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LE SÉCHAGE
I. Introduction
Le séchage est l'une des plus principales opérations de conservation de nombreux produits
alimentaires. Il constitue souvent la dernière opération (après généralement l'opération
d'évaporation) du procédé de fabrication d'un produit. C'est une opération de séparation
thermique qui consiste à retirer tout ou une partie d'un liquide imprégnant un corps dit «
humide » par vaporisation de ce solvant. Le produit final est un solide qualifié de « sec »
même s'il contient une humidité résiduelle.
Le mode de séchage le plus utilisé dans l'industrie alimentaire est le séchage par entraînement
: la température reste inférieure à celle d'ébullition de l'eau et le gaz d'entraînement est
généralement de l'air. C'est l'air qui cède sa chaleur au produit et reçoit l'humidité extraite de
celui-ci. Le séchage est alors défini comme étant un double transfert de chaleur et de
masse.
La compréhension des phénomènes mis en jeu lors du séchage des produits alimentaires se
base principalement sur : (i) les équilibres air-produit ; et (ii) les cinétiques de séchage et de
transformation du produit.
Ce cours fait suite au cours relatif à l'évaporation et s'attache à présenter dans un premier
temps les principes physiques du séchage ; en se basant sur ceux-ci, la construction et les
propriétés du diagramme enthalpique de l'air humide seront étudiées. Par la suite, nous
aborderons succinctement quelques notions de bilan sur les séchoirs. Nous terminerons en
présentant les principaux types de séchoir appliqués dans l'industrie agroalimentaire ainsi que
la qualité des produits séchés.
II. Humidité relative d'équilibre et activité de l'eau
L'eau dans les aliments présente différentes propriétés physicochimiques selon ses états de
liaison avec les macromolécules de l'aliment et avec les molécules d'eau entre elles.
Définition : L'eau libre
C'est l'eau retenue par effet capillaire dans les pores des aliments, l'eau liée par effet
osmotique, l'eau d'hydratation des macromolécules et l'eau solvante.
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L'eau libre est mobile et conserve toutes les propriétés de l'eau pure.
Définition : L'eau liée
Elle forme une couche monomoléculaire étroitement associée par divers types de liaisons aux
protéines et aux glucides. Cette eau est fixe et elle possède la particularité de s'échapper à la
congélation car les interactions eau-macromolécules sont plus fortes que celles des molécules
d'eau cristallisées entre elles. Cette eau n'est pas disponible.
La notion de disponibilité de l'eau dans un aliment peut être définie aux moyens de :
L'Humidité Relative d'Equilibre (HRE)
L'activité de l'eau
L' est comprise entre 0 et 1 ; elle est d'autant plus faible que les forces de liaisons sont
intenses et tend au contraire vers l'unité lorsque l'eau se rapproche de l'état libre. Elle permet,
en outre, de prévoir et d'éviter les détériorations physicochimiques, les activités enzymatiques
et la prolifération des micro-organismes. En ce qui concerne ces derniers, les bactéries, les
levures et les moisissures ne peuvent se développer qu'à des supérieures respectivement à
0,91, 0,88 et 0,80.
1. Isotherme d'adsorption et de désorption de l'eau
L' dans un produit alimentaire dépend principalement de sa teneur en eau (X) et de sa
température . La courbe représentant, pour une température donnée, la X d'un produit en
fonction de la valeur de l' ou de l'HRE est appelée :
Isotherme d'adsorption, si elle a été déterminée expérimentalement en partant d'un produit
sec.
Isotherme de désorption, si elle a été déterminée expérimentalement en partant d'un produit
saturé en eau.
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On peut représenter graphiquement la courbe appelée isotherme d'adsorption-désorption,
obtenue en portant :
En abscisse : soit l' , soit l'HRE
En ordonnée : la teneur en eau du produit exprimée en g d'eau pour 100 g de matière sèche (%
MS)
Les deux courbes sont en général différentes (Figure 1) car le séchage d'un produit (passage
d' =1à < 0,6) entraîne des modifications de structure et de porosité irréversibles.
Figure 1 : Isotherme d'adsorption et de désorption de l'eau
En séchage, on s'intéresse particulièrement à la courbe de désorption qui peut être divisée en 3
zones (Figure 1) :
Zone 1 (0 < < 0,2) : Constitution d'une monocouche moléculaire à la surface du produit
(forces de Van der Waals entre groupements hydrophiles et molécules d'eau). L'adsorption se
fait progressivement jusqu'à constituer une monocouche recouvrant la surface externe et les
pores du produit. L'eau est dans un état lié (rigidité, fortes liaisons hydrogènes). Le passage à
la zone suivante s'effectue quand toute la surface est saturée.
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Zone 2 (0.2 < < 0,6) : Adsorption des molécules d'hydrogène sur la monocouche initiale,
ou inclusion de molécules d'eau par capillarité. L'isotherme est linéaire dans cette zone. Il
s'agit d'un état intermédiaire entre solide et liquide.
Zone 3 ( > 0,6) : Eau présente à l'état liquide dans les pores du matériau. L'eau micro-
capillaire constitue une phase continue.
L'analyse de l'isotherme d'adsorption et de désorption montre que les 2 courbes ne sont pas
superposées. Pour une teneur en eau donnée, l'équilibre de la désorption s'établit pour des
plus faibles que l'équilibre de l'adsorption. C'est le phénomène d'hystérésis, qui ne se
manifeste que pour des valeurs d' > 0,2. L'hystérésis s'explique par deux observations :
Les pores des aliments sont en général plus petits en surface qu'en profondeur. La pression de
vapeur d'eau nécessaire au remplissage est plus élevée que celle à laquelle les pores se vident ;
L'hystérésis est surtout marquée dans les fruits et les légumes car les sucres de ces aliments
forment des solutions sursaturées qui ne précipitent pas lors de la déshydratation.
2. Intérêt des isothermes d'adsorption en technologie alimentaire
Du point de vue thermodynamique, les isothermes d'adsorption fournissent des informations
sur les enthalpies de "sorption" et sur le type de liaison de l'eau avec la matière sèche du
produit ;
Du point de vue structurel, elles permettent de mieux comprendre le rôle de la taille des
particules, de l'état amorphe, et de la surface spécifique dans les phénomènes de désorption ou
adsorption de la vapeur d'eau ;
Du point de vue technologique, elles sont utiles à la prédiction de la durée de conservation des
aliments, au contrôle du séchage et à la prévention de certains accidents comme le collage ou
la prise en masse des produits alimentaires pulvérulents. C'est la composition relative en
protéines, amidons, sels minéraux et saccharose qui détermine les isothermes d'adsorption.
L'objectif étant d'atteindre des faibles ; pour cela, on peut faire appel à divers additifs
comme le sel, le saccharose pour abaisser l' sans changer la teneur en eau. Ces additifs
sont précieux pour les aliments à humidité moyenne < 35 % et 0,6 < < 0,8. Ils sont stables
plusieurs semaines en emballage étanche (saucissons secs, fruits secs, biscuits,...).
Par ailleurs, l'état d'un composé influence sur le taux de fixation de l'eau ; par exemple, à
humidité donnée, le saccharose amorphe retient plus d'eau que le saccharose cristallisé car la
transition d'un état à l'autre provoque une expulsion d'eau à mesure que le cristal s'ordonne.
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Cette transformation est liée à la fois à l'humidité et à la température. Lors de la cristallisation,
l'eau libérée dissout les cristaux des couches externes, alors que les couches internes
consolident leur cristallisation et se prennent en masse. L'eau expulsée du cristal peut aussi se
re-localiser sur d'autres constituants et donne une masse collante. On peut citer les exemples
suivants :
Le café soluble déshydraté prend en masse en vieillissant (surtout lorsque l'emballage n'est
plus étanche) ;
Le lait en poudre subit la même transformation ;
Les bonbons deviennent collants à l'extérieur (les cristaux passent à l'état amorphe) et durs à
l'intérieur par cristallisation et expulsion d'eau vers l'extérieur.
Plus l' dans un aliment est faible, mieux il se conserve, car la prolifération microbienne et
les réactions chimiques sont limitées. Les courbes des isothermes sont utiles pour prévoir le
comportement des aliments suite aux traitements technologiques et aux conditions de
stockage.
3. L'air humide
Le diagramme enthalpique de l'air humide est un instrument pratique et efficace pour : (i)
étudier et évaluer l'énergie nécessaire à la maîtrise des conditions du séchage ; et (ii) la mise
en œuvre correcte du processus industriel. Le diagramme permet de déterminer toutes les
propriétés de l'air telles que la température de rosée ( ), température du thermomètre
humide ( ), enthalpie (H), HR, etc. et ce à partir de ses deux paramètres comme, par
exemple, la température et l'humidité absolue ( ). Le diagramme permet aussi de suivre
l'évolution de ces paramètres au cours de l'opération du séchage sans avoir recours à des
calculs fastidieux.
Construction du diagramme enthalpique de l'air humide
En séchage, la représentation la plus utilisée est le diagramme de Mollier-Ramzine, sur lequel
l'enthalpie H (exprimée en kJ/kg d'air sec) est portée en ordonnées et le taux d'humidité
absolue (exprimé en kg d'eau/kg d'air sec) en abscisses. Les températures apparaissent
sous la forme d'isothermes. Les axes sont obliques et l'inclinaison de l'axe des abscisses est
choisie de manière à ce que l'isotherme à 0°C soit perpendiculaire à l'axe des ordonnées.
L'humidité relative apparaît sur des courbes iso-humidité relative (Figure 2). Les
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caractéristiques thermodynamiques de l'air humide à pression atmosphérique sont établies en
considérant 1 kg d'air sec contenant kg d'eau.
Figure 3 : Représentation schématique du diagramme de Mollier-Ramzine
L'enthalpie de l'air humide est la somme de l'enthalpie de l'air sec et de la vapeur d'eau.
avec et (3)
Où :
: Enthalpie nécessaire pour faire passer l'air sec de 0°C à (chaleur sensible)
: Enthalpie nécessaire pour faire passer la vapeur d'eau de 0°C à (chaleur
sensible)
: enthalpie de vaporisation de l'eau (chaleur latente) à 0°C
Dans la gamme des températures et des pressions atmosphériques ordinaires, l'équation (3)
s'écrit :
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(4)
4. Grandeurs mesurables
Définition : Humidité absolue
L'humidité absolue ( ) ou teneur en vapeur d'eau s'obtient à partir de l'équation :
(5)
Où est la quantité d'eau, et la quantité d'air sec.
est généralement exprimée en kg d'eau/kg d'air sec.
Définition : Température de rosée
La température de rosée ( ) d'un air humide est définie comme étant la température pour
laquelle la pression de vapeur p est égale à la pression de vapeur saturante (Figure 3). On la
mesure comme étant la température à laquelle, il faut refroidir l'air humide (à constante)
pour atteindre la saturation. Elle est déterminée à l'aide d'un hygromètre à condensation.
Figure 3 : Déterminations de la température de rosée et de la température du thermomètre
humide
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Définition : Température du thermomètre humide
La température du thermomètre humide ( ) est définie comme la température à l'équilibre
de l'air humide amené à saturation (formation des premières gouttes d'eau liquide) par
augmentation de (Figure 4). Elle est déterminée à l'aide d'un psychromètre. En pratique,
c'est la température donnée par le thermomètre humide dont le bulbe est enveloppé dans un
matériau poreux imprégné d'eau ; l'air humide est amené à une vitesse suffisante autour de
celui-ci pour atteindre un équilibre définissant la .
La se lit à l'intersection de la droite isenthalpe passant par ( , ) de l'air avec la courbe
HR = 100%
Définition : Humidité relative (HR)
HR est une mesure relative du degré de saturation en vapeur d'eau de l'air. Les capteurs les
plus utilisés pour la détermination de l'HR sont les hygromètres à variation d'impédance.
L'élément sensible est une couche mince d'un produit hygroscopique dont la résistivité ou la
constante diélectrique varie beaucoup avec HR de l'air dans lequel il est placé.
Mélanges d'air
À l'aide du diagramme enthalpique de l'air humide, il est possible de déterminer les
caractéristiques d'un mélange de deux airs de caractéristiques connues (Tableau 2).
L'humidité absolue et l'enthalpie du mélange M sont telles que :
(6)
il en découle : (7)
soit : (8)
Remarque:
L'égalité des rapports de l'équation (8) se traduit par l'alignement des points 1, 2 et m sur le
diagramme enthalpique de l'air humide.
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5. Utilisation du diagramme de l'air humide en séchage
Le séchage peut être effectué à des pressions autres que la pression atmosphérique. La
construction du diagramme enthalpique est sensiblement le même, à l'exception du tracé des
courbes d'humidité relative qui dépend de la pression totale.
Pour pouvoir utilisé le diagramme de Mollier-Ramzine, on utilise les courbes au lieu
de HR où
où est égale au rapport de la pression totale à laquelle on travaille à la pression
atmosphérique ordinaire :
Ceci explique qu'un air saturé à pression atmosphérique : (i) comprimé de façon isotherme,
devient un brouillard puisqu'il passe sous sa courbe de saturation ; et (ii) détendu de la même
façon se dé-sature puisqu'il passe au dessus de sa courbe de saturation.
III. Principes physiques du séchage
Pour évaporer l'eau d'un produit, deux mécanismes peuvent être mis en œuvre : l'ébullition et
l'entraînement.
1. Séchage par ébullition
Le séchage par ébullition consiste à transmettre au produit amené à sa température d'ébullition
un flux thermique au travers une surface d'échange de chaleur latente. L'évaporation de l'eau
est directement proportionnelle à l'apport d'énergie (chaleur latente de vaporisation). En
pratique cet apport est effectué par conduction au travers de la surface d'échange au contact
du produit par de la vapeur dont la température est comprise entre 130 et 150°C.
Selon la loi de Fourier, le transfert de chaleur s'effectue de façon proportionnelle à la
différence de température entre le fluide caloporteur et le liquide en ébullition à la pression
considérée.
Remarque:
La température d'ébullition dépend de la pression totale (elle est plus basse sous vide qu'à
pression atmosphérique) et de l' du produit (elle diminue lorsque l' augmente).
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2. Séchage par entraînement
Le séchage par entraînement consiste à placer un corps humide dans un courant d'air (ou autre
gaz) suffisamment chaud et sec. Dans ces conditions, il s'établit spontanément entre le corps
et le gaz un écart de température et de pression partielle d'eau tel que :
Un transfert de chaleur s'effectue de l'air vers le produit, sous l'effet de la température
Un transfert d'eau s'effectue en sens inverse du fait de la pression partielle d'eau entre l'air et
la surface du produit (Figure 4)
Le séchage par entraînement est le moyen de séchage le plus universel, tous produits et
secteurs alimentaires confondus (lait, œuf, charcuterie, céréales et produits végétaux, fruits,
etc...).
Figure 4 : Transfert entre l'air et la surface du produit
Phénomènes limitant
La vitesse à laquelle s'effectue le séchage est liée à l'allure des transferts internes et externes
de matière et de chaleur. Ces transferts correspondent à des mécanismes que l'on peut
considérer comme disposés en parallèle ou en série. Dans ce dernier cas, c'est le mécanisme le
plus lent qui constitue l'étape limitante, et qui détermine la vitesse du procédé.
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IV. Cinétique du séchage
Les très grandes variabilités et diversités des produits alimentaires et biologiques laissent
envisager que le meilleur moyen de caractériser le comportement d'un produit alimentaire au
cours du séchage consiste à mesurer expérimentalement sa cinétique de séchage. Dans le cas
d'un produit solide séché par entraînement, l'expérience de base consiste à placer le produit
dans un courant d'air parfaitement maîtrisé (température, humidité, vitesse) et à enregistrer
l'évolution de sa masse au cours du temps, par des pesées à intervalles de temps réguliers.
Deux types de courbes permettent de décrire l'évolution du produit au cours du séchage :
la teneur en eau sèche moyenne (X) du produit, en fonction du temps (t) obtenue directement
à partir de l'enregistrement de la masse au cours du temps, connaissant la teneur en eau
initiale du produit ; la vitesse de séchage ( ) en fonction de la teneur en eau base sèche
(X).
Les courbes théoriques, obtenues pour des produits non hygroscopiques et peu déformables
comme, par exemple, la cellulose, permettent classiquement de distinguer trois périodes
(Figure 5) :
- Une période 0 de mise en température du produit, qui disparaît pratiquement
lorsque le produit se présente sous forme de particules ou de feuilles ;
- Une période 1 de séchage à vitesse constante, qui correspond à l'évaporation
superficielle de l'eau libre. Le produit reste en dehors du domaine hygroscopique, l'
dans le produit en surface reste proche de 1, et le séchage est contrôlé par les
transferts externes. Pendant toute cette période, la température du produit est uniforme
et égale (par définition) à la température du thermomètre humide ( ) de l'air, c'est-à-
dire la température de l'air de séchage. À la fin de cette période 1, la teneur en eau
critique du produit peut être déterminée ;
- Une période 2 de séchage à vitesse décroissante où la surface du produit passe sous
la limite supérieure du domaine hygroscopique, l' en surface du produit est
inférieure à 1 et les transferts internes de matière deviennent limitant. La température
du produit augmente à partir de sa surface. La teneur en eau base sèche du produit
diminue jusqu'à atteindre une valeur limite ( ) qui dépend des conditions de l'air
de séchage (température et humidité relative).
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Figure 5 : Courbes théoriques caractérisant un séchage par entraînement
V. Bilan sur les séchoirs
Un séchoir par entraînement, avec son élément de chauffage, est représenté Figure 6.
Figure 6 : Transfert entre l'air et la surface du produit
Les bilans s'écrivent sur la base des débits constants de matière sèche ( ) et d'air sec
( ).
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Les teneurs en eau sont exprimées en kg d'eau/ kg d'air sec pour l'air et en kg d'eau/ kg de
matière sèche (MS) pour l'aliment.
Tenant en compte que l'eau que perd le produit est gagnée par l'air, le débit d'eau
(9)
Et si le séchage est isenthalpique :
En réalité, ces bilans sont le plus souvent faussés par :
des entraînements de particules ;
des fuites ou des entrées d'air ;
et surtout des pertes énergétiques par les parois du séchoir et lors de l'échauffement du
produit (périodes 0 et 2). Ils constituent néanmoins une bonne base de calcul.
Pour un séchoir par ébullition, on ne conserve que le calcul du débit d'eau à partir du bilan de
matière sèche.
Le bilan énergétique est calculé à partir de l'équation théorique à laquelle il
convient d'ajouter la puissance nécessaire à l'échauffement du produit et les diverses pertes.
VI. Consommation énergétique
La Consommation Energétique Massique (CEM) d'un séchoir est définie comme étant la
quantité de chaleur (J/kg) à lui fournir pour sécher 1 kg d'eau. Cette grandeur permet de
comparer des séchoirs sur une base indépendante du tonnage d'eau évaporée.
Rapport de Consommation Energétique (RCE) est le rapport : , avec
étant l'énergie latente de vaporisation de l'eau à la température moyenne ( ) du produit,
pendant le séchage.
Ce rapport permet aussi de déterminer la masse de vapeur nécessaire pour vaporiser 1 kg
d'eau, en prenant à la température à laquelle se condense la vapeur utilisée.
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CEM RCE
Types d'installation
(KJ/Kg d'eau) (Kg de vapeur / Kg d'eau)
Séchoirs par entraînement 3300 à 6500 1,5 à 3
Séchoirs par ébullition 2400 à 3300 1,1 à 1,5
Evaporateurs à multiples effets 250 à 1200 0,13 à 0,5
Tableau 2. Ordres de grandeur des valeurs de CEM et de RCE en fonction des modes de
séchage.
Pour améliorer l'efficacité énergétique des séchoirs, on peut :
réduire les pertes par les parois ou les fuites,
saturer l'air sortant au maximum,
utiliser un air à température la plus élevée que possible (sans altérer profondément la
qualité du produit),
procéder par chauffages multiples de l'air,
recycler une partie de l'air.
VII. Caractéristiques techniques et applications des principaux types
de séchoirs en industrie agro-alimentaire
En industrie agro-alimentaire la sélection d'un séchoir doit tenir en compte du comportement
mécanique du produit initial (liquide, solide, pompable, fragile, etc...) et final (poudre,
morceaux, etc...), de sa sensibilité à la chaleur, des modes de manipulation, des débits à
traiter, de l'énergie disponible, etc...
Les appareils de séchage ont été développés pour sécher les produits soit de façon continue,
soit de façon discontinue. Pour ce qui concerne le premier cas, de grands débits d'air sont
exigés comme dans le cas de séchage par atomisation ou en lit fluidisé (levures de
boulangeries). Les sécheurs discontinus sont utilisés pour des produits saisonniers (fines
herbes).
Qualité des produits séchés
La plupart des produits biologiques sont profondément modifiés par le séchage (couleur, goût,
texture, qualité nutritionnelle, propriétés techno-fonctionnelles, etc.). Les conditions de
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séchage et leurs variations peuvent ainsi altérer le produit, ou lui conférer des propriétés
nouvelles (formulation, texturation). Il est ainsi important que l'utilisateur puisse définir les
propriétés attendues du produit et que l'on sache, ensuite, lier les altérations, ou les
modifications, aux paramètres pertinents du séchage.
En séchage convectif, la température d'attaque de l'air est généralement limitée puisque
l'utilisation d'une température élevée peut détruire certaines vitamines, dénaturer les protéines,
favoriser ou inhiber des réactions enzymatiques induisant des pertes de la qualité
nutritionnelle du produit et/ou des changements de la couleur et le goût, etc...
Un séchage par ébullition provoque, quant à lui, une expansion du produit et l'apparition d'une
porosité interne.
Le séchage provoque diverses altérations physiques et mécaniques du produit, qui se traduit
par des modifications de la taille et de la forme des produits. L'intensité de ces phénomènes
dépend fortement de la mobilité de l'eau dans le solide et de la vitesse de séchage.
Les mêmes phénomènes permettent d'expliquer la formation d'une croûte en surface des
produits qui est :
souhaitée dans le cas des céréales pour le petit-déjeuner, qui doivent rester
croustillantes dans le bol, ou lors de la micro-encapsulation d'arômes, pour éviter leur
volatilisation ;
indésirable, si le produit doit pouvoir être réhydraté rapidement, ultérieurement.
Enfin, il est à signaler que le séchage ne chauffe que légèrement le produit ; ainsi, ni les
enzymes, ni les bactéries ne sont totalement détruites.
Il convient notamment dans le cas des légumes de les blanchir afin de détruire les enzymes.
Dans le cas des produits laitiers, des soupes, ... une pasteurisation est souvent nécessaire pour
la destruction des micro-organismes, puisque lors de la déshydratation, ces micro-organismes
peuvent se développer dans le produit.
VIII. Modes de Séchage
Il existe de très nombreux modes de séchage dont le choix dépend de plusieurs facteurs :
nature du produit : solide, liquide, pâte, poudre, cristaux;
taux d’humidité initial et final;
débit de produit exigé;
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sécurité de l’opération de séchage : toxicité, inflammabilité, danger d’explosion.
On distingue, selon le mode de chauffage utilisé :
– le séchage direct, appelé aussi séchage par convection;
– le séchage indirect ou séchage par conduction ou par contact;
– le séchage par rayonnement;
Le mode de séchage par convection est le plus fréquemment utilisé, du fait que l’air traversant
le séchoir assure à la fois le transfert thermique et l’évacuation des vapeurs produites.
1. Séchage direct ou par convection
C’est le mode de séchage utilisé par la très grande majorité des industries chimiques.
L’échange thermique est obtenu par contact direct entre le solide humide et des gaz (air)
chauds qui agissent comme moyen de transport pour l’eau évaporé.
La circulation de l’agent séchant (gaz) peut être naturelle ou forcée; lorsque la matière à
sécher et le gaz circulent dans le même sens, l’opération est appelée antiméthodique.
Le mode de séchage méthodique (produit et agent sont de sens contraires) s’applique aux
produits sensibles aux chocs thermiques.
Sécheur à compartiments
C’est un caisson de forme parallélépipédique, dont les parois sont isolées thermiquement.
Le produit solide à sécher est étalé, en couches aussi régulières que possible, sur des étagères
(plateaux) ; l’air préchauffé est soufflé sur la matière, en léchant la surface du produit. La
vitesse de séchage dépend de l’épaisseur du produit.
Le sécheur à compartiments est utilisé particulièrement pour les produits pâteux, granuleux ou
encore les gâteaux de filtration.
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Figure 7. Sécheur à compartiments
Sécheur à tambour
Il est formé d’un tube dont la longueur peut aller de 5 à 30 m. Il convient surtout pour le
séchage des solides en grains.
La progression se fait en raison de l’inclinaison et un ventilateur envoie à l’intérieur du
tambour un courant d’air chaud.
Figure 8. Sécheur à tambour
2. Séchage par contact indirect ou par conduction
L’échange thermique est obtenu par contact entre le solide humide et une paroi métallique
réchauffée.
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Le liquide évaporé est éliminé par aspiration sous vide.
Pour disposer d’un bon transfert de chaleur entre la matière et la paroi chauffante, il faut
appliquer cette méthode aux produits pâteux ou liquides ayant une grange viscosité.
La surface d’échange thermique est fonction de la température de la paroi et de la capacité
évaporatoire du produit. Plus le gradient de température entre la paroi et le produit sera faible,
plus la surface d’échange devra être importante.
Figure 9. Sécheur cylindrique par conduction
3. Séchage par rayonnement
L’échange thermique est obtenu par absorption par le solide humide de chaleur émanant de
rayons infrarouges ou bien par friction moléculaire du liquide contenu dans le solide humide
soumis à un champ électromagnétique (micro-ondes).
Ce procédé est très efficace pour l’élimination de l’humidité lorsque les produits à sécher ne
sont pas thermosensibles.
Le rayonnement infrarouge est appliqué dans de très nombreux procédés pour le séchage des
papiers, cartons, textiles, etc.
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Figure 10. Sécheur à tambours par rayonnement
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