Chapitre 11
STABILITE DES BARRES ELASTIQUES
COMPRIMEES (FLAMBEMENT)
11.1 GENERALITES
Les éléments d'une structure peuvent se détruire sous l'effet des charges de
plusieurs manières différentes. Par exemple sous l'effet d'une flexion ou d'une
traction excessive un élément ductile se rompt, alors qu'un autre élément
composé d'un matériau fragile se brise. Ainsi des fractures peuvent apparaître
dans un élément soumis à des charges cycliques. Dans la plupart des cas que
nous avons vu jusque là les modes de rupture peuvent être évités en limitant les
contraintes et les déformations aux limites admissibles. La résistance et la
rigidité d'un élément sont donc les critères importants dans la conception des
structures.
L'expérience courante montre qu'une barre longue soumise à un effort de
compression peut se rompre par un phénomène de courbure de grande
amplitude: Le flambement.
Ce chapitre est consacré à l'étude de ce phénomène d'instabilité des poutres
élancées comprimées.
11.2 EQUILIBRE ELASTIQUE (STABLE ET INSTABLE)
L'équilibre élastique est stable si le corps après déformation tend à revenir à
son état initial quand on élimine l'action extérieure qui était à l'origine de cette
déformation.
Un équilibre est instable si sous l'action d'une sollicitation quelconque, le
corps en déformation continue de se déformer dans le même sens que cette
déviation imprégnée et ne revient pas à son état initial lorsque la sollicitation
cesse son action. Entre ces deux états d'équilibre se trouve un état transitoire dit
critique, ou un équilibre indifférent: le corps peut conserver la forme initiale ou
bien la perdre, poussé par une sollicitation aussi petite qu'elle soit [1].
106 RESISTANCE DES MATERIAUX DE BASE
La Fig. 11.1 montre les cas possibles de déformation d'une poutre axialement
chargée, ainsi qu'une analogie représentée par l'équilibre d'une boule sur des
surfaces concaves, convexes ou planes qui correspond respectivement aux états
d'équilibre stables, instables ou indifférents.
P < Pcr P = Pcr P > Pcr
Stable indifferent instable
Fig. 11.1
On appelle charge critique Pcr, la charge qui, une fois dépassée, provoque la
perte de stabilité de la forme initiale du corps. Pour assurer la stabilité des
éléments en compression il faut donc limiter la force de compression à la force
critique (souvent, la rupture des éléments d'une structure est attribuée à une
instabilité élastique et non à une insuffisance de résistance de la part du
matériau).
La condition de stabilité s'écrit donc:
P ≤ [P]s avec [P]s = Pcr / ns (11-1)
ns étant le coefficient de la marge de stabilité.
11.3 FORCE CRITIQUE
Considérons une barre de longueur L et de section S articulée à ses
extrémités et soumise à un effort de compression (Fig. 11.2). L'expression de la
force critique Pcr est déterminée à partir de l'équation différentielle de la
déformée de la barre:
d 2 v( x )
EI min = −M( x ) (11-2)
dx 2
Où
Stabilité des barres élastiques comprimées (flambement) 107
Imin : le plus petit moment d'inertie de la section de la barre (car le
flambement se produira dans le plan de plus faible rigidité de flexion)
v(x): la flèche
M(x) : moment fléchissant égal à M(x) = P × v(x) (11-3)
On remplace M(x) dans (11.2) P
d 2 v( x )
EI min + Pv( x ) = 0 (11-4)
dx 2
v(x)
2
d v( x )
2
+ k 2 v( x ) = 0 (11-5) x
dx
L f
P
Avec k2 = (11-6)
EI min
La solution générale de cette équation est:
v(x) = A sin kx + B cos kx (11-7)
Reste à déterminer les constantes d'intégration A et B
à partir des conditions aux limites:
Fig. 11.2
v(0) = 0 (11-8)
et v(L) = 0 (11-9)
La première condition donne B = 0 et la seconde donne:
A sin kL = 0 (11-10)
Si sin kL ≠ 0, on doit avoir A = 0 et v = 0.
Si sin kL = 0 (11-11)
Alors A peut être quelconque
La solution de l'équation (11-11) est alors:
⇒ kL = nπ n: entier arbitraire (11-12)
k²L² = n²π² (11-13)
D'après la définition (11-6) de k, la valeur de la charge critique:
n 2π 2 EI min
Pcr = (11-14)
L2
108 RESISTANCE DES MATERIAUX DE BASE
La charge critique fondamentale
correspond à n=1 Pcr = π EI / L² Pcr = 4 π EI / L²
π 2 EI min
PcrI = (11-15)
L2
L'équation de la déformée correspondante:
nπx
v( x ) = A sin (11-16)
L
Avec A = f la flèche maximale à
''mi-travée''
n=1 n=2
Fig.11.3
11.3.1 Longueur effective: (condition de fixation des bouts de la barre)
La force critique d'une barre dépend des modes de fixation de ses extrémités.
Ces modes influent sur la forme de flambement. Ainsi une barre de longueur L
encastrée à une extrémité et libre à l'autre, se flambe d'une façon analogue à
celle de la moitié d'une barre articulée aux extrémités de longueur 2L.
2L
Fig. 11.4
On écrit alors l'équation d'Euler sous la forme:
π 2 EI min
Pcr = (11-17)
L2eff
Avec Leff = µL, la longueur effective ou longueur libre de flambement.
µ est un coefficient numérique dépendant des conditions aux limites de la
barre.
Stabilité des barres élastiques comprimées (flambement) 109
Plus généralement, on peut calculer la longueur libre de flambement pour
diverses conditions aux limites comme le montre la Fig. 11.5:
µ = 0.5 µ = 0.7 µ = 1.0 µ = 2.0
Fig. 11.5
11.3.2 Contrainte critique de flambement
La valeur de la contrainte critique de flambement est donnée par la formule:
Pcr π 2 EI min
σ cr = = (11-18)
S SL2eff
π 2 Ei 2
= (11-19)
L2eff
I min
Avec i min = le plus petit rayon de giration de la section S
S
L eff
En définissant l'élancement λ = de la barre, l'équation (11-19)
i min
devient:
π 2E
σ cr = (11-20)
λ2
Puisque la contrainte critique σcr ne doit pas dépasser la limite de
proportionnalité σpr du matériau de la barre, on peut donc déterminer un
élancement limite λlim au-dessous de laquelle on n'est plus autorisé de se servir
de la formule ci-dessus :
110 RESISTANCE DES MATERIAUX DE BASE
π 2E
σ cr = ≤σ pr (11-21)
λ2
E
⇒λlim = π (11-22)
σ pr
Ainsi pour l'acier, λlim = 100; pour la fonte λlim = 80 et pour le bois
λlim = 70.
Le phénomène de flambement est observé aussi au-delà du domaine
élastique. Dans ce cas, la valeur de la contrainte critique est calculée d'après les
données expérimentales de F. Yassinski. Pour diffèrent matériaux elle est
donnée par la formule empirique suivante:
σcr = a - bλ + cλ2 (11-23)
Les valeurs de a, b et c sont données pour certains matériaux:
λlim a b c
Acier doux 100 3100 11.4 0
Bois (pin) 70 293 1.94 0
Fonte 80 7760 120ý 0.53
La formule de Yassinski est appliquée quand σcr est plus petite que σec
(limite d'écoulement) pour les matériaux ductiles et plus petite que la limite de
résistance pour les matériaux fragiles.
Ainsi pour un matériau ductile la courbe σcr = f(λ) est caractérisée par 3
phases distinctes (Fig. 11.6): Un palier horizontal correspondant à σcr = σec,
une droite oblique correspondant aux contraintes post-elastiques et l'hyperbole
d'Euler qui correspond au domaine élastique avec λ > λlim.
σcr
σ cr =a- λ
b
σ ec
σ pr
σ cr =π 2 E / λ 2
λ 0 λ lim λ
Fig. 11.6
Stabilité des barres élastiques comprimées (flambement) 111
11.4 CALCUL A LA STABILITE:
La vérification de la stabilité des barres comprimées est ramenée à remplir la
condition suivante:
σcr ≤ [σ]s (11-24)
[σ]s: contrainte admissible de stabilité et égale à:
σ cr
[σ ]s = (11-25)
ns
ns: le coefficient de stabilité est pris toujours supérieur au coefficient de
sécurité:
Acier 1.8 à 3
Fonte 5 à 5.5
Bois 2.8 à 3.2
Dans ces intervalles, on adopte des coefficients de stabilité plus grands pour
des barres plus flexibles.
Pour faire disparaître explicitement l'aspect géométrique contenu dans
l'expression de la contrainte admissible de stabilité cette méthode utilise la
contrainte admissible de compression [σ-] minorée par un coefficient ϕ dont la
valeur est défini à partir :
[σ ]s σ cr n
= × (11-26)
[σ − ] n s σ d
n : coefficient de sécurité
σd : contrainte dangereuse = σec matériaux ductiles
σ cr n
[σ ]s = [σ ] (11-27)
σ d ns −
[σ ]s = ϕ[σ − ] (11-28)
n σ cr
et ϕ= × (11-29)
ns σ d
ϕ est le coefficient de réduction de la contrainte admissible en compression
et est donnée en fonction du matériau et l'élancement λ.
λ 0 40 60 80 90 100 110 120 130 140
Acier
1.00 0.92 0.86 0.75 0.69 0.6 0.52 0.45 0.40 0.36
doux
Bois 1.00 0.87 0.71 0.49 0.38 0.31 0.25 0.22 0.18 0.16
112 RESISTANCE DES MATERIAUX DE BASE
La condition de stabilité s'écrit donc:
σmax ≤ [σ]s = ϕ[σ-] (11-30)
N
ou σ= ≤ ϕ[σ − ] (11-31)
S
Pour dimensionner à la stabilité une barre comprimée, on utilise la condition
de stabilité sous la forme ci-dessous:
F
σ= ≤ [σ − ] (11-32)
ϕS
Comme ϕ est inconnu on utilise la méthode d'itérations successives avec une
valeur initiale ϕ1 = 0.5 à 1. On détermine l'aire de la section S et les autres
caractéristiques géométriques, Imin, imin et λ. On calcul la valeur effective ϕ1'
et on la compare avec ϕ1. Si la différence est sensible, il faut reprendre alors le
calcul avec une valeur intermédiaire entre ϕ1 et ϕ1':
ϕ1 + ϕ1′
Soit : ϕ 2 = (11.33)
2
Après le second essai on détermine ϕ2'. Si l'écart est toujours sensible on
reprend le calcul avec:
ϕ 2 + ϕ 2′
ϕ3 = (11.34)
2
Et ainsi de suite. Généralement on converge après deux ou trois itérations.
11.5 LA FORME RATIONNELLE POUR LES SECTIONS
TRANSVERSALES DES BARRES COMPRIMEES.
Pour les éléments élancés (λ ≥ λlim), la condition de stabilité est plus sévère
que celle de la résistance. Dans ce cas, la contrainte critique dépend uniquement
du module d'élasticité E. Par conséquent, il est évident qu'il ne sert à rien
d'employer un acier à haute résistance puisque E est pratiquement le même que
celui de l'acier doux.
Pour une aire donnée, si la valeur du petit rayon de giration imin est
maximale, la forme de la section est dite rationnelle. Le rapport des contraintes
critiques de certaines sections par rapport à une section circulaire pleine
visualisent la rationalité de leurs formes :
Stabilité des barres élastiques comprimées (flambement) 113
Formes Pcr / Pcr cercle
section en tube dint / Dext = 0.7 à 0.8 18.00 à 12.49
section à cornière 3.12 à 1.12
section en U 2.10 à 1.05
section à double T ou I 2.10 à 0.91
section carrée 1.04
section circulaire 1.
section rectangulaire h = 2b 0.520
Le tableau montre que les formes les plus rationnelles sont les sections en
tubes ou les sections en caisson à parois minces ayant les moments d'inerties
principaux identiques. Les sections rectangulaires pleines sont moins
rationnelles.
11.6 APPLICATIONS
Exemple (1)
Déterminer la charge admissible P et le coefficient de stabilité nst de la barre
comprimée sachant que L = 2.0 m, d = 10 cm, [σ] = 10 N/mm², λlim = 70 et
E = 104 N/mm².
P
Solution
Pour une section circulaire :
d 100
imin = = = 25mm
4 4
L'élancement de la barre :
L
µL 1 × 2000
λ= = = 80> λlim
i min 25
d
D'après le tableau, on a pour le bois
λ = 80 → ϕ = 0.49
Par conséquent:
[σ]s = ϕ[σ -] = 0.49 × 10 = 4.9 N/mm2 Fig. 11.6
Et
100 2
La force admissible : P = [σ]s S = 4.9 × π = 385 N
4
Puisque λ > λlim
π 2 E π 2 × 1 × 10 4
σ cr = = = 15.4 N / mm 2
λ2 80 2
114 RESISTANCE DES MATERIAUX DE BASE
σ cr 15.4
ns = = = 3.14
[σ ]s 4.9
Exemple (2)
Dimensionner, d'après le critère de stabilité, la barre comprimée ci-contre :
Sachant que nst = 2 , E = 2.105 N/mm²
P = 100 kN
et σpr = 200 N/mm²
Solution
-On suppose que λ > λlim
Pcr π 2 EI
P≤ ⇒ Pcr = n st p = L = 2. m
n st 4L2
4L2 n st p 4(2000) 2 2 × 100 × 10 3
⇒I= = d?
π 2E π 2 × 2 × 10 5
= 16.2 × 10 5 mm 4
πd 4
I= ⇒ d = 75.8mm
64 Fig. 11.8
Exemple (3)
Dimensionner, d'après le critère de stabilité, la barre comprimée ci-contre,
sachant que E = 1.0 × 104 N/mm², P = 100 kN, [σ-] = 70 N/mm², et L = 2.0 m.
Solution
Comme le coefficient de stabilité n'est pas donné P
explicitement, on utilisera la méthode itérative en prenant une
valeur initiale de ϕ = 1 qui correspond au critère de résistance.
Pour ϕ=
P P
≤ [σ − ] ⇒ S ≥ 2.0 m
S [σ − ]
P 100 × 10 3
⇒b≥ = = 37.8mm
[σ − ] 70
On calcule les caractéristiques géométriques et
l'élancement réelle:
b 37.8 2000 × 0.7 a
i= = = 10.91 ⇒ λ = = 128.3
12 12 10.91
Fig. 11.9
Stabilité des barres élastiques comprimées (flambement) 115
Pour λ = 128.3 on détermineϕ, en interpolant linéairement entre λ = 120 et
130.
(0.18 − 0.22)
ϕ =0.22 + (128.3 − 120) = 0.187
10
On prend donc une nouvelle valeur de ϕ telle que
1 + 0.187
ϕ= ≈ 0.6
2
P 100 × 103
Pour ϕ = 0.6 ⇒ b ≥ = = 48.8
[σ − ] 0.6 × 70
48.8 2000 × 0.7
i= = 14.08 ⇒ λ = = 99.4 ⇒ ϕ = 0.31
12 14.08
On remarque que la valeur de ϕ a sensiblement changée, on doit alors
prendre
0.6 + 0.31 P 100 × 103
ϕ= = 0.455 ⇒ b ≥ = = 56.0
2 [σ − ] 0.455 × 70
56 2000 × 0.7
i= = 16.17⇒ λ = = 86.6 ⇒ ϕ = 0.42
12 16.17
On fait une autre itération avec
0.445 + 0.42 P 100 × 103
ϕ= = 0.44 ⇒b≥ = = 57.0
2 [σ − ] 0.44 × 70
57 2000 × 0.7
i= = 16.45 ⇒ λ = = 85.1 ⇒ ϕ = 0.43
12 16.45
On fait une dernière itération avec:
0.44 + 0.43 P 100 × 103
ϕ= = 0.435 ⇒ b ≥ = = 57.3
2 [σ − ] 0.435 × 70
Donc on prend b = 58.0 mm
116 RESISTANCE DES MATERIAUX DE BASE
EXERCICES / chapitre 11
11.1 Calculer la force critique 11.3 Une barre en acier doux est
Pcr et la contrainte critique σcr d'un comprimée par une force
tube en dural (Fig. E11.1) sachant P = 960 kN.
que: Déterminer la dimension b de la
section droite de la barre
σpr =180N/mm²,et E = 0.7×105N/mm².
(Fig. E11.3). On donne:
9 Pcr = 85.3 kN et
[σ-]=160N/mm²,E= 2.×105 N/mm²,
σcr=155N/mm²
960 kN
P
3m z 3b
1.2 m
Fig. E11.3
40 mm 30 mm
λlim = 100 et nst = 2.
Fig. E11.1
9 b=76.6 mm
11.2 Un poteau en acier doux de
longueur L = 2.5 m a une section 11.4 Vérifier la stabilité des
rectangulaire de 80 mm de largeur et barres comprimées (Fig. E11.4) et
de 120 mm de hauteur. Il est articulé calculer en pourcentage leur
à ses extrémités et supporte une surtension ou sous-tension. On
force axiale P. Etant données: néglige les éventuelles déformations
de torsion et on prendra les
[σ-] = 160 N/mm², E = 2.×105N/mm² et contraintes admissibles pour les
λlim= 100. colonnes (a), (b) et (c) 200 N/mm²,
160 N/mm² et 10 N/mm²
Déterminer la force P en prenant nst
respectivement.
= 2.
(Profile en I: S=2540 mm²,
9 P = 812.64 kN
Imin = 114×104mm4)
9 Sous-tension 4.8%,
surtension 33%, surtension 2.4%
Stabilité des barres élastiques comprimées (flambement) 117
11.6 Calculer la longueur L pour
laquelle un poteau en acier
4000 kN 250 kN 5 kN comprimé, de section circulaire de
diamètre d, articule à ses extrémités,
devient instable. On donne :
σ pr = 190 N/mm², σec = 240
6m 2.5 m 0.5 m
N/mm², E = 2.×105 N/mm²,
d = 10 mm et P=10kN.
9 319 mm
10
300 IN18a
50
100
300 10 11.7 Dimensionner les colonnes
50 comprimées de la Fig. E11.7 d'après
50
(a) (b) (c)
la condition de stabilité. On prendra
pour l'acier [σ-] = 160 N/mm², et
Fig. E11.4
pour le bois [σ-] = 10 N/mm².
9 b=100 mm, N24 (S= 3480
11.5 Calculer le rapport de mm², imin = 23.7 mm) ou des
dimension b/a de la section de la
valeurs proches par défaut.
colonne de la Fig. E11.5 d'après la
condition d'égale stabilité par
rapport aux axes principaux.
9 b/a = 2.86 400 kN 44 kN
Articulation
cylindrique 2m 1.75 m h=2b
Profil en I b
b
Acier EN24 Bois
Fig. E11.7
a
Fig. E11.5