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Gestion des Risques Bancaires

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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou

Faculté des sciences économiques, gestion et sciences


commerciales Département des sciences de gestion

Mémoire de fin d’études


En Vue de l’Obtention du Diplôme de Master En Sciences Economique
Option : Economie monétaire et bancaire

Thème

La gestion des risques des crédits


bancaires
Cas CNEP-Banque
Tizi-Ouzou

Réalisé par Dirigé par :


AIT OUALI Dalila Mr : ABIDI Mohamed
HAMDADACHE Amel

Devant membre de jury


 OUALIKEN Salim (Professeur) président
 ACHIR Mohamed (M.C.M) Examinateur
 ABIDI Mohamed (M.C.B) Rapporteur

Année universitaire 2020


REMERCIEMENT

Au nom d’Allah le tout puissant, un grand merci lui revient pour nous avoir
donnée la foi, la volonté, le courage et surtout, de nous avoir permis d’en

arriver là ;

Nous tenons aussi à adresser nos vifs remerciements à notre encadreur

Monsieur ABIDI Mohamed qui par ses encouragements renouvelés, ses


remarques pertinentes, ses conseils, sa disponibilité, et son soutien qui ne nous ont
jamais fait défaut, nous avons pu achever notre travail de recherche dans les
meilleures conditions ;

Nous remercions également les membres du jury, qui ont accepté d’évaluer
ce travail ;

Nous remercions, également, l’ensemble des enseignants qui ont assuré notre

formation tout au long de notre cursus universitaire ;

Pour la même occasion, nous remercions, infiniment le directeur de l’agence CNEP


de Tizi-Ouzou qui nous a offert le terrain favorable pour la réalisation

de notre travail ;

Nous tenons aussi à remercier tous ceux qui ont contribué à ce modeste
travail.
Dédicaces

Je dédie ce modeste travail à :

 Ma chère maman, puisse ce travail être la récompense


de tes soutiens moreaux et sacrifice .

 Mon père puisse ce modeste travail constituer une légère


Compensation pour tous les nobles sacrifices que tu t’es imposés pour assurer notre
bien-être et notre éducation.
 Mes frères : Karim et Khaled.
 Ma sœur : Karima.
 Ma belle-famille, et surtout mon mari qui m’a soutenu
tout au long de mon parcoure d’étude.
 Et finalement je dédie ce travail aussi à tous mes amis sans les cités,
ils se reconnaitront tous.

A. DALILA
Dédicace

Je dédie ce modeste travail qui est la récolte de tant d’efforts et

de recherches à :

 Mes chers parents, les personnes les plus importantes de ma vie,

que j’aime et à qui je souhaite une longue et heureuse vie.

 Ma chère sœur : Lydia

 A toutes ma famille, mes tantes, mes oncles

 Et finalement je dédie ce travail aussi à tous mes amis sans les cités, ils se
reconnaitront tous.

H. AMEL
SOMMAIRE

LISTE DES ABRIVIATIONS


INTRODUCTION GENERALE ..................................................................................... 1
CHAPITRE I : NOTION DE BASE SUR LES BANQUES ET LES CREDITS
BANCAIRES ..................................................................................................................... 4
Introduction ......................................................................................................................... 4

SECTION 1 : LE FONCTIONNEMENT BANCAIRE ................................................. 4


1.1. Définition du la banque et son rôle................................................................... 4
1.2. Le rôle économique d’une banque ................................................................... 5
1.3. Typologie des banques en Algérie ................................................................... 6
1.4. Evolution du système bancaire algérien ........................................................... 6
SECTION 2 : NOTION SUR LES CREDITS BANCAIRE .......................................... 9
2.1. Notion sur le crédit ......................................................................................... 9
2.2. Les caractéristiques du crédit bancaire ........................................................... 10
2.3. Le rôle du crédit ........................................................................................................ 11
SECTION 3 : TYPE DE CREDIT OCTROYE AUX ENTREPRISES ET LEUR
LIMITES ..................................................................................................... 13
3.1. Types de crédit octroyé aux entreprises ....................................................................... 13
3.2. Limites du crédit .......................................................................................................... 29
Conclusion ........................................................................................................................... 30

CHAPITRE II : NOTION SUR LE RISQUE DU CREDIT ET LA DEMARCHE DE SA


MAITRISE ............................................................................................. 31
Introduction ......................................................................................................................... 31

SECTION 1 : BASE THEORIQUE SUR LE RISQUE DE CREDIT .......................... 31


1.1. Définition du risque de crédit ........................................................................... 31
1.2. Les différentes catégories du risque de crédit .................................................. 32
SECTION 2 : METHODES D’ANALYSES ET D’EVALUATION DU RISQUE DE
CREDIT ...................................................................................................... 39
2.1. Méthode classique ........................................................................................................ 39
2.2. Méthodes statistiques ................................................................................................ 54

SECTION 3 : LIMITATION DES RISQUES DE CREDIT BANCAIRE .................. 68


3.1. La diversification des portefeuilles de crédit................................................... 68
3.2. Les études approfondies du futur débiteur ...................................................... 69
3.3. La surveillance constante de la solvabilité ................................................................. 69
3.4. La prise des garanties .......................................................................................... 69
Conclusion ........................................................................................................................... 71

CHAPITRE III : TRAITEMENT ET GESTION D’UN DOSSIER DU CREDIT


IMMOBOLIER ...................................................................................... 72
Introduction ......................................................................................................................... 72
SECTION 1 : PRESENTATION DE L’ORGANISME D’ACCUEIL CNEP-BANQUE
............................................................................................................................................. 72
1.1. Historique de la CNEP-Banque.................................................................................... 72
1.2. Caractéristiques et mission de la CNEP-Banque ......................................................... 75
1.3. Présentation de l’agence CNEP-Banque de Tizi- Ouzo ............................................... 79
1.4. Les principes formes du crédit immobiliers accordés par la CNEP
Banque ................................................................................................................................. 82
SECTION 2 : Le TRAITEMENT D’UN DOSSIER DU CREDIT IMMOBILIER ........ 84
2.1. Condition d’éligibilité ................................................................................................. 84
2.2. Les étapes du traitement d’un dossier du crédit immobilier ....................................... 84
Conclusion ........................................................................................................................... 98
CONCLUSION GENERALE .......................................................................................... 100
ANNEXES
LISTE DES TABLEAUX
REFFERENCE BIBLIOGRAPHIQUES
TABLES DES MATIERES
Liste des abréviations

BAD : Banque Algérienne de Développement

BADR : Banque Agricole du Développement Rural

BCA : Banque centrale d’Algérie

BDL : Banque de Développement local

BEA :Banque Extérieure d’Algérie

BFR : Besoin en fonds de roulement

BNA :Banque National d’Algérie

CAD :Caisse Algérienne de Développement

CAF : Capacité auto Financement

CAGEX : Compagnie Française d’Assurance pour le Commerce Extérieur

CMC : Conseil de la Monnaie et du crédit

CMCC : Crédit de Mobilisation des créances commerciales

C LT : Crédit à long termes

CMT :Crédits à Moyen terme

CNEP : Caisse Nationale d’épargne et de Prévoyance

COFACE : Compagnie Française d’assurance pour le commerce extérieur

CR : Capacité de Remboursement

CSDCA :Caisse de Solidarité des Dé

DCT :Dette à court terme

EBE : Excédant Brut d’Exploitation

EPE : Entreprise Publique Economique

FR : Fonds de roulement

FRL : Fonds de Roulement liquidités

HT : Hors Taxe

K : Capital
LT :long terme

LCR :Lettre de change relevée

MT : Moyen terme

Re :Rentabilité économique

Rn :Résultat net

SICAV :Société d’investissement à capital variable

SPA : Société Par Action

TR :Trésorie

TVA :Taux sur la Valeur Ajoutée

CPA :Crédit Populaire d’Algérie


Introduction générale

Ces dernières années, on a souvent mis l’accent sur le phénomène de risque encouru
dans les activités bancaires, et principalement le risque de crédit. Ceci n’est pas du tout le fruit
du hasard mais une simple conséquence des problèmes économiques importants que soulevé la
question, ayant abouti dans un certain cas à des situations dramatiques.

En effet, la crise financière des surprimes qui a frappé le système financier mondial dans
son intégralité à fin de 2007 en est la preuve, elle vient démontrer, une fois de plus, que le
comportement des banques est source de risque systémique .Parmi les métiers de la banque ,
on trouve l’octroi de crédit qui constitue la principale activité à cette dernière, en effet une fois
le crédit est accordé, on peut commencer de parler automatiquement sur le risque
d’insolvabilité de l’emprunteur qui est appelé aussi le risque de contrepartie . Il peut être définit
comme une perte éventuelle que la banque peut subir suite à une opération de crédit, par ailleurs,
cette perte est traduite sous plusieurs formes, la plus courante est le défaut de paiement d’un
emprunteur au principal et/ou les intérêts constituant le fruit de ce crédit.

Il existe plusieurs types de risques de crédit, celui de non-remboursement est un risque


majeur.

HEEM1 définit le risque de contrepartie pour le banquier comme :

« Le risque de voir son client ne pas respecter son engagement financier, à savoir, dans la plupart
des cas, un non remboursement de prêt. »

Dans un sens plus large, ce risque de contrepartie désigne aussi le risque de dégradation
de la santé financière de l’emprunteur qui réduit les probabilités de remboursement.

Le risque est inhérent à toute activité humaine, notamment lorsqu'on fait des affaires.

Dans les métiers de la banque, le risque est un élément que l'on vit au quotidien. En effet,
l'activité principale de la banque étant de distribuer du crédit, le risque de non remboursement
est omniprésent. Se trouvant au cœur de l’activité bancaire, il constitue l’un de ses enjeux
majeurs. Néanmoins, s’il est bien analysé et géré, le risque peut représenter l’une des principales
sources de profit de cette dernière.

1
Gregory HEEM, le contrôle interne du risque de crédit bancaire, thèse de doctorat en science de gestion,
université de Nice, 2000, p18.

1
Introduction générale

L'évaluation des risques est le facteur déterminant de toute prise de décision. Elle est
bien trop souvent intuitive dans nos actions de tous les jours, mais gagnerait à être formalise
dans le cadre de tout projet qui comporte une dimension financière.

Donc le risque apparaît comme l'un des défis actuels des dirigeants pour le définir, le
mesurerait le gérer pour améliorer la performance.

La Caisse Nationale d’Epargne et de Prévoyance (CNEP-Banque), dont l’activité principale est


le financement du secteur de l’habitat qui constitue, un secteur stratégique et privilégié de
développement économique et social du pays, a mis en place toute une panoplie de prêts
immobiliers adaptés aux différents besoins des emprunteurs. Ces crédits se caractérisent par la
diversité, la complémentarité et l’universalité. Le crédit immobilier est porteur d’une multitude
de risques attachés au produit lui-même et cela dès son étude et jusqu’à son échéance, Toutefois,
chaque demande du crédit doit faire l’objet d’une étude et d’un suivi du dossier du crédit pour
minimiser les risques que la banque encourt.

L’objet de notre travail est consacré à la recherche sur les méthodes de gestion du risque
de crédits accordés par les établissements de crédit aux particuliers et aux entreprises. A cet
effet la question principale auxquelles nous tenterons de répondre est la suivante : Comment
se fait donc l’évaluation du principal risque bancaire au sein de banques nationales ?
Quelles sont les procédures pratiquées ?

Cette problématique est accompagnée d’un certain nombre de questions pour mieux
appréhender le sujet, ces questions subsidiaires sont formulées comme suit :

 Qu’est-ce qu’un crédit ?


 Quels sont les différents types de crédits proposés par la banque ?
 Quels sont les différents risques générés par l’activité bancaire ? et
Comment une banque peut-elle identifier et mesurer le risque du crédit
Bancaire ?
 Comment s’effectue l’étude d’un dossier du crédit immobilier au sein de la
CNEP-Banque ?

Pour tenter de répondre à ces questions, nous proposons les hypothèses suivantes :

- La banque dispose de moyens diversifiés pour se prémunir contre le risque du crédit.

2
Introduction générale

- L’étude et le suivi du dossier du crédit immobilier s’effectuer selon plusieurs étapes et cela
depuis la demande du crédit jusqu’à l’échéance.

Pour mener à terme notre travail, nous avons adopté une démarche orientée dans les directions
suivantes :

- La consultation d’ouvrages et l’étude des textes règlementaires relatifs à la monnaie et au


crédit. L’abondance des ouvrages en matière de l’activité bancaire nous a conduit à utiliser que
ceux qui se rapportent directement à notre thème de recherche.

La collecte de données nécessaires à la finalisation de notre travail de recherche a été recueillies


auprès de l’organisme d’accueil CNEP-Banque où on a effectué notre stage.

Pour parvenir à notre objectif, nous avons réparti notre travail en trois (03) chapitres.

- La première partie, sera consacré à l’analyse du risque de crédit en se basant d’abord sur les
crédits bancaires : leurs définitions, les différents types de crédit bancaire, et les limites du
crédit, puis la base théorique du risque de crédit, en donnant la définition, les principales
catégories, les éléments déterminants, les méthodes d’analyse et d’évaluation du risque de crédit
et enfin les moyens de se protéger de ce dernier.

- La deuxième partie, quant à elle, sera consacrée à l’étude d’un cas pratique effectué au niveau
de la Caisse Nationale d’Epargne et de Prévoyance (CNEP- Banque) concernant le traitement
et la gestion d’un dossier de crédit immobilier.

3
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

Introduction :

Le crédit bancaire est l’un des moyens les plus importants du financement de
l’économie, il joue un rôle important dans le développement de l’activité économique.

En général, le principal défaut supporté par la banque est le risque de crédit qu’elle doit
circonscrire par une bonne définition et une bonne analyse afin d’en avoir une mesure assez
correcte lorsqu’elle prête à tel client (particulière ou entreprises).

Dans ce premier chapitre nous verrons un bref aperçu sur le fonctionnement bancaire
ainsi qu’une notion indissociable de celle du banquier à savoir le crédit.

Afin de comprendre ce concept, nous allons présenter dans ce qui suit la définition du
crédit, ses caractéristiques ainsi que sa typologie.

Section 1 : Le fonctionnement bancaire

Etant donné que l’octroi de crédit fait partie des activités principales d’une banque, il
s’avère nécessaire de faire un bref aperçu sur le fonctionnement bancaire.

1.1.Définition de la banque et son rôle

La banque est connue pour son activité d’intermédiaire financier, en faisant le lien entre
les agents en excédents de financement et les agents en besoin de financement.

Juridiquement parlant et selon les articles 66 à 70 de l’ordonnance n°03-11 sur la


monnaie et le crédit1 : « les banques sont des personnes morales qui effectuent à titre de
profession habituelle et principalement les opérations de banque : c’est -à -dire la réception de
fonds du public, les opérations de crédit et la mise disposition de la clientèle des moyens de
paiement et la gestion de ceux-ci. »

D’après le dictionnaire de l’économie 2 : « la banque est une entreprise qui reçoit des
fonds du public, sous forme de dépôts ou d’épargne. Elle réemploie l’argent des déposants en
distribuant des crédits et en effectuant diverses opérations financières. Elle gère et met à la
disposition de ses clients des moyens de payement (chèque, compte bancaire, virement…).

Elle sert aussi d’intermédiaire sur le marché financier, entre les émetteurs d’actions et
d’obligations (entreprises, Etat, …) et les investisseurs (épargnants, fonds commun, SICAV,

1
Ordonnance n°03-11 du 26 aout 2003, relative à la monnaie et au crédit.
2
BEZBAKH. P, Sophie GHERARDI, « Dictionnaire de l’économie », Larousse/HER, 2000, P 82.

4
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

compagnies d’assurances …). Elle crée de la monnaie par les crédits qu’elle octroie et en
« achetant » ceux que s’accordent entre eux les agents non financiers (effet de commerce…).

Selon LE GOLVAN : « sont considérées comme banques les établissements qui font
profession habituelle de recevoir du public, sous forme de dépôts ou autrement des fonds qu’ils
emploient pour leur propre compte en opération d’escompte, de crédit ou en opérations
financières. Cette définition est essentiellement basée sur le commerce de l’argent, vision
traditionnelle et technicienne de l’activité bancaire ».3

1.2. Le rôle économique d’une banque

La banque joue deux rôles distincts, un rôle d’intermédiaire financier entre demandeur
et offreurs de fonds et un rôle de producteurs de services aux emprunteurs et déposant.

La définition économique d’une banque est donnée par PHILIPPE Garsault et


STEPHANE Priam : « la banque est intermédiaire entre offreurs et demandeurs de capitaux et
ceci à partir de deux processus distincts :

o En intercalant son bilan entre offreurs et demandeurs de capitaux : c’est


l’intermédiaire bancaire.
o En mettant en relation directe offreurs et demandeurs de capitaux (marché financier,
monétaire, …), c’est le phénomène de désintermédiation »4.
 L’intermédiation bancaire

-les offreurs de capitaux confient à la banque leurs dépôts et leur épargne.

-les demandeurs de capitaux sollicitent auprès de la banque des financements.

 Les marchés directs (désintermédiation)


-les offreurs de capitaux investissent directement sur le marché.
- les demandeurs de capitaux se financent auprès des marchés.
 Les marchés dérivés

Les marchés dérivés permettent aux agents économiques de couvrir les risques auxquels ils sont
confrontés (fluctuations des taux d’intérêts, des taux de changes, des cours de matières
premières ou des cotations boursières).

3
LE GOLVAN.Y, « Banque Assurance », éd DUNOD, Bordas, paris, 1988, p19.
4
PHILIPPE G.et STEPHANIE. Op cite, p 8.

5
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

1.3. Typologie des banques en Algérie

Avec le développement de l’économie mondiale et les changements intervenus sur les


plans financiers, économiques et politiques, l’organisation de la profession bancaire s’est
spécialisée en trois grandes catégories de banque :

1.3.1. La Banque Centrale :

Une banque centrale est une institution d’émission propre à un pays ou à une zone
monétaire. La banque centrale est la banque des banques, elle est en charge de la politique
monétaire d’un Etat ou d’une zone.

L’impact de la politique monétaire d’une banque centrale est majeur sur l’économie, les
marches financiers et le marché des changes.5

La banque centrale veille sur le bon fonctionnement du système bancaire, règlemente et


supervise les opérations des différentes banques.

1.3.2. La Banque de dépôt :

Une banque de dépôt a pour activité de collecter les dépôts des particuliers, des entreprises
et des administrations publiques. La monnaie collectée est ensuite transformée en crédit, que la
banque octroi à ses clients. La banque de dépôt peut exercer à une échelle régionale, nationale
ou même internationale.

1.3.3. La Banque d’affaires (d’investissement) :

Une banque d’affaires est un établissement financier spécialisé œuvrant comme


intermédiaire dans les opérations financières tel que l’introduction en bourse, l’augmentation
de capital, les opérations de fusion-acquisition …La banque d’affaire intervient auprès de
grandes entreprises industrielles et commerciales et parfois même auprès des Etats. Elle peut
également assurer la gestion de son propre portefeuille de participations.

1.4. Evolution du système bancaire algérien :

Après 132 ans de colonisation française, une guerre longue et meurtrière, l’Algérie est
enfin indépendante le 05 juillet 1962. Mais pauvre est sous développé. L’Etat se trouve face au
besoin d’un développement rapide de l’économie. Le gouvernement met alors en place un
processus de développement en adoptant une démarche selon laquelle il fallait investir en

5
Http:// www. Tradings .com /lexique-boursier, consulté le 06.04.2016

6
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

priorité dans des industries lourdes pour entrainer tous les autres secteurs de l’économie ; d’où
la nécessité de la nationalisation des entreprises et la planification de l’économie.

Pour rester dans le sujet du choix du thème, nous projetons cette évolution sur le secteur
bancaire algérien. Ceci sera développé suivant cinq périodes.

1.4.1. La première période de l’indépendance a 1966

L’ère allant de 1962 à 1966 se caractérisé par la concrétisation de la souveraineté


monétaire, émanant de la souveraineté nationale donnant naissance à une monnaie nationale, le
Dinars Algérien. Trois institutions furent créées ;

 La banque centrale d’Algérie « BCA » : responsable de l’émission des billets de


banque et de la régulation de la circulation monétaire, créée par la loi n°62-144 du 12
décembre 19626.
 La caisse algérienne de Développement « CAD » : chargée du financement des
programmes d’investissement publics et des programmes d’importation, créée par la loi
n°63-165 du 03 mai 19637.
 La caisse nationale d’épargne et de prévoyance « CNEP » : dont la mission consiste
essentiellement en la collecte de l’épargne dans le but de soutenir la construction des
logements, créée par la loi n°64-227 du 10 aout 19648.

1.4.2. La deuxième période de 1966 à 1970 :

Dans le but de la nationalisation des banques étrangères installées en Algérie lors


de l’époque de la colonisation, trois banques algériennes ont vu le jour.

 La Banque Nationale d’Algérie « BNA » : créée par l’ordonnance n°66-178 du


13juin 19669.
 Le Crédit Populaire d’Algérie « CPA » : crée par l’ordonnance n°66-366 du 19
décembre 196610.

6
KAROUS OUAFA, KANDI HALIM, « l’octroi de crédit, risque et garantie » université ABDERRAHMANE Mira
Bejaia, 2014 IN Abdelkrim NAAS, « le système bancaire algérien : de la décolonisation a l’économie de
marché », éd INAS, paris, 2003, p11.
7
KAROUS OUAFA, KANDI HALIM, IDEM, P15.
8
KAROUS OUAFA, KANDI HALIM, IDEM, P15.
9
KAROUS OUAFA, KANDI HALIM, IDEM P15. 7
10
KAROUS OUAFA, KANDI HALIM, IDEM P15.
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

 La Banque Extérieure d’Algérie « BEA » : créée par l’ordonnance n°67-204 du


01 octobre 1967.

1.4.3. La troisième période de 1970 à 1978 :

Pour répondre aux besoins de financement des investissements nécessaires à l’atteinte des
objectifs de développement économiques de l’Algérie, la caisse Algérienne de Développement
« CAD », laisse place, en Mai 1972, à la Banque Algérienne de Développement « BAD ».

1.4.4. La quatrième période de 1978 à 1986 :

Une restructuration du secteur bancaire a été engagée dans le but de diminuer certaines
banques d’un poids financier qui devenait insoutenable. Deux banques naissent durant cette
période pour appliquer le principe de spécialisation des banques.

 La Banque Agricole du Développement Rural « BADR » : créée par le décret du 13


mars 1982. .
 La Banque de Développement Local « BDL » : créée par le décret du 31 avril 1985.

1.4.5. La cinquième période de 1988 à ce jour :

Cette dernière période se caractérise par la promulgation de plusieurs lois relatives aux
reformes économique dont la plus importante est celle de la monnaie et du crédit N°90-10 en
date du 14-04-1990, dont le but est la libéralisation de la banque centrale du joug de la gestion
administrative de l’Etat .D’autres lois de réforme ont été promulguées telles que la loi des
finances 1994 et sa loi complémentaire comportant l’ouverture des EPE aux capitaux prives
nationaux ou étrangers visant le retrait de l’Etat de la sphère économique .

8
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

Section 2 : Notion sur le crédit bancaire

Une entreprise ne possède pas toujours les capitaux suffisants pour atteindre ses
objectifs. Ses résultats commerciaux et financiers ainsi que l’Intégrité des dirigeants et les
garanties offertes peuvent lui permettre de demander un crédit à une banque.

Pour essayer de comprendre la signification du mot crédit ont rassemblé plusieurs


définitions.

2.1. Notion du crédit

2.1.1. Définition étymologique

Le mot crédit vient du verbe latin « credere1 », qui signifie « croire ». Et effectivement, celui
qui consent un crédit « croit » en celui qui le reçoit, En d’autres termes, le créancier fait
confiance à son débiteur.

Un banquier appelle, par conséquent, un crédit toute opération par laquelle, faisant
confiance à son client, il accorde à celui-ci le concours de ses capitaux ou de garantie.

2.1.2. Définition juridique

Au titre de l’ordonnance N° 03-11 du 26 Aout 2003 portant sur la monnaie et le crédit


dans son article N°68, le concept de crédit est défini comme suit :

« Constitue une opération de crédit, au sens de la présente ordonnance, tout acte à titre
onéreux par lequel une personne met ou promet de mettre des fonds à la disposition d’une autre
personne, ou prend dans l’intérêt de celle-ci, un engagement par signature tel qu’aval,
cautionnement ou garantie.

Sont assimilées aux opérations de crédit, les opérations de location assortie d’options
d’achat, notamment le crédit-bail ».

2.1.3. Définition économique

Le crédit est un acte qui permet à une personne de mettre des fonds à la disposition d’une
autre personne, avec énumération de service rendu et les risques encourus.

Le crédit est l’essence de la création de richesse, il contribue l’expansion de l’activité


économique en général. On peut dire que le crédit joue un effet multiplicateur sur l’activité

9
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

humaine. En effet, le crédit exige l’existence ou la rémunération des quatre supports


indispensables l’un de l’autre à savoir le temps, la confiance, le risque, et la rémunération.11

2.2. Les caractéristiques du crédit bancaire

Le crédit est « toute obligation (présente ou futur) de remboursement de sommes


d’argent résultat d’emprunts ou non, qu’elles soient ou non représentées par une valeur
mobilière, un titre, un certificat ou un effet. »

Le crédit peut être défini comme : « une assistance financière du banquier à l’égard de
son client ».

« Faire un crédit, c’est faire confiance, c’est donner librement la disposition effective et immédiate
d’un bien réel ou d’un pouvoir d’achat contre la promesse que le même bien ou un bien équivalent vous
sera restitué dans un certain délai, le plus souvent avec rémunération du service rendu et du danger de
perte partielle ou totale que comporte la même de service. »

La confiance, l’élément temps, le risque et la rémunération sont autant d’élément qui


concrétisent le crédit.

2.2.1 La confiance

Faire crédit signifie faire confiance et la pratique sur une longue période de la relation
de crédit crée un climat de confiance entre les protagonistes.

Cette confiance est basée non seulement sur la solvabilité de l’emprunteur mais aussi
sur son honnêteté et sa compétence dans son activité professionnelle

Le client, de son côté, doit être convaincu que la banque ne lui retirera pas son appui
au moment où il en aura besoin et qu’elle fera un usage strictement confidentiel des
renseignements sur son bilan et la marche de son entreprise.

La confiance est la base principale du crédit. Le banquier croit au remboursement


ultérieur de ses avances ou de l’accomplissement de ses obligations par son client, dans le cas
de crédit par signature qui, potentiellement, peut déboucher sur un crédit de décaissement.

11
WWW.Wikipedia.org

10
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

2.2.2. Le temps

Il n’y a crédit, en effet, que dans la mesure où se constituer la rémunération de la


prestation : l’une, celle du créditeur, est actuelle, l’autre, celle du crédit, est retardée dans le
temps, différé.

Le temps du crédit bancaire sera ainsi, à la fois, celui où se constitue la rémunération du


prêteur et celui nécessaire à l’emprunteur pour rembourser.12

2.2.3 La rémunération

La convention de crédit contient généralement l’indication des rémunérations


réservées à la banque. Il s’agit essentiellement du taux d’intérêt et des diverses commissions
qui peuvent être prévues en fonction des services rendus.

Les crédits qui comportent des décaissements sont rémunérés par des intérêts proportionnels au
montant des capitaux avancés, par contre les crédits qui n’ont pas des décaissements (crédit par
signature), sont rémunérés par une commission.

2.2.4. Le risque

Le risque crédit est le premier des risques auxquels est confronté un établissement
financier. C’est le risque de défaut auquel la banque est exposée en cas de défaillance d’une
contrepartie, il désigne le risque de défaut d’un emprunteur face à ses obligations.

Donc le banquier doit nécessairement évaluer le risque avant de donner une suite à la
demande de financement.

Le risque de non remboursement qui est appelé d’insolvabilité de l’emprunteur est


inhérent à toute opération de crédit. La maîtrise de ce risque suppose une double compétence,
la première concerne une parfaite connaissance des procédés d’analyse des dossiers de crédit,
la seconde en matière de gestion, oblige à une surveillance attentive des concours à la clientèle.

2.3. Le rôle du crédit

Le crédit est un moteur de l’économie, c’est un facteur important du développement des


entreprises. Il permet de faire face à tous les décalages entres les recettes et les dépenses

12
Michel GAUDIN, « le crédit aux particuliers », édition SEFI, Québec, 1996, p9

11
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

quelques soit leurs origines. Le crédit joue un rôle considérable dans les économies modernes
car il13 :

- Permet d’accroitre la qualité de production ;


- Met à la disposition d’une personne un pouvoir d’achat immédiat, ce qui facilité
- Les échanges entre les entreprises et entre les entreprises et les particuliers ;
- Permet d’assurer la continuité dans un processus de production et de commercialisation ;
- Est un moyen de création monétaire.

13
Petit- Dutallis G. : « Le risque du crédit bancaire » ; Edition Dunod ; paris ;1999 ; P ,20.

12
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

Section 3 : Types des crédits octroyés aux entreprises et leurs limites

Les banques mettant à la disposition de leurs clientèles divers types de crédits auxquels
la Banque Centrale d’Algérie a imposé des limites par mesure prudentielle.

3.1. Types de crédit octroyé aux entreprises

Nous allons, à travers ce qui suit, trier tous les différents types de crédits octroyés
l’entreprise selon l’activité de cette dernière et la nature de l’actif financé.

Sur cette base, on aura une triple classification des crédits :

- Les crédits d’exploitation ;


- Les crédits d’investissement ;
- Les crédits finançant le commerce extérieur.

3.1.1. Les crédits d’exploitations14

Les crédits d’exploitation (ou crédits à court terme) financent l’actif circulant du bilan,
plus précisément les valeurs d’exploitation et/ou le réalisable.

Le remboursement d’un crédit d’exploitation, dont la durée est généralement d’une


année, pouvant cependant atteindre deux ans, est assuré par les recettes d’exploitation.

On distingue deux grandes catégories de crédits d’exploitation :

3.1.1.1. Les crédits par caisse 15

On appelle crédits par caisse les crédits accordés par le banquier autorisant un client à
rendre son compte débiteur, on distingue des capitaux définis comme suit :

A) Financement globale des actifs circulants16


 La facilité de caisse :

La facilité de caisse est accordée à l’entreprise lorsqu’elle a besoin de faire face à une
gêne momentanée de trésorerie. Cette autorisation est accordée pour une période donnée,
jusqu’à une date limite à partir de laquelle l’autorisation tombe et nécessite une nouvelle étude

14
Farouk BOUYACOUB, Op cit, pp233-249.
15
LUC BERNET- ROLLANDE, « principes de technique bancaire », éd 23, Paris, 2004, P206.
16
Farouk BOUYACOUB, Op cit , p233-249.
13
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

(en général le banquier revoit ses autorisations à la lecture des résultats de l’entreprise grâce
aux documents comptables que les dirigeants lui auront remis).

Bien qu’ayant généralement une validité annuelle, elle ne doit être en principe utilisée que
pour une période très limitée (échéance de fin de mois, par exemple). Elle répond aux besoins
de financement dus au décalage des entrées et sorties de fonds, et son remboursement est assuré
chaque mois par les rentrées décalées. Elle est le financement par excellence de la partie
fluctuante des besoins en fonds de roulement. Son montant dépasse rarement un mois de chiffre
d’affaires.

 Le découvert : Le découvert permet à une entreprise de faire face temporairement à un


besoin en fonds de roulement dépassant les possibilités de son propre fonds. Le montant
du découvert est en fonction du chiffre d’affaires réalisé par l’entreprise, de sa structure
financière, de son activité et de confiance du banquier en ses dirigeants.
 Le crédit relais : Comme son nom l’indique, le crédit relais est une forme de découvert
qui permet d’anticiper une rentrée de fonds qui doit se produire dans un délai déterminé
pour un moment précis.
Cette rentrée peut provenir, par exemple, d’une augmentation de capital, ou encore
d’une cession d’actifs.
 Le crédit de campagne : Le crédit de campagne est accordé dans le cas où sont
saisonniers soit le cycle de fabrication, soit le cycle de vente de l’entreprise, soit les
deux successivement. Le plan de financement de la campagne agricole, industrielle, ou
commerciale est le document essentiel qui permet au banquier de bien cerner le risque
avant de se décider. Ce plan doit faire ressortir un besoin de financement qui va en
diminuant selon les perspectives de vente. A l’issu de la campagne, le crédit de
campagne doit être totalement remboursé par les recettes réalisées.
 Le crédit d’embouche : Le crédit d’embouche est un crédit de campagne particulier.
Il permet à une exploitation d’élevage, d’acheter du bétail et de procédera son
engraissement pour sa revente. Le risque du crédit d’embouche tient à la durée de
l’opération, aux fluctuations des prix de la viande ainsi qu’aux possibilités de mortalité
élevée, mortalité due aux maladies.
 L’avance sur facture : L’avance sur facture est un crédit par caisse consenti contre
remis de factures visées par des administrations ou par des entreprises publiques
généralement domiciliées aux guichets de la banque prêteuse. Le montant de l’avance
ne dépasse pas, généralement, 70% du montant de chaque facture.

14
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

 L’avance sur créances nées de l’exploitation : l’avance sur créances nées de


l’exploitation est un crédit par caisse consenti aux exportateurs contre présentation des
documents d’expédition. Le montant de cette avance ne dépasse pas, généralement, 80%
du montant de l’expédition
 La mobilisation des crédits à court terme : Les crédits à court terme mobilisable sont
des crédits qui ont fait l’objet d’un accord préalable de la Banque d’Algérie, et d’une
souscription de billets à ordre.

B) Financement des valeurs d’exploitation 17

 L’avance sur marchandise : L’avance sur marchandise est un crédit par caisse qui
finance un stock, financement garanti par des marchandises remises en gage au
banquier.
 Le financement des marchés publics : Un marché public est un contrat passé entre
un entrepreneur et une administration publique pour la réalisation de biens ou
l’exécution de travaux. Les entrepreneurs qui détiennent des marchés publics, surtout
dans le domaine des travaux réalisés au secteur du bâtiment, ne reçoivent leurs tranches
qu’après un grand retard, trouver les financements nécessaires et prétendre à :

o Des crédits par signature (caution marchés) ;


o Des crédits de préfinancement ;
o Des avances sur délégation de marchés, créances nées non constatées ;
o Des avances sur délégation de marchés, créances nées constatées.
 Le financement des marchés privés18 : Un marché privé est un contrat passe entre un
entrepreneur et une société du secteur privé.
En fonction des conditions des règlements prévus au marché, des problèmes de
trésorerie peuvent également se poser aux entreprises contractantes. Là aussi, mais très
rarement, le banquier peut être amené à leur consentir des cautions ou des crédits de
préfinancement ou encore des avances sur délégations de marché, avec tous les risques
que cela comporte car la délégation de droit commun est beaucoup moins sure, sur le
plan juridique, que la délégation de marché public.

17
Farouk BOUYACOUB, Op cit, p233-249.
18
Farouk BOUYACOUB, Op cit, p233-249.

15
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

C) Financement du poste « clients »


 L’escompte commercial : L’escompte est une opération de crédit par laquelle le
banquier met à la disposition du porteur un effet de commerce non échu. Le montant de
cet effet (déduction faite des intérêts et commissions) est monnayé contre le transfert à
son profit de la propriété de la créance et de ses accessoires.
 La lettre de change relevée (L.C.R) : Il s’agit d’un regroupement de créances détenues
sur la clientèle que le banquier prend globalement à l’escompte sur une lettre de change
relevée.
 Le crédit de mobilisation des créances commerciale (C.M.C.C) : Le crédit de
mobilisation des créances commerciales donne lieu à la souscription, par l’entreprise
bénéficiaire, d’un billet à l’ordre de sa banque, billet qui regroupe les créances nées
pendant une période donnée (10 jours) et qui viennent à échéance à des dates voisines
(10 jours maximum). La banque escompte alors ce billet représentatif de créances
commerciales.
3.1.1.2. Crédit par signature :

Si le plus souvent la banque aide l’entreprise en mettant sa disposition des fonds sous forme de
crédit de trésorerie, elle peut aussi lui apporter son concours sous forme d’engagements que
l’on appelle des crédits par signature.

La banque prête alors simplement sa signature sans supporter de charge de trésorerie. L’étude
faite par la banque doit être aussi minutieuse que pour n’importe quel autre concours bancaire,
car cet engagement peut entrainer des décaissements importants. Dans cette forme de crédit, le
banquier s’engage par lettre, auprès de tiers, à satisfaire aux obligations contractées envers eux
par certains de ses clients, au cas où ces derniers n’y satisferaient pas eux- mêmes.

Ces crédits peuvent soit différer certains décaissements, les éviter ou encours accélérations. Le
banquier peut aussi s’engager en acceptant des effets de commerces : on parle dans ce cas de
crédits par acceptation.

 Les différents types d’engagement par signature :


a) Les cautions
 Pour différer les paiements :
 Obligations cautionnées

Toute entreprise, ou presque, perçoit pour le compte de l’Etat de la TVA cette TVA doit
être reversée immédiatement (en fait, vers le 15 du mois ou du trimestre suivant), diminuée de

16
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

celle qui a été payée. Or comme la plupart des entreprises accordent des délais de paiement à
leurs clients, l’administration fiscale admet que le reversement de cette TVA soit différé de 4
mois au plus avec toutefois pour condition que ce différé de paiement soit cautionné par une
banque.

Le même mécanisme existe pour certains droits de douane ou les droits d’enregistrement
(droit perçus lors de l’achat d’immeuble, par exemples).

 Crédits d’enlèvement :

Il s’agit de la possibilité pour un importateur d’enlever des marchandises sans avoir à


attendre la liquidation (calcul) des droits de douane, à condition de fournir une caution bancaire.

 Cautions pour impôts contestés :

Le contribuable qui conteste des impôts ou des taxes doit les régler ou fournir des garanties. La
banque peut alors se porter caution avec les risques de ne pouvoir être toujours subrogée dans
les droits du Trésor.

 Pour éviter les décaissements


 Cautions d’adjudication et de bonne fin

Si une entreprise veut participer à des chantiers de travaux commandés par l’Etat ou les
collectivités locales (wilaya, commune), elle devra apporter des garanties dont la plus
importante est la caution d’adjudication et de bonne fin.

Cette caution signifie que d’une part (adjudication) le banquier garantit le sérieux de l’entreprise
adjudicataire, et d’autre part (bonne fin) qu’elle est à même de mener dans de bonnes conditions
le chantier à sa fin. Elle évite enfin à l’entreprise de déposer des fonds en garantie lorsqu’elle
se portera candidate à l’adjudication.

 Cautions en matière de droits de douanes et TVA

A condition de fournir une caution bancaire, une entreprise peut être dispensée de payer des
droits de douane ou la TVA sur des produits importés devant être réexportes (admissions
temporaires).

17
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

 Pour accélérer les rentrées


 Caution de remboursement d’acomptes

En cas d’acomptes versés par les clients dans le cadre de marches publics ou prives, nationaux
ou étrangers.

 Caution de retenue de garantie

Dans le cadre de marchés publics ou privés, nationaux ou étrangers. Le maitre de l’ouvrage


peut différer le paiement inégal des sommes dues dans l’attente de la réception définitive.

 Cautions diverses

Cautionnement donne en faveur de certaines professions qui doivent fournir des garanties
(garantie financière des conseils juridique, des agents immobilières …)

 Des engagements financiers


 De remboursement de découvert local

Les concours consentis par un autre banquier à l’étranger seront contre-garantis par la banque
de l’exportateur.

 De remboursement des douanes du pays acheteur

Pour garantir le paiement des droits de douane en cas d’exonérations sous condition de
rapatriement ou de réexportation (en cas d’importation temporaire de matériels de chantiers par
exemple).

 Dans le cadre d’obligation diverses

Caution en faveur d’autre confrères : sociétés de crédit -bail, institutions financières


spécialisées.

Dans le cadre d’émission de titre par des émetteurs publics ou prives : garantie bonne fin.

b) Le crédit documentaire :

Le crédit documentaire est aussi considéré comme un engagement par signature qui garantit à
l’importateur la réception de sa marchandise dans les meilleures conditions et un paiement à
bonne date pour l’exportateur. Nous aurons à développer ce type de crédit dans la partie du
financement du commerce extérieur.

18
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

c) L’acceptation :

L’acceptation bancaire consiste en l’engagement d’une banque à payer un effet de


commerce à échéance. Cet engagement est matérialisé par la mention bonne pour acceptation
précédé par le signaleur du banquier. La banque accepte ; tout simplement, à titre de débiteur
principal une lettre de change. Elle perçoit pour ce faire une commission variable avec le crédit
accordé et le risque, et compte sur la provision que lui fournira le tireur pour payer à l’échéance.
Ici encore, elle n’engage donc que sa signature. Et c’est bien un crédit puisque le tireur pourra
très facilement escompter une traite acceptée par une banque. Dans ce type de crédits, le
banquier devient le principal obligé vis-à-vis des tiers. Elle est accordée par le banquier à son
client dans les deux cas suivants :

- Dans le cadre du commerce extérieur où le banquier substitue sa signature à celle de son client
(importateur), s’engageant ainsi à payer le fournisseur à échéance ;

- Dans le cas où le banquier ne peut escompter une traite présentée par son client à ses guichets.
Ceci peut être dû à une gêne de trésorerie.

d) L’aval :

L’aval bancaire est l’engagement fourni par la banque qui se porte garante de payer tout
ou partie du montant d’un effet de commerce si le principal obligé (débiteur) est défaillant à
l’échéance.

L’aval est donné soit sur un effet de commerce ou sur allonge, soit par acte séparé et ce
en portant la mention « bon pour aval en faveur de Mr « X » à la concurrence du montant en
lettre » suivie de sa signature. En avalisant l’effet de commerce, le banquier permet ainsi à son
client d’obtenir facilement des délais fournisseurs.

Toutefois, l’appréciation des risques pouvant résulter de cette opération est


indispensable et ce à travers l’étude de la situation financière mais aussi à travers l’état des
effets déjà avalisés.

o Les avantages et les inconvénients des crédits par signature

Les crédits par signature permettent :

- D’éviter toute sortie de fonds que ce soit pour le client ou pour la banque
- De présenter pour le client un coût moins élevé (commissions) et une plus grande
souplesse que les crédits bancaires directs ;

19
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

- Ils n’impliquent de la part de la banque aucune création monétaire d’où ils ne sont pas
soumis de ce fait aux dispositions restrictives de l’encadrement du crédit
- La banque se trouve subrogée dans les droits du créancier initial en cas de décaissement,
ce qui réduit le risque de non remboursement.

Par ailleurs, ils peuvent présenter certains inconvénients dont :

- La difficulté à l’appréciation du risque ;


- Ils peuvent entrainer des décaissements considérables de fonds.

3.1.2. Financement des investissements

Le financement des investissements nécessite la mise en œuvre de capitaux souvent si


importants que l’entreprise ne puisse assurer par ses seules ressources internes. Par ailleurs,
l’appel à l’épargne public, est un autre recours pour l’obtention des ressources financières
nécessaires, et ce, en agissant, sur le marché financier selon deux procédures à savoir
l’augmentation du capital (émission d’actions) et l’emprunt obligataire (augmentation des fonds
permanents : émission d’obligation). Cependant, l’entreprise algérienne a souvent recours à
sa banque en sollicitant des crédits d’investissement.

Un crédit d’investissement est un crédit appelé à financer la partie haute du bilan ou l’actif
immobilisé. Le remboursement de ce crédit ne peut être assuré que par les bénéfices. Toutefois,
quel que soit l’objet de l’investissement (renouvellement, extension, création) le financement
par concours bancaires peut se faire selon la durée, sous deux formes, les crédits à moyen terme
(C.M.T) et crédits à long terme (C.L.T). De plus, il existe une autre forme de crédits permettant
à l’entreprise de louer des investissements, ou même de les acquérir par la suite, c’est le crédit-
bail ou le « leasing », que nous développerons par la suite.

3.1.2.1. Le crédit à moyen terme

Le crédit à moyen terme est un mode de financement qui répond à des besoins bien précis
et qui peuvent être amortis financièrement dans une durée de sept ans au maximum et de deux
ans au minimum. Il s’applique donc à des investissements de durée moyenne tels que les
véhicules, matériel et outillage, et de façon générale, à la plupart des biens d’équipement et
moyens de production de l’entreprise.

20
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

3.1.2.2. Les crédits à long terme

Ce sont des crédits dont la durée est de sept ans et plus, généralement elle est comprise
entre sept et quinze ans avec un différé d’amortissement de deux à quatre ans. Donc, il s’agit
d’immobilisation lourdes, notamment des constructions, des logements, des bâtiments, hôtels,
etc.

La banque, ne disposant généralement que de ressources à court terme, peut mettre en


péril son équilibre financier, en employant ces ressources dans un crédit à long terme, celle-ci
entrainerait l’immobilisation de ces fonds à long terme. Il est donc fréquent pour ce genre de
crédits, que la banque invite d’autres banques à financer et à partager les risques liés à ces
crédits, constituant un « pool » dont la direction des travaux est laissée à une banque « chef de
file » (crédit consortial).

Les crédits à long terme nécessitent eux aussi des garanties comme l’hypothèque des
immobilisations ou le nantissement des équipements.

Vu l’importance des montants de ces crédit, ainsi que leur durée nécessitant pour la banque
la détention des ressources à long terme, ces concours sont le plus souvent accordés par des
organismes financiers spécialisés.

3.1.2.3. Le crédit-bail (leasing)

a) Le crédit-bail : est une technique particulière de financement des investissements apparue


en Grande Bretagne au 19ème siècle, et s’est développé aux Etats-Unis et dans d’autre pays
anglo-saxons.

Il est défini comme un contrat de location assorti d’une promesse de vente, c’est-à- dire une
banque où une société financière acquiert un bien meuble ou immeuble pour le louer à une
entreprise, cette dernière ayant la possibilité de racheter le bien loué pour une valeur résiduelle
généralement faible en fin de contrat.

b) Caractéristiques du crédit-bail

- Ce n’est pas une vente à tempérament car l’utilisateur n’est pas propriétaire du bien
financé.
- Ce n’est pas une simple location car le locataire dispose d’une faculté de rachat.
- Ce n’est pas une location-vente car le locataire n’est pas obligé d’acquérir le bien après
un certain délai.

21
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

c) Mécanisme :

La technique du leasing met en relation trois intervenants :

• Le fournisseur : vendeur ou fabricant ;

• L’opérateur locataire qui choisit le bien et négocie les termes du contrat avec le fournisseur
(le montant, spécificité etc.). Il s’adresse à une banque ou une société de leasing pour le
financement de l’opération ;

• Le bailleur de fonds : la banque ou la société de leasing signe le contrat d’acquisition tel


qu’arrêté par l’opérateur et fait signer à ce dernier un contrat de location du bien choisi par lui
et financé par le bailleur ;

• Le contrat de location fixe le montant du loyer, la périodicité de son paiement (trimestriel ou


annuel). Ainsi que sa durée (période dite irrévocable) qui équivaut souvent) la durée de bien
économique du bien en question, au cours de laquelle les deux contractants et en particulier le
locataire, ne pourra pas dénoncer le contrat.

A la fin de la période d’irrévocabilité, le locataire peut :

• Soit renouveler le contrat de location à un prix réduit (à déterminer) ;

• Soit renoncer au bien (mettre fin au contrat)

d) Les variantes de crédit-bail

Il existe différentes variantes de crédit-bail20 liées aux biens mobiliers et immobiliers, on en


retiendra les plus connues :

e) Formes principales de crédit-bail


 Le crédit-bail mobilier

Il porte sur des biens meubles (bien d’équipement). Il ne peut s’appliquer aux fonds de
commerce et aux logiciels informatiques. Le client souhaitant acquérir un bien meuble demande
à une société de crédit-bail d’effectuer la transaction. Pour cela, cette société devra contacter le
fournisseur de ce client, qui aura au préalable choisi son matériel et négocié son prix. De ce fait,
le bailleur est en fait, le lien qui lie le client avec son fournisseur.

22
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

 Le crédit-bail immobilier

C’est la même opération que pour le crédit-bail mobilier, sauf qu’il concerne des biens
immobiliers professionnels déjà construits ou à construire. En général, il concerne les biens
immobiliers à usage commercial (bureaux, magasins, entrepôts).

f) Opérations particulières de crédit-bail


 Le lease-back

C’est une technique de crédit par laquelle l’emprunteur transfère au préteur la propriété d’un
bien qu’il rachète progressivement suivant une formule de location assortie d’une promesse de
vente. Le lease-back permet donc à une entreprise de trouver des capitaux en cédant ses
immobilisations.

Cette opération ne peut avoir lieu en matière de fonds de commerce ou d’établissement


artisanal.

 Le crédit-bail adossé19

Appelé aussi le crédit fournisseur, c’est une opération par laquelle une entreprise vend le
matériel qu’elle fabrique à une société de crédit-bail qui le laisse à sa disposition dans le cadre
d’un contrat de crédit-bail.

L’entreprise productrice, devenue locataire de ses propres productions, sous loue le matériel à
ses clients utilisateurs dans des conditions qui sont souvent identiques à celles du contrat crédit-
bail dont elle est bénéficiaire.

 Les avantages du crédit-bail


- La procédure et la documentation pour la réalisation sont simples.
- Il y a financement de l’intégralité (100) du coût de l’investissement.
- Contrairement aux autres crédits bancaires qui nécessitent un apport personnel
obligatoire, le crédit-bail ne figure pas dans l’endettement de l’entreprise et n’affecte
pas le niveau de ses immobilisations ce qu’lui permet de conserver ses capacités
d’emprunt.
- Il ne nécessite pas de garanties vues que le risque lié à l’opération est faible, voire nul.
- Il offre l’avantage de changer le matériel de l’entreprise permettant ainsi à celle-ci de
suivre l’évolution technologique (secteur souffrant d’obsolescence rapide).

19
Luc BERNET ROLLANDE, op cit, p262.

23
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

 Les inconvénients du crédit-bail

Le locataire a un droit de jouissance qui lui permet de faire fonctionner le matériel et d’en
tirer profit Cependant, il est dans l’obligation de conserver le bien en bon état.

- Aussi, il assume une lourde responsabilité en cas de perte ou de détérioration envers le


bailleur, ce dernier l’oblige à assurer le bien et à lui déléguer l’indemnité en cas de
sinistre
- . En cas de vol du matériel le contrat subsiste.
- Le coût global est plus élevé qu’un crédit classique.

3.1.3. Financement du commerce extérieur

Dans ce point, nous allons étudier le financement de l’importation et le financement de


l’exportation.

3.1.3.1. Le financement de l’importation

On se limitera dans notre étude aux deux principales techniques bancaires qui sont le
crédit documentaire et la remise documentaire.

 Le crédit documentaire :

Couramment nommé « crédoc », le crédit documentaire est tout à fait adapté aux
transactions entre un importateur et un exportateur ou prestataire de service qui souhaitent
obtenir des assurances quant au respect des obligations de chacun et au bon déroulement de
l’opération. De plus, pour les exportateurs qui travaillent avec des pays pouvant rencontrer des
troubles économiques ou politiques entrainant des risques de non-paiement, le crédit
documentaire, lorsqu’il est confirmé par une banque d’un autre pays constitue une réelle
réponse

Le crédit documentaire est très avantageux, il porte des garanties concrètes :

• A l’acheteur, qui paiera seulement lorsque le vendeur peut justifier du fait qu'’il a satisfait à
ses obligations (présentation accomplie, marchandises expédiées dans les délais, terme de
crédoc respectés, quantité et montant,) ;

• Au vendeur, qui aura obtenu un engagement de règlement émanant d’une banque évitant
ainsi le risque de défaillance de l’acheteur ;

• L’importateur bénéficie alors d’une certaine souplesse dans la gestion de la trésorerie ;

24
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

• L’exportateur pourra facilement mobiliser sa créance puisqu’il détient un engagement


bancaire de paiement.

 La remise documentaire :

Il s’agit d’opérations où l’importateur a besoin d’être rassuré sur la réalité de l’expédition


des marchandises sans qu'’il soit nécessaire de faire un paiement d’avance ou de fournir une
garantie de paiement.

L’exportateur cherche une sécurité minimum, les documents ne seront délivrés que
contre paiement ou acceptation d’effet de la part de l’importateur.

La remise documentaire est très avantageuse car le recouvrement est mieux assuré,
mieux suivi que s’il s’agissait d’un simple virement. Dans le cas de remise contre acceptation,
l’exportateur peut également demander que l’effet soit avalisé par la banque de l’importateur.
Si celle-ci est d’accord, il bénéfice d’une réelle garantie bancaire. Pour l’importateur, sa banque
n’a pas à lui octroyer de ligne de crédit, sauf dans le cas d’une demande d’aval de la traite.

3.1.3.2. Le financement de l’exportation :

Il regroupe le crédit fournisseur, le crédit acheteur et le factoring

 Le crédit fournisseur :

C’est un crédit généralement à taux fixe qui peut être refinancé par une banque par
l’escompte de la créance irrévocable sur l’acheteur étranger sous certaines conditions et suivant
des modalités déterminées.

Ce type de crédit s’applique surtout à l’exportation de biens d’équipement et prestations


de services liés généralement à la livraison ou l’installation de cet équipement. La créance
financée doit être une créance commerciale résultant d’un contrat d’exportation réalisé par une
entreprise nationale avec un acheteur d’un pays étranger.

En outre, la créance financée doit être certaine dans son montant, son échéance et son
exigibilité. Cependant, en raison des risques assez élevés que comporte ce type de crédit.
(Risque de change, risque catastrophique, risque de non transfert) son octroi est généralement
subordonné à l’obtention d’une garantie de la COFACE (compagnie française d’assurance pour
le commerce extérieur) en France, HERMES en Allemagne CAGEX (compagnie algérienne de
garantie des exportations) en Algérie.

25
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

 Le crédit acheteur :

Le crédit acheteur est un crédit financier accordé directement à un acheteur étranger par
une institution de crédit dans le pays de l’exportateur dont les fonds doivent être utilisés pour
régler l’importation stipulée. Un crédit acheteur comporte deux contrats, un contrat commercial
entre l’exportateur et l’acheteur et un contrat de crédit qui lie la banque à l’acheteur. Le crédit
acheteur a pour but de décharger le fournisseur de tout souci de financement. Il va donc se
libérer à la fois du risque commercial et des charges financières.

 Le factoring

Cette technique a été déjà abordée mais seulement dans le cadre du financement de
l’économie nationale. Au niveau international, elle repose sur les mêmes principes, mais cette
fois-ci, c’est le poste « client étranger » de l’entreprise qui va être mobilisé, elle consiste donc
en l’achat définitif de créances commerciales à court terme détenues par l’entreprise sur ses
acheteurs étrangers.

3.1.3.3. Le financement des particuliers

Les particuliers font désormais l’objet d’un intérêt non négligeable de la part du banquier.
Celui-ci est amené, depuis quelques décennies à profondément reconsidérer ce segment de la
clientèle.

En effet, le statut du particulier est passé de celui de simple déposant et usager de services
bancaires banalisés (ouverture de compte, traitement de chèque. Virements, etc.) à celui de
demandeur de crédits. Deux principales raisons expliquent cet engouement à savoir
l’instauration progressive de la civilisation de consommation et les marchés de biens de
consommation devant être sans cesse stimulés sous peine de s’étouffer, le banquier a compris
qu’en aidant les particuliers et revendeurs il participe à la stimulation des ventes.

Les crédits accordés par les banques aux particuliers sont de variétés diverses. Nous les
présenterons ici répertoriés en deux catégories à savoir le crédit destiné à faire face à des besoins
passagers et le crédit lié au financement des biens durables.

 Les crédits destinés à faire face à des besoins passagers :

Les banques, dans ce cadre, peuvent accorder quatre formes de concours qui sont les
avances « en compte », les avances sur titres, les crédits liés à la possession d’une carte de crédit
et les cautions.

26
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

a) Les avances « en compte »

Il s’agit d’une autorisation tacite ou expresse à faire fonctionner le compte en situation débitrice
à concurrence d’un certain montant et pour une période bien déterminée. La réglementation
algérienne interdisant le passage d’un compte chèque en position débitrice, rend impraticable
ce concours dans notre pays.

b) Les avances sur titres

Ils sont réservés aux particuliers détenant un portefeuille titre et exprimant un besoin passager
de liquidité. Les avances sont mises en place en contrepartie du nantissement des titres.

c) Les crédits liés à la possession d’une carte de crédit

La position d’une carte de crédit permet d’effectuer des paiements immédiats, qui ne seront
portés au débit du compte du titulaire qu’après un certain délai.

En Algérie, les seules cartes existantes sont :

• Les cartes cash, permettant de procéder à un retrait d’espèces dans les distributeurs
automatiques de billets de banque ;

• Les cartes de garanties de chèque, permettant à l’adhérant d’effectuer des paiements par
chèque garantis à concurrence d’un certain montant ;

• Les cartes visa international, donnent la possibilité aux particuliers détendeurs de compte
devises, d’effectuer des paiements à l’étranger et de procéder à des retraits d’espèces auprès des
banques affiliées à ce système.

Il apparaît alors que le crédit aux particuliers par le biais des cartes bancaires n’existe pas
encore dans notre pays.

d) Les cautions

Au même titre que pour les entreprises, la banque peut consentir aux particuliers des
cautions pour leur permettre de différer un paiement exigible, d’éviter un décaissement en
espèces ou encore d’accélérer des rentrées de fonds. Nous citerons comme exemple la caution
visant à différer le paiement des impôts lors la contestation de leur montant.

27
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

 Les crédits destinés à faire face à l’acquisition de biens durables :

Nous aborderons, à travers ce titre, les deux formes les plus courantes de financements à
moyen et long terme accordés aux particuliers, à savoir :

a) Les crédits à la consommation

Il s’agit de crédits accordés aux particuliers dans le but de leur permettre d’accéder à des
biens d’équipement automobiles et ménagers.

La mise en place de ces concours est très simple. En effet, elle consiste en le règlement au
comptant, des fournisseurs, de la partie non apportée par le client. Le concours ne dépassant
jamais les 70℅ du montant total de l’acquisition, sera constaté par des billets à ordre tirés sur
l’emprunteur. Ces effets peuvent éventuellement faire l’objet d’un réescompte auprès de la
banque d’Algérie.

Dans le registre des crédits à la consommation, nous aborderons un produit financier


proposé par la CNEP-Banque et qui a été repris par le CPA et BARAKA-Banque. Il s’agit du
prêt véhicule qui est un concours accordé aux particuliers, dans le but de leur permettre
d’acquérir un véhicule de tourisme neuf à usage personnel, et ce auprès d’un concessionnaire
agréé. Ce concours, ne devant en aucun cas dépasser 70℅ du montant du véhicule, est
déterminé sur la base d’une facture pro-forma délivrée par les toutes taxes comprises.

Le recouvrement de ce crédit se fera par le biais de mensualités débitées automatiquement


du compte de l’emprunteur, et ce dans un délai maximal de 48 mois. S’agissant d’un prêt à la
consommation finale, ce montant ne doit en aucun cas, être supérieur à 40℅ du revenu
permanent du client et ce, pour ne pas obérer sa situation et compromettre ainsi, d’émettre, le
remboursement du crédit. Le banquier avant de procéder au financement, exigera la mise en
place d’une garantie. Celle-ci se traduit généralement par le gage du véhicule en question.

b) Les crédits immobiliers

Les crédits immobiliers sont des prêts conçus pour financer l’acquisition de logements
neufs, l’auto construction, la rénovation, l’extension ou alors l’acquisition de logements
d’occasion. Cette forme de crédit s’est développée ces dernières décennies, en raison du vif
intérêt que portent les particuliers aux biens immobiliers. En effet, eu égard à cet engouement,
les banques et les établissements financiers, de par le monde, se sont attelées à mettre au point
et à perfectionner des techniques destinées à satisfaire la demande dans ce domaine.

28
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

Dans notre pays, malgré la forte demande, une seule forme de crédits immobiliers est pratiquée.
C’est : « le crédit hypothécaire classique »

 Définition du crédit hypothécaire

Le crédit hypothécaire est un concours visant le financement de l’habitat. Celui-ci est


garanti par une hypothèque de premier rang sur le logement financé et une délégation au profit
de l’établissement prêteur de la police d’assurance portant sur le montant total du logement à
financer.

 Conditions d’éligibilité

Seules les personnes physiques, juridiquement capables et résidantes en Algérie peuvent être
éligibles au crédit immobilier.

Pour prétendre au crédit hypothécaire, ces personnes doivent remettre à la banque tous les
documents justifiant la réalisation de l’opération immobilière et assurant la réalisation future de
l’hypothèque au profit du banquier

 Montant et durée du crédit

Le crédit immobilier finance à une hauteur de 70℅ le montant du logement à acquérir


ou du montant des travaux à réaliser. Ce pourcentage ne doit en aucun cas dépasser les trois
millions de dinars pour les logements, et les cinq millions de dinars pour les maisons
individuelles. Son remboursement se fait par des mensualités allant de 30℅ à 50℅ du revenu
net de l’emprunteur, augmenté éventuellement, de revenu net du conjoint (généralement 40℅).

La durée du crédit, quant à elle, peut aller jusqu’à trente ans à compter de la première utilisation.
Celle-ci est, généralement égale au nombre séparant l’âge actuel de l’emprunteur de ses 70 ans.

3.2. Limites liées aux contraintes de gestion de la banque

Il s’agit essentiellement des contraintes liées à la mobilisation des ressources et au


refinancement…etc.

La démarche à privilégier est celle qui favorise la rentabilité de la banque et réduit les
risques de non remboursement à échéance. A ce titre, il est préconisé d’adosser les crédits à
chaque type d’actif à financer.

Suite à la diversification des crédits accordés, la banque d’Algérie a imposé ces limites afin de
se prévenir des risques liés à l’activité bancaire.

29
Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaires

Conclusion :

La banque a un rôle important dans la croissance économique et cela vu son rôle qui
consiste en l’octroi des crédits pour les agents économiques afin de réaliser leurs projets. Les
crédits sont parmi les principales ressources des banques et le moteur de la création monétaire.

La banque doit prêter une attention particulière aux différents risques qui sont multiples et
multidimensionnels, auxquels elle est exposée tout au long de son activités, elle doit
impérativement les définir et les identifier le mieux possible dans la perspective de les mesurer,
de les suivre et de les contrôler.

30
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

Introduction :
Le risque est présent dans toutes les activités de l’économie. Il peut être important ou
néglige, selon l’activité.

Contrairement aux entreprises, les banques sont confrontées à des risques divers.
L’étude de ces risques ne peut d’ailleurs être dissociée de celle de règlementation bancaire qui,
pour une large part, a comme objet d’imposer aux banques un comportement de prudence.

Dans ce chapitre, nous allons dans un premier lieu définir le risque de crédit, ensuite
énumérer les différents types de risque de crédit et la relation qu’il y a entre le risque de crédit
et d’autres risques principaux dans l’activité bancaire.

Enfin, terminer en présentant les moyens de les limiter et chercher par conséquent à
démontrer que le risque de crédit est fonction du crédit accordé et l’analyse de celui - ci un rôle
primordial dans la gestion du risque de crédit.

Section 1 : Base théorique sur le risque de crédit :

L’environnement bancaire est devenu très instable et très vulnérable face aux différentes
fluctuations de la sphère monétaire, face à ces différentes perturbations les banques sont de plus
menaces par une diversité de risque nuisant à son activité et à sa position sur le marché financier.

Donc le risque apparait comme l’un des défis actuels des dirigeants pour le définir, le
mesurer et le gérer pour améliorer la performance.

1.1. Définition du risque de crédit :

Le risque de crédit est défini comme étant :

« Le résultat de l’incertitude qu’à la possibilité ou la volonté des contreparties ou des clients de


remplir leurs obligations. Très prosaïquement, il existe donc un risque pour la banque des lors
qu’elle se met en situation d’attendre une entrée de fonds de la part d’un client ou d’une
contrepartie de marché1 »

Le risque de crédit est le risque que le débiteur ne réponde pas à son obligation initiale
qui est de rembourser un crédit. En fait, dès que le client débite son compte, la banque est
appelée à supporter un risque de crédit. Ce qui né du fait que la banque collecte des fonds auprès

1
Ousmane BAH Mémoire fin d’étude, « La Gestion du Risque de crédit : Un enjeu majeur pour la banque »,
Université de Dakar Bourguiba, 2008, p14

31
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

du public quelle doit être en mesure de restituer en temps ou selon les conditions de retrait
fixées, puisque les banque ne sont pas à l’abri des fluctuations économiques, elles doivent juger
les demandes de crédit avec minutie pour minimiser le risque de crédit.

Il faut noter que dans les affaires de crédit, les banques sont tenues de respecter « La
règle d’or des banques ». Cette règle dite « principe de l’adossement » ne stipule que « les
banques financent les prêts à court termes avec des fonds à court terme et les prêts à long terme
avec les passifs à long termes ».

1.2. Les différentes catégories du risque de crédit

Les risques liés au crédit sont multiples et multidimensionnels car en plus des risques
généraux que court la banque (risques commerciaux, risque de gestion interne, risque
opérationnels et techniques …), cette dernière est confrontée à une typologie spécifique
inhérente à son activité.

Il existe une multitude de risques des crédits bancaires. Leur classification diffère
selon les auteurs à cause notamment des fortes interdépendances qui existent entre eux, les uns
pouvant entraîner les autres. Toutefois, on retrouve généralement les mêmes appellations pour
les risques des crédits bancaires quel que soit l’auteur retenu.

 Le risque de contrepartie : Le risque est caractérisé par la probabilité de défaillance du


client relative, principalement, à deux facteurs qui sont la qualité du débiteur et la
maturité du crédit.

Le risque de contrepartie revêt trois (03) formes, qui sont 2:

- Le risque de la contrepartie sur l’emprunteur : Concerne les crédits accordés aux


clients (particuliers et entreprises) ou les placements effectués sur les marchés
financiers.
- Le risque de la contrepartie sur le prêteur : Sur les garanties potentielles du
financement accordées par des contreparties bancaires pour assurer le financement de
l’activité, en cas de difficultés d’approvisionnement sur le marché.

2
Calvet H. : « Etablissement de crédit : Appréciation, évaluation et méthodologie de l’analyse financière » : Edition
Economique ; Paris ; 1997 ; p.78.

32
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

- Le risque de la contrepartie sur produits dérivés : Les produits dérivés3sont utilisés


dans une préoccupation de couverture des risques ou de spéculations, ils sont appelés
dérivés parce que leurs valeurs sont dérivées d’autres marchés.
 Le risque particulier à un client ou à une opération :

Le risque particulier à un client : Le risque particulier à un client dépend d’élément qui ne


dépassent pas le cadre d’une affaire il est fonction de la situation financière, industrielle ou
commerciale de l’entreprise, ainsi que de la compétence technique et de la moralité de ses
dirigeants ;

Les crédits accordés à des entreprises manquant de ressources, n’ayant pas un fonds de
roulement suffisant et endettées comportent des risques assez grands.

Des installations industrielles vétustes ou, à l’inverse, des installations somptueuses, des
frais généraux excessifs, des prix de revient exagérés, une production de mauvaise qualité ou,
au contraire, de belle qualité mais trop chère, doivent inspirer au banquier une certaine
réticence.

La compétence technique des dirigeants de l’entreprise joue un rôle primordial car une
affaire mal dirigée est presque inévitablement vouée à l’échec, même si les circonstances
lui sont provisoirement favorables.

Il convient également d’attacher un grand prix à la moralité des dirigeants d’une affaire.
Sans doute, des commerçants ou des industriels peu scrupuleux ont souvent réussi
brillamment, mais le banquier doit craindre que leur habileté ne s’exerce à ses dépens ou
qu’elle ne provoque des incidents dont il sera indirectement la victime. Ainsi, les entreprises
qui faussent leurs déclarations fiscales peuvent se voir infliger des amendes susceptibles de
les mettre en position critique.

-Le risque particulier à une opération : Le risque particulier à une opération est fonction de
sa nature, de sa durée, de son montant.

3
Les produits dérivés peuvent être des forwards (contrat à terme de change ou de taux), des swaps de change ou
de taux ou encore des options de change ou sur le taux d’intérêt.

33
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

 Le risque de taux4 :

Ce type de risque a pour origine l’activité même de la banque qui consiste, à réaliser
des prêts à un taux inférieur au coût de sa collecte. Le risque de taux ne peut donc apparaître le
coût des ressources devient supérieur aux produits perçus sur les emplois. Le risque de taux est
de voir la rentabilité de l’établissement bancaire se dégrader par évolution défavorable des taux
d’intérêt.

Ce risque ne se matérialise jamais lors de la réalisation du crédit car, à un instant


donné, il serait absurde qu’une banque prête à un taux inférieur au coût de sa collecte. Le risque
de taux ne peut donc apparaître que dans le temps et uniquement si des durées des emplois et
des ressources ne sont pas parfaitement adossés (il y a adossement parfait lorsque les emplois
et les ressources sont sur une même durée, préservant dans le temps la marge de la banque).

Même dans une situation d’adossement parfait, le risque peut apparaître lorsque les
emprunteurs (les déposants) viennent rembourser (se faire rembourser) leur prêts (leurs
placement) par anticipation.

 Le risque corporatif ou professionnel :

Le risque corporatif ou professionnel réside essentiellement dans les brusques


changements qui peuvent modifier les conditions d’un commerce ou d’une industrie : pénurie
des matières premières, effondrement des prix, révolution technique ou même simplement les
modifications profondes dans les procédés de fabrication, apparition de produits équivalents et
moins chers et changement de mode ou désaffection de la clientèle.

Certaines branches d’activités peuvent être durement frappées par la fermeture d’un
débouché extérieur, ou, même sur le marché intérieur, par la suppression d’une protection
douanière. Les banques redoutent tout particulièrement les positions spéculatives qui, se
généralisant dans une profession, peuvent rendre celle-ci très vulnérable.

4
Calvet H. : « Etablissement de crédit : Appréciation, évaluation et méthodologie de l’analyse financière » :
Edition Economique ; Paris ; 1997 ; p.78.

34
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

o Le risque général :

Le risque général dépasse le cadre de l’affaire au profit de laquelle le crédit est sollicité, pour
frapper l’économie d’une nation entière, d’une région voire la situation internationale. Le risque
général est difficile à prévoir, et il est encore plus difficile d’y parer.

Leur prévision, même lorsqu’elle est possible, est à elle seule un élément de trouble pour les
affaires.

o Le risque économique :

Le risque économique est caractérisé par Les crises « économiques » par un repliement
général de l’activité économique. Le passage d’une crise économique est marqué par les
difficultés commerciales ou financières pour la plupart des entreprises et par un accroissement
du nombre des noms des dépôts de bilans.

o Le risque monétaire :

Les troubles monétaires amènent les gouvernements à prendre des mesures telles que la
suspension des paiements envers l’étranger.

Dans certains pays, les défaillances de banque ont entraîné des séries de faillite.

o Le risque politique :

Le risque politique réside dans les révolutions, les guerres civiles et étrangères. les
guerres entrainent des fermetures d’entreprises, des réquisitions, des destructions .elles peuvent
être à délais moratoires qui paralysent les règlements.

o Le risque social :

Le risque social est caractérisé par les troubles sociaux. Les troubles sociaux peuvent
s’accompagner de grèves, d’émeutes, de pillage, et sont parfois aussi préjudiciables à telle ou
telle entreprise que les guerres étrangères.

o Le risque naturel :

Il faut noter également les conséquences d’événements naturels tels que des inondations,
des sécheresses, des incendies, des épidémies, des invasions de parasites, qui peuvent frapper
des régions plus ou moins étendues.

35
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

-On parle aussi de risque financier et de risque non financier :

 Les risques financiers :

Sont les risques liés aux variations de prix des actifs financiers (actions, obligations, taux de
change). On distingue :

o Risque de liquidité :

Ce type de risque désigne l’insuffisance de liquidité bancaire pour bancaire pour faire
face à ces besoins inattendus. En effet, ce risque peut conduire à la faillite de la banque suite à
un mouvement de panique des déposants, qui peuvent demander leurs dépôts au même temps.

Le recoure aux retraits massifs des fonds par les épargnants, ainsi que leurs inquiétudes
sur la solvabilité de l’établissement bancaire, peut aggraver la situation de cette dernière et
entraîne ce qu’on appelle « une crise de liquidité brutale ».

o Risque de crédit :

Le risque de crédit est le risque le plus important et le plus dangereux auquel est exposée
une banque. Cette dernière doit accorder une attention particulière à sa gestion afin de ne pas
être en proie à ses conséquences.

Le risque de crédit peut être défini comme la perte potentielle consécutive à l’incapacité
par un débiteur d’honorer ses engagements. Il désigne également, d’une façon plus large, le
risque de perte lié à la dégradation de la qualité de la contrepartie qui se traduit par une
dégradation de sa note.

Le risque de crédit peut prendre plusieurs appellations : on parle de risque de


contrepartie dans les transactions de prêt sur le marché interbancaire et financier.

o Risque de taux d’intérêt :

Le risque de taux d’intérêt représente pour un établissement financier, l’éventualité de voir


sa rentabilité affectée par les fluctuations des taux d’intérêt. Il peut s’appréhender différemment
selon qu’il menace la marge de transformation (les résultats courants) ou la valeur patrimoniale.
Mais dans les deux cas le risque obère les fonds propres. Il est important que les banques aient
un bon système de gestion du risque de taux, vu que leur activité est basée sur la transformation,

36
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

en général de ressources à court terme en emplois à long terme. Il résulte du risque de taux trois
types de risques :5

 Risque de type 1 : est dû à l’écart des montants entre passifs et actifs à taux
variable ;
 Risque de type 2 : est dû à l’écart des échéances entre les passifs et les actifs à
taux fixe ;
 Risque de type 3 : est dû à l’existence d’options cachées dans le bilan.

o Risque de change :

Ce type de risque trouve sa naissance dans les établissements financiers, à partir des
opérations de prêts et d’emprunts à plus d’un an, en monnaie étrangère. En d’autres termes la
banque supporte cette catégorie de risque lorsqu’elle se trouve face à une évolution défavorable
du taux de change. En outre, il est aussi remarquable qu’il existe une interaction entre le risque
du taux et celui de change.

o Risque de marché :

C’est une probabilité que la banque prête sur une opération d’octroi du crédit. Généralement et
de façon assez globale, les risques de marché font référence aux risques qui résultent d’une
volatilité des rendements, des taux d’intérêt, des cours de change et de la valeur des titres ou de
matières premières6. Autrement dit ; Le risque de marché correspond aux pertes susceptibles de
prévenir la diminution de la valeur des portefeuilles bancaire investis en actions ou en obligation
dont la valeur est volatile. On distingue entre : le risque de taux d’intérêt, le risque de change
et le risque de prix.

 Les risques non financiers : Ils comprennent entre autres :


o Risque de marges (ou de volume) :

De nombreuses activités bancaires ont des revenus proportionnels au volume d’activité. C’est
par exemple le cas des assit managers (rémunération proportionnelle aux encours gérés). Dans
ce cas, si les levées d’encours sont faibles, les rémunérations futures seront faibles.

5
DUBERNE M, « gestion actif-passif et tarification des services bancaires », Edition Economica, Paris 2000.
6
LAMARQUE Erick, Hirigoyen Gérard, « Management de la banques, risque, relation client, Organisation »
Edition, Pearson, Octobre 2006, Page 54.

37
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

o Risques règlementaires et légaux :

Parmi les risques auxquels doit faire face l’entreprise, on compte le risque réglementaire
puisque le changement de loi ou de réglementation peut influer directement sur la rentabilité
d’un secteur économique.

o Risque opérationnel :

Le risque opérationnel peut être défini comme le risque de pertes résultant de procédures
internes inadaptées ou défaillantes, d’erreurs humaines, de défaillances des systèmes
informatiques, d’évènements extérieurs. Ce sont donc des risques qui existent depuis toujours
dans les banques ou les entreprises. Il peut s’agir par exemple de problèmes informatiques qui
retardent l’exécution d’ordres sur les marchés (incidents courants) mais également de l’incendie
de locaux ou de fraude interne pouvant entrainer de lourder pertes. Le risque opérationnel est
donc un risque qui peut s’avérer très couteux.

Le comité de Bâle avait défini ce risque comme suit :

« Risque de pertes dues à l’inadéquation ou la défaillance de processus internes dues au


personnel ou aux systèmes ainsi que celles dues aux évènements extérieurs ».7

7
Erick Lamarque, Frantz Maure. (2009), « Le risque opérationnel bancaire. Disposition d’évaluation et système
de pilotage », Revue française de gestion, (n°191), p94.

38
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

Section 2 : Méthodes d’analyses et d’évaluation du risque de crédit

L’étude du dossier de crédit vise notamment à évaluer le risque que la banque peut
prendre et à arrêter les limites et les formes des concours à mettre en place éventuellement. La
documentation comptable constitue à ce titre l’élément de base de cette étude.

Évaluer le risque de crédit revient à se poser la question de la solvabilité de l’entreprise


(ou du particulier) considérée. Cette solvabilité dépend à la fois des éléments purement internes
à l’entreprise, mais aussi d’éléments contextuels comme sa localisation géographique, la
situation économique globale et les perspectives d’évaluation sectorielle.

Face à la décision d’octroi de crédit, il est indispensable pour un décideur de disposer


d’outils d’appréciations quantitatives qui lui permettront d’évaluer la solvabilité de son client
afin d’assurer un minimum le risque de défaillance.

Pour cela nous avons vu très utile de souligner, à travers ce qui suit, les méthodes
d’aide à la décision d’octroi de crédit : des méthodes classiques et nouvelles.

2 .1. Méthode classique


Pour procéder à un diagnostic de la situation et des perspectives d’un client, il est
nécessaire de disposer documents comptables et de rechercher des critères d’interprétation.

On peut d’une part, rechercher la façon dont l’équilibre financier se réalise, et d’autre
part, la méthode de ratio, une approche fructueuse de la situation financière du client.

2.1.1. L’analyse financière

2 .1.1.1. Définition et objectifs

On peut définir l’analyse financière comme une méthode de compréhension de


l’entreprise à travers ses états comptables, une méthode qui a pour objet de porter un jugement
global sur le niveau de performance de l’entreprise et sur sa situation financière8.

L’analyse financière a pour but d’établir un diagnostic sur la situation financière de


l’entreprise, de porter un jugement sur son équilibre financier c’est à dire sa solvabilité, sur sa
rentabilité et son autonomie.

8
Alain MARION, Analyse financières, concept et méthodes, 2 -ème édition, éd DUNOD, Paris, p 10.

39
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

L’objectif d’une analyse externe est souvent limité à un aspect particulier de la situation
financière de l’entreprise. Par exemple, un banquier cherche surtout à se faire une idée précise
sur les garanties de remboursement offertes par l’entreprise, alors que l’analyse d’un
investisseur en bourse a essentiellement pour objectif d’évaluer les possibilités de plus-value
d’une action et son rendement futur.

L’analyse interne permet de faire un diagnostic global sur la situation financière


actuelle et future de l’entreprise. Ce diagnostic permet d’identifier les causes d’un déséquilibre
financier ou d’une rentabilité insuffisante et de prendre les décisions qui s’imposent.

L’analyse financière ne se limite toutefois pas à la seule analyse du bilan, du compte


de résultat et du tableau de financement. D’autres outils d’analyse ont été développés. Les plus
traditionnels : le fonds de roulement et les besoins en fonds de roulement renseignent sur
l’équilibre financier de l’entreprise, la méthode des ratios fournit des éléments de comparaison
significatifs dans le temps ou avec d’autres entreprises.

2.1.1.2 L’équilibre financier

a) Définition9 :

L’équilibre financier est un impératif, dont l’entreprise ne peut s’affranchir.

L’équilibre financier est une contrainte qui pèse en permanence sur la pérennité de
l’entreprise.

L’incapacité d’une entreprise à assurer le paiement de ses dettes devenues exigibles se


traduit par la constatation d’un état de cessation de paiement.

C’est pourquoi on peut dire que la finalité de la politique financière est d’aménager
structurellement la contrainte financière, en s’efforçant de définir une structure financière dite
deux grands cycles permettent de regrouper les relations financières au sein de l’entreprise «
équilibre » qui permettra à l’entreprise de rester solvable dans le temps, c’est à dire d’être
financièrement pérenne.

b) Les dimensions de l’équilibre financier10 : A l’image de la performance économique


l’équilibre financier est une notion polymorphe, dont on peut donner plusieurs expressions :

9
Jean Louis AMEON. L’essentiel à connaître en gestion financière. 2ème édition MAXIMA, France, 2000, p65.
10
Alain MARION, op cite, pp107-110.

40
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

- L’équilibre financier : reflet de la rentabilité structurelle de l’actif économique ;


- L’équilibre financier : résultant de l’ajustement opéré entre les cycles financiers ;
- L’équilibre financier : reposant sur les contraintes de solvabilité et de liquidité.

-L’équilibre financier : reflet de rentabilité structurelle de l’actif économique

Dans une perspective de théorie financière, l’équilibre financier de l’entreprise traduit


le fait que la rentabilité dégagée par l’actif économique répond aux exigences de rémunération
des apporteurs de capitaux. Dans cette approche, on jugera que l’équilibre financier est respecté
dès lors que la rentabilité économique est supérieure au coût des ressources financières utilisées
par l’entreprise.

Bien évidemment, le coût des ressources, appelé coût du capital, inclut le coût des
capitaux propres.

Situation d’équilibre Re > K

Re = Rentabilité économique.

K = Loyer de l’argent sans risque + prime de risque.

- L’équilibre financier : résultant de l’ajustement opéré entre les cycles

financiers

 Le cycle d’accumulation (cycle d’investissement et cycle de financement stable) qui est


un cycle financier long.
 Le cycle d’exploitation qui est un cycle financier généralement court.
 Ajustement entre les emplois et les ressources induites par le cycle
d’accumulation ;
 Ajustement entre les emplois et les ressources liés au cycle d’exploitation ;
 Ajustement entre ces deux cycles.

Compte tenu des besoins qui sont généralement induits par le cycle d’investissement et le cycle
d’exploitation, l’entreprise est conduite à assurer l’ajustement global entre ses emplois et ses
ressources selon deux cas de figure :

 Si l’entreprise a un besoin de financement, elle doit se procurer des concours financiers


bancaires ;

41
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

 Si l’entreprise dégage une capacité globale de financement, qui résulte d’un excédent
de ressources sur les emplois, elle dispose alors d’un volant de liquidité qui,
généralement, fera l’objet d’un placement et / ou de distribution de dividendes.

- L’équilibre financier : expression des contraintes de solvabilité et de liquidité

Dans cette optique, l’analyse de l’équilibre financier conduit à se poser deux questions :

- La première question a trait à l’adéquation entre la maturité des ressources et celles des
emplois qui financent ces ressources. Cette adéquation débouche sur une règle d’orthodoxie
financière qui traduit un principe de spécialisation des financements en fonction de la nature
des emplois.

- La deuxième question concerne l’aptitude de l’entreprise à générer des liquidités aux


rythmes des échéances induites par le passif. Sur le plan financier, on cherche à vérifier
comment les sorties de fonds impératifs seront couvertes par des rentrées de fonds par natures
potentielles et aléatoires.

a) L’approche fonctionnelle de l’équilibre financier : L’approche fonctionnelle repose sur


un principe normatif implicite, qui conduit à affirmer que plus le besoin en fonds de roulement
est financé par le fonds de roulement (ressource stable), meilleur est censé être assuré l’équilibre
financier à long terme de l’entreprise11.

- Le fonds de roulement : Le fonds de roulement est l’un des concepts les plus anciens de la
finance. La définition retenue est celle qui est la plus couramment admise, c’est aussi celle qui
présente le plus d’intérêt pour l’analyse.

Le fonds de roulement est l’excédent des capitaux permanents sur l’actif immobilisé net12.

Compte tenu de l’égalité entre l’actif et le passif, le fonds de roulement se calcule


indifféremment par le haut ou par le bas du bilan.

- Par le haut du bilan, le fonds de roulement représente la part des capitaux permanents
affectée au financement de l’actif circulant.

- Par le bas du bilan, le fonds de roulement représente l’excédent des actifs à moins d’un an
sur les dettes exigibles à moins d’un an.

11
Alain MARION, op cite, p111.
12
Jean-Louis AMELON, op cite, p67.

42
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

Le fonds de roulement ne peut plus être directement calculé à partir du bilan.

Désormais, le retraitement préalable du bilan comptable est nécessaire. De plus, il se calcule à


partir d’un bilan après répartition.

Pour financer le besoin permanent induit par le décalage entre les flux de décaissement
et d’encaissement du cycle d’exploitation, l’entreprise recourt à des financements stables (le
fonds de roulement) et à des crédits bancaires à court terme13.

Le fond de roulement assure à l’entreprise une sécurité de fonctionnement, surtout


quand le cycle d’exploitation est susceptible de connaître des coups brutaux, se traduisant par
un gonflement momentané des besoins en fonds de roulement14.

Dans certains cas cependant, l’information fournit par le calcul du fond de roulement doit être
interprétée pour analyser avec discernement l’équilibre financier.

- Le besoin en fonds de roulement (BFR)

Le besoin en fond de roulement est lié au problème de couverture du besoin de


financement de l’exploitation. Il mesure l’écart entre les emplois cycliques (sticks et créances)
et les ressources cycliques (dettes fournisseurs). C’est donc un besoin permanent qu’il faut
financer par le fonds de roulement. Il se calcule comme suit :

B.F. R= Emplois cycliques −Ressources cycliques

=Stocks +Réalisable− (Dette à court terme −avances)

 Si le BFR est positif, l’entreprise n’arrive pas à couvrir ses besoins cycliques par des
ressources cycliques. Un besoin de financement de cycle d’exploitation est ressenti.
C’est le genre de situation que l’on trouve dans les grandes entreprises industrielles
ayant de gros stocks ou des entreprises évoluant dans un secteur fortement concurrentiel
les obligeant à accorder de longs détails de paiements.
 Si le BFR est négatif, cette entreprise dispose alors de peu de stocks et/ou se fait régler
au comptant tout en obtenant des crédits fournisseurs. Exemple : Les grandes surfaces

13
Alain MARION, op cite, p107.
14
Idem

43
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

se font payer comptant, ont des stocks qui tournent vite, tout en obtenant des crédits
fournisseurs. Cette situation est celle qui doit être recherchée par l’entreprise.

- La trésorerie : La trésorerie de l’entreprise est égale à la différence entre les disponibilités et


les concours bancaires à court terme, c’est- à- dire entre emplois et ressources financières à
court terme15.

La relation fondamentale de trésorerie est une relation comptable qui relie les notions de fonds
de roulement, besoin en fonds de roulement et trésorerie.

Elle s’exprime ainsi : TR = FR – BFR ou = valeurs disponibles −DCT Bancaires

La notion de trésorerie calculée à partir du bilan est trop étroite, car elle ne renseigne pas
véritablement sur la capacité de l’entreprise à faire face à ses échéances. Ainsi celles qui
disposent de lignes de crédits non encore utilisées auprès de leurs banques bénéficient de ce fait
d’une marge de sécurité, d’une « trésorerie potentielle » immédiatement mobilisable que
n’appréhende pas le concept de trésorerie16.

La trésorerie potentielle est constituée de la trésorerie majorée des crédits disponibles, non
utilisés auprès des banques, ainsi que, le cas échéant des crédits non utilisés auprès des
fournisseurs lorsque l’alternative règlement au comptant, règlement à échéance est possible.

2.1.2. La méthode des ratios

L’analyse par les ratios connaît un développement remarquable dans ses domaines
d’application, en particulier avec l’utilisation des méthodes de score. Elles permettent d’évaluer
le risque de défaillance des entreprises en utilisant une combinaison de ratios comptables.

2.1.2.1. Définition 17

Les ratios sont des instruments traditionnels de l’analyse financière.

La définition d’un ratio est simple, c’est un rapport entre deux grandeurs financières ou
économiques de l’entreprise dans un domaine bien précis comme ; l’actif du bilan, le passif du
bilan, la trésorerie, l’actif immobilisé, les capitaux propres, les dettes à long et moyen terme, le

15
Jean-Louis AMELON, op cite, pp72, 73
16
Jean-Louis AMELON, op cite, pp72, 73
17
CHOUAM BOUCHAMA, Evaluation et choix des investissements. Ed Dar el Gharb , Oran, 2002, pp157, 158.

44
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

chiffre d’affaires… ; ces grandeurs sont aptes à rendre compte de la situation et de la gestion
d’une entreprise.

Evalué pour une certaine durée bien déterminée, le ratio indique une évaluation qui prend en
compte le passé de l’entreprise et trace une tendance par rapport à des projections faites par les
dirigeants de l’entreprise. Un ratio pris séparément ne donne aucune explication ; pris avec
d’autres ratios, il peut servir d’indicateur de comparaison avec d’autres entreprises de la même
taille, et de la même activité, et plus au moins de la même structure financière.

- Dans l’espace, le ratio permet à l’entreprise de se situer dans son propre secteur d’activité ou
dans l’environnement économique global.

- Dans le temps, il permet de suivre l’évolution d’un certain nombre d’indicateurs, tant internes
qu’externes.

A partir d’un ensemble de ratios, on peut confectionner le tableau de bord de l’entreprise qui
synthétisera les informations dans le but de prendre des décisions.

Les ratios peuvent être exprimés par un nombre, un pourcentage, ou encore par une durée
(nombre d’années, de mois, ou de jours), ils doivent être simples, significatifs, compréhensibles,
peu nombreux, honnêtes et d’un coût de confection raisonnable.

2.1.2.2. Différents types des ratios18

Compte tenu de toutes les combinaisons possibles, il existe une infinité de ratios. Il faut donc
sélectionner une batterie de ratios représentative et adaptée aux objectifs recherchés par les
utilisateurs.

Les ratios sont habituellement regroupés en quatre grandes catégories :

 Les ratios de structure ;


 Les ratios de liquidité ;
 Les ratios de rotation ;
 Les ratios de rentabilité.

a) Les ratios de structure : Les ratios de structure analysent principalement les grandes masses
du haut du bilan. Ils expriment les conditions dans lesquelles l’entreprise assure son équilibre

18
Gérard MELYON, Gestion financière. Ed Bréal, France, 1999, pp 145-152.

45
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

financier à partir des opérations du cycle de financement et des opérations du cycle


d’investissement.

Les ratios retenus peuvent être appliqués soit dans une analyse liquidité, soit dans une analyse
fonctionnelle.

Le tableau ci-dessous recense les ratios les plus fréquemment utilisés


Tableau N°01 : Les principaux ratios de structure dans l’analyse Liquidité/Exigibilité

Nom du ratio Formule de calcul Signification


Ce ratio vérifie la règle de l’équilibre
financière.
Financement des Supérieur à 1, il indique que les
Immobilisations Capitaux permanents
ressources à plus d’un an couvrent les
Actifs a plus d’un an corrigé emplois à plus d’un an. Le fonds de
roulement liquidité
(FRL) est positif.

Ce ratio exprime le degré d’indépendance


Capitaux propres de l’entreprise. En raison de son mode de
Autonomie calcul, il est obligatoirement inférieur à 1.
Financière Capitaux permanents

Ce ratio indique la part des capitaux


Stabilité du Capitaux permanents permanents dans le financement total de
Financement l’entreprise.
Total actifs
Ce ratio mesure l’indépendance de
l’entreprise. Sa valeur est normalement
Indépendance Capitaux propres inférieure à 1. Plus le rapport est proche
Financière de
Total des dettes 0, plus la sécurité de l’entreprise ne se
trouve compromise.

Ce ratio traduit l’arbitrage réalisé par


Part des concours bancaires Crédits bancaires courants l’entreprise entre les emprunts à MT et
dans l’endettement global LT et les concours bancaires courants.
Endettements global

Sources : Gérard MELYON, Gestion financière, Ed Bréal, France, 1999, p142.

46
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

Tableau N° 02 : Les principaux ratios de structure dans l’analyse fonctionnelle

Nom du ratio Formule de calcul Signification


Ce ratio est une expression du fonds de
Couverture des emplois Ressources durables roulement net global. Il mesure le
stables (Financement des financement des emplois stables par
investissements) Emplois stables les ressources durables.
Ce ratio vérifie l’équilibre du
financement. Plus le résultat obtenu est
Couverture des capitaux Ressources durables faible, plus grande est la part des
investis besoins financés par des concours
Immob. Brutes +BFR bancaires.

Ce ratio exprime le degré de


Taux d’endettement Capitaux empruntés dépendance de l’entreprise vis à vis
des tiers.
Ressources propres
Ce ratio indique la part des dettes
Endettement à long et moyen Dettes financières financières dans les ressources
terme durables.
Ressources durables

Ce ratio indique le délai théorique


Capacité de remboursement minimum nécessaire au remboursement
Endettement global de tous les capitaux empruntés, par
l’intermédiaire de la capacité
CAF d’autofinancement
Fonds de roulement
Financement du besoin en net global Ce ratio indique dans quelle proportion
fonds de roulement le FRNG couvre le BFR.
Besoins en fond de roulement

Ce ratio mesure la capacité de


Capacité de remboursement. CAF l’entreprise à rembourser ses dettes
financières (de manière prévisionnelle)
Remboursement de dettes à partir de la CAF. Le ratio doit être
financières supérieur à 2 ce qui signifie que
seulement 50% de la CAF doivent être
consacrés à ce type de remboursement.

Source : Gérard MELYON, op cit, p143.

47
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

b) Les ratios de liquidité : Les ratios de liquidité mesurent l’aptitude de l’entreprise à


transformer ses actifs circulants en liquidité afin de faire face aux dettes à court terme. Ils sont
établis dans le cadre d’une analyse liquidité - exigibilité.

L’analyse financière reconnaît traditionnellement trois ratios de liquidité :

- Liquidité générale
- Liquidité réduite
- Liquidité immédiate.

Tableau N° 03 : Ratios de liquidité

Ratio Interprétation
Liquidité générale : Il mesure la capacité de l’entreprise à payer ses dettes à
Actifs circulants / Dette à court terme court terme en utilisant ses actifs à court terme.
Liquidité restreinte : Il mesure la capacité de l’entreprise à payer ses dettes à
(Créance + disponibilités) dette à court terme court terme en utilisant les créances et les
disponibilités.
Liquidité immédiate : Il mesure la capacité de l’entreprise à payer ses dettes à
Disponibilité / dette à court terme court terme en utilisant les disponibilités.

Source : LOTMANI N, « introduction à l’analyse financières », édition enseignement, Alger 2008 P71.

c) Les ratios de gestion ou de rotation : Les ratios de gestion peuvent être calculés dans
l’approche liquidité que dans l’approche fonctionnelle.

Les ratios de gestion constituent l’un des points clés du diagnostic financier. Ils mesurent
la rotation des composantes principales du besoin en fonds de roulement d’exploitation (stocks,
créances, clients et dettes fournisseurs).

L’évaluation des ratios de rotation permet de prévoir les fluctuations du besoin en fonds
de roulement.

48
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

Tableau N° 04 : Principaux ratios de rotation

Nom du ratio Formule de calcul Signification


Stock moyen 𝑆𝑡𝑜𝑐𝑘 𝑖𝑛𝑖𝑡𝑖𝑎𝑙 + 𝑠𝑡𝑜𝑐𝑘 𝑓𝑖𝑛𝑎𝑙
2
𝑣𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑢 𝑠𝑡𝑜𝑐𝑘 𝑚𝑜𝑦𝑒𝑛 Ce ratio mesure la durée du séjour
𝑑𝑒𝑠 𝑚𝑎𝑟𝑐ℎ𝑎𝑛𝑑𝑖𝑠𝑒𝑠
Rotation des stocks dans 𝑐𝑜𝑢𝑡 𝑑 ′ 𝑎𝑐ℎ𝑎𝑡𝑑𝑒𝑠 𝑚𝑎𝑟𝑐ℎ𝑎𝑛𝑑𝑖𝑠𝑒𝑠
×360 des stocks de marchandises dans
l’entreprise commerciale 𝑣𝑒𝑛𝑑𝑢𝑒𝑠 l’entreprise.
Ce ratio mesure la durée du séjour
Rotation des stocks de des matières premières et des
𝑉𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑢 𝑠𝑡𝑜𝑐𝑘
matières dans l’entreprise 𝑚𝑜𝑦𝑒𝑛 𝑑𝑒𝑠 𝑚𝑎𝑡𝑖𝑒𝑟𝑒𝑠 matières consommables dans
𝑐𝑜𝑢𝑡 𝑑 ′ 𝑎𝑐ℎ𝑎𝑡 𝑑𝑒𝑠 𝑚𝑎𝑡𝑖𝑒𝑟𝑒𝑠
× 360
industrielle l’entreprise.
𝑐𝑜𝑛𝑠𝑜𝑚𝑚é𝑒𝑠

𝑣𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑒 𝑠𝑡𝑜𝑐𝑘 𝑚𝑜𝑦𝑒𝑛 Une entreprise dont le stock tourne


𝑑𝑒𝑠 𝑝𝑟𝑜𝑑𝑢𝑖𝑡𝑠 𝑓𝑖𝑛𝑖𝑠
𝑐𝑜𝑢𝑡 𝑑𝑒 𝑝𝑟𝑜𝑑𝑢𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒𝑠× 360
Rotation des stocks des rapidement est moins vulnérable,
produits finis dans 𝑝𝑟𝑜𝑑𝑢𝑖𝑡𝑠 𝑣𝑒𝑛𝑑𝑢𝑒𝑠 car plus le degré de liquidité de
l’entreprise industrielle son stock est élevé, plus ses
disponibilités se reconstituent
rapidement
Ce ratio exprime, en jours, le délai
moyen de règlement accord é aux
𝐶𝑟é𝑎𝑛𝑐𝑒𝑠 𝑐𝑙𝑖𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑒𝑡 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑡𝑒𝑠
𝑟𝑎𝑡𝑎𝑐ℎé𝑠+𝑒𝑓𝑓𝑒𝑡𝑠 clients. Il permet de juger la
𝑒𝑠𝑐𝑜𝑚𝑝𝑡é𝑠 𝑛𝑜𝑛 é𝑐ℎ𝑢𝑠 politique de crédit de l’entreprise
×360
Durée moyenne du crédit 𝑐ℎ𝑖𝑓𝑓𝑟𝑒 𝑑 ′ 𝑎𝑓𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒(𝑇𝑇𝐶) vis-à-vis de ses clients. Le délai
consenti aux clients mis en évidence doit être analysé
de façon dynamique. Il exprime le
degré de maîtrise de la croissance
de l’entreprise.

Ce ratio détermine le délai moyen


de règlement obtenu des
𝐷𝑒𝑡𝑡𝑒𝑠 𝑓𝑜𝑢𝑟𝑛𝑖𝑠𝑠𝑒𝑢𝑟𝑠
𝑒𝑡 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑡𝑒𝑠 𝑟𝑎𝑡𝑎𝑐ℎé𝑠 fournisseurs. Il permet d’apprécier
Durée moyenne de crédit ×360 la politique de l’entreprise en
𝐴𝑐ℎ𝑎𝑡𝑠(𝑇𝑇𝐶)
obtenu des fournisseurs matière de crédit fournisseurs.
L’allongement de ce délai permet
d’accroître le volume des fonds
susceptibles de venir financer une
partie de l’actif cyclique.
Source : Gérard MELYON, op cit, p146.

49
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

d) Les ratios de rentabilité : La rentabilité est l’aptitude à produire un résultat.

Pour juger la rentabilité d’une entreprise, il convient de rapprocher son résultat des moyens mis
en œuvre pour obtenir ce résultat, c’est à- dire, du capital qui s’y trouve investi.

Les ratios de rentabilité contribuent à évaluer les résultats de l’entreprise en rapprochant sa


capacité bénéficiaire à des grandeurs significatives provenant du bilan, du compte de résultat et
du tableau des soldes intermédiaires de gestion.
Résultat
Rentabilité = capitaux invistis

De façon générale, les ratios de rentabilité se décomposent en deux grandes catégories :

 Ratios de rentabilité de l’activité ;


 Ratios de rentabilité des capitaux.

- Ratios de rentabilité de l’activité : Ces ratios mesurent la profitabilité de l’entreprise et


traduisent la productivité du chiffre d’affaires.

Les ratios qui figurent dans le tableau, sont déterminés à partir du compte de résultat.

Tableau N° 05 : les ratios de rentabilité

Ratio Interprétation
Taux de croissance du résultat net : L’évolution d’un résultat net permet de mesurer
(Rn-Rn-1) /Rn-1 l’évolution de la rentabilité de l’entreprise.
Taux de marge nette : Il mesure la capacité d’une entreprise à générer du
Résultat net /Chiffre d’affaires HT résultat net à partir du chiffre d’affaire.
Taux de marge commerciale : Ratio qui s’applique uniquement aux entreprises
Marge commerciale / Vente de marchandises HT commerciales et permet de le comparer avec celui des
entreprises du même secteur.
Taux de marge brute : Il mesure la capacité de l’entreprise à générer une
EBE/Chiffre d’affaire HT rentabilité d’exploitation à partir du chiffre d’affaire.
Rentabilité financière : Il mesure l’aptitude de l’entreprise à rentabiliser les
Résultat net/Capitaux propres fonds apportés par les associés.
Ratio qui permet de mesurer la création de richesse par
Rentabilité apparente de la main d’œuvre : salarié qui doit être analysé d’une année sur l’autre et
Valeur ajoutée /Effectif moyen comparé par apport a d’autre entreprises évoluant dans
le même secteur d’activité.
Source : LOTMANI N, « Introduction à l’analyse financière », édition enseignement, Alger 2008 P72.

50
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

- Ratios de rentabilité des capitaux : Les ratios de rentabilité de l’activité sont complétés par
les ratios de rentabilité de capitaux qui rapprochent un élément du résultat et un élément de
moyen mis en œuvre appelé : « capital investi ».

Les ratios de capitaux les plus couramment calculés se ventilent en deux grandes catégories :

 Ratio de rentabilité économique.


 Ratio de rentabilité financière.

- Ratio de rentabilité économique : Ces ratios visent à exprimer la rentabilité de l’ensemble


des actifs, c’est à dire l’intégralité des moyens mis en œuvre pour assurer l’activité de
l’entreprise.

Le résultat obtenu indique la performance de l’entreprise à partir des opérations d’exploitation.

Actif économique = immobilisation d’exploitation + BFR d’exploitation

Le ratio de la rentabilité économique s’écrit :

𝑅é𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒
𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓 é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒
𝑅é𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒
=
𝑐ℎ𝑖𝑓𝑓𝑟𝑒 𝑑 ′ 𝑎𝑓𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠
Ce ratio peut se décomposer comme suit :
𝑇𝑎𝑢𝑥 𝑚𝑜𝑦𝑒𝑛 é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒
(𝑝𝑜𝑟𝑜𝑓𝑖𝑡𝑎𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡é 𝑑𝑒 𝑙 ′ 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒𝑝𝑟𝑖𝑠𝑒)

𝑅é𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒 𝐶ℎ𝑖𝑓𝑓𝑟𝑒


𝑅é𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 𝑑′𝑎𝑓𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒
é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒 𝐶ℎ𝑖𝑓𝑓𝑟𝑒 𝑑′𝑎𝑓𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒
= × ×
𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓 é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒 Actif économique

𝑐ℎ𝑖𝑓𝑓𝑟𝑒 𝑑 𝑎𝑓𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠 Actif économique
(𝑣𝑖𝑡𝑒𝑠𝑠𝑒𝑑𝑒 𝑟𝑜𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛
𝑇𝑎𝑢𝑥 𝑚𝑜𝑦𝑒𝑛 é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒𝑑𝑢 𝑐𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑙 (𝑣𝑖𝑡𝑒𝑠𝑠𝑒𝑑𝑒 𝑟𝑜𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑢 𝑐𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑙
é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒 ′ 𝑖𝑛𝑣𝑒𝑠𝑡𝑖)
(𝑝𝑜𝑟𝑜𝑓𝑖𝑡𝑎𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡é 𝑑𝑒 𝑙 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒𝑝𝑟𝑖𝑠𝑒) é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑖𝑛𝑣𝑒𝑠𝑡𝑖)

La rentabilité économique dépend ainsi d’une part, de la politique de prix de l’entreprise et


de la gestion de son exploitation et de l’efficacité sans utilisation de son capital, d’autre part.
La performance de l’exploitation peut donc être améliorée par :

 Toutes actions visant à augmenter la rentabilité des ventes ;


 Toutes actions visant à augmenter la rotation de l’actif.

51
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

On distingue habituellement deux ratios de R.E :

Tableau N°06 : Ratios de rentabilité économique

Nom du ratio Formule de calcul Significations


𝐸𝐵𝐸 Ce ratio mesure l’aptitude de capital
Rentabilité 𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓 é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑏𝑟𝑢𝑡 économique à générer des ressources
économique potentielles de trésorerie.
Brute
Ce ratio mesure les performances de l’entreprise
Rentabilité 𝑅é𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 après prise en compte des amortissements «
économique 𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓 é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑛𝑒𝑡 économiques » et des variations des provisions
Nette couvrant les risques d’exploitation.

Source : Gérard MELYON, op cit, p 151

-Ratios de rentabilité financière : La rentabilité financière exprime le rendement des capitaux


investis par les bailleurs de fonds de l’entreprise (actionnaires, prêteurs).

Les ratios de rentabilité financière les plus fréquemment utilisés sont les suivant :

Tableau N° 07 : Ratios de la rentabilité financière

Nom du ratio Formule de calcul Significations


Ce ratio est calculé à partir du résultat
Rentabilité des capitaux 𝑅é𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡𝑠 + provenant des seules opérations liées à
𝑓𝑟𝑎𝑖𝑠 𝑓𝑖𝑛𝑎𝑛𝑐𝑖è𝑟𝑒 l’activité courante, c’est-à-dire à l’exclusion
investis
𝑐𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑝𝑒𝑟𝑚𝑎𝑛𝑒𝑛𝑡𝑠 des opérations exceptionnelles. Il offre
l’avantage de faciliter les comparaisons
interentreprises.
Rentabilité des capitaux Ce ratio exprime la capacité de l’entreprise à
propres 𝑅é𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 𝑛𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑙 ′ 𝑒𝑥𝑒𝑟𝑐𝑖𝑐𝑒 générer des bénéfices et à rémunérer les
𝑐𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑝𝑟𝑜𝑝𝑟𝑒𝑠 actionnaires soit sous forme d’affectation aux
réserves.
Source : Gérard MELYON, op cit, p152.

52
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

L’analyse relationnelle des ratios permet de décomposer le second ratio, afin de faire
apparaître ses composants :

𝑅𝑒𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 𝑛𝑒𝑡 𝑟é𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 𝑛𝑒𝑡 𝑐ℎ𝑖𝑓𝑓𝑟𝑒 𝑑 ′ 𝑎𝑓𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒


𝑑𝑒 𝑙 ′ 𝑒𝑥𝑒𝑟𝑐𝑖𝑐𝑒 = 𝑑𝑒 𝑙 ′ 𝑒𝑥𝑒𝑟𝑐𝑖𝑐𝑒 (𝐻𝑇) 𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓 𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙
× ×
𝑐𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑝𝑟𝑜𝑝𝑟𝑒𝑠 chiffre d′ affaire(H. T) 𝑐𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑝𝑟𝑜𝑝𝑟𝑒𝑠 𝑐𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑝𝑝𝑟𝑜𝑝𝑟𝑒𝑠

Taux de marge nette Rotation Taux d’endettement

2.1.3. Les principes limites et conséquence du diagnostic financier classique :

Le diagnostic financier présente plusieurs limites pour une banque, ces limites sont liées
essentiellement à la construction du bilan financier et à la non maitrise des postes à risques.
Pour construire un bilan financier, les banques ne tiennent pas en compte que quelques
retraitements économiques. Parmi ces retraitements, nous citons par exemple les provisions
pour risque et charges, les provisions réglementées, les subventions d’investissements, les
comptes courants d’associés, les écarts de conversion actif, les plus ou moins-values sur actifs,
etc. Le diagnostic financier qui ne prend pas en considération ces retraitements ne permet pas
d’affiner davantage la gestion du risque crédit. Toutefois la prise en compte de ces retraitements
engendre des couts importants supplémentaires que les banques doivent supporter. Également
les comptes de l’entreprises sont souvent aménagés pour donner une image plus flatteuse que
la réalité. Les postes que la banque doit maitriser sont essentiellement : les frais de recherche et
développement, la production immobilisée, les stocks (qui peuvent fictifs), les plus-values
exceptionnelles, les dettes sur comptes courants des actionnaires, etc.

En plus de ces deux grandes catégories de limites techniques le diagnostic financier nécessite
pour une banque beaucoup de temps et un personnel qualifié, ce qui entraine une augmentation
des couts. Ces limites conduisent généralement à des conséquences néfastes.

Malheureusement, l’inexistence de publications spécifiques aux indicateurs de risque crédit


propre aux entreprises nous a poussé à faire appel aux conséquences globales de la gestion
classiques du risques crédit.

Le traitement par l’analyse financière à court terme, telle qu’elle est pratiquée par les
banques, est une méthode classique d’appréhension du risque de crédit. La lenteur et la longueur
de sa réalisation et son caractère subjectifs constituent des inconvénients majeurs affectant ses
résultats.

53
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

La prochaine section nous présenterons une méthode basée sur des fondements
statistiques et qui permet d’évaluer rapidement le risque du crédit.

2.2. Méthodes statistiques :

L’analyse financière telle qu’exposée précédemment, est une méthode classique


d’appréhension du risque crédit. Sa réalisation, souvent longue, constitue un inconvénient
majeur. De fait, cet outil n’est pas adapté à l’analyse d’une grande population de clients.

Pour cela, on a cherché à mettre au point un système susceptible de qualifier avec la plus
grande sécurité le risque de défaillance des clients.

Dans ce qui suit nous nous intéresserons à des méthodes jugées plus évaluées : le crédit-
scoring, l’analyse neuronale, le ranking, les points de risque et les systèmes experts.

2.2.1. La méthode des scores :

Le crédit scoring se trouve parmi les modèles de prévisions des risques les plus usités
dans la micro finance notamment dans les pays en développement. Cet outil est manifesté dans
les travaux d’ALTMANE E I19 , les deux véritables pionniers de l’application des techniques
de « crédit Scoring » à l’activité d’octroi de crédit aux entreprises.

2.2.1.1. Définition du crédit scoring

« Le crédit scoring est une méthode de prévision statistique qui vise à associer à chaque
demande de crédit une note proportionnelle à la probabilité de l’emprunteur »20 .

« Les modèles de score sont des outils de mesure du risque qui utilisent des données
historiques et des techniques statistiques. Leur objet est de déterminer les effets de diverses
caractéristiques des emprunteurs sur leur chance de faire défaut. Ils produisent des scores qui
sont des notes mesurant le risque de défaut des emprunteurs potentiels ou réels. Les institutions
financières peuvent utiliser ces notes pour ranger les emprunteurs en classes de risque ».21

Donc, l’objectif du scoring est d’apprécier de façon synthétique la situation financière


d’une entreprise et de la classer dans la catégorie d’entreprises saines ou défaillantes.

19
ALTMAN E.I. « Financial Ratios, Discriminant Analysis and the Prediction of Corporate Bankruptcy », The
Journal of Finance, 1968, traduction en français in Girault F.&Zisswiller R, Finance modernes : théories et
pratiques, Tome I, Edition Dunod, 1973, P 30- 60.
20
A.M. PERCIE DU SERT. « Risque et contrôle de crédit », édition économica, Paris 1999, P 36.
21
M.DIETCH et J. PETEY, « Mesure et gestion du risque de crédit dans les institutions financières » éd. Revue
banque éditeur, Paris, 2003, P48.

54
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

Le principe du scoring est le suivant : déterminer les variables clés qui discriminent le
plus les deux groupes d’entreprise (entreprises saines et entreprises défaillantes), Ensuite un
indicateur appelé « score » est calculé nous permet de juger rapidement la situation d’une
entreprise. Cet indicateur est élaboré sur la base de deux échantillons d’entreprise. Jugées à
priori saines ou défaillantes. Le score est d’autant plus faible que le classement qu’il reproduit
est proche de réalité.

Un bon modèle de score affecte des scores élevés aux débiteurs ayant une faible
probabilité de défaut et des scores faibles à ceux dont les prêts se comportement mal (forte
probabilité de défaut). Mais ces scores ne peuvent être significatifs que si le modèle comporte
les facteurs de risque les plus importants.

2.2.1.2. Historique du scoring

Bien que le crédit scoring ait été pour la première fois utilisé dans les années 1960 aux
USA, ses origines remontent en fait au début du XXe siècle, lorsque J. MOODY publia la
première grille de notation pour ses tard (obligations commerciales). Brièvement ; nous
présentons les 10 dates clés du scoring crédit dans le tableau ci-dessous.

55
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

Tableau 08 : l’histoire du crédit scoring en 10 dates.

Date Evènement
2000 1ère utilisation du crédit en Assyrie, à Babylone et en Egypte
Av. JC
1851 1ère utilisation de la notation (classement) crédit par John Bradstreet, pour ses
commerçants demandeurs de crédit, USA
1909 John M. Moody publie la 1ere grille de notation pour les obligations
commerciales négociées sur le marché, USA
1927 1 er « crédit bureau » crée en Allemagne
1941 David Durand professeur de Gestion au MIT écrit un rapport, et suggéré le
recours aux statistiques pour assister la décision de crédit, USA
1958 1ere application du scoring par American Investments
1967-1970 Altman crée le « Z-score » à partir de l’analyse discriminante multi variée.
Règlementation des « crédits bureaux » par le creditreportingact, USA
1995 Moody’s KMV introduit le Risk Calc pour le scoring des ratios financières
(Financial ratio scoring – FRS)
2000 Moody’s KMV introduit le Risk Calc pour le scoring des ratios financiers
(Financial ratio scoring-FRS)
2004 Balle II recommande l’utilisation des méthodes statistiques de prévision du
risque de crédit

Source: R. ANDERSON, « The credit toolkit », oxford university press 2007, P28.

Il faut cependant noter que le crédit scoring ne constitue pas la seule voie à ce jour de
gestion du risque de crédit. Depuis quelques années, l’émergence de produits financiers dérivés
permettant une protection contre le risque de défaut, ou encore, une protection contre une
augmentation des probabilités de défaut pouvant être mesurées par l’écart de crédit. Il s’agit
notamment des options (options sur écart de crédit, option sur défaut), des contrats à terme sur
l’écart de crédit.

56
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

2.2.1.3 La fonction score 22

L’analyse linéaire discriminante est une technique statistique sur laquelle se fonde la
plupart des méthodes de scoring.

Elle permet d’élaborer l’indicateur synthétique de classement que l’on appelle

« Fonction score ».

Cette technique permet de définir, à partir d’un ensemble d’entreprises réparties en deux
groupes (les « saines » et les « défaillantes ») et caractérisées par un nombre « n » d’indicateurs
financiers, une combinaison linéaire de ces indicateurs qui sépare au mieux les deux types
d’entreprises.

Mathématiquement, il s’agit en fait de trouver un axe qui, dans un espace à « n »


dimensions, partage le plus efficacement possible les deux groupes d’entreprises.

Une fonction score se présente donc sous la forme d’une combinaison linéaire de ratios
quantitatifs dont le pouvoir discriminant est plus élevé que chacun des ratios pris
individuellement.

Elle s’écrit donc sous la forme suivante :

Z= 𝒂𝒊 𝑹𝟏 + 𝒂𝒊 𝑹𝟏 + ⋯ 𝒂𝒏 𝑹𝒏

Où les « Ri » représentent les valeurs prises par les ratios choisis, et les « αi » les
coefficients numériques associés à ces ratios.

Une procédure informatique est utilisée pour construire cette fonction. Elle sélectionne
progressivement dans un ensemble de ratios ceux qui sont les plus discriminants, jusqu’à ce
que le pourcentage de bon classement soit le plus élevé possible.

On élabore ainsi la meilleure combinaison avec un ratio, puis la meilleure combinaison


avec 2 ratios, 3 ratios, …n, ratios.

22
Axelle LABADI et Olivier ROUSSEAU. « Crédit management, gérer le risque client ». Ed Economica, Paris,
1996, P 175.

57
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

2.2.1.4. Intérêts et limites23

a) Un outil d’aide à la décision : Comme nous l’avons précisé ci-dessus, le crédit-scoring


permet d’aboutir à un résultat chiffré associé à un certain niveau de risque qu’acceptera ou
refusera le décideur, dans la mesure où il correspond à une probabilité de défaillance. Il faut
donc toujours rappeler, avec humilité, que le scoring n’offre que des probabilités, jamais de
certitudes. Donc le crédit-scoring n’est qu’un outil d’aide à la décision et aussi de délégation.

b) Ses limites : Les limites du crédit-scoring se déduisent naturellement des éléments évoqués
ci-dessus.

Aucun système de scoring n’est infaillible. Prévoir un risque de défaillance n’est jamais
sans risque d’erreur. Une entreprise en bonne santé à une date donnée peut être en situation
d’insolvabilité quinze jours plus tard.

Par ailleurs, tout système de scoring apparaît figé dans le temps, et semble bien difficile
de concevoir un système où chaque paramètre ferait l’objet d’une pondération dont le taux serait
directement variable en temps réel en fonction des dernières statistiques relatives aux causes de
défaillances des entreprises. Un tel système serait quasiment impossible à gérer compte tenu du
nombre d’informations nécessaires et surtout de leur diversité.

Également, il est difficile de concevoir un système de crédit-scoring intégrant des


éléments qualitatifs de nature objective, le manque des premières fonctions de scoring a été
justement de reléguer au second plan des critères tels que la qualité du climat social, la
compétence des dirigeants, l’implication des actionnaires, la qualité de la stratégie de
l’entreprise… même s’il est en effet peu aisé d’obtenir des renseignements concernant ces
éléments, le décideur doit tenter de recueillir le maximum d’informations relatives à ces
critères.

2.2.2. Les systèmes experts24

Dans les systèmes experts, l’approche est de nature qualitative. Elle cherche à reproduire
de façon cohérente les règles de décision des experts en matière de crédit ou leurs systèmes
d’évaluation du risque. On détermine ces règles de manière totalement empirique, en
interrogeant les experts, les responsables crédits, sur leurs pratiques, en confrontant leurs avis

23
Nicolas VAN PRAAG. Op cit, p44.
24
Michel DIETSH et Joel PETEY. Mesure et gestion de risque de crédit dans les institutions financières. Ed Revue
banque, Paris, 2002, pp 45-47.

58
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

et en leur demandant de valider collectivement les règles de décision émergeant de ces


discussions et confrontations.

Cet ensemble de règles assorties de pondérations servira à décrire les caractéristiques de


risque de l’emprunteur et à lui attribuer une note. Ces systèmes sont en vigueur dans les banques
mais aussi dans les agences de rating.

2.2.2.1. L’objectif des systèmes experts des banques

Les systèmes experts ont pour objectif :

 De constituer un cadre d’analyse normatif (règle d’experts) qui permet d’identifier, et


de mesurer le risque des emprunteurs ;
 D’intégrer ces règles dans des systèmes de décision opérationnels.

Parmi les principaux systèmes experts, on peut citer la méthode des ratios, essentiellement
fondée sur l’analyse financière, la méthode anglo-saxonne dites 5C (capital, caractère,
collatéral, capacity, conditions) ou les systèmes experts utilisés dans le domaine du crédit à la
consommation et qui traitent plus particulièrement des informations qualitatives sur la situation
personnelle des utilisateurs potentiels de ce type de crédit.

Dans les systèmes experts utilisés pour évaluer le risque des entreprises, les informations
utilisées sont à la fois :

a) Des informations sur les caractéristiques financières des emprunteurs

- Structure financière, solidité financière et état des dettes ;


- Réputation, ancienneté des relations de la clientèle ;
- Politique financière et autofinancement ;
- Niveau de profitabilité et stabilité temporelle des profits ;
- Niveau des garanties, etc.

b) Des informations sur le marché où opèrent les emprunteurs et la position


concurrentielle de ces derniers

- Position des produits de l’entreprise sur le marché ;


- Etat de la technologie et des performances productives de l’emprunteur dans son
secteur ;
- Evaluation du management de l’emprunteur ;

59
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

- Position du secteur dans le cycle économique.

Les agences de notation déclarent accorder le poids le plus important au second type de
variables, celles qui décrivent l’état de l’industrie dans laquelle l’entreprise intervient ainsi que
sa position sur le marché. Ces éléments, position de leader ou non, état des coûts et de la
technologie, perspectives d’évolution de l’offre et de la demande, constituent en quelque sorte
les « fondamentaux » de l’évaluation du risque dans de tels systèmes experts.

2.2.2.2 La construction d’un système expert

Elle passe par les trois étapes suivantes :

a) La première étape est celle de l’explication de l’expertise

- Il s’agit de transformer une connaissance implicite en un système de règles explicites


Cette étape repose sur des interviews et des études de cas, mais elle repose aussi sur la
confrontation des règles au sein d’un groupe d’experts animé par un tiers dont le rôle est de
faire ressortir de la discussion une base de règles communes et d’éviter que les avis de certains
experts ne pèsent trop dans le choix des règles.

- De cette étape, il ressort des règles d’évaluation et de normes quantitatives qui peuvent
être modulables selon les contextes.

b) La deuxième étape est celle de la formalisation de l’expertise

- L’objectif est de transformer ces dires d’experts en un système de règles formelles,


automatisables et généralisables (formalisées par exemple dans une « grille » de notation
assortie de pondération de diverses règles).

- Le support technique de cette expertise peut consister dans des systèmes dérivés des
travaux en intelligence artificielle, mais ce n’est en réalité que rarement le cas.

c) La troisième étape est celle de la validation, de la généralisation et du suivi du


système expert

- A cette étape, il y a lieu de vérifier la performance des systèmes experts et leur stabilité
dans le temps.

- Par rapport à une population test, cette étape repose sur la validation, le suivi du risque
réel, et l’évaluation par pairs des propositions de notes issues de l’application des règles par les
analystes.

60
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

2.2.2.3 Les avantages et les limites du système expert

Les avantages du système expert sont les suivants :

- Il est de nature qualitative, mais il intègre toujours des normes quantifiées ;


- Il est construit à partir de l’expérience et fait l’objet d’une validation à posteriori ;
- Il est facilement intelligible, car il reproduit le mode de raisonnement des experts en
matière de crédit ;
- Il intègre des effets d’environnement (l’état de l’industrie) dont l’interaction avec les
variables financières et complexes et contribue ainsi à la prévision de l’évaluation du
risque ;
- Il sait intégrer des informations qualitatives et aussi traiter de la complexité
d’interactions entre les variables déterminant le risque ;
- Il ne réclame pas de disposer de longs historiques de données (il s’appuie sur
l’expérience).

Cependant, les systèmes experts sont soumis à d’importantes limites :

- Ils peuvent accorder une part importante à la subjectivité dans la mesure où certaines
informations sont obtenues par des procédures d’interviews auprès des experts des
différentes appréciations de la qualité du management d’un dirigeant célèbre et celles
d’un dirigeant inconnu des médias ;
- Aux jugements des experts les plus influents dans l’institution financière est accordée
une part plus importante ;
- L’historique des notations des agences de rating montre qu’au cours du temps le taux
de défaut associé à un rating donné change et que la corrélation entre les notes et les
probabilités de défaut varie dans le temps ;
- L’appréciation d’un phénomène d’auto réalisation des croyances : une entreprise bien
notée par un système expert aura tendance à mieux se comporter qu’une entreprise
moins bien notée ;
- Il est difficile de définir les procédures scientifiques de test des résultats de ces systèmes
car ils reposent sur l’expérience des experts.
-

61
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

2.2.3. Le Rankin25

2.2.3.1 Définition

Le ranking est une technique qui vise à classer, en termes de risque, un client par rapport
à l’ensemble des débiteurs de l’entreprise (du moins risqué au plus risqué).

Ce classement ne se substitue pas à l’analyse du risque de défaillance de chaque client,


mais y ajoute une dimension supplémentaire en le comparant à celui de l’ensemble de la
clientèle de l’entreprise.

2.2.3.2 Avantages et utilisations

Le ranking permet de relativiser le risque d’un client.

En effet, en période de conjoncture économique défavorable, le risque de défaillance a


tendance à augmenter de façon sensible pour toutes les entreprises, il est également possible
qu’un secteur particulier connaisse des difficultés.

Pour un client donné, si le crédit managé s’en tient à l’analyse de son risque de
défaillance, il constatera que celui-ci est plus fort et sera tenté de prendre des mesures pour
limiter. En positionnant son client par rapport à l’ensemble de sa clientèle, la banque va peut-
être se rendre compte que celui-ci ne fait pas partie des clients les plus risqués. Peut-être même
que son risque relatif a diminué.

Dans ce cas, on peut en conclure que dans un marché en difficulté ou dans une
conjoncture défavorable, le client en question voit, certes, son risque de défaillance augmenté,
mais moins que celui des autres clients. Il résiste mieux que ses concurrents à la crise par une
meilleure gestion, une politique commerciale plus adaptée et de meilleurs produits. Il est donc
possible de ne pas réduire son plafond de crédit.

A l’inverse, en cas de situation économique favorable, un client dont le risque de


défaillance diminue peut descendre dans le classement de l’ensemble des débiteurs. Cela
signifie que son risque diminue moins vite que celui de l’ensemble des clients de l’entreprise.

L’entreprise en question est alors à surveiller de plus prés. Il est nécessaire d’analyser
pourquoi elle est moins performante que les autres clients.

25
Axelle LABADI et Olivier ROUSSEAU. Op cit, pp201, 202.

62
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

Il convient donc de surveiller la position d’un débiteur par rapport à l’ensemble de ses
clients.

Au même titre que le risque de défaillance brute, le suivi de cette position peut être utile
pour prendre une décision de crédit sur un client.

Ce classement doit être réactualisé à chaque changement de classe de risque. Il peut être
informatisé pour une lecture immédiate.

2.2.4. La méthode des points de risque26

2.2.4.1 Définition

La méthode des points de risque consiste à affecter des notes à un certain nombre
d’éléments de risque choisis pour leur pertinence.

Elle permet une cotation de chaque client et donc la fixation d’un encours maximum
autorisé assorti ou non d’un délai de paiement normatif.

Le principe de base de cette méthode est qu’il est possible de porter un jugement sur une
entreprise en termes de risque à l’aide d’éléments non financiers. De plus, l’avantage de cette
analyse est de mettre à jour quotidiennement l’appréciation du risque.

Les commerciaux vont donc naturellement constituer la principale source d’information


de la méthode des points de risque. Leurs connaissances permettent une analyse dynamique
dans la mise en œuvre du système d’information.

2.2.4.2 Organisation d’un système de points de risque

Le choix des critères va déterminer l’efficacité de la méthode.

Il est par ailleurs évident que l’on ne retrouvera pas les mêmes critères de risque dans
chaque secteur.

Il s’agit, dans un premier temps, d’identifier ces indicateurs de risque. Cette première
phase ne peut se faire qu’avec l’aide de la force de vente.

Les indicateurs seront retenus selon deux critères : L’importance du critère pour
l’évaluation du risque d’une part, la disponibilité et le coût de l’information d’autre part.

26
Axelle LAABADI et Olivier ROUSSEAU. Op cit, pp202-204.

63
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

Plus l’indicateur proposé par les commerciaux sera jugé important pour l’évaluation du
risque et plus l’accès à l’information sera simple et moins coûteux, plus il aura de chance d’être
retenu.

On pourra ainsi dégager les meilleurs indicateurs de profil et de comportement qui sont
susceptibles de renseigner sur le risque que représente le client.

Des indicateurs financiers peuvent également être retenus pour enrichir l’analyse.

Il est ensuite nécessaire d’établir un système de cotation de chaque élément de risque choisi.
La note finale de l’entreprise est déterminée de la manière suivante :

𝐍𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐩𝐨𝐢𝐧𝐭𝐬
Note =
𝐍𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐢𝐠𝐧𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐧𝐬𝐢𝐞𝐧𝐠é𝐞𝐬

Ce système permet de coter une entreprise même si toutes les informations ne sont pas
disponibles. Il est également possible de pondérer plus ou moins fortement les éléments de
risque.

L’historique de la note doit aussi être conservé. La tendance qui se dégagera permettra
ainsi de porter un jugement pertinent sur l’évolution de la solvabilité du client.

L’établissement de la limite de crédit peut se déterminer en fonction de la note.

2.2.4.3 Avantages et limites de la méthode des points de risque

a) Avantages

- L’adaptation à une clientèle spécifique : la méthode de points de risque permet de


prendre en compte toutes les spécificités de la clientèle de l’entreprise qui l’a mise en place ;

- La formalisation de l’expérience acquise par les commerciaux sur le terrain ;

- La cotation d’entreprises dont on ne possède pas les comptes sociaux : il arrive parfois
que l’entreprise doive traiter avec des clients dont elle ne possède pas de documents comptables,
ce type de méthodes permet de prendre en compte les facteurs de risque réel de l’entreprise ;

- La possibilité d’une actualisation « en temps réel ».

64
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

b) Limites

- La difficulté d’obtention d’informations ;

- La difficulté de détermination d’une échelle de notation concernant les variables


étudiées ;

- Donner un meilleur poids pour toutes les variables, même si ces dernières ont
différentes significations.

2.2.5. L’analyse neuronale27

Les réseaux de neurones appartiennent à la catégorie des techniques regroupées sous le


terme « d’intelligence artificielle ».

Ces techniques s’inspirent du comportement intelligent des humains dans la mise au


point des systèmes informatiques d’analyse.

L’analyse neuronale regroupe aujourd’hui des modèles dont l’intention est d’imiter
certaines fonctions du cerveau humain, en reproduisant certaines de ses structures de base.

Elle est inspirée d’un modèle neurophysiologique d’apprentissage.

Les premières applications pratiques des réseaux de neurones commencent à voir le jour.
Elles concernent des domaines aussi variés que l’industrie, les télécommunications, ou la
finance. L’utilisation de ces techniques dans le cadre des problèmes d’attribution de crédit
commence à se développer. Certaines banques et organismes de crédit à la consommation les
utilisent déjà. En effet, les réseaux de neurones sont particulièrement performants en matière
de classification et d’analyse de données.

2.2.5.1 Définition d’un réseau de neurones

Un réseau de neurones est un modèle capable de trouver la solution du problème auquel


il est confronté par auto-apprentissage à partir d’une base d’exemples. Le principal avantage de
l’outil est qu’il va lui-même définir ses propres règles de décision.

En ce qui concerne le problème de classification, le réseau de neurones est


particulièrement adapté. Il va chercher les règles lui permettant de distinguer le plus
efficacement possible entre deux types de populations et ce, à partir d’une base d’exemples

27
Axelle LABADI et Olivier ROUSSEAU. Op cit, pp196-201.

65
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

comprenant des entreprises jugées saines et des entreprises jugées potentiellement défaillantes
: il peut donc apprendre à faire la distinction.

2.2.5.2 Les principes de fonctionnement d’un réseau de neurones

La modélisation et le fonctionnement de ce type de systèmes sont complexes. Le


système est constitué de « neurones », fonctionnant sur le modèle d’un neurone humain ; ces
derniers sont reliés les uns aux autres, de façon à constituer un réseau.

On peut considérer un neurone comme étant une unité permettant de traiter une certaine
somme d’informations et d’en redistribuer aux autres unités du système.

Les inputs sont les données quantitatives concernant une entreprise (chiffre d’affaires,
effectif, ratios, …). Le neurone effectue la somme algébrique pondérée des inputs.

Si cette somme dépasse un certain seuil prédéfini, le neurone se déclenche et transmet à


son tour une information (output) aux autres neurones. Dans le cas contraire, le neurone n’est
pas activé et ne transmet rien.

On dispose donc, d’un système à plusieurs couches ou chaque neurone possède un rôle
spécifique, en particulier celui de recevoir des informations et d’en redistribuer aux autres
neurones.

Le système de connexion entre les neurones joue un rôle important. En effet, on


considère que si deux neurones connectés entre eux sont activés au même moment, la connexion
qui les relie doit être renforcée ; dans le cas contraire, elle n’est pas modifiée.

La valeur que va recevoir un neurone en entrée dépend donc de la somme des valeurs
des neurones auxquels il est connecté ainsi que du poids de la connexion avec ces neurones.

Le phénomène d’apprentissage va provenir de la possibilité de modification du poids


des connexions. La somme des valeurs transmises par chaque neurone au neurone final
constitue la note de l’entreprise étudiée.

2.2.5.3 Avantages et limites

Parmi les nombreux avantages de cette méthode on trouve :

- La facilité de construction : La simulation informatique d’un réseau de neurones, pour une


petite application, est simple et ne nécessite qu’un temps de développement assez court ;

66
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

- La capacité de généralisation : Il devient intéressant de disposer d’un système qui puisse, à


partir d’un ensemble d’exemples, apprendre à retrouver des règles sous-jacentes ou à mimer les
comportements qui permettent de résoudre le problème ;

- La capacité d’adaptation : La maintenance d’un réseau de neurones présente dans ce cas


l’avantage d’être relativement aisée. Lorsque le système perd de ses performances de
distinction, il suffit tout simplement d’une mise à jour sur une nouvelle base d’exemples pour
qu’il retrouve de nouveaux critères de séparation. On dispose ainsi d’un outil qui peut se «
reprogrammer ».

En ce qui concerne ses limites :

- L’un des principaux reproches fait aux réseaux de neurones tient dans leur incapacité à
expliquer les résultats qu’ils fournissent ;

- L’utilisateur pourra seulement savoir s’il refuse ou accorde un crédit à telle entreprise selon
la logique de l’établissement qui a fourni la base d’exemples. Mais il ne saura pas sur quels
éléments le système s’est basé pour juger de la solvabilité de l’entreprise ;

- L’analyse neuronale n’est pas apte à résoudre tous les problèmes du service crédit. Ce n’est
qu’une méthode optimale d’analyse de données. Elle travaille avec des informations
quantitatives tirées des comptes de l’entreprise, et par conséquent souvent anciennes.

67
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

Section 3 : Limitation des risques de crédit bancaires

Selon pierre CONSO, « On a pu constater que le risque est omniprésent, multiforme, qu’il
concerne tous les collaborateurs de l’entreprise, et bien sûr la direction générale, mais aussi les
actionnaires au niveau du risque global d’entreprise. Le combattre concerne donc tous les
acteurs »28.

Il existe plusieurs moyens pour limiter les risques de crédit bancaire. Ces moyens varient
en fonction des différents auteurs. JACQUES F29 , par exemple présente quatre moyens pour
limiter les risques de crédit bancaire :

- La diversification des portefeuilles de crédit.


- Etude approfondies du futur débiteur.
- La surveillance constante de la solvabilité.
- La prise de garantie.

Quant à pierre-Charles P30 , il propose les moyens pour réduire le risque de taux d’intérêt
en fonction des aléas qui surviennent au niveau de la conjoncture économique nationale et
internationale.

3 .1. La diversification des portefeuilles de crédit :

La banque peut diversifier des crédits. En effet, il est périlleux pour une banque de concentrer
ces crédits sur quelques gros bénéficiaires.

Plus les crédits sont répartis entre un grand nombre de bénéficiaires et d’émetteurs, plus
la probabilité de non remboursement est faible. La division des risques constitue l’un des
fondements de la fonction d’intermédiaire financier. De même le financement exclusif d’un
seul secteur de l’activité économique et /ou une zone géographique expose la banque à des
difficultés élevées en cas de récession de ce secteur ou cette zone.

3.2. Les études approfondies du futur débiteur :

La banque réduira les risques du crédit en décidant de n’octroyer des prêts qu’aux
personnes présentant un faible risque de défaillance.

28
CONSOP. L’entreprise en 24 leçons, Dunda, Paris, 2001, P260.
29
F. JACQUES, Op. cit,dalloz, Toulouse,1963 ,PP.188-190.
30
PIERRE-Charles P, Economie et gestion bancaire, Dunod, Paris, 1999, P.70.

68
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

La banque doit vérifier que le montant des remboursements et intérêts demandés est
en correspondance avec les revenus actuels et futurs du débiteur. Elle doit également s’assurer
que le client a le réel désir d’honorer ses engagements ; elle peut pour cela, consulter les fichiers
d’incidents de paiement et de remboursement.

La banque a également la possibilité de sélectionner ses clients à partir de leur situation


familiale, de leur niveau revenu et de tous autres éléments servant à différencier les clients
défaillants des non défaillants. La décision d’octroyer ou non un crédit à une entreprise est pris
au vu d’études de conjoncture de son secteur économique et après examen de sa situation
financière.

3.3. La surveillance constante de la solvabilité :

La solvabilité est une chose qu’il faut surveiller continuellement. Il y a des gens
solvables à moment donné et qui ne le sont plus ensuite. Cette solvabilité se rattache à la notion
du patrimoine. Elle dépend aussi des sûretés stipulées.

Faute de sûreté particulière, c’est l’ensemble du patrimoine du débiteur qui constituera


sa garantie.

Il faut se défier, il y a des richesses plus ou moins sécurisantes pour le créancier. Le


créancier. Le créancier prudent ne dormira tranquille que si les biens de son débiteur sont
disponibles, faciles à dessaisir. Il comparera les disponibilités avec les exigibilités pour savoir
si d’autres créances ne mettent pas son débiteur en difficulté.

Il sait enfin que certains biens comme le fonds de commerce sont susceptibles de
s’évanouir d’eux-mêmes si le débiteur relâche ses efforts. Il y a aussi des gens extrêmement
riches qui ne paient pas leurs dettes. D’autres fortunes sont peut-être des biens insaisissables.

3.4 .La prise des garanties :

Pour améliorer la sécurité de ces engagements, et surtout pour se couvrir du risque de


non remboursement, il faut que le banquier recueille des garanties.

On distingue les garanties réelles et les garanties personnelles.

3.4.1. Les garanties réelles :

La garantie réelle est un engagement qu’une entreprise met à la disposition de sa banque


sous forme d’un bien mobilier. On distingue deux formes de garanties réelles :

69
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

a) Le nantissement :

Le nantissement est l’acte par lequel le débiteur remet au créancier un bien en débiteur remet
à la créance. Si le bien remis en garantie est meuble, on parle de gegée, s’il s’agit des revenus
d’immeuble, on appelle cela l’antichrèse.

b) L’hypothèque ou sûreté réelle immobilière :

L’hypothèque est une garantie coûteuse comparativement au nantissement, elle est sollicitée
en couverture de crédit d’investissement. L’hypothèque se définit comme étant l’acte par lequel
le débiteur accorde au créancier un droit sur un immeuble sans dessaisissement et avec
publicité.

3.4.2 .Les garanties personnelles :

Appelé aussi « sûretés personnelles ». Ces financières, la méthode scoring, les systèmes
experts, le Rankine et l’analyse neuronale sont toutes des méthodes ayant pour but de minimiser
le risque, d’une manière ou d’une autre. Ce risque restant toujours le carrefour où se croisent
les idées principales, celle de l’allocation optimale des ressources financières afin de contribuer
au développement économique d’une part, et celle qui est exprimée par l’expression naïve « le
banquier est réticent en donnant l’argent des autres » d’autres part.

Suivant la même logique, et en sachant qu’avant de décider d’octroyer un crédit ou pas, le


décideur doit obligatoirement s’appuyer sur plusieurs facteurs. Nous allons à travers ce qui suit,
essayer de présenter une étude de cas basé sur l’approche classique dont l’aspect théorique a
été précédemment suivi d’une application avec des données réelles.

Garanties sont constituées par l’engagement d’une ou plusieurs personnes de rembourser le


créancier en cas de défaillance du débiteur principal. Elles se réalisent sous les formes
juridiques de cautionnement et de l’aval.

- Le cautionnement : le cautionnement est l’engagement pris par un tiers, appelé caution,


de s’exécuter en cas de défaillance du débiteur.
- L’aval : l’aval est l’engagement apporté par un tiers sur un effet de commerce pour en
garantir le paiement. L’avaliste est donc solidaire du débiteur principal.
- L’aval peut être donné sur l’effet ou par acte séparé.

70
Chapitre II : Notion sur le risque de crédit et la démarche de sa maitrise

Conclusion :

Comme on vient de le voir, l’analyse Financière, la méthode scoring , les systèmes


experts, le Rankine et l’analyse neuronale sont toutes des méthodes ayant pour but de minimiser
le risque , d’une manière ou d’une autre . Ce risque restant toujours le carrefour où se croisent
les idées principales, celle de l’allocation optimale des ressources financières afin de contribuer
au développement économique d’une part, et celle qui est exprimée par l’expression naïve « le
banquier est réticent en donnant l’argent des autres » d’autre part.

Suivant la même logique, et en sachant qu’avant de décideur doit obligatoirement


s’appuyer sur plusieurs facteurs. Nous allons à travers ce qui suit, essayer de présenter une étude
de cas basé sur l’approche classique dont l’aspect théorique a été traité précédemment suivi
d’une application avec des données réelles.

71
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

Introduction :

La CNEP-Banque joue un rôle essentiel dans la vie économique, en ce sens, elle est
l’une des moteurs du système bancaire Algérien.

Toutefois, à la différence de l’entreprise, la CNEP-Banque est un intermédiaire qui est


à la recherche des capitaux. En effet, la CNEP- Banque, répond aux besoins de financement
aussi bien pour les entreprises pour les particuliers en octroyant des divers crédits : des crédits
d’investissement, crédits à la consommation et crédits hypothécaires.

Pour mieux répondre à ce besoin, la CNEP-Banque a développé depuis sa création


jusqu’à notre jour, une structure bancaire qui s’adapte à ses nouvelles fonctions notamment la
collecte de dépôts et l’octroi de crédit.

A cet effet, la première section de ce chapitre est consacrée à la présentation de la CNEP-


Banque. La deuxième section est réservée à l’étude d’un logement auprès d’un promoteur.

Section 1 : présentation de l’organisme d’accueil CNEP-Banque

La caisse Nationale d’Epargne et Prévoyance- Banque (CNEP-Banque) est spécialisée,


depuis sa création, le 10 août1964, dans la collecte de l’épargne.

La CNEP-Banque finance, également, les projets d’acquisitions et de renforcement des


entreprises de réalisation des entreprises de production de matériaux de constructions et des
entreprises de réalisation intervenant en amont bâtiment. Par ailleurs, la CNEP-Banque
intervient dans le financement du projet d’investissements dans les secteurs de l’énergie, de
l’eau, de la pétrochimie ou de l’aluminerie.

1.1.Historique de la CNEP-Banque

La caisse Nationale d’Epargne et de Prévoyance –Banque est une institution financière


créée par la loi n°64-227 du 10 août 1964, succédant à l’ancienne institution française qui est
la Caisse de Solidarité des Départements et des communes d’Algérie (CSDCA), sa mission
principale est la mobilisation de la collecte de l’épargne. La première agence de la CNEP a été
ouverte, officiellement, le premier mars 1967 à Tlemcen. Cependant, le livret d’épargne était
déjà commercialisé, depuis une année, à travers le réseau Poste et Télécommunication (P&T).

La CNEP est, aujourd’hui, une Société Par Action (SPA) au capital de 14 milliards de
dinars dont le siège social se situe à Alger. Dès sa création jusqu’à son attribution de statut de

72
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

banque par le Conseil de la Monnaie et du crédit (CMC), la CNEP a connu plusieurs étapes
dans son évolution, à s’avoir1 :

1.1.1. La période de 1964-1970 : Collecte de l’épargne sur livret

Durant la période 1964-1970, l’activité de la CNEP-Banque a été limitée à la collecte


de l’épargne sur livret, avec des prêts sociaux hypothécaires. Le réseau CNEP n’était constitué,
alors, que de deux agences ouvertes au public, en 1967, et de 575 points de collecte implantés
dans le réseau de Post et télécommunication (P&T).

1.1.2. La période de 1971-1979 : Engagement du financement de l’habitat

En 1971, la loi bancaire a chargé la CNEP de financer les programmes de réalisation de


logements en utilisant les fonds du trésor. Dès lors, l’épargne des ménages va connaître un essor
prodigieux, à la fin de l’année 1975, au cours de laquelle furent vendus les premiers logements
au profit de titulaires de livrets d’épargne. En 1979, 46 agences CNEP et bureaux de collecte
étaient opérationnels.

1.1.3. La période de 1980-1990 : La CNEP au service de la promotion immobilière

De nouvelles tâches sont assignées à la CNEP. Il s’agit, des crédits aux particuliers pour
la construction de logements et le financement de l’habitat promotionnel au profit exclusif des
épargnants. Au 31 décembre 1988, environ 11.590 logements ont été vendus dans le cadre de
l’accession à la propriété. La CNEP a entrepris une politique de diversification des crédits
accordés notamment, en faveur des professions libérales, des travailleurs de promotion
immobilière de la santé, des coopératives de services et des transporteurs.

1.1.4. La période de 1990-1999 : Instruction de la loi sur la monnaie et le crédit

La CNEP reste, toujours, le plus grand collecteur d’épargne, en Algérie, vu l’importance


des montants des fonds d’épargne collectés. Sur les 135 agences et les 2652 bureaux de poste
représentés au 31 décembre 1990, un total de 82 milliards de dinars (dont 34 milliards de dinars
sur le compte épargne devises). Les prêts aux particuliers accordés à la même date
représentaient 12 milliards de dinars pour un total de 80.000 prêts.

1
Document interne de la CNEP-Banque

73
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

En 1997, la CNEP change de statut en obtenant son agrément en tant que banque.
Désormais, elle porte le nom de la CNEP-Banque. Elle peut, également, effectuer toutes les
opérations bancaires à l’exclusion des opérations de commerce extérieur.

1.1.5. La période de 2000 à nos jours

La période de 2000 à nos jour connu plusieurs étapes dans son évolution, à s’avoir2 :

 31 mai 2005 : Financement des investissements dans l’immobilier

L’assemblée générale extraordinaire a décidé, le 31mai 2005, de donner la possibilité à la


CNEP-Banque de s’impliquer davantage dans le financement des infrastructures et activités
liées à la construction, notamment pour la réalisation de biens immobiliers à usage
professionnel, administratif et industriel ainsi que les infrastructures hôtelières, de santés,
sportives, éducatives et culturelles.

 28 février 2007 : Repositionnement stratégique de la CNEP-Banque

L’assemblée générale ordinaire, du 28 février 2007, relative au repositionnement stratégique de


la banque décide d’autoriser au titre des crédits aux particuliers :

- Les crédits hypothécaires prévus par les textes réglementaires en vigueur au sein de la
banque ;
- Les crédits à la consommation ;

Il a été, également, décidé d’accorder les crédits à titre prioritaire et principal aux épargnants,
et à titre accessoire, aux non épargnants. Concernant le financement de la promotion
immobilière, sont autorisés l’acquisition de terrains destinés à la construction de logements et
à la réalisation de programmes d’habitats. Les programmes éligibles au financement sont ceux
destinés exclusivement aux épargnants.

 17juillet 2008 : Repositionnement stratégique de CNEP-Banque

L’assemblé générale ordinaire, du 17 juillet 2008, relative au repositionnement stratégique de


la banque décide que, les crédits hypothécaires pour l’achat, la construction, l’extension et
l’aménagement des locaux à usage commercial ou professionnel, sont exclus du titre de crédit
aux particuliers.

2
Document interne de la CNEP-Banque

74
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

La même assemblée décide de n’autoriser que le financement des programmes


immobiliers destinés à la vente ou à la location, y compris ceux intégrant des locaux commercial
ou professionnel, en plus du financement de l’acquisition ou de l’aménagement de terrains
destinés à la réalisation des logements.

Quant au financement des opérations d’acquisition, d’extension set/ ou de renforcements


moyens de réalisations (équipements) initiées par des entreprises de par des entreprises de
production, de matériaux de construction ou de construction ou des entreprises de réalisation
intervenant dans le secteur du bâtiment et les projets d’investissements dans le secteur du
bâtiment et les projets d’investissements dans le secteur de l’énergie, de pétrochimie ou de
l’aluminerie.

 17août 2011 : Repositionnement stratégique de la CNEP-Banque

Repositionnement stratégique a pour objet de définir le champ d’intervention de la CNEP-


Banque en matière de financement.

- Crédits aux particuliers : est autorisé le financement des crédits immobiliers prévus
par les textes réglementaires en vigueur au sein de la banque ou à mettre en place.
- Financement de la promotion immobilière : sont autorisés le financement de
l’acquisition ou de l’aménagement de terrains destinés à la réalisation de programme
immobiliers, de la réalisation d’opération de promotion immobilière et de biens
immobiliers à achever ou à rénover.
- Financement des entreprises : sont autorisés le financement des investissements de
tous les secteurs d’activités tous les secteurs d’activités économique y compris le fonds
de roulement nécessaires au démarrage de l’activité, les crédits par signature, le leasing
immobiliers et les services liés à l’habitat (bureau d’étude, entreprise d’entretien
d’immeubles...)

1. 2. Caractéristique et mission de la CNEP-Banque

La CNEP-Banque présente plusieurs caractéristiques et effectuer des missions très importantes


pour le développement de l’activité économique.

75
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

1.2.1. Les caractéristiques de la CNEP-Banque

La CNEP –Banque dispose de certaine caractéristique, à savoir3 :

 En tant que caisse (avant 1997)

Les caractéristiques de la CNEP-Banque en tant que caisse sont les suivantes :

- Elle était régie par une loi spécifique et placée sous tutelle du ministère des finances ;
- Son champ d’action est limité et son autonomie est réduite ;
- Son développement ne pouvant être envisagé hors du pouvoir de l’administration et sans
accord de celle-ci ;
- Elle ne pouvait octroyer des crédits qu’à concurrence de ces ressources.

 En tant que banque (après 1997)

Les caractéristiques de la CNEP-Banque en tant que banque sont :

- Elle est régie par le code du commerce en tant que Société Par Action (SPA) ;
- Elle est sous le contrôle de la Banque d’Algérie et la commission bancaire ;
- Sa politique du développement et du ressort du conseil d’administration ;
- La mise en œuvre de cette politique est du ressort du gestionnaire ;
- Elle est soumise à la libre concurrence pour ses activités.

1.2.2. Les missions de la CNEP- Banque

Les missions de la CNEP – Banque sont :

1 .2.2.1. Les produits de la banque

La CNEP-Banque offre à ses clients divers produits grâce à ces deux (02) fonctions différentes :
en tant qu’une banque et aussi en tant qu’un collecteur d’épargne.

 Produits d’épargne

On distingue deux types de produits d’épargne, à savoir :

 Epargne à vue dont :


- Livret Epargnant Logement (LEL)

3
Document interne de la CNEP-Banque

76
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

- Livret Epargne Populaire (LEP)


 Epargne à terme :
- Compte Courant (CC)
- Dépôt A Terme (DAT)

 Produits d’épargne bancaires

Il existe trois types de produits d’épargne bancaire, qui sont :

- Compte courant (CC) ;


- Dépôt A Terme (DAT) ;
- Bon De Caisse (BDC) ;

1.2.2.2 Les emplois de la banque

Parmi les emplois de la banque, on distingue :

- Les emplois de l’habitat

Les produits de l’habitat représentent environ 99,67% de l’activité du crédit.

 Pour les entreprises : Tous les volets des projets immobiliers.


 Pour les particuliers : Tout type d’habitat (logement, villas : pour la bâti neuf et
ancien).

- Les emplois hors habitats

Les emplois hors habitats représentent environ uniquement 0,33% de L’activité du crédit.

 Pour les entreprises : Les crédits d’investissements et d’exploitation, notamment


pour les petites et moyennes Entreprises (PME)
 Pour les particuliers : Les crédits d’équipements domestiques appelés crédit

77
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

Schéma N°1 Organigramme de l’agence CNEP-BANQUE


Président Directeur Générale

Audit Interne

D.G.A des
D .G. A D.G.A D.G.A Crédit D.G.A finances
Développem Administration Assainissement comptabilité
ent contrôle
D. D.Financeme
D.Prévision D. Contrôle de
Administration ntdes
et cul de comptabilité
et moyens promoteur
gestion D.Etudes
D.Ressources D .d’épargne
humaines Co,co
D. Crédit aux
D.Marketing
Particulier
D. D . Finance
D.Protection
Assainisement Trésorerie
du Patrimoine
D. contrôle D.Contrôle de
Directeur des des
D.Promotion l’épargne
ressources engagements
D’exploitation immobiliers

D.Comptabilit

78
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

1.3. Présentation de l’agence CNEP-Banque de TIZI OUZOU

L’agence CNEP-Banque de Tizi Ouzou agence ABANE Remdane code « 201 » est le
code comportement de base de la CNEP-Banque de Tizi Ouzou, l’agence « 201 » réalise un
volume d’activité très importants par rapport aux autres agences de la ville, elle est composée
d’une direction qui se divise en deux parties : Front office et Bank office, répartie sur plusieurs
services.

1.3.1. Front Office

Front office est l’ensemble de personnels qui sont chargés de la réception de la clientèle et
ont pour mission de fournir des informations sur les opérations de liquidités, les pièces
nécessaires à fournir et des différentielles orientations sur les crédits hypothécaires. Elle est
composée de quatre (04) sous parties, à savoir4 :

 Chargés de la clientèle (particulier et entreprises) : Ce service s’occupe d’ouverture


du compte et suivi, prospection de la clientèle, souscription de produits d’épargnes et
du crédit, revenue des comptes inactifs et successions.
 Guichet payeur /caisse : Ce guichet assure les opérations transactionnelles, versement
ou bien retrait d’espèce, remise versement déplacé, réception de la demande de la
clientèle.
 Accueil /orientation : Qui a comme charge : Accueil (information et orientation),
distribution des bordereaux, des imprimés et des listes de pièces nécessaires.
 Direction agence : Ayant comme charge : Ayant comme tâche : animation
commerciale, rôle éventuel de conseiller de clientèles entreprises.

1.3.2. Back office

Le Back office est l’ensemble du personnel qui se charge de l’étude et des traitements des
dossiers avec la décision de l’octroi du crédit. Ils comportent les services suivants5 :

 Services administration / support : Assure la gestion administrative du personnel et


les moyens, réalisation des budgets des statistiques ;
 Services gestion flux : Accomplir les opérations de compensation et paiement de
chèque, virement émis et reçus ;

4
Document interne de la CNEP-Banque
5
Idem

79
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

 Services Secrétariat Engagement (gestion des litiges et événements) : Il est chargé


du traitement des instructions du crédit, prise des garanties des crédits…)

Cette agence est investie des principales missions, qui sont :

- Traiter les opérations bancaires confiées par la clientèle, entretenir et développer des
relations commerciales suivies avec celle-ci ;
- Réaliser le plan d’action commercial ;
- Recevoir, étudier décider et mettre en place les conditions dans les limites des
prérogatives qui lui sont conférées par voie réglementaire, conformément aux règles
et procédures internes (satisfaction des conditions préalables exigées et les recueils
des garanties, ….)
- Assurer la gestion, suivi les crédits décidés et des garanties exigées.

80
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

Schéma N°2 : Organigramme de l’agence CNEP-BANQUE TIZI-OUZOU

Directeur

Secteur
Secteur
Financement
Administration

Service épargne et
Service crédit aux
Service Marketing
Particuliers
Comptabilité

Service Service crédit aux

Administration Promoteurs

Service Service
Caisse Recouvreme
nt
Source : Document interne de la CNEP-Banque

81
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

1.4. Les principales formes du crédit immobilier accordé par la CNEP-Banque.

Afin de réaliser les projets immobiliers, une série de produit a été mise en place par le CNEP-
Banque. Ces produits peuvent être partagés en deux (02) catégories, à savoir6 :

1.4.1. Les crédits à l’accession.

Ce type du crédit permet aux particuliers l’acquisition d’un bien meuble ou immeuble.
Notamment, les logements, les terrains et les locaux commerciaux.

1.4.2. Les crédits à la réalisation.

Cette seconde catégorie du crédit est consacrée au financement de la réalisation des projets de
construction, d’extension ou de surélévation.

1.4.3. Autres formes de crédits immobiliers.

Il existe d’autres formes de crédits immobiliers, tels que :

1.4.3.1. Le crédit jeune.

La CNEP-Banque à lancé le crédit immobilier jeune qui permet, d’obtenir un crédit pouvant
aller jusqu’à 100% pour l’achat d’un logement ou la construction d’une habitation. Les
caractéristiques de ce crédit sont les suivantes :

 Ce crédit destiné aux moins de 35 ans ;


 Ayant un revenu régulier ;
 Permet de financer jusqu’à 100% du prix de cession du logement :

-Achat d’un logement promotionnel ;

- Achat d’un logement social participatif ;

- Achat logement vente sur plan.

 La durée maximale du crédit est de 40 ans ;


 La limite d’âge est de 70 ;
 Le postulant bénéficie d’un différé de remboursement :

- Une année, en cas d’achat d’un logement neuf ou ancien ;

6
Document interne de la CNEP-Banque

82
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

- De 42 mois, en cas de construction d’une habitation.

 Les taux d’intérêt applicables au prêt jeune sont :


 - De 5% pour épargnants ;
 - De 6% pour les non épargnants.

Néanmoins, ces taux d’intérêts sont révisables en fonction de l’évolution des conditions de
banque.

 L’habitation à acquérir constitue une garantie et fera l’objet d’une hypothèque du


premier rang au profit de la CNEP-Banque.

1.4.3.2. Le crédit immobilier à taux bonifié.

Le crédit à taux bonifié (appelé aussi taux privilégié) est un crédit bancaire à des conditions
avantageuses. C’est un taux inférieur à celui pratiqué, habituellement, pour un même type du
crédit, les taux bonifiés sont rendus possibles grâce aux aides de l’Etat. En 2010, l’Etat a lancé
le décret exécutif n° 10-87 relatif au crédit immobilier à taux bonifié de 1% ou de 3%. Les
caractéristiques de ce crédit sont les suivantes :

Tout citoyen bénéficiaire d’un Logement Sur Plans (LSP) a le droit au crédit à intérêt bonifié
entre 1% et 3%, à condition qu’il ne soit pas débiteur d’une quelconque institution financière
en Algérie et que le prêt soit consacré à l’achat du LSP qui, d’un autre côté, l’empêche de
bénéficier d’un logement rural. Les ménages dont le salaire se situe entre 1 et 4 fois le Salaire
Minimum Interprofessionnel de Garantie1 (SMIG), bénéficieront d’un crédit immobilier à taux
bonifié, en plus d’une aide frontale du Trésor public. Les ménages dont leurs salaires allant de
4 à 6 fois SMIG, aurons des crédits avec un taux d’intérêt bonifié différent, mais auront aussi
droit à une aide frontale. Mais les salaires dépassant 6 fois le SMIG, auront d’autres taux
bonifiés mais ne bénéficieront pas d’aide frontale.

83
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

Section 2 : Traitement d’un dossier du crédit immobilier

Dans le cadre d’acquisition d’un logement collectif Vente Sur Plans (VSP) auprès d’un
promoteur, un client qu’on citera sous le nom de Mr X, s’est présenté auprès de l’agence wilaya
« 201 » afin de solliciter un crédit immobilier. Après son entretien avec le chargé de clientèle
du Front Office, celui-ci s’est avéré éligible au prêt désiré.

2.1. Conditions d’éligibilités.

Il est éligible à un crédit CNEP toute personne remplissant les conditions suivantes :

- Avoir la nationalité algérienne ;


- Avoir la capacité juridique de contracter un prêt, être majeur ou émancipé ;
- Avoir la solvabilité justificative d’une capacité de remboursement suffisante ;
- Justifier d’un revenu stable ;
- Être âgé de 70 ans au maximum ;
- Le bien à financer est situé, en Algérie.

2.2. Les étapes du traitement d’un dossier du crédit.

Le traitement du dossier s’étalera sur des principales étapes, à savoir7 :

- Prise du contact avec le client ;


- Réception et vérification des pièces constitutives du dossier de demande du
crédit ;
- Etude du dossier ;
- Etablissement de la fiche technique de l’étude du dossier ;
- Signature de contrat du prêt ;
- Mobilisation du crédit ;
- Recueil de la garantie ;
- Recouvrement.

7
- Document interne de la CNEP-Banque.

84
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

2.2.1. Prise de contact avec le client.

La prise du contact est une étape décisive dans le processus d’octroi du crédit. La priorité
du banquier est avant tout de donner une bonne impression et d’essayer par tous les moyens
possibles de satisfaire sa clientèle.

Pour cela, il est indispensable que le banquier soit à l’écoute de sa clientèle (dans le
cadre du possible) afin de cerner les véritables besoins du client et être capable de proposer des
solutions efficaces pour les combler. Lors de la présence du client X au niveau du front office,
le chargé de la clientèle tente d’avoir les informations concernant les points suivants :

 Identification du client.

Nom, prénom, date et lieu de naissance, situation familiale, adresse du domicile,


profession, adresse de l’employeur, pièce d’identité, revenu…. Notre client X souhaite acheter
un logement vente sur plans auprès d’un promoteur, le prix de cession fixé par les deux parties
est de quatre million huit-cent quarante mille dinars algériens (5.167.250,00DA).

 Le logement objet de financement

Type : F4
Superficie :
Emplacement : Quatre chemins boulevard de la Soummam Béjaïa ;
; Prix de vente : 5.167.250,00DA

2.2.2. Réception et vérification des pièces constitutives du dossier de demande du crédit.

Après identification du client X qui répond aux conditions d’éligibilité, celui-ci est
invité au niveau du Front Office afin de remettre un dossier constitué des pièces suivantes :

2.2.2.1. Pièces communes.

Les pièces communes sont :

- Formulaire de demande de crédit, fourni par la banque, rempli par Mr X

(Cf. annexe n° 01) ;

- Photocopie de la pièce d’identité légalisée ;

85
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

- Fiche familiale récente ;


- Extrait de naissance ;
- Certificat de résidence (moins de trois mois) ;
- Relevé des émoluments et attestation de travail suivant modèle CNEP-Banque datant
d’où moins de trois mois (Cf. annexe n° 02).
- Copie de la carte de sécurité sociale ;
- Autorisation de prélèvement sur compte chèque ouvert auprès de la CNEP- Banque,
Formulaire CNEP-Banque (Cf. annexe n°03).

2.2.2.2. Pièces particulières.

Les pièces particulières sont les suivantes :

- Acte de vente sur plan notarié, publié et enregistré au niveau de la conservation foncière.
- Attestation de garantie du promoteur souscrite auprès du Fond de Garantie et de Caution
Mutuelle des Promoteurs Immobiliers (FGCMPI).

Après avoir déposé le dossier par le client et s’assurer que le dossier contient tous les
documents essentiels et contrôler la vraisemblance des documents fournis pour éviter tout
risque de fausse déclaration pouvant induire l’agence en erreur, le client recevra un récépissé
du dépôt du dossier du prêt, puis il aura un compte chèque auprès de cette agence.

2.2.3. Etude du dossier.

Après vérification de la conformité et l’authenticité des pièces et documents fournis par


Mr X et classement des pièces par nature du dossier au niveau du Back office par le chargé du
crédit. Ce dernier procèdera à l’enregistrement chronologique du dossier sur un registre ouvert,
à cet effet.

2.2.3.1. Contrôle du fichier clientèle.

Le contrôle du fichier « clientèle crédit » reste obligatoire avant notification au client et


formalisation du dossier. Il vise à vérifier si :

- Le postulant a déjà bénéficié d’un prêt auprès de la CNEP ou auprès d’une autre banque.
- Le postulant n’est pas en situation d’impayé.

86
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

A cet effet, l’agence doit établir une demande de consultation selon le modèle joint en annexe
n°04 (fiche de suivi et du contrôle). Les résultats de la consultation sont numérotés et classés
dans un classeur ouvert à cet effet.

2.2.3.2. Détermination du montant du crédit.

Avant de déterminer le montant du crédit à accorder au client, la banque procède d’abord


à la détermination :

- De sa capacité de remboursement ;
- De la durée du crédit ;
- Du taux d’intérêt.
 Capacité de remboursement.

Selon le tableau de la « capacité de remboursement des postulants », le taux appliqué


dans ce cas (revenu de Mr X est égal à 89.263,24 DA est donc supérieur à 4 fois et inférieur à
8 fois le Salaire Minimum Interprofessionnel de Garantie (SMIG) est de 50 %. Le SMIG a été
fixé par les pouvoirs publics à dix-huit mille dinars (18.000,00DA) et ce à compter de janvier
2012.

Tableau N°09 : Capacité de remboursement des postulants aux crédits immobiliers


Unité %

Si le revenu mensuel net Commerçants, artisans,


est : Salarié professions libérales
Inférieur ou égal à 2 fois le 30 40
SMIG
Supérieur à 2 fois, et
inférieur ou égal à 4 fois le 40 45
SMIG
Supérieur à 4 fois, et
inférieur ou égal à 8 fois le 50 55
SMIG
Supérieur à 8 fois 55 60
le SMIG
Source : Document interne de la CNEP-Banque

87
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

La capacité de remboursement se calcule selon la formule suivante :

Capacité de Remboursement (CR) = Revenu Mensuel Net (RMN) * 50%


CR = RMN* 50%

CR = 89263,24* 50% = 44 631, 62 DA

Capacité de remboursement = 44 631,62 DA

 La durée du crédit

Les crédits immobiliers peuvent avoir une durée qui s’étend jusqu’à 40 ans pour les Jeunes de
moins de 35 ans, elle est calculée en fonction de l’âge.

Durée du crédit = Âge limité - Âge du postulant

Puisque Mr X est né, en 1980, donc, en 2013, il a 33 ans.

La durée du crédit = 70 ans - 33ans = 37 ans.

Le crédit sollicité donne lieu à 4 ans de différé. Pendant cette période, le client ne paie que les
intérêts intercalaires et donc la durée totale du crédit (durée de remboursement) est de 36 – 3

= 34 ans.

La durée du crédit = 34 ans

 Le taux d’intérêt

Le taux d’intérêt appliqué au crédit immobilier pour le client X âgé de 33ans en vue
d’acquisition d’un logement collectif vente sur plan auprès d’un promoteur avec un salaire qui
se situe entre trois (3) et six (6) fois le SMIG est un taux bonifié à 1% au lieu de 6%.

88
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

Le taux appliqué = 1 %

 Détermination du montant du crédit.

Le montant du crédit se calcule selon la formule suivante :

𝑪𝒂𝒑𝒂𝒄𝒊𝒕é 𝒅𝒆 𝒓𝒆𝒎𝒃𝒐𝒖𝒓𝒔𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕
Montant du Crédit (MC)=
𝑽𝒂𝒍𝒆𝒖𝒓 𝑻𝒂𝒃𝒖𝒍𝒂𝒊𝒓𝒆 (𝑽𝑻)

Pour le cas du crédit pour jeune (moins de 35 ans), la CNEP-Banque peut accorder un crédit
pouvant aller jusqu’à 100% du prix de cession du logement. La valeur tabulaire est un
coefficient déterminé sur la base d’une formule mathématique qui se calcule commesuite :

(𝒕𝒂𝒖𝒙/𝟏𝟎𝟎)/𝟏𝟐)
Valeur Tabulaire (VT)= 𝟏 – [(𝟏+ (𝒕𝒂𝒖𝒙/𝟏𝟎𝟎 /𝟏𝟐)] (−(𝑫𝒖𝒓é𝒆∗𝟏𝟐)

On a :

Taux : 1%, durée du crédit : 37ans

Selon ces données, la valeur tabulaire sera de :

1/100/12
VT =1−[1+ (1/100)/12]−34∗12

0,000833333
VT = 1 – (0,711871109) VT= 0,002892224

Dans ce cas, le montant du crédit sera :

44.631,62
MC = = 15.431.506,38
0,002892224

Crédit = 15.431.506, 38 DA

89
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

Donc, le montant 15.431.506,38 DA représente le prêt maximum que la CNEP banque peut
accorder au client X vue sa capacité de remboursement, le montant est donc considéré comme
théorique. Ce client a demandé que 4 840 000 DA (le client peut supporter largement ce crédit
demandé étant donné qu’il est inférieur au maximum déterminé).

A cet effet, la banque met en place au profit du client un prêt de 4.840.000 DA au taux de
1% l’an, sur une durée de 34 ans.

La capacité de remboursement correspond à la mensualité du prêt de 44.631,62 DA. Par contre,


le crédit que la banque décidera d’accorder est de 4.840.000 DA. Afin de trouver la mensualité
correspondante à 4.840.000 DA, nous reprenons le raisonnement suivant :

 Calcul de la mensualité.

Mensualité = Echéance en capital et intérêt + Prime d’assurance décès.

Echéance en capital et intérêt = Crédit accordé * VT

Echéance en capital et intérêt = 4.840.000 * 0,002892224 = 13.997,54 DA.

La banque prêteuse fait souscrire à l’emprunteur une assurance pour garantir le risque de décès,
Invalidité Absolue et Définitive (IAD), ce produit est commercialisé par l’organisme
d’assurance CARDIF EL DJAZAIR8

Le montant de l’assurance (prime) est déterminé selon la formule suivante :

Prime d’assurance = crédit accordé * coefficient d’assurance

Prime d’assurance = 4.840.000 * 0,037 % Prime d’assurance = 1.790,80 DA

Mensualité = 13.997,59 + 1.790,80 Mensualité = 15.788,34 DA.

CARDIF EL DJAZAIR : Filiale de la Banque Nationale du Paris (BNP), Paribas assurance, agrée en Algérie, en 2006, elle est spécialisée
dans l’assurance de personnes
.

90
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

Tableau N°10 : Les différents taux d’assurances.

Taux de la Taux de la Taux de la


Types du Couverture prime prime Co- prime Co-
prêt Emprunteur emprunteur ou emprunteur
principal caution plus de ou caution
35ans moins de 35
ans

Prêt bonifiés Décès seul : 100


(1et 3) du CRD 0.037 0.037 0.029
Prêtlocation-
vente
(programme Décès seul : 100
e 65.000 du CRD 0.037 0.037 0.037
logement)
Autre prêt
immobiliers Décès seul : 100
(y compris la du CRD 0.045 0.040 0.029
location
habitation)
Offre Enrichie (au choix du client)

Décès + IAD : 100 du CRD


+ 20 en cas de Décès / IAD 0.052 0 .042 0.029
accidentel
Source : Document interne de la CNEP-Banque.

91
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

 Calcul de l’échéance.

L’échéance se calcule à partir de la mensualité sachant que la mensualité regroupe


l’assurance et l’échéance.

Mensualité (Mst) = Echéance +Assurance

Donc :

Echéance = Mst – assurance

Le tarif de l’assurance est déterminé par la société d’assurance selon le montant du crédit
accordé.

Echéance = 15.788,34 - 1790,80

Echéance = 13.997,54 DA

Le montant du prêt obtenu est de 4.480.000 DA, il est calculé sur la base de la mensualité.

Le montant est donc considéré comme étant théorique. Alors, on procède au calcul du crédit
réellement accordé à la base de l’échéance.

On aura :

𝑬𝒄𝒉é𝒂𝒏𝒄𝒆 (𝑬)
𝑪𝒓é𝒅𝒊𝒕 𝑨𝒄𝒄𝒐𝒓𝒅é (𝑪𝑨) =
𝑳𝒂 𝑽𝒂𝒍𝒆𝒖𝒓 𝑻𝒂𝒃𝒖𝒍𝒂𝒊𝒓𝒆 (𝑽𝑻)

13.997 ,54
𝐶𝐴 = = 4.840.000
0,002892224

2.2.4. Etablissement de la fiche technique

La fiche technique du dossier du crédit (Cf. annexe n°05) est établie après le calcul
des différents montants par l’agence domiciliataire. La fiche technique est élaborée et signée
par le préposé du crédit, elle est contrôlée et visée par le responsable du crédit chargé du
contrôle du dossier. La fiche technique est soumise au comité du crédit pour :

- Décision si, pouvoir agence et rédaction du procès-verbal de réunion du comité agence ;

92
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

- Avis si, pouvoir réseau ou direction centrale du crédit (siège), et rédaction du procès-verbal.

Le pouvoir de décision d’engagement du crédit immobilier est du ressort des


comités du crédit. Le comité du crédit délibère et statue, dans les limites fixées, sur un ensemble
de dossiers inscrits à son ordre du jour.

Tableau N°11 : Pouvoir d’engagement des comités du crédit

Unité : DA

Les comités Montant des crédits sollicité


Jusqu’à 3.000.000,00 quel que soit le type du
Comité du Crédit de l’Agence (CCA) Crédit.
Jusqu’à 8.000.000,00 quel que soit le type du
Comité du Crédit Régional (réseau CCR) Crédit.

Comité du Crédit Central (siège Alger Plus de 8.000.000,00.


CCC)
Source : Document interne de la CNEP- Banque

 Etablissement de décision d’octroi et la lettre d’accord au client

Etablir ou recevoir la décision d’octroi soit par l’agence, le réseau ou par la direction centrale
du crédit (Cf. annexe n°06). Après cette décision l’agence remettre au client et recueil son
acceptation ou son refus.

2.2.5. Signature du contrat du prêt

Après la signature de la notification d’acceptation d’octroi du crédit remise par la CNEP

Banque au client, le chargé de clientèle remet une convention du crédit qui contient les articles
suivants :

L’objet, le montant du crédit, le taux d’intérêt, durée du crédit, mobilisation du crédit, garantie,
assurance décès, remboursement du crédit, remboursement par anticipation, pénalité de retard,
clause pénale, force majeur, clause résolutoire, résiliations, règlement des litiges, droit et taxe,
élection domicile, entrée en vigueur de la convention.

93
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

Les articles de la convention doivent être consultés attentivement par le client, avant la signature
précédée de la mention « lu et approuvé ». Lors de cette phase, la banque procède au
prélèvement des frais du dossier.

2.2.5.1. Les frais d’étude et de gestion

Les frais d’étude et de gestion du crédit sont payés en une seule tranche par prélèvement sur le
premier déblocage du crédit octroyé.

• Les commissions

Les commissions à payer sont de : 15 000,00 DA (Cf. Tableau n°11).

En ajoutant :

- La TVA qui est de 17%, donc 15 000 * 0,17 = 2 250 DA

Tableau N°12 : Commissions en fonction du montant du crédit accordé

Unité : DA

Crédit (DA) Frais (HT) d’étude et de gestion


< 500.000,00 8.000 ,00
500.000,00 < crédit < 3.000.000,00 12.000,00
3 000 000,00 < crédit < 8.000.000, 15.000 ,00
00
Plus 8.000.000 25.000,00
Source : Document interne de la CNEP-Banque.

• L’assurance décès

L’assurance décès d’une année est de 1.790,80 * 12 = 21.489,60 DA

• L’assurance SGCI

Tous les crédits hypothécaires aux particuliers de la CNEP-Banque, sont soumis à


la couverture Assurance de Garantie des Crédits immobiliers « SGCI » contre le risque
d’insolvabilité. L’assurance SGCI couvre le risque d’incapacité définitive de l’assuré
(l’emprunteur) de procéder un remboursement du crédit dû, essentiellement, aux motifs

94
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

suivants : La perte d’emploi, la dégradation de la capacité de remboursement, la perte de la


deuxième source de revenu et le surendettement9.

Le montant de la prime d’assurance contre le risque d’insolvabilité est calculé sur la base du
montant du crédit et en fonction du Ratio : Prêt / Valeur à la garantie (RPV10) du bien
immobilier objet du crédit (Cf. Tableau n°12).

L’emprunteur règle le montant de l’assurance en prime unique (FLAT) avant la mobilisation


du crédit. Cette prime est versée, intégralement, et en seule fois par l’agence CNEP-Banque au
compte de la SGCI ouvert à cet effet.

 Mode de calcul de la prime d’assurance

Montant de la prime = (Montant du crédit * Taux de la prime) + TVA

Valeur du bien = 5.167.250 ,00 DA

Montant du crédit = 4.840.000,00 DA

RPV = 80 % (60% < RPV< 95%)

Taux de la prime= 1,00%

TVA = 17%

• Montant de la prime FLAT à payer par l’emprunteur

Montant de la prime (Hors TVA) : 4.840.000,00 DA * 1% = 48.400 DA

Montant de la TVA : 4.840.000,00 * 17% = 822.800,00 DA

Montant à payer : 48.400, 00DA + 822.800,00 DA = 871.200 DA

Le total des frais du dossier est de :

17.250,00 + 21.489,60 + 871.200,00 = 909939,60 DA.

9
Document interne de la CNEP-Banque.
10
Le RPV est le rapport en pourcentage (%) entre le montant du crédit et la valeur expertisée du bien
immobilier

95
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

Tableau n°13 : Le mode de calcul de la prime d’assurance Unité %

Ratio : Prêt / Valeur (RPV) Taux de la prime (Hors taxe)


RPV< = 40 0,50
40 < RPV< = 60 0,75
60 < RPV < = 95 1,00
Source : document de la CNEP-Banque.

2.2.6. Constitution des garanties

Au niveau de la CNEP-Banque, tout crédit octroyé doit être assorti d’une garantie
contre le risque de non remboursement de la créance qui peut survenir en cas d’impossibilité,
d’incapacité ou de refus du débiteur de rembourser son prêt ou encore en cas du décès de ce
dernier. Conformément à l’article six (06) de la convention, l’agence procède au recueil de la
garantie d’hypothèque du premier rang sur le bien de financement qui est le logement, dans ce
cas.

2.2.7. Mobilisation du crédit

Un ordre de mobilisation du crédit édité par le chargé du crédit, signé par le directeur
d’agence et adressé au responsable du service crédit pour déblocage de la somme du prêt au
profit du client X qui a souscrit une assurance décès tel qu’il est stipulé à la convention pour le
logement objet de financement. Le crédit sera mobilisé en plusieurs tranches selon le contrat
(VSP) pour le compte du promoteur.

Dans ce cas, le montant sollicité est 4.840.000 ,00DA, donc le traitement du dossier
se fait au niveau de l’agence, le délai de déblocage de crédit est de quinze (15) jours après la
délivrance d’un reçu de réception du dossier du crédit, la date de déblocage de crédit est le
15/05/2013.

La CNEP-Banque possède un système informatique qui englobe l’ensemble des


étapes de mobilisation du crédit qui sont les suivantes :

- Gestion du dossier du prêt ;


- Acceptation du dossier ;
- Entrée en portefeuille ;
- Déblocage de fonds ;
- Consolidation d’un prêt ;

96
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

- Tableau d’amortissement.

2.2.8. Le recouvrement

Le crédit de Mr X sera amortissable en 408 versements mensuels constants (le 15


de chaque mois) 15.788,34 DA de chacun, comprenant une part d’amortissement en principal
ainsi que des intérêts et de la prime mensuelle du fonds de garantie. Pendant la période du
différé 3 ans, l’emprunteur paie uniquement les intérêts intercalaires sur le montant du crédit
mobilisé. Le premier paiement des intérêts intervient 30 jours après la date de déblocage, soit
un montant d’intérêt à verser mensuellement de :

Montant du crédit accordé* taux *30

Intérêts intercalaires (mensuels) =

36 000

4.840.000 * 1 * 30

Intérêts intercalaires =

36.000

Intérêts intercalaires = 4.033,33 DA

Donc, le montant d’intérêts à verser, mensuellement, par le client X est de 4.033, 33


DA, ce qu’il lui fera un montant annuel de : 4.033, 33 * 12 = 48.400 DA.

Une fois, la période de différé achevée, c'est-à-dire le 15/04/2016, le client X


procèdera au paiement des mensualités. Le paiement de la première est fixé à trente (30) jours
après la période de différé, soit le 15/05/2016.

De ce fait, le client X devra payer un montant de 15.788,34 DA (mensualité) et cela


chaque mois pendant 34 ans, ce qu’il lui fera 408 mensualités à payer. La fonction de
recouvrement des crédits intervient dès que la première échéance est impayée. L’agence doit
alors suivre certaines étapes pour régler cette défaillance du client. Ces étapes sont les
suivantes11:

11
Document interne de la CNEP-Banque.

97
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

• Dans la première échéance qui suit l’incident, l’agence doit rappeler le client défaillant en
l’invitant à régulariser sa situation par une « lettre de rappel » (Cf. annexe n°09) ;

• Après 15 jours de l’envoi de la lettre de rappel, si le client ne se présente pas, l’agence lui
envoie une mise en demeure (Cf. annexe n°10), elle a pour effet de couper le délai de
prescription (si, ce dernier n’est pas coupé par une mise en demeure pendant cinq (05) ans après
la constatation de l’impayé, l’emprunteur devient propriétaire du bien) ;

• Deux semaines après l’envoi de la mise en demeure, si le client ne se manifeste pas, l’agence
va envoyer au client une sommation de payer par la voie d’un huissier de justice

(Cf. annexe n°12).

• S’il trouve le client, il lui adresse un PV, attestant que l’impayé lui a été notifié. S’il ne le
trouve pas, il va adresser un PV de créance ;

• Si le client se présente, le banquier entreprend avec lui un entretien pour analyser le problème
et proposer des solutions, deux (02) peuvent se présenter :

- L’emprunteur peut régler l’intégralité des sommes dues : le banquier procède donc au calcul
de ces sommes en intégrant les pénalités de retard et lui fait signer une lettre d’engagement (Cf.
annexe n°13) ;

- L’emprunteur ne peut pas payer toutes les sommes dues : le banquier lui propose alors un
remboursement partiel qui consiste en un paiement d’au moins de 50% du montant de l’impayé
et de rééchelonner le reste sur une période d’un an maximum ;

• Si le client ne se présente pas, le banquier va utiliser les recours légaux.

98
Chapitre III : Traitement et gestion d’un dossier du crédit immobilier

Conclusion

Le risque est une partie intégrante de l’activité bancaire, sa maîtrise reste donc une
préoccupation majeure pour le banquier qui doit chercher les meilleurs outils pour les maîtriser.
La CNEP-Banque, a mis en place toute une panoplie de prêt immobiliers adaptés aux différents
besoins des emprunteurs, toutefois, chaque demande du crédit immobilier doit faire l’objet d’un
traitement d’un dossier du crédit pour minimiser les risques que peut encourir la banque.

Les crédits immobiliers sont des crédits à hauts risques car, ils mobilisent
d’importantes sommes à long terme. De ce fait, toute demande du crédit doit être bien étudiée
et ce, à travers, les étapes suivantes :

- Prise de connaissance du client ainsi que du projet à financer ;


- Vérification des documents ;
- Evaluation de la situation du demandeur du prêt (familiale, professionnelle et
(financière) ;
- Recueil des garanties.

Le banquier doit alors bien se renseigner sur l’environnement du prêt et évaluer les capacités
d’endettement et de remboursement du client.

99
Schéma N° 01 : Organigramme de l’agence CNEP-Banque. Source : (CNEP : Support pour la direction du réseau CNEP, juin 2009).

Président Directeur Général

Audite interne D. Inspection Général

D.G.A des
D .G. A D.G.A D.G.A Crédit D.G.A D.G.A D.G.A
finances
Développe Administration Assainissemen Recouvremen Système
comptabilité et
ment t t d’information
contrôle
D. D. Finance
D.Prévision D. Contrôle de D.
Administration des
et cul de comptabilité D. Informatique
et moyens promoteurs
gestion Recouvrement
D.Etudes
D.Ressources D. D’épargne
humaines
D. Crédit aux Co,co
D.Marketing D.
Particulier
D. Organisation
D . Finance D. Etude
D.Protection
Assainissemen Trésorerie
du Patrimoine Juridiques
t
Directeur des D. contrôle D. de la
D.Contrôle de
ressources des Monétique
D.Promotion l’épargne
D’exploitation engagements
immobiliers
D.Comptabilité
78
Conclusion générale

L'une des finalités d'un crédit pour le banquier est son remboursement. Or, dans des cas
de plus en plus fréquents, les remboursements ne s'effectuent pas à l'échéance prévue se
trouvant parfois définitivement compromis. Dans cette situation, la banque voit se matérialiser
un risque de contrepartie et doit essayer de procéder, le plus rapidement possible au
recouvrement de sa créance. Elle doit aussi mettre en œuvre des stratégies pour éviter d'autres
incidents de paiements afin d’améliorer ses performances à différents niveaux.

Maîtriser et gérer le risque est une tâche importante pour les responsables des banques.
Moyennant différentes méthodes de gestion, classiques et / ou nouvelles, les responsables
peuvent atténuer ces risques et faire accroître la performance de leurs établissements.

Face à la panoplie des risques auxquels sont exposées les banques, des normes
prudentielles et réglementaires s'avèrent d'une importance capitale pour assurer une certaine
cohérence au sein de communauté bancaire et garantir sa solidité.

Dans ce contexte, nous avons essayé, à travers ce travail, de traiter la problématique de


notre étude qui portrait sur la possibilité d’application immobilier, nous sommes intéressés
beaucoup plus sur les différentes méthodes d’évaluations, ainsi l’ensembles des procédures
pratiquées pour minimiser les risques dans les banques.

Le risque existe et existera toujours mais il ne doit pas pour autant figer les banques
dans l'attentisme. Il est inhérent au crédit : il ne peut être éliminé, seulement limité, tout le jeu
consiste à prendre de bons risques.

Pour les banques commerciales, les objectifs et les stratégies sont plus que jamais
orientés vers la rentabilité notamment pour les bailleurs de fonds. Les sanctions du marché en
cas de mauvaises performances sont en effet impitoyables.

Dans cet environnement et selon cet objectif primordial, la gestion du crédit est le
facteur de réussite d'une banque universelle. Sa gestion et son analyse sont un enjeu très
important puisqu'une bonne gestion du crédit permet d'atteindre ce fameux cercle vertueux,
synonyme de réussite.

Aujourd'hui la plupart des banques ont fait des efforts et des progrès énormes dans
plusieurs domaines pour atteindre leurs objectifs de rentabilité ou leurs impératifs de
compétitivité. Ces évolutions ont, pour beaucoup, été provoquées par les profondes mutations
du secteur au cours des vingt dernières années.

100
Conclusion générale

Que ce soit avec le nouveau cadre réglementaire et le ratio de solvabilité ou la pression


de la concurrence notamment liée au désencadrement du crédit, les banques ont profondément
changer, évoluer et adapter leur approche à l'environnement.

Les banques n'ayant pas réussi à opérer ces changements, ont été généralement rachetées
ou ont connu de très grosses difficultés à chaque crise bancaire, allant parfois jusqu'à disparaître.
Ce dernier phénomène est quand même très rare. Les autorités bancaires, par leur
réglementation, ont réussi à renforcer le système financier et pousser les établissements
bancaires à une meilleure prise en compte de leurs risques. Etant au centre de la réforme du
ratio de solvabilité, le risque de crédit, sera désormais dans un avenir proche considérablement
mieux pris en compte par les banques.

Grâce à la notation interne et à une meilleure allocation des fonds propres, la gestion du
risque de crédit s'en trouvera affiné et permettra un avantage compétitif ou une différenciation
pour ceux qui auront les meilleurs systèmes de notation interne.

En revanche l'analyse crédit n'a, fondamentalement, pas changé et ne risque pas


d'évoluer encore considérablement. La filière risque d'une banque est toujours la même et
l'analyste crédit sera toujours celui qui évaluera les risques en tenant compte des pratiques
bancaires, des règles d'orthodoxie financière et des informations disponibles, parfois
subjectives. L’analyste établira toujours son diagnostic en rendant un avis motivé, sous réserve
de garanties.

L’activité principale de la CNEP-Banque est le financement du secteur de l’habitat qui


constitue un secteur stratégique et privilégié du développement économique et social du pays.
Le système de financement du crédit immobilier cherche à satisfaire tous les besoins de la
clientèle, le rôle assigné aux banques est d’avoir une plus grande maîtrise et de mieux gérer le
crédit immobilier, et ainsi rendre le marché hypothécaire plus crédible. A cet effet, la création
de la Société de Garantie de Crédit Immobilier (SGCI) et le Fond de Garantie et de Caution
Mutuelle de la Promotion Immobilière (FGCMPI), a certes donné plus de sécurité aux banques
en matière d’octroi du crédit immobilier, mais reste insuffisant en vue de promouvoir un vrai
marché hypothécaire.

La CNEP Banque est dans le but d’assurer sa suprématie sur le secteur de logement mis
en place toute une panoplie du prêts immobiliers adaptés aux différents besoins des
emprunteurs, toutefois, chaque demande de crédit immobilier doit faire l’objet d’une étude et

101
Conclusion générale

d’un suivi du dossier pour minimiser les risques que peut encourir la banque, cette étude se fait
selon plusieurs étapes, à savoir :

 Faire une analyse approfondie du dossier de l’emprunteur.


 Prendre des garanties réelles et personnelles contre tout évènement imprévisible.
 Recourir aux produits offerts par les nouvelles institutions en matière de solvabilité des
documents de crédit (assurance décès, SGCI, FGCMPI).
 Le suivi et le recouvrement du crédit.

102
LISTE DES ANNEXES

Annexe n°01 : La demande de crédit.


Annexe n°02 : Relevé des émoluments et attestation du travail.
Annexe n°03 : Autorisation de prélèvement sur compte.
Annexe n °04 : Demande consultation d’agence.
Annexe n°05 : Fiche Technique Crédit.
Annexe n°06 : Décision d’octroi de crédit.
Annexe n°07 : Lettre d’acceptation d’octroi de crédit.
Annexe n°08 : Valeurs tabulaires.
Annexe n°09 : Lettre de rappel.
Annexe n°10 : Mise en demeure.
Annexe n°11 :1er Sommation.
Annexe n°12 : 2éme Sommation.
Annexe n°13 : Lettre d’engagement
LISTE DES TABLEAUX

Tableau n°01 : Les principaux ratios de structure dans l’analyse liquidité /Exigibilité .... 46
Tableau n°02 : Les principes ratios de structure dans l’analyse fonctionnelle .................. 47
Tableau n°03 : Ratios de liquidité ..................................................................................... 48
Tableau n°04 : Principaux ratios de rotation...................................................................... 49
Tableau n°05 : Les ratios de rentabilité ............................................................................. 50
Tableau n°06 : Ratios de la rentabilité économique .......................................................... 52
Tableau n°07 : Ratios de la rentabilité financière .............................................................. 52
Tableau n°08 : L’histoire du crédit scoring en 10 dates .................................................... 56
Tableau n°09 : Capacité de remboursement des postulants aux crédit immobiliers ......... 87
Tableau n°10 : Les différents taux d’assurances................................................................ 91
Tableau n°11 : Pouvoir des comités du crédit ................................................................... 93
Tableau n°12 : Commissions en fonction du montant du crédit accordé .......................... 94
Tableau n°13 : Le mode de calcul de la prime d’assurance ............................................... 96

LISTE DES SHEMAS

- Organigramme de la direction du réseau CNEP-BANQUE ................................... 78


- Organigramme de l’Agence CNEP-Banque de TIZI-OUZOU .............................. 81
Références bibliographies

Ouvrages :

 Alain MARION, Analyse financières, concept et méthodes, 2 -ème édition, éd DUNOD,


Paris.

 ALTMAN E.I. « Financial Ratios, Discriminant Analysis and the Prediction of


Corporate Bankruptcy », The Journal of Finance, 1968, traduction en français in Girault
F.& Zinswiller R, Finance modernes : théories et pratiques, Tome I, Edition Dunod,
1973.
 Axelle LABADI et Olivier ROUSSEAU. Crédit management, gérer le risque client.
Ed Economica, Paris, 1996.
 A.M. PERCIE DU SERT. « Risque et contrôle de crédit », édition économica, Paris
1999.
 Calvet H. : « Etablissement de crédit : Appréciation, évaluation et méthodologie de
l’analyse financière » : Edition Economique ; Paris ; 1997.
 Chouam BOUCHAMA, Evaluation et choix des investissements. Ed Dar el Gharb,
Oran, 2002.
 CONSOP. L’entreprise en 24 leçons, Dunda, Paris, 2001.

 DUBERNE M, « gestion actif-passif et tarification des services bancaires », Edition


Economica, Paris 2000.
 Gérard MELYON, Gestion financière. Ed Bréal, France, 1999.
 Gregory HEEM, le contrôle interne du risque de crédit bancaire, thèse de doctorat en
science de gestion, université de Nice, 2000,
 GOLVAN.Y, « Banque Assurance », éd DUNOD, Bordas, paris, 1988,
 Jean Louis AMEON. L’essentiel à connaître en gestion financière. 2ème édition
MAXIMA, France, 2000 ;
 Jean Louis RIVES LONGE et Monique Contamine RAYNAUD. Droit bancaire. 5ème
Édition Dalloz, Paris, 1990 ;
 Luc BERNET ROLLAND, Principes de techniques bancaires, 22 -ème éd, Dunod,
paris, 2002 ;
 Luc BERNET ROLLANDE, Principes de techniques bancaires. 21ème édition Dunod,
Paris, 2001 ;
 LUC BERNET- ROLLANDE, « principes de technique bancaire », éd 23émé, Paris,
2004,
Références bibliographies

 Michel DIETSH et Joel PETEY. Mesure et gestion de risque de crédit dans les
institutions financières. Ed Revue banque, Paris, 2002,
 Michel GAUDIN, « le crédit aux particuliers », édition SEFI, Québec, 1996 ;
 Nicolas VAN PRAAG. Le crédit management et le crédit scoring. Ed. Economica,
Paris, 1995 ;
 PHILIPPE G .et STEPHANIE P., La banque : fonctionnement et stratégies, éd
Economica, Paris, 1997 ;
 PIERRE-Charles P, Economie et Gestion bancaire, éd Dunod, Paris, 1999 ;

TEXTE REGLEMENTAIRE

 Ordonnance n°03-11 du 26 aout 2003, relative à la monnaie et au crédit.

AUTRES DOCUMENTS
 Document interne de la CNEP-Banque.

SITES WEB
 www.wikipedia.org
 www.acp banque.fr
 www.doc-étudiant.fr
 www.banque of-algeria.dz
TABLE DES MATIERES

Liste des abréviations

Introduction générale ........................................................................................................ 1

Chapitre I : Notion de base sur les banques et les crédits bancaire ............................. 4

Introduction ....................................................................................................................... 4

Section 1 : Le fonctionnement bancaire .......................................................................... 4

1.1. Définition de la banque .......................................................................................... 4

1.2. Le Rôle économique d’une banque ........................................................................ 5

1.3. Typologie des banques en Algérie ......................................................................... 6

1.3.1 La banque centrale........................................................................................ 6

1.3.2. La banque de dépôts .................................................................................... 6

1.3.3. La banque d’affaires .................................................................................... 6

1.4. Evolution du système bancaire algérien ................................................................. 6

1.4.1. La première période de l’indépendance à1966............................................ 7

1.4.2. La deuxième période de 1966 à 1970.......................................................... 7

1.4.3. La troisième période de 1970 à 1978 .......................................................... 8

1.4.4. La quatrième période de 1978 à 1986 ......................................................... 8

1.4.5. La cinquième période de 1988 à ce jour...................................................... 8

Section 2 : Notion sur le crédit bancaire ......................................................................... 9

2.1. Définition du crédit ................................................................................................... 9

2.1.1 Définition étymologique .............................................................................. 9

2.1.2 Définition juridique ...................................................................................... 9

2.1.3 Définition économique ................................................................................. 9

2.2. Les caractéristiques du crédit bancaire .................................................................. 10

2.2.1 La confiance ................................................................................................. 10

2.2.2 Le temps ....................................................................................................... 11

2.2.3 Rémunération ............................................................................................... 11


2.2.4 Le risque ....................................................................................................... 11

2.3. Le rôle du crédit .................................................................................................... 11

Section 3 : Type des crédits octroyés aux entreprises et leurs limites .......................... 13

3.1. Type octroyé aux entreprise ................................................................................... s13

3.1.1. Les crédits par d’exploitation ..................................................................... 13

3.1.1.1 Les crédits par caisse ............................................................................ 13

3.1.1.2 Les crédits par signature ....................................................................... 16

3.1.2 Financement des investissements ................................................................. 20

3.1.2.1 Les crédits à moyen terme .................................................................... 20

3.1.2.2 Les crédits à long terme ....................................................................... 21

3.1.2.3 Le crédit-bail ........................................................................................ 21

3.1.3 Financement du commerce extérieur .......................................................... 24

3.1.3.1 Financement de l’importation .............................................................. 24

3.1.3.2 Financement de l’exportation ............................................................... 25

3.1.3.3 Le financement des particuliers ............................................................ 26

3.2 Limites lies aux contraintes de gestion de la banque ............................................. 29

Conclusion ........................................................................................................................... 30

Chapitre II : Notion sur le risque des crédits et la démarche de sa maîtrise ............... 31

Introduction ......................................................................................................................... 31

Section 1 : Base théorique sur le risque de crédit ........................................................... 31

1.1 Définition du risque de crédit ................................................................................. 31


1.2 Les différentes catégories des risques de crédits .................................................... 32

Section 2 : Méthode d’analyses et d’évolution du risque de crédit ............................... 39

2.1 Méthode classique .................................................................................................. 39

2.1.1 Analyse financière ....................................................................................... 39

2.1.1.1 Définition et objectifs ........................................................................... 39

2.1.1.2 L’équilibre financière ........................................................................... 40


2.1.2 La méthode des ratios ..................................................................................... 44

2.1.2.1 Définition ............................................................................................. 44

2.1.2.2 Différents types des ratios .................................................................... 45

2.1.3 Les principes limites et conséquence du diagnostic financier classique ......... 53

2.2 Méthode statistique ..................................................................................................... 54

2.2.1 La méthode des scores ...................................................................................... 54

2.2.1.1 Définition du crédit scoring..................................................................... 54

2.2.1.2 Historique du scoring ............................................................................... 55

2.2.1.3 La fonction score ...................................................................................... 57

2.2.1.4 Intérêts et limites ...................................................................................... 58

2.2.2 Les systèmes experts ........................................................................................... 58

2.2.2.1 L’objectif des systèmes experts des banques ............................................ 59

2.2.2.2 La construction d’un système expert ......................................................... 60

2.2.2.3 Les avantages et les limites des systèmes experts ...................................... 61

2.2.3 Le Ranking ........................................................................................................... 62

2.2.3.1 Définition .................................................................................................... 62

2.2.3.2 Avantages et utilisations.............................................................................. 62

2.2.4 La méthode des points de risque ............................................................................ 63

2.2.4.1 Définition ...................................................................................................... 63

2.2.4.2 Organisation d’un système de points de risque ............................................. 63

2.2.4.3 Avantages et limites de la méthode des points de risque .............................. 64

2.2.5 L’analyse neuronale ................................................................................................. 65

2.2.5.1 Définition d’un réseau de neurones ................................................................. 65

2.2.5.2 Les principes de fonctionnement d’un réseau de neurones ............................. 66

2.2.5.3 Avantage et limites ........................................................................................... 66


Section 3 : Limitation des risques de crédit bancaire .................................................... 68

3.1. La diversification des portefeuilles de crédit .......................................................... 68

3.2. Les études approfondies du futur débiteur .............................................................. 68

3.3. La surveillance constante de la solvabilité ............................................................... 69

3.4. La prise des garanties ............................................................................................... 69

3.4.1 Les garanties réelles .......................................................................................... 69

3.4.2 Les garanties personnelles ................................................................................. 70

Conclusion ........................................................................................................................... 71

Chapitre III : Traitement et Gestion d’un dossier du crédit immobilier ..................... 72

Introduction ....................................................................................................................... 72

Section 1 : Présentation de la CNEP-Banque .............................................................. 72

1.1.Historique de la CNEP-Banque .............................................................................. 72


1.1.1 La période de 1964-1970 : Collecte de l’épargne sur livret ....................... 73
1.1.2 La période de 1971-1979 : Engagement du financement de l’habitat ........ 73
1.1.3 La période de 1980-1990 ; La CNEP-Banque au service de la promotion
immobilière................................................................................................. 73
1.1.4 La période de 1990-1999 : Instruction de la loi sur la monnaie et le crédit
.................................................................................................................... 73
1.1.5 La période de 2000 à nos jours ................................................................... 74
1.2 Caractéristique et mission de la CNEP-Banque ................................................... 75
1.2.1 Les caractéristiques de la CNEP-Banque ................................................... 76
1.2.2 Les missions de la CNEP-Banque .............................................................. 76
1.2.2.1 Les produits de la banque ..................................................................... 76
1.2.2.2 Les emplois de la banque .................................................................... 77
1.2.3 Présentation de l’agence de la CNEP-Banque de Tizi Ouzou .................... 79
1.2.4 Front office ................................................................................................. 79
1.2.5 Back office .................................................................................................. 79
1.3 Les principales formes du crédit immobilier accordé par la CNEP-Banque ....... 82
1.3.1 Les crédits à l’accession ............................................................................. 82
1.3.2 Les crédits à la réalisation .......................................................................... 82
1.3.2.1 Autre forme de crédit immobilier ........................................................ 82
1.3.2.2 Le crédit jeune ...................................................................................... 82
1.3.2.3 Les crédits immobiliers à taux bonifié ................................................ 83
Section 2 : Le traitement d’un dossier du crédit immobilier ....................................... 84

2.1 Condition d’éligibilité ............................................................................................ 83

2.2. Les étapes du traitement d’un dossier du crédit immobilier ................................. 84

2.2.1. Prise de contrat avec le client ..................................................................... 85

2.2.2. Réception et vérification des pièces constitutives du dossier de demande

du crédit ............................................................................................ 85

2.2.2.1. Pièces communes ............................................................................ 85

2.2.2.2. Pièces particulières .......................................................................... 86

2.2.3. Etude du dossier .......................................................................................... 86

2.2.3.1. Contrôle du fichier clientèle ........................................................... 86

2.2.3.2. Détermination du montant du crédit ............................................... 87

2.2.4. Etablissement de la fiche technique ............................................................. 92

2.2.5 .Signature du contrat de prêt ........................................................................ 93

2.2.5.1 Les frais d’études et de gestion ...................................................... 94

2.2.6 .Constitution des garanties ........................................................................... 96

2.2.7. Mobilisation du crédit ................................................................................. 96

2.2.8. Le recouvrement .......................................................................................... 97

Conclusion ........................................................................................................................... 99

CONCLUSION GENERALE .......................................................................................... 100

ANNEXE

LISTE DES TABLEAUX

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUE

TABLE DES MATIERES

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