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Envoi3 Corriges

Ce document contient les corrections d'exercices sur les espaces Lp. Il présente notamment des démonstrations de densité de Cc dans Lp, de continuité en moyenne de fonctions dans Lp sous translation, et de propriétés d'intérieur d'ensembles dans ces espaces.

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Envoi3 Corriges

Ce document contient les corrections d'exercices sur les espaces Lp. Il présente notamment des démonstrations de densité de Cc dans Lp, de continuité en moyenne de fonctions dans Lp sous translation, et de propriétés d'intérieur d'ensembles dans ces espaces.

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12.

6 Exercices du chapitre 6
12.6.1 Espaces Lp , 1 ≤ p ≤ ∞
Corrigé 99
Soit (E, T, m) un espace mesuré, p ∈ [1, ∞[ et A ∈ T . On pose F = {f ∈ LpR (E, T, m); f = 0 p.p. sur
A}. Montrer que F est fermé (dans LpR (E, T, m)).

—————————————corrigé—————————————–
Soient (fn )n∈N ⊂ F et f ∈ LpR (E, T, m) t.q. fn → f dans LpR (E, T, m).
Grâce à l’inégalité de Hölder (inégalité (6.3) pour 1 < p < ∞ ou inégalité (6.13) qui contient aussi le cas
p = 1), on a, pour tout g ∈ LqR (E, T, m) avec q = p−1 p
,
� � �
| fn gdm − f gdm| ≤ |(fn − f )g|dm ≤ �fn − f �p �g�q → 0, quand n → ∞,

et donc � �
fn gdm → f gdm, quand n → ∞. (12.85)

On prend alors g = (|f |)p−1 1{f >0} 1A − (|f |)p−1 1{f <0} 1A ∈ LqR (E, T, m) si p > 1 et on prend g =
1{f >0} 1A − 1{f <0} 1A ∈ L∞
R (E, T, m) si p = 1.

Comme fn g = 0 p.p., on déduit de (12.85) que |f |p 1A dm = 0 et donc que f = 0 p.p. sur A.

Un autre démonstration est possible en utilisant la réciproque partielle du théorème de convergence


dominée (théorème 6.2).
—————————————————————————————–

Corrigé 100
Soit p ∈ [1, ∞] et C = {f ∈ Lp (R, B(R), λ); f ≥ 0 p.p.}. Montrer que C est d’intérieur vide pour p < ∞
et d’intérieur non vide pour p = ∞.

—————————————corrigé—————————————–
Cas p < ∞
Soit f ∈ C et soit ε > 0. On va construire g ∈ Lp (R, B(R), λ) t.q. g �∈ C et �f − g�p ≤ ε. Comme ε est
arbitraire, ceci montrera bien que f n’est pas dans l’intérieur de C et donc, comme f est arbitraire, que
C est d’intérieur vide.
On choisit, comme d’habitude, un représentant de f . On pose An = {0 ≤ f ≤ n} ∈ B(R). La suite
(An )n∈N est croissante et ∪n∈N An = {f ≥ 0}. Par continuité croissante de λ, on a donc λ(An ) → λ({f ≥
0}) = ∞ quand n → ∞. Il existe donc n ∈ N� t.q. λ(An ) > 0. On choisit cette valeur de n et on pose
A = An .
On prend maintenant m > ( n+1 ε ) (ce choix sera bientôt compréhensible. . . ) et, pour i�
p
∈ Z, on pose
Bi = A ∩ [ m , m [. Comme les Bi sont disjoints 2 à 2 et que ∪i∈Z Bi = A, on a λ(A) = i∈Z λ(Bi ). Il
i i+1

existe donc i ∈ Z t.q. λ(Bi ) > 0. On choisit cette valeur de i et on pose B = Bi (noter que λ(B) ≤ 1/m).

On construit maintenant g en prenant g(x) = f (x) si x ∈ B c et g(x) = −1 si x ∈ B. On a g mesurable


et : � � � �
|g| dm =
p
|g| dm +
p
|g| dm ≤ |f |p dm + λ(B) < ∞.
p
Bc B

386
On a donc g ∈ Lp (R, B(R), λ) (et g ∈ Lp (R, B(R), λ) en confondant g avec sa classe d’équivalence). On
p
a aussi g �∈ C car λ(B) > 0 et g < 0 sur B. Enfin �f − g�pp ≤ (n + 1)p λ(B) ≤ (n+1)
m ≤ εp (par le choix
de m), donc �f − g�p ≤ ε.

Ceci montre bien que C est d’intérieur vide.

Cas p = ∞
On prend f = 1R ∈ L∞ (R, B(R), λ) (et donc f ∈ L∞ (R, B(R), λ) en confondant f avec sa classe
d’équivalence). On note B(f, 1) la boule (dans L∞ ) de centre f et de rayon 1. Soit g ∈ B(f, 1).
On a |1 − g| = |f − g| ≤ �f − g�∞ ≤ 1 p.p.. On en déduit que g ≥ 0 p.p. et donc que g ∈ C. La fonction
f appartient donc à l’intérieur de C, ce qui prouve que C est d’intérieur non vide.
—————————————————————————————–

Corrigé 101 (Convergence essentiellement uniforme)


Soit (E, T, m) un espace mesuré, (fn )n∈N une suite de fonctions mesurables de E dans R et f une fonction
mesurable de E dans R.
Montrer que �fn − f �∞ → 0, quand n → ∞, si et seulement si il existe A ∈ T t.q. m(A) = 0 et fn → f
uniformément sur Ac , quand n → ∞.
—————————————corrigé—————————————–
On suppose que �fn − f �∞ → 0, quand n → ∞.
Soit n ∈ N, on a |fn − f | ≤ �fn − f �∞ p.p. (voir, par exemple, l’exercice corrigé 4.32). Il existe donc
An ∈ T t.q. m(An ) = 0 et |(fn − f )(x)| ≤ �fn − f �∞ pour tout x ∈ Acn .
On pose A = ∪n∈N An , on a alors, par σ−additivité de m, m(A) = 0 et, pour tout n ∈ N :

sup |fn (x) − f (x)| ≤ �fn − f �∞ .


x∈Ac

On en déduit que fn → f uniformément sur Ac , quand n → ∞. Ce qui donne la propriété désirée.

Réciproquement, on suppose maintenant qu’il existe A ∈ T t.q. m(A) = 0 et fn → f uniformément sur


Ac , quand n → ∞.
Soit n ∈ N, on a, pour tout x ∈ Ac , |fn (x) − f (x)| ≤ supy∈Ac |fn (y) − f (y)|. Comme m(A) = 0, on en
déduit :
|fn − f | ≤ sup |fn (y) − f (y)| p.p.,
y∈Ac

et donc :
�fn − f �∞ ≤ sup |fn (y) − f (y)|.
y∈Ac

Comme fn → f uniformément sur Ac , quand n → ∞, ceci donne bien �fn − f �∞ → 0, quand n → ∞.


—————————————————————————————–

Corrigé 102 (Densité et continuité en moyenne)

1. Soit p ∈ [1, ∞[. Montrer que Cc (R, R) est dense dans LpR (R, B(R), λ). Soit f ∈ LpR (R, B(R), λ),
montrer que �f − f (· + h)�p → 0 quand h → 0.

—————————————corrigé—————————————–
Densité de Cc dans Lp

387
On reprend ici la démonstration faite pour p = 1 (voir le théorème 5.5)
Il est clair que Cc (R, R) ⊂ Lp = LpR (R, B(R), λ). En confondant un élément de Lp avec sa classe
d’équivalence, on a donc aussi Cc (R, R) ⊂ Lp = LpR (R, B(R), λ) (ceci est aussi vrai pour p = ∞).
L’objectif est donc de montrer que pour tout f ∈ Lp et tout ε > 0, il existe ϕ ∈ Cc (R, R) t.q.
�f − ϕ�p ≤ ε. On va raisonner en plusieurs étapes (fonctions caractéristiques, E+ , M+ et enfin Lp ).

(a) On suppose ici que f = 1A avec A ∈ B(R) et λ(A) < ∞.


Soit ε > 0. On prend la même fonction ϕ que pour p = 1 (démonstration du téorème 5.5). On
a ϕ ∈ Cc (R, R), ϕ = 1 sur K, ϕ = 0 sur Oc et 0 ≤ ϕ ≤ 1 (partout). Les ensembles K et O sont
t.q. K ⊂ A ⊂ O et λ(O \ K) ≤ 2ε. On en déduit que f − ϕ = 0 sur K ∪ Oc et 0 ≤ |f − ϕ| ≤ 1,
ce qui donne
�f − ϕ�pp ≤ λ(O \ K) ≤ 2ε,
et donc 1
�f − ϕ�p ≤ (2ε) p .
Comme ε est arbitrairement petit, ceci termine la première étape.
(b) On suppose
�nici que f ∈ E+ ∩ L . Comme
p
f ∈ E+ , il existe a1 , . . . , an >
� 0 et A1 , . . . , An ∈ T
t.q. f = i=1 ai 1Ai . Comme f ∈ Lp , on a, pour tout i, api λ(Ai ) ≤ |f |p dm < ∞. Donc,
λ(Ai ) < ∞.
Soit ε > 0, l’étape
�n 1 donne, pour tout i, l’existence de ϕi ∈ Cc (R,�R) t.q. �1Ai − ϕi �p ≤ ε.
n
On pose ϕ = i=1 ai ϕi ∈ Cc (R, R) et on obtient �f − ϕ�p ≤ ( i=1 ai )ε (ce qui est bien
arbitrairement petit).
(c) On suppose ici que f ∈ M+ ∩ Lp .
Soit ε > 0. Comme f ∈ M+ , il existe une suite (fn )n∈N ⊂ E+ t.q. fn ↑ f quand n → ∞.
La suite (f − fn )n∈N est donc dominée par f ∈ Lp . Le théorème de convergence dominée
donne alors que (f − fn ) → 0 dans Lp quand n → ∞. On peut donc choisir g = fn ∈ E+ t.q.
�f − g�p ≤ ε.
L’étape 2 donne alors l’existence de ϕ ∈ Cc (R, R) t.q. �g − ϕ�p ≤ ε. D’où l’on déduit
�f − ϕ�p ≤ 2ε. Ce qui termine l’étape 3.
(d) On suppose enfin que f ∈ Lp .
Soit ε > 0. Comme f ± ∈ M+ ∩ Lp , l’étape 3 donne qu’il existe ϕ1 , ϕ2 ∈ Cc (R, R) t.q.
�f + − ϕ1 �p ≤ ε et �f − − ϕ2 �p ≤ ε. On pose alors ϕ = ϕ1 − ϕ2 . On a ϕ ∈ Cc (R, R) et
�f − ϕ�p ≤ 2ε. Ce qui prouve bien la densité de Cc (R, R) dans Lp .

Continuité en moyenne
On raisonne ici en 2 étapes :

(a) Soit ϕ ∈ Cc (R, R). La fonction ϕ est donc uniformément continue, ce qui donne
sup |ϕ(x + h) − ϕ(x)| → 0 quand h → 0.
x∈R

Soit a > 0 t.q. ϕ = 0 sur [−a, a]c . Pour h ∈ R t.q. |h| ≤ 1, on a donc, comme ϕ(x+h)−ϕ(x) =
0 si x �∈ [−a − 1, a + 1],

|ϕ(x + h) − ϕ(x)|p dx ≤ (2a + 2) sup |ϕ(x + h) − ϕ(x)|p → 0, quand h → 0.
x∈R

388
On en déduit que �ϕ(· + h) − ϕ�p → 0 quand h → 0.
(b) Soit f ∈ Lp . L’invariance par translation de la mesure de Lebesgue donne que f (· + h) ∈ Lp
pour tout h ∈ R. On veut maintenant montrer que �f (· + h) − f �p → 0 quand h → 0.
Soit ε > 0. D’après la densité de Cc dans Lp , il existe ϕ ∈ Cc t.q. �f − ϕ�p ≤ ε. L’invariance
par translation de la mesure de Lebesgue donne �f (· + h) − ϕ(· + h)�p = �f − ϕ�p . On a donc,
pour tout h ∈ R:

�f (· + h) − f �p ≤ 2�f − ϕ�p + �ϕ(· + h) − ϕ�p ≤ 2ε + �ϕ(· + h) − ϕ�p .

D’après la première étape, il existe η > 0 t.q.

|h| ≤ η ⇒ �ϕ(· + h) − ϕ�p ≤ ε.

Donc,

|h| ≤ η ⇒ �f (· + h) − f �p ≤ 3ε.
Ce qui prouve bien que f (· + h) → f dans Lp , quand h → 0.
—————————————————————————————–
2. Les assertions précédentes sont-elles vraies pour p = ∞ ?

—————————————corrigé—————————————–
Les assertions précédentes sont fausses pour p = ∞, comme cela est montré dans l’exercice 8.3.

(a) On a bien Cc (R, R) ⊂ L∞ R (R, B(R), λ) mais le résultat de densité est faux. On prend, par
exemple, f = 1]0,1[ . Il est facile de voir que �f − ϕ�∞ ≥ 12 , pour tout ϕ ∈ Cc (R, R).
(b) On prend ici aussi f = 1]0,1[ . Il est facile de voir que �f (· + h) − f �∞ = 1 pour tout h �= 0.
—————————————————————————————–

Corrigé 103 (Produit Lp − Lq )


p
Soient (E, T, m) un espace mesuré, p ∈ [1, +∞] et q le conjugué de p (i.e. q = p−1 ). Soient (fn )n∈N ⊂
LR (E, T, m), (gn )n∈N ⊂ LR (E, T, m), f ∈ L�R (E, T, m) et� g ∈ LR (E, T, m) t.q. fn → f dans LpR (E, T, m)
p q p q

et gn → g dans LqR (E, T, m). Montrer que fn gn dm → f gdm lorsque n → +∞.

—————————————corrigé—————————————–
On remarque d’abord que le lemme 6.2 (ou la proposition 6.9 pour avoir aussi le cas p = ∞ ou q = ∞)
donne que f g ∈ L1R (E, T, m) et fn gn ∈ L1R (E, T, m) pour tout n ∈ N. Puis, on utilise l’inégalité de Hölder
(lemme 6.2 et proposition 6.9) pour obtenir
� � � �
| fn gn dm − f gdm| ≤ | (fn − f )gn dm| + | f (gn − g)dm|
≤ �fn − f �p �gn �q + �f �p �g − gn �q → 0, quand n → ∞,

car �fn − f �p → 0, �g − gn �q → 0 (quand n → ∞) et la suite (�gn �q )n∈N est bornée car la suite (gn )n∈N
est convergente dans Lq .
—————————————————————————————–

Corrigé 104

389
Soient (E, T, m) un espace mesuré, (fn )n∈N ⊂ L1R (E, T, m), (gn )n∈N ⊂ L∞
R (E, T, m), f ∈ LR (E, T, m) et
1

g ∈ LR (E, T, m). On suppose que fn → f dans LR (E, T, m).


∞ 1

1. On suppose que gn → g dans L∞


R (E, T, m). Montrer que fn gn → f g dans LR (E, T, m).
1

—————————————corrigé—————————————–
Cette question a été faite dans l’exercice 6.7, corrigé 103.
—————————————————————————————–
2. On suppose maintenant que gn → g p.p.. Montrer par un contre exemple qu’on peut ne pas avoir
fn gn → f g dans L1R (E, T, m).

—————————————corrigé—————————————–
On prend (E, T, m) = (R, B(R), λ). On prend f = g = 0 et, pour n ∈ N� ,

fn = gn = n1]0, n1 [ .

On a bien (fn )n∈N ⊂ L1R (E, T, m), (gn )n∈N ⊂ L∞


R (E, T, m), f ∈ LR (E, T, m) et g ∈ LR (E, T, m)
1 ∞

(comme d’habitude, on confond un élément de L avec sa classe d’équivalence).


p

On a aussi fn → 0 dans L1R (E, T, m) (car �fn �1 = √1n ), gn → 0 p.p. et fn gn �→ 0 dans L1R (E, T, m)
car �fn gn �1 = 1 pour tout n ∈ N.
—————————————————————————————–
3. On suppose maintenant que gn → g p.p. et qu’il existe M ∈ R t.q. �gn �∞ ≤ M . Montrer qu’on a
alors fn gn → f g dans L1R (E, T, m).

—————————————corrigé—————————————–
On remarque d’abord que f g ∈ L1R (E, T, m) et fn gn ∈ L1R (E, T, m) pour tout n ∈ N (voir la
proposition 6.9). Puis, on écrit
� � � �
| fn gn dm − f gdm| ≤ |fn − f ||gn |dm + |f ||gn − g|dm. (12.86)

Le premier terme du membre de droite de cette inégalité tend vers 0 car il est majoré par M �fn −f �1
qui tend vers 0 quand n → ∞.
Pour montrer que le deuxième terme de cette inégalité tend aussi vers 0, on pose hn = |f ||gn − g|.
On a hn → 0 p.p. car gn → g p.p., quand n → ∞. On a aussi 0 ≤ hn ≤ 2M |f | ∈ L1R (E, T, m) (en
effet, comme gn → g p.p. et |gn | ≤ M p.p., on �a aussi |g| ≤ M p.p.). On peut donc appliquer le
théorème de convergence dominée. Il donne que hn dm → 0. On en déduit que le deuxième terme
de (12.86) tend vers 0 quand n → ∞ et donc que fn gn → f g dans L1R (E, T, m) quand n → ∞.
—————————————————————————————–

Corrigé 105 (Inégalité de Hardy)


Soit p ∈]1, ∞[. On note Lp l’espace LpR (]0, ∞[, B(]0, ∞[), λ) (λ est donc ici la mesure de Lebesgue sur les
boréliens de ]0, ∞[).

Soit f ∈ Lp . Pour x ∈]0, ∞[, on pose F (x) = x1 f 1]0,x[ dλ. Le but de l’exercice est de montrer que
p
F ∈ Lp et �F �p ≤ p−1 �f �p .

390
1. On suppose, dans cette question, que f ∈ Cc (]0, ∞[) (c’est-à-dire que f est continue et à support
compact dans ]0, ∞[).

(a) Montrer F ∈ C 1 (]0, ∞[) ∩ Lp . Montrer que xF � (x) = −F (x) + f (x) pour tout x > 0.
—————————————corrigé—————————————–

On pose G(x) = f 1]0,x[ dλ pour x ∈]0, ∞[. Comme f est continue, la fonction g est de classe
C 1 sur ]0, ∞[ (et G� = f ). On en déduit que F est aussi de classe C 1 sur ]0, ∞[.
Comme f est à support compact dans ]0, ∞[, il existe a, A ∈]0, ∞[, a ≤ A, t.q. f (x) = 0 si
x < a ou x > A. La fonction f est bornée (car continue sur le compact [a, A] et nulle en dehors
de ce compact), on note M = sup{|f (x)|; x ∈ [a, A]}. On a alors |F (x)| ≤ M (A−a)x 1[a,∞[ (x)
pour tout x ∈]0, ∞[. On en déduit que F ∈ Lp car p > 1 (et on aussi F ∈ L∞ ).

Comme xF (x) = G(x), on a bien xF � (x) + F (x) = G� (x) = f (x) pour tout x ∈]0, ∞[.
—————————————————————————————–
(b) On suppose, dans cette question, que f (x) ≥ 0 pour tout x ∈]0, ∞[.
�∞ p
� ∞ p−1
Montrer que 0 F p (x)dx = p−1 0
F (x)f (x)dx. [On pourra utiliser une intégration par
parties.]
p
Montrer que �F �p ≤ p−1 �f �p .
—————————————corrigé—————————————–
Soit n ∈ N� . En intégrant par parties (entre F p et 1) sur ]0, n[, on obtient :
� n � n � n � n
F p (x)dx = − pF p−1 F � (x)xdx + F p (n)n = pF p (x)dx − pF p−1 f (x)dx + F p (n)n,
0 0 0 0

et donc : � n � n
(p − 1) F p (x)dx = pF p−1 f (x)dx − F p (n)n.
0 0

Comme 0 ≤ F p (n)n ≤ np−1 1


M (A−a) → 0, quand n → ∞ (où a, A, M sont définis à la question
précédente) et que F, f ∈ Lp , on en déduit :
� ∞ � ∞
p
F p (x)dx = F p−1 (x)f (x)dx.
0 p−1 0

p
En utilisant l’inégalité de Hölder (entre f ∈ Lp et F p−1 ∈ L p−1 ) on déduit de la précédente
inégalité : � ∞ �
p � ∞ p � p−1
F (x)dx ≤
p
�f �p F (x)dx p ,
0 p−1 0
p
et donc (comme F ∈ Lp ) �F �p ≤ p−1 �f �p .
—————————————————————————————–
p
(c) Monter que �F �p ≤ p−1 �f �p (on ne suppose plus que f (x) ≥ 0 pour tout x ∈]0, ∞[).
—————————————corrigé—————————————–

Il suffit de considérer H(x) = x1 |f |1]0,x[ dλ pour x > 0. La question précédente donne que H ∈ Lp
p p
et �H�p ≤ p−1 �f �p . Comme |F (x)| ≤ H(x) pour tout x > 0, on a donc �F �p ≤ �H�p ≤ p−1 �f �p .
—————————————————————————————–

391
2. On ne suppose plus que f ∈ Cc (]0, ∞[).

(a) Montrer qu’il existe (fn )n∈N ⊂ Cc (]0, ∞[) t.q �fn −f �p → 0 quand n → ∞. [On pourra utiliser
la densité de Cc (R, R) dans LpR (R, B(R), λ), exercice 6.4.]
—————————————corrigé—————————————–
On définit g par g = f sur ]0, ∞[ et g = 0 sur ] − ∞, 0]. On a donc g ∈ Lp (R, B(R), λ). il
existe donc (gn )n∈N ⊂ Cc (R, R) t.q. gn → g dans Lp (R, B(R), λ) quand n → ∞. On note g n
la restriction de la fonction gn à ]0, ∞[. La suite (g n )n∈N converge donc vers f dans Lp , mais
les fonctions g n ne sont pas nécessairement à support compact dans ]0, ∞[. Il faut donc les
modifier “légèrement”.
On se donne une fonction ϕ ∈ C(R, R) t.q. ϕ = 0 sur ] − 1, 1[ et ϕ = 1 sur ] − 2, 2[c . On pose
ϕm (x) = ϕ(mx) pour x ∈ R et m ∈ N� . Le théorème de convergence dominée donne alors
que, pour tout n ∈ N, on a ϕm g n → g n dans Lp (R, B(R), λ) quand m → ∞. Pour tout n ∈ N,
on peut donc choisir mn ∈ N� t.q. �ϕmn g n − g n �p ≤ n+1
1
. On pose fn = ϕmn g n , on a bien
(fn )n∈N ⊂ Cc (]0, ∞[) et �fn − f �p → 0 quand n → ∞.
—————————————————————————————–
p
(b) Montrer que F ∈ C(]0, ∞[) ∩ Lp et que �F �p ≤ p−1 �f �p .
—————————————corrigé—————————————–

On pose G(x) = f 1]0,x[ dλ pour x ∈]0, ∞[. On remarque que G ∈ C(]0, ∞[) car si 0 < x <
� 1
y < ∞, on a (en utilisant l’inégalité de Hölder) |G(x)−G(y)| ≤ |f |1]x,y[ dλ ≤ �f �p (y −x)1− p .
On a donc aussi F ∈ C(]0, ∞[).

Soit (fn )n∈N ⊂ Cc (]0, ∞[) t.q. �fn − f �p → 0 quand n → ∞. On pose Fn (x) = x1 fn 1]0,x[ dλ.
On a donc Fn ∈ Lp et
p
�Fn �p ≤ �fn �p . (12.87)
p−1
1
Pour x ∈]0, ∞[, on a (en utilisant l’inégalité de Hölder) |Fn (x) − F (x)| ≤ x1 �fn − f �p x1− p . On
en déduit que Fn → F p.p.. Il suffit alors d’appliquer le lemme de Fatou à la suite (|Fn |p )n∈N
p
pour déduire de (12.87) que F ∈ Lp et �F �p ≤ p−1 �f �p .
—————————————————————————————–
�F � p
3. Montrer que sup{ �f �pp , f ∈ Lp , �f �p �= 0} = p−1 (dans cette formule, F est donné comme
1
précédemment à partir de f ). [On pourra considérer la suite (fn )n∈N� définie par fn (t) = t− p 1]1,n[ (t)
pour t ∈]0, ∞[.]
—————————————corrigé—————————————–
1 1
Soit n ≥ 2 et fn définie par fn (t) = t− p 1]1,n[ (t) pour t ∈]0, ∞[. On a fn ∈ Lp et �fn �p = (log n) p .

On pose Fn (x) = x1 fn 1]0,x[ dλ et on cherche maintenant à minorer �Fn �p . On remarque que
Fn (x) ≥ 0 pour tout x ∈]0, ∞[ et :
p 1 p−1
Fn (x) = (x p − 1), pour x ∈ [1, n]. (12.88)
p−1x

Soit η > 0. Il existe A > 1 t.q. :


p−1 p−1
x>A⇒x p − 1 ≥ (1 − η)x p ,

392
et donc, en utilisant (12.88), on obtient :
� n
p 1 1 p 1
n > A ⇒ �Fn �p ≥ (1 − η)( dx) p = (1 − η)(log n − log A) p .
p−1 A x p − 1
1 �Fn �p p
Comme �fn �p = (log n) p , on en déduit que lim supn→∞ �fn �p ≥ p−1 (1 − η). Comme η > 0 est
�F � p
arbitrairement petit, on a donc lim supn→∞ �fnn�pp ≥ p−1 , ce qui donne :

�F �p p
sup{ , f ∈ Lp , �f �p �= 0} ≥ .
�f �p p−1
La mojoration donnée à la question 3 permet de conclure :
�F �p p
sup{ , f ∈ Lp , �f �p �= 0} = .
�f �p p−1
—————————————————————————————–

Corrigé 106 (Continuité d’une application de Lp dans Lq )


Soit (E, T, m) un espace mesuré fini, p, q ∈ [1, ∞[ et g une application continue de R dans R t.q. :
p
∃ C ∈ R�+ ; |g(s)| ≤ C|s| q + C, ∀s ∈ R. (12.89)

1. Soit u ∈ LpR (E, T, m). Montrer que g ◦ u ∈ LqR (E, T, m).

—————————————corrigé—————————————–
Cet exercice est très voisin de l’exercice 4.35 correspondant au cas p = q = 1, le corrigé des 3
premières questions va donc suivre essentiellement le corrigé 82.

La fonction u est mesurable de E (muni de la tribu T ) dans R (muni de la tribu B(R)) et g


est borélienne (c’est-à-dire mesurable de R dans R, muni de la tribu B(R)). On en déduit, par
composition, que g ◦ u est mesurable (de E dans R).
p
Pour s ∈ [−1, 1], on a |g(s)| ≤ 2C et donc |g(s)|q ≤ 2q C q . Pour s ∈ R \ [−1, 1], on a |g(s)| ≤ 2C|s| q
et donc |g(s)|q ≤ 2q C q |s|p . On a donc, pour tout s ∈ R, |g(s)|q ≤ 2q C q + 2q C q |s|p . On en déduit
que, pour tout x ∈ E, |g ◦ u(x)|q = |g(u(x))|q ≤ 2q C q + 2q C q |u(x)|p , et donc :

|g ◦ u|q dm ≤ 2q C q �u�pp + 2q C q m(E),

ce qui donne g ◦ u ∈ LqR (E, T, m).


—————————————————————————————–
On pose Lr = LrR (E, T, m), pour r = p et r = q. Pour u ∈ Lp , on pose G(u) = {h ∈ LqR (E, T, m);
h = g ◦ v p.p.}, avec v ∈ u. On a donc G(u) ∈ Lq et cette définition a bien un sens, c’est à dire que
G(u) ne dépend pas du choix de v dans u.

—————————————corrigé—————————————–
La démonstration du fait que cette définition a bien un sens est essentiellement identique à celle du
cas p = q = 1 (exercice 4.35, corrigé 82). Elle n’est pas demandée ici.
—————————————————————————————–

393
2. Soit (un )n∈N ⊂ Lp . On suppose que un → u p.p., quand n → ∞, et qu’il existe F ∈ Lp t.q. |un | ≤ F
p.p., pour tout n ∈ N. Montrer que G(un ) → G(u) dans Lq .

—————————————corrigé—————————————–
Pour tout n ∈ N, on choisit un représentant de un , encore notée un . On choisit aussi des représen-
tants de u et F , notés toujours u et F . Comme un → u p.p. quand n → ∞ et que g est continu, il
est facile de voir que g ◦ un → g ◦ u p.p.. On a donc G(un ) → G(u) p.p..
p p p
On remarque aussi que |g ◦ un | ≤ C|un | q + C ≤ C|F | q + C p.p. et donc |G(un )| ≤ C|F | q + C p.p.,
pour tout n ∈ N.
p
Comme F ∈ F p , on a |F | q ∈ Lq . Les fonctions constantes sont aussi dans Lq (car m(E) < ∞).
p
On a donc C|F | q + C ∈ Lq . On peut alors appliquer le théorème de convergence dominée dans Lq
(théorème 6.1), il donne que G(un ) → G(u) dans Lq quand n → ∞.
—————————————————————————————–
3. Montrer que G est continue de Lp dans Lq .

—————————————corrigé—————————————–
On raisonne par l’absurde. On suppose que G n’est pas continue de Lp dans Lq . Il existe donc
u ∈ Lp et (un )n∈N ⊂ Lp t.q. un → u dans Lp et G(un ) �→ G(u) dans Lq quand n → ∞.

Comme G(un ) �→ G(u), il existe ε > 0 et ϕ : N → N t.q. ϕ(n) → ∞ quand n → ∞ et :

�G(uϕ(n) ) − G(u)�q ≥ ε pour tout n ∈ N. (12.90)

(La suite (G(uϕ(n) ))n∈N est une sous suite de la suite (G(un ))n∈N .)
Comme uϕ(n) → u dans Lp , on peut appliquer le théorème 6.2 (“réciproque partielle de la conver-
gence dominée dans Lq ”). Il donne l’existence de ψ : N → N et de F ∈ Lp t.q. ψ(n) → ∞ quand
n → ∞, uϕ◦ψ(n) → u p.p. et |uϕ◦ψ(n) | ≤ F p.p., pour tout n ∈ N. (La suite (uϕ◦ψ(n) )n∈N est une
sous suite de la suite (uϕ(n) )n∈N ).
On peut maintenant appliquer la question 2 à la suite (uϕ◦ψ(n) )n∈N . Elle donne que G(uϕ◦ψ(n) ) →
G(u) dans Lq quand n → ∞. Ce qui est en contradiction avec (12.90).
—————————————————————————————–

4. On considère ici (E, T, m) = ([0, 1], B(R), λ) et on prend p = q = 1. On suppose que g ne vérifie
pas (12.89). On va construire u ∈ L1 t.q. G(u) �∈ L1 .

(a) Soit n ∈ N� , montrer qu’il existe αn ∈ R tel que : |g(αn )| ≥ n|αn | et |αn | ≥ n.

—————————————corrigé—————————————–
On raisonne par l’absurde. On suppose que |g(s)| < n|s| pour tout s t.q. |s| ≥ n. On pose
M = max{|g(s)|, s ∈ [−n, n]}. On a M < ∞ car g est continue sur le compact [−n, n] (noter
que n est fixé). en posant C = max{n, M }, on a donc :

|g(s)| ≤ C|s| + C, pour tout s ∈ R,

en contradiction avec l’hypothèse que g ne vérifie pas (12.89).

394
Il existe donc s, t.q. |s| ≥ n et |g(s)| ≥ n|s|. Ceci prouve l’existence de αn .
—————————————————————————————–
(b) On choisit une suite (αn )n∈N� vérifiant les conditions données à la question précédente. Montrer
qu’il existe α > 0 t.q.
+∞
� α
2
= 1.
n=1
|αn |n

—————————————corrigé—————————————–
Comme αn ≥ n, on a |αn1|n2 ≤ n13 et donc :
� 1
0<β= < ∞.
|αn |n2
n∈N�

On choisit alors α = β1 .
—————————————————————————————–
α
(c) Soit (an )n∈N� une suite définie par : a1 = 1 et an+1 = an − (où αn et α sont définies
|αn |n2
�+∞
dans les 2 questions précédentes). On pose u = n=1 αn 1[an+1 ,an [ . Montrer que u ∈ L1 et
G(u) �∈ L1 .

—————————————corrigé—————————————–
�n−1 α
Pour n ≥ 2, on a an = 1 − p=1 .
|αp |p2
Grâce au choix de α, on a donc an > 0 pour tout n ∈ N� , et an ↓ 0, quand n → ∞.
La fonction u est bien mesurable et, par le théorème de convergence monotone (plus précisé-
ment, on utilise sa première conséquence, le corollaire 4.1) :
� � � α
|u|dλ = |αn |(an − an+1 ) = < ∞.
� �
n2
n∈N n∈N

Donc, u ∈ L1 et aussi u ∈ L1 en confondant, comme d’habitude, u avec sa classe.


�+∞
on remarque ensuite que g ◦ u = n=1 g(αn )1[an+1 ,an [ . On a donc :
� � � α
|g ◦ u|dλ = |g(αn )|(an − an+1 ) ≥ = ∞.
� �
n
n∈N n∈N

ceci montre que g ◦ u �∈ L1 et donc G(u) �∈ L1 .


—————————————————————————————–

Corrigé 107 (Convergence p.p. et convergence des normes, par Egorov)


Soit (E, T, m) un espace mesuré et 1 ≤ p ≤ ∞. On note Lp l’espace LpR (E, T, m). Soit (fn )n une suite
d’éléments de Lp et f ∈ Lp . On suppose que fn → f p.p., quand n → ∞.

1. Montrer que �f �p ≤ lim inf n→∞ �fn �p . [Traiter séparément le cas 1 ≤ p < ∞ et p = ∞.]
—————————————corrigé—————————————–

395
On suppose que lim inf n→∞ �fn �p < ∞ (sinon, l’inégalité à démontrer est immédiate). Comme
d’habitude, on choisit des représentants de fn et de f (qui sont donc dans Lp ).
Pour p < ∞, on utilise le lemme de Fatou (lemme 4.6) à la suite (gn )n∈N où gn = |fn |p . Comme
gn → |f |p p.p., Il donne : � �
|f |p dm ≤ lim inf |fn |p dm.
n→∞

On en déduit que �f �p ≤ lim inf n→∞ �fn �p .


Pour p = ∞, il existe A ∈ T t.q. m(Ac ) = 0 et fn (x) → f (x), quand n → ∞, pour tout x ∈ A.
Pour tout n ∈ N, il existe An ∈ T t.q. m(Acn ) = 0 et fn (x) ≤ �fn �∞ pour tout x ∈ An . On pose
B = A ∩ (∩n∈N An ), de sorte que B ∈ T et m(B c ) = 0. Pour x ∈ B, on a :

f (x) = lim fn (x) = lim inf fn (x) ≤ lim inf �f �∞ .


n→∞ n→∞ n→∞

On en déduit que �f �∞ ≤ lim inf n→∞ �fn �∞ .


—————————————————————————————–
2. En prenant (E, T, m) = (]0, 1[, B(]0, 1[), λ) (où λ est la mesure de Lebesgue sur les boréliens de
]0, 1[), donner un exemple pour lequel la suite (�fn �p )n∈N converge dans R et �f �p < limn∈N �fn �p .
[On pourra aussi traiter séparément les cas 1 ≤ p < ∞ et p = ∞.]
—————————————corrigé—————————————–
1
Pour p < ∞, on peut prendre fn = n p 1]0, n1 [ (et f = 0 p.p.).

Pour p = ∞, on peut prendre fn = 1]0, n1 [ (et f = 0 p.p.).


—————————————————————————————–
Pour la suite de l’exercice, on suppose que �fn �p → �f �p , quand n → ∞.
3. Dans cette question, on suppose que p = 1.

(a) On suppose que m(E) < ∞. Pour tout n ∈ N, on choisit un représentant de fn , encore noté
fn . On choisit aussi un représentant de f , encore noté f . Soit A ∈ T et ε > 0. On suppose
que fn → f uniformément sur Ac . Montrer qu’il existe n0 t.q. :
� �
n ≥ n0 ⇒ |fn |dm ≤ ε + |f |dm.
A A

—————————————corrigé—————————————–
Pour n ∈ N, on a :
� � �
|fn |dm = |f |dm + (|fn | − |f |)dm
A� A A � (12.91)
= |f |dm + �fn �1 − �f �1 + (|f | − |fn |)dm.
A Ac

Soit ε > 0. Par convergence uniforme de fn vers f sur Ac (qui est de mesure finie car
m(E) < ∞), il existe n1 t.q.
� �
n ≥ n1 ⇒ (|f | − |fn |)dm ≤ |fn − f |dm ≤ ε.
Ac Ac

396
Comme �fn �1 → �f �1 , quand n → ∞, il existe n2 t.q. n ≥ n2 ⇒ �fn �1 − �f �1 ≤ ε. Pour
n0 = max(n1 , n2 ), on a donc :
� �
n ≥ n0 ⇒ |fn |dm ≤ |f |dm + 2ε.
A A

ce qui donne le résultat demandé.


—————————————————————————————–
(b) On suppose que m(E) < ∞. Montrer que fn → f dans L1 , quand n → ∞. [On pourra utiliser
le théorème d’Egorov.]
—————————————corrigé—————————————–
Soit ε > 0. D’après la proposition 4.9 page 93, il existe δ > 0 t.q.

(A ∈ T, m(A) ≤ δ) ⇒ |f |dm ≤ ε.
A

Le théorème d’Egorov (théorème 3.2) donne l’existence de A ∈ T t.q. m(A) ≤ δ et fn → f


uniformément sur Ac . On a donc :
� � � �
|fn − f |dm ≤ |fn − f |dm + |fn |dm + |f |dm.
Ac A A

On a A
|f |dm ≤ ε. Par la question précédente, il existe n0 t.q.
� �
n ≥ n0 ⇒ |fn |dm ≤ |f |dm + 2ε ≤ 3ε.
A A

Par convergence uniforme de fn vers f sur A , il existe n1 t.q.


c


n ≥ n1 ⇒ |fn − f |dm ≤ m(E) sup |fn − f | ≤ ε.
Ac Ac

On a donc finalement :

n ≥ max(n0 , n1 ) ⇒ |fn − f |dm ≤ 5ε.

Ce qui prouve que fn → f dans L1 , quand n → ∞.


—————————————————————————————–
(c) On suppose que m(E) = ∞. Soit ε > 0. Montrer qu’il existe C ∈ T t.q. :

m(C) < ∞ et |f |dm ≤ ε.
Cc

—————————————corrigé—————————————–
Cette question est résolue dans la proposition 4.9 page 93.
—————————————————————————————–
(d) On suppose que m(E) = ∞. Montrer que fn → f dans L1 , quand n → ∞.
—————————————corrigé—————————————–

Soit ε > 0. La question précédente donne l’existence de C ∈ T t.q. m(C) < ∞ et C c |f |dm ≤
ε.

397

La proposition 4.9 donne ici aussi l’existence de δ > 0 t.q. (A ∈ T, m(A) ≤ δ) ⇒ A
|f |dm ≤ ε.
Le théorème d’Egorov (appliqué à la mesure définie par mC (B) = m(B ∩ C) pour B ∈ T , qui
est bien une mesure finie sur T ) donne l’existence de A ∈ T t.q. m(A ∩ C) ≤ δ et fn → f
uniformément sur Ac . On a donc :
� � � �
|fn − f |dm ≤ |fn − f |dm + |fn |dm + |f |dm.
Ac ∩C A∪C c A∪C c
� � � �
Par le choix de A et de C, on a A∪C c
|f |dm = (A∩C)∪C c
|f |dm ≤ A∩C
|f |dm+ Cc
|f |dm ≤ 2ε.
En reprenant la question 3a, on remarque que l’hypothèse m(E) < ∞ n’a été utilisée que pour
dire que m(Ac ) < ∞. Ici, comme m(Ac ∩ C) < ∞, la même démonstration donne donc qu’il
il existe n0 t.q. � �
n ≥ n0 ⇒ |fn |dm ≤ |f |dm + 2ε ≤ 4ε.
A∪C c A∪C c
Enfin, par convergence uniforme de fn vers f sur A , il existe n1 t.q. c


n ≥ n1 ⇒ |fn − f |dm ≤ m(C) sup |fn − f | ≤ ε.
Ac ∩C Ac

On a donc : �
n ≥ max(n0 , n1 ) ⇒ |fn − f |dm ≤ 7ε.

Ce qui prouve que fn → f dans L1 , quand n → ∞.


—————————————————————————————–

4. Dans cette question, on suppose que 1 < p < ∞. Montrer que fn → f dans Lp , quand n → ∞.
[S’inspirer de la méthode suggérée pour le cas p = 1.]
—————————————corrigé—————————————–
On traite directement le cas général (c’est-à-dire m(E) ≤ ∞).� Soit ε > 0. Comme |f |p ∈ L1 , La
proposition 4.9 donne l’existence de C ∈ T t.q.� m(C) < ∞ et C c |f |p dm ≤ ε. Elle donne ici aussi
l’existence de δ > 0 t.q. (A ∈ T, m(A) ≤ δ) ⇒ A |f |p dm ≤ ε.
On applique maintenant le théorème d’Egorov avec la mesure mC (comme à la question précédente)
et pour les suites (fn )n∈N et (|fn |p )n∈N . On obtient (en prenant l’union des ensembles donnés par
le théorème pour ces deux suites) l’existence de A ∈ T t.q. m(A ∩ C) ≤ δ, fn → f uniformément
sur Ac et |fn |p → |f |p uniformément sur Ac . On a :
� � � �
|fn − f |p dm ≤ |fn − f |p dm + 2p |fn |p dm + 2p |f |p dm.
Ac ∩C A∪C c A∪C c
� � � �
Par le choix de A et de C, on a A∪C c
|f |p dm = (A∩C)∪C c
|f |p dm ≤ A∩C
|f |p dm+ Cc
|f |p dm ≤ 2ε.

Comme à la question précédente, en reprenant la question 3a, on obtient qu’il existe n0 t.q.
� �
n ≥ n0 ⇒ |fn |p dm ≤ |f |p dm + 2ε ≤ 4ε.
A∪C c A∪C c

398
En fait, pour montrer cette inégalité avec la question 3a, on remplace (12.91) par :
� � �
|fn | dm =
p
|f | dm +
p
(|fn |p − |f |p )dm
� c
A∪C A∪C c �A∪C c
= |f |p dm + �fn �pp − �f �pp + (|f |p − |fn |p )dm,
A∪C c Ac ∩C

et on utilise la convergence de �fn �pp vers �f �pp , la convergence uniforme de |fn |p vers |f |p et le fait
que m(C) < ∞.
Enfin, par convergence uniforme de fn vers f sur Ac , il existe n1 t.q.

n ≥ n1 ⇒ |fn − f |p dm ≤ m(C) sup |fn − f |p ≤ ε.
Ac ∩C Ac

On a donc : �
n ≥ max(n0 , n1 ) ⇒ |fn − f |p dm ≤ 2p (7ε).

Ce qui prouve que fn → f dans Lp , quand n → ∞.


—————————————————————————————–
5. Dans cette question, on suppose que p = ∞ et que (E, T, m) = (]0, 1[, B(]0, 1[), λ). Donner un
exemple pour lequel fn �→ f dans L∞ , quand n → ∞.
—————————————corrigé—————————————–
Pour n ≥ 2, on pose f = 1] 12 ,1[ et on définit fn ainsi :

fn (x) = 0 si 0 ≤ x ≤ 12 ,
fn (x) = n(x − 12 ) si 12 ≤ x ≤ 1
2 + n1 ,
fn (x) = 1 si 12 + n1 ≤ x ≤ 1.

On a bien, quand n → ∞, fn → f p.p., �fn �∞ → �f �∞ et fn �→ f dans L∞ (car �fn − f �∞ = 1


pour tout n ≥ 2).
—————————————————————————————–

Corrigé 108 (Conv. p.p. et conv. des normes, par Fatou)


Soit (E, T, m) un espace mesuré. Pour p ∈ [1, ∞], on note Lp l’espace LpR (E, T, m).
Soit p ∈ [1, ∞[, (fn )n∈N une suite d’éléments de Lp et f ∈ Lp . On suppose que fn → f p.p. et que
�fn �p → �f �p , quand n → ∞.

1. On suppose que p = 1. Pour n ∈ N, on pose gn = |fn | + |f | − |fn − f | (en ayant choisi des
représentants de fn et f ). Montrer que gn ≥ 0 pour tout n ∈ N. En utilisant le lemme de Fatou,
montrer que fn → f dans L1 .
—————————————corrigé—————————————–
Comme |f − fn | ≤ |f | + |fn |, on a bien gn ≥ 0.Comme gn tends p.p. vers 2|f |, le lemme de Fatou
(lemme 4.6) donne : � �
2|f |dm ≤ lim inf gn dm.
n→∞

399
� � �
Comme �fn �1 → �f �1 , on a lim inf n→∞ gn dm = 2 |f |dm − lim supn→∞ |f − fn |dm. On a
donc : � � �
2|f |dm ≤ 2 |f |dm − lim sup |f − fn |dm.
n→∞

On en déduit que lim supn→∞ |f − fn |dm ≤ 0, et donc que fn → f dans L1 .
—————————————————————————————–

2. On suppose maintenant que p ∈]1, ∞[. En utilisant le lemme de Fatou pour une suite convenable,
montrer que fn → f dans Lp .
—————————————corrigé—————————————–
On prend maintenant gn = 2p |fn |p +2p |f |p −|fn −f |p . Comme |f −fn | ≤ |f |+|fn | ≤ 2 max{|fn |, |f |},
on a |f − fn |p ≤ 2p max{|fn |, |f |}p ≤ 2p |fn |p + 2p |f |p . On a donc gn ≥ 0. Comme gn tends p.p.
vers 2p+1 |f |p , le lemme de Fatou (lemme 4.6) donne :
� �
2 |f | dm ≤ lim inf gn dm.
p+1 p
n→∞
� � �
Comme �fn �p → �f �p , on a lim inf n→∞ gn dm = 2p+1 |f |p dm − lim supn→∞ |f − fn |p dm. On
a donc : � � �
2 |f | dm ≤ 2
p+1 p p+1
|f | dm − lim sup |f − fn |p dm.
p
n→∞

On en déduit que lim supn→∞ |f − fn |p dm ≤ 0, et donc que fn → f dans Lp .
—————————————————————————————–

Corrigé 109 (Compacité Lp − Lq )


Dans cet exercice, (E, T, m) est un espace mesuré. Pour tout 1 ≤ r ≤ ∞, on note Lr l’espace LrR (E, T, m)
(et Lr l’espace LrR (E, T, m)).

1. Soit r > 1 et (gn )n∈N une suite bornée de Lr . Montrer que la suite (gn )n∈N est équi-intégrable,
c’est-à-dire que :

∀ε > 0, ∃δ > 0 t.q. n ∈ N, A ∈ T, m(A) ≤ δ ⇒ |gn |dm ≤ ε.
A

[Utiliser l’inégalité de Hölder.]


—————————————corrigé—————————————–
En utilsant l’inégalité de Hölder (inégalité (6.3)) entre r ∈]1, ∞] et son conjugué et les fonctions gn
et 1A , on obtient, pour tout A ∈ T de mesure finie :

1
|gn |dm ≤ �gn �r m(A)1− r .
A

1
Si C est un majorant de {�gn �r , n ∈ N}, il suffit donc de prendre δ > 0 t.q. Cδ 1− r ≤ ε (ce qui est
possible car r > 1) pour avoir le résultat demandé.
—————————————————————————————–

Soit 1 ≤ p < q ≤ ∞ et (fn )n∈N une suite bornée de Lq . On suppose dans toute la suite que fn → f
p.p. quand n → ∞.

400
2. (Compacité Lp − Lq .) On suppose que m(E) < ∞.

(a) Montrer que f ∈ Lq (au sens “il existe g ∈ Lq t.q. f = g p.p.”).


—————————————corrigé—————————————–
Pour chaque n ∈ N, on choisit un représentant de fn , encore noté fn . Il existe A ∈ T t.q.
m(A) = 0 et fn (x) → f (x), quand n → ∞, pour tout x ∈ Ac . On pose g(x) = f (x) pour
x ∈ Ac et g(x) = 0 pour x ∈ A, de sorte que g = f p.p. et g(x) = limn→∞ fn 1Ac (x) pour tout
x ∈ E.

Si q < ∞, on applique le lemme de Fatou à la suite (|fn |q )n∈N . Il donne :


� �
|g|q dm ≤ lim inf |fn |q dm ≤ C q ,
n→∞

où C est un majorant de {�fn �q , n ∈ N}. On a donc g ∈ Lq et donc f ∈ Lq (au sens demandé).

Si q = ∞, comme |fn | ≤ �fn �∞ p.p., on déduit de g(x) = limn→∞ fn 1Ac (x) pour tout x ∈ E
le fait que �g�∞ ≤ C p.p., où C est un majorant de {�fn �∞ , n ∈ N}. On a donc, ici aussi,
g ∈ L∞ et donc f ∈ L∞ (au sens demandé).
—————————————————————————————–
(b) Montrer que fn → f dans Lp quand n → ∞. [Utiliser la question 1 avec gn = |fn − f |p et un
théorème du cours.]
—————————————corrigé—————————————–
La suite (gn )n∈N est bornée dans Lr , avec r = pq > 1. Elle est donc équi-intégrable (par
la question 1). Comme elle converge p.p. vers 0 et que m(E) < ∞, le théorème de Vitali
(théorème 4.8) donne que la suite (gn )n∈N converge vers 0 dans L1 et donc que fn → f dans
Lp quand n → ∞.
—————————————————————————————–

3. On suppose que m(E) = ∞.

(a) Soit B ∈ T t.q. m(B) < ∞. Montrer que fn 1B → f 1B dans Lp quand n → ∞.


—————————————corrigé—————————————–
On définit la mesure mB sur T en posant m(A) = m(A ∩ B) pour tout A ∈ T . la mesure mB
est finie. On peut donc appliquer la question 2 avec cette mesure. On obtient que fn → f ,
quand n → ∞, � dans l’espae LpR (E,
� T, mB ).p Ceci qui donne que fn 1B → f 1B dans L quand
p

n → ∞ (car, |fn − f | 1B dm = |fn − f | dmB ).


p

—————————————————————————————–
(b) On prend ici (E, T, m) = (R, B(R), λ), q = 2, p = 1, f = 0. Donner un exemple pour lequel
(fn )n∈N ⊂ L1 , fn �→ 0 dans L1 quand n → ∞ (et (fn )n∈N bornée dans L2 , fn → 0 p.p. quand
n → ∞).
—————————————corrigé—————————————–
On peut prendre, par exemple, fn = 1]n,n+1[ .
—————————————————————————————–

Corrigé 110 (Caractérisation de L∞ )

401
Soit (X, T, m) un espace mesuré. Pour p ∈ [1, ∞], on note Lp l’espace LpR (X, T, m). Soit f une application
de X dans R. On suppose que pour tout n ∈ N� il existe fn ∈ L∞ et gn ∈ L1 t.q. f = fn + gn , �fn �∞ ≤ 1
et �gn �1 ≤ n1 . Montrer que f ∈ L∞ et �f �∞ ≤ 1.
—————————————corrigé—————————————–
En attente
—————————————————————————————–
Corrigé 111 (Exemples de v.a. appartenant à Lq )
Soit (Ω, A, P ) un espace de probabilités et X une v.a. (réelle). Dans les trois cas suivants, donner les
valeurs de q ∈ [1, ∞] pour lesquels la variable aléatoire X appartient à l’espace Lq (Ω, A, P ) :
1. X suit une loi exponentielle E(λ) (λ > 0) (c’est-à-dire que la loi de X a une densité f par rapport
à la mesure de Lebesgue, avec f (x) = λ exp(−λx)1]0,+∞[ pour x ∈ R).
—————————————corrigé—————————————–
Soit q ∈ [1, ∞[, on a :
� � � ∞
|X|q dP = |x|q dPX (x) = xq λ exp(−λx)dx < ∞,
Ω R 0

car la fonction x �→ |x|q λ exp(−λx) est intégrable par rapport à la mesure de Lebesgue sur R+ . On
a donc X ∈ Lq (Ω, A, P ).
Soit maintenant q = ∞. Pour tout a > 0, on a, avec A =]a, ∞[ :
� � � ∞
P [X > a] = 1A (X)dP = 1A (x)dPX (x) = λ exp(−λx)dx > 0,
Ω R a

car λ exp(−λx) > 0 pour tout x > a. Donc X �∈ L∞ (Ω, A, P ).


—————————————————————————————–
2. X suit une loi de Cauchy de paramètre c > 0 (la loi de X a une densité f par rapport à la mesure
de Lebesgue, avec f (x) = π1 x2 +c
c
2 pour x ∈ R).

—————————————corrigé—————————————–
Il suffit ici de considérer le cas q = 1. On a :
� � � �
c ∞ x c ∞ 1
|X|dP = |x|dPX (x) ≥ dx ≥ dx = ∞.
Ω R π 0 x2 + c2 π c 2x
On a donc X �∈ L1 (Ω, A, P ), ce qui donne aussi X �∈ Lq (Ω, A, P ) pour tout q ∈ [1, ∞] (car
Lq (Ω, A, P ) ⊂ L1 (Ω, A, P ) pour q > 1).
—————————————————————————————–
3. X suit une loi géométrique G(p) (p ∈]0, 1[) (c’est-à-dire que P ({X = k}) = p(1 − p)k−1 , pour tout
k ∈ N� ).
—————————————corrigé—————————————–
On note�Ak = {X = k} = {ω ∈ Ω, X(ω) = k} et A = ∪∞
�∞ k=1 Ak . Par σ-additivité de P , on a

P (A) = k=1 P (Ak ) = k=1 p(1 − p)k−1 = 1. On a donc P (Ac ) = 0.
Soit q ∈ [1, ∞[, on a :
� � ∞ �
� ∞

|X|q dP = |X|q dP = |X|q dP = k q p(1 − p)k−1 < ∞,
Ω A k=1 Ak k=1

402
car la série de terme général k q p(1 − p)k−1 est convergente (pour le voir, il suffit, par exemple, de
remarquer que
(k + 1)q p(1 − p)k (k + 1)q (1 − p)
lim q k−1
= lim = 1 − p < 1.
k→∞ k p(1 − p) k→∞ kq
On a donc X ∈ Lq (Ω, A, P ).
Soit maintenant q = ∞. Pour tout a > 0, on a P [X > a] ≥ P (Ak ) > 0 si k > a. On a donc
X �∈ L∞ (Ω, A, P ).
—————————————————————————————–

12.6.2 Espaces de Hilberts, espace L2


Corrigé 112
Soit (E, T, m) un espace
� mesuré et (fn )n∈N une suite d’élements de L2R (E,
� T, m) deux à deux orthogonaux.
Montrer que la série n∈N fn converge (dans L ) si et seulement si n∈N �fn �22 est convergente (dans
2

R).

—————————————corrigé—————————————– �
Comme L2R (E, T, m) est un espace complet, �n la série n∈N fn est convergente dans LR (E, T, m) si et
2

seulement la suite des sommes partielles, ( k=0 fk )n∈N , est de Cauchy (dans L ). Cette suite des sommes
2

partielles est de Cauchy si et seulement si elle vérifie :


m

∀ ε > 0, ∃ n0 t.q. m ≥ n ≥ n0 ⇒ � fk �22 ≤ ε. (12.92)
k=n
Le fait que les fn soient deux à deux orthogonaux nous donne (théorème de Pythagore) que
m
� m

� fk �22 = �fk �22 .
k=n k=n
�n
L’assertion 12.92 est donc équivalente �à dire que la suite ( k=0 �fk �22 )n∈N est de Cauchy (dans R), ce
qui est équivalent à dire que la série n∈N �fn �22 est convergente (dans R).
—————————————————————————————–
Corrigé 113 (Lp n’est pas un espace de Hilbert si p �= 2)
Montrer que LpR (R, B(R), λ) (muni de sa norme usuelle) n’est pas un espace de Hilbert si 1 ≤ p ≤ ∞,
p �= 2. [Pour p �= 2, chercher des fonctions f et g mettant en défaut l’identité du parallèlogramme,
c’est-à-dire l’identité (6.18) page 145.]

—————————————corrigé—————————————–
On prend f = 1]0,1[ et g = 1]1,2[ , de sorte que f ∈ LpR (R, B(R), λ), g ∈ LpR (R, B(R), λ) (avec la confusion
habituelle entre une classe et l’un de ses représentants) et que :
1
�f �p = �g�p = 1, �f + g�p = �f − g�p = 2 p .
2
Pour p �= 2, on a donc �f + g�2p + �f − g�2p = 2(2 p ) �= 4 = 2�f �2p + 2�g�2p .
L’identité du parallèlogramme, c’est-à-dire l’identité (6.18) page 145, n’est donc pas satisfaite (pour
p �= 2), ce qui prouve que, pour p �= 2, la norme � · �p (sur LpR (R, B(R), λ)) n’est pas induite par un
produit scalaire.
—————————————————————————————–

403
Corrigé 114 (projection sur le cône positif de L2 )
Soit (X, T, m) un espace mesuré et E = L2R (X, T, m). On pose C = {f ∈ E, f ≥ 0 p.p.}.
1. Montrer que C est une partie convexe fermée non vide de E.

—————————————corrigé—————————————–

• C �= ∅ car 0 ∈ C.
• Soit f, g ∈ C et t ∈ [0, 1]. On a tf + (1 − t)g ∈ L2 = L2R (X, T, m), car L2 est un e.v., et
tf + (1 − t)g ≥ 0 p.p.. On a donc tf + (1 − t)g ∈ C, ce qui prouve que C est convexe.
• Soit (fn )n∈N ⊂ C t.q. fn → f dans L2 quand n → ∞. On veut montrer que f ∈ C (pour en
déduire que C est fermée).
� � � �
Pour tout ϕ ∈ L2 , on a fn ϕdm → f ϕdm (car | fn ϕdm − f ϕdm| ≤ �fn − f �2 �ϕ�2 ).
� �
On choisit ϕ = f − ∈ L2 . Comme fn f − ≥ 0 p.p., on en déduit − (f − )2 dm = f f − dm ≥ 0.
Ce qui prouve que f − = 0 p.p. et donc que f ≥ 0 p.p.. On a donc montré que f ∈ C et donc
que C est fermée.

Pour montrer que C est fermée, il est aussi possible d’utiliser la réciproque partielle du théorème
de convergence dominée (théorème 6.2).
—————————————————————————————–
2. Soit f ∈ E. Montrer que PC f = f + .

—————————————corrigé—————————————–
On a f ∈ C. Pour montrer que PC f = f + , on utilise la première caractérisation de la projection
+

(proposition 6.15).

Soit g ∈ C, on a (f − f + /f + − g)2 = −(f − /f + − g)2 = f − gdm ≥ 0 (on a utilisé ici le fait que
f − f + = 0 p.p.). La proposition 6.15 donne alors PC f = f + .
—————————————————————————————–

Corrigé 115 (Exemple de non existence de la projection sur un s.e.v. fermé)


Dans cet exercice, on donne un exemple t.q. :
E est un espace de Banach réel, F est un sous espace vectoriel fermé de E, g ∈ E \ F (et donc d(g, F ) =
inf{�g − f �E , f ∈ F } > 0. . . ) et il n’existe pas d’élément f ∈ E t.q. d(g, F ) = �g − f �E .

On prend E = C([0, 1], R), on munit E de la norme habituelle, �f �E = max{|f (x)|, x ∈ [0, 1]}. On pose
�1
F = {f ∈ E; f (0) = 0, 0 f (x)dx = 0}. Enfin, on prend g ∈ E défini par g(x) = x, pour tout x ∈ [0, 1].

1. Montrer que E est un espace de Banach (réel).

—————————————corrigé—————————————–
Il est clair que E est un e.v. sur R et que � · �E est une norme sur E, c’est la norme associée à la
convergence uniforme. On montre maintenant que E est complet.
Soit (fn )n∈N une suite de Cauchy de E. Pour tout ε > 0, il existe donc n(ε) t.q. :

x ∈ [0, 1], n, m ≥ n(ε) ⇒ |fn (x) − fm (x)| ≤ ε. (12.93)

404
De (12.93) on déduit que, pour tout x ∈ [0, 1], la suite (fn (x))n∈N est de Cauchy. Il existe donc
f : [0, 1] → R t.q. fn (x) → f (x) quand n → ∞, pour tout x ∈ [0, 1]. Pour montrer que la
convergence de fn vers f est uniforme, il suffit de reprendre (12.93) avec un x fixé et un n fixé
(n ≥ n(ε)) et de faire tendre m verts ∞, on obtient :

x ∈ [0, 1], n ≥ n(ε) ⇒ |fn (x) − f (x)| ≤ ε, (12.94)

ce qui donne bien la convergence uniforme de fn vers f . Comme les fn sont continues, on en déduit
que f est continue (comme limite uniforme de fonctions continues), c’est-à-dire f ∈ E. Enfin,
(12.94) donne �fn − f �E ≤ ε si n ≥ n(ε) et donc fn → f dans E, quand n → ∞. Ce qui prouve
que E est complet.
—————————————————————————————–
2. Montrer que F est un sous espace vectoriel fermé de E.

—————————————corrigé—————————————–
�1
On note T et S les applications de E dans R définies par T (f ) = f (0) et S(f ) = 0 f (x)dx. Il
s’agit donc d’applications linéaires de E dans R. Elles sont également continues car |T (f )| ≤ �f �E
et |S(f )| ≤ �f �E pour tout f ∈ E.
On en déduit que F est un s.e.v. fermé de E en remarquant que F = KerT ∩ KerS.
—————————————————————————————–
�1 �1
3. Soit f ∈ F . Montrer que �g − f �E ≥ 1/2. [On pourra remarquer que 0 |(g − f )(x)|dx ≥ 0 (g −
f )(x)dx = 1/2.]
—————————————corrigé—————————————–
Comme (g − f )(x) ≤ |(g − f )(x)| pour tout x ∈ [0, 1], on a bien
� 1 � 1
(g − f )(x)dx ≤ |(g − f )(x)|dx.
0 0
�1 �1 �1
On remarque ensuite que, puisque f ∈ F , on a 0 (g − f )(x)dx = 0 g(x)dx = 0 xdx = 2.
1
Et
donc : � 1
1
≤ |(g − f )(x)|dx.
2 0
�1
Puis, comme 0 |(g − f )(x)|dx ≤ �g − f �E , on en déduit que �g − f �E ≥ 1/2.
—————————————————————————————–

4. Montrer qu’il n’existe pas d’élément f ∈ F t.q. �g − f �E = 1/2.

—————————————corrigé—————————————–
Dans le raisonnement de la question précédente, on remarque que les �g − f �E > 1/2 sauf si
�1 �1 �1
0
|(g − f )(x)|dx = �g − f �E et 0 (g − f )(x)dx = 0 |(g − f )(x)|dx.
�1 �1 �1
Soit f ∈ F t.q. �g −f �E = 1/2. On a donc 0 (g −f )(x)dx = 0 |(g −f )(x)|dx et 0 |(g −f )(x)|dx =
�g − f �E . On en déduit que (g − f )(x) = |(g − f )(x)| = �g − f �E = 1/2 pour tout x ∈ [0, 1]. En
effet, si il existe, par exemple, x0 ∈ [0, 1] t.q. (g − f )(x0 ) < |(g − f )(x0 )|, on peut alors trouver (par
continuité de g − f ) un intervalle ouvert non vide sur lequel (g − f ) < |(g − f )| et on en déduit

405
�1 �1
0
(g − f )(x)dx < 0
|(g − f )(x)|dx (un raisonnement analogue donne |(g − f )(x)| = �g − f �E pour
tout x ∈ [0, 1]).
On a donc montré que f (x) = g(x) − 12 = x − 12 pour tout x ∈ [0, 1] ce qui est en contradiction avec
f (0) = 0.
—————————————————————————————–
5. Montrer que d(g, F ) = 1/2. [On pourra, par exemple, montrer que �g − fn �E → 1/2, avec fn défini
par fn (x) = −βn x, pour x ∈ [0, 1/n], fn (x) = (x − 1/n) − βn /n, pour x ∈ [1/n, 1], et βn choisi pour
que fn ∈ F .]

—————————————corrigé—————————————–
Soit n ∈ N� et fn définie par fn (x) = −βn x, pour x ∈ [0, 1/n], fn (x) = (x − 1/n) − βn /n, pour
�1
x ∈ [1/n, 1]. En prenant βn = (n − 1)2 /(2n − 1) on a 0 fn (x)dx = 0 et donc fn ∈ F . On remarque
ensuite que �fn − g�E = 1/n − βn /n → 1/2 quand n → ∞. On en déduit que d(g, F ) = 1/2.
—————————————————————————————–

Corrigé 116 (Lemme de Lax-Milgram)


Soit E est un espace de Hilbert réel et a une application bilinéaire de E × E dans R. On note (·/·) le
produit scalaire dans E et � · � la norme dans E. On suppose qu’il existe C ∈ R et α > 0 t.q. :

|a(u, v)| ≤ C�u��v�, ∀u, v ∈ E (continuité de a),

a(u, u) ≥ α�u�2 , ∀u ∈ E (coercivité de a).


Soit T ∈ E � . On va montrer, dans cet exercice, qu’il existe un et un seul u ∈ E t.q. T (v) = a(u, v) pour
tout v ∈ E (ceci est le lemme de Lax-Milgram).

1. On suppose, dans cette question, que a est symétrique. On définit une application bilinéaire, notée
(·/·)a de E × E dans R par (u/v)a = a(u, v). Montrer que (·/·)a est un produit scalaire sur E et
que la norme induite par ce produit scalaire est équivalente à la norme � · �. En déduire qu’il existe
un et un seul u ∈ E t.q. T (v) = a(u, v) pour tout v ∈ E. [Utiliser le théorème de représentation de
Riesz.]

—————————————corrigé—————————————–
L’application (·/·)a : E × E → R est symétrique, linéaire par rapport à son premier argument, et
(u/u)a > 0 pour u ∈ E \ {0} (grâce à la coercivité de a). C’est donc un produit scalaire sur E.
La norme induite par ce produit scalaire est équivalente à la norme sur E, notée � · �. En effet, les
hypothèses de continuité et coercivité de a donnent
√ √
α�u� ≤ �u�a ≤ C�u�, ∀u ∈ E.

Comme T est dans E � , c’est-à-dire linéaire et continu pour la norme � · �, T est aussi linéaire et
continu pour la norme � · �a . Or, E muni de la norme � · �a est un espace de Hilbert car la norme
� · �a est induite par un produit scalaire et E est complet avec cette norme car il est complet
avec la norme � · � qui est équivalente. On peut donc appliquer le théorème de représentation de

406
Riesz (théorème 6.8) avec E muni de la norme � · �a . Il donne qu’il existe un et seul u ∈ E t.q.
T (v) = (u/v)a pour tout v ∈ E, c’est-à-dire qu’il existe un et un seul u ∈ E t.q. :

T (v) = a(u, v) pour tout v ∈ E.

—————————————————————————————–
2. On ne suppose plus que a est symétrique.
(a) Soit u ∈ E, Montrer que l’application v �→ a(u, v) est un élément de E � . En déduire qu’il
existe un et un seul élément de E, notée Au, t.q. (Au/v) = a(u, v) pour tout v ∈ E.

—————————————corrigé—————————————–
L’application ψu : E → R, définie par ψu (v) = a(u, v) pour tout v ∈ E, est bien linéaire de
E dans R. Elle est aussi continue car |ψu (v)| = |a(u, v)| ≤ C�u��v� pour tout v dans E. On
a donc ψu ∈ E � (et �ψu �E � ≤ C�u�).
Comme ψu ∈ E � , le théorème de représentation de Riesz (théorème 6.8) donne qu’il existe un
élément de E, noté Au t.q. (Au/v) = ψu (v) pour tout v ∈ E, c’est-à-dire :

(Au/v) = a(u, v) pour tout v ∈ E.

—————————————————————————————–
On note, dans la suite A l’application qui à u ∈ E associe Au ∈ E.
(b) Montrer que A est linéaire continue de E dans E.

—————————————corrigé—————————————–
Soit u1 , u2 ∈ E, α1 , α2 ∈ R. On note w = α1 u1 + α2 u2 . Comme a est linéaire par rapport à
son premier argument, on a :

a(w, v) = α1 a(u1 , v) + α2 a(u2 , v) pour tout v ∈ E,

et donc (Aw/v) = α1 (Au1 /v) + α2 (Au2 /v) pour tout v ∈ E, ou encore

(Aw − α1 Au1 − α2 Au2 /v) = 0 pour tout v ∈ E.

On en déduit que Aw = α1 Au1 − α2 Au2 (il suffit de prendre v = Aw − α1 Au1 − α2 Au2 dans
l’égalité précédente) et donc que A est une application linéaire de E dans E.
Pour montrer la continuité de A, on remarque que (pour tout u ∈ E) |(Au/v)| = |a(u, v)| ≤
C�u��v� pour tout v ∈ E. D’où l’on déduit, en prenant v = Au, que �Au� ≤ C�u�.
L’application A est donc linéaire continue de E dans E.
Il est important, pour la suite, de remarquer que la coercivité de a donne :

α�u�2 ≤ a(u, u) = (Au/u) ≤ �Au��u�, pour tout u ∈ E,

et donc :
1
�Au�, pour tout u ∈ E.
�u� ≤ (12.95)
α
—————————————————————————————–

407
(c) Montrer que Im(A) est fermé

—————————————corrigé—————————————–
Soient (fn )n∈N ⊂ Im(A) et f ∈ E t.q. fn → f dans E quand n → ∞. On veut montrer que
f ∈ Im(A).
Comme fn ∈ Im(A), il existe, pour tout n ∈ N, un ∈ E t.q. Aun = fn . L’inégalité (12.95)
donne alors, pour tout n, m ∈ N,
1
�un − um � ≤ �fn − fm �.
α
La suite (fn )n∈N étant de Cauchy (car convergente), on en déduit que la suite (un )n∈N est de
Cauchy et donc convergente (car E est complet).
Il existe donc u ∈ E t.q. un → u (dans E) quand n → ∞. D’où l’on déduit, comme A est
continue, que fn = Aun → Au (dans E) quand n → ∞. On a donc f = Au, ce qui prouve que
f ∈ Im(A) et donc que Im(A) est fermé.
—————————————————————————————–
(d) Montrer que (Im(A))⊥ = {0}.

—————————————corrigé—————————————–
Soit u ∈ (Im(A))⊥ . On a donc (Av/u) = 0 pour tout v ∈ E. On prend v = u, on obtient,
grâce à la coercivité de a :
α�u�2 ≤ a(u, u) = (Au/u) = 0,
et donc u = 0. Ceci prouve bien que (Im(A))⊥ = {0}.
—————————————————————————————–
(e) Montrer que A est bijective et en déduire qu’il existe un et un seul u ∈ E t.q. T (v) = a(u, v)
pour tout v ∈ E.

—————————————corrigé—————————————–
L’inégalité (12.95) donne l’injectivité de A. Pour montrer la surjectivité de A, on remarque
que Im(A) est un s.e.v. fermé de E, on a donc E = Im(A) ⊕ (Im(A))⊥ (cf. théorème 6.7).
Comme (Im(A))⊥ = {0}, on a donc E = Im(A), c’est-à-dire A surjective.
On a bien bien montré que A est bijective.

Le théorème de représentation de Riesz (théorème 6.8) donne l’existence d’un et un seul z ∈ E


t.q.
T (v) = (z/v), ∀v ∈ E.
D’autre part, la définition de A donne :

a(u, v) = (Au/v), ∀v ∈ E.

Pour u ∈ E, on a donc :

(T (v) = a(u, v), ∀v ∈ E) ⇔ (z = Au).

La bijectivité de A donne l’existence d’un et d’un seul u ∈ E t.q. Au = z. On a donc un et


un seul u ∈ E t.q. T (v) = a(u, v) pour tout v ∈ E.
—————————————————————————————–

408
Corrigé 117 (Exemple de projection dans L2 )
On désigne par λ la mesure de Lebesgue sur les boréliens de ]0, 1[, par Lp l’espace LpR (]0, 1[, B(]0, 1[), λ)
et par Lp l’espace LpR (]0, 1[, B(]0, 1[), λ).

Soit g ∈ L2 .

1. Soit v ∈ L2 et φ ∈ Cc∞ (]0, 1[, R) (on rappelle que φ ∈ Cc∞ (]0, 1[, R) signifie que φ est une application
de ]0, 1[ dans R, de classe C ∞ , et qu’il existe K ⊂]0, 1[, K compact, t.q. φ(x) = 0 pour tout
x ∈]0, 1[\K) . Montrer que vgφ� ∈ L1 .

—————————————corrigé—————————————–
Comme d’habitude, on va confondre un élément de Lp avec l’un de ses représentants.
Comme g, v ∈ L2 , on a vg ∈ L1 (d’après le lemme 6.2). Puis, comme φ� ∈ Cc∞ (]0, 1[, R), on a
φ� ∈ L∞ et donc (par la proposition 6.9) vgφ� ∈ L1 .
—————————————————————————————–
� �
On pose C = {v ∈ L2 ; v ≤ 1 p.p., vgφ� dλ ≤ φdλ, pour tout φ ∈ Cc∞ (]0, 1[, R), φ ≥ 0}. (On
rappelle que φ ≥ 0 signifie φ(x) ≥ 0 pour tout x ∈]0, 1[.)
2. Montrer que C est un convexe fermé non vide de L2 .

—————————————corrigé—————————————–

• C �= ∅ car 0 ∈ C.
• On montre la convexité de C. Soient v, w ∈ C et t ∈ [0, 1]. On a tv + (1 − t)w ∈ L2 (car L2
est un e.v.). Du fait que v ≤ 1 p.p. et w ≤ 1 p.p., on déduit immédiatement (comme t ≥ 0
et (1 − t) ≥ 0) que tv + (1 − t)w ≤ t + (1 − t) = 1 p.p.. Enfin, soit φ ∈ Cc∞ (]0, 1[, R), φ ≥ 0.
Comme t ≥ 0 et (1 − t) ≥ 0, on remarque que
� �
t vgφ��dλ ≤ t φdλ, �
(1 − t) wgφ� dλ ≤ (1 − t) φdλ.

Ce qui donne, en additionnant,


� �
(tv + (1 − t)w)gφ� dλ ≤ φdλ.

On en déduit que (tv + (1 − t)w) ∈ C et donc que C est convexe.


• On montre enfin que C est fermée. Soient (vn )n∈N ⊂ C et v ∈ L2 t.q. vn → v dans L2 quand
n → ∞. On veut montrer que v ∈ C.
On remaque tout d’abord que, grâce à l’inégalité de Cauchy-Schwarz (inégalité (6.14)), on a :
� �
vn wdλ → vwdλ, quand n → ∞, ∀w ∈ L2 . (12.96)

� �
On prend w = v1v>1 ∈ L2 dans � (12.96). � Comme vn w ≤ w �p.p., on a vn wdλ ≤ wdλ.
On déduit alors de (12.96) que vwdλ ≤ wdλ et donc que (v − 1)v1v>1 dλ ≤ 0. Comme
v(v − 1)1v>1 ≥ 0 p.p., on a donc nécessairement v(v − 1)1v>1 = 0 p.p. et donc λ({v > 1}) = 0,
c’est-à-dire v ≤ 1 p.p..

409
Soit maintenant φ ∈ Cc∞ (]0, 1[, R), φ ≥ 0. Par les inégalités de Cauchy-Schwarz et Hölder, on
a: � �
vn gφ� dλ → vgφ� dλ, quand n → ∞.
� � �
En effet, | vn gφ� dλ − vgφ� dλ| ≤ �φ� �∞ |vn − v||g|dλ ≤ �φ� �∞ �vn − v�2 �g�2 → 0, quand
n → ∞.
� �
Du fait que, �pour tout n� ∈ N, vn gφ� dλ ≤ φdλ, on obtient donc, passant à limite quand
n → ∞, que vgφ� dλ ≤ φdλ. Ce qui montre bien que v ∈ C.
On a bien montré que C est fermée.
—————————————————————————————–
3. On désigne par 1 la fonction constante et égale à 1 sur ]0, 1[. Soit u ∈ C. Montrer que :

(�u − 1�2 ≤ �v − 1�2 pour tout v ∈ C) ⇔ ( (1 − u)(u − v)dλ ≥ 0 pour tout v ∈ C).

—————————————corrigé—————————————–
On remarque d’abord que

(�u − 1�2 ≤ �v − 1�2 pour tout v ∈ C) ⇔ u = PC 1.

On utilise maintenant la première caractérisation de la projection (proposition 6.15), elle donne que

u = PC 1 ⇔ ((1 − u/u − v)2 ≥ 0 pour tout v ∈ C),

et donc que �
u = PC 1 ⇔ ( (1 − u)(u − v)dλ ≥ 0 pour tout v ∈ C). (12.97)
—————————————————————————————–
4. Soit u ∈ C t.q. �u − 1�2 ≤ �v − 1�2 pour tout v ∈ C. On suppose que u, g ∈ C 1 (]0, 1[, R).

(a) Montrer que (ug)� (x) ≥ −1 pour tout x ∈]0, 1[.

—————————————corrigé—————————————–
On raisonne par l’absurde. On suppose qu’il existe c ∈]0, 1[ t.q. (ug)� (c) < −1. Par continuité
de (ug)� en c, il existe donc a, b t.q. 0 < a < c < b < 1 et (ug)� (x) < −1 pour tout x ∈]a, b[.
On peut construire ϕ ∈ Cc∞ (]0, 1[, R) t.q. ϕ ≥ 0, ϕ(c) > 0 et ϕ = 0 sur ]a, b[c . une telle
fonction ϕ est obtenue, par exemple, en prenant :
2y − (a + b)
ϕ(x) = ϕ0 ( ), x ∈]0, 1[, (12.98)
b−a
avec :
ϕ0 (x) = exp x21−1 , x ∈] − 1, 1[,
(12.99)
ϕ0 (x) = 0, x ∈ R\] − 1, 1[.

Comme u ∈ C, on a, d’après la définition de C (car ϕ est un choix possible pour φ) :


� b � � � b
u(x)g(x)ϕ (x)dx = ugϕ dλ ≤ φdλ =
� �
ϕ(x)dx.
a a

410
Comme ug est de classe C 1 sur [a, b], on peut intégrer par parties sur [a, b] pour obtenir (noter
�b �b
que ϕ(a) = ϕ(b) = 0) a −(ug)� (x)ϕ(x)dx ≤ a ϕ(x)dx, ou encore :
� b
((ug)� (x) + 1)ϕ(x)dx ≥ 0.
a

Ce qui impossible car ((ug)� + 1)ϕ est une fonction continue négative, non identiquement nulle
sur [a, b] (car non nulle au point c).
—————————————————————————————–
(b) Soit x ∈]0, 1[ t.q. u(x) < 1. Montrer que (ug)� (x) = −1.

—————————————corrigé—————————————–
On raisonne encore par l’absurde. On suppose donc qu’il existe c ∈]0, 1[ t.q. u(c) < 1 et
(ug)� (c) �= −1. Comme on sait déjà que (ug)� (x) ≥ −1 pour tout x ∈]0, 1[, on a donc (ug)� (c) >
−1.
Par continuité de u et (ug)� en c, il existe donc a, b, avec 0 < a < c < b < 1, et δ > 0 t.q.
u(x) ≤ 1 − δ et (ug)� (x) > −1 + δ pour tout x ∈]a, b[.
On utilise la même fonction ϕ qu’à la question précédente, c’est-à-dire donnée, par exemple,
par (12.98) et (12.99). La propriété importante est que ϕ ∈ Cc∞ (]0, 1[, R) soit t.q. ϕ ≥ 0,
ϕ(c) > 0 et ϕ = 0 sur ]a, b[c .
On va montrer que pour ε > 0 assez petit, on a u + εϕ ∈ C.
On remarque d’abord que u + εϕ ∈ L2 (pour tout ε > 0). Puis, en prenant 0 < ε ≤ ε1 = �ϕ� δ

,
on a u + εϕ ≤ 1 p.p.. Enfin, soit φ ∈ Cc (]0, 1[, R), φ ≥ 0}. On a, en utilisant une intégration

par parties sur un intervalle compact de ]0, 1[ contenant le support de φ :


� � �
((u + εϕ)g)φ dλ = − (ug) φdλ − ε (ϕg)� φdλ.
� �

En utilisant le fait que (ug)� ≥ −1 (partout) et (ug)� > −1 + δ sur ]a, b[, on en déduit
� � � b � b �
((u + εϕ)g)φ dλ ≤

φdλ − δ φ(x)dx − ε (ϕg) φdλ ≤

φdλ,
a a

si 0 < ε ≤ M,
δ
avec M = maxx∈[a,b] |(ϕg)� (x)| < ∞ car (ϕg)� est continue sur [a, b].
En prenant ε = min(ε1 , ε2 ) > 0, on obtient donc u + εϕ ∈ C. Comme u = PC 1, on peut
maintenant prendre v = u + εϕ dans la caractérisation de PC 1, on obtient, comme ε > 0 :
� b �
(1 − u(x))ϕ(x)dx = (1 − u)ϕdλ ≤ 0.
a

Ce qui est impossible car (1 − u)ϕ est une fonction continue positive, non identiquement nulle
sur ]a, b[ (car non nulle en c).
—————————————————————————————–
(c) Montrer que u est solution du problème suivant:
(ug)� (x) ≥ −1, pour tout x ∈]0, 1[,
u(x) ≤ 1, pour tout x ∈]0, 1[,

411
(1 + (ug)� (x))(u(x) − 1) = 0, pour tout x ∈]0, 1[.

—————————————corrigé—————————————–
Cette question est immédiate. On a déjà vu que (ug)� (x) ≥ −1, pour tout x ∈]0, 1[. Comme
u ∈ C, on a u ≤ 1 p.p.. Mais, comme u est continue sur ]0, 1[, l’ensemble {u > 1} est un ouvert,
cet ensemble est donc vide (car un ouvert de mesure de Lebesgue nulle est toujours vide). On
a donc u ≤ 1 partout. Enfin, le fait que (1 + (ug)� (x))(u(x) − 1) = 0, pour tout x ∈]0, 1[,
découle de la question précédente qui montre justement que (1 + (ug)� (x)) = 0 si u(x) < 1.
—————————————————————————————–

Corrigé 118 (Approximation dans L2 )


On désigne par λ la mesure de Lebesgue sur les boréliens de R, par Lp l’espace LpR (R, B(R), λ) et par Lp
l’espace LpR (R, B(R), λ). On note dt = dλ(t).
Pour f ∈ L2 et k ∈ N� , on définit Tk f de R dans R par :
� n(x)+1
k
Tk f (x) = k f (t)dt, (12.100)
n(x)
k

n(x) n(x) + 1
où n(x) est l’entier de Z tel que ≤x< (l’entier n dépend donc de x).
k k
1. Soit k ∈ N� et f ∈ L2 . Montrer que Tk f ∈ L2 (plus précisément, Tk f ∈ L2 et on confond alors,
comme d’habitude, Tk f avec {g ∈ L2 , g = Tk f p.p.}) et que �Tk f �2 ≤ �f �2 , pour tout k ∈ N� .

—————————————corrigé—————————————–
Comme f 1] n , n+1 [ ∈ L1 pour tout n ∈ Z, Tk (x) est bien définie pour tout x ∈ R. On pose
� n+1 k k
cn = k n k f (t)dt, pour n ∈ Z, de sorte que Tk (x) = cn pour tout x ∈ [ nk , n+1
k [.
k

Tk f est mesurable car (Tk f )−1 (A) = ∪n∈Z,cn ∈A [ nk , n+1


k [∈ B(R), pour tout A ⊂ R.

Pour n ∈ Z et x ∈ [ nk , n+1
k [, on a (en utilisant l’inégalité de Cauchy-Schwarz) (Tk (x)) = cn ≤
2 2
� n+1
k n k f 2 (t)dt. On déduit (on utilise ici le premier corollaire du théorème de convergence monotone,
k
corollaire 4.1) :

� � 1 � � n+1
k

(Tk f ) dλ =
2 2
cn ≤ f 2 (t)dt = f 2 dλ.
k n
n∈Z k n∈Z

On a donc Tk f ∈ L2 et �Tk f �2 ≤ �f �2 .
—————————————————————————————–
2. Soit f ∈ Cc (R, R) (i.e. f continue de R dans R et à support compact). Montrer que Tk f → f dans
L2 quand k → ∞.

—————————————corrigé—————————————–
Soit a > 0 t.q. f = 0 sur [−a, a]c . Comme f est uniformément continue, on a Tk f → f uniformément
(sur R) quand k → ∞. En remarquant que Tk f = 0 sur [−a − 1, a + 1]c pour tout k ∈ N� , on en
déduit

412

�Tk f − f �22 = (Tk f − f )2 dλ ≤ 2(a + 1)�Tk f − f �2∞ → 0, quand k → ∞.
—————————————————————————————–
3. Soit f ∈ L2 . Montrer que Tk f → f dans L2 quand k → ∞.

—————————————corrigé—————————————–
Soit ε > 0. Par densité de Cc (R, R) dans L2 , il existe ϕ ∈ Cc (R, R) t.q. �f − ϕ�2 ≤ ε. Comme Tk
est un opérateur linéaire, on a, en utilisant la question 1 :

�Tk f − f �2 ≤ �Tk f − Tk ϕ�2 + �Tk ϕ − ϕ�2 + �ϕ − f �2 ≤ 2�ϕ − f �2 + �Tk ϕ − ϕ�2 . (12.101)

La question 2 donne l’existence de k0 ∈ N t.q. le dernier terme de (12.101) soit inférieur à ε pour
k ≥ k0 . On a donc �Tk f − f �2 ≤ 3ε pour k ≥ k0 , ce qui prouve que Tk f → f , dans L2 , quand
k → ∞.
—————————————————————————————–

Corrigé 119 (Projections orthogonales)


On pose H = L2R (] − 1, +1[, B(] − 1, +1[), λ). (On rappelle que B(] − 1, +1[) est
� la tribu borélienne de
] − 1, 1[ et λ la mesure de Lebesgue sur B(] − 1, +1[).) Soit F = {f ∈ H t.q. ]−1,+1[ f dλ = 0}. Soit
� �
G = {f ∈ H t.q. ]−1,0[ f dλ = ]0,1[ f dλ}.

1. Montrer que F et G sont des sous-espaces vectoriels fermés de H. Déterminer les sous-espaces F ⊥ ,
G⊥ et F ∩ G.

—————————————corrigé—————————————–
� � �
Pour f ∈ H, on pose T (f ) = ]−1,+1[ f dλ et S(f ) = ]−1,0[ f dλ − ]0,1[ f dλ.

L’inégalité de Cauchy Scharwz entre f et 1]−1,+1[ , pour T , et f et (1]−1,0[ − 1]0,1[ ), pour S, montre
que T (f ) et S(f ) sont bien définis pour tout f ∈ H et que, pour tout f ∈ H :
√ √
|T (f )| ≤ 2�f �2 , |S(f )| ≤ 2�f �2 .

On en déduit que T et S sont des éléments de H � et donc que F = KerT et G = KerS sont des
s.e.v. fermés de H.
De plus, comme T �= 0 et S �= 0, on a dim(F ⊥ ) = dim(G⊥ ) = 1. Pour s’en convaincre, il suffit
de prendre v ∈ F ⊥ , v �= 0 (un tel v existe car T �= 0 et H = F ⊕ F ⊥ ). Pour tout w ∈ F ⊥ , on
a alors w = w − TT(w) T (w) T (w)
(v) v + T (v) v. On en déduit que (w − T (v) v) ∈ F ∩ F

= {0} et donc que
w ∈ Rv = vect{v}. Ce qui donne F = Rv et donc dim(F ) = 1. Un raisonnement semblable
⊥ ⊥

donne dim(G⊥ ) = 1.

Soit f l’élément de H t.q. f = 1 p.p.. On a clairement f ∈ F ⊥ (car (f /h)2 = T (h) = 0 pour tout
h ∈ F ) et donc, comme dim F ⊥ = 1, F ⊥ = Rf .
Soit g l’élément de H t.q. g = 1 p.p. sur ] − 1, 0[ et g = −1 sur ]0, 1[. On a clairement g ∈ G⊥ (car
(g/h)2 = S(h) = 0 pour tout h ∈ G) et donc, comme dim G⊥ = 1, G⊥ = Rg.

413
� �
Il reste à déterminer F ∩ G. Soit h ∈ F ∩ G. On a donc ]−1,0[ h dλ = ]0,1[ h dλ, car h ∈ G, et
� � � �
donc, comme h ∈ F , 0 = ]−1,+1[ f dλ = 2 ]−1,0[ h dλ = 2 ]0,1[ h dλ. Ce qui donne ]−1,0[ h dλ =

]0,1[
h dλ = 0.
� �
Réciproquement, si h ∈ H est t.q. ]−1,0[ h dλ = ]0,1[ h dλ = 0, on a bien S(h) = T (h) = 0 et donc
h ∈ F ∩ G. On a donc :
� �
F ∩ G = {h ∈ H; h dλ = h dλ = 0}.
]−1,0[ ]0,1[

—————————————————————————————–
2. Calculer, pour g ∈ H, les projections orthogonales PF (g) et PG (g) de g sur F et G.

—————————————corrigé—————————————–
Soit h ∈ H. Comme h − PF h ∈ F ⊥ , il� existe α ∈ R t.q. h − PF h = α p.p.. Comme PF h ∈ F , on a
1
T (PF h) = 0. On en déduit que 2α = −1 h(t)dt et donc

1 1
PF h = h − h(t)dt p.p..
2 −1

Comme h − PG h ∈ G⊥ , il existe β ∈ R t.q. h − PG h = β p.p. sur ] − 1, 0[ et h − PG h = −β p.p. sur


�0 �1
]0, 1[. Comme PG h ∈ G, on a S(PG h) = 0. On en déduit que 2β = −1 h(t)dt − 0 h(t)dt et donc
�0 �1
PG h = h − 12 ( −1 h(t)dt − 0 h(t)dt) p.p. sur ] − 1, 0[,
� 0 �1
PG h = h + 12 ( −1 h(t)dt − 0 h(t)dt) p.p. sur ]1, 0[.
—————————————————————————————–

Corrigé 120 (Projection orthogonale dans L2 )


On pose L2 = L2R (R, B(R), λ) (muni de sa structure hilbertienne habituelle) et, pour α, β ∈ R donnés,
α < β, C = {f ∈ L2 ; α ≤ f ≤ β p.p.}.

1. Montrer que C est vide si et seulement si αβ > 0.

—————————————corrigé—————————————–

• Si αβ > 0 (c’est-à-dire α et β non nuls


� et de même signe), on a alors pour tout f ∈ C,
f ≥ γ = min(|α|, |β|) > 0 p.p.. Donc, f 2 dλ ≥ γ 2 λ(R) = ∞, en contradiction avec f ∈ L2 .
On a donc C = ∅.
• On suppose maintenant αβ ≤ 0. On a alors α ≤ 0 ≤ β et donc 0 ∈ C. Ce qui prouve que
C �= ∅.
—————————————————————————————–
2. On suppose maintenant que αβ ≤ 0. Montrer que C est une partie convexe fermée non vide de L2 .
Soit f ∈ L2 , montrer que PC f (x) = max{min{f (x), β}, α} pour presque tout x ∈ R. (PC f désigne
la projection de f sur C.)

—————————————corrigé—————————————–

414
(a) On sait déjà que C �= ∅. On montre maintenant que C est convexe. Soient f, g ∈ C et t ∈ [0, 1].
On a tf + (1 − t)g ∈ L2 car L2 est un e.v.. Puis, du fait que α ≤ f ≤ β p.p. et α ≤ g ≤ β
p.p., on déduit immédiatement que α ≤ tf + (1 − t)g ≤ β p.p.. Donc, tf + (1 − t)g ∈ C.

Pour montrer que C est fermée, soient (fn )n∈N ⊂ C et f ∈ L2 t.q. fn → f dans L2 , quand
n → ∞. On peut montrer que α ≤ f ≤ β p.p. comme dans le corrigé 117 (question 2) ou
(pour changer de méthode. . . ) de la manière suivante :
D’après le théorème 6.2 (réciproque partielle de la convergence dominée), il existe une sous
suite de la suite (fn )n∈N convergeant p.p. vers f , c’est-à-dire il existe ϕ : N → N t.q.
ϕ(n) → ∞ quand n → ∞ et fϕ(n) → f p.p. quand n → ∞. Comme α ≤ fϕ(n) ≤ β p.p., on en
déduit α ≤ f ≤ β p.p., et donc que f ∈ C. ce qui prouve que C est fermée.
(b) On montre maintenant que PC f = max{min{f, β}, α}.
On confond comme d’habitude f avec l’un de ses représentants, et on définit g par

g = max{min{f, β}, α} = α1{f <α} + f 1{α≤f ≤β} + β1{f >β} .

g est donc une fonction mesurable de R dans R. Puis, comme |g| ≤ |f | p.p., on a bien g ∈ L2
(et donc g ∈ L2 avec la confusion habituelle). Enfin, il est immédiat que α ≤ g ≤ β p.p..
Donc, g ∈ C.

Pour montrer que g = PC f , on utilise la première caractérisation de la projection (proposition


6.15). Soit h ∈ C, on a :
� � �
(f −g/g−h)2 = (f −g)(g−h)dλ = (f −α)(α−h)1{f <α} dλ+ (f −β)(β −h)1{f >β} dλ ≥ 0,

car α ≤ h ≤ β p.p.. On en déduit que g = PC f .


—————————————————————————————–

Corrigé 121
Soit (E, T, m) un espace mesuré et Lp = LpR (E, T, m).
1. On suppose ici qu’ il existe A et B ∈ T t.q. A ∩ B = ∅, et 0 < m(B) < +∞, 0 < m(A) <
+∞. Montrer que Lp est un Hilbert si et seulement si p = 2. [On pourra utiliser l’identité du
parallèlogramme avec des fonctions de Lp bien choisies.]
—————————————corrigé—————————————–
On sait déjà que L2 est un espace de Hilbert.
On suppose maintenant que p �= 2 (et p ∈ [1, ∞]) et on va montrer que Lp n’est pas un espace
de Hilbert. Pour cela , On pose f = 1A et g = 1B . On a bien f, g ∈ Lp . On va montrer que
l’identité du parallèlogramme n’est pas vérifiée pour ces deux fonctions. On distingue les cas p < ∞
et p = ∞.

Premier cas : p < ∞. On pose a = m(A) et b = m(B) (noter que a, b ∈]0, ∞[). On a :
1 2 2 2
(�f + g�2p + �f − g�2p ) = (a + b) p , �f �2p + �g�2p = a p + b p .
2

415
On en déduit 12 (�f + g�2p + �f − g�2p ) − �f �2p + �g�2p = (a + b)α (1 − ha (t)) avec α = 2
p et hα (t) =
tα + (1 − t)α , t = a+b
a
∈]0, 1[.
Un étude de la fonction hα montre que :
• Si α ∈]0, 1[, on a hα (t) > 1 pour tout t ∈]0, 1[,
• Si α ∈]1, ∞[, on a hα (t) < 1 pour tout t ∈]0, 1[.
L’identité du parallèlogramme n’est donc pas vérifiée pour ces fonctions f et g, ce qui prouve que
la norme de Lp n’est pas induite pas un produit scalaire.
Deuxième cas : p = ∞. Dans ce cas, on a :
1
(�f + g�2p + �f − g�2p ) = 1, �f �2p + �g�2p = 2.
2

On en déduit 12 (�f + g�2p + �f − g�2p ) − �f �2p + �g�2p = −1 �= 0. L’identité du parallèlogramme n’est


donc pas vérifiée pour ces fonctions f et g, ce qui prouve que la norme de Lp n’est pas induite pas
un produit scalaire.
—————————————————————————————–

2. Montrer que pour m = δ0 (mesure de Dirac en 0), LpR (R, B(R), m) est un Hilbert pour tout p ∈
[1, +∞].
—————————————corrigé—————————————–
Soit f ∈ LpR (R, B(R), m). On a �f �p = |f (0)| (noter que tous les représentants de f ont la même
valeur en 0 car m({0}) > 0).
Il est facile de voir que la norme de Lp est induite pas un produit scalaire, notée (·/·), ce produit
scalaire est défini par :
(f /g) = f (0)g(0), pour f, g ∈ Lp .
L’espace Lp est donc un espace de Hilbert.
—————————————————————————————–

Corrigé 122 (Espace l2 )


On note m la mesure du dénombrement sur P(N), c’est-à-dire m(A) = card(A) si A est fini et m(A) = ∞
si A n’est pas fini.
On note l2 = L2R (N, P(N), m).

1. Montrer que chaque élément de l2 ne contient qu’un seul élément de l’espace L2R (N, P(N), m).

—————————————corrigé—————————————–
(Noter d’abord que m est bien une mesure sur P(N).)

Soient f, g ∈ L2 = L2R (N, P(N), m) t.q. f = g p.p.. Pour tout n ∈ N, on a f (n) = g(n) car
m({n}) = 1 > 0. On en déduit que f = g. Ceci montre bien que chaque élément de l2 ne contient
qu’un seul élément de l’espace L2 .
—————————————————————————————–

416
2. Montrer que l’inégalité de Cauchy-Schwarz sur l2 donne :
� � �
( an bn )2 ≤ a2n b2n
n∈N n∈N n∈N
� �
pour toutes suites (an )n∈N , (bn )n∈N ⊂ R+ t.q. 2
n∈N an < ∞ et 2
n∈N bn < ∞.

—————————————corrigé—————————————–
� �
Soient (an )n∈N , (bn )n∈N ⊂ R+ t.q. n∈N a2n < ∞ et n∈N b2n < ∞ (on peut aussi prendre an , bn ∈ R
au lieu de R+ ).
On définit f, g : N → R par f (n) = an et g(n) = bn pour n ∈ N. Les fonctions f et g sont
mesurables (toute fonction de N dans R est mesurable car la tribu choisie sur N est P(N)) et on a
bien f, g ∈ L2 car : � �
� �
f 2 dm = a2n < ∞ et g 2 dm = b2n < ∞. (12.102)
n∈N n∈N

En
� effet,2 pour montrer (12.102), il suffit, par exemple, de remarquer que f = n∈N an 1{n} (et g =
2 2 2

n∈N gn 1{n} ) et d’utiliser le premier corollaire du théorème de convergence monotone (corollaire


4.1).

L’inégalité de Cauchy-Schwarz donne alors que f g ∈ L1R (N, P(N), m), c’est-à-dire :

|an bn | < ∞,
n∈N

et que (f /g)2 ≤ �f �2 �g�2 . On en déduit :


� � �
( an bn )2 ≤ a2n b2n .
n∈N n∈N n∈N
—————————————————————————————–

3. Soit �
ϕ : N� → N�

, bijective. Montrer que n∈N� ϕ(n)
n2 = ∞. [On pourra commencer par montrer
n n
que p=1 ϕ(p)
1
≤ p=1 p1 pour tout n ∈ N� puis utiliser l’inégalité de Cauchy-Schwarz.]

—————————————corrigé—————————————–
Soit n ∈ N� . On peut ordonner l’ensemble des ϕ(p), p ∈ {1, . . . , n}, selon l’ordre croissant, c’est-
à-dire : {ϕ(p), p ∈ {1, . . . , n}} = {p1 , . . . , pn } avec pi < pi+1 pour tout i ∈ {1, . . . , n − 1} (on
utilise ici l’injectivité de ϕ). Comme ϕ prend ses valeurs dans N� , on a p1 ≥ 1. On en déduit (par
récurrence finie sur i) que pi ≥ i, pour tout i ∈ {1, . . . , n}, et donc :
n
� � 1 n �1 n
1
= ≤ . (12.103)
p=1
ϕ(p) p
i=1 i p=1
p


ϕ(p)
On utilise maintenant l’inégalité de Cauchy-Schwarz de la question précédente avec ap = p ,
bp = √ 1 pour p = 1, . . . , n et ap = bp = 0 pour p > n, on obtient :
ϕ(p)

� n � n �n n
1 2 ϕ(p) � 1
( ) =( ap bp )2 ≤ 2
.
p=1
p p=1 p=1
p p=1 ϕ(p)

417
En utilisant (12.103), on en déduit :
n
� n

1 ϕ(p)
≤ ,
p=1
p p=1
p2

�n ϕ(p) �n
et donc limn∈N p=1 p2 ≥ limn∈N 1
p=1 p = ∞.

(Noter que cette démonstration reste vraie lorsque ϕ est seulement injective.)
—————————————————————————————–

Corrigé 123 (Isométrie d’un espace de Hilbert avec l2 )


Soit H un espace de Hilbert réel, de dimension infinie et séparable. Soit {en , n ∈ N} une base hilbertienne
de H (une telle base existe, cf. proposition 6.17).
Pour u ∈ H, on définit au ∈ l2 (l2 est défini à l’exercice 6.32) par au (n) = (u/en )H , pour tout n ∈ N.
(On montrera tout d’abord que au est bien un élément de l2 .)
Montrer que l’application A : u �→ au (est linéaire et) est une isométrie de H dans l2 , c’est-à-dire que
�au �l2 = �u�H pour tout u ∈ H.
Montrer que A est bijective (il faut donc montrer que, pour tout a ∈ l2 , il existe u ∈ H t.q. a = au ).

—————————————corrigé—————————————–
La fonction au est mesurable de N dans R (toute fonction de N dans R est mesurable car la tribu choisie
sur N�est P(N)).�En notant m la mesure du dénombrement sur P(N) (voir l’exercice 6.32, corrigé 122),
on a a2u dm = n∈N (u/en )2H . L’égalité de Bessel (voir la proposition 6.18) donne alors que au ∈ l2 et
�au �l2 = �u�H .

Il est immédiat de voir que l’application A : u �→ au est linéaire, l’application A est donc une isométrie
de H dans l2 (ceci donne, en particulier, que A est injective). Il reste à montrer que A est surjective.

Soit a ∈ l2 . On�note an = a(n) pour n ∈ N, de sorte que (an )n∈N ⊂ R et n∈N a2n < ∞. Pour n ∈ N,
n
on pose fn = p=1 ap ep . La suite (fn )n∈N est de Cauchy dans H car, pour m > n, �fm − fn �2H =
�m �∞
p=n+1 ap → 0 quand n → ∞. Il existe donc u ∈ H t.q. fn → u, dans H, quand n → ∞.
2 2
p=n+1 ap ≤
Le troisième item de la proposition 6.18 page 156 donne alors que a = au . Ceci montre bien que A est
surjective.
—————————————————————————————–

12.6.3 Théorème de Radon-Nikodym et Dualité dans les espaces Lp


Corrigé 124 (Fonctions absolument continues)
Soit −∞ < a < b < +∞. On admet les 2 résultats suivant :

• Toute fonction monotone définie sur [a, b], à valeurs dans R, est dérivable en presque tout point de
]a, b[.

• Soit f ∈ L1R (]a, b[, B(]a, b[), λ). Pour x ∈ [a, b], on pose F (x) = f 1]a,x[ dλ. La fonction F est alors
dérivable en presque tout point de ]a, b[ et on a F � = f p.p..

1. (Fonctions monotones.) Soit f une fonction monotone croissante définie sur [a, b] et à valeurs dans
R.

418
(a) Montrer que f � ∈ L1R (]a, b[, B(]a, b[), λ) et que

f � 1]a,b[ dλ ≤ f (b) − f (a).

[On pourra poser f (x) = f (b) pour x > b, considérer fn (x) = n(f (x + n1 ) − f (x)) et remarquer
que fn → f � p.p. sur ]a, b[.]
—————————————corrigé—————————————–
On remarque tout d’abord que f est mesurable (de ]a, b[, muni de la tribu borélienne, dans R,
muni de la tribu borélienne) car l’image réciproque par f d’un intervalle de R est un intervalle
de ]a, b[). Comme |f | est bornée (par max(|f (b)|, |f (a)|)), on a aussi f ∈ L1R (]a, b[, B(]a, b[), λ).
On pose f (x) = f (b) pour x > b (de sorte que f est maintenant monotone croissante, et
donc mesurable, de ]a, ∞[ dans R), et on définit pour n ∈ N� la fonction fn par fn (x) =
n(f (x + n1 ) − f (x)) pour x ∈]a, b[. Pour n ∈ N, la fonction fn est donc mesurable (de ]a, b[ dans
R) positive et (en notant que f ∈ L1R (]a, b[, B(]a, b[), λ) et f (· + n1 ) ∈ L1R (]a, b[, B(]a, b[), λ)) on
a: � �
fn dλ = f (b) − n f dλ ≤ f (b) − f (a) (12.104)
1
]a,b[ ]a,a+ n [

Comme f est dérivable p.p., on a fn → f � p.p. sur ]a, b[, c’est-à-dire qu’il existe A ∈ B(]a, b[)
t.q. λ(]a, b[\A) = 0 et fn (x) → f � (x) pour tout x ∈ A. On pose g(x) = f � (x) si x ∈ A et
g(x) = 0 sinon. Le lemme de Fatou appliqué à la suite fn donne (par (12.104)) que g est
mesurable positive (de ]a, b[ dans R+ ) et

gdλ ≤ f (b) − f (a).
]a,b[

On a donc f � ∈ L1R (]a, b[, B(]a, b[), λ) (au sens où l’on confond f � et la classe de g car f � = g
p.p.) et �
f � dλ ≤ f (b) − f (a).
]a,b[
—————————————————————————————–
(b) Donner un exemple pour lequel l’inégalité de la question précédente est stricte. (Les courageux
pourront chercher un exemple pour lequel f est continue. . . )
—————————————corrigé—————————————–
Un exemple facile est obtenu en prenant f (x) = 0 si x ∈ [a, a+b 2 ] et f (x) = 1 si x ∈] 2 , b]. On
a+b

a alors f = 0 p.p. et f (b) − f (a) = 1.


On peut obtenir un exemple avec f continue en construisant f à partir de l’ensemble de


Cantor (f est prise constante sur chacun des intervalles ouverts formant le complémentaire de
l’ensemble de Cantor, on a ainsi f � = 0 p.p.).
—————————————————————————————–
2. (Fonctions absolument continues.)
Une fonction définie sur [a, b] et à valeurs dans R est dite absolument continue si pour tout ε > 0 il
existe δ > 0 tel que pour toute famille finie d’intervalles
�n deux à deux disjoints (]ak , bk [)1≤k≤n dont
la somme des longueurs est inférieure à δ, on a k=1 |f (bk ) − f (ak )| < ε.

419
(a) Montrer que “absolue continuité” implique “uniforme continuité”.
—————————————corrigé—————————————–
Il suffit de prendre n = 1, on remarque alors que :

a ≤ a1 < b1 ≤ b, b1 − a1 ≤ δ ⇒ |f (b1 ) − f (a1 )| < ε.


Ce qui donne l’uniforme continuité de f .
—————————————————————————————–
(b) Montrer que l’ensemble des fonctions absolument continues sur [a, b] forme un espace vectoriel.
—————————————corrigé—————————————–
Soit f, g deux fonction absolument continues. Soit ε > 0, il existe δ1 > 0 [resp. δ2 >
0] t.q. pour toute famille finie d’intervalles deux à deux � disjoints (]ak , bk [)1≤k≤n dont la
n
somme
�n des longueurs est inférieure à δ 1 [resp. δ 2 ], on a k=1 |f (bk ) − f (ak )| < ε [resp.
k=1 |g(b k ) − g(a k )| < ε]. On en déduit que pour toute famille finie d’intervalles deux à deux
disjoints
�n (]a , b [)
k k 1≤k≤n dont la somme des longueurs est inférieure à δ = min(δ1 , δ2 ) > 0, on
a k=1 |(f + g)(bk ) − (f + g)(ak )| < 2ε. Ce qui prouve que f + g est absolument continue.
Il est facile de voir que αf est absolument continue si f est absolument continue et α ∈ R.
L’ensemble des fonctions absolument continues sur [a, b] forme donc un espace vectoriel.
—————————————————————————————–

3. (Fonctions absolument continues et fonctions monotones.) Une fonction f définie sur [a, b] (et à
valeurs dans R) est dite à variation bornée �s’il existe C t.q. pour toute subdivision du segment
n
[a, b], a = x0 < x1 < ... < xn = b, on ait k=1 |f (xk ) − f (xk−1 )| ≤ C. Pour une fonction f à
variation bornée, on peut définir, pour a < x ≤ b, Vax [f ] par :
n

Vax [f ] = sup{ |f (xk ) − f (xk−1 )| , a = x0 < x1 < ... < xn = x, n ∈ N� }.
k=1

On pose aussi Vaa [f ] = 0.

(a) Montrer que toute fonction absolument continue est à variation bornée.
(b) Montrer pour toute fonction f (définie sur [a, b] et) absolument continue, la fonction x �→ Vax [f ]
est absolument continue sur [a, b]. En déduire que toute fonction absolument continue (définie
sur [a, b]) est la différence de deux fonctions absolument continues monotones croissantes (et
est donc dérivable en presque tout point de ]a, b[).
—————————————corrigé—————————————–
La question 3 est admise.
—————————————————————————————–

4. Soit f ∈ L1R (]a, b[, B(]a, b[), λ). Pour x ∈ [a, b], on pose F (x) = f 1]a,x] dλ. Montrer que F
absolument continue.
—————————————corrigé—————————————–
Cette question est une conséquence de la proposition 4.9 du cours. Soit ε > 0, il existe δ > 0 t.q.

(A ∈ B(]a, b[), λ(A) ≤ δ) ⇒ |f |dλ ≤ ε.
A

420
Si (]ak , bk [)1≤k≤n est une famille finie d’intervalles deux à deux
�n disjoints dont la somme des
� longueurs
est inférieure à δ, on pose A = ∪nk=1 ]ak , bk [. On a λ(A) = k=1 (bk − ak ) ≤ δ et donc A |f |dλ ≤ ε.
On en déduit le résultat désiré car :
�n n
� � n � �
� � �
|F (bk ) − F (ak )| = � f dλ� ≤ |f | dλ = |f |dλ ≤ ε.
k=1 k=1 ]ak ,bk [ k=1 ]ak ,bk [ A

—————————————————————————————–
5. Soit F une fonction absolument continue et monotone croissante de [a, b] dans R. On prolonge cette
fonction sur R en posant F (x) = F (a) si x < a et F (x) = F (b) si x > b. Une version étendue du
théorème de Carathéodory (cette version étendue est donnée par le théorème de Lebesgue-Stieltjes,
théorème 2.5, pour ce résultat il suffit de F continue croissante) donne l’existence d’une (et une
seule) mesure mF sur B(R) t.q. mF (]α, β[) = F (β) − F (α) pour tout α, β ∈ R, α < β.

(a) Montrer que mF est absolument continue par rapport à λ. [Utiliser la régularité de λ et
l’absolue continuité de F .]
—————————————corrigé—————————————–
Soit A ∈ B(R) t.q. λ(A) = 0. On veut montrer que mF (A) = 0 (ceci donnera bien que mF est
absolument continue par rapport à λ).
Soit ε > 0. Comme F est absolument continue sur [a, b], il existe δ > 0 t.q. pour toute famille
finie d’intervalles (de [a,�b]) deux à deux disjoints (]ak , bk [)1≤k≤n dont la somme des longueurs
n
est inférieure à δ, on a k=1 |F (bk ) − F (ak )| < ε. Comme F est constante et égale à F (a) sur
] − ∞, a] et constante et égale à F (b) sur [b, +∞[, cette propriété est aussi vrai si les intervalles
sont des intervalles de R non nécessairement inclus dans [a, b].
Par la régularité de λ, il existe un ouvert O ⊃ A t.q. λ(O) ≤ δ. Cet ouvert O peut s’écrire
comme une réunion au plus dénombrable d’intervalles ouverts disjoints deux à deux, O =
∪∞�n]ak , bk [ (avec éventuellement
k=1 �∞ ak = bk pour certaines valeurs de k). Pout tout n ∈ N� , on
a k=1 (bk − ak ) ≤ k=1 (bk − ak ) = λ(O) ≤ δ et donc :
n

mF (∪nk=1 ]ak , bk [) = (F (bk ) − F (ak )) ≤ ε.
k=1

En faisant tendre n vers l’infini, la continuité croissante de mF donne :

mF (O) = lim mF (∪nk=1 ]ak , bk [) ≤ ε,


n→∞

et donc mF (A) ≤ ε (car A ⊂ O). Comme ε > 0 est arbitrairement petit, on en déduit bien
mF (A) = 0.
—————————————————————————————–

(b) Montrer qu’il existe g ∈ L1R (R, B(R), λ) t.q. F (β) − F (α) = g1]α,β[ dλ, pour tout α, β ∈ R,
α < β. Montrer que g = F � p.p. sur ]a, b[.
—————————————corrigé—————————————–
Comme mF est absolument continue par rapport à λ, le théorème de Radon-Nikodym (théorè-
me 6.10) donne l’existence de g ∈ M+ (R, B(R)) t.q. mF = gλ. On a donc, pour tout α, β ∈ R,
avec α < β: �
F (β) − F (α) = mF (]α, β[) = g1]α,β[ dλ.

421

En faisant tendre α vers −∞ et β vers +∞, on en déduit gdλ = F (b)−F (a) < ∞ et donc g ∈
L1 (R, B(R), dλ) (au sens de la confusion habituelle, c’est-à-dire “il existe h ∈ L1 (R, B(R), dλ)
t.q. g = h p.p.”).

Pour tout x ∈ [a, b], on a F (x) = F (a) + g1]a,x[ dλ. Le deuxième résultat admis donné au
début de l’énoncé donne donc que F est dérivable p.p. sur ]a, b[ et F � = g p.p. sur ]a, b[.
—————————————————————————————–

6. Soit F une fonction absolument continue de [a, b] dans R. Montrer que F est dérivable en presque
tout point de ]a, b[, que F � ∈ L1R (]a, b[, B(]a, b[), λ) et que pour tout x ∈ [a, b] on a

F (x) − F (a) = F � 1]a,x[ dλ.

—————————————corrigé—————————————–
D’après la question 3-(b), la fonction F est la différence de deux fonctions absolument continues
monotones croissantes, notées F1 et F2 . On peut alors appliquer la question 5-(b) à F1 et F2 , elle
donne que F1 et F2 sont dérivables p.p. sur ]a, b[, que F1� , F2� ∈ L1R (]a, b[, B(]a, b[), λ) et que, pour
tout x ∈ [a, b] :
� �
F1 (x) − F1 (a) = F1� 1]a,x[ dλ, F2 (x) − F2 (a) = F2� 1]a,x[ dλ.

Comme F = F1 − F2 , on en déduit que F est dérivable p.p. sur ]a, b[, que F � ∈ L1R (]a, b[, B(]a, b[), λ)
et que, pour tout x ∈ [a, b] : �
F (x) − F (a) = F � 1]a,x[ dλ.

—————————————————————————————–

Corrigé 125 (Dualité L1 -L∞ par le théorème de Radon-Nikodym)


Soit (E, T, m) un espace mesuré fini et T ∈ (L1R (E, T, m))� . On suppose que T est positive, c’est à dire
que, pour f ∈ L1R (E, T, m), f ≥ 0 p.p. implique T (f ) ≥ 0.

1. Pour A ∈ T , on pose µ(A) = T (1A ). Montrer que µ est bien définie et que µ est une mesure finie
sur T .
Attention, il y a toujours cette confusion malheureuse de notations, la même lettre T désigne la
tribu sur E et un eĺément de (L1R (E, T, m))� .
On note Lr = LrR (E, T, m) et Lr = LrR (E, T, m) (pour r = 1 et r = ∞).

—————————————corrigé—————————————–
Soit A ∈ T (tribu sur E), comme m est une mesure finie, on a 1A ∈ L1 (et donc 1A ∈ L1 en
confondant un élément de L1 avec sa classe dans L1 ). On peut définir µ(A) par T (1A ).
Pour montrer que µ est une mesure sur T , on remarque tout d’abord que µ(∅) = T (1∅ ) = T (0) = 0.
Puis, soit (An )n∈N ⊂ T t.q. An ∩ Am = ∅ si n �= m. On pose A = ∪n∈N An . En utilisant le théorème
�N
de convergence dominée, on remarque que n=0 1An → 1A dans L1 quand N → ∞ (en effet, on
a bien une convergence p.p. et une domination par 1E qui est intégrable). Comme T ∈ (L1 )� , on

422
�N �N
a donc n=0 T (1An ) = T ( n=0 1An ) → T (1A ) quand N → ∞. Avec la définition de µ, on en
déduit :
N

µ(An ) → µ(A) quand N → ∞.
n=0

Ce qui montre bien que µ est une mesure sur T .


Pour montrer que µ est finie, il suffit de remarquer que µ(E) = T (1E ) ∈ R (noter que 1E ∈ L1 ).
—————————————————————————————–

2. En utilisant le théorème de Radon-Nikodym, montrer qu’il existe g ∈ M+ t.q. T (1A ) = g1A dm
pour tout A ∈ T .

—————————————corrigé—————————————–
Soit A ∈ T t.q. m(A) = 0. On a donc 1A = 0 p.p.. On en déduit que µ(A) = T (1A ) = 0 (la
fonction 1A est un élément de la classe de 0 dans Lp ).
La mesure µ est donc absolument continue par rapport à la mesure m. On peut appliquer le
théorème de Radon-Nikodym (théorème 6.10), il donne l’existence de g ∈ M+ t.q. :

T (1A ) = µ(A) = g1A dm pour tout A ∈ T. (12.105)

—————————————————————————————–
3. Montrer que g ∈ L∞
R (E, T, m) (plus précisément, il existe h ∈ LR (E, T, m) t.q. h = g p.p.). [On

pourra montrer que �g�∞ ≤ �T �(L1 )� en choissisant bien A dans la formule trouvée à la question
précédente.]

—————————————corrigé—————————————–
On prend A = {g > �T �(L1 )� }. Si m(A) > 0, on a, avec (12.105), en remarquant que �1A �1 = m(A) :

�T �(L1 )� m(A) < g1A dm = T (1A ) ≤ �T �(L1 )� m(A),

ce qui est impossible. On a donc m(A) = 0, ce qui prouve que g = h p.p. avec h définie par h = g
sur Ac et h = 0 sur A. Comme h ∈ L∞ , on a donc g ∈ L∞ (au sens “il existe h ∈ L∞R (E, T, m) t.q.
h = g p.p.”).
On a aussi montré que �g�∞ = �h�∞ ≤ �T �(L1 )� .
—————————————————————————————–

4. Montrer que T (f ) = gf dm pour tout f ∈ L1R (E, T, m).

—————————————corrigé—————————————–
Grâce à (12.105), on a, pour tout f = 1A avec A ∈ T :

T (f ) = gf dm. (12.106)

Par linéarité de T (sur L1 ) et par linéarité de l’intégrale, on en déduit que (12.106) est encore vraie
si f ∈ E+ ∩ L1 (on confond encore f et sa classe).

423
Puis, si f ∈ M+ ∩ L1 , il existe (fn )n∈N ∈ E+ t.q. fn ↑ f quand n → ∞. Comme f ∈ L1 et gf ∈ L1 ,
le théorème de convergence dominée donne fn → f dans L1 et gfn → gf dans L1 quand n → ∞
(noter que (fn )n∈N est dominée par f et (gfn )n∈N est dominée par gf ). En écrivant (12.106) avec
f = fn et en faisant n → ∞, on en déduit (12.106). L’égalité (12.106) est donc vraie pour tout
f ∈ M+ ∩ L1 .
Soit enfin f ∈ L1 (on confond f avec l’un de ses représentants). On écrit alors (12.106) pour
f = f + ∈ M+ ∩ L1 et f = f − ∈ M+ ∩ L1 . En faisant la différence on en déduit (12.106).
L’égalité (12.106) est donc vraie pour tout f ∈ L1 .
—————————————————————————————–

Corrigé 126 (Une démonstration de la dualité Lp − Lq pour p < 2)


Soit (E, T, m) un espace mesuré σ−fini et 1 ≤ p < 2. On pose q = p/(p − 1) et on note Lr l’espace
LrR (E, T, m) (pour r = p, r = q et r = 2). Soit T ∈ (Lp )� . (Attention aux notations maladroites car T
représente à la fois la tribu sur E et la forme linéaire continue sur Lp . . . , cette confusion de notations
sera corrigée dans une prochaine version !)

1. On considére d’abord le cas où m(E) < +∞.


(a) Montrer que L2 ⊂ Lp et que l’injection canonique de L2 dans Lp est continue.

—————————————corrigé—————————————–
Cette question est faite dans la proposition 6.8 page 140. En particulier, l’inégalité (6.12) donne
�f �p ≤ C�f �2 pour tout f ∈ L2 avec C ne dépendant que de p et m(E). En fait, si m(E) > 0,
1 1
le plus petit C possible dans cette inégalité est C = (m(E)) p − 2 (voir la remarque 6.6).
—————————————————————————————–

(b) Montrer qu’il existe g ∈ L2 t.q. T (f ) = f gdm pour tout f ∈ L2 .

—————————————corrigé—————————————–
On appelle S la restriction de T a L2 . La question précédente montre que S est bien défini est
que S ∈ (L2 )� . Comme L2 est un espace de Hilbert, le théorème de représentation
� de Riesz
(théorème 6.8) donne l’existence (et l’unicité) de g ∈ L2 t.q. S(f ) = (f /g)2 = f gdm pour
tout f ∈ L2 . Comme S = T sur L2 , on a donc bien :

T (f ) = f gdm pour tout f ∈ L2 . (12.107)

—————————————————————————————–
(c) Montrer que la fonction g, trouvée à la question précédente, appartient à Lq [distinguer les cas
p > 1 et p = 1. Dans le cas p > 1, on pourra considérer les fonctions fn = |g|(q−2) g1{|g|≤n} .
Dans le cas p = 1, prendre f = sgn(g)1A où A = {|g| > �T �(Lp )� }.]

—————————————corrigé—————————————–
Dans toute la suite, on posera aussi Lr = LrR (E, T, m) (pour r = p, r = q et r = 2).

Cas p > 1. Dans ce cas, on a 2 < q < ∞. On confond, comme d’habitude, g avec l’un de ses
représentants, de sorte que g ∈ L2 . On pose alors fn = |g|(q−2) g1{|g|≤n} . La fonction fn est
mesurable (comme produit de fonctions mesurables et bornée, on a donc fn ∈ L∞ ⊂ L2 ⊂ Lp .

424

On peut donc prendre f = fn dans (12.107), on obtient fn gdm = T (fn ) et donc, en notant
Bn = {|g| ≤ n} : �
|g|q dm = T (fn ) ≤ �T �(Lp )� �fn �p .
Bn
� �
Comme �fn �pp = Bn
p(q−1)
|g| dm = Bn
|g|q dm, on en déduit :

1
( |g|q dm) q ≤ �T �(Lp )� . (12.108)
Bn

On remarque maintenant que |g|q 1Bn ↑ |g|q quand n → ∞. On peut donc appliquer le théorème
de convergence monotone à la suite (|g|q 1Bn )n∈N , l’inégalité (12.108) donne alors :

1
( |g|q dm) q ≤ �T �(Lp )� .

On a donc g ∈ Lq (et g ∈ Lq en confondant g avec sa classe d’équivalence dans Lq ) et


�g�q ≤ �T �(Lp )� .

Cas p = 1. Dans ce cas, on a q = ∞. On confond aussi g avec l’un de ses représentants, de


sorte que g ∈ L2 . On pose maintenant A = {|g| > �T �(L1 )� } et f = sgn(g)1A . La fonction f
est donc étagée et on a f ∈ L∞ ⊂ L2 ⊂ L1 .
On obtient alors, avec (12.107) :
� �
|g|dm = f gdm = T (f ) ≤ �T �(L1 )� �f �1 = �T �(L1 )� (m(A)). (12.109)
A

Or, si m(A) > 0, on a (par la définition de A), A |g|dm > �T �(L1 )� m(A), en contradiction
avec (12.109). On a donc m(A) = 0, ce qui donne g ∈ L∞ (et g ∈ L∞ en confondant g avec sa
classe d’équivalence dans L∞ ) et �g�∞ ≤ �T �(L1 )� .
—————————————————————————————–
(d) �Si f ∈ Lp , montrer que fn = f 1{|f |≤n} ∈ L2 . En déduire que il existe g ∈ Lq t.q. T (f ) =
f gdm, pour tout f ∈ Lp .

—————————————corrigé—————————————–
La fonction g recherchée est, bien sûr, celle trouvée dans les questions précédentes.
Soit f ∈ Lp . On confond f avec l’un de ses représentants, de sorte que f ∈ Lp . Pour n ∈ N,
on pose fn = f 1{|f |≤n} . La fonction fn est donc mesurable (comme produit de fonctions
mesurables) et bornée, donc fn ∈ L∞ ⊂ L2 . On peut donc prendre f = fn dans (12.107), on
obtient : �
T (fn ) = fn gdm pour tout n ∈ N. (12.110)

Le théorème de convergence dominée dans Lp (théorème 6.1) donne que fn → f dans Lp


quand n → ∞ (la suite (fn )n∈N converge bien p.p. vers f et est dominée par |f | ∈ Lp ).
Comme
� T ∈ �(Lp )� , on a donc T (fn ) → T (f ) quand n → ∞. D’autre part,� comme g �∈ Lq , on a
fn gdm → f gdm quand n → ∞ (en effet, l’inégalité de Hölder donne | �fn gdm− f gdm| ≤
�fn − f �p �g�q ). On déduit donc de (12.110), quand n → ∞, que T (f ) = f gdm.
—————————————————————————————–

425
2. On considére maintenant le cas où m(E) = +∞. Comme m est σ-finie, on peut écrire E = ∪n∈N An ,
avec An ⊂ An+1 et m(An ) < +∞. On note Tn = {A ∈ T , A ⊂ An }, mn = m|Tn et Lr (mn ) =
LrR (An , Tn , mn ) (r = p ou q).

(a) Soit n ∈ N. Pour f ∈ Lp (mn ), on pose Tn (f ) = T (f˜) avec f˜ = f p.p. sur An et f˜ = 0 p.p.
sur (An )c . Montrer que Tn ∈ (Lp (mn ))� et qu’il existe gn ∈ Lq (mn ) t.q. :

Tn (f ) = f gn dmn , ∀f ∈ Lp (mn ).

—————————————corrigé—————————————–
On a déjà vu que Tn est une tribu sur An (tribu trace) et que mn est une mesure sur Tn
(mesure trace, voir l’exercice 2.16 par exemple).

Attention ici aussi à la confusion de notations entre Tn tribu et Tn forme linéaire sur Lp (mn ).

La définition de Tn est cohérente car, si f ∈ Lp (mn ), on confond f avec l’un de ses représentants
et la fonction f˜ est alors p.p. égale à f prolongée par 0 hors de An , qui est bien un élément
de Lp . On a donc f˜ ∈ Lp (avec la confusion habituelle) et T (f˜) est bien défini (il ne dépend
du représentant choisi dans la classe de f ).
On remarque aussi que Tn est linéaire et que, pour f ∈ Lp (mn ),

|Tn (f )| = |T (f˜)| ≤ �T �(Lp )� �f˜�Lp = �T �(Lp )� �f �Lp (mn ) .

Donc, Tn ∈ (Lp (mn ))� et �Tn �(Lp (mn ))� ≤ �T �(Lp )� . Comme mn (An ) = m(An ) < ∞, on peut
alors utiliser la première partie, elle donne qu’il existe gn ∈ Lq (mn ) t.q. :

Tn (f ) = f gn dmn , ∀f ∈ Lp (mn ).

La première partie donne aussi :

�gn �Lq (mn ) ≤ �Tn �(Lp (mn ))� ≤ �T �(Lp (m))� . (12.111)

—————————————————————————————–
On utilise (gn )n∈N dans les questions suivantes.
(b) Montrer que si m ≥ n, gn = gm p.p. sur An .

—————————————corrigé—————————————–
Soit f ∈ Lp = LpR (E, T, m) t.q. f = 0 p.p. sur Acn . On note fn la restriction de f à An et fm
la restriction de f à Am . En confondant, comme d’habitude, un élément de Lp avec l’un de
ses représentants, on a fn ∈ Lp (mn ), fm ∈ Lp (mm ) et Tn (fn ) = Tm (fm ) = T (f ). Donc,
� �
fn gn dmn = fm gm dmm .

Comme fn = fm = f sur An et que mn est aussi la restriction de mm sur An , on a donc :



fn (gn − gm )dmn = 0.

426
En prenant f = sign(gn −gm )1{gn �=gm } sur An et f = 0 sur Acn (on a ici choisi des représentants
pour gn et gm ), on en déduit gn = gm mn -p.p. sur An , c’est-à-dire gn = gm p.p. sur An , car
mn est la restriction de m sur An (p.p. est alors pris au sens m-p.p.).
—————————————————————————————–
(c) On définit g : E → R par g = gn sur An .
i. Montrer que g ∈ Lq (E). (Distinguer les cas q < +∞ et q = +∞.)

—————————————corrigé—————————————–
Plus précisément, on peut choisir, pour tout n ∈ N un représentant de gn de manière à
avoir gn = gm sur tout An pour m ≥ n. On peut alors définir g : E → R par g = gn sur
An . La fonction g est mesurable de E dans R (car gn est mesurable de An dans R).

Cas p > 1. (c’est-à-dire q < ∞). Dans ce cas, on remarque que hn ↑ |g| quand n → ∞
avec hn défini par hn = |gn | sur An et hn = 0 sur Acn . Le théorème de convergence
monotone donne alors :
� � �
|g|q dm = lim hqn dm = lim |gn |q dmn .
n→∞ n→∞

Comme |gn |q dmn ≤ �T �q(Lp )� (d’après 12.111), on en déduit que g ∈ Lq (et �g�q ≤
�T �(Lp )� ). Donc, g ∈ Lq (en confondant g avec sa classe).

Cas p = 1. (c’est-à-dire q = ∞). Dans ce cas, on a, par (12.111), �gn �L∞ (mn ) ≤ �T �(L1 )�
pour tout n ∈ N. On en déduit que �g�∞ ≤ �T �(L1 )� (car {g > �T �(L1 )� } = ∪n∈N {gn >
�T �(L1 )� }). Donc, g ∈ L∞ (en confondant g avec sa classe).
—————————————————————————————–

ii. Montrer que T (f ) = f gdm, pour tout f ∈ Lp .

—————————————corrigé—————————————–
Soit f ∈ Lp , on pose fn = f 1An . D’après théorème de convergence dominé dans Lp
(théorème 6.1), on a fn → f dans Lp quand n → ∞. Donc :

T (fn ) → T (f ) quand n → ∞. (12.112)

Or, T (fn ) = Tn (hn ), où hn est la restriction de fn à An . On remarque alors que


� �
Tn (hn ) = gn hn dmn = gfn dm.
� �
Comme
� g ∈ L�q , l’inégalité de Hölder donne que gfn dm. → gf dm quand n → ∞ (car
| gfn dm. − gf dm| ≤ �g�q �fn − f �p → 0 quand n → ∞).

On
� a donc T (fn ) = Tn (hn ) → gf dm quand n → ∞, ce qui, avec (12.112) donne T (f ) =
f gdm.
—————————————————————————————–

12.6.4 Convergence faible, faible-�, étroite, en loi. . .


Corrigé 127
Soient (E, T, m) un espace mesuré, (fn )n∈N
� ⊂ L = �L (E, T, m) et f ∈ L t.q. la suite
2 2 2
(fn )n∈N tende
faiblement vers f dans L , c’est-à-dire : fn ϕdm → f ϕdm pour toute fonction ϕ ∈ L2 .
2

427
1. Montrer que �f �2 ≤ lim inf n→+∞ �fn �2 .

—————————————corrigé—————————————–
Comme fn → f faiblement vers f dans L2 (quand n → ∞) et que f ∈ L2 , on a :
� �
fn f dm → f 2 dm = �f �22 quand n → ∞.

L’inégalité de Cauchy-Schwarz donne fn f dm ≤ �fn �2 �f �2 . On en déduit, en faisant tendre n
vers l’infini :
� �
�f �2 = lim
2
fn f dm = lim inf fn f dm ≤ lim inf �fn �2 �f �2 = �f �2 lim inf �fn �2 ,
n→∞ n→∞ n→∞ n→∞

et donc �f �2 ≤ lim inf n→∞ �fn �2 .


—————————————————————————————–
2. On suppose de plus que �fn �2 → �f �2 lorsque n → +∞. Montrer que la suite (fn )n∈N tend vers f
dans L2 .

—————————————corrigé—————————————–

On remarque que �fn − f �22 = (fn − f /fn − f )2 = ��fn �22 + �f ��22 − 2 fn f dm. On a �fn �22 → �f �22
et, comme fn → f faiblement dans L2 , on a aussi fn f dm → f 2 dm = �f �22 , quand n → ∞. On
en déduit donc que �fn − f �2 → 0 quand n → ∞.
—————————————————————————————–
Corrigé 128 (Convergence faible)
Soit (E, T, m) un espace mesuré σ−fini. Pour 1 ≤ r ≤ ∞, on note Lr l’espace LrR (E, T, m). Soit
1 ≤ p < ∞ et q = p/(p − 1). Soit (fn )n∈N ⊂ Lp et f ∈ Lp .
1. Montrer que fn → f faiblement dans Lp quand n → ∞ (voir la dénition 6.17) si et seulement si
� �
fn gdm → f gdm, ∀g ∈ Lq . (12.113)

—————————————corrigé—————————————–
Le cours (théorème
� de dualité 6.9 page 163) donne que {ϕg , g ∈ Lq } = (Lp )� , avec ϕg défini par
ϕg (f ) = f gdm (pour f ∈ Lp ). Ceci donne bien le résultat demandé (c’est-à-dire : fn → f
faiblement dans Lp si et seulement si ϕg (fn ) → ϕg (f ) pour tout g ∈ Lq ).
—————————————————————————————–
2. Montrer que �f �p ≤ lim inf n→∞ �fn �p si fn → f faiblement dans Lp , quand n → ∞. [Utiliser
(6.48) avec un choix convenable de g.]

—————————————corrigé—————————————–
Soient (fn )n∈N ⊂ Lp et f ∈ Lp t.q. fn → f faiblement dans Lp , quand n → ∞. On confond f avec
l’un de ses représentant et on pose g = |f |p−1 sign(f ). La fonction est mesurable (comme produit
de fonctions mesurables). On a aussi g ∈ Lq et, comme q(p − 1) = p, �g�qq = �f �pp . On en déduit,
par l’inégalité de Hölder :
� �
1
fn gdm ≤ �fn �p �g�q = �fn �p ( |f |p dm)1− p .

428
Quand n → ∞, on obtient :
� � � �
1
|f |p dm = f gdm = lim fn gdm ≤ lim inf �fn �p ( |f |p dm)1− p ,
n→∞ n→∞

et donc �f �p ≤ lim inf n→∞ �fn �p .


—————————————————————————————–
On suppose dans les questions suivantes (questions 3 à 7) que:

m(E) < ∞, fn → f p.p., ∃C t.q. �fn �p ≤ C, ∀n ∈ N. (12.114)

3. On suppose, dans cette question, que p > 1.

(a) Soit N ∈ N et� g ∈ Lq t.q.� g = 0 p.p. sur EN


c
avec EN = ∩n≥N {x ∈ E; |fn (x) − f (x)| ≤ 1}.
Montrer que fn gdm → f gdm, quand n → ∞.

—————————————corrigé—————————————–
Pour définir EN , on a, comme d’habitude, confondu les fonctions fn et f avec l’un de leurs
représentants.

On remarque que g(fn − f ) → 0 p.p. et que, pour n ≥ N , |g(fn − f )| ≤ |g| p.p.. Comme
g ∈ Lq ⊂ L1 (car m(E) < ∞), on peut appliquer le théorème de convergence dominée. Il
donne que g(fn − f ) → 0 dans L1 et donc :
� �
gfn dm → gf dm, quand n → ∞.

—————————————————————————————–
(b) Montrer que fn → f faiblement dans Lp . [Pour g ∈ Lq , introduire gN = g1EN .]

—————————————corrigé—————————————–
Soit g ∈ Lq (on confond g avec l’un de ses représentants). On pose gN = g1EN avec EN =
∩n≥N {x ∈ E; |fn (x) − f (x)| ≤ 1}. On a alors :
� � � � � �
fn gdm− f gdm = fn (g −gN )dm+ fn gN dm− f gN dm+ f (gN −g)dm. (12.115)

Comme gN → g p.p. quand N → ∞ (car fn → f p.p. quand n → ∞), et que |gN | ≤ |g| p.p.
(pour tout N ), on peut appliquer le théorème de convergence dominée dans Lq (théorème 6.1)
car g ∈ Lq et q < ∞ (on a besoin ici de l’hypothèse p > 1). Il donne :

gN → g dans Lq , quand N → ∞. (12.116)

Soit ε > 0. En utilisant l’inégalité de Hölder, l’hypothèse �fn �p ≤ C et (12.116), on peut donc
choisir N t.q. :

| fn (gN − g)dm| ≤ �fn �p �gN − g�q ≤ C�gN − g�q ≤ ε, (12.117)

pour tout n ∈ N et : �
| f (gN − g)dm| ≤ �f �p �gN − g�q ≤ ε, (12.118)

429
� �
Puis, N étant fixé, la question précédente nous donne que fn gN dm → f gN dm quand
n → ∞. Il existe donc n(ε) t.q. :
� �
n ≥ n(ε) ⇒ | fn gN dm − f gN dm| ≤ ε. (12.119)

Avec (12.117), (12.118) et (12.119), on déduit alors de (12.115) :


� �
n ≥ n(ε) ⇒ | fn gdm − f gdm| ≤ 3ε.

Ce qui prouve bien la convergence faible de fn vers f dans Lp .


—————————————————————————————–
(c) Donner un exemple avec (E, T, m) = (]0, 1[, B(]0, 1[), λ) pour lequel fn �→ f dans Lp .

—————————————corrigé—————————————–
1
On prend fn = n p 1]0, n1 [ . On a �fn �p = 1, fn → 0 p.p. et fn �→ 0 dans Lp (quand n → ∞).
—————————————————————————————–

4. On suppose, dans cette question, que p = 1. Montrer que �f �1 ≤ lim inf n→∞ �fn �1 . Donner un
exemple avec (E, T, m) = (]0, 1[, B(]0, 1[), λ) pour lequel fn �→ f faiblement dans L1 , quand n → ∞.

—————————————corrigé—————————————–
Le fait que �f �1 ≤ lim inf n→∞ �fn �1 est une conséquence immédiate du lemme de Fatou, lemme
4.6 (en choisisant des représentants pour fn et f ).

On peut prendre, comme exemple, fn = n1]0, n1 [ . On a fn → 0 p.p., �fn �1 = 1 et fn ϕdm → 1 �= 0
si ϕ = 1]0,1[ (donc fn �→ 0 faiblement dans L1 , quand n → ∞).
—————————————————————————————–
5. On suppose, dans cette question, que p > 1 et on prend 1 ≤ r < p. Montrer que fn → f dans Lr ,
quand n → ∞. [On pourra, par exemple, utiliser le théorème de Vitali pour la suite (gn )n∈N avec
gn = |fn − f |r .]

—————————————corrigé—————————————–
On pose gn = |fn − f |r . On a gn → 0 p.p. et, pour tout A ∈ T , on obtient en utilisant l’inégalité
de Hölder avec les fonctions gn et 1A et les exposants pr et son conjugué :
� � �
r r r
gn dm = |fn − f |r ≤ ( |fn − f |p dm) p (m(A))1− p ≤ �fn − f �rp (m(A))1− p .
A A A

On en déduit, comme �fn �p ≤ C :



r
gn dm ≤ (C + �f �p )r (m(A))1− p ,
A

d’où l’on déduit que la suite (gn )n∈N est équiintégrable. Le théorème de Vitali (théorème 4.8, voir
aussi l’exercice 4.30) donne alors que gn → 0 dans L1 , d’où l’on conclut que fn → f dans Lr , quand
n → ∞.
—————————————————————————————–

430
6. Pour cette question, on retire dans (6.49) l’hypothèse m(E) < ∞ et on suppose que p > 1. Montrer
que fn → f faiblement dans Lp .

—————————————corrigé—————————————–
Il suffit ici de reprendre la même démonstration qu’à la question 3 avec EN remplacé par ẼN =
EN ∩ AN où (An )n∈N ⊂ T est t.q. ∪n∈N An = E, An+1 ⊃ An pour tout n ∈ N et m(An ) < ∞ pour
tout n ∈ N.
—————————————————————————————–
7. Dans cette question, on conserve l’hypothèse (6.49) mais on ne suppose plus que f ∈ Lp . Montrer
que f appartient nécessairement à Lp .

—————————————corrigé—————————————–
Le fait que f ∈ Lp est une conséquence immédiate du lemme de Fatou (appliqué à la suite
(|fn |p )n∈N ).
—————————————————————————————–
8. On prend maintenant (E, T, m) = (]0, 1[, B(]0, 1[), λ) et on définit fn , pour n ∈ N par fn = 1 p.p.
sur ]2k/n, (2k + 1)/n[ pour k ∈ N, (2k + 1)/n ≤ 1 et fn = −1 p.p. sur ]2k − 1/n, 2k/n[ pour
k ∈ N� , 2k/n ≤ 1. Montrer que fn → 0 faiblement dans Lp , pour tout 1 ≤ p < ∞. [On pourra, par
exemple, utiliser la densité de C([0, 1], R) dans L1 .]

—————————————corrigé—————————————–
On se limite à n pair (la démonstration pour n impair est similaire).

On prend d’abord ϕ ∈ C([0, 1], R). On a alors :


� ��
n
2 −1
2k+1
n 1
fn ϕdλ = (ϕ(x) − ϕ(x + ))dx.
2k n
k=0 n

On en déduit :
� � 1
1− n
1
| fn ϕdλ| ≤ |ϕ(x) − ϕ(x + )|dx → 0 quand n → ∞. (12.120)
0 n

Soit maintenant ϕ ∈ L1 . Soit ε > 0. Il existe ψ ∈ C([0, 1], R) t.q. �ϕ − ψ�1 ≤ ε. On a alors :
� � � � 1
| fn ϕdλ| ≤ | fn ψdλ| + | fn (ψ − ϕ)dλ| ≤ | fn ψdλ| + ε.
0

Comme ψ ∈ C([0, 1], R), on peut utiliser (12.120) (avec ψ au lieu de ϕ). Il existe donc n(ε) t.q.
�1
| 0 fn ψdλ| ≤ ε pour n ≥ n(ε), et donc :

n ≥ n(ε) ⇒ | fn ϕdλ| ≤ 2ε,


ce qui donne bien fn ϕdλ → 0, quand n → ∞, pour tout ϕ ∈ L1 .

431
On en déduit bien que fn → 0 faiblement dans Lp pour tout 1 ≤ p < ∞ en utilisant la question 1
et le fait que Lq ⊂ L1 pour tout q ≥ 1.
—————————————————————————————–

Corrigé 129 (Convergence faible et non linéarité)


On désigne par λ la mesure de Lebesgue sur les boréliens de ]0, 1[, par Lp l’espace LpR (]0, 1[, B(]0, 1[), λ)
et par Lp l’espace LpR (]0, 1[, B(]0, 1[), λ).

1. (Unicité de la limite faible). Soit (un )n∈N ⊂ L1 et u, v ∈ L1 . On suppose que un → u faiblement


dans L1 , quand n → ∞, (c’est-à-dire que T (un ) → T (u) pour toute application T linéaire continue
de L1 dans R) et que un → v faiblement dans L1 .

(a) Montrer que (u − v)φdλ = 0, pour tout φ ∈ L∞ .

—————————————corrigé—————————————–

Soit φ ∈ L∞ . On sait que l’application w �→ wφdλ est une application T linéaire continue
de L1 dans R (voir la section 6.3). On a donc, quand n → ∞ :
� � � �
un φdλ → uφdλ et un φdλ → vφdλ.
� � �
On en déduit bien que uφdλ = vφdλ c’est-à-dire (u − v)φdλ = 0.
—————————————————————————————–
(b) Montrer que u = v p.p.. [Choisir convenablement φ dans l’égalité précécente.]

—————————————corrigé—————————————–
On choisit des représentants de u et v et on prend φ = sign(u − v)1{u �= v}. La fonction φ est
mesurable (et même étagée) et bornée, donc φ ∈ L∞ (ou φ ∈ L∞ avec la confusion habituelle).
Ce choix de φ dans la question précédente donne alors �u − v�1 = 0 et donc u = v p.p..
—————————————————————————————–

2. (Convergence forte contre convergence faible) Soit (vn )n∈N ⊂ L∞ et v ∈ L∞ . On suppose qu’il
existe C > 0 t.q. �vn �∞ ≤ C pour tout n ∈ N et que vn → v p.p., quand n → ∞.

(a) Montrer que vn → v dans Lp , quand n → ∞, pour tout 1 ≤ p < ∞.

—————————————corrigé—————————————–
Ceci est une conséquence immédiate du théorème de convergence dominée dans Lp (pour
1 ≤ p < ∞, théorème 6.1). En effet, on a vn → v p.p., |vn | ≤ C1]0,1[ p.p. (pour tout n ∈ N)
et la fonction C1]0,1[ appartient à Lp .
—————————————————————————————–
(b) Donner un exemple pour lequel vn �→ v dans L∞ .

—————————————corrigé—————————————–
Il suffit de prendre vn = 1]0, n1 [ (plus précisément, vn est l’élément de L∞ donc 1]0, n1 [ est l’un
des représentants) et v = 0. On a (vn )n∈N ⊂ L∞ , �vn �∞ = 1, pour tout n ∈ N, vn → 0 p.p.
et vn �→ 0 dans L∞ (quand n → ∞),
—————————————————————————————–

432
(c) Soit (un )n∈N ⊂ L1 et u ∈ L1 . On suppose que �u
� n �∞ ≤ C pour
� tout n ∈ N et que un → u
faiblement dans L1 , quand n → ∞. Montrer que un vn dλ → uvdλ, quand n → ∞. [Ecrire
vn = v + (vn − v).]

—————————————corrigé—————————————–
On remarque que � � �
un vn dλ = un vdλ + un (vn − v)dλ. (12.121)

� �
Comme un → u faiblement dans L1 , on a un vdλ → uvdλ, quand n → ∞.

Le deuxième terme de (12.121) tends vers 0 car | un (vn − v)dλ| ≤ �un �∞ �vn − v�1 ≤ C�vn −
v�1 → 0, quand n → ∞, car on a montré précédemment que vn → v dans L1 .
� �
On en déduit bien que un vn dλ → uvdλ, quand n → ∞.
—————————————————————————————–

On se donne maintenant une fonction ϕ ∈ C(R, R).

3. Soit u ∈ L∞ . Montrer que ϕ ◦ u ∈ L∞ .

—————————————corrigé—————————————–

• Comme ϕ ∈ C(R, R), ϕ est borélienne (c’est-à-dire mesurable de R dans R, R étant muni
de la tribu de Borel). On en déduit que ϕ ◦ u est mesurable comme composée de fonctions
mesurables.
• On note M = max{|ϕ(s)|, |s| ≤ �u�∞ }. On a M < ∞ (car ϕ est continue sur le compact
[−�u�∞ , �u�∞ ]) et |ϕ ◦ u| ≤ M p.p. car |u| ≤ �u�∞ p.p.. On en déduit que ϕ ◦ u ∈ L∞ et
�ϕ ◦ u�∞ ≤ M .
—————————————————————————————–

4. Soit u ∈ L∞ et v, w ∈ u. Montrer que {h ∈ L∞ ; h = ϕ ◦ v p.p.} = {h ∈ L∞ ; h = ϕ ◦ w p.p.}.

—————————————corrigé—————————————–
On a v = w p.p. et donc ϕ ◦ v = ϕ ◦ w p.p., puisque, pour x ∈]0, 1[. u(x) = v(x) implique
ϕ(u(x)) = ϕ(v(x)).
Si h : ]0, 1[→ R, on a donc :

h = ϕ ◦ u p.p. ⇔ h = ϕ ◦ v p.p. ,

ce qui donne bien {h ∈ L∞ ; h = ϕ ◦ v p.p.} = {h ∈ L∞ ; h = ϕ ◦ w p.p.}.


—————————————————————————————–

Grâce aux 2 questions précédentes, pour u ∈ L∞ , on pose, si v ∈ u :


ϕ(u) = {h ∈ L∞ ; h = ϕ ◦ v p.p.}, de sorte que ϕ(u) ∈ L∞ .

On se donne maintenant (un )n∈N ⊂ L∞ . On suppose qu’il existe C > 0 t.q. �un �∞ ≤ C pour tout
n ∈ N et qu’il existe u ∈ L1 et f : ]0, 1[→ R t.q. :

433
• un → u faiblement dans L1 , quand n → ∞,
• ϕ(un ) → f p.p., quand n → ∞.

Le but de l’exercice est de comparer f et ϕ(u).



5. Montrer que | u1A dλ| ≤ Cλ(A) pour tout A ∈ B(]0, 1[). Montrer que u ∈ L∞ que �u�∞ ≤ C.

—————————————corrigé—————————————–
Soit A ∈ B(]0, 1[). De l’hypothèse �un �∞ ≤ C, on déduit :

| un 1A dλ| ≤ �un �∞ �1A �1 ≤ Cλ(A). (12.122)
� �
Comme un → u faiblement dans L1 quand n → ∞, on a un 1A dλ → u1A dλ quand n → ∞. On
déduit donc de (12.122), quand n → ∞ :

| u1A dλ| ≤ Cλ(A). (12.123)

On choisit
� alors un représentant de u et on prend dans (12.123), A = A+ = {u > C}. Si λ(A+ ) > 0,
on a u1A+ dλ > Cλ(A+ ), en contradiction avec (12.123). Ce qui prouve que λ(A+ ) = 0.
� �
On prend ensuite A = A− = {u < −C}. Si λ(A− ) > 0, on a | u1A− dλ| = (−u)1A− dλ > Cλ(A− ),
en contradiction avec (12.123). Ce qui prouve que λ(A− ) = 0.
On a donc λ({|u| > C}) = λ(A+ ) + λ(A− ) = 0. Ce qui donne u ∈ L∞ et �u�∞ ≤ C.
—————————————————————————————–
6. On suppose, dans cette question, que ϕ est affine (c’est-à-dire qu’il existe α, β ∈ R t.q. ϕ(s) = αs+β
pour tout s ∈ R). Montrer que f = ϕ(u) p.p.. [Utiliser, en particulier, la question 1.]

—————————————corrigé—————————————–
On rappelle d’abord (voir la section 6.3) que si (wn )n∈N ⊂� L1 et w ∈ �L1 , la suite (wn )n∈N tends
vers w faiblement dans L1 (quand n → ∞) si et seulement wn φdλ → wφdλ pour tout φ ∈ L∞ .
� � � �
Soit φ ∈ L∞ , on a ϕ(un )φdλ = (αun +β)φdλ = α un φdλ+β φdλ. Comme un → u faiblement
� � � �
dans L1 , on en déduit que ϕ(un )φdλ → α uφdλ + β φdλ = ϕ(u)φdλ (quand n → ∞). Ceci
montre que ϕ(un ) → ϕ(u) faiblement dans L1 quand n → ∞.

On utilse maintenant le fait que ϕ(un ) → f p.p.. En notant M = max{|ϕ(s)|, |s| ≤ C}, on a M < ∞
et |ϕ(un )| ≤ M p.p. (car |un | ≤ C p.p.) pour tout n ∈ N. On peut donc appliquer le théorème de
convergence dominée (car les fonctions constantes sont intégrables, sur (]0, 1[, B(]0, 1[), λ)). Il donne
f ∈ L1 et ϕ(un ) → f dans L1 quand n → ∞. On en déduit alors aussi que ϕ(un ) → f faiblement
� �
dans L1 quand n → ∞ (il suffit de remarquer que | ϕ(un )φdλ− f φdλ| ≤ �ϕ(un )−f �1 �φ�∞ → 0,
quand n → ∞, pour tout φ ∈ L∞ ).
Par la question 1 (unicité de la limite faible), on peut donc conclure que f = ϕ(u) p.p..
—————————————————————————————–

434
7. On suppose, dans cette question, que ϕ est injective. Montrer qu’il existe v ∈ L∞ t.q. un → v p.p.
quand n → ∞. En déduire que v = u et f = ϕ(u) p.p..

—————————————corrigé—————————————–
Pour chaque n ∈ N, on choisit un représentant de un , encore noté un . Comme |un | ≤ C p.p. (pour
tout n ∈ N) et ϕ(un ) → f p.p., il existe A ∈ B(]0, 1[) t.q. λ(A) = 0, |un (x)| ≤ C, pour tout x ∈ Ac
et tout n ∈ N, et ϕ(un (x)) → f (x), quand n → ∞, pour tout x ∈ Ac .
Soit x ∈ Ac . La suite (un (x))n∈N est incluse dans le compact [−C, C]. Soit a une valeur d’adhérence
de cette suite (c’est-à-dire la limite d’une sous suite convergente). Par continuité de ϕ, ϕ(a) est
alors une valeur d’adhérence de de la suite (ϕ(un (x)))n∈N . Or, la suite (ϕ(un (x)))n∈N converge vers
f (x). Donc, ϕ(a) = f (x). Comme ϕ est injective, ceci montre que la suite (un (x))n∈N n’a qu’une
seule valeur d’adhérence et donc qu’elle est convergente (on rappelle qu’une suite dans un compact,
qui n’a qu’une seule valeur d’adhérence, est convergente). On pose alors v(x) = limn→∞ un (x).
On a ainsi défini v p.p. (car λ(A) = 0), et on a un → v p.p.. On a aussi obtenu que ϕ(v) = f p.p.
(car ϕ(v(x)) = f (x) pour tout x ∈ Ac ).
Comme |un | ≤ C p.p. (pour tout n), le théorème de convergence dominée donne que un → v dans
L1 (quand n → ∞). On en déduit, comme à la question précédente, que un → v faiblement dans
L1 . La question 1 (unicité de la limite faible) donne alors u = v p.p..
Enfin, on a déjà montré que ϕ(v) = f p.p. et donc ϕ(u) = f p.p..
—————————————————————————————–

8. (Astuce de Minty) On suppose, dans cette question, que ϕ est croissante.



(a) Soit v ∈ L∞ . Montrer que (f − ϕ(v))(u − v)dλ ≥ 0. [Utiliser la croissance de ϕ et la question
2 (c).]

—————————————corrigé—————————————–
Soit
� v ∈ L∞ . Comme ϕ est croissante, on a (ϕ(un ) − ϕ(v))(un − v) ≥ 0 p.p. et donc
(ϕ(un ) − ϕ(v))(un − v)dλ ≥ 0.
On remarque maintenant que :
• (ϕ(un ) − ϕ(v)) → (f − ϕ(v)) p.p. (quand n → ∞) et �ϕ(un ) − ϕ(v)�∞ ≤ M1 + M2 (pour
tout n) avec M1 = max{|ϕ(s)|, |s| ≤ C} et M2 = max{|ϕ(s)|, |s| ≤ �v�∞ } (pour tout n).
• (un − v) → (u − v) faiblement dans L1 (quand n → ∞) et �un − v�∞ ≤ C + �v�∞ .
� �
On peut utiliser la question 2 (c) et en déduire que (ϕ(un ) − ϕ(v))(un − v)dλ → (f −
ϕ(v))(u − v)dλ quand n → ∞ et donc :

(f − ϕ(v))(u − v)dλ ≥ 0.

—————————————————————————————–

(b) Soit w ∈ L∞ . Montrer que (f − ϕ(u))wdλ ≤ 0. [Utiliser la question précédente avec
v = u + (1/n)w.]

—————————————corrigé—————————————–

435
La question précédente avec v = u + (1/n)w donne :

1
(f − ϕ(u + w))wdλ ≤ 0.
n

Comme ϕ est continue, on a ϕ(u+ n1 w) → ϕ(u) p.p. quand n → ∞. On a aussi |ϕ(u+ n1 w)| ≤ M
p.p., pour tout n ∈ N, avec M = max{|ϕ(s)|, |s| ≤ �u�∞ +�w�∞ }. Le théorème de convergence
dominée donne alors (f − ϕ(u + n1 w)) → (f − ϕ(u)) dans L1 , quand n → ∞, et donc, comme
w ∈ L∞ : � �
1
(f − ϕ(u + w))wdλ → (f − ϕ(u))wdλ.
n

On en déduit que (f − ϕ(u))wdλ ≤ 0.
—————————————————————————————–
(c) Montrer que f = ϕ(u) p.p..

—————————————corrigé—————————————–
On choisit des représentants de f et ϕ(u) et on pose w = sign(f − ϕ(u))1{f �=ϕ(u)} . La question
précédente donne alors, avec ce choix de w, �f − ϕ(u)�1 = 0 et donc f = ϕ(u) p.p..
—————————————————————————————–

9. On définit un , pour n ∈ N, par un = 1 p.p. sur ]2k/2n, (2k + 1)/2n[ pour k ∈ {0, . . . , n − 1}, et
un = −1 p.p. sur ]2k − 1/2n, 2k/2n[ pour k ∈ {1, . . . , n}.

(a) Montrer que un φdλ → 0, quand n → ∞, pour tout φ ∈ C([0, 1], R).

—————————————corrigé—————————————–
Cette question et la suivante ont déjà faites dans le corrigé 128. On reprend la même démon-
stration.
Soit φ ∈ C([0, 1], R). On a :
� ��
n−1 k 1
n + 2n 1
un φdλ = (φ(x) − φ(x + ))dx.
k 2n
k=0 n

On en déduit, grâce à la continuité uniforme de φ :


� � 1− 12 n
1
| un φdλ| ≤ |φ(x) − φ(x + )|dx → 0 quand n → ∞. (12.124)
0 2n
—————————————————————————————–
(b) Montrer que un → 0 faiblement dans L1 , quand n → ∞. [On pourra, par exemple, utiliser la
densité de C([0, 1], R) dans L1 .] Montrer que un �→ 0 dans L1 , quand n → ∞.

—————————————corrigé—————————————–

Soit φ ∈ L1 . Soit ε > 0. Il existe ψ ∈ C([0, 1], R) t.q. �φ − ψ�1 ≤ ε. On a alors :


� � � � 1
| un φdλ| ≤ | un ψdλ| + | un (ψ − φ)dλ| ≤ | un ψdλ| + ε.
0

436
Comme ψ ∈ C([0, 1], R), on peut utiliser la question précédente. Il existe donc n(ε) t.q.
�1
| 0 un ψdλ| ≤ ε pour n ≥ n(ε), et donc :

n ≥ n(ε) ⇒ | un φdλ| ≤ 2ε.


Ceci donne que un φdλ → 0, quand n → ∞, pour tout φ ∈ L1 .
On en déduit bien que un → 0 faiblement dans L1 car L∞ ⊂ L1 .

D’autre part, un �→ 0 dans L1 , quand n → ∞, car �un �1 = 1 pour tout n ∈ N.


—————————————————————————————–
(c) Donner un exemple de fonction ϕ ∈ C(R, R) pour lequel ϕ(un ) → f p.p. et f �= ϕ(0) p.p.. (et
donc ϕ n’est pas croissante et n’est pas injective).

—————————————corrigé—————————————–
Il suffit de prendre ϕ(s) = s2 pour tout s ∈ R. On a alors ϕ(un ) = 1 p.p. pour tout n ∈ N et
donc ϕ(un ) → f p.p. avec f = 1 p.p. alors que ϕ(0) = 0 p.p..
—————————————————————————————–
(d) Donner un exemple de fonction ϕ ∈ C(R, R) croissante pour lequel ϕ(un ) → f p.p. (et donc
f = ϕ(0) p.p., par la question 8, et ϕ est non injective, par les questions 7 et 9 (b)).

—————————————corrigé—————————————–
Il suffit de prendre ϕ(s) = 0 pour tout s ∈ R. On a alors ϕ(un ) = 0 p.p. pour tout n ∈ N et
donc ϕ(un ) → f p.p. avec f = ϕ(0) = 0 p.p..
—————————————————————————————–

Corrigé 130 (Convergence faible et convergence forte dans L1 )


Soit (X, T, m) un espace mesuré fini. Pour p ∈ [1, ∞], on note Lp l’espace LpR (X, T, m).
Soit (fn )n∈N ⊂ L1 , f ∈ L1 et C ∈ R. On suppose que
� �
• fn → f faiblement dans L1 , quand n → ∞ (c’est-à-dire que fn gdm → f gdm pour tout g ∈ L∞ ).
• Pour tout n ∈ N, fn ≥ C p.p..

1. Montrer que f ≥ C p.p..


2. On suppose maintenant que f = C p.p..
Montrer que fn → f dans L1 (c’est-à-dire limn→∞ �fn − f �1 = 0).

—————————————corrigé—————————————–
En attente
—————————————————————————————–

Corrigé 131 (Convergence étroite de mesures)


Soit (mn )n∈N une suite de mesures finies sur B(R) (on rappelle que “mn finie” signifie que “mn (R) < ∞”)
et m une mesure finie sur B(R). On rappelle que Cb (R, R) ⊂ L1R (R, B(R), mn ), pour tout n ∈ N, et que
Cb (R, R) ⊂ L1R (R, B(R), m).

437
On suppose que : � �
gdmn → gdm, pour tout g ∈ Cb (R, R).

Soit f ∈ C(R, R). On ne suppose pas que f est bornée, mais on suppose que f ∈ L1R (R, B(R), mn ) pour
tout n ∈ N.

1. On pose α = supn∈N mn (R). Montrer que α < ∞.


—————————————corrigé—————————————–
La fonction constante et égale à 1 appartient à Cb (R, R). L’hypothèse donne donc mn (R) → m(R),
quand n → ∞. La suite (mn (R))n∈N est donc bornée (car convergente dans R). Ce qui donne
α < ∞.
—————————————————————————————–
2. On suppose, dans cette question, que :

β = sup |f |2 dmn < ∞.
n∈N

(a) Soit ϕ une fonction continue de R dans R, à support compact et t.q. 0 ≤ ϕ(x) ≤ 1 pour tout
x ∈ R. Montrer qu’il existe C ∈ R, ne dépendant que de α et β (définis ci dessus), t.q. :

|f |ϕdm ≤ C.

—————————————corrigé—————————————–
En utilisant l’inégalité de Cauchy-Schwarz, on a :
� � �
1 1 1 1 1
|f |ϕdmn ≤ ( f 2 dmn ) 2 ( ϕ2 dmn ) 2 ≤ β 2 mn (R) 2 ≤ (αβ) 2 .
� �
Comme |f |ϕ ∈ Cc (R, R) ⊂ Cb (R, R), l’hypothèse donne |f |ϕdm = limn→∞ |f |ϕdmn . On
� 1
déduit donc de la majoration précédente que |f |ϕdm ≤ (αβ) 2 .
—————————————————————————————–
(b) Montrer que f ∈ L1R (R, B(R), m).
—————————————corrigé—————————————–
On définit ϕ1 en posant :

ϕ1 (x) = 1, si 0 ≤ x ≤ 1,
ϕ1 (x) = 2 − x, si 1 < x ≤ 2,
ϕ1 (x) = 0, si 2 < x,
ϕ1 (x) = ϕ1 (−x), si x < 0.
Puis, pour p ≥ 2, ϕp (x) = ϕ1 ( xp ) pour x ∈ R.
� 1
La question précédente donne |f |ϕp dm ≤ (αβ) 2 pour tout p ≥ 1. Comme la suite (ϕp )p≥1
converge simplement et en croissant
� vers la fonction constante égale à 1, le théorème de con-
1
vergence monotone donne que |f |dm ≤ (αβ) 2 et donc que f ∈ L1R (R, B(R), m).
—————————————————————————————–

438
� �
(c) Montrer que f dmn → f dm, quand n → ∞.
—————————————corrigé—————————————–
On utilise encore la suite (ϕp )p≥1 définie à la question précédente et on remarque que, pour
tout p ≥ 1,
� � � �
| f dmn − f dm| ≤ |f |(1 − ϕp )dmn + |f |(1 − ϕp )dm
� � (12.125)
+| f ϕp dmn − f ϕp dm|.

Soit ε > 0. Pour tout p ≥ 1, on a |f |(1 − ϕp ) ≤ |f | p.p.. Comme (1 − ϕp ) → 0 p.p.


et
� f ∈ LR (R, B(R), m), on peut appliquer le théorème de convergence dominée. Il donne
1

|f |(1 − ϕp )dm → 0 quand p → ∞. Il existe donc p0 ≥ 1 t.q.



p ≥ p0 ⇒ |f |(1 − ϕp )dm ≤ ε.

En utilisant encore le théorème de convergence dominée (les constantes étant intégrables pour
la mesure m), il existe aussi p1 ≥ 1 t.q.

p ≥ p1 ⇒ β (1 − ϕp )dm < ε2 .

On choisit �maintenant p = max(p0 , p1 ). Comme (1 − ϕp ) ∈ Cb (R, R), on a donc (1 −
ϕp )dmn → (1 − ϕp )dm quand n → ∞. Il existe donc n0 t.q.

n ≥ n0 ⇒ β (1 − ϕp )dmn < ε2 .

En utilisant l’inégalité de Cauchy-Schwarz et le fait que (1 − ϕp )2 ≤ (1 − ϕp ), on en déduit,


pour n ≥ n0 , � �
1 1
|f |(1 − ϕp )dmn ≤ β 2 ( (1 − ϕp )dmn ) 2 ≤ ε.
� �
Enfin, comme f ϕp ∈ Cb (R, R), on a f ϕp dmn → f ϕp dm quand n → ∞. Il existe donc n1
t.q. � �
n ≥ n1 ⇒ | f ϕp dmn − f ϕp dm| ≤ ε.

Finalement, avec ce choix de p = max(p0 , p1 ), on déduit donc de (12.125) que


� �
n ≥ max(n0 , n1 ) ⇒ | f dmn − f dm| ≤ 3ε.
� �
Ceci prouve bien que f dmn → f dm, quand n → ∞.
—————————————————————————————–

3. On ne suppose plus que sup |f |2 dmn < ∞.
n∈N

Montrer (en choississant convenablement (mn )n∈N , m et f ) que l’on peut avoir f �∈ L1R (R, B(R), m).

439
—————————————corrigé—————————————– �n
On peut prendre, par exemple, m0 = 0 et, pour n ≥ 1, mn = p=1 p12 δp (où δp est la masse de Dirac en
p). On prend f définie �par f (x) = x pour tout x ∈ R. Les hypothèses sur la suite (mn )n∈N et m sont

bien vérifiées avec m = p=1 p12 δp .
On a bien f ∈ L2R (R, B(R), mn ) ⊂ L1R (R, B(R), mn ) pour tout n ∈ N mais f �∈ L1R (R, B(R), m).
—————————————————————————————–

Corrigé 132 (Convergence faible et convexité)


Dans cet exercice (E, T, m) est un espace mesuré et on suppose que la mesure m est σ−finie.. Pour tout
1 ≤ r ≤ ∞, on note Lr l’espace Lr (E, T, m) (et Lr l’espace Lr (E, T, m)). Soit 1 ≤ p < ∞, (un )n∈N une
suite bornée de Lp et u ∈ Lp t.q. un → u faiblement dans Lp quand n → ∞ (on rappelle que ceci signifie
T (un ) → T (u), quand n → ∞, pour tout T dans (Lp )� , c’est-à-dire dans le dual topologique de Lp ).

1. On pose r = p/(p − 1) si p > 1 et r = ∞, si p = 1. Montrer que, pour tout v ∈ Lr :


� �
un vdm → uvdm.

—————————————corrigé—————————————–

Soit v ∈ Lr . Pour tout w ∈ Lp , on pose T (w) = wvdm. Comme cela a été vu en cours, l’inégalité
de Hölder (proposition 6.9) donne que T ∈ (Lp )� , on a donc T (u) = limn→∞ T (un ).
—————————————————————————————–

Soit ϕ ∈ C 1 (R, R). On suppose que ϕ est strictement convexe (ce qui est équivalent à dire que ϕ�
est strictement croissante).
2. Soit a ∈ R. Pour x ∈ R, on pose ha (x) = ϕ(x) − ϕ(a) − ϕ� (a)(x − a).
(a) Montrer que ha (x) > 0 si x �= a.
—————————————corrigé—————————————–
Soit x �= a. Le théorème des accroissements finis donne qu’il existe y ∈]a, x[, si x > a, ou
y ∈]x, a[, si x < a, t.q. ϕ(x)−ϕ(a) = ϕ� (y)(x−a). On a donc ha (x) = (ϕ� (y)−ϕ� (a))(x−a) > 0.
—————————————————————————————–
(b) Montrer que ha est décroissante sur ] − ∞, a[ et croissante sur ]a, ∞(.
—————————————corrigé—————————————–
La fonction ha est de classe C 1 et, pour tout x ∈ R, on a h�a (x) = ϕ� (x) − ϕ� (a). on a donc
h�a (x) < 0 si x < a et h�a (x) > 0 si x > a.
—————————————————————————————–
Soit 1 ≤ q < ∞. On suppose maintenant que la suite (ϕ(un ))n∈N est bornée dans Lq et qu’elle
converge faiblement dans Lq , quand n → ∞, vers une (classe de) fonction(s) ϕ ∈ Lq .
Précision de notation : On choisit un représentant pour un . On désigne alors par ϕ(un ) la fonction
(de E dans R) x �→ ϕ(un (x)). Cette fonction est supposée être dans Lq et on l’identifie, comme
d’habitude, avec l’élément de Lq qu’elle représente.
Pour n ∈ N, on pose fn = [ϕ(un ) − ϕ(u) − ϕ� (u)(un − u)].
Précision de notation : Ici aussi, pour définir fn , on choisit un représentant pour u. On désigne
alors par ϕ(u) et ϕ� (u) les fonctions x �→ ϕ(u(x)) et x �→ ϕ� (u(x)).

440
3. Soit k ∈ R�+ et B ∈ T t.q. m(B) < ∞. On pose Ak = {|u| ≤ k} (c’est-à-dire Ak = {x ∈ E t.q.
|u(x)| ≤ k}.
� �
Montrer que fn 1Ak 1B dm → (ϕ − ϕ(u))1Ak 1B dm, quand n → ∞.
—————————————corrigé—————————————–
la fonction ϕ� est continue sur R. Elle est donc bornée sur [−k, k]. On en déduit que ϕ� (u)1Ak ∈ L∞ .
Comme m(B) < ∞, on a donc ϕ� (u)1Ak 1B ∈ Lr pour tout r ∈ [1, ∞] en en particulier si r est le
conjugué de p (c’est-à-dire r = p/(p − 1) si p > 1 et r = ∞, si p = 1). La question 1 donne donc :

ϕ� (u)1Ak 1B (un − u)dm → 0, quand n → ∞.

Puis, comme ϕ(un ) → ϕ faiblement dans Lq et que 1Ak 1B ∈ Lr où r est maintenant le conjugué de
q, on a aussi : � �
ϕ(un )1Ak 1B dm → ϕ1Ak 1B dm, quand n → ∞.

Enfin, on remarque que ϕ(u)1Ak 1B ∈ L1 (car m(B)�< ∞ et ϕ bornée� sur [−k, k]). Ce qui donne
finalement que fn 1Ak 1B ∈ L1 pour tout n ∈ N et que fn 1Ak 1B dm → (ϕ−ϕ(u))1Ak 1B dm, quand
n → ∞.
—————————————————————————————–
4. Montrer ϕ ≥ ϕ(u) p.p.. [Utiliser les questions 2(a) et 3.]
—————————————corrigé—————————————–
La question 2(a) donne que fn ≥ 0 p.p.. On a donc, grâce à la question 3, avec les notations de la
question 3 : �
(ϕ − ϕ(u))1Ak 1B dm ≥ 0, (12.126)

pour tout k ∈ R�+ et tout B ∈ T t.q. m(B) < ∞.


On va déduire de (12.126) que ϕ ≥ ϕ(u) p.p.. Pour cela, On choisit des représentants de u et ϕ et
on pose N = {ϕ − ϕ(u) < 0} = {x ∈ E; ϕ(x) − ϕ(u(x)) < 0}.
Comme m est σ−finie, il existe une suite (Ep )p∈N� ⊂ T t.q. E = ∪p∈N� Ep , m(Ep ) < ∞ et Ep ⊂
Ep+1 pour tout p ∈ N� . Comme u prend ses valeurs dans R, on a donc aussi E = ∪p∈N� (Ep ∩ Ap )
et finalement N = ∪p∈N� Np , avec Np = N ∩ Ep ∩ Ap .
Soit p ∈ N� , on prend k = p et B = Ep ∩ N dans (12.126), de sorte que Ak ∩ B = Ap ∩ Ep ∩ N = Np .
Comme ϕ − ϕ(u) < 0 sur Np , on obtient que (ϕ − ϕ(u))1Np = 0 p.p. et donc m(Np ) = 0. Comme
N = ∪p∈N� Np , on a finalement m(N ) = 0 et donc ϕ ≥ ϕ(u) p.p..
—————————————————————————————–

On suppose maintenant que ϕ = ϕ(u) p.p..


5. Soit B ∈ T t.q. m(B) < ∞, k ∈ R�+ et Ak = {|u| ≤ k}. Montrer que (fn )n∈N admet une sous suite
convergeant p.p. vers 0 sur Ak ∩ B.
—————————————corrigé—————————————–
La question 2(a) donne� fn ≥ 0 p.p. (pour tout n) et la question 3 donne que fn 1Ak ∩B = fn 1Ak 1B ∈
L1 et �fn 1Ak 1B �1 = fn 1Ak 1B dm → 0, quand n → ∞. D’après la réciproque partielle de conver-
gence dominée (théorème 4.7), la suite (fn 1Ak 1B )n∈N admet donc une sous suite convergeant p.p.

441
vers 0. Autrement dit, il existe une application strictement croissante ψ de N dans N t.q. (fψ(n) )n∈N
converge p.p. vers 0 sur Ak ∩ B.
—————————————————————————————–
6. (Question plus difficile.) Montrer que (fn )n∈N admet une sous suite convergeant p.p. vers 0 sur E.
[Utiliser le fait que la mesure m est σ−finie et un “procédé diagonal”.]
—————————————corrigé—————————————–
On reprend la suite (Ep )p∈N� introduite à la question 4 (c’est-à-dire (Ep )p∈N� ⊂ T t.q. E = ∪p∈N� Ep ,
m(Ep ) < ∞ et Ep ⊂ Ep+1 pour tout p ∈ N� ).
La question 5 donne que pour tout p ∈ N� , la suite (fn )n∈N admet une sous suite convergeant p.p.
vers 0 sur Ap ∩ Ep . Plus précisément, le raisonnement de la question 5 donne que de toute sous suite
de la suite (fn )n∈N on peut extraire une sous suite convergeant p.p. vers 0 sur Ap ∩ Ep . Comme
E = ∪p∈N� (Ap ∩ Ep ), le procédé diagonal va nous permettre ci après de construire une sous suite
de la suite (fn )n∈N convergeant p.p. vers 0 sur E.

Dans une première épape, on montre, par récurrence, l’existence d’une suite d’applications stricte-
ment croissantes (ψp )p∈N� de N dans N t.q., pour tout p ∈ N� , la suite (fψ1 ◦...◦ψp (n))n∈N converge
p.p. vers 0 sur Ap ∩ Ep .
L’existence de ψ1 découle de de la question 5 avec k = 1 et B = E1 . Puis, pour p ≥ 1, en supposant
ψ1 , . . . , ψp construits, on utilise le raisonnement de la question 5 avec la suite (fψ1 ◦...◦ψp (n) )n∈N ,
k = p + 1 et B = Ep+1 . On obtient l’existence d’une application srtictement croissante ψp+1 de N
dans N t.q. la suite (fψ1 ◦...◦ψp+1 (n))n∈N converge p.p. vers 0 sur Ap+1 ∩ Ep+1 . Ce qui termine la
récurrence.

La deuxième étape consiste à définir ψ de N dans N en posant

ψ(n) = ψ1 ◦ . . . ◦ ψn (n), pour n ∈ N.

La fonction ψ est strictement croissante de N dans N et on va montrer que la suite (fψ(n) )n∈N
converge p.p. vers 0 (sur E). En effet, soit p ∈ N� . Pour n > p, on a :

ψ(n) = ψ1 ◦ . . . ◦ ψp (ψp+1 ◦ . . . ◦ ψn (n)).

La suite (fψ(n) )n∈N est donc extraite, à partir de n = p, de la suite (fψ1 ◦...◦ψp (n) )n∈N . Ceci prouve
que (fψ(n) )n∈N converge p.p. vers 0 sur Ap ∩ Ep . Comme E = ∪p∈N� (Ap ∩ Ep ), on en déduit bien
que la suite (fψ(n) )n∈N converge p.p. vers 0 (sur E).
—————————————————————————————–
7. Soit x ∈ E t.q. fn (x) → 0, montrer que un (x) → u(x). [Soit b ∈ R, limite d’une sous suite de la
suite (un (x))n∈N . Utiliser la question 2 pour montrer que b = u(x).]
—————————————corrigé—————————————–
Le point x est ici fixé. On pose a = u(x). On remarque alors que fn (x) = ha (un (x)) (avec ha défini
à la question 2).
Si la suite (un (x))n∈N est non bornée, il existe une sous suite, encore notée (un (x))n∈N , t.q. un (x) �∈
[a − 1, a + 1] (on peut même supposer que limn→∞ |un (x)| = ∞). On a donc, grâce à la question 2 :

fn (x) = ha (un (x)) ≥ min(ha (a + 1), ha (a − 1)) > 0,

442
en contradiction avec limn→∞ fn (x) = 0. La suite (un (x))n∈N est donc bornée.
Si b est une valeur d’adhérence de la suite (un (x))n∈N , il existe une sous suite de la suite (un (x))n∈N ,
encore notée (un (x))n∈N , t.q. b = limn→∞ un (x). On a donc limn→∞ fn (x) = ha (b). Comme
limn→∞ fn (x) = 0, la question 2(a) donne b = a. On a ainsi montré que u(x) est la seule valeur
d’adhérence de la suite bornée (un (x))n∈N , ce qui prouve que u(x) = limn→∞ un (x).
—————————————————————————————–
8. Montrer que (un )n∈N admet une sous suite convergeant p.p. vers u.
—————————————corrigé—————————————–
La question 6 montre que la suite (fn )n∈N admet une sous suite convergeant p.p. vers 0. Il existe
donc ψ strictement croissante de N dans N t.q. la suite (fψ(n) )n∈N converge p.p. vers 0. Le
raisonnement de la question 7 montre que
x ∈ E, lim fψ(n) (x) = 0 ⇒ lim un (x) = u(x).
n→∞ n→∞

On en déduit que (uψ(n) )n∈N converge p.p. vers u.


—————————————————————————————–
9. On suppose ici que p > 1. Montrer que un 1B → u1B dans Lr pour tout r ∈ [1, p[ et tout B ∈ T
t.q. m(B) < ∞. [Utiliser l’exercice 6.18.]
—————————————corrigé—————————————–
On raisonne par l’absurde. On suppose qu’il existe r ∈ [1, p[ et B ∈ T t.q. m(B) < ∞ et
un 1B �→ u1B dans Lr . Il existe alors ε > 0 et une sous suite de la suite (un )n∈N , notée (ug(n) )n∈N
(avec g strictement croissante de N dans N), t.q.
n ∈ N ⇒ �ug(n) 1B − u1B �r ≥ ε. (12.127)
La suite (ug(n) )n∈N vérifie les mêmes propriétés que la suite (un )n∈N . Par la question 8, on peut donc
extraire de (ug(n) )n∈N une sous suite convergeant p.p. vers u. Cette sous suite, notée (ug◦ψ(n) )n∈N
(avec ψ strictement croissante de N dans N), étant bornée dans Lp , l’exercice 6.18 (corrigé 109 page
400) donne que ug◦ψ(n) )1B → u1B dans Lr , en contradiction avec (12.127).
—————————————————————————————–
10. En prenant (E, T, m) = (R, B(R), λ) et ϕ(s) = s2 , donner un exemple pour lequel un �→ u p.p. sur
E (toutefois, d’après la question 8, (un )n∈N admet une sous suite convergeant p.p. vers u).
—————————————corrigé—————————————–
Il suffit de reprendre l’exemple vu en cours pour montrer que la convergence L1 n’entraı̂ne pas la
convergence p.p.
Pour n ∈ N, il existe un unique m ∈ N� t.q. n ∈ { m(m−1)
2 , . . . , m(m+1)
2 − 1} et on a :
m(m − 1)
n= + k avec k ∈ {0, . . . m − 1}.
2
On prend alors un = 1] k , k+1 ] .
m m

On remarque que = m
�un �pp1
pour n ∈ { m(m−1)
2 , . . . , m(m+1)
2 − 1} et donc un → 0 dans Lp quand
n → ∞. Comme ϕ(un ) = un , on a aussi ϕ(un ) → 0 dans L quand n → ∞ (et donc ϕ = ϕ(u)).
q

Enfin, pour cet exemple, un �→ 0 p.p.


—————————————————————————————–

443
Corrigé 133 (Produit de convergences faibles)
Soit (E, T, m) un espace mesuré fini. Pour p ∈ [1, ∞], on note Lp l’espace LpR (E, T, m).
Soit α, β > 0. Pour a ∈ R+ , on définit ψa de R+ dans R par ψa (t) = (tα − aα )(tβ − aβ ).

1. Soit a ∈ R+ . Montrer que ψa (t) > 0 pour tout t ∈ R+ , t �= a.

Soit (fn )n∈N une suite de fonctions positives appartenant à L∞ et lα , lβ , lα+β ∈ L∞ . On suppose
que la suite (fn )n∈N est bornée dans L∞ et que fnγ → lγ �−faiblement dans L∞ , quand n → ∞,
pour γ = α, γ = β et γ = α + β.
� �
On rappelle que fnγ → lγ �−faiblement dans L∞ signifie que fnγ ϕdm → lγ ϕdm, quand n → ∞,
pour tout ϕ ∈ L1 .

2. Soit ϕ ∈ L1 t.q. ϕ ≥ 0 p.p.. Montrer que la ϕdm ≥ 0.
3. Montrer que lα ≥ 0 p.p..
1
4. Montrer que lα+β ≥ lα lβ p.p.. [On pourra utiliser ψa (t) ≥ 0 avec t = fn (x) et a = (lα (x)) α .]
1
5. On suppose maintenant que lα+β = lα lβ p.p.. On pose f = lαα et gn = (fnα − f α )(fnβ − f β ).
(a) Montrer que gn → 0 dans L1 , quand n → ∞.
(b) Montrer qu’il existe ϕ : N → N strictement croissante t.q. gϕ(n) → 0 p.p., quand n → ∞.
Montrer que fϕ(n) → f p.p., quand n → ∞. [Utiliser la question 1.]
(c) Montrer que fn → f dans Lq , quand n → ∞, pour tout q ∈ [1, ∞[.

—————————————corrigé—————————————–
En attente. . .
—————————————————————————————–

Corrigé 134 (Conv. étroite et conv. des mesures des intervalles)


Soit (mn )n∈N une suite de mesures sur B(R) et m une mesure sur B(R). On suppose que mn → m
étroitement, quand n → ∞, et que m est diffuse (c’est-à-dire que m({x}) = 0 pour tout x ∈ R). Soit I
un intervalle de R, montrer que mn (I) → m(I) quand n → ∞. Montrer (en donnant un contre-exemple)
que cette propriété peut être fausse si m n’est pas diffuse.
—————————————corrigé—————————————– � �
On remarque tout d’abord que mn (I) → m(I) si I = R, car 1R dmn → 1R dm.
Soit maintenant a ∈ R, on va montrer que mn (I) → m(I) si I =] − ∞, a] ou I =] − ∞, a]. Pour cela, on
définit, pour p ∈ N� , ϕp , ψp ∈ Cb (R, R) en posant :

ϕp (x) = 1 si x ≤ a − p1 ,
ϕp (x) = −p(x − a) si a − p1 < x < a,
ϕp (x) = 0 si a ≤ x,
ψp (x) = ϕp (x − p1 ) pour tout x ∈ R.
� �
Comme ϕp ≤ 1I ≤ ψp on a ϕp dmn ≤ mn (I) ≤ ψp dmn pour tout p, n ∈ N. En passant à la limite
quand n → ∞, on a donc, pour tout p ∈ R :
� �
ϕp dm ≤ lim inf mn (I) ≤ lim sup mn (I) ≤ ψp dm.
n→∞ n→∞

444
� �
Le théorème de convergence dominée donne limp→∞ ϕp dm = m(] − ∞, a[) et limp→∞ ψp dm = m(] −
∞, a]). On en déduit :

m(] − ∞, a[) ≤ lim inf mn (I) ≤ lim sup mn (I) ≤ m(] − ∞, a]).
n→∞ n→∞

Comme m(] − ∞, a]) = m(] − ∞, a[) + m({a}) = m(] − ∞, a[) = m(I), on a, finalement, m(I) ≤
lim inf n→∞ mn (I) ≤ lim supn→∞ mn (I) ≤ m(I), c’est-à-dire limn→∞ mn (I) = m(I).
En écrivant que mn (J) = m(R) − m(J c ), il est facile de voir que l’on a aussi mn (J) → m(J) pour tout
intervalle J de la forme [a, +∞[ ou ]a, +∞[. Enfin, si a, b ∈ R, a < b, un intervalle, noté K, dont les
bornes sont a et b peut s’écrire comme différence de deux intervalles dont les bornes supérieures sont a et
b et dont la borne inférieure est −∞. On en déduit alors facilement que mn (K) → m(K), ce qui termine
la démonstration.

La propriété démontré peut être fausse si m n’est pas diffuse. Pour le voir, il suffit de prendre, par
exemple, m = δ0 et mn = δ1/n pour tout n ∈ N� . On a bien mn → m étroitement et pour I =] − ∞, 0]
(par exemple) on a limn→∞ mn (I) = 0 �= 1 = m(I).
—————————————————————————————–

Corrigé 135 (Convergence en loi)


Soit (Ω, A, P ) un espace de probabilités et X une v.a. réelle de loi uniforme sur [−1, 1].

1. Montrer que −X est une v.a. de même loi que X.


—————————————corrigé—————————————–
On pose Y = −X et on cherche à déterminer la loi de la v.a.r. Y . Soit ϕ une fonction borélienne
bornée de R dans R (il suffit en fait de prendre pour ϕ la fonction caractéristique
� d’un
� borélien de
R).
� En posant
� ψ(x) = ϕ(−x) pour
� tout x ∈ R, On remarque que Ω
ϕ(Y )dP = Ω
ϕ(−X)dP =

ψ(X)dP = R
ψ(x)dP X (x) = R
ϕ(−x)dP X (x). Comme X ∼ U(−1, 1), on a donc :
� � �
1 1
1 1
ϕ(Y )dP = ϕ(−x)dx = ϕ(x)dx,
Ω 2 −1 2 −1

ce qui prouve que Y ∼ U(−1, 1).


—————————————————————————————–
2. Donner un exemple de suite (Xn )n∈N de v.a. t.q. :

(a) (Xn )n∈N converge en loi vers X,


(b) (Xn − X)n∈N ne converge pas en loi vers 0.
—————————————corrigé—————————————–
On prend Xn = −X pour tout n ∈ N. On a donc PXn = PX pour tout n ∈ N, ce qui donne bien la
convergence en loi de Xn vers X quand n → ∞. Mais, Xn − X = −2X pour tout n ∈ N, et donc
Xn − X ne converge pas en loi vers 0 car P0 = δ0 et P−2X �= δ0 . (Il est facile de voir, en raisonnant
comme à la première question, que −2X ∼ U(−2, 2).)
—————————————————————————————–
3. Donner un exemple de trois v.a. X, Y, Z t.q. X et Y aient la même loi, mais sans que XZ et Y Z
aient la même loi.

445
—————————————corrigé—————————————–
On prend Y = −X (toujours avec X ∼ U(−1, 1)) et Z = X. les v.a.r. X et Y ont donc même loi.
Mais, on va montrer que XZ et Y Z n’ont pas la même loi. En effet, soit ϕ une fonction borélienne
bornée de R dans R. On a :
� � � � 1 � 1
1 1 1
ϕ(XZ)dP = ϕ(X 2 )dP = ϕ(x2 )dx = ϕ(x2 )dx = ϕ(s) √ ds.
Ω Ω 2 −1 0 0 2 s

Ce qui prouve que PXZ = gλ avec g(x) = 2√


1
x
pour x ∈]0, 1[ et g(x) = 0 si x �∈]0, 1[. Comme
XY = −XZ, on a PXY = hλ avec h(x) = g(−x) pour x ∈ R. On en déduit que PXZ �= PXY .
—————————————————————————————–

Corrigé 136 (Convergence en loi + convergence en probabilité)


Soit (Ω, A, P ) est un espace de probabilité, X une v.a. réelle et (Xn )n∈N , (Yn )n∈N deux suites de v.a.
réelles t.q. :
Xn → X en loi, Yn → 0 en probabilité, quand n → ∞.
Montrer que
Xn + Yn → X en loi, quand n → ∞.
[On pourra utiliser la convergence vague.]
—————————————corrigé—————————————–
D’après la proposition 6.21,
� il suffit de démontrer
� la convergence vague de PXn +Yn vers PX quand n → ∞,
c’est-à-dire que limn→∞ Ω ϕ(Xn + Yn )dP = Ω ϕ(X)dP pour tout ϕ ∈ Cc (R, R).
� �
Soit ϕ ∈ Cc (R, R). On a Ω ϕ(Xn + Yn )dP − Ω ϕ(X)dP = An + Bn avec :
� � � �
An = ϕ(Xn + Yn )dP − ϕ(Xn )dP, Bn = ϕ(Xn )dP − ϕ(X)dP.
Ω Ω Ω Ω

On sait déjà que limn→∞ Bn = 0 (car Xn → X en loi). Il suffit donc de montrer que limn→∞ An = 0.
Soit η > 0. Comme ϕ ∈ Cc (R, R), ϕ est uniformément continue sur R (on rappelle, par contre, que
ϕ ∈ Cb (R, R) �⇒ ϕ uniformément continue), il existe donc ε > 0 t.q. :

x, y ∈ R, |x − y| ≤ ε ⇒ |ϕ(x) − ϕ(y)| ≤ η.

On en déduit, pour tout n ∈ N, avec �ϕ�u = maxx∈R |ϕ(x)|(< ∞) :


� �
|An | ≤ |ϕ(Xn + Yn ) − ϕ(Xn )|dP + |ϕ(Xn + Yn ) − ϕ(Xn )|dP ≤ η + 2�ϕ�u P [|Yn | > ε].
|Yn |≤ε |Yn |>ε

Comme Yn → 0 en probabilité, il existe n0 (dépendant seulement de ε et donc de η et ϕ) t.q. :

n ≥ n0 ⇒ 2�ϕ�u P [|Yn | > ε] ≤ η,

et donc :
n ≥ n0 ⇒ |An | ≤ 2η.
Ce qui prouve que limn→∞ An = 0 et termine la démonstration.
—————————————————————————————–

Corrigé 137 (Convergence en loi versus convergence en probabilité)

446
Soit (Ω, A, P ) un espace de probabilité, X une v.a. réelle et (Xn )n∈N une suite de v.a. réelles.

1. On suppose, dans cette question, que Xn → X en probabilité, quand n → ∞. Montrer que :

Xn → X en loi, quand n → ∞.

[Remarquer qu’il suffit de démontrer une convergence vague de PXn vers PX .]


—————————————corrigé—————————————–
� �
Soit ϕ ∈ Cc (R, R). Nous allons montrer que Ω ϕ(Xn )dP → Ω ϕ(X)dP , quand n → ∞ (ce qui
prouve la convergence vague de PXn vers PX , quand n → ∞, voir la définition 6.20).
Soit ε > 0. Comme ϕ ∈ Cc (R, R), ϕ est uniformémement continue (ceci serait faux si on prenant ϕ
arbitrairement dans Cb (R, R)). Il existe donc η > 0 t.q. :

x, y ∈ R, |x − y| ≤ η ⇒ ϕ(x) − ϕ(y) ≤ ε.

On en déduit que
� � �
| ϕ(Xn ) − ϕ(X)dP | ≤ |ϕ(Xn ) − ϕ(X)|dP + |ϕ(Xn ) − ϕ(X)|dP
Ω |Xn −X|≤η |Xn −X|>η
≤ ε + 2�ϕ�u P (|Xn − X| > η),

avec �ϕ�u = max{|ϕ(s)|, s ∈ R} < ∞. Comme Xn → X en probabilité, quand n → ∞, il existe


n0 ∈ N t.q. :
n ≥ n0 ⇒ 2�ϕ�u P (|Xn − X| > η) ≤ ε.
On a donc finalement �
n ≥ n0 ⇒ | ϕ(Xn ) − ϕ(X)dP | ≤ 2ε,

� �
ce qui prouve bien que Ω
ϕ(Xn )dP → Ω
ϕ(X)dP , quand n → ∞.
Pour conclure, on utilise la proposition 6.25 (qui donne que si (mn )n∈N et m sont des probabilités sur
B(R), la convergence étroite de mn vers m, quand n → ∞, est équivalente à la convergence vague
de mn vers m). On obtient ainsi la convergence étroite de PXn vers PX c’est-à-dire la convergence
en loi de Xn vers X, quand n → ∞.
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2. On suppose qu’il existe a ∈ R t.q. X = a p.s.. On suppose aussi que Xn → X en loi, quand n → ∞.
Montrer que :
Xn → X en probabilité, quand n → ∞.
—————————————corrigé—————————————–
Soit η > 0, on va montrer que P (|Xn − X| > η) → 0, quand n → ∞. Pour cela, on choisit une
fonction ϕ continue bornée de R dans R et t.q. ϕ(x) = 1 si |x − a| ≥ η, ϕ(a) = 0 et 0 ≤ ϕ(x) ≤ 1
pour tout x ∈ R. (Une telle fonction� est facile à construire,
� il suffit de la prendre affine par
morceaux). Comme ϕ ∈ �Cb (R, R), on a Ω ϕ(Xn )dP → Ω ϕ(X)dP , quand n → ∞. Comme X = a
p.s.
� et ϕ(a) = 0, on a Ω ϕ(X)dP = 0. Enfin, comme ϕ(x) = 1 si |x − a| ≥ η et ϕ ≥ 0, on a

ϕ(X n )dP ≥ P (|Xn − X| > η). On en déduit finalement que P (|Xn − X| > η) → 0 quand n → ∞
et donc que Xn → X en probabilité quand n → ∞.
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