0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
237 vues70 pages

Diagrammes de phases et alliages métalliques

Ce document décrit les diagrammes de phases et les principes de base de la construction de diagrammes de phases pour les alliages binaires. Il explique comment déterminer la constitution des phases en équilibre à partir de la position d'un point dans le diagramme de phases binaire.

Transféré par

Lamine Sarr
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
237 vues70 pages

Diagrammes de phases et alliages métalliques

Ce document décrit les diagrammes de phases et les principes de base de la construction de diagrammes de phases pour les alliages binaires. Il explique comment déterminer la constitution des phases en équilibre à partir de la position d'un point dans le diagramme de phases binaire.

Transféré par

Lamine Sarr
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Introduction

 Les matériaux purs ont souvent des propriétés


technologiques peu intéressantes.
 Ainsi, les semi-conducteurs, comme le silicium,
n’acquièrent des propriétés intéressantes
 pour l’électronique que par l’introduction contrôlée de
petites quantités d’un élément dopant étranger. Sans
celui-ci, le silicium se comporte comme un matériau
isolant.
 La plupart des matériaux sont des mélanges d’atomes
ou de molécules de nature différente.
 Dans certains cas, les constituants (atomes ou
molécules) du matériau sont solubles en toute
proportion et les mélanges sont homogènes.
 Dans d’autres cas, les constituants ne sont que
partiellement miscibles. Le matériau contient alors
plusieurs phases de composition et structure
différentes.
 La combinaison de ces phases produit différentes
microstructures qui influencent considérablement les
propriétés et les caractéristiques techniques des
matériaux.
 Un diagramme de phases (ou diagramme d’équilibre) permet de
résumer les constitutions d’equilibre d’un système d’alliage.

 Un diagramme de phases permet de prédire, pour un mélange


donné, la constitution des phases en présence, en équilibre les unes
avec les autres.

 Deux facteurs physiques ont une influence sur la nature et la


composition des phases présentes : (1) la température qui joue un
rôle particulièrement important lors de la coulée et dans les
modifications des propriétés mécaniques des alliages, et (2) la
pression qui est habituellement négligée car elle n’a d’influence
qu’à des niveaux extrêmement élevés.
I. Définitions :
 Une phase est un domaine du matériau dont les
propriétés physiques et chimiques sont uniformes.
Cette region ou cet ensemble de regions sont
caractérisés par une structure et par un arrangement
atomique identiques.

 ● Un composant est un corps pur. Il peut être simple


(exemples : Ti, Ag, Cu…) ou être un composé chimique
(H2O, Al2O3, SiO2…).
 Un composant peut être présent dans différentes
phases, par exemple un glaçon dans de l’eau liquide.
 Deux composants mélangés peuvent ne former qu’une
seule phase, comme l’eau est l’alcool. S’ils peuvent se
mélanger quel que soit le dosage, on dit qu’ils sont
 totalement miscibles.
 S’ils ne peuvent se mélanger, comme l’eau et l’huile, ils
forment alors deux phases, distinctes et sont dits non
miscibles.
 Certains métaux ne sont pas miscibles, comme le
germanium et l’aluminium, pour lesquels, des le stade
de la fusion, les deux phases se retrouvent totalement
séparées.
 Les alliages métalliques : sont des systèmes mono ou polyphasés ayant des propriétés
générales similaires à celles des métaux purs. Ils comprennent des éléments métalliques
ou non métalliques.

 Ils peuvent être étudiés en tant que systèmes physiques dont la variance est donnée par
la relation de Gibbs :

Avec

 v : Est la variance du système physique en équilibre. C’est le nombre de variables


indépendantes ou le nombre de degrés de liberté du système en fonction de ses
constituants indépendants. Elle est toujours positive ou nulle, pour avoir un sens
physique.

 C : Est le nombre d’éléments qui constituent l’alliage.

 p : Est le nombre de facteurs physiques susceptibles d’intervenir dans l’état de l’alliage


(température, pression)

 Ф : Représente le nombre de phases en présence


 Cette relation, appelée règle des phases, est réduite
pour des alliages binaires où seule la température
influe sur le système à la relation :

 Pour un système binaire C = 2, V= 3 – Ф, donc trois cas


de figure sont possibles :

 Ф = 1 et V= 2: système est bivariant. Il y a qu’une seule


phase et sa composition chimique est celle de l’alliage
donc la température et la composition sont deux
variables indépendantes.
 Ф = 2 et V= 1: système est monovariant. il y a deux
phases en équilibre les trois variables x1, x2 et T sont
fixés dès que l’une des trois variables est imposée. x1,
x2: désignent la composition chimique des phases
respectives Ф1 et Ф2.
 Ф = 3 et V= 0: système est invariant. Il y a trois phases
en équilibre à une température bien déterminée à
laquelle les trois compositions chimiques x1, x2 et x3
sont fixés.
II. Diagrammes d’équilibre de phases
II.1: Systèmes à un constituant
 Pour c = 1, la relation de Gibbs devient : v = 1 + 1 – Ф = 2 – Ф

 Dès qu’il contient deux phases en présence, un système à un seul


constituant a une variance nulle : ceci traduit le fait que, par exemple lors
de la solidification d’un corps pur , la température demeure constante aussi
longtemps que le solide et le liquide coexistent.
 Il en est de même lors des transformations allotropiques d’un corps pur.

 La composition étant invariable, le diagramme d’équilibre de phases d’un


corps pur se présente comme un simple axe de température assorti de
l’indication de la phase présente dans chaque intervalle de température. À
la limite de chaque intervalle, deux phases coexistent et la variance est
nulle.
 À titre d’illustration, la figure 1 présente le diagramme
d’équilibre de phases du fer pur et une courbe de
refroidissement en fonction du temps (courbe
d’analyse thermique) où apparaissent les paliers de
température lors de chaque coexistence de deux
phases.
 La transformation de Curie, à 768 °C, ne représente
pas une réelle transformation de phase, mais un simple
passage de l’état paramagnétique à l’état
ferromagnétique : il ne s’accompagne donc pas d’un
palier de température avec variance nulle, mais
simplement d’un léger dégagement de chaleur
insuffisant pour maintenir la température constante
Figure 1 : Diagramme d’équilibre de phases du fer pur et courbe d’analyse thermique d’un
refroidissement à partir de 1 600 °C jusqu’à 20 °C.
II.2 Systèmes à deux constituants
 Pour c = 2, la relation de Gibbs devient : v = 2 + 1 – Ф =
3–Ф
 Le diagramme d’équilibre de phases d’un mélange
binaire A-B comporte en ordonnées un axe de
température et en abscisse un axe de composition
gradué de A pur (100 % A = 0 % B) à B pur (100 % B = 0
% A); sur les axes de température correspondant à
chacun des corps purs se retrouvent les points de
changement d’état ou de transformation allotropique
de ces constituants.
 Le diagramme est subdivisé en domaines
correspondant à la présence d’une seule phase
(domaine monophasé) ou de deux phases
coexistantes (domaine biphasé), selon les
coordonnées du point constitutif du mélange.
 Les domaines monophasés et biphasés alternent sur le
diagramme.
 La figure 2 (a) schématise un cas simple de tel
diagramme.
 Le liquidus est la courbe au dessus de laquelle tout le
mélange est à l’état liquide; le solidus est la courbe en
dessous de laquelle tout le mélange est à l’état solide;
l’intervalle entre liquidus et solidus comporte à la fois
une phase solide et une phase liquide.
Figure 2 :a) Diagramme d’équilibre de phase binaire A-B. b) Courbes d’analyse thermique de différents mélanges.
CONSTRUCTION D'UN DIAGRAMME DE PHASES
 Solidification
 A l’exception du mercure, lorsqu’on refroidit un métal
ou un alliage en fusion à température ambiante , cela
entraine une solidification.
 Le passage de la phase liquide à la phase solide s’appelle
un changement de phase.
 Lorsqu’un métal pur en fusion est refroidi, sous pression
constante (pression atmospherique par exemple), le
changement de phase s’effectue toujours à une
température fixe : le point de fusion.
 Au point de fusion, les deux phases liquide et solide co-
existent.
 La détermination de ce point s’effectue en enregistrant
la courbe de refroidissement(temperature en fonction
du temps).
 La cristallisation étant un phénomène exothermique,
au passage par le point de fusion, la chaleur perdue par
le refroidissement de l’alliage est temporairement
compensée, ce que montre la figure 1. Ce palier
isotherme est d’autant plus marqué que le
refroidissement est lent et que la masse d’alliage est
plus grande.
 Pour réaliser un alliage, des proportions définies de

constituants différents sont fondues et mélangées, puis

l’ensemble est refroidi. Comme il a été dit plus haut, le

résultat du mélange varie selon les variations relatives

de taille des atomes, selon le type de maille d’origine et

des propriétés électroniques des différents

constituants.
 Lorsqu’on étudie des alliages, les courbes de
solidification deviennent beaucoup plus complexes.
Elles comportent alors plusieurs sections de courbes
raccordées par des points d’inflexion (figure 2).
 Pour construire le diagramme de phase d’un alliage
binaire A-B, il suffit d’enregistrer les courbes de
refroidissement pour chaque concentration de B dans A
en partant de A, métal pur jusqu’à B, métal pur
(exemple figure 3).
a) Règles de lecture des diagrammes binaires
 Pour A pur ou B pur, les valeurs de la variance suivent les
variations étudiées précédemment et les courbes d’analyse
thermique présentent un palier isotherme pendant les
solidifications.
 Pour les mélanges A-B :
 Si le point constitutif est situé dans un domaine
monophasé (comme M ou P sur la figure 2.a), la variance
vaut v = 2 + 1 – 1 = 2; le point constitutif peut être déplacé
librement en abscisse et en ordonnée (dans les limites du
domaine) sans qu’aucune phase n’apparaisse ou ne
disparaisse. La constitution se lit directement sur le
diagramme :
 Nombre de phases : 1; identité de la phase : à lire sur le
diagramme (liquide en M ou solide en P).
 – Composition de la phase : à lire sur le diagramme d’après
l’abscisse du point constitutif (c’est aussi la composition
globale du mélange : 25 % B, 75 % A en M ou P).

 – Fraction massique de la phase : 100 % (en effet, comme


cette phase

 est seule, elle représente la totalité de la masse de l’alliage).

 Si le point constitutif est situé dans un domaine


biphasé (comme N sur la figure 2.a), la variance vaut v = 2
+ 1 – 2 = 1; on dispose du choix arbitraire de la température
ou d’une composition.
 Les deux phases peuvent coexister sur toute une plage
de température choisie arbitrairement (cf. courbe
d’analyse thermique figure 2.b), mais leurs
compositions sont alors définies; inversement, si on
choisit arbitrairement la composition de l’une des deux
phases, la température à laquelle elle présente cette
composition est définie, de même que la composition
de l’autre phase.
 La constitution du mélange se lit sur le diagramme en respectant des règles
de lecture simples :
 Nombre de phases : 2; identité des phases : à lire sur le diagramme (en N :
liquide + solide).
 – La composition des phases est donnée par la règle de l’horizontale :

 les deux phases en présence sont représentées par les deux extrémités
gauche et droite du segment horizontal ou conode, passant par le point
constitutif et joignant les limites du domaine biphasé.
 En N, la conode est le segment IJ. Le point I représente la phase solide, le
point J représente la phase liquide.
 Les abscisses des extrémités de la conode indiquent les compositions de
chacune des deux phases : le solide en I est à 10 % B, 90 % A; le liquide en J
est à 48 % B, 52 % A.
 La fraction massique des phases est donnée par la règle des leviers
ou règle des segments inverses : la fraction massique de chaque
phase est égale à la longueur du segment opposé sur la conode,
rapportée à la longueur totale de la conode.
 Par exemple en N sur la figure 2.a : la phase liquide est représentée
par le point J; sa fraction massique est proportionnelle au segment
opposé IN : mL % = IN/IJ.
 La phase solide est représentée par le point I; sa fraction massique

 est proportionnelle au segment opposé NJ : mS % = NJ/IJ.

 NB : Pour le calcul des fractions massiques, la longueur des


segments sur la conode doit être exprimée en unités de
concentration massique.
III. DIAGRAMMES DE PHASES AVEC MISCIBILITE TOTALE
A L'ETAT SOLIDE
 III.1 Mise en évidence
 La solidification des alliages dépend en général de la température.

 Entre le liquidus et le solidus, l’alliage est dans un état biphasé (liquide +


solide).

 Il y a une solution solide unique lorsque les éléments d’alliage A et B sont


miscibles en toutes proportions à l’état solide, donc les deux métaux forment
une seule phase sur toute l’étendue du diagramme.

 On parle alors de miscibilité totale à l’état solide.

 La figure 4 représente le diagramme d’équilibre de deux composants A et B qui


sont miscible en toute proportion à l’état solide.
Figure 3. Illustration schématique d’un diagramme d’équilibre à miscibilité totale
Pour présenter la lecture de ce diagramme, examinons un
mélange entièrement liquide de composition C0 au cours
de son refroidissement
III.2 Etude d’un exemple
 Soit un alliage de composition nominale C0 porté à une
température θ. Si on prend un point représentatif (C0, θ)
dans le domaine monophasé, l’alliage contient alors une
seule phase liquide de proportion égale à 100%.
 Si on prend un point représentatif (C0, θ) dans le domaine
biphasé, figure 5, l’alliage contient deux phases liquide et
solide de composition CL et CS dont les proportions
respectivement fS et fL sont déterminées par la règle des
bras de leviers.
 En effet, la conservation de la masse permet d’écrire les
deux relations suivantes :
 Ces relations permettent de déterminer les
proportions présentes soit en % :

Figure 4. Diagramme Ni-Cu à miscibilité totale


Exemple de calcul
 Considérons l’alliage à 60% de cuivre et 40% de Nickel.
A la température de 1250°C, l’alliage est dans le
domaine biphasé. La composition de la phase liquide
est de 67% de cuivre, celle de la phase solide est de
48% de cuivre. La proportion solide fS est alors :

 La proportion fL du liquide se déduit alors :


III.3 Règles de miscibilité à l’état solide
 Pour que deux solides A et B soient totalement miscibles à l’état solide ils doivent
avoir une analogie suffisante :

 Même structure cristalline

 Des rayons atomiques voisins

 Des valences égales

 Electronégativités semblables

 Si l’une des règles énoncées n’est pas respectée, on parle de miscibilité partielle à
l’état solide entre A et B. En effet, l’addition d’atomes de B dans des atomes de A,
ou réciproquement, entraine une distorsion du réseau des atomes A et une
augmentation de l’énergie interne du système. Les lois de la thermodynamique
conduisent alors le mélange à se séparer en deux phases l’une riche en A, l’autre
riche en B ou à former des composés intermédiaires définis AxBy.
Exemple
 le cas du laiton, un alliage de cuivre (température de
fusion = 1084°C) et de zinc (température de fusion =
420°C) ou le cas d’un alliage cuivre (temperature de

 fusion = 1084°C) et du nickel (température de fusion =


1453°C).

 Ils sont alors dits totalement miscibles.


 Dans le cas de l’alliage Cu-Ni, nous obtenons la courbe de
refroidissement du cuivre avec un palier a 1084°C et la
courbe de refroidissement du nickel avec un palier a 1453°C.
 Entre ces deux extrêmes, les alliages à différentes
concentrations présentent un intervalle de solidification
non isotherme.
 De 0% de nickel a 100% de nickel, les points d’inflexion
supérieurs qui correspondent au début de la solidification
forment une courbe appelée liquidus, les points d’inflexion
inferieurs qui correspondent à la solidification totale
forment une courbe appelée solidus.
Figure 5:Diagramme de phase cuivre-nickel avec
pourcentage massique du nickel dans le cuivre

Ce type de diagramme est appelé diagramme a un fuseau. On obtient un


diagramme à un fuseau avec d’autres alliages binaires à miscibilité totale à
l’etat solide :Cu-Pd, Ag-Au, Ir-Pt, Ag-Pd…
 Le diagramme à deux fuseaux (figure 6) possède un
point de contact intermédiaire entre liquidus et
solidus. Sa température est inferieure a la température
de chacun des constituants.

 A ce point, le comportement de l’alliage est identique à


celui d’un corps pur.

 Exemples d’alliages binaires à miscibilité totale a l’etat


solide présentant un diagramme de phase à deux
fuseaux :Fe-Cr, Cu-Mg et surtout Au-Cu …
Figure 6 : Diagramme de phase or-cuivre
avec deux fuseaux
IV:DIAGRAMMES DE PHASES AVEC MISCIBILITE PARTIELLE A
L'ETAT SOLIDE
Mise en évidence
 Dans la majorité des alliages binaires, il n’existe pas de
miscibilité des constituants en toutes proportions à
l’état solide. Le cas le plus fréquent, ils existent deux
solutions solides :
 - α : Solution solide primaire de B dans A (riche en A)
 - β : Solution solide primaire de A dans B (riche en B)
 Les deux fuseaux de solidifications se raccordent dans la
région centrale du diagramme en faisant apparaître un
point d’équilibre invariant entre une phase liquide commune
et deux phases appartenant respectivement aux deux
solutions solides. Suivant la position de la température
caractéristique du point triple remarquable, par rapport aux
températures de fusion des constituants purs, on distingue
deux types de diagrammes :
 les diagrammes avec point eutectique et les diagrammes
avec point péritectique.
IV.1 DIAGRAMMES AVEC POINT EUTECTIQUE

Fig. 7. Construction d’un diagramme de phases { miscibilité partielle


: a) Diagramme d’équilibre de phase binaire A-B présentant une
réaction eutectique. b) Courbes d’analyse thermique d’un mélange
quelconque (40 % B, 60 % A) et du mélange eutectique (60 % B, 40 %
A).
 Le diagramme à point eutectique est caractérisé par la
présence d’une zone de démixtion et de deux fuseaux de
solidification se raccordant en un point eutectique E.
 La courbe AB représente la limite de solubilité de l’étain
dans le plomb et la courbe CD celle du plomb dans
l’étain. Ces deux courbes constituent les lignes de Solvus
(Fig.8)

Fig. 8. Miscibilité partielle dans les diagrammes d’équilibre : le cas des


alliages Pb-Sn
La solubilité d’un élément dans l’autre varie avec la
température.
Ainsi la solubilité de l’étain dans le plomb passe de
18% à 183°C à 2% à la température ambiante. Le
domaine de composition et de température
délimité par la température de fusion du plomb
(327°C), les points A, B et O caractérise la phase
solide primaire α riche en plomb et l’alliage ainsi
formé est monophasé.
Etude de l’exemple Pb-Sn
D’une façon analogue, on retrouve sur le diagramme
d’équilibre un domaine monophasé : phase primaire β,
riche en étain. Le point E est un point invariant, il
caractérise le point eutectique à la température
eutectique TE=183°C et le segment AC représente le
palier eutectique. A ce point, trois phases sont en
équilibre :
 Une phase liquide de composition CL=CE=62% Sn
 Une phase solide α de composition Cα=18% Sn
 Une phase solide β de composition Cβ=97.5% Sn
 La réaction eutectique s’écrit :

 Lors de la solidification d’un alliage de composition


eutectique (Figure 9), celui-ci se comporte comme un
composant pur. En effet, sa solidification se produit à
température constante (183°C) comme celle d’un corps pur
donnant lieu simultanément à deux phases solides
distinctes.

Fig. 9. Transformation eutectique : le cas des alliages Pb-Sn


 La règle des segments inverses permet de calculer la
proportion de chaque phase. Leur mise en œuvre est
similaire à celle illustrée dans le cas de la miscibilité
totale.

 L’alliage ainsi formé est un mélange de deux phases (α


en noir et β en blanc) intimement mélangées comme
montré sur la micrographie.
 Considérons maintenant un alliage à 30% Sn et 70% Pb. La
composition C0 de cet alliage étant inférieure à celle du point
eutectique, il s’agit d’un alliage hypoeutectique. D’après le
diagramme d’équilibre, la solidification de cet alliage débute {
262°C.

 Pour θ>262°C, l’alliage est constitué d’une seule phase liquide de


composition CL= C0= 30%Sn fL=100%
Pour θ=262°C, il y a formation d’une première phase solide primaire
α ou appelée aussi proeutectique à 10%Sn. Les premiers germes
solides évoluent progressivement avec la température formant
des dendrites de la phase α (Fig. 7.).
 Pour θ=262°C, il y a formation d’une première phase
solide primaire α ou appelée aussi proeutectique à
10%Sn. Les premiers germes solides évoluent
progressivement avec la température formant des
dendrites de la phase α .

 A θ=230°C, on a deux phases :


 Phase α primaire, Cα= 13% Sn
 Phase liquide, CL= 47% Sn
 A partir de la règle des segments inverses, on peut
calculer les proportions de chaque phase :

 A θ=183°C, la réaction eutectique se produit. Le liquide


eutectique restant donne lieu à un constituant
eutectique α+β. Les constituants en présence sont donc
le solide α primaire et le constituant eutectique α+β.
Les phases présentes sont :

 A θ=182°C, l’alliage est entièrement solide. Les phases


présentes sont les phases α (Cα= 18%Sn) et la phase β
(Cβ= 97.5%Sn)
Les constituants présents après solidification sont le solide
proeutectique primaire α (Cα=18%Sn) et l’eutectique
(CE=62%Sn).

Le même raisonnement s’applique { un alliage riche


en étain, soit 70%. Sa composition C0 est
supérieure { celle de l’eutectique, il s’agit d’un
alliage hypereutectique.

Après solidification, il y a formation de deux


constituants β primaire et constituant eutectique.
IV.2 ASPECT MICROGRAPHIQUE DE LA PHASE A OU DE LA PHASE B
 IV.2.1 Aspect micrographique de l'alliage eutectique

 Si la composition est rigoureusement celle de l’alliage eutectique, ici a 39,9% atomique de cuivre
dans l’alliage argent-cuivre, nous obtenons un agregat de grains semblables mais tous d’aspect
hétérogène (figure 10).

 Figure 10 : aspect d'un alliage eutectique

 Les bandes grises composées essentiellement d'argent avec 14,1%at. de cuivre et les bandes
noires sont

 essentiellement du cuivre à 95,1%at.


 En fonction des composants, l’aspect d’un eutectique peut
présenter différentes morphologies, en lamelles, en bâtonnets,
en globules ou aciculaire.
 Le mécanisme de formation peut être expliqué de la façon
suivante :
 Les deux composants, le solvant et le soluté ne sont pas
miscibles dans les proportions eutectiques.
 Un premier germe de cristallisation va se former a l’interface du
liquide.
 Ce germe peut être par exemple du type a soit très riche en
argent (85,9%at.).
 Pour atteindre cette concentration, il va rejeter le cuivre en excès
dans son voisinage immédiat.
 Ce cuivre va à son tour se solidifier en phase β (cuivre : 95,1%at.)
et rejeter alors l’argent en excès.
 Cet argent forme une nouvelle couche α… Cette succession
alternée de solidification de deux types cristallins différents
donne cet aspect caractéristique des alliages eutectiques.
IV.2.2 Aspect micrographique d'un alliage hypoeutectique ou d'un
alliage hypereutectique
 Dans le cas d’un alliage hypo-eutectique, lorsque la
température descend sous le niveau du liquidus, il y a
apparition de grains de structure riche en argent dans
un liquide plus riche en cuivre.
 Lorsque la température passe sous la température
eutectique, l’ensemble se solidifie avec un mélange de
grains de nature α et de grains semblables à l’alliage
eutectique (figure 11).

Figure 11: Alliage hypoeutectique: Mélange de grains a et de grains eutectiques


 Les grains α sont appelés α primaire ou α pro eutectique
car ils se sont formes avant l’apparition de l’eutectique.
 Le phénomène identique se produit pour les alliages
hypereutectiques, avec apparition des grains β primaire
puis de l’eutectique (figure 12).

Figure 12 : Alliage hypereutectique: Mélange de grains b et de grains eutectiques


IV.2.3 Cas particuliers
 Les dendrites :
 Au cours du refroidissement, les parois du moule sont les
zones les plus froides, où habituellement débute la
solidification.
 Cette solidification avance normalement selon un front
unique et rejette et enrichit le liquide en contact avec du
soluté.
 Parfois, une croissance localisée du front solide permet de
percer cette couche enrichie de soluté pour se retrouver en
contact a nouveau avec un liquide riche en solvant.
 Il y a alors rapidement cristallisation et ce relief va croitre
rapidement sous forme arborescente pour former des ≪
dendrites ≫
 (figure 13).
 La ségrégation :
 Pour qu’un alliage soit homogène, il est nécessaire que le
refroidissement se produise lentement pour que la
diffusion entre les différentes phases puisse se produire.

 Ainsi lors du refroidissement dans une transformation


eutectique, lorsqu’une phase a primaire se forme dans le
liquide, la taille de ce solide fait qu’au cours de la
solidification totale, l’extérieur peut diffuser mais le cœur
de cet a primaire conserve un gradient de concentration
élevé en solvant.
IV.3 DIAGRAMMES AVEC POINT EUTECTOIDE
 Le mecanisme de la transformation eutectoide est tres
ressemblant a la transformation eutectique, mais au
cours de cette transformation, c’est une phase solide
qui se transforme simultanement en deux nouvelles
phases solides.
IV.4 DIAGRAMMES AVEC POINT PERITECTIQUE
Dans une transformation peritectique, une phase liquide
et une phase solide se transforment en une seule phase
solide de composition definie. Le point peritectique
(point P, figure 13) est invariant, à température fixe
avec un équilibre entre les trois phases.

Figure 13 : diagramme de phase de l’alliage Ag-Pt


Exercice d’application
 Le cas du diagramme binaire Al-Cu
 1. Quel est le type de ce diagramme.
 2. Indiquer le liquidus et le solidus.
 3. Indiquer pour chaque région, le nombre de
phase et la variance.
 4. Indiquer le nom, la température ainsi que la
réaction de la transformation au niveau de 33,2%
Cu.
 5. Quels sont les phases et les constituants
présents à 500°C dans un alliage contenant 15% de
Cu ? Pour chacun(e) d’entre eux (elles), donnez
leur composition et leur proportion.

Vous aimerez peut-être aussi