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Rapport Ouvrages

Ce document présente les résultats d'une étude sur les ouvrages hydrauliques sur la rivière Nièvre d'Arzembouy en Bourgogne. L'étude a recensé les ouvrages, identifié les attentes des propriétaires et proposé des outils comme des fiches descriptives pour améliorer la gestion concertée des ouvrages.

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Rapport Ouvrages

Ce document présente les résultats d'une étude sur les ouvrages hydrauliques sur la rivière Nièvre d'Arzembouy en Bourgogne. L'étude a recensé les ouvrages, identifié les attentes des propriétaires et proposé des outils comme des fiches descriptives pour améliorer la gestion concertée des ouvrages.

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BOUZIN Elodie 23 Mars 2007

CUIF Marion INIP 07 – Gestion des eaux dans un bassin versant


LEVINSON Elise
PASSERIN Camille
SUAREZ Paula

Thème
OUVRAGES HYDRAULIQUES
État des lieux des ouvrages et de leur gestion
sur la Nièvre d’Arzembouy :
élaboration d’outils pour une gestion concertée

Source : photo personnelle Camille Passerin


Avant-propos

Dans le cadre de leur cursus d’élève ingénieur de deuxième année


à AgroParistech (établissement issu du rapprochement de l’INA
P-G, l’ENSIA et l’ENGREF), une vingtaine d’élèves a choisi de
suivre, de février à mars 2007, une séquence d’Initiation à
l’Ingénierie de Projet (INIP) sur la problématique de la gestion de
l’eau dans un bassin versant.
Le bassin versant étudié se situe en Bourgogne, dans le
département de la Nièvre, et correspond au cours d’eau de la
Nièvre d’Arzembouy.

A l’issue de cette étude, quatre rapports ont été produits :


- 1. Impacts des modifications possibles des pratiques agricoles
sur la qualité de l’eau du captage de la source de l’Ar
(Montigny 2)
- 2. Gestion de l’assainissement des eaux usées domestiques
dans le bassin versant de la Nièvre d’Arzembouy
- 3. État des lieux des ouvrages et de leur gestion sur la Nièvre
d’Arzembouy : élaboration d’outils pour une gestion
concertée
- 4. Quel choix de gestion collective de l’eau dans le bassin
versant des trois Nièvre ?

Les 3 rapports complémentaires du document qui suit peuvent être


demandés par mail à l’adresse suivante :
[Link]@[Link]

Il convient de rappeler que ce travail avait avant tout un objectif


pédagogique. Les résultats obtenus demanderaient donc à être
confirmés par des études complémentaires.
Remerciements

Nous tenons à remercier sincèrement toutes les personnes qui nous ont aidées pour
cette étude. Tout d’abord, merci à Monsieur Thomas du Service de l’eau au Conseil Général
de la Nièvre pour ses informations et le temps qu’il nous a si chaleureusement accordé. Merci
à Monsieur Rocle de la police de l’eau qui a répondu volontiers à nos questions concernant
les règlements d’eau et qui nous a permis de consulter ces derniers. Nous remercions
également Monsieur Lebas de la police de l’eau qui nous a consacré beaucoup de temps sur le
terrain pour nous parler des ouvrages de Prémery. Merci à Monsieur Heintz de la fédération
de pêche pour ses informations concernant l’impact des ouvrages sur la vie aquatique. Merci
également aux communes qui nous ont accueillies et notamment au Maire de Guérigny,
Monsieur De Joie, pour le temps qu’il nous a accordé, et à Monsieur Lopard du service
technique de la Mairie de Guérigny pour ses précieux renseignements concernant l’aspect
technique de la gestion des ouvrages sur Guérigny et la Nièvre d’Arzembouy en général.
Merci également au Maire de Prémery, Monsieur Germain et à Monsieur Marceau, Adjoint
aux travaux de la Mairie de Prémery, pour leur disponibilité. Un grand merci aussi aux
secrétaires de la Mairie de Prémery pour leur gentillesse et leur accueil ainsi qu’à l’office de
tourisme de Prémery pour ses précieux renseignements. Merci à Monsieur Delavenne,
responsable sécurité-environnement-incendie de l’usine Collectoil, pour sa visite guidée des
empellements de l’usine à Prémery. Merci à Monsieur Delattre, propriétaire du Moulin de la
Valotte à Prémery et à Mme Delattre qui nous ont très chaleureusement reçues pour répondre
à nos multiples questions. Merci à Monsieur Desfossé, propriétaire de la Petite Forge à
Poiseux et à son épouse pour leur accueil et le temps passé avec nous sur leur propriété.
Merci à Monsieur Mourlon de la DIREN de Bourgogne et Monsieur Chambineau, technicien
à l’Agence de l’Eau Loire Bretagne pour avoir pris le temps de répondre par e-mail à nos
questions. Et pour finir, merci à tous les propriétaires privés que nous n’avons pas pu
rencontrer mais qui n’ont pas hésité à répondre à nos questions par téléphone.

2
INTRODUCTION ..................................................................................................................... 4

I) La problématique des ouvrages hydrauliques sur la Nièvre d’Arzembouy ........................... 5


1) Définition du thème de notre étude................................................................................ 5
a) Les ouvrages hydrauliques, une thématique soulevée lors de la table ronde du 8
février................................................................................................................................. 5
b) Les problématiques concernant les ouvrages dégagées lors de la table ronde .......... 5
2) Evolution de la problématique de notre étude ............................................................... 6
3) Démarche et outils mis en place pour répondre à notre problématique......................... 6
a) Une première phase d’entretiens semi directifs ......................................................... 6
b) Une seconde phase de questionnaires ........................................................................ 7
4) Les résultats que nous souhaitons apporter.................................................................... 8

II) Proposition d’outils nécessaires à la mise en place d’une gestion concertée des ouvrages
hydrauliques............................................................................................................................... 8
1) Carte de recensement des ouvrages ............................................................................... 8
a) Objectif ...................................................................................................................... 8
b) De nos enquêtes au produit fini : la carte de recensement des ouvrages ................... 9
c) La présentation PowerPoint accompagnant la carte ................................................ 10
d) Analyse du recensement des ouvrages : bilan sur la gestion actuelle...................... 10
2) Etat des lieux des attentes et motivations des personnes que nous avons rencontrées 10
a) Objectifs................................................................................................................... 11
b) Description de nos résultats ..................................................................................... 11
c) Résultat des entretiens en aval de Guérigny ............................................................ 12
d) Opportunité de la mise en place d’équipements hydroélectriques : une idée soulevée
par certains propriétaires.................................................................................................. 13
3) Fiche ouvrage............................................................................................................... 13
a) Objectif .................................................................................................................... 13
b) Choix de l’ouvrage................................................................................................... 14
c) Résultat : la fiche ..................................................................................................... 14

III) Discussion......................................................................................................................... 16
1) Définition de la zone d’étude....................................................................................... 16
2) Adéquation entre notre questionnaire et le but de notre enquête auprès des
propriétaires ......................................................................................................................... 16
3) Difficulté d’accès à l’information................................................................................ 17
4) Pertinence de nos résultats vis-à-vis des attentes de nos « cibles » ............................. 18

CONCLUSION :...................................................................................................................... 20

BIBLIOGRAPHIE................................................................................................................... 20
ANNEXE 1 .............................................................................................................................. 21
ANNEXE 2 .............................................................................................................................. 25
ANNEXE 3 ............................................................................................................................ 26
ANNEXE 4 ............................................................................................................................ 27
ANNEXE 5 ............................................................................................................................ 30
ANNEXE 6 .............................................................................................................................. 31
ANNEXE 7 .............................................................................................................................. 35
ANNEXE 8 .............................................................................................................................. 39

3
INTRODUCTION
La rivière Nièvre comptait de nombreux ouvrages hydrauliques à l’époque où
l’énergie hydraulique était un des principaux types d’énergie utilisée, notamment au XIXème
siècle, quand la métallurgie était à son apogée. La rotation des roues à auget actionnait des
martinets qui modelaient le fer pour la fabrication de faux, d’ancres marines, etc. Il existe
aujourd’hui à Guérigny le « musée des Forges » dédié à la métallurgie de l’époque. Les
moulins permettaient également la transformation de grains en farine grâce à la rotation de la
roue et de la meule reliées entre elles par un axe.
Tout le long de la Nièvre d’Arzembouy, nous trouvons donc des moulins, des empellements,
des déversoirs, etc. Remarquons que lorsque l’on parle d’ «ouvrage», il s’agit souvent d’une
somme d’ouvrages. On peut dire qu’un moulin est un ouvrage, lui-même composé de 3
ouvrages : une roue, un déversoir et un déchargeoir. [ANNEXE 1]
Mais aujourd’hui ces activités ont quasiment disparu ; les ouvrages n’ont plus ce rôle
d’antan, et peuvent être à l’abandon, ou sujets à une mauvaise gestion, voire à une absence de
gestion. Placés sur la rivière, ils ont un impact sur la circulation des masses d’eau.
Or, nous pouvons lire dans le rapport du conseil général de la Nièvre [1], que le département
est sujet à des inondations et à des périodes d’étiage conséquent.
Nous nous sommes alors demandées s’il existait un lien entre la gestion actuelle des
ouvrages et les évènements de débordements et sécheresse. De plus, la Nièvre d’Arzembouy
n’est classée qu’en rivière de 2ème catégorie (rivière à cyprinidés – brochets, tanches, brêmes,
barbeaux - température de l’eau plus élevée et oxygénation moins importante que pour les
rivières de catégorie 1). Nous nous sommes interrogées sur le lien entre la gestion actuelle des
ouvrages et l’état écologique de la rivière, et sur les autres impacts que pouvaient avoir les
ouvrages sur la rivière.
Nous avons tout d’abord cherché à faire un état des lieux des ouvrages et de leur
gestion ; à partir de là, nous avons essayé de voir quels problèmes existent en rapport avec ces
ouvrages. Nous avons traduit nos résultats sous forme de documents, qui pourraient être utiles
pour une future gestion concertée. Enfin, notre rapport se termine par une discussion critique
sur notre étude.

4
I) La problématique des ouvrages hydrauliques sur la Nièvre d’Arzembouy

1) Définition du thème de notre étude

a) Les ouvrages hydrauliques, une thématique soulevée lors de la table ronde du 8


février

Lors de la table ronde du 8 février 2007 au LEGTA de Challuy, plusieurs des acteurs
locaux présents ont soulevé les problèmes posés par les ouvrages hydrauliques sur le bassin
versant de la Nièvre d’Arzembouy.
Pour la police de l’eau, représentée par Nicolas Rocle, les ouvrages hydrauliques
représentent l’une des problématiques principales sur le bassin. Selon lui, les ouvrages
entraînent un cloisonnement de la Nièvre d’Arzembouy qui perturbe le cycle biologique des
poissons pour ce qui est de leur reproduction et de leur circulation.
Le maire de Guérigny, a également fait ressortir les problèmes que posent les
ouvrages hydrauliques appartenant à la commune. Les problèmes de débordements du cours
d’eau, qui ne sont certes pas catastrophiques à l’échelle de Guérigny, ont notamment été
évoqués, leur impact en aval et particulièrement à Nevers étant plus conséquent. M. le maire a
également souligné les problèmes liés à la pêche en période d’étiage. De plus, la gestion des
ouvrages de la commune nécessite du personnel d’astreinte et une synchronisation entre les
communes, actuellement inexistante selon lui et qui pourrait être installée grâce à un contrat
de rivière.
Le représentant de la police de l’eau ajoutera ensuite durant la réunion, lorsque
l’éventuelle mise en place d’un contrat de rivière est évoquée, qu’il faudra peut-être envisager
une autre solution en ce qui concerne la gestion des ouvrages, le contrat de rivière n’apportant
pas la réglementation nécessaire à cette gestion.
Le président de la commission environnement de la Chambre d’agriculture de la Nièvre
a ensuite souligné la difficulté pour les collectivités de trouver des financements à accorder à
la gestion des ouvrages avant d’évoquer la problématique du bois mort qui encombre les
ouvrages qui eux-mêmes, d’après lui, entravent l’écoulement de la rivière.

b) Les problématiques concernant les ouvrages dégagées lors de la table ronde

En résumé, les problématiques concernant les ouvrages hydrauliques qui sont


apparues lors de cette réunion sont :

ƒ Une modification de l’écoulement de la rivière entraînant des inondations et


accentuant les périodes d’étiage.
ƒ Un cloisonnement de la rivière gênant la reproduction et la migration de certaines
espèces aquatiques.
ƒ La retenue du bois mort et des débris transportés par la rivière au niveau des
empellements.
ƒ Une coordination intercommunale de la gestion des ouvrages inexistante.
ƒ Des aides financières difficiles à obtenir ou inexistantes pour la gestion ou la
rénovation des ouvrages.

5
2) Evolution de la problématique de notre étude

A l’issue de la rencontre avec les différents acteurs locaux lors de la table ronde, nous
avons décidé d’axer notre étude sur les conséquences de la gestion actuelle des ouvrages
hydrauliques sur les débits et les niveaux d’eau de la Nièvre d’Arzembouy et les possibilités
de gestion coordonnée des ouvrages sur le bassin versant.
Mais, dès nos premières rencontres lors de la deuxième période de terrain, avec un
technicien piscicole à la Fédération de pêche et avec le maire de Guérigny, nous avons pris
conscience, que nous ne pouvions nous restreindre à cette première problématique et qu’il
nous fallait prendre en compte les problématiques de l’écologie aquatique et du bois mort
retenus par les empellements, qui apparaissaient de façon récurrente dans le discours de ces
deux interlocuteurs. De plus, la problématique des inondations semble moins importante sur
notre zone d’étude en comparaison avec l’aval. En outre, le représentant de la police de l’eau
a soulevé lors de notre entretien la question du devenir des sédiments excavés lors du curage
des biefs.
Nous avons donc décidé d’axer notre étude sur un état des lieux de la situation actuelle
concernant la gestion des ouvrages et de ses conséquences sur le cours d’eau (modification de
l’écoulement, impact sur l’écologie aquatique, retenue des bois morts, gestion des sédiments)
et d’aboutir ainsi à une proposition de gestion coordonnée des ouvrages sur la Nièvre
d’Arzembouy. Cependant, pour ne pas superposer notre travail à celui du groupe d’étudiants
dont la problématique est la gestion collective à l’échelle du bassin versant de la Nièvre
d’Arzembouy, nous avons finalement décidé de nous placer en amont d’une proposition de
gestion coordonnée des ouvrages en élaborant les outils nécessaires à la formulation de cette
proposition.
Enfin, au cours de nos recherches sur le site web du Conseil Général de la Nièvre, nous avons
appris qu’un bureau d’étude allait travailler entre autres sur la problématique des ouvrages
hydrauliques dans le bassin versant. Mais à cette date, qui précédait notre première période de
terrain, nous ne savions pas encore où en était l’étude. C’est pourquoi nous avons élaboré un
diagramme permettant de prendre en compte plusieurs axes possibles à notre étude en
fonction de l’avancée du travail de cette entreprise. [ANNEXE 2]

3) Démarche et outils mis en place pour répondre à notre problématique

a) Une première phase d’entretiens semi directifs

Pour répondre à notre problématique, nous avons choisi de sonder dans un premier
temps les responsables de l’eau sur le bassin versant tels que le Conseil Général, la police de
l’eau, la Fédération de pêche et les maires des deux communes les plus importantes sur le
bassin qui sont de surcroît propriétaires de plusieurs ouvrages : Guérigny et Prémery. Nous
avons rencontré ces acteurs pendant notre première période de terrain lors d’entretiens semi
directifs qui nous ont permis d’explorer la diversité des points de vue sur différents thèmes
tels que la gestion des ouvrages sur le bassin versant, les éventuels problèmes posés par leur
gestion actuelle et les attentes vis-à-vis de cette gestion et les possibilités d’investissements
personnels et financiers de chacun des acteurs. De plus, nous avons contacté par e-mail la
DIREN et l’Agence de l’eau Loire Bretagne qui ont pu à leur échelle nous renseigner sur ces
derniers thèmes. Cette première phase de recherche nous a permis d’avoir un aperçu global de
la situation sur le bassin et d’évaluer l’importance des différents impacts des ouvrages sur le

6
cours d’eau. Ces entretiens ont notamment confirmé l’importance des questions concernant
les ouvrages évoqués lors de la table ronde et ont été l’occasion de développer ces
problématiques avec les différents responsables de l’eau. Ils nous ont également permis de
constater l’absence de travaux déjà engagés pour une gestion concertée des ouvrages
hydrauliques mais également l’absence des outils de base nécessaires à la mise en place d’une
telle gestion, tel qu’un recensement exhaustif et à jour des ouvrages, de leur propriétaire et
des problèmes qui se posent au niveau de chaque propriété.

b) Une seconde phase de questionnaires

Dans un second temps, il nous a fallu rencontrer tous les propriétaires d’ouvrage afin
de leur soumettre un questionnaire nous renseignant sur la gestion de leur ouvrage et sur leur
expérience personnelle vis-à-vis des problématiques soulevées lors de la table ronde, ainsi
que sur leurs attentes et leurs éventuelles motivations concernant une gestion coordonnée des
ouvrages. [ANNEXE 3]
Ce questionnaire, mêlant questions ouvertes et fermées, était destiné aux propriétaires
d’ouvrages, publics ou privés, et se compose de quatre parties :

ƒ Une première partie axée sur l’ouvrage en lui-même : sa nature, son fonctionnement,
l’existence ou non d’un règlement d’eau et sur la gestion de l’ouvrage par le propriétaire :
fréquence de manipulation, consignes éventuelles de gestion et travaux éventuels sur
l’ouvrage. La plupart des questions de cette partie sont fermées car elles nécessitent des
réponses très concrètes.

ƒ La deuxième partie de questions est focalisée sur l’image qu’ont les propriétaires de la
gestion sur le bassin et de leurs attentes vis-à-vis d’une bonne gestion des ouvrages sur le
bassin.

ƒ La troisième partie est axée sur l’expérience personnelle du propriétaire de la rivière


(niveaux d’eau, événements qui illustrent des problèmes de gestion des ouvrages à
l’échelle du bassin).

ƒ Enfin, la dernière partie est concentrée sur la volonté ou non du propriétaire à contribuer
financièrement à un programme hypothétique de restauration des ouvrages hydrauliques
sur la Nièvre d’Arzembouy.

Pour préparer notre rencontre avec les propriétaires d’ouvrages, nous avons eu besoin
en premier lieu de répertorier leurs coordonnées sur notre zone d’étude à savoir la Nièvre
d’Arzembouy. Suite à notre visite à la police de l’eau nous avons pu établir une liste des
ouvrages de la Nièvre d’Arzembouy grâce à la consultation des règlements d’eau associés.
Cependant, la police de l’eau ne dispose pas de tous les règlements d’eau et certains ne sont
plus à jour parce que le propriétaire a changé ou que l’ouvrage n’existe plus. Aucun
recensement des ouvrages hydrauliques de la Nièvre d’Arzembouy à jour n’étant disponible,
nous avons pris la décision d’élaborer nous même un recensement des ouvrages hydrauliques
de la Nièvre d’Arzembouy. Ce recensement est rendu possible par le recoupement des
différentes informations concernant les ouvrages et leurs propriétaires recueillies à la police
de l’eau, dans les mairies et dans les offices de tourisme, et sera la base de toute notre étude.

7
Une fois ce premier recensement achevé, nous avons pu contacter les propriétaires
pour leur soumettre notre questionnaire.

4) Les résultats que nous souhaitons apporter

Le but premier de notre travail était de réaliser cet état des lieux des ouvrages et de
leur gestion pour permettre aux propriétaires d’avoir une meilleure connaissance de leur
ouvrage, mais aussi des autres ouvrages de la Nièvre d’Arzembouy, dans le but d’aller vers
une gestion concertée. En effet, il nous est apparu, lors de la table ronde et lors de nos
entretiens, qu’il n’y avait pas de communication entre les différents
propriétaires/gestionnaires d’ouvrages.

Par ailleurs, lors de notre rencontre avec le directeur du service départemental de l’eau
du Conseil général, nous avons appris que le Conseil général n’a pas encore lancé d’appel
d’offre pour recruter un bureau d’études (seuls les crédits ont à ce jour été votés). D’après
celui-ci, le travail du bureau d’études comprendra une étude complète des ouvrages
hydrauliques de la Nièvre, et, entre autres, la réalisation d’une fiche descriptive de chacun
d’eux. Nous avons tenu compte de cela, et avons décidé, tel qu’il nous l’a suggéré, de réaliser
notre travail dans le but de fournir à ce bureau d’études une base, sous la forme d’une « fiche
ouvrage », qui pourra lui servir de référence. (cf. la fiche ouvrage dans le II)

Nous avons donc décidé de réaliser un recensement des ouvrages et de leur gestion
actuelle (qui pourra aussi être une base au bureau d’étude, qui aura sans doute besoin de
contacter les propriétaires des ouvrages), une enquête sur les attentes et motivations de
chacun, pour voir si une gestion collective est envisageable, et enfin cette « fiche ouvrage ».

II) Proposition d’outils nécessaires à la mise en place d’une gestion


concertée des ouvrages hydrauliques

1) Carte de recensement des ouvrages

a) Objectif

Pour mener à bien notre étude, il était nécessaire d’avoir un recensement de tous les
ouvrages dans la zone d’étude que nous avons choisie. Les différentes cartes des ouvrages qui
étaient à notre disposition via la DDAF et le Conseil général ne présentaient que partiellement
les ouvrages mais surtout, ne faisaient pas la distinction entre les ouvrages qui n’existaient
plus et ceux présentant toujours des obstacles sur la Nièvre d’Arzembouy. Il s’agissait d’une
part d’une couche Arcview de la DDAF sur laquelle étaient localisés les ouvrages mais qui ne
présentait ni tous les ouvrages ni leur état et, d’autre part, d’une carte mise à disposition dans
la documentation du Conseil Général sur laquelle était localisé les ouvrages (pas
nécessairement les mêmes que la DDAF) et ne contenant pas plus d’informations. Par
ailleurs, comme nous l’avons dit précédemment, ce recensement est intéressant pour les
propriétaires d’ouvrages eux-mêmes, car il leur permet de mieux appréhender leur ouvrage
vis-à-vis des autres ouvrages de la rivière, dans l’optique d’une gestion concertée. Connaître
les différents types de gestion, la nature des ouvrages, leur fréquence de manœuvre est un
outil de base indispensable pour comprendre les problèmes liés à la gestion des ouvrages et

8
trouver des solutions. Enfin, il pourra servir de base au bureau d’étude qui, ayant à sa
disposition une liste des ouvrages et de leurs propriétaires, pourra contacter rapidement ceux-
ci.

b) De nos enquêtes au produit fini : la carte de recensement des ouvrages

[ANNEXE 4]
L’élaboration de ce recensement des ouvrages et de leurs propriétaires a nécessité un
recoupement des différentes informations obtenues à la police de l’eau, au Conseil Général,
dans les mairies et chez les propriétaires privés et certaines précisions ont également été
apportées en contactant l’office de tourisme de Prémery. En effet, comme nous l’avons déjà
dit, dans certains cas l’ouvrage n’existait plus ou bien le propriétaire avait changé sans que
cela soit référencé dans les documents officiels. Dans d’autres cas, les ouvrages possédaient
plusieurs appellations et c’est encore par recoupement d’informations que nous avons pu les
identifier.

La carte a été réalisée en redessinant le linéaire de la Nièvre d’Arzembouy à partir des cartes
IGN au 1/25 000ème. A partir de ce linéaire que nous avons scanné, nous avons localisé les
ouvrages au niveau de chaque commune par des flèches.

Carte représentant la nièvre d’Arzembouy


d’Arzembouy à Guérigny
Avec localisation des ensembles d’ouvrages
Composition actuelle

Résidence prinipale
Nom de l’ouvrage

Qui manœuvre ?
Travaux réalisés

règlement d’eau
Possession du
ou secondaire
Fréquence de
Localisation

Propriétaire

manoeuvre

Fig 1 : structure de la carte de recensement des ouvrages

Cette carte est accompagnée d’un tableau qui reprend chaque ouvrage de l’amont vers l’aval
entre Giry et Guérigny. Pour chacun des ouvrages sont indiqués leur nom, leur localisation,

9
leur composition, les propriétaires, la nature de la résidence (principale ou secondaire), la
fréquence de manipulation de l’ouvrage, et l’existence ou non du règlement d’eau.

c) La présentation PowerPoint accompagnant la carte

Ce PowerPoint reprend pour support la carte de recensement des ouvrages. A chaque


village est attribué un lien vers une carte de l’ensemble des ouvrages présents sur la
commune. A chacun des ouvrages est attribué un lien vers un descriptif contenant des photos
de l’ouvrage et les informations concernant l’ouvrage, reprises dans le tableau récapitulatif
attaché à la carte de recensement.

d) Analyse du recensement des ouvrages : bilan sur la gestion actuelle

Le problème de la gestion par des propriétaires qui ne sont pas, ou rarement,


physiquement présents sur le site ne se pose en réalité que dans un cas : seul un ouvrage
toujours existant appartient à des propriétaires franciliens, les autres étant des personnes de la
région ou des communes du bassin versant. On peut donc imaginer que la mise en place d’une
gestion concertée est possible dans la mesure où tous les acteurs sont présents sur place.
Ce tableau nous permet aussi de répondre à la question de l’état des ouvrages. Ainsi, sur les
dix-huit ouvrages que nous avons recensés, cinq sont totalement détruits et nous avons des
informations sur les travaux qui ont eu lieu sur les 13 ouvrages restants. On peut ainsi
s’apercevoir que les propriétaires privés aussi bien que les propriétaires publics se soucient de
l’état des ouvrages même s’ils n’ont pas toujours le financement nécessaire à une action
complète et rapide. Les travaux s’effectuent peu à peu sur la base des objectifs propres à
chaque acteur.
Enfin, ce tableau permet de souligner les différences entre les modes de gestions des
ouvrages. Par exemple, on constate que la commune de Guérigny fait obligation à ses
employés de gérer un certain niveau d’eau ; ceux-ci vont donc manœuvrer les ouvrages en
conséquence jusqu’à une fois par semaine, tout comme Collectoil qui doit s’assurer une
retenue d’eau suffisante pour la sécurité incendie. A l’opposé, certains propriétaires limitent
la gestion à l’ouverture ou la fermeture complète des pelles selon les périodes de l’année, sans
nuance ni objectif de maintien d’un niveau d’eau régulier. Ainsi, à Guérigny, la régulation du
niveau de l’eau se fait « à tâtons » : quand le niveau de l’eau n’est pas celui désiré, les
employés ouvrent une pelle de façon à ce que le bas de la pelle soit au niveau de l’eau. Ils
reviennent alors 2h plus tard et, selon le niveau, montent, descendent des pelles ou
augmentent le nombre de pelles manœuvrées (si le niveau est monté ils vont lever les pelles,
s’il est descendu ils vont plutôt les redescendre). Ceci est leur mode de gestion du niveau
d’eau et il apparaît possible qu’il soit perturbé par une gestion différente en amont et en aval.
Il paraît alors évident qu’un manque de coordination tant sur les objectifs que sur les actions
ne peut qu’affecter le régime d’écoulement de la rivière : dans un cas, les propriétaires
manipulent les empellements pour stabiliser un niveau, dans l’autre les pelles sont manipulées
avec moins de subtilité et peuvent altérer le travail des premiers si le degré de connexion
entre les ouvrages hydrauliques est élevé.

2) Etat des lieux des attentes et motivations des personnes que nous avons
rencontrées

10
a) Objectifs

Face aux inconvénients (manœuvre régulière, entretien, etc.) posés par les ouvrages
hydrauliques, les propriétaires peuvent avoir des attentes, et proposent parfois des idées. Nous
les avons résumées dans un tableau.
Voici la structure du tableau que nous avons réalisé, dans lequel une seule problématique est
détaillée. Le tableau complet est en annexe.

Problèmes Attentes Solutions / volonté et


possibilité des acteurs
Les ouvrages sont une Diminuer l’impact écologique Mise en place de passes à
gêne au déplacement et à la en : poissons au fur et à mesure
reproduction des ▪ Mettant en place des échelles à des rénovations (mais coût
poissons, ce qui est dû au poisson important, nécessite du temps
cloisonnement de la ▪ Détruisant les ouvrages pour qu’il y en ait assez pour
rivière inutiles voir un effet)
▪ Gérant les sédiments (évite
alors les problèmes d’érosion du Détruire les ouvrages inutiles
lit de la rivière) (subventions possibles)

Tableau 1 : Structure du tableau regroupement attentes et implications possibles des acteurs

Le but de ce tableau est de retranscrire de façon structurée et simple les


problématiques évoquées par les propriétaires. Il pourra leur servir, ainsi qu’au Bureau
d’études et au Conseil général, de base de réflexion quant aux problèmes qui peuvent exister
sur la rivière.
Nous avons tenté d’y apporter des informations pouvant constituer des éléments de réponses
aux questions des propriétaires et être un outil de réflexion pour eux. Mais pour cela, nous
devions aussi connaître leur investissement probable aussi bien sur les plans personnel que
financier.

b) Description de nos résultats

[ANNEXE 5]
Plusieurs problèmes ressortent, certains de manière récurrente. Nous allons en
examiner trois de la façon la plus détaillée possible. Avant tout, il faut signaler qu’il existe un
problème en amont de tout cela : les besoins de financement.

A chaque visite d’ouvrage, nous avons pu voir des troncs d’arbres et/ou des débris
accumulés du côté amont de l’ouvrage, ce qui corrobore les propos tenus par certains
participants lors de la table ronde du 8 février. Il faut savoir que nos visites se sont déroulées
juste après une crue qui avait touché la région une semaine auparavant.
D’où viennent ces éléments ? Les riverains qui taillent les arbres de leur jardin peuvent laisser
des branchages sur les rives de la rivière ; mais la prochaine crue les emportera et ces débris
iront se coincer dans le prochain ouvrage. Ce problème est encore plus important lorsque des
agents d’EDF élaguent les arbres et laissent les branches sur place. Il arrive que certains
propriétaires retrouvent aussi des bidons d’huile, des clôtures électriques dans leur ouvrage. Il
suffit qu’un ouvrage soit un tant soit peu obstrué pour que des éléments qui en temps normal
seraient passés (exemple des brindilles) soient bloqués à leur arrivée dans les ouvrages.

11
Retirer les éléments ligneux des ouvrages représente un travail important pour les
propriétaires ; nombre d’entre eux extraient le minimum pour débloquer la situation puis
laissent partir le reste vers l’aval. Ils souhaitent donc naturellement qu’il n’y ait plus de bois
dans leurs ouvrages. Pour cela, une sensibilisation et un changement de comportement des
riverains de la rivière seraient nécessaires.

Un autre problème qui nous a poussé dans un premier temps à étudier la


problématique des ouvrages de la rivière Nièvre, est la fréquence des inondations. Nous
considèrerons là surtout des inondations de petite ampleur, et touchant surtout les prairies et
champs des rives, ce qui explique la présence des éléments ligneux ou non dans les
empellements. Lorsqu’un propriétaire ouvre ses pelles (en raison d’une annonce de crue par
exemple, ou pour des bouts de bois coincés dans son ouvrage), le prochain propriétaire en
aval n’est pas capable d’anticiper l’arrivée de masse d’eau, et pour peu que ses pelles ne
soient pas assez ouvertes, les terrains situés à l’amont immédiat de l’ouvrage peuvent se
retrouver inondés. Pour remédier à cela, les propriétaires souhaiteraient qu’il y ait une
meilleure communication entre eux. Peut-être via une gestion concertée des ouvrages.

Enfin, un problème d’ordre plus écologique est apparu lors de nos entretiens : les
ouvrages créent un cloisonnement de la rivière, qui empêchent les poissons de se déplacer à
leur gré pour la reproduction et la ponte. Certains acteurs proposent de mettre des « échelles à
poisson » [pour plus de précisions voir ANNEXE 6]; mais, si l’on recherche l’efficacité, il
faut que cette action, très coûteuse, soit généralisée à tous les ouvrages. D’autres proposent
des effacements d’ouvrages, considérés inutiles ou pas.

Cette deuxième solution poserait quelques problèmes pour plusieurs raisons.


En effet, effacer un ouvrage revient à perdre une partie du patrimoine de la région, et pour
certains propriétaires privés, une partie de leur patrimoine familial auquel ils attachent une
grande importance.
Par ailleurs, deux bourgs situés sur la Nièvre d’Arzembouy, Prémery et Guérigny, accordent
beaucoup d’importance au tourisme « vert » qui inclut des promenades le long des cours
d’eau et la visite des lieux représentatifs du patrimoine historique local. La présence
d’ouvrages permet de pouvoir maîtriser la quantité d’eau à un endroit donné, et donc la
création de plans d’eau attractifs d’un point de vue paysager.
Une preuve de cette attente est l’aménagement en cours de la Coulée Verte (sentier pédestre
le long de la rivière) à Prémery qui compte 3000 visiteurs par an et ce nombre est en
augmentation ; Guérigny reçoit entre 5000 et 6000 visiteurs par an pour le « Musée des amis
du vieux Guérigny ». Il est donc important de conserver les 3 ouvrages qui bordent le bief
situé juste à côté du musée.

c) Résultat des entretiens en aval de Guérigny

Bien que notre étude se soit portée sur la partie de la rivière située entre Giry et
Guérigny, nous avons voulu savoir comment la gestion des ouvrages était considérée en aval
de ces villes. Nous avons pour cela interrogé les mairies d’Urzy (on a notamment entendu
qu’un litige concernant un ouvrage avait été porté devant le tribunal) et de Nevers. Il s’agit de
savoir quel serait le degré d’influence d’une modification de la gestion des ouvrages en amont
de ces villes.

Concernant la ville de Nevers, les effets de la gestion en amont ont peu d’impact sur
les événements en aval.

12
En effet, il y a deux siècles, un canal de dérivation, qui court-circuite la Nièvre, a été créé.
Les eaux de la Nièvre peuvent ainsi être renvoyées vers la Loire, en contournant la ville. Il
existe un jeu d’empellements au niveau de l’embranchement de la dérivation, avec un
système de pompage (4 pompes de 10m3/sec), qui récupère les eaux résiduelles et les rejette
dans la Loire. On peut donc ainsi barrer la sortie « Nièvre » au Nord de la ville et faire passer
les eaux de la Nièvre par le canal de dérivation.
Toutefois, une communication avec l’amont est indispensable, certes difficile à mettre en
place. Elle permettrait peut-être de solutionner le problème des débris présents dans la rivière
qui s’accumulent au niveau des ouvrages.

Concernant la commune d’Urzy, la situation est différente. Il n’existe pas de canal de


dérivation ; ainsi la totalité de la rivière Nièvre passe dans la ville. La ville possède 2
ouvrages privés, dont un en mauvais état qui n’est pas du tout géré. Ce manque de gestion
provoque des inondations, amplifiées, selon le maire d’Urzy, par une mauvaise gestion des
ouvrages en amont. La commune rencontre aussi le problème de l’accumulation de rémanents
au niveau des ouvrages.
Une solution pour le maire serait que les ouvrages deviennent la propriété de la ville (si c’est
rénové avant). Et bien sûr qu’une gestion concertée avec l’amont soit mise en place.
Le maire a proposé, comme certains propriétaires privés nous l’ont aussi suggéré, l’idée de
faire de l’hydroélectricité. Une étude est en cours.

d) Opportunité de la mise en place d’équipements hydroélectriques : une idée soulevée


par certains propriétaires

Lors de nos entretiens, nous avons quelquefois entendu parler de la volonté d’installer
une turbine hydroélectrique sur le cours d’eau (naturel ou dérivé), afin de produire de
l’énergie électrique à partir de l’énergie hydraulique. Cependant, les propriétaires ne savent
pas ce que cela représente exactement, et quels sont les droits et obligations qui y sont
associés. Nous avons donc décidé de leur apporter quelques renseignements à ce sujet, en
précisant toutefois qu’ils ne seront pas exhaustifs, et qu’une étude doit être faite au cas par cas
si un tel projet est réalisé. [ANNEXE 6]

3) Fiche ouvrage

a) Objectif

Suite à notre entretien au Conseil général, nous avons décidé de réaliser une fiche pour
un ouvrage que nous avons choisi selon certains critères qui seront explicités dans le b). Nous
l’avons élaborée en prenant comme base le cahier des charges réalisé par le conseil général
pour le bureau d’études.
Cette fiche a pour but de servir de support au bureau d’études. Le temps nécessaire
pour récolter les informations et pour élaborer la fiche ainsi que les difficultés rencontrées
seront des renseignements utiles pour le Conseil général et seront présentés avec cette fiche.
Cette fiche illustre concrètement une partie des résultats que nous avons obtenus tout
au long des enquêtes. Elle donne de façon objective un exemple de gestion d’un ouvrage, les
obligations du propriétaire et les problèmes qui peuvent exister.

13
Outre sa description, son historique et sa gestion, nous tenterons de replacer l’ouvrage
dans son contexte : quels ouvrages y a-t-il en amont et en aval ? En quoi leur gestion peut-elle
avoir une influence sur l’ouvrage que l’on étudie ?

b) Choix de l’ouvrage

Notre choix s’est porté sur l’ouvrage de M. Desfossé : Le Moulin de la Petite Forge.
Nous cherchions un propriétaire d’ouvrage isolé qui ne soit pas un propriétaire public
comme c’est le cas à la mairie de Guérigny, qui gère de manière globale les ouvrages qu’elle
possède. Sur les conseils du Conseil général, un travail préliminaire qui s’intéresse à un
ouvrage privé serait plus utile au bureau d’études car il est plus difficile d’aller voir les
propriétaires privés. Par ailleurs cela nous a permis de connaître exactement quelle est la
responsabilité des propriétaires privés vis-à-vis de leur ouvrage. M. Desfossé est motivé et
intéressé par la gestion de son ouvrage ; il a de nombreux projets d’aménagements de ses
biefs, et a d’ailleurs récemment rénové un des ouvrages.
Concernant l’ouvrage, nous voulions un ouvrage en état de fonctionnement.
Les problèmes rencontrés au niveau de cet ouvrage sont ceux que l’on a le plus
souvent rencontrés : accumulation de bois, inondations des prairies voisines. Par ailleurs il
n’y a plus d’écoulement dans un des biefs : il faudrait donc remettre en eau ce « bras mort ».
Le propriétaire a, en plus, la particularité d’avoir de nombreux projets pour son ouvrage.
Enfin, contrairement à d’autres ouvrages, nous avions des documents à disposition,
notamment le règlement d’eau et le plan des ouvrages.

c) Résultat : la fiche

[ANNEXE 7]

La fiche comprend toutes les informations que nous avons récoltées sur l’ouvrage, son
état, sa gestion et les perspectives qui existent pour cet ouvrage. C’est une sorte de carte
d’identité de l’ouvrage qui sera utile à tous les acteurs dans le but d’une gestion concertée des
ouvrages.
Cette fiche se trouve en annexe, mais voici sa structure, qui pourra donc être utilisée
éventuellement pour d’autres ouvrages :

14
NOM DE L’OUVRAGE

TYPE D’OUVRAGE ET DESCRIPTION :


On note ici de quoi l’ouvrage est composé (empellements, nombre de pelles, déversoir, déchargeoir, moulin…)
PLAN :
Schéma de circulation des eaux, situation de l’ouvrage dans l’espace
PHOTOS :
Des photos permettent de se rendre compte de l’état de l’ouvrage, et de mieux comprendre son fonctionnement
CROQUIS :
Description des pelles, dessins de la conception de l’ouvrage. Dans les règlements d’eau présents à la police de
l’eau, on peut trouver ce genre d’informations

FONCTIONNEMENT :
Explication du rôle de chacune des parties de l’ouvrage dans la gestion des eaux, et de la façon dont on
manœuvre l’ouvrage (manœuvre manuelle ou automatisée)

PROPRIETAIRE ACTUEL :
Etat civil du propriétaire de l’ouvrage, éventuellement situation familiale (peut donner une idée de la valeur
patrimoniale que le propriétaire accorde à son ouvrage), précisions sur la résidence du propriétaire au niveau de
l’ouvrage (résidence principale ou secondaire, auquel cas il n’est pas toujours présent pour gérer son ouvrage)

HISTORIQUE :
Historique de l’acquisition de l’ouvrage (achat par volonté personnelle de posséder cet ouvrage, rachat avec une
propriété immobilière, héritage familial…), et historique des travaux réalisés

GESTION ACTUELLE :
Fréquence de manipulation des pelles, de l’entretien du bief ou des berges, et personne par qui cette gestion est
réalisée (en particulier en cas d’absence du propriétaire)

DROIT D’EAU:
Existe-t-il un règlement d’eau pour cet ouvrage ? Le propriétaire en a-t-il connaissance, et que contient-il ?

PROBLEMES :
Les problèmes que l’ouvrage peut représenter pour le propriétaire (branchages, contraintes de gestion,
inondations, sécheresses…)

ATTENTES/PROJETS :
Ce que le propriétaire peut attendre d’une gestion concertée, ou plus largement ce qu’il peut attendre des
différents acteurs de l’eau ; ses projets quant à l’entretien ou à la rénovation de son ouvrage (mécanisation,
passes à poissons, turbine hydroélectrique…), et quant à l’investissement personnel et financier qu’il envisage
d’y consacrer

Fig 2 : Structure de la fiche ouvrage

15
III) Discussion

1) Définition de la zone d’étude

Nous nous sommes concentrées sur le bassin versant de la Nièvre


d’Arzembouy en nous limitant aux ouvrages hydrauliques de la rivière Nièvre d’Arzembouy,
donc sans prendre en compte ceux présents sur les affluents de cette rivière que sont la petite
Nièvre et la Renèvre, faute de temps. Or la gestion de ces ouvrages peut influer sur
l’écoulement des eaux dans la Nièvre d’Arzembouy, et il serait donc judicieux de les prendre
en compte dans une gestion coordonnée des ouvrages.
De plus, nous avons pris en compte la commune de Guérigny et les problèmes posés
par la gestion des ouvrages dans cette commune, or Guérigny se trouve à la confluence des
Nièvres d’Arzembouy et de Champlemy. Cette dernière n’apparaît pas dans notre étude car
elle n’appartient pas au bassin versant d’étude. Pourtant la gestion des ouvrages sur cette
rivière doit avoir une influence sur les problèmes intervenant sur Guérigny.
Enfin, les principaux problèmes de débordements de la Nièvre ont lieu en aval de
notre bassin : à Urzy et Nevers. Nous avons peu traité les problèmes dans ces communes car
elles sortent de notre échelle d’étude mais surtout faute de temps. Cependant nous avons
contacté Urzy, Coulanges-les-Nevers et Nevers afin de savoir si ces communes ont des
récriminations sur la gestion des ouvrages en amont.

2) Adéquation entre notre questionnaire et le but de notre enquête auprès des


propriétaires

Nous avons constaté, assez tardivement, après avoir rencontré les différents
propriétaires, que nous n’avons pas établi et utilisé un « questionnaire » à proprement parler,
mais plutôt un guide d’entretien. En effet, les questions que nous avons posées étaient le
plus souvent ouvertes, peu précises et pas toujours dans le même ordre, car nous voulions
respecter autant que possible le déroulement du discours des personnes enquêtées.
Cependant nous pensions obtenir des propriétaires des données plus techniques et
chiffrées que ce nous avons obtenu effectivement. En réalité, leurs réponses étaient difficiles
à quantifier, car nos questions n’étaient pas assez orientées.
C’est peut-être pour cette raison que le traitement des informations obtenues nous a
été quelque peu difficile ; il n’était pas possible de traiter statistiquement les données, ou de
comparer facilement les dires des différents propriétaires. Cependant, nous avons tout de
même pu en tirer un bilan des problèmes, attentes et motivations des propriétaires ; nos
entretiens ont donc quand même été fructueux.

Avant chaque questionnaire, nous nous sommes présentées, et avons présenté l’objet
de notre étude. Cette introduction a en effet influencé les réponses des propriétaires, et est
indispensable à l’analyse de leurs réponses.
Voici donc la façon dont nous avons, à chaque fois de la même façon, présenté notre
travail :
« Nous sommes un groupe d’étudiantes en Ecole d’ingénieur agronome à Paris, et réalisons
une étude sur la gestion des ouvrages hydrauliques de la Nièvre d’Arzembouy. Nous avons
appris à la mairie de… [ou sur les règlements d’eau de la DDAF, ou sur une carte de
recensement de la DDAF, ou sur la monographie du Conseil Général] que vous étiez

16
propriétaire de l’ouvrage… [ou du moulin…]. Serait-il possible que vous répondiez à
quelques questions concernant la gestion de votre ouvrage? ».

Il est à noter que l’on emploie souvent le terme de « gestion » dans nos entretiens,
alors qu’il peut correspondre à beaucoup de choses différentes. Cependant, la signification de
ce terme pour la personne interrogée ressort tout de même clairement dans nos comptes-
rendus d’entretiens. Par exemple, pour Mr Delattre, la « gestion » de son ouvrage est aussi
bien la manipulation des pelles, que leur rénovation (en 2002) ou le nettoyage de son bief (en
2004). Pour Mr Desfossé, la « gestion » regroupe la manipulation des pelles, mais aussi
l’ensemble des projets de rénovation qu’il a entrepris ou prévoit d’entreprendre (cf. la fiche
ouvrage).

En ce qui concerne les questions elles-mêmes, certaines auraient pu être mieux


formulées. Par exemple, la question : Etes-vous au courant qu’il y a un règlement d’eau pour
votre ouvrage ? oriente la réponse vers les règlements d’eau, et ne permet pas de savoir si le
propriétaire sait ce qu’ils contiennent. Au contraire, en demandant d’abord : Y a-t-il des
réglementations relatives à cet ouvrage ? puis, après sa réponse : Les connaissez vous ?, alors
on apprend éventuellement s’il existe d’autres règlements que les règlements d’eau, et on
apprend davantage de choses sur la connaissance que le propriétaire en a.

Par ailleurs, même si cette question a pu être posée quelques fois dans le cours de la
conversation, le guide d’entretien ne comprend pas de question concernant les suivis des
niveaux d’eau près de l’ouvrage, par qui ils sont réalisés, de quelle façon et à quelle
fréquence.

Enfin, nous avons dû renoncer à aborder l’aspect financier lors de nos entretiens, tant
en ce qui concerne les coûts d’éventuels travaux réalisés ou à réaliser par des propriétaires
privés, qu’en ce qui concerne le montant que ces propriétaires, ou des propriétaires publics,
seraient prêts à payer pour une gestion concertée ou une restauration qui touche de près ou de
loin leur ouvrage ou le tronçon de rivière au bord duquel ils habitent.
Pour pallier cela, il aurait fallu rédiger un questionnaire d’évaluation contingente (et
non un entretien).

3) Difficulté d’accès à l’information

Il n’a pas toujours été évident de recueillir toutes les informations qui nous étaient
nécessaires. Le recensement des ouvrages a été la tâche la plus difficile.
Nous avons d’abord fait appel à la police de l’eau. Nous avons obtenu une carte de
recensement des ouvrages, mais celle-ci comporte aussi bien des ouvrages en fonctionnement
que des ouvrages inexistants aujourd’hui, et aucun nom de propriétaires n’était indiqué. Nous
avons alors consulté les règlements d’eau [ANNEXE 8], mais d’une part, la police de l’eau
n’est pas en possession de tous les règlements, et d’autre part, nombre de règlements ne sont
pas à jour.
Nous nous sommes alors tournées vers les mairies pour obtenir plus d’informations,
notamment les noms des propriétaires. Elles connaissent généralement les ouvrages dont elles
sont propriétaires, mais ne savent pas toujours qui sont les propriétaires privés des autres
ouvrages de leur commune. Quand nous avions le nom des propriétaires, il nous fallait
ensuite trouver leurs coordonnées ; mais certains étaient sur liste rouge.
Pour connaître la gestion actuelle des ouvrages privés, nous devions rencontrer les
propriétaires. Certains d’entre eux sont des propriétaires parisiens, qui possèdent une

17
résidence secondaire dans la Nièvre. Comme ils sont peu présents sur place, nous avons été
obligées de les joindre par téléphone. Le manque de temps sur le terrain nous a aussi
contraintes à devoir téléphoner à certains propriétaires que nous aurions souhaité rencontrer
de visu.
Enfin, lors des interviews de propriétaires, il n’était pas toujours évident de rester
critiques vis-à-vis des dires des propriétaires. Certains considèrent avoir raison (les problèmes
viennent de l’amont), considèrent que leur gestion est la meilleure, d’autres ne disent pas tout.
Pour éviter cela au maximum, nous avons cherché à recouper les informations grâce à des
entretiens avec d’autres personnes que des propriétaires (police de l’eau, Conseil Général,
fédération de pêche, et Office national de l’eau et des milieux aquatiques (ex Conseil
Supérieur de la Pêche)).

4) Pertinence de nos résultats vis-à-vis des attentes de nos « cibles »

Nos résultats nous semblent utiles dans le sens où nous les avons élaborés dans
l’objectif d’apporter des documents de base aux futurs acteurs, pour la réflexion autour d’une
gestion concertée des ouvrages hydrauliques du bassin versant.
Néanmoins se pose la question de l’exhaustivité de ces résultats, de leur accessibilité et de
leur réelle utilité.

La carte de recensement des ouvrages aurait pu avoir pour support une couche SIG qui
aurait été peut être plus exploitable pour certains organismes comme la Police de l’Eau. Du
point de vue de l’exhaustivité de ce recensement on peut ajouter les critiques suivantes : nous
n’avons pas pu contacter deux propriétaires qui étaient sur liste rouge.
De plus le PowerPoint qui accompagne ce recensement n’est pas un support accessible
à tous (nécessité d’un ordinateur !) néanmoins cette production est un plus par rapport à la
carte qui se suffit à elle-même. Ce PowerPoint permet en fait d’illustrer la carte et le tableau
de recensement et rend cet outil plus ludique à utiliser.

Ensuite, si l’on considère notre tableau recensant les problèmes constatés, les attentes,
les solutions proposées et les possibilités de chaque propriétaire d’ouvrage, nous pensons
qu’il dresse un bon état des lieux de ce que pensent et attendent les gens d’une meilleure
gestion et utilisation des ouvrages ; il pourra servir à la réflexion concernant la mise en place
d’une gestion concertée de ses ouvrages. Cependant nous aurions pu mettre l’accent sur les
différents points de vue concernant la mise en place gestion collective des ouvrages. En effet,
certains propriétaires veulent voir se mettre en place une gestion coordonnée des ouvrages car
il voit en celle-ci la résolution de leurs problèmes, tandis que pour d’autres une gestion
collective des ouvrages n’est pas à l’ordre du jour soit parce qu’ils se trouvent tout à l’amont
de la Nièvre d’Arzembouy et ne ressentent par les problématiques de l’aval, soit parce qu’ils
ont déjà instauré à leur échelle une entente avec les propriétaires avoisinant et ne voit donc
pas l’utilité d’aller plus loin. Enfin la subjectivité des personnes interrogées est très forte dans
notre production dans la mesure où nous ne disposions pas de toute la méthodologie
nécessaire pour vérifier les dires des acteurs.

Enfin, en ce qui concerne la fiche « ouvrage », elle pourra peut-être servir de base au
bureau d’études à moins que des modèles « professionnels » de telles fiches existent déjà.
Dans ce cas, seuls les renseignements bruts qu’elle contient seront en mesure d’intéresser le
bureau d’études. La lisibilité des croquis de l’ouvrage est également critiquable, ils ont en
effet été obtenus par photographies d’anciens croquis présents dans le règlement d’eau. Nous

18
aurions pu les reproduire de façon plus lisible. De plus cette fiche n’est pas exhaustive
puisque qu’il manque une rubrique « risque » ou plus largement « interaction de l’ouvrage
avec son système » qui permettrait d’évaluer l’impact de l’amont sur l’ouvrage et son propre
impact sur l’aval mais également d’apprécier le risque que celui-ci représente en cas de
rupture par exemple. Cela aurait nécessité une étude d’impact que nous n’étions pas en
mesure de faire (manque de temps et d’expérience) et il nous aurait également fallu définir ce
système (limites géographiques, etc.).

19
CONCLUSION :
La table ronde du 8 février 2007 a fait émerger de nombreuses problématiques concernant les
ouvrages hydrauliques présents sur la Nièvre d’Arzembouy, dont la principale cause semblait
être l’absence d’une gestion concertée des ouvrages entre les différents propriétaires le long
de la rivière. Notre but initial était d’élaborer des propositions de gestion des ouvrages à
l’échelle du bassin versant pour répondre aux problèmes soulevés par les acteurs locaux. Au
fil de nos rencontres sur le terrain nous nous sommes rendu compte que le principal outil dont
nous avions besoin comme base de notre étude, à savoir un recensement exhaustif et actualisé
des ouvrages et des propriétaires, était inexistant. Nous avons donc décidé de construire nous
même cet outil en l’enrichissant. De plus, le fait qu’un bureau d’étude soit bientôt chargé
d’étudier entre autres la problématique des ouvrages sur le bassin versant dans la perspective
de mettre en place une gestion collective à cette échelle, nous a incitées à produire des
documents utilisables pour cette future étude, tels que notre tableau dressant le bilan des
problèmes constatés, des attentes vis-à-vis d’une meilleure gestion, des solutions proposées et
des possibilités de chaque propriétaire d’ouvrage, et notre fiche ouvrage qui rentre dans le
cahier des charges de ce futur bureau d’étude. Ces productions sont néanmoins critiquables
du point de vue de leur exhaustivité, accessibilité et utilité future et seront à compléter.

BIBLIOGRAPHIE :
[1] Brochure du Conseil Général de la Nièvre Service de L’eau : « La Rivière Nièvre ; Ses
problèmes ; Des actions à envisager » (25/09/2003)

ANNEXES :

ANNEXE 1 : Quelques définitions concernant les ouvrages hydrauliques

ANNEXE 2 : Diagramme de notre stratégie en fonction de l’avancée du travail du Bureau


d’Etude

ANNEXE 3 : Questionnaire propriétaires d’ouvrage

ANNEXE 4 : Recensement des ouvrages et de leur propriétaire : carte + tableau

ANNEXE 5 : Bilan des attentes et motivations des propriétaires d’ouvrages

ANNEXE 6 : Fiche de renseignements concernant l’installation et l’utilisation d’une usine


hydroélectrique ; à l’intention des propriétaires d’ouvrages hydrauliques

ANNEXE 7 : Fiche ouvrage : moulin de la Petite Forge à Poiseux

ANNEXE 8 : Note de synthèse sur les « règlements d’eau »

20
ANNEXE 1 : QUELQUES DEFINITIONS CONCERNANT LES OUVRAGES HYDRAULIQUES

Le bief :
Bief de la forge à Guérigny
Le mot bief pourrait avoir comme origine l'ancien
nom gaulois du castor (biber). Il s’agit d’un canal
conduisant l'eau sur ou sous la roue à aube d'un
moulin ou dans une turbine d'un moulin. Sa
longueur peut être variable. Il est de largeur, de
hauteur d’eau et de vitesse d’écoulement
homogènes.

Source : photo de M. Delattre

Source : photo personnelle Camille Passerin

Pour avoir un niveau d’eau constant, un bief doit être


curé régulièrement.

Curage du bief du moulin de La Valotte,


à Prémery, au cours de l’année 2004

.
Le déversoir :
Il s’agit d’un ouvrage situé à proximité de la chute, arasé au niveau légal de retenue. Il assure
diverses fonctions :
• Envoyer le « trop plein » d'eaux vers un « bras de décharge », pour étaler une crue
quand le débit en amont provoque une montée d'eau incompatible avec la capacité
d'absorption des vannages ou de moulins recevant cette eau.
• Maintenir en amont du déversoir une hauteur minimale d'eau.
• Permettre un débit de fuite, détournant la rivière lorsqu'il faut provisoirement la barrer
pour l'assécher en aval, afin par exemple d'y faire des travaux (de réfection d'un radier,
d'un vannage, d'un mur, ou d'un support de roue à aubes)

Le déversoir
La pelle

Source : photo personnelle Elodie Bouzin

Pelle et déversoir de M. Delattre, moulin de La Valotte, à Prémery

21
La pelle, ou vanne :
Il s’agit d’une pièce rectangulaire, d’une surface
d’environ 1m2 (elle peut être de taille variable)
disposée perpendiculairement au cours d’eau, et
qui permet de réguler le débit de ce dernier. Elles
peuvent être levées lorsque l’on souhaite faire
passer plus d’eau, et abaissées dans le cas
contraire. La manœuvre peut être manuelle ou
automatisée.

Source : photo personnelle Camille Passerin

On appelle empellement l’ensemble formé par une association de plusieurs pelles. Ici, on
peut voir l’empellement du bief des forges de Guérigny

Le seuil :
Un seuil est un petit barrage déversant utilisé généralement pour élever le niveau d'une
rivière. Son intérêt est aussi de réduire les variations de niveau d'eau en amont. Ils sont
utilisés en hydrométrie pour mesurer facilement le débit d'une rivière, pour des débits faibles
à moyens, en mesurant la hauteur d'eau sur le seuil, et par une formule simple et fiable.
Il y a différentes sortes de seuils. Certains sont une simple plaque de métal avec une
échancrure en V, d’autres ont une structure de béton ou d'acier en travers de la rivière. Un
seuil en V donne une indication précise des petits débits.
De plus, il existe des seuils fixes et des seuils mobiles, dont la régulation se fait alors par des
vannes ou des clapets.
Si un seuil permet habituellement une aération de l'eau lorsqu'elle le franchit, il peut
avoir un impact écologique négatif sur le milieu aquatique. En effet, il réduit artificiellement
la vitesse de l'eau en amont, ce qui peut augmenter la sédimentation. De plus, il constitue
souvent un obstacle à la migration des poissons.

2 seuils fixes
sous la partie
gauche du pont

Seuils fixes de l’ouvrage du fourneau, à Prémery

22
L’échelle à poissons, ou passe à poissons :
C’est un dispositif qui permet aux poissons de
remonter le cours de la rivière, malgré les
obstacles que représentent les différents ouvrages.
Il est en effet indispensable pour certaines espèces
comme l’anguille ou l’alose de remonter le cours
de la rivière pour établir leur cycle de
reproduction.
La passe à poissons est située à côté de
Source : [Link]
l’ouvrage (sur le même cours d’eau, ou sur une [Link]/telepole/st sulp/valdaine/[Link]
dérivation de la rivière), et est fonction de
l’espèce que l’on souhaite faire passer et du débit de la rivière. Elle est constituée d'une
succession de petits bassins comme le montre la photo.

Le moulin à eau :
(source : [Link] Wikipédia)
Un moulin à eau, ou moulin hydraulique, est une installation destinée à transformer
l’énergie hydraulique d'un cours d'eau amené au moulin par un bief, en énergie mécanique
utilisée pour diverses activités : moudre les céréales (usage le plus ancien), industrie
forestière, textile : foulons, métiers à tisser, travail des métaux : meules, forges, marteaux
pilons, papeterie, etc. Apparus au Moyen Age en Europe, ils furent supplantés par les
machines à vapeur lors de la Révolution Industrielle.
Il existe 2 types de moulins à eau : les moulins à roue verticale (les plus fréquents) et les
moulins à roue horizontale.
• Fonctionnement du moulin quand la roue à aubes est verticale (axe horizontal) :
Dans un moulin au fil de l'eau, c'est le courant du cours d'eau ou du bief qui entraîne la
roue à aubes par sa partie inférieure. En conduisant l'eau au-dessus de la roue, c'est la chute
de l'eau qui transmet son énergie à la roue ; l'usage de roues à godets permet un rendement
supérieur.L'eau peut aussi arriver sous la roue, pour lui transmettre une partie de son énergie
cinétique.
• A partir de la révolution industrielle, et surtout au XXème siècle, certains moulins
utilisent une roue horizontale (à axe vertical) également dite « turbine », en particulier dans le
cas des moulins « à retenue », qui sont en général de taille modeste. Le niveau d'eau est
maintenu à une hauteur suffisante en amont du moulin par un déversoir. Ce matériel est
réputé blesser ou tuer les gros poissons, alors qu'ils franchissent sains et sauf les roues à aube.
Arrêtons nous sur le fonctionnement des martinets, qui sont des petites usines à forge ;
Guérigny était un haut lieu de la transformation du fer.

« Martinet » était le nom autrefois donné à l’atelier lui-même, comportant trois unités
constituées chacune d’une roue à augets et de deux marteaux hydrauliques, ainsi que d’une
soufflerie et d’une aiguiserie.

Schéma d’un martinet. Source : collectif, {Autour de la forge}, Maison de la Culture de Firminy, 1979
23
Le martinet hydraulique est constitué d’une roue à augets qui entraîne un
"tournant", volant en fonte, destiné à actionner un marteau au moyen de cames
disposées tout autour du tournant. Le marteau est un lourd rondin de bois taillé et
façonné autrefois par les menuisiers de l’usine. De la qualité de la coupe dépend la
solidité et la longévité du marteau.

Chaque marteau frappe à la vitesse de 190 à 330 coups par minute, selon l’étape de
fabrication. Il peut s’agir de l’étirage, qui consiste à allonger un lopin de métal aux
dimensions d’une lame de faux, ou du " platinage ", opération effectuée en plusieurs "
chaudes ", et qui consiste à forger la lame dans sa largeur. Chaque phase de fabrication
nécessite trois ouvriers jusque dans les années 1980. L’étireur ou le platineur
commandent et réalisent l’action. Ils sont secondés par le tireur d’eau qui régule le débit
de la vanne alimentant la roue à augets, et surveille la fréquence de la frappe du
marteau, pendant que le chauffeur contrôle et alimente le four en charbon et en lames.

24
ANNEXE 2 : DIAGRAMME DE NOTRE STRATEGIE EN FONCTION DE L’AVANCEE DU
TRAVAIL DU BUREAU D’ETUDE

RECENSEMENT DES
OUVRAGES ET DE LEURS
PROPRIETAIRES

A
FAIT FAIRE

Nous contactons le
Bureau d’Etudes pour Infos non
récupérer les disponibles pour Nous effectuons nous-mêmes ce
informations. nous recensement et faisons le bilan
1
attentes/motivations des acteurs
Infos disponibles et Infos disponibles et concernant la gestion des
collaboration collaboration ouvrages et nous restons sur un
possible impossible sujet socio/juridique 2

Nous essayons d’apporter Nous passons à la 2ème étape :


quelque chose au Bureau recensement des attentes et Lors des entretiens, nous
d’Etude en fonction de motivations des acteurs de la considérons quand même
leur avancée gestion des ouvrages les aspects techniques
pour essayer de les étudier
2 plus tard
3
Objectif :
A DEFINIR AVEC LE
BUREAU D’ETUDE ! Objectif :
- Définir le
Etude des aspects champ juridique
hydrauliques 3 - Confronter les
attentes, les
financements et les
Objectif :
engagements possibles
- Définir le
des acteurs
champ juridique
Î Proposition de gestion
- Confronter les
- Si possible : prendre
attentes, les
en compte les aspects
financements et les
techniques, l’état des
engagements possibles
ouvrages avec des calculs de
des acteurs
débits pour ajouter un
- prendre en compte les
dimension scientifique à notre
aspects techniques, l’état des
étude
ouvrages avec des calculs de
débits pour ajouter un
dimension scientifique à notre
étude
Î Proposition de gestion

25
ANNEXE 3 : QUESTIONNAIRE PROPRIETAIRES D’OUVRAGE

INTRODUCTION
Bonjour Madame, Monsieur,
Nous sommes étudiantes en Ecole d’agronomie à Paris et nous menons dans le cadre d’un module
d’enseignement, une étude sur la gestion de l’eau dans le bassin versant de la Nièvre d’Arzembouy. Notre
groupe a plus particulièrement axé son travail sur la gestion des ouvrages et de leurs éventuels impacts sur le
cours d’eau et ses environs. Nous aimerions vous poser quelques questions afin de mieux connaître votre
ouvrage et vous-même, votre manière de gérer votre ouvrage (manipulation des pelles, entretien, travaux) et
de recenser vos éventuelles attentes par rapport à cette gestion afin de dresser un état des lieux de la gestion
des ouvrages et de ses impacts sur la Nièvre d’Arzembouy. Cela prendra une trentaine de minutes. »

GENERALITE - DEFINITION DU TYPE DE GESTION

L’INTERVIEWE SE PRESENTE : AGE, SEXE, PROFESSION, SITUATION FAMILIALE, INVESTISSEMENT ASSOCIATIF, PECHEURS
OCCASIONNELS

Combien de jours par an résidez-vous ici ?


Quel type d’ouvrage possédez vous ? Quel est son fonctionnement ? Possédez vous des photos ? plans de
l’ouvrage ?
Qu’est-ce que représente pour vous la notion de gestion d’un ouvrage ?Y a t’il une gestion de l’ouvrage et qui
en a la charge ?
Y’a-t-il déjà eu des travaux sur votre ouvrage ?
Etes-vous au courant de l’existence d un règlement d’eau pour votre ouvrage ? En possédez vous un
exemplaire ?

Si il existe une gestion de l’ouvrage :


Si c’est le propriétaire :
Pendant vos absences, qui gère l’ouvrage ?
La gestion de l’ouvrage est-elle une charge importante pour vous ? un inconvénient ?
Que devez vous faire ? à quelle période ?
Avez-vous des consignes de gestion ?de qui ?
Quels contacts avez-vous avec les institutions qui gère l’eau/ la rivière ?
Y a-t-il une coordination avec la gestion des autres ouvrages de la rivière ?
Si ce n’est pas le propriétaire :
Qui gère ? En association avec d’autres propriétaires ?
Pourquoi ce n’est pas vous ? Seriez vous prêt à gérer vous-même ?

Si pas de gestion :
Pourquoi ? Seriez-vous prêt à gérer l’ouvrage en étant aidé ? ou à faire gérer votre ouvrage ?

ATTENTES – IMAGES DE LA GESTION


Pensez-vous qu’il y a des problèmes de gestion des ouvrages hydrauliques sur le bassin versant ou qu’il y a
des problèmes liés à cette gestion ?
Qu’attendez-vous d’une bonne gestion des ouvrages ?

HISTOIRE – DONNEES TECHNIQUES


Avez-vous des problèmes par rapport au niveau d’eau de la rivière ?
Avez-vous des exemples d’événements qui illustrent ces problèmes ?
Pour vous que serait un débit optimal ?

ASPECTS FINANCIERS
S’il y avait, dans le cadre d’un contrat de rivière par exemple, un programme de restauration des ouvrages
hydrauliques, seriez-vous prêts à contribuer financièrement à ce programme ?
26
ANNEXE 4: RECENSEMENT DES OUVRAGES HYDRAULIQUES DE LA NIEVRE D’ARZEMBOUY ET DE LEUR
GESTION

LES OUVRAGES HYDRAULIQUES DE LA ARZEMBOUY


NIEVRE D’ARZEMBOUY

GIRY
Plan d’eau

Moulin Barbier

Empellement de la ville Moulin de La Valotte

Moulin du Chaillou Le Fourneau

SICHAMPS
PREMERY

Moulin de Poisson Empellement des usines

Moulin de la Belouze Moulin des Chaumes

Moulin de Mauvron Moulin de la Moquerie


Forge de Sichamps
Forge de Marcy
POISEUX

GUERIGNY Moulin de la petite Forge

Bief de la Poelonnerie

Bief des Forges Echelle :


Zone de Villemenant 1km
27
Nom de l’ouvrage Localisation Composition actuelle Propriétaire Résidence Fréquence de Qui Travaux Règlmt
manoeuvre manœuvre ? réalisés d’eau
Moulin de La Valotte Prémery 1 pelle qui alimente une roue M. Alain Principale En fonction du [Link] Pelles A la
(la roue n’existe plus, projet Delattre temps : Ouvre Son voisin en changées en DDAF
de réparation) quand fortes cas d’absence 2003
1 pelle qui permet une retenue pluies Etang
d’eau Ferme à fond nettoyé en
en été 2004
Moulin du Fourneau Prémery Plus de pelle Commune de - - - Transformati A la
Pont avec seuils fixes Prémery on des pelles DDAF
en seuils
fixes en 2004
et 2005
Plan d’eau Prémery 1 déversoir Commune de - Vidange tous Societé de Aucun mais
1 prise d’eau Prémery les 3/4 ans pêche mise en
2 vannes de vidange place récente
Moulin Barbier Prémery 1 déversoir de tête (3pelles + M. Jacky Simon Secondaire Qu’en cas La mairie ?? A la
1 déversoir) d’urgence qu’en cas DDAF
2 roues (inactives) (importante d’urgence si le
crue) propriétaire
n’est pas là
Moulin de la ville Prémery - Empellement de la ville Commune de - Qu’en cas La mairie Rénové en A la
(3pelles + un déversoir) Prémery d’urgence qu’en cas 2006 DDAF
- Déversoir de tête (importante d’urgence
(2 déversoirs dont un en crue)
mauvais état)
Empellement des Prémery 1 captage fixe (2 en fait dont Collectoil® - En moyenne, 1 Employés de Travaux
usines 1 à la SNR) + 1 empellement fois par Collectoil d’entretien
(5pelles) semaine régulier
Moulin des Chaumes Prémery ?? M. Recipon Secondaire ?? ?? ?? A la
DDAF
Moulin de la Moquerie Prémery Plus d’obstacle sur la rivière Principale/ - - Aucun
Secondaire
Moulin du Chaillou Prémery Plus d’obstacle sur la rivière Secondaire - - Aucun A la
DDAF

28
Nom de l’ouvrage Localisation Composition actuelle Propriétaire Résidence Fréquence de Qui Travaux Règlmt
manoeuvre manœuvre ? réalisés d’eau
Forge de Sichamps Sichamps empellement, 5 pelles (et M. Courault Principale Ouverture M. Courault il a refait les A la
cabestans : pour relever les entière des 5 pelles en DDAF
pelles) + 1 déversoir pelles du 01/11 2006
au 01/05, et
après
fermeture
Moulin de Poisson Poiseux Plus d’obstacle sur la rivière Principale - - Aucun A la
DDAF
Moulin de La Belouze Poiseux Plus d’obstacle sur la rivière Principale - - Aucun A la
DDAF
Moulin de Mauvron Poiseux Plus d’obstacle sur la rivière Principale - - Aucun A la
DDAF
Moulin de la Petite Poiseux 2 empellements et un M. Desfossé Secondaire Dépend du M. Desfossé Rénovation A la
Forge déversoir niveau d’eau Et le fermier de 5 pelles DDAF
([Link]) en 2002
Forge de Marcy Poiseux Plus d’obstacle sur la rivière Secondaire - - Aucun A la
DDAF
Bief de la Poelonnerie Guérigny Pont avec 5 pelles Commune de - En moyenne : Employés Rénovation A la
1 déversoir Guérigny Aucune Communaux de la DDAF
1 déchargeoir pendant les structure du
3/4mois pont en 2007
Zone de Villemenant Guérigny Un ouvrage composé de 5 Commune de - d’étiage Employés Aucun
pelles et 2 déversoirs Guérigny Toutes les Communaux
Bief des Forges Guérigny 3 ouvrages : Commune de - semaines en Employés Renforcemen A la
pelle de fond, Guérigny période de Communaux t du talus DDAF
empellement des forges : crues avec des
composé de 6 pelles, palaplanches
empellement de Bizy : 5 de
pelles et un déversoir l’empelleme
nt de Bizy.

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ANNEXE 5 : BILAN DES ATTENTES ET MOTIVATIONS DES PROPRIETAIRES D’OUVRAGES
Problèmes Attentes Solutions / volonté et possibilité des acteurs
Destruction des berges par les ragondins Diminuer l’invasion des ragondins Piège à ragondins
Bois et de débris amoncelé dans les ouvrages Plus de bois coincé dans les ouvrages Sensibilisation des riverains et contrôle au
Riverains ne stockent plus leur bois le long de la moment des élagages
rivière
Attention aux élagages d’EDF
Inondations sur les communes étudiées Plus de coordination Mise en place d’une gestion concertée des
Pas d’anticipation possible de l’arrivée des ouvrages : voir les possibilités avec le thème
masses d’eau SAGE/Contrat de rivière

Les ouvrages sont une gêne à la migration et à la Diminuer l’impact écologique Mise en place passe à poisson au fur à mesure des
reproduction des poissons dû au cloisonnement Mettre en place des échelles à poisson rénovations (mais coût important, nécessite du
de la rivière Détruire les ouvrages inutiles temps pour qu’il y en ait assez pour voir un effet)
Gestion des sédiments Détruire les ouvrages inutiles (subventions
possibles)
Sécurité des ouvrages pour la circulation des Plan de restauration des ouvrages hydrauliques Mise en place d’un plan de restauration selon
véhicules et des personnes l’urgence mais ça prend du temps car manque de
fonds importants
Manque de financement Mise en place d’une structure qui apporte des Voir avec le Thème CR/SAGE les possibilités de
financements financement
Difficulté de gestion des ouvrages Ouvrages non manœuvrés soient transformés en Réalisation d’un bilan hydraulique sur la rivière
seuils fixes Nièvre pour conclure de l’utilité de chaque
Mécanisation des ouvrages ouvrage et sur leur possible rénovation :
Destruction des ouvrages inutiles subventions pour effacement d’ouvrage si intérêt
écologique possible.
Rénovation des ouvrages ou non ? Faire des études d’hydroélectricité Certains particuliers et certaines communes sont
Destruction des ouvrages inutiles prêts à financer pour leur ouvrage (Delattre,
Rénover ceux qui sont importants pour Desfossé, Guérigny, Prémery, Courault)
l’écoulement, le tourisme, le patrimoine, la pêche

30
ANNEXE 6 : FICHE DE RENSEIGNEMENTS CONCERNANT L’INSTALLATION ET
L’UTILISATION D’UNE USINE HYDROELECTRIQUE ; A L’INTENTION DES PROPRIETAIRES
D’OUVRAGES HYDRAULIQUES

Qu’est-ce qu’une usine hydroélectrique ?

Source : [Link] [1]

Une installation hydroélectrique comporte deux éléments principaux [2]:

• une roue appelée turbine qui transforme l’énergie hydraulique de l’eau en énergie
mécanique

• une génératrice qui transforme l’énergie mécanique issue de la turbine en énergie


électrique (alternateur + transformateur sur le schéma)
L’eau est amenée par une conduite forcée ou un bief provenant d’une retenue ou d’un piquage
sur une canalisation existante. La force de l’eau actionne la turbine qui entraîne soit
directement des machines (meules, scies, etc.) pour une exploitation mécanique, soit un
générateur électrique. L’eau est ensuite restituée à son milieu par un canal de restitution.
Cependant, il est possible d’installer une turbine « au fil de l’eau », c’est-à-dire directement
sur la rivière (sans canal de dérivation).
Quelle installation utiliser ? [2]
La puissance de l’installation dépend de la hauteur de chute et du débit de l'eau. Une règle de
calcul simplifiée permet de déterminer cette puissance :
P=7xQxH

Où :
P : puissance maximale brute en kilowatts (kW)
Q : débit maximum en m3/s
H : hauteur nette de chute en m (hauteur entre le point de la prise d’eau et le niveau le plus
bas de l’eau rendue à la rivière)
7 est un coefficient tenant compte de l’accélération de l’apesanteur (9,81 N/m²) et des divers
rendements des machines
Il y a donc plusieurs types de centrales hydroélectriques, qui correspondent à ces différentes
puissances :
• Les centrales de haute chute (grande hauteur, faible débit)

31
• Les centrales de moyenne chute (dénivelé moyen, débit assez important), qui se
trouvent dans les régions montagneuses
• Les centrales de basse chute (dénivelé faible, fort débit), qui se trouvent sur les cours
d’eau
Le type de turbine à utiliser dépend donc des caractéristiques du site, à savoir hauteur de
chute disponible, ainsi que le débit (et sa variabilité) du cours d’eau.
Dans le cas des cours d’eau de la Nièvre d’Arzembouy :
Voici les statistiques des débits à la station de Poiseux [3]
STATISTIQUES ANNUELLES SUR LES DEBITS (en m3/s)
Module Inter Annuel Etiage quinquennal QMNA5
2.37 0.230
STATISTIQUES MENSUELLES SUR LES DEBITS (en m3/s)
MOIS jan Fév mar avr mai jun jui aoû sep oct nov déc
Mensuel 0.586 0.949 0.791 0.513 0.337 0.280 0.187 0.151 0.165 0.203 0.200 0.462
le plus bas en en en en en en en en en en en en
observé 1992 1998 1993 1997 1976 2003 1990 1990 1990 1989 1989 1985
Quinquennal
2.10 2.57 1.74 1.15 0.733 0.479 0.322 0.243 0.259 0.342 0.634 1.72
sec
Moyen 4.57 4.97 3.77 3.22 2.16 1.30 0.621 0.471 0.471 1.21 2.24 3.69
Quinquennal
6.64 6.99 5.35 4.72 3.15 1.81 0.857 0.624 0.632 1.69 3.37 5.38
humide
Mensuel 10.8 12.4 10.7 11.6 8.03 5.98 1.74 1.96 1.82 4.97 7.93 10.1
le plus haut en en en en en en en en en en en en
observé 1994 1977 1979 1998 1983 1981 1987 1972 1993 1987 1992 1982

De plus, dans les cas que nous avons rencontrés, les hauteurs de chute observées n’excédaient
jamais 10m. Il faudrait donc utiliser des centrales de basses chutes, soit de petites centrales
hydrauliques. Il faut savoir qu’en France, la petite hydraulique, c’est-à-dire les 3 000 petites
centrales hydrauliques (dont 1 300 inférieures à 1 MW), exploitées par EDF et des
producteurs particuliers, produisent près de 7 TWh/an soit 1,5 % de la production électrique.

Les turbines envisageables sont donc des turbines de petites chutes (<10 m) [2] :
• roue à aube : c’est la plus ancienne des turbines ; elle équipait les moulins à
aube. Elle se sert du poids de l’eau pour créer de l’énergie et est utilisée pour des
chutes de 1 à 10 m. Elle nécessite l’ajout de matériel de multiplication avec un
fort coefficient.
• turbine Kaplan ou de type hélice : Elle est utilisée lorsque le débit d’eau est
compris entre 300 et 10 000 l/s et pour des hauteurs de chute jusqu’à 15 à 20 m.
Elle se sert de la force d’écoulement de l’eau pour tourner et fournit une
puissance de quelques kW à plusieurs centaines.

Enfin, en ce qui concerne le stockage d’énergie, il est à noter que la plupart des petites
installations hydroélectriques fonctionnent « au fil de l’eau », c’est-à-dire sans
stockage : elles ne modifient pas le régime des eaux et vivent au rythme des saisons, des
pluies et de la fonte des neiges. A l’inverse, une grande centrale hydroélectrique stocke
l’eau dans un réservoir : le barrage hydraulique.

32
Il est cependant possible, pour une petite centrale hydraulique, de réaliser un
stockage d’énergie grâce à une retenue d’eau, un étang par exemple, ce qui est le cas
pour certains ouvrages de la Nièvre d’Arzembouy.

Quel coût pour une installation ? [4]

Le coût de construction d’une centrale hydroélectrique est naturellement fortement dépendant


de sa taille et de son type. Pour des petites centrales telles qu’il est envisageable d’installer
sur la Nièvre d’Arzembouy (centrale de basse chute avec 5 m de dénivelé et un débit de 550
l/s, et une puissance de 20 kW équipant une ferme, par exemple), l’installation coûte entre 30
000 et 90 000 €.

Quels sont les droits et devoirs d’un propriétaire, au cours de la construction mais aussi
de l’entretien de sa centrale ? [5]

Le statut administratif des usines hydroélectriques dépend de la puissance maximale brute de


l’usine (P). Dans le cas étudié, il est probable que les usines installées auront une puissance
brute maximale comprise entre 0 et 500 kW. Dans ce cas, les entreprises hydroélectriques
sont soumises à notice d’impact et autorisation préfectorale au titre de la police de l’eau et
des milieux (articles L 214-3-I et R 214-1 du Code de l’environnement). (Pour des usines
de plus forte puissance, une étude d’impact est obligatoire –elle comporte un nombre plus
important de domaines d’études que la notice d’impact– et pour les usines de plus de 4500
kW, le régime est la concession –il s’agit d’une forme d’autorisation dans laquelle peuvent
être créées des servitudes pour affecter ou inonder des terrains).
Le régime spécifique d’autorisation a été institué par la loi du 16 octobre 1919, ce qui
aboutit à écarter l’application de la procédure générale d’autorisation (titre V de la
nomenclature annexée à l’article R 214-1 du Code de l’environnement, rubrique [Link].). La
demande d’autorisation doit comporter un dossier complet, comprenant la notice d’impact.
Les caractéristiques de cette notice et de ce dossier sont définies à l’article R 214-72 du Code
de l’environnement. Ce dossier doit comporter, entre autres, des données techniques
concernant le cours d’eau et les modifications que l’ouvrage y apportera (entre autres, il y
sera noté le débit maximal dérivé, la hauteur de chute brute maximale, la puissance maximale
brute hydraulique, le débit maintenu dans la rivière, le profil en long de la section du cours
d'eau concerné par l'aménagement), une description précise de l’ouvrage et de sa situation
géographique, des renseignements concernant les travaux.
Suite à la remise de ce dossier, une procédure d’autorisation classique. Celle-ci est
expliquée dans les articles R 214-73 à R 214-78 du Code de l’environnement. A noter tout
de même que le préfet peut refuser une autorisation d’usine hydroélectrique, après avoir
consulté les avis des services chargés de la police de l’eau, de la pêche et de l’électricité, par
arrêté motivé.
De plus, il est important de savoir que d’après l’article R 214-80 du même code, le
préfet peut retirer l’autorisation délivrée lorsque l'installation n'a pas été exploitée
durant deux années consécutives.
Remarque importante :
Si le préfet estime que les modifications de l’ouvrage que va entraîner l’installation de l’usine
hydroélectrique « sont de nature à entraîner des dangers ou des inconvénients pour les

33
éléments énumérés à l'article L. 211-1 du Code de l'environnement » (prévention des
inondations, libre écoulement des eaux…), il peut inviter le bénéficiaire de l’autorisation à
déposer une seconde autorisation au préfet. Celle-ci est alors soumise aux mêmes formalités
que la demande d’autorisation primitive. Ceci apparaît dans l’article R 214-81, qui renvoie à
l'article R 214-18 du Code de l’environnement (application de la procédure générale de la loi
sur l’eau).

Enfin, l’article R 214-83 du même code précise les conditions à remplir lors du
transfert de propriété d’un terrain avec l’ouvrage utilisant l’énergie hydraulique (vente,
donation, partage successoral).

Quel est l’impact environnemental d’une telle installation ?

L’hydroélectricité est une énergie renouvelable, quelle que soit la taille de l’installation de
production. Cependant, les ouvrages qui retiennent l’eau, ainsi que le fonctionnement des
turbines, modifient le fonctionnement hydrologique et biologique des cours d'eau. C’est
pour cela qu’il existe des dispositions légales et techniques pour limiter ces impacts :
• l’article L.214-18 du Code de l’environnement dispose que pour préserver la vie
dans les cours d’eau, le propriétaire de l’ouvrage doit maintenir un débit réservé
(minimal) à l’aval immédiat des barrages ; rappelons que ce débit minimal se calcule à
partir du module. Le module est le débit moyen inter annuel, c'est-à-dire la moyenne
des débits journaliers calculée sur l’ensemble de l’année, hiver comme été, et sur le
maximum d’années possibles –au minimum sur cinq ans. L’article explique quels sont
les débits minimaux à respecter, en fonction de la nature du cours d’eau.

Précisons que seront considérés comme « ouvrages à construire » les installations


hydroélectriques en projet, et que les ouvrages existant devront dans tous les cas être autorisés
à nouveau. (Pour plus de précisions, voir le XXX dans le corps du rapport).
• d’autre part, des ascenseurs ou passes à poissons peuvent permettre la circulation des
poissons, qui effectuent ainsi plus facilement leur cycle biologique. Cependant,
comme il n’y a pas de poisson migrateur sur la Nièvre d’Arzembouy, il ne peut pas
être exigé aux propriétaires des ouvrages d’en installer. Ainsi, l’article L432-6 du
Code de l’environnement ne s’applique pas.

Bibliographie de cette annexe:

[1] : schéma du fonctionnement d’une usine hydroélectrique, [Link]


[2] : explications concernant le fonctionnement d’une installation hydroélectrique :
[Link]
[3] : données trouvées sur le site de la DIREN Bourgogne :
[Link]
[4] : valeurs de coûts trouvées sur : [Link]/couts/co%[Link]
[5] : certaines explications ont été obtenues grâce au rapport de stage de Gaelle Dunajski,
DESS Droit, Economie et Gestion des Organisations territoriales 2003-2004 ; Faculté de
Clermont-Ferrand (emprunté à la police de l’eau, Nevers) ; références aux textes sur :
[Link]

34
ANNEXE 7 : FICHE OUVRAGE

MOULIN DE LA PETITE FORGE DE POISEUX

TYPE D’OUVRAGE ET DESCRIPTION :


2 empellements + un déversoir et des douves :
• Empellement A : 2 pelles (largeur : 2m35 ; hauteur : 1m20) en chêne
et un déversoir obstrué par la végétation.
• Empellement B : 6 pelles (largeur : 1m; hauteur : 1m40) en métal
et un radier de 4 m de largeur.
• Déversoir C : 0.90 m de largeur.

PLAN :

PHOTOS :

Empellement B.
Photo personnelle : Camille Passerin
Déversoir. Photo personnelle : Camille Passerin

35
CROQUIS :

Empellement A

Empellement B

Source : règlement d’eau de la petite forge disponible à la DDAF

FONCTIONNEMENT :

Manœuvre manuelle.

• Empellement A : Les pelles permettent de contrôler le niveau d’eau


• Empellement B : Un radier permet de faire passer le surplus pendant l’hiver et les
pelles permettent de contrôler le débit d’eau.
• Déversoir C : Il permet de faire passer le surplus quand il y a des crues et de le
dévier.

PROPRIETAIRE ACTUEL :

Monsieur Desfossé
Employé au cadastre, bientôt retraité, travail à mi-temps, marié, une fille, une petite fille de
19 mois, non pêcheur.
Réside à Nevers : peut gérer lui même les ouvrages.

36
HISTORIQUE :

Achat d’une partie de la propriété par son père avec la moitié des empellements dont les
douves (Empellement B), depuis réparation et achat de terrains et d’empellements
(Empellement A).
Il a appris la gestion avec la société de pêche et avec son père lors de la rénovation des
ouvrages. Autonomie de gestion depuis trois ans : avant, la société de pêche du Verron gérait
l’ouvrage alors que lui était propriétaire. Société a toujours été présente à titre gratuit mais si
accident il est responsable (il faudrait que la personne en charge des ouvrages soit assuré)
donc il a préféré l’autonomie.
Les empellements étaient autrefois utilisés pour la forge.

Empellement A : Modification des vannages il y a une dizaine d’années ; le nombre de pelles


a été modifié : il y avait 4 pelles avant. Il y a eu un partenariat pour ces
travaux : le Conseil Général, la commune et la société de pêche ont
contribué à son financement.
Une rénovation il y a quinze ans.

Empellement B : Remplacement des vannages il y a 4 ou 5 ans ; remplace bois par du métal.


4 jours ont été nécessaires, (650€/jour) pour la pelleteuse et 1500€ de
matériaux
Curage des douves : a duré une semaine (1500€/j)

GESTION ACTUELLE :

Gestion par M. Desfossé et par le fermier pendant ses absences.


Ces derniers mois (février et mars), les ouvrages ont été manœuvrés plus d’une fois par mois.
A partir du 15 mai, les fréquences de manipulation sont plus faibles : en effet, en été, le sol et
la végétation absorbent l’eau excédentaire.
Radier permet de faire passer le surplus d’eau pendant l’hiver ce qui diminue le nombre de
manœuvres
Eté : peut mettre des rehausses.
M. Desfossé cherche à conserver un niveau d’eau convenable pour la pêche.

Empellement A : Constitué de 2 vannes, sa gestion est moins précise que pour l’empellement
B. De plus, les vannes sont plus larges que hautes, il est donc difficile de les manipuler
(poids, se mettent en travers…). Par ailleurs, l’ouvrage est situé sur un bief artificiel, plus
haut que le lit principal. En ouvrant entièrement les pelles, le bief peut s’assécher en quelques
heures. En été, les vannes totalement fermées permettent de maintenir un niveau d’eau
convenable pour les pêcheurs.

Empellement B : Cet ouvrage à 6 pelles est plus intéressant car il autorise une gestion plus
précise.

37
DROIT D’EAU:

Respecté à la lettre :
• Le niveau d’eau de l’empellement A est fixé à 1.79 m et les vannages doivent
présenter une surface libre de 7 m2 au dessus du niveau de la retenue.
• Un repère définitif et inviolable doit être posé.
• Les vannes des empellements A et B doivent être levées dès que les eaux
dépasseront le niveau légal de la retenue.
• Les eaux rendues à la rivière doivent être dans un état de nature à ne pas apporter
un trouble préjudiciable à la salubrité publique, à la santé des animaux qui
s’abreuvent dans la rivière ou à la conservation des poissons.
• Tous les travaux seront exécutés sous la surveillance des agents du Service
Hydraulique

PROBLEMES :

• Bois encombrant les pelles (troncs, branches et débris divers).


• Pas de communication avec les autres propriétaires. Pas de coordination dans
l’ouverture et la fermeture des ouvrages sur la rivière. Il n’est pas prévenu quand
l’ouvrage situé juste en amont est manœuvré ; il ressent les effets d’une ouverture
en amont environ 48h après.
• Il faut être là au bon moment pour les manoeuvres Î contrainte.

ATTENTES/PROJETS :

• Plus de communication pour une gestion concertée et coordonnée.


• Pas besoin d’une personne gérant à sa place type technicien de rivière tant qu’il
peut gérer lui-même son ouvrage.
• Mécanisation (mettre des vannes automatiques et un détecteur de niveau d’eau) :
mieux pour sa fille lorsqu’elle héritera de la propriété mais préfère ne pas se
compliquer la vie pour l’instant.

De nombreux projets personnels :

• Réhabilitation de la technique du bélier hydraulique pour la création d’un bassin.


• Mise en place d’une échelle à poisson.
• Mise en place d’un seuil en biais pour remettre en eau le bras mort, afin d’avoir un
circuit d’eau.
• Création d’un jardin horticole pour créer un cadre agréable pour les promeneurs et
les pêcheurs.
• Mettre des échelles de mesure du niveau d’eau sur les empellements.

38
ANNEXE 8 : NOTE DE SYNTHESE SUR LES « REGLEMENTS D’EAU »


L’expression « règlement d’eau » peut recouvrir des situations juridiques très différentes, et il
importe de pouvoir toujours préciser à quelle(s) situation(s) juridique(s) l’on a affaire sur le
terrain. Il n’est ici question que des cours d’eau non domaniaux, le régime de la domanialité
publique fluviale (Code général de la propriété des personnes publiques, « CG3P ») excluant
l’existence de tels règlements.

1) Règlements d’eau « judiciaires », résultant de décisions de la justice civile devenues


définitives, souvent anciennes

a) Fondement législatif : article 645 du Code Civil, invitant exceptionnellement la juridiction


saisie à statuer en équité, dans un but de conciliation des intérêts des différents usagers de la
ressource, notamment l’agriculture, mais aussi les autres utilisations économiques de l’eau
(l’industrie n’apparaît pas explicitement, mais elle est bien concernée puisque le Droit Civil
est d’interprétation souple).
b) Caractère révocable du règlement antérieur par la juridiction saisie à nouveau.
c) Ces règlements doivent respecter les « règlements particuliers » (2) et les « règlements
locaux » (3).

Ces règlements d’eau sont normalement inclus ou annexés aux titres de propriété (actes
notariés de partages successoraux, de vente ou de donation en matière immobilière). Ils n’ont
aucun caractère administratif et trouvent leur origine dans d’anciens conflits de voisinage sur
un cours d’eau (aval-amont en général, mais aussi entre riverains propriétaires des rives
opposées en un point donné du linéaire du cours d’eau), et portent concrètement sur des
prélèvements, des niveaux d’eau, des ouvrages sur le cours d’eau ou tout cela à la fois. Ils
n’ont pas vocation à être systématiquement connus de l’Administration, sauf en cas de litige
porté devant la juridiction administrative et mettant en jeu un « droit d’eau » (expression
abrégée de « droit d’usage de l’eau » en tant que res communis) face aux prétentions de
l’Administration.

2) « Règlements particuliers »

Ces règlements d’eau sont, comme les premiers, d’origine privée et n’ont pas de caractère
administratif, mais ils ne sont pas d’origine contentieuse. Leur origine est très variée :
- conventions anciennes entre propriétaires riverains, ce qui revient à éviter les conflits portés
devant le juge civil comme dans le cas du (1) ;
- prescription acquisitive d’un droit d’eau (« usucapion »), dans la mesure où la Cour de
Cassation a pu reconnaître qu’il s’agissait d’un droit réel sui generis, donc susceptible
d’usucapion ;
- existence de droits acquis par d’autres usagers ;
- combinaison de la configuration des lieux et de la « destination du père de famille » (Code
Civil) ;
- règlements d’Ancien Régime, à condition qu’ils n’aient pas été remis en cause après 1789
(notamment à l’occasion des ventes de « biens nationaux » en 1790 et 1791) ;
- anciens usages non écrits et coutumes régionales…

3) « Règlements locaux »

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Ce sont les règlements d’eau d’origine administrative. Ils se répartissent en deux grandes
catégories, qui sont celles des actes administratifs unilatéraux, à l’exception de la catégorie
intermédiaire des « décisions d’espèce » issue de la jurisprudence du Conseil d’Etat.

a) Règlements généraux portant sur tout ou partie du cours d’eau


Ces règlements d’eau ont un caractère réglementaire, et peuvent avoir comme fondement :
- des arrêtés ministériels pris sur le fondement de l’article L 215-8 du Code de
l’Environnement, qui paraissent assez rares ;
- des arrêtés préfectoraux pris sur le fondement de l’article L 215-7 du Code de
l’Environnement (police et conservation des cours d’eau non domaniaux,).
- des fondements juridiques plus anciens, remontant notamment au XIXème siècle
(ordonnances royales ou impériales entre autres).

b) Décisions administratives individuelles


Ces décisions, qui prennent en principe la forme d’arrêtés préfectoraux, peuvent avoir deux
fondements juridiques :
- les autorisations ou les oppositions à déclaration (revenant à un refus d’autorisation) de la
police de l’eau et des milieux aquatiques actuelle (nomenclature IOTA, article R 214-1 du
Code de l’Environnement) ;
- des autorisations préfectorales délivrées sur le fondement de législations antérieures à la loi
sur l’eau de 1992, remontant éventuellement au XIXème siècle.
Ces décisions doivent être compatibles avec un éventuel règlement général.

4) Règlements d’eau des entreprises hydroélectriques

En vertu de l’article L 214-5 du Code de l’Environnement, ces règlements d’eau spécifiques


ont un caractère administratif et sont pris conjointement sur le fondement de l’article 10 de la
loi du 16 octobre 1919 modifiée et des articles L 214-1 à L 214-16 du Code de
l’Environnement (autorisations ou opposition à déclaration, cf. ci-dessus). Ils doivent être
conformes à un modèle annexé à l’article R 214-85 du Code de l’Environnement.

5) Evolutions en cours liées à la promulgation de la loi n° 2006-1772 du 30-12-06

En matière d’entretien des cours d’eau non domaniaux, la dernière loi sur l’eau s’est
intéressée aux « anciens règlements et usages locaux » pour envisager leur actualisation ou
leur suppression, s’il s’avère qu’ils ne sont plus compatibles avec la législation actuelle. Cela
concerne donc uniquement les règlements d’eau à caractère administratif (3). Ils peuvent
servir de base technique à l’exécution de l’obligation d’entretien régulier du cours d’eau
pesant sur le propriétaire riverain (Code de l’Environnement, article L 215-15-1), qui peut
être exercée de façon groupée dans le cadre d’un plan de gestion dont l’exécution est
approuvée par la police de l’eau (id., article L 215-15) . Au 1er janvier 2014, les règlements
locaux non approuvés, avec ou sans révision, deviennent caducs.

Sans que leur existence soit obligatoire, les « usages locaux » sont fixés au niveau
départemental par délibération du Conseil général sur proposition de la Chambre
d’Agriculture (Code Rural, article L 511-3). Ils peuvent concerner l’entretien des cours d’eau,
mais ont vocation à faciliter les décisions pris par le juge civil dans certains litiges portant sur
l’espace rural : cela peut concerner un litige mettant en jeu un règlement d’eau judiciaire.

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Lorsque ces usages locaux portent sur les milieux aquatiques, ils ne se confondent donc pas
avec les règlements d’eau de toutes catégories, mais peuvent constituer un complément à
caractère indicatif aux règlements locaux à caractère administratif.

SOURCES BIBLIOGRAHIQUES :

Pascal GOURDAULT-MONTAGNE : Le droit de riveraineté – Ed. Lavoisier/Tec&Doc,


1994.

Jean-Louis GAZZANIGA, Jean-Paul OURLIAC, Xavier LARROUY-CASTERA : L’eau :


usages et gestion – Ed. Litec, 1998.

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