Sénégal : Analyse de la Politique Commerciale par Secteur
Sénégal : Analyse de la Politique Commerciale par Secteur
Page 68
1) APERÇU GÉNÉRAL
3. La production et la transformation des produits de la pêche, premier pôle des exportations, sont
entre autres soutenues par le régime de l’entreprise franche à l’exportation, qui offre d’importants
avantages fiscaux. Actuellement, la baisse des captures donne lieu à une réflexion sur les mesures de
conservation nécessaires afin d’assurer le développement durable du secteur. Le Sénégal réalise
également des revenus de la pêche par l’accord avec l’Union européenne (UE)
4. Le Sénégal a longtemps pratiqué une politique de substitution des importations et créée un secteur
industriel axé sur les grandes entreprises d’Etat, dont la plupart sont actuellement en restructuration ou
en cours de privatisation. La transformation de ressources locales (telles que celles de la pêche,
l’arachide, les phosphates) est l’activité industrielle de base, et elle est soutenue par des mesures
incitatives à l'investissement. Bien que l’activité industrielle ne fasse qu’une contribution faible à la
formation du PIB, une partie importante, notamment dans le sous-secteur de l’agro-alimentaire, et
celle qui semble être la plus dynamique, est imputable à des opérateurs économiques informels.
5. Le tourisme, deuxième pôle des exportations, se trouve confronté à de nombreux problèmes qui
freinent son développement. Afin de les résoudre, le Gouvernement entend adopter un Code
Touristique et mettre en place de nouvelles mesures incitatives à l’investissement. L’ouverture du
secteur des télécommunications à la concurrence sous l’AGCS aide le Sénégal à rentabiliser les
services à valeur ajoutée (notamment les télécentres). Le calendrier d’ouverture des services de base
à la concurrence sous l’AGCS a été accéléré et le monopole de l’opérateur historique doit se terminer
en 2004.
6. Le secteur bancaire sénégalais est considéré comme sain après avoir traversé une crise d’ampleur
dans les années 1980, ce qui a fortement réduit les possibilités de crédit au sein de l’économie.
Actuellement sujet à la réglementation commune de l’UEMOA, le secteur bancaire a été rétabli, mais
le niveau de bancarisation reste faible. Le secteur fait partie de ceux dont le Sénégal a assumé des
engagements sous l’AGCS, ce qui devrait favoriser l’investissement étranger. Afin de palier au
1
Les sources de base pour la rédaction de ce chapitre sont les documents fournis au Secrétariat de
l'OMC par les autorités sénégalaises, notamment Gouvernement du Sénégal (2002) et les études sectorielles
faites dans le contexte de son élaboration. Voir également FMI (1999), FMI (2000), FMI (2001a).
2
FMI (2000).
WT/TPR/S/119 Examen des politiques commerciales
Page 69
manque de crédit pour le secteur privé et réduire le risque bancaire, le Gouvernement du Sénégal a
mis en place plusieurs programmes de soutien au financement.
i) Aperçu général
7. L'agriculture et l’élevage offrent une activité principale ou secondaire pour environ la moitié de la
population du Sénégal, contribuent à environ 10% de la formation du produit intérieur brut (PIB) et
absorbent en moyenne environ 10% du programme d'investissements publics. Le secteur agricole joue
également un rôle majeur dans l'économie par sa contribution à la sécurité alimentaire, par son apport
en matières premières à l’agro-industrie (notamment l’arachide et le coton), et par l'absorption d'une
partie de la production du secteur industriel et semi-industriel et de l’artisanat (engrais, pesticides,
matériel agricole).
8. Le Sénégal est situé en zone sahélienne, et par conséquent l’agriculture pluviale y est surtout
pratiquée. L’activité agricole principale est celle accomplie par les agriculteurs/paysans travaillant
des petites exploitations familiales. 3 Cette activité utilise surtout des méthodes traditionnelles, avec
peu d’intrants et un faible niveau de mécanisation. 4 Le Sénégal compte également un stock de bétail
d’environ 8,5 millions de têtes, composé de bovins, ovins, caprins, équins et asins ; le volaille
constitue également un potentiel non négligeable
9. Trois cultures représentent 81,9% des superficies cultivées: le mil (42,9%), l’arachide (28,1%), et
le sorgho (10,9%). La superficie cultivée de l’arachide, principale culture de rente, est tombée de
37,8% pendant les années 1993-97, au profit des céréales et d’autres cultures, tels l’horticulture.
Toutefois, la production arachidière de 943 837 tonnes pour la campagne 2001-02 dépasse largement
le seuil optimal des 700 000 tonnes équivalant aux besoins des huileries et du marché national des
graines (voir ci-dessous).
10. La production céréalière est destinée surtout à l’autoconsommation, mais ne couvre, en moyenne,
à peine la moitié des besoins en la matière du pays, les importations en majorité dominées par le riz
couvrant le reste; la contribution de l’aide alimentaire ne satisfait qu’environ 1% du déficit céréalier.
La production céréalière a baissé au cours de la campagne 2001-02 pour atteindre 42% des besoins
céréaliers, contre 47% lors de la précédente campagne qui avait enregistré une activité pluviométrique
exceptionnelle, mais les stocks constitués ont permis de contenir pour moitié les besoins céréaliers du
pays.
11. Depuis son indépendance en 1960 jusqu’à la dévaluation du franc CFA en 1994, le Gouvernement
du Sénégal avait en place une politique de soutien aux filières principales porteuses d’exportation,
notamment l’arachide (qui contribua environ 80% des recettes à l’exportation en 1960 comparé à
6,5% en 2001)5, le coton, et l’horticulture, et celles importantes pour la sécurité alimentaire, tels les
3
Le Sénégal compte environ 437 000 exploitations cultivant une surface d’environ 1,9 millions
d’hectares, soit une moyenne par exploitation de 4,3 hectares. Toutefois, environ 50% des exploitations ont une
taille inférieure à 3 hectares.
4
Environ 80% des surfaces cultivées n’ont reçu aucune amélioration foncière au cours des cinq ans
précédents, 60% ne reçoivent pas d’apport en engrais, organique ou chimique, et 54% utilisent des semences
personnelles.
5
IMF (2001c).
Sénégal WT/TPR/S/119
Page 70
12. Les éléments majeurs de ce programme qui ont été réalisés sont: la libéralisation des prix des
céréales ; le retrait du Gouvernement de la transformation et de la commercialisation du riz local, et
l’élimination en 1996 du monopole sur les importations de riz brisé réservé à la Caisse de péréquation
et de stabilisation des prix (CPSP); la suppression du régime de licence pour tous les produits
agricoles, consolidée dans la Liste de concessions tarifaires XLIX, et la suppression des restrictions
quantitatives à l’exportation en 1994 ; la renégociation de la convention entre l’Etat et l’entreprise
ayant la concession du sucre sur le territoire nationale en 1995. Les aspects du programme qui restent
en chantier sont la libéralisation des filières arachide, coton, sucre et concentré de tomate.
14. La production sénégalaise d’huile et tourteau d’arachide d’environ 100 000 tonnes par an en
moyenne (tableau IV.1) représente un tiers du marché mondial et les conditions de sa
commercialisation ont par conséquent un effet important sur l’évolution des prix. 8 Pour la campagne
2000/2001, le Gouvernement semble avoir effectué un retour en arrière au sujet des interventions sur
le marché, en retenant le prix de l'arachide payé pour SONACOS au producteur en dessus des seuils
recommandés par le Comité national interprofessionnel de l'arachide (sur les cours mondiaux) et
subventionnant le prix des intrants. Les autorités ont indiqué que le montant des subventions au
producteur consenties au titre des campagnes récentes n'est pas connu, et que, d'après leurs
estimations, il ne dépasserait pas le niveau requis entrant dans la catégorie de minimis.
6
Gouvernement du Sénégal (1995).
7
Document de l’OMC, G/SPS/N/EEC/51 du 8 janvier 1998.
8
FMI (2001c).
9
Selon FMI (2001c), 25% du déficit de la SONACOS est financé par le Fonds de soutien, alimenté par
divers prélèvements à l’importation des huiles végétales brutes et raffinées; 50% est financé par la SONACOS
WT/TPR/S/119 Examen des politiques commerciales
Page 71
végétales d’espèce autre que l’arachide, aliment de base de la population sénégalaise, renchérit les
prix sur le marché domestique et réduit le pouvoir d’achat.
Tableau IV.1
Importations, exportations et production de la SONACOS, 1999-2002
1999 2000 2001 2002
Importations
80 136 30 606 61 443 22 565 50 676 19 826 48 802 -
- Huile végétale brute
Exportations
67 136 33 000 100 538 47 689 112 876 52 193 70 561 31 214
- Huile brute
d’arachide
76 400 4 668 132 701 10 966 143 979 12 953 92 888 8 739
- Tourteau d’arachide
Production
71 731 - 132 502 - 138 614 - 99 722 -
- Huile brute
d’arachide
85 698 - 143 928 - 163 273 - 122 762 -
- Tourteau d’arachide
Achat local de 206 530 39 113 408 820 71 283 491 767 85 321 336 287 47 080
graines d’arachide
Source: SONACOS.
16. La SONACOS avait été également responsable depuis 1985 de gérer les activités de la
SONAGRAINES, unité responsable de la collecte de la production nationale auprès des agriculteurs
et de la distribution des engrais et semences sur la base de prêts d’avances aux agriculteurs, et la
libéralisation de la filière pour le commerce intérieur des graines faisait également partie du
programme d’ajustement du secteur agricole ; une étape a été franchie pour la campagne 2001-02
avec la suppression du rôle de la SONAGRAINES dans la collecte de la production, un nouveau
système "carreau-usine" ayant été mis en place. 10 La prochaine étape, prévue pour 2003, est le retrait
total de la SONAGRAINES de cette activité au profit des organisations de producteurs.
17. Il est à signaler que le Sénégal n'a pas encore notifié à l'OMC aucune activité des entreprises
d'Etat mentionnées ci-dessus (Chapitre III )
18. En ce qui concerne la libéralisation de la filière du sucre, une entreprise (non étatique) reste
toujours en position dominante sur le marché national, et bénéficie d’une protection vis-à-vis des
produits importés des pays tiers à l’UEMOA par les droits de porte au niveau maximum et une TCI.
Une première étape de la libéralisation de la filière du coton a été franchie en 1995 avec la
suppression des prix administrés aux filateurs de coton. La SODIFITEX est inscrite au programme de
elle-même; et 25% est financé par les producteurs par une baise du prix d’achat.
10
La collecte sur le terrain est confiée à des opérateurs privés qui, sur fonds propres, achètent la
production et la livrent aux usines et huileries.
Sénégal WT/TPR/S/119
Page 72
19. En ce qui concerne la situation actuelle des mesures à la frontière applicables aux produits de
l’agriculture, de l’élevage et de la forêt, il n’y a pas de prohibition à l’importation (sauf en ce qui
concerne les mesures sanitaires ou phytosanitaires), ni licence à l’importation. Le Sénégal applique le
TEC de l’UEMOA aux produits importés des pays tiers, sur la base de valeurs de référence en certains
cas, ainsi que les droits supplémentaires (redevance statistique et prélèvement communautaire de
solidarité), les produits du cru d’origine UEMOA et de la CEDEAO bénéficiant du régime de
franchise. La moyenne simple des droits de douane plus les principales taxes et surtaxes à
l'importation effectivement appliqués dans le secteur de l'agriculture (définition OMC) est de 16,8%.
(Tableau [Link].2)
20. Il convient également de signaler les droits d'accises sur : les cigarettes dites "économiques"
(15%)11 et celles dites "premiums" et autres produits du tabac passible de la taxe (30%) 12 ; les
boissons alcoolisées (30%) ; le café et le thé (3,8%) ; le noix de cola (30%) ; les huiles végétales
raffinées (15%), les beurres, crèmes de lait et les mélanges contenant du beurre ou de la crème (12%),
les autres corps gras (5%), à l’exception des huiles d’arachide de tous genres. 13
21. En outre du sucre et des huiles végétales, le Sénégal a également en place une TCI sur la farine de
blé (chapitre III(2)(iv)). Certains produits importés au Sénégal, y compris de l’origine UEMOA ou
CEDEAO, sont en outre assujettis à une taxation supplémentaire, sans contrepartie au niveau
domestique, dont l’assiette est la valeur en douane. Il s’agit d’une "surtaxe" de 20% sur les
importations des oignons, des cigarettes, de pommes de terre et des bananes, et d’une surtaxe de 10%
sur certains produits céréaliers, tels le mil et le sorgho. Par conséquent de l’effet conjugué du TEC,
des droits supplémentaires, des surtaxes ou de la TCI, les niveaux de tarif appliqués dépassent les
niveaux consolidés à 30% dans la Liste XLIX ; les autorités sénégalaises signalent toutefois qu’elles
se sont réservés le droit de mettre en place d’autres droits et impositions sur les produits agricoles
allant jusqu’à 150%.
22. En ce qui concerne les exportations de produits agricoles, les autorités sénégalaises ont fait part
d’un certain nombre de soucis. Parmi ceux-ci, les exportations à destination de l’UE, leur principal
débouché, reculent, malgré l’accès préférentiel qui leur sont accordé. Celles-ci reposent sur un
nombre limité de produits très peu valorisés compte tenu de leur faible niveau de transformation – le
coton, les produits de l’arachide et les produits horticoles pour l’essentiel. De plus, elles butent sur
des prescriptions contraignantes en matière de mesures sanitaires et phytosanitaires, ainsi que
l’obligation de conformité aux normes de qualité. En outre, les subventions en vigueur au niveau des
pays du nord limitent la compétitivité des exportations sur ces marchés. 14
11
Dont le prix de vente ex-usine hors taxes ou la valeur en douane majorée des droits et taxes liquidés
par la douane (à l’exclusion de la TVA et de la taxe spécifique sur les tabacs), est inférieur à 250 francs CFA par
paquet de 20 cigarettes.
12
Dont le prix de vente ex-usine hors taxes ou la valeur en douane majorée des droits et taxes liquidés
par la douane (à l’exclusion de la TVA et de la taxe spécifique sur les tabacs), est égal ou supérieur à 250 francs
CFA par paquet de 20 cigarettes.
13
Loi N° 2002-07 du 22 février 2002.
14
Une étude de la Banque Mondiale signale que les prix du coton avaient atteint leur plus bas niveau
depuis 30 ans en mi-2002 par conséquent des pratiques de subventions des pays du nord. Celles-ci coûtent les
WT/TPR/S/119 Examen des politiques commerciales
Page 73
c) Perspectives
23. Depuis 2000, la stratégie de développement du secteur rural a été repensée dans le contexte de
l’élaboration du Document de Stratégie de la Réduction de la Pauvreté (DRSP), finalisé en 2002. 15 Le
constat y est fait la pauvreté est localisée pour une large part dans les zones rurales. Selon le DRSP,
les problèmes majeures de l’agriculture se résument aux suivants: (i) la baisse tendancielle de la
pluviométrie; (ii) la baisse constante des prix aux producteurs, l’adoption de techniques peu
utilisatrices de capital (engrais), mais fortement destructrices du capital foncier du fait d’une forte
pression et (iii) la baisse des rendements et des productions, la paupérisation et l’endettement
croissant des populations rurales.16
24. Pour l’avenir, le DRSP met l’accent sur l’intensification et la modernisation de l’agriculture, et
l'augmentation et la diversification des revenus ruraux. Au sujet du premier volet, le Gouvernement
entend prendre des mesures parmi lesquelles, on peut citer: (i) l'utilisation de nouvelles technologies
pour la modernisation des exploitations agricoles et l'intensification des productions végétales et
animale; (ii) l’amélioration des systèmes d’approvisionnement en intrants; (iii) la promotion et
l'extension de l'accès aux équipements agricoles et facteurs de production ainsi que (iv) la formation
et les conseils agricoles. Au sujet du second volet, le Gouvernement entend prendre des mesures
parmi lesquelles on peut citer faciliter l'accès des paysans au crédit, la promotion des exportations de
produits agricoles non traditionnels de niche, notamment l’horticulture (par exemple, le melon,
l'asperge et les compléments de gamme), et la transformation des produits agricoles. Au sujet de
l’élevage, le DRSP précise un objectif de développement de l’activité par une relance de la production
laitière, de la production de la viande et de la transformation des peaux et cuirs.
25. Afin de mettre en œuvre le DRSP, un projet de Loi d’Orientation Agricole pour la période 2004-
20 est en chantier. Ce projet est entré en phase de concertation en avril 2003 afin d’obtenir un
consensus national. Cette loi serait la première à définir de manière cohérente la politique du
Gouvernement en matière agricole, tant les objectifs et les moyens déployés afin d’y parvenir. Ce
projet prévoit la continuation du concept de "filière" comme base de la politique agricole du Sénégal.
L’activité de chaque filière serait coordonnée par une Commission Nationale Paritaire, organe
gouvernemental, regroupant les parties intéressées, et chargée d’élaborer la politique des prix et des
marchés.
26. Il convient également de signaler que l’UEMOA procède actuellement à la mise en place d’une
Politique Agricole Commune (PAC) opérationnelle, après avoir adopté le cadre juridique à cette fin
en 2001.17 Cette PAC aurait comme objectif de favoriser le développement du secteur agricole dans
les pays de l’UEMOA en réduisant la concurrence de produits importés de pays tiers à l’UEMOA.
Bien que la protection tarifaire des produits agricoles sous le TEC soit déjà plus forte que celle
accordée aux produits non agricoles, une révision à la hausse du TEC serait en considération. Des
études seraient en cours afin d’identifier les filières prometteuses pour chacun des États membres, qui
auraient un accès préférentiel aux marchés de la sous-région au-delà du niveau actuel.
pays en voie de développement 9 milliards de dollars des EU chaque an, et avaient un impact disproportionné
sur les pays à revenu bas pour lesquels le coton représentait une part importante dans les exportations (Badiane
et al (2002)).
15
Gouvernement du Sénégal (2002).
16
Gouvernement du Sénégal (2002).
17
Acte Additionnel N° 3/2001.
Sénégal WT/TPR/S/119
Page 74
3) PÊCHE
i) Aperçu général
27. La pêche est un secteur clé dans l’économie du Sénégal et constitue le premier pôle des
exportations, avec environ 30% des recettes annuelles. En 2001, les exportations halieutiques se sont
situées à 87 032 tonnes pour une valeur commerciale de 181 141 millions de francs CFA, en baisse en
volume et en valeur par rapport à 2000. En valeur, ces exportations sont constituées par les poissons
frais (14%) ou congelés (37%), les crustacés congelés (30%), les mollusques congelés (8%), et les
produits transformés (10%).
28. La pêche maritime contribue environ 2,5% du PIB. La pêche artisanale procure une activité
rémunératrice à près de 17% de la population active, soit environ 600 000 personnes, tandis que la
pêche industrielle occupe 50 000 personnes. Assurant une consommation moyenne per capita
d’environ 26 kg de poisson (équivalent frais) par an, les produits de la pêche contribuent environ les
deux-tiers aux apports nutritionnels en protéines d’origine animale.
29. La pêche s’est rapidement développée au Sénégal depuis l’indépendance. Les débarquements
sont passés de 50 000 tonnes en 1965 pour atteindre un sommet de 453 000 tonnes en 1997, suivis par
une baisse à 390 000 tonnes environ en 2000 (tableau IV.2). Une baisse a été enregistrée pour 2001,
mais la situation était perturbée par l’expiration de l’accord bilatérale avec l’Union européenne (UE),
renouvelé en juin 2002 (voir ci-dessous). Environ 80% des débarquements proviennent de la pêche
artisanale, qui se pratique en pirogues, tandis que la pêche industrielle s’effectue en chalutiers, et celle
hauturière s’effectue en bâtiments battant pavillon étranger (notamment ceux des pays membres de
l’UE). En 2000, les captures en zone économique exclusive (ZEE) sénégalaise se sont élevées à 419
000 tonnes, ce qui démontre que seul 7% des captures ne sont pas débarquées au Sénégal.
Tableau IV.2
Évolution de captures et débarquements de pêche maritime au Sénégal, 1994-2001
(en milliers de tonnes)
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
- Pêche artisanale 282,4 266,3 327,9 352,9 325,1 313,6 338,2 332,4
- Pêche industrielle 82,0 92,3 88,8 100,3 83,8 81,3 52,0 48,1
Source: Ministère de l'Économie et des Finances (2000), Situation économique et sociale du Sénégal; Ministère de la pêche
(2001), Résultats Généraux de la Pêche Maritime.
30. Avec un potentiel annuel de capture de l'ordre de 450 000 tonnes, le Sénégal figure parmi les
principaux pays de pêche maritime de l'Afrique de l’ouest. Toutefois, le pays doit faire face au risque
de la surexploitation de certaines ressources halieutiques et par conséquent une baisse à l’avenir des
captures et débarquements (tableau IV.3). Par exemple, selon les autorités responsables, la pêche des
poissons démersaux côtiers, qui alimentent les exportations vers l’Europe, fait l'objet d'une rude
concurrence entre les pêcheries artisanales et industrielles, et les évaluations les plus récentes
confirment tous les signes d’une ressource surexploitée. Le Gouvernement réfléchit aux mesures
nécessaires afin de palier la baisse des rendements des navires sénégalais.
Tableau IV.3
Niveau d’exploitation de diverses espèces, 2001
WT/TPR/S/119 Examen des politiques commerciales
Page 75
a) Contexte actuel
32. L’activité de la pêche est encadrée depuis 1998 par un Code de la Pêche Maritime, qui gère les
conditions d’accès des opérateurs nationaux aux ressources halieutiques. 18 Les nouveautés principales
du Code sont la création d’organes de concertation, l’introduction du concept de repos biologique, et
la possibilité d’arrêter l’exploitation d’une espèce menacée.
33. Les mesures principales de soutien à la pêche prises depuis la dévaluation du franc CFA en 1994
ont eu comme objectif de palier le renchérissement des coûts des intrants et faciliter l’accès aux
infrastructures, afin de maintenir la compétitivité des produits de la pêche sénégalaise, aussi bien frais
que transformés. Les mesures notoires en place actuellement sont la péréquation sur le carburant et la
détaxe sur les moteurs et engins de la pêche, ainsi que des avantages divers de nature fiscale,
douanière et financière. Le Ministère de la pêche constate que ces mesures "ont contribué à
l’extraversion croissante des activités de la pêche". 19
34. Les mesures principales adoptées à ce jour par le Gouvernement du Sénégal afin d’augmenter la
valeur ajoutée des exportations des produits de la pêche par la transformation agro-industrielle sont
les diverses incitations liés au statut de la Zone Franche Industrielle de Dakar (dont l’accès est fermé),
sous le Code des Investissements, au statut du régime du "point franc" créé en 1991 et remplacé en
1996 par le statut de l’entreprise franche d’exportation (chapitre III(4)(ii)). La majorité des
entreprises bénéficiant de ce dernier statut sont actives dans la pêche. Le statut est accessible à une
entreprise exerçant une activité dans la pêche, ou la transformation des produits de la pêche, à
condition que le potentiel d’exportation soit au moins 80% de son chiffre d’affaires. Les avantages
principaux qui lui sont octroyés sont l’exonération de droits et taxes à l’importation de matériels et
matériaux nécessaires à la création d’une unité de production, ainsi que tout intrant, et la réduction de
l'impôt sur les sociétés au niveau de 15% au lieu de 35%.
35. En ce qui concerne les exportations du produit de la pêche par le Sénégal, le Ministère de la Pêche
a fait le constat suivant en 2001 : "Les marchés extérieurs des produits halieutiques deviennent de
plus en plus difficiles d’accès : renforcement des normes d’hygiène et de qualité, technologies de plus
en plus onéreuses, renchérissement des coûts du transport des produits, forte concurrence des pays
d’Asie et d’Amérique du Sud."20 Le système de l'UE, principale destination pour le Sénégal, est basé
18
Loi N° 98-32 du 14 avril 1998.
19
Gouvernement du Sénégal, Ministère de la Pêche et des Transports Maritimes (2001), p. 4.
20
Gouvernement du Sénégal, Ministère de la Pêche et des Transports Maritimes (2001), p. 4.
Sénégal WT/TPR/S/119
Page 76
notamment sur le principe HACCP.21 Le Bureau de Contrôle des Produits Halieutiques du Ministère
de la Pêche du Gouvernement du Sénégal procède à l’inspection et le contrôle de la qualité des
produits de la pêche destinés à l’exportation, ainsi que les établissements et navires autorisés à
exporter, sur la base du principe HACCP. Le Sénégal est inscrit en Liste I des pays autorisés à
exporter vers l’UE.
36. En ce qui concerne le développement de la pêche industrielle, le nouvel accord conclu avec l’UE
en juin 2002 couvre la période du 1er juillet 2002 au 30 juin 2006. 22 Il accorde des possibilités de
pêche à 78 thoniers (51 espagnols, 24 français et 3 portugais), sous condition de quotas de capture de
poissons démersaux réduits de 30% en relation avec l’accord précédent, et l’exclusion des espèces
pélagiques, qui alimentent la pêche artisanale. En contrepartie, le Sénégal recevra de l’UE une
enveloppe financière de €16 millions par an, en hausse des €12 millions accordés sous l’ancien
accord, ainsi que des redevances payables par les armateurs européens détenteurs de licences pour la
pêche sur les eaux sénégalaises, payées en avance au moment de la délivrance de la licence.
37. Le Sénégal est également demandeur d’accès aux zones de pêche de pays voisins, et a conclu des
accords avec la Gambie, Guinée et Mauritanie pour la pêche pélagique, en contrepartie au paiement
de licences.
38. En ce qui concerne la situation actuelle des mesures à la frontière applicables aux produits de la
pêche, il n’y a pas de prohibition à l’importation (sauf en ce qui concerne les mesures sanitaires) ni de
licence à l’importation. Le Sénégal applique le Tarif Extérieur Commun (TEC) de l’UEMOA aux
produits de la pêche importés des pays tiers, ainsi que les droits supplémentaires (redevance
statistique et prélèvement communautaire de solidarité), tandis que les produits de la pêche d’origine
UEMOA ou CEDEAO bénéficient de préférences. La moyenne simple des droits de douane et des
droit supplémentaires appliqués sur les produits de la pêche (SH 03) est de 16,6% (tableau AIII.2).
Un taux unique de la TVA, de 18%, s’applique également aux importations des produits de la pêche ;
il convient de signaler que les entreprises franches d’exportation en sont exonérées.
b) Perspectives
39. Depuis 2000, la stratégie de développement de la pêche a été repensée dans le contexte de
l’élaboration du DRSP, finalisé en 2002.23 Le constat y est fait que, " comme l'agriculture, le secteur
est confronté à des contraintes majeures qui peuvent être résumées comme suit : (i) l’exiguïté des
zones de pêche face à l’importance des activités et la raréfaction de la ressource, ce qui accentue la
pression et exacerbe les conflits; (ii) l’état d’obsolescence de l’armement et de la flotte nationale; (iii)
l’insuffisance des infrastructures de base dans les centres de pêche (aires de débarquement, moyens de
conservation et de transport des produits) ; (iv) l’insuffisance de la formation et la faiblesse
organisationnelle des acteurs des différentes filières; (v) les difficultés d’approvisionnement des
unités à terre; (vi) la faiblesse de la valeur ajoutée et de la productivité; (vii) le manque de
compétitivité de certains produits sur le marché international et (viii) l’inadaptation des systèmes de
financement des activités de pêche artisanale et industrielle."
40. Pour l’avenir, le DRSP met l’accent sur: (i) la gestion durable et la restauration des ressources
halieutiques; (ii) la satisfaction de la demande nationale; (iii) la valorisation maximale des ressources;
(iv) la qualification des professionnels du secteur; (v) la mise à la disposition des professionnels du
21
Hazard Analysis and Critical Control Point. Directive N° 91/493/CEE du Conseil de l’UE fixant les
règles sanitaires régissant la production et la mise sur le marché des produits de la pêche, et Directive
N° 93/43/CEE du Conseil de l’UE sur l'hygiène des denrées alimentaires.
22
Le précédent accord était arrivé à expiration le 30 avril 2001. Le premier accord date de 1979.
23
Gouvernement du Sénégal (2002).
WT/TPR/S/119 Examen des politiques commerciales
Page 77
4) MINES ET PÉTROLE
i) Mines
41. Les ressources minières les plus importantes du Sénégal sont : le phosphate, l’attapulgite, le fer, le
cuivre, le sable extra-silicieux titanifère, l'or, la tourbe et le calcaire. Seuls le phosphate, l'attapulgite
et les matériaux de construction sont actuellement exploités. Les phosphates sont exploités par deux
entreprises, la Compagnie Sénégalaise des Phosphates de Taiba (CSPT) et la Société Sénégalaise des
Phosphates de Thiés (SSPT), dont seulement la première est entreprise d’Etat. L’essentiel de cette
production est absorbé par la société des industries chimiques du Sénégal (ICS), entreprise d’Etat qui
s'est spécialisée également dans la production d'acide phosphorique et d'engrais. 24 L'entreprise vend la
quasi-totalité de sa production d'acide à la société IFFCO, troisième producteur mondial, qui exporte
l’acide phosphorique en Inde. Les phosphates ont contribués environ 12% des recettes à l’exportation
de biens en 2001.
42. L’exploitation des ressources minières (hormis les hydrocarbures liquides ou gazeux et les eaux
souterraines) se fait actuellement dans le cadre réglementaire du Code Minier (1988) 25, qui précise
que les ressources minières du Sénégal sont la propriété de L’Etat et ne peuvent être appropriées en
dehors du cadre réglementaire du Code. Le Code Minier s’applique à toutes les catégories de
minerais et aux investisseurs de toute origine, y compris nationale. Quatre types de titres miniers sont
prévus: l’autorisation de prospection, le permis de recherche minière, le permis d’exploitation et la
concession minière. Les périodes de validité sont fixés au cas par cas, sauf le permis d’exploitation (5
ans, renouvelable) et la concession minière (25 ans, renouvelable). Ces titres sont délivrés par décret.
Les permis de recherche, d’exploitation et de concession sont délivrés sous conventions passées avec
l’Etat.
43. La loi intègre le régime fiscal applicable à l’activité minière. Ce régime comprend les éléments
principaux suivants : la recherche, l’exploitation et la concession minière sont sujets à des droits fixes
de délivrance et des redevances annuelles "superficiaires" dont les niveaux sont fixés par la loi;
l’extraction de substances minières concessibles est sujette à une redevance minière annuelle entre 3%
et 5% de la valeur marchande du produit final moins certains frais supportés (assurance, transports,
etc.); les titulaires de permis d’exploitation et de concession minière sont sujets au Code Général sur
les Impôts. Les entreprises engagées dans la recherche sont exonérées de l’application de diverses
dispositions de celui-ci (par exemple, l’impôt sur les bénéfices commerciaux et industriels, taxes et
droits sur les produits pétroliers alimentant les installations fixes et matériels de forages), ainsi que du
paiement des droits et taxes à l’entrée sur le matériel et l’équipement nécessaire à l’activité de
recherche, à condition que ceux-ci ne soient ni produits ni fabriqués au Sénégal.
44. Un projet de nouveau Code a été élaboré et devrait être adopté en juin 2003. Celui-ci répond aux
attentes exprimées dans le contexte de l’élaboration du DRSP, finalisé en 2002. 26 Le constat y est fait
que le secteur rencontre de nombreux obstacles qui sont: (i) un code minier moins attractif pour les
investisseurs avec des procédures d’acquisition de propriétés minières lourdes entre autres;
24
Les actionnaires en sont l'Etat sénégalais (47,4% du capital), IFFCO (Indian Farmers Fertilizer
Cooperative, Inde, 14,3%), le Gouvernement de l’Inde (9,97%), la SCPA (Société commerciale des potasses et
de l'azote, France, 4,98%), la Côte d'Ivoire, le Nigeria et le Cameroun.
25
Loi N° 88-06 du 26 août 1988.
26
Gouvernement du Sénégal (2002), Stratégie de la Réduction de la Pauvreté (SRP).
Sénégal WT/TPR/S/119
Page 78
(ii) l’absence d'une politique minière axée sur un développement endogène à forte incidence sur les
revenus nationaux; (iii) la lourdeur des investissements qu’exige le développement des projets miniers
au Sénégal et (iv) l’inexistence d'infrastructures de transport efficientes (routes, voies ferrées, voies
fluviales et ports) dans les zones à potentiel minier important. Pour l’avenir, le DRSP met l’accent
sur: (i) concevoir une législation minière suffisamment attractive et promouvoir une politique minière
favorisant un développement durable; (ii) favoriser l'émergence d'activités minières artisanales et
semi-industrielles dans les régions minières qui demeurent par ailleurs à faible niveau de
développement et (iii) contribuer à diversifier les sources de revenus des populations rurales en
mettant l’accent sur la recherche de nouvelles applications aux substances à faibles débouchés.
45. Les nouveautés du projet de Code Minier sur le plan fiscal et douanier sont notamment :
l’introduction d’avantages fiscaux en phase d’exploitation afin d’inciter l’investisseur de réaliser son
projet et de démarrer la production; l’ajustement des loyers et redevances à un niveau acceptable par
rapport aux prix pratiqués dans la sous-région; la redevance ad-valorem calculée toujours sur la base
de la valeur carreau-mine pour les produits pondéreux, sera désormais assise sur la valeur marchande
pour les autres produits non pondéreux. Le principe d’un abattement sur le taux de la redevance a été
retenu pour encourager l’implantation au Sénégal d’industries de transformation des produits extraits
du sol. Une simplification des procédures administratives est également prévue.
ii) Pétrole
46. Le Sénégal ne produit pas de pétrole actuellement bien que des travaux aient permis d’établir des
indices favorables à la recherche et à l’exploitation pétrolière. Les produits du pétrole représentent
toutefois environ 16% des exportations (et les hydrocarbures 17% des importations) du Sénégal, en
vertu de l’importance de l’importation du produit brut, raffiné au Sénégal, et exporté en vue du
ravitaillement des pays enclavés à l’est.
48. Le Code intègre le régime fiscal applicable à l’activité pétrolière et comprend les éléments
principaux suivants : le titulaire d’une concession d’exploitation est assujetti à une redevance sur la
valeur des hydrocarbures produits 29; les titulaires de convention ou de contrat de services sont
assujettis à l’application de l’impôt sur les sociétés tel que prévu dans le Code Général des Impôts
(35%) selon les conditions établies par le Code Pétrolier; les titulaires de convention ou de contrat de
services sont assujettis au versement d’un loyer superficiel annuel, et à un prélèvement additionnel
calculé sur un critère de rentabilité des opérations pétrolières; et l’application du régime d’admission
temporaire au matériel et l’équipement importé nécessaire à l’activité pétrolière.
27
Loi N° 98-05 du 8 janvier 1998.
28
De tels contrats ont été conclus notamment avec les sociétés Fusion et Fortesa.
29
Pour les hydrocarbures liquides exploitées à terre: 2 à 10%; pour les hydrocarbures liquides
exploitées en mer: 2 à 8%; les hydrocarbures gazeux exploités à terre ou en mer: 2 à 6%.
WT/TPR/S/119 Examen des politiques commerciales
Page 79
49. En aval, les activités d’importation, de raffinage, de stockage, de transport et de distribution des
hydrocarbures ont fait l’objet d’une libéralisation en 1998. 30 Le monopole de l’importation détenue
par la Société africaine de raffinage (SAR) au moment du premier passage du Sénégal devant l’OEPC
a été supprimé31; cinq entreprises étaient titulaires de licences pour l’activité de l’importation en
janvier 2003, mais la SAR exerce toujours un monopole de fait. Une surtaxe temporaire a été
introduite en 1998 sur les importations de produits pétroliers raffinés afin de protéger la raffinerie en
période de transition, mais celle-ci a été supprimée en 2000 ; aucun nouveau concurrent à la SAR est
apparue sur le segment raffinage. 32 Bien que les prix des hydrocarbures restent administrés, l’élément
de subvention a été éliminé entre 2001 et 2002, sauf dans le cas du gaz butane pour des raisons
sociales (chapitre III(4)(iv)).
5) INDUSTRIES
i) Électricité
51. Une première tentative d’ouverture du capital de la SENELEC en 1999 s’est soldée en échec 18
mois plus tard et le Gouvernement du Sénégal a repris l’entreprise en janvier 2001; une deuxième
tentative de privatisation s’est engagée, mais n’a pas encore été conclue. La réglementation des prix
(chapitre III(4)(iv)) à des niveaux qui ne reflètent pas le coût de production reste une question à
résoudre ; suite à une période de tarifs inchangés (1994-2001) une première hausse de 10% est
intervenue en début 2001.
ii) Manufactures
a) Aperçu général
52. Le Sénégal a un secteur manufacturier peu développé en relation avec le secteur primaire ou
tertiaire : la contribution de l’industrie (hors les industries extractives, l’énergie, l’eau et les bâtiments
30
Loi N° 98-31 du 14 avril 1998.
31
GATT (1994), Volume I, Chapitre IV(2)(xi). La Convention d'Établissement de la SAR a été abolie
en 1999.
L'Etat détient une participation de 10% dans la SAR, les autres actionnaires étant Elf Aquitaine, Total,
32
et travaux publics) au PIB s’élevait à seulement 13% en 2001. Les principales activités industrielles
sont celles liées à la transformation des ressources locales (principalement les produits de la pêche, les
huileries d’arachide, les phosphates), et les matériaux de construction. Le Sénégal a également des
industries de chaussure en plastique, de tissu et de fil en coton. Toutefois, les activités semi-
industrielles et artisanales (par exemple, les boulangeries, les ateliers de confection de vêtements) ne
sont pas comptabilisées, car une grande partie ont un caractère informel.
53. La structure industrielle est fortement concentrée: 13% des entreprises du Sénégal représentent
plus de 75% du chiffre d’affaires global et 90% de l’actif brut immobilisé. La seule région de Dakar
regroupe prés de 90% des entreprises et réalise 75% du chiffre d’affaires et 71% de la valeur ajoutée.
Selon les sources disponibles, il y aurait environ 470 000 unités économiques (micros et petites
entreprises) opérant dans l’économie informelle (activités industrielles, commerce et autres services),
et certaines études relèvent une forte expansion des activités informelles. 34 On peut situer la part des
activités de production de biens à environ la moitié. Ces entreprises sont tournées surtout sur le
marché intérieur et peu sur le commerce international.
b) Politique industrielle
54. Le Gouvernement du Sénégal a longtemps pratiqué une politique de substitution des importations,
à l’instar des autres pays en développement, et utilisé les ressources budgétaires du pays afin de créer
un secteur industriel centré sur des grandes entreprises d’Etat. 35 Les deux politiques de soutien étaient
les subventions et les mesures de restriction de la concurrence, et notamment les mesures de
protection à la frontière. L’importance de cette politique a fortement diminué depuis le début du
programme post-dévaluation, en vertu de la privatisation et de l’ouverture du régime commercial
sénégalais par l’adoption du Tarif Extérieur Commun (TEC) de l’UEMOA.
56. Les politiques de soutien disponibles pour les entreprises financées sur capitaux privés sont
notamment les avantages liés à la Zone Franche Industrielle de Dakar (dont l’accès est actuellement
fermé), au Code des Investissements, au régime du "point franc" créé en 1991 et remplacé en 1996 par
le statut de l’entreprise franche d’exportation (chapitre III(4)(ii)). Plusieurs structures d’aide au
secteur privé ont également été mises en place par l’État: la Société nationale d’études et de
promotion industrielle (Sonepi), créée en 1969, a pour objectif de contribuer au développement du
tissu industriel sénégalais par la réalisation des études et évaluation de projets, l’appui aux
investisseurs nationaux et étrangers, l’assistance-conseil aux PME dans les domaines de la recherche
de financement, la gestion comptable, la production et la maintenance, la commercialisation,
l’information industrielle et la formation; le Centre de développement industriel (CDI) est une
institution ACP-UE, financée par le Fonds européen de développement (FED), dont l’objectif est
d’encourager et d’appuyer la création et la restructuration d’entreprises industrielles dans les pays
ACP; et la Fondation secteur privé (FSP) est une fondation d’utilité publique bénéficiant d’un
financement sous forme de fonds d’appui technique non remboursable (3 milliards de francs CFA),
34
ONUDI (2001), Stratégie de promotion des micro et petites entreprises.
35
ONUDI (2001), Stratégie de promotion des micro et petites entreprises.
WT/TPR/S/119 Examen des politiques commerciales
Page 81
dont les domaines d’intervention sont le conseil en gestion, en organisation, en production, choix
technologique et maintenance technique, etc. 36
57. Les politiques de restriction à la concurrence restent les mesures à la frontière. Il n’y a pas de
prohibition à l’importation (sauf en ce qui concerne les mesures sanitaires) ni de licence à
l’importation. Le Sénégal applique le TEC de l’UEMOA aux biens importés des pays tiers, ainsi que
les droits supplémentaires (redevance statistique et prélèvement communautaire de solidarité), tandis
que les produits agréés d’origine UEMOA bénéficient du régime de franchise. La moyenne simple
des droits effectivement appliqués sur les importations des produits non-agricoles (pétrole exclu) est
de 14,3% (tableau AIII.2), mais l’analyse du tarif appliqué sénégalais effectué par le Secrétariat de
l’OMC fait ressortir la progressivité du régime tarifaire en fonction du degré de transformation
(graphique III.1), et le niveau relativement élevé de la protection accordée aux produits finis. Les
importantes barrières tarifaires et non-tarifaires à l’importation de l’huile végétale raffinée, qui
constituent une politique de soutien au raffinage, ont été signalées plus haut (section (ii)). Certains
produits sont sujets à un droit d’accises (parfums et cosmétiques), et un taux unique de la TVA, de
18%, s’applique également aux importations.
c) Perspectives
58. Depuis 2000, la stratégie de développement du tissu industriel a été repensée dans le contexte de
l’élaboration du DRSP, finalisé en 2001. 37 Il y est précisé que le Sénégal compte se fonder sur
l'expérience de nombreux pays asiatiques, et s'engagera dans la création et le développement de
nouvelles branches industrielles à travers notamment la promotion des PME/PMI. Les mesures
préconisées sont les suivantes: (i) la simplification des procédures d'établissement et
d'investissement; (ii) l'allégement de la charge fiscale ; (iii) la consolidation du cadre légal des
affaires par la création et le renforcement des tribunaux de commerce; et (iv) la facilitation de l’accès
des petits entrepreneurs au crédit. A cette fin, le Gouvernement compte prendre les mesures
incitatives suivantes: un nouveau code des investissements davantage simplifié et flexible; une
politique fiscale favorable aux PME/PMI, et aux investissements directs étrangers; et la mise en place
d'un programme de crédit destiné aux PME/PMI. Une Charte des PME est prévue, offrant de
nombreuses facilités en matière fiscale et d’accès au marché.
6) SERVICES
i) Télécommunications
a) Aperçu général
59. Le réseau de téléphonie fixe au Sénégal était constitué d’environ 250 000 lignes téléphoniques
ordinaires en 2001, desservies par la Société Nationale des Télécommunications (la SONATEL), qui a
été partiellement privatisée en 1997.38 Le parc téléphonique est en forte augmentation depuis cette
date, avec l’ajout d’environ 150 000 lignes ; toutefois, le niveau de télédensité reste bas, avec 2,6%
de la population desservie par une ligne fixe.
60. Le service de téléphonie mobile a démarré avec l’octroi de deux licences GSM à deux opérateurs:
Sonatel Mobile (Alizé) depuis 1996, filiale de la SONATEL, et SENTEL (privé), depuis 1998-. En
36
L’accès au FSP est limité aux sociétés privées dans lesquelles l’État ou une collectivité publique
détient une participation excédant 20% du capital social, où les sociétés employant plus de 250 permanents ne
sont pas éligibles.
37
Gouvernement du Sénégal (2002).
38
Les actionnaires de la SONATEL sont: France Télécom (43%); l’Etat (27%); le public (20%); et le
personnel de la SONATEL (10%).
Sénégal WT/TPR/S/119
Page 82
2002, le parc d’abonnés à la téléphonie mobile était 550 000, dont les trois-quarts pour le service
Alizé, et le reste pour la SENTEL. Le réseau GSM dessert les grandes villes et les axes routiers. Le
Sénégal a également un service Internet depuis 1996, et 11 Fournisseurs d’Accès à l’Internet (FAIs)
sont présents sur le marché.
61. Selon les autorités sénégalaises, le pays bénéficie d’un réseau téléphonique parmi les plus
modernes et performants en Afrique au sud du Sahara. Le réseau national est numérisé à 80%. Le
Sénégal est relié par deux câbles sous-marins (Atlantis II et Afrique-Europe-Asie SAT
3/WASC/SAFE) aux réseaux internationaux. Les tarifs sont parmi les plus bas en Afrique au sud du
Sahara, ce qui permettrait le développement des services télécom à valeur ajoutée, tels les télécentres,
où le Sénégal estime que le pays a un avantage comparatif.
62. Le Sénégal a participé aux négociations de l’OMC sur les services de télécommunication de base,
qui se sont conclues en 1997, et a assumé des engagements spécifiques sous l'AGCS. 39 Il s’agit
notamment de l’engagement de mettre fin au monopole exclusif de la SONATEL sur la téléphonie
fixe (appels locaux et de longue distance) le 31 décembre 2003 au plus tôt, et le 31 décembre 2006 au
plus tard. En fait, le Gouvernement s’est décidé à lever le monopole de la SONATEL sur les services
de base à partir de 2004, tandis que la concurrence libre régit les services à valeur ajoutée. Le Sénégal
a également pris l’engagement supplémentaire de mettre en place d’un cadre réglementaire approprié
à l’ouverture de la concurrence dans ce secteur et l’octroi de licences à d’autres opérateurs, ce qui a
été fait en 2001 avec le nouveau Code des télécommunications. 40
63. Le nouveau Code des télécom a créé l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART),
responsable de l’application des dispositions du Code. 41 Il s’agit notamment du contrôle de la
tarification établie par la SONATEL, en vertu de sa position de monopole, du programme de service
universel financé sur Fonds de développement alimenté par les contributions des exploitants de
réseaux ouverts au public, et de l’organisation d’appels à la concurrence en vue d’un éventuel octroi
de licences, soit pour la téléphonie fixe, soit pour celle mobile, de l’octroi de licences et de la
supervision des conditions de leur utilisation par les opérateurs concernés, ainsi que des accords sur
l’interconnexion.
ii) Tourisme42
64. Le tourisme au Sénégal est la deuxième source de recettes à l’exportation, derrière la pêche, mais
devant l’arachide et le pétrole. Le secteur contribue environ 2,5% à la formation du PIB, et contribue
environ 5% des recettes fiscales. Les ressources naturelles touristiques du pays sont principalement
ses 700 km de plage, six parcs nationaux, six réserves naturelles, une faune riche et variée, et des sites
aquatiques. Le Sénégal compte également des ressources culturelles importantes.
65. Les indicateurs du tourisme au Sénégal font état de certaines difficultés : le taux d’occupation
des lits était de 35% en 2000, en partie en raison de la forte demande saisonnière, avec une durée de
séjour moyen de 3 à 4 jours. L’arrivée de touristes internationaux a enregistré une hausse en 2000,
passant de 369 000 à 389 000, mais les nuitées étaient en baisse. Les arrivées sont surtout des français
(environ la moitié des arrivées en 2000), ou d’autres européens.
Loi N° 2001-15 du 27 décembre 2001. Les décrets d’application ont été votées en 2002 et 2003 et
40
66. Depuis 2000, la stratégie de développement du tourisme a été repensée dans le contexte de
l’élaboration du DRSP, finalisé en 2001.43 Le constat y est fait que l’activité, bien qu’importante au
niveau des recettes à l’exportation et par conséquent un contrepoids important au déficit chronique de
la balance des biens, n’a qu’un faible impact sur l’économie et ses performances restent très en deçà
de ses potentialités. La stratégie de développement du secteur a pour objectifs de renforcer l’acquis
(renouvellement des infrastructures) et développer la potentialité du secteur, et augmenter
l’implication des nationaux dans l’exploitation du secteur afin d’accroître les retombées positives sur
l’emploi et la rémunération. Le Sénégal espère attirer 500 000 touristes par an dans les cinq
prochaines années.
67. Le Gouvernement compte mettre en place un Code Touristique contenant des mesures incitatives
à l’investissement au-delà du Code des investissements. L’Etat poursuivra l'aménagement de
nouveaux sites, la promotion agressive du tourisme au Sénégal en Europe, et la desserte de la
destination Sénégal par une politique de transport aérien plus favorable au développement du secteur
("Open Sky").44 L’État entend mener une lutte ferme contre l’insécurité et garantir un environnement
plus sain et plus sûr aux touristes, car le Ministère du Tourisme a constaté des problèmes à cet égard
dans son état des lieux de 2002.
68. Il est à signaler que le secteur du tourisme figure parmi les engagements spécifiques du Sénégal
au titre de l'AGCS, tels les services d'hôtellerie et de la restauration, les services d’agences de voyages
d’organisateurs touristiques, et certains services de transport. 45 La Liste précise que les opérateurs
étrangers d’établissements touristiques doivent obtenir une autorisation du Ministère du Tourisme.
69. Le secteur bancaire du Sénégal est constitué principalement par 10 institutions bancaires,
3 établissements financiers et une mutuelle, cinq compagnies d’assurance vie et 10 compagnies
d’assurance non vie, et environ 500 institutions spécialisées dans la micro-finance. Les dix banques
sénégalaises recensées au 31 décembre 2000 ont dégagé un bénéfice net cumulé de 16,8 milliards de
France CFA, représentant plus des trois quarts de l'ensemble des bénéfices réalisés par les banques de
l'UEMOA pour l'année 2000, ce qui confirme l’état généralement sain du système bancaire après la
crise des années 1980, qui a vu la liquidation de huit banques. 46 La population sénégalaise est
toutefois faiblement bancarisée : seulement 6% de la population a des comptes en banque, et le taux
d'épargne nationale ne dépasse pas 13% du PIB.
71. Il est à signaler que le secteur des services financiers figure parmi les engagements spécifiques du
Sénégal sous l'AGCS, suite à la participation du pays aux négociations de l’OMC sur les services
financiers, qui se sont conclues en 1998.47 Le Sénégal s’est engagé a offrir l’accès aux établissements
bancaires étrangers sur les mêmes conditions que celles en application pour les opérateurs nationaux,
43
Gouvernement du Sénégal (2002).
44
A cette fin, le Sénégal et les États-Unis d’Amérique ont signé le 11 janvier 2001 un accord "open
skies" qui libéralise le transport aérien entre les deux pays.
45
Document de l’OMC, GATS/SC/75.
46
FMI (2001d).
47
Document de l’OMC, GATS/SC/75 Supplément 2.
Sénégal WT/TPR/S/119
Page 84
qui est la réglementation bancaire commune de l’UEMOA. L’accès au secteur des assurances est
également sujet à la réglementation commune de la sous-région; toutefois, les compagnies étrangères
qui s’engagent dans les services de réassurance et de rétrocession doivent céder 20% de leurs revenus
à la Société sénégalaise de réassurance.
72. Le secteur des services bancaires au Sénégal est sujet à la réglementation bancaire commune de
l’UEMOA et dispositif prudentiel élaboré par la Commission bancaire de l’UEMOA, qui exerce
également la fonction de surveillance. 48 Les demandes d’agrément sont déposées auprès du Ministre
des finances du Sénégal, qui en vérifie le contenu et sa compatibilité avec la réglementation bancaire
de l’UEMOA. La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) donne l'agrément,
sous l'avis de la Commission bancaire, aux établissements de crédit, et désigne les commissaires aux
comptes de ces sociétés. Ce système d'agrément à deux niveaux peut occasionner des retards. La
Commission doit donner son avis dans un délai ne dépassant pas six mois.
73. La Commission a définit les procédures comptables applicables aux établissements de crédit, et
les normes prudentielles de gestion (ratios de solvabilité, de liquidité, de division de risques, de
transformation, de couverture des immobilisations par les ressources permanentes, etc.). 49 La
BCEAO, au nom de la Commission, en surveille le fonctionnement dans les états membres, avec le
concours des autorités nationales.
75. L'Union Monétaire ouest-africaine (UMOA) a également donné naissance en 1998 à la Bourse
Régionale des Valeurs Mobilières (BVRM) de l’Afrique de l’Ouest. Le Conseil Régional de
l'Épargne Publique et des Marchés Financiers réglemente la BVRM, donne l’agrément aux
intervenants et en surveille le fonctionnement. Le Conseil Régional donne l’autorisation à l’émission
des titres placés sur la BVRM.
48
Les informations sur la Commission bancaire de l'Afrique de l’ouest sont disponibles à:
[Link] [21 février 2001].
49
A ce titre, une banque ne peut détenir directement dans une entreprise une participation supérieure à
25% du capital de cette dernière ou à 15% de ses fonds propres de base. De plus, les fonds propres effectifs
doivent au minimum être supérieures à 8% des risques nets pondérés en fonction de la qualité ou de la catégorie
des contreparties, tandis que le risque maximal pouvant être pris sur une seule et même signature est limité à
75% des fonds propres effectifs. Enfin, 75% des actifs immobilisés et autres emplois à moyen et long terme de
la banque doivent obligatoirement être financés par des ressources stables.
WT/TPR/S/119 Examen des politiques commerciales
Page 85
76. Le Sénégal fait également partie de la Conférence internationale des marchés d'assurance
(CIMA), créée en 1992 au sein de la Zone franc. 50 Le Code des assurances de la CIMA est entré en
vigueur en 1995, et établit la réglementation cadre pour toute activité d'assurance terrestre (les
assurances maritimes, fluviales ou aériennes sont exclues du champ d'application). La Commission
régionale de contrôle des assurances (CRCA) est l'organe qui donne l'agrément aux entreprises
prestataires de services d'assurance. La décision finale est prise par l'autorité nationale du Sénégal en
la matière (le Ministre de l'économie et des finances), ce qui crée un système d'agrément à deux
niveaux, et peut occasionner des retards. La CRCA peut également intervenir à titre disciplinaire.
50
En sont également membres: le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République centrafricaine,
les Comores, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Mali, le Niger, le Tchad et le Togo.
Sénégal WT/TPR/S/119
Page 86
Bibliographie
O. Badiane, Ghura, D., Goreux, L. and Masson, P.R. (2002), "Cotton sector strategies in West and
Central Africa", World Bank Policy Research Working Paper 2867.
Banque Mondiale (2002), "Senegal Data Profile" [En ligne]. Disponible sur: [Link]
[Link] [15 mars 2003].
Cadre Intégré, Étude Diagnostique de l'intégration commerciale, Rapport général de l'atelier national
de restitution - Dakar, 16 décembre 2002.
FMI (1999), Senegal : Statistical Annex, IMF Staff Country Report 99/5 [En ligne]. Disponible sur:
[Link] [15 mars 2003].
FMI (2000), Senegal : Recent Economic Developments, IMF Staff Country Report 00/91 [En ligne].
Disponible sur: [Link] [15 mars 2003].
FMI (2001a), Senegal : 2001 Consultation, IMF Country Report 01/186 [En ligne]. Disponible sur:
[Link] [15 mars 2003].
FMI (2001b), West African Economic and Monetary Union : Recent Economic Developments and
Regional Policy Issues in 2000, IMF Country Report No. 01/193 [En ligne]. Disponible sur:
[Link] [15 mars 2003].
FMI (2001c), Senegal : Selected Issues, IMF Country Report 01/188 [En ligne]. Disponible sur:
[Link] [15 mars 2003].
FMI (2001d), Financial System Stability Assessment, Country Report 01/189 [En ligne]. Disponible
sur: [Link] [15 mars 2003].
FMI (2002), Annual Report on Exchange Arrangements and Exchange Restrictions 2002,
Washington, D.C.
Gouvernement du Sénégal (2001a), "Le Sénégal en bref" [En ligne]. Disponible sur:
[Link] [15 mars 2003].
Gouvernement du Sénégal (2001b), "Troisième Conférence des Nations Unis sur les pays les moins
avancés : Mémoire présenté par le Sénégal" [En ligne]. Disponible sur: [Link]
[15 mars 2003].
Gouvernement du Sénégal, Ministère de la Pêche et des Transports Maritimes (2001), Pêche maritime
et continentale et aquaculture, Analyse descriptive et diagnostic.
MIGA (2002), Rapport Annuel [En ligne]. Disponible sur: [Link] [15 mars 2003].
ONUDI (2001), Stratégie de promotion des micro et petites entreprises, étude effectué pour le
Gouvernement du Sénégal.
L’Union africaine (2001), "Une Nouvelle Initiative Africaine" [En ligne]. Disponible sur:
[Link] [15 mars 2003].