0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
1K vues4 pages

Territoires et Défis Durables au Maroc

Le document discute de la nécessité d'adopter une approche de nexus eau-énergie-sécurité alimentaire pour faire face aux défis posés par le changement climatique. Il annonce l'organisation d'un forum sur cette approche dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima au Maroc.

Transféré par

Ali Amar
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
1K vues4 pages

Territoires et Défis Durables au Maroc

Le document discute de la nécessité d'adopter une approche de nexus eau-énergie-sécurité alimentaire pour faire face aux défis posés par le changement climatique. Il annonce l'organisation d'un forum sur cette approche dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima au Maroc.

Transféré par

Ali Amar
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.

Aujourd’hui, les territoires sont les consommateurs de la grande majorité des res-

sources extraites de la nature et la source de presque tous les impacts négatifs sur l’envi-
ronnement.
Si la relation entre les territoires et la nature ne change pas, les systèmes de survie de
la nature ne pourront pas soutenir une population mondiale de plus de 9 milliards d’ici
2050.
Les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) définis par les Nations-Unies ont
trouvé, à marche forcée, un champ d’application plus local, face à l’urgence vitale, les
communes, les villes, les régions sont devenues le périmètre privilégié de l’action pour
protéger leurs populations.
Les enseignements de la crise ont ainsi fait du territoire l’échelon crucial pour relever
concrètement des défis majeurs que l’on ne dissocie plus : santé, climat, biodiversité, iné-
galités sociales.
Cette territorialisation des enjeux, sanitaires, environnementaux, sociaux et écono-
miques offre aujourd’hui une nouvelle grille d’analyse et d’action qui sont autant de do-
maines de progrès pour accélérer la mise en œuvre de l’agenda international 2030 ainsi
que l’agenda 2063 pour parvenir à une croissance et à un développement économiques
inclusifs et durables en Afrique.
D’autre part, des campagnes à l’échelle mondiales sont lancées pour bâtir un nouveau
“Momentum” notamment “Race to Resilience” lancée lors du Sommet sur l’adaptation
au climat et le “Race to Zero”, visant à rallier le leadership et le soutien des entreprises,
des villes, des régions et des investisseurs pour une récupération saine, résiliente et zéro
carbone qui prévient les menaces futures, crée des emplois décents et libère une crois-
sance inclusive et durable.
La réflexion sur la résilience est de plus en plus promue pour relever certains des grands
défis du 21e siècle : fournir de l’eau, de l’énergie et de la nourriture à tous, tout en restant
dans les limites du système Terre qui subit des changements climatiques.
Le dernier rapport du Groupe de travail 2 relevant du Groupe d’experts intergouver-
nemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié fin Février 2022, a abordé davantage
l’interconnexion entre la vulnérabilité des ressources en eau et la sécurité alimentaire
face aux évènements climatiques récurrents. L’adoption de l’approche NEXUS eau-éner-
gie-sécurité alimentaire étant à cet effet considérée parmi les principales options de rési-
lience climatiques des populations locales.
La sécurité de l’eau, de l’alimentation et de l’énergie est cruciale pour une croissance
économique durable à long terme et le bien-être humain et il existe des liens étroits entre
les trois. Les activités d’un secteur peuvent influencer ou même freiner la croissance éco-
nomique des autres. De plus, la concurrence pour des ressources rares peut entraîner des
pressions sur les prix avec des conséquences à court terme et des changements irréver-
sibles de l’écosystème qui ont un impact sur la sécurité des ressources à plus long terme.
Le secteur de l’eau suppose souvent qu’il disposera de toute l’énergie dont il a besoin
pour pomper, nettoyer et transférer l’eau, tandis que le secteur de l’énergie tient généra-
lement pour acquis qu’il aura accès à l’eau dont il a besoin pour le refroidissement et la
production d’électricité. Le secteur alimentaire a des liens cruciaux avec l’eau et l’énergie,
à la fois en tant que consommateur et source de ces ressources. Les trois secteurs sous-
tendent plusieurs des objectifs de développement durable, ce qui poussent les décideurs
à s’y concentrer de plus en plus dans le cadre de leurs politiques et pratiques.
Le Maroc se situe largement sous le seuil de la pénurie hydrique, avec seulement 600
mètres cubes d’eau par habitant et par an. Au-delà des facteurs environnementaux, la
forte demande en eau et la surexploitation des nappes phréatiques contribuent à faire
pression sur les ressources hydriques. Aujourd’hui le pays enregistre une situation sans
précédent depuis le début des années 80 ou la sécheresse touchait principalement les
régions rurales et le secteur agricole, elle pèse actuellement sur l’approvisionnement en
eau potable en zone urbaine. Par ailleurs, ce déficit pluviométrique sévère est subi depuis
septembre 2021 provoquant une baisse alarmante des réserves des barrages de près de
89% par rapport à la moyenne annuelle. La rareté de l’eau est profondément liée à la fa-
çon dont cette ressource est utilisée pour l’irrigation, consommant environ 80% de l’eau
du Maroc chaque année, une situation d’autant plus alarmante que 10% seulement des
terres agricoles sont irriguées.
Autant plus que la crise ukrainienne provoque une pression sur le marché de l’énergie
mondiale, la Banque mondiale a déclaré que cette crise aura un effet négatif «aggravant»
sur la sécurité alimentaire et le bien-être social dans la région du Moyen-Orient et de
l’Afrique du Nord (MENA). En particulier, avec la hausse des prix du pétrole et des cé-
réales ajoutera un effet culminant à la tendance actuelle des perturbations de la chaîne
d’approvisionnement induites par la COVID 19, entraînant une hausse encore plus éle-
vée des prix des denrées alimentaires.
Par ailleurs, le Maroc occupe la 17e place mondiale en termes d’importations de pro-
duits agroalimentaires en provenance d’Ukraine et de Russie. Toutefois, les impacts fis-
caux et budgétaires de cette crise sur l’économie du pays ne sont pas négligeables.
Le Nouveau Modèle de Développement (NMD) consacre un état efficace, capable
d’assurer la mise en œuvre des politiques publiques et de délivrer les résultats pour le
citoyen, en cohérence avec l’ambition et les objectifs affichés et en phase avec l’urgence
générée en particulier par la crise sanitaire de la Covid-19.
La crise de la Covid-19 a posé avec acuité la nécessité d’assurer la sécurité en général
dans divers secteurs prioritaires parmi lesquelles nous retrouvons: la sécurité hydrique
en tant que pays précaire, celle-ci reflète la forte vulnérabilité du Maroc au changement
climatique face à des usages de l’eau qui n’intègrent pas sa rareté; La sécurité alimentaire
des Marocains, tant pour les produits agricoles bruts que ceux transformés, en tenant
compte des tendances de fond qui structurent l’évolution de la demande mondiale pour
les produits agricoles et agro industriels, qui consacre davantage l’ancrage aux principes
de durabilité environnementale et de responsabilité sociale; Et la sécurité énergétique
avec une énergie qui soit compétitive et de sources essentiellement renouvelables.
La transition accélérée du Maroc vers une économie sobre en carbone et compétitive, at-
tractive pour une utilisation industrielle, permettrait de faire du Royaume une référence
en termes de modes de production décarbonée, responsable et durable.
Le NMD est aussi porteur d’une nouvelle vision sur le rôle des territoires, espaces de
co- conception des politiques publiques avec l’Etat et lieu de leur mise en œuvre réussie.
Cette vision consacre, ainsi, la place centrale des territoires comme source de création
des richesses matérielles et immatérielles, d’éclosion de la démocratie participative et
d’ancrage des principes de la durabilité des ressources et de leur résilience face aux effets
du changement climatique.
Le conseil de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima (CRTTA) avec une forte volonté d’ap-
pliquer les orientations Royales en matière de développement est conscient des problé-
matiques socio- économique et environnementale du territoire ainsi que les contraintes
dues à la pandémie, des coûts de production élevés, les prix élevés des sources d’énergies
fossiles. Le conseil régional est déterminé à prendre les mesures nécessaires pour faire
face à la situation actuelle, en commençant par l’élaboration et l’intégration des projets
intégrés dans son Plan de Développement Régional (PDR) ainsi que le Schéma Régional
de l’Aménagement du Territoire (SRAT).
Dans ce sens, et afin de progresser dans certains des défis précités, le CRTTA a tissé un
partenariat avec la Maison Méditerranéenne du Climat (MCC) en tant qu’organisation
non gouvernementale active dans l’action climatique, avec un objectif général de favori-
ser l’action climatique dans la région méditerranéenne, et une mission de contribuer au
renforcement du pouvoir d’action des territoires et des acteurs non étatiques, en termes
d’atténuation, d’adaptation et de résilience au changement climatique, en les accompa-
gnant dans la mise en œuvre des agendas climatiques aux niveaux mondial, régional,
national et local.
Dans ce cadre, la Région Tanger Tétouan Al Hoceima et la Maison Méditerranéenne
du Climat organisent un Forum sur la perspective locale du Nexus Eau-Énergie-Sécurité
Alimentaire. Le Forum va se concentrer sur les 3 domaines qui peuvent contribuer à une
élaboration de politiques plus intégrée en tant que région pilote. En prônant de nouvelles
façons de penser sur la gouvernance des ressources naturelles nécessaires pour fournir
à tous, les besoins humains fondamentaux en eau, en énergie et en nourriture, d’une
manière écologiquement durable, économiquement viable et socialement inclusive, qui
soit en outre capable de faire face aux chocs et aux catastrophes.
Les discussions inclusives viseront à comprendre les impacts à long terme du lien du
nexus Eau-Énergie-Sécurité Alimentaire sur la croissance, les moyens d’améliorer la co-
hérence entre la planification et les priorités nationales, régionales et locales ainsi que
l’importance de promouvoir les investissements du secteur privé dans le Nexus. La fina-
lité de ce forum sera d’intégrer le Nexus dans le programme de développement régional
(PDR) et le Schéma Régional d’Aménagement du Territoire (SRAT) avec une approche
plus large qui pourrait imprégner le territoire dans la gouvernance et la planification du
développement économique durable, de la réduction des risques et désastres et de la
résilience.

Vous aimerez peut-être aussi