Gestion des Risques Bancaires
Gestion des Risques Bancaires
Thème
Au nom d’Allah le tout puissant, un grand merci lui revient pour nous avoir
donnée la foi, la volonté, le courage et surtout, de nous avoir permis d’en
arriver là ;
Nous remercions également les membres du jury, qui ont accepté d’évaluer
ce travail ;
Nous remercions, également, l’ensemble des enseignants qui ont assuré notre
de notre travail ;
Nous tenons aussi à remercier tous ceux qui ont contribué à ce modeste
travail.
Dédicaces
A. DALILA
Dédicace
de recherches à :
Et finalement je dédie ce travail aussi à tous mes amis sans les cités, ils se
reconnaitront tous.
H. AMEL
SOMMAIRE
CR : Capacité de Remboursement
FR : Fonds de roulement
HT : Hors Taxe
K : Capital
LT :long terme
MT : Moyen terme
Re :Rentabilité économique
Rn :Résultat net
TR :Trésorie
Ces dernières années, on a souvent mis l’accent sur le phénomène de risque encouru
dans les activités bancaires, et principalement le risque de crédit. Ceci n’est pas du tout le fruit
du hasard mais une simple conséquence des problèmes économiques importants que soulevé la
question, ayant abouti dans un certain cas à des situations dramatiques.
En effet, la crise financière des surprimes qui a frappé le système financier mondial dans
son intégralité à fin de 2007 en est la preuve, elle vient démontrer, une fois de plus, que le
comportement des banques est source de risque systémique .Parmi les métiers de la banque ,
on trouve l’octroi de crédit qui constitue la principale activité à cette dernière, en effet une fois
le crédit est accordé, on peut commencer de parler automatiquement sur le risque
d’insolvabilité de l’emprunteur qui est appelé aussi le risque de contrepartie . Il peut être définit
comme une perte éventuelle que la banque peut subir suite à une opération de crédit, par ailleurs,
cette perte est traduite sous plusieurs formes, la plus courante est le défaut de paiement d’un
emprunteur au principal et/ou les intérêts constituant le fruit de ce crédit.
« Le risque de voir son client ne pas respecter son engagement financier, à savoir, dans la plupart
des cas, un non remboursement de prêt. »
Dans un sens plus large, ce risque de contrepartie désigne aussi le risque de dégradation
de la santé financière de l’emprunteur qui réduit les probabilités de remboursement.
Le risque est inhérent à toute activité humaine, notamment lorsqu'on fait des affaires.
Dans les métiers de la banque, le risque est un élément que l'on vit au quotidien. En effet,
l'activité principale de la banque étant de distribuer du crédit, le risque de non remboursement
est omniprésent. Se trouvant au cœur de l’activité bancaire, il constitue l’un de ses enjeux
majeurs. Néanmoins, s’il est bien analysé et géré, le risque peut représenter l’une des principales
sources de profit de cette dernière.
1
Gregory HEEM, le contrôle interne du risque de crédit bancaire, thèse de doctorat en science de gestion,
université de Nice, 2000, p18.
1
Introduction générale
L'évaluation des risques est le facteur déterminant de toute prise de décision. Elle est
bien trop souvent intuitive dans nos actions de tous les jours, mais gagnerait à être formalise
dans le cadre de tout projet qui comporte une dimension financière.
Donc le risque apparaît comme l'un des défis actuels des dirigeants pour le définir, le
mesurerait le gérer pour améliorer la performance.
L’objet de notre travail est consacré à la recherche sur les méthodes de gestion du risque
de crédits accordés par les établissements de crédit aux particuliers et aux entreprises. A cet
effet la question principale auxquelles nous tenterons de répondre est la suivante : Comment
se fait donc l’évaluation du principal risque bancaire au sein de banques nationales ?
Quelles sont les procédures pratiquées ?
Cette problématique est accompagnée d’un certain nombre de questions pour mieux
appréhender le sujet, ces questions subsidiaires sont formulées comme suit :
Pour tenter de répondre à ces questions, nous proposons les hypothèses suivantes :
2
Introduction générale
- L’étude et le suivi du dossier du crédit immobilier s’effectuer selon plusieurs étapes et cela
depuis la demande du crédit jusqu’à l’échéance.
Pour mener à terme notre travail, nous avons adopté une démarche orientée dans les directions
suivantes :
Pour parvenir à notre objectif, nous avons réparti notre travail en trois (03) chapitres.
- La première partie, sera consacré à l’analyse du risque de crédit en se basant d’abord sur les
crédits bancaires : leurs définitions, les différents types de crédit bancaire, et les limites du
crédit, puis la base théorique du risque de crédit, en donnant la définition, les principales
catégories, les éléments déterminants, les méthodes d’analyse et d’évaluation du risque de crédit
et enfin les moyens de se protéger de ce dernier.
- La deuxième partie, quant à elle, sera consacrée à l’étude d’un cas pratique effectué au niveau
de la Caisse Nationale d’Epargne et de Prévoyance (CNEP- Banque) concernant le traitement
et la gestion d’un dossier de crédit immobilier.
3
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
Introduction :
Le crédit bancaire est l’un des moyens les plus importants du financement de
l’économie, il joue un rôle important dans le développement de l’activité économique.
En général, le principal défaut supporté par la banque est le risque de crédit qu’elle doit
circonscrire par une bonne définition et une bonne analyse afin d’en avoir une mesure assez
correcte lorsqu’elle prête à tel client (particulière ou entreprises).
Dans ce premier chapitre nous verrons un bref aperçu sur le fonctionnement bancaire
ainsi qu’une notion indissociable de celle du banquier à savoir le crédit.
Afin de comprendre ce concept, nous allons présenter dans ce qui suit la définition du
crédit, ses caractéristiques ainsi que sa typologie.
Etant donné que l’octroi de crédit fait partie des activités principales d’une banque, il
s’avère nécessaire de faire un bref aperçu sur le fonctionnement bancaire.
La banque est connue pour son activité d’intermédiaire financier, en faisant le lien entre
les agents en excédents de financement et les agents en besoin de financement.
D’après le dictionnaire de l’économie 2 : « la banque est une entreprise qui reçoit des
fonds du public, sous forme de dépôts ou d’épargne. Elle réemploie l’argent des déposants en
distribuant des crédits et en effectuant diverses opérations financières. Elle gère et met à la
disposition de ses clients des moyens de payement (chèque, compte bancaire, virement…).
Elle sert aussi d’intermédiaire sur le marché financier, entre les émetteurs d’actions et
d’obligations (entreprises, Etat, …) et les investisseurs (épargnants, fonds commun, SICAV,
1
Ordonnance n°03-11 du 26 aout 2003, relative à la monnaie et au crédit.
2
BEZBAKH. P, Sophie GHERARDI, « Dictionnaire de l’économie », Larousse/HER, 2000, P 82.
4
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
compagnies d’assurances …). Elle crée de la monnaie par les crédits qu’elle octroie et en
« achetant » ceux que s’accordent entre eux les agents non financiers (effet de commerce…).
Selon LE GOLVAN : « sont considérées comme banques les établissements qui font
profession habituelle de recevoir du public, sous forme de dépôts ou autrement des fonds qu’ils
emploient pour leur propre compte en opération d’escompte, de crédit ou en opérations
financières. Cette définition est essentiellement basée sur le commerce de l’argent, vision
traditionnelle et technicienne de l’activité bancaire ».3
La banque joue deux rôles distincts, un rôle d’intermédiaire financier entre demandeur
et offreurs de fonds et un rôle de producteurs de services aux emprunteurs et déposant.
Les marchés dérivés permettent aux agents économiques de couvrir les risques auxquels ils sont
confrontés (fluctuations des taux d’intérêts, des taux de changes, des cours de matières
premières ou des cotations boursières).
3
LE GOLVAN.Y, « Banque Assurance », éd DUNOD, Bordas, paris, 1988, p19.
4
PHILIPPE G.et STEPHANIE. Op cite, p 8.
5
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
Une banque centrale est une institution d’émission propre à un pays ou à une zone
monétaire. La banque centrale est la banque des banques, elle est en charge de la politique
monétaire d’un Etat ou d’une zone.
L’impact de la politique monétaire d’une banque centrale est majeur sur l’économie, les
marches financiers et le marché des changes.5
Une banque de dépôt a pour activité de collecter les dépôts des particuliers, des entreprises
et des administrations publiques. La monnaie collectée est ensuite transformée en crédit, que la
banque octroi à ses clients. La banque de dépôt peut exercer à une échelle régionale, nationale
ou même internationale.
Après 132 ans de colonisation française, une guerre longue et meurtrière, l’Algérie est
enfin indépendante le 05 juillet 1962. Mais pauvre est sous développé. L’Etat se trouve face au
besoin d’un développement rapide de l’économie. Le gouvernement met alors en place un
processus de développement en adoptant une démarche selon laquelle il fallait investir en
5
Http:// www. Tradings .com /lexique-boursier, consulté le 06.04.2016
6
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
priorité dans des industries lourdes pour entrainer tous les autres secteurs de l’économie ; d’où
la nécessité de la nationalisation des entreprises et la planification de l’économie.
Pour rester dans le sujet du choix du thème, nous projetons cette évolution sur le secteur
bancaire algérien. Ceci sera développé suivant cinq périodes.
6
KAROUS OUAFA, KANDI HALIM, « l’octroi de crédit, risque et garantie » université ABDERRAHMANE Mira
Bejaia, 2014 IN Abdelkrim NAAS, « le système bancaire algérien : de la décolonisation a l’économie de
marché », éd INAS, paris, 2003, p11.
7
KAROUS OUAFA, KANDI HALIM, IDEM, P15.
8
KAROUS OUAFA, KANDI HALIM, IDEM, P15.
9
KAROUS OUAFA, KANDI HALIM, IDEM P15. 7
10
KAROUS OUAFA, KANDI HALIM, IDEM P15.
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
Pour répondre aux besoins de financement des investissements nécessaires à l’atteinte des
objectifs de développement économiques de l’Algérie, la caisse Algérienne de Développement
« CAD », laisse place, en Mai 1972, à la Banque Algérienne de Développement « BAD ».
Une restructuration du secteur bancaire a été engagée dans le but de diminuer certaines
banques d’un poids financier qui devenait insoutenable. Deux banques naissent durant cette
période pour appliquer le principe de spécialisation des banques.
Cette dernière période se caractérise par la promulgation de plusieurs lois relatives aux
reformes économique dont la plus importante est celle de la monnaie et du crédit N°90-10 en
date du 14-04-1990, dont le but est la libéralisation de la banque centrale du joug de la gestion
administrative de l’Etat .D’autres lois de réforme ont été promulguées telles que la loi des
finances 1994 et sa loi complémentaire comportant l’ouverture des EPE aux capitaux prives
nationaux ou étrangers visant le retrait de l’Etat de la sphère économique .
8
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
Une entreprise ne possède pas toujours les capitaux suffisants pour atteindre ses
objectifs. Ses résultats commerciaux et financiers ainsi que l’Intégrité des dirigeants et les
garanties offertes peuvent lui permettre de demander un crédit à une banque.
Le mot crédit vient du verbe latin « credere1 », qui signifie « croire ». Et effectivement, celui
qui consent un crédit « croit » en celui qui le reçoit, En d’autres termes, le créancier fait
confiance à son débiteur.
Un banquier appelle, par conséquent, un crédit toute opération par laquelle, faisant
confiance à son client, il accorde à celui-ci le concours de ses capitaux ou de garantie.
« Constitue une opération de crédit, au sens de la présente ordonnance, tout acte à titre
onéreux par lequel une personne met ou promet de mettre des fonds à la disposition d’une autre
personne, ou prend dans l’intérêt de celle-ci, un engagement par signature tel qu’aval,
cautionnement ou garantie.
Sont assimilées aux opérations de crédit, les opérations de location assortie d’options
d’achat, notamment le crédit-bail ».
Le crédit est un acte qui permet à une personne de mettre des fonds à la disposition d’une
autre personne, avec énumération de service rendu et les risques encourus.
9
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
Le crédit peut être défini comme : « une assistance financière du banquier à l’égard de
son client ».
« Faire un crédit, c’est faire confiance, c’est donner librement la disposition effective et immédiate
d’un bien réel ou d’un pouvoir d’achat contre la promesse que le même bien ou un bien équivalent vous
sera restitué dans un certain délai, le plus souvent avec rémunération du service rendu et du danger de
perte partielle ou totale que comporte la même de service. »
2.2.1 La confiance
Faire crédit signifie faire confiance et la pratique sur une longue période de la relation
de crédit crée un climat de confiance entre les protagonistes.
Cette confiance est basée non seulement sur la solvabilité de l’emprunteur mais aussi
sur son honnêteté et sa compétence dans son activité professionnelle
Le client, de son côté, doit être convaincu que la banque ne lui retirera pas son appui
au moment où il en aura besoin et qu’elle fera un usage strictement confidentiel des
renseignements sur son bilan et la marche de son entreprise.
11
WWW.Wikipedia.org
10
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
2.2.2. Le temps
2.2.3 La rémunération
Les crédits qui comportent des décaissements sont rémunérés par des intérêts proportionnels au
montant des capitaux avancés, par contre les crédits qui n’ont pas des décaissements (crédit par
signature), sont rémunérés par une commission.
2.2.4. Le risque
Le risque crédit est le premier des risques auxquels est confronté un établissement
financier. C’est le risque de défaut auquel la banque est exposée en cas de défaillance d’une
contrepartie, il désigne le risque de défaut d’un emprunteur face à ses obligations.
Donc le banquier doit nécessairement évaluer le risque avant de donner une suite à la
demande de financement.
12
Michel GAUDIN, « le crédit aux particuliers », édition SEFI, Québec, 1996, p9
11
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
quelques soit leurs origines. Le crédit joue un rôle considérable dans les économies modernes
car il13 :
13
Petit- Dutallis G. : « Le risque du crédit bancaire » ; Edition Dunod ; paris ;1999 ; P ,20.
12
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
Les banques mettant à la disposition de leurs clientèles divers types de crédits auxquels
la Banque Centrale d’Algérie a imposé des limites par mesure prudentielle.
Nous allons, à travers ce qui suit, trier tous les différents types de crédits octroyés
l’entreprise selon l’activité de cette dernière et la nature de l’actif financé.
Les crédits d’exploitation (ou crédits à court terme) financent l’actif circulant du bilan,
plus précisément les valeurs d’exploitation et/ou le réalisable.
On appelle crédits par caisse les crédits accordés par le banquier autorisant un client à
rendre son compte débiteur, on distingue des capitaux définis comme suit :
La facilité de caisse est accordée à l’entreprise lorsqu’elle a besoin de faire face à une
gêne momentanée de trésorerie. Cette autorisation est accordée pour une période donnée,
jusqu’à une date limite à partir de laquelle l’autorisation tombe et nécessite une nouvelle étude
14
Farouk BOUYACOUB, Op cit, pp233-249.
15
LUC BERNET- ROLLANDE, « principes de technique bancaire », éd 23, Paris, 2004, P206.
16
Farouk BOUYACOUB, Op cit , p233-249.
13
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
(en général le banquier revoit ses autorisations à la lecture des résultats de l’entreprise grâce
aux documents comptables que les dirigeants lui auront remis).
Bien qu’ayant généralement une validité annuelle, elle ne doit être en principe utilisée que
pour une période très limitée (échéance de fin de mois, par exemple). Elle répond aux besoins
de financement dus au décalage des entrées et sorties de fonds, et son remboursement est assuré
chaque mois par les rentrées décalées. Elle est le financement par excellence de la partie
fluctuante des besoins en fonds de roulement. Son montant dépasse rarement un mois de chiffre
d’affaires.
14
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
L’avance sur marchandise : L’avance sur marchandise est un crédit par caisse qui
finance un stock, financement garanti par des marchandises remises en gage au
banquier.
Le financement des marchés publics : Un marché public est un contrat passé entre
un entrepreneur et une administration publique pour la réalisation de biens ou
l’exécution de travaux. Les entrepreneurs qui détiennent des marchés publics, surtout
dans le domaine des travaux réalisés au secteur du bâtiment, ne reçoivent leurs tranches
qu’après un grand retard, trouver les financements nécessaires et prétendre à :
17
Farouk BOUYACOUB, Op cit, p233-249.
18
Farouk BOUYACOUB, Op cit, p233-249.
15
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
Si le plus souvent la banque aide l’entreprise en mettant sa disposition des fonds sous forme de
crédit de trésorerie, elle peut aussi lui apporter son concours sous forme d’engagements que
l’on appelle des crédits par signature.
La banque prête alors simplement sa signature sans supporter de charge de trésorerie. L’étude
faite par la banque doit être aussi minutieuse que pour n’importe quel autre concours bancaire,
car cet engagement peut entrainer des décaissements importants. Dans cette forme de crédit, le
banquier s’engage par lettre, auprès de tiers, à satisfaire aux obligations contractées envers eux
par certains de ses clients, au cas où ces derniers n’y satisferaient pas eux- mêmes.
Ces crédits peuvent soit différer certains décaissements, les éviter ou encours accélérations. Le
banquier peut aussi s’engager en acceptant des effets de commerces : on parle dans ce cas de
crédits par acceptation.
Toute entreprise, ou presque, perçoit pour le compte de l’Etat de la TVA cette TVA doit
être reversée immédiatement (en fait, vers le 15 du mois ou du trimestre suivant), diminuée de
16
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
celle qui a été payée. Or comme la plupart des entreprises accordent des délais de paiement à
leurs clients, l’administration fiscale admet que le reversement de cette TVA soit différé de 4
mois au plus avec toutefois pour condition que ce différé de paiement soit cautionné par une
banque.
Le même mécanisme existe pour certains droits de douane ou les droits d’enregistrement
(droit perçus lors de l’achat d’immeuble, par exemples).
Crédits d’enlèvement :
Le contribuable qui conteste des impôts ou des taxes doit les régler ou fournir des garanties. La
banque peut alors se porter caution avec les risques de ne pouvoir être toujours subrogée dans
les droits du Trésor.
Si une entreprise veut participer à des chantiers de travaux commandés par l’Etat ou les
collectivités locales (wilaya, commune), elle devra apporter des garanties dont la plus
importante est la caution d’adjudication et de bonne fin.
Cette caution signifie que d’une part (adjudication) le banquier garantit le sérieux de l’entreprise
adjudicataire, et d’autre part (bonne fin) qu’elle est à même de mener dans de bonnes conditions
le chantier à sa fin. Elle évite enfin à l’entreprise de déposer des fonds en garantie lorsqu’elle
se portera candidate à l’adjudication.
A condition de fournir une caution bancaire, une entreprise peut être dispensée de payer des
droits de douane ou la TVA sur des produits importés devant être réexportes (admissions
temporaires).
17
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
En cas d’acomptes versés par les clients dans le cadre de marches publics ou prives, nationaux
ou étrangers.
Cautions diverses
Cautionnement donne en faveur de certaines professions qui doivent fournir des garanties
(garantie financière des conseils juridique, des agents immobilières …)
Les concours consentis par un autre banquier à l’étranger seront contre-garantis par la banque
de l’exportateur.
Pour garantir le paiement des droits de douane en cas d’exonérations sous condition de
rapatriement ou de réexportation (en cas d’importation temporaire de matériels de chantiers par
exemple).
Dans le cadre d’émission de titre par des émetteurs publics ou prives : garantie bonne fin.
b) Le crédit documentaire :
Le crédit documentaire est aussi considéré comme un engagement par signature qui garantit à
l’importateur la réception de sa marchandise dans les meilleures conditions et un paiement à
bonne date pour l’exportateur. Nous aurons à développer ce type de crédit dans la partie du
financement du commerce extérieur.
18
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
c) L’acceptation :
- Dans le cadre du commerce extérieur où le banquier substitue sa signature à celle de son client
(importateur), s’engageant ainsi à payer le fournisseur à échéance ;
- Dans le cas où le banquier ne peut escompter une traite présentée par son client à ses guichets.
Ceci peut être dû à une gêne de trésorerie.
d) L’aval :
L’aval bancaire est l’engagement fourni par la banque qui se porte garante de payer tout
ou partie du montant d’un effet de commerce si le principal obligé (débiteur) est défaillant à
l’échéance.
L’aval est donné soit sur un effet de commerce ou sur allonge, soit par acte séparé et ce
en portant la mention « bon pour aval en faveur de Mr « X » à la concurrence du montant en
lettre » suivie de sa signature. En avalisant l’effet de commerce, le banquier permet ainsi à son
client d’obtenir facilement des délais fournisseurs.
- D’éviter toute sortie de fonds que ce soit pour le client ou pour la banque
- De présenter pour le client un coût moins élevé (commissions) et une plus grande
souplesse que les crédits bancaires directs ;
19
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
- Ils n’impliquent de la part de la banque aucune création monétaire d’où ils ne sont pas
soumis de ce fait aux dispositions restrictives de l’encadrement du crédit
- La banque se trouve subrogée dans les droits du créancier initial en cas de décaissement,
ce qui réduit le risque de non remboursement.
Un crédit d’investissement est un crédit appelé à financer la partie haute du bilan ou l’actif
immobilisé. Le remboursement de ce crédit ne peut être assuré que par les bénéfices. Toutefois,
quel que soit l’objet de l’investissement (renouvellement, extension, création) le financement
par concours bancaires peut se faire selon la durée, sous deux formes, les crédits à moyen terme
(C.M.T) et crédits à long terme (C.L.T). De plus, il existe une autre forme de crédits permettant
à l’entreprise de louer des investissements, ou même de les acquérir par la suite, c’est le crédit-
bail ou le « leasing », que nous développerons par la suite.
Le crédit à moyen terme est un mode de financement qui répond à des besoins bien précis
et qui peuvent être amortis financièrement dans une durée de sept ans au maximum et de deux
ans au minimum. Il s’applique donc à des investissements de durée moyenne tels que les
véhicules, matériel et outillage, et de façon générale, à la plupart des biens d’équipement et
moyens de production de l’entreprise.
20
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
Ce sont des crédits dont la durée est de sept ans et plus, généralement elle est comprise
entre sept et quinze ans avec un différé d’amortissement de deux à quatre ans. Donc, il s’agit
d’immobilisation lourdes, notamment des constructions, des logements, des bâtiments, hôtels,
etc.
Les crédits à long terme nécessitent eux aussi des garanties comme l’hypothèque des
immobilisations ou le nantissement des équipements.
Vu l’importance des montants de ces crédit, ainsi que leur durée nécessitant pour la banque
la détention des ressources à long terme, ces concours sont le plus souvent accordés par des
organismes financiers spécialisés.
Il est défini comme un contrat de location assorti d’une promesse de vente, c’est-à- dire une
banque où une société financière acquiert un bien meuble ou immeuble pour le louer à une
entreprise, cette dernière ayant la possibilité de racheter le bien loué pour une valeur résiduelle
généralement faible en fin de contrat.
b) Caractéristiques du crédit-bail
- Ce n’est pas une vente à tempérament car l’utilisateur n’est pas propriétaire du bien
financé.
- Ce n’est pas une simple location car le locataire dispose d’une faculté de rachat.
- Ce n’est pas une location-vente car le locataire n’est pas obligé d’acquérir le bien après
un certain délai.
21
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
c) Mécanisme :
• L’opérateur locataire qui choisit le bien et négocie les termes du contrat avec le fournisseur
(le montant, spécificité etc.). Il s’adresse à une banque ou une société de leasing pour le
financement de l’opération ;
Il porte sur des biens meubles (bien d’équipement). Il ne peut s’appliquer aux fonds de
commerce et aux logiciels informatiques. Le client souhaitant acquérir un bien meuble demande
à une société de crédit-bail d’effectuer la transaction. Pour cela, cette société devra contacter le
fournisseur de ce client, qui aura au préalable choisi son matériel et négocié son prix. De ce fait,
le bailleur est en fait, le lien qui lie le client avec son fournisseur.
22
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
Le crédit-bail immobilier
C’est la même opération que pour le crédit-bail mobilier, sauf qu’il concerne des biens
immobiliers professionnels déjà construits ou à construire. En général, il concerne les biens
immobiliers à usage commercial (bureaux, magasins, entrepôts).
C’est une technique de crédit par laquelle l’emprunteur transfère au préteur la propriété d’un
bien qu’il rachète progressivement suivant une formule de location assortie d’une promesse de
vente. Le lease-back permet donc à une entreprise de trouver des capitaux en cédant ses
immobilisations.
Le crédit-bail adossé19
Appelé aussi le crédit fournisseur, c’est une opération par laquelle une entreprise vend le
matériel qu’elle fabrique à une société de crédit-bail qui le laisse à sa disposition dans le cadre
d’un contrat de crédit-bail.
L’entreprise productrice, devenue locataire de ses propres productions, sous loue le matériel à
ses clients utilisateurs dans des conditions qui sont souvent identiques à celles du contrat crédit-
bail dont elle est bénéficiaire.
19
Luc BERNET ROLLANDE, op cit, p262.
23
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
Le locataire a un droit de jouissance qui lui permet de faire fonctionner le matériel et d’en
tirer profit Cependant, il est dans l’obligation de conserver le bien en bon état.
On se limitera dans notre étude aux deux principales techniques bancaires qui sont le
crédit documentaire et la remise documentaire.
Le crédit documentaire :
Couramment nommé « crédoc », le crédit documentaire est tout à fait adapté aux
transactions entre un importateur et un exportateur ou prestataire de service qui souhaitent
obtenir des assurances quant au respect des obligations de chacun et au bon déroulement de
l’opération. De plus, pour les exportateurs qui travaillent avec des pays pouvant rencontrer des
troubles économiques ou politiques entrainant des risques de non-paiement, le crédit
documentaire, lorsqu’il est confirmé par une banque d’un autre pays constitue une réelle
réponse
• A l’acheteur, qui paiera seulement lorsque le vendeur peut justifier du fait qu'’il a satisfait à
ses obligations (présentation accomplie, marchandises expédiées dans les délais, terme de
crédoc respectés, quantité et montant,) ;
• Au vendeur, qui aura obtenu un engagement de règlement émanant d’une banque évitant
ainsi le risque de défaillance de l’acheteur ;
24
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
La remise documentaire :
L’exportateur cherche une sécurité minimum, les documents ne seront délivrés que
contre paiement ou acceptation d’effet de la part de l’importateur.
La remise documentaire est très avantageuse car le recouvrement est mieux assuré,
mieux suivi que s’il s’agissait d’un simple virement. Dans le cas de remise contre acceptation,
l’exportateur peut également demander que l’effet soit avalisé par la banque de l’importateur.
Si celle-ci est d’accord, il bénéfice d’une réelle garantie bancaire. Pour l’importateur, sa banque
n’a pas à lui octroyer de ligne de crédit, sauf dans le cas d’une demande d’aval de la traite.
Le crédit fournisseur :
C’est un crédit généralement à taux fixe qui peut être refinancé par une banque par
l’escompte de la créance irrévocable sur l’acheteur étranger sous certaines conditions et suivant
des modalités déterminées.
En outre, la créance financée doit être certaine dans son montant, son échéance et son
exigibilité. Cependant, en raison des risques assez élevés que comporte ce type de crédit.
(Risque de change, risque catastrophique, risque de non transfert) son octroi est généralement
subordonné à l’obtention d’une garantie de la COFACE (compagnie française d’assurance pour
le commerce extérieur) en France, HERMES en Allemagne CAGEX (compagnie algérienne de
garantie des exportations) en Algérie.
25
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
Le crédit acheteur :
Le crédit acheteur est un crédit financier accordé directement à un acheteur étranger par
une institution de crédit dans le pays de l’exportateur dont les fonds doivent être utilisés pour
régler l’importation stipulée. Un crédit acheteur comporte deux contrats, un contrat commercial
entre l’exportateur et l’acheteur et un contrat de crédit qui lie la banque à l’acheteur. Le crédit
acheteur a pour but de décharger le fournisseur de tout souci de financement. Il va donc se
libérer à la fois du risque commercial et des charges financières.
Le factoring
Cette technique a été déjà abordée mais seulement dans le cadre du financement de
l’économie nationale. Au niveau international, elle repose sur les mêmes principes, mais cette
fois-ci, c’est le poste « client étranger » de l’entreprise qui va être mobilisé, elle consiste donc
en l’achat définitif de créances commerciales à court terme détenues par l’entreprise sur ses
acheteurs étrangers.
Les particuliers font désormais l’objet d’un intérêt non négligeable de la part du banquier.
Celui-ci est amené, depuis quelques décennies à profondément reconsidérer ce segment de la
clientèle.
En effet, le statut du particulier est passé de celui de simple déposant et usager de services
bancaires banalisés (ouverture de compte, traitement de chèque. Virements, etc.) à celui de
demandeur de crédits. Deux principales raisons expliquent cet engouement à savoir
l’instauration progressive de la civilisation de consommation et les marchés de biens de
consommation devant être sans cesse stimulés sous peine de s’étouffer, le banquier a compris
qu’en aidant les particuliers et revendeurs il participe à la stimulation des ventes.
Les crédits accordés par les banques aux particuliers sont de variétés diverses. Nous les
présenterons ici répertoriés en deux catégories à savoir le crédit destiné à faire face à des besoins
passagers et le crédit lié au financement des biens durables.
Les banques, dans ce cadre, peuvent accorder quatre formes de concours qui sont les
avances « en compte », les avances sur titres, les crédits liés à la possession d’une carte de crédit
et les cautions.
26
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
Il s’agit d’une autorisation tacite ou expresse à faire fonctionner le compte en situation débitrice
à concurrence d’un certain montant et pour une période bien déterminée. La réglementation
algérienne interdisant le passage d’un compte chèque en position débitrice, rend impraticable
ce concours dans notre pays.
Ils sont réservés aux particuliers détenant un portefeuille titre et exprimant un besoin passager
de liquidité. Les avances sont mises en place en contrepartie du nantissement des titres.
La position d’une carte de crédit permet d’effectuer des paiements immédiats, qui ne seront
portés au débit du compte du titulaire qu’après un certain délai.
• Les cartes cash, permettant de procéder à un retrait d’espèces dans les distributeurs
automatiques de billets de banque ;
• Les cartes de garanties de chèque, permettant à l’adhérant d’effectuer des paiements par
chèque garantis à concurrence d’un certain montant ;
• Les cartes visa international, donnent la possibilité aux particuliers détendeurs de compte
devises, d’effectuer des paiements à l’étranger et de procéder à des retraits d’espèces auprès des
banques affiliées à ce système.
Il apparaît alors que le crédit aux particuliers par le biais des cartes bancaires n’existe pas
encore dans notre pays.
d) Les cautions
Au même titre que pour les entreprises, la banque peut consentir aux particuliers des
cautions pour leur permettre de différer un paiement exigible, d’éviter un décaissement en
espèces ou encore d’accélérer des rentrées de fonds. Nous citerons comme exemple la caution
visant à différer le paiement des impôts lors la contestation de leur montant.
27
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
Nous aborderons, à travers ce titre, les deux formes les plus courantes de financements à
moyen et long terme accordés aux particuliers, à savoir :
Il s’agit de crédits accordés aux particuliers dans le but de leur permettre d’accéder à des
biens d’équipement automobiles et ménagers.
La mise en place de ces concours est très simple. En effet, elle consiste en le règlement au
comptant, des fournisseurs, de la partie non apportée par le client. Le concours ne dépassant
jamais les 70℅ du montant total de l’acquisition, sera constaté par des billets à ordre tirés sur
l’emprunteur. Ces effets peuvent éventuellement faire l’objet d’un réescompte auprès de la
banque d’Algérie.
Les crédits immobiliers sont des prêts conçus pour financer l’acquisition de logements
neufs, l’auto construction, la rénovation, l’extension ou alors l’acquisition de logements
d’occasion. Cette forme de crédit s’est développée ces dernières décennies, en raison du vif
intérêt que portent les particuliers aux biens immobiliers. En effet, eu égard à cet engouement,
les banques et les établissements financiers, de par le monde, se sont attelées à mettre au point
et à perfectionner des techniques destinées à satisfaire la demande dans ce domaine.
28
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
Dans notre pays, malgré la forte demande, une seule forme de crédits immobiliers est pratiquée.
C’est : « le crédit hypothécaire classique »
Conditions d’éligibilité
Seules les personnes physiques, juridiquement capables et résidantes en Algérie peuvent être
éligibles au crédit immobilier.
Pour prétendre au crédit hypothécaire, ces personnes doivent remettre à la banque tous les
documents justifiant la réalisation de l’opération immobilière et assurant la réalisation future de
l’hypothèque au profit du banquier
La durée du crédit, quant à elle, peut aller jusqu’à trente ans à compter de la première utilisation.
Celle-ci est, généralement égale au nombre séparant l’âge actuel de l’emprunteur de ses 70 ans.
La démarche à privilégier est celle qui favorise la rentabilité de la banque et réduit les
risques de non remboursement à échéance. A ce titre, il est préconisé d’adosser les crédits à
chaque type d’actif à financer.
Suite à la diversification des crédits accordés, la banque d’Algérie a imposé ces limites afin de
se prévenir des risques liés à l’activité bancaire.
29
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires
Conclusion :
La banque a un rôle important dans la croissance économique et cela vu son rôle qui
consiste en l’octroi des crédits pour les agents économiques afin de réaliser leurs projets. Les
crédits sont parmi les principales ressources des banques et le moteur de la création monétaire.
La banque doit prêter une attention particulière aux différents risques qui sont multiples et
multidimensionnels, auxquels elle est exposée tout au long de son activités, elle doit
impérativement les définir et les identifier le mieux possible dans la perspective de les mesurer,
de les suivre et de les contrôler.
30
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Introduction :
Le risque est présent dans toutes les activités de l’économie. Il peut être important ou
néglige, selon l’activité.
Contrairement aux entreprises, les banques sont confrontées à des risques divers.
L’étude de ces risques ne peut d’ailleurs être dissociée de celle de règlementation bancaire qui,
pour une large part, a comme objet d’imposer aux banques un comportement de prudence.
Dans ce chapitre, nous allons dans un premier lieu définir le risque de crédit, ensuite
énumérer les différents types de risque de crédit et la relation qu’il y a entre le risque de crédit
et d’autres risques principaux dans l’activité bancaire.
Enfin, terminer en présentant les moyens de les limiter et chercher par conséquent à
démontrer que le risque de crédit est fonction du crédit accordé et l’analyse de celui - ci un rôle
primordial dans la gestion du risque de crédit.
L’environnement bancaire est devenu très instable et très vulnérable face aux différentes
fluctuations de la sphère monétaire, face à ces différentes perturbations les banques sont de plus
menaces par une diversité de risque nuisant à son activité et à sa position sur le marché financier.
Donc le risque apparait comme l’un des défis actuels des dirigeants pour le définir, le
mesurer et le gérer pour améliorer la performance.
Le risque de crédit est le risque que le débiteur ne réponde pas à son obligation initiale
qui est de rembourser un crédit. En fait, dès que le client débite son compte, la banque est
appelée à supporter un risque de crédit. Ce qui né du fait que la banque collecte des fonds auprès
1
Ousmane BAH Mémoire fin d’étude, « La Gestion du Risque de crédit : Un enjeu majeur pour la banque »,
Université de Dakar Bourguiba, 2008, p14
31
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
du public quelle doit être en mesure de restituer en temps ou selon les conditions de retrait
fixées, puisque les banque ne sont pas à l’abri des fluctuations économiques, elles doivent juger
les demandes de crédit avec minutie pour minimiser le risque de crédit.
Il faut noter que dans les affaires de crédit, les banques sont tenues de respecter « La
règle d’or des banques ». Cette règle dite « principe de l’adossement » ne stipule que « les
banques financent les prêts à court termes avec des fonds à court terme et les prêts à long terme
avec les passifs à long termes ».
Les risques liés au crédit sont multiples et multidimensionnels car en plus des risques
généraux que court la banque (risques commerciaux, risque de gestion interne, risque
opérationnels et techniques …), cette dernière est confrontée à une typologie spécifique
inhérente à son activité.
Il existe une multitude de risques des crédits bancaires. Leur classification diffère
selon les auteurs à cause notamment des fortes interdépendances qui existent entre eux, les uns
pouvant entraîner les autres. Toutefois, on retrouve généralement les mêmes appellations pour
les risques des crédits bancaires quel que soit l’auteur retenu.
2
Calvet H. : « Etablissement de crédit : Appréciation, évaluation et méthodologie de l’analyse financière » : Edition
Economique ; Paris ; 1997 ; p.78.
32
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Les crédits accordés à des entreprises manquant de ressources, n’ayant pas un fonds de
roulement suffisant et endettées comportent des risques assez grands.
Des installations industrielles vétustes ou, à l’inverse, des installations somptueuses, des
frais généraux excessifs, des prix de revient exagérés, une production de mauvaise qualité ou,
au contraire, de belle qualité mais trop chère, doivent inspirer au banquier une certaine
réticence.
La compétence technique des dirigeants de l’entreprise joue un rôle primordial car une
affaire mal dirigée est presque inévitablement vouée à l’échec, même si les circonstances
lui sont provisoirement favorables.
Il convient également d’attacher un grand prix à la moralité des dirigeants d’une affaire.
Sans doute, des commerçants ou des industriels peu scrupuleux ont souvent réussi
brillamment, mais le banquier doit craindre que leur habileté ne s’exerce à ses dépens ou
qu’elle ne provoque des incidents dont il sera indirectement la victime. Ainsi, les entreprises
qui faussent leurs déclarations fiscales peuvent se voir infliger des amendes susceptibles de
les mettre en position critique.
-Le risque particulier à une opération : Le risque particulier à une opération est fonction de
sa nature, de sa durée, de son montant.
3
Les produits dérivés peuvent être des forwards (contrat à terme de change ou de taux), des swaps de change ou
de taux ou encore des options de change ou sur le taux d’intérêt.
33
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Le risque de taux4 :
Ce type de risque a pour origine l’activité même de la banque qui consiste, à réaliser
des prêts à un taux inférieur au coût de sa collecte. Le risque de taux ne peut donc apparaître le
coût des ressources devient supérieur aux produits perçus sur les emplois. Le risque de taux est
de voir la rentabilité de l’établissement bancaire se dégrader par évolution défavorable des taux
d’intérêt.
Même dans une situation d’adossement parfait, le risque peut apparaître lorsque les
emprunteurs (les déposants) viennent rembourser (se faire rembourser) leur prêts (leurs
placement) par anticipation.
Certaines branches d’activités peuvent être durement frappées par la fermeture d’un
débouché extérieur, ou, même sur le marché intérieur, par la suppression d’une protection
douanière. Les banques redoutent tout particulièrement les positions spéculatives qui, se
généralisant dans une profession, peuvent rendre celle-ci très vulnérable.
4
Calvet H. : « Etablissement de crédit : Appréciation, évaluation et méthodologie de l’analyse financière » :
Edition Economique ; Paris ; 1997 ; p.78.
34
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
o Le risque général :
Le risque général dépasse le cadre de l’affaire au profit de laquelle le crédit est sollicité, pour
frapper l’économie d’une nation entière, d’une région voire la situation internationale. Le risque
général est difficile à prévoir, et il est encore plus difficile d’y parer.
Leur prévision, même lorsqu’elle est possible, est à elle seule un élément de trouble pour les
affaires.
o Le risque économique :
Le risque économique est caractérisé par Les crises « économiques » par un repliement
général de l’activité économique. Le passage d’une crise économique est marqué par les
difficultés commerciales ou financières pour la plupart des entreprises et par un accroissement
du nombre des noms des dépôts de bilans.
o Le risque monétaire :
Les troubles monétaires amènent les gouvernements à prendre des mesures telles que la
suspension des paiements envers l’étranger.
Dans certains pays, les défaillances de banque ont entraîné des séries de faillite.
o Le risque politique :
Le risque politique réside dans les révolutions, les guerres civiles et étrangères. les
guerres entrainent des fermetures d’entreprises, des réquisitions, des destructions .elles peuvent
être à délais moratoires qui paralysent les règlements.
o Le risque social :
Le risque social est caractérisé par les troubles sociaux. Les troubles sociaux peuvent
s’accompagner de grèves, d’émeutes, de pillage, et sont parfois aussi préjudiciables à telle ou
telle entreprise que les guerres étrangères.
o Le risque naturel :
Il faut noter également les conséquences d’événements naturels tels que des inondations,
des sécheresses, des incendies, des épidémies, des invasions de parasites, qui peuvent frapper
des régions plus ou moins étendues.
35
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Sont les risques liés aux variations de prix des actifs financiers (actions, obligations, taux de
change). On distingue :
o Risque de liquidité :
Ce type de risque désigne l’insuffisance de liquidité bancaire pour bancaire pour faire
face à ces besoins inattendus. En effet, ce risque peut conduire à la faillite de la banque suite à
un mouvement de panique des déposants, qui peuvent demander leurs dépôts au même temps.
Le recoure aux retraits massifs des fonds par les épargnants, ainsi que leurs inquiétudes
sur la solvabilité de l’établissement bancaire, peut aggraver la situation de cette dernière et
entraîne ce qu’on appelle « une crise de liquidité brutale ».
o Risque de crédit :
Le risque de crédit est le risque le plus important et le plus dangereux auquel est exposée
une banque. Cette dernière doit accorder une attention particulière à sa gestion afin de ne pas
être en proie à ses conséquences.
Le risque de crédit peut être défini comme la perte potentielle consécutive à l’incapacité
par un débiteur d’honorer ses engagements. Il désigne également, d’une façon plus large, le
risque de perte lié à la dégradation de la qualité de la contrepartie qui se traduit par une
dégradation de sa note.
36
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
en général de ressources à court terme en emplois à long terme. Il résulte du risque de taux trois
types de risques :5
Risque de type 1 : est dû à l’écart des montants entre passifs et actifs à taux
variable ;
Risque de type 2 : est dû à l’écart des échéances entre les passifs et les actifs à
taux fixe ;
Risque de type 3 : est dû à l’existence d’options cachées dans le bilan.
o Risque de change :
Ce type de risque trouve sa naissance dans les établissements financiers, à partir des
opérations de prêts et d’emprunts à plus d’un an, en monnaie étrangère. En d’autres termes la
banque supporte cette catégorie de risque lorsqu’elle se trouve face à une évolution défavorable
du taux de change. En outre, il est aussi remarquable qu’il existe une interaction entre le risque
du taux et celui de change.
o Risque de marché :
C’est une probabilité que la banque prête sur une opération d’octroi du crédit. Généralement et
de façon assez globale, les risques de marché font référence aux risques qui résultent d’une
volatilité des rendements, des taux d’intérêt, des cours de change et de la valeur des titres ou de
matières premières6. Autrement dit ; Le risque de marché correspond aux pertes susceptibles de
prévenir la diminution de la valeur des portefeuilles bancaire investis en actions ou en obligation
dont la valeur est volatile. On distingue entre : le risque de taux d’intérêt, le risque de change
et le risque de prix.
De nombreuses activités bancaires ont des revenus proportionnels au volume d’activité. C’est
par exemple le cas des assit managers (rémunération proportionnelle aux encours gérés). Dans
ce cas, si les levées d’encours sont faibles, les rémunérations futures seront faibles.
5
DUBERNE M, « gestion actif-passif et tarification des services bancaires », Edition Economica, Paris 2000.
6
LAMARQUE Erick, Hirigoyen Gérard, « Management de la banques, risque, relation client, Organisation »
Edition, Pearson, Octobre 2006, Page 54.
37
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Parmi les risques auxquels doit faire face l’entreprise, on compte le risque réglementaire
puisque le changement de loi ou de réglementation peut influer directement sur la rentabilité
d’un secteur économique.
o Risque opérationnel :
Le risque opérationnel peut être défini comme le risque de pertes résultant de procédures
internes inadaptées ou défaillantes, d’erreurs humaines, de défaillances des systèmes
informatiques, d’évènements extérieurs. Ce sont donc des risques qui existent depuis toujours
dans les banques ou les entreprises. Il peut s’agir par exemple de problèmes informatiques qui
retardent l’exécution d’ordres sur les marchés (incidents courants) mais également de l’incendie
de locaux ou de fraude interne pouvant entrainer de lourder pertes. Le risque opérationnel est
donc un risque qui peut s’avérer très couteux.
7
Erick Lamarque, Frantz Maure. (2009), « Le risque opérationnel bancaire. Disposition d’évaluation et système
de pilotage », Revue française de gestion, (n°191), p94.
38
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
L’étude du dossier de crédit vise notamment à évaluer le risque que la banque peut
prendre et à arrêter les limites et les formes des concours à mettre en place éventuellement. La
documentation comptable constitue à ce titre l’élément de base de cette étude.
Pour cela nous avons vu très utile de souligner, à travers ce qui suit, les méthodes
d’aide à la décision d’octroi de crédit : des méthodes classiques et nouvelles.
On peut d’une part, rechercher la façon dont l’équilibre financier se réalise, et d’autre
part, la méthode de ratio, une approche fructueuse de la situation financière du client.
8
Alain MARION, Analyse financières, concept et méthodes, 2 -ème édition, éd DUNOD, Paris, p 10.
39
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
L’objectif d’une analyse externe est souvent limité à un aspect particulier de la situation
financière de l’entreprise. Par exemple, un banquier cherche surtout à se faire une idée précise
sur les garanties de remboursement offertes par l’entreprise, alors que l’analyse d’un
investisseur en bourse a essentiellement pour objectif d’évaluer les possibilités de plus-value
d’une action et son rendement futur.
a) Définition9 :
L’équilibre financier est une contrainte qui pèse en permanence sur la pérennité de
l’entreprise.
C’est pourquoi on peut dire que la finalité de la politique financière est d’aménager
structurellement la contrainte financière, en s’efforçant de définir une structure financière dite
deux grands cycles permettent de regrouper les relations financières au sein de l’entreprise «
équilibre » qui permettra à l’entreprise de rester solvable dans le temps, c’est à dire d’être
financièrement pérenne.
9
Jean Louis AMEON. L’essentiel à connaître en gestion financière. 2ème édition MAXIMA, France, 2000, p65.
10
Alain MARION, op cite, pp107-110.
40
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Bien évidemment, le coût des ressources, appelé coût du capital, inclut le coût des
capitaux propres.
Re = Rentabilité économique.
financiers
Compte tenu des besoins qui sont généralement induits par le cycle d’investissement et le cycle
d’exploitation, l’entreprise est conduite à assurer l’ajustement global entre ses emplois et ses
ressources selon deux cas de figure :
41
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Si l’entreprise dégage une capacité globale de financement, qui résulte d’un excédent
de ressources sur les emplois, elle dispose alors d’un volant de liquidité qui,
généralement, fera l’objet d’un placement et / ou de distribution de dividendes.
Dans cette optique, l’analyse de l’équilibre financier conduit à se poser deux questions :
- La première question a trait à l’adéquation entre la maturité des ressources et celles des
emplois qui financent ces ressources. Cette adéquation débouche sur une règle d’orthodoxie
financière qui traduit un principe de spécialisation des financements en fonction de la nature
des emplois.
- Le fonds de roulement : Le fonds de roulement est l’un des concepts les plus anciens de la
finance. La définition retenue est celle qui est la plus couramment admise, c’est aussi celle qui
présente le plus d’intérêt pour l’analyse.
Le fonds de roulement est l’excédent des capitaux permanents sur l’actif immobilisé net12.
- Par le haut du bilan, le fonds de roulement représente la part des capitaux permanents
affectée au financement de l’actif circulant.
- Par le bas du bilan, le fonds de roulement représente l’excédent des actifs à moins d’un an
sur les dettes exigibles à moins d’un an.
11
Alain MARION, op cite, p111.
12
Jean-Louis AMELON, op cite, p67.
42
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Pour financer le besoin permanent induit par le décalage entre les flux de décaissement
et d’encaissement du cycle d’exploitation, l’entreprise recourt à des financements stables (le
fonds de roulement) et à des crédits bancaires à court terme13.
Dans certains cas cependant, l’information fournit par le calcul du fond de roulement doit être
interprétée pour analyser avec discernement l’équilibre financier.
Si le BFR est positif, l’entreprise n’arrive pas à couvrir ses besoins cycliques par des
ressources cycliques. Un besoin de financement de cycle d’exploitation est ressenti.
C’est le genre de situation que l’on trouve dans les grandes entreprises industrielles
ayant de gros stocks ou des entreprises évoluant dans un secteur fortement concurrentiel
les obligeant à accorder de longs détails de paiements.
Si le BFR est négatif, cette entreprise dispose alors de peu de stocks et/ou se fait régler
au comptant tout en obtenant des crédits fournisseurs. Exemple : Les grandes surfaces
13
Alain MARION, op cite, p107.
14
Idem
43
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
se font payer comptant, ont des stocks qui tournent vite, tout en obtenant des crédits
fournisseurs. Cette situation est celle qui doit être recherchée par l’entreprise.
La relation fondamentale de trésorerie est une relation comptable qui relie les notions de fonds
de roulement, besoin en fonds de roulement et trésorerie.
La notion de trésorerie calculée à partir du bilan est trop étroite, car elle ne renseigne pas
véritablement sur la capacité de l’entreprise à faire face à ses échéances. Ainsi celles qui
disposent de lignes de crédits non encore utilisées auprès de leurs banques bénéficient de ce fait
d’une marge de sécurité, d’une « trésorerie potentielle » immédiatement mobilisable que
n’appréhende pas le concept de trésorerie16.
La trésorerie potentielle est constituée de la trésorerie majorée des crédits disponibles, non
utilisés auprès des banques, ainsi que, le cas échéant des crédits non utilisés auprès des
fournisseurs lorsque l’alternative règlement au comptant, règlement à échéance est possible.
L’analyse par les ratios connaît un développement remarquable dans ses domaines
d’application, en particulier avec l’utilisation des méthodes de score. Elles permettent d’évaluer
le risque de défaillance des entreprises en utilisant une combinaison de ratios comptables.
2.1.2.1. Définition 17
La définition d’un ratio est simple, c’est un rapport entre deux grandeurs financières ou
économiques de l’entreprise dans un domaine bien précis comme ; l’actif du bilan, le passif du
bilan, la trésorerie, l’actif immobilisé, les capitaux propres, les dettes à long et moyen terme, le
15
Jean-Louis AMELON, op cite, pp72, 73
16
Jean-Louis AMELON, op cite, pp72, 73
17
CHOUAM BOUCHAMA, Evaluation et choix des investissements. Ed Dar el Gharb , Oran, 2002, pp157, 158.
44
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
chiffre d’affaires… ; ces grandeurs sont aptes à rendre compte de la situation et de la gestion
d’une entreprise.
Evalué pour une certaine durée bien déterminée, le ratio indique une évaluation qui prend en
compte le passé de l’entreprise et trace une tendance par rapport à des projections faites par les
dirigeants de l’entreprise. Un ratio pris séparément ne donne aucune explication ; pris avec
d’autres ratios, il peut servir d’indicateur de comparaison avec d’autres entreprises de la même
taille, et de la même activité, et plus au moins de la même structure financière.
- Dans l’espace, le ratio permet à l’entreprise de se situer dans son propre secteur d’activité ou
dans l’environnement économique global.
- Dans le temps, il permet de suivre l’évolution d’un certain nombre d’indicateurs, tant internes
qu’externes.
A partir d’un ensemble de ratios, on peut confectionner le tableau de bord de l’entreprise qui
synthétisera les informations dans le but de prendre des décisions.
Les ratios peuvent être exprimés par un nombre, un pourcentage, ou encore par une durée
(nombre d’années, de mois, ou de jours), ils doivent être simples, significatifs, compréhensibles,
peu nombreux, honnêtes et d’un coût de confection raisonnable.
Compte tenu de toutes les combinaisons possibles, il existe une infinité de ratios. Il faut donc
sélectionner une batterie de ratios représentative et adaptée aux objectifs recherchés par les
utilisateurs.
a) Les ratios de structure : Les ratios de structure analysent principalement les grandes masses
du haut du bilan. Ils expriment les conditions dans lesquelles l’entreprise assure son équilibre
18
Gérard MELYON, Gestion financière. Ed Bréal, France, 1999, pp 145-152.
45
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Les ratios retenus peuvent être appliqués soit dans une analyse liquidité, soit dans une analyse
fonctionnelle.
46
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
47
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
- Liquidité générale
- Liquidité réduite
- Liquidité immédiate.
Ratio Interprétation
Liquidité générale : Il mesure la capacité de l’entreprise à payer ses dettes à
Actifs circulants / Dette à court terme court terme en utilisant ses actifs à court terme.
Liquidité restreinte : Il mesure la capacité de l’entreprise à payer ses dettes à
(Créance + disponibilités) dette à court terme court terme en utilisant les créances et les
disponibilités.
Liquidité immédiate : Il mesure la capacité de l’entreprise à payer ses dettes à
Disponibilité / dette à court terme court terme en utilisant les disponibilités.
Source : LOTMANI N, « introduction à l’analyse financières », édition enseignement, Alger 2008 P71.
c) Les ratios de gestion ou de rotation : Les ratios de gestion peuvent être calculés dans
l’approche liquidité que dans l’approche fonctionnelle.
Les ratios de gestion constituent l’un des points clés du diagnostic financier. Ils mesurent
la rotation des composantes principales du besoin en fonds de roulement d’exploitation (stocks,
créances, clients et dettes fournisseurs).
L’évaluation des ratios de rotation permet de prévoir les fluctuations du besoin en fonds
de roulement.
48
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
49
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Pour juger la rentabilité d’une entreprise, il convient de rapprocher son résultat des moyens mis
en œuvre pour obtenir ce résultat, c’est à- dire, du capital qui s’y trouve investi.
Les ratios qui figurent dans le tableau, sont déterminés à partir du compte de résultat.
Ratio Interprétation
Taux de croissance du résultat net : L’évolution d’un résultat net permet de mesurer
(Rn-Rn-1) /Rn-1 l’évolution de la rentabilité de l’entreprise.
Taux de marge nette : Il mesure la capacité d’une entreprise à générer du
Résultat net /Chiffre d’affaires HT résultat net à partir du chiffre d’affaire.
Taux de marge commerciale : Ratio qui s’applique uniquement aux entreprises
Marge commerciale / Vente de marchandises HT commerciales et permet de le comparer avec celui des
entreprises du même secteur.
Taux de marge brute : Il mesure la capacité de l’entreprise à générer une
EBE/Chiffre d’affaire HT rentabilité d’exploitation à partir du chiffre d’affaire.
Rentabilité financière : Il mesure l’aptitude de l’entreprise à rentabiliser les
Résultat net/Capitaux propres fonds apportés par les associés.
Ratio qui permet de mesurer la création de richesse par
Rentabilité apparente de la main d’œuvre : salarié qui doit être analysé d’une année sur l’autre et
Valeur ajoutée /Effectif moyen comparé par apport a d’autre entreprises évoluant dans
le même secteur d’activité.
Source : LOTMANI N, « Introduction à l’analyse financière », édition enseignement, Alger 2008 P72.
50
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
- Ratios de rentabilité des capitaux : Les ratios de rentabilité de l’activité sont complétés par
les ratios de rentabilité de capitaux qui rapprochent un élément du résultat et un élément de
moyen mis en œuvre appelé : « capital investi ».
Les ratios de capitaux les plus couramment calculés se ventilent en deux grandes catégories :
𝑅é𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒
𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓 é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒
𝑅é𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒
=
𝑐ℎ𝑖𝑓𝑓𝑟𝑒 𝑑 ′ 𝑎𝑓𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠
Ce ratio peut se décomposer comme suit :
𝑇𝑎𝑢𝑥 𝑚𝑜𝑦𝑒𝑛 é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒
(𝑝𝑜𝑟𝑜𝑓𝑖𝑡𝑎𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡é 𝑑𝑒 𝑙 ′ 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒𝑝𝑟𝑖𝑠𝑒)
51
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Les ratios de rentabilité financière les plus fréquemment utilisés sont les suivant :
52
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
L’analyse relationnelle des ratios permet de décomposer le second ratio, afin de faire
apparaître ses composants :
Le diagnostic financier présente plusieurs limites pour une banque, ces limites sont liées
essentiellement à la construction du bilan financier et à la non maitrise des postes à risques.
Pour construire un bilan financier, les banques ne tiennent pas en compte que quelques
retraitements économiques. Parmi ces retraitements, nous citons par exemple les provisions
pour risque et charges, les provisions réglementées, les subventions d’investissements, les
comptes courants d’associés, les écarts de conversion actif, les plus ou moins-values sur actifs,
etc. Le diagnostic financier qui ne prend pas en considération ces retraitements ne permet pas
d’affiner davantage la gestion du risque crédit. Toutefois la prise en compte de ces retraitements
engendre des couts importants supplémentaires que les banques doivent supporter. Également
les comptes de l’entreprises sont souvent aménagés pour donner une image plus flatteuse que
la réalité. Les postes que la banque doit maitriser sont essentiellement : les frais de recherche et
développement, la production immobilisée, les stocks (qui peuvent fictifs), les plus-values
exceptionnelles, les dettes sur comptes courants des actionnaires, etc.
En plus de ces deux grandes catégories de limites techniques le diagnostic financier nécessite
pour une banque beaucoup de temps et un personnel qualifié, ce qui entraine une augmentation
des couts. Ces limites conduisent généralement à des conséquences néfastes.
Le traitement par l’analyse financière à court terme, telle qu’elle est pratiquée par les
banques, est une méthode classique d’appréhension du risque de crédit. La lenteur et la longueur
de sa réalisation et son caractère subjectifs constituent des inconvénients majeurs affectant ses
résultats.
53
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
La prochaine section nous présenterons une méthode basée sur des fondements
statistiques et qui permet d’évaluer rapidement le risque du crédit.
Pour cela, on a cherché à mettre au point un système susceptible de qualifier avec la plus
grande sécurité le risque de défaillance des clients.
Dans ce qui suit nous nous intéresserons à des méthodes jugées plus évaluées : le crédit-
scoring, l’analyse neuronale, le ranking, les points de risque et les systèmes experts.
Le crédit scoring se trouve parmi les modèles de prévisions des risques les plus usités
dans la micro finance notamment dans les pays en développement. Cet outil est manifesté dans
les travaux d’ALTMANE E I19 , les deux véritables pionniers de l’application des techniques
de « crédit Scoring » à l’activité d’octroi de crédit aux entreprises.
« Le crédit scoring est une méthode de prévision statistique qui vise à associer à chaque
demande de crédit une note proportionnelle à la probabilité de l’emprunteur »20 .
« Les modèles de score sont des outils de mesure du risque qui utilisent des données
historiques et des techniques statistiques. Leur objet est de déterminer les effets de diverses
caractéristiques des emprunteurs sur leur chance de faire défaut. Ils produisent des scores qui
sont des notes mesurant le risque de défaut des emprunteurs potentiels ou réels. Les institutions
financières peuvent utiliser ces notes pour ranger les emprunteurs en classes de risque ».21
19
ALTMAN E.I. « Financial Ratios, Discriminant Analysis and the Prediction of Corporate Bankruptcy », The
Journal of Finance, 1968, traduction en français in Girault F.&Zisswiller R, Finance modernes : théories et
pratiques, Tome I, Edition Dunod, 1973, P 30- 60.
20
A.M. PERCIE DU SERT. « Risque et contrôle de crédit », édition économica, Paris 1999, P 36.
21
M.DIETCH et J. PETEY, « Mesure et gestion du risque de crédit dans les institutions financières » éd. Revue
banque éditeur, Paris, 2003, P48.
54
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Le principe du scoring est le suivant : déterminer les variables clés qui discriminent le
plus les deux groupes d’entreprise (entreprises saines et entreprises défaillantes), Ensuite un
indicateur appelé « score » est calculé nous permet de juger rapidement la situation d’une
entreprise. Cet indicateur est élaboré sur la base de deux échantillons d’entreprise. Jugées à
priori saines ou défaillantes. Le score est d’autant plus faible que le classement qu’il reproduit
est proche de réalité.
Un bon modèle de score affecte des scores élevés aux débiteurs ayant une faible
probabilité de défaut et des scores faibles à ceux dont les prêts se comportement mal (forte
probabilité de défaut). Mais ces scores ne peuvent être significatifs que si le modèle comporte
les facteurs de risque les plus importants.
Bien que le crédit scoring ait été pour la première fois utilisé dans les années 1960 aux
USA, ses origines remontent en fait au début du XXe siècle, lorsque J. MOODY publia la
première grille de notation pour ses tard (obligations commerciales). Brièvement ; nous
présentons les 10 dates clés du scoring crédit dans le tableau ci-dessous.
55
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Date Evènement
2000 1ère utilisation du crédit en Assyrie, à Babylone et en Egypte
Av. JC
1851 1ère utilisation de la notation (classement) crédit par John Bradstreet, pour ses
commerçants demandeurs de crédit, USA
1909 John M. Moody publie la 1ere grille de notation pour les obligations
commerciales négociées sur le marché, USA
1927 1 er « crédit bureau » crée en Allemagne
1941 David Durand professeur de Gestion au MIT écrit un rapport, et suggéré le
recours aux statistiques pour assister la décision de crédit, USA
1958 1ere application du scoring par American Investments
1967-1970 Altman crée le « Z-score » à partir de l’analyse discriminante multi variée.
Règlementation des « crédits bureaux » par le creditreportingact, USA
1995 Moody’s KMV introduit le Risk Calc pour le scoring des ratios financières
(Financial ratio scoring – FRS)
2000 Moody’s KMV introduit le Risk Calc pour le scoring des ratios financiers
(Financial ratio scoring-FRS)
2004 Balle II recommande l’utilisation des méthodes statistiques de prévision du
risque de crédit
Source: R. ANDERSON, « The credit toolkit », oxford university press 2007, P28.
Il faut cependant noter que le crédit scoring ne constitue pas la seule voie à ce jour de
gestion du risque de crédit. Depuis quelques années, l’émergence de produits financiers dérivés
permettant une protection contre le risque de défaut, ou encore, une protection contre une
augmentation des probabilités de défaut pouvant être mesurées par l’écart de crédit. Il s’agit
notamment des options (options sur écart de crédit, option sur défaut), des contrats à terme sur
l’écart de crédit.
56
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
L’analyse linéaire discriminante est une technique statistique sur laquelle se fonde la
plupart des méthodes de scoring.
« Fonction score ».
Cette technique permet de définir, à partir d’un ensemble d’entreprises réparties en deux
groupes (les « saines » et les « défaillantes ») et caractérisées par un nombre « n » d’indicateurs
financiers, une combinaison linéaire de ces indicateurs qui sépare au mieux les deux types
d’entreprises.
Une fonction score se présente donc sous la forme d’une combinaison linéaire de ratios
quantitatifs dont le pouvoir discriminant est plus élevé que chacun des ratios pris
individuellement.
Z= 𝒂𝒊 𝑹𝟏 + 𝒂𝒊 𝑹𝟏 + ⋯ 𝒂𝒏 𝑹𝒏
Où les « Ri » représentent les valeurs prises par les ratios choisis, et les « αi » les
coefficients numériques associés à ces ratios.
Une procédure informatique est utilisée pour construire cette fonction. Elle sélectionne
progressivement dans un ensemble de ratios ceux qui sont les plus discriminants, jusqu’à ce
que le pourcentage de bon classement soit le plus élevé possible.
22
Axelle LABADI et Olivier ROUSSEAU. « Crédit management, gérer le risque client ». Ed Economica, Paris,
1996, P 175.
57
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
b) Ses limites : Les limites du crédit-scoring se déduisent naturellement des éléments évoqués
ci-dessus.
Aucun système de scoring n’est infaillible. Prévoir un risque de défaillance n’est jamais
sans risque d’erreur. Une entreprise en bonne santé à une date donnée peut être en situation
d’insolvabilité quinze jours plus tard.
Par ailleurs, tout système de scoring apparaît figé dans le temps, et semble bien difficile
de concevoir un système où chaque paramètre ferait l’objet d’une pondération dont le taux serait
directement variable en temps réel en fonction des dernières statistiques relatives aux causes de
défaillances des entreprises. Un tel système serait quasiment impossible à gérer compte tenu du
nombre d’informations nécessaires et surtout de leur diversité.
Dans les systèmes experts, l’approche est de nature qualitative. Elle cherche à reproduire
de façon cohérente les règles de décision des experts en matière de crédit ou leurs systèmes
d’évaluation du risque. On détermine ces règles de manière totalement empirique, en
interrogeant les experts, les responsables crédits, sur leurs pratiques, en confrontant leurs avis
23
Nicolas VAN PRAAG. Op cit, p44.
24
Michel DIETSH et Joel PETEY. Mesure et gestion de risque de crédit dans les institutions financières. Ed Revue
banque, Paris, 2002, pp 45-47.
58
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Parmi les principaux systèmes experts, on peut citer la méthode des ratios, essentiellement
fondée sur l’analyse financière, la méthode anglo-saxonne dites 5C (capital, caractère,
collatéral, capacity, conditions) ou les systèmes experts utilisés dans le domaine du crédit à la
consommation et qui traitent plus particulièrement des informations qualitatives sur la situation
personnelle des utilisateurs potentiels de ce type de crédit.
Dans les systèmes experts utilisés pour évaluer le risque des entreprises, les informations
utilisées sont à la fois :
59
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Les agences de notation déclarent accorder le poids le plus important au second type de
variables, celles qui décrivent l’état de l’industrie dans laquelle l’entreprise intervient ainsi que
sa position sur le marché. Ces éléments, position de leader ou non, état des coûts et de la
technologie, perspectives d’évolution de l’offre et de la demande, constituent en quelque sorte
les « fondamentaux » de l’évaluation du risque dans de tels systèmes experts.
- De cette étape, il ressort des règles d’évaluation et de normes quantitatives qui peuvent
être modulables selon les contextes.
- Le support technique de cette expertise peut consister dans des systèmes dérivés des
travaux en intelligence artificielle, mais ce n’est en réalité que rarement le cas.
- A cette étape, il y a lieu de vérifier la performance des systèmes experts et leur stabilité
dans le temps.
- Par rapport à une population test, cette étape repose sur la validation, le suivi du risque
réel, et l’évaluation par pairs des propositions de notes issues de l’application des règles par les
analystes.
60
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
- Ils peuvent accorder une part importante à la subjectivité dans la mesure où certaines
informations sont obtenues par des procédures d’interviews auprès des experts des
différentes appréciations de la qualité du management d’un dirigeant célèbre et celles
d’un dirigeant inconnu des médias ;
- Aux jugements des experts les plus influents dans l’institution financière est accordée
une part plus importante ;
- L’historique des notations des agences de rating montre qu’au cours du temps le taux
de défaut associé à un rating donné change et que la corrélation entre les notes et les
probabilités de défaut varie dans le temps ;
- L’appréciation d’un phénomène d’auto réalisation des croyances : une entreprise bien
notée par un système expert aura tendance à mieux se comporter qu’une entreprise
moins bien notée ;
- Il est difficile de définir les procédures scientifiques de test des résultats de ces systèmes
car ils reposent sur l’expérience des experts.
-
61
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
2.2.3. Le Rankin25
2.2.3.1 Définition
Le ranking est une technique qui vise à classer, en termes de risque, un client par rapport
à l’ensemble des débiteurs de l’entreprise (du moins risqué au plus risqué).
Pour un client donné, si le crédit managé s’en tient à l’analyse de son risque de
défaillance, il constatera que celui-ci est plus fort et sera tenté de prendre des mesures pour
limiter. En positionnant son client par rapport à l’ensemble de sa clientèle, la banque va peut-
être se rendre compte que celui-ci ne fait pas partie des clients les plus risqués. Peut-être même
que son risque relatif a diminué.
Dans ce cas, on peut en conclure que dans un marché en difficulté ou dans une
conjoncture défavorable, le client en question voit, certes, son risque de défaillance augmenté,
mais moins que celui des autres clients. Il résiste mieux que ses concurrents à la crise par une
meilleure gestion, une politique commerciale plus adaptée et de meilleurs produits. Il est donc
possible de ne pas réduire son plafond de crédit.
L’entreprise en question est alors à surveiller de plus prés. Il est nécessaire d’analyser
pourquoi elle est moins performante que les autres clients.
25
Axelle LABADI et Olivier ROUSSEAU. Op cit, pp201, 202.
62
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Il convient donc de surveiller la position d’un débiteur par rapport à l’ensemble de ses
clients.
Au même titre que le risque de défaillance brute, le suivi de cette position peut être utile
pour prendre une décision de crédit sur un client.
Ce classement doit être réactualisé à chaque changement de classe de risque. Il peut être
informatisé pour une lecture immédiate.
2.2.4.1 Définition
La méthode des points de risque consiste à affecter des notes à un certain nombre
d’éléments de risque choisis pour leur pertinence.
Elle permet une cotation de chaque client et donc la fixation d’un encours maximum
autorisé assorti ou non d’un délai de paiement normatif.
Le principe de base de cette méthode est qu’il est possible de porter un jugement sur une
entreprise en termes de risque à l’aide d’éléments non financiers. De plus, l’avantage de cette
analyse est de mettre à jour quotidiennement l’appréciation du risque.
Il est par ailleurs évident que l’on ne retrouvera pas les mêmes critères de risque dans
chaque secteur.
Il s’agit, dans un premier temps, d’identifier ces indicateurs de risque. Cette première
phase ne peut se faire qu’avec l’aide de la force de vente.
Les indicateurs seront retenus selon deux critères : L’importance du critère pour
l’évaluation du risque d’une part, la disponibilité et le coût de l’information d’autre part.
26
Axelle LAABADI et Olivier ROUSSEAU. Op cit, pp202-204.
63
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Plus l’indicateur proposé par les commerciaux sera jugé important pour l’évaluation du
risque et plus l’accès à l’information sera simple et moins coûteux, plus il aura de chance d’être
retenu.
On pourra ainsi dégager les meilleurs indicateurs de profil et de comportement qui sont
susceptibles de renseigner sur le risque que représente le client.
Des indicateurs financiers peuvent également être retenus pour enrichir l’analyse.
Il est ensuite nécessaire d’établir un système de cotation de chaque élément de risque choisi.
La note finale de l’entreprise est déterminée de la manière suivante :
𝐍𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐩𝐨𝐢𝐧𝐭𝐬
Note =
𝐍𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐢𝐠𝐧𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐧𝐬𝐢𝐞𝐧𝐠é𝐞𝐬
Ce système permet de coter une entreprise même si toutes les informations ne sont pas
disponibles. Il est également possible de pondérer plus ou moins fortement les éléments de
risque.
L’historique de la note doit aussi être conservé. La tendance qui se dégagera permettra
ainsi de porter un jugement pertinent sur l’évolution de la solvabilité du client.
a) Avantages
- La cotation d’entreprises dont on ne possède pas les comptes sociaux : il arrive parfois
que l’entreprise doive traiter avec des clients dont elle ne possède pas de documents comptables,
ce type de méthodes permet de prendre en compte les facteurs de risque réel de l’entreprise ;
64
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
b) Limites
- Donner un meilleur poids pour toutes les variables, même si ces dernières ont
différentes significations.
L’analyse neuronale regroupe aujourd’hui des modèles dont l’intention est d’imiter
certaines fonctions du cerveau humain, en reproduisant certaines de ses structures de base.
Les premières applications pratiques des réseaux de neurones commencent à voir le jour.
Elles concernent des domaines aussi variés que l’industrie, les télécommunications, ou la
finance. L’utilisation de ces techniques dans le cadre des problèmes d’attribution de crédit
commence à se développer. Certaines banques et organismes de crédit à la consommation les
utilisent déjà. En effet, les réseaux de neurones sont particulièrement performants en matière
de classification et d’analyse de données.
27
Axelle LABADI et Olivier ROUSSEAU. Op cit, pp196-201.
65
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
comprenant des entreprises jugées saines et des entreprises jugées potentiellement défaillantes
: il peut donc apprendre à faire la distinction.
On peut considérer un neurone comme étant une unité permettant de traiter une certaine
somme d’informations et d’en redistribuer aux autres unités du système.
Les inputs sont les données quantitatives concernant une entreprise (chiffre d’affaires,
effectif, ratios, …). Le neurone effectue la somme algébrique pondérée des inputs.
On dispose donc, d’un système à plusieurs couches ou chaque neurone possède un rôle
spécifique, en particulier celui de recevoir des informations et d’en redistribuer aux autres
neurones.
La valeur que va recevoir un neurone en entrée dépend donc de la somme des valeurs
des neurones auxquels il est connecté ainsi que du poids de la connexion avec ces neurones.
66
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
- L’un des principaux reproches fait aux réseaux de neurones tient dans leur incapacité à
expliquer les résultats qu’ils fournissent ;
- L’utilisateur pourra seulement savoir s’il refuse ou accorde un crédit à telle entreprise selon
la logique de l’établissement qui a fourni la base d’exemples. Mais il ne saura pas sur quels
éléments le système s’est basé pour juger de la solvabilité de l’entreprise ;
- L’analyse neuronale n’est pas apte à résoudre tous les problèmes du service crédit. Ce n’est
qu’une méthode optimale d’analyse de données. Elle travaille avec des informations
quantitatives tirées des comptes de l’entreprise, et par conséquent souvent anciennes.
67
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Selon pierre CONSO, « On a pu constater que le risque est omniprésent, multiforme, qu’il
concerne tous les collaborateurs de l’entreprise, et bien sûr la direction générale, mais aussi les
actionnaires au niveau du risque global d’entreprise. Le combattre concerne donc tous les
acteurs »28.
Il existe plusieurs moyens pour limiter les risques de crédit bancaire. Ces moyens varient
en fonction des différents auteurs. JACQUES F29 , par exemple présente quatre moyens pour
limiter les risques de crédit bancaire :
Quant à pierre-Charles P30 , il propose les moyens pour réduire le risque de taux d’intérêt
en fonction des aléas qui surviennent au niveau de la conjoncture économique nationale et
internationale.
La banque peut diversifier des crédits. En effet, il est périlleux pour une banque de concentrer
ces crédits sur quelques gros bénéficiaires.
Plus les crédits sont répartis entre un grand nombre de bénéficiaires et d’émetteurs, plus
la probabilité de non remboursement est faible. La division des risques constitue l’un des
fondements de la fonction d’intermédiaire financier. De même le financement exclusif d’un
seul secteur de l’activité économique et /ou une zone géographique expose la banque à des
difficultés élevées en cas de récession de ce secteur ou cette zone.
La banque réduira les risques du crédit en décidant de n’octroyer des prêts qu’aux
personnes présentant un faible risque de défaillance.
28
CONSOP. L’entreprise en 24 leçons, Dunda, Paris, 2001, P260.
29
F. JACQUES, Op. cit,dalloz, Toulouse,1963 ,PP.188-190.
30
PIERRE-Charles P, Economie et gestion bancaire, Dunod, Paris, 1999, P.70.
68
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
La banque doit vérifier que le montant des remboursements et intérêts demandés est
en correspondance avec les revenus actuels et futurs du débiteur. Elle doit également s’assurer
que le client a le réel désir d’honorer ses engagements ; elle peut pour cela, consulter les fichiers
d’incidents de paiement et de remboursement.
La solvabilité est une chose qu’il faut surveiller continuellement. Il y a des gens
solvables à moment donné et qui ne le sont plus ensuite. Cette solvabilité se rattache à la notion
du patrimoine. Elle dépend aussi des sûretés stipulées.
Il sait enfin que certains biens comme le fonds de commerce sont susceptibles de
s’évanouir d’eux-mêmes si le débiteur relâche ses efforts. Il y a aussi des gens extrêmement
riches qui ne paient pas leurs dettes. D’autres fortunes sont peut-être des biens insaisissables.
69
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
a) Le nantissement :
Le nantissement est l’acte par lequel le débiteur remet au créancier un bien en débiteur remet
à la créance. Si le bien remis en garantie est meuble, on parle de gegée, s’il s’agit des revenus
d’immeuble, on appelle cela l’antichrèse.
L’hypothèque est une garantie coûteuse comparativement au nantissement, elle est sollicitée
en couverture de crédit d’investissement. L’hypothèque se définit comme étant l’acte par lequel
le débiteur accorde au créancier un droit sur un immeuble sans dessaisissement et avec
publicité.
Appelé aussi « sûretés personnelles ». Ces financières, la méthode scoring, les systèmes
experts, le Rankine et l’analyse neuronale sont toutes des méthodes ayant pour but de minimiser
le risque, d’une manière ou d’une autre. Ce risque restant toujours le carrefour où se croisent
les idées principales, celle de l’allocation optimale des ressources financières afin de contribuer
au développement économique d’une part, et celle qui est exprimée par l’expression naïve « le
banquier est réticent en donnant l’argent des autres » d’autres part.
70
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise
Conclusion :
71
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
Introduction :
La CNEP-Banque joue un rôle essentiel dans la vie économique, en ce sens, elle est
l’une des moteurs du système bancaire Algérien.
1.1.Historique de la CNEP-Banque
La CNEP est, aujourd’hui, une Société Par Action (SPA) au capital de 14 milliards de
dinars dont le siège social se situe à Alger. Dès sa création jusqu’à son attribution de statut de
72
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
banque par le Conseil de la Monnaie et du crédit (CMC), la CNEP a connu plusieurs étapes
dans son évolution, à s’avoir1 :
De nouvelles tâches sont assignées à la CNEP. Il s’agit, des crédits aux particuliers pour
la construction de logements et le financement de l’habitat promotionnel au profit exclusif des
épargnants. Au 31 décembre 1988, environ 11.590 logements ont été vendus dans le cadre de
l’accession à la propriété. La CNEP a entrepris une politique de diversification des crédits
accordés notamment, en faveur des professions libérales, des travailleurs de promotion
immobilière de la santé, des coopératives de services et des transporteurs.
1
Document interne de la CNEP-Banque
73
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
En 1997, la CNEP change de statut en obtenant son agrément en tant que banque.
Désormais, elle porte le nom de la CNEP-Banque. Elle peut, également, effectuer toutes les
opérations bancaires à l’exclusion des opérations de commerce extérieur.
La période de 2000 à nos jour connu plusieurs étapes dans son évolution, à s’avoir2 :
- Les crédits hypothécaires prévus par les textes réglementaires en vigueur au sein de la
banque ;
- Les crédits à la consommation ;
Il a été, également, décidé d’accorder les crédits à titre prioritaire et principal aux épargnants,
et à titre accessoire, aux non épargnants. Concernant le financement de la promotion
immobilière, sont autorisés l’acquisition de terrains destinés à la construction de logements et
à la réalisation de programmes d’habitats. Les programmes éligibles au financement sont ceux
destinés exclusivement aux épargnants.
2
Document interne de la CNEP-Banque
74
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
- Crédits aux particuliers : est autorisé le financement des crédits immobiliers prévus
par les textes réglementaires en vigueur au sein de la banque ou à mettre en place.
- Financement de la promotion immobilière : sont autorisés le financement de
l’acquisition ou de l’aménagement de terrains destinés à la réalisation de programme
immobiliers, de la réalisation d’opération de promotion immobilière et de biens
immobiliers à achever ou à rénover.
- Financement des entreprises : sont autorisés le financement des investissements de
tous les secteurs d’activités tous les secteurs d’activités économique y compris le fonds
de roulement nécessaires au démarrage de l’activité, les crédits par signature, le leasing
immobiliers et les services liés à l’habitat (bureau d’étude, entreprise d’entretien
d’immeubles...)
75
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
- Elle était régie par une loi spécifique et placée sous tutelle du ministère des finances ;
- Son champ d’action est limité et son autonomie est réduite ;
- Son développement ne pouvant être envisagé hors du pouvoir de l’administration et sans
accord de celle-ci ;
- Elle ne pouvait octroyer des crédits qu’à concurrence de ces ressources.
- Elle est régie par le code du commerce en tant que Société Par Action (SPA) ;
- Elle est sous le contrôle de la Banque d’Algérie et la commission bancaire ;
- Sa politique du développement et du ressort du conseil d’administration ;
- La mise en œuvre de cette politique est du ressort du gestionnaire ;
- Elle est soumise à la libre concurrence pour ses activités.
La CNEP-Banque offre à ses clients divers produits grâce à ces deux (02) fonctions différentes :
en tant qu’une banque et aussi en tant qu’un collecteur d’épargne.
Produits d’épargne
3
Document interne de la CNEP-Banque
76
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
Les emplois hors habitats représentent environ uniquement 0,33% de L’activité du crédit.
77
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
Audit Interne
D.G.A des
D .G. A D.G.A D.G.A Crédit D.G.A finances
Développem Administration Assainissement comptabilité
ent contrôle
D. D.Financeme
D.Prévision D. Contrôle de
Administration ntdes
et cul de comptabilité
et moyens promoteur
gestion D.Etudes
D.Ressources D .d’épargne
humaines Co,co
D. Crédit aux
D.Marketing
Particulier
D. D . Finance
D.Protection
Assainisement Trésorerie
du Patrimoine
D. contrôle D.Contrôle de
Directeur des des
D.Promotion l’épargne
ressources engagements
D’exploitation immobiliers
D.Comptabilit
78
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
L’agence CNEP-Banque de Tizi Ouzou agence ABANE Remdane code « 201 » est le
code comportement de base de la CNEP-Banque de Tizi Ouzou, l’agence « 201 » réalise un
volume d’activité très importants par rapport aux autres agences de la ville, elle est composée
d’une direction qui se divise en deux parties : Front office et Bank office, répartie sur plusieurs
services.
Front office est l’ensemble de personnels qui sont chargés de la réception de la clientèle et
ont pour mission de fournir des informations sur les opérations de liquidités, les pièces
nécessaires à fournir et des différentielles orientations sur les crédits hypothécaires. Elle est
composée de quatre (04) sous parties, à savoir4 :
Le Back office est l’ensemble du personnel qui se charge de l’étude et des traitements des
dossiers avec la décision de l’octroi du crédit. Ils comportent les services suivants5 :
4
Document interne de la CNEP-Banque
5
Idem
79
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
- Traiter les opérations bancaires confiées par la clientèle, entretenir et développer des
relations commerciales suivies avec celle-ci ;
- Réaliser le plan d’action commercial ;
- Recevoir, étudier décider et mettre en place les conditions dans les limites des
prérogatives qui lui sont conférées par voie réglementaire, conformément aux règles
et procédures internes (satisfaction des conditions préalables exigées et les recueils
des garanties, ….)
- Assurer la gestion, suivi les crédits décidés et des garanties exigées.
80
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
Directeur
Secteur
Secteur
Financement
Administration
Service épargne et
Service crédit aux
Service Marketing
Particuliers
Comptabilité
Administration Promoteurs
Service Service
Caisse Recouvreme
nt
Source : Document interne de la CNEP-Banque
81
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
Afin de réaliser les projets immobiliers, une série de produit a été mise en place par le CNEP-
Banque. Ces produits peuvent être partagés en deux (02) catégories, à savoir6 :
Ce type du crédit permet aux particuliers l’acquisition d’un bien meuble ou immeuble.
Notamment, les logements, les terrains et les locaux commerciaux.
Cette seconde catégorie du crédit est consacrée au financement de la réalisation des projets de
construction, d’extension ou de surélévation.
La CNEP-Banque à lancé le crédit immobilier jeune qui permet, d’obtenir un crédit pouvant
aller jusqu’à 100% pour l’achat d’un logement ou la construction d’une habitation. Les
caractéristiques de ce crédit sont les suivantes :
6
Document interne de la CNEP-Banque
82
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
Néanmoins, ces taux d’intérêts sont révisables en fonction de l’évolution des conditions de
banque.
Le crédit à taux bonifié (appelé aussi taux privilégié) est un crédit bancaire à des conditions
avantageuses. C’est un taux inférieur à celui pratiqué, habituellement, pour un même type du
crédit, les taux bonifiés sont rendus possibles grâce aux aides de l’Etat. En 2010, l’Etat a lancé
le décret exécutif n° 10-87 relatif au crédit immobilier à taux bonifié de 1% ou de 3%. Les
caractéristiques de ce crédit sont les suivantes :
Tout citoyen bénéficiaire d’un Logement Sur Plans (LSP) a le droit au crédit à intérêt bonifié
entre 1% et 3%, à condition qu’il ne soit pas débiteur d’une quelconque institution financière
en Algérie et que le prêt soit consacré à l’achat du LSP qui, d’un autre côté, l’empêche de
bénéficier d’un logement rural. Les ménages dont le salaire se situe entre 1 et 4 fois le Salaire
Minimum Interprofessionnel de Garantie1 (SMIG), bénéficieront d’un crédit immobilier à taux
bonifié, en plus d’une aide frontale du Trésor public. Les ménages dont leurs salaires allant de
4 à 6 fois SMIG, aurons des crédits avec un taux d’intérêt bonifié différent, mais auront aussi
droit à une aide frontale. Mais les salaires dépassant 6 fois le SMIG, auront d’autres taux
bonifiés mais ne bénéficieront pas d’aide frontale.
83
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
Dans le cadre d’acquisition d’un logement collectif Vente Sur Plans (VSP) auprès d’un
promoteur, un client qu’on citera sous le nom de Mr X, s’est présenté auprès de l’agence wilaya
« 201 » afin de solliciter un crédit immobilier. Après son entretien avec le chargé de clientèle
du Front Office, celui-ci s’est avéré éligible au prêt désiré.
Il est éligible à un crédit CNEP toute personne remplissant les conditions suivantes :
7
- Document interne de la CNEP-Banque.
84
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
La prise du contact est une étape décisive dans le processus d’octroi du crédit. La priorité
du banquier est avant tout de donner une bonne impression et d’essayer par tous les moyens
possibles de satisfaire sa clientèle.
Pour cela, il est indispensable que le banquier soit à l’écoute de sa clientèle (dans le
cadre du possible) afin de cerner les véritables besoins du client et être capable de proposer des
solutions efficaces pour les combler. Lors de la présence du client X au niveau du front office,
le chargé de la clientèle tente d’avoir les informations concernant les points suivants :
Identification du client.
Type : F4
Superficie :
Emplacement : Quatre chemins boulevard de la Soummam Béjaïa ;
; Prix de vente : 5.167.250,00DA
Après identification du client X qui répond aux conditions d’éligibilité, celui-ci est
invité au niveau du Front Office afin de remettre un dossier constitué des pièces suivantes :
85
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
- Acte de vente sur plan notarié, publié et enregistré au niveau de la conservation foncière.
- Attestation de garantie du promoteur souscrite auprès du Fond de Garantie et de Caution
Mutuelle des Promoteurs Immobiliers (FGCMPI).
Après avoir déposé le dossier par le client et s’assurer que le dossier contient tous les
documents essentiels et contrôler la vraisemblance des documents fournis pour éviter tout
risque de fausse déclaration pouvant induire l’agence en erreur, le client recevra un récépissé
du dépôt du dossier du prêt, puis il aura un compte chèque auprès de cette agence.
- Le postulant a déjà bénéficié d’un prêt auprès de la CNEP ou auprès d’une autre banque.
- Le postulant n’est pas en situation d’impayé.
86
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
A cet effet, l’agence doit établir une demande de consultation selon le modèle joint en annexe
n°04 (fiche de suivi et du contrôle). Les résultats de la consultation sont numérotés et classés
dans un classeur ouvert à cet effet.
- De sa capacité de remboursement ;
- De la durée du crédit ;
- Du taux d’intérêt.
Capacité de remboursement.
87
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
La durée du crédit
Les crédits immobiliers peuvent avoir une durée qui s’étend jusqu’à 40 ans pour les Jeunes de
moins de 35 ans, elle est calculée en fonction de l’âge.
Le crédit sollicité donne lieu à 4 ans de différé. Pendant cette période, le client ne paie que les
intérêts intercalaires et donc la durée totale du crédit (durée de remboursement) est de 36 – 3
= 34 ans.
Le taux d’intérêt
Le taux d’intérêt appliqué au crédit immobilier pour le client X âgé de 33ans en vue
d’acquisition d’un logement collectif vente sur plan auprès d’un promoteur avec un salaire qui
se situe entre trois (3) et six (6) fois le SMIG est un taux bonifié à 1% au lieu de 6%.
88
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
Le taux appliqué = 1 %
𝑪𝒂𝒑𝒂𝒄𝒊𝒕é 𝒅𝒆 𝒓𝒆𝒎𝒃𝒐𝒖𝒓𝒔𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕
Montant du Crédit (MC)=
𝑽𝒂𝒍𝒆𝒖𝒓 𝑻𝒂𝒃𝒖𝒍𝒂𝒊𝒓𝒆 (𝑽𝑻)
Pour le cas du crédit pour jeune (moins de 35 ans), la CNEP-Banque peut accorder un crédit
pouvant aller jusqu’à 100% du prix de cession du logement. La valeur tabulaire est un
coefficient déterminé sur la base d’une formule mathématique qui se calcule commesuite :
(𝒕𝒂𝒖𝒙/𝟏𝟎𝟎)/𝟏𝟐)
Valeur Tabulaire (VT)= 𝟏 – [(𝟏+ (𝒕𝒂𝒖𝒙/𝟏𝟎𝟎 /𝟏𝟐)] (−(𝑫𝒖𝒓é𝒆∗𝟏𝟐)
On a :
1/100/12
VT =1−[1+ (1/100)/12]−34∗12
0,000833333
VT = 1 – (0,711871109) VT= 0,002892224
44.631,62
MC = = 15.431.506,38
0,002892224
Crédit = 15.431.506, 38 DA
89
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
Donc, le montant 15.431.506,38 DA représente le prêt maximum que la CNEP banque peut
accorder au client X vue sa capacité de remboursement, le montant est donc considéré comme
théorique. Ce client a demandé que 4 840 000 DA (le client peut supporter largement ce crédit
demandé étant donné qu’il est inférieur au maximum déterminé).
A cet effet, la banque met en place au profit du client un prêt de 4.840.000 DA au taux de
1% l’an, sur une durée de 34 ans.
Calcul de la mensualité.
La banque prêteuse fait souscrire à l’emprunteur une assurance pour garantir le risque de décès,
Invalidité Absolue et Définitive (IAD), ce produit est commercialisé par l’organisme
d’assurance CARDIF EL DJAZAIR8
CARDIF EL DJAZAIR : Filiale de la Banque Nationale du Paris (BNP), Paribas assurance, agrée en Algérie, en 2006, elle est spécialisée
dans l’assurance de personnes
.
90
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
91
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
Calcul de l’échéance.
Donc :
Le tarif de l’assurance est déterminé par la société d’assurance selon le montant du crédit
accordé.
Echéance = 13.997,54 DA
Le montant du prêt obtenu est de 4.480.000 DA, il est calculé sur la base de la mensualité.
Le montant est donc considéré comme étant théorique. Alors, on procède au calcul du crédit
réellement accordé à la base de l’échéance.
On aura :
𝑬𝒄𝒉é𝒂𝒏𝒄𝒆 (𝑬)
𝑪𝒓é𝒅𝒊𝒕 𝑨𝒄𝒄𝒐𝒓𝒅é (𝑪𝑨) =
𝑳𝒂 𝑽𝒂𝒍𝒆𝒖𝒓 𝑻𝒂𝒃𝒖𝒍𝒂𝒊𝒓𝒆 (𝑽𝑻)
13.997 ,54
𝐶𝐴 = = 4.840.000
0,002892224
La fiche technique du dossier du crédit (Cf. annexe n°05) est établie après le calcul
des différents montants par l’agence domiciliataire. La fiche technique est élaborée et signée
par le préposé du crédit, elle est contrôlée et visée par le responsable du crédit chargé du
contrôle du dossier. La fiche technique est soumise au comité du crédit pour :
92
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
- Avis si, pouvoir réseau ou direction centrale du crédit (siège), et rédaction du procès-verbal.
Unité : DA
Etablir ou recevoir la décision d’octroi soit par l’agence, le réseau ou par la direction centrale
du crédit (Cf. annexe n°06). Après cette décision l’agence remettre au client et recueil son
acceptation ou son refus.
Banque au client, le chargé de clientèle remet une convention du crédit qui contient les articles
suivants :
L’objet, le montant du crédit, le taux d’intérêt, durée du crédit, mobilisation du crédit, garantie,
assurance décès, remboursement du crédit, remboursement par anticipation, pénalité de retard,
clause pénale, force majeur, clause résolutoire, résiliations, règlement des litiges, droit et taxe,
élection domicile, entrée en vigueur de la convention.
93
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
Les articles de la convention doivent être consultés attentivement par le client, avant la signature
précédée de la mention « lu et approuvé ». Lors de cette phase, la banque procède au
prélèvement des frais du dossier.
Les frais d’étude et de gestion du crédit sont payés en une seule tranche par prélèvement sur le
premier déblocage du crédit octroyé.
• Les commissions
En ajoutant :
Unité : DA
• L’assurance décès
• L’assurance SGCI
94
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
Le montant de la prime d’assurance contre le risque d’insolvabilité est calculé sur la base du
montant du crédit et en fonction du Ratio : Prêt / Valeur à la garantie (RPV10) du bien
immobilier objet du crédit (Cf. Tableau n°12).
TVA = 17%
9
Document interne de la CNEP-Banque.
10
Le RPV est le rapport en pourcentage (%) entre le montant du crédit et la valeur expertisée du bien
immobilier
95
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
Au niveau de la CNEP-Banque, tout crédit octroyé doit être assorti d’une garantie
contre le risque de non remboursement de la créance qui peut survenir en cas d’impossibilité,
d’incapacité ou de refus du débiteur de rembourser son prêt ou encore en cas du décès de ce
dernier. Conformément à l’article six (06) de la convention, l’agence procède au recueil de la
garantie d’hypothèque du premier rang sur le bien de financement qui est le logement, dans ce
cas.
Un ordre de mobilisation du crédit édité par le chargé du crédit, signé par le directeur
d’agence et adressé au responsable du service crédit pour déblocage de la somme du prêt au
profit du client X qui a souscrit une assurance décès tel qu’il est stipulé à la convention pour le
logement objet de financement. Le crédit sera mobilisé en plusieurs tranches selon le contrat
(VSP) pour le compte du promoteur.
Dans ce cas, le montant sollicité est 4.840.000 ,00DA, donc le traitement du dossier
se fait au niveau de l’agence, le délai de déblocage de crédit est de quinze (15) jours après la
délivrance d’un reçu de réception du dossier du crédit, la date de déblocage de crédit est le
15/05/2013.
96
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
- Tableau d’amortissement.
2.2.8. Le recouvrement
36 000
4.840.000 * 1 * 30
Intérêts intercalaires =
36.000
11
Document interne de la CNEP-Banque.
97
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
• Dans la première échéance qui suit l’incident, l’agence doit rappeler le client défaillant en
l’invitant à régulariser sa situation par une « lettre de rappel » (Cf. annexe n°09) ;
• Après 15 jours de l’envoi de la lettre de rappel, si le client ne se présente pas, l’agence lui
envoie une mise en demeure (Cf. annexe n°10), elle a pour effet de couper le délai de
prescription (si, ce dernier n’est pas coupé par une mise en demeure pendant cinq (05) ans après
la constatation de l’impayé, l’emprunteur devient propriétaire du bien) ;
• Deux semaines après l’envoi de la mise en demeure, si le client ne se manifeste pas, l’agence
va envoyer au client une sommation de payer par la voie d’un huissier de justice
• S’il trouve le client, il lui adresse un PV, attestant que l’impayé lui a été notifié. S’il ne le
trouve pas, il va adresser un PV de créance ;
• Si le client se présente, le banquier entreprend avec lui un entretien pour analyser le problème
et proposer des solutions, deux (02) peuvent se présenter :
- L’emprunteur peut régler l’intégralité des sommes dues : le banquier procède donc au calcul
de ces sommes en intégrant les pénalités de retard et lui fait signer une lettre d’engagement (Cf.
annexe n°13) ;
- L’emprunteur ne peut pas payer toutes les sommes dues : le banquier lui propose alors un
remboursement partiel qui consiste en un paiement d’au moins de 50% du montant de l’impayé
et de rééchelonner le reste sur une période d’un an maximum ;
98
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier
Conclusion
Le risque est une partie intégrante de l’activité bancaire, sa maîtrise reste donc une
préoccupation majeure pour le banquier qui doit chercher les meilleurs outils pour les maîtriser.
La CNEP-Banque, a mis en place toute une panoplie de prêt immobiliers adaptés aux différents
besoins des emprunteurs, toutefois, chaque demande du crédit immobilier doit faire l’objet d’un
traitement d’un dossier du crédit pour minimiser les risques que peut encourir la banque.
Les crédits immobiliers sont des crédits à hauts risques car, ils mobilisent
d’importantes sommes à long terme. De ce fait, toute demande du crédit doit être bien étudiée
et ce, à travers, les étapes suivantes :
Le banquier doit alors bien se renseigner sur l’environnement du prêt et évaluer les capacités
d’endettement et de remboursement du client.
99
Schéma N° 01 : Organigramme de l’agence CNEP-Banque. Source : (CNEP : Support pour la direction du réseau CNEP, juin 2009).
D.G.A des
D .G. A D.G.A D.G.A Crédit D.G.A D.G.A D.G.A
finances
Développe Administration Assainissemen Recouvremen Système
comptabilité et
ment t t d’information
contrôle
D. D. Finance
D.Prévision D. Contrôle de D.
Administration des
et cul de comptabilité D. Informatique
et moyens promoteurs
gestion Recouvrement
D.Etudes
D.Ressources D. D’épargne
humaines
D. Crédit aux Co,co
D.Marketing D.
Particulier
D. Organisation
D . Finance D. Etude
D.Protection
Assainissemen Trésorerie
du Patrimoine Juridiques
t
Directeur des D. contrôle D. de la
D.Contrôle de
ressources des Monétique
D.Promotion l’épargne
D’exploitation engagements
immobiliers
D.Comptabilité
78
Conclusion générale
L'une des finalités d'un crédit pour le banquier est son remboursement. Or, dans des cas
de plus en plus fréquents, les remboursements ne s'effectuent pas à l'échéance prévue se
trouvant parfois définitivement compromis. Dans cette situation, la banque voit se matérialiser
un risque de contrepartie et doit essayer de procéder, le plus rapidement possible au
recouvrement de sa créance. Elle doit aussi mettre en œuvre des stratégies pour éviter d'autres
incidents de paiements afin d’améliorer ses performances à différents niveaux.
Maîtriser et gérer le risque est une tâche importante pour les responsables des banques.
Moyennant différentes méthodes de gestion, classiques et / ou nouvelles, les responsables
peuvent atténuer ces risques et faire accroître la performance de leurs établissements.
Face à la panoplie des risques auxquels sont exposées les banques, des normes
prudentielles et réglementaires s'avèrent d'une importance capitale pour assurer une certaine
cohérence au sein de communauté bancaire et garantir sa solidité.
Le risque existe et existera toujours mais il ne doit pas pour autant figer les banques
dans l'attentisme. Il est inhérent au crédit : il ne peut être éliminé, seulement limité, tout le jeu
consiste à prendre de bons risques.
Pour les banques commerciales, les objectifs et les stratégies sont plus que jamais
orientés vers la rentabilité notamment pour les bailleurs de fonds. Les sanctions du marché en
cas de mauvaises performances sont en effet impitoyables.
Dans cet environnement et selon cet objectif primordial, la gestion du crédit est le
facteur de réussite d'une banque universelle. Sa gestion et son analyse sont un enjeu très
important puisqu'une bonne gestion du crédit permet d'atteindre ce fameux cercle vertueux,
synonyme de réussite.
Aujourd'hui la plupart des banques ont fait des efforts et des progrès énormes dans
plusieurs domaines pour atteindre leurs objectifs de rentabilité ou leurs impératifs de
compétitivité. Ces évolutions ont, pour beaucoup, été provoquées par les profondes mutations
du secteur au cours des vingt dernières années.
100
Conclusion générale
Les banques n'ayant pas réussi à opérer ces changements, ont été généralement rachetées
ou ont connu de très grosses difficultés à chaque crise bancaire, allant parfois jusqu'à disparaître.
Ce dernier phénomène est quand même très rare. Les autorités bancaires, par leur
réglementation, ont réussi à renforcer le système financier et pousser les établissements
bancaires à une meilleure prise en compte de leurs risques. Etant au centre de la réforme du
ratio de solvabilité, le risque de crédit, sera désormais dans un avenir proche considérablement
mieux pris en compte par les banques.
Grâce à la notation interne et à une meilleure allocation des fonds propres, la gestion du
risque de crédit s'en trouvera affiné et permettra un avantage compétitif ou une différenciation
pour ceux qui auront les meilleurs systèmes de notation interne.
La CNEP Banque est dans le but d’assurer sa suprématie sur le secteur de logement mis
en place toute une panoplie du prêts immobiliers adaptés aux différents besoins des
emprunteurs, toutefois, chaque demande de crédit immobilier doit faire l’objet d’une étude et
101
Conclusion générale
d’un suivi du dossier pour minimiser les risques que peut encourir la banque, cette étude se fait
selon plusieurs étapes, à savoir :
102
LISTE DES ANNEXES
Tableau n°01 : Les principaux ratios de structure dans l’analyse liquidité /Exigibilité .... 46
Tableau n°02 : Les principes ratios de structure dans l’analyse fonctionnelle .................. 47
Tableau n°03 : Ratios de liquidité ..................................................................................... 48
Tableau n°04 : Principaux ratios de rotation...................................................................... 49
Tableau n°05 : Les ratios de rentabilité ............................................................................. 50
Tableau n°06 : Ratios de la rentabilité économique .......................................................... 52
Tableau n°07 : Ratios de la rentabilité financière .............................................................. 52
Tableau n°08 : L’histoire du crédit scoring en 10 dates .................................................... 56
Tableau n°09 : Capacité de remboursement des postulants aux crédit immobiliers ......... 87
Tableau n°10 : Les différents taux d’assurances................................................................ 91
Tableau n°11 : Pouvoir des comités du crédit ................................................................... 93
Tableau n°12 : Commissions en fonction du montant du crédit accordé .......................... 94
Tableau n°13 : Le mode de calcul de la prime d’assurance ............................................... 96
Ouvrages :
Michel DIETSH et Joel PETEY. Mesure et gestion de risque de crédit dans les
institutions financières. Ed Revue banque, Paris, 2002,
Michel GAUDIN, « le crédit aux particuliers », édition SEFI, Québec, 1996 ;
Nicolas VAN PRAAG. Le crédit management et le crédit scoring. Ed. Economica,
Paris, 1995 ;
PHILIPPE G .et STEPHANIE P., La banque : fonctionnement et stratégies, éd
Economica, Paris, 1997 ;
PIERRE-Charles P, Economie et Gestion bancaire, éd Dunod, Paris, 1999 ;
TEXTE REGLEMENTAIRE
AUTRES DOCUMENTS
Document interne de la CNEP-Banque.
SITES WEB
www.wikipedia.org
www.acp banque.fr
www.doc-étudiant.fr
www.banque of-algeria.dz
TABLE DES MATIERES
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaire ............................. 4
Introduction ....................................................................................................................... 4
Section 3 : Type des crédits octroyés aux entreprises et leurs limites .......................... 13
Conclusion ........................................................................................................................... 30
Introduction ......................................................................................................................... 31
Conclusion ........................................................................................................................... 71
Introduction ....................................................................................................................... 72
du crédit ............................................................................................ 85
Conclusion ........................................................................................................................... 99
ANNEXE
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUE