Reduction
Reduction
n
K désigne R ou C, E un K-espace vectoriel . D’où la stabilité de ∑ Fi .
i=1
En particulier: ∀k ∈ N, F est stable par uk et on a: On suppose que E est de dimension finie et que E = F ⊕ G,
dim F = p, dim G = q soit β une base de E adaptée à cette
(uk )F = (uF )k décomposition.
Si M la matrice de u dans cette base alors:
F est stable
par u si, et seulement si M s’écrit de la forme:
A B
Preuve Si F est stable par f et g, alors , où
0 C
A ∈ M p (K), C ∈ Mq (K).
f ◦ g(F) = f (g(F)) ⊂ f (F) ⊂ F Dans ce cas : det M = (det A) (detC).
Proposition 2 n
On suppose que E = ⊕ Ek , alors chaque Ek est stable par u si, et
k=1
1. Une intersection quelconque de sous espaces stables est un est seulement si M, la matrice deu dans une base β =∪βk ”adaptée” à
un sous espace stable. A1 0 . . . 0
0 A2 . . . 0
cette somme est de la forme: . . .
2. Une somme finie de sous espaces stables est un sous espace sta- .. ..
0 . ..
ble.
0 0 . . . An
Dans ces conditions, si on note uk la restriction de u à Ek , alors Ak est
n
p
2 Valeurs propres, vecteurs propres 2. soit (x1 , ..., x p ) ∈ (Eλ1 (u) , ..., Eλ p (u) ) tel que ∑ xk = 0, en com-
k=1
p
posant par ui , on obtient ∑ λki xk = 0. Par combinaison linéaire,
2.1 Valeurs propres, vecteurs propres d’un endomorphisme k=1
p
on aura pour tout P ∈ K[X], ∑ P(λk )xk = 0. en particulier pour
Définition 2 k=1
le ième polynôme d’interpolation de Lagrange en les λi , P = Li =
Soient u un endomorphisme de E et λ un élément de K, λ est dite X −λj
valeur propre de u si ker(u − λ Id) n’est pas réduit au singleton {0},
∏ λi − λ j , on obtient xi = 0.
j6=i
et dans ce cas Eλ = ker(u − λ Id) s’appelle le sous espace propre
associé à la valeur propre λ et les éléments non nuls de ker(u − λ Id) 3. f et g commutent, il en sera de même pour g − λ IE et f , et d’où le
s’appellent les vecteurs propres de u associés à la valeur propre λ . résultat.
Proposition 5 Exemple 3
Si λ est une valeur propre de u ,alors ∀k ∈ N, λ k est une valeur propre Montrer que la famille des fonctions ( fλ ∈R∗+ ), fλ : x → cos(λ x)
de uk et on a Eλ (u) ⊂ Eλ k (uk ). forme une famille libre.
Exemple 1
2.2 Valeurs propres, vecteurs propres d’une matrice.
I un intervalle non trivial de R, soit ϕ : C∞ (I, C) → C∞ (I, C); f → f 0 .
Déterminer les valeurs et vecteurs propres de f . Définition 3
Soit λ ∈ C une valeur propre de ϕ, il existe f ∈ C1 (I, C) non nulle
telle que f 0 = λ f . Soient M ∈ Mn (K) et λ ∈ K.
f 0 = λ f ⇐⇒ ∃c ∈ C, ∀t ∈ R : f (t) = c exp(tλ ). λ est dite valeur propre de M s’il existe un vecteur colonne V non nul
Par conséquent Sp( f ) = C et pour tout λ ∈ C : de Mn,1 (K) tel que MV = λV .
Eλ (ϕ) = C fλ ; fλ : t → exp(tλ ). Un tel vecteur V est appelé vecteur propre de M pour la valeur propre
λ.
L’ensemble des valeurs propres éventuelles de M dans K s’appelle
Exemple 2 spectre de M dans K et se note SpK (M).
Remarque 2
1. Eλ (u) est un sous espace vectoriel de E stable par u, et les
droites stables sont exactements les droites portées par des Si K est un sous corps de L, alors SpK (M) ⊂ SpL (M)
vecteurs propres.
3. Si f et g sont deux endomorphismes qui commutent alors tout Soit M ∈ Mn (K), si on pose:
sous espace propre de l’un est stable par l’autre. χM = det(XIn − M), alors χM est polynôme de degré n et on a
Preuve Posons M = (ai j ) et XIn − M = B = (bi j ), on a u un endomorphisme non homothétie d’un K espace vectoriel de di-
mension 2, montrer qu’il existe une base β de E, tel la matrice de u
bi j = −ai j si i 6= j et bii = X − aii dans β soit de la forme:
0 − det u
det(XIn − M) = ε(σ )Πbσ (i)i M=
∑ 1 tr(u)
σ ∈Sn
= Πni=1 bii + ∑ ε(σ )Πbσ (i)i En déduire que deux matrices non scalaires sont semblables si, et
σ ∈Sn \{Id} seulement si elles ont le même polynôme caractéristique.
= Πni=1 (X − aii ) + ∑ ε(σ )Πbσ (i)i
σ ∈Sn \{Id} Corollaire 1
Si σ 6= Id, soit alors i0 tel que σ (i0 ) 6= i0 , posons j0 = σ (i0 ), on a aussi
Le spectre d’une matrice triangulaire ou diagonale est exactement
par injectivité de σ ; σ ( j0 ) 6= j0 , et donc Πni=1 bσ (i)i est un polynôme de
l’ensemble des éléments diagonaux de la matrice.
degré ≤ n − 2.
Πni=1 (X − aii ) est un polynôme de degré exactement n, son coefficient
n
dominant est 1, et le coefficient de X n−1 est − ∑ aii = − tr(M) et le
i=1 Preuve Le cas triangulaire généralise le cas diagonal. Soit M =
coefficient constant de χM est χM (0) = (−1)n det M.
(ai j ) une matrice triangulaire supérieure, la matrice XI − M est encore
n
Remarque 3 triangulaire supérieure, donc χM (X) = ∏(X − aii ), d’où le résultat:
i=1
2
En particulier pour n = 2, χM = X − tr(M)X + det M
Proposition 9
n−1
Si P = X n + ∑ ak X k , on appelle matrice compagnon de P, la matrice
k=0 Preuve χt A = det(XIn −t A) = det(t (XIn −A)) = det(XIn −A) =
χA
0 0 . . . 0 −a0
. . ..
1 0 . . −a1
Théorème définition 2
C(P) =
. . . . .. ..
0 . . . .
.. . . . .
Soit E un espace vectoriel de dim n et u ∈ L (E).
. . . 0 −an−2 Pour toute base β de E, det(M (u − XIn )) est indépendant de la base
0 . . . 0 1 −an−1 β choisie et s’appelle le polynôme caractéristique de u et se note χu .
Montrer que χC(P) = P
Remarque 4
Proposition 7
Si deux matrices sont semblables alors elles auront le même 1. Si λ ∈ K alors χu (λ ) = det(λ IE − u) et
polynôme caractéristique. λ valeur propre de u ssi χu (λ ) = 0
χB (X) = det(XIn −P−1 AP) = det(P−1 (XIn −A)P) = det(XIn −A) = χA (X)
Exemples 1
Proposition 8
1. Si p est un projecteur en dimension n, alors:
Le spectre de M dans K est exactement l’ensemble des racines dans
K de χM , et par conséquent SpK (M) est fini et son cardinal est plus χ p = (X − 1)q X n−q
petit que n.
avec q = rg(p).
1. u est diagonalisable.
Preuve Vient du fait que dans une base β = β1 ∪ β2 adaptée à M
2. χu est scindé et E = Eλ (u)
A B λ ∈Sp(u)
F, la matrice de u s’écrit: , où A = Mat β1 v.
0 C
3. χu est scindé et dim E = ∑ dim(Eλ (u))
λ ∈Sp(u)
Généralisation
p
Soit u ∈ L (E), on suppose que E = 4. χu est scindé et ∀λ ∈ Sp(u), d(λ ) = m(λ ).
M
Fk où les Fk sont des sous espace
k=1
vectoriels de E stables et non réduits à {oE } et on note vk = u/Fk alors:
p Preuve 1) =⇒ 2) Supposons que u est diagonalisable.
χu = ∏ χvk
k=1 Soit β uneM vecteur e ∈ β est vecteurM
base propre de u. ToutM propre de u
donc e ∈ Eλ (u) puis E ⊂ Eλ (u) et enfin E = Eλ (u).
λ ∈Sp(u) λ ∈Sp(u) λ ∈Sp(u)
Définition 4
2) c’est équivalente à 3) du fait que la somme est directe.
2) =⇒ 4)En calculant le polynôme caractéristique dans une base
u ∈ L (E) (resp M ∈ Mn (K)) soit λ une valeur propre de u (resp de p
p
(λi − X)dimEλi (u) , et par
M
M). adaptée à E = Eλi , on obtient χu = Πi=1
On appelle multiplicité de λ sa multiplicité comme étant une racine i=1
de χu (resp χM ). unicité de la multiplicité d(λ ) = m(λ ).
4) =⇒ 2) supposons que χu est scindé et ∀λ ∈ Sp(u), d(λ ) = m(λ ).
p p
3. Si χM est scindé alors pour chaque racine λ qui sera une des
1 2
valeurs propres de M on résoud le système homogène (M − u l’endomorphisme de R2 associé à la matrice: A =
λ In )X = 0, où X est une matrice colonne de Kn . 2 1
Montrer que A est diagonalisable et exprimer par leurs matrices dans
La résolution conduit à une base βλ de Eλ , donc à dim Eλ .
la base canonique les projecteurs propres associés à u.
p
4. Si, ∑ dim(Eλ ) < n , alors M n’est pas diagonalisable.
i
i=1
p
5 Applications de la diagonalisation
5. Sinon, c’est à dire ∑ dim(Eλi ) = n alors M est diagonalisable, • Calcul des puissances d’une matrice.
i=1
et la juxtaposition des bases βλi donne une base de Kn , formée Soit à calculer M k pour tout k ∈ N.
de vecteurs propres. Si M est diagonalisable, soient alors P inversible et D diagonale tel que:
M = PDP−1 .
Dans ce cas on a M k = PDk P−1 , c’est à dire que le calcul de M k se ramène à
Exemple 4 celui de
Dk = diag (λ1k , ..., k
λn ).
8 0 9
8 0 9 Exemple: M = −3 −1 −3
M = −3 −1 −3 −6 0 −7
−6 0 −7
χM = −(X − 2)(X + 1)2 .
χM = −(X − 2)(X + 1)2 . Avec les mêmes notations que [Link] 1 on a:
• Sous espace propre associé à la valeur propre -1. On résoud le M = PDP−1 =⇒ M k = PDk P−1
système:
(−1)k
0 0
Dk = 0 (−1)k 0 , finalement on obtient:
9x + 9z = 0
0 0 2k
(M + I)V = 0 ⇐⇒ −3x − 3z = 0 ⇐⇒ x + z = 0 k k
−3(−1)k + 3(2k )
−2(−1) + 3(2 ) 0
−6x − 6z = 0
k k k k k k
M = (−1) − 2 (−1) (−1) − 2
2(−1)k − 2(2k ) 0 3(−1)k − 2(2k )
1 0
Il s’agit du plan engendré par 0 et 1 • Systèmes de suites récurrentes de pas 1.
(1) (p)
−1 0 Soient (xn )n , ...(xn )n des suites d’éléments de K. On pose
(1) (p)
On peut déja en déduire la diagonalisabilité de M. Xn =t (xn , ..., xn ) et on suppose qu’il existe une matrice M telle que, pour
tout n, Xn+1 = MXn , Dans ce cas on aura: ∀n ∈ N : Xn = M n X0 , ce qui
• Sous espace propre associé à la valeur propre 2. On résoud le
nécessite le calcul des puissances successives de M : on est donc ramené au
cas précédent...
R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 6
• Etude d’une récurrence linéaire de pas p. E telle que M f soit triangulaire supérieure.
Soit à déterminer une suite (xn ) définie par une relation de récurrence du
type :
Remarque 9
∀n ≥ 0 : xn+p + a p−1 xn+p−1 + ... + a1 xn+1 + a0 xn = 0.
En posant pour tout n ∈ N, Xn =t (xn , ..., xn+p−1 ) on obtient la formule de
Si f ∈ L (E) est trigonalisable et β = (e1 , ..., en ) une base telle que
récurence:
0 1 0 ... ... 0
M f est triangulaire supérieure alors si on pose β 0 = (en , ..., e1 ), la
0 0 1 0 ... 0 matrice de f dans β 0 est triangulaire inférieure.
. . . .
0 0 0 . . 0
Xn+1 = MXn , avec M = .
.. .. .
Définition 8
. . . . 0 . . 0
0 0 0 0 1
Une matrice M ∈ Mn (K) est dite trigonalisable si elle est semblable
−a0 −a1 . . . . . . . . . −a p−1
à une matrice triangulaire supérieure.
Le polynôme caractéristique de M est χM = [X p + a p−1 X p−1 + ... + a1 X +
a0 ].
(d’où la nomination ”équation caractéristique”). Remarque 10
On est donc encore ramené au problème précédent.
M est trigonalisable si et seulement si tout endomorphisme f d’un
Exercice 5 K-espace vectoriel E de dimension n dont la matrice est M dans une
base β de E est trigonalisable, et en particulier l’endomorphisme de
On considère l’équation dans M3 (R) (E) : X 2 = A où Kn de matrice M dans la base canonique.
1 1 2
A = 0 2 2 . Théorème 2
0 0 3
1. Montrer que A est diagonalisable sur R. Soit u ∈ L (E). les psse:
2. Montrer que si la solution existe, elle commute avec A puis qu’elle 1. u trigonalisable.
est diagonaliable sur R.
2. χu est scindé
3. En déduire toutes les solutions de l’équation (E).
a11 ∗ ∗
Exercice 6
Preuve 1) =⇒ 2): Si M = 0 . ∗ , alors on a:
0 0 ann
2 1 1
On considère la matrice A = 1 2 1 ∈ M3 (R). χu (X) = χM (X) = Πni=1 (aii − X)
0 0 3
Donc χu est scindé.
1. Effectuer la réduction de A. 2) =⇒ 1) Par récurrence sur n . Il n’y a rien à démontrer si n = 1.
Supposons la propriété vraie pour n − 1, soient E un espace vectoriel
2. Déterminer le commutant de A, C(A) = {M ∈ M3 (R) telle que
de dimension n et u un endomorphisme de E tel que χu scindé.
AM = MA}.
Soit λ une racine de χu . Soit e1 un vecteur propre associé à λ , que
3. Trouver les droites et les plans deR3 stables par A. l’on complète en β = (e1 , .., en ) base de E. Soit F = Vect(e2 , .., en ),
p la projection sur F parallèlement à Ke1 et v : F → F défini
par
λ ∗ ∗ ∗
Exercice 7 0
v(x) = p(u(x)) si x ∈ F. Alors M = M (u) =
avec
. A
6 −6 5 0
On considère la matrice A = 14 −13 10 A = Mate2 ,..,en (v). On en déduit que χu (X) = (X − λ )χv (X). Donc
7 −6 4 χv est aussi scindé. Par hypothèse de récurrence, il existe une base
(ε2 , .., εn ) de F telle que Mat(ε2 ,..,εn ) v soit triangulaire supérieure et alors
1. La matrice A est-elle diagonalisable ?
λ ∗ ∗ ∗
−1 0 0
0
Mat(e1 ,ε2 ,..,εn ) u =
.
est triangulaire supérieure.
2. Montrer que A est semblable à 0 −1 1 Mat(ε2 ,..,εn ) v
0 0 −1 0
Définition 7
Exemple 5 Preuve 2 =⇒ 1 Soit β = (e1 , ..., en ) une base d’une telle trigo-
nalisation de u, on aura pour tout k ∈ |[1, n]|, u(ek ) ∈ vect{e1 , ..., ek−1 },
2 2 −3
5 1 −5 . et par une petite récurrence u p (ek ) ∈ vect{e1 , .., ek−p }, p = 1, .., k − 1
jusqu’à ce que uk (ek ) = 0. En particulier un (ek ) = 0 pour tout k, et fi-
−3 4 0
nalement u nilpotent.
1 =⇒ 2 Raisonnons matriciellement. Par récurrence sur n ∈ N∗ , mon-
trons que si A ∈ Mn (K) est nilpotente, alors A est semblable à une ma-
trice triangulaire supérieure stricte.
Solution Cas n = 1 : Une matrice nilpotente de taille 1 est nécessairement
nulle.
• χM = (1 − X)3 , M n’est donc pas diagonalisable. Supposons la propriété établie au rang n − 1 ≥ 1.
• Le sous espace propre associé à la valeur propre 1 est la droite engendée Soit A ∈ Mn (K) nilpotente.
par: e1 = (1, 1, 1), notons C = (c1 , c2 , c3 ) la base canonique et posons La matrice A ne peut être inversible et donc ker A 6= {0}. Soit e1 un
e02 = c2 = (0, 1, 0), e03 = c3 , déterminons la matrice N de f (canonique- vecteur non nul de ker A. On complète ce vecteur e1 en une base de Kn
ment associé à M) dans cette nouvelle base: (e1 , e02 , e03 ). de la forme e = (e1 , ..., en ).
f (e1 ) = e1 , f (e02 ) = 2c1 + e02 + 4e03 , f (e03 ) = −3c1 − 5e02 . La matrice de l’endomorphisme canoniquement associé à A dans la base
c1 = e1 − e02 − e03 =⇒ f (e02 ) = 2e1 − 0 0 0 0 0
e2 + 2e3 , f (e3 ) = −3e1 − 2e2 + 3e3 . e est de la forme
1 2 −3
Finalement N = 0 −1 −2 . 0 ∗
0 2 3 B= 0 avec A0 ∈ Mn−1 (K)
0 A
• On pose G = vect(e02 , e03 ), p désigne la projection sur G parallélement à
vect(e1 ). La matrice B est semblable à A et donc elle aussi nilpotente. On en
déduit que le bloc A0 est nilpotent. Par hypothèse de récurrence, il existe
−1 −2
C = M (p ◦ f/G ) = , χC = (1 − X)2 .
2 3 P0 ∈ GLn−1 (K) telle que P0−1 A0 P0 soit triangulaire supérieure stricte.
x = αe02 + β e03 est un vecteur propre de C associé à 1 ⇐⇒ α + β = 0, par Formons alors
exemple 1 0
P= ∈ GLn (K)
e2 = e02 − e03 = (0, 1, −1). 0 P0
• En complétant (e1 , e2 ) par e3 = c3 (par exemple) pour obtenir une base Par produit par blocs
β de E,
et en calculant la matrice de f dans β , on trouve:
1 5 −3
0 ∗
M f = 0 1 −2 . P−1 BP = 0−1 0 0
0 P AP
0 0 1
est triangulaire supérieure stricte. Finalement, A est semblable à une
Exercice 8 matrice triangulaire supérieure stricte. Récurrence établie.
Proposition 13
Exercice 9
Soit F un sous espace vectoriel stable par u ∈ L(E)
Si u trigonalisable alors uF est aussi trigonalisablale. Trigonaliser la matrice suivante:
−3 −20 14
A = −3 −24 18
Preuve Vient du fait que χuF divise χu . 1 −20 10
Proposition 14 Exercice 10
Soit u ∈ L(E). On a équivalence entre : Montrer que matrice A est nilpotente si et seulement ∀k ∈ N∗ , tr(Ak ) =
0.
1. u est nilpotent ;
L (E) est une K-algèbre l’application: et dans ce cas ϕ ne peut pas etre injective, l’idéal ker ϕ 6= {0}, d’où
l’existence d’un tel πu .
ϕ : K[X] → L (E)
Proposition 18
n p
k k
P = ∑ ak X → P(u) = ∑ ak u
k=0 k=0 E un espace de dimension finie, si u ∈ L(E), alors p = deg(πu ) si et
seulement si (Id , u, ..., u p−1 ) est une base de K[u].
est un morphisme d’algèbre.
• 1(u) = IE
• ∀P, Q ∈ K[X], (PQ)(u) = P(u) ◦ Q(u). et donc les endomorphismes On suppose Πu de degré égal à p. Soit P(u) ∈ K[u], on effectue la
P(u) et Q(u) commutent. division euclidienne de P par Πu , il existe Q, R ∈ K[X] tel que P =
QΠu + R, avec R = 0 ou deg R < p, on applique à u, on obtient
Proposition 15 n−1
P(u) = R(u) = ∑ bk uk ∈ vect{1, u, .., un−1 }
k=0
Si P divise Q, alors ker P(u) ⊂ ker Q(u).
On en déduit que la famille {1, ..., un−1 } est génératrice de K[u].
Il reste à vérifier que cette famille est libre.
p−1
Preuve P/Q, il existe R ∈ K[X] tel que: Q = RP et donc Soit (ak )0≤k≤p−1 des scalaires tels que ∑ ak uk = 0, le polynôme
k=0
Q(u) = R(u) ◦ P(u), ainsi: p−1
P = ∑ uk X k est donc un polynôme annulateur de u de degré strictement
P(u)(x) = 0 =⇒ Q(u)(x) = R(u)(P(u)(x)) = R(u)(0) = 0 k=0
inférieur à p, par minimalité de Πu , P ne peut être que le polynôme nul,
Proposition 16 ce qui fait que les scalaires ak sont tous nuls.
Inversement On suppose que (Id , .., u p−1 ) est une base de K[u].
la famille (uk )0≤k≤p est constituée de p + 1 vecteurs, donc elle est liée,
u ∈ L (E), ∀P ∈ K[X], ker P(u) et ImP(u) sont stables par u.
c’est à dire l’existence de scalaires (ak )0≤n non tous nuls tels que
n n
∑ ak ak = 0, P = ∑ ak X k est donc un polynôme non nul annulateur de
k=0 k=0
Preuve Vient du fait P(u) commute à u. u, d’où deg(πu ) ≤ p. Comme il ne peut exister de polynôme annulateur
de degré strictement inférieur à p, car au cas contraire (Id , u, .., u p−1 )
sera liée, donc deg(πu ) = p
Proposition 17
Proposition 19
Si F est un sous espace vectoriel de E stable par F, alors ∀P ∈ K[X],
F est stable par P(u) et l’endomorphisme (P(u))F induit par P(u) sur E un K-ev de dimension finie, u ∈ L (E) , si F est un sous espace
F est P(uF ). vectoriel de E u-stable, v = u/F, alors πv /πu .
Proposition 20
Preuve Si x ∈ F, alors par récurrence ∀k ∈ N, uk (x) ∈ F et par
combinaison linéaire, on obtient P(u)(x) ∈ F, ∀P ∈ K[X]. Si λ est une valeur propre de u, alors P(λ ) est une valeur propre de
p p p P(u), et on a Eλ (u) ⊂ EP(λ ) P(u) autrement dit:
k k
Si on pose P = ∑ ak X , pour x ∈ F, P(u)(x) = ∑ ak u (x) = ∑
k=0 k=0 k=0
u(x) = λ x =⇒ P(u)(x) = P(λ )x
ak (uF )k (x), on déduit que (P(u))F = P(uF )
En particulier toute valeur propre de u est une racine du polynôme
R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 9
annulateur de u. λ1 ... 0
0
. .
λ2 . . ..
0
1. B =
.. .. ..
est diagonale, alors:
. . . 0
Preuve Se déduit de la proposition 5, par combinaison linéaire.
0 . . . 0 λn
P(λ1 ) 0 ... 0
. ..
Proposition 21 P(λ2 ) . .
0 .
P(B) = .. . .
. .. .. 0
Si E est un K espace vectoriel de dimension finie, alors Sp(u) est
0 ... 0 P(λn )
exactement l’ensemble des racines dans K du polynôme minimal.
λ1
0 λ2 ∗
2. B = . . est triangulaire supérieure, alors:
Preuve On sait déja que si λ est une valeur propre de u, alors .. .. ...
0 . . . 0 λn
λ est racine de tout polynôme annulateur de u et en particulier de πu .
Inversement soit λ une racine de πu et écrivons πu (X) = (X − λ )Q(X). P(λ1 )
Supposons que λ n’est pas valeur propre de u. On a 0 = πu (u) =
0 P(λ2 ) ∗
P(B) = . est triangulaire
.. . .. . ..
(u − λ IE ) ◦ Q(u). Mais comme λ n’est pas valeur propre de u, u − λ IE
est injectif et donc Q(u) = 0. Ceci impose que πu divise Q ce qui est 0 ... 0 P(λn )
impossible pour une question de minimalité. supérieure.
Propriété 5
Preuve Vient du fait que πu sera aussi un polynôme annulateur
de v. πM = πt M et si A et B sont semblables alors πA = πB .
Proposition 22
7.2 Polynôme de matrice
ϕM : K[X] → Mn (K)
n p Preuve Par une petite récurrence on montre que M k à la forme
k k
P = ∑ ak X → P(M) = ∑ ak M
k=0 k=0 suivante: k
A Ck
est un morphisme d’algèbre. Mk = k
0 B
• 1(M) = In Par combinaison linéaire, on aura pour tout P ∈ K[X] il existe une ma-
trice C(P) de type (p, n − p) tel que:
• ∀α, β ∈ K, ∀P, Q ∈ K[X], (αP + β Q)(M) = αP(M) + β Q(M).
P(A) C(P)
• ∀P, Q ∈ K[X], (PQ)(M) = P(M)Q(M), et par suite deux polynôme de P(M) =
0 P(B)
la même matrice commutent.
Par conséquent, en écrivant le fait que πM (M) = 0, on aura:
πM (A) = πM (B) = 0, le fait que πA , πB divisent πM en sera une
Remarque 13 conséquence immédiate.
En
plus
(πA πB )(M) = πA (M)πB (M) =
β une base de E supposé de dimension fini. 0 C(πA ) πB (A) C(πB )
= 0, d’où le résultat.
0 πA (B) 0 0
φ : L (E) → Mn (K)
u → M (u) Remarque 14
Propriété 4
1. On suppose qu’il existe x0 ∈ E tel que (ui (x0 ))i=0...(n−1) soit une
n−1
base de E. on pose: un (x0 ) = ∑ ak uk (x0 ). Calculer χu en fonction 8 Application à la réduction de la notion de
k=0
des ak , en déduire que χu (u) = 0. polynôme annulateur
2. pour x ∈ E\{0}, on pose Eu (x) = vect{uk (x), k ∈ N}.
Proposition 23
Montrer que Eu (x) a une base de la forme (x, u(x), ..., u p−1 (x)) en
déduire que χu (u)(x) = 0.
Soit u ∈ L (E), on suppose que u est diagonalisable de spectre
3. Retrouver le théorème de cayley hamilton. Sp(u) = {λ1 , ..., λr }, et soit (pλ1 , ..pλ p ) la famille des projecteurs as-
p
M
Théorème 4: Théorème de décomposition des noyaux sociée à E = Eλi , alors:
i=1
r
Preuve Soient U et V tels que UQ + V R = 1 (Bezout). On Preuve L’égalité IE = ∑ pλi est triviale, une simple récurrence
i=1
a déjà ker Q(u) ⊂ ker P(u) et ker R(u) ⊂ ker P(u). De plus on a: r
U(u)Q(u) +V (u)R(u) = IE . permet de démontrer pour tout k ∈ N∗ : uk = ∑ λik pλi .
Soit x ∈ ker Q(u) ∩ ker R(u). On a i=1
Par combinaison linéaire, on obtient:
x = U(u)Q(u)(x) + V (u)P(u)(x) = 0 + 0 = 0, donc ker Q(u) ∩
ker R(u) = 0. Soit x ∈ ker P(u). On a encore x = x1 + x2 , avec r
x1 = V (u)R(u)(x) et ∀Q ∈ K[X] : Q(u) = ∑ Q(λi )pλi
i=1
x2 = U(u)Q(u)(x). Mais alors
Q(u)(x1 ) = Q(u)V (u)R(u)(x) = V (u)(QR)(u)(x) = V (u)P(u)(x) = 0. En particulier, lorsque Q = Li le i-ème polynôme d’interpolation en les
donc x1 ∈ ker Q(u). De même x2 ∈ ker R(u) et d’où le résultat. λ j , j = 1..r, on obtient
Si (Pk )1≤k≤p est une famille de polynômes premiers entres eux deux Proposition 24
à deux alors:
r r
M Un endomorphisme u est diagonalisable si, et seulement si, il existe
ker( ∏ Pk )(u) = ker Pk (u)
k=1 k=1
un polynôme scindé à racines simples annulant u, ou encore si, et
r
seulement si, son polynôme minimal est scindé à racines simples.
Et si en plus ∏ Pk est un polynôme annulateur de u, alors:
k=1
r
M Preuve D’abord l’équivalence entre πu scindé à racines simples
E= ker Pk (u)
et l’existence d’un polynôme scindé à racines simples annulateur de u
k=1
est évidente.
Supposons que u est diagonalisable, soit λ1 , ..., λ p les valeurs propres
p
Preuve Pour r = 2, le résultat est vrai. distincts de u. Posons P = ∏ (X − λk ), comme X − λk est diviseur de
k=1
Supposons que le résultat vrai pour r − 1. Comme Pr et P1 ...Pr−1 sont P, alors P(u) est nul sur chaque sous espace propre, et comme E est la
premiers entre eux, le cas r = 2 nous donne: somme des sous espaces propres, alors P(u) est nul. P est un polynôme
scindé à racines simples annulateur de u. Par conséquent πu qui est un
ker P(u) = ker P1 ...Pr−1 (u) ⊕ ker Pr (u) diviseur de P sera lui aussi scindé à racines simples.
Supposons maintenant πu est scindé à racines simples, écrivons
R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 11
p
p
P = ∏(X − λi ). Par le lemme des noyaux E = ⊕i=1 ker(u − λ Id ), et
i=1
dim(ker(u − λi IE )αi ) = αi
dans une base adaptée à cette décomposition la matrice est diagonale. u
et il existe une base de E dans laquelle la matrice de u est de la forme
est donc diagonalisable.
:
M1 0 . . . 0
Remarque 16 0 M2 . . . 0
.. .. .
. 0 . ..
Une matrice M est diagonalisable si et seulement si il existe un
0 0 . . . Mr
polynôme scindé à racines simples annulateur de M.
Mi = λi In + Ni avec Ni nilpotente et Mi ∈ Mαi (K)
Remarque 17
Remarque 19
Si u est diagonalisable et Sp(u) = {λ1 , ..., λr }, alors:
r
Une des conséquence de ce résultat est que les propriétés suivantes
πu = ∏(X − λi )
i=1 sont équivalentes.
1. lim uk = 0
Corollaire 2 k→+∞
2. lim tr(uk ) = 0
u ∈ L(E), F un sous espace vectoriel de E stable par u. k→+∞
Si u est diagonalisable alors uF est aussi diagonalisable 3. ρ(u) = max |λi | < 1
i
Exercice 13
u un endomorphisme de E bijectif.
Montrer que u est diagonalisable si et seulement si u2 est diagonalis-
able.
Proposition 25
Remarque 18
Proposition 26