Pollution et traitement
des eaux usées
2ème Année Génie Minéral
• Avec la raréfaction de l’eau dans plusieurs
régions, cette situation connaît une évolution,
et on reconnaît de plus en plus l’importance
de la collecte, du traitement et de la
réutilisation des eaux usées. La question des
infrastructures constitue une préoccupation
centrale dans tous les pays. La disponibilité
des données reste un défi persistant, en
particulier dans les pays en
Plan du cours
Chapitre I : introduction et état de notre
environnement
Chapitre II : -caractérisation des eaux usées
- les paramètres de mesure
- et les moyens techniques pour
réduire la pollution de ces eaux usées,
Chapitre III : étude de cas des rejets liquides et
solides d’une usine
Chapitre I
1 - Introduction
2- Définition du terme : l’environnement
3 - C’est quoi :le Développement Durable
4 - Les différents types de pollution
1 - Introduction
L’accroissement continue de la population humaine ,
le rythme rapide de la croissance industrielle et
économique font peser une charge de plus en plus
lourde sur la base de ressources naturelles de la planète
Ce qui a provoqué des catastrophes écologiques.
Et le danger n’est pas seulement écologique mais aussi
le problème de la paix dans le monde .
La raréfaction des ressources naturelles crée des
tensions et des conflits de plus en plus violents et
nombreux.
L’environnement et son état :
Si l’homme continue de dégrader la planète, son
bien être sera menacé par:
- différents types de Pollutions ,désertification
,etc. ,
- le bilan environnemental planétaire est bien
loin d’être réjouissant car : d’après des données
démographiques ,il y a de fortes chances que la
terre soit peuplée de 10 milliards d’êtres humains
avant le milieu de ce siècle.
d’où 3millards d’hommes qu’il faudra nourrir
, loger ,chauffer , éclairer, soigner etc., alors que
800 millions d’humains souffrent de faim
1milliard et demi n’ont pas accès à l’eau
L’activité humaine est responsable de cette
dégradation ,en particulier des catastrophes
écologiques globales.
Ce sont les choix politiques , de production
,de consommation ,les~ choix énergétiques ,
industriels et économiques qui sont la cause.
Le calcul de notre empreinte écologique ,
montre que ces choix peuvent avoir des
conséquences néfastes pour la planète.
Des modes de vie insoutenables ,
les discours politiques , publicité ,marketing
, etc. ,tout nous pousse à consommer plus. Les
pays du Nord qui représentent 20% de la
population mondiale , consomment 80% des
ressources de la planète.
Donc si ces niveaux sont maintenus , et si les
autres pays et continents se mettent aux
mêmes niveaux , l’impact sur les réserves
d’eau , d’air ,la santé humaine etc. ,sera
particulièrement lourd
• Exemple :
- avec une agriculture intensive destructible
- la consommation d’énergie et son mode de
production sont en perpétuelle augmentation ;
surtout avec les choix énergétiques actuels
(pétrole , charbon et nucléaire )sont polluants et
dangereux , malgré les études ,
→ D’où une mise en œuvre de solutions
alternatives
Des conséquences inégales
Ce sont les pays du Nord qui consomment le plus
d’énergie , produisent plus de déchets et de
pollution au détriment des pays du Sud dont les
ressources sont pillées par les multinationales , et
qui servent de dépotoir des déchets des pays du
Nord.
Enfin l’impact des dégradations
environnementales est d’autant plus profond que
les populations sont économiquement fragiles .
Les populations du Sud sont les premières
victimes du réchauffement climatique.
Une prise de conscience ancienne
Bien avant le 19ème siècle , et pendant la
majore partie du 20ème siècle , on a assisté à
une dégradation de l’environnement du au
développement mondial grâce à la révolution
industrielle .
On est passé d’une domination agraire et
artisanale à une société industrielle et
commerciale
• Ainsi le public a découvert que les pollutions
dépassent les frontières d’où danger .
Et en 1987 , le rapport Notre Avenir à Tous
lance un appel pour un développement durable
et une modification urgente et profonde des
pratiques humaines .
• d’où la naissance du terme écologie
A l’échelle de la terre ,l’écologie fait appel à
de multiples disciplines : géologie , géographie
biologie , chimie , physique , mathématique ,
climatologie etc.
L’un des objectifs de l’écologie est de détecter
, d’analyse et de combattre les
dysfonctionnements éventuels d’un
écosystème.
Ecosystème :est un ensemble d’être vivants
qui vivent au sein d’un milieu ou d’un
environnement spécifique et interagissent
entre eux au sein de ce milieu et avec lui.
Exemple : la forêt
Les conséquences :
L’environnement est notre bien commun,
constitué par l’ensemble des richesses de la
croûte terrestre , de l’atmosphère , des eaux , et
de tous les éléments vivants.
Ces richesses sont à la disposition de tous les
êtres vivants. Il ne faut pas le détériorer; si non
on va vivre dans un monde pollué et sale , avec
une mauvaise qualité de vie : déforestation ,
pollution des eaux etc.
2- Définition des termes :
Environnement et Développement durable
• a- Environnement :
Depuis les années 1970 le terme
environnement est utilisé pour désigner
le contexte écologique global, c'est-à-dire
l'ensemble des conditions physiques, chimiques,
biologiques climatiques, géographiques
et culturelles au sein desquelles se développent les
organismes vivants, et les êtres humains en
particulier.
L'environnement inclut donc l'air, la terre, l'eau, les
ressources naturelles, la flore, la faune, les êtres
vivants et leurs interactions sociales.
La nécessité de respecter la nature, est de
plus en plus admise par l’opinion public :
- d’où la création des réserves et parcs
naturels ,
- application des lois internationales de
protection de la faune , de la flore et des
milieux naturels ,
- des protocoles et leur application,
- etc..
• Les humains doivent apprendre à restaurer
protéger ou gérer la biodiversité et les milieux
naturels .
• création de la plus haute autorité
environnementale au sein des Nations-Unis
nommé : Programme des Nations Unis pour
l’Environnement créé en 1972 : PNUE
Aussi contribue-t-il :
- à surveiller la situation environnementale à
l’échelle mondiale,
- aider aux processus de transition écologique,
- évaluer l’impact environnemental des
conflits ou des catastrophes naturelles,
- soutenir l’utilisation raisonnée des ressources
énergétiques.
→ Il émet également des rapports ou des
données sur ces thématiques.
Sa mission est :
- d'offrir un leadership et d'encourager les
partenariats dans la prise en charge de
l'environnement en étant exemplaire,
- en informant et en permettant aux nations
et aux peuples d'améliorer leur qualité de vie
sans compromettre celle des générations
futures ,
C’est un outil de promotion du développement
durable à l’échelle mondiale.
b - Développement Durable
Le développement durable est la notion qui
définit le besoin de transition et de changement
dont a besoin notre planète et ses habitants pour
vivre dans un monde plus équitable, en bonne
santé et en respectant l’environnement . C’est un
modèle d’organisation de la société:
• Par développement on entend l’amélioration des
performances (économiques, sociales etc…)
d’une société.
• Le terme durable caractérise une chose qui tient
dans la durée, qui est stable et résistant
Les huit objectifs du Millénaire pour le développement que les
états membres de l’ONU ont convenu d’atteindre sont :
- Réduire la Faim et la Pauvreté
- Assurer l’Education primaire pour tous
- Promouvoir l’Egalité et l’Autonomisation des
femmes
- Réduire la Mortalité infantile
- Améliorer la Santé maternelle
- Combattre le Virus du Sida et autres maladies
- Assurer un Environnement durable
- Mettre en place un Partenariat Mondial pour le
Développement
c - Mais la prise en compte de l’Environnement
au niveau des décisions et les pratiques
environnementales diffèrent d’un pays à l’autre :
- Les pays en voie de développement ,ou les
préoccupations de la population sont différentes
de celles des pays développés
- Dans les pays développés, la protection de
l’environnement occupe une place importante
dans la société
Et la conséquence de l’industrialisation , la
croissance démographique et le mode de vie ont
provoqué :la crise écologique globale qui
touche l’ensemble de la biosphère .
Dû aux diverses pollutions qui engendrent
des catastrophes graves
3- les pollutions
a - définition du terme pollution:
On entend par pollutions, les différentes formes
de dégradation d’un environnement.
# - Les pollutions induisent en fait une
contamination d’une ou de plusieurs
composantes de cet écosystème : l’air (pollution
atmosphérique), l’eau (pollution aquatique) ou
la terre(pollution des sols)
• Généralement elles sont dues à l’action de
l’homme :
# en général liée à l'activité humaine
par diffusion directe ou indirecte de substances
chimiques, physiques ou biologiques qui
sont potentiellement toxiques pour les
organismes vivants ou qui perturbent de
manière plus ou moins importante le
fonctionnement naturel des écosystèmes.
L'activité humaine, qu’elle soit :
- industrielle (chimie, papeterie, industrie
agroalimentaire, etc.),
- urbaine (usages domestiques, commerce,
entretien des rues),
- ou agricole (utilisation d’engrais et
de pesticides),
Tous produisent des quantités de
substances polluantes
Ces substances sont à l’origine des types de
pollutions :
- des pollutions organiques (essentiellement
d’origine animale),
- chimiques (fertilisants, pesticides, métaux,
détergents…),
- biologiques (bactéries, virus et autres
champignons),
- radioactives ou acides
b- Les types de pollution les plus graves
α - pollution des eaux :
elle se manifeste par la présence dans l’eau (
toute forme d’eau : océan , mer , lac , fleuve
,nappes phréatiques etc. ) d’éléments toxiques
qui engendrent la destruction de la faune et la
flore et un déséquilibre de l’écosystème .
→ Elle peut rendre l’eau impropre à la
consommation ou à la baignade
β - pollution de l’air :
Le type de pollution le plus connu de tous ;
causé par l’émission de gaz et particules dans
l’atmosphère à partir de plusieurs sources :
- industries ,
- parc automobile ,
- centrales thermiques ,
- ou encore certains phénomènes naturels ,
Celle qui semble retenir le plus souvent,
l’attention des dirigeants de ce monde.
En effet, ses conséquences alarmantes font
craindre les plus grands désastres bioclimatiques.
Ses causes sont nombreuses (dégagements de gaz
industriels, fumées automobiles, etc.)
→ et ses effets sont très néfastes sur la santé
humaine de façon directe (troubles respiratoires,
problèmes de peau, etc.) ou du fait de la
dégradation de la couche d’ozone par exemple , et
conséquences du réchauffement climatique
ɤ - pollution des sols est toute forme de pollution
touchant n’importe quel type de sol ( agricole ,
forestier , urbain etc. )
Un sol pollué devient à son tour une source
possible de différentes formes directe ou indirecte
de pollution de l’Environnement via l’eau ,
poussières , émanations des gaz ou une
concentration et transfert de polluants par les
organismes vivants ( comme bactéries ,
champignons etc. ) et par les plantes à leur tour
sont mangées par les animaux.
δ - pollution radioactive causée par les
industries lors de la production d’électricité ou par
les centrales nucléaires .
Les déchets qui résultent
δ du processus sont très
radioactifs , et sont dommageables pour les êtres
vivants en émettant des particules dangereuses
pouvant causer des tumeurs , lésions , cancers,
malformations etc.
L’uranium 238 , ou le potassium 40 ont une durée
de vie de plus d’un milliard d’années
Ƭ - Pollution sonore
Lorsque les nuisances sonores provoquées par
les activités humaines dépassent les seuils
d’innocuité vis-à-vis de l’acuité auditive.
Le bruit provoque une gêne et un stress qui
perturbent l’organisme humain ou animal.
- chez l’homme : problèmes d’insomnie et de
dépression ,
- du côté des animaux , ils peuvent fuir les
locaux ou les zones trop bruyants
Chapitre II
I – Besoin en eau au MAROC ,
II – Les différents types d’eaux usées , et leurs
compositions
III – Moyens pour déterminer leurs
caractéristiques
IV – Techniques utilisées pour épurer ces eaux
I – Besoin en eau et leur qualité
1 - L’eau est une ressource de plus en plus rare , la gérer
avec le plus de soin est devenu une nécessité .
Les ressources en eau du pays subissent des
dépressions croissantes et continues dues à
l’augmentation des besoins en eau engendrée par :
- sécheresse ,
- développement urbain et industriel ,
- extension et modernisation de l’agriculture ,
- une augmentation en besoin en eau / hat/ an
qui est estimée à 600 m³/ hat /an actuellement sera de
400 d’ici 2025, mais varie d’une zone à une autre zone.
# - La sécheresse est devenue un élément
structurel qui limite le développement
économique du pays .
Malgré la politique de l’offre : 230 barrages
actuellement et 14 en construction d’où il faut :
- la rationalisation de l’utilisation de ces
ressources hydriques ,
- et la construction d’une vision commune
pour une alimentation et une agriculture
durable
2 - Toutefois, le secteur de l’eau reste
confronter à des défis liés principalement
- à la raréfaction des ressources en eau sous
l’effet des changement climatiques,
- à la surexploitation des ressources en eau
souterraine,
- à la faiblesse de la valorisation des ressources
en eau mobilisées notamment dans le domaine
agricole
- et à la détérioration de la qualité des
ressources en eau à cause du retard dans
l’assainissement et l’épuration des eaux usées
3 - Dégradation de la qualité des ressources en eau
L’un des problèmes majeurs qui affectent les
ressources en eau et les systèmes aquatiques
continentaux :
- des niveaux de pollution critique ,de plus en plus
de tronçons de cours d’eau en particuliers en aval,
par des principaux rejets urbains et industriels ,
- des nappes superficielles et des nappes
souterraines connaissent également des niveaux de
salinité élevée supérieure à la norme de potabilité ,
et des niveaux de pollution
4 - Les grands consommateurs d’eau :
- les industries ( toute forme )
- les mines
- l’agriculture
- les ménages
- et les golfs
- les utilisateurs municipaux
• Comme les procédés industriels utilisent une
grande variété de produits chimiques et souvent
toxiques, les rejets industriels constituent une
belle soupe de produits nocifs.
• Les déchets pharmaceutiques, provenant des
hôpitaux et des compagnies fabriquant des
médicaments, sont de plus en plus présents dans
les eaux usées.
• Les dérivés pétrochimiques et les hydrocarbures
se retrouvent également souvent dans les eaux
usées des industries et des commerces
5 - les industries existantes au Maroc
Une grande variété d’industries existantes , qui
diffèrent les une des autres suivant le type
d’industrie , consomment beaucoup d’ eau et
en rejettent une grande quantité ;
Il existe 8000 industries ,
- dont 50% installées sur l’axe Settat – Kenitra
- 227 activités , dont 81 jugées potentiellement
polluantes
a - Les grands secteurs
• Industries agro-alimentaires: IAA
• Industries chimiques et para chimiques :ICP
• Industrie de cuir et textile : ICT
• Industrie Mécanique , Electrique et
électronique , métallurgique : IMME
• Sans oublier l’industrie du papier et carton
et les mines .
b - Origine de ces rejets d’eaux usées industriels
• Lavage de la matière première
• Lavage et nettoyage aussi bien des équipements
que des locaux des industries
• Le refroidissement et le chauffage des milieux
liquides et solides
• La distillation
• La filtration
• Les transformations chimiques
• etc.
c - Ordre de grandeur des ratios spécifiques de
consommation en eau par quelques industries
Activité industrielle Ratios
- Aliments pour animaux 0,025m³ / T
- Huile d’olives O,15 à 0,5m³/T d’olives
- Minoterie 1m³ / T de farine
ancienne 4m³ / m³ de lait
- Laiterie
nouvelle 1,6
- Sucrerie betteraves 2 m³ / T
canne à sucre 0,66 m³ / T
- Conserve de fruit et légume 3,5 m³ / T de produit
- Boisson non alcoolisée 5m³ / T de boisson
- Huile de table 10 à 15 m³ / T d’huile
- Abattoirs : poulets 14 m³ / T
bovins et ovins 42 m³ / T
- Textile 123 m³ / T
- Industrie pharmaceutique 400 à 700 m³ / T
- Chimie 200 à 1000 m³ / T
- Aciéries 300 m³ /T de produit
fini
- Pétrole 0,4 à 40 m³ / T
Θ - Les effluents des industries sont parfois
traités, mais sont aussi simplement, et
malheureusement, dilués et déversés dans les
égouts.
6 - Impact de ces rejets sur l’environnement
Ce qui provoque :
• L’augmentation de la température
• Modification du Ph
• Modification de la turbidité
• Consommation en oxygène
• Effets inhibiteurs et toxiques sur les
micropolluants organiques
• Contamination des lieux de déversement
• Le rejet d’eaux usées non traitées dans les
mers et les océans explique en partie
pourquoi on trouve des zones mortes
désoxygénées en pleine croissance .
Θ- environ 245 000 km² d’écosystèmes marins
sont touchés, ce qui affecte :
- la pêche,
- les moyens de subsistance
- et les chaînes alimentaires
Qualité des eaux de surface et souterraine
Surface Souterraine
Très mauvaise : 19% 32%
Mauvaise 26 19
Moyenne 9 29
Bonne 40 19
Excellente 6 1
→ Pour consolider les acquis et relever les défis
susmentionnés, une nouvelle impulsion visant le
renforcement de la politique de l’eau a été amorcée et
présentée dans le cadre de la stratégie de l'eau . Les
grandes orientations et contours de cette stratégie
portent sur les axes suivants:
– La gestion de la demande en eau et la valorisation de
l’eau.
- La gestion et le développement de l’offre.
– La préservation et la protection des ressources en
eau, du milieu naturel et des zones fragiles.
– La réduction de la vulnérabilité aux risques naturels
liés à l’eau et l'adaptation aux changements climatiques.
– La poursuite des réformes règlementaires et
institutionnelles
II- Les différents types d’eaux usées et leurs
caractéristiques
Dans le monde où la demande en eau douce
augmente sans cesse, et où les ressources en
eaux limitées subissent de plus en plus de
contraintes du fait :
- de la surexploitation de ces eaux ,
- de la pollution
- et des changements climatiques
→ On est confronté à une augmentation de
toute sorte de rejets des eaux usées
1- Les différents types d’eaux usées
Définition du terme : Eau usée
Les eaux usées (ou eaux résiduaires, ou eaux
résiduelles, ou eaux d'égout, aussi appelées
« effluents liquides ») sont des « eaux
polluées » par un usage humain,
Constituées de toutes les eaux de nature à
contaminer les milieux dans lesquels elles sont
déversées, par des polluants physiques,
chimiques ou biologiques
Les eaux usées sont généralement formées du
sous-produit d'une utilisation humaine (usage
domestique, industriel, artisanal, agricole ou
autre),
→ d'où l’usage de l'expression « eaux usées ».
Elles ont au passage été altérées et sont
considérées comme polluées et devant être
traitées avant rejet dans le milieu naturel.
Les eaux usées peuvent être regroupées selon
les grands secteurs d’utilisation de l'eau:
→ Les eaux usées proviennent de différentes
combinaison d'activités domestiques,
industrielles, commerciales ou agricoles,
du ruissellement de surface (eau de
ruissellement) et de toute entrée d'égout ou
infiltration d'égout.
→ Les types d'eaux usées et leur composition
peuvent être regroupées en :
- eaux usées domestiques (des ménages),
- en eaux usées hospitaliers et municipales (des
communautés),
- en eaux usées agricoles
- et en eaux usées industrielles
a- Les eaux usées domestiques constitués:
- d’eaux-vannes (excréments, urine, boues
fécales)
- d’eaux grises (eaux usagées provenant du
lavage, de la lessive et du bain)
→ Ces eaux contiennent notamment des
matières organiques, des matières minérales,
des graisses, des détergents et des traces de
lessives qui contiennent des phosphates ,etc..
# - Cette M.O est une source de 3 polluants
majeurs : carbone , nitrate ( azote ) et
phosphore .
#- Le tout est déversé dans les réseaux
d’égout qui sont une importante source de
contamination bactériologique ( germes
pathogènes ) .
Θ - Bien que la plupart des bactéries présentes
dans les matières fécales humaines ne soient
pas pathogènes en soi.
Θ -Toutefois, lorsqu’une infection se produit,
un grand nombre de microorganismes
pathogènes (tels que les bactéries, les virus, )
sont répandus dans l’environnement par les
matières fécales.
Θ - Pour réduire le fardeau des maladies,
l’élimination des agents pathogènes est souvent
le principal objectif des systèmes de traitement
des eaux usées.
b - Les eaux usées issues d’activités
industrielles et minières
Ainsi que de la gestion des déchets solides (par exemple
le lessivât des sites de décharge), peuvent également
contenir :
- des composés organiques toxiques tels que les
hydrocarbures,
- les polluants organiques ,
- les composés organiques volatils (COV),métaux lourds
- et les solvants chlorés , les additifs chimiques ,etc.
• En plus des matières déjà présentes dans les eaux
usées domestiques
α - Ces eaux usées industrielles varient d'une
industrie à l'autre
Exemple industrie agro-alimentaire et industrie
chimique
De très petites quantités de certains composés
organiques peuvent contaminer d’importantes
quantités d’eau. Un litre d’essence, par exemple, est
suffisant pour contaminer un million de litres d’eau
souterraine .
β - Il peut également contenir, selon l’activité
minière, des éléments radioactifs
Le drainage des résidus contient souvent des
matières en suspension, des niveaux élevés
d’alcalinité ou d’acidité, des sels dissous, du
cyanure et des métaux lourds. Il peut également
contenir, selon l’activité minière, des éléments
radioactifs
c – Les eaux provenant des hôpitaux
- En plus des matières déjà présentes dans les
eaux usées domestiques
- les êtres humains excrètent de grandes
quantités de résidus chargés de médicaments
consommés .
- Le tout est déversé dans les réseaux d’égout
qui sont une importante source de
contamination bactériologique ( germes
pathogènes ) .
4- les eaux pluviales et autres eaux de ruissellement
urbain ; les eaux de ruissellement agricole ,
a- les eaux de ruissellement agricole
• eaux de lavage des laiteries et des salles de
traite contenant de divers détergents et des
résidus de lait
• Eau de fumier.
• Les eaux contenant des pesticides et
herbicides
• Etc.
d- Les eaux pluviales et de ruissellement
• Eau pluviale : Précipitations collectées par les toits ou
les trottoirs ; Celles-ci englobent des impuretés de l’air
( gaz polluants rejetés par des sources )
• eaux de ruissellement : Il peut également s'agir d'eau
de pluie ou de lavage, qui se sont écoulées sur des
surfaces imperméables susceptibles d'être polluées :
ainsi les eaux de ruissellement des parcs de
stationnement ou des routes sont considérées comme
des eaux usées par la présence de divers polluants
comme les hydrocarbures ou les poussières d'usure
des pneumatiques;
Composition des E-U de certains pays
Paramètres E-U France Maroc Pakis Jor
tan
DBO5 < 400 <400 60 200-700 150
DCO 200-1000 Idem 200 80-100 400
MES 100-350 250-500 160 200-650 nd
Azote 20-85 30-100 29 nd 28
Phosphore <15 1-25 4-5 nd 3
2- Caractéristique de ces E-U
L’appréciation de la qualité des eaux se base
sur la mesure de paramètres :
- physico-chimiques
- chimiques
- ainsi que sur la présence ou l’absence
d’organismes et de micro-organismes
aquatiques, indicateurs d’une plus ou moins
bonne qualité de l’eau , ou de germes
pathogènes .
Les eaux usées brutes sont avant tout
composées:
- d’eau : 99.9 % !
- Les matières présentes sont caractérisées des
solides en suspension sont oxydables, (soit par
un oxydant chimique ), soit naturellement grâce
aux processus biochimiques naturels, c’est-à-dire
biodégradables .Les nutriments sont caractérisés
par les mesures du phosphore et de l’azote.
- Des éléments indésirables suivant l’origine des
eaux
Quels sont les paramètres physico-chimiques et
bactériologiques des E.U
A - Les paramètres physiques
Parmi ces paramètres on détermine pour les
eaux usées :
- la température ,
- le pH
- Les MES
1 – La température
→ La température de l’eau joue un rôle important
en ce qui concerne la solubilité des sels et des gaz ,
(l’oxygène nécessaire à l’équilibre de la vie
aquatique).
→ Par ailleurs, la température accroît les vitesses
des réactions chimiques et biochimiques ,pour une
augmentation de température de 10 °C.
→ L’activité métabolique des organismes
aquatiques est donc également accélérée lorsque la
température de l’eau s’accroît.
→ La valeur de ce paramètre est influencée
par la température ambiante mais également
par d’éventuels rejets d’eaux résiduaires
chaudes.
→ Des changements brusques de
température de plus de 3° C s’avèrent souvent
néfastes manque d’oxygène dissoute pouvant
entraîner :
- la disparition de certaines espèces,
- la réduction de l’auto épuration,
- l’accumulation de dépôts nauséabonds
(odeurs), et la croissance accélérée des végétaux
(dont les algues)
2- pH
→ Le pH est une mesure de l’acidité ou l’alcalinité
de l’eau :la concentration en ions d’hydrogène (H+).
→ L’échelle des pH s’étend de 0 (très acide) à 14
(très alcalin) .
→ Des pH faibles (eaux acides) augmentent
notamment le risque de présence de métaux sous
une forme ionique plus toxique.
→ Des pH élevés augmentent les concentrations
d’ammoniac, toxique pour les poissons.
3- Les matières en suspension (MES)
Les matières en suspension comprennent toutes
les matières minérales ou organiques qui ne se
solubilisent pas dans l’eau.
Elles incluent :
- les argiles,
- les sables,
- les limons,
- les matières organiques et minérales de faible
dimension,
- le plancton et autres micro-organismes de l’eau
→ Ces MES donnent un aspect trouble à l’eau,
(turbidité)
→ et s’opposent à la pénétration de la lumière
nécessaire à la vie aquatique
Θ - En trop grande quantité elles constituent
donc une pollution solide des eaux.
On estime qu’un habitant rejette 90mg/l de MES
dans les eaux usées
La quantité de matières en suspension varie
notamment selon les saisons et le régime
d’écoulement des eaux.
- Ces matières diminuent la pénétration de la
lumière et , par suite, la photosynthèse.
- Elles peuvent également gêner la respiration
des poissons.
- Par ailleurs, les matières en suspension
peuvent accumuler des quantités élevées de
matières toxiques (métaux, pesticides, huiles
minérales, hydrocarbures …)
B- Les paramètres chimiques
1- L’oxygène dissous (O2)
→ La présence d’oxygène dans l’eau est
indispensable à la respiration des êtres vivants
aérobies aquatiques. En dessous d’un certain seuil
de concentration en oxygène c’est l’asphyxie des
poissons.
→ L’oxygène de l’eau permet également le
processus d’oxydation des matières organiques
(autoépuration), mais cette décomposition
appauvrit le milieu aquatique en oxygène.
• Les concentrations en oxygène dissous
constituent , avec les valeur s de pH, l’un des
plus importants paramètres de qualité des
eaux pour la vie aquatique
• L’oxygène dissous dans les eaux de surf ace
provient essentiellement de l’atmosphère et
de l’activité photosynthétique des algues et
des plantes aquatiques, c’est -à-dire
→ La production d’oxygène dans les eaux est
déterminée par les organismes photosynthétiques .
→ L’activité de ces organismes dépend de
certains facteurs : T° , la lumière et la source de
carbone.
→ La consommation d’oxygène est due
principalement à l’oxydation de la matière
organique et inorganique par les bactéries et leur
respiration
Θ - La concentration en oxygène dissous varie
de manière journalière et saisonnière car elle
dépend de nombreux facteurs :
- la température de l’eau,
- la pénétration de la lumière,
- l’agitation de l’eau
- et la disponibilité en nutriment s.
Θ - Cette concentration en oxygène dissous
est également fonction :
- de la vitesse d’appauvrissement du milieu en
oxygène par l’activité des organismes aquatiques
- et les processus d’oxydation et de
décomposition de la matière organique présente
dans l’eau.
→ plus la concentration en oxygène dissous est
proche de la saturation, plus l’aptitude de la rivière
à absorber la pollution est grande ,mais :
α - une valeur inférieure à 1 mg d’O2 /L indique
un état proche de l’anaérobie.
→ Cet état se produit lorsque les processus
d’oxydation des déchet s minéraux, de la MO et des
nutriments consomment plus d’oxygène que celui
disponible.
→ Une faible teneur en oxygène dissous provoque
une augmentation de la solubilité des éléments
toxiques qui se libèrent des sédiments.
β - une valeur de 1 à 2 mg d’O2 /L ce ci
indique une rivière fortement polluée mais de
manière réversible ;
ɤ - une teneur de 4 à 6 mg d’O2 /L caractérise
une eau de bonne qualité
δ – une teneur de saturation : 8mg O2/L
Ƭ - des teneurs supérieures à la teneur
naturelle de saturation en oxygène indiquent
une eutrophisation du milieu se traduisant par
une activité photosynthétique intense.
→ La teneur en oxygène des eaux d’une rivière
varie aussi selon la profondeur: elle peut être
très faible en eau profonde alors qu’elle peut
approcher le taux de saturation près de la
surface
→ La concentration en oxygène dissous
s’exprime en mg d’O2/L
2- Matière organique
→ La MATIÈRE ORGANIQUE (MO) contenue
dans les eaux est la partie non encore
décomposée de la pollution organique (matières
vivantes ou mortes , déjections de organismes
vivants).
→ Ces matières sont naturellement présentes
dans l’eau, mais à faible concentration.
La dégradation de la MO consomme et réduit
l’oxygène dissout de l’eau qui est
nécessaire à la vie aquatique .
→ La MO peut être soit dissoute, soit sous
forme particulaire visible
→ S’il y en à plus, il y a pollution provenant de
rejets d’eaux usées, d’effluents agricoles.
→ De plus la dégradation de la MO consomme
et réduit l’oxygène dissoute de l’eau nécessaire à
la vie aquatique.
Dans cette MO on a :
- la MO carbonée
- la MO azotée
- et la MO phosphatée
a- La charge organique carbonée :
La charge de pollution organique est
quantifiable par des techniques normalisées :
mesure de la DCO et de la DBO5.
→ Ces deux méthodes se basent sur la
différence entre la teneur en oxygène dissous
initiale et la teneur en oxygène dissous finale
après oxydation de la matière organique
présent e dans un échantillon d’eau.
b- La matière organique azotée et phosphatée
α - La MO constituée en grande
partie d’AZOTE ORGANIQUE est en final
décomposée par les bactéries principalement
en AMMONIUM, puis en NITRITES et enfin
en NITRATES.
AMMONIUM (NH4) et AMMONIAC (NH3)
• L’azote ammoniacal est souvent le principal
indicateur chimique de pollution directe
d’une eau de rivière à l’aval d’un rejet des
eaux polluantes .
• C’est en détectant la présence d’ammonium
que l’on peut situer le long d’un cours d’eau
les arrivées d’eaux usées car les déjections
humaines et animales sont sources
d’ammoniac.
L’azote est beaucoup utilisé dans l’industrie ce qui se
traduit par une augmentation de l’apport de nitrate et
nitrite dans le sol et l’eau . Ces éléments ont plusieurs
effets sur la santé et l’environnement :
- réaction avec l’hémoglobine du sang en diminuant le
transport de l’oxygène,( surtout les nitrites )
- diminution du fonctionnement de la glande thyroïde
- manque de vitamine A ,(idem )
- production de nitrosamines par les nitrites : ce sont
des substances cancérigènes
- dans un milieu naturel ,une concentration de 3 à 7
mg/l de NO₃ est acceptable pour les poissons , au-delà
, c’est le développement des algues et on a une
eutrophisation
β- La matière organique phosphatée
Θ - Le phosphore, élément indispensable au
développement de tous les organismes
vivants, ne doit être naturellement présent
qu’en très faible quantité dans le sol et dans les
eaux, au delà il constitue une pollution par
perturbation de milieu aquatique.
La plus grande part du phosphore que l’on
retrouve actuellement dans les eaux des cours
d’eau provient:
• des rejets d’eaux résiduaires, en premier lieu des
déversements urbains, c’est à dire des déjections
humaines, des matières organiques en
décomposition,
• des pratiques agricoles: épandages de lisiers et
d’engrais phosphatés utilisés en agriculture et
des poly phosphates des lessives ;et le
ruissellements d’effluents agricoles, écoulements
de purins, déjections animales
3- Les micropolluants
Ce sont des composants minéraux ou
organiques qui présents dans l’eau même à très
faible quantité (µg/l), voire en (ng/l) sont
dangereux pour les êtres vivants et donc les
écosystèmes.
Certains micropolluants sont toxiques.
• Substance indésirable détectable dans
l’environnement à très faible concentration .
• Sa présence est, due à l’activité humaine (procédés
industriels, pratiques agricoles ou activités
quotidiennes) et peut à ces très faibles concentrations
engendrer des effets négatifs sur les organismes
vivants en raison de sa toxicité, de sa persistance et de
sa bioaccumulation.
• De nombreuses molécules présentant des propriétés
chimiques différentes sont concernées ,qu’elles soient
organiques ou minérales, biodégradables ou non tels
les plastifiants, détergents, métaux, hydrocarbures,
pesticides, cosmétiques ou encore les médicaments etc.
a- Les métaux lourds
Θ - Les éléments métalliques et leurs dérivés sont
pour certains très dangereux , toxiques, non-
biodégradables et bioaccumulables dans les chaînes
alimentaires.
Ils sont principalement d’origine :
- industrielle mais pas seulement ,
- agriculture (fongicide)
- rejets atmosphériques
- des incinérateurs de déchets, …
Les plus dangereux sont:
• le mercure (Hg) métal rare, extrêmement
toxique agissant sur les reins, sur le système
nerveux.
Les symptômes sont des troubles mentaux
plus ou moins graves, des douleurs
abdominales, des vomissements, de l’urémie
(accumulation d’urée liée à une insuffisance de
la fonction rénale).
• le plomb (Pb): métal très toxique pour les
invertébrés et les amphibiens des milieux
aquatiques. Chez l’homme il attaque le
système nerveux, le système circulatoire, les
reins et les organes de reproduction
Sa présence dans l’eau du robinet peut
entrainer le saturnisme.
C’est une intoxication aigue par le plomb dans
le sang ; les effets sur les humains sont graves :
anémie ,cancers ,attaque du tissu osseux etc.
b- les pesticides
• Les pesticides que l’on retrouve dans les eaux
de surface ou souterraines sont à environ 9O%
d’origine agricole.
• Ce sont des produits toxiques qui se
dégradent l’environnement:
- herbicides (atrazine, glyphosate,…)
– insecticide (DDT, …)
– fongicides (sels de cuivre,…)
c- Les autres produits organiques
micropolluants
• cyanures (CN) , Poison extrêmement toxique,
utilisé dans les industries de traitement de
surface
• Chlore ,
• Détergents,
• Produits médicamenteux (résidus
d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires,
d’antidépresseurs, etc..).
• Médicaments vétérinaires (résidus
d’antibiotiques, etc.)
C- les paramètres bactériologiques
→ Les analyses microbiologiques réalisées ont
pour but de déceler et évaluer la présence dans les
eaux de microbes pathogènes dangereux pour
l’homme et l’environnement ,
→les analyses reposent sur la recherche dans les
eaux de bactéries indicatrices de leur éventuelle
contamination fécale.
→ Ces organismes, d’origine intestinale présents
dans les déjections animales , humaines ,ou
déversements des eaux usées et épandages
peuvent se retrouver dans l’eau.
Une présence très importante de germes
fécaux dans une eau indique une pollution
fécale importante d’origine humaine ou
animale en amont.
Θ- L’eau potable du robinet doit être
exempte de la présence de ces bactéries
III- Les techniques de mesures de ces
paramètres
• L’estimation de la qualité d’une eau ne peut pas
s’effectuer par la mesure d’un seul, mais d’un
ensemble des paramètres de nature diverses.
• Des résultats anormaux dans le contrôle de
paramètres permettent de déceler et d’évaluer
les niveaux de pollutions.
La pollution de l’eau est fonction des substances
dissoutes susceptibles d’être nuisibles qu’elle
contient et, dont la plupart, ne sont décelables
qu’à l’analyse.
• L’appréciation de la qualité des eaux de surface se
base sur la mesure de paramètres :
- physiques ,
- chimiques ,
- ainsi que sur la présence ou l’absence
d’organismes et de micro-organismes aquatiques,
indicateurs d’une plus ou moins bonne qualité de
l’eau
Θ - L’ensemble de ces éléments permet
d’évaluer le degré de pollution des eaux usées ,
des cours d’eau et d’apprécier leur capacité à
s’auto épurer
A – Paramètres physiques mesurables
1 – La température
- La température de l’eau se mesure en général
avec un appareil à multiples paramètres (T, pH,
conductivité) dont il suffit de plonger l’extrémité
de l’électrode
- sur terrain ,si on n’a pas l’appareil de mesure
,on utilise un thermomètre
2- pH Sa valeur, le plus souvent mesurée à
l’aide d’un pH-mètre ou de « papier pH »,
indique si l’eau est acide (de 1 à <7), neutre ( 7 ),
ou basique (de > 7 à 14);
Θ - Une mesure de pH, différente de la
valeur habituelle du cours d’eau, peut être
l’indice d’une arrivée de pollution , en générale
industrielle, en amont du point de mesure.
3 – Les MES matières en suspension
les très fines particules en suspension (sable,
argile, produits organiques, particules de
produits polluant, micro-organismes,…) qui
donnent un aspect trouble à l’eau, (turbidité) et
s’opposent à la pénétration de la lumière
nécessaire à la vie aquatique
• La quantité de matières en suspension
totale (MEST) se mesure par filtration d’un
litre d’eau et pesage des résidus séchés. Le
résultat s’exprime en mg/L ,pour une eau non
polluée
• Lorsqu’on a des eaux usées très chargées :
on verse dans des creusés ,après les avoir pesés
vide ,un certain volume d’eau usée .
On les met sur plaque chauffante jusqu’à
évaporation de l’eau; puis on les met dans une
étuve pour les sécher,
Après on pèse de nouveau les creusés
→Par différence de poids ramener au volume
on détermine la quantité de MES (mg/L) contenue
cette quantité d’eau
B- Les paramètres chimiques
1- l’oxygène dissous :L’O2
• Pour mesurer l’oxygène dissous d’un cours
d’eau, il est possible d’utiliser un oxymètre
électrochimique, matériel disposant d’une
sonde spéciale.
• Il existe aussi des trousses colorimétriques de
terrain utilisant des réactifs chimiques
(méthode de Winkler).
→ C’est une mesure par la méthode
iodométrique: basée sur une analyse chimique.
Afin d'éviter les échanges avec l'air, l’oxygène
dissous est fixé le plus rapidement possible par
réaction avec un précipité d’hydroxyde de
manganèse.
Après plusieurs réactions chimiques, la solution
d’iode restante, de concentration proportionnelle
à celle de l’oxygène dissous initialement présent,
peut être dosée précisément. Dans ce cas, c’est la
saturation en oxygène dissous qui est calculée. Elle
reste une des méthodes les plus fiables
2- La matière organique
a- la matière organique carbonée
Pour quantifier les matières
organiques carbonées présentes dans l’eau ,
il existe des mesures directes permettant de
surveiller : le milieu récepteur ,les rejets et le
fonctionnement des stations d’épuration
Cette charge polluante organique est
quantifiable par des techniques normalisées :
DCO et DBO5
Θ - Ces deux méthodes se basent sur la
différence entre la teneur en oxygène dissous
initiale et la teneur en oxygène dissous finale
après oxydation ou dégradation de la matière
organique présent e dans un échantillon d’eau.
α - Demande Biochimique en Oxygène : DBO
• La demande biochimique en oxygène (DBO):
représente la quantité d’oxygène utilisée par
les bactéries pour décomposer partiellement
ou pour oxyder totalement les matières
biochimiques oxydables présentes dans l’eau
et qui constituent leur source de carbone
(graisses, hydrates de carbone, tensioactifs,
etc.).
• Ce prélèvement d’oxygène se fait au détriment
des autres organismes vivant s du milieu
aquatique.
• En ce qui concerne les eaux domestiques,
environ 70% des composés organiques sont
généralement dégradés après 5 jours et la
dégradation est pratiquement complète au
bout de 20 jours.
• L’indicateur utilisé est généralement la DBO5
qui correspond à la quantité d’oxygène
(exprimée en mg/ l) nécessaire aux
microorganismes décomposeur s pour dégrader
et minéraliser en 5 jours la matière organique
présente dans un litre d’eau polluée.
• Plus la DBO5 est élevée, plus la quantité de
matières organiques présentes dans l’échantillon
est élevée
→ La mesure de la DBO5 est un paramètre
prescrit pour la surveillance des rejets et de
fonctionnement des stations d’épuration
→ mais elle est peu précise pour qualifier
seule le bon état d’une eau naturelle.
On peut la déterminer par deux méthodes :
- méthode manométrique
- méthode volumétrique
Méthode manométrique
la quantité d’eau à analysée est placée dans une
bouteille reliée à un manomètre à mercure.
Au dessus de l’échantillon se trouve un volume
d’air contenant du O2 , c’est cet oxygène qui
remplacera le O2 de l’eau consommé par les
bactéries .
La dépression due à la consommation d’O2
est mesurée à l’aide du manomètre à mercure
: DBO5 est lue directement
Méthode volumétrique
par dosage :méthode de Winkler.
on réalise une première mesure de
concentration en O2 dans l’échantillon ; puis on
répète cette mesure 5 jours plus tard . La
différence des deux concentrations représente
la DBO5 de l’échantillon .
• La mesure de la DBO5 est un paramètre
prescrit pour la surveillance des rejets et de
fonctionnement des stations
d’épuration ; mais elle est peu précise pour
qualifier seule le bon état d’une eau naturelle.
• La DBO5 d’une eau de surface non polluée,
varie normalement de 2 à 20 mg/l. Au-delà,
on peut suspecter une pollution nocive à la
qualité de l’eau et la vie aquatique
• la DBO s’exprime en kg/j :c’est les quantités de
pollution organique rejetées que l’on peut aussi
estimer en EH (équivalents habitants) :
• Un habitant produit en moyenne une charge de
pollution équivalente à 60 grammes de DBO5
pour une journée.
• l’équivalent-habitant (EH) comme la charge
organique biodégradable ayant une demande
biochimique d’oxygène en cinq jours (DBO5) de
60 grammes d’oxygène par jour
β- Demande chimique en oxygène :DCO
La demande chimique en oxygène (DCO):
la quantité d’oxygène nécessaire pour la
dégradation par voie chimique, effectuée à
l’aide d’un oxydant puissant , des composés
organiques présent s dans l’eau.
Elle permet de mesurer la teneur en matières
organiques totales (exceptés quelques composés
qui ne sont pas dégradés), y compris celles qui ne
sont pas dégradables par les bactéries
c’est la quantité d’O2 nécessaire pour oxyder la
totalité des matières ( organique ou minérale
) contenues dans l’échantillon d’eau .
Principe : certaines matières contenues dans
l’eau sont oxydées par un excès de dichromate
de potassium , en milieu acide et en présence
de sulfate d’argent et de sulfate de mercure.
L’excès de dichromate de potassium est dosé
par le sulfate de fer et d’ammon
• Cette technique mesure en laboratoire la
quantité d’oxygène consommée par
l’oxydation chimique (à l’aide d’un oxydant et
à chaud, pendant 2 heures) des matières
organiques ou minérales présentes dans l’eau.
• Il existe des systèmes permettant d’effectuer
des analyses sommaires rapides de la DCO
d’un échantillon d’eau (environ 2 heures
30mn)
Le résultat est donné en mg/L de O2
- Lamesure de la DCO est surtout utilisée pour
la surveillance des eaux usées urbaines et
industries
- un paramètre important permettant de
caractériser la pollution globale d’une eau par
des composés organiques.
Θ- Le rapport DCO / DBO5 donne une
indication sur l’origine de la pollution
organique.
- Plus il se rapproche de 1, plus le rapport DCO
/ DBO5, indique la biodégradabilité d’un rejet
d’eaux usées:
– de 1,5 à 2 : effluents d’industries
agroalimentaires (meilleure biodégradabilité).
– de 2 à 3 : effluent urbain domestique.
– >3 : effluent plus ou moins difficilement
biodégradable (industrie).
- 1,1 : eau épurée
La charge polluante : CP , peut être
exprimée soit en DCO ,ou en DBO5
CP ( kg / j ) = débit (m³/j ) x DCO (kg / m³ )
Exemple :
- débit de 100 000 m³ / j
- DCO de 660 mg / l de O2
- DBO5 de 220 mg / l de O2
calculer la CP en T / j
Matière polluante : MP
MP = MES + ( DCO + 2 DBO5 ) / 3
b- la matière azotée
matière azotée: composée de plusieurs formes
d’azote;
Azote total = Azote réduit + Azote oxydé
Azote réduit (Kjeldahl) = Azote organique ( N org) +
Azote ammoniacal (
NNH₄)
Azote oxydé et composés( nitrés ,nitrosés) =
nitrates (NO₃) + nitrites ( NO2)
→ Toutes les formes de la matière azotée sont
mesurées et calculées grâce à la méthode
spectrométrie
La technique d’analyse consiste à mesurer le
développement d’une coloration entre
différents réactifs chimiques .
Le niveau de coloration est alors évalué en
terme d’unité d’absorption au moyen d’ un
spectrophotomètre
Les données d’absorption (ou absorbance) sont
converties en masse de polluant absorbée ,
en recourant aux résultats de l’analyses
spectrophotométriques d’une gamme d’étalon ,
effectuée au labo qui fournit une courbe
d’étalonnage .
Cette droite qui donne une relation linéaire
directe entre l’absorption et la concentration
c- la matière phosphatée : phosphore total(PT)
P T = P organique + P minérale
P organique : résidu de matières
P minérale : constitué essentiellement de
phosphates (ions PO4 ) nommé ortho
phosphates qui représente 50 à 90 % du
phosphore contenu dans les eaux usées urbaines
Θ - La quantité de phosphates dans l’eau se
mesure en mg / l de PO4
Dosage des ortho phosphates :
en milieu acide , et en présence de molybdate
d’ammonium , les ortho phosphates donnent un
complexe phosphomolybdique , qui réduit par
l’acide ascorbique , développe une coloration
bleue susceptible d’un dosage colorimétrique .
→ Une valeur de 0,1 mg /l de PO4 représente
une eau non polluée , une valeur supérieure à 2
mg : eau très polluée
• Dans les cours d’eau , nitrates et
phosphates associés contribuent au
développement excessif des algues d’où:
→ prolifération du phénomène
d’eutrophisation
Le rapport C / N / P
La concentration des différents éléments nutritifs
dans les eaux usées doit être :
- équilibrée (ratio C/N/P)
- et correspondre aux besoins des bactéries qui
s’y trouvent .
→Cela est primordial pour l’efficacité des
processus de décomposition biologique.
Dans le cas d’une épuration des eaux usées de
type aérobie, le ratio C/N/P doit être situé
entre 100/10/1 et 100/5/1.
Pour les eaux usées urbaines, le rapport
C/N/P empirique est d’environ 100/20/5.
C- Les paramètres microbiologiques
• la détection de toutes les bactéries pathogènes
potentiels est très difficile et incertaine en raison
de: la très grande variété et diversité des micro-
organismes pathogènes qui peuvent être
présents dans l’eau (virus, bactéries,
protozoaires,…),
• L’évaluation de la qualité microbienne des eaux
est basée sur le concept de germes ou bactéries
dits « indicateurs de contamination » ; n’ont pas
nécessairement par eux-mêmes un caractère
pathogène mais leur présence indique une
contamination par les matières fécales.
1 - Les différents groupes de bactéries
recherchés sont :
- Les coliformes totaux : des espèces spécifiques dans la
flore intestinale des animaux à sang chaud .
- Les coliformes fécaux : sous-groupe des CT , capables
de se développer à 44°C .On a le type Escherichia Coli
qui est considéré comme le meilleur indicateur de
contamination récente
- Les streptocoques fécaux : un bon indicateur de
contamination fécale ,et l’apparition de maladies
gastro-intestinales
- Clostridium sulfito-réducteur : contamination
ancienne
2- Le mode de prélèvement
• en fonction de la nature des eaux à analyser et des
micro-organismes . Les normes fixent des conditions à
respecter : volume de l’échantillon , agent neutralisant
, qualité du matériel d’échantillonnage
• L’objectif est d’obtenir un échantillon aussi
représentatif que possible de l’eau à analyser , sans
contamination ni modification de l’échantillon
• Des précautions doivent être prises à 3 niveaux
- le matériel de prélèvement
- le mode de prélèvement
- le transport et conservation des échantillons
3 - méthodes utilisées pour déterminer leur
présence et leur dénombrement :
a- méthode pour déceler la présence ou absence
α – sur milieu liquide : dans un tube à essai, qui
contient le milieu d’ensemencement , on met
quelques gouttes d’eau à analyser .
Agiter puis mettre le tube dans une étuve à 37°C
pendant 24 à 48 H pour incubation .
→ si le milieu devient trouble : développement de
bactéries :donc l’eau est polluée;
→ s’il n’y a pas de changement du milieu de
culture : donc l’eau n’est pas polluée
β- sur un milieu solide (gélosé )
- méthode par incorporation : un millimètre
d’échantillon d’eau à analyser est mélangé au milieu de
culture solide préalablement fondu et refroidi à la
température ambiante.
→ Après incubation , les colonies se développent à la
surface et à l’intérieur du milieu et sont comptées.
- méthode par étalement : un millilitre de l’échantillon
est étalé à la surface du milieu gélosé ;
→Après incubation , les colonies développées sont
dénombrées
b- méthode de dénombrement des bactéries sur
milieu liquide
α - Principe général
Les prises d’essais de l’échantillon d’eau ou de ses
dilutions sont incorporées dans un milieu de
culture liquide conçu pour permettre la croissance
d’un micro-organisme ou de groupe de
microorganismes.
La croissance se traduit par :
- l’apparition d’un trouble du milieu ,
- une modification visible (virage d’un indicateur
de pH coloré).
β- Méthode NPP: méthode du nombre le plus
probable
• cette méthode est une estimation statistique du
nombre de micro-organismes supposés distribués
dans l’eau de manière parfaitement aléatoire.
• L’estimation du nombre de bactéries est obtenue
par application du principe de vraisemblance, à
partir de réponses positives observées pour une
ou plusieurs dilutions successives dans des
milieux de cultures liquides. Il s’agit d’une
méthode quantique .
• Le but des techniques de numération (ou
dénombrement) est de déterminer la
concentration en bactéries contenues dans une
préparation initiale. Elles nécessitent une ou
plusieurs dilutions décimales
• Pour estimer ,le nombre de bactéries dans un
échantillon , par la méthode du nombre le plus
probable, des dilutions successives du liquide
initial doivent être effectuées. Des milieux de
culture sont ensuite ensemencés par ces
différentes dilutions.
• La seule manière de savoir si un micro-
organisme, est présent ou non dans
l‘échantillon d’eau ,c’est l’apparition de l’un
de ses caractères:
- Virage du pH
- trouble du milieu
- et production de gaz
→Si l'un de ses caractères apparait, le résultat
sera positif.
→ L'absence de ses caractères, le résultat sera
négatif.
Interprétation des résultats
Après dilution de l’échantillon et
ensemencement dans le milieu de culture :
Dilution pur 10⁻¹ 10⁻² 10⁻³ 10⁻⁴
Résultat + + + + -
→ il y a au moins 103 micro-organismes mais
moins de 104 micro-organismes dans 1mL
d’échantillon .
Pour des essais multiples (3 tubes par dilution):
→ C’est – à dire pour chaque dilution ,on
ensemence 3 tubes contenant le milieu de
culture
Exemple:
Dilution 10⁻¹ 10⁻² 10⁻³ 10⁻⁴ 10⁻⁵
Résultat 3+ 3+ 2+ 1+ 0
Θ - Se reporter à la table de Mac Grady pour
3 tubes de dilution afin de trouver le NPP:
correspondant au nombre 321: le NPP est 15
2 tubes par 3 tubes par dilution
dilution
Nombre Nomb Nombr No Nombre Nomb Nomb Nomb
caractér re de e mb caractérist re de re re de
istique cellule caracté re ique cellule caract cellul
s ristiqu de s éristiq es
e cell ue
ule
s
000 0.0 000 0.0 201 1.4 302 6.5
001 0.5 001 0.3 202 2.0 310 4.5
010 0.5 010 0.3 210 1.5 311 7.5
011 0.9 011 0.6 211 2.0 312 11.5
020 0.9 020 0.6 212 3.0 313 16.0
100 0.6 100 0.4 220 2.0 320 9.5
101 1.2 101 0.7 221 3.0 321 15.0
110 1.3 102 1.1 222 3.5 322 20.0
111 2.0 110 0.7 223 4.0 323 30.0
120 2.0 111 1.1 230 3.0 330 25.0
121 3.0 120 1.1 231 3.5 331 45.0
200 2.5 121 1.5 232 4.0 332 110.0
201 5.0 130 1.6 300 2.5 333 140.0
• NPP= nombre le plus probable obtenu par
lecture de la table de Mac Grady
• V inoculum= 1 mL
• Fd= facteur de la dilution correspondant au
chiffre des centaines du nombre
caractéristique 10-2
N= NPP /V inoculum * Fd
• 15/0,01 =15 .102 micro-organismes par mL
pourquoi notion d’indicateur de pollution fécale
Comme l’origine de la plupart des µ-organismes
pathogènes véhiculés dans l’eau est fécale .
- recherche d’indicateurs de contamination fécale ,
- on parle d’indicateurs de traitements qui permettent
d’évaluer l’efficacité des différents traitements
Bactérie qui se développe à 20°C : spécifique à l’eau
Bactérie qui se développe à 37°C : issus de l’homme et
les animaux
Origine de la contamination : rapport CF / SF
→ Rapport inférieur à 1,5 origine animale et
supérieur origine humaine
Les analyses microbiennes doivent être faites :
• au niveau des eaux souterraines des nappes
profondes qui seront contrôlées
• dans les stations de traitement EP , vérification de
l’efficacité des différents traitements
• dans les réseaux de distribution
• dans les réservoirs et château d’eau , on suit les
effets du stockage et de la stagnation sur la
qualité de l’eau
• dans les stations d’épuration ,
• Au niveau des puits ,
Chapitre IV
Les moyens techniques utilisés pour épurer
les E.U
• L’épuration des E.U est l’ensemble des procédés visant à
dépolluer l’E.U avant son retour dans le milieu naturel ou sa
réutilisation.
• Les E.U sont les eaux qui à la suite de leur utilisation
domestique, commerciale ou industrielle sont de nature à
polluer les milieux dans lesquels elles seraient déversées.
C'est pourquoi, dans un souci de protection des milieux
récepteurs, des traitements sont réalisés sur ces effluents
collectés par le réseau d'assainissement .
→ L'objectif des traitements d’épuration est de minimiser
l'impact des E.U sur l'environnement. Lorsque les eaux
traitées sont réutilisées, on parle de recyclage des eaux
usées
1- Définition de l’autoépuration d’un cours
d’eau
• L'autoépuration est un phénomène naturel qui
permet aux rivières et zones humides d'éliminer
une pollution faible. ...
• Une autoépuration est un
processus biologique reposant essentiellement
sur des micro-organismes, et permettant à un
milieu aquatique pollué par des substances
organiques de retrouver, sans intervention
extérieure, son état originel.
Cette capacité d'autoépuration peut être inhibée
par des substances toxiques.
• L'autoépuration est donc l'ensemble des processus
biologiques, chimiques ou physiques permettant à:
- un écosystème (rivière, lac, mer et océan...), y compris
des étangs, de transformer lui-même des substances
le plus souvent organiques qu'il produit ou qui lui sont
apportées de l'extérieur
- Les organismes vivant dans les milieux
aquatiques jouent dans ce processus un rôle
important (bactéries, protozoaires, algues, poissons...
2- Station d’épuration
DEFINITION :
Une station d'épuration permet de traiter les
eaux usées qu'elles soient d'origines
industrielles ou qu'elles proviennent des
activités quotidiennes de l'homme.
Le but est de collecter les eaux usées, puis de
les épurer, avant de pouvoir les rejeter dans le
milieu naturel ( milieu récepteur )sans risquer
de polluer notre environnement.
C’est une installation destinée à épurer les eaux
usées domestiques ou industrielles et les eaux
pluviales avant le rejet dans le milieu naturel.
→ Le but du traitement est de séparer l’eau des
substances indésirables pour le milieu récepteur.
→ Elle utilise plusieurs principes, physique
chimique ou biologiques.
→ La taille et le type des dispositifs dépendent du
degré de pollution des eaux à traiter.
• Une station d’épuration est constituée d’une
succession de dispositifs, conçus pour extraire en
différentes étapes les différents polluants
contenus dans les eaux.
• La pollution retenue dans la station d’épuration
est transformée sous forme de boues.
• La succession des dispositifs est calculée en
fonction de la nature des eaux usées recueillies
sur le réseau et des types de pollutions à traiter
Il existe 2 types de STEP:
- STEP à procédé biologique : technique
extensive et technique intensive
- STEP à procédé physico-chimique
2- STEP à procédé biologique
a- des techniques extensives, .
Il s’agit de faire intervenir l’ensemble des
processus de dégradation présents
naturellement dans un écosystème.
→ on reproduit le principe de l’autoépuration,
mais dans des écosystèmes artificiels
optimisés, de façon à protéger l’écosystème
naturel
L’appellation « extensive » provient du fait que
ces techniques nécessitent de grandes surfaces
pour être pratiquées : nommées lagune ou
étang de stabilisation
Les charges appliquées par unité de surface
sont par conséquent très faibles.
L’extensif offre des techniques d’épuration qui
sont des solutions tout à fait adaptées aux
collectivités rurales ;
1- principe de fonctionnement
Ces bassins ( lagune ou étang ) fonctionnent
comme des écosystèmes avec des relations de
symbiose entre les différentes populations :
bactéries , champignons ,algues etc. , qui
éliminent la charge polluante
Les types de technique d’épuration sont :
- lagunage naturel
- lagunage aéré
- lagunage à plantes
Le mécanisme sur lequel repose le lagunage ou
étang de stabilisation est la photosynthèse :
• l’eau est exposée à la lumière qui permet le
développement des algues qui produisent de
l’oxygène ,
• celui-ci est nécessaire au développent des
bactéries aérobies ;
• lesquelles sont responsables de la dégradation de
MO, et formation de CO2 ,H20 et matière
minérale.
• Ces éléments sont utilisés par les algues pour leur
croissance ,
2 - Lagunage
α- Lagunage naturel
traitement biologique par épuration naturelle
qui se déroule dans les lagunes ou étangs de
stabilisation , où les µorganismes dégradent la
matière organique et la transforme en éléments
minéraux .
Procédé simple , écologique, rustique et fiable , peu
onéreux du fait que son fonctionnement est non
mécanisé , avec des résultats satisfaisants.
→ Le système est constitué par une série de basins
imperméables , dans lesquels les EU sont déversées et
passent successivement et naturellement d’un basin à
l’autre .
Dans le système de lagunage ,la profondeur de la lagune
ne dépasse pas 1,2 m , on a une partie supérieure et
une parie inférieure
- dans la partie supérieure , on une fermentation
aérobie
MO + O2 ( bactéries , L ) CO2 + H2O + résidu
- au fond de la lagune : fermentation anaérobie
MO ( bactéries ) CO2 + CH4 + H2O
Θ- Inconvénient:
- un temps de séjour très long de 45 j
- utilise de grandes superficies
- dégagement d’odeur nauséabonde
β- Pour remédier à ces inconvénients ; On a
développé le lagunage aéré
contrairement au lagunage naturel , dans le
lagunage aéré , l’oxygène est produit
artificiellement ( aération insufflation d’air etc.
) pour permettre un brassage de l’ensemble de
la lagune
- ce qui évite un dépôt de la MO ,
- on a une bonne dégradation de la MO ,
- le temps de séjour diminue de moitié et
plus
- diminution de la superficie des lagunes car
la profondeur est plus grande ( jusqu’à 5 m )
Inconvénient : c’est le coût plus élevé car on
consomme de l’énergie.
ɤ- Lagunage à macrophytes et microphytes
Système constitué de plusieurs bassins en série ,
peuplés de plantes et d’algues : phytoplanctons
qui jouent un rôle important dans l’équilibre et le
fonctionnement de l’écosystème aquatique du
fait :
- de leur abondance ,
- de leurs propriétés métaboliques : utilisent
l’énergie solaire pour la photosynthèse de la MO
et dégage le O2 qui sera utilisé par les bactéries
hétérotrophes responsables de la dégradation de
la matière organique contenue dans les E.U.
Donc production de biomasse abondante et
importante que l’on peut valoriser dans
plusieurs domaines :
- traiter par D.A : production de biogaz et
d’engrais
- par d’autres traitements : sources de protéines
pour aliment de bétail , sont riche en vitamine et
A
- produits cosmétiques , antibiotiques ,
antifongiques bio-industrie ( produit chimique et
bactériologique) , biocarburant etc.
b- Les techniques intensifs : STEP
• L'épuration biologique a pour but d'éliminer la
matière polluante biodégradable contenue dans
l'eau (décantée ou non) en la transformant en
matières en suspension : plus facilement à
récupérer.
• Le traitement biologique s'effectue par voie
aérobie. Ce traitement consiste à dégrader les
impuretés grâce à l'action d'une biomasse
épuratrice, à laquelle doit être fourni l'oxygène
nécessaire à son développement.
• Biomasse
La biomasse utilisée dans le traitement des
eaux usées constitue un écosystème simplifié:
des micro-organismes. Elle peut être :
- soit libre, c'est-à-dire intimement mêlée au
milieu aqueux à épurer (boues activées),
- soit fixée ; elle est alors accrochée sur un
support solide à la surface duquel percole l'eau
à traiter (lit bactérien, bio filtre).
• Elle est constituée d'êtres vivants de petite
taille, inférieure au millimètre, microflore de
bactéries et microfaune d'animaux,
protozoaires et métazoaires proches des vers.
Ces êtres s'y trouvent à de très fortes
concentrations, de l'ordre de 1011 à 1012 par
litre pour les bactéries et 106 à 108 par litre
pour la microfaune. Les relations entre ces
divers groupes sont apparemment simples
La STEP rassemble une succession de dispositifs,
empruntés tour à tour par les eaux usées.
Chaque dispositif est conçu pour extraire au
fur et à mesure les différents polluants contenus
dans les eaux.
La succession des dispositifs est bien entendu
calculée en fonction :
- de la nature des eaux usées recueillies sur le
réseau
- et des types de pollutions à traiter.
1- Les différentes étapes d’une STEP
Les eaux usées qui arrivent jusqu'à la STEP et
contiennent :
• des matières en suspensions (déchets divers,
sables) et des huiles,
• des matières organiques,
• des substances minérales
Afin de les épurer plusieurs étapes sont
nécessaires :
• un prétraitement : "dégrillage" et
"déshuilage",
• un traitement primaire,
• un traitement biologique
• Un traitement tertiaire pour traiter les boues
de la STEP
α- Les prétraitements
• Ils ont pour but d’éliminer les éléments
solides ou particulaires les plus grossiers,
susceptibles de gêner les traitements
ultérieurs ou d’endommager les
équipements :déchets volumineux . On a
(dégrillage), sables (dessablage) et corps gras
(dégraissage – déshuilage)
β- Traitement primaire
Il a pour objectif de séparer par décantation les
matières décantables encore présentes dans l’eau qui
provient du prétraitement ;
Ces bassins dépendent :
- du volume à traiter ,
- du temps de jour de l’eau dans le bassin ,
- de la quantité de matière à éliminer ,
- et de la capacité de l’installation,
→ d’où 60% de MES sont éliminés , ainsi que 30 % de
DCO et DBO5
δ- traitement secondaire biologique , suivi d’une
décantation secondaire
Le principe de l’épuration biologique consiste à réaliser
par voie biologique l’élimination de la pollution
organique dissoute contenue dans les E.U .
• On reproduit le phénomène naturel d’autoépuration
de l’eau grâce à des bactéries. C’est la présence des
différents polluants qui favorise le développement des
bactéries adaptées à leur dégradation.
• Certaines sont aérobies, c’est-à-dire qu’elles ont besoin
d’oxygène pour vivre et remplir leur tâche, donc pour
accélérer le processus, on aére l’eau.
Il y a deux types de méthodes :
- les cultures libres, où les bactéries évoluent
librement dans l’eau, par exemple les boues
activées
- les cultures fixes, où les bactéries sont fixées sur
un support, par exemple les disques biologiques,
ou les lits bactériens. Dans les lits bactériens, les
pores des tubes servent de refuges aux bactéries
épuratrices. Il y a aussi des cultures fixées sur des
supports fins, par exemple les filtres à sable
biologiques.
Θ- Pour cela , il faut mettre en contact les
µorganismes épuratrices ( bactéries ) et l’eau à
traiter
Θ-Le paramètre essentiel consiste à fournir de
l’oxygène aux µorganismes pour permettre leur
développement .
→ La transformation de la pollution en matière
vivante provoque un accroissement de la
biomasse , donc une production de boue .
→Le traitement secondaire s’achève par une
dernière décantation,
→ on récupère alors les boues essentiellement
composées de bactéries mortes et de matière
minérale que l’on appelle Boues des station
d’épuration
On doit les traiter avant de les utiliser , d’où
Traitement tertiaire
δ- Traitement tertiaire : traitement des boues
des station d’épuration
→ Risque sanitaire de ces boues sur la santé et
l’environnement :
-la mise en décharge affecte la vie des riverains par des
nuisances odorantes , émissions de gaz : H2S qui attaque les
voies respiratoires et toxiques , infiltration dans le sol et
contamination
- épandage : risque de contamination par les pathogènes , et
les éléments toxiques que l’on peut retrouver dans la
chaine alimentaire
- incinération : les pathogènes sont tués , mais on a
l’émission de gaz toxiques comme les dioxines et les
furanes ; il faut traiter ces gaz par des systèmes adéquates
→ Ces boues contiennent des substances
minérales , organiques , des bactéries mortes et
des pathogènes ainsi que des éléments
indésirables et toxiques ; donc il faut les traiter :
- pour réduire leur teneur en eau : du simple
épaississement par gravité en passant par une
déshydratation partielle (moins de 80 % d’eau),
jusqu’à un séchage presque total (5 à 10 % d’eau),
- pour stabiliser la matière organique, en
diminuant sa fermentescibilité pour réduire ou
même supprimer les mauvaises odeurs,
→ Traitement adéquate
digestion anaérobie :
les boues sont traitées dans un digesteur par une
fermentation anaérobie .
La réaction permet une minéralisation des boues et
production de biogaz ( CH4 )
Ce biogaz est traité par cogénération, production :
- de l’électricité utilisée pour l’éclairage , et on
récupère de la chaleur qui sera utilisée pour chauffer le
digesteur ,
- et les boues digérées sont utilisées comme
fertilisants ( riche en N , P )
Ƭ- L’eau épurée doit répondre aux normes
nationales pour être réutilisée en irrigation :
- soit les espaces verts ,
- soit en agriculture
- soit rejeter en milieu naturel
Les valeurs à respecter dans les effluents
sortant d’un système d’épuration sont, en
moyenne sur 24h:
→ Normes des effluents d’une STEP
- DBO5 30 mg O2 /l
- DCO 125 mg O2 /l
- MES 40 mg/l
Les maxima autorisés sont respectivement de
50 mg O2 /l, 190 mg O2 /l et 60 mg/l
Comparons les éléments déterminants pour
assurer, à moyen ou long terme, un fonctionnement
optimal durable pour ces deux techniques
d’épuration des EU:
Nous aborderons tout à tour :
- le point de vue des performances
- la facilité d’entretien et les coûts d’exploitation
- les consommations électriques
- l’intégration paysagère
- les coûts d’investissement
3- Traitement par voie physique-chimique
→ Ce traitement fait référence à une grande
variété de techniques qui, seules ou combinées,
permettent de faire face à plusieurs types de
polluants (huiles et graisses, particules en
suspension, substances colloïdales, couleur,
matière organique non biodégradable, métaux
dissous, hydrocarbures, etc.).
Ces Techniques dépendent de l’origine des EU
→ Le techniques utilisées sont :
- Décantation simple,
- Coagulation-floculation suivie d’une décantation
- Précipitation
- Neutralisation
- Oxydation avancée
- Electrocoagulation
- etc..
a- décantation :difficile à réaliser avec des eaux
usées des usines chimiques
Lorsque la décantation naturelle des matières en
suspension dans l'eau est trop lente pour obtenir
une décantation efficace, on utilise les processus de
coagulation et de floculation.
Θ - Une partie importante de ces solides non
décantables peut être colloïdale. La surface des
particules est chargée négativement, ce qui leur
permet de se repousser les unes les autres et les
empêche de former des masses plus larges,
appelées des flocs. Elles ne peuvent donc pas
décanter
b- la coagulation
La coagulation est la déstabilisation de ces
colloïdes par la neutralisation des forces qui les
tiennent séparées par addition d'un réactif
chimique que l’on nomme le coagulant.
Elle s'accomplit en général par l'adjonction de
coagulants chimiques et par un apport d'énergie
nécessaire.
• Ce sont des polymères cationiques que l’on
utilise pour les eaux usées , sels minéraux :
- sulfate d’alumine Al2 (SO4)³,
- chlorure d’aluminium Al Cl3,
- chlorure ferrique Fe Cl3
Ces agents les plus efficaces (ces cations) vont
neutraliser les particules chargées
extérieurement négativement et ainsi annuler
les forces de répulsion auxquelles elles sont
soumises.
Les réactions sont très rapides (de l’ordre de la
seconde). Elles nécessitent une agitation
énergique et rapide de l’effluent dans lequel le
coagulant est introduit.
c- floculation
• L'objectif de cette étape est d'agglomérer les
colloïdes et les particules les plus fines de
façon à constituer des particules plus lourdes
qui décanteront plus facilement.
• On a formation des chaînes moléculaires. Ces
chaines vont enserrer les colloïdes et les
particules les plus fines et conduire à leur
agglomération sous forme de microflocs, puis
en flocs
• La réaction de floculation se produit après
celle de coagulation grâce à un brassage lent
de plusieurs minutes ,
→ un brassage trop énergique peut conduire
à la destruction des flocs
d- L’électrocoagulation
• L’électrocoagulation est un procédé électrochimique
qui utilise la dissolution des anodes lors de l’imposition
du courant pour traiter les eaux usées riches en
métaux, mais également en matière organique.
• En effet, les ions métalliques mis en solution lors du
passage du courant se complexent pour former des
hydroxydes, et ce sont ces composés qui jouent le rôle
d’agents coagulants.
• Les hydroxydes réagissent avec les matières en
suspension ainsi qu’avec certains composés dissous et
permettent leur coagulation et la floculation de ces
agglomérations de particules.
• Après traitement, l’effluent est décanté afin de
séparer le liquide clair, qui pourra être recyclé
• En fonction des effluents et du traitement
d’électrocoagulation, les boues décantent à
des vitesses différentes.
e- oxydation avancée
C’est un procédé qui permet d’éliminer les
micropolluants les plus toxiques.
Ce procédé permet de générer des radicaux
hydroxydes (radicaux OH) qui contribuent à
l’oxydation de ces micropolluants.
→ Ces radicaux permettent leur dégradation
et la cinétique de réaction est rapide :c’est une
minéralisation .
• Processus basé sur l’utilisation :
- O3 ,
- ou peroxyde d’hydrogène :H2O2
L’eau récupérée est ensuite épuré par une
technique adéquate
Etude de cas: Projet minier
1- Les phases d’un projet minier
• Du début des prospections minérales à la
période d’après-clôture de la mine, on
distingue différentes phases dans un projet
minier
• Chaque phase d’exploitation minière est
associée à différents groupes d’impacts
environnementaux.
a- Prospection
• Un projet minier peut commencer quand on
connaît des quantités suffisantes de dépôts
de minerai à hautes teneurs.
Cette phase comprend :
- les enquêtes,
- les études de terrain,
-les essais de sondage
- et d’autres excavations exploratoires.
b- développement
• l’existence d’un dépôt de minerai assez
important et d’une teneur suffisante, le
promoteur de projet peut alors commencer.
- Construction de routes d’accès
- Préparation et déblaiement du site : pour
héberger le personnel et stocker les
équipements
C- Exploitation minière active
Dès qu’une compagnie minière a construit des
routes d’accès et préparé les zones de
campement pour héberger le personnel et
stocker les équipements .
• l’extraction et la concentration(ou
enrichissement) qui peut se faire soit
- Exploitation à ciel ouvert
- Exploitation souterraine
d- Evacuation des résidus
• L’objectif à long terme primordial de la gestion
et de l’entreposage des résidus est
d’empêcher la mobilisation et le dégagement
dans l’environnement des constituants
toxiques des résidus miniers et d’une grande
quantité d’eau usée .
2 - Impacts ENVIRONNEMENTAU X et sociaux de
l’exploitation minière
• a- Impacts sur les ressources en eau :
Les effets sur la qualité de l’eau et de la
disponibilité des ressources en eau dans la zone
du projet constituent peut-être l’impact le plus
important d’un projet d’exploitation minière :
Θ- Si la qualité des eaux de surface ou
souterraine dans la zone du projet restera
adéquate pour supporter la vie aquatique et la
faune terrestre native.
Le drainage d’acide minier et la
lixiviation des contaminants
L’érosion des sols et des déchets miniers dans
les eaux de surface
• “L’eau de ruissellement chargée de sédiments
est au départ un mince filet qui grandit
progressivement jusqu’a se transformer en
ravines naturelles (petit ruisseau ) ou en
exutoires artificielles
Impacts sur la santé publique
Les substances dangereuses et les déchets dans
l’eau, l’air et le sol peuvent avoir des
répercussions graves, négatives sur la santé
publique : maladies graves sur les travailleurs et
les riverains