Thérapie 2008 Novembre-Décembre; 63 (6): 415–418
É TUDE DE PRESCRIPTION DOI: 10.2515/therapie/2008064
c 2009 Société Française de Pharmacologie et de Thérapeutique
Automédication chez la femme enceinte
Sofia Mikou, Anne-Claire Buire et Thierry Trenque
Centre Régional de Pharmacovigilance et de Pharmacoépidémiologie, CHU Reims, France
Texte reçu le 16 juin 2008 ; accepté le 27 novembre 2008
Mots clés : Résumé – Une enquête réalisée auprès de femmes enceintes a permis d’évaluer la proportion de femmes enceintes ayant
grossesse ; recours à l’automédication, d’en définir le profil et également d’évaluer l’information sur le médicament délivrée au cours de
automédication ; la grossesse. Pendant la période de l’étude, 223 questionnaires ont été collectés. Parmi les femmes interrogées, 23,3 % se sont
enquête ; « automédiquées » durant leur grossesse. Pour la majorité d’entre elles, il s’agit de médicaments de « confort ». Une seule
information femme a pris un anti-inflammatoire au cours du premier trimestre de grossesse. Seulement 51 % des femmes interrogées ont
reçu une information sur le risque médicamenteux et la femme enceinte. Il apparaît qu’une minorité des femmes enceintes a
recours à la prise médicamenteuse en automédication. L’information délivrée par les professionnels de santé sur le risque de
la prise médicamenteuse au cours de la grossesse est insuffisante.
Keywords: Abstract – Over The Counter Medication in Pregnant Women. A prospective survey is conducted in a population of
pregnancy; pregnant women in order to evaluate the prevalence of pregnant women using over the counter medication, to define their
over the counter profile and to evaluate the information received about prenatal drug exposure and teratogen risk. During the study period, 223
medication (OTC); women were interviewed, 23.3% of them use over the counter medication. In most cases, the drugs are “comfort drug”. One
survey; woman, only, had taken anti-inflammatory during the first trimester. Only 51% had received information on drug and terato-
information gen risk. Self medication is not frequently used by the pregnant women. The information provided by health professionals,
about the risk and OTC medications during pregnancy, is insufficient.
1. Introduction 2. Matériels et méthodes
L’étude a été réalisée, prospectivement, sur une période de
2 mois et demi auprès de femmes enceintes, dans trois consul-
Encouragée par les autorités de santé soucieuses d’équilibrer tations hospitalières. Cette enquête est basée sur un questionnaire
les dépenses de santé, l’automédication se développe. À ce jour, anonyme composé de 21 questions, réalisé par le même enquêteur,
en France, il n’existe pas de définition précise du champ de l’au- au cours d’une consultation prénatale ou d’une séance de prépa-
tomédication. En pratique, les spécialités non soumises à une ins- ration à la naissance. Ce questionnaire est essentiellement com-
cription sur une liste I ou II peuvent être utilisées dans le cadre posé de questions fermées pour faciliter la rapidité de la réponse
d’une « automédication ». Les femmes enceintes constituent une et l’évaluation des données.
population à risque du fait de la tératogénicité potentielle des mé- Ce questionnaire se divise en 3 parties (Tableau I) :
dicaments sur l’embryon ou le fœtus.
L’information dispensée par les professionnels de santé est – Questions 1 à 9, d’ordre général.
un élément important d’une bonne pratique de l’automédication. – Questions 10 à 16, sur l’automédication lors de la grossesse.
– Questions 17 à 21, sur l’information reçue par la femme en-
Notre enquête a pour but d’évaluer la prévalence de l’automé- ceinte sur le médicament.
dication dans une population de femmes enceintes, et d’en définir
le profil. Nous nous sommes également intéressés à l’information L’objectif était d’interroger un panel d’environ 200 femmes
délivrée par les professionnels de santé à cette population à risque au minimum, suffisamment représentatif, tout stade de grossesse
médicamenteux élevé. confondu.
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Tableau I. Items du questionnaire.
Partie I : Généralités Partie II : Automédication Partie III : Information
Âge Automédication habituelle Existence
Lieu de résidence Automédication pendant la grossesse Contenu
Activité professionnelle Période de la grossesse Période de la grossesse
Affection chronique Provenance des médicaments Source
Traitement de fond Indication Satisfaction
Parité Médicaments utilisés Connaissance des médicaments
Motifs contre-indiqués pendant la grossesse
3. Résultats Onze femmes (21 %) s’automédiquant ont pris un médica-
ment de façon ponctuelle à chaque trimestre de leur grossesse, 15
Deux cent vingt-trois femmes enceintes ont été interrogées. (29 %) pendant 2 trimestres et 23 (44 %) uniquement pendant un
L’âge moyen des patientes est de 29 ± 5, 53 ans (17 à 45 ans). La trimestre (19 % au 1er trimestre, 12 % au 2e trimestre et 13 % au
majorité de l’échantillon sondé (84,7 %) est âgée de 20 à 35 ans. 3e trimestre). Trois femmes n’ont pas répondu (6 %).
La population globale étudiée est composée majoritairement de Les patientes justifient la prise médicamenteuse en automé-
primigestes (42 %). dication par les motifs suivants : pathologies connues (71,1 %),
Cinquante-deux patientes, soit 23,3 %, ont déclaré avoir pris connaissances médicales en la matière (19,2 %) et faute de temps
un médicament en automédication au cours de leur grossesse. (5,8 %). Deux femmes n’ont pas donné de réponse (1,9 %).
Cinq patientes n’ont pas répondu à cet item, soit 9,6 %. Seules Dans notre population générale, 51 % des femmes ayant par-
37 % des femmes s’étant « automédiquées » pendant leur gros- ticipé à l’étude (n = 113) ont reçu une information médicale sur
sesse avaient l’habitude de prendre des médicaments sans avis les médicaments pendant leur grossesse. Cette information a été
médical avant leur grossesse. jugée satisfaisante par 65 d’entre-elles (57,5 %), très satisfaisante
L’échantillon interrogé habite majoritairement en milieu ru- par 34 (30,1 %), insuffisante par 11 (9,7 %) et très insuffisante par
ral (54,8 %). La population « automédiquée » possède les mêmes une seule. Deux femmes n’ont pas répondu (1,8 %).
caractéristiques que la population totale. Cependant, les femmes Cette information a été essentiellement donnée au cours du
s’automédiquant ont un niveau d’études supérieur à la population premier trimestre de grossesse (86,6 %). L’information a été ma-
générale (48,1 % ont obtenu le baccalauréat contre 40,8 % dans la joritairement délivrée par le gynécologue (31 %), puis le médecin
population générale). traitant (27,8 %) et le pharmacien (8,5 %). Dans la population
La proportion de femmes présentant une affection chronique « automédiquée », les femmes ayant reçu une information sont
est identique dans la population générale (15,2 %) à la population plus nombreuses (59 %).
s’automédiquant (15,4 %).
Quarante-quatre pour cent de la population globale et 35,3 %
La prise médicamenteuse a été effectuée essentiellement
des femmes s’automédiquant ne connaissent pas de médicaments
pour soulager des « maux de tête » et des troubles digestifs
contre-indiqués pendant la grossesse.
(nausées/vomissements). La classe des antalgiques, représentée
essentiellement par le paracétamol (n = 44), est la classe pharma-
ceutique la plus consommée. Par ordre d’importance, les classes
médicamenteuses les plus utilisées sont : (i) les antiacides et pan- 4. Discussion
sements digestifs : hydroxyde d’aluminium et carbonate de cal-
cium (n = 12) ; (ii) les anti-émétiques : métoclopramine (n = 1) Les causes médicamenteuses représenteraient de 4 à 5 % [1]
et métopimazine (n = 2) ; (iii) les antispasmodiques : phloroglu- voire 10 % ou plus [2] des cas de malformations fœtales dues à une
cinol/triméthylphloroglucinol (n = 3) ; (iv) les veinotoniques, en exposition maternelle aux médicaments.
particulier la diosmine (n = 3) ; (v) la vitamine C (n = 2) ; (vi) le Dans notre étude, près d’un quart des femmes enceintes se
traitement homéopathique (n = 2). sont « automédiquées » à un moment de leur grossesse. Ce ré-
Une seule patiente a pris en automédication un anti- sultat est comparable à celui obtenu dans les études de Schmitt
inflammatoire non stéroïdien (AINS) (ibuprofène) au cours du et al. [3] (21,3 %) et de Damase-Michel et al. [4] (19,6 %) mais lé-
premier trimestre de grossesse. Deux patientes n’ont pas donné gèrement différent de celles de Berthier et al. [5] (17,9 %) et de
de réponse (3,8 %). Barrière et al.[6] (14,5 %).
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Dans la population générale, on note une proportion plus im- considérés comme étant « inoffensifs » au cours de la grossesse.
portante de personnes ayant recours à l’automédication, allant de Il a été cependant rapporté des cas sporadiques de malformations
52,2 % des personnes interrogées dans une enquête réalisée par fœtales associés à une utilisation prolongée à forte dose d’anti-
Laure [7] à 58 % dans une étude réalisée par Montastruc et al. [8] acides contenant de l’aluminium pendant la grossesse. [16] Cepen-
Dans ces 2 enquêtes, les personnes « s’automédiquant » sont en dant, les données sont insuffisantes pour déterminer s’il existe un
majorité des femmes. lien entre ces malformations et la prise d’antiacides.
Les principales symptomatologies à l’origine de l’automédi- L’étude de Damase-Michel [4] en 2000, fait le même constat
cation sont les céphalées, les troubles digestifs (nausées et vomis- en ce qui concerne les classes pharmacologiques les plus utili-
sements), les douleurs dorsales et les jambes lourdes. La majorité sées en automédication pendant la grossesse : les antalgiques puis
des femmes ont eu recours aux antalgiques à base de paracéta- les médicaments de gastro-entérologie avec, en majorité, les an-
mol au cours de leur grossesse. Le paracétamol est l’antalgique le tiacides et les pansements gastriques. À la différence des pres-
mieux évalué chez la femme enceinte. Aucune anomalie congé- criptions médicamenteuses nombreuses pendant la grossesse (de
nitale n’a été décrite à ce jour lors de l’administration au cours 44 % [17] à 99 % [18] ), la proportion de femmes enceintes consom-
de la grossesse. [9] C’est pourquoi il est de plus en plus prescrit et mant des médicaments en automédication est peu importante.
délivré chez la femme enceinte : 36,6 % en 2005 contre 26,8 % en Il est surprenant de constater que seule la moitié des femmes
2003. [10] Dans notre étude, une seule femme a pris un AINS au enceintes interrogées a reçu une information sur le médicament et
cours du premier trimestre de grossesse. Ce résultat est plus faible la grossesse. Ce taux est sensiblement identique à celui rapporté
que celui observé dans l’étude de Glover et al. [11] où la propor- par Schmitt [3] en 2002 (55 %). Dans notre étude, les femmes ayant
tion de femmes enceintes ayant pris de l’ibuprofène au cours de la eu recours à l’automédication sont plus nombreuses à avoir reçu
grossesse est de 15 % et de 5,7 % au 3e trimestre de la grossesse une information, comparé à l’ensemble de la population interro-
malgré sa contre-indication. Werler et al. [12] rapportent un taux de gée.
femmes enceintes ayant pris de l’ibuprofène encore plus élevé, de La connaissance du risque tératogène médicamenteux chez la
l’ordre de 18 %. femme enceinte est faible.
Au cours du premier trimestre de grossesse, une seule étude Les femmes enceintes sont néanmoins demandeuses d’infor-
(Ofori et al.) [13] rapporte, chez les femmes traitées par AINS, mations, comme le montre une étude italienne, [19] dans laquelle
un risque 2,21 plus élevé de malformations congénitales (inter- une ligne téléphonique dédiée à l’information sur les médica-
valle de confiance à 95 % = 1,72–2,85) par rapport aux femmes ments et les risques tératogènes a été créée. Dans cette étude,
enceintes non traitées. Les données sont à rapprocher de l’étude 8664 appels téléphoniques ont été recueillis. La majorité des ap-
de cohorte menée par Nielsen et al. [14] portant sur 1106 femmes pels concernait des femmes enceintes plutôt que des femmes en
ayant reçu un AINS dans les 30 jours précédant leur grossesse ou projet de grossesse. Dans 89 % des cas, les patientes appelaient
au cours du premier trimestre, qui montre une augmentation du pour être rassurées car elles étaient conscientes du risque térato-
taux de malformation congénitale (Odds Ratio = 1,27). Cepen- gène encouru par la prise de médicaments.
dant, Ericson et al. [15] observent, parmi 2487 femmes ayant pris
un AINS au début de leur grossesse, l’absence d’augmentation
5. Conclusion
du risque malformatif global (risque 1,04) mais une augmentation
du nombre de malformation cardiaque (risque 1,86). Des études Au regard des éléments présentés, il apparaît que près d’un
épidémiologiques complémentaires seraient toutefois nécessaires quart des femmes enceintes interrogées consomment des médica-
afin de confirmer ou d’infirmer le risque de la prise des AINS au ments en automédication. La majorité d’entre elles a consommé
cours du 1er trimestre de grossesse. Il est important de rappeler des médicaments dits de « confort », ne présentant pas de réels
que la prise d’AINS est formellement contre-indiquée à partir du dangers pour la mère et le fœtus, à condition que le respect des
6e mois de grossesse, en raison de leur fœtotoxicité cardiaque et posologies soit assuré. Seule une femme sur deux a reçu une in-
rénale (constriction voire fermeture du canal artériel et atteinte de formation sur le médicament et leur grossesse. Ce taux est faible
la fonction rénale). De même, il faut noter qu’un risque de faire au regard des risques potentiels encourus par le fœtus. L’automé-
une fausse couche a aussi été évoqué au 1er trimestre de gros- dication est un acte non anodin, non sans risque. En 2008, Ferner
sesse. [14] et al. [20] souligne les risques d’apparition d’effets indésirables ou
Les antiacides et les pansements digestifs sont la deuxième d’intoxications liés à une automédication excessive ou inappro-
classe médicamenteuse consommée en automédication dans notre priée. À la vue de ces données, dans le contexte actuel des nou-
étude. Il s’agit essentiellement de spécialités à base d’hydroxyde velles modalités de délivrance des médicaments, il est impéra-
d’aluminium et de carbonate de calcium. Ces médicaments sont tif qu’une information concernant les médicaments soit délivrée
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aux femmes enceintes par les différents professionnels de santé 11. Glover DD, Amonkar M, Rybeck BF, et al. Prescription, over the counter, and
concernés. Malgré un circuit d’information défaillant, les résul- herbal. Am J Obstet Gynecol 2003; 188: 1039-45
12. Werler MM, Mitchel AA, Hernandez-Diaz S, et al. Use of over the counter
tats de notre étude sont plutôt rassurants. Le développement de medications during pregnancy. Am J Obstet Gynecol 2005; 193: 771-7
l’automédication ne peut se concevoir que si l’ensemble des pro- 13. Ofori B, Oraichi D, Blais L, et al. Risk of congenital anomalies in pregnant
fessionnels de santé s’implique dans l’information des patients sur users of non-steroidal anti-inflammatory drugs: a nested case-control study.
Birth Defects Res B Dev Reprod Toxicol 2006; 77: 268-79
le médicament.
14. Nielson GL, Sorensen HT, Larsen H, et al. Risk of adverse birth outcome
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inflammatoires non stéroïdiens après le 6e mois de grossesse : impact d’une Centre Hospitalier Universitaire, Avenue Général Koenig, 51092 Reims,
lettre d’information envoyée par les autorités de santé. Presse Med 2008; France.
37: 767-74 E-mail : [email protected]
c 2009 Société Française de Pharmacologie et de Thérapeutique Thérapie 2008 Novembre-Décembre; 63 (6)