Département de physique
Master Spécialisé en Energies Renouvelables Et Systèmes Energétiques
Etude des différents types d’hydrogène
Réalisée par : Encadré par :
AIT HAMMOU Soukayna Pr. M. TAHIRI
BOUZGDA Hajar
ES-SAADY Loubna
MANSOURI Zineb
Année Universitaire 2021-2022
Résumé
L’hydrogène, s’il est produit à partir de matières premières renouvelables, est une source
alternative viable pour remplacer les combustibles fossiles conventionnels en raison de son
potentiel énergétique élevé (122 kJ/g). Quand l’hydrogène est utilisé comme carburant, son
principal produit de combustion est l’eau, qui peut être recyclée pour produire plus d’hydrogène,
mais contrairement aux combustibles fossiles, l’hydrogène n’est pas facilement disponible dans la
nature et les méthodes de production couramment utilisées sont assez coûteuses. Actuellement,
environ 98 % de l’hydrogène provient des combustibles fossiles. Globalement, 40 % de
l’hydrogène est produit à partir de gaz naturel ou de reformage à la vapeur d’hydrocarbures, 30 %
à partir de pétrole, 18 % à partir de charbon et 4 % partir d’électrolyse de l’eau. Cependant, ces
processus sont coûteux et pas toujours respectueux de l’environnement.
Les procédés biologiques pour la production d’hydrogène peuvent fonctionner dans des
conditions opératoires moins énergivores et plus respectueuses de l’environnement par rapport aux
méthodes chimiques conventionnelles. Cette approche est non seulement écologique, mais ouvre
aussi de nouvelles voies pour l’exploitation de ressources énergétiques renouvelables illimitées.
En outre, ils peuvent également utiliser différents déchets, ce qui facilite le recyclage des déchets.
La production d’hydrogène biologique utilisant la biomasse riche en hydrates de carbone comme
ressource renouvelable est l’une des différentes méthodes dans lesquelles les processus peuvent se
produire via un processus anaérobie et un processus de photosynthèse. Dans ce rapport les
différents procédés de production et de la valorisation de l’hydrogène sont décrits.
Sommaire
Résumé………………………………………………………………………………………… .2
Introduction générale……………………………………………………………………………6
Chapitre I : Généralités sur l’hydrogène……………………………………………………….. 7
I. L’histoire d’hydrogène………………………………………………………………….. 8
II. Les caractéristiques d’hydrogène……………………………………………………….. 9
Chapitre II: Technologies de production d’hydrogène………………………………………....12
I. Introduction……………………………………………………………………………...13
II. Production d’hydrogène par des procédés biologiques………………………………….13
1. Etude théorique…………………………………………………………………………..13
2. Méthodes de production de bio-hydrogène……………………………………………...13
2.1 Bio-photolyse…………………………………………………………………………….14
2.2 Fermentation…………………………………………………………………………….. 17
III. Méthode de production d’hydrogène vert à partir des énergies renouvelables…………. 21
1. Principe d’électrolyse de l’eau………………………………………………………… 21
1.1 L’électrolyse alcalin…………………………………………………………………… 22
1.2 L’électrolyse PEM……………………………………………………………………… 23
IV . Méthode de production d’hydrogène bleu…………………………………………….25
1. Reformage à la vapeur d’eau…………………………………………………………… 25
2. Pourquoi l’hydrogène bleu fait-il débat ? ……………………………………………… 26
Chapitre III: Technologies de Stockage d’hydrogène………………………………………… 27
I. Introduction……………………………………………………………………………….28
II. Les procédés physiques………………………………………………………………… 28
1. Stockage sous forme de gaz comprimé………………………………………………… 29
2. Stockage sous forme liquide………………………………………………………………30
3. Adsorption sur matériaux carbonés……………………………………………………….30
III. Les procédés chimiques………………………………………………………………… 31
1. Les hydrures……………………………………………………………………………….31
Chapitre IV: Technologies de valorisation énergétique d’hydrogène………………………… 32
I. Introduction……………………………………………………………………………… 33
II. Technologies de valorisation d’hydrogène……………………………………………… 33
1. La turbine à gaz……………………………………………………………………………33
2. Les piles à combustible……………………………………………………………………34
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 2
2.1 Les avantages et les inconvénients de la pile à combustible……………………………… 35
III. Hydrogène pour l’intégration des énergies renouvelables………………………………… 35
Conclusion générale……………………………………………………………………………… 37
Bibliographie………………………………………………………………………………………38
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 3
Liste des figures
Figure 1 : Frise chronologique de l’histoire de l’hydrogène………………………………………….8
Figure 2 : Densité massique énergétique de différents vecteurs………………………………………9
Figure 3 : Méthodes biologiques de production d’hydrogène biologique…………………………….14
Figure 4 : Bio-photolyse directe d’algues vertes ou de cyanobactéries……………………………….15
Figure 5 : Processus de photo-fermentation par des bactéries photosynthétiques. ……………………18
Figure 6 : Schéma de processus de fermentation séquentielle pour la production d’hydrogène à partir de la
biomasse………………………………………………………………………………………………..19
Figure 7 : Schéma de processus de fermentation combinée pour la production d’hydrogène à partir de la
biomasse…………………………………………………………………………………………………20
Figure 8 : Processus d'électrolyse de l'eau……………………………………………………………..21
Figure 9 :L’électrolyse alcalin………………………………………………………………………….22
Figure 10 : L’électrolyse PEM………………………………………………………………………….24
Figure 11 : L’électrolyse à haute température. …………………………………………………………25
Figure 12 : Schéma descriptif du reformage du méthane à la vapeur (SMR)…………………………...26
Figure 13 : Réservoir composite 70 MPa………………………………………………………………..30
Figure 14 : Les différents scénarios de la valorisation énergétique de l’hydrogène…………………….33
Figure 15 : la relation entre les émissions NOx et la température de flamme stœchiométrique………...34
Figure 16 : Schéma simplifié d'une pile à combustible…………………………………………………..35
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Liste des tableaux
Tableau 1 : Caractéristiques physico-chimiques de l'hydrogène…………………………….10
Tableau 2 : Comparaison entre l'hydrogène et le méthane en termes de caractéristiques de volume……28
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 5
Introduction générale
Pour faire face à la demande croissante en énergie, et dans un objectif de faire monter les
capacités des énergies propres dans le mix énergétique national à 52 % à l’horizon 2030, le
Maroc a mis en place une stratégie visant l’utilisation des énergies renouvelables tel que le
solaire et l’éolien. Le problème d’intermittence des sources d’énergie renouvelables vis-à-vis
des conditions climatiques et des heures de pointe entraîne des difficultés d’utilisation,
notamment pour leur incorporation à un réseau électrique. Cette problématique a poussé les
recherches pour développer des technologies de stockage de l’électricité afin de la restituer
pendant les heures de la forte demande. L’électricité peut être stockée sous une forme chimique
telle que sous forme d’hydrogène.
L’hydrogène reste un vecteur d’énergie envisagé pour le stockage d’électricité, via sa
conversion électrochimique. Toutefois, sa production, son stockage et sa distribution demeurent
des enjeux primordiaux à son développement industriel. Bien que cet élément chimique soit
très abondant à la surface de de notre planète (H2O, CH4…), il n’existe jamais à l’état pur (Il
est présent partout et nulle part). Le dihydrogène pourrait être utilisé comme source d’énergie
quasi-inépuisable à condition de développer des technologies de sa production en quantité
suffisante et avec des coûts compétitifs.
Les méthodes actuelles de production de l’hydrogène s’appuient sur des énergies fossiles.
Toutefois, il existe des méthodes en voie de développement qui visent à convertir l’électricité
produite à partir des énergies renouvelables directement en hydrogène. Le couplage d’un
panneau solaire et d’un électrolyseur demeure la méthode la plus développée actuellement.
Le présent projet a pour objectif d’étudier une solution de production, stockage et
valorisation énergétique de l’hydrogène à partir de l’excédent d’énergies renouvelables sur le
réseau électrique ce rapport est organiséselon les axes suivants :
Le chapitre 1 comporte une généralité sur l’hydrogène ainsi ses différentes
caractéristiques.
Le chapitre 2 décrit les différentes technologies de production d’hydrogène.
Le chapitre 3 sera consacré sur l’étude des différentes technologies du stockage de
l’hydrogène.
Le chapitre 4 sur les différentes technologies de valorisation énergétiques d’hydrogène.
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Chapitre I
Généralités sur l’hydrogène
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 7
I. L’histoire d’hydrogène
Lorsque l’on parle d’hydrogène, de nombreux scientifiques aiment à citer Jules Vernes et à
prôner sa vision futuriste de moteur à hydrogène. Dans son œuvre L’île mystérieuse, l’auteur écrit en
parlant de l’eau : "L’hydrogène et l’oxygène, qui la constituent, utilisés isolément ou simultanément,
fourniront une source de chaleur et de lumière inépuisable." Aujourd’hui la fiction devient réalité.
L’hydrogène est le plus léger des éléments présents dans la classification périodique de Mendeleïev.
Son noyau n’est composé que d’un unique proton et son atome compte un électron.
L’hydrogène est également le plus vieux de tous les éléments. Aux premiers instants de
l’Univers, les noyaux d’hydrogène ont fusionné dans les étoiles pour donner naissance à des noyaux
plus lourds.
En 1766, la molécule de dihydrogène est découvert par le britannique Henry Cavendish en
isolant une substance gazeuse qui, en brûlant dans l’air donne de l’eau. Cet « air inflammable » est
rebaptisé « hydrogène » par le chimiste français Antoine-Laurent Lavoisier en 1781. Suite à cela, la
composition de la molécule d’eau, un atome d’oxygène pour deux d’hydrogène, est révélée par le
français Louis-Joseph Gay-Lussac et l’Allemand Alexander Von Humbolt en 1804. Quelques années
plus tard, en 1839, William R. Grove découvre un procédé utilisant le dihydrogène capable de produire
simultanément de l’électricité, de la chaleur et de l’eau : la pile à combustible. On retrouve dès les
années 60 ces piles à combustible dans les véhicules spatiaux de la Nasa tels que les capsules Apollo
et Gemini. Une frise retraçant les grands événements relatifs à l’hydrogène est représentée en figure 1.
Figure 1 : Frise chronologique de l’histoire de l’hydrogène
L’hydrogène est l’élément le plus abondant de l’Univers. Il représente à lui seul 92% des atomes,
ce qui équivaut à 75% de la masse de l’Univers. Sur terre, en revanche, l’hydrogène n’apparaît qu’à
0.22% dans la croûte terrestre contre 47% pour l’oxygène et 27% de silicium.
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 8
Il en est de même pour l’atmosphère terrestre où cet élément sous forme de dihydrogène constitue
en volume 0.55ppm des gaz atmosphériques. Enfin l’hydrogène représente 63% des atomes constituant
le corps humain.
Une des propriétés intéressantes de l’hydrogène est que sa combustion avec le dioxygène ne produit
que de l’eau selon l’équation suivante :
Outre le fait que le dihydrogène soit inodore, incolore et non corrosif, il est également très
énergétique. En effet, comme le montre le graphique en Figure 2 l'hydrogène présente la plus haute
densité énergétique par kilogramme comparé à d'autres combustibles, en particulier le gaz naturel.
Autre exemple plus concret, 1kg d’hydrogène libère lors de sa combustion près de 3 fois plus d’énergie
qu’1 kg d’essence, soit 120 MJ/kg contre 45 MJ/kg.
Figure 2 : Densité massique énergétique de différents vecteurs
En revanche, dans les conditions de température et de pression ambiantes l’hydrogène possède
une masse volumique très faible, ce qui lui fait occuper à masse égale un volume bien plus grand que
l’essence. L’un des enjeux principaux liés à l’utilisation de l’hydrogène réside donc dans son stockage.
II. Les caractéristiques d’hydrogène
L’hydrogène est le premier élément dans la table périodique, il s’agit de l’atome le plus simple
et le plus léger c’est également l’élément chimique le plus abondant de l’univers. Dans les conditions
normales c'est un gaz sans couleur, inodore et insipide constitué par les molécules diatomiques 𝐻2. Il
y a trois isotopes d’hydrogène : le protium de masse 1, trouvé dans plus de 99.98% de l'élément normal,
le deutérium de masse 2 trouvé dans la nature à approximativement 2%, et tritium de masse 3 qui
apparaît en petite quantité dans la nature.
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 9
Dans le contexte énergétique actuel, les propriétés physiques et environnementales de
l’hydrogène font de lui un vecteur énergétique de qualité en association avec l’électricité. L’avenir
proche pourrait voir la naissance d’une économie « électricité-hydrogène ». Le tableau 1 ci-dessous
donne les principales caractéristiques physico-chimiques de l’hydrogène :
Propriété Valeur numérique
Masse volumique du gaz à 𝑷𝒂𝒕𝒎 et 273 K 0,08988 kg · Nm–3
Masse volumique de la vapeur à 𝑷𝒂𝒕𝒎et 20,3 K 1,34 kg · m–3
Masse volumique du liquide à 𝑷𝒂𝒕𝒎et 20,3 K 70,79 kg · m–3
Enthalpie massique inférieure ou PCI 119 930 kJ · kg–1
Enthalpie massique supérieure ou PCS 141 860 kJ · kg–1
Capacité thermique massique à pression constante Cp 14 266 J · kg–1 · K–1
Capacité thermique massique à volume constant CV 10 300 J · kg–1 · K–1
Conductivité thermique du gaz 0,1897 W · m–1 · K–1
Enthalpie massique d’évaporation à 20,3 K 445,4 kJ · kg–1
Enthalpie massique théorique de liquéfaction 14 112 J · g–1 (3,92 kWh · kg–1)
Masse atomique relative 1,0079
Constante thermodynamique du gaz 4124,5 J · kg–1 · K–1
Température de solidification 14,01 K
Température d’ébullition (à 1 013 mbar abs.) 20,268 K
Température critique 33,30 K
Température d’auto-inflammation dans l’air 858 K
Température de flamme dans l’air à 300 K 2 318 K
Limites d’inflammabilité dans l’air 4 à 75 % vol.
Limites de détonation dans l’air 13 à 65 % vol.
Coefficient de diffusion dans l’air 0,61 cm2 · s–1
Vitesse de flamme dans l’air 260 cm · s–1
Nm3 (par normo mètre cube) : quantité de gaz contenu dans un volume d’un mètre cube dans les conditions
normales de température et de pression (273,15 K et 0,1 MPa). PCI : pouvoir calorifiqueinférieur. PCS :
pouvoir calorifique supérieur.
Tableau 1 : Caractéristiques physico-chimiques de l'hydrogène
Bien qu’il soit très abondant sur Terre (Sous forme de H2O qui couvre environ 70% du
globe terrestre), l’hydrogène n’existe pas à l’état naturel. Aussi, il se trouve combiné avec les atomes
de carbone (Hydrocarbures, Biomasse…).
Le dihydrogène pourrait être utilisé comme source quasi-inépuisable d’énergie à condition de
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 10
savoir le produire en quantité suffisante.
Nous l’avons vu, le dihydrogène n’est pas directement disponible dans la nature. Il a cependant
l’avantage de pouvoir être produit à partir de trois grandes principales sources que sont les énergies
fossiles, nucléaire et renouvelables. Dans un souci d’économie et de protectionde l’environnement, la
production de dihydrogène doit répondre aux critères suivants :
La compétitivité : les coûts de production ne doivent pas être trop élevés
Le rendement énergétique : la production ne doit pas nécessiter trop d’énergie
La protection de l’environnement : le processus de fabrication doit être non polluant
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 11
Chapitre II
Technologies de production d’hydrogène
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 12
I. Introduction
Plusieurs méthodes sont aujourd’hui parfaitement opérationnelles, mais aucune ne répond
simultanément aux critères précités. De nouvelles voies prometteuses et qui peuvent répondre aux
critères économiques et environnementaux sont en cours d’élaboration.
Il existe différentes techniques de production de l’hydrogène. Selon le procédé choisi,
l’hydrogène obtenu pourra être qualifié de noir, gris, bleu, vert, bio. Ces types seront détaillés dans les
parties suivantes.
II. Production d’hydrogène par des procédés biologiques
1. Etude théorique
L’hydrogène est l’un des carburants potentiels les plus propres pour l’avenir, car il s’agit d’une
alternative prometteuse face aux carburants fossiles classiques qui sont utilisés sans discernement et
nuisent à l’environnement. Le bio-hydrogène est également respectueux de l’environnement car il
libère uniquement de la vapeur d’eau et de l’énergie pendant la combustion. L’hydrogène a également
la plus haute teneur en énergie, 142 kJ/g ou 61 000 Btu/lb de tous les combustibles connus.
Aujourd’hui, 40 % de l’hydrogène est produit à partir de gaz naturel, 30 % à partir de pétrole lourd et
de naphta, 18 % à partir de charbon, 4 % à partir de l’électrolyse et 1 % à partir de la biomasse.
L’hydrogène est utilisé comme carburant pour un moteur à combustion interne ou comme
carburant pour les piles à combustible. Cependant, les plus gros utilisateurs de l’hydrogène sont les
industries des engrais et du pétrole avec respectivement 50 % et 37 % de la consommation. Grâce à
l’utilisation de ressources énergétiques renouvelables, la durabilité est atteinte et, compte tenu de la
crise énergétique et de la pollution environnementale, la production d’hydrogène biologique à
température et pression atmosphérique contiguës attire de plus en plus l’attention à l’heure actuelle.
Contrairement aux carburants chimiques et électrochimiques, les processus biologiques de production
de l’hydrogène sont catalysés par des micro-organismes dans un environnement aqueux à température
et à pression atmosphérique optimales. Les caractéristiques de ces micro-organismes diffèrent
considérablement les unes des autres en termes de substrat et de conditions de traitement. En outre, ces
techniques sont parfaitement adaptées à la production d’énergie décentralisée dans les usines pilotes
et à leur emplacement où la biomasse et les déchets sont facilement disponibles, évitant ainsi les coûts
énergétiques et les coûts de transport.
2. Méthodes de production de bio-hydrogène
La production d’hydrogène biologique implique l’utilisation de microbes spécialisés
(Clostridium et Rhodobacter) dans un bioréacteur. Les méthodes courantes pour la production de bio-
hydrogène comprennent la fermentation sombre, la photo-fermentation, la photolyse directe, la
photolyse indirecte et la fermentation séquentielle.
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 13
Figure 3 : Méthodes biologiques de production d’hydrogène biologique
Certaines enzymes de ces microbes sont très importantes pour leur permettre de produire du bio-
hydrogène. Des études récentes du potentiel enzymatique de la production d’hydrogène montrent
qu’elles possèdent des groupes de métaux complexes en tant que sites actifs. Dans ce cas, les trois
enzymes prédominantes impliquées dans cette réaction sont les suivantes : nitrogénase, Fe-
hydrogénasse et Ni-hydrogénasse dans lesquelles la Fe-hydrogénasse est largement utilisée en bio-
photolyse et la nitrogénase dans le procédé de photo-fermentation.
2.1 Bio-photolyse
La production de l’hydrogène par bio photolyse repose sur le principe de la photosynthèse
connue chez toutes les plantes. Le métabolisme des organismes utilisés est réorienté vers la production
d’hydrogène au lieu de la synthèse des hydrates de carbone et la formation de la biomasse.
La photosynthèse implique l’absorption de la lumière par deux photosystèmes (Photosystème I:
PSI et Photosystème II: PSII) distincts opérant en série pour la dissociation de deux molécules d’eau
et libérant de l’oxygène. Ainsi des électrons sont libérés et seront utilisés soit pour réduire le CO2
(Cycle de Calvin) soit sont eux-mêmes réduit en hydrogène gazeux par une enzyme appelée
hydrogénasse. Cette dernière absente chez les plantes supérieures et spécifiques au micro algues,
quelques macro algues vertes et les cyanobactéries, peut réduire les protons en hydrogène gazeux sous
certaines conditions. Ce phénomène a été rapporté pour la première fois par Gaffron et Rubin, puis
repris par plusieurs chercheurs. Ces derniers expliquent que la bio décomposition directe de la
molécule d’eau par l’énergie des PSI et PSII libèrent des électrons qui sont transportés via des porteurs
(Ferredoxine: Fd) jusqu’à une hydrogénasse qui va les réduire en gaz.
Bio-photolyse directe
La bio-photolyse directe est un processus biologique qui peut produire de l’hydrogène
directement à partir de l’eau en utilisant un système de photosynthèse de micro-algues pour convertir
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 14
l’énergie solaire en énergie chimique sous forme d’hydrogène.
2H2O + énergie solaire 2H2 + O2
En bio-photolyse directe, l’hydrogène est produit par photosynthèse en utilisant l’énergie
solaire pour diviser les molécules d’eau. Dans ce processus, la ferrédoxine, l’hydrogénase ou la
nitrogénase diminuent également.
Figure 4 : Bio-photolyse directe d’algues vertes ou de cyanobactéries
L’avantage de ce procédé est que, même à faible intensité lumineuse, les algues vertes et les
conditions anaérobies sont capables de convertir environ 22 % de l’énergie lumineuse en utilisant
l’hydrogène comme donneur d’électrons dans le processus de fixation du CO2. La sensibilité de
l’hydrogénasse à l’oxygène est un grand défi pour cette méthode, de sorte que de nouvelles recherches
sont nécessaires pour améliorer l’hydrogénasse afin qu’elle ne soit pas sensible à l’inactivation de
l’oxygène. Les micro-algues possèdent le mécanisme génétique, le transport enzymatique,
métabolique et électronique pour produire de l’hydrogène, de sorte que l’hydrogénase est capable de
libérer des électrons pour former de l’hydrogène. La synthèse de l’hydrogène permet l’écoulement des
électrons à travers la chaîne de transport, ce qui favorise la synthèse de l’adénosine triphosphate (ATP).
Dans la photosynthèse, le processus du photosystème se déroule en deux étapes, le
photosystème I (PS I) et le photosystème II (PS II), les deux processus fonctionnent en série. Dans des
conditions anaérobies, l’électron provenant de la ferrédoxine réduite est utilisé pour réduire les protons.
L’inhibition incomplète de PS II peut générer des conditions anaérobies pour les cellules dans le photo-
bioréacteur, car il y a moins d’activités d’oxydation de l’eau pour faire évoluer l’O2 et les résidus
utilisés par la respiration.
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 15
Dans le photosystème I (PS I), un réducteur est généré pour la réduction du CO2 tandis que
dans le photosystème II (PS II), il y a séparation de l’eau et de l’oxygène. Dans PS II, P680,
l’absorption la plus forte par les pigments à des longueurs d’onde inférieures à 680 nm est ensuite
transférée au centre de réaction PS II et produit un puissant oxydant capable de libérer des électrons à
partir de l’eau. La réduction qui fournit des équivalents réducteurs à travers une série de porteurs
d’électrons et de complexe cytochrome au centre de réaction oxydé PS I. Alors que le centre de réaction
PS I, la plus forte absorption par le pigment à une longueur d’onde de 700 nm, P700. L’énergie
lumineuse absorbée par PS I n’est pas seulement utilisée pour oxyder le centre de réaction, mais aussi
pour générer un réducteur puissant capable de réduire le nicotinamide oxydé adénine di nucléotide
phosphate (NADP +) en NADPH.
Hallenbeck et al. Ont mentionné que les deux protons de l’eau constituent du gaz hydrogène
et induisent simultanément une réduction de CO2 par PS I. Dans la famille des plantes vertes, en raison
de l’absence d’hydrogénase, a lieu seulement la réduction de CO2, à la différence les micro-algues et
les cyanobactéries ont la capacité de générer de l’hydrogène, car ils possèdent une enzyme
hydrogénase. Dans le processus PS II, l’électron est transmis à la ferrédoxine (Fd) en utilisant l’énergie
solaire qui est absorbée dans PS I. Comme l’hydrogénase est très sensible à l’oxygène, la quantité
d’oxygène doit être surveillée sous 0,1 %, de sorte que l’hydrogène puisse être stocké pour une
efficacité maximale.
Bio-photolyse indirecte
La bio-photolyse indirecte est un processus biologique qui peut générer de l’hydrogène à partir
de l’eau en utilisant un système de micro-algues et de cyanobactéries pour transformer l’énergie solaire
en énergie chimique sous la forme d’hydrogène à travers diverses étapes :
la production de biomasse par photosynthèse.
la concentration de biomasse.
la fermentation sombre qui produit 4 moles d’hydrogène/mole de glucose dans les algues, ainsi
que 2 moles d’acétate.
la transformation de 2 moles d’acétate en hydrogène.
Ce processus peut être classé en deux groupes distincts, dont l’un dépend de la lumière et l’autre est
un processus indépendant de la lumière. La réaction est habituellement comme suit:
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 16
La réaction globale est la suivant:
Comme noté ci-dessus, le mécanisme du processus de photosynthèse de la séparation de
l’oxygène et de l’hydrogène subit différentes étapes. L’oxydation des cyanobactéries retient les
hydrates de carbone et génère de l’hydrogène. L’énergie nécessaire pour produire de l’hydrogène est
également obtenue à partir des réserves d’amidon provenant de l’activité photosynthétique précédente
Dans les cyanobactéries filamenteuses, telles que le genre Anabaena, séparant spatialement les
deux processus en formant des hétérocystes, la nitrogénase est située dans des hétérocycles à PS I
fonctionnels puis catalyse la formation de l’hydrogène. Les iso enzymes de la nitrogénase varient en
fonction du nombre d’ions d’hydrogène associés à la fixation.
2.2 Fermentation
Les procédés fermentaires permettent la production d’hydrogène à partir des hydrates de
carbone simples (saccharose, glucose) ou de polysaccharides complexes.
Photo-fermentation
Dans la photo-fermentation, l’hydrogène gazeux est produit par des bactéries anaérobies qui
métabolisent les acides organiques volatils, y compris l’acide lactique, l’acide acétique et l’acide
butyrique en présence de lumière. Ces acides volatils sont utilisés par les microbes comme source de
carbone pour leur métabolisme libérant ainsi de l’hydrogène en tant que sous-produit. Les substrats
acides volatils doivent être produits dans un processus séparé tel que la fermentation sombre. La
fermentation de l’acide acétique qui est commun dans la fermentation sombre peut libérer quatre moles
à travers le processus photosynthétique comme dans l’équation ci-dessous:
L’énergie lumineuse à cet égard fournit de l’énergie aux microbes. La productivité du processus de
photo-fermentation de l’hydrogène est très dépendante de l’énergie lumineuse disponible.
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 17
Figure 5 : Processus de photo-fermentation par des bactéries
photosynthétiques.
Fermentation sombre
Dans la fermentation sombre, l’hydrogène est produit par des substrats glucidiques en
l’absence de lumière. Les réactions de fermentation peuvent fonctionner à des températures
mésophiles, thermophiles, thermophiles extrêmes ou hyper-thermophiles. Selon la voie de
fermentation et les produits finis, la production d’hydrogène varie considérablement en ce qui concerne
les espèces bactériennes telles que les Entérobactéries, Bacillus et Clostridium et les diverses formes
de glucides préférés en tant que substrats. Le procédé implique la production d’intermédiaires ou de
produits chimiques volatils, y compris l’acétate, l’éthanol, le propionate ou le butyrate selon le
mécanisme utilisé. La voie qui produit l’acétate est la plus favorable car elle peut donner jusqu’à quatre
molécules d’hydrogène par hexose.
Lorsque le butyrate est le produit final, on obtient un maximum théorique de 2 mol de H2 /mol de glucose.
La production d’hydrogène par ces bactéries dépend fortement des paramètres du processus
tels que le pH, le temps de rétention hydraulique (HRT) et la pression partielle du gaz qui affecte
l’équilibre métabolique. Ainsi, les produits finis de fermentation produits par une bactérie dépendent
des conditions environnementales dans lesquelles elle se développe. Les produits finis de fermentation
tels que l’éthanol, le butanol et le lactate contiennent de l’hydrogène qui n’a pas été libéré sous forme
gazeuse et pour maximiser le rendement de H2, le métabolisme de la bactérie doit être dirigé loin des
alcools et des acides gras volatils (VFA). C pasteurianum est un producteur classique de H2 et de VFA,
mais son métabolisme peut être dirigé loin de la production d’hydrogène et vers la production de
solvants par de fortes concentrations de glucose, par le CO et en limitant les concentrations de Fe.
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 18
Fermentation séquentielle
La fermentation sombre et la photo-fermentation ont été considérées comme des technologies
importantes de production d’hydrogène. Cependant, l’inconvénient du procédé de fermentation
sombre/photo-fermentation est un rendement d’hydrogène bas dû à l’accumulation d’acides
organiques à chaîne courte et au coût des acides organiques purs. Ces problèmes peuvent être
surmontés en adoptant la technique séquentielle de photo-fermentation et de fermentation sombre. Les
déchets de la fermentation sombre sont utilisés comme substrat pour les bactéries photosynthétiques
dans le processus de photo-fermentation. Le processus séquentiel de fermentation sombre et de photo-
fermentation a un rendement d’hydrogène maximum théorique de 12 moles de H2/ mole de sucre. La
fermentation séquentielle est une technique prometteuse pour augmenter la production d’hydrogène à
partir de déchets riches en hydrates de carbone et d’eaux usées. La technique semble être l’approche
la plus attrayante pour fournir de l’énergie propre et durable en fournissant un rendement en hydrogène
plus élevé par rapport aux approches en une seule étape de fermentation sombre et de photo-
fermentation.
Figure 6 : Schéma de processus de fermentation séquentielle pour la
production d’hydrogène à partir de la biomasse
Divers chercheurs ont rapporté la technique de la fermentation séquentielle pour augmenter la
production d’hydrogène. Ainsi, les techniques de fermentation séquentielle ont le potentiel
d’augmenter la production de bio-hydrogène et les rendements des déchets industriels ou de la
biomasse. Cependant, la fermentation séquentielle n’était pas économique en raison du nombre accru
de réacteurs et des besoins d’espace supplémentaire. Ainsi que la diminution de la pénétration de la
lumière à cause des solides en suspension sont les problèmes majeurs dans les processus de
fermentation séquentielle. Les coûts de production pour la fermentation séquentielle pourraient être
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 19
réduits en développant des schémas de traitement plus efficaces et en associant la production
d’hydrogène aux industries produisant des déchets
Fermentation combinée
La production d’hydrogène par fermentation de matières premières riches en hydrates de
carbone présente des avantages significatifs par rapport aux procédés chimiques coûteux en raison de
son fonctionnement dans des conditions douces. Cependant, un obstacle majeur à la production de bio-
hydrogène est la faible productivité de l’hydrogène et les temps de séjour importants .La technique
combinée de la fermentation sombre et de la photo-fermentation permet de minimiser le temps de
fermentation et d’augmenter le rendement en hydrogène. En outre, la fermentation sombre combinée
à la photo-fermentation est beaucoup plus efficace que la fermentation sombre et la photo-fermentation
seules. Le processus combiné photo-sombre pourrait probablement atteindre la productivité théorique
maximale en hydrogène de 12 mol H2/ mol de glucose.
Figure 7 : Schéma de processus de fermentation combinée pour la
production d’hydrogène à partir de la biomasse
Seul un nombre limité d’études sur la fermentation combinée ont été mentionnées pour améliorer la
production d’hydrogène à partir de matériaux riches en hydrates de carbone. Cependant, la
fermentation combinée dans les systèmes à une seule étape a un succès limité pour la production
d’hydrogène en raison de la dureté pour atteindre les états optimaux pour les différents organismes et
à équilibrer la vitesse de réaction pour atteindre un consortium stable et réduire la pénétration de la
lumière dans les systèmes de fermentation mixtes. La faible performance des procédés combinés de
fermentation sombre et de photo-fermentation pour la génération d’hydrogène peut être surmontée en
choisissant et en employant une souche unique plus efficace pour réaliser la fermentation sombre et la
photo-fermentation, optimiser l’état environnemental, améliorer l’efficacité d’utilisation de la lumière
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 20
et créer des bioréacteurs plus efficaces.
III. Méthode de production d’hydrogène vert à partir des énergies renouvelables
H2 vert ou « hydrogène propre » est fabriqué de manière décarbonée à partir d’un processus
d’électrolyse de l’eau et dit vert si ce dernier est réalisé à partir d’électricité renouvelable. On distingue
trois principales sources d’électricité décarbonée : l’eau, le vent et le soleil. L’hydro-électricité est la
première source d’électricité renouvelable en France et dans le monde : cette technique exploite la
force de l’eau pour la transformer en courant électrique, via des centrales hydrauliques installées sur
des cours d’eau naturels ou des barrages. Deuxième sur le podium : l’éolien (terrestre ou marin), qui
transforme l’énergie cinétique du vent en énergie mécanique, puis en électricité via des éoliennes.
Enfin, l’électricité solaire arrive en troisième position, utilisant des parcs de panneaux photovoltaïques
pour convertir la lumière en électricité. C’est à partir de cette énergie renouvelable que l’on va pouvoir
produire de l’hydrogène renouvelable.
1. Principe d’électrolyse de l’eau
L’hydrogène vert est produit par « l’électrolyse de l’eau ». Il s’agit d’immerger deux électrodes
dans l’eau et d’y faire passer un courant électrique. Ce procédé transforme l’énergie électrique en
énergie de décomposition moléculaire, via une réaction d’oxydo-réduction. La cellule permettant cette
séparation est constituée d’une anode, d’une cathode et d’un électrolyte (substance conductrice
ionique). La réaction d’oxydation se produisant à l’anode permet de récupérer de l’oxygène, et la
réaction de réduction se produisant à la cathode permet de récupérer de l’hydrogène. Finalement, la
réaction de décomposition s’écrit :
2H2O(l) →O2(g) +2H2(g)
Figure 8 : Processus d'électrolyse de l'eau
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 21
Il existe à ce jour trois types d’électrolyse dont la maturation va de la recherche en laboratoire à la
commercialisation. Leur principale différence réside dans l’électrolyte utilisé :
1.1 L’électrolyse alcalin
C’est le procédé le plus répondu car le plus employé dans l’industrie de production chimique et
de carburants pour véhicules. Le procédé d’électrolyse alcaline est une technologie qui divise l’eau
entre deux électrodes baignant dans un électrolyte basique (hydroxyde de potassium). Cela permet de
produire de l’oxygène à l’anode réductrice et dégage l’hydrogène à la cathode oxydante. Cependant,
ce processus d’électrolyse n’est pas très flexible pour une application aux énergies renouvelables
intermittentes qui exigent de répondre à des arrêts démarrages fréquents, d’avoir une charge partielle
efficace et une dynamique d’opération.
Il propose un coût d’investissement faible en comparaison avec les autres technologies
d’électrolyse, notamment grâce à la simplicité des matériaux. Bénéficiant déjà de rendements de 68 à
77%. Les perspectives d’amélioration de cette technologie se situent au niveau des coûts de fabrication,
de la pression de fonctionnement et des conditions de couplage aux énergies intermittentes. Elle
pourrait aussi profiter à terme de la recherche sur les piles à combustible alcalines. Ces améliorations
sont cependant minimes au vu de sa maturité, si bien que la recherche se focalise sur les deux autres
technologies d’électrolyse dont les perspectives d'amélioration des performances sont plus grandes.
La réaction se produisant à l’anode est la suivante :
2 OH− → H2O + 1/2 O2 + 2e−
La réaction à la cathode est :
2 H2O + 2e− → H2 + 2 OH−
Voilà un schéma. Notez le diaphragme perméable à l’eau, mais imperméable aux gaz, qui sert à bien
séparer les deux gaz :
Figure 9 :L’électrolyse alcalin
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 22
1.2 L’électrolyse PEM
L’électrolyse PEM (Proton Exchange Membrane, pour membrane échangeuse de protons) utilise
comme électrolyte une membrane polymère extrêmement fine (20-300 micromètres) étanche au gaz
avec un caractère fortement acide laissant passer les ions H+ (protons), très réactive, elle peut être
utilisée efficacement des énergies intermittentes. Elle demande néanmoins des matériaux très chers.
Cette évolution d’un électrolyte liquide à un électrolyte solide permet de considérablement réduire les
coûts de maintenance d’entretien dus aux effets de l’électrolyte liquide sur l’installation, ainsi que de
compression de l’hydrogène en sortie. De plus, l’électrolyse PEM propose une excellente solution de
production décentralisée grâce à une meilleure réactivité aux variations de puissance ainsi qu’une
grande compacité du système.
Avec des rendements de 62 à 77%, cette technologie est utilisée dans certains marchés de niche,
notamment dans les sous-marins, mais elle reste encore en phase de développement pour une utilisation
de masse. Le recours à des matériaux nobles notamment le platine, la durée de vie des membranes
ainsi que les limitations de taille des assemblages constituent les principaux obstacles rencontrés.
Les coûts actuels des électrolyseurs PEM sont de l’ordre du double de ceux des technologies
alcalines. Toutefois, cette technologie profite de la forte recherche sur les piles à combustible PEM, et
dispose de caractéristiques prometteuses (forte densité de courant acceptée, pression élevée). Les
perspectives d’amélioration identifiées se situent principalement au niveau de la capacité des
empilements, de la diminution de l’utilisation des matériaux nobles ainsi que d’une augmentation de
la durée de vie des membranes.
La réaction à l’anode est :
H2O(l) → 1/2 O2(g) + 2 H+ (aq) + 2e−
Ensuite, les protons H+ migrent vers la cathode à travers la membrane sous l’effet du champ
électrique et du gradient de concentration où ils sont réduits en hydrogène moléculaire (avec les
électrons provenant du pôle négatif du générateur).
La réaction à la cathode est :
2 H (aq) + 2e− → H2(g)
Voilà un schéma explicatif de tout ce qu’on a déjà dit :
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 23
Figure 10 : L’électrolyse PEM
III L’électrolyse à haute température (SOEC)
L’augmentation de la température lors d’une réaction d’électrolyse permet un apport d’énergie
supplémentaire sans que l’énergie nécessaire à la décomposition moléculaire augmente. Cela conduit
à la suppression de catalyseurs nobles (platine ou iridium) ainsi que l’énergie électrique à fournir pour
atteindre le seuil de décomposition, ce qui diminue fortement les coûts d’investissement et de
fonctionnement.
La principale technologie d’électrolyse à haute température est la cellule d’électrolyse à oxyde
solide. La technologie SOEC (solid oxide electrolyzer cell) consiste à électrolyser de la vapeur d’eau
à la cathode à haute température (700 à 800°C), ce qui permet de réduire fortement la consommation
d’électricité. Cette chaleur peut être récupérée sur les gaz produits et nécessite l’utilisation de
matériaux spécifiques. Ainsi, l’électrolyte et les électrodes sont conçus à base de céramiques
conductrice d’ions O2-. La spécificité de cet électrolyseur réside dans son pouvoir de réversibilité. Il
fonctionne en mode pile à combustible et peut convertir de l’électricité en hydrogène mais aussi
produire de l’électricité à partir d’hydrogène. Son rendement est élevé. Cependant encore cher, on est
loin de la commercialisation. Il présente également une faible longévité en raison de la fragilité des
matériaux et de la durée de vie limitée des céramiques.
L’électrolyse SOEC présente un dispositif similaire à l’électrolyse PEM, il est aujourd’hui à un
stade moins avancé, et vise de hauts rendements de conversion d’électricité en hydrogène. Il ne sera
commercialisé qu’en 2025, voire 2030.
Avec des rendements pouvant dépasser 90%, l’électrolyse SOEC se situe dans la phase de recherche
en laboratoire. La figure suivante exprime clairement le principe de cette technologie :
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 24
Figure 11 : L’électrolyse à haute température.
IV . Méthode de production d’hydrogène bleu
L’hydrogène est dit bleu quand il est fabriqué par vaporéformage c'est-à-dire par procédés
thermochimiques avec comme matières premières des sources fossiles (charbon ou gaz naturel) que
les émissions de CO2 de sa production sont captées. Le CO2 capturé peut être enfoui dans des cavités
(CCS : Carbone Capture and Storage) ou peut être réutilisé dans l’industrie (CCU : Carbone capture
and use).
1. Reformage à la vapeur d’eau
Le reformage à la vapeur d’eau est la technique la plus répandue, il s’agit de production de
l’hydrogène basé sur la dissociation thermique de molécules carbonées (méthane, etc.) en présence
de vapeur d’eau et de chaleur, Cette réaction est catalysée par du Nickel.
Le produit de réaction est un gaz, mélange d’hydrogène et de monoxyde de carbone appelé gaz
de synthèse. Une seconde réaction a lieu afin d’augmenter la concentration en hydrogène. Cette
réaction s’appelle réaction de conversion à l'eau.
Cette étape de production est légèrement exothermique mais la chaleur dégagée n’est pas suffisante
pour entretenir la réaction de reformage.
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 25
Figure 12 : Schéma descriptif du reformage du méthane à la vapeur (SMR)
2. Pourquoi l’hydrogène bleu fait-il débat ?
Selon une étude pilotée par les universités américaines de Cornell et Stanford, les émissions de
gaz à effet de serre liées à la production d'hydrogène bleu seraient assez élevées, notamment en raison
du dégagement de méthane qui en découle. Les auteurs estiment que cette solution ne va pas dans le
sens d'une protection de l'environnement.
Il pose aussi la question du stockage de carbone lorsque celui-ci n’est pas utilisé. Il s’agit pour
ses détracteurs d’un transfert de responsabilité aux générations futures moins impactant que le
CO2 dans l’atmosphère mais non neutre. L'hydrogène « bleu » pourrait entraîner des émissions de gaz
à effet de serre plus élevées que le charbon.
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 26
Chapitre III
Technologies de Stockage d’hydrogène
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 27
I. Introduction
La production de l’hydrogène nécessite le développement en parallèle, des technologies
de stockage adaptées aux caractéristiques physico-chimiques de cet élément chimique. Donc on
peut parler de la mise en place d’une économie du dihydrogène qui consiste en sa production,son
stockage et son transport avec des coûts compétitifs et sans impacts négatifs sur
l’environnement.
Le dihydrogène ne peut jouer son rôle de vecteur d’énergie que si l’on peut le stocker
efficacement, et dans des conditions de sécurité acceptables. Mais en raison de la petite taille
de sa molécule et de ses caractéristiques physiques et chimiques, son stockage se heurte à
plusieurs difficultés qui se répercutent directement sur le coût. Il s’agit d’un gaz non toxique et
très riche énergétiquement (2,3 fois plus concentré que le méthane en termes de contenu
énergétique par kilogramme). L’inconvénient de l’hydrogène est sa faible densité énergétique
volumique. Un kilogramme d’hydrogène prend presque 10 fois plus de place que le gaz
méthane. Pour avoir le même contenu énergétique, il faut stocker un volume d’hydrogène 3 à
4 fois supérieur à celui du méthane (le pouvoir calorifique inférieur de l’hydrogène est de 10,7
MJ/m3, alors que celui du méthane est de 37,6 MJ/m3). L’encombrement rend plus coûteux le
stockage et le transport d’hydrogène.
Unités Hydrogène Méthane
PCI MJ/kg 120 53,2
Densité à CNTP Kg/m³ 0,0887 0,707
Volumétrie PCI et CNTP MJ/m³ 10,7 37,6
Tableau 2 : Comparaison entre l'hydrogène et le méthane en termes de caractéristiques de volume
et de densité
Avec :
PCI : Pouvoir Calorifique Inférieur.
CNTP : Conditions Normalisées de Température et Pression. Adapté de Bossel et al, 2003.
Pour réduire le volume, l’hydrogène est comprimé, liquéfié à très basse température
(cryogénique) ou retenu dans des matériaux solides ou chimiques. Le choix entre les différentes
options dépend particulièrement de la méthode de stockage dans l’application finale.
II. Les procédés physiques
Le stockage de l’hydrogène reste un verrou technologique majeur si l’on veut que
l’hydrogène puisse devenir un vecteur énergétique du futur, en particulier pour l’alimentation
des véhicules. Cette problématique a ainsi fait l’objet de nombreuses recherches ces dernières
années. Aujourd’hui, il existe principalement trois modes de stockage :
Stockage sous forme de gaz comprimé
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 28
Stockage sous forme liquide
Adsorption dans des matériaux carbonés ou des hydrures
Ces différents modes présentent chacun leurs avantages et leurs inconvénients selon des critères
économiques, énergétiques, de capacité massique et volumique, de sécurité de
stockage/déstockage.
1. Stockage sous forme de gaz comprimé
Le stockage et la distribution d’hydrogène sous pression sont cependant une pratique
standard, depuis de très nombreuses années, avec des bouteilles ou assemblages de bouteilles
cylindriques, en acier, gonflées à 20 ou 25 MPa (types I et II). L’inconvénient de ce mode de
stockage est l’encombrement. Seulement 14 kg/m3 à 20 MPa et à température ordinaire (21°C)
contre 100 kg/m3pour le méthane.
La situation a radicalement changé avec l'apparition de la technologie des réservoirs
composites. Leur principe de base est de séparer les deux fonctions essentielles que sont
l'étanchéité et la tenue mécanique pour les gérer l'une indépendamment de l'autre. Dans ce type
de réservoir on associe une vessie en résine (thermodurcissable ou thermoplastique) à une
structure de renforcement constituée de fibres (verre, aramide, carbone) permettent de travaille
à des pressions beaucoup plus élevées tout en réduisant la masse et en évitant les risques de
rupture explosive en cas d’agressions externes sévères.
Le stockage sous forme de gaz comprimé est l'un des plus utilisés actuellement (Air
liquide, Linde Gas, Air Product) : la pression de stockage varie entre 200 et 700 bar. On peut
évaluer à 10% du PCI de l’hydrogène l'énergie nécessaire pour comprimer ce gaz de 1 à 700
bar. L’hydrogène est stocké dans des bouteilles qui sont jusqu'à présent fabriqués dans des
tailles comprises entre 100 kWh et 10 MWh de capacité d'hydrogène.
Les principaux inconvénients dont souffre cette technique sont :
- Sa faible densité volumétrique,
- Pour le stockage à hautes pressions, l'adaptation des auxiliaires : valves, capteurs,
détendeurs.
On peut aussi stocker l’hydrogène sous terre sous forme comprimée. Cette méthode n'est
intéressante que pour les quantités importantes d'hydrogène. La quantité d'énergie, qui peut être
stocké sous terre à l'aide de gaz hydrogène, est déterminée par le volume de stockage, sa
pression et sa température. En général, les sites de stockage souterrains peuvent être classés en
sites de stockage poreux et en cavités salines. Alors que les sites de stockage poreux tels que
les champs de pétrole et de gaz épuisés ou les formations aquifères sont naturels, les cavités
salines doivent être développées dans les formations salines souterraines existantes.
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 29
Figure 13 : Réservoir composite 70 MPa
2. Stockage sous forme liquide
Le stockage cryogénique de l’hydrogène sous forme liquide à 20,3K et à pression
atmosphérique est actuellement la meilleure solution pour lutter contre la faible densité de ce
gaz. En effet, alors que la densité de l’hydrogène gazeux, à la pression atmosphérique et à 20°C,
est de 0,084kg/m³ et est de 14,9kg/m³ pour l’hydrogène comprimé à 22Mpa (220bars) et à 20°C,
elle est de 70,9kg/m³ à l’état liquide.
Le réservoir a souvent deux parois séparées par un espace pour éviter les pertes
thermiques par convection. Cet espace peut être sous vide, ou bien constitué de matériaux super-
isolant ou enfin rempli d'air liquide (Linde Gas). Le réservoir est généralement en acier mais
des matériaux composites sont développés afin de l’alléger.
Au vu de la faible température, les pertes thermiques sont inévitables de même que
l'évaporation d'une partie de l'hydrogène (phénomène de boil off). Néanmoins, les progrès
techniques ont permis d'amener ce boil off à 1% d'évaporation/jour. Malgré tout, ce procédé
reste très gourmand en énergie, puisque le coût énergétique de la liquéfaction de l’hydrogène
est estimé à 30% de son pouvoir calorifique inférieur.
3. Adsorption sur matériaux carbonés
Le stockage de l'hydrogène dans du charbon actif est connu depuis longtemps. Le
remplissage se fait par adsorption. A température et pression ambiante, on atteint des densités
énergétiques de 0,5 % massique, mais à très basse température (-186°C) et haute pression (60
bar), on peut atteindre des densités de 8% massique. Plus récemment, on a découvert des
méthodes de stockage dans les nano fibres et dans les nanotubes en carbone dont l’efficacité
reste encore à prouver. Le stockage dans les nanotubes et dans les nano fibres de carbone repose
sur le principe suivant : un gaz peut être adsorbé en surface d'un solide où il est retenu par les
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 30
forces de Van der Waals. Des travaux ont prouvé que les nanotubes et les nano fibres de carbone
ont des propriétés intéressantes d'adsorption. Ce mode de stockage reste à l'état de recherche,
notamment pour améliorer les performances grâce à l'utilisation de dopants et à l'amélioration
de la fabrication de masse.
III. Les procédés chimiques
1. Les hydrures
Certains éléments ont la propriété de former des liaisons (covalentes ou ioniques) avec
l’hydrogène, permettant ainsi son stockage puisque le phénomène est réversible sous certaines
conditions opératoires. Il s'agit par exemple du Palladium Pd, du Magnésium Mg, de ZrMn2,
Mg2Ni ou d'alliages comme FeTiH, LaNiH6, Mg-Mg2Ni. Il existe deux classes d'hydrures : les
hydrures hauts et basse température.
Le stockage s'effectue à haute pression avec évacuation de chaleur. La pression de
dissociation est fonction de la température : pour des températures entre 0 et 100°C, les
pressions se situent entre 2 et 10 bar, mais elles atteignent 30 à 50 bars avec des températures
plus élevées. Le déstockage a lieu à basse pression avec apport de chaleur. La densité d’énergie
massique est faible pour les hydrures basse température : 1,5 MJ/kg (elle est plus intéressante
d’un point de vue volumique : environ 3,5 MJ/l) ; elle augmente cependant pour les hydrures
haute température : 4 MJ/kg (3,5% massique). Ovonics avance même des chiffres autour de 8
MJ/kg (7% massique). Le principal avantage de cette méthode réside dans le fait que
l’hydrogène est stocké à l’état atomique, ce qui réduit considérablement les problèmes de
sécurité liés à l’hydrogène gazeux. Mais les densités énergétiques sont encore limitées, la
cinétique de remplissage est encore très lente et le coût de certains hydrures est encore trop
élevé. Un système de 30 Nm3 (90 kWh) coûte entre 80 et 280 € / kWh pour une masse de 230
à 420 kg et un volume de 60 à 90 litres.
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 31
Chapitre IV
Technologies de valorisation énergétique d’hydrogène
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 32
I. Introduction
L’hydrogène peut être utilisé dans plusieurs domaines. A l’industrie, il est utilisé pour la
désulfuration des hydrocarbures ou pour la synthèse de l’ammoniac. Il est aussi utilisé dans le
domaine automobile, particulièrement les véhicules électriques. Un moteur à combustion
interne est utilisé dans ce cas. Bien qu’ils existent d’autres applications qui utilisent
l’hydrogène. Dans cette partie, nous allons discuter que l’utilisation de l’hydrogène à vocation
énergétique. Effectivement, il existe plusieurs scénarios pour produire de l’électricité à partir
de l’hydrogène.
II. Technologies de valorisation d’hydrogène
Figure 14 : Les différents scénarios de la valorisation énergétique de
l’hydrogène
1. La turbine à gaz
Les turbines à gaz adaptées pour brûler des gaz à forte teneur en hydrogène (jusqu'à 45%)
sont disponibles dans le commerce, il n'en va pas de même pour les turbines à gaz capables de
brûler de l'hydrogène pur. Actuellement, nombreuses entreprises font de la recherche sur la
conception des turbines à hydrogène.
La combustion de l’hydrogène n’émet pas des gaz à effet de serre, mais elle émet les
oxydes d’azote Nox. Pour réduire ces émissions, l’hydrogène est souvent dilué par de la vapeur
ou le nitrogène. La figure ci-dessous montre la relation entre les émissions de Nox et la
température de flamme stœchiométrique pour divers carburants dans des conditions de turbine
à gaz typiques.Il est clair que l'utilisation de l’hydrogène non dilué entraîne des niveaux
d'émission inacceptables et que la température de flamme stœchiométrique doit être fortement
réduite pouravoir moins d’émissions.
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 33
Figure 15 : la relation entre les émissions NOx et la température de flamme
stœchiométrique
2. Les piles à combustible
L’hydrogène peut réagir avec l’oxygène pour libérer de l’énergie électrique et de la
chaleur selon le procédé inverse de l’électrolyse de l’eau, composé qui sera, en l’occurrence, le
produit de cette réaction. La pile à combustible est donc un dispositif qui produit de l'électricité
à partir de cette réaction. Depuis sa découverte par William Grove en 1839, différents types de
piles à combustible ont été inventés. Les principes de base sur lesquels repose la technologie
demeurent identiques.
𝟏
H2 + O2 H2O+We+ΔQ
𝟐
A l'instar de toute pile électrochimique, la pile à combustible est composée de deux
électrodes et d'un électrolyte. En revanche, les électrodes ne sont pas « consommées » avec le
temps. Le combustible et le comburant proviennent d'une source externe. L’électrode négative
(anode) est alimentée en hydrogène et l'électrode positive (cathode) est alimentée en oxygène.
L'anode et la cathode sont ensuite mises en contact avec un électrolyte qui permet le transport
des ions. Pour fonctionner correctement, une pile à combustible a besoin de circuits auxiliaires
comme un circuit de refroidissement, d’hydratation des gaz, de contrôle de pression (absolue et
différentielle) des gaz et autres circuits de sécurité.
Le système périphérique des piles à combustible est indispensable à leur fonctionnement.
Il permet le refroidissement du cœur de la pile (par air ou par eau), l’alimentation de la pile en
gaz, leur humidification et l’élimination de l’eau produite.
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 34
Figure 16 : Schéma simplifié d'une pile à combustible
2.1 Les avantages et les inconvénients de la pile à combustible
Les principaux avantages de la pile à combustible sont :
Un rendement énergétique élevé, notamment en cogénération où l’on peut atteindre
80%, le rendement électrique est de l’ordre de 40% à puissance nominale, ce qui reste
supérieur à celui des moteurs thermiques (de l’ordre de 20 à 30%) ;
Un impact environnemental très faible : émission d’eau pure lorsqu’elle n’est alimentée
que par de l’hydrogène pur ; pas ou peu de bruit ;
L’inconvénient majeur de la pile à combustible est son coût qui reste encore très élevé.
III. Hydrogène pour l’intégration des énergies renouvelables
L’énergie renouvelable variable est une source d’énergie non-contrôlable en raison de sa
nature fluctuante, comme l’énergie éolienne et l’énergie solaire, par opposition à une source
d’énergie contrôlable comme l’hydro-électricité. L'intégration de grandes parts de VRE dans le
système énergétique ira de pair avec la nécessité d'augmenter la flexibilité opérationnelle du
système électrique. Cela implique la nécessité de stocker l'électricité qui n'est pas nécessaire au
moment ou au lieu de la génération, ou de la transformer de telle sorte qu'elle puisse être utilisée
dans un autre secteur du système énergétique. Un large éventail d'options et de stratégies existe
pour intégrer des parts élevées de la production variable de manière rentable. Cependant, ces
systèmes ne sont pas limités au stockage d’électricité excédentaire seulement, autres systèmes
de stockage d'énergie à base d'hydrogène pourraient être utilisés aussi pour intégrer l'électricité
excédentaire à différents secteurs de l'énergie, par ex. comme carburant dans le transport ou
comme matière première dans l'industrie. Ils peuvent être catégorisés comme suit :
Power-to-power : l'électricité est transformée en hydrogène par électrolyse, stockée
dans une caverne souterraine ou un réservoir sous pression et réélectrifiée au besoin à
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 35
l'aide d'une pile à combustible ou d'une turbine à gaz.
Power-to-Gas : l'électricité est transformée en hydrogène par électrolyse. Il est ensuite
mélangé dans le réseau de gaz naturel (gaz naturel enrichi en hydrogène - HENG) ou
transformé en méthane synthétique dans une étape ultérieure de méthanisation.
Power-to-fuel : l'électricité est transformée en hydrogène puis utilisée comme carburant
dans le secteur des transports
Power-to-feedstock : l'électricité est transformée en hydrogène puis utilisée comme
matière première, par ex. dans l'industrie du raffinage.
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 36
Conclusion générale
Le vaporéformage du méthane, aujourd’hui procédé ultra-dominant, est condamné à plus
ou moins long terme à disparaître dans la transition énergétique pour cause de pollution
carbonée massive.
L’électrolyse de l’eau apparaît comme le remplaçant naturel du vaporéformage, Ses
technologies sont pour l’essentiel matures et des espaces de progrès en rendements restent
ouverts vers les matériaux, les pressions et les hautes températures. Mais ses coûts de production
de l’hydrogène sont aujourd’hui rédhibitoires (trois fois ceux du vaporéformage) et dépendent
de plus étroitement de ceux de l’électricité décarbonée, donc des prix des filières intermittentes
et du nucléaire.
La biomasse apparaît, en appoint significatif de l’électrolyse, comme une solution
crédible pour produire du bio hydrogène industriel. Mais, là aussi, le coût de la matière première
reste trop élevé et privilégie la production, plutôt que d’hydrogène, de bio-carburants liquides
directement injectables dans les réseaux existants.
La thermochimie enfin, qui permettrait la production massive d’hydrogène, en particulier
pour la méthanation du CO2 capturé, dépend aujourd’hui de l’industrialisation de réacteurs
nucléaires VHTR extrêmement performants qui n’apparaîtront pas avant 2030.
Entre-temps, sauf à ce que l'économie carbone renchérisse les coûts de production de
l'hydrogène d'origine carbonée et que la chaîne logistique hydrogène puisse s'appuyer sur des
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 37
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bleu/#:~:text=Hydrogène%20bleu%20%3A%20un%20hydrogène%20fabriqué,fossiles%20avec%20
capture%20du%20CO2&text=L%27hydrogène%20est%20dit%20bleu,de%20sa%20production%20s
ont%20captées
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entrainer-emissions-gaz-effet-serre-plus-elevees-charbon-92985/
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beaucoup-de-gaz-a-effet-de-serre.html
Energies Renouvelables Et Systèmes Énergétiques 38