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Direction de la Prévention des Pollutions et des Risques

Service de l’Environnement Industriel

Bureau d’Analayse des Risques et Pollutions Industrielles

Retour d’expérience
L'ammoniac
et la réfrigération

Réf. : SEI / BARPI ED0389 - Février 1995

Jean Luc CLARET


Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 3

SOMMAIRE

Glossaire

Introduction

Historique p. 9
Situation actuelle et perspectives p. 10

Les installations frigorifiques à l'ammoniac

Production du froid p. 13
· Généralités p. 13
· Cycle frigorifique théorique et schéma de principe p. 14
· Cycle frigorifique réel p. 15
· Machines à compression utilisant l'ammoniac p. 15
· Mise en oeuvre de l'ammoniac p. 17

Utilisation du froid et typologie des installations p. 18


· Données relatives aux industries d'entreposage en France p. 18
· Données relatives aux quantités de fluides frigorigènes utilisées p. 19
· Classement suivant les températures d'évaporation p. 20
· Classement suivant le système de distribution des fluides p. 20
· Classement suivant le mode de condensation p. 21
· Classement suivant le nombre d'étages de compression p. 21
· Classement par type d'installation p. 21

Situation administrative p. 26

Nuisances et risques potentiels p. 28


· Nuisances p. 28
· Risques potentiels p. 28
· Risques incendie / explosion p. 28
· Risque toxique p. 29
page 4 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Analyse de cas accidentels

Nature et caractéristiques de l'échantillon étudié p. 32


Enjeux et chiffres clés p. 33
· Répartition annuelle p. 33
· Répartition mensuelle et selon les jours de la semaine p. 34
· Répartition régionale p. 35
· Répartition par activités p. 36
- Installations frigorifiques p. 37
- Autres installations (activités diverses) p. 38
· Répartition par type d'accidents p. 39
- Installations frigorifiques p. 39
- Autres installations (activités diverses) p. 40
· Répartition par type de conséquences p. 40
- Installations frigorifiques p. 41
- Autres installations (activités diverses) p. 43
· Circonstances, nature et origines principales des accidents étudiés p. 45
- Circonstances des accidents p. 45
- Défaillances constatées p. 46
- Origine des accidents p. 47
- Quantités d'ammoniac émises p. 48
. Installations frigorifiques p. 49
. Autres installations (activités diverses) p. 49
Etude de cas d'accidents types en réfrigération p. 51
· Accident du 02.12.94 (67 - HOCHFELDEN) p. 51
· Accident du 21.11.94 (72 - CONNERRE) p. 52
· Accident du 11.08.94 (51 - REIMS) p. 53
· Accident du 13.06.94 (92 - NANTERRE) p. 54
· Accident du 11.03.94 (22 - SAINT BRANDAN) p. 55
· Accident du 17.02.94 (50 - DUCEY) p. 56
· Accident du 17.05.93 (29 - GUERLESQUIN) p. 59
· Accident du 17.06.92 (59 - SECLIN) p. 60
· Accident du 18.07.91 (29 - LANDERNEAU) p. 62
· Accident du 11.10.90 (26 - MONTELIMAR) p. 63
· Accident du 08.10.90 (55 - DIEUE-SUR-MEUSE) p. 65
· Accident du 03.10.90 (14 - MONDEVILLE) p. 66
· Accident du 01.08.90 (26 - MONTELIMAR) p. 67
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 5

Synthèse des informations rassemblées - Etude bibliographique

Les risques p. 69
· Le risque toxique p. 70
· Le risque incendie / explosion p. 73

Les conséquences p. 75

Les perspectives d'évolution p. 75

Conclusions - Recommandations

Conception, construction et mise en service des installations p. 78


· Risque toxique p. 78
· Risque incendie p. 81

Exploitation, réparations et contrôles p. 82

Formation des intervenants p. 84

Intervention / Evacuation p. 85

Annexes

Annexe 1 : type et caractéristiques des installations frigorifiques industrielles.


Annexe 2 : technologies actuelles et alternatives.
Annexe 3 : caractéristiques physiques et thermodynamiques de l'ammoniac.
Annexe 4 : fiche toxicologique.
Annexe 5 : répartition des activités en France (extraits statistiques INSEE 1992).
Annexe 6 : textes et normes applicables aux installations frigorifiques.
Annexe 7 : liste des accidents connus depuis 1958 (France / Monde).
Annexe 8 : arbres des causes.

Références

Bibliographie
Adresses utiles
page 6 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 7

GLOSSAIRE

BP Basse Pression.
C.F.C. Chloro-Fluoro-Carbone (ou Carbure).
G.W.P. Global Warming Potential (Indice caractérisant la participation d'une molécule à
l'effet de serre). C'est le Potentiel de Réchauffement de la Terre d'une substance
par comparaison avec celui du CO2. Cette valeur est fortement affectée par la
durée prise en compte (20, 100, 500 ans, etc.).
H.C.F.C. Hydro-Chloro-Fluoro-Carbone (ou Carbure) - Fluide de substitution de transition.
H.G.W.P. Halocarbon Global Warming Potential. Effet de serre d'une substance par rapport à
celui du R11.
H.F.A. Hydro-Fluoro-Alcane (ou FORANE équivalent en France à H.C.F.C.).
H.F.C Hydro-Fluoro-Carbone (ou carbure) - Fluide de substitution de l'avenir ne conte-
nant pas de chlore (O.D.P. = 0) mais présentant quand même un effet de serre.
HP Haute Pression.
O.D.P. Ozone Depletion Potential (indice caractérisant la participation d'une molécule à la
destruction de la couche d'ozone).
R11 C.F.C. - Trichlorofluorométhane (CCl3F).
R113 C.F.C. - Trichlorofluoroéthane (CCl2F-CClF2).
R114 C.F.C. - Dichlorotétrafluoroéthane (CClF2-CClF2).
R115 C.F.C - Monochloropentafluoroéthane (CClF2-CF3).
R12 C.F.C. - Dichlorodifluorométhane (CCl2F2).
R13 C.F.C. - Monochlorotrifluorométhane (CClF3).
R13B1 C.F.C. - Trifluorobromométhane (CF3Br).
R134a H.F.C. - (1er fluide de substitution du R12).
R152a H.F.C. - Difluoroéthane (CH3-CHF2).
R22 H.C.F.C. - Monochlorodifluorométhane (CHClF2).
R23 H.C.F.C. - Trifluorométhane (CHF3).
R404A H.F.C. - (fluide de substitution du R502).
R500 C.F.C. - Mélange azéotropique (73,8 % de R12 et 26,2 % de R152a).
R502 C.F.C. - Mélange azéotropique (48,8 % de R22 et 51,2 % de R115).
R503 C.F.C. - Mélange azéotropique (59,9 % de R13 et 40,1 % de R23).
R717 Ammoniac anhydre (de "qualité frigorigène", pureté minimum 99,95 %).
T.E.W.I. Total Equivalent Warning Impact (indice caractérisant l'impact de l'installation
frigorifique sur l'effet de serre).
page 8 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 9

INTRODUCTION

Historique

Le froid technique apparaît au milieu du siècle dernier à la suite d'un brevet déposé en
1834 par Jacob PERKINS pour un système de compression à gaz 1.

Il est produit artificiellement pour la première fois en 1857. Lors de l'Exposition Univer-
selle de Londres, Ferdinand CARRE présente une machine à absorption qui fabrique
presque en continu des cubes de glace. Cette machine utilise l'ammoniac comme frigori-
gène et l'eau comme substance d'absorption. En 1874, PICTET construit la première ma-
chine à compression. Celle-ci utilise du dioxyde de soufre (SO2) alors que LOWE, aux
Etats-Unis, fabrique des machines comparables mais mettant en oeuvre du dioxyde de
carbone (CO2).

L'ammoniac sera lui utilisé pour la première fois dans une machine à compression
gazeuse par CARL VON LINDE en 1876. A la suite de l'Exposition Universelle de
PARIS, en 1878, la plupart des brasseries importantes commencent à utiliser les
machines à compression d'ammoniac. Un Français, Charles TELLIER, arme également
en 1876 un navire de 650 t (le "Frigorifique") pour transporter en 3 mois et en excellent
état à Buenos Aires une cargaison de viande congelée 2. La surgélation telle qu'elle est
pratiquée de nos jours naît en 1929 avec le dépôt par l'Américain Clarence BIRDSEYE
d'un brevet pour la congélation rapide (quick-freezing) des denrées périssables.

De nombreux frigorigènes sont utilisés comme l'éther diméthylique, produit explosif


rapidement remplacé par l'ammoniac, le gaz carbonique, le dioxyde de soufre, le
propane et le chlorure de méthyle (CH3Cl) 3. Au début du 20ème siècle, les besoins en
réfrigération augmentent. Cette évolution est liée à la croissance de la production
agricole et aux nouveaux secteurs d'activité qui font appel aux techniques frigorifiques
(industries du lait, de la viande, transport maritime des denrées périssables). La concur-
rence entre ces différents fluides s'accentue.

1 L'ammoniac utilisé comme frigorigène (INSTITUT INTERNATIONAL DU FROID I.I.F. / I.I.R - 1993).
2 Petit livre bleu des surgelés des glaces (FICUR - 1987).
3 La sécurité et l'ammoniac (Revue Générale du Froid n° 74 / G. VRINAT - Juin 1990).
page 10 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Les utilisations de l'ammoniac et du gaz carbonique varient selon les pays mais dans les
années 1920, l'ammoniac s'impose progressivement dans les installations industrielles
importantes ainsi qu'à bord des navires. Les installations de faible puissance utilisent no-
tamment quant à elles le dioxyde de soufre et le chlorure de méthyle.

Il faut attendre les années 1930 et le développement de la réfrigération domestique pour


que la société américaine Kinetic Chemicals développe des fluides synthétiques chloro-
fluoro-carbonés (C.F.C.) dont la masse moléculaire élevée convient bien à la compres-
sion centrifuge et permet le développement des compresseurs hermétiques 3/4. Les
C.F.C. remplacent alors progressivement le chlorure de méthyle, le CO2 et le SO2. Les
principaux C.F.C. sont essentiellement 5 :
· le R12 (CF2Cl2) pour les applications au voisinage de 0°C et notamment la
climatisation des locaux de travail, les pompes à chaleur industrielles, la
réfrigération et le stockage des denrées fraîches,
· le R11 (CFCl3) utilisé dans les machines centrifuges,
· le R502 (mélange de R22 / CHClF2 et de R115) pour les basses
températures telles que la congélation et le stockage des surgelés et des
crèmes glacées. Ce frigorigène est également utilisé dans les circuits des
meubles "surgelés" des magasins types super et hyper marchés.

Situation actuelle et perspectives

En 1974, le chimiste américain ROWLAND émet l'hypothèse d'une destruction impor-


tante de la couche d'ozone dans la haute atmosphère par le chlore contenu dans les
C.F.C.. A l'automne 1987, un "trou" est détecté dans la couche d'ozone au-dessus de
l'Antarctique. L'origine de cette anomalie est attribuée, en partie au moins, aux C.F.C..
La communauté internationale décide de limiter leur production pour l'interdire définiti-
vement à compter du 1er janvier 1996 (Convention de Vienne en 1985, Protocole de
Montréal en septembre 1987, Accord de Londres en 1990 et conférence de Copenhague
en 1992). Hors nouveaux matériels ou techniques, cette position commune des états a
deux conséquences :
· les principaux producteurs de C.F.C proposent pour les prochaines années
des fluides de remplacement tels que les hydro-chloro-fluroro-carbone
(H.C.F.C.) ou hydro-fluoro-alcanes (H.F.A. ou FORANE, en France),
fluides de transition moins agressifs, et recherchent pour le long terme de
nouvelles molécules totalement neutres,

4 Production du froid - Technologie des machines industrielles


(Les Technologies de l'Ingénieur / Georges VRINAT).
5 Stage d'été SAVE - Club M3E (Association Française du Froid /A.F.F. G. VRINAT - 1994).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 11

Le principal H.C.F.C. est le R22 très employé dans les installations de


congélation et de stockage des denrées surgelées de type industriel,
· le retour des anciens fluides de réfrigération et essentiellement de
l'ammoniac ...

L'ammoniac peut être utilisé dans la plupart des installations industrielles de réfrigéra-
tion, de congélation et les stockages à toutes températures.

Les frigorigènes ont un double impact sur l'environnement 5/6 :


· effet sur les êtres vivants caractérisé par l'O.D.P. (indice de déplétion de
l'ozone),
· effet sur le climat caractérisé par le H.G.W.P. (indice de réchauffement) et le
T.E.W.I. (indice rapporté au CO2).

Effet de TEWI/CO2 TEWI/CO2 TEWI/CO2


Ozone
Frigorigène Serre
Période de Période de Période de
ODP/R11
HWP 20 ans 100 ans 500 ans

R12 0,9 à 1 2,8 à 3,4 7 100 7 300 4 500

R502 0,17 à 0,28 4,02 4 820 4 260 4 040

R22 0,04 à 0,06 0,32 à 0,37 4 100 1 500 510

R717 (NH3) 0 0 0 0 0

De nos jours, l'industrie utilise largement les possibilités du froid, pour liquéfier des gaz,
condenser des liquides volatils, cristalliser des sels, contrôler des réactions violentes ou
plus simplement ... conserver des produits sensibles à la "chaleur" et les denrées
périssables.

L'impact économique des techniques frigorifiques dans le monde est important 7/8. Le
montant global des investissements annuels en équipements frigorifiques s'élèverait à
près de 500 milliards de francs, la valeur des produits conservés par le froid
représenterait 10 fois cette somme. Le monde disposerait d'environ 300 millions de
mètres-cubes de capacité d'entrepôts frigorifiques, permettant de stocker à un moment
donné, 5 % de la production annuelle totale de denrées alimentaires. En prenant en
compte le commerce de détail, les transports frigorifiques et les appareils domestiques,

6 L'effet de serre équivalent total (E.S.E.T.) / M. DUMINIL


(Revue générale du froid - N° 36 - Octobre 1993).
7 L'ammoniac utilisé comme frigorigène (INSTITUT INTERNATIONAL DU FROID I.I.F. / I.I.R - 1993).
8 The CFC/Ozone problem ans possibilities for emission en reduction in Refrigération, Air Conditioning
and Heat Pump application (DKV / Statusberich n° 2 - Juillet 1987).
page 12 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

10 à 25 % de la production alimentaire mondiale passerait par la "chaîne du froid" à un


stade ou à un autre.

Utilisé pendant des décennies pour ses excellentes propriétés thermodynamiques et pro-
gressivement remplacé ces vingt dernières années, par les C.F.C. notamment (moins
performants thermiquement mais non toxiques), l'ammoniac revient peu à peu au 1er
plan comme fluide calorifique. La production mondiale d'ammoniac se serait élevée en
1984 à 120 millions de tonnes ; moins de 5 % de cette production aurait été utilisée
comme frigorigène sous le code R717 (99,95 % minimum de pureté).

Les unités de réfrigération à l'ammoniac peuvent par exemple être utilisées dans l'entre-
posage frigorifique ou dans certains complexes sportifs (patinoire, etc.). Ces activités
sont par nature souvent implantées dans ou à proximité du tissu urbain. Un environne-
ment souvent sensible, le parc installé des unités concernées et le redéveloppement de
l'utilisation de l'ammoniac comme substitut potentiel des C.F.C. justifient pleinement la
présente monographie 9.

9 Annexes 1 et 2 : Type et caractéristiques des installations frigorifiques industrielles / Technologies


actuelles et alternatives.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 13

LES INSTALLATIONS FRIGORIFIQUES

A L'AMMONIAC LIQUEFIE

Production du froid

Généralités

Produire du froid revient à absorber de la chaleur à une température inférieure à celle du


milieu ambiant. Les nombreux procédés utilisés sont habituellement classés en fonction
de la nature des phénomènes de base qu'ils exploitent. On distingue 10 ainsi :
· les méthodes thermodynamiques, qui utilisent les phénomènes endothermi-
ques accompagnant les changements de phase de corps (fusion, sublimation,
évaporation, détente ou dissolution) ou certaines réactions chimiques,
· les procédés électriques et magnétiques, qui ralentissent l'agitation
moléculaire à l'origine du phénomène de la chaleur en soumettant les atomes
du réfrigérant à un courant électrique ou à un champ magnétique.

Les méthodes thermodynamiques sont les plus répandues. Le froid est le plus souvent
produit par détente d'un gaz comprimé, généralement de la famille des FORANE (ou
FREON) ou par évaporation d'un fluide à basse tension de vapeur, facile à vaporiser, tel
que l'ammoniac. La grande majorité des systèmes utilisant ces méthodes mettent en
oeuvre un cycle à compression et détente, en circuit fermé, dans lequel le fluide
véhiculé, essentiellement gazeux, subit ou non un changement de phase.

Comme les transferts de chaleur se produisent spontanément dans le sens des tempéra-
tures décroissantes, le fluide intermédiaire est utilisé après abaissement préalable de sa
température. Il est alors dénommé frigorigène.

10 12 technologies pour l'avenir de l'environnement (Ministère de l'Industrie et du Commerce Extérieur / SRI


International - 1992).
page 14 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Cycle frigorifique théorique

Pour absorber de la chaleur à basse température (partie utile du cycle !), la plupart des
procédés qui mettent en oeuvre un fluide intermédiaire, décrivent un cycle fermé pour
reproduire autant de fois que nécessaire l'évolution frigorifique de l'ensemble du
système.

Le froid technique est essentiellement produit par des systèmes à compression de gaz.
Un cycle à compression de vapeur comporte ainsi les principaux éléments suivants :
· un évaporateur, dans lequel la vaporisation du fluide frigorigène enlève une
quantité de chaleur Q0 au milieu extérieur,
· un compresseur mécanique qui aspire les vapeurs formées dans l'évaporateur
à la pression P2 pour les comprimer et les refouler à une pression P1. Le
compresseur absorbe une énergie mécanique W,
· un condenseur, dans lequel le frigorigène se condense et cède une certaine
quantité de chaleur Q au milieu extérieur,
· un détendeur fixe, que le frigorigène traverse pour retourner à l'évaporateur,
sa pression étant ramenée de P1 en P2.

Schéma de principe du cycle frigorifique

Un cycle frigorifique théorique comprend en conséquence les 4 phases suivantes :


· vaporisation d'un fluide à pression et température constantes (P2 & T2),
avec absorption d'une quantité de chaleur de fluide évaporé (Q0 / kg),
empruntée au milieu extérieur de température T2' > T2 (production du
froid),
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 15

· compression adiabatique (sans transfert de chaleur) de la vapeur humide


dans un compresseur qui porte la pression à la valeur P1, tension de vapeur
du fluide à la température T1 de condensation. Cette compression absorbe
un certain travail fourni par une source d'énergie extérieure,
· condensation du fluide dans le condenseur, à la pression P1 et à la
température T1 constantes, fonction de l'appareil et de la température T1' du
milieu extérieur où va s'écouler la chaleur de condensation Q1 (avec
naturellement T1 > T1'),
· détente adiabatique du frigorigène dans un détendeur attelé sur le même
arbre que le compresseur pour récupérer ce travail de détente de la pression
P1 du condenseur à celle P2 de l'évaporateur.

Pour traduire ces phénomènes, l'industrie frigorifique utilise souvent :


· soit un diagramme enthalpie/pression (H, P). Les valeurs utilisées dans les
calculs, caractérisant l'état du fluide, sont alors la pression (P), la
température absolue (T), l'enthalpie (H), le volume massique (V), le titre (x)
et l'entropie (S),
· soit un diagramme entropique (S, T) dans lequel un cycle de CARNOT
ABCD évoluant entre 2 isothermes (T1 & T2) et 2 adiabatiques (AD et BC)
représente le fonctionnement. Les courbes délimitent différentes aires qui
correspondent à la chaleur évacuée au condenseur (Q1), à celle absorbée par
l'évaporateur (Q2), au travail absorbé par le compresseur, à celui récupéré
dans le détendeur et à celui consommé par la machine. Un coefficient d'effet
frigorifique (T2/(T1-T2)) peut ensuite être calculé.

Cycle frigorifique réel

Le cycle frigorifique réel d'une machine peut différer du cycle théorique en fonction par
exemple des dispositifs annexes dont l'installation est dotée (économiseurs pour
diminuer la consommation d'énergie motrice, etc.).

Machines à compression utilisant l'ammoniac comme fluide frigorigène

La conception des machines frigorifiques utilisant de l'ammoniac ou des fluides


halogénés est comparable. Les composants sont cependant réalisés en acier ordinaire ; le
cuivre, ses alliages et le zinc étant attaqués par l'ammoniac. Compte tenu de ses
caractéristiques intrinsèques et notamment de son incompatibilité avec les métaux
cuivreux mais également de la part de marché qu'il représente à ce jour, le matériel
adapté à l'ammoniac est très spécifique et moins diffusé que son homologue de type
"fluides halogénés" 11.

11 Stage d'été SAVE - Club M3E (Association Française du Froid /A.F.F. G. VRINAT - 1994).
page 16 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Enfin, le recours intensif aux fluides halogénés dans tous les domaines d'utilisation du
froid a permis d'une part, le développement de techniques plus élaborées que celles im-
posées par l'ammoniac et d'autre part, des pratiques d'installations plus simples. A la
limite, les pratiques, obligatoirement plus rigoureuses utilisées pour les circuits à
l'ammoniac ne sont parfois pas ou peu connues des installateurs 12.

Substance naturelle, l'ammoniac est également synthétisé en grande quantité par l'in-
dustrie chimique. Comme fluide frigorigène, il présente certains avantages et
notamment :
· de bonnes propriétés thermodynamiques (transfert de chaleur/masse)
permettant d'obtenir des machines avec l'un des meilleurs coefficients de
performance existants. La masse rapportée à la puissance installée est de
l'ordre de 5,5 kg d'NH3/kW 13,
· une température critique plus élevée,

· une enthalpie de vaporisation très élevée, rendant son utilisation possible


pour produire des températures aussi basses que - 60 °C,
· une neutralité chimique vis-à-vis des constituants du système frigorique,
hors du cuivre et de ses alliages ainsi qu'une insensibilité à la présence d'air
humide ou d'eau,
· une meilleure stabilité vis-à-vis de l'huile,
· une détection facile en cas de fuite même minime (détection olfactive
5 ppm, etc.),
· une absence d'effet sur l'ozone atmosphérique ou de contribution à l'effet de
serre,
· le prix d'achat le plus bas de tous les frigorigènes (5 à 8 fois moins cher au
kg, 11 à 17 fois en prenant en compte la réduction de la taille des
installations),
· un coût de pompage réduit pour les sytèmes noyés et des dimensions plus
réduites des tuyauteries pour une même puissance frigorifique,
Par rapport aux autres frigorigènes et à rendement énergétique égal, un débit
massique plus faible (proportionnel à la masse molaire du fluide), des vites-
ses de piston de 2,5 à 3,2 fois plus importantes 14 (inversement proportion-
nelles à la racine carrée de cette masse), ainsi qu'un transfert de chaleur plus
important au niveau des étages d'évaporation/condensation (lié à la légèreté
de l'ammoniac) et enfin une meilleure conductivité thermique enfin (point 1

12 La sécurité et l'ammoniac (Revue Générale du Froid n° 74 / G. VRINAT - Juin 1990).


13 Guide d'étude des risques technologiques (AFF / Club Ammoniac - 1995).
14 Cette caractéristique qui n'a pas encore été exploitée industriellement pourrait permettre de réduire
sensiblement la taille et le coût des compresseurs.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 17

ci-dessus), laissent présager des coûts de revient d'une installation moins


importants 15.

Les restrictions liées à son emploi sont dues aux risques qu'il présente et en particulier :
· un caractère potentiel de gaz inflammable,
· la forte exothermicité de sa dissolution dans l'eau,
· sa toxicité à faible concentration dans l'air (25 ppm),
· les pressions assez élevées qu'il requiert nécessitant des épaisseurs d'acier
supérieures à celles des composants utilisés avec les frigorigènes halogénés.

Le risque d'inflammation et la toxicité de l'ammoniac sont abordés de manière plus ap-


profondie dans les paragraphes suivants.

Mise en oeuvre de l'ammoniac 11

Elle se distingue de la mise en oeuvre des fluides halogénés sur les points suivants :
· la conception des circuits frigorifiques est plus simple (comportement
général unique de l'ammoniac). L'utilisation de chacun des fluides halogénés
et de leurs mélanges azéotropiques demande une connaissance spécifique
complète du frigorigène liée aux problèmes des huiles de lubrification
(miscibilité nulle, totale ou partielle), aux propriétés de transport, aux
coefficients d'échanges thermiques, etc... ,
De même dans cette conception, le dimensionnement des tuyauteries de
retour ne pose aucune difficulté pour résoudre les problèmes de retour
d'huile. Seuls les retours de liquide au compresseur doivent être évités.
· la mise en oeuvre d'un système à l'ammoniac peut être plus compliquée.
Celle-ci fait en effet appel à un ensemble de composants différents et
souvent plus difficiles à approvisionner que ceux utilisés pour les fluides
halogénés,
· les soudeurs doivent disposer d'une compétence particulière liée à la
technologie des tuyauteries en acier et à leur assemblage (agrément de
l'Institut de Soudure suivant la norme NF A 88-110, etc.),
· les circuits réalisés doivent être parfaitement étanches. Cette rigueur est
moins nécessaire pour la préparation finale du circuit. Il n'est ainsi pas
nécessaire, compte tenu de la solubilité de l'ammoniac dans l'eau, de
procéder à une mise sous un vide poussé des circuits avant leur remplissage,
· pour un même volume interne de circuit et à taux de remplissage identique,
la masse d'ammoniac est 2 fois plus faible que celle des fluides halogénés,

15 L'ammoniac utilisé comme frigorigène (INSTITUT INTERNATIONAL DU FROID I.I.F. / I.I.R - 1993).
page 18 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

· les installations doivent être surveillées en permanence par des systèmes


d'alarme (explosimètres). Lors d'une fuite et pour un seuil donné, ces
derniers doivent permettre la mise en service d'un système d'extraction d'air
de la salle des machines et avertir le personnel d'exploitation. A un 2ème
seuil, doivent correspondre une alarme générale et la mise hors tension des
circuits électriques en salle des machines 16.

Utilisation du froid et typologie des installations

Il existerait dans le monde près de 300 000 installations à compression d'ammoniac 17


hors réfrigérateurs domestiques et installations industrielles de récupération de chaleur
perdue. Issues d'une technologie bien maîtrisée, l'ammoniac est utilisé depuis plus d'un
siècle comme frigorigène, ces machines couvrent presque l'ensemble des besoins indus-
triels ou domestiques de moyenne ou de très grande puissance frigorifique (égale ou
supérieure à 100 kW en froid).

Données relatives aux industries d'entreposage en France 18/19

Type d'entrepôt Nombre Capacité (m3)


Entrepôts frigorifiques publics 293 5 604 193
Entrepôts frigorifiques privés 4 984 9 456 470
Stations fruitières 909 5 448 799
TOTAL 6 186(*) 20 509 462

(*) La profession indique que 400 entreprises de congélation représentant 28 500 t/j de
congélation sont associées avec certains de ces entrepôts ou chambres frigorifiques. Plus
efficace pour les températures basses (surgélation), l'ammoniac est utilisé sur 36 % des
sites mais représente 55 % de la puissance installée (réunion S.E.I. / Profession du
27 juillet 1993).

16 Détection de mélanges air/ammoniac à faible concentration / Recommandations (I.N.R.S. - 1992).


17 12 technologies pour l'avenir de l'environnement
(Ministère de l'Industrie et du Commerce Extérieur/ SRI International - 1992).
18 L'entreposage frigorifique français en chiffres - F. BILLARD et G. PIERSON
(Revue Générale du Froid n° 50 - Octobre 1992).
19 Stage d'été SAVE - Club M3E (Association Française du Froid /A.F.F. G. VRINAT - 1994).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 19

Données relatives aux quantités de fluides frigorigènes utilisés

L'ensemble des industries françaises en rapport avec le froid représenterait un stock de


fluides frigorigènes d'environ 33 000 t 20 ; 27,5 % de cette capacité seraient utilisés dans
les industries liées à l'alimentation humaine, soit près de 9 100 t constituées de C.F.C.
(R12, R502), de H.C.F.C. (R22 principalement) et d'ammoniac.

Type d'activité Source CFC (t) HCFC (t) NH3 (t) Total (t)

Entrepôts frigorifiques publics USNEF 60 400 540 1 000


Entrepôts frigorifiques privés Estimation 102 700 900 1 702
Stations fruitières Estimation 60 400 500 960
Crèmes glacées et glaces FICUR 27 40 115 182
Fabriques de surgelés FICUR 11 70 210 291
Produits laitiers frais EDF - 560 840 1 400
Boissons EDF 15 25 170 210
Traitements viandes EDF - 1 000 980 1 980
Traitements légumes EDF - 240 720 960
Boulangerie EDF - 150 90 240
Travail du grain EDF 100 10 75 185
Total général (t) 375 3 595 5 140 9 110
Pourcentages 4 39,5 56,5 100

Le tableau précédent montre que les C.F.C. sont très peu utilisés dans les industries
agroalimentaires, que les H.C.F.C. présentent une part importante, à remplacer dans un
avenir relativement proche, et que l'ammoniac est déjà le frigorigène le plus utilisé. Une
étude hollandaise 21 arrive à des résultats comparables. L'Institut International du Froid
indique également que l'ammoniac représente 59 % des frigorigènes (31 % pour les
H.C.F.C. avec le R22, 1 % pour les C.F.C. avec le R12 et 9 % avec le R502).

Sur 176 patinoires en France, 91 sont à détente directe et 85 utilisent un fluide frigopor-
teur (eau glycolée ou saumure). Le C.F.C. 12 est le fluide le plus utilisé (400 t), le
H.C.F.C. 12 représente 88 t et l'ammoniac 43 t. Enfin dans les ports français, 170 000 t
de glace hydrique sont fabriquées chaque année sous forme d'écailles par détente directe
d'ammoniac. Cette activité représente 14 t d'ammoniac pour l'ensemble du secteur.

20 Revue des applications électriques dans le résidentiel et le tertiaire n° 35 - Octobre 1993.


21 Ammonia as refrigerant. Applications and risks - R. J. M. VAN GERWEN
(IIF B2 Hannovre - Mai 1994).
page 20 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Les installations peuvent être classées selon différents critères tels que température
d'évaporation, système de distribution de l'ammoniac, mode de condensation, nombre
d'étages de compression et bien entendu selon les différentes applications 22. Cette
classification ultime est volontairement présentée en dernier à l'aide de 7 schémas
différents.

Classement suivant les températures d'évaporation

Systèmes Températures (°C) Applications

T1 - Basse température - 40 à - 45 Surgélation

T2 - Moyenne température - 25 à - 30 Stockages surgelés

T3 - Haute température -10 à 0 Réfrigération

T4 - Très haute température T0 > 10, Tk < 70 P.A.C. haute température

Classement suivant le système de distribution des fluides

D1 - Détendeur thermostatique ou électrique : système peu utilisé dans l'industrie,


mais pouvant avoir des applications en groupe de refroidissement de liquide, P.A.C. et
installations commerciales ou petits industriels (abattoirs).

D2 - Par gravité : à partir de bouteilles BP alimentées par détendeur à flotteur, le débit


circulant peut être de 6 à 8 fois le débit vaporisé, la pression est sensiblement la même
que la pression d'évaporation, les tuyauteries de liaison ont des diamètres équivalents.
Toutes les applications qui suivent sont généralement confinées dans des bâtiments.
· De nombreuses chambres froides de petites et moyennes dimensions
renferment des évaporateurs à ailettes alimentés par gravité par des
bouteilles individuelles (chambres à fruits, abattoirs).
· Evaporateurs de tunnels de réfrigération ou de congélation alimentés par
bouteilles individuelles (tunnels à yaourts, lits fluidisés, etc.).
· Evaporateurs immergés dans des bacs à eau glacée ou saumure alimentés par
bouteille de surchauffe (laiteries, fabriques de glace, etc.).
· Evaporateurs multitubulaires alimentés par détendeur à flotteur
(refroidisseurs d'eau ou d'eau glycolée pour brasseries, etc.).

22 Guide d'étude des risques technologiques (AFF / Club Ammoniac - 1995).


Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 21

D3 - Par pompe basse pression : à partir d'une bouteille alimentaire dont le liquide est
détendu par un détendeur à flotteur HP ou BP, le débit de liquide de la pompe est de 4 à
10 fois le débit vaporisé et la pression de refoulement est de 3 à 4 b supérieure à la pres-
sion d'aspiration. Les tuyauteries de liaison peuvent être longues, de diamètres impor-
tants, et sont confinées dans les bâtiments. Certaines sections peuvent circuler à l'air
libre sur un portique. Les applications sont de plus en plus nombreuses (tunnels de
réfrigération ou de congélation, armoires à plaques de congélation, grandes chambres
froides).

Classement suivant le mode de condensation

C1 - Par voie aérienne :


· Condenseur à air : il est installé à l'extérieur sauf dans le cas des P.A.C.,
le condenseur et le sous refroidisseur sont alors intégrés dans le procédé.
· Evapo-condenseur (extérieur) : le réservoir se situe généralement en
sortie de liquide.

C2 - Par eau :
· Condenseur multitubulaire horizontal (à l'extérieur ou à l'intérieur).
· Condensateur vertical à ruissellement (extérieur).

Classement suivant le nombre d'étages de compression

E1 - Groupes à un seul étage : écart de température (Tk - T0) inférieur à 50°K.

E2 - Groupes à 2 étages : écart de température (Tk - T0) supérieur à 50°K.

Classement par type d'installation (8 applications principales)

Les schémas ci-dessous permettent de visualiser le lieu habituel des installations, la


nature et la disposition la plus fréquente des principaux équipements, les fourchettes de
dimension des tuyauteries et le ou les risques possibles.
page 22 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

A1 - Groupe refroidisseur de liquides

Ce type d'installation est très largement utilisé dans toutes les industries agro-
alimentaires et dans le secteur de la climatisation.

A2 - Piste de patinoire

Ces installations font partie des rares installations où se côtoient l'ammoniac et le public.
Le réseau de tuyauteries entretenant la piste de glace est noyé dans une dalle en béton et
peut atteindre plusieurs dizaines de km de longueur.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 23

A3 - Bacs à glace et eau glacée

Ce type d'installation est utilisé dans les laiteries et en climatisation. La saumure ou l'eau
glacée constituent un dispositif de refroidissement indirect.

A4 - Chambres et tunnels de congélation


page 24 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

A5 - Chambres à surgelés

A6 - Chambres de réfrigération

Ces installations sont utilisées dans toutes les industries agro-alimentaires.


Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 25

A7 - Tunnels de congélation

Ces installations sont utilisées dans toutes les industries agro-alimentaires.

Un 8ème groupe "A8" constitué par les pompes à chaleur air / air à hautes températures
n'est pas schématisé ici.

Le tableau de synthèse suivant reprend toutes les installations visées ci-dessus en y


associant les différents critères de classement présentés.

Application Evaporation Distribution Condensation Etages


A1 T2 ou T3 D2 C1 ou C2 1 ou 2
A2 T3 D3 C1 1
A3 T3 D2 C1 ou C2 1
A4 T3 D2 ou D3 C1 1
A5 T2 D3 C1 2
A6 T3 D2 ou D3 C1 1
A7 T1 D2 ou D3 C1 2
A8 T4 D1 C2 1 ou 2
page 26 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Situation administrative

L'article 1er de la loi du 19 juillet 1976 soumet au régime de l'autorisation ou de la


déclaration les activités et les installations susceptibles de porter atteinte à la sécurité ou
à la salubrité publique. Celles qui sont concernées relèvent de différentes rubriques
rassemblées dans la nomenclature des installations classées pour la protection de
l'environnement.

Les installations de réfrigération (ou de compression) fonctionnant à des pressions ma-


nométriques supérieures à 1 bar sont ainsi concernées, notamment si elles compriment
ou utilisent un fluide inflammable ou toxique comme l'ammoniac liquéfié.

Jusqu'au mois de juillet 1992, les installations pouvaient ainsi relever de :


· l'autorisation, pour une puissance absorbée supérieure à 300 kw (361.A.1°),
· la déclaration, pour une puissance absorbée inférieure ou égale à 300 kw
(361.A.2°).

La rubrique 361 est essentiellement motivée par la nuisance sonore éventuellement liée
au fonctionnement des principaux équipements des installations (ventilateurs, compres-
seurs, etc.) et non par les risques liés à la toxicité et à l'inflammabilité de l'ammoniac.
Sur certaines installations, ce dernier peut cependant être présent en quantité importante,
dont une partie dans un réservoir tampon (confiné ou non) de plusieurs m3 de capacité.

Ce réservoir peut être considéré comme un dépôt d'ammoniac liquéfié, éventuellement


associé à l'unité de production de froid, et être visé à ce titre par la rubrique 50.
· sous le régime de l'autorisation, lorsque le dépôt est constitué de réservoirs
(ou de récipients) de capacité unitaire :
- supérieure à 10 t ou si la quantité totale d'ammoniac stockée
dépasse 50 t (50.1°),
- supérieure à 50 kg mais inférieure ou égale à 10 t, si la quantité
totale d'ammoniac stockée est supérieure à 150 kg mais inférieure
ou égale à 50 t (50.2°),
- inférieure ou égale à 50 kg, si la quantité totale d'ammoniac stockée
est supérieure à 5 t mais inférieure ou égale à 500 t (50.3°.a).
· sous le régime de la déclaration, lorsque le dépôt est constitué de réservoirs
ou de récipients de capacité unitaire inférieure ou égale à 50 kg, si la
quantité totale d'ammoniac stockée est supérieure à 150 kg mais inférieure
ou égale à 5 t (50.3°.b).

Avec cette interprétation de la nomenclature, la plupart des installations de réfrigération


soumises à déclaration au titre de la rubrique 361 auraient dû bénéficier du régime de
l'autorisation. Datées des 20 février et 2 avril 1976, deux notes du Service de
l'Environnement Industriel précisent respectivement :
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 27

· que "tous les entrepôts frigorifiques équipés d'un stockage d'ammoniac


liquéfié en réservoirs d'une capacité supérieure à 50 kg, la quantité stockée
étant supérieure à 150 kg, relèvent de la 2ème classe de la nomenclature des
installations classées, indépendamment des activités exercées
conjointement",
· qu'il "convient de bien distinguer un éventuel dépôt d'ammoniac (en
bouteilles par exemple) qui, de par sa taille, peut être classé en tant que tel,
des réservoirs d'ammoniac existant dans le circuit d'ammoniac liquéfié de
l'appareillage de réfrigération, qui font partie intégrante de cette installation
classée en 3ème classe au titre de la rubrique 361, et ne sauraient être
considérés comme un dépôt".

Le décret du 7 juillet 1992 modifie la nomenclature en supprimant l'activité n° 50 et en


créant la rubrique n° 1136 "Emploi ou stockage de l'ammoniac". Toute ambiguïté est
donc supprimée, l'emploi et le stockage d'ammoniac liquéfié relèvent maintenant :
· d'une autorisation avec servitude d'utilité publique, si la quantité totale
d'ammoniac susceptible d'être présente dans l'installation est supérieure ou
égale à 500 t (1136.1°),
· d'une autorisation, si la quantité totale susceptible d'être présente dans
l'installation est supérieure à 50 t, mais inférieure à 500 t (1136.2°) ou si
l'ammoniac est stocké en capacité unitaire :
- supérieure à 50 kg, si la quantité totale susceptible d'être présente
dans l'installation est supérieure à 150 kg, mais inférieure ou égale
à 50 t (1136.3°),
- inférieure ou égale à 50 kg, si la quantité totale susceptible d'être
présente dans l'installation est supérieure à 5 t, mais inférieure ou
égale à 50 t (1136.4° a).
· d'une déclaration, si l'ammoniac est stocké en récipients de capacité unitaire
inférieure ou égale à 50 kg et si la quantité totale susceptible d'être présente
dans l'installation est supérieure à 150 kg, mais inférieure ou égale à 5 t
(1136.4° b).

La rubrique 361 va enfin être remplacée par la rubrique 2920 "Installations de réfrigéra-
tion ou compression fonctionnant à des pressions effectives supérieures à 105 Pa",
· comprimant ou utilisant des fluides inflammables ou toxiques, la puissance
absorbée étant supérieure à 300 kW (autorisation) ou supérieure à 20 kW,
mais inférieure ou égale à 300 kW (déclaration),
· dans tous les autres cas, la puissance absorbée étant supérieure à 500 kW
(autorisation) ou supérieure à 50 kW, mais inférieure ou égale à 500 kW
(déclaration).

Nuisances et risques liés au fonctionnement des installations


page 28 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Une installation frigorifique, comme tout autre équipement technique, présente des ris-
ques spécifiques. Ces risques sont notamment liés aux produits utilisés dans les boucles
de transfert pour piéger, transporter et évacuer les calories excédentaires.

De manière générale, le fluide d'échange peut être inflammable, toxique et susceptible


d'affecter la couche d'ozone de la haute atmosphère ou de participer à "l'effet de serre".

Nuisances

Il peut être rappelé pour mémoire que les installations frigorifiques :


· fonctionnent généralement en circuit fermé et génèrent peu de nuisances en
marche normale,
· disposent parfois d'un système de refroidissement avec condenseurs de type
"condenseurs évaporatifs" pouvant engendrer plus ou moins de vapeur d'eau,
· ne produisent pas de déchet, hors huiles usagées éventuelles,
· disposent d'équipements potentiellement bruyants (compresseur, dispositifs
de refroidissement annexes, etc.) et doivent être concues ou équipées pour
limiter au maximum les nuisances sonores.

Risques potentiels

Les principales caractéristiques physiques et thermodynamiques de l'ammoniac utilisé


comme fluide frigorigène et une fiche de toxicologie figurent en annexes 23.

Risque incendie / explosion

L'ammoniac est considéré comme un gaz relativement peu inflammable 24. Ses limites
d'inflammabilité dans l'air sont comprises entre 15 et 28 %. Une étude indique cepen-
dant que la L.I.E. peut être réduite de 4 % en présence pour un nuage composé d'huile
(fuite simultanée de lubrifiant) et d'ammoniac en aérosol 25.

La température d'auto-inflammation de l'ammoniac est de 630°C. Sa dissociation en


azote et en hydrogène débutant à 450 - 550°C, la combustion obtenue peut provenir de
l'hydrogène formé.

Bien que très supérieure à celle de la plupart des hydrocarbures, son énergie minimale
d'inflammation (680 mJ) est néanmoins inférieure à celle délivrée par l'étincelle d'un
interrupteur (1 J).

23 Annexes 3 et 4 : caractéristiques physiques et thermodynamiques de l'ammoniac / Fiche toxicologique.


24 Fiche toxicologique n° 16 (I.N.R.S.)
25 Colloque A.F.F. / Institut international de réfrigération de l'ammoniac (U.S.A.).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 29

Le caractère inflammable et explosif de l'ammoniac, en milieu confiné en particulier est


sujet à controverses. Une bibliographie réalisée en 1991 26 précise que toutes les carac-
téristiques d'inflammabilité et d'explosivité publiées indiquent que l'ammoniac est un
gaz combustible assez nettement moins réactif, vis-à-vis de l'air, que la plupart des
autres gaz combustibles, le méthane en particulier. Ainsi, l'énergie d'inflammation d'un
mélange air / ammoniac est plus grande, la flamme dans le mélange se propage plus
difficilement et plus lentement, enfin la violence de l'explosion en récipient fermé est
plus faible. L'étude réalisée cite quelques accidents à l'étranger dans lesquels une
inflammation / explosion de l'ammoniac est suspectée. Une synthèse des accidents
concernés figure en annexe 27.

En l'état actuel des connaissances et sans élément précis sur ces accidents (aucun cas
connu n'est répertorié en France), ce risque n'est abordé que superficiellement dans cette
étude. Il n'en sera pas de même, par contre, pour les incendies liés à l'environnement
proche de l'installation (de nombreux cas sont connus en raison notamment des maté-
riaux d'isolation employés), ces derniers pouvant être à l'origine d'un effet domino
éventuel.

Risque toxique

A l'exception de l'air, rarement utilisé dans ces conditions, tous les fluides frigorigènes
peuvent porter atteinte à l'homme dès l'instant où ils sont présents à une concentration
suffisante dans l'air. Des accidents ayant entraîné la mort de personnes par anoxie sont
connus même avec les C.F.C.. L'ammoniac est cependant l'un des fluides frigorigènes
dont la toxicité constitue la caractéristique dominante. L'explosion le 24 mars 1992
d'une citerne de 22 t d'ammoniac à DAKAR (129 morts et plus de 1 100 blessés) nous
rappelle que la toxicité de ce produit peut également se révéler avec un "effet retard"
responsable de nombreux décès même plusieurs semaines après un accident.

Normalement confiné dans les récipients et les tuyauteries de l'installation de réfrigéra-


tion, l'ammoniac peut cependant être émis à l'air libre lors d'une situation accidentelle, à
la suite notamment :
· d'un fonctionnement normal des sécurités (soupapes, disques de rupture),
· d'une défaillance opératoire (purge mal contrôlée d'un circuit, etc.),

26 Etude bibliographique - Caractéristiques d'inflammabilité et d'explosivité de l'ammoniac


(INERIS / M. PINEAU/ Mme ABIVEN/ M. CHAINEAUX - Octobre 1991).
27 Annexe 7 : liste des accidents connus depuis 1968 (France / Monde).
page 30 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

· par le biais d'une fuite limitée (joint, défaut d'étanchéité d'une vanne,
corrosion, etc.),
· après rupture d'un équipement (explosion à la suite d'un incendie, choc ou
défaillance mécanique, etc.).

L'ammoniac libéré peut alors former un nuage toxique dans l'atmosphère et entraîner
éventuellement une pollution aqueuse si un écoulement d'eau permament est situé à
proximité (collecteur des eaux usées / pluviales, etc.) ou à la suite d'une intervention in-
adaptée (eau pulvérisée d'un rideau non collectée, etc.).
· Une fuite limitée correspond à une émission continue en phase liquide ou
gazeuse et à débit constant ou presque. Sa durée est fonction des
caractéristiques techniques de l'installation, de l'emplacement de la "brèche",
des moyens et du temps d'intervention.
· La rupture libère instantanément une quantité importante où la totalité de
l'ammoniac essentiellement sous la forme d'un flash initial (jusqu'à 20 % de
la masse d'NH3 libérée pour une température ambiante de 25 °C), suivi en
général d'une émission secondaire correspondant à la vaporisation lente du
produit liquide résiduel répandu.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 31

ANALYSE D'ACCIDENTS

Cette étude concerne essentiellement les installations de réfrigération utilisant l'ammo-


niac comme fluide frigorigène. Cependant, pour mieux appréhender et relativiser les
risques liés à ces installations, des informations quantifiées ont également été rassem-
blées sur de nombreux accidents, français ou étrangers, dans d'autres activités indus-
trielles ou agricoles ainsi que dans le domaine du transport. Le traitement de ces don-
nées permet d'effectuer de nombreuses comparaisons à l'aide de quelques indicateurs
généraux (répartition géographique, nature, origines et conséquences des accidents,
etc.).

De même, bien que la nature et l'importance des dangers présentés soient notablement
différentes, les cas étudiés mettent en jeu l'ammoniac liquide, gazeux ou ses solutions
aqueuses. En effet, ces différentes phases peuvent être présentes pour une activité don-
née ou lors d'un accident (état physique normal du produit, transfert des risques ou d'une
pollution lors d'une intervention en situation normale ou accidentelle, etc.). Hors cas
particuliers, liés notamment à la nature et aux conséquences de certains accidents, les
solutions ammoniacales utilisées en tant qu'engrais liquides ne sont cependant pas prises
en compte.

L'échantillon étudié se compose de :


· 91 accidents français en réfrigération (janvier 1980 à décembre 1994),
· 44 accidents étrangers en réfrigération (janvier 1958 à novembre 1992),
· 71 accidents français hors réfrigération (août 1968 à décembre 1994),
· 150 accidents étrangers hors réfrigération (juillet 1959 à mai 1994).

Cette première approche est ensuite complétée par une présentation détaillée de
quelques accidents représentatifs et particulièrement significatifs en matière de retour
d'expérience (origine de l'accident, enchaînement de circonstances, conséquences, etc.).
page 32 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Nature et caractéristiques de l'échantillon étudié

Une étude bibliographique et l'interrogation de la base de données ARIA nous ont


permis de recenser, de juillet 1959 à décembre 1994, 356 accidents mettant en cause
l'ammoniac et/ou ses solutions aqueuses. L'échantillon constitué est très hétérogène en
raison de la diversité des sources d'informations, de la nature et de l'importance des
événements, ainsi que du niveau de détails plus ou moins élevé des renseignements
rassemblés.

Le tableau suivant montre ainsi que 14 % à 32 % des accidents étudiés sont globalement
insuffisamment renseignés (origine des fuites toxiques, libération éventuelle d'ammo-
niac lors d'un incendie ou à la suite d'une explosion, conséquences de l'accident, etc.).

France (162) Etranger (194)

Informations générales R 28 (91) HR 29 (71) TOT. R (44) HR (150) TOT.

Nb 30 % Nb % % Nb % Nb % %

Accidents peu/non renseignés 28 30,8 10 14,1 23,5 12 27,3 52 31,8 33,0

Incendie/explosion (fuite NH3 ?) 23 25,3 1 1,4 14,8 2 4,6 9 6,0 5,7

Origine de la fuite non précisée 13 14,3 8 11,3 13,0 15 34,1 39 26,0 27,8

Compte tenu des différents éléments évoqués ci-dessus, l'exploitation de cette popula-
tion à des fins de comparaisons doit être effectuée avec prudence. Le terme "indicateurs
globaux" est ainsi utilisé plutôt que celui de "statistiques". Pour essayer d'assurer un
minimum de cohérence dans l'analyse qui est présentée ci-après, les accidents français et
étrangers ainsi que les activités concernées sont de même systématiquement distingués.

Les accidents étudiés sont en conséquence répartis selon les 4 critères suivants :
· français / étrangers / liés ou non liés à une installation de réfrigération.

Une présentation résumée des accidents connus dans le domaine de la réfrigération est
jointe à la fin du présent document 31.

28 Installations de réfrigération
29 Autres installations (hors réfrigération).
30 Nombre d'accidents connus.
31 Annexe 7 : liste des accidents en réfrigération connus depuis 1958 (France / Monde).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 33

Enjeux et chiffres clés

Sur l'ensemble des accidents étudiés, 54,5 % se sont produits à l'étranger et 45,5 % en
France. Les installations de réfrigération représentent quant à elles respectivement
56,2 % des accidents en France et 22,7 % à l'étranger.

Les tableaux qui suivent présentent une répartition des activités concernées, de la typo-
logie des accidents ainsi que de leurs origines et de leurs conséquences (un accident peut
parfois correspondre à plusieurs items).

Répartition annuelle

Dans cette répartition des accidents étudiés et des conséquences humaines, les victimes
parmi les employés, les sauveteurs ou le public ne sont pas distinguées.

France (162 cas) Etranger (194 cas)

Années R (91 cas) HR (71 cas) R (44 cas) HR (150 cas)

A M B E/C A M B E/C A M B E/C A M B E/C

< 1980 - - - - 3 6 >27 ? 16 14 270 - 64 98 1800 >22300

1980/86 13 - 1 - 11 2 16 ? 9 14 166 >4100 48 30 >1400 >27000

1987 3 - 1 - 3 - - ? 3 12 50 200000 6 10 72 21000

1988 5 1 2 30 10 - 54 - 3 - - - 8 2 26 >1220

1989 7 - - >28 9 - 3 >900 5 1 1700 9100 12 11 680 >52400

1990 12 - 7 >600 9 - 12 ? - - - - 4 3 >400 >7000

1991 8 - 5 >35 4 - 1 22 2 - 6 - 4 17 150 >500

1992 12 - 7 ? 5 - 4 700 6 1 9 ? 2 129 1150 -

1993 10 - 42 ? 8 - 19 - - - - - 1 - 9 -

1994 21 - 122 >500 9 2 4 >20 - - - - 1 - ? -

TOTAL 91 1 187 >1200 71 10 >140 >1700 44 42 >2200 >210000 150 300 >5600 >131000

A : nombre d'accidents M : nombre de morts B : nombre de blessés / intoxiqués


E/C : nombre de personnes évacuées / confinées

Les accidents étrangers ont généralement des conséquences plus importantes (victimes,
etc.) et sont le plus souvent connus pour avoir fait l'objet d'une large information inter-
nationale (notification, presse, etc.).
page 34 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Sur la population étudiée, les installations de réfrigération sont annuellement responsa-


bles, en France, de 50 à 70 % des accidents connus et mettant potentiellement en cause
l'ammoniac ou ses solutions aqueuses. De nombreux autres cas ne sont sans doute pas
déclarés, notamment sur les petites installations. Un seul accident a entraîné le décès
d'une personne alors que 10 victimes sont à déplorer pour les activités hors réfrigération.
Cette proportion (# 1/10) est sensiblement plus faible que celle calculée à partir des
accidents étrangers (1/2).

Les ratios nombre de décès / nombre des accidents sont en effet les suivants :

Pays En réfrigération Hors réfrigération


France 0,01 0,14
Etranger 0,95 2,00

Les blessés sont le plus généralement des employés ou des secouristes, rarement le
public, incommodés ou plus ou moins intoxiqués par le nuage d'ammoniac.

En France, le confinement ou l'évacuation se limite le plus souvent aux employés du site


accidenté.

Répartition mensuelle et selon les jours de la semaine des accidents


français

Les deux tableaux suivants donnent une répartition des accidents français en
réfrigération selon les mois de l'année et selon les jours de la semaine. Les accidents
étrangers trop hétérogènes dans l'espace et dans le temps ne sont pas traités.

Mois R (91 cas) HR (71 cas) Jour R (91 cas) HR (71 cas)
Nb % Nb % Nb % Nb %
Janvier 5 5,5 1 1,4 Lundi 15 16,5 9 12,5
Février 2 2,2 5 7,0 Mardi 11 12,1 8 11,1
Mars 7 7,7 8 11,3 Mercredi 12 13,2 8 11,1
Avril 3 3,3 5 7,0 Jeudi 19 20,9 17 23,6
Mai 3 3,3 6 8,5 Vendredi 18 19,8 13 18,1
Juin 11 12,1 11 15,5 Samedi 10 11,0 11 15,3
Juillet 6 6,6 2 2,8 Dimanche 6 6,6 5 6,9
Août 17 18,7 5 7,0
Septembre 13 14,3 7 9,9
Octobre 12 13,2 10 14,1
Novembre 7 7,7 3 4,2
Décembre 5 5,5 8 11,3
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 35

Les accidents sont généralement plus nombreux en juin et durant les mois d'août, de
septembre et d'octobre. Les informations disponibles en précisent rarement les circons-
tances exactes, mais les périodes observées correspondent à des périodes de congés
annuels (effectif plus faible dans les entreprises), aux arrêts techniques saisonniers
(arrêts/redémarrages des installations) et à des chantiers extérieurs importants (remise en
état de sites abandonnés, etc...). Une utilisation intensive des équipements liée aux fortes
chaleurs estivales peut aussi être envisagée pour les installations de réfrigération.

Dans l'échantillon étudié, les accidents en/hors réfrigération se produisent le plus sou-
vent le jeudi et le vendredi. En réfrigération, le début de semaine constitue également
une période sensible à la différence des autres activités où de nombreux cas sont relevés
le samedi (production à feu continu, etc...).

Répartition régionale

Le tableau suivant donne une répartition régionale (France) des accidents étudiés.

Régions Réfrig. (91) Hors réfrig. (71) Total (162 cas)


Nb % Nb % Nb %
Alsace 5 5,5 3 4,2 8 4,9
Aquitaine 8 8,8 8 11,3 16 9,9
Auvergne 4 4,4 - - 4 2,5
Basse Normandie 6 6,6 1 1,4 7 4,3
Bourgogne 3 3,3 5 7,0 8 4,9
Bretagne 16 17,6 3 4,2 19 11,7
Centre - - 3 4,2 3 1,9
Champagne Ardenne 4 4,4 4 5,6 8 4,9
Franche Comté 1 1,1 1 1,4 2 1,2
Haute Normandie 1 1,1 5 7,0 6 3,7
Ile de France 1 1,1 3 4,2 4 2,5
Languedoc Roussillon 2 2,2 - - 2 1,2
Lorraine 10 11,0 3 4,2 13 8,0
Midi Pyrénées - - 1 1,4 1 0,6
Nord Pas de Calais 3 3,3 14 19,7 17 10,5
Pays de la Loire 8 8,8 2 2,8 10 6,2
Picardie 4 4,4 2 2,8 6 3,7
Poitou Charentes 1 1,1 - - 1 0,6
Provence Alpes Côte d'Azur 3 3,3 3 4,2 6 3,7
Rhône Alpes 11 12,1 10 14,1 21 13,0
page 36 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Cinq régions (Aquitaine, Bretagne, Lorraine, Nord-Pas-de-Calais et Rhône-Alpes) avec


chacune entre 8 et 13 % des accidents concentrent 53 % des cas répertoriés.

Si pour les régions Aquitaine et Rhône-Alpes, la répartition entre les activités liées à la
réfrigération et les autres activités est équilibrée (# 50 %), on peut cependant noter que :
· la Bretagne et son importante activité agro-alimentaire (élevage, abattoirs,
etc.) représente 18 % des accidents en réfrigération (4 % pour les autres ins-
tallations),
· le Nord-Pas-de-Calais avec son industrie lourde liée notamment aux dérivés
de l'ammoniac (engrais, etc.) représente 20 % des accidents hors installa-
tions de réfrigération (3 % pour les installations de réfrigération),
· certaines régions sont enfin surtout concernées par des accidents liés à
l'usage agricole de l'ammoniac pour l'amendement des sols (Champagne-
Ardennes, etc.).

Ces régions sont également en tête pour la capacité globale de leur entreposage de den-
rées périssables, la Bretagne avec 2 357 107 m3 (région de production), Rhône-Alpes
avec 1 430 940 m3 et le Nord avec 1 272 401 m3 (régions de consommation). Ce cons-
tat peut aussi être fait pour les Pays-de-la-Loire (1 211 100 m3) ou l'Aquitaine
(701 742 m3) qui disposent par ailleurs d'un volume important de stations fruitières.
L'Ile-de-France avec 1 684 735 m3 ne se distingue pas par contre au niveau des
accidents 32.

Répartition par activités

Le manque d'homogénéité des informations rassemblées doit à nouveau être signalé,


notamment en ce qui concerne les accidents étrangers. En effet, les banques de données
ne mentionnent généralement que les événements les plus importants ; la nature même
de l'accident, son origine et l'activité en cause ne sont pas toujours indiquées.
L'échantillon étudié ne comporte par ailleurs qu'un nombre limité d'accidents (356 cas).

En ce qui concerne les activités et sur 745 incidents dus à l'ammoniac entre 1977 et
1979, le "California Departement of Industrial Relation, Division of Labor statistics on
Research" donne la répartition suivante 33 :
· usines 28,2 % · agriculture 11,1 % · transports 3,5 %
· divers 18,5 % · services 11,1 % · construction 2,8 %
· détaillants 16,0 % · grossistes 8,6 % · extraction minière 0,1 %

32 L'entreposage frigorifique français en chiffres


(Revue Générale du Froid / F. BILLIARD & G. PIERSON - Octobre 1992).
33 Eléments de sûreté chimique et de désastrologie (C.E.A. / D.A.S. - M. ANDURAND - Décembre 1989).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 37

Pour sa part, l'"U.S. Departement of Transport" signale 585 incidents survenus lors de
transports et ayant entraîné des émissions d'ammoniac entre 1971 et mai 1980 32 :
· Voie ferrée 73,7 % · Divers 2,2 % · Air 0,3 %
· Route 23,6 % · Eau 0,2 %

Compte tenu des réserves émises ci-dessus, les tableaux figurant dans les 2 pages sui-
vantes donnent, pour l'ensemble de l'échantillon étudié, une répartition approximative
des accidents par activités classées selon le code N.A.F.. Pour information, une réparti-
tion du nombre d'établissements par activités et par nombre de salariés, en France et
pour les principales activités concernées est jointe en annexe 34.

a) Installations frigorifiques

France Etranger
Activité (135 cas étudiés) (91 cas) (44 cas)
Nb % Nb %
01 - Agriculture, chasse & services annexes 5 5,5 - -
dont 01.1 - Culture 1 1,1 - -
01.3 - Culture & élevage associés 1 1,1 - -
01.4 - Services annexes à l'agriculture (coopératives) 3 3,3 - -
05 - Pêche, aquaculture 1 1,1 4 9,1
15 - Industries alimentaires 58 63,8 24 54,7
dont 15.1 - Industrie des viandes 28 30,8 2 4,6
15.2 - Industrie du poisson - - 1 2,3
15.3 - Industrie des fruits et légumes 5 5,5 - -
15.5 - Industrie laitière 13 14,3 7 15,9
15.7 - Fabrication d'aliments pour animaux 1 1,1 - -
15.8 - Autres industries alimentaires 8 8,8 9 20,5
15.9 - Industries des boissons 3 3,3 3 6,8
**.* - Indéterminée - - 2 4,6
24 - Industrie chimique 4 4,4 3 6,8
dont 24.1 - Industrie chimique de base 4 4,4 3 6,8
25 - Industrie du caoutchouc et des plastiques 2 2,2 - -
dont 25.2 - Transformation des matières plastiques 2 2,2 - -
29 - Fabrication de machines et équipements 1 1,1 - -
dont 29.2 - Fabrication de machines d'usage général 1 1,1 - -
50 - Commerce et réparation automobile 1 1,1 - -
dont 50.2 - Entretien & réparation de véhicules automobiles 1 1,1 - -
51 - Commerce de gros & intermédiaires 5 5,5 - -
dont 51.1 - Intermédiaires du commerce de gros 1 1,1 - -
51.3 - Commerce de gros de produits alimentaires 4 4,4 - -
63 - Services auxiliaires des transports 10 11,0 9 20,5
dont 63.1 - Manutention et entreposage 10 11,0 9 20,5
92 - Activ. récréatives, culturelles & sportives 4 4,4 - -
dont 92.6 - Activités liées au sport (patinoires) 4 4,4 - -
YY - Activité indéterminée - - 4 9,1

Bien que les activités ne soient pas déterminées pour 9 % des accidents étrangers, une
répartition par branche sectorielle des cas étudiés conduit à des résultats du même ordre
de grandeur en France ou à l'étranger.

34 Annexe 5 : nombre d'établissements en France pour les principales activités concernées


(extrait I.N.S.E.E. - 1992).
page 38 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Les installations frigorifiques directement liées aux activités agroalimentaires et au


stockage des denrées (codes N.A.F. 01, 15, 51 et 63) sont responsables de 86 % des
accidents en France (75 % à l'étranger).

De nombreux accidents se produisent dans des unités de production de taille réduite


(abattoirs, salaisons, etc.). Hors coopératives agricoles, les "activités de fabrication" (lait
et viande notamment) et leurs stockages associés représentent 64 % des accidents en
France (55 % à l'étranger). L'entreposage industriel (codes N.A.F. 51 et 63) arrive en
2ème position avec 17 % des cas en France (21 % à l'étranger).

b) Activités diverses (hors installations frigorifiques)

France Etranger
Activité (221 cas étudiés) (71 cas) (150 cas)
Nb cas % Nb cas %
01 - Agriculture, chasse & services annexes 14 19,7 - -
dont 01.1 - Culture 4 5,6 - -
01.3 - Culture & élevage associés 8 11,3 - -
01.4 - Services annexes à l'agriculture (coopératives) 2 2,8 - -
05 - Pêche, aquaculture 1 1,4 - -
14 - Autres industries extractives 1 1,4 - -
dont 14.2 - Extraction de sables et d'argiles 1 1,4 - -
15 - Industries alimentaires - - 1 0,7
dont 15.4 - Industrie des corps gras - - 1 0,7
21 - Industrie du papier carton 1 1,4 - -
24 - Industrie chimique 24 33,8 59 39,4
dont 24.1 - Industrie chimique de base 19 26,8 55 36,7
24.4 - Industrie pharmaceutique 3 4,2 1 0,7
24.6 - Fabrication d'autres produits chimiques 1 1,4 1 0,7
24.7 - Fabrication de fibres artificielles / synthétiques 1 1,4 - -
**.* - Indéterminée - - 2 1,3
27 - Métallurgie - - 1 0,7
dont 27.1 - Sidérurgie (CECA) - - 1 0,7
28 - Travail des métaux 3 4,2 1 0,7
dont 28.3 - Chaudronnerie 1 1,4 - -
28.4 - Forge, emboutissage, estampage & métal. poudres 1 1,4 - -
28.5 - Traitement des métaux, mécanique générale 1 1,4 - -
28.7 - Fabrications d'autres ouvrages en métaux - - 1 0,7
35 - Fabrication d'autres matériels de transport 1 1,4 - -
dont 35.2 - Construction de matériel ferroviaire roulant 1 1,4 - -
37 - Récupération 1 1,4 - -
51 - Commerce de gros & intermédiaires 3 4,2 3 2,0
dont 51.1 - Intermédiaires du commerce de gros - - 2 1,3
51.2 - Commerces de gros de produits agricoles bruts 1 1,4 - -
51.5 - Commerces de gros produits interm. non agricoles 2 2,8 1 0,7
52 - Commerce de détail et réparation d'articles domestiques 1 1,4 1 0,7
60 - Transports terrestres 14 19,8 42 28,4
dont 60.1 - Transports ferroviaires 7 9,9 24 16,0
60.2 - Transports urbains et routiers 7 9,9 9 6,0
60.3 - Transports par conduites - - 7 4,7
**.* - Indéterminée 2 1,3
61 - Transports par eau - - 5 3,4
dont 61.1 Transports maritimes et côtiers - - 3 2,0
61.2 - Transports fluviaux - - 2 1,3
63 - Services auxiliaires des transports - - 5 3,3
dont 63.1 - Manutention et entreposage - - 5 3,3
90 - Assainissement, voirie et gestion des déchets 1 1,4 - -
YY - Activité indéterminée 3 4,2 30 20,0
ZZ - Origine inconnue 3 4,2 2 1,3
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 39

Les activités ou l'origine des accidents ne sont pas connus dans 8 % des cas en France
(21 % à l'étranger).

La chimie est à l'origine de 34 % des accidents en France (39 % à l'étranger) ; les trans-
ports arrivent en 2ème position avec 20 % des cas (28 % à l'étranger). L'utilisation de
l'ammoniac en agriculture pour amender les sols constitue également une source impor-
tante d'accidents en France (20 %).

Répartition approximative par type d'accidents

Le rejet dangereux de produit (en raison de la toxicité de l'ammoniac), lié à une perte de
confinement, n'est pas spécifique à une activité particulière. En France, 73 % des acci-
dents en réfrigération et 87 % des cas hors réfrigération ont entraîné le rejet d'ammoniac
ou d'ammoniaque (respectivement 98 et 91 % à l'étranger).

Les rejets à l'atmosphère représentent 52 % (réfrigération) à 68 % (hors réfrigération)


des accidents français. Compte tenu de l'ampleur des sinistres déclarés et des consé-
quences avérées ou potentielles pour l'homme et son environnement, ce rejet est évoqué
dans plus de 90 % des cas étrangers, alors que les pollutions des eaux de surface, des
sols ou des eaux souterraines par des solutions d'ammoniac sont rarement évoquées.

Pour 26 % des accidents français en réfrigération, le rejet d'ammoniac (ou d'ammonia-


que) dans l'environnement n'est pas précisé. Les cas correspondants concernent essen-
tiellement un incendie. Ce rejet peut cependant être fortement soupçonné compte tenu
de l'ampleur de certains d'entre eux et des dommages constatés sur les installations.

Les 2 tableaux suivants présentent une typologie détaillée des accidents étudiés. Les
commentaires ne mentionnent que les principales spécificités des accidents répertoriés
sur les installations frigorifiques ou autres mettant en oeuvre de l'ammoniac.

a) Installations frigorifiques

Type d'accident France (91 cas) Etranger (44 cas)


(135 cas) Nb cas % Nb cas %
Rejets dangereux (NH3/ NH4OH) 66 72,5 43 97,7
è Dans l'air 47 51,6 41 93,2
è Dans l'eau (ou dans un égout) 16 17,6 2 4,5
Rejet NH3/ NH4OH non précisé 24 26,4 2 4,5
Sans objet (aucune fuite constatée) 5 5,5 - -
Incendies 29 33,8 15 34,1
Explosions 2 2,2 21 47,7
Projections, chutes d'équipements 2 2,2 - -
Presque accidents 1 1,1 - -
Effets domino 7 7,7 4 9,1
page 40 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Les incendies représentent 34 % des accidents liés aux installations frigorifiques en


France ou à l'étranger, soit 2 à 4 fois plus que pour les activités hors réfrigération. Un
effet domino (explosion, fuite toxique, etc.) est constaté dans 8 à 9 % des cas.

Bien que les informations disponibles soient souvent imprécises, 48 % des accidents
étrangers mentionnent une explosion à la suite ou non d'un incendie. Cette typologie
n'est relevée que dans 2 % des cas en France.

Les "explosions d'ammoniac potentielles" se produisent en milieu confiné et, le plus


souvent, lors de travaux ou de l'intervention des secours (engins de manutention, etc.).
La présence d'autres produits chimiques (hydrogène, méthane) est parfois suspectée.

b) Activités diverses (hors installations frigorifiques)

Type d'accident France (71 cas) Etranger (150 cas)


(221 cas) Nb cas % Nb cas %
Rejets dangereux (NH3 ou NH4OH) 62 87,3 137 91,3
è Dans l'air 48 67,6 136 90,7
è Dans l'eau (ou dans un égout) 17 23,9 6 4,0
è Dans une rétention ou au sol uniquement 4 5,6 - -
Rejet NH3 ou NH4OH non précisé 1 1,4 8 5,3
Sans objet (aucune fuite constatée) 7 9,9 2 1,3
Incendies 6 8,5 23 15,3
Explosions 2 2,8 52 34,7
Projections, chutes d'équipements 2 2,8 9 6,0
Pollution chronique aggravée 1 1,4 - -
Presque accidents 2 2,8 - -
Effets domino 2 2,8 12 8,0

Les incendies représentent 9 % des accidents en France (15 % à l'étranger). Comme


pour les installations frigorifiques, 35 % des cas étrangers étudiés ont entraîné une
explosion et 8 % un effet domino. Ces proportions sont nettement plus faibles en France
(3 %).

Répartition par type de conséquences

Cette répartition est ici aussi approximative. Les conséquences sont en effet peu ou pas
détaillées (14 à 35 % des cas recensés suivant l'origine de l'information et la nature de
l'activité en cause). La gravité des accidents étrangers (victimes, dégâts matériels, etc.)
est à nouveau mise en évidence.

Les personnes tuées ou blessées dans un accident sur une installation fixe sont générale-
ment des employés ou des secouristes, exceptionnellement le public. Les blessures pren-
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 41

nent en compte les lésions traumatiques ainsi que les intoxications légères ou graves. Le
confinement ou l'évacuation se limitent généralement aux employés du site accidenté.

a) Installations frigorifiques

Conséquences France (91 cas) Etranger (44 cas)

(135 cas) Nb cas % Nb cas %

Accidents peu ou non renseignés 28 30,8 12 27,3

Morts 1 1,1 6 13,6

Blessés graves 5 5,5 1 2,3

Total blessés / intoxiqués 23 25,3 18 40,9

Dégâts matériels internes 41 45,1 32 72,7

Dégats matériels externes 4 4,4 2 4,6

Chômage technique 9 9,9 - -

Arrêt de distribution d'eau 1 1,1 - -

Arrêt de distribution d'électricité 1 1,1 - -

Evacuation de personnes (employés/externes) 19 20,9 7 15,9

Confinement de personnes 2 2,2 2 4,6

Limitation de la circulation 7 7,7 - -

Autres privations d'usage 1 1,1

Pollution atmosphérique avérée (plaintes, etc.) 23 25,3 7 15,9

Pollution des eaux de surface 12 13,2 - -

Contamination des sols 1 1,1

Atteintes de la faune sauvage 12 13,2 - -

Atteintes aux cultures 1 1,1 - -

Aggravation du risque 45 49,5 25 56,8

Autres (rejets égouts, en stations, etc.) 2 2,2 2 4,6

Sans conséquence 7 7,7 2 4,6

Inconnues 3 3,3 2 4,6


page 42 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Un seul accident avec décès d'une personne est connu en France. La victime est un
marin qui est tué, le 25 août 1988, à la suite d'une fuite d'ammoniac dans les cales d'un
thonier à quai (accident n° 393 35). Six accidents sont connus à l'étranger (14 %). Hors
activités liées à la réfrigération, les cas sont plus nombreux (7 % en France, 25 % à
l'étranger). Toutes activités confondues, le nombre de "blessés" est du même ordre de
grandeur avec 25 à 31 % des cas en France et 41 à 51 % à l'étranger.

En France, des personnes sont évacuées dans 21 % des cas (16 % à l'étranger). Le confi-
nement n'est mentionné que dans 2 % des cas français (5 % à l'étranger).

Des dégâts matériels internes, notamment liés à un incendie, sont recensés dans 45 %
des accidents en France (73 % à l'étranger). Ils entraînent un chômage technique dans
10 % des cas. Les dégâts externes sont globalement constatés dans 4 à 5 % des cas. Il en
est de même pour les activités hors installation de réfrigération (6 %).

Dans 26 % des accidents français, les informations rassemblées ne précisent pas tou-
jours l'existence d'un rejet d'ammoniac ou d'ammoniaque . En France, l'émission de
produits toxiques dans l'air (52 %) est suffisante pour entraîner une pollution
atmosphérique avérée (plaintes, etc.) dans 25 % des cas étudiés. A l'étranger ces
proportions sont respectivement de 93 % et 16 %. Une pollution avérée des eaux de
surface par le rejet d'une solution ammoniacale (18 % des accidents ont pour origine le
rinçage d'un circuit, des effluents produits par des rideaux d'eau, des eaux de dilution,
etc.) est recensée dans 13 % des cas. Cette pollution provoque systématiquement une
destruction partielle ou totale de la faune piscicole.

Une aggravation du risque est systématiquement notée dans près d'un accident sur deux
(50 % en France, 57 % à l'étranger). Cette notion prend essentiellement en compte la
potentialité d'explosion des réservoirs d'ammoniac pris dans un incendie. A l'opposé,
8 % des accidents en France n'ont eu aucune conséquence notable sur le plan humain,
matériel et environnemental (5 % à l'étranger).

35 Annexe 7 : liste 1 - Installations de réfrigération / 91 cas français (1980 - 1994).


Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 43

b) Activités diverses (hors installations frigorifiques)

Conséquences France (71 cas) Etranger (150 cas)

(221 cas) Nb cas % Nb cas %

Accidents peu ou non renseignés 10 14,1 52 34,7

Morts 5 7,0 37 24,7

Blessés graves 5 7,0 11 7,3

Total blessés / intoxiqués 22 31,0 76 50,7

Dégâts matériels internes 16 22,5 89 59,3

Dégats matériels externes 4 5,6 9 6,0

Evacuation de personnes (employés / externes) 6 8,5 45 30,0

Confinement de personnes 7 9,9 1 0,7

Limitation de la circulation 10 14,1 4 2,7

Pollution atmosphérique avérée (plaintes, etc.) 28 39,4 51 34,0

Pollution des eaux de surface 13 18,3 3 2,0

Pollution des eaux souterraines - - 1 0,7

Contamination des sols 7 9,9 7 4,7

Atteintes de la faune sauvage 8 11,3 4 2,7

Atteintes de la flore sauvage 4 5,6 3 2,0

Atteintes aux cultures 3 4,2 2 1,3

Atteintes aux animaux d'élevage 4 5,6 - -

Aggravation du risque 20 28,2 28 18,7

Autres (rejets égouts, en stations, etc.) 2 2,8 1 0,7

Sans conséquence 9 12,7 1 0,7

Inconnues 1 1,4 13 8,7

Hors réfrigération, les accidents ont généralement des conséquences plus graves. Des
personnes sont ainsi tuées dans 7 % des accidents français (25 % à l'étranger). En
France, des personnes blessées, intoxiquées ou incommodées sont constatées dans 31 %
des accidents (51 % à l'étranger). Il s'agit encore une fois essentiellement d'employés ou
de sauveteurs. Des lésions ou des intoxications graves sont observées dans 7 % des cas
(taux comparable à celui relevé en réfrigération : 6 % en France et 2 % à l'étranger).
page 44 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Des personnes sont évacuées dans 9 % des cas en France, des employés le plus souvent,
et 30 % à l'étranger. Ce chiffre élevé est généralement lié aux quantités d'ammoniac im-
portantes concernées. Le confinement est mentionné dans 10 % des cas en France
(moins de 1 % à l'étranger).

Des dégâts matériels internes à l'établissement sont recensés dans 23 % des accidents en
France (59 % à l'étranger). Des dégâts externes sont cités dans 6 % des cas, ce qui est
comparable à ce qui est observé hors installations de réfrigération (4 à 6 %).

En France, l'émission de produits toxiques est suffisante pour entraîner une pollution at-
mosphérique avérée dans 39 % des accidents étudiés (34 % à l'étranger). Une pollution
des eaux de surface (rinçage d'un circuit, effluents produits par des rideaux d'eau, eau de
dilution, etc.) est recensée dans 18 % des cas. Les sols sont pollués dans 10 % des cas.

La pollution provoque une destruction partielle ou totale de la faune aquatique dans


11 % des accidents (taux comparable à celui constaté pour les installations de
réfrigération). Des animaux domestiques sont atteints dans 6 % des accidents et les
cultures sont touchées dans 4 % des cas.

Le risque est aggravé dans 28 % des cas français (19 % à l'étranger), mais 13 % des
accidents n'ont eu aucune conséquence notable sur le plan humain ou matériel en
France.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 45

Circonstances, nature et origines principales des accidents étudiés

Les tableaux suivants présentent une synthèse des circonstances, de la nature et des ori-
gines principales des accidents étudiés ainsi que des quantités d'ammoniac rejetées.

a) Circonstances des accidents

France (162) Etranger (194)

Circonstances R (91) HR (71) R (44) HR (150)

Nb % Nb % Nb % Nb %

Etat de l'installation non connu 39 42,9 5 7,0 36 81,8 92 61,3

Installation en exploitation normale 25 27,5 27 38,0 1 2,3 36 24,0

Installation à l'arrêt 12 13,2 8 11,3 1 2,3 4 2,7

Arrêt / redémarrage installation 2 2,2 1 1,4 3 6,8 3 2,0

Equipement désaffecté / à l'arrêt 9 4 - 2


9,9 5,6 - 1,3
et non purgé

Fuite pendant ou après modification / 15 11 3 7


16,5 15,5 6,8 4,7
épreuve / maintenance / nettoyage / travaux

Surpression / suremplissage 10 11,0 8 11,3 12 27,3 16 10,7

Fonctionnement normal soupape / disque 3 3,3 7 9,9 4 9,1 1 0,7

Remplissage / dépotage citernes 6 6,6 12 16,9 1 2,3 20 13,3

Collision / déraillement / renversement - 10 - 22


- 14,1 - 14,7
(transport)

Accident extérieur à l'établissement - - 4 5,6 1 2,3 1 0,7

Déchets 1 1,1 6 8,5 - - - -

Accident en intervention (travaux / secours) 12 13,2 4 5,6 5 11,4 5 3,3


® dont secours 2 2,2 4 5,6 2 4,6 - -

Toutes activités confondues, les accidents se produisent en France dans 16 % à 17 % des


cas après une modification des installations ou lors de travaux de maintenance. Les
installations sont à l'arrêt, souvent de longue durée, dans 11 % à 13 % des cas ou hors
service et abandonnées non purgées (6 % à 10 %).

En réfrigération, l'accident a lieu dans 11 % des cas durant la période même des travaux
ou dans le cadre d'une opération de maintenance.
page 46 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Dans 11 % des cas, les fuites de produit ont également pour origine une surpression
(incendie, etc.) ou un suremplissage (27 % à l'étranger). Les émissions d'ammoniac sont
liées au fonctionnement normal des dispositifs de sécurité de l'installation (soupape, dis-
que de rupture) dans 3 % des accidents en réfrigération français (9 % à l'étranger) et
10 % des cas hors réfrigération.

Le remplissage des installations et le transfert d'ammoniac entre réservoirs constituent


également des phases dangereuses. Le risque est cependant plus élevé hors réfrigération
avec 17 % de cas recensés en France par exemple (7 % en réfrigération).

b) Défaillances constatées

France (162) Etranger (194)

Défaillances R (91) HR(71) R (44) HR (150)

Nb % Nb % Nb % Nb %

Explosion réservoir hors incendie - - 1 1,4 4 9,1 19 12,7


dans un incendie - - 2 2,8 1 2,3 6 4,0

Rupture d'une canalisation (hors flexibles) 10 11,0 - - 6 13,6 11 7,3

Rupture flexible / bras de chargement - - 5 7,0 1 2,3 10 6,7

Rupture petite tuyauterie (purge, mano, etc) 3 3,3 - - - - - -

Fuite sur réservoir ou conteneur 3 3,3 37 52,1 1 2,3 47 31,3

Fuite sur canalisation ou pipe 26 28,6 6 8,5 14 31,8 21 14,0

Les accidents sur les installations de réfrigération ont pour origine une fuite limitée sur
une canalisation dans 30 % des cas. Cette fréquence est 3 fois plus importante que pour
les autres installations. Celles-ci sont par contre plus concernées par des fuites sur réser-
voirs (52 % des cas en France, 31 % à l'étranger).

Une seule explosion de réservoir est recensée en France hors incendie. Il s'agit de l'acci-
dent de Liévin en août 1988. Lors d'un incendie, 2 explosions (par effet domino) de ca-
pacités contenant de l'ammoniac sont connus. Plusieurs cas comparables sont recensés à
l'étranger.

Les ruptures franches de canalisations (hors flexibles et tuyauteries de petit diamètre)


avec 11 % à 14 % de cas, constituent la 2ème source des accidents. Ces ruptures
semblent moins nombreuses pour les autres activités.

Hors réfrigération, 7 % des accidents ont pour origine la rupture d'un flexible ou d'un
bras de chargement. Ce type de sinistre est directement lié à la fréquence des opérations
d'empotage ou de dépotage d'ammoniac. Bien que présentant une faible probabilité au
niveau des installations de réfrigération, cette défaillance existe cependant lors du
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 47

premier remplissage des installations et, éventuellement, lors d'un appoint important en
ammoniac.

c) Origine des accidents

France (162) Etranger (194)

Origines R (91) HR (71) R (44) HR (150)

Nb % Nb % Nb % Nb %

Défaillances matérielles de toutes natures 44 48,4 30 42,3 21 47,7 60 40,0

Défaut acier ou appareillage et fatigue 1 1,1 2 2,8 1 2,3 5 3,3

Corrosion 2 2,2 1 1,4 2 4,6 5 3,3

Vibrations / chocs / chutes d'appareils 2 2,2 6 8,5 2 4,6 9 6,0

Fuite / rupture presse-étoupe, joint ou bride 7 7,7 15 21,1 3 6,8 9 6,0

Défaillance équipement (pompe / compresseur ...) 5 5,5 2 2,8 4 9,1 7 4,7

Défaillance d'une vanne (rupture ou fuite) 5 5,5 2 2,8 3 6,8 8 5,3

Soupapes ou clapets défectueux 1 1,1 5 7,0 1 2,3 8 5,3

Colmatage d'une tuyauterie - - 1 1,4 1 2,3 1 0,7

Mélange ou décomposition d'un produit - - 4 5,6 - - 5 3,3

Défaillance régulation / instrumentation / 8 3 2 3


8,8 4,2 4,6 2,0
automatisme / alimentation électrique.

Allumage par étincelle / éclairage / chauffage / 2 - 8 3


2,2 - 18,2 2,0
moteur / court-circuits

Perte de contrôle du procédé 7 7,7 8 11,3 3 6,8 7 4,7

Erreur de conception ou de montage (soudure ...) 6 6,6 2 2,8 1 2,3 5 3,3

Entretien insuffisant (hors corrosion) 6 6,6 2 2,8 - - - -

Facteur humain (erreurs, consignes, etc.) 13 14,3 10 14,1 3 6,8 12 8,0

Vandalisme, terrorisme ou actes volontaires 2 2,2 6 8,5 - - 5 3,3

Soleil, gliss. de terrain, pluie, tornade 1 1,1 1 1,4 - - 3 2,0

Une défaillance matérielle est au moins à l'origine de 48 % des accidents en réfrigéra-


tion. Cette fréquence est comparable à celle observée hors réfrigération (# 40 %).
page 48 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Les informations rassemblées ne permettent pas toujours de déterminer avec précision la


cause exacte de cette défaillance :
· défaut ou fatigue d'un équipement, corrosion, vibrations ou chocs (6 à 13 %
des cas),
· fuites sur presse-étoupes, joints ou brides (canalisations, réservoirs) dans
5 % à 8 % des accidents en moyenne. La valeur élevée (21 %) constatée, sur
les activités hors réfrigération en France, est surtout due aux fuites sur des
citernes de transport,
· défaillance des automatismes, de l'instrumentation, etc. (2 à 8 %),
· erreur de conception (2 à 7 %),
· entretien insuffisant (2 à 6 %),
· agressions naturelles (1 à 2 %).

Toutes activités confondues, la défaillance concerne dans 3 à 9 % des cas un


équipement lourd (pompe, compresseur, etc.), la régulation et l'instrumentation (2 à
9 %), une vanne (3 à 7 %) et une soupape ou un clapet (1 à 7 %).

Le facteur humain est, en partie au moins, à l'origine de 7 à 14 % des accidents en raison


notamment :
· de l'absence ou de l'insuffisance des consignes d'exploitation ou de
maintenance,
· d'une intervention avec un outillage inadapté,
· d'une formation insuffisante,
· d'une préparation de chantier inadaptée,
· d'une méconnaissance des installations ou du risque toxique présenté par
l'ammoniac,
· de la complexité des installations et d'un mauvais repérage des équipements
(position des vannes, etc.).

La perte de contrôle du procédé en exploitation normale ou lors de travaux est à l'origine


de 5 à 11 % des accidents.

Des actes volontaires ou de vandalisme sont à la base de 2 % à 9 % des accidents.


Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 49

d) Quantités d'ammoniac émises

Installations frigorifiques

La quantité d'ammoniac est connue ou peut être estimée pour 26 accidents français,
alors que 66 cas sur 91 ont conduit à un rejet toxique, et 12 accidents étrangers (43 cas
sur 44 accidents).

Quantités (t) Q < 0,1 0,1 £ Q < 0,3 0,3 £ Q < 0,5 0,5 £ Q < 1 1£Q<2 2£Q<3 3£Q<6

France 15 4 4 1 - - 2

Etranger 3 1 2 1 3 1 1

Total et % 18 (47,4 %) 5 (13,2 %) 6 (15,8 %) 2 (5,3 %) 3 (7,9 %) 1 (2,6 %) 3 (7,9 %)

Sur ces 38 accidents, 47 % ont conduit à un rejet d'ammoniac inférieur à 100 kg (petites
fuites sur un joint, une soupape, etc.) et 76 % à un rejet inférieur à 500 kg (rejets par des
soupapes, ruptures de petites tuyauteries du type prises de pression ou purges, rupture
d'une canalisation de 25 mm de diamètre, trou de 1 à 2 mm de diamètre en sortie d'un
évaporateur, etc.).

Les rejets de 1 à 3 t correspondent notamment à des surpressions et à une émission par


les soupapes de sécurité dans des installations dont la taille est importante (fabrication
d'engrais, etc.), la rupture d'une canalisation de taille moyenne ou l'ouverture inopinée
d'une vanne d'isolation. Au-dessus de 3 t, le rejet a pour origine la rupture d'un
équipement (échangeur, etc.), une brèche sur une grosse canalisation ou un effet domino
(installation prise dans un incendie).

Activités diverses (hors installations frigorifiques)

La quantité d'ammoniac est connue ou peut être estimée pour 40 accidents français, mais
62 cas sur 71 peuvent avoir conduit à un rejet toxique, et 57 accidents étrangers (137 cas
sur 150 peuvent avoir conduit à un rejet toxique).

Quantités (t) Q £ 0,1 0,1 £ Q < 0,3 0,3 £ Q < 0,5 0,5 £ Q < 1 1£Q<2 2£Q<3 3£Q<6

France 16 6 2 1 2 4 4

Etranger 7 2 - 2 - 3 5

Total et % 23 (23,7 %) 8 (8,2 %) 2 (2,1 %) 3 (3,1 %) 2 (2,1 %) 7 (7,2 %) 9 (9,3 %)

Quantités (t) 6 £ Q < 10 10 £ Q < 20 20 £ Q < 50 50 £ Q < 100100 £ Q < 500500£Q<1000 Q > 1000

France - 2 3 - - - -

Etranger 1 6 7 13 8 2 1

Total et % 1 (1,0 %) 8 (8,2 %) 10 (10,3 %) 13 (13,4 %) 8 (8,2 %) 2 (2,1) 1 (1,0 %)


page 50 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Les accidents correspondants se situent en marge de la présente étude qui est centrée sur
les installations de réfrigération. Ils n'ont pas fait l'objet d'une analyse approfondie mais
quelques remarques générales peuvent cependant être formulées.

La dispersion des quantités d'ammoniac rejetées est liée à la grande diversité des
installations concernées.

Les origines des rejets d'ammoniac inférieurs à 500 kg sont comparables à celles
observées sur les installations de réfrigération (petites fuites sur un joint ou une
soupape, rejets par des soupapes, ruptures de petites tuyauteries, etc.).

Les rejets de 1 à 3 t correspondent également à des surpressions et à une émission par


les soupapes de sécurité dans des installations dont la taille est importante (fabrication
d'engrais, etc.) mais également à des ruptures de flexibles ou à des défaillances d'orga-
nes de sécurité (clapets, etc.) et à une fuite de longue durée. Les émissions d'ammoniac
comprises entre 5 et 15 t ont également pour origine des ruptures de flexibles ou des
fuites sur des canalisations à la suite de la défaillance ou de l'ouverture inopinée d'un
organe de sécurité (clapet, vanne, etc.).

Les rejets compris entre 20 et 100 t d'ammoniac sont essentiellement liés au transport
routier ou ferroviaire (collision, déraillement d'une citerne mais aussi vidange plus ou
moins importante du réservoir lors d'un dépotage). Les rejets supérieurs à 100 t ont pour
origine la rupture d'un pipe (200 à 600 t) ou d'un réservoir fixe de forte capacité.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 51

Etude de cas d'accidents types en réfrigération

Les cas présentés ci-dessous ont été retenus pour illustrer la typologie des principaux
accidents susceptibles de se produire dans une installation de réfrigération.

1) Accident du 2 décembre 1994 (67 - HOCHFELDEN) 36

Une fuite d'ammoniac se produit dans la salle des machines d'une brasserie, lors du rem-
placement de la conduite d'aspiration alimentant un compresseur.

Description de l'événement : le collecteur a été isolé en fermant 3 vannes et purgé à


7 h 25. Lors des travaux, des vapeurs d'ammoniac s'échappent du collecteur à 9 h 15.
Les 3 intervenants sortent rapidement de la salle des machines. La fuite (30 à 40 kg
d'ammoniac) cesse 15 mn plus tard, dès que le responsable des fluides ferme les vannes
du circuit d'aspiration situées dans un local contigu à la salle des machines.

Les pompiers avertissent les riverains de l'usine qui ne seront pas incommodés par le
rejet toxique, celui-ci restant circonscrit dans la salle des machines. Une aération forcée
(ouverture de baies) du local permet d'évacuer le gaz. Les monteurs subissent des exa-
mens à l'hôpital mais ne présentent aucune séquelle.

Analyse des causes : l'origine de la fuite est rapidement identifiée. Il s'agit d'une vanne
d'isolement restée ouverte sur le retour du circuit de refroidissement des tanks de
fermentation. Cette erreur n'est pas décelée lors du sectionnement du collecteur à la suite
d'un délestage "heures de pointe EDF" (entre 7 h et 9 h) de 2 pompes du circuit de
fermentation.

L'ammoniac s'est répandu dans la salle des machines, via la vanne d'isolement restée ou-
verte, lors du rédémarrage automatique des pompes à 9 h.

Enseignements tirés
· Conception des installations - Ergonomie : 2 points peuvent être signalés,
l'un concerne le repérage de certains équipements et l'autre, les automatis-
mes.
1. Les vannes d'isolement se manoeuvrent avec des volants et ne sont
pas repérées (ouvertes / fermées). Il en est de même pour les canali-
sations et le sens de circulation des fluides, ce qui rend plus diffi-
cile la compréhension de la structure de l'installation.
2. Le verrouillage, la consignation d'un organe ou d'un tronçon d'une
installation nécessitent une parfaite connaissance de la configura-
tion et du fonctionnement de ces différents éléments. L'enclenche-

36 Rapport de l'Inspection des Installations Classées.


page 52 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

ment automatique et programmé des pompes d'un circuit annexe


montre la complexité de certaines installations dont le fonctionne-
ment peut ne pas être acquis. Ces pompes pouvaient elles être inter-
rompues manuellement ?
· Exploitation - Maintenance : l'habitude de côtoyer de telles installations et
la banalisation des actions de maintenance peut conduire à de tels accidents.
L'absence de plans et de schémas simplifiés des installations est un handicap
certain. Ces documents doivent être visibles en salle des machines et aux
points importants de l'installation.
· Intervention : les monteurs ne sont pas gravement intoxiqués car ils portent
des masques respiratoires lors de leur intervention.

Les parades : les plans de l'installation de froid seront actualisés et une étude ex-
haustive des risques, assortie de mesures préventives, est entreprise.

2) Accident du 21 novembre 1994 (72 - CONNERRE) 36

Une fuite d'ammoniac a lieu, à proximité d'une agglomération, dans une charcuterie
désaffectée et en cours de démolition.

Description de l'événement : le site est abandonné depuis 2 ans. Le terrain est acheté
par la Municipalité pour être réhabilité. A la suite des travaux, 75 % des bâtiments sont
déjà à terre.

L'accident se produit à la suite de la rupture d'une canalisation arrachée par une pelle-
teuse. Un périmètre de sécurité est mis en place. L'accident est maîtrisé après 1 h 15
d'intervention. La vidange de l'unité semble avoir été totale mais aucune précision n'est
donnée quant à la quantité d'ammoniac rejetée. Huit personnes seront incommodées
dont 2 bébés.

Analyse des causes : l'établissement est abandonné et il n'y a ni responsable, ni frigo-


riste connaissant l'installation. Aucun plan ne semble exister. Le chantier est considéré
comme un chantier normal, aucune investigation particulière ne semble avoir été réali-
sée au préalable.

Enseignements tirés
· Organisation : les travaux n'ont pas fait l'objet d'une préparation suffisante.
L'installation n'a pas été mise en sécurité (connaissait-on seulement son
existence ?).
· Intervention : Les ouvriers chargés de la démolition n'ont ni vêtement de
protection, ni masque respiratoire. La durée d'intervention des secours est
longue et l'unité va se vidanger totalement avant que la fuite ne puisse être
maîtrisée.

Les parades : le chantier est arrêté jusqu'à expertise des installations en cause.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 53

3) Accident du 11 août 1994 (51 - REIMS) 36

Un établissement industriel souhaite mettre définitivement hors service une installation


de réfrigération, à l'arrêt depuis 1990 et contenant environ 280 kg d'ammoniac. Les
opérations sont confiées à 2 entreprises extérieures.

Description de l'événement : 2 techniciens récupèrent dans un premier temps 250 kg


d'ammoniac liquide dans 8 bouteilles en acier spécialement préparées pour l'opération.
La vidange de la phase gazeuse est ensuite effectuée en immergeant des tuyaux, reliés
aux piquages de l'installation, dans un seau en plastique rempli d'eau. Arrivée à
saturation, la solution ammoniacale obtenue est déversée (sans doute à plusieurs
reprises) sans autre dilution préalable, dans le regard de rejets des eaux pluviales le plus
proche.

Les pompiers sont informés par un riverain du dégagement d'odeur d'ammoniac dans les
égouts de la ville. Ils préviennent immédiatement le Service des Eaux pour alerter le
personnel susceptible de travailler dans le secteur.

Analyse des causes : la pollution des égouts résulte d'un acte volontaire. L'opération de
vidange de la phase liquide de l'ammoniac a été bien préparée (bouteilles de réception
spécifiques, etc.) et est conduite correctement mais le dégazage de l'installation n'est pas
effectué avec la même rigueur. La solution ammoniacale déversée dans l'égout se
dégaze lentement et l'ammoniac gazeux va ressortir par les bouches d'évacuation tout au
long du collecteur.

Enseignements tirés : l'accident paraît relativement mineur mais il apporte certains


enseignements.
· Organisation : l'établissement ne contrôle pas le travail effectué par les
entreprises extérieures ; aucun frigoriste de l'usine ne semble en effet avoir
suivi le chantier.
· Formation : les risques indirects ont été sous-estimés lors du dégazage de
l'installation (intoxication éventuelle des égoutiers, risque de présence d'une
atmosphère explosible confinée, rejet toxique dans l'environnment en sortie
du collecteur).
· Intervention : un seul masque respiratoire à cartouche (inadapté pour une
fuite massive de gaz toxique car trop rapidement saturé) est disponible pour
deux intervenants. Ceux-ci ne disposent enfin d'aucun vêtement de protec-
tion particulier.

Les parades : les pompiers installent un bac volumineux pour assurer une dilution plus
importante de la solution amoniacale avant rejet dans le circuit des eaux usées. Il serait
souhaitable qu'une récupération plus "technique" (neutralisation avant rejet, etc.) de la
phase gazeuse soit mise en oeuvre par ce type d'intervenant "spécialisé".
page 54 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

4) Accident du 13 juin 1994 (92 - NANTERRE) 36

Dans une ancienne usine de fabrication de crèmes glacées où seul le siège social est
maintenu (aucune activité industrielle n'est exercée), une fuite d'ammoniac se produit
lors du démantèlement d'une ancienne installation de réfrigération.

Description de l'événement : l'installation de réfrigération, déclassée en 1978, est arrê-


tée depuis une quinzaine d'années. Lors de travaux de refonte du rez-de-chaussée du bâ-
timent, l'architecte chargé des aménagements la "redécouvre" dissimulée dans un local
d'archives. Celle-ci est répartie sur 2 niveaux : 2 évaporateurs et une bouteille de liquide
(# 4 m3) dans la zone des travaux, 3 compresseurs, 1 condenseur et un récepteur dans un
petit local adjacent.

Le 25 mai, l'architecte prévient la Préfecture. Le réservoir de 4 m3 semble contenir de


l'ammoniac (pression de 6 b relevée sur un manomètre), tous les autres manomètres
indiquent une "absence de pression" dans les circuits. L'administration demande une
neutralisation de l'installation par une entreprise spécialisée. Le 13 juin, l'architecte
signale que la neutralisation de l'installation a été effectuée le samedi 11 juin. Le produit
récupéré par barbottage à l'eau sera éliminé dans un centre agréé.

La fuite d'ammoniac se produit le 13 juin à 15 h, lorsqu'un chef d'équipe tente de dé-


monter une cloison séparant le réservoir de 4 m3 d'un évaporateur. Sa pioche fissure une
canalisation (Æ 40 mm) reliée en point bas au réservoir.

Un périmètre de sécurité d'une centaine de mètres est mis en place. Les secours ne peu-
vent intervenir sans combinaison de protection ni masque. Une soixantaine de personnes
de l'établissement sont impliquées, 16 sont hospitalisées dont 3 resteront en observation
une nuit. L'entreprise qui a effectué la neutralisation est rappelée.

La fuite gazeuse se poursuit jusqu'à la vidange totale de l'installation et se termine à


21 h. Selon les archives administratives la capacité d'ammoniac était de 400 kg ; la
quantité d'ammoniac rejetée n'est pas connue.

Analyse des causes : l'établissement a "oublié" l'existence d'une installation dangereuse


sur son site. Cette installation n'a pas été mise en sécurité lors de son abandon (vidange,
dégazage, etc.).

La neutralisation préalable de l'installation est effectuée sans procéder à une vérification


de l'ensemble des circuits et des équipements.

La fuite qui se produit lors du perçage de la canalisation est probablement alimentée par
la vidange d'un condenseur relié au réservoir.

Enseignements tirés
· Environnement de l'installation : l'installation n'est plus utilisée. Le local
est reconverti sans aucune précaution en salle de stockage des archives. Les
risques sont aggravés (aucun contrôle ni entretien, incendie potentiel, etc.).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 55

· Organisation : aucun plan de l'unité n'est disponible sur place et aucun res-
ponsable du site ne semble avoir une mémoire technique sur l'installation.
La rénovation des lieux semble avoir été entièrement "déléguée" à un inter-
venant externe (architecte). Les travaux de mise en sécurité de l'installation
se font un samedi. Il s'agit d'une période de fin de semaine pour les interve-
nants, mais les employés sont présents en moins grand nombre dans
l'établissement.
· Intervention : la neutralisation est effectuée par une entreprise extérieure ne
connaissant pas l'installation. Les travaux se déroulent sans la présence d'un
frigoriste de la société propriétaire de l'installation et sans plan de détail de
l'unité.

Au moment où la canalisation est percée, le chef de chantier est persuadé que l'installa-
tion est dégazée et aucune mesure de sécurité n'est prise.

La fuite d'ammoniac n'est pas interrompue. Elle dure 6 h jusqu'à vidange totale de l'ins-
tallation.

Les parades : l'installation est démantelée.

5) Accident du 11 mars 1994 (22 - SAINT BRANDAN) 37

Une fuite importante d'ammoniac se produit dans une usine d'abattage de volailles au
moment où un employé alimente un tunnel de congélation.

Description de l'événement : l'opérateur utilise un transpalette électrique et heurte au


passage une canalisation de purge du circuit de réfrigération. La tuyauterie se rompt.
L'alerte n'est pas donnée immédiatement et 500 kg d'ammoniac à - 40°C vont s'écouler
au sol. La porte du tunnel est ouverte. Le liquide répandu se vaporise et envahit pro-
gressivement les locaux qui sont évacués dès que les premières odeurs sont perçues.
Trois employés sont intoxiqués, l'un plus gravement atteint est hospitalisé.

Analyse des causes : un arbre de défaillance établi par l'INERIS est joint en annexe 8.
La protection de la purge a déjà subi des chocs antérieurs et est affaiblie. La situation
dégradée n'a pas été identifiée. Deux hypothèses sont plausibles.
1. L'opérateur ne prête pas attention au fait qu'il heurte une canalisation. Il l'a
déjà heurtée sans conséquence plusieurs fois et n'est pas conscient du risque.
La canalisation est déjà affaiblie à la suite de nombreux chocs et aucune
action corrective n'a été effectuée.
2. La dimension des voies réservées à la manutention, la proximité de l'instal-
lation de réfrigération et le choix des barrières de protection sont en cause.

37 Etude d'accidents mettant en jeu l'ammoniac et réalisée en collaboration avec l'INERIS


(Mmes ABIVEN & BAUCHET - Décembre 1994) et rapports de l'Inspection des Installations Classées.
page 56 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Enseignements tirés
· Conception des installations - Dimensionnement - Ergonomie : un équi-
pement sensible de l'installation (canalisation de purge) ne dispose pas d'une
protection efficace et de fiabilité éprouvée dans le temps.
Une partie "sensible"de l'installation n'est pas ou est insuffisamment signa-
lée. Le risque présenté n'est pas identifié.
Les accès au tunnel de congélation sont mal dimensionnés où l'équipement
de transport utilisé est inadapté (taille, manoeuvrabilité, etc.).
· Exploitation - Maintenance : la surveillance du bon état de l'installation et
notamment des dispositifs de sécurité protégeant les équipements sensibles
est insuffisante.
· Formation : les employés ne sont pas suffisamment formés aux risques
présentés par l'installation et aux mesures à prendre en présence d'une fuite
d'ammoniac (alerte de l'encadrement, etc.).

Les parades : la protection physique de la purge est renforcée ("pare-chocs" bas avec
main courante à distance suffisante des tuyaux de l'évaporateur). Le personnel doit être
sensibilisé aux risques présentés par l'ammoniac et aux premières mesures à prendre lors
d'une fuite de produit notamment (alerte, etc.).

6) Accident du 17 février 1994 (50 - DUCEY) 37/38

Un violent incendie détruit une fromagerie considérée comme la plus moderne d'Europe.

Description de l'événement : l'usine fonctionne en 3 x 8 sous la surveillance d'une


vingtaine d'employés (170 en journée). L'un d'eux, appartenant au service d'entretien,
découvre les premières flammes à 4 h 15 derrière une machine à emballer. Trois
employés arrivent en renfort avec des extincteurs mais doivent rapidement abandonner
leurs efforts. L'incendie prend de l'importance, une fumée épaisse et irritante se dégage.
L'usine est évacuée et les sapeurs pompiers volontaires de DUCEY sont alertés à 4 h 22.

Tous les véhicules disponibles sont engagés conformément au plan d'intervention. Le


chef de corps travaille depuis de nombreuses années dans l'usine (maintenance des
installations) et en connaît parfaitement les points sensibles. Les bâtiments occupent une
surface de 15 000 m2. Ils sont imbriqués et recoupés en cellules tel un labyrinthe. Les
murs et les plafonds sont remplis de mousse de polyuréthane pour maintenir la
température et le degré d'humidité de l'air. Dix tonnes d'ammoniac sont présentent dans
les installations de réfrigération, 20 000 l de soude et 130 000 l de fuel lourd et léger
sont stockés dans l'établissement.

La lutte contre l'incendie commence à 4 h 34. Au fur et à mesure de l'arrivée des ren-
forts, les pompiers essaient de stopper le front de flammes qui pénètre progressivement

38 Revue FACE AU RISQUE n° 303 (R. DOSNE - mai 1994).


Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 57

au coeur de l'usine sans rencontrer d'obstacle. Les flammes courent dans les murs et les
plafonds, alimentées par les mousses isolantes et denses assurant leur stabilité. De nou-
veaux renforts sont demandés à 5 h compte tenu de la violence et de la propagation ra-
pide des flammes ainsi que des gaz toxiques émis. La structure métallique du bâtiment
central s'effondre progressivement. Il est impossible de pénétrer dans les locaux. La fu-
mée y rend la visibilité nulle et l'ossature métallique non protégée présente une faible
tenue. Les porte-lances tentent de progresser malgré la fumée, la chaleur et les effon-
drements ; tous travaillent sous appareils respiratoires isolants. Progressivement, 80
hommes se déploient autour du brasier sans parvenir à contenir le feu qui a envahi en
3/4 d'heure 12 000 des 15 000 mètres carrés de l'usine.

A 7 h 22, 7 centres de secours sont engagés. Les moyens se concentrent vers le seul mur
de maçonnerie, au fond du bâtiment, et qui sépare les ateliers de la partie administrative
de l'usine. Il n'est pas coupe-feu mais il constitue cependant un obstacle. Des portes sont
ouvertes dans ce mur pour installer 6 lances et dresser un écran d'eau. Cette stratégie
permettra de sauver les locaux administratifs de l'usine, son informatique et l'atelier de
pré-traitement avec ses 20 000 l de soude. Sur une autre face du bâtiment, des locaux de
stockage des emballages et abritant la centrale d'énergie sont également sauvés.

L'incendie est maîtrisé à 10 h. Un pompier intoxiqué est hospitalisé, 15 employés plus


légèrement atteints et un pompier brûlé superficiellement à une main sont soignés sur
place. Le feu continue cependant à consummer les chambres froides qui abritent
2,5 millions de fromages. L'absence d'accès et d'exutoires complique toujours l'inter-
vention. Les décombres sont arrosés toute la journée pendant que des flammes sporadi-
ques jaillissent des panneaux sandwich tordus où subsiste parfois un peu de mousse. Les
opérations prennent fin à 20 h.

Analyse des causes : l'origine précise de l'incendie n'est pas connue mais son dévelop-
pement rapide est notamment due aux matériaux d'isolation des chambres froides.

"L'industrie alimentaire impose, pour des raisons d'hygiène et d'isolation, des parois im-
putrescibles, résistant aux acides et aux fréquents lavages. Le panneau sandwich com-
posé de 15 cm de mousse de polyuréthane rigide emprisonnée entre 2 feuillles de tôle,
d'aluminium ou de polyester est l'un des matériaux qui répond à ces critères. Il permet
en outre d'obtenir, à un coût raisonnable, une excellente isolation thermique, de bonnes
qualités mécaniques (rigidité) et un faible poids au mètre carré (charpente allégée)." 38

Enseignements tirés
· Conception des installations : le développement généralisé de l'incendie
est dû à l'insuffisance de murs de maçonnerie (le feu est stoppé partout où il
y en a). Les panneaux sandwich ont des effets néfastes. La mousse qui les
compose alimente le feu qui court ensuite entre les parois et devient
inaccessible aux lances.
Par ailleurs, les installations peuvent être très compactes et traversées par de
nombreuses canalisations dont certaines véhiculent des produits toxiques (le
frigorigène en particulier), compliquant ainsi l'accès, la circulation et la mise
en oeuvre des secours. Une grande dispersion des installations entraînant
page 58 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

notamment une longueur importante des canalisations de transport du


frigorigène, sans dispositifs de sectionnement en nombre suffisant ou peu
automatisés, peut également amoindrir l'efficacité des secours (accident du
17 juin 1992 à SECLIN ci-dessous).
· Connaissance des installations - Intervention : toute intervention dans un
tel environnement est difficile malgré la rapidité de l'alerte.
Les employés réagissent rapidement mais ne peuvent maîtriser le début
d'incendie.
Le 1er directeur des secours connaît parfaitement l'usine. Les premiers
moyens engagés peuvent être placés au mieux pour sauver ce qui peut
encore l'être et éviter une aggravation du sinistre et un effet domino
(explosion des capacités contenant de l'ammoniac, des cuves de fuel, etc.).
En cas d'incendie, le point de regroupement des employés est placé sous le
vent, dans l'axe des fumées irritantes. Quatre employés portés disparus
durant les premières minutes de l'intervention avaient préféré se regrouper
ailleurs.

Les parades : l'activité reprendra sur le site accidenté. L'usine sera reconstruite en sépa-
rant ou en recoupant notamment les différentes unités.

De manière générale, les mousses d'isolation, essentielles dans les entrepôts frigorifi-
ques, posent des problèmes d'inflammabilité. Ces derniers peuvent notamment être réso-
lus par des dispositions constructives adaptées (murs coupe-feu, protection physique des
mousses isolantes par des profilés d'angle, cadres de portes et mastic, etc.).

De même, des visites des installations et des exercices doivent être régulièrement
organisés entre les établissements concernés et les forces d'intervention publiques. Des
plans régulièrement tenus à jour doivent également leur être communiqués (dans le
cadre d'un P.O.I., etc.).

Compte tenu enfin de la rapidité de propagation et de l'ampleur potentielle de l'incendie,


une ressource en eau suffisante doit être disponible à proximité pour permettre
l'engagement rapide de lourds moyens. Un bassin de confinement doit pouvoir permettre
de recueillir les eaux d'extinction susceptibles d'être polluées. Celles-ci peuvent
éventuellement être recyclées lors du sinistre, constituant ainsi une ressource en eau
complémentaire.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 59

7) Accident du 17 mai 1993 (29 - GUERLESQUIN) 36

Un ruisseau est indirectement pollué à la suite d'une fuite d'ammoniac dans une usine de
production de viande de volailles.

Description de l'événement : une émission d'ammoniac se produit, à 21 h 30 et durant


20 mn, à partir d'une soupape située en toiture d'un local abritant les compresseurs d'une
installation de réfrigération. La quantité d'ammoniac libérée n'est pas connue.

Une partie de l'ammoniac s'évapore dans l'atmosphère, le reste imbibe vraisemblable-


ment une partie de la toiture. Un orage violent lessive alors le toit et entraîne l'ammo-
niaque résiduel dans le réseau des eaux pluviales. Ce réseau rejoint un ruisseau au
niveau de la station de pré-traitement physico-chimique en amont de la station
d'épuration communale. L'accident ne semble pas avoir eu de conséquences notables sur
l'environnement.

Analyse des causes : la fuite d'ammoniac a pour origine la défaillance d'une électro-
vanne et une surpression dans l'installation de réfrigération.

Enseignements tirés
· Environnement de l'installation : une installation de réfrigération peut
indirectement être l'origine d'une pollution des eaux superficielles. La fuite
d'ammoniac provient d'une soupape mais tout autre rejet non canalisé
(purge, fuite sur une tuyauterie, etc.) aurait pû avoir les mêmes
conséquences.
· Conception des installations : la soupape de sécurité avec rejet en toiture,
équipement destiné à assurer la sécurité des personnes, est conforme à la
réglementation des appareils à pression de gaz. Celle-ci prévoit une collecte
des rejets toxiques pour les évacuer jusqu'en un point où ils cessent d'être
dangereux, notamment pour le personnel, mais ne demande aucun traitement
spécifique du rejet.

Les parades : l'exploitant a changé l'électrovanne déficiente et la soupape. Il réalisera


une étude visant à relier toutes les soupapes de sécurité situées en toiture à une bouteille
pour collecter et piéger toutes les purges occasionnelles.

Les rejets occasionnels au niveau des soupapes pourraient être neutralisés (rampe de
pulvérisation, lavage, etc.) ou incinérés (torche).

Une surveillance continue des effluents des réseaux des eaux pluviales et des eaux usées
pourrait être prévue (détection pH ou ammonium).
page 60 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

8) Accident du 17 juin 1992 (59 - SECLIN) 36/37

Dans une laiterie, un incendie ravage, sur une surface de 2 000 m2, un bâtiment utilisé
pour le stockage d'emballages en papier, carton et plastique.

Description de l'événement : l'incendie démarre vers 1 h 15. Il est découvert lors d'une
ronde et l'alerte est donnée dans les 10 mn qui suivent. L'incendie se propage aux
2 000 m2 d'un bâtiment dans lequel sont stockés 1 500 m3 (pour un volume autorisé de
210 m3) d'emballages.

Le bâtiment, autrefois utilisé comme chambre froide, est traversé par des canalisations
d'ammoniac. Depuis la nouvelle utilisation du bâtiment et pour désaffecter les batteries
de détente, ces canalisations sont bouchonnées à 2 m du pignon à l'intérieur du bâtiment,
mais n'ont jamais été vidangées. L'incendie affecte les extrémités des canalisations en
cul-de-sac.

Pour prévenir les risques engendrés par l'échauffement et les déformations, ces
extrémités doivent être isolées du reste de l'installation de réfrigération qui contient 7 t
d'ammoniac. Les travaux sont entrepris en sortie de chambre froide, dans une zone
protégée contre l'incendie et située au-dessus de l'auvent couvrant le passage entre la
chambre froide et le magasin. Une première opération de bouchonnage par caps débute
dans la matinée sur la tuyauterie "détente" (2,2 b en phase gazeuse, f 60 mm). Le
soudage du caps est réalisé après dégazage de la partie de canalisation concernée
(# 60 m), isolée à la suite de la fermeture (vers 2 h 30) des électrovannes d'isolement
provoquée par la coupure générale de l'alimentation électrique. Les pompiers sont
informés de l'intervention. En début d'après-midi, après fermeture des vannes
d'isolement à commande manuelle situées dans la galerie, un 2ème bouchonnage débute
par le sectionnement de la tuyauterie d'alimentation (3,5 b en phase liquide,
f 33 mm). Une quantité anormale d'ammoniac apparaît à ce moment. L'opérateur
s'éloigne pour fermer une vanne située en amont sur le circuit à proximité du
compresseur implanté dans un local à 100 m de là.

Durant son absence, un changement d'équipe s'effectue à 12 h parmi les pompiers qui
surveillent les décombres. Un lieutenant de l'équipe montante est intrigué par les volutes
blanches qui se développent au-dessus de l'auvent. Il s'en approche à environ 10 m et en-
tre en contact avec le nuage d'ammoniac. Il sera évacué à l'infirmerie. Trente mn plus
tard et après un dégazage incomplet, un manchon est soudé avec difficulté en raison de
la présence d'ammoniac résiduel. Durant le dégazage de la tuyauterie d'alimentation,
environ 60 l d'ammoniac se sont vaporisés.

Le coût des dommages s'élève à 20 MF.

Analyse des causes : un arbre de défaillance établi par l'INERIS est joint en annexe 8.
L'origine de l'incendie n'est pas expliquée. Des traces d'effraction ont été cependant
observées sur la palissade de l'enceinte.

L'incendie se développe dans un entrepôt voisin de l'installation frigorifique. L'interven-


tion doit commencer par un isolement de certaines canalisations non purgées et inutili-
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 61

sées depuis longtemps. Il y a 2 canalisations entre l'entrepôt (ancienne chambre froide)


et l'installation frigorifique en fonctionnement. L'une d'elles a été purgée et est isolée
sans difficulté. La 2ème canalisation n'est pas purgée et des travaux importants sont
nécessaires pour l'isoler.

La fuite d'ammoniac est liée à une étanchéité insuffisante des vannes de sectionnement.
Seul lors de l'isolement de la conduite, l'opérateur doit quitter le lieu d'intervention pour
fermer une vanne d'alimentation générale située à 100 m. Une organisation insuffisante
des secours est à l'origine de l'intoxication de l'un des intervenants. Ce pompier en
surveillance n'est pas informé des opérations en cours par l'entreprise et par ses
collègues au moment de la relève.

Enseignements tirés
· Environnement de l'installation : la chambre froide est utilisée en entrepôt
d'usage général sans avoir fait l'objet d'une mise en sécurité préalable
suffisante (canalisations inutilisées non démontées ni purgées).
· Conception des installations : une grande dispersion des installations peut
entraîner une longueur importante des canalisations de transport du
frigorigène. Celles-ci sont alors difficiles à isoler si les dispositifs de
sectionnement sont défaillants, en nombres insuffisants ou peu automatisés.
· Exploitation - Maintenance : les contrôles en exploitation doivent être fré-
quents et réguliers. Il doivent permettre de vérifier le bon fonctionnement
des équipements sensibles (vannes d'isolement, dispositifs de sécurité, etc.),
tout particulièrement sur les sections peu ou pas utilisées de l'installation.
· Connaissance des installations - Formation : l'opérateur connaît l'installa-
tion frigorifique puisqu'il sait comment l'isoler. Une seule personne semble
cependant avoir une connaissance approfondie des installations dont les
plans ne sont pas à jour.
· Intervention : l'intervention se déroule avec de nombreuses difficultés.
Celles-ci ne sont cette fois pas dues à la violence de l'incendie lui-même
mais aux travaux annexes à réaliser pour mettre en sécurité une partie des
installations. Des canalisations doivent être vidangées et dégazées et les
vannes ne sont pas étanches. Des travaux importants sont nécessaires.
Des tuyauteries mal dégazées peuvent entraîner un risque d'explosion de
l'ammoniac, surtout si des travaux de soudure sont nécessaires pour isoler
l'installation.
Toute la zone accidentée et l'ensemble du circuit auraient dus être consignés
compte tenu de la nature et de l'importance des interventions à réaliser sur le
circuit frigorifique. Une erreur est commise lorsque les intervenants se fient
à une seule vanne pour isoler le circuit. Celle-ci n'est pas étanche ; un pom-
pier est intoxiqué.

Les parades : une étude est demandée pour évaluer les risques liés à la connexité des
installations de production froid et des chaudières implantées dans le même local, ainsi
page 62 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

que sur la diffusion d'ammoniac tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des bâtiments abritant
les équipements de réfrigération. Cette étude doit permettre de déterminer les mesures
complémentaires à mettre éventuellement en oeuvre (vannes d'isolement complémentai-
res, détecteurs d'ammoniac, fermetures automatiques de vannes, etc.).

Les équipements de réfrigération sont expertisés par un organisme indépendant. Un


contrôle exhaustif périodique de ces derniers est demandé, la durée entre 2 contrôles ne
pouvant excéder 6 mois. Un personnel technique spécifiquement formé à la constitution
et au fonctionnement des installations de réfrigération doit être joignable à tout moment.

Une limitation des canalisations en phase liquide à 50 mm de diamètre est également


imposée sur une nouvelle installation de réfrigération en cours d'autorisation.

9) Accident du 18 juillet 1991 (29 - LANDERNEAU) 39

Une fuite d'ammoniac se produit dans la salle des machines d'un entrepôt frigorifique.

Description de l'événement : l'accident se produit 40 mn après la mise en service de


l'installation. Les employés d'une usine voisine sont incommodés et donnent l'alerte
avant d'évacuer leur établissement ; 5 d'entre eux sont hospitalisés.

Muni d'un masque de protection, un employé de l'entrepôt actionne l'arrêt d'urgence de


l'installation accidentée et constate que la fuite provient de l'ouverture de 2 soupapes de
sécurité :
· la soupape du collecteur HP sur l'entrée d'un condenseur,
· la soupape du réfrigérant d'huile d'un compresseur sur la tuyauterie HP
piquée en sortie du réservoir liquide HP.

Analyse des causes : le rejet d'ammoniac se produit à la suite de la défaillance de


l'électro-vanne d'injection de la bouteille MP. Remise en route, cette électro-vanne
fonctionne normalement après quelques sollicitations en position manuelle puis
automatique. La défaillance de la vanne, durant un temps indéterminé, a provoqué un
engorgement du circuit HP (réservoir et condenseur) et l'ouverture des soupapes de
sécurité. Le vent a rabattu le nuage d'ammoniac vers l'usine voisine.

Enseignements tirés
· Environnement de l'installation : une autre usine est située à proximité de
l'établissement. Aucune information réciproque sur les risques présentés par
les installations n'existe.
· Conception des installations : les dispositifs de détection et d'alarme sont
insuffisants. L'exploitant est indirectement informé de l'accident par les

39 Compte rendu d'accident de l'exploitant.


Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 63

employés d'une usine voisine. Les rejets accidentels d'ammoniac par les
soupapes peuvent être importants et ne sont pas traités.
· Entretien - maintenance : les vérifications périodiques effectuées sur l'ins-
tallation n'ont pas empêché l'apparition d'un "défaut fugitif". La redondance
des équipements importants pour la sécurité est une nécessité.
· Intervention : des exercices internes ammoniac / incendie sont organisés
régulièrement. L'opérateur a bien réagi.

Les parades : l'électro-vanne est remplacée par mesure de précaution, de même que le
pressostat de sécurité HP du compresseur et les soupapes qui ont fonctionné (crainte
d'une partie de leur efficacité).

Les pressostats de sécurité HP sont doublés par un pressostat de sécurité générale HP


montés sur le collecteur général HP. Ce pressostat est réglé à une pression de
déclenchement intermédiaire entre les pressostats de sécurité des compresseurs HP et la
pression de levage des soupapes de sécurité du circuit HP.

Des exercices seront organisés avec l'usine voisine.

10) Accident du 11 octobre 1990 (26 - MONTELIMAR) 37/39

Une installation de réfrigération s'arrête durant la nuit dans un entrepôt frigorifique. Une
fuite d'ammoniac se produit lors de son redémarrage dans la matinée.

Description de l'événement : à la reprise du travail, le responsable constate que l'instal-


lation de réfrigération est arrêtée. Il vérifie les divers équipements, remarque un niveau
liquide élevé dans le réservoir MP mais qui ne lui paraît pas présenter de danger et
démarre normalement un compresseur HP. Lorsque la régulation enclenche la mise en
service des compresseurs BP, le compresseur HP aspire de l'ammoniac liquide et éclate.
Une quantité importante d'ammoniac gazeux s'échappe.

Le responsable présent coupe l'alimentation électrique mais doit attendre l'arrivée des
pompiers pour pouvoir pénétrer avec eux dans la salle des machines et fermer les vannes
d'isolement du compresseur défaillant. Tous les équipements nécessaires, combinaisons,
masques et bouteilles d'air sont disponibles sur place.

Les pompiers relèvent de 15 à 25 ppm d'ammoniac dans le quartier situé au sud de


l'entrepôt. Ils procèdent à l'évacuation des maisons, d'un supermarché et des services
techniques de la ville. La situation redevient normale dans le voisinage 2 heures plus
tard.

Analyse des causes : un arbre de défaillance établi par l'INERIS est joint en annexe 8.
L'installation s'arrête à la suite d'un problème de régulation.

Le compresseur n'a pas été vérifié depuis mai 1987. Dans celui-ci, un disque de rupture
permet une communication entre aspiration et refoulement. Ce disque est retrouvé
page 64 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

détruit dans le collecteur de refoulement (à la suite de la dépressurisation induite par la


rupture du carter ?). La bobine de la vanne motorisée séparant le réservoir MP du
réservoir BP est défaillante. L'exploitant ne peut préciser si la vanne est restée en
position ouverte ou fermée.

La rupture du carter du compresseur peut être imputable à la conjonction de plusieurs


facteurs (défaillance d'une vanne motorisée, surpression due à la compression
d'ammoniac liquide, choc thermique lors de la phase de démarrage, etc.).

Enseignements tirés
· Environnement de l'installation : en raison de l'activité exercée, ce type
d'établissement est souvent implanté dans ou à proximité immédiate du tissu
urbain. L'information du public et la réalisation de POI et de PPI sont à
envisager en fonction de la taille de l'installation et des risques induits
(incendie / rejet toxique).
· Conception des installations : l'installation de réfrigération ne dispose pas
de sécurités suffisantes (absence d'alarme de niveau haut sur les réservoirs,
absence de clapet anti-retour, pressostat sur le compresseur, arrêt
automatique de l'installation en cas de surpression).
· Exploitation : il n'existe pas de procédure de redémarrage de l'installation
après un déclenchement.
· Maintenance - Entretien : quel est l'état du compresseur au moment de
l'accident ? Un accident s'est déjà produit sur l'installation en août 1990 à la
suite de la défaillance d'une vanne d'isolement (accident du 1er août 1990 ci-
après). La durée entre 2 vérifications à effectuer sur les compresseurs (voir
d'autres équipements) ne doit pas être trop longue.
· Intervention : les protections individuelles doivent être suffisantes, ce qui
n'est pas le cas lorsque seuls des masques à cartouches sont disponibles.

Les parades : l'exploitant doit définir une fréquence de visite de ses appareils qui ne
devrait pas excéder 1 an.

Des disques de sécurité dont la pression de rupture est en rapport avec la pression réelle
d'utilisation de l'installation, un clapet anti-retour entre les réservoirs MP et BP et un
détecteur de niveau dans le réservoir MP (pour empêcher la mise en route des compres-
seurs si le niveau de liquide dépasse un seuil déterminé) seront mis en place
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 65

11) Accident du 8 octobre 1990 (55 - DIEUE-SUR-MEUSE) 37/39

Dans une fabrique de crèmes glacées, une fuite d'ammoniac se produit sur une installa-
tion de réfrigération.

Description de l'événement : vers 18 h 30, une fuite de 50 l d'huile puis de 350 kg


d'ammoniac se produit sur l'un des 4 compresseurs situés en sous-sol de l'installation de
réfrigération. L'installation contient au total 1 000 kg d'ammoniac. La fuite se produit
sous une pression de 10 b puis sous 2 b par un orifice d'un diamètre de 22 mm.

Le personnel de l'usine, équipé de masques à cartouche, intervient immédiatement pour


fermer 2 vannes situées à l'aspiration et au refoulement du compresseur. L'importance de
la fuite ne leur permet pas de fermer 3 vannes en "T" situées sur un circuit de retour gaz
chaud (vapeur sèche d'ammoniac à 60°C) en partie supérieure d'un déshuileur.

Les pompiers interviennent à 20 h 00 et arrivent à fermer les 3 vannes. Par mesure de


sécurité, le personnel de l'entreprise est évacué mais l'équipe suivante peut reprendre le
travail à 21 h 00. L'installation est vérifiée et remise en service le lendemain.

Analyse des causes : un arbre de défaillance établi par l'INERIS est joint en annexe 8.
La rupture d'un voyant à vitre permettant de contrôler la circulation et l'état de l'huile
circulant dans le compresseur est à l'origine de la fuite d'ammoniac. Ce voyant est situé
en amont du compresseur et avait été remplacé lors de sa révision.

Les vannes du compresseur peuvent être fermées alors que les autres restent ouvertes.
L'ammoniac chaud de l'installation "freezer" est refoulé par les vannes ouvertes et pénè-
trent dans le déshuileur. Celui-ci est vide, l'ammoniac en ressort par une canalisation en
point bas pour s'échapper par le voyant cassé.

Enseignements tirés
· Conception des installations : les canalisations de départ "freezer" ne sont
pas équipées d'un clapet anti-retour. Pour isoler l'installation, de nombreuses
vannes doivent être fermées et celles-ci ne peuvent être sectionnées à
distance. La complexité des circuits, le nombre élevé des organes de section-
nement à manoeuvrer et un manque d'automatisme compliquent d'autant
l'intervention.
L'accident de MALMÖ-SKANE (SUEDE) qui se produit sur une unité de
réfrigération dans une usine chimique, le 29 octobre 1989 (cas n° 133), est
lui aussi particulièrement illustratif. Une brèche de 300 mm sur une canali-
sation entraîne la fuite de 5 t d'ammoniac et la formation d'un aérosol dense
dans un bâtiment. L'arrêt de la fuite demande la fermeture de 20 vannes et
l'intervention de 15 personnes. Les secours doivent préalablement s'entraîner
au déroulement des opérations et aux gestes nécessaires dans une installa-
tion voisine comparable. Trois tentatives seront ensuite nécessaires pour
stopper la fuite.
page 66 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

· Maintenance - Entretien : le tube de contrôle éclate alors qu'il a été rem-


placé lors d'une révision. Est-il procédé à un contrôle des pièces détachées
(tube défectueux) ? Est-on en présence d'un mauvais montage (consignes,
outils utilisés, etc.) ?
· Connaissance des installations - Formation : les vannes d'aspiration et de
refoulement du compresseur peuvent être fermées en provoquant une
dépression dans l'installation. Il n'y a pas de système de consignation
automatique. Des consignes d'intervention existent-elles ?
Le personnel manque de formation à l'intervention en cas d'urgence et de
connaissance des installations.
· Intervention : les équipements disponibles ne permettent pas une interven-
tion de longue durée. Ces équipements doivent être adaptés au risque (les
masques à cartouches ne sont pas suffisants car il peuvent être rapidement
saturés lors d'une fuite d'ammoniac importante). Des équipements étanches
(scaphandres, ARI) doivent être mis à la disposition des opérateurs qui
doivent être entraînés à les utiliser.

Les parades : la mise en place d'une ventilation plus puissante avec traitement de
l'effluent résiduel peut être envisagée, ainsi que de vannes avec clapets anti-retour et
sectionnement à distance.

12) Accident du 3 octobre 1990 (14 - MONDEVILLE) 40

Un incendie se déclare dans un entrepôt frigorifique en cours de réfection.

Description de l'événement : le sinistre se produit au cours d'aménagements visant


essentiellement à la réfection de l'installation électrique d'éclairage et à améliorer
l'isolation thermique des chambres froides. Les 3 chambres concernées ne contiennent
aucune marchandise.

L'incendie se déclare à 12 h 10 en l'absence de tous les ouvriers partis déjeuner. L'alerte


est donnée 15 mn plus tard par le chef d'entrepôt domicilié face à celui-ci. Les pompiers
arrivent rapidement sur les lieux et maîtrisent le sinistre à 14 h 30. Il n'y a pas eu de fuite
d'ammoniac consécutive à l'incendie.

Analyse des causes : l'incendie démarre dans une chambre dont l'ancien éclairage est
démonté et le nouvel éclairage partiellement remis en service. L'isolation thermique est
améliorée par projection de mousse polyuréthane sur le plafond des chambres. L'éclai-
rage des travaux est assuré par un spot halogène puissant normalement débranché à
chaque fin de travaux. Ce spot peut être à l'origine du sinistre.

40 Note de l'Inspection des Installations Classées établie d'après un rapport d'expertise des assurances.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 67

Enseignements tirés
· Conception des installations : l'inflammabilité des matériaux constituant
l'isolation, surtout lorque ces derniers ne sont pas protégés (chambres en
réfection) est constatée une nouvelle fois.
L'incendie s'est arrêté au mur de parpaings séparant les chambres froides de
la salle des machines (voir accident du 17 février 1994 - DUCEY).
· Surveillance du chantier et consignes : le risque d'inflammation des
mousses lors des travaux est sous-estimé. Des consignes spécifiques étaient-
elles prévues ? Le chantier est-il suffisamment surveillé ?

13) Accident du 1er août 1990 (26 - MONTELIMAR) 37/39

Dans un entrepôt frigorifique, une fuite d'ammoniac a lieu lors d'une opération de main-
tenance sur une installation de réfrigération

Description de l'événement : une vanne défectueuse doit être changée sur le circuit BP
d'une installation de réfrigération. Après avoir inspecté sur place l'installation, l'interve-
nant neutralise la section du circuit où se trouve la vanne défaillante.

Equipé d'un masque, l'intervenant desserre la vanne pour finir de purger le circuit en
ammoniac gazeux. Cette opération dure généralement une vingtaine de secondes.
L'opérateur constate que le débit de la purge augmente progressivement au lieu de
diminuer et décide de resserrer rapidement la vanne. Il prend la clé à cliquet qu'il a laissé
sous la vanne mais ne peut s'en servir, celle-ci s'étant bloquée au contact du jet froid
d'ammoniac. Son masque commençant à saturer, l'intervenant décide de s'équiper d'une
combinaison de protection et d'un masque équipé de bouteilles d'air comprimé
(4 masques et 2 équipements complets sont répartis dans l'entrepôt). Ce n'est qu'une fois
équipé et muni d'une nouvelle clé qu'il arrive à resserrer la vanne et a stopper la fuite. La
porte arrière de la salle des machines est restée ouverte durant l'incident.

Selon l'opérateur, la fuite n'est pas importante ; elle dure une vingtaine de minutes et
libère 3 à 5 l d'ammoniac (1 200 l présents dans l'installation). Le gaz toxique sort du
local par la porte ouverte et se propage le long du bâtiment, en direction des premières
maisons situées au sud. Il incommode une femme enceinte qui est hospitalisée.

Analyse des causes : un arbre de défaillance établi par l'INERIS est joint en annexe 8.
Le responsable de l'entrepôt frigorifique est en vacances et les travaux sont confiés au
responsable du service d'entretien. L'intervenant ne trouve pas les plans des circuits et ne
connaît pas l'existence d'une canalisation reliant le réseau moyenne pression au réseau
basse pression sur lequel il doit intervenir. Sur la canalisation neutralisée, une élec-
trovanne s'ouvre et laisse passer de l'ammoniac liquide.
page 68 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Un équipement de protection et un outillage inadaptés augmentent la durée de la fuite


d'ammoniac. La salle des machines dispose de 2 issues. L'une donne dans le hall de
l'entrepôt et l'autre permet d'accéder à un quai situé derrière le bâtiment. Cette 2ème
porte est toujours ouverte pour ventiler la salle des machines. La ventilation mécanique
existante est insuffisante (1 petit ventilateur).

Enseignements tirés
· Conception des installations : la ventilation du local est insuffisante et une
porte reste ouverte en permanence pour aérer le bâtiment. La protection
passive qu'il représente (confinement) est inopérante.
· Maintenance - Entretien : la vanne du circuit BP fuit. Des contrôles
préventifs sont ils effectués sur l'installation ? Quelle en est la périodicité ?
· Organisation : l'opérateur est seul au moment de l'intervention. Aucune
consigne n'a été passée au moment des congés. Il n'y a pas d'organisation des
astreintes en cas d'absence du responsable de l'atelier. La connaissance de
l'installation repose sur une seule personne et disparaît lorsque celle-ci est
absente.
· Connaissance des installations - Formation : l'opérateur ne connait pas
l'installation et n'identifie pas la tuyauterie HP / BP. Les schémas de l'instal-
lation ne sont pas disponibles. La connaissance des risques liés à ce type
d'installation est insuffisante. Les conséquences des actions menées sur
l'installation ne sont pas identifiées.
· Intervention : l'outillage (clé à cliquet) n'est pas adapté à l'opération en
cours (grippage rapide sous l'action du froid).

Les moyens de protection individuels (masques à cartouche) rapidement saturés et


inutilisables sont inadaptés. Des moyens adaptés (ARI, combinaisons étanches) sont
présents sur le site mais l'opérateur a des difficultés pour s'équiper seul.

Les parades : les principaux aménagements demandés concernent l'installation des


compresseurs et des installations électriques (transformateurs, etc.) dans des locaux
séparés, la mise en place d'une ventilation efficace à double seuil de déclenchement avec
une cheminée d'évacuation en toiture, l'agrandissement de la rétention située sous les
compresseurs et la modification des issues de la salle des machines.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 69

SYNTHESE DES INFORMATIONS RASSEMBLEES

ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE

Les risques

Les unités de réfrigération à l'ammoniac et les installations connexes (entrepôts, cham-


bres froides, etc.) présentent 2 risques principaux :
· un risque toxique associé à la quantité plus ou moins importante
d'ammoniac utilisée comme frigorigène. Plus de 73 % des accidents français
étudiés (98 % à l'étranger) ont entraîné une émission d'ammoniac.
Dans 52 % des accidents français étudiés (93 % à l'étranger), le gaz toxique
est libéré dans l'atmosphère. Il peut aussi conduire à une pollution des eaux
à la suite d'un déversement dans les égouts (ammoniac pur ou en solution
dans des eaux de rinçage de l'installation, d'abattage d'un nuage ou
d'extinction d'un incendie). En France, cette pollution est relevée dans 18 %
des cas.
· un risque incendie (34 % des accidents recensés) lié essentiellement à
l'utilisation d'une grande quantité de matériaux d'isolation plus ou moins
combustibles.
Les premières isolations réalisées utilisaient le liège ; un incendie était alors
difficile à éteindre et pouvait couver pendant des jours. Le risque était
cependant faible par rapport à celui qui résulte de l'adoption d'une isolation
en mousses de polystyrène ou de polyuréthane, surtout si ces dernières ne
sont pas de qualité "auto extinctible". Un incendie peut alors se propager
rapidement en dégageant des vapeurs très toxiques 41.
Enfin les marchandises elles-mêmes (la viande congelée peut brûlée
vivement si elle est exposée suffisamment longtemps à une source de
chaleur importante par exemple) et les emballages peuvent entretenir
l'incendie.

41 Prévention des incendies et sécurité dans les entrepôts frigorifiques


(A.E.E.F. / I.I.F. Commisssion D11 - 1982).
page 70 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

a) Le risque toxique 42/43

En fonctionnement normal (hors dégivrage), la répartition en masse de l'ammoniac dans


une installation de réfrigération est de 10 % dans le ballon HP (50 % lors du dégivrage
des évaporateurs, 1 à 2 fois/jour soit 8 h 00 h/j), 20 % dans le ballon BP, 20 % dans les
tuyauteries et 50 % dans les évaporateurs 44.
· Avec près de 30 % de cas connus, les fuites sur canalisations représentent la
source principale des incidents et des accidents.
· La rupture instantanée d'une canalisation n'est pas un événement rare. Ce
type d'accident représente 11 % des accidents en France (14 % à l'étranger).
La plus grosse canalisation en phase liquide est généralement celle qui relie
les pompes basse pression de l'installation aux évaporateurs. Le débit
d'ammoniac est élevé (n fois le débit vaporisé) mais la pression est
relativement faible (3 à 4 bars au-dessus de la pression d'évaporation). A
l'exclusion de quelques segments, cette canalisation qui est généralement à
l'intérieur des bâtiments, peut être moins dangereuse qu'une liaison
condenseur / réservoir liquide HP située à l'extérieur de tout local confiné.
Une canalisation peut parfois se rompre lors d'une surpression générée à la
suite d'une mauvaise exploitation ou d'une erreur de conception ou de
positionnement de tuyauteries. Une surpression augmente le risque de
propagation d'ondes de choc dans les tuyauteries de liquide. Les chocs se
produisent essentiellement au moment du cycle de dégivrage au gaz chaud
des systèmes basses températures et le plus souvent, soit lors de l'ouverture,
à la fin du cycle de dégivrage, de la vanne d'arrêt à l'aspiration (onde de choc
dans la tuyauterie d'aspiration liquide), soit à l'ouverture, au début du cycle,
de la vanne solénoïde de gaz chauds (onde de choc dans le serpentin).
De graves accidents peuvent aussi être provoqués par des coups de bélier
dans des canalisations entaillées ou fissurées ; d'où la nécessité d'une
soudure de bonne qualité dans toute l'épaisseur du tuyau 42.
· A la suite d'un incident ou d'un dérèglement de la partie BP du circuit, un
"coup de liquide" peut également se produire si de l'huile, de l'ammoniac
liquide ou un mélange des deux afflue brutalement dans les cylindres du
compresseur. L'incompressibilité du liquide peut entraîner l'éclatement de la
culasse du compresseur. Pour prévenir ce grave danger, l'Arrêté Ministériel
du 25/04/79 rend obligatoire la mise en place d'un dispositif anti-coup de
liquide pour assurer une décompression automatique dans chaque cylindre
avant que la pression interne n'atteigne une valeur excessive. Le fluide
décomprimé peut être retourné dans une section de pression moins élevée de
l'installation ou sur un dispositif de sécurité (soupape, capacité de sécurité
en amont du compresseur, etc.). La présence de ce dispositif de

42 L'ammoniac utilisé comme frigorigène (INSTITUT INTERNATIONAL DU FROID I.I.F. / I.I.R - 1993).
43 Guide d'étude des risques technologiques (AFF / Club Ammoniac - 1995).
44 Réunion S.E.I. / Profession du 27 juillet 1993 (compte rendu du 4 août 1993).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 71

décompression n'est pas obligatoire pour les compresseurs hermétiques ou à


vis, ainsi que pour les compresseurs dont le débit balayé par cylindre est
inférieur à 25 m3/h. Une soupape placée entre haute et basse pression doit
également protéger le compresseur dans le cas de la fermeture accidentelle
d'une vanne de refoulement en marche normale de l'installation.
· L'ammoniac est un puissant solvant qui, lors de son chargement, entraîne
poussières, tartre, sable et humidité résiduels, dans les canalisations, les
réservoirs, les vannes et autres composants 53. Des nettoyages réguliers et
soignés de l'installation doivent être réalisés tout au long des opérations de
montage (brosse métallique rotative, air ou azote comprimé, etc.).
· En réfrigération, la perte instantanée de confinement sur un réservoir
d'ammoniac est évoquée dans 9 % des accidents étrangers mais aucun
exemple n'est connu en France. La bouteille accumulatrice HP, généra-
lement située à l'extérieur des bâtiments, constitue le point le plus sensible
des installations. Elle renferme en effet l'ammoniac à la pression la plus
élevée et son volume peut avoir une incidence prépondérante lors de la
détermination des distances de concertation (urbanisation, PPI). Les autres
capacités (bouteilles MP ou BP, calandres des évaporateurs, etc.) ont des
pressions de service plus faibles malgré des volumes souvent plus grands et
sont généralement confinées à l'intérieur des bâtiments.
· Des fissures de corrosion par contraintes ont parfois été observées dans de
l'acier ferritique utilisé dans la fabrication des réservoirs d'ammoniac. De
telles fissures, parfois à l'origine de fuites d'ammoniac, ont été constatées
dans les installations frigorifiques. La présence de quelques ppm d'oxygène
dans l'ammoniac liquide ou de quelques millièmes de ppm dans l'ammoniac
gazeux est parfois suffisante pour provoquer ces fissures. L'air doit en
conséquence être entièrement purgé des installations.
Une teneur en eau minimale de 0,2 % dans l'ammoniac contribue à la
prévention de ces fissures 45. Le côté HP d'un système de compression est le
plus sensible car il présente souvent une teneur en eau inférieure à 0,2 %.
Enfin, le risque de fissures est plus faible à des températures inférieures à
- 5°C et dans les réservoirs en acier au carbone de faibles résistances à
l'étirage (de moins de 350 N/mm2) qui ont été recuits après soudage.
· Contrairement à l'ancienne pratique, les soupapes de sécurité haute pression
ne doivent pas être liées entre elles par un collecteur commun dont
l'extrémité extérieure est dirigée vers le bas afin d'empêcher les entrées d'eau
de pluie. Le gaz doit de préférence être dégagé à grande vitesse vers le haut
pour en favoriser la dispersion 52.

45 L'ammoniac utilisé comme frigorigène (INSTITUT INTERNATIONAL DU FROID I.I.F. / I.I.R - 1993).
page 72 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

· Une étude suédoise 46 indique que la majeure partie des fuites se présente sur
le côté BP où il y a souvent une dépression. Ces fuites ont souvent pour
origine :
- une erreur opérationnelle, vanne ouverte pendant la purge, drainage
d'huile, flexible (matériau) inadapté, flexible / tuyau non protégé,
impureté dans une vanne qui ne peut fermer,
- joints : mal placés, matériaux inadaptés, vieux matériaux,
- mauvais joints soudés : matériau inadapté dans les tuyaux (hors
réservoir sous pression) qui devient fragile à basse température,
- corrosion : uniquement sur l'extérieur rapidement détectée à
l'inspection ("la corrosion commence comme une tête d'épingle et
peut sentir mauvais pendant plusieurs jours ou semaines" ?). Le site
est inspecté et le composant remplacé,
- erreur de procédé intérieure au démarrage/à l'arrêt de l'installation
et réversion automatique du dégivrage au gaz chaud,
- combinaison d'une modification intérieure du procédé et d'un autre
défaut extérieur décrit ci-avant.
L'auteur précise enfin, d'une part, que la plupart des fuites se produisent sous
forme gazeuse et peuvent être maîtrisées localement et, d'autre part, que les
tuyaux ne se cassent pas directement, des fissures ou des déchirures pouvant
survenir comme conséquence à une influence physique extérieure. Un
orifice correspondant au maximum à environ 20 ou 30 % du diamètre
survient dans tous les cas, ce qui limite le volume de la fuite par unité de
temps.
Les défaillances décrites ci-dessus se rencontrent effectivement souvent.
Cependant, les accidents présentés dans cette étude obligent à être plus
circonspects. De nombreux rejets se sont produits sur les sections HP des
installations et plusieurs ruptures franches de canalisations sont signalées
(sections soumises à des vibrations en sortie d'un compresseur par exemple,
corrosion externe, etc.). On ne peut également négliger le risque d'un effet
domino, une capacité ou une canalisation contenant de l'ammoniac se
retrouvant par exemple prise dans un incendie. Enfin, les réparations ne se
déroulent pas toujours aussi rapidement que prévues (installations abandon-
nées, présence des employés, connaissances suffisantes de l'installation ou
des travaux à effectuer, etc.), entraînant ainsi de nombreuses interventions
des services de secours externes à l'entreprise.

46 Ammoniac, références et évaluation des risques pendant l'utilisation dans les installations de froid
(AGA - FRIGOSCANDIA/ A. LINDBORG - 1994).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 73

b) Le risque incendie / explosion

Les incendies et les explosions peuvent concerner l'ammoniac contenu dans les unités de
réfrigération et/ou les installations annexes (chambres froides et leur isolation thermique
en particulier).
· L'ammoniac est considéré comme un gaz relativement peu inflammable 47 et
ne semble présenter un risque d'explosion qu'en milieu clos 48/49. Ses limites
d'inflammabilité dans l'air sont comprises entre 15 et 28 %. Une étude
indique cependant que la L.I.E. peut être réduite de 4 % pour un aérosol
d'huile et d'ammoniac (fuite simultanée de lubrifiant) 50/51. De même, il est
pratiquement impossible d'éviter la présence d'hydrogène de décomposition,
donc par endroit à l'état naissant 52. En effet, si l'ammoniac pur en milieu
inerte ne se décompose qu'à partir de 200°C, sa dissociation en azote et en
hydrogène commence déjà vers 110 à 120°C en présence d'eau et de fer.
L'air et l'huile contribuent également à cette dissociation.
Il est douteux que la présence d'air (entre 75 et 97 % en volume à la pression
atmosphérique) dans une unité en exploitation, ou que la seule combustion
d'huile de graissage, sans autre circonstance favorable, puisse induire la
combustion et l'explosion de l'ammoniac. Par contre, il faut noter que les
limites d'explosivité de l'hydrogène atomique sont comprises entre 4,1 et
75 %. Dans ces conditions, il est probable que des cas suspects d'explosion
d'unité d'ammoniac soient en fait des explosions d'hydrogène ayant entraîné
des incendies au cours desquels des explosions secondaires d'ammoniac ont
pu se produire, la majeure partie de l'ammoniac étant brûlée sans
explosion 52.
Ce qui précède, justifie la nécessité :
- d'une bonne déshydratation des circuits à compression d'ammoniac
(qui ne semble pas toujours être réalisée au mieux) même si des
traces d'eau n'entraînent pas par ailleurs un risque de corrosion
important,
- d'éviter l'emploi de nickel (catalyseur très actif) dans les circuits
d'ammoniac,
- de bien surveiller les pressions et de purger les incondensables dès
que leur présence est détectée (la présence de désaérateurs continus
est à privilégier),

47 Fiche toxicologique n° 16.(I.N.R.S.)


48 Les explosifs occasionnels (Lavoisier TEC&DOC/ Louis MEDARD - 1987).
49 L'ammoniac / Collection Enviroguide (Environnement Canada - 1985).
50 Guide d'étude des risques technologiques (AFF / Club Ammoniac - 1995).
51 Colloque A.F.F. / Institut international de réfrigération de l'ammoniac (U.S.A.).
52 Réfrigération industrielle (EYROLLES / Jean-Georges CONAN - 1988).
page 74 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

- de purger régulièrement l'huile sans oublier celle qui est présente


dans les évaporateurs même dans les cas difficiles (installations de
congélation),
- de n'utiliser la soudure in situ, lors de réparations éventuelles,
qu'avec prudence et que si une circulation d'azote (ou autre gaz
neutre) peut être réalisée à l'endroit de la soudure ; le matériau
devant par ailleurs être bien refroidi de part et d'autre de la soudure,
- de n'utiliser que du courant basse tension pour alimenter les appa-
reils de contrôle et de sécurité en contact avec le fluide.
· L'isolation thermique des bâtiments (chambres froides, etc.) met souvent en
oeuvre des matériaux tels que les panneaux composés de mousse de
polyuréthane prise en sandwich entre 2 parois métalliques (aluminium) ou
plastiques (polyester). Conscients de la vulnérabilité au feu de ces panneaux,
les fabricants proposent d'autres solutions 53 :
- mousses de polyuréthane imprégnées d'un produit ignifuge, mais
dont le maintien de l'efficacité dans le temps reste à prouver,
- panneaux de laine de roche. Le comportement de ce matériau, d'un
usage récent, soumis à l'humidité de la condensation dans le
panneau est encore mal connu.
Des statistiques de l'association des assureurs I.A.R.D. de la R.F.A. ont mis
en évidence près de 50 incendies qui se sont déclarés dans des salles ou des
entrepôts frigoriques entre 1966 et 1977. A l'exception de 2 actes de
malveillance, les causes de ces incendies étaient principalement liées à des
déficiences de l'installation ou de l'équipement électrique (notamment au
niveau des encadrements de portes ou des passages de câbles dans les murs
isolés), ainsi qu'à des travaux de soudure ou d'oxydécoupage. Un cas
d'imprudence est également signalé à la suite du dégèlement d'un
évaporateur de chambre froide à la flamme nue 54. Ce dernier cas excepté,
dans de nombreux accidents étudiés dans cette monographie, les causes des
sinistres restent identiques.

53 Revue FACE AU RISQUE n° 303 (R. DOSNE - mai 1994).


54 Prévention des incendies et sécurité dans les entrepôts frigorifiques
(A.E.E.F. / I.I.F. Commisssion D11 - 1982).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 75

Les conséquences

Hors dégâts matériels et accidents lors du démantèlement des installations abandonnées,


les cas étudiés n'ont eu que rarement des conséquences à l'extérieur des établissements.
Aucun décès de personnes appartenant au public n'a été ainsi observé. Une étude
suédoise 55 réalisée à partir de plusieurs rapports d'accidents en réfrigération relève
également qu'aucune personne n'est décédée ou n'a été gravement blessée à une distance
supérieure à 150 ou 200 m de la fuite d'ammoniac. Cette étude indique également que si
l'ammoniac forme un brouillard blanc dans une ambiance close, la mauvaise visibilité
indique que la concentration est supérieure à 4 % ; une visibilité acceptable signifie que
la limite de combustion n'est pas atteinte.

Les études des dangers doivent naturellement préciser, au cas par cas et à partir de
plusieurs scénarios, les distances limites géographiques des effets mortels et des effets
irréversibles 56. Cependant, la valeur de 150 à 200 m est équivalente à celle qui est
généralement imposée par défaut pour les installations (entrepôts, etc.) présentant un
risque incendie (hors BLEVE). Cette distance est suffisante notamment pour limiter à
un niveau supportable le flux thermique et assurer une intervention des secours dans de
bonnes conditions. Elle semble également être en cohérence, comme limite des effets
mortels, avec les conséquences observées dans les 135 accidents étudiés en
réfrigération. De même, la limite des effets irréversibles qui doit être confirmée devrait
se situer entre 300 et 500 m (aucun des accidents étudiés n'a entraîné un effet
irréversible à une telle distance).

Les perspectives d'évolution

Il a déjà été indiqué dans cette étude que pour une installation de réfrigération la masse
d'ammoniac rapportée à la puissance installée est de l'ordre de 5,5 kg d'NH3/kW. Au
regard du volume de stockage d'un entrepôt, un ratio approximatif de 0,097 kg/m3 (sans
congélation) ou de 0,150 kg/m3 (chambres avec congélation) peut également être
utilisé 57. L'évolution des techniques tend cependant à réduire la quantité d'ammoniac
utilisée par une diminuation du diamètre des tuyauteries et une augmentation de la
puissance et de la vitesse des compresseurs 58.

55 Ammoniac, références et évaluation des risques pendant l'utilisation dans les installations de froid
(AGA - FRIGOSCANDIA/ A. LINDBORG - 1994).
56 Guide de la maîtrise de l'urbanisme autour des sites industriels à hauts risques
(Ministère de l'environnement - 1990).
57 Réunion S.E.I. / Profession du 27 juillet 1993 (compte rendu du 4 août 1993).
58 L'ammoniac utilisé comme frigorigène (INSTITUT INTERNATIONAL DU FROID I.I.F. / I.I.R - 1993).
page 76 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

Des technologies alternatives dans la réfrigération sont résumées en annexe 2 59. Des
évolutions techniques sont également à prévoir dans la conception des installations
actuelles, notamment si l'utilisation de l'ammoniac en réfrigération se développe.

En augmentant le rendement thermique, ces évolutions doivent permettre de diminuer la


taille des équipements et la charge en ammoniac des installations. Les recherches
doivent notamment porter sur les matériaux et les huiles de lubrification ainsi que sur la
conception des compresseurs, le dimensionnement et l'optimisation des échangeurs 60.

La réalisation à partir des séries utilisées pour le R22 de petits compresseurs, ouverts
dans un premier temps ou à vis, utilisables avec l'ammoniac ne doit également pas poser
de problème 61. A la suite d'études en laboratoire, de nombreuses améliorations ont par
ailleurs été apportées ces dernières années aux performances des échangeurs après
modification de la géométrie des surfaces internes et externes des tubes utilisés dans les
condenseurs et les évaporateurs de fluides halogénés. Il reste cependant à démontrer que
ces appareils peuvent être utilisés avec l'ammoniac 62/63.

Le développement des techniques utilisant un fluide intermédiaire (systèmes de refroi-


dissement indirect) va aussi dans ce sens et peut éventuellement permettre de limiter le
stockage et la circulation de l'ammoniac à l'intérieur des équipements confinés dans la
salle des machines. Les refroidisseurs de liquide se prêtent bien à la réalisation de
stockages d'énergie frigorifique sous forme de glace ou d'eutectiques. Ils contribuent
ainsi au rattrapage thermodynamique de l'irréversibilité entraînée par l'utilisation d'un
fluide intermédiaire 60/64. Les chambres étanches comme les chambres de maturation
(bananes, tomates, etc.), les chambres à atmosphère contrôlée (stations fruitières
également et dont le nombre augmente régulièrement 65), dans lesquelles des C.F.C.
avaient été choisis auparavant dans un système à détente directe, ainsi que les locaux
dont la température se situe au-dessus de 2°C, sont également bien adaptés à l'usage de
systèmes à fluides intermédiaires 58.

59 12 technologies pour l'avenir de l'environnement (Ministère de l'Industrie & du Commerce Extérieur / SRI
International - 1992).
60 Machines frigorifiques / Développements futurs / Centre de thermique, URA CNRS 1372,
INSA - Villeurbanne (Pr. M. LALLEMAND / RPF n° 766 - Janvier 1993).
61 Nouveaux débouchés pour l'ammoniac (R.G.F. / G. VRINAT - 1993).
62 Club Ammoniac - GV du 20 octobre 1993.
63 Thermal Performance of Advanced Heat Exchangers for Ammonia Refrigeration System /
C.B. PANCHAL & T.J. RABAS ( Heat Transfer engineering vol. 14 n0 4 1993).
64 Le stockage d'énergie frigorifique par mélanges eutectiques (SOTRAGAL / P. LE -
AITF Interclima - Janvier 1991).
65 L'entreposage frigorifique français en chiffres (R.G.F. / F. BILLIARD & G. PIERSON - 1992).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 77

CONCLUSIONS

RECOMMANDATIONS

Produit toxique, l'ammoniac doit être mis en oeuvre dans des installations fiables,
exploitées et très régulièrement contrôlées par du personnel compétent. Le risque de
fuite ne pouvant être nul, une information du public environnant est également
nécessaire.

Compte tenu de la diversité et de la taille des entreprises concernées, la formation du


personnel interne ou externe (sous-traitants) est l'un des facteurs clés permettant
d'assurer un maximum de sécurité de la conception d'une installation frigorifique à son
démantèlement.
· Hors problèmes de nature chimique, les inconvénients de l'incompatibilité
de l'ammoniac avec le cuivre et ses dérivés tiennent essentiellement au fait
que la majorité des techniciens frigoristes et des installateurs n'ont travaillé,
au cours des 50 dernières années, qu'avec des C.F.C. et une tuyauterie en
cuivre. Il existe donc aujourd'hui un manque de savoir-faire et de formation
en ce qui concerne le soudage des tuyaux en acier et des réservoirs haute
pression 66.
· La faible miscibilité de l'ammoniac avec les huiles couramment utilisées
modifie la conception et l'exploitation des installations 67. Ces dernières
demandent également plus d'entretien que les installations fonctionnant avec
des C.F.C. et le personnel doit recevoir une formation spéciale. C'est pour-
quoi l'ammoniac est aujourd'hui surtout employé dans les installations
industrielles de grande puissance.

Les recommandations qui suivent ne sont pas exhaustives et de nombreux textes


réglementaires, normes et recommandations applicables aux installations frigorifiques
existent 68. Ces recommandations sont extraites de propositions formulées par la
profession 69 ou de conclusions de groupes de travails spécialisé 70. Certaines peuvent

66 Stage d'été SAVE-Club M3E (Association Française du Froid /A.F.F. G. VRINAT - 1994).
67 L'ammoniac utilisé comme frigorigène (INSTITUT INTERNATIONAL DU FROID I.I.F. / I.I.R - 1993).
68 Annexe 6 : quelques textes réglementaires, normes et recommandations applicables aux installations
frigorifiques.
69 Charte des mesures à prendre concernant la conception, l'étude, la maintenance des installations de froid
et de climatisation et la formation des personnels (annexe à la convention Pouvoirs Publics et professions
du froid et de la climatisation - Février 1989).
page 78 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

être généralisées à toutes les installations frigorifiques quel que soit leur utilisation ou le
frigorigène mis en oeuvre ; elles concernent donc les installations de réfrigération
utilisant de l'ammoniac.

Conception, construction et mise en service des installations

Les installations frigorifiques ne doivent être construites et installées que par des
entreprises qualifiées. Les composants, matériels et consommables (huiles, fluides de
transfert de chaleur, etc.) doivent correspondre aux conditions d'utilisation.

Risque toxique

1. L'étude des composants, la sélection des matériaux et des équipements, la concep-


tion et la réalisation des installations (volumes des appareillages et des réservoirs,
etc.) doivent permettre d'utiliser une charge aussi faible que possible de frigorigène
et de réduire au minimum les fuites de produit.
Dans la mesure du possible, la charge de frigorigène doit être réduite en utilisant un
sytème de réfrigération indirect utilisant un fluide secondaire (eau, glycol, saumure,
etc.). La charge d'ammoniac peut ainsi être dans certains cas limitée à la salle des
machines.

2. L'installation doit être divisée en sections isolables. Si les réservoirs en sont


dépourvus, chaque section doit être équipée de raccords correctement dimensionnés
pour y connecter une unité de récupération. Le sectionnement des installations doit
pouvoir être effectué localement et à distance.
Les éléments de l'installation (compresseurs, équipements, canalisations, etc.) dont
l'entretien nécessite une ouverture (changement de filtres, huile, etc.) doivent être
munis de leur propre système d'isolement et disposer de robinets de transfert
lorsqu'ils ne peuvent être reliés au système de tirage au vide.

3. Dans les installations recevant du public, comme les patinoires, des cloisons aména-
gées entre le local des machines et les autres locaux doivent éviter que le gaz
toxique puisse se répandre. Comme pour les compartiments coupe-feu, les
ouvertures dans le canal des conduites en direction des locaux publics doivent être
bouchées. Les canaux longeant les parties des installations accessibles au public
doivent être confinées. Des détecteurs d'ammoniac, reliés au système général
d'alerte au gaz, doivent être installés dans les canaux.

70 Application de l'ordonnance sur les accidents majeurs (OPAM) et conclusions tirées des rapports de
risque réalisés pour des patinoires artificielles / Compte rendu du Groupe de travail "Sécurité des
patinoires artificielles" (Office fédéral suisse de l'environnement, des forêts et du paysage - Section
sécurité des installations - Décembre 1991).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 79

De même, les écoulements dans le sol du local des machines, les trous d'écoulement
dans les canaux de conduites, dans les fosses de pompage, etc. doivent être bouchés
pour éviter un rejet d'ammoniac dans les égouts.

4. Les canalisations véhiculant le frigorigène doivent être aussi courtes que possible.
Les tuyauteries situées à l'extérieur des bâtiments devront dans la mesure du
possible être confinées. L'atmosphère emprisonnée dans la double canalisation doit
pouvoir être contrôlée en continu (balayage avec un gaz inerte, détecteurs
ammoniac).
L'installation et l'ancrage des tuyauteries flexibles doivent être réalisés avec soin.
Les assemblages doivent se faire sans contrainte pour éviter les fissurations du
métal.

5. Les lignes de retour dans les systèmes de circulation par pompes doivent comporter
une pente continue vers le séparateur.

6. Les vibrations induites par les équipements motorisés fragilisent les tuyauteries et
peuvent entraîner des fuites de frigorigène. Les compresseurs provoquent ainsi des
pulsations de la colonne gazeuse et/ou des vibrations mécaniques. Ces dernières
peuvent également provenir du moteur d'entraînement. Ces vibrations dépendent :
· du dimensionnement des fondations,
· du dimensionnement des tuyauteries,
· du tracé et de la fixation des canalisations,
· de la sélection et du réglage des organes de régulation.
Dans les sections des canalisations concernées, le soudage doit notamment être à
privilégier pour les raccords et assemblages de tuyauteries, par rapport aux raccords
vissés, aux brides ou au sertissage.
Les compresseurs et leurs groupes d'entraînement doivent être parfaitement alignés.
Avant la mise en service de l'installation, un essai de fonctionnement doit être
effectué pour analyser le comportement vibratoire des différents composants. Si
nécessaire, des mesures seront prises pour limiter l'amplitude des oscillations aux
valeurs recommandées. Les pulsations dans les canalisations d'aspiration et de
refoulement peuvent être atténuées par l'insertion d'amortisseurs ("damper") ou
d'appareils équivalents. Dans certains cas particuliers, un limiteur d'amplitude pour
les oscillations peut également être inséré.

7. Les protections contre les surpressions doivent être du type "doubles soupapes de
sécurité à inversion".

8. Les vannes d'arrêt manuelles doivent être de type "à contre-siège", pour permettre
les changements de têtes et de joints sans fuite de frigorigène. Les robinets à presse-
étoupe doivent être de type "à soufflet" ou "à diaphragme" ou être munis d'un
capuchon étanche aux gaz.
page 80 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

9. Les purges installées sur les installations (compresseurs, etc.) devront être
collectées.
De manière générale, les raccords débouchant à l'air libre et non utilisés en
fonctionnement normal, ainsi que les tubes de purge ou de remplissage, doivent être
obturés par un dispositif résistant à la pression.

10. L'injection mal contrôlée de frigorigène liquide dans les tuyauteries de vapeur est à
éviter (risque de surpression).

11. Des passerelles, escaliers ou échelles doivent être en nombre suffisant pour assurer
la bonne marche et la vérification de l'installation. L'usage des tuyauteries ou de
leurs fixations comme marche-pieds est interdit.

12. Une unité de récupération de frigorigène doit être disponible en permanence sur les
sites disposant d'une installation frigorifique contenant normalement une charge
évacuable de frigorigène supérieure à 500 kg.

13. L'installation ne doit être chargée qu'avec la quantité de frigorigène spécifiée.

14. La vérification des matériels, les essais d'étanchéité et la mise en service des instal-
lations ne peuvent être confiés qu'à une personne de l'installateur formée à cet effet
et qualifiée, sous le contrôle éventuel d'un inspecteur indépendant.
L'installation doit être soumise à un test d'étanchéité en fin de montage, soit
globalement, soit par section et sous-ensemble. Ce test devra être certifié par écrit. Il
devra être renouvelé si l'installation est modifiée ou est restée inutilisée pendant
plus de 6 mois.
Lors de la mise en service de l'installation, tous les organes de contrôle et de sécuri-
té doivent être vérifiés dans les conditions normales d'utilisation. L'inspection sera
conduite en suivant une "check-list". Les organes de sécurité seront protégés contre
les interventions non autorisées (scellés, etc.).

15. Lors de la livraison des installations assemblées sur site, l'utilisateur doit être
informé de la fonction et de la conduite de l'installation, de la nature et des risques
présentés par le frigorigène utilisé ainsi que des conséquences d'une fuite éventuelle
de ce dernier. Un personnel qualifié doit apprendre à l'utilisateur comment détecter
les fuites et les mesures à prendre en cas d'urgence.
Les méthodes de transfert du frigorigène à l'intérieur de l'installation doivent être
représentées sur un schéma de principe et expliquées dans les instructions d'utilisa-
tion. Une copie de ces documents devra être disposée en permanence et de façon
visible à proximité des installations.

16. Les locaux contenant de l'ammoniac, accessibles uniquement aux personnes dûment
autorisées, doivent figurer sur un plan global de fermeture des différents locaux.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 81

17. L'utilisateur devra être informé de sa responsabilité au niveau de l'élimination du


frigorigène, des huiles frigorifiques et des composants du système pollué par ces
produits lors de l'exploitation normale de l'installation ou lors de son abandon.

Risque incendie 71

18. L'interruption de la continuité de la partie combustible des matériaux entre panneaux


est un facteur essentiel. Cet objectif est atteint en recoupant un mur combustible par
une ou deux largeurs de panneaux incombustibles.
Le compartimentage et la séparation des activités constituent une autre solution
(réception et stockage des matières premières, ateliers de fabrication, conditionne-
ment emballages, stockage en frigos, etc.).
Les installations peuvent être placées sous détection incendie. En raison de la
présence de fumée, les détecteurs ioniques peuvent être plus sensibles que les
détecteurs différentiels thermiques. Aux endroits susceptibles d'être le siège de
dépôts de givre, ces détecteurs peuvent être équipés d'un dispositif de réchauffage
par résistances électriques de 6 à 10 W alimentées en courant continu de 24 à
30 V 72.
Les traversées par tapis roulants entre sections isolées, lorsqu'elles sont inévitables,
peuvent être protégées par des sprinkleurs. Ces dispositifs ne sont cependant pas
toujours fiables en présence de températures trop basses (gel, etc.) ou efficaces
contre les feux d'isolants. Les installations utilisant du dioxyde de carbone ne sont
pas répandues en raison du coût élevé de leur mise en oeuvre (1 000 m3 d'air
exigent environ 1 650 kg de CO2). Le principal produit d'extinction reste l'eau. En
Allemagne, des règles techniques imposent des valeurs de référence pouvant
atteindre 192 m3/h pour les bâtiments commerciaux et industriels. Pour 50 000 m3
de chambre froide, il doit être garanti qu'en utilisant 2 bouches d'incendie, on
dispose d'un débit au moins égal à 120 m3/h à la pression de 4 bars durant 2 h 00 ;
aucun point de l'entrepôt ne devant être situé à plus de 80 m de la bouche d'incendie
la plus proche 72.
Les bâtiments annexes, locaux administratifs et sociaux, laboratoires, centrales
énergies peuvent être écartés du corps de l'usine et disposés en fonction du vent
dominant. Cette disposition présente également l'avantage de réduire le risque d'un
effet domino (capacité d'ammoniac prise dans l'incendie, etc.).
Les locaux utilisés comme compartiments coupe-feu (local machines, etc.) doivent
disposer de portes automatiques. Les passages des tuyaux et des câbles dans les
murs doivent être bouchés avec un matériau résistant au feu.

71 Revue FACE AU RISQUE n° 303 (R. DOSNE - mai 1994).


72 Prévention des incendies et sécurité dans les entrepôts frigorifiques/ Science et Technique du froid/
Association Européenne des exploitations Frigorifiques (Institut International du Froid/ Commission D11
- PARIS - 1982-2).
page 82 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

19. En Allemagne et en fonction des connaissances actuelles, l'utilisation de matériaux


isolants inflammables 73 limite le volume d'un espace coupe-feu à 24 000 m3 au
maximum. Les murs d'incendie qui l'entourent doivent être composés de matériaux
ininflammables capables de s'opposer efficacement à la propagation du feu durant
au moins 90 mn. Ces murs doivent enfin dépasser suffisamment du toit de l'espace
coupe-feu pour faire obstacle à une propagation du feu (vent, tempête, etc.) sur les
parties avoisinantes du bâtiment 72.
Le volume d'espace coupe-feu peut être porté à 48 000 m3 lors de l'utilisation de
matériaux ininflammables ou un isolant extérieur. Mis à part les entrepôts à rayon-
nages élevés soumis à d'autres critères de prévention, la hauteur utile des chambres
froides ne devrait pas par ailleurs dépasser 14,5 m.

20. Les installations électriques constituent un maillon faible dans un environnement de


mousses inflammables. L'isolation des bâtiments implique la présence de faux
plafonds et de volumes sous toiture permettant le passage de nombreux chemins de
câbles dans un environnement ou la mousse peut être à nu. Des contrôles réguliers
par thermographie permettent de détecter par infrarouge les points sensibles d'une
installation (conducteur d'un diamètre insuffisant, etc.).
De même, sur les installations de chauffage électrique (déglaçage, dégivrage, etc.),
les températures de surface retenues ne doivent présenter aucun danger 72.

21. Des mesures de prévention renforcées et une information des intervenants sont enfin
nécessaires lors de travaux éventuels (interdiction de fumer, permis de feu, etc.).

Exploitation, réparations et contrôles

Les installations frigorifiques doivent être contrôlées, entretenues de manière


approfondie régulièrement et réparées par un personnel spécialisé ayant reçu une
formation appropriée. Des vérifications de routine peuvent être assurées par un
personnel convenablement formé 74.

Le travail exécuté doit être consigné. Dans tous les cas l'utilisateur doit recevoir une
copie du rapport de contrôle ou de la fiche de travail.

73 Au sens de la catégorie B définie dans la norme DIN 4102.


74 Charte des mesures à prendre concernant la conception, l'étude, la maintenance des installations de froid
et de climatisation et la formation des personnels (annexe à la convention Pouvoirs Publics et professions
du froid et de la climatisation - Février 1989).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 83

22. Des agents doivent être nommés avec leurs attributions respectives dans un
document écrit précisant clairement les responsabilités pour :
· la sécurité de l'installation,
· l'état de l'installation,
· la prévention des accidents (du personnel compétent doit être disponible
24 h sur 24).
Un cahier des charges doit être établi pour le responsable de la sécurité et pour son
remplaçant.

23. Les instructions d'exploitation et d'entretien sont établies selon les normes de la
série NF 35 400 relatives aux exigences de sécurité pour la conception,
l'équipement, l'installation et l'exploitation aux installations frigorifiques.

24. La fréquence des contrôles et de la maintenance nécessaire est fonction de la nature


et de l'intensité d'utilisation de l'installation ainsi que de la charge de frigorigène.
Si possible chaque trimestre, à défaut une fois par an, les installations frigorifiques
doivent bénéficier d'une maintenance périodique avec un contrôle des fuites
éventuelles, même minimes, de frigorigène.
Les contrôles porteront notamment sur les éléments qui sont importants pour la
sécurité de l'installation (réservoirs contenant de l'ammoniac, soupapes de sécurité,
vannes d'arrêt, systèmes de déclenchement d'urgence, équipements d'alarme, etc.) et
sur les autres parties critiques (condenseurs, collecteurs, etc.).
Les inspections et vérifications diverses devront être rigoureusement planifiées,
certains contrôles ne pouvant être effectués que lorsque l'installation est hors
service. De même, des plans d'entretien devront être établis pour toute l'installation ;
ces derniers devront inclure, si nécessaire, les éventuels contrats d'entretien.

25. Toute fuite détectée doit immédiatement être réparée. Pour éliminer les fuites, la
partie concernée du circuit doit être isolée et le frigorigène qu'elle contient doit être
transféré dans le reste du circuit ou dans un récipient réservé à cet usage.

26. La maintenance inclut un contrôle du bon état, du bon fonctionnement et du bon


réglage des organes et des systèmes de sécurité.

27. Les réparations exigeant l'assistance d'autres corps de métiers (soudeurs,


électriciens, etc.) devront être conduites en suivant les instructions d'un spécialiste
en réfrigération.

28. Pour réduire les rejets, le frigorigène et l'huile doivent être transvasés en minimisant
les pertes. Le frigorigène sous pression ne doit pas être purgé à l'air libre. Les
déchets doivent être éliminés en respectant la réglementation.
page 84 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

29. Les locaux des machines ne doivent pas être utilisés pour d'autres opérations
(séchage de vêtements, atelier, entrepôt, etc.). Cette interdiction concerne tout
particulièrement l'entreposage de substances inflammables, combustibles ou
explosibles.

Formation des intervenants 75/76

30. Le personnel qualifié installant, réparant ou maintenant l'installation frigorifique


doit être formé en conformité avec la législation sur l'hygiène et la sécurité. Il doit
disposer de suffisamment d'expérience et de connaissances, notamment en ce qui
concerne les récipients sous pression et les caractéristiques physico-chimiques et
toxicologiques de l'ammoniac et de ses solutions aqueuses. Il doit de plus être
entraîné pour avoir les capacités et le sens des responsabilités nécessaires à
l'exécution d'un travail fiable. Ceci implique :
· de solides connaissances dans le domaine de la réfrigération,
· une familiarisation avec la législation correspondante, le code du travail et
les règles de l'art,
· une aptitude à évaluer le bon état de marche et de sécurité d'une installation
frigorifique.

31. La personne qui réalise et/ou surveille le montage, la réparation et la maintenance


doit avoir suivi une formation agréée de "technicien frigoriste" ou un stage de
remise à niveau sur les bases des principes énumérés ci-dessus. Elle doit avoir de
plus suffisamment de connaissances pratiques et une solide expérience dans la
conduite d'installation de ce type.

32. Le personnel qualifié doit suivre une formation continue sur les développements
existants ou nouveaux, les innovations dans le domaine de la réfrigération et la
manipulation des frigorigènes, matériaux annexes et consommables.

33. Des consignes d'exploitation écrites adaptées seront prévues pour chaque installa-
tion. Les informations en cas d'incident ou d'accident devront être clairement
formulées.

75 Charte des mesures à prendre concernant la conception , l'étude, la maintenance des installations de froid
et de climatisation et la formation des personnels (annexe à la convention Pouvoirs Publics et professions
du froid et de la climatisation - Février 1989).
76 Application de l'ordonnance sur les accidents majeurs (OPAM) et conclusions tirées des rapports de
risque réalisés pour des patinoires artficielles / Compte rendu du Groupe de travail "Sécurité des
patinoires artificielles" (Office fédéral suisse de l'environnement, des forêts et du paysage - Section
sécurité des installations - Décembre 1991).
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 85

Intervention / Evacuation

34. Un plan d'alarme et d'intervention (POI, etc. ) en cas d'accident doit être établi, en
liaison avec les services d'intervention et de secours, et porté à la connaissance de
l'ensemble du personnel, auxiliaires éventuels compris. Des exercices devront être
réalisés annuellement avec les services d'intervention. Les messages à émettre par
haut-parleurs doivent être préparés (enregistreur).
La population environnante et les médias locaux doivent être informés. Les mesures
nécessaires pour le voisinage doivent êtres prises (n° de téléphone des pompiers, de
la police, de la radio locale, etc.).

35. L'exploitant de l'installation et les sociétés extérieures susceptibles d'intervenir sur


celle-ci doivent disposer des équipements adéquats :
· outillage adapté,
· équipements professionnels spécifiques pour la charge et pour le transfert du
frigorigène (récupération et neutralisation des fluides comprises),
· appareils de contrôle et d'étanchéité,
· instruments de mesures et de contrôle,
· produits d'exploitation et connexes,
· documentation.

36. Les voies d'accès et les chemins doivent être marqués et libres d'obstacle pour
permettre le passage en tout temps. Toute personne doit pouvoir ouvrir les portes de
l'intérieur.
Un éclairage de secours doit être disponible en permanence (recharge automatique,
etc.). Le groupe électrogène de secours doit aussi alimenter les haut-parleurs
éventuellement installés.
Ces dispositions doivent tout particulièrement être respectées pour les installations
recevant du public.

37. Les interrupteurs de secours doivent être installés à l'extérieur du local des
machines. Le personnel doit pouvoir y accéder facilement et être instruit de leur
maniement.
La position de ces interrupteurs et de tous les dispositifs de commande qui, en cas
d'accident, sont importants pour la sécurité de l'exploitation doit être repérée sur un
schéma et sur l'installation elle-même (couleur, etc.). Un exemplaire du schéma sera
suspendu dans le local des machines et un deuxième exemplaire au moins devra être
facilement accessible hors de ce local.

38. Un indicateur de direction du vent (drapeau, etc.) doit être installé en un endroit
bien visible de jour comme de nuit.
page 86 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 87

ANNEXES
page 88 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 89

ANNEXE 1

TYPE ET CARACTERISTIQUES
PRINCIPALES DES INSTALLATIONS
FRIGORIFIQUES INDUSTRIELLES 1

Le tableau suivant résume les puissances frigorifiques, les capacités d'ammoniac mises
en oeuvre ainsi que les vitesses et les pressions de fluide en phase liquide par type
d'installations.

Capacité Canalisation /
Puissance
unitaire vitesse &
Type d'installation frigorifique
NH3 pression en
unitaire
(kg/kW) phase liquide

Entrepôts de produits frais Æ = 10 à 150 mm


Moyens (500 à 5 000 m3) 50 à 30 W/m3 0,5 V = 1 à 2 m/s
Gros (5 000 à 25 000 m3) 30 à 25 W/m3 0,5 P = 10 à 18 b abs.

Entrepôts de produits surgelés Æ = 10 à 150 mm


Moyens (1 000 à 10 000 m3) 35 à 15 W/m3 0,5 V = 1 à 2 m/s
Gros (10 000 à 100 000 m3) 15 à 8 W/m3 1 P = 10 à 18 b abs.

Tunnels de congélation (kg/h) 150 W/kg/h 2

Abattoirs et préparation de la viande


(nombre de bêtes/ jour) : Æ = 10 à 150 mm
Bovins 16 kW/bovin/h 1,5 V = 1 à 2 m/s
Porcs 4 kW/porc/h 1,5 P = 10 à 18 b abs.

1 Syndicat du Matériel Frigorifique - Syndicat de l'Aéraulique


(UNICLIMA / Pascal FOLEMPIN et Georges VRINAT).
page 90 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 91

ANNEXE 2

INSTALLATIONS FRIGORIFIQUES
INDUSTRIELLES UTILISEES EN FRANCE
-
TECHNOLOGIES ACTUELLES ET ALTERNATIVES2

"Le marché potentiel des technologies de production de froid sans CFC est
particulièrement difficile à estimer. D'une part, il n'existe pas de statistiques homogènes
concernant les marchés nationaux des machines de froid traditionnelles et, d'autre part,
il est particulièrement difficile d'extrapoler les résultats passés pour dresser un tableau
du marché mondial du froid dans les prochaines années. A fortiori, toute estimation de
la taille du marché mondial des techniques alternatives ne peut être que spéculative.

On peut dresser un rapide tableau des usages du froid et des technologies alternatives à
l'emploi des fluides halogénés afin d'en montrer l'intérêt économique. En l'absence de
statistiques homogènes concernant le marché mondial des applications du froid, seul
l'exemple français est repris dans le tableau suivant."

Parc 91 Tonnages
Usages Technologies (milliers) estimés Technologie alternative
actuelles de fluides

Chambres Compression vapeur 300 900 Tubes vortex, machines frigo.à NH3.
froides

Stockage Compression vapeur 0,3 1 500 Machines frigorifiques à NH3.


public (R22, R502, NH3)

Stockage Compression vapeur 21 5 000 Machines frigorifiques à NH3.


privé (R12, R22, R502)

Froid Compression vapeur 5 2 500 Machines frigo. à NH3, à gaz d'hydro-


industriel (R12, R22, NH3) carbure, cryogénérateurs Philips.

Industrie Compression vapeur 1 3 000 Machines frigorifiques à NH3.


agro- (R12, R22, R502, NH3)
alimentaire

Patinoire Compression vapeur 0,1 750 Machines frigorifiques à NH3.


(R12, R22, NH3)

R : C.F.C., FORANE (ou FREON)

2 12 technologies pour l'avenir de l'environnement


(Ministère de l'Industrie et du Commerce Extérieur/ SRI International - 1992).
page 92 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 93

ANNEXE 3

CARACTERISTIQUES PHYSIQUES ET
/
THERMODYNAMIQUES DE L'AMMONIAC 3 4

Formule chimique NH3

Masse molaire (g) 17,03

Densité de vapeur 0,597

Masse volumique à 0°C et 430 KPa (kg/m3) 3,4

Solubilité dans l'eau à 20°C (% poids) 33,1

Température d'ébullition sous 1 atmosphère (°C) - 33,3

Température de fusion (°C) - 77,7

Température d'auto-inflammation (°C) 651

Point critique à 11480 kPa (°C) + 132,4

Pression critique (bar) 117,93

Tensions de vapeur (kPa) à -18,7°C 200


4,7°C 500
50,1°C 2 000
78,9°C 4 000

Production frigorifique spécifique (KJ/KWh) 7807


(régime - 45°C / + 30°C)

Production frigorifique volumétrique (KJ/m3) 526,2


(régime - 45°C / + 30°C)

Limites d'explosivité dans l'air (% volume) LIE 16


LSE 25

Energie minimale d'inflammation (mJ) 680

Violence d'explosion (mS) 320

Vitesse fondamentale de flamme (m/s) 0,07

Classification (Norme NF E 35-400) Groupe 2 : toxicité dominante

3 Données techniques de la profession.


4 Fiche toxicologique n° 16.(I.N.R.S.).
page 94 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 95

ANNEXE 4

FICHE TOXICOLOGIQUE
DE L'AMMONIAC

L'ammoniac est un gaz irritant pour les muqueuses donnant par dissolution dans l'eau
des solutions caustiques. Ses vapeurs peuvent provoquer des atteintes oculaires se
traduisant par des larmoiements et les atteintes respiratoires se traduisent par une
irritation des voies respiratoires supérieures. L'ammoniac et ses solutions aqueuses sont
caustiques pour la peau.

Plusieurs valeurs de concentrations toxiques sont proposées dans la littérature. Ainsi, la


valeur de la concentration létale (LCL0) pour une exposition de 5 mn varie par exemple
de 4 500 5 à 30 000 ppm 6 (1 ppm = 0,757 mg NH3/m3). Les valeurs indiquées dans le
tableau ci-dessous sont issues :
· d'une étude 7 rassemblant l'ensemble des résultats expérimentaux chez l'animal
recoupés par les différentes observations disponibles chez l'homme. Cette étude
évalue des concentrations en ppm correspondant à des "zones" d'effets réversibles/
irréversibles (Z.R.I.) et d'effets potentiellement mortels (Z.P.M.(1)).
· d'un modèle AKZO, validé par le TNO et le SNIE, utilisant une loi Probit de la
forme : Pr = 1,85 x Log C2 x t - 34,6 8

Temps (mn) Z.R.I. Z.P.M. (1) Z.P.M. 8


10 550 1 600 9 900
30 500 (IDLH) 1 100 5 700
60 300 (2) 850 4 000
120 200 (2) 700 2 900

(1) Effet individuel toujours possible (2) avec réserve

En France, la valeur limite d'exposition (VLE) et la valeur limite de moyenne


d'exposition (VME) indicatives admises dans les locaux de travail sont fixées à 50
et 25 ppm 9
LCL0 (Lethal Concentration Low) : concentration la plus basse de produit qui,
pour une durée d'exposition donnée, a provoqué la mort d'individus exposés.
IDLH (Immediately Dangerous to Life or Health) : concentration maximale de
produit dans l'air jusqu'à laquelle une personne exposée pendant au plus 30 mn
peut fuir sans risquer d'effets irréversibles pour la santé (en ppm ou mg/m3).

5 Mrs. RESPLANDY et KAISER.


6 Dangerous Properties of Industrial Materials (IRVING SAX - 7ème édition).
7 Rapport RP/DQSE/TOX n° RN7664-41-7 ammoniac (Mars 1990).
8 Rapport S.N.I.E. / Ammonia Toxicity Monograph / Institution of Chemical Engineers (1988).
9 Fiche toxicologique n° 16.(I.N.R.S.)
page 96 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 97

ANNEXE 5

NOMBRE D'ETABLISSEMENTS EN FRANCE /


PRINCIPALES ACTIVITES (EXTRAIT I.N.S.E.E. - 1992)

Nombre de salariés
Activité (Code N.A.F.) 1à 50 à 200 Total
49 199 et +
01 - Agriculture, chasse & services annexes 38 718 156 14 38 888
dont 01.1 - Culture 23 268 101 8 23 377
01.3 - Culture & élevage associés 4 432 1 1 4 434
01.4 - Services annexes à l'agriculture (coopératives) 6 327 41 1 6 369
05 - Pêche, aquaculture 1 885 11 2 1 898
15 - Industries alimentaires 56 463 1 518 377 58 358
dont 15.1 - Industrie des viandes 11 623 419 107 12 149
15.2 - Industrie du poisson 351 59 13 423
15.3 - Industrie des fruits et légumes 396 91 22 509
15.4 - Industrie des corps gras 105 16 5 126
15.5 - Industrie laitière 1 331 254 83 1 668
15.7 - Fabrication d'aliments pour animaux 691 98 10 799
15.8 - Autres industries alimentaires 39 030 391 90 3 9511
15.9 - Industries des boissons 2 216 152 40 2 408
24 - Industrie chimique 3 485 677 364 4 526
dont 24.1 - Industrie chimique de base 817 179 101 1 097
24.4 - Industrie pharmaceutique 593 203 131 927
24.6 - Fabrication d'autres produits chimiques 528 78 30 636
25 - Industrie du caoutchouc et des plastiques 4 463 677 364 4 526
dont 25.2 - Transformation des matières plastiques 3 873 539 119 4 531
28 - Travail des métaux 23 535 1 476 244 25 255
dont 28.3 - Chaudronnerie 4 388 252 33 4 673
28.4 - Forge, emboutissage, estampage & métal. poudres 1 269 159 39 1 467
28.5 - Traitement des métaux, mécanique générale 10 782 419 39 11 240
28.7 - Fabrications d'autres ouvrages en métaux 2 025 269 70 2 364
29 - Fabrication de machines et équipements 11 677 996 292 12 965
dont 29.2 - Fabrication de machines d'usage général 4 054 344 68 4 466
50 - Commerce et réparation automobile 61 392 859 42 62 293
dont 50.2 - Entretien & réparation de véhicules automobiles 20 577 22 3 20 602
51 - Commerce de gros & intermédiaires 110 760 2 609 279 113 648
dont 51.1 - Intermédiaires du commerce de gros 11 383 139 37 11 559
51.3 - Commerce de gros de produits alimentaires 15 838 637 47 16 522
51.5 - Commerces de gros produits interm. non agricoles 19 593 580 53 20 226
60 - Transports terrestres 32 505 1 150 150 33 806
dont 60.1 - Transports ferroviaires 30 5 0 35
60.2 - Transports urbains et routiers 32 375 1 139 149 33 663
60.3 - Transports par conduites 101 6 1 108
63 - Services auxiliaires des transports 13 923 704 99 14 725
dont 63.1 - Manutention et entreposage 2 274 157 24 2 455
90 - Assainissement, voirie et gestion des déchets 3 689 179 14 3 882
92 - Activités récréatives, culturelles & sportives 42 024 531 110 42 665
dont 92.6 - Activités liées au sport (patinoires) 19 383 131 10 19 524
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ANNEXE 6

QUELQUES TEXTES REGLEMENTAIRES,


NORMES ET RECOMMANDATIONS
APPLICABLES AUX INSTALLATIONS FRIGORIFIQUES

1. Nomenclature des Installations Classées (rubriques 1136, 361 / 2920 en particulier).

2. Arrêté du 20.02.78, relatif aux réservoirs utilisés à l'emmagasinage de l'ammoniac


liquéfié sous une pression au plus égale à 4 bars.

3. Arrêté du 9.10.80, relatif aux vérifications et réparations des réservoirs utilisés à


l'emmagasinage

4. Instruction du 4.09.70, relative aux dépôts d'ammoniac liquéfié non réfrigéré de gaz
liquéfiés sous pression et des réservoirs d'ammoniac liquide.

5. Norme NFE 35-400 (novembre 1980), relative aux règles de sécurité des installations
frigorifiques.

6. Recommandations de la CRAM (BRETAGNE 1980), relatives à la prévention des


risques présentés par les installations frigorifiques à l'ammoniac.

et pour mémoire :

1. Arrêté du 31.03.69, relatif à l'interdiction de mise en service et de maintien en service


de certains récipients contenant ou ayant contenu de l'ammoniac liquéfié sous
pression.

2. Circulaire du 7.01.82, relative à la sécurité des stockages d'ammoniac cryogénique à


pression atmosphérique.

3. Arrêté du 31.03.80, portant réglementation des installations électriques des


établissements susceptibles de présenter des risques d'explosion.

4. Norme NF 15-100, relative au matériel électrique.

5. Arrêté du 10.07.90, relatif aux rejets dans les eaux souterraines.

6. Recommandations de la CRAM (R276/ décembre 1985), relatives à la prévention des


risques présentés par les interventions à l'extérieur ou à l'intérieur des installations
fixes (cuves et réservoirs) contenant ou véhiculant des produits gazeux, liquides ou
solides.
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ANNEXE 7

ACCIDENTS REPERTORIES
EN REFRIGERATION
EN FRANCE ET DANS LE MONDE.

· Liste 1 : 91 cas français de 1980 à 1994.


· Liste 2 : 44 cas étrangers de 1958 à 1992.
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MINISTERE DE L'ECOLOGIE ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE
DIRECTION DE LA PREVENTION ET DES RISQUES
SEI / BARPI

Accidents en réfrigération en France

Base de données ARIA - Etat au 28/11/2002

(ED0389F)

La base de données ARIA, exploitée par le Ministère de l'écologie et du développement durable, recense les événements accidentels qui
ont, ou qui auraient pu, porter atteinte à la santé ou la sécurité publiques, l'agriculture, la nature et l'environnement. Pour l'essentiel, ces
événements résultent de l'activité d'usines, ateliers, dépôts, chantiers, carrières, élevages… classés au titre de la législation relative aux
Installations Classées, ainsi que du transport de matières dangereuses.
Le recensement et l'analyse de ces accidents et incidents, français ou étrangers sont organisés depuis 1992. Ce recensement qui dépend
largement des sources d'informations publiques et privées, n'est pas exhaustif. La liste des évènements accidentels présentés ci-après ne
constitue q'une sélection de cas illustratifs.
Malgré tout le soin apporté à la réalisation de cette synthèse, il est possible que quelques inexactitudes persistent dans les éléments
présentés. Merci au lecteur de bien vouloir signaler toute anomalie éventuelle avec mention des sources d'information à l'adresse suivante :
BARPI - 2, rue Antoine Charial 69426 LYON CEDEX 03 / Mel : [email protected]
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ED0389F - Nombre d'accidents répertoriés : 91


N° 376 - 21/1/1980- 69 - PIERRE-BENITE
24.1 - Industrie chimique de base
Dans une usine chimique, un rejet d'ammoniac se produit durant 3 minutes sur une unité de fabrication d'acide fluorhydrique. La
rupture d'une purge d'huile sur le compresseur d'une installation de réfrigération est à l'origine de cet accident. Aucune
conséquence notable n'est signalée sur l'environnement.

N° 5222 - 22/8/1981- 69 - PIERRE-BENITE


24.1 - Industrie chimique de base
Dans une usine chimique, 200 kg d'ammoniac sont rejetés par l'installation de réfrigération d'une unité de production d'acide
fluorhydrique en arrêt technique saisonnier. Le circuit de saumure a été vidangé et des essais d'étanchéité sont en cours. La fuite
se produit à la suite de l'ouverture d'une soupape du circuit de réfrigération, la température atteinte étant voisine de 46°C.
L'accident est notamment dû à un manque ou une insuffisance des consignes pour une manœuvre inhabituelle. Un employé est
intoxiqué.

N° 5223 - 1/1/1982- 72 - CHERRE


15.1 - Industrie des viandes
Une émission de 3 t d'ammoniac se produit dans la chambre froide d'un abattoir à la suite de la chute de 2 évaporateurs et du
sectionnement des tuyauteries. L'accident (jour et mois non connus précisément) a pour origine le givrage des installations de
réfrigération, un entretien insuffisant et un mauvais comportement de l'acier à froid.

N° 5261 - 23/8/1983- 29 - MORLAIX


15.5 - Industrie laitière
A la suite d'une rupture de canalisation sur ses installations de réfrigération, une usine de produits laitiers rejette de l'ammoniac
(ammoniaque) dans l'ODET. La rivière est polluée et la faune est atteinte.

N° 5262 - 2/9/1983- 52 - SAINT-THIEBAULT


15.5 - Industrie laitière
La MEUSE est polluée sur plus de 100 m par un rejet d'ammoniaque à la suite de la rupture d'une canalisation sur une installation
de réfrigération appartenant à une fromagerie industrielle. La faune est atteinte.

N° 5263 - 8/10/1983- 50 - QUETTREVILLE-SUR-SIENNE


01.3 - Culture et élevage associés
La rupture d'un tube sur le condenseur d'une installation de réfrigération dans une coopérative laitière provoque un rejet
d'ammoniaque dans une rivière. La faune est atteinte et une station de pompage est arrêtée.

N° 5247 - 10/8/1984- 02 - HIRSON


15.5 - Industrie laitière
Dans une fromagerie industrielle, la rupture d'une canalisation sur une installation de réfrigération entraîne le rejet de 30 l
d'ammoniac dans la rivière le GLAND. Environ 100 kg de truites sont tués.

N° 5249 - 13/10/1984- 53 -
15.5 - Industrie laitière
Un incendie se déclare dans une laiterie ; les dommages sont estimés à 1 MF. Aucune précision n'est donnée quant à une
éventuelle émission du fluide frigorigène contenu dans les installations de réfrigération.

N° 5251 - 19/10/1984- 43 - TENCE


15.1 - Industrie des viandes
Un incendie se déclare dans une usine de salaison. Le foyer aurait pour origine un séchoir de 40 m de long. Aucune précision n'est
donnée quant à une éventuelle fuite du fluide frigorigène contenu dans les installations de réfrigération.

N° 5253 - 22/11/1984- 67 - MARMOUTIER


15.1 - Industrie des viandes
Un incendie se déclare dans une entreprise de salaison. Des emballages en carton constituent l'origine du foyer. Aucune précision
n'est donnée quant à une émission éventuelle du fluide frigorigène contenu dans les installations de réfrigération.

N° 5259 - 21/8/1985- 03 - CUSSET


15.8 - Autres industries alimentaires
Dans une usine de fabrication de glaces alimentaires, un incendie détruit une partie des entrepôts frigorifiques, des magasins et
des bureaux. Aucune indication n'est donnée sur une émission éventuelle de fluide frigorigène contenu dans les installations de
réfrigération.

N° 5260 - 29/9/1985- 26 - PIERRELATTE


63.1 - Manutention et entreposage
Un entrepôt de produits surgelés rejette de l'ammoniaque, provenant de ses installations de réfrigération, dans les canaux du
RHONE ; la faune est atteinte, 1 t de poissons sont détruits.

N° 5257 - 4/6/1986- 29 - LANDERNEAU


63.1 - Manutention et entreposage
Dans un entrepôt frigorifique, une fuite accidentelle d'ammoniac se produit sur les installations de réfrigération, à la suite de la
rupture d'une canalisation. Les eaux des lances à incendie utilisées pour abattre le nuage toxique se déversent dans le réseau des
eaux pluviales et polluent un affluent de l'ELORN. La faune piscicole est partiellement détruite.

N° 5225 - 2/4/1987- 11 - CASTELNAUDARY


01.4 - Services annexes à l'agriculture
Une explosion se produit dans une station fruitière d'une surface de 2 000 m², dont le volume de stockage est de 6 000 m³ et
disposant d'une installation de réfrigération. Aucune précision n'est donnée quant à une éventuelle fuite du fluide frigorigène

Ministère de l'écologie et du développement durable – DPPR / SEI / BARPI. 2


page 106 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.

ED0389F - Nombre d'accidents répertoriés : 91


contenu dans cette installation.

N° 5226 - 14/6/1987- 29 - LAMPAUL-GUIMILIAU


15.1 - Industrie des viandes
Un incendie détruit 8 000 m² d'une entreprise de salaisons et provoque l'émission de 4 t d'ammoniac provenant d'une installation de
réfrigération. Une personne est intoxiquée et les dommages sont estimés à 110 MF.

N° 5227 - 12/9/1987- 29 - BRIEC


15.1 - Industrie des viandes
Un abattoir de volailles rejette un effluent ammoniaqué (installation de réfrigération ?) dans une rivière. De nombreux poissons sont
tués.

N° 240 - 21/2/1988- 29 - CHATEAULIN


15.1 - Industrie des viandes
Un incendie se déclare dans la salle des compresseurs de l'installation frigorifique d'un abattoir de volailles. Aucune précision n'est
donnée quant à une éventuelle émission du fluide frigorigène contenu dans les installations de réfrigération. Les dommages sont
estimés à plusieurs millions de F.

N° 292 - 12/3/1988- 01 - SAINT-ANDRE-SUR-VIEUX-JONC


15.1 - Industrie des viandes
Une fuite de 150 l d'ammoniac se produit sur les circuits d'une installation de réfrigération. Une trentaine de personnes situées dans
le voisinage de l'usine est évacuée.

N° 393 - 25/8/1988- 29 - CONCARNEAU


05.0 - Pêche, aquaculture
Une fuite d'ammoniac sur les installations de réfrigération des cales d'un thonier à quai provoque le décès d'un marin et
l'intoxication de 2 autres personnes.

N° 527 - 26/10/1988- 60 - QUINCAMPOIX-FLEUZY


01.4 - Services annexes à l'agriculture
Dans une coopérative laitière, un rejet d'ammoniaque se produit sur une installation de réfrigération, à la suite d'une fausse
manoeuvre lors du nettoyage d'un circuit de refroidissement. La BRESLE est polluée sur 8 km et la faune est atteinte. Le préjudice
est estimé à 150 KF.

N° 597 - 2/12/1988- 80 - VRON


63.1 - Manutention et entreposage
Un incendie détruit 1 000 m² d'un entrepôt frigorifique. Aucune précision n'est donnée quant à une émission éventuelle du fluide
frigorigène contenu dans les installations de réfrigération. Les dommages sont estimés à 10 ou 15 MF.

N° 739 - 26/1/1989- 83 - LA SEYNE


15.8 - Autres industries alimentaires
Dans une usine fabriquant des pains de glace, une fuite d'ammoniac se produit sur une canalisation reliant 4 bouteilles de 40 kg à
une installation de réfrigération ; 28 personnes sont évacuées dans un rayon de 50 m autour de l'usine.

N° 1228 - 2/8/1989- 14 - LIVAROT


15.5 - Industrie laitière
Une fuite d'ammoniac se produit sur les installations de réfrigération d'une fromagerie en panne à la suite de perforations sur la
tuyauterie du serpentin associée à l'installation de production d'eau glacée utilisée pour refroidir le lait livré et le sérum issu de la
fabrication des fromages. Utilisant le camion-citerne prévu pour évacuer les boues de sa station d'épuration, l'exploitant vidange la
presque totalité de la cuve dont le contenu sera épandu sur des terrains de l'usine. Le liquide restant, soit 5 000 l non aspiré en
raison du désamorçage des pompes, est vidangé vers la station de traitement biologique des effluents. Malgré le fonctionnement
en continu des turbines d'aération de cette dernière durant 48 h, l'excès d'ammoniac tue les bactéries et conduit à un rejet toxique
dans la VIE ; 95 % de la faune piscicole est mortellement atteinte sur 10 km de rivière. L'exploitant est condamné à verser une
amende de 10 KF. Une nouvelle installation de production de froid sera mise en service quelques mois plus tard.

N° 1012 - 20/8/1989- 54 - NANCY


15.1 - Industrie des viandes
Une fuite d'ammoniac se produit sur le circuit de réfrigération d'un abattoir.

N° 1292 - 21/9/1989- 56 - LOCMINE


15.1 - Industrie des viandes
A la suite d'un court-circuit dans une armoire électrique, un incendie se déclare dans un abattoir de volailles. Un stockage
d'ammoniac connexe aux installations de réfrigération est pris dans l'incendie. Malgré l'intervention de 80 pompiers, les dommages
sont importants (6 000 m² détruits). Aucune précision n'est donnée quant à une émission éventuelle d'ammoniac lié aux
installations de réfrigération.

N° 963 - 29/9/1989- 89 - CHABLIS


15.9 - Industrie des boissons
Une fuite d'ammoniaque (provenant d'une installation de réfrigération à l'ammoniac ?) se produit dans une coopérative viticole.

N° 1360 - 6/11/1989- 56 - MISSIRIAC


15.5 - Industrie laitière
Une fuite de 400 kg d'ammoniac en phase gazeuse se produit sur les installations de réfrigération d'une laiterie lors de travaux
réalisés par une entreprise extérieure. Une échelle glisse et endommage dans sa chute une tuyauterie reliée à un réservoir
contenant 2,5 t d'ammoniac. Deux pompiers en tenue étanche colmatent la fuite. Aucune conséquence notable n'est observée sur
l'environnement.

Ministère de l'écologie et du développement durable – DPPR / SEI / BARPI. 3


Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 107

ED0389F - Nombre d'accidents répertoriés : 91

N° 1341 - 11/12/1989- 03 - VICHY


63.1 - Manutention et entreposage
Une fuite de 150 l d'ammoniac se produit sur le circuit de réfrigération (capacité totale 1 200 l d'NH3) d'un entrepôt frigorifique de
conservation de denrées alimentaires ; 20 pompiers en tenue étanche interviennent et les habitants du quartier doivent se confiner.

N° 1781 - 8/3/1990- 53 - EVRON


15.1 - Industrie des viandes
Une fuite d'ammoniac se produit sur une bride de canalisation reliant une citerne de 12 t à une installation de réfrigération. Les 94
ouvriers de l'établissement sont évacués par mesure de sécurité durant le colmatage de la fuite.

N° 1775 - 23/3/1990- 64 - BONLOC


15.5 - Industrie laitière
De l'eau ammoniaquée provenant d'un entrepôt de produits surgelés se déverse dans une rivière à la suite de la rupture d'une
canalisation (installation de réfrigération ?). La pollution s'étend sur 10 km et des milliers de poissons sont tués. L'alimentation en
eau potable doit être assurée par un autre réseau.

N° 1559 - 17/6/1990- 34 - VENDARGUES


52.1 - Commerce de détail en magasin non spécialisé
Un incendie se déclare dans l'une des chambres froides d'un entrepôt de produits surgelés. Des fumées toxiques (émission du
fluide frigorigène contenu dans le circuit de réfrigération ?) se dégagent. Les dommages sont importants malgré l'intervention de 12
pompiers.

N° 2025 - 12/7/1990- 59 - SECLIN


15.5 - Industrie laitière
Lors d'un test de fonctionnement d'un nouveau réservoir à ammoniac de 5 t livré 2 mois auparavant pour augmenter la capacité de
l'unité de réfrigération d'une usine de fabrication de yaourts, une déformation des parois du réservoir d'eau à réfrigérer entraîne une
torsion de plusieurs tuyauteries et le déplacement du réservoir d'ammoniac. N'ayant plus de support stable, la cuve prend appui sur
des canalisations qu'elle risque de rompre. Une fuite d'ammoniac est redoutée et l'alerte est donnée. Les pompiers aidés d'une
CMIC dévient la circulation, évacuent les riverains proches (10 maisons) et ferment un supermarché durant les 2 h de l'intervention
(vidange cuve à eau / stabilisation réservoir NH3). L'incident n'entraîne ni victime, ni pollution.

N° 2068 - 26/7/1990- 49 - SEGRE


15.1 - Industrie des viandes
Un incendie détruit 1 200 m² d'entrepôts frigorifiques et 800 m² d'ateliers de fabrication d'une usine de plats cuisinés. Le feu se
serait déclaré dans un four au gaz et propagé rapidement en raison du polyuréthane inflammable utilisé pour isoler les chambres
froides. L'intervention des pompiers (3 h 15) est gênée par la forte chaleur dégagée et la présence de gaz nocifs. Une importante
fumée est visible à plusieurs km. Des riverains se confinent ou sont évacués ainsi que 300 employés d'une usine voisine. Aucune
précision n'est donnée quant à une fuite éventuelle du frigorigène contenu dans les installations de réfrigération. Les dommages
sont évalués à 12 MF ; les 47 employés devraient être reclassés provisoirement dans une autre usine.

N° 2282 - 1/8/1990- 26 - MONTELIMAR


63.1 - Manutention et entreposage
Lors du démontage d'une vanne sur une installation de réfrigération d'un entrepôt frigorifique, une fuite d'ammoniac gazeux se
produit sur une canalisation du circuit basse pression mal isolée. L'opérateur ne peut resserrer la vanne (clé à cliquet gelée) et la
fuite se prolonge pendant 20 min. La porte arrière de la salle des machines étant ouverte, le nuage se propage à l'extérieur. Les
employés sont évacués ; l'un d'eux est intoxiqué et hospitalisé ainsi qu'une femme enceinte habitant à proximité. Les mesures
effectuées dans l'atmosphère par les pompiers donnent des concentrations de 7 ppm pour un seuil de détection de 5 ppm. Sur un
volume total de 1 200 l, seulement 3 à 4 l d'ammoniac à -33°C se seraient échappés des installations.

N° 2182 - 28/8/1990- 55 - VERDUN


15.1 - Industrie des viandes
Une fuite d'ammoniac se produit sur l'installation de réfrigération d'un établissement conditionnant des volailles. Lors d'une ronde, le
gardien de nuit incommodé par de fortes odeurs d'ammoniac donne l'alerte. Une quinzaine de pompiers intervient durant 2 h pour
neutraliser le brouillard toxique (ventilateur et rideau d'eau), localiser l'origine de la fuite, due à la perforation par corrosion d'une
canalisation, et fermer une vanne d'alimentation.

N° 2315 - 3/10/1990- 14 - MONDEVILLE


63.1 - Manutention et entreposage
Un incendie détruit 2 000 m² d'un entrepôt comprenant 3 chambres froides vides (8 000 m³) en cours de réaménagement. Le feu a
démarré, en l'absence des ouvriers partis déjeuner, dans l'une des chambres dont l'ancien éclairage était démonté et le nouveau
partiellement en service. L'isolation thermique du local était en cours d'amélioration par projection de mousse polyuréthane.
L'éclairage était assuré par un spot halogène puissant normalement débranché à chaque fin de travaux. Ce spot peut être à
l'origine de l'incendie qui s'est arrêté à un mur de parpaings séparant les chambres froides de la salle des machines. Celle-ci est
intacte et aucune fuite d'ammoniac (installations de réfrigération) n'a eu lieu ; 3 employés sont en chômage technique.

N° 5057 - 8/10/1990- 55 - DIEUE-SUR-MEUSE


15.8 - Autres industries alimentaires
Une fuite de 50 l d'huile puis de 350 kg d'ammoniac (sur 1 t au total) se produit sur une installation de réfrigération d'une usine de
fabrication de glaces. Initialement sous une pression de 10 b, le rejet s'effectue ensuite sous 2 bars par un orifice d'un diamètre de
22 mm situé sur l'un des 4 compresseurs implantés en sous-sol. La fuite est due à l'éclatement d'un voyant de circulation d'huile
remplacé lors d'une révision. Le personnel situé dans les étages supérieurs est évacué. Aucun effet sur l'environnement n'est
signalé.

N° 2345 - 11/10/1990- 26 - MONTELIMAR


63.1 - Manutention et entreposage

Ministère de l'écologie et du développement durable – DPPR / SEI / BARPI. 4


page 108 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
ED0389F - Nombre d'accidents répertoriés : 91
Dans un entrepôt frigorifique, une unité de réfrigération s'arrête de nuit à la suite de la défaillance d'une régulation. A la reprise du
travail, le responsable du dépôt redémarre normalement un compresseur haute pression. La culasse de ce dernier éclate peu après
et un nuage d'ammoniac gazeux toxique est émis. L'explosion est due à l'aspiration d'NH3 liquéfié non compressible lors de la mise
en route automatique des compresseurs basse pression. Des concentrations de 15 à 25 ppm d'NH3 sont relevées dans le quartier
et un périmètre de sécurité est établi. Un centre commercial, un bâtiment administratif et des habitations sont évacués. Sur 90
personnes concernées, 4 sont incommodées. Le retour à une situation normale demandera 2 h.

N° 2333 - 14/10/1990- 47 - CLAIRAC


01.4 - Services annexes à l'agriculture
Un incendie se déclare dans un entrepôt d'une coopérative agricole. La chambre froide (400 m²) et les marchandises entreposées
sont détruites, ainsi que 150 m² de toiture. Une fuite éventuelle du fluide frigorigène contenu dans les installations de réfrigération
n'est pas évoquée. Le sinistre aurait pour origine une défaillance de l'équipement électrique de la chambre froide. Du chômage
technique est prévisible pour 30 employés.

N° 2489 - 27/12/1990- 79 - PARTHENAY


15.1 - Industrie des viandes
Une fuite d'ammoniac se produit dans un atelier de préparation de viande hachée après rupture d'une vanne sur un circuit de
réfrigération à la suite d'un incident électrique. Les pompiers équipés de scaphandres stoppent la fuite.

N° 2994 - 16/1/1991- 38 - GRENOBLE


92.6 - Activités liées au sport
Une fuite de 5 l d'ammoniac se produit dans les installations de réfrigération d'une patinoire. L'accident résulte de la défaillance d'un
joint situé sur une pompe placée entre l'accumulateur et les tubes de refroidissement. La patinoire est évacuée, la pompe est isolée
et les locaux sont ventilés par les pompiers appuyés par une CMIC.

N° 2636 - 30/3/1991- 63 - VIEILLESPESSE


15.5 - Industrie laitière
Un incendie se déclare dans une coopérative laitière ; 1 500 m² de structures, 62 t de fromages et 10 à 15 t de matériels plastiques
entreposés sont détruits (aucune précision n'est donnée quant à une éventuelle fuite du fluide frigorigène contenu dans les
installations de réfrigération). Les dommages sont évalués entre 10 et 20 MF et 35 employés sont en chômage technique.

N° 3415 - 21/6/1991- 47 - BOURRAN


15.3 - Industrie des fruits et légumes
Dans une usine de congélation, une fuite d'ammoniac se produit sur une citerne d'une installation de réfrigération des tunnels de
congélation. La citerne est vidée. Aucune conséquence n'est signalée sur la population ou sur l'environnement.

N° 2783 - 18/7/1991- 29 - LANDERNEAU


63.1 - Manutention et entreposage
A la suite d'une panne d'électrovanne, une fuite d'ammoniac se produit sur les installations de réfrigération d'un entrepôt frigorifique.
Dans une usine de surgélation voisine, 35 employés sont contraints d'évacuer les locaux. Souffrant de légères brûlures aux yeux, 5
employés sont hospitalisés ; 10 autres personnes se plaignent d'irritations sans gravité.

N° 3183 - 5/8/1991- 71 - VERDUN-SUR-LE-DOUBS


15.8 - Autres industries alimentaires
Dans une usine de fabrication de glaces et sorbets, un incendie détruit un bâtiment industriel ainsi que le matériel ultra-moderne et
le stock qu'il contenait. Le feu est circonscrit en 2 h. Aucune précision n'est donnée quant à une fuite éventuelle du fluide
frigorigène contenu dans les installations de réfrigération.

N° 2827 - 30/9/1991- 71 - SAINT-LEGER-SOUS-BUSSIERE


15.1 - Industrie des viandes
Un incendie se déclare dans un bâtiment industriel appartenant à une entreprise de salaisons ; 20 personnes sont en chômage
technique. Aucune précision n'est donnée quant à une émission éventuelle du fluide frigorigène contenu dans les installations de
réfrigération.

N° 2828 - 30/9/1991- 74 - BONS-EN-CHABLAY


63.1 - Manutention et entreposage
Un incendie se déclare dans un bâtiment industriel à usage d'entrepôt frigorifique, 20 personnes sont en chômage technique.
Aucune précision n'est donnée quant à une fuite éventuelle du fluide frigorigène contenu dans les installations de réfrigération.

N° 2566 - 22/11/1991- 33 - BEGLES


29.2 - Fabrication de machines d'usage général
Un incendie se déclare dans les entrepôts d'une société spécialisée dans la construction d'installations frigorifiques et se propage
dans la salle d'activités d'une association locale jouxtant l'entrepôt. Les locaux techniques et le matériel, dont 40 congélateurs, sont
détruits. Des dommages importants ont également été occasionnés au toit et à la charpente du bâtiment voisin. Aucune précision
n'est donnée quant à une fuite éventuelle du fluide frigorigène contenu dans les installations de réfrigération.

N° 4027 - 24/1/1992- 22 - LE MOUSTOIR


15.1 - Industrie des viandes
Dans une usine de surgelés, une fuite d'ammoniac se produit à la suite d'une erreur de manipulation lors de la purge d'un réservoir
sur une installation de réfrigération. Les pompiers refroidissent le gaz et colmatent la fuite. Un employé et 2 pompiers sont blessés.
Le gaz toxique incommode 3 autres pompiers.

N° 3539 - 24/4/1992- 38 - GRENOBLE


92.6 - Activités liées au sport
Une fuite d'ammoniac qui se produit sur les installations de réfrigération d'une patinoire, est colmatée par un technicien de la ville.
Les analyses effectuées révèlent une concentration insignifiante en ammoniac dans l'air ambiant.

Ministère de l'écologie et du développement durable – DPPR / SEI / BARPI. 5


Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 109
ED0389F - Nombre d'accidents répertoriés : 91

N° 3717 - 24/5/1992- 64 - ANGLET


15.5 - Industrie laitière
Dans une ancienne laiterie, une légère fuite d'ammoniac en phase gazeuse se produit sur une installation de réfrigération vétuste et
hors service. Le rejet toxique est contrôlé jusqu'à sa complète dilution dans l'atmosphère.

N° 3678 - 6/6/1992- 57 - METZ


51.1 - Intermédiaires du commerce de gros
Plusieurs foyers d'incendie (malveillance ?) sont allumés dans d'anciens entrepôts frigorifiques reconvertis en dépôt de meubles et
d'appareils électroménagers. Le feu se propage sur 400 des 2 900 m² de l'entrepôt, grâce notamment au calorifugeage des
nombreux tuyaux courant dans les anciennes chambres froides. Les pompiers maîtrisent l'incendie en 1 h. Le stock de meubles et
l'électroménager est détérioré par l'incendie et les eaux d'extinction. Les dommages matériels sont évalués à 1 MF. Aucune
précision n'est donnée quant à une fuite du fluide frigorigène éventuellement encore présent dans les installations de réfrigération.

N° 3694 - 17/6/1992- 59 - SECLIN


15.5 - Industrie laitière
Un incendie ravage, sur 2 000 m², 1 500 m³ d'emballages en papier, carton et plastique (210 m³ autorisés) dans une ancienne
chambre froide dont les canalisations ammoniac ne sont pas vidangées. Lors de l'intervention, ces dernières sont isolées avec
difficulté du reste de l'unité de réfrigération (7 t NH3) : vidange nécessaire de tronçons de conduite, vannes non étanches,
tuyauteries mal dégazées et risque d'explosion (NH3) lors des travaux d'isolement (soudures), etc. D'importants moyens
d'intervention sont engagés (65 pompiers - 9 centres de secours, etc.). Un pompier d'une équipe montante mal renseigné sur les
opérations en cours sera intoxiqué par une fuite de 60 l d'NH3 alors que l'opérateur s'est déplacé de 100 m pour fermer une vanne.
Les dommages matériels sont évalués à 20 MF et les pertes d'exploitation à 14 MF. Une enquête judiciaire est effectuée (acte de
vandalisme ?).

N° 3737 - 10/7/1992- 67 - STRASBOURG


25.2 - Transformation des matières plastiques
Un feu se déclare à 6 m de hauteur dans un entrepôt de 1 000 m² contenant un stock de coques en mousse de polyuréthane.
Malgré le système de protection mis en place par les 50 pompiers mobilisés, l'incendie se propage à un entrepôt voisin appartenant
à une société de produits surgelés. Le quartier est fermé pour permettre aux secours d'utiliser l'eau du canal du RHÔNE au RHIN.
Le stock de l'usine est détruit. L'entrepôt voisin est fortement endommagé mais ses installations de réfrigération ont été protégées
et aucune fuite d'ammoniac n'a été constatée. Les fumées abondantes émises sont dues à la combustion des mousses
polyuréthane. Les dommages internes et externes sont respectivement évalués à 19 et 25 MF. Les pertes d'exploitation sont
estimées à 32,4 MF.

N° 3778 - 10/8/1992- 14 - LE MOLAY-LITRY


15.5 - Industrie laitière
Dans une laiterie, l'une des cuves de refroidissement associées aux installations de réfrigération déborde accidentellement ; 10 à
50 m³ d'eau contenant 25 l d'ammoniaque se déversent dans les collecteurs d'évacuation des eaux pluviales. La SIETTE est
polluée sur 500 m ; plusieurs dizaines d'anguilles sont tuées.

N° 3792 - 15/8/1992- 68 - KINGERSHEIM


51.3 - Commerce de gros de produits alimentaires
Un feu se déclare dans une entreprise de 1 000 m² spécialisée dans le commerce de gros des produits de la mer. L'incendie se
propage à la salle des ventes contiguë d'une association caritative. L'entreprise (bureaux et entrepôts frigorifiques) est détruite.
Dans la salle des ventes le toit s'effondre sur les meubles entreposés. La quasi-totalité du stock est détruite. Aucune précision n'est
donnée quant aux dommages subis par les installations de réfrigération.

N° 3865 - 16/9/1992- 57 - METZ


15.1 - Industrie des viandes
Un incendie se déclare dans le sous-sol d'une entreprise de transformation de viandes contenant 150 palettes de cartons
d'emballage et 100 palettes de films plastique. Gênés par l'abondante fumée qui se dégage, les pompiers doivent travailler avec
leurs appareils respiratoires. Les dommages sont très importants. La viande stockée a souffert de l'interruption de la chaîne du froid
et du dégagement de fumée. Les pertes d'exploitation sont considérables. Un acte de malveillance pourrait être à l'origine du
sinistre. Aucune précision n'est donnée quant aux dommages subis par les installations de réfrigération. Les dommages matériels
sont évalués à 54 MF et les pertes d'exploitation à 51 MF ; 300 personnes sont en chômage technique.

N° 3958 - 31/10/1992- 54 - JOEUF


15.1 - Industrie des viandes
Une fuite d'ammoniac est décelée sur sur le compresseur d'une installation de réfrigération d'une capacité totale de 200 m³.
L'installation n'avait pas été démantelée ou vidée alors que la boucherie-charcuterie industrielle est désaffectée. Une forte odeur
d'ammoniac se répand dans le quartier. Les pompiers maîtrisent la fuite après 1h00 d'intervention.

N° 4127 - 17/11/1992- 47 - MARMANDE


15.8 - Autres industries alimentaires
Dans un établissement produisant des pains de glace, une fuite d'ammoniac se produit sur un circuit de réfrigération. Les pompiers
munis d'appareils respiratoires isolants colmatent la fuite. Aucune conséquence n'est notée sur l'environnement.

N° 5229 - 14/12/1992- 54 - MONT-SAINT-MARTIN


15.1 - Industrie des viandes
Une fuite d'ammoniac se produit en sous-sol d'une usine de production de viandes surgelées. L'accident a pour origine la rupture
d'une bride lors d'une opération d'entretien sur les installations de réfrigération. L'intervention qui dure 9 h, est rendue difficile à la
suite de l'épanchement d'ammoniac qui s'est produit sur un sol en terre battue. Aucun impact ne sera observé sur l'environnement.

N° 4369 - 12/3/1993- 59 - FIVES-LILLE


63.1 - Manutention et entreposage

Ministère de l'écologie et du développement durable – DPPR / SEI / BARPI. 6


page 110 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
ED0389F - Nombre d'accidents répertoriés : 91
Inquiété par une odeur caractéristique d'ammoniac, un riverain d'un entrepôt frigorifique prévient les pompiers qui alertent le
personnel d'astreinte du dépôt. L'origine de la fuite est rapidement située : une tête de vanne desserrée. Les pompiers
n'interviennent pas dans l'entrepôt mais dévient la circulation et interdisent l'accès du quartier dans un rayon de 100 m durant
l'intervention (1H30). Aucune personne ne sera indisposée par le rejet d'ammoniac. L'unité de réfrigération, très ancienne, utilise du
matériel actuellement abandonné en raison du risque de fuite. Isolées pour être vérifiée et réparée (2 autres fissures auraient été
découvertes sur les conduites), elle sera démantelée 3 mois plus tard.

N° 6066 - 17/5/1993- 29 - GUERLESQUIN


15.1 - Industrie des viandes
Dans une usine de production de viandes de volaille, une installation de réfrigération monte en pression à la suite de la défaillance
d'une électrovanne. Un rejet d'ammoniac se produit en toiture par une soupape de sécurité durant 20 min. Le frigorigène s'évapore
en partie dans l'atmosphère, le reste étant lessivé sur le toit à la suite d'un orage violent. L'ammoniaque formée se déverse dans le
collecteur des eaux pluviales et rejoint le GUIC au niveau d'une station de pré-traitement physico-chimique en amont de la station
d'épuration communale. Aucun impact notable sur l'environnement n'est constaté. La vanne et la soupape sont changées. Toutes
les soupapes situées en toiture sont reliées à un réservoir pour piéger toutes les purges occasionnelles.

N° 4506 - 27/5/1993- 54 - NANCY


51.3 - Commerce de gros de produits alimentaires
Une fuite d'ammoniac se produit sur une installation de réfrigération installée dans une chambre froide désaffectée appartenant à
un grossiste en alimentation. Les pompiers (CMIC) munis d'appareils respiratoires colmatent la fuite en 30 min.

N° 4532 - 24/6/1993- 55 - VERDUN


15.1 - Industrie des viandes
Un feu se déclare en toiture de l'atelier de découpe d'une usine conditionnant de la viande de dinde. L'incendie se propage à
l'ensemble de l'usine, menaçant un transformateur au pyralène et divers stockages de produits dangereux (acétylène, ammoniac et
propane) ; des bouteilles de propane, des fûts d'acide et de détergents explosent. L'intervention mobilise 65 pompiers et 25
véhicules ; 5 pompiers incommodés par les fumées toxiques et 1 agent d'entretien choqué sont soumis à un examen médical.
L'usine qui employait 200 personnes, est détruite et 250 t de produit contaminé sont perdues. Les dommages subis par les
installations de réfrigération ne sont pas précisés.

N° 4655 - 15/8/1993- 54 - LANEUVEVILLE-DEVANT-NANCY


24.1 - Industrie chimique de base
Dans une usine chimique, la rupture d'un joint sur la conduite d'alimentation d'un circuit de réfrigération provoque le rejet d'une
solution contenant de l'ammoniac. Un opérateur se trouvant à proximité, blessé au visage, est hospitalisé. Une partie du produit se
déverse dans la MEURTHE ; Plusieurs poissons sont tués au niveau du point de rejet.

N° 4704 - 26/8/1993- 38 - SAINT-MARTIN-D'HERES


50.2 - Entretien et réparation de véhicules automobiles
Un feu d'origine indéterminée se déclare dans une carrosserie et gagne un entrepôt de surgelés ; 1 000 m² de locaux, une part
importante des stocks, 3 camions frigorifiques et 4 voitures en réparation sont détruits. Aucune précision n'est donnée quant aux
dommages subis par les installations de réfrigération. Une enquête de police est effectuée.

N° 6128 - 28/9/1993- 51 - REIMS


92.6 - Activités liées au sport
Dans le local technique d'une patinoire, une émission limitée d'ammoniac se produit après rupture d'une canalisation sur une
installation de réfrigération. La patinoire est évacué à titre préventif, puis fermée 48 h durant les réparations. Le confinement du
local est amélioré.

N° 6140 - 5/10/1993- 67 - HOCHFELDEN


15.9 - Industrie des boissons
Dans une brasserie, 25 kg d'ammoniac sont émis par les soupapes de sécurité (tarées à 11 bars) d'une unité de réfrigération. Les
pompiers dissolvent rapidement le gaz par aspersion d'eau. La population et l'environnement ne sont pas atteints. L'accident est dû
au déclenchement d'un fusible sur l'alimentation d'un compresseur d'air et à la fermeture, par manque d'air, d'une vanne de
régulation située entre le réservoir tampon et le compresseur NH3. Les pompes de circulation NH3 restant en service, l'ammoniac
s'est réchauffé provoquant une élévation de pression dans l'étage basse pression de l'unité et l'ouverture des soupapes. Un
pressostat arrêtant des pompes de circulation à 4 b (pression de service 3,5 b) et une alarme sont installés.

N° 4795 - 19/10/1993- 29 - TREGUNC


15.8 - Autres industries alimentaires
Dans une usine de fabrication de produits alimentaires surgelés, 34 personnes sont intoxiquées à la suite d'une fuite d'ammoniac
de réfrigération. Admises dans 3 hôpitaux de la région, celles-ci regagnent leur domicile dans la soirée à l'exception de 2 d'entres
elles qui ne reprendront leur travail que 9 jours plus tard.

N° 5058 - 16/11/1993- 44 - ISSE


15.7 - Fabrication d'aliments pour animaux
A la suite d'une fuite sur une soupape de sécurité, 300 kg d'ammoniac de réfrigération sont rejetés à l'atmosphère. L'usine est
évacuée. Un riverain est légèrement incommodé par le rejet toxique. La surchauffe du système de refroidissement pour conserver
les aliments serait à l'origine de cette fuite.

N° 5316 - 17/2/1994- 50 - DUCEY


15.5 - Industrie laitière
Dans une fromagerie, un employé de l'équipe de nuit découvre un début d'incendie ; 3 employés armés d'extincteurs ne peuvent le
maîtriser. L'usine est évacuée. Prévenus 7 min après le début du sinistre, les pompiers interviennent durant 16 h. L'un sera brûlé
par de l'acide, un autre et 5 employés seront intoxiqués par les fumées de combustion des isolants (polyuréthane). Les dommages
sont considérables (300 MF) ; 12 des 15 000 m² de l'usine, 3 millions de fromages et 500 m³ de lait sont détruits. Malgré les
difficultés d'intervention (gaz toxiques, chaleur, encombrement, propagation rapide des flammes), un dépôt de 20 m³ de soude et

Ministère de l'écologie et du développement durable – DPPR / SEI / BARPI. 7


Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 111
ED0389F - Nombre d'accidents répertoriés : 91
de 130 m³ de fuel ainsi que l'installation de réfrigération contenant 10 t d'ammoniac seront protégés.

N° 5094 - 11/3/1994- 22 - SAINT-BRANDAN


15.1 - Industrie des viandes
Une fuite de 500 kg d'ammoniac à -40°C a lieu dans une usine d'abattage de volailles. L'accident a pour origine la rupture de la
purge d'huile de l'évaporateur du circuit de réfrigération d'un tunnel de congélation à la suite d'un choc provoqué par un transpalette
électrique. Endommagée par de nombreux chocs antérieurs, la protection de cette purge n'a pu jouer son rôle. L'alerte n'est pas
donnée immédiatement ; l'ammoniac liquide répandu sur le sol se vaporise lentement et envahit progressivement le bâtiment. Les
premières odeurs perçues entraînent l'évacuation des locaux ; 3 employées intoxiquées, dont l'une plus gravement atteintes, sont
hospitalisées et 30 t de volailles sont détruites. La protection de la purge est renforcée.

N° 5104 - 18/3/1994- 13 - PEYROLLES-EN-PROVENCE


15.1 - Industrie des viandes
Dans un couloir technique d'une usine de salaison, 2 fuites successives d'ammoniac se produisent sur une installation de
réfrigération lors d'une intervention du service d'entretien sur une conduite ; 11 personnes dont 2 pompiers sont intoxiquées et
hospitalisées. Les 250 employés de l'usine sont évacués à titre préventif et l'atelier est ventilé durant tout le week-end.

N° 4117 - 6/4/1994- 22 - LAMBALLE


15.1 - Industrie des viandes
Dans l'atelier de découpe d'une coopérative d'élevage de porcs, une fuite d'ammoniac se produit lorsqu'un frigoriste effectue des
travaux de réfection sur une installation de réfrigération. Celle-ci doit auparavant être vidangée de son ammoniac par un ensemble
de vannes piloté par une électrovanne. A la suite d'une défaillance de cette dernière, une émission d'ammoniac incommode 19
personnes à l'insu du frigoriste ; 8 d'entre elles sont hospitalisées, les autres reçoivent des soins sur place. Dés que l'alerte est
donnée, l'opérateur arrête la fuite en isolant l'installation. L'atelier (200 personnes) est évacué 30 min et abondamment ventilé. Les
travaux de maintenance sont interdits durant les heures de travail, un dispositif d'alerte et un plan d'évacuation sont étudiés.

N° 5292 - 2/6/1994- 40 - DAX


15.1 - Industrie des viandes
Dans une ancienne conserverie peu utilisée depuis 5 ou 6 ans, vide et en cours de rénovation, une fuite de quelques l d'ammoniac
se produit lors du démantèlement d'une installation de réfrigération, à l'arrêt et non vidangée. Trois ouvriers sectionnent une
canalisation de transfert d'ammoniac, remarquent, mais ne signalent pas une fuite du produit, et s'absentent pour déjeuner. Des
passants alarmés par des odeurs préviennent les pompiers qui établissent un rideau d'eau et répandent de la sciure acide de
résineux pour absorber et neutraliser l'ammoniac (le pH de cette résine ne sera pas modifié). A leur retour, les 3 ouvriers sont
hospitalisés quelques heures pour un examen. L'accident n'aura aucune autre conséquence sur l'environnement.

N° 5438 - 13/6/1994- 92 - NANTERRE


15.5 - Industrie laitière
Dans une ancienne usine de crèmes glacées n'abritant plus que le siège social de la société, une fuite d'ammoniac se produit sur
une installation de réfrigération de petite puissance (14 KW), abandonnée depuis 20 ans et implanté dans un local reconverti en
salle d'archives. Lors d'un réaménagement du site, l'installation est redécouverte (?) non vidangée. Un sous-traitant effectue les
travaux correspondants pour mettre les installations en sécurité, mais lors du démantèlement de l'unité le jour suivant, la fuite se
produit lorsqu'un ouvrier d'une société extérieure perce une conduite de 10 m de long et de 35 mm de diamètre. Les pompiers
mettront 6 h à maîtriser la fuite (absence de plans, brouillard confiné, etc.) ; 16 employés sont examinés, 3 restent hospitalisés
quelques heures. L'environnement n'est pas atteint.

N° 5454 - 22/6/1994- 60 - BEAUVAIS


25.2 - Transformation des matières plastiques
Dans une usine de fabrication d'éponges végétales, une fuite de 50 kg d'ammoniac se produit au niveau d'un évent de l'installation
de réfrigération des saumures. Cet accident a pour origine une défaillance sur l'un des 3 compresseurs de l'unité. Aucun blessé
n'est à déplorer, le personnel de l'usine isole le compresseur après 10 min d'intervention.

N° 5513 - 24/6/1994- 76 - SANDOUVILLE


24.1 - Industrie chimique de base
Dans une unité de production de caoutchouc synthétique, un opérateur constate une fuite de butadiène sur une ligne isolée en vue
de travaux et non vidangée. La température extérieure élevée a provoqué la surpression de la ligne. Le POI est déclenché,
l'alimentation électrique est coupée. 90 kg de butadiène sont relâchés en 15 min. Le risque d'explosion est rapidement écarté mais
la coupure du courant a provoqué l'arrêt des pompes et agitateurs des réacteurs de polymérisation et la fermeture automatique des
vannes de sectionnement du circuit de refroidissement à l'ammoniac, induisant un risque de surchauffe des réacteurs. Un inhibiteur
de polymérisation est injecté. Le circuit de refroidissement et l'électricité sont rétablis. Le ballon accumulateur d'ammoniac est alors
mis sous arrosage, la pression du circuit ayant augmenté suite à la demande en refroidissement. L'accident n'a pas eu de
conséquences matérielles mais a nécessité la mise en sécurité des installations de production.

N° 5571 - 11/7/1994- 49 - MONTREUIL-BELLAY


15.3 - Industrie des fruits et légumes
Une fuite d'ammoniac se produit dans une entreprise (champignons surgelés) arrêtée en février 1994 et en liquidation judiciaire.
Deux sociétés contiguës sont évacuées ; 20 personnes font l'objet d'un contrôle médical. La forte chaleur aurait accentué une fuite
déjà existante sur l'un des 2 condenseurs extérieurs d'une installation de réfrigération. Une CMIC arrête cette fuite en refroidissant
la cuve et en isolant le condenseur défectueux. A la fin de l'intervention, 3 réservoirs contenant de l'ammoniac gazeux restent sur
le site. Ces cuves sont purgées par une entreprise spécialisée sur demande de la mairie. Des égouts sont également curés pour
éliminer les odeurs d'ammoniac qui incommodaient les employés de l'une des entreprises voisines.

N° 5676 - 28/7/1994- 26 - NYONS


01.4 - Services annexes à l'agriculture
Un feu se déclare dans l'entrepôt frigorifique d'une coopérative agricole. Le bâtiment de 600 m² et 300 t d'abricots sont détruits.
Aucune précision n'est donnée quant aux dommages éventuels subis par les installations de réfrigération.

Ministère de l'écologie et du développement durable – DPPR / SEI / BARPI. 8


page 112 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
ED0389F - Nombre d'accidents répertoriés : 91
N° 5955 - 11/8/1994- 51 - REIMS
15.9 - Industrie des boissons
Une société produisant du champagne démantèle une installation de réfrigération à l'arrêt depuis 1990 et contenant 280 kg
d'ammoniac (45 kW). Deux techniciens de 2 entreprises extérieures récupèrent d'abord 250 kg d'NH3 liquide dans 8 bouteilles
spécialement affectées à cette opération. L'installation est ensuite dégazée en immergeant dans un seau rempli d'eau des tuyaux
reliés aux piquages de l'unité. La solution ammoniacale saturée est déversée, sans doute à plusieurs reprises, dans un regard de
rejets des eaux pluviales. Informés par un riverain du dégagement d'odeurs ammoniaquées dans les égouts de la ville, les
pompiers préviennent le Service des eaux pour avertir le personnel susceptible de travailler dans le secteur.

N° 5783 - 23/8/1994- 39 - BALANOD


15.1 - Industrie des viandes
Un incendie détruit une usine de salaison de 12 000 m². Le feu qui se déclare dans l'atelier de conditionnement, se propage en
moins de 10 min à l'ensemble du bâtiment par les gaines d'aération. Les 62 pompiers qui interviennent, ne parviennent à préserver
que les locaux administratifs ; 90 employés sont en chômage technique. Aucune précision n'est donnée quant à une éventuelle
fuite du fluide frigorigène contenu dans les installations de réfrigération. Les dommages matériels et les pertes d'exploitation sont
évaluées à 350 MF.

N° 6132 - 31/8/1994- 51 - REIMS


92.6 - Activités liées au sport
Lors de la remise en froid d'une patinoire inaugurée en 1967 et arrêtée depuis 2 mois pour des travaux d'entretien, les systèmes
d'alerte se déclenchent à la suite d'une fuite d'ammoniac. Celle-ci est détectée à 30 cm à l'intérieur du béton sur le faisceau de
réfrigération de la piste, composé de 24 km de tubes de refroidissement. Ces tubes font l'objet d'une surveillance et sont
progressivement changés par tronçons tous les ans. A la suite de l'incident, 18 tubes sont mis à nus, 5 sont percés par corrosion.
Aucun impact notable n'est signalé sur l'environnement. D'importants travaux de réfection sont réalisés les mois suivants (500 KF).

N° 5876 - 13/9/1994- 22 - SAINT-NICOLAS-DU-PELEM


15.1 - Industrie des viandes
Dans un abattoir, un incendie détruit un magasin secondaire de 1 500 m². Les installations de réfrigération ne sont pas atteintes.

N° 6067 - 13/9/1994- 29 - SAINT-MARTIN-DES-CHAMPS


15.1 - Industrie des viandes
Alertés par des plaignants gênés par de fortes odeurs d'ammoniac, les pompiers et la gendarmerie découvrent une vanne de purge
défaillante sur les installations de réfrigération d'un abattoir. Sur ces dernières, les tuyaux de purge ne sont pas collectés et les
effluents résiduels occasionnels se déversent directement sur le sol. La vanne défaillante est remplacée.

N° 5882 - 20/9/1994- 50 - LESSAY


15.1 - Industrie des viandes
Dans une entreprise de salaisons et de fabrication à façon de jambons fumés, un incendie détruit un bâtiment industriel annexe
utilisé pour le stockage de cartonnages. Le sinistre aurait pour origine une surchauffe consécutive à un court circuit électrique. Les
chaînes de fabrication et les installations de réfrigération à l'ammoniac protégées par des murs coupe-feu n'ont pas été atteintes.
Les dommages sont évalués à 270 KF mais le travail ne sera pas interrompu.

N° 2249 - 24/9/1994- 47 - PENNE-D'AGENAIS


15.3 - Industrie des fruits et légumes
Une fuite d'ammoniac est découverte sur une installation de réfrigération à l'extérieur d'une conserverie. Par sécurité, les pompiers
mobilisent de lourds moyens d'intervention. Deux secouristes (CMIC) équipés de combinaisons autonomes parviennent à colmater
la fuite et diluent le produit dans l'eau ; 30 employés susceptibles d'avoir été en contact avec le gaz sont examinés, 9 sont
hospitalisés durant une demi-journée. Des mesures effectuées sur le site ne montrent aucun risque particulier et l'entreprise peut
reprendre son activité.

N° 5957 - 27/10/1994- 05 - GAP


15.5 - Industrie laitière
Lors de la purge d'un circuit de réfrigération dans une laiterie, un intervenant extérieur incommodé par les vapeurs émises ne
referme pas complètement la vanne de purge. Une fuite d'ammoniac se produit avec un faible débit durant 1 h jusqu'à isolement de
l'installation. Un pompier est incommodé durant l'intervention.

N° 3028 - 16/11/1994- 53 - LAVAL


15.1 - Industrie des viandes
Plusieurs fuites d'ammoniac se produisent sur les installations de réfrigération des abattoirs municipaux. Une CMIC effectue des
mesures de toxicité. Les employés sont évacués et mis en chômage technique durant 48 h.

N° 6025 - 21/11/1994- 72 - CONNERRE


15.1 - Industrie des viandes
Lors de travaux sur le site d'une charcuterie industrielle fermée depuis 2 ans, une pelle hydraulique sectionne une canalisation
d'une ancienne installation de réfrigération à l'ammoniac qui n'avait pas été vidangée. Le produit se répand au sol. Un nuage
toxique incommode légèrement 8 personnes dont 2 bébés ; le conducteur de la pelle et un passant sont placés en observation
dans un centre hospitalier. La gendarmerie met en place un périmètre de sécurité. L'accident sera maîtrisé après 1 h 15
d'intervention. La municipalité, nouveau propriétaire du terrain, se charge de l'élimination des produits en liaison avec une société
spécialisée.

N° 6093 - 2/12/1994- 67 - HOCHFELDEN


15.9 - Industrie des boissons
Dans une brasserie, une fuite de 30 à 40 kg d'ammoniac se produit à 9 h 15 lors du remplacement du collecteur d'aspiration des
compresseurs d'une unité de réfrigération. Trois sous-traitants, équipés de masques, sortent de la salle des machines et sont
hospitalisés quelques heures. La fuite cesse 15 min plus tard après fermeture, dans un local contigu à la salle, des vannes du
circuit d'aspiration. Le collecteur est isolé (3 vannes) et purgé à 7 h 15, mais une vanne sur le retour du circuit froid des tanks de

Ministère de l'écologie et du développement durable – DPPR / SEI / BARPI. 9


Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 113

ED0389F - Nombre d'accidents répertoriés : 91


fermentation n'est pas fermée. L'erreur n'est pas décelée car les 2 pompes et 1 vanne de ce circuit sont délestées en période
d'heures de pointe EDF. La fuite se produit à leur remise sous tension. L'environnement ne sera pas atteint mais 100 personnes
sont évacuées.

Ministère de l'écologie et du développement durable – DPPR / SEI / BARPI. 10


page 114 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 115

MINISTERE DE L'ECOLOGIE ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE


DIRECTION DE LA PREVENTION ET DES RISQUES
SEI / BARPI

Accidents en réfrigération à l'étranger (44 cas)

Base de données ARIA - Etat au 28/11/2002

(ED0389E)

La base de données ARIA, exploitée par le Ministère de l'écologie et du développement durable, recense les événements accidentels qui
ont, ou qui auraient pu, porter atteinte à la santé ou la sécurité publiques, l'agriculture, la nature et l'environnement. Pour l'essentiel, ces
événements résultent de l'activité d'usines, ateliers, dépôts, chantiers, carrières, élevages… classés au titre de la législation relative aux
Installations Classées, ainsi que du transport de matières dangereuses.
Le recensement et l'analyse de ces accidents et incidents, français ou étrangers sont organisés depuis 1992. Ce recensement qui dépend
largement des sources d'informations publiques et privées, n'est pas exhaustif. La liste des évènements accidentels présentés ci-après ne
constitue q'une sélection de cas illustratifs.
Malgré tout le soin apporté à la réalisation de cette synthèse, il est possible que quelques inexactitudes persistent dans les éléments
présentés. Merci au lecteur de bien vouloir signaler toute anomalie éventuelle avec mention des sources d'information à l'adresse suivante :
BARPI - 2, rue Antoine Charial 69426 LYON CEDEX 03 / Mel : [email protected]
page 116 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
ED0389E - Nombre d'accidents répertoriés : 44
N° 5264 - 1/1/1958- ETATS UNIS - CHICAGO
63.1 - Manutention et entreposage
Dans la salle des compresseurs d'un entrepôt frigorifique, une fuite d'ammoniac se produit à la suite de la défaillance d'un joint fileté
sur une canalisation de détente associée à une installation de réfrigération. Un employé ferme une vanne d'aspiration et coupe le
courant. L'étincelle de rupture produite par un disjoncteur magnétique situé à 1,80 m du sol enflamme l'ammoniac confiné dans le
local. La date exacte de l'accident n'est pas connue (jour et mois ?).

N° 5265 - 2/9/1967- ETATS UNIS - GREAT BEND


15.8 - Autres industries alimentaires
Dans une usine de fabrication de produits alimentaires, une fuite d'ammoniac se produit à la suite de la rupture d'une canalisation
sur une installation de réfrigération. Cette défaillance est due à une déficience du matériel et à la présence de vibrations. Les
installations électriques ou l'allumage d'un système de chauffage ont ensuite initié l'explosion et l'inflammation du nuage
d'ammoniac.

N° 5266 - 7/2/1968- ETATS UNIS - CHICAGO


15.8 - Autres industries alimentaires
Un camion transportant des hydrocarbures percute un bâtiment industriel appartenant à une usine de produits alimentaires. Les
citernes fuient, les hydrocarbures s'enflamment et une explosion se produit 15 min après le début de l'incendie. Cette dernière est
attribuée à l'inflammation d'ammoniac libéré par une installation de réfrigération située au sommet du bâtiment. Cet accident
provoque la mort de 9 personnes, 72 autres sont blessées.

N° 5267 - 14/7/1968- ALLEMAGNE -


YY.0 - Activité indéterminée
Une fuite d'ammoniac se produit sur l'installation de réfrigération d'une usine à la suite de la rupture par surpression d'une pompe
en fonte corrodée.

N° 5268 - 5/12/1968- ROYAUME UNI - GLASGOW


63.1 - Manutention et entreposage
Une fuite d'ammoniac et une explosion ont lieu dans une installation de réfrigération d'un entrepôt frigorifique.

N° 5269 - 20/8/1969- ETATS UNIS - CHARLOTTESVILLE


15.5 - Industrie laitière
Dans une laiterie industrielle, une fuite d'ammoniac se produit à la suite de la rupture d'une vanne sur une ligne haute pression en
sortie compresseur d'une installation de réfrigération. Le nuage d'ammoniac s'enflamme au niveau d'un moteur électrique.
L'explosion est de faible ampleur.

N° 5270 - 26/10/1969- ETATS UNIS - MASSILLON


15.8 - Autres industries alimentaires
Une fuite d'ammoniac se produit dans une usine de conditionnement alimentaire à la suite de la rupture d'une canalisation sur un
circuit de compression d'une installation de réfrigération. Le nuage d'ammoniac formé explose peu après enflammé sans doute par
un moteur électrique.

N° 5271 - 3/8/1970- ROYAUME UNI - AYR


63.1 - Manutention et entreposage
Les installations de réfrigération d'un entrepôt frigorifique sont endommagées lors d'un incendie. A la suite d'une fuite, une
explosion de faible ampleur due à l'ammoniac se produit.

N° 5272 - 15/3/1971- ROYAUME UNI - LONDRES


63.1 - Manutention et entreposage
A la suite d'une explosion et d'un incendie dans un entrepôt frigorifique, des conteneurs d'ammoniac utilisés dans les installations
de réfrigération éclatent ; 11 personnes sont intoxiquées.

N° 5273 - 23/2/1974- ETATS UNIS - MARSHALL


15.5 - Industrie laitière
Dans une usine de traitement de produits laitiers, une canalisation d'ammoniac de 75 mm de diamètre se rompt dans le local des
compresseurs d'une installation de réfrigération. Deux explosions et un incendie suivent peu après.

N° 5275 - 1/12/1975- COREE DU SUD - BUSAN


15.2 - Industrie du poisson
Un réservoir d'ammoniac d'une installation de réfrigération explose dans une poissonnerie ; 5 personnes sont tuées et, selon la
source, 85 à 178 autres sont blessées.

N° 5276 - 4/8/1977- PAYS BAS -


YY.0 - Activité indéterminée
Lors d'une opération de transfert dans un stockage d'ammoniac, une explosion initiée par une étincelle (perceuse ?) se produit
dans une installation de réfrigération; 1 personne est intoxiquée.

N° 5278 - 10/1/1978- ROYAUME UNI - INCONNU


63.1 - Manutention et entreposage
Dans un entrepôt réfrigéré, une fuite d'ammoniac se produit sur les installations de réfrigération. Le gaz s'enflamme et explose ; la
source exacte de l'ignition n'est pas connue.

N° 5279 - 12/6/1978- ETATS UNIS -


24.1 - Industrie chimique de base
Dans une usine de fabrication d'engrais, une émission d'ammoniac se produit après qu'une vanne d'un circuit de refroidissement /
réfrigération ait été fermée par inadvertance. L'unité de synthèse a été dépressurisée à l'atmosphère à la suite de la détection d'un

Ministère de l'écologie et du développement durable – DPPR / SEI / BARPI. 2


Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 117

ED0389E - Nombre d'accidents répertoriés : 44


niveau haut dans la section froid de l'unité. Le mélange gazeux émis s'est ensuite enflammé en raison de la présence probable
d'hydrogène et de méthane. Neuf personnes seront blessées.

N° 5277 - 1/9/1978- SENEGAL -


05.0 - Pêche, aquaculture
Dans un bateau de pêche, un circuit de réfrigération à l'ammoniac explose.

N° 5280 - 12/12/1978- ROYAUME UNI - PADDINGTON


15.8 - Autres industries alimentaires
Une fuite d'ammoniac se produit sur les installations de réfrigération d'une usine de fabrication de glaces.

N° 5281 - 21/2/1980- ETATS UNIS - LOS ANGELES


15.5 - Industrie laitière
Une émission d'ammoniac liquéfié se produit sur les installations de réfrigération d'une usine de fabrication de produits laitiers.
Cette fuite engendre une explosion qui blesse 12 personnes ; 10 autres sont intoxiquées par le nuage. Toutes les personnes
atteintes seront hospitalisées.

N° 5282 - 26/7/1980- CANADA - PORTAGE LA PRAIRIE


63.1 - Manutention et entreposage
A la suite d'un incendie, une fuite d'ammoniac se produit dans les installations de réfrigération d'un entrepôt frigorifique. Cet
accident ne provoque aucune victime mais 4 000 personnes sont évacuées.

N° 5283 - 11/4/1982- JAPON - MIYAGI


05.0 - Pêche, aquaculture
Une fuite d'ammoniac se produit sur les installations de réfrigération d'un bateau de pêche ; 7 marins sont tués et 7 autres sont
portés disparus.

N° 5284 - 11/12/1983- ETATS UNIS -


15.5 - Industrie laitière
Une fuite de 209 kg d'ammoniac (sur une masse totale de 1 800 kg) se produit sur les installations de réfrigération d'un entrepôt de
crèmes glacées. L'origine de cette fuite est localisée sur une tuyauterie de 152 mm de diamètre sous 965 kPa de pression. Une
explosion et un incendie se produisent peu après dans la chambre froide. Le filament d'une lampe d'éclairage serait à l'origine de
l'inflammation de l'ammoniac.

N° 5285 - 17/9/1984- ETATS UNIS - SHREVEPORT


15.1 - Industrie des viandes
Dans un des bâtiments d'un entrepôt frigorifique de viande, une fuite d'ammoniac se produit sur l'une des vannes d'une installation
de réfrigération. Une explosion et un incendie sont initiés, par un choc ou par un arc électrique, à partir d'un engin élévateur
automoteur utilisé lors de l'intervention des secours.

N° 5245 - 13/2/1985- INDONESIE - TANJUNG BALAI


15.8 - Autres industries alimentaires
Dans une usine de produits alimentaires, une cuve d'ammoniaque (installation de réfrigération ?) explose après qu'un ouvrier est
enlevé une canalisation d'eau sur le réservoir. A la suite de cet accident, 130 employés sont blessés ou intoxiqués dont 91
grièvement. Parmi les blessés, certains ont été piétinés par les ouvriers qui tentaient de gagner les issues de secours. Un
mouvement de panique s'est développé dans la population résidant près de l'usine qui craignait une répétition de l'accident de
BHOPAL (Inde - Fuite de gaz mortel en décembre 84).

N° 5287 - 29/5/1985- ETATS UNIS - SAN ANTONIO


15.8 - Autres industries alimentaires
Dans une usine de fabrication de glace, le réservoir accumulateur d'une installation de réfrigération à l'ammoniac explose ; 23
personnes sont blessées et les 20 employés de l'usine sont évacués.

N° 5288 - 18/12/1985- ALLEMAGNE -


15.5 - Industrie laitière
Dans une laiterie industrielle, une fuite d'ammoniac se produit sur un réservoir d'une installation de réfrigération à la suite d'une
défaillance d'un équipement de mesure de la pression. Le nuage de gaz d'un volume de 5 m³ s'enflamme au contact d'une source
d'ignition non identifiée.

N° 5256 - 29/6/1986- ALLEMAGNE - BAMBERG


15.9 - Industrie des boissons
Une fuite d'ammoniac se produit sur les installations de réfrigération d'une brasserie. Un ouvrier est intoxiqué. La population
urbaine doit se confiner 30 min jusqu'à dissipation du nuage toxique.

N° 5289 - 24/6/1987- INDE - BHOPAL


15.5 - Industrie laitière
Dans une usine de fabrication de crèmes glacées, une fuite d'ammoniac sur une installation de réfrigération panique plusieurs
milliers de personnes ; 200 000 d'entres elles seront évacuées. Aucune victime n'est à déplorer.

N° 5290 - 3/11/1987- ETATS UNIS - ROM


YY.0 - Activité indéterminée
A la suite de la rupture d'une canalisation sur une installation de réfrigération dans une usine, une fuite d'ammoniac intoxique 50
personnes.

N° 5291 - 14/12/1987- CHINE -


05.0 - Pêche, aquaculture

Ministère de l'écologie et du développement durable – DPPR / SEI / BARPI. 3


page 118 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
ED0389E - Nombre d'accidents répertoriés : 44
Une explosion se produit à bord d'un bateau de pêche naviguant en mer de chine. L'explosion et des fumées toxiques (fuite de
fluide frigorigène contenu dans les installations de réfrigération ?) tuent 12 marins.

N° 181 - 3/9/1988- ETATS UNIS - COLOMBUS


15.8 - Autres industries alimentaires
Au cours de travaux de maintenance simultanés et non coordonnés dans une boulangerie industrielle, l'alimentation électrique
d'une vanne de sécurité, ouverte en position de repos (sécurité non positive), est coupée alors qu'elle ferme le circuit ammoniac
pendant l'ouverture d'une installation de réfrigération. Cette erreur humaine provoque une fuite de 1 t d'ammoniac. L'intervention se
fait par arrosage d'eau au niveau de la fuite et par dessus l'installation. La solution ammoniaquée se déverse dans les égouts ; les
autorités qui gèrent le réseau d'assainissement sont alertées. Aucune victime n'est à déplorer.

N° 69 - 30/9/1988- ETATS UNIS -


24.1 - Industrie chimique de base
Durant une manoeuvre de mise à l'arrêt dans une usine d'engrais, la brusque baisse de régime d'une chaudière entraîne un
ralentissement du compresseur d'une unité de réfrigération et une surpression dans les étages d'ammoniac liquide. Une soupape
de sécurité s'ouvre et 2,6 t d'ammoniac sont rejetées à l'atmosphère. La chaudière est remise en route immédiatement et la
procédure de mise à l'arrêt est conduite à son terme sans autres difficultés. Aucune conséquence n'est à déplorer sur
l'environnement.

N° 190 - 9/11/1988- ETATS UNIS - LAKE CHARLES


24.1 - Industrie chimique de base
A la suite de la défaillance d'une pompe de circulation d'eau pour le refroidissement d'un condenseur d'ammoniac, une surpression
se produit dans un système de réfrigération. La soupape du collecteur s'ouvre ; 1,7 t d'ammoniac sont émises à l'atmosphère. Cet
accident n'a aucune conséquence significative sur l'environnement.

N° 143 - 28/4/1989- ROYAUME UNI - GRIMSBY


63.1 - Manutention et entreposage
A la suite de l'éclatement d'une tuyauterie d'ammoniac sous pression de 25 mm de diamètre dans le circuit de réfrigération d'un
entrepôt frigorifique, 0,4 t de gaz toxique se disperse rapidement et 400 personnes sont évacuées dans le voisinage du site. 23
personnes sont hospitalisées pour recevoir un traitement spécifique. L'origine de cet accident serait imputée au colmatage d'un
circuit.

N° 775 - 22/5/1989- PAKISTAN - HYDERABAD


15.8 - Autres industries alimentaires
Un rejet important et de longue durée d'ammoniac se produit à la suite d'une explosion sur les installations de réfrigération d'une
usine de fabrication de pains de glace ; 1 500 à 1 600 personnes sont intoxiquées, dont des élèves d'une école voisine.

N° 1014 - 14/8/1989- CANADA - TORONTO


15.1 - Industrie des viandes
Dans l'un des entrepôts réfrigérés d'une usine de conditionnement de viande, une importante fuite d'ammoniac se produit sur une
tuyauterie de la station de compression d'une installation de réfrigération. Une personne est tuée, 11 autres sont intoxiquées. Les 1
200 employés de l'usine sont évacués.

N° 897 - 16/10/1989- ETATS UNIS - WELLSTON


15.8 - Autres industries alimentaires
Une fuite d'ammoniac se produit sur une installation de réfrigération implantée dans une usine de fabrication de pizzas. Cet
accident provoque l'intoxication de 50 personnes dont 27 sont hospitalisées ; 7 500 personnes sont évacuées.

N° 133 - 29/10/1989- SUEDE - MALMÖ / SKANE


24.1 - Industrie chimique de base
Dans une usine chimique, une fuite de 5 t d'ammoniac se produit par une brèche de 300 mm sur une tuyauterie d'une installation
de réfrigération. Un aérosol dense se forme dans le bâtiment. L'arrêt de la fuite demande la fermeture de 20 vannes. L'intervention
de 15 personnes est nécessaire. Les secours devront s'entraîner au déroulement des opérations et aux gestes nécessaires dans
une installation similaire voisine. La fuite sera stoppée après 3 tentatives. Un sauveteur sera intoxiqué à la suite d'une défaillance
de son équipement de protection.

N° 5293 - 8/1/1991- PAYS BAS -


63.1 - Manutention et entreposage
A la suite de la défaillance d'un élément d'un circuit de chauffage, un incendie se déclare dans un entrepôt réfrigéré. Les
dommages sont évalués à 15 NL Guilders. Aucune précision n'est donnée quant à une éventuelle fuite du fluide frigorigène contenu
dans les installations de réfrigération.

N° 5294 - 6/11/1991- ALLEMAGNE - WILHELSMBURG


YY.0 - Activité indéterminée
Une fuite de 1,2 t d'ammoniac se produit sur une installation de réfrigération, à la suite du redémarrage en local d'un compresseur
alors qu'une procédure d'arrêt est lancée depuis une salle de contrôle. Six personnes sont intoxiquées. Des rideaux d'eau sont mis
en place pour abattre le nuage et permettre la fermeture des vannes de l'installation.

N° 3481 - 19/3/1992- COTE D'IVOIRE - GOLFE DE GUINEE


05.0 - Pêche, aquaculture
La défaillance d'un joint d'étanchéité sur une bride à la sortie d'un compresseur du système de réfrigération d'un thonier provoque
une fuite d'ammoniac. La totalité du produit stocké se répand et forme un nuage toxique. Un mécanicien meurt asphyxié. Les autres
membres de l'équipage se réfugient sur le skiff pendant quelques heures, jusqu'à volatilisation complète de l'ammoniac.

N° 3561 - 30/4/1992- SUISSE - MEYRIN


15.9 - Industrie des boissons

Ministère de l'écologie et du développement durable – DPPR / SEI / BARPI. 4


Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 119
ED0389E - Nombre d'accidents répertoriés : 44
Une fuite de 480 kg d'ammoniac se produit par un trou de 1 à 2 mm de diamètre sur une canalisation rouillée en sortie d'un
évaporateur d'un système de réfrigération destiné à refroidir la production d'une usine d'embouteillage de vins cuits. L'installation
était à l'arrêt et ne disposait d'aucun détecteur. La tuyauterie d'un diamètre de 20 à 30 mm se rompt lors de son dégagement. Les
pompiers et le personnel de l'usine interviennent équipés de masques respiratoires et de tenues étanches. L'ammoniac est capté
dans un brouillard d'eau puis refoulé avec les eaux usées. Les habitants sont invités à fermer leurs fenêtres.

N° 5295 - 1/6/1992- ALLEMAGNE - MULSHAUSEN


15.8 - Autres industries alimentaires
Dans une usine de produits alimentaires, une fuite de 600 kg d'ammoniac se produit sur une installation de réfrigération. L'accident
est dû à la défaillance d'un flexible au niveau d'une bride de raccordement. Les plans d'urgence interne et externe sont activés.

N° 5296 - 29/7/1992- SENEGAL - DAKAR


63.1 - Manutention et entreposage
Un incendie et une fuite d'ammoniac se produisent dans un entrepôt frigorifique sur le port. Les compresseurs de l'installation de
réfrigération venaient d'être révisés et testés sous atmosphère d'ammoniac. La fuite est due à une montée en pression d'un circuit
fermé et à une vanne (ou un clapet) défectueux. Une personne a été intoxiquée. Des odeurs d'ammoniac étaient par ailleurs
perçues depuis 2 jours.

N° 3954 - 23/10/1992- BELGIQUE - ANDERLECHT


15.5 - Industrie laitière
Une fuite d'ammoniac qui se produit sur l'installation de réfrigération d'une usine de fabrication de glaces, indispose plusieurs
riverains. Des odeurs sont perçues à 100 m des installations. Une heure est nécessaire aux secours pour découvrir l'origine de la
fuite, qui se situe sur le séparateur d'huile dans la chambre des compresseurs, et fermer une vanne. Six personnes dont 1 pompier
sont brûlées et hospitalisées.

N° 5297 - 5/11/1992- ALLEMAGNE - MANNHEIM


15.9 - Industrie des boissons
A la suite de la défaillance d'une régulation, une fuite de 5 à 10 t d'ammoniac se produit sur l'installation de réfrigération d'une
brasserie. Deux personnes sont intoxiquées. La zone menacée est évacuée. L'ammoniac échappé dans l'atmosphère est capté
avec de l'eau pulvérisée. Les dommages sont évalués à 2 500 DM.

Ministère de l'écologie et du développement durable – DPPR / SEI / BARPI. 5


page 120 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 121

ANNEXE 8

ARBRES DE DEFAILLANCE
(ETUDE INERIS 1995)

1) Accidents étudiés :
· Saint Brandan le 11 mars 1994.
· Séclin le 17 juin 1992.
· Montélimar le 11 octobre 1990.
· Dieue-sur-Meuse le 8 octobre 1990.
· Montélimar le 1er août 1990.

2) Synthèse des défaillances constatées.


page 122 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
SAINT BRANDAN le 11/03/94

Vaporisation de 500 kg de NH3

epandage de NH3 liquide diffusion de l'ammoniac aucune mesure prise pour


sur le sol du tunnel de congelation dans le tunnel à l'endroit rabattre le nuage
de la fuite

NH3 liquide dans Temperature fuite de la purge porte tunnel temperature personnel non pas de constat
canalisation tunnel : -40° C de la canalisation ouverte exterieure au informe des de fuite?
en entree tunnel tunnel > -40° C risques?

protection heurt de formation? detection?


canalisation la purge
affaiblie

memes chocs protection non chargement utilisation d'un canalisation


anterieurs renforcee ou du tunnel transpalette en entree
reparee pour chargement du tunnel

pas d'action corrective


d'engagee

conscience
du risque?

formation du
personnel
page 124 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
SECLIN le 17/06/92

intoxication d'un pompier

formation d'un nuage de NH3 dans l'auvent presence d'un pompier exterieur à l'entreprise dans l'auvent
1

vaporisation de ouverture d'une presence de NH3 surveillance d'un magasin intrigue par la
NH3 liquide canalisation dans la canalisation suite a un incendie la formation de
nuit precedente volutes blanches

degazage de sectionnement degazage de vanne manuelle absence non informe des


la canalisation? volontaire de la la canalisation? d'isolement de la d'operateur a operations
canalisation (non specifie) canalisation proximite d'intervention sur
defectueuse canalisation NH3

incendie la nuit canalisation entre le entretien des un seul operateur present mauvaise passation releve a 12 heures
precedente dans magasin de stockage installations? operateur s'est eloigne pour des consignes
un magasin de l'installation de verifications present fermer une vanne
stockage refrigeration periodiques? du circuit NH3

cause le magasin de canalisation non conscience vanne manuelle degagement de vanne en amont du circuit
indeterminee stockage etait non du risque lie a d'isolement de la NH3 en NH3 situee a proximite du
vandalisme? un entrepot demantelee l'operation canalisation quantite compresseur dans le local
frigorifique defectueuse anormale energie (a 100m de la)

probleme de operation similaire entretien des


demantelement realisee sans installations?
des installations? probleme sur une verifications 1
autre canalisation periodiques?
page 126 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
MONTELIMAR le 11/10/90

Nuage de NH3 dans le quartier


(15-25 ppm)

quartier residentiel construit apres formation d'un nuage


construction de l'installation de NH3 a l'exterieur

formation d'un nuage de pas de/mauvais confinement


NH3 dans la salle des machines de la fuite

impossibilite d'isoler eclatement de la culasse presence de NH3 pas d'identification


le compresseur du compresseur dans le circuit dans rapport
HP frigorifique d'accident

impossibilite de penetrer etat mecanique ∆P>PME pas de source


dans la salle des machines du compresseur? du compresseur d'alarme
pour fermer la vanne HP (pressostat,
d'isolement alarme d'arret)

protection disponible agressivite NH3 compression HP presence de


insuffisante manque de NH3 liquide
(masque a cartouche) visibilite?

compression BP mise en route aspiration de NH3


automatique liquide par le
compresseur HP

phase de redemarrage absence de securite


apres arret pour sur le reservoir
probleme de regulation intermediaire

probleme remise a procedure de absence securite absence de clapet


zero de l'installation redemarrage niveau haut anti-retour?
frigorifique? apres arret (alarme, arret)
(initialisation)
page 128 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
DIEUE-SUR-MEUSE le 08/10/90

Rejet de 350kg de NH3 par le voyant d'huile d'un compresseur

1
difficulte d'intervention presence de NH3 dans le le voyant du
pour juguler la fuite circuit d'huile du compresseur compresseur a eclate

obligation d'attendre aspiration de NH3 a ete remplace lors voyant defectueux?


les pompiers dans le circuit d'huile d'une revision mauvais montage?
du compresseur

equipement pas de systeme opacite diminution de absence de garde vannes depart freezer
d'intervention du de sectionnement pression dans hydraulique non equipees de
personnel de l'usine des vannes a le circuit NH3 clapets anti-retour
inadapte distance

personnel equipe conception? fuite absence de fuite d'huile sur non fermeture de la mauvaise conception
uniquement de importante compression le compresseur vanne de depart de l'installation?
masques a huile de graissage
cartouche

fermeture des vannes absence de


aspiration et consignes?
refoulement du 1
compresseur

fuite d'huile sur mauvaise non connaissance du


compresseur conception? fonctionnement de
l'installation?

fermeture possible des absence de absence de


vannes sur compresseur consignes? formation?
1 alors que les autres
vannes sont ouvertes
page 130 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
MONTELIMAR le 01/08/90

Nuage de NH3 a l'exterieur du batiment

pas de confinement de la fuite formation d'un nuage de NH3 dans le batiment pendant 20mn

porte du batiment ouverture du circuit presence de NH3


ouverte frigorifique pendant
20 mn

2
desserrage vanne presence tuyauterie ouverture EV
circuit BP MP/BP non sur tuyauterie
pendant 20 mn identifiee MP/BP
par l'operateur
3

desserrage de impossibilite de non connaissance responsable ∆P d'ouverture P=0 dans BP P>Po


la vanne refermer rapidement de l'installation atelier absent de l'EV dans MP
(vacances)

debit de fuite NH3 clef a cliquet difficulte pas d'identification dossier non isolation du circuit
1
important inutilisable d'intervention des canalisations accessible BP pour
reparation

clef grippee pas de clef caracteristiques moyens de pas d'affichage documents vanne circuit
2 sous l'action de rechange physico- protection du plan dans le bureau BP fuyarde
du jet accessible chimiques individuelle du responsable
froid NH3 inadaptee absent

3 cartouche difficultes pour pas de point organisation? maintenance? entretien?


filtrante s'equiper seul d'eau a
rapidement avec combinaison proximite?
saturee et ARI disponibles
page 132 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
mise à l'atmosphère de NH3
intal. de réfrigération
0

brèche absence de confinement difficulté d'intervention

1 2 3

Fuite sur une vanne Rup./Ouv. accidentelle Rup/Fuite accidentelle d'une


d'isolement d'1 organe de compression canalisation ou d'1 élément
6 5 4

Ouv. volantaire vanne et défaillance de la vanne Rup/Fuite en fonctionnement Fuite en entretien,


impossibilité de la fermer d'isolement normal de l'installation maintenance ou démantèlement
27 26 7 8

débit de fuite NHC3 fermeture inadaptée entretien, maintenance. fatigue mécanique choc/heurt corrosion déserrage d'une vanne Ouv. éléctrovanne entre canalisation entre les circuits
trop important vérification périodique ? sortie compresseur par ex. sur le circuit BP les circuits BP et MP BP et HP non identifié
28 29 33 10 11 9 21 23 22

absence de système de clefclef rendu inutilisable


rendue inutilisable heut de la canalisation protection de la canalisation opération d'entretien main- Fuite sur une vanne non connaissance de la personne responsable de
fermeture à distance sous l'action du froid absente ou défectueuse tenance ou démantèlement d'isolement l'installation l'atelier est en vacances
30 31 12 13 32 6 24 25

heurt pendant le chargement objet tombant et heurtant mêmes chocs antérieurs protection non remforcée
du tunnel la canalisation ou réparée
16 17 15 14

utilisation d'un transpalette mauvaise visibilité/


pour le chargement manque de place
18 19

conception des installations

20
page 134 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
absence de confinement

aucune mesure prise porte du bâtiment


pour rabattre le nuage ouverte
3 2

personnel non informé pas de constat pas de moyens


des risques de fuite de protection
4 5 6

formation ? Pas de détection non visualisation pas de rideau pas de système d'arrêt
de la fuite d'eau automatique de la fuite
7 8 9 10 11
page 136 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
difficulté d'intervention

équipement personnel interne personnel interne non intervention des


non adapté non formé spécialiste externes
1 2 3

moyens de protection agressivité NH3 non formé à l'utilisation non maîtrise du non appelé par la société réglementation interdisant
disponibles inadéquats manque de visibilité des moyens de protection procédé l'entée dans la société
4 5 8 9 13 14

cartouche filtrante du difficile de s'équiper seul absence de formation personnel non suffisamment personnel de
masque rapidement saturée avec la combinaison étanche spécialisée formé surveillance
6 7 10 11 12
page 138 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Rup/Ouv accidentelle d'un
organe de compression
0

Rup. d'un organe de compres- Rup/Ouv d'un organe


sur le circuit NH3 sur le circuit huile
1 2

P>PME absence ou non fonction- aspiration de NH3 dans le éclatement d'un voyant
nement des alarmes circuit huile du compresseur huile sur le compresseur
3 4 13 14

14

aspiration de NH3 liquide compresseur HP diminution/absence pression vannes départ freezer non absence de garde vayant défectueux problème de montage
par le compresseur dans le circuit huile comp. équipées de clapet anti-retour hydraulique (huile)
6 5 15 17 16 22 23 23

phase de redémarrage après absence de sécurité sur le compession BP


Compression BP mise en route automatique Ferm. des vannes aspirations conception des fuite d'huile sur la vanne de déart huile
arrêt de l'installation réservoir intermédiaire des compresseurs et refoulement compresseur installations ? compresseur est ouverte
9 10 7 8 24 18 19 20

absence de sécurité absence de clapet fuite sur compresseur Ferm. possible vannes comp. mauvaise connaissance éclatement d'un voyant absence de consigne ?
niveau haut anti-retour (huile) alors que d'autres Ouv. de l'installation huile sur le compresseur
11 12 25 26 27 14 21

14 21

éclatement d'un voyant absence de consigne ? absence de


huile sur le compresseur formation
14 21 28

14 21
page 140 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 141

REFERENCES
page 142 Direction de la prévention des pollutions et des risques - S.E.I. - B.A.R.P.I.
Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 143

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Retour d'expérience - L'ammoniac et la réfrigération page 145

ADRESSES ET COORDONNEES UTILES

1) - A.F.N.O.R.
177, Rue Garibaldi/ Immeuble M + M - 69428 LYON CEDEX 3Tél. : 78.95.07.61/ Fax : 78.95.07.50

2) - ASSOCIATION FRANCAISE DU FROID (A.F.F.)


4, Place Saint Germain des prés - 75006 PARISTél. : (1) 45.44.52.52/ Fax : (1) 42.22.00.42

3) - ASSOCIATION DES INGENIEURS ET TECHNICIENS DU FROID (A.I.T.F.)


17, Rue Guillaume APOLLINAIRE - 75006 PARISTél. : (1) 42.22.00.34/ Fax : (1) 42.22.00.42

4) - INSTITUT INTERNATIONAL DU FROID (I.I.F.)


177, Boulevard Malsherbe - 75017 PARIS
Tél. : (1) 42.27.32.35/ Fax : (1) 47.63.17.98

5) - SYNDICAT GENERAL ET NATIONAL DU FROID


39, Rue Etienne Marcel - 75 PARISTél. : (1) 42.36.28.77/ Fax : (1) 42.36.39.62

6) - UNION INTERSYNDICALE des CONSTRUCTEURS de MATERIEL AEROLIQUE, THERMIQUE et


FRIGORIFIQUE (UNICLIMA)
39/ 41, rue Louis Blanc - PARIS LA DEFENSE/ COURBEVOIETél. : (1) 47.17.62.92/ Fax : (1) 47.17.64.27

7) - UNION SYNDICALE NATIONALE DES EXPLOITATIONS FRIGORIFIQUES (USNEF)


8, Villa Bosquet - 75007 PARISTél. : (1) 45.55.14.85/ Fax : (1) 47.05.08.04

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