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Analyse des thèmes dans L'Étranger de Camus

Le document décrit le roman L'Étranger d'Albert Camus. Il présente les personnages principaux comme Meursault, le protagoniste détaché qui tue un Arabe, et explique les thèmes philosophiques comme l'absurdité et la mortalité abordés dans le roman.

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Analyse des thèmes dans L'Étranger de Camus

Le document décrit le roman L'Étranger d'Albert Camus. Il présente les personnages principaux comme Meursault, le protagoniste détaché qui tue un Arabe, et explique les thèmes philosophiques comme l'absurdité et la mortalité abordés dans le roman.

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Contenu

Introduction......................................................................................................................................1

Personnages.....................................................................................................................................3

Emma Bovary..............................................................................................................................3

Charles Bovary............................................................................................................................5

Monsieur Homais.........................................................................................................................6

Rodolphe Boulanger de la Huchette............................................................................................6

Léon Dupuis.................................................................................................................................7

Monsieur Lheureux......................................................................................................................7

Berthe Bovary..............................................................................................................................8

Madame Homais..........................................................................................................................8

Thèmes.............................................................................................................................................8

Insatisfaction................................................................................................................................8

Liberté et enfermement................................................................................................................9

Folie et déraison.........................................................................................................................10

Amour........................................................................................................................................10

Femmes et féminité....................................................................................................................11

Richesse.....................................................................................................................................12

Apparences................................................................................................................................13

Répression..................................................................................................................................13

Art et culture..............................................................................................................................14

Tonalité......................................................................................................................................15

1
Introduction

Commis d'expédition vivant dans l'Alger français des années 1940, Meursault est un homme
jeune, détaché mais ordinaire. Le roman commence lorsque Meursault reçoit un télégramme
l'informant de la mort de sa mère. Il assiste aux funérailles, mais surprend les autres participants
par son calme inhabituel et (une fois de plus) son détachement.

Au cours des deux semaines suivantes, Meursault poursuit sa vie comme si rien de tragique ne
s'était produit. Il s'amuse avec une nouvelle petite amie, se lie d'amitié avec un proxénète et part
en vacances à la plage avec les deux. C'est presque comme si ce type était étrangement détaché
ou quelque chose comme ça.

Pendant les vacances à la plage, cependant, Meursault et ses amis sont confrontés à deux Arabes.
La violence s'ensuit, et Meursault finit par tuer l'un des Arabes. C'était une journée chaude, et à
part le temps, il n'existe aucune explication au crime de Meursault.

Lors de son procès pour meurtre, la cour semble beaucoup plus intéressée par l'absence de
chagrin de Meursault à la suite de la mort de sa mère que par la prétendue atrocité de son crime.
Jugeant Meursault comme un misanthrope sans cœur, non-conformiste et, bien sûr, détaché (qui
déteste le genre humain), le jury estime que le caractère de Meursault, et non son crime, est
punissable par la mort.

Dans l'attente de son exécution en prison, Meursault s'efforce d'accepter sa mort imminente. Un
jour, après s'être emporté contre un aumônier ennuyeux et prêcheur, Meursault dénonce le
christianisme et refuse catégoriquement de faire appel à la religion pour trouver du réconfort.
Meursault rejoint le camp de l'absurde lorsqu'il déclare que 1) le monde est dépourvu de sens, de
lois et d'ordre rationnel, et 2) que cette affirmation est parfaitement justifiée.

Certains diraient qu'il est "éclairé" en prison. D'autres ne sont pas d'accord. Quoi qu'il en soit,
Meursault attend son exécution comme une affirmation de son mantra "la vie est ridicule". Au
moins, il peut laisser derrière lui la société et tout ce qui l'accompagne.

2
Thèmes

Points de vue philosophiques : L'absurde


L'Étranger reflète la position philosophique de Camus en tant qu'absurdiste. La vie a-t-elle un
sens logique ? Y a-t-il un ordre supérieur ou une loi qui la gouverne ? Une explication rationnelle
au chaos et au non-sens ? Peut-on donner un sens à la vie ? La réponse de The Stranger à ces
questions est un "non" catégorique. Il n'y a pas de vérité, pas de certitude, ni de lois inébranlables
et non relatives dans la vie - et il n'y a aucun sens à poursuivre de telles impossibilités.

Questions sur les points de vue philosophiques : L'absurde

Il est difficile pour Meursault d'expliquer la ou les raisons qui l'ont poussé à tuer l'Arabe. Les
raisons qu'il cite sont-elles irrationnelles ? Sont-elles justifiables ?

En se basant sur l'absurdité telle qu'elle est définie dans L'Étranger, un absurdiste peut-il vivre
une vie bonne et pleine de sens sans en croire la possibilité rationnellement ?

Du point de vue de l'absurdité, Meursault est-il plus "libre" en prison ou en dehors ?

Réfléchissez à ceci

Meursault considère son meurtre de l'Arabe comme quelque chose qui est "arrivé" sur la plage
ensoleillée : irrationnel et sans préméditation. Si vous croyez au concept de responsabilité, cet
acte est totalement indéfendable. Mais si vous êtes un Absurde, l'explication de Meursault est au
moins possible.

Les critiques ont déclaré que l'Absurdisme est essentiellement dénué de sens parce que l'accepter
implique une vie sans signification. C'est faux ; selon les principes de l'absurde, la vie peut avoir
un sens même si elle n'a pas d'ordre rationnel.

Mortalité
L'Étranger s'ouvre sur une annonce de mort ; le vieux chien de Salamano est en état de
décomposition (super-gros) ; le protagoniste assassine un type et est ensuite condamné à
l'exécution.

3
La mort est omniprésente dans ce livre - c'est peut-être la façon dont Camus nous oblige à nous
confronter aux quelque mille milliards d'attitudes différentes sur ce thème universel (mais
nettement absurde). Dans L'Étranger, la mort est inévitable et ne mène pas à une vie après la
mort. Le roman se termine par la révélation que la mort est ce qui rend tous les hommes - ou
plutôt toutes les créatures vivantes - égaux. Tout le monde doit mourir, donc aucun homme n'est
privilégié par rapport à un autre homme (ou même, disons, par rapport à un chien galeux).

Questions sur la mortalité

Comment le point de vue de Meursault sur la mort a-t-il changé au cours du livre ? Dans quelle
mesure est-elle restée la même ?

Dans quel sens le meurtre et l'exécution sont-ils une seule et même chose dans L'Étranger ?

À la toute fin du livre, la révélation de Meursault est provoquée par le souvenir de l'histoire
d'amour de sa mère à l'approche de sa propre mort. Quelles sont les conclusions possibles qu'il a
tirées ? Pourquoi finit-il par accepter et accueillir sa propre mort ?

Réfléchissez-y

Du début à la fin, le point de vue de Meursault à l'égard de la mort s'est transformé et a mûri,
passant de l'indifférence à la peur, puis à l'acceptation.

Plutôt que d'enquêter sur le crime réellement commis, le procureur fait essentiellement le procès
de Meursault pour avoir été indifférent à la mort de sa mère. Pour le procureur, le procès avait
pour but de condamner un rebelle sans cœur, et non d'aborder l'odieux de l'un ou l'autre "crime".

Isolement
Le Meursault de The Stranger est un homme follement isolé. Il est isolé de la société, de ses
amis, de son amant, des émotions humaines, et finalement de la logique normale.

Mais ne commencez pas à vous sentir désolé pour lui. Son isolement est auto-prescrit ; Meursault
n'est pas exilé par quelque moyen que ce soit - il se sépare lui-même. Bien sûr, au début, il ne
considère pas du tout cela comme un choix ; l'isolement est simplement le chemin de moindre
résistance, la série d'activités qui demande le moins d'activité et d'effort. À la fin du roman, le
narrateur se rend compte qu'il a la capacité de choisir ; que s'il le veut, il peut souhaiter une

4
grande foule de gens : il peut désirer être moins seul. Ou bien il peut rester tel qu'il est. Mais au
moins, il est conscient de sa propre capacité à décider.

Questions sur l'isolement

La disposition physique du parloir de la prison symbolise le gouffre qui sépare les citoyens
honnêtes de la société des criminels immoraux en prison. Trouvez-vous Meursault plus ou moins
détaché lorsqu'il est en prison par rapport à lorsqu'il était libre ?

L'isolement est-il préjudiciable ou libérateur pour Meursault ? (Quel type d'isolement, d'ailleurs ?
Sociétal ? Emotionnel ? Lequel l'affecte le plus ?)

Réfléchissez à ceci

Contenu en tant que spectateur de la vie, Meursault peut être considéré comme solipsiste - il est
pratiquement sûr que son moi est le seul qui puisse réellement exister. C'est sa propre réponse
irrationnelle à un monde irrationnel.

L'événement le plus caractéristique du détachement de Meursault vis-à-vis de ce monde est son


refus de voir sa mère une dernière fois.

Tristesse
Aux funérailles, nous nous attendons à de la tristesse. Au procès d'un meurtrier, nous voulons
voir du remords. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi nos attentes et nos désirs convergent ?
Un fils doit-il être triste à l'enterrement de sa mère ? Un meurtrier devrait-il avoir des remords ?
Et si les rebelles ne veulent pas se plier aux règles imposées par la société ? Devraient-ils mourir
pour leur manque de tristesse ou de remords ? Ce personnage principal le fait assurément. Et
Camus explore les raisons de cette situation dans L'étranger.

Questions sur la tristesse

Nous attendons de la tristesse lors d'un enterrement et du remords lors d'un procès pour meurtre.
Pourquoi pensez-vous qu'il en soit ainsi, et pourquoi Meursault échoue-t-il dans les deux cas ?

À la fin du livre, Meursault affirme que "Personne, personne n'avait le droit de pleurer sur [sa
mère]". Quelle compréhension Meursault a-t-il atteint ?

5
Meursault déclare que tirer sur l'Arabe était "comme frapper quatre fois rapidement à la porte du
malheur". Dans l'esprit de Meursault, quelle est la cause de ce malheur ? Est-ce le fait qu'il va
être condamné ? Qu'il vient de tuer un homme ? Qu'il se sent lui-même coupable ? S'il sait que
cela va le rendre malheureux, pourquoi le fait-il ?

Réfléchissez à cela

Le Meursault sans remords est tout aussi coupable que le criminel qui, pour se sauver, a des
remords de son crime après coup.

Meursault n'éprouve aucune tristesse face à la mort, car il estime qu'il serait absurde de pleurer le
départ de quelqu'un d'un monde qui n'a pas de sens.

L'homme et le monde naturel


De nos jours, la société n'accepte pas la sagesse du nouvel âge, "Cherchez à ne faire qu'un avec
la nature". Mais la société dans L'Étranger trouve cette sagesse plutôt répréhensible... et même
punissable par la mort. Meursault est presque une force/un élément de la nature, et ses actions
sont souvent dictées par le moindre changement de temps.

Mais parce qu'il accuse le soleil brûlant d'être la raison du meurtre d'un type, il est envoyé à la
guillotine. L'une des nombreuses questions que pose The Stranger est de savoir dans quelle
mesure l'homme est affecté par la nature (ou peut être considéré comme faisant partie de la
nature).

Questions sur l'homme et le monde naturel

Meursault se comporte-t-il comme s'il était un élément de la nature ? Qu'est-ce qui motive ce lien
?

Parfois, le soleil endort Meursault ; à d'autres moments, il le met en colère ou l'agace. Y a-t-il
une justification à cela ?

Meursault est plutôt connecté à la nature, mais incroyablement détaché des humains. Est-ce
illogique ou est-il logique que l'homme soit en phase avec la terre ?

Pensez-vous que l'appel de Meursault à la "météo" soit une défense valable pour le meurtre ?

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Tracez les hauts et les bas de l'humeur de Meursault en repérant les changements de temps, de
température ou de ciel. Il y a manifestement une corrélation, mais corrélation signifie-t-elle
nécessairement causalité ?

Comment les descriptions du temps ou de la nature faites par Camus annoncent-elles les
événements du livre ?

Réfléchissez à cela

Comme Meursault raconte L'Étranger, nous ne pouvons pas nous fier à la description des
événements, en particulier le jour où l'Arabe est tué sur la plage.

La chaleur du soleil peut être considérée comme une influence suffisamment forte sur Meursault
pour expliquer pourquoi il a tué l'Arabe.

Religion
Selon l'Absurdisme, la religion est construite par l'homme pour tenter de donner un sens à une
existence insensée. L'acceptation de la religion (et de la possibilité d'une vie après la mort)
signifierait que l'homme échappe effectivement à la mort. Les absurdes pensent qu'il s'agit d'une
croyance super-destructrice, car seule la réalisation et l'acceptation de la mort imminente permet
à l'homme de vivre pleinement.

Le "héros" de The Stranger accuse directement un aumônier de "vivre comme un mort". Yowch.
Il remet en question la construction sociale de la religion avant même sa propre mort, refusant de
"gaspiller ses dernières minutes avec Dieu".

Questions sur la religion

Les actions de l'aumônier sont compréhensibles - en tant qu'homme saint, c'est son travail de
convertir ; mais pourquoi le magistrat est-il si déterminé à faire du prosélytisme auprès de
Meursault ?

Que veut dire le magistrat lorsqu'il traite Meursault d'"antéchrist" ? Est-ce que cela a plus à voir
avec le fait que Meursault est insensible, ou avec le fait qu'il est athée ?

A quelles fins les Algériens français (outre Meursault) utilisent-ils la religion ? Pourquoi
Meursault la rejette-t-il ?

7
Pourquoi Meursault s'énerve-t-il et étrangle-t-il l'aumônier en prison ? Comment cette altercation
avec l'aumônier déclenche-t-elle sa révélation ultérieure sur la vie et la mort ?

Réfléchissez-y

Dans le monde dépeint par Meursault, la religion est la construction sociale la plus nuisible.

Meursault ne considère pas la religion comme intrinsèquement nuisible, mais il rejette son
utilisation par des hommes comme l'aumônier et le magistrat.

Les femmes et la féminité

Le héros de L'Étranger affiche un détachement non seulement vis-à-vis de la nébuleuse qu'est la


société, mais aussi vis-à-vis des femmes. Il ne pleure pas à l'enterrement de sa mère. Il ne
compatit pas avec l'ex-petite amie de Raymond lorsqu'elle est brutalement battue. Il n'aime pas sa
propre petite amie, même s'il admet apprécier sa compagnie (sexy). Cela souligne à la fois son
détachement robotique et le fait qu'il tire la majorité de son plaisir de, eh bien, du plaisir.

Questions sur les femmes et la féminité


Meursault semble extrêmement attentif à la nature physique de sa relation avec Marie, mais pas
tellement à la nature émotionnelle. Le paysage émotionnel de Meursault par rapport à Marie
change-t-il au cours du livre ?

Quel est l'effet du fait que les femmes ne jouent que des rôles mineurs dans L'Étranger ? Ces
rôles sont-ils même nécessaires ?

Examinez la nature de la relation de Perez avec Maman par rapport à la relation de Meursault
avec Marie. Sont-elles similaires ? Différentes ? (L'âge ne compte pas comme une différence.
Bien essayé, cependant).

Pourquoi diable Marie reste-t-elle avec Meursault ? Pourquoi lui demande-t-elle de l'épouser ?
Est-elle aveugle ? Désespérée ? Aveugle et désespérée !?

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Pourquoi Marie disparaît-elle de l'histoire au fur et à mesure que le livre avance ? Pourquoi
Meursault ne pense-t-il pas à elle en prison ?

Réfléchissez à ceci

Les actions et l'attitude de Meursault dans sa relation avec Marie sont représentatives de ses
actions et attitudes en général : il n'est motivé que par le physique et ne se préoccupe que de lui-
même.

Il n'y a pas d'exemples positifs de relations sexuelles dans L'Étranger. Camus soutient que, pour
l'absurde, le sexe est au mieux sans intérêt, et au pire destructeur ou blessant.

Société et classe
Le détachement de la société est une chose, mais le non-conformisme - ou le refus de suivre ses
règles - en est une autre. Un homme détaché est jugé froid et pathétique, mais un anticonformiste
flagrant est jugé amoral. Conformité et moralité sont-elles une seule et même chose ? Les règles
de la société sont-elles nécessairement justes ? Pour le héros de The Stranger, sa révélation
libératrice repose sur l'idée que, dans un monde insensé et dénué de sens, la société, ses règles et
sa moralité sont... insensées et dénuées de sens.

Questions sur la société et les classes sociales

Jetez un coup d'œil à l'ensemble de notre belle distribution dans The Stranger. Ces personnages
(à part Meursault) sont-ils conformistes ou non-conformistes ?

Les Algériens français ont condamné Meursault pour son absence de conscience sociale. En quoi
est-il plus facile de condamner un non-conformiste ? Le non-conformiste est-il plus coupable
qu'un conformiste qui commet le même crime ? Les Français d'Algérie le pensent-ils ?

Pourquoi Meursault est-il intrigué par la drôle de petite femme "robot" qui partage la table avec
lui au restaurant de Céleste ? Est-elle aussi une anticonformiste ? Meursault s'identifie-t-il à elle
dans une certaine mesure ?

Réfléchissez-y

Meursault est injustement jugé parce qu'il l'est en fonction d'un ensemble arbitraire de valeurs
sociétales, notamment le principe selon lequel les manifestations émotionnelles sont la réponse

9
nécessaire et correcte aux événements traumatiques. L'irrationalité du monde de l'absurde
découle de ce fait même : que toute rubrique donnée peut être appliquée comme une norme à
tous les gens.

Meursault ne s'exile de la société que parce qu'il ne comprend pas ses constructions. Il n'est pas,
et en fait, ne peut pas être libre de choisir ; il est entravé par son ignorance.

Personnages

Meursault
Qui est ce type ?

La réponse courte : C'est un sociopathe mi-homme, mi-robot (pas vraiment, mais il agit comme
tel) qui aime fumer des cigarettes et, euh, tirer sur les gens.

Mais nous ne sommes pas vraiment dans le jeu des réponses courtes, du moins pas quand il s'agit
de personnages aussi (in)célèbres que notre Meursault.

Protagoniste-narrateur de ses aventures absurdes, Meursault est un type détaché et mortellement


honnête qui refuse de mentir sur lui-même pour sauver sa vie ; un homme simple, dont les
humeurs sont douloureusement dictées par les pouvoirs de la nature ; et un homme indépendant,
qui n'accepte ni Dieu, ni aucune des formules de bonheur de la société.

C'est aussi un imbécile.

Peut-on facilement s'identifier à Meursault ? Hum, eh bien : oui et non. Il est jeune et un peu sans
ambition (nous sommes tous passés par là, n'est-ce pas ?), il est employé par une compagnie
maritime à Alger (ok, bien sûr - nous avons tous eu des emplois dans lesquels nous nous sentions
plutôt "meh"), et il n'est pas intéressé par l'exploration des opportunités de croissance.

Mais il y a un côté sombre distinct chez Meursault avant même qu'il n'appuie sur la gâchette. Il
est nonchalant et pas particulièrement consciencieux - il envoie sa mère dans une maison de
retraite à la campagne sans le moindre sentiment de culpabilité. C'est une sorte d'obsédé sexuel et
il est émotionnellement détaché - il peut se marier ou ne pas se marier, et il ne voit pas de
différence entre l'amour et la luxure.

10
Mais même s'il est difficile de s'identifier à un nihiliste aussi blasé et désintéressé, vous feriez
mieux de réfléchir avant de le cataloguer comme un loser.

Car Meursault, malgré ses nombreux défauts, est aussi tout simplement incompris. Loin d'être
insensible, il est attentif aux moindres détails. Loin d'être nonchalant, il refuse catégoriquement
de croire à la vie après la mort, de chercher Dieu pour échapper à l'exécution, de masquer son
calme face à la mort ou son acceptation de celle-ci.

Mais Meursault n'a pas commencé comme ça dans le texte. Il a dû faire une évolution assez
sérieuse pour en arriver là.

L'évolution de Meursault

Si vous regardez à la surface, il est difficile de voir un changement chez Meursault. Il commence
par ne pas s'intéresser à la vie, et il finit par... ne pas s'intéresser à la vie. Mais il n'y a rien que
nous détestons plus à Shmoop que l'analyse ennuyeuse de la surface. En fait, il y a des
changements extrêmement importants qui se passent sous l'extérieur calme de Meursault.

Nous allons décomposer la grande évolution de Meursault en quatre parties. Pensez-y comme à
la tarte au Meursault.

La première tranche d'une tarte au Mersault douteusement délicieuse : Meursault ne prend


aucune décision au début du livre. S'il est heureux, c'est parce qu'il l'est passivement. S'il est
"ennuyé", il est passivement ennuyé. Meursault n'est même pas capable de commettre des
actions par lui-même. Mariage, pas de mariage, qui s'en soucie ? Comme il nous l'a dit maintes et
maintes fois, c'est la même chose, de toute façon.

Après tout, il ne tire même pas sur l'Arabe, n'est-ce pas ? Selon sa narration, "la gâchette a
donné". Il y a une ligne intéressante (et incroyablement importante), avant le meurtre, quand
Meursault dit,

C'est là que j'ai compris que l'on pouvait soit tirer, soit ne pas tirer. (1.6.18)

Il comprend l'existence d'un choix, mais seulement pendant un bref instant. Après cela, il
redevient M. Indécision.

11
Tranche #2 : remarquez comment Meursault est dépassionné en toute chose - du moins au début.
Il ne s'en soucie tout simplement pas. "Ennuyé" est le plus proche qu'il obtienne d'être en colère,
un simple "heureux" (qui vient à travers comme signifiant "content") le plus proche qu'il obtient
à la joie. Ce type est un poisson froid.

Tranche #3 : regardez le manque d'introspection et de connaissance de soi de Meursault au début


du roman : il est désemparé. Il ne se connaît pas lui-même. La concierge lui demande pourquoi il
ne veut pas voir le corps de sa mère, et sa réponse est : "Je ne sais pas." Il n'est pas conscient de
son environnement et, plus important encore, il n'est pas conscient de ses propres motivations (et
semble donc penser qu'il n'y en a pas).

Tranche #4 : regardez comment Meursault considère les gens au début de sa narration. Soit il ne
veut rien avoir à faire avec eux (vous vous rappelez qu'il essaie d'éviter la conversation avec
l'homme dans le bus ?), soit il se laisse aller à de prétendues "amitiés" (comme avec Raymond).

Dans tous les cas, il est plus intéressé par la voie de la moindre résistance que par une
quelconque connexion. Mais le plus important est la façon dont Meursault ne peut pas
comprendre les gens. Il les observe attentivement, dit-il, "pas un détail de leur visage ou de leurs
vêtements ne lui échappe", mais il lui est toujours "difficile de croire qu'ils existent vraiment." Il
suit bien cette femme étrange du restaurant de Céleste, mais seulement parce qu'"[il n'a] rien à
faire". Il l'a aussi "[oubliée] quelques minutes plus tard".

Voilà donc les quatre pièces du gâteau Meursault : au début, Meursault est passif, dépassionné,
ignorant de lui-même, et incapable de se connecter avec les autres ou même de les reconnaître.
Mais tout cela change au cours de l'épreuve que subit Meursault. Et ce processus de souffrance
est essentiel : Meursault n'a pas de grand moment "Ah ha ! je suis un con !".

Bien que sa "révélation" survienne à l'aube alors qu'il est seul dans sa cellule, il est clair que le
processus a été graduel et que, pour arriver à cette épiphanie, il a dû souffrir. Un paquet.

Un tout nouveau Meursault.

Alors, quelle est exactement cette "épiphanie" ? Pour commencer, Meursault cesse d'être passif ;
par ses actions et ses paroles, il fait le choix de crier sur l'aumônier, puis de dormir, puis de se

12
réveiller, puis d'avancer dans sa mort. Ses actions ne sont peut-être pas révolutionnaires en elles-
mêmes, mais il en est conscient maintenant, conscient, "prêt à la vivre [sa vie] à nouveau."

Lorsqu'il se réveille, plus calme, le lendemain matin, nous voyons qu'il est passé d'un état
d'indifférence à un état d'acceptation - une distinction fine, mais importante dans The Stranger.

Et quand il se réveille, Meursault est la passion personnifiée. Lorsqu'il hurle sur l'aumônier, il le
fait à la fois avec "des cris de colère et des cris de joie". Ce type est réveillé et rugit - c'est
quelque chose que le Meursault du premier chapitre n'aurait jamais pu faire.

Il est également certain de tout. En fait, il est "sûr de [lui-même], de tout, plus sûr que
[l'aumônier] ne pourrait jamais l'être, sûr de [sa] vie et sûr de la mort qui [l']attend".

Le plus intéressant est le changement dans la façon dont Meursault considère les gens. Il ne se
condamne plus à l'isolement social, il parle d'une "grande foule de spectateurs" qui assistera à
son exécution, une foule qui pourra "l'accueillir avec des cris de haine", de sorte qu'il se sentira
"moins seul".

D'où cela vient-il ? Juste une page ou deux plus tôt, en fait, lors de ses élucubrations sur
l'aumônier. Meursault dit que "nous sommes tous élus par le même sort", qu'avec ce sort
commun (la mort), personne n'est privilégié par rapport à une autre personne - donc tout le
monde est privilégié. (Il est intéressant de noter qu'il aurait pu aller dans l'autre sens et dire que
donc personne n'était privilégié, mais peut-être Camus se sentait-il optimiste).

Si tout le monde est rendu commun par la mort, alors il peut comprendre ces autres créatures
vivantes comme étant exactement comme lui. Les étoiles : Elles sont comme nous ! (en ce sens
qu'elles meurent.) Cela va à l'encontre de sa déclaration précédente, lorsqu'il disait qu'il était
difficile de croire que les résidents de la maison de retraite existaient. Ils doivent exister - parce
qu'ils vont mourir.

C'est gai ? Pas du tout. Vrai ? Tristement, oui.

Maintenant, un dernier "mais" : regardez attentivement le langage de cette dernière phrase.


Meursault dit :

13
Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul ; je n'avais qu'à souhaiter qu'il y
ait une grande foule de spectateurs le jour de mon exécution et qu'ils m'accueillent avec des cris
de haine. (2.5.26)

Il ne dit pas réellement qu'il veut se sentir moins seul. Il n'a pas encore mis en œuvre sa
révélation. Il n'a pas encore souhaité la présence d'une foule de spectateurs. Il sait qu'il pourrait le
faire - il sait que c'est la prochaine étape, mais il ne le fait pas encore.

L'un des principaux points de L'Étranger n'est pas que Meursault veuille soudainement être
entouré de gens - le point est sa nouvelle connaissance, sa prise de conscience et sa conscience.

Tant qu'il sait qu'il peut souhaiter des gens (des gens qui le détestent, ce qui est une autre paire de
manches), c'est suffisant. Mettez un terme à cet absurde : il est fini.

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