CHAPITRE II
Rc
Le but de ce chapitre est de donner un sens à c0 f (z)dz où << c0 et c sont
des nombres complexes >> reliés par une courbe et z est une variable complexe.
La théorie du calcul intégral complexe nous permet de mieux comprendre les
fonctions holomorphes et analytiques introduites au chapitre I.
1
1 Chemins et courbes
Comme motivation de la dé…nition suivante, considérons une fourmi se prom-
enant sur le plan complexe. On peut décrire son chemin en donnant à chaque
instant t la position de la fourmi, i.e.,
les deux coordonnées x(t) et y(t).
De…nition 1 Un chemin ou une courbe paramétreé dans C ' R2 est une fonc-
tion continue d”un intervalle fermé dans C , c.-a‘-d., :[a; b] ! IR2 : Nous sup-
posons en plus que (t) est continument di¤ érentiable par morceaux.
Voici quelques exemples simples:
1) Des fonctions y = f (x) et x = g(y) peuvent ètre écrites sous la forme:
t g(t)
(t) = ; resp
f (t) t
cot s
2) Un cercle dans le plan est donné par (t) =
sin t
3) soient c1 ; c2 ; c3 8
trois points dans C:Le bord du triangle formé par ces trois
< c1 + 3t(c2 c3 ) si 0 t 31 ;
points est décrit par c2 + (3t 1)(c3 c2 ) si 13 t 32 ;
:
c1 + (3t 2)(c3 c1 ) si 32 t 1;
De…nition 2 Le chemin renversé du chemin ; noté par (t) parcouru dans
le sens inverse de est donné par (t) = (1 t) ; où t 2 [0; 1] :
De…nition 3 La longueur de la courbe paramétrée : [a; b] ! C est
Zb
d
L( ) = dt
dt
a
Un changement des coordonnées (s = (t)) montre que cette dé…nition est in-
dépendante du représentant d’une courbe.
de plus on a :L ( ) = L ( ) et L( 1 + 2) = L( 1) + L( 2 ):
t
Example 4 On donne la parabole y = x2 paramétrée par ; comme
t2
Z1 Z1
0 1 d
p p
5 1
p
(t) = alors L( ) = dt dt = 1 + 4t2 dt = 4 + 4 ln( 5 + 2):
2t
0 0
R cos t
Example 5 le circle d”équation x2 +y 2 = R2 paramétré par ; L( ) =
R sin t
Z2 Z2 p
d
dt dt = R2 sin2 t + R2 cos2 tdt = 2 R:
0 0
2
De…nition 6 (intégrale curviligne) Soit : [a; b] ! C une courbe paramétreé
qui est continument di¤ érentiable par morceaux et soit f (z) une fonction dé…nie
et continue sur le support [a; b] de la courbe. On dé…nit alors l’intégrale curviligne
comme
Z Z b
f (z)dz = f ( (t) 0 (t)dt:
( ) a
la valeur
R de l’intégrale
R ne dépend pas de la courbe orientée : de plus on a
1) ( ) f (z)dz = f (z)dz
R (R ) R
2) ( + ) f (z)dz = ( ) f (z)dz + ( ) f (z)dz:
1 2 1 2
R
3) ( ) f (z)dz L ( ) max jf (( (t))j :
t2[a;b]
Example 7 Soit (t) = c + reit ; t 2 [0; 2 ] une paramétrisation du cercle de
rayon r et de centre c 2 C:
R R2 h i(n+1)t i 2
pour n 2 Z, on a (z c)n dz = i 0 rn+1 ei(n+1)t dt = irn+1 e n+1 =0
R n
t=0
si n 6= 1:si n = 1; (z c) dz = 2
2 Existences des primitives
De…nition 8 Soit U un ouvert de C: << voirs le premier cours>> et une
fonction f de U ! C continue sur U: une fonction holomorphe F (z) s’appelle
une primitive de f (z) si F 0 (z) = f (z) sur U:
Theorem 9 Supossons qu’une fonction continue f possède une primitive F (z)
dans l’ouvert U alors Z
f (z)dz = F (c) F (c0 );
pour chaque chemin : [a; b] ! C; où c = (b) le point …nal; c0 = (a) le point
initial.
Corollary 10 On a la condition nécessaire
Z
f (z)dz = 0;
pour chaque chemin fermé c.à.d (b) = F (c) = (a) = F (c0 ):
3 Théorème fondamental de Cauchy
Le but de ce paragraphe est de démontrer que chaque fonction holomorphe est
intègrable, c.-‘a-d.,possède une primitive. On addmettant ces résultats
3
Theorem 11 Soit f(z) une fonction holomorphe dans un ouvert U C. Si
@ est le bord orienté d’un triangle U , alors:
Z
f (z)dz = 0;
@
avant d’abordé le théorème de Cauchy ,on a besoin de la
De…nition 12 Un ensemble K de C est appelé un ensemble compact si C K est
un ensemble ouvert et K est un ensemble borné.
Example 13 D(z0 ; r) = fz 2 C= jz z0 j rg est un compact de C:
Theorem 14 Soit f(z) une fonction holomorphe dans un ouvert U [Link]
Z
f (z)dz = 0;
@K
pour tout compact à bord régulier.càd la paramétrisation du @K est au mois
continue.
Corollary 15 Z
1
dz = 0;
@K z a
pour tout a 2 C=K: où K est un comact à bord régulier.
Theorem 16 (Formule de Cauchy)
Soit f (z) une fonction holomorphe dans un ouvert U [Link]
Z
1 f (z)
dz = f (a);
2 i @K z a
pour tout compact à bord régulier et pour tout point a 2 à l’interieur de K:
<<a 2= @K >>
Example 17 important
R
si f = 1 alors 21 i @K fz (z)a dz = 1 pour tout compact à bord régulier et pour
tout point a 2 à l’interieur de K:
Example 18 f (z) = eiz holomorphe sur = fz= jz aj < 1g
Z
1 eiz
dz = eia ;
2 i jZ aj=1 z a
Example 19 f (z) = cos z holomorphe sur = fz= jz aj < rg
Z
1 cos z
dz = cos a;
2 i jZ aj=r z a
4
Corollary 20 Toute fonction holomorphe est in…nement C dérivable, càd si f
est holomorphe alors f 0 est aussi holomorphe. donc f (n) (z) esiste est holomor-
phe pour tout n 2 IN:
Corollary 21 Pour tout compact à bord régulier et pour tout point a 2 à
l’interieur de K: <<a 2
= @K >>; si f est holomorphe alors
Z
1 f (z) f (n) (a)
dz = ;
2 i @K (z a)n+1 n!
Example 22 ,f 0 z) = ez holomorphe sur = fz= jz aj < 1g on sait f (n) (z) =
R ez ea
ez alors 21 i jZ aj=1 n+1 dz = n!
(z a)
Corollary 23 Formule de la moyenne
On prend K = D (a; r) = fz= jz aj rg alors
Z 2
1 nit f (n) (a) n
e f (a + reit )dt = r ;
2 0 n!
si a = 0; Z 2
f (n) (0) n 1 nit
r = e f (reit )dt
n! 2 0
4 Dérivées supèrieures d’une fonction holomor-
phe
L’application la plus spectaculaire de la formule de Cauchy est le résultat suiv-
ant qui montre que chaque fonction holomorphe (c.-a‘-d., C -di¤érentiable) est
in…niment C-di¤érentiable et peut ètre représentée par une série avec rayon de
convergence positif.
Theorem 24 Soit f (z) holomorphe dans un ouvert U . Alors pour tout c 2 U
la fonction f (z) posséde un développement en série
X
f (z) = a0 + a1 (z c) + a2 (z c)2 + :::::::::: = an (z c)n ;
n 0
avec Z
f (n) (c) 1 f (z)
an = = n+1 dz
n! 2 i (z c)
où = c + reit ; t 2 [0; 2 ] ; 0 < r < :
Corollary 25 si f est holomorphe sur un ouvert ; alors f est développable en
série entière dans tout disque contenu dans :
5
5 Le développement de Laurent
Soitf (z) une fonction holomorphe dans un ouvert qui contient la couronne cir-
culaire C(z0 ; r; ) = fz= r < jz z0 j < g, alors pour tout z 2 C(z0 ; r; ) on
a
n=+1
X
a 3 a 2 a 1
f (z) = :::::::+ 3+ 2+ +a0 +a1 (z z0 )+::::::+an (z z0 )n +::::::: = an (z z0 )n
(z z0 ) (z z0 ) z z0 n= 1
où
Z
1 f (z)
an = n+1 dz; n = ::::: 3; 2; 1; 0; 1; 2; :::::::
2 i (z c)
: z c = eitP ; t 2 [0; 2 ] et r < < : P
1) La série n 0 an (z z0 )n converge si jz z0 j < et la série n<0 an (z
n
z0 ) converge si jz z0 j > r
2) les formules intégrales ne sont pas toujours pratiques. On essayera plutot
d’utiliser des séries de Taylor connues.
4
Example 26 f (z) = ;
z2 4
1 1
On a f (z) = z 2 z+2 8
> 1 1 1 1P z n P zn
>
< z 2= 2 1 z = 2 n 0 = n 0 n+1
2 2 2
1) sur fz= jzj < 2g ; on a f (z) 1 1 1 1 P z
n
P ( 1)
n n
z
>
>
: = z = n 0 = n 0
z+2 21+ 2 2 2 2n+1
n
P 1 ( 1)
alors sur fz= jzj < 2g ; f (z) = n 0 zn
2n+1
8 2 n+1
n
>
> 1 1 1 1P 2 P 2n
>
> = = n 0 = n 0 n+1
2 < z 2 z1 z 2 z z z
n n
2) sur fz= jzj > 2g ; on < 1 alors f (z) 1 1 1 1 P 2 P ( 1) 2n
z >
> = = =
>
> z+2 z 2 z n 0 z n 0
z n+1
: 1+
z
alors la série de Laurent est
X 2n n
( 1) 2n X n n 1 n+1= m X 1 ( 1)
n
n
f (z) = = [2 ( 1) 2 ] = zn
z n+1 z n+1 z n+1 2n+1
n 0 n 0 n 1
Exercise 27 Trouver la série de Laurent des fonctions suivantes
1
1) f (z) = ; 1 < jz 2j < 4
(z
2) (z 1)
ez
z 1
2) f (z) = ; 0 < jzj < +1
z3
1
3) Trouver toutes les séries de Laurent de la fonction f (z) = ;au
z 2 (z 2) (z 1)
voisinge de 0 où z 2 C:
6
6 Singularités isolées
Si une fonction f(z) est holomorphe dans un disque D (0; r) = fz= 0 < jz cj < rg =
D(0; r) fcg ;nous appelons c une singularité isolée.
Le but de ce paragraphe est de classi…er les singularités isolées et d’´etudier
les fonctions holomorphes proches de leurs singularités isolées. Dans le disque
D (0; r) la fonction f s’écrit sous la forme
a 3 a 2
f (z) = ::::::: + 3 + 2
(z z0 ) (z z0 )
n=+1
X
a 1
+ + a0 + a1 (z z0 ) + :::::: + an (z z0 )n + ::::::: = an (z z0 )n
z z0 n= 1
pour z 2 D (0; r). On distingue les trois possibilités suivantes:
1) singularité supprimable, si ak = 0 pour tout k < 0;
2).pole d’ordre m > 0, si ak = 0 pour k < m, mais a m 6= 0);
3) singularité essentielle, si un nombre in…ni de ak avec k < 0 sont non nuls.
sin z
Example 28 f (z) = ; cette fonction est holomorphe sur C f0g et comme
z
X n z 2n+1 sin z X n z 2n z2
sin z = ( 1) alors f (z) = = ( 1) =1 +::::::
(2n + 1)! z (2n + 1)! 3!
n 0 n 0
alors z = 0 est une singularitée suprimable.
z
Example 29 f (z) = (z 1)2
; cette fonction est holomorphe sur C-f1get comme
1 z
f (z) = (z 1)2
+ z 1 donc z = 1 est un pole d’ordre 2.
Example 30 f (z) = sin z1 cette fonction est holomorphe sur C f0g et comme
X n 1 1
2n+1
1 1
sin z = ( 1) = :::::::: + 2
+ :
(2n + 1)! z z z
n 0
alors z = 0 est une singularité essentielle.
7
6.1 Singularités supprimables
Une singularité supprimable s’appelle aussi singularité virtuelle ou singularité
e¤açable. Comme le théorème suivant nous montre, il ne s’agit pas d’une vraie
singularité.
Theorem 31 Soit f(z) holomorphe dans un disque épointé D (0; r). Les propo-
sitions suivantes sont équivalentes
1) f (z) possède une singularité supprimable en c;
2) f (z) se prolonge holomorphiquement au disque entier D(0; r);
3) la limite lim f (z) existe dans C:
z !c
4) f (z) est bornée au voisinage de c.
6.2 Poles
Si f (z) possède un pole d’ordre m en c, on peut mettre en évidence le facteur
(z c) m dans le développement de Laurent et on obtient
a m a 3 a 2
f (z) = m
::::: + 3 + 2
(z c) (z z0 ) (z z0 )
n=+1
X
a 1
+ + a0 + a1 (z z0 ) + :::::: + an (z z0 )n + ::::::: = an (z z0 )n
z z0 n= m
m
= (z c) [a m+a m+1 (z c) + ::::::]
Theorem 32 Soit f(z) holomorphe dans un disque ´ epoint´ e D (0; r). Les
propositions suivantes sont ´ equivalentes:
1. f (z) possède en c un pole d’ordre m > 0;
2. f (z) = (z c) m g(z) où g(z) est holomorphe dans le disque entier D(0; r):;
3. la limite lim f (z) = 1 existe dans C
z !c
1 2
Example 33 f (z) = 2 .comme zlim (z 2) f (z) = 1 alors z = 2 est
(z 2) !2
un pole d’ordre 2:
ez 2
Example 34 f (z) = 2 comme lim (z 2) f (z) = e alors z = 2 est
(z 2) z !2
un pole d’ordre 2:
ez sin z 1 ez sin z
Example 35 f (z) = il est claire que f (z) = alors lim z
z2 z z z !2
f (z) = e alors z = 0 est un pole d’ordre 1:
Theorem 36 On suppose que la fontion f analytique << holomorphe >>
sur D (0; r); alors c est un pole d’ordre m ssi (z c)m f (z) a une singularité
supromable en z = c et lim (z c)m f (z) 6= 0:
z !c
8
6.3 3) Singularités essentielles
Dans le cas d’une singularité essentielle, le comportement de f (z), quand z se
rapproche de c, est caractérisé par le théorème suivant
Theorem 37 Soit f(z) holomorphe dans un disque épointé D (0; r). Les propo-
sitions suivantes sont ´ equivalentes:
1. f(z) possède en c une singularité essentielle;
2. la limite lim f (z) = 1 n’existe pas dans C .
z !c
1
Example 38 f (z) = e z , c = 0
Exercise 39 Déterminer les singularités de chaque fonction et préciser leurs
types
z2 + 1 ez cos(z 1) 2 3 e2z 1 1
1) ; 2) ; 3) 2
+ ; 4) 4
:5) 2 z
z z 1 z z z z (e 1)