Monographie Ammoniac
Monographie Ammoniac
Retour d’expérience
L'ammoniac
et la réfrigération
SOMMAIRE
Glossaire
Introduction
Historique p. 9
Situation actuelle et perspectives p. 10
Production du froid p. 13
· Généralités p. 13
· Cycle frigorifique théorique et schéma de principe p. 14
· Cycle frigorifique réel p. 15
· Machines à compression utilisant l'ammoniac p. 15
· Mise en oeuvre de l'ammoniac p. 17
Situation administrative p. 26
Les risques p. 69
· Le risque toxique p. 70
· Le risque incendie / explosion p. 73
Les conséquences p. 75
Conclusions - Recommandations
Intervention / Evacuation p. 85
Annexes
Références
Bibliographie
Adresses utiles
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Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 7
GLOSSAIRE
BP Basse Pression.
C.F.C. Chloro-Fluoro-Carbone (ou Carbure).
G.W.P. Global Warming Potential (Indice caractérisant la participation d'une molécule à
l'effet de serre). C'est le Potentiel de Réchauffement de la Terre d'une substance
par comparaison avec celui du CO2. Cette valeur est fortement affectée par la
durée prise en compte (20, 100, 500 ans, etc.).
H.C.F.C. Hydro-Chloro-Fluoro-Carbone (ou Carbure) - Fluide de substitution de transition.
H.G.W.P. Halocarbon Global Warming Potential. Effet de serre d'une substance par rapport à
celui du R11.
H.F.A. Hydro-Fluoro-Alcane (ou FORANE équivalent en France à H.C.F.C.).
H.F.C Hydro-Fluoro-Carbone (ou carbure) - Fluide de substitution de l'avenir ne conte-
nant pas de chlore (O.D.P. = 0) mais présentant quand même un effet de serre.
HP Haute Pression.
O.D.P. Ozone Depletion Potential (indice caractérisant la participation d'une molécule à la
destruction de la couche d'ozone).
R11 C.F.C. - Trichlorofluorométhane (CCl3F).
R113 C.F.C. - Trichlorofluoroéthane (CCl2F-CClF2).
R114 C.F.C. - Dichlorotétrafluoroéthane (CClF2-CClF2).
R115 C.F.C - Monochloropentafluoroéthane (CClF2-CF3).
R12 C.F.C. - Dichlorodifluorométhane (CCl2F2).
R13 C.F.C. - Monochlorotrifluorométhane (CClF3).
R13B1 C.F.C. - Trifluorobromométhane (CF3Br).
R134a H.F.C. - (1er fluide de substitution du R12).
R152a H.F.C. - Difluoroéthane (CH3-CHF2).
R22 H.C.F.C. - Monochlorodifluorométhane (CHClF2).
R23 H.C.F.C. - Trifluorométhane (CHF3).
R404A H.F.C. - (fluide de substitution du R502).
R500 C.F.C. - Mélange azéotropique (73,8 % de R12 et 26,2 % de R152a).
R502 C.F.C. - Mélange azéotropique (48,8 % de R22 et 51,2 % de R115).
R503 C.F.C. - Mélange azéotropique (59,9 % de R13 et 40,1 % de R23).
R717 Ammoniac anhydre (de "qualité frigorigène", pureté minimum 99,95 %).
T.E.W.I. Total Equivalent Warning Impact (indice caractérisant l'impact de l'installation
frigorifique sur l'effet de serre).
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Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 9
INTRODUCTION
Historique
Le froid technique apparaît au milieu du siècle dernier à la suite d'un brevet déposé en
1834 par Jacob PERKINS pour un système de compression à gaz 1.
Il est produit artificiellement pour la première fois en 1857. Lors de l'Exposition Univer-
selle de Londres, Ferdinand CARRE présente une machine à absorption qui fabrique
presque en continu des cubes de glace. Cette machine utilise l'ammoniac comme frigori-
gène et l'eau comme substance d'absorption. En 1874, PICTET construit la première ma-
chine à compression. Celle-ci utilise du dioxyde de soufre (SO2) alors que LOWE, aux
Etats-Unis, fabrique des machines comparables mais mettant en oeuvre du dioxyde de
carbone (CO2).
L'ammoniac sera lui utilisé pour la première fois dans une machine à compression
gazeuse par CARL VON LINDE en 1876. A la suite de l'Exposition Universelle de
PARIS, en 1878, la plupart des brasseries importantes commencent à utiliser les
machines à compression d'ammoniac. Un Français, Charles TELLIER, arme également
en 1876 un navire de 650 t (le "Frigorifique") pour transporter en 3 mois et en excellent
état à Buenos Aires une cargaison de viande congelée 2. La surgélation telle qu'elle est
pratiquée de nos jours naît en 1929 avec le dépôt par l'Américain Clarence BIRDSEYE
d'un brevet pour la congélation rapide (quick-freezing) des denrées périssables.
1 L'ammoniac utilisé comme frigorigène (INSTITUT INTERNATIONAL DU FROID I.I.F. / I.I.R - 1993).
2 Petit livre bleu des surgelés des glaces (FICUR - 1987).
3 La sécurité et l'ammoniac (Revue Générale du Froid n° 74 / G. VRINAT - Juin 1990).
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Les utilisations de l'ammoniac et du gaz carbonique varient selon les pays mais dans les
années 1920, l'ammoniac s'impose progressivement dans les installations industrielles
importantes ainsi qu'à bord des navires. Les installations de faible puissance utilisent no-
tamment quant à elles le dioxyde de soufre et le chlorure de méthyle.
L'ammoniac peut être utilisé dans la plupart des installations industrielles de réfrigéra-
tion, de congélation et les stockages à toutes températures.
R717 (NH3) 0 0 0 0 0
De nos jours, l'industrie utilise largement les possibilités du froid, pour liquéfier des gaz,
condenser des liquides volatils, cristalliser des sels, contrôler des réactions violentes ou
plus simplement ... conserver des produits sensibles à la "chaleur" et les denrées
périssables.
L'impact économique des techniques frigorifiques dans le monde est important 7/8. Le
montant global des investissements annuels en équipements frigorifiques s'élèverait à
près de 500 milliards de francs, la valeur des produits conservés par le froid
représenterait 10 fois cette somme. Le monde disposerait d'environ 300 millions de
mètres-cubes de capacité d'entrepôts frigorifiques, permettant de stocker à un moment
donné, 5 % de la production annuelle totale de denrées alimentaires. En prenant en
compte le commerce de détail, les transports frigorifiques et les appareils domestiques,
Utilisé pendant des décennies pour ses excellentes propriétés thermodynamiques et pro-
gressivement remplacé ces vingt dernières années, par les C.F.C. notamment (moins
performants thermiquement mais non toxiques), l'ammoniac revient peu à peu au 1er
plan comme fluide calorifique. La production mondiale d'ammoniac se serait élevée en
1984 à 120 millions de tonnes ; moins de 5 % de cette production aurait été utilisée
comme frigorigène sous le code R717 (99,95 % minimum de pureté).
Les unités de réfrigération à l'ammoniac peuvent par exemple être utilisées dans l'entre-
posage frigorifique ou dans certains complexes sportifs (patinoire, etc.). Ces activités
sont par nature souvent implantées dans ou à proximité du tissu urbain. Un environne-
ment souvent sensible, le parc installé des unités concernées et le redéveloppement de
l'utilisation de l'ammoniac comme substitut potentiel des C.F.C. justifient pleinement la
présente monographie 9.
A L'AMMONIAC LIQUEFIE
Production du froid
Généralités
Les méthodes thermodynamiques sont les plus répandues. Le froid est le plus souvent
produit par détente d'un gaz comprimé, généralement de la famille des FORANE (ou
FREON) ou par évaporation d'un fluide à basse tension de vapeur, facile à vaporiser, tel
que l'ammoniac. La grande majorité des systèmes utilisant ces méthodes mettent en
oeuvre un cycle à compression et détente, en circuit fermé, dans lequel le fluide
véhiculé, essentiellement gazeux, subit ou non un changement de phase.
Comme les transferts de chaleur se produisent spontanément dans le sens des tempéra-
tures décroissantes, le fluide intermédiaire est utilisé après abaissement préalable de sa
température. Il est alors dénommé frigorigène.
Pour absorber de la chaleur à basse température (partie utile du cycle !), la plupart des
procédés qui mettent en oeuvre un fluide intermédiaire, décrivent un cycle fermé pour
reproduire autant de fois que nécessaire l'évolution frigorifique de l'ensemble du
système.
Le froid technique est essentiellement produit par des systèmes à compression de gaz.
Un cycle à compression de vapeur comporte ainsi les principaux éléments suivants :
· un évaporateur, dans lequel la vaporisation du fluide frigorigène enlève une
quantité de chaleur Q0 au milieu extérieur,
· un compresseur mécanique qui aspire les vapeurs formées dans l'évaporateur
à la pression P2 pour les comprimer et les refouler à une pression P1. Le
compresseur absorbe une énergie mécanique W,
· un condenseur, dans lequel le frigorigène se condense et cède une certaine
quantité de chaleur Q au milieu extérieur,
· un détendeur fixe, que le frigorigène traverse pour retourner à l'évaporateur,
sa pression étant ramenée de P1 en P2.
Le cycle frigorifique réel d'une machine peut différer du cycle théorique en fonction par
exemple des dispositifs annexes dont l'installation est dotée (économiseurs pour
diminuer la consommation d'énergie motrice, etc.).
11 Stage d'été SAVE - Club M3E (Association Française du Froid /A.F.F. G. VRINAT - 1994).
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Enfin, le recours intensif aux fluides halogénés dans tous les domaines d'utilisation du
froid a permis d'une part, le développement de techniques plus élaborées que celles im-
posées par l'ammoniac et d'autre part, des pratiques d'installations plus simples. A la
limite, les pratiques, obligatoirement plus rigoureuses utilisées pour les circuits à
l'ammoniac ne sont parfois pas ou peu connues des installateurs 12.
Substance naturelle, l'ammoniac est également synthétisé en grande quantité par l'in-
dustrie chimique. Comme fluide frigorigène, il présente certains avantages et
notamment :
· de bonnes propriétés thermodynamiques (transfert de chaleur/masse)
permettant d'obtenir des machines avec l'un des meilleurs coefficients de
performance existants. La masse rapportée à la puissance installée est de
l'ordre de 5,5 kg d'NH3/kW 13,
· une température critique plus élevée,
Les restrictions liées à son emploi sont dues aux risques qu'il présente et en particulier :
· un caractère potentiel de gaz inflammable,
· la forte exothermicité de sa dissolution dans l'eau,
· sa toxicité à faible concentration dans l'air (25 ppm),
· les pressions assez élevées qu'il requiert nécessitant des épaisseurs d'acier
supérieures à celles des composants utilisés avec les frigorigènes halogénés.
Elle se distingue de la mise en oeuvre des fluides halogénés sur les points suivants :
· la conception des circuits frigorifiques est plus simple (comportement
général unique de l'ammoniac). L'utilisation de chacun des fluides halogénés
et de leurs mélanges azéotropiques demande une connaissance spécifique
complète du frigorigène liée aux problèmes des huiles de lubrification
(miscibilité nulle, totale ou partielle), aux propriétés de transport, aux
coefficients d'échanges thermiques, etc... ,
De même dans cette conception, le dimensionnement des tuyauteries de
retour ne pose aucune difficulté pour résoudre les problèmes de retour
d'huile. Seuls les retours de liquide au compresseur doivent être évités.
· la mise en oeuvre d'un système à l'ammoniac peut être plus compliquée.
Celle-ci fait en effet appel à un ensemble de composants différents et
souvent plus difficiles à approvisionner que ceux utilisés pour les fluides
halogénés,
· les soudeurs doivent disposer d'une compétence particulière liée à la
technologie des tuyauteries en acier et à leur assemblage (agrément de
l'Institut de Soudure suivant la norme NF A 88-110, etc.),
· les circuits réalisés doivent être parfaitement étanches. Cette rigueur est
moins nécessaire pour la préparation finale du circuit. Il n'est ainsi pas
nécessaire, compte tenu de la solubilité de l'ammoniac dans l'eau, de
procéder à une mise sous un vide poussé des circuits avant leur remplissage,
· pour un même volume interne de circuit et à taux de remplissage identique,
la masse d'ammoniac est 2 fois plus faible que celle des fluides halogénés,
15 L'ammoniac utilisé comme frigorigène (INSTITUT INTERNATIONAL DU FROID I.I.F. / I.I.R - 1993).
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(*) La profession indique que 400 entreprises de congélation représentant 28 500 t/j de
congélation sont associées avec certains de ces entrepôts ou chambres frigorifiques. Plus
efficace pour les températures basses (surgélation), l'ammoniac est utilisé sur 36 % des
sites mais représente 55 % de la puissance installée (réunion S.E.I. / Profession du
27 juillet 1993).
Type d'activité Source CFC (t) HCFC (t) NH3 (t) Total (t)
Le tableau précédent montre que les C.F.C. sont très peu utilisés dans les industries
agroalimentaires, que les H.C.F.C. présentent une part importante, à remplacer dans un
avenir relativement proche, et que l'ammoniac est déjà le frigorigène le plus utilisé. Une
étude hollandaise 21 arrive à des résultats comparables. L'Institut International du Froid
indique également que l'ammoniac représente 59 % des frigorigènes (31 % pour les
H.C.F.C. avec le R22, 1 % pour les C.F.C. avec le R12 et 9 % avec le R502).
Sur 176 patinoires en France, 91 sont à détente directe et 85 utilisent un fluide frigopor-
teur (eau glycolée ou saumure). Le C.F.C. 12 est le fluide le plus utilisé (400 t), le
H.C.F.C. 12 représente 88 t et l'ammoniac 43 t. Enfin dans les ports français, 170 000 t
de glace hydrique sont fabriquées chaque année sous forme d'écailles par détente directe
d'ammoniac. Cette activité représente 14 t d'ammoniac pour l'ensemble du secteur.
Les installations peuvent être classées selon différents critères tels que température
d'évaporation, système de distribution de l'ammoniac, mode de condensation, nombre
d'étages de compression et bien entendu selon les différentes applications 22. Cette
classification ultime est volontairement présentée en dernier à l'aide de 7 schémas
différents.
D3 - Par pompe basse pression : à partir d'une bouteille alimentaire dont le liquide est
détendu par un détendeur à flotteur HP ou BP, le débit de liquide de la pompe est de 4 à
10 fois le débit vaporisé et la pression de refoulement est de 3 à 4 b supérieure à la pres-
sion d'aspiration. Les tuyauteries de liaison peuvent être longues, de diamètres impor-
tants, et sont confinées dans les bâtiments. Certaines sections peuvent circuler à l'air
libre sur un portique. Les applications sont de plus en plus nombreuses (tunnels de
réfrigération ou de congélation, armoires à plaques de congélation, grandes chambres
froides).
C2 - Par eau :
· Condenseur multitubulaire horizontal (à l'extérieur ou à l'intérieur).
· Condensateur vertical à ruissellement (extérieur).
Ce type d'installation est très largement utilisé dans toutes les industries agro-
alimentaires et dans le secteur de la climatisation.
A2 - Piste de patinoire
Ces installations font partie des rares installations où se côtoient l'ammoniac et le public.
Le réseau de tuyauteries entretenant la piste de glace est noyé dans une dalle en béton et
peut atteindre plusieurs dizaines de km de longueur.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 23
Ce type d'installation est utilisé dans les laiteries et en climatisation. La saumure ou l'eau
glacée constituent un dispositif de refroidissement indirect.
A5 - Chambres à surgelés
A6 - Chambres de réfrigération
A7 - Tunnels de congélation
Un 8ème groupe "A8" constitué par les pompes à chaleur air / air à hautes températures
n'est pas schématisé ici.
Situation administrative
La rubrique 361 est essentiellement motivée par la nuisance sonore éventuellement liée
au fonctionnement des principaux équipements des installations (ventilateurs, compres-
seurs, etc.) et non par les risques liés à la toxicité et à l'inflammabilité de l'ammoniac.
Sur certaines installations, ce dernier peut cependant être présent en quantité importante,
dont une partie dans un réservoir tampon (confiné ou non) de plusieurs m3 de capacité.
La rubrique 361 va enfin être remplacée par la rubrique 2920 "Installations de réfrigéra-
tion ou compression fonctionnant à des pressions effectives supérieures à 105 Pa",
· comprimant ou utilisant des fluides inflammables ou toxiques, la puissance
absorbée étant supérieure à 300 kW (autorisation) ou supérieure à 20 kW,
mais inférieure ou égale à 300 kW (déclaration),
· dans tous les autres cas, la puissance absorbée étant supérieure à 500 kW
(autorisation) ou supérieure à 50 kW, mais inférieure ou égale à 500 kW
(déclaration).
Une installation frigorifique, comme tout autre équipement technique, présente des ris-
ques spécifiques. Ces risques sont notamment liés aux produits utilisés dans les boucles
de transfert pour piéger, transporter et évacuer les calories excédentaires.
Nuisances
Risques potentiels
L'ammoniac est considéré comme un gaz relativement peu inflammable 24. Ses limites
d'inflammabilité dans l'air sont comprises entre 15 et 28 %. Une étude indique cepen-
dant que la L.I.E. peut être réduite de 4 % en présence pour un nuage composé d'huile
(fuite simultanée de lubrifiant) et d'ammoniac en aérosol 25.
Bien que très supérieure à celle de la plupart des hydrocarbures, son énergie minimale
d'inflammation (680 mJ) est néanmoins inférieure à celle délivrée par l'étincelle d'un
interrupteur (1 J).
En l'état actuel des connaissances et sans élément précis sur ces accidents (aucun cas
connu n'est répertorié en France), ce risque n'est abordé que superficiellement dans cette
étude. Il n'en sera pas de même, par contre, pour les incendies liés à l'environnement
proche de l'installation (de nombreux cas sont connus en raison notamment des maté-
riaux d'isolation employés), ces derniers pouvant être à l'origine d'un effet domino
éventuel.
Risque toxique
A l'exception de l'air, rarement utilisé dans ces conditions, tous les fluides frigorigènes
peuvent porter atteinte à l'homme dès l'instant où ils sont présents à une concentration
suffisante dans l'air. Des accidents ayant entraîné la mort de personnes par anoxie sont
connus même avec les C.F.C.. L'ammoniac est cependant l'un des fluides frigorigènes
dont la toxicité constitue la caractéristique dominante. L'explosion le 24 mars 1992
d'une citerne de 22 t d'ammoniac à DAKAR (129 morts et plus de 1 100 blessés) nous
rappelle que la toxicité de ce produit peut également se révéler avec un "effet retard"
responsable de nombreux décès même plusieurs semaines après un accident.
· par le biais d'une fuite limitée (joint, défaut d'étanchéité d'une vanne,
corrosion, etc.),
· après rupture d'un équipement (explosion à la suite d'un incendie, choc ou
défaillance mécanique, etc.).
L'ammoniac libéré peut alors former un nuage toxique dans l'atmosphère et entraîner
éventuellement une pollution aqueuse si un écoulement d'eau permament est situé à
proximité (collecteur des eaux usées / pluviales, etc.) ou à la suite d'une intervention in-
adaptée (eau pulvérisée d'un rideau non collectée, etc.).
· Une fuite limitée correspond à une émission continue en phase liquide ou
gazeuse et à débit constant ou presque. Sa durée est fonction des
caractéristiques techniques de l'installation, de l'emplacement de la "brèche",
des moyens et du temps d'intervention.
· La rupture libère instantanément une quantité importante où la totalité de
l'ammoniac essentiellement sous la forme d'un flash initial (jusqu'à 20 % de
la masse d'NH3 libérée pour une température ambiante de 25 °C), suivi en
général d'une émission secondaire correspondant à la vaporisation lente du
produit liquide résiduel répandu.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 31
ANALYSE D'ACCIDENTS
De même, bien que la nature et l'importance des dangers présentés soient notablement
différentes, les cas étudiés mettent en jeu l'ammoniac liquide, gazeux ou ses solutions
aqueuses. En effet, ces différentes phases peuvent être présentes pour une activité don-
née ou lors d'un accident (état physique normal du produit, transfert des risques ou d'une
pollution lors d'une intervention en situation normale ou accidentelle, etc.). Hors cas
particuliers, liés notamment à la nature et aux conséquences de certains accidents, les
solutions ammoniacales utilisées en tant qu'engrais liquides ne sont cependant pas prises
en compte.
Cette première approche est ensuite complétée par une présentation détaillée de
quelques accidents représentatifs et particulièrement significatifs en matière de retour
d'expérience (origine de l'accident, enchaînement de circonstances, conséquences, etc.).
page 32 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Le tableau suivant montre ainsi que 14 % à 32 % des accidents étudiés sont globalement
insuffisamment renseignés (origine des fuites toxiques, libération éventuelle d'ammo-
niac lors d'un incendie ou à la suite d'une explosion, conséquences de l'accident, etc.).
Nb 30 % Nb % % Nb % Nb % %
Origine de la fuite non précisée 13 14,3 8 11,3 13,0 15 34,1 39 26,0 27,8
Compte tenu des différents éléments évoqués ci-dessus, l'exploitation de cette popula-
tion à des fins de comparaisons doit être effectuée avec prudence. Le terme "indicateurs
globaux" est ainsi utilisé plutôt que celui de "statistiques". Pour essayer d'assurer un
minimum de cohérence dans l'analyse qui est présentée ci-après, les accidents français et
étrangers ainsi que les activités concernées sont de même systématiquement distingués.
Les accidents étudiés sont en conséquence répartis selon les 4 critères suivants :
· français / étrangers / liés ou non liés à une installation de réfrigération.
Une présentation résumée des accidents connus dans le domaine de la réfrigération est
jointe à la fin du présent document 31.
28 Installations de réfrigération
29 Autres installations (hors réfrigération).
30 Nombre d'accidents connus.
31 Annexe 7 : liste des accidents en réfrigération connus depuis 1958 (France / Monde).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 33
Sur l'ensemble des accidents étudiés, 54,5 % se sont produits à l'étranger et 45,5 % en
France. Les installations de réfrigération représentent quant à elles respectivement
56,2 % des accidents en France et 22,7 % à l'étranger.
Les tableaux qui suivent présentent une répartition des activités concernées, de la typo-
logie des accidents ainsi que de leurs origines et de leurs conséquences (un accident peut
parfois correspondre à plusieurs items).
Répartition annuelle
Dans cette répartition des accidents étudiés et des conséquences humaines, les victimes
parmi les employés, les sauveteurs ou le public ne sont pas distinguées.
1988 5 1 2 30 10 - 54 - 3 - - - 8 2 26 >1220
1993 10 - 42 ? 8 - 19 - - - - - 1 - 9 -
TOTAL 91 1 187 >1200 71 10 >140 >1700 44 42 >2200 >210000 150 300 >5600 >131000
Les accidents étrangers ont généralement des conséquences plus importantes (victimes,
etc.) et sont le plus souvent connus pour avoir fait l'objet d'une large information inter-
nationale (notification, presse, etc.).
page 34 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Les ratios nombre de décès / nombre des accidents sont en effet les suivants :
Les blessés sont le plus généralement des employés ou des secouristes, rarement le
public, incommodés ou plus ou moins intoxiqués par le nuage d'ammoniac.
Les deux tableaux suivants donnent une répartition des accidents français en
réfrigération selon les mois de l'année et selon les jours de la semaine. Les accidents
étrangers trop hétérogènes dans l'espace et dans le temps ne sont pas traités.
Mois R (91 cas) HR (71 cas) Jour R (91 cas) HR (71 cas)
Nb % Nb % Nb % Nb %
Janvier 5 5,5 1 1,4 Lundi 15 16,5 9 12,5
Février 2 2,2 5 7,0 Mardi 11 12,1 8 11,1
Mars 7 7,7 8 11,3 Mercredi 12 13,2 8 11,1
Avril 3 3,3 5 7,0 Jeudi 19 20,9 17 23,6
Mai 3 3,3 6 8,5 Vendredi 18 19,8 13 18,1
Juin 11 12,1 11 15,5 Samedi 10 11,0 11 15,3
Juillet 6 6,6 2 2,8 Dimanche 6 6,6 5 6,9
Août 17 18,7 5 7,0
Septembre 13 14,3 7 9,9
Octobre 12 13,2 10 14,1
Novembre 7 7,7 3 4,2
Décembre 5 5,5 8 11,3
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 35
Les accidents sont généralement plus nombreux en juin et durant les mois d'août, de
septembre et d'octobre. Les informations disponibles en précisent rarement les circons-
tances exactes, mais les périodes observées correspondent à des périodes de congés
annuels (effectif plus faible dans les entreprises), aux arrêts techniques saisonniers
(arrêts/redémarrages des installations) et à des chantiers extérieurs importants (remise en
état de sites abandonnés, etc...). Une utilisation intensive des équipements liée aux fortes
chaleurs estivales peut aussi être envisagée pour les installations de réfrigération.
Dans l'échantillon étudié, les accidents en/hors réfrigération se produisent le plus sou-
vent le jeudi et le vendredi. En réfrigération, le début de semaine constitue également
une période sensible à la différence des autres activités où de nombreux cas sont relevés
le samedi (production à feu continu, etc...).
Répartition régionale
Le tableau suivant donne une répartition régionale (France) des accidents étudiés.
Si pour les régions Aquitaine et Rhône-Alpes, la répartition entre les activités liées à la
réfrigération et les autres activités est équilibrée (# 50 %), on peut cependant noter que :
· la Bretagne et son importante activité agro-alimentaire (élevage, abattoirs,
etc.) représente 18 % des accidents en réfrigération (4 % pour les autres ins-
tallations),
· le Nord-Pas-de-Calais avec son industrie lourde liée notamment aux dérivés
de l'ammoniac (engrais, etc.) représente 20 % des accidents hors installa-
tions de réfrigération (3 % pour les installations de réfrigération),
· certaines régions sont enfin surtout concernées par des accidents liés à
l'usage agricole de l'ammoniac pour l'amendement des sols (Champagne-
Ardennes, etc.).
Ces régions sont également en tête pour la capacité globale de leur entreposage de den-
rées périssables, la Bretagne avec 2 357 107 m3 (région de production), Rhône-Alpes
avec 1 430 940 m3 et le Nord avec 1 272 401 m3 (régions de consommation). Ce cons-
tat peut aussi être fait pour les Pays-de-la-Loire (1 211 100 m3) ou l'Aquitaine
(701 742 m3) qui disposent par ailleurs d'un volume important de stations fruitières.
L'Ile-de-France avec 1 684 735 m3 ne se distingue pas par contre au niveau des
accidents 32.
En ce qui concerne les activités et sur 745 incidents dus à l'ammoniac entre 1977 et
1979, le "California Departement of Industrial Relation, Division of Labor statistics on
Research" donne la répartition suivante 33 :
· usines 28,2 % · agriculture 11,1 % · transports 3,5 %
· divers 18,5 % · services 11,1 % · construction 2,8 %
· détaillants 16,0 % · grossistes 8,6 % · extraction minière 0,1 %
Pour sa part, l'"U.S. Departement of Transport" signale 585 incidents survenus lors de
transports et ayant entraîné des émissions d'ammoniac entre 1971 et mai 1980 32 :
· Voie ferrée 73,7 % · Divers 2,2 % · Air 0,3 %
· Route 23,6 % · Eau 0,2 %
Compte tenu des réserves émises ci-dessus, les tableaux figurant dans les 2 pages sui-
vantes donnent, pour l'ensemble de l'échantillon étudié, une répartition approximative
des accidents par activités classées selon le code N.A.F.. Pour information, une réparti-
tion du nombre d'établissements par activités et par nombre de salariés, en France et
pour les principales activités concernées est jointe en annexe 34.
a) Installations frigorifiques
France Etranger
Activité (135 cas étudiés) (91 cas) (44 cas)
Nb % Nb %
01 - Agriculture, chasse & services annexes 5 5,5 - -
dont 01.1 - Culture 1 1,1 - -
01.3 - Culture & élevage associés 1 1,1 - -
01.4 - Services annexes à l'agriculture (coopératives) 3 3,3 - -
05 - Pêche, aquaculture 1 1,1 4 9,1
15 - Industries alimentaires 58 63,8 24 54,7
dont 15.1 - Industrie des viandes 28 30,8 2 4,6
15.2 - Industrie du poisson - - 1 2,3
15.3 - Industrie des fruits et légumes 5 5,5 - -
15.5 - Industrie laitière 13 14,3 7 15,9
15.7 - Fabrication d'aliments pour animaux 1 1,1 - -
15.8 - Autres industries alimentaires 8 8,8 9 20,5
15.9 - Industries des boissons 3 3,3 3 6,8
**.* - Indéterminée - - 2 4,6
24 - Industrie chimique 4 4,4 3 6,8
dont 24.1 - Industrie chimique de base 4 4,4 3 6,8
25 - Industrie du caoutchouc et des plastiques 2 2,2 - -
dont 25.2 - Transformation des matières plastiques 2 2,2 - -
29 - Fabrication de machines et équipements 1 1,1 - -
dont 29.2 - Fabrication de machines d'usage général 1 1,1 - -
50 - Commerce et réparation automobile 1 1,1 - -
dont 50.2 - Entretien & réparation de véhicules automobiles 1 1,1 - -
51 - Commerce de gros & intermédiaires 5 5,5 - -
dont 51.1 - Intermédiaires du commerce de gros 1 1,1 - -
51.3 - Commerce de gros de produits alimentaires 4 4,4 - -
63 - Services auxiliaires des transports 10 11,0 9 20,5
dont 63.1 - Manutention et entreposage 10 11,0 9 20,5
92 - Activ. récréatives, culturelles & sportives 4 4,4 - -
dont 92.6 - Activités liées au sport (patinoires) 4 4,4 - -
YY - Activité indéterminée - - 4 9,1
Bien que les activités ne soient pas déterminées pour 9 % des accidents étrangers, une
répartition par branche sectorielle des cas étudiés conduit à des résultats du même ordre
de grandeur en France ou à l'étranger.
France Etranger
Activité (221 cas étudiés) (71 cas) (150 cas)
Nb cas % Nb cas %
01 - Agriculture, chasse & services annexes 14 19,7 - -
dont 01.1 - Culture 4 5,6 - -
01.3 - Culture & élevage associés 8 11,3 - -
01.4 - Services annexes à l'agriculture (coopératives) 2 2,8 - -
05 - Pêche, aquaculture 1 1,4 - -
14 - Autres industries extractives 1 1,4 - -
dont 14.2 - Extraction de sables et d'argiles 1 1,4 - -
15 - Industries alimentaires - - 1 0,7
dont 15.4 - Industrie des corps gras - - 1 0,7
21 - Industrie du papier carton 1 1,4 - -
24 - Industrie chimique 24 33,8 59 39,4
dont 24.1 - Industrie chimique de base 19 26,8 55 36,7
24.4 - Industrie pharmaceutique 3 4,2 1 0,7
24.6 - Fabrication d'autres produits chimiques 1 1,4 1 0,7
24.7 - Fabrication de fibres artificielles / synthétiques 1 1,4 - -
**.* - Indéterminée - - 2 1,3
27 - Métallurgie - - 1 0,7
dont 27.1 - Sidérurgie (CECA) - - 1 0,7
28 - Travail des métaux 3 4,2 1 0,7
dont 28.3 - Chaudronnerie 1 1,4 - -
28.4 - Forge, emboutissage, estampage & métal. poudres 1 1,4 - -
28.5 - Traitement des métaux, mécanique générale 1 1,4 - -
28.7 - Fabrications d'autres ouvrages en métaux - - 1 0,7
35 - Fabrication d'autres matériels de transport 1 1,4 - -
dont 35.2 - Construction de matériel ferroviaire roulant 1 1,4 - -
37 - Récupération 1 1,4 - -
51 - Commerce de gros & intermédiaires 3 4,2 3 2,0
dont 51.1 - Intermédiaires du commerce de gros - - 2 1,3
51.2 - Commerces de gros de produits agricoles bruts 1 1,4 - -
51.5 - Commerces de gros produits interm. non agricoles 2 2,8 1 0,7
52 - Commerce de détail et réparation d'articles domestiques 1 1,4 1 0,7
60 - Transports terrestres 14 19,8 42 28,4
dont 60.1 - Transports ferroviaires 7 9,9 24 16,0
60.2 - Transports urbains et routiers 7 9,9 9 6,0
60.3 - Transports par conduites - - 7 4,7
**.* - Indéterminée 2 1,3
61 - Transports par eau - - 5 3,4
dont 61.1 Transports maritimes et côtiers - - 3 2,0
61.2 - Transports fluviaux - - 2 1,3
63 - Services auxiliaires des transports - - 5 3,3
dont 63.1 - Manutention et entreposage - - 5 3,3
90 - Assainissement, voirie et gestion des déchets 1 1,4 - -
YY - Activité indéterminée 3 4,2 30 20,0
ZZ - Origine inconnue 3 4,2 2 1,3
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 39
Les activités ou l'origine des accidents ne sont pas connus dans 8 % des cas en France
(21 % à l'étranger).
La chimie est à l'origine de 34 % des accidents en France (39 % à l'étranger) ; les trans-
ports arrivent en 2ème position avec 20 % des cas (28 % à l'étranger). L'utilisation de
l'ammoniac en agriculture pour amender les sols constitue également une source impor-
tante d'accidents en France (20 %).
Le rejet dangereux de produit (en raison de la toxicité de l'ammoniac), lié à une perte de
confinement, n'est pas spécifique à une activité particulière. En France, 73 % des acci-
dents en réfrigération et 87 % des cas hors réfrigération ont entraîné le rejet d'ammoniac
ou d'ammoniaque (respectivement 98 et 91 % à l'étranger).
Les 2 tableaux suivants présentent une typologie détaillée des accidents étudiés. Les
commentaires ne mentionnent que les principales spécificités des accidents répertoriés
sur les installations frigorifiques ou autres mettant en oeuvre de l'ammoniac.
a) Installations frigorifiques
Bien que les informations disponibles soient souvent imprécises, 48 % des accidents
étrangers mentionnent une explosion à la suite ou non d'un incendie. Cette typologie
n'est relevée que dans 2 % des cas en France.
Cette répartition est ici aussi approximative. Les conséquences sont en effet peu ou pas
détaillées (14 à 35 % des cas recensés suivant l'origine de l'information et la nature de
l'activité en cause). La gravité des accidents étrangers (victimes, dégâts matériels, etc.)
est à nouveau mise en évidence.
Les personnes tuées ou blessées dans un accident sur une installation fixe sont générale-
ment des employés ou des secouristes, exceptionnellement le public. Les blessures pren-
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 41
nent en compte les lésions traumatiques ainsi que les intoxications légères ou graves. Le
confinement ou l'évacuation se limitent généralement aux employés du site accidenté.
a) Installations frigorifiques
Un seul accident avec décès d'une personne est connu en France. La victime est un
marin qui est tué, le 25 août 1988, à la suite d'une fuite d'ammoniac dans les cales d'un
thonier à quai (accident n° 393 35). Six accidents sont connus à l'étranger (14 %). Hors
activités liées à la réfrigération, les cas sont plus nombreux (7 % en France, 25 % à
l'étranger). Toutes activités confondues, le nombre de "blessés" est du même ordre de
grandeur avec 25 à 31 % des cas en France et 41 à 51 % à l'étranger.
En France, des personnes sont évacuées dans 21 % des cas (16 % à l'étranger). Le confi-
nement n'est mentionné que dans 2 % des cas français (5 % à l'étranger).
Des dégâts matériels internes, notamment liés à un incendie, sont recensés dans 45 %
des accidents en France (73 % à l'étranger). Ils entraînent un chômage technique dans
10 % des cas. Les dégâts externes sont globalement constatés dans 4 à 5 % des cas. Il en
est de même pour les activités hors installation de réfrigération (6 %).
Dans 26 % des accidents français, les informations rassemblées ne précisent pas tou-
jours l'existence d'un rejet d'ammoniac ou d'ammoniaque . En France, l'émission de
produits toxiques dans l'air (52 %) est suffisante pour entraîner une pollution
atmosphérique avérée (plaintes, etc.) dans 25 % des cas étudiés. A l'étranger ces
proportions sont respectivement de 93 % et 16 %. Une pollution avérée des eaux de
surface par le rejet d'une solution ammoniacale (18 % des accidents ont pour origine le
rinçage d'un circuit, des effluents produits par des rideaux d'eau, des eaux de dilution,
etc.) est recensée dans 13 % des cas. Cette pollution provoque systématiquement une
destruction partielle ou totale de la faune piscicole.
Une aggravation du risque est systématiquement notée dans près d'un accident sur deux
(50 % en France, 57 % à l'étranger). Cette notion prend essentiellement en compte la
potentialité d'explosion des réservoirs d'ammoniac pris dans un incendie. A l'opposé,
8 % des accidents en France n'ont eu aucune conséquence notable sur le plan humain,
matériel et environnemental (5 % à l'étranger).
Hors réfrigération, les accidents ont généralement des conséquences plus graves. Des
personnes sont ainsi tuées dans 7 % des accidents français (25 % à l'étranger). En
France, des personnes blessées, intoxiquées ou incommodées sont constatées dans 31 %
des accidents (51 % à l'étranger). Il s'agit encore une fois essentiellement d'employés ou
de sauveteurs. Des lésions ou des intoxications graves sont observées dans 7 % des cas
(taux comparable à celui relevé en réfrigération : 6 % en France et 2 % à l'étranger).
page 44 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Des personnes sont évacuées dans 9 % des cas en France, des employés le plus souvent,
et 30 % à l'étranger. Ce chiffre élevé est généralement lié aux quantités d'ammoniac im-
portantes concernées. Le confinement est mentionné dans 10 % des cas en France
(moins de 1 % à l'étranger).
Des dégâts matériels internes à l'établissement sont recensés dans 23 % des accidents en
France (59 % à l'étranger). Des dégâts externes sont cités dans 6 % des cas, ce qui est
comparable à ce qui est observé hors installations de réfrigération (4 à 6 %).
En France, l'émission de produits toxiques est suffisante pour entraîner une pollution at-
mosphérique avérée dans 39 % des accidents étudiés (34 % à l'étranger). Une pollution
des eaux de surface (rinçage d'un circuit, effluents produits par des rideaux d'eau, eau de
dilution, etc.) est recensée dans 18 % des cas. Les sols sont pollués dans 10 % des cas.
Le risque est aggravé dans 28 % des cas français (19 % à l'étranger), mais 13 % des
accidents n'ont eu aucune conséquence notable sur le plan humain ou matériel en
France.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 45
Les tableaux suivants présentent une synthèse des circonstances, de la nature et des ori-
gines principales des accidents étudiés ainsi que des quantités d'ammoniac rejetées.
Nb % Nb % Nb % Nb %
En réfrigération, l'accident a lieu dans 11 % des cas durant la période même des travaux
ou dans le cadre d'une opération de maintenance.
page 46 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Dans 11 % des cas, les fuites de produit ont également pour origine une surpression
(incendie, etc.) ou un suremplissage (27 % à l'étranger). Les émissions d'ammoniac sont
liées au fonctionnement normal des dispositifs de sécurité de l'installation (soupape, dis-
que de rupture) dans 3 % des accidents en réfrigération français (9 % à l'étranger) et
10 % des cas hors réfrigération.
b) Défaillances constatées
Nb % Nb % Nb % Nb %
Les accidents sur les installations de réfrigération ont pour origine une fuite limitée sur
une canalisation dans 30 % des cas. Cette fréquence est 3 fois plus importante que pour
les autres installations. Celles-ci sont par contre plus concernées par des fuites sur réser-
voirs (52 % des cas en France, 31 % à l'étranger).
Une seule explosion de réservoir est recensée en France hors incendie. Il s'agit de l'acci-
dent de Liévin en août 1988. Lors d'un incendie, 2 explosions (par effet domino) de ca-
pacités contenant de l'ammoniac sont connus. Plusieurs cas comparables sont recensés à
l'étranger.
Hors réfrigération, 7 % des accidents ont pour origine la rupture d'un flexible ou d'un
bras de chargement. Ce type de sinistre est directement lié à la fréquence des opérations
d'empotage ou de dépotage d'ammoniac. Bien que présentant une faible probabilité au
niveau des installations de réfrigération, cette défaillance existe cependant lors du
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 47
premier remplissage des installations et, éventuellement, lors d'un appoint important en
ammoniac.
Nb % Nb % Nb % Nb %
Installations frigorifiques
La quantité d'ammoniac est connue ou peut être estimée pour 26 accidents français,
alors que 66 cas sur 91 ont conduit à un rejet toxique, et 12 accidents étrangers (43 cas
sur 44 accidents).
Quantités (t) Q < 0,1 0,1 £ Q < 0,3 0,3 £ Q < 0,5 0,5 £ Q < 1 1£Q<2 2£Q<3 3£Q<6
France 15 4 4 1 - - 2
Etranger 3 1 2 1 3 1 1
Sur ces 38 accidents, 47 % ont conduit à un rejet d'ammoniac inférieur à 100 kg (petites
fuites sur un joint, une soupape, etc.) et 76 % à un rejet inférieur à 500 kg (rejets par des
soupapes, ruptures de petites tuyauteries du type prises de pression ou purges, rupture
d'une canalisation de 25 mm de diamètre, trou de 1 à 2 mm de diamètre en sortie d'un
évaporateur, etc.).
La quantité d'ammoniac est connue ou peut être estimée pour 40 accidents français, mais
62 cas sur 71 peuvent avoir conduit à un rejet toxique, et 57 accidents étrangers (137 cas
sur 150 peuvent avoir conduit à un rejet toxique).
Quantités (t) Q £ 0,1 0,1 £ Q < 0,3 0,3 £ Q < 0,5 0,5 £ Q < 1 1£Q<2 2£Q<3 3£Q<6
France 16 6 2 1 2 4 4
Etranger 7 2 - 2 - 3 5
Quantités (t) 6 £ Q < 10 10 £ Q < 20 20 £ Q < 50 50 £ Q < 100100 £ Q < 500500£Q<1000 Q > 1000
France - 2 3 - - - -
Etranger 1 6 7 13 8 2 1
Les accidents correspondants se situent en marge de la présente étude qui est centrée sur
les installations de réfrigération. Ils n'ont pas fait l'objet d'une analyse approfondie mais
quelques remarques générales peuvent cependant être formulées.
La dispersion des quantités d'ammoniac rejetées est liée à la grande diversité des
installations concernées.
Les origines des rejets d'ammoniac inférieurs à 500 kg sont comparables à celles
observées sur les installations de réfrigération (petites fuites sur un joint ou une
soupape, rejets par des soupapes, ruptures de petites tuyauteries, etc.).
Les rejets compris entre 20 et 100 t d'ammoniac sont essentiellement liés au transport
routier ou ferroviaire (collision, déraillement d'une citerne mais aussi vidange plus ou
moins importante du réservoir lors d'un dépotage). Les rejets supérieurs à 100 t ont pour
origine la rupture d'un pipe (200 à 600 t) ou d'un réservoir fixe de forte capacité.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 51
Les cas présentés ci-dessous ont été retenus pour illustrer la typologie des principaux
accidents susceptibles de se produire dans une installation de réfrigération.
Une fuite d'ammoniac se produit dans la salle des machines d'une brasserie, lors du rem-
placement de la conduite d'aspiration alimentant un compresseur.
Les pompiers avertissent les riverains de l'usine qui ne seront pas incommodés par le
rejet toxique, celui-ci restant circonscrit dans la salle des machines. Une aération forcée
(ouverture de baies) du local permet d'évacuer le gaz. Les monteurs subissent des exa-
mens à l'hôpital mais ne présentent aucune séquelle.
Analyse des causes : l'origine de la fuite est rapidement identifiée. Il s'agit d'une vanne
d'isolement restée ouverte sur le retour du circuit de refroidissement des tanks de
fermentation. Cette erreur n'est pas décelée lors du sectionnement du collecteur à la suite
d'un délestage "heures de pointe EDF" (entre 7 h et 9 h) de 2 pompes du circuit de
fermentation.
L'ammoniac s'est répandu dans la salle des machines, via la vanne d'isolement restée ou-
verte, lors du rédémarrage automatique des pompes à 9 h.
Enseignements tirés
· Conception des installations - Ergonomie : 2 points peuvent être signalés,
l'un concerne le repérage de certains équipements et l'autre, les automatis-
mes.
1. Les vannes d'isolement se manoeuvrent avec des volants et ne sont
pas repérées (ouvertes / fermées). Il en est de même pour les canali-
sations et le sens de circulation des fluides, ce qui rend plus diffi-
cile la compréhension de la structure de l'installation.
2. Le verrouillage, la consignation d'un organe ou d'un tronçon d'une
installation nécessitent une parfaite connaissance de la configura-
tion et du fonctionnement de ces différents éléments. L'enclenche-
Les parades : les plans de l'installation de froid seront actualisés et une étude ex-
haustive des risques, assortie de mesures préventives, est entreprise.
Une fuite d'ammoniac a lieu, à proximité d'une agglomération, dans une charcuterie
désaffectée et en cours de démolition.
Description de l'événement : le site est abandonné depuis 2 ans. Le terrain est acheté
par la Municipalité pour être réhabilité. A la suite des travaux, 75 % des bâtiments sont
déjà à terre.
L'accident se produit à la suite de la rupture d'une canalisation arrachée par une pelle-
teuse. Un périmètre de sécurité est mis en place. L'accident est maîtrisé après 1 h 15
d'intervention. La vidange de l'unité semble avoir été totale mais aucune précision n'est
donnée quant à la quantité d'ammoniac rejetée. Huit personnes seront incommodées
dont 2 bébés.
Enseignements tirés
· Organisation : les travaux n'ont pas fait l'objet d'une préparation suffisante.
L'installation n'a pas été mise en sécurité (connaissait-on seulement son
existence ?).
· Intervention : Les ouvriers chargés de la démolition n'ont ni vêtement de
protection, ni masque respiratoire. La durée d'intervention des secours est
longue et l'unité va se vidanger totalement avant que la fuite ne puisse être
maîtrisée.
Les parades : le chantier est arrêté jusqu'à expertise des installations en cause.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 53
Les pompiers sont informés par un riverain du dégagement d'odeur d'ammoniac dans les
égouts de la ville. Ils préviennent immédiatement le Service des Eaux pour alerter le
personnel susceptible de travailler dans le secteur.
Analyse des causes : la pollution des égouts résulte d'un acte volontaire. L'opération de
vidange de la phase liquide de l'ammoniac a été bien préparée (bouteilles de réception
spécifiques, etc.) et est conduite correctement mais le dégazage de l'installation n'est pas
effectué avec la même rigueur. La solution ammoniacale déversée dans l'égout se
dégaze lentement et l'ammoniac gazeux va ressortir par les bouches d'évacuation tout au
long du collecteur.
Les parades : les pompiers installent un bac volumineux pour assurer une dilution plus
importante de la solution amoniacale avant rejet dans le circuit des eaux usées. Il serait
souhaitable qu'une récupération plus "technique" (neutralisation avant rejet, etc.) de la
phase gazeuse soit mise en oeuvre par ce type d'intervenant "spécialisé".
page 54 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Dans une ancienne usine de fabrication de crèmes glacées où seul le siège social est
maintenu (aucune activité industrielle n'est exercée), une fuite d'ammoniac se produit
lors du démantèlement d'une ancienne installation de réfrigération.
Un périmètre de sécurité d'une centaine de mètres est mis en place. Les secours ne peu-
vent intervenir sans combinaison de protection ni masque. Une soixantaine de personnes
de l'établissement sont impliquées, 16 sont hospitalisées dont 3 resteront en observation
une nuit. L'entreprise qui a effectué la neutralisation est rappelée.
La fuite qui se produit lors du perçage de la canalisation est probablement alimentée par
la vidange d'un condenseur relié au réservoir.
Enseignements tirés
· Environnement de l'installation : l'installation n'est plus utilisée. Le local
est reconverti sans aucune précaution en salle de stockage des archives. Les
risques sont aggravés (aucun contrôle ni entretien, incendie potentiel, etc.).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 55
· Organisation : aucun plan de l'unité n'est disponible sur place et aucun res-
ponsable du site ne semble avoir une mémoire technique sur l'installation.
La rénovation des lieux semble avoir été entièrement "déléguée" à un inter-
venant externe (architecte). Les travaux de mise en sécurité de l'installation
se font un samedi. Il s'agit d'une période de fin de semaine pour les interve-
nants, mais les employés sont présents en moins grand nombre dans
l'établissement.
· Intervention : la neutralisation est effectuée par une entreprise extérieure ne
connaissant pas l'installation. Les travaux se déroulent sans la présence d'un
frigoriste de la société propriétaire de l'installation et sans plan de détail de
l'unité.
Au moment où la canalisation est percée, le chef de chantier est persuadé que l'installa-
tion est dégazée et aucune mesure de sécurité n'est prise.
La fuite d'ammoniac n'est pas interrompue. Elle dure 6 h jusqu'à vidange totale de l'ins-
tallation.
Une fuite importante d'ammoniac se produit dans une usine d'abattage de volailles au
moment où un employé alimente un tunnel de congélation.
Analyse des causes : un arbre de défaillance établi par l'INERIS est joint en annexe 8.
La protection de la purge a déjà subi des chocs antérieurs et est affaiblie. La situation
dégradée n'a pas été identifiée. Deux hypothèses sont plausibles.
1. L'opérateur ne prête pas attention au fait qu'il heurte une canalisation. Il l'a
déjà heurtée sans conséquence plusieurs fois et n'est pas conscient du risque.
La canalisation est déjà affaiblie à la suite de nombreux chocs et aucune
action corrective n'a été effectuée.
2. La dimension des voies réservées à la manutention, la proximité de l'instal-
lation de réfrigération et le choix des barrières de protection sont en cause.
Enseignements tirés
· Conception des installations - Dimensionnement - Ergonomie : un équi-
pement sensible de l'installation (canalisation de purge) ne dispose pas d'une
protection efficace et de fiabilité éprouvée dans le temps.
Une partie "sensible"de l'installation n'est pas ou est insuffisamment signa-
lée. Le risque présenté n'est pas identifié.
Les accès au tunnel de congélation sont mal dimensionnés où l'équipement
de transport utilisé est inadapté (taille, manoeuvrabilité, etc.).
· Exploitation - Maintenance : la surveillance du bon état de l'installation et
notamment des dispositifs de sécurité protégeant les équipements sensibles
est insuffisante.
· Formation : les employés ne sont pas suffisamment formés aux risques
présentés par l'installation et aux mesures à prendre en présence d'une fuite
d'ammoniac (alerte de l'encadrement, etc.).
Les parades : la protection physique de la purge est renforcée ("pare-chocs" bas avec
main courante à distance suffisante des tuyaux de l'évaporateur). Le personnel doit être
sensibilisé aux risques présentés par l'ammoniac et aux premières mesures à prendre lors
d'une fuite de produit notamment (alerte, etc.).
Un violent incendie détruit une fromagerie considérée comme la plus moderne d'Europe.
La lutte contre l'incendie commence à 4 h 34. Au fur et à mesure de l'arrivée des ren-
forts, les pompiers essaient de stopper le front de flammes qui pénètre progressivement
au coeur de l'usine sans rencontrer d'obstacle. Les flammes courent dans les murs et les
plafonds, alimentées par les mousses isolantes et denses assurant leur stabilité. De nou-
veaux renforts sont demandés à 5 h compte tenu de la violence et de la propagation ra-
pide des flammes ainsi que des gaz toxiques émis. La structure métallique du bâtiment
central s'effondre progressivement. Il est impossible de pénétrer dans les locaux. La fu-
mée y rend la visibilité nulle et l'ossature métallique non protégée présente une faible
tenue. Les porte-lances tentent de progresser malgré la fumée, la chaleur et les effon-
drements ; tous travaillent sous appareils respiratoires isolants. Progressivement, 80
hommes se déploient autour du brasier sans parvenir à contenir le feu qui a envahi en
3/4 d'heure 12 000 des 15 000 mètres carrés de l'usine.
A 7 h 22, 7 centres de secours sont engagés. Les moyens se concentrent vers le seul mur
de maçonnerie, au fond du bâtiment, et qui sépare les ateliers de la partie administrative
de l'usine. Il n'est pas coupe-feu mais il constitue cependant un obstacle. Des portes sont
ouvertes dans ce mur pour installer 6 lances et dresser un écran d'eau. Cette stratégie
permettra de sauver les locaux administratifs de l'usine, son informatique et l'atelier de
pré-traitement avec ses 20 000 l de soude. Sur une autre face du bâtiment, des locaux de
stockage des emballages et abritant la centrale d'énergie sont également sauvés.
Analyse des causes : l'origine précise de l'incendie n'est pas connue mais son dévelop-
pement rapide est notamment due aux matériaux d'isolation des chambres froides.
"L'industrie alimentaire impose, pour des raisons d'hygiène et d'isolation, des parois im-
putrescibles, résistant aux acides et aux fréquents lavages. Le panneau sandwich com-
posé de 15 cm de mousse de polyuréthane rigide emprisonnée entre 2 feuillles de tôle,
d'aluminium ou de polyester est l'un des matériaux qui répond à ces critères. Il permet
en outre d'obtenir, à un coût raisonnable, une excellente isolation thermique, de bonnes
qualités mécaniques (rigidité) et un faible poids au mètre carré (charpente allégée)." 38
Enseignements tirés
· Conception des installations : le développement généralisé de l'incendie
est dû à l'insuffisance de murs de maçonnerie (le feu est stoppé partout où il
y en a). Les panneaux sandwich ont des effets néfastes. La mousse qui les
compose alimente le feu qui court ensuite entre les parois et devient
inaccessible aux lances.
Par ailleurs, les installations peuvent être très compactes et traversées par de
nombreuses canalisations dont certaines véhiculent des produits toxiques (le
frigorigène en particulier), compliquant ainsi l'accès, la circulation et la mise
en oeuvre des secours. Une grande dispersion des installations entraînant
page 58 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Les parades : l'activité reprendra sur le site accidenté. L'usine sera reconstruite en sépa-
rant ou en recoupant notamment les différentes unités.
De manière générale, les mousses d'isolation, essentielles dans les entrepôts frigorifi-
ques, posent des problèmes d'inflammabilité. Ces derniers peuvent notamment être réso-
lus par des dispositions constructives adaptées (murs coupe-feu, protection physique des
mousses isolantes par des profilés d'angle, cadres de portes et mastic, etc.).
De même, des visites des installations et des exercices doivent être régulièrement
organisés entre les établissements concernés et les forces d'intervention publiques. Des
plans régulièrement tenus à jour doivent également leur être communiqués (dans le
cadre d'un P.O.I., etc.).
Un ruisseau est indirectement pollué à la suite d'une fuite d'ammoniac dans une usine de
production de viande de volailles.
Analyse des causes : la fuite d'ammoniac a pour origine la défaillance d'une électro-
vanne et une surpression dans l'installation de réfrigération.
Enseignements tirés
· Environnement de l'installation : une installation de réfrigération peut
indirectement être l'origine d'une pollution des eaux superficielles. La fuite
d'ammoniac provient d'une soupape mais tout autre rejet non canalisé
(purge, fuite sur une tuyauterie, etc.) aurait pû avoir les mêmes
conséquences.
· Conception des installations : la soupape de sécurité avec rejet en toiture,
équipement destiné à assurer la sécurité des personnes, est conforme à la
réglementation des appareils à pression de gaz. Celle-ci prévoit une collecte
des rejets toxiques pour les évacuer jusqu'en un point où ils cessent d'être
dangereux, notamment pour le personnel, mais ne demande aucun traitement
spécifique du rejet.
Les rejets occasionnels au niveau des soupapes pourraient être neutralisés (rampe de
pulvérisation, lavage, etc.) ou incinérés (torche).
Une surveillance continue des effluents des réseaux des eaux pluviales et des eaux usées
pourrait être prévue (détection pH ou ammonium).
page 60 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Dans une laiterie, un incendie ravage, sur une surface de 2 000 m2, un bâtiment utilisé
pour le stockage d'emballages en papier, carton et plastique.
Description de l'événement : l'incendie démarre vers 1 h 15. Il est découvert lors d'une
ronde et l'alerte est donnée dans les 10 mn qui suivent. L'incendie se propage aux
2 000 m2 d'un bâtiment dans lequel sont stockés 1 500 m3 (pour un volume autorisé de
210 m3) d'emballages.
Le bâtiment, autrefois utilisé comme chambre froide, est traversé par des canalisations
d'ammoniac. Depuis la nouvelle utilisation du bâtiment et pour désaffecter les batteries
de détente, ces canalisations sont bouchonnées à 2 m du pignon à l'intérieur du bâtiment,
mais n'ont jamais été vidangées. L'incendie affecte les extrémités des canalisations en
cul-de-sac.
Pour prévenir les risques engendrés par l'échauffement et les déformations, ces
extrémités doivent être isolées du reste de l'installation de réfrigération qui contient 7 t
d'ammoniac. Les travaux sont entrepris en sortie de chambre froide, dans une zone
protégée contre l'incendie et située au-dessus de l'auvent couvrant le passage entre la
chambre froide et le magasin. Une première opération de bouchonnage par caps débute
dans la matinée sur la tuyauterie "détente" (2,2 b en phase gazeuse, f 60 mm). Le
soudage du caps est réalisé après dégazage de la partie de canalisation concernée
(# 60 m), isolée à la suite de la fermeture (vers 2 h 30) des électrovannes d'isolement
provoquée par la coupure générale de l'alimentation électrique. Les pompiers sont
informés de l'intervention. En début d'après-midi, après fermeture des vannes
d'isolement à commande manuelle situées dans la galerie, un 2ème bouchonnage débute
par le sectionnement de la tuyauterie d'alimentation (3,5 b en phase liquide,
f 33 mm). Une quantité anormale d'ammoniac apparaît à ce moment. L'opérateur
s'éloigne pour fermer une vanne située en amont sur le circuit à proximité du
compresseur implanté dans un local à 100 m de là.
Durant son absence, un changement d'équipe s'effectue à 12 h parmi les pompiers qui
surveillent les décombres. Un lieutenant de l'équipe montante est intrigué par les volutes
blanches qui se développent au-dessus de l'auvent. Il s'en approche à environ 10 m et en-
tre en contact avec le nuage d'ammoniac. Il sera évacué à l'infirmerie. Trente mn plus
tard et après un dégazage incomplet, un manchon est soudé avec difficulté en raison de
la présence d'ammoniac résiduel. Durant le dégazage de la tuyauterie d'alimentation,
environ 60 l d'ammoniac se sont vaporisés.
Analyse des causes : un arbre de défaillance établi par l'INERIS est joint en annexe 8.
L'origine de l'incendie n'est pas expliquée. Des traces d'effraction ont été cependant
observées sur la palissade de l'enceinte.
La fuite d'ammoniac est liée à une étanchéité insuffisante des vannes de sectionnement.
Seul lors de l'isolement de la conduite, l'opérateur doit quitter le lieu d'intervention pour
fermer une vanne d'alimentation générale située à 100 m. Une organisation insuffisante
des secours est à l'origine de l'intoxication de l'un des intervenants. Ce pompier en
surveillance n'est pas informé des opérations en cours par l'entreprise et par ses
collègues au moment de la relève.
Enseignements tirés
· Environnement de l'installation : la chambre froide est utilisée en entrepôt
d'usage général sans avoir fait l'objet d'une mise en sécurité préalable
suffisante (canalisations inutilisées non démontées ni purgées).
· Conception des installations : une grande dispersion des installations peut
entraîner une longueur importante des canalisations de transport du
frigorigène. Celles-ci sont alors difficiles à isoler si les dispositifs de
sectionnement sont défaillants, en nombres insuffisants ou peu automatisés.
· Exploitation - Maintenance : les contrôles en exploitation doivent être fré-
quents et réguliers. Il doivent permettre de vérifier le bon fonctionnement
des équipements sensibles (vannes d'isolement, dispositifs de sécurité, etc.),
tout particulièrement sur les sections peu ou pas utilisées de l'installation.
· Connaissance des installations - Formation : l'opérateur connaît l'installa-
tion frigorifique puisqu'il sait comment l'isoler. Une seule personne semble
cependant avoir une connaissance approfondie des installations dont les
plans ne sont pas à jour.
· Intervention : l'intervention se déroule avec de nombreuses difficultés.
Celles-ci ne sont cette fois pas dues à la violence de l'incendie lui-même
mais aux travaux annexes à réaliser pour mettre en sécurité une partie des
installations. Des canalisations doivent être vidangées et dégazées et les
vannes ne sont pas étanches. Des travaux importants sont nécessaires.
Des tuyauteries mal dégazées peuvent entraîner un risque d'explosion de
l'ammoniac, surtout si des travaux de soudure sont nécessaires pour isoler
l'installation.
Toute la zone accidentée et l'ensemble du circuit auraient dus être consignés
compte tenu de la nature et de l'importance des interventions à réaliser sur le
circuit frigorifique. Une erreur est commise lorsque les intervenants se fient
à une seule vanne pour isoler le circuit. Celle-ci n'est pas étanche ; un pom-
pier est intoxiqué.
Les parades : une étude est demandée pour évaluer les risques liés à la connexité des
installations de production froid et des chaudières implantées dans le même local, ainsi
page 62 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
que sur la diffusion d'ammoniac tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des bâtiments abritant
les équipements de réfrigération. Cette étude doit permettre de déterminer les mesures
complémentaires à mettre éventuellement en oeuvre (vannes d'isolement complémentai-
res, détecteurs d'ammoniac, fermetures automatiques de vannes, etc.).
Une fuite d'ammoniac se produit dans la salle des machines d'un entrepôt frigorifique.
Enseignements tirés
· Environnement de l'installation : une autre usine est située à proximité de
l'établissement. Aucune information réciproque sur les risques présentés par
les installations n'existe.
· Conception des installations : les dispositifs de détection et d'alarme sont
insuffisants. L'exploitant est indirectement informé de l'accident par les
employés d'une usine voisine. Les rejets accidentels d'ammoniac par les
soupapes peuvent être importants et ne sont pas traités.
· Entretien - maintenance : les vérifications périodiques effectuées sur l'ins-
tallation n'ont pas empêché l'apparition d'un "défaut fugitif". La redondance
des équipements importants pour la sécurité est une nécessité.
· Intervention : des exercices internes ammoniac / incendie sont organisés
régulièrement. L'opérateur a bien réagi.
Les parades : l'électro-vanne est remplacée par mesure de précaution, de même que le
pressostat de sécurité HP du compresseur et les soupapes qui ont fonctionné (crainte
d'une partie de leur efficacité).
Une installation de réfrigération s'arrête durant la nuit dans un entrepôt frigorifique. Une
fuite d'ammoniac se produit lors de son redémarrage dans la matinée.
Le responsable présent coupe l'alimentation électrique mais doit attendre l'arrivée des
pompiers pour pouvoir pénétrer avec eux dans la salle des machines et fermer les vannes
d'isolement du compresseur défaillant. Tous les équipements nécessaires, combinaisons,
masques et bouteilles d'air sont disponibles sur place.
Analyse des causes : un arbre de défaillance établi par l'INERIS est joint en annexe 8.
L'installation s'arrête à la suite d'un problème de régulation.
Le compresseur n'a pas été vérifié depuis mai 1987. Dans celui-ci, un disque de rupture
permet une communication entre aspiration et refoulement. Ce disque est retrouvé
page 64 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Enseignements tirés
· Environnement de l'installation : en raison de l'activité exercée, ce type
d'établissement est souvent implanté dans ou à proximité immédiate du tissu
urbain. L'information du public et la réalisation de POI et de PPI sont à
envisager en fonction de la taille de l'installation et des risques induits
(incendie / rejet toxique).
· Conception des installations : l'installation de réfrigération ne dispose pas
de sécurités suffisantes (absence d'alarme de niveau haut sur les réservoirs,
absence de clapet anti-retour, pressostat sur le compresseur, arrêt
automatique de l'installation en cas de surpression).
· Exploitation : il n'existe pas de procédure de redémarrage de l'installation
après un déclenchement.
· Maintenance - Entretien : quel est l'état du compresseur au moment de
l'accident ? Un accident s'est déjà produit sur l'installation en août 1990 à la
suite de la défaillance d'une vanne d'isolement (accident du 1er août 1990 ci-
après). La durée entre 2 vérifications à effectuer sur les compresseurs (voir
d'autres équipements) ne doit pas être trop longue.
· Intervention : les protections individuelles doivent être suffisantes, ce qui
n'est pas le cas lorsque seuls des masques à cartouches sont disponibles.
Les parades : l'exploitant doit définir une fréquence de visite de ses appareils qui ne
devrait pas excéder 1 an.
Des disques de sécurité dont la pression de rupture est en rapport avec la pression réelle
d'utilisation de l'installation, un clapet anti-retour entre les réservoirs MP et BP et un
détecteur de niveau dans le réservoir MP (pour empêcher la mise en route des compres-
seurs si le niveau de liquide dépasse un seuil déterminé) seront mis en place
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 65
Dans une fabrique de crèmes glacées, une fuite d'ammoniac se produit sur une installa-
tion de réfrigération.
Analyse des causes : un arbre de défaillance établi par l'INERIS est joint en annexe 8.
La rupture d'un voyant à vitre permettant de contrôler la circulation et l'état de l'huile
circulant dans le compresseur est à l'origine de la fuite d'ammoniac. Ce voyant est situé
en amont du compresseur et avait été remplacé lors de sa révision.
Les vannes du compresseur peuvent être fermées alors que les autres restent ouvertes.
L'ammoniac chaud de l'installation "freezer" est refoulé par les vannes ouvertes et pénè-
trent dans le déshuileur. Celui-ci est vide, l'ammoniac en ressort par une canalisation en
point bas pour s'échapper par le voyant cassé.
Enseignements tirés
· Conception des installations : les canalisations de départ "freezer" ne sont
pas équipées d'un clapet anti-retour. Pour isoler l'installation, de nombreuses
vannes doivent être fermées et celles-ci ne peuvent être sectionnées à
distance. La complexité des circuits, le nombre élevé des organes de section-
nement à manoeuvrer et un manque d'automatisme compliquent d'autant
l'intervention.
L'accident de MALMÖ-SKANE (SUEDE) qui se produit sur une unité de
réfrigération dans une usine chimique, le 29 octobre 1989 (cas n° 133), est
lui aussi particulièrement illustratif. Une brèche de 300 mm sur une canali-
sation entraîne la fuite de 5 t d'ammoniac et la formation d'un aérosol dense
dans un bâtiment. L'arrêt de la fuite demande la fermeture de 20 vannes et
l'intervention de 15 personnes. Les secours doivent préalablement s'entraîner
au déroulement des opérations et aux gestes nécessaires dans une installa-
tion voisine comparable. Trois tentatives seront ensuite nécessaires pour
stopper la fuite.
page 66 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Les parades : la mise en place d'une ventilation plus puissante avec traitement de
l'effluent résiduel peut être envisagée, ainsi que de vannes avec clapets anti-retour et
sectionnement à distance.
Analyse des causes : l'incendie démarre dans une chambre dont l'ancien éclairage est
démonté et le nouvel éclairage partiellement remis en service. L'isolation thermique est
améliorée par projection de mousse polyuréthane sur le plafond des chambres. L'éclai-
rage des travaux est assuré par un spot halogène puissant normalement débranché à
chaque fin de travaux. Ce spot peut être à l'origine du sinistre.
40 Note de l'Inspection des Installations Classées établie d'après un rapport d'expertise des assurances.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 67
Enseignements tirés
· Conception des installations : l'inflammabilité des matériaux constituant
l'isolation, surtout lorque ces derniers ne sont pas protégés (chambres en
réfection) est constatée une nouvelle fois.
L'incendie s'est arrêté au mur de parpaings séparant les chambres froides de
la salle des machines (voir accident du 17 février 1994 - DUCEY).
· Surveillance du chantier et consignes : le risque d'inflammation des
mousses lors des travaux est sous-estimé. Des consignes spécifiques étaient-
elles prévues ? Le chantier est-il suffisamment surveillé ?
Dans un entrepôt frigorifique, une fuite d'ammoniac a lieu lors d'une opération de main-
tenance sur une installation de réfrigération
Description de l'événement : une vanne défectueuse doit être changée sur le circuit BP
d'une installation de réfrigération. Après avoir inspecté sur place l'installation, l'interve-
nant neutralise la section du circuit où se trouve la vanne défaillante.
Equipé d'un masque, l'intervenant desserre la vanne pour finir de purger le circuit en
ammoniac gazeux. Cette opération dure généralement une vingtaine de secondes.
L'opérateur constate que le débit de la purge augmente progressivement au lieu de
diminuer et décide de resserrer rapidement la vanne. Il prend la clé à cliquet qu'il a laissé
sous la vanne mais ne peut s'en servir, celle-ci s'étant bloquée au contact du jet froid
d'ammoniac. Son masque commençant à saturer, l'intervenant décide de s'équiper d'une
combinaison de protection et d'un masque équipé de bouteilles d'air comprimé
(4 masques et 2 équipements complets sont répartis dans l'entrepôt). Ce n'est qu'une fois
équipé et muni d'une nouvelle clé qu'il arrive à resserrer la vanne et a stopper la fuite. La
porte arrière de la salle des machines est restée ouverte durant l'incident.
Selon l'opérateur, la fuite n'est pas importante ; elle dure une vingtaine de minutes et
libère 3 à 5 l d'ammoniac (1 200 l présents dans l'installation). Le gaz toxique sort du
local par la porte ouverte et se propage le long du bâtiment, en direction des premières
maisons situées au sud. Il incommode une femme enceinte qui est hospitalisée.
Analyse des causes : un arbre de défaillance établi par l'INERIS est joint en annexe 8.
Le responsable de l'entrepôt frigorifique est en vacances et les travaux sont confiés au
responsable du service d'entretien. L'intervenant ne trouve pas les plans des circuits et ne
connaît pas l'existence d'une canalisation reliant le réseau moyenne pression au réseau
basse pression sur lequel il doit intervenir. Sur la canalisation neutralisée, une élec-
trovanne s'ouvre et laisse passer de l'ammoniac liquide.
page 68 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Enseignements tirés
· Conception des installations : la ventilation du local est insuffisante et une
porte reste ouverte en permanence pour aérer le bâtiment. La protection
passive qu'il représente (confinement) est inopérante.
· Maintenance - Entretien : la vanne du circuit BP fuit. Des contrôles
préventifs sont ils effectués sur l'installation ? Quelle en est la périodicité ?
· Organisation : l'opérateur est seul au moment de l'intervention. Aucune
consigne n'a été passée au moment des congés. Il n'y a pas d'organisation des
astreintes en cas d'absence du responsable de l'atelier. La connaissance de
l'installation repose sur une seule personne et disparaît lorsque celle-ci est
absente.
· Connaissance des installations - Formation : l'opérateur ne connait pas
l'installation et n'identifie pas la tuyauterie HP / BP. Les schémas de l'instal-
lation ne sont pas disponibles. La connaissance des risques liés à ce type
d'installation est insuffisante. Les conséquences des actions menées sur
l'installation ne sont pas identifiées.
· Intervention : l'outillage (clé à cliquet) n'est pas adapté à l'opération en
cours (grippage rapide sous l'action du froid).
ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
Les risques
42 L'ammoniac utilisé comme frigorigène (INSTITUT INTERNATIONAL DU FROID I.I.F. / I.I.R - 1993).
43 Guide d'étude des risques technologiques (AFF / Club Ammoniac - 1995).
44 Réunion S.E.I. / Profession du 27 juillet 1993 (compte rendu du 4 août 1993).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 71
45 L'ammoniac utilisé comme frigorigène (INSTITUT INTERNATIONAL DU FROID I.I.F. / I.I.R - 1993).
page 72 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
· Une étude suédoise 46 indique que la majeure partie des fuites se présente sur
le côté BP où il y a souvent une dépression. Ces fuites ont souvent pour
origine :
- une erreur opérationnelle, vanne ouverte pendant la purge, drainage
d'huile, flexible (matériau) inadapté, flexible / tuyau non protégé,
impureté dans une vanne qui ne peut fermer,
- joints : mal placés, matériaux inadaptés, vieux matériaux,
- mauvais joints soudés : matériau inadapté dans les tuyaux (hors
réservoir sous pression) qui devient fragile à basse température,
- corrosion : uniquement sur l'extérieur rapidement détectée à
l'inspection ("la corrosion commence comme une tête d'épingle et
peut sentir mauvais pendant plusieurs jours ou semaines" ?). Le site
est inspecté et le composant remplacé,
- erreur de procédé intérieure au démarrage/à l'arrêt de l'installation
et réversion automatique du dégivrage au gaz chaud,
- combinaison d'une modification intérieure du procédé et d'un autre
défaut extérieur décrit ci-avant.
L'auteur précise enfin, d'une part, que la plupart des fuites se produisent sous
forme gazeuse et peuvent être maîtrisées localement et, d'autre part, que les
tuyaux ne se cassent pas directement, des fissures ou des déchirures pouvant
survenir comme conséquence à une influence physique extérieure. Un
orifice correspondant au maximum à environ 20 ou 30 % du diamètre
survient dans tous les cas, ce qui limite le volume de la fuite par unité de
temps.
Les défaillances décrites ci-dessus se rencontrent effectivement souvent.
Cependant, les accidents présentés dans cette étude obligent à être plus
circonspects. De nombreux rejets se sont produits sur les sections HP des
installations et plusieurs ruptures franches de canalisations sont signalées
(sections soumises à des vibrations en sortie d'un compresseur par exemple,
corrosion externe, etc.). On ne peut également négliger le risque d'un effet
domino, une capacité ou une canalisation contenant de l'ammoniac se
retrouvant par exemple prise dans un incendie. Enfin, les réparations ne se
déroulent pas toujours aussi rapidement que prévues (installations abandon-
nées, présence des employés, connaissances suffisantes de l'installation ou
des travaux à effectuer, etc.), entraînant ainsi de nombreuses interventions
des services de secours externes à l'entreprise.
46 Ammoniac, références et évaluation des risques pendant l'utilisation dans les installations de froid
(AGA - FRIGOSCANDIA/ A. LINDBORG - 1994).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 73
Les incendies et les explosions peuvent concerner l'ammoniac contenu dans les unités de
réfrigération et/ou les installations annexes (chambres froides et leur isolation thermique
en particulier).
· L'ammoniac est considéré comme un gaz relativement peu inflammable 47 et
ne semble présenter un risque d'explosion qu'en milieu clos 48/49. Ses limites
d'inflammabilité dans l'air sont comprises entre 15 et 28 %. Une étude
indique cependant que la L.I.E. peut être réduite de 4 % pour un aérosol
d'huile et d'ammoniac (fuite simultanée de lubrifiant) 50/51. De même, il est
pratiquement impossible d'éviter la présence d'hydrogène de décomposition,
donc par endroit à l'état naissant 52. En effet, si l'ammoniac pur en milieu
inerte ne se décompose qu'à partir de 200°C, sa dissociation en azote et en
hydrogène commence déjà vers 110 à 120°C en présence d'eau et de fer.
L'air et l'huile contribuent également à cette dissociation.
Il est douteux que la présence d'air (entre 75 et 97 % en volume à la pression
atmosphérique) dans une unité en exploitation, ou que la seule combustion
d'huile de graissage, sans autre circonstance favorable, puisse induire la
combustion et l'explosion de l'ammoniac. Par contre, il faut noter que les
limites d'explosivité de l'hydrogène atomique sont comprises entre 4,1 et
75 %. Dans ces conditions, il est probable que des cas suspects d'explosion
d'unité d'ammoniac soient en fait des explosions d'hydrogène ayant entraîné
des incendies au cours desquels des explosions secondaires d'ammoniac ont
pu se produire, la majeure partie de l'ammoniac étant brûlée sans
explosion 52.
Ce qui précède, justifie la nécessité :
- d'une bonne déshydratation des circuits à compression d'ammoniac
(qui ne semble pas toujours être réalisée au mieux) même si des
traces d'eau n'entraînent pas par ailleurs un risque de corrosion
important,
- d'éviter l'emploi de nickel (catalyseur très actif) dans les circuits
d'ammoniac,
- de bien surveiller les pressions et de purger les incondensables dès
que leur présence est détectée (la présence de désaérateurs continus
est à privilégier),
Les conséquences
Les études des dangers doivent naturellement préciser, au cas par cas et à partir de
plusieurs scénarios, les distances limites géographiques des effets mortels et des effets
irréversibles 56. Cependant, la valeur de 150 à 200 m est équivalente à celle qui est
généralement imposée par défaut pour les installations (entrepôts, etc.) présentant un
risque incendie (hors BLEVE). Cette distance est suffisante notamment pour limiter à
un niveau supportable le flux thermique et assurer une intervention des secours dans de
bonnes conditions. Elle semble également être en cohérence, comme limite des effets
mortels, avec les conséquences observées dans les 135 accidents étudiés en
réfrigération. De même, la limite des effets irréversibles qui doit être confirmée devrait
se situer entre 300 et 500 m (aucun des accidents étudiés n'a entraîné un effet
irréversible à une telle distance).
Il a déjà été indiqué dans cette étude que pour une installation de réfrigération la masse
d'ammoniac rapportée à la puissance installée est de l'ordre de 5,5 kg d'NH3/kW. Au
regard du volume de stockage d'un entrepôt, un ratio approximatif de 0,097 kg/m3 (sans
congélation) ou de 0,150 kg/m3 (chambres avec congélation) peut également être
utilisé 57. L'évolution des techniques tend cependant à réduire la quantité d'ammoniac
utilisée par une diminuation du diamètre des tuyauteries et une augmentation de la
puissance et de la vitesse des compresseurs 58.
55 Ammoniac, références et évaluation des risques pendant l'utilisation dans les installations de froid
(AGA - FRIGOSCANDIA/ A. LINDBORG - 1994).
56 Guide de la maîtrise de l'urbanisme autour des sites industriels à hauts risques
(Ministère de l'environnement - 1990).
57 Réunion S.E.I. / Profession du 27 juillet 1993 (compte rendu du 4 août 1993).
58 L'ammoniac utilisé comme frigorigène (INSTITUT INTERNATIONAL DU FROID I.I.F. / I.I.R - 1993).
page 76 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Des technologies alternatives dans la réfrigération sont résumées en annexe 2 59. Des
évolutions techniques sont également à prévoir dans la conception des installations
actuelles, notamment si l'utilisation de l'ammoniac en réfrigération se développe.
La réalisation à partir des séries utilisées pour le R22 de petits compresseurs, ouverts
dans un premier temps ou à vis, utilisables avec l'ammoniac ne doit également pas poser
de problème 61. A la suite d'études en laboratoire, de nombreuses améliorations ont par
ailleurs été apportées ces dernières années aux performances des échangeurs après
modification de la géométrie des surfaces internes et externes des tubes utilisés dans les
condenseurs et les évaporateurs de fluides halogénés. Il reste cependant à démontrer que
ces appareils peuvent être utilisés avec l'ammoniac 62/63.
59 12 technologies pour l'avenir de l'environnement (Ministère de l'Industrie & du Commerce Extérieur / SRI
International - 1992).
60 Machines frigorifiques / Développements futurs / Centre de thermique, URA CNRS 1372,
INSA - Villeurbanne (Pr. M. LALLEMAND / RPF n° 766 - Janvier 1993).
61 Nouveaux débouchés pour l'ammoniac (R.G.F. / G. VRINAT - 1993).
62 Club Ammoniac - GV du 20 octobre 1993.
63 Thermal Performance of Advanced Heat Exchangers for Ammonia Refrigeration System /
C.B. PANCHAL & T.J. RABAS ( Heat Transfer engineering vol. 14 n0 4 1993).
64 Le stockage d'énergie frigorifique par mélanges eutectiques (SOTRAGAL / P. LE -
AITF Interclima - Janvier 1991).
65 L'entreposage frigorifique français en chiffres (R.G.F. / F. BILLIARD & G. PIERSON - 1992).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 77
CONCLUSIONS
RECOMMANDATIONS
Produit toxique, l'ammoniac doit être mis en oeuvre dans des installations fiables,
exploitées et très régulièrement contrôlées par du personnel compétent. Le risque de
fuite ne pouvant être nul, une information du public environnant est également
nécessaire.
66 Stage d'été SAVE-Club M3E (Association Française du Froid /A.F.F. G. VRINAT - 1994).
67 L'ammoniac utilisé comme frigorigène (INSTITUT INTERNATIONAL DU FROID I.I.F. / I.I.R - 1993).
68 Annexe 6 : quelques textes réglementaires, normes et recommandations applicables aux installations
frigorifiques.
69 Charte des mesures à prendre concernant la conception, l'étude, la maintenance des installations de froid
et de climatisation et la formation des personnels (annexe à la convention Pouvoirs Publics et professions
du froid et de la climatisation - Février 1989).
page 78 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
être généralisées à toutes les installations frigorifiques quel que soit leur utilisation ou le
frigorigène mis en oeuvre ; elles concernent donc les installations de réfrigération
utilisant de l'ammoniac.
Les installations frigorifiques ne doivent être construites et installées que par des
entreprises qualifiées. Les composants, matériels et consommables (huiles, fluides de
transfert de chaleur, etc.) doivent correspondre aux conditions d'utilisation.
Risque toxique
3. Dans les installations recevant du public, comme les patinoires, des cloisons aména-
gées entre le local des machines et les autres locaux doivent éviter que le gaz
toxique puisse se répandre. Comme pour les compartiments coupe-feu, les
ouvertures dans le canal des conduites en direction des locaux publics doivent être
bouchées. Les canaux longeant les parties des installations accessibles au public
doivent être confinées. Des détecteurs d'ammoniac, reliés au système général
d'alerte au gaz, doivent être installés dans les canaux.
70 Application de l'ordonnance sur les accidents majeurs (OPAM) et conclusions tirées des rapports de
risque réalisés pour des patinoires artificielles / Compte rendu du Groupe de travail "Sécurité des
patinoires artificielles" (Office fédéral suisse de l'environnement, des forêts et du paysage - Section
sécurité des installations - Décembre 1991).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 79
De même, les écoulements dans le sol du local des machines, les trous d'écoulement
dans les canaux de conduites, dans les fosses de pompage, etc. doivent être bouchés
pour éviter un rejet d'ammoniac dans les égouts.
4. Les canalisations véhiculant le frigorigène doivent être aussi courtes que possible.
Les tuyauteries situées à l'extérieur des bâtiments devront dans la mesure du
possible être confinées. L'atmosphère emprisonnée dans la double canalisation doit
pouvoir être contrôlée en continu (balayage avec un gaz inerte, détecteurs
ammoniac).
L'installation et l'ancrage des tuyauteries flexibles doivent être réalisés avec soin.
Les assemblages doivent se faire sans contrainte pour éviter les fissurations du
métal.
5. Les lignes de retour dans les systèmes de circulation par pompes doivent comporter
une pente continue vers le séparateur.
6. Les vibrations induites par les équipements motorisés fragilisent les tuyauteries et
peuvent entraîner des fuites de frigorigène. Les compresseurs provoquent ainsi des
pulsations de la colonne gazeuse et/ou des vibrations mécaniques. Ces dernières
peuvent également provenir du moteur d'entraînement. Ces vibrations dépendent :
· du dimensionnement des fondations,
· du dimensionnement des tuyauteries,
· du tracé et de la fixation des canalisations,
· de la sélection et du réglage des organes de régulation.
Dans les sections des canalisations concernées, le soudage doit notamment être à
privilégier pour les raccords et assemblages de tuyauteries, par rapport aux raccords
vissés, aux brides ou au sertissage.
Les compresseurs et leurs groupes d'entraînement doivent être parfaitement alignés.
Avant la mise en service de l'installation, un essai de fonctionnement doit être
effectué pour analyser le comportement vibratoire des différents composants. Si
nécessaire, des mesures seront prises pour limiter l'amplitude des oscillations aux
valeurs recommandées. Les pulsations dans les canalisations d'aspiration et de
refoulement peuvent être atténuées par l'insertion d'amortisseurs ("damper") ou
d'appareils équivalents. Dans certains cas particuliers, un limiteur d'amplitude pour
les oscillations peut également être inséré.
7. Les protections contre les surpressions doivent être du type "doubles soupapes de
sécurité à inversion".
8. Les vannes d'arrêt manuelles doivent être de type "à contre-siège", pour permettre
les changements de têtes et de joints sans fuite de frigorigène. Les robinets à presse-
étoupe doivent être de type "à soufflet" ou "à diaphragme" ou être munis d'un
capuchon étanche aux gaz.
page 80 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
9. Les purges installées sur les installations (compresseurs, etc.) devront être
collectées.
De manière générale, les raccords débouchant à l'air libre et non utilisés en
fonctionnement normal, ainsi que les tubes de purge ou de remplissage, doivent être
obturés par un dispositif résistant à la pression.
10. L'injection mal contrôlée de frigorigène liquide dans les tuyauteries de vapeur est à
éviter (risque de surpression).
11. Des passerelles, escaliers ou échelles doivent être en nombre suffisant pour assurer
la bonne marche et la vérification de l'installation. L'usage des tuyauteries ou de
leurs fixations comme marche-pieds est interdit.
12. Une unité de récupération de frigorigène doit être disponible en permanence sur les
sites disposant d'une installation frigorifique contenant normalement une charge
évacuable de frigorigène supérieure à 500 kg.
14. La vérification des matériels, les essais d'étanchéité et la mise en service des instal-
lations ne peuvent être confiés qu'à une personne de l'installateur formée à cet effet
et qualifiée, sous le contrôle éventuel d'un inspecteur indépendant.
L'installation doit être soumise à un test d'étanchéité en fin de montage, soit
globalement, soit par section et sous-ensemble. Ce test devra être certifié par écrit. Il
devra être renouvelé si l'installation est modifiée ou est restée inutilisée pendant
plus de 6 mois.
Lors de la mise en service de l'installation, tous les organes de contrôle et de sécuri-
té doivent être vérifiés dans les conditions normales d'utilisation. L'inspection sera
conduite en suivant une "check-list". Les organes de sécurité seront protégés contre
les interventions non autorisées (scellés, etc.).
15. Lors de la livraison des installations assemblées sur site, l'utilisateur doit être
informé de la fonction et de la conduite de l'installation, de la nature et des risques
présentés par le frigorigène utilisé ainsi que des conséquences d'une fuite éventuelle
de ce dernier. Un personnel qualifié doit apprendre à l'utilisateur comment détecter
les fuites et les mesures à prendre en cas d'urgence.
Les méthodes de transfert du frigorigène à l'intérieur de l'installation doivent être
représentées sur un schéma de principe et expliquées dans les instructions d'utilisa-
tion. Une copie de ces documents devra être disposée en permanence et de façon
visible à proximité des installations.
16. Les locaux contenant de l'ammoniac, accessibles uniquement aux personnes dûment
autorisées, doivent figurer sur un plan global de fermeture des différents locaux.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 81
Risque incendie 71
21. Des mesures de prévention renforcées et une information des intervenants sont enfin
nécessaires lors de travaux éventuels (interdiction de fumer, permis de feu, etc.).
Le travail exécuté doit être consigné. Dans tous les cas l'utilisateur doit recevoir une
copie du rapport de contrôle ou de la fiche de travail.
22. Des agents doivent être nommés avec leurs attributions respectives dans un
document écrit précisant clairement les responsabilités pour :
· la sécurité de l'installation,
· l'état de l'installation,
· la prévention des accidents (du personnel compétent doit être disponible
24 h sur 24).
Un cahier des charges doit être établi pour le responsable de la sécurité et pour son
remplaçant.
23. Les instructions d'exploitation et d'entretien sont établies selon les normes de la
série NF 35 400 relatives aux exigences de sécurité pour la conception,
l'équipement, l'installation et l'exploitation aux installations frigorifiques.
25. Toute fuite détectée doit immédiatement être réparée. Pour éliminer les fuites, la
partie concernée du circuit doit être isolée et le frigorigène qu'elle contient doit être
transféré dans le reste du circuit ou dans un récipient réservé à cet usage.
28. Pour réduire les rejets, le frigorigène et l'huile doivent être transvasés en minimisant
les pertes. Le frigorigène sous pression ne doit pas être purgé à l'air libre. Les
déchets doivent être éliminés en respectant la réglementation.
page 84 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
29. Les locaux des machines ne doivent pas être utilisés pour d'autres opérations
(séchage de vêtements, atelier, entrepôt, etc.). Cette interdiction concerne tout
particulièrement l'entreposage de substances inflammables, combustibles ou
explosibles.
32. Le personnel qualifié doit suivre une formation continue sur les développements
existants ou nouveaux, les innovations dans le domaine de la réfrigération et la
manipulation des frigorigènes, matériaux annexes et consommables.
33. Des consignes d'exploitation écrites adaptées seront prévues pour chaque installa-
tion. Les informations en cas d'incident ou d'accident devront être clairement
formulées.
75 Charte des mesures à prendre concernant la conception , l'étude, la maintenance des installations de froid
et de climatisation et la formation des personnels (annexe à la convention Pouvoirs Publics et professions
du froid et de la climatisation - Février 1989).
76 Application de l'ordonnance sur les accidents majeurs (OPAM) et conclusions tirées des rapports de
risque réalisés pour des patinoires artficielles / Compte rendu du Groupe de travail "Sécurité des
patinoires artificielles" (Office fédéral suisse de l'environnement, des forêts et du paysage - Section
sécurité des installations - Décembre 1991).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 85
Intervention / Evacuation
34. Un plan d'alarme et d'intervention (POI, etc. ) en cas d'accident doit être établi, en
liaison avec les services d'intervention et de secours, et porté à la connaissance de
l'ensemble du personnel, auxiliaires éventuels compris. Des exercices devront être
réalisés annuellement avec les services d'intervention. Les messages à émettre par
haut-parleurs doivent être préparés (enregistreur).
La population environnante et les médias locaux doivent être informés. Les mesures
nécessaires pour le voisinage doivent êtres prises (n° de téléphone des pompiers, de
la police, de la radio locale, etc.).
36. Les voies d'accès et les chemins doivent être marqués et libres d'obstacle pour
permettre le passage en tout temps. Toute personne doit pouvoir ouvrir les portes de
l'intérieur.
Un éclairage de secours doit être disponible en permanence (recharge automatique,
etc.). Le groupe électrogène de secours doit aussi alimenter les haut-parleurs
éventuellement installés.
Ces dispositions doivent tout particulièrement être respectées pour les installations
recevant du public.
37. Les interrupteurs de secours doivent être installés à l'extérieur du local des
machines. Le personnel doit pouvoir y accéder facilement et être instruit de leur
maniement.
La position de ces interrupteurs et de tous les dispositifs de commande qui, en cas
d'accident, sont importants pour la sécurité de l'exploitation doit être repérée sur un
schéma et sur l'installation elle-même (couleur, etc.). Un exemplaire du schéma sera
suspendu dans le local des machines et un deuxième exemplaire au moins devra être
facilement accessible hors de ce local.
38. Un indicateur de direction du vent (drapeau, etc.) doit être installé en un endroit
bien visible de jour comme de nuit.
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Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 87
ANNEXES
page 88 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 89
ANNEXE 1
TYPE ET CARACTERISTIQUES
PRINCIPALES DES INSTALLATIONS
FRIGORIFIQUES INDUSTRIELLES 1
Le tableau suivant résume les puissances frigorifiques, les capacités d'ammoniac mises
en oeuvre ainsi que les vitesses et les pressions de fluide en phase liquide par type
d'installations.
Capacité Canalisation /
Puissance
unitaire vitesse &
Type d'installation frigorifique
NH3 pression en
unitaire
(kg/kW) phase liquide
ANNEXE 2
INSTALLATIONS FRIGORIFIQUES
INDUSTRIELLES UTILISEES EN FRANCE
-
TECHNOLOGIES ACTUELLES ET ALTERNATIVES2
"Le marché potentiel des technologies de production de froid sans CFC est
particulièrement difficile à estimer. D'une part, il n'existe pas de statistiques homogènes
concernant les marchés nationaux des machines de froid traditionnelles et, d'autre part,
il est particulièrement difficile d'extrapoler les résultats passés pour dresser un tableau
du marché mondial du froid dans les prochaines années. A fortiori, toute estimation de
la taille du marché mondial des techniques alternatives ne peut être que spéculative.
On peut dresser un rapide tableau des usages du froid et des technologies alternatives à
l'emploi des fluides halogénés afin d'en montrer l'intérêt économique. En l'absence de
statistiques homogènes concernant le marché mondial des applications du froid, seul
l'exemple français est repris dans le tableau suivant."
Parc 91 Tonnages
Usages Technologies (milliers) estimés Technologie alternative
actuelles de fluides
Chambres Compression vapeur 300 900 Tubes vortex, machines frigo.à NH3.
froides
ANNEXE 3
CARACTERISTIQUES PHYSIQUES ET
/
THERMODYNAMIQUES DE L'AMMONIAC 3 4
ANNEXE 4
FICHE TOXICOLOGIQUE
DE L'AMMONIAC
L'ammoniac est un gaz irritant pour les muqueuses donnant par dissolution dans l'eau
des solutions caustiques. Ses vapeurs peuvent provoquer des atteintes oculaires se
traduisant par des larmoiements et les atteintes respiratoires se traduisent par une
irritation des voies respiratoires supérieures. L'ammoniac et ses solutions aqueuses sont
caustiques pour la peau.
ANNEXE 5
Nombre de salariés
Activité (Code N.A.F.) 1à 50 à 200 Total
49 199 et +
01 - Agriculture, chasse & services annexes 38 718 156 14 38 888
dont 01.1 - Culture 23 268 101 8 23 377
01.3 - Culture & élevage associés 4 432 1 1 4 434
01.4 - Services annexes à l'agriculture (coopératives) 6 327 41 1 6 369
05 - Pêche, aquaculture 1 885 11 2 1 898
15 - Industries alimentaires 56 463 1 518 377 58 358
dont 15.1 - Industrie des viandes 11 623 419 107 12 149
15.2 - Industrie du poisson 351 59 13 423
15.3 - Industrie des fruits et légumes 396 91 22 509
15.4 - Industrie des corps gras 105 16 5 126
15.5 - Industrie laitière 1 331 254 83 1 668
15.7 - Fabrication d'aliments pour animaux 691 98 10 799
15.8 - Autres industries alimentaires 39 030 391 90 3 9511
15.9 - Industries des boissons 2 216 152 40 2 408
24 - Industrie chimique 3 485 677 364 4 526
dont 24.1 - Industrie chimique de base 817 179 101 1 097
24.4 - Industrie pharmaceutique 593 203 131 927
24.6 - Fabrication d'autres produits chimiques 528 78 30 636
25 - Industrie du caoutchouc et des plastiques 4 463 677 364 4 526
dont 25.2 - Transformation des matières plastiques 3 873 539 119 4 531
28 - Travail des métaux 23 535 1 476 244 25 255
dont 28.3 - Chaudronnerie 4 388 252 33 4 673
28.4 - Forge, emboutissage, estampage & métal. poudres 1 269 159 39 1 467
28.5 - Traitement des métaux, mécanique générale 10 782 419 39 11 240
28.7 - Fabrications d'autres ouvrages en métaux 2 025 269 70 2 364
29 - Fabrication de machines et équipements 11 677 996 292 12 965
dont 29.2 - Fabrication de machines d'usage général 4 054 344 68 4 466
50 - Commerce et réparation automobile 61 392 859 42 62 293
dont 50.2 - Entretien & réparation de véhicules automobiles 20 577 22 3 20 602
51 - Commerce de gros & intermédiaires 110 760 2 609 279 113 648
dont 51.1 - Intermédiaires du commerce de gros 11 383 139 37 11 559
51.3 - Commerce de gros de produits alimentaires 15 838 637 47 16 522
51.5 - Commerces de gros produits interm. non agricoles 19 593 580 53 20 226
60 - Transports terrestres 32 505 1 150 150 33 806
dont 60.1 - Transports ferroviaires 30 5 0 35
60.2 - Transports urbains et routiers 32 375 1 139 149 33 663
60.3 - Transports par conduites 101 6 1 108
63 - Services auxiliaires des transports 13 923 704 99 14 725
dont 63.1 - Manutention et entreposage 2 274 157 24 2 455
90 - Assainissement, voirie et gestion des déchets 3 689 179 14 3 882
92 - Activités récréatives, culturelles & sportives 42 024 531 110 42 665
dont 92.6 - Activités liées au sport (patinoires) 19 383 131 10 19 524
page 98 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 99
ANNEXE 6
4. Instruction du 4.09.70, relative aux dépôts d'ammoniac liquéfié non réfrigéré de gaz
liquéfiés sous pression et des réservoirs d'ammoniac liquide.
5. Norme NFE 35-400 (novembre 1980), relative aux règles de sécurité des installations
frigorifiques.
et pour mémoire :
ANNEXE 7
ACCIDENTS REPERTORIES
EN REFRIGERATION
EN FRANCE ET DANS LE MONDE.
(ED0389F)
La base de données ARIA, exploitée par le Ministère de l'écologie et du développement durable, recense les événements accidentels qui
ont, ou qui auraient pu, porter atteinte à la santé ou la sécurité publiques, l'agriculture, la nature et l'environnement. Pour l'essentiel, ces
événements résultent de l'activité d'usines, ateliers, dépôts, chantiers, carrières, élevages… classés au titre de la législation relative aux
Installations Classées, ainsi que du transport de matières dangereuses.
Le recensement et l'analyse de ces accidents et incidents, français ou étrangers sont organisés depuis 1992. Ce recensement qui dépend
largement des sources d'informations publiques et privées, n'est pas exhaustif. La liste des évènements accidentels présentés ci-après ne
constitue q'une sélection de cas illustratifs.
Malgré tout le soin apporté à la réalisation de cette synthèse, il est possible que quelques inexactitudes persistent dans les éléments
présentés. Merci au lecteur de bien vouloir signaler toute anomalie éventuelle avec mention des sources d'information à l'adresse suivante :
BARPI - 2, rue Antoine Charial 69426 LYON CEDEX 03 / Mel : [email protected]
page 104 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 105
N° 5249 - 13/10/1984- 53 -
15.5 - Industrie laitière
Un incendie se déclare dans une laiterie ; les dommages sont estimés à 1 MF. Aucune précision n'est donnée quant à une
éventuelle émission du fluide frigorigène contenu dans les installations de réfrigération.
(ED0389E)
La base de données ARIA, exploitée par le Ministère de l'écologie et du développement durable, recense les événements accidentels qui
ont, ou qui auraient pu, porter atteinte à la santé ou la sécurité publiques, l'agriculture, la nature et l'environnement. Pour l'essentiel, ces
événements résultent de l'activité d'usines, ateliers, dépôts, chantiers, carrières, élevages… classés au titre de la législation relative aux
Installations Classées, ainsi que du transport de matières dangereuses.
Le recensement et l'analyse de ces accidents et incidents, français ou étrangers sont organisés depuis 1992. Ce recensement qui dépend
largement des sources d'informations publiques et privées, n'est pas exhaustif. La liste des évènements accidentels présentés ci-après ne
constitue q'une sélection de cas illustratifs.
Malgré tout le soin apporté à la réalisation de cette synthèse, il est possible que quelques inexactitudes persistent dans les éléments
présentés. Merci au lecteur de bien vouloir signaler toute anomalie éventuelle avec mention des sources d'information à l'adresse suivante :
BARPI - 2, rue Antoine Charial 69426 LYON CEDEX 03 / Mel : [email protected]
page 116 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
ED0389E - Nombre d'accidents répertoriés : 44
N° 5264 - 1/1/1958- ETATS UNIS - CHICAGO
63.1 - Manutention et entreposage
Dans la salle des compresseurs d'un entrepôt frigorifique, une fuite d'ammoniac se produit à la suite de la défaillance d'un joint fileté
sur une canalisation de détente associée à une installation de réfrigération. Un employé ferme une vanne d'aspiration et coupe le
courant. L'étincelle de rupture produite par un disjoncteur magnétique situé à 1,80 m du sol enflamme l'ammoniac confiné dans le
local. La date exacte de l'accident n'est pas connue (jour et mois ?).
ANNEXE 8
ARBRES DE DEFAILLANCE
(ETUDE INERIS 1995)
1) Accidents étudiés :
· Saint Brandan le 11 mars 1994.
· Séclin le 17 juin 1992.
· Montélimar le 11 octobre 1990.
· Dieue-sur-Meuse le 8 octobre 1990.
· Montélimar le 1er août 1990.
NH3 liquide dans Temperature fuite de la purge porte tunnel temperature personnel non pas de constat
canalisation tunnel : -40° C de la canalisation ouverte exterieure au informe des de fuite?
en entree tunnel tunnel > -40° C risques?
conscience
du risque?
formation du
personnel
page 124 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
SECLIN le 17/06/92
formation d'un nuage de NH3 dans l'auvent presence d'un pompier exterieur à l'entreprise dans l'auvent
1
vaporisation de ouverture d'une presence de NH3 surveillance d'un magasin intrigue par la
NH3 liquide canalisation dans la canalisation suite a un incendie la formation de
nuit precedente volutes blanches
incendie la nuit canalisation entre le entretien des un seul operateur present mauvaise passation releve a 12 heures
precedente dans magasin de stockage installations? operateur s'est eloigne pour des consignes
un magasin de l'installation de verifications present fermer une vanne
stockage refrigeration periodiques? du circuit NH3
cause le magasin de canalisation non conscience vanne manuelle degagement de vanne en amont du circuit
indeterminee stockage etait non du risque lie a d'isolement de la NH3 en NH3 situee a proximite du
vandalisme? un entrepot demantelee l'operation canalisation quantite compresseur dans le local
frigorifique defectueuse anormale energie (a 100m de la)
1
difficulte d'intervention presence de NH3 dans le le voyant du
pour juguler la fuite circuit d'huile du compresseur compresseur a eclate
equipement pas de systeme opacite diminution de absence de garde vannes depart freezer
d'intervention du de sectionnement pression dans hydraulique non equipees de
personnel de l'usine des vannes a le circuit NH3 clapets anti-retour
inadapte distance
personnel equipe conception? fuite absence de fuite d'huile sur non fermeture de la mauvaise conception
uniquement de importante compression le compresseur vanne de depart de l'installation?
masques a huile de graissage
cartouche
pas de confinement de la fuite formation d'un nuage de NH3 dans le batiment pendant 20mn
2
desserrage vanne presence tuyauterie ouverture EV
circuit BP MP/BP non sur tuyauterie
pendant 20 mn identifiee MP/BP
par l'operateur
3
debit de fuite NH3 clef a cliquet difficulte pas d'identification dossier non isolation du circuit
1
important inutilisable d'intervention des canalisations accessible BP pour
reparation
clef grippee pas de clef caracteristiques moyens de pas d'affichage documents vanne circuit
2 sous l'action de rechange physico- protection du plan dans le bureau BP fuyarde
du jet accessible chimiques individuelle du responsable
froid NH3 inadaptee absent
1 2 3
débit de fuite NHC3 fermeture inadaptée entretien, maintenance. fatigue mécanique choc/heurt corrosion déserrage d'une vanne Ouv. éléctrovanne entre canalisation entre les circuits
trop important vérification périodique ? sortie compresseur par ex. sur le circuit BP les circuits BP et MP BP et HP non identifié
28 29 33 10 11 9 21 23 22
heurt pendant le chargement objet tombant et heurtant mêmes chocs antérieurs protection non remforcée
du tunnel la canalisation ou réparée
16 17 15 14
20
page 134 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
absence de confinement
formation ? Pas de détection non visualisation pas de rideau pas de système d'arrêt
de la fuite d'eau automatique de la fuite
7 8 9 10 11
page 136 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
difficulté d'intervention
moyens de protection agressivité NH3 non formé à l'utilisation non maîtrise du non appelé par la société réglementation interdisant
disponibles inadéquats manque de visibilité des moyens de protection procédé l'entée dans la société
4 5 8 9 13 14
cartouche filtrante du difficile de s'équiper seul absence de formation personnel non suffisamment personnel de
masque rapidement saturée avec la combinaison étanche spécialisée formé surveillance
6 7 10 11 12
page 138 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Rup/Ouv accidentelle d'un
organe de compression
0
P>PME absence ou non fonction- aspiration de NH3 dans le éclatement d'un voyant
nement des alarmes circuit huile du compresseur huile sur le compresseur
3 4 13 14
14
aspiration de NH3 liquide compresseur HP diminution/absence pression vannes départ freezer non absence de garde vayant défectueux problème de montage
par le compresseur dans le circuit huile comp. équipées de clapet anti-retour hydraulique (huile)
6 5 15 17 16 22 23 23
absence de sécurité absence de clapet fuite sur compresseur Ferm. possible vannes comp. mauvaise connaissance éclatement d'un voyant absence de consigne ?
niveau haut anti-retour (huile) alors que d'autres Ouv. de l'installation huile sur le compresseur
11 12 25 26 27 14 21
14 21
14 21
page 140 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 141
REFERENCES
page 142 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 143
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
[10] - Etude d'accidents mettant en jeu l'ammoniac et réalisée en collaboration avec l'INERIS
(Melles ABIVEN & BAUCHET - Décembre 1994 / Février 1995).
[12] - Comparaison des seuils olfactifs de substances chimiques avec des indicateurs de sécurité utili-
sés en milieu professionnel (X. ROUSSELIN, E. BOSIO & M. FALCY / Cahiers de notes
documentaires n° 156 - 3ème trimestre 1994).
[13] - Ammoniac, références d'évaluation des risques pendant l'utilisation dans les installations de
froid (AGA - FRIGISCANDIA / A. LINDBORG - Frigoscandia AB, Helsingborg, Suède -
1994).
[15] - Pole "Fluides Frigorigène" - Elimination des CFC et HCFC : conséquences pour la profession
du froid et du conditionnement d'air / Réglementations et enjeux économiques
(R. BARON et P. LUTZ - Journée technique du 2 décembre 1992).
[18] - Guide de la maîtrise de l'urbanisme autour des sites industriels à hauts risques (Ministère de
l'environnement - octobre 1990, en cours de réactualisation).
page 144 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
[20] - Isolation thermique des circuits frigorifiques (Cahiers des clauses techniques et spéciales / Do-
cument Technique Unifié DTU n° 67.1 - 1990)
[22] - Vapor suppression foams help control ammonia spills (Air conditioning, Heating & Refrigera-
tion News / Edward C. Norman/ - 10 décembre 1990).
[25] - Vaporization and Dispersion Modeling of Contained Refrigerated Liquid Spills/ D.W. STU-
DER, B.A. COOPER et L.C. DOELP/ Plant/ Operation Progress (vol.7, N°2 - avril 1988).
[29] - Petit livre bleu des surgelés et des glaces (FICUR - 1987).
[31] - Some serious safety problems using ammonia/ Operational experience and recommendations
(International Journal of Refrigeration / W. BOJANOWSKI - 1985).
[34] - Some serious safety problems using ammonia/ Operational experience and recommendations
(International Congress of Refrigeration / W. BOJANOWSKI - 1983).
[35] - Entrepôts frigorifiques et chambres froides - Tiré à part d'un article "Travail et Sécurité"
(INRS / ED1166 - 1983).
[36] - Prévention des incendies et sécurité dans les entrepôts frigorifiques/ Science et Technique du
froid/ Association Européenne des exploitations Frigorifiques (Institut International du Froid/
Commission D1 - PARIS - 1982-2).
1) - A.F.N.O.R.
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