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Essais de résistance au cisaillement des sols

L'article décrit les essais de laboratoire utilisés pour déterminer la résistance au cisaillement des sols, notamment les essais de cisaillement direct et les essais triaxiaux. Ces essais permettent de définir la droite de rupture de Mohr-Coulomb représentant la limite des états de contrainte possibles dans le sol.

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Essais de résistance au cisaillement des sols

L'article décrit les essais de laboratoire utilisés pour déterminer la résistance au cisaillement des sols, notamment les essais de cisaillement direct et les essais triaxiaux. Ces essais permettent de définir la droite de rupture de Mohr-Coulomb représentant la limite des états de contrainte possibles dans le sol.

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Résistance au cisaillement

des sols, essais en


laboratoire
[Link]
Introduction
L’étude de la résistance des sols est consacrée à l’équilibre
des massifs de sols au contact des ouvrages et dans les sites
naturels.
Le choix du mot « résistance au cisaillement » évoque un
cadre d’analyse, la mécanique des milieux continus, et l’idée
qu’on va chercher la valeur limite de la contrainte déviatorique
dans le sol. On s’intéresse principalement à cette forme de
résistance parce que les résistances à la compression
(isotrope) et à la traction des sols sont très forte et quasi nulle
et donc ne posent pas de questions.
Cette même résistance a été introduite du temps de Coulomb
(18ème siècle) comme résistance au frottement sur la surface
de glissement entre deux volumes de sols.
La résistance du sol est nécessaire pour les calculs qui se
rapportent aux ouvrages, en imitant leurs comportements.
L’étude « moderne » de l’équilibre des sols date du 18ème
siècle, à une époque où seule existait la mécanique des
solides. L’objet de l’étude était l’équilibre des massifs de terre
et des fortifications (Vauban). Les ruptures ont la forme de
glissements de blocs de section triangulaire :

argile

Soissons (<1840)

L’équilibre est analysé en forces normales et tangentes aux limites des


blocs et les forces tangentielles sont limitées par le frottement.
Au 19ème siècle la construction des canaux et des voies ferrées,
qui ne pouvaient suivre la géométrie naturelle des terrains, a
créé de nombreux déblais et remblais, dont la stabilité était
incertaine. Le livre de Collin (1846) en rend compte. On y
trouve de nombreux dessins comme celui-ci :

L’équilibre est là aussi analysé en forces normales et tangentes aux limites


des blocs et les forces tangentielles sont limitées par le frottement.
Pour déterminer la force tangentielle maximale pour une force
normale donnée, on a construit des boîtes de cisaillement, qui
reproduisent les conditions de contact et glissement sur une
surface de rupture :

Plan de N
cisaillement

1/2 boîte fixe


Sol T
1/2 boîte mobile

La pression normale N sur la surface de rupture est appliquée par un piston.


La boîte inférieure est mise en mouvement et on mesure T.
Chaque éprouvette fournit une courbe de déplacement de la
demi-boîte inférieure en fonction de la force appliquée. Ces
courbes peuvent avoir deux formes, avec et sans pic.
Plan de N Contrainte de cisaillement 

cisaillement Courbe avec pic

1/2 boîte fixe


Sol T Courbe sans pic

1/2 boîte mobile


0 Déplacement horizontal relatif l

Pour chaque valeur de N on détermine T 


une valeur maximale de T, soit au pic,
soit à l’asymptote. On reporte le point 3
2
(N, Tmax) sur le diagramme (N, T). On 1
peut représenter le diagramme en
remplaçant N et T par s=N/S et =T/S,
S étant la surface de contact à la 0 N s
rupture.
Il faut deux éprouvettes pour définir la courbe enveloppe des efforts
possibles, dont on admet qu’elle est linéaire. Les normes d’essai imposent
trois éprouvettes.
Que représente la courbe définie par les points de rupture ?
T 

3
2
Résultats bruts 1

0 N s

T  T 
États impossibles
j

cohésion États possibles


frottement
0 N s 0 N s
(pour un état initial donné)

La droite est la limite (enveloppe) des états possibles. On l’appelle « droite


intrinsèque », « critère de rupture », « droite de Mohr-Coulomb » (en France).
Analyse en contraintes – essai triaxial
Le 19ème siècle a vu le développement de la théorie de l’élasticité
(Young, 1807; Cauchy, 1828), l’utilisation des contraintes pour analyser
les efforts exercés par les sols sur les parois verticales (Rankine, 1857),
et les travaux de Mohr sur la représentation des contraintes (1882). L’idée
d’utiliser les cercles de Mohr pour déterminer le critère de rupture découle
de ces travaux, ouvrant la voie aux essais triaxiaux de révolution.


États impossibles Les cercles de Mohr doivent être
dans la zone des états possibles.
États possibles
sv smax
s
0 smin smax
sh = smin

On utilise deux cercles pour déterminer leur tangente commune (norme = 3).
Essai triaxial

L’essai triaxial est construit autour d’une F

cellule cylindrique qui applique une pression


latérale uniforme (à la pression hydrostatique
près). La pression verticale est créée par un
vérin qui impose une vitesse de déformation
constante. On parle souvent de contrainte et p Sol

déformation axiale/latérale : sa, ea ou s1, e1 ;


sh, ea ou s3, e3.
L’essai est réalisé sur plusieurs éprouvettes (minimum absolu : deux ;
minimum de la norme : trois).

Le chargement de l’éprouvette est effectué en Étape 1 Étape 2


deux phases :
- compression isotrope : s1=s3 augmente ;
- chargement axial : s3 reste constant ; s1 (e1)
augmente.
s1 = s 3 s1 croît
Repère fixe
Piston
Capteur de
déplacement

Couvercle

Rotule
Embase supérieure
Collier de serrage
Disque drainant

Liquide
Enceinte cylindrique
cellulaire
Sol
Membrane

Disque drainant

Embase inférieure

Base

Détails d’un appareil triaxial


L’appareil triaxial permet de contrôler les échanges d’eau entre l’éprouvette
et l’extérieur. Cette possibilité permet de pratiquer quatre types d’essais sur
éprouvettes saturées, selon les combinaisons retenues de drainage ou
absence de drainage lors des deux étapes de l’essai :
- essai UU (non consolidé non drainé) : l’éprouvette ne peut échanger
d’eau avec l’extérieur ni pendant la compression isotrope ni pendant le
cisaillement par compression axiale ;
- essai CU (consolidé non drainé) : le drainage est ouvert pendant la
compression isotrope et fermé après ;
- essai CD (consolidé drainé) : le drainage est ouvert pendant tout l’essai ;
- essai UD (non consolidé drainé) où le drainage serait fermé dans la
première étape et ouvert ensuite. Mais ce dernier type d’essai n’est pas
réalisé (considéré comme inutile).
La présence d’eau dans le sol pendant l’essai en conditions non drainées
modifie sa réponse dans l’essai parce qu’elle oblige les déformations à se
produire à volume constant;
Essai triaxial - interprétation

sv
Phase 2 : cisaillement
Phase 2 : cisaillement

sh sv
0
Phase 1 : s
Phase 1 : chargement isotrope chargement
isotrope

0 sh

Représentation du chargement.
 j
Déviateur q = sv - sh

Courbe avec pic

c s
Courbe sans pic 0 s3 s1rupt
0 Déformation axiale ea

Résultats et cercle de Mohr à la rupture.


Résumé

 j  j
 3rup
2rupt t
1rupt
c s c s
0 s1 s2 s3 0 s3 s1rupt

Essai de cisaillement direct : 3 Essai triaxial : 3 éprouvettes,


éprouvettes, 3 points, 1 droite 3 cercles de Mohr, 1 tangente

Diverses vérifications ont montré que les différences existent mais sont
tolérables. Les difficultés viennent de la qualité des éprouvettes, de
l’homogénéité de leurs déformations, de la taille des particules, de l’eau…
Résistance au cisaillement des sables

Préambule : il est difficile de prélever des carottes intactes de sable, de sorte que les
essais réalisés en laboratoire fournissent des informations sur l’empilement de
particules que l’on a testé, mais pas sur les propriétés que pourrait avoir le sable en
place.

Les essais sur sable donnent des résultats qui correspondent à


ce que l’on vient de voir. Les courbes de déformation avec pic
de rupture sont obtenues pour les sables denses ; les sables
lâches donnent plutôt des courbes avec asymptote.

Sable dense
Déviateur q = s v - s h

Sable dense

Sable lâche

Sable lâche
s
0 Déformation axiale ea Les sables denses sont plus résistants
Résistance au cisaillement des sables

Les essais sur sable sont généralement réalisés sans eau. Les angles de
frottement interne dépendent de la forme et de la granularité des
particules, mais aussi de la densité de l’empilement de ces particules,
comme le montre cette figure.

 (kPa)
200
a b
c
150
d
100 Légende
a. ei=0,6 ID=1 j=41°
b. ei=0,71 ID=0,78 j=39°
50
c. ei=0,78 ID=0,6 j=37°
d. ei=0,87 ID=0,38 j=34°
0
0 50 100 150 200 250 300 s(kPa)
Résistance au cisaillement des sables
L’effet de la densité est complexe. Cette figure montre le comportement d’un
même sable à partir d’un état initial lâche et d’un état initial dense. Le sable
dense passe par un pic de résistance, mais sa déformation est d’abord de
contractance puis de dilatance. Le sol lâche se contracte toujours.
0 q=smax-smin
q = smax - smin
dense
pic Sable dense lâche
Sable lâche
État critique ea

0 dilatance C(p,q)
contractance ea ecrit

ev 0
q=smax-smin

L’état critique (caractéristique) sépare ces deux types de comportement.


Résistance au cisaillement des sables
La dilatance et la contractance sont des propriétés de déformation qui ont
une grande importance en cas de chargement cyclique, mais aussi pour
certains chargements statiques en conditions de déformation confinées.
Si l’on utilise la valeur caractéristique du déviateur qcrit pour construire le
cercle de Mohr (au lieu du déviateur à la rupture qpic), pour les trois
éprouvettes d’un essai, on trouve que chaque série de cercles est
tangente à une droite : droite caractéristique et droite de Mohr-Coulomb.

q = smax - smin Zone dilatante


 Critère de Mohr-
pic Coulomb Droite caractéristique
qpic Sable dense

qcrit État critique


0
s
Zone contractante
dilatance
0
contractance ea
s3 fixé
ev Zone dilatante
Résistance au cisaillement des sables
En cas de chargement cyclique, la position des cycles dans le diagramme
de Mohr conditionne les variations de volume.

Zone dilatante
 Critère de Mohr-
Cycles produisant alternativement
Coulomb Droite caractéristique
une contraction et une dilatation
du sable

0 Cycles produisant une


s contraction continue du sable
Zone contractante

Zone dilatante

Si le sable est sec, les cycles contractants vont produire un tassement du


massif, les autres des déformations cycliques à définir. Par contre, si le
sable est saturé et les cycles sont rapides (tremblement de terre), la
compression du sable sera empêchée par une augmentation de la pression
interstitielle et des grandes déformations du sol. Sans rupture, normalement,
parce que les cycles finiront par toucher la droite caractéristique.
Résistance au cisaillement des sables
Dans le cas des sables lâches, il n’y a pas de droite caractéristique et pas
de zone de dilatance. Tout cycle de cisaillement va produire une
diminution de volume; donc des tassements dans un sol sec ou une
augmentation de la pression interstitielle dans un sable saturé. L’état
ultime de ces déformations est la liquéfaction du sol (les contraintes
effectives deviennent nulles).

 Critère de Mohr-
Coulomb

0 Tout cycle produit une


s contraction continue du sable

Zone contractante
Résistance au cisaillement des sables
Résumé

Comportement usuel : drainé, en contraintes effectives.


Résistance plus forte pour les sables denses.
Dilatance et contractance.
En conditions sismiques, la contractance peut provoquer la liquéfaction
des sables saturés lâches.
Les sables ont des angles de frottement interne supérieurs à 30 degrés.
Résistance au cisaillement des argiles
Dans les argiles, la distinction entre drainé et non drainé est importante :
ces sols sont généralement saturés ou quasi saturés et l’eau interstitielle
ne se déplace pas rapidement pendant les essais. Le comportement non
drainé va caractériser la réponse des massifs argileux lors de l’application
des charges et le comportement drainé leur réponse à long terme, quand
les pressions interstitielles auront eu le temps de se stabiliser.
Nous allons étudier :
- le comportement drainé des argiles dans les essais CD,
- le comportement drainé des argiles dans les essais CU+u,
- le comportement non drainé des argiles dans les essais CU+u.
Résistance au cisaillement des argiles
Comportement drainé – Essais consolidés drainés (CD)
La description des résultats d’essais et de leur interprétation est semblable
à celle effectuée pour les sables :
q = smax - smin

Sol intact (structuré) Sols très surconsolidés

0 dilatance
Sol remanié contractance ea

0
ev Autres cas
ea

On obtient aussi des courbes avec pic et des courbes sans pic, mais
cette fois l’explication associée à l’absence de pic est le remaniement.
Les argiles n’ont un comportement dilatant que quand elles sont très
surconsolidées.
Résistance au cisaillement des argiles
Comportement drainé – Essais consolidés drainés (CD)

j’

c’

  
0 s’3 s’1 s’
Essai 1

La représentation des cercles de Mohr à la rupture donne le diagramme


représenté ci-dessus. L’équation du critère de rupture s’écrit :
 = c' + s' tan j'
ou
 j'  j'
s'1 = 2c' tan +  + s'3 tan 2  + 
4 2 4 2
Résistance au cisaillement des argiles
Comportement drainé – Essais consolidés non drainés avec mesure de u
(CU+u)

Pendant l’essai, on mesure en continu :


- la contrainte axiale produite par la déformation axiale à vitesse imposée,
- la pression de l’eau aux extrémités de l’éprouvette.
On obtient des courbes telles que :

(sa – s3), u

pic
(sa – s3)rupture
u

(sa – s3)
urupture

0 ea
sur lesquelles on choisit le déviateur et la pression interstitielle à la rupture.
Résistance au cisaillement des argiles
Comportement drainé – Essais consolidés non drainés avec mesure de u
(CU+u)

On peut alors construire les cercles de Mohr en contraintes totales et en


contraintes effectives pour obtenir le diagramme suivant, qui permet de
trouver la cohésion effective c’ et l’angle de frottement interne j’.

 j’

Éprouvette 
Éprouvette 

Éprouvette 
u()
u()
c’ u()

0 s’3 s3 s’1 s1 s, s’
Résistance au cisaillement des argiles
Analyse en chemins de contraintes
Les cercles de Mohr peuvent être représentés par les coordonnées de leur
sommet s = (s’1+s’3)/2 et t = (s’1-s’2)/2 pour l’analyse des essais
de cisaillement à l’appareil triaxial. Dans ce cas, les chemins de
contraintes suivis pendant l’essai ont pour allure :
t
t

Phase 2 u
s‘ s

Phase 1 /4
0 s 0 s

La pression interstitielle vient en déduction de la contrainte s pour passer


des contraintes totales aux contraintes effectives.
Résistance au cisaillement des argiles
Analyse en chemins de contraintes

Pour les essais CD, les courbes déduites de l’essai ont pour allure :

t
t
 b arctan (sin j)


a c cos j

0 s’ 0 s

L’ordonnée à l’origine a est égale à c cos j et l’angle de la droite avec l’axe


horizontal b est tel que sin j = tan b.
Résistance au cisaillement des argiles
Analyse en chemins de contraintes

Pour les essais CU+u, les courbes déduites de l’essai ont pour allure :

t
arctan (sin j’)

u ()
u()
Contraintes
u() effectives
Contraintes
totales
c’ cos j’

0 Éprouvette 1 Éprouvette 2 Éprouvette 3 s, s’

Rappel : l’ordonnée à l’origine a est égale à c cos j et l’angle de la droite


avec l’axe horizontal b est tel que sin j = tan b.
Résistance au cisaillement des argiles
Comportement non drainé – Essais non drainés (CU)
Préambule
Si l’on effectue un essai non drainé sur des éprouvettes qui sont toutes
dans le même état initial, l’expérience montre que le sol possède une
résistance unique, appelée « cohésion non drainée », qui se traduit par le
fait que tous les cercles de Mohr ont le même diamètre. Le type d’essai à
réaliser dans ce but est une sorte d’essai CUU, dans la mesure où l’on doit
consolider le sol sous une même contrainte s3 pour créer l’état initial, puis
faire un essai totalement non drainé à partir de pressions de cellule (aussi
appelées s3) différentes. Sinon on n’aurait qu’un seul cercle de Mohr.

Même état initial (s‘v, s‘h)

cu

0 sh sv s
Résistance au cisaillement des argiles
Comportement non drainé – Essais non drainés (CU)
Préambule
Pour rester dans le cadre du principe des contraintes effectives, qui dit que
le même comportement correspond nécessairement à des contraintes
effectives identiques, cela s’interprète comme une adaptation des
pressions interstitielles pour qu’il n’y ait qu’un seul cercle de Mohr en
contraintes effectives, tangent au critère de rupture.

 Même état initial


j‘
cu

c’ u1 u1
u2 u2
u3 u3
0 s’h sh1 sh2 sh3 s’v sv1 sv2 sv3 s, s’
Résistance au cisaillement des argiles
Comportement non drainé – Essais consolidés non drainés (CU)
Pour analyser le comportement non drainé des argiles, il n’est pas besoin
de mesurer u, mais on peut bien sûr utiliser les essais CU+u pour cette
analyse, effectuée en contraintes totales. L’interprétation de l’essai CU
rattache chaque valeur de cu à la contrainte effective de consolidation s’3.
On en déduit le coefficient de variation de cu en fonction de s’3, noté lcu.

 pente lcu=cu/s3
cu,IV
cu,III
cu,I cu,II

0 s3,I s3,II s3,III s3,IV s


Résistance au cisaillement des argiles
Comportement drainé – Influence de la surconsolidation
Il reste beaucoup de questions sans réponse définitive ou même sans
réponse concernant la résistance des sols, notamment l’effet de la rotation
des champs de contraintes et de déformations, qui n’est pas reproduite
dans les essais. L’influence de la surconsolidation du sol est une des
questions dont la réponse n’est pas bien définie. On sait que les critères de
rupture des sols normalement consolidés et surconsolidés diffèrent :

 
c’nc=0
j’nc j’oc

c’oc

0 s’ 0 s’
Sol normalement consolidé Sol surconsolidé
Résistance au cisaillement des argiles
Comportement drainé – Influence de la surconsolidation
On peut imaginer que la continuité entre les états surconsolidés (faibles
contraintes) et surconsolidés (fortes contraintes) se traduise comme cela :

 Sol surconsolidé : c’oc > 0 j‘oc


Sol normalement consolidé : c’nc = 0 j‘nc > j‘oc

j’nc

j’oc

c’oc

0 s’
6 Résistance
Mohr-Coulombau cisaillement des argiles

4 drainé – Influence de la surconsolidation


Comportement
ei = 0,71
Mais il faut garder
2 à l’esprit la variation du critère de rupture pour les fortes
ID = 0,78
contraintes, qui a tendance à s’incurver :
0

6 Mohr-Coulomb

4
ei = 0,60
ID = 1
2

0
0 2 4 6 8 10 12 s (MPa)

Essais sur du sable, mais on devrait trouver la même chose pour


les argiles très denses, susceptibles de résister à de telles charges.
Résistance au cisaillement des argiles
Résistance résiduelle
La notion de résistance résiduelle a été inventée pour représenter le
comportement des sols sur les surfaces de glissement anciennes. On a
souvent observé la réactivation de glissements historiques ou très anciens
dont l’instabilité ne pouvait être calculée en utilisant les paramètres de
résistance du sol du site.
L’idée de déterminer les propriétés du sol dans des essais de cisaillement
où l’on fait frotter les deux demi-éprouvettes sur la surface de rupture a
permis de comprendre qu’un frottement prolongé faisait évoluer la
résistance de contact vers une valeur plus faible, appelée « résiduelle ».

Force tangentielle de contact


Résistance pic
intacte
Résistance asymptote
résiduelle

0 Déplacement
Résistance au cisaillement des argiles
Résistance résiduelle

Si l’on réalise plusieurs essais de cisaillement direct prolongé jusqu’à l’état


résiduel, et si l’on utilise les résistances de pic et résiduelle pour déterminer
des points du diagramme (s, t), comme on l’a vu précédemment, on obtient
deux droites, le critère de rupture classique pour la résistance de pic et une
autre droite pour la résistance résiduelle. On utilisera la résistance
résiduelle sur les anciennes surfaces de glissement.

 
pic pic j’pic

résiduel asymptote j’res

s imposé
0  0 s
Résistance au cisaillement des argiles
Résistance résiduelle

Pour déterminer expérimentalement la résistance résiduelle d’un sol


argileux, il a fallu imaginer un dispositif mécanique permettant d’imposer un
grand déplacement relatif sur la surface de rupture. Cela a été fait en
construisant une boîte annulaire du type représenté sur la figure.
Bords de la demi-
boîte supérieure
Diamètre 30-40 cm
Piston
annulaire

Partie supérieure fixe

Plan de rupture

Partie inférieure mobile

Vue de dessus Vue en coupe


Résistance au cisaillement des argiles
Résistance résiduelle

Pour disposer d’un matériel plus pratique, on a utilisé la boîte de cisaillement


classique en la faisant fonctionner alternativement dans les deux sens pour
« user » la surface de glissement.
 (kPa)  (kPa)

pic
1 1

4 2 3 4 5 résiduel
3 6 7 8
682 75

 0
0 

La comparaison des essais de cisaillement annulaire et de cisaillement alterné a


conclu que les méthodes sont équivalentes. Les essais alternés ont l’avantage de
nécessiter des éprouvettes plus petites et faciles à obtenir.
Rappel de la consolidation et son rôle
On admet :
- que le sol est saturé, les particules indéformables et l’eau
incompressible,
- que les variations de volume du sol sont égales au volume d’eau qui
sort,
- que les déformations du sol sont linéaires et proportionnelles à s’v,
- que les lois de l’hydraulique et la loi de Darcy s’appliquent. T v

Tv=0
1 0,05
010
0,9
On obtient l’équation 0,8
0,15

0,20
0,7

u u
2
u 0,6
= cv u o
0,30

t  z2 0,5
0,40
0,4 0,50
0,3 0,60
0,70
0,2 0,80 0,848
0,90
0,1
Et sa solution en fonction du
0
facteur temps Tv 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
Z = z/H
1

 u(Z, T )dZ
v
Le degré de consolidation Uv(Tv) est égal à : Uv (Tv ) = 1 − 0
1

 u dZ
0
o

100
v (%)

90
Degré de consolidation U

80
70
60
50
40
30 Tv = c v t / H 2
20
10
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2 1,4 1,6
Facteur-temps Tv

cv est déterminé sur un échantillon de sol lors d’un essai


œdométrique, H est la longueur de drainage, t le temps
nécessaire pour le Tv qui correspond au degré de consolidation
souhaité.
En fonction du degré de consolidation la résistance à court terme
des argiles augmente avec ce dernier.

On a la relation:
variation de la cohésion non drainée cu = variation de la
pression de consolidation notée Δs’3, multipliée par tg lcu

(voir Essai CD)

Ceci est très utile lors de la construction par étapes des remblais
sur sol mou (voir remblai sur sol mou)
Résistance au cisaillement des argiles
Résumé

La résistance des argiles déterminée dans les essais de laboratoire est


caractérisée par :
- la différence entre un comportement drainé et un comportement non drainé,
- la différence entre le comportement du sol « intact » ou quasi intact et le
comportement en grand déplacement sur une surface de rupture
(comportement résiduel),
- l’influence de l’état initial (surconsolidation),
- la cohésion effective c’ est liée à la surconsolidation,
- l’angle de frottement interne j’ est inférieur à 30 degrés,
- la cohésion non drainée cu augmente avec la contrainte de consolidation au-
delà de la pression de préconsolidation.

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