cyclomoteur - d’outillage
- de représentation - de sécurité ou de risque
- de panier
L’employeur est tenu d’apporter la preuve que l’utilisation de ces indemnités et primes est
conforme à leur objet.
Le calcul des cotisations tient compte d’un minimum (plancher) et d’un maximum (plafond)
Le plancher
Le plancher des salaires cotisables correspond au salaire minimum interprofessionnel garanti
(SMIG) soit 36246FCFA
Le plafond
Le plafond est le montant maximum des sommes versées à un travailleur et au dessus duquel
les gains qui constituent son assiette de cotisations sont exonérés. A l’exclusion des
cotisations de la branche des accidents du travail et des maladies professionnelles dont
l’assiette n’est pas plafonnée, le plafond des cotisations des autres branches de Prestations
familiales, de pensions vieillesse, d’invalidité et décès est de : 3 600 000 FCFA par an soit
300 000 FCFA par mois
Le taux de cotisation est de 8.4% pour tous les régimes. Il est réparti de la manière suivante :
4,2% à la charge de l’employeur et 4,2% à la charge du travailleur.
3- Le contrôle employeur
Le système de recouvrement étant essentiellement déclaratif, la CNPS doit périodiquement
contrôler l’exactitude ou la conformité du contenu des déclarations déposées par les
employeurs et des paiements effectués. A cet effet, elle dispose d’un corps de contrôle et
d’enquêtes dont la mission est de :
- Dépister ceux des employeurs qui ne sont pas encore affiliés à la Caisse
Nationale de Prévoyance Sociale et les amener à régulariser leur situation.
- Procéder à la vérification de la régularité et de l’exactitude des décomptes des
cotisations patronales et salariales dues à la Caisse Nationale de Prévoyance
Sociale
Ce corps de contrôle est constitué d’agents agrées par le Ministère du Travail et de la Sécurité
Sociale. Ces agents doivent prêter serment. Des obligations de l’employeur en matière de
Contrôle et d’enquête employeur.
L’employeur est tenu de se soumettre à tout moment à l’exigence de contrôle employeur de la
CNPS. A cet effet, il doit obtempérer à la notification de l’avis de passage qui lui est décerné,
rassembler tous les documents comptables et ceux concernant le personnel employé pour la
période de référence, rendre ses équipes disponibles dès le premier jour fixé pour le contrôle.
L’employeur est tenu de recevoir le contrôleur, l’enquêteur ou l’équipe de contrôle ou
d’enquête, de présenter tous les documents sollicités par ces derniers et de leur fournir toutes
les informations nécessaires à son travail. En cas de besoin, les agents de contrôle ou
d’enquête peuvent interroger les ouvriers et les employés de l’entreprise qui sont tenus de leur
répondre. Les éléments de l’assiette retenus par les agents du corps de contrôle et d’enquête
sont consignés dans un rapport de contrôle ou d’enquête. Seuls les premiers sont soumis à
l’Administration Fiscale pour validation préalable avant toute notification. A l’issue de cette
validation, la mise en demeure et le rapport de contrôle établissant la créance sont réputés
valables et doivent faire l’objet de notification à l’employeur. Les employeurs sont tenus de
contresigner les mises en demeure (en recto et verso) ainsi que les rapports de contrôles et
leurs annexes qui leur sont présentés, quitte à contester les résultats par les voies de recours
prévues par la loi. Les contribuables, les promoteurs des établissements, les entreprises et
sociétés qui n’utilisent pas encore un personnel salarié sont soumis à l’obligation de recevoir
et d’obtempérer aux exigences de contrôle et d’enquêtes des agents des corps spécialisés de la
CNPS au même titre que les employeurs.
L’obligation d’obtempérer à une demande de contrôle et d’enquête des équipes des corps
spécialisés de la CNPS s’impose à tout employeur. Toute résistance, obstruction ou tentative
de dissimulation d’information à ce niveau oblige l’enquêteur ou le contrôleur, à procéder à
une taxation d’office. De plus, cette attitude est considérée par le législateur camerounais
comme une manœuvre visant à se soustraire à ses obligations sociales, attitude qui est
assimilée aux obstructions à la visite des inspecteurs de travail et passible de poursuites
pénales.