Le 23/04/2007
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LES RESISTANCES DE POINT NEUTRE
Extrait du livre « la pratique des régimes de neutre en haute tension »
Le 23/04/2007
Les résistances de point neutre
Lorsque l’on souhaite limiter fortement le courant dans le neutre du réseau, on utilise une résistance de point
neutre. Les risques de résonance parallèle ou série sont alors inexistants.
Ces résistances sont connectées entre le neutre du réseau et la terre
Insertion dans le neutre du Neutre artificiel crée par une bobine triphasée
transformateur
Constitution
Aujourd’hui, les résistances, en acier :Résistance le METAL DEPLOYE
inoxydable, sont isolée dans l’air et
insérée dans une enveloppe métallique
protégée de la corrosion qui contient
également les transformateurs de
courant chargés d’alimenter les
protections.
Détections des courts-
Tn
circuits à la terre
Eléments GRIDEX U
Détection des défauts
résistants TcH
photos « LE METAL DEPLOYE »
Le 23/04/2007
Caractéristiques électriques
La tension assignée
C’est la tension pour laquelle est déterminée la résistance. Elle a généralement pour la valeur V= Us / 3
Us est la tension maximale de Service.
La résistance
La valeur de la résistance est calculée pour une température spécifiée. Elle est mesurée en courant continu.
La valeur de l’impédance mesurée en courant alternatif devra être spécifiée. Elle doit normalement être très
proche de la valeur de la résistance.
La tenue thermique
Elle doit être adaptée aux conditions d’exploitation les plus sévères. Elle dépend du plan de protection et des
cycles d’automatismes associés. La tenue thermique en régime continu est représentée par la fonction
W
t (I) =
RI²
s
4500
4000
RPN 40 Ω pour réseau 20 kV
18.106 Joules
3500
3000
2500
2000
5 A en permanence
1500
1000
500
A
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
110
120
130
140
150
160
170
180
190
200
210
220
230
240
250
260
270
280
290
300
310
0
Certaines pratiques d’exploitation peuvent générer des contraintes thermiques hors normes susceptibles de
provoquer un vieillissement prématuré de la résistance et la rupture de celle-ci. Les conséquences peuvent être
graves:
Fonctionnement du réseau à neutre isolé, défaillance du plan de protection , augmentation des surtensions
dynamiques.
Amorçage et shuntage de la résistance, augmentation du courant de défaut, surtension sur les prises de terre.
Certains exploitants équipent les résistances de dispositifs chargés surveiller l’état de la résistance ainsi que les
contraintes qui lui sont imposées.
Paramètres intervenant dans le dimensionnement de la résistance:
Valeur maximale du courant permanent susceptible de circuler dans la résistance.
En fonctionnement normal, le réseau fournit un courant homopolaire permanent appelé parfois « bruit du
réseau ». Celui-ci est composé d’une part d’un courant 50 Hz1 dû au déséquilibre homopolaire de capacité des
lignes et d’autre part des courants harmoniques injecté dans le réseau par les charges et les transformateurs. A
certains moments de la journée, ce bruit peut atteindre quelques ampères.
Dans le cas de défauts non détectés par le plan de protection2, un courant de faible valeur peut traverser la
résistance durant un temps assez long. Il peut alors être assimilé à un transit permanent qui s’ajoute au bruit du
réseau.
Il est évident que la résistance de point neutre doit pouvoir tenir sans dommage de telles valeurs de courant.
1
50 Hz ou 60 Hz suivant les pays.
2
Défauts très résistants ou conducteur tombé coté charge.
Le 23/04/2007
Sous l’effet de ces courants, la résistance dissipe une énergie thermique Wi qui doit être prise en compte pour
spécifier les régimes de fonctionnement. La température de la résistance dépend alors du bilan énergétique Wp =
Wi-Wa où Wa représente la compensation thermique par l’environnement.
Courant maximal de neutre.
Us
Lors d’un défaut de très faible résistance, le courant de neutre peut atteindre une valeur I = .
R. 3
Ce courant va développer une énergie W= ∫RI²t dépendant du cycle d’automatisme. La contrainte thermique
induite par le court-circuit s’ajoute alors à celle provoquée par le courant permanent.
Il faut noter que durant un cycle d’automatisme, la résistance prend des valeurs qui dépendent de sa température
θ° telle que Rθ° = R0 (1+ αt°) où α ≈ 10-3 Ω/°C et t° l’élévation de température.
Par les spécifications HN 64-S-50, EDF précise que le courant de neutre ne doit pas excéder 300 A en réseau
rural et 1000 A en réseau urbain. De ces valeurs, on déduit aisément la valeur de R0.
Conditions d’échauffement de la résistance
Les résistances doivent répondre à des spécifications de température déterminées en fonction des cycles
d’automatismes.
Exemple:
Les réseaux HTA aériens Français disposent de protections et d’automatismes assurant l’élimination
automatique des défauts. Il existe essentiellement deux cas ou les résistances peuvent être mise en contraintes.
Cas d’un défaut peu résistant détecté par les protections sélectives
Lorsque le défaut n’a pas été éliminé par le cycle d’automatisme, l’exploitant doit effectuer des manoeuvres et
des essais afin de localiser le défaut. Lorsque ces opérations sont effectuées par téléconduite, la résistance peut
subir des contraintes thermiques du fait qu’elle n’a pas eu le temps de se refroidir suffisamment entre le
déclenchement définitif et la première manoeuvre.
On peut rencontrer également des phénomènes d’avalanche lors d’évènement climatique (givre, orage, dépôt de
sel ....). Il existe alors un risque de destruction de la résistance. On pourrait alors recommander la mise hors
tension du réseau affecté par ces évènements heureusement exceptionnels3
Défaut non détecté par les protections sélectives
La mise hors tension d’un défaut résistant, par la protection amont4, peut être réalisée en trois minute. Si l’on
examine la caractéristique thermique de la résistance, l’intensité autorisée durant ce temps ne doit pas excéder 50
A. L’exploitant sera ensuite conduit à effectuer des manoeuvres et des essais afin de localiser le défaut. Ce sont
généralement ces manoeuvres qui apportent le plus de contrainte thermiques sur la résistance.
La spécification HN-64-S-50 défini un cycle d’essais à 3 stades pour une température ambiante de 40°.
Stade « a » La résistance est parcourue par un courant de 5 A jusqu’à l’équilibre des températures.
Cet essai simule l’action du courant permanent dans la résistance.
Stade « b » La résistance est parcourue par un courant de 20 A pendant 10 mn. Ce fonctionnement
correspond à une contrainte pouvant apparaître durant une recherche de défaut résistant.
Stade « c » La résistance est alimentée sous sa tension assignée (12kVsur un réseau 20 kV) pendant 5s.
5s représente le temps maximal continu nécessaire pour l’élimination d’un défaut de faible résistance.
3
La remise sous tension pourrait cependant s’avérer difficile.
4
On se reportera au livre 2
Le 23/04/2007
Tout au long de son exploitation, la résistance doit pouvoir supporter un cycle nominal « stade a + stade b +
stade c ». La répétition de ce cycle est cependant conditionné à des intervalles de repos permettant un
refroidissement complet. Comme nous l’avons vu plus haut, c’est ce dernier point qui pose le plus de problème.
Les mesures
Pour mesurer l’impédance résiduelle de la mise
à la terre du neutre on réalise le montage suivant
conformément aux spécifications de l’UTE
C185105.
L’ampèremètre mesure le courant homopolaire
d’essai du circuit de mise à la terre du neutre
sous réserve que les impédances des voltmètres
soient suffisamment élevées.
Les voltmètres permettent de calculer
l’impédance homopolaire du transformateur et
la résistance de la RPN.
V1 V2
Zot = 3 et R =
I I
On peut représenter l’argument de l’impédance
du circuit.
Les résultats des mesures sont reportés dans la
documentation technique. On n’oubliera pas de
noter la température ambiante estimée au
moment des essais.
Lorsque ces opérations sont réalisées sur l’enroulement comprenant le régleur, les mesures doivent être
effectuées pour les prises extrêmes et sur la position médiane.
Ce montage permet de contrôler le dispositif de détection des défauts résistants (TCH) généralement inséré dans
la connexion de mise à la terre de la résistance.
On peut également vérifier le transformateur de courant de neutre (TCN) si celui-ci ne présente pas un trop fort
rapport de transformation. Il est préférable cependant d’effectuer, à l’aide d’un transformateur de débit, une
injection de courant correspondant au courant nominal primaire du TC.
5
L’installation doit notamment faire l’objet d’une réquisition.