Phase Diagramme du Modèle de Potts 2D
Phase Diagramme du Modèle de Potts 2D
bidimensionnel.
Jean-Francois Richard
Spécialité :
Physique Théorique
présentée par
Jean-François RICHARD
Sujet :
Diagramme de phase
du modèle de Potts bidimensionnel
Remerciements 7
Introduction 9
4 Modèles RSOS 75
4.1 Présentation du modèle RSOS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
4.1.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
4.1.2 Généralisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
4.2 Cas des CL toroı̈dales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.2.1 Diagramme de Pasquier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.2.2 Dualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
4.2.3 Relations entre fonctions de partition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
4.2.4 Modèles twistés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
4.2.5 Implications sur les matrices de transfert . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
4.2.6 Limite continue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
4.3 Modèle RSOS avec CL fixées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
4.3.1 Fonction de partition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
TABLE DES MATIÈRES 5
Bibliographie 135
Articles 143
Remerciements
Les trois ans de thèse constituent une étape essentielle dans toute carrière scientifique. En
effet, c’est durant ces années qu’on commence véritablement à se former à la recherche. Il est
donc important que ces années se passent bien, ce qui a été mon cas. Le choix des directeurs
de thèse a été à mon sens vital, encore plus que le choix du sujet. Connaissant Jesper Jacobsen
et Marco Picco depuis le DEA, je savais que les avoir comme directeurs de thèse me serait
favorable aussi bien sur le plan professionnel que sur le plan humain. Durant toute ma thèse,
ils ont été constamment à mon écoute et très disponibles, et j’ai beaucoup appris d’eux. C’est
tout d’abord à eux que vont mes remerciements. Je remercie également Jesus Salas, avec lequel
j’ai beaucoup collaboré, pour sa compétence et sa gentillesse.
Je remercie aussi les membres de mon jury, à savoir Hubert Saleur, Robert Shrock, Jean-
Bernard Zuber, Henk Hilhorst et Bernard Derrida.
Travaillant sur deux laboratoires, le LPTHE et le LPTMS, j’ai rencontré de nombreux
chercheurs. Je dois dire que, à quelques exceptions près, tous les chercheurs de ces deux labos
m’ont chaleureusement accueilli. Je remercie en particulier les directeurs successifs du LPTHE,
à savoir Laurent Baulieu et Olivier Babelon, ainsi que le directeur du LPTMS, Stéphane Ouvry.
Je tiens aussi à remercier ceux qui ont partagé mon bureau. Au LPTHE, il s’agissait de Kyril
Kazymyrenko. Au LPTMS, il s’agissait de Nicolas Bilas, Yacine Ikhlef, Jérôme Roccia et Mélanie
Lebental. Je remercie également Thierry Mora et Gunnar Möller. Merci à vous tous, on a bien ri
ensemble. Je remercie aussi les camarades normaliens qui m’ont aidé, à savoir Pierre Averbuch,
Wladimir Mercouroff, Bernard Cagnac et Jean-Noël Verpeaux.
Il est important en marge de la vie professionnelle d’avoir une vie privée agréable. Je
remercie ma mère, Françoise, ainsi que mon petit frère, Jean-Philippe, pour m’avoir soutenu
durant ma thèse, et plus généralement pour tout ce que j’ai entrepris dans ma vie. Je remercie
aussi les amis que j’ai. Tout d’abord, Julien Siebert, que j’ai rencontré lors de sa thèse au
LPTHE, et avec qui je ne compte plus le nombre de films qu’on a vus. Je remercie également
les amis que je m’étais fait en classes préparatoires, il y a déjà neuf ans, et que je continue de
voir aujourd’hui, à savoir Julien Glaziou et Emmanuel Zinszner. Je remercie enfin les femmes
avec lesquelles je suis sorti durant ma thèse.
7
8 REMERCIEMENTS
Introduction
Le modèle de Potts est l’un des modèles les plus utilisés en physique statistique afin
de décrire le comportement des corps magnétiques [1]. Il correspond à modéliser ces corps
comme des spins à Q états situés aux noeuds d’un réseau et interagissant entre voisins de
façon à s’aligner pour un corps ferromagnétique, ou bien à être en opposition pour un corps
antiferromagnétique, selon le signe de la constante de couplage K. Même s’il ne s’agit que
d’une simplification grossière, on s’attend à ce qu’on obtienne les exposants critiques mesurés
expérimentalement, du fait de l’universalité. Le modèle de Potts est une généralisation du modèle
d’Ising [35] au cas où les spins ont plus que deux composantes. Historiquement, une version à
quatre composantes a été étudiée par Ashkin et Teller [36], mais le modèle à Q général fut
proposé par Domb en 1951 comme sujet de thèse à son étudiant Potts [34]. Il fut aussi considéré
indépendamment par Kihara et des collaborateurs en 1954 [71]. On se restreint dans cette thèse
au cas d’un réseau régulier de dimension deux, avec des couplages constants.
L’intérêt de ce modèle est qu’il est relié à un grand nombre de problèmes en physique sta-
tistique et en mathématique, que nous expliciterons au cours de ce mémoire. Un développement
en amas ou en boucles permet ainsi d’étendre le modèle à des valeurs de Q non entières et de
considérer des limites particulières. Citons par exemple le problème de percolation de liens (on
colore les liens d’un réseau avec une certaine probabilité et on se demande s’il y a un chemin co-
lorié traversant le réseau) correspondant à la limite Q → 1, ou bien la limite Q → 0 dans laquelle
seuls les arbres couvrants (sous-graphes connexes couvrant tous les sites du réseau et n’ayant
pas de circuit) contribuent à la fonction de partition [45]. On peut considérer aussi des valeurs
particulières du couplage K. Ainsi, le modèle à K = −∞ décrivant un antiferromagnétique à la
température nulle est lié à un problème de coloriage, la fonction de partition dans cette limite
étant égale au nombre de façons de colorier le réseau avec Q couleurs de manière à ce que deux
sites voisins n’aient pas la même couleur.
Ces liens avec d’autres problèmes expliquent la grande richesse du diagramme de phase du
modèle. Pour Q plus grand que quatre, il y a uniquement une transition du premier ordre. Par
contre, lorsque Q est inférieur ou égal à quatre, le diagramme de phase devient beaucoup plus
complexe et il y a plusieurs transitions de phase du deuxième ordre. Nous nous intéresserons à la
structure de ce diagramme. Plusieurs voies différentes ont permis de comprendre partiellement
le diagramme de phase du modèle, ces voies ayant été développées à partir des années 70 où
le modèle de Potts a commencé à être beaucoup étudié. Elles consistent à travailler sur un
réseau discret de taille finie et à écrire des égalités exactes entre fonctions de partition, puis à
prendre la limite thermodynamique afin de déduire des résultats sur le diagramme de phase.
Des développements en série de fonctions de partition ainsi que des considérations de dualité
ont permis de localiser simplement certains points critiques. De plus, les travaux de Baxter,
utilisant l’intégrabilité, ont permis de calculer exactement l’énergie libre pour certaines valeurs
9
10 INTRODUCTION
permet de classifier les types possibles de points critiques, en considérant les représentations de
l’algèbre de Virasoro [8]. Les réseaux étant par définition discrets, les résultats ne s’appliquent
pas tels quels. Cependant, en introduisant une matrice de transfert, qui joue un rôle analogue à
un opérateur d’évolution dans la limite continue, et en considérant son spectre à un point cri-
tique, on arrive à déduire les caractéristiques de ce dernier, comme expliqué dans le chapitre 2.
En particulier, la variation de la charge centrale effective avec la taille permet de voir comment
le système se comporte sous renormalisation : il s’agit de renormalisation phénoménologique,
introduit par Nightingale [75].
Nous exposons chapitre 3 le diagramme de phase du modèle pour un nombre d’états Q
générique (inférieur ou égal à quatre) et des conditions aux limites cycliques, en utilisant un
développement de la fonction de partitions en caractères K1,2l+1 . Ce développement peut être
établi de plusieurs façons différentes. Les premiers à l’avoir obtenu sont Pasquier et Saleur [16].
Leur méthode est algébrique, elle consiste à passer par un modèle à six vertex équivalent, et à
utiliser les représentations de l’algèbre de Temperley-Lieb. Pour les déterminer, ils utilisent que
cette algèbre est le commutant√ du groupe quantique Uq (sl(2)), déformation de U (sl(2)) pour
un paramètre q défini par Q = q + q −1 . Chang et Shrock ont réobtenu ce développement en
raisonnant dans la représentation en spins [43]. Nous avons développé une nouvelle méthode [51],
purement combinatoire. On utilise la matrice de transfert généralisée dans la représentation en
amas. En dénombrant les connectivités compatibles avec une configuration d’amas donnée, on
obtient bien le développement. Nous donnons une nouvelle interprétation des coefficients du
développement, les termes en Qj correspondant à des fonctions de partition restreintes à j
amas non triviaux. De plus, notre méthode présente l’avantage d’être généralisable à d’autres
conditions aux limites, par exemple des conditions aux limites cycliques fixées [51], ou bien
comme nous le montrerons dans le chapitre 6 des conditiosn aux limites toroı̈dales [53].
La représentation en amas n’est cependant plus avantageuse lorsque le nombre d’états prend
certaines valeurs particulières, à savoir des nombres de Beraha, et il est alors préférable d’utiliser
une représentation en hauteurs, appelée modèle RSOS. Les modèles RSOS et leur équivalence
avec le modèle de Potts ont été considérés par Pasquier [72],[23]. Cependant, comme l’a montré
Pasquier, le modèle RSOS n’est pas exactement équivalent au modèle de Potts pour des raisons
topologiques, les amas non triviaux n’ayant pas les mêmes poids. Cela nous a poussé à comparer
les spectres des matrices de transfert des deux modèles lorsque la géométrie est toroidale [21].
Les résultats sont exposés dans le chapitre 4. Nous avons trouvé numériquement que les spectres
des matrices de transfert étaient très proches. Afin d’interpréter ce résultat, nous démontrons
des égalités exactes entre les fonctions de partition des modèles, en utilisant des diagrammes
introduits par Pasquier [23] qui traduisent visuellement la topologie des configurations d’amas.
Ensuite, nous exposons les résultats de Saleur et Bauer [18] sur le modèle RSOS avec des
conditions aux limites transverses fixées, en exprimant les fonctions de partition correspondantes
χ1,2l+1 en fonction des K1,2l+1 .
Cela nous permet dans le chapitre 5 d’étudier le diagramme de phase du modèle de Potts
pour un nombre d’états égal à un nombre de Beraha. Le développement en caractères se sim-
plifie, les χ1,2l+1 jouant le rôle de caractères minimaux. Pasquier et Saleur ont montré que
cette simplification a une interprétation profonde à l’aide de la théorie des représentations de
Uq (sl(2)), pour q racine de l’unité [16]. Saleur en a déduit que la phase de Berker-Kadanoff
disparaissait lorsque Q est égal à un nombre de Beraha [17], et qu’ainsi le diagramme de phase
était modifié dans la zone antiferromagnétique. Afin de caractériser ce diagramme de phase, nous
avons étudié numériquement les zéros de la fonction de partition dans le plan de température
12 INTRODUCTION
complexe, et avons conjecturé des propriétés du diagramme [22]. Nous montrons en particulier
que les points fixes qui existaient pour Q générique sont toujours des points fixes lorsque Q est
un nombre de Beraha, mais que leurs propriétés ne sont pas les mêmes. De plus, de nouveaux
points fixes apparaissent.
Nous terminons dans le chapitre 6 par étudier le modèle de Potts pour des conditions aux
limites toroı̈dales et non plus cycliques. afin de savoir si cet effet est dépendant ou non des Cela
est intéressant, car on ne sait pas si dans la zone antiferromagnétique il y a toujours disparition
de la phase de Berker-Kadanoff aux nombres de Beraha pour conditions aux limites toroı̈dales et
non plus cycliques. Du fait d’une topologie plus complexe des amas, ce cas est d’ailleurs beaucoup
plus compliqué que le cas des CL cycliques, et a été moins étudié. Une approche utilisant le gaz
de Coulomb, initiée par Di Francesco, Saleur et Zuber [29], puis étendue par Read et Saleur [130],
permet d’obtenir une décomposition de la fonction de partition valable pour un modèle de Potts
critique dans la limite continue. Cependant, il semble que les amplitudes obtenues sont en fait
valables pour un modèle discret à n’importe quelle température, bien que jusqu’à présent il n’y
ait pas eu de preuve. Une approche algébrique, utilisant l’algèbre de Temperley-Lieb périodique,
est possible, et a été effectuée entre autres par Martin et Saleur [132],[131]. Cependant, les
représentations de cette algèbre sont compliquées. Une bonne revue sur l’algèbre de Temperley-
Lieb et ses généralisations a été donnée par Nichols [19]. Chang et Shrock [46], en raisonnant
dans la représentation en spins, ont obtenu des relations sur les amplitudes ainsi que leurs
expressions explicites pour des tailles petites, mais n’ont pas trouvé les expressions de toutes
les amplitudes. Nous avons donc utilisé une extension de notre méthode combinatoire, qui tient
compte de la topologie des amas non triviaux sur le tore [53]. Cela nous a permis de démontrer,
à l’aide du groupe cyclique Cl , que la formule de Read et Saleur [130] est valable pour n’importe
quels réseau et température.
En résumé, les résultats nouveaux de cette thèse sont les suivants. Nous avons déterminé les
équations d’autodualité pour deux ou trois modèles de Potts couplés, définis sur réseau triangu-
laire et avec ou sans interactions à trois spins. Ces équations, publiées dans [5], sont données à
la fin de la sous-section 1.3.1 et dans la sous-section 1.3.3. Dans [5], nous avons également étudié
numériquement deux modèles couplés sans interaction à trois spins. La procédure utilisée et les
résultats sont donnés dans la section 2.3. Dans [21], nous avons comparé les matrices de trans-
fert du modèle RSOS et du modèle de Potts et établi des relations exactes entre les fonctions
de partition de ces deux modèles, pour des CL toroı̈dales. Nous exposons ces relations dans la
section 4.2. Dans [22], nous avons étudié le diagramme de phase dans le plan des températures
complexes du modèle de Potts avec des CL cycliques ou cycliques/fixées, lorsque Q vaut un
nombre de Beraha. Les résultats obtenus sont donnés dans la section 5.2. Dans [51], nous avons
donné une nouvelle méthode combinatoire pour décomposer en caractères la fonction de parti-
tion du modèle de Potts avec des CL cycliques, et prouvé que notre approche était équivalente
aux autres approches. La méthode est présentée dans la sous-section 3.1.2. L’avantage de cette
méthode est qu’elle se généralise au cas de CL cycliques/fixées, comme exposé dans la sous-
section 3.1.3. L’équivalence de notre décomposition avec celles déjà existantes est démontrée
dans la sous-section 3.2.3. Dans [53], en considérant les permutations possibles entre ponts,
nous avons étendu la méthode au cas de CL toroı̈dales et en particulier retrouvé la formule de
Read et Saleur sur les amplitudes des valeurs propres [130], mais dans un cadre très général.
Cela fait l’objet du chapitre 6.
Chapitre 1
Dans ce chapitre, nous présentons tout d’abord dans la section 1.1 le modèle de Potts à
Q états en donnant sa définition en spins et en amas. Nous suivons la présentation faite par
Wu [1]. La définition en amas, associée au développement de Fortuin-Kasteleyn [2],[3] permet de
considérer des valeurs de Q quelconques, i.e. pas forcément entières. Nous terminons la section en
exposant les liens entre le modèle de Potts et de nombreux problèmes classiques de la physique
statistique. Nous insisterons en particulier sur les travaux de Beraha [61],[80], qui ont montré
que les nombres Bp définis par :
π
Bp = 4 cos2 (1.1)
p
avec p entier supérieur ou égal à 2 jouaient un rôle particulier dans les problèmes de coloriage.
Nous verrons dans le chapitre 5 que lorsque le nombre d’états Q est égal à l’un de ces nombres
de Beraha, le diagramme de phase du modèle de Potts est modifié. Notons que B4 vaut 2 et
correspond au modèle d’Ising, B6 vaut 3 et correspond au modèle de Potts à trois états, tandis
que B∞ vaut 4.
Ensuite, nous considérons dans la section 1.2 des transformations de dualité, qui permettent
dans les cas favorables de déterminer la position des points critiques. Notamment, dans le cas
d’un réseau triangulaire, contrairement au cas d’un réseau carré, tous les points critiques sont
autoduaux. Nous nous bornons à donner les principaux résultats, une présentation exhaustive
sur la dualité ayant été faite par Savit [73]. Puis nous exposons le développement en boucles
du modèle de Potts, inventé par Baxter, Kelland et Wu [28], et que nous utiliserons beaucoup
dans les prochains chapitres.
Finalement, dans la section 1.3, nous nous intéressons à des modèles de Potts couplés via
l’opérateur énergie. Jacobsen a établi les relations de dualité pour un réseau carré, dans le cas
de deux ou trois modèles couplés dans [91] puis pour un nombre quelconque de modèles dans [6].
Nous nous sommes intéressés au cas de plusieurs modèles couplés sur réseau triangulaire, car
nous nous attendions à ce que tous les points critiques soient autoduaux dans ce cas, par analogie
avec un seul modèle. Nous avons publié nos résultats dans [5]. En combinant la procédure
de Jacobsen avec une généralisation de la procédure de décimation, nous avons déterminé les
équations d’autodualité dans le cas de deux modèles couplés. Cependant, cette méthode est
lourde, et nous avons donc procédé de façon plus astucieuse. Pour cela, nous avons généralisé
les travaux de Wu et Lin [7] qui portaient sur des transformations de dualité à l’aide d’un
modèle de boucles pour un modèle défini sur réseau triangulaire avec des interactions à trois
13
14 CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE MODÈLE DE POTTS
spins situées un triangle sur deux. Cela nous permet d’avoir des calculs plus simples et de
considérer éventuellement des interactions à trois spins. Dans [5], nous donnons les équations
d’autodualité pour deux ou trois modèles couplés avec des interactions à trois spins.
Le modèle de Potts consiste en une généralisation du modèle d’Ising à des spins ayant plus
de deux états possibles. Il a été introduit par Domb et Potts en 1951 [34], et fut aussi considéré
indépendamment par Kihara et des collaborateurs en 1954 [71]. Il s’agit d’une généralisation du
modèle d’Ising [35] au cas où les spins ont plus que deux composantes. Il est beaucoup étudié,
son diagramme de phase étant extrêmement riche et pas encore totalement déterminé à l’heure
actuelle. Nous suivons la présentation faite par Wu [1].
L’hamiltonien correspondant à une configuration de spins σ est donné par :
X
−βH = K δ(σi , σj ) (1.2)
hiji
où les σi sont des spins prenant Q valeurs possibles, à savoir 0, 1, . . . Q − 1, et qui sont situés
sur les noeuds d’un réseau G (qui sera par la suite bidimensionnel, et carré ou triangulaire). La
somme porte sur les liens hiji de G, et δ(σi , σj ) est le symbole de Kronecker : il vaut 0 si σi et σj
sont dans deux états différents et 1 s’ils sont dans le même état. K est la constante de couplage
du modèle : pour K > 0 le modèle décrit des corps ferromagnétiques, les configurations avec les
spins dans le même état étant énergétiquement favorables, tandis que pour K < 0 il décrit les
antiferromagnétiques. La fonction de partition est donnée par :
X XY
Z= exp (−βH) = exp (Kδ(σi , σj )) (1.3)
σ σ hiji
où la somme porte sur toutes les configurations possibles de spins σ. On donne donc un poids
exp K lorsque deux spins voisins sont dans le même état, et 1 sinon. L’énergie libre f par spins
est donnée par βf = − lnZ
S , S étant le nombre total de spins, c’est-à-dire le nombre total de
sites de G.
Le paramètre d’ordre du systême est relié à la valeur moyenne du spin, et comme dans
le cas d’Ising peut être obtenu en introduisant un champ h qui favorise une valeur donnée des
spins, par exemple 0 :
X X
−βH(Q, K, h) = K δ(σi , σj ) + h δ(σi , 0) . (1.4)
hiji i
avec :
v = exp(K) − 1 . (1.7)
En développant les produits, on obtient une somme de termes contenant des 1 et des δ(σi , σj ).
On représente chaque terme de la manière suivante : on colore le lien hiji si le terme contient
δ(σi , σj ), on ne le colore pas sinon. A chaque terme on a donc associé une configuration d’amas
vivant sur G. Pour chaque configuration, la sommation sur les configurations possibles de spins
donne un facteur Q par composante connexe (i.e. par amas), car les spins peuvent prendre Q
valeurs et doivent être identiques lorsqu’ils sont reliés par les amas. On obtient finalement le
développement de Fortuin-Kasteleyn :
′ ′
X
Z= v b(G ) Qn(G ) . (1.9)
G′ ⊆G
La somme porte sur les configurations d’amas G′ possibles sur G. b(G′ ) et n(G′ ) sont respecti-
vement le nombre de liens et le nombre de composantes connexes de G′ , i.e. le nombre d’amas
distincts de G′ , sites isolés inclus.
Le développement de Fortuin-Kasteleyn est avantageux car Q n’intervient que comme un
paramètre : Z est un polynôme en Q de degré S et en v de degré B, S et B étant respectivement
le nombre de sites et le nombre de liens du réseau G. Il permet donc d’étendre la définition du
modèle de Potts à des valeurs complexes de Q et de v, tandis qu’avec la définition en spins,
Q était un entier. Nous nous intéresserons dans la suite à des valeurs réelles positives de Q,
inférieures à 4. En définissant q et p comme
π
Q = q + q −1 = 2 cos
p
(1.10)
p
nous verrons que lorsque p est entier, c’est-à-dire lorsque q est racine de l’unité, le diagramme
de phase du modèle est particulier.
Le développement de Fortuin-Kasteleyn permet également de relier le modèle de Potts à
d’autres modèles, ainsi qu’à effectuer des transformations de dualité, comme nous le verrons
dans la sous-section 1.2.1. Notons aussi qu’on a effectué un développement sur les liens, mais
qu’on peut aussi décomposer le réseau en morceaux plus larges, tout en mettant des interactions
plus compliquées. Un exemple sur réseau triangulaire, effectué par Wu et Lin [7], sera donné
dans la sous-section 1.3.2.
16 CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE MODÈLE DE POTTS
Le modèle de Potts a été beaucoup étudié. Le cas où K = −∞, i.e. v = −1, correspond
à un problème de coloriage de G avec Q couleurs pour Q entier. En effet, d’après l’Eq. (1.3),
dans ce cas seules les configurations où tous les spins voisins sont dans des états différents
contribuent, et ce avec un poids égal à 1. Z(Q, K = −∞) est donc le nombre de façons de
colorier les sites du réseau G avec Q couleurs de manière à ce que des sites voisins aient des
couleurs différentes. Z(Q, K = −∞) est appelé polynôme chromatique, car c’est un polynôme
en Q, et on peut donc le prolonger à des valeurs réelles de Q, comme expliqué précédemment.
On le note P (Q). Le nombre minimum de couleurs nécessaire pour colorier G est noté χ(G),
et est appelé le nombre chromatique de G. Tous les Q entiers inférieurs à χ(G) sont donc des
racines de P (Q). Pour un réseau carré et un réseau hexagonal, χ(G) = 2 : ces réseaux sont
bipartites, i.e. décomposables en deux sous-réseaux. Pour un réseau triangulaire, χ(G) = 3 : le
réseau est tripartite. La détermination des polynômes chromatiques, correspondant à un calcul
d’entropie, a intéressé beaucoup de physiciens et mathématiciens [47]. Notons d’ailleurs que le
modèle de Potts à v = −1 viole la troisième loi de la thermodynamique, du fait de la multiplicité
des états fondamentaux [48],[49].
Un problème intéressant a été de savoir si tout réseau planaire est coloriable avec quatre
couleurs. Ce théorème des quatre couleurs a été prouvé par Appel et Haken [81],[82]. Cependant,
la preuve n’a pas encore été complètement acceptée, car elle contient une partie informatique,
et une partie de vérification à la main longue et peu passionnante. De plus, il est troublant
qu’on puisse construire une série de réseaux telle que 4 est un point d’accumulation des zéros
du polynôme chromatique. Ce résultat a été montré par Beraha [80]. Le théorème des quatre
couleurs
est donc ”presque faux”. Plus généralement, il a conjecturé que les nombres Bp =
4 cos2 πp avec p entier supérieur ou égal à 2 sont des points d’accumulation des zéros de
polynômes chromatiques [61]. Notons que B4 , B6 et B∞ valent respectivement 2, 3, et 4. Nous
exposerons dans le chapitre 5 les raisons pour lesquelles le modèle de Potts est particulier lorsque
le nombre d’états Q vaut un de ces nombres.
La percolation de liens est aussi reliée au modèle de Potts. Une revue sur les problèmes de
percolation de liens a été donnée par Essam [117]. Kasteleyn et Fortuin sont les premiers à avoir
vu le rapport entre les deux modèles [2]. Stephen [118] puis Wu [119] ont ensuite explicité ce
rapport. Nous donnons ici un argument simple, pris dans [30]. On considère un réseau G, chaque
lien ayant une probabilité p d’être occupé et 1 − p d’être vacant. On a donc des configurations
′ ′
d’amas G′ , ayant une probabilité pb(G ) (1 − p)B−b(G ) . La fonction de partition est donc :
′ ′
X
Zp = pb(G ) (1 − p)B−b(G ) . (1.11)
G′ ⊆G
On voit alors que Zp est relié à la fonction de partition du modèle de Potts pour un paramètre
p
de température v tel que v = 1−p et un nombre d’états Q = 1. En effet, d’après l’Eq. (1.9) :
B p
Zp = (1 − p) Z Q = 1, v = (1.12)
1−p
à une normalisation près, les configurations d’amas ont donc le même poids dans les deux
modèles. On dit que la percolation correspond à la limite Q → 1 du modèle de Potts.
Il est intéressant de considérer également la limite Q → 0 du modèle de Potts. Une première
manière de procéder est de prendre cette limite à v fixé. Dans ce cas, d’après l’Eq. (1.9), on ne
1.2. DUALITÉ 17
garde que les configurations d’amas ayant une valeur minimale de n : les configurations d’amas
avec n = 1 (le réseau G étant supposé connexe). Il s’agit des configurations constituées d’un
seul amas parcourant tous les sites de G, appelées arbres couvrants [45]. Une autre manière de
v
procéder consiste à prendre cette limite à Q fixé [50]. Pour comprendre l’effet de cette limite, il
faut remarquer qu’on peut récrire l’Eq. (1.9) de la façon suivante :
X v b(G′ ) ′
S
Z=Q Qc(G ) (1.13)
′
Q
G ⊆G
Cette relation se comprend de la façon suivante : considérons un amas donné. Chaque lien de
l’amas ajoute un nouveau site, excepté lorsque le site a déjà été pris en compte, i.e. lorsqu’on
v
a réalisé un circuit. On en déduit que S = n(G′ ) + b(G′ ) − c(G′ ). La limite Q → 0 à Q fixé
sélectionne donc les configurations d’amas ayant une valeur minimale de c, en l’occurence 0.
Ces configurations d’amas, ne contenant pas de circuit, sont appelées forêts.
Le modèle de Potts est relié à bien d’autres modèles, comme par exemple la percolation de
sites ou l’adsorption, ce qui explique en partie sa richesse [1]. Nous verrons dans la suite qu’il
est relié également à des modèles de vertex et des modèles de hauteurs.
1.2 Dualité
1.2.1 Principe
La dualité consiste à relier entre elles des quantités définies sur le réseau G considéré, appelé
réseau direct, et des quantités associées à un autre réseau D, le réseau dual de G [4]. Initialement
ce sont Kramers et Wannier qui ont en 1941 considéré des transformations de dualité pour un
modèle d’Ising défini sur un réseau planaire [74]. Ils ont ainsi pu localiser la température critique
du modèle d’Ising sur un réseau carré, trois ans avant qu’Onsager ne le résolve [120]. En ce qui
concerne le modèle de Potts, une relation de dualité fut initialement établie par Potts dans le
cas d’un réseau carré, en utilisant les matrices de transfert. La relation de dualité a ensuite été
généralisée au cas de n’importe quel réseau planaire [121],[122]. Une revue sur la dualité a été
faite par Savit [73]. Nous donnons ici la dérivation de Wu [1].
Par définition, D est le réseau dont les sites sont à l’intersection des médiatrices des liens
de G et dont les liens sont les portions de ces médiatrices reliant ces sites. Un exemple est donné
Fig. (1.1). Les sites de D se trouvent donc au centre des faces de G, leur nombre est donc égal
à c(G) + 1, i.e. au nombre de circuits indépendants de G plus un, pour tenir compte de la face
externe. En utilisant la relation d’Euler, voir l’Eq. (1.14), comme b(G) = B et n(G) = 1, on
en déduit que le nombre SD de sites de D est donné par SD = B + 2 − S, tandis que par
construction le nombre de liens de D est égal au nombre de liens de G. Le nombre de circuits
de D, c(D) est égal à S − 1, car le dual de D est G (en partant de G et en appliquant deux fois
la transformation de dualité, on obtient G). Le dual d’un réseau carré infini est aussi un réseau
carré infini, tandis que le dual d’un réseau triangulaire infini est un réseau hexagonal infini.
18 CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE MODÈLE DE POTTS
Fig. 1.1 – Réseau dual (en rouge) associé à un réseau carré de taille finie (en noir). Les sites du
réseau dual sont les centres des faces du réseau direct et le site externe.
On peut associer à une configuration d’amas G′ sur G une configuration d’amas duale D ′
sur D : on colorie le lien de D ′ s’il coupe un lien non colorié de G′ , on ne le colorie pas s’il coupe
un lien colorié de G′ , comme montré Fig. (1.2). On a les relations suivantes entre G′ et D ′ :
n(D ′ ) = c(G′ ) + 1 (1.15)
′ ′
n(G ) = c(D ) + 1 (1.16)
′ ′
b(D ) + b(G ) = B . (1.17)
Cette correspondance biunivoque entre les G′ et les D ′ permet de démontrer une égalité entre
ZD (Q, vD ), fonction de partition du modèle de Potts sur le réseau dual pour un paramètre de
température vD bien choisi, à Z(Q, v). En effet, d’après l’Eq. (1.13), on a :
X vD b(D′ ) ′
SD
ZD (Q, vD ) = Q Qc(D ) . (1.18)
′
Q
D ⊆D
Fig. 1.2 – Correspondance entre configurations d’amas directe et duale. Les liens coloriés sont
représentés en trait plein, et les liens non coloriés en pointillés. Les liens duaux non coloriés et
coloriés coupent respectivement des liens directs coloriés et non coloriés.
La relation de dualité (1.20) peut permettre de déterminer dans les cas favorables la position
des points critiques. Considérons par exemple un réseau G carré, et infini puisque nous sommes
intéressés par les points critiques. Nous avons vu que dans ce cas le réseau D est identique à G.
On a donc simplement ZG (Q, vD ) = QSD −1 v −B ZG (Q, v) : la dualité relie alors deux fonctions
de partition définies sur le même réseau mais à des températures différentes. On en déduit que
si vC est une valeur critique de v, alors Q v l’est également. Cependant, il arrive souvent, no-
tamment lorsqu’il y a un seul point critique (ce qui est le cas dans la zone des v > 0), que les
points√critiques soient√ autoduaux, i.e. vérifient√vD = v. Les solutions de cette équation donnent
v = Q et v = √ − Q. Effectivement, v = Q correspond à la transition ferromagnétique,
tandis que v = − Q correspond à la transition de Berker-Kadanoff, située dans la zone anti-
ferromagnétique. Cependant, il y a deux autres points critiques correspondant à la transition
antiferromagnétique, duaux l’un de l’autre et qui par conséquent ne sont pas localisables par
cette méthode [37]. Le diagramme de phase sera détaillé dans la sous-section 3.3.1. Notons que
le facteur de proportionalité QSD −1 v −B vaut bien 1 lorsque v est autodual.
Le cas du réseau triangulaire a été considéré par Kim et Joseph [40]. Il est plus difficile car
le réseau dual est un réseau hexagonal, qui est en l’occurence différent du réseau de départ. Il
faut donc trouver le moyen de revenir au réseau triangulaire de départ. Pour cela, on effectue
une décimation, encore appelée relation triangle-étoile : le réseau hexagonal étant bipartite, on
somme sur les valeurs possibles des spins situés sur les sites ”pairs” du réseau hexagonal, de
manière à réobtenir un réseau triangulaire. Cela est représenté dans la Fig. 1.3. On suppose
donc Q entier, mais les relations obtenues seront valables pour Q quelconque par prolongement
analytique. On cherche ainsi A et K ′ tels que (on note Si les spins sur le réseau dual) :
3 3
!
X X X
exp KD δ(S0 , Si ) = A exp K ′ δ(Si , Sj ) . (1.22)
S0 i=1 i>j=1
En donnant aux spins Si , 1 ≤ i ≤ 3, des valeurs particulières, on obtient les trois équations
20 CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE MODÈLE DE POTTS
S1 S2 S1 S2
S0
S3 S3
Fig. 1.3 – Par sommation sur les valeurs des spins pairs, on obtient à partir du réseau hexagonal
un réseau triangulaire.
suivantes :
(Q − 3) + 3 exp(KD ) = A (1.23)
′
(Q − 2) + exp(KD ) + exp(2KD ) = A exp(K ) (1.24)
′
(Q − 1) + exp(3KD ) = A exp(3K ) . (1.25)
v 3 + 3v 2 = Q . (1.26)
Baxter, Temperley et Ashley ont déterminé l’énergie libre du modèle le long de cette courbe [38].
Pour Q compris entre 0 et 4, cette équation admet trois racines réelles, correspondant aux
transitions ferromagnétique, de Berker-Kadanoff, et antiferromagnétique. Nous verrons dans la
sous-section 3.3.1 qu’il existe un autre point critique qui n’est pas autodual (et qui n’existe pas
en double puisque la transformation de dualité n’existe que pour les solutions autoduales !).
En fait, nous montrerons dans la section suivante qu’il existe une autre transformation de
dualité dans le cas où il y a des interactions à trois spins sur réseau triangulaire, et que cette
transformation duale existe pour toutes les valeurs de K à condition d’inclure des interactions
à trois spins sur le réseau dual même lorsqu’il n’y en a pas sur le réseau direct.
Il existe encore une autre façon équivalente d’écrire la fonction de partition du modèle de
Potts, appelée développement en boucles, qui a été établie par Baxter [28]. Elle a l’avantage de
pouvoir, comme on le verra dans la sous-section 3.2.2, relier le modèle de Potts sur réseau carré
1.2. DUALITÉ 21
Fig. 1.4 – Configuration de boucles (en rouge) associée à la configuration d’amas représentée
Fig. (1.2). Les boucles entourent les amas. Le nombre de boucles l est égale à la somme du
nombre d’amas n et du nombre de circuits c. Ici, comme n = 2 et c = 1, on a l = 3 boucles.
au modèle à six vertex et de donner une démonstration alternative pour la détermination des
points autoduaux du réseau carré. De plus, une généralisation de ce développement en boucles
va nous permettre dans la section suivante d’effectuer une transformation de dualité pour des
réseaux triangulaires avec interaction à trois spins.
Par définition, le réseau médial M de G est le réseau constitué des milieux des liens de
G, ces milieux étant reliés entre eux. A une configuration d’amas G′ définie sur G, on associe
une décomposition M ′ de M , ou configurations de boucles, de manière à ce que les amas soient
entourés par des boucles. Le nombre de boucles l(M ′ ) de M ′ est donné par :
l(M ′ ) = n(G′ ) + c(G′ ) . (1.27)
En effet, les n(G′ ) amas de G′ sont entourés par n(G′ ) boucles, tandis que c(G′ ) boucles sont
entourées par c(G′ ) circuits de G′ . Cette relation est illustrée dans la Fig. (1.4). Compte tenu de
la relation d’Euler (on suppose G planaire) voir Eq. (1.14), on peut exprimer l(M ′ ) en fonction
de n(G′ ) et b(G′ ), au lieu de n(G′ ) et c(G′ ) :
l(M ′ ) = 2 n(G′ ) + b(G′ ) − S . (1.28)
On en déduit en utilisant le développement de Fortuin-Kasteleyn, voir Eq. (1.9), que :
S X p l(M ′ ) ′
Z = Q2 Q xb(C ) (1.29)
M′
L’étude des modèles couplés est intéressante car elle constitue un moyen de passer de
modèles à deux dimensions à des modèles à trois dimensions (avec un couplage de portée infinie
selon une direction, toutes les couches étant couplées entre elles), même si en pratique il est
difficile d’étudier un nombre important de modèles couplés. De plus, c’est aussi un moyen de
déduire des résultats pour des modèles désordonnés, car d’après la méthode des répliques, ils
correspondent au cas de Nc modèles couplés dans la limite Nc → 0. De nombreux travaux
utilisant la méthode des répliques ont été effectués. Une introduction à cette méthode et ses
applications peut être trouvée dans le livre de Mezard, Parisi et Virasoro [123].
Jacobsen a établi les relations de dualité pour deux et trois modèles couplés via l’opérateur
énergie dans [91], puis pour un nombre arbitraire de modèles couplés dans [6]. Nous exposons ses
travaux dans le cas de deux modèles de Potts couplés, et nous indiquerons brièvement comment
généraliser à un nombre quelconque de modèles. L’hamiltonien du modèle est donné par :
X
−βH2 = K1 δ(σi1 , σj1 ) + K2 δ(σi2 , σj2 ) + K12 δ(σi1 , σj1 )δ(σi2 , σj2 ) . (1.31)
<ij>
v1 et v2 sont respectivement les paramètres v associés aux premier et deuxième modèles. v12 est
le paramètre v associé au couplage entre les deux modèles. Notons qu’il dépend non seulement
de K12 , mais aussi de K1 et K2 . Cela est dû au fait qu’après développement de exp (−βH2 ), le
terme devant les δ(σi1 , σj1 )δ(σi2 , σj2 ), qui est en l’occurence v12 , dépend de ces trois constantes de
couplage. G′1 et G′2 sont respectivement les configurations d’amas pour les modèles 1 et 2. Ḡ′
correspond à la configuration d’amas complémentaire de G′ : les sites de G non reliés dans G′
le sont dans Ḡ′ et réciproquement. Le développement de l’Eq. (1.32) est donc intuitif. Il y a un
poids Q par amas (la valeur de Q étant différente entre les modèles 1 et 2), tandis que le poids
par lien est v1 s’il n’est colorié que dans le modèle 1, v2 s’il n’est colorié que dans le modèle 2,
et v12 s’il est colorié dans les deux.
Le développement de l’Eq. (1.32) permet d’écrire une relation de dualité entre G et son
réseau dual D. Pour déterminer simplement cette relation, on considère d’abord la constante
de proportionalité entre ZD et Z. Le poids dans Z de Gfull , configuration où tous les liens
1.3. MODÈLES DE POTTS COUPLÉS 23
Pour déterminer les températures duales v1D , v2D and v12D , on remarque que le poids relatif
entre un G′ quelconque et Gfull doit être égal au poids relatif entre le D ′ dual de G′ et Dempty .
On en déduit alors qu’elles valent :
v2 Q1
v1D = (1.37)
v12
v1 Q2
v2D = (1.38)
v12
Q1 Q2
v12D = . (1.39)
v12
Considérons maintenant brièvement le cas où il y a plus que deux modèles couplés. On
appelle M l’ensemble des modèles. Dans ce cas, on définit des constantes de couplage Km , où
m est un sous ensemble de M . Km est la constante de couplage entre les modèles contenus dans
m. Il est nécessaire de bien considérer tous les m possibles, car par dualité ils sont engendrés.
On définit alors toujours de manière analogue au cas de deux modèles des vm , dépendant de
tous les Km ′ avec m′ inclus dans m. Ensuite, en utilisant le développement de Fortuin-Kasteleyn
Pour un réseau carré, les Eq. (1.40) permettent de déterminer les solutions autoduales.
Dans le cas d’un réseau G triangulaire, il faut encore revenir au réseau de départ, en faisant
une transformation triangle-étoile généralisée. Nous avons étudié cela dans [5]. Là encore, cette
transformation n’existe pas pour toutes les valeurs des paramètres, mais il existe des solutions
autoduales, formant un sous espace de l’espace des paramètres. Dans [5], nous établissons les
équations d’autodualité de deux modèles couplés, de nombre d’états Q1 et Q2 , en effectuant la
transformation de dualité suivie d’une transformation triangle-étoile. Dans le cas où Q1 6= Q2 ,
il n’y a que des solutions triviales, i.e. des solutions appartenant à l’un de ces deux types :
1. les modèles sont découplés : K12 = 0, i.e. v12 = v1 v2 , v1 vérifiant v13 + 3v12 = Q1 et v2 une
équation similaire. On a donc deux modèles autoduaux découplés.
2. les modèles sont fortement couplés : K1 = K2 = 0 et K12 6= 0, et sont donc équivalents à
3 + 3v 2 = Q Q .
un seul modèle de Potts à Q1 Q2 états. v12 vérifie donc v12 12 1 2
Par contre, dans le cas où Q1 = Q2 = Q, il y a des solutions non triviales. Ces solutions ne
brisent pas la symétrie de permutation entre les réseaux (contrairement à certaines solutions
triviales du premier type) et correspondent donc à v1 = v2 . Elles sont caractérisées par :
Q − v12
v13 + 6v12 + 3v1 Q + Q(Q − 2) = 0, v12 = . (1.41)
2 + v1
24 CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE MODÈLE DE POTTS
Fig. 1.5 – Variation des poids de Boltzmann avec le paramètre g défini dans l’Eq. (1.42).
Pour Q compris entre 0 et 4, ces équations d’autodualité admettent trois solutions possibles.
On paramétrise Q par Q = 4 cos2 (πg). Lorsque g varie entre 0 et 32 , Q parcourt [0, 4] trois fois.
Les solutions autoduales ont l’expression suivante :
2 2π
v1 = z(1 − z), v12 = (z − 1) , z ≡ 2 cos g . (1.42)
3
Les poids de Boltzmann correspondant pour deux spins voisins identiques dans aucun, un ou
les deux modèles sont respectivement :
1.3.2 Modèle de Potts sur réseau triangulaire avec interaction à trois spins
Dans le cas où il y a des interactions à trois spins, on ne peut plus procéder comme
précédemment. Nous allons dans cette sous-section étudier le cas d’un seul modèle avec inter-
action à trois spins afin de voir les modifications à apporter aux développements en amas et en
boucles de Z. Nous exposons la procédure de Wu et Lin [7]. Ensuite, en combinant les idées de
cette sous-section avec celles de la sous-section précédente, nous traiterons le cas de modèles
couplés avec interaction à trois spins.
On considère un hamiltonien donné par
X X
−βH = K δ(σi , σj ) + L δ(σi , σj , σk ) . (1.44)
hiji hijki
1.3. MODÈLES DE POTTS COUPLÉS 25
Fig. 1.6 – Le réseau triangulaire est représenté en trait plein. Il y a des interactions à deux spins
selon chaque lien, et des interactions à trois spins entre les spins entourant les triangles grisés.
Le modèle de boucles est défini sur un réseau triangulaire décalé, représenté en pointillés.
Les hijki correspondent uniquement aux triangles pointant vers le haut : l’interaction à trois
spins n’existe que sur un triangle sur deux. En effet, dans le cas où elle existe sur tous les
triangles, on ne connait pas de relation de dualité. Le réseau est représenté Fig. (1.6). Il y
a deux paramètres de température : v = exp K − 1, associé à l’interaction à deux spins, et
w = exp L − 1, associé à l’interaction à trois spins.
On ne peut plus comme avant raisonner lien par lien : il faut maintenant raisonner triangle
par triangle. Notons que seuls les triangles orientés vers le haut suffisent à reconstruire tout le
réseau G. On développe le poids de Boltzmann wijk associé à un triangle pointant vers le haut :
f1 = f2 = f3 = v (1.47)
f4 = 1 (1.48)
3 2 3
f5 = v + 3v + w(1 + v) . (1.49)
A chacun de ces cinq termes est associé un diagramme de liens, représenté Fig.(1.7) : aux
δ(σi , σj ) sont associés des liens ”en boomerang”, et aux δ(σi , σj , σk ) des liens ”en Y” reliant les
trois spins entourant le triangle. On peut donc écrire la fonction de partition sous la forme :
X 5
Y
Z= Qn(L) fαnα (L) (1.50)
L α=1
Les L correspondent aux diagrammes de liens possibles sur tout le réseau triangulaire G, n(L)
au nombre de composantes connexes de L, et nα (L) aux nombres de triangles pointant vers le
haut ayant un diagramme de liens de type α. L’Eq. (1.50) est l’analogue du développement de
Fortuin-Kasteleyn, donné par l’Eq. (1.9), dans le cas où il y a des interactions à trois spins. La
relation d’Euler est maintenant :
1 2 3 4 5
Fig. 1.7 – Correspondance entre les diagrammes de liens et les vertex du modèle de boucles.
entre les diagrammes de liens et les configurations des boucles est représenté dans la Fig.(1.7).
Pour écrire Z en fonction des configurations de boucles B, on procède comme habituellement.
On utilise la relation l(B) = n(L) + c(L), et la relation d’Euler (1.51), afin d’exprimer n(L) en
fonction de l(B) :
1
n(L) = (l(B) + n4 − n5 ) . (1.52)
2
On obtient alors le développement en boucles de Z :
5
Xp l(B) Y
Z= Q cnαα (B) (1.53)
B α=1
ci = fi pour 1 ≤ i ≤ 3 (1.54)
p
c4 = Q (1.55)
f5
c5 = √ . (1.56)
Q
Le développement (1.53) permet d’écrire une relation de dualité. En effet, pour un réseau tri-
angulaire infini, Z doit être invariante sous rotation de π3 , et donc par intervertion entre c4 et
c5 . En revenant aux fα , on obtient la relation de dualité suivante :
S
Q
Z(fα′ ) = Z(fα ) (1.57)
f5
avec
Qfα
fα′ = pour 1 ≤ α ≤ 3 (1.58)
f5
f4′ = 1 (1.59)
Q2
f5′ = . (1.60)
f5
On voit que la transformation de dualité est bien définie quelle que soit la valeur des paramètres
de température, mais qu’elle introduit des interactions à trois spins même lorsqu’au départ il
n’y en a pas. La surface autoduale correspond à c4 = c5 , i.e. f5 = Q. En utilisant l’Eq. (1.49),
on obtient
v 3 + 3v 2 + w(1 + v)3 = Q . (1.61)
Pour w = 0, i.e. lorsqu’il n’y a pas d’interactions à trois spins, on retrouve le résultat de la
sous-section (1.2.2). Pour une valeur donnée de w, il y a trois valeurs critiques autoduales de v.
1.3. MODÈLES DE POTTS COUPLÉS 27
Lorsqu’il y a plusieurs modèles couplés, les résultats se généralisent comme dans la sous-
section (1.3.1). Nous avons exposé la procédure dans [5]. Par exemple, dans le cas de deux
modèles couplés, on définit des fα,β et des cα,β , α et β correspondant respectivement aux
premier et deuxième modèles. Pour Q1 et Q2 différents, on a supposé qu’on n’obtenait que
des solutions triviales, compte tenu des résultats en l’absence d’interaction à trois spins, c’est
pourquoi nous nous sommes restreints au cas où Q1 = Q2 . De même, on suppose qu’il n’y a
pas brisure de symétrie de permutation entre les deux réseaux. Compte tenu de l’isotropie du
modèle et du fait que Q1 = Q2 , on trouve que les relations de dualité indépendantes sont :
En utilisant les expressions des cα,β en fonction des v (interactions à deux spins) et des w
(interaction à trois spins), on trouve les solutions autoduales. En particulier, en l’absence d’in-
teraction à trois spins (w1 = w2 = w12 = 0), on retrouve l’Eq. (1.41), mais de manière beaucoup
plus rapide. Dans le cas général, on n’obtient pas d’expression simple, c’est pourquoi dans [5]
nous nous sommes concentrés sur quelques solutions remarquables.
Comme en l’absence d’interaction à trois spins, il y a deux types de solutions triviales :
1. solution deécouplée : K12 = L12 = 0, i.e. avec v12 = v12 et w12 = w12 . On retrouve alors le
critère d’autodualité d’un seul modèle, donné dans l’Eq. (1.61).
v13 + 6v12 + 3Qv1 + Q(Q − 2) v13 + 3v12 − Q = w12 (v12 + 5v1 + Q + 2)3 (1.66)
Q − v12
v12 = . (1.67)
2 + v1
Lorsque w12 = 0, en factorisant le membre de gauche, on retrouve l’Eq. (1.41) ou la
solution triviale de l’Eq. (1.64).
2. Pour w12 = w12 (i.e. L12 = 0), il y a une solution du type :
Q Q2 Q(4 − Q)
v1 = − , v12 = − + 3Q − 3, w1 = . (1.68)
2 2 (Q − 2)2
Q2 − 5Q + 5
1
v12 = Q − 1, w1 = − w12 + 2 . (1.69)
2 Q − 4Q + 4
28 CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE MODÈLE DE POTTS
Le modèle de Potts étant souvent critique lorsqu’il est autodual (par exemple lorqu’on
considère un modèle de Potts autodual avec Q ≤ 4 sur un réseau triangulaire), on s’attend à ce
que ce soit également le cas pour les modèles couplés. Nous allons voir dans le chapitre suivant
comment caractériser le comportement critique correspondant.
Chapitre 2
Caractérisation du comportement
critique
Nous exposons dans ce chapitre des outils classiques en physique statistique, qui vont per-
mettre dans la suite de caractériser le comportement critique du modèle de Potts. Nous effec-
tuons tout d’abord dans la section 3.1 des rappels sur l’invariance conforme. Belavin, Polyakov
et Zamolodchikov ont ainsi utilisé le fait qu’un système à un point fixe, dans la limite continue,
est invariant non seulement sous les dilatations globales, mais aussi sous les dilatations locales,
pour en déduire de fortes implications sur les comportements critiques [8]. Nous présentons
ces implications en suivant le livre de Francesco, Mathieu et Sénéchal [30]. En particulier, des
modèles ont été beaucoup étudiés, comme les modèles minimaux [8] ou les modèles parafermio-
niques [57]. Nous exposons ensuite les résultats de Cardy [11],[12] sur les calculs de fonctions
de partition dans la limite continue pour différentes conditions aux limites (CL). Nous finissons
les rappels par le théorème c, dû à Zamolodchikov [13], qui s’intéresse au comportement sous
renormalisation du système en dehors d’un point fixe.
Dans la section 3.2, nous revenons à un modèle défini sur un réseau discret, et exposons le
formalisme de la matrice de transfert, dans la représentation en spins, en amas et en boucles.
Nous suivons la présentation faite par Salas et Sokal dans [14]. La matrice de transfert, quelle
que soit la représentation choisie, a toujours la même structure algébrique, et s’exprime à l’aide
d’opérateurs ei constituant une algèbre de Temperley-Lieb [26]. Cependant, cela ne veut pas
dire que le spectre de la matrice de transfert est le même pour toutes les représentations et
nous serons amenés, notamment dans le chapitre 4, à comparer ces spectres. Nous terminons la
section par la notion de renormalisation phénoménologique, introduite par Nightingale [75] et
qui consiste a voir comment la charge centrale effective du système varie avec la taille.
Comme application des notions présentées dans ces deux sections, nous exposons ensuite
l’étude numérique de deux modèles de Potts couplés définis sur réseau triangulaire, avec uni-
quement des interactions à deux spins. Nous avons publié cette étude dans [5]. Nous avons
calculé numériquement la charge centrale effective du système lorsqu’il est autodual, à l’aide
d’une matrice de transfert définie dans la représentation en boucles.
29
30 CHAPITRE 2. CARACTÉRISATION DU COMPORTEMENT CRITIQUE
Lorsque le système subit une transition de phase du second ordre, il y a des fluctuations
à toutes les échelles de longueur, ce qui se traduit par une longueur de corrélation infinie. Cela
entraine que le système peut être décrit comme un système continu, car les détails du réseau
ne jouent pas de rôle. On introduit donc des variables spatiales x et y pour des systèmes à
deux dimensions, ainsi que des champs φ qui dépendent continuement de ces variables. Le
fait qu’on puisse oublier le pas du réseau n’est pas trivial, c’est parce que les systèmes sont
renormalisables : on appelle ces champs φ champs renormalisés, car ils ont été normalisés de
façon à faire disparaı̂tre le pas du réseau. Il n’est d’ailleurs pas toujours facile de savoir à quoi
correspondent ces champs φ lorsqu’on revient sur le réseau discret. On appelle aussi ces champs
opérateurs, car nous allons voir qu’on peut définir un espace de Hilbert sur lequel ils agissent.
Comme les détails du réseau sont oubliables, les fonctions de corrélation ont une invariance
par dilatation et par rotation, et sont donc de la forme :
exp(−ısφ θ)
< φ(0, 0)φ(x, y) >= , (2.1)
r 2xφ
r et θ étant respectivement la distance et l’angle correspondant au point (x, y). xφ est la di-
mension d’échelle de φ et indique comment φ se transforme sous une dilatation, tandis que sφ
est son spin et indique comment il se transforme sous une rotation.
Cependant, au niveau d’un point critique, le système possède en fait une invariance plus
grande, car il est invariant sous les dilatations locales. Cette idée, due à Polyakov et datant de
1970 [62], ne sera utilisée pleinement qu’en 1984, par Belavin, Polyakov et Zamolodchikov [8].
Ainsi, le groupe de symétrie est le groupe des transformations conformes, i.e. le groupe laissant la
métrique invariante à un facteur local près. Ce fait a peu d’implications en dimension supérieure
à deux car ce groupe a un nombre fini de générateurs. Par contre, en dimension deux, les
transformations conformes correspondent aux fonctions méromorphes, les fonctions pouvant
n’être définies que localement, en faisant le changement de variable habituel z = x + iy et
z̄ = x − iy.
Par définition, les opérateurs primaires sont les opérateurs se transformant sous la trans-
formation conforme z → w(z) (et z̄ → w̄(z̄)) selon [30] :
−hφ −h̄φ
′ dw dw̄
φ (w, w̄) = φ(z, z̄) . (2.2)
dz dz̄
Expliquons maintenant pourquoi on peut considérer les champs comme des opérateurs.
Pour cela, on effectue ce qu’on appelle la quantification radiale. Elle fut introduite par Fubini,
Hanson et Jackiw [125]. Elle consiste à choisir la direction temporelle selon les droites passant
par l’origine, tandis que la direction spatiale est selon des cercles de centre l’origine. Nous verrons
dans la sous-section 2.1.5 que ce choix est particulièrement intéressant lorsqu’on considère des
systèmes définis sur le cylindre. On suppose alors l’existence d’un vide |0 >, et on construit
tout l’espace de Hilbert par application d’opérateurs de création. La conjugaison hermitique est
définie par :
+ −2h −2h̄ 1 1
[φ(z, z̄)] = z̄ z φ , (2.3)
z̄ z
ce qui permet de définir un produit hermitique.
L’algèbre des opérateurs est alors reliée au développement en produit d’opérateurs (OPE),
dont on rappelle le principe. En physique statistique, nous sommes intéressés par les fonctions
de corrélation. La forme de celles à deux points a été vue, et on peut choisir la normalisation
des φi telle que :
hφi (z)φj (0)i = δ(i, j) z −hi −hj . (2.4)
L’intérêt de l’invariance conforme est qu’elle permet de déterminer toutes les fonctions de
corrélation d’ordre supérieur. Considérons une fonction de corrélation quelconque de la forme
h. . . φ1 (z1 ) φ2 (z2 ) . . .i où les champs autres que φ1 et φ2 sont évalués à des temps qui ne sont
pas compris entre |z1 | et |z2 |. On peut exprimer cette fonction de corrélation en fonction des
fonctions de corrélation d’ordre inférieur en développant φ1 (z1 ) φ2 (z2 ) en fonction des autres
opérateurs de la théorie. Ainsi, pour |z1 | > |z2 |, on a :
X
i
φ1 (z1 )φ2 (z2 ) = C12 (z1 − z2 )hi −h1 −h2 φi (z2 ) . (2.5)
i=1,∞
Les C12i sont les coefficients sans dimension intervenant lors de l’OPE et sont appelées constantes
de structure. Il est essentiel de noter que comme la fonction de corrélation est singulière pour
z1 = z2 (dans l’OPE de l’Eq. (2.5) il y a des puissances négatives de z1 − z2 ), l’OPE n’est pas le
i 6= C i . Cela se traduit par le fait que les opérateurs (agissant
même pour |z1 | < |z2 |, et ainsi C12 21
sur l’espace de Hilbert défini précédemment) ne commutent pas. En effet on peut montrer que :
h. . . φ1 (z1 ) φ2 (z2 ) . . .i = h0|T (φ1 (z1 ) φ2 (z2 )) |0i , (2.6)
où à gauche les φ sont vus comme des champs, et à droite comme des opérateurs. T correspond
à organiser les φ par temps croissant :
T (φ1 (z1 ) φ2 (z2 )) = φ1 (z1 ) φ2 (z2 ) si |z1 | > |z2 | (2.7)
T (φ1 (z1 ) φ2 (z2 )) = φ2 (z2 ) φ1 (z1 ) si |z1 | < |z2 | . (2.8)
Le fait que C12 i 6= C i implique que les opérateurs ne commutent pas. Pour simplifier les nota-
21
tions, on écrit les OPE de la manière suivante :
∞
X
i
φ1 φ2 = C12 φi , (2.9)
i=1
où il est sous-entendu que φ1 est évalué pour un temps plus grand que φ2 . La détermination
des Cijk permet d’accéder à toutes les fonctions de corrélation. Par exemple, les fonctions de
c 2 T (w) ∂T (w)
T (z) T (w) ∼ + + , (2.13)
2 (z − w)4 (z − w)2 z−w
où la constante c est appelée charge centrale et caractérise la théorie. On peut en particulier
déduire que T est un opérateur quasi-primaire, mais non primaire du fait du terme en c, ce qui
aura d’importantes conséquences pour l’étude de systèmes sur cylindre, comme nous le verrons.
Les relations de commutation de l’algèbre engendrée par les Ln et L̄n sont donc :
c
[Ln , Lm ] = (n − m)Ln+m + n(n2 − 1)δ(n + m, 0) (2.14)
12
c
[L̄n , L̄m ] = (n − m)L̄n+m + n(n2 − 1)δ(n + m, 0) (2.15)
12
[Ln , L̄m ] = 0 . (2.16)
Notons que les dilatations sont engendrées par L0 + L̄0 , qui correspondent à des translations
dans le temps dans la quantification radiale. L’hamiltonien du système est donc proportionnel
à L0 + L̄0 . Comme expliqué précédemment, l’espace de Hilbert est engendré par l’action des
champs sur le vide et on définit le vecteur |φi par φ|0i (on voit donc qu’un champ peut être
aussi considéré comme un vecteur !). Si φ est un champ primaire, |φi vérifie :
De plus :
Des états excités peuvent être obtenus en appliquant les Ln avec n < 0 sur φ. Les vecteurs du
type L−k1 L−k2 . . . L−kn |φi (on ne considère que la partie holomorphe) sont appelés descendants
de |φi d’ordre N , avec N = k1 + k2 + · · · + kn . Ces états ont une dimension holomorphe égale à
hφ + N . L’espace de Hilbert est donc divisé en familles conformes, formant chacune un module
de l’algèbre de Virasoro, appelé module de Verma. Dans les cas génériques, il y a une infinité
de familles conformes, et pour un module donné le nombre d’états indépendants au niveau N
est p(N ) le nombre de partitions de N , dont la fonction génératrice est :
∞ ∞
1 Y 1 X
= = p(N ) y N , (2.20)
P (y) 1 − yN
N =1 N =0
où P est la fonction d’Euler. Cependant, dans certains cas, il n’y a qu’un nombre fini de
familles conformes, et un nombre d’états indépendants au niveau N plus petit que p(N ). On
peut montrer que T est un descendant d’ordre deux de l’identité, ce qui confirme le fait que ce
n’est pas un opérateur primaire.
Le caractère d’un module de Verma V (c, hφ ) de charge centrale c et de plus haut poids |φi
est par définition :
∞
c X c
L0 − 24
K̃(c,hφ ) (τ ) = Tr y = dim(hφ + N ) y N +hφ − 24 , (2.21)
N =0
où dans la dernière égalité, on a exprimé K̃ à l’aide de la fonction de Dedekind définie par :
1
η(τ ) = y 24 P (y) . (2.23)
Il peut cependant arriver que le module soit réductible, i.e. contienne un sous espace qui
soit lui-même une représentation de l’algèbre de Virasoro. Ce sous module est engendré par
un champ primaire, appelé vecteur ”nul”. En effet, on montre facilement que ce sous module
est orthogonal à tout le module V (c, hφ ). Ce vecteur nul et ses descendants n’ont pas d’effet
physique, c’est-à-dire qu’on peut quotienter le module générique par son (ou ses) sous modules
nuls (dans tout ce chapitre nul est à prendre au sens de congruent à 0). On obtient alors un
module irréductible, noté M (c, hφ ), dont le caractère n’est plus donné par l’Eq. (2.22). Notons
dès à présent qu’on n’est pas obligé de quotienter le module, nous verrons que les formules
obtenues faisant intervenir les caractères génériques K sont valables même lorsqu’il y a des sous
modules nuls. Cependant, dans ce cas, ces formules se recombineront et se simplifieront.
34 CHAPITRE 2. CARACTÉRISATION DU COMPORTEMENT CRITIQUE
Lorsqu’en plus µ prend des valeurs rationnelles, les V (c, hr,s ) contiennent alors une infinité
de vecteurs nuls. En effet, il y a un second vecteur nul au niveau (p2 − r)(p1 − s), en ayant
posé µ = p1p−p 2
2
, avec p1 et p2 premiers entre eux. Cependant, les deux sous modules nuls ont
une intersection non vide, et contiennent eux-même des sous modules nuls. Feigin et Fuchs ont
étudié précisément leur structure [83]. On montre alors que le caractère associé à M (c, hr,s )
est [31] :
c ∞ (2p p n+p r−p s)2
y − 24 X (2p1 p2 n+p1 r+p2 s)2
1 2 1 2
χr,s (y) = y 4p1 p2
−y 4p1 p2
. (2.27)
P (y) n=−∞
Cette équation est appelée formule de Rocha-Caridi. Du fait de la périodicité des hr,s , on peut se
restreindre à 1 ≤ r < p2 et 1 ≤ s < p1 , et on aura φr,s = φp2 −r,p1 −s . Le rectangle correspondant
dans le plan (r, s) est appelé table de Kac. On a donc un nombre fini d’opérateurs primaires,
c’est pourquoi on appelle ces théories modèles minimaux, notés M (p1 , p2 ). L’avantage de ces
théories est que toutes les fonctions de corrélation sont simplement calculables, car le fait qu’il
y ait des vecteurs nuls imposent des contraintes sur ces dernières, qui se traduisent sous forme
d’équations différentielles.
Le cas où µ est entier (et donc p1 = µ + 1 et p2 = µ) correspond à une théorie minimale et
unitaire M (µ + 1, µ). En effet, on peut montrer qu’aucun vecteur n’a de norme négative dans
ce cas. Ces théories ont été énormément étudiées. Le premier cas non trivial est M (4, 3). Il y a
trois opérateurs primaires : φ1,1 (ou φ2,3 ), φ2,2 (ou φ1,2 ), et φ2,1 (ou φ1,3 ). Les règles de fusion
sont :
Nous avons indiqué uniquement les opérateurs primaires, les coefficients des descendants étant
facilement calculables une fois les coefficients des opérateurs primaires connus. [φr,s ] représente
2.1. RAPPELS SUR L’INVARIANCE CONFORME 35
donc la famille conforme associée au champ primaire φr,s . Notons que nous n’avons pour l’instant
considéré que la composante holomorphe des champs. Il reste à savoir comment elle est couplée
à la composante antiholomorphe. Comme nous le verrons, du fait de l’invariance modulaire,
on ne peut pas associer n’importe comment ces deux parties. Dans le cas M (4, 3), la seule
possibilité est d’avoir des champs sans spin, i.e. tels que h̄ = h. Cette possibilité existe pour
toutes les théories, mais il peut y en avoir d’autres. De plus, une fois ce problème réglé, il reste
à savoir comment interpréter ces champs. Il est évident que φ1,1 , de dimension nulle, correspond
à l’opérateur identité, mais les sens physiques de φ2,2 et φ2,1 ne le sont pas a priori. En fait, on
peut montrer que M (4, 3) correspond au modèle d’Ising, et que φ2,2 et φ2,1 sont respectivement
des opérateurs de spin σ et d’énergie ǫ. Les règles de fusion sont en effet bien compatibles avec
la symétrie Z2 du modèle (σ → −σ).
Dans la suite, nous serons en particulier intéressés par les champs du type φ1,2l+1 . Pour ces
champs, la formule de Rocha-Caridi (2.27) peut se mettre sous la forme suivante :
χ1,2l+1 (y) = K1,2l+1 (y) − K1,2l1 +1 (y) + K1,2l2 +1 (y) − . . . , (2.32)
i.e. comme une somme infinie de (−1)k K1,2lk +1 , avec l1 = µ − l, l2 = l + µ − 1, l3 = 2µ − 1 − l,
l4 = l + 2µ − 2, etc. Cette formule s’interprète facilement à l’aide du principe d’inclusion-
exclusion. On soustrait les caractères K associés aux sous-modules nuls, mais comme il y a des
recoupements entre ces sous-modules il est nécessaire d’ajouter les caractères correspondants. En
particulier, l’ensemble des opérateurs contenus dans χ1,2l+1 est un sous-ensemble des opérateurs
contenus dans K1,2l+1 (y), à savoir tous les opérateurs non nuls de K1,2l+1 (y).
Le système peut avoir une symétrie plus grande que l’invariance conforme. Les modèles
parafermioniques décrivent les systèmes qui possèdent, en plus de la symétrie conforme, une
symétrie globale sous ZN . A la symétrie ZN correspondent 2 N2 courants parafermioniques
ψk , appelés aussi parafermions, car leur spin est fractionnaire. Il existe plusieurs théories para-
fermioniques. Nous exposons ici uniquement celle dont nous allons avoir besoin dans la suite, à
savoir l’une des deux théories introduites par Fateev et Zamolodchikov [57].
Les ψk correspondent à une charge k définie modulo N , et ont une algèbre de type ZN , les
charges s’additionnant :
ψk ψl = [ψk+l ] (2.33)
ψk ψ−k = [Id] . (2.34)
L’étude se fait de manière analogue au cas des modèles minimaux, excepté qu’en plus des Ln il
y a les ψk . La charge centrale est donnée par :
6
c=2− . (2.35)
N +2
Il y a N2 + 1 opérateurs primaires de l’algèbre parafermionique, notés φk (k = 0, . . . , N − 1),
de dimension :
k(N − k)
hk = . (2.36)
2N (N + 2)
Notons que φk et φN −k ont même dimension : cette théorie est en plus invariante sous conju-
gaison de charge k → N − k, et de ce fait il y a beaucoup de champs qui sont doublement
36 CHAPITRE 2. CARACTÉRISATION DU COMPORTEMENT CRITIQUE
des singlets par conjugaison de charge, et sont primaires par rapport à l’algèbre de Virasoro.
Leurs dimensions sont :
l(l + 1)
hl = . (2.37)
N +2
L’analogue de K1,2l+1 pour ces opérateurs ǫl est donné par [84] :
c ∞ ∞
!
y (hl − 24 ) X 2
X 1 2 1
Kl = 1 + 2( y 2n +n(2l+1) − y 2(n+ 2 ) +(n+ 2 )(2l+1) ) , (2.38)
P 2 (y)
n=1 n=0
tandis que l’analogue de χl est donné par une expression similaire à l’Eq. (2.32), µ étant remplacé
par N + 1.
La théorie, bien que définie initialement pour N entier, peut être prolongée aux valeurs de
N réelles, les Kl étant toujours bien définis, mais évidemment pas les χl (N + 1 joue un rôle
analogue au µ des modèles minimaux).
Nous exposons maintenant le calcul de fonctions de partition pour diverses conditions aux
limites. C’est principalement Cardy qui s’est intéressé à ce problème. Nous commençons par des
conditions aux limites toroı̈dales, i.e. nous considérons un système défini sur un tore, ce cas de
figure étant très fréquent. Pour cela, nous considérons le tore comme un cylindre de circonférence
L et de longueur finie N dont les deux extrémités ont été reliées. Cardy a étudié ces conditions
aux limites dans [67]. Itzykson et Zuber [9], puis Cappelli, Itzykson et Zuber [10] ont classifié
les fonctions de partition sur le tore qui sont invariantes modulaires [10]. Nous présentons dans
cette sous-section leurs travaux.
L
La transformation conforme z → w = 2π ln z met en bijection le plan infini et un cylindre
de circonférence L et de longueur infinie. En considérant la transformation du tenseur d’énergie
impulsion T , on obtient que :
2
2π c
Tcyl (w) = Tpl (z)z 2 − (2.39)
L 24
et donc, comme hTpl (z)i = 0 (dans la limite continue, on prend une énergie libre nulle pour un
cπ 2
plan infini), on obtient que hTcyl (w)i = − 6L 2 . La charge centrale est donc reliée à l’énergie de
Casimir : la densité d’énergie n’est pas nulle sur un cylindre. En utilisant le lien entre l’énergie
libre par unité de longueur fL et T , on trouve que :
πc
βfL = − . (2.40)
6L
Cette relation est essentielle afin d’interpréter les effets de taille finie, comme nous le verrons
dans la section 2. On en déduit que l’hamiltonien du système sur le cylindre est donné par :
2π c
H= L0 + L̄0 − , (2.41)
L 12
une partie holomorphe HR = 2π c
qu’on décompose en L L0 − 24 et une partie antiholomorphe
HL = 2π c
L L̄0 − 24 . Il est très facile d’interpréter H en utilisant la bijection entre le plan et
2.1. RAPPELS SUR L’INVARIANCE CONFORME 37
Du fait de l’invariance par dilatation, Z ne dépend que de τ = i N L , i.e. du rapport entre longueur
et largeur. On rappelle que y = exp(2πiτ ) et on pose ȳ = exp(−2πiτ̄ ). Rappelons que la trace a
lieu sur l’espace de Hilbert, constitué des champs de la théorie. On peut ainsi développer Z(τ )
comme une somme de caractères (les K̃, K ou χ selon la théorie). Notamment, dans le cas d’une
théorie minimale, on a : X
Z(τ ) = Mh,h̄ χh (y) χ̄h̄ (ȳ) , (2.43)
h,h̄
où Mh,h̄ est le nombre de champs primaires de la théorie ayant une dimension holomorphe
égale à h et une dimension antiholomorphe égale à h̄, et indique comment les secteurs holo-
morphes et antiholomorphes sont couplés. La fonction de partition Z doit être invariante sous
les transformations suivantes, appelées transformations modulaires [67] :
aτ + b
τ→ avec a d − b c = 1 . (2.44)
cτ + d
En effet, ces transformations correspondent à changer la direction de l’axe des temps sans
modifier la géométrie toroı̈dale (τ correspond alors au rapport entre les vecteurs principaux
du tore) et donc la direction du temps étant arbitraire Z doit être inchangée. Cela implique
que toutes les valeurs de Mh,h̄ ne sont pas possibles [10]. Une solution simple est donnée par
Mh,h̄ = δ(h, h̄). Cependant, d’autres solutions correspondant à un couplage non trivial des
secteurs peuvent exister. Ainsi, dans le cas des modèles minimaux M (4, 3) et M (5, 4) seule la
solution triviale est possible, et donc par exemple la fonction de partition de M (4, 3) est donnée
par :
Z = χ0 χ̄0 + χ 1 χ̄ 1 + χ 1 χ̄ 1 . (2.45)
16 16 2 2
Par contre, à partir de M (6, 5) d’autres solutions sont possibles. En particulier, le modèle de
Potts à trois états est une solution non triviale.
Il faut bien comprendre les implications de l’Eq. (2.41). Le spectre de HL est de la forme :
πc 2πx
Ex = − + , (2.46)
6L L
où les x sont les dimensions d’échelle des champs de la théorie. Ainsi, en connaissant le spectre
de HL , on connait les champs présents. Le niveau d’énergie le plus bas correspond à l’opérateur
πc
identité, et vaut − 6L (on suppose que les autres opérateurs ont x > 0 comme c’est habituelle-
ment le cas), ce qui permet de déterminer la charge centrale lorsqu’on connait le spectre pour
différentes valeurs de L. L’identité a une série de descendants ayant des valeurs de x entières,
dont les dégénérescences pour x donné sont égales au nombre de descendants indépendants avec
cette valeur de x. Il y a aussi des séries associées aux autres opérateurs primaires : au sein de
chaque série, les valeurs de x diffèrent par des entiers. A l’aide du spectre, on peut en particulier
connaı̂tre les dimensions x de tous les opérateurs primaires du système. Bien évidemment, en
38 CHAPITRE 2. CARACTÉRISATION DU COMPORTEMENT CRITIQUE
pratique, on a un système fini sur réseau, pas un système continu, et nous verrons section 2
comment procéder.
Le système peut avoir des conditions aux limites plus exotiques, comme des conditions aux
limites twistées selon la largeur [11],[85]. Cela s’interprète en introduisant une ligne de coupure
traversant le tore en longueur, appelée ligne de frustration, et en disant qu’en traversant cette
ligne on ne revient pas dans le même état qu’au départ. Par exemple, il peut être nécessaire
de traverser deux fois la ligne, i.e. faire deux fois le tour du tore selon la largeur, pour revenir
à l’état de départ. En revenant au plan complexe, cela revient à appliquer un opérateur φd ,
de dimension xd , qui va changer les conditions aux limites. Les exposants x correspondant au
spectre de l’hamiltonien avec conditions aux limites twistées sont les dimensions des opérateurs
obtenus par produit entre les opérateurs de la théorie et l’opérateur φd . En particulier, le niveau
πc
d’énergie le plus bas est − 6L + 2πx
L . Par conséquent, dans la limite τ → ∞, i.e. pour un cylindre
d
infini de largeur L, le rapport entre fonction de partition twistée et non twistée vaut :
Zt (τ )
= exp(−2πxd τ ) . (2.47)
Z(τ )
Or, à l’aide de la bijection entre le plan et le cylindre, on peut montrer que la fonction de
corrélation sur le cylindre des champs φ sont de la forme, dans la limite d’une distance τ
beaucoup plus grande que L :
i.e. que la longueur de corrélation ξ des champs est reliée à leur dimension d’échelle et vaut
1
ξ = 2πx . En comparant les Eq. (2.47) et (2.48), on en déduit que, dans la limite τ → ∞ :
Zt (τ )
∝ hφd (0)φd (τ )i . (2.49)
Z(τ )
Le rapport entre fonctions de partition twistée et non twistée est donc égal à la fonction de
corrélation de φd . Notons que φd est un opérateur non local par rapport aux autres champs de
la théorie, puisqu’en traversant la ligne de frustration l’état des autres champs est changé. Un
tel opérateur est appelé opérateur de désordre.
On peut aussi twister le modèle suivant la longueur. L’hamiltonien et donc le contenu en
opérateurs de la théorie est alors inchangé, mais la fonction de partition Z n’est plus simplement
donnée par une trace, et donc les coefficients devant les caractères ne sont plus égaux aux
nombres de champs primaires du type considéré.
Considérons maintenant le cas où les CL sont fixées au bord (CL α d’un coté et β de l’autre)
selon la largeur, et périodiques selon la longueur. En notant Hαβ l’hamiltonien correspondant,
la fonction de partition est :
y étant défini comme précédemment, et nhαβ étant le nombre de champs primaires de dimen-
sion holomorphe h. Le calcul des nhαβ se fait en utilisant l’invariance modulaire, en l’occu-
rence en inversant longueur et largeur. Dans les cas simples (théories diagonales sur le tore et
représentations autoconjuguées), Cardy a introduit des opérateurs de bord, permettant de chan-
ger les CL, de manière analogue aux opérateurs de désordre dans le cas des CL twistées [11], [12].
Ainsi, on définit H00 comme l’hamiltonien avec des CL telles qu’il ne contienne que le secteur
de l’identité, puis d’autres CL appelées CL invariantes conformes telles qu’elles reviennent à
insérer des opérateurs de bord. Ainsi H0h contient uniquement φh et donc : Z0h (τ ) = χh (y). En
considérant la limite τ → ∞, on peut montrer une formule analogue à l’Eq. (2.49) :
Z0h (τ )
∝ hφh (0)φh (τ )i . (2.52)
Z00 (τ )
Plus généralement, Hαβ correspond à φα φβ , et donc nhαβ est le coefficient de fusion devant φh
dans l’OPE de φα par φβ .
Prenons comme exemple le modèle d’Ising, i.e. M (4, 3). Il y a trois conditions aux limites
1
invariantes conforme : 0, 16 , et 12 . On peut montrer que 0 correspond à des spins fixés dans
1
l’état +, 16 à des CL libres, et 21 à des spins fixés dans l’état −. Les valeurs de h correspondant
aux différentes CL possibles sont donc :
En effet, (+, +) est associé à l’opérateur Id, de dimension holomorphe h = 0. (+−) correspond
à changer d’un côté les CL en insérant l’opérateur φ 1 , de dimension h = 21 . (−−) correspond
2
à l’insertion de φ 1 de chaque côté, et donc en utilisant la règle de fusion donnée Eq. (2.31), à
2
savoir φ 1 × φ 1 = Id, on trouve bien que la seule valeur de h contribuant est h = 0. De même,
2 2
(+, f ) correspond à l’insertion de φ 1 , (f, f ) à φ 1 × φ 1 = Id + φ 1 d’après l’Eq. (2.30), et enfin
16 16 16 2
(−, f ) à φ 1 × φ 1 = φ 1 d’après l’Eq. (2.31). Notons que (+, +) et (−, −) correspondent bien
2 16 16
au même contenu en opérateurs, puisque le modèle d’Ising est symétrique sous renversement
des spins.
Dans le cas général il n’est pas évident de savoir à quelles CL au niveau microscopique
correspondent les CL invariantes conformes. Même remarque pour la signification microscopique
des opérateurs de bord. Ainsi, pour le modèle d’Ising, le spin correspond à φ 1 , 1 pour les
16 16
opérateurs dans le cas usuel, tandis qu’il correspond à φ 1 pour les opérateurs de bord.
2
40 CHAPITRE 2. CARACTÉRISATION DU COMPORTEMENT CRITIQUE
2.1.7 Théorème c
Jusqu’à présent, nous nous sommes toujours placés au point fixe. Lorsque le système n’est
pas au point fixe, il n’y a plus invariance conforme, mais par renormalisation il a un flot vers
un point fixe. Si ce point fixe correspond à une transition de phase du second ordre, le système
sera critique au sens où sa longueur de corrélation est infinie. On peut donc là encore oublier les
détails du réseau et travailler avec une théorie des champs, à condition d’introduire un cut-off
(les champs n’étant renormalisables qu’au point fixe). Le point fixe vers lequel le système tend
par renormalisation est appelé point fixe infrarouge (IR), et au contraire le point fixe duquel le
système s’éloigne par renormalisation est appelé point fixe ultraviolet (UV). A courte distance
(mais plus grande que le cut-off), le système se comporte comme au point fixe UV, tandis qu’à
grande distance, il se comporte comme au point fixe IR.
Zamolodchikov a utilisé le fait qu’il existe un flot de renormalisation allant du point UV au
point IR pour en déduire que les champs primaires IR sont des combinaisons perturbatives de
champs primaires UV Il a ainsi déterminé perturbativement les coefficients correspondants dans
le cas où le système flotte d’un modèle M (m + 1, m) vers M (m, m − 1). De plus, il a démontré
que si la théorie est unitaire, il existe une fonction décroissante du flot dont la valeur est égale
à la charge centrale aux niveaux des points fixes [13]. On en déduit donc que la charge centrale
du point IR est inférieure à celle du point UV. Effectivement, dans le cas des modèles minimaux
unitaires, c diminue lorsque m diminue. De plus, cela donne une interprétation intuitive à c
comme nombre de degrés de liberté du système, diminuant par renormalisation.
Après cette longue disgression, revenons au modèle de Potts, défini sur un réseau de largeur
L et de longueur N . Pour l’étudier, on utilise ce qu’on appelle une matrice de transfert T . L’idée
est de construire le réseau colonne par colonne, T étant une matrice qui rajoute une colonne (on
prend par convention une direction de propagation horizontale, une direction de propagation
verticale correspondrait à construire le réseau ligne par ligne). Ainsi, en appliquant N fois T ,
on construit tout le réseau. Nous suivons la présentation de Salas et Sokal [14].
La fonction de partition du système s’écrit sous la forme :
dim(T )
X
Z(Q, v) = αk (Q, v) λk (Q, v)N , (2.58)
k=1
où les λk sont les dim(T ) valeurs propres de T , et les αk (Q, v) sont leurs amplitudes, i.e. le poids
avec lesquels elles interviennent dans Z.
2.2. MATRICE DE TRANSFERT 41
Pour un modèle donné, il peut exister plusieurs matrices de transfert, ayant des dimensions
dim(T ) et des matrices A différentes, selon la représentation choisie. Nous considérons dans
cette section uniquement la représentation en spins, du fait de sa simplicité, et donc nous
nous restreignons à des valeurs de Q entières. Ce n’est que dans la section suivante que nous
discuterons le cas des autres représentations. On considère un réseau G formé de N couches
identiques de largeur L avec des liens entre couches se répétant de façon régulière. On repère
les sites de G à l’aide de deux entiers (i, n), i (1 ≤ i ≤ L) et n (1 ≤ n ≤ N ) correspondant
respectivement à la position en largeur, i.e. au sein de la couche, et à la position en longueur,
i.e. au numéro de la couche. Il y a deux types de liens : les liens ”verticaux”, i.e. les liens au
sein d’une couche qu’on note Ev , et les liens ”horizontaux” et ”diagonaux”, i.e. les liens entre
couches successives qu’on note Eh . Nous nous sommes placés dans un cas très général, et en
particulier l’étude est valable pour un réseau carré ou triangulaire avec des CL transverses
périodiques ou libres. Ainsi, par exemple, pour un réseau carré avec CL transverses périodiques,
Ev = {h(i, n), (i + 1, n)i, 1 ≤ i ≤ L} et Eh = {h(i, n), (i, n + 1)i, 1 ≤ i ≤ L} pour n donné. La
matrice de transfert T agit sur l’espace de configurations des spins d’une seule couche, dénoté
|σi. Sa dimension dim(T ) est donc QL . On décompose T comme produit de deux matrices V
et H, correspondant respectivement aux poids des liens verticaux et horizontaux. On a ainsi :
Y
hσ ′ |V |σi = δ(σ, σ ′ ) [1 + v δ(σi , σi′ )] (2.59)
hii′ i∈E v
Y
hσ ′ |H|σi = [1 + v δ(σi , σi′′ )] (2.60)
hii′ i∈Eh
L’expression de Z en fonction de T dépend des CL longitudinales, voir l’Eq. (2.57). Avec des
N
CL longitudinales périodiques, on a simplement Z(Q, v) = Tr T (Q, v) c’est-à-dire que les
amplitudes des valeurs propres de T sont toutes égales à 1. Pour des CL longitudinales libres,
on a Z(Q, v) = h1|V T (Q, v)N −1 |1i. En effet, comme les CL sont libres, l’état de spin de départ
est |1i, vecteur avec toutes les composantes égales à 1. Ensuite, pour construire le réseau il faut
appliquer N − 1 fois T puis V afin de mettre les liens verticaux sur la dernière couche, l’état de
spin final devant être aussi |1i.
Dans la plupart des cas, afin de faciliter le calcul de T , on peut la décomposer en produits
de matrices élémentaires. On définit les matrices Di et Ji,i′ par :
Y
hσ ′ |Di |σi = δ(σi′ , σi′′ ) (2.62)
i′ 6=i
hσ ′ |Ji,i′ |σi = δ(σi , σi′ ) δ(σ, σ ′ ) . (2.63)
Di est un opérateur de détachement : il déconnecte les deux couches au site i. Ji,i′ est un
opérateur de liaison : il lie les spins i et i′ au sein d’une couche. Nous verrons sous-section 2.2.4
qu’à une normalisation près ces opérateurs constituent une algèbre de Temperley-Lieb. Ces
matrices permettent de construire les matrices élémentaires suivantes :
Vi = I + v Ji,i+1 (2.64)
Hi = vI + D (2.65)
42 CHAPITRE 2. CARACTÉRISATION DU COMPORTEMENT CRITIQUE
Ces différentes expressions se comprennent facilement, excepté la dernière. Pour mettre les liens
diagonaux du réseau triangulaire, on utilise les matrices Vi intercalées entre Hi et Hi−1 , de cette
façon on a propagé uniquement le site i − 1 et pas le site i au moment où on applique Vi , et
donc le lien ”vertical” est en fait un lien diagonal. Le cas d’un réseau triangulaire avec des CL
transverses périodiques est particulier, car on ne peut pas traiter correctement le dernier lien
diagonal entre les lignes L et 1. Pour résoudre ce problème, on travaille avec L + 1 spins, et
on identifie le L + 1 ème avec le premier grâce à l’opérateur JL+1,1 . Les matrices V et H de
dimension QL+1 sont données par :
per
Vtri = JL+1,1 VL VL−1 . . . V2 V1 (2.70)
per
Htri = VL HL VL−1 HL−1 . . . V2 H2 V1 H1 . (2.71)
La représentation en spins a comme avantage de donner des poids simples aux valeurs
propres de T . Cependant, elle n’existe que pour Q entier. Pour Q générique, il est nécessaire
d’utiliser le développement en amas de Z, voir Eq. (1.9), ou bien le développement en boucles
équivalent. Notons que comme à une configuration d’amas sur le réseau G est associée de façon
biunivoque une configuration de boucles sur le réseau médial M de G, les deux représentations
sont équivalentes (en particulier les matrices de transfert ont même dimension). Ce sont Blöte
et Nightingale [27] qui ont construit une matrice de transfert dans la représentation en amas,
et nous exposons dans cette sous-section la façon de procéder.
′
Le problème est que les amas sont des objets non locaux, donc le facteur Qn(G ) est non
local. La procédure est donc la suivante : on construit G′ couche par couche, en considérant
les connectivités des sites de la couche considérée, compte tenu des couches précédentes. T agit
donc sur l’espace des connectivités possibles pour une colonne. On dénote les vecteurs de base
|vP i, P étant une partition de taille L (les sites étant dans la même partition sont connectés).
L’opérateur de détachement Di est défini par :
où P \ i est la partition obtenue à partir de P en isolant i, et P • ii′ est la partition obtenue en
amalgamant les blocs contenant i et i′ . Ces opérateurs sont donc les analogues des opérateurs
de détachement et de liaison vus pour la représentation en spin.
On définit les matrices de transfert élémentaires et la matrice de transfert T de manière
analogue à la sous section précédente. Il reste à savoir quels sont les états de départ et d’arrivée,
afin d’implémenter les CL longitudinales. Lorsqu’elles sont périodiques, on ne peut pas en fait
utiliser T , car les première et dernière couches devant être identifiées, on verra chapitre 3 qu’il
est nécessaire de tenir compte des connectivités de la dernière couche, et nous définirons donc
une matrice de transfert plus grande. Par contre, le cas de CL libres ne posent pas de problème.
En effet, l’état de départ est |vId i, où Id est la partition où chaque site est un singleton : en
l’absence de liens, aucun site n’est relié ! L’état final |ui est un état permettant d’attribuer les
facteurs de Q aux amas se terminant au niveau de la dernière couche. |ui est ainsi défini par :
Il est important de noter que pour Q entier on peut aussi bien utiliser la représentation en
spins que la représentation en amas. Pourtant, bien que la fonction de partition Z ne change pas,
les matrices de transfert sont différentes : elles n’agissent pas sur le même espace. Ainsi, la di-
mension de T dans la représentation en amas n’est pas QL mais le nombre de partitions possibles
au sein d’une couche. Déterminons cette dimension dim(T ). Des détails sur les dénombrements
de ce type peuvent être trouvés dans les deux livres de Stanley [76], ainsi que dans l’encyclopédie
en ligne des séquences d’entiers [77]. Le nombre de partitions de {1, . . . , L} est donné par le
nombre de Bell B(L), dont la fonction génératrice est :
∞
X xL
EB (x) = B(L) = exp (exp(x) − 1) . (2.77)
L!
L=0
Cependant, comme |vId i est l’ état de départ, et comme G est planaire (en effet, les CL longitu-
dinales sont libres, le cas où les CL transverses et longitudinales sont toutes deux périodiques,
i.e. le cas où les CL sont toroı̈dales, ne sera traité qu’au chapitre 6), seules les partitions sans
croisement sont autorisées. Par conséquent, dim(T ) est égale au nombre de partitions sans
croisement de {1, . . . , L}, appelé nombre de Catalan CL :
1 2L
CL = . (2.78)
L+1 L
Pour L grand, dim(T ) est en 4L , tandis que dans la représentation en spins elle valait QL .
Pour Q (entier) supérieur à 4, T dans la représentation en spins contient trop de valeurs
propres : certaines valeurs propres doivent en effet avoir forcément une amplitude nulle, Z devant
être inchangé quelle que soit la représentation. Comme expliqué précédemment, les amplitudes
44 CHAPITRE 2. CARACTÉRISATION DU COMPORTEMENT CRITIQUE
dépendent des CL longitudinales. Nous allons montrer qu’effectivement compte tenu du vecteur
de départ avec des CL longitudinales libres, à savoir |1i, de nombreuses amplitudes sont nulles.
En effet, comme on part de |1i, seul le sous espace engendré par les vecteurs obtenus par l’action
de H et V sur |1i doit être considéré. Ces opérateurs sont constitués de fonctions δ, on peut
prendre comme vecteurs de base les vecteurs vP définis comme la somme des états des spins tels
que les spins dans les mêmes blocs de P soient dans le même état. Par exemple, |1i correspond à
|vId i, c’est-à-dire au vecteur égal à la somme sur tous les états de spin. G étant planaire, seules les
partitions P sans croisement sont possibles. On peut alors montrer que sur ces nouveaux vecteurs
de base les actions des opérateurs de détachement et de liaison sont exactement les mêmes que
dans la représentation en amas, ce qui permet de conclure que les deux représentations sont
bien équivalentes. Lorsque Q est plus petit que la largeur L, le raisonnement précédent n’est
plus strictement valable, car les vecteurs vP définis ne sont plus indépendants. Cependant, par
prolongement analytique en Q, on peut formellement les considérer comme indépendants, et
étendre les résultats à toutes les valeurs de Q. En particulier, pour Q (entier) inférieur à 4, T
dans la représentation en spins contient aussi trop de valeurs propres, même si sa dimension
est plus petite que dans la représentation en amas ! Cela s’explique par le fait que dans la
représentation en amas pour Q < L des valeurs propres sont dégénérées, de sorte que le nombre
de valeurs propres distinctes est plus grand dans la représentation en spins.
Un cas particulier intéressant est le cas d’un antiferromagnétique à température nulle, i.e.
le cas où v = −1, car comme expliqué dans la sous-section 1.1.3, Z est alors égale au polynôme
chromatique de G. Dans ce cas, les spins voisins doivent être dans des états différents, et on peut
donc réduire la dimension de T . Mathématiquement, cela se traduit par le fait que l’opérateur
V est un projecteur pour v = −1 sur l’espace engendré par les états de spins tels que deux spins
voisins ne soient jamais dans le même état dans la représentation en spins, et un projecteur sur
l’espace engendré par les connectivités telles que deux voisins ne soient pas dans le même bloc
dans la représentation en amas. Calculons la dimension de T dans le cas où les CL longitudinales
sont libres.
Il faut noter que la dimension dépend dans ce cas des CL transverses. En effet, dans le cas
de CL transverses libres, les sites 1 et L ne sont pas voisins, tandis qu’ils le sont pour des CL
transverses périodiques. Pour des CL transverses libres, dim(T ) est le nombre de partitions sans
croisement et sans voisins connectés de 1, . . . , L, i.e. le nombre de Motzkin ML−1 donné par la
formule [78],[79] :
[L ]
2
X L
ML = Cj . (2.80)
2j
j=0
Pour des CL transverses périodiques, il faut considérer le nombre de partitions sans croisement
et sans voisins connectés de 1, . . . , L lorsque 1 et L sont considérés comme voisins. Ce nombre
vaut 1 pour L = 1, et RL pour L ≥ 2, RL étant un nombre de Riordan défini par [126] :
L−1
X
RL = (−1)L−k−1 Mk . (2.81)
k=0
Dans le cas d’un réseau carré, on peut aussi restreindre dim(T ) en utilisant la symétrie par
réflection par rapport à l’axe central du réseau pour des CL transverses libres. On définit ainsi
2.2. MATRICE DE TRANSFERT 45
des classes d’équivalence modulo la réflection. Asymptotiquement, cela divise dim(T ) par 2,
comme la plupart des partitions ne sont pas symétriques par réflexion. Pour des CL transverses
libres, en plus de la réflexion on a une symétrie sous translation : le groupe de symétrie est le
groupe diédral DL . On considère donc des classes de partition modulo DL . Asymptotiquement,
dim(T ) est divisée par 2 L, la plupart des partitions étant asymétriques.
Même si les matrices de transfert sont différentes selon la représentation choisie, leur struc-
ture algébrique en est indépendante. En effet, les opérateurs de détachement et de liaison (et
donc les matrices de transfert élémentaires) vérifient toujours les mêmes relations de commuta-
tion. Elles ont été étudiées par Temperley et Lieb [26].
Considérons le cas de CL transverses libres. Afin de mettre ces relations sous une forme
bien connue, on définit les opérateurs ei , 1 ≤ i ≤ 2L − 1 par :
1
e2j−1 = Q− 2 Dj pour 1 ≤ j ≤ L (2.82)
1
e2j = Q Jj,j+1 pour 1 ≤ j ≤ L − 1 .
2 (2.83)
Les ei vérifient les relations caractéristiques de l’algèbre de Temperley-Lieb [26],[55] :
1
e2i = Q 2 ei (2.84)
ei ei±1 ei = ei (2.85)
ei ej = ej ei pour |i − j| ≥ 1 . (2.86)
Les matrices élémentaires Vi et Hi s’écrivent comme :
1
Hi = Q 2 (x I + e2i−1 ) (2.87)
Vi = I + x e2i , (2.88)
1
où l’on rappelle que x = √v . Dans la suite, pour simplifier, on ne mettra plus le facteur de Q 2
Q
S
devant les Hi , ce qui fait qu’il faudra rajouter un facteur global de Q 2 devant la fonction de
partition.
S
Le fait qu’il y ait un facteur global de Q 2 et que x apparaisse laisse penser que l’in-
terprétation de ces relations algébriques est simple dans le cadre de la représentation en boucles.
Effectivement, on peut écrire une matrice de transfert sur le réseau médial, en considérant pour
une tranche donnée quelles sont les connectivités des boucles possibles, sachant qu’elles ne
peuvent pas se couper. I correspond à laisser les bouts aller tout droit, tandis que ei correspond
à relier les i et i + 1 ièmes
√ bouts et à commencer une nouvelle boucle. Compte-tenu du fait que
les boucles ont un poids Q, les relations de l’algèbre de Temperley-Lieb ont une interprétation
graphique très simple, montrée dans la Fig. (2.1). Notons que les dimensions sont bien identiques
entre les représentations en amas et en boucles. En effet, le nombre de partitions respectant la
planarité de {1, . . . , L} est égal à la façon de relier 2 L bouts entre eux en respectant la planarité.
Comme montré dans l’Eq. (2.58), nous sommes intéressés par le spectre de T , car à condition
de connaı̂tre les amplitudes αk , on peut calculer la fonction de partition. Le spectre de T n’est
46 CHAPITRE 2. CARACTÉRISATION DU COMPORTEMENT CRITIQUE
1/2
Q
pas quelconque, notamment au point fixe, où l’invariance conforme est présente. Considérons
pour le moment des CL transverses périodiques. Alors, en comparant les expressions (2.57)
et (2.42), on voit que T joue un rôle analogue à exp(−HL ). Ce résultat est intuitif car, en
considérant l’axe horizontal comme un axe des temps, T peut être vu comme un opérateur
d’évolution durant un temps égal au pas du réseau. L et N ont ainsi des définitions équivalentes
sections 2.1 et 2.2, excepté que section 2.1 ils sont définis dans la limite continue, tandis que
section 2.2 ils sont définis à l’échelle du réseau. Par analogie avec l’Eq. (2.46), on définit une
charge centrale effective ceff (L) et des dimensions d’échelle effectives xeff par [127],[41],[15] :
En effet, ceff (v, L) est directement lié à l’énergie libre ce qui rend cette façon de procéder
intuitive, même si elle n’est pas rigoureuse. Les points fixes vf correspondent donc aux points
dont la valeur de la charge centrale effective ceff (vf , L) ne dépend pas de L, pour L grand
(pour L petit, la procédure étant approchée, il y a une dépendance en L, il faut donc avoir
des largeurs suffisamment grandes). Il y a deux types de points fixes : ceux stables dans l’I.R.,
attractifs lorsque L augmente, et ceux stables dans l’U.V., répulsifs lorsque L augmente. Notons
que les points fixes correspondent donc à des minima et des maxima de ceff . De plus, si l’on
est dans les conditions de validité du théorème c, on s’attend à ce que les points fixes stables
dans l’I.R. et stables dans l’U.V. correspondent respectivement à des minima et des maxima
de ceff . ceff est donc l’analogue dans le cas discret de la fonction de Zamolodchikov qui était
décroissante par renormalisation et qui, aux points fixes, était égale à la charge centrale. Un
cas particulier, n’existant pas pour le modèle de Potts, serait un point stable dans l’I.R. d’un
côté et dans l’U.V. de l’autre, auquel cas ce point fixe ne serait pas un extremum de ceff . De la
même manière, les xeff sont égaux aux dimensions d’échelle des champs conformes aux points
fixes. ceff et les xeff permettent donc de localiser et de déterminer les caractéristiques des points
fixes.
Cette méthode de détermination des points fixes est d’autant plus précise que l’espace
sur lequel chercher est petit. C’est pourquoi dans le chapitre 1, on a utilisé l’autodualité afin
de réduire cet espace. Revenons au cas de deux modèles couplés sur réseau triangulaire, sans
interaction à trois spins. Dans ce cas, on a un espace autodual de dimension 1. Pour localiser
les points fixes, nous avons écrit une matrice de transfert dans la représentation en boucles (en
procédant de façon légèrement différente de précédemment), et déterminé la charge centrale
effective le long de cet espace. Les détails de la méthode et des résultats, donnés dans [5], seront
exposés dans la section 2.3.
En fait, la méthode peut présenter des difficultés, car des CL périodiques sur réseau discret
peuvent correspondre à des CL twistées dans la limite continue ! C’est par exemple le cas pour
un réseau triangulaire au point fixe antiferromagnétique, à cause de la frustration. Lorsque L
est pair, les CL sont bien périodiques dans la limite continue, mais lorsque L est impair, dans
la limite continue il y a une ligne de frustration, comme on peut le comprendre intuitivement,
des spins voisins voulant être dans des états différents. Si on veut donc avoir accès à la charge
centrale c, il faut donc considérer uniquement des largeurs L paires, tandis que considérer des
largeurs impaires donne une charge centrale effective valant c − 12xd d’après l’Eq. (2.89), et
donc permet d’avoir accès à la dimension xd de l’opérateur de désordre. Notons aussi que selon
les représentations, on n’obtient pas forcément les mêmes opérateurs. Cela est dû au fait que
les amas ne sont pas des objets locaux par rapport aux spins et réciproquement. Ainsi, certains
opérateurs vont exister dans les deux repésentations, tandis que d’autres non (les opérateurs
correspondant à une amplitude nulle dans la représentation en spins). Par exemple, T contient
l’opérateur de spin dans la représentation en spins, mais pas dans la représentation en amas : cet
opérateur n’intervient pas lorsque les CL longitudinales sont libres. Par contre, dans le chapitre
suivant, nous allons généraliser la représentation en amas à des CL longitudinales périodiques,
et nous verrons que la matrice de transfert est alors plus grande, et contient l’opérateur de spin.
Le cas de CL transverses fixées ou libres est analogue, excepté qu’il n’y a plus qu’un secteur
holomorphe, comme expliqué précédemment, et de ce fait des facteurs sont modifiés. De plus, il
y a des termes de bord non universels de la forme gLk . Ainsi, ceff et les dimensions holomorphes
48 CHAPITRE 2. CARACTÉRISATION DU COMPORTEMENT CRITIQUE
Dans notre article [5], nous avons, en plus de déterminer des équations d’autodualité, étudié
numériquement, à l’aide d’une matrice de transfert, le cas de deux modèles de Potts couplés sur
réseau triangulaire sans interaction à trois spins. En effet, on s’attend à ce que le modèle soit
critique le long de la surface autoduale, et donc il est intéressant de calculer la charge centrale
effective afin de déterminer les classes d’universalité correspondantes.
Nous avons écrit une matrice de transfert dans la représentation en boucles du modèle, voir
la sous-section 2.2.4. En effet, le modèle de Potts sur réseau triangulaire peut être transformé
en un modèle de boucles sur le réseau médial, en l’occurence ici un réseau de Kagomé [4],[91].
Les différents réseaux sont représentés dans la Fig (2.2). Pour une circonférence de L triangles,
chaque couche de temps coupe 2L bouts du modèle de boucles défini sur le réseau de Kagomé.
Afin que la valeur propre dominante de la matrice de transfert corresponde bien au fondamental
dans la limite continue (ce qui n’est pas forcément la cas, voir la discussion à la fin de la sous-
section 2.2.5), il est nécessaire de respecter la symétrie du réseau triangulaire : L doit être pair
et deux couches de temps successives doivent être comme sur la Fig (2.2).
La diagonalisation est effectuée numériquement en décomposant la matrice de transfert TL
en produit de matrices élémenataires, ajoutant chacune un vertex du réseau de Kagomé (ou
de manière équivalente un lien du réseau triangulaire). Toutes les matrices élémentaires sont
ici identiques, excepté en ce qui concerne la position des deux brins sur lesquels elles agissent.
Nous avons diagonalisé TL pour des largeurs inférieures ou égales à L = 10.
Nous avons vu à la fin de la sous-section 1.3.1 qu’en paramétrisant Q par Q = 4 cos2 (πg)
(lorsque g varie entre 0 et 23 , Q parcourt [0, 4] trois fois), les solutions autoduales ont l’expression
suivante :
2 2π
v1 = z(1 − z), v12 = (z − 1) , z ≡ 2 cos g . (2.93)
3
Pour déterminer les valeurs de la charge centrale effective c, on a effectué des interpolations
à trois largeurs de la forme :
πc A
f0 (L) = − 2 + 4 , (2.94)
6L L
2.3. ETUDE NUMÉRIQUE DE DEUX MODÈLES DE POTTS COUPLÉS 49
2 1 3 2
1 3 2 1
2 1 3 2
Fig. 2.2 – Ruban semi-infini ici de largeur L = 2 triangles dans la direction verticale. Les CL
transverses sont périodiques et donc les haut et bas de la figure doivent être identifiés. Les spins
sont situés aux niveaux des cercles et interagissent le long des lignes en trait plein, qui forment un
réseau triangulaire. La numérotation à l’intérieur des cercles correspond à la décomposition en
trois sous-réseaux du réseau triangulaire. Le modèle de boucles est défini sur le réseau médial,
en l’occurence un réseau de Kagomé, représenté en traits pointillés. La matrice de transfert
propage le système le long de la direction horizontale, de gauche à droite. Les traits verticaux
correspondent à deux couches de temps successives.
le terme non-universel LA4 étant supposé représenter les correctiosn d’ordre supérieur. Les valeurs
obtenues pour c(g) sont représentées dans la Fig. (2.3). On a effectué trois interpolations : on a
utilisé des largeurs L − 4, L − 2, et L, L valant 6, 8 ou bien 10 selon l’interpolation.
1 3
On voit que le couplage K12 entre les deux modèles est non pertinent pour 4 ≤g< 4 car
les résultats numériques montrent que la charge centrale vaut simplement :
6(1 − g)2
1 3
c(g) = 2 1 − , pour ≤ g < , (2.95)
g 4 4
ce qui correspond à deux fois la charge centrale d’un seul modèle de Potts au point ferro-
magnétique [17] (voir la sous-section 3.3.2 pour les rappels sur la valeur de la charge centrale
aux points critiques du modèle de Potts, on rappelle que g vaut πp ). La limite continue, pour
1 3
4 ≤ g < 4 , est donc celle de deux modèles découplés et ferromagnétiques. Ce résultat corres-
pond à ce qu’aurait donné une analyse perturbative naı̈ve, le couplage K12 devenant marginal
pour g = 34 (ce qui correspond à Q = 2, i.e. au modèle d’Ising).
La zone 0 ≤ g ≤ g1 avec g1 ≈ 0.15 correspond à une charge centrale supérieure à 2. En
particulier, pour g = 0 (i.e. Q = 4), les résultats numériques laissent penser que c(g = 0) = 3.
L’interprétation dans la limite continue n’est donc pas évidente, le couplage entre les modèles
étant pertinent. Pour 1 < g < g2 , avec g2 ≈ 1.10, notre diagonalisation numérique n’a pas
fonctionné, peut-être parce que la valeur propre dominante était imaginaire. Pour g2 < g < 23 ,
le couplage a aussi un effet non trivial, la charge centrale n’étant pas simplement le double de
la charge centrale d’un seul modèle au point fixe de Berker-Kadanoff (point critique pour un
seul modèle correspondant à ce domaine de g, voir la sous-section 3.3.2).
50 CHAPITRE 2. CARACTÉRISATION DU COMPORTEMENT CRITIQUE
Fig. 2.3 – Charge centrale en fonction de g. La courbe en train plein montre le résultat exact
valable pour 14 ≤ g ≤ 34 .
Chapitre 3
5 qu’il y a des annulations entre différents K1,2l+1 , ce qui limite l’intérêt des décompositions
faites dans ce chapitre. Afin d’être sur qu’il n’y a pas d’annulation entre K1,2l+1 , nous sup-
√
π
poserons en fait que le nombre p défini par Q = 2 cos p est irrationnel.1 Saleur a en
particulier mis en évidence l’existence d’une phase de Berker-Kadanoff dans la région antiferro-
magnétique [17]. Une telle phase est caractérisée par des corrélations algébriques, i.e. par une
longueur de corrélation infinie [58]. Cela s’explique par la présence d’un point fixe attractif en
température, appelé point fixe de Berker-Kadanoff. Les résultats existant sur le diagramme de
phase du modèle de Potts avec Q générique sont exposés dans la section 3.2.
Nous considérons un modèle de Potts avec un nombre d’états générique. Les CL sont
cycliques, i.e. périodiques selon l’horizontale (la direction de propagation) et libres selon la
direction transverse. Q étant non entier, seule la représentation en amas (ou en boucles) est
possible. Cependant, les CL longitudinales étant périodiques et non libres, la matrice de transfert
exposée au chapitre 2 ne convient pas, car elle est de dimension trop petite. Jacobsen et Salas
ont expliqué dans [56] comment écrire une matrice de transfert pour des CL cycliques. Dans
cette sous-section, nous exposons leur procédure.
L’espace sur lequel agit T est maintenant l’espace des connectivités entre la première couche
{1′ , . . . , L′ } et la couche considérée à l’”instant” t, 0 ≤ t ≤ N , (i.e. après t applications de T )
{1, . . . , L}. En effet, comme on veut ”recoller” la dernière couche avec la première, on est obligé
de garder en mémoire les connectivités de la première couche. Nous serons dans la suite en
particulier intéressés, pour une partition de {1′ , . . . , L′ , 1, . . . , L} donnée, par les blocs contenant
des éléments des deux couches, qui sont appelés ponts. Par exemple, pour une largeur de 4, la
partition {{1′ , 3′ }, {2′ }, {4′ , 4, 2}, {1}, {3}}, notée plus simplement δ1′ ,3′ δ4′ ,4,2 , contient un pont,
à savoir δ4′ ,4,2 . La définition des opérateurs de détachement Di et de liaison Ji,i′ est inchangée
par rapport au chapitre 2, ainsi que l’expression de T en fonction de ces opérateurs.
La fonction de partition est donnée par :
Z = hu|T N |vId i . (3.3)
Le vecteur de départ |vId i correspond à la partition δ1,1′ δ2,2′ . . . δL,L′ , car au départ la couche est
la première couche et il n’y a pas de liens entre les sites de la couche. T N permet de construire
le réseau, tandis que le vecteur u implémente les CL longitudinales. Ainsi, |ui agit sur un état
|vP i correspondant à la partition P de la manière suivante :
′
hu|vP i = Q|P | , (3.4)
P ′ étant la partition obtenue à partir de P en identifiant les dernière et première couches :
L
!
Y
|vP ′ i = Ji,i′ |vP i . (3.5)
i=1
1
En effet, lorsque p est non entier mais fractionnaire, il y a aussi des annulations entre K1,2l+1 , mais qui n’ont
pas d’incidence sur le diagramme de phase. Afin d’être sur de ne pas avoir de problème, nous nous plaçons dans
le cas où p est irrationnel.
3.1. MODÈLE DE POTTS AVEC CL CYCLIQUES 53
|ui identifie donc les dernière et première couches et donne un facteur Q aux amas résultants.
En effet, il est important de noter que T donne bien un poids Q aux amas ne touchant pas la
première couche, mais donne un poids 1 aux amas qui la touchent. C’est le vecteur |ui qui leur
donne le bon poids.
T a une structure remarquable. Sa dimension totale est égale au nombre de Catalan C2L ,
mais elle est décomposable en blocs de dimensions plus petites. Cela est dû aux deux observations
suivantes :
1. la connectivité à l’intérieur de la première couche n’est pas modifiée par l’application de
T , T propageant la couche de droite.
2. le nombre l de ponts ne peut que décroı̂tre.
Ainsi, T a une forme triangulaire par blocs :
TL,L 0 ... 0
TL−1,L TL−1,L−1 . . . 0
T = .. .. .. (3.6)
. . .
T0,L T0,L−1 . . . T0,0
où l’on a ordonné les blocs Tl,l′ par nombre de ponts décroissant. De plus, chaque bloc Tl,l situé
sur la diagonale de T , et correspondant à un nombre de ponts conservé, est lui-même diagonal
par blocs :
(1)
Tl,l 0 ... 0
0 (2)
Tl,l . . . 0
Tl,l = . (3.7)
.. .. ..
. .
(N )
0 0 . . . Tl,l l
(j)
chaque sous-bloc Tl,l étant caractérisé par une connectivité au sein de la première couche et une
position des l ponts donnés. Nous avons appelé Nl le nombre de sous-blocs au sein du bloc Tl,l .
Les Nl sous-blocs sont en fait identiques, car les règles pour les calculer coı̈ncident : la matrice
de transfert est insensible à la connectivité au sein de la première couche et à la provenance des
(j)
l ponts, au final seul le nombre l de ponts est important. Les Tl,l ont donc en particulier même
dimension n(L, l), égale au nombre de connectivités de la couche de droite compatibles avec l
ponts, et bien sûr avec la planarité. n(L, l) est donné par :
2l + 1 2L 2L 2L
n(L, l) = = − . (3.8)
L+l+1 L−l L−l L−l−1
De plus, à cause de la symétrie entre première et dernière couches, Nl , nombre de connectivités
de la première couche avec l ponts, est égal à n(L, l).
T est donc beaucoup plus grande que la matrice de transfert habituelle, i.e. avec des CL
(j)
longitudinales libres, dans la représentation en amas. En effet, les sous-blocs T0,0 , correspondant
à l’absence de ponts, sont tous égaux à cette dernière. En particulier, n(L, 0) n’est autre que
(j)
le nombre de Catalan CL , voir l’Eq. (2.78). Cela est du au fait que les règles de calcul de T0,0
et de la matrice de transfert habituelle sont identiques. Une autre interprétation est qu’avec la
matrice de transfert introduite, on peut traiter aussi le cas des CL fixées :
où le vecteur de départ est toujours |vId i, V T N permet de construire le réseau, et où |u′ i est
le nouvel état final, défini de façon analogue à l’Eq. (2.75) mais en tenant compte des deux
couches. Cependant, on comprend mal avec l’Eq. (3.9) pourquoi uniquement le secteur à 0
pont contribuerait pour des CL libres. Pour cela, il faut voir les choses de manière légèrement
différente. On part non pas du ”temps” t = 0, mais d’un temps infinitésimal négatif t = −ǫ :
le vecteur de départ est alors |vId′ i, correspondant à une partition des deux couches constituée
que de points isolés. L’état final est maintenant de nouveau u, défini Eq. (3.4), afin d’identifier
les couches aux instants t = N et t = −ǫ. On a donc une autre expression de Z pour des CL
libres :
Z = hu|V T N |vId
′
i. (3.10)
Sous cette forme, on comprend pourquoi seul le secteur à 0 pont contribue pour des CL libres,
′ i ne contenant pas de pont (on rappelle que le nombre de ponts ne peut que
l’état de départ |vId
diminuer).
On pourrait être tenté de symétriser la matrice de transfert lorsque le réseau a des symétries
particulières, par exemple la symétrie par réflexion pour un réseau carré. En effet, dans le cas de
CL libres, cela permettait de diminuer la dimension de la matrice de transfert, i.e. d’expliquer
pourquoi certaines valeurs propres (en l’occurrence les valeurs propres correspondant à des
états non symétriques) ne contribuaient pas. Dans le cas des CL cycliques, ce n’est pas le cas
à cause du fait qu’il y ait plusieurs sous-blocs identiques, mais correspondant à des symétries
différentes. Ainsi, en symétrisant par réflexion, on obtient deux types de sous-blocs, ceux ayant
une connectivité de la première couche et une position des l ponts symétriques et ceux dont ce
n’est pas le cas. La symétrisation couple les sous-blocs non symétriques entre eux et les états
au sein des sous-blocs symétriques. Par conséquent, les sous-blocs non symétriques ont une
dimension plus grande que les sous-blocs symétriques. La symétrisation, même si elle diminue le
nombre de sous-blocs non-symétriques et la dimension des sous-blocs symétriques, n’est donc pas
avantageuse, car elle complique la structure de T . C’est pourquoi nous ne l’effectuons pas. Notons
aussi que lorsque v = −1, on peut réduire la dimension de T en interdisant les connectivités
entre voisins, V étant un projecteur, comme expliqué dans la sous-section 2.2.3.
Du fait de l’identité des sous-blocs pour un nombre de ponts l donné, on peut choisir
uniquement un sous-bloc de référence, lorsqu’on s’intéresse uniquement aux valeurs propres de
la matrice de transfert. Nous choisissons le sous-bloc correspondant à une connectivité de la
première couche triviale (que des singletons) et où les l ponts commencent à 1′ , 2′ , . . . , l′ . On
note ce sous-bloc simplement Tl . De plus, comme montré Fig. (3.1), on peut ne plus numéroter la
couche de gauche, et simplement marquer par un point noir les partitions de la couche de droite
correspondant à un pont. Nous allons maintenant voir comment déterminer les amplitudes de
ces valeurs propres, et ce de trois façons équivalentes !
Il n’est pas évident de connaı̂tre les amplitudes des valeurs propres en utilisant l’Eq. (3.3).
En fait, nous allons voir que les amplitudes, pour Q donné, dépendent uniquement du nombre de
ponts l, mais ni de la largeur L, ni de la valeur propre choisie au sein de Tl , et ni de la température
v, comme cela aurait dû être à priori le cas. Par conséquent, nous allons développer Z sous la
forme suivante :
XL
Z= c(l) K1,2l+1 , (3.11)
l=0
3.1. MODÈLE DE POTTS AVEC CL CYCLIQUES 55
1’ 1 1’ 1 1
2’ 2 2’ 2 2
3’ 3 3’ 3 3
4’ 4 4’ 4 4
5’ 5 5’ 5 5
6’ 6 6’ 6 6
Fig. 3.1 – Exemple de configuration d’amas sur réseau carré et de l’état de connectivité
correspondant, faisant intervenir les couches de gauche (représentée par des points noirs)
et de droite (représentée par des points blancs). La partition correspondante est P =
(1′ 12)(2′ )(3′ 4′ 6′ 6)(5′ )(35)(4), qui contient donc deux ponts. Les éléments de la matrice de trans-
fert étant indépendants de la connectivité de la couche de gauche, on peut ne représenter que
la couche de droite en assignant simplement à chaque pont un point noir non numéroté.
les c(l) correspondant aux amplitudes que nous allons déterminer, et les K1,2l+1 étant définis
comme :
n(L,l)
X
K1,2l+1 (L, v) = [λl,i (L, v)]N , (3.12)
i=1
les λl,i (L, v) étant les n(L, l) valeurs propres dans le secteur à l ponts. K1,2l+1 est donc sim-
plement égal à Tr(Tl )N . Les K1,2l+1 constituent donc les ”éléments de base” de la fonction de
partition, et nous expliquerons dans la section 3.3 leur notation, lorsque nous étudierons leur
limite continue aux points fixes.
Nous allons maintenant donner une nouvelle méthode, que nous avons publiée dans [51],
pour déterminer les c(l) . Cette méthode, comme elle ne fait appel qu’à des raisonnements combi-
natoires, a l’avantage de pouvoir se généraliser au cas de CL toroı̈dales, comme nous le verrons
chapitre 6. De plus, elle est directement reliée à la façon dont nous avons écrit la matrice de
transfert. Nous exposerons dans la section 3.2 les deux autres démonstrations qui existaient
déjà, et nous montrerons qu’elles sont bien équivalentes à la notre.
Du fait des CL cycliques, les configurations d’amas possibles sont caratérisées par leur
nombre d’amas non-triviaux (NTC), i.e. par les amas percolant selon la direction horizontale. On
note j le nombre de NTC d’une configuration donnée, et Z2j+1 la fonction de partition restreinte
à j NTC, i.e. la fonction de partition obtenue en ne tenant compte que des configurations à j
NTC. En particulier, on a :
XL
Z= Z2j+1 . (3.13)
j=0
Nous allons décomposer les K1,2l+1 en Z2j+1 , puis inverser ces relations de manière à avoir les
décompositions des Z2j+1 en K1,2l+1 , et enfin utiliser l’Eq. (3.13) afin d’obtenir celle de Z [51].
Comme K1,2l+1 = Tr[TlN ], on peut écrire :
n(L,l)
X
K1,2l+1 = hvl,i |T N |vl,i i , (3.14)
i=1
56 CHAPITRE 3. MODÈLE DE POTTS POUR Q GÉNÉRIQUE
Fig. 3.2 – Configuration d’amas sur réseau carré et les trois états de connectivité compatibles,
montrés à gauche de la configuration.
où les |vl,i i sont les n(L, l) connectivités possibles avec l ponts (sans tenir compte de la connec-
tivité de la couche de gauche), i.e. les n(L, l) connectivités possibles des L points blancs avec
l points noirs. Nous allons montrer qu’une configuration d’amas donnée à j NTC est contenue
n(j, l) fois dans K1,2l+1 . Pour cela, nous disons que |vl,i i est compatible avec une configuration
d’amas si l’action de cette configuration sur |vl,i i (définie de manière analogue à l’action de T ,
après l’action de la configuration on a avancé d’un temps égal à N ) donne la même configu-
ration |vl,i i. Un exemple est donné dans la Fig. (3.2). Considérons une configuration d’amas à
j NTC, le k-ème NTC reliant les points {yk } de la dernière colonne (on ”oublie” que les CL
longitudinales sont périodiques et donc on considère les première et dernière colonnes comme
distinctes). Ainsi, sur la Fig. (3.2), pour la configuration à deux NTC choisie, on a {y1 } = 1, 2
et {y2 } = 6. Les états |vl,i i compatibles avec une configuration d’amas caractérisée par des {yk }
sont tels que :
1. Les connectivités des points y ∈ / ∪jk=1 {yk } sont les mêmes que dans la configuration
d’amas. Par exemple, Fig. (3.2), les points y = 3, 5 doivent être connectés.
2. Les points {yk } correspondant à un même NTC (par exemple y = 1, 2 dans la Fig. (3.2))
doivent être connectés.
3. On peut relier ou non les ensembles {yk } entre eux, et leur attribuer ou non des points
noirs (l étant égal au nombre de points noirs attribués).
Les deux premières règles ne laissent pas de choix, tandis que la troisième implique qu’il y a
n(j, l) états |vl,i i compatibles. On en déduit en particulier que le nombre de ponts l des états
compatibles doit être plus petit que le nombre de NTC j de la configuration d’amas considérée.
Nous avons donc bien obtenu le résultat annoncé. Comme K1,2l+1 est simplement donné par
une trace, les j NTC ont un poids égal à 1, tandis que dans Z2j+1 ils ont le poids habituel, à
savoir Q. On obtient donc le développement suivant pour K1,2l+1 :
L
X Z2j+1
K1,2l+1 = n(j, l) . (3.15)
Qj
j=l
Notons que la somme sur j commence à l, puisque seules les configurations d’amas avec j ≥ l
sont contenues dans K1,2l+1 , et se termine à L, puisque le nombre de NTC des configurations
ne peut dépasser la largeur L du réseau.
En inversant les Eq. (3.15), on obtient le développement des Z2j+1 en K1,2l+1 :
L
(l)
X
Z2j+1 = cj K1,2l+1 , (3.16)
l=j
3.1. MODÈLE DE POTTS AVEC CL CYCLIQUES 57
(l)
les coefficients du développement cj étant donnés par :
(l) l−j l+j
cj = (−1) Qj . (3.17)
l−j
Il faut bien noter que comme seuls les j ≥ l contribuent dans le développement des K1,2l+1 ,
par inversion seuls les l ≥ j contribuent dans le développement des Z2j+1 . Ce résultat était
prévisible car le nombre de ponts ne peut que décroı̂tre par application de T , donc une configu-
ration à j NTC, bien que correspondant à l’instant final N à j ponts, peut à des instants plus
petits correspondre à des états à plus de ponts (par exemple à t = 0, l’état de départ comme
expliqué précédemment est |vId i, état à L ponts). Un cas particulier intéressant est le cas j = 0,
correspondant à interdire les NTC. On obtient alors une somme alternée sur les K1,2l+1 :
L
X
Z1 = (−1)l K1,2l+1 . (3.18)
l=0
L
X
Z= c(l) K1,2l+1 (3.19)
l=0
Pl (l)
les c(l) valant j=0 cj ce qui peut se mettre sous la forme d’un nombre q-déformé :
q n − q −n
(n)q = (3.21)
q − q −1
√
et où q a été défini chapitre 1 par Q = q + q −1 . En particulier, pour q = 1, i.e. Q = 4, (n)1
vaut simplement n. La raison pour laquelle des nombres q-déformés interviennent sera claire
dans la sous-section 3.2.2 lorsque nous donnerons une démonstration algébrique de l’Eq. (3.19).
Il est intéressant de noter que se restreindre à j NTC correspond à garder uniquement le terme
(l)
en Qj des c(l) , à savoir cj . Comme les c(l) sont des polynômes de degré l en Q, seuls les K1,2l+1
avec l ≥ j contribuent au développement de Z2j+1 .
Le fait d’avoir compris que le terme en Qj des c(l) correspondait à j NTC nous permet
de généraliser le développement de l’Eq. (3.16) à d’autres cas, comme expliqué dans notre
article [51]. En particulier, on aimerait bien avoir une décomposition de Z pour des CL cy-
cliques/fixées, i.e. lorsque les CL longitudinales sont toujours périodiques mais les CL transverses
sont maintenant fixées. Nous allons d’abord considérer un cas de figure légèrement différent. On
considère ZD la fonction de partition du modèle défini sur le réseau dual au réseau direct, avec
des CL fixées sur les deux spins externes, comme représenté dans la Fig. (3.3), les deux spins
étant supposés dans le même état. Du point de vue du développement de Fortuin-Kasteleyn,
58 CHAPITRE 3. MODÈLE DE POTTS POUR Q GÉNÉRIQUE
cela revient à donner un poids égal à 1 aux amas duaux touchant un (ou les deux) spin externe.
Par souci de généralité, on définit ZD,Q0 (vD ), la fonction de partition pour un modèle de Potts
défini sur le réseau dual à la température duale vD , et telle que les amas touchant un spin
externe aient un poids égal à Q0 . Par dualité, le cas Q0 = Q est équivalent aux CL cycliques
étudiées précédemment, tandis que Q0 = 1 correspond à des CL fixées sur les spins externes.
2−SD B
On considère le développement de Q Q0 v ZD,Q0 (vD ), le facteur global ayant été choisi de
manière à avoir un résultat simple. Pour cela, nous allons convertir les poids des amas duaux
en poids d’amas directs, une configuration directe étant en correspondance biunivoque avec une
configuration duale, comme montré dans la Fig. (3.3). Nous adoptons la convention suivante :
un amas dual est non trivial s’il percole selon l’horizontale ou bien s’il touche un (ou les deux)
sites externes. Cette convention est naturelle, car on peut considérer que le réseau dual a une
longueur nulle au niveau des deux sites externes. Avec cette convention, une configuration duale
avec j + 1 NTC duaux est associée à une configuration directe avec j NTC directs. Notons qu’il
y a toujours au moins un NTC dual, j étant compris entre 0 et L. Considérons une configuration
duale avec j + 1 NTC duaux. On note t et tD le nombre d’amas triviaux respectivement directs
et duaux, et b et bD le nombre de liens coloriés dans les configurations d’amas respectivement
2−SD B 2−SD B bD
directe et duale. Son poids dans Q Q0 v ZD,Q0 (vD ) vaut Q Q0 v Q20 Qj−1 QtD vD si j ≥ 1 :
les tD amas duaux triviaux et les j − 1 NTC duaux ne touchant pas les sites externes ont
chacun un poids Q, tandis que les 2 NTC duaux touchant les sites externes ont un poids Q0 .
2−SD B bD
Si j = 0, le poids est Q Q0 v Q0 QtD vD , car alors il y a un seul NTC dual touchant les deux
sites externes. Pour exprimer ces poids en fonction des quantités directes, on utilise la relation
de dualité habituelle Q1−SD v B ZD (vD ) = Z(v) (qui est bien valable, le réseau étant planaire),
avec v = vQD . Traduite en termes de poids de configurations, cette relation implique que :
bD
Q1−SD v B Qj+1 QtD vD = Qj Qt v b . (3.22)
En utilisant cette équation, on en déduit que le poids d’une configuration d’amas avec j NTC
2−SD B
directs dans Q Q0 v ZD,Q0 (vD ) est Q0 Qj−1 Qt v b si j ≥ 1, et Qt v b si j = 0. Par conséquent, ce
poids est identique au poids de la configuration dans Z(v), excepté que pour j ≥ 1 NTC directs
l’un d’eux a un poids Q0 au lieu de Q. On peut reprendre l’Eq. (3.19), mais en remplaçant Qj
par Q0 Qj−1 pour j ≥ 1 et en ne changeant rien pour j = 0 :
L
Q2−SD v B X
ZD,Q0 (vD ) = b(l) K1,2l+1 (v) , (3.23)
Q0
l=0
l
l−j l + j Q0 (l) Q0
X
(l) l j−1 l
b = (−1) + (−1) Q0 Q = c + (−1) 1 − . (3.24)
l−j Q Q
j=1
Notons bien que les K1,2l+1 sont définis comme précédemment, et sont évalués en v, tandis que
ZD,Q0 est évaluée en vD . Lorsque Q0 = Q, b(l) et c(l) coı̈ncident comme prévu. Comme dans le
cas des CL cycliques, chaque puissance de Q dans l’Eq. (3.23) peut être interprétée comme une
fonction de partition restreinte à un nombre fixé de NTC.
Considérons maintenant l’Eq. (3.23) pour des valeurs particulières de Q0 . Dans le cas où
3.2. AUTRES INTERPRÉTATIONS DES K1,2L+1 59
On obtient donc la fonction de partition restreinte à 0 NTC direct. Ce résultat était attendu,
car dans la limite Q0 → 0, les configurations d’amas duaux qui dominent sont celles avec un
seul NTC touchant les deux sites externes. Par dualité, cela correspond à des configurations
d’amas directs sans NTC, i.e. avec j = 0, puisque comme les amas directs et duaux ne peuvent
se couper, les amas directs ne peuvent percoler, un amas dual traversant le réseau en largeur.
Au contraire, pour Q0 → ∞, b(1) est négligeable par rapport aux autres b(l) (il ne tend pas vers
l’infini). En effet, dans cette limite, les configurations duales avec un seul NTC reliant les deux
sites externes sont négligeables, et donc par dualité il y a au moins un NTC direct : j = 0 est
interdit, et comme l ≥ j, l = 0 l’est également.
Le cas où Q0 = 1 correspond aux CL fixées sur le réseau dual, les spins étant fixés dans
le même état des deux côtés. On note que comme b(1) = Q0 − 1, b(1) s’annule. Ainsi, pour des
CL fixées, certaines valeurs propres ont une amplitude nulle. Nous en verrons les implications
dans le chapitre 5. De plus, pour un réseau carré, on peut écrire un développement de Z avec
des CL fixées cycliques sur le réseau direct. En effet, pour un réseau carré, le réseau dual est
aussi un réseau carré, excepté les deux sites externes, qui sont équivalents à deux lignes de spins
supplémentaires et tous dans le même état. En tenant compte du facteur global exp (2N K)
correspondant aux interactions entre spins au sein des deux lignes, le réseau dual est donc
équivalent à un réseau carré de largeur L + 1 (voir Fig. (3.3)) et de longueur N , avec des CL
cycliques fixées. La fonction de partition correspondante Z++ a donc le développement suivant :
L
exp (2N K) X (l)
Z++ (L, N, v) = b K1,2l+1 (L − 1, N, vD ) . (3.26)
Q2−SD v B
l=0
Notons que Z++ et les K1,2l+1 ne sont pas évaluées pour les mêmes largeurs et températures.
On pourrait aussi considérer le développement de Z+− , cas où les spins sont fixés dans des états
différents des deux côtés, en reprenant le raisonnement précédent mais en interdisant les amas
duaux contenant les deux spins externes.
La méthode que nous allons présenter a été développée par Chang et Shrock [44],[43]. Elle
consiste à se placer à Q entier, de manière à pouvoir utiliser la représentation en spins, et
suffisamment grand (cela simplifiera les dénombrements). Elle généralise ce que nous avions vu
dans le chapitre 2, à savoir que pour des CL libres on peut retrouver la matrice de transfert de
la représentation en amas à partir de la matrice de transfert de la représentation en spins en
choisissant une base adaptée. On travaille donc dans la représentation en spins, avec une matrice
de transfert T agissant sur cet espace. La fonction de partition est alors donnée simplement par
Z = Tr[T N ]. On décompose l’espace des spins, de dimension QL , en sous-espaces caractérisés par
un entier l appelé niveau. Le niveau est l’analogue du nombre de ponts dans la représentation
60 CHAPITRE 3. MODÈLE DE POTTS POUR Q GÉNÉRIQUE
Fig. 3.3 – Le réseau direct est indiqué par des cercles, et le réseau dual par des carrés. On a
choisi une configuration d’amas direct et représenté la configuration d’amas duale. Il y a deux
NTC direct, et trois NTC duaux.
3.2. AUTRES INTERPRÉTATIONS DES K1,2L+1 61
en amas, c’est pourquoi nous gardons la même notation. c(l) sera le nombre de sous-espaces
indépendants au niveau l.
Considérons d’abord le niveau l = 0. Comme expliqué dans la sous-section 3.1.1, ce niveau
est le seul qui intervient lorsqu’on considère des CL longitudinales libres, et correspond aux
connectivités habituelles (il n’y a pas de point noir). Ainsi, une base du sous-espace de niveau 0
est donnée par l’action de T sur le vecteur 1, vecteur dont toutes les composantes dans la base
de spin valent 1, correspondant au vecteur initial pour des CL longitudinales libres. La base est
ainsi constituée de 1, somme de tous les états de spins, et des |vP i somme de tous les états de
spins avec les spins dans les mêmes blocs de P dans le même état. Ces états sont les pendants
des |vP i dans la représentation en amas, et sont donc représentés de façon identique (en reliant
les spins qui sont dans les mêmes blocs), et la matrice de transfert restreinte à cet espace vaut
T0 . La question est maintenant de savoir quels sont les analogues des |vPl i, lorsque Pl est une
partition contenant l points noirs. Pour cela, rappelons nous que la matrice de transfert dans
la représentation en amas donnait un poids de 1 et non de Q aux amas reliés à un point noir.
Du point de vue de la représentation en spins, cela signifie que les spins reliés à un point noir
sont fixés dans un état donné. Ainsi, les états au niveau l sont les |vPl ,a1 ,...,al i, égal à la somme
des états de spins tels que les spins qui sont dans les mêmes blocs soient dans le même état,
cet état devant être ai pour le i-ème bloc relié à un point noir. Pour un choix des ai donné,
T restreint à cet espace vaut Tl . La situation est donc analogue au cas de la représentation en
amas, excepté que l’interprétation physique des points noirs et le nombre de fois que T contient
Tl sont différents.
Déterminons les coefficients c(l) . Comme Z est donnée par une trace, c(l) est simplement égal
au nombre de sous-espaces indépendants au niveau l. Un décompte naı̈f donnerait une valeur de
c(l) égale à Q(Q − 1) . . . (Q − l + 1) (on suppose Q ≥ L), puisqu’il y a l états correspondant aux l
points noirs à fixer, et que ces états doivent être différents, car deux points noirs correspondant
au même état équivalent à un seul, relié aux deux blocs marqués. Cependant, ce n’est pas le
bon résultat, puisqu’en sommant ces dimensions, pour 0 ≤ l ≤ L, on obtient une dimension
totale supérieure à QL . Cela est dû au fait que des sous-espaces de niveaux différents ne sont pas
indépendants entre eux. Considérons par exemple le niveau l = 1. La somme de tous les |vP1 ,a1 i
pour P1 fixé et 1 ≤ a1 ≤ L est égale à |vP0 i, où P0 est la partition obtenue à partir de P1 en
gardant les mêmes blocs, mais en supprimant le point noir : sommer sur tous les états possibles
revient à ne plus fixer d’état. Ainsi, c(1) vaut Q − 1 et non Q. En itérant le raisonnement et en
utilisant le principe d’inclusion-exclusion, on peut exprimer les c(l) sous forme diagrammatique,
et montrer qu’ils sont bien donnés par l’Eq. (3.20).
x −1 x + q −1
1 −x 1 + xq −1
x −1 x+q
1 −x 1 + xq
Fig. 3.5 – Poids des configurations de vertex. Le modèle est inhomogène pour x 6= 1 : les
poids supérieurs, resp. inférieurs, correspondent aux vertex situés sur les liens horizontaux,
resp. verticaux.
Le point autodual x = 1 correspond à un modèle à six vertex homogène, les poids des vertex
situés sur les liens horizontaux et verticaux coincidant.
Le choix de poids fait dans la Fig. (3.5) permet d’écrire la matrice de transfert du modèle
à six vertex sous la forme usuelle :
L L−1
L Y Y
T6V = Q 2 (x + e2i−1 ) (1 + x e2i ) . (3.28)
i=1 i=1
T6V , et donc les ei , agissent sur les 2L flèches à un temps donné. Il est particulièrement fructueux
de considérer ces 2L flèches comme une chaine quantique de 2L spins s = 21 , où par convention
un spin sz = 12 correspond à une flèche orientée vers la droite, et sz = − 21 à une flèche orientée
vers la gauche. T6V a donc une dimension égale à dim(T6V ) = 22L = 4L , les ei étant donnés
par :
0 0 0 0
0 q −1 −1 0
ei = 1 ⊗ · · · ⊗
0 −1 q 0 ⊗ 1 . . . .
(3.29)
0 0 0 0
En utilisant l’Eq. (3.29), on voit que les ei constituent bien une algèbre de Temperley-Lieb (TL),
définie dans la sous-section 2.2.4. Nous avons donc encore obtenu une nouvelle représentation
de cette algèbre ! La représentation en spins correspondait à des matrices de dimension QL , la
représentation en amas avec CL libres à une dimension CL , la représentation en amas avec CL
cycliques à une dimension C2L , tandis que la représentation à l’aide du modèle à six vertex
correspond à une dimension 4L . Les matrices de transfert dans ces différentes représentations
ont la même structure algébrique : elles contiennent les représentations irréductibles (irreps)
de l’algèbre de TL, mais pas avec les mêmes multiplicités, leurs dimensions étant différentes.
En particulier, certaines irreps peuvent être présentes dans une représentation et absentes dans
l’autre. L’avantage de la représentation par le modèle à six vertex est que cette représentation
contient toutes les irreps de l’algèbre de TL pour des CL transverses libres, et qu’on peut
sélectionner une irrep donnée avec des CL transverses bien choisies, comme Pasquier et Saleur
l’ont montré [16]. Dans toute la fin de cette sous-section, nous exposons les résultats de leur
article.
Pour étudier les irreps de l’algèbre de TL, on utilise le fait qu’elle constitue le commutant
du groupe quantique Uq (sl(2)). Uq (sl(2)) est la déformation quantique de l’algèbre enveloppante
habituelle U (sl(2)), la relation de commutation entre S+ et S− étant q-déformée, la définition
d’un nombre q-déformé ayant été donnée dans l’Eq. (3.21). Ainsi, Uq (sl(2)) est l’algèbre en-
gendrée par trois opérateurs Sz , S+ et S− ayant comme relations de commutation :
[Sz , S± ] = ±S± (3.30)
[S+ , S− ] = (2Sz )q . (3.31)
Pour construire ces opérateurs agissant sur la chaine quantique des 2L spins, on remarque que
dans le cas d’un seul spin 21 , les relations de commutation classiques et quantiques coı̈ncident.
Par conséquent, les matrices de Pauli (normalisées par un facteur 21 ) σz , σ+ et σ− habituelles
conviennent. Dans le cas de U (sl(2)), pour construire les opérateurs de spin sur des espaces plus
grands, on utilisait simplement le produit tensoriel. Ainsi, les opérateurs de spins agissant sur
une chaı̂ne quantique de 2 spins sont définis par :
S z = σz ⊗ 1 + 1 ⊗ σz (3.32)
3.2. AUTRES INTERPRÉTATIONS DES K1,2L+1 65
et des relations analogues pour S+ et S− , cette relation s’écrivant plus simplement sous la forme
Sz = σz,1 + σz,2 , les indices correspondant à l’espace sur lequel l’action de l’opérateur est non
triviale. Il s’agit donc d’une simple addition des opérateurs de spins. Ce n’est plus possible pour
Uq (sl(2)), car les matrices construites par cette méthode ne vérifient pas les bonnes relations
de commutation. On définit un coproduit ∆, qui généralise cette construction par :
∆(σz ) = σz ⊗ 1 + 1 ⊗ σz (3.33)
−σz σz
∆(σ± ) = σz ⊗ q +q ⊗ σz . (3.34)
L’action de ∆ sur σz est triviale, mais pas sur σ± , de manière à ce que les relations de commu-
tation soient vérifiées. En itérant 2L fois le processus, on obtient l’expression des opérateurs de
spin agissant sur la chaı̂ne quantique :
2L
X
Sz = 1 ⊗ . . . 1 ⊗ σz ⊗ 1 ⊗ . . . 1 (3.35)
i=1
X2L
S± = q σz ⊗ . . . q σz ⊗ σ± ⊗ q −σz ⊗ . . . q −σz . (3.36)
i=1
On voit en utilisant les expressions explicites de ces opérateurs de spin et des ei , données
Eq. (3.29), que les ei commutent avec les opérateurs de spin : comme annoncé, l’algèbre de
TL est le commutant de Uq (sl(2)), dans la représentation en vertex. La matrice de transfert
T6V , étant constituée de ei , commute donc avec Uq (sl(2)). Notons que comme les relations de
commutation de Uq (sl(2)), voir Eq. (3.30) et (3.31), sont invariantes par changement de q en q −1 ,
en remplaçant q par q −1 dans la définition du coproduit ∆, et donc dans S± , on aurait obtenu
des opérateurs satisfaisant aussi les bonnes relations de commutation, mais qui n’auraient pas
commuté avec les ei . Ainsi, il faut définir le coproduit en tenant compte des conventions choisies
pour le poids des boucles orientées (q lorsque la boucle est orientée dans le sens trigonométrique)
et pour la définition du spin (sz = 21 pour une flèche orientée vers la droite).
Considérons maintenant les irreps de Uq (sl(2)). Dans le cas où q n’est pas racine de l’unité,
i.e. lorsque Q n’est pas un nombre de Beraha, les irreps ont une structure semblable à celle de
U (sl(2)). Ainsi, une irrep donnée est indexée par un entier ou demi-entier l, et est constituée
d’un espace engendré par 2l + 1 vecteurs, indexés par m, −l ≤ m ≤ l, et notés |l, mi tels que :
La q-dimension de l’irrep, définie comme la trace de q 2Sz sur cette dernière, vaut simplement :
1/2
0
1
1/2
3/2
0 1
2
1/2 3/2
5/2
0 1 2 3
Fig. 3.6 – Diagramme de Bratteli pour Uq (sl(2)), lorsque q n’est pas racine de l’unité, et une
largeur L = 3, i.e. 2L = 6 spins. Le nombre d’irreps de spin l est égal au nombre de chemins
partant du haut et arrivant sur l en bas. Par exemple, il y a une seule irrep correspondant à
l = 3, tandis que l’irrep l = 2 a une multiplicité de 5.
haut poids sont obtenus par l’action de S− sur les vecteurs ayant m = l + 1. Par conséquent, le
nombre d’irreps l est :
2L 2L
n(L, l) = − . (3.40)
L−l L−l−1
On retrouve bien l’expression donnée Eq. (3.8). On peut aussi donner une interprétation gra-
phique de n(L, l) comme le nombre de chemins de 2L pas aboutissant à l sur un diagramme
de Bratteli, représentant en ordonnée le nombre de spins considérés et en abscisse les irrep en
lesquelles l’espace se décompose. Un exemple est donné dans la Fig. (3.6). Notons que l’in-
terprétation physique de m est très simple, et est directement reliée au flux des flèches pour
un temps donné. De plus, dans le modèle des boucles orientées, seules les boucles non triviales
contribuent à m, les boucles triviales ne pouvant contribuer. Cette idée sera détaillée dans la
prochaine sous-section. Les états |l, m > sont des combinaisons linéaires des états de spin total
Sz = m. On définit K1,2l+1 comme la trace de T6V N sur l’espace des vecteurs de plus haut poids
Z = Tr[q 2Sz TN
6V ] . (3.42)
la somme portant sur les orientations possibles des n boucles. En utilisant les définitions des
K1,2l+1 et de la q-dimension, voir Eq. (3.39), on obtient la décomposition suivante de Z :
L
X
Z= (2l + 1)q K1,2l+1 (3.44)
l=0
qui est identique à celle obtenue section (3.1). Les coefficients c(l) valent (2l + 1)q car les di-
mensions des irreps l sont 2l + 1, et le fait de twister le modèle à six vertex q-déforme ces
dimensions.
Nous avons raisonné à l’aide des irreps de Uq (sl(2)), mais dans le cas de CL différentes ce
n’est pas possible. On est alors obligé de raisonner avec les irreps de l’algèbre des opérateurs
constituant T6V . Ainsi, une autre façon de voir les choses est de considérer les irreps de l’algèbre
de TL [19]. Ces irreps sont alors indexées par l, et n(L, l), donné par l’Eq. (3.40), s’interprète
alors non plus comme le nombre d’irreps de Uq (sl(2)) de type l, mais comme la dimension de
l’irrep de l’algèbre de TL de type l ; tandis que la dimension 2l + 1 de l’irrep de Uq (sl(2)) de
type l correspond au nombre d’irreps de l’algèbre de TL. En résumé, on a :
L
X
(2l + 1) n(L, l) = 4L (3.45)
l=0
et selon l’algèbre considérée, les (2l + 1) et n(L, l) seront des multiplicités ou des dimensions
d’irreps.
Il n’est pas évident que les K1,2l+1 définis par l’Eq. (3.41) coı̈ncident avec ceux définis par
l’Eq. (3.12). Nous l’avons prouvé dans [51]. Pour cela, nous avons montré qu’on a les mêmes
décompositions des K1,2l+1 en fonction des Z2j+1 que celles obtenues précédemment.
Notons que :
K1,2l+1 = F2l+1 − F2(l+1)+1 , (3.46)
N sur l’espace engendré par tous les vecteurs de spin
où F2l+1 est défini comme la trace de T6V
Sz = l, pas seulement les vecteurs de plus haut poids.
N
F2l+1 = TrSz =l [T6V ]. (3.47)
La raison est analogue à celle donnée pour démontrer l’Eq. (3.40). Nous allons donc d’abord
décomposer F2l+1 , car seul Sz a une interprétation simple dans le modèle à six vertex et le
modèle des boucles orientées, et nous déduirons la décomposition de K1,2l+1 avec l’Eq. (3.46).
Considérons une configuration de boucles orientées contribuant à Z2j+1 , i.e. avec 2j boucles
non contractibles (on rappelle que pour j amas non triviaux, il y a 2j boucles non triviales).
Comme les boucles triviales ne contribuent pas à Sz , il n’y a pas de contraintes sur leurs orien-
tations, et comme expliqué √ dans la sous-section 3.2.3, après sommation sur leurs orientations
on obtient bien un poids Q par boucle. Parmi les 2j boucles non triviales, j + l (resp. j − l)
boucles doivent être orientées vers la droite (resp. gauche), de manière à avoir un spin total
Sz = l (l est forcément inférieur à j), comme représenté dans la Fig. (3.7). Par conséquent, il y
2j
a j−l orientations possibles des 2j boucles non contractibles compatibles avec la valeur Sz = l.
68 CHAPITRE 3. MODÈLE DE POTTS POUR Q GÉNÉRIQUE
Fig. 3.7 – Configuration de boucles correspondant à la configuration d’amas de la Fig. (3.2). Les
boucles triviales peuvent avoir n’importe quelle orientation (elle n’est pas représentée), tandis
que celle des boucles non triviales est contrainte par la valeur de Sz . Nous avons représenté une
des quatre orientations possibles des 2j = 4 boucles non triviales correspondant à Sz = 1.
En tenant compte du fait que pour une orientation donnée, une boucle non contractible a un
poids 1 au lieu de Q, comme expliqué dans la sous-section 3.2.2, on obtient la décomposition
suivante pour F2l+1 :
L
X 2j Z2j+1
F2l+1 = . (3.48)
j−l Qj
j=l
En utilisant l’Eq. (3.46) et en se rappelant l’expression de n(j, l) donnée Eq. (3.8), on retrouve
bien l’Eq. (3.15), ce qui implique l’équivalence entre les méthodes.
Nous avons obtenu des décompositions de Z pour des CL cycliques. Il est particulièrement
intéressant de considérer la limite continue de ces décompositions, car on retrouve alors des
résultats connus en théorie conforme. Nous exposons dans cette sous-section les résultats existant
sur la structure du diagramme de phase du modèle de Potts. Dans la sous-section suivante, nous
nous intéresserons à la limite continue aux points fixes du diagramme.
Considérons un modèle de Potts défini sur un réseau carré. Le diagramme de phase ne
dépend pas des CL. Depuis les travaux de Baxter [37], on sait qu’il y a quatre points cri-
3.3. LIMITE CONTINUE 69
tiques pour Q générique : un point ferromagnétique xF M , et trois points critiques dans la zone
antiferromagnétique x+ , xBK , x− :
xF M = 1 (3.49)
s
2 4−Q
x+ = − √ + (3.50)
Q Q
xBK = −1 (3.51)
s
2 4−Q
x− = − √ − . (3.52)
Q Q
Ces points critiques, formant des courbes dans le plan (Q, v), sont représentées Fig. (3.8) (x
et v sont reliés par x = √vQ ). Baxter a déterminé l’énergie libre du système le long de ces
courbes. vF M (Q) et vBK (Q) sont des courbes autoduales, et ont déjà été obtenues au chapitre
1, tandis que v+ (Q) et v− (Q) sont duales l’une de l’autre. L’avantage d’avoir représenté v au
lieu de x est de voir que vBK (Q) est simplement le prolongement analytique de vF M (Q) dans la
région antiferromagnétique. En plus de ces points critiques, on a les points fixes triviaux v = ∞
(ferromagnétique à température nulle), v = 0 (température infinie) et v = −∞ (domaine non
physique). Ces trois points fixes triviaux sont attractifs dans l’IR par le flot de renormalisation,
l’opérateur énergie étant non pertinent au voisinage de ces points. vF M (Q), v+ (Q) et v− (Q)
sont donc répulsifs, tandis que vBK (Q) est attractif. Ainsi, les propriétés à grande distance du
modèle, lorsque v− < v < v+ sont déterminées par vBK (Q) : on appelle cette zone phase de
Berker-Kadanoff. Nous donnerons les caractéristiques de ces points critiques dans la prochaine
sous-section.
La structure du diagramme de phase est identique lorsque le modèle est défini sur un réseau
triangulaire, les valeurs de vF M (Q), v+ (Q), vBK (Q) et v− (Q) changeant. vF M (Q), vBK (Q)
et v− (Q) sont maintenant des branches autoduales [38],[39] : ce sont les racines de l’équation
d’autodualité v 3 +3v 2 = Q obtenue Eq. (1.26) (cette équation admettant bien trois racines réelles
pour Q compris entre 0 et 4). La position de v+ (Q) est par contre mal connue, à l’exception de
certains points. Le diagramme est représenté dans la Fig. (3.9).
Fig. 3.8 – Diagramme de phase générique du modèle de Potts sur réseau carré dans le plan (Q, v).
La courbe dans la région ferromagnétique (v ≥ 0) correspond à la transition ferromagnétique
standard vF M (Q), tandis que la courbe en pointillé est son prolongement analytique vBK (Q) à
la région antiferromagnétique. Cette dernière est une courbe attractive en température sous le
groupe de renormalisation. Ainsi, le comportement à grande distance du système pour v compris
entre v− (Q) et v+ (Q) est décrit par cette courbe vBK (Q). La zone délimitée par v− (Q) et v+ (Q),
représentée en hachurés, est appelée phase de Berker-Kadanoff. Cette phase est séparée de la
limite de température infinie v = 0 par la courbe de transition antiferromagnétique v+ (Q)
(courbe en trait plein dans la région v ≤ 0), et de la limite v → −∞ par la courbe duale v− (Q)
(représentée en pointillé). Les traits verticaux indiquent les valeurs de Q égales à des nombres
de Beraha, pour lesquelles le diagramme de phase n’est pas correct.
3.3. LIMITE CONTINUE 71
Fig. 3.9 – Diagramme de phase générique du modèle de Potts sur réseau triangulaire dans
le plan (Q, v). La frontière supérieure v+ (Q) de la phase de Berker-Kadanoff est encore mal
connue. On sait simplement que v+ (0) = 0 et on a une évaluation numérique de la pente à
d
l’origine dQ v+ (0) = −0.1753 ± 0.0002 [50].
choisies. De plus, les opérateurs φ1,2l+1 correspondent au secteur à l ponts. Ainsi, K1,2l+1 dans
la limite continue correspond au caractère K1,2l+1 associé à φ1,2l+1 (et ses descendants), donné
par l’Eq. (2.26).
Les caractéristiques du point de BK s’obtiennent en utilisant le fait qu’il est un √ prolonge-
ment
√ du point ferromagnétique dans la zone antiferromagnétique. Ainsi, v vaut − Q au lieu
p
de Q en ce qui concerne le réseau carré, ce qui revient à changer p, p ∈ [2, +∞[ en p′ = p−1 ,
′
√
p ∈ [1, 2], de façon à changer Q √ en son opposé (voir Eq. (1.10)), sans pour autant changer le
poids Q d’un amas puisque Q = ( Q)2 = 4 cos2 ( πp ) (lorsque p parcourt l’intervalle [1, +∞[, Q
parcourt deux fois l’intervalle [0, 4]). En remplaçant p par p′ dans les caractéristiques du point
ferromagnétique, on obtient donc celles du point fixe de BK. Par conséquent, la charge centrale
est [17] :
6(p − 1)2
c=1− , (3.55)
p
et l’opérateur de bord associé au secteur l a pour dimension holomorphe :
l(l − p + 1)
hl = . (3.56)
p
hl correspond donc à h1,2l+1 , en accord avec les résultats de Duplantier et Saleur sur les marches
auto-évitantes [20], puisqu’à l amas non triviaux correspondent 2l boucles non contractibles.
Les points antiferromagnétiques v+ et v− ont la même limite continue, puisqu’ils sont duaux
l’un de l’autre. La charge centrale est [25],[24] :
6
c=2− , (3.57)
p
72 CHAPITRE 3. MODÈLE DE POTTS POUR Q GÉNÉRIQUE
3.3.3 Intégrabilité
Les trois poids sont notés α, β et γ, et sont paramétrés par ρ, λ et u de la façon suivante :
α = ρ sin(λ − u) (3.60)
β = ρ sin(u) (3.61)
γ = ρ sin(λ) (3.62)
ρ est un facteur de normalisation ne jouant pas de rôle, λ est appelé paramètre d’anisotropie,
et u paramètre spectral. La valeur de λ peut être facilement déterminée à partir de δ défini
comme :
α2 + β 2 − γ 2
δ= = − cos λ . (3.63)
2αβ
Il est possible de montrer que pour |δ| < 1, i.e. λ ∈ [0, π], le modèle est critique, et que les
matrices de transfert correspondant à des valeurs différentes de u mais identiques de λ (et donc
δ) commutent. De plus, les exposants associés aux matrices de transfert sont identiques, en
choissant bien le facteur d’isotropie b, introduit dans la sous-section 2.2.5 et qui permet de
normaliser le pas de temps dont avance la matrice de transfert.
D’après l’expression des poids donnée √
Fig. (3.5), on voit que le modèle de Potts à Q états
Q
π
et v = 1 est associé à λ = p , i.e. δ = − 2 , et u = λ2 . On dit que le modèle est isotrope, car
dans ce cas les poids α et β, dont les configurations se déduisent l’une de l’autre par rotation,
coı̈ncident. L’idée pour déterminer les c et les hj est de considérer un modèle avec la même
valeur de λ, mais une valeur de u différente et choisie de manière à simplifier l’expression de
T6V . Le cas u = 0 est pathologique, car correspond à un facteur d’isotropie infini (la matrice de
transfert est triviale : elle réalise juste une ”translation”), mais on peut par contre considérer la
dérivée logarithmique de T6V au voisinage de 0. En choisissant correctement la normalisation
de cet hamiltonien (de manière à avoir l’invariance conforme), on trouve qu’il vaut :
2L−1
!
2 X x x q + q −1 q − q −1
H= y
(σi σi+1 + σiy σi+1 + σiz σi+1
z
)+ (σ1z − σ2L
z
) . (3.64)
p 2 2
i=1
les y correspondant à la position des spins − 21 . Comme Sz est conservé, le nombre n de spins
− 21 , encore appelés ”particules” (pour faire le lien avec les processus de diffusion) [68], est bien
conservé. On appelle l’Eq. (3.65) ansatz de Bethe [64]. L’ansatz pour la forme de f est :
X
f (y1 , . . . , yn ) = ǫP A(kP1 , . . . , kPn ) exp(i(kP1 y1 + · · · + kPn yn )) , (3.66)
P
la somme portant sur toutes les permutations et négations (i.e. changement de signe) des ”im-
pulsions” k, et ǫ changeant de signe à chaque transformation. En effet, en utilisant l’analogie
entre spins − 12 et particules, on cherche des solutions se développant sur une base d’ondes
74 CHAPITRE 3. MODÈLE DE POTTS POUR Q GÉNÉRIQUE
planes d’impulsions k. Ces ondes planes peuvent entrer en collision, ce qui comme le système
est intégrable entraı̂ne juste des permutations entre les impulsions [65], et ”rebondir” sur les
parois, ce qui entraı̂ne des négations des impulsions. On peut ensuite déterminer les expressions
des amplitudes A et les valeurs des niveaux d’énergie, et on trouve bien que dans la limite
L → ∞ le niveau d’énergie fondamental dans le secteur de spin Sz = l vaut :
πc πhl
El = − + , (3.67)
24L L
c et hl ayant été donné précédemment. On a des termes en L1 au lieu de L12 , car il s’agit de
niveaux d’énergie, pas d’énergie par unité de surface, sinon il suffit de diviser H par L.
Chapitre 4
Modèles RSOS
Les modèles de hauteurs sont souvent utilisés en physique statistique. Ils permettent par
exemple de décrire des interfaces [63], ou bien les surfaces de cristaux [59]. Ils sont aussi reliés
à d’autres modèles. Ainsi, le modèle d’Ising antiferromagnétique à température nulle sur réseau
triangulaire peut être appliqué sur un modèle SOS (solid on solid), i.e. un modèle de hauteurs
avec contraintes entre voisins [60].
Nous allons nous intéresser dans ce chapitre à un modèle RSOS (restricted solid and solid),
”restricted” signifiant que les hauteurs ne pouvent prendre qu’un nombre fini p de valeurs. Il
arrive fréquemment que le diagramme spécifiant les contraintes entre hauteurs voisines soit le
diagramme de Dynkin d’une algèbre de Lie ou d’une algèbre de Lie affine. Ces modèles ont été
étudiés par Pasquier [23],[72]. Nous nous limitons dans ce chapitre à des modèles Ap−1 , que
nous présentons dans la section 4.1.
Dans la section 4.2, nous considérons un modèle Ap−1 défini sur le tore. Pasquier, dans [23], a
établi un développement en boucles de la fonction de partition du modèle, à l’aide de diagrammes
caractérisant la topologie des configurations de boucles. Nous exposons ses résultats dans la sous-
section 4.2.1, que nous avons légèrement généralisés dans [21], car Pasquier avait uniquement
considéré le cas d’une température x valant 1. Le fait de considérer une température x quel-
conque permet notamment d’établir des relations de dualité, données dans la sous-section 4.2.2.
Dans [23], Pasquier a comparé des fonctions de partition du modèle RSOS avec celles de modèles
à six vertex, mais uniquement pour x = 1 et dans la limite continue. De plus, il n’a pas comparé
directement le modèle RSOS avec le modèle de Potts (le lien entre les fonctions de partition
du modèle de Potts et du modèle à six vertex étant non trivial sur le tore). Cependant, nous
avons noté que de nombreuses valeurs propres entre les matrices de transfert du modèle RSOS
2
Ap−1 et du modèle de Potts à Q = Bp = 2 cos πp états coı̈ncidaient. Cela nous a donc
conduit à penser qu’il y avait des relations exactes, valables quelle que soit la taille du réseau
et la température, entre les fonctions de partition de ces deux modèles. Ces relations, que nous
avons publiées dans [21], sont données dans les sous-sections 4.2.3, puis 4.2.4 pour les modèles
twistés. Les implications sur les spectres des matrices de transfert sont exposées dans la sous-
section 4.2.5.
Nous terminons ce chapitre en considérant le modèle RSOS avec des CL cycliques/fixées,
en exposant dans la section 4.3.1 les travaux de Saleur et Bauer [18]. Nous donnons la façon de
calculer les fonctions de partition correspondantes, notées χ1,2l+1 . Ces χ1,2l+1 nous permettront
75
76 CHAPITRE 4. MODÈLES RSOS
4.1.1 Définition
Un modèle RSOS (restricted solid on solid) est un modèle de hauteurs hi,n définies sur
l’union du réseau direct et du réseau dual. Les hauteurs peuvent prendre comme valeurs
1, . . . , p−1, et des hauteurs voisines doivent obéir à des contraintes, spécifiées par un diagramme.
Pasquier a considéré le cas où ce diagramme est le diagramme de Dynkin d’une algèbre de Lie
ou de son extension affine [72]. Nous exposons ici ses travaux, mais uniquement sur les modèles
RSOS Ap−1 (car ce sont les modèles que nous avons considérés dans [21]). Cela correspond à
choisir comme contrainte entre voisins ∆h = ±1. A ce diagramme de Dynkin est associée la
matrice d’incidence Gp−1 donnée par :
0 1 0 ··· 0
..
1 0 1 .
.. .. ..
Gp−1 =
0 . . . 0
(4.1)
..
. 1 0 1
0 ··· 0 1 0
car par définition ses éléments de matrice valent 1 s’ils correspondent à des valeurs de hauteurs
qui sont reliées dans le diagramme de Dynkin, et 0 sinon. Cette matrice d’incidence nous sera
particulièrement utile dans la suite, car elle permet de dénombrer simplement le nombre de
configurations de hauteurs possibles à un instant donné, en voyant le problème comme une
marche aléatoire sur le diagramme de Dynkin. Nous rappelons donc les principales propriétés
de cette matrice. Ses valeurs propres λk sont :
kπ
λk = 2 cos , (4.2)
p
(1)
Les composantes Sh du vecteur propre associé à λ1 seront simplement notées Sh dans la suite.
Le poids d’une configuration de hauteurs est égal au produit des poids de chacune des
plaquettes constituées de quatre hauteurs. Andrews, Baxter et Forrester ont étudié en détail le
cas où le poids w(a, b, c, d) (les hauteurs étant ordonnées dans le sens trigonométrique à partir
4.1. PRÉSENTATION DU MODÈLE RSOS 77
h 2i−1
h 2i h’2i
h 2i+1
Fig. 4.1 – Représentation graphique de Vi = I + xe2i . Les sites directs, resp. duaux, sont des
cercles pleins, resp. vides. Les liens coloriés dans la représentation en amas sont indiqués par
des lignes. L’action de I, resp. e2i , correspond à la partie gauche, resp. droite, de la figure.
4.1.2 Généralisation
Dans notre article [21], nous avons généralisé le modèle RSOS au cas où x est différent de
1. Pour cela, écrivons la matrice de transfert T lorsque les poids sont donnés par l’Eq. (4.10).
T a la même forme que celle du modèle de Potts à Bp états et à la température x = 1 :
L
T = Q 2 HL . . . H2 H1 VL . . . V2 V1 . (4.11)
L S
Le facteur Q 2 correspond à ajouter un facteur global de Q 2 à la fonction de partition, ce qui
simplifiera les résultats. Les opérateurs agissent sur l’espace des états des 2L hauteurs à un
temps donné |h1 , . . . , h2L i, qui est de dimension compte tenu √des contraintes RSOS Tr[G2L p−1 ].
Pour L grand, comme la plus grande valeur propre de Gp−1 est Q, la dimension est équivalente
à QL . Cela nous permettra de comprendre pourquoi il faut utiliser la représentation en hauteurs
et non en boucles pour étudier le diagramme de phase du modèle de Potts à Bp états. Les Vi et
Hi sont des opérateurs ajoutant respectivement des liens verticaux et horizontaux sur le réseau
direct. Pour le réseau sur lequel sont définies les hauteurs, Vi correspond à ajouter une face,
délimitée par deux sites directs et deux sites duaux, voir Fig. (4.1), Hi jouant un rôle analogue à
condition d’échanger sites directs et duaux. Ces opérateurs s’expriment en fonction d’opérateurs
ei formant une algèbre de Temperley-Lieb :
Hi = I + e2i−1 (4.12)
Vi = I + e2i . (4.13)
En utilisant l’Eq. (4.10), on trouve que l’action des opérateurs ei est donnée par [23] :
ei |h1 , . . . , hi−1 , hi , hi+1 , . . . , h2L >
1
X (Shi )(Sh′ ) 2
= δ(hi−1 , hi+1 ) i
|h1 , . . . , hi−1 , h′i , hi+1 , . . . , h2L > . (4.14)
Shi−1
h′i
ei est donc un opérateur permettant de changer la i-ème hauteur, à condition que les i − 1-ème
et i + 1-ème hauteurs aient la même valeur. Nous avons donc encore une représentation de
l’algèbre de TL, en l’occurrence une représentation en hauteurs. Il est donc naturel d’introduire
le paramètre x en posant :
Hi = x I + e2i−1 (4.15)
Vi = I + x e2i . (4.16)
4.2. CAS DES CL TOROÏDALES 79
Fig. 4.2 – Une configuration d’amas sur le tore 6 × 6. Les sites directs, resp. duaux, sont des
cercles pleins, resp. vides. Il y a six amas directs et quatre amas duaux. Il y a un amas direct
(en bleu) et un amas dual (en rouge) qui sont non-triviaux, i.e. qui ne sont pas homotopes à un
point.
Nous allons dans la prochaine section montrer que le modèle RSOS à p valeurs possibles pour
les hauteurs et de paramètre x est équivalent, à des termes topologiques près, au modèle de
Potts à Q = Bp états et à la température x.
Nous exposons ici les travaux de Pasquier [23], que nous avons légèrement généralisés au cas
de x quelconque dans notre article [21]. Comme dans le cas du modèle de Potts, on peut effectuer
un développement en amas de la fonction de partition ZRSOS = Tr[TRSOS N ], en associant à I un
trait vertical et à ei un trait horizontal. Une configuration possible d’amas est représentée dans
la Fig. (4.2). Notons qu’il suffit de donner la configuration d’amas sur le réseau direct, comme
la configuration d’amas sur le réseau dual est alors fixée (par les règles de dualité habituelles).
La contribution d’une configuration d’amas à la fonction de partition ZRSOS du modèle RSOS
consiste en :
S L
1. un facteur global de Q 2 , provenant du préfacteur Q 2 de l’Eq. (4.11),
2. un facteur de x pour chaque lien direct colorié,
3. un facteur indépendant de x, fonction uniquement de la topologie des amas directs et
duaux, qu’on note w.
Pour déterminer le poids w, on utilise un diagramme de Pasquier, représenté Fig. (4.3).
Les règles pour tracer le diagramme de Pasquier associé à une configuration d’amas sont les
suivantes. Chaque amas est représenté par un site. Les sites correspondant à des amas voisins,
i.e. ayant une frontière en commun (on rappelle que les boucles sont définies sur le réseau médial
80 CHAPITRE 4. MODÈLES RSOS
et délimitent les amas) sont reliés par un lien orienté. Notons que parmi deux amas voisins, l’un
est forcément direct et l’autre dual. L’orientation du lien est choisie telle que si le lien est dirigé
du site A au site B, alors la boucle commune entoure l’amas A et est entourée par l’amas B
(l’amas B est plus ”grand” que l’amas A). On définit les degrés bin et bout d’un amas donné
respectivement comme le nombre de frontières entourées par l’amas et entourant l’amas. On
n’oriente pas les liens reliant des amas non triviaux, car dans ce cas cette notion n’a pas de
sens. Le diagramme de Pasquier a la structure suivante :
1. le diagramme est bicoloriable : on représente les amas directs, resp. duaux, par des cercles
pleins, resp. vides.
2. les sites correspondant à des amas non triviaux et les liens non orientés forment un cycle.
On définit l’ordre n du diagramme comme le nombre de liens non orientés. D’après la
propriété précédente, n est pair. Si n = 0 le diagramme est dégénéré : il n’y a qu’un seul
amas non trivial, direct ou dual. Si n est non nul, il y a n2 amas non triviaux directs et n2
amas non triviaux duaux.
3. chaque site correspondant à un amas non trivial est la racine d’un arbre (possiblement
inexistant), dont les sites correspondent à des amas triviaux et dont les liens sont dirigés
vers la racine. En effet, les amas non triviaux ont une unique frontière externe, et donc
ont tous bout = 1.
Déterminons maintenant le poids w associé à une configuration d’amas. Il faut sommer la
partie du poids correspondant à la configuration d’amas sur toutes les configurations de hauteurs
compatibles avec cette dernière. w peut être déterminé à l’aide du diagramme de Pasquier, en
utilisant la matrice d’incidence Gp−1 . Le poids d’un amas de hauteur h fixée est Shbout −bin . Il
reste à effectuer la sommation sur les valeurs possibles des hauteurs. Pour cela, on considère le
diagramme obtenu en enlevant une branche à l’une des extrémités d’un arbre du diagramme, et
on appelle w′ le poids correspondant. En notant j la hauteur du site supprimé et i celle de son
parent, et wi′ le poids w′ lorsque la hauteur du parent est fixée à i (w′ = p−1 ′
P
i=1 i ), on démontre
w
la relation suivante entre w et w :′
p−1
X p−1
X p−1
X
wi′ −1
wi′ (Si )−1 Q Si
p
w = (Si ) (Gp−1 )ij Sj = (4.17)
i=1 j=1 i=1
p−1
X
wi′ Q w′ .
p p
= Q= (4.18)
i=1
4.2. CAS DES CL TOROÏDALES 81
Pour écrire la première égalité, on a tenu compte du fait que la hauteur j était supprimée
dans wi′ , et que bin pour la hauteur i diminuait de 1 lorsqu’on passe de w à w′ . La contrainte
RSOS entre les hauteurs voisines i et j a été implémentée à l’aide de la matrice d’incidence
√
Gp−1 . Ensuite, on a utilisé que (Sj ) est un vecteur √propre de Gp−1 , de valeur propre Q. Après
sommation sur i, on obtient le résultat final √ w = Q w′ . En itérant le processus, on en déduit
que toutes les boucles triviales ont un poids Q, comme pour le développement en boucles du
modèle de Potts, et ainsi que :
l−n
w = Q 2 wc , (4.19)
où l est le nombre de boucles de la configuration, i.e. le nombre total de liens du diagramme
de Pasquier, et donc l − n est le nombre de boucles triviales, i.e. le nombre de liens situés dans
les arbres du diagramme de Pasquier. wc est le poids du cycle du diagramme de Pasquier, et
correspond aux boucles non triviales. Nous allons maintenant voir que les poids des boucles non
triviales sont différents entre le modèle RSOS et le modèle de Potts.
Comme les amas non triviaux ont un poids 1 pour une hauteur fixée, wc est simplement
égal au nombre de configurations de hauteurs compatibles avec le cycle. Il est donc égal au
nombre de chemins fermés de n pas sur le diagramme de Dynkin :
p−1 n
X kπ
wc = Tr[Gnp−1 ] = 2 cos , (4.20)
p
k=1
où l’on a utilisé l’expression des valeurs propres de Gp−1 , donnée par l’Eq. (4.2) (il n’est pas
à priori évident que le terme de droite est un entier). Notons que contrairement au cas des
boucles triviales, toutes les valeurs propres de Gp−1 contribuent, et qu’on ne peut pas en général
interpréter wc comme un produit de poids individuels de boucles.
4.2.2 Dualité
Le fait d’avoir considéré le modèle RSOS pour n’importe quelle température x permet
d’écrire des relations de dualité, comme nous l’avons expliqué dans [21]. A cause des contraintes
RSOS, les hauteurs situées sur le réseau dual ont une parité fixée et opposée à celle des hau-
even (x) et Z odd (x), les fonctions de
teurs situées sur le réseau direct. On peut donc définir ZRSOS RSOS
partition du modèle RSOS avec respectivement des hauteurs duales paires et impaires. On a
simplement ZRSOS (x) = ZRSOS even (x) + Z odd (x). Comparons les poids des diagrammes de Pas-
RSOS
even (x) et Z odd (x). Comme les boucles triviales ont un poids
√
quier dans ZRSOS RSOS Q (l’argument
donné précédemment n’est pas modifié), il suffit de considérer le poids wc des cycles.
Dans le cas d’un diagramme non dégénéré, i.e. d’ordre n 6= 0, les nombres d’amas non
triviaux directs et duaux sont égaux, n = 2k étant pair. wceven , poids du cycle dans ZRSOS even (x), est
égal au nombre de configurations de hauteurs compatibles avec le cycle et paires lorsqu’elles sont
duales. Il s’agit donc des configurations de hauteurs {h1 , h2 , . . . , h2k } telles que hi = 1, 2, . . . , p−1
et |hi+1 − hi | = ±1, avec h1 pair (i étant défini modulo 2k, et i = 1 correspondant à une hauteur
duale). En changeant la numérotation des amas du cycle i → i + 1 (mod 2k), chacune de ces
configurations de hauteurs est associée bijectivement à une configuration de hauteurs compatible
avec h1 impair. Par conséquent, wceven = wcodd = w2c pour un cycle non dégénéré.
L’argument ne s’applique plus pour un cycle dégénéré, car il n’y a alors qu’un seul amas
non trivial, percolant selon les deux directions du tore. En comptant simplement le nombre de
82 CHAPITRE 4. MODÈLES RSOS
si l’amas non trivial est direct. S’il est dual, il suffit de permuter wceven et wcodd .
Dans le cas où p est impair, wceven = wcodd pour tous les cycles, et donc
even odd
ZRSOS (x) = ZRSOS (x) pour p impair . (4.22)
Ce résultat peut se prouver de façon directe en notant que le modèle RSOS est invariant sous la
transformation h → p − h, car Sh = Sp−h . Pour p impair, cette transformation change la parité
des hauteurs, et on en déduit l’Eq.(4.22), ainsi qu’une égalité plus forte portant sur les matrices
even = T odd . En revanche, pour p pair, cette transformation ne change
de transfert, à savoir TRSOS RSOS
even 6= T odd , les deux matrices n’ayant même pas des dimensions
pas la parité, et donc TRSOS RSOS
égales. Elle impose juste des contraintes au sein d’un secteur de parité donné.
On peut cependant, quelle que soit la parité de p, écrire une relation de dualité plus faible
que l’Eq.(4.22) :
even
ZRSOS (x) = xB ZRSOS
odd
(x−1 ) , (4.23)
ce qui implique comme corollaire que l’Eq.(4.22) pour x = 1 est vérifiée aussi pour p pair.
Pour prouver l’Eq. (4.23), on note que chaque configuration d’amas est en bijection avec une
configuration d’amas ”décalée”, obtenue en fixant les liens coloriés et en décalant le réseau d’un
demi pas selon les deux directions, i.e. en échangeant les sites directs et duaux. La configuration
décalée a le même diagramme de Pasquier que la configuration de départ, excepté que les
sites directs et duaux sont échangés, et donc leur parité aussi. Par conséquent, wceven de la
configuration initiale est égal à wcodd de la configuration décalée et vice versa, ce qui implique
l’Eq. (4.23), le facteur xB et le fait que ZRSOS odd soit évaluée en x−1 permettant d’avoir des
puissances de x identiques des deux côtés, car le nombre total de liens coloriés, directs et
duaux, vaut B.
En soustrayant l’Eq. (4.23) avec la même Eq. où x est remplacé par x−1 , on obtient une
even − Z odd :
relation de dualité pour ZRSOS RSOS
even odd
ZRSOS (x) − ZRSOS (x) = −xB (ZRSOS
even
(x−1 ) − ZRSOS
odd
(x−1 )) . (4.24)
Les membres de gauche et de droite de l’égalité ne sont non nuls que pour p pair. Nous allons
even − Z odd est égal à une différence de fonctions de partition du
maintenant montrer que ZRSOS RSOS
modèle de Potts.
√ Nous avons vu sous-section 1.2.3 que pour un réseau planaire, les boucles avaient un poids
Q dans le développement en boucles du modèle de Potts :
S X p l(G′ ) ′
ZPotts = Q 2 Q xb(G ) (4.25)
G′
la somme porte sur les configurations d’amas G′ , et l(G′ ) est le nombre de boucles (frontières)
entourant ces amas. Cette équation avait été obtenue en utilisant la relation d’Euler l(G′ ) + S =
4.2. CAS DES CL TOROÏDALES 83
2 n(G′ )+b(G′ ), voir Eq. (1.14). Cependant, le réseau considéré ici n’est pas planaire, puisqu’on a
des CL toroı̈dales. La relation d’Euler doit alors être modifiée pour les configurations dégénérées
où l’amas non trivial est direct (i.e. est défini sur le réseau direct) en 2+l(G′ )+S = 2n(G′ )+b(G′ ),
et reste inchangée pour les autres. Le développement en boucles pour des CL toroı̈dales a donc
pour expression :
S X p l(G′ )+η(G′ ) ′
ZPotts = Q 2 Q xb(G ) , (4.26)
G′
où η(G′ ) vaut 2 pour une configuration dégénérée avec un amas direct percolant dans les deux
directions, et 0 pour les autres configurations.
En considérant les poids d’un diagramme de Pasquier dans les deux modèles, on montre
pour p pair que :
even odd
(Q − 1)(ZRSOS − ZRSOS ) = ZPotts (x) − xB ZPotts (x−1 ) . (4.27)
Cette équation est fausse pour p impair, puisque dans ce cas le membre de gauche est nul, tandis
que le membre de droite ne l’est pas. Supposons p pair, et comparons les poids des diagrammes
dans les deux membres. Si le diagramme est non dégénéré, nous avons vu que son poids à gauche
est nul, et c’est aussi le cas à droite, car les configurations originale et décalée ont même nombre
l de boucles et même valeur nulle de η. Si le diagramme est dégénéré, avec un amas non trivial
l
direct, sa contribution à gauche est (Q−1) Q 2 , car d’après l’Eq. (4.21), wceven −wcodd = 1. Comme
la configuration originale a η = 2, tandis que la configuration décalée a η = 0, la contribution à
l+2 l
droite vaut Q 2 − Q 2 , et est bien égale à celle de gauche. Si le diagramme est dégénéré, avec
un amas non trivial dual, on montre qu’il y a égalité par un raisonnement similaire (il y a un
changement de signe des deux côtés), ce qui finit de prouver l’Eq. (4.27).
L’Eq. (4.27), bien que tautologique au niveau du point autodual x = 1, permet tout de
même d’obtenir des résultats non triviaux pour cette valeur de x, par dérivation par rapport à
x et évaluation en x = 1. Par example, en dérivant une fois, on obtient :
hbieven odd
RSOS − hbiRSOS = 2 ZPotts ((Q − 1) ZRSOS )
−1
(hbiPotts − hbD iPotts ) , (4.28)
où bD = B − b est le nombre de liens duaux coloriés. Les dérivées d’ordre supérieur donnent
des relations entre les moments d’ordre supérieur de b et bD . L’Eq. (4.23) donne des résultats
analogues par cette procédure, par example :
hbieven odd
RSOS = hbD iRSOS (4.29)
qui peut être prouvé directement en considérant les configurations décalées.
Afin de pouvoir étudier les modèles twistés, discutons plus dans le détail la topologie des
amas non triviaux sur le tore. Cela nous servira également au chapitre 6, lorsque nous étudierons
le modèle de Potts avec des CL toroı̈dales. Considérons d’abord le cas non dégénéré, correspon-
dant à un nombre de boucles non triviales n 6= 0. Chacune des frontières séparant deux amas
non triviaux est une boucle non triviale et autoévitante. En orientant cette boucle de façon
arbitraire, on peut la caractériser par une paire d’entiers (i1 , i2 ), où i1 et i2 indiquent respec-
tivement combien de fois elle traverse les directions principales horizontale et verticale du tore
dans le sens positif. Nous utilisons deux résultats essentiels [29] :
84 CHAPITRE 4. MODÈLES RSOS
1. |i1 | et |i2 | sont copremiers, et donc en particulier ont des parités différentes.
2. les orientations relatives des boucles peuvent être choisies de manière à ce que toutes les
boucles aient le même (i1 , i2 ). Cela s’explique par le fait que des boucles distinctes d’une
configuration donnée ne peuvent se couper, et donc ont la même topologie. De plus, par
un choix global d’orientation, on peut supposer que i1 ≥ 0. Dans la suite, on supposera
également que i2 ≥ 0, car on peut changer le signe de i2 en considérant une image par
un miroir de la configuration de départ, cette transformation laissant son poids inchangé
dans les deux modèles.
Par extension, on définit la classe d’homotopie des amas non triviaux par la paire (i1 , i2 )
caractérisant les boucles. Par exemple, les amas percolant seulement horizontalement corres-
pondent à (1, 0), et ceux percolant seulement verticalement à (0, 1). Il y a des amas d’homotopie
plus complexe, qui ont à la fois i1 et i2 non nuls. Notons d’ailleurs que si l’un des indices est
supérieur à deux, alors l’autre est forcément non nul. Dans le cas dégénéré, toutes les boucles
sont triviales, et donc la classe d’homotopie de l’amas non trivial est (0, 0).
Nous allons maintenant twister le modèle RSOS. Cela se fait en changeant les valeurs des
hauteurs par traversée d’une ligne de coupure horizontale et déformable localement (sa classe
d’homotopie est donc (1, 0)). Le modèle étant invariant sous h → p − h, on définit le twist de
cette façon (on se limite ici au cas où le twist est une symétrie du modèle, mais ce n’est pas
obligatoire [85]), et uniquement pour p pair, car les hauteurs directes et duales doivent avoir des
parités fixées et opposées afin de satisfaire la contrainte RSOS. Ce twist est appelé Z2 car en
traversant deux fois la ligne de coupure, on revient à la valeur initiale de la hauteur : on exploite
la symétrie sous Z2 du diagramme de Dynkin Ap−1 . Ces nouvelles CL transverses changent √ les
poids des diagrammes de Pasquier. Les boucles triviales ont toujours un poids de Q, car on
peut déformer la ligne de coupure de manière à les éviter. Seul le poids wc des cycles est modifié.
Considérons d’abord le cas non dégénéré n 6= 0. Si un amas non trivial a i2 impair, alors
sa hauteur est fixée par h = p − h, et vaut donc p2 . Mais comme n ≥ 2, il y a au moins à la fois
un amas direct et un amas dual percolant, et comme ils ne peuvent pas avoir la même valeur
de hauteur à cause de la contrainte RSOS. Par conséquent, les diagrammes non dégénérés avec
i2 impair ont un poids nul avec les CL Z2 twistées. Supposons maintenant que i2 est pair. Le
poids du cycle est donné par [21] :
Jp−1 implémente le saut de h → p − h dû à la ligne de coupure. Les matrices Gp−1 et Jp−1
commutent, comme on peut le vérifier directement, donc la position de Jp−1 dans l’Eq. (4.30) n’a
pas d’importance. Cela est relié au fait que la ligne de coupure peut être déformée localement.
Pour évaluer wcZ2 , on utilise les valeurs propres de Gp−1 et Jp−1 . Jp−1 commutant avec Gp−1 ,
(k)
il a les mêmes vecteurs propres |vk >, de composantes Sh , h = 1, 2, . . . , p − 1. Comme les
4.2. CAS DES CL TOROÏDALES 85
|vk > pour k impair, resp. pair, sont symétriques, resp. antisymétriques, sous la transformation
h → p − h, les valeurs propres de Jp−1 valent (−1)k+1 . wcZ2 a donc pour expression :
p−1 n
X kπ
wcZ2 = (−1)k+1
2 cos pour n 6= 0 . (4.32)
p
k=1
Dans le cas dégénéré, wcZ2 = 1, car la valeur des hauteurs situées sur l’amas non trivial est fixée
à p2 .
Comme pour le modèle non twisté, on peut considérer des secteurs de parité donnée pour
les amas directs et duaux. Le poids des boucles triviales est alors inchangé, tandis que les poids
des cycles non dégénérés sont donnés par :
wcZ2
wceven,Z2 = wcodd,Z2 = (4.33)
2
pour des raisons analogues au cas du modèle non twisté. Dans le cas dégénéré, n = 0, en
dénombrant les valeurs possibles des hauteurs, on trouve pour un amas non trivial direct :
p p
wceven,Z2 = mod 2, wcodd,Z2 = 1 − mod 2 . (4.34)
2 2
Pour un amas dual, il faut échanger les exposants even et odd. En comparant les Eq. (4.21)
et (4.34), on démontre la relation suivante entre les modèles twisté et non twisté :
p
even odd even,Z2 odd,Z2
ZRSOS (x) − ZRSOS (x) = (−1) 2 +1 ZRSOS (x) − ZRSOS (x) pour p pair . (4.35)
On peut également twister le modèle de Potts. Considérons d’abord les cas où Q est entier
(et nombre de Beraha) afin de pouvoir utiliser la représentation en spins. Pour p = 4, i.e. pour
Z2
le modèle d’Ising, on définit ZIsing en introduisant une ligne de coupure horizontale au delà de
laquelle l’état des spins est changé, ce qui est un twist de type Z2 . Pour p = 6, i.e. pour Q = 3,
on a deux façons indépendantes de twister le modèle, car il y a trois états de spin possibles.
Z2
ZQ=3 correspond à échanger les états 1 et 2 de spin par traversée de la ligne de coupure, tandis
Z3
que l’état 3 est invariant. ZQ=3 correspond à permuter cycliquement les trois états de spin : il
s’agit d’un twist Z3 car après trois traversées de la ligne de coupure on revient à l’état de départ.
Z2 Z3
Pour généraliser les définitions de ZQ=3 et ZQ=3 aux valeurs de Q non entières, on raisonne dans
Z2
la représentation en amas. Dans ZQ=3 , les amas directs non triviaux avec i2 impair et les cycles
dégénérés avec un amas direct percolant ont un poids 1, tandis que les autres amas directs ont
un poids Q (on rappelle que dans la représentation en amas du modèle de Potts, seuls les amas
Q0 =1
directs ont des poids non triviaux). On définit ZPotts de cette façon pour n’importe quelle valeur
Q0 =0 Z3
de Q. De même, ZPotts , extension de ZQ=3 , correspond à donner un poids nul aux amas directs
non triviaux avec i2 copremier avec 3 et aux cycles dégénérés avec un amas direct percolant, et
un poids Q aux autres amas directs.
Q0 =1
ZPotts vérifie la relation de dualité suivante :
Q0 =1 Q0 =1 −1
ZPotts (x) = xB ZPotts (x ) , (4.36)
car le poids d’un cycle dégénéré est toujours 1, que l’amas soit direct ou dual, ce qui explique
pourquoi l’Eq. (4.36) est maintenant vraie, tandis qu’elle était fausse pour le modèle non twisté
86 CHAPITRE 4. MODÈLES RSOS
Q0 =0
à cause des diagrammes de Pasquier dégénérés. Pour ZPotts , on a une relation de dualité de la
forme :
Q0 =0 Q0 =0 −1
ZPotts (x) − xB ZPotts (x−1 ) = −(Q − 1) ZPotts (x) − xB ZPotts (x ) pour p pair . (4.37)
En effet, les deux membres de l’égalité sont non nuls uniquement à cause des diagrammes de
Pasquier dégénérés, et donc en comparant les poids des cycles dans les modèles twisté et non
twisté on obtient l’Eq. (4.37). En combinant cette équation avec l’Eq. (4.27), on obtient une
relation entre ce modèle twisté et le modèle RSOS :
even Q0 =0 Q0 =0 −1
ZRSOS (x) − xB ZRSOS
odd
(x) = − ZPotts (x) − xB ZPotts (x ) pour p pair . (4.38)
Notons que toutes ces relations sont correctes uniquement grâce au poids Q0 choisi pour les
cycles dégénérés contenant un amas direct. Par conséquent, un autre modèle avec la même
valeur de Q0 mais d’autres poids pour les autres amas vérifierait ces équations. Pour Q = 3, on
a une relation supplémentaire entre les deux modèles, qui peut se démontrer en considérant les
poids de tous les types possibles de diagrammes de Pasquier et l’expression explicite des valeurs
propres de G5 :
even even,Z2 Z2
ZRSOS (x) + ZRSOS (x) = ZQ=3 (x) + ZQ=3 (x) . (4.39)
Nous avons établi diverses relations entre les fonctions de partition de plusieurs modèles
différents, mais qui se ”ressemblent”. Une illustration frappante de cette ressemblance consiste
à comparer les valeurs propres des matrices de transfert des modèles, par exemple pour Q = 3.
Elles sont données Table 4.1 pour une largeur L = 2. Tspin est la matrice de transfert du modèle
dual est définie par :
de Potts dans la représentation en spins, et Tspin
dual
Tspin (x) = x2L Tspin (x−1 ) , (4.40)
Tab. 4.1 – Spectre des matrices de transfert des différents modèles considérés pour Q = 3,
soumis à des CL transverses periodiques (I) ou twistées (Z2 et Z3 ). La première colonne donne
les énergies libres βfi = −L−1 log(Λi ), pour une largeur L = 2 et une température x = 5. Les
colonnes suivantes donnent les multiplicités de chaque fi . Une multiplicité égale à 0 veut dire que
Λi n’est pas une valeur propre de la matrice de transfert considérée. La somme des multiplicités
dans une colonne donnée est égale à la dimension de la matrice de transfert correspondante.
88 CHAPITRE 4. MODÈLES RSOS
les secteurs pair et impair du modèle RSOS, car ZRSOS even et Z odd ne différaient qu’à cause des
RSOS
diagrammes dégénérés, qui ont une probabilité nulle dans la géométrie considérée. On peut ainsi
écrire que :
even odd
ZRSOS ≃ 2ZRSOS ≃ 2ZRSOS . (4.41)
En effet, les valeurs propres maximale et minimale dans l’Eq. (4.20) diffèrent juste par√un signe
n
(ce qui n’a pas de conséquence vu que n est pair) et donc plus précisément wc ≃ 2 Q . De
dual sont identiques, les diagrammes dégénérés
même, les valeurs propres dominantes de Tspin et Tspin
ne contribuant pas pour N → ∞.
Non seulement il y a égalité entre les valeurs propres dominantes de ces quatre matrices
de transfert, mais aussi entre de nombreuses valeurs propres sous-dominantes, parfois avec des
multiplicités différentes. Cela est une conséquence des relations entre fonctions de partition
établies précédemment. Considérons par exemple l’Eq. (4.27). Les fonctions de partition, étant
données par des traces de matrices de transfert (on ne considère pas ici la matrice de transfert
dans la représentation en amas), s’écrivent sous la forme :
X
Z(x) = αi (Λi (x))N , (4.42)
i
où pour une largeur L donnée, les Λi (x) sont les valeurs propres de la matrice de transfert
correspondante et les αi leurs multiplicités. L’Eq. (4.27), étant valable pour tout N , impose des
contraintes sur les multiplicités. Ainsi, pour toute valeur propre, on doit avoir :
Pour finir, considérons le cas très particulier du modèle d’Ising (Q = 2), pour lequel il y a
des égalités exactes entre matrices de transfert. Par exemple, dans TRSOS even , les hauteurs directes
sont fixées à 2, tandis que les hauteurs duales peuvent prendre des valeurs égales à 1 ou 3. Les
hauteurs duales définissent donc bijectivement des variables de spin d’Ising σi = 1 ou 2 sur le
réseau dual. De plus, les poids des plaquettes correspondent exactement aux poids d’un modèle
d’Ising sur le réseau dual à la température x. Le réseau carré étant autodual, on en déduit que :
even
TRSOS (x) = Tspin (x) , (4.44)
Le twist Z2 du modèle RSOS étant en correspondance avec le twist Z2 du modèle d’Ising (CL
transverses antipériodiques sur les spins), on a également des relations entre modèles twistés :
even,Z2 Z2 odd,Z2 dual,Z2
TRSOS (x) = Tspin (x), TRSOS (x) = Tspin (x) . (4.46)
Pour x = 1, on peut déterminer quels sont les opérateurs des théories en diagonalisant les
matrices de transfert pour différentes valeurs de L. Considérons le cas Q = 3. TRSOS correspond
au modèle minimal M6,5 (secteurs holomorphe et antiholomorphe couplés trivialement), tandis
que Tspin pour Q = 3 correspond à un couplage non trivial, comme expliqué au chapitre 2, et
en particulier les dimensions forment un sous-ensemble de la table de Kac du modèle minimal.
Lorsqu’on réalise le twist Z2 sur le modèle RSOS, défini seulement pour p pair, l’opérateur
p2 −4
de désordre correspondant est φ p , p , de dimension conforme h p , p = 16p(p−1) . En effet, dans
2 2 2 2
Z2
ZRSOS
la limite N → ∞, ZRSOS est proportionnel à la probabilité d’avoir un amas percolant dans la
direction horizontale, et donc à la fonction de corrélation des spins (dans le modèle de Potts)
ou des hauteurs (dans le modèle RSOS). En utilisant les résultats du chapitre 2, on en déduit
que l’opérateur de désordre est φ p , p .
2 2
Pour Q = 3 (p = 6), nous avons également étudié le modèle de Potts twisté, de type Z2 ou
Z3 . Nous avons trouvé que les twists Z2 et Z3 correspondent respectivement à φ2,2 de dimension
1
holomorphe h2,2 = 40 et φ4,4 de dimension h4,4 = 81 . Notons que ces opérateurs ne sont pas
présents dans le modèle de Potts à trois états, mais ce n’est pas gênant puisque les opérateurs
de désordre sont des opérateurs non locaux.
Le cas où les CL transverses sont fixées a été étudié par Saleur et Bauer [18], et nous
exposons ici leurs travaux. Supposons que les hauteurs valent a d’un côté et c de l’autre (c−a est
forcément pair car il y a 2L hauteurs pour un temps donné), et que les CL longitudinales restent
périodiques. Exprimons la fonction de partition Za,c correspondante. Comme la géométrie est
cyclique, il n’y a cette fois qu’un seul type d’amas non trivial, à savoir les amas percolant
90 CHAPITRE 4. MODÈLES RSOS
horizontalement. De plus, la structure des diagrammes de Pasquier est changée, le cycle des
amas non triviaux n’étant plus fermé, mais ouvert. Cependant, on peut faire les mêmes types
de raisonnement que dans la section précédente.
√ Pour une configuration d’amas donnée, les
boucles triviales ont toujours un poids Q, tandis que le poids wc correspondant aux amas
non triviaux, supposé en nombre n + 1 (de manière à avoir n boucles), est égal au nombre de
chemins de n pas allant de a à c sur le diagramme de Dynkin Ap−1 . wc est donc égal à :
p−1
X
wc =< c|Gnp−1 |a >= Sc(k) Sa(k) (λk )n . (4.47)
k=1
Il est particulièrement instructif d’exprimer Za,c en fonction des K1,1+2l introduits chapitre
3. Pour cela, on se rappelle que chaque boucle non contractible peut être orientée
Pet va contribuer
n
i=1 ǫi
au spin Sz . Ainsi, en notant ǫi = ±1 l’orientation de chaque boucle, on a Sz = 2 . On utilise
un raisonnement analogue au cas du modèle de Potts avec CL cycliques discuté au chapitre 3.
Pour donner le poids de l’Eq. (4.47) aux boucles non triviales, on écrit que :
n
!
X πk X
cos ǫi = (λk )n , (4.48)
ǫ
p
i i=1
(k)
où les coefficients Nl valent :
l
(k)
X 2πmk
Nl = cos (4.51)
p
m=−l
P Notons
a,c
que l’expression de Za,c donnée dans l’Eq. (4.50) peut se mettre sous la forme
a,c
N
l l χ 1,2l+1 , où les Nl sont des entiers, qui est une généralisation de l’Eq. (2.43) pour un
réseau discret et à une température quelconque. En particulier, si a vaut 1, alors Saleur et Bauer
ont montré que Z1,c vaut simplement χ1,2l+1 , avec c = 2l + 1. Nous verrons dans le prochain
chapitre que les décompositions en K1,2l+1 du modèle de Potts, exposées dans le chapitre 3,
se recombinent à p entier en décompositions en χ2l+1 . Le résultat précédent nous permet de
calculer simplement ces quantités.
4.3. MODÈLE RSOS AVEC CL FIXÉES 91
h1 = 1
h2 • • • •
h3
h4 • • • •
h5
Fig. 4.4 – Réseau RSOS (lignes pleines) et conventions de numérotation pour les hauteurs pour
un réseau carré de largeur L = 2 (en pointillés). La flèche indique la direction de propagation
de la matrice de transfert.
Nous détaillons ici la manière de calculer numériquement les χ1,2l+1 (p, L, N, x) pour des
valeurs données de p entier, de la largeur L, de la longueur N et de la température x. D’après
le résultat de la sous-section précédente, on a :
où T1,2l+1 (p, L, x) est la matrice de transfert du modèle RSOS Ap−1 , pour une largeur L et une
température x, avec les hauteurs fixées de chaque côté à 1 et 2l + 1. Il faut bien noter qu’il s’agit
d’une trace standard, les CL longitudinales étant périodiques. T1,2l+1 agit sur l’espace engendré
par les vecteurs |h1 , h2 , . . . , h2L+1 i, avec h1 et h2L+1 fixées respectivement à 1 et 2l + 1. Pour
déterminer sa dimension, il suffit donc de dénombrer le nombre de marches aléatoires de 2L
pas sur Ap−1 commençant par 1 et finissant à 2l + 1. En raisonnant avec les valeurs propres
de Gp−1 , on trouve une expression analogue à l’Eq (4.47) en remplaçant n par 2L. Une autre
méthode, que nous avons donnée dans l’appendice de [22], consiste à dénombrer directement
ces marches. Nous verrons dans le chapitre suivant une méthode algébrique permettant de
déterminer de façon simple cette dimension. Asymptotiquement, d’après l’Eq (4.47), elle est
d’ordre QL . Effectivement, les T1,2l+1 nous permettront de calculer la fonction de partition du
modèle de Potts à p entier avec des CL cycliques. Les conventions choisies sont représentées
dans les Fig. (4.4) et (4.5).
92 CHAPITRE 4. MODÈLES RSOS
h1 = 1
h2 • • • •
h3
h4 • • • •
h5
Fig. 4.5 – Réseau RSOS (lignes pleines) et conventions de numérotation pour les hauteurs
pour un réseau triangulaire de largeur L = 2 (en pointillés). La flèche indique la direction de
propagation de la matrice de transfert.
Chapitre 5
Nous considérons maintenant à proprement parler le modèle de Potts, avec des CL cycliques,
lorsque le nombre d’états Q vaut un nombre de Beraha Bp = 4 cos πp . Les développements
2
1. Le diagramme de phase étant modifié, xBK reste-t-il un point fixe ? Et si oui, quelles sont
ses propriétés ?
2. Dans le diagramme de phase générique, la ligne chromatique x = − √1Q ne joue pas de rôle
particulier pour un réseau carré, mais est une ligne intégrable pour un réseau triangulaire,
comme l’a montré Baxter [94],[95]. x = − √1Q joue-t-il un rôle particulier pour p entier ?
En particulier, on sait que pour un réseau triangulaire et Q = 2 (p = 4), il correspond à
un point critique de charge centrale 1, la limite continue étant celle d’un champ gaussien
libre [96],[60],[59]. Pour Q = 3 (p = 6), il correspond à un point non critique, la fonction
de partition Z étant triviale et égale à 3 (le réseau triangulaire est tricoloriable). Pour
Q = 4 (p = ∞), il correspond à un point critique de charge centrale 2 [99],[100]. Qu’en
93
94 CHAPITRE 5. MODÈLE DE POTTS POUR Q NOMBRE DE BERAHA
Nous partons de l’Eq. (3.19), Z = l c(l) K1,2l+1 , démontrée dans le chapitre 3 pour une
P
valeur du nombre d’états Q générale (i.e. pour p non entier). Cette équation est aussi forcément
valable à p entier par prolongement analytique, car pour N et L finis la fonction de partition Z
étant polynomiale en Q elle ne présente pas de singularités en Q. C’est uniquement en prenant
la limite thermodynamique que des singularités à p entier apparaissent comme nous le verrons.
D’ailleurs, le raisonnement combinatoire exposé chapitre 3 peut se transposer tel quel à p entier.
Ce n’est pas le cas de la méthode algébrique, comme nous le montrerons dans la sous-section
suivante.
5.1. DÉCOMPOSITION DE Z EN CARACTÈRES 95
Pour p entier, il y a des égalités au signe près entre des coefficients c(l) = (2l + 1)q du
développement. En effet, on a, pour tout entier n :
c((n+1)p−1−l) = −c(l) et c(np+l) = c(l) . (5.1)
Par conséquent, après factorisation, l’Eq. (3.19) se réécrit :
[ p2 −1]
X
Z= c(l) χ1,2l+1 , (5.2)
l=0
la somme étant en fait finie pour L fini, car les K1,2l+1 sont nuls pour l > L. Les χ1,2l+1 sont
donc exactement ceux de l’Eq. (4.52), et sont donc des fonctions de partition du modèle RSOS
Ap−1 , quantités dont le calcul a été exposé sous-section 4.3.2.
Il est important de comprendre en quoi le développement en χ1,2l+1 , donné dans l’Eq. (5.2),
est beaucoup plus simple que celui en K1,2l+1 , donné dans l’Eq. (3.19). La somme sur l va de 0 à
[ 2p −1] au lieu d’aller de 0 à L, et donc contient moins de termes. En particulier, lorsque la largeur
L tend vers l’infini, l’Eq. (3.19) contient un nombre infini de termes, tandis que l’Eq. (5.2) en
contient un nombre fini. De plus, les termes de la somme sont plus simples dans l’Eq. (5.2). En
effet, nous avons vu dans la sous-section 3.1.1 que K1,2l+1 correspond à un nombre de ponts
fixé à l, et donc contient n(L, l) valeurs propres, n(L, l) ayant été donné par l’Eq. (3.8) et
croissant comme 4L pour L → ∞ et l fixé. χ1,2l+1 contient dim(T1,2l+1 ) valeurs propres, voir
dans la sous-section 4.3.2, se comportant asymptotiquement comme QL . χ1,2l+1 contient donc
beaucoup moins de valeurs propres que K1,2l+1 , ce qui implique qu’il y a des annulations de
valeurs propres dans l’Eq. (3.19), et donc des coı̈ncidences de valeurs propres entre différents
Kl . Ce fait s’interprète simplement avec le groupe quantique Uq (sl(2)), et explique pourquoi le
diagramme de phase du modèle de Potts à un nombre de Beraha est différent du cas générique
étudié chapitre 3. En effet, si les valeurs propres s’annulant sont des valeurs propres dominantes,
alors le diagramme de phase est changé. Nous montrerons section 5.2 que c’est ce qui se produit
dans la zone antiferromagnétique.
Par contre, tous les développements vus chapitre 3 ne se recombinent pas forcément à p
entier, pour faire apparaı̂tre les χ1,2l+1 , car la symétrie sous Uq (sl(2)) n’est présente qu’avec des
CL transverses libres. Ainsi, les développements donnés par l’Eq. (3.16) des Z2j+1 , fonctions de
partition restreintes à j ponts, ne se recombinent en général pas. Le cas où p est pair et j = 0
(amas non triviaux interdits) est une exception, l’Eq. (3.18) donnant :
[ 2p −1]
X
Z1 = (−1)l χ1,2l+1 . (5.4)
l=0
Nous avons donc encore un exemple d’effet de parité de p, ces effets ayant été expliqués chapitre
4 en considérant les poids des cycles dégénérés. De la même façon, l’Eq. (3.23), correspondant
au développement de ZD,Q0 , devient pour p pair :
p
[ 2 −1]
Q2−SD v B X
ZD,Q0 (vD ) = b(l) χ1,2l+1 (v) (5.5)
Q0
l=0
96 CHAPITRE 5. MODÈLE DE POTTS POUR Q NOMBRE DE BERAHA
En particulier, dans le cas de CL cycliques/fixées (Q0 = 1), Z++ s’écrit pour p pair :
p
[ 2 −1]
exp(2N K) X
Z++ (L, N, v) = 2−S B b(l) χ1,2l+1 (L − 1, N, vD ) . (5.7)
Q Dv
l=0
De plus, pour Q0 = 1, on note que b(1) est nul, comme b(1) = Q0 − 1. Par conséquent, il n’y a
pas de terme en χ1,3 dans la somme. Cela aura des conséquences lors de l’étude des zéros de
Z++ .
Pasquier et Saleur ont dans [16] interprété la recombinaison donnant l’Eq. (5.2) en étudiant
les représentations de Uq (sl(2)) pour q racine de l’unité. Lorsque p est entier, et donc q = exp(i πp )
est racine de l’unité, certaines représentations de Uq (sl(2)) ont une structure différente de celles
de U (sl(2)). En effet, l’opérateur de Casimir des irreps génériques (i.e. pour p non entier) de
Uq (sl(2)) est :
!2 !2
1 1
S2 = l+ − . (5.8)
2 q 2 q
Pour p entier, l’opérateur de Casimir prend des valeurs identiques pour des irreps génériques
reliées par les transformations :
l′ = l + np, l′ = p − 1 − l + np . (5.9)
Par conséquent, les irreps génériques peuvent être couplées. Une étude approfondie [16] montre
que deux irreps génériques de spins l et l′ avec
l′ = −1 − l mod p et 0 ≤ l′ − l ≤ p − 1 (5.10)
peuvent se coupler pour donner une représentation plus large, indécomposable mais réductible,
appelée représentation de type I, et que ce couplage se fait de façon maximale, dans un sens que
nous exposons maintenant. Pour un l donné tel que 0 < l < p−1 2 , on a une série 0 ≤ l < l1 =
p − 1 − l < l2 = l + p < . . . < lk ≤ L tels que les couples (li , li+1 ) satisfont l’Eq. (5.10). Toutes
les n(L, lk ) irreps de spin lk se couplent avec n(L, lk ) irreps de spin lk−1 . Les n(L, lk−1 )− n(L, lk )
irreps de spin lk−1 restantes se couplent avec n(L, lk−1 ) − n(L, lk ) irreps de spin lk−2 . En itérant
(p)
le raisonnement, on en déduit que toutes les irreps sont couplées, à l’exception de dl irreps de
(p)
spin l, dl étant donné par :
(p)
dl = n(L, l) − n(L, l1 ) + n(L, l2 ) + · · · + (−1)k n(L, lk ) (5.11)
X∞
= (n(L, np + l) − n(L, (n + 1)p − 1 − l)) , (5.12)
n=0
où comme d’habitude la somme est en fait finie, car on a posé n(L, l) = 0 pour l > L. Ces
irreps non couplées, appelées représentations de type II, ont, comme expliqué dans le chapitre
5.1. DÉCOMPOSITION DE Z EN CARACTÈRES 97
1/2
0
1
1/2
3/2
0 1
1/2
3/2
0 1
Fig. 5.1 – Diagramme de Bratteli pour p = 5. Il s’agit du diagramme représenté Fig. (3.6) mais
avec les valeurs de l supérieures à 32 tronquées.
3, la même structure que celles de U (sl(2)), et ont une q-dimension égale à Tr[q 2Sz ] = (2l + 1)q .
Au contraire, les représentations de type I sont caractérisées par une q-dimension nulle. C’est
pour cette raison que par convention dans le cas où l vaut p−1 2 , bien que les irreps ne soient pas
couplées, l étant invariant sous les transformations de l’Eq. (5.10), on les appelle représentations
de type I, car elles ont une q-dimension nulle.
Pour obtenir algébriquement le développement de Z donné par l’Eq. (5.2), on utilise
N . Comme les représentations de type I ont une q-dimension
l’Eq. (3.42), à savoir Z = Tr q 2Sz T6V
N
nulle, seules les représentations de type II contribuent. On définit χ1,2l+1 comme la trace de T6V
sur les vecteurs de plus haut poids S = Sz = l des représentations de type II. On a :
∞
X
χ1,2l+1 = [K1,2(np+l)+1 − K1,2((n+1)p−1−l)+1 ] . (5.13)
n=0
La définition des χ1,2l+1 est bien équivalente à celle utilisée précédemment, puisqu’on retrouve
l’Eq. (4.52). Pour p entier, on a des structures de supermultiplets, car en plus des dégénérescences
habituelles, on a des dégénérescences entre certaines valeurs propres de l différents. Ainsi, dans
l’Eq. (4.52), les valeurs propres de Tli se divisent en deux catégories : celles se trouvant aussi
(p)
dans Tli−1 et celles se trouvant aussi dans Tli+1 . Au final, χ1,2l+1 contient uniquement les dl
valeurs propres de Tl non contenues dans Tl1 . De manière analogue au cas de p générique, le
(p)
nombre dl de représentations de type II, i.e. la dimension de la représentation d’indice l de
l’algèbre de TL, peut être vu comme le nombre de chemins sur un diagramme de Bratteli, mais
tronqué de façon à ce que l < 2p − 1. Un exemple est donné dans la Fig. (5.1) pour p = 5. Le
développement des Z en fonction des χ1,2l+1 est celui de l’Eq. (5.2).
χ1,2l+1 du modèle minimal Mp,p−1 . Ainsi, l’Eq. (4.52) donne dans cette limite l’équation de
Rocha-Caridi (2.32).
Considérons le cas du modèle d’Ising (p = 4). L’Eq. (4.52), correspondant à des CL cy-
cliques, devient dans la limite continue :
En effet, les différents facteurs disparaissent dans la limite continue, à cause des normalisations
choisies pour les Z et les χ. Pour le modèle de Potts à trois états (p = 6), on obtient :
et :
Z++ = χ1,1 + χ1,5 = χId , (5.17)
χId étant le caractère de l’identité par rapport à l’algèbre étendue W3 [32]. Par conséquent,
le groupe quantique Uq (sl(2)) permet de généraliser des résultats valables pour x = 1 dans la
limite continue à n’importe quelle température et n’importe quelle taille du réseau.
Saleur, en utilisant les résultats donnés dans la sous-section 3.3.2 et le fait que les Kl
sont des caractères génériques K1,2l+1 , a compris pourquoi les nombres de Beraha jouent un
rôle particulier [17]. Au point ferromagnétique, les dimensions holomorphes hl , données par
l’Eq. (3.54), augmentent avec le nombre l de ponts, et ne sont jamais identiques. En particulier,
la valeur propre dominante est dans le secteur à 0 pont, et correspond à l’opérateur Id de
dimension h0 = 0. Dans la zone ferromagnétique, on s’attend donc à ce que le diagramme de
phase ne soit pas modifié pour les nombres de Beraha. Les dimensions à la transition de Berker-
Kadanoff ont par contre un comportement différent. En particulier, certains hl avec l non nul
p
sont négatifs, le secteur dominant étant le secteur à 2 ponts. Le résultat surprenant que l’Id
n’est plus l’opérateur dominant est dû au fait que les poids dans la fonction de partition peuvent
être négatifs, comme la transition de Berker-Kadanoff est située dans la zone x < 0. Pour p
entier et pair, il y a donc des croisements de niveaux et des annulations possibles, ce qui a pour
effet de modifier le diagramme de phase. L’interprétation dans le cas d’un nombre de Beraha Bp
avec p impair est légèrement
différente. En effet, il y a alors
une seule valeur propre dominante
située dans le secteur à 2p ponts, mais son amplitude 2 2p + 1 q est nulle [56].
5.2.1 Historique
L’idée de considérer une variable complexe, alors que dans le modèle physique elle était
réelle, vient de Lee et Yang [33]. Ils ont étudié les zéros de la fonction de partition du modèle
d’Ising dans le plan d’un champ magnétique h complexe, et montré que dans la limite d’un
système de taille infinie les zéros s’accumulent selon l’axe des h imaginaires. Lorsque le système
5.2. DIAGRAMME DE PHASE DANS LE PLAN DES TEMPÉRATURES COMPLEXES 99
est paramagnétique (ce qui correspond à une température supérieure à la température critique
ferromagnétique), les courbes d’accumulation ne coupent pas l’axe réel. Au contraire, lorsque le
système est ferromagnétique (ce qui correspond à une température inférieure à la température
critique), les courbes d’accumulation coupent l’axe réel, en h = 0. Cela traduit le fait que
l’énergie libre d’un ferromagnétique est singulière en h = 0 (lorsque h varie).
Fisher a généralisé cette méthode au cas des températures complexes [70]. Fisher a ainsi
observé que pour un modèle d’Ising (en champ nul) défini sur un réseau carré bidimensionnel
les zéros de la fonction de partition s’accumulent sur deux cercles autoduaux :
√
|x + 2| = 1 et |x| = 1 , (5.18)
√
à savoir les cercles de rayon 1 et de centres − 2 et 0. L’intersection de ces deux cercles avec
l’axe des x réel donne les points où l’énergie libre est singulière en température, à savoir :
√ √
x− = − 2 − 1, xBK = −1, x+ = − 2 + 1, xF M = 1 , (5.19)
en utilisant les mêmes notations que dans la sous-section 3.3.1. Notons que comme nous avons
utilisé la variable x dans notre étude [22], nous donnons les résultats exprimés à l’aide de cette
variable, même si des variables légèrement différentes ont été utilisées par d’autres.
De nombreuses autres études sur le modèle d’Ising dans le plan des températures complexes
ont été effectuées depuis. Itzykson, Pearson et Zuber ont étudié dans [101] la distribution des
zéros de la fonction de partition du modèle d’Ising et des modèles de jauge. Ils ont en particulier
montré que non seulement les points d’intersection entre les courbes d’accumulation des zéros
et l’axe réel sont intéressants, puisqu’ils donnent la position des points critiques, mais que les
angles que font ces lignes avec l’axe réel le sont également, car ils sont reliés au comportement
critique du système en ces points. Par exemple, en notant φ l’angle que fait la ligne de zéros
dans le plan des températures complexes, α l’exposant critique de la chaleur spécifique, et A −
A+
le rapport des amplitudes liées à la chaleur spécifique, ils ont démontré que :
A−
cos(πα) − A+
tan [(2 − α)φ] = . (5.20)
sin(πα)
Marchesini et Shrock ont également étudié le comportement de la longueur de corrélation ξ et
de la susceptibilité χ du modèle d’Ising dans le plan des températures complexes [102]. Ils ont
montré que le lieu des x tels que Re ξ −1 = 0 est donné par les deux cercles de Fisher, i.e.
correspondent exactement aux points d’accumulation des zéros de la fonction de partition. Par
−1
contre, Im ξ est en général non nul sur ces cercles, ce qui se traduit par une décroissance
algébrique des fonctions de corrélation mais avec un terme oscillant. Ce n’est qu’aux points
critiques, ainsi qu’en des points s’en déduisant par une certaine symétrie [102], que ξ −1 est
nul. Ils ont montré aussi que χ était fini partout sur les cercles excepté au niveau de ces points.
Matveev et Shrock ont prolongé l’étude de la longueur de corrélation ξ et de la susceptibilité
χ dans le plan complexe, pour des réseaux carrés [103], triangulaires [104] ou bien hexago-
naux [105]. Ils ont également considéré le diagramme de phase dans le plan des températures
complexes du modèle d’Ising défini sur des réseaux plus compliqués, par exemple le réseau de
Kagomé [106]. Saarloos et Kurtze ont montré que les zéros de la fonction de partition peuvent
s’accumuler non pas selon des courbes, mais dans des domaines du plan complexe [116], en
prenant comme exemple le modèle d’Ising anisotrope. Une étude approfondie de la distribution
des zéros de la fonction de partition du modèle d’Ising a été réalisée par Stephenson et des
collaborateurs [107],[108],[109], pour des réseaux isotropes ou anisotropes.
100 CHAPITRE 5. MODÈLE DE POTTS POUR Q NOMBRE DE BERAHA
Des études analogues ont été effectuées pour le modèle de Potts (avec Q quelconque).
Maillard et Rammal ont, en utilisant un groupe de symétrie laissant invariant la fonction de par-
tition du modèle, localisé les points critiques et étudié les zéros de la fonction de partition dans le
plan des températures complexes [110], pour des modèles de Potts bidimensionnels et tridimen-
sionnels. Ils ont aussi étudié le modèle de Potts sur un réseau en forme d’échiquier [111],[112].
La distribution des zéros de la fonction de partition du modèle de Potts à trois états a été
considérée par Martin pour un réseau carré [115], et par Martin et Maillard pour un réseau
triangulaire [113]. Matveev et Shrock ont étudié les singularités dans le plan complexe de la
susceptibilité dans [114]. Chang et Shrock ont déterminé les zéros de la fonction de partition du
modèle de Potts pour différents réseaux et différentes tailles [87],[88],[89],[90]. Certains résultats,
que nous avons publiés dans [22] et que nous allons présenter dans la suite, constituent une
généralisation des leurs, et lorsque ce sera le cas nous le signalerons.
5.2.2 Principe
Nous présentons maintenant nos travaux publiés dans [22]. Nous étudions les zéros de la
fonction de partition Z du modèle de Potts avec des CL cycliques, dans le plan des températures
x complexes. On s’attend à ce que, lorsque la taille du système tend vers l’infini, les intersections
des zéros avec l’axe des x réels soient des points de transition de phase, correspondant à des
singularités de l’énergie libre. Il y a trois types de points fixes : les points fixes critiques, i.e.
avec une longueur de corrélation infinie, correspondant forcément à une singularité de l’énergie
libre, les points fixes triviaux (i.e. non critiques) et avec une énergie libre singulière au niveau
de ces points, et enfin les points fixes triviaux avec une énergie libre régulière (i.e. telle que
toutes ses dérivées soient bien définies au niveau de ces points). La méthode des zéros de la
fonction de partition permet donc de détecter uniquement les deux premiers types de points
fixes. Cependant, les autres points sont simplement x = 0 et x = ±∞ et il suffira de les rajouter
dans le diagramme de phase.
Pour faire tendre la taille du système vers l’infini, on procède en deux étapes. On fait tendre
d’abord la longueur N vers l’infini, pour une largeur L fixée. On note BL l’ensemble de ces zéros
limites. Ensuite, on fait tendre L vers l’infini, les intersections de B∞ avec l’axe réel donnant
les points critiques.
La détermination des BL se fait en utilisant le théorème de Beraha-Kahane-Weiss [42], que
nous exposons maintenant. Les fonctions de partition Z se mettent sous la forme :
M
X
Z= αk (x)λk (x)N , (5.21)
k=1
où les αk et λk sont des fonctions analytiques non identiquement nulles (les λk sont les M
valeurs propres du modèle, et les αk leurs amplitudes, pour une largeur L donnée). On suppose
de plus une condition de non-dégénérescence : il n’existe pas de domaine non vide tels que deux
λk soient proportionnels, avec une constante de proportionnalité de module un. Le théorème de
Beraha-Kahane-Weiss dit que x appartient à BL si et seulement si on est dans un de ces deux
cas de figure :
1. Il y a une seule valeur propre dominante λk en x, et son amplitude αk est nulle en x.
2. Il y a plusieurs valeurs propres dominantes en x.
5.2. DIAGRAMME DE PHASE DANS LE PLAN DES TEMPÉRATURES COMPLEXES101
Le premier cas correspond à des points isolés, tandis que le deuxième correspond à des courbes, et
éventuellement à des points isolés où tous les λk sont simultanément nuls. Nous ne démontrons
pas ce théorème, mais notons qu’il est intuitif. En effet, on conçoit que pour les deux cas
précédents Z soit beaucoup plus petite en x qu’au voisinage, car la valeur propre dominante
a une amplitude nulle, ou bien peut se compenser avec une autre valeur propre dominante, et
ce uniquement en x. Par conséquent, x est un point d’accumulation des zéros de Z lorsque
N → ∞.
Pour les CL cycliques, d’après l’Eq. (5.2), on est toujours dans le deuxième cas, car les
amplitudes αk sont constantes et strictement positives. Pour les CL fixées, d’après l’Eq. (5.7), on
est dans la même situation, sauf que les valeurs propres correspondant à χ1,3 ont une amplitude
identiquement nulle et ne doivent donc pas être prises en compte. Nous verrons que cela change
énormément l’allure de BL . Notons que BL est indépendant des valeurs précises des amplitudes
αk , du moment qu’elles sont non nulles. En particulier, le fait que les amplitudes des valeurs
propres correspondant au même χ1,2j+1 soient égales n’a pas de conséquence. De plus, pour
p entier, il est bien nécessaire d’utiliser les Eq. (5.2) et (5.7) au lieu des Eq. (3.19) et (3.26),
car comme il y a des égalités de valeurs propres (pour tout x) entre des K1,2j+1 différents, la
condition de non-dégénérescence ne serait pas vérifiée. Il s’agit donc de localiser les x pour lequel
plusieurs valeurs propres dominantes coı̈ncident, ces valeurs propres pouvant correspondre à un
même T1,2j+1 ou bien à des T1,2j+1 différents. Pour cela, deux méthodes sont possibles. La
première est directe et consiste à diagonaliser numériquement tous les T1,2j+1 . Du fait de sa
lenteur, elle n’est utile que pour étudier dans le détail des petites régions du plan complexe. La
seconde est la méthode de la résultante, pour laquelle il n’est pas nécessaire de connaı̂tre toutes
les valeurs propres. Cette méthode est exposée en appendice.
Nous allons étudier le diagramme de phase du modèle de Potts à Bp états sur des réseaux
carrés ou triangulaires, avec des CL cycliques ou cycliques/fixées. En effet, on s’attend à ce
que les caractéristiques du diagramme de phase du modèle dépendent du réseau considéré. Par
exemple, pour Q = 2, le modèle antiferromagnétique à température nulle (x = − √1Q ) est critique
sur réseau triangulaire, de charge centrale 1, et non critique sur réseau carré, Z valant simple-
ment 2 (voir sous-section 1.1.3). Au contraire, pour Q = 3, le modèle à x = − √1Q est critique sur
réseau carré, de charge centrale 1, et non critique sur réseau triangulaire, Z valant simplement
3. De plus, les CL peuvent avoir une influence importante dans la région antiferromagnétique,
comme cela a été observé pour le modèle à six vertex. Nous verrons qu’effectivement la structure
de BL change avec les CL.
5.2.3 Diagramme de phase du modèle d’Ising sur réseau carré avec des CL
cycliques
Nous exposons dans le détail le cas du modèle d’Ising (p = 4), car c’est le modèle à Bp
états non trivial le plus simple, mais il est représentatif de ces modèles. Considérons des CL
cycliques. Pour p = 4, l’Eq. (5.2) s’écrit :
Fig. 5.2 – Courbes limites à p = 4, pour un réseau carré de largeur L = 2 (en noir), L = 3
(en rouge), et L = 4 (en vert). B2 avait déjà été obtenue Fig. 20 de [87], tandis que B3 avait
déjà été obtenue Fig. 7 de [90]. On conjecture que les deux cercles de Fisher [70] représentés
appartiennent à B∞ . Les carrés correspondent aux quatre points critiques pour Q génériques.
On voit qu’il y a deux points critiques supplémentaires.
avec n le nombre de plaquettes où les deux hauteurs horizontales sont dans des états différents,
compte tenu des états de départ et d’arrivée. Nous avons donné les expressions explicites des
matrices pour des largeurs inférieures ou égales à 4 dans [22], et retrouvé l’expression des valeurs
propres correspondantes, qui avait été déterminée précédemment par Chang et Shrock. Ainsi,
les fonctions de partition pour des rubans de largeur 2 et 3 avaient été calculées respectivement
dans [87] et [90], tandis que des résultats sur les matrices de transfert jusqu’à des largeurs 4
avaient été exposés dans [43]. Pour ces largeurs, les BL sont représentés Fig. (5.2). Les courbes
correspondant à des largeurs de 2 et 3 avaient déjà été obtenues par Chang et Shrock respec-
tivement Fig. 20 de [87] et Fig. 7 de [90], mais dans le plan des u complexes, u étant relié à x
1
par u = √Qx+1 . On conjecture ensuite des propriétés valables à tout L.
Tout d’abord, il y a des zéros limites dont la position est indépendante de L. Ainsi, les
π
points x = −1 + exp ±ı 2 appartiennent à BL . En ces points, toutes les valeurs propres sont
équimodulaires avec |λk | = 1. Il s’agit donc d’un point multiple,
√ et on s’attend à avoir plusieurs
branches se coupant en ces points. De la même façon, x = − 2 est un point multiple où tous les
λk s’annulent, et x = − √12 à un point multiple où les secteurs χ1,1 et χ1,3 sont équimodulaires.
Pour déterminer le nombre de branches se coupant en ces points ainsi que leurs angles, il suffit
de développer les λk (x) au voisinage de ces points. Nous détaillons le cas de x = − √12 , l’étude
5.2. DIAGRAMME DE PHASE DANS LE PLAN DES TEMPÉRATURES COMPLEXES103
des autres points étant faite dans [22]. En posant x = − √12 + ǫ avec |ǫ| ≪ 1, dans chaque secteur
il n’y a qu’une seule valeur propre dominante λd,2j+1 ∼ O(1). De plus, la différence entre ces
deux valeurs propres dominantes est seulement d’ordre ǫL . Ainsi :
L
λd,1 = 2− 2 + O(ǫ3 ) (5.23)
L L+1
λd,1 − λd,3 = 2ǫ + O(ǫ ). (5.24)
Re(ǫL ) = 0 , (5.26)
En plus de ces zéros, on s’attend à ce que les quatre points critiques du modèle de Potts
à Q générique soient√aussi des points fixes ! En effet, on conjecture que les cercles de rayon 1
et de centres 0 et − 2 appartiennent à B∞ , en accord avec les résultats de Fisher [70], voir √
l’Eq. (5.18). Ces cercles√ coupent l’axe des abscisses en quatre points, à savoir x− = −1 − 2,
xBK = −1, x+ = 1 − 2 et xF M = 1, les valeurs des quatre points critiques génériques pour
Q = 2 dans le cas d’un réseau carré (voir sous-section 3.3.1).
BL est composée également de 2L branches partant à l’infini, avec des angles θn donnés
par l’Eq. (5.27). De plus, dans cette limite des grands |x|, ces branches correspondent à des
croisements entre les secteurs χ1,1 et χ1,3 , χ1,1 dominant pour x réel positif. Ainsi, la valeur
propre dominante pour une largeur L dans la limite des grands |x| est dans le secteur χ1,1 pour
les régions asymptotiques telles que :
Dans les autres régions asymptotiques, la valeur propre dominante vient du secteur χ1,3 . Ces
faits s’interprètent en calculant le développement pour |x| grand des valeurs propres dominantes
dans chaque secteur. On note en utilisant l’Eq. (5.29) qu’il y a des effets de parité de L : pour
x réel négatif grand, le secteur χ1,1 domine pour L pair, et χ1,3 domine pour L impair. Plus
précisément :
h
1. Le secteur χ1,1 domine sur la ligne physique x ∈ − √12 , ∞ .
2. Pour L pair, le secteur χ1,1 est dominant pour tout x réel.
3. Pour L impair, χ1,1 est dominant sur la ligne physique, mais χ1,3 est dominant pour
x < − √12 .
104 CHAPITRE 5. MODÈLE DE POTTS POUR Q NOMBRE DE BERAHA
Il peut être choquant de constater que dans la limite L → ∞, les zéros de la fonction de
partition sont denses dans tout le plan complexe excepté l’intérieur des deux cercles considérés
précédemment, puisqu’il y a alors une infinité de branches partant à l’infini. Cependant, il ne
faut pas en conclure que l’énergie libre est singulière dans toute cette zone (le raisonnement
habituel de Fisher n’est plus valable car il s’agit d’un domaine) ! Cela signifie juste que dans
cette limite les secteurs χ1,1 et χ1,3 sont tous deux dominants.
Notons que les conjectures faites sont des généralisations de résultats obtenus par Shrock
pour une largeur 2 dans [87] √ et par Chang et Shrock pour une largeur 3 dans [90]. Les points
x = −1 + exp ±ı 2 , x = − 2, x = − √12 avaient été identifiés comme zéros limites, et leurs
π
multiplicités avaient été étudiées, pour ces deux largeurs. De plus, les domaines de dominance
des valeurs propres avaient été aussi déterminées pour ces largeurs.
En plus des points fixes pour lesquels l’énergie libre est singulière dans la limite thermo-
dynamique, il y a les points fixes qui ne sont pas √ détectables avec la méthode utilisée. Il s’agit
de x = −∞, x = 0, et x = ∞. Les points fixes − 2 et − √12 étant non critiques, on en déduit
le diagramme de phase du modèle d’Ising, représenté Fig. (5.3). Notons qu’il est invariant sous
la transformation de dualité x → x1 , alors que les BL ne sont pas invariants par dualité. Cela
est dû au fait que les CL cycliques empêchent le réseau d’être autodual. Cependant, le modèle
d’Ising étant simple, le diagramme de phase ne dépend pas des CL, et est invariant sous dualité.
De plus, le modèle d’Ising possède la symétrie exacte K → −K (il suffit de changer l’état des
spins sur un des deux sous-réseaux, cf. le réseau carré est bipartite), ce qui correspond pour la
température x à
x
x→− √ . (5.30)
1+x 2
En combinant les transformations de dualité et de renversement de spins, on peut relier entre
eux tous les points fixes critiques du modèle :
renv. dualite renv.
xF M −→ x+ −→ x− −→ xBK , (5.31)
les premier et dernier points de la série étant autoduaux. De la même façon, tous les points fixes
triviaux (i.e. non critiques) sont reliés :
les premier et dernier points étant invariants sous renversement des spins. Cela explique en
particulier pourquoi les structures autour de x = − √12 et |x| = ∞ sont équivalentes, la symétrie
sous renversement des spins étant exacte (i.e. valable à L fini). De plus, on voit que les quatre
points critiques sont équivalents, et donc ont tous la même charge centrale c = 21 .
Ainsi, le fait de prendre p entier modifie profondément et enrichit le diagramme de phase
du modèle par rapport à p quelconque. En prenant la limite p → 4, on aurait eu trois points
fixes répulsifs équivalents de charge centrale 12 situés en xF M et x± . On aurait eu également
trois points fixes attractifs : xBK de charge centrale − 25 2 (voir l’Eq. (3.55) pour p → 4) et
deux points triviaux situés en x = 0 et |x| = ∞. Le flot de renormalisation correspondant est
représenté en haut de la Fig.√ (5.3). En se mettant directement à p = 4, on a deux points fixes
supplémentaires, à savoir − 2 et − √12 . Ces deux points sont attractifs, tandis que xBK devient
répulsif et équivalent aux trois autres points critiques (sa charge centrale devient notamment
1
2 ). Ainsi, la structure du diagramme de phase dans la région antiferromagnétique est modifiée.
5.2. DIAGRAMME DE PHASE DANS LE PLAN DES TEMPÉRATURES COMPLEXES105
x− x BK x+ x FM
x
−1−21/2 −1 1−21/2 0 1
x− x BK x+ x FM
x
−1−21/2 −21/2 −1 −2−1/2 1−21/2 0 1
Fig. 5.3 – Diagramme de phase et flot de renormalisation pour le modèle de Potts à Q → 2 états
(en haut) et pour le modèle d’Ising Q = 2 (en bas). Les cercles pleins, resp. vides, correspondent
à des points fixes critiques, resp. non critiques.
En particulier, xBK étant répulsif, il n’y a plus de phase de Berker-Kadanoff, dans le sens où le
comportement à grande distance du système pour x compris entre x− et x+ n’est plus déterminé
par xBK .
Nous allons énoncer les généralisations des conjectures précédentes au cas de p entier quel-
conque. Les courbes limites obtenues pour p = 5 sont représentées Fig. (5.4), et celles pour p = 6
Fig. (5.5). Les courbes correspondant à p = 6 (i.e. Q = 3) et L = 3 avaient été déjà obtenues
par Chang et Shrock Fig. 8 p. 268 de [89], lorsqu’on tient compte du fait qu’ils n’avaient pas
considéré le plan des x complexes, mais le plan des u complexes, la variable u étant reliée à x
1
par u = √Qx+1 . Nos conjectures étendent donc à n’importe quelle largeur L les résultats qu’ils
avaient obtenus pour des largeurs de 2 ou 3. On a conjecturé que pour le modèle de Potts à
Q = Bp états sur réseau carré et une largeur L ≥ 2 [22] :
1. Les points x = − exp ±ı πp appartiennent à la courbe limite. En ces points, toutes les
valeurs propres sont équimodulaires de module 1. Par conséquent, ce sont en général des
points multiples.
√ √
2. Pour p pair, le point x = − 2Q est un zéro limite. Idem pour le point x = − Q si p vaut 4
ou 6. Ce sont des points multiples dont les angles des branches sont donnés respectivement
par les Eq. (5.28) et (5.27).
3. Dans la limite L → ∞, xF M , xBK , x± appartiennent à l’intersection de BL avec l’axe des
abscisses, et sont par conséquent des points critiques.
q
4. Les cercles |x = 1| et x + √2Q = 4−Q Q appartiennent à B∞ .
5. Il y a, pour toute valeur (entière) de p, 2L branches allant à l’infini, de pentes données par
l’Eq. (5.27), et correspondant toujours à des croisements entre les secteurs χ1,1 et χ1,3 : les
autres χ1,2j+1 ne jouent pas de rôle pour |x| → ∞, c’est pourquoi on a dans cette limite
la même structure que pour le modèle d’Ising.
Pour l’étude des secteurs dominants sur l’axe réel, les résultats sont légèrement plus com-
pliqués que pour le modèle d’Ising :
h
1. Le secteur χ1,1 domine toujours sur la ligne physique x ∈ − √1Q , ∞ .
2. Pour L pair, le secteur hχ1,1 est dominant pour tout x réel, sauf éventuellement dans un
√ √ i
Q
intervalle contenu dans − Q, − 2 .
106 CHAPITRE 5. MODÈLE DE POTTS POUR Q NOMBRE DE BERAHA
Fig. 5.4 – Courbes limites à p = 5, pour un réseau carré de largeur L = 2 (en noir), L = 3 (en
rouge), et L = 4 (en vert).
5.2. DIAGRAMME DE PHASE DANS LE PLAN DES TEMPÉRATURES COMPLEXES107
Fig. 5.5 – Courbes limites à p = 6, pour un réseau carré de largeur L = 2 (en noir), L = 3 (en
rouge), et L = 4 (en vert). Les courbes correspondant à L = 3 avaient déjà été obtenues par
Chang et Shrock Fig. 8 p. 268 de [90].
108 CHAPITRE 5. MODÈLE DE POTTS POUR Q NOMBRE DE BERAHA
Fig. 5.6 – Courbes limites à p = 4, pour un réseau triangulaire de largeur L = 2 (en noir),
L = 3 (en rouge), et L = 4 (en vert). Les courbes correspondant à L = 2 avaient déjà été
obtenues par Chang et Shrock Fig. 15 de [88], mais dans le plan des u complexes, u étant reliée
1
à x par u = √Qx+1 . On conjecture que l’ellipse représentée appartiennent à B∞ . Les carrés
correspondent aux trois points critiques pour Q génériques (x+ et xBK coı̈ncident). On voit
qu’il y a un point critique supplémentaire.
√
3. Pour L impair, χ1,3 √domine pour x < x0 ≤ − Q, la valeur de x0 dépendant de p, et χ1,1
domine pour x ≥ − 2Q .
Les conclusions en ce qui concerne le diagramme de phase sont identiques au cas du modèle
d’Ising, excepté qu’il y a plus de nouveaux points fixes entre x− et xBK et entre xBK et x+ , et
que leurs caractéristiques ne sont pas équivalentes, car il n’y a plus invariance de jauge.
Les conclusions dans le cas d’un réseau triangulaire sont analogues. Les courbes limites
obtenues pour le modèle d’Ising sont représentées Fig. (5.6). Dans notre article [22], les courbes
pour d’autres valeurs de p sont données. Chang et Shrock avaient déjà déterminé ces courbes
(mais dans le plan des u complexes) pour une largeur de 2 et des valeurs de Q de 2, 3 et 4 [88].
Nos conjectures sont ainsi des généralisations à n’importe quelles valeurs de p et de L de leurs
résultats. On a conjecturé que pour le modèle de Potts à Q = Bp états sur réseau triangulaire
et une largeur L ≥ 2 [22] :
1. Les points x = − exp ±ı π2 appartiennent à la courbe limite. En ces points, toutes les
valeurs propres sont équimodulaires de module 1. Par conséquent, ce sont en général des
points multiples.
2. Pour p pair et supérieur ou égal à 6, le point x = − √2Q est un zéro limite. Idem pour − √1Q
si p vaut 4 ou 6.
5.2. DIAGRAMME DE PHASE DANS LE PLAN DES TEMPÉRATURES COMPLEXES109
Les branches partant à l’infini étaient une conséquence du fait que les valeurs propres
dominantes des secteurs χ1,1 et χ1,3 devenaient égales. Ce fait s’interprète très simplement dans
le cas du modèle d’Ising en utilisant la correspondance entre spins et hauteurs exposée à la fin
de la sous-section 4.2.5. χ1,1 et χ1,3 sont associés à des CL transverses fixées, en l’occurence
respectivement ++ et +−, et donc dans la limite d’un réseau infini coı̈ncident. Par contre, au
sein d’un secteur donné, il y a un écart fini entre la valeur propre dominante et sous-dominante
pour |x| grand, ce qui implique bien un comportement non critique. Afin d’éviter la coexistence,
sans conséquence du point de vue du comportement critique, entre ces deux CL, on peut choisir
des CL brisant explicitement la symétrie ZQ du modèle de Potts. Nous choisissons comme CL
transverses ++, car ces CL ont l’avantage de permettre le développement en χ1,2j+1 de la
fonction de partition Z++ en utilisant l’Eq. (5.7). Pour p entier quelconque, ce développement
contient χ1,1 mais ne contient pas χ1,3 , ce qui va bien supprimer les branches allant à l’infini.
Les courbes BL obtenues ressemblent en fait beaucoup à celles pour des CL libres (dans les
deux directions). Afin d’expliquer cela, on procède en deux étapes. D’abord, nous expliquons
pourquoi les courbes limites qui correspondent à χ1,1 uniquement coı̈ncident presque avec les
courbes des CL libres. Ensuite, nous prenons en compte l’effet des autres χ1,2j+1 , sachant que
χ1,3 n’est pas présent.
Avec des CL cycliques, on a :
X
K1,1 = Tr[T0N ] = λN
i , (5.34)
i
où T0 est la matrice de transfert dans la représentation en amas à 0 pont, et les λi ses valeurs
propres. A cause des couplages entre K1,2j+1 , donné par l’Eq. (4.52), les valeurs propres de T1,1
(la matrice de transfert générant χ1,1 ) forment seulement un sous-ensemble des valeurs propres
de T0 . Plus précisément :
X
χ1,1 = ᾱi λN
i , (5.35)
i
avec ᾱi = 0 ou 1 indépendamment de x. Dans le cas où L < p − 1, l’Eq. (4.52) donne simplement
χ1,1 = K1,1 et donc tous les ᾱi valent alors 1. D’autre part, la fonction de partition du modèle
110 CHAPITRE 5. MODÈLE DE POTTS POUR Q NOMBRE DE BERAHA
de Potts avec des CL libres (dans les deux directions) est donnée par :
X
Zf f = hf |T0N |ii = αi λN
i , (5.36)
i
les αi étant les amplitudes dues aux CL longitudinales libres. Notons que comme expliqué
sous-section 2.2.3 beaucoup de αi sont identiquement nuls. Par exemple, dans le cas d’un réseau
carré, seules les valeurs propres correspondant à des vecteurs symétriques sous réflection peuvent
contribuer. Pour x réel positif, tous les poids étant positifs, on montre en utilisant des argu-
ments probabilistes analogues à ceux de la sous-section 4.2.5 que la valeur propre dominante λ0
provient de K1,1 et n’est pas annulée par des valeurs propres provenant des autres K1,2j+1 . Par
conséquent, ᾱ0 = 1. D’autre part, le théorème de Perron-Frobenius et la structure des vecteurs
|ii et |f i impliquent que α0 > 0. On en conclut que les termes dominants de χ1,1 et Zf f sont
proportionnels. Par prolongement analytique, cela reste vrai dans un domaine du plan com-
plexe situé au voisinage de l’axe des x positifs. Cependant, lorsqu’on s’éloigne trop de cet axe,
un croisement va se produire entre λ0 et une autre valeur propre λi . Si aucune des fonctions
αi et ᾱi n’est identiquement nulle, la branche correspondante de BL est présente dans les deux
cas. En s’éloignant encore plus de l’axe, d’autres croisements peuvent avoir lieu, et les branches
coı̈ncident toujours, jusqu’à ce qu’un croisement entre λj et λk ait lieu pour lequel soit αj = 0
et ᾱj 6= 0, ou réciproquement αj 6= 0 et ᾱj = 0. Si L < p − 1 la seule possibilité est la première
puisque tous les ᾱi valent 1.
Si l’on compare maintenant les courbes limites de Zf f et Z++ , l’argument précédent ne
sera plus valide si jamais le premier croisement lorsqu’on s’éloigne de l’axe des x positifs fait
intervenir une valeur propre de χ1,2j+1 avec j > 0. Ce n’est pas le cas lorsque χ1,3 est exclu, c’est
pourquoi les courbes limites de Zf f et Z++ se ressemblent. Par contre, pour des CL cycliques,
Z contient χ1,3 et le premier croisement a lieu entre χ1,1 et χ1,3 (cf. les branches allant à l’infini
discutées sous-section 5.2.3). De ce fait, les courbes limites de Zf f et Z sont très différentes.
Le cas du modèle d’Ising sur réseau carré est représenté Fig. (5.7). D’autres cas sont donnés
dans [22]. Nous voyons, par comparaison avec la Fig. (5.2), que BL est bien différent pour des
CL cycliques fixées. En particulier, on n’a plus de branches partant à l’infini. De plus, les points
d’intersection entre BL et l’axe des abscisses changent, et ce même dans la limite L → ∞ ! En
effet, x = − √12 n’est plus un zéro limite. Il se pose donc le problème de savoir si le diagramme
de phase change avec les CL. En effet, pour x positif, on s’attend pour des raisons probabilistes
à ce que ce ne soit pas le cas, cependant pour x négatif cela est à priori possible. Nous ne
pouvons pas répondre, car il faudrait avoir des valeurs numériques de L plus élevées et étudier
l’énergie libre le long de l’axe des abscisses. La seule certitude que nous ayons est que la phase
de Berker-Kadanoff disparaı̂t à p entier aussi bien pour des CL cycliques que des CL cycliques
fixées.
5.2.7 Conclusions
Nous avons étudié le diagramme de phase du modèle de Potts à Bp états avec des CL
cycliques ou cycliques fixées, de manière à avoir un développement de la fonction de parti-
tion Z du modèle de Potts à l’aide de fonctions de partition χ1,2l+1 du modèle RSOS Ap−1 .
Ce développement nous a permis, en utilisant le thèorème de Beraha-Kahane-Weiss [42], de
déterminer les courbes BL sur lesquelles s’accumulent les zéros de Z s’accumulent lorsque la
largeur reste fixée à L et la longueur N → ∞. De plus, le modèle RSOS permet de caractériser
5.2. DIAGRAMME DE PHASE DANS LE PLAN DES TEMPÉRATURES COMPLEXES111
Fig. 5.7 – Courbes limites à p = 4, pour un réseau carré de largeur L = 2 (en noir), L = 3 (en
rouge), et L = 4 (en vert), avec des conditions aux limites cycliques fixées. On conjecture que
les deux cercles représentés appartiennent à B∞ . Les carrés correspondent aux quatre points√
critiques pour Q génériques. On voit qu’il n’y a qu’un seul zéro limite supplémentaire x = − 2
et non deux, lorsque les CL sont cycliques fixées.
les différentes phases du diagramme par le nombre l correspondant à la valeur propre dominante
dans cette phase. Le fait que les courbes BL présentent des aspects similaires quel que soit L
nous a permis de faire des conjectures sur la limite thermodynamique L → ∞ du modèle de
Potts, et donc sur son diagramme de phase.
Nous donnons les principales conclusions de notre étude, en les numérotant dans le même
ordre que les questions posées en introduction :
1. xF M (Q) et x− (Q) (ainsi que son dual x+ (Q) dans le cas d’un réseau carré), qui sont des
points critiques dans le diagramme de phase générique, jouent un rôle similaire à p entier.
Ce résultat n’est pas surprenant, car ce n’est pas au niveau de ces points qu’on s’attend à
ce que la valeur propre dominante dans la représentation en amas ait une amplitude nulle.
Il est par contre surprenant que xBK (Q) soit toujours un point critique. Cependant, ses
propriétés sont changées, voir par exemple la Fig. (5.3), et déterminer ses caractéristiques
pour p entier quelconque reste une question ouverte.
√ √
2. Pour un réseau carré, B∞ contient x = − 2Q pour p entier et x = − Q pour Q entier
(voir la sous-section 5.2.4). Pour un réseau triangulaire, B∞ contient x = − √2Q pour p
entier et x = − √1Q pour Q entier (voir la sous-section 5.2.5). Ainsi, pour les deux réseaux
le modèle subit une transition de phase sur la ligne chromatique x = − √1Q ou son dual,
mais uniquement pour Q entier. Il est tentant de penser que la ligne chromatique et son
dual joueraient des rôles identiques avec des CL périodiques dans les deux directions.
3. Nous avons vu que dans le cas de CL cycliques, les zéros de Z sont denses dans un domaine
important du plan des températures complexes, incluant la région |x| ≫ 1. Cela n’est plus
112 CHAPITRE 5. MODÈLE DE POTTS POUR Q NOMBRE DE BERAHA
Nous avons dans les chapitres 3 et 5 étudié des modèles de Potts avec des conditions aux
limites cycliques. En particulier, nous avons décomposé la fonction de partition du modèle de
Potts et expliqué les raisons pour lesquelles la phase de Berker-Kadanoff disparaissait lorsque
p est entier. La question qui se pose est de savoir ce qui se passe pour d’autres CL, notamment
des CL toroı̈dales. Cette question n’est pas triviale, car dans la zone des x < 0, nous avons vu
dans le chapitre 5 que le diagramme de phase dépendait fortement des CL.
Le cas des CL toroı̈dales est complexe et a été beaucoup moins étudié que celui des CL
cycliques. Nous rappelons dans la section 6.1 les différentes études qui ont été faites. Dans la
sous-section 6.1.1, nous donnons les amplitudes obtenues par Read et Saleur en utilisant la
méthode du gaz de Coulomb [130]. Ils ont en effet généralisé les calculs de Di Francesco, Saleur
et Zuber publiés dans [29]. Cependant, ces amplitudes ne sont a priori valables que pour un
modèle de Potts critique avec des CL toroı̈dales dans la limite continue. Le problème est donc
de savoir si ces amplitudes sont également correctes pour un réseau quelconque et n’importe
quelle température. Dans la sous-section 6.1.2, nous parlons des études algébriques effectuées,
qui consistent à étudier les représentations de l’algèbre de Temperley-Lieb périodique [19]. Nous
finissons la section par exposer les travaux de Chang et Shrock publiés dans [90] et [46], qui ont
motivé notre article [53].
En effet, notre méthode combinatoire, comme expliqué dans le chapitre 3, est très proche
de la méthode utilisée par Chang et Shrock, à ceci près qu’elle va permettre beaucoup plus
facilement de tenir compte des permutations possibles entre points noirs. Dans la section 6.2,
nous exposons les problèmes posés par les CL toroı̈dales. Dans la section 6.3, nous étudions
le développement de la fonction de partition Z proprement dit. Ces deux sections corres-
pondent à notre étude publiée dans [53]. [53] est une version améliorée de [52] (dans [52],
nous avions considéré le groupe symétrique Sl et non le groupe cyclique Cl , ce qui introduisait
des complications). Les formules nouvelles et importantes obtenues sont l’Eq. (6.55), donnant
un développement général de Z quel que soit la taille et la température du réseau et mettant
en évidence l’effet des permutations possibles entre points noirs (à savoir les permutations du
groupe cyclique Cl ), ainsi que l’Eq. (6.61) donnant l’expression des amplitudes en fonction des
caractères des représentations irréductibles (irreps) de Cl . L’Eq. (6.61) permet de relier les am-
plitudes au niveau l aux b(l) obtenus par Chang et Shrock [46], voir l’Eq. (6.62), et de retrouver
113
114 CHAPITRE 6. CAS DE CONDITIONS AUX LIMITES TOROIDALES
la formule de Read et Saleur en calculant les sommes de Ramanujan [138] intervenant dans
l’équation. Notre méthode permet donc de prouver cette formule dans un cadre très général et
d’en donner une interprétation physique nouvelle. Ces résultats ont été publiés dans [53].
De nombreux résultats sur les systèmes critiques en dimension 2 ont été obtenus en utili-
sant le gaz de Coulomb. La méthode consiste à reformuler le modèle considéré en un modèle
d’interface, puis à montrer que sous renormalisation les propriétés critiques du modèle sont
décrites par un champ libre bosonique. Le propagateur correspondant étant logarithmique, et
se comportant donc le potentiel d’interaction entre deux charges en dimension deux, la méthode
a été appelée méthode du gaz de Coulomb [129]. Une excellente revue sur cette méthode a été
donnée par Nienhuis [128]. Di Francesco, Saleur et Zuber se sont intéressés dans [29] à son
intégration dans le formalisme de la théorie conforme des champs et à son application au calcul
de la fonction de partition du modèle de Potts avec des CL toroı̈dales. Read et Saleur ont repris
et étendu ce calcul dans [130]. Notons dès le départ que, du fait de la méthode utilisée, ces cal-
culs ne sont valables que pour un modèle de Potts critique (x = xF M ) et dans la limite continue.
Cependant, les amplitudes obtenues sont en fait correctes pour un réseau de n’importe quelle
taille et pour n’importe quelle température. Cela est dû à des raisons algébriques analogues à
celles du chapitre 3, où l’étude des représentations de l’algèbre de Temperley-Lieb permettait
de généraliser des résultats de théorie conforme. Nous présenterons ces méthodes algébriques
dans la sous-section suivante.
Di Francesco, Saleur et Zuber [29] ont décomposé la fonction de partition Z en deux parties
Za et Zb correspondant respectivement aux configurations non dégénérées et aux configurations
dégénérées (voir la sous-section 4.2.1) :
Z = Za + Zb . (6.1)
Read et Saleur, en généralisant les calculs effectués dans [29], ont calculé Za et Zb , et ont obtenu
que [130] :
1 X ¯
Za = ( y ∆e0 +P,0 (g) ȳ ∆e0 +P,0 (g)
η(y)η(ȳ)
P
X ¯
+ Λ(l, m; e0 )y ∆P /m,l (g) ȳ ∆P /m,l (g) ) (6.2)
l>0,m>0,P :m|l,P ∧m=1
Q−1 1 X ∆1 ¯1
(g) ∆ (g)
Zb = ( y 2 +P,0 ȳ 2 +P,0
2 η(y)η(ȳ)
P
X 1 ¯
+ Λ(l, m; )y ∆P /m,l (g) ȳ ∆P /m,l (g) ) . (6.3)
2
l>0,m>0,P :m|l,P ∧m=1
√
e0 est lié au nombre d’états Q par Q = 2 cos(πe0 ), i.e. est égal à p1 , et g vaut simplement 1−e0 .
Les ∆e,l et ∆ ¯ e,l correspondent aux dimensions holomorphes et antiholomorphes du modèle dans
la limite continue (dans le language du gaz de Coulomb e et l sont respectivement les charges
6.1. ETUDES EXISTANTES SUR LES CL TOROÏDALES 115
µ et φ sont respectivement la fonction de Möbius et la fonction totient d’Euler [137]. µ(n) vaut
(−1)r , si n est un entier s’écrivant comme le produit de r nombres premiers distincts, µ(1) vaut
1, et µ(n) vaut 0 dans les autres cas. φ(n) est le nombre d’entiers m tels que 1 ≤ m ≤ n et
n ∧ m = 1.
P correspond à une polarisation. Le sens physique de l est la moitié du nombre de pattes
dans la représentation en boucles. m est un nombre numérotant les différents opérateurs pour l
donné. Ce qui nous intéresse, pour comparer avec la suite, ce sont les nombres de ponts. l ponts
correspond à 2l pattes, et donc les Λ(l, m; e0 ) donnent les amplitudes au niveau l. L’exception
est pour l = 1, à cause des configurations dégénérées (qui ont un amas non trivial, mais aucune
boucle non triviale, voir la sous-section 4.2.1). l = 1 correspond en fait à l’opérateur de spin et
doit être traité séparément. On trouve que b(0) = 1 (opérateur identité) et b(1) = Q − 1, tandis
que les amplitudes pour l ≥ 2 sont données par :
(l,m) 1
b = Λ(l, m; e0 ) + (Q − 1)Λ l, m; . (6.7)
2
Il faut bien noter que, contrairement au cas des CL cycliques, il y a plusieurs amplitudes au
niveau l, numérotées par m. m étant un diviseur de l, on en déduit que le nombre d’amplitudes
au niveau l est égal au nombre de diviseurs de l, que nous notons q(l). Le défaut de cette
approche est qu’elle n’est valable que dans la limite continue à un point critique.
Une approche possible est d’étendre l’approche algébrique de Pasquier et Saleur [16], ex-
posée dans la sous-section 3.2.2, au cas des CL toroı̈dales. Pasquier et Saleur avaient considéré
le modèle à six vertex correspondant, plus précisément une chaine XXZ de spin 12 avec des
termes de surface imaginaires correspondant à la limite anisotrope du modèle. Pour cela, ils
avaient étudié les représentations irréductibles de l’algèbre de Temperley-Lieb, en utilisant l’in-
variance sous le groupe quantique Uq (sl(2)). Dans le cas des CL toroı̈dales, on peut montrer
que la matrice de transfert est constituée d’opérateurs ei , 1 ≤ i ≤ 2L, constituant une algèbre
de Temperley-Lieb périodique, dans laquelle un nouvel élément e2L est ajouté par rapport à
l’algèbre de TL. e2L satisfait les relations de commutation suivantes :
e22L =
p
Qe2L (6.8)
ei e2L ei = ei , pour i = 1, 2L − 1 (6.9)
e2L ei e2L = e2L , pour i = 1, 2L − 1 (6.10)
ei e2L = e2L ei , pour i 6= 1, 2L − 1 . (6.11)
116 CHAPITRE 6. CAS DE CONDITIONS AUX LIMITES TOROIDALES
Cette structure algébrique, qui intervient dans les modèles de Potts et les chaines XXZ avec
des CL périodiques, a été mise en évidence par Lévy [134]. Une revue sur l’algèbre de TL et ses
généralisations (dont l’algèbre de TL périodique) a été faite par Nichols [19].
Les représentations de cette algèbre ont été étudiées par Martin et Saleur [132],[131]. Elles
sont beaucoup plus compliquées que celles de l’algèbre de TL, car l’algèbre de TL périodique
contient un nombre infini de mots, contrairement à l’algèbre de TL.
L’étude de la chaine XXZ de spin 21 avec des CL toroı̈dales a été effectuée par Alcaraz,
Grimm, et Rittenberg [133]. Alcaraz et Martins ont étudié le spectre de la chaine XXZ de spin
S quelconque et son lien avec celui de la chaine XXZ de spin 12 [135]. Le spectre du modèle
de Potts ne se déduit pas facilement du spectre de la chaine XXZ pour des CL périodiques.
Il est nécessaire de combiner différents secteurs de twist du modèle XXZ. Cela a été discuté
dans [133],[136].
Ce qu’il faut retenir est que de manière générale la procédure algébrique utilisée pour les
CL cycliques peut s’étendre au cas des CL toroı̈dales : on étudie les représentations irréductibles
de l’algèbre de TL périodique au lieu de l’algèbre de TL. Cependant, comme les représentations
irréductibles ainsi que le lien entre le modèle XXZ (i.e. le modèle à six vertex) et le modèle
de Potts sont compliqués, il est beaucoup plus difficile de décomposer l’espace de Hilbert en
espaces de représentation irréductible, et donc de décomposer la fonction de partition du modèle.
Néanmoins, cela permet de s’attendre à ce que les amplitudes obtenues par la méthode du gaz
de Coulomb soit toujours valable. Une preuve rigoureuse devrait être donnée par Saleur dans
les prochains mois.
( P
l l−j 2l l+j Qj + (−1)l (Q − 1) pour l ≥ 2
j=0 (−1)
b(l) = Pl l+j l−j
l−j l+j Qj
(6.12)
j=0 (−1) l−j pour l ≤ 2
Les coefficients b(l) sont l’équivalent des coefficients c(l) , mais dans le cas de CL toroı̈dales.
Cependant, ce ne sont pas les amplitudes des valeurs propres à cause des permutations possibles
entre points noirs. Ainsi, les amplitudes ne sont pas les mêmes pour toutes les valeurs propres
du même niveau l, contrairement à ce qui se passait pour les CL cycliques. Cependant, par
sommation sur les amplitudes au niveau l, on obtient b(l) . Ce point, noté par Chang et Shrock
dans [46], a été développé dans notre article [53] et nous donnerons donc dans la suite des
relations précises entre les amplitudes des valeurs propres et les b(l) .
Chang et Shrock ont dans [46] étudié la matrice de transfert pour des largeurs petites. Une
conclusion importante de leurs études est qu’il y a des dégénérescences entre valeurs propres
entre niveaux différents, et que ces dégénérescences dépendent de la largeur L considérée. Ils
ont également déterminé les amplitudes des valeurs propres des premiers niveaux. Ils ont trouvé
6.2. PRÉLIMINAIRES MATHÉMATIQUES 117
ainsi que :
b(0) = 1 (6.13)
(1)
b = Q−1 (6.14)
1
b(2,1) = Q(Q − 3) (6.15)
2
1
b(2,2) = (Q − 1)(Q − 2) (6.16)
2
1
b(3,1) = (Q − 1)(Q2 − 5Q + 3) (6.17)
3
1
b(3,3) = Q(Q − 2)(Q − 4) . (6.18)
3
Ces amplitudes sont égales à celles calculées par la méthode du gaz de Coulomb exposée dans
la sous-section 6.1.1, ce qui laisse penser que la formule (6.7) a une validité générale. Nous le
prouverons dans la suite.
Nous exposons maintenant et jusqu’à la fin du chapitre nos travaux, publiés dans [53].
Nous avons vu dans la sous-section 4.2.4 que la topologie des amas pour des CL toroı̈dales
est plus compliquée que pour des CL cycliques avec lesquelles seule la percolation horizontale
était possible. Les amas non triviaux (NTC) sont caractérisés par le couple (n1 , n2 ) indiquant
combien de fois ils percolent horizontalement et verticalement. Comme dans la suite nous serons
seulement intéressés par les propriétés des amas selon la direction de propagation de la matrice
de transfert, choisie horizontale comme précédemment, nous considérerons uniquement n1 . On
appelle branche d’un amas une de ses n1 parties percolant horizontalement. Un NTC donné
réalise une permutation P entre les positions de ses n1 branches. On décrit ainsi totalement la
topologie d’un NTC selon l’horizontale par n1 et la permutation P ∈ Sn1 . Il y a des restrictions
sur les permutations P possibles. La permutation P est cyclique, car sinon elle correspondrait
à plusieurs amas différents avec un nombre de branches plus petit. Par conséquent, P est une
permutation cyclique. De plus, comme des branches différentes ne peuvent se couper, seules les
permutations cycliques avec un écart constant entre deux positions consécutives sont permises.
Par exemple, pour n1 = 4, seules (1234) et (1432) sont autorisées.1
Rappelons que pour une configuration d’amas donnée tous les NTC ont la même topologie,
et donc mêmes n1 et P . De plus, les positions relatives des branches correspondant à des
amas différents sont telles que les amas soient intriqués les uns dans les autres. On note j
le nombre de NTC d’une configuration avec n1 ≥ 1. Un exemple est donné Fig. (6.1). Les
configurations sans NTC et les configurations avec des NTC ne percolant que verticalement
correspondent à j = 0. On appelle Zj,n1 ,P la fonction de partition du modèle de Potts restreinte
à des configurations d’amas avec j NTC caractérisés par n1 ≥ 1 et P , Zj,n1 la fonction de
1
Il faut bien noter que nous considérons ici les permutations qui peuvent être réalisées par un seul NTC, et
non toutes les permutations à un niveau l donné, car les points noirs peuvent être attribués à des NTC différents.
Par example, les permutations autorisées au niveau l = 4 sont Id, (1234), (13)(24) et (1432), i.e. correspondent
au groupe cyclique C4 .
118 CHAPITRE 6. CAS DE CONDITIONS AUX LIMITES TOROIDALES
partition restreinte à des configurations avec j NTC d’indice n1 , Zj,n1 >1 la fonction de partition
restreinte à des configurations avec j NTC d’indice strictement supérieur à un, Zj la fonction de
partition restreinte à des configurations avec j NTC percolant horizontalement, et Z la fonction
de partition totale. On a les relations suivantes :
X
Zj,n1 = Zj,n1 ,P (6.19)
P ∈Sn1
L
X
Zj,n1>1 = Zj,n1 (6.20)
n1 =2
L
X
Zj = Zj,n1 (6.21)
n1 =1
L
X
Z = Zj . (6.22)
j=0
Pour un réseau générique, par exemple triangulaire, les Zj,n1 ,P non nuls sont tous ceux corres-
pondant à une permutation P autorisée, et à n1 j ≤ L, comme le nombre total de branches ne
peut dépasser la largeur L du réseau. Pour un réseau carré, les Zj,n1 ,P avec n1 j = L et n1 > 1
sont nuls. Cela est dû au fait que les amas ne peuvent avancer et se décaler latéralement en
même temps : il n’y a pas de lien diagonal comme dans le réseau triangulaire. Dans la suite,
nous considérons toujours un réseau générique.
y a pour un niveau l donné plus d’états de connectivité possibles qu’avec des CL transverses
libres. En effet, les croisements entre partitions sont toujours interdits, mais certains ne sont
qu’apparents à cause de la symétrie par rotation d’une tranche du réseau. Notons que les croi-
sements ayant lieu entre partitions supérieures ne sont jamais apparents (et donc sont toujours
interdits), mais par contre il peut y avoir des croisements apparents entre ponts ou entre un
pont et une partition supérieure.
Ainsi, si on attribue n1 points noirs à un amas d’indice n1 et correspondant à la permu-
tation P , alors au final les ponts seront permutés de P . Toutes les permutations P ne sont
pas autorisées. Nous montrerons dans la sous-section 2.3 que les permutations autorisées à un
niveau l donné (prenant en compte toutes les manières d’attribuer l points noirs aux configu-
rations d’amas) sont les éléments du groupe cyclique Cl . On note ntor (L, l) le nombre d’états
de connectivité possible au niveau l sans tenir compte des permutations possibles entre ponts.
La dimension de Tl est donc lntor (L, l). On note |vl,i i, 1 ≤ i ≤ ntor (L, l), les ntor (L, l) états de
connectivité standard au niveau l : par convention le premier pont commence en 1′ , le second
en 2′ , etc. . .. Les lntor (L, l) états de base au niveau l peuvent être obtenus en appliquant des
permutations de Cl entre points noirs sur les |vl,i i. On peut montrer que [46] :
1 2L
L+1 L pour l = 0
2L−1
ntor (L, l) = L−1 pour l = 1 (6.23)
2L
L−l pour 2 ≤ l ≤ L
1 X (D)
pD = χ̄ (P )P , (6.24)
l
P ∈Cl
les χ(D) (P ) étant le caractère de P dans l’irrep D. L’application de toutes les permutations de
Sl sur un vecteur standard |vl,i i donné engendre une représentation régulière de Cl , qui contient
donc une fois chacune les irreps D (de dimension 1). Comme il y a en tout ntor (L, l) vecteurs
standards, la dimension de Tl,D est ntor (L, l).
Comme dans le cas cyclique, Kl est défini comme la trace de (Tl )N . Tl commutant avec Cl ,
on a :
ntor (L,l)
hvl,i | (Tl )N |vl,i i .
X
Kl = l (6.25)
i=1
Tl et pD commutant avec Cl , on a :
ntor (L,l)
hvl,i |pD (Tl )N |vl,i i .
X
Kl,D = l (6.26)
i=1
On a bien sur : X
Kl = Kl,D , (6.27)
D
la somme portant sur toutes les irreps D de Cl . Ainsi, lorsque les CL sont toroı̈dales, les am-
plitudes des valeurs propres au niveau l ne sont plus toutes identiques, elles dépendent aussi de
D. En effet :
ntor (L,l)
(λl,D,k )N .
X
Kl,D = (6.28)
k=1
Afin de décomposer Z en Kl,D , nous passerons par les Kl,Pl définis par :
ntor (L,l)
hvl,i | (Pl )−1 (Tl )N |vl,i i ,
X
Kl,Pl = (6.29)
i=1
Pl étant une permutation du groupe cyclique Cl . Kl,Pl correspond à avoir un état final égal à
l’état initial sur lequel la permutation Pl a été appliquée. Notons que Kl,Id vaut simplement
Kl
l . A cause des permutations possibles entre points noirs, le développement de Z contiendra
non seulement Kl,Id , mais aussi tous les autres Kl,Pl , Pl étant une permutation de Cl . Nous
montrerons que les coefficients devant les Kl,Pl ne dépendent que de la classe, relativement au
groupe symétrique Sl , de Pl . Nous noterons ces classes (di , n1 ), où les di (i = 1, . . . , q(l)) sont
des diviseurs de l et n1 = dli . Il est ainsi naturel de définir K(di ,n1 ) comme :
X
K(di ,n1 ) = Kl,Pl , (6.30)
Pl ∈(di ,n1 )
la somme portant sur les permutations Pl appartenant à la classe (di , n1 ). Cette définition nous
permettra de simplifier l’écriture de certaines formules, mais au final nous utiliserons les Kl,Pl .
Une fois que nous aurons obtenu le développement de Z en Kl,Pl , nous aurons besoin
d’exprimer les Kl,Pl en fonction des Ll,D afin d’obtenir le développement de Z en Kl,D , qui sont
les quantités directement reliées aux valeurs propres. On a d’après les Eq. (6.26) et (6.24) :
X
Kl,D = χD (Pl )Kl,Pl . (6.31)
Pl
On peut inverser ces relations afin d’exprimer les Kl,Pl en fonction des Kl,D , puisque le nombre
de permutations de Cl est égal au nombre d’irreps D de Cl . Pour cela, on multiplie l’Eq. (6.31)
par χ̄D (Cl ), on somme sur les irreps D au niveau l, puis on utilise la relation d’orthogonalité
entre caractères D χ̄D (Pl )χD (Pl′ ) = lδ(Pl , Pl′ ) [69]. On trouve alors que :
P
X χ̄D (Pl )
Kl,Pl = Kl,D , (6.32)
l
D
et on a la relation : X
χ̄D (Pl ) = lδ(Pl , Id) . (6.33)
D
6.2. PRÉLIMINAIRES MATHÉMATIQUES 121
Dans la suite nous obtiendrons une expression des ampltudes au niveau l qui fait intervenir
des sommes des caractères des irreps D de Cl . Afin de retrouver l’Eq. (6.7), nous devrons calculer
ces sommes. Nous exposons ici les résultats que nous utiliserons.
Cl est le groupe engendré par la permutation El = (12 . . . l). Il est abélien et composé de l
éléments donnés par Ela , 1 ≤ a ≤ l.2 Leur structure cyclique est donnée par la règle suivante. On
note di , 1 ≤ i ≤ q(l), les entiers divisant l (en particulier d1 = 1 et dq(l) = l), et Adi l’ensemble
des entiers qui sont un produit de di par un entier n tel que 1 ≤ n ≤ dli et n ∧ dli = 1.3 Si
a ∈ Adi alors Ela est composé de di cycles intriqués de même longueur dli . On note la classe
correspondante di , dli . Le nombre d’éléments de Ali , et donc le nombre de tels Ela , vaut φ dli ,
où φ est la fonction totient d’Euler dont la définition a été rappelée dans la sous-section [Link]
Considérons C6 comme example. Les permutations de C6 de classe (1, 6) sint E6 = (123456)
etE65 = (165432). Les permutations de (2, 3) sont E62 = (135)(246) et E64 = (153)(264).5 Il y a
seulement les permutations E63 = (14)(25)(36) dans (3, 2) et E66 = Id dans (6, 1). En effet, les
diviseurs entiers de 6 sont 1, 2, 3, 6, et on a A1 = {1, 5}, A2 = {2, 4}, A3 = {3}, A6 = {6}.
Cl a l irreps notées Dk , avec 1 ≤ k ≤ l. Les caractères correspondant sont χDk (Ela ) =
ka 6
exp −i2π l . Nous devrons calculer dans la suite les sommes données par :
X X ka
χ̄Dk (Pl ) = exp i2π . (6.34)
l
a∈Adi
“ ”
Pl ∈ di , dl
i
Ces sommes sont des généralisations de sommes de Ramanujan.7 En utilisant le théorème 272
de [138], on obtient que :
m
X µ m∧di φ dli
χ̄Dk (Pl ) = , (6.35)
m
“ ” φ m∧di
Pl ∈ di , dl
i
où k est supposé appartenir à Ad et m est donné par dl . µ est la fonction de Möbius et a
été définie dans la sous-section 6.1.1. Notons que les k qui sont dans le même Ad donnent le
même résultat, c’est pourquoi on peut se restreindre à k égal à un diviseur de l afin d’avoir
les différentes valeurs de ces sommes. En effet, nous numéroterons les différentes amplitudes au
niveau l à l’aide de m.
2
Avec la convention choisie, l’identité correspond à a = l.
3
L’union de tous les“ Ad”i est {1, 2, . . . , l}.
4
Noter que di |l φ dli = l.
P
5
Noter que par exemple (123)(456) n’est pas un élément de C6 comme il n’est pas intriqué.
6
Avec la convention utilisée, la représentation identité est Dl .
7
Dans le cas où la somme porte sur A1 , il s’agit d’ailleurs exactement d’une somme de Ramanujan.
122 CHAPITRE 6. CAS DE CONDITIONS AUX LIMITES TOROIDALES
Fig. 6.2 – Etats de connectivité standards au niveau 1 compatibles avec une configuration
d’amas donnée de Z2,1 . La façon de procéder est la même que pour les CL cycliques.
On peut, en procédant comme pour les CL cycliques, voir sous-section 3.1.2, décomposer
les Kl à l’aide des Zj,n1 . Pour cela, déterminons le nombre d’états |vl,i i compatibles avec une
configuration donnée de Zj,n1 . On considère d’abord le cas n1 = 1 et on suppose que le kème
NTC relie les points yk de la dernière colonne (on ”oublie” encore que les CL longitudinales sont
périodiques). Les |vl,i i compatibles avec cette configuration d’amas obéissent aux mêmes règles
que pour les CL cycliques, et donc il y en a ntor (j, l). Le coefficient dans la décomposition de
Kl situé devant Zj,1 est donc lntor (j,l)
Qj
, car à partir d’un vecteur standard |vl,i i on peut à l’aide
des permutations de Cl former l états et car le poids des j NTC dans Kl vaut 1 au lieu de Qj .
Un exemple est donné Fig. (6.2).
Supposons maintenant que n1 > 1. On note {yk,m } les points reliés par la mème branche
du kème NTC (m varie entre 1 et n1 et k entre 1 et j), et {yk } = ∪nm=1
1
{yk,m } les points reliés
par le kème NTC. Comme montré dans la Fig. (6.3), les vl,i compatibles avec cette configuration
sont tels que :
/ ∪jk=1 {yk } sont les mêmes que dans la configuration
1. Les connectivités des points y ∈
d’amas.
2. Les points {yk,m } correspondant à la même branche d’un NTC doivent être connectés.
3. Il faut maintenant dénombrer le nombre de façons dont on peut relier les branches des
k NTC entre elles et attribuer l points noirs de manière à ce que la connectivité et la
position des points noirs demeurent inchangées après l’action de la configuration d’amas.
Pour l ≥ 2, il n’y a pas d’états compatibles (en effet, il n’est pas possible de respecter la
planarité et de laisser la position des points noirs inchangée). Pour l = 1 et l = 0, il y a
6.3. DÉCOMPOSITION DE LA FONCTION DE PARTITION 123
Fig. 6.3 – Etats de connectivité standards au niveau 1 compatibles avec une configuration
d’amas donnée de Z2,2 .
(2jj )
respectivement 2j−1 = 2 et 2j
j j états compatibles. Notons que ce résultat ne dépend
pas de la valeur précise de n1 (pour n1 > 1).
La troisième règle entraı̂ne que le développement de Kl pour l ≥ 2 ne contient pas de Zj,n1 avec
n1 > 1. La décomposition de Kl est donc, pour l ≥ 2, donnée simplement par :
L
X Zj,1
Kl = l ntor (j, l) . (6.36)
Qj
j=l
L [ L2 ]
X Zj,1 X j Zj,n1 >1
K1 = ntor (j, 1) j + (2 − 1) , (6.37)
Q Qj
j=1 j=1
L [ L2 ]
X Zj,1 X j Zj,n1>1
K0 = ntor (j, 0) j + 2 . (6.38)
Q Qj
j=0 j=1
Les coefficients devant les Zj,n1 ne dépendent pas de la valeur précise de n1 pour n1 > 1. On a
posé pour simplifier l’écriture que Z0,1 = Z0 .
Comme les coefficients devant Zj,1 et Zj,n1 >1 sont différents, on ne peut pas exprimer les
Kl en fonction des Zj = Zj,1 + Zj,n1 >1 dans les Eq. (6.36) à (6.38). Par conséquent, on ne peut
pas inverser ces relations, car il y a plus de Zj,1 et Zj,n1 >1 que de Kl . Par contre, il y a autant
de Zj,1 (et de Zj ) que de Kl . C’est donc à cause des Zj,n1>1 que le problème est plus compliqué
124 CHAPITRE 6. CAS DE CONDITIONS AUX LIMITES TOROIDALES
que pour les CL cycliques (pour lesquelles la seule valeur de n1 des NTC était 1). Oublions pour
le moment ces Zj,n1>1 , et supposons qu’on a simplement, pour tout l :
L
X Zj,1
Kl = l ntor (j, l) . (6.39)
Qj
j=l
L
(l) Kl
X
Zj,1 = bj , (6.40)
l
l=j
(l)
où les coefficients bj sont les termes en Qj de b(l) défini par :
l
( P
l l−j 2l l+j Qj + (−1)l (Q − 1) pour l ≥ 2
(l) j=0 (−1)
X
(l) l+j l−j
b ≡ bj = Pl l−j l+j Qj
(6.41)
j=0 j=0 (−1) l−j pour l ≤ 2
Nous retrouvons donc bien les b(l) obtenus par Chang et Shrock à l’aide de diagrammes [46], et
donnés dans l’Eq. (6.12). Les b(l) jouent un rôle analogue aux c(l) mais pour des CL toroı̈dales.
D’ailleurs, les b(l) et c(l) sont égaux pour l ≤ 2. En sommant les Zj,1 (rappelons que nous
oublions pour le moment les Zj,n1>1 ), on obtient que :
L
X Kl
Z= b(l) . (6.42)
l
l=0
A cause des Zj,n1>1 réalisant des permutations entre points noirs, l’équation précédente
est modifiée. Nous PLallons
P devoir introduire des coefficients b(l,D) dépendant de l’irrep D de
Cl et écrire Z = l=0 D b (l,D) Kl,D . En l’absence des Zj,n1>1 , on aurait d’après l’Eq. (6.42)
(l,D) b(l)
b = l indépendamment de D. Nous verrons que les Zj,n1>1 lèvent cette dégénérescence
des amplitudes, mais d’une façon particulière, car nous verrons qu’il y a des relations entre les
b(l,D) et les b(l) .
Afin de simplifier les formules que nous obtiendrons plus tard, on définit les coefficients b̃(l)
pour l ≥ 1 par :
l
l−j 2l l+j
X
(l)
b̃ = (−1) Qj + (−1)l (Q − 1) . (6.43)
l+j l−j
j=0
Pour l ≥ 2, b̃(l) est simplement égal à b(l) , ils sont différents uniquement pour l = 1, car
b(1) = Q − 1 and b̃(1) = −1. Afin de retrouver la formule (6.7) de Read et Saleur pour les
amplitudes, nous utiliserons que :
Les relations (6.36) à (6.38) n’étaient pas inversibles car les Kl n’étaient pas en nombre
suffisant. Nous allons donc considérer le développement des Kl,Pl , qui lui sera inversible : il faut
tenir compte des permutations possibles des points noirs.
Un état de connectivité standard avec l points noirs est dit Pl -compatible avec une configu-
ration d’amas donnée si l’action de cette configuration sur l’état de connectivité donne un état
de connectivité final différant de l’état initial par une permutation Pl des points noirs. Il s’agit
d’une généralisation de la notion de compatibilité utilisée sous-section 3.1.2, afin de prendre en
compte les permutations entre points noirs.
Dénombrons d’abord le nombre de connectivités standards |vl,i i qui sont Pl -compatibles
avec une configuration d’amas donnée contribuant à Zj,n1 ,P . Pour n1 = 1, Sn1 contient unique-
ment l’identité Id, et donc les résultats de la sous-section 6.3.1 s’appliquent : les Zj,1 contribuent
uniquement à Kl,Id . On considère ensuite uen configuration contribuant à Zj,n1 ,P avec n1 > 1.
Les |vl,i i qui sont Pl -compatibles avec cette configuration satisfont les mêmes règles que celles
données dans la sous-section 6.3.1 pour n1 > 1, à condition de modifier la troisième règle, les
points noirs devant être attribués de manière à ce que l’état final diffère de l’état initial par une
permutation Pl .
Cette modification rend l’attribution des points noirs beaucoup plus complexe que dans
la sous-section 6.3.1. Notons tout d’abord que tous les Pl ne sont pas autorisés. En effet, la
décomposition cyclique des permutations autorisées ne peut que contenir que P , P étant la
permutation entre branches réalisée par chaque NTC de la configuration d’amas. Par conséquent,
les permutations autorisées contiennent seulement P et sont telles que l = di n1 , en appelant di le
nombre de fois que P est contenu. On note (di , n1 ) les classes correspondantes de permutations
et K(di ,n1 ) les K associés, voir Eq. (6.30). Le nombre de classes de permutations autorisées à un
niveau l donné est donc égal au nombre d’entiers di divisant l, à savoir q(l). De plus, à l’intérieur
de ces classes, toutes les permutations ne sont pas autorisées. En effet, comme les N T C sont
intriqués, elles doivent avoir uen structure cyclique intriquée. Par conséquent, comme annoncé
précédemment, les permutations autorisées au niveau l forment le groupe cyclique Cl .
Considérons le développement de Kl,Pl , représenté dans la Fig. (6.4), Pl étant une permu-
tation autorisée différente de l’identité et contenant di fois la permutation P de longueur n1 .
Alors, seuls les Zj,n1 ,P avec j ≥ di contribuent à la décomposition de Kl,Pl . On trouve que le
nombre 8 de |vl,i i qui sont Pl -compatibles avec une configuration d’amas donnée de Zj,n1,P est
2j
j−nP . Par conséquent, on a :
j k
L
n1
X 2j Zj,n ,P
1
Kl,Pl = . (6.45)
j − di Qj
j=di
8 2j
` ´
Noter que j−di
est simplement ntor (j, di ) pour di ≥ 2 mais est différent pour di = 1, voir l’Eq. (6.23).
126 CHAPITRE 6. CAS DE CONDITIONS AUX LIMITES TOROIDALES
Fig. 6.4 – Etats de connectivité standards au niveau 2, (12)-compatibles avec une configu-
ration d’amas donnée de Z2,2 : après application de la configuration d’amas sur ces états de
connectivité, la position des deux points noirs est permutée.
Nous utiliserons la décomposition des K(di ,n1 ) dans la suite car il est plus simple de travailler
avec les Zj,n1 plutôt qu’avec les Zj,n1 ,P (mais on pourrait le faire).
Il reste à étudier le cas particulier où Pl = Id. Ce cas est trivial. La valeur de n1 dans le
développement en Zj,n1 n’est plus fixée, et donc on doit sommer sur les valeurs possibles de n1 ,
et prendre en compte que le cas n1 = 1 est particulier. On obtient à un facteur global près les
Eq. (6.36)-(6.38) de la sous-section 6.3.1, puisque Kl,Id = Kl l .
Pour avoir le développement de Zj en Kl,Pl on inverse l’Eq. (6.46) pour di variant et n1 > 1
fixé. On obtient que pour n1 > 1 :
j k
L
n1
j
X
di −j 2di di + j
Zj,n1 = Q (−1) K(di ,n1 ) pour n1 > 1 . (6.47)
di + j di − j
di =j
d’après l’Eq. (6.40) et le fait que pour l ≥ 2 les Zj,n1>1 n’apparaissent pas dans le développement
de Kl . Cependant, selon les Eqs. (6.37)–(6.38), les Zj,n1>1 apparaissent pour l = 0 et l = 1, et
on obtient :
L (l) ⌊ L2 ⌋
X b1 Q X 2j Zj,n1>1
Z1,1 = Kl − . (6.50)
l 2 j Qj
l=1 j=1
En injectant le développement des Zj,n1 >1 , donné Eq. (6.48), dans l’Eq. (6.50), on obtient le
développement de Z1,1 en Kl et K(di ,n1 ) :
L
L (l) 2⌋
⌊X
X b
Z1,1 = 1
Kl + Q (−1)di K(di ,n1 >1) . (6.51)
l
l=1 di =1
Comme Zj = Zj,1 + Zj,n1 >1 , en utilisant les Eq. (6.49) et (6.48) ainsi que l’Eq. (6.43), on
déduit que, pour tout j :
L
L (l) 2⌋
⌊X
X bj (di )
Zj = Kl + b̃j K(di ,n1 >1) . (6.54)
l
l=j di =j
P
Le développement de Z, comme Z = 0≤j≤L Zj , est :
L
L ⌊X
2⌋
X b(l)
Z= Kl + b̃(di ) K(di ,n1 >1) . (6.55)
l
l=0 di =1
(l,Dk )
où les coefficients bj sont donnés par
(l)
(l,D ) bj X b̃j(di ) X
bj k = + χ̄Dk (Pl ) . (6.57)
l l
(di <l)|l
“ ”
Pl ∈ di , dl
i
P
En effet, Kl = Dk Kl,Dk , et comme K(di ,n1 ) correspond au niveau l = di n1 , on a K(di ,n1 ) =
P χ̄Dk ((di ,n1 ))
Dk ∈Cd n l Kdi n1 ,Dk ((di , n1 ) est la classe des permutations composées de di cycles
i 1
l (l,Dk )
de même longueur n1 = di ). Comme expliqué dans la sous-section 6.3.2, les bj ne sont pas
(l)
bj
simplement égaux aux l à cause des termes avec n1 > 1. En utilisant l’Eq. (6.33), on trouve
néanmoins qu’ils satisfont la relation suivante :
X (l,D ) (l)
bj k = b j . (6.58)
Dk ∈Cl
(l)
(l,D ) b
De plus, d’après l’Eq. (6.57) les bj k avec l < 2j sont triviaux, i.e. égaux à jl indépendamment
de D. Cela peut se prouver directement en considérant le développement (6.36) de Kl .
Le développement de Z en Kl,Dk est évidemmment donné par :
X
Z= b(l,Dk ) Kl,Dk , (6.59)
l,Dk
où
l
(l,Dk )
X
b(l,Dk ) = bj , (6.60)
j=1
i.e.
b(l) X b̃(di ) X
b(l,Dk ) = + χ̄Dk (Pl ) . (6.61)
l l “ ”
(di <l)|l Pl ∈ di , dl
i
Il s’agit du résultat central de notre article : nous avons obtenu une expression simple des
amplitudes b(l,D) en fonction des caractères des irreps D. A priori, à un niveau l donné, il
devrait y avoir l amplitudes distinctes b(l,D)
car Cl a l irreps. distinctes D. Cependant, comme
deux permutations dans la même classe di , dli correspondent au même coefficient b(di ) , il y a
moins d’amplitudes distinctes : certains b(l,D) sont identiques. En effet, l’Eq. (6.61) donnant les
amplitudes des valeurs propres contient des sommes de Ramanujan généralisées. On en déduit,
en utilisant la sous-section 6.2.4, que les Dk dont les k sont dans le même Ad correspondent
à la même amplitude b(l,Dd ) . Par example, au niveau 6, il y a seulement quatre amplitudes
distinctes : b(6,D1 ) , b(6,D2 ) , b(6,D3 ) et b(6,D6 ) , comme b(6,D1 ) = b(6,D5 ) et b(6,D2 ) = b(6,D4 ) .
Une conséquence importante de l’expression des b(l,Dk ) est qu’ils satisfont :
X
b(l,Dk ) = b(l) . (6.62)
Dk ∈Cl
Ainsi, la somme des l (non nécessairement distinctes) amplitudes b(l,Dk ) au niveau l est égale à
b(l) . Cela avait été remarqué par Chang and Shrock [46], sauf qu’ils parlaient de la somme de
6.5. CONCLUSION DE L’ÉTUDE 129
l! amplitudes, et non l, car ils n’avaient pas remarqué que seules les permutations de Cl sont
autorisées.
Il faut également noter que pour l ≥ 2, la formule (6.61) peut s’écrire plus simplement
comme :
X b̃(di ) X
b(l,Dk ) = χ̄Dk (Pl ) , (6.63)
l “ ”
di |l Pl ∈ di , dl
i
étant donné que b(l) = b̃(l) pour l ≥ 2. Nous nous restreignons maintenant à ce cas, vu que les
amplitudes aux niveaux 0 et 1 sont simplement b(0) = 1 et b(1) = Q − 1.
Nous calculons maintenant les sommes de Ramanujan dans la formule (6.63). En utilisant
l’Eq. (6.35), on obtient :
m
X µ m∧d i
φ dli
(l,m)
b = b̃(di ) . (6.64)
m
di |l l φ m∧di
Nous rappelons que m est donné par dl pour k dans Ad , et est donc un diviseur entier de l. En
utilisant l’expression des b̃(di ) donnés dans l’Eq. (6.44), nous retrouvons la formule de Read et
Saleur (6.7). En particulier, le terme (−1)l (Q − 1) dans la définition (6.43) de b̃(l) correspond à
des configurations d’amas dégénérées, i.e. contribue à Zb .
Notons que le nombre d’amplitudes différentes au niveau l est simplement égal au nombre
de diviseurs entiers de l. En particulier, si l est premier, il y a seulement deux amplitudes
différentes : b(l,1) qui correspond à b(l,Dl ) (Dl est la représentation identité) et b(l,l) qui correspond
aux l − 1 autres b(l,Dk ) (comme ils sont tous égaux). En utilisant que b(1) = −1, on trouve :
b(l) − l + 1
b(l,1) = (6.65)
l
(l)
b +1
b(l,l) = . (6.66)
l
Cela peut se voir directement en utilisant l’Eq. (6.63). En effet, pour l premier, Cl contient Id
(l)
et l − 1 cycles de longueur l. Comme b(1) = −1, on en déduit que b(l,1) = b −l+1l . Pour b(l,l) , il
Pl−1
faut juste utiliser que k=1 exp i2πk
l = −1.
Nous avons généralisé avec succès l’approche combinatoire exposée dans le chapitre 3 pour
des CL cycliques au cas de CL toroı̈dales. Nous avons en particulier prouvé que la formule de
Read et Saleur (6.7) est valable pour n’importe quels réseaux et températures. De plus, nous
avons une interprétation physique nouvelle de leur formule, qui fait intervenir le groupe cyclique
Cl .
Les amplitudes obtenues étant beaucoup plus compliquées que dans le cas cyclique, nous
n’avons pas répondu à la question de savoir si les nombres de Beraha étaient toujours particuliers
130 CHAPITRE 6. CAS DE CONDITIONS AUX LIMITES TOROIDALES
en ce qui concerne le diagramme de phase du modèle. De plus, comme l’ont montré Chang et
Shrock dans [46], il y a des dégénérescences entre niveaux différents, dépendant de la largeur L,
ce qui complique encore le problème. Cela fera l’objet d’études futures [54].
Conclusion et perspectives
Nous avons mis en évidence au cours de ce mémoire la grande richesse des problèmes
associés au modèle de Potts. Tout d’abord, nous avons considéré dans [5] des modèles de Potts
couplés sur réseaux triangulaires. Nous avons établi dans le chapitre 1 les relations d’autodualité
du modèle, de deux manières différentes : par une procédure de dualité suivie d’une décimation
et par une procédure généralisant les travaux de Wu et Lin [7]. Nous avons, en utilisant des
résultats de théorie conforme qui permettent d’interpréter les spectres des matrices de transfert,
étudié le comportement critique correspondant dans le chapitre 2, et mis en évidence l’existence
de nouveaux comportements, dans le cas de deux modèles couplés. Une voie intéressante, qui
permettrait d’étudier le modèle de Potts désordonné à l’aide de la méthode des répliques, serait
d’étudier un nombre plus grand de modèles couplés et d’en déduire des propriétés valables quel
que soit ce nombre.
Dans le chapitre 3, nous avons donné une nouvelle méthode [51] permettant de développer
en caractères la fonction de partition du modèle de Potts avec des CL cycliques. Ces caractères
sont des fonctions de partition du modèle à six vertex avec un spin fixé. Notre méthode, pure-
ment combinatoire, a permis de retrouver les résultats algébriques de Pasquier et Saleur [16],
qui étaient basés sur l’étude des représentations de l’algèbre de Temperley-Lieb [26]. L’avantage
de notre méthode est qu’elle s’étend facilement à la décomposition de fonctions de partition
restreintes à un nombre d’amas non triviaux donné et au cas de CL cycliques/fixées. De plus,
en généralisant cette méthode, nous avons également obtenu, dans le chapitre 6, des résultats
intéressants pour des CL toroı̈dales [53]. En particulier, nous avons expliqué comment les per-
mutations possibles entre points noirs levaient les dégénérescences entre amplitudes au sein d’un
niveau donné. Il faut bien noter que les développements effectués sont valables pour n’importe
quelles taille et température. Il est ainsi particulièrement amusant de vérifier à la main que ces
développements sont valides pour des réseaux contenant très peu de sites. Ils constituent des
extensions de résultats de théorie conforme des champs qui étaient a priori valables uniquement
aux points critiques et dans la limite continue.
Dans [21], à l’aide des diagrammes de Pasquier [23] décrivant la topologie des configura-
tions d’amas, nous avons établi des relations exactes entre le modèle de Potts et le modèle
Ap−1 pour des conditions aux limites toroı̈dales. Ces relations nous ont permis d’expliquer les
coı̈ncidences de valeurs propres entre les spectres des matrices de transfert des deux modèles.
Ces relations pourraient d’ailleurs s’étendre, avec des modifications tenant compte du change-
ment des poids des cycles dans les diagrammes de Pasquier, au cas des autres modèles ADE, pas
seulement Ap−1 . Une autre perspective intéressante serait d’interpréter le contenu en opérateurs
des différentes matrices de transfert, notamment lorsqu’on twiste les modèles.
Dans le chapitre 5, nous avons étudié le diagramme de phase du modèle de Potts lorsque Q
131
132 CONCLUSION ET PERSPECTIVES
Nous donnons ici la méthode utilisée dans le chapitre 5 pour déterminer les températures
x pour lesquelles il y a plusieurs valeurs propres dominantes de la matrice de transfert. Pour
cela, on détermine les x tels qu’il y ait plusieurs valeurs propres équimodulaires en utilisant
la méthode de la résultante, et on voit si elles sont dominantes ou non en calculant toutes les
valeurs propres pour les x correspondants. Nous exposons dans cet appendice la méthode de la
résultante, en suivant la présentation faite dans [14].
Définition de la résultante
M Y
Y N
Res(P, Q) = aN M
M bN (λi − µj ) . (6.67)
i=1 j=1
133
134 METHODE DE LA RESULTANTE
Définition du discriminant
M (M −1)
On peut montrer que Disc(P ) = (−1) 2 a−1 ′
M Res(P, P ). Le discriminant de P est nul si et
seulement si P a au moins une racine multiple.
Principe de la méthode
Nous voulons savoir pour quelles valeurs de x la matrice de transfert T (x) a des valeurs
propres équimodulaires. On considère par conséquent le polynôme caractéristique de T défini
par :
dimT
Y
P (λ, x) = det [λI − T (x)] = [λ − λi (x)] , (6.70)
i=1
ainsi que le polynôme Pθ (λ, x) défini par Pθ (λ, x) = P (exp(iθ)λ, x). P et Pθ ont une racine en
commun si et seulement si T a des valeurs propres satisfaisant λ1 = exp(iθ)λ2 . On détermine
donc les lieux d’équimodularité en faisant parcourir à θ l’intervalle (0, π], et en calculant pour
chaque valeur de θ les racines de :
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tion model, Phys. Rev. B 15, 5674 (1977).
BIBLIOGRAPHIE 141
I. INTRODUCTION
The two-dimensional Potts model is a well-studied model of statistical mechanics [1] and continues to attract the
interest of many workers. Its definition is simple. Given a lattice with vertices {i} and edges hiji, the Hamiltonian
reads
X
βH = −K δ(Si , Sj ), (1)
hiji
where δ is the Kronecker delta. The spins Si = 1, 2, . . . , q initially take q discrete values. However, by making a
random cluster expansion [2] it is easily seen that the partition function can be written
X
Z= be(C) q n(C) , (2)
C
where b = eK − 1. Here, the sum is over the 2|hiji| possible colourings C of the edges (each edge being either coloured
or uncoloured), e(C) is the number of coloured edges, and n(C) is the number of connected components (clusters)
formed by the coloured edges. Taking Eq. (2) as the definition of the Potts model, it is clear that q can now be
considered as a real variable, independently of the original spin Hamiltonian. Also, we shall adopt the point of view
that Eq. (2) makes sense for any real b, although b < −1 would correspond to an unphysical (complex) value of the
spin coupling K.
Exact evaluations of Eq. (2), in the sense of the Bethe Ansatz, exist for several lattices and for specific curves in
(q, b) space along which the model happens to be integrable [3]. This is true, in particular, for the square lattice with
[3, 4]
√
b = ± q, (3)
p
b = −2 ± 4 − q, (4)
b3 + 3b2 = q. (5)
These curves have several features in common. First, they correspond to critical points (with correlation functions
decaying as power laws) for 0 ≤ q ≤ 4 [6], whose nature can be classified using conformal field theory (CFT) [7].
Second, the values of the coupling constants are often so that the partition function is selfdual (see below); this is the
case for the curves (3) and (5) above, whereas the two curves in (4) are mutually dual.
The part of the curves having b > 0 corresponds to the ferromagnetic phase transition, whose critical behaviour
is lattice independent (universal). More interestingly, the antiferromagnetic (−1 ≤ b < 0) and unphysical regimes
(b < −1) contain non-generic critical points whose relation to CFT has, at least in some cases, not been fully
elucidated. This is so in particular for b = −1, where the Potts model reduces to a colouring problem, and Eq. (2)
becomes the chromatic polynomial.
Much less is known about several Potts models, coupled through their energy density δ(Si , Sj ). Results coming
from integrability seem to be limited to the case of N = 2 coupled models [8], which on the square lattice only leads
to new critical points in the well-studied Ashkin-Teller case [3] (i.e., with q = 2). Apart from that, CFT-related
146
results are essentially confined to perturbative expansions in ǫ ∼ q − 2 around the ferromagnetic critical point [9, 10].
These results, corroborated by numerical evidence [11, 12], indicate the existence of novel critical points for N ≥ 3,
with possible implications for the random-bond Potts model through the formal analytical continuation (replica limit)
N → 0.
In the present publication we investigate the possibility of novel critical behaviour in N coupled Potts models on
the triangular lattice. To identify candidate critical points we first search for selfdual theories. In comparison with a
similar study on the square lattice [11, 12] several distinctive features emerge due to the non-selfdualness of the lattice.
This leads us to use two different techniques. In the first, a standard duality transformation is followed by decimation
(star-triangle transformation). This turns out to be quite cumbersome, already for N = 2. We therefore turn to a
second technique, which utilises a mapping to a system of coupled loop models. This leads to simpler relations, and
as a bonus allows to include three-spin couplings around one half of the lattice faces. Starting from N = 3 coupled
models, such additional couplings are actually necessary for generating non-trivial selfdual solutions.
For N = 2 we numerically investigate the non-trivial selfdual manifold. Following the motivation given above, the
main interest here is to establish whether a given selfdual point corresponds to a renormalisation group fixed point
(and possibly even to a critical fixed point). We shall see that these expectations are indeed born out: the numerics
is compatible with critical points whenever 0 ≤ q ≤ 4. Measuring the central charge, we identify the corresponding
universality classes. These can in some cases be understood from those of a single model, but we also identify points
possessing novel critical behaviour.
The paper is laid out as follows. In Section II we present the technique of duality followed by decimation for two
coupled models with pure two-spin interactions. In particular, we find a non-trivial selfdual solution. The mapping
to a loop model, given in Section III, allows to rederive this solution in a much simpler way, and to generalise to the
case where three-spin interactions are included. In Section IV we use this technique to treat the case of three coupled
models with both two and three-spin interactions. A numerical study of the non-trivial selfdual solution found in
Section II is the object of Section V. Finally, Section VI is devoted to our conclusions.
To illustrate the first technique (duality and decimation), we consider the case of N = 2 coupled models with two-
µ
spin interactions. In order to simplify the notation, we introduce the symbol δij = δ Siµ , Sjµ , where the superscript
refers to the spins of the µ’th model (µ = 1, 2, . . . , N ). We are interested in the coupled model defined by the
Hamiltonian
X
1 2 1 2
βH2 = − K1 δij + K2 δij + K12 δij δij . (6)
hiji
As shown in Ref. [12, 13], Eq. (6) admits a (generalised) random cluster expansion resulting in
X e(C1 ∩C2 ) e(C1 ∩C2 ) e(C1 ∩C2 ) n(C1 ) n(C2 )
Z= b1 b2 b12 q1 q2 , (7)
C1 ,C2
where Cµ are independent colourings of the µ’th model, and we have defined the complementary colouring Cµ ≡
hiji − Cµ . The new parameters b are related to the coupling constants K through
As explained in the Introduction, we shall take the point of view that the model is defined by Eq. (7) for any real
values of b and qµ .
Up to an irrelevant constant, the partition function of the dual model is again given by (7), but now with respect
to the dual (hexagonal) lattice, and with dual values b̃ of the parameters [12, 13]:
b2 q1 b1 q2 q1 q2
be1 = , be2 = , bf
12 = . (9)
b12 b12 b12
147
S1 S2 S1 S2
S0
S3 S3
A rather obvious procedure would be to follow (9) by a standard decimation prescription (star-triangle transformation)
in order to get back to parameters b′ defined with respect to the triangular lattice, and then search for selfdual solutions,
b = b′ . A key assumption, of course, is that such solutions exist within the original parameter space, i.e., with only
nearest-neighbour couplings among the spins [14].
The precise setup is shown in Fig. 1. We form the partial trace over all spins S0µ situated at even (Y -shaped)
vertices of the hexagonal lattice, while keeping the exterior spins S1µ , S2µ , S3µ fixed. Defining b̃ as in Eq. (8), we must
have
( 3 !) !
X X X 2 X 3 X2
fµ µ g 1 2 µ
exp K δ0i +K 12 δ0i δ0i = A exp Kµ′ δij ′ 1 2
+ K12 δij δij , (10)
1 2
S0 ,S0 i=1 µ=1 i>j=1 µ=1
where the proportionality factor A does not have any bearing on the duality relations for the coupling constants.
We obtain ten distinct relations by considering all symmetry-unrelated choices for the fixed spins Siµ with µ = 1, 2
and i = 1, 2, 3. Following [14] we suppose qµ ≥ 3 integer initially, and then invoke analytic continuation to claim the
validity of the result for arbitrary qµ .
• For S1 6= S2 6= S3 on the two lattices:
(q1 − 3)(q2 − 3) + 3(1 + be1 + be2 + bf e e e e
12 ) + 3(q2 − 3)(1 + b1 ) + 3(q1 − 3)(1 + b2 ) + 6(1 + b1 )(1 + b2 ) = A (11)
• For S1 = S2 = S3 on the two lattices:
(q1 − 1)(q2 − 1) + (1 + be1 + be2 + bf 3 e 3 e 3 ′ ′ ′ 3
12 ) + (q2 − 1)(1 + b1 ) + (q1 − 1)(1 + b2 ) = A(1 + b1 + b2 + b12 ) (12)
• For S1 = S2 6= S3 on the two lattices:
(q1 − 2)(q2 − 2) + (1 + be1 + be2 + bf 2 e e f e 2
12 ) + (1 + b1 + b2 + b12 ) + (q2 − 2)(1 + b1 ) + (q1 − 2)(1 + b2 ) +
e 2
(q2 − 2)(1 + be1 ) + (q1 − 2)(1 + be2 )(1 + be1 )2 (1 + be2 ) + (1 + be2 )2 (1 + be1 ) = A(1 + b′ + b′ + b′ )
1 2 12 (13)
• For S11 = S21 6= S31 and S12 6= S22 = S32 :
(q1 − 2)(q2 − 2) + (q2 − 2)(1 + be1 )2 + (q2 − 2)(1 + be1 ) + (q1 − 2)(1 + be2 )2 + (q1 − 2)(1 + be2 ) +
(1 + be1 + be2 + bf e e e e f e e e
12 )(1 + b1 )(1 + b2 ) + (1 + b1 + b2 + b12 )(1 + b1 ) + (1 + b1 )(1 + b2 ) +
(1 + be1 + be2 + bf e ′ ′
12 )(1 + b2 ) = A(1 + b1 )(1 + b2 ) (14)
• For S11 = S21 = S31 and S12 6= S22 6= S32 :
(q1 − 1)(q2 − 3) + (q2 − 3)(1 + be1 )3 + 3(q1 − 1)(1 + be2 ) + 3(1 + be1 + be2 + bf e 2 ′ 3
12 )(1 + b1 ) = A(1 + b1 ) (15)
• For S11 = S21 = S31 and S12 = S22 6= S32 :
(q2 − 2)(q1 − 1) + (q1 − 1)(1 + be2 )2 + (q1 − 1)(1 + be2 ) + (q2 − 2)(1 + be1 )3 +
(1 + be1 + be2 + bf 2 e e e f e 2 ′
1
′
2
′
12 ) (1 + b1 ) + (1 + b1 + b2 + b12 )(1 + b1 ) = A(1 + b + b + b )(1 + b )
12
′ 2
1 (16)
• For S11 = S21 6= S31 and S12 6= S22 6= S32 :
(q1 − 2)(q2 − 3) + (q2 − 3)(1 + be1 )2 + (q2 − 3)(1 + be1 ) + (q1 − 2)3(1 + be2 ) +
2(1 + be1 + be2 + bf e e 2 e e e f e e ′
12 )(1 + b1 ) + (1 + b1 ) (1 + b2 ) + (1 + b1 + b2 + b12 ) + 2(1 + b1 )(1 + b2 ) = A(1 + b ) 1 (17)
• Eqs. (15), (16) and (17) each represent a pair of relations of which we have only written one representative; the
other one is obtained by permuting the two models, i.e., by letting q1 ↔ q2 and b1 ↔ b2 .
148
FIG. 2: Variation of the Boltzmann weights (20) with the parameter g defined in Eq. (19).
The list of selfdual solutions of N coupled models, µ = 1, 2, . . . , N , will in general contain a certain number of
trivial solutions. By a trivial solution we mean one which is a consequence of the selfduality of a single model. Let
us discuss in detail two classes [12, 13] of trivial solutions:
1. The models are actually decoupled. This happens, e.g., in the above example with N = 2 when K12 = 0, that
is b12 = b1 b2 . We will then have b3µ + 3b2µ = qµ for each µ, cf. Eq. (5). The number of real solutions of the µ’th
equation is nµ = 3 when 0 < qµ < 4, nµ = 2 when qµ = 0 or qµ = 4, and nµ = 1 otherwise; there will therefore
Q
be n = N µ=1 nµ trivial solutions for the system of N decoupled models.
QN
2. The models couple strongly so as to form a single q = µ=1 qµ state model. This happens when only the
coupling constant involving all the models is nonzero. E.g., in the above example with N = 2, one would have
K1 = K2 = 0, that is b1 = b2 = 0. The number of such solutions equals the number of real solutions of Eq. (5),
with b replaced by b12 .
The goal of our study is to show that there exists selfdual solutions of coupled Potts models on the triangular lattice
which are not trivial in the above sense.
C. Non-trivial solutions
Let us return to the Hamiltonian (6). We have numerically solved the ten relations (11)–(17) for several different
values of q1 and q2 . The conclusion is that for q1 6= q2 only trivial solutions exist.
For q1 = q2 the situation is different. There are now only seven distinct relations (11)–(17), since the three relations
which formerly occurred in pairs will now collapse into single relations. The parameters b are thus less constrained,
and accordingly we find non-trivial solutions. Numerically we find that these solutions have b1 = b2 (but note that
there are still trivial solutions with K12 = 0 which break this symmetry).
Setting now q ≡ q1 = q2 and b1 = b2 we can obtain the non-trivial solutions analytically, e.g., by solving Eqs. (11),
(13) and (17) for A, b1 and b12 , and verifying that the found solution satisfies all the other relations. The result is:
q − b21
b31 + 6b21 + 3b1 q + q(q − 2) = 0, b12 = . (18)
2 + b1
For each q ∈ (0, 4) Eq. (18) admits three distinct solution for b1 . To make clear in the following exactly to which
solution we are referring, it is convenient to recast (18) in parametric form, by setting q = 4 cos2 (πg). When the
parameter g runs through the interval [0, 32 ], the number of states q runs through the interval [0, 4] three times. We
have then
2π
b1 = x(1 − x), b12 = (x − 1)2 , x ≡ 2 cos g . (19)
3
149
This parametrisation also has the advantage over (18) that it is non-singular as g → 1 (i.e., x → −1 and q → 4) and
yields the correct limiting values of b1 and b12 .
In terms of x, the Boltzmann weights for two neighbouring spins being identical in none, one, or both of the two
models read:
Their variation with g is shown in Fig. 2. Note that the K12 coupling is physical (eK12 ≥ 0) for 38 ≤ g ≤ 98 , and that
3 9
K1 is physical for 10 ≤ g ≤ 10 .
It is also interesting to remark that in the x-parametrisation, Eq. (5) for a single model reads b = x − 1; the trivial
solution of type 1 is then b1 = x − 1, b12 = (b1 )2 with the same value of b12 as in Eq. (19).
Let us remark on a few special values of the parameter g for which the physics of the two coupled models can be
related to that of a single model.
1. For g = 1 (i.e., q = 4 and x = −1) one has K12 = 0, whence the models are decoupled.
2. For g = 43 (i.e., q = 2 and x = 0) one has K1 = 0 and K12 = log 2. Thus, the two models couple strongly to
form a single q 2 = 4 state model at the ferromagnetic fixed point.
3. For g = 21 (i.e., q = 0 and x = 1) one has K1 = K12 = 0. This is an infinite-temperature limit, whose properties
depend on the ratio K1 /K12 as g → 12 . In fact, for x → 1 we find K1 ∼ (1 − x) and K12 ∼ 2(1 − x)3 , whence the
coupling between the two models is negligible. Note also that q ∼ 3(1 − x)2 , whence the point (q, b1 ) = (0, 0) is
approached with infinite slope, as is the case for a single Potts model along the selfdual curve (5).
Note also that these values of g correspond to degeneracies of the Boltzmann weights (20), cf. Fig. 2.
As to the critical behaviour of a single Potts model, the situation is well understood in the case of the square lattice
[7]. There are three critical phases, referred to as ferromagnetic, Berker-Kadanoff and antiferromagnetic in Ref. [7].
By universality, one would expect the same three critical phases to describe the distinct branches of the selfdual curve
(5), as is confirmed by numerical transfer matrix results [16]. In particular, for the central charge along (5) one has
6g 2 1
c = 1− , for 0 ≤ g < (ferromagnetic phase)
1−g 2
6g 2 1
c = 1− , for ≤g<1 (Berker-Kadanoff phase)
1−g 2
3
c = 2 − 6(g − 1), for 1 < g ≤ (antiferromagnetic phase) (21)
2
when parametrising q = 4 cos2 (πg) as in (19). Note that points (q, b1 ) = (0, 0) and (q, b1 ) = (4, −2) are special, and
the critical behaviour when approaching the curve (5) at these points depends on the exact prescription for taking
the limit.
We conclude that the above-mentioned special points on the selfdual curve (19) for two coupled models lead to the
central charges c = −4 for g = 12 and c = 1 for g = 43 . For g → 1, the result is for the moment uncertain, due to the
ambiguity in taking the limit just referred to.
The results of the preceding section can be generalised to a model defined by the Hamiltonian H = H2 + H3 . The
term H2 is as in Eq. (6), whereas H3 introduces interactions between the three spins around the up-pointing faces
hijki of the triangular lattice, as shown in Fig. 3:
X
1 2 1 2
βH3 = − L1 δijk + L2 δijk + L12 δijk δijk . (22)
hijki
Introducing such interactions around every face seems difficult, even in the case of a single model [1].
150
FIG. 3: The lattice of Potts spins is shown in solid linestyle. There are two-spin interactions along every edge, and three-spin
interactions among the spins surrounding the up-pointing faces (shaded). The loop model is defined on a shifted triangular
lattice, shown in dashed linestyle.
One could of course consider also interactions between two spins in one model and three spins in the other. It can
be verified that the method given below can be adapted to this case. However, we have chosen not to consider any
further such mixed interactions.
In the following it is convenient to introduce the parameters
in analogy with Eq. (8). Guided by our results without three-spin interactions, we shall assume in the following that
non-trivial selfdual solutions only exist when coupling identical models. Thus we restrict the study to q ≡ q1 = q2 ,
b1 = b2 and L1 = L2 .
Wu and Lin [15] have shown how to produce duality relations for a single Potts model with two- and three-spin
interactions, by mapping it to a related loop model. After briefly reviewing their method, we shall adapt it to the
case of coupled models.
In Fig. 3 we show the triangular lattice of Potts spins, and the shifted triangular lattice on which the loop model is
defined. To obtain the correspondence, one first rewrites the Boltzmann weight around an up-pointing triangle hijki
as
5
X
wijk = f1 δij + f2 δjk + f3 δik + f4 + f5 δijk ≡ f a δa , (24)
a=1
where δ1 ≡ δij = δ(Si , Sj ) etc. Note that f4 = 1. To each of the five terms in this sum is associated a link diagram
on hijki, as shown in the first line of Fig. 4, indicating which spins participate in the delta symbol. The partition
function is then
XY X 5
Y
ZPotts = wijk = q n(L) fana (L) , (25)
Si hijki L a=1
where the sum is over all link diagrams L for the whole lattice, n(L) is the number of connected components in L,
and na (L) is the number of up-pointing triangles whose link diagram is of type a = 1, 2, . . . , 5.
The link diagrams are now mapped to fully-packed loop configurations on a shifted triangular lattice (cf. Fig. 3)
via the correspondence given in the second line of Fig. 4. The partition function of the loop model is defined as
X 5
Y
′ ′
Zloop = z p(L ) cna a (L ) , (26)
L′ a=1
where p(L′ ) is the number of closed polygons (loops) in the loop configuration L′ (which is in one-to-one correspondence
with L using Fig. 4), and z is the fugacity of a polygon. Using now the Euler relation one finds that ZPotts = Zloop if
√
z = q, ca = fa for a = 1, 2, 3, c4 = q 1/2 f4 , and c5 = q −1/2 f5 [15].
Finally, the duality relation follows from the invariance of the loop model under π/3 rotations; notice that this
cyclically interchanges the link diagrams of types 1, 2, 3 and permutes the diagrams of type 4, 5.
151
1 2 3 4 5
FIG. 4: Correspondence between link diagrams L for the Potts model (first line) and vertices L′ of the fully-packed loop model
(second line).
The above mapping can be adapted to the case of N coupled models. We here consider N = 2. The Boltzmann
weight wijk around an up-pointing triangle hijki can be written in a form generalising (24):
5
X
wijk = fab δa1 δb2 ; (27)
a,b=1
as usual δ µ refers to the µ’th model. As the two models are identical, we have the symmetry fab = fba . When
0
L1 = L2 = L12 = 0, the couplings are denoted fab ; they are related to the b through
fii0 = b12 ,
fij0 = b21 ,
0
fi4 = b1 ,
0
fi5 = b12 (b21 + 2b1 ) + b31 ,
0
f44 = 1,
0
f45 = b31 + 3b21 ,
0
f55 = b312 + 3b212 (1 + 2b1 ) + 6b12 b21 , (28)
where i 6= j are any numbers in {1, 2, 3}. In the general case (L 6= 0) we then have
0
f14 = f14 ,
0 0 0 0 0
f15 = f15 + y1 (f11 + 2f12 + f14 + f15 ),
0
f44 = f44 ,
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
f55 = f55 + 2y1 (3f15 + f45 + f55 ) + y12 (3f11 + 6f12 + 6f14 + 6f15 + f44 + 2f45 + f55 ); (29)
note that we here only give the fab needed in the duality relation (33) below.
The Potts model partition function reads
X 5
Y n (L1 ,L2 )
ZPotts = q n(L1 )+n(L2 ) fabab . (30)
L1 ,L2 a,b=1
Here, nab (L1 , L2 ) is the number of up-triangles where model 1 is in the link state a and model 2 is in the link state
b. On the other hand, we can define a coupled loop model through
X 5
Y
′ ′ n (L′1 ,L′2 )
Zloop = z p(L1 )+p(L2 ) cabab . (31)
L′1 ,L′2 a,b=1
The equivalence between the two goes through as before. Using the Euler relation, one finds ZPotts = Zloop provided
√
that z = q and that
It should now be obvious how the mapping generalises to an arbitrary number of coupled models. One has cab··· =
q (N4 −N5 )/2 fab··· , where N4 (resp. N5 ) counts the number of indices equal to 4 (resp. 5).
The selfduality criterion is again obtained by requiring invariance of Zloop under π/3 rotations. This means that the
cab are invariant under independent permutations of the indices {1, 2, 3} and of {4, 5}. We also recall the invariance
under a permutation of the two models, cab = cba . Actually, since the two Potts model were taken to be identical and
isotropic from the outset, the only non-trivial selfduality criteria are:
c44 = c55 , c14 = c15 . (33)
C. Selfdual solutions
We now wish to express the condition of selfduality in terms of the parameters b and y, cf. Eqs. (8) and (23).
When three-spin interactions are absent (L = 0), the relations (33) immediately yield the solutions given in Sec. II C.
This is a remarkable simplification when compared to solving the system of relations (11)–(17); indeed many of these
relations turn out to be dependent.
When L 6= 0, Eq. (33) still gives the complete solution to the selfduality problem, but it does not generically lead
to simple expressions in terms of the parameters b and y. We therefore concentrate on a few remarkable solutions.
As before, there are two types of trivial solutions:
1. Trivial decoupled solution (K12 = L12 = 0, or b12 = b21 and y12 = y12 ). One finds the selfduality criterion of a
single model [5, 15]
b31 + 3 b21 − q + y1 (1 + b1 )3 = 0. (34)
The technique of mapping to coupled loop models has permitted us to study the case of N = 3 coupled Potts
models, defined by the Hamiltonian
( 3 3
)
X X µ
X µ ν 1 2 3
βH = − K1 δij + K12 δij δij + K123 δij δij δij
hiji µ=1 µ>ν=1
( 3 3
)
X X µ
X µ ν 1 2 3
− L1 δijk + L12 δijk δijk + L123 δijk δijk δijk . (39)
hijki µ=1 µ>ν=1
153
Since in the case of two coupled models, nontrivial selfdual solutions were only found when coupling identical models
in an isotropic way, we shall henceforth restrict the coupling constants as follows:
b1 = eK1 − 1, b12 = eK12 +2K1 − 2eK1 + 1, b123 = eK123 +3K12 +3K1 − 3eK12 +2K1 + 3eK1 − 1 (41)
y1 = eL1 − 1, y12 = eL12 +2L1 − 2eL1 + 1, y123 = eL123 +3L12 +3L1 − 3eL12 +2L1 + 3eL1 − 1. (42)
The mapping to coupled loop models follows the obvious generalisation of Eqs. (30)–(31), and the equivalence
criterion is stated in the remark after Eq. (32).
To relate the coupling constants fabc to the b and y, we first consider the case of vanishing three-spin interactions
(i.e., y = y12 = y123 = 0). Letting i 6= j 6= k designate distinct numbers in {1, 2, 3} we have:
0
fiii = b123 ,
0
fiij = b1 b12 ,
0
fijk = b31 ,
0
fii4 = b12 ,
0
fii5 = b123 b21 + 2b123 b1 + b12 b21 ,
0
fij4 = b21 ,
0
fij5 = b212 (1 + b1 ) + 2b12 b21 , (43)
0
fi44 = b1 ,
0
fi45 = b12 (b21 + 2b1 ) + b31 ,
0
fi55 = 2b312 + 5b212 b1 + 2b123 b12 + 4b123 b12 b1 + 2b123 b21 + b123 b212 ,
0
f444 = 1,
0
f445 = b31 + 3b21 ,
0
f455 = b312 + 3b212 + 6b12 b21 + 6b212 b1 ,
0
f555 = 6b312 + 18b12 (b1 + b12 )b123 + 3(1 + 3b1 + 3b12 )b2123 + b3123 .
For the general case one then has (note that we only give those fabc which will be used in the duality relation (45)
below):
0
f114 = f114 ,
0 0 0 0 0
f115 = f115 + y1 (f111 + 2f112 + f114 + f115 ),
0
f124 = f124 ,
0 0 0 0 0
f125 = f125 + y1 (2f112 + f123 + f124 + f125 ),
0
f144 = f144 ,
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
f155 = f155 + 2y(f115 + 2f125 + f145 + f155 ) + y12 (f111 + f144 + f155 + 6f112 + 2f123 + (44)
0 0 0 0 0
2f114 + 2f115 + 4f124 + 4f125 + 2f145 ),
0
f444 = f444 ,
0 0 0 0
f445 = f445 + y(3f144 + f444 + f445 ),
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
f455 = f455 + 2y(3f145 + f445 + f455 ) + y12 (3f114 + f444 + f455 + 6f124 + 6f144 + 6f145 + 2f445 ),
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
f555 = f555 + 3y(3f155 + f455 + f555 ) + 3y12 (3f115 + f445 + f555 + 6f125 + 6f145 + 6f155 + 2f455 ) + y123 (3f111 +
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
f444 + f555 + 18f112 + 9f114 + 9f115 + 6f123 + 18f124 + 18f125 + 9f144 + 9f155 + 18f145 + 3f445 + 3f455 ).
So from (the generalisation of) Eq. (32) we know how to express the cabc in terms of the b and y. Given that we
have isotropic Potts models with the same coupling constants, the non-trivial selfduality relations read simply:
c444 = c555 , c455 = c445 , c155 = c144 , c115 = c114 , c125 = c124 . (45)
154
A. Selfdual solutions
There are two types of trivial solutions, as in the case of two coupled models.
An important difference with the case of two coupled models is that non-trivial selfdual solutions with y = y12 =
y123 = 0 only exist for exceptional values of q (i.e., q = 0 and q = 4; see below). So for generic values of q, the
three-spin interactions are necessary to generate non-trivial solutions of the selfduality problem.
As before, the most general solutions are not algebraically simple in terms of the variables b and y. We therefore
report only a few special cases:
1. There are three non-trivial solutions with L12 = L123 = 0 (i.e., y12 = y12 and y123 = y13 ). They read:
q q2 q 3 − 9q 2 + 18q − 12 q(4 − q)
b1 = − , b12 = , b123 = , y1 = 2 ; (46)
2 4 4 q − 4q + 4
q q(1 − q) q
b1 = −1, b12 = , b123 = , y1 = ; (47)
2 2 2−q
q(1 + 2b1 )
(4q − 6)b21 + 2qb1 + q = 0, b12 = − ,
2
q 2 ((8q 2 − 16q − 6)b1 + 4q 2 − 12q + 3) q
b123 = , y1 = . (48)
4(3b1 + q)(2q − 3) 2−q
3. There are two non-trivial solutions with y12 = 0. We give here only the first one because the other is complicated:
q q(1 − q) q(4 − q) q 2 (q − 6)
b1 = −1, b12 = , b123 = , y1 = , y123 = . (51)
2 2 2(q 2 − 4q + 4) 2(q 3 − 6q 2 + 12q − 8)
Note that for q = 2 the non-trivial solutions given are singular. In fact, for q = 2, they can be written as: b1 = −1,
b12 = 1, b123 = −1, and the values of y, y12 , y123 are arbitrary. Indeed the values of the b correspond to three
decoupled antiferromagnetic Potts models at zero temperature, and so the values of the parameters y1 , y12 , y123 do
not matter.
It was mentioned in the Introduction that the Potts model is usually critical on the selfdual manifolds, for suitable
values of q (i.e., 0 ≤ q ≤ 4). We expect this also to be true for coupled Potts models, and so it is interesting to
determine the corresponding universality classes. In the lack of an exact (Bethe Ansatz) solution, this question can
be addressed by evaluating the effective central charge along the selfdual manifolds, e.g., using numerical transfer
matrix techniques.
In this Section we focus on the selfdual curve (19) for two coupled models with pure two-spin interactions. Note
that in Section II D we have already remarked on a few special values of the parameter g for which the physics of the
two coupled models can be related to that of a single model.
155
2 1 3 2
1 3 2 1
2 1 3 2
FIG. 5: Semi-infinite strip, here of size L = 2 triangles in the finite (vertical) direction. Periodic boundary conditions identify
the top and the bottom of the figure. Potts spins are defined at the loci of the small circles; they interact along the solid lines
which form a triangular lattice. The labels within each circle identify the usual three sublattices of the triangular lattice. The
loop model is defined on the medial Kagomé lattice, shown in broken linestyle. The transfer matrix propagates the system
along the horizontal direction, from left to right. Thin dotted lines indicate successive time slices (see text).
A. Transfer matrix
The triangular-lattice Potts model can be transformed into a loop model on the medial (surrounding) graph—which
is the Kagomé lattice—in a standard way [3, 11]. (This loop model should not be confused with the one described in
Section III.) We have computed the free energy of the two coupled models (6) on semi-infinite strips by constructing
the transfer matrix of two coupled Kagomé-lattice loop models.
The geometry is depicted in Fig. 5. For a periodic strip of circumference L triangles, each time slice cuts 2L
dangling ends of the Kagomé-lattice loop model. In order to have the leading eigenvalue Λ0 of the transfer matrix
TL correspond to the ground state of the continuum model, the definition of TL must respect the usual sublattice
structure of the triangular lattice. This means that L must be even, and that successive time slices are as shown in
Fig. 5.
The numerical diagonalisation is most efficiently performed by decomposing TL in a product of sparse matrices,
each adding one vertex of the Kagomé lattice (or, equivalently, one edge of the triangular lattice). With the setup of
Fig. 5, all these sparse matrices are identical, except for the position of the two dangling ends on which they act. We
have been able to diagonalise TL for sizes up to L = 10 (the corresponding matrix has dimension 141 061 206).
B. Central charge
The free energy per unit area is f (L) = − 4√13L log Λ0 , the length scale being the height of one triangle. We have
extracted values of the effective central charge c from three-point fits of the form [17]
πc A
f (L) = f (∞) − + 4, (52)
6L2 L
where the non-universal term in A is supposed to adequately represent the higher-order corrections.
Fig. 6 shows the numerical values of c(g) along the curve (19). For each value of g, three estimates for c(g) are
shown, obtained by fitting {f (L − 4), f (L − 2), f (L)} to (52) for L = 6, L = 8 and L = 10 respectively.
Naively, one would expect the K12 coupling to be marginal at the q = 2 ferromagnetic point (i.e., at g = 34 )
and the surrounding regime to be accessible to perturbative calculations. However, it should be remembered that
1) the point g = 34 is not that of two decoupled Ising models but that of a single 4-state model, and that 2) the
renormalisation group equations for N coupled models are singular when N = 2 [11]. Nevertheless, the numerics
seems quite conclusive that the q < 2 regime with 14 ≤ g < 43 has a central charge which is just twice that of (21)
[upon changing the parametrisation, g → 1 − g]:
6(1 − g)2 1 3
c(g) = 2 1 − , for ≤ g < , (53)
g 4 4
meaning presumably that the continuum limit is really that of two decoupled models. This is also consistent with
156
FIG. 6: Three-point fits for the effective central charge c as a function of g. The solid curve shows the exact result (53), valid
for 14 ≤ g < 34 , as discussed in the text.
the result c(g = 12 ) = −4. The agreement of the numerics with (53) is excellent also for those data points (with
0.25 ≤ g ≤ 0.35) which are not visible in Fig. 6.
The region 0 ≤ g ≤ g1 , with g1 ≈ 0.15, is interesting as it corresponds to c > 2. This hints at the coupled
models requiring some kind of higher symmetry than its two constituent bosonic theories. Note in particular that
for g = 0, our three estimates for c read c2,4,6 = 2.758, c4,6,8 = 2.914 and c6,8,10 = 2.966, which we extrapolate to
c(g = 0) = 3.00 ± 0.01. We conjecture that the exact result is c(g = 0) = 3. Since q = 4, this theory can also be
represented as two coupled vertex models on the Kagomé lattice [3].
For g = 1, the Boltzmann weights (20) are all ±1. It turns out that in this particular case it is more convenient to
work with a modified transfer matrix that adds not one but L/2 time slices, cf. Fig. 5. This matrix has its largest
eigenvalue equal to unity regardless of L, and we conclude that f (L) = 0 for any L. In particular, this means
c(g = 1) = 0. The numerics is however indicative of a non-trivial regime for 34 < g < 1, and it seems that we may
have c(g) → 4 as g → 1− , consistent with two decoupled models each of which is obtained by taking the limit g → 1+
in (21).
In the region 1 < g < g2 , with g2 ≈ 1.10, our numerical diagonalisation scheme experiences difficulties, maybe due
to the leading eigenvalue having a non-zero imaginary part.
Finally, in the regime g2 < g < 32 the central charge takes large, negative values (in particular, some of the values
are not visible in Fig. 6). At first sight one might believe that the continuum limit is that of two decoupled models in
the Berker-Kadanoff phase, i.e., with c(g) given by twice that of (21) [upon changing the parametrisation g → 2 − g]:
c(g) = 2 1 − 6(2 − g)2 /(g − 1) . This possibility is however clearly ruled out by the numerics, and c(g) appears to be
given by a non-trivial expression.
As g → 23 , the two leading eigenvalues of the transfer matrix become degenerate. In the sense of analytically
continuing the curve (18) to negative values of q, this presumably marks a transition to non-critical behaviour for
q < 0, i.e., with the phase transitions being first-order in b upon crossing the curve (18).
VI. CONCLUSION
Using a mapping of coupled Potts models on the triangular lattice to coupled loop models, we have obtained non-
trivial selfdual manifolds for two and three coupled Potts models with two and three-spin interactions. A numerical
study of the case of two coupled models shows that these manifolds are good candidates for novel critical points, in
particular in the antiferromagnetic and unphysical regimes.
The technique can be applied to any number of coupled models, but expressing the solutions explicitly in terms of
the original coupling constants becomes increasingly complicated as the number of models grows. This is in contrast
to the quite simple results for coupled Potts models on the square lattice [12, 13].
It would be interesting to study the simplest non-trivial case (19) using the methods of integrable systems.
Acknowledgments
We would like to thank Henk J. Hilhorst for an interesting comment which motivated us for undertaking the present
study.
I. INTRODUCTION
The two-dimensional Potts model [1, 2] can be defined in terms of integer valued spins Si = 1, 2, . . . , Q living on
the vertices {i} of a lattice. Its partition function reads
XY
Zspin = eKδ(Si ,Sj ) , (1)
{Si } hiji
where δ is the Kronecker delta and hiji are the lattice edges. In this paper we take the lattice to be an L × N square
lattice (say, of vertical width L and horizontal length N ) with toroidal boundary conditions (i.e., periodic boundary
conditions in both lattice directions). We denote V = LN the number of vertices of the lattice and E = 2LN the
number of edges.
This initial definition can be extended to arbitrary real values of Q by means of a cluster expansion [3]. One finds
X
Zcluster = v e(C) Qc(C) , (2)
C
where v = eK − 1. Here, the sum is over the 2E possible colourings C of the lattice edges (each edge being either
coloured or uncoloured), e(C) is the number of coloured edges, and c(C) is the number of connected components
(clusters) formed by the coloured edges. For Q a positive integer one has Zspin = Zcluster .
Yet another formulation is possible when Q1/2 = q + q −1 and q is a root of unity
q = eiπ/p , p = 3, 4, 5, . . . , (3)
this time in terms of a restricted height model with face interactions [4–6], henceforth referred to as the RSOS model.
This formulation is most easily described in an algebraic way. The Potts model transfer matrix T that adds one
column of the square lattice can be written in terms of the generators ej of the Temperley-Lieb algebra [7] as follows
T = QL/2 HL · · · H2 H1 VL · · · V2 V1 , (4)
Hi = xI2i−1 + e2i−1 ,
Vi = I2i + xe2i .
Here, Hi and Vi are operators adding respectively horizontal and vertical edges to the lattice, Ij is the identity
operator acting at site j, and the parameter x = Q−1/2 v = Q−1/2 (eK − 1). The generators satisfy the well-known
algebraic relations
ei ei±1 ei = ei ,
(ei )2 = Q1/2 ei , (5)
ei ej = ej ei for |i − j| ≥ 2. (6)
More precisely, Vi can be thought of as adding a face to the lattice, surrounded by two direct and two dual vertices,
as shown in Fig. 1. Hi is similarly defined, by exchanging direct and dual sites on the figure.
160
h 2i−1
h 2i h’2i
h 2i+1
FIG. 1: Graphical rendering of Vi = I2i + xe2i . Direct (resp. dual) vertices are shown as full (resp. empty) circles. Coloured
edges (direct and dual) in the cluster picture are depicted as thick blue lines. Their surrounding cluster boundaries are given as
thin red lines. RSOS heights hj are defined on both direct and dual vertices as shown. The action of I2i (resp. e2i ) is illustrated
on the left (resp. right) part of the figure. Our convention is that the transfer matrix acts towards the right.
Meanwhile, the operators Ij and ej can be represented in various ways, thus giving rise to different transfer matrices.
When Q is a positive integer, a spin representation of dimension QL can be defined in an obvious way, and one has
where Sh = sin(πh/p). Note that the clusters (direct and dual) are still meaningful as they are surfaces of constant
height. The constants Sh are actually the components of the Perron-Frobenius eigenvector of the incidence matrix
(of size p − 1)
0 1 0 ··· 0.
1 0 1 ..
.. .. ..
Gp−1 0.
= . . . 0 (9)
..
1 0 1
0 ··· 0 1 0
of the Dynkin diagram Ap−1 [5]. In this representation, of dimension Tr (Gp−1 )2L ∼ QL , we now define the transfer
matrix TRSOS by Eq. (4) and the partition function ZRSOS = Tr (TRSOS )N , the trace being over allowed height
configurations.
In this paper we discuss the relations between ZRSOS and Zcluster , with Q1/2 = 2 cos(π/p) cf. Eq. (3). These
partition functions are in general different, due to clusters of non-trivial topology wrapping around the torus.
We start by showing numerically, in section II, that for Q = 3 the transfer matrices Tspin and TRSOS have nonethe-
less many identical eigenvalues. Defining various sectors (motivated by duality and parity considerations) and also
twisting the periodic boundary conditions in different ways, we are able to conjecture several relations between the
corresponding transfer matrix spectra.
With this numerical motivation we then go on, in section III, to prove these relations on the level of the RSOS and
cluster model partition functions on finite L × N tori. Some of the relations are specific to Q = 2 (p = 4) and Q = 3
(p = 6), and some hold for general values of p. All of them hold for arbitrary values of the temperature variable x.
We stress that in all cases the proofs are based on rigorous combinatorial considerations.
We conclude the paper, in section IV, by interpreting our results, and the various partition functions introduced,
on the level of conformal field theory, at the selfdual temperature x = 1 where the Potts model is at a critical point.
161
TABLE I: Spectra of various transfer matrices with Q = 3, subject to periodic (I) or different twisted periodic (Z2 and Z3 )
boundary conditions, as defined in the text. The first column gives the free energies fi = −L−1 log(Λi ), here for width L = 2
and temperature variable x = 5. Subsequent columns give the multiplicity of each fi .
The spectra of the transfer matrices Tspin and TRSOS are easily studied numerically by exact diagonalisation tech-
niques. Denoting the eigenvalues as Λi , with i = 1, 2, . . . , dim(T ), the results are most conveniently stated in terms of
the corresponding free energies per spin, fi = −L−1 log(Λi ). Sample results for Q = 3, width L = 2, and temperature
variable x = 5 are shown in Table I.
Due to the rules of the RSOS model, the heights living on the direct and dual lattices have opposite parities. The
even odd
transfer matrix can therefore be decomposed in two sectors, TRSOS = TRSOS ⊕ TRSOS , henceforth referred to as even
and odd. In the even sector, direct heights take odd values and dual heights even values (and vice versa for the odd
sector).[18] Results with standard (i.e., untwisted) periodic boundary conditions in the vertical direction are given in
the columns labeled I in Table I.
In the spin representation Tspin (x) has been defined above (recall that x = Q−1/2 (eK − 1)). We also introduce a
related transfer matrix
dual
Tspin (x) ≡ x2L Tspin (x−1 ), (10)
dual dual
as well as the corresponding partition function Zspin (x) ≡ Tr (Tspin (x))N . The appearance of the dual temperature,
−1
xdual = x explains the terminology. More precisely, on a planar lattice one has the fundamental duality relation [1]
where Z̃ must be evaluated on the dual lattice. For a square lattice with toroidal boundary conditions, the dual and
direct lattices are isomorphic, but Eq. (11) breaks down because of effects of non-planarity.
Referring to Table I, we observe that the leading eigenvalues of the four transfer matrices introduced this far (i.e.,
even odd dual
TRSOS , TRSOS , Tspin and Tspin ) all coincide. On the other hand, for any two T chosen among these four, some of
the sub-leading eigenvalues coincide, whilst others are different. So the discrepancy between the four corresponding
partition functions appears to be a boundary effect which vanishes in limit N → ∞. However, when taking differences
of the multiplicities we discover a surprising relation:
even odd dual
2(ZRSOS (x) − ZRSOS (x)) = Zspin (x) − Zspin (x). (12)
Note that the leading eigenvalues cancel on both sides of this relation.
162
even odd
At the selfdual point x = 1, we find that the spectra of TRSOS and TRSOS coincide completely, as do those of Tspin
dual even
and Tspin . In particular, both sides of Eq. (12) vanish. It is however still true that subleading eigenvalues of TRSOS
and Tspin differ.
More relations can be discovered by introducing twisted periodic boundary conditions in the transfer matrices. For
the RSOS model this can be done by twisting the heights, h → p − h, when traversing a horizontal seam. Note that
this transformation makes sense at it leaves the weights of Eq. (8) invariant, since Sh = Sp−h . The shape of the seam
can be deformed locally without changing the corresponding partition function; we can thus state more correctly that
the seam must be homotopic to the horizontal principal cycle of the torus. Note also that the twist is only well defined
for even p (and in particular for Q = 3, p = 6), since the heights on the direct and dual lattice must have fixed and
opposite parities in order to satisfy the RSOS constraint. In Table I, this twist is labeled Z2 , since it amounts to
exploiting the Z2 symmetry of the underlying Dynkin diagram Ap−1 . Comparing again multiplicities we discover a
second relation
even odd even,Z2 odd,Z2
ZRSOS (x) − ZRSOS (x) = ZRSOS (x) − ZRSOS (x). (13)
The relations (12) and (13) are special cases of relations that hold for all x, L and N , and for all even p. The
general relations (see Eqs. (30) and (37)) are stated and proved in section III below.
In the particular case of Q = 3 one can define two different ways of twisting the spin representation, which will
lead to further relations. The first type of twist shall be referred to as a Z2 twist, and consist in interchanging spin
states Si = 1 and Si = 2 across a horizontal seam, whereas the spin state Si = 3 transforms trivially. The second
type of twist, the Z3 twist, consists in permuting the three spin states cyclically when traversing a horizontal seam.
The spectra of the corresponding transfer matrices are given in Table I.
This leads to another relation between the spectra in the spin representation (stated here in terms of the corre-
sponding partition functions)
Z2 dual,Z2
Zspin (x) = Zspin (x), (14)
as well a two further relations linking the spin and RSOS representations:
even odd Z3 dual,Z3
ZRSOS (x) − ZRSOS (x) = − Zspin (x) − Zspin (x) , (15)
even even,Z2 Z2
ZRSOS (x) + ZRSOS (x) = Zspin (x) + Zspin (x). (16)
A possible configuration of clusters on a 6 × 6 torus is shown in Fig. 2. It can be thought of as a random tessellation
using the two tiles of Fig. 1. For simplicity we show here only the clusters (direct or dual) and not their separating
boundaries (given by the thin red lines in Fig. 1). Two clusters having a common boundary are said to be neighbouring.
For convenience in visualising the periodic boundary conditions the thick lines depicting the clusters have been drawn
using different colours (apart from clusters consisting of just one isolated vertex, which are all black).
To compute the contribution of this configuration to Zcluster (x), each direct cluster is weighed by a factor of Q,
and each coloured direct edge carries a factor of v = Q1/2 x. Note in particular that the cluster representation does
not distinguish clusters of non-trivial topology (i.e., clusters which are not homotopic to a point). In the following we
shall call such clusters non-trivial; clusters which are homotopic to a point are then referred to as trivial.
The contribution of this same configuration to ZRSOS consists of
1. a global factor of QV /2 coming from the prefactor of Eq. (4),
2. a factor of x for each coloured direct edge [12], and
3. an x-independent factor due to the topology of the (direct and dual) clusters [5].
The interest is clearly concentrated on this latter, topological factor which we denote w in the following. For a given
cluster configuration its value can be computed from the adjacency information of the clusters. This information is
conveniently expressed in the form of a Pasquier graph [5]; for the cluster configuration of Fig. 2 this graph is shown
in Fig. 3.
163
FIG. 2: A possible cluster configuration on a 6 × 6 torus. Direct and dual vertices are shown as filled and empty black circles.
Clusters (direct or dual), other than isolated vertices, are depicted here using distinct colours, for convenience in appreciating
the periodic boundary conditions. There are six direct clusters and four dual clusters. One direct cluster and one dual cluster
are non-homotopic to a point.
FIG. 3: Pasquier graph corresponding to the cluster configuration of Fig. 2. Direct (resp. dual) clusters are shown as filled
(resp. empty) circles, using the same colour coding as in Fig. 2. Neighbouring clusters are connected by an edge. The arrows
are explained in the text.
The rules for drawing the Pasquier graph in the general case are as follows. Each cluster is represented by a vertex,
and vertices representing neighbouring clusters (i.e., clusters having a common boundary) are joined by a directed
edge. An edge directed from vertex A to vertex B means that the common boundary is surrounding cluster A and
is surrounded by cluster B. In particular, the in-degree bin of a cluster is the number of boundaries surrounded by
that cluster, and the out-degree bout is the number of boundaries surrounding the cluster. By definition, a boundary
separating a non-trivial cluster from a trivial one is said to be surrounded by the non-trivial cluster; note that there is
necessarily at least one non-trivial cluster. We do not assign any orientation to edges joining two non-trivial clusters,
since in that case the notion of surrounding is nonsensical.
The topological structure of the Pasquier graph is characterised by the following three properties:
1. The graph is bicolourable, with one colour (represented by filled circles in Fig. 3) corresponding to direct clusters
and the other (empty circles in Fig. 3) to dual clusters.
2. The vertices corresponding to non-trivial clusters and the undirected edges form a cycle.
3. Each vertex corresponding to a non-trivial cluster is the root of a (possible empty) tree, whose vertices correspond
to trivial clusters. The edges in the tree are directed towards the root.
Property 3 is easily proved by noticing that vertices corresponding to trivial clusters have all bout = 1, i.e., such
clusters have a unique external boundary. Regarding property 2, we shall define the order n of the Pasquier graph
as the number of undirected edges. By property 1, n is even. When n = 0 we shall call the graph degenerate; this
corresponds to a situation in which a single cluster (direct or dual) is non-trivial.
In the RSOS picture, each configuration of the clusters (such as the one on Fig. 2) corresponds to many different
height configurations. The topological (x-independent) contribution to the weight of a cluster configuration in ZRSOS
is therefore obtained by summing weights in the RSOS model with x = 1 over all height configurations which are
compatible with the given cluster configuration [5]. This contribution can be computed from the Pasquier graph by
using the incidence matrix Gp−1 of the Dynkin diagram Ap−1 , as we now review.
164
Let w be the weight of a given Pasquier graph, and let w′ be the weight of the graph in which a leaf of one of its trees
(as well as its adjacent outgoing edge) has been removed. More precisely, w is the weight of a cluster configuration
with given heights on each cluster, and w′ is the partial sum of such weights over all possible heights of the leaf cluster.
Let j be the height of the leaf, and let i be the height of its parent. Then
X
w = w′ (Si )−1 (Gp−1 )ij Sj = w′ (Si )−1 Q1/2 Si = Q1/2 w′ , (17)
1≤j≤p−1
where in the first equality we used that the weight of a cluster at height h is Shbout −bin [5], and in the second that {Sj }
is an eigenvector of Gp−1 with eigenvalue Q1/2 . Iterating the argument until all the trees of the Pasquier graph have
been removed, we conclude that each trivial cluster carries the weight Q1/2 .
We have then
w = Q(l−n)/2 wc , (18)
where wc is the weight of the cycle of the Pasquier graph. It corresponds to the number of closed paths of length n
on the Dynkin diagram
(2 cos(kπ/p))n ,
X
wc = Tr (Gp−1 )n = (19)
1≤k≤p−1
where we have used the eigenvalues of Gp−1 . Note that, in contrast to the case of trivial clusters, all the eigenvalues
contribute to the combined weight wc of the non-trivial clusters, and that this weight cannot in general be interpreted
as a product of individual cluster weights. (We also remark that it is not a priori obvious that the right-hand side of
Eq. (19) is an integer.)
As an application we now argue that the dominant eigenvalues of the transfer matrices TRSOS , Tcluster , Tspin
coincide for any width L. We suppose x > 0 so that all weights are positive; this guarantees in particular that
standard probabilistic arguments apply.
Consider first Tcluster and Tspin , supposing Q a positive integer. Since the system is quasi one-dimensional, with
L ≪ N , configurations having clusters of linear extent much larger than L are exceedingly rare and can be neglected.
In particular, almost surely no cluster will wrap around the system in the horizontal direction. Writing Zcluster ∼ (Λc )N
and Zspin ∼ (Λs )N , the choice of boundary conditions in the horizontal direction will thus have no effect on the values
of Λc and Λs . We therefore switch to free boundary conditions in the horizontal direction. Then it is possible [13]
to write Zcluster = hf |(Tcluster)N |ii for suitable initial and final vectors |ii and hf |. It is not difficult to see, using the
Perron-Frobenius theorem, that these vectors both contain a non-vanishing component of the dominant eigenvector
of Tcluster . We conclude that Λc must be the dominant eigenvalue of Tcluster. Likewise, Λs is the dominant eigenvalue
of Tspin . The conclusion follows by noting that Zcluster = Zspin by construction.
We now turn to TRSOS and Tcluster, supposing Q1/2 = 2 cos(π/p), cf. Eq. (3). As before we impose free horizontal
boundary conditions on the cluster model. Then, since the resulting lattice is planar, we recall that Zcluster can be
written as well in terms of the boundaries separating direct and dual clusters [9, 10]
X
Zcluster = QV /2 xe(C) Ql(C)/2 , (20)
C
where the configurations C correspond bijectively to those of Eq. (2), and l(C) is the number of cluster boundaries
(loops). For N → ∞ we have ZRSOS ∼ (Λr )N , and to conclude that Λr = Λc it suffices to show that asymptotically
ZRSOS ∼ Zcluster . Consider now a typical cluster configuration. Almost surely, the corresponding Pasquier diagram
will be of order n ∼ N , and in particular n ≫ 1. Hence wc ∼ Qn/2 from Eq. (19). It follows that also in the RSOS
picture each cluster boundary carries the weight Q1/2 , regardless of its homotopy. The conclusion follows.
In section II we have introduced the decomposition of the RSOS model into even and odd subsectors. In the even
even odd
sector, heights on direct (resp. dual) clusters are odd (resp. even). In particular, we have ZRSOS = ZRSOS + ZRSOS .
Note that since that the largest and smallest eigenvalue in Eq. (19) differ just by a sign change, we have the slightly
more precise statement for N → ∞:
even odd
ZRSOS ≃ 2ZRSOS ≃ 2ZRSOS ≃ 2Zcluster. (21)
even odd
In particular, the largest eigenvalues of TRSOS and TRSOS coincide, in agreement with the numerical data of Table I.
165
even odd
C. Duality relation for ZRSOS − ZRSOS
even odd
We now compare the contributions to the partition functions ZRSOS and ZRSOS for a given cluster configuration
(summed over all possible heights assignments with the specified parity). The argument that trivial clusters carry
a weight Q1/2 is unchanged, cf. Eq. (17), and holds irrespective of parity. We can thus limit the discussion to the
weight wc of the cycle in the Pasquier graph.
We first show that
1
wceven = wcodd = Tr (Gp−1 )n (22)
2
for non-degenerate Pasquier graphs (i.e., of order n 6= 0). In this non-degenerate case, the numbers of direct and
dual non-trivial clusters are equal, whence n = 2k is even. By definition wceven is the number of height assignments
{h1 , h2 , . . . , h2k } such that hi = 1, 2, . . . , p − 1 and |hi+1 − hi | = 1 (we consider i modulo 2k), with h1 even. Now by
a cyclic relabeling, i → i + 1 (mod 2k), each such height assignment is mapped bijectively to a height assignment in
which h1 is odd. It follows that wceven = wcodd .[19]
Consider now the degenerate case n = 0 with just a single non-trivial cluster (which will then span both periodic
directions of the torus). Then, counting just the number of available heights of a given parity, the contribution of the
even odd
cycle to respectively ZRSOS and ZRSOS read (⌊x⌋ denotes the integer part of x)
if the non-trivial cluster is direct (if it is dual, permute the labels even and odd). In particular, wceven = wcodd for p
odd and we deduce that
even odd
ZRSOS (x) = ZRSOS (x) for p odd. (24)
Of course, Eq. (24) can be proved in a much more elementary way by noticing that for p odd the RSOS model is
symmetric under the transformation h → p − h, which exchanges the parity of the heights. This even implies the
even odd
stronger statement TRSOS = TRSOS . On the other hand, for p even, the transformation h → p − h does not change
even odd
the parity, and TRSOS 6= TRSOS ; the two matrices do not even have the same dimension.
The purpose of presenting the longer argument leading to Eq. (24) is to make manifest that this relation breaks
down for even p exactly because of configurations represented by degenerate Pasquier graphs. However a weaker
relation holds true for any parity of p:
even
ZRSOS (x) = xE ZRSOS
odd
(x−1 ). (25)
Note that it implies, as a corollary, that Eq. (24) also holds for p even provided that x = 1.
To prove Eq. (25) we again argue configuration by configuration. Each cluster configuration is in bijection with a
“shifted” configuration obtained by keeping fixed the coloured edges and moving the whole lattice by half a lattice
spacing in both directions (or equivalently, exchanging the direct and dual vertices). The shifted configuration has the
same Pasquier graph as the original one, except for an exchange of direct and dual vertices and thus of the parity of
the heights on direct vertices. We conclude that wceven computed for the original configuration equals wcodd computed
for the shifted configuration, and vice versa. This implies Eq. (25) upon noticing that the factors of x correct the
weighing of the coloured direct edges (we have used that the sum of direct and dual coloured edges equals E).
Subtracting Eq. (25) from the relation obtained from Eq. (25) under x → x−1 gives a duality relation for ZRSOSeven
−
odd
ZRSOS :
even odd
(x) = −xE ZRSOSeven
(x−1 ) − ZRSOS
odd
(x−1 ) .
ZRSOS (x) − ZRSOS (26)
We shall now see that the left-hand side of this relation can be related to a difference of partition functions in the
cluster picture.
We have already mentioned above, in Eq. (20), that for a planar lattice Zcluster can be written in terms of the
boundaries (loops) that separate direct and dual clusters [9, 10]
X
Zcluster = QV /2 xe(C) Ql(C)/2 , (27)
C
166
where l(C) is the number of cluster boundaries. This result is obtained from Eq. (2) by using the Euler relation for a
planar graph, l(C) + V = 2c(C) + e(C).
On a torus, things are slightly more complicated. The Euler relation must be replaced by
2 + l(C) + V = 2c(C) + e(C) if a direct cluster spans both periodic directions,
l(C) + V = 2c(C) + e(C) otherwise. (28)
To prove Eq. (28) we proceed by induction. Initially, when C is the state with no coloured direct edge, we have
l(C) = c(C) = V and e(C) = 0, whence the second of the relations indeed holds true. Any other configuration C can be
obtained from the initial one by successively colouring direct edges (and uncolouring the corresponding dual edges).
When colouring a further direct edge, there are several possibilities:
1. The edge joins two clusters which were formerly distinct. The changes in the parameters of Eq. (28) are then
∆l = −1 (the outer boundaries of the two clusters join to form the outer boundary of the amalgamated cluster),
∆c = −1 and ∆e = 1. Thus, the changes to the left- and right-hand sides of Eq. (28) cancel out.
2. The edge joins two vertices which were already in the same cluster. Then ∆l = 1 (the operation creates a cycle
in the cluster which must then acquire an inner boundary), ∆c = 0 and ∆e = 1. This again maintains Eq. (28).
The same changes are valid when the added edge makes the cluster wrap around the first of the two periodic
directions: no inner boundary is created in this case, but the cluster’s outer boundary breaks into two disjoint
pieces.
3. The edge makes, for the first time, the cluster wrap around both periodic directions. Then ∆l = −1 (the two
outer boundaries coalesce), ∆c = 0 and ∆e = 1. Thus one jumps from the second to the first of the relations
(28).
We conclude that on a torus, Eq. (27) must be replaced by
X
Zcluster = QV /2 xe(C) Ql(C)/2+η(C) , (29)
C
where, in the language of Pasquier graphs, η(C) = 1 if n = 0 and the non-trivial cluster is direct, and η(C) = 0 in all
other cases. Note that n is the number of non-trivial cluster boundaries and l − n the number of trivial boundaries.
Eq. (29) can be used to prove the following relation between RSOS and cluster partition functions:
even odd
(x) = Zcluster (x) − xE Zcluster(x−1 ) for p even.
(Q − 1) ZRSOS (x) − ZRSOS (30)
Note that we do not claim the validity of Eq. (30) for p odd, since then the left-hand side vanishes by Eq. (24) whereas
the right-hand side is in general non-zero. We also remark that for p = 6, Eq. (30) reduces to Eq. (12) which was
conjectured based on numerical evidence in section II.
We now prove Eq. (30) by showing the each cluster configuration gives equal contributions to the left- and the right-
hand sides. When evaluating the second term on the right-hand side we consider instead the shifted configuration.
This ensures that the contribution to all terms in Eq. (30) yields the same power of x; we therefore only the topological
weight w (cf. Eq. (18) in the following argument.
The contribution of non-degenerate Pasquier graphs to the left-hand side of Eq. (30) is zero by Eq. (22) and the
discussion preceding it. The contribution of such graphs to the right-hand side also vanishes, since the original and
shifted configurations have the same number of cluster boundaries l, and in both cases η = 0 in Eq. (29).
Consider next the contribution of a degenerate Pasquier graph where the non-trivial cluster is direct. The contribu-
tion to the left-hand side of Eq. (30) is (Q − 1)Ql/2 , since from Eq. (23) wceven − wcodd = 1. As to the right-hand side,
note that for the first term, Zcluster (x), we have η = 1 in Eq. (29), whereas for the second term, xE Zcluster(x−1 ), we
use the shifted configuration as announced, whence η = 0. The total contribution to the right-hand side of Eq. (30)
is then Ql/2+1 − Ql/2 as required.
When the non-trivial cluster is dual a similar argument can be given (there is a sign change on both sides); Eq. (30)
has thus been proved.
Note that while Eq. (30) itself reduces to a tautology at the selfdual point x = 1, one can still obtain a non-trivial
relation by taking derivatives with respect to x on both sides before setting x = 1. For example, deriving once one
obtains for x = 1:
heieven odd
RSOS − heiRSOS = 2Zcluster ((Q − 1)ZRSOS )
−1
(heicluster − hedual icluster ) (31)
where edual = E − e is the number of coloured dual edges. Higher derivatives give relations involving higher moments
of e and edual . Eq. (25) gives similar relations using the same procedure, for example:
heieven odd
RSOS = hedual iRSOS (32)
which can be proved directly considering shifted configurations.
167
In the following sections we consider twisted models, and it is necessary to be more careful concerning the topology
of the non-trivial clusters.
Consider first the non-degenerate case, n 6= 0. Each of the boundaries separating two non-trivial clusters takes the
form of a non-trivial, non-self intersecting loop on the torus. Assign to each of these loops an arbitrary orientation.
The homotopy class of an oriented loop is then characterised by a pair of integers (i1 , i2 ), where i1 (resp. i2 ) indicates
how many times the horizontal (resp. vertical) principal cycle of the torus is crossed in the positive direction upon
traversing the oriented loop once. We recall a result [14] stating that 1) |i1 | and |i2 | are coprime (in particular they
have opposite parities), and 2) the relative orientations of the non-trivial loops defined by a given cluster configuration
can be chosen so that all the loops have the same (i1 , i2 ). Further, by a global choice of orientations, we can suppose
that i1 ≥ 0. The sign of i2 is then changed by taking an appropriate mirror image of the configuration; since this
does not affect the weights in the cluster and RSOS models we shall henceforth suppose that i2 ≥ 0 as well.
By an abuse of language, we shall define the homotopy class of the non-trivial clusters by the same indices (i1 , i2 )
that characterise the non-trivial loops. For example, clusters percolating only horizontally correspond to homotopy
class (1, 0), and clusters percolating only vertically correspond to class (0, 1). Note that there are more complicated
clusters which have both i1 > 0 and i2 > 0, and that if one of the indices is ≥ 2 the other must be ≥ 1.
Finally, in the degenerate case n = 0, all the loops surrounded by the non-trivial cluster are actually trivial. The
homotopy class of the cluster is then defined to be (i1 , i2 ) = (0, 0).
For even p, the RSOS model can be twisted by imposing the identification h → p − h upon crossing a horizontal
seam, as already explained before Eq. (13). We refer to this as Z2 type twisted boundary conditions.
Those new boundary conditions change the weights of the Pasquier graphs. The trivial clusters still have weight
Q1/2 (the seam can be locally deformed so as to avoid traversing these clusters), whereas the weight of the cycle wc
is modified.
Consider first the non-degenerate case n 6= 0. If a non-trivial cluster has i2 odd (where i2 corresponds to the
direction perpendicular to the seam) its height h is fixed by h = p − h, whence h = p/2. But since n ≥ 2, there must
be both a direct and a dual cluster wrapping in this way, and since their heights have opposite parities they cannot
both equal p/2. So such a configuration is incompatible with the Z2 boundary conditions.
Suppose instead that n > 0 clusters (i.e., necessarily n/2 direct and n/2 dual) have i2 even. The weight wc is no
longer given by Eq. (19), but rather by
1 0 ··· ··· 0
of dimension p − 1 implements the jump in height h → p − h due to the seam. It is easy to see that the matrices
Gp−1 and Jp−1 commute (physically this is linked to the fact that the cut can be deformed locally) and thus have
the same eigenvectors. These are of the form |vk i = {sin(πkh/p)}h=1,2,...,p−1 . The corresponding eigenvalues of Gp−1
read λk = 2 cos(πk/p) for k = 1, 2, . . . , p − 1. Since the eigenvectors with k odd (resp. even) are symmetric (resp.
antisymmetric) under the transformation h → p − h, the eigenvalues of Jp−1 are (−1)k+1 . We conclude that Eq. (19)
must be replaced by
n
X
wcZ2 = (−1)k+1 (2 cos(kπ/p)) for n 6= 0. (35)
1≤k≤p−1
For the degenerate case n = 0, one has simply wcZ2 = 1, since the height of the non-trivial cluster is fixed to p/2.
As in the untwisted sector we can impose given parities on the direct and dual clusters. This does not change the
weighing of trivial clusters. For non-trivial clusters with n 6= 0 we have wceven,Z2 = wcodd,Z2 = 12 wcZ2 for the same
168
reasons as in Eq. (22), but with wcZ2 now given by Eq. (35). Finally, for n = 0 one finds for a direct non-trivial cluster
wceven,Z2 = p/2 mod 2, wcodd,Z2 = 1 − p/2 mod 2. (36)
For a dual non-trivial cluster, exchange the labels even and odd.
We have the following relation between the twisted and untwisted RSOS models:
even odd even,Z2 odd,Z2
ZRSOS (x) − ZRSOS (x) = (−1)p/2+1 ZRSOS (x) − ZRSOS (x) for p even. (37)
Indeed, the two sides are non-zero only because of parity effects in wc when n = 0. The relation then follows by
comparing Eqs. (23) and (36). Note that Eq. (37) generalises Eq. (13) which was conjectured based on numerical
evidence in section II.
Z2
We now argue that the dominant eigenvalue of TRSOS (x) coincides with a subdominant eigenvalue of TRSOS (x) for
any width L. We consider first the case of p/2 odd.
Z2
The configurations contributing to ZRSOS (x) are those in which non-trivial clusters have i2 even, which includes in
particular the degenerate case (the non-trivial cluster being direct or dual depending on the parity considered). In the
limit where L ≪ N , the typical configurations correspond therefore to degenerate configurations, with the non-trivial
cluster being direct in the even sector and dual in the odd sector, see Eq. (36). Because of these parity effects, the
dominant eigenvalues are not the same for both parities (except of course for x = 1).
For such degenerate configurations, the weights corresponding to the twisted and untwisted models are different,
but since the difference wceven − wcodd is the same independently of the twist, we have Eq. (37). Since the dominant
eigenvalues do not cancel from the right-hand side of that relation, they also contribute to the left-hand side.
Z2 0 0
We can therefore write, in each parity sector, ZRSOS (x) ∼ ZRSOS (x) + ZRSOS (x), where ZRSOS (x) accounts for
configurations in which no cluster percolates horizontally (there will therefore be at least one, and in fact almost
surely many, clusters percolating vertically). If this had been an exact identity, we could resolve on eigenvalues of the
Z2
corresponding transfer matrices and conclude that the eigenvalues of TRSOS (x) form a proper subset of the eigenvalues
Z2
of TRSOS (x). While it is indeed true that the leading eigenvalue of TRSOS (x) belongs to the spectrum of TRSOS (x)
Z2
(see Table I for a numerical check), this inclusion is not necessarily true for subdominant eigenvalues of TRSOS (x).
Z2
Finally note that the leading eigenvalue of TRSOS (x) coincides with a subdominant eigenvalue of TRSOS (x), as
0 Z2
ZRSOS (x) dominates ZRSOS (x).
In the case where p/2 is even, the difference wceven − wcodd is the opposite between the twisted and untwisted models.
even,Z2
Therefore, the conclusion is unchanged, except that the leading eigenvalue of TRSOS (x) coincides with a subdominant
odd odd,Z2 even
eigenvalue of TRSOS (x), and the leading eigenvalue of TRSOS (x) coincides with a subdominant eigenvalue of TRSOS (x).
Z2 Z3
We want to extend the partition functions Zspin (x) and Zspin (x), considered in section II by twisting the spin
representation for Q = 3, to arbitrary values of Q. Within the cluster representation we introduce a horizontal seam.
Q0 =1
We define Zcluster (x) by giving a weight 1 to the non-trivial direct clusters with i2 odd and to degenerate cycles with
Q0 =0
a direct cluster percolating, while other direct clusters continue to have the weight Q. We define too Zcluster (x) by
giving a weight 0 to the non-trivial direct clusters with i2 coprime with 3 and to degenerate cycles with a direct cluster
Q0 =1 Q0 =0
percolating, while other direct clusters continue to have the weight Q. Zcluster (x) and Zcluster (x) are extensions to
Z2 Z3
arbitrary real values of Q of, respectively, Zspin (x) and Zspin (x).
We have the following duality relation for the Q0 = 1 model:
Q0 =1 Q0 =1
Zcluster (x) = xE Zcluster (x−1 ) (38)
Indeed, for Q0 = 1, the weight of a degenerate cycle is always 1, the cluster percolating being direct or dual. That is
the reason why this equality is true, whereas it was false for the untwisted model because of the degenerate Pasquier
graphs. For Q = 3, one retrieves Eq. (14).
For the Q0 = 0 model, there is a duality relation of the form:
Q0 =0 Q0 =0
Zcluster(x) − xE Zcluster (x−1 ) = −(Q − 1) Zcluster (x) − xE Zcluster (x−1 ) . (39)
169
Indeed, the two sides are non-zero only because of the degenerate Pasquier graphs, so the relation follows by comparing
weight of cycles in the twisted and untwisted models. Combining this equation with Eq. (30) enables us to relate the
Q0 = 0 twisted cluster model to the RSOS model:
even Q0 =0 Q0 =0
ZRSOS (x) − xE ZRSOS
odd
(x−1 ) = − Zcluster (x) − xE Zcluster (x−1 ) for p even. (40)
Let us now discuss in more detail the Ising case, Q = 2 and p = 4. In this case, the relationship between the RSOS
even
and spin pictures is actually trivial, as the two transfer matrices are isomorphic. Consider for example TRSOS (x). All
direct clusters have height hi = 2, and dual clusters have hi = 1 or 3. The dual heights thus bijectively define Ising
spin variables Si = 1 or 2 on the dual vertices.
To examine the weight of a lattice face, we decide to redistribute the factor QL/2 in Eq. (4) as a factor of Q1/2 for
each Vi operator, i.e., on faces which are like in Fig. 1. If h2i = h′2i = 1 or 3 the weight is then Q1/2 (x + S1 /S2 ) = eK ,
and if h2i 6= h′2i the weight is Q1/2 S1 /S2 = 1. A similar reasoning holds on the faces associated with an Hi operator,
this time with no extra factor of Q1/2 . So these are exactly the weights needed to define an Ising model on the dual
vertices. Arguing in the same way in the odd RSOS sector, we conclude that
even odd
TRSOS (x) = Tspin (x), TRSOS (x) = x2L Tspin (x−1 ), (41)
J. The Q = 3 case
For Q = 3, we have conjectured an additional relation, given by Eq. (16), which we recall here:
even even,Z2 Z2
ZRSOS (x) + ZRSOS (x) = Zspin (x) + Zspin (x) (43)
This equation can be proved by considering the weights of all kinds of Pasquier graphs that one might have. The
contribution of non-degenerate Pasquier graphs with clusters percolating vertically is w = Q(l−n)/2 (Qn/2 + 1) on both
sides. The contribution of non-degenerate Pasquier graphs with clusters percolating horizontally is 2Q(l−n)/2 Ql/2 .
The contribution of degenerate Pasquier graphs is Ql/2 (Q + 1) if the non-trivial cluster is direct, and 2Ql/2 if the
non-trivial cluster is dual. Note that this relation cannot be extended to other values of p, as we used the explicit
expressions for the eigenvalues of G5 and that p/2 = Q and (p − 2)/2 = 2.
IV. DISCUSSION
In this paper we have studied the subtle relationship between Potts and RSOS model partition functions on a
square-lattice torus. The subtleties come from clusters of non-trivial topology, and in particular from those that wind
around both of the periodic directions. Treating these effects by means of rigorous combinatorial considerations on
the associated Pasquier graphs has produced a number of exact identities, valid on finite L × N tori and for any
value of the temperature variable x = Q−1/2 (eK − 1). These identities link partition functions in the RSOS and
cluster representations of the Temperley-Lieb algebra, in various parity sectors and using various twisted versions of
the periodic boundary conditions.
170
Our main results are given in Eqs. (25), (30), (37), (38), (40) and (43). At the selfdual (critical) point x = 1, some
of these relations reduce to tautologies, but taking derivatives of the general relations with respect to x before setting
x = 1 nevertheless produces non-trivial identities, such as Eq. (31).
Note that we have proved the identities on the level of partition functions, but the fact that they are valid for
any N means that there are strong implications for the eigenvalues of the transfer matrices. Let us write for a given
P N
partition function Z(x) = i αi Λi (x) , where (for a given width L) Λi (x) are the eigenvalues of the corresponding
transfer matrix and αi their multiplicities. Consider now, as an example, Eq. (30) for Q > 1 integer. Since it is valid
for any N , we have that the multiplicities satisfy
(Q − 1) αeven odd dual
RSOS − αRSOS = αspin − αspin (44)
Abstract
We study the phase diagram of Q-state Potts models, for Q = 4 cos2 (π/p) a
Beraha number (p > 2 integer), in the complex-temperature plane. The models are
defined on L×N strips of the square or triangular lattice, with boundary conditions
on the Potts spins that are periodic in the longitudinal (N ) direction and free or
fixed in the transverse (L) direction. The relevant partition functions can then
be computed as sums over partition functions of an Ap−1 type RSOS model, thus
making contact with the theory of quantum groups. We compute the accumulation
174
Key Words: Potts model, RSOS model, Beraha number, limiting curve, quantum groups
175
1 Introduction
The Q-state Potts model [1, 2] can be defined for general Q by using the Fortuin–
Kasteleyn (FK) representation [3, 4]. The partition function ZG (Q; v) is a polynomial in
the variables Q and v. This latter variable is related to the Potts model coupling constant
J as
v = eJ − 1. (1.1)
It turns out useful to define the temperature parameter x as
v
x = √ (1.2)
Q
and to parameterize the interval Q ∈ (0, 4] as
2 π
Q = 4 cos , p ∈ (2, ∞]. (1.3)
p
For generic1 values of Q, the main features of the phase diagram of the Potts model
in the real (Q, x)-plane have been known for many years [2,5]. It contains in particular a
curve xFM (Q) > 0 of ferromagnetic phase transitions which are second-order in the range
0 < Q ≤ 4, the thermal operator being relevant. The analytic continuation of the curve
xFM (Q) into the antiferromagnetic regime yields a second critical curve xBK (Q) < 0 with
0 < Q < 4 along which the thermal operator is irrelevant. Therefore, for a fixed value of
Q, the critical point xBK (Q) acts as the renormalization group (RG) attractor of a finite
range of x values: this is the Berker-Kadanoff (BK) phase [6, 7].
The generic phase diagram is shown in Fig. 1. Since the infinite-temperature limit
(x = 0) and the zero-temperature ferromagnet (|x| = ∞) are of course RG attractive,
consistency of the phase diagram requires that the BK phase be separated from these by
a pair of RG repulsive curves x± (Q) < 0. The curve x+ (Q) is expected to correspond to
the antiferromagnetic (AF) phase transition of the model [8].
The above scenario thus essentially relies on the RG attractive nature of the curve
xBK (Q), and since this can be derived [5] from very general Coulomb gas considerations,
the whole picture should hold for any two-dimensional lattice. But it remains of course
of great interest to compute the exact functional forms of the curves xFM (Q), xBK (Q),
and x± (Q)—and the corresponding free energies—for specific lattices.
The square-lattice Potts model is the best understood case. Here, Baxter [2, 9] has
found the exact free energy along several curves x = xc (Q):
+1 (FM)
q
4−Q
− √2 +
(AF)
Q Q
xc (Q) = (1.4)
−1 (BK)
q
− √2 − 4−Q
(AF)
Q Q
1
More precisely, a “generic” value of Q corresponds to an irrational value of the parameter p defined
in Eq. (1.3). This point will be made more precise in Section 2 below.
176
where xc = 1 and√xc = −1
p can be identified respectively with xFM (Q) and xBK (Q). The
curves x± = −2/ Q ± (4 − Q)/Q are mutually dual (and hence equivalent) curves of
AF phase transitions, which are again second-order in the range 0 < Q ≤ 4. These curves
also form the boundaries of the x-values controlled by the BK fixed point [7], as outlined
above. Note that the four points xc (q) in Eq. (1.4) correspond to the points where the
circles
|x| = 1 (1.5a)
s
2
x + √ = 4−Q
(1.5b)
Q Q
cross the real x-axis. These two circles intersect at the points
which will be shown below to play a particular role in the phase diagram (see Conjec-
ture 4.1.1).
In the case of a triangular lattice, Baxter and collaborators [10–12] have found the
free energy of the Potts model along the curves
p 3
Qx + 3x2 = 1 , (1.7a)
1
x = −√ . (1.7b)
Q
The upper branch of Eq. (1.7a) is identified with the ferromagnetic critical curve xFM (Q).
We have numerical evidence that the middle and lower branches correspond respectively
to xBK (Q) and x− (Q), the lower boundary of the BK phase. The position of x+ (Q),
the upper branch of the BK phase, is at present unknown [13] (but see Ref. [14] for the
Q → 0 limit). Along the line (1.7b) the Potts model reduces to a coloring problem, and
the partition function is here known as the chromatic
√ polynomial. The line (1.7b) belongs
to the RG basin of the BK phase for 0 < Q < 2 + 3 [15].
The critical properties—still with Q taking generic values—for these two lattices
are to a large extent universal. This is not so surprising, since the critical exponents can
largely be obtained by Coulomb gas techniques (although the antiferromagnetic transition
still reserves some challenges [8]). Thus, there is numerical evidence that the exponents
along the curves xFM (Q), xBK (Q) and x− (Q) coincide, whereas the evidence for the curve
x+ (Q) is non-conclusive [14]. On the other hand, on the less-studied triangular lattice we
cannot yet exclude the possible existence of other curves of second-order phase transitions
that have no counterpart on the square lattice.
But in general we can only expect universality to hold when the Boltzmann weights
in the FK representation are non-negative (i.e., for Q ≥ 0, v ≥ 0), or when the parameter
p takes generic (i.e., irrational) values. The present paper aims at studying the situation
when p takes non-generic values; for simplicity we limit ourselves to the case of integer
177
p > 2. The number of spin states is then equal to a so-called Beraha number Bp
2 π
Q = Bp = 4 cos , p = 3, 4, 5, . . . . (1.8)
p
The special physics at rational values of p is intimately linked to the representation theory
of the quantum group Uq (SU(2)), the commutant of the Temperley-Lieb algebra, when
the deformation parameter q is a root of unity. As we shall review in Section 2 below, the
quantum group symmetry of the Potts model at rational p implies that many eigenvalues
of the transfer matrix in the FK representation have zero amplitude or cancel in pairs
because of opposite amplitudes; these eigenvalues therefore become spurious and do not
contribute to the partition function [6, 7].
Remarkably, for p integer and x inside the BK phase, even the leading eigenvalue
acquires zero amplitude. Moreover, all the eigenvalues which scale like the leading one in
the thermodynamic limit vanish from the partition function, and so, even the bulk free
energy f (p; x) is modified [8]. In other words, f (p; x) experiences a singularity whenever
p passes through an integer value. This means in particular that for p integer the critical
behavior can either disappear, or be modified, or new critical points (and other non-
critical fixed points) can emerge.
For the sake of clarity, we discuss the simplest example of this phenomenon. Con-
sider, on the square lattice, on one hand the Q → 2 state model (i.e., with Q tending
to 2 through irrational values of p) and on the other the Q = 2 Ising model (i.e., with
fixed integer p = 4). For the former case, the generic phase diagram and the associated
RG flows are shown in the top part of Fig. 2. The three critical points xFM and x± have
central charge c = 1/2, while the fourth one xBK has c = −25/2. For the latter case,
new non-critical fixed points appear (by applying the duality and Z2 gauge symmetries
to the one at x = 0), and the RG flows become as shown in the bottom part of Fig. 2.
One now has c = 1/2 for all four critical fixed points. (We shall treat the Ising model in
more detail in Section 7.1 below.)
By contrast to the universality brought out for generic Q, the phase diagram and
critical behavior for integer p is likely to have lattice dependent features. Let us give
a couple of examples of this non-universality. The zero-temperature triangular-lattice
Ising antiferromagnet, (Q, v) = (2, −1), is critical and becomes in the scaling limit a free
Gaussian field with central charge c = 1 [16–18], whereas the corresponding square-lattice
model is non-critical, its partition function being trivially Z = 2. While this observation
does not in itself imply non-universality, since the critical temperature is expected to
be lattice dependent (as is the value of xFM (Q)), the point to be noticed is that for
no value of v does the Q = 2 square-lattice model exhibit c = 1 critical behavior. In
the same vein, the square-lattice Potts model with (Q, v) = (3, −1) is equivalent to a
critical six-vertex model (at ∆ = 1/2) [19, 20], with again c = 1 in the scaling limit,
whereas now the corresponding triangular-lattice model is trivial (Z = 3). Now, the
triangular-lattice model does in fact exhibit c = 1 behavior elsewhere (for x = x− ),
but the compactification radius is different from that of the square-lattice theory and
accordingly the critical exponents differ. Finally, (Q, v) = (4, −1) is a critical c = 2
178
theory on the triangular lattice [21, 22], but is non-critical on the square lattice [23].
Because of the eigenvalue cancellation scenario sketched above, the FK representation
is not well suited2 for studying the Potts model at integer p. Fortunately, for Q = Bp
there exists another representation of the Potts model, in terms of an RSOS model of
the Ap−1 type [24], in which the cancellation phenomenon is explicitly built-in, in the
sense that for generic values of x all the RSOS eigenvalues contribute to the partition
function. On the square lattice, the RSOS model has been studied in great detail [24–27]
at the point x = xFM = 1, where the model happens to be homogeneous. Only very
recently has the case of general real x 6= 1 (where the RSOS model is staggered, i.e.,
its Boltzmann weights are sublattice dependent) attracted some attention [8], and no
previous investigation of other lattices (such as the triangular lattice included in the
present study) appears to exist.
The very existence of the RSOS representation has profound links [27, 28] to the
representation theory of the quantum group Uq (SU(2)) where the deformation parameter
q defined by 2
Q = q + q −1 = Bp , q = exp(iπ/p) , (1.9)
is a root of unity. To ensure the quantum group invariance one needs to impose periodic
boundary conditions along the transfer direction. Further, to ensure the exact equivalence
between Potts and RSOS model partition functions the transverse boundary conditions
must be non-periodic.3 For definiteness we shall therefore study square- or triangular-
lattice strips of size L × N spins, with periodic boundary conditions in the N-direction.
The boundary conditions in the L-direction are initially taken as free, but we shall later
consider fixed transverse boundary conditions as well. For simplicity we shall henceforth
refer to these boundary conditions as free cyclic and fixed cyclic.4
Using the RSOS representation we here study the phase diagram of the Potts model
at Q = Bp through the loci of partition function zeros in the complex x-plane. Accord-
ing to the Beraha-Kahane-Weiss theorem [30], when N → ∞, the accumulation points
of these zeros form either isolated limiting points (when the amplitude of the domi-
nant eigenvalue vanishes) or continuous limiting curves BL (when two or more dominant
eigenvalues become equimodular); we refer to Ref. [32] for further details. In the RSOS
representation only the latter scenario is possible, since all amplitudes are strictly posi-
tive.5 As usual in such studies, branches of BL that traverse the real x-axis for finite L,
2
We here tacitly assume that the study relies on a transfer matrix formulation. This is indeed so
in most approaches that we know of, whether they be analytical or numerical. An exception would be
numerical simulations of the Monte Carlo type, but in the most interesting parts of the phase diagram
this approach would probably not be possible anyway, due to the presence of negative Boltzmann weights.
3
There are however some intriguing relationships between modified partition functions with fully
periodic boundary conditions [29]. We believe that the RSOS model with such boundary conditions
merits a study similar to the one presented here, independently of its relation to the Potts model.
4
It is convenient to introduce the notation LF × NP (resp. LX × NP ) for a strip of size L × N spins
with free (resp. fixed) cyclic boundary conditions.
5
Sokal [31, Section 3] has given a slight generalization of the Beraha–Kahane–Weiss theorem. In
particular, when there are two or more equimodular dominant eigenvalues, the set of accumulation
points of the partition-function zeros may include isolated limiting points when all the eigenvalues vanish
179
1. As outlined above, the eigenvalue cancellation phenomenon arising from the quan-
tum group symmetry at integer p modifies the bulk free energy in the Berker-
Kadanoff phase. For the Ising model we have seen that this changes the RG nature
(from attractive to repulsive) of the point xBK as well as its critical exponents (from
c = −25/2 to c = 1/2). But for general integer p it is not clear whether xBK will
remain a phase transition point, and assuming this to be the case what would be
its properties.
√
2. The chromatic line x = −1/ Q does not appear to play any particular role in
the generic phase diagram of the square-lattice model. By contrast, it is an in-
tegrable line [11, 12] for the generic triangular-lattice model. Qua its role as the
zero-temperature antiferromagnet one could however expect the chromatic line to
lead to particular (and possibly critical) behavior in the RSOS model. Even when
critical behavior exists in the generic case (e.g., on the triangular lattice) the na-
ture of the transition may change when going to the case of integer p (e.g., from
c = −25/2 for the Q → 2 model to c = 1 for the zero-temperature Ising antiferro-
magnet).
The paper is organized as follows. In Section 2 we introduce the RSOS models and
describe their precise relationship to the Potts model, largely following Refs. [24, 27, 28].
We then present, in Section 3, the limiting curves found for the square-lattice model
with free cyclic boundary conditions, leading to the formulation of several conjectures
in Section 4. Sections 5–6 repeat this programme for the triangular-lattice model. In
Section 7 we discuss the results for free cyclic boundary conditions, with special emphasis
on the thermodynamic limit, and motivate the need to study also fixed cyclic boundary
conditions. This is then done in Sections 8–9. Finally, Section 10 is devoted to our
conclusions. An appendix gives some technical details on the dimensions of the transfer
matrices used.
loops that wind around the periodic (N) direction of the lattice. The weights q ±1 can
be further redistributed locally, as a factor of q α/2π for a counterclockwise turn through
an angle α [2]. While this redistribution correctly weights contractible loops, the non-
contractible loops are given weight 2, but this can be corrected by twisting the model,
i.e., by inserting the operator q Sz into the trace that defines the partition function.
A partial resummation over the oriented-loop splittings at vertices which are com-
patible with a given orientation of the edges incident to that vertex now gives a six-vertex
model representation [36]. Each edge of the medial lattice then carries an arrow, and
these arrows are conserved at the vertices: the net arrow flux defines Sz as before. The
six-vertex model again needs twisting by the operator q Sz to ensure the correct weigh-
ing in the Sz 6= 0 sectors. The Hamiltonian of the corresponding spin chain can be
extracted by taking the anisotropic limit, and is useful for studying the model with the
Bethe Ansatz technique [2]. The fact that this Hamiltonian commutes with the gen-
erators of the quantum group Uq (SU(2)) links up with the nice results of Saleur and
coworkers [6, 7, 27, 28].
Finally, the RSOS representation [24, 27, 28] emerges from a certain simplification of
the above representations when q = exp(iπ/p) is a root of unity (see below).
All these formulations of the Potts model can be conveniently studied through the
corresponding transfer matrix spectra: these give access to the limiting curves BL , corre-
lation functions, critical exponents, etc.
(2)
In the FK representation the transfer matrix TFK (L) is written in a basis of connec-
tivities (set partitions) between two time slices of the lattice (see Ref. [34] for details), and
the transfer matrix propagates just one of the time slices. Each independent connection
between the two slices is called a bridge; the number of bridges j is a semi-conserved
quantum number in the sense that it cannot increase upon action of the transfer matrix.
The bridges serve to correctly weight the clusters that are non-contractible with respect
to the cyclic boundary conditions.6 This is accomplished by writing the partition function
as
(2)
X
ZFK = hf |TFK(L)N |ii = αi λNi (2.1)
i≥1
for suitable initial and final vectors |ii and hf |. The vector |ii identifies the two time
slices, while hf | imposes the periodic boundary conditions (it “reglues” the time slices)
and weighs the resulting non-contractible clusters. Note that these vectors conspire to
multiply the contribution of each eigenvalue λi by an amplitude αi = αi (Q): this ampli-
tude may vanish for certain values of Q.
On the other hand, in the six-vertex representation the transfer matrix is written
in the purely local basis of arrows, whence the partition function can be obtained as a
trace (which however has to be twisted by inserting q Sz as described above). But even
6 (2)
In particular, the restriction of TFK (L) to the zero-bridge sector is just the usual transfer matrix
TFK in the FK representation, i.e., the matrix used in Ref. [32] to study the case of fully free boundary
conditions.
182
without the twist the eigenvalues are still associated with non-trivial amplitudes, as we
now review.
Let us consider first a generic value of q, i.e., an irrational value of p. The Uq (SU(2))
symmetry of the spin chain Hamiltonian implies that one can classify eigenvalues ac-
cording to their value j of Sz , and consider only highest weights of spin j. Define now
K1,2j+1 (p, L; x) as the generating function of the highest weights of spin j, for given
values of p, L and x. The partition function of the untwisted six-vertex model with
the spin S (not Sz ) fixed to j is therefore (2j + 1) K1,2j+1(p, L; x). Imposing the twist,
the corresponding contribution to the partition function of the Potts model becomes
Sj (p) K1,2j+1(p, L; x), where the q-deformed number Sj (p) ≡ (2j + 1)q is defined as fol-
lows
sin(π(2j + 1)/p)
Sj (p) = . (2.2)
sin(π/p)
L
X
ZLF ×NP (Q; v) = QLN/2 Sj (p) K1,2j+1(p, L; x) (2.3)
j=0
Note that the summation is for 0 ≤ j ≤ L, as the maximum number of bridges is equal
to the strip width L.
For p rational, Eq. (2.3) is still correct, but can be considerably simplified. In the
context of this paper we only consider the simplest case of p integer. Indeed, note that
using Eq. (2.2), we obtain that, for any integer n,
where
X
χ1,2j+1 (p, L; x) = K1,2(np+j)+1 (p, L; x) − K1,2((n+1)p−1−j)+1 (p, L; x) . (2.6)
n≥0
For convenience in writing Eq. (2.6) we have defined K1,2j+1 (p, L; x) ≡ 0 for j > L.
Note that the summation in Eq. (2.5) is now for 0 ≤ j ≤ ⌊(p − 2)/2⌋. Furthermore,
χ1,2j+1 (p, L; x) is a lot simpler that it seems. Indeed, when p is integer, the representations
of Uq (SU(2)) mix different values of j related precisely by the transformations j → j + np
and j → (n + 1)p − 1 − j [cf. Eq. (2.4)]. Therefore, a lot of eigenvalues cancel each other
in Eq. (2.6). This is exactly why the transfer matrix in the FK representation contains
spurious eigenvalues, and is not adapted to the case of p integer.
The representation adapted to the case of p integer is the so-called RSOS represen-
tation. It can be proved that χ1,2j+1 is the partition function of an RSOS model of the
Ap−1 type [24] with given boundary conditions [27] (see below). In this model, heights
hi = 1, 2, . . . , p − 1 are defined on the union of vertices and dual vertices of the original
Potts spin lattice. Neighboring heights are restricted to differ by ±1 (whence the name
RSOS = restricted solid-on-solid). The boundary conditions on the heights are still pe-
riodic in the longitudinal direction, but fixed in the transverse direction. More precisely,
the cyclic strip LF ×NP has precisely two exterior dual vertices, whose heights are fixed to
1 and 2j + 1 respectively. It is convenient to draw the lattice of heights as in Figures 3–4
(showing respectively a square and a triangular-lattice strip of width L = 2), i.e., with
N exterior vertices above the upper rim, and N exterior vertices below the lower rim of
the strip: all these exterior vertices close to a given rim are then meant to be identified.
For a given lattice of spins, the weights of the RSOS model are most easily defined by
building up the height lattice face by face, using a transfer matrix. The transfer matrix
adding one face at position i is denoted Hi = xIi + ei (resp. Vi = Ii + xei ) if it propagates
a height hi → h′i standing on a direct (resp. a dual) vertex, where Ii = δ(hi , h′i ) is the
identity operator, and ei is the Temperley-Lieb generator in the RSOS representation [24]:
1/2
sin(πhj /p) sin(πh′j /p)
ei = δ(hi−1 , hi+1 ) . (2.7)
sin(πhj−1/p)
Note that all the amplitudes Sj (p) entering in Eq. (2.5) are strictly positive. There-
fore, for a generic value of the temperature x, all the eigenvalues associated with χ1,2j+1 (p, L; x)
for 0 < 2j + 1 < p contribute to the partition function.7 This is the very reason why
7
For exceptional values of x there may still be cancellations between eigenvalues with opposite sign.
However, the pair of eigenvalues that cancel must now necessarily belong to the same sector χ1,2j+1 .
184
we use the RSOS representation. Recall that there are analogous results in conformal
field theory [37]. In fact, for x equal to xFM (Q) and in the continuum limit, K1,2j+1
corresponds to the generating function of a generic representation of the conformal sym-
metry with Kac-table indices r = 1 and s = 2j + 1, whereas χ1,2j+1 corresponds to the
generating function (character) of a minimal model. Thus, Eq. (2.6) corresponds to the
Rocha-Caridi equation [38], which consists of taking into account the null states. One
could say that the FK representation does not identify all the states differing by null
states, whereas the RSOS representation does. Therefore, the dimension of the transfer
matrix is smaller in the RSOS representation than in the FK representation.
The computation of the partition functions χ1,2j+1 (p, L; x) can be done in terms of
transfer matrices T1,2j+1 , denoted in the following simply by T2j+1. In particular, for a
strip of size L × N, we have that
Note that this is a completely standard untwisted trace. The transfer matrix T2j+1(L; x)
acts on the space spanned by the vectors |h0 , h1 , . . . , h2L i, where the boundary heights
h0 = 1 and h2L = 2j + 1 are fixed. The dimensionality of this space is discussed in
Appendix A. For any fixed h0 and h2L , this dimensionality grows asymptotically like
∼ QL .
X
ZLF ×NP (Q; v) = QLN/2 Sj (p) χ1,2j+1(p, L; x) = ZNP ×LF (Q; v) (2.9)
0<2j+1<p
where ZNP ×LF (Q; v) is the partition function of the Q-state Potts model on a strip of size
NP × LF with cylindrical boundary conditions, as computed in Refs. [39, 40]. We have
made this check for p = 4, 5, 6 and for several values of L and N.
2) For p = 3 the RSOS model trivializes. Only the χ1,1 sector exists, and T1 is
one-dimensional for all L. Eq. (2.5) gives simply
where E is the number of lattice edges (faces on the height lattice). It is not possible to
treat the bond percolation problem in the RSOS context, since this necessitates taking
Q → 1 as a limit, and not to sit directly at Q = 1. Hence, the right representation for
studying bond percolation is the FK representation.
185
We have computed the limiting curves BL for L = 2, 3, 4. These curves are displayed
in Figure 5(a)–(c). In Figure 5(d), we show simultaneously all three curves for comparison.
In addition, we have computed the partition-function zeros for finite strips of dimensions
LF ×(ρL)P for aspect rations ρ = 10, 20, 30. These zeros are also displayed in Figure 5(a)–
(c).8 For 5 ≤ L ≤ 8, we have only computed selected features of the corresponding
limiting curves (e.g., the phase diagram for real x).
3.1.1 L=2
This strip is displayed in Figure 3. Let us denote the basis in the height space as
|h1 , h2 , h3 , h4 , h5 i, where the order is given as in Figure 3.
The transfer matrix T1 is two-dimensional: in the basis {|1, 2, 1, 2, 1i, |1, 2, 3, 2, 1i},
it takes the form
1 Y2,0 Y2,1
T1 (p = 4, L = 2) = √ (3.3)
2 Y2,3 Y2,2
where we have used the shorthand notation
√ 2L−1−k
YL,k = xk x + 2 , k = 0, . . . , 2L − 1 (3.4)
The transfer matrix T3 is also two-dimensional: in the basis {|1, 2, 1, 2, 3i, |1, 2, 3, 2, 3i},
it takes the form
1 Y2,1 Y2,2
T3 (p = 4, L = 2) = √ (3.5)
2 Y2,2 Y2,1
For real x, there is a single phase-transition point at
1
xc = − √ ≈ −0.7071067812 (3.6)
2
8
After the completion of this work, we learned that Chang and Shrock had obtained the limiting
curves for L = 2 [41, Figure 20] and L = 3 [42, Figure 7]. The eigenvalues and amplitudes for L = 2 had
been previoulsy published by Shrock [43, Section 6.13].
186
9
This point is actually a multiple point.√ There√is an additional pair of complex conjugate
±iπ/4
multiple points
√ at x = −e = −1/ 2 ± i/ 2. We also find an isolated limiting point
at x = − 2 due to the vanishing of all the eigenvalues (see Ref. [31] for an explanation
of this issue in terms of the Beraha–Kahane–Weiss theorem).
√
The dominant
√ sector on the real x-axis is always χ 1,1 , except at x = − 2 and
x = −1/ 2; at these points the dominant eigenvalues coming from each sector χ1,k
become equimodular. On the regions with null intersection with the real x-axis, the
dominant eigenvalue comes from the sector χ1,3 .
3.1.2 L≥3
Both points are actually multiple points (except xc,2 for L = 3). There is an additional
pair of complex conjugate multiple points at x = −e±iπ/4 .
For x > xc,1 , the dominant eigenvalue always belongs to the sector χ1,1 . For x < xc,1 ,
this property is true only for even L = 4, 6, 8; for odd L = 3, 5, 7, the dominant eigenvalue
for x < xc,1 belongs to the χ1,3 sector.
3.2 Q = B5 model (p = 5)
The partition function for a strip of size LF ×NP is given in the RSOS representation
as h i
N L/2
p
ZLF ×NP (Q = B5 ; x) = B5 χ1,1 (x) + B5 χ1,3 (x) (3.8)
3.2.1 L=2
The transfer matrix T1 is two-dimensional: in the basis {|1, 2, 1, 2, 1i, |1, 2, 3, 2, 1i},
it takes the form
!
p ∗ 1/4 p ∗ 2
B5 X3 B5 B5 xX3
T1 (p = 5, L = 2) = ∗ 1/4 3 2
(3.9)
B5 x x (1 + x)
9
Throughout this paper a point on BL of order ≥ 4 is referred to as a multiple point.
187
The transfer matrix T3 is three-dimensional. In the basis {|1, 2, 1, 2, 3i, |1, 2, 3, 4, 3i,
|1, 2, 3, 2, 3i}, it takes the form
p ∗ 2 ∗ 1/4 2
B xX 0 B5 x X3
p 5 ∗ 23 ∗ ∗ 1/4
T3 (p = 5, L = 2) = B5 x xX3 B5 x(1 + x) (3.12)
∗ 1/4 2 ∗ 1/4
B5 x (1 + x) B5 x x(1 + x)2
3.2.2 L≥3
The limiting curve contains a horizontal line between two real T points x ≈ −1.2066212246
and x ≈ −0.9713270390. There are nine additional pairs of complex conjugate T points.
The dominant sectors on the real x-axis are
188
We have found that the curve B4 contains a horizontal line between two real T points:
x ≈ −1.1982787848 and x ≈ −0.9776507663. Two points belonging to such line are
actually multiple points: x ≈ −0.9923357481 and x ≈ −0.9972135728. We have found
34 pairs of complex conjugate T points. The phase diagram is rather involved, and we
find several tiny closed regions. The dominant sectors on the real x-axis are
The limiting curve contains a horizontal line between two real T points: x ≈ −1.0877465961
and x ≈ −0.9792223546. This line contains the multiple point x ≈ −1.0781213888. The
dominant sectors on the real x-axis are
189
3.3.1 L=2
The transfer matrix T5 is one-dimensional, as there is a single basis vector {|1, 2, 3, 4, 5i}.
The matrix is given by
T5 (p = 6, L = 2) = x2 (3.20)
The transfer matrix T1 is two-dimensional: in the basis {|1, 2, 1, 2, 1i, |1, 2, 3, 2, 1i},
it takes the form
3
√ 2
1 X 2 x X
T1 (p = 6, L = 2) = √ √ 31 1
(3.21)
3 2x x2 X2
where we have used the shorthand notation
√ √
X1 = x + 3 , X2 = 2x + 3 (3.22)
The transfer matrix T3 is three-dimensional. In the basis {|1, 2, 1, 2, 3i, |1, 2, 3, 4, 3i,
|1, 2, 3, 2, 3i}, it takes the form
√
2√xX12 √ 0 2√ 2 x2 X1
1
T3 (p = 6, L = 2) = √ √ 6 x2 3 xX2 3 xX2 (3.23)
2 3 2 2
2 x X2 3x xX2
10
After the completion of this work, we learned that the limiting curves for the smallest widths had
been already obtained by Chang and Shrock: namely, L = 2 [42, Figure 22], and √ L = 3 [42, Figure 8].
Please note that in the latter case, they used the variable u = 1/(v + 1) = 1/(x Q + 1), instead of our
variable x.
190
On the regions with null intersection with the real x-axis, the dominant eigenvalue comes
from the sector χ1,3 .
3.3.2 L≥3
This is the strip with smallest width for which a (complex conjugate) pair of endpoints
appears: x ≈ −0.9951436066 ± 0.00444309186 i. These points are very close to the
transition point xBK = −1. We have found
√ 36 pairs of√conjugate T points. We have also
found three multiple points at x = − 3, and x = − 3/2 ± i/2. The dominant sectors
on the real x-axis are
√
• χ1,1 for x ∈ (−∞, xc,3 ) ∪ (− 3/2, ∞)
√
• χ1,5 for x ∈ (xc,3 , − 3/2)
For L = 6, there are also six phase-transition points on the real axis
√
xc,1 = − 3 = x− ≈ −1.7320508076 (3.28a)
xc,2 ≈ −1.2852299467 (3.28b)
xc,3 ≈ −1.2238569234 (3.28c)
xc,4 ≈ −1.1271443188 (3.28d)
xc,5 ≈ −1.0085262838 (3.28e)
√
3
xc,6 = − ≈ −0.8660254038 (3.28f)
2
The dominant sectors on the real x-axis are
√
• χ1,1 for x ∈ (−∞, xc,2 ) ∪ (xc,3 , xc,5 ) ∪ (− 3/2, ∞)
√
• χ1,5 for x ∈ (xc,2 , xc,3 ) ∪ (xc,5 , − 3/2)
√
In√all cases 2 ≤ L ≤ 6, we have found three multiple points at x = − 3, and
x = − 3/2 ± i/2 = −e±iπ/6 .
192
It follows from the RSOS constraint and the fact that h0 = 1 is fixed, that the
maximal height participating in a state is hmax = max(2L, p − 1). In particular, for any
fixed L the number of states stays finite when one takes the limit p → ∞. Meanwhile,
the Boltzmann weight entering in Eq. (2.7) has the well-defined limit (hj h′j )1/2 /hj−1 , and
the amplitudes (2.2) tend to Sj (∞) = 2j + 1. We shall refer to this limit as the p = ∞
(or Q = 4) model.
We have computed the limiting curves BL for L = 2, 3, 4. These curves are displayed
in Figure 8(a)–(c). In Figure 8(d), we show all three curves for comparison.
3.4.1 L=2
√
(x√+ 2)3 3 x(x + 2)2
1
T1 = (3.29a)
2 3 x3 x2 (2 + 3x)
2
√ 2
3x(x +
√ 2 2) 0 3 √ 3 x (x + 2)
1
T3 = √ 22 6 x 2x(3x
√ + 4) 2 2 x(3x + 2) (3.29b)
6
3 x (3x + 2) 4 2x x(3x + 2)2
T5 = x2 (3.29c)
For real x, we find a multiple point at x = −1, where all eigenvalues become equimod-
ular with |λi| = 1. The dominant sector on the real x-axis is always χ1,1 .
3.4.2 L≥3
The dominant sectors are χ1,3 for x ∈ (−∞, xc,1 ) ∪ (xc,2 , −1); and χ1,1 in the region
x ∈ (xc,1 , xc,2 ) ∪ (−1, ∞).
For L = 4 we only find a single real phase-transition point at x = −1. The dominant
sector on the real x-axis is always χ1,1 .
In all cases 3 ≤ L ≤ 5, the point x = −1 is a multiple point where all the eigenvalues
are equimodular with |λi | = 1.
Conjecture 4.1 For the square-lattice Q-state Potts model with Q = Bp and widths
L ≥ 2:
1. The points x = −e±iπ/p belong to the limiting curve. At these points, all the eigen-
values are equimodular with |λi | = 1.11 Thus, they are in general multiple points.
√
2. For even p, the point x = − Q/2 always √ belongs to the limiting curve BL .12 Fur-
thermore, if p = 4, 6, then the point x = − Q also belongs to BL .
The phase structure for the models considered above show certain regularities on the
real x-axis (which contains the physical regime of the model). In particular, we conclude
Conjecture 4.2 For the square-lattice Q-state Potts model with Q = Bp and widths
L ≥ 2:
1. The relevant eigenvalue on the physical line v ∈ [−1, ∞) comes from the sector χ1,1 .
2. For even L, the leading eigenvalue for real x√ comes
√ always from the sector χ1,1 ,
except perhaps in an interval contained in [− Q, − Q/2].
11
This property has been explicitly checked for all the widths reported in this paper.
12
This property has been verified for p = 8, 10 and 2 ≤ L ≤ 6.
194
In the limiting case p = ∞ the RSOS construction simplifies. Namely, the quantum
group Uq (SU(2)) reduces to the classical U(SU(2)) (i.e., q → 1), and its representations
no longer couple different K1,2j+1 , cf. Eq. (2.4). Accordingly we have simply K1,2j+1 =
χ1,2j+1 . When increasing p along the line xBK (Q), the sector K1,2j+1 which dominates
for irrational p will have higher and higher spin j [7]; this is even true throughout the
Berker-Kadanoff phase.13 One would therefore expect that the p = ∞ RSOS model
will have a dominant sector χ1,2j+1 with j becoming larger and larger as one approaches
xBK (Q = 4) = −1.
This argument should however be handled with care. Indeed, for p → ∞ the BK
phase contracts to a point, (Q, v) = (4, −2), and this point turns out to be a very singular
limit of the Potts model. In particular, one has xBK = x± for Q = 4, and very different
results indeed are obtained depending on whether one approaches (Q, v) = (4, −2) along
the AF or the BK curves (1.4). This is visible, for instance, on the level of the central
charge, with c → 2 in the former and c → −∞ in the latter case. To wit, taking x → −1
after having fixed p = ∞ in the RSOS model is yet another limiting prescription, which
may lead to different results.
The phase diagrams for Q = 4 (p → ∞) do agree with the above general conjec-
±iπ/p
tures 4.1-4.2. In particular, when p → ∞, the multiple √ points −e → −1 = xBK
(Conjecture 4.1.1) and this coincides with the point − Q/2 (Conjecture 4.1.2). On the
other hand, the sector χ1,1 is the dominant one on the physical line v ∈ [−1, ∞) (Conjec-
ture 4.2.1), and we observe a parity effect on the unphysical regime v ∈ (−∞, −1). For
even L, the only dominant sector is χ1,1 in agreement with Conjecture 4.2.2 (although
there is no interval inside [−2, −1]√where χ1,3 becomes dominant). For odd L, Conjec-
ture 4.2.3 also holds with x0 = − Q = −2 (at least for L = 3, 5). For L = 2, 3, 4, we
find that in addition to the sectors χ1,1 and χ1,3 , only the sector χ1,5 becomes relevant in
some regions in the complex x-plane.
Conjecture 4.3 For any value of p, the limiting curve BL for a square-lattice strip has
exactly 2L outward branches. As |x| → ∞, these branches are asymptotically rays with
n 1
arg x ≡ θn (L) = π − , n = 1, 2, . . . , 2L (4.1)
L 2L
By inspection of Figures 5–8, it is also clear that the only two sectors that are relevant
in this regime are χ1,1 and χ1,3 . In particular, the dominant eigenvalue belongs to the χ1,1
sector for large positive real x, and each time we cross one of these outward branches,
the dominant eigenvalue switches the sector it comes from. In particular, we conjecture
that
Conjecture 4.4 The dominant eigenvalue for a square-lattice strip of width L in the
large |x| regime comes from the sector χ1,1 in the asymptotic regions
In the other asymptotic regions the dominant eigenvalue comes from the sector χ1,3 .
In particular, this means that for large positive x the dominant sector is always χ1,1 .
However, for large negative x the dominant eigenvalue comes from χ1,1 is L is even, and
from χ1,3 if L is odd. Thus, this conjecture is compatible with Conjecture 4.2.
An empirical explanation of this fact comes from the computation of the asymptotic
expansion for large |x| of the leading eigenvalues in each sector. It turns out that there
is a unique leading eigenvalue in each sector χ1,1 and χ1,3 when |x| → ∞. As there is
a unique eigenvalue in this regime, we can obtain it by the power method [44]. Our
numerical results suggest the following conjecture
Conjecture 4.5 Let λ⋆,1 (L) (resp. λ⋆,3 (L)) be the leading eigenvalue of the sector χ1,1
(resp. χ1,3 ) in the regime |x| → ∞. Then
" ∞
#
X ak (L)
λ⋆,1 (L) = Q(L−1)/2 x2L−1 1 + x−k (4.3a)
k=1
Qk/2
p L−1 L−2
λ⋆,1 (L) − λ⋆,3 (L) = Qx + 3(L − 1)x + O(xL−3 ) (4.3b)
The first coefficients ak (L) are displayed in Table 1; the patterns displayed in (4.4)
are easily verified. The coefficients ak (L) also depend on p for k ≥ 3.
Indeed, the above conjecture explains easily the observed pattern for the leading
sector when x is real. But it also explains the observed pattern for all the outward
branches. These branches are defined by the equimodularity of the two leading eigenvalues
p
|λ⋆,1 | = |λ⋆,3 | = λ⋆,1 − QxL−1 + O(xL−2 ) (4.5)
Remark. The existence of unbounded outward branches for the limiting curve of the
Potts model with cyclic boundary conditions is already present for the simplest case
L = 1. Here, the strip is just the cyclic graph of n vertices Cn . Its partition function is
given exactly by
ZCn (Q, v) = (Q + v)n + (Q − 1) v n (4.8)
√ √
Then, we have two eigenvalues λ1 = Q + v = Q + x Q and λ2 = v = x Q, which grow
like ∼ x2L−1 = x and whose difference is Q = O(xL−1√), in agreement with Conjecture 4.5.
Furthermore, the limiting curve is the line Re x = − Q/2, which, as |x| → ∞, has slopes
given by ±π/2, in agreement with Conjecture 4.3.
Again, the equimodularity condition when |ǫ| → 0 implies that Re(ǫL ) = 0, whence
arg ǫ = θn with θn given by Eq. (4.7).
√ √
The case x = − 2 is more involved. If we write x = − 2 + ǫ with |ǫ| ≪ 1, we
find that in the sector χ1,1 there are two eigenvalues of order O(ǫ), and the rest are of
197
(i)
order at least O(ǫ2 ). The same conclusion is obtained from the sector χ1,3 . If we call λ⋆,j
(i = 1, 2) the dominant eigenvalues coming from sector χ1,j , then we find for L ≥ 3 that
(1) (2)
λ⋆,1 (L) = 2(L−1)/2 ǫ + O(ǫ2 ) ≈ −λ⋆,1 (L) (4.10a)
(√
(1) (2) 2ǫL−1 L even
λ⋆,1 (L) + λ⋆,1 (L) = L
(4.10b)
2(L − 1)ǫ L odd
(1) (2)
λ⋆,3 (L) = −2(L−1)/2 ǫ + O(ǫ2 ) ≈ −λ⋆,3 (L) (4.10c)
(
(1) (2) −2(L − 1)ǫL L even
λ⋆,3 (L) + λ⋆,3 (L) = √ L−1 (4.10d)
− 2ǫ L odd
(1) (1) (−1)L L−1
λ⋆,1 (L) + λ⋆,3 (L) = √ ǫ + O(ǫL) (4.10e)
2
√
Thus, the same asymptotic behavior is obtained as for x = −1/ 2, except that L → L−2:
π
θn = (2n − 1) , n = 1, . . . , 2(L − 2) (4.12)
2(L − 2)
For this model we know [16–18] the exact transition temperature for the antiferro-
magnetic model vc,AF = −1 = vc,BK . The partition function is given by a formula similar
to that of the square lattice, and the dimensionality of Tj (2, L) is the same as for the
square lattice. In what follows we give the different matrices in the same bases as for the
square lattice.
We have computed the limiting curves BL for L = 2, 3, 4. These curves are displayed
in Figure 9(a)–(c).16 In Figure 9(d), we show all three curves for comparison.
16
After the completion of this work, we learned that Chang and Shrock had obtained the limiting
curve for L = 2 [41, Figure 18].
198
5.1.1 L=2
5.1.2 L≥3
√
For L = 3, 4 we have found that a) The line Re x = −1/ 2 belongs to the limiting
curve; b) BL is symmetric under reflection with respect to that line; c) BL contains a pair
of multiple points
√ at x = −e±iπ/4 ; and√d) The dominant sector on the real x-axis is χ1,1
for x > −1/ 2, and χ1,3 for x < −1/ 2.
√
For L = 3, there is another pair of multiple
√ points at x ≈ −1/ 2 ± 0.7257238112 i;
for L = 4 this pair is located at x ≈ −1/ 2 ± 0.7647261156 i.
For L√ = 5, 6, 7, we have found that there is a single√real phase-transition
√ point at
x = −1/ 2, and that the dominant sector for x > −1/ 2 (resp. x < −1/ 2) is χ1,1
(resp. χ1,3 ).
5.2 Q = B5 model (p = 5)
We have computed the limiting curves BL for L = 2, 3, 4. These curves are displayed
in Figure 10(a)–(c). In Figure 10(d), we show all three curves for comparison.
199
5.2.1 L=2
In fact both points are T points and the whole interval [xc,1 , xc,2 ] belongs to the limiting
curve B2 . Finally, there are two complex conjugate multiple points at x = −e±iπ/5 , as for
the square-lattice case. The dominant sector on the real x-axis is χ1,1 for x > xc,1 , and
χ1,3 for x < xc,1 .
5.2.2 L≥3
The points xc,2 and xc,3 are T points, and they define a line belonging to the limit-
ing curve. This line contains two multiple points at x ≈ −0.6319374252, and x ≈
−0.7685805289. We have found two additional pairs of complex conjugate endpoints at
x ≈ −0.9270404586 ± 0.3749352143 i, and x = −e±iπ/5 . In addition, there are 22 pairs of
complex conjugate T points. The dominant sectors on the real x-axis are
For L = 6 the amount of memory needed for the computation of the phase diagram
on the real x-axis is very large, so we have focused on trying to obtain
√ the largest real
phase-transition point. The result is xc,1 ≈ −0.6221939194 < −1/ B5 . The sector χ1,1
dominates for all x > xc,1 ; and for x <
∼ xc,1 , the sector χ1,3 dominates.
We have computed the limiting curves BL for L = 2, 3, 4. These curves are displayed
in Figure 11(a)–(c).17 In Figure 11(d), we show all three curves for comparison.
17
After the completion of this work, we learned that Chang and Shrock had obtained the limiting
curve for L = 2 [41, Figure 19].
201
5.3.1 L=2
5.3.2 L≥3
there are 14 pairs of complex conjugate T points. The dominant sectors on the real x-axis
are
We have also found a small horizontal line belonging to the limiting curve B6 and bounded
by the T points
5.4.1 L=2
X6 = 6x2 + 9x + 2 (5.19a)
X7 = 2x2 + 3x + 2 (5.19b)
X8 = x+2 (5.19c)
X9 = 18x3 + 27x2 + 18x + 4 (5.19d)
5.4.2 L≥3
χ1,1 for x > xc . We have found a few small regions with dominant eigenvalue coming
from the sector χ1,5 ; but we have found no region where the sector χ1,9 is dominant.
For L = 5 there are again two real phase-transition points at x = −1 and x = xc ≈
−0.8004698444, which is a T point. The real line [−1, xc ] belongs to the limiting curve.
The dominant sectors on the real x-axis are: χ1,3 for x < −1; χ1,9 for x ∈ (−1, xc ); and
χ1,1 for x > xc .
For L = 6 there are two real phase-transition points at x = −1 and x = xc ≈
−0.7033434642, which is a T point. The real line [−1, xc ] belongs to the limiting curve.
The dominant sectors on the real x-axis are: χ1,3 for x < −1; χ1,11 for x ∈ (−1, xc ); and
χ1,1 for x > xc .
In all cases, the point x = −1 is a multiple point where all the eigenvalues are
equimodular with |λi | = 1.
Conjecture 6.1 For the triangular-lattice Q-state Potts model with Q = Bp and width
L ≥ 2:
1. The points x = −e±iπ/p belong to the limiting curve. At these points, all the eigen-
values are equimodular with |λi | = 1. Thus, they are in general multiple points.
√
2. For even p ≥ 6, the point x = −2/ Q always belongs
√ to the limiting curve BL .18
Furthermore, if p = 4, 6, then the point x = −1/ Q also belongs to BL .
The phase diagram on the real x-axis (which contains the physical regime of the
model) shows certain regularities that allow us to make the following conjecture:
Conjecture 6.2 For the triangular-lattice Q-state Potts model with Q = Bp and width
L ≥ 2:
1. For even p, the relevant eigenvalue on the physical line v ∈ [−1, ∞) comes from the
sector χ1,1 . For odd p, the same conclusion holds for all L ≥ L0 .19
18
This property has been verified for p = 6 and 2 ≤ L ≤ 7, and for p = 8, 10 and 2 ≤ L ≤ 5.
19
For p = 5, we find that L0 = 5. For L = 2, 4, the relevant eigenvalue belongs to the sector χ1,3 on a
small portion of the antiferromagnetic physical line v ∈ [−1, v0 ].
205
√
2. The relevant eigenvalue belongs to the sector χ1,3 for all real x < −2/ Q.
The above conjectures also apply to the limiting case p → ∞ (i.e., Q = 4). As for
the square-lattice case, the multiple points −e±iπ/p → −1 as p → ∞ (Conjecture 6.1.1)
in agreement with the fact that x = −1 is a multiple point for √ Q = 4. Furthermore, this
is also in agreement with Conjecture 6.1.2, as in this limit, −2/ Q = −1. The dominant
sectors for p → ∞ also agree with Conjecture 6.2: on the physical line v ∈ [−1, ∞) the
dominant sector is χ1,1 , and for x < −1, the dominant sector is χ1,3 . More precisely, we
can state the following conjecture based on the empirical observations reported above:
Conjecture 6.3 For the triangular-lattice 4-state Potts model defined on a semi-infinite
strip of width L ≥ 2, there exists some xc (L) > −1 such that χ1,1 is dominant for
x > xc (L), χ1,2L−1 is dominant for −1 < x < xc (L), χ1,3 is dominant for x < −1.
Conjecture 6.4 Let λ⋆,1 (L) (resp. λ⋆,3 (L)) be the leading eigenvalue of the sector χ1,1
(resp. χ1,3 ) in the regime |x| → ∞. Then
" ∞
#
X bk (L)
λ⋆,1 (L) = QL−1 x3L−2 1 + k/2
x−k (6.1a)
k=1
Q
p
λ⋆,1 (L) − λ⋆,3 (L) = 2L−1 Q xL−1 + (L − 1) 2L−1 xL−2 + O(xL−3 ) (6.1b)
Furthermore, we have that
b1 (L) = 3L − 2 , L≥2 (6.2a)
9 2 15
b2 (L) = L − L+3, L≥2 (6.2b)
2 2
9 3 27 2
b3 (L) = L − L + 13L − 4 , L≥3 (6.2c)
2 2
The first coefficients bk (L) are displayed in Table 2; the patterns displayed in (6.2)
are easily verified. The coefficients bk (L) also depend on p for k ≥ 4.
Conjecture 6.4 explains the number of outward branches in the triangular-lattice
case, as well as the observed pattern for the outward branches. Again, these branches
are defined by the equimodularity of the two leading eigenvalues
|λ⋆,1 | = |λ⋆,3 | = λ⋆,1 − const. xL−1 + O(xL−2 )
(6.3)
206
The L × N strips with even N are bipartite, whence the Ising model possesses the exact
gauge symmetry J → −J (change the sign of the spins on the even sublattice). Since the
limit N → ∞ can be taken through even N only, the limiting curves BL should be gauge
invariant. In terms of x the gauge transformation reads
x
x→− √ . (7.2)
1+x 2
Note that it exchanges D2 ↔ D4√, while leaving D1 and D3 invariant. In particular, the
structures of BL around x = −1/ 2 and |x| = ∞ discussed in Section 4 are equivalent.
207
On the other hand, the duality transformation x → 1/x is not a symmetry of BL : this
is due to the fact that the boundary conditions prevent the lattice from being selfdual.
Note that the duality exchanges D1 ↔ D4 and D2 ↔ D3 . But whilst there are many
branches of BL in D4 , there are none in D1 .
The Ising model being very simple, we do however expect the fixed point structure
on the real x-axis to satisfy duality. Combining the gauge and duality transformations
one can connect all critical fixed points:
gauge duality gauge
xFM −→ x+ −→ x− −→ xBK , (7.3)
and the first and the last points in the series are selfdual. In the same way, all the
non-critical (trivial) fixed points are connected:
duality gauge √ duality √
x = 0 −→ |x| = ∞ −→ x = −1/ 2 −→ x = − 2, (7.4)
and the first and the last points in the series are gauge invariant.
The reason that we discuss these well-known facts in detail is that the square-lattice
Ising model is really the simplest example of how taking p rational (here, in fact, integer)
profoundly modifies and enriches the fixed/critical point structure of the Potts model, as
compared to the generic case of p irrational. Taking the limit p → 4 through irrational
values we would have had three equivalent c = 1/2 critical points, RG repulsive in x,
situated at xFM and x± ; one c = −25/2 critical point, RG attractive in x, situated at
xBK ; and two non-critical (trivial) fixed points, RG attractive in x, situated at x = 0 and
|x| = ∞. This makes up for a phase diagram on the real x-axis which is consistent in
terms of renormalization group flows (see the top part of Fig. 2).
Conversely, sitting directly at p = 4 replaces this structure by the four repulsive
c = 1/2 critical points (7.3) and the four attractive non-critical fixed points (7.4). This
again gives a consistent scenario, in which notably the BK phase has disappeared (see
the bottom part of Fig. 2). In other cases than the Ising model (p > 4 integer) we could
expect the emergence of even more new (as compared to the case of irrational p) fixed
points (critical or non-critical), which will in general be inequivalent (due in particular
to the absence of the Ising gauge symmetry).
Going back to the case of complex x we can now conjecture:
We now turn to the Ising model on the triangular lattice. We first note that√all the
limiting curves BL are symmetric under the combined transformation x ↔ −x − 2 and
χ1,1 ↔ χ1,3 . On the level of the coupling constant this can also be written exp(J) →
− exp(J).
We also conjecture that
Then
The shape of this domain depends on both p and the lattice structure; and unlike in the
Ising case (p = 4), we do not have enough evidence to conjecture its algebraic expression
[c.f., Conjectures 7.1 and 7.2]. For the square lattice and fixed p, the limiting curves
BL seem to approach (from the outside) the circles (1.5), especially in the ferromagnetic
regime Re x ≥ 0. For the triangular lattice and p = ∞, the limiting curves in Figure 12
seem to approach the circle
2 2
1 2 3
Re x + + (Im x) = (7.8)
4 4
has the double advantage of generalizing those for the Ising case (as discussed above) and
enabling the corresponding Potts model partition function ZLX ×NP (Q; v) to be written as
a sum of RSOS model partition functions.
Consider first the Potts model partition function Z̃ on the dual lattice, with spins
˜ Recall
S+ and S− on the upper and lower exterior dual sites, and at the dual coupling J.
that the duality relation reads simply vṽ = Q. If we impose free boundary conditions on
S± , we have by the fundamental duality relation [1]
QV −E/2−1 xE Z̃(Q; Q/v) = Z(Q; v), (7.9)
where E (resp. V ) is the total number of lattice edges (resp. direct sites). Note that
V = LN, and that E = 2V − N (resp. E = 3V − 2N) for the square (resp. triangular)
lattice. We now claim that this object with fixed and equal values for S± can again be
expressed in terms of K1,2j+1 , for a generic p. The precise relation reads
L
X
V −E/2 E LN/2
ZLX ×NP (Q; v) ≡ Q x Z̃(Q; Q/v) =Q βj (p) K1,2j+1(p, L; x), (7.10)
S+ =S−
j=0
which should be compared with Eq. (2.3). We henceforth refer to ZLX ×NP (Q; v) as the
partition function of the Potts model with fixed cyclic boundary conditions (even though
it would be more precise to say that it is actually the two exterior dual spins that get
fixed). The amplitudes read
Sj (p) j 1
βj (p) = + (−1) 1 − . (7.11)
Q Q
Note that for arbitrary values of Q, the partition function Z̃(Q; Q/v) can be defined
S+ =S−
by its FK cluster expansion on the dual lattice, by giving a weight Q to clusters that do
not contain any of the two exterior sites, and a weight 1 to clusters containing at least
one of two exterior sites. Eq. (7.10) is a special case of a more general relation which will
be proved and discussed elsewhere.
Now, for p integer, we would like to express ZLX ×NP (Q; v) in terms of the χ1,2j+1 (p, L; x)
as we did in the case of free cyclic boundary conditions. But because of the (−1)j in the
expression of βj (p), we have βnp+j (p) = βj (p) and β(n+1)p−1−j = −βj , cf. Eq. (2.4) for the
case of Sj (p), only if p is even. For p even, we can express
⌊(p−2)/2⌋
X
LN/2
ZLX ×NP (Q; v) = Q βj (p) χ1,2j+1(p, L; x) (p even) (7.12)
j=0
which should be compared with Eq. (2.5). For p odd, there does not appear to exist an
expansion of ZLX ×NP in terms of χ1,2j+1 .
Note in particular that β1 (p) = 0 for any p. This has the consequence of eliminating
the χ1,3 sector from the partition function, and, as we now shall see, modify the |x| ≫ 1
behavior of the phase diagram.
211
Due to the coupling of K1,2j+1 , given by Eq. (2.6), the eigenvalues of T1 (i.e., the transfer
matrix that generates χ1,1 , cf. Eq. (2.8)) form only a subset of the eigenvalues of TFK .
More precisely, X
χ1,1 = α̃i λN
i , (8.2)
i
where α̃i = 0 or 1 are independent of x. Note that when L < p − 1, Eq. (2.6) gives simply
χ1,1 = K1,1 , and so in that case all α̃i = 1.
Meanwhile, the partition function of the Potts model with fully free boundary con-
ditions is given by [32]
X
Zfree = hf |TN
FK |ii = αi λN
i , (8.3)
i≥1
where the amplitudes αi are due to the free longitudinal boundary conditions. Note that
some of the αi could vanish identically, and indeed many of them do vanish. For example,
in the case of the square lattice, the vectors |ii and hf | are symmetric under a reflection
with respect to the axis of the strip, whence only the λi corresponding to eigenvectors
which are symmetric under this reflection will contribute to Zfree .
For x > 0 real and positive, it follows from simple probabilistic arguments that the
dominant eigenvalue λ0 will reside in the zero-bridge sector K1,1 and is not canceled by
eigenvalues coming from other sectors. Therefore α̃0 = 1. On the other hand, the Perron-
Frobenius theorem and the structure of the vectors |ii and hf | implies that α0 > 0. We
conclude that the dominant term in the expansions of χ1,1 and Zfree are proportional. By
20
We label the λi by letting λ0 be the eigenvalue which dominates for x real and positive, and using
lexicographic ordering [32] for the remaining eigenvalues.
212
analytic continuation the same conclusion holds true in some domain in the complex x-
plane containing the positive real half-axis. Moving away from that half-axis, a first level
crossing will take place when λ0 crosses another eigenvalue λi . If none of the functions αi
and α̃i are identically zero, the corresponding branch of the limiting curve BL coincides
in the two cases. Further away from the positive real half-axis other level crossings may
take place, and the limiting curves remain identical until a level crossing between λj and
λk takes place in which either αj = 0 and α̃j 6= 0, or conversely αj 6= 0 and α̃j = 0. When
L < p − 1 the only possibility is the former one, since all α̃i = 1.
If we now compare the limiting curves of Zfree and ZRSOS , the latter being defined as
some linear combination of χ1,2j+1 (containing χ1,1 ), the above argument will be invali-
dated if the first level crossing in ZRSOS when moving away from the positive half-axis
involves an eigenvalue from χ1,2j+1 with j > 0.
With free cyclic boundary conditions, ZRSOS contains χ1,3 . The first level crossing
involves eigenvalues from χ1,1 and χ1,3 (cf. the observed unbounded branches) and is
situated very “close” [cf. Eqs. (4.7) and (6.5) with n = 1] to the positive real half-axis.
Accordingly, the limiting curves BL do not at all resemble those with fully free boundary
conditions. On the other hand, when χ1,3 is excluded (i.e., in the case of fixed cyclic
boundary conditions) the first level crossing is between two different eigenvalues from the
χ1,1 sector (see Figs. 13–16).
We have studied the limiting curves given by the sector χ1,1 in the square-lattice
Ising case. The results are displayed in Figure 13. It is clear that there are no outward
branches, as there is a unique dominant eigenvalue in the region |x| ≫ 1. Indeed, this
agrees with the expected non-critical phase. These curves are very similar to those
obtained using the Fortuin-Kasteley representation for a square-lattice strip with free
boundary conditions [39]. In particular, for even L = 2, 4 we find that these curves
do in fact coincide. However, for L = 3 we find disagreements; but only in the region
Re v < −1. Namely, the√complex conjugate closed regions defined by the multiple points
x = −e−iπ/4 and x = − 2 (see Figure 13b) are replaced by two complex conjugate arcs
emerging from x = −e−iπ/4 . These arcs bifurcate at two complex conjugate T points.
For L = 2 we find two pairs of complex conjugate endpoints at x ≈ −0.5558929703±
0.1923469388
√ i, and x ≈ 0.5558929703 ± 1.6065605012 i. There is a double endpoint at
x = − 2.
For L = 3 we also find two pairs of complex conjugate endpoints at x ≈ −0.5054436896±
0.1404486742
√ i, and x ≈ 0.9624601506 ± 1.1627733180 i. There is a multiple point at
q = − 2, and a pair of complex conjugate multiple points at q = −e−±πi/4 . These
multiple points also appear in L = 4.
For L = 4 we find two connected components in the limiting curve. There are
two pairs of complex conjugate T points at q ≈ −1.1111427356 ± 0.8231882219 i, and
213
with respect to the periodic direction of the lattice and to the spin Sz of the associated
six-vertex model. This number then characterizes each of the phases (enclosed regions)
defined by BL .
The curves BL turn out to exhibit a remarkable regularity in L—at least in some
respects—thus enabling us to make a number of conjectures about the thermodynamic
limit L → ∞. On the other hand, even a casual glance at the many figures included in
this paper should convince the reader that the L → ∞ limit of the models at hand might
well conceal many complicated features and exotic phase transitions. Despite of these
complications, we venture to summarize our essential findings, by regrouping them in the
same way as in the list of open issues presented in the Introduction:
1. The points xFM (Q) and x− (Q) (and for the square lattice also its dual x+ (Q)), that
act as phase transition points in the generic phase diagram, should play a similar
role for integer p. This can be verified from the figures in which it is more-or-less
obvious that the corresponding red solid squares will be traversed, or pinched, by
branches of BL in the L → ∞ limit. What is maybe more surprising is that also
xBK (Q) has a similar property, despite of the profoundly changed physics inside the
BK phase. Indeed, in most cases, xBK (Q) is either exactly on or very close to a
traversing branch of BL . It remains an open question to characterize exactly the
nature of the corresponding phase transition.
3. We have found that with free cyclic boundary conditions, partition functions zeros
are dense in a substantial region of the phase diagram, including the region |x| ≫ 1.
See in particular Conjectures 4.3–4.4 for the square lattice and Conjecture 6.4 for
the triangular lattice. For the Ising model (Q = 2), the finite-size data is conclusive
enough to make a precise guess as to the extent of that region, cf. Conjectures
7.1–7.2. We have argued (in Section 7.4) and observed explicitly (in Sections 8–
9) that this feature is completely modified by changing to fixed cyclic boundary
conditions. Another example of the paramount role of the boundary conditions has
been provided with the argument of Section 8 that when restricting to the sector
χ1,1 one sees essentially the physics of free longitudinal boundary conditions.
4. It is an interesting exercise to compare the limiting curves found here with the
numerically evaluated effective central charge shown in Figs. 23–25 of Ref. [8]. In
particular, for p = 5 it does not seem far-fetched that the two new phase
√ transitions
identified in Fig. 23 of that paper might be located exactly at x = −1/ Q ≃ −0.618
216
√
and x = − Q/2 ≃ −0.809. These points (for the former point, actually its dual,
but we remind that the transverse boundary conditions in Ref. [8] are periodic) are
among the special points discussed in item 2 above.
5. We have provided some evidence that on the triangular lattice for Q = 4 (i.e.,
p = ∞) phases with arbitrary high j will exist close to the point x = −1. For
the square lattice we have only found phases with j ≤ 5. This should be compared
with the arbitrarily high values of Sz taken when approaching (Q, x) = (4, −1) from
within the BK phase in the generic case [7, 34].
Acknowledgments
We thank to Hubert Saleur for useful comments on the first stage of this work, Robert
Shrock for correspondence, and Alan Sokal for discussions on closely related projects. J.S.
thanks the warm hospitality of the members of the LPTMS, where part of this work was
done. This research has been partially supported by U.S. National Science Foundation
grants PHY-0116590 and PHY-0424082, and by MEC (Spain) grants MTM2004-01728
and FIS2004-03767.
(p)
dk (L) = dim Tk (p, L) (A.1)
217
equals the number of random walks (with up and down steps) of length 2L steps that
start at height 1 and end at height k. This random walks have to evolve between a
“ceiling” 1 and a “roof” m = p − 1.
Let us now proceed in steps. For k = 1 and m = ∞ we have just the Catalan
numbers. Thus, if z is the fugacity of a single step, then the ordinary generating function
(o.g.f.) is √ ∞
1 − 1 − 4z 2 X
f (z) = = 1+ CL z 2L (A.2)
2z 2 L=1
Finally, let us consider the general case with k > 1. In this case, the walk cannot be
empty, and the first step is necessarily up. There are two classes of walks. In the first
one, the walk never hits the ceiling 1 again. For instance if p = 4, L = 3, and k = 3,
a walk belonging to this class is given by 1–2–3–2–3–2–3. So it consists in one step and
a walk with a raised ceiling (i.e., 2–3–2–3–2–3 is equivalent to 1–2–1–2–1–2 with roof
m = 2). In the second class, the walk does hit the ceiling somewhere for the first time, so
we can split the walk into two independent parts as in the preceding paragraph. Thus,
the o.g.f. satisfies the equation
f (m, k, z) = z f (m − 1, k − 1, z) + z 2 f (m − 1, z) f (m, k, z) (A.5)
which can be solved by the recurrence
z f (m − 1, k − 1, z)
f (m, k, z) = (A.6a)
1 − z 2 f (m − 1, z)
f (m, 1, z) = f (m, z) (A.6b)
(p)
where f (m, z) is given by (A.4). The dimensions dk (L) can be read off immediately
∞
(p)
X
f (m, k, z) = dk (L) z 2L (A.7)
L=0
218
For the other cases, we can get closed formulas for the generating functions, and obtain
the result
(p)
X
dk (L) = γnp+j (L) − γ(n+1)p−1−j (L) . (A.9)
n≥0
where k = 2j + 1 and we have defined γj (L) ≡ 0 for j > L. The γj (L) are given by
2L 2L 2j + 1 2L
γj (L) = − = . (A.10)
L−j L−j−1 L+j+1 L−j
This result can also be obtained by another method, which consists of calculating the
number γj (L) of states of highest weight with spin S = Sz = j for the vertex model and
taking into account the coupling of Uq (SU(2)) between different j for p integer [28]. Yet
(p)
another method consists in relating dk to the number of paths on the Dynkin diagram
Ap−1 going from 1 to 2j + 1 and using the eigenvectors of the adjacency matrix [27].
The γj (L) can also be interpreted as the dimension of the transfer matrix in the FK
representation with j bridges, i.e., for a generic (irrational) value of p. In that context,
Eq. (A.9) represents the reduction of the dimension that takes case at p integer when
going from the FK to the RSOS representation (with spin j), and thus, is completely
analogous to Eq. (2.6) for the generation functions.
√
On the chromatic line x Q = −1/ Q, γj (L) is replaced by a smaller dimension Γj (L),
because the operator V = Vi is a projector (V 2 = V ) that projects out nearest-
neighbor connectivities (i.e. the action of V on states with nearest neighbours connected
gives zero). We do not know of any explicit expression for Γj (L), but it verifies the
following recursion relation [47]
Γ0 (L + 1) = Γ1 (L) (A.11a)
Γj (L + 1) = Γj−1 (L) + Γj (L) + Γj+1 (L) for j > 0 (A.11b)
with the convention that Γj (L) = 0 for j < 0 and the conditions Γj (L) = 0 for j > L,
ΓL (L) = 1, and Γ0 (1) = 0. In particular, it can be shown that Γ0 (L) = ML−1 , where
ML−1 is a Motzkin number and corresponds to the number of non-crossing non-nearest
neighbor partitions of {1, . . . , L} (i.e., it is the dimension of the cluster
√ transfer matrix
in the case of free longitudinal boundary conditions and x = −1/ Q). Note that in
the RSOS representation (in the case of p integer), we cannot reduce the dimension of
the T2j+1 , since although V is a projector in the RSOS representation too the states
which are projected out are linear combinations of the basis states (corresponding to a
219
given configuration of the heights), and not simply basis states as in the case of the FK
representation. But because of Eq. (2.6), the number dj (L) of non null eigenvalues of
T2j+1 is given by Eq. (A.9) with γj (L) replaced by Γj (L). In particular, for Q = 3 we
L−2
find using the
√ recursion relation that d1 (L) = d5 (L) = 2 and d3 (L) = 2L−1 . Indeed,
for x = −1/ Q, the three-state Potts model is equivalent to a homogeneous six-vertex
model with all the weights equal to 1 [19] (note that this six-vertex model is different
from the one we considered before).
220
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223
p L a1 a2 a3 a4 a5 a6 a7
4 2 3 4
3 5 10 13
4 7 21 37 48
5 9 36 86 143 186
6 11 55 167 352 564 739
7 13 √ 78 288 742 1444 2256 2973
5 2 3 3 + B5 √
3 5 10 10 + 3√B5 √
4 7 21 35 + 2√B5 35 + 13√B5 √
5 9 36 84 + 2√B5 126 + 17√B5 128 + 60√B5 √
6 11 55 165 + 2 B5 330 + 22 B5 464 + 102 B5 479 + 277 B5
6 2 3 5
3 5 10 16
4 7 21 39 61
5 9 36 88 160 250
6 11 55 169 374 670 1050
7 13 78 290 769 1605 2838 4470
∞ 2 3 6
3 5 10 19
4 7 21 41 70
5 9 36 90 177 318
6 11 55 171 396 780 1395
Table 1: First L coefficients ak for the leading eigenvalue λ⋆,1 (L) coming from the sector
χ1,1 for a square-lattice strip of width L.
224
p L b1 b2 b3 b4 b5 b6 b7
4 2 4 6 6
3 7 21 35 37 31
4 10 45 120 212 264 244 184
5 13 78 286 717 1305 1793 1919
6 16 120 560 1822 4392 8146 11940
7 19 171 969 3878 11658 27349 51389
8 22 231 1540
√ 7317 26370 74927 172304
5 2 4 6 4 + 2 B5 √ √
3 7 21 35 35 + 2√B5 21 + 10√B5 √ √
4 10 45 120 210 + 2√B5 252 + 12√B5 210 + 34√B5 122 + 64√B5
5 13 78 286 715 + 2√B5 1287 + 18√B5 1716 + 77√B5 1718 + 203√B5
6 16 120 560 1820 + 2 B5 4368 + 24 B5 8008 + 138 B5 11442 + 500 B5
6 2 4 6 8
3 7 21 35 39 41
4 10 45 120 214 276 278 252
5 13 78 286 719 1323 1870 2126
6 16 120 560 1824 4416 8284 12444
7 19 171 969 3880 11688 27566 52394
∞ 2 4 6 10
3 7 21 35 41 51
4 10 45 120 216 288 312 324
5 13 78 286 721 1341 1947 2337
6 16 120 560 1826 4440 8422 12952
Table 2: First min(2L − 1, 7) coefficients bk for the leading eigenvalue λ⋆,1 (L) coming
from the sector χ1,1 for a triangular-lattice strip of width L.
225
Figure 1: Generic phase diagram for the two-dimensional Potts model in the (Q, v)-
plane. The solid black curve in the ferromagnetic (v > 0) region shows the standard
ferromagnetic phase transition curve vFM (Q), and the blue dashed curve is its analytic
continuation vBK (Q) into the antiferromagnetic region. This latter curve acts as an RG
attractor for the Berker-Kadanoff phase (the orange hatched region). This is separated
from the limit of infinite temperature (red dashed curve) by the antiferromagnetic phase-
transition curve v+ (Q) (solid black curve in the v < 0 region), and from the v → −∞
limit by its counterpart v− (Q) (dot-dashed blue curve). The red horizontal dotted curve
represents the zero-temperature antiferromagnet (v = −1). The pink vertical lines show
the Beraha numbers Q = 4 cos2 (π/p) (p = 2, 3, . . .): the phase diagram on these lines
is different from the generic one shown here and forms the object of the present article.
Note that the exact functional forms of the curves vFM (Q), vBK (Q), and v± (Q) are lattice-
dependent; the figure shows their explicit forms for the square-lattice model.
226
x− x BK x+ x FM
x
1/2 1/2
−1−2 −1 1−2 0 1
x− x BK x+ x FM
x
1/2 1/2 −1/2 1/2
−1−2 −2 −1 −2 1−2 0 1
Figure 2: Phase diagram and RG flows for the Q → 2 state model (top) and the Q = 2
Ising model (bottom), on the real x-axis. Filled (resp. empty) circles correspond to critical
(resp. non-critical) fixed points.
h1 = 1
h2
h3
h4
h5
Figure 3: RSOS lattice (solid thick lines) and label convention for the basis in the height
space for a square-lattice of width L = 2 (dashed thinner lines). The thick black arrow
shows the transfer direction (to the right).
227
h1 = 1
h2
h3
h4
h5
Figure 4: RSOS lattice (solid thick lines) and label convention for the basis in the height
space for a triangular-lattice of width L = 2 (dashed thinner lines). The thick black
arrow shows the transfer direction (to the right).
228
(a) (b)
(c) (d)
Figure 5: Limiting curves for the square-lattice RSOS model with p = 4 and several
widths: L = 2 (a), L = 3 (b), and L = 4 (c). For each width L, we also show the partition-
function zeros for finite strips of dimensions LF × (10L)P (black ), LF × (20L)P (red ◦),
and LF × (30L)P (brown △). Figure (d) shows all these limiting curves together: L = 2
(black), L = 3 (red), L = 4 (green). The solid squares show the values where Baxter
found the free energy. The symbol × in (a) marks the position of the found isolated
limiting point. In the regions displayed in gray (resp. white) the dominant eigenvalue
comes from the sector χ1,3 (resp. χ1,1 ). The dark gray circles correspond to (1.5)
229
(a) (b)
(c) (d)
Figure 6: Limiting curves for the square-lattice RSOS model with p = 5 and several
widths: L = 2 (a), L = 3 (b), and L = 4 (c). Figure (d) shows all these curves together:
L = 2 (black), L = 3 (red), L = 4 (green). The solid squares show the values
where Baxter found the free energy. In the regions displayed in light gray (resp. white)
the dominant eigenvalue comes from the sector χ1,3 (resp. χ1,1 ). The dark gray circles
correspond to (1.5)
230
(a) (b)
(c) (d)
Figure 7: Limiting curves for the square-lattice RSOS model with p = 6 and several
widths: L = 2 (a), L = 3 (b), and L = 4 (c). Figure (d) shows all these curves together:
L = 2 (black), L = 3 (red), L = 4 (green). The solid squares show the values where
Baxter found the free energy. In the regions displayed in light gray (resp. white) the
dominant eigenvalue comes from the sector χ1,3 (resp. χ1,1 ). In the regions displayed in
a darker gray the dominant eigenvalue comes from the sector χ1,5 . The dark gray circles
correspond to (1.5)
231
(a) (b)
(c) (d)
Figure 8: Limiting curves for the square-lattice RSOS model with p = ∞ (Q = 4) and
several widths: L = 2 (a), L = 3 (b), and L = 4 (c). Figure (d) shows all these curves
together: L = 2 (black), L = 3 (red), L = 4 (green). The solid squares show the values
where Baxter found the free energy. In the regions displayed in light gray (resp. white)
the dominant eigenvalue comes from the sector χ1,3 (resp. χ1,1 ). In the regions displayed
in a darker gray the dominant eigenvalue comes from the sector χ1,5 .
232
(a) (b)
(c) (d)
Figure 9: Limiting curves for the triangular-lattice RSOS model with p = 4 and several
widths: L = 2 (a), L = 3 (b), and L = 4 (c). For each width L, we also show the partition-
function zeros for finite strips of dimensions LF × (10L)P (black ), LF × (20L)P (red ◦),
and LF × (30L)P (brown △). Figure (d) shows all these limiting curves together: L = 2
(black), L = 3 (red), L = 4 (green). The solid squares show the values where Baxter
found the free energy. The symbol × in (a) marks the position of the found isolated
limiting point. In the regions displayed in gray (resp. white) the dominant eigenvalue
√
comes from the sector χ1,3 (resp. χ1,1 ). The gray ellipse corresponds to (Re x + 1/ 2)2 +
3(Im x)2 = 3/2. This curve goes through the points x = −e±i π/4 .
233
(a) (b)
(c) (d)
Figure 10: Limiting curves for the RSOS model with p = 5 and several widths: L = 2
(a), L = 3 (b), and L = 4 (c). Figure (d) shows all these curves together: L = 2 (black),
L = 3 (red), L = 4 (green). The solid squares show the values where Baxter found the
free energy. In the regions displayed in light gray (resp. white) the dominant eigenvalue
comes from the sector χ1,3 (resp. χ1,1 ).
234
(a) (b)
(c) (d)
Figure 11: Limiting curves for the triangular-lattice RSOS model with p = 6 and several
widths: L = 2 (a), L = 3 (b), and L = 4 (c). Figure (d) shows all these curves together:
L = 2 (black), L = 3 (red), L = 4 (green). The solid squares show the values where
Baxter found the free energy. In the regions displayed in light gray (resp. white) the
dominant eigenvalue comes from the sector χ1,3 (resp. χ1,1 ). In the regions displayed in
a darker gray the dominant eigenvalue comes from the sector χ1,5 .
235
(a) (b)
(c) (d)
Figure 12: Limiting curves for the triangular-lattice RSOS model with p = ∞ (Q = 4)
and several widths: L = 2 (a), L = 3 (b), and L = 4 (c). Figure (d) shows all these
curves together: L = 2 (black), L = 3 (red), L = 4 (green). The solid squares show
the values where Baxter found the free energy. In the regions displayed in light gray
(resp. white) the dominant eigenvalue comes from the sector χ1,3 (resp. χ1,1 ). In regions
displayed in a darker gray the dominant eigenvalue comes from the sector χ1,5 . In (c), an
even darker gray marks the regions with a dominant eigenvalue coming from the sector
χ1,7 . The gray circle corresponds to (7.8).
236
(a) (b)
(c) (d)
Figure 13: Limiting curves for the square-lattice RSOS model with p = 4 and several
widths: L = 2 (a), L = 3 (b), and L = 4 (c) when only the sector χ1,1 is taken into
account. Figure (d) shows all these curves together: L = 2 (black), L = 3 (red), L = 4
(green). The solid squares show the values where Baxter found the free energy. The
dark gray circles correspond to (1.5)
237
(a) (b)
(c) (d)
Figure 14: Limiting curves for the square-lattice RSOS model with p = 6 and several
widths: L = 2 (a), L = 3 (b), and L = 4 (c) when only the sectors χ1,1 and χ1,5 are taken
into account. In the regions displayed in dark gray (resp. white) the dominant eigenvalue
comes from the sector χ1,5 (resp. χ1,1 ). Figure (d) shows all these curves together: L = 2
(black), L = 3 (red), L = 4 (green). The solid squares show the values where Baxter
found the free energy. The dark gray circles correspond to (1.5)
238
(a) (b)
(c) (d)
Figure 15: Limiting curves for the triangular-lattice RSOS model with p = 4 and several
widths: L = 2 (a), L = 3 (b), and L = 4 (c) when only the sector χ1,1 is taken into
account. Figure (d) shows all these curves together:√L = 2 (black), L = 3 (red), L = 4
(green). The gray ellipse corresponds to (Re x + 1/ 2)2 + 3(Im x)2 = 3/2. This curve
goes through the points x = −e±i π/4 .
239
(a) (b)
(c) (d)
Figure 16: Limiting curves for the triangular-lattice RSOS model with p = 6 and several
widths: L = 2 (a), L = 3 (b), and L = 4 (c) when only the sectors χ1,1 and χ1,5 are taken
into account. In the regions displayed in dark gray (resp. white) the dominant eigenvalue
comes from the sector χ1,5 (resp. χ1,1 ). Figure (d) shows all these curves together: L = 2
(black), L = 3 (red), L = 4 (green). The solid squares show the values where Baxter
found the free energy.
Character decomposition of Potts model partition functions.
I. Cyclic geometry
Abstract
We study the Potts model (defined geometrically in the cluster picture) on finite
two-dimensional lattices of size L×N , with boundary conditions that are free in the
L-direction and periodic in the N -direction. The decomposition of the partition
function in terms of the characters K1+2l (with l = 0, 1, . . . , L) has previously
been studied using various approaches (quantum groups, combinatorics, transfer
matrices). We first show that the K1+2l thus defined actually coincide, and can
be written as traces of suitable transfer matrices in the cluster picture. We then
proceed to similarly decompose constrained partition functions in which exactly j
clusters are non-contractible with respect to the periodic lattice direction, and a
partition function with fixed transverse boundary conditions.
242
1 Introduction
The Q-state Potts model on a graph G = (V, E) is defined initially for Q integer by
the partition function
X X
Z= exp J δ(σi , σj ) , (1.1)
{σ} (i,j)∈E
where the spins σi = 1, 2, . . . , Q live on the vertices V , and the interaction of strength
J is along the edges E. This definition can be extended to arbitrary real values of Q
through the high-temperature expansion of Z, yielding [1]
X ′ ′
Z= Qn(E ) (eJ − 1)b(E ) , (1.2)
E ′ ⊆E
where n(E ′ ) and b(E ′ ) = |E ′ | are respectively the number of connected components
(clusters) and the cardinality (number of links) of the edge subsets E ′ .
In this paper, we shall take a different point of view, and consider a number of
combinatorial results which hold exactly true on arbitrary regular lattices of any finite
size L × N, and at any temperature x. The choice of boundary conditions is clearly
important. In the following we shall consider the cyclic case (free boundary conditions
in the L-direction and periodic in the N-direction), and relegate the more complicated
toroidal case (periodic boundary conditions in both directions) to a companion paper [2].
For simplicity we denote henceforth V the number of vertices, E the total number of
edges, and F the number of faces, including the exterior one. Also, we often consider the
243
The case of cyclic boundary conditions has already been considered by Pasquier and
Saleur [3], where it was shown how to decompose Z as a linear combination of characters
K1,2l+1 (with l = 0, 1, . . . , L) of representations of the quantum group Uq (sl(2)). Further
developments were made independently in [4, 5]. Chang and Shrock [4] recovered the
same decomposition, but with K1,2l+1 defined as a partial trace of the transfer matrix
Tspin in the spin representation. Jacobsen and Salas [5] used a similar decomposition, but
with K1,2l+1 defined as a matrix element of a transfer matrix in the cluster representation
involving two time-slices. We show here that all three points of view are in fact equivalent,
and that the characters K1,2l+1 obtained are identical.
Apart from that, the main part of our discussion is in the cluster picture, following [5].
We recall the relevant definitions in section 2.
1’ 1 1’ 1 1
2’ 2 2’ 2 2
3’ 3 3’ 3 3
4’ 4 4’ 4 4
5’ 5 5’ 5 5
6’ 6 6’ 6 6
Figure 1: Example of a cluster configuration on a part of the square lattice with width
L = 6 (left part) and the corresponding connectivity state involving two time slices
(middle part). The points in the right (resp. left) time slice are represented as white
(resp. black) circles and are labelled 1, 2, . . . , L (resp. 1′ , 2′ , . . . , L′ ). The corresponding
partition is |vP i = (1′ 12)(2′)(3′ 4′ 6′ 6)(5′)(35)(4). There are two bridges, i.e., independent
connections between the left and right time slices. With the number of bridges given, the
transfer matrix elements are independent of the connectivity information on the left time
slice. This fact can be expressed graphically by assigning to each bridge an unlabelled
black point and depicting the right time slice only (right part of the figure).
The cluster representation of the Potts model is defined by Eq. (1.2). Since the clus-
ters are non-local objects, it is not a priori obvious how to build the partition function
using a transfer matrix. The key to tackle the problem of non-locality is to introduce a
basis of states that takes into account connectivity information [6]. However, the peri-
odic boundary conditions in the longitudinal direction introduces a further complication,
whose resolution necessitates to introduce a transfer matrix that acts between two time
slices [5].
We therefore begin by reviewing how to write the transfer matrix T in the cluster
representation when the boundary conditions are cyclic [5]. The relevant geometry is
245
shown in the left part of Fig. 1.1 Unlike the case of free boundary conditions in the
longitudinal direction, one must take care not only of the connectivities inside the right
time slice (at time t = t0 ), i.e., between the points labelled {1, 2, . . . , L}, but also of the
connectivities of the left time slice (at time t = 0), i.e., between the points {1′ , 2′ , . . . , L′ },
and of the connectivities linking the two time slices. The transfer matrix propagates the
right time slice from time t0 to time t0 + 1. Therefore, the space on which the transfer
matrix acts is the space of connectivity patterns |vP i associated to partitions of the set
{1′ , . . . , L′ , L, . . . , 1}. Because of the planarity of the lattice only non-crossing partitions
are allowed. An example of an allowed partition and its graphical representation is shown
in the middle part of Fig. 1.
A formal expression of the transfer matrix is given in [5]. Here we just give the
practical rules to calculate its elements. As in the case of free longitudinal boundary
conditions, there is a weight v per coloured link and a weight Q per cluster [see Eq. (1.2)],
except for the clusters containing a black circle which have a weight equal to 1. Of
particular interest are the components of a partition that contain both white and black
circles. Such components are called bridges; we denote by l the total number of bridges in
the partition (in Fig. 1, l = 2). When at a time t, i.e., after applying t times the transfer
matrix, one obtains a state with l bridges, it means that there are l clusters which begin
at t = 0 and end at a time ≥ t. Note that the initial connectivity (at t = 0) is the unique
state with L bridges, meaning that the left and right time slices coincide. Denoting this
state |vL i, the partition function Z is given by
where hu| takes into account the periodic longitudinal boundary conditions, by re-identifying
the left and right time slices at time t = N and assigning a weight Q to each of the re-
sulting clusters [5].
1. T propagates the right time slice, and so, cannot modify the connectivity inside the
left time slice.
2. Under the action of T, the number of bridges l can only decrease or stay constant.
These two properties imply that the transfer matrix has a lower-triangular block form:
TL,L 0 ... 0
TL−1,L TL−1,L−1 . . . 0
T = .. .. ..
(2.2)
. . .
T0,L T0,L−1 . . . T0,0
Furthermore, they also imply that each block Tl,l on the diagonal of T has itself a diagonal
block form:
(1)
Tl,l 0 ... 0
(2)
0 Tl,l ... 0
Tl,l = .. .. ..
(2.3)
. . .
(N )
0 0 . . . Tl,l l
(j)
Each sub-block Tl,l is characterized by a certain left slice connectivity and a position of
the l bridges. Its dimension is given by the number of compatible right slice connectivities.
(j)
In fact, the Nl sub-blocks Tl,l , with 1 ≤ j ≤ Nl , are exactly equal, as the rules for
computing their matrix elements coincide. Indeed, the L white circles of the right slice
do not “see” the left slice connectivity and from where the l bridges emanate; only the
(j)
number l of bridges matters. In particular, the dimension n(L, l) of the sub-block Tl,l
is independent of j. Moreover, because of the symmetry between the left and right time
slices, the number of sub-blocks equals their dimension, Nl = n(L, l). It can be proved
that [3, 4]:
2l + 1 2L 2L 2L
n(L, l) = = − . (2.4)
L+l+1 L−l L−l L−l−1
Note that n(L, 0) = CL , the L’th Catalan number, which is the dimension of the cluster
(j)
transfer matrix with free longitudinal boundary conditions. Indeed, each sub-block T0,0
is equal to the usual single time slice cluster transfer matrix [6].2
2
Note that the last part of these results differ from those given in [5]. Namely, the authors of [5] studied
247
Because of the block structure of T, its eigenvalues are the union of the eigenvalues
(j)
of the sub-blocks Tl,l . Therefore, the sub-blocks with given l being equal, one can
obtain all the eigenvalues of T by considering only one reference sub-block for each given
number of bridges l [5]. For instance, one can choose as reference sub-block the one
with no connection between black circles and with l bridges beginning at {1′ , 2′ , . . . , l′ }.
Alternatively, one may forget the labelling of the left time slice altogether, and simply
mark by a black point each of the components of the right-slice connectivity which form
part of a bridge.3 This latter choice is represented in the right part of Fig. 1. In the
following, we denote the reference sub-block simply Tl .
L n(L,l)
X X
Z= c(L, l, i, x) [λl,i(L, x)]N , (2.5)
l=0 i=1
where a priori the amplitudes c of the eigenvalues λl,i(L, x) (i labels the distinct eigenval-
ues within the sub-block Tl ) depend of the width L, the number of bridges l, the label i,
and the temperature x. In fact, it has been proved in [3,4], and used in [5], that c depend
only of l (and the value of Q chosen). We therefore denote them c(l) in the following.
the chromatic polynomial (v = −1), so the connectivities between neighbouring points were forbidden,
and therefore the dimension of each sub-block was smaller than n(l, L) given by Eq. (2.4). Furthermore,
in the case of a square lattice, the authors symmetrized T with respect to a top-bottom reflection of
the strip. This not only diminishes the total dimension of the transfer matrix, but also the number of
sub-blocks. At the same time it makes the structure of T slightly more complicated. Indeed, there would
then be two types of sub-blocks, depending on whether the left slice connectivity and the position of the
l bridges are symmetric or non-symmetric with respect to the reflection. The symmetrization couples
either pairs of non-symmetric sub-blocks, or pairs of states inside a symmetric sub-block. Therefore,
the symmetric and non-symmetric sub-blocks have different dimensions, the non-symmetric sub-blocks
having the largest dimension n(L, l).
3
Note that this choice must respect planarity: only the unnested connectivity components (i.e., those
accessible from the far left) can be marked by a black point.
248
Thus,
L
X
Z= c(l) K1,2l+1 (L, N, x) , (2.6)
l=0
n(L,l)
X
K1,2l+1 (L, N, x) = [λl,i(L, x)]N . (2.7)
i=1
The notation K1,2l+1 (instead of just Kl ) is motivated by the fact that at the fer-
romagnetic critical point (xc = 1 for the square lattice), and in the continuum limit,
these quantities become special cases of a generic character Kr,s of conformal field theory
(CFT) [3]. More precisely, the character Kr,s corresponds to the holomorphic dimension
6
h1,2l+1 of the CFT with central charge c = 1 − p(p−1)
. For generic (irrational) values of
p this CFT is non-unitary and non-minimal. We shall comment on the case of p integer
later, in section 3.4. We stress that we have here defined K1,2l+1 combinatorially for an
L × N system, at any temperature x, with no continuum limit being taken; we shall
nevertheless refer to them as characters.
The amplitudes c(l) appearing in Eq. (2.6) are q-deformed numbers [3, 4]
l
(l) sin(π(2l + 1)/p) X l−j l + j
c = (2l + 1)q = = (−1) Qj . (2.8)
sin(π/p) j=0
l − j
Note that c(l) is a polynomial of degree l in Q. In the next section, we obtain a new proof
of Eq. (2.8), as a by-product of a more general result in which we give a combinatorial
sense to each term in the polynomial separately.
We now show that the K1,2l+1 , that we have defined above following [5], coincide
with the partial traces defined in [4].
In [4], Chang and Shrock considered the Potts model partition function in the spin
representation: writing Z = Tr(Tspin )N they decomposed the spin space as a direct sum
of what they called level l subspaces. By definition, the level l subspace corresponds
to the space generated by applying Tspin to the sum of spin states with l spins fixed to
l given values. The restriction of Tspin to the level l subspace is exactly equal to our
matrix Tl (with l connectivity components marked by black points), as they have the
same calculation rules (marking a cluster with a black point corresponds to fixing its spin
state, i.e., to giving it a weight 1 instead of Q) and a very similar graphical representation
of the states (resembling the right part of Fig. 1). The character K1,2l+1 appears therefore
in [5] as the restriction of the trace to the level l subspace.
We remark that the physical interpretation of the amplitudes c(l) made in [4] is
somewhat different from ours. Indeed, at level l Chang and Shrock considered all the in-
dependent possibilities of attributing values to l fixed spins, taking into account that some
of those possibilities were already present at lower levels. Accordingly, they interpreted
c(l) as the number of level l states independent among themselves, and independent of
states at lower levels, and computed c(l) diagramatically.
Proving the equivalence of our K1,2l+1 with those of Pasquier and Saleur requires
some further background material, and is deferred to section 3.3.
The primary goal of this section is to obtain the character decomposition of Z2j+1 .
In the following two subsections we therefore first express the K1,2l+1 in terms of the
Z2j+1 , and then invert the resulting relations.
n(L,l)
X
K1,2l+1 = hvl,i |TN |vl,i i , (3.1)
i=1
where the |vl,i i are the n(L, l) possible connectivity states with l bridges, i.e., states such
as those shown in the right part of Fig. 1 with l black points.
We first show that a given cluster configuration with j NTC is contained n(j, l) times
in K1,2l+1 . To this end, we define that a connectivity state |vl,ii is compatible with a given
cluster configuration if the action of the cluster configuration on |vl,ii (in the sense of a
transfer matrix acting towards the right) yields the same connectivity |vl,i i. An example
is shown in Fig. 2. It is useful to “forget” for a moment that the longitudial boundary
conditions are cyclic, i.e., to consider the leftmost and rightmost columns of the lattice
as distinct. Indeed, the periodic boundary conditions are already encoded in the fact
that the final and initial states in Eq. (3.1) must coincide. The goal is then to show
that any cluster configuration with j NTC is compatible with precisely n(j, l) different
4
To avoid confusion, j will from now on always denote the number of NTC in Z2j+1 , and l will denote
the number of bridges in K1,2l+1 .
251
Figure 2: A cluster configuration on a portion of the square lattice (shown inside a dashed
box for clarity) and the three compatible connectivity states (shown on the left of each
copy of the cluster configuration). In each of the three cases, the final connectivity (i.e.,
the way in which the L points on the rightmost column of the lattice are interconnected
and marked by black points through the cluster configuration and the connectivity state
on the left) is equal to the initial connectivity state.
connectivity states.
Consider then a given cluster configuration with j NTC, with the k’th NTC (k =
1, 2, . . . , j) connecting onto the points {yk } of the rightmost column. For example, in
Fig. 2 we have {y1 } = {1, 2} and {y2 } = {6}. The connectivity states |vl,ii compatible
with the cluster configuration can be constructed as follows:
2. The points {yk } within the same bridge (for example, y = 1, 2 in Fig. 2) must be
connected in |vl,ii.
3. One can independently choose to associate or not a black point to each of the sets
{yk }. One is free to connect or not two distinct sets {yk } and {yk′ }.
Clearly, the rules 1 and 2 leave no choice. The rule 3 implies in particular that j ≥ l,
or else there is no compatible state |vl,i i. The choices mentioned in rule 3 then leave us
n(j, l) possibilities for constructing a compatible |vl,i i.
252
We have therefore shown that a given cluster configuration with j NTC is contained
n(j, l) times in K1,2l+1 . As K1,2l+1 is simply a trace, each of its NTC carries a weight of
1, whereas the j NTC in Z2j+1 each have the usual cluster weight of Q. We therefore
arrive at the result
L
X Z2j+1
K1,2l+1 = n(j, l) (3.2)
Qj
j=l
(l)
with the coefficients cj given by
(l) l−j l+j
cj = (−1) Qj . (3.4)
l−j
An interesting special case, which we will refer to in the following, is obtained for j = 0,
i.e., by disallowing any NTC. From Eqs. (3.3)–(3.4), we obtain an alternating sum of the
K1,2l+1 :
L
X
Z1 = (−1)l K1,2l+1 (3.5)
l=0
Note also that the total partition function of the Potts model is given by
L
X
Z= Z2j+1 . (3.6)
j=0
and from Eqs. (3.3) and (3.6) we obtain as promised Eq. (2.6) for the full partition
function.
253
Interestingly, then, the effect of fixing the number of NTC to j is to keep only the
term multiplying Qj in the expression (2.8) of c(l) . As c(l) is polynomial of degree l in Q,
only the K1,2l+1 with l ≥ j contribute to the character decomposition of Z2j+1 . This is
in agreement with the physical argument given at the beginning of section 3.
We can now prove that the K1,2l+1 defined in [3] using the six-vertex model are equal
to the K1,2l+1 we defined in Eq. (2.7) using the cluster transfer matrix. Before attacking
the proof, let us briefly recall where the connection with the six-vertex model comes from.
On a planar lattice, the cluster representation of the Potts model partition function
is equivalent to a loop representation, where the loops are defined on the medial lattice
and surround the clusters [7]. From Eq. (1.2) and the Euler relation, the weight of
′ ′
a loop configuration E ′ is Q(V +c(E ))/2 xb(E ) , where c(E ′ ) is its number of loops.5 An
oriented loop representation is obtained by independently assigning an orientation to
each loop, with weight q (resp. q −1 ) for counterclockwise (resp. clockwise) loops (recall
that Q1/2 = q + q −1 ). In this representation one can define the spin Sz along the transfer
direction (with parallel/antiparallel loops contributing ±1/2) which acts as a conserved
quantum number. Note that Sz = l means that there are at least l non-contractible
loops, i.e., loops that wind around the periodic (N) direction of the lattice. Indeed, the
contractible loops do not contribute to Sz .
The weights q ±1 can be further redistributed locally, as a factor of q α/2π for a coun-
terclockwise turn through an angle α [7]. While this redistribution correctly weighs
contractible loops, the non-contractible loops are given weight 2, but this can be cor-
rected [3] by twisting the model, i.e., by inserting the operator q 2Sz into the trace that
defines the partition function. A partial resummation over the oriented-loop splittings
at vertices which are compatible with a given orientation of the edges incident to that
5
Note that we do not factorize QV /2 , in order to recover exactly the same expression for the K1,2l+1
as before.
254
vertex now gives a six-vertex model representation [7]. Each edge of the medial lattice
then carries an arrow, and these arrows are conserved at the vertices: the net arrow flux
defines Sz as before. The six-vertex model again needs twisting by the operator q Sz to
ensure the correct weighting. Considering each arrow as a spin 1/2, the transfer matrix
in the six-vertex representation, T6V , acts on a quantum chain of 2L spins 1/2. T6V can
be expressed in terms of generators of a Temperley-Lieb algebra, and therefore commutes
with the generators of the quantum group Uq (sl(2)) [3]. In addition to Sz one can then
define the total spin S (corresponding to the Casimir).
In this subsection we now follow [3] and define K1,2l+1 as the trace of (T6V )N in
the space of highest weights of spin S = Sz = l.6 With this definition, our goal is to
decompose K1,2l+1 in terms of the Z2j+1 , obtaining again Eq. (3.2), from which we shall
conclude that the two definitions of K1,2l+1 are equivalent.
where F2l+1 is the trace of (T6V )N on the space of all states of spin Sz = l. Indeed, the
number of highest weight states of spin S = Sz = l equals the number of states of spin
Sz = l minus the number of states of spin Sz = l + 1. Therefore, we first decompose F2l+1 .
The advantage of working with F2l+1 is that only Sz is specified, not S. Indeed, only
Sz has a simple interpretation in the oriented loop representation: a basis of the space
corresponding to Sz = l is given simply by all states with a net arrow flux of l to the
right, whereas the states with S = Sz = l would be more complicated linear combinations
of given spin configurations.
2j
l ≤ j). This is illustrated in Fig. 3. There are therefore j−l
possible orientations of the
non-contractible loops compatible with the chosen value of Sz . Correcting for the factors
of Q as before, we conclude that the character decomposition of F2l+1 is
L
X 2j Z2j+1
F2l+1 = . (3.9)
j=l
j − l Qj
Using now Eq. (3.8), and keeping in mind the identity in Eq. (2.4), we finally obtain
Eq. (3.2). This proves that our definition of K1,2l+1 coincides with the one used in [3].
For convenience in writing Eq. (3.10) we have defined K1,2l+1 (L, N, x) ≡ 0 for l > L.
At the ferromagnetic critical point, and in the continuum limit, the quantities χ1,2l+1
become characters corresponding to primary fields of the unitary, minimal model Mp,p−1
6
with central charge c = 1 − p(p−1)
. The many cancellations in Eq. (3.10) are linked to
the existence of null vectors in the corresponding irreducible Verma modules. In fact,
Eq. (3.10) is then nothing else than the Rocha-Caridi equation [8].
As in the case of the generic characters K1,2l+1 , the definition (3.10) of the minimal
characters χ1,2l+1 is at finite size, and for any temperature x, but by analogy we shall
still refer to χ1,2l+1 (L, N, x) as a minimal character.
It does not appear to be possible to compute the χ1,2l+1 directly in the cluster
representation, i.e., otherwise than by first computing the corresponding K1,2l′ +1 and
then applying Eq. (3.10). They can however be computed directly in an Ap−1 type RSOS
model [9] with specific boundary conditions [10].
Many, but not all, character decompositions of partition functions in terms of K1,2l+1
turn into character decompositions in terms of χ1,2l+1 for p integer. This is the case for
the total partition function, due to the symmetries
Note that the sum contains less terms than before; in fact it is over those minimal
characters that would be inside the Kac table at the ferromagnetic critical point [11].
On the other hand, the formula for the Z2j+1 , when the number of NTC is fixed to
j, cannot in general be expressed in terms of the χ1,2l+1 for p integer. One interesting
exception is for j = 0 (no NTC allowed) and p even. Using Eq. (3.5) one obtains
⌊(p−2)/2⌋
X
Z1 = (−1)l χ1,2l+1 (p even) . (3.13)
l=0
This effect of parity in p is present in many other properties of the RSOS models [12].
257
We consider therefore Z̃Q0 (x̃), the partition function of the Potts model, defined on
the lattice dual to the L × N cyclic strip considered in the preceding sections, evaluated
at the dual temperature x̃ = 1/x. For the sake of generality, any dual cluster which
contains one (or both) exterior dual vertices has a weight of Q0 instead of Q. Note that
Q0 = 1 corresponds to fixed boundary conditions on the two exterior dual spins. The
case Q0 = Q is equivalent (under duality) to the free transverse boundary conditions
considered above; we denote the corresponding dual partition function Z̃(x̃).
Q2−F vE
We search the character decomposition of Q0
Z̃Q0 (x̃), where the prefactor is cho-
sen so as to make the final result simpler. To achieve this goal, one needs first to convert
the weights of the dual clusters into weights of direct clusters. Indeed, by duality a direct
cluster configuration is in one-to-one correspondence with a dual cluster configuration [7],
as shown in Fig. 4. To simplify the notation, we adopt the following convention: a dual
cluster is called a non-trivial cluster (NTC) if it is non-contractible with respect to the
periodic lattice direction, or if it contains one (or both) of the exterior dual spins. With
this convention, a dual configuration with j + 1 dual NTC corresponds always to a direct
configuration with j direct NTC. Note that there is always at least one dual NTC.
Figure 4: Direct and dual clusters corresponding to the configuration in Fig. 3. Direct
(resp. dual) vertices are shown as black circles (resp. red squares). There are two direct
NTC and three dual NTC (see text).
edges, and by b̃ the number of dual edges. Consider now the weight of a configuration
Q2−F vE Q2−F vE 2 j−1 t̃ b̃
with j + 1 dual NTC in Q0
Z̃Q0 (x̃). For j ≥ 1 (resp. j = 0) this is Q0
Q0 Q Q ṽ
Q2−F vE
(resp. Q0
Q0 Qt̃ ṽ b̃ ), since the two exterior dual vertices are contained in two different
(resp. the same) dual NTC. We have here denoted the dual parameter ṽ = Q/v.
To express these weights in terms of the direct quantities, we recall the fundamental
duality relation [7] Q1−F v E Z̃(x̃) = Z(x), valid because the lattice is planar. Translated
into a relation on the weights of a single cluster configuration this reads
Therefore, the weight of a cluster configuration with j direct NTC reads Q0 Qj−1 Qt v b if
j ≥ 1, and Qt v b if j = 0. We thus deduce the following result: the weight of a direct
Q2−F vE
cluster configuration in Q0
Z̃Q0 (x̃) is the same as in Z(x), except that for j ≥ 1 direct
NTC, one of the NTC has a weight Q0 instead of Q.
259
Let us recall that when inserting the development (2.8) of c(l) into Eq. (2.6) for Z,
we have a geometrical interpretation for each term separately: from Eq. (3.3) the term
in Qj gives precisely Z2j+1 . Due to the result given after Eq. (4.1), we must now simply
replace Qj by Q0 Qj−1 for j ≥ 1 and keep unchanged the term corresponding to j = 0.
Therefore
L
Q2−F v E X
Z̃Q0 (x̃) = b(l) K1,2l+1 (x) (4.2)
Q0 l=0
Just like in the case of free transverse boundary conditions, each power of Q in
Eq. (4.2) can be interpreted separately as a partition function with a fixed number of
NTC.
Let us consider a couple of limiting cases of Eq. (4.2). For Q0 → 0, b(l) = (−1)l and
therefore
L
Q2−F v E
X
limQ0 →0 Z̃Q0 (x̃) = (−1)l K1,2l+1 (x) = Z1 (x) , (4.4)
Q0 l=0
where we have used Eq. (3.5). We thus recover exactly the partition function with no
direct NTC.
Q2−F vE
On the other hand, for Q0 → ∞, there is no K1,1 in the expansion of Q0
Z̃Q0 (x̃),
i.e., l = 0 is forbidden. This is indeed expected, since in that limit there can be no dual
cluster connecting the two exterior vertices, and therefore there is at least one direct
NTC. Thus j = 0 is forbidden, and since l ≥ j, we deduce that l = 0 is forbidden as well.
We now consider the case of p integer. Using Eqs. (4.3) and (3.11), we obtain that
for p even
b(l) = −b(p−1+np−l) = b(np+l) , (4.5)
260
Note finally that b(1) = Q0 −1. This means that with fixed cyclic boundary conditions
(Q0 = 1) the term l = 1 drops out from the character decomposition. This fact has been
exploited in a recent study of partition function zeroes of the RSOS models [13].
The case of Q0 = 1 can be interpreted in the spin representation as having the same
fixed value of the dual spins on the two exterior dual vertices. Alternatively, in the cluster
picture, a dual cluster containing one or both exterior vertices has the weight 1 instead
of Q.
Suppose now for simplicity that the direct lattice is a square lattice. The dual lattice
is then a square lattice too, except for the two exterior vertices, each of which is equivalent
to an extra line of spins all fixed in the same state. To make the equivalence perfect we
should include an extra global factor of exp(2NJ), because of the interactions between
spins inside each of the two extra lines (see Fig. 4). The dual lattice is thus equivalent
to a square lattice of width L + 1 and of length N, with periodic boundary conditions
along N and all the spins at the boundaries fixed to the same value. We denote the
corresponding partition function Zff (L + 1, N, x). Eq. (4.2) then reads explicitly
L
exp(2NJ) X (l)
Zff (L, N, x) = b K1,2l+1 (L − 1, N, x̃) . (4.7)
Q2−F v E l=0
Let us write out the explicit results for integer Q. For the Ising model (Q = 2 or
p = 4) we have
exp(2NJ)
Zff (L, N, x) = χ1,1 (L − 1, N, x̃) , (4.8)
22−F v E
while for the three-state Potts model (Q = 3 or p = 6) we find
exp(2NJ)
Zff (L, N, x) = (χ1,1 (L − 1, N, x̃) + χ1,5 (L − 1, N, x̃)) (4.9)
32−F v E
261
In the latter case, it is interesting to note that at the ferromagnetic critical point χ1,1 +χ1,5
is nothing but the character of the identity operator with respect to the extended W3
algebra [14].
5 Conclusion
In particular we can decompose the ratios Z2j+1 /Z, which are the probabilities of
having exactly j non-trivial clusters. While these probabilities are well-understood in the
continuum limit, at the ferromagnetic critical point at least, our results shed more light
on their fine structure, in particular regarding corrections to scaling.
Finally, we have seen that fixed transverse boundary conditions lead to the disap-
pearance of the term with l = 1. Physically, one would expect the breaking of the SQ
permutation symmetry of the spin states induced by the fixed boundary conditions to
simplify the structure of the complex-temperature phase diagram in the low-temperature
phase. This expectation is indeed brought out in a recent numerical study [13].
Acknowledgments.
JLJ thanks the members of the SPhT, where part of this work was done, for their
kind hospitality.
References
[1] P.W. Kasteleyn and C.M. Fortuin, J. Phys. Soc. Jap. Suppl. 26, 11 (1969); C.M.
Fortuin and P.W. Kasteleyn, Physica 57, 536 (1972).
262
[2] J.-F. Richard and J.L. Jacobsen, Character decomposition of Potts model partition
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[4] S.-C. Chang and R. Shrock, Physica A 347, 314–352 (2005) [cond-mat/0404524].
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mat/0407444].
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[7] R. J. Baxter, Exactly solved models in statistical mechanics (Academic Press, New
York, 1982).
[12] J.-F. Richard and J.L. Jacobsen, Nucl. Phys. B 731, 335–351 (2005) [math-
ph/0507048].
[13] J.L. Jacobsen, J.-F. Richard and J. Salas Complex-temperature phase diagram of
Potts and RSOS models, cond-mat/0511059.
Abstract
Kl,Dk = i (λi )N are simple traces. In this decomposition, the amplitudes b(l,Dk ) of
P
1 Introduction
The Q-state Potts model on a graph G = (V, E) with vertices V and edges E can
be defined geometrically through the cluster expansion of the partition function [1]
X ′ ′
Z= Qn(E ) (eJ − 1)b(E ) , (1.1)
E ′ ⊆E
where n(E ′ ) and b(E ′ ) = |E ′ | are respectively the number of connected components
(clusters) and the cardinality (number of links) of the edge subsets E ′ . We are interested
in the case where G is a finite regular two-dimensional lattice of width L and length N,
so that Z can be constructed by a transfer matrix TL propagating in the N-direction.
In [2], we studied the case of cyclic boundary conditions (periodic in the N-direction
and non-periodic in the L-direction). We decomposed Z into linear combinations of cer-
tain restricted partition functions (characters) Kl (with l = 0, 1, . . . , L) in which l bridges
(that is, marked non-contractible clusters) wound around the transfer (N) direction. We
shall often refer to l as the level. Unlike Z itself, the Kl could be written as (restricted)
traces of the transfer matrix, and hence be directly related to its eigenvalues. It was thus
straightforward to deduce from this decomposition the amplitudes in Z of the eigenvalues
of TL . The goal of this work is to repeat this procedure in the case of toroidal boundary
conditions.
Note that as in the cyclic case some other procedures exist. First, Read and Saleur
have given in [3] a general formula for the amplitudes, based on the earlier Coulomb gas
analysis of Di Francesco, Saleur, and Zuber [4]. They obtained that the amplitudes of
the eigenvalues are simply b(0) = 1 at the level l = 0 and b(1) = Q − 1 at l = 1. For l ≥ 2
they obtained that, contrary to the cyclic case, there are several differents amplitudes at
each level l. Their number is equal to q(l), the number of divisors of l. They are given
by:
(l,m) 1
b = Λ(l, m; e0 ) + (Q − 1)Λ l, m; , (1.2)
2
where l is the level considered, and m is a divisor of l which labels the different amplitudes
for a given level. Λ is defined as:
265
m l
X µ φ
m∧d d
Λ(l, m; e0 ) = 2 m
cos(2πde0 ) . (1.3)
d>0:d|l
lφ m∧d
Here, µ and φ are respectively the Möbius and Euler’s totient function [5]. The Möbius
function µ is defined by µ(n) = (−1)r , if n is an integer that is a product n = ri=1 pi of
Q
The drawback of the derivation in Ref. [3] is that since it relies ultimately on free-field
techniques it is a priori valid only at the usual ferromagnetic critical point (J = Jc ) and in
the continuum limit (N, L → ∞). But one may suspect, in analogy with the cyclic case,
that these amplitudes would be valid for any finite lattice and for any inhomogeneous
(i.e., edge-dependent) values of the coupling constants J.
To our knowledge, no algebraic study proving this statement does exist in the lit-
erature. Indeed, when the boundary conditions are toroidal, the transfer matrix (of the
related six-vertex model, to be precise) does no longer commute with the generators of
the quantum group Uq (sl(2)). Therefore, there is no simple algebraic way of obtaining the
amplitudes of eigenvalues, although some progress has been made by considering repre-
sentations of the periodic Temperley-Lieb algebra. A good review is given by Nichols [7].
Chang and Shrock have studied the Potts model with toroidal conditions from a
combinatorial point of view [6]. Using a diagrammatic approach they obtained some
general results on the eigenvalue amplitudes. In particular, they showed that the sum of
all amplitudes at level l equals
X (l) lj=0(−1)l−j 2l l+j Qj + (−1)l (Q − 1) for l ≥ 2
l P
(l) l+j l−j
b ≡ bj = (1.5)
Pl (−1)l−j l+j Qj for l ≤ 2
j=0 j=0 l−j
266
They also argued that it was because TL enables permutations among the bridges, due to
the periodic boundary conditions in the transverse (L) direction, that there were different
amplitudes for a given level l. Without them, all the amplitudes at level l would be equal
(to a global factor) to b(l) . Finally, they computed explicitly the amplitudes at levels
l = 2 and l = 3; one may check that those results are in agreement with Eq. (1.2).
Using the combinatorial approach we developed in [2], we will make the statements
of Chang and Shrock more precise, and we will give in particular a new interpretation of
the amplitudes using the characters of the cyclic group Cl . Then, by calculating sums of
characters of irreducible representations (irreps) of this group, we will reobtain Eq. (1.2)
and thus prove its validity for an arbitrary finite L × N lattice. As will become clear
below, the argument relies exclusively on counting correctly the number of clusters with
non-trivial homotopy, and so the conclusion will hold true for any edge-dependent choice
of the coupling constants J as well.
Our approach will have to deal with several complications due to the boundary
conditions, the first of which is that the bridges can now be permuted (by exploiting
the periodic L-direction). In the following this leads us to consider decomposition of
Z into more elementary quantities than Kl , namely characters Kl,P labeled by l and a
permutation of the cyclic group Cl . However, Kl,P is not simply linked to the eigenvalues
of T , and thus we will further consider its expansion over related quantities Kl,Dk , where
Dk labels an irreducible representation (irrep) of Cl . It is Kl,Dk which are the elementary
quantities in the case of toroidal boundary conditions.1
1
In a previous publication on the same subject [8] we have studied the decomposition in terms of the
full symmetric group Sl . The present approach, using only the cyclic group Cl , is far simpler and for the
first time allows us to prove Eq. (1.2). Note also that some misprints had cropped up in Ref. [8], giving
in particular wrong results for the amplitudes at level l = 4.
267
2 Algebraic preliminaries
As in the cyclic case, the existence of a periodic boundary condition allows for non-
trivial clusters (henceforth abbreviated NTC), i.e., clusters which are not homotopic
to a point. However, the fact that the torus has two periodic directions means that
the topology of the NTC is more complicated that in the cyclic case. Indeed, each
NTC belongs to a given homotopy class, which can be characterised by two coprime
numbers (n1 , n2 ), where n1 (resp. n2 ) denotes the number of times the cluster percolates
horizontally (resp. vertically) [4]. The fact that all clusters (non-trivial or not) are still
constrained by planarity to be non-intersecting induces a convenient simplification: all
NTC in a given configuration belong to the same homotopy class. For comparison, we
recall that in the cyclic case the only possible homotopy class for a NTC was (n1 , n2 ) =
(1, 0).
It is a well-known fact [9, 10] that the difficulty in decomposing the Potts model
partition function—or relating it to partition functions of locally equivalent models (of
the six-vertex or RSOS type)—is due solely to the weighing of the NTC. Although a
typical cluster configuration will of course contain trivial clusters (i.e., clusters that are
homotopic to a point) with seemingly complicated topologies (e.g., trivial clusters can
surround other trivial clusters, or be surrounded by trivial clusters or by NTC), we shall
therefore tacitly disregard such clusters in most of the arguments that follow. Note also
that a NTC that span both lattice directions2 in the present context corresponds to
2
Such a cluster was referred to as “degenerate” in Ref. [10], and as a cluster having “cross-topology”
in Ref. [4].
268
n1 = 1.
Consider therefore first the case of a configuration having a single NTC. For the
purpose of studying its topology, we can imagine that is has been shrunk to a line that
winds the two periodic directions (n1 , n2 ) times. In our approach we focus on the the
properties of the NTC along the direction of propagation of the transfer matrix TL ,
henceforth taken as the horizontal direction. If we imagine cutting the lattice along a
vertical line, the NTC will be cut into n1 horizontally percolating parts, which we shall
call the n1 branches of the NTC. Seen horizontally, a given NTC realises a permutation
P between the vertical coordinates of its n1 branches, as shown in Fig. 1. Up to a trivial
relabelling of the vertical coordinate, the permutation P is independent of the horizontal
coordinate of the (imaginary) vertical cut, and so, forms part of the topological description
of the NTC. We thus describe totally the topology along the horizontal direction of a NTC
by n1 and the permutation P ∈ Sn1 .
Note that there are restrictions on the admissible permutations P . Firstly, P cannot
have any proper invariant subspace, or else the corresponding NTC would in fact corre-
spond to several distinct NTC, each having a smaller value of n1 . For example, the case
n1 = 4 and P = (13)(24) is not admissible, as P corresponds in fact to two distinct NTC
269
with n1 = 2. In general, therefore, the admissible permutations P for a given n1 are sim-
ply cyclic permutations of n1 coordinates. Secondly, planarity implies that the different
branches of a NTC cannot intersect, and so not all cyclic permutations are admissible P .
For example, the case n1 = 4 and P = (1324) is not admissible. In general the admissible
cyclic permutations are characterised by having a constant coordinate difference between
two consecutive branches, i.e., they are of the form (k, 2k, 3k, . . .) for some constant k,
with all coordinates considered modulo n1 . For example, for n1 = 4, the only admissible
permutations are then finally (1234) and (1432).3
Consider now the case of a configuration with several NTC. Recalling that all NTC
belong to the same homotopy class, they must all be characterised by the same n1 and
P . Alternatively one can say that the branches of the different NTC are entangled.
Henceforth we denote by j the number of NTC with n1 ≥ 1 in a given configuration.
Note in particular that, seen along the horizontal direction, configurations with no NTC
and configurations with one or more NTC percolating only vertically are topologically
equivalent. This is an important limitation of our approach.
3
Note that we consider here the permutations that can be realised by a single cluster, not all the
admissible permutations at a given level. We shall come back to this issue later (in Sec. 3.3) when we
discuss in detail the attribution of “black points” to one or more different NTC. It will then be shown that
the admissible permutations at level l correspond to the cyclic group Cl . For example, the admissible
permutations at level l = 4 are Id, (1234), (13)(24) and (1432).
270
In the case of a generic lattice all the Zj,n1,P are non-zero, provided that P is an
admissible cyclic permutation of length n1 , and that n1 j ≤ L. The triangular lattice is
a simple example of a generic lattice. Note however that other regular lattices may be
unable to realise certain admissible P . For example, in the case of a square lattice or a
honeycomb lattice, all Zj,n1,P with n1 j = L and n1 > 1 are zero, since there is not enough
“space” on the lattice to permit all NTC branches to percolate horizontally while realising
a non-trivial permutation. Such non-generic lattices introduce additional difficulties in
the analysis which have to be considered on a case-to-case basis. In the following, we
consider therefore the case of a generic lattice.
The construction and structure of the transfer matrix T can be taken over from
the cyclic case [2]. In particular, we recall that T acts towards the right on states of
connectivities between two time slices (left and right) and has a block-trigonal structure
with respect to the number of bridges (connectivity components linking left and right)
and a block-diagonal structure with respect to the residual connectivity among the non-
bridged points on the left time slice. As before, we denote by Tl the diagonal block with
a fixed number of bridges l and a trivial residual connectivity. Each eigenvalue of T is
also an eigenvalue of one or more Tl . In analogy with [6] we shall sometimes call Tl
the transfer matrix at level l. It acts on connectivity states which can be represented
graphically as a partition of the L points in the right time slice with a special marking
(represented as a black point) of precisely l distinct components of the partition (i.e., the
components that are linked to the left time slice via a bridge).
A crucial difference with the cyclic case is that for a given partition of the right
time slice, there are more possibilities for attributing the black points (for 0 < l < L).
Considering for the moment the black points to be indistinguishable, we denote the
271
Suppose now that a connectivity state at level l is time evolved by a cluster con-
figuration of index n1 and corresponding to a permutation P . This can be represented
graphically by adjoining the initial connectivity state to the left rim of the cluster config-
uration, as represented in Fig. 1, and reading off the final connectivity state as seen from
the right rim of the cluster configuration. Evidently, the positions of the black points in
the final state will be permuted with respect to their positions in the intial state, accord-
ing to the permutation P . As we have seen, not all P are admissible. We will show in the
subsection 3.3 that the possible permutations at a given level l (taking into account all
the ways of attributing l black points to cluster configurations) are the elements of the
cyclic group Cl .4 the number of possible connectivity states without taking into account
the possible permutations between black points, the dimension of Tl is l ntor (L, l), as Cl
has l distinct elements.
Let us denote by |vl,ii (where 1 ≤ i ≤ ntor (L, l)) the ntor (L, l) standard connectivity
states at level l. The full space of connectivities at level l, i.e., with l distinguishable black
points, can then be obtained by subjecting the |vl,i i to permutations of the black points.
It is obvious that Tl commutes with the permutations between black points (the physical
reason being that Tl cannot “see” to which positions on the left time slice each bridge
is attached). Therefore Tl itself has a block structure in a appropriate basis. Indeed, Tl
can be decomposed into Tl,D where Tl,D is the restriction of Tl to the states transforming
4
We proceed differently from Chang and Shrock [6] who considered the group Sl of all permutations
at level l, not just the admissible permutations. Therefore the dimension of Tl they obtained was
l! ntor (L, l). Although this approach is permissible (since in any case Tl will have zero matrix elements
between states which are related by a non-admissible permutation) it is more complicated [8] than the
one we present here.
272
We now define, as in the cyclic case [2], Kl as the trace of (Tl )N . Since Tl commutes
with Cl , we can write
ntor (L,l)
X
Kl = l hvl,i | (Tl )N |vl,i i . (2.3)
i=1
In distinction with the cyclic case, we cannot decompose the partition function Z over
Kl because of the possible permutations of black points (see below). We shall therefore
resort to more elementary quantities, the Kl,D , which we define as the trace of (Tl,D )N .
Since both Tl and the projectors pD commute with Cl , we have
ntor (L,l)
X
Kl,D = l hvl,i |pD (Tl )N |vl,i i . (2.4)
i=1
the sum being over all the l irreps D of Cl . Recall that in the cyclic case the amplitudes of
the eigenvalues at level l are all identical. This is no longer the case, since the amplitudes
depend on D as well. Indeed
ntor (L,l)
X
Kl,D = (λl,D,k )N . (2.6)
k=1
In order to decompose Z over Kl,D we will first use auxiliary quantities, the Kl,Pl
defined as:
ntor (L,l)
X
Kl,Pl = hvl,i | (Pl )−1 (Tl )N |vl,ii , (2.7)
i=1
Pl being an element of the cyclic group Cl . So Kl,Pl can be thought of as modified traces
in which the final state differs from the initial state by the application of Pl . Note that
Kl
Kl,Id is simply equal to l
. Because of the possible permutations of the black points,
the decomposition of Z will contain not only the Kl,Id but also all the other Kl,Pl , with
Pl ∈ Cl . We will show that the coefficients before Kl,Pl coincide for all Pl ∈ Cl that
belong to the same class with respect to the symmetric group Sl .6 We will note these
classes (di , n1 ) (corresponding to a level l = din1 ) and it is thus natural to define K(di ,n1 )
as:
X
K(di ,n1 ) = Kl,Pl , (2.8)
Pl ∈(di ,n1 )
the sum being over elements Pl ∈ Cl belonging to the class (di , n1 ). This definition will
enable us to simplify some formulas, but ultimately we will come back to the Kl,Pl .
Once we will obtain the decomposition of Z into Kl,Pl , we will need to express the
Kl,Pl in terms of the Kl,D to obtain the decomposition of Z into Kl,D , which are the
quantities directly linked to the eigenvalues. Eqs. (2.4) and (2.2) yield a relation between
Kl,D and Kl,Pl :
X
Kl,D = χD (Pl )Kl,Pl . (2.9)
Pl
These relations can be inverted so as to obtain Kl,Pl in terms of Kl,D , since the number
of elements of Cl equals the number of irreps D of Cl . Multiplying Eq. (2.9) by χ̄D (Pl′ )
6
Since Cl is an abelian group, each of its elements defines a class of its own, if the notion of class is
taken with respect to Cl itself. What we need here is the non-trivial classes defined with respect to Sl .
274
Note that
X
χ̄D (Pl ) = l δPl ,Id (2.11)
D
In the following we will obtain an expression of the amplitudes at the level l which
involves sums of characters of the irreps D of Cl . In order to reobtain Eq. (1.2), we will
have to calculate these sums. We give here the results we shall need.
by:
X X ka
χ̄Dk (Pl ) = exp i2π . (2.12)
“ ”
a∈Adi
l
Pl ∈ di , dl
i
These sums are slight generalizations of Ramanujan’s sums.12 Using Theorem 272 of
Ref. [5], we obtain that:
m
X µ m∧di
φ dli
χ̄Dk (Pl ) = , (2.13)
m
“
Pl ∈ di , dl
” φ m∧di
i
By generalising the working for the cyclic case, we can now obtain a decomposition
of the Kl in terms of the Zj,n1 . To that end, we first determine the number of states |vl,i i
which are compatible with a given configuration of Zj,n1 , i.e., the number of initial states
|vl,ii which are thus that the action by the given configuration produces an identical final
state. The notion of compatibility is illustrated in Fig. 2.
We consider first the case n1 = 1 and suppose that the k’th NTC connects onto the
points {yk }. The rules for constructing the compatible |vl,ii are identical to those of the
cyclic case:
11
With the chosen convention, the identity representation is denoted Dl .
12
The case where the sum is over a ∈ A1 corresponds exactly to a Ramanujan’s sum.
276
Figure 2: Standard connectivity states at level l = 1 which are compatible with a given
cluster configuration contributing to Z2,1 .
2. The points {yk } within the same bridge must be connected in |vl,i i.
3. One can independently choose to associate or not a black point to each of the sets
{yk }. One is free to connect or not two distinct sets {yk } and {yk′ }.
The choices mentioned in rule 3 leave ntor (j, l) possibilities for constructing a compatible
l ntor (j,l)
|vl,ii. The coefficient of Zj,1 in the decomposition of Kl is therefore Qj
, since the
allowed permutation of black points in a standard vector |vl,ii allows for the construction
of l distinct states, and since the weight of the j NTC in Kl is 1 instead of Qj . It follows
that
L
X Zj,1
Kl = l ntor (j, l) for n1 = 1. (3.1)
j=l
Qj
We next consider the case n1 > 1. Let us denote by {yk,m} the points that connect
onto the m’th branch of the k’th NTC (with 1 ≤ m ≤ n1 and 1 ≤ k ≤ j), and by
277
Figure 3: Standard connectivity states at level l = 1 which are compatible with a given
cluster configuration contributing to Z2,2 .
{yk } = ∪nm=1
1
{yk,m} all the points that connect onto the k’th NTC. As shown in Fig. 3,
the |vl,ii which are compatible with this configuration are such that
3. We must now count the number of ways we can link the branches of the k NTC
and attribute l black points so that the connection and the position of the black
points are unchanged after action of the cluster configuration. For l ≥ 2, there are
no compatible states (indeed it is not possible to respect planarity and to leave the
position of the black points unchanged). For l = 1 and l = 0 there are respectively
2j−1
1 2j 2j
j
= 2
· j
and j
compatible states. Note that these results do not depend
on the precise value of n1 (for n1 > 1).
The rule 3 implies that the decomposition of Kl with l ≥ 2 does not contain any of the
278
L 2⌋
⌊X
L
X Zj,1 2j Zj,n 1 >1
K0 = ntor (j, 0) + . (3.4)
j=0
Qj j=1
j Qj
Note that the coefficients in front of Zj,n1 do not depend on the precise value of n1 when
n1 > 1. To simplify the notation we have defined Z0,1 = Z0 .
Since the coefficients in front of Zj,1 and Zj,n1>1 in Eqs. (3.3)–(3.4) are different, we
cannot invert the system of relations (3.2)–(3.4) so as to obtain Zj ≡ Zj,1 + Zj,n1>1 in
terms of the Kl . It is thus precisely because of NTC with several branches contributing
to Zj,n1>1 that the problem is more complicated than in the cyclic case.
In order to appreciate this effect, and compare with the precise results that we shall
find later, let us for a moment assume that Eq. (3.2) were valid also for l = 0, 1. We
would then obtain
L
(l) Kl
X
Zj,1 = bj , (3.5)
l=j
l
(l)
where the coefficients bj have already been defined in Eq. (1.5). The coefficients b(l) play
a role analogous to those denoted c(l) in the cyclic case [2]; note also that b(l) = c(l) for
l ≤ 2. Chang and Schrock have developed a diagrammatic technique for obtaining the
b(l) [6].
Supposing still the unconditional validity of Eq. (3.2), one would obtain for the full
partition function
L
X Kl
Z= b(l) . (3.6)
l=0
l
279
This relation will be modified due to the terms Zj,n1 >1 realising permutations of the
black points, which we have here disregarded. To get things right we shall introduce
irrep dependent coefficients b(l,D) and write Z = Ll=0 D b(l,D) Kl,D . Neglecting Zj,n1>1
P P
b(l)
terms would lead, according to Eq. (3.6), to b(l,D) = l
independently of D. We shall
see that the Zj,n1>1 will lift this degeneracy of amplitudes in a particular way, since there
exist certain relations between the b(l,D) and the b(l) .
In order to simplify the formulas we will obtain later, we define the coefficients b̃(l)
for l ≥ 1 by:
l
(l)
X
l−j 2l l + j
b̃ = (−1) Qj + (−1)l (Q − 1) . (3.7)
j=0
l+j l−j
(l)
For l ≥ 2, b̃ is simply equal to b(l) , they are different only for l = 1, as we have
b(1) = Q − 1 but b̃(1) = −1. In order to reobtain the expression (1.2) of Read and Saleur
for the amplitudes we will use that:
The relations (3.2)–(3.4) were not invertible due to an insufficient number of elemen-
tary quantities Kl . Let us now show how to produce a development in terms of Kl,Pl , i.e.,
taking into account the possible permutations of black points. This development turns
out to be invertible.
Let us first count the number of standard connectivities |vl,ii which are Pl -compatible
with a cluster configuration contributing to Zj,n1,P . For n1 = 1, Sn1 contains only the
280
identity element Id, and so the results of Sec. 3.1 apply: the Zj,1 contribute only to Kl,Id .
We consider next a configuration contributing to Zj,n1 ,P with n1 > 1. The |vl,ii which
are Pl -compatible with this configuration satisfy the same three rules as given in Sec. 3.1
for the case n1 > 1, with the slight modification of rule 3 that the black points must be
attributed in such a way that the final state differs from the initial one by a permutation
Pl .
This modification makes the attribution of black points considerably more involved
than was the case in Sec. 3.1. First note that not all the Pl are admissible. To be precise,
the cycle decomposition of the allowed permutations can only contain P , as P is the
permutation between the branches realised by a single NTC. Therefore the admissible
permutations contain only P and are such that l = di n1 , denoting by di the number of
times P is contained. We note (di , n1 ) the corresponding classes of permutations and
K(di ,n1 ) the corresponding K, see Eq. (2.8). Note that the number of classes of admissible
permutations at a given level l is equal to the number of integers di dividing l, i.e. q(l).
Furthermore, inside these classes, not all permutations are admissible. Indeed, the entan-
glement of the NTC imply the entanglement of the structure of the allowed permutations.
We deduce from all this rules that, as announced, the admissible permutations at level l
are simply the elements of the cyclic group Cl .
j k
L
n1
X 2j Zj,n ,P
1
Kl,Pl = j
. (3.9)
j=d
j − d i Q
i
2j
13
Note that j−di is simply ntor (j, di ) for di ≥ 2 but is different for di = 1, see Eq. (2.1).
281
j k
L
n1
X 2j Zj,n
1
K(di ,n1 ) = j
. (3.10)
j=d
j − di Q
i
We will use the decomposition of K(di ,n1 ) in the following as it is simplier to work with
Zj,n1 than with Zj,n1,P (but one could consider the Zj,n1 ,P too).
It remains to study the special case of Pl = Id. This is in fact trivial. Indeed, in
that case, the value of n1 in Zj,n1 is no longer fixed, and one must sum over all possible
Kl
values of n1 , taking into account that the case of n1 = 1 is particular. Since Kl,Id = l
,
one obtains simply Eqs. (3.2)–(3.4) of Sec. 3.1 up to a global factor.
282
To obtain the decomposition of Zj,n1 in terms of the Kl,Pl , we invert Eq. (3.10) for
varying di and fixed n1 > 1 and we obtain:
j k
L
n1
j
X
di −j 2di di + j
Zj,n1 = Q (−1) K(di ,n1 ) for n1 > 1 . (3.11)
di =j
di + j di − j
Since the coefficients in this sum do not depend on n1 (provided that n1 > 1), we can
sum this relation over n1 and write it as
⌊X
2⌋
L
j di −j 2di di + j
Zj,n1>1 = Q (−1) K(di ,n1 >1) (3.12)
di =j
di + j di − j
PL PL
where we recall the notations Zj,n1>1 = n1 =2 Zj,n1 and K(di ,n1 >1) = n1 =2 K(di ,n1 ) ,
corresponding to permutations consisting of di cycles of the same length > 1.
recalling Eq. (3.5) and the fact that for l ≥ 2 the Zj,n1>1 do not appear in the decompo-
sition of Kl . However, according to Eqs. (3.3)–(3.4), the Zj,n1 >1 do appear for l = 0 and
l = 1, and one obtains
L (l) 2⌋
⌊X
L
X b 1 Q 2j Zj,n1>1
Z1,1 = Kl − . (3.14)
l=1
l 2 j=1 j Qj
Inserting the decomposition (3.12) of Zj,n1>1 into Eq. (3.14) one obtains the decomposition
of Z1,1 over Kl and K(di ,n1 ) :
L (l) 2⌋
⌊X
L
X b 1
Z1,1 = Kl + Q (−1)di K(di ,n1 >1) . (3.15)
l=1
l di =1
L (l) ⌊X
2⌋
L
X b 0 1 2j Zj,n1>1
Z0 = Kl − . (3.16)
l=0
l 2 j=1 j Qj
283
L (l) 2⌋
⌊X
L
X b 0
Z0 = Kl + (−1)di K(di ,n1 >1) . (3.17)
l=0
l di =1
Since Zj = Zj,1 + Zj,n1>1 , we conclude from Eqs. (3.13)–(3.12) and from Eq. (3.7)
that, for any j,
L (l) 2⌋
⌊X
L
X bj (d )
Zj = Kl + b̃j i K(di ,n1 >1) . (3.18)
l=j
l di =j
P
The decomposition of Z ≡ 0≤j≤L Zj is therefore
L ⌊X
2⌋
L
X b(l)
Z= Kl + b̃(di ) K(di ,n1 >1) . (3.19)
l=0
l di =1
(l,Dk )
X
Zj = bj Kl,Dk (4.1)
l,Dk
(l,Dk )
where the coefficients bj are given by
(l) X b̃(d i)
(l,D ) bj j
X
bj k = + χ̄Dk (Pl ) . (4.2)
l l “ ”
(di <l)|l Pl ∈ di , dl
i
P
Indeed, Kl = Dk Kl,Dk , and since K(di ,n1 ) corresponds to the level l = di n1 , we have
χ̄ ((d ,n1 ))
K(di ,n1 ) = Dk ∈Cd n Dk l i
P
Kdi n1 ,Dk . (Recall that (di , n1 ) is the class of permutations
i 1
284
l (l,Dk )
consisting of di cycles of the same length n1 = di
.) As explained in Sec. 3.2, the bj
(l)
bj
are not simply equal to l
because of the n1 > 1 terms. Using Eq. (2.11) we find that
they nevertheless obey the following relation
(l,Dk ) (l)
X
bj = bj . (4.3)
Dk ∈Cl
(l)
(l,Dk ) bj
But from Eq. (4.2) the bj with l < 2j are trivial, i.e., equal to l
independently of
D. This could have been shown directly by considering the decomposition (3.2) of Kl .
where
l
(l,Dk )
X
(l,Dk )
b = bj , (4.5)
j=1
i.e.
b(l) X b̃(di ) X
b(l,Dk ) = + χ̄Dk (Pl ) . (4.6)
l l “ ”
(di <l)|l Pl ∈ di , dl
i
This is the central result of our article: we have obtained a rather simple expression
of the amplitudes b(l,D) in terms of the characters of the irrep D. A priori, for a given
level l, there should be l distinct amplitudes b(l,D) because Cl has l distinct irreps D.
l
However, because of the fact that two different permutations in the same class di , di
correspond to the same coefficient b(di ) , there are less distinct amplitudes: some b(l,D)
are the same. Indeed, the Eq. (4.6) giving the amplitudes of the eigenvalues contains
generalized Ramanujan’s sum, so using the subsection 2.4, the Dk whose k are in the
same Ad correspond to the same amplitude b(l,Dd ) . For example, at level 6, there are only
four distinct amplitudes: b(6,D1 ) , b(6,D2 ) , b(6,D3 ) and b(6,D6 ) , since we have b(6,D1 ) = b(6,D5 )
and b(6,D2 ) = b(6,D4 ) .
i.e., the sum of the l (not necessarily distinct) amplitudes b(l,Dk ) at level l is equal to b(l) .
This has been previously noted by Chang and Shrock [6], except that they stated it was
the sum of l! amplitudes, not l, as they did not notice that only permutations in the
cyclic group Cl were admissible.
Note also that for l ≥ 2, Eq. (4.6) can be written more simply as:
X b̃(di ) X
b(l,Dk ) = χ̄Dk (Pl ) , (4.8)
l “ ”
di |l Pl ∈ di , dl
i
since b(l) = b̃(l) for l ≥ 2. We now restrict ourselves to this case, as the amplitudes at
levels 0 and 1 are simply b(0) = 1 and b(1) = Q − 1.
We now calculate the Ramanujan’s sums appearing in Eq. (4.8). Using Eq. (2.13),
we obtain:
m
Xµ m∧di
φ dli
b(l,m) = b̃(di ) . (4.9)
m
di |l lφ m∧di
l
Remember that m is given by d
for k in the set Ad , and so is an integer divisor of l. Using
the expression of the b̃(di ) given in Eq. (3.8), we finally recover the formula (1.2) of Read
and Saleur. In particular, the term (−1)l (Q − 1) in the definition (3.7) of b̃(l) corresponds
to degenerate cluster configurations.
Note that the number of different amplitudes at level l is simply equal to the number
of integer divisors of l. In particular, when l is prime, there are only two different
amplitudes: b(l,1) which corresponds to b(l,Dl ) (Dl is the identity representation) and b(l,l)
which corresponds to the l − 1 other b(l,Dk ) (as they are all equal). Using that b(1) = −1,
we find:
(l,1) b(l) − l + 1
b = (4.10)
l
b(l) + 1
b(l,l) = . (4.11)
l
286
This could have been simply directly showed using Eq. (4.8). Indeed, for l prime, Cl
b(l) −l+1
contains Id and l − 1 cycles of length l. As b(1) = −1, we deduce that b(l,1) = l
. For
b(l,l) , one needs just use that l−1 i2πk
P
k=1 exp l
= −1.
5 Conclusion
The eigenvalue amplitudes are instrumental in determining the physics of the Potts
model, in particular in the antiferromagnetic regime [11, 12]. Generically, this regime
belongs to a so-called Berker-Kadanoff (BK) phase in which the temperature variable
is irrelevant in the renormalisation group sense, and whose properties can be obtained
by analytic continuation of the well-known ferromagnetic phase transition [11]. Due
to the Beraha-Kahane-Weiss (BKW) theorem [13], partition function zeros accumulate
at the values of Q where either the amplitude of the dominant eigenvalue vanishes, or
where the two dominant eigenvalues become equimodular. When this happens, the BK
phase disappears, and the system undergoes a phase transition with control parameter
Q. Determining analytically the eigenvalue amplitudes is thus directly relevant for the
first of the hypotheses in the BKW theorem.
For the cyclic geometry, the amplitudes are very simple, and the real values of Q
satisfying the hypothesis of the BKW theorem are simply the so-called Beraha numbers,
Q = Bn = (2 cos(π/n))2 with n = 2, 3, . . ., independently of the width L. For the toroidal
case, the formula is more complicated, and there can be degeneracies of eigenvalues
between different levels which depend on the width L of the lattice, as shown by Chang
287
and Shrock [6]. The role of the Beraha numbers will therefore be considered in a future
work.
Acknowledgments.
The authors are grateful to H. Saleur, J.-B. Zuber and P. Zinn-Justin for some useful
discussions. We also thank J. Salas for collaboration on closely related projects.
References
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288
[13] S. Beraha, J. Kahane and N.J. Weiss, Proc. Natl. Acad. Sci. USA 72, 4209 (1975).
Résumé
Abstract
The Potts model describes the behaviour of ferromagnetics, by modelizing them as interacting
spins with a number Q of states, located on a lattice. It is linked to many well-known problems
in statistical physics and mathematics, as for example percolation or lattice colouring. In this
thesis, we restrict ourselves to the case of a two-dimensional lattice, so we can use results
of conformal invariance when the system is critical. In order to study its phase diagram, we
decompose the partition function into characters for different boundary conditions, using the
theory of representation of the quantum group Uq (sl(2)) and combinatorial methods. Then we
determine numerically the limiting zeroes of the partition function in the complex temperature
plane, and we conjecture properties of the phase diagram. In particular we show that the Berker-
Kadanoff phase is not present when Q is equal to a Beraha number, and that new fixed points
emerge.
keywords : Potts model, conformal invariance, Berker-Kadanoff phase, cluster representa-
tion, quantum group, Beraha number