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VERSION ORIGINALE AMELIOREE
Nous tenons à préciser que ce travail n’est qu’une esquisse des repères possibles pour acquérir des connaissances et dérouler
une argumentation en dissertation philosophique. Les choix opérés peuvent être arbitraires, comme tout choix d’ailleurs, mais
l’essentiel c’est que les mains expertes qui s’en saisiront mettent en branle leur effort d’orientation afin de l’exploiter au
mieux, pour le seul bénéfice des apprenants. Loin de réclamer une certaine exhaustivité, il va sans nul doute aussi leur fournir
des connaissances philosophiques non négligeables, renforçant la qualité de leur apprentissage, leur procurer des données
diverses, variées pouvant leur permettre de pallier à leur déficit de lecture. L’objectif ultime visé de ce document est la
mobilisation des ressources didactiques. Mais il ne prend pas en compte toutes les appréhensions méthodologiques, du fait
que leurs différents professeurs sont tenus de les mettre en œuvre dans le cadre de leur enseignement apprentissage.
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SUJET DE DISSERTATION N°10
Opposer science et philosophie, est-ce légitime ?
INTRODUCTION
De nos jours l’homme est entrain d’étudier un bon nombre de disciplines. Parmi celles-ci nous avons la philosophie et la
science. La philosophie possède de nombreux points communs avec d'autres activités humaines qui proposent, comme elle,
des réflexions ou des conceptions générales touchant notre existence et nos actions. Elle a un certain rapport à la connaissance,
et elle est même comprise en premier lieu comme le savoir même. Mais c'est le cas également pour la science devenue
indépendante de la philosophie. C’est dans cette dynamique que notre sujet nous invite à analyser la question selon laquelle
« Opposer science et philosophie, est-ce légitime ? ». Les principes de la science sont certes indépendants de ceux de la
philosophie, mais si nous interrogeons l’histoire des sciences nous nous rendons compte que la philosophie était la Mère de
toutes les sciences et Le système général des conceptions humaines. En ce sens est-il légitime d’opposer philosophie et
science ? Qu’en est-il aujourd’hui de ce système général ? Sur quoi la nature du conflit se repose-t-elle entre la philosophie et
la science ? Comment pouvons-nous juger la pertinence de la philosophie qui renouvelle sans cesse son objet ? Est-il possible
de parler de complémentarité entre philosophie et science ? Pour mieux élucider cette problématique nous tenterons de
répondre à ces questions. En quoi l’opposition entre la philosophie et la science pourrait-elle être légitime ? Est-il possible de
parler de complémentarité entre philosophie et science ?
DEVELOPPEMENT
Philosophie et science sont nées au 6ème siècle avant Jésus Christ à partir d’une rupture avec les premières approches du
réel. Insatisfaits des explications données par le mythe, la magie et la religion, les premiers penseurs vont expliquer le cosmos
en faisant appel à la raison.
En effet, on assiste, dès lors, à la naissance de la pensée rationnelle. De manière générale, le rapport est pensé en termes
d’opposition, de conflits. D’abord, la science comme la philosophie compte toutes deux de rendre compte de l’intelligibilité
des phénomènes naturels et culturels. Elles sont contre les évidences. Ce faisant ces deux activités de l’esprit humain se
fondent sur le principe et l’usage de la raison. Pour mieux s’approprier du réel la philosophie et la science mettent en place des
concepts. Elles s’appuient sur une méthode réflexive faisant appel à la cohérence et à la rigueur. Ces deux types de pensées se
caractérisent par la recherche de la vérité. C’est pourquoi elles refusent le dogmatisme. Ensuite, la philosophie et la science ont
des différences de méthodes, d’orientations et de préoccupations. La science est caractérisée par son objectivité alors que la
philosophie est marquée par la subjectivité. Lorsque les philosophes posent la même question, ils y apportent des réponses
différentes, subjectives. C’est parce que chaque philosophie exprime les sentiments de son auteur, ses convictions
personnelles, ses croyances. Il y a une pluralité en philosophie alors que dans les sciences il y a une unité. La science est
caractérisée par son exactitude parce qu’elle produit les instruments de vérification de ses théories. La procédure de la science
est particulière : elle passe par l’observation, l’hypothèse, l’expérimentation, la vérification et l’élaboration d’une loi
universelle. Donc la philosophie en ce qui la concerne se caractérise par l’accord de la pensée par la pensée, c'est-à-dire la
raison. Mieux le critère de vérité demeure en dernière instance. Jean PIAGET dans son ouvrage intitulé Sagesse et illusion
déclare : « La philosophie pose des problèmes grâce à sa méthode réflexive mais elle ne les résout pas parce que la réflexion
ne comporte pas en elle des instruments de vérification. Les sciences de par leurs méthode d’expérimentation et de
déduction règlent certains problèmes mais en soulèvent sans cesse de nouveaux ». En philosophie la réponse à la question
posée est une position et non une solution. L’interrogation philosophique est toujours ouverte. La science tout en réalisant des
prouesses dans tous les domaines de la vie n’a pas une maitrise parfaite des méfaits de ses résultats (sanitaire et industriels).
Enfin, la philosophie et la science ne s’opposent pas radicalement. Elles sont, à bien des égards, complémentaires. La
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philosophie en tant qu’interrogation continuelle sur l’expérience humaine ne saurait faire abstraction de la science Car la
philosophie réfléchit sur les principes, les méthodes et les conclusions des sciences. La pensée philosophique a toujours été le
thème de la réflexion philosophique qui trouve sa nourriture dans l’histoire des sciences. Par conséquent, la philosophie ne
peut pas se déployer sans pour autant tenir compte des résultats des sciences. C’est sous ce rapport que Gaston
BACHELARD affirme « La science crée en effet de la philosophie. Le philosophe doit infléchir son langage pour traduire
sa pensée contemporaine dans la mobilité ». HEGEL s’inscrit dans la même dynamique car il conçoit que la philosophie
accuse un retard nécessaire à la science. Mieux la philosophie ne voit le jour que lorsque la science achève son œuvre. La
science ne peut non plus mettre entre parenthèse la philosophie. La science est incapable de répondre à toutes les questions que
l’homme se pose. Seule la philosophie est en mesure de répondre aux questions purement métaphysiques. Cependant, il nous
semble important de souligner que la réflexion philosophique ne peut en aucun cas parvenir à des certitudes qui dépassent celle
de la science. Pierre FOUGEYROLLAS écartait toute compétition entre la science et la philosophie en affirmant : « Toute
compétition entre la science et la philosophie serait ruineuse pour celle-ci ».
Par ailleurs, même si la science est une connaissance exacte, elle a cependant des limites internes et des limites externes. Les
limites externes concernent toutes les questions qui sont hors de son domaine d’investigation, ce sont les questions
métaphysiques. Ces préoccupations sont prises en compte par la philosophie. Les limites internes se rapportent à la
connaissance scientifique qui n’est pas figée. Elle progresse, ce qui explique le progrès scientifique.
Après avoir développé les arguments qui confirment la thèse selon laquelle la philosophie doit aller contre le sens
commun, nous avons pu constater les limites et les insuffisances de notre sujet, que nous chercherons à compléter et à clarifier
à travers d’autres considérations philosophiques.
En effet, définie comme amour de la sagesse, la philosophie a toujours nourri l’ambition de conquérir la totalité du savoir en
s’intéressant à tout ce que l’homme pouvait connaître. Ainsi l’histoire de la philosophie a longtemps été confondue avec celle
de la science. La philosophie était considérée comme la mère des sciences c’est à dire le savoir qui englobait les autres savoirs
et qui avait la prétention de dire la vérité des autres savoirs. DESCARTES écrit « Toute la philosophie est comme un arbre
dont les racines sont la métaphysique, le tronc la physique et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres qui
se réduisent à trois principales à savoir la médecine, la mécanique et la morale ». Force est de constater que nous sommes
aujourd’hui très loin de l’époque où la science était un démembrement de la philosophie. Ayant clarifiées leur principe,
délimitées leur objet et définies leur méthode, les sciences vont se constituer en disciplines autonomes sans l’intervention de la
philosophie. Cette émancipation intervenue à partir du XVIIe sera possible grâce aux maths. En effet la science va se détacher
de la philo en s’inspirant de la méthode math, de sa précision de son raisonnement formel, de sa vérification et de son calcul.
Cette autonomie de la science semble décréter aussi la fin de la philosophie. Constatant la situation délicate dans laquelle se
trouve la philosophie, Cheikh Anta DIOP écrit : « Aujourd’hui la philosophie traverse une période tés difficile qu’on soit
bien obligé d’appelé une crise. Certains penseurs n’hésitent même pas à parler de la mort ou de la fin de la philosophie. Le
malaise vient du fait que la source principale de philosophie semble tarie. La production philosophique baisse en quantité
et surtout en qualité ». La science grâce à ses progrès a conquis la quasi-totalité du savoir et offre à l’homme un savoir
beaucoup plus satisfaisant et sécurisant. La vraie différence entre philo et science réside dans le fait que la philosophie
s’occupe des valeurs et la science du réel. Certes une philosophie est toujours redevable d’une certaine mesure à ses devanciers
mais cela ne suffit pas pour l’expliquer. Ce qui détermine l’œuvre philosophie c’est le génie particulier qui se manifeste dans
sa subjectivité. C’est ce génie individuel qui fait la différence entre philosophie. LALANDE définit la science comme « un
ensemble de connaissances et de recherches ayant un degré suffisant d’unité, de généralité et susceptible d’amener les
hommes qui s’y consacrent à des conclusions concordantes qui ne résultent ni de conventions arbitraires, ni des goûts ou
des intérêts individuels qui leur sont communs, mais de relations objectives qu’on découvre graduellement et que l’on
confirme par des méthodes de vérification définies ». L’autre différence entre la philosophie et la science réside dans la
valeur du savoir et l’utilisation pratique de la connaissance. Si l’homme ne cherche que la tranquillité et la maîtrise technique
de la nature, il ne peut plus se fier à la philosophie. Le savoir et le pouvoir sont incontestablement entre les mains de la science
et de la technique ce qui résout la nécessité de la philo par la négative. La science et la technique ont fait des progrès si
impressionnants qu’il semble naturel de leur confier le soin de répondre à l’ensemble des interrogations humaines. Cette
confiance à la science est justifiée par ses nombreuses découvertes et réalisations. Exemple : l’exploration de l’espace avec une
éventuelle possibilité de vivre dans d’autres planètes au cas où la terre serait inhabitable (planète Mars), la lutte contre la
vieillesse, la maîtrise de plusieurs calamités naturelles ou à défaut la possibilité de les prévoir, l’éradication de certains fléaux.
Même si elles semblent divergentes, la philosophie et la science sont complémentaires, car les faiblesses de l’une sont la
force de l’autre et vice versa.
CONCLUSION
Au terme de notre analyse, il apparait que la philosophie et la science ne sont pas d’une part opposées, d'où la difficulté
de notre sujet « opposer philosophie et science est-elle légitime ?». Au contraire elles entretiennent des relations en ce qu’elles
se rendent mutuellement service. Même si elles semblent divergentes, la philosophie et la science sont complémentaires, car
les faiblesses de l’une sont la force de l’autre et vice versa. C’est pourquoi leur séparation constituerait un obstacle sérieux au
développement des connaissances humaines. Ces deux modes de pensée trouvent leur salut dans une solidarité nécessaire.
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