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Merchabah

Ce document décrit la symbolique du rideau et du trône caché (la Mercaba) dans le rituel maçonnique du 3ème degré. Il explique que le rideau représente le voile qui sépare les hommes de la connaissance divine, et que la Mercaba fait référence à la vision du char céleste d'Ezéchiel.

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Merchabah

Ce document décrit la symbolique du rideau et du trône caché (la Mercaba) dans le rituel maçonnique du 3ème degré. Il explique que le rideau représente le voile qui sépare les hommes de la connaissance divine, et que la Mercaba fait référence à la vision du char céleste d'Ezéchiel.

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I

ALGDGADLU
GRANDE LOGE DE FRANCE
Rite Écossais Ancien et Accepté
RL Les Amis du Travail
Or de NEVERS



LA MERCABA

TVM et vous tous VVMM mes FF, en vos qualités,

“Qu’avez-vous trouvé, lors de votre réception au 3ème degré ?


Deuil, tristesse et accablement !
Qu’avez-vous remarqué dans la Chambre du Milieu ?
Le RIDEAU qui sépare le DE’B’IR de l’E’HAL.
Que représente ce Rideau ?
Il figure le « Voile Cosmique » qui dissimule le « Trône » (« mercaba ») et le Delta
rayonnant, symbolisant le GADLU. Il représente aussi ce qui nous sépare des
Maîtres Inconnus, passés à l’Or Ét, qui continuent à diriger nos Trav, grâce à la
Tradition fidèlement suivie.”

Voici ce qui est dit dans notre instruction au 3ème degré.

Cela fait référence au légendaire Temple du Roi SALOMON, à JERUSALEM.


Sans entrer dans les détails, celui-ci se divisait en trois parties :
 Le Parvis, ou Lieu Saint,
 Le Saint, l’E’HAL, ou Lieu Très Saint,
 Le Saint des Saints, le DE’B’IR.
Ces trois lieus étaient séparés par des rideaux, et celui séparant le Saint du Saint des Saints
était composé, selon certaines traditions, de sept rideaux successifs, chacun épais d’un mètre
environ ; un passage, connu du Grand Prêtre qui seul y avait accès, serpentait entre eux.
L’obscurité la plus totale régnait là, bien qu’il soit dit que le Grand Prêtre y voyait, éclairé par
la « shekina », la Présence Divine qui y résidait. Traditionnellement, il y avait dans le Saint
des Saints l’Arche d’Alliance contenant les Tables de la Loi, et le Chandelier du Temple.
Notre rituel nous précise que, lors d’une élévation au troisième degré, seul demeure éclairé le
Delta Lumineux. Lune et Soleil sont éteints. Aucune précision n’est donnée sur ce que
deviennent l’Étoile éternelle et le chandelier à trois branches. Le rideau devrait masquer toute
lumière, le reste du Temple n’étant éclairé (faiblement) que par l’Étoile Flamboyante placée à
l’Occident.
L’instruction nous indique donc que le rideau dissimule deux choses : le « Trône »
(« Mercaba ») et le Delta rayonnant, symbolisant le GADLU.
L’expression “voile cosmique” est en rapport avec des conceptions très anciennes, que l’on
retrouve chez les gnostiques ; ce voile cache la Gloire de Dieu à l’armée des anges. Ce rideau
contiendrait les images de toutes les choses qui, depuis le jour de la création, ont une réalité
dans le passé, le présent et le futur. Toutes les générations, toutes les existences et toutes les
actions sont tissées dans ce rideau. Images classiques de la prédestination (c’était écrit…).

LA MERCABA
Maurice BÉLANGEON 04 mars 6011
II

Le symbole du GADLU, quoique difficile, nous est familier depuis le premier


degré.
Mais le Trône ? Mais la Mercaba ?

Il s’agit d’un des grands thèmes de la mystique juive de l’époque rabbinique (époque du
second Temple), un des plus secrets, qui est la science du char divin, appelée Ma’aseh
Merkabah. Il se rapporte au chapitre premier d’Ézéchiel, bien que le terme de Ma’aseh
Merkabah soit tiré de I Chr. XXVIII, 18.
Il est possible que, dans l’esprit des concepteurs de nos rituels, la précision “mercaba” mise
entre parenthèse, nous indique que c’est dans Ézéchiel qu’il nous faut chercher, et non dans
l’Apocalypse de Jean, qui décrit le Trône divin de façon bien similaire ; mais écrit en grec et
non en hébreu, le mot “mercaba” n’y figure évidemment pas.
Le livre d’Ézéchiel est un livre de l’ancien testament écrit par le prophète Ézéchiel parmi les
exilés de Babylonie. Les dates extrêmes de son écriture donnent entre moins 593 (1,2) et
moins 571 (29,17). Le livre contient des reproches et des menaces contre les Israélites avant le
siège de Babylone, des oracles contre les nations, des consolations pour le peuple déporté, et
l’annonce d’un rétablissement religieux et politique en terre d’Israël.
La vision du Char divin, du Trône y figure au chapitre I.
Cette « vision du char » servit de base aux mouvements mystiques et aux spéculations
ésotériques que l'on appela Merkabah (ce mot hébreu signifie « char »).
Littéralement, c’est le chariot, l’attelage (aujourd’hui nom du principal modèle de char
d’assaut de l’armée israélienne). Lorsque la Bible dit que “Dieu monte sur un chariot”, cela
signifie qu’il quitte son état naturel où il est inconcevable et inconnaissable, et qu’il peut être
vu, ou visualisé par les prophètes : aussi le Ma’asé Merkabah (ou récit du char céleste) fait
écho à la vision du Prophète Ézéchiel. Dans la tradition mystique juive, le Ma’asé Merkabah
consiste à se mettre dans un état spirituel tel qu’une vision du Char Céleste peut être atteinte.
Dans les textes kabbalistiques, cela désigne des techniques méditatives permettant d’avoir une
expérience mystique.
Ceci est à rapprocher de l’ascèse, telle qu’indiquée dans notre rituel du premier degré :
“…nous accoutumons notre esprit à ne concevoir que des idées d’honneur et de vertu par
l’ascèse initiatique, qui s’effectue à l’aide de l’Outillage Rationnel que vous trouverez dans
la Loge”.
Le Grand Robert défini l’ascèse (du grec askêsis, exercice, pratique, au sens général, d’un art
par exemple), comme la discipline qu’une personne s’impose pour tendre vers la perfection
morale, l’affranchissement de l’esprit, dans le domaine religieux ou intellectuel. À ne pas
confondre avec l’ascétisme qui concerne plus précisément le corps (mortifications etc.).
Tout se passe comme si le récipiendaire, à l’état de profonde méditation qui provoque la
dissolution de son être (la chair quitte les os, tout se désunit), se trouve confronté lors de son
relèvement à une sorte d’expérience mystique, à une expérimentation pratique de la
transcendance qui provoque le déchirement du voile qui lui masquait la Vérité.
Ce symbolisme est extrêmement ancien ; rappelons Isaïe, IV, 5 : “Tout ce qui est glorieux
sera recouvert d’un voile” ; ou Luc, XII, 2 : “Il n’est rien de caché qui ne doive être
découvert, rien de secret qui ne doive être connu”. En fait, le destin des Ténèbres est d’appeler
la Lumière. C’est une sorte de jeu du chat et de la souris, comme le Livre des Proverbes nous
l’explique : “Cacher les choses c’est la gloire de Dieu, les sonder c’est la gloire des rois” ; les
rois étant ici les initiés. On ne peut mieux expliquer la présence du rideau, et son ouverture.
Au delà de l’aspect religieux de ce symbole, notre rituel veut certainement nous faire
comprendre que la recherche de la transcendance se rapporte à la Gloire du
GADLU. Il s’agit d’une incitation à pratiquer cette fameuse ascèse initiatique pour
tenter de s’approcher de la compréhension de ce qu’est cette Gloire.

LA MERCABA
Maurice BÉLANGEON 04 mars 6011
III

La proclamation de l’existence d’un Principe créateur qui est faite au premier degré, se limite
à l’appellation GADLU ; ceci est conforme à ce qui est dit dans notre rituel du
deuxième degré : “Comprenons bien que le Principe Suprême que nous traduisons par ce
symbole est ineffable et que lui donner un nom (Dieu, Jéhovah, Allah, ou tout autre) c’est le
rapetisser à la mesure humaine, donc le profaner.”
Mais ne pas donner de nom au Principe ne résout pas sa transcendance, qui reste entière. Et,
tel Ézéchiel, seule une vision de sa Gloire peut nous laisser entrevoir une solution.
Tous nos travaux se font à la Gloire du GADLU, qui est la première invocation
faite par le VM lors de l’ouverture des travaux.
Cette Gloire, qui est symbolisée sur le sautoir du VM, plane donc sur nos travaux ; elle
devrait les inspirer, les orienter, comme des particules de fer dans l’entrefer d’un aimant.
Mais cette Gloire se rapporte à quoi ?
Chacun, bien sûr, se fait une idée personnelle de la chose. Il s’agit de trouver un sens à
l’existence, de s’approcher de la connaissance du pourquoi des choses à travers l’étude ou la
perception de leur comment ; il s’agit de dégager la Loi du GADLU qui s’applique
à toute choses, car si le GADLU demeure dans le domaine de la transcendance, la
Loi qui nous gouverne nous est sensible. Symboliquement, elle est sa présence, sa
« shekina », la vision accessible, peut-être, à l’aide de la fameuse “ascèse initiatique” dont
nous parle le rituel.
La perception accessible aux sens (deuxième degré) est soumise à la dualité. Une des grandes
lois de l’univers est le binôme “reproduction prédation”, amour mort, Eros Thanatos. Derrière
le rideau se trouve le troisième point, ce fameux troisième point auquel nous sommes
confrontés depuis le premier degré. Résoudre ce troisième point c’est avoir la connaissance
des lois profondes de l’univers, la connaissance du sens de la création ; c’est donc bien être un
grand initié.
On comprend vite l’énormité de la tâche. On ne peut que “tendre vers”. Mais le travail est de
s’approcher le plus que l’on peut de cette Vérité.
Le Rite nous montre que cette œuvre universelle reste toujours le projet. Cette perspective
n’est réalisable qu’à partir d’un travail personnel réalisé par chacun seul face à lui-même, et
face au mystère de son existence. L’union sacrée de ces chercheurs isolés, mais réunis dans
leur conviction d’atteindre le même but, fait que ce dessin universel est à la base même de la
notion d’Ordre, et notamment d’Ordre maçonnique.

Nous pouvons également comprendre l’ouverture du rideau comme une analogie à la chute
d’un bandeau ; dans le noir, le candidat ne voyait pas bien, ne comprenait pas bien. Cette
chute du bandeau provoque l’illumination du nouveau Maître, terme employé dans le rituel de
Banquet d’Ordre. Il s’agit bien d’un véritable dévoilement, d’une révélation, non pas celle qui
vient d’en haut, exotérique, imposée, dogmatique, asservissante, du domaine exclusif de la
foi religieuse, mais celle qui vient d’en bas, de ses profondeurs, ésotérique, issue de sa
délibération intime, de sa propre et libre volonté, et donc libératrice.
C’est cette vision qui permet au TVM d’affirmer : “Gloire au GADLU.Le
Maître est retrouvé et il reparaît aussi radieux que jamais !” Notons que c’est le Maître qui
reparaît, et non Hiram. Hiram est un symbole, de même que la mort initiatique ; si l’on tue
symboliquement Hiram, le Maître en nous, nous ne pouvons évidemment pas reparaître en un
initié complet, détenteur des Mots véritables du Maître Maçon ! Seuls les Mots substitués
nous seront accessibles ; et lors de la fermeture des Travaux, le TVM les approuvera et
les confirmera “jusqu’à ce que les Mots véritables puissent être retrouvés”, ce qui demandera
sans doute pas mal de temps. Nous ne sommes donc que de pâles reflets du Maître Hiram.

LA MERCABA
Maurice BÉLANGEON 04 mars 6011
IV

Et le TVM nous informe : “C’est ainsi, mon TCF, que tous les Maîtres Maçons,
affranchis d’une mort symbolique, viennent se réunir avec les anciens Compagnons de leurs
travaux et que, tous ensemble, les vivants et les morts, assurent la pérennité de l’Œuvre.”
Nous voilà bien en contact avec “Les Maîtres Inconnus, passés à l’Orient Éternel, qui
continuent à diriger nos Travaux, grâce à la Tradition fidèlement suivie.”
La tradition ne serait-elle pas la vision que les Lois Universelles, les Lois du
GADLU, sont constantes depuis l’apparition du cosmos, sont en dehors du temps
et de l’espace ? Les concepts de géométrie, génération, gravitation, génie et gnose, attribués
au deuxième degré au cinq pointes de l’Étoile sont indépendants de toute variation dans leur
principe. Rappelons-nous le premier voyage du Candidat au premier degré : “Ces difficultés
sont d’autant plus grandes pour ceux qui ne possèdent pas la Lumière et qui, à cause de cela,
ignorent les Lois profondes du Cosmos et agissent souvent à l’encontre de ces Lois.”
L’ascèse initiatique dont nous parle le rituel a donc bien un but : comprendre les Lois
profondes de l’univers, symbolisées par la gloire du GADLU pour essayer de s’y
conformer.
Vaste programme…
Cette compréhension est bien d’ordre spirituel, et va tendre vers une connaissance
métaphysique, au sens non dogmatique du terme.
Cette connaissance des Lois profondes de l’univers doit déboucher sur la connaissance de la
Loi Morale dont on nous parle souvent, et qui est si difficile à définir, en dehors qu’elle est
des morales habituelles, humaines et donc changeantes. Rappelons-nous la parole
d’Espérance, qui circule lors d’une Tenue Funèbre : “Rien ne meurt, tout est vivant”. La
grande loi ne serait-elle pas le respect de la Vie ? Quelle qu’en soit la forme ? Serait-ce dans
ce respect que réside la Gloire du GADLU ? Derrière le Rideau n’y a t’il pas la
solution à cette grande Loi de la prédation, présente pour nos traditions depuis le sacrifice
d’Abraham, ou même du meurtre de Caïn et, de nos jours, du meurtre d’Hiram ?
Les Maîtres Inconnus passés à l’Orient Éternel qui se trouvent symboliquement derrière le
Rideau ont eu, eux aussi, cette recherche et, s’ils continuent de diriger nos Travaux grâce à la
Tradition fidèlement suivie, c’est qu’eux non plus n’ont pas trouvé la solution.
Mais la solution ne réside t’elle pas dans la recherche ? Rappelons-nous que “la Vérité n’est
pas une réponse, mais une perpétuelle interrogation…”

Vous voyez, VM mes FF quel genre de réflexions peut entraîner un simple mot,
“mercaba”. Réflexions qui peuvent se développer à l’infini bien entendu puisque nous ne
sommes, et sûrement nous ne serons, qu’en possession de vérités substituées. Mais nous
avons les mêmes, nous cherchons ensemble, et nous sommes les Amis du Travail !

J’ai dit TVM.

LA MERCABA
Maurice BÉLANGEON 04 mars 6011

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