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Code Minier Tunisien 2018

Ce document présente le Code Minier de la République Tunisienne de 2018. Il définit le cadre juridique régissant les activités de prospection, de recherche et d'exploitation des substances minérales en Tunisie.

Transféré par

Mohamed Neji Hergli
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Code Minier Tunisien 2018

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REPUBLIQUE TUNISIENNE

CODE MINIER

2018

Publications de l’Imprimerie Officielle de la République Tunisienne


Edition revue et corrigée le 15 février 2017
Imprimerie Officielle de la République Tunisienne
Adresse: avenue Farhat Hached 2098, Radès ville - Tunisie
Tél.: 216 71 43 42 11 - Fax: 216 71 43 42 34 - 216 71 42 96 35
Site Web: www.iort.gov.tn
Pour contacter directement :
 Le service d’édition : [email protected]
 Le service commercial : [email protected]

Tous droits réservés à l’Imprimerie Officielle de la République Tunisienne


Loi n° 2003-30 du 28 avril 2003, portant promulgation du
Code Minier(1).
Au nom du peuple,
La chambre des députés ayant adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Article premier.- Sont promulguées par la présente loi sous le
titre de « Code Minier », les dispositions législatives relatives aux
activités de prospection, de recherche et d’exploitation minières.
Article 2.- Les dispositions du Code Minier s’appliquent aux
titres miniers octroyés après son entrée en vigueur.
Sont exclus du champ d’application des dispositions du Code
Minier , les permis de recherche et les concessions d’exploitation
institués avant la date d’entrée en vigueur du Code Minier .
Les titulaires desdits permis et concessions peuvent, toutefois,
bénéficier, sur demande présentée à cet effet à l’autorité concédante
dans les délais prévus à l’article 4 de la présente loi, de l’application
des dispositions du présent Code.
Article 3.- Les permis d’exploitation en cours de validité
demeurent jusqu’à leur expiration régis par les dispositions
législatives en vertu desquelles ils ont été octroyés.
Toutefois, à l’expiration de ces permis d’exploitation, leurs titulaires
peuvent demander leur transformation en concessions conformément
aux dispositions du Code Minier .
Article 4.- A la date d’entrée en vigueur du Code Minier , les
titulaires de permis de recherche en cours de validité et/ou de
concessions d’exploitation instituées ont la faculté d’opter


(1) Travaux préparatoires :
Discussion et adoption par la chambre des députés dans sa séance du 10 avril 2003.

3
relativement à ces permis et concessions pour l’application des
dispositions du Code Minier .
L’exercice de l’option prévue à l’alinéa premier du présent
article doit faire l’objet d’une notification signée par le titulaire du
permis et/ou de la concession d’exploitation ou par son représentant
légal.
Chaque titre minier doit faire l’objet d’une notification séparée qui
doit être adressée sous pli recommandé avec accusé de réception au
Ministère chargé des mines ou déposée directement auprès de ses
services contre décharge et ce, six mois au plus tard à partir de la date
d’entrée en vigueur du Code Minier .
A défaut de l’exercice de l’option mentionnée à l’alinéa premier
du présent article par le titulaire d’un titre minier, ledit titre demeure,
jusqu’à son expiration, régi par les dispositions législatives en vertu
desquelles il a été institué.
Article 5.- A l’expiration du délai de six mois prévu à l’article 4
de la présente loi, le Ministre chargé des Mines fixe, par arrêté publié
au Journal Officiel de la République Tunisienne, la liste des permis et
concessions d’exploitation dont les titulaires ont opté pour bénéficier
des dispositions du Code Minier .
Article 6.- Sous réserve des dispositions transitoires
mentionnées aux articles 3 et 4 de la présente loi, seront abrogés à
partir de la date d’entrée en vigueur du Code Minier , les textes
juridiques suivants :
1 - Le décret du 1er janvier 1953 sur les mines,
2 - L’article 20 de la loi n°66-65 du 4 juillet 1966, relative au statut
du personnel des entreprises minières.
Article 7.- Les activités de prospection, de recherche et
d’Exploitation des Mines ne sont pas régies par les dispositions
des articles 45 (nouveau) et 46 ( nouveau ) du Code Forestier
promulgué par la loi n° 88 – 20 du 13 avril 1988 telle que
modifiée par la loi n° 2001 – 28 du 19 mars 2001, portant
simplification des procédures administratives dans le secteur de
l’agriculture et de la pêche.

4
Article 8.- Le Code Minier entrera en vigueur six mois après la
date de publication de la présente loi au Journal Officiel de la
République Tunisienne.
La présente loi sera publiée au Journal Officiel de la République
Tunisienne et exécutée comme loi de l'Etat.
Tunis, le 28 avril 2003.
Zine El Abidine Ben Ali

5
CODE MINIER
TITRE PREMIER
DISPOSITIONS GENERALES
ET DEFINITIONS
Article premier.- Le présent Code a pour objet de définir le
régime juridique des activités de Prospection, de Recherche et
d’Exploitation des Substances Minérales classées " Mines" et définies
à l’article 5 du présent Code. Il fixe de même les droits et les
obligations des opérateurs réalisant lesdites activités.
Article 2.- Au sens du présent Code on entend par :
a - Substances minérales :
Les substances minérales naturelles solides et gazeuses ainsi que
les substances organiques fossilisées.
b - Activités de prospection :
Les travaux préliminaires engagés en vue de mettre en évidence
des sites, secteurs ou zones susceptibles de présenter un intérêt
minier.
c - Activités de recherche :
Les études et les travaux, notamment géologiques, géochimiques,
géophysiques et de forage ainsi que les essais d’extraction et de
traitement dont le but est d’identifier ou de reconnaître des gîtes de
Substances Minérales classées " Mines " et d’en déterminer la forme,
les réserves, la qualité et les possibilités d’Exploitation et de
valorisation.
d - Activités d’exploitation :
Toutes études et travaux d’extraction, de traitement, de
production et de commercialisation des Substances Minérales
classées " Mines ".

7
e - Mines :
Sont considérés " mines ":
- les gîtes naturels des substances minérales ou organiques cités à
l’article 5 du présent Code, qu’ils soient exploités à ciel ouvert ou en
souterrain ,
- les gîtes géothermiques pouvant donner lieu à l’extraction de
l’énergie thermique, notamment par l’intermédiaire des eaux chaudes
et des vapeurs souterraines qu’ils contiennent.
D’autres substances fixées par arrêté du Ministre chargé des Mines
pris au vu de l’accord du Comité consultatif des Mines, peuvent être
également considérées "Mines " et régies par les dispositions du
présent Code.
f - Opérations minières :
Toutes études ou activités se rapportant à la Prospection, à la
Recherche et à l’Exploitation minière.
g - Dépendances d’une exploitation minière :
Toutes installations situées sur le carreau même de l’Exploitation,
attachées à demeure ou non, ainsi que tous les ouvrages et installations
souterrains ou de surface appartenant à celles-ci et/ou liés à l’activité
minière.
h - Espaces maritimes :
Les mers ou portions de mer relevant de la souveraineté ou de la
juridiction nationale.
i - Titres miniers :
Les Titres Miniers sont :
- l’Autorisation de Prospection,
- le Permis de Recherche,
- la Concession d’Exploitation.
Les Titres miniers confèrent le droit d’effectuer des travaux de
Prospection, de Recherche ou d’Exploitation de Substances Minérales
classées "Mines".
j - Autorité concédante :
L’Etat Tunisien représenté par le Ministre chargé des Mines ou
toute Administration compétente visée au présent Code.

8
l - Titulaire :
Le bénéficiaire d’un Permis de recherche ou d’une concession
d’Exploitation.
Dans le cas où ledit Permis ou ladite Concession est attribué(e)
conjointement à plusieurs personnes, ces dernières sont désignées
collectivement par le terme " le Titulaire" et individuellement par le
terme " le Co-Titulaire".
m - Entreprise de travaux ou de services :
L’entreprise à qui le Titulaire confie, après accord de l’Autorité
Concédante, le rôle de sous-traitant pour la réalisation des travaux de
recherche ou d’Exploitation.
Article 3.- Les dispositions du présent Code, à l’exception de
celles régissant exclusivement les activités du titulaire, s’appliquent à
toute entreprise de travaux et/ou de services qui se substitue au
Titulaire dans la conduite et la réalisation des activités de recherche ou
d’Exploitation.
Article 4.- Les gîtes naturels de Substances Minérales sont classés
conformément aux dispositions des articles 5 et 6 du présent Code en "
Mines" ou " Carrières".
Article 5.- Sont considérés comme "Mines" et classés en six groupes,
les gîtes connus pour contenir les Substances Minérales suivantes :
1er GROUPE :
Les combustibles solides tels que : le graphite, l’anthracite, la
houille, le lignite et autres combustibles fossiles.
2ème GROUPE :
Les combustibles liquides et gazeux tels que : le bitume,
l’asphalte, le pétrole et autres hydrocarbures liquides ou gazeux,
l’hélium et autres gaz rares et toutes les sources liquides ou gazeuses
d’origines géothermiques à haute ou à moyenne enthalpie.
3ème GROUPE :
- Les substances métalliques et semi-métalliques telles que : le fer,
le plomb, le zinc, le cuivre, le baryum, le fluor, le strontium, le
mercure, le soufre, le manganèse, l’antimoine, l’aluminium, l’or,
l’argent, l’étain, le bismuth, le cadmium, le chrome, le cobalt, le
magnésium, le molybdène, le nickel, le tungstène, l’arsenic ...

9
- Les substances radioactives telles que : l’uranium, le thorium et
autres éléments radioactifs.
- Les pierres précieuses telles que : le diamant et autres.
4ème GROUPE :
Les sels naturels solides ou dissous se présentant en gisements
massifs ou en saumures naturelles tels que les chlorures (y compris le
sel marin), les bromures, les iodures, les borates, les sulfates, les
nitrates et les autres sels associés dans les mêmes gisements.
5ème GROUPE :
Les phosphates.
6ème GROUPE :
Les roches à prédominance mono-minérale notamment à
applications industrielles autres que celles utilisées en génie civil tels
que le kaolin, les illites, les smectites, l’attapulgite, la calcite, la
dolomite, la magnésite, la silice, les diatomites, le quartz, les
feldspaths …
Un arrêté conjoint du Ministre chargé des Mines et du Ministre
chargé des Carrières établira, sur avis du Comité Consultatif des
Mines, les limites qualitatives minimales des Substances Minérales
appartenant au 6ème groupe .
Article 6.- Les substances minérales qui ne sont pas classées
"Mines " sont considérées comme "Carrières" et régies par la loi sur
les carrières.
Les activités de prospection, de recherche et d’Exploitation des
Hydrocarbures sont régies par le Code des Hydrocarbures.
Article 7.- Les Substances Minérales classées "Mines" situées
dans le sol et le sous-sol de l’ensemble du territoire national et dans
les Espaces Maritimes tunisiens font partie de plein droit, en tant que
richesse nationale, du domaine public de l’Etat tunisien.
Article 8.- Les Substances Minérales classées "Mines" sont
réputées immeubles. Elles ne sont pas soumises aux dispositions de la
loi foncière relative aux immeubles immatriculés et ne sont pas
susceptibles d’hypothèque.
Sont réputés meubles les minerais extraits ainsi que les actions ou
intérêts dans toute société exerçant les Activités d’Exploitation.

10
Article 9.- Le droit de Prospection, de Recherche ou
d’Exploitation d’une Mine ne peut être acquis qu’en vertu d’un titre
Minier délivré par le Ministre chargé des Mines.
Le Permis de Recherche et la Concession d’Exploitation sont
accordés pour toutes les Substances Minérales d’un même groupe.
Il peut être accordé, même en faveur de demandeurs différents et
dans les mêmes périmètres, des Permis de Recherche, ou des
Concessions d’Exploitation distincts entre eux, portant sur des
groupes différents de Substances Minérales classées "Mines" au sens
du présent Code.
Article 10.- Toute personne physique ou morale , remplissant les
conditions nécessaires pour entreprendre des activités de prospection,
de Recherche et d’Exploitation des Mines, peut obtenir un ou
plusieurs Titres Miniers.
Article 11.- Les Activités de Prospection, de Recherche et
d’Exploitation des Mines ne peuvent être entreprises que par :
a - L’Etat tunisien, suivant des modalités qui seront fixées par
décret pour chaque cas particulier,
b - Les personnes physiques ou morales tunisiennes ou étrangères
qui disposent de ressources financières et d’une capacité technique
suffisantes pour entreprendre les dites activités dans les meilleures
conditions.
Article 12.- Il est créé un Comité Consultatif des Mines dont l’avis
est obligatoirement requis dans tous les cas prévus par les dispositions
du présent Code. Le Ministre chargé des Mines peut, demander l’avis
de ce comité sur toute autre question relative aux Mines.
La composition et les modalités de fonctionnement du Comité
Consultatif des Mines sont fixées par décret.
Article 13.- Les Activités de Recherche et d’Exploitation des
Substances Minérales classées " Mines " constituent des actes de
commerce.
TITRE II
DE L’AUTORISATION DE PROSPECTION
Article 14.- L’autorisation de Prospection est accordée pour
permettre aux demandeurs de procéder aux investigations nécessaires
en vue de préparer les dossiers de demandes de Permis de Recherche.

11
L’Autorisation de Prospection porte sur des travaux et des études
géologiques à portée stratégique visant la mise en évidence de sites ou
de zones d’intérêt minier pouvant donner lieu à des programmes de
recherche des Substances minérales classées "Mines". Cette autorisation
ne concerne pas les travaux de forage et les travaux miniers.
L’Autorisation de Prospection est accordée par décision du
ministre chargé des mines pour une période maximale d’une année
renouvelable une seule fois et pour la même durée. En cas de rejet de
la demande, le Ministère chargé des mines en informe le demandeur
dans un délai ne dépassant pas un mois à partir de la date du dépôt de
la demande.
Article 15.- L’autorisation de prospection peut porter sur des
surfaces couvertes ou non par un Titre Minier. Cette autorisation
concerne les Substances Minérales classées "Mines" appartenant
à un ou à plusieurs groupes. Cependant, elle ne porte pas sur le
groupe couvert par un Permis de recherche ou une Concession
d’Exploitation en vigueur. Elle peut être accordée à plusieurs
pétitionnaires pour une même zone.
Dans tous les cas, les droits du Titulaire demeurent intégralement
réservés et prévalent sur ceux du bénéficiaire de l’Autorisation de
Prospection notamment lorsque les activités de ce dernier entraînent
une gène matérielle et directe pour les activités du Titulaire.
Article 16.- L’Autorisation de Prospection ne constitue pas une
étape nécessaire précédant l’obtention d’un Permis de Recherche et ne
peut faire obstacle à l’octroi par le Ministère chargé des Mines de
Permis de Recherche ou de Concessions d’Exploitation couvrant la
superficie objet de l’Autorisation de Prospection.
Article 17.- Lorsque le bénéficiaire de l’Autorisation de
Prospection procède à des travaux autres que ceux prévus à l’article
14 du présent code, l’autorisation peut être annulée, et ce, après que le
bénéficiaire aura été entendu.
Article 18.- Deux mois avant la date d’expiration de l’Autorisation
de Prospection, le bénéficiaire doit remettre au ministère chargé des
Mines un dossier comportant l’ensemble des études réalisées et le cas
échéant le détail des travaux engagés.
Article 19.- L’Autorisation de Prospection est incessible.

12
TITRE III
DES PERMIS DE RECHERCHE
Section première
Conditions de dépôt de la demande et de son instruction
Article 20.- Les modalités de dépôt et d’instruction de la demande du
Permis de Recherche sont fixées par arrêté du Ministre chargé des mines.
Article 21.- Le demandeur d’un Permis de Recherche doit avoir un
domicile réel ou élu en Tunisie. A défaut, il est tenu de désigner à
l’Administration un représentant domicilié en Tunisie.
A ce domicile, sont valablement faites, toutes les notifications et
les significations de tous les actes de procédure concernant
l’application du présent Code.
Article 22.- La demande d’un Permis de recherche ne peut être
reçue que pour un périmètre formé par un ou plusieurs périmètres
élémentaires contigus, tels que définis à l’article 23 du présent code.
Toutefois, est recevable, la demande du Permis de recherche
délimité par une frontière internationale et comportant, de ce fait, des
portions de périmètres élémentaires.
Une demande distincte doit être présentée pour chaque surface
constituée d’un nombre entier de périmètres élémentaires d’un seul
tenant et pour chaque groupe de Substances Minérales classées "
Mines ".
La demande inscrite n’est susceptible d’aucune modification en ce
qui concerne le groupe de Substances Minérales concerné et la surface
sollicitée.
Article 23.- Le périmètre élémentaire prévu à l’article 22 du
présent Code est de forme carrée et d’une superficie de quatre cents
hectares, à l’exception des périmètres élémentaires des Substances
Minérales du 6ème groupe dont la superficie est fixée à cent hectares (1
km2).
Les côtés de ces périmètres sont orientés suivant les directions
Nord-Sud et Est-Ouest vraies et sont constitués par des portions de
parallèles et de méridiens. Leurs sommets sont définis par des
coordonnées géographiques et par des numéros de repères qui seront
fixés par décret.

13
La superficie des Permis de Recherche du 6ème groupe est définie
par la distance en mètres de chacun de leur côté à un même et unique
point de repère matériellement fixe, qui doit figurer sur l’une des
cartes topographiques au 1/25.000, 1/50.000 ou 1/100.000 de la
Tunisie.
Article 24.- La demande d’un Permis de Recherche ou son
renouvellement doit être accompagnée d’un engagement qui précise
les travaux de Recherche que le demandeur s’engage à effectuer à
l’intérieur des limites du périmètre demandé pendant la période de
validité du permis.
Cet engagement doit préciser :
- la nature des travaux de recherche envisagés et leur planning de
réalisation,
- le minimum des dépenses à réaliser en travaux effectifs,
- la désignation de l’encadrement et des responsables de la
conduite des travaux.
La justification de l’exécution de cet engagement fait l’objet d’un
rapport annuel fourni par le titulaire du Permis au Ministère chargé
des Mines.
Article 25.- Lors de l’étude d’une demande de Permis de
Recherche, les critères concernant la capacité technique et financière
du demandeur ainsi que la nature et la consistance du programme de
travaux proposé doivent être pris en considération.
En cas de demandes concurrentes portant sur la même superficie,
lesdites demandes sont classées selon les critères indiqués au premier
paragraphe du présent article.
Article 26.- Le Ministère chargé des Mines notifie au demandeur
le rejet de sa demande dans un délai ne dépassant pas un mois de la
date de son dépôt et ce, en cas de non conformité aux modalités de
dépôt de la demande du Permis de recherche telles que définies par
l’arrêté prévu à l’article 20 du présent Code.
Article 27.- Le droit fixe versé au profit de l’Etat Tunisien à
l’occasion du dépôt de la demande conformément à l’article 96 du
présent Code n’est pas remboursé dans le cas où la demande est
rejetée ou dans le cas où le Permis est annulé.

14
Article 28.- Le Permis de Recherche est délivré sous réserve des
droits des tiers régulièrement acquis.
Si la demande d’un Permis de Recherche porte sur un périmètre
qui empiète sur celui d’un autre Permis ou sur celui d’une Concession
d’Exploitation de même groupe de Substances Minérales encore en
vigueur, le Permis n’est alors accordé que pour le périmètre se
trouvant en dehors des limites de ces titres.
Si l'empiétement n’est connu qu’après l’octroi du Permis de
Recherche, la rectification des limites de ce Permis peut être
prononcée par arrêté du Ministre chargé des Mines d’office ou à la
demande de tout intéressé.
Section 2
Octroi du permis de recherche
Article 29.- Le Permis de Recherche est accordé par arrêté du
Ministre chargé des Mines, pris au vu de l’accord du Comité
Consultatif des Mines et publié au Journal Officiel de la République
Tunisienne.
Article 30.- Le Permis de Recherche est accordé pour une période
initiale de trois années à compter du jour de la publication de l’arrêté
institutif du Permis au Journal Officiel de la République Tunisienne et
est renouvelable dans les conditions prévues par le présent Code.
Article 31.- Sous réserve des dispositions législatives en vigueur,
le titulaire du Permis de Recherche a le droit exclusif d’entreprendre,
dans le périmètre défini par l’arrêté institutif, toutes les Activités de
Recherche, les fouilles, les sondages et les reconnaissances en vue de
découvrir des gîtes miniers.
En outre, il a le droit exclusif d’obtenir, pendant la durée de
validité du Permis et dans l’étendue de son périmètre, des Concessions
d’Exploitation dans les conditions prévues par les dispositions du
présent Code.
Section 3
Renouvellement du permis de recherche
Article 32.- Le Titulaire d’un Permis de Recherche a droit au
renouvellement de son Permis pour deux périodes successives d’une
durée maximale de trois ans chacune et sous réserve qu’il ait :

15
a - rempli les obligations auxquelles il est tenu, notamment celles
relatives aux minima de dépenses et de travaux à réaliser dans le
périmètre couvert par le Permis, au cours de la période de validité
arrivée à échéance,
b - présenté une demande de renouvellement du Permis de
Recherche deux mois au moins avant la date d’expiration de sa
période de validité,
c - pris l’engagement de réaliser au cours de la période de
renouvellement, un programme minimum de travaux de recherche
dont le coût prévisionnel constitue également un engagement
minimum de dépenses,
d - fait la preuve d’une capacité technique et financière suffisante
pour entreprendre les travaux visés au point c. du présent article dans
les meilleures conditions,
e - qu’il n’ait pas commis d’infractions ayant entraîné des atteintes
graves à l’environnement.
A l’expiration de la deuxième période de renouvellement et en cas de
découverte d’un gisement pouvant donner droit à une Concession
d’Exploitation, le Titulaire aura droit à un renouvellement exceptionnel de
son Permis de Recherche pour évaluer le gisement, réaliser l’étude de
faisabilité technico-économique et procéder éventuellement à la promotion
du projet.
Le renouvellement peut, à la demande du Titulaire, concerner la
totalité ou une partie de la superficie du Permis initial.
Si, sans motif pertinent, le programme des travaux n’a été réalisé
que partiellement, la superficie du Permis initial peut être réduite lors
du renouvellement en fonction des dépenses et du volume des travaux
réalisés et ce, en tenant compte des intérêts minier du
permissionnaire.
Les dépenses de recherche réalisées sur le périmètre concerné par
le Permis de Recherche doivent correspondre pour au moins soixante
quinze pour cent à l’exécution effective des travaux utiles tels que la
cartographie géologique, la géophysique, la géochimie, les tranchées,
les sondages, les travaux souterrains, les essais géotechniques, les
essais de valorisation des minerais ...

16
Article 33.- Les modalités de dépôt et d’instruction de la demande
de renouvellement du Permis de recherche sont fixées par arrêté du
Ministre chargé des Mines.
Article 34.- Le renouvellement du Permis de Recherche prend
effet à compter du jour où celui-ci arrive à expiration. Il est accordé
par arrêté du Ministre chargé des Mines, pris au vu de l’accord du
Comité Consultatif des mines et publié au Journal Officiel de la
République Tunisienne.
S’il n’est pas statué sur la demande de renouvellement avant la
date d’expiration normale du Permis, celui-ci est prorogé tacitement
sans autres formalités jusqu’à ce que le Ministre chargé des Mines se
prononce sur son sort.
Avant l’intervention de cette décision et à partir de la date d’expiration
normale de la validité du Permis, des demandes de Permis de Recherche
portant sur le même périmètre et le même groupe de substances minérales
peuvent être déposées. Toutefois, elles ne donnent pas lieu à
l'enregistrement, mais seulement à la délivrance d’un reçu de dépôt.
Si le Permis est renouvelé, les demandes portant sur le même
périmètre sont retournées aux demandeurs.
Si le Permis n’est pas renouvelé, ces demandes sont classées dans
l’ordre prévu à l’article 25 du présent Code.
Section 4
Dispositions diverses
Article 35.- Toute demande d’un Permis de Recherche ou son
renouvellement peut faire l’objet d’une reconnaissance des lieux, par
le Ministère chargé des Mines à laquelle le demandeur est tenu
d’assister ou de se faire représenter, sous peine de rejet de sa
demande.
Si cette reconnaissance des lieux fait apparaître une irrégularité
dans la demande et si, après mise en demeure adressée au demandeur
par lettre recommandée avec accusé de réception, celui-ci ne fournit
pas les justifications qui lui sont réclamées dans un délai d’un mois à
partir de la date de mise en demeure, et n’apporte pas à ses plans les
rectifications nécessaires pour les rendre conformes aux prescriptions
du présent titre, le Ministre chargé des Mines prononce, au vu de
l’accord du Comité Consultatif des Mines, le rejet de la demande.

17
Ce rejet est notifié au demandeur par lettre recommandée avec
accusé de réception dans un délai n’excédant pas deux mois à compter
de l’expiration de la durée de mise en demeure et inscrit sur un carnet
à souche.
Article 36.- Le Titulaire d’un Permis de Recherche a le droit,
dans le périmètre de son Permis et en se conformant aux prescriptions
du présent Code, d’établir les installations et de mener les Activités de
Recherche utiles à la reconnaissance et à l’étude des gîtes, mais il ne
peut se livrer à aucun travail d’Exploitation.
Article 37.- Le Ministre chargé des Mines peut, par arrêté et à titre
exceptionnel, autoriser le Titulaire d’un Permis de Recherche à
disposer des produits issus de ses recherches en vue de s’assurer de
leur qualité et de procéder à des essais de traitement et d’écoulement.
Article 38.- Les Permis de Recherche sont réputés meubles. Ils sont
indivisibles et transmissibles après décès. Cette transmission doit être
notifiée au Ministère chargé des Mines.
Dans le cas de transmission après décès, le transfert du Permis de
Recherche au nom des héritiers ne peut être accordé que si les travaux
de recherche ont été poursuivis régulièrement et si les ayants-droit
s’engagent par écrit à les continuer et à désigner la personne qui les
représentera auprès du Ministère chargé des Mines.
En cas de déshérence, le Permis de Recherche revient de droit à
l’Etat.
Les Permis de Recherche ne peuvent être cédés ou amodiés
totalement ou partiellement qu’à une entreprise qui satisfait aux
conditions exigées pour l’octroi du Permis et après autorisation du
ministère chargé des Mines.
Pendant les périodes de validité du Permis, l’autorisation de
cession ou d’amodiation prévue au présent article, est de droit si le
demandeur justifie avoir réalisé de son côté le minimum de travaux
fixé par l’arrêté d’octroi du Permis.
Dans tous les cas, ladite autorisation est réputée accordée si le
Ministre chargé des Mines ne s’est pas prononcé dans un délai
maximum de deux mois, à partir de la date de dépôt de la demande.
La cession devra faire l’objet d’un acte de cession établi entre le
cédant et le cessionnaire.

18
Lorsque le Permis de Recherche est accordé à plusieurs Co-
Titulaires et sous réserve de notification à l’Autorité Concédante, le
retrait de l’un ou de plusieurs d’entre eux n’entraîne pas l’annulation
du Permis si les autres Co-Titulaires reprennent à leur compte les
droits et obligations de celui ou de ceux qui se retirent. Dans ce cas, le
retrait est assimilé à une renonciation. En cas d’exercice de cette
option par les Co-Titulaires restants, le transfert porte sur les droits et
obligations relatifs à la période restant à courir.
En cas de cession totale ou partielle du Permis de recherche et à
partir de la date d’entrée en vigueur de ladite cession, le cessionnaire
assume toutes les obligations du cédant et bénéficie de tous les droits
relatifs à la totalité ou à concurrence de la part qui lui a été cédée et
découlant des dispositions du présent Code et des textes
réglementaires pris pour son application.
La cession totale ou partielle des droits et obligations découlant
d’un Permis de Recherche ne donnera lieu au paiement d’aucun
impôt, droit ou taxe de quelque nature que ce soit, existants ou qui
seraient ultérieurement créés.
En cas de cession totale ou partielle des droits et obligations
découlant d’un Permis de Recherche, le cessionnaire peut amortir
conformément aux dispositions prévues par le présent Code, les
dépenses engagées par le cédant et qui n’ont pas été réglées ou
amorties.
La cession fait l’objet dans tous les cas d’un arrêté du Ministre
chargé des Mines portant autorisation de ladite cession au vu de
l’accord du Comité Consultatif des Mines. Cet arrêté est publié au
Journal Officiel de la République Tunisienne.
Article 39.- Les modalités de dépôt et d’instruction de la demande
d’autorisation de cession relative à un permis de Recherche sont fixées
par arrêté du Ministre chargé des Mines.
Article 40.- Le Titulaire d’un Permis de Recherche peut, à tout
moment, renoncer totalement ou partiellement à son Permis, en vertu
d’une déclaration écrite à cet effet, et ce, sous réserve qu’il ait
accompli ses engagements minima de travaux et de dépenses, pour la
période de validité précédant la renonciation.
Le Ministre chargé des Mines prononce, par arrêté publié au
Journal Officiel de la République Tunisienne, l’annulation totale ou

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partielle dudit Permis et fixe la date à partir de laquelle de nouveaux
droits de recherche peuvent être acquis sur les gîtes auxquels il a été
renoncé.
En cas d’abandon, sans motif pertinent, le Titulaire perd le droit
d’obtenir des Titres Miniers pendant un an à partir de la date de la
déchéance du Permis de recherche.
Article 41.- Le Titulaire d’un Permis de Recherche expiré ou
annulé, ne peut acquérir de nouveau, directement ou indirectement,
des droits même partiels, sur le périmètre que couvrait ce Permis,
qu’après un délai d’un an à compter de la date d’expiration ou
d’annulation.
Toutefois, ces dispositions ne s’appliquent pas si la demande de
renouvellement a été rejetée pour n’avoir pas été présentée dans le
délai prévu à l’article 32 du présent Code et si le Permis est
renouvelable au regard des dispositions de ce même article.
Le Ministre chargé des Mines peut, à la demande du Titulaire et au vu
de l’accord du Comité Consultatif des Mines réduire le délai visé au
paragraphe premier du présent article sans pour autant qu’il soit inférieur
à six mois.
Article 42.- Le Titulaire est tenu de commencer les travaux dans les
douze mois qui suivent la date d’octroi ou de renouvellement du Permis et
de poursuivre régulièrement ces travaux au cours de chaque période de
validité du Permis.
Article 43.- Le Permis de Recherche peut être annulé dans les cas
suivants :
a - si le Titulaire ne remplit plus les conditions de capacité
technique et financière exigées pour l’octroi du Permis et qui sont
définies à l’article 11 du présent code,
b - s’il s’avère que le Titulaire a donné sciemment des
renseignements inexacts dans le but d’obtenir le Permis de recherche,
c - si le Titulaire ne remplit pas les engagements qu’il a souscrits
conformément à l’article 24 du présent Code,
d - si le Titulaire ne s’est pas conformé aux obligations prévues par
les articles 42 et 73 du présent Code,
e - si le Titulaire refuse de reprendre à son compte les droits et
obligations de l’un des Co-Titulaires ou des Co-titulaires du Permis et

20
ce, dans le cas où ils se retirent sans céder lesdits droits et obligations
dans les conditions prévues à l’article 38 du présent Code,
f - si le Titulaire refuse de communiquer les renseignements et les
documents exigés conformément aux dispositions de l’article 76 du
présent Code,
g - si le titulaire refuse de se conformer aux mesures qui lui sont
prescrites par le Ministère chargé des Mines dans les conditions définies
aux articles 116 et 117 du présent Code.
L’annulation est prononcée dans les mêmes formes que l’octroi du
Permis de Recherche, et ce, après mise en demeure adressée au Titulaire
par lettre recommandée avec accusé de réception et non suivie d’effet
dans un délai de deux mois.
TITRE IV
DES CONCESSIONS D’EXPLOITATION
Section première
Conditions d’octroi de la concession d’exploitation
Article 44.- Toute Concession d’Exploitation doit être entièrement
limitée au périmètre couvert par le Permis de Recherche en vertu
duquel elle est demandée.
Elle ne peut porter que sur le groupe de substances visé par ledit
Permis.
Elle n’est accordée que si les conditions suivantes sont remplies :
a - si les travaux du demandeur de la Concession d’Exploitation ont
démontré l’existence, dans les limites du périmètre sollicité, d’un gîte
reconnu économiquement exploitable,
b - si le demandeur a accepté les clauses et conditions générales
d’un cahier des charges relatif à la production, et au montant des
travaux de Recherche et d’équipement que le Titulaire sera tenu
d’effectuer.
Le cahier des charges type sera établi conformément aux
dispositions du présent Code et approuvé par décret.
Le cahier des charges peut fixer notamment le mode de règlement
des litiges et stipuler que les droits et obligations du Titulaire sont

21
ceux résultant des dispositions du présent code et des textes
réglementaires pris pour son application en vigueur à la date de
signature du cahier des charges,
c - si le demandeur a justifié des capacités techniques et
financières lui permettant de remplir ses engagements,
d - si le demandeur a présenté un plan de développement tel que
défini à l’article 45 du présent Code.
Article 45.- Le demandeur d’une Concession d’Exploitation doit
s’engager, dans le cadre du cahier des charges prévu à l’article 44 du
présent code, sur les principales conditions de développement,
d’Exploitation, de Recherche, de protection de l’environnement et sur
la remise en état des lieux à la fin de l’Exploitation.
En outre, le demandeur d’une Concession d’exploitation doit
présenter un plan de développement comportant les éléments suivants :
a - une étude géologique et une estimation des réserves en place et
des réserves prouvées récupérables,
b - un plan d’Exploitation adapté aux conditions du gisement,
c - un schéma approprié relatif au traitement du minerai,
d - une étude économique avec une estimation détaillée des coûts
de développement et d’Exploitation établissant l’intérêt économique
de la découverte,
e - une étude sur les besoins en personnel accompagnée d’un plan de
recrutement et de formation du personnel local,
f - un calendrier de réalisation des travaux de développement,
g - un programme de recherche et de renouvellement des réserves,
h - une étude d’impact sur l’environnement conformément à la
législation en vigueur.
Section 2
Conditions de dépôt de la demande et de son instruction
Article 46.- Les modalités de dépôt et d’instruction de la demande
d’une Concession d’Exploitation sont fixées par arrêté du Ministre
chargé des Mines.

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Article 47.- Sous peine de rejet, la demande de Concession
doit être déposée au moins deux mois avant la date
d’expiration du Permis de Recherche en vertu duquel elle est
demandée.
A défaut, l’Autorité Concédante peut requérir du titulaire
de lui céder la découverte sans aucune indemnité.
Article 48.- La demande de Concession d’Exploitation ne peut
être reçue que pour la superficie contenant la découverte et qui est
constituée par un nombre entier de périmètres élémentaires contigus
tels que définis conformément aux dispositions de l’article 23 du
présent Code.
Toutefois, est recevable la demande d’une Concession
d’Exploitation dont le périmètre est délimité par une frontière
internationale et qui comporte, de ce fait, des portions de périmètres
élémentaires.
Article 49.- La demande de Concession d’Exploitation est
enregistrée à la date de son dépôt par le Ministère chargé des Mines,
qui en délivre récépissé au demandeur.
L’enregistrement est refusé en cas de défaut de production du
récépissé de versement du droit fixe prévu au premier point de l'article
96 du présent Code.
S’il n’est pas statué sur la demande dans les délais de validité du
Permis en vertu duquel elle est présentée, ce Permis sera tacitement
prorogé sans autres formalités jusqu’à ce que le Ministre chargé des
Mines se prononce sur son sort.
Article 50.- Si la demande n’est pas reconnue régulière en la
forme et si le demandeur ne fournit pas les justifications qui lui sont
réclamées ou ne régularise pas sa situation conformément aux
prescriptions du présent titre dans un délai d’un mois après sa mise en
demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, le Ministre
chargé des Mines prononce le rejet de la demande. Ce rejet est notifié
au demandeur par écrit.
Section 3
Octroi de la concession d’exploitation
Article 51.- La Concession d’Exploitation est octroyée par arrêté
du Ministre chargé des mines au vu de l’accord du Comité Consultatif

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des Mines. Cet arrêté est publié au Journal Officiel de la République
Tunisienne.
Article 52.- La Concession d’Exploitation est accordée pour une
durée qui est appréciée en fonction des réserves exploitables.
Elle peut être prolongée autant de fois que nécessaire et en
fonction des réserves additionnelles découvertes.
La demande de prolongation de la Concession d’Exploitation doit
être adressée au Ministère chargé des mines deux ans au moins avant
l’expiration de ladite Concession. Il en est délivré un récépissé.
Article 53.- L’institution d’une Concession d’exploitation entraîne
de plein droit l’annulation du Permis de Recherche dont elle dérive.
Toutefois, l’annulation ne porte que sur les périmètres
élémentaires dans lesquels est contenue totalement ou
partiellement la Concession d’exploitation demandée, et laisse, le
cas échéant, subsister les autres périmètres élémentaires dont la
durée de validité n’est pas encore parvenue à expiration.
L’institution de la Concession d’Exploitation ne peut porter
préjudice aux droits acquis par des titulaires et portant en tout ou en
partie sur les mêmes superficies et sur le même groupe de Substances
Minérales.
Si, après l’institution d’une Concession d’Exploitation, il est
reconnu que son périmètre empiète sur des superficies sur lesquelles
des droits miniers sont en vigueur, la rectification des limites de la
Concession d’Exploitation peut être demandée à tout moment par les
intéressés au Ministre chargé des mines.
Article 54.- Le Titulaire d’une Concession d’Exploitation a le
droit exclusif d’entreprendre les Activités d’Exploitation à l’intérieur
de la surface verticale passant par le périmètre de cette Concession.
Article 55.- Le Titulaire d’une Concession d’Exploitation a le
droit de disposer des produits miniers extraits de sa Concession.
Article 56.- Un arrêté du Ministre chargé des Mines, pris au vu de
l’accord du Comité Consultatif des Mines, peut, à la demande des
Titulaires intéressés, prononcer, à toute époque, la fusion en une seule
Concession d’Exploitation de plusieurs Concessions contiguës portant
sur le même groupe de Substances Minérales classées " Mines ".

24
Cette fusion peut être prononcée par l’acte même qui institue l’une
des Concessions d’Exploitation contiguës.
Article 57.- Le Titulaire est tenu de commencer les travaux de
développement de la Concession d’Exploitation au plus tard deux ans
après la date de son octroi.
A défaut, l’Autorité Concédante peut, après avoir entendu le
titulaire, annuler la Concession d’Exploitation et en disposer librement
sans aucune indemnisation.
Article 58.- Lorsque l’abattage ou l’extraction d’une Substance
Minérale au titre de laquelle une Concession d’Exploitation a été
accordée, entraîne inévitablement l’abattage ou l’extraction d’une
autre substance non comprise dans le groupe pour lequel la
Concession d’exploitation a été accordée, le Titulaire doit présenter
une demande de Permis de Recherche ou de Concession
d’Exploitation sur le groupe auquel appartient la substance considérée.
Le Permis de Recherche ou la Concession d’Exploitation lui sera
alors accordé de plein droit.
Toutefois, si un autre titulaire d’une Concession d’exploitation en
vigueur revendique cette substance en vertu d’une Concession
d’exploitation antérieurement obtenue, ladite substance peut être
remise à ce dernier moyennant le paiement d’une juste indemnité.
Article 59.- Le Titulaire d’une Concession d’Exploitation ne peut
disposer des substances non couvertes par le Permis et extraites lors
de ses travaux que pour le service de la Mine et de ses Dépendances.
Le propriétaire du sol peut revendiquer, moyennant, le cas échéant
une juste indemnité, celles de ces substances qui ne sont pas utilisées
par l’exploitant et qui ne sont pas classées " Mines ".
Toutefois, l’exploitant peut librement disposer de celles de ces
substances qui proviennent de la préparation mécanique des minerais.
Section 4
Dispositions diverses
Article 60.- La Concession d’Exploitation est réputée meuble. Elle
est indivisible. La cession et l’amodiation totale ou partielle d’une
Concession d’Exploitation sont soumises aux conditions définies à
l’article 61 du présent Code.

25
Article 61.- La Concession d’Exploitation ne peut être cédée ou
amodiée en tout ou en partie, qu’en vertu d’une autorisation accordée
par arrêté du Ministre chargé des mines, pris au vu de l’accord du
Comité Consultatif des Mines. Cet arrêté est publié au Journal
Officiel de la République Tunisienne.
Cette autorisation peut être refusée dans les mêmes conditions et pour
les mêmes motifs qu’une demande de Concession d’Exploitation tel qu’il
est prévu à l’article 44 du présent Code. Il ne pourra être imposé au
nouveau demandeur un cahier des charges prévoyant des engagements
supérieurs à ceux du Concessionnaire précédent.
Sont, cependant, dispensées de cette autorisation, les cessions entre
sociétés affiliées après notification préalable à l’Autorité Concédante.
Article 62.- En cas de cession totale ou partielle de la Concession
d’Exploitation, le cessionnaire assume les obligations du cédant et
bénéficie de ses droits relatifs à la totalité de la Concession ou à la part
qui lui est cédée et découlant des dispositions du présent Code et des
textes réglementaires pris pour son application.
La cession totale ou partielle des droits et obligations découlant
d’une Concession d’Exploitation ne donnera lieu au paiement d’aucun
impôt, droit ou taxe de quelque nature que ce soit, existants ou qui
seraient ultérieurement créés.
En cas de cession totale ou partielle des droits et obligations
découlant d’une Concession d’Exploitation, le cessionnaire peut
amortir conformément aux dispositions prévues par le présent Code,
les dépenses engagées par le cédant et qui n’ont pas été réglées ou
amorties.
Article 63.- Les modalités de dépôt et d’instruction de la demande
d’autorisation de cession concernant une Concession d’Exploitation sont
fixées par arrêté du Ministre chargé des Mines.
Article 64.- La Concession d’Exploitation peut être annulée dans
les cas suivants :
a- si le Titulaire ne dispose plus des capacités techniques et financières
lui permettant de réaliser ses engagements,
b- s’il n’a pas acquitté la redevance proportionnelle à la production
prévue par le présent Code,

26
c- s’il a refusé de reprendre à son compte les droits et obligations
d’un associé qui s’est retiré dans les conditions prévues au présent
Code,
d- s’il a refusé de communiquer les renseignements et les
documents concernant l’Exploitation conformément aux dispositions
de l’article 76 du présent Code,
e- s’il a refusé de se conformer aux mesures qui lui sont prescrites
par le Ministère chargé des Mines dans les conditions définies au
présent Code.
Article 65.- L’annulation est prononcée dans les mêmes formes
que l’octroi de la Concession d’Exploitation, et ce, après mise en
demeure non suivie d’effet dans un délai de trois mois, adressée au
Titulaire par lettre recommandée avec accusé de réception.
Article 66.- A l’expiration de la Concession d’Exploitation, celle-
ci fait retour à l’Autorité Concédante franche et libre de toute
obligation ou charge, sans que le Titulaire ne soit relevé de ses
obligations et notamment celles prévues à l’article 73 du présent
Code.
La situation des immeubles, installations et biens affectés à
l’Exploitation minière est liquidée de la manière suivante :
 les réserves minières restantes, les terrains domaniaux, les voies
de circulation et de communication, les ressources et installations
hydrauliques ainsi que le matériel et biens nécessaires à la sécurité et à
l’accès à la mine reviennent à l’Autorité Concédante,
les terrains et bâtiments privés ainsi que le matériel ayant servi à
l’Exploitation reviennent à leurs propriétaires.
Article 67.- En cas d’annulation, de renonciation totale ou
d’abandon de la Concession d’exploitation sans motif pertinent,
l’Autorité Concédante se réserve le droit de poursuivre l’Exploitation
de la Mine directement ou par personne interposée.
Dans ce cas l’ensemble des immeubles, bâtiments, installations,
biens et matériels restent affectés à la poursuite de l’exploitation.
En l’absence d’un arrangement entre le propriétaire et l’Autorité
Concédante ou le nouvel acquéreur dans un délai d’une année à partir
de la date d’annulation, de renonciation totale ou d’abandon, ces biens
reviennent à l’Autorité Concédante.

27
Article 68.- En cas d’abandon, sans motif pertinent, le Titulaire
perd le droit d’obtenir des Titres Miniers pendant trois ans à partir de
la date de la déchéance de la Concession.
Article 69.- Lorsque, sans cause légitime, le titulaire d’une
Concession d’exploitation exploite une Mine d’une façon non
conforme aux obligations auxquelles il a souscrit en vertu des articles
44 et 61 du présent Code, il peut être mis en demeure, après avoir été
entendu, de reprendre les travaux ou de se conformer à ses obligations
dans un délai qui ne peut excéder six mois.
On entend par cause légitime d’inexploitation, l’impossibilité
temporaire dûment reconnue de poursuivre une Exploitation dans des
conditions économiques viables.
La mise en demeure est, à la diligence du Ministère chargé des
Mines, notifiée au titulaire ou à son représentant par lettre
recommandée avec accusé de réception.
Toutefois, pendant la période de mise en demeure, l’Autorité
Concédante se réserve le droit de poursuivre l’Exploitation de la
Mine, soit directement, soit par personnes interposées.
La déchéance de la Concession d’Exploitation est prononcée
suivant les procédures prévues à l’article 65 du présent Code, si le
titulaire de la Concession n’a pas repris les travaux dans les délais
prévus au paragraphe premier du présent article.

TITRE V
DES OBLIGATIONS COMMUNES
A LA CHARGE DES TITULAIRES
ET DES DROITS ANNEXES
Section première
Obligations communes à la charge des titulaires
Article 70.- Le Titulaire est soumis, en ce qui concerne la
conservation et l’utilisation des eaux découvertes au cours de ses
travaux miniers, à la législation en vigueur relative à la conservation et
l’utilisation des eaux du domaine public, sous les réserves suivantes :
1- L’extraction des eaux d’exhaure n’est pas soumise au régime de
l’autorisation simple prévu par le code des Eaux, mais elle doit faire

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l’objet d’une notification au ministère chargé des Eaux. Celui-ci, dans un
délai de trois mois à partir de cette notification, peut requérir du
permissionnaire le dépôt d’une demande d’autorisation et lui imposer, le
cas échéant, les mesures propres à la conservation des nappes aquifères.
L’autorisation ne peut être refusée que si le Titulaire refuse
d’adopter les mesures propres à assurer la conservation des nappes.
En aucun cas, l’extraction des eaux d’exhaure ne peut donner lieu
au versement d’une redevance, sauf si elles sont exploitées pour des
fins autres que celles nécessaires pour les besoins de la Mine et de ses
Dépendances.
2- L’utilisation des eaux d’exhaure pour le service de la Mine, de
ses Dépendances et de son personnel doit faire l’objet d’une
notification au Ministère chargé des Eaux.
La demande de Concession d’Exploitation des eaux n’est
obligatoire que si le Ministère chargé des Eaux le requiert dans un
délai de trois mois après la notification visée à l’alinéa premier du
point 2. du présent article.
La Concession, en vue des utilisations énumérées à l’alinéa
premier du point 2. du présent article ne peut être refusée que si elle
est susceptible de porter un préjudice irréparable aux utilisations
antérieures des eaux ou aux utilisations déjà projetées au moment de
la notification.
Article 71.- Le Titulaire d’un Permis de Recherche et/ou d’une
Concession d’Exploitation est tenu d’entreprendre ses Activités de
Recherche et/ou d’Exploitation en se conformant aux textes législatifs
et réglementaires en vigueur relatifs notamment aux domaines
techniques, à la santé et la sécurité professionnelle, à la protection de
l’environnement et des terres agricoles, des forêts et des eaux du
domaine public hydraulique.
A défaut de réglementation applicable, le Titulaire se conformera
aux règles, critères et saines pratiques en usage dans un
environnement similaire dans l’industrie minière.
Le Titulaire est tenu de même :
a- d’élaborer une étude d’impact de l’Exploitation minière sur
l’environnement conformément à la législation et à la réglementation
en vigueur et d’obtenir au préalable l’approbation de cette étude,

29
b- de prendre toutes les mesures en vue de protéger
l’environnement et de respecter les engagements pris dans l’étude
d’impact, telle qu’approuvée par l’Autorité Compétente,
c- de contracter des assurances de responsabilité civile contre les
risques d’atteintes aux biens d’autrui et aux tiers du fait de son
activité.
d- de prendre les mesures immédiates nécessaires à la protection
des vies humaines et de l’environnement en cas de circonstances
extraordinaires dues à ses activités ou à des phénomènes naturels ,
A défaut, les autorités compétentes pourront prendre les mesures
précitées aux lieu et place du Titulaire qui supportera toutes les
dépenses engagées à cet effet,
e- de prendre les mesures nécessaires et adéquates pour la
protection des ouvriers des risques professionnels et de disposer sur
place et en quantités suffisantes de médicaments et moyens de secours
indispensables pour les premiers soins à donner aux victimes
d’accidents ainsi que les équipements nécessaires pour assurer la
sécurité.
Article 72.- Nonobstant, les dispositions en vigueur relatives à la
déclaration des accidents de travail et des maladies professionnelles, le
titulaire est tenu d’informer immédiatement le Ministère chargé des
mines de tout incident ou accident grave survenu à l’intérieur de la
Mine ou de ses Dépendances.
Article 73.- A l’expiration du Permis de recherche, soit au terme
de sa validité, soit en cas de renonciation ou d’annulation ou lorsque
le Titulaire d’une Concession d’exploitation décide de mettre fin à ses
Activités d’Exploitation en application des dispositions de l’article 66
du présent Code, le titulaire est tenu de remettre en état les surfaces
exploitées de telle manière qu’aucun préjudice ne soit porté à la santé
et à la sécurité des tiers, à l’environnement et aux ressources.
Le Titulaire reste responsable pendant cinq ans de tous dommages
qui seraient reconnus provenir de son exploitation de la Mine. Ledit
délai ne s’applique pas aux dommages résultant des accidents de
travail et des maladies professionnelles lesquels demeurent régis par la
législation en vigueur.

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Article 74.- Le Titulaire est tenu de présenter un plan d’abandon
fixant les conditions d’abandon et de remise en état du site. Le plan
doit être approuvé conjointement par les autorités compétentes
chargées des Mines et de l’Environnement.
Article 75.- Le Titulaire est tenu dans la mesure compatible avec
la bonne marche de ses activités d’employer du personnel tunisien en
priorité. En cas d’indisponibilité de personnel tunisien dans la
spécialité requise, il peut être autorisé par le Ministère chargé de
l’Emploi, après avis de l’Autorité Concédante, à employer
temporairement des agents étrangers, et ce, conformément à la
législation en vigueur.
Il est de même tenu d’assurer la formation du personnel tunisien
dans toutes les spécialités requises par son activité, et ce,
conformément à un plan de formation préalablement agréé par les
services compétents du Ministère chargé de la Formation
Professionnelle, et ce, après avis de l’Autorité Concédante.
Le Titulaire est tenu de favoriser l’utilisation en priorité du
matériel ou des matériaux produits en Tunisie, des services
d’entreprises ou sous-traitants de nationalité tunisienne tant que les
prix, la qualité et les délais de livraison offerts demeurent équivalents
aux offres étrangères.
Article 76.- Le Titulaire de la Concession d’Exploitation doit
remettre mensuellement, au Ministère chargé des mines, tous
renseignements statistiques sur l’activité du mois précédent relatifs au
personnel employé, aux produits extraits et vendus, au rendement, et à
l’utilisation de sa flotte d’engins miniers.
Il remettra également dans le premier trimestre de chaque année,
une copie des plans des travaux exécutés au cours de l’année écoulée
avec le rapport annuel concernant les activités et les dépenses réalisées
dans le cadre des programmes et budgets annuels communiqués à
l’Autorité Concédante.
Le Titulaire du Permis de Recherche ou de la Concession
d’Exploitation est tenu de communiquer au Ministère chargé des
Mines tous renseignements d’ordre géologique, géophysique,
hydrologique, minier et économique dont il dispose.
Ces renseignements ne peuvent être rendus publics ou
communiqués aux tiers par l’Administration, sans le consentement

31
préalable et écrit du Titulaire, exception faite pour les renseignements
statistiques globaux et les documents concernant la géologie générale
et l’inventaire des ressources hydrauliques.
Toutefois, ce consentement cesse d’être obligatoire lorsqu’il s’agit
de renseignements relatifs à des zones de Permis et/ou de Concessions
ayant fait l’objet de retour à l’Autorité Concédante.
Les agents du Ministère chargé des mines peuvent, à l’occasion de
leurs visites, procéder à la vérification des plans et des registres
relatifs à l’activité minière.
Si les plans d’avancement des travaux ne sont pas tenus à jour, ils
peuvent être levés en vertu d’un arrêté du Ministre chargé des Mines
aux frais du Titulaire concerné.
Le Titulaire est tenu d’informer l’Administration compétente des
lieux des monuments archéologiques et historiques rencontrés lors de
l’exécution de ses travaux de recherche ou d’exploitation et de veiller
à leur conservation conformément à la législation en vigueur.
Article 77.- Le Titulaire est tenu de borner le périmètre de son
Permis ou de sa Concession à la première réquisition de
l’Administration. Faute de quoi, il peut y être procédé aux frais du
titulaire par le Ministère chargé des Mines.
Dans le cas de Permis de recherche et/ou de Concessions
limitrophes, le bornage a lieu aux frais communs des Titulaires
intéressés.
Les propriétaires du sol ne doivent pas s’opposer aux opérations de
bornage moyennant réparation des éventuels préjudices.
Article 78.- Le titulaire a le droit de demander le report de
l’exécution de ses obligations pendant la période durant laquelle il
sera partiellement ou totalement empêché d’honorer lesdites
obligations pour cas de force majeure.
Section 2
Droits annexes à la prospection, à la recherche
et à l’exploitation minière
Article 79.- Nul Titre Minier ne donne le droit d’occuper des
terrains pour la prospection, la recherche ou l’Exploitation des Mines
que moyennant l’obtention d’un accord écrit du propriétaire du sol.

32
Toutefois, à défaut d’accord amiable, le Titulaire peut être autorisé par
arrêté du Ministre chargé des Mines, le propriétaire du sol ayant été
auparavant entendu, à occuper le terrain nécessaire à la recherche ou à
l’Exploitation minière.
L’arrêté d’autorisation est notifié par le Titulaire au propriétaire du
sol par voie extrajudiciaire et devient immédiatement exécutoire.
Toutefois, l’occupation de toute parcelle de terrain comprise dans des
enclos murés ou édifice équivalent requiert obligatoirement l’autorisation
écrite de son propriétaire.
Les dispositions du présent article s’appliquent indistinctement aux
terrains situés à l’intérieur et à l’extérieur du périmètre de la
Concession.
Article 80.- En cas d’occupation de terrains telle que prévue à
l’article 79 du présent Code, le propriétaire du sol a droit à une indemnité
payable d’avance, qui, à défaut d’entente amiable, est fixée pour la
période d’occupation par référence à une somme annuelle égale au double
de la valeur locative que les terrains occupés ont au moment de
l’occupation.
Les contestations relatives au montant de cette indemnité sont
déférées aux tribunaux dont les jugements sont toujours exécutoires
par provision, nonobstant appel. L’occupation ne peut avoir lieu
qu’après paiement de l’indemnité ou sa consignation à la trésorerie
générale de la République Tunisienne.
Le Titulaire est tenu, en outre, de réparer tout dommage que ses
activités pourraient occasionner à la propriété.
Article 81.- Si l’occupation des terrains aboutit à empêcher leurs
propriétaires d’en disposer durant une période dépassant les trois
années, ceux ci peuvent contraindre le Titulaire à l’acquisition desdits
terrains conformément à la réglementation en vigueur.
Le prix d’achat est, dans tous les cas, fixé au double de la valeur
vénale que les terrains avaient au moment de l’occupation.
Les contestations relatives à ce prix sont déférées aux tribunaux
qui prononcent des jugements exécutoires par provision, nonobstant
appel. L’occupation des terrains ne peut avoir lieu qu’après paiement
de ladite indemnité ou sa consignation à la trésorerie générale de la
République Tunisienne.

33
Article 82.- Lorsque, à la fin des travaux, il appert que les terrains
occupés ont été trop endommagés ou dégradés et ne sont plus propres
à leur usage d’origine, le titulaire est tenu soit de réparer le dommage,
soit de payer une indemnité au propriétaire du sol pour la réparation
du préjudice résultant de ce dommage. Cette indemnité ne peut
dépasser le double de la valeur vénale des terrains concernés au
moment de l’occupation.
Toute contestation relative au montant de cette indemnité est
déférée aux tribunaux.
Article 83.- Aucun travail de sondage , de forage ou d’extraction ne
peut être ouvert à la surface ou en souterrain, dans une zone dont la
distance est inférieure à cinquante mètres des propriétés closes de murs ou
d’un dispositif équivalent, villages, groupes d’habitations, sites
touristiques et archéologiques, édifices religieux, cimetières, voies de
communication, espaces naturels protégés et généralement, de tous
ouvrages d’utilité publique ou ouvrages d’art, sauf consentement du
propriétaire pour les propriétés privées ou du Ministère chargé de la
gestion du domaine public concerné.
IL est interdit d’effectuer des travaux miniers qui pourraient
occasionner des dégâts aux ouvrages hydrauliques dans les zones de
protection des ouvrages hydrauliques de surface ( les barrages, les lacs, les
canalisations et autres ) et dans les zones appartenant au rayon d’action
des puits, sauf accord du Ministère chargé du domaine public hydraulique
avant de commencer la réalisation des travaux .
Article 84.- Le Titulaire ne peut occuper des terrains appartenant
au domaine public ou privé de l’Etat ou des collectivités locales ou y
ériger des installations qu’en vertu d’une autorisation préalable
accordée par l’autorité propriétaire ou gestionnaire du domaine.
De même, aucune activité de prospection, de recherche ou
d’Exploitation des Substances Minérales classées "mines", ne peut être
entreprise sur le domaine public ou privé militaire sans autorisation
préalable du Ministre chargé de la Défense Nationale. Cette autorisation
fixe les règles particulières à observer dans la conduite de ces travaux.
Article 85.- L’Etat Tunisien se réserve le droit d’user, pour ses
services publics, de tous les chemins ou sentiers établis par le Titulaire
pour les besoins de ses activités.

34
Article 86.- Le Titulaire est tenu de réparer tout dommage que ses
travaux pourraient occasionner à la propriété publique ou privée. Il ne
doit dans ce cas, qu’une indemnité correspondant à la valeur
matérielle du préjudice causé.
A défaut d’entente amiable, cette indemnité est fixée, après
expertise ordonnée par le tribunal compétent.
Article 87.- Si l’exécution de travaux publics ou privés impose des
suppressions ou des modifications aux installations de la Mine ou
entraîne des dommages ou des perturbations dans la conduite de
l’Exploitation, le Titulaire a droit à une indemnité correspondant à la
valeur simple du préjudice, qui, à défaut d’entente amiable, est fixée
après expertise ordonnée par le tribunal compétent.
Article 88.- Le ministère chargé des Mines peut exiger de tout
Titulaire de laisser un massif de protection pour séparer sa mine de
celles qui existent ou pourront exister dans le voisinage ou pour
protéger des travaux publics ou des installations publiques ou privées.
Un pareil massif de protection peut être imposé le long de la
frontière nationale.
Le Titulaire ne peut traverser ou enlever un tel massif de
protection que sur autorisation préalable du Ministère chargé des
Mines.
Article 89.- En cas de superposition de deux Concessions
d’exploitation de Substances Minérales de groupes différents et à
défaut d’entente amiable entre leurs Titulaires, le Ministère chargé
des mines, fixe, les parties entendues et au vu de l’accord du Comité
Consultatif des Mines, la manière dont les travaux de ces
Concessions doivent être conduits pour prévenir autant que possible
les préjudices réciproques.
Article 90.- Lorsque les travaux d’Exploitation d’une Mine
occasionnent des dommages matériels à l’Exploitation d’une Mine
voisine ou superposée, pour quelque cause que ce soit, dans le cas
notamment où des eaux pénètrent dans ses travaux miniers en plus
grande quantité que ne le comporte l’écoulement naturel, le titulaire
auteur de la perturbation, doit procéder à la réparation des dommages
causés.

35
Lorsque ces mêmes travaux tendent à évacuer tout ou partie des
eaux dans une autre Mine par machine ou galerie, le Titulaire lésé a
droit à une indemnité dont le montant, à défaut d’entente amiable, est
fixé après expertise ordonnée par le tribunal compétent.
Article 91.- Dans le cas où il est reconnu nécessaire d’exécuter
des travaux ayant pour but, soit de mettre en communication les
travaux souterrains de deux Mines pour les besoins de l’aérage ou de
l’écoulement des eaux soit d’ouvrir des voies d’aérage,
d’écoulement ou de secours destinées au service d’une Exploitation
voisine, le Titulaire est tenu de faciliter l’exécution de ces travaux et
de participer aux frais qu’ils occasionnent dans la proportion de son
intérêt.
A défaut d’entente amiable, ces travaux sont ordonnés, le Titulaire
entendu, par arrêté du Ministre chargé des Mines.
En cas d’urgence, la réalisation de ces travaux peut être ordonnée
par le Ministère chargé des mines au moyen d’une correspondance
officielle.
Article 92.- Le Titulaire d’une Concession d’Exploitation peut, en
cas de nécessité, être autorisé par arrêté du Ministre chargé des Mines,
à se servir des sentiers, pistes, routes et chemins de fer et installations
établis par un autre titulaire ou exploitant voisin ou superposé ou à
emprunter les voies d’extraction, de ventilation et d’exhaure d’une
Concession voisine ou superposée, à charge pour lui de payer une
indemnité aux ayants droit.
A défaut d’entente amiable, cette indemnité est fixée, après
expertise ordonnée par le tribunal compétent.
Article 93.- Les Titulaires bénéficient de l’accès aux données
générales disponibles en matière de géologie et d’exploitation
minière et de l’accès aux banques des données nationales en la
matière.
Article 94.- L’Etat Tunisien prend en charge la contribution
patronale au régime légal de sécurité sociale au titre des salaires
versés aux employés tunisiens durant une période de cinq ans à partir
de la date d’entrée en activité.

36
TITRE VI
DU REGIME FISCAL, DOUANIER, DU
CONTROLE DES CHANGES
ET DU COMMERCE EXTERIEUR
Section première
Régime fiscal
Article 95.- Le Titulaire et tout contractant et sous - contractant
auxquels le Titulaire fait appel soit directement par contrat soit
indirectement par sous-contrat sont assujettis au titre de l’exercice de
leurs Activités de Recherche ou d’Exploitation Minière en Tunisie au
paiement des impôts, droits et taxes suivants, prescrits par le droit
commun en vigueur au moment de la perception de ces impôts :
- l’enregistrement au droit fixe de tous les contrats et des marchés
de fourniture, de travaux et de services relatifs aux Activités de
Recherche, d’Exploitation, de production, de transport, de stockage et
de commercialisation ainsi que des actes constatant les augmentations
ou les réductions du capital social du Titulaire et les fusions ou
dissolutions,
- le droit de timbre,
- les impôts, taxes et redevances dus à l’occasion de l’utilisation
directe ou indirecte par le Titulaire des voies, réseaux divers ou des
services publics,
- la taxe sur les établissements à caractère industriel, commercial
ou professionnel au profit des collectivités locales,
- la taxe sur les immeubles bâtis,
- la redevance de prestation douanière (R.P.D) et la redevance de
traitement automatique de l’information dues à l’importation et à
l’exportation.
Tout montant payé à compter de la sixième année à partir du début
de l’exploitation effective au titre de la redevance des prestations
douanières (R.P.D) à l’occasion de l’exportation des minerais produits
par le Titulaire ou pour son compte est considéré comme un acompte
sur l’impôt sur les bénéfices dû par le Titulaire au titre de l’exercice
au cours duquel ledit montant est payé ou à défaut, au titre des
exercices ultérieurs,

37
- les impôts, droits et taxes facturés par les fournisseurs de
services, biens, équipements, matériels, produits et matières premières
consommables qui sont normalement compris dans le prix d’achat à
l’exception de la taxe sur la valeur ajoutée,
- les taxes sur les transports et sur la circulation des véhicules,
- la taxe unique sur les assurances.
Article 96.- Le Titulaire est assujetti au titre de ses activités de
Recherche et d’Exploitation Minière en Tunisie au paiement des
impôts, droits et taxes suivants :
- un droit fixe par périmètre élémentaire tel que défini à l’article 23
du présent Code, à l’occasion de toutes demandes d’institution ou de
renouvellement de Titres Miniers à l’exception de l’Autorisation de
Prospection.
Le montant du droit fixe perçu demeure définitivement acquis à
l’Etat et ce, quelle que soit la suite donnée à la demande.
Un arrêté conjoint des Ministres chargés des Finances et des Mines
fixera le montant des droits fixes par Titre Minier,
- une taxe fixe par hectare de terrain compris dans la Concession
d’Exploitation égale au salaire horaire minimum interprofessionnel
garanti pour le régime de quarante huit heures par semaine dans les
secteurs non agricoles régis par le Code du Travail et payable dans un
délai ne dépassant pas le 30 Juin de chaque année.
Cette taxe est égale à cinq fois le salaire horaire minimum
interprofessionnel garanti dans les secteurs non agricoles régis par le
Code du Travail pour les Concessions inactives ou inexploitées.
La liquidation de ladite taxe est fixée par arrêté du Ministre chargé
des Mines.
Le retard de paiement de ladite taxe entraîne l’application des
pénalités de retard applicables en matière d’impôt sur le revenu et
d’impôt sur les sociétés.
Le Titulaire d’une Concession d’Exploitation est tenu de fournir
avant la fin du premier trimestre de chaque année, une déclaration
annuelle relative à l’année écoulée contenant tous les renseignements
sur l’extraction, la production, la vente des minerais et les dépenses
d’Exploitation, de Recherche et d’équipement, prévues au cahier des
charges, ainsi que sur le programme pour l’année en cours,

38
- une redevance minière égale à un pour cent du chiffre d’affaires
des minerais carreau mine .
Le paiement de ladite redevance s’effectue semestriellement et
devra intervenir durant les deux mois qui suivent le semestre écoulé.
- un impôt sur les bénéfices au taux de vingt cinq pour cent du
bénéfice annuel.
Le paiement de l’impôt sur les bénéfices s’effectue dans les délais
prévus pour le paiement de l’impôt sur les sociétés conformément aux
dispositions du Code de l’impôt sur le revenu des personnes physiques
et de l’impôt sur les sociétés.
Toutefois, le Titulaire est exonéré du paiement de l’impôt sur les
bénéfices pendant les cinq premières années à partir du début de
l’exploitation effective.
Article 97.- Le bénéfice imposable est calculé séparément par
Concession d’Exploitation conformément aux dispositions du code de
l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les
sociétés. Toutefois, les résultats issus de toutes les Concessions
d’Exploitation du Titulaire pourront être consolidés pour le besoin du
calcul de l’impôt sur les bénéfices.
Le bénéfice imposable est déterminé après déduction :
- de la redevance minière effectivement payée,
- des charges d’intérêts d’emprunts relatives aux investissements
de développement nécessaires à la mise en production des gisements
pour un montant d’emprunt ne dépassant pas soixante dix pour cent de
ces investissements,
- des amortissements des frais traités comme immobilisations, à un
taux n’excédant pas vingt pour cent par an, pour tous les frais engagés
par le Titulaire. Les dépenses d’études, de Prospection et de
Recherche pourront être traitées au choix du Titulaire, soit comme des
frais déductibles au titre de l’exercice fiscal au cours duquel elles sont
engagées, soit comme des dépenses immobilisées à amortir sur une
période de cinq ans,
- des provisions pour reconstitution des gisements (P.R.G) dans la
limite de cinquante pour cent du bénéfice imposable. La provision doit
être employée, avant l’expiration de la 3ème année à partir de la date de

39
sa constitution, pour la réalisation d’un programme approuvé par le
Ministère chargé des Mines portant notamment sur :
1- la Recherche entreprise sur des cibles non comprises dans la
Concession d’Exploitation qui lui est accordée,
2- la valorisation de nouveaux gisements de Substances Minérales,
3- la réalisation de projets de reconversion du personnel issu de
l’activité minière.
Le solde non utilisé de chaque provision est réintégré au résultat
fiscal de l’exercice suivant celui au cours duquel le délai d’emploi de
ladite provision a expiré.
Article 98.- Pour chaque exercice bénéficiaire, l’imputation des
déficits et des amortissements sera effectuée dans l’ordre suivant :
1- déficits antérieurs,
2- amortissements différés,
3- amortissements de l’exercice concerné.
Article 99.- Pour la détermination du bénéfice imposable, les
activités soumises à l’impôt sur les bénéfices sont traitées par chaque
Titulaire séparément de ses autres activités en Tunisie.
A cette fin, les Titulaires doivent tenir, en Tunisie, une
comptabilité conforme à la législation comptable des sociétés relative
aux activités soumises à l’impôt sur les bénéfices.
Article 100.- Sont applicables aux impôts, droits et taxes visés à
l’article 95 du présent Code les dispositions prévues par la législation
fiscale en vigueur en la matière et relatives aux obligations, au
contrôle, aux sanctions, au contentieux et à la prescription.
Sont applicables à la redevance minière et à l’impôt sur les
bénéfices prévus par l’article 96 du présent Code les dispositions
applicables en matière d’impôt sur le revenu des personnes physiques
et de l’impôt sur les sociétés relatives aux obligations, au contrôle, aux
sanctions et au contentieux.
Les omissions, erreurs et dissimulations constatées dans l’assiette,
les taux ou la liquidation de l’impôt sur les bénéfices et de la
redevance minière peuvent être réparées jusqu’à l’expiration de la
quinzième année suivant celle durant laquelle sont réalisés les
bénéfices ou le chiffre d’affaires.

40
Article 101.- Le Titulaire est exonéré pour ses Activités de
recherche et d’Exploitation Minière de tous droits, taxes, et impôts
directs ou indirects déjà institués ou qui seront institués par l’Etat
Tunisien ou par tous organismes ou collectivités locales, autres que
ceux prévus aux articles 95 et 96 du présent Code.
Les modifications des taux et tarifs des impôts, droits et taxes
prévus à l’article 95 du présent Code ne sont applicables aux Activités
de Recherche et d’Exploitation Minière que si elles sont appliquées
uniformément aux autres catégories d’activités en Tunisie.
Article 102.- Sont à la charge des Titulaires, les dépenses
engagées par l’Administration pour les travaux exécutés en
application des dispositions du titre sept du présent Code.
Ces dépenses sont réglées par arrêté du Ministre chargé des Mines.
Les frais de timbre et d’enregistrement des arrêtés pris en
exécution du présent Code, sont également à la charge des Titulaires
concernés.
Section 2
Régime spécial d’importation et d’exportation
Article 103.- Peut bénéficier des avantages énumérés au présent
Code, le Titulaire du Permis de recherche et/ou de la Concession
d’Exploitation dont le programme d’investissement est agréé par le
Ministère chargé des mines.
Article 104.- Le Titulaire et tout co-contractant auquel il peut
recourir, soit directement par contrat soit indirectement par sous-
contrat, sont autorisés à importer en franchise des droits de douanes et
de tous impôts et taxes prélevés à l’occasion de l’importation de
marchandises, y compris la taxe sur la valeur ajoutée à la seule
exception de la redevance de prestation douanière (R.P.D) et de la
redevance de traitement automatique de l’information :
- tous appareils, outillages, équipements, engins et matériaux
destinés à être utilisés effectivement pour les Activités de Recherche
et d’Exploitation Minière,
- les véhicules automobiles de service nécessaires à leurs
opérations de transport.

41
Les dispositions prévues au paragraphe premier du présent article
ne sont pas applicables aux biens et marchandises qu’il sera possible
de se procurer en Tunisie lorsqu’ils sont de type adéquat, de qualité
comparable et d’un prix de revient comparable au prix de revient à
l’importation des biens et marchandises.
Dans ce cas, les fournisseurs locaux bénéficient, à ce titre, du
remboursement des droits et taxes sur les biens et marchandises qui
seraient affranchis, s’ils étaient importés. Le remboursement est
effectué conformément à la réglementation en vigueur.
Article 105.- Si le Titulaire, ou son co-contractant décide de céder
les biens et marchandises importés ou achetés sur le marché local,
sous le régime prévu à l’article 104 du présent code, il doit :
a- faire une déclaration de cession aux services des douanes, dans
le cas où cette cession est faite au profit d’un cessionnaire bénéficiant
des mêmes régimes de franchise et de libre importation que le cédant,
b- accomplir, préalablement à la cession, les formalités du
commerce extérieur et payer les droits et taxes dus à l’importation,
sur la base de la valeur desdits biens et marchandises à la date de
cession, et ce, dans le cas où la cession est faite au profit d’un
cessionnaire autre que celui visé au point a. du présent article.
Article 106.- Le Titulaire d’une Concession d’exploitation a le
droit de disposer des produits miniers extraits de sa Concession
notamment aux fins de l’exportation sous réserve de remplir ses
obligations.
Cette exportation s’effectue en franchise de tous droits et taxes à
l’exportation, à l’exception de la redevance de prestation douanière
(R.P.D) et de la redevance de traitement automatique de l’information,
et ce, sous réserve des mesures restrictives qui pourraient être édictées
par l’Etat Tunisien en cas de force majeure.
Section 3
Dispositions applicables au personnel
de nationalité étrangère
Article 107.- Nonobstant les dispositions de l’article 75 du présent
Code, le Titulaire peut, dans le cadre de ses Activités de prospection,
de Recherche et d’Exploitation, recruter un personnel d’encadrement

42
de nationalité étrangère , à condition d’en informer au préalable les
services compétents du Ministère chargé de l’Emploi, et ce,
conformément aux procédures en vigueur.
Article 108.- Le personnel de nationalité étrangère non résident
avant son recrutement ou son détachement en Tunisie et affecté aux
Activités de Pprospection, de Recherche, et d’Exploitation peut :
1- opter pour un régime de sécurité sociale autre que le régime
tunisien. Dans ce cas, l’employé et l’employeur ne sont pas tenus au
paiement des cotisations de sécurité sociale en Tunisie,
2- bénéficier de l’exonération de l’impôt sur le revenu des
personnes physiques au titre des traitements et salaires qui lui sont
versés. Il est soumis, en contrepartie, à une contribution fiscale
forfaitaire fixée à vingt pour cent du montant brut de sa rémunération
y compris la valeur des avantages en nature,
3- bénéficier du régime de la franchise temporaire des droits et
taxes dus à l’importation de ses effets personnels et d’une voiture de
tourisme particulière.
La cession de la voiture ou des effets importés à un résident est
soumise aux formalités du commerce extérieur et au paiement des
droits et taxes en vigueur à la date de cession calculés sur la base de la
valeur de la voiture et/ou des effets à cette date.
Section 4
Régime du contrôle des changes
et du commerce extérieur
Article 109.- Le Titulaire peut être résident ou non-résident.
Le Titulaire exerçant sous la forme d’une société de droit tunisien
est considéré non-résident lorsque le capital social de ladite société est
détenu par des non-résidents tunisiens ou étrangers et constitué au
moyen d’une importation de devises étrangères convertibles au moins
égale à soixante six pour cent du capital.
La participation des résidents au capital du Titulaire non-résident
doit s'effectuer conformément à la réglementation des changes en
vigueur.
Les établissements créés en Tunisie par des personnes morales
ayant leur siège social à l’étranger sont considérés non-résidents au

43
regard de la réglementation des changes. La dotation du siège affectée
à ces établissements doit être financée au moyen d’une importation de
devises étrangères convertibles.
Article 110.- Le Titulaire non-résident n’est pas tenu de rapatrier
le produit de ses exportations de minerais.
Toutefois, il doit effectuer les paiements dus à l’Etat et tous autres
paiements au titre des dépenses locales au moyen de comptes en
devises étrangères ou en dinars convertibles.
Le Titulaire non-résident est autorisé à écouler sa production sur le
marché local. Les ventes sur le marché local dont le règlement doit
être effectué en devises étrangères, sont réalisées conformément à la
réglementation des changes et de commerce extérieur en vigueur.
Article 111.- Les entreprises résidentes, Titulaires d’une
Concession d’Exploitation, sont tenues de rapatrier les produits de
leurs exportations conformément à la réglementation des changes et
du commerce extérieur.
Ces entreprises peuvent effectuer le transfert des dividendes
revenant aux associés non-résidents ainsi que tout transfert afférent à
leurs Activités de Recherche et d’Exploitation conformément à la
réglementation des changes et du commerce extérieur.
Article 112.- Le Titulaire et tout contractant ou sous-contractant à
qui il peut faire appel, soit directement par contrat soit indirectement
par sous-contrat, sont autorisés à importer sans l’accomplissement des
formalités du commerce extérieur :
- tous appareils, outillages, équipements, matériaux et véhicules
destinés à être utilisés effectivement pour les Activités de Recherche
et d’Exploitation ;
- les véhicules automobiles de service nécessaires aux opérations
de transport.

TITRE VII
DU CONTROLE DE L’ADMINISTRATION
SUR LES ACTIVITES DE PROSPECTION,
DE RECHERCHE ET D’EXPLOITATION
Article 113.- Outre les contrôles exercés par les services
administratifs compétents et prévus par les dispositions légales et

44
réglementaires en vigueur, les Activités de Prospection de
Recherche et d’Exploitation des Mines, les bureaux et chantiers où
s’exercent ces activités, ainsi que leurs Dépendances sont soumis
au contrôle des services administratifs compétents pour tout ce qui
concerne le respect de la réglementation technique, la conservation
des gisements, la sécurité du personnel, des installations, des
habitants et des constructions.
Article 114.- Les fonctionnaires et agents du Ministère chargé des
Mines ont accès, à tout moment aux bureaux et chantiers du Titulaire
et à leurs Dépendances et ce, en vertu d’un ordre de mission. Celui-ci
est tenu de leur fournir toutes informations et documents disponibles
sur les lieux et relatifs à ses activités et toutes facilités pour
l’accomplissement de leur mission. Il doit les faire accompagner dans
leurs visites, par les responsables des travaux dont le concours serait
nécessaire et réquisitionnés à cet effet.
Article 115.- Tout travail entrepris en contravention aux
dispositions du présent Code et des textes réglementaires pris pour son
application peut être interdit par l’Autorité Concédante, sans préjudice
des réparations des dommages et des sanctions prévues à l’article 122
du présent Code.
Article 116.- Sans préjudice des poursuites et sanctions prévues par
les dispositions du présent code et par la législation et la réglementation
en vigueur, l’Autorité Concédante peut ordonner l’arrêt immédiat des
travaux en cas d’infractions graves portant atteinte à la santé et la
sécurité du personnel ou des tiers, et /ou à l’environnement et/ou aux
ressources et notamment celles liées au non respect des mesures de
protection de l’environnement prescrites par l’étude d’impact telle
qu’approuvée par l’autorité compétente.
Article 117.- Le Titulaire est tenu de se conformer aux mesures et
prescriptions qui lui sont ordonnées par le Ministère chargé des
Mines, en application des dispositions du présent Code et des textes
réglementaires pris pour son application.
En cas d’urgence ou en cas de refus par le Titulaire de se
conformer aux injonctions du Ministère chargé des Mines, les mesures
nécessaires peuvent être exécutées par ledit Ministère aux frais de
l’intéressé.

45
En cas de péril imminent, les agents du Ministère chargé des
Mines prennent immédiatement les mesures nécessaires pour faire
cesser le danger. Ils peuvent, s’il y a lieu, demander aux autorités
locales de procéder sans délai à toutes les réquisitions utiles.
Article 118.- En dehors des cas prévus à l’article 87 du présent
Code, aucune indemnité n’est due aux bénéficiaires de Titres Miniers
pour tout préjudice résultant de l’exécution des mesures ordonnées par
l’Administration, en conformité avec les dispositions du présent Code
et les textes réglementaires pris pour son application.

TITRE VIII
DE LA CONSTATATION
DES INFRACTIONS ET DES SANCTIONS
Article 119.- Toute infraction aux dispositions du présent Code est
constatée par des procès-verbaux établis, conformément aux
dispositions du Code des Procédures Pénales, par les officiers de
police judiciaire ou les agents du Ministère chargé des mines ou tous
autres agents dûment habilités à cet effet.
Les agents du Ministère chargé des Mines et les autres agents
habilités à constater les infractions aux dispositions du présent Code,
sont désignés parmi les agents publics appartenant depuis cinq ans au
moins aux corps des Ingénieurs ou des techniciens et ayant une
expérience suffisante dans le domaine de la recherche et de
l’exploitation minière.
Article 120.- Est puni d’une amende d’un montant de trois cents
à trois mille dinars, le Titulaire qui omet de déclarer un accident grave
sur ses chantiers ou ne dispose pas sur ces sites de moyens nécessaires
pour donner les premiers soins aux victimes des accidents de travail et
de moyens de lutte contre la pollution et l’incendie, et ce,
conformément aux dispositions de l’article 71 du présent Code.
Article 121.- Est puni d’une amende d’un montant de quatre cents
à quatre mille dinars, le Titulaire qui refuse de remettre au Ministère
chargé des Mines une copie des documents relatifs à l’ensemble des
travaux ou ne respecte pas les délais fixés à cet effet et ce en
application des dispositions de l’article 76 du présent Code.

46
Article 122.- Est puni d’un emprisonnement de seize jours à trois
mois et d’une amende d’un montant de cinq cents à cinq mille dinars
ou de l’une de ces deux peines seulement quiconque :
- sans obtenir au préalable un Titre Minier, se livre à des travaux
de Prospection, de Recherche ou d’Exploitation des Substances
Minérales classées "Mines" . Dans ce cas, le tribunal ordonne l’arrêt de
ces travaux,
- ou ne tient pas ses registres et plans à jour d’une façon régulière,
- ou donne sciemment des renseignements inexacts en vue de
bénéficier de l’attribution d’un Titre Minier,
- ou détruit, déplace ou modifie les bornes délimitant les
périmètres d’un Permis de Recherche ou d’une Concession
d’exploitation telles qu’elles ont été posées en application des
dispositions de l’article 77 du présent Code.
Article 123.- Est puni d’un emprisonnement de trois mois à un an
et d’une amende d’un montant de mille à dix mille dinars quiconque
sans droit s’oppose par des voies de fait à l’exécution des travaux
ordonnés par l’Administration en application de l’article 117 du
présent Code.
Article 124.- Quiconque, ayant été condamné pour une infraction
prévue aux dispositions du présent titre et commis à nouveau la même
infraction dans un délai de douze mois à compter du jour où la
condamnation est devenue définitive, est condamné au maximum des
peines prévues.
Article 125.- Les personnes qui ont été condamnées à la peine
d’emprisonnement pour l’une des infractions prévues au présent Code,
ne peuvent obtenir des Titres Miniers avant l’expiration d’un délai de
trois ans à compter du jour où la condamnation est devenue définitive.

47
TABLE DES MATIERES

Sujet Articles Pages

Loi n°2003-30 du 28 avril 2003 portant


promulgation du code Minier……………… 1à8 3
Titre premier : Dispositions générales et
définitions…………………………………… 1 à 13 7
Titre II : De l'autorisation de prospection…… 14 à 19 11
Titre III : Des permis de recherche ………… 20 à 43 13
Section première : Conditions de dépôt
de la demande et son instruction……… 20 à 28 13
Section 2 : Octroi du permis de
recherche………………………………. 29 à 31 15
Section 3 : Renouvellement du permis de
recherche………………………………. 32 à 34 15
Section 4 : Dispositions diverses…….… 35 à 43 17
Titre IV : Des concessions d'exploitation….… 44 à 69 21
Section première : Conditions d'octroi de
la concession d'exploitation……………. 44 et 45 21
Section 2 : Conditions de dépôt de la
demande et de son instruction ………… 46 à 50 22
Section 3 : Octroi de la concession
d'exploitation …………………………. 51 à 59 23
Section 4 : Dispositions diverses ……… 60 à 69 25

49
Sujet Articles Pages
Titre V : Des obligations communes à la
charge des titulaires et des droits annexés …… 70 à 94 28
Section première : Obligation communes
à la charge des titulaires…………….… 70 à 78 28
Section 2 : Droits annexés à la
prospection, à la recherche et à
l'exploitation minière …………………. 79 à 94 32
Titre VI : Du régime fiscal, douanier du
contrôle des changes et du commerce extérieur 95 à 112 37
Section première : Régime fiscal ……… 95 à 102 37
Section 2 : Régime spécial d'importation
et d'exploitation ………………………. 103 à 106 41
Section 3 : Dispositions applicables au
personnel de nationalité étrangère …… 107et 108 42
Section 4 : Régime du contrôle des
changes et du commerce extérieur …… 109 à 112 43
Titre VII : Du contrôle de l'administration sur
les activités de prospection, de recherche et
d'exploitation ……………………………….. 113 à 118 44
Titre VIII : De la constatation des infractions
et des sanctions …………………………….. 119 à 125 46

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