9 Reux
9 Reux
Sara REUX
Résumé
Alors que la continuité du bâti ne suffit plus pour appréhender l’espace urbain d’aujourd’hui, la
discontinuité du tissu urbain est devenue une clé de compréhension de la ville contemporaine et
de son processus de formation. Mais les facteurs de discontinuité proposés dans la littérature se
rapportent le plus souvent à l’étalement urbain quand bien même cette littérature achoppe sur
l’appréhension des formes urbaines pour des raisons idéologiques et méthodologiques. Nous
chercherons alors à comprendre de manière concomitante la formation des espaces périurbains
et les formes de développement de l’habitat à l’échelle parcellaire sous le prisme de la demande
résidentielle, de la régulation publique et de l’offre résidentielle. Cette approche nous permettra
de proposer une grille de lecture de l’urbanisation discontinue.
Mots-clés
urbanisation discontinue, étalement urbain, demande résidentielle, régulation publique, offre
résidentielle, revue de la littérature
Abstract
While understanding urban areas through continuity of developed land reached its limits, dis-
continuity of urban fabrics has become a key to understand today’s cities and their shaping
dynamics. However, factors of discontinuity most often deal with sprawl in literature even if
this literature fails to understand urban patterns for ideological and methodological reasons.
So, we will analyze simultaneously peri-urban development and patterns of residential devel-
opment at the parcel level through residential demand, public policies and residential supply.
This approach aims to propose an analytical grid to understand discontinuous urban patterns.
Keywords
discontinuous urban patterns, sprawl, residential demand, public policies, residential supply,
literature review
l’étalement urbain quand bien même cette littérature la discontinuité pour décrire l’urbanisation des
achoppe sur l’appréhension des formes urbaines espaces périphériques. Nombre d’adjectifs sont
pour des raisons idéologiques et méthodologiques. devenus omniprésents pour évoquer cette ville
« éparpillée », « disséminée », « éclatée », « dis-
Dans cet article, nous proposons donc de nous persée », « fragmentée », « émiettée », « mitée »,
intéresser à l’urbanisation discontinue résiden- « diluée », « diffuse », « discrète », « fractale »
tielle, c’est-à-dire à la dispersion morphologique (Bauer et Roux, 1976 ; Frankhauser, 1994 ; Beau-
de l’habitat constitutive des espaces périurbains cire, 1995 ; May et al., 1998 ; Mignot, 2000 ;
« mixtes », au sens de Cavailhès et al. (2003), mê- Berger, 2004 ; Enault , 2004 ; Barattucci, 2006 ;
lant des espaces à dominante agricole ou forestière Grosjean, 2010 ; Charmes, 2011). La multiplicité
et des espaces bâtis. Après avoir explicité, dans une de ces adjectifs évoquant la discontinuité traduit
première partie, ces raisons de l’oubli des disconti- un besoin de décrire ces nouvelles formes de la
nuités, nous préciserons les mécanismes en jeu dans croissance urbaine, mises en évidence grâce au
l’émergence de ces formes contemporaines de la développement des données spatiales, à travers les
croissance urbaine à partir de trois points de vue, images de la télédétection et les plans cadastraux
en faisant l’hypothèse qu’ils sont en interaction : la informatisés qui permettent de visualiser l’urba-
demande, la régulation et l’offre résidentielle (Sché- nisation discontinue à partir de l’échelle la plus
ma 1). Cette analyse nous permettra de proposer, en fine. Mais ces caractérisations des formes de la
conclusion, une grille de lecture de l’urbanisation croissance urbaine ne sont pas équivalentes. Elles
discontinue. traduisent, d’une part, une morphologie à l’échelle
parcellaire avec des phénomènes de dispersion de
l’habitat produits par l’alternance de parcelles bâ-
II. L’OUBLI DES DISCONTINUITÉS ties et de parcelles non bâties, mais aussi par l’ac-
croissement de la taille des parcelles qui conduit
A. Comment dépasser l’idéologie de la ville à l’éloignement des logements les uns par rapport
compacte ? aux autres. Elles traduisent, d’autre part, des phé-
nomènes de cristallisation de dynamiques d’urba-
Depuis l’ouvrage de Bauer et Roux (1976), la lit- nisation autour de noyaux existants à des échelles
térature francophone a adopté le champ lexical de supérieures. L’analyse proposée par Allain (2004)
Facteurs de l’urbanisation discontinue : proposition d’une grille de lecture 69
décrit cette urbanisation « plus diffuse et éparpil- d’énergies fossiles et l’émission de gaz à effet de
lée [qui] a transformé les territoires interstitiels » serre, sur la fragmentation des espaces naturels
à partir des micro-polarités formées par les ha- envisagés comme réserves de biodiversité, et sur
meaux préexistants, « noyaux de cristallisation les effets sociaux éventuellement attachés à ces
[…] qui ont entériné les phénomènes de mitage » formes.
(p. 192). Roux et Vanier (2008), décrivent aus- Ce discours sur les maux de l’étalement urbain et
si cette « micro-pigmentation de larges fractions de ses formes discontinues a produit une idéologie
de l’espace rural à partir de toutes ses polari- de la ville compacte. En effet, la ville compacte,
tés » (p. 16). Dans la littérature anglophone, la à même de minimiser les coûts publics et pri-
frontière entre dispersion et multi-polarisation vés, sociaux et environnementaux, est devenue la
est également assez mince (Ewing, 1997) et forme efficiente mise en exergue comme modèle
d’autres termes sont employés pour caractériser optimal par les aménageurs (Halleux, 2012). Den-
les discontinuités. Ewing (1997) identifie no- sité et compacité sont reines dans ces représenta-
tamment la dispersion (scattered development), tions urbano-centrées dominantes d’un urbanisme
l’urbanisation dite en « saute-mouton » (leapfrog vertueux. Le vocabulaire employé, connoté par
development) et l’urbanisation discontinue (dis- le « poids des pensées implicitement anti-périur-
continuous development). La première notion baines » (Vanier, 2008, p. 43), participe de cette
caractérise la discontinuité du bâti et s’envisage idéologie car il oriente les politiques publiques
à l’échelle de la trame parcellaire. La seconde vers la densification et le renforcement des cen-
caractérise la discontinuité du tissu parcellaire tralités urbaines (Barattucci, 2006). Pour Vanier
bâti et laisse des parcelles vacantes pour s’éta- (2008), ce vocabulaire est même le témoin d’une
blir dans des espaces plus éloignés, au sein de la « absence de pensée périurbaine » (p. 43). Allain
même ville ou bien à l’échelle de la région ur- (2004) souligne en particulier que les espaces
baine, dans l’aire d’influence des villes centres résidentiels périphériques de faible densité sont
qui polarisent les migrations domicile-travail. La le plus souvent restés invisibles dans les études
dernière notion est présentée comme une forme morphologiques en urbanisme et en architecture
urbaine efficiente, dans la mesure où elle qualifie qui « se cantonnent aux centres urbains anciens
la constitution de réserves foncières pour l’ur- feignant d’ignorer leur très faible place dans des
banisation future. L’idée de fragmentation (land espaces urbains constitués pour l’essentiel d’inter-
fragmentation) émerge enfin sous l’influence de minables périphéries ».
l’écologie du paysage (Irwin et Bockstael, 2007).
Cependant, les fondements théoriques de cette
Ces diverses formes discontinues sont des formes idéologie de la ville compacte sont aujourd’hui
spatiales de l’étalement urbain, qui est, selon largement controversés (Tableau 1). À chaque ar-
Allain (2004), « le domaine du discontinu » (p. gument correspond un contre-argument (Bouteille,
189). À ce titre, ces formes sont jugées le plus 2001 ; Roux et Vanier, 2008 ; Charmes, 2010).
souvent « indésirables » (Ewing, 1997) ou « in- Ainsi, face à « toutes ces affirmations contradic-
soutenables » (Berque et al., 2006), par opposi- toires […] étayées par l’observation et la mesure »
tion à la continuité et à la densité du modèle de (Roux et Vanier, 2008, p. 7), les positions choisies
la ville compacte (Jenks et al., 1996) qui serait et les outils qui permettent de les défendre appa-
plus conforme au référentiel de la ville durable raissent comme des choix culturels et idéologiques
(Emelianoff, 1999). Ces formes discontinues fo- (Bouteille, 2001 ; Berque et al., 2006 ; Billard et
calisent donc les critiques qui façonnent ce voca- Brennetot, 2010). C’est ainsi la connaissance et la
bulaire, à connotation majoritairement négative, reconnaissance de ces formes urbaines discontinues
utilisé pour les décrire (Tableau 1). Les premières qui est en jeu, reconnaissance entamée en France à
critiques ont porté sur la consommation d’espace partir des travaux de Dubois-Taine et Chalas (1997).
agricole, les coûts de ces formes dispersées pour L’élaboration de nouvelles politiques publiques
la collectivité ou les ménages engagés dans des pour gérer ce processus d’étalement urbain jugé
migrations alternantes et les phénomènes de jusqu’alors « incontrôlable » (Djellouli et al., 2010)
rétention foncière. Avec l’émergence du para- passe donc par l’utilisation de nouveaux concepts
digme de développement durable, les critiques et de nouveaux instruments de mesure (Cattan et
se sont ensuite développées sur la consommation Berroir, 2005 ; Comby, 2008 ; Billard et Brennetot,
70 Sara REUX
Arguments Contre-arguments
2010 ; Korsu et al., 2012). Ils doivent permettre B. Comment appréhender la discontinuité ?
de se détacher des critiques sous-jacentes pour
s’intéresser à la mesure des phénomènes et à leurs Si les conceptions idéologiques de la croissance
facteurs explicatifs en vue de simuler des scénarios urbaine ont pu représenter un frein pour la lecture
d’évolution pour alimenter les visions normatives de ces formes urbaines discontinues, elles sont
des architectes, des urbanistes et des aménageurs et restées également longtemps invisibles pour des
ainsi participer à la conception de nouveaux projets raisons méthodologiques.
urbains (Godard, 2000).
Facteurs de l’urbanisation discontinue : proposition d’une grille de lecture 71
tive d’une articulation fructueuse entre l’apport A. Le coût de transport et l’accroissement des
des modèles de conversion de parcelles et le cadre revenus : report du centre vers la périphérie et
théorique de l’étalement urbain. En effet, les pre- dispersion à l’échelle de la trame parcellaire
miers modèles économiques relatifs à l’émergence
de discontinuités dans le tissu urbain sont des mo- Commençons par le rôle des innovations et des
dèles de conversion de parcelles s’intéressant à la subventions en matière de transport automobile
prise de décision des propriétaires fonciers spécu- dont l’effet sur l’étalement urbain est unanime et
lant sur les possibilités de vendre leurs parcelles à prépondérant (Glaeser et Kahn, 2004), tendant à
un meilleur prix dans le futur (Mills, 1981). Ces améliorer l’accessibilité des espaces périurbains
modèles permettent ainsi de comprendre l’exis- (Zahavi et Ryan, 1980 ; Bretagnolle, 1999) et ain-
tence de terrains qui restent vacants au sein du tissu si à démultiplier les possibilités d’installation en
urbain. Cette échelle d’analyse permet d’intégrer périphérie des villes. Facteur clé de l’analyse de la
les comportements micro-économiques des agents discontinuité, le système automobile a « [bafoué]
économiques raisonnant non plus à l’échelle de les notions de densité, de proximité, d’aggloméra-
la région urbaine comme les ménages dans le tion avec lesquelles la ville se confondait » (Du-
modèle standard de localisation résidentielle de puy, 1995). Le deuxième facteur prépondérant
l’économie urbaine, mais à l’échelle des parcelles. dans l’analyse de l’étalement urbain est l’accrois-
Toutefois, si la littérature sur l’étalement est sement du revenu des ménages. Si ces derniers
considérée comme trop agrégée pour comprendre préfèrent les superficies résidentielles à l’accès au
les discontinuités, cette littérature sur la conver- centre, l’accroissement de leurs revenus leur per-
sion de parcelles propose quant à elle une vision met de concrétiser leur aspiration au confort rési-
désagrégée qui ne permet pas de comprendre le dentiel (voir par exemple Margo, 1992 ; Pirotte et
processus de formation des espaces périurbains Madre, 2011). Le rôle de ces deux facteurs a été
(Carrion-Flores et Irwin, 2004). En effet, les lo- largement décrit et testé à partir du modèle mo-
giques individuelles multiples et mouvantes, donc nocentrique standard développé depuis les travaux
difficiles à saisir, ne permettent pas d’expliquer d’Alonso (1964), Mills (1967) et Muth (1969). La
la persistance des structures à des échelles macro baisse des coûts de transport ou l’accroissement
(Batty, 2001). L’articulation des échelles nous pa- du revenu des ménages diminuent la pente de la
raît donc indispensable pour comprendre l’urbani- courbe de rente foncière, ce qui engendre le re-
sation discontinue qui combine des processus se port de l’urbanisation du centre vers la périphérie.
déroulant à l’échelle des parcelles, des communes Mais ces facteurs ont également un effet positif
et des régions urbaines. Nous allons donc nous in- sur la dispersion de l’habitat à l’échelle de la trame
terroger à présent sur les facteurs de l’urbanisation parcellaire par la diffusion des faibles densités
discontinue en proposant une analyse de la forma- dans les espaces périurbains où la taille accrue des
tion concomitante des espaces périurbains et des parcelles tend à éloigner les maisons les unes des
formes de développement de l’habitat à l’échelle autres.
de la trame parcellaire. Nous nous intéresserons
successivement à la demande résidentielle, à la B. La pression résidentielle : report en périphé-
régulation publique de la croissance urbaine et à rie et formes plus compactes
l’offre résidentielle.
La croissance démographique des villes est l’un
des premiers facteurs avancés pour caractériser la
III. LA DEMANDE RÉSIDENTIELLE, FAC- croissance urbaine et expliquer l’extension spa-
TEUR DE DISCONTINUITÉS ? tiale des villes. Dans le modèle monocentrique,
l’accroissement de population engendre un ac-
L’analyse de la localisation résidentielle des mé- croissement de la demande de foncier (terrains
nages permet de comprendre le report de l’urbani- à bâtir). Toutes choses égales par ailleurs, cette
sation du centre vers la périphérie mais également pression résidentielle se traduit par une élévation
sa dimension morphologique à travers les préfé- de la valeur de la rente d’équilibre (augmentation
rences des ménages pour la maison individuelle, du prix du sol et des densités en tout point de la
les aménités et désaménités des espaces ruraux et ville) et, par conséquent, par un éloignement de la
des espaces urbains. limite de la ville (pour une illustration graphique
Facteurs de l’urbanisation discontinue : proposition d’une grille de lecture 73
des mécanismes d’évolution du gradient de den- cette forme d’habitat, confirmée dans les enquêtes
sité voir par exemple Boiteux-Orain et Huriot, d’opinion et décrite dans de nombreuses publica-
2002) Cependant, l’accroissement de la popula- tions, ne se dément pas même si les aspirations
tion n’explique pas la baisse du gradient de den- des ménages ont évolué depuis l’émergence de la
sité, autrement dit le report de l’urbanisation du périurbanisation (Raymond et al., 1966 ; Bonvalet,
centre vers la périphérie. En revanche les modèles 2005). Cette préférence associée aux ménages nu-
issus des travaux sur les cycles urbains à partir de cléaires avec enfants, à une étape de leur vie, a été
Van den Berg et al. (1981) éclairent parfaitement soutenue par les politiques publiques d’accession
ce mécanisme de report à partir de la croissance à la propriété (Taffin, 1987 ; Rougé, 2005). Dans
de la demande résidentielle. L’usage des modèles le modèle standard de l’économie urbaine, les mé-
biologiques proie-prédateur (Lotka-Volterra) cou- nages arbitrent entre le coût du logement et le coût
plé avec les mécanismes de la rente foncière per- de transport. Compte tenu de la diminution de la
met d’éclairer le report de l’urbanisation par le jeu rente foncière du centre vers la périphérie, les mé-
de l’offre et de la demande (Camagni, 1996 ; Cap- nages ont la possibilité de choisir de construire une
pello et Faggian, 2002). maison neuve sur un terrain plus grand en périphé-
rie. Dans ce modèle, la composition des ménages
Si l’accroissement de la demande résidentielle est alors déterminante car elle permet de qualifier
peut expliquer le report de l’urbanisation du le statut familial et le cycle de vie qui génèrent des
centre vers la périphérie, elle réduit en revanche besoins et des parcours résidentiels spécifiques
la dispersion de l’habitat à l’échelle de la trame aussi bien en termes de surface résidentielle que
parcellaire. Plusieurs travaux montrent que les es- de localisation (Polèse et Sheamur, 2009). Lorsque
paces en forte croissance démographique sont ca- la taille des ménages augmente, ces ménages ont
ractérisés par des formes urbaines plus compactes besoin d’une surface résidentielle pour le logement
(Fulton et al., 2001). Pour Clark et al. (2009), une et le jardin plus importante qui les conduit à s’instal-
croissance démographique plus importante accroît ler plus loin du centre. Ainsi la croissance spatiale
la compétition sur le marché foncier qui génère de l’urbanisation est essentiellement portée par les
des formes de développement plus concentrées. familles, souvent en accession, à la recherche de
Ils vérifient ainsi que la croissance de population larges espaces résidentiels avec jardins pour les
a un effet positif sur leur indice de contiguïté de enfants (Le Jeannic, 1997; Wiel, 2002).
l’urbanisation à l’échelle locale. Burchfield et al.
(2006) obtiennent un résultat similaire à partir D. Les effets divergents des aménités sur l’ur-
d’un argumentaire différent. Pour s’installer, les banisation discontinue
ménages sont prêts à assumer un coût de transport
plus important en s’éloignant du centre s’ils peu- Le rôle des aménités est central pour expliquer
vent bénéficier de la proximité d’espaces ouverts l’urbanisation discontinue (Pouyanne, 2014).
(Turner, 2005). Mais, dans un espace où les ména- Deux grilles de lecture peuvent être utilisées : la
ges anticipent une croissance rapide, ils prévoient partition entre aménités exogènes ou endogènes
la construction des parcelles voisines. Ils ne seront (Brueckner et al., 1999) et la tension entre espaces
donc pas prêts à payer davantage pour les navettes ouverts ou ruraux et espaces urbains qui pro-
domicile-travail pour avoir accès à ces aménités duisent des aménités ou désaménités.
sans pérennité assurée.
Les aménités exogènes sont liées aux caractéris-
C. La préférence pour la maison individuelle, tiques physiques ou historiques des lieux tandis que
archétype de l’urbanisation discontinue les aménités endogènes dépendent de l’interaction
entre les agents qui produisent des externalités. Wu
Le développement de la construction neuve prend et Plantinga (2003) et Wu (2006) s’intéressent à
une forme discontinue dans les franges avec l’impact des aménités exogènes sur le développe-
l’édification de maisons individuelles avec jardin ment des formes urbaines. Ces aménités situées en
présentées tout à la fois comme l’archétype de la périphérie des villes sont susceptibles de générer la
périurbanisation, le moteur de l’étalement urbain et formation de discontinuités à l’échelle de la région
la figure de l’éparpillement (Bauer et Roux, 1976 ; urbaine (leapfrog) et parallèlement une concentra-
Taffin, 1985 ; Ewing, 1997). Cette préférence pour tion des localisations résidentielles autour de ces
74 Sara REUX
aménités. Dans cette perspective, les modèles em- rie. Cette théorie a notamment été développée
piriques utilisent les caractéristiques physiques des aux États-Unis (Mieskowski et Mills, 1993) face
espaces pour expliquer la dispersion ou la concen- à la crise urbaine, à l’insécurité, au crime et à la
tration des formes dans certains lieux : les nappes détérioration de l’enseignement dans les grandes
d’eaux souterraines, la proximité des littoraux ou villes américaines engagées dans une phase de
des zones humides, la forme du relief, voire même déclin. Carrion-Florès et Irwin (2004) montrent
le climat (Burchfield et al., 2006 ; Irwin et Bocks- que les villes secondaires de la hiérarchie urbaine
tael, 2007 ; Clark et al., 2009). Un autre pan de la agissent également comme force de dispersion : la
littérature s’intéresse aux aménités endogènes pour probabilité de conversion des parcelles croît avec
expliquer la constitution des formes urbaines. Les la distance à ces villes avec un effet marginal très
agriculteurs produisent en effet des externalités po- fort pour les parcelles situées à moins de 1 mile
sitives (entretien du paysage) ou négatives (bruit, de ces villes intermédiaires. Parallèlement à cette
pollution...) qui lorsqu’elles sont valorisées ou dé- volonté de se mettre à distance des centres urbains,
valorisées par les ménages dans leurs choix d’ins- les ménages peuvent aussi manifester une volonté
tallation peuvent contribuer à la formation d’un es- de se tenir à l’écart de leur voisinage (Irwin et
pace mixte, donc discontinu, où alternent espaces Bockstael, 2002 et 2004).
agricoles et résidentiels (Cavailhès et al., 2003 ;
Turner, 2005 ; Caruso et al., 2007 ; Coisnon et al., En présence d’aménités ou de désaménités des
2014). espaces ruraux ou urbains, la formation de l’ur-
banisation discontinue dépend donc avant tout
La tension entre espaces ruraux et espaces urbains des préférences des ménages. Si les ménages
intervient également pour expliquer l’urbanisation valorisent plutôt un voisinage urbain ou résiden-
discontinue. D’une part, la proximité des espaces tiel, cette préférence temporisera l’attrait pour
ouverts, sources d’aménités, accroît l’utilité des les espaces ouverts et l’habitat tendra alors à se
ménages et favorise le report vers les périphéries développer en continuité (Caruso et al., 2007).
où ils peuvent profiter de vastes espaces non ur- Dans cette perspective, le revenu des ménages
banisés où les aménités exogènes ou endogènes est utilisé pour expliciter les préférences des mé-
des espaces ruraux sont susceptibles d’expliquer nages périurbains vis-à-vis des aménités partant
les formes morphologiques de l’habitat. D’autre du principe que les ménages à haut revenu ont la
part, l’accessibilité à la ville centre (modèle mono- capacité de choisir leur localisation (Brueckner
centrique) ou aux centres urbains secondaires (mo- et al., 1999 ; Gofette-Nagot, 2000). L’origine
dèle polycentrique) peut être également valorisée des ménages apporte également un éclairage
par les ménages. D’un point de vue morphologique, sur leurs préférences. Ainsi, dans une étude de
Clark et al. (2009) constatent une relation entre l’ac- cas portant sur la périphérie de Bruxelles, Du-
croissement de la part d’emploi dans un périmètre bois (2001) souligne que les populations locales
d’1 mile du central business district (CBD) et la préfèrent la proximité des noyaux d’habitat pour
dispersion du tissu. Ils suggèrent que la répartition faire construire, évoquant l’importance des re-
de l’emploi dans les villes satellites hors du CBD lations sociales dans les milieux ruraux. À l’in-
favorise un développement urbain plus concentré et verse, la population « exogène » bruxelloise qui
continu autour de ces pôles secondaires. En France, s’installe en périurbain semble exprimer une
le développement des espaces périurbains s’appuie préférence pour les aménités des espaces ouverts
sur le maillage de villes et de centres bourgs qui en s’installant préférentiellement à distance des
constituent des points d’ancrage. Goffette-Nagot noyaux d’habitat.
(2000) suggère ainsi que le réseau de villages est
susceptible de produire des externalités liées à
leur niveau d’équipement contribuant à attirer les IV. LA RÉGULATION PUBLIQUE, FAC-
ménages vers ces villages. Mais, les ménages ne TEUR DE DISCONTINUITÉS ?
valorisent pas systématiquement la proximité à
un centre urbain. Préférant fuir la concentration La régulation publique de la croissance urbaine
urbaine et ses désagréments (congestion, pol- s’avère également cruciale pour expliquer l’urba-
lution, etc.), la théorie du « flight from blight » nisation discontinue. Nous aborderons en particu-
explique le report des ménages aisés en périphé- lier les effets de la fragmentation politique sur la
Facteurs de l’urbanisation discontinue : proposition d’une grille de lecture 75
B. La planification de l’occupation du sol et des principe du RNU est, en effet, l’urbanisation en
réseaux urbains pour gérer l’urbanisation dis- continuité de la « partie actuellement urbanisée »
continue introduite dans le code de l’urbanisme en 1983
et associée à la « règle anti-mitage » instituée en
Les collectivités maîtrisent leur foncier grâce aux 1977 et commentée par Godfrin (2006) qui la pré-
outils de planification et de fiscalité. Si certains sente comme « ultime garde-fou contre l’urbani-
travaux relativisent le rôle des outils et mettent en sation dispersée ». Moyennant des interprétations
avant la volonté des élus, reflet de celle des rési- variables du principe de continuité, le RNU im-
dents, qui déterminera l’usage des outils de plani- plique un développement de formes urbaines en
fication et de fiscalité (Pogodzinski et Sass, 1994), continuité du bâti existant. Comme ce dévelop-
d’autres montrent que l’usage de certains outils pement n’est pas planifié mais advient au gré des
permet d’expliquer l’étalement urbain (Brueckner permis, il se forme aussi de manière linéaire le
et Kim, 2003 ; Geshkov, 2011). Aux États-Unis, long des voiries.
Falque (2001, p.68) souligne combien l’étalement Enfin, la planification intègre également les objec-
est lié à « la marche inexorable du « zoning », in- tifs de préservation et de protection des espaces
troduit en 1915, exigeant la séparation des fonc- agricoles, naturels et forestiers qui ont pour vo-
tions et donc l’éclatement de la ville ». Le report cation de limiter les atteintes du développement
de population en périphérie sera d’autant plus fa- urbain, notamment la fragmentation des trames
cile que l’installation des ménages pourra se faire écologiques. Mais les zonages de protection en-
sans contrainte. Cette abondance de l’offre fon- vironnementale qui, en leur sein, limitent ou in-
cière potentiellement constructible a un rôle im- terdisent la construction de l’habitat ont aussi des
portant sur les mécanismes des marchés fonciers. effets indirects sur l’urbanisation discontinue. À
En Belgique, Halleux (2005) montre notamment l’échelle d’une région urbaine, Vyn (2012) montre
qu’une offre abondante favorise la filière de l’au- l’effet de report de l’urbanisation au-delà du péri-
to-promotion et l’accroissement de la taille des mètre interdit (green-belt). Geniaux et Napoléone
parcelles résidentielles. Cette offre abondante est (2011) distinguent quant à eux plusieurs niveaux
donc susceptible de générer un habitat plus lâche, prescriptifs de zonages environnementaux sur la
c’est-à-dire un tissu moins dense, voire dispersé. région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ils montrent
que la construction est freinée aux abords des
En France, depuis la loi SRU, les POS ont évo- zonages environnementaux stricts, mais que ces
lué vers les PLU dans lesquels l’urbanisation est zonages agissent comme des aménités qui at-
plus encadrée et initiée par la démarche de pro- tirent les ménages. Ils sont donc susceptibles de
jet d’aménagement et de développement durable produire les effets des aménités exogènes des
(PADD). Dans un esprit visant à minimiser l’es- modèles théoriques de Wu et Plantinga (2003) et
pace à urbaniser et l’extension des réseaux, la ré- Wu (2006) : une concentration plus importante de
glementation tend à contenir les phénomènes de l’urbanisation dans les communes avec zonages
dispersion de l’habitat. L’extension des réseaux environnementaux.
d’eau et d’assainissement représente un coût qui
tend à favoriser un développement en continuité.
L’alternative des solutions individualisées (fosses V. L’OFFRE RÉSIDENTIELLE, FACTEUR
septiques ou puits) permet à l’inverse la disconti- DE DISCONTINUITÉS ?
nuité (Burchfield et al., 2006 ; Newburn et Berck,
2006). Mais, à défaut de documents d’urbanisme, À partir de l’offre potentielle délimitée par les col-
l’urbanisation dans les espaces périurbains les lectivités dans les documents d’urbanisme, se des-
plus éloignés des centres est parfois soumise au sine une offre effective de terrains mis sur le mar-
règlement national de l’urbanisme (RNU). Ce rè- ché par les propriétaires et une offre de logements
glement s’avère en réalité plus contraignant que produite par les promoteurs ou les constructeurs de
les anciens POS dont l’élaboration était motivée maisons individuelles. Les mécanismes de consti-
par le souhait de dépasser les contraintes du RNU tution de cette offre génèrent également une dis-
et d’ouvrir plus largement à l’urbanisation. Le persion de l’habitat dans les espaces périurbains.
Facteurs de l’urbanisation discontinue : proposition d’une grille de lecture 77
A. Conversion ou non conversion : les straté- à un prix inférieur à la meilleure référence connue
gies foncières de l’urbanisation discontinue par « effet cliquet » (Renard, 2004). Enfin, en cas
d’opération d’aménagement, les propriétaires des
Dans les espaces périurbains, la stratégie des pro- terrains peuvent avoir tendance à bloquer la vente
priétaires fonciers évolue en effet d’un capita- pour faire monter les prix (Miceli et Sirmans, 2007).
lisme productif agricole à un capitalisme foncier Brueckner (2000a) et Pouyanne (2014) proposent
patrimonial (Jarrige et al., 2003). Pour les pro- des revues de la littérature détaillant ces modèles.
priétaires de foncier agricole, l’obtention de droits Ajoutons que ce phénomène de rétention contribue
à bâtir leur permet de profiter du différentiel de à la pénurie de terrains et peut donc participer à la
rente entre usage agricole et usage urbain. D’une hausse des prix favorisant le report des ménages à
part, la vente ponctuelle de terrains à bâtir par les faibles revenus dans les espaces périurbains plus
propriétaires, exploitants agricoles, représente éloignés. D’autres raisons expliquent que certains
un moyen d’améliorer leur revenu, notamment à propriétaires conservent leurs biens. Les uns n’ont
l’approche de la retraite compte tenu des niveaux simplement pas d’intérêt à la vente si leur mode de
faibles des pensions. Le prix d’enchère proposé vie leur convient et s’ils n’ont pas d’héritiers. Les
pour un usage résidentiel de leurs terres agricoles autres peuvent être attachés à la terre et cet intérêt
apparaît alors d’autant plus intéressant lorsque les patrimonial représente alors une valeur supérieure
exploitations agricoles sont en difficulté. D’autre au bénéfice de la vente. Enfin le statut juridique de
part, la vente de quelques parcelles sous forme de la propriété, notamment les cas d’indivision, peut
terrains à bâtir ne représente souvent qu’une faible compliquer les opérations de rachat. Dans cette
part des propriétés foncières d’un exploitant agri- perspective, la libération des terrains est souvent
cole. Leur vente peut correspondre à une straté- liée aux événements familiaux (décès, divorce...).
gie foncière permettant à l’exploitant en activité,
grâce au bénéfice de la vente, de racheter d’autres Compte tenu de ces diverses stratégies foncières, la
terres agricoles et d’accroître ainsi son domaine. multiplicité des propriétaires fonciers engagés dans
Dans cette perspective, Clark et al. (2009) uti- des stratégies de valorisation de leur foncier en ter-
lisent le niveau de prix agricoles et relèvent que rains à bâtir est susceptible d’expliquer la dispersion
les prix plus élevés produisent des formes urbaines de l’habitat. La structuration même du parcellaire
moins dispersées. Carrion-Florès et Irwin (2004) est un élément fondamental expliquant les formes
constatent quant à elles qu’une taille des parcelles urbaines (Allain, 2004), mais la structuration de la
plus importante tend à diminuer la probabilité de propriété foncière l’est tout autant. Une proportion
conversion car les parcelles plus grandes sont plus plus importante de petits propriétaires peut engen-
rentables pour les exploitations agricoles. drer une probabilité plus importante que chacun
veuille valoriser un lopin de terre en terrain à bâtir
Face aux stratégies de conversion des parcelles, et donc engendrer une dispersion plus importante.
les stratégies de non-conversion font également
l’objet d’une littérature fournie en économie. B. L’offre de terrains à bâtir et de maisons in-
Quand bien même un terrain serait doté de droits à dividuelles
bâtir, un propriétaire foncier peut tout à fait choisir
de conserver son terrain en l’état. Les premiers L’accroissement de la construction de maisons in-
modèles théoriques en économie s’intéressant aux dividuelles en diffus, c’est-à-dire hors zone d’amé-
discontinuités spatiales de l’urbanisation (leapfrog) nagement, est une caractéristique de l’émiettement
ont notamment pointé le rôle de la rétention fon- urbain décrit par Castel (2007). Outre la préférence
cière. La rétention foncière met en évidence un des ménages pour ce type de logement, les méca-
comportement spéculatif des propriétaires fonciers nismes des marchés du foncier, de l’immobilier et
favorisé par un faible coût du stockage de terrains, de la construction ont un rôle fondamental dans le
des coûts élevés de mutation et un coût du temps développement de l’urbanisation discontinue.
moindre pour les propriétaires par rapport aux amé-
nageurs (Comby, 2003). En période de hausse, les Premièrement, parmi l’offre de logements indi-
propriétaires, anticipant une meilleure rente future, viduels, les ménages peuvent se diriger vers une
auront tendance à différer la vente (Mills, 1981). maison vendue par un promoteur immobilier, ache-
Dans un contexte baissier, ils refuseront de vendre ter un terrain en zone aménagée (par exemple en
78 Sara REUX
lotissement) ou encore acheter un terrain en diffus décroissant du centre vers la périphérie. Dans la
pour y faire construire une maison. Alors que les lignée des travaux de Von Thünen qui relient le prix
formes urbaines produites en promotion immobi- du foncier agricole à la distance au marché central,
lière ou en zone aménagée sont des formes d’habitat les modèles classiques de l’économie urbaine modé-
groupées et plus denses, l’offre de terrain en diffus lisent le gradient décroissant de la rente foncière du
peut générer des formes d’habitat plus dispersées. centre vers la périphérie. Le prix du terrain à bâtir au
L’émergence de ces différents modes de construc- mètre carré décroît avec l’éloignement aux centres
tion et des modes d’utilisation du sol associés est et permet aux ménages de consommer plus d’espace
liée aux mécanismes fonciers, comme nous l’ex- résidentiel moyennant un coût de déplacement accru
pliquent Halleux (2005) pour la Belgique ou Vilmin (Cavailhès et al., 2003). Ce gradient des prix du
(2006) pour la France. Un marché de l’immobilier foncier est donc susceptible d’expliquer à la fois le
trop détendu avec des prix de sortie trop bas pour recul des opérations d’aménagement qui deviennent
intéresser les opérateurs d’aménagement est donc moins rentables à distance du centre mais aussi
susceptible de favoriser l’urbanisation discontinue. la taille accrue des lots que les ménages peuvent
acquérir en acceptant de s’éloigner. Or, la taille des
Deuxièmement, à l’échelle des aires urbaines, le parcelles est un facteur qui accroît la fragmentation
niveau de prix se caractérise par un effet de gradient de l’espace. Si Irwin et Bockstael (2007) soulignent,
dans leur analyse de la fragmentation de l’urbanisa- qui exprime le déversement de l’urbanisation en pé-
tion, l’effet de la réglementation imposant une taille riphérie, l’urbanisation continue tient de l’effusion
minimale de parcelle, la taille des parcelles est aussi quand l’urbanisation discontinue s’apparenterait
le résultat du marché. Dans les opérations d’amé- plutôt à l’explosion. Le processus éruptif, qui est
nagement, elle dépend de l’état du marché et de la le même dans les deux cas, prend des formes dif-
disponibilité des terrains à bâtir. En Belgique, Hal- férentes selon les propriétés du magma (caractéris-
leux (2005) relève ainsi qu’un lotisseur ne prendra tiques et aspirations des ménages), la morphologie
pas le risque de proposer des parcelles trop petites du cratère et du volcan (caractéristiques de la ville
si les opérateurs concurrents alimentent le marché centre et extension progressive de l’aire urbaine) et
avec des parcelles de plus grande taille. En France, le milieu physique extérieur (les aménités, l’offre
pour la construction en diffus, c’est le montant que résidentielle et la régulation publique).
les propriétaires souhaitent retirer d’une vente et la
volonté d’éviter les procédures de lotissement (en Dans cette perspective, la littérature sur l’émiette-
cas de division parcellaire supérieure à 2 lots) qui ment urbain, sur les décisions de conversion des
semblent être significatifs pour expliquer la taille parcelles et sur les marchés fonciers apportent un
des lots proposés par les propriétaires fonciers aux regard complémentaire sur la morphologie de ces
particuliers. nouveaux espaces urbains tout en élargissant l’ana-
lyse au niveau de l’offre résidentielle et de la régu-
Enfin, la maison individuelle, archétype et moteur lation publique. L’analyse croisée des facteurs issus
de l’urbanisation discontinue, s’avère être une so- des trois points de vue présentés (Schéma 1) permet
lution bon marché pour les ménages. Plusieurs tra- alors de construire une grille de lecture composée de
vaux ont en effet montré l’accroissement des coûts trois sous-systèmes en interaction (Schéma 2). Les
de construction lorsque l’habitat est plus dense (par forces centrifuges, les mécanismes de valorisation
exemple Morlet, 2001, Castel et Jardinier, 2011). foncière et les marchés du logement permettent
Castel (2007) souligne que l’ensemble de ces coûts ainsi de comprendre l’urbanisation discontinue.
de construction, d’obsolescence, de maintenance,
de sécurisation, de surveillance, d’assurance, de L’enjeu actuel de l’économie urbaine est de rendre
gestion, de congestion, de commercialisation et de compte des dynamiques et des nouvelles formes
finition représentent des déséconomies d’échelle spatiales de la croissance urbaine (Irwin et al.
qui se répercutent sur les prix d’achat pour les 2009 ; Irwin, 2010). Mais, ces facteurs et sous-sys-
ménages. À l’inverse, il constate que « les urbani- tèmes complémentaires expliquant l’urbanisation
sations moins denses ou dispersées » bénéficient discontinue se déclinent sur des échelles et sur
d’un certain nombre d’avantages de nature à des temporalités différentes. S’ils interrogent la
abaisser les coûts de construction grâce notamment capacité des modèles actuels à rendre compte de
à l’industrialisation de la maison individuelle et à ces dynamiques, cette grille de lecture appliquée à
la minimisation des risques et surcoûts normatifs. des contextes territoriaux permettra de confronter
les schémas de localisation des ménages au fonc-
VI. CONCLUSION tionnement de ces différents sous-systèmes.
general theory of land rent. Cambridge: Harvard consumption. Journal of Urban Economics, 65(1),
University Press. 91-98.
Aragau, C., Berger, M., & Rougé, L. (2011). Du péri- Brueckner, J.K. (2000a). Urban growth models with
urbain aux périurbains. Diversification sociale et durable housing: An overview. Economics of Cities:
générationnelle dans l’ouest francilien. Pouvoirs Theoretical Perspectives, 263-289.
locaux, 3(94), 58-64. Brueckner, J.K. (2000b). Urban sprawl: diagnosis and
Archer, R.W. (1973). Land speculation and scattered de- remedies. International regional science review,
velopment; failures in the urban-fringe land market. 23(2), 160-171.
Urban Studies, 10(3), 367-372. Brueckner, J.K. & Kim, H.-A. (2003). Urban sprawl
Barattucci, C. (2006). Urbanisations dispersée : inter- and the property tax. International Tax and Public
prétations/actions. Rennes, France : Presses univer- Finance, 10(1), 5-23.
sitaires de Rennes. Brueckner, J.K., Thisse, J.-F. & Zenou, Y. (1999). Why
Batty, M. (2001). Polynucleated urban landscapes. Ur- is central Paris rich and downtown Detroit poor?: An
ban studies, 38(4), 635-655. amenity-based theory. European Economic Review,
Bauer, G. & Roux, J.-M. (1976). La rurbanisation ou 43(1), 91-107.
la ville éparpillée. Paris, France : Éditions du Seuil. Burchfield, M., Overman, H.G., Puga, D. & Turner, M.A.
Beaucire, F. (1995). À « ville invisible » citoyen insai- (2006). Causes of sprawl: A portrait from space. The
sissable. Transports Urbains, (88), 3-4. Quarterly Journal of Economics, 121(2), 587-633.
Benenson, I. & Torrens, P.M. (2004). Geosimulation: Camagni, R. (1996). Principes et modèles de l’écono-
object-based modeling of urban phenomena. Com- mie urbaine (F. Chiappone, Trad., Association de
puters, Environment and Urban Systems, 28(1), 1-8. science régionale de langue française, Éd.). Paris :
Berger, M. (2004). Les périurbains de Paris : de la ville Economica.
dense à la métropole éclatée ? Paris, France : CNRS. Capello, R. & Faggian, A. (2002). An economic-ecolog-
Berque, A., Bonnin, P. & Ghorra-Gobin, C. (2006). La ical model of urban growth and urban externalities:
ville insoutenable. Paris, France : Belin. empirical evidence from Italy. Ecological Econom-
Bertrand, N. & Rousier, N. (2010). Le rapport de l’agri- ics, 40(2), 181-198.
culture à la ville : vers quelles proximités économi- Caron, A. & Torre, A. (2006). Quand la proximité devient
ques. L’agriculture dans la ville éclatée, Laboratoire source de tensions : conflits d’usages et de voisinage
de Développement durable et dynamique territoriale, dans l’espace rural. Développement durable et ter-
département de géographie, Université de Montréal, ritoires, 7.
184, 47-64. Carrion-Flores, C. & Irwin, E.G. (2004). Determinants
Billard, G. & Brennetot, A. (2010). Le périurbain a-t-il of residential land-use conversion and sprawl at the
mauvaise presse ? Analyse géoéthique du discours rural-urban fringe. American Journal of Agricultural
médiatique à propos de l’espace périurbain en France. Economics, 86(4), 889-904.
Articulo-Journal of Urban Research, (5). Carruthers, J.I. (2003). Growth at the fringe: the in-
Boiteux-Orain, C. & Huriot, J.-M. (2002). Modéliser fluence of political fragmentation in United States
la suburbanisation. Revue d’Économie Régionale & metropolitan areas. Papers in Regional Science,
Urbaine, (1), 73-73. 82(4), 475-499.
Bonvalet, C. (2001). Les tendances séculaires de la Caruso, G., Peeters, D., Cavailhès, J. & Rounsevell, M.
démographie résidentielle. La ville aux champs, (2007). Spatial configurations in a periurban city.
13-28. A cellular automata-based microeconomic model.
Bonvalet, C. (2005). Logement et vie familiale. Regional Science and Urban Economics, 37(5),
Informations sociales, (3), 56-65. 542-567.
Bouteille, A. (2001). Existe-t-il des critères quantifiables Castel, J.-C. & Jardinier, L. (2011). La densité au pluriel,
susceptibles d’éclairer les choix de politique Un apport à la recherche sur les coûts de l’urbanisa-
publique ? Dans La ville aux champs (139-150). tion. Études Foncières, (152), 12-17.
Paris : ADEF. Castel, J.-C. (2007). De l’étalement urbain à l’émiet-
Bouteille, A. (2008). Les déterminants économiques de tement urbain. Annales de la recherche urbaine,
la densité parcellaire. Études foncières, (135), 6-10. (102), 89-96.
Bretagnolle, A. (1999). Les systèmes de villes dans Cattan, N. & Berroir, S. (2005). Les représentations de
l’espace-temps : effets de l’accroissement des l’étalement urbain en Europe : essai d’interprétation.
vitesses de déplacement sur la taille et l’espacement In La ville insoutenable (pp. 87-96), Paris.
des villes. Thèse de doctorat, Université Panthéon- Cavailhès, J., Peeters, D., Sékeris, E. & Thisse, J.-F.
Sorbonne, Paris. (2003). La ville périurbaine. Revue économique, 54, 5.
Brownstone, D. & Golob, T.F. (2009). The impact of Charmes, E. (2007). Le malthusianisme foncier. Études
residential density on vehicle usage and energy foncières, (125), 12-16.
Facteurs de l’urbanisation discontinue : proposition d’une grille de lecture 81
Charmes, E. (2010). Faut-il lutter contre l’étalement ur- Dubois, O. (2001). La construction résidentielle en
bain ? Consulté à l’adresse [Link] Wallonie : analyse spatiale multiscalaire et logiques
fr/[Link] socio-économiques de localisation. Thèse de doctor-
Charmes, E. (2011). La ville émiettée: essai sur la clubbi- at, Université libre de Bruxelles, Bruxelles.
sation de la vie urbaine. Paris : Presses universitaires Dupuy, G. (1995). Les territoires de l’automobile. Paris,
de France. Anthropos : Economica.
Charmes, É., Launay, L. & Vermeersch, S. (2013). Le Emelianoff, C. (1999). La ville durable, un modèle
périurbain, France du repli ? La Vie des idées, 28. émergent : géoscopie du réseau européen des villes
Clark, J.K., McChesney, R., Munroe, D.K. & Irwin, E.G. durables (Porto, Strasbourg, Gdansk). Thèse de
(2009). Spatial characteristics of exurban settlement doctorat, Université d’Orléans, Orléans.
pattern in the United States. Landscape and Urban Enault, C. (2004). La dilution : note méthodologique
Planning, 90(3), 178-188. pour l’analyse de l’étalement urbain. L’Espace géo-
Clergeau, P. (2007). Une écologie du paysage urbain. graphique, (3), 241-255.
Rennes : Éditions Apogée. Ewing, R. (1997). Is Los Angeles-style sprawl desirable?
Comby, J. (2003). Les logiques contradictoires du por- Journal of the American planning association, 63(1),
tage foncier. Consulté à l’adresse [Link] 107-126.
Comby, J. (2008). Une ville doit croître ou mourir. Ponts Falque, M. (2001). L’étalement urbain aux États-Unis.
et Chaussées Magazine, (5), 16-23. In La ville aux champs. Paris : ADEF.
Coisnon, T., Oueslati, W. & Salanié, J. (2014). Urban Fischel, W.A. (2000). Zoning and land use regulation.
sprawl occurrence under spatially varying agricul- Encyclopedia of Law and Economics, 2, 403-423.
tural amenities. Regional Science and Urban Eco- Fleury, A. (2001). Nouveaux habitants, nouvelle ruralité
nomics, 44, 38-49. péri-urbaine ? In La ville aux champs (pp. 49-62).
De Keersmaecker, M., Barthe-Batsalle, H., Brück, L., Fouchier, V. (1997). Les densités urbaines et le dével-
Georges, X., Halleux, J., Lambotte, J-M., Maréchal, oppement durable : le cas de l’Ile-de-France et des
L. & Rousseaux, V. (2002). Les coûts de la désurban- villes nouvelles. Paris : Secrétariat général du groupe
isation. Études et Documents-CPDT, Namur, 1, 135. central des villes nouvelles.
De Smet, F. (2012). Caractérisation des espaces péri- Fouchier, V. (2001). Mesurer l’étalement, la dédensifica-
urbains, morphologie actuelle et prospective. Thèse tion, le desserrement : différentes formes de gain d’es-
de doctorat, Université de Liège, Liège. paces en Ile-de-France. La ville aux champs, 29-48.
Derycke, P.-H. (1996). Équilibre spatial urbain. In Pen- Frankhauser, P. (1994). La fractalité des structures ur-
ser la ville: théories et modèles (pp. 53-90). Paris : baines. Paris : Anthropos.
Anthropos. Fulton, W.B., Pendall, R., Nguyen, M. & Harrison, A.
Derycke, P.-H. (1974). Note sur la consommation (2001). Who sprawls most?: How growth patterns
d’espace associée à la croissance urbaine. Espace differ across the US. Brookings Institution, Center
géographique, 3(3), 161-168. on Urban and Metropolitan Policy Washington, DC.
Derycke, P.-H. (2000). L’évolution des densités urbaines. Geniaux, G. & Napoléone, C. (2011). Évaluation des ef-
Histoire et modélisation. Structure des villes, entre- fets des zonages environnementaux sur la croissance
prises et marchés urbains, Paris : l’Harmattan, 55-94. urbaine et l’activité agricole. Économie et statistique,
Djellouli, Y., Emelianoff, C. & Bennasr, A. (2010). 444(445), 181-199.
L’étalement urbain : un processus incontrôlable ? Geshkov, M.V. (2011). The effect of land-use controls
Rennes : Presses universitaires de Rennes. on urban sprawl. ProQuest, UMI Dissertation Pub-
Dodier, R. (2007). Vivre les espaces périurbains. lishing.
Rennes : Presses universitaires de Rennes. Gilli, F. (2001). Les modèles urbains en économie et
Donadieu, P. (2001). Conflits d’usage et complémentarité géographie. Approche comparée. L’Espace géo-
dans la gestion des espaces néo-ruraux. La ville aux graphique, 30(2), 165-178.
champs, 183-192. Glaeser, E.L. & Kahn, M.E. (2004). Sprawl and urban
Donzelot, J. (2009). La ville à trois vitesses. Paris : growth. In Handbook of regional and urban econom-
Éditions de la Villette. ics, (4), 2481-2527.
Dowding, K., John, P. & Biggs, S. (1994). Tiebout: A Godard, F. (2000). Les temps des villes et le sens du
survey of the empirical literature. Urban studies, rythme. A. Hayot & A. Sauvage, Le projet urbain :
31(4-5), 767-797. enjeux, expérimentations et professions, 42-48.
Downs, A. (1999). Some realities about sprawl and urban Godfrin, G. (2006). La règle anti-mitage, ultime gar-
decline. Housing policy debate, 10(4), 955-974. de-fou contre l’urbanisation dispersée. Construc-
DREAL des Pays de la Loire. (2013). Identifier et com- tion-Urbanisme, (4).
prendre la rétention foncière. Goffette-Nagot, F. (2000). Urban spread beyond the
Dubois-Taine, G. & Chalas, Y. (1997). La ville émergen- city edge. In Economics of Cities, (pp. 318-340).
te. La Tour-d’Aigues, France : Éditions de l’Aube. Cambridge: Cambridge University Press.
82 Sara REUX
Gordon, P. & Richardson, H.W. (1997). Are compact Lacour, C. (1996). Formes et formalisations urbaines. In
cities a desirable planning goal? Journal of the amer- Penser la Ville : théories et modèles (pp. 259-299).
ican planning association, 63(1), 95-106. Paris : Anthropos.
Grosjean, B. (2010). Urbanisation sans urbanisme : Lambotte, J.-M., Brück, L. & Halleux, J.-M. (2008).
une histoire de la « ville diffuse ». Wavre : Mardaga. Étalement urbain et services collectifs : Les surcoûts
Guengant, A. (1992). Les coûts de la croissance péri- d’infrastructures liés à l’eau. Revue d’Économie
urbaine : l’exemple de l’agglomération rennaise. Régionale & Urbaine, (1), 21-42.
ADEF. Le Jeannic, T. (1997). Trente ans de périurbanisation :
Guérois, M. & Paulus, F. (2002). Commune centre, extension et dilution des villes. Économie et statis-
agglomération, aire urbaine : quelle pertinence pour tique, 307(1), 21-41.
l’étude des villes ? Cybergeo : European Journal Levesque, R. (2005). La terre agricole, un potentiel non
of Geography. Consulté à l’adresse [Link] renouvelable à protéger. Études foncières, 116, 25-27.
[Link]/3491 Margo, R.A. (1992). Explaining the postwar suburban-
Haegel, F. & Levy, J. (1997). Urbanités. Identité spatiale ization of population in the United States: The role of
et représentation de la société. C. Calenge, M. Lus- income. Journal of urban economics, 31(3), 301-310.
sault, B. Pagand, Figures de l’urbain. Des villes, des May, N., Veltz, P. & Landrieu, J. (1998). La ville éclatée.
banlieues et leurs représentations, Tours : Maison La Tour-d’Aigues : Édition de l’Aube.
des Sciences de la ville, 35-65. Miceli, T.J. & Sirmans, C.F. (2007). The holdout pro-
Halleux, J.-M. (2005). Le rôle des promotions foncières blem, urban sprawl, and eminent domain. Journal of
et immobilières dans la production des périphéries: Housing Economics, 16(3), 309-319.
application à la Belgique et à ses nouveaux espaces Mieszkowski, P. & Mills, E.S. (1993). The causes of
résidentiels. Revue géographique de l’Est, 45(3-4), metropolitan suburbanization. The Journal of Eco-
161-173. nomic Perspectives, 7(3), 135-147.
Halleux, J.-M. (2012). Vers la ville compacte quali- Mignot, D. (2000). La croissance éclatée des villes.
tative ? Gestion de la périurbanisation et actions Dossier de candidature en vue de l’obtention de
publiques. Belgeo. Revue belge de géographie, (1-2). l’Habilitation à diriger des recherches.
Haumont, N. (2001). Les pavillonnaires : étude Mills, D.E. (1981). Growth, speculation and sprawl in
psychosociologique d’un mode d’habitat. Paris, a monocentric city. Journal of Urban Economics,
France. 10(2), 201-226.
Irwin, E.G. (2010). New Directions for Urban Economic Mills, E.S. (1967). An aggregative model of resource
Models of Land Use Change: Incorporating Spatial allocation in a metropolitan area. The American
Dynamics and Heterogeneity. Journal of Regional Economic Review, 57(2), 197-210.
Science, 50(1), 65-91. Morlet, O. (2001). Coûts-avantages des basses densités
Irwin, E.G. & Bockstael, N.E. (2002). Interacting agents, résidentielles : état des lieux. Rapport de l’Adef.
spatial externalities and the evolution of residential Muth, R.F. (1969). Cities and housing: the spatial pattern
land use patterns. Journal of economic geography, of urban residential land use. Chicago: University
2(1), 31-54. of Chicago Press.
Irwin, E.G. & Bockstael, N.E. (2004). Land use external- Nechyba, T.J. & Walsh, R.P. (2004). Urban sprawl. The
ities, open space preservation, and urban sprawl. Re- Journal of Economic Perspectives, 18(4), 177-200.
gional science and urban economics, 34(6), 705-725. Newburn, D.A. & Berck, P. (2006). Modeling suburban
Irwin, E.G. & Bockstael, N.E. (2007). The evolution and rural-residential development beyond the urban
of urban sprawl: Evidence of spatial heterogeneity fringe. Land Economics, 82(4), 481-499.
and increasing land fragmentation. Proceedings Newman, P. & Kenworthy, J. (1999). Sustainability and
of the National Academy of Sciences, 104(52), cities: overcoming automobile dependence. Island Press.
20672–20677. Openshaw, S. (1984). Ecological fallacies and the anal-
Irwin, E.G., Jayaprakash, C. & Munroe, D.K. (2009). ysis of areal census data. Environment and Planning
Towards a comprehensive framework for modeling A, 16(1), 17-31.
urban spatial dynamics. Landscape ecology, 24(9), Orfeuil, J.-P. (1999). La mobilité : analyses, représenta-
1223-1236. tions, controverses. Créteil, Val-de-Marne.
Jarrige, F., Jouve, A.-M. & Napoleone, C. (2003). Et Péguy, P.-Y. (2000). Analyse économique des configura-
si le capitalisme patrimonial foncier changeait nos tions urbaines et de leur étalement. Thèse doctorat,
paysages quotidiens. Courrier de l’environnement Université Lumière, Lyon.
de l’INRA, (49), 13-28. Peiser, R.B. (1989). Density and urban sprawl. Land
Jenks, M., Burton, E. & Williams, K. (Ed.). (1996). The Economics, 65(3), 193-204.
compact city: a sustainable urban form? London. Pirotte, A. & Madre, J.-L. (2011). Determinants of Urban
Korsu, E., Massot, M.-H. & Orfeuil, J.-P. (2012). La ville Sprawl in France. An Analysis Using a Hierarchical
cohérente : penser autrement la proximité. Paris : La Bayes Approach on Panel Data. Urban Studies,
Documentation française. 48(13), 2865-2886.
Facteurs de l’urbanisation discontinue : proposition d’une grille de lecture 83
Pogodzinski, J.M. & Sass, T.R. (1994). The theory and Vilmin, T. (2006). Le Système local de l’urbanisation
estimation of endogenous zoning. Regional Science en maisons individuelles, Étude de cas en Ile-de-
and Urban Economics, 24(5), 601-630. France. Logiville, rapport pour le PUCA, Ministère
Polèse, M. & Shearmur, R. (2009). Économie urbaine et de l’Équipement.
régionale : introduction à la géographie économique. Vyn, R.J. (2012). Examining for Evidence of the Leap-
Paris : Economica. frog Effect in the Context of Strict Agricultural
Pouyanne, G. (2014). Théorie économique de la ville Zoning. Land Economics, 88(3), 457-477.
discontinue. Revue d'économie régionale et urbaine Wania, A., Kühn, I. & Klotz, S. (2006). Plant richness
(à paraître). patterns in agricultural and urban landscapes in Cen-
Raymond, H., Haumont, N., Raymond, M.-G. & tral Germany - spatial gradients of species richness.
Haumont, A. (1966). L’Habitat pavillonnaire. Paris : Landscape and Urban Planning, 75(1), 97-110.
Institut de sociologique urbaine. Wiel, M. (2002). Les raisons institutionnelles de la
Renard, V. (2004). Les enjeux urbains des prix fonciers périurbanisation. Brest : ADEUP.
et immobiliers. In Villes et Économie, Paris : La Wu, J. (2006). Environmental amenities, urban sprawl,
Documentation française, (pp. 95-108). and community characteristics. Journal of Environ-
Rougé, L. (2005). Accession à la propriété et modes mental Economics and Management, 52(2), 527-547.
de vie en maison individuelle des familles modestes Wu, J. & Plantinga, A.J. (2003). The influence of public
installées en périurbain lointain toulousain : les open space on urban spatial structure. Journal of
captifs du périurbain ? Thèse de doctorat, Université Environmental Economics and Management, 46(2),
de Toulouse-Le Mirail, Toulouse. 288-309.
Roux, E., Vanier, M. & Délégation interministérielle à Zahavi, Y. & Ryan, M. (1980). The stability of travel
l’aménagement et à la compétitivité des territoires. components over time. Transportation research
(2008). La périurbanisation : problématiques et record, (750).
perspectives. Paris : La Documentation française.
Taffin, C. (1985). Accession à la propriété et
« rurbanisation ». Économie et statistique, 175(1),
55-67.
Taffin, C. (1987). L’accession à tout prix. Économie et Coordonnées de l’auteure :
statistique, 202(1), 5-15.
Turner, M.A. (2005). Landscape preferences and pat-
terns of residential development. Journal of Urban Sara REUX,
Economics, 57(1), 19-54.
Van den Berg, L., Drewett, R., Klaasen, L.H., Rossi, A.
Docteur en sciences économiques,
& Vijverberg, C.H. (1982). A Study of Growth and Université de Bordeaux, Laboratoire GRETHA,
Decline. Urban Europe, 1. Oxford : Pergamon. Responsable du pôle développement des terri-
Vanier, M. (2008). Le pouvoir des territoires : essai sur toires et planification à la DREAL Limousin,
l’interterritorialité. Paris : Economica : Anthropos. [Link]@[Link]