UNIVERSITE DU MAINE
LICENCE DE SCIENCES DE LA TERRE ET DE L’UNIVERS.
PROFESSEURS : GOURMELEN CL. , GEOFFROY L. , HILDENBRAND A.
RAPPORT DE STAGE DE TERRAIN
TUNISIE CENTRALE : SIDI BOUZID
ETUDE CARTOGRAPHIQUE ET STRUCTURALE
DU JEBEL BOU-ZER SUD
MAGALI GUIBERT ADELINE BALOCHE ROMAIN BEUCHER
RESUME
L’étude structurale et cartographique réalisée dans la région du Bou-zer sud permet d’aborder
l’histoire géologique de l’axe NS Tunisien.
La carte établie amène à diviser le Bou-zer en trois ensembles : un ensemble ouest, en
ensemble est et enfin une étroite bande centrale.
Une phase d’extension, syn. Sidi-Khalif est mise en évidence et provoque la formation de
failles de direction NE-SW, NS et EW qui constituent la structure primaire du Bou-zer sud.
Cette phase d’extension est également liée à un diapirisme de la formation Rhéouis qui joue
ensuite un rôle déterminant dans le développement des structures.
Les différentes couches enregistrent ensuite une ou plusieurs phases de compression qui
provoquent le rejeu des failles ainsi que le plissement et l’écaillage de l’ensemble ouest. Ce
dernier chevauche partiellement un second ensemble situé à l’est également plissé et écaillé ;
on note également une répartition inégale de la sédimentation entre est et ouest qui suggère la
présence d’un haut fond à l’est.
Enfin au centre du Bou-zer, un grand couloir de décrochement de direction N10 est aisément
observable : on démontre un poly phasage de cet accident qui fonctionne d’abord en dextre
puis en sénestre. Ce dernier mouvement sénestre remobilise notamment l’amorce d’anticlinal
et le système d’écailles observé à l’ouest provoquant une déformation de l’ensemble en un pli
conique.
ABSTRACT
The structural and cartographic study carried out in the area of southern Bou-zer
makes it possible to approach the geological history of the Tunisian axis NS.
The map established allow us to divide Bou-zer into three sets: a western unit, a
eastern unit, and finally a narrow central band.
A phase of extension, during the deposit of Sidi-Khalif is highlighted and causes the
formation of faults of direction NE-SW, NS and EW which constitute the primary
structure of southern Bou-zer.
This phase of extension is also related to a diapirism of the Rhéouis formation which
plays then a determining part in the development of the structures. Then, the various
layers record one or more phases of compression which cause the reactivation of
faults as well as the folding of the western unit.
This last, partially overlaps a second unit located at the east also folded and scaled;
one also notes an unequal distribution of the sedimentation between east and west
which suggests the presence of a high bottom in the east.
Finally in the center of Bou-zer, a large corridor of strike-slip fault of N10 direction is
shown: this accident which functions initially into dextral then into sinistral. This last
sinistral movement remobilise in particular the starter of anticline and the system of
slices observed in the west causing a deformation of the whole in a conical fold.
2
INTRODUCTION
La Tunisie possède une histoire géologique variée, étroitement lié à la tectonique des plaques
et aux cycles d’ouvertures et de fermetures océaniques.
Le jebel Bou-zer situé dans la partie centrale de la Tunisie, au niveau de l’axe NS, constitue
le cadre de notre étude cartographique et structurale.
Le but de ce projet sera de déterminer les différentes phases géologiques ayant abouti à la
structure actuelle. Nous pourrons ensuite tenter de les replacer dans un contexte plus général
et ainsi comprendre comment le Bou-zer a été affecté par la tectonique globale.
Après un exposé des divers outils à notre disposition ainsi que des méthodes ayant abouti à
l’établissement de la carte, nous détaillerons les différents ensembles structuraux identifiés
afin de comprendre l’histoire géologique du système.
Cette histoire sera ensuite comparée aux connaissances globales de la géologie Tunisienne
que nous avons reçu au cours de notre année universitaire.
3
Axe Nord-Sud
4
LITHOLOGIE GENERALE DE L’AXE N-S.
Avant tout travail de cartographie sur une zone déterminée, il convient de connaître la
lithologie générale.
Ce travail, a été réalisé précédemment au niveau de l’axe NS de Tunisie Centrale. A partir de
ces études nous avons pu établir le log qui étage les formations et les décrit brièvement.
APPROCHE METHODOLOGIQUE.
Sur le terrain, le travail du géologue prend une toute autre orientation : l’observation est la
première qualité à maîtriser ainsi qu’une certaine rigueur dans l’analyse et la déduction.
Le but est d’établir la carte géologique de la région et la chronologie des évènements ayant
affecté cette zone.
Les outils à la disposition du géologues sont simples : log lithologique général, marteau, loupe
et boussole.
Les informations apportées par la lithologie générale permettent de reconnaître, sans trop
d’erreurs, la formation que l’on cherche à identifier. Mais la reconnaissance des faciès n’est
pas toujours aussi facile : elle passe par une observation attentive de la patine de la roche, de
sa cassure, et de son contenu biogène et minéral.
Les hésitations courantes sont levées par des déductions et une remise dans le contexte
général.
Une fois les formations identifiées, on reporte leurs limites sur la carte en suivant les contacts
entre formations. Ces limites, parfois non observables sur le terrain, sont extrapolées sur la
carte à l’aide des photos aériennes.
La mesure des pendages sur le terrain complète la carte mais apporte également des
informations précieuses permettant de faire des coupes et de comprendre les structures.
A cela s’ajoute la prise de photographies, d’esquisses de coupes et des schémas structuraux
illustrant les évènements sédimentaires et tectoniques.
C’est donc un travail complexe et passionnant que réalise le géologue sur le terrain. Ces
travaux doivent ensuite être analysés et intégrés dans le contexte régional afin de mieux
cerner la géologie de l’ensemble.
CARTE DU BOU-ZER ET COUPE EW GENERALE.
Le travail de terrain est à l’origine de la carte qui montre la répartition des formations
géologique ainsi que les accidents majeurs les affectant.
Certaines zones ont été déduites plus qu’elles n’ont été observées réellement. Néanmoins
l’ensemble est proche de la réalité.
La carte est complétée par une coupe générale d’axe EW qui prend en compte la succession
des faciès et certains contacts anormaux majeurs. Cette coupe n’est en aucun cas une
représentation de la structure mais prend en compte les faciès et les pendages ce qui
constituera une base pour le travail à venir.
5
LITHOLOGIE DU BOU-ZER.
L’ensemble des faciès rencontrés dans le Jebel Bou-zer est représenté sur le log lithologique.
Une courte description de ces faciès accompagne les formations et leurs représentations
figurées.
Lors du suivi de la limite entre deux formations des discordances sédimentaires ont été
repérées :
- Contact Nara Sidi-Khalif.
- Contact Zebbag Abiod.
Le Sidi-Khalif est en discordance sur le Nara, preuve en est de la différence de direction
visible au NW de la carte. Ce Sidi-Khalif tronque les bancs du Nara de manière remarquable.
De plus l’observation de karsts et de marnes du Sidi-Khalif sédimentées dans ces karsts
permet de déduire une période d’émersion antérieure aux dépôts du Sidi-Khalif.
5m
Schéma du contact NARA – SIDI KHALIF
Nous avons également identifié un contact Zebbag-Abiod au sud de la zone d’étude. Cette
discordance se présente comme une importante discordance sédimentaire.
6
COUPE GENERALE D’AXE EST-OUEST
E W
Cette coupe ne rend pas compte de la structure mais de l’enchaînement des couches et des pendages (pas de trait de coupe correspondant).
7
LITHOLOGIE DE L’AXE NORD-SUD
Sables continentaux jaunes à dragées de quartz.
BEGUIA Poudingues polygéniques à galets lithophagés
Grès
Sables
FORTUNA Carbonate à argile
Niveau carbonaté sans huîtres
CHERAHIL Marnes à huîtres
Calcaires dolomitiques blancs
Gypses blancs saccharoïdes
METLAOUI Calcaires phosphatés et coquillés
(lamellibranches et gastéropodes)
sables phosphatés (nodules et dents de requins)
Argiles feuilletées azoïques, monotones (gypse,
EL HARIA sulfates)
Calcaires en miches au sommet.
Calcaires blancs crayeux avec Hinocérames et
ABIOD oursins irréguliers
+ niveaux de conglomérats intra formationnels.
Marnes gris clair avec
Niveaux calcaires riches en Hinocérames.
ALEG
Calcaires marneux à Hinocérames
Alternances de petites séquences de marnes et de
bancs carbonatés.
ORBATA ZEBBAG Corniche dolomitique
Patine ocre cassure beige
Marnes ocre à huîtres
SIDI
OU
AICH BOU ZER Dolomie à patine orangée
BOU - Sables très mal classés
HEDMA BOUDINAR Blanc à rose azoïques
Calcaires gréseux
Sables blancs
MELOUSSI Banc carbonaté
Marnes à huîtres azoïques
Calcaires jaunes (bélemnites)
SIDI-KHALIF Marnes vertes (ammonites pyritisées)
Base dolomitique (orange rouge)
Dolomie bien litée
NARA Patine grise
Cassure blanche à grise
Marnes lie de vin
RHEOUIS Gypse quartz noir bipyramidé.
8
LITHOLOGIE DU BOU-ZER
Calcaires dolomitiques blancs.
Gypse blanc saccharoïde.
EOCENE
Calcaires phosphatés et coquillés
(Lamellibranches et gastéropodes)
METLAOUI Sables Phosphatés (nodules, dents
de requins)
Argiles feuilletées azoïques,
PALEOCENE EL HARIA monotones (gypse, sulfate) +
calcaires en miche au sommet.
Calcaires blancs crayeux avec
CRETACE SUPERIEUR
Hinocérames et oursins irréguliers
ABIOD + niveaux de conglomérats intra
formationnels.
Marnes gris clair avec niveaux
calcaires riches en Hinocérames.
ALEG
Calcaires marneux à hinocérames.
Alternances de petites séquences de
marnes et de bancs carbonatés.
Corniche dolomitique à patine ocre
ZEBBAG et cassure beige
Marnes ocres à huîtres.
BOU-ZER Dolomie à patine orangée
CRETACE INFERIEUR
Sables très mal classés blanc à rose,
BOUDINAR azoïques, stratifications
entrecroisées.
Calcaires gréseux.
Sables blancs.
MELOUSSI Bancs carbonatés
Marnes à huîtres azoïques.
Calcaires jaunes (Bélemnites)
Marnes vertes a ammonites
SIDI-KHALIF pyritisées
Base dolomitique orange rouge.
JURASSIQUE Dolomie bien litée
NARA Patine grise – Cassure blanche
Marnes lie de vin
TRIAS RHEOUIS Evaporites rouges
Quartz noir Bipyramidés.
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ANALYSE DE LA CARTE ET OBSERVATION DE TERRAIN
L’analyse de la carte géologique obtenue associée à l’observation de terrain permet de mettre
en évidence plusieurs ensembles.
- Un ensemble ouest composé des formations Nara jusqu’au Zebbag et à l’Abiod.
- Un ensemble à l’est composé des formations Metlaoui et Abiod.
- Un ensemble central marqué par la présence des évaporites rouges du Rhéouis.
ETUDE DE L’ENSEMBLE OUEST.
A l’ouest, les formations géologiques présentent une succession normale, sans lacunes, du
Nara jusqu’au Zebbag. Toutes ces formations étant de plus affectées d’un pendage vers
l’ouest et d’une direction globalement NS à NW-SE.
L’ensemble semble décrire un flanc d’anticlinal dont la géométrie sera précisée par l’étude
des formations successives.
Le Nara, qui affleure sous forme de lentilles est bien affecté d’un pendage vers l’ouest ; ce
pendage semble varier à l’intérieur de la formation (Faille syn-sédimentaire ? Instabilité
tectonique lors du dépôt ??). En première approximation il est également plus fort que ceux
des formations sus-jacentes et, localement, presque vertical.
La partie terminale de la formation présente des traces de dissolutions, des poches karstiques,
dans lesquelles ont sédimenté les marnes du Sidi-Khalif. Ce contact sédimentaire indiqué dans
le log du Bou-zer marque une période d’émersion du Nara précédant le dépôt du Sidi-Khalif.
La formation Sidi-Khalif enveloppe la lentille de Nara située au centre de la carte.
Les relations entre les deux formations sont bien observables au Sud de cette même lentille où
on observe nettement une différence de pendage entre Nara, fortement penté, et Sidi-Khalif à
pendage moins marqué.
Un peu plus à l’Est, on retrouve un affleurement rocheux au sommet d’un petit relief qui a été
identifié comme appartenant à la formation Sidi-Khalif mais reposant, cette fois, sur les
évaporites rouges du Rhéouis.
Cette variation verticale de faciès entre l’Est et l’Ouest amène plusieurs questions sur le mode
de dépôt du Sidi-Khalif (voir schémas).
Le déplissement des couches nous ramène à une configuration pouvant s’expliquer par :
- Un dépôt en biseau de la formation Nara suivit ensuite d’une période de transgression
et du dépôt du Sidi-Khalif un peu plus vers l’Est. (A noter que dans cette optique, on
placerait la Mer à l’Ouest et les surfaces émergées à l’Est).
- Un dépôt, sur toute la zone considérée, de la formation Nara mais avec ensuite une
remontée à l’Est d’un diapir d’évaporites Triasique qui entraînerait une érosion du
Nara avant le dépôt du Sidi-Khalif sur l’ensemble.
- La présence d’un relief lié au fonctionnement de failles normales et de blocs basculés.
Ces différents cas envisagés permettent d’émettre l’hypothèse d’un haut fond situé à l’Est.
10
S-KHALIF
NARA RHEOUIS 25m
Coupe A : EST- OUEST au sud de la lentille de NARA
Déplissement des couches de NARA et SIDI-KHALIF.
Hypothèse I Hypothèse II
Hypothèse I :
Dépôt en biseau du Nara en raison de la présence
d’un haut fond.
Ö le Nara ne s’est pas déposé à l’est.
QUESTIONS :
Ö D’où provient le pendage initial du Nara ?
Ö Relief préexistant érodé ?
La seconde hypothèse pourrait apporter un élément
de réponse si on considère une poussée verticale du
Rhéouis lors d’une remontée diapirique.
11
L’étude de la formation Sidi-Khalif permet de dégager plusieurs informations : cette dernière
est bien affectée par un plissement de direction globale EW (voir photo 1), de plus les couches
semblent effectuées une légère rotation, au Sud. Dans la direction Est. La carte montre bien
cette virgation et la terminaison particulière de la formation qui s’amincie progressivement du
Nord vers le Sud.
Plusieurs plans de failles ont également été observés dans cette formation Sidi-Khalif
notamment un graben ainsi que des plans striés de failles aux jeux apparents inverses et
décrochants.
Photo 1 : Pli d’axe nord-sud dans le Sidi-Khalif indiquant une Photo 2 : Failles observées dans la formation Sidi-Khalif
compression E-W
Les mesures reportées sur un canevas de Wulff ont permis de ramener la S0 à l’horizontal et
de déterminer un jeu normal possible de ces failles. (Voir schémas)
Les couches du Sidi-Khalif ont ainsi probablement enregistré un épisode distensif antérieur au
plissement des couches. Ces failles ont d’ailleurs pu rejouer au cours d’une compression EW.
Progressant vers l’Ouest, on trouve la formation Meloussi qui repose sur le Sidi-Khalif. Les
couches ont une direction N165 au Nord à N150 au Sud indiquant également une virgation de
l’ensemble vers l’Est.
Un ensemble d’écailles est parfaitement visible dans cette formation Meloussi, marquée par
de nettes variations de pendages qui pourraient s’expliquer par un système de failles en
duplex. (Voir photos 5 et 6)
Certaines de ces écailles suivent la virgation des couches, d’autres conservent une direction
NS.
Au sud de la carte les couches de Meloussi reposent directement sur le Trias indiquant à
nouveau un haut fond situé à l’Est.
Au dessus de la formation Meloussi on trouve les sables du Boudinar avec quelques fentes de
tensions. Une mesure rapide de la direction de ces fentes donne une direction N95 compatible
avec une compression EW. Ces sables sont surmontés par la dolomie du Bou-zer, observée au
NE et qui disparaît, au Sud, sous le Zebbag.
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E W
Jeu inverse apparent
Photo 3 et schémas: Plan de faille strié observé dans les banc calcaire du Sidi-Khalif : les mesures effectuées
indiquent une direction N160, pendage 65° vers l’Est et un pitch quasi vertical. Le sens du mouvement est donné par
les marches bien visibles et révèle un jeu apparent inverse.
Jeu normal
Lorsqu’on ramène la S0 à l’horizontal le système révèle un jeu possible de la faille en faille normale. Le plan de faille
après rotation est en pointillés sur le canevas.
Photo 4 et schéma : Deux failles ont également été identifiées dans la formation Sidi-Khalif. Lorsqu’on ramène ces
deux failles à l’horizontal on révèle un fonctionnement possible en graben, cependant les mesures effectuées et
reportées sur un canevas de Wulff n’ont pas permis de le démontrer. Il est probable que les compressions postérieures
aient affecté ces failles.
13
CORNICHE DE ZEBBAG
ECAILLES
100m
ECAILLE
25m
Photo 5 et 6 : vues sur les écailles de la formation Méloussi dans la partie ouest de la zone d’étude.
14
On a ainsi une discordance sédimentaire ou tectonique au niveau du Zebbag. La nature du
contact est cependant difficile à établir à cause de la présence de nombreux éboulis et des
écailles qui compliquent les structures.
Cette formation du Zebbag compose les corniches des hauts reliefs de ce secteur Ouest.
Elle est également découpée par des écailles observées à divers endroits de la carte. (Voir
photos)
Des variations verticales de pendages ont été observées dans le relief au Nord pouvant
indiquer une instabilité tectonique de la région lors du dépôt du Zebbag (faille syn-
sédimentaire) ou un dépôt en onlap.
25m
Photo 7 : chevauchement dans le zebbag Dessin d’après photo
On note aussi un contact anormal entre Zebbag et Meloussi dans cette partie Nord :
Ze
Ze
Md
Ms
M
Photo 8 : Photo prise dans la zone de contact entre Meloussi et Dessin d’après photo
Zebbag
Les couches du Meloussi sont tronquées par les dépôts du zebbag et semblent même
crochonnées en dextre au niveau de ce contact tandis qu’à la base du Zebbag on trouve une
brèche tectonique contenant des morceaux de Meloussi. Un plan de contact à été mesuré et
donne une direction N165 et pendage 60°Nord. (Voir schémas)
15
Toujours dans le Zebbag, ont été observé des variations latérales de pendage dans des couches
situées à l’extrémité Sud. Ces variations peuvent suggérer un dépôt en onlap.
Si on observe au nord et au sud des dépôts en onlap, on pourrait imaginer un ancien relief
composer des couches du Meloussi sur lesquelles viendrait se déposer les couches du Zebbag
avant d’être à nouveau affectées par une compression E-W. On ferait alors intervenir
plusieurs phases de compression.
- Ainsi après le dépôt du Meloussi, celui-ci subit une première compression
globalement E-W et se plisse formant un relief émergé. On note ainsi la présence
d’encroûtement de fer sur les bancs du Meloussi qui pourrait traduire des périodes
d’émersion. (cf. photo)
- Le zebbag se dépose ensuite en Onlap ce qui pourrait notamment expliquer les
variations horizontales de pendage à l’intérieur de ce zebbag.
- Toute la zone subie ensuite une seconde compression E-W qui forme les écailles
observées dans le Zebbag.
Sous l’effet de cette compression le contact Meloussi-Zebbag a pu jouer le rôle d’un plan de
glissement provoquant un chevauchement du zebbag sur les couches situées plus à l’est et un
crochon de la formation Meloussi.
Encroûtements de fer
Tout à fait a l’Ouest, il faut noter que de petits reliefs ont été identifiés comme appartenant à
la formation Abiod et complétant la structure Ouest.
La dépression située entre cet affleurement d’Abiod et le Zebbag pourrait contenir les marnes
de l’Aleg bien que ces dernières n’aient pas été identifiées à cause de la présence de dépôts
quaternaires recouvrant les dépôts antérieurs.
On a toutefois identifié un contact Abiod-Zebbag dans la partie Sud. Ce contact est à première
vue sédimentaire.
L’observation ouest de la zone d’étude a permis d’identifier :
- Un flanc d’anticlinal de direction NS affecté de structures en écailles pouvant
s’expliquer par une ou plusieurs compressions de direction EW à NW-SE.
- Une virgation des couches en direction de l’Est a également été identifié au sud.
- Enfin un chevauchement possible d’Est en Ouest des couches du Zebbag a été mis en
évidence.
16
FAILLE
CONTACT MELOUSSI ZEBBAG
En bas : représentation cartographique du
contact Meloussi-Zebbag situé au nord de la
zone d’étude.
Ci contre : représentation 3d le long d’un plan
de faille possible de l’entraînement du
Meloussi par un mouvement dextre.
Un plan de faille possible a été identifié :
direction : N125 et pendage : 60°N.
MELOUSSI
ZEBBAG
Brèche observée à la base du Zebbag
MELOUSSI
17
COMPRESSION
NARA
DECROCHEMENT
Écailles dans le Meloussi
100m
RELATIONS PLI-ECAILLES-DECROCHEMENT.
En haut : représentation en 3D de la terminaison sud
du Bou-zer.
Les couches à l’ouest sont plissées et écaillées suite à
une compression E-W.
Le pli ainsi formé est ensuite affecté par un
mouvement senestre le long du couloir central qui
transforme le pli en un vaste pli conique.
Ci contre : vue en carte de la virgation.
Les écailles du Meloussi suivent plus ou moins bien la
virgation.
100m
18
ETUDE DE L’ENSEMBLE EST.
ABIOD
ABIOD
Calcaire
coquillé
Gypses
A l’Est du Bou-zer sud, les couches appartenant aux formations Abiod et Metlaoui présentent
elles aussi un pendage vers l’ouest. Ce pendage semble cependant se verticaliser à mesure que
l’on se déplace d’Est en Ouest tandis que nous retrouvons les formations Rhéouis et Nara.
Cette dernière affleure dans cette partie NE sous la forme d’une lentille aux couches
bréchifiées ayant pu être affectées par un chevauchement de l’ensemble W sur l’ensemble E.
Selon cette idée la répartition des couches, ainsi que les pendages peuvent permettre
d‘interpréter la structure comme un vase synclinal présentant en son cœur les dépôts du
Metlaoui et sur ses parties externes l’Abiod.
Ainsi, la formation Abiod constituant les reliefs de la partie Est appartiendrait au flanc Est du
synclinal, le second flanc étant probablement situé à l’Ouest, sous le chevauchement.
Le schéma constitue une tentative d’explication de la structure générale de la partie NE. On
aurait ici affaire à un synclinal d’axe N10-N15 partiellement chevauché par le Zebbag et dont
les couches auraient été rebroussées sous l’action de ce même chevauchement.
E W
METLAOUI METLAOUI
ABIOD
E. HARIA ABIOD
50m
Coupe B au nord de la zone d’étude (Cf. annexe pour localisation) : la structure peut être interprétée
comme un synclinal chevauché par le bloc ouest.
19
La partie Sud-est interprétée comme la continuité de la structure synclinale est cependant
affectée d’une succession anormale des couches :
D’Ouest en Est on trouve ainsi la formation Abiod, à pendage Est et interprétée comme le
flanc Ouest du pli, suivie des évaporites du Metlaoui et des niveaux de base de cette même
formation : les calcaires coquillés et phosphatés ainsi que les sables phosphatés. Arrivent
ensuite les marnes de la formation El Haria avant de retrouver les évaporites du Metlaoui.
Les Schémas suivant apportent deux scénarios possibles dans une optique de synclinal faillé :
La première hypothèse fait intervenir une succession d’écailles identiques à celles observées
dans l’ensemble Meloussi–Zebbag à l’W. La répétition des couches gypseuses étant dans ce
cas dûe à une des propriétés remarquables des évaporites qui en font un matériel
particulièrement ductile et peu dense. Ces évaporites constituant le cœur du synclinal aurait
pu remonter le long des accidents crées par l’écaillage de la structure.
COUPE C
50m
La présence d’écailles identifiées juste au nord de la zone permet de pressentir cette
hypothèse.
20
Cependant l’intervention d’une faille normale peut tout à fait aboutir à la même configuration
en entraînant une partie du flanc Est vers le cœur du synclinal. Dans cette nouvelle hypothèse
on pourrait trouver de nouveau vers l’est des niveaux de calcaires coquillés et phosphatés à
l’affleurement. De petites crêtes ont effectivement été identifiées et peuvent appartenir à ces
niveaux calcaires.
50m
COUPE D
Cette seconde hypothèse peut, elle aussi être incluse dans un système d’écailles comme nous
l’avons observé un peu plus au Nord et dans l’ensemble Meloussi Zebbag. La Nature
particulière des terrains, constitués d’évaporites, peut selon nous avoir entraîner le
fonctionnement tantôt normal, tantôt inverse des accidents liés à l’écaillage du synclinal.
L’ensemble Est révèle comme à l’Ouest des couches plissées et écaillées, chevauchées
d’Ouest en Est par l’ensemble anticlinal identifié précédemment. Cependant l’absence de
toutes les formations antérieures à l’Abiod saute aux yeux. Ces dernières ne sont en effet pas
identifiées sur le flanc est du Bou-zer.
Ceci nous amène à nous demander si le dépôt de ces couches s’est effectué sur la partie Est.
Comme nous l’avons vu plus haut des contacts anormaux ont été identifiés comme des
discordances sédimentaires expliquées par la présence d’un haut fond à l’Est.
Il est possible que la partie Est n’ait pas enregistré de sédimentation continue comme à
l’Ouest car elle ne fut pas immergée en même temps que cette dernière.
On aurait effectivement une zone haute sur la partie est du secteur.
21
ETUDE DE LA PARTIE CENTRALE
Dans notre étude du Bou-zer Sud nous avons
momentanément mis de coté la formation
Rhéouis.
Celle-ci est de part sa nature à l’origine de
complications dans les structures situées à
l’Est de la carte. Il a été ainsi parfois difficile
d’établir une limite entre évaporites
triasiques et évaporites du Metlaoui en raison
notamment de remontées locales de Rhéouis.
Cette formation est omniprésente dans le
paysage du Bou-zer et décrit une étroite
bande de direction N10-N15 au centre de la
carte. (Photo ci contre).
La présence de cette bande continue de Trias n’est pas le fait du hasard : elle révèle la
présence d’un long couloir de décrochement N-S prenant probablement racine dans le réseau
reghmatique du socle tunisien.
Nous avons relevé plusieurs preuves permettant de préciser ce décrochement.
Ainsi outre une foliation verticale et de direction N-S du Rhéouis au cœur de cette bande, les
évaporites du Trias, du Metlaoui et enfin les calcaires de l’Abiod ont fossilisé les mouvements
tectoniques subis par le Bou-zer au cours des temps géologiques.
On trouve au NE, dans le fond de l’oued principal qui serpente d’Est en Ouest, divers couloirs
de cisaillement dans les gypses. Ces couloirs de cisaillement sont dirigés N-S et présentent
deux familles de fentes de tension qui permettent de replacer grossièrement la direction des
contraintes et de déterminer les sens de décrochement. (Voir photos)
Une chronologie peut enfin être déduite de ces observations : 2 évènements décrochants sont
identifiables :
- Un premier épisode décrochant dextre de direction N-S
- Un second épisode, lui aussi décrochant, mais senestre cette fois.
Les deux évènements décrochants ont également été identifiés sur un plan de faille dans la
formation Abiod.
Enfin, des structures S-C ont été reconnues au Sud dans les gypses du Metlaoui et indique un
décrochement senestre dans la direction N-S.
22
Dans l’oued, les couches gypseuses sont par endroits plissées et forment des plis d’axes quasi
verticaux :
Le basculement à l’horizontal de ces plis à permis de déduire une direction de compression
qui ne correspond cependant à aucune autre direction identifié sur le Bou-zer ; il est alors plus
adapté de considérer l’inclinaison de ces plis comme originelle, ces plis constituant une
preuve supplémentaire d’épisodes décrochants.
Il apparaît clairement que le Jebel Bou-zer ait été affecté en son cœur par un important
décrochement senestre N-S
Ce décrochement peut d’ailleurs expliquer la virgation des couches situées à l’Ouest et que
nous avons décrit précédemment.
Cette virgation constitue une sorte de méga-crochon d’entraînement le long d’un accident
décrochant senestre.
Des indices liés à une compression sont également mis en évidence dans l’oued où les
couloirs de décrochements sont par endroits chevauchés par de gros blocs de roches. (Voir
photos).
Ceci constitue une preuve supplémentaire d’un chevauchement d’Ouest en Est. La troncature
des couloirs de cisaillement par ce chevauchement permet même de déterminer que cet
évènement est postérieur aux décrochements.
De multiples preuves vont également dans le sens d’une compression Est-ouest : nous avons
observé des plis d’entraînement (Drag Folds) ainsi que des plis plus importants tous d’axe
globalement NS.
ZONE SUD EST DE LA CARTE
Le sud-est du Bou-zer a particulièrement attiré notre attention.
On observe sur la carte que les dépôts du Metlaoui de cette zone ont une direction différente
du couloir central : l’angle formé avec le nord est plus important.
Le Metlaoui du Bou-zer est, comme nous l’avons vu plus haut, majoritairement constitué de
gypse, roche se déformant de manière très ductile.
L’étude des photos aériennes montre une rotation des couches du Metlaoui vers l’est.
L’ensemble pourrait être l’expression d’une zone de relais ou d’une zone intercalée entre deux
décrochements majeurs. Le premier de ces décrochements correspondrait au décrochement
NS identifié dans la partie centrale du Bou-zer tandis que le second se situerait plus à l’est.
On rappelle que cette région est affectée d’un système d’écailles qui rend relativement
difficile la lecture des structures. De plus, une importante partie de la zone est recouverte par
les dépôts quaternaires.
Si cette zone correspond à une zone inter décrochements, la direction du Metlaoui et les
décrochements peuvent décrire une méga structure S-C indiquant un important mouvement
senestre.
Nous restons cependant prudent pour l’interprétation de cette zone qui n’a reçu qu’une
attention tardive de notre part et dont l’étude n’a pu être réalisée plus en avant par manque de
temps.
23
Ft1
Z1
Z2
1 2 2 1
Ft2
Z2
Z1
Fentes de Tensions observées dans les couloirs décrochants. Relations entre les différentes fentes de tensions.
Plan de faille strié dans les conglomérats intra formationnel de
Plis à axes verticaux dans les gypses du Metlaoui.
l’Abiod.
24
Plan de faille strié dans l’Abiod : le bloc déplacé indique un Plan de faille strié dans l’Abiod : les 3 blocs n’en formaient qu’un à
décrochement senestre. l’origine, ce dernier a été brisé lors d’un mouvement dextre.
2) Chevauchement
1) Décrochement
Metlaoui NE du Bou-zer.
Amygdales de cisaillement liées au chevauchement.
Bloc chevauchant un couloir de décrochement et indiquant ainsi la
chronologie des évènements.
Rhéouis NE du Bou-zer sud : plis d’entraînement ou Drag Folds NE du Bou-zer : pli dans les évaporites rouges du Rhéouis indiquant
indiquant une compression E-W une compression E-W
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SYNTHESE
Le Bou-zer sud, situé sur l’axe Nord-sud Tunisien peut être subdivisé en 3 grands ensembles :
un ensemble ouest, le couloir central et enfin l’ensemble est.
Nous avons mis en évidence des preuves d’évènements distensifs antérieurs aux formations
de ces structures (Crétacé Inf) : ces failles sont orientées suivant plusieurs directions et
indiquent différentes directions d’extensions. Elles ont probablement rejoué à l’Eocène lors
d’une ou plusieurs phases compressives de direction EW ayant provoquées la formation d’une
amorce d’anticlinal à l’ouest.
Cette partie ouest, plissée et fortement écaillée chevauche une seconde zone à l’est également
plissée et écaillée mais dont l’ensemble sédimentaire semble cependant moins épais. Ceci
peut sous entendre la présence d’un ancien haut fond à l’est et de direction globale N-S, non
affecté par la sédimentation jusqu’au Crétacé Supérieur et qui pourrait être lié à un système de
type marge passive et de blocs basculés. L’hypothèse du diapir de Rhéouis nous semble peu
probable mécaniquement parlant.
Néanmoins il y a bien eu une remontée de Trias au travers des couches sus-jacentes, en
témoigne les intrusions d’évaporites rouges dans le Metlaoui ainsi que les nombreux
affleurements de Rhéouis au sud qui s’intercalent entre les formations plus récentes.
Enfin, une zone centrale indique un important décrochement sénestre NS qui déforme à
nouveau les plis provoquant notamment une virgation des couches bien observée sur la carte
et probablement la remonté de Rhéouis le long de cet accident.
A noter que les habitants nous ont fait découvrir les
quelques sources du jebel. Ces sources d’eau salée sont
pour la plupart située au niveau du couloir central N-S.
L’eau se fraye un chemin au travers des couches gypseuses,
se chargeant en sel et remontant à la faveur des grands
accidents géologiques du Bou-zer. Une autre source, tarie
cette fois, nous a été évoquée. Elle était située dans la partie
ouest et n’était pas salée.
Ces choses particulièrement concrètes et vitales pour la vie
des habitants nous ont fait prendre conscience d’une des
applications de la géologie de terrain aux problèmes
d’irrigation et de l’approvisionnement en eau des
populations.
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LE JEBEL BOU-ZER DANS LE CONTEXTE GENERAL.
Comme nous l’avons énoncé plus haut, la Tunisie est marquée par des évènements
géologiques qui se déroulent à l’échelle des plaques. Elle fut autrefois partie intégrante de la
marge méridionale de l’océan Téthysien avant de subir la compression globalement NS à
l’origine de la fermeture de la Thétys et de la formation des chaînes alpines.
Notre étude du Bou-zer nous a permis de reconnaître les grandes phases d’extension et de
compression. La datation n’est pas toujours évidente mais des estimations peuvent être
avancée.
A partir du tableau synthétique de l’évolution structurale de la Tunisie (voir annexes) tiré du
cours de Mr Rigane nous avons comparer les évènements identifiés dans le Bou-zer à ceux
enregistrer par l’axe NS au cours des temps géologiques :
Il apparaît que l’axe NS à bien subit une phase d’extension au crétacé inférieur. On sait
également que la Tunisie présentait alors une structure en blocs qui pourrait expliquer les
différentes directions des failles identifiées dans le Sidi-Khalif. Ce découpage serait lié au
socle Tunisien et aurait guidé l’étirement.
Cette phase d’extension est d’après la fig. 45 suivit d’un système de rides salifères qui
pourrait aller dans le sens d’un diapir de Rhéouis.
On note également, à l’Eocène supérieur une phase de compression de direction NW-SE qui
pourrait correspondre dans le Bou-zer à la formation des plis d’axe NE-SW et à l’écaillage
des couches.
Une seconde phase compressive, moins importante, nommée compression ante Burdigalienne
pourrait expliquer le fonctionnement dextre du couloir central.
Le décrochement sénestre serait lui plus tardif et daté au quaternaire.
Les schémas suivant constituent une synthèse des divers évènements affectant le Bou-zer sud.
27
Ze
N
Contact ZEBBAG-MELOUSSI B
Rh
Ab
Me.
Na
S-K.
COUPE C ET D
Ze
Met
Me.
2ND DECROCHEMENT ??
Schéma structural du BOU-ZER SUD 1 : 10000
28
SCHEMAS RECAPITULATIF DES DIFFERENTES PHASES IDENTIFIEES DANS LE BOU ZER SUD.
N N N
1 100m 2 100m 3
100m
Le Bou-zer sud enregistre d’abord une compression Une seconde phase de compression entraîne le Au quaternaire la direction de compression change et
de direction NW-SE qui provoque le plissement des fonctionnement dextre du couloir décrochant central. entraîne un fonctionnement senestre de l’accident
couches et l’écaillage des structures. central. Ce mouvement remobilise les structures et
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On indique l’existence probable du couloir provoque une virgation des couches bien observable
décrochant liée au réseau reghmatique. sur la carte.
CONCLUSION
Bien que nous n’ayons objectivement pas cerné la totalité de la géologie du Bou-zer, le travail
étant d’une toute autre ampleur, nous avons pu comprendre en quoi consistait le travail de
géologue sur le terrain et utiliser nos connaissances acquises en cours.
Une description de la structure globale du Bou-zer sud a été établie et nous avons tenté de
l’expliquer.
La région d’étude à ainsi montré une histoire géologique riche et complexe dont l’étude est
cependant facilitée par le climat aride qui révèle remarquablement bien les structures.
Le travail réalisé ainsi que les contacts humains qui en ont découlé resteront une excellente
expérience.
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CHEVAUCHEMENT D’EST EN OUEST
E W
DECROCHEMENT NS
SYSTEME DE FAILLES EN STRUCTURE EN
DUPLEX FLEUR
Coupe générale E-W du BOU-ZER Sud résumant la structure globale : Ze.= Zebag, Bo = Boudinar, Me= Meloussi, S.K = Sidi Khalif, Na = Nara, Rh =Rhéouis, Ab =
Abiod, Met = Metlaoui (C.C = calcaires coquillés, C.P = calcaires phosphatés.
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