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INTRODUCTION
0.1. Mise en contexte
La République Démocratique de Congo offre plusieurs opportunités d’investissement dans le
secteur agricole allant de la production à la distribution afin de créer la richesse. Avec son
potentiel agronomique exceptionnel et une superficie de terres agricoles inégalables en
Afrique, la RDC est capable à elle seule de subvenir aux besoins alimentaire de sa
population.
De ce fait l'agriculture en RDC est un domaine qui intéresse beaucoup de personnes et a fait
l'objet de nombreuses études. En tant que chercheur, nous nous inspirons de certaines
études antérieures pour enrichir notre travail.
Ainsi, pour cette partie consacrée à la mise en contexte, n'étant pas les premiers à faire des
recherches sur ce sujet, nous passerons en revue quelques travaux qui ont trait au nôtre
tout en les démarquant de notre sujet d'étude. Parmi ces travaux nous citons :
* Jean Paul ZOUNDOU S., dans : < étude des performances technico- économiques des
entreprises agricoles au Burkina Faso > ;
* Donatien KALALA, dans : < développement agricole et son impact sur la disponibilité et
l'approvisionnement des produits agricoles de base de 2006 à 2015 >
* Lahoucine GOUGA, dans : < la gestion des risques dans le secteur agricole > ;
* Luc SHINDANO, dans : < investissement dans le secteur agricole et la croissance
économique > ;
* Philippe LEBAILLY, dans : < quel développement agricole pour la RDC? >.
Jean Paul ZOUNDOU dans son étude sur les performances technico- économiques des
entreprises agricoles au Burkina Faso, montre après présentations des résultats et leur
analyse que les entreprises agricoles ont, de façon générale, des performances techniques et
économiques appréciables. Elles ont un bon niveau d’équipement, un accès assez facile aux
intrants et aux innovations techniques. Cependant, elles n’arrivent pas encore à exploiter de
manière optimale le potentiel des ressources matérielles, financières et humaines dont elles
disposent, faute de formation technique des ressources humaines et de gestion
administrative et financière appropriée de leurs entreprises. Il en résulte qu’elles ne peuvent
pas encore valoriser davantage leur potentiel de production.
Donatien KALALA, dans son étude sur le développement agricole et son impact sur la
disponibilité et l'approvisionnement des produits agricoles de base, évalue l’impact des
différentes réalisations du gouvernement de l’ex Katanga sur l’approvisionnement et la
disponibilité des produits agricoles de première nécessité au niveau de la province
notamment le maïs le riz et le haricot. Après diverses analyses il constate que : l’évolution de
la production du maïs était élevé tandis que celle du riz et des haricots était faible ainsi que
le prix de ces produits agricoles ont étés en croissance de 2006 à 2015.
Lahoucine GOUGA, dans son étude sur la gestion des risques dans le secteur agricole, vise à
déterminer si les risques dans l’agriculture sont bien maitrisés d’abord par l’adoption d’un
processus de gestion de risque puis par l’emploi des méthodes de couvertures.
Luc SHINDANO, dans son étude sur l’investissement dans le secteur agricole et la croissance
économique, explore la relation causale entre la croissance économique et l’agriculture en
RDC en partant de l’hypothèse selon laquelle l’augmentation des dépenses en capital dans le
secteur agricole peut aussi augmenter le niveau de la production agricole et cette
augmentation peut avoir un impact positif sur la croissance économique de la RDC.
Philippe LEBAILLY dans son étude sur le développement agricole pour la RDC constate que
d’une part l’absence de politique agricole et les tracasseries multiples lors de la mise en
marché des produits agricoles ont sapés les initiatives des ruraux pour l’approvisionnement
alimentaire de la RDC ; d’autre part les produits alimentaires de base importés et vendus aux
citadins congolais sont de plus en plus chers, sans que cela incite les producteurs locaux à
produire. Ce paradoxe trouve son origine dans la mauvaise gouvernance ou
l’environnement des affaires en RDC.
De ce fait, en tenant compte de ces travaux, notre travail ira dans le même sens que ceux
précités. Cependant, nous essayerons d’analyser les facteurs logistiques et techniques de
commercialisation comme étant des potentiels problèmes au développement des
entreprises agricoles en RDC.
0.2. Problématique
La RDC possède un potentiel agricole énorme. Elle dispose d’une superficie cultivable de
quelques 75 millions d’hectares dont moins de 10 millions seraient exploités. En plus de
cette disponibilité de terres, la RDC possède d’énormes ressources en eaux grâce à son
bassin hydrographique du fleuve Congo. Ces deux potentiels réunit peuvent permettre
l’autosuffisance alimentaire du pays. Ainsi, le secteur agricole en RDC est apte à apporter un
développement susceptible à l’amélioration de l’économie du pays.
Cependant, la RDC n’arrive pas à faire valoir son potentiel et sa population ne parvient pas à
jouir de ses ressources naturelles. En 2012, la RDC était classée 27ème sur 79 pays selon
l’indice mondiale de la faim. Environ 70 pourcent de la population n’a pas accès à une
nourriture suffisante tandis que un enfant sur quatre souffre de mal nutrition. Plusieurs
provinces ont des taux de malnutrition supérieur à 17 pourcent. En 2011, selon les
estimations, au total 4,5 millions de personnes ont connus la crise alimentaire en RDC. Et
pour ceux qui ont une bonne alimentation la plus part des aliments qu’ils consomment sont
importés. Le pourcentage des familles qui se nourrissent totalement des aliments produits
localement est de plus en plus faible.
Tout fois, l’agriculture au Congo reste reste un secteur qui intéresse beaucoup
d’entrepreneurs à cause des disponibilités des ressources et aussi le grand marché (la RDC a
une population d’environ 85,56 millions d’habitants) qui constitue une opportunité de faire
du profit. D’ailleurs de nombreux entrepreneurs s’y sont déjà lancés. Malheureusement la
plus part se rendent compte que la réalité sur terrain est beaucoup plus pénible que celle sur
papier.
A ce niveau la première question qui nous vient en tête est pourquoi ? Pourquoi dans un
pays avec autant de ressources il y a la faim ? Pourquoi dans un pays où il y a une grande
population et de grandes disponibilités des ressources agricoles les entreprises agricoles
n’arrivent pas à s’épanouir ?
Dans notre travail nous chercherons à connaitre quels sont les facteurs qui posent problème
au développement des entreprises agricoles en répondant à la question principale suivante :
quelles sont les facteurs qui empêchent les entreprises agricoles de se développer ?
A cette question nous ajouterons deux questions secondaires qui sont :
- De quelle manière ces facteurs agissent pour freiner le développement de ces
entreprises ?
- Pour le peu des entreprises qui ont réussi dans ce secteur, comment ont-elles fait
pour contourner ou minimiser ces facteurs ?
0.3. Objectifs de l’étude
Dans cette étude nous poursuivons les objectifs suivant :
0.3.1. Objectif général
L’objectif général de ce travail est de comprendre les facteurs qui font à ce que les
entreprises agricoles ne se développent pas.
0.3.2. Objectifs spécifiques
De façon spécifique, nous atteindrons les objectifs suivants :
- Identifier les facteurs qui empêchent le développement des entreprises agricoles
- Expliquer de quelle manière ces facteurs agissent pour empêcher le développement
des entreprises agricoles
0.4. Hypothèses
Les hypothèses sont des suppositions qui sont faites n réponses à une sous-question de
recherche et qui aident à répondre à la question principale. Les hypothèses de notre travail
sont :
- Les techniques de vente, le manque des équipements à la pointe de la technologie et
le manque d’infrastructures routiers suffisants font partis des facteurs qui empêchent
les entreprises agricoles congolaises de se développer
- Chacun des facteurs précités agissent sur les entreprises agricoles de façon à ne pas
permettre à l’entreprise d’atteindre facilement la clientèle, ne pas être capable
d’avoir une production correspondant au besoin de la population et aussi de façon à
augmenter le coût de production ce qui résulte à la baisse du profit.
- Les entreprises congolaises qui s’épanouissent dans le secteur de l’agriculture ont eu
à employer un bon nombre de stratégies et techniques diversifiées pour pouvoir
contourner ces facteurs.
0.5. Intérêt et justification du choix du sujet
Le sujet de notre étude nous présente un intérêt sur le plan théorique et sur e plan pratique.
Sur le plan théorique, le choix de ce sujet a été motivé par les plaintes provenant des entrepreneurs
qui se sont lancés dans le secteur agricole. En étudiants la plus part des projets agricoles, l’on
remarque que le profit est souvent élevé allant de 50 à 200 pourcent. Pourtant dans la réalité sur
terrain nous nous rendons compte que les entreprises agricoles font beaucoup de pertes.
Sur le plan pratique, ce travail pourra permettre à ceux qui aimeraient investir dans le secteur
agricole de comprendre les réalités du secteur et non pas se basé simplement sur des projets fictifs.
0.6. Méthode et techniques
Dans ce travail, nous utiliserons les méthodes et techniques suivantes :
0.6.1. Méthodes
0.6.1.1. Méthode descriptive
En nous référant à la définition de N'da Paul, «nous pouvons indiquer que la méthode descriptive
consiste à décrire, nommer ou caractériser un phénomène, une situation ou un événement de sorte
qu'il apparaisse familier». Cette méthode nous a permis de décrire le champ de travail et notre unité
d'enquête pour mieux appréhender les différentes réalités qui s'y trouvent
0.6.1.2. Méthode analytique
La méthode analytique «consiste à décomposer l'objet d'étude en allant du plus complexe au plus
simple. Cette méthode recherche le plus petit composant possible, l'unité de base des phénomènes,
AKTOUF»
Cette méthode nous est d'une grande importance d'autant plus qu'elle nous a permis d'améliorer les
données recoltés qui ont trait à notre sujet d'étude.
0.6.2. Techniques
0.6.2.1. Technique documentaire
D'après GRAWITZ, la technique documentaire consiste en une fouille systématique
de tout ce qui est écrit ayant une liaison avec le domaine de recherche. Il s'agit des
ouvrages, les mémoires, les rapports, et les notes de cours ainsi que les sites web,
etc.
0.6.2.2. Technique d'observation
Pat cette technique nous avons observé les flux de production agricole dans la ville de
Kinshasa ainsi que le comportement des entreprises agricoles
0.6.2.3. Technique de questionnaire fermé
La technique de questionnaire fermé nous a servi dans la récolte des données
relatives au facteurs qui empêchent le développement des entreprises agricoles
résultat, ce questionnaire a été adressé aux différents gestionnaires des entreprises
agricoles.
0.7. Subdivision du travail
Notre travail sera subdivisé en trois chapitres correspondant aux trois hypothèses