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État des lieux de la compensation au Maroc 2020

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Mémoire de Fin d’Etude en Licence

Filière : Economie et Gestion

La caisse de compensation
au Maroc : état des lieux
en 2020

Encadrant par :
M. MAROUAN REDOUABY
Réalisé par:
Amina ROCHDI

Année universitaire :
2019-2020
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Remerciement :
Après avoir rendu grâce à dieu le Tout puissant et le Miséricordieux, Je
tiens, tout d’abord, à exprimer ma gratitude à Monsieur Le professeur Marouan
REDOUABY pour son aide précieuse et pour le temps qu’il m’a consacré ainsi
que la confiance qu’il m’a accordée et ses conseils avisés et sa disponibilité qui
ont contribué à la réalisation de ce mémoire, son encadrement a favorisé le
développement de mes compétences et de mon goût pour la recherche , Je salue
également sa souplesse et son ouverture d’esprit qui ont su me laisser une large
marge de liberté pour mener à bien ce travail de recherche.
J’adresse également mes remerciements, à Monsieur le doyen de la faculté,
à tous mes enseignants de la FSJES de Mohammedia, Université Hassan 2, qui
m’ont donné les bases de la science.
Je remercie du fond du cœur tous les membres de ma famille pour leur aide
et leur soutien.

2
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Dédicace :
Je dédie ce modeste travail
A mon ASKK
Je ne saurais exprimer ma profonde reconnaissance pour le soutien continu
dont tu as toujours fait preuve. Tu m’as toujours encouragé, incité à faire de mon
mieux, ton soutien m’a permis de réaliser le rêve tant attendu. Je te dédie ce
travail avec mes vœux de réussite, de prospérité et de bonheur.
A la mémoire de mon grand-père « Salah »
Puisse Dieu vous avoir en sa saintemiséricorde et que ce travail soit une
prière pour votre âme.
A ma grande mère
Je te dédie ce travail pour ta prière et ton amour inconditionnel, merci pour
tout et que Dieu te donne bonne santé et longue vie parmi nous.
A mes très chers parents
Qui ont toujours été là pour moi, et qui m’ont donné un magnifique modèle
de labeur et de persévérance. J’espère que vous trouverez de ce travail toute ma
reconnaissance et tout mon amour.
A mes belles sœurs « Meryem » et « Marwa »
A ma meilleure amie
Au Staff administratif et pédagogique de FSJESMohammedia

3
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Résumé :
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020, la caisse de
compensation constitue une forme de "solidarité sociale", car elle permet d'aider
à acheter des biens de consommation de la première nécessite or de stabiliser les
prix
Les principaux résultats de ce travail montrent dans un premier temps les
différentes composantes ou subventions de la caisse de compensation, leur
historique ainsi que leurréforme et évolution.
Puis d’analyser les différents déterminants de la compensation des produits
notamment, la compensation du gaz butane, Sucre et de la compensation du blé
tendre de la farine nationale de blé tendre.
Et sortir avec une étude de la situation provisoire de la caisse de
compensation de l’année 2019 ainsi que l’état des lieux en 2020 d’après le
rapport de la compensation 2020.

Mots clés : La Caisse de compensation, état, des lieux en 2020,


subventions, Réforme, évolution, composantes, analyse, Compensation

4
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Table des matières

Remerciement :.......................................................................................... 2
Dédicace : ................................................................................................ 3
Résumé : .................................................................................................. 4
Table des matières ..................................................................................... 5
Liste des abréviations : .............................................................................. 7
Table des figures :...................................................................................... 8
Liste des tableaux : ................................................................................... 9
Introduction générale : ..................................................................... 10
Chapitre 1 : Cadre générale de la caisse de compensation ........... 11
1-1) Présentation de la caisse de compensation......................................................................... 11
1-1-1 : Organigramme ................................................................................ 11
1-1-2 : Missions ............................................................................................ 12
1-1-3 : Les produits subventionnés ............................................................ 14
1-2) Rappel historique du système de compensation ................................................................ 19
1-2-1) Historique des produits pétroliers .................................................. 19
1-2-2) Historique du sucre .......................................................................... 20
1-2-3) Historique du blé tendre et de la farine ......................................... 21
1-3) Evolution du système d’indexation des carburants .......................................................... 22
1-3-1) Rappel sur le système d’indexation ................................................ 22
1-3-2) Evolution du système d’indexation................................................. 23
1-4) Evolution et réforme des subventions au Maroc ............................................................... 25
1-4-1 : Evolution et réforme des produits pétroliers ............................... 27
1-4-2 : Evolution et réforme des produits alimentaires ........................... 29
v Chapitre 2 : Cadre d’analyse de la compensation du gaz
butane et des produits alimentaires ................................................ 31
2-1) Déterminants de la compensation du gaz butane .................................................................. 32
2-1-1 : Description de la filière du gaz butane.......................................... 32
2-1-2 : Evolution de la charge de compensation du gaz butane ............. 32

5
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

2-1-2-1 : Evolution de la subvention unitaire ........................................... 32


2-1-2-2 : Evolution de la consommation.................................................... 33
2-1-2-3 : Evolution de la charge de compensation ................................... 34
2-2) Déterminants de la compensation du sucre ........................................................................... 35
2-2-1 : Mécanismes de subvention du sucre ............................................. 35
2-2-2 : Consommation nationale du sucre blanc ...................................... 36
2-2-3 : Production nationale de sucre blanc et importation du sucrebrut
....................................................................................................................... 37
2-2-4 : Evolution de la charge de compensation du sucre ....................... 39
2-3) Déterminants de la compensation du blé tendre et de FNBT............................................... 40
2-3-1 : Situation de la filière céréalière nationale .................................... 40
2-3-2 : Subvention du blé tendre et de la FNBT....................................... 44
Chapitre 3 : Situation de la compensation de l’année 2019 et l’état
des lieux en 2020 ................................................................................ 46
3-1) Situation provisoire de l’année 2019....................................................................................... 46
3-1-1) Crédits ouverts par la loi de finance pour 2019 ............................ 46
3-1-2) Charge de compensation au titre de la période janvier-septembre
2019 ............................................................................................................... 46
3-2) Etat des lieux de la caisse de compensation en 2020 ............................................................. 47
3-2-1) Crédits programmés au titre du projet de loi de finances 2020 .. 47
Conclusion générale : ........................................................................ 49
Bibliographie : ................................................................................... 51
Annexes : ............................................................................................ 52

6
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Liste des abréviations :

PVP : Prix de vente public


TIC : Taxe intérieure de consommation
TVA : Taxe sur la valeur ajoutée
Kg : Kilogramme
L : Litre
DH : Dirham
T : Tonne
MDH : Milliards de dirhams
FNBT : Farine nationale de blé tendre
FSBT : Farine spéciale de blé tendre
OCE : Office de commercialisation et d’exportation
ONICL : Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses
ONEE : Office nationale de l’électricité et de l’eau potable
GPM : Groupement des pétroliers au Maroc
SAMIR : Société anonyme marocaine de l’industrie du raffinage
COSUMAR : Compagnie Sucrière Marocaine de Raffinage
Ql : Quintal
KT : Kilotonnes
MQx : Milliards de quintaux
OPEP : Organisation des pays exportateurs de pétrole

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La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Table des figures :

Graph1 : Démantèlement de la subvention du gasoil (DH/L)


Graph 2 : Evolution de la charge de compensation du gaz butane
Graph 3 : Comparaison de la subvention unitaire du gaz butane (DH/T)
Graph 4 : Subvention unitaire annuelle moyenne du gaz butane (DH)
Graph 5 :Mise à la consommation annuelle du gaz butane (MT)
Graph 6 :Charge de compensation annuelle des produits pétroliers (MMDH)
Graph 7 :Evolution de la charge de compensation et des quantités de gaz butane 2019-2020
Graph 8 : Consommation nationale du sucre blanc (KT)
Graph 9 : Répartition de la consommation annuelle du sucre par type en 2019
Graph 10 : Production nationale de sucre blanc (KT)
Graph 11 : Taux de couverture de la consommation par la production nationale
Graph 12 : Importation du sucre brut (KT)
Graph 13 :Taux de couverture par l'importation (%)
Graph 14 : Charge de compensation du sucre (MDH)
Graph 15 : Evolution de la subvention de sucre local en KDHS 2019-2020
Graph 16 : Production nationale des céréales (MQx)
Graph 17 : Collecte nationale du blé tendre (MQx)
Graph 18 : Importation des céréales (MQx)
Graph 19 : Répartition des importations nationales du blé par origine
Graph 20 : Droits de douane du blé tendre
Graph 21 : Encrassements des minoteries industrielles (MQx)
Graph 22 : charge de compensation de la FNBT et du blé tendre (MDH)

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La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Liste des tableaux :

Tableau n°1 : Historique des subventions au Maroc

Tableau n°2 : Evolution des subventions des produits pétroliers liquides

Tableau n°3 : Tableau illustrant le taux de subvention du prix du gaz butane

Tableau n°4 : Les quantités mises à la consommation du gaz butane

Tableau n°5 :Evolution de la charge de compensation relative au sucre

9
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Introduction générale :

Après la première guerre mondiale, qui a causé énormément de dommage aussi bien
matériel qu’immatériels à l’échelle mondiale, l’Etat social a fait son apparition avec pour
premier mot d’ordre, redresser le tissu socio-économique des Etats. Il se veut alors
interventionniste en s’impliquant dans la vie économique et sociale afin d’atténuer au
maximum les déséquilibres et inégalités inhérentes au fonctionnement du marché.
Et c’est dans la même logique qu’a été mis en place la caisse de compensation dont le
principal objectif est de sauvegarder dans la mesure du possible le pouvoir d’achat des
consommateurs face auxtendances inflationnistes au Maroc.
Créée en 1941 par le protectorat français, pour faire face à la flambé des prix provoqués
par la seconde guerre mondiale, la caisse de compensation a, après l'indépendance, permis à
l'Etat marocain de venir en aide aux secteurs d'activités en difficulté.
Pour ce faire l’Etat intervient en prenant une partie du cout de certains produits de
première nécessité. Et c’est ainsi que par exemple n’importe lequel citoyen payera la bouteille
de gaz à 40dh au lieu de 100dh, 60dh étant pris en charge par la caisse de compensation.
Actuellement, avec la flambée des prix desdits produits alimentaires (sucre, blé tendre et
farine), et des produits pétroliers (gaz butane), à l’échelle mondiale, auquel d’ailleurs le
Maroc est confronté, Les de la caisse seule ne suffisent plus. Pour maintenir la stabilité
Sociale, celle-ci a eu recours au budget de L’Etat.
La problématique peut être exprimée comme suit :La caisse de compensation, ce
système que l’état a choisi pour venir en aide des plus pauvres. Quel profit en tire l’état et à
quel prix ? Dans quelle mesure une réforme peut-elle garantir la continuité de cette caisse et
optimiser ses résultats ?
Dans cet esprit, il s’avérait nécessaire de mener une analyse approfondie des différentes
composantes de la compensation afin de pouvoir en tirer les relations existantes entre les
différentes filières,et sortir avec un modèle adéquat qui décrit l’origine des fluctuations des
charges de compensation, soit celles des produits subventionnés par la caisse de
compensation.
En outre cela nous permettra d’aller encore plus loin vers l’élaboration de la situation
actuelle de la caisse de compensation au Maroc notamment « état des lieux en 2020 »
L’étude est composée par trois parties :
· On entamera dans le premier chapitre par une présentation de la caisse de compensation
ainsi qu’un aperçu historique sur le système de compensation, et puis de donner une analyse
sur l’évolution et réforme des subventions.
· Dans le deuxième chapitre, on parle d’analyse des déterminants de la compensation et la
situation des produits subventionnés(gaz butane, sucre, blé tendre et de la farine nationale de
blé tendre)
· Dans le troisième chapitre de ce mémoire, on parlede la situation provisoire de l’année
2019 et L’Etat des lieux de la caisse de compensationen 2020, d’après le rapport sur la
compensation 2020.

10
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Chapitre 1 : Cadre générale de la caisse de compensation


Ø Dans ce chapitreon a commencé par présenter un aperçu général de la caisse de
compensation,en outre on a parlé de l’historique des produits pétroliers entre l’année 1995 et
2015 or l’historique du sucre entre l’année 1996 et 2013 aussi que l’historique du blé tendre et
de la farine entre l’année 1988 ainsi l’évolution de système d’indexation, par d’ailleurs
d’analyser l’évolution et réforme des subventions au Maroc.

1-1) Présentation de la caisse de compensation


La Caisse de Compensation est un établissement public doté de la personnalité morale
et de l’autonomie financière.
Elle est chargée de la stabilisation des prix des produits pétroliers, du gaz butane et du
sucre.
Elle est placée sous la tutelle de M. Le Chef du Gouvernement, qui a délégué cette
fonction à M. le Ministre Chargé des Affaires Générales et de la Gouvernance.

1-1-1 : Organigramme
Le Conseil d’Administration tenu le 09 juin 2013 sous la présidence de Monsieur le
Ministre délègue auprès du Chef du Gouvernement Chargé des affaires générales et de la
gouvernance, a adopté les changements apportés au niveau de l’organigramme de la Caisse de
Compensation. (Annexe 1)
La caisse de compensation est administrée par un conseil d'administration présidé par le
chef du gouvernement et composé par :
· Le ministre de finances
· Le ministre de l'intérieur ;
· Le ministre des travaux publics et des communications ;
· Le ministre chargé du commerce, de l'industrie, des mines et de la marine marchande ;
· Le ministre du travail et des affaires sociales ;
· Le ministre de l'agriculture et de la réforme agraire ;
· L'autorité gouvernementale chargée du plan et du développement régional ;
· L'autorité gouvernementale chargée des affaires économiques.
Le conseil d'administration peut appeler en consultation toutes personnes qu'il juge utile
d'entendre. Ses réunions se font sur convocation de son président. Il délibère valablement
lorsque cinq de ses membres sont présents. En cas de partage égal des voix, celle du président
est prépondérante. Le conseil se réunit aussi souvent que les besoins de la Caisse l'exigent et
au moins deux fois par an : avant le 30 mai pour arrêter les comptes de l'exercice écoulé,
avant le 30 novembre pour examiner et arrêter le budget de l'exercice suivant. Le conseil
d'administration dispose de tous les pouvoirs nécessaires à la bonne marche de la Caisse. À
11
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

cet effet, il règle par ses délibérations les questions générales intéressant celle-ci. Il fixe
notamment les opérations qui doivent bénéficier de l'aide de la Caisse et celles qui doivent
faire, à son profit, l'objet de prélèvements, détermine le montant des subventions qui doivent
être accordées et celui des prélèvements qui seront appliqués. C'est lui qui arrête le budget et
les comptes et décide de l'affectation des résultats conformément aux directives
gouvernementales.
Le conseil peut déléguer à son président partie de ses pouvoirs et, au directeur, des
pouvoirs spéciaux pour le règlement d'une affaire déterminée.
Le président du conseil d'administration est habilité, dans l'intervalle des réunions du
conseil d'administration, à prendre, en cas d'urgence ou de force majeure, les mesures pour
lesquelles il n'aurait pas reçu délégation du conseil d'administration et que les circonstances
exigent.
Par ailleurs la gestion administrative de la Caisse de compensation est assurée par un
directeur nommé par dahir.
Le directeur exécute les décisions du conseil d'administration et celles du président de
ce conseil. Il gère la Caisse et agit en son nom, et accomplit ou autorise tous actes et
opérations relatives à son objet et représente l'établissement vis-à-vis de l'État, des
administrations publiques ou privées et de tous tiers. Il fait tous actes conservatoires et exerce
les actions judiciaires.
Il assure la gestion de l'ensemble des services de l'établissement et du personnel placé
sous son autorité.
Il est habilité à engager par acte, contrat ou marché, les dépenses. Il fait tenir la
comptabilité des dépenses engagée liquide et constate lesdépenses et les recettes de la
Caisse.Il délivre à l'agent comptable les ordres de paiement et les titres de recettes
correspondants.
Il prépare, à la fin de chaque exercice, pour le soumettre au conseil d'administration, un
rapport détaillé sur l'activité de l'établissement. Il assiste, à titre consultatif, aux réunions du
conseil d'administration dont il assure le secrétariat.
En date du 14 juin 2013, le Conseil d’Administration de la Caisse de Compensation a
approuvé la composition de son comité d’audit constitué de :
· Un représentant de M. le Chef de Gouvernement ou son suppléant.
· Un représentant du Ministère Délégué Chargé des Affaires Générales et de la Gouvernance
ou son suppléant.
· Le Contrôleur d’État.
· Un représentant du Ministère de l’Économie et des Finances (Direction du Budget) ou son
suppléant.
· Le secrétariat est assuré par le service contrôle interne de la Caisse de Compensation.

1-1-2 : Missions
« L’équilibre entre salaires et prix reste une de nos préoccupations majeures : le pouvoir
d’achat du travailleur ne doit pas être dégradé. C’est aussi dans ce but que nous avons crée la
caisse de compensation qui est intervenue, par exemple, afin que les prix du sucre et de l’huile
restent accessibles à tous. »

12
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Feu S.M. Hassan2, le défi. P. 144.

Les missions de la Caisse de Compensation s’articulent autour des axes ci-après :

Subvention du Gaz Butane


La compensation du gaz butane englobe 3 niveaux :
1.Compensation du gaz butane importé par paiement aux sociétés gazières de la différence
entre le coût de revient de l’importation et les prix communiqués par le ministère de l’Energie
et des Mines mensuellement.

2. Remboursement des frais de transport du butane en vrac et octroi d’une provision de


transport.
3. Compensation du différentiel entre le prix de revient du gaz butane et les prix de vente par
les centres emplisseurs importateurs.
Par ailleurs, les surestaries encourues lors du déchargement des cargaisons de butane, dues à
des cas de force majeure ou d’encombrement du port de déchargement sont également
supportées par la Caisse de Compensation.
La Caisse de Compensation prélève un montant de 30dh/tonne destiné au financement des
stocks de sécurité du gaz de butane.

Subvention du Sucre
Pour maintenir le prix à la consommation des sucres raffinés à leurs niveaux d’avant la
libéralisation, tout en incitant les entreprises à une rationalisation de leurs coûts de production,
une subvention forfaitaire a été mise en place en juillet 1996.
La subvention forfaitaire accordée au sucre, concerne aussi bien le sucre local que le
sucre d’importation.
La subvention forfaitaire du sucre local est de 2.661 dh HT/tonne à partir du 1er janvier
2013.
La subvention forfaitaire du sucre importé est de 5.335 dh/tonne à partir du 1er janvier
2013. Toutefois, il convient de noter que la subvention de sucre donne lieu à restitution à la
Caisse de Compensation dans les 2 cas suivants :
Lorsque le sucre importé ou acquis localement est exporté. Les prix de restitution étant
fixés trimestriellement par une commission interministérielle. Lorsque le sucre est utilisé par
les sociétés de boissons. Cette restitution porte sur un montant forfaitaire de 1.000 dh la tonne.

Subvention des provinces sahariennes :


Une subvention est accordée aux provinces de Laâyoune, Dakhla et Smara pour
l’approvisionnement en sucre et huile de table.

13
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Cette subvention concerne aussi bien le manque à gagner sur l’achat de ces produits,
que les frais de logistique (transport, manutention …etc.). Le manque à gagner correspond à
la différence entre le prix de revient et le prix de vente fixé par l’État

1-1-3 :Les produits subventionnés


Ø La filière de la farine de blé tendre :
Depuis toujours et jusqu’aux dernières années du siècle dernier, les marocains étaient
habitués à consommer essentiellement du blé dur pour la fabrication de leur pain, couscous,
pâtes, etc. Depuis, les habitudes alimentaires, les conditions économiques et sociales ont
beaucoup changé et la consommation de ces deux blés, base de l’alimentation des marocains,
s’est considérablement modifiée.
Plus tard, la consommation s’est progressivement adaptée et la fabrication de pain a
commencé à inclure une partie de blé tendre avec le blé dur, ce qui rendait sa fermentation
meilleure.

Les opérateurs sur marché

Deux types de farine :


ü Les farines subventionnées :
- la farine nationale de blé tendre (FNBT)
- la farine spéciale de blé tendre (FSBT)
Les farines subventionnées désignent la farine nationale de blé tendre (FNBT) et la
farine spéciale de blé tendre (FSBT) qui correspondent en moyenne à une consommation de
près de 9 millions de quintaux par an.

14
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Il s'agit en fait de farines qui sont subventionnées à tous les niveaux de la filière y
compris au stade de la distribution (minoteries vers grossiste ries), et dont les prix sont
réglementés par l'Etat au niveau de l'organisme stockeur, du minotier et de la distribution
jusqu'au consommateur.
La FNBT est vendue aux ménages pour un usage domestique au prix de 100 DH le sac
de 50 kg (soit 200 DH/q), et ce dans des centres bénéficiaires préétablies par les pouvoirs
publics. La FSBT, quant à elle, est distribuée directement dans les provinces du Sud par le
biais de l'OCE au prix de 100 DH/q.
En somme, le Conseil constate que :
- Toutes les farines susmentionnées bénéficient de subventions selon des modalités différentes
- La FNBT et la FSBT sont les seules catégories à bénéficier d'une subvention de la collecte
de la production de leur blé jusqu'au stade de leur distribution en gros ;
- Les prix sont réglementés à tous les stades pour le blé tendre qu'il soit destiné à la
fabrication des farines subventionnées ou libres mais selon des modalités différentes.
- Les prix des farines subventionnées sont fixés par Arrêté.
- Les prix des farines dites libres sont libres. Néanmoins, une part importante de la farine libre
de luxe est destinée à la fabrication du pain à 1,20 DH la pièce.
L'examen de l'état des lieux de la filière va nous permettre de présenter les informations
et données nécessaires à la compréhension du secteur et de mieux appréhender les
mécanismes, les stratégies en place ainsi que les intérêts en jeu.
L'étude a procédé un état des lieux du secteur se rapportant au cadre juridique régissant
la filière, la présentation de quelques indicateurs du marché, la présentation de la filière et
l'évaluation des subventions.
Il convient de préciser que dans l'étude du Conseil de la concurrence :
- Seule l'offre qui transite par l'ONICL sera analysée ;
- l'examen sera axé essentiellement sur la FNBT en ce qui concerne les farines
subventionnées.

ü Les farines libres :


- La farine libre de luxe
- Les autres types de farines libres
Tout d'abord, il convient de préciser que ces farines sont dites libres essentiellement
parce qu'elles ne bénéficient pas de subvention au niveau de leur distribution. Cela dit, il y a
lieu de noter d'une part, que le blé utilisé pour leur fabrication bénéficie de soutien au niveau
du producteur, de l'organisme stockeur et du minotier (pour la période éligible à la subvention
forfaitaire comme nous le verrons dans les développements qui suivent). De même, il y a lieu
de préciser que les pouvoirs publics énoncent les prix des transactions du blé servant à leur
fabrication, et ce à différents stades du processus, afin d'orienter les prix de ventes (aussi bien
au niveau de l'agriculteur, du stockeur que du minotier).

15
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Concernant le prix de vente de ces farines libres, elles sont commercialisées à des prix
libres à toutes les catégories d'utilisateurs (distributeurs, boulangeries, pâtisseries). Cependant,
la farine libre de luxe sert aussi à fabriquer le pain vendu à 1,20 DH la pièce de 200 grammes.

ü Les farines subventionnées :

ü Les farines libres :

Ø La filière sucrière :
La filière sucrière marocaine, qui joue un rôle important dans l’économie nationale, opte
de plus en plus pour la mécanisation dans les différentes phases (culture, semis, plantation et
récolte).
Favorisant l’émergence de pôles de développement régionaux, cette filière s’est inscrite
dans une tendance de modernisation dans l’objectif d’augmenter la production et la qualité
afin de répondre aux exigences des consommateurs.

16
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Ainsi, plusieurs aspects témoignent de ce développement, notamment le binage


mécanique qui est passé de 32% en 2008 (année de lancement de la stratégie Plan Maroc
Vert) à 71% en 2017.

En outre, le semis et la récolte au titre de la campagne sucrière 2016-2017 ont été


mécanisés à hauteur de 100% et 50%, respectivement, selon les chiffres de COSUMAR.

Forte de ses potentiels, la filière sucrière, qui contribue à la sécurité alimentaire par
l’assurance de la couverture des besoins nationaux en sucre, la création d’emplois et
l’amélioration des conditions de vie de 80.000 familles d’agriculteurs de betterave à sucre et
de canne à sucre, dispose actuellement d’une capacité globale de production de 1,65 million
de tonnes de sucre blanc par an, dépassant les besoins du marché local évalués à 1,2 million
de tonnes.

Cet excédent de capacité permet de satisfaire en priorité les besoins du marché national
et de prospecter de nouveaux marchés à l’export.

La filière sucrière est organisée au sein de la Confédération marocaine de l’agriculture


et du développement rural (COMADER), dans le cadre de la Fédération interprofessionnelle
marocaine du sucre (FIMASUCRE) qui regroupe l’Union nationale des associations des
producteurs des plantes sucrières du Maroc et l’Association professionnelle sucrière.

La production de sucre au Maroc se fait à travers la transformation de la betterave à


sucre et de canne à sucre cultivées dans 5 régions du Royaume (Doukkala, Tadla, Gharb,
Loukkos et Moulouya).

En plus de la production à partir des plantes sucrières locales, le sucre est produit
également à partir du raffinage du sucre brut importé au niveau de la raffinerie de Casablanca.

17
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Le sucre produit à partir des plantes sucrières :

Le processus de production de sucre et de formation des prix

Le sucre produit à partir du sucre brut importé

18
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Ø Les produits pétroliers subventionnent (Super, gasoil, fuel, butane)


L’importation et la production des produits pétroliers

Ø Le mode de fixation des prix à l’importation se base sur les cours des produits raffinés
sur le marché de Rotterdam

Ø Et la subvention se base sur la différence entre le coût de revient des sociétés de


distribution et le prix de vente public PVP

1-2) Rappel historique du système de compensation


1-2-1) Historique des produits pétroliers

Année 1995 : Mise en place du système d’indexation des prix des produits pétroliers
liquides en l’occurrence l’essence, le gasoil et le fuel sur leurs cotations du marché mondial,
et limitation de la subvention uniquement pour le gaz butane. Ce système a été accompagné
par : Le déplacement des droits d’importation acquittés sur le pétrole brut au niveau des
produits finis mis à la consommation. Ainsi, une taxe intérieure de consommation (TIC)
spécifique a été instituée sur chaque produit raffiné ainsi qu’une TVA de 7% généralisée à
tous les carburants ; La fixation des prix de reprise des produits pétroliers (prix sorti
raffinerie) sur la base de leur indexation sur les cotations de Rotterdam conformément aux
éléments de la structure des prix de reprise des produits pétroliers. En conséquence, les prix
de vente au public des produits (essence, gasoil et fuel) ont été révisés mensuellement sur la
base des prix de reprise susmentionnés et conformément à la structure des prix de vente ;
L’exonération fiscale pour certains secteurs (la pêche, le transport aérien et maritime).
Année 2000 : Suspension du système d’indexation des prix de vente au public des
produits pétroliers pour donner suite à la flambée des cours sur le marché international. Les
variations résultantes de la fluctuation du marché non répercutées sur les prix ont été prises en
charge par la Caisse de Compensation.
Année 2002 : Révision de la structure des prix des produits pétroliers pour la simplifier
et ramener le coefficient d’adéquation de la raffinerie locale de 6,5% à 2,5%. Les niveaux de

19
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

ces rubriques ont été arrêtés en tenant compte du rendement de la transformation du pétrole
brut par le raffineur local caractérisé par une production excédentaire en fuel et un déficit en
gasoil.
Année 2004 : Répercussions partielles des hausses des produits pétroliers enregistrées
au niveau du marché international sur leurs prix intérieurs à la consommation. Au titre de la
période 2000-2012, les augmentations des prix se sont élevées à +1,15 DH/L pour le gasoil,
+3,72 DH/L pour l’essence et +2,44 DH/Kg pour le fuel.
Année 2009 : Adaptation de la structure des prix suite à la modernisation de la
raffinerie locale, moyennant l’indexation du fret, la réduction de certains postes, la
suppression du coefficient d’adéquation et son remplacement par une rémunération forfaitaire
destinée au développement des capacités de stockages.
Année 2010 : Révision du taux de la TVA de 7% à 10%, dont l’impact a été pris en
charge par l’Etat pour un coût annuel de l’ordre de 2 Milliards dirhams.
Année 2013 : Reprise du système d’indexation des prix des produits pétroliers pour le
supercarburant, le gasoil et le fuel N2 à partir du 16 septembre, avec plafonnement des
subventions unitaires respectivement à : 0,80 DH/L, 2,6 DH/L et 930 DH/T.
Année 2014 :Poursuite du système d’indexation sur la base des dispositions suivantes :
Indexation totale du supercarburant et du fuel N2 à usage industriel qui n’ont fait l’objet
d’aucune compensation depuis le premier février 2014 ; Démantèlement progressif de la
subvention du gasoil suivant l’échéancier suivant : 2,15 Dh/l en janvier ; 1,70 Dh/l en avril ;
1,25 Dh/l en juillet ; 0,80 Dh/l en Octobre ; Indexation du fuel N2 et du fuel spécial destinés à
la production de l’électricité depuis le premier juin 2014. La subvention allouée aux fuels
destinés à la production de l’électricité a été substituée par un transfert forfaitaire direct à CCF
l’ONEE au titre de la période 2014-2017, en vertu du contrat-programme entre l’Etat et
l’ONEE.
Année 2015 :Poursuite des mesures de réforme notamment à travers l’homologation
des prix des carburants : Décompensation du prix du gasoil : à l’instar des autres produits
pétroliers liquides ; Homologation des prix des carburants : suite à un accord conclu le 26
décembre 2014 entre le Gouvernement et le secteur des produits pétroliers représenté par Le
Groupement des Pétroliers du Maroc (GPM) et la Société Anonyme Marocaine de l’Industrie
du Raffinage (SAMIR) pour la période allant du 1er janvier au 30 novembre 2015 ;
Suppression de la péréquation : qui s’élevait à 0,88 Dh/L et 0,11 Dh/L respectivement pour le
supercarburant et le gasoil ; Clôture du compte d’ajustement des prix des produits pétroliers
liquides

1-2-2)Historique du sucre
Année 1996 :Libéralisation des importations du sucre brut et raffiné accompagnée par :
Une subvention forfaitaire allouée aux mises à la consommation du sucre raffiné à hauteur de
2000 DH/T hors taxes. Cette subvention est passée à 2661 DH/T en hors taxes en 2013 suite à
la revalorisation des prix des cultures sucrières ; Une protection de la production locale : Les
importations du sucre brut et du sucre raffiné (granulé et morceaux) sont soumises à une
taxation respectivement de 35% et (42% et 47%) des prix coût et fret. La tarification
appliquée aux sucres est utilisée comme un instrument de protection de la production

20
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

nationale à travers l’objectif du prix cible à la frontière fixée à 5335 DH/t pour le sucre brut.
Quant à la TVA, le sucre raffiné est soumis à une taxation réduite de 7% avec droit à
déduction.
Année 1999 :Restitution de la subvention forfaitaire par certaines industries non
destinées à l’exportation, notamment les biscuiteries, les chocolateries et le secteur des
boissons gazeuses et non gazeuses. En 2007, et afin de préserver la compétitivité de certaines
industries nationales, cette restitution a été abandonnée à l’exception des industries des
boissons gazeuses et non gazeuses.
Année 2006 :Institution d’une subvention additionnelle à l’importation suite à la
flambée du cours du sucre brut sur le marché international au cours des dernières années.
Cette subvention est octroyée en cas de dépassement du prix cible.
Année 2011 :Restitution de la subvention pour les exportations du sucre brut et raffiné
sous toutes ses formes (pain, morceau, lingot et granulé).
Années 2012 :Revalorisation des prix de la betterave et de la canne à sucre
respectivement de +45 DH/T et +25 DH/T. Cette opération a été prise en charge par le Budget
de l’Etat à travers une augmentation de la subvention unitaire allouée au sucre raffiné de 2140
DH/T TTC à 2531 DH/T TTC, avec une augmentation du prix cible de 4700 DH/T à 5051
DH/T.
Année 2013 : Revalorisation des prix de la betterave et de la canne à sucre
respectivement de +35 DH/T et +25 DH/T. Cette opération a été prise en charge par le Budget
de l’Etat à travers une augmentation de la subvention unitaire allouée au sucre raffiné de 2531
DH/T TTC à 2847 DH/T TTC, avec une augmentation du prix cible de 5051 DH/T à 5335
DH/T

1-2-3)Historique du blé tendre et de la farine


Année 1988 :Limitation de la subvention allouée à la farine du blé tendre à un
contingent de 10 millions de quintaux.
Année 1996 :Libéralisation des importations du blé tendre, accompagnée d’une
tarification à la frontière des importations utilisée comme un instrument de protection de la
production nationale à travers l’objectif du prix cible à la frontière fixé à 260 DH/QL.
Année 2006 :Promotion de la collecte de la production locale du blé tendre : l’Etat
prend en charge le différentiel entre le prix référentiel d’achat de la production locale dudit
produit et le prix cible entrée moulin.
Année 2007 : Institution du système de restitution à l’importation suite à la flambée du
cours du blé tendre sur le marché international. Il s’agit d’une subvention à l’importation
permettant de maitriser le prix d’entrée du blé tendre sur le territoire national.
Année 2008 :Réduction et redéploiement du contingent de la FNBT avec le maintien de
la totalité des dotations allouées aux provinces sahariennes, aux provinces excentrées et aux
communes INDH et communes rurales et ce en fonction du taux de pauvreté. La démarche
retenue pour la réduction dudit contingent a consisté en :

21
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

L’amélioration du ciblage des populations concernées en se basant sur la carte de


pauvreté en matière de répartition dudit contingent ;
Le renforcement du contrôle de la fabrication et de livraison des farines subventionnées.
Année 2013 :Limitation du contingent de la FNBT à 8,5 Millions de quintaux à partir
du deuxième semestre. La réduction dudit contingent, à hauteur de 0,5 millions de quintaux a
été limitée aux zones urbaines dont le taux de pauvreté demeure inférieur à 10%.
Année 2015 :Baisse du contingent de la FNBT de 500 Milles quintaux au titre du 2e
semestre pour s’établir globalement à 8 MQx en 2015.

1-3) Evolution du système d’indexation des carburants


1-3-1) Rappel sur le système d’indexation
Le système d’indexation partielle en 2013en vertu de l’Arrêté du Chef du
Gouvernement n° 3-69-13, et afin de réduire l’influence des cours pétroliers sur la charge de
compensation, un système d’indexation partielle des prix a été appliqué depuis le 16
septembre 2013 pour le supercarburant, le gasoil et le fuel N2 à usage industriel. Ce système
consiste à fixer les niveaux de subventions allouées à ces produits tels qu’arrêtés par la loi de
finances, et à répercuter les variations résultantes des fluctuations du marché international sur
les prix de vente, aussi bien à la hausse qu’à la baisse.
Les niveaux de subventions unitaires arrêtés au titre de l’année 2013 étaient fixés à :
2,6 DH/L pour le gasoil ;
0,8 DH/L pour le supercarburant ;
930 DH/T pour le fuel N2.
La révision des prix des trois produits indexés était appliquée le 16 de chaque mois, sur
la base des moyennes des cotations bimensuelles de ces produits et du taux de change du
dollar allant du 13 du mois M-2 au 12 du mois M, conformément à l’arrêté n° 3-69-13. Par
ailleurs, chaque révision de prix n’a été opérée que lorsque l’impact sur le prix en vigueur
dépasse le seuil de signification +/- 2,5% du prix en vigueur. Ces prix sont fixés par arrêté et
retracées au niveau de la structure des prix après un calcul effectué par la Commission
Interministérielle des Prix.
Ainsi, ce système était qualifié de « partiel » au regard des subventions maintenues et
du lissage entrepris pour la détermination des cotations moyennes définissant les prix de
vente. En effet, le choix d’une cotation moyenne bimensuelle permettait d’atténuer l’impact
des fortes variations des cours sur les prix intérieurs.
Le système d’indexation en 2014 Faisant suite à l’expérience de l’année 2013, le
système d’indexation en 2014 a été généralisé à d’autres produits pétroliers liquides et
différencié selon les produits. En effet, et en vertu de l’arrêté du Chef du Gouvernement n° 3-
01-14, de l’arrêté n° 3-208-14 le complétant, et de l’arrêté conjoint n° 31- 14 des Ministres
chargés des Finances, de l’Energie et des Affaires Générales, les dispositions retenues pour
l’année 2014 ont été les suivantes :

22
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Pour le supercarburant et le fuel N2


Le supercarburant et le fuel N2 à usage industriel ont été totalement indexés et ne font
l’objet d’aucune compensation depuis le 1er février 2014.
La révision des prix du supercarburant et des fuels était ainsi appliquée le 1er et le 16 de
chaque mois sur la base des cotations du marché international, conformément à l’arrêté n°3-
208-14. Les variations résultantes sont totalement répercutées à la hausse comme à la baisse
sur les prix.
Pour le gasoil
Contrairement au supercarburant et au fuel N2, la subvention du gasoil a été
progressivement démantelée, conformément à l’arrêté conjoint n°31-14 des Ministres chargés
des Finances, de l’Energie et des Affaires Générales. Ainsi, le prix de vente du gasoil a été
défini sur la base des subventions suivantes :
Ø 2,15 Dh/L en janvier ;
Ø 1,70 Dh/L en avril ;
Ø 1,25 Dh/L en juillet ;
Ø 0,80 Dh/L en Octobre.
Le prix de vente du gasoil était sujet à révision au 16 de chaque mois sur la base des
cotations bimensuelles précédant la révision et tenant compte du niveau de subvention indiqué
ci-dessus. Il convient de préciser que pour ce produit, le prix n’a été révisé que lorsque
l’incidence sur le prix en vigueur dépasse +/- 2,5%, alors que pour les autres produits qui sont
totalement décompensés, cette disposition n’était plus considérée en 2014.
Pour le fuel destiné à la production de l’électricité
Le fuel N2 et le fuel spécial destinés à la production de l’électricité ont été inclus au
système d’indexation depuis le 1er juin 2014, date à partir de laquelle ces produits sont
assujettis aux mêmes dispositions que le supercarburant et le fuel N2, soit une connexion
totale aux prix du marché international.
La subvention ayant été allouée aux fuels destinés à la production de l’électricité a été
substituée par un transfert forfaitaire direct à l’ONEE, permettant à cet établissement de
prendre en charge le coût additionnel engendré par la décompensation de ce produit.

1-3-2) Evolution du système d’indexation


HOMOLOGATION DES PRIX DES CARBURANTS EN 2015
La décompensation du prix du gasoil : A l’instar des autres produits pétroliers liquides, le
gasoil a été totalement décompensé. De ce fait, tous les carburants précités sont révisés le 1er
et le 16 de chaque mois, en fonction de leurs cotations sur le marché international.

23
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Graph1 : Démantèlement de la subvention du gasoil (DH/L

L’homologation des prix des carburants Un accord d’homologation des prix des
produits pétroliers liquides a été signé le 26 décembre 2014 entre le Gouvernement et le
secteur des produits pétroliers représenté par Le Groupement des Pétroliers du Maroc (GPM)
et la Société Anonyme Marocaine de l’Industrie du Raffinage (SAMIR) pour la période allant
du 1er janvier au 30 novembre 2015.
Cet accord vise notamment à :
Accompagner, pour une période transitoire, les professionnels du secteur pour la
fixation des prix des carburants liquides. Dans ce sens, l’Etat arrête chaque quinzaine les prix
« plafonds » de ces produits, selon la structure des prix et sur la base des cours internationaux,
conformément à l’arrêté du Ministre délégué auprès du Chef de Gouvernement chargé des
Affaires Générales et de la Gouvernance n° 4554-14 du 29 décembre 2014 ;
Promouvoir les conditions d’une concurrence saine entre les opérateurs du marché
pétroliers qui soit profitable aux consommateurs ;
Assurer la sécurité d’approvisionnement du pays dans les meilleures conditions ;
Veiller au respect des normes et de la réglementation en matière de qualité et de
stockage ;
Soutenir les programmes d’investissement du secteur pétrolier
La suppression de la péréquation :La péréquation s’élevait à 0,88 Dh/L et 0,11 Dh/L
respectivement pour le supercarburant et le gasoil. Il s’agit d’une recette qui était prélevée sur
le prix de ces deux produits et qui était destinée au financement d’une partie de la charge de
compensation du gaz butane. La suppression de la péréquation en 2015 s’est traduite par un
manque à gagner pour l’Etat de l’ordre de 1,2 MMDH, et une réduction des prix des
carburants au profit des consommateurs.
In fine, le système de compensation s’est limité au titre de l’année 2015 au gaz butane,
au sucre et à la farine nationale du blé tendre. Par ailleurs, des mesures d’accompagnement
sont prévues par la Loi de Finance 2015 notamment l’appui à l’ONEE suite à la
décompensation totaledu fuel et le soutien au secteur de transport.
24
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

1-4) Evolution et réforme des subventions au Maroc


Depuis le début des années quarante, le Maroc a instauré un système de subvention des
prix de produits de base afin de protéger le pouvoir d’achat des citoyens, de garantir
l’approvisionnement du marché avec ces produits ainsi que de soutenir le développement de
certains secteurs, notamment l’agroalimentaire.
Après l’indépendance, la compensation des produits alimentaires et agricoles se limitait
uniquement au sucre, puis, d’autres produits, comme les produits laitiers, l’huile, la farine, le
beurre et les engrais, ont bénéficié de la subvention quelques années plus tard. Cependant,
vers la fin des années quatre-vingt le système est abandonné pour plusieurs produits.
Parailleurs, deux autres produits sont ajoutés à la liste qui sont le sucre et le blé tendre destiné
aux farines libres qui sont jusqu’à présent subventionnés.
Actuellement, seuls trois produits bénéficient de la subvention : le sucre, le gaz butane
et la farine nationale du blé tendre. Le tableau 1 retrace les principales actions qui ont marqué
le système des subventions.
Les subventions des produits ont connu des fluctuations au cours des dernières années
notamment à cause des fluctuations des prix internationaux, en particulier des produits
pétroliers.

25
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

26
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

1-4-1 : Evolution et réforme des produits pétroliers1

Au niveau des produits pétroliers, le système de la péréquation qui consiste à maintenir le prix
à un niveau donné a été maintenu également depuis l’indépendance jusqu’à 1995 où le
système d’indexation des prix a été instauré. Depuis lors, plusieurs réformes ont été
appliquées pour alléger le fardeau de la compensation des produits pétroliers qui constitue à
elle seule plus de 80% des subventions entre 2009 et 20131. La libéralisation complète des
prix des produits pétroliers liquides a été effective depuis fin 2014.
Les mécanismes des subventions ont changé au fil du temps pour s'adapter aux
nouvelles mesures et à la nature de chaque produit. En effet, pour les produits pétroliers
liquides, l'indexation partielle a été entamée en 2013 en gardant un montant fixe de la
compensation. Les prix maximaux de chaque produit sont révisés deux fois par mois en
fonction des prix internationaux. En 2014, les prix du supercarburant, du fuel N2 destiné à
l'industrie, du fuel N2 et du fuel spécial destiné à l'électricité2 ont été complétement indexés
contrairement au gasoil dont la compensation a été démantelée progressivement durant
l'année. Le tableau 2 montre les montants des subventions des quatre produits pétroliers
liquides.

Pour le gaz butane, le prix public de vente est fixé depuis 1990 à 3 333 Dirhams pour la tonne
soit 40 Dirhams pour la bonbonne de 12 kilogrammes et 10 dirhams pour celle de 3
kilogrammes. Par conséquent, l'Etat supporte la différence avec le prix de revient qui dépend
également des prix internationaux. La charge de compensation dépasse souvent la moitié du
prix de revient, elle a atteint près de 70% en 2012 comme le montre le graphique 2.

1
Cour des Comptes (2014), "Rapport sur le système de compensation au Maroc : Diagnostic
2
Indexés à partir du 1er juin 2014

27
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Structure des prix du gaz butane :2020


En analysant la structure des prix du Gaz butane du mois de juin 2020, on constate que
le prix unitaire de la subvention à verser par la Caisse de Compensation a baissé par rapport
au même mois de l'an dernier de plus de 48%. Cependant, il a augmenté par rapport au mois
précédent de la même année de l’ordre de 45%.
Néanmoins, la moyenne de la subvention unitaire par bouteille de 12kg a connu une
baisse de 18% au cours du premier semestre de l’année 2020 par rapport à la même période de
l’année 2019, passant de 4.081,33dh/T en 2019 à 3.344,06dh/t en 2020.
Tableau 3 : L’évolution de la subvention unitaire de Gaz Butane 12 kg Janvier-Juin
2019/2020

En analysant également les courbes d'évolution des subventions unitaires mensuelles


entre les années 2017 et 2020, on constate que la subvention unitaire du mois de juin 2020,

28
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

reste globalement en baisse par rapport à celle de la même période sur les trois dernières
années.
Graph3 : Comparaison de la subvention unitaire du gaz butane (DH/T)

EVOLUTION DES COTATIONS DU GAZ BUTANE EN $/T :

Après une chute historique au mois d’avril, les cours du gaz butane se sont nettement
redressés au mois de mai. En effet, cette tendance à la hausse des cours a été appuyée par les
signes de regain d’activité en Chine, la levée du confinement aux États-Unis et en Europe,
mais aussi bien par l’impact positif de la décision prise par l’Organisation des pays
exportateurs de pétrole (l’OPEP) au début du mois de mai, portant sur la baisse de la
production et ce dans le but de réduire l'écart abyssal entre la demande et l'offre sur le marché
mondial et donc faire remonter les cours. Ainsi, la moyenne mensuelle des cours du gaz
butane a atteint 268 dollars la tonne au mois de mai, enregistrant ainsi une hausse de 38% par
rapport au mois d’avril 2020, et une baisse de 36% par rapport au même mois de l’année
2019.

Néanmoins, la moyenne des cours du gaz butane au cours des cinq premiers mois de
l’année 2020 a connu une baisse de 22% par rapport à la même période de l’année 2019.

1-4-2: Evolution et réforme des produits alimentaires


29
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Au niveau du prix du sucre, une subvention forfaitaire de 2000 DH/T a été initiée depuis
1996. Cependant, à partir de l’année 2007, cette subvention a été assujettie à la TVA dont le
coût a été pris en charge par l’Etat. Après la revalorisation des prix des cultures sucrières au
niveau de l’amont agricole en 2012, la subvention est passée à 2 847 DH/T y compris les
taxes. Par ailleurs, les subventions concernent également les importations de sucre brut afin de
maintenir son prix d’entrée au prix cible de 5 335 DH/T .

EVOLUTION DES COTATIONS DESUCRE EN $/T EN 2020


En parallèle, le cours du sucre brut à l’échelle international semble, lui aussi, avoir
trouvé un nouvel équilibre sur le marché mondial.
En effet, le cours de sucre a atteint une moyenne mensuelle de 257 dollars/T la tonne
pour le mois de mai, soit une augmentation de 6% par rapport au mois d’avril de la même
année, et une baisse de 9% comparé au même mois de l’année 2019.
Néanmoins, la moyenne des cours du sucre brut relative aux cinq premiers mois de
l’année 2020 a enregistré une baisse de 1% comparée à la même période de l’année 2019.

Finalement, La FNBT provient du blé produit localement ou du blé importé sous le


contrôle de l'ONICL. Un quota de 12.5 Million de quintaux de blé tendre (mais qui tend à
baisser graduellement), est réparti entre différents moulins régionaux. Il est destiné à la
fabrication de 10 Million de quintaux de Farine nationale de blé tendre (FNBT), qui est
subventionnée et théoriquement destinée aux ménages à faible revenu. Le volume de la FNBT
a baissé de 10% par décision interministérielle en 2008 alors que la commercialisation du Blé
Tendre destiné à la FNBT est soumise à un Appel d’Offres depuis 2007 pour déconnecter
progressivement la commercialisation du blé tendre de la Farine subventionnée

Dans le cadre de la production de la FNBT, les organismes de stockage reçoivent une


prime de stockage calculée sur le volume et sur le temps de stockage, elle est de deux dirhams
par quintal et par quinzaine, et est réglée par l'ONICL aux organismes stockeurs. Le blé
stocké bénéficiaire de cette prime est issu essentiellement de la production locale. Le blé
importé par l'ONICL étant en général directement livré aux moulins.

Compte tenu du coût d’acheminement de ce produit pondéreux, que ce soit à partir des
ports ou des lieux de collecte et de stockage, le transport est également subventionné par
l’État pour garantir un prix « rendu moulin » qui soit uniforme au niveau national.

30
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Enfin, une prime de rétrocession de 8.8 dirhams par quintal est également garantie aux
organismes de stockage au moment de la livraison du blé en minoterie

Structure des prix de la FNBT :2020


Le gouvernement mettra en place un régime de commercialisation incitatif afin de
favoriser la collecte de la production nationale à des prix rémunérateurs au profit des
producteurs de blé tendre au titre de la campagne agricole 2019-2020. Les mesures
concernent en particulier :

- Un prix référentiel cible de 280 DH/quintal rendu moulin, pour une qualité standard ;
- Une subvention forfaitaire de 5 DH /ql pour les quantités de blé tendre de production
nationale, acquises durant la période primable allant du 1er juin au 31 juillet 2020 ;
- Une prime de magasinage de 2 DH/ql par quinzaine, octroyée aux organismes
stockeurs pour les quantités de blé tendre national collecté du 1er juin au 31 juillet 2020. Cette
prime sera en vigueur pendant la période de stockage fixée jusqu’au 31 décembre 2020 avec
l’option de dégressif à hauteur de 7% à partir de fin de septembre.
- Une prime de magasinage de 2 DH/ql par quinzaine, octroyée aux organismes
stockeurs pour les quantités de blé tendre national collecté du 1er juin au 31 juillet 2020. Cette
prime sera en vigueur pendant la période de stockage fixée jusqu’au 31 décembre 2020 avec
l’option de dégressif à hauteur de 7% à partir de fin de septembre.
Par ailleurs, la suspension des Droits de Douane sera reconduite au-delà du 15 Juin
2020 afin de maintenir le prix de revient d’importation à un niveau accessible et permettre aux
importateurs d’exploiter les opportunités du marché Mondial et garantir le renouvellement en
permanence du stock pour au moins 4,5 mois des besoins de consommation. Étant entendu
que les prévisions mondiales de production de céréales au titre de l’exercice 2020-2021
s’annoncent très prometteuses.

LE PAIEMENT :2020
Le paiement des encours des dossiers de subvention des produits gaz butane et sucre,
arrêté à fin avril 2020, est de 2.197,37 millions de DH. Ce montant se décompose comme suit:

GAZ BUTANE : 1.697,37 MDH


SUCRE : 500,00 MDH

Les encours des dossiers de subventions au titre du gaz butane et de sucre, arrêtés à la
même période, s’élèvent à 5.027,29 Millions de DH, ventilé comme suit :

v GAZ BUTANE : 3 501,08 MDH


v SUCRE :1 526,21 MDH

v Chapitre 2 : Cadre d’analyse de lacompensation du gaz


butane et des produits alimentaires

31
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Dans ce chapitre on se basant sur l’analyse de la compensation du gaz butane et des


produits alimentaires d’où on va traiter la description et l’évolution pour chaque filière
subventionnée d’après le rapport sur la compensationpour l’année budgétaire 2020.

2-1) Déterminants de la compensation du gaz butane


2-1-1 : Description de la filière du gaz butane
Depuis l’année 2010, l’approvisionnement du marché national en gaz butane se fait
quasi totalement à travers l’importation directe depuis l’Algérie et l’Europe, s'effectuant à
81% par des contrats annuels liant les sociétés d’emplissage à certains fournisseurs
internationaux, et à 19% par appels d’offres mensuels. Ces importations transitent depuis les
terminaux portuaires, soit vers les centres d’emplissage qui sont au nombre de 37, soit par la
Société Marocaine de Stockage (SOMAS). Ces stocks sont ensuite distribués au niveau
national par 16 sociétés de distribution qui livrent le butane en vrac aux grands
consommateurs, et le butane conditionné aux dépositaires puis aux détaillants pour l’usage
domestique. (Annexe 2)
Le marché du GPL au Maroc est essentiellement constitué de butane commercial
conditionné en bouteilles de 3 kg, 6 kg et 12 kg. Dans un marché national du GPL de 2,389
MT en 2018, le butane représente 94%. Le propane, quant à lui, représentant les 6% restants,
est commercialisé essentiellement en vrac à hauteur de 90% et le reste est distribué en
bouteilles de 34 Kg.
L’approvisionnement du marché national en gaz butane se fait en totalité à travers
l’importation directe. Ces importations transitent depuis les 6 terminaux portuaires vers les
centres d’emplissage qui sont au nombre de 37. Les sociétés de distribution s’occupent par la
suite de la distribution du gaz conditionné par l'intermédiaire de dépositaires liés à elles par
contrat et opérant dans des zones d'activité limitées

2-1-2 : Evolution de la charge de compensation du gaz butane


2-1-2-1 : Evolution de la subvention unitaire
Suite à la baisse du cours du gaz butane, sa subvention unitaire moyenne est passée de
4840 DH/T en 2018, soit 58 DH par bonbonne de 12 Kg et 14,5 DH par bonbonne de 3 Kg, à
3 652 DH/T en 2019 (période janvier-septembre), correspondant à 44 DH par bonbonne de 12
Kg et 11 DH par bonbonne de 3 Kg. Rappelons que la subvention unitaire du gaz butane avait
atteint des niveaux plus élevés lors des années antérieures, à savoir plus de80 DH par
32
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

bonbonne de 12 Kg sur les quatre années allant de 2011 à 2014. Elle est ensuite redescendue à
44 DH par bonbonne en 2015 puis à 37 DH par bonbonne en 2016 qui est leniveau le plus bas
de cette décennie. Ainsi, la part subventionnée du gaz butane est passée de près de 70% du
prix réel en 2012 à 45% en 2016, puis elle a repris à la hausse à 52% en 2019.

Graph 4 : Subvention unitaire annuelle moyenne du gaz butane (DH)

Tableau 3 : Tableau illustrant le taux de subvention du prix du gaz butane

2-1-2-2 : Evolution de la consommation


La consommation annuelle du gaz butane est en augmentation permanente. Elle a
enregistré 2,389 Millions de tonnes en 2018 - dont 87% distribués sous forme de bonbonnes
de 6 et 12 Kg, et 13% sous forme de bonbonnes de 3 Kg - contre 2,339 Millions de tonnes en
2017, soit une hausse globale de 2,1%. La figure suivante rappelle la progression qu’elle avait
enregistrée depuis l’année 2002 avec une consommation de 1,1 Millions de tonnes à cette
époque. L’accroissement annuel moyen de la consommation du butane est de l’ordre de 4,1%,
représentant un accroissement de facto de la charge de subvention du butane de 4,1%, voire
plus, lorsque se conjuguent les effets de la hausse des cours avec celles de la consommation.

Graph 5 : Mise à la consommation annuelle du gaz butane (MT)

33
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Source : Rapports Conseil d’Administration de la Caisse de Compensation

2-1-2-3 : Evolution de la charge de compensation


La charge de compensation du gaz butane a enregistré 12,093 Milliards de dirhams en
2018 contre 10,315 Milliards de dirhams pour l’année 2017. Cette hausse provient
essentiellement de la hausse du cours international moyen du butane qui est passé de 467 $/T
à 522 $/T entre 2017 et 2018, puis de l’accroissement de la consommation nationale de 2,1%.
La charge du gaz butane comprend 11,732 Milliards de dirhams au titre du soutien du prix des
bonbonnes à gaz et 361 MDH au titre de la prise en charge du transport du butane en vrac
entre les ports vers les centres emplisseurs pour garantir l’unicité du prix de base à l’échelle
nationale.
Graph 6 : Charge de compensation annuelle des produits pétroliers (MMDH)

Source: Rapports Conseil d’Administration de la Caisse de Compensation

Ø Bulletin d’informations Mois mai 2020


La charge de la subvention du gaz butane relative aux quatre premiers mois de l’année
2020 s’est élevée à 3.923 millions de dirhams, contre 3.450 millions de dirhams comparée à la
même période de l’année 2019, soit une augmentation de 14%.
Toutefois, cette augmentation est due essentiellement à la hausse des cours du gaz
butane au premier trimestre de l’année 2020 et par conséquent l’augmentation des prix de la
subvention unitaire.
Cette augmentation des prix a été accompagnée de la hausse des volumes distribués de
l’ordre de 10% suite à la forte demande exceptionnelle de butane au début du confinement.

34
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Tableau 4 : Les quantités mises à la consommation du gaz butane 2020

Graph 7 : Evolution de la charge de compensation et des quantités de gaz butane 2019-


2020

2-2) Déterminants de la compensation du sucre


2-2-1 : Mécanismes de subvention du sucre
La filière sucre a été assujettie à des remaniements par le passé, principalement en
matière de désengagement progressif de l’état des différents maillons et de privatisation de
l’industrie aboutissant aujourd’hui une filière en état de libéralisation partielle. Cependant en
matière de prix, comme le sucre est un produit essentiel dans le panier de consommation
typique d’un ménage marocain, les prix à la production comme à la consommation sont
toujours administrés. Actuellement, l’état soutient les prix du sucre à deux niveaux :
·Subvention d’ajustement à l’importation : les importations du sucre brut soumises à
une tarification à la frontière de 35% bénéficient d’une subvention supplémentaire (ou
restitution) égale à la différence entre le prix cible et le prix de revient à l’importation. Le prix
cible à l’importation de sucre brut est actuellement de 5335 DH/T contre 4700 DH/T en 2012
suite à la revalorisation des prix des cultures sucrières en 2012 et 2013.

35
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

· Subvention forfaitaire à la consommation : les mises à la consommation de sucre


bénéficient d’une subvention forfaitaire à la consommation de 2847 DH/T/TTC, donnant lieu
à une charge de compensation annuelle à la consommation de l’ordre de 3,5 Milliards de
dirhams. A rappeler que cette subvention est passée de 2140 DH/T/TTC à 2847 DH/T/TTC
entre 1996 et 2013 suite à la prise en charge par le Budget de l’Etat de l’impact de la
revalorisation des prix des cultures sucrières en 2012 et 2013.

2-2-2 : Consommation nationale du sucre blanc


La consommation nationale du sucre s’est élevée au titre de l’année 2018 à 1 207
kilotonnes. Le taux d’accroissement annuel de la consommation passant de 2008 à 2018 se
situe à 0,50 %. Par type de sucre, le granulé représente 56%, suivi du sucre en pain à 30%
puis du sucre en morceaux et en lingots à 14%.
Graph 8: Consommation nationale du sucre blanc (KT)

Graph 9 : Répartition de la consommation annuelle du sucre par type en 2018

36
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

2-2-3 : Production nationale de sucre blanc et importation du sucrebrut


ü Au niveau de la production de sucre blanc
Le sucre a toujours constitué un produit stratégique par son importance dans la sécurité
et dans les habitudes alimentaires du pays. Sa consommation par ménage se chiffre à près de
36 kg/habitant par an, totalisant une consommation nationale d’un peu plus de 1,2 Millions de
tonnes dont presque la moitié est actuellement produite et l’autre moitié importée. En
connaissance de son importance, la filière sucrière nationale a toujours constitué une
composante essentielle de la politique agricole et agroalimentaire tracée par le gouvernement.
A la suite des efforts déployés par les pouvoirs publics notamment en matière de
revalorisation des cultures sucrières d’une part, et de renforcement des incitations financières
du Fonds de Développement Agricole d’autre part, tel qu’il a été prévu dans le cadre du
contrat-programme de la filière sucrière 2013-2020, la production nationale de sucre blanc a
significativement augmenté en passant de 250 Kilotonnes (KT) en 2012 à 607 KT en 2016
(niveau record), et s’établirait prévisionnellement à 600 KT en 2019. Ainsi, le taux de
couverture de la consommation par la production nationale est passé de 20 % en 2012 à 49%
en 2016, puis est prévu de s’établir à 49 % en 2019.
Graph 10 : Production nationale de sucre blanc (KT)

Graph 11 : Taux de couverture de la consommation par la production nationale


37
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Source : MAPMDREF

ü Au niveau de l’importation du sucre brut


En corollaire des actions menées en matière de redynamisation de l’amont sucrier, le
taux de couverture de la consommation par l’importation a diminué depuis 2012, en passant
de 80% à moins de 60% lors des 4 dernières années. Les quantités importées ont enregistré
notamment 683 KT en 2016, 809 KT en 2017 et 751 KT en 2018, en glissement annuel de
7%, soit respectivement des taux de couverture par l’importation de 51%, 57% et 53%.

Graph 12 : Importations du sucre brut (KT)

Graph 13 : Taux de couverture par l'importation (%)


38
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

2-2-4 : Evolution de la charge de compensation du sucre


En 2018, la charge de compensation du sucre s’est établie à 3 437 millions de dirhams
au titre du soutien à la consommation du sucre raffiné. Quant à la subvention à l’importation
elle est passée à une restitution en faveur de l’état de 431 millions de dirhams, en raison des
cours bas du sucre brut sur le marché international.

Graph 14 : Charge de compensation du sucre (MDH)

Bulletin d’informations Mois mai 2020


L’évolution de la charge de compensation du sucre, aussi bien en quantités qu’en
valeur, relative aux quatre premiers mois de l’année 2020 a connu une diminution de 4%
comparée à la même période e l’année 2019.
Ainsi, la charge de compensation relative au sucre s’est élevée à 1.146 millions de dirhams
pour la période allant du mois de janvier à avril de l’année 2020 contre 1.189 millions de
dirhams pour la même période en 2019.

Tableau 5 : Evolution de la charge de compensation relative au sucre 2020


39
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Graph 15 : Evolution de la subvention de sucre local en KDHS 2019-2020

2-3) Déterminants de la compensation du blé tendre et de FNBT


2-3-1 : Situation de la filière céréalière nationale
ü Au niveau de la production
Les prévisions de production des trois principales céréales au titre de l’année 2019 sont
estimées à 51,8 millions de quintaux (MQx), en recul de près de 50% par rapport à la
campagne précédente. Par espèce céréalière, la production prévisionnelle de blé tendre est
estimée à 26,8 MQx suivi du blé dur à 13,4 MQx puis de l'orge à 11,6 MQx. La production
aurait été impactée par la mauvaise répartition saisonnière des précipitations avec un volume
pluviométrique en repli de 23%, faisant que le rendement céréalier moyen se serait établi à
14,4 quintaux à l’hectare, soit 37 % de moins en comparaison avec la campagne précédente.

Graph 16 : Production nationale des céréales (MQx)


40
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Source : MAPMDREF
Afin d’assurer une bonne collecte de la production nationale de blé tendre au titre de la
campagne 2019/2020, l’Etat a mis en place un ensemble de mesures à savoir :
· La fixation d’un prix référentiel d’achat de blé tendre, maintenu à 280 dirhams/quintal rendu
moulin, pour une qualité standard. Ce prix intègre toutes les charges relatives à l’achat et la
livraison dudit blé aux minoteries ainsi que la marge des intervenants ;
· La fixation de la période de collecte primable du 1er juin au 31 aout 2019 ;
· L’octroi d’une prime de magasinage de 2 Dh/quintal/quinzaine aux organismes stockeurs au
titre des achats de blé tendre issu de la récolte nationale effectués au titre de la période
primable ;
· La prise en charge par l’Etat de la subvention forfaitaire de 5 DH/Ql allouée à la récolte
nationale de blé tendre déclarée et destinée à la minoterie industrielle ;
· Le lancement d’appels d’offres par l’ONICL pour l’approvisionnement des minoteries en
blé tendre destiné à la fabrication des farines subventionnées. L’écart entre les prix offerts par
les soumissionnaires qui comprend également les frais relatifs au transport et le prix d’entrée
moulin fixé à 258,8 DH le quintal est pris en charge par la compensation ;
· L’instauration d’un droit d’entrée du blé tendre de 135% dès le 1er juin afin de limiter
l’importation du blé tendre durant la période de la collecte, et ainsi favoriser l’écoulement de
la production nationale.
Pour l’année 2018, sur une production de 50 MQx, la quantité collectée en blé tendre est
estimée à 18,4 MQx, soit un taux de collecte de 37%. Il s’agit de la collecte la plus importante
en quantité depuis 2013 et la plus importante en pourcentage depuis 2014. Près de 95% de
cette quantité a été collectée durant la période primable.

Graph 17 : Collecte nationale du blé tendre (MQx)

41
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Ø Au niveau de l’importation
Durant la campagne 2018/2019, près de 59,3 MQx ont été importés toutes céréales
confondues (excluant le blé fourrager), soit 17,6% de moins que la campagne précédente.
Représentant 46% des importations céréalières, les importations du blé tendre se sont élevées
à 27,3 MQx.

Graph 18: Importations des céréales (MQx

Source : Rapports Conseil d’Administration de l’ONICL


Au titre de la campagne 2017-2018, les importations nationales du blé tendre proviennent
essentiellement de la France et l’Ukraine ayant fourni les deux tiers des quantités importées.
Les importations en provenance de la Russie s’élèvent à près de 17% suivies des États-Unis
(14%).

42
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Graph 19 : Répartition des importations nationales du blé par origine

Afin de concilier entre l’écoulement de la production nationale et l’approvisionnement du


marché en blé tendre, l’Etat procède selon les périodes et la conjoncture à la modification des
droits de douanes comme le montre le graphique suivant.

Graph 20 : Droits de douane du blé tendre

Ø Pour favoriser le déroulement de la collecte du blé tendre local dans les meilleures
conditions, les droits de douanes ont été augmentés à 135 % depuis le 1 er juin 2019
Ecrasements de la minoterie industrielleL’activité de stockage a connu d’importants
investissements au cours des quatre dernières années. La capacité de stockage actuelle s’élève
à 66 MQx (hors les capacités des silos portuaires) dont près des 3/4 chez les organismes
stockeurs, 10 MQx chez les minoteries industrielles et 7 MQx de quintaux au niveau des
usines des aliments composés.
Par ailleurs, le nombre des minoteries industrielles actives s’élève à 161 minoteries
réparties comme suit : 137 minoteries de blé tendre, 15 minoteries de blé dur et 9 minoteries
d’orge. La capacité d’écrasement annuelle desdites minoteries est de 104 MQx dont 87% est
dédiée au blé tendre, 11% au blé dur et 2% au maïs. Les minoteries écrasant plus d’une seule
céréale représentent 27%. S’agissant des écrasements réalisés des minoteries industrielles,
elles sont estimées à 54,4 MQx dont 83% de blé tendre. De ce fait, le taux global d’utilisation
de la capacité de production des minoteries industrielles ne dépasse pas 53%.

43
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Graph 21 : Ecrasements des minoteries industrielles (MQx)

Source : Rapports Conseil d’Administration de l’ONICL

2-3-2 : Subvention du blé tendre et de la FNBT


Le système de subvention du blé et de la farine de blé tendreLe soutien de l’Etat au
niveau des prix des produits céréaliers est limité au blé tendre et se déroule selon les 2
mécanismessuivants :
· Un mécanisme d’encadrement des prix du grain local et importé permettant de maitriser les
prix des farines libres et protéger la production nationale. Il s’opère moyennant l’ajustement
des droits de douanes, la restitution à l’importation (le cas échéant) et le soutien de la
production nationale moyennant l’octroi d’une prime de collecte et de magasinage ;
· Un mécanisme de soutien à la consommation pour un contingent de farine de blé tendre
limité, qui est passé de 9 MQx en 2019 à 6,5 MQx actuellement.

Charge de subvention du blé tendre et de la farine nationale de blé tendreEn 2018, la


charge de compensation du blé tendre et de la farine s’est située à hauteur de 1501 MDH. La
reconduction du contingent de la farine nationale de blé tendre (FNBT) de 6,5 millions de
quintaux a permis de préserver pratiquement le même niveau de la subvention de la FNBT
(1003 MDH). Également, le niveau relativement baissier du cours du blé tendre en 2018 a
permis de ne pas recourir au système de restitution à l’importation du blé tendre, à l’instar de

44
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

l’année 2017. Les postes relatifs au transport, à la collecte et au magasinage des farines ont
totalisé pour leur part près de 490 MDH.
Graph 22 : Charge de compensation de la FNBT et du blé tendre (MDH)

Source : Rapports Conseil D’Administration de l’ONIC

45
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Chapitre 3 : Situation de la compensation de l’année 2019 et l’état


des lieux en 2020
Dans ce dernier chapitre etvu le rapport de la caisse de compensation pour l’année
budgétaire 2020 on va discuter sur la situation provisoire de caisse de compensation 2019 au
niveau des crédits ouverts par la loi de finances 2019 aussi que la charge de compensation au
titre de la période janvier et septembre 2019, ensuite on va mener sur l’état des lieux de la
caisse de compensation en 2020 au niveau des crédits programmés au titre du projet de loi de
finances 2020

3-1) Situation provisoire de l’année 2019


3-1-1)Crédits ouverts par la loi de finance pour 2019
En fait la loi de Finances 2019 a programmé une enveloppe de 17,670 milliards de
dirhams au titre de la compensation, destinée à soutenir les prix du gaz butane, du sucre et de
la farine nationale de blé tendre.

3-1-2) Charge de compensation au titre de la période janvier-septembre


2019
A fin septembre 2019, le cours moyen du gaz butane s’est élevé à 408 $/T. Quant au
taux de change du dollar, il s’est élevé à 9,60 DH/$ au cours de ladite période.

Sur cette base, ainsi que sur la base des quantités mises à la consommation des produits
subventionnés, la charge prévisionnelle relative au soutien des prix du gaz butane, du sucre et
de la farine de blé tendre s’établirait à 11,2 milliards de dirhams au titre de la période janvier-
septembre 2019, dont 7,4 milliards de dirhams au titre du gaz butane.
Le cours moyen du gaz butane a enregistré 408 $/T à fin septembre 2019, contre une
moyenne de 522 $/T pour l’année 2018. Par conséquent, la subvention unitaire moyenne du
gaz butane est passée de 4 840 DH/T en 2018 à 3 652 DH/T en 2019 (période janvier-
septembre), soit 44 DH par bonbonne de 12 Kg et 11 DH par bonbonne de 3 Kg. La charge de
compensation du gaz butane a enregistré 12,093 Mds de DH en 2018 contre 10,315 Mds de
DH en 2017. Cette hausse provient essentiellement de la hausse du cours international du
butane qui est passé de 467 $/T à 522 $/T de 2017 à 2018, puis de l’accroissement de la
consommation nationale de 2,1 %. La charge du gaz butane comprend 11,732 Milliards de
dirhams au titre du soutien du prix des bonbonnes à gaz et 361 MDH au titre de la prise en
charge du transport du butane en vrac entre les ports et les centres emplisseurs, afin de
garantir l’unicité du prix de base à l’échelle nationale.
En ce qui concerne le sucre, hormis une légère reprise en 2016, le cours moyen du sucre
brut s’est inscrit dans une baisse prolongée au titre de ces dernières années en passant d’un pic
de 661 $/T en 2011 à 379 $/T en 2017 et 293 $/T en 2018, et 291 $/T au titre de la période
janvier-septembre 2019. Lors de ladite période, le cours du sucre brut a fluctué entre 261 $/T
et 321 $/T, enregistrant une moyenne de 291 $/T, contre 298 $/T au titre de la même période
de l’année précédente. A la suite des efforts déployés par les pouvoirs publics notamment en
matière de revalorisation des cultures sucrières d’une part, et de renforcement des incitations
financières du Fonds de Développement Agricole d’autre part, tel qu’il a été prévu dans le
cadre du contrat-programme de la filière sucrière 2013-2020, la production nationale de sucre

46
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

blanc a significativement augmenté en passant de 250 Kilotonnes (KT) en 2012 à 607 KT en


2016 (niveau record), et s’établirait prévisionnellement à 600 KT en 2019.
Le cours du blé tendre sur le marché international a enregistré une moyenne de 189
$/T au cours la période janvier-septembre 2019 pour la référence du blé tendre d’origine
française. Il s’agit de la 5ème année consécutive où le cours moyen du blé tendre est inférieur
à 200 $/T, alors qu’il avait enregistré plus que 300 $/T en 2011, 2012 et presque autant en
2013. La consolidation des stocks entre 2015 et 2018 a favorisé le maintien du prix du blé en-
dessous de 200 $/T. Toutefois, leur baisse enregistrée durant ces deux dernières années par
rapport à 2017/2018 a engendré cette légère hausse du prix moyen passant de 168 $/T en 2017
à 189 $/t à fin septembre 2019.
Les prévisions de production des trois principales céréales au titre de l’année 2019 sont
estimées à 51,8 millions de quintaux (MQx), en recul de près de 50 % par rapport à la
campagne précédente. Par espèce céréalière, la production prévisionnelle de blé tendre est
estimée à 26,8 MQx suivi du blé dur à 13,4 MQx puis de l’orge à 11,6 MQx. La production
aurait été impactée par la mauvaise répartition saisonnière des précipitations avec un volume
pluviométrique en repli de 23%, faisant que le rendement céréalier moyen se serait établi à
14,4 quintaux à l’hectare, soit 37 % de moins en comparaison avec la campagne précédente.

En 2018, la charge de compensation du blé tendre et de la farine s’est située à


hauteur de 1 501 MDH. La reconduction du contingent de la farine nationale de blé tendre
(FNBT) de 6,5 millions de quintaux a permis de préserver pratiquement le même niveau de la
subvention de la FNBT (1 003 MDH).

3-2) Etat des lieux de la caisse de compensation en 2020


3-2-1) Crédits programmés au titre du projet de loi de finances 2020
Le projet de loi de finances relatif à l’exercice budgétaire de l’année 2020 prévoit une
dotation globale de 13,640 milliards de dirhams, destinée à soutenir les prix du gaz butane et
des produits alimentaires (sucre et farine de blé tendre).
Se situant entre 13,5 et 17,1 Mds de DH au cours des cinq dernières années contre
respectivement 29 et 56 Mds de DH entre 2019 et 2014, la charge de subvention liée à la
compensation s’est drastiquement allégée. En effet, depuis la décompensation des carburants
en 2015, les finances publiques se sont améliorées d’une dépense sociale, considérée comme
étant inefficace.

Les pouvoirs publics se limitent actuellement à la prise en charge du gaz butane, du


sucre et d’un contingent de farine de blé tendre. Cela permis de maintenir les prix de ces
produits à leurs niveaux historiques en assumant leurs dépassements et les fluctuations de
leurs cours sur le marché international.

Une charge de subvention de 13.640 MDH en 2020

En 2018, avec un cours mondial moyen du butane à 522 $/T, et des niveaux de prix
globalement réguliers pour le sucre brut et le blé tendre, la compensation de ces trois produits
s’est soldée à 17,1 Milliards de dirhams, en hausse de 10% par rapport à
2017, principalement sous l’effet du prix mondial du gaz et de l’accroissement constant de la
consommation nationale. L’année 2019 s’est présentée quant à elle de manière relativement

47
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

favorable avec une baisse du cours du butane à 408 $/T au titre de la période janvier-
septembre contre 534 $/T pour la même période de l’année dernière, et un cours moyen du
sucre brut globalement similaire entre les deux périodes.
Depuis plusieurs années, la décompensation de ces produits de première nécessité occupe le
devant de la scène et chaque fois, il est prévu de passer à l’acte pour soulager la soutenabilité
budgétaire, mais les pouvoirs publics sont conscients que ce n’est pas le moment dans un
contexte empreint d’une détérioration du pouvoir d’achat des ménages.

« Les pouvoirs publics attendent l’opérationnalisation du Registre Social Unique qui


permettra de coordonner et de restructurer l’ensemble des aides sociales les prix du gaz
butane, du sucre et de la farine nationale continueront à être subventionnés en 2020, à
hauteur d’une enveloppe totale de 13.640 MDH programmée dans le cadre du projet de loi de
finances de l’année 2020 », apprend-on dans le rapport de la compensation au titre de l’année
2020.

48
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Conclusion générale :

Certes la caisse de compensation a joué jusqu'à ordre d'aujourd'hui un rôle déterminé en


soutenant le pouvoir d'achat des classes sociales les plus vulnérables a travers des subventions
directes pour plusieurs secteurs. Cependant ce système quel’état a préconisé s’avéré souvent
inéquitable et mal réparti d’où la nécessité d’une réforme en urgence basée sur la
rationalisation des dépenses et trouver d’autres ressources pour une répartition plus équilibrée
garantissant un meilleur résultat et surtout faire en sorte que la classe moyenne puisse en tirer
profit aussi et ainsi garantir une croissance dynamique et durable.
Au terme de notre étude et en guise de conclusion, On a parlé sur la caisse de
compensationon a commencé par présenter un aperçu général de la caisse de compensation et
vu qu’elle est un établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie
financière, on a parlé précisément de son organisation administrative qui est administrée par
un conseil d’administration, qui comprend les différentes ministres composants de la caisse,
ensuite les missions principales de la caisse de compensation qui s’articulent autour des
axes : « Subvention du Gaz Butane, Subvention du Sucre, Subvention des provinces
sahariennes » sans oublier les produits subventionnés par la caisse de compensation, par
d’ailleurs on a parlé l’historique du sucre entre l’année 1996 et 2013 aussi que l’historique du
blé tendre et de la farine entre l’année 1988, Ainsi l’évolution de système d’indexation vu la
hauteur des produits pétroliers le gouvernement active la réforme de la compensation par le
système d’indexation des prix des produits pétroliers a décision politique pour la réforme
globale prise fin 2013, Par ailleurs d’analyser l’évolution et réforme des subventions au
Maroc, dans cet esprit, la Caisse de Compensation publie mensuellement un bulletin
d’information qui met la lumière sur les principaux indicateurs financiers des produits
subventionnés ainsi que sur leur évolution dans le temps des produits pétroliers et les produits
alimentaires, on constate que la structure des prix du Gaz butane fait ressortir que la moyenne
de la subvention unitaire par bouteille de 12kg a chuté de 12% au cours des cinq premiers
mois de l’année 2020 par rapport à la même période de l’année 2019 aussi que le début de
cette année a été marqué par une hausse des cours du gaz butane franchissant la barre des 500
dollars la tonne. Cette hausse n’a pas duré à cause de la crise du coronavirus, la pandémie qui
a déstabilisé tous les marchés internationaux et ce notamment du gaz butanele cours du sucre
brut à l’échelle international, lui aussi, n’a pas été épargné de la crise du coronavirus. En effet,
le cours de sucre a atteint une moyenne mensuelle de 242 dollars/T la tonne pour le mois
d’avril, enregistrant ainsi une baisse de près de 14% par rapport au mois de mars de la même
année, et de 19% comparé au même mois de l’année 2019
Pour cela il nous a apparu intéressant de proposer les déterminants de la compensation
sur trois axes :
D’une part, les déterminants et la situation de la compensation du gaz butane, toutefois,
les quantités mises à la consommation du gaz butane se sont élevées à 646.234 Tonnes pour
les trois premiers mois de l’année 2020, contre 630.813 Tonnes comparées à la même période
de l’année précédente, soit une augmentation de l’ordre de 2%.
Aussi que les déterminants et la situation de la compensation du sucre,hormis une
légère reprise en 2016, le cours moyen du sucre brut s’est inscrit dans une baisse prolongée au

49
La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

titre de ces dernières années en passant d’un pic de 661 $/T en 2011 à 379 $/T en 2017 et 293
$/T en 2018, et 291 $/T au titre de la période janvier-septembre 2019.
Puis les déterminants et la situation du blé tendre et de la FNBT, or le cours du blé
tendre sur le marché international a enregistré une moyenne de 189 $/T au cours la période
janvier-septembre 2019 pour la référence du blé tendre d’origine française.
Enfin et vu le rapport de la caisse de compensation pour l’année budgétaire 2020 on va
discuter sur la situation provisoire de caisse de compensation 2019, car en 2018, avec un
cours mondial moyen du butane à 522 $/T, et des niveaux de prix globalement réguliers pour
le sucre brut et le blé tendre, la compensation de ces trois produits s’est soldée à 17,1
Milliards de dirhams, en hausse de 10% par rapport à 2017, principalement sous l’effet du
prix mondial du gaz et de l’accroissement constant de la consommation nationale, ensuite on
va mener sur l’état des lieux de la caisse de compensation en 2020, en attendant
l’opérationnalisation du Registre Social Unique qui permettra de coordonner et de restructurer
l’ensemble des aides sociales, les prix du gaz butane, du sucre et de la farine nationale
continueront à être subventionnés en 2020, à hauteur d’une enveloppe totale de 13.640 MDH
programmée dans le cadre du projet de loi de finances de l’année 2020.

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La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Bibliographie :

· Rapport sur la compensation, Ministère de l’économie et des finances, Projet de Loi de


Finances pour l’année budgétaire 2020
· Site Web de la caisse de compensation : www.cdc.gov.ma
·Rapport sur la compensation, 2016
· Mémoires de stage sur la Caisse de Compensation sous le thème : Le débat sur l’efficacité
de la subvention des prix des produits alimentairesoctroyée par la caisse de compensation
et sur sa réforme suscite la polémique, quant à son coût et son inefficacité.

· Exposé sur : Caisse de compensation défis et perspectives, préparé par : Youssef MAZIANE
MTALSI Boubacar Touré Hanane ELBAAJ Année.

· Mémoire : Peut-on supprimer la caisse de compensation ? Réalisé par : HAJAR SAADI,


Mustapha ELKHALFAOUI, Issam OUATAR

· https://fnh.ma
· www.finances.gov.ma
· https://www.ecoactu.ma

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La caisse de compensation au Maroc : état des lieux en 2020

Annexes :
ANNEXE I :

Annexe 2 :Schéma descriptif de la filière du gaz butane

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