FUPA
Master I - ECONOMIE, année 2013
Economie de la santé
Professeur : Dr EHOUAN, Taï
Devoir N° 1
Samedi 06 juillet 2013
Durée 2 heures (120 minutes)
Questions (100 points)
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1. Les déterminants de la santé (20 points)
Le tableau suivant montre la contribution de chacun des déterminants de la santé à
l’amélioration potentielle de la santé des populations observée dans un pays donné.
Contribution à la
Affectation des
réduction du
Déterminants de la ressources
N° nombre d’années
santé budgétaires
potentielles de vie
(%)
perdues
1 Biologie humaine 20 15
2 Environnement 30 10
3 Habitudes de vie 40 05
4 Système de santé 10 70
Ensemble 100 100
Question
1. Peut-on dire, de façon pertinente selon ces données, que la contribution de
chacun des déterminants de la santé à l’amélioration potentielle de la santé
des populations est reliée au montant des ressources financières qui sont
affectées. Vrai ou faux ? Justifier brièvement votre réponse
2. Sur la base de ces données, quelles sont selon vous, les deux (2)
déterminants sur lesquels l’Etat de ce pays devrait agir en priorité afin de
réduire le nombre d’années potentielles de vie perdue dans sa population.
Justifier brièvement votre réponse.
Réponse :
1. non
2. 3 et 2
2. La notion de santé publique et de santé communautaire (20 points)
1. Définir et expliquer les concepts de santé publique et de santé
communautaire.
2. Quelle différence peut-on faire entre ces deux notions ?
2.1. santé publique et santé communautaire
La santé publique prend en compte les dimensions d’organisation administrative, politique
et économique. La santé publique aborde l’organisation de la santé pour une collectivité, une
population à un niveau individuel et à un niveau collectif.
L’OMS, en 1952, en donne la définition suivante : « La santé publique est la science et l’art
de prévenir les maladies, de prolonger la vie et d’améliorer la santé et la vitalité mentale et
physique des individus, par le moyen d’une action collective concertée visant à :
1. assainir le milieu ;
2. lutter contre les maladies ;
3. enseigner les règles d’hygiène personnelle ;
4. organiser des services médicaux et infirmiers en vue d’un diagnostic précoce et du
traitement préventif des maladies ;
5. mettre en œuvre des mesures sociales propres à assure à chaque membre de la
collectivité un niveau de vie compatible avec le maintien de la santé ».
La santé publique est aujourd’hui une discipline autonome qui s’occupe de l’état sanitaire
d’une collectivité, de la santé globale des populations sous tous ces aspects : curatif,
préventif, éducatif et social. La santé publique peut être aussi considérée comme une
institution sociale, une discipline et une pratique.
Son champ d’action est vaste et couvre tous les efforts sociaux, politiques, organisationnels
qui sont destinés à améliorer la santé de groupes ou de populations entières. Ceci inclut
toutes les approches organisées, tous les systèmes de promotion de la santé, de prévention
des maladies, de lutte contre la maladie, de réadaptation ou de soins orientés en ce sens.
La santé publique se rapporte essentiellement aux interventions et aux activités de plaidoyer
qui visent l'ensemble des déterminants de la santé modifiables, non seulement ceux liés aux
actions sur les individus, tels les comportements en matière de santé et le mode de vie, mais
également les facteurs tels que le revenu et le statut social, l'instruction, l'emploi et les
conditions de travail, l'accès aux services de santé appropriés et l'environnement physique.
La santé communautaire nécessite la participation des membres de la communauté à la
gestion de leur santé individuelle et collective. Il y a une notion d’engagement de chaque
individu. La participation de la communauté est recherchée à tous les niveaux de l’action,
c’est à dire :
1. analyser la situation sanitaire de la communauté,
2. identifier le problème, choisir les priorités,
3. définir les objectifs et activités, mobiliser les ressources pour améliorer la situation,
4. organiser et conduire l’action,
5. évaluer l’action.
Les usagers, les acteurs, les politiques, les différents partenaires etc. doivent être associés
dans une action de santé communautaire. Les phases de concertation et de diagnostic
partagé sont essentielles car elles impliquent des rencontres d’où découlent l’analyse et la
mise en évidence des priorités.
La démarche participative est importante en santé communautaire. Les savoirs des
destinataires de l’action sont primordiaux. L’action communautaire se construit dans
l’échange et implique un transfert de compétences du professionnel vers le profane (le
destinataire de l’action) mais aussi du profane vers le professionnel de santé. Les
professionnels sont des personnes ressources et mettent leurs compétences au service de
la communauté.
2.2. Différence entre santé public et santé communautaire
La participation de la population dans le PPBS (planification et gestion) et le financement est
importante dans l’approche de santé communautaire que dans celle de la santé publique. De
même l’approche de santé communautaire fait à l’engagement actif des individus et de la
collectivité (communauté).
3. Les soins de santé primaire (20 points)
En se basant sur ses principes et ses méthodes d’action, décrire pourquoi les soins
de santé primaire sont importants pour un pays comme la Côte d’Ivoire.
1. Les SSP sont des soins essentiels (curatifs, préventifs et promotionnels) reposant sur
des méthodes, des techniques et des pratiques scientifiquement valables et socialement
acceptables, rendus universellement accessibles à tous avec la pleine participation de la
communauté et à coût supportable par le pays .
2. Les SSP représentent le premier contact des individus avec le système national de
santé.
3. Les SSP font intervenir le secteur de santé et les secteurs connexes de
développement national et communautaire (agriculture, élevage, production
alimentaire, industrie, éducation, logement, travaux publics et communications) et font
appel aux personnels de santé.
4. Les SSP sont des actions de santé indispensables à la continuité de la vie quotidienne.
« Les SSP comprennent, au minimum, une éducation concernant les problèmes de santé
qui se posent, ainsi que des méthodes de détection, de prévention et de lutte qui leur sont
applicables :
5. La promotion de bonnes conditions alimentaires et nutritionnelles ;
6. Un approvisionnement suffisant en eau saine ;
7. La protection maternelle et infantile et la planification familiale ;
8. La vaccination contre les maladies infectieuses ;
9. La prévention et le contrôle des endémies locales ;
10. Le traitement des maladies et lésions courantes ;
11. La promotion de la santé mentale ;
12. La fourniture des médicaments essentiels. »
Les SSP sont importants pour la CI en raison de la spécificité de ses méthodes et
domaines d’intervention qui permettent de mieux faire face et à moindre coût (donc
plus efficacement) aux déterminants de la santé qui dont les contributions à
l’amélioration de la santé des populations sont les plus importantes : l’environnement,
les habitudes de vie.
Bases des soins de santé primaire
« Tout être humain a le droit et le devoir de participer individuellement et collectivement à la
planification et à la mise en œuvre des soins de santé qui lui sont destinés ».
Chronologie des soins de santé primaires :
- La famille : il incombe au chef de famille de prendre en charge la santé de la famille.
- Ensuite toute la communauté intervient.
- Les services de santé mettent en place des démarches de soins.
Les SSP sont des services proches de la population. La promotion et la protection de la
santé en sont les orientations prioritaires. La prévention est donc essentielle et doit
l’emporter sur le curatif.
4. Sur la base des données ci-après, extraites du rapport d’activités sanitaires en
Côte d’Ivoire au titre de l’année 2012, calculer les indicateurs sanitaires suivants
(25 points) :
1. le taux d’utilisation = nbre consultants / population totale = 6495513 / 22594212 =
28,75 %
2. la durée moyenne de séjour en hospitalisation = jrs hosp / nbre admission = 438 433
/ 152910 = 2,867 = 2,87 jours
3. le taux de consultation = nbre consultations / consultant = 7215897 / 6495513 = 1,11
4. le taux d’occupation des lits d’hospitalisation = jrs hosp / (nbre lits x 365 j) =
438433/(4065*365) = 0,29549 = 29,55 %
5. le taux de fréquentation des services de santé = nbre consultations / population totale
= 7215897 / 22594212 = 31,9369 = 31,94 %
Données observées :
Effectif de population : 22 594 212 habitants
Nombre de consultants : 6 495 513
Nombre de consultations : 7 215 897
Nombre de lits d’hospitalisation ouverts : 4 065
Nombre de décès en hospitalisation : 8 120
Nombre d’admissions en hospitalisation : 152 910
Nombre de journées d’hospitalisation : 438 433
5. En matière de financement de la santé (15 points).
1. Citer les principales sources de financement des services de santé
2. Qu’est-ce que c’est que les comptes nationaux de la santé ?
1. Sources principales de financement :
1. Le financement public
2. Le fonds internationaux (OMD)
3. Le paiement direct des usagers (Ménages)
4. Les entreprises
5. L’Assurance-maladie
6. Les mécanismes non assuranciels
2. Compte de la santé
Base de données financières (coûts, dépenses de santé, tarifs, financement (type, montant,
sources, etc.)
Les comptes nationaux de la santé (CNS) constituent un outil de suivi systématique,
cohérent et exhaustif du flux des ressources du système de santé d’un pays. En effet, ils
représentent un outil spécialement élaboré pour informer le processus de politique de santé,
processus qui comprend la conception et la mise en œuvre de politique, le dialogue politique
et le suivi et l’évaluation des interventions de santé. Ils fournissent les preuves qui aident les
décideurs, les parties prenantes non gouvernementales, et les dirigeants et cadres à prendre
de meilleures décisions dans leurs efforts pour améliorer la performance du système de
santé.
Les comptes de la santé se distinguent d’autres formes de revue des dépenses en raison
de l'un ou de plusieurs des éléments suivants:
Les comptes nationaux de la santé = apport dans la gestion de l'amélioration des
performances du système de santé. Aussi s'avèrent-ils très utiles pour répondre à des
questions telles que :
1. Comment les ressources sont-elles mobilisées et gérées pour le système de
santé?
2. Qui paye pour les soins de santé et combien est dépensé?
3. Qui fournit les biens et les services et avec quelles ressources?
4. Comment les fonds de soins de santé sont-ils répartis entre les différents
services, interventions et activités produits par le système de santé?
5. Qui bénéficie des dépenses en santé?
L'atout des CNS en tant qu'outil d’analyse des politiques de santé est qu'ils sont
indépendants de la structure du système de financement de la santé d’un pays.