100% ont trouvé ce document utile (4 votes)
7K vues77 pages

CVLT Manuel

Le document traite de l'évaluation de la mémoire épisodique, en particulier à travers des tests comme le California Verbal Learning Test (CVLT), qui permet d'analyser les stratégies d'apprentissage et de rappel des sujets. Il souligne l'importance de ces évaluations en neuropsychologie clinique, notamment pour détecter des déficits mnésiques associés à des pathologies comme la maladie d'Alzheimer. Le CVLT, en utilisant des listes de mots catégorisées, offre une approche plus nuancée que les tests traditionnels en permettant d'explorer les mécanismes d'encodage et de récupération de l'information.

Transféré par

Sandy KOLBASI
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (4 votes)
7K vues77 pages

CVLT Manuel

Le document traite de l'évaluation de la mémoire épisodique, en particulier à travers des tests comme le California Verbal Learning Test (CVLT), qui permet d'analyser les stratégies d'apprentissage et de rappel des sujets. Il souligne l'importance de ces évaluations en neuropsychologie clinique, notamment pour détecter des déficits mnésiques associés à des pathologies comme la maladie d'Alzheimer. Le CVLT, en utilisant des listes de mots catégorisées, offre une approche plus nuancée que les tests traditionnels en permettant d'explorer les mécanismes d'encodage et de récupération de l'information.

Transféré par

Sandy KOLBASI
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

ecea

•••• Les Editions


du Centre
de Psychologie
Appliquée
____ lntroducrion .::L9

).
Ji a
,'),_.'~.:·~~'"C'
..•. ."...-- ' .
il i t'r e 1
Introduction

Parmi les plaintes mnésiques exprimées par les patients en neurologie ou psychiatrie, celles concernant la
mémoire épisodique sont probablement les plus fréquentes. Chez les sujets cérébro-Iésés, la prévalence des
troubles de la mémoire épisodique tient au fait qu'elle dépend de très nombreux processus sous-tendus par
un vaste réseau cérébral incluant les régions préfrontales, le lobe temporal interne, les cortex d'association
postérieurs, le cortex cingulaire et le cervelet (Van Der Linden et al., 2004). Dans le cas de la maladie d'Alzheimer,
les déficits de mémoire épisodique sont souvent inauguraux et constituent donc un marqueur cognitif efficace
de la survenue d'une démence (Colette et al., 2003). L'évaluation de ce niveau du fonctionnement mnésique
constitue ainsi une tâche prioritaire en neuropsychologie clinique (Desgranges et Eustache, 2003).

Les tests permettant d'évaluer la mémoire épisodique peuvent être schématiquement classés en deux catégories:
les tests psychométriques traditionnels (généralement construits empiriquement à partir de l'expérience clinique)
et les épreuves issues de modèles théoriques de la psychologie cognitive.

Parmi les tests de la première catégorie, les plus fréquemment utilisés sont l'Echelle de Mémoire de Wechsler
(1987), le test d'apprentissage d'une série de 15 mots de Rey (1964) ou la Batterie d'Efficience Mnésique (BEM
144) de Signoret (1991). La plupart des tests psychométriques traditionnels fournissent des données normatives
ce qui est nécessaire lorsqu'il s'agit de contribuer à la détection d'un déficit mnésique, En outre, certains de
ces tests ont l'avantage d'avoir été validés dans ce domaine par des études incluant des déments légers et
des sujets témoins, Mais ces tests présentent aussi des inconvénients, dans la mesure où ils ne peuvent pas
donner d'indications précises sur la nature des troubles observés. Si, par exemple, on constate une performance
déficitaire à l'un d'entre eux, on ne pourra pas savoir si le déficit est dû au dysfonctionnement de la mémoire
de travail ou à celui de la mémoire à long terme (ou aux deux). On ne saura pas, non plus, s'il s'agit d'un déficit
d'acquisition, de conservation ou de récupération de l'information, car les tests traditionnels ne permettent pas
de contrôler les opérations d'encodage et de récupération.

D'apparition relativement récente, les tests élaborés à partir des modèles théoriques de la psychologie cognitive
peuvent, en principe, pallier les carences des tests classiques. Parmi ces tests, les plus connus sont le California
Verbal Learning Test (CVLT) de Delis et al., (1985,1987) et les épreuves mises au point par Grober et Buschke
(Grober et al., 1988) dont il existe, depuis peu, une adaptation francophone (Van Der Linden et al., 2004). En ce qui
concerne le contrôle des opérations d'encodage et de récupération, le CVLT est moins complet que les épreuves
de Grober et Buschke. En revanche, il paraît avoir une faisabilité supérieure à celles de ces épreuves (notamment
celle à 16 items) pour l'examen des sujets âgés normaux et des patients avec déficit cognitif d'insensité légère.

Le CVLT comporte l'apprentissage, en cinq essais, d'une liste de seize mots, l'interpolation d'une autre liste
comprenant également seize mots à apprendre en un essai, puis le rappel différé de la première liste et la
présentation, ensuite, d'une épreuve de reconnaissance. Dans la mesure où les listes de mots sont constituées
d'items appartenant à des catégories sémantiques bien définies (dont deux sont communes aux deux listes),
il est possible d'utiliser le nom de ces catégories pour inclure une condition de rappel indicé. Il est également
possible de mieux manipuler les conditions de récupération de l'information en proposant plusieurs types de
rappel (libre, indicé, en reconnaissance) que l'on peut alors comparer entre eux,

Le CVLT permet ainsi d'étudier les stratégies mises en œuvre par le sujet au cours de l'apprentissage et de
mieux évaluer sa sensibilité aux interférences, A partir des résultats recueillis au test, il est possible de calculer
un certain nombre d'indices quantitatifs,

ECPA ••• CVLT


____ Fondements théoriques et empinques des indices du CVLT 1•....•..
1

Fondements théoriques
et empiriques des indices du CVL T

Le format de base du California Verbal Learning Test a pour modèle celui du Test d'Apprentissage Verbal de
Rey (Rey, 1964; Lezak, 1983). Le test de Rey comprend cinq présentations d'une liste de mots non reliés entre
eux, une présentation d'une nouvelle liste de mots non reliés, puis un test de rappel et de reconnaissance de
la première liste. Dans la version standardisée du test de Rey, on utilise seulement les scores globaux (comme
le nombre d'items correctement rappelés ou reconnus). Le CVLT ajoute à ce format de nombreuses autres
caractéristiques d'administration et de cotation.

__ ~·~REGROUPEMENTS SÉMANTIQUES ET REGROUPEMENTS SÉRIELS


A la différence du test de Rey, le CVLT utilise l'apprentissage de listes catégorisées plutôt que de mots non liés
entre eux. La Liste A est constituée de seize mots extraits de quatre catégories sémantiques à raison de quatre
mots chacune. Les mots sont présentés de telle sorte qu'un mot donné n'est jamais suivi par un autre mot
de la même catégorie. Le rappel successif de mots de la même catégorie, appelé regroupement sémantique
(Bousfield, 1953), reflète dans quelle mesure un sujet impose de façon active une organisation de la liste en
regroupant des items ayant des caractéristiques sémantiques communes. Cette stratégie d'apprentissage par
regroupement sémantique est en général la meilleure façon d'encoder en mémoire à long terme (Craik, 1981 ;
Hunt et Love, 1972). Les regroupements sémantiques diminuent au cours du vieillissement normal (Craik, 1984)
et sont extrêmement déficitaires chez les patients amnésiques, comme ceux qui ont un syndrome de Korsakoff
(Cermak et Butters, 1972).

Les listes des mots du CVL T ont été construites de façon à inclure à la fois des catégories bien connues à haute
fréquence, comme les «vêtements», afin de minimiser les effets plancher chez les populations de patients,
et des catégories à fréquence moins haute, «floues» (Rosch, 1975), comme les «épices et herbes», afin de
minimiser les effets plafond chez les sujets normaux. La fréquence des items appartenant à chaque catégorie
est également systématiquement variée pour les mêmes raisons, comme on le verra plus loin.

Une stratégie alternative au regroupement sémantique est le regroupement sériel, c'est-à-dire le rappel des
items dans leur ordre de présentation. De façon générale, le rappel sériel est une stratégie d'apprentissage
beaucoup moins efficace que celle du regroupement sémantique, et elle est corrélée avec une performance
faible à beaucoup d'autres indices du CVLT (Delis et al., 1985).

COTATION_

Pour chaque essai de rappel libre, quatre indices de regroupement sémantique sont calculés. Ces indices
quantifient à quel degré un sujet utilise une stratégie sémantique lors du rappel d'une liste:
1. Un score de regroupements sémantiques observés: un point est obtenu à chaque fois qu'un sujet donne
une réponse correcte après une autre réponse correcte appartenant à la même catégorie.

ECPA ••• CVLT


.L174.- Fondements théoriques et empiriques des indices du CVLT ----

2. Un score de regroupements sémantiques attendus: il indique le nombre de regroupements sémantiques


qu'on obtiendrait sur la base de réponses données au hasard, compte tenu du nombre total de mots et
du nombre de catégories différentes représentées dans les réponses d'un sujet lors d'un essai donné.
3. Le rapport des scores de regroupements observés/regroupements attendus: un rapport de 1 indique une
performance de regroupement sur la base du hasard, et des rapports supérieur ou inférieur à 1 indiquent
respectivement des regroupements plus nombreux ou mois nombreux que ne le voudrait le hasard.
4. Un score global de regroupements sémantiques observés: un point est obtenu à chaque fois que le sujet
donne, de façon consécutive, deux mots de la même catégorie, indépendamment du fait que ces mots
soient des réponses correctes, des persévérations ou des intrusions.
De même, on calcule un score de rappels par regroupements sériels observés, un score de rappels par regroupements
sériels attendus sur la base de réponses données au hasard et le rapport observé / attendu. Le score de rappels
sériels observés est le nombre de fois où un sujet rappelle successivement deux mots qui se suivaient également
dans la liste des stimuli. Les formules de regroupement sont dérivées de Shuell (1969) ; toutefois, ici, les probabilités
attendues de regroupement sont calculées en utilisant une fonction de puissance tirée d'une étude de Monte-Carlo
utilisant 10000 listes de longueur variée de mots au hasard (Fridlund et Delis, 1983).

Les indices décrits ci-dessus permettent de comparer l'utilisation par un sujet des stratégies sémantique et
sérielle. Ces indices montreront également si un sujet n'utilise aucune stratégie particulière, mais rappelle plutôt
les mots de façon idiosyncrasique ou au hasard.

__ ml::]· EFFFETSDE POSITION SERIELLE


On peut également caractériser les mots rappelés en fonction de leur position dans la liste originale. Les sujets
montrent fréquemment un meilleur rappel des items du début (région de primauté) et de la fin de la liste (région
de récence) que celui des items du milieu de liste. Cette stratégie peut se combiner à des degrés variés de
regroupements sémantique ou sériel. Les recherches sur la mémoire chez le sujet normal a montré que l'effet
de primauté/récence indique qu'un certain taux d'information est encodé en mémoire à long terme (effet de
primauté) et un certain taux est traité en mémoire à court terme (effet de récence ; voir Klatzky, 1980). On peut
s'attendre à ce que les patients qui ont des difficultés à encoder l'information en mémoire à long terme se rappellent
préférentiellement des mots de la fin de la liste (Butters et Cermak, 1980 ; Cermak et al., 1971 ; Milner, 1970 ;
aber et al., 1985 ; Wilson et al., 1983) ; ceci suggère qu'ils utilisent une stratégie passive de rappel, consistant
à rappeler en écho les derniers mots présentés.

Dans les recherches sur la mémoire chez le sujet normal, l'idée selon laquelle la «primauté équivaut au stockage
à long terme» et la «récence équivaut au stockage à court terme» n'est valable que si une liste a été présentée
une seule fois. Lorsque la liste est présentée plusieurs fois dans le même ordre, comme c'est le cas pour le
CVLT, il est impossible de définir opérationnellement si telle ou telle réponse est générée à partir d'un stockage à
court terme ou à long terme. Ainsi, toute conclusion relative à l'intégrité des capacités de stockage à long terme
ou à court terme à partir des effets de primauté et de récence est imprudente.

COTATION_

Dans le CVLT, les régions «primauté» et «récence» correspondent respectivement aux quatre premiers et aux
quatre derniers mots de la liste: ce mode de groupement correspond à la taille moyenne de la taille de ces
régions, définie par Salthouse (1980) sur la base d'une revue de la littérature. La région du milieu correspond
donc aux huit mots situés au milieu de la liste.

Pour le CVLT, trois indices concernent cette question: de tous les mots rappelés par un sujet sur l'ensemble
des cinq essais, quel pourcentage provient de chacune de ces trois régions (c'est-à-dire les régions «primauté»,
«milieu» et «récence») ? Il est ainsi possible de comparer des sujets ayant des capacités différentes de rappel avec
ces mesures, puisque les indices sont corrigés en fonction du nombre total de mots correctement rappelés.

Pour chaque sujet, la configuration des notes brutes pour ces trois indices (cprimauté», «milieu» et «récence»)
n'indiquera pas de façon directe si on est en présence d'un effet de primauté/récence, parce que les mots de la
région du milieu ont une probabilité double de celle des mots régions «primauté» et «récence» d'être rappelés

ECPA ••• CVLT


____ Fondements théoriques et empiriques des indices du CVLT 11..J.3

sur la base du hasard. Toutefois, si on observe que la moitié de la note brute correspondant à la région moyenne
est inférieure aux notes brutes des régions «primauté» et «récence», on pourra dire qu'on est en présence d'un
effet de primauté/récence. Cette configuration du rappel est observée chez les sujets normaux.

__ :nad- APPRENTISSAGE LORS DES ESSAIS SUCCESSIFS

Les sujets se comportent de façon très variable lors d'essais successifs d'apprentissage d'une même liste. Ainsi,
des sujets très anxieux, ou des sujets qui ont des difficultés à comprendre la nature de la tâche ont souvent une
performance très faible au premier essai, puis s'améliorent considérablement par la suite. Au contraire, des sujets
qui ont des capacités d'apprentissage limitées peuvent obtenir une note normale, ou proche de la normale, lors du
premier essai, mais atteignent rapidement un plateau d'apprentissage lors des essais suivants (Luria, 1981). Le CVLT
permet de quantifier le taux d'apprentissage au cours des cinq essais successifs d'apprentissage de la Liste A.

COTATION_

Une droite de régression par la méthode des moindres carrés est utilisée de façon à ajuster les notes obtenues
lors des cinq essais successifs. La pente de la droite de régression indique le taux d'apprentissage supplémentaire
par essai.

__ ;::n"G..- CONSTANCE DU RAPPEL AU COURS DES ESSAIS SUCCESSIFS

Les capacités des sujets à rappeler les mêmes mots à la suite de présentations successives d'une même
liste sont très variables. On peut observer un rappel inconstant lorsqu'un sujet aux capacités d'apprentissage
limitées abandonne une stratégie de rappel pour une autre (par exemple, le sujet rappelle plutôt des mots de la
région «récence» lors d'un essai, puis des mots de la région «primauté» lors de l'essai suivant). L'inconstance
du rappel est très souvent observée chez les patients amnésiques, en particulier chez ceux qui présentent
une pathologie de type frontal (Luria, 1981). Ces patients répondent à chaque présentation répétée de la liste
comme s'il s'agissait d'une liste nouvelle. Luria a attribué cette difficulté de rappel à une «incapacité à retenir
le plan de mémorisation».

COTATION_

On calcule le pourcentage de mots cibles reconnus lors de l'un des quatre premiers essais de la Liste A et
également retenus lors de l'essai immédiatement suivant.

__ ~:-i-COMPOSITION SÉMANTIQUE DES LISTES A ET B ET INTERFÉRENCE PROACTIVE


La Liste B, servant de liste interférente, est lue au sujet immédiatement après le cinquième essai d'apprentissage
de la Liste A. La Liste B, tout comme la Liste A, est composée de seize mots tirés de quatre catégories sémantiques
à raison de quatre mots par catégorie. Les mots des deux listes ont été soigneusement sélectionnés, selon deux
critères, de façon à les rendre aussi comparables que possible. Le premier est la fréquence d'occurrence des
mots dans les textes de l'anglais courant, pour lesquels Thorndike et Lorge (1944) ont calculé la fréquence par
million de mots; de même, Carroll, Davies et Richman (1971) ont calculé des index de fréquence standardisés
de mots tirés de livres et de manuels. Le second critère est l'ordre d'émission des mots comme représentatif
d'une catégorie sémantique, recueilli par Battig et Montague (1969).

C'est ce dernier critère qui a présidé au choix des mots des listes de l'adaptation française.

Dans le travail de Battig et Montague, on demande à des sujets normaux d'écrire autant de mots d'une même
catégorie sémantique qu'ils le peuvent en 30 secondes. Le mot écrit avec la plus grande fréquence se voit

ECPA ••• CVLT


.J.;14:L- Fondements théoriques et empiriques des indices du CVLT ----

attribué le rang 1, le suivant a le rang 2, et ainsi de suite. Les valeurs moyennes pour les deux listes ne diffèrent
=
pas, ni en termes de fréquence (pour les valeurs de Thorndike et Lorge, t (30) -.75, P > .50 ; pour les valeurs
= =
de Carroll et al., t (30) -.58, P > .50), ni en termes de rang catégoriel (t (30) -.55, P > .50).

Deux des catégories de la Liste B sont les mêmes que des catégories de la Liste A, et sont référencées comme
catégories «partagées» (ou communes) ; les deux autres catégories de la Liste B diffèrent des catégories de
la Liste A, et sont référencées comme catégories «non partagées» (ou non communes). La variable «partagé/
non partagé» permet une estimation plus fine de l'interférence proactive.

L'interférence proactive, définie comme étant l'effet délétère d'un apprentissage antérieur sur la rétention d'un
matériel appris ultérieurement (Postman, 1971), peut se manifester d'au moins deux manières différentes avec
le CVLT. D'une part, il est possible que le rappel immédiat de la Liste B soit moins bon que le rappel immédiat
au premier essai d'apprentissage de la Liste A ; ceci peut résulter de l'interférence induite par les cinq essais
d'apprentissage de la Liste A. D'autre part, il est possible que le rappel des mots appartenant aux catégories
sémantiquement proches de certains mots de la Liste A - (voir Postman, 1971, pour une discussion des effets
de la similitude des items sur l'interférence en apprentissage verbal) - soit moins bon que celui des mots
relevant des catégories non partagées. Le fait que le rappel des mots relevant des catégories non partagées
soit supérieur à celui des mots appartenant aux catégories partagées est appelé échappement à l'interférence
proactive (Butters et Cermak, 1980).

COTATION_

On calcule les indices suivants:


1. La différence entre le rappel de la Liste B et le rappel au premier essai d'apprentissage de la Liste A.
2. La différence entre le rappel des mots de la Liste B appartenant aux catégories partagées et la moyenne
pondérée du rappel des items de la Liste A appartenant aux catégories partagées.
3. La différence entre le rappel des mots de la Liste B appartenant aux catégories non partagées et la moyenne
pondérée du rappel des items de la Liste A appartenant aux catégories non partagées.

L'interférence proactive est estimée en comparant le nombre de mots de la Liste B rappelés et le nombre de
mots rappelés au premier essai d'apprentissage de la Liste A. Il est toutefois nécessaire de calculer les indices
correspondant aux items partagés et non partagés en utilisant une méthode de moyenne pondérée, parce que les
proportions relatives d'items de la Liste A partagés et non partagés au cours des cinq essais d'apprentissage peut
entraîner le développement d'une plus grande interférence pour les items de la Liste B appartenant aux catégories
partagées. Ainsi, si un sujet rappelle préférentiellement des items de la Liste A appartenant aux catégories non
partagées, il risque moins de faire des confusions sémantiques lorsqu'il tentera de se rappeler les items partagés
de la Liste B. C'est pour corriger cette source de variance entre sujets que nous avons développé une analyse
pondérée. Ainsi, le nombre de mots de la Liste B, appartenant aux catégories partagées (ou non), rappelés par le
sujet, est comparé avec le pourcentage d'items de la Liste A rappelés, qui proviennent des catégories partagées
(ou non), multiplié par le nombre de mots rappelés au premier essai d'apprentissage de la Liste A.

Toute diminution du rappel de la Liste B, en particulier pour les mots relevant des catégories partagées, peut
résulter d'une interférence proactive. La structure du CVLT ne permet pas une mesure formelle de l'interférence
proactive, telle qu'elle est définie dans la littérature expérimentale (voir Postman, 1971).

__ IiJ'fLlQ· JEST DE RÉTENTION À COURT TERME ET INTERFÉRENCE RÉTROACTIVE


Après une seule présentation de la Liste B, on procède au rappel libre de la Liste A, sans nouvelle présentation
de celle-ci. Il est possible qu'on observe, lors de ce rappel à court terme une diminution de la performance par
rapport au cinquième essai d'apprentissage de la Liste A. Une telle diminution peut résulter à la fois à la présence
d'un court délai et à l'interférence résultant de l'apprentissage de la Liste B. Dans la littérature expérimentale
sur la mémoire, on réfère à ce dernier effet sous le terme d'interférence rétroactive, c'est-à-dire l'effet délétère
d'un second apprentissage sur la rétention d'un matériel préalablement appris (voir Postman, 1971).

ECPA ••• CVLT


____ Fondements théoriques et empinques des indices du CVLT ->-.215

COTATION_

On calcule la. différence de performance entre le rappel libre à court terme et le cinquième essai d'apprentissage
de la Liste A.

__ D~rn:
.. RAPPEL INDICÉ
Après les essais de rappel libre, on procède à un essai de rappel indicé de la Liste A, où on demande au sujet
de rappeler successivement les mots appartenant aux quatre catégories sémantiques concernées. Cet essai
permet de comparer la performance en rappel libre et en rappel indicé par les catégories. Lors de la sélection
initiale des mots pour la construction des listes, les quatre exemplaires les plus fréquents de chaque catégorie
sémantique ont été exclus (Battig et Montague, 1969). Lorsqu'un sujet qui tente d'utiliser une stratégie de rappel
sémantique commet une « intrusion» (c'est-à-dire qu'il dit un mot n'appartenant pas à la liste), ces réponses
sont souvent des prototypes des catégories sémantiques (comme «marteau» pour «outils» ; voir Cermak et
Stiassny, 1982). Il ne serait pas possible d'estimer cette tendance à produire des prototypes si ceux-ci n'avaient
pas été exclus des listes d'apprentissage.

On peut faire quelques inférences relatives aux processus d'encodage et de récupération mis en œuvre par
un sujet en comparant la performance aux essais de rappel libre et aux essais de rappel indicé, avec aide
catégorielle (Lezak, 1983). Si un patient est déficitaire à la fois en rappel libre et en rappel indicé, ceci peut révéler
un déficit d'encodage : ainsi, Cermak et Butters, 1972, ont observé cette configuration des performances chez
des patients avec syndrome de Korsakoff. Si un patient montre une performance affaiblie en rappel libre, mais
qui s'améliore significativement en rappel indicé, on peut alors évoquer un déficit au niveau de la récupération.
Albert et al., (1981) ont observé ce type de performance chez des patients ayant une maladie de Huntington
récemment diagnostiquée. Il est toutefois difficile de séparer encodage et récupération sur la base de la seule
utilisation de ces mesures comportementales (voir Squire, 1980, 1982, et Albert et al., 1981, pour les difficultés
qui concernent ces distinctions).

COTATION_

On calcule la différence de performance entre rappel libre et rappel indicé.

ml . TEST DE RÉTENTION À LONG TERME


Le CVLT permet un test systématique de rétention à long terme, à la différence de la plupart des autres tests
de mémoire qui mesurent seulement le rappel immédiat (voir Lezak, 1983 ; Prigatano, 1978 ; Russell, 1975 et
Spiers, 1981 pour des analyses critiques de ces tests). C'est avec des patients tels que ceux qui ont un syndrome
de Korsakoff qu'on peut voir toute l'importance de l'interpolation d'un délai relativement long. Chez ces patients,
la sévérité du problème mnésique est particulièrement évidente après un intervalle distracteur séparant la fin de
l'apprentissage de la mesure de la rétention (Cermak et al., 1971). Le CVLT permet d'estimer la performance en
rappel libre et en rappel indicé, non seulement au terme d'un délai bref (pendant lequel on présente la Liste B),
mais aussi au terme d'un délai d'une durée d'environ 20 minutes. Pendant ce délai, on administrera des tests
non verbaux, dans le but de minimiser l'interférence.

COTATION_

On compare la performance en rappel libre à long terme de la Liste A et celle observée après un délai bref.

ECPA ••• CVLT


..L16LL- Fondements théoriques et empiriques des indices du CVLT _

MÉLlORATION DES REGROUPEMENTS SÉMANTIQUES


Lors de l'administration du CVL T, on propose un indiçage catégoriel entre le rappel libre à court terme et le
rappel libre à long terme. Cette procédure permet de déterminer dans quelle mesure la présentation des indices
catégoriels lors d'un essai préalable améliore le regroupement sémantique lors d'un essai ultérieur de rappel
libre. Cette caractéristique a des implications pour la réhabilitation cognitive des processus mnésiques, dans la
mesure où elle indique si un patient, dont la stratégie de regroupement sémantique est faible, pourra adopter
une stratégie efficace lorsque celle-ci est proposée par l'examinateur.

COTATION_

On mesure les regroupements sémantiques en rappel libre à long terme et en rappel libre à court terme.
Toutefois, une diminution importante de performance entre ces deux tests empêche toute comparaison sensée
des regroupements sémantiques lors des deux essais correspondants .

• . RREURS DE RAPPEL
Le type d'erreurs qu'un sujet commet en rappel peut informer utilement pour formuler et tester des hypothèses
diagnostiques. Le CVLT mesure deux types d'erreurs de rappel: les persévérations, qui sont la répétition d'une réponse
déjà donnée au cours du même essai, et les intrusions, qui sont des réponses n'appartenant pas à la liste cible.

On peut observer un grand nombre de persévérations pour au moins deux raisons. Les patients qui ont des
difficultés à inhiber les réponses peuvent répéter un mot peu de temps après qu'il a été fourni; ce type d'erreur
est appelé persévération proximale. Ce type de persévérations est fréquemment associé à une pathologie
frontale (Luria, 1981). Au contraire, des sujets qui ont des difficultés mnésiques ou attentionnelles peuvent répéter
une réponse très longtemps après l'avoir déjà fournie au cours du même essai; il s'agit là d'une persévération
distale. Les sujets qui montrent des persévérations distales ont souvent oublié qu'ils ont déjà donné la même
réponse lors du même essai, et ils peuvent croire qu'ils donnent cette réponse persévérative pour la première
fois. Il faut considérer les persévérations proximales et distales comme des termes heuristiques, qui peuvent
dépendre de nombreux facteurs chez des sujets différents, y compris leur empan immédiat et leurs latences
moyennes de réponse.

Un grand nombre d'intrusions peut refléter des difficultés à discriminer entre réponses pertinentes et réponses
non pertinentes (Fu Id et al., 1982). On considère souvent que les intrusions sont caractéristiques de patients avec
maladie d'Alzheimer (Fuld et al., 1982; Kramer et al., 1985). Si un sujet a tendance à produire des intrusions
appartenant à la même catégorie que les réponses précédentes (c'est-à-dire si les intrusions sont regroupées
sémantiquement), ceci peut indiquer qu'un certain traitement sémantique se produit, mais que le sujet a des
difficultés à discriminer entre des items préalablement étudiés et d'autres exemplaires des mêmes catégories.
Si on observe les intrusions plutôt en rappel indicé qu'en rappel libre, il est probable que la fourniture de sondes
déclenche des difficultés de discrimination. Si les intrusions observées lors du rappel de la Liste B ou lors des
rappels différés successifs de la Liste A sont surtout des items appartenant à l'autre liste du CVLT (comme c'est
le cas lorsque des items de la Liste A sont fournis lors du rappel de la Liste B), ou si elles appartiennent aux
catégories communes aux deux listes, ceci peut être révélateur du fait que les difficultés de discrimination sont
liées à une susceptibilité exagérée à l'interférence proactive ou rétroactive.

COTATION_

On relève les nombres de persévérations et d'intrusions produites lors de tous les essais de rappel libre et de
rappel indicé. On peut également les séparer entre «catégories communes» et «catégories non communes»
aux deux listes.

ECPA ••• CVLT


____ Fondements théoriques et empiriques des indices du CVLT --'IL..LZ

x . RECONNAISSANCE
Dans le test de Rey (Rey, 1964), on estime la reconnaissance en demandant au sujet d'identifier les mots cibles
noyés dans un paragraphe présenté visuellement. Cette procédure crée au moins deux problèmes: (a) la modalité
de présentation passe de l'auditif au visuel et (b) le format de la tâche change également, puisqu'on substitue
un paragraphe à une liste. Pour le test de reconnaissance, le CVLT utilise la présentation auditive d'une liste
contenant les items cibles (les 16 mots de la Liste A) et 28 mots distracteurs, avec un paradigme de réponse par
oui ou par non. Tous les items sont des noms d'objets susceptibles de figurer sur une liste de courses.

On définit la performance en reconnaissance en termes de « reconnaissances correctes» (oui pour un item


cible), de « non reconnaissances» (non pour un item cible), de « fausses reconnaissances» (oui pour un
distracteur) et de « rejets corrects» (non pour un distracteur). Un taux élevé de reconnaissances correctes ne
signifie pas forcément une performance exacte, puisqu'on peut observer simultanément un taux élevé de fausses
reconnaissances. Cette configuration des performances peut être liée à un problème de discriminabilité ou de
biais de réponse. La discriminabilité correspond à la capacité de distinguer les items cibles et les distracteurs
(c'est-à-dire de dégager le «signal» du «bruit»), et le biais de réponse correspond à la tendance à répondre
préférentiellement oui ou non, indépendamment du type de stimulus. La recherche avec des patients neurologiques
a montré les problèmes de discriminabilité. Ainsi, Warrington et Weiskrantz (1970) ont relaté que des patients
amnésiques ont une discriminabilité en reconnaissance affaiblie. En outre, on observe des biais de réponse: les
patients atteints de maladie d'Alzheimer répondent préférentiellement «oui», alors que des patients déprimés
favorisent les réponses négatives (Post, 1975).

Le CVLT propose cinq types de distracteurs :


1. Liste B - partagés, qui sont des mots de la Liste B appartenant aux mêmes catégories que certains mots
de la Liste A (efruits» et «épices et herbes»).
2. Liste B - non partagés, qui sont des mots de la Liste B relevant de catégories sémantiques autres que
celles de la Liste A (epofssons» et «ustensiles de cuisine»).
3. Aucune liste - prototypes, qui sont des mots ne figurant dans aucune des deux listes mais qui sont
prototypiques des catégories de la Liste A (exemple: «pommes» pour «fruits»).
4. Aucune liste - phonétiquement similaires, qui sont des distracteurs phonétiquement similaires à des mots
de la Liste A (par exemple, «semailles» pour «tenailles»).
5. Aucune liste, non liés, qui sont des distracteurs ne partageant pas de relation sémantique ou phonétique
évidente avec les mots des deux listes (par exemple, «savon»).

Dans cette épreuve de reconnaissance, les distracteurs sémantiquement ou phonétiquement liés permettent
d'estimer la «profondeur de traitement» des items cibles. On sait que le vieillissement normal (Craik, 1984 ; Craik
et Simon, 1980; Simon, 1979) ou les syndromes amnésiques (Cermak et al., 1974; Cermak et Reale, 1978;
Wetzel et Squire, 1980) s'accompagnent de difficultés à traiter une information verbale à un niveau sémantique.
Le fait que des patients acceptent comme appartenant à la Liste A des distracteurs phonétiquement proches
(ou des distracteurs sémantiquement proches) peut refléter dans quelle mesure les items de la Liste A ont été
initialement traités à un niveau élevé (sémantique) ou de surface (phonétique).

Le fait de comparer la performance en reconnaissance à la performance en rappel libre ou en rappel indicé est
aussi pertinent par rapport à la question de savoir si un problème mnésique reflète principalement des difficultés
d'encodage ou de récupération. La reconnaissance est la situation de récupération la plus facile, alors que
le rappel indicé l'est un peu moins. Au contraire, une consigne de rappel libre ne procure aucune aide. Tout
comme pour le rappel indicé, observer une performance bien meilleure en reconnaissance qu'en rappel libre
peut témoigner d'une difficulté de récupération plutôt que d'encodage de l'information.

COTATION_

On relève les nombres de reconnaissances correctes, de non reconnaissances, de fausses reconnaissances


et de rejets corrects. On calcule les indices de discriminabilité et de biais de réponse sur la base des formules
proposées par Underwood (1974). Ces mesures non paramétriques sont fortement corrélées avec des mesures
paramétriques dérivées de la théorie de la détection du signal. L'index de discriminabilité varie de 100% (toutes les
réponses sont des reconnaissances correctes et des rejets corrects) à 0% (toutes les réponses sont des fausses

ECPA ••• CVLT


..•.
1<>.8 Fondements théoriques et empiriques des indices du CVLT _

reconnaissances ou des non reconnaissances). Un score de reconnaissance parfait (16 reconnaissances correctes,
o fausse reconnaissance) aboutit à un biais de réponse de 0 et indique une tendance «neutre» à répondre. Les
scores qui s'approchent de +1 ou de -1 reflètent respectivement un biais de réponse positif ou négatif.

On peut également calculer les différents types de faux positifs. En outre, deux indices reflètent le changement
entre la performance en reconnaissance, d'une part, et la performance en rappel libre et en rappel indicé à long
terme, respectivement, d'autre part.

ECPA ••• CVLT


ecea
•••• Les Editions
du Centre
de Psychologie
Appliquée
____ lntroducrion .::L9

).
Ji a
,'),_.'~.:·~~'"C'
..•. ."...-- ' .
il i t'r e 1
Introduction

Parmi les plaintes mnésiques exprimées par les patients en neurologie ou psychiatrie, celles concernant la
mémoire épisodique sont probablement les plus fréquentes. Chez les sujets cérébro-Iésés, la prévalence des
troubles de la mémoire épisodique tient au fait qu'elle dépend de très nombreux processus sous-tendus par
un vaste réseau cérébral incluant les régions préfrontales, le lobe temporal interne, les cortex d'association
postérieurs, le cortex cingulaire et le cervelet (Van Der Linden et al., 2004). Dans le cas de la maladie d'Alzheimer,
les déficits de mémoire épisodique sont souvent inauguraux et constituent donc un marqueur cognitif efficace
de la survenue d'une démence (Colette et al., 2003). L'évaluation de ce niveau du fonctionnement mnésique
constitue ainsi une tâche prioritaire en neuropsychologie clinique (Desgranges et Eustache, 2003).

Les tests permettant d'évaluer la mémoire épisodique peuvent être schématiquement classés en deux catégories:
les tests psychométriques traditionnels (généralement construits empiriquement à partir de l'expérience clinique)
et les épreuves issues de modèles théoriques de la psychologie cognitive.

Parmi les tests de la première catégorie, les plus fréquemment utilisés sont l'Echelle de Mémoire de Wechsler
(1987), le test d'apprentissage d'une série de 15 mots de Rey (1964) ou la Batterie d'Efficience Mnésique (BEM
144) de Signoret (1991). La plupart des tests psychométriques traditionnels fournissent des données normatives
ce qui est nécessaire lorsqu'il s'agit de contribuer à la détection d'un déficit mnésique, En outre, certains de
ces tests ont l'avantage d'avoir été validés dans ce domaine par des études incluant des déments légers et
des sujets témoins, Mais ces tests présentent aussi des inconvénients, dans la mesure où ils ne peuvent pas
donner d'indications précises sur la nature des troubles observés. Si, par exemple, on constate une performance
déficitaire à l'un d'entre eux, on ne pourra pas savoir si le déficit est dû au dysfonctionnement de la mémoire
de travail ou à celui de la mémoire à long terme (ou aux deux). On ne saura pas, non plus, s'il s'agit d'un déficit
d'acquisition, de conservation ou de récupération de l'information, car les tests traditionnels ne permettent pas
de contrôler les opérations d'encodage et de récupération.

D'apparition relativement récente, les tests élaborés à partir des modèles théoriques de la psychologie cognitive
peuvent, en principe, pallier les carences des tests classiques. Parmi ces tests, les plus connus sont le California
Verbal Learning Test (CVLT) de Delis et al., (1985,1987) et les épreuves mises au point par Grober et Buschke
(Grober et al., 1988) dont il existe, depuis peu, une adaptation francophone (Van Der Linden et al., 2004). En ce qui
concerne le contrôle des opérations d'encodage et de récupération, le CVLT est moins complet que les épreuves
de Grober et Buschke. En revanche, il paraît avoir une faisabilité supérieure à celles de ces épreuves (notamment
celle à 16 items) pour l'examen des sujets âgés normaux et des patients avec déficit cognitif d'insensité légère.

Le CVLT comporte l'apprentissage, en cinq essais, d'une liste de seize mots, l'interpolation d'une autre liste
comprenant également seize mots à apprendre en un essai, puis le rappel différé de la première liste et la
présentation, ensuite, d'une épreuve de reconnaissance. Dans la mesure où les listes de mots sont constituées
d'items appartenant à des catégories sémantiques bien définies (dont deux sont communes aux deux listes),
il est possible d'utiliser le nom de ces catégories pour inclure une condition de rappel indicé. Il est également
possible de mieux manipuler les conditions de récupération de l'information en proposant plusieurs types de
rappel (libre, indicé, en reconnaissance) que l'on peut alors comparer entre eux,

Le CVLT permet ainsi d'étudier les stratégies mises en œuvre par le sujet au cours de l'apprentissage et de
mieux évaluer sa sensibilité aux interférences, A partir des résultats recueillis au test, il est possible de calculer
un certain nombre d'indices quantitatifs,

ECPA ••• CVLT


____ Fondements théoriques et empinques des indices du CVLT 1•....•..
1

Fondements théoriques
et empiriques des indices du CVL T

Le format de base du California Verbal Learning Test a pour modèle celui du Test d'Apprentissage Verbal de
Rey (Rey, 1964; Lezak, 1983). Le test de Rey comprend cinq présentations d'une liste de mots non reliés entre
eux, une présentation d'une nouvelle liste de mots non reliés, puis un test de rappel et de reconnaissance de
la première liste. Dans la version standardisée du test de Rey, on utilise seulement les scores globaux (comme
le nombre d'items correctement rappelés ou reconnus). Le CVLT ajoute à ce format de nombreuses autres
caractéristiques d'administration et de cotation.

__ ~·~REGROUPEMENTS SÉMANTIQUES ET REGROUPEMENTS SÉRIELS


A la différence du test de Rey, le CVLT utilise l'apprentissage de listes catégorisées plutôt que de mots non liés
entre eux. La Liste A est constituée de seize mots extraits de quatre catégories sémantiques à raison de quatre
mots chacune. Les mots sont présentés de telle sorte qu'un mot donné n'est jamais suivi par un autre mot
de la même catégorie. Le rappel successif de mots de la même catégorie, appelé regroupement sémantique
(Bousfield, 1953), reflète dans quelle mesure un sujet impose de façon active une organisation de la liste en
regroupant des items ayant des caractéristiques sémantiques communes. Cette stratégie d'apprentissage par
regroupement sémantique est en général la meilleure façon d'encoder en mémoire à long terme (Craik, 1981 ;
Hunt et Love, 1972). Les regroupements sémantiques diminuent au cours du vieillissement normal (Craik, 1984)
et sont extrêmement déficitaires chez les patients amnésiques, comme ceux qui ont un syndrome de Korsakoff
(Cermak et Butters, 1972).

Les listes des mots du CVL T ont été construites de façon à inclure à la fois des catégories bien connues à haute
fréquence, comme les «vêtements», afin de minimiser les effets plancher chez les populations de patients,
et des catégories à fréquence moins haute, «floues» (Rosch, 1975), comme les «épices et herbes», afin de
minimiser les effets plafond chez les sujets normaux. La fréquence des items appartenant à chaque catégorie
est également systématiquement variée pour les mêmes raisons, comme on le verra plus loin.

Une stratégie alternative au regroupement sémantique est le regroupement sériel, c'est-à-dire le rappel des
items dans leur ordre de présentation. De façon générale, le rappel sériel est une stratégie d'apprentissage
beaucoup moins efficace que celle du regroupement sémantique, et elle est corrélée avec une performance
faible à beaucoup d'autres indices du CVLT (Delis et al., 1985).

COTATION_

Pour chaque essai de rappel libre, quatre indices de regroupement sémantique sont calculés. Ces indices
quantifient à quel degré un sujet utilise une stratégie sémantique lors du rappel d'une liste:
1. Un score de regroupements sémantiques observés: un point est obtenu à chaque fois qu'un sujet donne
une réponse correcte après une autre réponse correcte appartenant à la même catégorie.

ECPA ••• CVLT


.L174.- Fondements théoriques et empiriques des indices du CVLT ----

2. Un score de regroupements sémantiques attendus: il indique le nombre de regroupements sémantiques


qu'on obtiendrait sur la base de réponses données au hasard, compte tenu du nombre total de mots et
du nombre de catégories différentes représentées dans les réponses d'un sujet lors d'un essai donné.
3. Le rapport des scores de regroupements observés/regroupements attendus: un rapport de 1 indique une
performance de regroupement sur la base du hasard, et des rapports supérieur ou inférieur à 1 indiquent
respectivement des regroupements plus nombreux ou mois nombreux que ne le voudrait le hasard.
4. Un score global de regroupements sémantiques observés: un point est obtenu à chaque fois que le sujet
donne, de façon consécutive, deux mots de la même catégorie, indépendamment du fait que ces mots
soient des réponses correctes, des persévérations ou des intrusions.
De même, on calcule un score de rappels par regroupements sériels observés, un score de rappels par regroupements
sériels attendus sur la base de réponses données au hasard et le rapport observé / attendu. Le score de rappels
sériels observés est le nombre de fois où un sujet rappelle successivement deux mots qui se suivaient également
dans la liste des stimuli. Les formules de regroupement sont dérivées de Shuell (1969) ; toutefois, ici, les probabilités
attendues de regroupement sont calculées en utilisant une fonction de puissance tirée d'une étude de Monte-Carlo
utilisant 10000 listes de longueur variée de mots au hasard (Fridlund et Delis, 1983).

Les indices décrits ci-dessus permettent de comparer l'utilisation par un sujet des stratégies sémantique et
sérielle. Ces indices montreront également si un sujet n'utilise aucune stratégie particulière, mais rappelle plutôt
les mots de façon idiosyncrasique ou au hasard.

__ ml::]· EFFFETSDE POSITION SERIELLE


On peut également caractériser les mots rappelés en fonction de leur position dans la liste originale. Les sujets
montrent fréquemment un meilleur rappel des items du début (région de primauté) et de la fin de la liste (région
de récence) que celui des items du milieu de liste. Cette stratégie peut se combiner à des degrés variés de
regroupements sémantique ou sériel. Les recherches sur la mémoire chez le sujet normal a montré que l'effet
de primauté/récence indique qu'un certain taux d'information est encodé en mémoire à long terme (effet de
primauté) et un certain taux est traité en mémoire à court terme (effet de récence ; voir Klatzky, 1980). On peut
s'attendre à ce que les patients qui ont des difficultés à encoder l'information en mémoire à long terme se rappellent
préférentiellement des mots de la fin de la liste (Butters et Cermak, 1980 ; Cermak et al., 1971 ; Milner, 1970 ;
aber et al., 1985 ; Wilson et al., 1983) ; ceci suggère qu'ils utilisent une stratégie passive de rappel, consistant
à rappeler en écho les derniers mots présentés.

Dans les recherches sur la mémoire chez le sujet normal, l'idée selon laquelle la «primauté équivaut au stockage
à long terme» et la «récence équivaut au stockage à court terme» n'est valable que si une liste a été présentée
une seule fois. Lorsque la liste est présentée plusieurs fois dans le même ordre, comme c'est le cas pour le
CVLT, il est impossible de définir opérationnellement si telle ou telle réponse est générée à partir d'un stockage à
court terme ou à long terme. Ainsi, toute conclusion relative à l'intégrité des capacités de stockage à long terme
ou à court terme à partir des effets de primauté et de récence est imprudente.

COTATION_

Dans le CVLT, les régions «primauté» et «récence» correspondent respectivement aux quatre premiers et aux
quatre derniers mots de la liste: ce mode de groupement correspond à la taille moyenne de la taille de ces
régions, définie par Salthouse (1980) sur la base d'une revue de la littérature. La région du milieu correspond
donc aux huit mots situés au milieu de la liste.

Pour le CVLT, trois indices concernent cette question: de tous les mots rappelés par un sujet sur l'ensemble
des cinq essais, quel pourcentage provient de chacune de ces trois régions (c'est-à-dire les régions «primauté»,
«milieu» et «récence») ? Il est ainsi possible de comparer des sujets ayant des capacités différentes de rappel avec
ces mesures, puisque les indices sont corrigés en fonction du nombre total de mots correctement rappelés.

Pour chaque sujet, la configuration des notes brutes pour ces trois indices (cprimauté», «milieu» et «récence»)
n'indiquera pas de façon directe si on est en présence d'un effet de primauté/récence, parce que les mots de la
région du milieu ont une probabilité double de celle des mots régions «primauté» et «récence» d'être rappelés

ECPA ••• CVLT


____ Fondements théoriques et empiriques des indices du CVLT 11..J.3

sur la base du hasard. Toutefois, si on observe que la moitié de la note brute correspondant à la région moyenne
est inférieure aux notes brutes des régions «primauté» et «récence», on pourra dire qu'on est en présence d'un
effet de primauté/récence. Cette configuration du rappel est observée chez les sujets normaux.

__ :nad- APPRENTISSAGE LORS DES ESSAIS SUCCESSIFS

Les sujets se comportent de façon très variable lors d'essais successifs d'apprentissage d'une même liste. Ainsi,
des sujets très anxieux, ou des sujets qui ont des difficultés à comprendre la nature de la tâche ont souvent une
performance très faible au premier essai, puis s'améliorent considérablement par la suite. Au contraire, des sujets
qui ont des capacités d'apprentissage limitées peuvent obtenir une note normale, ou proche de la normale, lors du
premier essai, mais atteignent rapidement un plateau d'apprentissage lors des essais suivants (Luria, 1981). Le CVLT
permet de quantifier le taux d'apprentissage au cours des cinq essais successifs d'apprentissage de la Liste A.

COTATION_

Une droite de régression par la méthode des moindres carrés est utilisée de façon à ajuster les notes obtenues
lors des cinq essais successifs. La pente de la droite de régression indique le taux d'apprentissage supplémentaire
par essai.

__ ;::n"G..- CONSTANCE DU RAPPEL AU COURS DES ESSAIS SUCCESSIFS

Les capacités des sujets à rappeler les mêmes mots à la suite de présentations successives d'une même
liste sont très variables. On peut observer un rappel inconstant lorsqu'un sujet aux capacités d'apprentissage
limitées abandonne une stratégie de rappel pour une autre (par exemple, le sujet rappelle plutôt des mots de la
région «récence» lors d'un essai, puis des mots de la région «primauté» lors de l'essai suivant). L'inconstance
du rappel est très souvent observée chez les patients amnésiques, en particulier chez ceux qui présentent
une pathologie de type frontal (Luria, 1981). Ces patients répondent à chaque présentation répétée de la liste
comme s'il s'agissait d'une liste nouvelle. Luria a attribué cette difficulté de rappel à une «incapacité à retenir
le plan de mémorisation».

COTATION_

On calcule le pourcentage de mots cibles reconnus lors de l'un des quatre premiers essais de la Liste A et
également retenus lors de l'essai immédiatement suivant.

__ ~:-i-COMPOSITION SÉMANTIQUE DES LISTES A ET B ET INTERFÉRENCE PROACTIVE


La Liste B, servant de liste interférente, est lue au sujet immédiatement après le cinquième essai d'apprentissage
de la Liste A. La Liste B, tout comme la Liste A, est composée de seize mots tirés de quatre catégories sémantiques
à raison de quatre mots par catégorie. Les mots des deux listes ont été soigneusement sélectionnés, selon deux
critères, de façon à les rendre aussi comparables que possible. Le premier est la fréquence d'occurrence des
mots dans les textes de l'anglais courant, pour lesquels Thorndike et Lorge (1944) ont calculé la fréquence par
million de mots; de même, Carroll, Davies et Richman (1971) ont calculé des index de fréquence standardisés
de mots tirés de livres et de manuels. Le second critère est l'ordre d'émission des mots comme représentatif
d'une catégorie sémantique, recueilli par Battig et Montague (1969).

C'est ce dernier critère qui a présidé au choix des mots des listes de l'adaptation française.

Dans le travail de Battig et Montague, on demande à des sujets normaux d'écrire autant de mots d'une même
catégorie sémantique qu'ils le peuvent en 30 secondes. Le mot écrit avec la plus grande fréquence se voit

ECPA ••• CVLT


.J.;14:L- Fondements théoriques et empiriques des indices du CVLT ----

attribué le rang 1, le suivant a le rang 2, et ainsi de suite. Les valeurs moyennes pour les deux listes ne diffèrent
=
pas, ni en termes de fréquence (pour les valeurs de Thorndike et Lorge, t (30) -.75, P > .50 ; pour les valeurs
= =
de Carroll et al., t (30) -.58, P > .50), ni en termes de rang catégoriel (t (30) -.55, P > .50).

Deux des catégories de la Liste B sont les mêmes que des catégories de la Liste A, et sont référencées comme
catégories «partagées» (ou communes) ; les deux autres catégories de la Liste B diffèrent des catégories de
la Liste A, et sont référencées comme catégories «non partagées» (ou non communes). La variable «partagé/
non partagé» permet une estimation plus fine de l'interférence proactive.

L'interférence proactive, définie comme étant l'effet délétère d'un apprentissage antérieur sur la rétention d'un
matériel appris ultérieurement (Postman, 1971), peut se manifester d'au moins deux manières différentes avec
le CVLT. D'une part, il est possible que le rappel immédiat de la Liste B soit moins bon que le rappel immédiat
au premier essai d'apprentissage de la Liste A ; ceci peut résulter de l'interférence induite par les cinq essais
d'apprentissage de la Liste A. D'autre part, il est possible que le rappel des mots appartenant aux catégories
sémantiquement proches de certains mots de la Liste A - (voir Postman, 1971, pour une discussion des effets
de la similitude des items sur l'interférence en apprentissage verbal) - soit moins bon que celui des mots
relevant des catégories non partagées. Le fait que le rappel des mots relevant des catégories non partagées
soit supérieur à celui des mots appartenant aux catégories partagées est appelé échappement à l'interférence
proactive (Butters et Cermak, 1980).

COTATION_

On calcule les indices suivants:


1. La différence entre le rappel de la Liste B et le rappel au premier essai d'apprentissage de la Liste A.
2. La différence entre le rappel des mots de la Liste B appartenant aux catégories partagées et la moyenne
pondérée du rappel des items de la Liste A appartenant aux catégories partagées.
3. La différence entre le rappel des mots de la Liste B appartenant aux catégories non partagées et la moyenne
pondérée du rappel des items de la Liste A appartenant aux catégories non partagées.

L'interférence proactive est estimée en comparant le nombre de mots de la Liste B rappelés et le nombre de
mots rappelés au premier essai d'apprentissage de la Liste A. Il est toutefois nécessaire de calculer les indices
correspondant aux items partagés et non partagés en utilisant une méthode de moyenne pondérée, parce que les
proportions relatives d'items de la Liste A partagés et non partagés au cours des cinq essais d'apprentissage peut
entraîner le développement d'une plus grande interférence pour les items de la Liste B appartenant aux catégories
partagées. Ainsi, si un sujet rappelle préférentiellement des items de la Liste A appartenant aux catégories non
partagées, il risque moins de faire des confusions sémantiques lorsqu'il tentera de se rappeler les items partagés
de la Liste B. C'est pour corriger cette source de variance entre sujets que nous avons développé une analyse
pondérée. Ainsi, le nombre de mots de la Liste B, appartenant aux catégories partagées (ou non), rappelés par le
sujet, est comparé avec le pourcentage d'items de la Liste A rappelés, qui proviennent des catégories partagées
(ou non), multiplié par le nombre de mots rappelés au premier essai d'apprentissage de la Liste A.

Toute diminution du rappel de la Liste B, en particulier pour les mots relevant des catégories partagées, peut
résulter d'une interférence proactive. La structure du CVLT ne permet pas une mesure formelle de l'interférence
proactive, telle qu'elle est définie dans la littérature expérimentale (voir Postman, 1971).

__ IiJ'fLlQ· JEST DE RÉTENTION À COURT TERME ET INTERFÉRENCE RÉTROACTIVE


Après une seule présentation de la Liste B, on procède au rappel libre de la Liste A, sans nouvelle présentation
de celle-ci. Il est possible qu'on observe, lors de ce rappel à court terme une diminution de la performance par
rapport au cinquième essai d'apprentissage de la Liste A. Une telle diminution peut résulter à la fois à la présence
d'un court délai et à l'interférence résultant de l'apprentissage de la Liste B. Dans la littérature expérimentale
sur la mémoire, on réfère à ce dernier effet sous le terme d'interférence rétroactive, c'est-à-dire l'effet délétère
d'un second apprentissage sur la rétention d'un matériel préalablement appris (voir Postman, 1971).

ECPA ••• CVLT


____ Fondements théoriques et empinques des indices du CVLT ->-.215

COTATION_

On calcule la. différence de performance entre le rappel libre à court terme et le cinquième essai d'apprentissage
de la Liste A.

__ D~rn:
.. RAPPEL INDICÉ
Après les essais de rappel libre, on procède à un essai de rappel indicé de la Liste A, où on demande au sujet
de rappeler successivement les mots appartenant aux quatre catégories sémantiques concernées. Cet essai
permet de comparer la performance en rappel libre et en rappel indicé par les catégories. Lors de la sélection
initiale des mots pour la construction des listes, les quatre exemplaires les plus fréquents de chaque catégorie
sémantique ont été exclus (Battig et Montague, 1969). Lorsqu'un sujet qui tente d'utiliser une stratégie de rappel
sémantique commet une « intrusion» (c'est-à-dire qu'il dit un mot n'appartenant pas à la liste), ces réponses
sont souvent des prototypes des catégories sémantiques (comme «marteau» pour «outils» ; voir Cermak et
Stiassny, 1982). Il ne serait pas possible d'estimer cette tendance à produire des prototypes si ceux-ci n'avaient
pas été exclus des listes d'apprentissage.

On peut faire quelques inférences relatives aux processus d'encodage et de récupération mis en œuvre par
un sujet en comparant la performance aux essais de rappel libre et aux essais de rappel indicé, avec aide
catégorielle (Lezak, 1983). Si un patient est déficitaire à la fois en rappel libre et en rappel indicé, ceci peut révéler
un déficit d'encodage : ainsi, Cermak et Butters, 1972, ont observé cette configuration des performances chez
des patients avec syndrome de Korsakoff. Si un patient montre une performance affaiblie en rappel libre, mais
qui s'améliore significativement en rappel indicé, on peut alors évoquer un déficit au niveau de la récupération.
Albert et al., (1981) ont observé ce type de performance chez des patients ayant une maladie de Huntington
récemment diagnostiquée. Il est toutefois difficile de séparer encodage et récupération sur la base de la seule
utilisation de ces mesures comportementales (voir Squire, 1980, 1982, et Albert et al., 1981, pour les difficultés
qui concernent ces distinctions).

COTATION_

On calcule la différence de performance entre rappel libre et rappel indicé.

ml . TEST DE RÉTENTION À LONG TERME


Le CVLT permet un test systématique de rétention à long terme, à la différence de la plupart des autres tests
de mémoire qui mesurent seulement le rappel immédiat (voir Lezak, 1983 ; Prigatano, 1978 ; Russell, 1975 et
Spiers, 1981 pour des analyses critiques de ces tests). C'est avec des patients tels que ceux qui ont un syndrome
de Korsakoff qu'on peut voir toute l'importance de l'interpolation d'un délai relativement long. Chez ces patients,
la sévérité du problème mnésique est particulièrement évidente après un intervalle distracteur séparant la fin de
l'apprentissage de la mesure de la rétention (Cermak et al., 1971). Le CVLT permet d'estimer la performance en
rappel libre et en rappel indicé, non seulement au terme d'un délai bref (pendant lequel on présente la Liste B),
mais aussi au terme d'un délai d'une durée d'environ 20 minutes. Pendant ce délai, on administrera des tests
non verbaux, dans le but de minimiser l'interférence.

COTATION_

On compare la performance en rappel libre à long terme de la Liste A et celle observée après un délai bref.

ECPA ••• CVLT


..L16LL- Fondements théoriques et empiriques des indices du CVLT _

MÉLlORATION DES REGROUPEMENTS SÉMANTIQUES


Lors de l'administration du CVL T, on propose un indiçage catégoriel entre le rappel libre à court terme et le
rappel libre à long terme. Cette procédure permet de déterminer dans quelle mesure la présentation des indices
catégoriels lors d'un essai préalable améliore le regroupement sémantique lors d'un essai ultérieur de rappel
libre. Cette caractéristique a des implications pour la réhabilitation cognitive des processus mnésiques, dans la
mesure où elle indique si un patient, dont la stratégie de regroupement sémantique est faible, pourra adopter
une stratégie efficace lorsque celle-ci est proposée par l'examinateur.

COTATION_

On mesure les regroupements sémantiques en rappel libre à long terme et en rappel libre à court terme.
Toutefois, une diminution importante de performance entre ces deux tests empêche toute comparaison sensée
des regroupements sémantiques lors des deux essais correspondants .

• . RREURS DE RAPPEL
Le type d'erreurs qu'un sujet commet en rappel peut informer utilement pour formuler et tester des hypothèses
diagnostiques. Le CVLT mesure deux types d'erreurs de rappel: les persévérations, qui sont la répétition d'une réponse
déjà donnée au cours du même essai, et les intrusions, qui sont des réponses n'appartenant pas à la liste cible.

On peut observer un grand nombre de persévérations pour au moins deux raisons. Les patients qui ont des
difficultés à inhiber les réponses peuvent répéter un mot peu de temps après qu'il a été fourni; ce type d'erreur
est appelé persévération proximale. Ce type de persévérations est fréquemment associé à une pathologie
frontale (Luria, 1981). Au contraire, des sujets qui ont des difficultés mnésiques ou attentionnelles peuvent répéter
une réponse très longtemps après l'avoir déjà fournie au cours du même essai; il s'agit là d'une persévération
distale. Les sujets qui montrent des persévérations distales ont souvent oublié qu'ils ont déjà donné la même
réponse lors du même essai, et ils peuvent croire qu'ils donnent cette réponse persévérative pour la première
fois. Il faut considérer les persévérations proximales et distales comme des termes heuristiques, qui peuvent
dépendre de nombreux facteurs chez des sujets différents, y compris leur empan immédiat et leurs latences
moyennes de réponse.

Un grand nombre d'intrusions peut refléter des difficultés à discriminer entre réponses pertinentes et réponses
non pertinentes (Fu Id et al., 1982). On considère souvent que les intrusions sont caractéristiques de patients avec
maladie d'Alzheimer (Fuld et al., 1982; Kramer et al., 1985). Si un sujet a tendance à produire des intrusions
appartenant à la même catégorie que les réponses précédentes (c'est-à-dire si les intrusions sont regroupées
sémantiquement), ceci peut indiquer qu'un certain traitement sémantique se produit, mais que le sujet a des
difficultés à discriminer entre des items préalablement étudiés et d'autres exemplaires des mêmes catégories.
Si on observe les intrusions plutôt en rappel indicé qu'en rappel libre, il est probable que la fourniture de sondes
déclenche des difficultés de discrimination. Si les intrusions observées lors du rappel de la Liste B ou lors des
rappels différés successifs de la Liste A sont surtout des items appartenant à l'autre liste du CVLT (comme c'est
le cas lorsque des items de la Liste A sont fournis lors du rappel de la Liste B), ou si elles appartiennent aux
catégories communes aux deux listes, ceci peut être révélateur du fait que les difficultés de discrimination sont
liées à une susceptibilité exagérée à l'interférence proactive ou rétroactive.

COTATION_

On relève les nombres de persévérations et d'intrusions produites lors de tous les essais de rappel libre et de
rappel indicé. On peut également les séparer entre «catégories communes» et «catégories non communes»
aux deux listes.

ECPA ••• CVLT


____ Fondements théoriques et empiriques des indices du CVLT --'IL..LZ

x . RECONNAISSANCE
Dans le test de Rey (Rey, 1964), on estime la reconnaissance en demandant au sujet d'identifier les mots cibles
noyés dans un paragraphe présenté visuellement. Cette procédure crée au moins deux problèmes: (a) la modalité
de présentation passe de l'auditif au visuel et (b) le format de la tâche change également, puisqu'on substitue
un paragraphe à une liste. Pour le test de reconnaissance, le CVLT utilise la présentation auditive d'une liste
contenant les items cibles (les 16 mots de la Liste A) et 28 mots distracteurs, avec un paradigme de réponse par
oui ou par non. Tous les items sont des noms d'objets susceptibles de figurer sur une liste de courses.

On définit la performance en reconnaissance en termes de « reconnaissances correctes» (oui pour un item


cible), de « non reconnaissances» (non pour un item cible), de « fausses reconnaissances» (oui pour un
distracteur) et de « rejets corrects» (non pour un distracteur). Un taux élevé de reconnaissances correctes ne
signifie pas forcément une performance exacte, puisqu'on peut observer simultanément un taux élevé de fausses
reconnaissances. Cette configuration des performances peut être liée à un problème de discriminabilité ou de
biais de réponse. La discriminabilité correspond à la capacité de distinguer les items cibles et les distracteurs
(c'est-à-dire de dégager le «signal» du «bruit»), et le biais de réponse correspond à la tendance à répondre
préférentiellement oui ou non, indépendamment du type de stimulus. La recherche avec des patients neurologiques
a montré les problèmes de discriminabilité. Ainsi, Warrington et Weiskrantz (1970) ont relaté que des patients
amnésiques ont une discriminabilité en reconnaissance affaiblie. En outre, on observe des biais de réponse: les
patients atteints de maladie d'Alzheimer répondent préférentiellement «oui», alors que des patients déprimés
favorisent les réponses négatives (Post, 1975).

Le CVLT propose cinq types de distracteurs :


1. Liste B - partagés, qui sont des mots de la Liste B appartenant aux mêmes catégories que certains mots
de la Liste A (efruits» et «épices et herbes»).
2. Liste B - non partagés, qui sont des mots de la Liste B relevant de catégories sémantiques autres que
celles de la Liste A (epofssons» et «ustensiles de cuisine»).
3. Aucune liste - prototypes, qui sont des mots ne figurant dans aucune des deux listes mais qui sont
prototypiques des catégories de la Liste A (exemple: «pommes» pour «fruits»).
4. Aucune liste - phonétiquement similaires, qui sont des distracteurs phonétiquement similaires à des mots
de la Liste A (par exemple, «semailles» pour «tenailles»).
5. Aucune liste, non liés, qui sont des distracteurs ne partageant pas de relation sémantique ou phonétique
évidente avec les mots des deux listes (par exemple, «savon»).

Dans cette épreuve de reconnaissance, les distracteurs sémantiquement ou phonétiquement liés permettent
d'estimer la «profondeur de traitement» des items cibles. On sait que le vieillissement normal (Craik, 1984 ; Craik
et Simon, 1980; Simon, 1979) ou les syndromes amnésiques (Cermak et al., 1974; Cermak et Reale, 1978;
Wetzel et Squire, 1980) s'accompagnent de difficultés à traiter une information verbale à un niveau sémantique.
Le fait que des patients acceptent comme appartenant à la Liste A des distracteurs phonétiquement proches
(ou des distracteurs sémantiquement proches) peut refléter dans quelle mesure les items de la Liste A ont été
initialement traités à un niveau élevé (sémantique) ou de surface (phonétique).

Le fait de comparer la performance en reconnaissance à la performance en rappel libre ou en rappel indicé est
aussi pertinent par rapport à la question de savoir si un problème mnésique reflète principalement des difficultés
d'encodage ou de récupération. La reconnaissance est la situation de récupération la plus facile, alors que
le rappel indicé l'est un peu moins. Au contraire, une consigne de rappel libre ne procure aucune aide. Tout
comme pour le rappel indicé, observer une performance bien meilleure en reconnaissance qu'en rappel libre
peut témoigner d'une difficulté de récupération plutôt que d'encodage de l'information.

COTATION_

On relève les nombres de reconnaissances correctes, de non reconnaissances, de fausses reconnaissances


et de rejets corrects. On calcule les indices de discriminabilité et de biais de réponse sur la base des formules
proposées par Underwood (1974). Ces mesures non paramétriques sont fortement corrélées avec des mesures
paramétriques dérivées de la théorie de la détection du signal. L'index de discriminabilité varie de 100% (toutes les
réponses sont des reconnaissances correctes et des rejets corrects) à 0% (toutes les réponses sont des fausses

ECPA ••• CVLT


..•.
1<>.8 Fondements théoriques et empiriques des indices du CVLT _

reconnaissances ou des non reconnaissances). Un score de reconnaissance parfait (16 reconnaissances correctes,
o fausse reconnaissance) aboutit à un biais de réponse de 0 et indique une tendance «neutre» à répondre. Les
scores qui s'approchent de +1 ou de -1 reflètent respectivement un biais de réponse positif ou négatif.

On peut également calculer les différents types de faux positifs. En outre, deux indices reflètent le changement
entre la performance en reconnaissance, d'une part, et la performance en rappel libre et en rappel indicé à long
terme, respectivement, d'autre part.

ECPA ••• CVLT


____ Administration et cotation ~19

Administration et cotation

.EI:I--:AOMINISTRATION DUTEST

Avant de commencer, remplir la page de garde avec les informations biographiques du sujet, puis aller à la
page 3 du Cahier.

A - Essai 1
Commencer en disant:
Supposons que vous alliez faire des courses lundi. Je vais vous lire une liste d'articles à acheter. Ecoutez
bien, car lorsque j'aurai fini, je vous demanderai de me dire autant d'articles que vous le pouvez. Leur ordre
n'a aucune importance. Dites-en seulement autant que vous le pouvez.

Avant de commencer, vous devez vous assurer que le sujet a bien compris la tâche. Lire ensuite à haute voix
les mots de la Liste A (la liste du lundi) au rythme d'un mot par seconde environ. Après avoir lu la liste, dire:
Dites-moi maintenant autant d'articles que vous le pouvez.

ENREGISTREMENT DES REPONSES

Reporter sur le cahier de passation, mot pour mot, toutes les réponses données par le sujet dans l'ordre
où il vous les donne. Il est absolument nécessaire d'écrire toutes les réponses de façon à permettre
l'analyse des stratégies d'apprentissage et des types d'erreurs.
Ecrire les items n'appartenant pas à la Liste A (Intrusions) en bas de la colonne Essai 1 dans l'espace
prévu à cet effet.
Si un sujet répète plusieurs fois la même réponse au cours d'un même essai, essayer de déterminer, en cours
de test, si cette répétition constitue une réelle persévération. Si vous voyez que le sujet se répète dans un but
d'auto-indiçage (par exemple, « voyons, j'ai dit tenailles, raisin, etc. »), ne pas enregistrer cette réponse. Quand
vous n'êtes pas certain de la raison d'une répétition (un sujet hésite longuement avant de répéter une réponse,
par exemple), enregistrer la réponse et demander au sujet s'il pense l'avoir déjà donnée. Si le sujet répond « oui»,
ou « je pense », considérer cette réponse comme une simple répétition et non comme une persévération. Au
contraire, si le sujet dit « non» ou « je ne sais pas», enregistrer la réponse comme une persévération. Ce sera
parfois le sujet qui vous demandera s'il a déjà donné telle réponse lors du même essai. Si c'est le cas, dire:
« Pensez-vous /'avoirdéjà dit?». Là encore, considérer la réponse comme une persévération seulement dans le
cas où le sujet répond « non» ou «je ne sais pes». Si cette réponse n'a pas encore été donnée, la noter comme
réponse correcte ou comme intrusion dans le cas où le mot n'appartient pas à la liste.

ECPA ••• CVLT


Ll2Q~ Administrationetcotation _

RELANCE
Lorsque le sujet s'arrête de répondre pendant 10 à 20 secondes, ou lorsqu'il indique qu'il ne peut rien se rappeler
d'autre, vous pouvez procéder à une seule relance, comme « Dites-moi quelque chose d'autre», ou « Cherchez si
vous en voyez d'autres». Après un nouveau délai de 10 à 20 secondes sans réponse, administrer l'essai suivant.
Note: Cette relance est obligatoire pour chaque essai de la Liste A ou de la Liste B pour lequel le sujet ne donne
pas les seize réponses correctes.

__ •. B - Essai 2
Commencer en disant:
Je vais vous répéter la liste du lundi. De nouveau, je vous demanderai de me dire autant d'articles que possible,
dans n'importe quel ordre, y compris ceux que vous avez déjà donnés.

De nouveau, lire la Liste A au rythme de un mot par seconde environ. Inscrire les réponses du sujet. Suivre les
mêmes procédures d'enregistrement et de relance que pour l'Essai 1.

_-===- C - Essais 3à 5
Après la fin du deuxième essai, dire:
Je vais vous répéter la liste du lundi. De nouveau, je vous demanderai de me dire autant d'articles que possible,
dans n'importe quel ordre, y compris ceux que vous avez déjà donnés.

De nouveau, lire la Liste A au rythme de un mot par seconde environ. Inscrire les réponses du sujet. Suivre
les mêmes procédures d'enregistrement et de relance que pour les essais précédents. Continuez de la même
façon avec les Essais 4 et 5.

Lorsque le cinquième essai est terminé, passer à la Liste B.

Note: Il est impératif de procéder aux cinq essais d'apprentissage de la Liste A, même si le sujet a donné les
seize réponses correctes lors d'un essai précédent.

2 - Rappel libre immé~Jat,o-!Le!ig:st~eI.AB,,-\(~Ii!.Sls~te~d!ol.lul<LLI.m.u.a~rdldJil./-) _


Dire au sujet:
Maintenant, supposons que vous alliez de nouveau faire des courses mardi. Je vais vous lire une nouvelle liste d'articles
à acheter. Lorsque j'aurai fini,je vous demanderai de m'en dire autant que vous pou,!ez, dans n'importe quel ordre.

Lire à haute voix les mots de la Liste B (liste du mardi) au rythme d'un par seconde environ. Après avoir lu la
liste, dire:
Dites-moi autant d'articles que vous le pouvez.

Inscrire les réponses du sujet, mot pour mot. Utiliser les mêmes procédures d'enregistrement et de relance
que pour la Liste A.

3 - Rappel libre à court terme de la Liste A (BLeT)


Après avoir procédé au rappel libre immédiat de la Liste B, dire:
Maintenant, je voudrais que vous me donniez le plus possible d'articles de la liste du lundi. C'est la liste que
je vous ai lue plusieurs fois.

Inscrire les réponses du sujet, en utilisant les mêmes procédures que précédemment.

4 - Rappel indicé à_c..Q.w.it~AArm.LI.e:!o<..Md~e..u.la"'-JL


•••.•
i"""stloloe:..c:A3..J(~Bu.:ICIII!..T.Lj)'--- _
Dire:
Dites-moi les articles de la liste du lundi qui sont des épices ou des herbes.

Inscrire les réponses du sujet. Relancer une fois si le sujet n'a pas rappelé les quatre items appartenant à cette
catégorie.

ECPA ••• CVLT


____ Administration et cotation --.J.7.l.1

Dire ensuite:
Maintenant, dites-moi tous les articles de la liste du lundi qui sont des outils.

Répéter la procédure pour chacune des catégories restantes,« fruits» et « vêtements ». Si un sujet demande
ce que signifie le nom d'une catégorie, donner une définition générale (par exemple, pour « épices et herbes »,
dire « quelque chose que vous mettez dans la nourriture pour qu'elle ait meilleur goût»). Si un sujet demande
si un item appartient à une catégorie particulière (par exemple, « est-ce que la ciboulette est une herbe? »), lui
dire que vous ne pouvez pas répondre tout de suite.
Enregistrer l'heure de fin du rappel indicé à court terme.
Ne pas informer le sujet qu'il y aura d'autres essais.

INTERVALLE DE RÉTENTION: il faut alors laisser passer un intervalle d'environ 20 minutes, pendant lequel on procédera
à des tâches distractrices (tests non verbaux). Puis, noter l'heure de début du rappel à long terme.

5 - Rappel libre à long,_t.e"..,r'-"'m!...!,!e~de~1


!..!!e.!~'-=-~~_I---------------

Dire:
Tout à l'heure, je vous ai lu des listes d'articles à acheter. Je voudrais que vous me redonniez le plus possible
d'articles de la liste du lundi; la première que je vous ai lue.

Inscrire les réponses du sujet et, si nécessaire, procéder à une relance comme lors des essais antérieurs.

6 - Rappel indicé à lo<.!..n~t~e.!..!r


..!..!X...l!!U<c..!..!!!.~~~~"-4- _

Dire:
Dites-moi tous les articles de la liste du lundi qui étaient des vêtements.

Suivre la même procédure d'enregistrement et de relance que pour le rappel indicé à court terme, en demandant
successivement les «fruits», les «outils» et les «épices et herbes».

Puis, passer à l'épreuve de reconnaissance à long terme.

7 - Reconnaissance àJoJlg..M<.e!..!..Ll~~~!!!I.S!.~O- _
Dire:
Je vais vous lire une longue liste d'articles à acheter. Quand j'aurai lu chacun d'entre eux, dites «oui» si cet
article était dans la liste du lundi, et «non» s'il n'y était pas.

Lire à haute voix les 44 mots de l'épreuve de Reconnaissance, et noter chaque réponse du sujet. Si le sujet dit
«Je ne sais pas», procéder à une relance comme: «Dites-moi si vous pensez que (répéter le mot) était dans
la liste du lundi». Si le sujet persiste à dire «Je ne sais pas» ou ne répond pas, noter l'absence de réponse et
passer à l'item suivant.
L'administration du CVLT est alors terminée.

__ ~IIG.- COTATION DU TEST

Pour la cotation, se conformer aux instructions suivantes.

1 - Classification des téJl."......,n.".;s""s"'- _


Classer les réponses obtenues lors de chaque essai (rappel libre et rappel indicé) en fonction de leur type:
Réponse correcte =
C ; Intrusion =
1; Persévération P. =
Une réponse correcte est définie par le premier rappel correct d'un mot de la liste cible, lors d'un essai donné.
Une intrusion est un mot qui n'appartient pas à la liste cible. Inscrire les synonymes et les considérer comme

ECPA ••• CVLT


L77c-- Administration et cotation _

intrusions. Il peut arriver, lors des essais de rappel indicé, qu'un sujet donne un article de la Liste A appartenant
à une catégorie autre que celle qui lui est demandée (comme «veste» ou «persil» en réponse à la catégorie
«fruits»). Comme il s'agit d'une réponse incorrecte, la coter comme une intrusion; mais noter une difficulté au
niveau du traitement sémantique, ou une incapacité à respecter la consigne.
Une persévération est définie comme toute répétition d'un même mot lors d'un même essai. Dans ce cas, coter
une persévération si et seulement si le sujet a répondu «non» ou <<jene sais pas» à la question de savoir si le mot a
déjà été donné lors du même essai. Ne pas prendre en compte les répétitions servant au sujet d'auto-indiçage.
Faire le total du nombre de réponses correctes, d'intrusions et de persévérations pour chaque essai.

Enregistrer le nombre de persévérations et d'intrusions pour l'ensemble des essais de rappel (libre et indicé)
des Listes A et B, en séparant le nombre d'intrusions en rappel libre, le nombre total de persévérations et le
nombre d'intrusions en rappel indicé.

2 - RegrouRemeots sémantic 5
Lors de chaque essai de rappel libre, relever le nombre de «regroupements sémantiques corrects». Toutefois,
pour être correctement interprétée, cette note doit être comparée à celle qu'on attendrait sur la base de réponses
données au hasard. On trouvera la formule de calcul du regroupement sémantique attendu dans l'Annexe.

Pour calculer la note de regroupements sémantiques corrects, cocher «1» à chaque fois qu'une réponse correcte
suit immédiatement une autre réponse correcte appartenant à la même catégorie sémantique.

Pour chaque essai, le nombre maximal de regroupements sémantiques corrects est 12 (lorsque le sujet donne
les seize réponses correctes à raison de quatre réponses consécutives par catégorie sémantique).

3-0rdre de rappeL _
A partir de l'enregistrement mot pour mot des réponses du sujet, relever l'ordre dans lequel les mots ont été
rappelés lors de chaque essai de rappel libre. Il faut inclure les persévérations et les intrusions dans l'ordre des
réponses. Ainsi, si un sujet dit «raisin», «perceuse», «pomme» (intrusion) et «veste», noter 1 après raisin, 2
après perceuse et 4 après veste.

4 - RegroupemIDJJs,-~é~·~ _
Enregistrement des nombres de «regroupements sériels corrects» pour chaque essai de rappel. Comme pour
ce qui concerne les regroupements sémantiques, les notes de rappels sériels corrects doivent être comparées
à ce qu'on attendrait sur la base de réponses données au hasard. On trouvera la formule de calcul du nombre
de regroupements sériels attendus dans l'Annexe B.

Pour un essai donné, la note de rappels sériels observés est calculée de la manière suivante: écrire les nombres
correspondant à l'ordre de chaque réponse, puis compter 1 point à chaque fois que les nombres correspondant
à deux items présentés successivement suivent une série numérique ascendante.

5- Effets de récen..
c~ et ~.IID·lllilllillL------------------
Pour chaque essai de rappel libre immédiat de la Liste A, calculer les pourcentages de réponses correspondant
aux trois parties de la liste - primauté, milieu, récence -, en utilisant les classements mentionnés ci-dessous:
- la région «PRIMAUTÉ» correspond aux items 1 à 4 ;
-la région «MILIEU» correspond aux items 5 à 12;
-la région «RÉCENCE» correspond aux items 13 à 16.

Calculer, pour chaque essai, le total de réponses correctes correspondant à chaque région. Diviser ce total par
le nombre de réponses correctes lors de chaque essai, et le multiplier par 100 pour obtenir des pourcentages.

ECPA ••• CVLT


____ Adminisrrarion er cotation ---L7~3

6 - Reconnaissance _
Pour l'épreuve de Reconnaissance, compter le nombre de réponses «oui» pour chacune des colonnes.

La légende est la suivante: L : Lundi; Mp : Mardi partagés; Mnp : Mardi non partagés; Pro : Prototypes
(distracteurs) ; NI: Non Liés (distracteurs) ; Pho : Phonétiquement similaires (distracteurs).
La note pour la Liste A (L) est le nombre de mots de la Liste A correctement reconnus (nombre de
reconnaissances correctes).
La note pour la Liste B - items partagés (Mp) est le nombre de fausses reconnaissances de mots
appartenant à la Liste B et aux catégories sémantiques communes aux deux listes (« fruits» et « épices
et herbes» ).
La note pour la Liste B - items non partagés (Mnp) est le nombre de fausses reconnaissances de mots
appartenant à la Liste B et relevant des catégories sémantiques non communes aux deux listes (« poissons
» et « ustensiles de cuisine»).
La note « prototypes» (Pro) est le nombre de fausses reconnaissances de mots n'appartenant à aucune
des deux listes, mais qui sont prototypiques des catégories sémantiques de la Liste A (par exemple,
« pomme» pour « fruits»).
La note « phonétiquement similaires» (Pho) est le nombre de fausses reconnaissances de mots
phonétiquement proches de mots de la Liste A (par exemple, « semailles» pour « tenailles»).
La note « non liés» (NI) est le nombre de fausses reconnaissances de mots qui ne partagent avec les mots
de la Liste A aucune caractéristique sémantique ou phonémique évidente (par exemple, « savon»).

On calcule deux indices supplémentaires pour l'épreuve de reconnaissance:


l'indice de discriminabilité qui reflète la capacité du sujet à distinguer correctement les items cibles des
distracteurs ;
le biais de réponse, qui indique dans quelle mesure le sujet privilégie les réponses « oui» ou les réponses
« non» (voir plus loin). Calculer d'abord le nombre de « non reconnaissances» en soustrayant de 16 le
nombre de réponses correctes.

Calculer alors l'indice de discriminabilité et le biais de réponse en insérant les nombres de non-reconnaissances
et de fausses reconnaissances dans les formules de calcul correspondantes.

Les formules de calcul pour divers indices du CVLT sont données dans l'Annexe.

ECPA ••• CVLT


____ Guide d'interprétation d'indices selection nés du CVLT ~7~5

Guide d'interprétation
d'indices sélectionnés du CVLT

Les descriptions ci-dessous servent de guides généraux d'interprétation. Pour chaque note du CVLT, nous
proposons une ou deux interprétations courantes, même si plusieurs sont possibles. Ces interprétations doivent
servir d'hypothèses à associer au passé médical et psychosocial du sujet, et à son comportement vis-à-vis des
tests, son statut mental et ses performances neuropsychologiques globales. Il est, en effet, souvent nécessaire
de modifier des interprétations simples en fonction d'autres informations. Ainsi, une note élevée pour l'indice de
regroupements sériels est généralement corrélée avec une performance faible pour de nombreux autres indices
du CVLT. Une telle note reflète généralement l'utilisation d'une stratégie d'apprentissage peu efficace. Toutefois,
il peut arriver qu'un sujet aux capacités mnésiques supérieures rappelle les seize items de façon sémantique
après seulement deux ou trois essais d'apprentissage, puis passe à une stratégie d'organisation sérielle dans le
but de rendre la tâche plus difficile. Chez un sujet de ce type, une note élevée de regroupements sériels reflète
en fait des capacités d'apprentissage supérieures à la normale et une grande flexibilité cognitive.

__ m~·ESURES DU RAPPEL
MMl.

1 - Rappel libre immédiat...Lis.te A; Essai 1 (Lundi 1). Essai 5 (Lundi 5), Essais 1-5 (Lundi 1-5)
Ces notes reflètent globalement les performances d'apprentissage. L'interprétation plus précise de notes faibles
à ces essais requiert l'évaluation des capacités d'apprentissage du sujet et des erreurs de rappel commises.

2 - Rappel libre immédlat"..",L=is


••.•
t'""-""B
•...
V-!M........,.;r""·'-I- _
La performance en rappel de la Liste B peut être affectée par les cinq essais d'apprentissage préalables de
la Liste A. Il est probable qu'un score faible au rappel de la liste B, par rapport au premier rappel de la Liste A,
reflète une susceptibilité inhabituelle à l'interférence proactive.

3 - Rappel Libre à Co~u~1i~e~we"-\.!..~~i...-------------------


L'observation d'une note faible à l'essai de rappel libre à court terme de la liste, par rapport au dernier essai
d'apprentissage de cette liste, peut être due à une combinaison d'un degré élevé d'oubli pendant l'intervalle de
rétention et à l'interférence rétroactive (effet délétère de l'apprentissage de la Liste B sur la rétention à court
terme de la Liste A).

4 - Rappellndicé à C.=o=u"'"'rt
•....
1i.."e.,...rm
•..•..•.••
:...........,
•.•..•••..
~------------------
Le fait d'observer une performance faible en rappel libre et une amélioration considérable en rappel indicé peut
indiquer que des déficits de récupération participent de façon significative aux difficultés mnésiques d'un sujet.
Si le rappel libre et le rappel indicé sont tous deux déficitaires, il est probable que des problèmes d'encodage
participent de façon importante aux difficultés mnésiques d'un sujet.

ECPA ••• CVLT


~761:L- Guide d'interprétation d'indices selectionnés du CVLT _

5 - Rappel Libre à Long Terme (RLLT) et Rappellndjcé à Long Terme (RILT)


La performance en rappel à long terme reflète les capacités d'un sujet à retenir de l'information verbale au
terme d'un délai relativement long (20 minutes). Toutefois, compte tenu des divergences des auteurs quant à
la définition de constructions telles que «mémoire à long terme», «mémoire secondaire» ou «mémoire pour les
faits anciens», il convient de rester prudent et descriptif. Au lieu de dire qu'une performance faible en rappel à
long terme reflète un déficit de la «mémoire secondaire», on s'en tiendra à dire que la performance est faible
au terme «d'un intervalle de rétention de 20 minutes».

__ IlUC-;:ëARACTÉRISTIQUES DE L'APPRENTISSAGE
1- Regroupements sémantlques (SEM) _
La note de regroupement sémantique indique dans quelle mesure le sujet utilise la stratégie active consistant
à réorganiser les mots cibles en groupes catégoriels. Les regroupements sémantiques peuvent constituer une
stratégie d'apprentissage très efficace, puisqu'il est possible de catégoriser les 16 mots en 4 unités sémantiques
d'ordre supérieur pour un meilleur encodage et une meilleure récupération. Une note de regroupement sémantique
faible est corrélée avec des performances faibles à la plupart des autres indices du CVLT, et peut suggérer que
le sujet utilise des stratégies d'apprentissage moins efficaces (comme les regroupements sériels).

2-Regroupeme"~Sé~SER~)-----------------------------------
La note de regroupements sériels indique dans quelle mesure un sujet rappelle les mots cibles dans leur ordre de
présentation. Une note élevée de regroupement sériel est souvent corrélée avec une performance faible à bien
d'autres indices du CVLT. Le regroupement sériel peut révéler que le style de réponse d'un sujet est très lié au
stimulus, en ce sens que ce sujet adhère de façon rigide à l'ordre temporel de la liste lorsqu'il rappelle les mots.

3 - Effets de Pd01auié (E!RIM) et de Récence (REC)


De façon générale, les sujets rappellent une proportion plus importante de mots appartenant aux régions
«primauté» et «récence» d'une liste qu'ils ne rappellent les items de la région moyenne. L'observation d'un rappel
pauvre des mots de la région «primauté», combinée à un bien meilleur rappel des mots de la région «récence»,
peut indiquer un style d'apprentissage passif.

4-Pente {~EtfiE)_------_--------------
Cet indice reflète la progression du nombre de mots rappelés au cours des cinq essais d'apprentissage de la
Liste A. Une pente proche de zéro indique que le sujet a atteint rapidement un plateau d'apprentissage; une
pente supérieure à 1 reflète une progression notable d'un essai à l'autre.

5 - Constance appel d'un essai à l'autre (CONSD


Cet indice mesure le pourcentage de mots rappelés à l'un des quatre premiers essais qui sont également
rappelés lors de l'essai immédiatement suivant (c'est-à-dire les essais 2 à 5). Une constance faible témoigne
d'un apprentissage au hasard, ou d'un style d'apprentissage désorganisé, et peut indiquer que le sujet a du mal
à formuler ou à maintenir un plan d'apprentissage.

__ miL-ERREURS DE RAPPEL

1 - Persévérations œ"-""'E.....,.R,....S_E'""'~.J_--------------------
On peut observer un grand nombre de persévérations (répétitions de la même réponse au cours d'un même
essai) pour au moins deux raisons. Si un mot est répété peu de temps après la réponse originale (persévération
proximale), ceci peut refléter un problème d'inhibition des réponses, comme on le rencontre fréquemment chez

ECPA ••• CVLT


____ GUide d'interprétation d'indices selectionnés du CVLT ~2 ••.•..
7

les patients avec pathologie frontale. Ces patients sont incapables d'inhiber la répétition de leurs réponses les
plus récentes. Au contraire, des patients avec déficits mnésiques ou attentionnels peuvent répéter une réponse
bien après sa première émission (persévération distale). Ces sujets oublient souvent qu'ils ont déjà donné la
réponse lors du même essai, et peuvent croire qu'ils la donnent, en fait, pour la première fois.

2 -Intrusions (INTRUS), _
Un grand nombre d'intrusions (réponses n'appartenant pas à la liste cible) peut refléter un problème de
discrimination entre réponses pertinentes et réponses non pertinentes. Une intrusion qui suit une réponse
appartenant à la même catégorie peut indiquer que le traitement sémantique est intact, mais qu'il est difficile
pour les sujets de différencier des items déjà étudiés d'autres exemplaires de la catégorie. Si on observe
préférentiellement les intrusions en rappel indicé, ceci suggère que le fait que l'examinateur donne des sondes
entraîne une difficulté à discriminer les réponses. Si les intrusions observées lors du rappel de la Liste B, ou lors
des rappels retardés de la Liste A, sont préférentiellement des mots appartenant à l'autre liste du CVLT, ceci
peut indiquer que les difficultés à discriminer les réponses résultent d'une susceptibilité exagérée à l'interférence
proactive ou rétroactive.

__ D'i~·
MESURES DE LA RECONNAISSANCE

1 - Reconnaissances C_oKe..c..teJi.(\A.RMoE~C~O~NuuN~C.uO.uRI.3JRu.a.E.wC~T
.••
E.wS~) _
On observe une bonne performance en reconnaissance lorsqu'un sujet reconnaît correctement les items cibles
et rejette correctement les distracteurs. Une bonne reconnaissance indique que les items cibles ont été encodés,
même s'ils peuvent ne pas avoir été récupérés en rappel libre ou en rappel indicé.

2 - Fausses Reconnaissan..c.ftS...(EAU.SM.J.~!oU.I~1I_---------------
Un grand nombre de fausses reconnaissances peut indiquer:
• une difficulté à discriminer entre items cibles et distracteurs
ou
• ou un biais de réponse positif.

Certains types de fausses reconnaissances reflètent un problème plus sérieux que d'autres. Un grand nombre de
fausses reconnaissances de mots non reliés correspond à la performance la plus mauvaise, parce que ces items
constituent les distracteurs les plus évidents; ils n'ont jamais été présentés lors des essais d'apprentissage du
test, et ne partagent avec les items cibles aucun lien sémantique ou phonétique évident. Au contraire, quelques
fausses reconnaissances de mots de la Liste B appartenant aux catégories communes correspondent à la
performance la moins mauvaise, dans la mesure où ces mots sont potentiellement les distracteurs posant le plus
de problèmes; ils ont été préalablement présentés lors du test et sont sémantiquement liés aux items cibles. Un
grand nombre de reconnaissances d'items phonétiquement proches des cibles peut refléter, soit une stratégie
de traitement de surface (plutôt phonétique que sémantique), soit une difficulté d'audition.

3 - Discriminabilité (DISCBlMJ-) _
Comme cet indice prend en compte à la fois les reconnaissances correctes et les fausses reconnaissances, il
constitue la meilleure mesure de la performance en reconnaissance. Une faible note de discriminabilité peut
indiquer une difficulté à distinguer items cibles et distracteurs, suggérant que des problèmes d'encodage
contribuent de façon significative aux déficits mnésiques du sujet.

4 - Biais de réponse (BJAlS.) _


Une note parfaite en reconnaissance (16 reconnaissances correctes, aucune fausse reconnaissance) se traduit
par un biais de réponse de 0 et indique une tendance «neutre» à répondre. Des notes approchant +1 ou -1
reflètent respectivement un biais de réponse positif ou négatif, indépendamment du type d'item à reconnaître.

ECPA ••• CVLT


LJ7S"-- Guide d'interprétation d'indices seJectionnés du CVLT ---

1 - Liste B (MARDI) verJiUS Liste A, essai 1 (LUNDI 1)


Une grande différence négative entre le rappel de la Liste B et celui du premier essai d'apprentissage de la Liste
A peut refléter un degré d'interférence proactive élevé.

2 - Rappel Libre à C~QUdTerme (BLCT) yersus Liste A, essai 5 (LUNDI 5)


Une grande différence négative entre le score en rappel libre à court terme et le dernier essai d'apprentissage
de la Liste A peut correspondre à un oubli important pendant le délai et à une interférence rétroactive.

3 - Rappel Libre à..LQng.I.Ql1lle...(RLLI) versus Rappel Libre à Court Terme (RLCT)


Une grande différence négative entre ces deux essais peut indiquer un déficit de la rétention au terme d'un
intervalle d'environ 20 minutes.

4 - Reconnaissances Correctes (RECONN CORRECTES) versus Rappel Libre à Long


Terme (RLLT)
Une grande différence positive entre ces deux notes peut indiquer que la performance en reconnaissance
est bien meilleure que la performance en rappel libre à long terme (dans la mesure où il ya peu de fausses
reconnaissances). L'observation de telles notes incite à interpréter le déficit observé en rappel libre en termes
de difficultés de récupération.

5 - Discriminabilité en reconnaissance (DISCRIM) yersus Rappel Libre à Long Terme (RLL,J)


La différence entre ces deux notes constitue la- meilleure mesure de contraste entre ces deux essais, parce
que la discriminabilité prend en compte à la fois les reconnaissances correctes et les fausses reconnaissances.
Une grande différence positive suggère que des difficultés de récupération contribuent de façon significative
aux difficultés rencontrées en rappel libre.

ECPA ••• CVLT


____ E[alonnage ---<2=9

.,~~7.~"
~~-~
~,
'Ch a pit teS .

Etalonnage

Des données normatives ont été établies pour les différents indices du CVL1. Deux types d'étalonnage ont été
constitués: l'un, en écarts réduits, pour les indices dont la distribution des notes était normale ou proche de la
normale, l'autre, en centiles, en cas de distribution non normale.

L'étalonnage en écarts réduits a été réalisé selon une méthode statistique fondée sur la régression multilinéaire.
Cette méthode, déjà employée par certains auteurs américains, (Wilson et al., 1978; Barona et al., 1984), permet
de contrôler simultanément les variables socio-démographiques censées influencer les résultats des tests sans qu'il
soit nécessaire de disposer d'un très grand nombre de sujets dans la population de référence. Elle reste possible
même lorsque l'effectif des sous-groupes déterminés par la combinaison de ces variables est relativement faible.
En France, où elle est connue sous le nom de méthode de Barona, elle a été utilisée à plusieurs reprises au cours
des dix dernières années pour l'étalonnage d'épreuves cognitives (Poitrenaud et al., 1990 ; Signoret, 1991) ou
l'évaluation des déficits cognitifs (Pichot et al., 1993).

Pour un test (ou un indice) donné, la méthode consiste à effectuer une analyse de régression linéaire multiple pas à
pas ascendante, où la variable dépendante est la note au test, les variables indépendantes étant divers paramètres
sociodémographiques (âge, sexe et niveau d'éducation scolaire, évalué en nombre d'années de scolarité, dans
la présente étude). En d'autres termes, la méthode permet d'établir la valeur normale au test en fonction de ces
paramètres sociodémographiques et de déterminer son intervalle de variation. Pour calculer cette valeur normale,
il suffit de développer l'équation de régression correspondante, en utilisant les coefficients de régression non
standardisés. L'intervalle de variation de la valeur normale est déterminé par l'écart type résiduel.

Pour certains des indices du CVLT, dont les distributions déviaient fortement de la normale, un étalonnage en
centiles a été réalisé, selon trois classes d'âge mais sans distinction du sexe et du niveau d'études. L'effectif
de notre population de référence n'était, en effet, pas suffisant pour constituer un étalonnage en centiles dans
tous les sous-groupes déterminés par la combinaison des trois variables sociodémographiques. Cet étalonnage
est évidemment moins satisfaisant que le précédent, dans la mesure où il ne permet pas de contrôler l'impact
éventuel des trois variables sociodémographiques sur les résultats des tests. Pour un certain nombre d'indices
il ne s'agit, toutefois, que d'un inconvénient mineur, car l'âge, le sexe et le niveau d'études n'influencent que
faiblement (ou pas du tout) les performances des sujets.

__ =:OETALONNAGE DES INDICES DU CVLT

1- population de référ . ",eC!..1n""'c""-e _


L'échantillon, pour l'adaptation française du CVLT, est constitué de 337 sujets normaux (141 hommes et 196 femmes),
dont l'âge varie de 20 à 89 ans (moyenne = 54.32 ans; écart type = 20.02). Le niveau d'éducation scolaire, évalué
d'après le nombre d'années de scolarité est, en moyenne de 10.79 ans avec un écart type de 3.63.

Cette population a été recrutée dans différentes régions de France: région parisienne, région de Nîmes, région
de Bordeaux, région de Lille, région de Caen, et en Belgique francophone.

ECPA ••• CVLT


r
-"3Q"'-- Etalonnage _

2 - Développemenlldd.e!esS.Jl.ialeJursillC!.D]]LaœL _
Etant donnée la non linéarité de la régression de la plupart des indices du CVLT en fonction de l'âge, les
étalonnages ont été réalisés pour trois groupes d'âge séparément. Il s'agit des trois groupes suivants:
Groupe 20-39 ans (adultes jeunes)
Groupe 40-69 ans (adultes)
Groupe 70-89 ans (adultes âgés)

La description de ces trois groupes selon le sexe et le nombre d'années de scolarité est donnée dans le
Tableau 1.Dans chaque groupe d'âge, l'examen des distributions des notes a montré que l'on pouvait classer
les indices en deux catégories: ceux dont les distributions sont normales ou voisines de la normale; ceux dont
les distributions sont non normales et, le plus souvent, fortement dissymétriques (avec un effet «plancher» ou
«plafond» très marqué).

Tableau 1- Description de la population de référence du CVLT : répartition des sujets selon le groupe d'âge, le sexe et le
nombre d'années de scolarité

Nombre d'années de scolarité


cr mini maxi
H 42 11.74 3.93 5 20
20-39 ans F 50 11.18 3.39 6 19

H 59 12.02 4.06 6 20
40-69 ans F 90 10.25 3.25 6 20

H 40 10.30 3.78 6 20
70-89 ans F 56 9.64 3.12 5 20

_-=== A. Etalonnage des indices à distributions normale ou proche de la normale


Avant d'effectuer les analyses de régression, les trois variables sociodémographiques ont été codées comme suit:
âge: âge chronologique en années
sexe: femme = 1 ; homme = 2
niveau d'éducation scolaire (ED) : nombre d'années de scolarité

Les équations de régression permettant d'établir les valeurs normales sont présentées dans les Tableaux Il
(groupe 20-39 ans), III (groupe 40-69 ans) et IV (groupe 70-89 ans).

Tableau II - Equations de régression pour la détermination des valeurs normales des principaux indices du CVLT dans le
groupe d'âge 20-39 ans

âtion (1) cr résiduel

Liste A - Essai 1 6.87 + 0.09 ED 1.83

Liste A - Essais 1-5 58.45 + 0.62 ED - 1.75 SEXE - 0.13 AGE 6.83

Liste B 6.89 + 0.08 ED 2.45

SEM 1.78 + 0.02 AGE 0.83

(1) Les variables indépendantes sont codées comme suit; Age: âge chronologique en années; Sexe: femme = 1 ; homme = 2 ; Niveau d'éducation
scolaire (ED) : nombre d'années de scolarité.

Pour chaque équation, le tableau donne la valeur du terme constant, celle des coefficients de régression non
standardisés ainsi que l'écart type résiduel. Pour chacun des indices, n'ont été retenus dans l'équation finale
que les variables sociodémographiques pour lesquelles la valeur de F était supérieure à 1. On peut en effet
considérer que, dans ce cas, la variable contribue à améliorer la qualité de la régression, puisque son introduction
dans l'équation entraîne une diminution de la variance résiduelle.

ECPA ••• CVLT


____ Etalonnage -'23..L1

Tableau III - Equations de régression pour la détermination des valeurs normales des principaux indices du CVLT dans le
groupe d'âge 40-69 ans

ation(1) a résiduel

Liste A - Essai 1 8.37 + 0.19 ED - 0.07 AGE 1.88

Liste A - Essais 1-5 53.39 + 1.34 ED - 0.24 AGE - 1.91 SEXE 8.58

Liste B 5.11 +0.10ED 2.05

RLCT 11.63 + 0.36 ED - 0.08 AGE - 0.48 SEXE 2.58

RICT 10.82 + 0.28 ED - 0.04 AGE 2.16

RLLT 11.80 + 0.37 ED - 0.07 AGE - 0.44 SEXE 2.43

RILT 11.21 + 0.33 ED - 0.04 AGE - 0.44 SEXE 2.15

Les variables indépendantes sont codées comme sait Age: âge chronologique en années; Sexe: femme = 1 ; homme = 2 ; Niveau d'éducation
scolaire (ED) : nombre d'années de scolarité

Tableau IV - Equations de régression pour la détermination des valeurs normales des principaux indices du CVLT dans le
groupe d'âge 70-89 ans

a résiduel

Liste A - Essai 1 12.85 - 0.11 AGE + 0.08 ED 1.85

Liste A - Essai 5 22.18 - 0.16 AGE + 0.25 ED - 0.85 SEXE 2.11

Liste A - Essa is 1-5 101.86-0.82AGE + 0.88 ED- 2.19 SEXE 8.61

Liste B 17.20-0.16AGE + 0.16 ED-0.76 SEXE 1.96

RLCT 20.56 - 0.19 AGE + 0.25 ED 3.13

RICT 19.81-0.16AGE + 0.21 ED 2.62

RLLT 20.47 -0.17 AGE + 0.13 ED 3.23

RILT 20.17 - 0.15 AGE + 0.16 ED 2.63

SEM 4.21 + 0.08 ED - 0.04 AGE 0.73

(1) Les variables indépendantes sont codées comme suit: Age: âge chronologique en années; Sexe: femme = 1 ; homme = 2 ; Niveau d'éducation
scolaire (ED) : nombre d'années de scolarité

Un exemple simple permettra d'illustrer l'application de la méthode de Barona pour l'évaluation de la performance
d'un sujet à l'un des indices du CVLT.

Prenons le cas fictif d'un patient de 62 ans, de sexe masculin, ayant eu 10 ans de scolarité et qui aurait obtenu la
note 5 à l'indice de rappel libre à long terme (RLLT). La première opération consiste à calculer sa note présumée
à l'indice, en fonction de son âge, son sexe et son niveau d'éducation scolaire. Pour ce faire, on utilise les
paramètres de l'équation de régression de RLLT figurant dans le Tableau III, soit:
y = 11.80 + (0.37 x 10) - (0.07 x 62) - (0.44 x 2) = 10.28

ECPA ••• CVLT


~37c-- Etalonnage _

On compare ensuite cette note présumée à la note réellement obtenue, 5, et on évalue l'importance de la
différence en utilisant l'écart type résiduel comme unité de mesure. En pratique, on utilise la formule suivante:
Note obtenue - Note présumée / Ecart type résiduel, ce qui revient à calculer une note réduite z (m=O et 0=1)

Dans cet exemple, on obtient:


z = 5.00 -10.28/2.43 = -2.17

Ainsi, la performance réalisée apparaît nettement inférieure à zéro (moyenne de la note z des sujets normaux
dont l'âge, le sexe et le niveau d'études sont semblables à ceux du sujet examiné). Dans la mesure où le seuil
« pathologique» est conventionnellement fixé à z = -1.65 (5%), on peut conclure à une performance déficitaire chez
ce patient, dans la mesure où sa note s'écarte de plus de deux écarts types de la moyenne (Poitrenaud, 1995).

_-==:.. B - Etalonnage des indices à distribution non normale


Les Tableaux V (groupe 20-39 ans), VI (groupe 40-69 ans) et VII (groupe 70-89 ans) donnent, pour chacun des
indices, les valeurs des centiles 99, 95, 75, 50, 25, 5 et 1.

Tableau V - Etalonnage des indices du CVLT dont la distribution dévie franchement de la normale dans le groupe 20-39 ans

s
otal Reconnaissances Fausses Discrimi-
~Ions Correctes Reconnaissances nabilité

99 16 16 16 16 16 o o o 16 0 100
95 16 16 16 16 16 o o o 16 0 100
75 16 15 15 15 15 o 16 0 100
50 14.5 13 14 13.5 14 2 3 2 15.5 0 99
25 13 11 12 11 12 3 5 5 15 0 96
5 10 8 9 9 10 8 10 11 13 2 92
8 6 7 7 8 12 15 14 12 3 90

Tableau VI - Etalonnage des indices du CVLT dont la distribution dévie franchement de la normale dans le groupe
40-69 ans

ces

econnalssances Fausses
Discriminabilité
correctes reconnaissances.

99 16 4.0 0 0 0 16 0 100
95 16 3.7 0 0 0 16 0 100
75 14 3.0 0 16 0 99
50 12.5 2.3 1.2 3 2 15 0 95
25 11 1.6 2.1 6 6 14 91
5 8 0.9 4.4 11 13 11 4 84
6 0.4 5.3 14 15 9 6 79

ECPA ••• CVLT


____ Etalonnage --..:3u3

Tableau VII - Etalonnage des indices du CVLT dont la distribution dévie franchement de la normale dans le
groupe 70-89 ans

ndleee

nnaissances Fausses
Discriminabilité
correctes reconnaissances

99 o o o 16 0 100
95 o o o 16 0 99

75 2 15 0 96

50 2 2.5 4.5 14 1.5 92

25 3 6 9 13 3 85
5 5 11 16 9 7 75
6 15 21 7 14 65

Le centileôû correspond à la médiane. Le centile 5 est classiquement considéré comme le «seuil pathologique»,
puisque la probabilité d'obtenir une telle note ou une note inférieure dans la population normale est égale ou inférieure
à 5%. Pour les notes égales ou inférieures au centile 1, cette probabilité est évidemment encore plus faible.

On notera que le seuil «pathologique» correspond à une note faible lorsque la distribution témoigne d'un fort
«effet de plafond» et à une note élevée lorsqu'elle témoigne d'un fort «effet de plancher».

__ W[I~·
REMARQUES CONCERNANT CET ETALONNAGE

Les données de ce travail suscitent deux types de remarques concernant, d'une part, l'utilisation de la méthode
de Barona, d'autre part les relations existant entre les variables sociodémographiques et les indices du CVL T.

n clini ue
Cette méthode présente l'avantage d'établir la note présumée en contrôlant simultanément les variables
sociodémographiques (âge, sexe, niveau socioculturel) qui influencent éventuellement les performances
psychométriques. En revanche, comme toutes les méthodes basées sur des équations de régression, elle
comporte quelques risques d'erreur (Barona et al., 1984 ; Epinger et al., 1987). En raison du phénomène de
régression vers la moyenne, elle a, en effet, tendance à fournir des estimations moins précises pour les notes
présumées des sujets déviant fortement de la moyenne (en gros, à partir de deux écarts types). Cet inconvénient
peut avoir pour conséquence de sous-estimer le déficit chez ceux dont le niveau cognitif pré-morbide était très
supérieur à la moyenne et de le surestimer chez ceux dont ce niveau était nettement inférieur. -

Il conviendra donc d'être prudent dans l'interprétation des résultats de tels sujets. Cette remarque concernant les
limites de la méthode de Barona conduit à rappeler que l'utilisation des méthodes psychométriques ne devrait
être confiée qu'aux cliniciens ayant reçu une formation spécifique en ce domaine.

2 - Relations entre le~svariables sociod' 0 ra i VLT


Ces relations ne seront étudiées que dans le cas des indices à distribution normale ou proche de la normale. Elles
peuvent être analysées grâce aux coefficients standardisés «Bêta» et aux coefficients de détermination R2, produits par
la régression multilinéaire. Les coefficients «Bêta» mesurent le poids de chacune des variables sociodémographiques
dans l'équation, c'est-à-dire leur valeur prédictive pour la note de l'indice correspondant. Les coefficients R2 permettent
d'apprécier la qualité de la régression, en termes de pourcentage de variance expliquée.

Les Tableaux VIII à X donnent les valeurs des coefficients standardisés «Bêta» et celles des coefficients de
détermination R2 observés dans les groupes d'âge 20-39, 40-69 et 70-89, respectivement. Dans ces tableaux ne
figurent que les coefficients «Bêta» correspondant à une valeur de F > 1. En dessous de cette valeur, le poids
de la variable peut être, en effet, considéré comme nul puisque son introduction dans l'équation n'entraîne pas

ECPA ••• CVLT


~34,,-- Etalonnage _

de diminution de la variance résiduelle. La significativité de la relation entre la variable et l'indice est indiquée
par un ou plusieurs astérisques selon le code: * p < .05 ; ** p<.01 ;***p<.001.

Avant d'analyser les données des Tableaux VIII à X, notons que la relation entre l'âge et chacun des indices ne peut
pas être appréciée avec précision dans l'intervalle 20-89 ans, du fait du découpage de la population de référence en
trois classes d'âge. Elle ne sera donc étudiée que dans chacune de ces classes. Les comparaisons des trois classes
d'âge doivent, en outre, tenir compte du fait que le nombre des indices à distribution normale ou proche de la normale
varie d'une classe à l'autre. On en relève seulement 7 dans la classe 20-39 ans, contre respectivement 11 et 14 dans
les classes 40-69 ans et 70-89 ans. Cette disparité, qui conceme principalement les indices de rappel, traduit surtout
le fait que la plupart de ces rappels constituent des tests trop faciles pour une grande partie des jeunes adultes.

__ ~.A - Classe d'âge 20-39 ans (Tableau VIII)

Tableau VIII - Relation entre les indices du CVLT et les variables sociodémographiques : valeur des coefficients standardisés
«Bêta» (1) et des coefficients de détermination R2dans le groupe d'âge 20-39 ans

«Bêtalt Sexe

Liste A - Essai 1 0.18 0.03

Liste A - Essais 1-5 0.32 •• 0.11

Liste B - 0.11 0.12 0.01

SEM. 0.11 0.01

• p< .05 ; •• P <.01 ; (1) Seuls les coefficients «Bêta» correspondant à F> 1 figurent dans le tableau

L'examen du tableau montre que les indices du CVLT à distribution normale ou proche de la normale ne sont,
dans l'ensemble, que faiblement liés aux variables socio-démographiques chez les jeunes adultes, ce que
souligne la faible valeur des coefficients R2.On note seulement une liaison positive et significative entre le niveau
d'éducation scolaire et l'indice « Liste A- Essais 1-5 », les performances des sujets étant d'autant meilleures
que ce niveau est plus élevé. L'âge n'est significativement lié à aucun des indices dans l'intervalle 20-39 ans.

_-==-8 - Classe d'âge 40-69 ans (Tableau IX)


Tableau IX - Relations entre les indices du CVLT et les variables sociodémographiques : valeur des coefficients standardisés
«Bêta» (1) et des coefficients de détermination R2 dans le groupe d'âge 40-69 ans

«BêtaltSexe R2

Liste A - Essai 1 - 0.29 ••• 0.34 ••• 0.22

Liste A - Essais 1-5 - 0.21 •• 0.49 ••• - 0.09 0.29

Liste B 0.18 • 0.03

RLCT - 0.23" 0.44 ••• - 0.08 0.26

RICT -0.14 0.42 ••• 0.21

RLLT -0.24 ••• 0.47'" - 0.08 0.29

RILT -0.15 • 0.48 ••• - 0.09 0.26

• p < .05 ; •• P <.01 ; ••• P <.001 ; (1) Seuls les coefficients «Bêta» correspcndant à F> 1 figurent dans le tableau

A l'exception de «Liste B» et de «RICT», les indices de rappel sont significativement et négativement liés à l'âge.
Ces relations signifient qu'en moyenne, les performances à ces indices déclinent au cours du vieillissement
normal entre 40 et 69 ans.

Le sexe n'est significativement lié à aucun indice. Lorsque cette variable est entrée dans l'équation, on remarque
toutefois que la liaison avec les indices de rappel est toujours négative, ce qui semble indiquer que les performances
des femmes à ces indices sont, en moyenne, légèrement supérieures à celles des hommes.

ECPA ••• CVLT


____ Etalonnage ----L.I.35

Pour tous les indices de rappel, excepté «Liste B», la régression paraît d'assez bonne qualité, puisque le pourcentage
de variance expliquée par les variables indépendantes varie de 21 % (RICT) à 29% (Liste A - Essais 1 -5 et RLLT).

C - Classe d'âge 70-89 ans (Tableau X)


Tableau X - Relations entre les indices du CVLT et les variables socio-démographiques ; valeur des coefficients standardisés
«Bêta» (1) et des coefficients de détermination R2 dans le groupe d'âge 70-89 ans

«Bêta» Sexe R2

Lisle A - Essai 1 - 0,29 ** 0,14 0,11

Lisle A - Essai 5 - 0,36 *** 0,35 *** - 0,17 0,27

Lisle A - Essais 1-5 - 0,44 **' 0,32 ' *' - 0,11 0,29

Liste B - 0,39 ***


, -0,17 0,23
0,24 '
,
RLCT - 0,30 ** 0,26 * 0,17

RICT - 0,30 ** 0,25* * 0,16

RLLT - 0,27 ** 0,13 0,09

RILT - 0,29 ** 0,20 * 0,13

SEM. - 0,26 *' 0,33 ' ** 0,19

'p< .05 ; "p < .01 ; "'p < .001 ; (') Seuls les coefficients « Bêta» correspondant à F> 1 figurent dans le tableau

L'âge est très significativement et négativement lié à tous les indices de rappel. Ces résultats montrent qu'en
moyenne, les performances des sujets se dégradent au cours du vieillissement normal, entre 70 et 89 ans. Cet
effet défavorable de l'âge semble d'ailleurs plus marqué que dans la classe d'âge précédente, la valeur des
coefficients Bêta étant, dans l'ensemble, nettement plus élevée.

Le lien significatif et négatif entre SEM et l'âge, déjà observé par d'autres auteurs (Craik, 1984, Delis et al., 1987)
suggère que la tendance à procéder par groupements sémantiques pour apprendre la liste de mots décline chez
les sujets normaux les plus âgés.

Le niveau d'éducation scolaire est lié positivement et significativement à la plupart des indices de rappel, les
liaisons étant toutefois un peu moins fortes que dans la classe d'âge précédente.

Comme dans la classe d'âge 40-69 ans, le sexe n'est lié à aucun des indices du CVLT, les performances des
femmes aux indices de rappel étant là encore légèrement supérieures, en moyenne, à celles des hommes.

Dans l'ensemble, la qualité des régressions, en particulier celle des indices de rappel, est un peu moins bonne
que dans la classe 40-69 ans. Cet appauvrissement s'explique essentiellement par la diminution de l'intensité
des liens entre la plupart de ces indices et le niveau d'éducation scolaire.

3 - Exemples d'applica~tio:!!!.nw_ _
Pour illustrer l'utilisation du CVLT dans l'exploration et l'évaluation des troubles mnésiques, nous présentons
ci-dessous, les protocoles de deux sujets chez qui le diagnostic était: Déficit Cognitif l.éqer' avec possibilité
d'évolution vers la maladie d'Alzheimer. Ces deux sujets étaient inclus dans un essai clinique d'un produit censé
freiner le déficit cognitif dû à cette affection.

_--= A - Sujet A
Il s'agit d'une femme de 80 ans, ancienne responsable d'une agence de voyage, ayant accompli 12 ans de
scolarité. Ci-joint ses réponses aux stimuli du CVLT et les résultats qu'elle y a obtenus. Ces résultats sont
rassemblés dans les Tableaux XI et XII.

, Mild Cognitive Impairment

ECPA ••• CVLT


1

Année Mois Jours


NOM: SOJETÀ . Sexe:)(F 0 M
Date de passation ~~f
Prénom: . Âge : ~.9..g.n$. .
Date de naissance "k~'~
Nom de l'examinateur: Niveau d'études: .~',
r4 • ,
....12. ans.!-rt~.Sc.p.la r.I:t;~.... Age ;r,:.i

Rappel Libre Immédiat - Liste A - Essai 1


Rappel Libre Immédiat - Liste A - Essai 5
Rappel Libre Immédiat - Liste A - Essais 1 à 5
Rappel Libre Immédiat - Liste B
m Rappel Libre à Court Terme - Liste A ( RLCT)
o
;t; Rappel Indicé à Court Terme - Liste A (RICT)
••
• Rappel Libre à Long Terme - Liste A (RLLT)
~ Rappel Indicé à Long Terme - Liste A (RILT)
~

m
ili
o
!!!!I!!!!I~!I!Les ::J

ecnn
r:;.: ~~
~~::I09iB
Editions

Appliquée
Reconnaissances correctes (RECONN CORRECTES)
Fausses reconnaissances (FAUSS RECONN)
15 75
51
\0
11>

2 entre 50 et 25
~ 2008, par les ECPA. 25 rue de la Plaine,
Discriminabilité (DISCRIM) 93 entre 50 et 75
75980 Paris Cedex 20. Tous droits réservés.
!STE A - Rae~ellibre Immédiat - Essai 1 ssais 2 à 5
Supposons que vous alliez faire des courses lundi. Je vais vous lire une liste d'articles à acheter. Je vais vous répéter la liste du lundi. De nouveau, je vous demanderai
Ecoutez bien, car lorsque j'aurai fini, je vous demanderai de me dire autant d'articles que vous le de me dire autant d'articles que possible, dans n'importe quel ordre, rn
!:il
pouvez. Leur ordre n'a aucune importance. Dites-en seulement autant que vous le pouvez. y compris ceux que vous avez déjà donnés. 5"
:J
:J
<lJ
lO
(J)

LISTE A Essai 1 Essai 2 Essai 3 Essai 4 EssaiS


-'
- - - .
tenailles 1 1 gilet 8 1 gilet 9 1 1 l
raisin 5 2 ab 2 rabOt_ . 11 2
veste 2 3 romarin if 3 prunes 7 3
cannelle 4 e e 4 0 'n 4
abricots if 5 (gilet) 6 5 ctoouteeee 5
muscade 6 6 ma da ' e 6 • cLay,ate 6
cravate 7 abriCOt 7 (gilet) 6 7

m
o
perceuse 8 'bQUlette 8 veste . -
2.
~
ciboulette 1 9 te~s_ 9 mandarine
-
5

•••
mandarines 1 10 10 tengjlles
5 8
-'
o
<
Ci
burin
manteau
r--
11
-
12
11
12
11
12
21i2!l~
reïsln - 10
11

13 13
romarin
L? 8 3 if 13 8
prunes 14 14 14 3 14 3
rabot 15 15 15 15
gilet 16
-- 2
1 16
2
1 16 16
1•.•••
2
17 17 17 17
18
- 18
- 18 18 18
Intrusions
~
20
19
20
_-
19
,•..•

20
19
20
-
19
20
,k -, ,
). :'~~.~ ss Total

1"',,""'''''''- IGJ [!<."",~,oo,""" IGJ [_.." correcte J[ù] §o_oo"",:)GiJ 1_ 00, IGiJj ~ 00""",

1Persévérations ICiJ 1Persévérations IGJ 1Persévérations ]CiJ Lcirsévération~ J[î] 1p;;-éVérations 1[2] 8
1Intrusions iw 1Intrusions I[QJ Ilntrusions IGl Ilntruslons I[QJ ~Intrusions :JW, 0

_Lo·
ecnn du Centr..
1 e 2008, par les ECPA. 25 rue de la Plaine,

1:.= de ~ie
Appaqu6e
75980 Paris Cedex 20. Tous droits réservés.
[lsrifB7Biêj)jlllbLe:imijjégiit
...

1
--,-- ..
[liSTEA-.
f!appel1i6re il cOllin terme (RCCr)]
::.~ :1 [ISTEA- ,
Maintenant, supposons que vous alliez de nouveau faire des BapperliiëUcéâ court terme (RlCTC': J
courses mardi. Je vais vous lire une nouvelle liste d'articles à Maintenant,je voudrais que vous me donniez Dites-moi les articles de la liste du lundi qui sont des
acheter. Lorsque j'aurai fini, je vous demanderai de m'en dire le plus possible d'articles de la liste du lundi. (Nommer la catégorie) :
autant que vous pourrez, dans n'importe quel ordre.

r--
LISTE B !::4'''t Liste B Liste A Outils
marmite
framboise
r-r .2
spaeute
cabillaud
1

2
perceuse
mandarine
r 1

2
tenailles
.cerceuse
-t-

merlan ;!<~i3 (romarin) 3 romarin 1 3

paprika p-ersil 4 cibOUlette 4 1


.". 4
citron ~~n 5 rouget 5 tenailles 15
6
1
louche .,. 6 limande 6 1

persil l:t;t?1! 7 7 J 7
cabillaud 8 8 8
m - -
0 estragon 9 9
~'~j
~
•• ananas
~ 10
10
•0 rouget 11 11
1
< passoire 12 Vêtements
~ '\:.>~ 12 1-

cerises .;1?J 13 13 Lgilet


limande ; 14 14 2 crayate
cumin ~';115 15 13 maneeau
spatule . , ~6
,.?~.~
16 4 vess«
romarin 17 r5
18 6
Intrusions lé';"
19 17
8
.'-

Réponses correctes 'l••U..I m


fi)
Persévérations Persévérations Persévérations 1[0] 0
:J
:J
Intnusions Intnusions Intnusions I[QJ, ~
Cll
1.0
Il>

_L_
ecpa ~.. du c.ntr.
1 e 2008.
75980
par tes ECPA. 25 rue de la Plaine,
Paris Cedex 20. Tous droits réservés.
[:ISTE-A--:-RaRQerïOciicé-à long -terme(RILT} ,
Tout à l'heure, je vous ai lu des listes d'articles à acheter. Je voudrais que vous Dites-moi les articles de la liste du lundi qui sont des: (Nommer la catégorie)
me redonniez le plus possible d'articles de la liste du lundi; la première que je m
5]
vous ai lue. a
::1
::1
'"
ln
11)

Liste A Outils

mandarine
---
2
tenailles
raisin 2 runes
3 veste 3 raisin
4 cannelle 4

5 abricots 5

6 muscade 6

7 cravate 7

8 perceuse
m
0 1 9 ciboulette
~
1
------
10 mandarines
•••
1

0
11 burin
_-E"ili
<
r
-;
1 12 manteau 2 romatin.
~
--
13 romarin 3
ca,Q.~e!!e
14 prunes
15 rabot
-
4
5

_L 1 à long terme: -
16 gi!e!
12h10 -
6
7

Délai entre

RICTet RLLl

--
Réponsescorrectes - 20 mn

-
Persévérations

Intrusions
JI

ecnn
_LesE
du c.ntno
••••••• 1 e 2006, par les ECPA. 25 rue de la Plaine,

I:.=Appllqu"
de ~I. 75980 Paris Cedex 20. Tous droits réservés.
aissance
Je vais vous lire une longue liste d'articles à acheter. Lorsque j'aurai lu chacun d'entre eux, dites «Oui» si cet article était dans la liste du lundi, et «non» s'il n'y était pas.
Si le patient dit «Je ne sais pas», vous pouvez le relancer en disant: «Dites-moi si vous pensez que (répéter le mot) était dans la liste du lundi.
Si le patient persiste à dire «Je ne sais pas» ou ne répond pas, noter l'absence de réponse et passer à l'item suivant.

cravate limande
---
persil 0 muscade
cabillaud , 0 crevettes
tapis i i 0 paprika
filet
- =t 1=2 gilet

1 1r=
poivre livres
manteau
---
aspirine DI" 0
cannelle
veste

m
o
quenelles
tenailles
=l 1 1 1 [2 pomme
semailles
~ prunes raisin
••

~o!OI lop-
louche perceuse
o
• framboises ananas
<
~ résine cigarettes
ciboulette vitamines

--
films
burin
rabot
spatule
cartable toumevis
---
verseuse romarin
mandarines haricots
montre savon
pantalon
---
abricots
L Mp Mnp Pro NI Pho
1
Total 1 15 1 0 1 0 1 l 1 0 1 l 1
L 1 Lundi
rn
Mp 1 Mardi partagés @
Mnpl Mardi non partagés ëï
::J
Pro ., Prototypes (distracteurs) ::J
ru
NI 1 Non liés (distracteurs) <D

_
III
Pho J Phonétiquement similaires (distracteurs)

eceg ...•...•.
_LM •••••••
du c.nt:r.
doo ~1ogI.
1 CI2008, par les ECPA. 25 rue de le Plaine,
75980 Paris Cedex 20. Tous droits réservés.
____ Etalonnage _ 41

Pour les Indices à distribution normale (ou proche d e la normale), les performances du sujet ont été évaluées
à l'aide des équations de régression figurant dans le Tableau IV. Pour ceux à distribution non normale, nous
avons utilisé l'étalonnage en centiles correspondan t à l'âge du sujet (Tableau VII).

Tableau XI - Résultats obtenus par le Sujet A aux Indic es du CVLT à distribution normale (ou proche de la normale)

rés~.~ Note Z

Liste A - Essai 1 12.85- (O. 11 x 80) + (0.08 x 12) = 5.01 (8 - 5.01) /1.85 = 1.62

Liste A - Essai 5 22.18 - (0.16 x 80) + (O. 25x 12)-(0.85x 1)= 11.53 (11 -11.53) /2.11 = -0.25

Liste A- Essais 1-5 101.86 - (0.82 x 80) + (O. 88 x 12) - (2.19 x 1) = 44.63 (50 - 44.63) /8.61 = 0.62

Liste B 17.20 - (0.16 x 80) + (0 .16 x 12) - (0.76 x 1) = 5.56 (5 - 5.56) /1.96 = -0.29

RLCT 20.56 - (O. 19 x 80) + (0.25 x 12) = 8.36 (5 - 8.36) / 3.13 = -1.07

RICT 19.81 - (O. 16 x 80) + (0.21 x 12) = 9.53 (11 - 9.53) /2.62 = 0.56

RLLT 20.47 - (O. 17 x 80) + (0.13 x 12) = 8.43 (9 - 8.43) /3.23 = 0.18

RILT 20.17 - (0.1 5 x 80) + (0.16 x 12) = 10.09 (11 -10.09) /2.63 = 0.35

·SEM' 4.21 + (O. 08 x 12) - (0.04 x 80) = 1.97 (1.26 - 1.97) / 0.73 = -0.97

, Moyenne des indices de regroupement sémantique aux cinq essais de la Liste A

Tableau XII - Résultats obtenus par le Sujet A aux lndi ces du CVLT à distribution non normale

1.'!J.~! Centile

SER 0.8 4 Entre 75 et 95

Persévérations 9 Entre 25 et 5

Total Intrusions 2 75

Reconnaissances
15 75
correctes

Fausses
2 Entre 50 et 25
reconnaissances

Discriminabilité 93 Entre 50 et 75

Interprétation des résultats des Tableaux XI et X Il

Ces résultats sont tous dans les limites de la nor male. Ils ne mettent en évidence aucun déficit mnésique
pathologique. Tout au plus, peut-on mentionner une p erformance sensiblement inférieure à la moyenne au rappel
libre à court terme (RLCT). ON note, en revanche, u ne nette amélioration de ce score de rappel à l'épreuve de
rappel indicé à court terme (RICT). Cette différence entre ces deux conditions de rappel, associée à la présence
d'un assez grand nombre de persévérations suggè re l'existence de difficulté de récupération de l'information.

B - Sujet B
Il s'agit d'un sujet de sexe masculin, âgé de 76 an s, ayant accompli une scolarité de 8 ans (niveau certificat
d'études primaires). Ci-après ses réponses aux stimu Ii de CVLT. Les résultats issus de l'analyse de ces réponses
sont rassemblés dans les Tableaux XIII et XlV. Les p erformances de ce Sujet 8 ont été évaluées selon la même
procédure que celle utilisée pour le Sujet A.

ECP A ••• CVLT


Année Mois Jours
NOM : Sw.e.t.B . Sexe: 0 F )(M
Date de passation
z:
:~1 ;<, ,-
Prénom: . Âge: 7..6.. an..s . Date de naissance ,;i:, ~:';
Nom de l'examinateur: Niveau d'études:
.......s..ans.. g.~.sc.qJ.ar,1;~... Age ;~*-f~~:y
.'

Rappel Libre Immédiat - Liste A - Essai 1 lf


Rappel Libre Immédiat - Liste A - Essai 5 5
Rappel Libre Immédiat - Liste A - Essais 1 à 5 30
Rappel Libre Immédiat - Liste B 5
m Rappel Libre à Court Terme - Liste A ( RLCT) 1
CI
~ Rappel Indicé à Court Terme - Liste A (RICT) 7
•• Rappel Libre à Long Terme - Liste A (RLLT)
• o
~ Rappel Indicé à Long Terme - Liste A (RILT)
Ci

m
fij
!!I!!lIII!!~Les 0'

ecnn
1:.= :~~::I09iB
Editions

Appliquée
Reconnaissances correctes (RE CONN CORRECTES)
Fausses reconnaissances (FAUSS RECONN)
11 entre 25 et 5
::J
~
lO
Il>

22 <1
e 2008. par les ECPA. 25 rue de la Plaine,
Discriminabilité (DISCRIM)
75980 Paris Cedex 20. Tous droits réservés, 39 <1
Supposons que vous alliez faire des courses lundi. Je vais vous lire une liste d'articles à acheter. Je vais vous répéter la liste du lundi. De nouveau,je vous demanderai
Ecoutez bien, car lorsque j'aurai fini, je vous demanderai de me dire autant d'articles que vous le de me dire autànt d'articles que possible, dans n'importe quel ordre, m
pouvez. Leur ordre n'a aucune importance. Dites-en seulement autant que vous le pouvez. y compris ceux que vous avez déjà donnés. CJ
ëï
:J
ffi
LO
(])

- -
LISTE A Essai 1 Essai 2 Essai 3 Essai 4 Essai 5
tenailles 1 1 gilet -~- --- 1 rabOt - 6 -;- veste - -- -7 prune - ~ 1 prune -,
raisin 2 rabot 2 gilet _~ _gilet Cf 2 rabot ' 2 rabot
veste 3 perceuse 3 mandarine 3 manteau 1 3 gilet ri 3 gilet 5

cannelle 4 ciboulette 4 cibOUlette 4 raisin 4 cibQ!Jlette 4 (citron)


abricots 5 (perSil) 5 perceuse 5 prune 5 burin 5 ciboulette
muscade 6 <carotte) 6 tenailles 6 .mandarine 6 tenailles 6 veste
cravate 17 7 7 ciboUlette 7 manteau 7 (gilet)

m
perceuse 8 3 8 5 8 (nersill 8 Veste ~8
o
~
ciboulette 19 lf 9 lf 9 (rôti) 7 9 igilet) .{l9 lf J
•• mandarines 10 10 3 10 6 10 (ri'ldiSI <.' 10

o
• burin L.22. " 11 11_ __ 11 (épinard) tl11
< manteau 12 12 12 3 12 ~ 12
~
romarin 13 13 13 1;- lr13------ ••••- •••

prunes 14 14 14 5 14 •. 14 1

rabot 115 2 15 1 15 15 M 15 2
gilet 16 l 16 2 16 2 16 ~ 16 3

17 17 12:...J?~l1l! 17 radis tl 17 Citron 1


. 18 18 18 rôti 18 él2lnard % 18
lntrusions --
119 19 19 19 19
20 20 20 - ~ ; 20
.~ .i,... Total

1
l'r;;;PR;;:é=po=n=se=s=co=r=rec::t:!!e!::!s~lw
Réponses correctes IG] [RéiiOii'S!scorrectes 1[ï:J 1 Réponses correctes IGJ 1 Réponses correctes 1[5.] 830
1 Persévératlons IGJ 1 Persévératlons I[Q] 1 Persévératlons I[QJ 1 Persévératlons ICi] 1 Persévératlons ICi] 2
1 Intrusions Iw 1 Intrusions : lw [Intrusions ICU 1 Intrusions ICU Ilntrusions IGJ 7

ecpa
_1..-&1
du ~
~1tI
••••• 1 C2ooe,
75980
par les ECPA. 2S rue de la Plaine,
Paris Cedex 20. Tous drolls réservés.
_. -- --- _ .. --
[ISTE B - Rappel libre Immédiat 1 pSTEA- 1 [[STE A:,:. 1
Maintenant, supposons que vous alliez de nouveau faire des ~rnDrëa court terme (Rl::CT)]" Bappel Inë:Ucéà court terme (RTeT) 1
courses mardi. Je vais vous lire une nouvelle liste d'articles à Malntenant,je voudrais que vous me donniez Dites-moi les articles de la liste du lundi qui sont des
acheter. Lorsque j'aurai fini, je vous demanderai de m'en dire le plus possible d'articles de la liste du lundi. (Nommer la catégorie) :
autant que vous pourrez, dans n'importe quel ordre.

LISTEB 1;:2,.; Liste B Epices _& Herbes Outils


marmite I~F 1 spaeute 1 clbouteeee burin
framboise 1,,;j2 rousee 2 (pers!U tenailles
merlan f;~r~
3 merlan 3
paprika I~/i 4 persil 4

citron I~ 5 (CibOUlette) 5
louche (~6 cerises 6
persil I~j 7 (abriCOt) 7

m
o
:g
••
cabillaud
estragon
ananas
l,il:
L' 10
(salade)
(Celeri)
8
9
10
8

•o
<
rouget m 11 11

~ passoire I:,;.~, 12 12 Vêtements


cerises ~i~
. 13 13 (orange) gilet
limande l';' 14 14 (çells...e). 2 ve~e
cumin
spatule
r~~ 15
.~16·
15
16
(poire)
!banane)
3
4
manteau

:'~'i'.
abricot 5

'H".. --"'"
-
17

18 6
Intrusions r·~/I_ 1 1t; 7
8

Réponses correctes 2 @
g
'."" •.. o
Persévérations

y~-~~,
Persévérations
- .. ~. , fi1
Intrusions Intrusions 5 le
!'_~ -,:tç-'t fi>

- .....
-1
eceg
-- du c.na-.
M ~r.
C 2008,
75980
par les ECPA. 25 rue de la Plaine,
Paris Cedex 20. Tous droits réservés.
[ISTE A· RaP.Rellibre à long terme (RLI,.TI ' ISTE A • Rae.e.ellndicé à long terme (RlbT)
Tout à l'heure, je vous ai lu des listes d'articles à acheter. Je voudrais que vous Dites-moi les articles de la liste du lundi qui sont des: (Nommer la catégorie)
me redonniez le plus possible d'articles de la liste du lundi; la première que je m
@
vous ai lue. i5
:J
~
lO
f1l

Liste A Epices & Herbes Outils


tenailles 1 gilet (Orange)
2 ---
raisin veSte 2 (groseille)

4
3 veste
cannelle --
3

4
(Fraise)

5 abricots 5

6 muscade 6
7 cravate 7

8 perceuse
m
0 9 ciboulette

1
~ 10 mandarines
••
•0 11 burin cibouteeee
< - l '
12 manteau 2 (persil!
!:i
13 romarin 3

14 prunes 4

15 rabot
16 gilet
1
1 à long terme:
12h19
1 1.
5
6

7
17
-
18
-
19
20 1
1 Délai entre
RICT et RLLT :

Réponsescorrectes

Persévérati,ans
- 21 mn

Intrusions

_ •.•• ee ••••••• 1
ecnn ~ApplquN
du CemnI
de ~
02008.
75980
par les ECPA. 25 rue de la Plaine,
Paris Cedex 20. Tous droils réservés.
econnalssance
Je vais vous lire une longue liste d'arlicles à acheter. Lorsque j'aurai lu chacun d'entre eux, dites «Oui» si cet arlicle était dans la liste du lundi, et <mon» s'il n'y était pas.
Si le patient dit «Je ne sais pas», vous pouvez le relancer en disant: «Dites-moi si vous pensez que (répéter le mot) était dans la liste du lundi.
Si le patient persiste à dire «Je ne sais pas» ou ne répond pas, noter l'absence de réponse et passer à l'item suivant.

cravate a limande
persil a muscade
cabillaud l crevettes
tapis l paprika
filet l gilet
poivre a livres
manteau a cannelle
aspirine l veste
quenelles l pomme
m tenailles
o l semailles
j; --
••
prunes
louche
l
l
--
raisin

o• framboises a
~e
ananas
<
!:i 1
résine l cigarettes
ciboulette l vitamines
films l rabot
burin spatule
cartable toumevis
verseuse romarin
mandarines haricots
montre savol'!
pantalon
L Mp Mnp Pro NI Pho
abricots
Total 1 11 1 2 1 3 1 3 1 8 1 6 1
L ;1,1Lundi
Mpl Mardi partagés
m
Cll
Mnp'l Mardi non partagés e
:::J
Pto';t Prototypes (distracteurs) :::J
<l>
NI '1 Non liés (distracteurs) CO
ro
PhO;] Phonétiquement similaires (distracteurs)

ecnn
_Loo
ô.J
••••••••
c.-cr.
~Ie
1 C 2008, par les ECPA. 25 Ne de la Ptalne,
759BO Paris Cedex 20. Tous droits réservés.
~~ de

~
____ Etalonnage _ 47

Interprétation des résultats des Tableaux XIII et XIV

Tableau XIII - Résultars obtenus p ar le Sujet B aux Indices du CVLT à distribution normale (ou proche de la normale)

• -1; J r /:--.~) ',-..< ;;; ~,,*}''''//~;:'j-~


..• ,"'1'lr'",;;.~~~
- ~ . " ~ .: • ,-'_" ,. • 0>. UlIIée NoteZ
'.• iII! .

Liste A - Essai 1 12.85 - (0.11 x 76) + (0.08 x 8) = 5.13 (4 - 5.13) /1.85 = ·0.61
Liste A - Essai 5 2 2.18 - (0.16 x 76) + (0.25 x 8) - (0.85 x 2) = 10.32 (11-10.32)/2.11 = ·2.52*
Liste A- Essais 1·5 10 1.86 - (0.82 x 76) + (0.88 x 8) - (2.19 x 2) = 42.20 (30 - 42.20) / 8.61 = -1.42
Liste B 17.20- (0.16x 76) + (0.16x 8)-(0.76 x2) = 4.80 (5-4.80)/1.96 = 0.10
RLCT 20.56 - (0.19 x 76) + (0.25 x 8) = 8.12 (5-8.12)/3.13 = -2.27*
RICT 19.81 - (0.16 x 76) + (0.21 x 8) = 9.33 (11 - 9.33) /2.62 = ·0.89
RLLT 20.47 - (0.17 x 76) + (0.13 x 8) = 8.59 (9 - 8.59) /3.23 = -2.66**
RILT 20.17 - (0.15 x 76) + (0.16 x 8) = 10.05 (11-10.05)/2.63 = -1.92*
. SEM' 4.21 + (0.08 x 8) - (0.04 x 76) = 1.81 (1.26 -1.81) / 0.73 = -0.30
• p<.05 ; •• p<.01 ; p<.001
, Moyenne des indices de regroupement se. mantique aux cinq essais de la Liste A

Tableau XIV - Résultats obtenus p ar le Sujet B aux Indices du CVLT à distribution non normale

. "'.~ ..;:-; et Centile

SER 4.67 Entre 25 et 5

Persévératio ns 3 Entre 50 et 25

Totallntrusio ns 30 <1**

Reconnaissan ces
11 Entre 25 et 5
correctes

Fausses
22 <1**
reconnaissanc es

Oiscriminabil ité 39 <1**


.* p<.01

Presque toutes les performances d U Sujet B sont inférieures à la norme. Plusieurs d'entre elles, notamment celles
observées aux Indices Liste A-E ssai 5, RICT, RLLT, RILT, Fausses Reconnaissances et Discriminabilité s'en
écartent de façon statistiquement significative dans le sens pathologique. Ces résultats témoignent d'un déficit
mnésique hautement probable, p articulièrement en situation de rappel à long terme (RLLT). L'amélioration de
la performance dans les deux con ditions de rappel indicé (RICT et RILT) par rapport aux conditions de rappel
libre (RLCT et RLLT) suggère qu'il s'agit surtout d'un déficit de récupération. Toutefois, le caractère franchement
pathologique de l'indice de Discr iminabilité (DISCRIM) semble indiquer qu'existent également des difficultés
d'encodage. Celles-ci s'expliquen t sans doute, en partie, par le fait que le sujet a surtout utilisé une stratégie de
regroupement sériel pour encode r les informations. On observe, en outre, un nombre d'intrusions très élevé et
franchement anormal.

L'ensemble de ces données a con duit à conclure que le déficit cognitif observé chez ce sujet est nettement plus
important que ne l'indique le diag nostic de «Mild Cognitive Impairment (MCI)>>.

ECPA ••• CVLT


- 48 Etalonnage ----

_~=- C - Calcul de l'Indice SEM


Pour chaque essai d'apprentissage de la Liste A, on calcule successivement:
le regroupement sémantique observé, en comptant 1 point chaque fois que deux items de la même catégorie
sémantique se suivent;

le regroupement sémantique attendu, en utilisant la formule figurant dans l'Annexe (page 61) ;

L'indice de regroupement sémantique (SEM) en divisant le score du regroupement sémantique observé par
le score du regroupement sémantique attendu.

Exemple avec le Sujet A

Liste A - Essai 1:
- Regroupement sémantique observé: 2
- Regroupement sémantique attendu:
Vêtements: 2 (2 - 1) /9 = 0.22
Fruits: 3 (3 - 1) /9 = 0.67
Epices et herbes: 3 (3 - 1) /9 = 0.67
Outils: 0 (0 - 1) / 9 = 0

Soit un total de 1.56


=
SEM1 2/1.56 = 1.28
On procède de la même manière pour tous les essais et on aboutit aux résultats suivants:
SEM1 = 1.28; SEM2 = 1.14; SEM3 = 1.63; SEM4 = 1.16; SEMs = 1.09
On calcule alors le SEM moyen et on obtient: (1.28 + 1.14 + 1.63 + 1.16 + 1.09) /5 = 1.97

_-==- 0 - Calcul de l'Indice SER


Pour chaque essai d'apprentissage de la Liste A, on calcule successivement:

Le regroupement sériel observé, en comptant 1 point chaque fois que deux items sont rappelés dans leur ordre
de présentation;

Le regroupement sériel attendu, en utilisant la formule figurant dans l'Annexe (page 61) ;

L'indice de regroupement sériel (SER), en divisant le score du regroupement sériel observé par le score du
regroupement sériel attendu.

Exemple avec le Sujet A

Liste A - Essai 1:
- Regroupement sériel observé: 0
- Regroupement sériel attendu: 0.355

Soit SER1 = 0 1 0.355 = 0

On procède de la même manière pour tous les essais et on aboutit aux résultats suivants:
SER1 = 0; SER2 = 0; SER3 = 0; SER4 = 2.02; SERs = 2.16
On calcule alors le SER moyen et on obtient: (0 + 0 + 0 + 2.02 + 2.16) /5 = 0.84

ECPA ••• CVLT


____ CVLT et littérature relative à la mémoire épisodique ~49

CVL T et littérature relative


à la mémoire épisodique

__ =rl."J1~IEILLISSEMENT NORMAL

Plusieurs auteurs se sont intéressés au vieillissement normal. Geisler, Morgan, Covington et Murphy (1999)
ont comparé le CVL T et des potentiels évoqués par des odeurs chez des sujets normaux jeunes et âgés.
Ils observent que les composantes cognitives tardives (et notamment l'onde P3) diminuent avec l'âge; par
ailleurs, les performances au CVLT diminuent également avec l'âge. Golski, Zonderman, Malamut et Resnick
(1998) montrent que les performances au CVLT diminuent entre un groupe d'âge de 60 à 69 ans et un groupe
d'âge de 70 à 85 ans. Dentone et Insua (1997) comparent les performances au CVLT de personnes âgées,
déprimées ou non. Ils n'observent pas de différence significative entre les deux groupes, mais confirment que
la plainte mnésique est bien plus forte chez les sujets déprimés. King, Cox, Lyness, Conwell et Caine (1998)
relatent, quant à eux, que des sujets âgés déprimés sont significativement inférieurs à des sujets appariés non
déprimés, que ce soit en rappel libre, en rappel indicé ou en reconnaissance. Paolo, Troster et Ryan (1997) ont
enrichi les normes du CVLT pour les personnes âgées de plus de 80 ans, notamment pour ce qui concerne les
proportions de persévérations et d'intrusions. Par ailleurs, Murphy, Nordin et Acosta (1997) ont comparé, chez
des patients jeunes et âgés, le CVLT et une épreuve équivalente pour des odeurs. Ils montrent que le rappel et
la reconnaissance des odeurs, plus que l'information présentée sous forme auditive, sont très significativement
affectés par le vieillissement.

_.:=n::I. TROUBLES PSYCHIATRIQUES

1 • Syndromes dépressi.f.."s"-- _
On sait que la présence d'un syndrome dépressif entraîne, souvent, une plainte mnésique élevée - généralement
disproportionnée par rapport aux déficits objectivables aux tests, et parfois une réelle diminution des performances
en situation de mémoire épisodique. Un certain nombre de travaux ont utilisé le CVLT pour comparer les
performances de patients déprimés et de sujets normaux appariés pour ce qui concerne l'âge et le niveau
socioculturel, estimé par le nombre d'années d'éducation formelle. Barr, Rastogi, Ravdin et Hilton (1999) relatent
effectivement, chez un groupe de patients déprimés, par ailleurs atteints d'une maladie de Lyme, une plainte
mnésique disproportionnée par rapport aux performances, qui ne diffèrent pas statistiquement de celles de
sujets témoins. Basso et Bornstein (1999) comparent les performances de patients avec épisodes dépressifs
récurrents et celles de patients ayant leur premier épisode dépressif. Leurs résultats montrent que les patients
avec épisodes récurrents ont des performances significativement inférieures à celles des autres patients et aux
normes publiées pour les groupes d'âge et de niveau socioculturel équivalents. Les auteurs concluent que c'est
la répétition des épisodes dépressifs qui entraîne un affaiblissement de la mémoire épisodique, alors qu'un tel
affaiblissement n'est pas évident chez les patients dans leur premier épisode dépressif. Van Gorp, Altshuler,

ECPA ••• CVLT


,250IL..- CVLT et littérature relative à la mémoire épisodique _

Theberge et Mintz (1999) proposent une batterie d'épreuves neuropsychologiques à des patients présentant
un trouble bipolaire et testés à l'état euthymique. Ces patients sont inférieurs à des sujets témoins appariés
pour ce qui concerne le CVLT ; tout en présentant des performances parfaitement normales à deux épreuves
d'apprentissage procédural, le dessin en miroir et la poursuite d'une cible en mouvement. Un tel déficit de la
mémoire épisodique est retrouvé par King, Cox, Lyness, Conwell et Caine (1998) chez un groupe de patients
âgés déprimés comparés à des sujets non déprimés de même âge. Un tel déficit est particulièrement évident
lors du rappel libre et du rappel indicé, ainsi qu'en reconnaissance. Il est possible, toutefois, que l'aspect global
de ces déficits résulte, en fait, d'une interaction entre la dépression et l'âge des sujets. Au contraire, Jenkins,
Malloy, Salloway, Cohen, Rogg, Tung, Kohn, Westlake, Johnson et Richardson (1998) comparent un groupe
de patients déprimés et porteurs de lésions révélées par de sévères hyperdensités sous-corticales (substance
blanche périventriculaire) et d'autres sujets déprimés, non porteurs de telles lésions. Les patients porteurs de
lésions corticales, de maladies systémiques ou neurologiques pouvant affecter la cognition, ou qui abusent de
drogues, sont exclus. Les résultats obtenus au CVLT montrent que les patients avec lésions ont, par rapport à
ceux de l'autre groupe, une utilisation réduite de la stratégie de regroupements sémantiques, un apprentissage
limité, et une plus grande différence entre rappel libre et reconnaissance. Les auteurs concluent, sur la base d'un
examen de la littérature, que cette configuration des données est relativement proche de celles obtenues dans les
atteintes sous-cortico-frontales comme la maladie de Huntington ou la maladie de Parkinson (voir ci-après). Dans
la même veine, Fossati, Deweer, Raoux et Allilaire (1995) estiment que les patients déprimés, qui montrent une
performance affaiblie en rappel libre et une pauvre constance de ce rappel d'un essai d'apprentissage à l'autre,
alors que leur performance en rappel indicé et en reconnaissance est strictement normale, se caractérisent par
des difficultés de planification et de maintien de stratégies de recherche en mémoire. Ces résultats suggèrent
que leurs difficultés mnésiques pourraient refléter une perturbation des processus de récupération, sous le
contrôle des fonctions exécutives et mettant en jeu les boucles sous-cortico-frontales.

2-Schizophrén~~ _
Les recherches relatives à la mémoire épisodique, entreprises avec le CVLT, sont elles aussi relativement
nombreuses. L'une des études les plus récentes (Putnam et Harvey, 1999) a eu pour population un groupe
de sujets schizophrènes dont la moitié était âgé de plus de 65 ans. Contrairement à des travaux antérieurs,
les auteurs observent que la performance en reconnaissance à long terme n'est pas meilleure que le rappel
chez ces patients, et que ceux-ci montrent une configuration de déficits qui ont des points communs avec ceux
observés dans les démences à point de départ cortical. Selon les auteurs, l'idée d'une perturbation spécifique
du rappel, et donc un pattern «sous-cortical» des troubles mnésiques, pourrait ne s'appliquer qu'aux patients
schizophrènes montrant des déficits intellectuels globaux moins sévères. Selon Hawkins et Wexler (1999), les
patients schizophrènes sont capables de gains importants lorsqu'on leur administre plusieurs fois le CVLT. Kern,
Green, Marshall, Wirshing, Wirshing, McGurk, Marder et Mintz (1999) comparent les effets de deux agents
pharmacologiques, le risperidone et l'halopéridol, sur les performances au CVLT. Ils relatent que le premier
traitement est plus efficace que le second, notamment pour ce qui concerne les capacités d'apprentissage
(apprentissage de la Liste A, constance du rappel et reconnaissance), sans effet apparent sur les stratégies
d'apprentissage (en particulier la stratégie de regroupements sémantiques). Bergman, Harvey, Roitman, Mohs,
Marder, Silverman et Siever (1998) comparent des patients avec un trouble de la personnalité schizotypique et
d'autres patients avec d'autres troubles de la personnalité, en utilisant le CVL T. Ils constatent que les patients
schizotypiques apprennent moins de mots que les autres ou que des sujets normaux, et concluent que leurs
déficits en apprentissage verbal sont voisins de ceux qu'on observe dans la schizophrénie, même s'ils ne sont
pas aussi sévères (voir aussi Voglmaier, Seidman, Salisbury et McCarley, 1997). Lors d'une étude menée sur
des effectifs très larges, Paulsen, Heaton, Sadek, Perry, Delis, Braff, Kuck, Zisook et Jeste (1995) relatent que les
performances des patients schizophrènes sont inférieures aux sujets témoins au CVLT, que ce soit au niveau de
l'apprentissage, du rappel ou de la reconnaissance. Les corrélats cliniques les plus importants de ces déficits sont
l'âge de début, la présence de symptômes négatifs plus nombreux et un dosage plus important d'anticholinergiques.
Les patients schizophrènes montrent un déficit massif de récupération de l'information, puisque leurs difficultés
sont considérablement moins importantes en reconnaissance qu'en rappel libre. Toutefois, la reconnaissance
elle-même n'est pas dans la norme, ce qui suggère des difficultés supplémentaires au niveau de l'encodage.
En utilisant une fonction discriminante, les auteurs classent 50% des patients schizophrènes comme ayant
un profil mnésique sous-cortical, 35% comme normaux et 15% seulement comme ayant un profil mnésique
cortical. Kareken, Moberg et Gur (1996) comparent 29 patients schizophrènes et 29 sujets sains avec le CVLT.
Ils relatent que les patients montrent un degré moindre d'interférence proactive, mais aussi n'organisent pas
leurs réponses en rappel de façon sémantique. Les deux groupes montrent une faible interférence rétroactive,
indépendamment des contenus sémantiques. Les sujets schizophrènes, en reconnaissance, font plus d'erreurs

ECPA ••• CVLT


____ CVLT et littérature relative à la mémoire épisodique ---'LL51

en ce qui concerne les distracteurs « phonémiques » et les « distracteurs non partagés». Selon les auteurs,
c'est la diminution relative des opérations de traitement sémantique chez les schizophrènes qui empêche une
construction progressive de l'interférence proactive et qui contribue au déficit mnésique.

Heinrichs (1994) compare avec le CVLT des patients schizophrènes, des patients avec d'autres troubles de
la personnalité et des patients avec syndrome de Korsakoff. 1\relate que les patients schizophrènes sont
considérablement différents des patients amnésiques et présentent un profil reflétant plutôt un dysfonctionnement
sous-cortical. A la recherche de sous-types de la maladie, Heinrichs, Ruttan, Zakzanis et Case (1997) confirment
une précédente classification selon les variables suivantes: QI (WAIS-R), catégories (Wisconsin Card Sorting
Test), intrusions en rappel libre (CVLT) et performances motrices bilatérales (Purdue Pegboard) ; cette classification
se maintient pendant les trois années qui séparent les deux examens.

3.Lésionscérébra~le~s~ _

_ ~~ A- Traumatismes crâniens
Les traumatismes crâniens d'origines diverses ont en général des effets très délétères sur la mémoire épisodique,
et d'assez nombreux auteurs ont utilisé le CVLT pour tenter d'en mesurer les effets. Chez l'enfant, Roman, Delis,
Willerman, Magulac, Demadura, de la Pena, l.oftis, Walsh et Kracun (1998) ont utilisé le CVLT, un et quatre
mois après un traumatisme sévère ou modéré. Les deux fois, les sujets avec traumatisme sévère montrent des
déficits en rappel immédiat, en rappel retardé et en reconnaissance, c'est-à-dire montrent un profil compatible
avec l'hypothèse d'un déficit d'encodage. Les sujets avec traumatisme léger ou modéré se comportent comme
les sujets témoins. Chez l'adulte, étudiant 150 patients, Wiegner et Donders (1999) relatent qu'on peut regrouper
les origines de ces déficits sous quatre variables: l'empan attentionnel, l'efficacité de l'apprentissage, le rappel
retardé et les erreurs en rappel; ils suggèrent, en outre, que les sous-types de profils mnésiques sont liés aux
paramètres de sévérité du traumatisme. Deshpande, Millis, Reeder, Fuerst et Ricker (1996) ont également étudié
des patients après traumatisme léger, modéré ou sévère avec le CVLT. Ils proposent une classification de ces
patients en cinq sous-types, dont les plus importants sont les sous-groupes antérieurement isolés sous les noms
de «actifs», «désorganisés» et «passifs». Wilde, Boake et Scherrer (1995) ont spécifiquement étudié, avec le
CVLT, la validité de la différence entre discriminabilité en reconnaissance et rappel libre à long terme chez un
groupe de patients avec traumatisme crânien. Les groupes montrant et ceux ne montrant pas cette différence
ont été comparés sur la base d'indices dont on suppose qu'ils révèlent un pattern de performances, compatible
avec des difficultés de récupération. Mais les résultats obtenus ne confirment pas cette hypothèse. Une autre
étude a comparé le CVLT et le test des 15 mots de Rey chez le même type de patients (Stallings, Boake et Sherer,
1995). Les auteurs relatent que les notes brutes des deux tests sont hautement corrélées, mais que les notes
standard du CVLT sont plus faibles que celles du test de Rey, et donc que le premier pourrait être plus sensible
à des déficits mnésiques subtils. Etudiant un groupe de patients blessés par balle, Millis et Ricker (1995) leur
administrent le CVLT environ deux mois après leur traumatisme. Ils observent des déficits au niveau du rappel
libre, qui semblent liés à des difficultés d'organisation de la récupération: 1) le rappel est désorganisé et sous-
utilise les stratégies de regroupement sémantique; 2) le taux d'apprentissage en est donc légèrement réduit.
Toutefois, ces déficits paraissent relativement modérés par rapport aux sujets témoins. Millis (1995) a procédé
à une analyse discriminante à partir des résultats de 75 sujets avec traumatisme crânien modéré ou sévère.
L'auteur relate une solution en six facteurs rendant compte de 80% de la variance totale: capacités générales
d'apprentissage, discrimination des réponses, stratégie d'apprentissage, effets proactifs, auto-contrôle et effets de
position sérielle. Les notes du premier facteur sont significativement corrélées avec les mesures de la mémoire,
des phénomènes complexes d'attention et de l'induction de stratégies. Etudiant une population avec stress
post-traumatique, Yehuda, Keefe, Harvey, Levengood, Gerber, Geni et Siever (1995) montrent qu'au CVLT elle
a une sensibilité exacerbée à l'interférence rétroactive. Enfin, Millis et Ricker (1994) proposent, avec le CVLT,
une répartition des patients avec traumatisme crânien en quatre sous-groupes: le sous-groupe « actif» montre
un rappel libre perturbé, mais utilise des stratégies sémantiques d'encodage et montre une capacité relativement
intacte à stocker de l'information nouvelle. Le sous-groupe « désorganisé» montre un apprentissage inconstant
et des déficits d'encodage. Le sous-groupe « passif» s'appuie sur une stratégie exagérée de regroupements
sériels, accompagnant un encodage et/ou une consolidation déficitaire. Enfin, le sous-groupe « déficient» est
le plus perturbé, montrant un taux d'apprentissage très bas, un style d'apprentissage passif, et des difficultés
importantes d'encodage. Dans un travail plus ancien, Crosson, Novack, Trenerry et Craig (1988) avaient utilisé le
CVLT chez des traumatisés crâniens et chez des sujets témoins appariés. Les patients montraient un moins bon
rappel global, même si la pente d'apprentissage était la même que chez les témoins. Ils montraient également
plus d'intrusions et moins de regroupements sémantiques que les témoins. En rappel différé, ils montraient plus

ECPA ••• CVLT


.:z.5z<-- CVLT et littérature relative à la mémoire épisodique ----

d'oubli en rappel libre, mais étaient plus aidés que les témoins par l'indiçage catégoriel. Leur discrimination
en reconnaissance était également affaiblie. L'ensemble des déficits avait amené les auteurs à conclure à des
déficits d'encodage et de récupération en cas de traumatisme crânien.

__ ao B- Lobectomies temporales
Quelques auteurs se sont intéressés aux effets de lésions temporales, ou de lobectomies temporales partielles,
sur la mémoire épisodique, en utilisant le CVLT. Ainsi, Hildebrandt, Brand et Sachsenheimer (1998) ont comparé
des patients porteurs de lésions droites à des patients a) avec infarctus dans la région de l'artère cérébrale
postérieure gauche, et b) à des patients porteurs d'une lésion préfrontale gauche. Leurs résultats montrent que la
lésion temporale induit un déficit général en mémoire verbale, avec un effet de récence exacerbé et une stratégie
de regroupements sériels très importante; la lésion frontale entraîne un ralentissement de l'apprentissage, mais
est également suivie d'une amélioration du rappel après indiçage catégoriel. Une analyse discriminante permet
de classer correctement 86% des patients. Les auteurs estiment, d'une part, que le CVLT peut être utile pour
différencier les déficits mnésiques récemment décrits; d'autre part, que ces différences ne deviennent évidentes
que dès lors qu'on prend en compte les aspects stratégiques de l'apprentissage, ainsi que la sensibilité aux indices
de rappel. Etudiant un large groupe de patients ayant subi une lobectomie temporale antérieure (107 G, 96 D),
Davies, Bell, Bush et Wyler (1998) les soumettent au CVLT, avant l'intervention et six mois après. Des analyses
de régression démontrent que les scores préopératoires et l'âge sont prédicteurs du déclin postopératoire observé
après lésion gauche, avec une sensibilité de 56% et une spécificité de 95%. Dans la même veine, une étude de
Hermann, Wyler, Som es, Dohan, Berry et Clément (1994) a eu pour but de vérifier si le déclin mnésique observé
après une lobectomie temporale gauche est lié à l'absence de neuropathologie préopératoire de l'hippocampe
gauche. Dans ce but, ils comparent des patients ayant subi une lobectomie droite ou gauche. Leurs résultats
montrent que a) une pathologie hippocampique gauche est sans effet sur la mémoire immédiate et sur la mémoire
sémantique, et qu'une pathologie hippocampique droite est sans effet sur la mémoire épisodique verbale; et
b) pour ce qui concerne les lobectomies gauches, le déclin postopératoire en mémoire épisodique (mesures du
rappel, caractéristiques de l'apprentissage, mesures de contraste) est plus important dans le cas d'une sclérose
hippocampique préopératoire faible ou nulle que dans le cas d'une sclérose préopératoire importante. Enfin,
Berenbaum, Baxter, Seidenberg et Hermann (1997) ont recherché si une lobectomie temporale gauche entraîne
des perturbations de la mémoire épisodique en fonction du sexe, avec le CVLT. S'ils observent que les filles
utilisent plus que les garçons une stratégie de regroupements sémantiques, ils n'observent aucune interaction
significative entre le sexe et les variables mnésiques mesurées.

_-==- C- Sclérose en plaques


A notre connaissance, très peu d'études utilisant le CVLT ont été focalisées sur les patients atteints de sclérose
en plaques. Un travail récent de Scarrabelotti et Carroll (1999) a utilisé la dissociation « inclusion / exclusion»
proposée par Jacoby pour différencier processus automatiques et contrôlés dans les tâches mnésiques (implicites
comme le complètement de mots ou explicites comme le CVL T) et en métamémoire. Leur travail montre, par
comparaison des résultats à deux séries de tests successives, pratiquées à un an d'intervalle, que les patients
atteints de sclérose en plaques qui ont une performance pauvre au CVLT (et notamment une insuffisance de
regroupements sémantiques) sont aussi ceux qui utilisent le moins les opérations conscientes dans d'autres
tâches. Ces résultats suggèrent que les traitements mnésiques automatiques sont intacts dans la sclérose en
plaques, mais que les difficultés en mémoire, en métamémoire et dans d'autres domaines cognitifs sont d'autant
plus apparents au cours du temps qu'elles reposent sur des processus conscients. Dans un travail précédent, les
mêmes auteurs (1998) avaient administré une épreuve de complètement de mots et le CVLT à d'autres patients.
Comme prévu, ces patients montraient un amorçage normal dans des conditions implicites, alors qu'ils étaient
déficitaires en rappel (mais non en reconnaissance) au CVLT administré dans des conditions explicites. Les
auteurs ont ensuite appliqué la procédure de Jacoby à la performance en amorçage, et ont montré que, chez
les patients, des processus automatiques et des processus contrôlés participent aux processus mnésiques. Les
jugements prospectifs de métamémoire correspondent, pour les deux groupes, à la performance ultérieure dans
la condition d'inclusion, mais non à celle observée en condition d'exclusion. Le contrôle rétrospectif des réponses
émises correspond à la performance antérieure dans les deux conditions. Toutefois, des analyses post hoc
démontrent que les patients avec sclérose en plaques qui s'appuient le plus sur des processus automatiques
sont moins conscients, de façon rétrospective, de leur rappel antérieur, dans la condition d'exclusion, que les
patients utilisant moins de processus automatiques.

ECPA ••• CVLT


____ CVLT et littérature relative à la mémoire épisodique ----'-1.53

_-== D-Infection par le virus HIV


Peu d'études ont été consacrées aux effets de l'infection par le virus du SIDA sur la mémoire épisodique, du
moins lorsqu'elle est estimée au moyen du CVLT. Dans un premier travail, Peavy, Jacobs, Salmon, Butters,
Delis et al. (1994) ont comparé des patients HIV+ symptomatiques, des patients HIV+ asymptomatiques et des
sujets HIV-. Les sujets HIV+ symptomatiques sont perturbés par rapport aux sujets des deux autres groupes en
apprentissage et en rétention, et utilisent moins les regroupements sémantiques que les HIV-. Les sujets HIV+
asymptomatiques sont intermédiaires entre les deux autres groupes pour pratiquement toutes les variables
du CVL T. Les auteurs utilisent une fonction linéaire discriminante pour comparer ces sujets à des sujets avec
maladie d'Alzheimer (MA), des sujets avec maladie de Huntington (MH) et des sujets témoins âgés (T). Des
différences très nettes sont observées entre les proportions de sujets HIV+ symptomatiques classés comme
MH (32%), MA (3%) et T (65%), celle des sujets HIV+ asymptomatiques (respectivement 16,1 et 83%) et celles
des sujets témoins (respectivement 2,0 et 98%). Le profil mnésique des sujets HIV+ perturbés est très proche
de celui de sujets avec maladie de Huntington, prototypique des démences sous-cortico-frontales, et diffère de
celui des patients avec maladie d'Alzheimer, prototypique des démences à point de départ cortical. Un second
travail de la même équipe (White et al., 1997) aboutit à des conclusions similaires pour ce qui concerne la
mémoire épisodique (et conclut à des difficultés de récupération plutôt que de rétention proprement dite, et met
en évidence une relative préservation de la mémoire sémantique).

_-== E- Maladie d'Alzheimer


De nombreuses recherches ont été consacrées aux déficits de mémoire épisodique dans la maladie d'Alzheimer,
et un nombre non négligeable d'entre elles ont utilisé diverses formes du CVLT. Comme on le verra, ces
données sont relativement congruentes. Un travail de Kaltreider, Cullum, Lacritz, Brewer et Filley (1999) a
montré qu'une version à six items du CVLT permet, comme la version classique, de détecter ces déficits, alors
que le simple rappel de trois items ne suffit pas. Utilisant la version standard et l'imagerie morphologique,
Stout, Bondi, Jernigan, Archibald, Delis et Salmon (1999) montrent que chez les patients, un apprentissage
déficitaire des mots, un rappel faible et une reconnaissance perturbée sont corrélés à une atrophie des lobes
temporaux médians et du thalamus. Dans une autre étude, Libon, Bogdanoff, Cloud, Skalina, Giovanetti, Gitlin
et Bonavita (1998) cherchent à différencier maladie d'Alzheimer et démence vasculaire en utilisant des épreuves
de mémoire déclarative (CVLT) et procédurale, ainsi que des mesures IRM d'altération de la substance blanche
et de la taille de l'hippocampe. Les patients avec démence vasculaire sont supérieurs aux autres pour ce qui
concerne la discriminabilité en reconnaissance du CVLT, mais ne progressent que peu lors de l'apprentissage
de la poursuite d'une cible en mouvement. Les patients avec maladie d'Alzheimer montrent le profil inverse. Les
lésions de la substance blanche sont bien plus importantes dans la démence vasculaire, alors que le volume
de l'hippocampe est très diminué dans la maladie d'Alzheimer. Dans ce dernier cas, la discriminabilité en
reconnaissance est corrélée de façon inverse au volume de l'hippocampe. De même, Deweer, Lehéricy, Pillon,
Baulac, Chiras, Marsault, Agid et Dubois (1995) avaient auparavant montré des corrélations significatives entre
certaines variables du CVLT ou de l'épreuve de Grober et Buschke, d'une part, et une diminution très nette du
rapport entre le volume de l'hippocampe et le volume total intracrânien, d'autre part, chez des patients avec
maladie d'Alzheimer et démence modérée (pour l'étude du CVLT dans la maladie d'Alzheimer, voir aussi Pillon
et al., 1993; Pillon et al., 1994). Nordin et Murphy (1998) ont également étudié l'apprentissage du CVLT et d'une
version olfactive du même test chez des patients en tout début d'évolution, et montrent que les perturbations
mnésiques dans la modalité olfactive sont probablement plus précoces, et donc éventuellement plus utiles à un
diagnostic, que dans la modalité auditive. Dans un autre travail, Zakzanis (1998) procède à une méta-analyse
de la littérature consacrée aux effets neuropsychologiques et neuroanatomiques de la maladie d'Alzheïmer
débutante et démontre que, alors que l'IRM du système temporo-hippocampique est plus utile que le PET ou le
SPECT, c'est néanmoins l'analyse neuropsychologique de la mémoire épisodique (notamment par le biais du
CVLT) qui se révèle la plus utile pour le diagnostic et la différenciation entre maladie d'Alzheimer, autres formes
de démences et démences mixtes. Fox, Olin, Erblich, Ippen et Schneider (1998) ont comparé deux versions du
CVLT (9 et 16 items) chez des patients avec maladie d'Alzheimer avec différents degrés de démence. Ils relatent
des effets de la sévérité de la démence (estimée par le MMS) sur les essais d'apprentissage et de rappel. De
façon surprenante, ces effets sont observés quelle que soit la longueur de la liste, et les auteurs notent de très
nombreux effets «plancher». En outre, ils relatent des proportions très importantes d'intrusions, qui constituent
l'essentiel, voire la totalité des réponses, chez les sujets les plus sévèrement atteints. Ils concluent que si
l'utilisation du CVLT peut s'avérer très utile en début d'évolution (voir aussi Kohler, 1994), elle ne l'est plus
lorsqu'on cherche à caractériser l'évolution des déficits cognitifs au cours du temps. Bondi, Salmon, Monsch,
Galasko, Butters, Klauber, Thal et Saitoh (1995) ont, au contraire, étudié des sujets âgés non déments, porteurs

ECPA ••• CVLT


.254'"-- CVLT et littérature relative à la mémoire épisodique ----

ou non d'un ou deux allèles APOE-epsilon 4, lors de l'apprentissage du CVLT. Ils démontrent que a) les porteurs
sont inférieurs aux non porteurs pour neuf variables du CVL T ; et b) parmi les sujets porteurs suivis chaque
année, six ont développé une maladie d'Alzheimer probable ou possible, ce qui n'est le cas d'aucun sujet non
porteur. Ces données démontrent que des modifications, même subtiles, de la mémoire épisodique, peuvent
précéder de plusieurs années le développement d'une maladie d'Alzheimer. Enfin, Simon, Leach, Winocur et
Moscovitch (1994), utilisant également le CVLT, montrent que des mesures relatives à la mémoire primaire (ou
à court terme), estimée soit par la procédure de Tulving et Colotla d'une part, ou par l'effet de récence d'autre
part, ne permettent pas de différencier des patients avec maladie d'Alzheimer avec démence légère et des sujets
âgés normaux. Par contre, les estimations de la mémoire secondaire, selon la procédure de Tulving et Colotla,
ou par l'estimation de l'effet de primauté, permettent une différenciation nette entre les deux groupes.

_-===F- Syndrome de Down


Brugge, Nichols, Salmon, Hill, Delis, Aaron et Trauner (1994) ont publié un travail dans lequel ils ont étudié la
mémoire épisodique de patients adultes, âgés de 22 à 51 ans, atteints du syndrome de Down, en utilisant le
CVLT. Il est bien connu que ces patients, âgés de plus de 40 ans, présentent tous à l'examen post-mortem les
signes neuropathologiques associés à la maladie d'Alzheimer. Utilisant la méthode des gains en réapprentissage,
dont on sait qu'elle peut être très utile dans la détection des démences précoces, les auteurs identifient:
a) un sous-groupe de patients avec déficits mnésiques; les patients de ce groupe montrent un déclin de leurs
performances à de nombreux autres tests cognitifs avec l'âge; b) un sous-groupe de patients sans déficit
mnésique qui, tout comme les sujets témoins, ne montre aucun déclin avec l'âge. Ces résultats démontrent la
présence d'une démence précoce chez des adultes atteints du syndrome de Down, dans une gamme d'âges
où on peut s'attendre à voir se développer les manifestations neuropathologiques de la maladie d'Alzheimer.

__ =-G- Atteintes sous-cortico-frontales


Enfin, d'assez nombreux travaux ont été consacrés à l'étude de la mémoire épisodique, au moyen du CVLT,
dans les atteintes sous-cortico-frontales comme la maladie de Huntington, la maladie de Parkinson, la paralysie
supranucléaire progressive ou encore la dégénérescence strio-nigrée.

Maladie de Huntington. Hamilton, Murphy et Paulsen (1999) ont récemment comparé des patients atteints de
maladie de Huntington en début d'évolution, et des sujets témoins, en utilisant simultanément le CVLT et une
version olfactive du même test. Les résultats montrent que la sensibilité aux odeurs - mais non l'appartenance à
l'un ou l'autre groupe - rend compte d'une partie significative de la variance relative à l'apprentissage des odeurs.
Les deux groupes ont plus de difficultés dans la modalité olfactive que dans la modalité auditive, mais retiennent
la même quantité d'information après délai. On n'observe pas de différence au niveau de la reconnaissance du
matériel verbal, mais la discriminabilité en reconnaissance pour les odeurs est plus faible chez les patients que chez
les sujets témoins. Enfin, la détection des odeurs permet une excellente sensibilité et spécificité de la classification
entre patients et sujets témoins. Tout comme c'était le cas dans un travail précédent de Nordin et Murphy (1998) sur
la maladie d'Alzheimer débutante (voir plus haut), les auteurs concluent que les tests olfactifs peuvent constituer
une mesure sensible aux premières manifestations cognitives de la maladie de Huntington.

Plusieurs recherches plus anciennes ont également utilisé (entre autres épreuves) le CVLT pour décrire le profil
mnésique de patients atteints de maladie de Huntington. Deux de celles-ci, en particulier, s'accordent pour
reconnaître dans cette démence une perturbation de la mémoire de type sous-cortico-frontal. Pillon, Deweer, Agid
et Dubois (1993) montrent que des patients avec démence modérée se caractérisent, par rapport à des patients
avec maladie d'Alzheimer avec le même degré de détérioration cognitive globale, par: un nombre d'intrusions
beaucoup plus faible en rappel libre et en rappel indicé ; une meilleure discriminabilité entre cibles et distracteurs
en reconnaissance. En outre, dans ce groupe de patients avec maladie de Huntington, trois des variables du
CVLT (Total de la Liste A, rappel libre à long terme, regroupements sémantiques) sont significativement corrélées
avec les notes obtenues dans les épreuves qui mesurent l'intégrité des fonctions exécutives (Fluence verbale,
Wisconsin Card Sorting Test, score frontal). Dans un travail antérieur (Massman, Delis, Butters, Levin et Salmon,
1990), les auteurs avaient caractérisé la performance des patients au CVLT dans les termes suivants: inconstance
du rappel d'un essai à l'autre; utilisation faible d'une stratégie de regroupements sémantiques; intrusions en
rappel retardé; perturbation légère de la reconnaissance, avec une rétention normale au terme d'un délai, une
susceptibilité normale aux interférences et des types normaux d'erreurs d'intrusion. Par rapport à des patients avec
maladie de Parkinson, ils se caractérisent, en outre, par: un rappel libre plus faible; une pente d'apprentissage
plus faible; un effet de position sérielle anormal; enfin, une amélioration «supranormale» entre rappel libre et

ECPA ••• CVLT


____ CVLT et littérature relative à la mémoire épisodique ----LJ.55

reconnaissance. Cette configuration des données est, pour ces auteurs comme pour les précédents, tout à fait
compatible avec l'hypothèse d'un dysfonctionnement sous-cortico-frontal (pour des hypothèses et des études
plus anciennes sur ce point, voir par exemple Caine, Hunt, Weingartner et Ebert, 1978 ; Butters, 1984 ; Butters,
Wolfe, Martone, Granholm et Cermak, 1985 ; Butters, Wolfe, Granholm et Martone, 1986).

Une autre recherche a eu pour but de comparer directement des sujets totalement asymptomatiques dont
certains étaient porteurs du gène responsable de la maladie, d'autres non (Hahn-Barma et al., 1998). Les
résultats de ce travail sont les suivants: a) considérés dans leur ensemble, les groupes de sujets porteurs et non
porteurs du gène ne diffèrent que sur quelques variables mnésiques; b) au sein du groupe de sujets porteurs,
des corrélations émergent entre le nombre de répétitions du triplet CAG (anomalie génétique responsable de
la maladie) et la performance aux mots couplés difficiles de l'échelle de mémoire de Wechsler; c) une analyse
plus approfondie de ces sujets porteurs permet de les diviser en deux sous-groupes; dans l'un de ces sous-
groupes (porteurs sans déficit cognitif), les performances au CVL T sont comparables à celles des sujets non
porteurs; les sujets de l'autre sous-groupe ont des déficits cognitifs, et notamment mnésiques: leur performance
au CVLT ressemble très fortement au profil préalablement décrit pour des patients avec maladie de Huntington
diagnostiquée (Massman et al., 1990 ; voir ci-dessus; voir aussi Lundervold et al., 1994) Les auteurs concluent
que les sujets de ce sous-groupe ont en fait déjà la maladie, malgré l'absence totale des signes moteurs et
psychiatriques typiques de celle-ci.

Maladie de Parkinson. Même si la maladie de Parkinson ne peut être totalement considérée comme une
affection strictement sous-corticale, même en l'absence de démence (voir par exemple Hu et al., 1999), la plupart
des auteurs s'accordent néanmoins à la considérer comme une atteinte striato-frontale, qui entraîne un « profil
de mémoire épisodique» assez proche de celui de la maladie de Huntington (voir ci-dessus; voir toutefois,
pour une exception, Filoteo et al., 1997). Ainsi, Knoke, Taylor et Saint-Cyr (1998) administrent le CVLT à des
patients parkinsoniens et à des sujets témoins appariés, dans trois conditions graduées d'indiçage. Ils relatent
que les patients bénéficient significativement et progressivement d'un indiçage de plus en plus précis, alors que
les sujets témoins n'en bénéficient pas, puisqu'ils ont une très bonne performance même sans indiçage (voir
aussi Sommer et al., 1999). Les auteurs en concluent que les patients sont déficitaires au niveau du contrôle
exécutif des ressources attentionnelles. Dans la même veine, Buytenhuijs, Berger, Van Spaendonck, Horstink,
Borm et Cools (1994) comparent des patients parkinsoniens et des sujets témoins avec le CVLT. Ils constatent,
avec la répétition des essais, que les sujets témoins rappellent les items en prenant en compte des catégories
sémantiques, ce qui constitue une stratégie non provoquée, générée de l'intérieur. Au contraire, les patients
parkinsoniens montrent au fil des essais une tendance à se conformer, en rappel, à l'ordre sériel des items,
ce qui constitue une stratégie imposée de l'extérieur. De nouveau, ces résultats sont interprétés en termes de
dysfonctionnement exécutif. Utilisant la version allemande du test, Karamat, IImemberg, Poewe et Gerstenbrand
(1991) démontrent également que les patients parkinsoniens sont moins efficaces que les sujets témoins, en
ce sens qu'ils ont le plus grand mal à adopter la stratégie efficace de regroupements sémantiques, ou de s'y
maintenir longtemps après indiçage. Enfin, dans deux des études citées plus haut, les auteurs comparent la
performance de patients parkinsoniens au CVLT à celle de patients avec maladie de Huntington (Massman et al.,
1990), et à celle de patients avec maladies de Huntington et d'Alzheimer (Pillon et al., 1993), Massman et al
relèvent un grand nombre de similitudes entre les deux atteintes sous-cortico-frontales. Pillon et al démontrent
que le profil mnésique des patients parkinsoniens est complètement différent de celui observé dans la maladie
d'Alzheimer, et s'apparente fortement à celui que montrent les patients avec maladie de Huntington. Dans ces
deux types d'atteinte striato-frontale, les performances mnésiques des patients sont très fortement corrélées
aux variables qui mesurent les fonctions exécutives, sous contrôle des lobes frontaux.

Paralysie supranucJéaire progressive. Dans un autre travail, Pillon et al., (1994) comparent les performances, au
CVLT et à l'épreuve à 16 items de Grober et Buschke, de sujets âgés normaux et de patients atteints de paralysie
supranucléaire progressive, qui a été décrite dans les années 1970 comme le prototype des démences sous-
corticales (Albert, Feldman et Willis, 1974). Ils observent chez les patients des déficits mnésiques, caractérisés
par un empan immédiat affaibli, un apprentissage pauvre, une faible constance du rappel et un certain nombre
de fausses reconnaissances, lesquelles disparaissent totalement dans une tâche associant un contrôle de
l'encodage et un rappel indicé sélectif (procédure de Grober et Buschke).

ECPA ••• CVLT


_______ Ann~e 5~7

Annexe

A partir des résultats recueillis au test, il est possible de calculer plusieurs indices quantitatifs.

Les plus couramment utilisés en clinique ont été décrits dans les chapitres précédents.

On trouvera, dans cette annexe l'étalonnage d'autres indices qui peuvent être également utilisés, ainsi que les
formules de calcul pour l'évalutation de certains indices du CVL T.

• ETUDE DE PLUSIEURS INDICES PARTICULIERS


Comme cela a été décrit dans le Chapitre V, deux étalonnages ont été réalisés: un étalonnage en écart réduit
et un étalonnage en centiles.

1- Etalonnage des indiceS-.àdis.1ributjons normales ou proches de la normale


Rappelons qu'avant d'effectuer les analyses de régression, les trois variables socio-démographiques ont été
codées comme suit:
âge: âge chronologique en années
sexe: femme = 1 ; homme =2
niveau d'éducation scolaire (ED) : nombre d'années de scolarité

Les équations de régression permettant d'établir les valeurs normales sont présentées dans les Tableaux A
(groupe 20-39 ans), B (groupe 40-69 ans) et C (70-89 ans).

Pour chaque équation, le tableau donne la valeur du terme constant, celle des coefficients de régression non
standardisés ainsi que l'écart type résiduel.

Deux des indices, le «BIAIS» dans le groupe 20-39 ans (Tableau A) et l'effet de «RECENCE» dans le groupe
40-69 ans (Tableau B) posent un problème particulier pour le calcul de la note présumée. Pour ces deux indices
en effet, aucune des variables indépendantes n'est entrée dans l'équation (F étant toujours < 1), ce qui signifie
qu'ils ne sont liés à aucune des trois variables sociodémographiques. La note présumée, c'est-à-dire la valeur
normale à chacun de ces deux indices, est donc simplement la moyenne calculée sur l'ensemble de la population
du groupe d'âge correspondant. Son intervalle de variation est déterminé par l'écart type. Pour le «BIAIS» dans
le groupe 20-39 ans, on utilisera: m = -0.03, cr = 0.17. Pour l'effet de «RECENCE» dans le groupe 40-69 ans,
m et cr sont respectivement égaux à 25.49 et 5.10.

Dans tous les groupes d'âge, le «BIAIS» représente, en outre, un cas particulier pour la détermination du
seuil «pathologique». Les notes, qui dévient fortement de la moyenne théorique 0, sont statistiquement aussi
anormales dans le sens positif que dans le sens négatif, puisqu'elles témoignent dans l'un et l'autre cas d'une
attitude systématique de réponse. Il conviendra donc d'utiliser un test statistique bilatéral et de retenir deux
seuils «pathologiques», l'un fixé conventionnellement à z = -1.96 (2.5%), l'autre à z +1.96.=

ECPA ••• CVLT


25~8 Ann~e _

Tableau A - Equations de régression pour la détermination des valeurs normales de chacun des indices du CVLT dans le
groupe d'âge 20-39 ans

EQUATION (1)

3.37

25.48 + 1.71 SEXE-0.21 ED 3.88

(1) Les variables indépendantes sont codées comme suit; Age: âge chronologique en années; Sexe: femme = 1 ; homme = 2 ; niveau
d'éducation scolaire (ED) : nombre d'années de scolarité. ; (2) Aucune variable indépendante n'est entrée dans l'équation pour cet indice

Tableau B - Equations de régression pour la détermination des valeurs normales de chacun des indices du CVLT dans le
groupe d'âge 40-69 ans

0.51 + 0.01 AGE +0.03 ED - 0.14 SEXE 0.49

- 0.50 + 0.01 AGE + 0.01 ED 0.30

(1) Les variables indépendantes sont codées comme sait: Age: âge chronologique en années; sexe: femme =
1 ; homme =
2; niveau
d'éducation scolaire (ED) : nombre d'années de scolarité; (2) Aucune variable indépendante n'est entrée dans l'équation pour cet indice

Tableau C - Equations de régression pour la détermination des valeurs normales de chacun des indices du CVLT dans le
groupe d'âge 70-89 ans

INDICE EQUATION (1) a résiduel

PRIM. 6.19+0.29AGE 6.57

RECENCE 39.31 -0.17 AGE 7.17

PENTE 2.72 + 0.05 ED - 0.02 AGE - 0.21 SEXE 0.55

CONST. 98.84 + 1.39 ED - 0.47 AGE 13.87

BIAIS -0.15 + 0.10 SEXE 0.41

(1) Les variables indépendantes sont codées comme suit: Age: âge chronologique en années; sexe: femme = 1 ; homme = 2 ; niveau
d'éducation scolaire (ED) : nombre d'années de scolarité

2 - Etalonnage des indices à distribution non normale


Les Tableaux D (groupe 20-39 ans), E (groupe 40-69 ans) et F (groupe 70-89 ans) donnent, pour chacun des
indices, les valeurs des centiles 99, 95, 75, 50, 25, 5 et 1.

Le centile 50 correspond à la médiane. Le centile 5 est classiquement considéré comme le «seuil pathologique»,
puisque la probabilité d'obtenir une telle note ou une note inférieure dans la population normale est égale ou inférieure
à 5%. Pour les notes égales ou inférieures au centile 1, cette probabilité est évidemment encore plus faible.

On notera que le seuil «pathologique» correspond à une note faible lorsque la distribution témoigne d'un fort
«effet de plafond» et à une note élevée lorsqu'elle témoigne d'un fort «effet de plancher».

ECPA ••• CVLT


________ Annexe 5=9

Tableau D - Etalonnage des indices du CVLT dont la distribution dévie franchement de la normale dans le groupe 20- 39 ans

INDICES

CONST PERSEV

99 2.6 100 0

95 2.3 98 0

75 1.9 94

50 1.4 90 3

25 1.1 83 5

5 0.7 71 10

0.5 60 15

Tableau E - Etalonnage des indices du CVLT dont la distribution dévie franchement de la normale dans le groupe 40-69 ans

INDICES

PERSEV

99 100 o

95 97 o
75 91

50 85 3

25 78 6

5 61 11

50 14

Tableau F - Etalonnage des indices du CVLT dont la distribution dévie franchement de la normale dans le groupe 70-89 ans

PERSEV

99 o
95 o
75

50 2.5

25 6

5 11

15

ECPA ••• CVLT


u6Q~ Ann~e _

3 • RelatiolJsJmtre~s variables sociodémographiques et les indices du CVLT


Ces relations ne seront étudiées que dans le cas des paramètres à distribution normale ou proche de la normale. Elles
peuvent être analysées grâce aux coefficients standardisés «Bêta» et aux coefficients de détermination R2,produits par
la régression multilinéaire. Les coefficients «Bêta» mesurent le poids de chacune des variables sociodémographiques
dans l'équation, c'est-à-dire leur valeur prédictive pour la note de l'indice correspondant. Les coefficients R2permettent
d'apprécier la qualité de la régression, en termes de pourcentage de variance expliquée.

Les Tableaux G à 1donnent les valeurs des coefficients standardisés «Bêta» et celles des coefficients de
détermination R2 observés dans les groupes d'âge 20-39, 40-69 et 70-89, respectivement.

Tableau G - Relation entre les indices du CVLT et les variables sociodémographiques : valeur des coefficients standardisés
«Bêta» (1) et des coefficients de détermination R2 dans le groupe d'âge 20-39 ans

• p< .05 ; •• P <.01 '; (1) Seuls les coefficients «Bêta» correspondant à F> 1 figurent dans le tableau

On note que le sexe influence significativement les indices «PRIMAUTE» et «RECENCE», l'effet de primauté
étant plus marqué chez les femmes que chez les hommes, alors que c'est l'inverse que l'on observe pour l'effet
de récence. L'âge n'est significativement lié à aucun des indices dans l'intervalle 20-39 ans.

Tableau H - Relations entre les indices du CVLT et les variables sociodémographiques : valeur des coefficients standardisés
« Bêta» (1) et des coefficients de détermination R2 dans le groupe d'âge 40-69 ans

0.11 - 0.20' 0.05

0.24 ** 0.25 ** - 0.13 0.11

0.19 * 0.11 0.05

• p < 0,05;" P <0,01 ; ••• p <0,001 ;(1) Seuls les coefficients « Bêta» correspondant à F> 1 figurent dans le tableau

La liaison positive entre l'Indice «PENTE» et l'âge qui semble traduire un accroissement du taux d'apprentissage
au fur et à mesure que l'âge augmente paraît curieuse, mais s'explique, peut-être, par les performances plus
faibles des sujets les plus âgés lors du premier essai.

Le lien positif, quoique discret, (p < .05) entre le «BIAIS» et l'âge paraît témoigner d'une légère tendance, chez
ces mêmes sujets, à répondre systématiquement «oui» à l'épreuve de reconnaissânce. Le fait que ce lien ne
se retrouve pas dans la classe d'âge suivante (Tableau 1)laisse toutefois planer un doute sur sa réalité.

Le niveau d'éducation scolaire influence positivement les variables à tous les indices de rappel, de façon très marquée
(p < .001) pour la plupart d'entre eux. Cette variable est, en outre, positivement liée à la «PENTE» et de façon curieuse,
négativement liée à l'indice «PRIMAUTÉ», cette dernière liaison étant cependant faible (Bêta 0.20 ; P < .05). =-

ECPA ••• CVLT


encre indi du C' lT et:les variables ociodémographiques: valeur des coefficients standardisés
«Btta et:d coefficients de détermination R! dans le groupe d'âge 70-89 ans

- 0.13 0.02

- 0.18 0.27 ** 0.13

- 0.17 0.32 *** 0.14

0.13 0.02

.p< 0,05 ; •• p <0,01 ; ••• p <0,001 ; (1) Seuls les coefficients « Bêta» correspondant à F> 1 figurent dans le tableau

L'indice « PRIMAUTE» est lié significativement et positivement à l'âge, positivement. Ce lien semble indiquer
une légère augmentation de l'effet de primauté chez ces mêmes sujets.

Les indices « PENTE» et « CONSTANCE », dans le choix de la stratégie d'apprentissage, sont également
associés positivement au niveau d'éducation scolaire, ces liens suggérant que les capacités d'apprentissage
des sujets les plus âgés sont d'autant plus développées que le niveau d'éducation scolaire est plus élevé.

_E:=tLJ. FORMULES DE CALCUL DE CERTAINS INDICES DU CVLT


Le paragraphe ci-dessous présente un certain nombre de formules de calcul qui peuvent être utilisées dans le
cadre d'une recherche plus approfondie sur le CVLT.

1. Scorederegroug~e~e~n~~~~~~~~~~~~~~i~i _
REG SEM =P (_T-cnj,--_1_)]
[T_n.;....i _
i
n=1 MXj

où n = type de catégorie (quatre catégories par liste)


Tn, = nombre de mots corrects rappelés de la catégorie n à l'essai i
MX; = nombre total de mots rappelés à l'essai l, y compris les intrusions et les
persévérations.

Il convient ensuite de diviser le nombre de regroupements sémantiques observés à l'essai i par le score de
regroupement sémantique attendu à l'essai i pour obtenir l'indice de regroupement sémantique à l'essai i.

2.
REG SER i = (.135 x # C .62) - .135 si # C
j j ~ 1
= 0 (zéro) si # C = 0 j

=
où # C; nombre de mots corrects rappelés à l'essai i.
Il convient ensuite de diviser le nombre de regroupements sériels observés à l'essai i par le score
de regroupement sériel attendu à l'essai i pour obtenir l'indice de regroupement sériel à l'essai i.

ECPA ••• CVLT


~67~ Annexe _

REGROUPEMENTS SERIELS ATTENDUS

Si n =2 0.072
3 0.132
4 0.184
5 0.231
6 0.275
7 0.316
8 0.355
9 0.392
10 0.427
11 0.462
12 0.495
13 0.527
14 0.558
15 0.588
16 0.618

n = nombre de réponses correctes pour un essai donné

3. Ligne de régression par la méthode des moindres carrés, Liste A, essais 1 à 5


Pente = C_ov_(#_C_i
_i) _
2

Nombre total de mots rappelés, essais 1-5


1nt ercep t = -------------------3 (pente)
5
=
où i numéro de l'essai
=
et Cov (#Ci i) covariance entre le numéro de chaque essai et le nombre de mots corrects à
chaque essai. Intercept = ordonnée à l'origine.

4. Index de.constance
du rap~'----------------------- _
(nombre de fois qu'un item correct rappelé aux essais
1-4 de la Liste A est rappelé lors de l'essai suivant)

(nombre total d'items corrects rappelés


aux essais 1-4 de la Liste A)

5. Effets de positlo~~ ..•.•.•.•


~e"-- _
(Rappel cumulé des quatre premiers mots
de la Liste A pour les essais 1-5)
PRIMAUTE = --------------------x 100
(Rappel total de mots corrects
de la Liste A pour les essais 1-5)

ECPA ••• CVLT


_______ Ann~e ~f~l3

(Rappel cumulé des huit mots du milieu


de la Liste A pour les essais 1-5)
MEDIUM
= ------------------X 100
(Rappel total de mots corrects
de la Liste A pour les essais 1-5)

(Rappel cumulé des quatre derniers mots


de la Liste A pour les essais 1-5)
RECENCE=------------------X100
(Rappel total de mots corrects
de la Liste A pour les essais 1-5)

6. Rappel des items de la Liste B appartenant aux catégories communes par rapport à
la moyenne pondérée des items de la Liste A (essais 1-5) appartenant aux catégories
communes:

# C de la Liste B des Proportion des mots de la Liste A )


# C Liste A
catégories « fruits» x des catégories « fruits» et
( essai 1
et « épices» « épices» aux essais 1-5

x 100
Proportion des mots de la Liste A
# C Liste A
x des catégories « fruits» et
essai 1
« épices» aux essais 1-5

7. Rappel des items de la Liste B appartenant aux catégories non communes par rapport
à la moyenne pondérée des items de la Liste A (essais 1-5) appartenant aux catégories
noncommunes: _

# C de la Liste B des
catégories « outils»
et « ustensiles»
- ( # C Liste A
essai 1
x
Proportion des mots de la Liste A )
des catégories « outils» et
« ustensiles» aux essais 1-5

x 100
Proportion des mots de la Liste A
# C Liste A
x des catégories « outils» et
essai 1
« ustensiles» aux essais 1-5

ECPA ••• CVLT


ll6~4 Annexe _

8. Pourcentag,~e~s~d~ewc~_8a~~~wu _
Les comparaisons entre indices du CVL T peuvent être exprimées en termes de pourcentage de changement
d'un score brut à un autre. Om peut ainsi utiliser et discuter les comparaisons suivantes:

Rappel libre Liste B vs. Rappel libre Liste A Essai 1

Rappel libre à court terme vs. Rappel libre Liste A Essai 5

Rappel indicé à court terme vs. Rappel libre à court terme

Rappel libre à long terme vs. Rappel libre à court terme

Rappel indicé à long terme vs. Rappel libre à long terme

Reconnaissances correctes vs. Rappel libre à long terme

Reconnaissances correctes vs. Rappel indicé à long terme

Toutes ces comparaisons s'effectuent de la façon suivante:


Pourcentage de changement, Indice 2 vs. Indice 1 =

(Score brut Indice 2) - (Score brut Indice 1)


--------------------------------------X100
(Score brut Indice 1)

9. Discriminabilité eJ] reco.nnaissance et biais de réponse (non paramétriqyes) ;

Discriminabilité = [1 - ((Fausses reconnaissances + Non reconnaissances) /44)] x 100

(Fausses reconnaissances - Non reconnaissances)


Biais de réponse = -------------------------------------------
(Fausses reconnaissances + Non reconnaissances)

Note: Lors du calcul du biais de réponse, on substitue la valeur « 1 » à la valeur observée zéro pour les
Non reconnaissances et pour les Fausses reconnaissances, de façon à se conformer aux procédures
d'estimation non paramétriques.

ECPA ••• CVLT


___ Bibliographle ---->LL65

Bibliographie

Albert, M.L., Feldman, R.G., et Willis, AL. (1974). The « subcortical dementia » of progressive supranuclear
paisy. Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry. 37, 121-130.

Albert, M.S., Butters, N., et Brandt, J. (1981). Development of remote memory loss in patients with Huntington's
disease. journal ofClinical Neuropsychology, 3, 1-12.

Barona, A., Reynolds, C.R., et Chastain, RA (1984). A demographically based index of premorbid intelligence
for the WAIS-R. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 52,885-887.

Barr, W.B., Rastogi, R., Ravdin, L., et Hilton, E. (1999). Relations among indexes of memory disturbance and
depression in patients with Lyme borreliosis. Applied Neuropsychology, 6,12-18.

Basso, M.R., et Bornstein, RA (1999) Relative memory deficits in recurrent versus first-episode major depression
in a word-list learning task. Neuropsychology, 13,557-563.

Battig, B.W., et Montague, W.E. (1969). Category norms for verbal items in 56 categories: A replication and
extension of the Connecticut category norms. Journal of Experimental Psychology Monograph, 80, 1 -46.

Berenbaum, SA, Baxter, L., Seidenberg, M., et Hermann, B. (1997). Role of the hippocampus in sex differences in
verbal memory : memory outcome following left anterior temporallobectomy. Neuropsychology, 11, 585-591.

Bergman, AJ., Harvey, P.D., Roitman, S.L., Mohs, R.C., Marder, D., Silverman, J.M., et Siever, L.J (1998). Verbal
learning and memory in schizotypal personality disorders. Schizophrenia Bulletin, 24,635-641.

Bondi, M.W., Salmon, D.P., Monsch, AU., Galasko, D., Butters, N., Klauber, M.R., Thal, L.J., et Saitoh, T.
(1995). Episodic memory changes are associated with the APOE-epsilon 4 allele in nondemented older adults.
Neurology, 45,2203-2206.

Bousfield, WA (1953). The occurrence of clustering in the recall of randomly arranged associates. Journal of
General Psychology, 49,229-240.

Brugge. K.L., Nichols, S.L., Salmon, D.P., Hill, L.R., Delis, D.C., Aaron. L., et Trauner. DA (1994). Neurology,
44. 232-238.

Butters, N. (1984). The clinical aspects of memory disorders: Contributions from experimental studies of amnesia
and dementia. Journal of Clinical Neuropsvchology, 6, 18-36.

Butters, N.. et Cermak, L.S. (1980). Alcoholic Korsakoff Syndrome: An Information Processing Approach. New
York: Academie Press.

Butters, N., Wolfe, J., Martone, J., Granholm, E., et Cermak, L.S. (1985). Memory disorders associated with
Huntington's disease: Verbal recall, verbal recognition and procedural memory. Neuropsychologia, 6, 729-744.

ECPA ••• CVLT


n66D..- Bibliographie _

Butters, N., Wolfe, J., Granholm, E., et Martone, M. (1986). An assessment of verbal recall, recognition and
fluency abilities in patients with Huntington's disease. Cortex, 22, 11-32.

Buytenhuijs, E.L., Berger, H.J., Van Spaendonck, K.P., Horstink, M.W., Borm, G.F., et Cools, AR. (1994). Memory
and learning strategies in patients with Parkinson's disease. Neuropsychologia, 32, 335-342.

c
Caines, E.D., Hunt, R.D., Weingartner, H., et Ebert, M.H. (1978). Huntington's dementia : Clinical and
neuropsychological features. Archives of Géneral Psychiatry, 35, 377-385.

Carroll, J.B., Davies, P., et Richman, B. (1971). The American Heritage Word Frequency Book. New York:
American Heritage Publishing Co.

Cermak, L.S., et Butters, N. (1972). The role of interference and encoding in the short-term memory deficits of
Korsakoff patients. Neuropsychologia, 10,89-96.

Cermak, L.S., Butters, N., et Goodglass, H. (1971). The extent of memory loss in Korsakoff patients.
Neuropsychologia, 9, 307-315.

Cermak, L.S., Butters, N., et Moreines, J. (1974). Some analyses of the verbal encoding deficit of alcoholic
Korsakoff patients. Brain and Language, 1,141-150.

Cermak, L.S., et Reale, L. (1978). Depth of processing and retention of words by alcoholic Korsakoff patients.
Journal of Experimental Psychology, 4, 165-174.

Cermak, L.S., et Stiassny, D. (1982). Recall failure following successful generation and recognition of responses
by alcoholic Korsakoff patients. Brain and Cognition, 1, 165-176.

Colette, F., Van Der Linden, M., Juillerat, AC., et Meulemans, T. (2003) Cognitive-Neuropsychological aspects-
ln R. Mulligan, M. Van Der Linden etAC Juillerat (Eds). The clinical management of early Alzheimer disease.
Malwah, New-Jersey: Erlbaum.

Craik, F.I.M. (1981). Encoding and retrieval effects in human memory :Apartial review. ln J. Long etAD. Baddeley
(Eds.), Attention and Performance, IX. Hillsdale, N.J.: Erlbaum.

Craik, F.I.M. (1984). Age differences in remembering. ln L.R. Squire et N. Butters (Eds.), Neuropsychologyof
Memory. New York: Guilford Press.

Craik, F.I.M., et Simon, E. (1980). Age differences in memory : The role of attention and depth of processing. ln
W. Poon et al. (Eds.), New Directions in Memory and Aging. Hillsdale, N.J. :Erlbaum.

Crosson, B., Novack, T.A., Trenerry, M.R., et Craig, P.L. (1988). California Verbal Learning Test (CVLT)
performance in severely head-injured and neurologically normal adult males. Journal of Clinical and Experimental
Neuropsychology, 10,754-768.

Davies, K.G., Bell, B.D., Bush, AJ., et Wyler, AR. (1998). Prediction of verbal memory loss in individuals after
anterior temporallobectomy. Epilepsia, 39, 820-828.

Delis, D.C., Friedland, J., Kramer, J.H., Kaplan, E., Craft, S., et Rosenbaum, R. (1985). The California Verbal
Learning Test: Reliability, validity, and factor structure. Paper presented at the annual meeting of the American
Psychological Association, Los Angeles.

Delis, D.C., Kramer, J.H., Kaplan, E., et über, B.A. (1987). The California Verbal Learning Test: Research
edition. The Psychological Corporation.

Dentone. M.J., et Insua, AM. (1997). Memory complaints and memory deficits in healthy and depressed elderly
individuals. Medicina, 57, 535-540.

ECPA ••• CVLT


___ lntroducnon --'[,<LL,7

Desgranges, B., et Eustache, F. (2003). L'évaluation classique de la mémoire épisodique. ln : T. Meulemans, B.


. Desgranges, S. Adam et F Eustache (Eds), Evaluation et prise en charge des troubles mnésiques. Marseille:
Solal.

Deshpande, SA, Millis, S.R, Reeder, K.P., Fuerst, O., et Ricker, J.H. (1996). Verballearning subtypes in traumatic
brain injury : a replication. Journal of Clinical and Experimental Neuropsychology, 18, 836-842.

Deweer, B., Lehéricy, S., Pillon, B., Baulac, M., Chiras, J., Marsault, C., Agid, Y., et Dubois, B. (1995). Memory
disorders in probable Alzheimer's disease : the role of hippocampal atrophy as revealed by MRI. Journal of
Neurology, Neurosurgery and Psychiatry, 58, 590-597.

Epinger, M.G., Graig, P.L., Adams, R.L., et Parsons, O.A. (1987). The WAIS-R index for estimating premorbid
intelligence: cross-validation and clinical utility. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 55,86-90.

Filoteo, J.v., Rilling, L.M., Cole, B., Williams, B.J., Davis, J.o., et Roberts, JW. (1997). Variable memory profiles
in Parkinson's disease. Journal of Clinical and Experimental Neuropsychology, 19, 878-888.

Fossati, P., Deweer, B., Raoux, N., etAllilaire, J.F. (1995). Déficits de la récupération mnésique: un argument
en faveur d'un dysfonctionnement sous-cortico-frontal dans la dépression. L'encéphale, 21,295-305.

Fox, L.S., Olin, J.T., Erblich, J., Ippen, C.G., et Schneider, L.S. (1998). Severity of cognitive impairment in
Alzheimer's disease affects list tearning the California Verbal Learning Test (CVLT). International Journal of
Geriatrie Psychiatry, 13, 544-549.

Fridlund, A.J., et Delis, D.C. (1983). Serial-order clustering of random lists of varying lengths : A monte carlo
study. Unpublished data.

Fuld, PA, Katzman, R, Davies, P. et Terry, RD. (1982). Intrusions as a sign of Alzheimer dementia : Chemical
and Pathological verification. Annals of Neurology, 11, 155-159.

Geisler, M.W., Morgan, CD., Covington, J.w., et Murphy, C. (1999). Neuropsychological performance and
cognitive olfactory event-related brain potentials in young and elderly adults. Journal of Clinical and Experimental
Neuropsychology, 21, 108-126.

Goiski, S., Zonderman, A.B., Malamut, B.L., et Resnick, S.M. (1998). Verbal and figurai recognition memory :
task development and age associations. Experimental Aging Research, 24, 359-385.

Grober, E. Buschke, H., Crystal, H., Bang, S. et Dresner, R (1988) Screening for demention by memory testing.
Neurology, 38 ; 900-903

Hahn-Barma, v., Deweer, B., Durr, A., Dode, C., Feingold, J., Pillon, B., Agid, Y., Brice, A., et Dubois, B. (1998).
Are cognitive changes the first symptoms of Huntington's disease : A study of gene carriers. Journal of Neurology,
Neurosurgery and Psychiatry, 64, 172-177.

Hamilton, JM., Murphy, C., et Paulsen, J.S. (1999). Odor detection, learning, and memory in Huntington's disease.
Journal of the International Neuropsychological Society, 5,609-615.

ECPA ••• CVLT


.•••
68<>-- lntroduction _

Hawkins, KA, et Wexler, B.E. (1999). California Verbal Learning Test practice effects in a schizophrenia sample.
Schizophrenia Research, 39, 73-78.

Heinrichs, RW, Rutlan, L., Zakzanis, K.K., et Case, D. (1997). Parsing schizophrenia with neurocognitive tests:
evidence of stability and validity. Brain and Cognition, 35,207-224.

Hermann, B.P., Wyler, AR, Somes, G., Dohan, F.C., Berry, AD., et Clement, L. (1994). Declarative memory
following anterior temporallobectomy in humans. Behavioral Neuroscience, 108,3-10.

Hildebrandt. H., Brand, A, et Sachsenheimer, W (1998). Profiles of patients with left prefrontal and left temporal
lobe lesions after cerebrovascular infarctions on California Verbal Learning Test-like indices. Journal of Clinical
and Experimental Neuropsvchology, 20,673-683.

Hu, M.T., Taylor-Robinson, S.D., Chaudhuri, K.R, Bell, J.D., Morris, RG., Clough, C., Brooks, D.J., et Turjanski,
N. (1999). Evidence for cortical dysfunction in clinically non-demented patients with Parkinson's disease : a
proton MR spectroscopy study. Journal of Neurology, Neurosurgeryland Psychiatry, 67,20-26.

Hunt, E., et Love, T. (1972). How good can memory be ? ln AW Melton et E. Martin (Eds.), Coding processes
in human memory. Washington, D.C.: Winston and Sons.

Jenkins, M., Malloy, P., Salloway, S., Cohen, R, Rogg, J., Tung, G., Kohn, R., Westlake, R, Johnson, E.G., et
Richardson, E. (1998). Journal of Neuroimaging, 8, 20-26.

Kalreider, L.B., Cullum, CM., Lacritz, L.H., Brewer, K., et Filley, C.M. (1999). Brief recall tasks and memory
assessment in Alzheimer's disease. Applied Neuropsychology, 6, 165-169.

Karamat, E., IImemberg, J., Poewe, W, et Gerstenbrand, F. (1991). Memory dysfunction in Parkinson patients:
an analysis of verballearning processes. J Neural Transm Suppl., 33, 93-97.

Kareken, DA, Moberg, P.J., et Gur, R.C. (1996). Proactive inhibition and semantic organization : relationship
with verbal memory in patients with schizophrenia. Journal of the International Neuropsychological Society, 2,
486-493.

Kern, R.S., Green, M.F., Marshall, B.D., Wirshing, WC., Wirshing, D., McGurk, S.R., Marder, S.R., et Mintz,
J. (1999). Risperidone versus haloperidol on secondary memory : can newer medications aid learning ?
Schizophrenia Bulletin, 25,223-232.

King, DA, Cox C., Lyness, J.M., Conwell, Y, et Gaine, €.D. (1998). Quantitative and qualitative différences
in the verbal learning performance of elderly depressive and healthy controls. Journal of the International
Neuropsychological Society, 4,115-126.

Klatzky, RL. (1980). Human memory: Structure and processes. San Francisco: Freeman.

Knoke, D., Taylor, AE., et Saint-Cyr, JA (1998). The differential effects of cueing on recall in Parkinson's disease.
Brain and Cognition, 38, 261-274.

Kohler, S. (1994). Quantitative characterization ofverballearning deficits in patients withAlzheimer's disease.


Journal of Clinical and Experimental Neuropsychology, 16, 749-753.

Kramer, J.H., Blusewicz, M.B., Brandt, J., et Delis, D.C. (1985). The assessment of multiple memory processes
in Alzheimer's disease patients. Paper presented at the annual meeting of the International Neuropsychological
Society, San Diego.

ECPA ••• CVLT


____ Bibliographie ••..•.
{,
,9

Lezak, MD. (1983). Neuropsychological assessment. New York: Oxford University Press.

Libbon, D.J., Bogdanoff, B., Cloud, B.S., Skalina, S., Giovanetti, T., Gitlin, H.L., et Bonayita, J. (1998). Declarative
and procedurallearning, quantitative measures of the hippocampus, and subcortical white alterations in Alzheimer's
disease and ischaemic vascular dementia. Journal of Clinical and Experimental Neuropsychology, 20, 30-41.

Lundervold, A.J., Reinvang, L, et Lundervold, A. (1994). Characteristic patterns of verbal memory function in
patients with Huntington's disease. Scandinavian Journal of Psychology, 35,38-47.

Luria, A.R. (1981). Higher cortical functions in man. New York: Basic Books.

Massman, P.J., Delis, D.C., Butters, N., Levin, B.E., et Sahnon, D.P. (1990). Are ail subcortical dementias
alike ? Verbal learning and memory iîi Parkinson's and Huntington's disease patients. Journal of Clinical and
Experimental Neuropsychology, 12,729-744.

Millis, S.R. (1995). Factor structure of the California Verbal Learning Test in moderate and severe closed-head
injury. Perceptual and Motor Skiffs, 80, 219-224.

Millis, S.R., et Ricker, J.H. (1994). Verballearning patterns in moderate and severe traumatic brain injury. Journal
of Clinical and Experimental Neuropsychology, 16, 498-507.

Millis, S.R., et Ricker, J.H. (1995). Verballearning and memory impairment in adult civilians following penetrating
missile wounds. Brain lnjury, 9, 509-515.

Milner, B. (1970). Memory and the medial temporal regions of the brain. ln J.H. Pribram et D.E. Broadbent (Eds.),
Biology of memory. New York: Academic Press.

Murphy, C., Nordin, S., et Acosta, L. (1997). Odor learning, recall and recognition memory in young and elderly
adults. Neuropsychology, 11,126-137.

Nordin, S., et Murphy, C. (1998). Odor memory in normal aging and Alzheimer's disease. Anna/s orthe New
York Academy of Sciences, 855, 686-693.

o
Ober, B.A., Koss, E., Freeland, R.P., et Delis, D.C. (1985). Processes of verbal memory failure in Alzheimer-type
dementia. Brain and Cognition, 4, 90-103.

Paolo, A.M., Troster, A.I., et Ryan, J.J. (1997). California Verbal Learning Test: normative data for the elderly.
Journal of Clinical and Experimental Neuropsychology, 19,220-234.

Paulsen, J.S., Heaton, R.K., Sadek, J.R., Perry, w., Delis, D.C., Braff, D., Kuck ; J., Zisook, S., et Jeste,
D.V. (1995). The nature of learning and memory impairments in schizophrenia. Journal orthe International
Neuropsychological Society, 1, 88-99.

ECPA ••• CVLT


.L-'70"'-- Bibliographie _

Peavy, G., Jacobs, D., Salmon, D.P., Butters, N., Delis, D.C., Taylor, M., Massman, P., Stout, J.C., Heindel, W.C.,
Kirson, D., et al. (1994). Verbal memory performance of patients with human immunodeficiency virus infection:
evidence of subcortical dysfunction. The HNRC Group. Journal of Clinical and Expérimental Neuropsychology,
16,508-523.

Pichot, P., Lebeau, MO., Penhouët, C., et Simon, M. (1993). L'estimation du niveau intellectuel pré-morbide à la
WAIS-R. Comparaison entre la méthode de Barona et l'index de détérioration de Wechsler. Revue Européenne
de Psychologie Appliquée, 43, 291 -301.

Pillon, B., Deweer, B.,Agid, Y., et Dubois, B. (1993). Explicit memory inAlzheimer's, Huntington's and Parkinson's
diseases. Archives of Neurology, 50,374-379.

Pillon, B., Deweer, B., Michon, A., Malapani, C., Agid, Y., et Dubois, B. (1994). Are explicit memory disorders
of progressive supranuclear paisy related to damage to striatofrontal circuits? Comparison with Alzheimer's,
Parkinson's, and Huntington's diseases. Neurology, 44, 1264-1270.

Poitrenaud, J. (1995). Les évaluations psychométriques. ln F. Eustache et A. Agniel (Eds.), Neuropsychologie


Clinique des Démences: évaluations et prise en charge. Marseille: Solal.

Poitrenaud, J., Piette, F., Sebban, C., et Forette, B. (1990). Une batterie de tests psychométriques pour l'évaluation
du fonctionnement cognitif chez les sujets âgés. La Revue de Gériatrie, 15,57-68.

Post, F. (1975). Dementia, depression, and pseudodementia. ln D.F. Benson et D. Blumer (Eds.), Psychiatrie
aspects of neurologie disease. New York: Grune et Stratton.

Postman, L. (1971). Transfer, interference and forgetting. ln J.W. Kling et L.A. Riggs (Eds.), Experimental
psychology. New York: Holt, Rinehart and Winston.

Prigatano, G.P. (1978). Wechsler Memory Scale : A selective review of the literature. Joumal of Clinical Psychology,
34,816-832.

Putnam, K.M., et Harvey, P.D (1999). Memory performance of geriatric and nongeriatric chonic schizophrenie
patients: a cross-sectional study. Journal of the International Neuropsychological Society, 5, 494-501.

Rey, A. (1964). L'Examen Clinique en Psychologie. Paris: Presses Universitaires de France.

Roman, M.J., Delis, D.C., Willerman, L., Magulac, M., Demadura, T.L., de la Pena, J.L., Loftis, C., Walsh, J., et
Kracun, M. (1998). Impact of pediatrie traumatic brain injury on components of verbal memory. Journal of Clinical
and Experimental Neuropsychology, 20,245-258.

Rosch, E. (1975). Cognitive representation of semantic categories. Journal of Experimental Psychology: General,
104, 192-233.

Russell, E.W. (1975). A multiple scoring method for assessment of complex memory functions. Journal of
Consulting and Clinical Psychology, 43, 800-809.

s
Salthouse, TA (1980). Age and memory: Strategies for localizing the loss. ln L.W. Poon et al., (Eds.), New
directions in memory and aging. Hillsdale, N.J.: Erlbaum.

Scarrabelotti, M., et Carroll, M. (1998). Awareness of remembering achieved through automatic and conscious
processes in multiple scie rosis. Brain and Cognition, 38, 183-201.

Scarrabelotti, M., et Carroll, M. (1999). Memory dissociation and metamemory in multiple sclerosis.
Neuropsychologia, 37,1335-1350.

Shuell, T.J. (1969). Clustering and organization in free recall. Psychological Bulletin, 72,353-374.

ECPA ••• CVLT


____ Bibliographie LJ..71

Signoret. J.L. (1991). Batterie d'Efficience Mnésique BEM 144. Paris: Elsevier.

Simon, E. (1979). Depth and elaboration of processing in relation ta age. Journal of Experimental Psychology :
Human Learning and Memory, 5,115-124.

Simon, E., Leach, L., Winocur, G., et Moscovitch, M. (1994). Intact primary memory in mild to moderate Alzheimer
disease : Indices from the California Verbal Learning Test. Journal of Clinical and Experimental Neuropsychology,
16, 414-422.

Sommer, M., Grafman, J., Clark, K., et Hallett, M. (1999). Learning in Parkinson's disease : eyeblink conditioning,
declarative learning, and procedurallearning. Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry, 67,27-34.

Spiers, P. (1981). Have they come to praise Luria or to bury him ? The Luria-Nebraska controversy. Journal of
Consulting and Clinical Psychology, 49, 331 -341.

Squire, L.R. (1980). Specifying the deficit in human amnesia: Storage, retrieval, and semantics. Neuropsychologia,
18, 368-372.

Squire, L.R. (1982). The neuropsychology of human memory. Annual Review of Neuro-Science, 5,241-273.

Stallings, G., Boakes, C., et Sherer, M. (1995). Comparison of the California Verbal Learning Test and the Rey
Auditory Verbal Learning Test in head-injured patients. Journal of Clinical and Experimental Neuropsychology,
17,706-712.

Stout, J.C., Bondi, M.W, Jernigan, T.L., Archibals, S.L., Oelis, O.C., et Salmon, O.P. (1999). Regional cerebral
volume loss associated with verballearning and memory in dementia of the Alzheimer type. Neuropsychology,
13,188-197.

Thorndike, E.L., et Lorge, 1. (1944). The teacher's ward book of 30,000 words. New York: Teachers College.

Underwood, B.J. (1974). The role of the association in recogn ition memory. Journal of Experimental Psycho/ogy
Monographs, 102,917-939.

v
Van Der Linden, M.(2004). L'évaluation des troubles de la mémoire épisodique: fondements théoriques et
méthodologiques. ln : M Van Der Linden et les members de GREMEN (Ecls) l'évaluation des troubles de la
mémoire. Présentation de quatre tests de mémoire épisodique (avec leur étalonnage) Marseille: Solal.

Van Gorp, WG., Altshuler, L., Theberge, O.C., et Mintz, J. (1999). Declarative and procedural memory in bipolar
disorder. Biological Psychiatry, 46, 525-531.

Voglmaier, M.M., Seidman, L.J., Salisbury, O., et McCarley. R.W (1997). Neuropsychological dysfunction in
schizotypal persona lity disorder: a profile analysis. Biological Psychiatry, 41,530-540.

Warrington, E.K., et Weiskrantz, L. (1970). Amnesie syndromes: Consolidation or retrieval ? Nature, 228, 628-630.

Wechsler, O. (1987) Wechsler Memory Scale-Revised, Manuel, New-York, The Psychological corporation.

ECPA ••• CVLT


L7ZC-.- Bibliographie _

Wechsler, D. (1991). Echelle Clinique de Mémoire (MEM-R), Manuel. Paris: les Editions du Centre de Psychologie
Appliquée.

Wechsler, D. (1989). Echelle d'Intelligence de Wechslerpour adultes - Forme révisée, Manuel. Paris: les Editions
du Centre de Psychologie Appliquée.

Wetzel, C.D., et Squire, L.R (1980). Encoding in anterograde amnesia. Neuropsycho/ogia, 18,177-184.

White, DA, Taylor, M.J., Butters, N., Mack, C., Salmon, D.P., Peavy, G., Ryan, L., Heaton, RK., Atkinson, J.H.,
Chandler, J.L., et Grant, 1. (1997). Memory for verbal information in individuals with HIV-associated dementia
complex. HNRC Group. Journal ofClinical and Experimental Neuropsychology, 19,357-366.

Wiegner, S., et Donders, J. (1999). Performance on the California Verbal Learning Test after traumatic brain
injury. Journal of Clinical and Experimental Neuropsychology, 21, 159-170.

Wilde, M.C., Boake, C., et Sherer, M. (1995). Do recognition-free recall discrepancies detect retrieval deficits
in closed-head injury ? An exploratory analysis with the California verballearning test. Journal of Clinical and
Experimental Neuropsychology, 17,849-855.

Wilson, R.S., Bacon, L.D., Fox, J.H., et Kaszniak, A.W. (1983). Primary memory and secondary memory in
dementia of the Alzheimer type. Journal of Clinical Neuropsychology, 5, 337-344.

Wilson, RS., Rosenbaum, G., Broiwn, G., Rourke, O., Whitman, O., et Grisell, J. (1978). An index of premorbid
intelligence. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 46, 1554-1555.

Yehuda, R, Keefe, RS., Harvey, P.D., Levengood, RA, Gerber, OK, Geni, J., et Siever, LJ. (1995). Learning and
memory in combat veterans with posttraumatic stress disorder. American Journal of Psychiatry, 152, 137-139.

z
Zakzanis, KK \(1998). Quantitative evidence for neuroanatomic and neuropsychological markers in dementia
of the Alzheimer's type. Journal of Clinical and Experimental Neuropsychology, 20, 259-269.

ECPA ••• CVLT


____ Sommaire ...•
3

Sommaire

PRÉFACE................................................................................................................................................. 7

CHAPITRE 1- INTRODUCTION 9

CHAPITRE Il - FONDEMENTS THEORIQUES ET EMPIRIQUES DES INDICES DU CVLT.................. 11

1- Regroupements sémantiques et regroupements sériels............................................................................. 11

11- Effets de position sérielle . 12

11/- Apprentissage lors des essais successifs.................................................................................................... 13

IV - Constance du rappel au cours des essais successifs 13

V- Composition sémantique des Listes A et B et interférence proactive........................................................ 13

VI- Test de rétention à court terme et interférence rétroactive 14

VII- Rappel indicé 15

VIII- Test de rétention à long terme 15

IX - Amélioration des regroupements sémantiques 16

X- Erreurs de rappel............................................................................................................................................. 16

XI- Reconnaissance 17

CHAPITRE III- ADMINISTRATION ET COTATION 19

1- Administration du test 19
1 - Rappel libre immédiat, Liste A (liste du lundi)......... 19
A - Essai 1 19
B - Essai 2................................................................................................................................................... 20
C - Essais 3 à 5......... 20
2 - Rappel libre immédiat, Liste B (liste du mardi)............................................................................................. 20
3 - Rappel libre à court terme de la Liste A (RLCT) 20
4 - Rappel indicé à court terme de la Liste A (RICT) 20
5 - Rappel libre à long terme de la Liste A (RLL T) 21
6 - Rappel indicé à long terme de la Liste A (RILT) 21
7 - Reconnaissance à long terme de la Liste A. 21

11- Cotation du test 21


1 - Classification des réponses......................................................................................................................... 21
2 - Regroupements sémantiques...................................................................................................................... 22
3 - Ordre de rappel............................................................................................................................................ 22
4 - Regroupements sériels........ 22
5 - Effets de récence et de primauté 22
6 - Reconnaissance.......................................... 23

CHAPITRE IV - GUIDE D'INTERPRETATION D'INDICES SELECTIONNES DU CVLT 25

1- Mesures du rappel........................................................................................................................................... 25
1 - Rappel libre immédiat, Liste A............ 25
2 - Rappel libre immédiat, Liste B 25
3 - Rappel Libre à Court Terme (RLCT).. 25

ECPA ••• CVLT


""4 Sommaire _

4 - Rappellndicé à Court Terme (RICT)... 25


5 - Rappel Libre à Long Terme (RLLT) et Rappellndicé à Long Terme (RILT).................................................. 26

11- Caractéristiques de l'apprentissage.............................................................................................................. 26


1- Regroupements sémantiques (SEM)....................................................... 26
2- Regroupements sériels (SER) 26
3- Effets de primauté (PRIM) et de récence (REC) 26
4- Pente (PENTE) 26
5- Constance du rappel d'un essai à l'autre (CONST) 26

111- Erreurs de rappel............................................................................................................................................. 26


1 - Persévérations (PERSEV)................... 26
2 -Intrusions (INTRUS) 27

IV - Mesures de la reconnaissance....................................................................................................................... 27
1- Reconnaissances correctes (RECONN CORRECTES) 27
2- Fausses reconnaissances (FAUSS RECONN)...................................... 27
3- Discriminabilité (DISCRIM) 27
4- Biais de réponse (BIAiS)......... 27

V- Mesures de contraste...................................................................................................................................... 28
1- Liste B vs Liste A, essai 1 28
2- Rappel Libre à Court Terme vs Liste A, essai 5................................................................. 28
3- Rappel Libre à Long Terme vs Rappel Libre à Court Terme......................................................................... 28
4- Reconnaissances correctes vs Rappel Libre à Long Terme 28
5- Discriminabilité en reconnaissance vs Rappel Libre à Long Terme 28

CHAPITRE V - ETALONNAGE 29

1- Etalonnage des indices du CVLT 29


1 - Population de référence......... 29
2 - Développement des valeurs normales.......... 30
A - Etalonnage des indices à distributions normale ou proche de la normale................ 30
B - Etalonnage des indices à distribution non normale.. 32

11- Remarques concernant cet étalonnage......................................................................................................... 33


1 - Utilisation de la méthode de Barona en clinique.......... 33
2 - Relations entre les variables sociodémographiques et les indices du CVLT 33
A - Classe d'âge 20-39 ans................. 34
B - Classe d'âge 40-69 ans............... 34
C - Classe d'âge 70-89 ans. 35
3 - Exemples d'application 35
A - Sujet A 35
B-SujetB 41
C - Calcul de l'indice SEM.. 48
D - Calcul de l'indice SER 48

CHAPITRE VI- CVLT ET LITTERATURE RELATIVE A LA MEMOIRE EPISODIQUE 49

1- Vieillissement normal...................................................................................................................................... 49

11- Troubles psychiatriques 49


1 - Syndromes dépressifs............................................................................................................................. 49
2 - Schizophrénie............................................................................................................................ 50

111- Lésions cérébrales 51


A - Traumatismes crâniens............. 51
B - Lobectomies temporales...................................... 52
C - Sclérose en plaques..... 52
D -Infection par le virus HIV............. 53
E - Maladie d'Alzheimer................. 53
F - Syndrome de Down ;................................................................................................................. 54
G - Atteintes sous-cortico-frontales 54

ANNEXE 57

ECPA ••• CVLT


________ Sommaire ~5

BIBLIOGRAPHIE 65

Liste des tableaux


Tableau 1- Description de la population de référence du CVLT .-répartition des sujets selon le groupe d'âge,
le sexe et le nombre d'années de scolarité. . 30

Tableau" - Equations de régression pour la détermination des valeurs normales des principaux indices
du CVLT dans le groupe d'âge 20-39 ans. 30

Tableau 11I- Equations de régression pour la détermination des valeurs normales des principaux indices
du CVLT dans le groupe d'âge 40-69 ans 31

Tableau IV - Equations de régression pour la détermination des valeurs normales des principaux indices
du CVLT dans le groupe d'âge 70-89 ans 31

Tableau V - Etalonnage des indices du CVL T dont la distribution dévie franchement de la normale
dans le groupe 20-39 ans.............................................. 32

Tableau VI- Etalonnage des indices du CVL T dont la distribution dévie franchement de la normale
dans le groupe 40-69 ans 32

Tableau VII - Etalonnage des indices du CVL T dont la distribution dévie franchement de la normale
dans le groupe 70-89 ans......... 33

Tableau VIII - Relation entre les indices du CVLT et les variables sociodémographiques .-valeur des coefficients
standardisés « Bêta» et des coefficients de détermination R2 dans le groupe d'âge 20-39 ans................. 34

Tableau IX - Relations entre les indices du CVLT et les variables socio démographiques .-valeur des coefficients
standardisés «Bêta» et des coefficients de détermination R2 dans le groupe d'âge 40-69 ans 34

Tableau X - Relations entre les indices du CVLT et les variables socio-démographiques .-valeur des coefficients
standardisés «Bêta» et des coefficients de détermination R2 dans le groupe d'âge 70-89 ans 35

Tableau XI- Résultats obtenus parle sujetA aux Indices du CVLT à distribution normale (ou proche de la normale).... 41

Tableau XII - Résultats obtenus parle sujetA aux Indices du CVLT à distribution non normale........................................ 41

Tableau XIII - Résultats obtenus par le sujet B aux Indices du CVLT à distribution normale (ou proche de la normale).... 47

Tableau XIV - Résultats obtenus par le sujet B aux Indices du CVL T à distribution non normale.. 47

Liste des tableaux - ANNEXE


Tableau A - Equations de régression pour la détermination des valeurs normales de chacun des indices
du CVLT dans le groupe d'âge 20-39 ans 58

Tableau B - Equations de régression pour la détermination des valeurs normales de chacun des indices
du CVLT dans le groupe d'âge 40-69 ans 58

Tableau C - Equations de régression pour la détermination des valeurs normales de chacun des indices
du CVLT dans le groupe d'âge 70-89 ans 58

Tableau D - Etalonnage des indices du CVL T dont la distribution dévie franchement de la normale
dans le groupe 20-39 ans.. 59

Tableau E - Etalonnage des indices du CVL T dont la distribution dévie franchement de la normale
dans le groupe 40-69 ans........ 59

Tableau F- Etalonnage des indices du CVL T dont la distribution dévie franchement de la normale
dans le groupe 70-89 ans 59

Tableau G - Relation entre les indices du CVLT et les variables sociodémographiques .-valeur des coefficients
standardisés « Bêta» et des coefficients de détermination R2 dans le groupe d'âge 20-39 ans 60

Tableau H - Relations entre les indices du CVLT et les variables socio-démographiques .-valeur des coefficients
standardisés « Bêta» et des coefficients de détermination R2 dans le groupe d'âge 40-69 ans 60

Tableau 1- Relations entre les indices du CVL T et les variables socio-démographiques .-valeur des coefficients
standardisés «Bêta» et des coefficients de détermination R2 dans le groupe d'âge 70-89 ans 61

ECPA ••• CVLT


_______ Pré~ce __L7

Préface

Le California Verbal Learning Test (CVLT) a été élaboré aux Etats-Unis par Delis et al., (1985) pour l'évaluation
de la mémoire épisodique. L'épreuve peut être utilisée aussi bien chez les sujets souffrant d'une affection
neurologique ou psychiatrique avec déficit mnésique d'intensité légère à modérée, que chez les sujets âgés
normaux dans les cas correspondant aux concepts de déficit mnésique associé à l'âge ou de déficit cognitif lié
à l'âge (Age Associated Memory Impairment (MMI) ou Age Related Cognitive Decline (ARCD)).

Cette adaptation a été réalisée dans le cadre du Groupe de Réflexion sur l'Evaluation de la Mémoire (GREMEM)
dont le coordinateur est le Professeur Martial Van Der Linden. Le GREMEM est une des sections du GRECO
(Groupe de Réflexion sur les Evaluations Cognitives) dont le coordinateur est le Professeur Bruno Dubois.

Créé à l'initiative de plusieurs psychologues, neurologues, et psychiatres français, le GRECO a eu pour


objectif, comme son nom l'indique, de réfléchir aux problèmes posés par l'évaluation des fonctions cognitives
chez l'homme et de proposer de nouveaux instruments de mesure pour leur exploration, et/ou d'améliorer les
instruments existants.

On trouvera, ci-dessous, la liste des membres du GREMEN qui, à des titres divers, ont contribué à l'élaboration
et à la mise au point de cette version française du CVL T.
Stéphane ADAM - Unité de Neuropsychologie, Université de Liège, Belgique.
Alain AGNIEL- Service de Neurologie et Inserm U455, CHR Purpan, Toulouse, France.
Carole BAISSET-MOULY - Hôpital de Jour de Neurologie, CHRU Hôpital R. Salengro, Lille, France
Emmanuel BARBEAU - Laboratoire de Neurophysiologie et Neuropsychologie, Inserm EMI-U 9926,
Faculté de Médecine, Université de la Méditerranée; Service de Neurologie et Neuropsychologie,
AP-HM Timone, Marseille, France.
Florence BARD ET - Clinique Neurologique, CHRU Bretonneau, Tours, France.
Mathieu CECCALDI - Laboratoire de Neurophysiologie et Neuropsychologie, Inserm EMI-U 9926,
Faculté de Médecine, Université de la Méditerranée; Service de Neurologie et Neuropsychologie,
AP-HM Timone, Marseille, France.
Florence CALICIS - Centre de Revalidation Neuropsychologique, Cliniques Universitaires Saint-Luc,
Bruxelles, Belgique.
Françoise COYETTE - Centre de Revalidation Neuropsychologique, Cliniques Universitaires Saint-
Luc, Bruxelles, Belgique.
Béatrice DESGRANGES - CHU de Caen et Equipe INSERM 0218, Université de Caen, France.
Bernard DEWEER - INSERM E 007, Hôpital de la Salpêtrière, Paris, France.
Anne-Marie ERGIS - Neuropsychologie et psychopathologie du vieillissement, Institut de Psychologie,
Université René Descartes, Paris 5, France.
Marie-Christine GÉLY-NARGEOT - Département de Psychologie, U.F.R.5, Université Paul Valéry,
Montpellier III, France.
Laurence GRIMOMPREZ - Hôpital de jour de Neurologie, CHRU Hôpital R. Salengro, Lille, France.
Anne-Claude JUILLERAT - Consultation Mémoire, Département de Gériatrie, Hôpitaux Université
de Genève, Suisse.
Sven JOUBERT - Laboratoire de Neurophysiologie et Neuropsychologie, Inserm EMI-U 9926, Faculté de
Médecine, Université de la Méditerranée; Service de Neurologie et Neuropsychologie, AP-HM Timone,
Marseille, France.

ECPA ••• CVLT


.<1.8 Preface - __

Michel KALAFAT - Centre de Neuropsychologie et du Langage, Fédération de Neurologie, Hôpital


de la Salpêtrière, France.
Julien MANCINI- Service de l'information médicale, AP-HM Sainte-Marguerite, Marseille, France.
Jean POITRENAUD - Ancien Directeur de Recherche à l'Institut de Psychologie de l'Université Paris
V, Paris, France.
Michel PONCET - Laboratoire de Neurophysiologie et Neuropsychologie, Inserm EMI-U 9926, Faculté
de Médecine, Université de la Méditerranée; Service de Neurologie et Neuropsychologie, AP-HM
Timone, Marseille, France.
Dominique RECTEM - Centre de Revalidation Neuropsychologique, Cliniques Universitaires Saint-
Luc, Bruxelles, Belgique.
François SELLAL - Clinique Neurologique, Hôpitaux Universitaires, Strasbourg, France.
Catherine THOMAS-ANTERION - Unité de Neuropsychologie, Service de Neurologie, CHU Bellevue,
St-Etienne.
Eve TRAMONI - Laboratoire de Neurophysiologie et Neuropsychologie, Inserm EMI-U 9926, Faculté
de Médecine, Université de la Méditerranée; Service de Neurologie et Neuropsychologie, AP-HM
Timone, Marseille, France.
Martial VAN DER LINDEN - Unité de Psychopathologie et Neuropsychologie Cognitive, Université de
Genève, Suisse, Secteur de Psychopathologie Cognitive, Université de Liège, Belgique.
Chantal WYNS - Centre de Revalidation Neuropsychologique, Cliniques Universitaires Saint-Luc,
Bruxelles, Belgique.

Les auteurs tiennent également à remercier: N. Benoit, L. Hugonot-Diener, B. Pillon, F. Pasquier, F. Lebert,
R.M. Marie, F. Eustache et V. Hahn-Barma pour leur participation active au recrutement de la population
d'étalonnage.

ECPA ••• CVLT

Vous aimerez peut-être aussi