0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
87 vues3 pages

Squats : Retenir sa respiration ou non ?

Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
87 vues3 pages

Squats : Retenir sa respiration ou non ?

Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Squats : Retenir sa respiration ou non ?

Par Yvan Campbell, Kinésiologue-clinicien à l’EKSAP

Si j’avais à choisir un exercice, seulement un, mon choix serait le squat.


Le squat est le « maître-exercice ».

Que ce soit pour la performance sportive ou la réadaptation, la plupart des spécialistes


s’entendent sur le fait que cet exercice est le plus important. C’est l’exercice par
excellence pour l’entraînement de la chaîne postérieure (les muscles qui produisent
l’extension de la hanche et du rachis) si nécessaire à une foule de mouvements sportifs
et de la vie quotidienne. Le squat est hautement « fonctionnel », c’est-à-dire qu’il
transfère de façon importante les gains obtenus lors de l’exercice vers les fonctions que
l’on veut améliorer.

Respiration durant le squat

Un point créant beaucoup de confusion concernant le squat est la gestion de la respiration


durant le mouvement. La façon correcte de gérer la respiration lorsque l’on fait un squat
est de retenir celle-ci durant tout le mouvement. La raison est que la manœuvre
augmente la pression abdominale et intra thoracique, stabilisant ainsi la colonne
vertébrale. Cette manœuvre, nommée manœuvre de Valsalva, implique un effort
expiratoire avec la glotte (espace entre les cordes vocales) fermée.

Figure 1 : Mécanismes de stabilisation du dos lors du squat (traduit avec la permission de M. Mark
Rippetoe).
Danger ?
Certains intervenants pensent que l’augmentation de la pression artérielle engendrée
pourrait mettre le participant à risque pour sa santé. En fait, certains craignent que
l’augmentation de la pression artérielle induise un anévrisme cérébral, voire la rupture
de celui-ci. Un anévrisme cérébral est la dilatation d’une artère du cerveau à un endroit
où la paroi de celle-ci est affaiblie par l’athérosclérose (ou, plus rarement, par un défaut
morphologique).

.
Figure 2 : l’anévrisme (source : [Link]

Gradient de pression

La différence de pression entre l’intérieur d’un vaisseau sanguin cérébral et l’extérieur du


vaisseau est la pression transmurale. Un anévrisme survient lorsque la différence de
pression (un gradient de pression) entre l’intérieur du vaisseau sanguin du cerveau et
l’extérieur (pression intracrânienne, dans notre cas) est suffisamment grande pour que la
paroi du vaisseau sanguin (déjà affaibli) se distende (production de l’anévrisme) et, si la
pression augmente encore plus, se rupture. C’est un évènement extrêmement rare qui
survient si la paroi du vaisseau est affaiblie par l’athérosclérose dans un contexte
génétique prédisposant (malformation congénitale).

Il est vrai que le squat augmente de façon très significative la pression artérielle moyenne
(PAM). La cause est l’augmentation de la pression intra-thoracique et intra-abdominale
causée par la fermeture de la glotte, combinée à la contraction musculaire importante
inhérente à l’exercice et à la pression sur les viscères engendrée par la flexion du tronc
(figure 1).
Par contre l’autre élément de l’équation est la pression intracrânienne (PIC), c’est-à-dire
la pression de l’autre côté de la membrane du vaisseau sanguin. Celle-ci est définie
principalement par la pression du liquide céphalo-rachidien dans lequel baigne le cerveau.

Or la pression du liquide céphalo-rachidien est directement liée à la pression veineuse


centrale (le liquide céphalo-rachidien est réabsorbé dans la circulation sanguine au niveau
des villosités arachnoïdiennes). Donc, si le squat augmente la pression artérielle
moyenne, la pression est aussi accrue au niveau intracrânien, ce qui fait que la pression
s’égalise des deux côtés. La pression transmurale étant équilibrée, le gradient de pression
est donc nul et le danger d’anévrisme est éliminé.

PTM = PAM – PIC


PTM : pression transmurale
PAM : pression artérielle moyenne
PIC : pression intracrânienne

Figure 3 : L’équation de la pression transmurale.

Donc, la respiration doit être bloquée durant tout le mouvement.


Le vrai danger de blessure survient lorsqu’on relâche celle-ci durant le mouvement,
déstabilisant ainsi le tronc et exposant l’exécutant à un risque plus élevé de blessures
orthopédiques.

Vous aimerez peut-être aussi