Stabilité des Massifs Rocheux: Étude et Analyse
Stabilité des Massifs Rocheux: Étude et Analyse
Mémoire de Master
Juillet 2019
Remerciement
Remerciements i
Liste des figures ii
Liste des tableaux vi
Notations viii
Liste des abréviations ix
Sommaire x
Résumé xiii
Abstract xiv
ملخص xv
Introduction générale 1
Chapitre I : Caractérisation et classification des massifs rocheux
I.1 Introduction 2
I.2 Caractérisation du massif rocheux 2
I.2.1 La roche 2
I.2.2 Classification des roches 2
I.2.2.1 Roches Magmatiques (roches ignées) 2
I.2.2.1.1 Roches intrusives ou plutoniques 2
I.2.2.1.2 Roches extrusives ou volcaniques 3
I.2.2.2 Roches Sédimentaires 3
I.2.2.2.1 Les roches sédimentaires détritiques 4
I.2.2.2.2 Les roches sédimentaires chimiques et biochimiques 5
I.2.2.3 Roches Métamorphiques 5
I.2.2.3.1 Le métamorphisme de contact 5
I.2.2.3.2 Le métamorphisme régional 6
I.3 Les massifs rocheux 6
I.3.1 Discontinuités de massif rocheux 7
I.3.2 Caractéristiques géométriques des discontinuités 8
I.4 Classifications du massif rocheux 11
I.4.1 RQD (Rock Quality Designation) 11
I.4.2 Système du NGI (Rock Mass Quality) 12
I.4.3 La classification de Bieniawski RMR (Rock Mass Rating) 15
I.4.4 Système du GSI (Geological Strength Index) 17
I.4.5 Classifications de l'AFTES (1993) 18
I.4.5.1. Recommandation de L‟AFTES 19
I.5. Conclusion 20
Chapitre II : Rupture des massifs rocheux fissurés
II.1 Introduction 21
II.2 Notion de rupture, de fragilité et ductile 21
II.2.1 Définition de la rupture 21
II.2.2 Comportements mécanique des roches 21
II.2.2.1 Les roches ductiles 21
II.2.2.2 Les roches cassantes ou compétentes 21
II.2.2.3 Les paramètre de modification du comportement 28
II.2.2.3.1 Pression 22
II.2.2.3.2 Température 23
II.2.2.3.3 La vitesse de déformation 23
II.2.3 Classification des ruptures 24
II.3 Les types de fractures “fragiles” 24
II.4 Comportement mécanique des discontinuités rocheuses 24
II.5 La résistance des massifs rocheux fissurés 24
II.5.1 La résistance d‟un massif rocheux légèrement fissuré 26
II.5.1.1 Résistance au cisaillement d‟une discontinuité parfaitement lisse 26
II.5.1.2 Résistance au cisaillement d‟une discontinuité naturelle 27
II.5.2 Comportements au cisaillement d‟une discontinuité (Approche semi-
29
empirique)
II.6 Critères de rupture de la roche 30
II.6.1 Critère de Mohr-Coulomb 30
II.6.2 Critère de Griffith 32
II.6.3 Le Critère de Hoek et Brown 33
II.6.3.1 Estimation de la "qualité" du massif rocheux 35
II.7 Modèle élastoplastique parfait 35
II.8 Conclusion 36
Chapitre III: Instabilité des massifs rocheux et méthode d’analyse
III.1 Introduction 37
III.2 Mécanismes d‟instabilités 37
III.2.1 Phénomène d‟instabilité des massifs rocheux 37
III.3 Mécanismes de fragilisation des matériaux en place 38
III.4 Classification des instabilités 39
III.5 Mécanismes de rupture 41
III.5.1 Dégradations superficielles 41
III.5.2 Glissement plan 42
III.5.3 Glissement dièdre ou en coin 42
III.5.4 Décompression du massif et basculement de bloc 42
III.5.5 Rupture de pied de colonne 43
III.5.6 Rupture de surplomb 43
III.5.7 Rupture par basculement 44
III.5.8 Fauchage 45
III.5.9 Flambement 45
III.5.10 Glissement pseudo-circulaire 46
III.6 Les paramètre d'instabilités 46
III.7 Les méthodes d‟analyse de la stabilité des massifs rocheux 47
III.7.1 Définition du facteur de sécurité Fs 47
III.7.2 Méthodes d‟analyse de la stabilité 48
III.7.2.1 Méthodes d‟équilibre limite 49
III.7.3 Analyse de la stabilité d‟un glissement plan 50
III.7.4 Glissement en coin (dièdre) 55
III.7.4.1 Analyse de la rupture en tenant compte uniquement la résistance
56
due au frottement (méthode des abaques)
III.7.4.2 Analyse de la rupture du coin en en tenant compte la cohésion et
59
l'angle de frottement
III.7.5 Rupture Toppling 60
III.7.5.1 Analyse au renversement (Toppling) 60
III.7.6 Méthodes numériques 61
III.8 Méthode de confortement des massifs rocheux instables 62
III.8.1 Merlons et digues 62
III.8.2 Les fosses de réception 62
III.8.3 Les écrans rigides 63
III.8.4 Les barrières fixes 63
III.8.5 Purge et Reprofilage 64
III.8.5.1 La purge 64
III.8.5.2 Le reprofilage 64
III.8.6. Les galeries de protection 65
III.8.7 Les Structures en béton 65
8 III.8.8 Systèmes de confortement complémentaire 66
III.8.9 Les grillages et filets plaqués 66
III.8.10 Le boisement de protection 67
III.9 Conclusion 68
Chapitre IV: Etude de la stabilité des versants rocheux
IV.1 Estimation des Facteurs de sécurité FS analytiquement pour différents
69
mécanismes de rupture
IV.1.1 Glissement plan 69
IV.1.2 Glissement en coin (dièdre) 76
IV.1.2.1 Méthode des abaques 76
IV.1.2.2 Méthode analytique (prise en considération de la cohésion et de
77
l‟angle de l‟angle de glissement)
IV.1.3 Glissement d‟un Bloc rocheux sur un plan incliné « Rupture Toppling » 81
IV. 2 Etude de la stabilité d‟un versant rocheux par Logiciel GéosStructural «Rock
83
Stability »
IV. 2.1 Les phases d‟analyse de la stabilité du versant rocheux avec Rock
83
Stability
IV. 2.2 L‟analyse de la stabilité du versant en rupture plane avec le critère de
88
Mohr–Coulomb
IV. 2.3 L‟analyse de la stabilité du versant en rupture plane avec le critère de
91
Hoek-Brown
IV. 2.4 L‟analyse de la stabilité du versant en rupture dièdre 93
IV. 3 Conclusion 96
Conclusion générale 98
Références
Annexes
Résumé
Mots clés : Massifs rocheux, pendage, instabilité, rupture plan, facteur de sécurité, rupture
dièdre.
Abstract
In contrast to soft land movements, rock instabilities appear to be very diverse due to the
wide range of rigidities of rock materials and the variety of slopes affecting the massifs. In the
rock massifs, the discontinuities constitute the weak zones of the massif, they are the ones
which essentially determine the behavior of the rock mass, their rupture occurs almost always
following a pre-existing discontinuity. The work presented in this thesis relates to the study of
the stability of rock masses according to very specific failure mechanisms. In addition,
discontinuities that favor the failure of the rock mass are added a potential factor which is the
infiltration of water.
An analytical study of the stability of the rock mass is carried out using the mechanisms
of structural failure "plane, wedge and toppling". The Rock stability - Geostructural Analysis
software was used to analyze the standard rock slope studied analytically. At the end, an
interpretation of the results obtained is completed to better target the major parameters
responsible for the instability of the rock masses.
Key words: Rock mass, dip, instability, plane failure, safety factor, wedge failure
الملخــص
عهى عكس حزكاخ األراضً انرزاتٍح ٌ ،ثذٔ أٌ عذو اسرقزار انصخٕر يرُٕع نهغاٌح تسثة ذُٕع صالتح انًٕاد
انصخزٌح ٔ انًُحذراخ انرً ذؤشز عهى انكرهح انصخزٌح .فً انكرم انصخزٌح ،ذشكم انفٕاصم أٔ انشقٕق انًُاطك انضعٍفح
يٍ انصخز ،حٍس إَٓى ٌحذدٌٔ أساسا سهٕك انكرم انصخزٌحٌ .حذز انركسز دائ ًًا ذقزٌثًا نهرٕاجذ انًسثك نهفٕاصم ٔ
انشقٕقٌ .رعهك انعًم انًقذو فً ْذِ انزسانح تذراسح اسرقزار انكرم انصخزٌح ٔفقًا َنٍاخ اَكساريحذدج .تاإلضافح إنى
انشقٕق انرً ذؤدي إنى ذكسز انكرهح انصخزٌح ٌرذخم عايم يٓى أال ْٕٔ ذسهم انًاء.
ٔ نقذ ذى إجزاء دراسح ذحهٍهٍح السرقزار انكرهح انصخزٌح تاسرخذاو آنٍاخ انكسز انٍٓكهً «يسرٕي ،شُائً انسطح
ٔاإلسقاط يٍ خالل ذغٍٍز سأٌح االَقطاع فً غٍاب ٔ ٔجٕد انًٍاِ .ذى اسرخذاو تزَايج االسرقزار انصخزي -انرحهٍم
انجٍٕنٕجً نرحهٍم انًُحذر انصخزي انذي ذًد دراسرّ ذحهٍهًٍا .فً انُٓاٌح ٌ ،رى ذُفٍذ ذفسٍز نهُرائج انرً ذى انحصٕل عهٍٓا
نرحسٍٍ اسرٓذاف انًعاٌٍز انزئٍسٍح انًسؤٔنح عٍ عذو اسرقزار انكرم انصخزٌح.
Introduction générale
Le massif rocheux affecté d'un réseau plus ou moins dense de fractures est composé de blocs
formant un édifice généralement stable dans les conditions naturelles, mais dont l'équilibre
peut être rompu, instantanément ou à terme, par les travaux d'exploitation du site.
L'analyse des conditions de stabilité commence par une description et une représentation des
surfaces de discontinuités. Les ruptures se développent surtout au niveau des discontinuités,
qui présentent des caractéristiques mécaniques plus faibles que celles de la matrice rocheuse
Ce mémoire est divisé en quatre chapitres principaux, les trois premiers étant à caractère
bibliographique indispensable pour l‟analyse de la stabilité du massif rocheux.
Le deuxième chapitre est en rapport avec le comportement mécanique des massifs rocheux
avec une présentation des principaux critères de rupture utilisés dans l‟évaluation de la
stabilité des massifs rocheux
Le quatrième chapitre est consacré au calcul analytique pour l‟analyse de la stabilité d‟un
versant rocheux typique en utilisant différents mécanismes de rupture. On a réalisé également
une analyse avec le logiciel Rock Stability GeoStructural Analysis, pour en terminer avec une
conclusion générale.
Chapitre I
Les roches et des massifs sont constitués de matériaux considérés comme éléments de base
qui peuvent être affectés de discontinuités ou non. La présence des discontinuités peut avoir
une grande influence sur le comportement mécanique, hydraulique et sur la stabilité du
massif. L'étude des massifs rocheux s'appuie donc non seulement sur la caractérisation de la
roche saine, mais également la caractérisation des discontinuités. La classification des massifs
rocheux est utilisée pour la conception et la construction des ouvrages réalisés dans les
massifs rocheux. Elle est basée sur la connaissance des paramètres décrivant la qualité du
massif rocheux.
I.2.1 La roche
En géotechnique, une roche est un agrégat naturel massif de matière minérale. Les roches sont
des matériaux naturels généralement solides et formés, essentiellement ou en totalité, par un
assemblage de minéraux, comportant parfois des fossiles (notamment dans les roches
sédimentaires), En géologie, on appelle roche tout élément constitutif de l'écorce terrestre,
cela recouvre donc les roches au sens géotechnique, mais aussi le sol, le pétrole, l‟eau des
nappes, etc. [32]
Les roches sont classées selon leur composition, leur origine ou la modalité de leur
formation ; d'abord en trois grandes catégories :
• Roches Magmatiques (roches ignées)
• Roches Sédimentaires
• Roches Métamorphiques [24]
Les roches Magmatiques (ou roches ignées) comprennent les roches intrusives et les roches
extrusives.
Les roches intrusives ou roches plutoniques se forment à partir d‟un magma qui refroidit
lentement à de grandes profondeurs sous la croûte terrestre. En conséquence, les cristaux ont
le temps de bien se former et la roche présente une texture grenue. (Ex : granite, gabbro).(Fig.
I.1)
a) b)
a) Granite b) Gabbro
Fig. I.1 Roches plutoniques [32].
Les roches extrusives ou roches volcaniques sont issues d‟un magma qui refroidit rapidement
à la surface de la croûte terrestre. En conséquence, les cristaux n‟ont pas le temps de bien se
former et la roche est à grain très fin (Ex : basalte, rhyolite, andésite).(Fig.I.2) [24]
a) b)
a) rhyolite b) Basalte
Fig. I.2 Roches volcaniques [32].
Les roches sédimentaires sont des roches qui se forment à la surface de la croûte terrestre.
Ce sont des roches qui résultent de la compaction et de la cimentation de boues, de sables, de
graviers ou de fossiles.
Dans le détail, ce processus complexe est composé de quatre phases principales (Fig. I.3)
a. production de particules : par érosion et altération superficielle des roches de la croûte ;
b. transport de ces particules : principalement par l'eau, le vent ou la glace ;
c. sédimentation et dépôt : dans un milieu favorable pour former un sédiment ;
d. diagenèse : processus physico chimique (compactage, cimentation chimique,
biochimique…) qui transforme les sédiments pulvérulents en roche sédimentaire.
a) b)
a) Argile b) Grès
Fig. I.4 Roches détritiques [32].
a) b)
a) charbon b) calcaire
Le métamorphisme de contact est celui qui se produit, lorsque le magma encore très chaud est
introduit dans une séquence de roches froides, il y a alors transfert de chaleur et cuisson de la
roche encaissante aux bordures (Fig. I.6).[25]
Fig.I.6 Métamorphisme de contact.
Le métamorphisme régional est celui qui affecte de grandes régions. Il est à la fois contrôlé
par des augmentations importantes de pression et de température. C'est le métamorphisme des
racines de chaînes de montagnes. Le métamorphisme régional produit trois grandes
transformations: une déformation souvent très poussée de la roche, le développement de
minéraux dits métamorphiques et le développement de la foliation métamorphique (Fig. I.7).
[25]
Les massifs rocheux sont des structures très complexes. Ils sont assimilés à un assemblage de
blocs appelés matrice rocheuse lesquels sont délimités par des discontinuités constituées de
fissures, de fractures ou de failles ou encore de limites stratigraphiques.
Pour un ensemble de massifs rocheux, les discontinuités constituent une superposition de
différentes familles de fractures[10].
Les diaclases: Ce sont des fractures de la roche, issues d‟une rupture par compression,
traction ou cisaillement liées aux mouvements tectoniques. Les deux parties de la roche qui se
sont constituées n‟ont cependant pas bougé.(Fig. I.8).[11]
Les failles :Ce sont des fractures identiques aux diaclases mais qui ont entraîné un
mouvement relatif des deux parties de la roche encaissante. Un glissement a donc eu lieu le
long de cette faille. Leur longueur varie d‟une dizaine de centimètres à plusieurs centaines de
kilomètres.(Fig. I.9) [11]
B- Le pendage :
C‟est l‟inclinaison du plan par rapport à la verticale, mesurée de 0 à 90°, il est caractérisé
aussi par un sens de plongement, c‟est l‟angle que fait le vecteur (p) avec le plan horizontal
(β), (Fig.I.12). [15]
C- L’espacement :
C‟est la distance mesurée perpendiculairement entre deux plans appartenant à une même
famille de discontinuités. L‟espacement moyen nous renseigne sur le débitage en blocs et sur
la déformabilité et la perméabilité du massif.(Fig. I.13) [17]
D- L’ouverture et remplissage :
C‟est la distance entre les deux lèvres de la discontinuité. L‟ouverture du joint est soit remplie
d‟air et d‟eau (joint ouvert), soit avec des matériaux de remplissage (joint rempli). Les joints
ouverts ou remplis avec de grandes ouvertures montrent une faible résistance au cisaillement.
L‟ouverture est aussi associée à l‟écoulement et à la perméabilité.(Fig. I.13) [17]
Fig. I.13 Espacement, ouverture et remplissage des joints. [17]
E - La persistance :
C‟est la longueur de la trace de l‟intersection d‟une discontinuité sur la surface topographique
(appelée également continuité ou extension).
F- L’ondulation et la rugosité:
Qui influe sur la résistance au cisaillement de la discontinuité à travers l‟existence ou non
d‟ondulation à grande échelle et la présence ou non d‟aspérités à petite échelle.(Fig. I.14)
- Recommandation AFTES.
Deere (1964) propose un paramètre évaluant la qualité de la masse rocheuse selon un index
intitulé RQD (Rock Quality Designation). Obtenu à partir de carotte de forage, cet indice
(RQD) est défini comme le pourcentage des carottes de roches qui ont une longueur égale ou
supérieure à 10 cm sur la longueur totale du forage.
∑
(I.1)
Pour la classification des roches suivant sa qualité on utilise la valeur de RQD. Comme le
montre le tableau I.1:
L‟indice Q est calculé à partir de six paramètres géotechniques d‟après la formule suivante :
(I.2)
Où :
- RQD = le Rock Quality Designation,
- Jn = un nombre caractérisant l‟ensemble formé par les familles de joints,
- Jr = caractérise la rugosité des joints,
- Ja= caractérise l‟altération des joints,
- Jw = le facteur de réduction hydraulique des joints,
- SRF = le facteur de réduction des contraintes (Stress Reduction Factor).
Le Tunnelling Quality Index Q peut alors être considéré comme une fonction de seulement
trois paramètres, qui sont une mesure directe :
1. (RQD/Jn) = la taille des blocs,
2. (Jr/Ja) = la résistance au cisaillement inter-blocs,
3. (Jw/SRF) = des contraintes actives globales et hydrauliques.
Les tableaux suivants montrent les valeurs des paramètres de classification :
Bieniawski entre 1972 et 1973. Il combine les paramètres d'influence géologiques les plus
significatifs et les représente avec un seul indice global complet de la masse rocheuse. qualité,
qui est utilisé pour la conception et la construction de fouilles dans la roche, telles que
tunnels, mines, pentes et fondations. [6]
- Résistance de la roche,
- Fracturation : RQD,
- Espacement des joints (tous types de discontinuités : diaclases, fractures, schistosité,
stratification),
- Nature des joints,
- Venues d‟eau,
- Ajustement pour tenir compte de l‟orientation de la fracturation,
- Chaque critère reçoit une note,
- La somme de ces notes est la valeur de RMR.
Tableau I.4 Paramètres de classification des roches et notes de pondération [4]
Qualité de la masse
RMR Classe du massif
rocheuse
< 20 A Très pauvre (très médiocre)
21 – 40 B Pauvre (Mauvaise)
41 – 60 C Moyenne
61 – 80 D Bonne
81 – 100 E Très bonne
Introduit par Hoek - Brown en 1995, le GSI est un nombre sans dimension, déterminé
empiriquement, il varie entre 5 et 85, et qui peut être estimé à partir d‟un examen de la qualité
de la masse rocheuse in situ. La méthode GSI s‟appuie donc sur une observation directe de la
structure du massif rocheux. [15]
Ayant calculé le RMR de base et Q‟ le GSI peut être déterminé par les corrélations suivantes :
L'Association Française des Travaux en Souterrain (AFTES) a été créée en janvier 1972 pour
répondre aux recommandations de la Conférence Internationale sur les travaux souterrains
tenue à Washington en 1970 qui préconisaient la mise en place dans chaque pays d'un
organisme regroupant les différents acteurs intervenant, à des titres divers, dans les travaux
souterrains.
La principale activité de l'AFTES consiste à diffuser des recommandations techniques dans le
domaine des travaux souterrains. Ces recommandations sont préparées au sein de Groupes de
Travail qui ont permis de constituer une classification, dite de l'AFTES. Les paramètres à la
description du massif :
1) Les conditions géologiques générales.
2) Les conditions hydrogéologiques.
3) Les discontinuités du massif rocheux.
4) Les caractéristiques mécaniques du terrain.
5) Les contraintes naturelles et la hauteur de couverture de l'ouvrage.
6) La déformabilité du massif.
En plus de ces critères relatifs au massif rocheux, l'AFTES prend en considération.
Des critères relatifs à l'ouvrage et à son mode d'exécution
Les dimensions et la forme de la cavité.
Le procédé d'excavation, qui peut être soit à l'explosif en utilisant ou non la technique du
prédécoupage, soit purement mécanique.
Des critères relatifs à l'environnement
La sensibilité de l'environnement aux tassements.
Les effets d'une modification de l'équilibre hydrologique.
I.4.5.1 Recommandation de L’AFTES
Les groupe de travail n° 1 de l‟AFTES (géologie-géotechnique) a établi en 1987 un texte
pour chaque critère de classification et pour tous les types de soutènement un tableau indique
en fonction de la valeur du paramètre qui caractérise le critère en question, mal adapté ou en
principe impossible.
Utilisation de la classification AFTES pour le choix d‟un soutènement Différents tableaux
correspondants aux différents critères importants, et précisant si tel type de soutènement est
plus ou moins bien adapté vis-à-vis de ce critère. [28]
I.5 Conclusion
Les massifs rocheux sont présentés comme un milieu discontinu, composé de discontinuités et
de la matrice rocheuse. L'analyse des conditions de stabilité commence par une description et
une représentation des surfaces de discontinuités. La présence des discontinuités peut avoir
une grande influence sur le comportement et la structure du massif. L'étude des massifs
rocheux ne sont donc pas seulement basée sur la caractérisation de la roche saine, mais on doit
se basé sur la caractérisation géométrique des discontinuités. Les systèmes de classifications
des massifs rocheux sont des méthodes empiriques qui déterminent les propriétés du massif en
fonction de plusieurs facteurs affectent sa stabilité.
Chapitre II
Rupture des massifs rocheux fissurés
II.1Introduction
Le terme de rupture est employé dans des contextes très différents et pour des échelles très
variées. A l‟échelle des grains constituant une roche il s‟agit de micro rupture ou de
microfissuration. A l‟échelle de l‟échantillon de laboratoire, le terme de rupture concerne la
formation d‟une discontinuité macroscopique appelée macro rupture.
La rupture peut être définit comme la perte de résistance de l‟échantillon qui accompagne la
macro rupture. Le terme de rupture concerne l‟apparition d‟une discontinuité matérielle. On
parle également de rupture pour désigner le mouvement de cisaillement le long d‟un joint
rocheux ou d‟une faille. Le terme de rupture concerne alors une discontinuité de déplacement.
II.2.2.3.1 Pression
D‟après les études expérimentales (graphe), plus la contrainte principale mineure σ3 est forte,
plus le seuil de rupture est atteint tardivement ou même disparaît [14]: (Fig. II.2)
Pour des contraintes compatibles à l‟apparition d‟une rupture (σ3<30MPaen laboratoire), une
augmentation de température permet [14]: (Fig. II.3)
D‟après cette étude, plus la vitesse de déformation est importante (augmentation de la vitesse
de charges), plus la déformation plastique diminue, la déformation élastique augmente, le
seuil de rupture est atteint pour de faibles déformations et la roche devient cassante [14].
(Fig.II.4)
Fig. II.4 L‟effet de la vitesse [14].
Une classification, communément acceptée pour la rupture macroscopique des roches par
rapport à la compression de confinement. Selon cette classification on a (Fig. II.5) [1]:
1. Rupture par fissuration axiale avec pression de confinement très faible;
2. Rupture par cisaillement le long d'un plan unique à pression de confinement
intermédiaire;
3. Rupture le long de plusieurs plans de cisaillement à pression de confinement forte
(comportement ductile).
Le mode I (mode dit ”en ouverture”) : les sur faces de la fissure se déplacent dans des
directions opposées et perpendiculairement au plan de fissure ;
Le mode II (glissement de translation) : les surfaces de la fissure se déplacent dans le même
plan et dans une direction perpendiculaire au front de la fissure;
Le mode III (glissement de rotation ou anti plan): les surfaces de la fissure se déplacent
dans le même plan et dans une direction parallèle au front de la fissure.
Les discontinuités rocheuses présentent des états de surface variables suivant l'origine des
mécanismes qui les ont produites. Ainsi, les surfaces des épontes présentent des irrégularités
différentes suivant qu'elles sont créées en extension, en compression ou en cisaillement.
Du fait de l'irrégularité de leurs surfaces, les joints rocheux transmettent les efforts de
compression et de cisaillement et sont susceptibles de se déformer sous l'action de contraintes
s'exerçant sur les épontes. [23]
La résistance du massif rocheux est gouvernée par la résistance de la roche intacte est la
résistance des discontinuités quelle contient ; d‟où en distingue les cas suivants :
- Le cas où l‟on veut déterminer la résistance de la rocheuse intacte (ce cas n‟est pas
représentatif d‟un massif rocheux),
- Le cas où la roche laisse apparaître une ou deux familles de discontinuités,
- Le cas où la roche est moyennement, voire fortement fissuré, là où aucune famille de
discontinuités ne présente une orientation remarquable.
Nous allons décrire ces deux derniers cas avec plus de détail. [16]
La résistance d‟un massif rocheux fracturé est déterminée par celle de ses zones de faiblesse,
donc par celle des discontinuités, qui se rompent par cisaillement des aspérités en contact. [2]
La théorie de Coulomb stipule que la résistance au cisaillement d‟une surface plane est
proportionnelle à la contrainte normale appliquée à cette surface.
Ainsi, lors d‟un essai de cisaillement d‟une discontinuité lisse et sans remplissage sous contrainte
normale 𝜎n constante, on observe une montée constante (de pente Ks, appelée aussi raideur
tangentielle) de l‟effort de cisaillement tant que la résultante des contraintes appliquées (τ, 𝜎n)
reste à l‟intérieur du cône de frottement [16].
Au-delà, la rupture intervient et le cisaillement se produit sans perte de résistance (Fig. II.7). [2]
Fig. II.7 Cisaillement d‟une discontinuité lisse sous contrainte normale constante [16].
L‟enveloppe de rupture d‟une discontinuité lisse de frottement dans le plan de Mohr est une
droite rectiligne de pente tan(υ).
Pour une faible contrainte normale, le cisaillement d‟une discontinuité naturelle suit l‟inclinaison
(i) des aspérités et s‟accompagne d‟un déplacement normal, appelé dilatance.(Fig. II.9)
Pour une contrainte normale élevée, le mouvement relatif des surfaces broie immédiatement les
aspérités en contact. Il y a peu de dilatance [19].
Pour une contrainte normale intermédiaire, le mouvement des épontes s‟effectue selon un angle
(d), inférieur aux inclinaisons maximales des aspérités, et qui évolue avec le déplacement
tangentiel. Les aspérités les plus redressées sont en partie cisaillées, et seules les aspérités à base
large déterminent l‟inclinaison du mouvement. (Fig.II.10)
La résistance de pic qui est la valeur maximale atteinte lors de la rupture des
aspérités,
La résistance résiduelle qui est atteinte lorsque toutes les aspérités sont broyées,
est caractérisée par le frottement résiduel des surfaces en contact.
La valeur de l‟angle de dilatance au pic de résistance est généralement retenue.
L‟enveloppe de rupture d‟une discontinuité rocheuse dans le plan de Mohr (τ, 𝜎n) n‟est plus une
droite rectiligne de pente tan (υ). Le frottement est décomposé en la somme du frottement
résiduel et de l‟angle de dilatance .
𝜎 (II.1)
𝜎 ( ) (II.2)
Où :
𝜎n est la contrainte normale appliquée à la discontinuité,
JRC est le Joint Roughness Coefficient,
JRC exprime la rugosité des contacts, il est déterminé à partir d‟un relevé de profil de la
discontinuité.
JCS est le Joint Wall Compressive Strength.
JCS tient compte de l‟altération des épontes en contact en estimant leur résistance à la
compression simple.
La méthodologie de Barton est plutôt appliquée dans le domaine des mines. En effet, il est plus
facile d‟obtenir le JCS et le JRC d‟une grande discontinuité accessible que d‟obtenir ceux-ci sur
un échantillon de petite taille détruit partiellement par son prélèvement.
Le critère de Mohr-Coulomb est la combinaison de deux approches : relation linéaire entre les
contraintes normale et tangentielle de Coulomb et expression du critère comme enveloppe des
cercles de Mohr [24]. Ce critère peut être écrit sous une forme linéaire des contraintes [23].:
𝜎 (II.3)
(II.4)
𝜎 𝜎 (II.5)
D‟où
(II.6)
𝜎 𝜎 (II.7)
𝜎 𝜎 𝜎 (II.8)
(II.9)
𝜎 𝜎 𝜎 (II.10)
Fig. II.15 Critère de rupture de Mohr-Coulomb représenté dans le plan des contraintes
principales (𝜎 ;𝜎 ) [23].
(II.11)
Si
(II.12)
Si
Lorsque
La théorie de compression plane de Griffith ne donne pas un très bon modèle pour la résistan
ce maximale de la roche sous une compression multiaxiale. Cela donne seulement une bonne
estimation de la résistance à la traction, et sous-estimela résistance à la compression,
Particulièrement sous de grandes contraint eslatérales.
Hoek et Brown ont proposé un critère de rupture empirique pour les massifs rocheux
fracturés. L‟enveloppe de résistance de Hoek-Brown n‟est pas une ligne droite. C‟est une
courbe. A haut niveau de contrainte, l'enveloppe s‟incurve vers le bas, et donne ainsi une
évaluation de résistance inférieure à celle de l'enveloppe de Mohr-Coulomb [17]..
C'est un critère empirique basé sur des résultats réels d'essais obtenus sur diverses roches.
L'emploi et le choix des paramètres est très facile. Il peut être étendu aux massifs rocheux. Il
est employé couramment en mécanique des roches et dans le dimensionnement des ouvrages.
L'expression de ce critère généralisé est la suivante : [23]
(II.14)
Ou :
- 𝜎1' est la contrainte effective maximum à la rupture ;
- 𝜎3' est la contrainte effective minimum à la rupture ;
- 𝜎ci est la résistance à la compression de la matrice rocheuse intacte ;
- mb est la valeur de la constante m de Hoek et Brown pour le massif rocheux ;
- s et a sont des constantes adimensionnelles qui dépendent de l'état et du degré de fracturation
du massif rocheux (pour la roche intacte s = 1)
Ce critère peut également s'écrire sous la forme :
( ) (II.15)
Ou :
( √ ) (II.16)
( ) (II.17)
Pour utiliser le critère de Hoek et Brown, il est nécessaire d'évaluer la qualité du massif rocheux.
Jusqu'en 1995 des tableaux proposaient directement des valeurs du paramètre s, m, A et B en
fonction de la nature pétrographique de la roche et de son degré de fracturation. Ces valeurs
permettaient d'estimer le cisaillement à la rupture par la relation (II.15) [28].
En 1995, Hoek et al. Ont introduit le Geological Strength Index (GSI) dont la valeur est
également appréciée en fonction de la nature pétrographique de la roche et de son degré de
fracturation. Les paramètres mb et s peuvent alors être calculés à partir du GSI par les relations :
( ) (II.18)
( ) (II.19)
Et (II.20)
Pour GSI < 25
(II.21)
Et (II.22)
La traduction du comportement des roches sous une forme analytique est nécessaire pour
pouvoir dimensionner les ouvrages exécutés dans les massifs rocheux. Une loi représentant le
comportement fragile à la compression d‟une très grande majorité de roches est la loi
élastoplastique avec radoucissement (appelée également écrouissage négatif). Elle est régie par le
critère de Mohr-Coulomb. Cette loi est définie par trois phases (Fig.II.19) : 1- phase élastique, 2-
phase de post-rupture, 3- phase résiduelle. Pour des raisons de difficultés liées à la modélisation
numérique, il est plus aisé d‟utiliser le formalise élastoplastique parfait qui a été initialement
développé pour décrire le comportement des métaux. Son emploi est fréquent dans les modèles
numériques grâce à sa simplicité et la facilité d‟intégration dans les codes de calcul numériques
[28].
La phase élastique est caractérisée par un module d‟Young E et un coefficient de Poisson ν. Dans
la phase plastique, nous notons la présence d‟une contrainte 𝜎p marquant la plasticité de la roche
et qui varie en fonction de la contrainte de confinement. Cette phase est caractérisée par une
cohésion C et un angle de frottement interne [28].
Fig. II.19 Modèle de comportement élastoplastique parfait et avec radoucissement [28].
III.8 Conclusion
La rupture des massif rocheux se produit me long des discontinuités matérielles. La résistance du
massif rocheux est gouvernée par la résistance de la roche intacte et la résistance des
discontinuités qu‟elles contiennent. Une discontinuité présente des rugosités irrégulières,
nommés aussi aspérités de surface qui déterminent le comportement en cisaillement de la
discontinuité. La résistance d‟un massif rocheux est déterminée par celle des discontinuités, qui
se rompent par cisaillement des aspérités en contact. Par conséquent, l‟analyse du comportement
au cisaillement d'une discontinuité montre que la résistance au cisaillement maximale
(résistance de pic) est régie par la résistance des aspérités en contact lorsque ces derniers sont
soumis à des efforts de compression et de cisaillement. L‟analyse de la stabilité des massifs
rocheux nécessite l‟utilisation de plusieurs critères de rupture à savoir le critère de Mohr
Coulomb, Griffith et Hoek- Brown.
Chapitre III
Instabilité des massifs rocheux et méthode d’analyse
III.1 Introduction
L‟équilibre mécanique des masses de terrain en place peut être rompu par divers phénomènes
naturels comme l‟érosion, les tremblements de terre, ou les travaux (terrassements, remblais,
constructions). Dans les roches massives comme les granites, la masse est prédécoupée par un
réseau de fractures qui sont les seules discontinuités. Dans les roches sédimentaires, la
stratification constitue une autre famille de discontinuité qui vient s‟ajouter à celles
provoquées par le découpage de la masse rocheuse sous l‟effet des efforts tectoniques. Ces
familles de discontinuités constituent les points faibles des massifs rocheux et fragilisent de ce
fait le massif.
III.2 Mécanismes d’instabilités
L‟équilibre d‟un des massifs rocheux en pente, qu‟il soit naturel ou anthropique, dépend des
caractéristiques de frottement des joints de rupture les plus sollicités, en l‟absence d‟eau.
Quant à la cohésion, elle ne peut pas être durable, car elle est menacée par l‟altération et la
fatigue (action de la pesanteur, séismicité locale, alternance des efforts hydrauliques et
thermiques, etc.). A partir de là, l‟altération et la dégradation du massif conduisent à une plus
grande ouverture de certaines fractures, Les blocs rocheux se détachent et chutent dès que
l‟équilibre entre les forces de contact et la gravité n‟est plus assuré. [12]
III.2.1 Phénomène d’instabilité des massifs rocheux
Il existe différents types de mouvements rocheux. Ils sont généralement classés en fonction
des volumes en jeu au cours de leur propagation. Ainsi, un bloc rocheux correspond à un
volume variant entre le décimètre cube et la centaine de mètre cube. Une classification des
glissements de terrains rocheux est donnée dans le Tableau III.1.
Tableau III.1 Classement des éboulements en fonction de leur volume [12].
a. Les chutes de blocs qui proviennent de la dégradation d‟une falaise ou d‟un versant
rocheux. Selon le volume qui se détache, on leur donne un nom différent :(Fig. III.2)
Chutes de pierres
Chutes de blocs
Écroulements
Écroulements majeurs
Écroulements catastrophiques
Tous les mouvements de ce type (jusqu‟à quelques milliers de mètre cube) ont en commun
leur soudaineté et leur rapidité. Leurs trajectoires associent rebondissements, roulements, et
glissement. [13]
Fig. III.5
(III.1)
En se référant aux valeurs du coefficient de sécurité on peut évaluer l‟état de stabilité du talus
comme le montre le tableau III.2
Tableau III.2 Equilibre des talus en fonction des valeurs expérimentales du coefficient de
sécurité.
FS <1 talus instable.
1 < FS <1,5 Glissement possible.
FS >1,5 Généralement stable.
Dans le cadre de ce mémoire, seules les ruptures structurales seront considérées dans l'analyse
de stabilité des massifs (Fig. III.19 a et b).
Dans la littérature scientifique, il existe de nombreuses méthodes de calcul de la stabilité des
pentes, méthodes d‟équilibre limite (supposant que la résistance au cisaillement le long de la
surface est gouvernée par la relation de Mohr-Colomb, méthode des différences finis et
méthodes des éléments finis (permettant de calculer les contraintes et déformations).
Toutes ces méthodes ont des avantages et inconvénients, et reposent sur un certain nombre
d‟hypothèses et d‟approximations. L‟utilisation de l‟une ou l‟autre méthode dépend des
moyens disponibles pour déterminer les paramètres de calcul correspondant à la méthode
choisie.
(III.2)
(III.3)
Avec :
- τ : contrainte de cisaillement ;
- c : Force de cohésion de la surface de rupture ;
- : Angle de frottement de la surface de rupture ;
- γ : le poids volumique de la roche ;
- : le poids volumique de l'eau.
Donc : (III.8)
Lorsque l‟eau remplie la discontinuité, elle exerce une pression qui réduit la contrainte
normale sur la discontinuité. De ce fait, la résistance au cisaillement du joint diminue, ce qui
augmente le risque de rupture de la pente. L'effet de la pression d'eau peut être estimé en
déterminant la contrainte normale effective. La contrainte normale effective due à la présence
d'eau dans le joint, est donnée en tant que :
- μ pression de l'eau ;
- σ ‟: contrainte normale effective ;
- σ : contrainte normale ;
- ρ : poids volumique de l'eau ;
- H : hauteur de la colonne d'eau.
Fig. III.22 Géométrie d'une pente en rupture plane saturée d'eau.
𝜃 (III.9)
√ 𝜃 (III.10)
Fig. III.26 Géométrie de la pente avec fracture de traction interceptant le sommet de la pente
Profondeur de la fissure de tension 𝜃 (III.20)
𝜃 (III.22)
Ou (( ( ) ) 𝜃 ) (III.23)
Où : RA et RB sont les réactions normales appliquées par les plans A et B, comme illustré à la
figure III.29, et la composante du poids agissant sur la ligne d'intersection est Wsin.
Afin de remplir les conditions d‟équilibre, les composants normaux des réactions doivent être
égaux. Par conséquent, la somme des composantes parallèles doit être égale à la composante
du poids agissant le long de la ligne d'intersection.
( ) ( ) (III.29)
( ) ( ) 𝜃 (III.30)
Fig. III.29 Résolution des efforts pour le calcul du facteur de sécurité du Dièdre:
(a) vue du coin présentant l‟orientation des angles β et ξ, et les réactions RA et RB sur le plan
de glissement, (b) Coupe transversale du dièdre présentant la résolution du poids de dièdre W.
(III.31)
( )
(III.32)
( )
(III.33)
( )
(III.34)
Fig. III.31 Abaques donnant les facteurs A et B pour une différence de pendage de 10°. [13]
Fig. III.32 vue en perspective de dièdre présentant la numérotation des lignes d'intersection et
des plans. [13]
( ) (III.36)
Les valeurs des paramètres X, Y, A et B sont données par les équations suivantes :
(III.37)
(III.38)
(III.39)
(III.40)
Où, CA et CB sont la force de cohésion du plan a et b, a et b sont l'angle de frottement le
long des plans a et b, 𝑟 est le poids unitaire de la roche et H est la hauteur totale du coin. X,
Y, A et B sont des facteurs sans dimension, qui dépendent de la géométrie du coin, a et b
sont les l‟inclinaison des plans a et b, alors que i est le l‟inclinaison de leurs ligne de
intersection.
En condition complètement drainée, la pression d'eau est nulle. Par conséquent, le facteur de
sécurité du dièdre est donné par:
(III.41)
Fig. III.33 Basculement de roche dure avec des discontinuités de très fort pendage.
III.7.5.1 Analyse au renversement (Toppling):
Le rocher possède des discontinuités fortement inclinées. Le rapport largeur/épaisseur d‟un
bloc < pente du plan de renversement. Si le pendage de la pente de renversement < l‟angle de
frottement, seul du renversement se produit. Si le pendage de la pente de renversement > la
pente du plan de renversement, il y a glissement et renversement des blocs. (Fig. III.34)
Fig. III.35 Exemple d‟implantation d‟un merlon dans une pente avec reprofilage du versant
amont. [12]
III.8.2 Les fosses de réception
Il s‟agit d‟ouvrages obtenus par déblais sur la trajectoire des éboulis en amont de l‟objectif à
protéger. Plusieurs conceptions peuvent être imaginées, allant d‟une configuration d‟une fosse
élargi, destine à piéger les blocs se détachant des petits talus situes en bordure de route, a un
ouvrage large et profond, creuse dans le terrain pour contenir de plus gros blocs et des
volumes plus importants d‟éboulis. (Figure.III.36) [12]
Fig. III.36 Fosse de
réception aménagée en pied
de falaise. [12]
III.8.3 Les écrans rigides
Les écrans à structure légère ont une capacité inférieure à 100 kJ, alors que ceux en gabions
ont une capacité de l‟ordre du MJ. (Fig. III.37) [12]
Ce sont des ouvrages de type déviateur en casquette ou de galerie pare-blocs par exemple, qui
sont des parades contre les instabilités rocheuses comme entre autres les chutes de blocs. (Fig.
III.41) [12]
Fig. III.45 Modes de dissipation de l‟énergie d‟un bloc par un arbre. [12]
III.9 Conclusion
L‟instabilité des versants rocheux sont influencés par de nombreux facteurs tels que la
structure géologique du massif (lithologie, failles et fractures), l‟évolution du chargement
mécaniques imposé au versant et les paramètres climatiques (précipitations).
Les ruptures se développent surtout au niveau des discontinuités, qui présentent des
caractéristiques mécaniques plus faibles que celles de la matrice rocheuse, provoquant ainsi
des glissements suivant un ou plusieurs plans de fracture (plan, dièdre, toppling et circulaire).
L‟évaluation de la stabilité d‟un versant peut se faire par diverses méthodes afin de définir un
facteur de sécurité pour apprécier la marge de sécurité du versant vis-à-vis de la rupture et
d‟identifier la zone instable. De plus des techniques de confortements des glissements sont
très nombreuses, elles doivent être adaptées aux conditions du site.
Chapitre IV
Etude de la stabilité des versants rocheux
IV.1 Estimation des Facteurs de sécurité FS analytiquement pour différents mécanismes
de rupture
IV.1.1 Glissement plan
Les donnes :
- γ = 26 KN/m3
- υ = 20°
-
- 𝜃 /40°/45°.
- C = 50/75/ 100 (KN/m2)
- H=20m
Absence d’eau (Sans fracture) :
L‟étude d‟équilibre du bloc en rupture est déterminée au chapitre III afin de calculer le
coefficient de sécurité du versant
𝜃 𝜃
𝜃 𝜃
𝜃
𝜃
Tableau IV. 1 Bilan des coefficients de sécurités en fonction de l‟angle de rupture pour
rupture plan (absence d‟eau sans fracture)
C
𝜃[°]
[KN/m2]
50 1,21
75 1,55
35
100 1,89
50 1,19
75 1,57
Absence 40
100 1,95
d’eau
50 1,27
75 1,73
45
100 2,18
Le Cas :
kN/m
𝜃 𝜃
𝜃 𝜃
Tableau IV.2 Bilan des coefficients de sécurités en fonction de l‟angle de rupture pour le
cas : rupture plan (présence d‟eau sans fracture)
U C
𝜃 [°] [m]
[KN/m] [KN/m2]
50 1,21
0 75 1,55
0
100 1,89
50 0,96
1/2 H 75 1,30
1743
100 1,64
50 0,87
35 2/3 H 75 1,22
2323,42
100 1,56
50 0,71
H 75 1,05
3486
100 1,39
50 1,19
75 1,57
0 0
100 1,95
50 0,92
1/2 H 75 1,29
1555,5
100 1,67
50 0,82
2/3 H 75 1,20
2073,48
100 1,58
40
50 0,64
H 75 1,02
3111
100 1,40
50 1,27
0 75 1,72
0
100 2,18
50 0,94
1/2 H 1414 75 1,40
100 1,85
45
50 0,83
2/3 H 1884,86 75 1,29
100 1,74
50 0,61
H 2828 75 1,01
100 1,52
(√ 𝜃 ) (√ )
√ √
Le cas ; → et
𝜃 𝜃
𝜃 𝜃
Le cas :
Tableau IV. 3 Bilan des coefficients de sécurités en fonction de l‟angle de rupture pour
rupture plan (présence d‟eau avec fracture)
V U C
𝜃 [°]
[m] [KN/m] [KN/m] [KN/m2]
50 1,03
0 0 0 75 1,28
100 1,54
1/2 Z 50 1,01
= 4,23 111,83 75 1,26
0,92 100 1,52
35 2/3 Z 50 1,00
= 7,56 149,51 75 1,25
1,23 100 1,51
Z 16,93 223,65 50 0,98
= 75 1,24
1,84 100 1,49
50 1,06
0 0 0 75 1,37
100 1,69
1/2 Z 50 1,01
= 14,62 197,59 75 1,32
1,71 100 1,63
2/3 Z 50 0,99
40
= 26 263,45 75 1,3
2,28 100 1,61
Z 50 0,95
= 58,48 395,18 75 1,26
3,42 100 1,56
50 1,16
75 1,56
0 0 0
100 1,96
1/2 Z 50 1,07
= 75 1,47
29,04 258,83
2,41 100 1,86
2/3 Z 50 1,03
= 75 1,42
51,52 344,75
3,21 100 1,81
45
Z 50 0,94
= 115,68 516,59 75 1,32
4,81 100 1,7
2,5
2,25
2
1,75
1,5
Fs
1,25
1
0,75
0,5
0,25
0
20/50 20/75 20/100
φ[°]/c[kN/m²]
θ=35° θ=40° θ=45°
θ=35° 2/3 H θ=40° 2/3 H θ=45° 2/3 H
Fig. IV.5 Comparaison des Fs en fonction des angles de rupture pour le cas : rupture plan
(sans fracture en absence et en présence d‟eau)
2,5
2,25
2
1,75
1,5
Fs
1,25
1
0,75
0,5
0,25
0
20/50 φ[°]/c[kN/m²] 20/75 20/100
θ=35° θ=40°
θ=45° θ=35° AF
θ=40° AF θ=45° AF
Fig. IV.6 Comparaison des Fs en fonction des angles de rupture pour le cas : rupture plan
(avec fracture en absence et en présence d‟eau (Zw= Z)
Interprétation des résultats pour le glissement plan
D‟après l‟étude paramétrique réalisée, on déduire pour le cas glissement plan les
résultats suivants:
- Les coefficients de sécurités sont minimales lorsque le pendage = 35° dans les trois
cas analysés à savoir rupture plane sans fracture, avec fracture en absence d‟eau et en
présence d‟eau.
- Les coefficients de sécurités sont minimales pour lorsque la fracture de traction est
remplie d‟eau (ZW=Z)
- On peut remarquer également d‟après les figures IV.4 et 5 que les coefficients de
sécurité diminuent avec la diminution de la cohésion existante entre les discontinuités.
La méthode des abaques est applicable pour les sols frottant (voir chapitre III)
Nous avons calculé le coin en rupture dont les caractéristiques géométriques sont présentées
sur le Tableau IV.4
1er cas
Pour une différence de 30◦, les valeurs des coefficients A et B et déterminé à partir des deux
abaques de l‟annexe A.
Pour une différence de direction de 120◦, les valeurs de A et B sont respectivement 1,5 et 0,7,
A = 1,5 et B = 0,7.
Pour la différence du pendage égale à 50° et une différence de direction de 120°, on a utilisé
les deux abaques de la différence 50 annexe A.
Les valeurs des coefficients A et B d‟après ces deux abaques sont respectivement 2,1 et 0,6
A = 2,1 et B = 0,6.
Cette méthode est applicable pour calculer le facteur de sécurité d'un coin qui intègre la
géométrie de la pente, différentes résistances au cisaillement des deux plans de glissement
et les eaux souterraines. Cependant, cette analyse ne tient pas en considération les fractures de
traction et les forces externes telles que le boulonnage. (Figure IV. 7)
a) b)
Fig. IV.7 Géométrie du coin utilisé pour l‟analyse de la stabilité, y compris l'influence du
frottement, la cohésion et la pression de l'eau sur les plans du glissement:
a) vue en plan du coin présentant la numérotation des lignes et des plans d'intersection;
(b) vue normale à la ligne d'intersection (5) indiquant la hauteur du coin et la
distribution de la pression d'eau.
La figure IV.7 (a) montre la géométrie et les dimensions du coin qui sera considéré dans
l'analyse suivante.
Le coin est supposé imperméable et que l'eau pénètre en haut de coin le long des lignes
d'intersection 3 et 4 et sort le long des de la pente des lignes d'intersection 1 et 2.
Les deux plans sur lesquels se produit le glissement sont désignées par A et B, le plan A ayant
le pendage le moins profond. La numérotation des cinq lignes d‟intersection des quatre plans
définissant le coin est comme suit:
Line 1:Intersection du plan A avec la face de la pente.
Line 2:Intersection du plan B avec la face de la pente.
Line 3: Intersection du plan A avec la pente supérieure
Line 4: Intersection du plan B avec la pente supérieure.
Line 5 : Intersection des plans A et B.
( )
Les différents angles d‟intersection des plans de rupture sont déterminés à partir de la
projection stéréographique du dièdre (Figure IV. 8)
Fig. IV.8 Carte stéréographique des données nécessaires à l'analyse de la stabilité du coin.
° θ ° γ
° θ °
° θ °
θ °
θ °
Les valeurs des paramètres X, Y, A et B sont données par les équations suivantes :
𝜃
𝜃
𝜃
𝜃
𝜃
𝜃 𝜃
( )
Le cas :
( )
( ) ( )
Tableau IV. 7 Coefficients de sécurité pour différents valeurs de cohésion des plans de
rupture
[°] [°] [KPa] [KPa]
20 20 50 50 1.44
20 20 75 75 1.95
IV.1.3 Glissement d’un Bloc rocheux sur un plan incliné « Rupture Toppling »
𝑟 𝑟 𝜃
𝑟 𝑟 𝜃
𝜃
𝜃
Absence d'eau : U = 0, V = 0
Pour :
KN
𝜃
𝜃
𝜃 [°] Zw[m] V U C Fs
[KN/m] [KN/m] [KN/m2]
50 0,99
1/2 H 217,8 613,8 75 1,14
100 1,28
50 0,92
25 2/3 H 387,2 818,4 75 1,06
100 1,20
50 0,76
H 871,2 1227,6 75 0,88
100 1,01
50 0,92
1/2 H 217,8 613,8 75 1,05
100 1,19
50 0,85
27 2/3 H 387,2 818,4 75 0,98
100 1,11
50 0,71
H 871,2 1227,6 75 0,83
100 0,94
D‟après la Figure III.34 présentant les conditions de glissement et du renversement d‟un bloc
sur un plan incliné, on peut déduire les résultats suivants :
IV. 2 Etude de la stabilité d’un versant rocheux par Logiciel GéoStructural «Rock
Stability »
IV. 2.1 Les phases d’analyse de la stabilité du versant rocheux avec Rock Stability
On a analysé le profil type du versant rocheux étudié analytiquement par le programme
destiné à l‟analyse de la stabilité des massifs rocheux « Rock Stability » intégré dans le
logiciel « GeoStructuel Analysis » suivant les étapes suivantes :
Définition du projet
La boite de dialogue « setting » sert à définir le type de rupture et les méthodes utilisées pour
effectuer l‟analyse (rupture plane, dièdre). Elle sert également à sélectionner le type d‟analyse
« Coulomb » pour le calcul des pressions des terres et le séisme.
Water :
Analyse du profilé
La boite de dialogue Analysis permet d‟effectuer l‟analyse pour afficher les résultats.
Fig. IV. 16 La boite de dialogue Analysis
Slip surface :
La boite de dialogue slip surface permet d‟introduire les caractéristique géométriques des
surfaces de glissement.
Fig. IV.17 La boite de dialogue slip surface pour le cas coin en rupture
Paramètre :
a) b) c)
Zw V U C τ resistant τ moteur
Fs
[m] [KN/m] [KN/m] [KN/m2] [KN/m] [KN/m]
50 3062,26 2537,14 1,21
Absence
75 3933,98 2537,14 1,55
d’eau 0 0 0
100 4805,71 2537,14 1,89
1/2 Z 50 1224,79 1997,35 0,61
= 75 1779,02 1997,35 0,89
4,23 111,83
0,92 100 2333,25 1997,35 1,17
2/3 Z 50 1108,46 2017,22 0,55
Présence
= 7,56 149,51 75 1662,69 2017,22 0,82
D’eau
1,23 100 2216,93 2017,22 1,10
(avec
Z 50 1108,46 2073,13 0,53
Fracture)
= 16,93 223,65 75 1662,69 2073,13 0,80
1,84 100 2216,93 2073,13 1,07
1/2 H 50 2744,98 2537,14 1,08
= 75 3616,70 2537,14 1,43
0 1437
10 100 4488,43 2537,14 1,77
2/3 H 50 2498,49 2537,14 0,98
Présence
= 75 3370,21 2537,14 1,33
D’eau 0 2323,42
13,33 100 4241,93 2537,14 1,67
(Sans
H 50 1793,14 2537,14 0,71
Fracture)
= 75 2664,86 2537,14 1,05
0 3486
20 100 3536,58 2537,14 1,39
Tableau IV. 11 Bilan des coefficients de sécurités pour rupture plane 𝜃 = 40° Critère M-C
(en absence et présence d‟eau avec fracture)
Zw V U C τ resistant τ moteur
2
Fs
[m] [KN] [KN] [KN/m ] [KN/m] [KN/m]
Absence 50 2446,30 2053,14 1,19
d’eau 0 0 0 75 3224,16 2053,14 1,57
100 4002,02 2053,14 1,95
1/2 Z 50 1082,18 1752,25 0,62
= 75 1623,27 1752,25 0,93
14,62 197,59
1,71 100 2164,37 1752,25 1,24
2/3 Z 50 1082,18 1805,32 0,60
Présence = 75 1623,27 1805,32 0,90
26 263,45
D’eau 2,28 100 2164,37 1805,32 1,20
(avec Z 50 1082,18 1956,79 0,55
Fracture) = 75 1623,27 1956,79 0,83
58,48 395,18
3,42 100 2164,37 1956,79 1,11
1/2 H 50 2163,18 2053,14 1,05
= 75 2941,04 2053,14 1,43
0 1555,5
10 100 3718,90 2053,14 1,81
2/3 H 50 1943,23 2053,14 0,95
Présence
= 75 2721,09 2053,14 1,33
D’eau 0 2073,48
13,33 100 3498,95 2053,14 1,70
(Sans
H 50 1555,72 2053,14 0,76
Fracture)
= 75 2333,59 2053,14 1,14
0 3111
20 100 3111,45 2053,14 1,52
Le cas du pendage 𝜃 = 45
Tableau IV. 12 Bilan des coefficients de sécurités pour rupture plane avec 𝜃 = 45°
Critère M-C (en absence et en présence d‟eau avec fracture)
Zw V U C τ resistant τ moteur
Fs
[m] [KN] [KN] [KN] [KN/m] [KN/m]
Absence 50 1979,65 1553,51 1,27
d’eau 75 2686,75 1553,51 1,73
0 0 0
100 3393,86 1553,51 2,18
1/2 Z 50 1074,80 1440,29 0,75
= 75 1612,20 1440,29 1,12
29,04 258,83
2,41 100 2149,60 1440,29 1,49
2/3 Z 50 1074,80 1516,59 0,71
Présence
= 75 1612,20 1516,59 1,06
d’eau 51,52 344,75
3,21 100 2149,60 1516,59 1,42
(Avec
Z 50 1074,80 1734,35 0,62
Fracture)
= 75 1612,20 1734,35 0,93
115,68 516,59
4,82 100 2149,60 1734,35 1,24
1/2 H 50 1722,28 1553,51 1,11
= 75 2429,39 1553,51 1,56
0 1414
10 100 3136,49 1553,51 2,02
2/3 H 50 1522,34 1553,51 0,98
Présence
= 75 2229,44 1553,51 1,44
D’eau 0 1884,86
13,33 100 2936,55 1553,51 1,89
(Sans
H 50 1414,21 1553,51 0,91
Fracture)
= 75 2121,32 1553,51 1,37
0 2828
20 100 2828,43 1553,51 1,82
2,5
2,25
2
1,75
1,5
Fs
1,25
1
0,75
0,5
0,25
0
20/50 φ[°]/c[kN/m²] 20/75 20/100
θ=35° θ=40° θ=45°
θ=35° 2/3 H θ=40° 2/3 H θ=45° 2/3 H
θ=35° AF Zw θ=40° AF Zw θ=45° AF Zw
Fig. IV.20 Comparaison des Fs « Rock Stability » en fonction des angles de rupture pour
le cas : rupture plane (avec fracture en absence et en présence d‟eau (Zw= Z)
IV. 2.2 L’analyse de la stabilité du versant en rupture plane avec le critère de Hoek-
Brown
On a utilisé le logiciel Rocklab pour déterminer les paramètres nécessaire pour cette
analyse présentés ci-après :
Fig. IV.21 Critère de Hoek Brown représentant a) Les contraintes principales majeure et
mineure b) La contrainte normale en fonction de la contrainte tangentielle donné par Rocklab
= 23 s = 0,0002
𝜎 = 31 MPa a = 0,536
=1 γ = 26 KN/m3
D=0 = 0,064
Tableau IV. 13 Bilan des coefficients de sécurités pour rupture plane 𝜃 = 35° Critère H.B
(en absence et présence d‟eau avec fracture)
V U
[m]
[KN/m] [KN/m] [KN/m] [KN/m]
Absence
0 0 0 576,50 2537,14 0,23
d’eau
1/2 Z
= 4,23 111,83 366,53 1997,35 0,18
Présence 0,92
D’eau
(avec 2/3 Z
Fracture) =
7,56 149,51 366,53 2017,22 0,18
1,23
Z
=
16,93 223,65 366,53 2073,13 0,18
1,84
1/2 H
= 576,50 2537,14 0,23
0 1437
10
2/3 H
Présence
= 576,50 2537,14 0,23
D’eau 0 2323,42
13,33
(Sans
H
Fracture)
= 576,50 2537,14 0,23
0 3486
20
Tableau IV. 14 Bilan des coefficients de sécurités pour rupture plane 𝜃 = 40° Critère H-B
(en absence et présence d‟eau avec fracture)
V U
[m] [KN/m] [KN/m] [KN/m] [KN/m]
Absence
0 0 0 514,43 2053,14 0,25
d’eau
1/2 Z
=
14,62 197,59 357,84 1752,25 0,20
1,71
Présence
2/3 Z
D’eau
=
(avec 26 263,45 357,84 1805,32 0,20
2,28
Fracture)
Z
=
58,48 395,18 357,84 1956,79 0,18
3,42
1/2 H
= 514,43 2053,14 0,25
0 1555,5
10
2/3 H
Présence
=
D’eau 0 2073,48 514,43 2053,14 0,25
13,33
(Sans
H
Fracture)
=
0 3111 514,43 2053,14 0,25
20
Tableau IV. 15 Bilan des coefficients de sécurités pour rupture plane 𝜃 = 45° Critère
H-B (en absence et présence d‟eau avec fracture)
V U
[m] [KN/m] [KN/m] [KN/m] [KN/m]
Absence
0 0 0 467,63 1553,51 0,30
d’eau
1/2 Z
=
29,04 258,83 355,40 1440,29 0,25
2,41
2/3 Z
Présence =
51,52 344,75 355,40 1516,59 0,23
d’eau 3,21
(Avec Z
Fracture) =
115,68 516,59 355,40 1734,35 0,20
4,82
1/2 H
=
0 1414 467,63 1553,51 0,30
Présence 10
D’eau 2/3 H
(Sans = 0 1884,86 467,63 1553,51 0,30
Fracture) 13,33
H
=
0 2828 467,63 1553,51 0,30
20
Tableau IV. 16 Bilan des coefficients de sécurités pour rupture dièdre sans fracture (en
absence et présence d‟eau)
[m]
[KN/m]
[KN/m2] [KN/m]
Absence 0 50 322583,15 190552,79 1,69
d’eau
75 397665,56 190552,79 2,09
Présence 1/2 H = 20 50 308850,57 190552,79 1,62
d’eau
75 383932,98 190552,79 2,01
2/3H = 50 290019,65 190552,79 1,52
26.67
75 365102,06 190552,79 1,92
a) b)
Fig. IV. 23 Rupture dièdre sans fracture obtenue d‟après logiciel Rock Stability
a) En absence d‟eau b) en présence d‟eau
Tableau IV. 17 Bilan des coefficients de sécurités pour rupture dièdre avec fracture (en
absence d‟eau)
L = [m] [m]
[KN/m2] [KN/m] [KN/m]
5 0 50 196003,89 127062,35 1,54
75 236520,77 127062,35 1,86
10 0 50 222763,30 143130,19 1,56
75 269390,54 143130,19 1,88
- Les cas présence d’eau :
Tableau IV. 18 Bilan des coefficients de sécurités pour rupture dièdre avec fracture (en
présence d‟eau)
L = [m] [m]
[KN/m2] [KN/m] [KN/m]
50 138080,40 127062,35 1,09
1/2 H
75 178597,28 127062,35 1,41
5
50 133171,91 127450,11 1,04
2/3 H
75 173688,79 127450,11 1,36
50 209030,73 143130,19 1,46
1/2 H
75 255657,96 143130,19 1,79
10
50 93254,47 143190,29 0,65
2/3 H
75 139881,71 143190,29 0,98
b)
a)
Fig. IV. 24 Rupture dièdre avec fracture obtenue d‟après logiciel Rock Stability
a) En absence d‟eau b) en présence d‟eau
IV. 3 Conclusion
A partir de l‟étude analytique réalisée en utilisant les trois modèle de rupture à savoir ;
rupture plane, dièdre et Toppling, on a pu aboutir aux résultats suivantes :
- Les coefficients de sécurités diminuent considérablement avec l‟augmentation du
niveau d‟eau dans la fracture de traction.
- La formation d‟une fracture de traction contribue également à la diminution des
coefficients de sécurité pour la rupture plane.
- La position de la fracture de traction sur le modèle de rupture dièdre contribue
favorablement à la stabilité du vessant lorsque celle-ci intercepte la face supérieure du
versant et se localise lointe du sommet du versant.
- On a pu déterminer le coefficient de sécurité du dièdre par une méthode utilisant les
abaques, qui ne prend pas en considération la cohésion entre les discontinuités et la
méthode analytique qui a donné des coefficients de sécurité assez proche à ceux
calculé au moyen du logiciel Rock Stability.
- La variation du pendage a permet de montrer qu‟un massif rocheux perd sa stabilité
lorsqu‟il existe un pendage bien spécifique par rapport au paramètre de résistance
« l‟angle de frottement et la cohésion »
- On a remarqué que le critère de Hoek-Brown donne des coefficients de sécurité
insignifiants spécialement en présence d‟eau par rapport au critère de Mohr coulomb.
- La diminution de la cohésion entre les joints du massif rocheux a un effet défavorable
sur la stabilité des massifs rocheux, il faut noter que cette cohésion est due à la
présence des matériaux de remplissage entre les joints.
Conclusion générale
Les massifs rocheux sont un ensemble de matériaux hétérogènes, formés de deux phases
que sont la roche intacte et les fractures ou les discontinuités. En réalité, toute paroi rocheuse
finit tôt ou tard par s'ébouler, d'une manière imperceptible à l‟échelle humaine ou d'une
manière spectaculaire, éventuellement catastrophique.
La stabilité des talus ou des versants localisés dans des massifs rocheux dépend de leur
géométrie, des caractéristiques géométriques du massif (orientation et espacement des
fractures) et des caractéristiques mécaniques du massif et des discontinuités.
Dans ce travail on a défini différents types des mécanismes de rupture affectant les
massifs rocheux, ainsi que les différentes méthodes de confortement appropriés pour chaque
cas.
L'évaluation de l'instabilité des massifs rocheux dépend des méthodes d'analyses mise en
œuvre pour évaluer le comportement mécanique de l'assemblage de blocs rocheux. Dans ce
but, plusieurs méthodes d'analyse de stabilité ont été identifiées. Nous avons choisi d‟utilisé
la méthode d‟équilibre limite en exploitant les critères de rupture des massifs rocheux les plus
utilisés par les chercheurs tels que, le critère de Mohr Coulomb et le critère de Hoek Brown.
Dans ce travail nous avons effectué une étude analytique sur un profil type du versant
rocheux, en utilisant trois mécanismes de rupture à savoir rupture : plan, dièdre et Toppling.
Pour le glissement ou rupture plan, nous avons fait varier le pendage, la cohésion et la
position du niveau d‟eau dans le versant afin de discerner les paramètres majeurs affectant la
stabilité du versant rocheux.
Nous avons également effectué une analyse au moyen du logiciel Rock Stability-
GeoStructural Analysis Bentley avec le même profil du versant rocheux étudié
analytiquement.
A partir des résultats de l‟étude analytique faite et les résultats obtenus de l‟analyse de la
stabilité du versant rocheux, on peut tirer les résultats suivants :
- Les coefficients de sécurité diminuent considérablement avec l‟augmentation du niveau
d‟eau dans la fracture de traction.
- La formation d‟une fracture de traction contribue également à la diminution des
coefficients de sécurité pour le cas de rupture plan.
- La position de la fracture de traction sur le modèle de rupture dièdre contribue
favorablement à la stabilité du vessant lorsque celle-ci intercepte la face supérieure du versant
et se localise lointe du sommet du versant.
- On a pu déterminer le coefficient de sécurité du dièdre par une méthode utilisant les
abaques, qui ne prend pas en considération la cohésion entre les discontinuités et la méthode
analytique qui a donné des coefficients de sécurité assez proche à ceux calculé au moyen du
logiciel Rock Stability.
- La variation du pendage a permet de montrer qu‟un massif rocheux perd sa stabilité
lorsqu‟il existe un pendage bien spécifique par rapport au paramètre de résistance « l‟angle de
frottement et la cohésion »
On a remarqué que le critère de Hoek-Brown donne des coefficients de sécurité insignifiants
en présence d‟eau par rapport au critère de Mohr coulomb
Bibliographiques
Netographiques
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