Industrialisation et préfabrication scolaire
Industrialisation et préfabrication scolaire
Thèse
en vue de l’obtention du grade de docteur en
Histoire des Techniques et de l’Environnement
Aleyda RESENDIZ-VAZQUEZ
L’industrialisation du bâtiment
Le cas de la préfabrication dans la construction
scolaire en France
(1951-1973)
Directeurs de thèse
Sabine Barles
Professeur des universités à Institut français d’urbanisme, Université de Marne-la-Vallée
André Guillerme
Professeur du CNAM, Chaire d’histoire de techniques et chaire UNESCO de mémoire
des métiers vivants
Membres du jury
Anne-Marie Châtelet, rapporteur
Professeur d'histoire et de culture architecturales à l’Ecole nationale supérieure
d'architecture de Strasbourg
Valérie Nègre
Maître assistant (Histoire et culture architecturale) à l’Ecole nationale supérieure
d’architecture de Paris La-Villette
Hélène Vacher, rapporteur
Maître de conférences, HDR, Université d'Aalborg, Institut de langues, cultures et études
internationales, Danemark
Jean-Luc Salagnac
Ingénieur en chef, pôle services, process, innovation, Centre Scientifique et Technique
du Bâtiment
A ma grande mère
A mes parents
A mes petits parents parisiens
Table des matières
INTRODUCTION
Chapitre A. Genèse d'une problématique 03
A. Types de préfabrication 25
B. Echelles 33
C. Terminologie dualiste et actions 42
Chapitre 1.2. Industrialisation du bâtiment 53
A. Productivité 84
B. Remise en cause de la préfabrication 91
C. Acteurs 100
PARTIE 2. POLITIQUES PUBLIQUES ET PREFABRICATION DU
109
BATIMENT SCOLAIRE
A. GUILLERME (dir.), E. TALMON, M. GRIMBERT, Histoire des métiers du bâtiment aux XIX ème
1
ème
et XX siècles. Bibliographie. Paris : Plan Construction et Architecture, 1993. p.184.
2
Ce sont les principes maintes fois signalés provenant de « Vers une architecture ».
3
Il a défini, avec l’ingénieur Julien-Pierre Bessoneau, dans un brevet déposé au CNAM, les
procédés fondamentaux de la préfabrication en béton moulé et en ciment mousse.
4
Le Corbusier construit la maison Domino (par éléments standardisés), la Maison Citroën (dite la
Maison-automobile), la maison des aéroplanes Voisin (construction de maisons comme des avions,
3
tayloriste, la construction normalisée et l’importance de l’uniformité5. Le
Corbusier, dans son célèbre Vers une archit ecture publié en 1921, évoque
l’industrie par la série et le standard, et expose l’architecture par le module. Le
défi des architectes modernes, selon lui, consiste à construire des bâtiments en
accord avec les nouveaux modèles technologiques, c’est-à-dire en appliquant les
standards des sciences aux techniques. C’est l’époque du machinisme qui doit
rendre un « esprit nouveau »6. Les idées de Le Corbusier, reprises de Walter
Gropius7, étudiées au Bauhaus8, discutées dans les CIAM9, brandies dans les
manifestes de l’ASCORAL10 et dans la Charte d’Athènes, sont celles qui fondent
la doctrine de la modernité architecturale - fonctionnaliste et rationnelle. Elles
sont à la base du modèle urbain « progressiste » décrit par Françoise Choay et
au centre duquel se trouve un « homme-type », universel, interchangeable11,
« identique sous toutes les latitudes et au sein de toutes les cultures »12, « Un
homme moyen », fils de « l’homme moyen »13.
en série). Perret propose une maison en série. Sauvage envisage des cellules usinées à la chaîne.
Il construit, en France (à Paris, rue des Amiraux), la première unité d’habitation avec des éléments
préfabriqués. Prouvé réalise des maisons métalliques usinées.
5
Notamment par la Cité Kiefhoek du J.J.P. Oud à Rotterdam. En France, à cette époque E.
Beaudoin et M. Lods expérimentent le principe de tour-barre à ossature métallique à la cité de la
Muette à Drancy (850 logements).
6
En 1920, Charles-Édouard Jeanneret-Gris, dorénavant Le Corbusier, publie le premier numéro de
« L’Esprit nouveau ». Cette revue propage les idées des CIAM (Congrès International
d’Architecture Moderne).
7
M. RAGON, Histoire de l'architecture et d e l'urbanisme modernes. [Paris] : Casterman, 1986, p.
124.
8
Pour Walter Gropius, il n’y avait pas de différence entre dessiner une maison ou dessiner une
machine.
9
Le premier congrès se tient en 1928. Celui de 1933 produit la charte d’Athènes, manifeste de
l’architecture et de l’urbanisme.
10
Association de constructeurs pour un renouveau architectural.
11
Auquel s’oppose l’urbanisme basé sur un modèle « culturaliste » qui conçoit l’individu comme un
élément irremplaçable. F. CHOAY, L'urbanisme, utopies et réalités : une anthologie. Paris: Editions
du Seuil, 1965.
12
Ibid, p. 34 et 16.
13
A. QUÉTELET, Sur l’homme et le développement de ses facultés, essai d’une physique sociale,
Paris, 1835, cité par S. BARLES, La v ille d élétère, méd ecins et i ngénieurs dans l’espace urb ain,
XVIIIe-XIXe siècles , Seyssel : Champ Vallon, 1999, 1ère partie, chap. 3, « La recherche d’une
crédibilité scientifique ».
4
ingénieurs »14, dont les représentants français sont notamment : Bernard Lafaille,
Eugène Freyssinet, Jean Prouvé, Henri Sauvage. Ce sont les ingénieurs qui «
(…) à partir des années cinquante (…) ont pris à leur compte la politique
d’industrialisation du bâtiment »15. Les grands ingénieurs de l’Etat, qui se
succèdent à la direction de la Construction : Adrien Spinetta, Gérard
Blachère, Marc Aubert, Robert Lion, participent largement à l’idéologie de ce
mouvement : « Seule l’industrialisation permettra de construire mieux, plus vite et
moins cher », martèlent-ils.
“Within thirt y years, Fr ance has known chan ging cond itions which
obliged it t o use, co mpare and i mprove all sorts of techniques. Our
experience can be usef ul to other countries” 19… “For developing countries,
the apparent advantage s of industrialized building are co mpounded by the
14
RAGON, op.cit., p. 200.
15
Ibid., p. 15.
16
Y. DELEMONTEY, Le béton assembl é, préfabri quer l a F rance d e l' après-guerre (19 40-1955).
Thèse de doctorat en architecture, Université Paris 8 (Ecole doctorale Ville et
Environnement)/Université de Genève (Institut d'architecture -IAUG), 19 nov. 2009. Dir. J.-L.
COHEN.
17
E. PADILLA, (Coord.), C. CASTRO, A. PERALTA, Vulnerabilidad, sis mos y s ociedad (En l a
ciudad de Mé xico, 1 985 y el futur o) [Vul nérabilité, séis mes et s ociété]. México: Centro de
Información y Estudios Sociales/Dirección General de Protección Civil, 1996.
18
Les systèmes préfabriqués/industrialisés et la référence française ont constitué l’une de mes
principales sources – au moins d’inspiration - lors de la réalisation de ma thèse de maîtrise
d’architecture dans le domaine des systèmes constructifs. A. RESENDIZ, Los sistema s
constructivos mixtos (Nuevo reto para el control de obra). Tesis para obtener el grado de maestro
en ciencias con especialidad en arquitectura, México, Escuela Superior de Ingeniería y
Arquitectura, Sección de Estudios de Posgrado e Investigación, unidad Tecamachalco, Instituto
Politécnico Nacional, 2002. Dir. F. LUNA.
19
P. CHEMILLIER, "Technological evolutions in France after 1950 and present trends", p. 10-14, in
Seminar on co nstruction and buil ding materials. Actes du séminaire organisé par SASO, CSTB,
AFNOR, CEBTP, S.I., 6-7 February 1984. S.I. : S.I., s.d.
5
apparent ease with which the pr oblems cou ld be solved, given t he
supposed existence of technical solutions in the industrialized countries”20...
“Newly industrialised co untries tend pretty much to follow the develop ment
trends of t he 1960s and 1970s, which were character ised by mass
production...They also h ave the advantage of being able to learn fro m the
mistakes of countries which developed sooner”21.
20
R. T. McCUTCHEON, “Science, technology and the state in the provision of low-income
accommodation: the case of industrialized house-building, 1955-77”, Social studies of science,
vol.22, n°2, 1992, p. 364.
21
A. SARJA (ed.), Open and industrialised building. London/New York: CIB International Council
for Building Research Studies and Documentation, 1998, p. 85.
22
B. VAYSSIERE, Reconstruct ion : déconstruction : le hard French ou l'arc hitecture française des
Trente Glorieuses. Paris : Picard, 1988. 327 p. 9.
23
Propos d’André Guillerme.
6
est supposé être réglé par d’autres typologies de préfabrication : « ouverte » et
« légère », que les pouvoirs publics essaieront, à plusieurs reprises, de mettre en
œuvre ; notamment avec les premiers résultats d’une « industrialisation ouverte »
vers 1965, puis cinq ans après, avec la naissance du Plan Construction et
Architecture.
24
M.-F. SORLIN (Enquête de), « Bâtiment : le mirage de l'industrialisation », La vi e français e
(L'Opinion), no 48, 1er déc. 1975, p. 18.
25
CENTRE GEORGES POMPIDOU (ed.), Architecture et industrie : passé et av enir d’un mariage
de raison. Paris: Centre de Création Industrielle/Centre Georges Pompidou, 1983 p. 5
26
J.L. VENARD, « L'industrialisation comme transformation permanente de l'acte de bâtir », p. 6-
11, in CENTRE GEORGES POMPIDOU (ed.), op.cit.
7
industrialisation »27, pour se poser les mêmes questions, encore sans solutions.
« L’industrialisation n’est donc pas cet événement toujours prédit et toujours
attendu pour demain… »28.
B. Méthode et sources
Préfabrication
27
J.-L. SALAGNAC, « Some questions raised by industrialisation in construction », communication
présentée le 14 décembre 2004 lors d’une réunion du groupe de travail n° 57 du Conseil
International du Bâtiment. La présentation sous format power-point nous a été fournie par l’auteur.
28
VENARD, op. cit.
29
Le système traditionnel évolué et se définit parfois comme le système de construction utilisant
des éléments industrialisés de petite ou moyenne dimension, nécessitant d’importants travaux sur
chantier ; ou bien comme celui pour lequel les matériaux traditionnels (pierre, brique,…) sont mis
en œuvre de façon rationnelle, mécanique, selon une organisation planifiée.
8
Dans la décennie suivante, le secteur du logement, prioritaire, exige,
comme pour le choix industriel, la série et le volume ; la continuité et la
répétitivité s’imposent dans les opérations de logements massives — Grands
Ensembles, Zones à Urbaniser en Priorité (ZUP). La préfabrication lourde et
fermée devient synonyme d’industrialisation. Cette politique de construction
semble s’essouffler, selon Pierre Chemillier, à la fin des années soixante,
notamment en 1968-6930, avec la réduction de la demande de construction qui se
traduit par des opérations de moins en moins importantes et des chantiers
dispersés. La continuité est alors recherchée en groupant les commandes et en
développant des projets types, selon la politique des modèles caractérisée par la
répétition d’un même projet sur des sites différents ; l’une de caractéristiques qui
se retrouve notamment dans la construction scolaire.
Secteur scolaire
30
Pierre Chemillier, ingénieur général honoraire des Ponts et Chaussées, « L’épopée de
l’industrialisation du bâtiment après la guerre 1939-1945 », Conférence du 14 juin 2002, Comité
d’histoire, ministère de l’Equipement, des Transports, de l’Aménagement du territoire, du Tourisme
et de la Mer.
31
P. CHEMILLIER, I. BUTTENWIESER, H. CHEVET, CENTRE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE
DU BATIMENT (CSTB) (ed.), Panorama des techniques du bâtiment 1947-1997. Paris : CSTB/Plan
Construction et Architecture, 1997, p. 25.
9
l’heure actuelle, le plus gros service constructeur de France […] »32, ce qui,
d’ailleurs, n’était pas sa vocation. Dès le début des années 1970 cependant, la
conjoncture économique et sociale, associée à des événements spécifiques
comme l’incendie d’un collège préfabriqué en 1973, font basculer cette politique
jusque là très volontariste.
1951-1973
Lors d’un concours lancé en 1948, le ministère commence par agréger des
prototypes. Nous préférons cependant commencer notre enquête en 1951, date
du premier rapport du Plan de l’Equipement scolaire, représentatif non seulement
des techniques de construction, mais aussi de l’expression d’une politique
étatique et industrialiste. Notre parcours pourrait s’arrêter en 1983, lorsque le
ministère de l’Education nationale décide de cesser de construire sur la base de
« systèmes constructifs ». Néanmoins, nous avons décidé de garder la date
emblématique de 1973 comme ultime borne car elle coïncide avec l’inflexion des
besoins en termes de quantité et de rapidité, et par conséquent, elle illustre une
rupture architectonique basée sur de nouveaux paradigmes technologiques :
qualité et diversité architecturale.
Productivité
32
J. MINOT, L'entreprise Education nationale. Paris: Armand Colin, 1970.
10
La préfabrication devient alors symbole de modernité, de progrès social :
sous drapeau français, d’immenses chantiers et de grandes grues, enlevant les
grands panneaux pré-moulés, dessinent le paysage et l’avenir. Les figures
d’avant-garde américaine et les références allemandes encouragent des
explorations pour appréhender la productivité. Celle de l’industrialisation du
bâtiment, par la préfabrication, a pour modèle d’efficacité les grandes industries
comme celle de l’automobile. C’est ainsi que la notion de productivité est
devenue le fil conducteur de cette recherche et les paradigmes technologiques
des grandes industries, les grands repères de sa remise en cause. D’emblée,
trois questions s’imposent.
Paradigmes et trajectoires
33
A. BELTRAN, P. GRISET, Histoire des techniques aux XIX° et XX° siècles. Paris: A. Colin, 1990.
34
J. SUMMERTON, (ed.), Changing large technical systems. Oxford Westview press, 1994.
11
mécanismes technologiques, nous nous demandons dans quelle mesure la
préfabrication, comme moyen d’industrialiser le bâtiment, répond à l’attente
technique mais aussi sociale. L’environnement économique, la pression sociale,
la volonté politique, les habitudes culturelles, comme le signalent les deux
manuels de François Caron, agissent directement sur les recherches techniques
et expliquent échecs et succès. Ainsi, nous analysons les procédés de
préfabrication utilisés durant cette période dans la construction scolaire, comme
produits à la fois d’une industrialisation du bâtiment, en train de se remettre en
cause - voire même en échec -, et d’une technique de construction qui accroît
ses gains de productivité. Les « constructeurs du système », en sont les
créateurs : inventeurs, ingénieurs, architectes concepteurs. Pour Thomas
Hughes, les constructeurs du système sont aussi ses défenseurs ; ils utilisent
certaines tactiques pour promouvoir et défendre leurs systèmes ; ils essaient de
bloquer les reconfigurations qui menacent leur contrôle ; ils cherchent, dans
l’évolution du système, à « discerner le point le plus faible et (…) à le
renforcer »35. Finalement, ce qu’ils tentent de résoudre, ce sont les problèmes
contrariant la croissance du système, de nature technique, mais aussi
économique, organisationnelle ou politique (Hughes, 1994 et 1998 ; Summerton,
199436). Dès lors, il s’agit aussi de décortiquer le chemin suivi par les
constructeurs du système, par lequel ils ont dépassé ou contourné les blocages
techniques.
35
T. HUGHES, « L'histoire comme système en évolution », Annales. Histoire, Sciences Sociales,
o
vol. 53, n 4, 1998, p. 843.
36
T. HUGHES, « The evolution of large technological systems », p.50-82, in W. BIJKER, T.
HUGHES, T. PINCH, (eds.), The social construction of technological systems (New directions in the
sociology and history of technology). Cambridge, Massachusetts: The MIT Press, 1994 ; HUGHES,
« L'histoire (…) », op.cit., p. 839-57 ; et, J. SUMMERTON, “Introductory essay: the systems
approach to technological change”, p.1-21, in J. SUMMERTON (ed.), Changing l arge techn ical
systems. Oxford: Westview press, 1994.348 p.
37
SUMMERTON, “Introductory essay (…)”, op.cit.
12
différentes ou de différentes parties des diverses systèmes38 ; enfin, les
systèmes dérivés de monopoles, reconfigurés par la concurrence et le libre
accès. D’emblée, une première hypothèse est posée : les moyens de productivité
donnés à la préfabrication, sur la base des grands chantiers du logement,
transférés aux chantiers scolaires - petits et dispersés -, forment un système
reconfiguré de parties de divers systèmes.
Etat de l’art
38
Crossing boundary systems
39
L’approche de grands systèmes techniques et celle des paradigmes technologiques, sont des
approches rivales. Le premier soutient que les changements technologiques se déroulent de
manière progressive. Le second propose que tout changement (trajectoire technologique) est
introduit par des ruptures.
40
C. DU-TERTRE, C. LE-BAS, L'innovation et l es e ntreprises à i ngénierie i ntégrée dans le
bâtiment. Plan Construction et Architecture (PCA), mars 1997. exempl. Imprimé : PCA (Coll.
Recherche).
41
C. GOBIN, Composants d'enveloppe : de l'industriel au chantier. Paris : PCA, 1996.
13
pourrait faire l’objet d’une thèse. Cependant, quels sont les acquis antérieurs sur
ces sujets ?
La thèse de Robert T. McCutcheon relative à « l’industrialisation du
logement de 1955 à 1977 »42 expose comment, malgré leur « échec relatif»,
différentes autorités ont appliqué les principes de la science et de la technologie
pour améliorer la productivité de l’industrialisation du bâtiment. Parmi les
références françaises, trois travaux nous ont spécialement guidée : d’abord, celui
du Conseil à la décision et à la réalisation en aménagement urbain et régional
(CODRA), qui réalise, en 1979, un rapport sur les évo lutions historiques des
concepts en m atière d ’industrialisation ; la deuxième partie de ce document
analyse « la période de l’après-guerre 1945-1970 », présentant en trois sous-
périodes les « idées » de l’industrialisation de la construction par le changement
de mentalités, de structures et de politiques43/44. Le projet de fin d’études, réalisé
à l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées par Franck Boutte sur les« Matériaux
pour une réflexion critique sur l'industrialisation de la construction des
logements » (1992)45, présente un parcours des techniques de construction de
1943 à 1977, et esquisse les grandes lignes de la politique étatique
« industrialiste » ; de même, il présente les procédés de construction utilisés
dans les chantiers d’expériences du ministère de la Reconstruction et de
l’Urbanisme entre 1947 et 1948, notamment dans le secteur du logement.
Finalement, un troisième Panorama des techniques du bâtim ent 1 947-1997,
réalisé lors du cinquantième anniversaire du Centre Scientifique et Technique du
Bâtiment (CSTB)46, révèle les techniques constructives et leur contexte, en
découpant la période en avant et après 1974.
42
R. T. McCUTCHEON, “Science, technology and the state in the provision of low-income
accommodation : the case of industrialized house-building, 1955-77”, Social studies of science, vol.
22, 1992, 353-71.
43
CONSEIL A LA DECISION ET A LA REALISATION EN AMENAGEMENT URBAIN RURAL ET
REGIONAL (CODRA), ECOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSEES (ENPC), Evolution
historique des concepts e n matière d' industrialisation d e la constructi on (191 9-1970). Bagneux :
CODRA, 1979.
44
Une brève synthèse de ce rapport est publié par Jean-Pierre Portefait en « Soixante ans
d’industrialisation : l’évolution des idées », Techniques et architecture, n° 327, 1979.
45
F. BOUTTE, Matériaux p our une réflex ion critique su r l' industrialisation de la construction des
logements. Projet de fin d'études génie civil et bâtiment, Ecole nationale des Ponts et Chaussées,
nov. 1992. Dir. QUEFFELEC, M.
46
P. CHEMILLIER, I. BUTTENWIESER, H. CHEVET, CENTRE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE
DU BATIMENT (CSTB) (ed.), op.cit. ; CENTRE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE DU BATIMENT
(CSTB) (ed.), 1947-1997 Des hommes et des bâtiments. Paris : CSTB, 1997.
14
Cette trentaine d’années, décortiquée par ces auteurs, est donc subdivisée
pour donner lieu à des recherches spécifiques. Par ailleurs, la Reconstruction et
les grands ensembles constituent deux événements principaux de l’histoire de
l’architecture et de la construction française.
47
A. KOPP, F. BOUCHER, D. PAULY, L’architecture d e la reconstructio n en F rance 19 45-1953,
Paris, Le Moniteur, 1982. Publication suite à KOPP A., F. BOUCHER, D. PAULY, (ARDU), 1945 -
1953 : France : l'architecture de la reconstruction. (Solutions obligées ou occasions perdues ?),
Rapport de fin d'étude d'une recherche remise au secrétariat de la recherche architecturale en
exécution du programme général de recherche mené par le Ministère de l'Environnement et du
Cadre de Vie. Saint Denis: Association pour la recherche et le développement de l'Urbanisme
(ARDU), Université de Paris VIII, oct. 1980.
48
B. VAYSSIERE, « Reconstruction (…) », op.cit.
49
D. VOLDMAN, La rec onstruction des v illes frança ises de 1 940-1954, histoir e d' une pol itique.
Paris: L'Harmattan, 1997.
50
H. SANYAS, Politique architecturale et urbaine de la reconstruction. (France 1945-1953). Thèse
ème
3 cycle, Urbanisme, Paris VIII, 1982. Dir. A. KOPP.
51
J. ROSEN, 1941-1951, 10 années d’expériences, mémoire de 3ème cycle, Ecole d’architecture de
Nancy, 1980.
52
N. SOLOPOVA, La préfabrication en URSS. Thèse de doctorat Urbanisme, Paris VIII, 2001. Dir.
Y. TSIOMIS.
53
J.-C. CROIZE, « A time when France chose to use prefabricated panel construction systems: the
"4 000 logements de la région parisienne" programme (1952-1958) » in M. DUNKELD, J.
CAMPBELL, H. LOUW, et. al. (eds.), Proceedings of the secon d in ternational c ongress o n
construction h istory (vol. 1) . Cambridge, Queens' College: Construction History Society, 29th
March-2nd April 2006.
54
D. BARJOT, La gr ande e ntreprise frança ise de trav aux pub lics (1 883-1974) (Co ntraintes et
stratégies). Thèse de doctorat d'Etat, Université de Paris IV, 1989.
55
F. DUFAUX, A. FOURCAUT, R. SKOUTELSKY, Faire l' histoire des g rands ens embles. Lyon:
ENS 2003.
15
constructive », illustrés dans le récent rapport réalisé dans le cadre de l’axe de
recherche « Technique, territoire, architecture » du CDHTE, sous la direction de
Guy Lambert et Valérie Nègre, avec la collaboration d’Emmanuelle Gallo et de
Denyse Rodriguez-Tomé56. Cette étude révèle les procédés de construction
utilisés dès les années concomitantes à la fin de la Seconde Guerre mondiale et
jusqu’à la fin des années soixante.
56
G. LAMBERT, V. NEGRE (sous la dir.), Ensembles urbains, 1 940-1977. Les r essorts de
l'innovation constructive , Rapport réalisé dans le cadre de l'axe de recherche « Technique,
territoire, architecture » du CDHTE pour la Direction de l'Architecture et du Patrimoine, Sous
Direction de l'architecture et du cadre de vie, bureau « création architecturale, paysage et cadre de
vie ». Paris: Conservatoire National des Arts et Métiers, Centre d'histoire des techniques et de
l'environnement (CDHTE), 2009.
57
J.-L. SALAGNAC, « Les opérations expérimentales du Plan Construction ». Communication au
1er Co ngrès franco phone d’histoire de la constructio n, Paris, 19-21 juin 2008. En cours de
publication.
58
A. RESENDIZ, « Typologie des procédés de préfabrication. Les cas des bâtiments scolaires en
France (1956-1973) ». Communication au 1er C ongrès fr ancophone d ’histoire de la c onstruction,
Paris, 19-21 juin 2008. En cours de publication.
59
Y. DELEMONTEY, “The MRU experimental building competitions (1947-1951): the birth of
industrialised building in France”, in M. DUNKELD, J. CAMPBELL, H. LOUW, et. al. (eds.), op.cit.
60
CROIZE, op.cit.
16
en 2009, deux travaux ont interpellé notre attention, l’un, de Nancy Dembo, sur
« l’architecture et l’industrialisation » à travers « des expériences au
Venezuela »61, et l’autre, de Ricardo Gulli, sur « les écoles préfabriquées en
Italie »62. Dès lors, il est probable que la préfabrication sera encore l’une des
thématiques controversées du quatrième congrès international d’histoire de la
construction, qui aura lieu à Paris en 2012.
61
N. DEMBO, “Architecture and Industrialization : a friendly relationship (The Venezuelan
experience)”, p. 483-489, in Proceedings of the third international congress on construction history
(Vol. 1), Brandenburg University of Technology Cottbus, Germany, 20-24 may 2009.
62
R. GULLI, « Pre-fabricated school buildings in Italy. The experimental events of the ‘60”, p. 775-
782., ibid.
G. MONNIER, L'architecture du XXème siècle. Paris: Presses universitaires de France, 1997.
63
64
A. SAINT, Towards a soc ial architecture (The role of sc hool building in post-war England). New
Haven and London: Yale University Press, 1987.
65
ASSOCIAZIONE ITALIANA TECNICO-ECONOMICA DEL CEMENTO-ROMA (AITEC),
Industrializzazione et prefabbricazione nell'edilizia scolastica. AITEC, 1966.
17
Les histoires de l’architecture française de Jaques Lucan et Michel Ragon,
exposent précisément l’industrialisation du logement, mais donnent peu
d’exemples concernant la construction scolaire.
66
A.-M. CHATELET, La naissance de l'architecture scolaire (Les écoles élémentaires parisiennes
de 1870 à 1914). Paris: Honoré Champion éditeur, 1999. 448 p.
67
A.-M. CHATELET, Paris à l'école, "qui a eu cette idée folle..." (Ouvrage publié à l'occ asion de
l'exposition "Qui a eu cette i dée folle, Paris à l'école." inaugurée le 28 janvier 1993 au Pavill on de
l'Arsenal). Paris: Editions du Pavillon de l'Arsenal/Picard éditeur, 1993.
68
B. VAYSSIERE, « Sous l'empire des trames » p. 198-207 in CHATELET, « Paris à l'école,
(…) », ibid.
69
Par exemple : I. GINESTON, Deux éc oles construites d ans u n co ntexte d ’après-guerre. Ecole
d’architecture de Versailles, année 2001-2002 ; R. LABRUNYE, L’école maternelle Fabien à Saint-
Denis, u ne ou vre sing ulière, Ecole d’architecture de Versailles, mémoire de maîtrise faire de
l’histoire, année 2000-2001.
70
LABRUNYE, R. « L’ingénieur et l’ingénu (Histoire d’école(s) », p. 19 in Annuel des mémoires
2000-2001, mémoires de IIe cycle . Versailles : Ecole d’architecture de Versailles ; LABRUNYE, R.
« Jean Prouvé ou l'impossible industrie », Le Visiteur, n° 11, mai 2008, p. 56-63.
71
Université de Strasbourg, équipe de recherche en sciences historiques. [réf. du 31 mai 2010]
disponible sur http://ea3400.unistra.fr/index.php?id=5130
72
B. LEMOINE, « Industrialisation de l’acier et logement », Techniques e t architecture , n° 484
Dossier : Acier.
73
A.-M. CHATELET, K. BENSALAH, L’architecture sco laire en r égion Il e-de-France (1. La p etite
couronne). Rapport du Laboratoire de recherche histoire architecturale et urbaine, sociétés, Ecole
de Versailles. Ministère de la Culture, Direction des affaires culturelles d’Île-de-France.
18
étude, consacrée à Paris et une troisième à la grande couronne ; travaux
auxquels, nous l’espérons, les résultats de nos recherches pourront contribuer.
Sources et synopsis
Dans un premier temps, des entretiens ont étayé notre propos, notamment
avec Pierre Chemillier qui, ayant travaillé au service technique des Ponts et
Chaussées de l’Académie de Nancy, a confirmé nos hypothèses, principalement
celles concernant le choix de facteurs de productivité. L’entretien avec Michel
Bazin, ancien ingénieur de la GEEP, nous a essentiellement aidé à comprendre
ce procédé. Une courte conversation téléphonique avec Joseph Belmont, l’un
des architectes de « l’école industrialisée à étages », a encouragé notre
démarche - ses seuls mots étant « pourquoi faire l’étude d’un échec » -. Enfin,
nous avons réalisé plusieurs entretiens avec André Guillerme, qui fut de 1971 à
1974, chargé des relations avec l’AFNOR et la Direction de la Construction, à la
Direction du Bâtiment des Travaux Publics et de la Conjoncture (dans le même
service que M. Léonard et avec Camille Bonhomme et Jean Prouvé).
19
La troisième partie souhaite connaître la réalité constructive de la
préfabrication dans la construction scolaire. Elle résulte du croisement de
différentes sources : les numéros spéciaux des revues d’architecture et de
construction scolaire, notamment celles de Techniques et a rchitecture,
l’Architecture d ’aujourd’hui, l’Architecture française et Construction ont été
systématiquement dépouillés ; à partir de ces revues nous avons construit une
base de données, croisant concepteurs et réalisateurs avec les différents
procédés de constructions. Cette information a ensuite été complétée avec la
documentation technique fournie par le CSTB (catalogues, agréments et avis
techniques) ainsi qu’avec les brochures des modèles du ministère de l’Education
nationale.
La jonction de ces trois parties, donne lieu aux conclusions qui portent,
pour l’essentiel, sur la trajectoire technologique de la préfabrication dans la
construction scolaire - et ses ruptures -, analysant ainsi la logique de
l’industrialisation du bâtiment, autre que celle de l’automobile.
20
PARTIE 1.
21
1.1. Préfabrication (s)
74
Louis Léonard, ingénieur divisionnaire des Travaux Publics de l’Etat, était un des meilleurs
experts de l’industrie. Il était affecté de 1967 à 1976 à la Direction du Bâtiment des Travaux Publics
et de la Conjoncture du ministère de l’Equipement. Jean Prouvé admirait son expertise, propos
d’André Guillerme.
75
L. LEONARD, « Préfabrication d'hier, industrialisation d'aujourd'hui », Construction (numéro
spécial industrialisation du bâtiment, tome I), Tome XX, no 3, mars 1965, p. 72.
22
d’« un jeu »76, de « système » ou tout simplement de « construction »77. Nous
éclaircissons en conséquence chacune de ces connotations78.
76
Dans le cas de l’industrialisation ouverte, il y a eu une politique d’élaboration des « règles du
jeu » qui a donné lieu à des rapports de recherche, par exemple : i) FEDERATION NATIONALE
DU BATIMENT, Règles du jeu (permettant la fabrication industrielle de composants destinés à l a
construction d'immeubles d'habitation du type social). Paris : Fédération Nationale du Bâtiment, 10
mars 1975 (D.G.-No. 12.716), exemp. dactylogr. ii) MINISTERE DE L'EQUIPEMENT, DIRECTION
DU BATIMENT DES TRAVAUX PUBLICS ET DE LA CONJONCTURE, Participation à l'élaboration
de la rè gle du jeu de l'industrialisation ouverte : Alpha-Ingénierie, fév. 1977 (Marché no. 76-61096
du 2 juin 1976), exempl. dactylogr.
77
Pour des publications dans lesquelles les mots industrialisation, préfabrication, sont évités, voir
par exemple : P. BERNARD, La co nstruction p ar co mposants co mpatibles. Paris: Editions du
Moniteur, 1980.
78
Par la suite, nous faisons référence aux définitions issues de la littérature française, cependant
nous avons constaté les ressemblances qu’il y a dans d’autres langues, notamment en anglais et
en espagnol. Voir annexe 1 : Définitions de l’industrialisation.
23
1 2
3 4
5 6
24
A. Types de préfabrication
79
En 1946, l’Association nationale de la préfabrication regroupait la plupart des sociétés françaises
de préfabrication : Société d’Architecture et Préfabrication, Société des Constructions Métalliques
Fillod, La Maison Métallique Grames, L’Industrielle de Constructions Modernes, La Construction
Métallique Légère, Société Technique et Industrielle de Constructions Usinées, Société
Electrotube-Solesmes, Société des Carrières de l’Oise et de la Meuse, Société Française de
constructions Rationnelles, Entreprise de Génie Civil et Travaux Publics, Société pour la
Construction Immobilière Préfabriquée, Société Le Moulage du Béton, Société Les Eléments
Préfabriqués Eriès, Société de Construction Jeep, Compagnie Industrielle de Maisons
Préfabriquées (Les Maisons Schueller), Société Parisienne pour l’Industrie Electrique, Société des
Maisons Phénix, Entreprise Rouzaud, Société d’Application des Procédés Alphilaire.
ASSOCIATION NATIONALE DE LA PREFABRICATION DU BATIMENT (L'). « L'Association
nationale de la préfabrication du bâtiment (Ses buts) », Le Mon iteur des T ravaux publics et du
Bâtiment, no hors série, nov. 1946, p. XXIV.
80
Ibid. p. XXIV.
25
Préfabrication
81
P. ABRAHAM, Architecture préfabriquée. Dunod, 1946, p. 2. [Le souligné par l’auteur]
82
M. LODS, « De la préfabrication », Le Mo niteur des T ravaux p ublics et du Bâti ment, no hors
série, nov. 1946, p. 52.
26
Préfabrication industrielle
83
Voir annexe 1 : Définitions de l’industrialisation du bâtiment.
84
E. FREYSSINET, « Préfabrication et bâtiment », Bâtir (Revue tec hnique de l a F édération
nationale du bâtiment et des activités annexes), no 28, janv. 1953, p. 1-3.
85
P. MESLAND, « La préfabrication », L'architecture d'aujourd'hui, no 4, Janvier 1946, p. 3.
27
type peut correspondre aux constructions de caractère non répétitif,
construites avec des éléments préfabriqués dont les moyens industriels
de fabrication restent secondaires et dépendent des moyens de
production des réalisateurs.
- Préfabrication industrielle. Fabrication d’éléments hors de leur site
définitif selon les méthodes de l’industrie, lesquelles sont appliquées
aussi bien dans la fabrication des éléments que dans la construction
elle-même. Pour Camille Bonnome et Louis Leonard (1959), dans ce
type de préfabrication « La mise en place se réduit à un simple
montage au sens industriel du mot »86. Ce n’est qu’un modèle qui
représente l’une des grandes utopies de l’industrialisation du bâtiment.
86
C. BONNOME, L. LEONARD, « L'industrialisation du bâtiment », L'industrialisation du bâtiment.
Paris: Librairie Aristide Quillet, 1959. 1387-521 p. 1398.
87
P. ABRAHAM, Op.cit., p. 1.
88
«C’est ainsi que furent construits par MM. BAUDOIN et LODS, pour prendre un cas bien connu,
les gratte-ciel de Drancy célèbres à divers titres ». M. MARINI, « Architecture et préfabrication
(Exposé du 20 juillet 1945) », Annales de l’Institut technique du bâtiment et des travaux publics, no
160, 1945, p. 1.
89
P. MESLAND, op.cit. p. 3.
28
(1965) les entreprises à vocation de préfabrication d’éléments en terre
cuite sont moins équipées que les grandes usines de panneaux en
béton90.
- Préfabrication en usine91. Le lieu dispose de tous les moyens de
production d’une industrie : mécanisation, organisation rationnelle du
travail, outils de contrôle, main d’œuvre spécialisée. Cet endroit n’est
généralement pas situé près du chantier, au sein duquel le bâtiment
sera définitivement édifié (éloignement de l’ordre de 50 km maximum).
L’usine est un endroit fixe à partir duquel les « parties » préfabriquées,
d’un bâtiment, seront livrées [Figure 3].
90
G. BLACHERE, « L'industrialisation du bâtiment en France », Techniques et architecture, 25ème
série, no 4, mai - juin 1965, p. 95.
91
Comme pour la Cité de Creutzwald de l’architecte M. Emile Aillaud. Des exemples plus connues
dans l’historiographie de l’industrialisation du logement.
92
E.-H.-L. SIMON, « La préfabrication dans la Construction (emploi actuel et possibilités d'avenir)»,
Le Moniteur des Travaux publics et du Bâtiment, no hors série, mars 1950, p. 52.
93
M. TERNY, « Pourquoi et comment nous devons industrialiser le bâtiment », Construction
(Numéro s pécial in dustrialisation d u b âtiment, tome I) , Tome XX, no 3, mars 1965, p. 87. Et, G.
BLACHERE, « L'industrialisation … », op.cit, p. 95.
94
G. BLACHERE, « L'industrialisation … », op.cit., p. 95.
29
Figure 2. Préfabrication en usine (atelier de fabrication des trumeaux)
Source : Dossier Lafaille. Archive du CSTB [enregistré en mai 2007].
95
J.-J. BARETS, « La préfabrication lourde », Techniques et Architecture, 17ème série, no 5, nov.
1957, p. 82-84.
96
En fait, cet article indiquait que les éléments préfabriqués « en usine » ou « sur le chantier »
devaient avoir exactement les mêmes caractéristiques, faute de mépris pour ces dernières, ces
éléments ne sont : « ni moins lourds, ni moins finis que ceux fabriqués en usine ». J. BARETS, «
ème
Considérations sur la préfabrication lourde en France », Techniques et architecture, 25 Série, no
4, mai - juin 1965, p. 134.
30
2) L’importance de l’entreprise : les plus grandes sont capables de
supporter les charges de la préfabrication en usine, alors que les
entreprises moyennes ont recours à des ateliers in situ.
31
Figure 3. Préfabrication in situ.
Source : « Préfabrication sur chantier (300 logements de l'OCIL à Vincennes », Cahiers du Centre Scientifique
o
et Technique du Bâtiment, n 22, cahier 201, p. 1. « Ecole ronde de Vienne, procédé Lafaille », IFA,
LAFBE/Q/51/1-185/2.
32
B. Echelles
1) L’échelle de l’élément ;
2) L’échelle du bâtiment ;
3) L’échelle urbaine.
Echelle de l’élément
97
MARINI, M. « Architecture et préfabrication (Exposé du 20 juillet 1945) », Institut technique du
bâtiment et des travaux publics, no 160 (Circulaire Série A. No. 10), 20 juin 1945, p. 1.
33
« Préfabrication, industrialisation du bâtiment », en se référant notamment à la
normalisation dimensionnelle, distinguent trois niveaux98 :
- les éléments,
- les ensembles,
- es maisons.
98
MESLAND, op.cit., p. 4.
99
J. PILPOUL, « L'industrialisation du bâtiment (Introduction) », Le Moniteur des Travaux publics
et du Bâtiment, n° hors série, mars 1950, p. 6.
100
SIMON, E.-H.-L. « La préfabrication dans la Construction (emploi actuel et possibilités d'avenir)
o
», Le Moniteur des Travaux publics et du Bâtiment, n hors série, mars 1950, p. 52.
101
MESLAND, op.cit., p. 4.
102
SIMON, op.cit., p. 52.
103
L’exemple typique d’utilisation de cette échelle de la préfabrication est le chantier d’Orléans.
34
morceaux du bâtiment ». A partir de la définition de Simon, nous pourrions
facilement affirmer qu’un linteau est un élément et non un ensemble ; mais, si on
y inclut, dès la fabrication en usine, d’autres fonctions, par exemple, les
revêtements, s’agit-il d’un élément ou d’un ensemble ? Il s’agit d’un élément
préfabriqué.
a) Le composant : « […] est un produit fini qui a suivi une mise en forme telle
qu’il peut être intégré directement dans la construction des ouvrages,
sans pouvoir toutefois remplir à lui seul une fonction de la
construction [par exemple les prédalles] » ;
104
Même si nous n’étudions pas ce type de préfabrication, nous y faisons référence en tant qu’outil
méthodologique.
105
P. CHEMILLIER, Les tec hniques d u b âtiment el leur a venir ( Nouvelles do nnées du marché,
évolution de l'industrialisation). Paris: Editons du MONITEUR, 1977, p. 43-44.
35
préfabriqué’ sont synonymes »106. La notion de composant marque la première
politique en faveur de la « préfabrication ouverte », et amorce la deuxième
génération de la préfabrication.
Echelle du bâtiment
106
G. BLACHERE, Technologies de la construction industrialisée. Paris: Eyrolles, 1975. p. 36.
107
E.-H.-L. SIMON, op.cit. p. 49.
108
C’est une revue créée en 1920, dont il est l’un des fondateurs et où il a publié ses théories sur
l’architecture.
109
LE CORBUSIER-SAUGNIER, « Les maisons ‘Voisin’ », L’Esprit Nouveau, n° 2, 192, p. 214.
110
M. LODS, op.cit. p. 52.
111
M. PILPOUL en se référant à l’appréciation de M. LODS sur la préfabrication « totale ». J.
PILPOUL, « Nécessité de l'Industrialisation du Bâtiment », Le Moniteur des Travaux publics et du
o
Bâtiment, n° hors série, n nov. 1946, p. 6.
36
Vingt-cinq ans après, Pilpoul met en lumière le changement de pensée de
Le Corbusier : « Ces dernières années, M. Le Corbusier paraît avoir adopté la
conception de la construction employant des procédés de préfabrication, et non
celle de la préfabrication intégrale ». L’architecte suisse déclare au Vème Congrès
des CIAM (Paris 1937) : « L’Industrialisation du Bâtiment ne doit pas s’orienter
vers la répétition standardisée du type maison. C’est la standardisation
d’éléments du logis qu’il faut entendre » ; dans ses « Propos d’urbanisme »
(1946), il précise : « Admettons la grande série, celle des éléments préfabriqués
de maisons et non pas celle de maisons préfabriquées »112.
112
Ibid, p. 9.
113
J. FAYETON, « L’évolution de l’Art de bâtir en France », Le Moniteur des Travaux publics et du
o
Bâtiment, n° hors série, n nov. 1946.
114
L’exemple typique de préfabrication intégrale des maisons individuelles préfabriquées est
Noisy-le-Sec, ville française, dans la région de l’Ille de France.
37
Figure 4. Préfabrication à l’échelle du bâtiment
Source : Archive personnel M. Merlet, ancien ingénieur du CSTB, enregistré en juin 2005.
38
« Une maison préfabriquée est, en réalité, une maison construite au
moyen d ’éléments d ’assez grand es dim ensions, fabriqué s en série dans
des usines et assemblés par des moyens simples »115.
115
FAYETON, J. « L'évolution de l'Art de bâtir en France », Le Moniteur des travaux publics et du
bâtiment, no hors série (L'industrialisation du bâtiment et la reconstruction), nov. 1946, p. 49.
116
PILPOUL, « L'industrialisation …», op.cit. p. 5.
117
SIMON, op.cit., p. 49.
118
Au moins après la Seconde Guerre mondiale.
39
un logement qui sont ainsi réalisés et où une part plus ou m oins grande de
travaux dits ‘traditionnels’ reste à exécuter sur chantier »119.
Echelle urbaine
119
H. FAURE, « Recherche et modernisation dans l l'entreprise du bâtiment », p.138, in TRIDON
J.G. (dir.), Regards sur la F rance (Evol ution de la co nstruction -R éalisation et perspectiv es, to me
II:1964-1965). Paris: SPEI (éd.), 1966.479 p.
120
Nous expliciterons ultérieurement la notion de composant et de composants compatibles.
121
D. GREZES, J.-P. CHARON, Industrialisation ouverte: recherche et expérimentation 1971-1983
(Bilan d e do uze a nnées d e recherch es e t d' expérimentations, des pr emières réfl exions a ux
réalisations ex périmentales). Paris: Ministère de l'urbanisme et du logement (Plan construction &
habitat. Bilan thématique)/Impr. centrale commerciale, 1983, p. 23.
122
E.-H.-L. SIMON, op.cit. p. 52
40
« La préfabrication a yant pour conséque nce de réaliser une
économie d e prix de r evient à qu alité égale, il s’ ensuit que la condit ion
logique e st de pouvo ir fabriquer en grandes quantités afin de po uvoir
amortir l’outillage spécial créé à cet effet »123.
123
MESLAND, op.cit., p. 4.
124
LODS, « Le problème, produire industriellement les bâtiments, dessiner le pays », Techniques
o
et architecture, 17e série, n 5, nov. 1957, p. 78.
125
PILPOUL, « Nécessité …», op.cit., p. 11.
126
Françoise Choay (1965) expose, entre autres, deux types d’urbanismes basés, l’un sur un
modèle progressiste, l’autre, sur un modèle culturaliste. Le modèle « progressiste » est celui qui a
été diffusé par les CIAM (1933), issu de l’Ecole de la Bauhaus, soutenant une production en série
par une normalisation et standardisation appliquées à l’architecture ( § 1.2.B. Industrialisation et
architecture). F. CHOAY, L'urbanisme, utopies et réalités : une anthologie. Paris: Editions du Seuil,
1965.
41
C. Terminologie dualiste et actions
Pourtant, ce qui était lourd à une époque, ne l’est plus à une autre. De
même ce qui avait évolué à une époque, n’évolue plus à une autre. C’est le cas,
par exemple, de la « préfabrication lourde » qui, dans un sens péjoratif, est
rebaptisée « traditionnel évolué ». En 1957, Marcel Lods pense que la
préfabrication lourde peut aussi être appelée « traditionnel évolué », car la
véritable industrie, n’existait que dans la préfabrication légère127. D’où différentes
dénominations, liées aux différents degrés technologiques.
127
LODS, « Le problème… », op.cit., 1957.
42
Lourde & légère
128
E.H.L. SIMON, L'industrialisation de l a c onstruction. Paris: Editions du Moniteur des travaux
publics, 1962. p. 39.
129
M. REVEL, La préfabrication dans la construction. Paris: Entreprise Moderne d'Edition, 1966. p.
21.
43
Pour Marcel Lods le bâtiment assemblé peut être conçu suivant deux
modes ; « le préfabriqué lourd et le léger ». Il caractérise le préfabriqué lourd par
l’emploi, « (…) en grande quantité, de matériaux lourds (sable, caillou, ciment)
[…] et l’utilisation, tant pour la confection des éléments que pour leur
assemblage, du phénomène chimique de la p rise ». A l’inverse, dans le
préfabriqué léger on utilise, en petites quantités, des matériaux coûteux (acier,
bronze, métaux inoxydables, bois bakélisés, matières plastiques, métaux légers),
« mis en œuvre par des machines aussi parfaites que possible »130. Pour Lods,
partisan, pensons-nous, du léger, la différence entre l’un et l’autre n’est pas
seulement dans la composition des éléments préfabriqués liée aux matériaux
utilisés, mais aussi dans le degré de performance. Si le cas de la préfabrication
lourde, pour lui, peut être classé comme un système traditionnel évolué, la
préfabrication légère, en revanche, entrait dans le cadre d’une préfabrication
évoluée.
130
LODS, « Le problème… », op.cit., p. 74-75.
131
Comme il l’avait était pendant la guerre à usage civil –les autoroutes et les ponts – à usage
guerrier – blockhaus, digues.
132
LODS, « Le problème…», op.cit., p. 75.
133
BLACHERE, op.cit., p. 95.
44
Blachère déclare que de cette « totalité », seules les façades ont survécu à cette
tendance134. En 1980, Paul Bernard, dans ses recherches vers une
industrialisation ouverte propose, pour caractériser les éléments légers un poids
de moins de 100 kg, pour les semi-lourds, jusqu’à 3 t, et pour les lourds, au-delà
de 3 t135.
134
G. BLACHERE, « La construction industrialisée en béton », p. 193-197. in: CENTRE
SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE DU BATIMENT (CSTB), (ed.). Les p olitiques tech niques d e
construction. Actes du Colloque algéro-français, Sidi Fredj, Algérie, 12 -16 mai 1984. Paris : CSTB,
1985.
135
BERNARD, op.cit., p. 40.
136
J.-B. ACHE, « Les techniques de construction des bâtiments », in DAUMAS M. (dir.), Histoire
générale d es t echniques. Tome V: Les tec hniques de la civilis ation i ndustrielle. Paris: Presses
Universitaires de France, 1979, p. 253.
137
BLACHERE, « La construction … », op.cit. p. 197.
138
BERNARD, op.cit., p. 40.
45
Fermée & ouverte
Non seulement Bernard, mais aussi Terny quinze ans auparavant, dans un
article intitulé « Pourquoi et comment nous devons industrialiser le bâtiment »,
définit « La préfabrication ouverte ou légère » sans aucune différenciation entre
un adjectif et l’autre, comme celle qui « met à disposition du constructeur des
éléments normalisés […] qu’il peut intégrer comme il l’entend dans sa
construction […] »139. Cette définition de la préfabrication ouverte, dénommée
ainsi par opposition à la préfabrication fermée, ne correspond pas à la
préfabrication légère qui fait référence à la composition physique des éléments
préfabriqués. En revanche, il est vrai que les éléments préfabriqués, symboles de
légèreté, sont élaborés avec des composants déjà banalisés (i.e. profilés), ce qui
peut conduire à confondre ces deux caractéristiques de la préfabrication.
Dans les années de 1960 à 1968 les systèmes lourds sont aussi des
systèmes fermés. Ce sont des panneaux, de grandes dimensions en béton, eux-
mêmes conçus et produits par un même fabriquant. Même si la préfabrication
139
TERNY, op.cit., p. 87. [le souligné par l’auteur]
140
MESLAND, op.cit., p. 3. [souligné par l’auteur]
46
ouverte prévaut théoriquement durant cette première période, ce n’est qu’après,
au début des années 1970, qu’une deuxième génération est relancée.
141
Les définitions ici proposées concernant les « composants de catalogue » et « composants à la
demande » correspondent à celles données par G. BLACHERE, Technologies de la construction
industrialisée. Paris: Eyrolles, 1975, p. 35. Par ailleurs, la comparaison entre une première et une
deuxième génération est le résultat de l’analyse historico-critique que nous proposons.
142
A. DEMENAIS, « L'industrialisation du bâtiment », Architecture d'aujourd'hui, (La), 4, no Janvier
1946, p. 7.
47
souplesse, diversité et flexibilité, que les principes théoriques vers l’ouverture
deviennent des actions143.
« Les règle s du jeu sont les conven tions communes que s’ imposent
les professionnels qui veulent utiliser ou fabriquer des co mposants. Elles
portent sur les dim ensions, les co nditions d’ assemblages, les toléran ces
des divers éléments de la construction […] »146.
143
LAMBERT, G. « La Première décennie du Plan Construction 1971-1982, stratégies éditoriales
et représentations », Histoire de l' architecture français e. De la Révolution à nos jours, no 59,
octobre 2006, p. 141-51.
144
MINISTERE DE L'EQUIPEMENT, DIRECTION DU BATIMENT, DES TRAVAUX PUBLICS ET
DE LA CONJONCTURE, DIRECTION DU BATIMENT DES TRAVAUX PUBLICS ET DE LA
CONJONCTURE, op.cit., p. 46.
145
Un jeu du même nom est breveté en Angleterre au début du XXème siècle. Puis, il est introduit
en France et en 1924 une usine de Meccano inc. est créée à Paris Belleville (aujourd’hui école
d’architecture). « Ce jouet de construction s’est hyperdeveloppé entre les deux guerres parmi les
adolescentes qui devenus adultes, comprennent ainsi la puissance des éléments préfabriqués pour
construire ». Propos d’André Guillerme.
146
INSTITUTE WALLON, Industrialisation et loge ment. Institut Wallon de développement
économique et social et d'aménagement du territoire, avril 1979. Note no. 6, 197.
48
« Pour que des co mposants pro duits en séries naissent et se
développent il faut qu’au préa lable chacun [l ’Administration, les
promoteurs, les con cepteurs, les ind ustriels, les fabricants, les poseurs] ait
consenti à respecter des règles du jeu communes qui assur ent la
compatibilité des com posants entre eux et la co hérence avec les ob jectifs
assignés [qualité, maîtrise de coûts, mise en valeur des intervenants] ». (9).
Il s’agit d’une première volonté de variété. Toutefois, elle n’a pas réussi
coordonner les différents acteurs. Néanmoins, Bernard (1979) témoigne que les
meccanos lourds et légers se sont beaucoup développés, par exemple pour la
construction des écoles et des établissements scolaires147.
147
P. BERNARD, op.cit. p. 116.
148
D.GREZES, J.-P. CHARON, op.cit., p. 23.
149
P.CHEMILLIER, « De la préfabrication aux systèmes constructifs », Techniques et archi tecture
o
n 328, dec.-janv. 1979, p. 49.
150
Circulaire no. 77-1 56 du 7 nove mbre 1977 et n o. 78- 87 d u 2 3 ju in 197 8 d u ministère de
l’Environnement et du Cadre de vie.
151
Un exemple de rapport de recherche de cette politique est : B. HAMBURGER, J.-M. SAVIGNAT,
A. THIEBAUT, Architecture et systèmes c onstructifs. Rapport [sans aucune spécification] du
ministère de l'Environnement et du Cadre de Vie, Direction de Construction, Centre d'études et de
recherches architecturales (CERA-ENSBA). Paris: Ministère de l'Environnement et du Cadre de
Vie, Direction de la Construction, s.d.
49
dominé par une entrepri se et le développement du système dépendait d es
marchés des travaux obtenus par cette entreprise »152.
152
« Une interview de Monsieur Chemillier, directeur du CSTB (Pourquoi développer l'emploi
d'éléments industrialisés dans le bâtiment) », Photocopie de l'article sans références. Archive du
CSTB, n.d., p. 11.
153
De la même période date une recherche pour le compte du Plan Construction portant sur des
« composants à la demande », dont les principes technologiques sont l’opposé de ceux proposés
par la politique de « composants de catalogue » (recherche de la série de composants et
coordination dimensionnelle). Les résultats de cette recherche dont les hypothèses sont basées sur
l’application de l’informatique à la conception et production de composants produits
« industriellement à la demande » ont été publiés dans : M. LITAUDON, La bataill e de l a
productivité se gagnera dans les usines. Paris: Plan Construction, 1981.
154
P. BERNARD, Techniques et avenir: Etat d'avancement de l'action « Industrialisation ouverte ».
Rapport de la Direction du bâtiment et des travaux publics et de la conjoncture (DBTPC) du
Ministère de l'Equipement. Paris: [1976]. 11 p., exempl. dactylogr.
155
« Une interview de Monsieur Chemillier, directeur du CSTB (Pourquoi développer l'emploi
d'éléments industrialisés dans le bâtiment) », Photocopie de l'article sans références. Archive du
CSTB, n.d., p. 11.
156
P.BERNARD, « La construction … », op.cit., p. 149.
157
Cette histoire reste à faire. J.-L. SALAGNAC, Responsable adjoint du laboratoire Services,
Process, Innovation du Département économie et sciences humaines du CSTB s’intéresse à cette
question.
50
Provisoire ou définitive
158
MESLAND, op.cit. p. 5.
159
Quarante ans après leur construction, les éléments et les bâtiments vieillissent et ont besoin
d’aménagements ou de substitutions.
160
André Guillerme remarque que la Direction du Bâtiment et des Travaux Publiques de la
Conjoncture qui était avec Louis Léonard au cœur du réseau de préfabrication dans les années
1970, était dans les annexes préfabriqués « provisoires », 31 rue Fremicourt (Paris, 15ème
arrondissement), comme la Direction de la Construction, gestionnaire des chantiers publics l’était 2
avenue du Parc de Passy (Paris, 16ème)
161
Voir par exemple les travaux, à la fin des années 1940, de l’architecte Roland Bechmann. K.
FARES, « La maison transportable ‘télescopique’ », Communication au Premier congrès
francophone d’histoire de la construction, Paris, 19,20 et 21 juin 2008.
51
constructions provisoires utilisées pendant la Reconstruction et qui, après, ont
été utilisées comme publicité négative contre la préfabrication (définitive).
162
ASSOCIATION NATIONALE DE LA PREFABRICATION DU BATIMENT (L'), op.cit. p. XXIV.
163
A. DUPIRE, B. HAMBURGER, J.C. PAUL, et al. Deux essais sur la constructio n. Bruxelles:
Architecture/Pierre Mardaga, 1981, p. 13-17.
52
1.2. Industrialisation du bâtiment
164
« Préparation préalable du travail ; exécution en usine ; précision des fabrications ; recherche
d’élément simples, se répétant, et faciles à assembler ; montage sur chantier et rapidité
d’exécution ». L. LEONARD, « Préfabrication d'hier, industrialisation d'aujourd'hui », Construction
(Numéro spécial industrialisation du bâtiment, tome I), Tome XX, no 3, mars 1965, p. 72.
165
Ibid.
166
La machine à vapeur du James Watt (fin du XVIIIème siècle), la machine à filer « Jenny » de
James Hargreavi (1795), celle du « Power loom » de Edmond Cartwright (1765), caractérisent une
première révolution industrielle. Puis, les changements dans les transports à partir de procédés de
Henry Cort: le navire à vapeur, les chemins de fer. Plus tard, la découverte de l'électricité, du
pétrole et de la chimie. Enfin, une troisième révolution industrielle se manifestera par l'emploi de
nouvelles sources d'énergie (nucléaire), le développement de l'industrie chimique et l’application de
l’informatique aux processus de production.
167
F. CARON, Les deux révolutions industrielles du XXe siècle. Paris: Albin Michel, 1997. 525 p.
53
Quant à l’industrialisation de la construction, elle a connu des étapes
importantes en France et en Grande Bretagne : au XVIIIème siècle avec la
production des matériaux (chaux hydraulique, ciment artificiel,…)168 ; au XIXème
siècle avec le mise au point du béton et du béton armé, et l’introduction en grand
du fer, d’où en 1851, le fameux premier exemple de préfabrication construit à
Londres en fer et en verre : Crystal Palace ; au tournant des XIXème et XXème
siècles avec, parmi les événements majeurs ayant modifié les méthodes et
techniques de construction, l’utilisation de l’acier, comme matériau de
construction (i.e. les coffrages métalliques utilisés en série), des engins de
terrassement et des grues à tour (Philippe, 1996169), la propagation, dès le début
du XXème siècle, des différents engins de levage et des machines de
chantier (Beltran et Griset, 1990170) ; enfin, la « renaissance » et la diffusion de la
préfabrication à la fin de la Seconde Guerre mondiale171.
168
A. GUILLERME, Bâtir la v ille, rév olutions ind ustrielles dans les matériaux de co nstruction:
France-Grande Bretagne (1760-1840). [Seyssel]: Champ vallon, 1995.
169
L. PHILIPPE, Les mac hines de co nstruction de l'Antiquité à nos j ours: une histoire de
l'innovation. Paris: Presses de l'Ecole nationale des Ponts et chaussées, 1996.
170
A. BELTRAN, P. GRISET, Histoire des techniques aux XIX° et XX° siècles. Paris: A. Colin,
1990.
171
Danièle Voldman, le 19 novembre 2009, lors de son intervention comme jury de la thèse de
doctorat intitulée Le béton assemblé. Préfabriquer la France de l'après-guerre (1940-1955),
soutenue par Yvan Delmontey, remarquait que la préfabrication n’est pas la fille de la Seconde
Guerre mondiale, comme le soutenait Delmontey, mais qu’elle est la fille des « Deux Guerres ».
« C’est un travail, qui reste à faire » a-t-elle ajouté.
54
A ce propos, Gérard Blachère dans Technologies de la constru ction
industrialisée (1975) s’interroge sur « L’industrialisation : ce qu’elle n’est pas et
ce qu’elle est », et démontre que le lieu du travail (usine ou chantier)172, la série
de production173, l’intégration des acteurs174, la rationalisation175 du processus de
production, ainsi que le caractère d’innovation176 des produits préfabriqués ne
sont pas des attributs de l’industrialisation du bâtiment. L’ingénieur souligne que
« […] ce sont des circonstances qui ne sont pas sans lien avec l'industrialisation,
mais qui n'en constituent pas l'essence ». Pour Aubert (1972) ces
caractérisations attribuées à l’industrialisation du bâtiment sont « à la fois vraies
et fausses, parce que toujours partielles : si on les applique à des industries
évoluées, on constate qu'elles ne correspondent pas à tous les cas »177. Enfin,
pour Chouinard (1979) ce sont des corollaires « dépendants d'un processus dont
les paramètres sont issus d'un enchaînement de données essentiellement
économiques et technologiques »178.
172
« [...] il a souvent été dit que l'industrialisation est synonyme de travail à l'usine et que le travail
au chantier ne peut pas être industriel [...] Ce n'est pas l'endroit où l'on fabrique qui fait la
différence, c'est la technologie qu'on utilise » G. BLACHERE, Technologies d e l a construction
industrialisée. Paris: Eyrolles, 1975. p. 4.
173
« La série est souvent une condition nécessaire à l'emploi d'une technologie industrialisée, afin
notamment de permettre d'amortir la machine, mais ce n'est pas la condition suffisante ». Ibid.
174
L'intégration de tous les acteurs qui participent: « celui qui conçoit, celui que calcule, tous ceux
qui réalisent, celui qui fournit des matériaux […] En fait il est inévitable que des personnes ou
organisations différentes participent à la conception et à la réalisation d'un projet ou d'un objet [...]
Dans le bâtiment industrialisé comme dans la plupart des industries, la conception restera partagée
entre plusieurs concepteurs et distincte de l'exécution » C'est qu'il faut assurer donc « c'est
l'engrainage de gens entre eux […] Que l'on utilise des méthodes industrialisées ou pas, la
nécessité est la même, et ce n'est pas là un caractère essentiel de l'industrialisation ». Ibid. p. 5.
175
« [...] Rationaliser qui ‘veut dire étudier les méthodes de production, afin de réduire les temps de
travail, réduire les temps-machine, de façon à avoir la meilleure productivité et la meilleure
rentabilité’ ». Rationaliser peut exister aussi dans l'artisanat. Ibid. p. 4.
176
Il faut produire des objets différents. C'est faux. « lorsqu'on industrialise, on change par
définition la méthode de production », mais la conception peut rester la même. « L'industrialisation
ne réside pas dans la conception d'ensemble du produit, dans la façon dont l'objet répond au
programme, elle réside dans l'élaboration. Certes, la nouvelle méthode d'élaboration a une réaction
appréciable sur la conception et peu à peu l'objet change, parce que la manière de le réaliser
change, mas c'est un deuxième temps » Il faut se servir de matériaux nouveaux. C'est faux. « Un
matériau vieux comme l'histoire peut être employé d'une façon nouvelle et industrielle avec des
machines [...] ». Ibid. (6-7)
177
Y. AUBERT, Le bâtiment peut-il devenir une industrie? Paris: Eyrolles, 1972, p. 71.
178
L. CHOUINARD, Contribution à l'analyse écon omique de l'industrialisation du bâti ment. Thèse
de 3ème cycle, Sciences économiques et d'économie appliquée à la gestion, Rennes 1, 1976, p.
31. Dir. Y., MORVAN.
55
définitions selon lesquelles la préfabrication et l’industrialisation sont synonymes
(i.e. Fruitet, 1987179 ; Richard, 2005180).
179
L. FRUITET, « Constructions métalliques. Constructions industrialisées. », Techniques de
l'Ingénieur, traité de Construction, 1987.
180
R. RICHARD, « Industrialised building system: reproduction before automation and robotics »,
Automation in construction, Vol. 14, 2005.
181
J.-C. WESTON, « La construction par élément. De quoi s'agit-il? », Build international, Vol. 1, no
1, sept.-oct. 1968, p. 10.
182
Y. AUBERT, « Industrialisation du bâtiment », Techniques et Architectur e, 27e série, n° 5, fév.
1967.
183
C.BONNOME, L. LEONARD, L'industrialisation du bâtim ent. Paris: Librairie Aristide Quillet,
1959.
184
J. MOVSHIN, « Divulgation de l'industrialisation, deux conférences et un symposium
(Industrialisation de l'industrie de la construction: cours donné à Washington University, St Louis) »,
o
Industrialisation forum, vol. 1, n 2, Janv. 1970.
185
Dans ce genre aussi, Fernandez (1974) cite l’Institut Eduardo Torroja de la construction et du
béton (Instituto Eduardo Torroja de la Construction y del Cemento); Boutte (1992) à Provisor; et,
Sarja (1998) à Lugez et à Commandante. Voir annexe 1.
186
R. GUIDOT, « Matériaux d'industrie, matériaux d'architecture », p.6-11, in CENTRE GEORGES
POMPIDOU, (ed), Architecture et industrie. (Passé et avenir d'un mariage de raison). Paris: Centre
de Création Industrielle/Centre Georges Pompidou, 1983.
187
R. T. McCUTCHEON, « Science, technology and the state in the provision of low-income
accommodation : the case of industrialized house-building, 1955-77 », Social studies of scienc e,
Vol. 22, n°2, 1992.
188
G. BLACHERE, Savoir bâtir. (Habitabilité, durabilité, économie des b âtiments). Paris: Eyrolles,
1966 ; G. BLACHERE, « L'industrialisation clef d'un nouvel urbanisme? (Conclusions du Congrès
international organisé par la Fédération belge pour l'urbanisme et l'habitation, le développement et
l'aménagement du territoire) », Cahiers du Centre Scientifique et T echnique du B âtiment, cahier
1144, no 134, nov. 1972.
189
P. CHEMILLIER, Les tec hniques d u b âtiment el leur a venir ( Nouvelles do nnées du marché,
évolution de l'industrialisation). Paris: Editons du MONITEUR, 1977.
190
J.-B.ACHE, « Les techniques de construction des bâtiments », in DAUMAS M. (dir.), Histoire
générale d es t echniques. To me V: Les tec hniques de la civilis ation i ndustrielle. Paris: Presses
Universitaires de France, 1979.
56
« l’industrialisation dans le bâtiment »191. D’autre part, il y a une différence entre
la définition de l’industrialisation du produit (à différentes échelles) et
l’industrialisation du processus (méthode de production) (cf. Provisor, 1972192)193.
Industrialisation du processus
191
P. MADELIN, Industrialisation dans le bâtiment. Paris: G.M., 1969. 240 p.
192
H. PROVISOR, (sous la dir.), HAKIM, F., HENRY, E. Pôles et perspectives de l'industrialisation
du b âtiment. Etude réalisée par l'Institut de Recherche Economique et de Planification (CERER)
de Grenoble en convention de recherche avec le commissariat général du Plan et de la Productivité
(CORDES) (convention no. 19/1971 du 25 mai 1971) et la Direction du Bâtiment, des Travaux
Publics et de la Conjoncture. S.l.: CERER/CORDES/Ministère de l'Equipement et du logement, mai
1972, exempl. dactyl.
193
Les références de ce paragraphe correspondent à l’annexe 1 : « Les attributs de
l’industrialisation du bâtiment ».
194
Nous verrons plus tard que la définition n’est pas évidente s’agissant des phases la
préfabrication, mais à ce stade nous les schématisons de manière générale sous cette forme.
57
simplement spécia lisés, non qu alifiés, ou mieux par des m achines
automatiques. C'est cela le fond de l'industrialisation » 195.
Rationalisation et organisation
195
BLACHERE, « Technologies de la construction (…) », op.cit., p. 7.
196
J. MOVSHIN, « Divulgation de l'industrialisation, deux conférences et un symposium
(Industrialisation de l'industrie de la construction : cours donné à Washington University, St Louis)
», Industrialisation forum, vol. 1, no 2, Janv. 1970, p. 45.
197
BLACHERE, « Technologies de la construction (…) », op.cit., p. 4.
58
« Ce mouvement [de l'industrialisation du bâtiment] s'est fait sur les
deux fronts de la rationalisation , c'est-à-dir e de l'écono mie de main-
d’œuvre par la lutte contre les gasp illages et d e la mécanisation, c'est -à-
dire du remplacement de la main-d’œuvre par les machines »198.
Pour Blachère (1965) il faut rationaliser, d’une part, l’action de tous ceux
qui interviennent dans l’acte de construire : L’Etat, le client, l’architecte, le maître
d’ouvrage, et, d’autre part, la méthode de travail : « Les méthodes de réalisation
198
G. BLACHERE, J.G. TRIDON (dir.), « L'industrialisation du bâtiment », Regards sur la France
(Evolution de la construction, réalisation et perspectives, tome II:1964- 1965), 10ème année, no 28,
janv. 1966, p. 123.
199
J. BALLADUR, « L'industrialisation du bâtiment », Construction (Numéro spécial industrialisation
o
du bâtiment, tome I), Tome XX, n 3, mars 1965, p. 83.
200
Ibid.
201
J. PILPOUL, « Nécessité de l'Industrialisation du Bâtiment », Le Moniteur des Travaux publics et
du Bâtiment, n° hors série, no nov. 1946, p. 5. [Le souligné par l’auteur]
59
et d’organisation du chantier doivent aussi avoir été complètement définies par
l’entrepreneur seul ou avec un bureau d’étude »202.
202
G. BLACHERE, « L'industrialisation du bâtiment en France », Techniques et arc hitecture, 25e
o
Série, n 4, mai - juin 1965, p. 94.
203
CINQUALBRE O., Taylor au pie d du mur. (Histoire de la rationalisation dans la constr uction).
Rapport final de recherche pour la compte du Plan Construction Architecture du ministère de
l'Equipement, du Logement, du Transport et de l'Espace. Paris: Association pour la Recherche et le
Développement en Urbanisme (ARDU)/ Université Paris VIII, 1991. Lettre de commande no. 29,
exercice 1987, p. 2.
204
Plus précisément pour Campinos-Dubernet (1984), la période où les conditions du secteur du
BTP ont permis les tentatives d’application du taylorisme va de 1950 à 1968-1970, avant de se
heurter à un échec ; dans une deuxième période (1970-1980) où le secteur rentre en crise et la
rationalisation prendre une forme « néo-taylorienne ». M. CAMPINOS-DUBERNET, « La
rationalisation du travail dans le BTP: des avatars du taylorisme orthodoxe au néo-taylorisme », p.
211-221, in MONTMOLIN M. et PASTRE O., Le taylorisme. Paris: La Découverte, 1984, p. 212.
205
M. CAMPINOS-DUBERNET, « La rationalisation du travail dans le BTP: des avatars du
taylorisme orthodoxe au néo-taylorisme », p.211-221, in M. MONTMOLIN et O. PASTRE, Le
taylorisme. Paris: La Découverte, 1984.
206
CINQUALBRE, op.cit.
207
Ibid., p. 5-6.
60
prise en compte, comme le prouve Cinqualbre, avec la simultanéité des textes
s’y référant. Enfin, dans l’après Deuxième Guerre mondiale, un autre terme
remplace celui de rationalisation : l’industrialisation.
Industrialisation du produit
208
Ibid., p. 8.
209
AUBERT, « Le bâtiment peut devenir (…) », op.cit. p. 100.
61
importante sans utilisation d’éléments préfabriqués-industrialisés. C’est le cas du
type de construction dit « traditionnel évolué ». Dans la première configuration, il
y a une industrialisation du produit ; dans la seconde, une industrialisation du
processus de production est réalisée sur le chantier.
Série
210
A. BALENCY-BEARN, « Industrialisation », Techniques et architecture, 25ème Série, no 4, mai -
juin 1965, p. 104.
211
BALLADUR, op.cit., p. 83.
212
Ibid.
213
Ibid. p. 84.
62
« Un concours entre architectes eut lieu, il y a quelques années pour
établir un projet d’ Ecole Usinée. J’ avais produit en collaboration avec
Reverdy (di recteur de l a m aison Douzille, concessionnaire des brevets
Bristol), le dossier d’un bâtiment susceptible d’être monté intégralement en
pièces préf abriquées. […][Les] co mpliments term inés, je po sais la
question : a lors ? On me répond ait qu’ on all ait nous co mmander « une
classe » sous cette seule condition que ladite classe ne coûtât que le pr ix
fixé pour la même en traditionnel…C’était fou…J’entrepris d’exposer qu’il y
avait deux solutions susceptibles à une réussite : A) Co mmander d’emblée
une centain e de classe s ; B) Paye r celle qu’ on voulait commander à un
seul exemplaire plusieurs fois sa valeur »214. La pé tition refusée, le dossier
a été archivé.
Standardisation
214
M. LODS, « Le problème, produire industriellement les bâtiments, dessiner le pays »,
Techniques et architecture, 17ème série, no 5, nov. 1957, p. 73.
63
à une nouvelle notion : la « typification », c’est-à-dire le choix de types
normalisés ou prioritaires à la normalisation. Cette notion est fondamentale pour
la préfabrication à toutes ses échelles (élément, bâtiment, ville).
Normalisation
A toutes les échelles, des normes sont nécessaires pour faire des produits
standards. Les trois organismes principaux responsables de la mise en place de
ces moyens, dans le contexte de contrôle de l’Etat, sont le Comité d’organisation
du bâtiment et des travaux publics (COBTP, créé en août 1940), au sein duquel
est créé le Bureau de normalisation du bâtiment et des Travaux publics (BNBTP)
(en 1941), l’Association française de normalisation (AFNOR) (créée en 1926), et
le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) (créé en 1948)216.
215
LAFAILLE, B. « Choix mathématique des dimensions des biens et des services. Application au
Bâtiment », Le Moniteur des Travaux publics et du Bâtiment, no hors série, mars 1950.
216
G. LAMBERT, V. NEGRE (sous la dir.), Ensembles urba ins, 19 40-1977. Les res sorts de
l'innovation constructive. Rapport réalisé dans le cadre de l'axe de recherche « Technique,
territoire, architecture » du CDHTE pour la Direction de l'Architecture et du Patrimoine, Sous
Direction de l'architecture et du cadre de vie, bureau « création architecturale, paysage et cadre de
64
Dans l’ordre chronologique, les actions engagées par les institutions
publiques portent, d’abord, sur les dimensions et la qualité, ensuite sur la
compatibilité. Le besoin de normes, dans le discours, est intrinsèque à
l’industrialisation du bâtiment. « La normalisation de la construction, condition de
son industrialisation »217, expose en 1971, le chef de la division du bâtiment et
travaux publics à l’Association Française de Normalisation218, André Gigou.
vie ». Paris: Conservatoire National des Arts et Métiers, Centre d'histoire des techniques et de
l'environnement (CDHTE), 2009, p. 61.
217
A. GIGOU, Normalisation et recherche dans le domaine de la construction civile. 5e Congrès du
Conseil International du Bâtiment pour la recherche, l'étude et la documentation (CIB) (De la
recherche à la pratique, le défi de l'application) Paris-Versailles, 1971. Rotterdam: CIB, 1971, p.
328.
218
Lors du 5e Congrès du CIB, M. Clarke, chef du département de construction de la British
Standard Insti tution à Londres remarque l’importance de la participation française dans la
normalisation internationale : « La France, par l’entremise de l’AFNOR et des efforts de M. André
Gigou, joue le rôle principal parmi ces quelques pays européens qui assument des secrétariats ISO
et CEN dans le domaine de la construction immobilière ». M. CLARKE, Les nor mes, moye n
e
primordial pour l’application de la recherche. 5 Congrès du Conseil International du Bâtiment pour
la recherche, l'étude et la documentation (CIB) (De la recherche à la pratique, le défi de
l'application) Paris-Versailles, 1971. Rotterdam: CIB, 1971, p. 344.
219
H. GROSBORNE, « Où en est la normalisation en France? », Le Moniteur des travaux publics
o
et du bâtiment, n hors série (L'industrialisation du bâtiment et la reconstruction), nov. 1946, p. 40.
65
Datant de 1946220, un outil de normalisation, embrassant les deux aspects,
qualité et dimension, est impulsé par le Bureau de normalisation de la
Reconstruction (BNR). C’est le « Répertoire des éléments et ensembles
fabriqués du Bâtiment (REEF) »221. Il comprend, les documents techniques (de
conception, d’étude et d’exécution), et les normes françaises concernant le
bâtiment. Bien que par la suite, ce document soit dépassé puis remplacé, il
considère explicitement parmi ses objectifs l’industrialisation des éléments du
bâtiment. Ainsi, ce document indique :
« Les docu ments du REEF, étab lis par le S ervice des études du
Ministère, sont conçus, mis au point et ho mologués avec le concour s des
organismes suivants : grandes administrations de l’Etat ; AFNOR223 ; Ordre
des Archit ectes ; lab oratoires centraux ; organismes de cont rôle
SECURITAS et VERITAS ; Co mités, offices et groupe ments
professionnels ; compagnies concessionnaires de d istribution ; bur eaux
techniques et spécialisés »224
220
MINISTERE DE LA RECONSTRUCTION ET DE L'URBANISME, REEF Réper toire des
éléments et ensembles fabriqués du bâtiment (Tome I. Matériaux et Tomme II. Comment ?). Paris,
1946. p. N.
221
H. GROSBORNE, op.cit. p. 41.
222
CENTRE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE DU BATIMENT (CSTB) (éd.), Documentation
technique sur l a construction immobilière (REEF Répertoire des éléments et ense mbles fabriqués
du bâtiment), Généralités. [1ère publication : 1946]. Paris: CSTB, 1949. Tome I, p. I-XXI
223
Association française de Normalisation.
224
P. ROGER, « Les services techniques du MRU et l'Industrialisation du Bâtiment (IV. Le REEF)
», Le Moniteur des Travaux publics et du Bâtiment, no hors série, nov. 1946, p. 68.
66
décision du ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme225 sur proposition du
Service des études de la Construction, compte tenu de l’avis d’une Commission
d’examen à laquelle participent les différents acteurs de la construction226.
Comme le décrit Paulin Roger (1946), chef du Bureau des agréments techniques
du Service des études de la construction du ministère de la reconstruction et de
l'urbanisme, le but de l’agrément est de déterminer les conditions d’application
des matériaux et des procédés nouveaux :
225
Décision ministérielle du 8 octobre 1945. L’a grément provisoire est une procédure intermédiaire
de portée technique et de durée généralement d’un un. Il autorise « à titre d'essais et de mise au
point, la mise en œuvre, dans des conditions déterminées, des systèmes techniquement
satisfaisants et théoriquement viables ». Ibid., p. 65
226
A la Commission participaient les Directeurs de laboratoires, d’organismes de contrôle (Bureau
Sécuritas, Véritas), les représentants des syndicats, des représentants de l’AFNOR, des
ingénieurs, des architectes.
227
P. ROGER, « Les services techniques du MRU et l'Industrialisation du Bâtiment (III. L'agrément
provisoire des matériaux nouveaux et des procédés de construction non traditionnels) », Le
Moniteur des Travaux publics et du Bâtiment, no hors série, nov. 1946, p. 65.
228
P. ROGER, Le système de l'agrém ent en France. Exemplaire dactylographie en français pour
le deuxième congrès du CIB (Innovation dans le bâtiment). Cambridge, Session 4, 8-10 Sept. [UDC
69.001.3 (44)] 1962, p. 1. Et, versions en anglais : P. ROGER, The acceptance system in Franc e.
Contributions at the second CIB congress (Innovation in building) Cambridge, 1962.
Amsterdam/New York: Elsevier publishing company, 1962. 102-7 p.
229
G. BLACHERE, The Agrém ent system . Contributions and discussions at the fourth CIB
congress of the International council for building research, studies and documentation. (Building
cost and quality) Ottawa, Canada and Washington DC, USA, 1968. Rotterdam: CIB, 1969, p. 139.
67
est remplacé par les Avis Techniques, « [Ils] sont l’outil d’une politique de la
qualité pour les produits innovants dans le bâtiment »230.
Afin d’éliminer les barrières entre pays en unifiant les différents règlements
et normes, le système d’agrément s’étend à l’Union Européenne233. « A Madrid,
en octobre de 1960, ont été arrêtés les statuts de l’Union Européenne pour
l’Agrément technique dans la construction (UEAtc) »234. Le Comité Européen de
Normalisation (CEN) est créé aussi dans les années 1960, mais il semble (au
moins au cours de cette décennie) que chaque organisation réagit
individuellement ; « dans le but d’assurer une continuité entre l’Agrément et la
normalisation », signale l’UEAtc, un première approche est établie en 1962, mais
« on aboutit à ce moment à la conclusion que l’Agrément constituait un concept
nouveau, fondamentalement différent des notions de base de la
235
normalisation » .
230
L. CHABREL, « La situation des techniques innovantes », in P. CHEMILLIER et L.CHABREL,
« Les évolutions technologiques : bilan et perspectives », Cahiers du CSTB, n° 1757, mars 1982, p.
53.
231
P. ROGER, « Le système de l'agrément… », op.cit. p. 1-9.
232
Ibid. p. 1.
233
G. BLACHERE, “The development (…)”, op.cit., 313-5 p.
234
P. ROGER, « Le système … », op.cit. p. 9.
235
Histoire de l’UEAtc, France, n.d. p. 8.
68
Du côté des dimensions, Pol Abraham (1946) signale que les antécédents
de normes de modulation remontent aux années 1943 et 1944 quand le
Commissariat à la Reconstruction commanda une recherche sur les dimensions
préférentielles de blocs : croisées, portes, cages d’escaliers ; de portées de
planchers, de fermes de combles, de pentes de toitures, etc.236 La recherche
porte sur des données statistiques relatives aux cotes préférentielles dans les
projets présentés par les architectes. Ici, « L’expérience démontre que dans les
divers échelonnements modulaires certains cotes préférentielles apparaissent
naturellement »237. Cependant, ce n’est que la Société des Architectes Diplômés
par le Gouvernement, en collaboration avec l’Association Française de
Normalisation (AFNOR), qui aboutit à la notion de normalisation m odulaire,
remarque Abraham.
« […] les côtes nominales, définies par les normes particulières, pour
les dimensions des par ties, éléments et m atériaux de con struction, doivent
être des m ultiples du module 10 cm ou au moins de ses sous-multiples 5
cm ou 2,5 cm »240
Il semble que cette norme ait été suffisante pendant les années où la
préfabrication fermée dominait le marché de la construction du bâtiment.
Cependant, l’évolution de la préfabrication vers l’ouverture implique des
interactions entre différents fabricants, d’où le besoin de normes pour diriger ces
236
P. ABRAHAM, Architecture préfabriquée. Dunod, 1946, p.115.
237
M. MARINI, « Architecture et préfabrication (Exposé du 20 juillet 1945) », Institut technique du
o
bâtiment et des travaux publics, n 160, ? 1945, p. 4.
238
Norme Française NF P01.001. Archive du CSTB [1951]. [Le souligné par l’auteur]
239
ABRAHAM, op.cit., p. 12.
240
Norme Française NF P01.001. op.cit.
69
relations. Parmi les premiers accords en faveur de la préfabrication ouverte, pour
la coordination de dimensions, est établie la norme française NF P01-101.
B. Industrialisation et architecture
241
G. BLACHERE, J.G. TRIDON (dir.), op. cit., p. 127.
242
Voir 1.1.
243
M. GIGOU, op. cit., p. 339.
244
G. BLACHERE, La co ordination d imensionnelle et les c hances du « sy stème ouv ert ». 5ème
Congrès du Conseil International du Bâtiment pour la recherche, l'étude et la documentation (CIB)
(De la recherche à la pratique, le défi de l'application) Paris-Versailles, 1971. Rotterdam: CIB,
1971, p. 355.
245
Par exemple l’ACC a publié les Conventions générales de coordination, en 1977.
246
BALLADUR, op.cit., p. 84.
70
D’emblée, nous partageons le fait que :
La période d’entre-deux-guerres
247
J. ABRAM, G. MONNIER (dir.), L'architecture mod erne en F rance (T ome 2: Du c haos à l a
croissance, 1940-1966). Paris: Picard, 1999, p. 19.
248
CONSEIL A LA DECISION ET A LA REALISATION EN AMENAGEMENT URBAIN RURAL ET
REGIONAL (CODRA), ECOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSEES (ENPC), Evolution
historique d es conc epts e n matière d'industrialisation de la c onstruction (1919-1970). Bagneux:
CODRA, 1979.
249
Le Corbusier construit la maison Domino (par éléments standardisés), la Maison Citrohan (dite
la Maison-automobile), la maison des aéroplanes Voisin (construction de maisons comme des
avions, en série). Perret propose une maison en série. Sauvage envisage des cellules usinées à la
chaîne. Il construit, en France (à Paris, rue des Amiraux), la première unité d’habitation avec des
éléments préfabriqués. Prouvé réalise des maisons métalliques usinées.
250
CODRA, op.cit., p. 18.
71
salon des arts décoratifs de 1930 à Paris est mise en exergue la méthode
fordiste, la construction normalisée et l’importance de l’uniformité251. Durant cette
période, la construction en acier et le principe du « montage à sec » l’emportent
sur la standardisation, l’industrialisation et la taylorisation ; le but, toujours la
série, et les moyens : étude poussée du projet et établissements de plannings
détaillés d’organisation du chantier.
Architectes et ingénieurs
251
Notamment par la Cité Kiefhoek du J.J.P. Oud à Rotterdam. En France, à cette époque E.
Beaudoin et M. Lods expérimentent le principe de tour-barre à ossature métallique à la cité de la
Muette à Drancy (850 logements).
252
Club d’Aviation de Roland Garros (architectes : E. Beaudoin et M. Lods, ingénieur : J. Prouvé) ;
Maison du peuple de Clichy (architectes : Beaudouin et Lods, constructeur : Prouvé et ingénieur V.
Bodiansky). Symboles de l’industrialisation du bâtiment en France.
253
CODRA, op.cit., 1979, p. 25.
254
Ibid., p. 27
72
une archite cture (1923)255, il présente des analogies de l’habitation avec des
avions, des automobiles et des paquebots. « La maison est une machine à
habiter »256 et «Il faut construire des maisons comme des automobiles » disait-il.
255
LE CORBUSIER, Vers une architecture. [1er éd. 1923].Paris: Flammarion, 1995.
256
Slogan attribué aussi à Frank Lloyd Wright et à Walter Gropius.
257
P. CHEMILLIER, Sciences et bâti ment (L a dé marche sc ientifique appliquée à la c onstruction).
Paris: Presses de l'école nationale des Ponts et chaussées, 1986, p. 16.
258
Voir introduction générale.
259
J. ABRAM, G. MONNIER (dir.), op.cit., p. 66.
260
En 1930, il remporte le concours pour le groupe scolaire Karl-Marx à Villejuif, considéré comme
son chef d’œuvre.
261
Beaudouin remporte en 1951 le concours de la cité Rotterdam à Strasbourg, l’un des premiers
grands ensembles.
262
« Il met au point avec des architectes plus jeunes (Paul Depondt et Henri Beauclair) et avec des
sociétés industrielles (l’Aluminium Français, Saint-Gobain, Péchiney), un système métallique
complet –le procédé GEAI- qu’il teste à Rouen sur des programmes de plusieurs centaines de
logements ». ABRAM, J., MONNIER G. (dir.), op. cit. p. 89-90. Aussi, Lods et Beaudoin en
collaboration de l’ingénieur Freyssinet construisent « la première expérience française de
logements bon marché intégralement préfabriqués », la cité de « Champ des oiseaux » (1931-
1932) à Bagneux. M. RAGON, op. cit., p. 187.
263
Il construit le groupe scolaire de Briey-en-Forêt (1960-62) et un groupe scolaire (rue de la Belle-
Feuille, à Boulogne-Billancourt (1963). ABRAM, J., MONNIER G. (dir.), op.cit.
264
ABRAM, MONNIER (dir.), op. cit. p. 93.
73
Bien que la participation de tous ces grands architectes soit très importante
dès l’entre-deux-guerres (Vénard,1983265) : « A partir des années cinquante ce
sont des ingénieurs qui ont pris à leur compte la politique d’industrialisation du
bâtiment »266. Les grands ingénieurs de l’Etat, qui se sont succédés à la
direction de la Construction : Spinetta, Blachère, Aubert, Lion, parmi d’autres, ont
largement participé à l’idéologie de ce mouvement : « Seule l’industrialisation
permettra de construire mieux, plus vite et moins cher », disent-ils.
265
J.L. VENARD, « L'industrialisation comme transformation permanente de l'acte de bâtir », in
CENTRE GEORGES POMPIDOU (ed.), Architecture et industrie. (Passé et avenir d'un mariage de
raison). Paris: Centre de Création Industrielle/Centre Georges Pompidou, 1983.
266
Ibid., p. 15.
74
réussir »267, expose Terny en 1965 pour le numéro spécial de la revue
Construction sur L'industrialisation du bâtiment. Dans le même ordre, en 1971,
Aubert, dans son livre Le bâtim ent peut-il d evenir une industrie ?, fait une
analogie entre les phases de toute fabrication industrielle et celles de la
production de bâtiments. De plus, plusieurs références que nous utilisons,
montrent comment l’industrie, principalement de l’automobile, reste un exemple
pour l’industrialisation du bâtiment.
267
M. TERNY, « Pourquoi et comment nous devons industrialiser le bâtiment », Construction
(Numéro spécial industrialisation du bâtiment, tome I), Tome XX, no 3, mars 1965, p. 85-91.
268
Ibid.
269
AUBERT, « Le bâtiment peut devenir (…) », op.cit. p. 73.
270
Ibid. p. 73.
75
services des méthodes de fabrication qui étudient la production industrielle du
véhicule et le bureau d'études qui continue la mise au point des
271
prototypes » . Pour cette phase, ni Terny ni Aubert, ne présente, car elles
sont introuvables, d’analogies avec le processus de production du bâtiment.
d) L’exécution ou le lancement du produit sur la base d’un dossier complet du
prototype retenu : « résultat des études approfondies et de nombreux
272
essais » .
271
TERNY, op.cit., p. 90.
272
Ibid., p. 90.
76
« Faut-il ra ppeler que c'est grâce à lui [And ré Citroën] que nous
avons tous des voitures puisque, bon gré mal gré, les autres constructeu rs
furent bien f orcés de su ivre et qu'a ctuellement ce n'est pa s la voiture de
série qui, d u fait d e so n am élioration se rappr oche de la voiture de luxe ,
mais ce sont les méthodes de fabrication des vo itures de luxe que par des
multiples points, se rapprochent de la fabrication des voitures de série »273.
Les différences
273
L. LODS, « A propos de la préfabrication », Le Moniteur des Travaux publics et du Bâti ment, n°
hors série, mars 1950, p. 48.
274
D.M. GANN, « Construction as a manufacturing process? -similarities and differences between
industrialised housing and car production in Japan », Construction Ma nagement a nd Ec onomics,
1996. p. 10.
77
son activité justifiant l’ensemble de ses caractéristiques »275. Ainsi par différentes
approches, dans différents pays mais aussi au cours de périodes différentes, et
pour de nombreux auteurs, la spécificité du bâtiment en tant qu’objet à
industrialiser, résulte de l’accumulation de plusieurs facteurs (Provisor, 1974 ;
McCUTCHEON, 1992; Gann, 1996 ; Campinos, 1996276).
275
Etude comparative menée par le CEREQ de 1984 à 1988 réalisé en Allemagne, France, Grande
Bretagne, Italie. M. CAMPINOS-DUBERNET, « Le BTP secteur spécifique? Une comparaison
européenne », p.15-24, in PLAN CONSTRUCTION ET ARCHITECTURE (éd.), L'innovation en
chantier (Cahier thématique, Chantier 2000). Paris-La Défense: PCA, 1996, p. 15.
276
H. PROVISOR, L'industrialisation dans le bâti ment. (Eléments p our un bi lan cr itique). Paris:
Ministère de l'équipement, Direction du bâtiment et des travaux publics et de la conjoncture
(DBTPC), Université de Sciences Sociales de Grenoble, Institut de recherche économique et de
planification (CERER), déc. 1974 ; McCUTCHEON, op.cit. ; GANN, op.cit. ; CAMPINOS-
DUBERNET, M., « Le BTP secteur (…) », op.cit.
277
PILPOUL, op.cit., p. 4.
278
C. PARENT, « Réconciliation », Techniques et architecture, no 148, fév.-mars 1970, p. 12.
78
d’implantation, comme, par exemple, les travaux, évidents sur le site :
principalement, les fondations et raccordements aux réseaux techniques
urbains ; puis, d’un chantier à un autre, les différents emplacements des
chantiers déterminant les déplacements de matériaux, de matériel, de main
d’œuvre. Toujours différents sont aussi les espaces de stockage et de
manutention. De plus, les paramètres dimensionnels du bâtiment, associés aux
conditions géographiques des chantiers, sont à l’origine de problèmes de
transport propres à la préfabrication industrielle du bâtiment (McCutcheon,
1992279). Finalement, une différenciation est faite selon les bâtiments, par
leur fonction et leur architecture.
279
McCUTCHEON, op.cit.
280
M. LODS, « Vers l'industrialisation », Techniques et architecture, 25ème série, no 4, mai - juin
1965, p. 108. [Le souligné par l’auteur]
281
BALLADUR, op.cit., p. 83.
282
GANN, op.cit., p. 37.
79
travaux et de produits, fait, qui, selon Campinos-Dubernet (1996), est la cause du
« faible degré de concentration de la branche »283.
283
CAMPINOS-DUBERNET, M., « Le BTP secteur spécifique? … », op.cit., p. 15.
284
PILPOUL, op.cit., p. 4-5.
285
R. CAZANEUVE, E. PERAY, « Architecture et industrialisation », Techniques et arch itecture,
25ème série, no 4, mai - juin 1965, p. 125.
80
difficultés à tous les niveaux : organisation et contrôle avec, pour conséquence,
l’impossibilité de la réutilisation des postes de travail et du matériel,
l’amortissement du matériel, la planification des travaux ; et enfin les difficultés
pour la mise en place d’une politique industrielle.
« …le sect eur du bâtiment constitue un sect eur original dont les
modes de p roduction, le s relations entre les acteurs peuvent difficilem ent
être com parés à un secteur indust riel ‘ classique’. Aussi, emprunter aux
théories ad aptées à l’économ ie i ndustrielle, sans m esurer les écart s et
particularités, aurait co nduit certes à concevo ir un outil théoriquement
satisfaisant, mais dont la transposition a u secteur risquait d’être
douteuse »288.
286
H. PROVISOR, « L'industrialisation dans le bâtiment (...) », op.cit.
287
C. AYRAULT, Analyse des méthodes d'organisation de l'industrie et de leur transférabilité vers
le BTP. Rapport intermédiaire de travail de thèse. S.I.: s.d. 1991, p. 9., exemp. dactyl.
288
I. MARGHIERI, F.O. MORDOHAY, A bâtim ent nouv eau...novelles filièr es. Paris : CSTB. mai
1989. p. 2.
289
A. DUPIRE, B. HAMBURGER, J.C. PAUL, et al. Deux essais sur la constructio n. Bruxelles:
Architecture/Pierre Mardaga, 1981.
81
l’architecte, décidant le formel, et l’ingénieur, le matériel, assurent ensemble la
conception. Ici, le fait que le lieu de décision technique se déplace du chantier,
où auparavant ce type de décisions était pris, implique aussi la nécessaire
surveillance des travaux réalisés par les contrôleurs. En raison de la complexité
des chantiers, une autre catégorie d’acteur s’y est introduite, l’entrepreneur, qui
devient le responsable de la réalisation de l’ouvrage. La hiérarchisation des
acteurs, à ce stade, correspond à « […] une relation d’ordre de celui qui définit
l’ouvrage vers celui qui le réalise »290. Au stade normatif, les acteurs et
l’hiérarchie du prescriptif prévalent mais ceci pour un ensemble d’ouvrages. En
conséquence, les cadres normatifs gèrent les relations organisationnelles et
techniques de la construction. De plus, selon Dupire, «La technologie normative
investit d’abord la production des matériaux et de semi-produits […] ensuite le
travail du chantier »291, ce qui révèle l’importance des fournisseurs de
composants. Le fournisseur, cherche à ce stade le contrôle de travaux
d’assemblage. Dès lors, nous pouvons supposer que le fait d’élargir la
prescription, à une série d’ouvrages, modifie les hiérarchies, voire les acteurs
traditionnellement dominants dans l’acte de bâtir.
Par ailleurs, et pour conclure cette série d’hypothèses posées par différents
acteurs et auteurs de la théorie de l’industrialisation, citons le rapport d’Ascher et
Lacoste (1972) qui se sont posé cette question : « pourquoi la valeur d’usage
[dans la production du bâtiment] est-elle restée indivisible ? », au contraire de
l’automobile qui « est également le résultat de milliers de procès de
production »292. D’emblée, ils remettent en cause tous les facteurs ci-dessus
traités : « On ne peut plus se satisfaire des explications fondées sur des
constatations du type : déplacement continuel des outils de production (souvent
confondu avec la vitesse de circulation du capital industriel), aléas
météorologiques, « facteurs ? » sociologiques et psychologiques etc. L’ennui de
ce type d’analyses est qu’elles partent de constatations phénoménales exactes.
[…] »293. Or, ce phénomène est expliqué par rapport à la propriété foncière, la
290
Ibid. p. 18
291
Ibid. p. 44-45.
292
F. ASCHER, J. LACOSTE, Les producteurs du ca dre bâti (I. Les obstac les au développement
de la grande production industrielle dans le secteur d u BTP. Etude effectuée dans le cadre de la
convention CORDES No. 52, UER Urbanisation-Aménagement, Université des Sciences Sociales
Université de Grenoble, s.d. 1972, p. 22, exemp. dactyl.
293
Ibid., p. 35.
82
division du travail et l’accumulation du capital : « La composition organique294 du
capital est dans ce secteur très nettement inférieure à celle des autres secteurs
de la production »295.
294
Par composition organique, ils entendent le rapport du capital constant, fixe et circulant, sur le
capital variable.
295
ASCHER, LACOSTE, op.cit., p. 25.
296
Ibid. p. 22-27.
83
1.3. Productivité & échec de la préfabrication industrielle
A. Productivité
297
Défini ainsi par R. BAUDOUÏ, J. ROSEN, Etude des pr ocessus d' ajustement a dministratif aux
réalités socia les, écono miques et innovati ons tec hniques d u mi nistère de la reconstructi on et d e
l'urbanisme1940-1952. Rapport de recherche final pour la Direction de la recherche et des Affaires
scientifiques et techniques du ministère de l'Equipement, du Logement et des Transports. [Paris] :
Ecole d'Architecture de Nancy/Laboratoire d'histoire de l'architecture contemporaine, Sept. 1994.
Contrat No. 9001140002237501, exempl. dactylogr.
84
Le concept de productivité, est très complexe. L’expliciter sort du cadre de
notre thèse, mais nous essayerons d’en tirer des renseignements et des pistes
de recherche pour la construction de nos hypothèses. La complexité de ce
concept est due au rapport des : « facteurs de productivité » ; du choix de ces
facteurs dépend celui des moyens à mettre en place pour en retirer des gains
de productivité : « les moyens de productivité ».
Notion de productivité
298
J. FOURASTIE, La prod uctivité. Paris: Imprimerie des Presses Universitaires de France,
collection Que sais-je?, 1962, p. 54.
299
Ce facteur est selon plusieurs auteurs le plus privilégié pour des études de productivité.
300
Dans la construction traditionnelle, ce sont les matériaux mis en œuvre.
85
Afin d’étudier les mesures susceptibles de développer l’industrialisation du
bâtiment et d’accroître ainsi la productivité dans la construction, on crée, par
arrêté du Ministre de la Construction du 28 août 1958, le groupe de travail n° V :
« Pour l’étude de l’industrialisation et l’accroissement de la productivité dans la
construction ». Pour ce groupe:
301
GROUPE DE TRAVAIL No. V POUR L'ETUDE DE L'INDUSTRIALISATION ET
L'ACCROISSEMENT DE LA PRODUCTIVITE DANS LA CONSTRUCTION. « Compte rendu
synthétique des travaux (Chapitre premier: La productivité et l'industrialisation) », Cahiers d u
o
Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, Cahier 297, n 37, avril 1959, p. 13.
302
FOURASTIE, op.cit., p. 54.
303
E. CAMPAGNAC, J. BOBROFF, C. CARO, Approches de l a pr oductivité et méthodes
d'organisation dans les grandes entreprises de la construction. Noisy Le Grand: Plan construction
et architecture, Ministère de l'Equipement, du Logement, des Transports et de la Mer. Programme
emploi et valorisation des métiers du bâtiment (Contrat de recherche no. 86.61525)/Centre
d'enseignement et de recherche techniques et sociétés (CERTES), 1990, p. 16-26.
304
R. BOYER, « Productivité et emploi dans le BTP (A propos de quelques recherches récentes) »,
p. 205-240. in: PLAN CONSTRUCTION ET HABITAT (éd.). Le trav ail en ch antiers. Actes de
colloques organisé par Plan Construction et Habitat (PCH), 16-17 nov. 1983. Paris : PCH, 1985 ; C.
86
Dans le deuxième cas, comme « norme d’action », la productivité met en
lumière les facteurs faibles et donc des moyens à mettre en place. Dans ce
dernier cas, des facteurs économiques, sociaux, architecturaux, techniques, bref
urbains, pourraient prédominer dans un contexte donné.
Dans la période étudiée, en dépit des analyses des auteurs cités ci-dessus,
la notion de productivité est concomitante à l’industrialisation du bâtiment. En
1950, Jacques Pilpoul, pour le numéro spécial de la revue du Moniteur sur
L’industrialisation du bâtim ent, cite Jean Fourastié, alors vice-président du
Comité interministériel provisoire de la productivité : « Le terme ‘productivité’
revient de plus en plus souvent depuis quelques mois dans le vocabulaire
politique, économique et social […]»306. Ainsi, l’objectif de la productivité du
bâtiment a accompagné celui de son industrialisation, comme en témoignent
divers documents à caractère prescriptif.
87
Les premières approches de productivité307 concernant le BTP viennent
d’Amérique. Au cours des années 1951 et 1952, parmi les accords du Plan
Marshall, différentes missions, dites de productivité, ont parcouru, entre autres
pays308, les Etats-Unis. Elles avaient pour but la recherche de facteurs de
productivité dans ce pays. Les objectifs des différentes missions s’articulaient
autour de notions telles l’urgence, les matériaux et les savoir-faire techniques et
professionnels qui en dérivent. La productivité aux Etats-Unis se caractérise,
selon Adrien Spinetta, chef de mission, par « (…) une grande unité dans l’acte de
construire et une haute qualification moyenne de ceux qui y interviennent »309. En
revanche, la conclusion de la mission américaine mettait en cause la
désorganisation du marché en France et l’inadéquation de l’offre à la demande :
« […] la France incontestablement en avance du point de vue du progrès
technique appliqué à une mise en œuvre industrielle est en retard sur le plan de
l’organisation du marché et de la qualification »310.
307
Selon Baudouï et Rosen (1994), le mot de productivité est, en France, jusqu’en 1949 connu que
par les spécialistes.
308
L’Allemagne de l’Ouest a aussi été visitée. Sa productivité demeurait intéressante par
l’organisation de sa main-d’œuvre qui, restait abondante et qualifiée. En MISSION FRANÇAISE
DE PRODUCTIVITE, COMMISSARIAT GENERAL A LA PRODUCTIVITE, MINISTERE DE LA
CONSTRUCTION, C. BONNOME, M.-Ch. KOLB (présenté par), Evolution de la co nstruction dans
la République Fédérale Allemande (Enquêtes en vue de l'accroissement de la pr oductivité. Paris :
1958.
309
MISSION FRANÇAISE DE PRODUCTIVITE, COMMISSARIAT GENERAL A LA
PRODUCTIVITE, MINISTERE DE LA RECONSTRUCTION ET DU LOGEMENT, M.Ch. KOLB
(établi par), Evolution de la c onstruction aux Etats-Unis (Enquêtes en vu e de l' accroissement de l a
productivité). Paris: Société Auxiliaire pour la Diffusion des Editions de Productivité, 1958, p. 14.
310
MISSION FRANÇAISE DE PRODUCTIVITE, COMMISSARIAT GENERAL A LA
PRODUCTIVITE, MINISTERE DE LA RECONSTRUCTION ET DU LOGEMENT, M.Ch. KOLB
(établi par), « Evolution de la construction aux Etats-Unis… », op.cit., p. 24.
311
« Productivité et bâtiment », Bâtir (Revue t echnique de l a Fédération na tionale d u bâti ment et
o
des activités annexes), n 23, juill. 1952, p. 1.
312
Ibid., p. 1.
88
l’analyse des résultats de missions à l’étranger et de discussions313, ils sont
passés «à l’offensive », en créant l’Association professionnelle pour
l’accroissement de la productivité dans l’industrie du bâtiment, l’ APROBA314.
313
Notamment une réunion qui a eu lieu au Moulin d’Orgeval du 12 au 15 mai 1952, dont la
discussion portait sur les problèmes des entreprises du bâtiment et leur croisement avec d’autres
industries telles que la fonderie ou l’électromécanique. Ibid., p. 1-2.
314
« Le bâtiment possède désormais son organisme de productivité: L'A.PRO.BA (Association
Professionnelle pour l'accroissement de la productivité dans l'industrie du Bâtiment », Bâtir (Revue
technique de la Fédération nationale du bâtiment et des activités annexes), no 48, avril 1955, p. 3-
6.
89
main-d’œuvre […] »315. D’autre part, à la fin de la période, Pierre Chemillier
(1979), affirme rétrospectivement que les gains de productivité provenaient de
la recherche d’une économie de main d’œuvre : « […] au cours des trente
dernières années, l’action en faveur de la productivité a surtout concerné la
productivité de la main-d’œuvre »316, c’est-à-dire l’application de procédés de
construction qui économisent la main-d’œuvre, du moins une main-d’œuvre
qualifiée.
Nous rejoignons ici Pierre Chemillier, lorsqu’il définit deux principes sur
lesquels reposent les moyens pour obtenir des gains de productivité. Le premier
principe est celui de la réduction du coût de la main-d’œuvre. Les moyens de
productivité privilégiant la main-d’œuvre seront obtenus, soit par l’organisation de
la production, soit par le recours à des machines. Le deuxième principe porte sur
la rationalisation des matériaux, autrement dit sur la recherche de gains de
productivité, soit par le processus de production, soit par les produits
préfabriqués.
315
P. ABRAHAM, Architecture préfabriquée. Dunod, 1946, p. 8.
316
P. CHEMILLIER, Comment améliorer la pr oductivité d u processus de c onstruction? Rapport
[sans référence] trouvé dans archive mort et disparu du CSTB. S.l. : 21 nov. 1979. 57 p., Exemp.
Dactyl., p. 5.
317
M. LODS, « De la préfabrication », Le Moniteur des Travaux publics et du Bâtiment, no hors
série, nov. 1946, p. 53.
318
Voir, CAMPINOS-DUBERNET, M., « La rationalisation du travail dans le BTP (Des avatars du
taylorisme orthodoxe au néo-taylorisme) », p. 45-62. In : PLAN CONSTRUCTION ET HABITAT
(éd.). Le travail en cha ntiers. Actes de colloques organisé par Plan Construction et Habitat (PCH),
16-17 nov. 1983. Paris : PCH, 1985. Ou, CAMPINOS-DUBERNET, M., « La rationalisation du
travail dans le BTP: des avatars du taylorisme orthodoxe au néo-taylorisme », p. 211-221, in
MONTMOLIN M. et PASTRE O., Le taylorisme. Paris: La Découverte, 1984.
90
Esquisse d’une première hypothèse
319
F. ASCHER, J. LACOSTE, Les producteurs du ca dre bâti (I. Les obstac les au développement
de la grande production industrielle dans le secteur du BTP). Etude effectuée dans le cadre de la
convention CORDES No. 52, UER Urbanisation-Aménagement, Université des Sciences Sociales
Université de Grenoble, s.d. 1972, p. 19, exemp. dactyl.
91
Au début des années 1970, le marché du BTP présente, pour la première
fois après la fin de la Seconde Guerre mondiale, des changements d’offre et de
demande (à l’origine de paradigmes technologiques) : diminution des besoins de
construction, réduction de la taille de chantiers, exigences de qualité et de
performances. Pendant la période de croissance, celle que nous étudions, en
l’occurrence, les gains de productivité se posaient sur des économies d’échelle.
Mais, à des conditions différentes du marché et de l’environnement, le
développement de nouvelles approches de la productivité s’avérait nécessaire.
« La conception traditionnelle de l’industrialisation fondée sur les logiques de
grandes séries, de standardisation et de répétitivité apparaît désormais
inadéquate »320. Face au nouveau type de marché du bâtiment, plus petit et plus
dispersé, se posait donc la question de nouvelles formes d’organisation aussi
bien que de l’adaptation des techniques plus adéquates à ce nouveau régime de
production fondé sur la « variabilité »321.
e) La diversité architecturale322 ;
f) La flexibilité organisationnelle.
320
E. CAMPAGNAC, J. BOBROFF, C. CARO, op.cit., p. 3.
321
C’est le principe de ces recherches, voir, par exemple : P. COHENDET, A. KRASA, P.
LLERENA, « Propriétés et principes d'évaluation des processus de production dans un régime de
variété permanente », p. 55-73, L'après-taylorisme. Paris: Ed. Economica, 1988. Puis pour des
propositions d’application, voir par exemple : C. DU-TERTRE, ASSOCIATION D'ENQUETES ET
RECHERCHES SUR L'ORGANISATION DU TRAVAIL (AEROT), op.cit.
322
Voir, par exemple : B. HAMBURGER, J. L. VENARD, Série industrielle et diversit é
architecturale. Paris: La documentation française (Coll. Plan construction), 1977. Et : F. ASCHER,
P. BOUDON, C. COHEN, R. DARD, et.al., Architecture et industrie. (Passé et ave nir d'un mariage
de raison). Paris: Centre de Création Industrielle/ Centre Georges Pompidou, 1983. 260 p.
92
Paradigmes technologiques
L’organisation générale
323
C. DU-TERTRE, C. LE-BAS, L'innovation et les entreprises à ingénierie intégrée dans le
bâtiment. Plan Construction et Architecture (PCA), mars 1997 ;
93
marché (Campagnac, 1984, 1985, 1990324) ; au niveau micro,
l’entreprise générale se charge de l’étude et de l’exécution du lot
principal (gros œuvre) et a une mission de coordination des lots
(Campagnac, 1990).
2) La fragmentation de l’industrie (Garas, 1995 ; Girmscheid, 2005 ;
Cooperative Research Centre, 2006325), induite par la séparation
contractuelle entre produits et services. C’est-à-dire, d’une part, la
fabrication de produits préfabriqués, d’autre part, la construction elle-
même.
3) A l’échelle du bâtiment, le fonctionnement « traditionnel » est
caractérisé par la discontinuité des phases, elles-mêmes hiérarchisées
(Campagnac, 1990). D’ailleurs, Bachtold définit la logique
technologique comme celle qui porte un enchaînement entre politique
technique, pouvoirs publics et grandes entreprises326.
4) La multidisciplinarité et la diversité de compétences (Garas, 1995 ;
Puddicombe, 1997 ; Cooperative Research Centre, 2006327).
Particulièrement pour Puddicombe, le problème vient de la nature
différente entre les concepteurs et les entrepreneurs. Autrement dit, le
324
E. CAMPAGNAC, Construction et Arch itecture (Métiers en mutation?). Paris: L'Equerre, 1984 ;
E. CAMPAGNAC, Le march é du p etit colle ctif urbain (L es nouvelles stra tégies d es act eurs de l a
construction). Ecole Nationale des Ponts et Chaussées (CERTES) : Ministère de l'urbanisme, du
logement et des transports (Plan Construction & Habitat), 1985 ; CAMPAGNAC, BOBROFF,
CARO, « Approches de la productivité… », op.cit.
325
F.-K. GARAS, « Trends and perspectives in construction, automation and industrialisation in
research and industry », p. 11-15. in: TNO (eds). Research and technology development as an
investment in the construction industry, Proceedings 13th CIB World Building Congress. 8 - 9 may
1995. Amsterdam; G. GIRMSCHEID, « Industrialization in building construction - production
technology of management concept? », p. 427-441. in: Combining forces (Advancing Facilities
Management and Construction through Innovation). Executive summaries of the 11th Joint CIB
International Symposium, Helsinki, June 13-16 2005. International Council for Research and
Innovation in Building and Construction (CIB), Finnish Association of Civil Engineers (RIL),
Technical Research Centre of Finland (VTT); COOPERATIVE RESEARCH CENTRE FOR
CONSTRUCTION INNOVATION, « Cross-national research on barrier to construction automation
and robotics implementation in Australia and Japan (article type du "Second International
Conference of the CRC for Construction Innovation, 12-14 March 2006) », p. N. in: Industry
development: innovation and technology diffusion. S.l., 2006. Cooperative Research Centre (CRC)
for Construction Innovation.
326
P. BACHTOLD, J.-P. MATZ, Du chanti er à l' architecture. Rapport final de recherche pour le
compte de la Direction de l'Architecture et de l'Urbanisme. Paris: Ministère de l'Equipement, du
Logement, de l'Aménagement du territoire et des Transports. Direction de l'Architecture et de
l'Urbanisme-Sous direction de l'enseignement de l'architecture et de la recherche, bureau de la
recherche architecturale, M. C. GENZLING (chargé du suivi administratif), juill. 1988. Contrat no.
87.0145.00.223.75.01, 262 p., exemp. dactyl.
327
GARAS, op. cit.; M.S. PUDDICOMBE, “Designers and Contractors: Impediments to integration”,
Journal of construction engineering and management, vol. 123, 1997; COOPERATIVE RESEARCH
CENTRE FOR CONSTRUCTION INNOVATION, op.cit.
94
secteur se caractérise par des problèmes de coordination entre les
agents qui y participent. Pour Campagnac (1990), la production du type
unitaire ainsi que le caractère forain du chantier sont la cause de la
variabilité du processus de production, du travail et de ses aléas.
5) Les différentes logiques des acteurs : une analyse des acteurs du
bâtiment, faite par Theile (1997)328, définit une logique de prototype et
une logique de série. La logique de série est la logique industrielle
proprement dite, « la banalisation de produits » - et aussi de
bâtiments ? -, « […] des prototypes définis une fois pour toutes, dès lors
qu’ils ont fait l’objet d’une analyse fonctionnelle exhaustive »329-. A
l’opposé, la logique de prototype est considérée comme propre à la
logique du chantier, où chaque bâtiment est perçu comme unique et les
matériaux comme spécifiques. Il affirme qu’ « à partir du moment où le
transfert de la production des matériaux de construction du chantier
vers l’usine se généralise, s’institue un écart tranché entre les logiques
qui cristallise le chantier, et les logiques des fournisseurs en
matériaux »330. Il soutient que dans le processus de production du
bâtiment, il y a deux logiques auxquelles les acteurs s’identifient : la
logique du prototype correspond à celle des acteurs participant au
chantier, tandis que la logique industrielle correspond à celle des
producteurs de matériaux. [Tableau 1]:
328
Cette étude s’intéresse spécifiquement à la détermination du choix des matériaux : voile
porteur/poteau porteur, dans le collectif. D. THEILE, Acteurs de la constr uction et cho ix des partis
techniques. (Une question voile porteur/poteau porteur -béton, acier-). Paris : avril 2000.
329
Du modèle progressiste (§ 1.2.B. Industrialisation et architecture). F. CHOAY, L'urbanisme,
utopies et réalités : une anthologie. Paris: Editions du Seuil, 1965, p. 18.
330
Ibid., p. 21.
95
Concernant la main-d’œuvre, pour Gressel (1984), la logique propre de ces
acteurs est une « logique du métier », où le savoir-faire est transmis et acquis sur
le tas. Cependant, l’introduction de la préfabrication lourde a déplacé les tâches
de moulage vers l‘usine où il est possible de les rationaliser : « On a pu observer
dans les grandes entreprises du gros œuvre des tentatives de type taylorien
dans des définitions très poussées du contenu technique des tâches, de leur
interaction, dans la chasse aux temps morts, voire dans le chronométrage des
tâches »331. Sur le chantier, les ouvriers du gros œuvre n’effectuent plus de
coffrages et ne mettent plus de béton en œuvre. Ils sont devenus des poseurs
d’éléments préfabriqués332.
De la conception à la réalisation
331
GRESSEL, R. « Logique industrielle et métier dans le gros œuvre », Formation-emploi (Le BTP)
o
n 6, Avril-Juin 1984, p. 68.
332
Gressel soutient la permanence d’une logique du métier face à l’introduction d’une logique de
production industrielle. Pour lui, la « logique de métier », est mise en lumière lors de la diminution
de la taille des opérations et des chantiers. A ce moment, les grandes entreprises découvrent que
leurs ouvriers savent maçonner. Ibid.
333
GARAS, op.cit ; GIMERSCHEID, op.cit.
334
J.L. SALAGNAC, Démarche BAT INOV: vers un e meilleure or ganisation po ur co nstruire av ec
des produits industriels. (Eval uation des chantiers expérimentaux de BET HENY (51), OISSEL (76)
et IFS (14). Rapport final. Décision de subvention no. M 0013 du 19/07/2000 Plan Construction et
Architecture. Paris: Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), juill. 2002.
335
DU-TERTRE, AEROT, op.cit, p. 17.
96
La problématique de la fragmentation de la conception-réalisation, induite
par la préfabrication, a été mise en lumière lors du Vème congrès du CIB, qui s’est
déroulé à Versailles en 1972336. D’une part, au stade de la conception technique,
elle nécessite d’abord une fragmentation du bâtiment(s) projeté(s). Ensuite, elle
implique la conception de l’ensemble des « morceaux » du bâtiment, c'est-à-dire
des joints et des assemblages que les éléments préétablis ont avec le reste du
bâtiment (préfabriqué ou non). D’autre part, au stade de la conception
architecturale, les paramètres donnés par les éléments préfabriqués
conditionneraient ou seraient conditionnés par la relation bâtiment-préfabriqué.
La rigidité
336
CONSEIL INTERNATIONAL DU BATIMENT POUR LA RECHERCHE L'ETUDE ET LA
DOCUMENTATION (CIB), De la rech erche à l a pr atique, le défi de l'application (5è me con grès).
Paris-Versailles, juin 1971. S.l.: CIB, 748 p.
337
GIRMSCHEID, op. cit.
338
D. GREZES, J.-P. CHARON, Industrialisation ouverte: recherche et expérimentation 1971-1983
(Bilan d e do uze a nnées d e recherch es e t d' expérimentations, des pr emières réfl exions a ux
réalisations ex périmentales). Paris: Ministère de l'urbanisme et du logement (Plan construction &
habitat. Bilan thématique)/Impr. centrale commerciale, 1983, p. 35.
97
et la diversité dans l’industrie automobile où cette prouesse est le symbole de
diversification des produits. L’architecte Aubert, en 1971, dans le livre Le
bâtiment pe ut-il devenir une industrie? écrit en effet : « L’industriel moderne
suppose la diversité »339.
Des hypothèses
Les concepts, les notions et leurs contextes, explicités tout au long de ces
trois premiers chapitres, avaient pour but une première approche de la
composition de ce qui s’opère au sein de la préfabrication industrielle. Puis, nous
avons construit nos hypothèses sur les paradigmes explicités par les recherches
où le conflit de la spécificité du bâtiment pose problème. On peut les ordonner
autour de trois axes.
Conception –construction
339
Y. AUBERT, Le bâtiment peut-il devenir une industrie? Paris: Eyrolles, 1971, p. 60.
340
En France, la distinction entre l’acceptation traditionnelle du concepteur (l’architecte) et le
réalisateur (l’ingénieur) telle que le signalent Gobin, Perin et Franca, « s’est d’autant plus
facilement opérée qu’il y a un contentieux historique entre l’Académie des Beaux-arts et l’Ecole des
Ponts et Chaussées »C. GOBIN, J.-M. PERIN, J.-P. FRANCA, « Construction et conception
(Conditions d'une nécessaire concurrence) », Techniques de l'Ingénieur, n° C3054, août 2004, p. 4.
98
Usine-chantier
341
EGMOND, E., SCHEUBLIN, F. « Successful Industrialisation, Innovation and Prefabrication in
Construction », p. 423. in: 11th Joint CIB In ternational Sy mposium: Combining f orces (Advanc ing
Facilities M anagement a nd Construction t hrough In novation). CD of International Symposium
organized by K. Kähkönen and M. Sexton, Helsinki, June 13-16 2005. Finland : VTT-Technical
Research Centre of Finland/RIL-Association on Finnish Civil Engineers, 2005. 2702 p.
99
Or, une troisième hypothèse propose que l’effet de masse encourage les
efforts de standardisation, de typification, de norm alisation - comme variables
dépendantes de la série et de la mécanisation - , et non l’optimisation de
l’enchaînement du processus de production. Autrement dit, nous nous
demandons, si l’un des facteurs qui a empêché l’industrialisation du bâtiment se
trouve moins dans ces particularités que dans l’approche des gains de
productivité.
Ces trois hypothèses sont donc intimement liées. Elles reposent sur les
ruptures et les synergies qui pourraient exister entre les différents sous-systèmes
qui forment le système de production du bâtiment préfabriqué [Figure 7]
C. Acteurs
100
Dans le contexte général du secteur du bâtiment342, en raison de leur
participation aux choix techniques, les principaux acteurs sont : le maître
d’ouvrage, le maître d’œuvre et les entreprises (Theile, 2000).
Maîtrise d’ouvrage
342
Les spécificités des acteurs dans le système de la préfabrication de la préfabrication scolaire
déduits à partir de ces relations sont présentées dans la deuxième et troisième partie.
343
Le principal ministère constructeur a changé plusieurs fois de dénomination. Voir le paragraphe
« les pouvoirs publics » ci-dessous.
344
Directive d’application du 8 octobre 1973 concernant le décret no. 73-207 du 28 février 1973 sur
la réforme de l’ingénierie et de l’architecture.
345
Par exemple, il n’apparaît pas dans le Code de l’urbanisme et de l’habitation (1961). Le permis
de construire est alors à l’initiative du « demandeur ». Code de l'urbanisme et de l'habitation (Loi
no. 58-346 du 3 avril 1958) (Edition mise à jour au 2 août 1960). Paris: Journal officiel de la
République Française, 1961.
346
BONHOMME, op.cit., p. 313.
101
personne physique ou morale qui assurera po ur une opération déter minée
le rôle tant juridique qu’opérationnel de maître d’ouvrage […] »347.
Pour de multiples raisons, les pouvoirs publics en France, ont été amenés,
après la fin de la Seconde Guerre mondiale, à intervenir dans le secteur du
Bâtiment et des Travaux publics. Ils ont joué, en différentes positions, le rôle de
la maîtrise d’ouvrage.
347
CAVALLINI, RAFFESTIN, op.cit., p. 49.
348
Dans notre période d’étude. Par la suite, ce ministère constructeur n’a pas cessé de changer de
nom. Aujourd’hui, ce ministère est attaché au Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du
Développement durable et de l'Aménagement du territoire.
349
En 1949, Secrétariat d’Etat aux Affaires Economiques.
350
CAVALLINI, RAFFESTIN, op.cit., 1977.
102
des Techniciens de l’Equipement ; et parmi les services extérieurs : le Centre
d’études techniques de l’équipement (CETE)351.
Maîtrise d’œuvre
351
Ibid. p. 29-32.
352
Voir 2.1.
353
CAVALLINI, RAFFESTIN, op.cit., P. 49-50.
103
responsable de la conception et du contrôle d’exécution de l’ensemble des
ouvrages à réaliser ‘»354.
Cette perte de pouvoir est explicitée par la réforme de janvier 1977, qui, en
définissant le maître d’œuvre, considère désormais deux figures : le maître
d’œuvre et le concepteur. Dorénavant, le maître d’œuvre a pour mission
l’ensemble de l’opération de construction (de la conception à la réalisation).
Lorsque cette mission exclut la phase travaux, elle est alors simplement de
conception358. A partir de textes de 1977, les professions qui peuvent assurer la
fonction de maîtrise d’œuvre sont l’architecte, les agréés en architecture (maître
d’œuvre en bâtiment, techniciens en bâtiment, cabinets d’architecture), bureaux
d’étude, entrepreneurs, services techniques publics. Par les transformations
issues, entre autres, du mouvement de l’industrialisation du bâtiment, l’architecte,
« le professionnel exerçant l’art de concevoir »359, est donc chargé
354
En Arrêté du 29 juin 1973, art. 1.2. Directive d’application du 8 octobre 1973, chap. B 3/2.
CAVALLINI, RAFFESTIN, op.cit., p. 55.
355
Au moyen-âge « le maître d’œuvre était l’Architecte ». R. HUMMEL, op.cit., p. 30.
356
R. HUMMEL, « L'organisation rationnelle du travail (I.- Point de vue de l'architecte) », Le
Moniteur des travaux p ublics et du bâti ment, no hors série (L'industrialisation du bâtiment et la
reconstruction), nov. 1946, p. 30.
357
J. PROUVE, « Rapports actuels de l'architecture et de l'ingénieur », L'architecture d'aujourd'hui,
o
n 91-92, n.d. 1961, p. 184.
358
CAVALLINI, RAFFESTIN, op.cit., p. 55.
359
M. LODS, Le métier d'architecte. Paris: France-Empire, 1976, p. 13.
104
prioritairement de la mission de conception quand les conditions de maître
d’œuvre ne peuvent pas être réunies.
« La distinction entre l' homme qui conçoit les travaux et celui qui les
exécute ne s'est précisée que pr ogressivement. La sép aration entr e la
profession d 'architecte e t celle d'ent repreneur e st relativement récente en
France et dans d'autres pays que le nôtre elle est moins nette »360.
360
ACHE, op.cit., p. 27.
105
le contrat de conception construction (Bezançon, Devillebichot et Nagy,
2006361). Les entrepreneurs, tous corps d’état, sont regroupés par la
Fédération nationale du Bâtiment (FNB). Elle participe, à travers
plusieurs syndicats, aux différentes étapes de l’acte de construire :
financement, recherche appliquée, normalisation et réglementation
technique, productivité des entreprises, jusqu’à la documentation
technique et commerciale, prévention et prévoyance362.
Bureau d’études
D’autres acteurs
361
BEZANçON, X., DEVILLEBICHOT, D., NAGY, G., 2 siècles d' entreprise générale et de progrès
dans la construction. Italie: Timée-Editions, 2006.
362
CAVALLINI, RAFFESTIN, op.cit., p. 67.
363
ACHE, op.cit., p. 30.
364
D.V. « Rapports entre b.e.t. architectes et entrepreneurs », L'architecture d' aujourd'hui, 36ème
o
année, n 128, oct.-nov. 1966, p. XII.
365
CAVALLINI, RAFFESTIN, op.cit. p. 60-65.
106
2000) ; d’autres encore ont un rôle technique qui n’est plus direct, mais
participent à l’acte de construire : les cadres financiers, législatifs et
administratifs, les aménageurs du territoire, les acteurs de l’urbanisme et de la
planification, les gestionnaires immobiliers366, les centres d’information et de
documentation, et divers auxiliaires367.
Aussi bien les assureurs que les contrôleurs sont aux côtés des maîtres
d’ouvrage pour fournir les bases du contrôle et les garanties du bâtiment.
366
Ces fonctions se déroulent lorsque l’ouvrage est terminé et livré à ceux que vont soit l’exploiter,
soit l’occuper.
367
D’autres fonctions son nécessaires à l’acte de construire : maîtrise du foncier, connaissance du
sol (Société d’aménagement ou d’équipement, services cadastraux, services administratifs,
géomètres-experts fonciers, notaires, experts, huisseries de justice) ; des matériaux et des règles
de mise en œuvre (Connaissance des sols, connaissance et normalisation des matériaux dont
entre autres l’AFNOR, étude et normalisation des règles de mise en œuvre dont par exemple le
CSTB, organisme de coordination interprofessionnelle) ; services publics concédés (gaz, électricité,
eau et assainissement, téléphone). Ibid. p. 74-78.
368
Ibid, p. 71-72
369
A. DUPIRE, B. HAMBURGER, J.C. PAUL, et al. Deux essais sur la constructio n. Bruxelles:
Architecture/Pierre Mardaga, 1981. 187 p. 47.
107
Société centrale pour l’équipement du territoire (SCET), et a suscité la création
de bureaux d’études spécialisés, telle, la Société centrale immobilière de la
Caisse des dépôts (SCIC) ; le Crédit foncier de France (CFF) ; le Comptoir des
entrepreneurs (CDE) (le Sous-comptoir avant 1964) ; la Caisse des prêts aux
organismes HLM (CPHLM) ; La Caisse nationale des marchés de l’Etat
(CNME)370. Cavallini et Raffestin signalent que l’urbanisme mis en place après la
guerre est un urbanisme concerté (et non réglementaire) en raison de l’urgence
de maîtriser cette urbanisation, et pour lequel le principal dispositif est
l’aménagement du territoire. Deux structures pour l’aménagement du territoire
ont été mise en place en 1963 : la Commission nationale d’Aménagement du
territoire (CNAT) et la Délégation à l’Aménagement du territoire et à l’Action
régionale (DATAR). Ce n’est que plus tard, hors de notre période d’étude, que
les diverses dispositions législatives et réglementaires foncières ont été mises en
place. Sauf la loi d’orientation foncière no. 67-1253 datant du 20 décembre 1967
et qui, d’ailleurs, était la « pièce maîtresse » de l’orientation foncière371.
Concernant les centres de documentation, ils sont de deux types, l’un
réglementaire, administratif et financier ; l’autre technique et commercial. Ils sont
gérés par différents organismes, comme par exemple : le Centre d’assistance
technique et de documentation (CATED) ; les centres d’information et de
documentation du bâtiment tel le Centre Rhône-Alpes d’information et de
documentation du Bâtiment et les catalogues de la « Documentation française du
bâtiment » sur les produits composants372.
370
CAVALLINI, C., RAFFESTIN, Y., Guide pratique de l a construc tion (Les partici pants, les
moyens, le déroulement d'une opération). Paris: Editions du Moniteur, 1977, p. 32-36.
371
Ibid. p. 39- 41.
D’ailleurs, Bonhomme (1964), en matière d’aménagement du territoire et des réglementations et à
cause, signale, par la vitesse de leur évolution, uniquement le décret du 30 novembre 1961 portant
règlement d’administration publique pour déterminer les règles générales applicables notamment
en ce qui concerne la localisation, la desserte, l’implantation, le volume et l’aspect de constructions.
A. BONHOMME, Guide prati que p our l' établissement des projets d' immeubles d' habitation. [1ère
éd. 1962]. Paris: Editions du Moniteur des Travaux Publics, 1963, p. 13.
372
CAVALLINI, RAFFESTIN, op.cit. p .80-81.
108
PARTIE 2
Nous nous proposons, dans cette deuxième partie, d’étudier les principes,
les méthodes et les procédures, élaborés puis retenus, pour la préfabrication des
établissements scolaires, en France, après la Seconde Guerre mondiale. Nous
examinons la politique technique mise en place par le ministère de l’Education
nationale de 1951 à 1973, pour faire face aux besoins de constructions scolaires.
Nous avons, dans la première partie, formulé l’hypothèse selon laquelle les
facteurs de gains de productivité de la préfabrication se trouvent à l’intersection
des caractéristiques de la production architecturale et de la production
industrielle, aussi bien qu’à l’intersection du travail en chantier et en usine. En
suivant, pas à pas, l’histoire de la commande publique de l’Education nationale
depuis 1951, en décrivant le rapport spécifique de chacune des contraintes
industrielles avec la production du bâtiment scolaire, nous avons, en guise de
109
rectification des premières hypothèses, et au travers de ce parcours, cherché à
mettre en relation les paramètres d’analyses de chacune des logiques
(industrielle et de prototype), et leurs limites.
110
2.1. Pourquoi industrialiser et comment?
373
L. CROS, L'explosion scolaire. Paris: CUIP, 1961.
374
J. BALLADUR, « L'industrialisation du bâtiment », Construction (Numéro spécial industrialisation
du bâtiment, tome I), Tome XX, no 3, mars 1965, p. 83.
111
1) Les besoins de locaux, d’où la nécessité d’une construction rapide
d’un grand nombre d’établissements d’enseignement nouveaux ;
A. Un problème d’urgence
375
Le manque de locaux scolaires s’est fait sentir en France dès les sinistres de la Première
Guerre mondiale : « Une révision des instructions du 23 août 1936 avait été jugée nécessaire après
les désastres de la guerre, des centaines d’écoles avaient manqué d’entretien ou avaient été
détruites, la population enfantine s’accroissait d’une manière imprévue, le pays réclamait des
écoles, il était ruiné ». M. LAINE, Les constructions scolair es en F rance. Paris: Presses
universitaires de France, coll. L'éducateur, 1996, p. 176
376
R. BRICHET, « Les constructions scolaires », La Vie co mmunale et dé partementale, 1949, p.
10-11(Microfiche).
377
S. DUHAMEL, P. SEGAUD, Les constructions scolaires et universitaires. Paris: L'administration
nouvelle, Editions Berger-Levrault, 1969. p. 14-15
112
1968378, puis à 52 655 802 en 1975379 ; le taux de fécondité - le « baby-boom » -
reste très élevé après la guerre et jusqu’aux années cinquante et soixante
[Figure 8 et 9]. À ce constat quantitatif dont les résultats supposent déjà des
besoins importants de construction, s’ajoutent, d’abord, les processus
d’urbanisation qui se mettent en place dès les premières années d’après-guerre :
le mouvement de la population de la campagne vers les villes, le transfert de la
population du centre des grandes villes vers la périphérie ; ensuite, les réformes
éducatives seront la cause et le catalyseur de changements dans les moyens de
construction, plus directement par les politiques mises en place autour d’une
démocratisation de l’éducation380, qui conduira à la fin des années 1950 à
l’allongement de l’éducation obligatoire.
378
Recensement de 195 8, Pop ulation de l a F rance (d épartements, arrond issements, can tons et
communes). S.I., 1958. p. 1155
379
INSTITUT NATIONAL DE LA STATISTIQUE ET DES ETUDES ECONOMIQUES (INSEE),
Recensement de 19 58, Po pulation d e la France (d épartements, arron dissements, cantons et
communes). Paris: Imprimerie nationale, 1958. Tableau V.
380
A. PROST, Education, soc iété et po litiques, Paris : Le Seuil, 1992, [en ligne]. [réf. du 21 fév.
2008] Extrait Disponible sur: http://cpe.paris.iufm.fr/spip.php?page}imprimer&id_article=92
113
« Engagé dans la bataille de la quantité, le m inistère de l'Educatio n
nationale n' a pas acco rdé aux pr oblèmes d'architecture, problèm es d e
qualité par excellence, toute l'importance qu'ils méritaient »381
Les plans
381
« L'architecture scolaire, forme silencieuse de l'enseignement », L'Architecture d' aujourd'hui,
36ème année, no 128, oct.-nov. 1966, p. XXIII.
382
Institution française qui a existé entre 1946 et 2006.
383
Du aux transferts de population, une seconde enquête a été faite en 1956 par la Commission,
pour les travaux à réaliser entre 1956 et 1957. COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE
MODERNISATION ET D'EQUIPEMENT (CGP), COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE,
UNIVERSITAIRE, ARTISTIQUE ET SPORTIF, Rapport gén éral de la co mmission d u p lan
d'équipement scolaire, universitaire, artistique et sportif du mi nistère de l'Education nationale. S.I.:
CGP, juill. 1958. 245 p., exempl. dactylogr.
384
PRESIDENT DU CONSEIL/COMMISSARIAT GENERALE DE MODERNISATION ET
D'EQUIPEMENT, MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, Rapport de la commission du plan
d'équipement scolaire, universitaire, scientifique et artistique (Tome I). S.I.: Commissariat général
de modernisation et d'équipement, s.d. 1952. 63 p., exempl. imprimé: publication du Centre
national de documentation pédagogique.
114
1957 à 1961 (IIIe Plan de la Reconstruction). Leur rapport, daté de 1958385, est
une prolongation des actions du première Plan scolaire. De même, il s’intéresse
principalement au recensement des besoins constructifs et aux esquisses d’une
politique de construction. Déjà, dans l’enseignement du second degré
(secondaire traditionnel, technique et cours complémentaires) l’arrivée des
classes nombreuses commence à se manifester dès la rentrée scolaire 1957-
1958386. Elle se poursuit donc pendant les dernières années de la IVe République
(1946-1958), et pendant la guerre d’Algérie (1954-1962).
385
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION ET D'EQUIPEMENT,
COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, UNIVERSITAIRE, ARTISTIQUE ET SPORTIF,
op.cit.
386
Ibid., p. 4.
387
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN D'EQUIPEMENT ET DE LA PRODUCTIVITE, Rapport
général de la commission du plan d'équipement scolaire, universitaire et Sportif (Quatrième plan de
développement économique et social -1962-1965-). Paris: Imprimerie nationale, 1961. 269 p.
388
PROST, Education, société et politiques (Une h istoire de l'Enseignement en F rance de 1945 à
nos jours). Paris: Ed. du Seuil, 1992, p. 140-141.
115
Tableau 2. Prévisions de besoins de locaux scolaires (1951-1975)389
Plan de l’Equipement scolaire
Ordres er391 ème ème ème e
1 (1952-56) 2 (1957-61) 3 (1962-65) 4 (1966-70) Vl (1971-75)
d’enseignement390
Enseignement du 1er 35 à 40 000
44 792 cl 20.000 cl 4026 000 él
degré392 cl
Enseignement du 2ème
10 813 cl 250 à 300 él 550.000 pl 550 000 pl 4099 000 él
degré
Enseignement technique 8109 cl
Enseignement supérieur 12 802 160.000 pl 800 000 él
Cl = classes ; él = éléves ; pl = places.
389
Ce tableau est donné à titre indicatif pour comprendre la magnitude de la construction qui en
résulte. La complexité et la diversité des différents types d’opérations pourraient estimer des
chiffres d’un autre ordre. Dans le cadre de notre analyse, nous avons seulement pris en compte les
classes et non le reste des bâtiments des établissements scolaires tels les dortoirs, ateliers ou
autres, sauf dans le cas des chambres pour étudiants de l’enseignement supérieur.
390
Ici seulement sont présentés les besoins scolaires et universitaires, qui ont été séparés du reste
des besoins de l’enseignement : scientifiques, artistiques et culturels, s’agissant de la priorité
donnée dans les différents plans aux besoins scolaires et universitaires.
391
PRESIDENT DU CONSEIL/COMMISSARIAT GENERALE DE MODERNISATION ET
D'EQUIPEMENT, MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, op.cit., p. 35-38
392
L’enseignement du 1er degré comprend : les classes maternelles, élémentaires et les cours de
perfectionnement du territoire métropolitain.
393
M. QUATRE, « Architecture scolaire et aménagement de l'espace », in J. TREFFEL, (dir.), coll.
Notes et études documentaires. Paris: La documentation française, 1974. p. 16.
394
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN, Programme de trava il des co mmissions d e
modernisation du 6 ème pla n, préparati on du rap port su r les optio ns. Paris: La documentation
française, N.d. p. 12.
116
nécessaires, mais, cette fois-ci, recense également des besoins d’une nature
différente : le principal effort ne concerne plus la construction des bâtiments
neufs mais la réhabilitation du patrimoine vétuste. Ainsi, l’accent est mis sur le
remplacement de classes mises en service pendant la période de la
Reconstruction : classes provisoires, parfois mobiles395.
395
La réforme de l’enseignement scolaire pour élargir l’éducation obligatoire de 14 à 16 ans, a
poussé le débat sur le « provisoire ». En 1946, la direction de l’Enseignement du second degré
demande des locaux provisoires pour les dix ou vingt ans de transition avant cette réforme. C’est le
début du provisoire pour lequel une collaboration est demandée au ministère de la Reconstruction
et de l’Urbanisme pour l’étude de prototypes de construction semi-provisoire. B. HAMBURGER, A.
QUERRIEN, D. REBOIS, D. et.al., La commande publique d'architecture (1945-1975). Rapport final
de recherche réalisée pour le CORDA, Ministère de l'environnement et du cadre de vie. Paris:
ministère de la Culture et de la Communication, 1977. no. 77 7304100202 7501, 114 p.,
exempl.dactylogr. : Ecole nationale supérieur des beaux arts/Centre d'études et de recherches
architecturales, p. 28. Cependant, les classes mobiles correspondent à un autre type de
préfabrication : « provisionnelle ». Dans cette thèse nous n’étudions que le cas de la préfabrication
à titre de construction définitive.
117
Tableau 3. Plans chronogramme
er IIe Plan ou Plan
Les plans 1 Plan ou Plan Monnet IIIe Plan IVe Plan Ve Plan VIe Plan VIIe Plan
Hirsch
Les Plans
Les Plans de la Reconstruction de la Les Plans de la Croissance
Crise…
La chronologie 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78
3 Janv. 1946
Décret fixant
4 août 1962
les attributions
Loi approuvant
du e
19 mars 1959 le 4 Plan et 21 juil. 1976
commissariat 27 mars 1956 30 nov. 1965 15 juil. 1971
Décret prévoyant une Loi
du Plan. Loi approuvant Loi approuvant Loi approuvant
ème approuvant le procédure e e approuvant le
Jean Monnet le 2 Plan ème le 5 Plan le 6 Plan e
3 Plan. d’élaboration 7 Plan
est nommé
en deux
Commissaire
phases
Général du
Plan.
Ier Plan 2ème Plan 3ème Plan 4ème Plan
universitaire et
universitaire, scientifique universitaire, artistique et sportif. universitaire et Sportif
et artistique. sportif. Président : LE Président : M. LASRY
GORGEAU
Les Plans de 23 août et 2 nov. 13 Juin 1960
l’Equipement 1956 Arrêté créant la
19 nov. 1964
13 nov. 1951 Arrêté créant la Commission de
scolaire, Arrêté créant la
Arrêté créant la Commission de
Commission de l’Equipement Scolaire, Universitaire
Commission du Plan l’Equipement e Commission de
l’Equipement et sportif. (4 Plan -).
d’Equipement Scolaire, Scolaire, l’Education nationale
Scolaire, Ve Plan (1966-1970) d’Equipement
Universitaire, Scientifique Universitaire et
er Universitaire, e et de la Productivité
et Artistique (1 Plan) sportif. (3 Plan).
Artistique et Sportif
ème
(2 Plan)
1957
1961
Année de transition e
e e Publication du 3
entre le 2 et 3
Plan -1962-65-
plan.
Source : ■ http://www.plan.gouv.fr/
118
Degrés de l’enseignement
396
En 1952, les différents ordres d’enseignement comprenaient les services scolaires,
universitaires, scientifiques, artistiques et culturels. L’arrêté du 13 novembre 1951 portant sur la
création de la Commission du Plan sépare les besoins scolaires et universitaires du reste.
119
Le premier degré
« […] le décret du 31 décembre 1963 est le plus mauvais texte qui ait
été pris depuis 1945 en matière de constructions scolaires, parce qu ’il est
contraire à la fois aux intérêts de l’Etat et à celui des co llectivités locales.
397
Voir 3.2.
398
Décret porta nt abr ogation de certai nes dis positions légis latives relatives au mo de de
financement de constructions scolaires du premier degré. No. 63-1373 du 31 décembre 1963. J.O.
du 5 janvier 1964, p. 179-181.
399
DUHAMEL, SEGAUD, op.cit.
120
[…] [Avec le régi me d e 1964] […] on ne dispose plus d’aucun moyen
pratique pour imposer au moins des formules ‘répétitives’ »400.
« Empirisme et limites :
Empirisme ? Parce que l ’on cherche à exposer, hon nêtement,
quelques ré glés pratiqu es de m ise en ordre des chantie rs dont on a
constaté, expérimentalement, l’efficacité.
Limites ? Opérations du ‘Second Degré’ et du ‘Technique’
exclusivement :
a) Coûts unitaires oscillants de 500 à 2500 millions.
b) Standardisation des éléments constitutifs des ensembles.
‘Primaire’ e xclu, le coût unitaire n e perm ettant pas l’amortissement
des inve stissements et ‘Supérieur’ égale ment exclu , les so lutions à
caractère exceptionnel, non polyvalentes, y étant la règle’ »402
400
Note de M. P. SEGAUD à l' attention de M. Le Directeur. Objet: Définition d'une politique dans la
construction scolaire du premier degré -Rapport de M. LE MUR du 9 mars 1965, document daté le
12 mars 196 5. Archives nationales de France, Centre des archives contemporaines, 780522/F17-
BIS 22847/41588, p. 1-2.
401
G. LE-MUR, Copie tra nsmise à Mons ieur SEGAUD (Sous-d irecteur), Service d es Etud es
Générales et T echniques, du 9 mars 19 65. Note à l'attention de Monsi eur le Directe ur de
l'Equipement. Objet: Essai d e défin ition d'une po litique d ans la co nstruction scol aire du pre mier
degré. Archives nationales de France, Centre des archives contemporaines, 780522/F17-BIS
22847/41588. p. 5.
402
P. ABRAHAM, Productivité et constructi ons scol aires. Montrej eau le 7 Août 1 958. Archives
nationales de France, Centre des archives contemporaines (Fontainebleau), 780522/F17-BIS
22901/41686. N. p.
121
seize ans404, modifie les types d’établissements et en crée de nouveaux. Les
modifications résultant de cette réforme intéressent dans une large mesure les
établissements du second degré, et essentiellement le premier cycle [Figure 10].
Les nouveaux types de bâtiments issus de cette réforme sont les collèges
d’enseignement technique406 (CET), les collèges d’enseignement général407
(CEG), les lycées408 et les lycées techniques409. Les CES et CEG, créés dans les
faits en 1963410 (§2.1.) sont donc des d’établissements nouveaux à construire.
« On construit 2354 collèges entre 1966 et 1975, soit un collèges par jour
ouvrable, pour regrouper les élèves des premiers cycles »411. Le même t ype
pédagogique de ces types d’établissements donne ainsi la possibilité d’une
construction standardisée. Cette caractéristique conjointement aux conditions de
la hausse démographique représentait un chantier très vaste de construction :
403
Décret modifié par le décret du 14 juin 1962 et le décret du 3 août 1963, et des instructions
contenues notamment dans les circulaires du 3 mai 1963, du 28 septembre 1963 et du 5 janvier
1965. COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN (CGP) D'EQUIPEMENT ET DE LA PRODUCTIVITE,
Rapport général de la c ommission du plan d'équipement scolaire, universitaire et Sportif (Ve pl an
1966-1970). Paris: GGP, N. p. 10., exempl. Imprimé : La documentation française.
404
Concrétisation du plan Langevin-Wallon (1944-1947) concernant la démocratisation de
l’Education. A. PROST, Histoire générale de l'enseignement et de l'éducation en France (Tome IV,
L'école et la famille dans une société en mutation, depuis 1930). Paris: Perrin, 2004. 807 p.
405
Dorénavant, l’éducation obligatoire comprend l’enseignement primaire et le premier cycle du
deuxième degré.
406
Anciens centres d’apprentissage.
407
Anciens cours complémentaires.
408
Les collèges modernes ont été assimilés aux lycées et les collèges techniques et les écoles
nationales professionnelles ont pris le nom de lycées techniques.
409
A. LEON, P. ROCHE, Histoire d e l' enseignement en F rance. Paris: PUF, coll. Que sais-je?,
2005.
410
Réforme du ministre Capelle-Fouchet, en PROST, « Education, société (…) », op. cit. p. 98-105.
411
Ibid., p. 144.
412
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN D'EQUIPEMENT ET DE LA PRODUCTIVITE, Rapport
général d e la commission du p lan d' équipement sc olaire, univ ersitaire et sportif (Ve plan 1 966-
122
Or, dans la nouvelle structure du premier cycle413, tous les élèves d’un
secteur démographique déterminé sont regroupés dans un même établissement
qui est, pour la plupart d’entre eux, un CES, et, dans les zones à faible densité
démographique, un CEG : « […] A côté des CES, adaptés aux villes, il est donc
bon de disposer de CEG moins ambitieux pour les campagnes »414. En 1966, de
nouveaux types d’établissements ont été aussi créés dans l’enseignement
supérieur : les instituts universitaires de technologie (IUT)415.
123
Structures avant la réforme
GRANDES ECOLES
CLASSES FACULTES
PREPARATOIRES
LYCEES LYCEES
TECHNIQUES CLASSIQUES
CET ET
CEG MODERNES
CLASSES DE FIN
D’ETUDES
ECOLE ELEMENTAIRE
GRANDES ECOLES
CLASSES FACULTES
IUT PREPARATOIRES
LYCEES
Techniques Classiques
CET
e Modernes
(2 cycle court.) e
(2 cycle long.)
er
CES ET CEG (1 cycle)
ECOLE ELEMENTAIRE
124
B. De la Reconstruction à la préfabrication scolaire
Les années de 1945 à 1975 sont en France caractérisées par une intense
production dans le bâtiment. D’abord, une première période de « reconstruction »
des équipements et des logements détruits pendant les deux Guerres mondiales.
Ensuite, à partir de 1955, une fois la situation d’urgence amortie (PCA, s.d.417), le
pays se redresse et connaît une période de croissance qui dure jusqu’au milieu
des années 1970. Dans une période de trente ans, connue en France sous la
terminologie des « Trente Glorieuses », le gouvernement assure les conditions
économiques pour la mise en place d’un système apte à la construction
industrialisée.
La reconstruction
417
PLAN CONSTRUCTION ET ARCHITECTURE (produit par), J. FRESNAIS (coordonné par),
INSTITUT FRANCAIS D'ARCHITECTURE (conçu et rédigé par), B. VAYSSIERES (sous la
responsabilité de), et. al ., Une p olitique d e lo gement ( Ministère de l a Rec onstruction et de
l'Urbanisme 1944-1954). Paris: PCA/IFA, 1995.
418
Ibid., p. 66.
125
La période de l’immédiate après guerre est marquée par des besoins
accumulés et par la reconstruction des sites dévastés. La problématique urbaine
consiste alors à réaménager les villes sinistrées419. L’Etat est obligé d’y définir
une politique économique et technique face à la pénurie de matériaux, de
matériel et de main d’œuvre qualifiée. La reconstruction devient un terrain
d’expérimentation puis d’opérations administrées par l’Etat et des professionnels
du bâtiment (architectes, ingénieurs, entreprises).
419
D. VOLDMAN, La reconstruction des vil les françaises de 1940- 1954, hi stoire d' une po litique.
Paris: L'Harmattan, 1997. Et, D. VOLDMAN (sous la direction de), « Images, discours et enjeux de
la reconstruction des villes françaises après 1945 », Les Cahiers de l'IHTP, no 5, juin 1991.
420
Bruno Vayssière. PLAN CONSTRUCTION ET ARCHITECTURE (produit par), J. FRESNAIS
(coordonné par), INSTITUT FRANCAIS D'ARCHITECTURE (conçu et rédigé par), B. VAYSSIERE
(sous la responsabilité de), et. al., op.cit. p. 10.
421
Voir : BAUDOUI, R. Un grand commis de l' état, Raoul D autry (1880-1951). Thèse de doctorat,
Histoire du XXème siècle, Fondation National de Sciences Politiques, Institut d'études politiques
de Paris, 1991. (4 vol.) 937 p. Dir. BERSTEIN, S.
422
Bruno Vayssière. PLAN CONSTRUCTION ET ARCHITECTURE (produit par), J. FRESNAIS
(coordonné par), INSTITUT FRANCAIS D'ARCHITECTURE (conçu et rédigé par), B. VAYSSIERE
(sous la responsabilité de), et. al., op.cit. p. 10.
423
B. POUVREAU, Une p olitique en arch itecture: Eu gène Cl audius-Petit (190 7-1989). Paris:
Groupe Moniteur (Editions du Moniteur), 2004.
424
R. BAUDOUÏ, J. ROSEN, Etude des processus d'ajustement administratif aux ré alités sociales,
économiques et innovations techni ques du mi nistère d e l a reconstructi on et de l' urbanisme1940-
1952. Rapport de recherche final pour la Direction de la recherche et des Affaires scientifiques et
126
d’aménagement et d’urbanisme sont recherchés et que l’appareil législatif se
transforme, permettant ainsi la Reconstruction d’urgence. Notamment, à partir de
1945, les processus de décision de l’administration sont mis en place pour
résoudre le problème technique de la reconstruction : matériaux, transports,
énergie, infrastructure. « Ce n’est qu’après la Libération, ou plus précisément la
reconstruction que ces idées seront reprises par l’Etat central et ses techniciens
pour promouvoir à la fois une politique économique (réorganiser et concentrer le
bâtiment), une politique technique (l’industrialisation) et une politique sociale (le
logement HLM) »425. En 1952, émerge un nouveau problème : le logement, qui
fait appel au même dispositif humain.
127
va-t-il mettre en place les conditions et les garanties d’un marché à long terme,
en vue d’inciter les entreprises à l'investissement. « En moins d’un an, le MRU
va décliner tous les modes de contrôle et de passation de marchés, toutes les
directives et les circulaires, toutes les recommandations […] »427.
427
PLAN CONSTRUCTION ET ARCHITECTURE (produit par), J. FRESNAIS (coordonné par),
INSTITUT FRANCAIS D'ARCHITECTURE (conçu et rédigé par), B. VAYSSIERE (sous la
responsabilité de), et. al., op.cit., p. 10.
428
La première opération à caractère expérimental est la Cité d’expérience de Noisy-le-Sec. « La
Cité de maisons prototypes édifiée sur le territoire de la commune de Noisy-le-Sec, la plus sinistrée
des communes du département de la Seine, constitue le banc d’essais des nouveaux procédés de
construction en même temps qu’elle sert de champ d’expériences aux conceptions nouvelles en
matière d’habitation et d’équipement ». « La Cité d'expériences de Noisy-le-Sec », Cahiers d u
Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, Cahier 12, juill. 1948, p. IX.
429
Les procédés utilisés au titre des exercices 1947-1948 sont : JEEP, SCHUELLER, PREFADUR,
ROUZAUD, GUTTON, PHENIX, BACCI, INTRO, LEMAY, ALPHILAIRE. « Les chantiers
d'expérience du ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme », Cahiers du Centre Scientifique
et T echnique du Bâti ment, Cahier 12, juill. 1948, p. I-V. Et, « Les chantiers d'expérience du
ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme », Cahiers du Centre Scientifique et Technique du
Bâtiment, Cahier 38, no janv. 1949, p. I-XVII. Aux chantiers d’expérience de 1949 participeront des
procédés tels, COIGNET, SCHINDLER (Société Cogetravoc), BALENCY et SCHUHL, LAFAILLE,
«Programme 1949 des chantiers d'expérience du ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme
», Cahiers du Centre Scientifique et T echnique du Bâtiment, Cahier 46, avril 1949, p. I-VI. Par la
suite les procédés sont exposés dans les Cahiers du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment
de 1949 : n° 48 (avril), 57 (juillet), 68 (octobre), et dans le no. 87 du deuxième trimestre 1950.
430
HAMBURGER, QUERRIEN, REBOIS, et.al., op.cit., p. 29.
128
construction »431. La Société Raymond Camus réalise, à partir de 1952, parmi
ces grands chantiers d’expérience, une série de « quatre mille logements ». Ces
expériences sont les précurseurs des modèles techniques et administratifs
reproduits par la suite.
« L’étude d étaillée de ces logem ents financés par le Cré dit Foncier
en 1954 perm it de restituer à leur (m odeste) place la percée de
l’industrialisation et celle de l’ architecture moderne. On apprend par
exemple qu e la toiture- terrasse ne règne alors que sur u n petit tiers des
collectifs (et pas les plu s économiques). On apprend aussi que le béton ne
tient encore que 30 % du marché (50 % en collectif). […] On fait donc
encore larg ement en traditionnel, et, corrélat ivement c ’est à l’art d e la
‘limousinerie’ que s ’adonnent la moitié des st agiaires qui apprennent les
techniques du gros-œuvre en Formation Prof essionnelle Accélérée durant
cette belle année 1954 »432
La croissance
431
Y. DELEMONTEY, « Le béton assemblé, formes et figures de la préfabrication en France, 1947-
o
1952 », Histoire urbaine, n 20, déc. 2007, p. 15-38.
432
J.-C. CROIZE, « Le logement dans l'impasse (1945-1952) », p.17 (2ème partie), in NOVIAN,
JAQUES VAYSSIERE (éds. Scientifique), op.cit.
433
Le premier est celui de mars 1946 (première édition) ou mars 1947 (deuxième édition, texte
ère
reproduit textuellement de la 1 éd.) : « L’industrialisation du bâtiment et la Reconstruction », cité
maintes fois dans la première partie.
434
J. PILPOUL, « L'industrialisation du bâtiment (Introduction) », Le Moniteur des Travaux publics
et du Bâtiment, no hors série, mars 1950, p. 2.
129
République donneront un cadre à l’expansion économique. Durant cette année,
est inauguré le ministère de la Construction avec à sa tête M. Claudius-Petit.
435
Frank Boutte propose quatre phases de la politique de préfabrication dans le logement :
d’abord, une période d’« expériences et recherches » ; ensuite, « la continuité par les grandes
opérations » ; puis, « la continuité par la typification de projets globaux et la répétition » ;
finalement, la période qui donnera « une nouvelle forme d’industrialisation ». F. BOUTTE,
Matériaux pour une réflexion critique sur l'industrialisation de la construction des lo gements. Projet
de fin d'études, Génie civil et bâtiment, Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, nov. 1992. Dir. F.
QUEFFELEC.
436
En 1950, M. Simon préconise la création d’un « secteur industrialisé » pour faire face aux
obstacles qui se présentent à l’industrialisation du bâtiment. E.-H.-L. SIMON, « La préfabrication
dans la Construction (emploi actuel et possibilités d'avenir) », Le Moniteur des T ravaux publics et
o
du Bâtiment, n hors série, mars 1950.
437
De ce programme ressortent des opérations de grande taille, par exemple en 1958, 1 116
logements à Caen et 600 logements à Orléans, deux opérations faisant l’une et l’autre appel à la
pierre de taille. J. COIFFARD, M. DECHAUT, « Les chantiers de Caen ‘La Guérinière’ et
d'Orléans», Cahiers d u C entre Scientifi que et T echnique du B âtiment, cahier 33, n° 276, sept.
1958, p.1-33. En 1959, deux cents logements avec le procédé de préfabrication BARETS :
DREYFUSS, M. « Opération "la résidence des Lionceaux": construction de 232 logements »,
o
Cahiers du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, cahier 310, n 38, sept. 1959, p. 1-35. En
1960, on peut citer les 1 258 logements construits à Athis-Mons avec le procédé ESTIOT (pièces
préfabriquées essentiellement en béton armé montées sur une charpente métallique) : J.
COIFFARD, G. PAISNEL, « Le secteur industrialisé d'Athis-Mons. Une réalisation de préfabrication
semi-lourde », Cahiers du Centre Sci entifique et T echnique d u B âtiment, cahier 357, no 44, juin
1960, p. 1-25.
438
Le but de ce programme, datant de la deuxième moitié des années cinquante, était d’investir en
outillage et en ateliers de préfabrication, par une quantité de douze mille logements, par opérations
d’environ trois cents logements. BOUTTE, op.cit.
439
Ce sont des logements HLM à usage collectif lancés par le MRL dans le courant de l’année
1954, utilisant pour la plupart la technique du béton banché. « Les opérations Million et Lopofa »,
Cahiers du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, cahier 40, n° 326, oct. 1959, p. 1-42.
440
Du point de vue historique : « […] l’analyse n’est pas historiquement faite et il est singulier
qu’une société entreprenne de détruire des bâtiments dont elle n’a même pas compris la genèse.
130
les tours e t les barre s442 des années 1960 construites par des opérations
immobilières de grande taille : des centaines voire des milliers de logements. Il
s’agit de l’habitat social construit durant la période du ministère d’Eugène
Claudius-Petit (1948-1952), en passant par celle de Pierre Sudreau443 (1958-
1962), jusqu’à celle d’Olivier Guichard444 (1972-1974). C’est aussi la période des
ZUP445, des nouveaux plans d’urbanisme, et des programmes triennaux d’HLM
qui assurent une grande quantité de travaux, donc des garanties pour la
reconduction de marchés.
[…] ». F. DUFAUX, A. FOURCAUT, R. SKOUTELSKY, Faire l' histoire des gr ands e nsembles.
Lyon: ENS 2003, p. 7.
441
Au milieu des années 1950 à la Courneuve, commune française de la région parisienne, est
construit un grand ensemble de 4 000 logements. Au milieu des années 1980, l’une de ces barres :
« Debussy », est dynamitée. B. VAYSSIERE, Reconstruction : déco nstruction. (Le har d french ou
l'architecture française des trente glorieuses). Paris: Picard, 1988.
442
Les grands ensembles suscitent aujourd’hui, en France, des débats pour de possibles
interventions sociales, urbaines et architectoniques. Ils portent sur deux antipodes : d’une part, la
préservation qui repose sur leurs qualités morphologiques et sociales, d’autre part, les problèmes
principalement sociaux qui existent, au point de les considérer comme des « erreurs de l’histoire ».
Voir, par exemple, A. FAURE, Entre les tours et les barres. (Restructurer les espaces publics des
grands ens embles). Lyon: Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les
constructions publiques, CERTU, 1996.
443
Voir « Croissance et construction : l’action de Pierre Sudreau », p. 40-47, in E. LENGEREAU,
L'Etat et l'Architecture 1958-1981 (Une politique publique?). Paris: Picard, 2001. 559 p.
444
En 1973, le ministre Guichard émit une circulaire interdisant toute construction dépassant cinq
cents unités de logement, alors que cela était la taille minimale des ZUP. En 1968 elles sont
remplacées par les zones d’aménagement concerté (ZAC).
445
Le décret sur les Zones à Urbaniser en Priorité date du 31 décembre 1958.
446
J. VASSEUR, « Activité de l'industrie du bâtiment (évolution, modernisation) », Regards sur la
ème
France, 10 année, n° 28, oct. 1972, p. 79-94.
447
Les programmes où ces politiques ont été appliqués sont par exemple : « Coup de poing » en
1968, le concours Chalandon, dans la même année, le « prêt à construire ».
131
période de « croissance innovante »448. C’est en effet en 1967 que débutent les
interventions de l’Administration en faveur de l’innovation, de l’habitat
intermédiaire, et le projet de réforme pour la formation des architectes. C’est une
période qui remet en cause la construction de masse en faveur d’autres principes
qui se développeront dans la décennie postérieure : qualité, confort, flexibilité,
variabilité, villes nouvelles… D’où la nécessité d’une redéfinition de toute forme
d’industrialisation de l’architecture. La continuité ne peut alors plus être atteinte
au moyen de grandes séries, qu’elles soient concentrées ou dispersées ; elle
sera recherchée par d’autres formes et échelles de la préfabrication
industrielle449.
En 1973, tous les records sont battus: 550 000 logements édifiés.
Cependant, les politiques publiques qui dans ces périodes, esquissent la
morphologie de la ville et du bâtiment, sont secouées par les différents
événements de cette année :
Le marché
448
G. MONNIER, L'architecture mod erne en France (T ome 3: de la crois sance à l a co mpétition
1967-1999). Paris: Picard, 2000, p. 13-15.
449
Voir 1.1.
132
Nord-Pas-de-Calais). La deuxième phase, de 1968 à 1975, correspond à la
transition d’une croissance à une période de crise. Les grandes séries de travaux
de la période précédente diminuent, ce qui réduit les marges des entreprises.
Ces transformations remettent en cause les caractéristiques organisationnelles
du chantier, les méthodes et les techniques de construction du gros œuvre. Dans
cette période, la rationalisation, tentée pendant la phase antérieure, prend la
forme néo-taylorienne et la productivité en est accrue450/451.
450
M. CAMPINOS-DUBERNET, Emploi et gest ion de la main-d’œuvre dans le BTP. (Mutations de
l'après-guerre à la crise). Etude réalisée dans le cadre du Département Emploi et Prévisions. Paris:
CENTRE D'ETUDES ET DE RECHERCHES SUR LES QUALIFICATIONS (CEREQ), oct. 1984.
dossier n° 34, exemp. publié.
451
M. CAMPINOS-DUBERNET, « Les grandes étapes de la transformation du BTP en France
(1950-1989) », p.9-13, in : L'innovation en chantiers. Paris: Plan Construction et Architecture,
1996.
452
X. BEZANçON, D. DEVILLEBICHOT, G. NAGY, 2 siècles d'entreprises générales et de progrès
dans la construction. Italy: Timée-Editions, 2006. p. 186
453
Idem.
454
CAMPINOS-DUBERNET, « Emploi et gestion… », op.cit., p. 165
133
A la fin de 1964, le Bâtiment comporte environ 125 000 entreprises dont
17 000 pour le gros œuvre, signale Henri Faure, président de la Fédération
nationale du bâtiment455. A la fin de 1968 « (…) 25 grands préfabricateurs
contrôlent 280 usines et réalisent 15 % du marché »456. En 1972, 54,5 % de
l’activité de l’industrie du bâtiment et du génie civil est représentée par les
travaux de bâtiments neufs : de 270 000 entreprises du bâtiment, 1 500 réalisent
50 % des travaux neufs457. Au contraire, les groupements nés dans cette
période, signale Yves Aubert, directeur de la construction (1963-1969), « sont
sans lendemain » puisque les gros n’échappaient pas à la crise, et même avant,
en 1969, tandis que le marché est encore abondant, « […] on continuait à voir les
entreprises se disputer âprement chaque commande »458.
Marché scolaire
455
H. FAURE, (dir.), J.G. TRIDON, « Recherche et modernisation dans l'entreprise du bâtiment »,
Regards sur l a F rance (Evo lution de l a co nstruction, réa lisation et pers pectives, tome II :1964-
1965), 10ème année, no 28, janv. 1966, p. 131.
456
BEZANçON, DEVILLEBICHOT, NAGY, G., op.cit. p. 171.
457
VASSEUR, op.cit., p. 79.
458
Y. AUBERT, Le bâtiment peut-il devenir une industrie? Paris: Eyrolles, 1971, p. 57.
459
« Les constructions scolaires et universitaires, le problème français », L'architecture
d'aujourd'hui, 36ème année, no 123, déc.-janv. 1965, p. 4.
460
P. SASSIER, M. GALLONO (collaborateur), « Test fondamental: l'industrialisation de la
construction scolaire », Cahier spécial du quotidien « Les Echos », supplément au n° 10168, 1968,
p. 97-105.
134
1) Trouver des partenaires industriels convaincus de la nécessité de
l’utilisation de l’industrialisation, et avec les moyens pour y investir ;
2) Trouver un client intéressé à construire avec des procédés
industrialisés.
461
PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION
ET D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, Rapport du so us grou pe
techniques de construction d u pl an d' équipement scolaire, universit aire, artistique et sp ortif. S.I.:
COMMISSARIAT GENERALE DE MODERNISATION ET D'EQUIPEMENT, juill. 1958. p. 7,
exempl. dactylogr.
462
J.-P., PONSSARD, G. DE POUVOURVILLE, Marchés publics et p olitique in dustrielle. Paris:
Economica, 1982, p. 15.
135
et par la direction de l’Architecture463. A partir de 1956, par la Direction de
l’Equipement scolaire, universitaire et sportif (DESUS).
« En effet, bien qu’ il ait été destin é avant tou t à répondr e à une
pénurie dra matique de locaux d ’enseignement, le programme
d’équipement scolaire, s’est inscrit aussi, dès l ’origine, dans un dessein
général de transform ation du secteur du bâtim ent par la puissa nce
publique : c’est qu’on a coutume d’appeler la politique d’ industrialisation du
bâtiment »464.
463
En 1959, la direction de l’Architecture du ministère de l’Education nationale est transférée vers
le ministère de l’Etat chargé des Affaires culturelles. LENGEREAU, op.cit.
464
PONSSARD, POUVOURVILLE, op.cit. p. 65.
465
Après 1959, le nombre de logements achevés atteint les 300 000 S. BERNIER, « L'évolution de
la construction du logement en France en 1963 et 1964 », Regards sur la France (Evolution de la
construction, réalis ation et p erspectives, tome II:196 4-1965), 10ème année, n° 28, janv. 1966, p.
294.
466
En 1971, le cap des 500 000 logements est dépassé. J.-V. HANTZ, « L'orientation des efforts
de l'état en faveur de la construction », Regards sur la France , 10ème année, no 28, oct. 1972, p.
10.
467
J.-M. (SCHELERET président), A. GOUTEYRON (rapporteur), Rapport de la co mmission
nationale d' évaluation et de propos ition p our la s écurité des étab lissements scola ires. Paris :
Observatoire national de la sécurité des établissements scolaires et d'enseignement supérieur, 19
avril 1994. p. 36.
468
« Enseignement », L'architecture d'aujourd'hui, 32e année, no 94, fév.-mars 1961, N. p.
136
s’articule autour des concepts clés de l’industrialisation : série, nor malisation,
typification et continuité. Il s’agit d’analyser comment ces concepts ont été
conçus par les différents acteurs et comment ils ont participé à la productivité de
la préfabrication industrielle du bâtiment. De quelle manière les variables
industrielles, appliquées au logement, ont-elles été intégrées à la conception du
bâtiment scolaire, puis développées et/ou adaptées ? Ainsi, nous essayerons de
dégager les logiques par lesquelles les principes ont été élaborés, en vue
d’avancer dans nos hypothèses.
137
2.2. 1951-1962 Recherche de la série
A. Industrialiser ! Comment ?
469
Voir 2.1.
138
certaine hé sitation po ur s’ orienter vers des form ules nouvelles de
constructions en série »470.
470
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION ET D'EQUIPEMENT,
COMMISSION DU PLAN D'EQUIPEMENT SCOLAIRE UNIVERSITAIRE, SCIENTIFIQUE ET
ARTISTIQUE, C. HENRY (Rapporteur), Rapport du groupe de trava il No. 4 : T echnique et coût d e
la construction du Juin 1952. Archives nationales de France, Centre des archives contemporaines,
780522/F17-BIS 22915/41763, p. 47.
471
Ibid., p. 48.
472
Les réalisations issues de cette consultation sont présentées dans la partie 3.
473
Sauf pour les constructions préfabriquées en aluminium qui sont « chères ».
139
rapide des travaux pouvait provoquer une baisse importante du coût des
locaux scolaires »474.
En septembre 1948, une loi prévoit un crédit de 20 millions pour les études
de prototypes du premier degré. Cette loi institue une Commission
interministérielle, « (…) pour l’étude et la mise au point de types standards de
bâtiments scolaires en vue d’obtenir un moindre prix de revient »475. Le
programme remis aux architectes consiste en la construction d’une école rurale à
une classe avec ses annexes. Vingt projets sont sélectionnés pour être réalisés.
Ils sont terminés, pour la plupart, pour la rentrée d’octobre 1950 et les dernières
au début 1951476.
474
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION ET D'EQUIPEMENT,
COMMISSION DU PLAN D'EQUIPEMENT SCOLAIRE UNIVERSITAIRE, SCIENTIFIQUE ET
ARTISTIQUE, HENRY C. (Rapporteur), op.cit., p. 50-54.
475
B. LAFAILLE, R. CAMELOT, Les constructions scolaires. Ecole Type i.E.T.P. (Breveté SGDG)
Modèle a gréé, Co mmission I nterministérielle, lo i d u 12 s eptembre 1948. Burea u de co ordination
d'entreprises, Institut d' Etudes Techniques et Professionnelles, 20 rue S aint Didier, Paris. Archives
de l'Institut français d'architecture (IFA), LAFBE/Q/49/1-109. N. p.
476
Les réalisations sont présentées dans la troisième partie.
477
MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE, SECRETARIAT D'ETAT AUX BEAUX-ARTS,
Ecoles prototypes (du premier degré). Brochure du MEN, Paris : Publications du Centre national de
documentation pé dagogique, 21 déc. 1951. Archives de l'Institut français d'architecture (IFA),
LAFBE/Q/49/1-109, p. 7.
140
1) La localisation de chantiers : « La réalisation en série d’écoles à une
classe se heurte, de l’avis des auteurs du projet, à la dispersion des
chantiers et aux problèmes de transport des éléments préfabriqués à
des longues distances. D’autre part, il sera parfois délicat d’introduire
dans un site donné des matériaux qui ne s’harmonisent pas avec le
caractère du lieu »478.
2) Les résultats économiques. Ils sont un échec, signale le groupe de
travail techniques et coûts de construction du premier Plan : « […] les
exigences imposées aux constructeurs n’ont pas permis de définir un
ou plusieurs types de constructions économiques susceptibles de
résoudre dans toute son ampleur le problème des constructions
scolaires ». Or, « […] la seule solution pour construire rapidement et
à un prix raisonnable est de s’orienter vers une industrialisation de la
construction »479.
478
Prototype d’école à une classe. Alexandre Persitz et A.G. Heume, architectes. « Constructions
ème
scolaires », L'architecture d'aujourd'hui, 21 année, no 34, fév.-mars 1951, p.
479
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION ET D'EQUIPEMENT,
COMMISSION DU PLAN D'EQUIPEMENT SCOLAIRE UNIVERSITAIRE, SCIENTIFIQUE ET
ARTISTIQUE, C. HENRY (Rapporteur), Op.cit., p. 22-23.
480
Le concours est jugé par une Commission nationale instituée par arrêté du 6 novembre 1953.
PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION ET
D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, Rapport du so us gro upe
techniques de construction d u pl an d' équipement scolaire, universit aire, artistique et sp ortif. S.I.:
COMMISSARIAT GENERAL DE MODERNISATION ET D'EQUIPEMENT, juill. 1958. 75 p.,
exempl. Dactylogr, p. 40.
141
départemental des constructions scolaires, puisqu’il a été retenu et approuvé par
la commission nationale des projets-types »481.
Trois cent dix-huit projets sont agréés en 1957. Le trop grand nombre de
modèles agréés ainsi que la dispersion de la commande a empêché la
typification escomptée.
« Si bien que les prototypes ont, pour la plupart perdu leur caractère
de « typisation ». Faut e d’ une ré pétition suffisante, ils ont perdu t oute
chance de devenir plu s intéressant s que n’ importe quel pr ojet étudié à la
demande »482.
« A l’expérience, nombre de ces projets n’ont pas été réalisés »483, signale
le groupe technique du deuxième Plan. Les « prototypes-agréés », malgré leur
échec, sont la base de la notion de « projets-types », point de départ d’un long
parcours, entrepris par les éducateurs, vers la standardisation et la normalisation
du bâtiment scolaire.
A quelle échelle ?
481
P. SEGAUD. L’Equipement scolair e et sportif de la c ommune. Paris : Editions Berger-
Levraul/L’Administration nouvelle (Coll. Dirigée par M. Lucien MELH), 1958, p. 40. [Microfiche].
482
PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION
ET D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, op.cit., p. 40.
483
Idem.
142
insuffisants –voir néglig eables- si e lle ne devait pas être associée à d es
commandes de longue durée. Au contraire, l’ utilisation de tels élém ents
s’imposera d’elle-même dans la plupart des construction s scolaires d ès
l’instant où ils auront ét é mis en fa brication po ur des commandes portant
sur un no mbre suffisant d e groupes scola ires entière ment
préfabriqués »484.
Quels sont les moyens de productivité mis en place dans cette première
période ? Comment la pensée des pouvoirs publics pour une préfabrication
industrielle du bâtiment scolaire s’est-elle transformée pour répondre, aux
contraintes techniques et aussi politiques ?
484
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION ET D'EQUIPEMENT,
COMMISSION DU PLAN D'EQUIPEMENT SCOLAIRE UNIVERSITAIRE, SCIENTIFIQUE ET
ARTISTIQUE, C. HENRY (Rapporteur), op.cit., p. 26.
485 PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION
ET D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, op.cit., p. 8 [Le souligné par
l’auteur]
486 COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION ET D'EQUIPEMENT,
COMMISSION DU PLAN D'EQUIPEMENT SCOLAIRE UNIVERSITAIRE, SCIENTIFIQUE ET
ARTISTIQUE, C. HENRY (Rapporteur), op.cit,. p. 57. [Le souligné par l’auteur].
143
de types ; sans oublier la possibilité « […] d’être adaptée à la multiplicité des
besoins locaux »487. Ainsi, le groupe technique, priorisant la série sur la
préfabrication, après la consultation des entreprises déjà signalée, propose de
tenter une première expérience de série avec l’entreprise Génie Civil et Travaux
Publics en construction traditionnelle.
1) Les schémas-types ;
2) Les commandes groupées ;
3) Les constructions préfabriquées « démontables » ;
4) Les prix limites de construction pour l’enseignement primaire.
487
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION ET D'EQUIPEMENT,
COMMISSION DU PLAN D'EQUIPEMENT SCOLAIRE UNIVERSITAIRE, SCIENTIFIQUE ET
ARTISTIQUE, C. HENRY (Rapporteur), op.cit., p. 22-23.
488
Ibid., p. 52-55.
144
le principe d’une norme modulaire de 1,75 m489, sont établis par le ministère de
l’Education nationale dès 1952. Des séries d’écoles sont regroupées, pour un
territoire donné, et par un exécutant – ou un groupe d’exécutants - unique. En
1953 et en 1956, des prix plafond sont établis pour une « classe type » de
l’enseignement primaire. En revanche, il y a quelque réticence pour ce qui
concerne la construction préfabriquée, même si, dans ce cas ils font
spécifiquement référence à la construction provisoire. Le groupe « Technique de
construction » signale à ce propos :
489
Voir 2.1.B.b.
490
PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION
ET D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, op.cit., p. 4.
491
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION ET D'EQUIPEMENT,
SCIENTIFIQUE ET ARTISTIQUE COMMISSION DU PLAN D'EQUIPEMENT SCOLAIRE
UNIVERSITAIRE, HENRY C. (Rapporteur), op.cit., p. 36
145
des territoires donnés, se pose sur la recherche de nouvelles formes de
répétition.
3) Continuité technique.
146
« Toutes les industr ies qui ont progressé dans le sens de la
productivité n ’ont pu le faire qu’en recherchant l’ organisation de leur
débouché, de m anière à obtenir un e continu ité de fabrication génératrice
du perfectionnement des procédés et outillages »492.
492
M. BALENCY-BEARN, Rapport sur l' augmentation d e l a pro ductivité dans les c onstructions
scolaires. Annexe no. 8 au procès-v erbal de la séance du 3/11/1 960. [il s'agit des séances du
travail du Gr oupe "Proc édés et T echniques de Construction" d e l a Co mmission de l' Equipement
Scolaire, Universitaire et Sportif pour la préparation du 3e Plan de l'équipement scolaire]. Archives
nationales de France, Centre des archives contemporaines, (Fontainebleau), 780522/F17-BIS
22917/41766, p. 1.
493
P. ABRAHAM, Commandes groupées d'établissements scolaires de l' enseignement technique
sur le plan d'une académie. Rapport pour Monsieur le Recteur de l'Académie de Montpellier. Paris,
le 7 Avril 1957. Archives nationales de France, Centre des archives contemporaines,
(Fontainebleau), 780522/F17-BIS 22900/41684. N. p.
147
De cette manière, le ministère de l’Education nationale pourrait assurer un
volume de commandes lui permettant de lancer une consultation au niveau
national, en même temps, qu’il garantit aux entreprises des marchés assez
importants (pour un moment donné et extensible), situation qui devrait inciter
l’investissement des techniques industrialisées.
Continuité technique
Normalisation et typification
Dans la première partie nous avons signalé que normaliser veut dire
spécifier, unifier et simplifier, et cela en trois axes : dimensions, qualité et
compatibilité495. Nous avons déduit, dans la première partie, que la normalisation,
dans la période étudiée, se focalise sur la dimension.
494
BALENCY-BEARN, op.cit., p. 2.
495
Voir 1.2.A.b.
148
Quelle est donc la démarche du secteur éducatif pour la mise en place de
la normalisation dimensionnelle ?
Module 1,75
496
PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION ET
D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, op.cit., p. 10.
497
Pierre Chemillier, interview le 4 avril 2009.
498
LABRUNYE, R. « Jean Prouvé ou l'impossible industrie », Le Visiteur, no 11, mai 2008, p. 60.
499
Propos d’André Guillerme.
149
Les normes dimensionnelles, datant de 1949, sont modifiées lors des
travaux de préparation du premier Plan de l’Equipement scolaire (1951). Pour le
premier degré, les normes de 1949 considèrent une superficie, par classe type,
de 60 m² (1,50m² x 40 élèves). Une première réduction est implémentée lors de
la consultation des entreprises500 où la surface est réduite à 53 m² (« 7m x
7m70 »). Et pourtant, comme l’expose Jean Prouvé « les enfants ne changent
pas de taille »501. Puis, le groupe technique de ce premier Plan signale qu’une
unification de dimensions est aussi nécessaire aux classes de tous ordres de
l’enseignement : primaire, secondaire et technique, qu’à l’ensemble des locaux
bâtis pour : les laboratoires, les dortoirs, les réfectoires, etc.
500
Voir 2.1.A.a.
501
J.-F. ARCHIERI, Prouvé: cours du CNAM, 1957-1970 (Essai de reconstitution du cours à p artir
des archives Jean Prouvé). Liège: P. Mardaga, 1990, p. 178.
502
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION ET D'EQUIPEMENT,
SCIENTIFIQUE ET ARTISTIQUE COMMISSION DU PLAN D'EQUIPEMENT SCOLAIRE
UNIVERSITAIRE, HENRY C. (Rapporteur), op.cit., p. 11.
503
Ibid. p. 13-14.
150
Le deuxième Plan de l’Equipement, moins conceptuel et plus opérationnel
que son précédent en matière de normalisation, soutient, d’une part, les
schémas-types, d’autre part, fait appel à une « discipline de normalisation ».
Cette discipline représente pour le groupe une concertation de tous les acteurs,
« depuis la rédaction de programmes jusqu’à la réception des travaux », c’est-à-
dire les « délégués de l’Etat, délégués des Collectivités locales, hommes de l’art,
exécutants »504.
504
PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION
ET D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, op.cit., p. 10
505
J.-F. ARCHIERI, op.cit., p. 102.
506
PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION
ET D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, op.cit., p. 11.
507
Cette trame deviendra plus tarde de 1,80 m puis 7,20.
151
1m75 en béton, peut être pas valable pour le bois, encore moins pour le
métal »508.
508
ARCHIERI, op.cit., p. 178.
509
COMMISSION MINISTERIELLE D'ETUDES DES CONSTRUCTIONS SCOLAIRES (3ème
sous-commission), CORBIERE M. (Président), CAPLAT M. (Rapporteur), Recherche de nouvelles
organisations suscepti bles d'améliorer la rapidité et la q ualité de l'exécution des pro grammes.
Compte-rendu d’une réunion, n.d. lors de la préparation du rapport à reporter le 29 avril de 1961 au
M. le Ministre. Archives nationales de France, Centre des archives contemporaines, 780522/F17-
BIS 22899/41682. N. p.
510
P. POTIE, « Autour de la plieuse de Jean Prouvé », p. 47, in C. SIMONNET, Imaginaire
technique (Les cahiers de la recherche architecturale, no. 40). Paris: Editions Parenthèses, 1997.
152
Figure 11. La trame de 1,75
Source : MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, DIRECTION DE L'ARCHITECTURE, SERVICE
TECHNIQUE DES CONSTRUCTIONS SCOLAIRES ET UNIVERSITAIRES, Bâtiments d'enseignement.
(Schémas types). Paris : Centre national de documentation pédagogique (Impr. nationale), 1955, planche n°1.
153
Schémas types
511
PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION
ET D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, op.cit., p.1- 2
512
J. BERTHOIN, « Préface », in « Constructions scolaires 1 », op.cit., p. 50-51.
154
des constructions scolaires »513, est publiée aussi la première plaquette des
schémas types; une deuxième édition date de 1955, et une troisième de 1960.
Malgré la diversité des locaux, tous ces schémas sont conçus sur la trame
de 1,75 m, à l’exception des planches 2, 3 et 4 où les types, concernant
l’enseignement primaire, présentent des classes de diverses mesures ; dans le
sens de la longueur : 3,35 m ; 8,60 m ; 5,10 m ; 10,35 m ; pour la largeur :
6,85 m, bien que la longueur et la largeur totales deviennent des multiples de la
trame de 1,75 m : longueur 26 x 1,75 = 45,50 m et largueur 5 x 1,75 = 8,75 m.
Cette approche est abandonnée et rectifiée dans la deuxième publication de
schémas-types.
« Devant le succès rem porté auprès des Archit ectes par la première
Edition de la brochure, il était nécessaire d’étendre cette présentatio n
graphique à divers élé ments de détails con tenus dans to us les bâtiments
de l’Education nationale . Ainsi, il de vient aisé d e juxtaposer ces élém ents,
d’allonger, de suréleve r ou de ret ourner en équerre les bâti ments pour
développer les services existant s ou en introduire de nouveaux. Les
513
A. CORNU, « Les architectes et le problème des constructions scolaires », L'Architecture
française, n° 129-130, 1952, p. 1.
514
La planche n° 35 est un exemple d’une étude plus libre sur terrain boisé.
155
Architectes, enfin libéré s de ce s problèmes toujours com pliqués et parf ois
insolubles, pourront désorm ais, en partant de données p récises, laisser
toute liberté à leur qua lités d’ Artistes et Tech niciens et, comme par le
passé, crée r des œuvr e belles et pratiques, conçues a vec toute s les
ressources de leur imagination »
515
PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION
ET D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, op.cit., p. 10.
516
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, DIRECTION DE L'ARCHITECTURE, SERVICE
TECHNIQUE DES CONSTRUCTIONS SCOLAIRES ET UNIVERSITAIRES, Bâtiments
d'enseignement. (Schémas ty pes). Paris : Centre national de documentation pédagogique (Impr.
nationale), 1955. N. p.
156
1952
1955
Figure 12. Schémas types 1) de 1952 ; 2) de 1955
Source : 1) MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, DIRECTION DE L'ARCHITECTURE, SERVICE TECHNIQUE DES CONSTRUCTIONS SCOLAIRES ET
UNIVERSITAIRES, Bâtiments d'enseignement. (Sché mas types). Paris : Centre national de documentation pédagogique (Impr. nationale), 1952 et 2) 1955. Planche
n°2.
157
En 1960, une troisième publication revendique la fameuse trame, en
proposant toutes sortes de compositions pour les divers types de locaux de
l’enseignement scientifique (physique, chimie, sciences naturelles) et de locaux
techniques (électricité, photographie). On y superpose les différents rangements
scientifiques sur la trame de 1,75 en modules de 3x4, 4x4, 4x5, 4x6517.
Typification de prix
Or, de la typification des classes résultent leurs prix types et plafonnés. Les
arrêtés interministériels du 9 août 1953 et 11 juillet 1956, fixent les prix limites
pour les « classes types » du premier degré519. Le décret 59.1238, du 26 octobre
1959, et une circulaire du 5 novembre 1959 fixent les prix plafonds du
Secondaire, calculés sur celui du mètre carré et sur les travaux du bâtiment ;
entre autres, ces prix ne prennent pas en compte les autres dépenses comme
celles des travaux extérieurs, les honoraires d’architectes et les coûts des
équipements spécifiques520.
517
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, DIRECTION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE,
UNIVERSITAIRE ET SPORTIF (SERVICE TECHNIQUE), Installations des s alles s cientifiques
second d egré (Sché mas types). Paris: Centre national de documentation pédagogique (Impr.
nationale), 1960. 46 planches N. p.
518
Voir 1.2.A.b.
519
PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION
ET D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, op.cit., p. 4.
520
Ce principe est à l’origine de la procédure des prix établie dans la deuxième période pour le
secteur industrialisé, et où s’introduisit un coût global plafond calculé à partir d’un prix à l’élève,
lequel couvrit l’ensemble des dépenses relatives à une opération. J.-P. DUCLOS, Un CES par jour
ou l'Etat dans tous ses états. Thèse de doctorat en Sciences politiques (Spécialité «Gouvernement
local et administration locale ») Université de Bordeaux I, Institut d'Etudes politiques, Centre
d'étude et de recherche sur la vie locale, 1992. Dir. J. DUMAS, p. 38.
158
Au niveau des plans et des prix, la rationalisation dans cette sous-période
est officiellement acceptée et décrite par deux instructions : celles du 11 avril
1960 et du 23 septembre 1960521. Ici, sont typifiées, normalisées et rationalisées,
toutes les qualités fonctionnelles et techniques des ouvrages réalisés
respectivement pour les établissements d’enseignement général et pour les
établissements de l’enseignement technique.
Groupement
La série, dans le secteur du logement, quand elle ne peut plus être atteinte
par la continuité des grandes opérations (après 1968)522, elle est assurée par le
groupement des commandes et par la politique de « modèles ». La même
procédure est adoptée par le ministère de l’Education nationale.
521
Ibid., 38.
522
Voir 2.2.B.
523
PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION
ET D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, op.cit., p. 44.
524
Ibid., p. 2.
159
qu’un architecte coordonnateur définisse les éléments-types polyvalent s525 et
l’organisation administrative et technique de l’exécution526. Ceci demande un
effort de concentration de la conception architecturale et d’organisation
ministérielle avec la décentralisation des phases constructives sous le contrôle
de chaque commune.
« […], les architecte s, au lieu d ’établir des projets diffé rents dont
chacun devrait être séparé ment examiné, approuvé et financé, mettent au
point, au cours d’ études m enées en commun sous la direction d’un
architecte coordinateur, des élém ents-types à partir desq uels toutes les
constructions projetées seront ensuite traitées et exécutés »527.
D’ailleurs, aussi bien pour les projets-types de petites communes que les
commandes groupées de zones urbaines, ou périurbaines, les régimes
administratifs et financiers sont privilégiés : dans la plupart des cas, le permis de
construire est exempté et l’adjudication de marchés reste flexible, tout en
respectant les règles de l’appel à la concurrence528.
525
Les commandes groupées du Primaire ont été confiées aux architectes municipaux sous la
direction d’un architecte coordonnateur qui normalement élaborait non seulement les cellules
d’éléments types polyvalents, mais aussi les projets et, dans d’autres cas, laissait l’initiative aux
architectes municipaux. En ABRAHAM, op.cit., N. p.
526
Annexe n° 3 du groupe techniques de construction : « Les constructions scolaires en
commandes groupées », p. 1, in PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU
PLAN DE MODERNISATION ET D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT
SCOLAIRE, op.cit.
527
SEGAUD, op.cit., p. 41.
528
Ibid., p. 60-62.
529
Dans le secteur d’habitation, les commandes groupées et l’utilisation de « modèles », sont deux
politiques que leur ministère met en place à la fin des années 1960 avec l’inflexion des importantes
besoins de logement.
530
Pol Abr aham : ouvrag e pu blié à l' occasion de l' exposition « Pol Abra ham, archit ecte (18 91-
1966) », prés entée a u Ce ntre Po mpidou, Galerie du M usée, du 5 mars au 2 j uin 20 08. Paris:
Centre Pompidou, 2008.
531
Dans la réorganisation de la région parisienne, ce département a été supprimé en 1968, et a
constitué les départements de l’Essonne, du Val-d’Oise et des Yvelines.
532
A : Bièvres et Poissy (1955-56), Conflans-Sainte-Honorine (1955-56) et Achères (1958-59).
160
En 1955, dans la première publication de Techniques & Architecture,
consacrée à la construction scolaire, sont présentés des établissements
scolaires, gérés par cette procédure, et pour la plupart commencés en 1954, à
Limoges, à Marseille et en Alsace-Lorraine. A cette occasion, Techniques &
Architecture souligne la rapidité et la baisse des coûts de cet ensemble réalisé en
150 jours, résultats obtenus grâce à la procédure utilisée :
« Les délais de réalisat ion et les prix de revient ont pu être abaissés
d’un façon considérable grâce au bé néfice que l’on était de t irer d’une part
de la sta ndardisation générale des cha ntiers, des procédés, des
constructions et des plans, et d ’autre part, du groupe ment de
commandes »538.
533
A : Brunoy, Draveil, Corbeil-Essonnes et Etampes (1955-56), à Corbeil-Essonnes et à Draveil
(1958-1960).
534
A : Bezons, Enghien-les-Bains, L'Isle-Adam, Montmorency, Pontoise et deux à Ermont (1957-
1959).
535
Deux groupes scolaires à Noisy-le-Grand (1955-56 et 1959-60).
536
Pol Abra ham : ouvrage p ublié à l' occasion de l'exposition « Pol Abra ham, architect e (189 1-
1966) », op.cit.
537
Hors les commandes groupées, l’architecte Pol Abraham réalise dans cette sous-période les
bâtiments d’enseignement et d’internat de l’Ecole nationale d’enseignement technique de
Montluçon pour 1 700 élèves. Ici il utilise le système des murs porteurs de béton banché caverneux
revêtus extérieurement d’éléments préfabriqués en pierre reconstituée formant coffrages perdus.
C. RAMBERT, Constructions scolaires et universitaires. Paris: Vincent, Fréal et Cie, 1954, p. 122.
De même entre 1950 et 1955, cet architecte, en tant qu’architecte du ministère de l’Education
nationale, réalise d’autres établissements scolaires, principalement d’éducation secondaire : Lycée
de garçons d'Epinal (aujourd'hui lycée Louis-Lapicque) (Vosges) ; Ecole nationale d'enseignement
technique de Montluçon (aujourd'hui lycée Paul-Constans) (Allier) ; Collège technique mixte et
Centre d'apprentissage Jules-Fil (aujourd'hui lycée d'enseignement technique Jules-Fil), à
Carcassonne, (Aude) ; Centre d'apprentissage de Perpignan (Pyrénées-Orientales) ; Groupe
scolaire François-Rabelais (aujourd'hui lycée professionnel François-Rabelais), à Brassac-les-
Mines (Puy-de-Dôme) ; Lycée de jeunes filles Marie-Curie (aujourd'hui lycée Marie-Curie), à
Tarbes (Hautes-Pyrénées) ; et, en tant qu'architecte indépendant auprès de la collectivité locale, il
réalise aussi l’internat du lycée mixte de Saint-Dié-des-Vosges (Vosges)537. Il est probable que
dans ces autres établissements scolaires Pol Abraham ait utilisé quelque type de préfabrication,
toutefois nous n’avons pas pu le vérifier du fait de notre démarche méthodologique : recherche des
éléments préfabriqués et non des architectes préfabricateurs.
538
« Commandes groupées, groupes scolaires à Marseille, René Egger, architecte », in
«Constructions scolaires 1 », Techniques et architecture, 15ème série, no 3, nov. 1955, p. 57.
539
« Commandes groupées – groupes scolaires, écoles maternelles ; Bertrand Monnet, architecte
en chef coordonateur », in « Constructions scolaires 1 », op.cit., p. 60-63.
161
quatre écoles normalisées sur plans types. Pour la deuxième tranche (prévue
pour 1956), le même architecte doit assurer dix-sept groupes scolaires (cent-
soixante et onze classes du primaire, trente-quatre de la maternelle et cent-dix-
neuf logements)540.
540
Voir la réalisation en partie 3.
541
B. MONNET, « Groupes scolaires en commandes groupées départements de la Moselle et de la
Haute-Marne », L'Architecture française (Constructions scolaires III), 19ème année, no 203-204, août
1959, p. 56.
542
En 1960, Techniques et architecture présente la continuation de ces commandes groupées
dans son premier numéro sur la construction scolaire. « Constructions scolaires 4 », Techniques et
architecture, 20ème série, no 3, Mars 1960, p. 144.
543
« Ecoles en commandes groupées en Seine-et-Oise ; R. De Chirac, architecte coordonnateur »,
in L'Architecture française (Constructions scolaires III), op.cit., p. 72-75.
544
Ecoles en commandes groupées à Saint-Etienne, Albert Ferraz et Lucien Seignol, architectes »
Ibid., p. 63-65.
545
« Constructions scolaires IV », L'Architecture français e, 21ème année, no 221-222, janv.-fév.
1961, p. 73-75.
162
matériaux locaux, des études pour la peinture et l’introduction d’éléments
décoratifs, au titre du 1%546.
Cette procédure est supposée fournir des gains de temps et dans toutes
les phases du processus de production :
546
Ibid., p. 102-107.
547
B. MONNET, Texte initial du rapport sur les commandes groupées que Bertrand Monnet envoie
à M. Don zelot (Directeur d e la DESU S), Strasbour g, le 3 juil let 19 57. Archives nationales de
France, Centre des archives contemporaines (Fontainebleau), 780522/F17-BIS 22900/41684, p. 1.
163
Ministère de la Construction et le ministère de l’Education nationale548, en
1958549, par le même principe de commandes groupées, on associe « écoles et
grands ensembles ». Il s’agit donc que la structure technico-organisationnelle,
déjà installée pour la construction d’un ensemble d’habitation, soit la même qui
prenne en charge la construction des écoles dans un territoire partagé. L’équipe
architecte et entreprise générale (dans le procédé de construction), pour qui le
marché de logement est adjugé, est aussi celle qui prend en charge la
construction de ou des écoles de son territoire.
« […] Le fait pour une é cole d’être intégrée dans un grand ensem ble
d’habitation, construit à partir d’une usine de pr oduction d’éléments lourds,
n’est pas pour autant un facteur favorable à l’e mploi de l a dite techn ique
car les dimensions de base changent : portes, hauteurs d’allèges, hauteurs
d’étage, abandon de refends port eurs, etc… Si l’ entreprise est cepe ndant
amenée à exécuter l’ école du fait de sa présence dans les lieux, e lle la
548
Lettre d'invitation à participer aux travaux interministériels chargés de proposer au ministre de
l'Education nationale et au ministre de la Construction les mesures de coordination entre les
programmes de constructions scolaires et les programmes de constructions de logements, signée
Pierre Sudreau (ministre de la Construction) et J. Berthoin (ministre de l'Education nationale).
Paris, le 26 nov. 1958. Archives nationales de France, Centre des archives contemporaines
(Fontainebleau), 780522/F17-BIS 22901/41686. N. p.
549
A la fin 1958 « […] a été institué un groupe de travail interministériel chargé de proposer au
Ministre de l’Education Nationale et au Ministre de la Construction les mesures de nature à assurer
une parfaite coordination entre les programmes de construction scolaires et les programmes de
construction de logements, en ce qui concerne aussi bien leur mise au point administrative et leur
financement que leur réalisation ». Idem.
550
MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE, DESUS, Opérations de constructions scolaires en
commandes g roupées p our l'Enseignement du 1er De gré -Priorité "G RANDES ENS EMBLES".
Lettre du Min istre de l' Education nati onale à messi eurs les Préfets (pour ex écution), les Recteurs
d'Académie et aux Insp ecteurs d' Académie (po ur infor mation), Par is l e 23 oct. 195 9. Archives
nationales de France, Centre des archives contemporaines (Fontainebleau).
551
Conclusions du groupe de travail " Constructions scolaires" suite à l' arrêté interministériel du 20
octobre 1958 pour proposer des mesures de coordination entre les co nstructions de logements et
les co nstructions scol aires. Doc. n on daté et n on s igné [1958]. Archives nationales de France,
Centre des archives contemporaines (Fontainebleau), 780522/F17-BIS 22901/41686. N. p.
164
réalise la plupart du te mps de façon traditionnelle, en dehors de s
techniques qu’elle emplie alentour »552.
Autres essais
Fin 1958, pour la rentrée de 1959, dans le second degré et dans la région
parisienne, une tentative de centralisation de maîtrise d’ouvrage par l’Etat est
lancée en vue d’une construction rapide. Un appel d’offre est lancé pour vingt-
quatre lycées, où la Direction de l’Equipement met à l’épreuve des entreprises
pour qu’en huit mois un élément fonctionnel de chaque établissement soit en état
de fonctionnement : « A vrai dire ici c’était plus la méthode opératoire qui avait
produit ses fruits que les caractéristiques techniques des différentes réalisations,
le temps ayant manqué pour les harmoniser complètement »554.
552
DIRECTION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, UNIVERSITAIRE, ET SPORTIF, SERVICE DES
ETUDES GENERALES ET TECHNIQUES, Note sur l' industrialisation des constructions scolaires.
Juin 19 65. Archives nationales de France, Centre des archives contemporaines, 780522/F17-BIS
22919/41771, p. 4.
553
G. LE MUR, « Industrialisation de la construction scolaire », Techniques et arc hitecture, 25ème
série, no 4, mai - juin 1965, p. 98.
554
DIRECTION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, UNIVERSITAIRE, ET SPORTIF, SERVICE DES
ETUDES GENERALES ET TECHNIQUES, op.cit., p.1.
165
programme, trois CET ont été construits à Etel, Font-de-Bois et Fau (entreprise
du Centre de Lorient et entreprise Duc et Méric), en même temps que le procédé
Aluminium Français-Saint-Gobain est testé sur les écoles de Chaville et
Chambourcy. Ces expériences ont été poursuivies un an plus tard555 :
555
Ibid., 6 p.
556
Ibid. p. 1.
557
ABRAHAM, op.cit., p. 2.
166
C. DESUS et autres acteurs
558
DUCLOS, op.cit., p. 16.
559
La DESUS, deviendra la Direction chargée des équipements en 1970 et la Directions des
Equipements et des constructions (DEC), en 1975.
560
PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION
ET D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, op.cit., p. 74,
561
Le r égime des constructi ons scol aires (Ra pport Rudeau), s.d. Archives nationales de France,
Centre des archives contemporaines (Fontainebleau), 780522/F17-BIS 22900/41684. p. 3. Idem.,
pour les cites suivantes.
167
et sur laquelle seront bâties, dans la sous-période postérieure, les écoles
préfabriquées industrialisées.
Concepteurs
1) A l’échelle urbaine ;
2) A l’échelle du bâtiment.
Architectes
168
c) Les architectes coordonnateurs, qui regroupent des opérations, en
principe, à l’échelon de l’Académie.
d) Les architectes d’opération, qui prennent en charge la construction
d’un établissement scolaire.
562
« Il sont, en grande majorité, Architectes en chef des Bâtiments Civiles et Palais Nationaux, ou
des Monuments Historiques ». COMMISSARIAT GENERAL AU PLAN, COMMISSION DE
L'EQUIPEMENT SCOLAIRE UNIVERSITAIRE, SCIENTIFIQUE ET ARTISTIQUE, GROUPE DE
TRAVAIL n° 5, Mesures concernant les maîtres d' œuvre et les technic iens. Courrier d e la part d u
CSTB, adress é à M. LE M UR, chef du ser vice tec hnique de la DESU S. Paris, le 9 mars 1961.
Archives nationales de France, Centre des archives contemporaines (Fontainebleau), 780522/F17-
BIS 22917/41766. N. p.
563
PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION
ET D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, op.cit., p. 63.
564
MONNET, op.cit., p. 6.
565
Proposition qui est la source de l’arrêté ministériel d’avril 1958.
169
générales du projet architectural, des prix et des procédés constructifs ainsi qu’à
organiser les adjudications ou les appels d’offre et un suivi général lors de la
réalisation ; de même, c’est à eux de faire l’étude et la mise au point des cellules
et éléments-types566.
- Le plan-masse,
- L'avant- projet,
- Le projet d'exécution.
566
MONNET, op.cit., p. 6.
567
PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION
ET D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, op.cit., p. 27.
568
Idem, p. 28.
170
du Ministère ou organisme perm anent qui soit l'émanation du Co mité des
Constructions Scolaires départemental ou régional »569.
569
Idem.
570
Idem., p. 29.
571
Idem., p. 35.
572
B. HAMBURGER, A. QUERRIEN, D. REBOIS, et.al. La commande pub lique d' architecture
(1945-1975). Rapport final de recherche réalisée pour le CORDA, Ministère de l'environnement et
du cadre de vie. Paris: ministère de la Culture et de la Communication, 1977. no. 77 7304100202
7501, p., exempl. imprimé : Ecole nationale supérieur des beaux arts/Centre d'études et de
recherche architecturales, p. 78- 79.
171
- Au moment des travaux, comme bureau de contrôle.
« […] plus q ualifiés que les arch itectes, à l'o ccasion de l' emploi des
matériaux et procédés modernes, car en général les co nstructeurs ne
connaissent pas suffisa mment les précautions à prendre et les normes à
respecter »573.
573
Idem, p. 66-67.
574
Idem, p. 67.
575
Après, l’accord interministériel de cette année, il y a une décentralisation des pouvoirs de la
DESUS, voir Contrôle technique de la conception et DESUS : techniciens.
172
service technique de l’équipement sportif du ministère de l’Education,
d’ingénieurs de l’Ecole des travaux publics d’Eyrolles, de Polytechniciens ; par la
suite, ils sont principalement des ingénieurs des travaux publics de l’Etat,
fonctionnaires du ministère des Travaux publics. Les architectes, conseillers
techniques, sont soit des architectes fonctionnaires, chefs d’Agence des
Bâtiments de France (à l’échelle du département), soit des architectes privés576.
576
Ils sont au nombre de soixante. Les architectes fonctionnaires sont mis par la Direction de
l’Architecture du Ministère d’Etat chargé des Affaires Culturelles, à la disposition du Ministère de
l’Education Nationale pour exercer leur mission de Conseil. COMMISSARIAT GENERAL AU PLAN,
COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE UNIVERSITAIRE, SCIENTIFIQUE ET
ARTISTIQUE, GROUPE DE TRAVAIL n° 5, op.cit., N. p.
577
PRESIDENCE DU CONSEIL, COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN DE MODERNISATION
ET D'EQUIPEMENT, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, op.cit., p. 37.
578
Ibid., p. 71-73.
579
Ibid., p. 73.
173
Comme ce n'est pas le cas, le groupe technique propose que ce rôle soit
délégué à l’Agent de contrôle technique choisi parmi les cadres supérieurs de
trois catégories de fonctionnaires suivants:
Le groupe technique prenant parti pour ces derniers, ils s’imposeront, dans
la prochaine sous-période, et dans le cadre du secteur industrialisé de la
construction scolaire.
Les réalisateurs
Architectes d’opération
580
MONNET, op.cit., p. 7.
174
que « […] la tâche sera exclusivement d'adapter la technique choisie au cas
particulier de son école, puis de conduire son chantier »581.
L’Administration centrale (la DESUS) assume entre 1956 et 1960 toutes les
tâches d’exécution. Les ministères traditionnellement constructeurs, sont ceux
des Travaux publics et de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU), qui ont
des services extérieurs à l’échelon départemental : les services départementaux
des Ponts et Chaussées et les Directions départementales de la construction.
Une convention interministérielle de 1959584, regroupe les services constructeurs
du ministère de Travaux publics et ceux du MRU au ministère de l’Education
175
nationale. Ainsi ces services extérieurs585 sont mis à la disposition de ce dernier
pour assurer, soit la totalité de la construction, soit, le contrôle technique de
l’exécution586.
585
En 1966, ces services sont regroupés dans les Directions Départementales de l’Equipement
(DDE), qui assument dorénavant la maîtrise d’ouvrage « constructeur », de la construction scolaire.
586
Des différentes réformes ayant lieu dans la sous-période postérieure, ressortent deux types de
maîtrise d’ouvrage « générale » : l’Etat ou les collectivités locales (subventionnés par l’Etat). L’Etat,
maître d’ouvrage, délègue le rôle de service constructeur aux services exécuteurs. La collectivité
locale assure la maîtrise d’ouvrage et se fait contrôler par les services extérieurs.
587
Voir aussi, ci-dessous, les techniciens de la DESUS.
588
G. LE MUR, Projet de protocole ré glant l' intervention d ans les c onstructions s colaires,
universitaires et sportives, dép endant du min istère de l' Education nationale (Dir ection d e
l'Equipement Scola ire, Univ ersitaire et Sp ortif) des serv ices des P onts et Chauss ées et des
Délégations départementales du Min istère de la Co nstruction. Courrier signé G. LE MU R, chef du
service techn ique d e l a DESUS, adr essé à Mo nsieur B AUDET, in génieur en chef des Po nts et
Chaussées de Sa ône e t Loire. D até, l e 27 fév. 1 959. Archives nationales de France, Centre des
archives contemporaines (Fontainebleau), 780522/F17-BIS 22923/41781.
176
DESUS
Dans la nouvelle structure, les techniciens dont on n’a plus besoin sur le
terrain, puisqu’il y a déjà des services spécialisés, sont répartis en trois sous-
directions et associés directement au travail des bureaux tandis que les études
techniques générales sont rattachées au directeur.
589
J. THURIAU, « La direction de l'Equipement scolaire, universitaire et sportif », p.386-392, in
CREMIEUX-BRILHAC, J., L'Education nationale. Paris: PUF, 1965.
177
dans une position de suivre la totalité du processus et de donner leur avis
sur des programmes techniques de constructions, de vérifier la conformité
aux normes et de suivre l’état d’avancement des travaux.
3) Les techniciens, les mêmes qui, jusqu’en 1959, servaient de relais avec les
collectivités locales, dorénavant, collaborent dans les trois directions.
590
En 1975, cette direction devient la Direction des Equipements et des Constructions (DEC), et la
division de constructions industrialisées, est remplacé par la division des opérations. La DEC
disparaît avec le système industrialisé, en 1985.
591
DUCLOS, op.cit., p. 179.
178
Tableau 4 : Repères
1944 Création du ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme
1945 Fin de la Deuxième Guerre mondiale
1946 Création du Premier Plan. (priorités : l’énergie, l’électricité, les transports et les
produits de base)
1947 Création du CSTB
1948 Signature du Programme de rétablissement européen (Plan Marshall)
1950 Création du Conseil International de la Documentation du Bâtiment
1950 Premiers concours Conception – réalisation dans le secteur du logement
1952 Mise en place du « secteur industrialisé » dans le secteur du logement (grandes
opérations de l’ordre de 1 000 logements).
1953 Création du Conseil International du Bâtiment pour la recherche, l’étude et la
documentation (CIB) sous les auspices de la Commission Economique des
Nations Unies pour l’Europe et successeur du Conseil International de la
Documentation.
1953 Création du Plan Courant
1954 Création du deuxième Plan (priorité : production quantitative de logement)
1956 Création de la Direction des Equipements Scolaires, Universitaires et Sportifs
(DESUS) au sein du ministère de l’Education Nationale.
1958 Création du troisième Plan (priorité : construction massive de logements,
bâtiments scolaires, sanitaires et sociaux).
1958 Début de la Vème République.
1958 Création d’une Commission pour le développement de l’industrialisation et
l’amélioration de la productivité du secteur de la construction.
1958 Lancement de programmes triennaux (opérations d’au moins 500 logements) et
création de ZUP.
1962 Création du quatrième plan (Priorité : construction massive de logement,
scolaire, sanitaire et sociale).
1968 Manifestations de la société contre les grands ensembles, entre autres.
1968 Création des Zones d’Aménagement Concerté (ZAC) – anciennes ZUP -.
1971 Le ministre Chalandon condamne les grands ensembles.
1971 Création du Plan Construction (priorité : l’innovation)
1972 Mis en place de « modèles innovation » agréés par le Ministère. (priorité : la
qualité et la rupture architecturale et technique de pratiques de l’époque).
1972 Le Plan Construction lance une réflexion sur l’industrialisation ouverte
1973 Premier choc pétrolier
179
2.3. 1962-1973 Un collège par jour
A. Continuité technique
Les notions de continuité, dans l’espace et dans le temps, issues des deux
premiers plans de l’Equipement scolaire, sont exprimées dans cette sous-période
par celles de continuité technique (opérations identiques) et d’exécution
(opérations sans interruption). Pour atteindre les dites continuités, des réformes
juridiques et financières sont nécessaires. Les 3ème et 4ème Plan de l’Equipement
592
M. DENVERS, « Lettre de M. DENVERS, président du Groupe de Travail, au Ministre de la
construction en Groupe de Travail no. V pour l'étude de l'industrialisation et l'accroissement de la
productivité dans la construction », Cahiers du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, n° 37,
no Cahier 297, 4 déc. 1958, p. 3-6.
180
scolaire, mettant l’accent sur une continuité technique, « (…) condition première
de toute production industrielle »593, donnent les bases de nouvelles structures.
1) La centralisation de la commande ;
2) La reconduction des marchés ;
3) La mise en place de la coordination dimensionnelle ;
4) Le recours à la formule du concours « conception-construction ».
Centralisation de la commande
593
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN, COMMISSION DE L'INDUSTRIE, COMISSION DE
e
L'HABITATION, Rapports des comités du 6 plan 1971-1975 (Bâtiments et travaux pu blics). Paris:
La Documentation française, 1971, p. 103.
181
Trois faits expliquent la mise en place, dans le second degré, d’une
organisation centralisée, les mêmes qui favorisent l’utilisation et le
développement de la préfabrication industrielle :
Le fait que chaque commune soit son propre maître d’ouvrage595, est un
obstacle à un marché unique596. Dès le premier plan de l’Equipement scolaire
(1952), on envisage un contrôle du marché par l’Etat, cependant, ce n’est que le
décret du 27 novembre 1962597, qui donne à l’Etat la possibilité de la maîtrise
d’ouvrage. Ce décret normalise le régime multiforme qui caractérise alors le
système juridique et financier de la construction des établissements du deuxième
degré.
594
Un nouveau dispositif territorial détermine l’implantation et l’importance des nouveaux
établissements : la carte scolaire. Elle découpe le territoire national en secteurs et districts. Le
secteur est la zone qui comprend un établissement du premier cycle du second degré (CES ou
CEG). Le district est la zone de recrutement de plusieurs établissements du second cycle du
second degré (lycées).
595
Dans le secteur du logement « L’administration élabore une politique (circulaire du 15 février
1964), prescrit des programmes pluriannuels et des groupements de maîtres d’ouvrage (circulaire
du 27 août 1964) afin d’aboutir enfin à la continuité des chantiers et à la série ». Y. AUBERT, « Où
en est l'industrialisation?, », Construction ( Numéro sp écial i ndustrialisation du b âtiment, tome I),
Tome XX, no 3, mars 1965, p. 69.
596
De plus, les examens de dossier, au coup par coup, étaient longs et complexes ; les travaux
étaient réalisés par des entreprises locales des différents corps d’état (marchés par lots séparés).
Bref, un processus administratif très long pour l’urgence, lequel utilise jusqu’à maintenant des
techniques traditionnelles pour construire.
597
Décret no. 62-1409 du 27 novembre 1962 relatif aux modalités de financement de l’équipement
scolaire du second degré du ministère de l’Education nationale (publié au J.O. le 1er déc. 1962, p.
11716- 11717).
598
La collectivité intéressée correspond à la collectivité territoriale géographiquement concernée
par la construction d’un établissement. Elle peut être une commune, un syndicat intercommunal ou
un district urbain.
182
dans le cas de variations de résultats financiers de chaque opération de
construction. Toutefois, ce régime donne la possibilité d’échapper aux risques
financiers de toute variation probable. Pour ce faire, la collectivité locale doit
donner, par convention, la maîtrise d’ouvrage à l’Etat. Autrement dit, si la
collectivité décide de garder la direction et la responsabilité des travaux de
construction, c’est elle qui prend en charge tous les aléas de construction
éventuels. En revanche, c’est l’Etat qui supporte toute différence entre le coût
réel et le coût théorique de l’opération.
599
G. POUVOURVILLE, L'innovation dans le secteur du bâtiment (Analyse d'une action p ublique
en fave ur d e l' innovation: l e cas d es co nstructions sc olaires vu au travers de l' histoire d e
l'entreprise GE EP-Industrie). Paris: Centre de recherche en gestion, Ecole Polytechnique, Janv.
1979, p.10 ; et, J.-P. PONSSARD, G. DE POUVOURVILLE, Marchés publics e t pol itique
industrielle. Paris : Economica, 1982, p. 70.
600
B. HAMBURGER, A. QUERRIEN, D. REBOIS, et.al. La commande pub lique d' architecture
(1945-1975). Rapport final de recherche réalisée pour le CORDA, Ministère de l'environnement et
du cadre de vie. Paris: ministère de la Culture et de la Communication, 1977. no. 77 7304100202
7501, 114 p., exempl.dactylogr. : Ecole nationale supérieur des beaux arts/Centre d'études et de
recherche architecturale, p. 33
183
moins que son échelonnement dans le temps »601. Autrement dit, une répétition
est une garantie nécessaire pour que l’entrepreneur s’engage dans une
construction non traditionnelle.
Coordination dimensionnelle
601
M. BALENCY-BEARN, Rapport sur l' augmentation de la pr oductivité dans les co nstructions
scolaires. Ann exe no. 8 a u procès-v erbal de la sé ance du 3/11/ 1960. [Séances d u travail d u
Groupe "Proc édés et T echniques d e C onstruction" d e la Commission d e l' Equipement Scol aire,
Universitaire e t Sportif po ur la pr éparation du 3e P lan de l' équipement scol aire], août 1 960.
Archives nationales de France, Centre des archives contemporaines (Fontainebleau), 780522/F17-
BIS 22917/41766 p. 2.
602
Par circulaire 70-16 du 31 janvier 1970 sont créés les marchés pluriannuels. COMMISSARIAT
GENERAL DU PLAN, COMMISSION DE L'INDUSTRIE, COMISSION DE L'HABITATION, Op.cit.,
p. 151.
603
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN D'EQUIPEMENT ET DE LA PRODUCTIVITE, Rapport
général de la commission du plan d'équipement scolaire, universitaire et sportif (Quatrième plan de
développement économique et social 1962-1965). Paris: Imprimerie nationale, 1961.
604
COMMISSARIAT GENERAL AU PLAN, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE
UNIVERSITAIRE, SCIENTIFIQUE ET ARTISTIQUE, GROUPE DE TRAVAIL n°.5, Compte-rendu
de l a pr emière séanc e d e tr avail, en date du 2 0 Septembre 1 960 d u g roupe d e trava il N o. 5 :
"Procédures et techniq ues de co nstruction" (3è me Pla n d' équipement scolair e: 1 962-1965).
Courrier sign é G. LE MEUR (chef du servic e tec hnique d e la DESUS), Paris, le 7 octo bre 19 60.
Archives nationales de France, Centre des archives contemporaines, 780522/F17-BIS
22917/41766.
184
Balency-Bearn, qui, dans le même cadre, représente la Fédération
Nationale du Bâtiment, signale les efforts, crédités aux architectes, et déjà
accomplis à cette date :
605
BALENCY-BEARN, op.cit., p. 3.
606
Ibid.
607
Les conditions administratives et techniques de l' exécution du plan. [Document non d até [1960]
et non sig né. Il s' agit du rapport des gr oupes d e travail n° 5 : "Procédur es et techniq ues d e
construction", pour l e 3 ème Plan d' équipement scol aire (196 2-1965)]. Archives nationales de
France, Centre des archives contemporaines, 780522/F17-BIS 22917/41766. 18 p.
185
1) La poursuite des schémas types pour tous les locaux et degrés de
l’enseignement ;
« Le groupe de travail no. 5 a estimé que, quel que soit le sérieux des
études qui ont précédé l’adoption par l’Education Nationale d’un module de
plan de 1m ,75, il y aura it le plus gr and intérêt à ce que la tra me adop tée
pour la composition des bâtiments scolaires soit mise en harmonie avec les
spécifications de la norm e géné rale de déterm ination des élé ments
préfabriqués destinés à la construction de loge ment et celles des é léments
de même nature destinés aux constructions scolaires »609.
608
En 1965, a été élaboré le Cahier des Clauses techniques (CCT), définissant les exigences
fonctionnelles minimales et les caractéristiques dimensionnelles. Les CCT ont été remaniés en
1966, 1968 et 1968.
609
Les conditions administratives et techniques de l' exécution du plan. [Document non d até [1960]
et no n si gné. Il s' agit d u r apport d es gr oupes de trav ail No. 5 : "Proc édures et tec hniques de
construction", pour l e 3 ème Plan d' équipement scol aire (196 2-1965)]. Archives nationales de
France, Centre des archives contemporaines, 780522/F17-BIS 22917/41766, p. 6.
610
Ibid., p. 7.
611
Ils étaient de 3,25 m pour les externats et 2,80 pour les internats. Ibid.
186
Le concours conception construction
612
BALENCY-BEARN, op.cit., p. 5
613
Ibid.
187
éléments libres, de telle sorte que sur le plan de la productivité l’organisation du
chantier reste rationnelle et les temps de main-d’œuvre ‘in situ’ réduits »614.
Le concours de 1962
614
G. LE MUR « Quelques considérations sur le concours « conception-construction », Techniques
o
et architecture, n spécial, janv. 1964, p.58-61.
615
G. MESMIN, (directeur de la DESUS), « Introduction du numéro spécial concours 'conception-
o
construction' du ministère de l'Education nationale », Techniques et arch itecture, n spécial, janv.
1964, p. 56.
616
DIRECTION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, UNIVERSITAIRE, ET SPORTIF, SERVICE DES
ETUDES GENERALES ET TECHNIQUES, Note sur l' industrialisation des constructions scolaires.
Juin 19 65. Archives nationales de France, Centre des archives contemporaines, 780522/F17-BIS
22919/41771, p. 3.
188
Le programme du concours porte sur l’étude d’une série de bâtiments,
basé sur les schémas établis par l’administration617; la procédure vise aussi
l’utilisation de techniques de construction nouvelles et l’innovation dans les
rapports entre différents métiers du bâtiment.
617
Un externat de 600 élèves [R+3], un internat de 150 élèves [R+3] ; un atelier pour 400 élèves ;
des locaux d’administration et des logements (ceux-ci soumis à la réglementation HLM), un
gymnase, des locaux de demi-pension et, à titre facultatif, deux amphithéâtres de 600 et 150
places. MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, DIRECTION DE L'EQUIPEMENT
SCOLAIRE, UNIVERSITAIRE ET SPORTIF, Concours « conce ption-construction » pour l a
réalisation d' établissements s colaires (R èglement), févri er 19 62. Archives nationales de France,
Centre des archives contemporaines, 780522/F17-BIS 22922/41777, p. 5-6.
618
COMMISSARIAT GENERAL AU PLAN, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE
UNIVERSITAIRE, SCIENTIFIQUE ET ARTISTIQUE, Rapport sur l' exécution du IV e Plan en 1963.
189
Trois cent quarante-quatre équipes sont présentées et jugées le 10 mai
1963619. « Bien qu’initialement le jugement du concours, par des architectes et
ingénieurs, portait sur la qualité architecturale et technique du projet, des
systèmes constructifs et des équipements620, […] dans une second phase, les
prix furent prépondérants »621.
[Il s' agit des travaux pr éparatoires d u 4è me Pl an d e l' Equipement scolair e]. Non daté [19 63].
Archives nationales de France, Centre des archives contemporaines, 780522/F17-BIS
22919/41770, p. 12.
619
Ibid.
620
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, DIRECTION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE
UNIVERSITAIRE, ET SPORTIF, op.cit, p. 9.
621 o
« Les constructions scolaires et universitaires », La doc umentation fran çaise i llustrée, n 187,
mai 1963, p. 31.
622
Ibid., p. 31.
623
PONSSARD, POUVOURVILLE, op.cit.
624
Voir 3.3.
625
DIRECTION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, UNIVERSITAIRE, ET SPORTIF, SERVICE DES
ETUDES GENERALES ET TECHNIQUES, op.cit., p. 4.
626
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, DIRECTION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE,
UNIVERSITAIRE ET SPORTIF, op.cit.
627
J.-P. DUCLOS, Un CES par jour o u l'Etat dans to us ses états. Thèse de doctorat en Sciences
politiques (Spécialité «Gouvernement local et administration locale »), Université de Bordeaux I,
Institut d'Etudes politiques, Centre d'étude et de recherche sur la vie locale, 1992. 332 p. Dir. J.
DUMAS.
628
COMMISSARIAT GENERAL AU PLAN, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE
UNIVERSITAIRE, SCIENTIFIQUE ET ARTISTIQUE, op.cit. p. 12.
629
« Les constructions scolaires et universitaires », La doc umentation fran çaise i llustrée, no 187,
mai 1963, p. 27.
190
« En face de cette situation et devant les besoins n ouveaux
découlant d e la réforme de l ’enseignement, la Direction de l ’Equipement
rechercha au début de 1964 des réformes d’industrialisation adaptés à des
programmes pédagogiques simples et pouvant être aisément typifiées »630.
630
DIRECTION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, UNIVERSITAIRE, ET SPORTIF, SERVICE DES
ETUDES GENERALES ET TECHNIQUES, op.cit., p. 4.
631
Société Général de Constructions Industrielles.
632
Compagnie Industrielle de Matériel de Transport.
633
Société Française de Préfabrication.
191
B. Secteur industrialisé
Campagne sidérurgique
634
Voir 2.1.B.c.
635
Et il y continue durant vingt ans.
636
POUVOURVILLE, op.cit.
637
M. LAINE, Les constructions scolaires en F rance. Paris: Presses universitaires de France, coll.
L'éducateur, 1996, p. 188.
638
POUVOURVILLE, op.cit., p. 11.
639
A cause de la baisse des commandes dans les chantiers navals.
192
Deux années plus tard, une circulaire ministérielle du service des études
générales et techniques de la DESUS marque son rejet de la préfabrication
lourde et son intérêt pour la légère :
« […] les systèm es lourds et trop rigides, partant d’un grand centre
de production, sont mal adaptés aux constantes de la construction scolaire.
[…] La préfabrication doit être en fait dans la majorité des cas ou foraine ou
légère, ou encore basée sur l’emploi, in situ, de s coffrages chauffants po ur
l’exécution des structures porteuses monolithiques. […] »640
640
DIRECTION DE L'EQUIPEMENT SCOLAIRE, UNIVERSITAIRE, ET SPORTIF, SERVICE DES
ETUDES GENERALES ET TECHNIQUES, op.cit, p. 4-5.
641
Ibid., p. 6.
642
Ce même discours est exposé, à la fin de 1966, par G. Le Mur, conseiller technique à la
DESUS, pour le numéro spécial de la revue Techniques et architecture consacré à
l’industrialisation de CEG, CET, CES. LE-MEUR, G. « Premiers bilans et axes de réflexion pour le
développement de la construction industrialisée », Techniques et arch itecture, 27ème Série, no 4,
déc.-janv. 1966-67, p. 68-70.
643
Après cette expérience, signale l’article, d’autres secteurs s’intéressent à l’industrialisation du
bâtiment : « les gymnases, les bureaux, les hôpitaux et évidement le logement, aussi bien
l’individuel que le collectif ». P. SASSIER, M. GALLONO (collaborateur), « Test fondamental:
o
l'industrialisation de la construction scolaire », Cahier s pécial d u q uotidien « Les E chos », n
supplément au numéro 10168, 1968, p. 97.
193
« […] des conditions qui, jusqu’alors, n’avaient jamais été réunies » : un client (le
MEN) et des entreprises intéressées à ce concours644.
644
Ibid., p. 97-105.
645
Ibid., p. 97.
646
Le ministère réserve la moitié des commandes en travaux neufs au secteur traditionnel. Ibid.,
p.98.
647
R. EGGER, « Points de vue d'architectes », Techniques et architecture, 27ème Série, n° 4, déc.-
janv. 1966 -67, p. 71.
648
G. POUVOURVILLE, L'innovation dans le secteur du bâtiment (Analyse d'une action p ublique
en fave ur d e l' innovation: l e cas d es co nstructions sc olaires vu au travers de l' histoire d e
l'entreprise GE EP-Industrie). Paris : Centre de recherche en gestion, Ecole Polytechnique, janv.
1979, p. 38.
194
Les dix-sept entreprises et groupements détenteurs d’un procédé
métallique ayant travaillé pour le MEN de 1965 à 1974 sont : Ateliers Wagon de
Brignoud, Bender, Camus, Dumez, Fillod, GEEP, SNCI, SEAL, SGCI, SHELL,
SMBI, SOFACO, SOMEL, Vissol, Voyer, SEGCEI, SOFRACI (Vissol + AWB). Ils
disparurent ensuite les uns après les autres649. Selon Hamburger, Querrien et
Rebois, les faillites ont suivi à cause de l’impossibilité des entreprises de gérer le
rapport du volume de la commande avec l’amortissement du matériel, ceci au
bénéfice des « bétonniers » 650.
Campagne d’Etat
649
En 1977, la seule qui reste est la SNCI qui a reprise le procédé GEEP.
650
HAMBURGER, QUERRIEN, REBOIS, et.al. op.cit.
651
Dans le même travail, on trouve une synthèse dans le chapitre intitulé « Peut-on changer de
politique d’achat », p. 66-89, in PONSSARD, POUVOURVILLE, op.cit.
652
DUCLOS, op.cit.
195
La thèse de Duclos décrit de manière très détaillée l’ensemble de la
procédure du point de vue administratif, juridique et financier. Elle montre
comment le schéma, suivi par le ministère, par la voie de la DESUS, a
inéluctablement débouché sur une séparation tranchée entre la conception et la
réalisation de toute construction industrialisée.
Conception de l’organisation
653
La collectivité locale comprend soit la commune seule, soit le groupement des communes.
654
Le décret du 27 novembre 1962, désignait les collectivités locales comme maîtres d’ouvrages
pour tous les établissements du second degré.
655
Direction Départementale de l’Equipement composée de services constructeurs, inspecteurs
d’académie, préfet, rectorat
656
Programmation tri-annuel à partir de 1971.
657
25 Académies.
196
part, le choix de la collectivité locale qui a cédé la maîtrise d’ouvrage à l’Etat
(décret du novembre 1962).
b) Agrément de projets-types
1) La DESUS, sur la base d’un cahier des charges (i.e. d’un CES 600),
lance le concours auprès des entreprises.
658
Plus tard, en 1976, il deviendra le Cahier de clauses administratives particulières.
659
Ensuite, chaque année, la direction fait une consultation auprès des entreprises titulaires d’un
procédé-type agréé.
660
A partir de 1972, elle donnait son avis dans l’ordre de préférence des trois procédés
industrialisés.
197
Cette phase d’organisation, au niveau national, est gérée par la DESUS qui
centralise l’appel d’offre national, le choix des entreprises et des architectes, ainsi
que la fixation des prix et des normes.
Conception architectonique
a) Le projet de référence
661
CES 900, à partir de 1979
662
Le CCT, mis au point en 1965 pour la définition des exigences fonctionnelles et dimensionnelles
minimales, est remplacé en 1971 par le cahier des prescriptions techniques (CPT), définissant les
exigences fonctionnelles minimales spécifiquement pour la construction d’établissements du
second degré du secteur industrialisé.
198
Courtilières », à Pantin. Puis la même équipe, autour du procédé de construction
« Camus », participe au concours de 1962. Dans le secteur industrialisé, avec ce
procédé, plusieurs autres établissements scolaires sont construits, à
Coulommiers, Claye-Souilly, Tournan, Nangis, Arnouville-lès-Gonesses, Epinay,
Tourcoing663.
b) Le projet spécifique
663
Voir 3.3.
664
Crée en 1966, en même temps que les cellules de construction publiques dans les DDE.
665
En 1969, il est remplacé, à l’échelon départemental par Commission Départementale des
Opérations Immobilières et de l’Architecture (CDOIA). Au niveau national et régional, le Conseil du
Bâtiment de France, est aussi remplacé par la CNOIA et CROIA.
199
marchés selon les clauses-types (préalablement arrêtées par l’Administration
centrale) et le contrôle de l’exécution des travaux.
b) Les entreprises
« Entre 1964 et 1968, chaque entre prise générale avait son procédé
agréé et le m ettait directem ent e n œuvre. A partir de 1 968, le MEN a
adopté une politique de groupe ment d ’entreprises générales. Ces
groupements const itués par un nom bre variable d e participa nts,
construisent suivant un procédé a gréé uniqu e et dans des condit ions
identiques pour touts les entreprises relevan t d’ un mandataire commun
666
DUCLOS, op. cit., p. 54
667
Dans une opération traditionnelle, les travaux sont faits soit en entreprise générale (un seul
marché pour tous les corps d’état), soit en entreprises groupées (un seul marché avec une
entreprise mandataire et ses cotraitants pour les lots spécialisés), soit en lots séparés (un marché
par lot spécialisé).
668
Note du ministère de l’Education nationale lors de l’exposition « Vivre à l’école au Grand Palais
à Paris entre le 14 avril et le 2 mai 1976. En DUCLOS, op. cit., p. 104.
200
(exemple : en 1973, il y a 15 gr oupements représentan t plus de 1 00
entreprises) »669.
Séparation conception-réalisation
669
DUCLOS, op.cit. p. 127.
670
Ibid., p. 61.
671
Ibid., p. 89-90.
672
Ibid.
201
Selon une interview faite par Duclos (1992) du chef des services
techniques de la DESUS673, dans le système industrialisé, il y a deux types de
comportements par rapport à la vitesse à laquelle devaient se réaliser les
projets : l’un, pour les administrateurs et les techniciens de la DESUS, privilégiant
l’efficacité de la procédure, en se libérant de contraintes administratives
injustifiées ; l’autre, de la part de administrateurs et financiers, qui considèrent
une opération comme « un dossier », bien réglementé, et dans lequel il ne doit
pas manquer une seule pièce ; « Pour les fonctionnaires de cette catégorie, peu
importait le temps […] »674.
Un deuxième fait qui explicite les différents intérêts des acteurs est
l’importance de la quantité. Pour M. Raynaud, conseiller à la Cour des comptes
et directeur de la DESUS de 1964 à 1970 (les six premières années du système),
le problème est la rapidité, car il faut livrer les établissements à la rentrée
scolaire. Pour le directeur, qui expose ce problème, la solution est la dérogation
aux procédures administratives : « […] grâce à tout cela, il a pu démontrer qu’il
construisait dans l’année plus de 100 % du programme et qu’il obtenait des prix
inférieurs du 18 % par rapport aux bâtiments traditionnels […] »675.
673
Duclos ne le mentionne pas, mais par les renseignements dont nous disposons, nous pensons
qu’il s’agit de Le-Meur, chef du service technique de la DESUS sous les ordres des directeurs
Donzelet, Carpentier, Raynaud.
674
DUCLOS, op.cit., p. 80.
675
Ibid., p. 82.
676
Ibid.
202
d’autres acteurs participent aux opérations de construction : préfets de région et
de département, recteurs et inspecteurs des académies, trésoriers, etc.
677
Ibid., p. 89-90.
678
Voir 2.2.C.b.
679
Ibid., p. 86.
680
Ibid.
681
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN D'EQUIPEMENT ET DE LA PRODUCTIVITE, Rapport
général d e la commission d u pla n d' équipement scol aire, universita ire et sportif (V e pla n 1966-
1970). Paris : La documentation française, N. d.
203
préfabrication industrielle au sein de la construction scolaire. Il présente, d’une
part, les types de préfabrication (ouverte ou fermée) ; d’autre part, la
corrélation du type de préfabrication avec un type déterminé d’établissement.
204
Modèles
« Les progr ammes-types (…) doive nt être traduits en ‘mo dèles’ qui
pourront êt re indéfin iment répétés, aux exigences d’ adaptation locale
près » 683.
Les modèles pour la construction scolaire sont édités en 1974, dans une
brochure intitulée : 35 modèles des CES industrialisés acceptés par le m inistère
de l'Education Nationale 684/685. Il s’agit des avant-projets agréés sur la base du
programme pédagogique d’un CES 900, permettant leur l’extrapolation pour des
programmes des CES 600 et 1200, CEG, CET et lycées. Ici, une nouvelle trame
dimensionnelle est suggérée et adoptée pour quelques-uns des procédés
présentés : la trame de 7,20 m x 7,20 m686.
682
P. MADELIN, « Les modèles-innovation : incitation à la recherche et à l'industrialisation? »,
o
Industrialisation forum, n 4, 1974, p. 35.
683
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN D'EQUIPEMENT ET DE LA PRODUCTIVITE, Rapport
e
général de la commission du plan d'équipement scolaire, universitaire et sportif (V plan 1966-
1970), op.cit., p. 174.
684
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE (éd.), CONCOURS DU SYNDICAT NATIONAL
DU BETON ARME ET DES TECHNIQUES INDUSTRIALISEES, 35 modè les des CES
industrialisés acceptés par le ministère de l'Education Nationale. Paris: Editions Conseils, 1974. P.
N.
685
Ensuite, le ministère de l’Education publiera d’autres brochures en 1975, 1976, 1977/78 et 1979.
686
Cette trame, selon Jacques Limouzy, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education
nationale, date de 1972. MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE (éd.), CONCOURS DU
SYNDICAT NATIONAL DU BETON ARME ET DES TECHNIQUES INDUSTRIALISEES, op.cit.
205
Figure 14. Brochure des modèles du ministère de l’Education nationale
Source : MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE (éd.), CONCOURS DU SYNDICAT NATIONAL DU
BETON ARME ET DES TECHNIQUES INDUSTRIALISEES, 35 modèles des CES industrialisés acceptés
par le ministère de l'Education Nationale. Paris: Editions Conseils, 1974. N.p.
687
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN D'EQUIPEMENT ET DE LA PRODUCTIVITE, Rapport
e
générale de la commission du plan d'équipement scolaire, universitaire et Sportif (V plan 1966-
1970), op.cit., p. 174.
206
« (…) A l ’heure actuelle, les m odèles sont, sauf cas p articuliers,
l’œuvre dire cte des ent reprises qu i les réalise ront : certains des pro jets
sont assuré ment fort estim ables, mais il par aît certain que le fact eur
‘qualité’ […] deviendrait prépondérant si un architecte était associé dès le
départ à la conception et à la recherche de solutions »688.
Echec de modèles
688
Ibid.
689
DUCLOS, op.cit., p. 81.
690
Ibid., p. 139.
691
Ce type de renseignements, s’il y en a, sont donnés par les entreprises en attendant les
possibilités de procédés de construction. C’est jusqu’au plus tard que les travaux donnant une
importance à ce type de considérations sont faits, p.e. P. LOMBARD, Constructions scolair es.
(Recommandations pour les études d' adaptation au site, exempl e de dos sier d'étude établi p ar M.
Pierre L ombard, architecte). Paris: MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, Direction des
équipements et des constructions, Centre National de Documentation Pédagogique, 1977. 13 p.
207
l’architecte d’opération692. Ceux-ci deviennent de purs exécutants, avec peu de
marge de correction pour les besoins spécifiques.
« Difficile d’ imaginer pire que ces monstres que l’ on app elle école s,
lycées, CES, et qui ont poussé de 1960 à 197 0 comme d es champignons
vénéneux, sur les flancs de coteaux, à la périph érie des villes et en lisière
des campagnes »696
692
Suivant les cas, parfois l’architecte d’adaptation et celui d’opération est le même.
693
HAMBURGER, QUERRIEN, REBOIS, et.al., op.cit., p. 73.
694
Ibid.
695
Ibid., p. 71.
696
M. CARALLI, « Architecture scolaire : le pire est fait », Architecture (Rev ue de l' ordre des
architectes), no 4, avril 1979, p. 6.
208
« La préparation du VIe Plan fut une nouvelle o ccasion à la fois pour
les pouvoirs publics et p our les augures de professions, de s’interroger sur
la situation de l’industrie du bâtim ent. Facilement considérée, au m ilieu de
l’expansion technologique actuelle, co mme une attardée, presque une
inadaptée – au sens où on le dit de l’enfance -, l’industrie du bâtim ent fait
l’objet de ju gements où le postulat se mêlant à la certitude se pare de la
même apparente vérité, sans que ja mais des solutions pr atiques soie nt
avancées et encore moins adoptées »697.
1973 et après
Durant l’année 1973, mis à part les faits globaux déjà signalés, d’autres
marqueront le début de la fin de la construction scolaire préfabriquée.
697
Y. AUBERT, Le bâtiment peut-il devenir une industrie? Paris: Eyrolles, 1971, p. 7.
698
Selon Duclos, p. 90, la procédure des « établissements à espaces aménagés » est établie par
les circulaires du 11 et 20 décembre 1973 ; 25 janvier 1974 ; 20 décembre 1974.
699
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, DIRECTION CHARGEE DES EQUIPEMENTS,
GROUPE DES ETUDES TECHNIQUES, Instruction r elative à la construction d es éco les
maternelles. Paris : Institute National de Recherche et de Documentation Pédagogiques (Brochure
no. 8207), 1973, p. 17.
700
« Un sujet toujours brûlant », Les dossiers du Canard (Ecole : le dérapage ! Du B.A. BA au bac),
n° 15, avril 1985, p. 65.
209
Collège Pailleron
701
DUCLOS, op.cit, p. 146.
702
PROST, A., « 6 février 1973, le CES Pailleron brûle », Regards historiques sur l'Education en
France XIXe et XXe siècles. Paris: Berlin, 2007, p. 46.
703
Ibid., p. 45.
704
Ibid.
705
Ibid., p. 48.
706
DUCLOS, op.cit., p. 152.
210
Figure 15. Le CES Edouard-Pailleron, le 6 février 1973
Source : « Un sujet toujours brûlant », Les dossiers du Canard (Ecole : le dérapage ! Du B.A. BA au bac) », n°
15, avril 1985, p. 65.
Systèmes constructifs
211
administrative est simplifiée : il n’y a plus besoin d’agrément ; les commandes
sont passées par entente directe avec les entreprises détentrices d’un système
constructif. Les « systèmes constructifs » sont le dernier stade de la politique
industrialiste du ministère de l'Education.
707
MINISTERE, DE L'EDUCATION NATIONAL, Systèmes c onstructifs (co nstructions sc olaires
second degré). 1982. s. p.
708
A. SAVARY, in MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONAL, Constructions sc olaires second
degré (Systèmes constructifs). 1982. s. p.
709
Les spécificités de sécurité, confort thermique et confort acoustique, rapportent au Cahier des
Clauses Techniques Particulières de 1978, complété en 1981.
710
Arrêté du 6 août 1980.
212
souci de la qualité architecturale » est, pour le second degré
(1982) « particulièrement marqué »711.
La fin
711
MINISTERE, DE L'EDUCATION NATIONAL, op.cit. N. p.
712
Décret no. 73-1007 du 31 octobre 1973.
713
LE MONITEUR (ed.), Les équipements sc olaires (C oncevoir-construire-utiliser). Paris: éd. du
Moniteur, 1983, p. 100.
714
Thèse en cours de réalisation au CDHTE/CNAM par Samaher Wannous : « Les économies
d’énergie provoquées par la crise pétrolière de 1974 sur les bâtiments publics franciliens (les
conséquences de la crise pétrolière sur l’architecture des bâtiments éducatifs et culturels ».
715
Décrit ainsi par M. Caralli.
716
M. Parriaud interviewé par CARALLI, M. « Architecture scolaire : le pire est fait », Architecture
o
(Revue de l'ordre des architectes), n 4, avril 1979, p. 7.
717
DUCLOS, J.-P. op.cit, p. 101.
213
systèmes constructifs), à partir de 1980, le ministère de l’Education nationale ne
détient plus la maîtrise d’ouvrage718. Dorénavant, la rapidité et la quantifié ne
sont plus les priorités, c’est la qualité architectonique. Les nouveaux
paradigmes : environnement et cadre de vie font « […] rejeter le ‘modèle’ par
définition rigide »719.
« […] J’ai décidé qu’ il ne sera plus lancé, des 1984, par le MEN de
consultation en vue d’accepter des systèmes constructifs »721.
718
Décret no. 80-402 du 5 juin 1980.
719
DUCLOS, op.cit., p. 185.
720
LE MONITEUR, op.cit., p. 97.
721
Circulaire de la DEC-MEN no. 83-296 du 3 août 1983.
214
PARTIE 3
DE LA CONCEPTION A LA REALISATION
Nous présentons ainsi les synergies et les ruptures trouvées à partir des
relations entre les components et artefacts des différents sous-systèmes : de la
conception à la réalisation.
215
3.1. Morphologie de la préfabrication
« Il n’y a peut-être pas un secteur d’activité qui présente des données aussi
diverses et aussi complexes que celui de la construction. »722
A. Découpage du bâtiment
722
MISSION FRANÇAISE DE PRODUCTIVITE, COMMISSARIAT GENERAL A LA
PRODUCTIVITE, MINISTERE DE LA RECONSTRUCTION ET DU LOGEMENT, M.Ch. KOLB
(établi par), Evolution de la c onstruction aux Etats-Unis (Enquêtes en vu e de l' accroissement de l a
productivité). Paris: Société Auxiliaire pour la Diffusion des Editions de Productivité, 1958, p. 13.
723
R. BAYON, L'établissement d'un projet de bâtiment (Conseils pratiques à un projecteur, Tome I-
Gros œuvre). 3e éd. mise à jour. [1ère éd. 1977]. Paris: Eyrolles, 1985. p. 6.
216
D’emblée, les propositions de découpage du bâtiment préfabriqué
présentent, comme facteur déterminant, l’intégration du second œuvre au gros
œuvre. Le REEF (1949)724, dans le souci de promouvoir le « Bloc » et de
remplacer « l’intervention successive des différents corps de métier par une
exécution coordonnée »725, a fait une répartition des titres726 correspondant aux
différents ouvrages du bâtiment727.
Camille Bonhomme, au début des années 1960, signale qu’à l’époque les
distinctions classiques entre corps d’état traditionnels sont loin d’être un
consensus. Par conséquent, dans son Guide pratique pour l'établisse ment des
projets d'immeubles d'habitation, il propose une classification dite des ensembles
fonctionnels, sur une logique technique qui « […] correspond aux textes et aux
habitudes pour la constitution des dossiers de permis de construire »729.
724
Plan du REEF en CENTRE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE DU BATIMENT (CSTB),
Documentation techniq ue s ur la constructi on i mmobilière (REEF Rép ertoire d es él éments et
ensembles fabriqués du bâtiment), [1ère publication : 1946]. Paris: CSTB, 1949. Tome I.
725
Ibid., p. V.
726
Cette classification existait déjà dans la circulaire établie en 1942 par les Services Financiers du
Commissariat à la Reconstruction Immobilière et dans les « Normes de construction », annexe de
la même circulaire. Cela dans le cadre de reconstructions d’immeubles à usage d’habitation
endommagés par la guerre. En deuxième préface de REEF. Ibid.
727
Cela concerne les Spécifications Générales, Documents Techniques, Documents d’Enquête.
Cette répartition a été instaurée dans les Services de la Reconstruction pour le calcul du coût
normal de reconstruction.
728
CSTB, op. cit., p. V. [Le souligné par l’auteur]
729
A. BONHOMME, Guide pr atique p our l' établissement des pro jets d' immeubles d' habitation.
[1ère éd. 1962]. Paris: Editions du Moniteur des Travaux Publics, 1963. p.18.
730
A. BONHOMME, Guide pour l'établissement des projets de bâtiments. 11ème éd. [1ère éd. 1962].
Paris: Editions du Moniteur, 1980. p. 245. [Le souligné par l’auteur]
217
Tableau 7 Références du découpage du bâtiment
- Les fondations ;
- La structure : les murs-porteurs732 et/ou les ossatures (poutres et
poteaux), les planchers et les escaliers ;
- L’enveloppe (le clos) : les façades non porteuses et les toitures ;
- Les partitions (le couvert) : les ouvrages à l’intérieur de l’enveloppe
(mise à part la structure), y compris les blocs techniques non porteurs ;
- L’équipement : la plomberie, l’électricité et le chauffage.
731
P. CHEMILLIER, Les techn iques du bâti ment et leur a venir (Nouvelles données du marc hé,
évolution de l'industrialisation). Paris: Editons du MONITEUR, 1977. p. 42.
732
Les murs de façade peuvent avoir une double fonction, de structure et d’enveloppe. Dans ce
cas, ils sont classés dans la catégorie « structure ».
218
B. Découpage du processus de production
Dans les recherches initiées au début des années 1970 en vue de définir
de nouveaux schémas d’analyse pour les nouvelles techniques de construction,
se pose la question de la relation du produit préfabriqué avec le bâtiment.
733
CENTRE D'ETUDE ET DE RECHERCHES SUR LES QUALIFICATIONS (CEREQ),
L'industrialisation du gros œuvre du Bâtiment, conséquences sur le travail des ouvriers de chantier.
Paris: Documentation Française, 1980.
734
P. REKS. Incidences de l'industrialisation du bâtiment sur les conditions du travail des ouvri ers.
ème
(Le travail dans le gr os-œuvre du bâtiment). Tome I. Thèse 3 cycle Aménagement du territoire
et d'Urbanisme, Université de Paris-Val de Marne (Paris XII)/Institut d'Urbanisme de Paris, 1981.
Dir. P. DIMEGLIO.
735
CEREQ, op.cit.
219
« En réalité , on peut observer pour une ouvrage do nné, des
possibilités des multiples com binaisons te chniques. A l ’intérieur des
travaux de gros-œuvr e comme de second œuvre, o n peut très bien
rencontrer certaines par ties d’ ouvrage réalisées de façon traditionnelle , et
d’autres relevant de techniques très élaborées, avec l’ éventualité de toutes
les combinaisons intermédiaires ».736
736
CEREQ, op.cit. Voir aussi : BIPE, « La prévision technologique à long terme dans la
construction. Application des schémas de filières à l’analyse des procédés techniques actuels »,
BIPE, F2V. 1972 ; CEREQ : « Les processus de production dans les gros-œuvre et le second-
œuvre », Dossier technique, CEREQ, 1973. Documentation ronéoté.
737
CEREQ, op.cit. p. 29.
220
le type d’élément (façades, planchers, murs de refends, dalles), d’autre part, sur
le chantier, selon la nature du procédé de montage738.
738
REKS, op. cit., p. 88.
221
Tableau 9. Ensembles de technologies préfabriquées
Type de
Source Découpage du bâtiment Fonction
préfabrication
NOUAILLE Totale Maison usinée (en métal, plastique ou bois) Toutes
(1957) Partielle ou Mur ou plancher Structure et
des éléments enveloppe
complexes
SIMON (1962) Partielle Murs, murs rideaux, panneaux de façade Structure et
enveloppe
Planchers Structure
Blocs : portes, croisées, sanitaires et Structure,
ménagers partitions,
équipements
Escaliers Structure
Encadrements de bais, éléments Enveloppe
d’ornementation
Totale Maison préfabriquée (en béton, à base de Toutes
terre cuite, métallique, ou à ossature
métallique)
REVEL (1966) Légère Eléments des petites dimensions en béton
Industrielle Pieux de fondation Structure
Planchers (Poutrelles préfabriqués et dalles Structure
en béton armé)
Lourde Procédés : béton ou acier Structure,
enveloppe,
partitions
BLACHERE Technologies Façades légères Enveloppe
(1975) complètes Maisons individuelles Toutes
Mécanos légères
Coques en plastique
Mobile home Toutes
Grands panneaux en béton Structure,
enveloppe,
partitions
Béton banché Structure
Cellules tridimensionnelles en béton Toutes
Composants Fenêtres, éléments de remplissage, de
toiture, de cloison, d’équipement
CHEMILLIER Partiellement Murs (Pierre taillée, blocs en béton, briques,
(1977) en usine panneaux en différents matériaux)
Planchers (poutrelles préfabriqués, prédalles Structure
de béton, planchers tubulaires, grands
éléments en terre cuite, composants
métalliques)
Largement en Grands panneaux (béton de ciment ou en Structure,
usine autre matériaux) enveloppe,
partitions
Ossature (béton ou métallique) Structure
Sous ensemble plancher Structure
Sous ensemble escalier Structure
Façade grands panneaux (béton, semi Enveloppe
lourds ou légers)
Totalement en constructions modulaires lourdes et légères. Toutes
usine
Sources : NOUAILLE, R., La préfabrication. Paris: Eyrolles, 1957 ; SIMON, L'industrialisation de la
construction. Paris: Editions du Moniteur des travaux publics, 1962 ; REVEL, La préfabrication dans la
construction. Paris: Entreprise Moderne d'Edition, 1966 ; BLACHERE, Technologies de la construction
industrialisée. Paris: Eyrolles, 1975 ; CHEMILLIER, Les techniques du bâtiment el leur avenir (Nouvelles
données du marché, évolution de l'industrialisation). Paris: Ed. du Moniteur, 1977.
222
Nous pouvons caractériser les ensembles technologiques en reliant le type
de préfabrication à sa fonction dans le bâtiment [Tableau 9 ]. Les fonctions
remplies par un système de construction affectent la structure, l’enveloppe, les
partitions et les équipements. L’industrialisation du bâtiment consiste à intégrer
ces fonctions pour ainsi réduire les travaux sur le chantier. Le degré de
préfabrication industrielle d’un élément, d’un bâtiment ou d’un groupe de
bâtiments, peut se définir à partir de ces paramètres.
Pour la structure :
739
Cette classification est largement inspirée de CHEMILLIER, op.cit.
223
Pour l’enveloppe :
L’enveloppe est constituée par des murs extérieurs non porteurs et les
toitures pouvant intégrer les enduits, les bardages et les ouvertures.
224
- L’utilisation du bâtiment correspond au choix des matériaux ;
- La solidité et l’équilibre sont en rapport avec le type de structure ;
- Les qualités esthétiques sont associées à la forme et aux dimensions ;
- Les procédés d’exécution répondent aux conditions économiques740.
Forme
La forme d’un élément peut être caractérisée par ses dimensions, et cela
en trois types :
- Linéaire. Quand l’une de ces trois dimensions est inférieure aux deux
autres. A cette catégorie correspondent :
o Les poteaux (pouvant atteindre plusieurs niveaux), les poutres
composant les ossatures métalliques ou en béton ciment ;
o Les poutrelles des planchers ;
o Les murs de structure, partiellement préfabriqués, qu’à la différence
des grands panneaux, on peut classer ici. Ils ont généralement pour
dimension la hauteur d’un étage, les largeurs sont variables et
multipliant 0,30 m.
- Surfacique. Quand deux de ses trois dimensions sont supérieures à la
troisième.
o Pour la structure verticale : les grands panneaux porteurs (refends
et pignons) de dimensions d’une pièce (du logement) et de poids
de 5 à 10 tonnes ;
o Pour la structure horizontale : les grands panneaux de planchers.
o Pour la partie enveloppe : les panneaux de façades et les plaques
de revêtement.
740
E. TORROJA, Les structures architecturales. (Leur conception-leur réalisation). Paris: Eyrolles,
1969.
225
o Pour les partitions : les grands panneaux de cloisons, les blocs
fenêtre.
- Volumique. Quand les trois dimensions sont du même rapport. Ce sont
des éléments complexes, remplissant toutes les fonctions (structure,
enveloppe, partitions) tels les blocs (blocs-eau, blocs-cuisine, les blocs-
sanitaires) et les modules (parties d’une pièce ou leur totalité) lourds et
légers.
Structure
Si, dans la construction en général, durant les décennies 1950 et 1960, les
supports porteurs remplacent les murs porteurs avec des éléments de
remplissage, ce n’est pas le cas dans la préfabrication. La préfabrication lourde
en panneaux741 est le centre d’intérêt.
741
J. LUGEZ, La pr éfabrication l ourde en p anneaux et le bâtiment d' habitation. Paris: Eyrolles,
1973.
742
B. LEWICKI, Bâtiments d' habitation pr éfabriqués en éléments de grandes d imensions. Paris:
Eyrolles, 1965, p. 19.
226
L’éventail d’options, sont743 :
743
G. LE MEUR, « L'évolution actuelle des techniques dans la construction scolaire en fonction des
objectifs définis par le Plan », Annales de l'Institut techni que d u bâti ment et des trava ux pub lics
ème
(Série: architecture et urbanisme), 15 année, n° 173, mai 1962, p. 419-420.
227
des dalles pleines associées à des portiques transversaux, pour portées d’une
ou deux trames (de 1,75m), reste le plus économique ; de même que les
planchers à nervures croisées avec des portiques longitudinaux et transversaux,
sont plus appropriés pour couvrir grandes distances (3 ou 4 trames). En
revanche, les portiques longitudinaux, qui dégagent le maximum de surface, sont
aussi les plus chers744.
Ossatures métalliques
744
Ibid., p. 420.
745
Ibid., p. 421.
228
« La rapidité des délais d’exécution sur chantier a été depuis le début
l’une des s upériorités l es plus affir mées des structures métalliques. I l est
ainsi deven u couramment ad mis qu ’un CES de 600 élèves, c'est-à -dire
d’une superficie inférieure à 5 500 m² soit construit en six mois […] » 746.
En revanche, bien que la question du prix n’ait jamais été prouvée, il est
courant de signaler les coûts plus élevés de la construction métallique
comparativement à ceux de la construction en béton, de même que ses
problèmes thermiques, acoustiques et les risques d’incendie.
746
SASSIER, P. GALLONO M. (collaborateur), « Test fondamental: l'industrialisation de la
construction scolaire », Cahier spécial du quotidien « Les Echos », supplément au n° 10168, 1968,
p. 98-99.
747
LE MEUR, op.cit., p. 421-422.
748
LE MEUR, « L’industrialisation (…) », Techniques et architecture, 1965, op.cit. pag. 99.
229
variété possible des façonnages, que par ses qualités de résistance […] »749.
C’est un matériau, qui par sa résistance à la traction, présente des avantages,
sur les matériaux lourds, comme le béton résistant à la compression. De même,
par son assemblage à sec, qui cause peu de déchet, il permet d’avoir un chantier
relativement propre.
Structure mixtes
749
ACHE, J.B., Acier et Architecture. Paris: Arts et Métiers graphiques, 1966, p. 64.
750
Ibid., p. 72.
751
L’utilisation de l’acier en structure portante a été étudiée par l’OTUA en « L’acier dans la
construction du bâtiments à étages », Paris, 1959.
752
Le Meur laisse entrevoir que le secteur scolaire est celui où ce type de structure est initié. Ce
fait nous n’a pas été corroboré par ailleurs, par exemple, dans les bâtiments d’habitation ou des
bureaux où ce type de structures a été aussi utilisée.
230
une poutraison et à un chaînage en profilés métalliques753. Bref, toutes les
combinaisons de planchers, mixtes ou non, avec des structures verticales, mixtes
ou non, sont possibles.
Escaliers
Pierre Chemillier fait remarquer que les escaliers sont des éléments
préfabriqués des plus répandus, aussi bien en béton, en acier qu’en bois. En
revanche, Le Meur soutient que ce sont les systèmes traditionnels les plus
utilisés dans la construction scolaire, avec des ossatures en béton
754
principalement, et moins en acier . Il ne fait ainsi aucune référence aux
escaliers préfabriqués.
Enveloppe
753
LE MEUR, op.cit., p. 422.
754
Ibid., p. 428.
755
Sauf quelques cas un peu plus modernes comme des éléments modulés en pierre de taille,
avec doublages en briques plâtrières, ou ceux en pierre blanche.
756
CHEMILLIER, op.cit.
231
cher. Mais lorsqu’on n’est pas trop serré par le prix, […] alors on a recours à la
technique des murs-rideaux qui est universelle» 757.
Façades légères
- Murs rideaux ;
- Panneaux de façade.
757
G. BLACHERE, « L'industrialisation du bâtiment en France », Techniques et architecture, 25ème
o
série, n 4, mai - juin 1965, p. 96.
758
Ibid., p. 96.
759
COMITE D'INFORMATION POUR LE DEVELOPPEMENT DES PANNEAUX DE FACADE ET
MURS RIDEAUX (CIMUR), BUREAU D'INFORMATIONS ET PREVISIONS ECONOMIQUES
(BIPE), Enquête sur les chantiers de construction en pa nneaux de façade et en mur s rideaux
(Terminés o u commenc és e ntre le 1er j anvier 19 60 et le 31 déce mbre 1961). Neuilly-sur-Seine:
CIMUR/BIPE, 1961, p. 1, exempl. dactyl.
760
Sur le problème spécifique de joints de façades légères une étude est réalisée par le CSTB,
SERVICE DE L'AGREMENT DE MATERIAUX ET PROCEDES DE CONSTRUCTION, « Systèmes-
types de joints, rattrapages et attaches (Sélection nationale de façades légères -circulaire du 10
juillet 1965 du directeur de la construction) », Cahier du Centre Scientifique et T echnique du
o
Bâtiement, n 80, Cahier 692, 1966, p. 24.
232
« Le panne au de fa çade est un en semble d ’éléments préfabriqués,
pleins ou partiellement vitrés, destinés à s’insérer dans une des alvéoles de
l’ossature, en métal ou en béton armé, d’ un bâtiment afin de constituer une
paroi extérieur.
Au début des années 1960, pour classifier les façades légères, l’Union
Européenne pour l’agrément technique dans la construction (UEATC) adopte la
terminologie suivante762 :
- Les façade s rideaux (curtain wall ), sont continues en tous les sens.
Dans ce cas, les éléments composant la façade sont fixés à une grille,
elle-même supportée par l’ossature verticale et les planchers, et
disposés devant l’ossature principale. La grille est composée d’une
structure de profilés, fixés au gros œuvre, réglés, où d’autres
composants sont insérés: allèges, menuiserie, trumeaux.
761
COMITE D'INFORMATION POUR LE DEVELOPPEMENT DES PANNEAUX DE FACADE ET
MURS RIDEAUX (CIMUR), BUREAU D'INFORMATIONS ET PREVISIONS ECONOMIQUES
(BIPE), op.cit.
762
E.H.L. SIMON, L'industrialisation de l a c onstruction. Paris: Editions du Moniteur des travaux
publics, 1962. Et, BLACHERE, « L'industrialisation (…) », op.cit.
233
- Les façades semi-rideaux ou plutôt mur-rideau. Dans ce cas, le rideau,
étant la partie extérieure, est doublé d’une paroi intérieure, autoporteuse
et insérée entre les éléments de l’ossature et des planchers ;
- Les façade s rideaux o u sem i-rideaux insérée s verticale ment (parfois
d’une longueur égale à la hauteur de trois ou quatre étages, s’il s’agit de
trumeaux763), sont incorporées entre deux éléments de l’ossature
verticale (poteaux ou abouts du refend) ;
- Les pannea ux de fa çade, continu s ou entre pla nchers, sont encastrés
horizontalement entre les planchers qui restent apparents.
- Les panneaux de façade, insérés des quatre cotés , sont emboîtés dans
les deux sens ; l’ossature est à la fois horizontale et verticale.
1000
450 m²
391
400
361
350
289 287
300
249 250 256 250,2 254,4
241,8 242
250
212,1
192
200 176
141,7 Façades‐rideaux
150
108 111
97 Façades‐pannea
100
50,3 67,6
46,7 47,4 49,9 Total
50 37,5 32,1
763
Ibid., p. 197.
234
Pour connaître l’évolution globale de la demande de construction en
préfabrication légère dans la technique de réalisation de façades, par la voie du
Bureau d’Informations et de Prévisions Economiques (BIPE), le CIMUR enquête
des constructeurs et des producteurs de murs rideaux et panneaux de façade,
dès 1961764765 grâce à quoi nous connaissons la quantité des surfaces de
façades légères utilisées dans les bâtiments d’enseignement (scolaires,
universitaires et dépendances)766. On remarque aussi que la répartition entre une
utilisation du type mur-rideau ou panneau de façade est très aléatoire avec une
forte utilisation du premier de ces types à la fin des années soixante [tableau].
Partitions
Matériaux
764
Le CIMUR avait déjà fait une enquête à ce sujet de 1954 à 1959.
765
Elle porte sur la localisation du chantier, la nature de la façade légère (panneau de façade ou
mur rideau), les matériaux utilisés (du gros œuvre : béton armé, charpente métallique, ou autre ;
des panneaux : grille, vitrage, menuiserie, allège), la durée du chantier
766
L’enquête identifiait aussi les bâtiments à usage d’habitation, de bureaux, à usage industriel et
autres. Nous ne présentons que les bâtiments scolaires et universitaires (y compris dépendances)
tels qu’ils sont dans les résultats des enquêtes.
767
LE MEUR, op.cit., p. 428.
768
Ces deux dernières ne sont pas mentionnées par Le Mur mais sont présents dans le secteur du
bâtiment.
235
signifie que seront employés aussi bien le fibro-ciment que la tôle d’acier, le
métal inoxydable, le bois bakélisé, le verre, le plaster-board, le contre-plaqué ou
la matière plastique, ou d’autres matériaux non encore connus aujourd’hui [… par
contre, il y en a d’autres] qui ne seront jamais employés en préfabrication du
simple fait que leur nature les rend malaisément traitables […] Tels sont, par
exemple, le moellon ou la pierre meulière ».769
769
M. LODS, « De la préfabrication », Le Mo niteur des T ravaux p ublics et du Bâti ment, no hors
série, nov. 1946, p. 52.
770
J.-B. ACHE, M. DAUMAS (dir.), « Les techniques de construction des bâtiments », p.234-249,
Les techn iques de construction d es bâti ments. Paris: Presses Universitaires de France, 1979.
p.239.
771
D. BARJOT, R. BAUDOUI, D. VOLDMAN, MEMORIAL DE CAEN/CENTRE DE RECHERCHE
D'HISTOIRE QUANTITATIVE (Caen) (éds. scient.), Les reconstructi ons en E urope, 1945-1949.
Actes du colloque international organisé par le Mémorial de Caen et le Centre de recherche
d'histoire quantitative, Caen, 20-22 fév. 1997. Bruxelles: Ed. Complexe, p. 36.
772
Ibid., p. 36.
773
A. GUILLERME, « Les matériaux de construction », Musée des arts et métiers (La revue), n° 17,
déc. 1996, p. 7.
774
J.B. ACHE, Acier et Architecture. Paris : Arts et Métiers graphiques, 1966, p. 134.
236
Dans le domaine de la sidérurgie, les techniques modernes de soudure,
d'emboutissage et de pliage775 sont récentes et elles sont en train de s’introduire
dans la construction du bâtiment. L’absence d’éléments d’assemblage est,
signale Ache en 1966, dans son Acier et architecture , du moins au début des
années soixante, l’un des inconvénients du secteur métallique776.
Les profils en tôle pliée sont utilisés pour la charpente ; le pliage de tôles
est aussi utilisé pour donner rigidité aux panneaux comme les murs rideaux et les
cloisons777. Le matériau est ici principalement l’acier, mais avec cette nouvelle
technique, l’aluminium est aussi présent : « Avec le pliage des tôles minces le
filage de l’alu est la technologie la plus caractéristique de la construction légère :
façades rideaux, menuiseries, cloisons »778.
775
« Le pliage, l’emboutissage et le filage des métaux sont trois technologies de formage utilisées
dans l’élaboration des composants légers. Le pliage et le filage produisent des profils qui sont des
demi-produits, l’emboutissage produit des sous-composants ». G. BLACHERE, Technologies de la
construction industrialisée. Paris: Eyrolles, 1975, p. 91.
776
Il signale aussi parmi les inconvénients la corrosion et la protection incendie. ACHE, « Acier
(…) », op.cit..
777
BLACHERE, « Technologies (…) », op.cit. p. 94-95.
778
Ibid., p. 98.
779
COMITE D'INFORMATION POUR LE DEVELOPPEMENT DES PANNEAUX DE FACADE ET
MURS RIDEAUX (CIMUR), BUREAU D'INFORMATIONS ET PREVISIONS ECONOMIQUES
(BIPE), Enquête sur les chantiers de construction en pa nneaux de façade et en mur s rideaux
(Terminés o u commenc és e ntre le 1er j anvier 19 60 et le 31 déce mbre 1961). Neuilly-sur-Seine:
CIMUR/BIPE, 1961, p. 1., exempl. dactyl.
237
peut être en bois ou succédanés ou à base de plâtre ou à partir de résines
polyester et de fibre de verre780. Les joints sont en mastic ou d’autres garnitures.
Pour les allèges, qui représentent le 54% de la surface de façade dans les
bâtiments d’enseignement, selon l’année différents matériaux sont utilisés :
780
SIMON, op.cit., p. 196.
781
COMITE D'INFORMATION POUR LE DEVELOPPEMENT DES PANNEAUX DE FACADE ET
MURS RIDEAUX (CIMUR), BUREAU D'INFORMATIONS ET PREVISIONS ECONOMIQUES
(BIPE), Enquête sur les chantiers de construction en pa nneaux de façade et en mur s rideaux
(Année 1 968). [Paris/Neuilly-sur-Seine]: [CIMUR/BIPE], 1968, p. 40. Feuilles sans couverture
trouvées au archive mort du CSTB dans dossier façades.
782
COMITE D'INFORMATION POUR LE DEVELOPPEMENT DES PANNEAUX DE FACADE ET
MURS RIDEAUX (CIMUR), BUREAU D'INFORMATIONS ET PREVISIONS ECONOMIQUES
(BIPE), Enquête sur les chantiers de construction en pa nneaux de façade et en mur s rideaux
(Année 1970). Paris/Neuilly-sur-Seine: CIMUR/BIPE, 1969, p. 17, exempl. dactyl.
783
COMITE D'INFORMATION POUR LE DEVELOPPEMENT DES PANNEAUX DE FACADE ET
MURS RIDEAUX (CIMUR), BUREAU D'INFORMATIONS ET PREVISIONS ECONOMIQUES
(BIPE), Enquête sur les chantiers de construction en pa nneaux de façade et en mur s rideaux
(Année 1970). Paris/Neully-Sur-Seine: CIMUR/BIPE, 1970, p. 17, exempl. dactyl.
238
En 1964, des produits isolants divers sont signalés comme dominants :
« Cette anomalie est due aux constructeurs qui utilisent la maçonnerie comme
isolant. Ce type d’allège avec maçonnerie en isolant prend de l’importance
lorsqu’il concerne ici 10 à 15% de la surface totale de l’allège ». C’est un système
qui peut être considéré comme de « semi-rideau, la façade-rideau étant
entièrement constituée d’éléments préfabriqués ».
239
Finalement, pour connaître la réalité de la construction scolaire, nous en
avons recensé les bâtiments scolaires apparus dans des revues de construction
et d’architecture françaises :
240
3.2. Architectes et préfabrication (1951-1962)
784
Voir 2.2.
241
Figure 18. Carte de prototypes du concours de 1947.
Source : MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE, SECRETARIAT D'ETAT AUX BEAUX-ARTS, Ecoles
prototypes (du premier degré). Brochure du MEN, Paris : Publications du Centre national de documentation
pédagogique, 21 déc. 1951, p. 6.
242
La construction de prototypes des écoles primaires, issue du concours
1948785 et répartie dans le territoire métropolitain [Figure 18], est achevée
pendant l’hiver 1950-51. Ici, « Toute liberté est laissée à l’architecte auteur du
projet pour le mode de construction et le choix des matériaux, […] »786. Bien que
les architectes français, parmi les plus « préfabricateurs », soient les
responsables de ces programmes, l’utilisation des éléments préfabriqués reste ici
très limitée.
785
Voir 2.2.
786
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, SECRETARIAT D'ETAT AUX BEAUX-ARTS,
op.cit., p.7.
787
Ibid., p. 47
788
Ibid., p. 41.
243
Figure 19. Brochure de prototypes, 1951
Source : MINISTERE DE
L'EDUCATION NATIONALE,
SECRETARIAT D'ETAT AUX BEAUX-
ARTS, Ecoles prototypes ( du pre mier
degré). B rochure du MEN, Paris :
Publications d u Centr e na tional de
documentation p édagogique, 21 déc. 1951.
Archives de l'Institut français d'architecture
(IFA), LAFBE/Q/49/1-109
789
Dans le document original cette liste comprend aussi les prototypes retenus : tableau n° 15.
244
Des prototypes publiés, utilisant des éléments préfabriqués, sont
proposés par les architectes :
Prototype Mazet
790
« Prototype d’école à une classe. Claude C. Mazet, architecte », in « Constructions scolaires »,
L'architecture d'aujourd'hui, 21ème année, no 34, fév.-mars 1951, p. 32.
245
fondée sur un radier général armé, en traditionnel, comme le reste de la
construction791.
1.
2.
791
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, SECRETARIAT D'ETAT AUX BEAUX-ARTS,
op.cit., p. 53-56.
792
C. RAMBERT, Constructions scolaires et universitaires. Paris: Vincent, Fréal et Cie, 1954, p. 53.
246
Prototype Croizé
793
« Prototype d’école à une classe. André Croisé, architecte », in « Constructions scolaires »,
L'architecture d'aujourd'hui, 21ème année, no 34, fév.-mars 1951, p. 36.
794
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, SECRETARIAT D'ETAT AUX BEAUX-ARTS,
op.cit. p. 29.
247
hommes pour les planchers, et quatre hommes pour la pose795, soit huit ouvriers
en total, et probablement non qualifiés.
Prototype Abraham
795
Ibid. ; et, « Prototype d’école à une classe. André Croizé, architecte », in « Constructions
scolaires », L'architecture d'aujourd'hui, 21ème année, no 34, fév.-mars 1951, p. 36.
796
Autre prototype exécuté et conçu par Pol Abraham est une école à Chaumard (Nièvre), en
1950.
797
MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE, SECRETARIAT D'ETAT AUX BEAUX-ARTS, op.
cit., p. 23.
248
bien en bois ou en métal, qu’en béton armé. La standardisation, née du désir
d’une préfabrication n’est possible que partiellement. Initialement, la couverture
est prévue en éléments de béton armé et de terre cuite préfabriqués, mais par
des contraintes de disponibilité, elle est constituée d’une voûte mince.
798
Ibid., 24.
799
Ibid., p. 23-24.
249
Figure 26. Prototype Abraham
Source : MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, SECRETARIAT D'ETAT AUX BEAUX-ARTS, Ecoles
prototypes (du premier degré). Brochure du MEN. Paris : Publications du Centre national de documentation
pédagogique, 21 déc. 1951. Archives de l'Institut français d'architecture (IFA), LAFBE/Q/49/1-109, p. 32.
250
Prototype Prouvé
800
Contrairement à Marcel Lods, « maître du boulon ». LABRUNYE, R. « Jean Prouvé ou
l'impossible industrie », Le Visiteur, no 11, mai 2008, p. 56.
801
Ibid.
802
J. PROUVE, Une architecture par l'industrie. Zurich: Artémis, 1971, p. 136.
803
Les expériences de l’ingénieur Prouvé, avant la Libération et dans le domaine scolaire sont des
exemples des précédents de la préfabrication légère qui, cependant, sont restées à l’état de projet :
en 1936, les architectes Beaudoin et Lods, pour l’école de plein-air de Suresnes, demandent à
Jean Prouvé une étude d’industrialisation de classes métalliques. En 1939-40, Prouvé fait une
expérience avec Le Corbusier afin de réaliser des écoles volantes pour les réfugiés de la guerre,
où le principe constructif est de structure à portique axial. J.-F. ARCHIERI, Prouvé: cours du
CNAM, 1957-1970 (Essai de reconstitution du cours à p artir des archive s Jean Prouv é). Liège: P.
Mardaga, 1990, p. 178.
251
Jean Prouvé est l’auteur de deux prototypes expérimentaux : l’un, à
Vantoux en Moselle, avec l’architecte Henri Prouvé (1947-48), l’autre, à
Martigues dans le Bas-Rhin, où il travaille avec les architectes Arati, Boyer et
Lestrade.
804
« Prototype d’école à une classe, Vantoux, Moselle », in « Constructions scolaires »,
L'architecture d'aujourd'hui, 21 année, no 34, fév.-mars 1951, p. 34.
805
RAMBERT, op.cit., p. 20-22.
806
N. PETERS, Prouvé. Köln : Taschen, 2006, p. 49.
252
1,80 m, plus pertinente spatialement car divisible en de multiples facteurs,
et celle de 1,25 m o u 1,05 m , plus pertinente const ructivement car
correspondant à la taille des tôles du co mmerce, comme le préconisait
Prouvé »807.
807
ARCHIERI, op.cit., p. 59
808
En 1954, Jean Prouvé quitte les ateliers de Maxéville et fonde la Société pour le développement
des constructions industrialisées.
809
LABRUNYE, op.cit.
810
Le même prototype est présenté à Zurich en 1953 dans l’exposition d’Alfred Roth « Das Neue
Schulhaus » (la nouvelle école). Ibid., p. 58- 59.
811
« Ecoles ‘Studal’ » in « Constructions scolaires 1 », Techniques et arc hitecture, 15ème série, no
3, nov. 1955, p. 88.
253
hybrides du préfabriqué/traditionnel. C’est le cas de la maternelle Fabien à Saint-
Denis, où l’ « ingénieux » Prouvé travaille avec l’architecte André Luçart. C’est un
projet, signale Raphaël Labrunye, que Prouvé lui-même qualifie de « monstre
technique », car il masque sa structure métallique. Le responsable de cette
apparence est l’architecte qui, ayant choisi la technique de construction à partir
de la plaquette commerciale Studal, en demande une version spéciale : « un
assemblage entre une poutre oblique et un poteau rectangulaire. Un faux plafond
plat empêche toute lecture du plan incliné du toit, bien que les ateliers Prouvé
aient suggéré un plafond en pente »812.
812
R. LABRUNYE, « L’ingénieur et l’ingénu (Histoire d’école(s) », p. 19 in Annuel des mémoires
2000-2001, mémoires de IIe cycle. Versailles : Ecole d’architecture de Versailles.
813
« Industrialisation et préfabrication (préfabrication légère, études récentes par Jean Prouvé », in
ème
Techniques et architecture, 20 série, no 3, Mars 1960, p. 139.
814
PROUVE, op.cit., p. 136.
254
Figure 31. Etude pour le groupe scolaire à Villejuif
Source : TA, 1960, p. 139.
815
ARCHIERI, op.cit., p. 184 et 186.
816
Techniques et architecture, 20ème série, no 3, Mars 1960, p. 137.
817
Fonds Jean Prouvé, archives départementales de Meurthe-Et-Moselle, 23 J 1-506
(Portefeuilles de plans et dessins, 1932-1965), 23 J 349 ; ARCHIERI, op.cit., p. 126.
255
Figure 32. Panneaux sandwichs avec raidisseurs Jean Prouvé
Source : « Industrialisation et préfabrication (préfabrication légère, études récentes par Jean Prouvé », in
ème o
Techniques et architecture, 20 série, n 3, Mars 1960, p. 137.
256
Prototype Lods
818
Techniques et architecture, 15ème série, no 3, nov. 1955, p. 86 ; La même revue publie aussi le
groupe scolaire à Neufchâtel-en-Bray (Seine-Maritime) mais celui-ci utilisant un système de
construction traditionnel, p. 64.
819
« Prototype d’école à une classe » in « Constructions scolaires », L'architecture d' aujourd'hui,
21 année, no 34, fév.-mars 1951, p. 35.
257
Hors du cadre du concours,
l’architecte Lods, avec les architectes
Malizard, Alexandre et Rivière, réalise
au cours de cette sous période le
groupe scolaire de Saint-Etienne du
Rouvray et l’internat du lycée de
Sotteville-les-Rouen ; aucun des deux
ne répond au prototype précédent,
mais ils utilisent une ossature en
béton armé. Ces bâtiments, de taille
beaucoup plus importante que celle du
Figure 35. Panneaux de façades du lycée prototype, sont présentés par
de Sotteville-les-Rouen l’Architecture française en 1963. Pour
Source : « Constructions scolaires VI », AF, n° 249-
250, 1963, p. 92. les façades, des éléments
préfabriqués et industrialisés sont
820
« Constructions scolaires VI », L'Architecture française, 24èmé année, no 249-250, mai-juin 1963,
p. 91-92.
258
Prototype Nelson, Bilbert, Sebillote
821
« Prototype d’école à une classe, Peyzac-Le-Moustier, Dordogne », in « Constructions
scolaires», L'architecture d'aujourd'hui, 21 année, no 34, fév.-mars 1951, p. 37.
259
Prototypes Camelot-Lafaille
Le prototype circulaire
822
Etude critiq ue du proj et LA FAILLE-CAMELOT (Le prob lème à rés oudre), Paris, juillet 1949.
Archives de l'Institut français d'architecture (IFA), LAFBE/Q/49/1-109. p. 1-8.
823
Ibid., p. 3.
260
« Pour qu’une mécanisation soit rentable, il faut qu’elle soit employée
à plein, c’est-à-dire p assant d’ un chantier à l’ autre sans interrupt ion
d’emploi et que de son côté la main-d ’œuvre qu ’en sert atteigne un e
productivité dûe [sic] à une s implification extrê me des tâches à
accomplir »824.
824
Ibid.
825
Ibid., p. 3-4.
826
Ibid., p. 4.
827
Ibid.
261
de faire e n sorte qu e sur des gabarits r igoureux le s contrôle s d e
dimensions et de position dans l’espace ne soient plus nécessaires »828.
Source : Etude critique du projet LAFAILLE-CAMELOT (Le problème à résoudre), Paris, juillet 1949. IFA,
LAFBE/Q/49/1-109, p. 8
828
Ibid.
829
Demande d e brevet dé posée en F rance le 12 av ril 1950 sou le n° P.V. 550 p our « Nouveau
procédé de construction en béton et bâtiment réalisé en utilisant ce procédé » par la Société Civile
dite : Institut d’études techniques et professionnelles. IFA, LAFBE/Q/49/1-109.
830
Ibid., p. 4.
262
Figure 38. Prototype circulaire IETP
Source: Demande de brevet déposée en France le 12 avril 1950 sou le n° P.V. 550 pour « Nouveau procédé de
construction en béton et bâtiment réalisé en utilisant ce procédé » par la Société Civile dite : Institut d’études
techniques et professionnelles. IFA, LAFBE/Q/49/1-109.
831
Ibid., p. 2-4.
832
« Contrat anormal pour une sté civile mais cependant accepté par l’Educ. Nat. » Exposé de la
procédure des saisies- arrêts entre les L afaille et MM Lefè vre et Maug ué, doc. non dat é [derni ère
mentionne d e l' exposé d écembre 63]. Archives de l'Institut français d'architecture (IFA),
LAFBE/Q/49/1-109, p. 1.
263
construction agréées par la commune, et en société sous-traitante833. C’est,
d’ailleurs, le même cas que soutienne la société IETP pour l’école, construite
dans la même année, à Varennes-Jarcy, dans le même département834.
833
Exposé de la procédure des saisies-arrêts entre les Lafaille et MM Lefèvre et Maugué, doc. non
daté [dern ière me ntionne de l'exposé déc embre 63]. Archives de l'Institut français d'architecture
(IFA), LAFBE/Q/49/1-109, p. 1.
834
Ibid.
835
« Un ed ificio escolar de p lanta circul ar », In formes de l a construction, I nstituto técnic o de la
construction y del cemento, Archives de l'Institut français d'architecture (IFA), LAFBE/Q/49-1-101,
no n.d ; « Constructions scolaires », L'architecture d' aujourd'hui, 25ème année, no 53, mars-avril
1954, p. 44-45.
836
Le cercle étant la figure géométrique pour qui le rapport du périmètre à la surface est le plus
petit.
837
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE, SECRETARIAT D'ETAT AUX BEAUX-ARTS,
op.cit., p. 35.
838
Ibid., p. 35.
264
Figure 39. Décomposition par postes de travail
Source : LAFAILLE, B., CAMELOT, R., Ecole type, décomposition des travaux, projet no. 2. n.d. Archives de
l'Institut français d'architecture (IFA), LAFBE/Q/49-103.
265
Le principe de ce prototype simple (à une classe et un logement) ou
double (à deux classes et deux logements), sera utilisé par d’autres communes
qui passent le marché avec l’IETP par l’intermédiaire du ministère de l’Education
nationale. Il s’agit d’une école de la commune de Barentin, d’un groupe de trois
bâtiments à Sarcelles et de deux bâtiments à Vienne (Isère) réalisés par
l’entreprise Migeon839.
839
Entreprises plomberie-sanitaire.
840
Bâtiments et Techniques Nouvelles.
841
Le 8 novembre 1952 un protocole d’accord est passé entre IETP et la Société d’Etudes
Financières, Techniques, Agricoles et Sociales (SEFTAS) donnant licence de son brevet. Celle-ci
passant sous-licence de ce brevet à BATEC. Ces droits sont annulés en 1954.
842
Exposé de la procédure des saisies-arrêts entre les Lafaille et MM. Lefèvre et Maugué, doc. non
daté [dernière mention de l'exposé décembre 63]. Archives de l'Institut français d'architecture (IFA),
LAFBE/Q/49/1-109, p. 4.
843
INSTITUT D'ETUDES TECHNIQUES ET PROFESSIONNELLES, Note au sujet des
constructions scolaires c irculaires - pr ototype agréé IET P (Ada ptations arch itecturales par MM.
LAFAILLE et CAMELOT , 20 rue Sa int Didier, Paris, décembre 19 52. Archives de l'Institut français
d'architecture (IFA), LAFBE/Q/49/1-109. N. p.
266
1
3
Figure 41. Procédé iETP circulaire
Source : Lafaille : 1 et 3 : Ecoles rondes de Vienne, IFA : LAFBE/Q/51/1-185/2. 2 : Ecole ronde de Sarcelles,
IFA LAFBE/Q/51/2-185/3.
267
Prototype rectangulaire : type "Saint-Elier"
844
Exposé de la procédure des saisies-arrêts entre les Lafaille et MM. Lefèvre et Maugué, doc. non
daté [dernière mention de l'exposé décembre 63]. Archives de l'Institut français d'architecture (IFA),
LAFBE/Q/49/1-109, p. 4.
845
Note succinct e sur le rôle d e l' Institut d' Etudes T echniques et professio nnelles (2 2, rue Mr Le
Prince, Par is 6°) en c e q ui concerne l es constructions scolaires. Archives de l'Institut français
d'architecture (IFA), LAFBE/Q/49-103.
846
B. LAFAILLE, R. CAMELOT, Les constru ctions scol aires, 1er degr é: pièc e n° 2 (Pr ototype
i.E.T.P. - agréé, type "Saint-Elier"), descriptif gé néral et cah ier des prescri ptions spéci ales.
Document signé Bernard Lafaille, ingénieur ECP, Robert Camelot, architecte en chef des bâtiments
civils et Palais nationaux/bureau d'études Bernard Lafaille (BEBL) à Paris. n. d. Archives de
l'Institut français d'architecture (IFA), LAFBE/Q/49-103, p. 11.
847
Ibid., p. 13-15.
268
1 2
3 4
5
6
Figure 42. Mise en œuvre du procédé Lafaille
Source : BUREAU D'ETUDES BERNARD LAFAILLE, Description photographique du système constructif, 182
rue de Rivoli, Paris. IFA, LAFBE/R-1-185-11.
269
La mise en œuvre848 de ce procédé est la suivante [Figure 42] :
848
BUREAU D'ETUDES BERNARD LAFAILLE, Description photogr aphique du systèm e
constructif, 182 rue de Rivoli, Paris. Archives de l'Institut français d'architecture (IFA), LAFBE/R-1-
185-11. p. N.
849
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE (Administration générale de la Direction des
constructions scolaires et universitaires), Lettre du Ministr e de l' Education natio nale à messieurs
Lafaille et Camelot, Institut d'Etudes techniques et professionnelles. Objet: Ecoles prototypes IETP
à Marolles, Hermival les Vaux, Mesnil s ur Blancy, Mesnil-Germain, Saint Cyr du Ronceray, Mesnil-
Durand et Mesnil-Guillaume, Paris le 2 août 1954. Archives de l'Institut français d'architecture (IFA),
LAFBE/Q/49-103. p.
850
Exposé de la procédure des saisies-arrêts entre les Lafaille et MM.Lefèvre et Maugué, doc. non
daté [dern ière me ntionne de l'exposé déc embre 63]. Archives de l'Institut français d'architecture
(IFA), LAFBE/Q/49/1-109, p. 4-5.
270
B. Commandes groupées
René Blanchot
La prouesse est réalisé par la SAEETP, pour qui « [c’est le] début d’une
longue série, grâce à un procédé technique performant et économique »853.
851
« Commandes groupées, groupes scolaires à Limoges, René Blanchot, architecte » in «
ème o
Constructions scolaires 1 », Techniques et architecture, 15 série, n 3, nov. 1955, p. 55.
852
Ibid.
853
BEZANçON, X., DEVILLEBICHOT, D., NAGY, G., 2 siècles d' entreprise générale et de progrès
dans la construction. Italy: Timée-Editions, 2006, p. 190.
271
Figure 44. Bloc-fenêtre porteur préfabriqué
Source : Commandes groupées, groupes scolaires à Limoges, René Blanchot, architecte. « Constructions
o
scolaires 1 », T&A, 15ème série, n 3, nov. 1955, p. 57.
272
En 1960, Techniques & architecture présente l’équipe Blanchot-
SAEETP854. A cette occasion, c’est dans l’ancien département de la Seine-et-
Oise, que l’architecte amène une commande groupée en « préfabrication semi-
lourde »855, sur la trame de 1,75 m. Dans ce projet où « (…) la recherche est
portée plus dans le sens de l’évolution que dan s celui de la révolution », signale
la revue, le rez-de-chaussée est construit sur place, puis les deux ou trois étages
postérieurs sont en éléments préfabriqués légers, dont le poids ne dépasse
jamais une tonne : poteaux, panneaux de façade (bloc fenêtre porteur en ciment
moulé) et planchers (poutrelles préfabriqués de portée 6,51m); et, pour la toiture,
tous les types étant admissibles856.
René Egger
854
Société Auxiliaire d’Entreprise Electrique et de Travaux Publics.
855
Cette revue présent un titré sur « industrialisation et préfabrication » avec des sous titres
suivants : « préfabrication légère », « préfabrication semi-lourde », « préfabrication lourde » et
« industrialisation ».
856
« Seine-et-Oise – commandes groupées » in « Constructions scolaires 4 », Techniques et
architecture, 20ème série, no 3, Mars 1960, p. 144.
857
« Commandes groupées, groupes scolaires à Marseille, René Egger, architecte » in «
Constructions scolaires 1 », Techniques et architecture, 15ème série, no 3, nov. 1955, p. 59.
273
858
général, puissent aisément et rapidement se faire sentir » . Ces écoles
standardisées sont conçues sur les plans types ministériels : le plan, la façade et
la coupe étant valables pour tous les cas. D’ailleurs, l’architecte ne fait pas appel
aux grandes entreprises spécialisées et il emploie une main-d'œuvre locale
disponible. La construction est à charge du contrôle technique des services
constructeurs de la ville859.
Rambert, dans son livre Constructions sco laires et univer sitaires (1954),
présente ce groupement avec l’exemple de l’école Saint-Henry, à quatre classes,
pour cent soixante élèves, conçue par les architectes Boyer, Arati, et Egger. Sur
une trame de 239 cm entre axes, les éléments constructifs sont distribués, parmi
lesquels quelques éléments préfabriqués de façades (en maçonnerie), d’allèges
(en verre sécurit, d’appuis et de plafond (en béton vibré)860.
858
« Commandes groupées, groupes scolaires à Marseille, René Egger, architecte » in «
Constructions scolaires 1 », Techniques et architecture, 15ème série, no 3, nov. 1955, p. 57
859
RAMBERT, op.cit., p. 30-34.
860
Ibid., p. 30-34.
861
C. DESMOULINS, Joseph Belmont (Parc ours atyp ique d'un arc hitecte). Paris: Editions PC,
2006.
862
« Préfabrication semi-lourde, Chaville et Chambourcy » in « Constructions scolaires 4 »,
Techniques et architecture, 20ème série, no 3, Mars 1960, p. 142.
863
« Ecoles industrialisées à étages, prototype de Chaville (S.et O.) » in « Constructions scolaires
IV », L'Architecture française, 21ème année, no 221-222, janv.-fév. 1961, p. 97-99.
864
CHATELET, A.-M. BENSALAH, K., L’architecture scolaire en ré gion Ile-de-France (1. La petite
couronne). Rapport du Laboratoire de recherche historie architecturale et urbaine, sociétés, Ecole
de Versailles. Ministère de la Culture, Direction des affaires culturelles d’Île-de-France, fiche n°
10.1.
274
promouvoir, développer et l’exploiter le procédé au nom du GEEP. En 1957, la
compagnie de Saint-Gobain prend contact avec le ministère de l’Education
nationale pour la réalisation d’un projet-type ; plus tard, c’est l’Aluminium-
Français, déjà familiarisé avec la préfabrication légère par sa collaboration avec
Jean Prouvé, qui prend le relais pour l’affaire scolaire. En 1958, les architectes
Joseph Belmont et Maurice Silvy, conseillés par Réné Egger865 mettent au point
le procédé de construction. En 1959, le procédé est agréé par le ministère de
l’Education nationale et un prototype est réalisé, dans une localité proche de
Paris, à Chaville : « l’école industrialisée à étages », dont le chantier dure environ
six mois, pour dix-huit classes. A partir cette année, Paul Chaslin, président de
GEEP-SARL, fait exploiter le brevet aux nomes de Saint-Gobain-Aluminium-
France ; ensuite, c’est cette société qui coordonne l’action des entreprises pour
mettre en œuvre le procédé ; mais, ce sont les entreprises qui sont titulaires des
marchés et ce sont donc elles qui s’engagent auprès du ministère de l’Education
nationale. Quatre sociétés et quatre bureaux d’études exploitent ce procédé,
dans les principales régions de France866 ; le GEEP se charge des réalisations
de la région parisienne867.
865
P.-L. DEBOMY, « Les écoles et lycées industrialisés (Aluminium Français-Saint-Gobain) »,
Construction (Numéro spécial: Constructions scolaires, universitaires et socio-culturelles, tome II),
23ème année, no 4A, mars 1968, p. 208-15.
866
Les trois autres sont : la société d’Etudes et Entreprises (EEE) pour le sud-ouest, le groupement
d’entreprises Rhône-Alpes Méditerranée (GEERAM) pour le sud-est et le midi, et le groupement
d’entreprises Rhin-Moselle (GERM) pour l’Est de la France.
867
G. POUVOURVILLE, L'innovation dans le secteur du bâtiment (Analyse d'une action p ublique
en fave ur d e l' innovation: l e cas d es co nstructions sc olaires vu au travers de l' histoire d e
l'entreprise GE EP-Industrie). Paris : Centre de recherche en gestion, Ecole Polytechnique, Janv.
1979, p. 18-19.
275
Figure 47. Ecoles industrialisés à étages
Source : Fonds Joseph Belmont, IFA, BELJO-B-59-1
…
276
Dans le système de construction utilisé pour ces écoles, seules les
fondations sont en maçonnerie et tout le reste du bâtiment (les étages) est
standardisé et préfabriqué en usine. Les caractéristiques des fondations
réalisées dans le site, de façon traditionnelle, permettent en effet d’adapter une
structure préfabriquée à toute sorte de terrains.
868
Voir 3.3.
869
« Ecoles industrialisées à étages, prototype de Chaville (S.et O.) » in « Constructions scolaires
ème
IV », L'Architecture française, 21 année, no 221-222, janv.-fév. 1961, p. 97-99.
870
« Préfabrication semi-lourde, Chaville et Chambourcy », in « Constructions scolaires 4 »,
ème
Techniques et architecture, 20 série, no 3, Mars 1960, p. 142.
871
P.-L. DEBOMY, « Les écoles et lycées industrialisés (Aluminium français-Saint-Gobain) »,
o
Construction (Numéro spécial industrialisation du bâtiment, tome 2), Tome XX, n 5, mai 1965, p.
209-11.
277
1
3
Figure 49. Ecole industrialisée à étages
Sources : 1et 2) TetA, 1960, p. 141. 3) AF, 1961, p. 99
278
En dehors du cadre des commandes groupées, l’architecte Egger réalise
aussi dans cette sous-période :
Bertrand Monnet
872
« Constructions scolaires IV », L'Architecture frança ise, 21ème année, no 221-222, janv.-fév.
1961, p. 62-63
873
« Constructions scolaires 2 », Techniques et architecture, 15ème série, no 6, avril 1956, p. 121 ;
« Constructions scolaires 3 », Techniques et architecture, 16ème série, no 5, Janv. 1957, p. 101.
874
« Constructions scolaires 2 », Techniques et architecture, 15ème série, no 6, avril 1956, p. 61 ;
«Constructions scolaires IV », L'Architecture français e, 21ème année, no 221-222, janv.-fév. 1961,
p. 64-67
875
Voir 2.2.
876
« Commandes groupées – groupes scolaires, écoles maternelles ; Bertrand Monnet, architecte
en chef coordonateur » in « Constructions scolaires 1 », Techniques et architecture, 15ème série, no
3, nov. 1955, p. 60-63.
877
Cependant, la revue ne spécifie pas de quels éléments il s’agit. Commandes groupées –
groupes scolaires, écoles maternelles ; Bertrand Monnet, architecte en chef coordonnateur.
ème
«Constructions scolaires 1 », Techniques et architecture, 15 série, no 3, nov. 1955, p. 60-63.
279
département de la Moselle878, n’est plus traditionnelle et utilise le procédé
« EUR ». Sur un module de 1,08 m reposent une ossature en tôle d’acier pliée,
des parois extérieures Euretal (revêtement extérieur en tôle d’aluminium strié) et
une charpente métallique couverte en bacs d’aluminium879.
R. de Cidrac
878
Les groupes scolaires du Haut-Rhin et du Bas-Rhin sont réalisés en construction traditionnelle,
tout en conservant la trame de 1,75 m.
879
Commandes groupées – groupes scolaires, écoles maternelles ; Bertrand Monnet, architecte en
chef coordonateur », « Constructions scolaires 1 », Techniques et arc hitecture, 15ème série, no 3,
nov. 1955, p. 61.
880
« Constructions scolaires 1 », Techniques et architecture, 15ème série, no 3, nov. 1955, p. 89.
881
« Constructions scolaires VI », L'Architecture française, 24èmé année, no 249-250, mai-juin 1963,
p. 22 ; « Constructions scolaires VIII (enseignement supérieur) », L'Architecture frança ise, 26ème
année, no 275-276, juill.-août 1965, p. 107.
882
« Ecoles en commandes groupées en Seine-et-Oise ; R. De Chirac, architecte coordonnateur »,
o
«Constructions scolaires III », L'Architecture français e, 19ème année, n 203-204, août 1959, p.
72.
280
Le procédé utilisé par diverses
entreprises (Damiani, Nord-France,
Crinquette, Coutant, Tracibat) est
dénommé « Mécano ». Il s’agit d’un
« système d’éléments types,
combinables et juxtaposables », où
les murs de refend sont à portique,
ainsi que les planchers préfabriqués.
883
« Ecoles en commandes groupées en Seine-et-Oise ; R. De Chirac, architecte coordonnateur »,
o
« Constructions scolaires III », L'Architecture française, 19ème année, n 203-204, août 1959, p.
72.
281
en béton armé, reposent sur une charpente métallique. Le système est possible
pour un, deux ou trois niveaux884.
Battut et Warnesson
884
« Ecoles en commandes groupées à Saint-Etienne, Albert Ferraz et Lucien Seignol,
ème
architectes », in « Constructions scolaires III », L'Architecture française, 19 année, no 203-204,
août 1959, p. 63-65.
885
« Ecoles en commandes groupées, Pas-de-Calais », in « Constructions scolaires IV »,
L'Architecture française, 21ème année, no 221-222, janv.-fév. 1961, p. 73-75.
282
3.3. Procédés de préfabricati on dans la construction scolaire
(1964-1973)
886
C.-A. ROCH, R. COLAS, « Remontée amont et nouvelles formes de coopération : le process
CBC », p. 49-50. in J. BOBROFF, (Sous la direction de). La gestion de pr ojet dans la co nstruction
(Enjeux, org anisation, métho des et métiers). Actes des journées d'études organisées par l'Ecole
Nationale des Ponts et Chaussées les 12 et 13 octobre 1993. Paris : Presses de l'Ecole Nationale
des Ponts et Chaussées, 1993.
283
A. Procédures
887
Voir 2.3.
888
Les équipes qui conforment les procédés sont présentes en 2.3.
284
construction, ils sont représentatifs des types de préfabrication industrielle dans
la construction scolaire :
285
Secteur industrialisé
Pourvourville (1979) cite une vingtaine d’entreprises parmi celles qui ont le
plus construit d’établissements scolaires dans « la campagne d’Etat » dont il
distingue trois sous-groupes :
889
P. SASSIER, M. GALLONO (collaborateur), «Test fondamental: l'industrialisation de la
o
construction scolaire », Cahier spéc ial du quotidien « Les Echos », n supplément au numéro
10168, 1968, p. 97-105.
890
«Constructions scolaires, universitaires et socio-culturelles (Tome I) », Construction, 23ème
année, no 3, mars 1968 ; « Constructions scolaires, universitaires et socio-culturelles (Tome II) »,
ème
Construction, 23 année, no 4A, mars 1968.
891
P. MADELIN, Industrialisation dans le bâtiment. Paris: Editions G.M. Perrin, 1969, p. 113-120.
892
G. POUVOURVILLE, L'innovation dans le secteur du bâtiment (Analyse d'une action p ublique
en fave ur d e l' innovation: l e cas d es co nstructions sc olaires vu au travers de l' histoire d e
l'entreprise GE EP-Industrie). Paris: Centre de recherche en gestion, Ecole Polytechnique, Janv.
1979.
893
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE (éd.), CONCOURS DU SYNDICAT NATIONAL
DU BETON ARME ET DES TECHNIQUES INDUSTRIALISEES, 35 modè les des CES
industrialisés acceptés par le ministère de l'Education Nationale. Paris: Editions Conseils, 1974. p.
N.
894
MINISTERE DE L'EDUCATION, Les constructions sco laires en France. (1965-1975, 10 ans de
progrès). Editions Conseils, s.d. 78 p.
286
- SAE et Coignet, pour qui le marché scolaire représentait moins de 10 % de
leurs activités ;
- Les groupements BHET, COFEBA, Costamagna, Constructions modulaires,
Fiorio, Foulquier, Tracoba ; qui travaillent sous licence et n’investissent pas
vraiment dans le marché ;
- Pour les entreprises générales : Coutant, Duc-et-Méric, Dumez, Fillod,
Fouguerolle, GEEP895, Stribick, SMBI, SNC, SICRA, le marché scolaire
représente plus du 25 % de leurs activités. « C’est essentiellement les
entreprises de ce dernier groupe qui ont joué le jeu de l’industrialisation »896.
Ce sont, selon Pourvourville, les seules entreprises ayant bénéficié de
conditions de continuité et de volume annuel des commandes, ayant ainsi
transformé leur mode de production vers l’industrialisation du bâtiment.
895
GEEP, en 1968, alors qu’il cherchait à sortir de son unique spécialité qu’étaient les
constructions scolaires, consacre la plus importante part de son activité à ce type de constructions
qui représentent environ le 70 % de son activité, dont la moitié concerne les établissements du
secondaire et l’autre moitié concerne les écoles primaires et maternelles. SASSIER, GALLONO
op.cit., p. 101.
896
POUVOURVILLE, op.cit., p. 37.
287
Tableau 19. Procédés utilisés dans le « secteur industrialisé » du secteur scolaire
Pourvourrville
Construction
35 modèles
Les échos
Concours
Madelin
PROCEDES ACIER
Ateliers des Wagons de Brignoud (filiale de X X
1
Campeon-Bernard)
2 Dumez X X X X
3 Feal-Var-M3 [effacer pas de fiche accès] X
4 Fillod X X X X X
5 France-Gironde X X X
6 GEAI X X
7 GEEP X X X X
8 IDB (Groupement) X X
9 LRC [effacer pas de fiche accès] X
10 SMBI (Société méditerranéenne de bâtiment X X X X
11 Vissol X X X
12 Voyer X
PROCEDES BETON
1 Barets-[COFEBA897] X X X X X
2 [BHET] (Bureau d'Habitat et d'Etudes Techniques) X X
3 Balency et Schul X
4 Camus X
5 Coignet X X X X
6 Costamagna X X X X
7 Coutant G. X X X
8 [Duc et Méric] X X
9 Fiorio X X X X
10 [Fougerolle] X X
11 Foulquier X X X
12 SAE X X X X
13 [SNC] (Société National de Construction) X X
14 [Sicra] X X
15 Stribick X X X
16 Tracoba X X X X
MIXTES
1 CIMT X X X
2 Constructions modulaires X X X X
3 Devillette-Chissodon X
898 899 900 901
Source : Sassier (1969) , Revue Construction de 1969 ; Madelin (1969) ; Pourvourville (1979) ; 35
modèles de CES et Concours-conception construction.
897
Lors du concours conception-construction de 1963, le bureau d’études COFEBA a collaboré
avec l’entreprise Gri et Fils en exploitant le procédé Barets. « Concours 'Conception - construction'
du Ministère de l'Education nationale », Techniques et architecture, 23ème série, no spécial, janv.
1964.
898
SASSIER, GALLONO M. op.cit., p. 97-105.
899
«Constructions scolaires, universitaires et socio-culturelles (Tome I) », Construction, 23ème
année, no 3, mars 1968. Et «Constructions scolaires, universitaires et socio-culturelles (Tome II) »,
o
Construction, 23 année, n 4A, mars 1968.
900
Madelin fait un recensement des procédés de préfabrication utilisés pour la construction
scolaire. Cependant il ne fait aucune référence à la période d’utilisation, c’est pour quoi, pour que
les autres procédés nous les ayons considérés dans ce tableau, nous avons vérifié qu’ils ont été
288
Typologies des procédés de préfabrication
Quels ouvrages — parmi les murs porteurs verticaux, les façades (porteuses
ou non) et les planchers — sont préfabriqués (P), partiellement préfabriqués
(pP), ou non préfabriqués (NP). Ces éléments sont ensuite associés à trois
types de forme : linéaire (L) pour les poteaux, poutres et poutrelles ;
surfacique (S) pour les différents types de panneaux, de façades-panneaux et
rideaux ; et volumique (V) pour les modules. Pareillement, le matériel utilisé pour
chacun d’entre eux est catalogué: béton armé (B), acier (A), aluminium (Al) ou
autre (Au). Finalement, l’ordre d’intégration des corps de second œuvre aux
éléments préfabriqués est recensé selon trois catégories : nulle (N), moyenne
(M) et importante (I). De cette manière, à titre indicatif et non exhaustif, quelques
procédés de construction sont présentés [Tableau 19].
utilisés o référenciés par une autre source. Le reste de procédés ne remplissant pas cette condition
sont :
En béton : Anjou-Préf, Balency et Schul, Barrière Helle Gouarch, CGC, Camus Raymond, CPM,
Lacombe-IM3, Morin, Novello, Pascal, Pignon l’Héritier, Primec, Rennaise de préfabrication,
Sebich-Italie, Sentra SGRBA-PAC, SPRED-Béton, TEC, Varie-France.
En acier : Briquaronde, Feal-Var-M3, Groupfer, Holland building corp., Joly-Pottuz, LRC, MAAMF,
Mecanoêl, Moultip, J Perroud- JP 4-Sopreg, Réfends porteurs 64, SATM-Shaudel, Sebich-Italie,
Solberluch Stup-Clement, SPRED-Acier. En autre matériaux : LPF-La préfabrication mod. Et
Maison canadienne. MADELIN, P., op.cit., p. 113-120.
901
Les procédés entre [ ], sont seulement mentionnés par Pourvourville, nous ne savons pas s’ils
étaient à la base du béton ou d’acier, ce pour quoi, une autre source complémentaire a été utilisée,
avec les réserves pertinentes.
902
Voir 3.1.
289
Tableau 1 : Typologies des procédés de construction903.
PRE-FABRICATION : FORME : MATERIAUX :
PROCEDE
(P, pP ou NP) (L, S, ou V) (B, A, Al, Au)
Porteurs
SO intégré
verticaux
Planchers
Planchers
Planchers
verticaux
verticaux
Façades
Façades
Porteurs
Porteurs
Façades
Non
port.
Typologie B.1.
BARETS, TRACOBA P P < P L/S S S B B B M
COIGNET P P < P S S S B B B T
COSTAMAGNA P P < P S S S B B/Au B T
DUMEZ P P < P V S S B B B T
FIORIO P P < P S S S Au B Au T
CAMUS P > P P S S S B B B T
Typologie B.2.
ALUBETON P > P pP L/S S L B Al/B B
FOUGEROLLE SNCT P > P pP L/S S L B B B
DESSE P > P pP L S L B Al/A B
SAE-Cogitec P P < pP S S L B B B
Typologie B.3.
ARMOR-ANJOU, BHTE,
BALENCY-BRIARD, NP P < P - S S - B B M
COUTANT, PASCAL
SOCIETE NACIONALE DE B§
NP P < P - S S - B/Al
CONSTRUCTION A
SICRA NP /P > P P -/S S S -/B B B
Typologie B.4.
ECE pP P < pP L S L B ? B
BACCI pP P < NP L S - B B -
SILIFRANCE NP P < NP - - S - B -
FOULQUIER NP > P NP - S - - B B M
BOUYGUES NP > P pP - S L - B B N
Typologie A.1.
FILLOD, GEAI, BENDER
(SFP904), SNCI, AWB*, P > P P L S S A A A T
SMBI*
B/ B/
GEEP-Industries P > P P L S S
A
A
A
M
Typologie A.2.
CIMT-Jean Prouvé, CINB- B/ Al/A B/
P > P pP L S L M
France Gironde*, VISSOL* A u A
Typologie A.3.
CONSTRUCTIONS
B/ B/
MODULAIRES, DEVILLETE- P > P P L S S
A
B/A
A
M
CHISSODON
Ce tableau a été réalisé à partir de la description de procédés présentés en: Camille Bonnome et Louis Léonard
(1959), Philippe Madelein (1969), Plaquette de 35 modèles de CES industrialisés, acceptés et publiés par le
ministère de l’Education nationale (1974), Agréments et Avis techniques du CSTB (1966-1976) et Revue
Techniques et Architecture, série « construction scolaire », sous la direction de G. Massé (1955-1967).
903
La plupart des procédés présentés dans ce tableau ont été exposés en A. RESENDIZ,
« Typologie des procédés de préfabrication. Les cas des bâtiments scolaires en France (1956-
1973) ». Communication au 1er Congrès francophone d’histoire de la construction, Paris, 19-21 juin
2008. En cours de publication. Les procédés marqués (*) soit ont été ajoutés soit modifiés après
cette publication.
904
Société Française de Préfabrication
290
- Typologie B .3. Dans ce groupe, les porteurs verticaux, à l’exception
des façades, ne sont plus préfabriqués. Deux éléments le restent
toutefois : les façades (porteuses ou non) et les planchers, de type
surfacique. Le matériau prédominant pour les éléments préfabriqués
est le béton armé qui dans certains cas peut être combiné à l’acier ou
l’aluminium. Il s’agit aussi d’une préfabrication partielle et semi-
lourde.
- Typologie B.4. Un seul élément est préfabriqué, à savoir : les
façades, porteuses ou non. Les autres éléments sont soit
partiellement préfabriqués, soit complètement réalisés sur chantier, et
tout en béton.
- Typologie A.1. La plus industrielle : totale et légère. L’ossature
verticale de type linéaire, les planchers de type surfacique et les
façades légères sont complètement préfabriqués. Le matériau
prédominant est l’acier, combiné parfois avec le béton. L’intégration
du second œuvre est ici très importante.
- Typologie A .2. Les planchers sont partiellement préfabriqués et de
forme linéaire.
- Typologie A .3. Les procédés comportent des éléments préfabriqués
aussi bien en béton qu’en matériaux métalliques.
B. Préfabricati on lourde
Totale et lourde
291
représentatifs de ce groupe sont Tracoba, Coignet, Costamagna, Balency &
Schuhl et Camus.
Coignet
Le procédé Coignet - comme celui de Camus - est l’un des plus anciens
et des plus utilisés. La Société des Constructions Edmond Coignet est déjà
présente lors du « concours conception-construction » de 1962, cette fois-ci avec
le bureau d’études SERGEC et les architectes Delannoy et Secq ; une dizaine
d’années plus tard, elle figure dans la publication des modèles du ministère de
l’Education (1974), avec les architectes de conception Merlet, Schmitz et Barthe.
905
Agrément « Coignet n° 2 » n° 2478 du gros œuvre, 1966 ; Avis technique n° 1/75-166 sur le
gros œuvre Coignet n°2, examiné par le groupe spécialisé n° 1 « Préfabrication lourde ». Cahier du
Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, n° 1356, livraison 165 (déc. 1975).
905
ASSOCIATION DU CATALOGUE DOCUMENTAIRE DU BATIMENT, Catalogue du bâti ment
(Volume 1), Paris : Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), [1er éd.], p. N.
906
Agrément « Coignet n° 2 » n° 2478 du gros œuvre, 1966 ; Avis technique n° 1/75-166 sur le
gros œuvre Coignet n°2, examiné par le groupe spécialisé n° 1 « Préfabrication lourde ». Cahier du
Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, n° 1356, livraison 165 (déc. 1975).
292
agréés par le CSTB, sont composés d’une dalle pleine en béton armé ou d'une
double dalle à nervures intérieures907 ; cependant, dans le « Nouveau lycée » de
Vendôme, les architectes Jacques Barge, et Jacques Sire, utilisent à la place,
des planchers caissons en béton armé908.
907
ASSOCIATION DU CATALOGUE DOCUMENTAIRE DU BATIMENT, op.cit.
908
« Enseignement - formation X », L'Architecture française, no 351-352, 1971, p. 77.
909
AN : 78522/22911/41750.
293
1 2
294
Tracoba
910
« Constructions scolaires et universitaires (Industrialisation) », Techniques et arch itecture,
31ème série, n° 1, oct. 1969, p. 70-71 et 73 ; «Constructions scolaires, universitaires et socio-
culturelles (Tome I) », Construction 23ème année, n° 3, mars 1968, p. 90.
295
L’entreprise Tracoba, porteuse de plusieurs procédés agréés par le
CSTB, « Tracoba 1 » 911 propose trois types structuralement différents : le type A,
à murs porteurs, et les types B et C à ossature poteaux-poutres.
911
Avis technique, « gros œuvre scolaire », n° 1/76-215. Cahier du Centre Sc ientifique et
Technique du Bâtiment, n° 1395, livraison 172 (sept. 1976), remplaçant les agréments no. 3411 du
Tracoba 1 et Tracoba 1 bis, objets des Avis Techniques n° 1/74-138 et 1/75-191
912
Techniques et architecture de 1969 soutienne, pour les lycées de Coëtquidan (Morbihan) et de
Segré (Maine-&-Loire) la trame de 1,75 m. « Constructions scolaires et universitaires
ème
(Industrialisation) », Techniques et architecture, 31 série, n° 1, oct. 1969.
296
revue Construction de mars 1968, illustre le procédé avec un collège à Rombas
dans la Moselle913 et décrit le procédé tel qu’il est agréé, par le CSTB : de « gros
œuvre scolaire »914. Il est la star du numéro spécial sur les « Constructions
scolaires et universitaires (Industrialisation) » de Techniques et architecture de
1969, représenté par cinq établissements scolaires.
913
« Constructions scolaires, universitaires et socio-culturelles (Tome I) », Construction, 23ème
année, n° 3, mars 1968, p. 87-90.
914
Avis technique, « gros œuvre scolaire », n° 1/76-215. Cahier du Centre Scie ntifique et
Technique du Bâtiment, n° 1395, livraison 172 (sept. 1976), remplaçant les agréments no. 3411 du
Tracoba 1 et Tracoba 1 bis, objets des Avis Techniques n° 1/74-138 et 1/75-191
915
« Constructions scolaires et universitaires (Industrialisation) », Techniques et architecture, 31ème
série, n° 1, oct. 1969, p. 84-85, 86 et 87.
916
AN : 78522/22913/41757.
297
1
2 3
298
Camus
917
Raymond Camus était ingénieur des Arts et Manufactures. Il est sorti de l’Ecole Centrale en
1933. Il est rentré chez Citroën en 1937. En 1942 il rentre dans l’entreprise de travaux publics
Bancel et Choiset, où il reste six années. En même temps il continue ses recherches sur
l’industrialisation du bâtiment. En 1948 il dépose l’ensemble des brevets qui caractérisent ses
procédés de construction. « Raymond Camus & Cie », Le monite ur d es travaux pu blics et du
o
bâtiment (Le livre d'or de l'entreprise française : entrepreneurs et entreprises), n spécial, juin 1957,
p. 25-28.
918
Cogitec à Montesson (Yvelines), près de Paris. Camus-Caroni à Lille (Nord) ; Camus-Nord à
Douai (Nord) ; Camus-Dietsch à Forbach (Moselle) ; Camus-Rhin à Strasbourg (Bas-Rhin) ;
SCREG à Coulommiers (Seine-et-Marne). MADELIN, op.cit., p. 110.
919
BONNOME, op.cit., p. 1403-1404.
920
Y. DELEMONTEY, Le béton assemblé, pré fabriquer la F rance d e l' après-guerre (194 0-1955).
Thèse de doctorat en architecture, Université Paris 8 (Ecole doctorale Ville et
Environnement)/Université de Genève (Institut d'architecture -IAUG), 19 nov. 2009. Dir. J.-L.
COHEN.
921
Prototype CES. (Une expérience d'industrialisation volumétrique) à Gif-Sur-Yvette (Yvelines)
(Essonne). CAMUS R. et Cie, Ingénieur constructeur et Compagnie Française d'Entreprises. «
C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) », Techniques et
architecture, 27ème série, n° 4, déc.-janv. 1966-67, p. 91- 93.
299
L’équipe numéro 67 propose le procédé Camus-Serpec (Procédé C-S),
adapté à la trame de 1,75 m. Tous les éléments relatifs au gros œuvre sont
fabriqués à l’usine puis montés sur le chantier : les murs-façades, refends,
planchers, terrasses, poteaux, poutres et escaliers sont composés d’éléments
préfabriqués : marches, contre-marches et crémaillère. Pour les locaux de
grande portée, tels le gymnase et les amphithéâtres, les poteaux et les poutres
sont aussi préfabriqués, en béton précontraint. Les façades sont constituées de
panneaux « sandwich » : un panneau de 2 x 1,75 = 3,50 m et un autre de 1 x
1,75 = 1,75 m. Les éléments préfabriqués incorporent les revêtements et les
menuiseries d’usine922.
922
A3 : Equipe 67, A. Remondet, A. Malizard, architectes ; SERPEC, entreprise. « Concours
'Conception - construction' du Ministère de l'Education nationale », Techniques et architecture,
ème
23 série, no spécial, janv. 1964, p. 71.
300
L’équipe numéro vingt est composée de l’architecte Emile Aillaud, qui a
déjà utilisé le procédé Serpec-Camus dans deux groupes scolaires Jean–
Jaurès, aux Courtillières (1957-1967) et Pont-de-Pierre, à Pantin, en région
parisienne, lors du concours et dont les façades en panneaux porteurs, revêtus
en usine, incorporent les huisseries métalliques. Ici, signale l’architecte, l’une des
principales motivations du projet est la variété architectonique, obtenue par le jeu
de panneaux à deux largeurs (2 et 3 modules), et de cette manière « [se] rompre
la monotonie de la trame de 1,75 m en façade, tout en conservant les
avantages »923. A l’occasion de la publication du numéro spécial de Techniques
et architect ure consacré au concours conception-construction, ne laisse pas
passer l’opportunité de signaler les avantages de la rapidité constructive :
923
AILLAUD, E. « Concours 'Conception - construction' du Ministère de l'Education nationale (A4,
équipe 20) », Techniques et architecture, 23ème série, no spécial, janv. 1964, p. 75.
924
Ibid., p. 75.
301
Par ailleurs, cet architecte préfabricateur, plus tard collaborera avec
l’entreprise Coignet pour la réalisation d’un CES spécialisé à Villiers-sur Marne et
d’un CET tertiaire à Dugny925 [Figure 54].
925
Voir procédé Coignet.
926
Appellation actuelle Jean-Jaurès, 926 ; CHATELET, BENSALAH, op.cit., fiche no. 49.1.
302
Ce groupe scolaire précède le concours de 1962. Il comprend une école de
garçons et une de filles à quatorze classes, une école maternelle de six classes ;
un gymnase et trois logements pour les directeurs927. Initialement prévu en
construction traditionnelle, et en raison de la concomitance de ce projet avec un
programme d’HLM (423 logements) voisin, exécuté par l’entreprise SERPEC,
spécialisée dans la mise en œuvre des procédés Camus, l’architecte propose de
réaliser ce groupe scolaire avec le même procédé, pour ainsi mutualiser les
ressources d’installation et les équipes de construction des logements,
notamment les deux grues-tours de grande puissance.
927
Ville d e Pa ntin, Constructi on du gr oupe s colaire des Courtilières, devi s descriptif tou s corps
d'états, marché présenté par SERPEC (Société d'étude et de réalisation de procédés économiques
de construction) et M.E. AILLAUD, architecte. Document daté du 28 juill. 1959. Archives de l'Institut
français d'architecture (IFA), AILEM-C-57-4/1185/1. p. 1-2.
928
Groupe scol aire des Co urtilières, constr uction en procédé Ca mus, ra pport de l' architecte, Vill e
de Pa ntin, 2 j uin 1 959. Archives de l'Institut français d'architecture (IFA), AILEM-C-57-4/1183/2.
p.2.
303
1 1
3 4
Figure 62. La plancher, groupe scolaire Jean-Jaurès, procédé Camus
Source : Archives de l'Institut français d'architecture (IFA), AILEM-C-57-4/2002-1
304
La construction de ce groupe scolaire offre un catalogue de préfabrications
utilisées929 : pour les couvertures des préaux et de la salle de jeux de l’école
maternelle, les appuis en forme de Y sont préfabriqués ; la couverture, en
particulier, comporte des voûtes en berceau, cylindriques ou paraboliques en
béton armé et préfabriqués in situ. Par ailleurs, pour le gymnase, bien que de
dimensions très différentes de celles des locaux généraux, des éléments
préfabriqués930 sont utilisés ; il pourrait s’agir de préfabrication sur mesure
[Figure 63].
929
Le procédé Camus est utilisé pour la quasi-totalité des grands éléments et des espaces (salles
de classe, de direction et de professeurs, cages d’escaliers et blocs d’hygiène, préaux et salle de
jeux, et réfectoire). La construction traditionnelle a été uniquement utilisé pour les services
(cuisine, économat, service médical) et pour les logements de directeurs.
930
Ville d e Pa ntin, Constructi on du gr oupe s colaire des Courtilières, devi s descriptif tou s corps
d'états, marché présenté par SERPEC (Société d'étude et de réalisation de procédés économiques
de c onstruction) et M.E. AI LLAUD, arch itecte. Document daté du 28 juill. 1959. Archives de
l'Institut français d'architecture (IFA), AILEM-C-57-4/1185/1.
305
Barets
931
Le système Barets est utilisé en Allemagne, en Belgique, en Italie, en Malaisie, en Suisse.
Probablement a-t-il également été utilisé au Mexique. BONNOME, op.cit., p. 91.
932
« Concours 'Conception - construction' du Ministère de l'Education nationale », Techniques et
ème
architecture, 23 série, no spécial, janv. 1964.
933
« Constructions scolaires 5 », Techniques et architecture, 23ème série, n° 2, fév. 1963, p. 126-
127.
934
La Société Industrielle de Recherche et d’Etudes de la Construction (SIREC), acquis les droits
d’exploitation des procédés Barets devenant la seule en France, a céder des licences ; le bureau
d’études COFEBA, assure les études tous corps d’état ainsi que l’assistance technique et le
groupement GIPROBA, réunis les entreprises licenciées. ASSOCIATION DU CATALOGUE
DOCUMENTAIRE DU BATIMENT, op.cit. ; Regards s ur la construct ion e n F rance. Paris:
Association des anciens combattants du ministère de la construction, 1961-1962, p. 37
935
Plus tard, l’architecte Bodet, dans le cadre de modèles industrialisés, avec l’architecte Royer,
est l’un des rares architectes figurant dans la brochure de l’Education nationale de 1974, mais cette
fois-ci avec le procédé SICRA-grande maille. MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE (éd.),
op.cit.
936
« Procédé Barets », Le Bâtiment Travaux Publics et Parti culiers, no spécial, 1er juin 1957, p.
43-4, 50.
937
BONNOME, op.cit., p. 1419.
306
1
2 3
307
En 1966, un atelier forain est installé, pendant sept mois, pour la
construction du CES Mixte 800 à Ribeauvillé (Haut-Rhin). Max Doignon-Tournier,
qui avait participé au concours conception-construction de 1962 en utilisant le
procédé Tracoba, est l’architecte du projet. L'Entreprise du Littoral Nord, le
constructeur et coordonnateur de l’usine foraine, utilise pour ce chantier une
centrale à béton, des moules de préfabrication montés sur vérins, un étuvage
avec chaudière mobile, un groupe électrogène et des engins de levage938.
Les architectes Daniel Badani et Pierre Roux-Dourt, les auteurs par ailleurs des
cellules tridimensionnelles en acier avec la Société Camus, mettent en œuvre,
pour un IUT à Paris, avenue de Versailles, des panneaux de façades
préfabriqués « barets », sur un terrain difficile et sur une trame de 1,80 m. « Ce
constructeur équipé des usines ambulantes et d'engins de lavage adéquats a pu
réaliser dans un délai assez bref et sur un terrain difficile cette opération
importante »939. C’est le même cas pour la résidence universitaire de jeunes filles
à Orsay (Essonne), où les architectes Vivien et Royer utilisent des éléments de
façade (allèges et murs pleins) préfabriqués. Pensée initialement en
préfabrication intégrale, différents facteurs ont conduit à réaliser la première
tranche en construction traditionnelle « La répétition de 900 chambres devait, en
principe, être favorable à une préfabrication quasi-totale des éléments de
construction, voiles porteurs, gaines, planchers, éléments de façade; le procédé
à appliquer devant être le procédé Barets »940.
938
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) », Techniques
et architecture, 27ème série, n° 4, déc.-janv. 1966-67, p. 114-115
939
« Constructions scolaires et universitaires (Industrialisation) », Techniques et architecture, 31ème
série, n° 1, oct. 1969, p.102-103.
940
« Constructions scolaires », Techniques e t architecture, 26ème série, no 2, nov. déc. 1965, p.
135.
308
Semi-totale et semi lourde
« Balency et Schuhl » est une entreprise qui exploite son propre procédé de
préfabrication totale et fermée, semblable au procédé, par exemple, de Coignet.
L’agrément n° 2480941, délivré par le CSTB pour le gros œuvre en 1966
décompose le bâtiment en éléments préfabriqués verticaux de mur extérieur, de
refend, de cloisons ou de blocs, tous porteurs ; les planchers des bâtiments
collectifs sont coulés dans œuvre. C’est le cas du CES 600 expérimental à
Alfortville (Val-de-Marne), de l’architecte Jean Monge, où les menuiseries et les
revêtements de façade sont prévus dès la préfabrication942.
Source : MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE (éd.), Concours du Syndicat National du Béton Armé et
des Techniques Industrialisées, 35 modèles des CES industrialisés acceptés par le ministère de l'Education
Nationale. Paris: Editions Conseils, 1974. p. N.
941
Il remplace l’agrément n° 1581 et celui-ci le n° 810.
942
« Constructions scolaires et universitaires (Industrialisation) », Techniques et architecture, 31ème
série, n° 1, oct. 1969, p.82-83 ; AN : 78522/22913/41759
309
scolaire », l’entreprise « Balency et Schul », agréée par le CSTB, par décision
n°3487, précise que « les éléments verticaux sont en principe tous porteurs » et
« les planchers sont en dalles pleines ou en caissons préfabriqués suivant leur
portée et leur usage ». Les ouvrages horizontaux, selon l’avis technique n° 1/75-
161 relatif au « gros œuvre Balency », de l’entreprise Balency-Briard sont : « […]
suivant l’importance du chantier et la complexité du bâtiment à réaliser, soit
coulés sur place, soit préfabriqués ». En même temps cette entreprise qui lance
l’idée des volées d’escaliers préfabriquées et des « blocs fonctionnels porteurs »,
notamment pour la construction scolaire, conformant les placards943.
943
BONNOME, op.cit., p. 1408.
310
1
311
Coutant et SNC, des éléments moins lourds
944
Agrément du CSTB, n° 3114, de 1969 « gros œuvre scolaire ».
945
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) », Techniques
ème
et architecture, 27 série, n° 4, déc.-janv. 1966-67, p. 118.
946
AN : 78522/22913/41759
312
1 2
3 4
313
1 2
1 2
314
1 2 3
1 2
315
Costamagna et Fiorio, vers une préfabrication plus légère et partielle
947
Costamagna a aussi un procédé de préfabrication lourde et totale. En 1972, l’avis technique n°
concerne des panneaux de mur extérieur du type sandwich pour des trumeaux et des panneaux
baies.
948
Plus tard, l’avis technique n° 1/76-244 de « Costamagna BSC », portera sur des panneaux des
grandes dimensions qui proposent l’allégement par l’incorporation de briques creuse et des
nervures de béton.
949
«Constructions scolaires, universitaires et socio-culturelles (Tome I) », Construction, 23ème
année, n° 3, mars 1968, p. 95.
950
« Constructions scolaires 4 », Techniques et architecture, 20ème série, no 3, Mars 1960, p. 45 ; «
Constructions scolaires IV », L'Architecture française, 21ème année, no 221-222, janv.-fév. 1961, p.
100-101 ; «Constructions scolaires, universitaires et socio-culturelles (Tome I) », Construction
ème
23 année, n° 3, mars 1968, p. 93.
316
C. Préfabricati on légère
Totale et légère
Fillod
Pour des bâtiments à deux étages et plus, Fillod propose les procédés
« Fillod E 2 », dans le premier cas, et le « Fillod EM » dans le second.
951
Agrément qui annule est remplace le n° 1431 qui à la fois remplace le n° 755.
317
sont mis en œuvre par le ministère de l’Education nationale durant une période
de trois ans : 1965 (1er CET) 1966 (2e CET), 1967 (3e CET), 1968 (internats)952.
952
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) », Techniques
et architecture, 27ème série, n° 4, déc.-janv. 1966-67, p. 94
953
Ibid., p. 94
954
Ibid., p. 96
955
« Constructions scolaires et universitaires (Industrialisation) », Techniques et architecture, 31ème
série, n° 1, oct. 1969, p. 90
318
1
319
GEEP
En 1964, le procédé, tel qu’il est utilisé à Chaville, est modifié : le socle
sur lequel se posait initialement la structure est supprimé, prolongeant ainsi des
poteaux de portiques jusqu’au sol où ils seront boulonnés sur des platines. Les
portiques centraux sont toujours contreventés par des poutres en treillis et par
956
DESMOULINS, C., Joseph Bel mont (Par cours atyp ique d' un architecte). Paris: Editions PC,
2006, p. 100.
957
« Les procédés "métal" (GEEP-Industries) », Construction, 23ème année, no 3, mars 1968, p. 97-
99.
958
POUVOURVILLE, op.cit.
959
Voir 3.2.
320
des poteaux tubulaires de façades, reliés aux portiques par des solives. Le
plancher reste en dallettes préfabriquées en béton armé reposant sur le solivage
métallique, supportant un plancher « flottant » formé d'une chape armée,
grillagée, posée sur un feutre de fibres de verre. La composition matérielle des
murs-rideaux de façades ne change pas : châssis en aluminium, allège en verre
émaillé, glace fixe et ensemble coulissant, mais en évoluant comportera des
volets roulants Le système propose une large flexibilité pour les murs pignons
pouvant être du type Chaville (Jean Prouvé, comme pour les façades) ou bien il
comporte toute sorte de matériaux traditionnels. Les cloisons du type sèche et
les escaliers sont également préfabriqués, ceux-ci en béton et acier.
321
Par rapport à la modulation, le procédé GEEP semble suivre le jeu de la
trame ministérielle. Ainsi, dans les premières publications de la revue Techniques
et archite cture, ce procédé semble permettre la composition sur le module de
1,75 m. Plus tard, dans le numéro spécial sur la construction scolaire de la revue
Construction de 1968, le procédé se base sur un module de 1,80 m, qui est celui
qui prévaudra finalement, surtout pour la préfabrication métallique. C’est aussi le
cas du collège construit en 1966 pour le compte du Syndicat intercommunal de
Maisons-Alfort des architectes Dhuit et Dondel et du CES 1600 « La Rose » à
Marseille de l’architecte Egger960. L’ingénieur Michel Bazin, ancien ingénieur du
GEEP, puis du CSTB, se souvient de cette dernière trame ; contrairement à celle
de 1,75 m, dont il assure « ne jamais en avoir entendu parler »961 quand nous
l’avons questionné sur le sujet.
960
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) », Techniques
ème
et architecture, 27 série, n° 4, déc.-janv. 1966-67, p. 82-87.
961
Entretien avec lui, à Paris, le 7 sept. 2009.
962
Propos d’André Guillerme.
963
« Deux réalisations GEEP-Industries », L'architecture d'aujourd'hui, 40ème année, no 141, déc.-
janv. 1968-69, p. XLI et BEZANçON, X., DEVILLEBICHOT, D., NAGY, G., 2 siècles d' entreprises
générale et de progrès dans la construction. Italy: Timée-Editions, 2006. p. 171.
322
Figure 76. Procédé GEEP
Source : « C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) »,
Techniques et architecture, 27ème série, n° 4, déc.-janv. 1966-67.
323
Semi-totale et légère
CIMT-Jean Prouvé
964
« Concours 'Conception - construction' du Ministère de l'Education nationale », Techniques et
architecture, 23ème série, no spécial, janv. 1964.
324
Le procédé de construction,
mis au point par la CIMT-Lorraine,
porte sur le même principe structural
du procédé GEEP, en y apportant un
effort supplémentaire de flexibilité, et
propose des structures-types en acier
ou en béton : « au gré des besoins ».
L’élément principal de ce procédé
porte sur les murs rideaux, en
aluminium et tôle d’acier, agréés par
le CSTB (décision n° 2497), comme
« Grille Jean Prouvé » de la
Compagnie Industrielle de Matérielle
de Transport (CIMT), en 1966.
Figure 78. CIMT
En ossature métallique sont réalisés, par exemple, les CES 600 à Sedan
(Ardennes) dont le concepteur est l’architecte parisien Barbé et le réalisateur,
l’architecte local Michaux965. Le lycée mixte d’Antony dans les Hauts-de-Seine
présente un exemple d’utilisation d’une ossature en béton armé « dont certains
éléments furent préfabriqués » ; il semble que l’architecte Eugène Beaudoin y
utilise les façades Jean Prouvé966.
965
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) », Techniques
et architecture, 27ème série, n° 4, déc.-janv. 1966-67, p. 98-99
966
« Constructions scolaires VI », L'Architecture française, 24ème année, no 249-250, mai-juin 1963,
p. 40-41.
967
«Constructions scolaires, universitaires et socio-culturelles (Tome I) », Construction, 23ème
année, n° 3, mars 1968, p. 114.
968
AN 78522/22911/41746 BIS
969
AN 78522/22911/41747
325
campagne industrialisée de 1968, notamment le CEG 400 à Attigne, Charleville-
Mezières (Ardennes) et le CES 600 à Arcis-sur-Aube, de l’académie de Troyes
(Aube) avec l’architecte Barbé, cité plus haut ; trois CES 600 à Montluel, Bourg et
Bresse avec l’architecte Cournuejols ; deux CES 600 à Croix et à Lys Lez
Lannoy, dans l’académie de Lille (Nord)970.
970
AN 78522/22913/41757
326
Mixte
Constructions modulaires
327
Des procédés de préfabrication classés comme systèmes mixtes
combinent des éléments préfabriqués métalliques avec des éléments lourds ou
légers en béton armé ; deux d’entre eux se distinguent : Constructions
modulaires et Devillete-Chisssodon.
971
SAINT, A., Towards a social architecture (The role of school building in post-war England). New
Haven and London: Yale University Press, 1987.
972
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) », Techniques
ème
et architecture, 27 série, n° 4, déc.-janv. 1966-67, p. 107.
973
AN : 78522/22911/41750 et 78522/22913/41759.
974
R. CHAPUIS (Rapporteur général), J.-M. SCHLERET (Président), Observations, éval uations,
propositions. (Rap port an nuel 200 1, bil an d e mand ats), exempl. imprimé (Atelier d'imprimerie du
MEN). Paris: Ministère de l'Education nationale, Observatoire national de la sécurité des
établissements scolaires et d'enseignement supérieur, 2001. p. 89.
328
1
2 3
Figure 81. Procédé Constructions Modulaires
Sources : 1) « C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) », Techniques et
ème
architecture, 27 série, n° 4, déc.-janv. 1966-67, p. 107-109 ; 2) 3) « Numéro spécial: Constructions scolaires,
ème
universitaires et socio-culturelles (Tome I) », Construction, 23 année, n° 3, mars 1968, p. 110-113.
329
Conclusion
A la fin des années 1940, les ruines partiellement relevées, l’afflux d’argent
et de matériel américain, le plein emploi, la croissance, tout met en évidence les
besoins de construction de grandes portées et de grandes hauteurs, alors que
l’offre reste artisanale, locale, chère. La « productivité », catégorie économique
venue d’outre-Atlantique, fondatrice de la préfabrication, met en lumière les
variations les plus significatives au prisme de la construction scolaire, témoin
remarqué des concepteurs comme des usagers de ce moment particulier que
sont les Trente Glorieuses.
L’industrialisation du bâtiment
975
H.-L. DUHAMEL DU MONCEAU, C.-R. FOURCROY DE RAMECOURT, J.-G. GALLON, L’art du
tuilier et du briquetier. Paris, 1763.
976
GUILLERME, « Bâtir la ville… », op.cit.
330
temporelle et spatiale du chantier par la globalisation. Pour cela on sépare la
phase de conception de la réalisation au sein du processus préfabricateur.
331
Les résultats, dans cette deuxième période, sont les plans et projets types, à la
base d’une trame controversée, de module de 1,75 m. En revanche, jusqu’au
début des années 1960, à l’exception de quelques projets et réalisations de
Marcel Lods (procédé GEAI), de René Egger (procédé GEEP) ou du bureau
d’études Bernard Lafaille (procédé IETP), la préfabrication n’est guère
représentée.
Ce n’est qu’au début des années 1960 que le principal intérêt vise la phase
de réalisation, exprimée par la continuité technique (opérations identiques) et
continuité d’exécution (opérations sans interruption). Cette condition qui reste
primordiale dans la préfabrication, puisqu’elle permet l’amortissement du
matériel, est mise en place dans les commandes groupées. Les efforts de
conception et de réalisation ainsi que ceux de planification et d’organisation dans
la commande, se concrétisent à travers une politique de modèles (traduction
technique d’un projet type). Le concours conception-construction qui a lieu en
1962 vise la conformation des équipes associant architecte, bureau d’étude et
entreprise autour d’un procédé constructif. C’est le principe du secteur
industrialisé au sein du secteur scolaire, créé en 1964 et qui privilégie d’abord la
préfabrication en acier - préfabrication légère -, puis la laisse en libre
concurrence avec les procédés lourds et fermés – le béton. Cette préfabrication,
industrielle, est mise en œuvre principalement dans des collèges d’éducation
secondaire, principale cible de la politique étatique qui propose la construction
d’un collège par jour (1964-1973).
- Dans la première sous-période (de 1951 à 1962), les auteurs des projets
sont des architectes : Mazet, Croizé, Abraham, Nelson, Bilbert,
Sebillote, Camelot, Blanchot, Egger, Monnet, Cidrac, Ferraz, Seignol,
Battut… ;
332
- Dans la deuxième sous-période (de 1964-1973)., les « acteurs » de la
préfabrication industrielle sont les procédés : Camus, Coignet, Tracoba,
Barets, Balency, Coutant, SNC, Costamagna, Fiorio, Fillod, GEEP,
CIMT, Constructions modulaires…
333
Des chantiers à ouvrir
977
HAMBURGER, VENARD, « Série industrielle… », op.cit.
334
Carnaval ; de lourds camions-toupie qui empruntent des itinéraires spécifiques,
artères dont les rayons de courbure doivent être suffisants et les chaussées
robustes, itinéraires achalandés où les piétons encore un peu indisciplinés et les
badauds mesurent la poussée industrielle, les potentialités de la modernité »978,
comme aime à le souligner la presse quotidienne. L’exception parisienne, la ville
de Paris qui doit « sa richesse et son essor à l’industrialisation »979, pourrait être
la cible des chantiers et des usines de préfabrication.
* * *
978
Propos d’André Guillerme.
979
S. BARLES, A. GUILLERME, « Bâtir la ville », Paris projet, n° 34-35, oct. 2003, p. 201.
980
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981
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http://www.raphaelegoulet.com/
335
Echec ou réussite, il faudrait garder trace de cet héritage et, selon les
valeurs définies par Françoise Choay (unicité, exemplarité, historicité), classer
les pièces rares et originales – i.e. le collège de Rambas dans la Moselle
(procédé Tracoba), le groupe scolaire Jean-Jaurès (procédé Camus), l’IUT,
avenue de Versailles à Paris (procédé Barets), la Cité scolaire de Cambrai
(Fillod), le collège du Syndicat intercommunal de Maisons-Alfort (procédé
GEEP)…-, tant qu’elles subsistent, beaucoup d’entre elles étant condamnées par
de nouvelles exigences tant pédagogiques qu’environnementales. Nous
espérons que la présente recherche contribuera à cette définition : quelques
projets et réalisations présentés sont, sans doute, des témoins à conserver pour
l’histoire de la préfabrication et de la construction scolaire.
336
Annexes
II
Bibliographie
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[1ère éd. 1962].Paris: Editions du Moniteur, 1980. 501 p.
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XLI
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XLIII
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L’Esprit Nouveau
Industrialisation forum
Les Echos
Techniques et architecture :
XLIV
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c. Archives
XLVI
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utilisant ce procédé » par la Société Civile dite : Institut d’études
techniques et professionnelles. IFA, LAFBE/Q/49/1-109.
Ville de Pantin, Construction du groupe scolaire des Courtili ères, devis descriptif
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XLVII
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(22, ure Mr Le Prince, Paris 6°) en ce qui concerne les constructions
scolaires. Archives de l'Institut français d'architecture (IFA), LAFBE/Q/49-
103, p.
LAFAILLE, B., Les constructions scolaires. Ecole Type i.E.T.P. (Breveté SGDG)
Modèle agréé, Co mmission Intérm inistérielle, loi du 12 se ptembre 1948.
Bureau de coordination d'entreprises, Institut d'Etudes Techniques et
Professionnelles, 20 ru e Saint Didier, Paris. Archives de l'Institut français
d'architecture (IFA), LAFBE/Q/49/1-109, N. p.
LAFAILLE, B., Ecole type, décomposition des travaux, projet no. 2. n.d . Archives
de l'Institut français d'architecture (IFA), LAFBE/Q/49-103, p.
LODS, M., Fiche te chnique pr écise sur nos projets, acco mpagnée
éventuellement de docu ments & photographies. Archives de l'Institut
français d'architecture (IFA), s.d., LODS-D-44 Dossier 323 AA 53, 4 p.
LODS, M., Historique abrégé des é vénements majeurs ayant influé sur la vie du
GEAI entre 1960 et 1 969. Archives de l'Institut français d'architecture
(IFA), LODS-D-44 Dossier 323 AA 53, 47 p.
XLVIII
MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE, Lettre du Ministre de l'Education
nationale à messieurs Lafaille et Camelot, Institut d'Etudes techniques et
professionnelles. Objet: Ecoles prototypes IETP à Marolles, Hermival les
Vaux, Mesnil sur Blancy, Mesnil-Germain, Saint Cyr dy Ronce-Ray,
Mesnil-Durand et Mesnil-Guillaume, Paris le 2 août 1954. Archives de
l'Institut français d'architecture (IFA), LAFBE/Q/49-103, p.
XLIX
Le régime des constructions scolaires (Rapport Rudeau). Archives nationales de
France, Centre des archives contemporaines (Fontainebleau), s.d.,
780522/F17-BIS 22900/41684, p.
L
COMMISSARIAT GENERAL AU PLAN, COMMISSION DE L'EQUIPEMENT
SCOLAIRE UNIVERSITAIRE, SCIENTIFIQUE ET ARTISTIQUE,
GROUPE DE TRAVAIL No.5, Titre 3: Mesures concerna nt les
entreprises.(Présentation du rappor t final). [Do cument non daté et no n
signé, il s'agit du rappo rt des grou pes de travail No. 5 : "Procédures et
techniques de construction", pour le 3e Plan d'équipement scolaire (1962-
1965)]. Archives nationales de France, Centre des archives
contemporaines, Fontainebleau, 780522/F17-BIS 22917/41766, N. p.
LE-MEUR, G., Projet d e protocole réglant l'intervention dans les con structions
scolaires, universita ires et sportives, dépe ndant du m inistère d e
l'Education nationale (Direction de l'Equipement Scolaire, U niversitaire et
Sportif) des services des Ponts et Chaussées et de s Délégatio ns
départementales du Ministère de la Construction. Courrier signé G. LE
MUR, chef du service technique de la DESUS, adressé à Monsieur
BAUDET, ingénieur en chef des Ponts et Chau ssées de Saône et Loir e.
Daté, le 27 fév. 1959. Archives nationales de France, Centre des archives
contemporaines (Fontainebleau), 780522/F17-BIS 22923/41781, 6 p.
LI
LE-MEUR, G., Copie transm ise à Monsieur SEGAUD (So us-directeur), Service
des Etudes Générales et Technique s, du 9 mars 1965. Note à l'attention
de Monsieur le Directeur de l'Equipement. Objet: Essai de définition d'une
politique d ans la construction scolaire du pre mier de gré. Archives
nationales de France, Centre des archives contemporaines, 9 mars 1965,
Fontainebleau, 780522/F17-BIS 22847/41588, p.
MONNET, B., Texte initial du rapport sur les commandes groupées que Bertrand
Monnet envoie à M. Donzelot (Dire cteur de la DESUS), Strasbourg, le 3
juillet 1957. Rapport pré senté par René Egger au Co mmissariat au Plan
[Deuxième plan de l'Eq uipement scolaire], Paris, le 6 juin 1957. Archives
nationales de France, Centre des archives contemporaines
(Fontainebleau), 780522/F17-BIS 22900/41684, 25 p.
LII
contemporaines (Fontainebleau), Fontainebleau, 78522/F17BIS-
22911/41747, 1 p.
d. Rapports
LIII
COMMISSARIAT GENERALE DU PLAN D'EQUIPEMENT ET DE LA
PRODUCTIVITE, N. 251 p.
LIV
TRAVAUX PUBLICS ET DE LA CONJONCTURE,, Participation à
l'élaboration de la règle du jeu de l'industrialisation ou verte.: Alpha-
Ingénierie, fév. 1977. Marché no. 76-61096 du 2 juin 1976), 361 p.,
exempl. dactyl.
LV
NATIONS UNIES, Conseil économique et social, Commission économique pour
l'Europe, La politique du logement dans les pays d'Europe et les progrès
réalisés dans ce domaine en 1953, Etude établie par la division de
l'industrie de la Commission économique pour l'Europe. Genève: Nations
Unies, 17 août 1954. E/ECE/189, n. p.
PROVISOR, H., L'industrialisation dans le bât iment (Elé ments pour un bila n
critique). Paris: Ministère de l'équipement, Direction du bâtiment et des
travaux publics et de la conjoncture (DBTPC), Université de Sciences
Sociales de Grenoble, Institut de recherche économique et de
planification (CERER), déc. 1974. 93 p.
LVI
Liste des illustrations
LVII
Figure 32. Panneaux sandwichs avec raidisseurs Jean Prouvé 256
Figure 33. Prototype Lods 257
Figure 34. Façades préfabriqués à Saint-Etienne du Rouvray 258
Figure 35. Panneaux de façades du lycée de Sotteville-les-Rouen 258
Figure 36. Prototype Nelson 259
Figure 37. Bureau d’études IETP 260
Figure 38. Prototype circulaire IETP 263
Figure 39. Décomposition par postes de travail 265
Figure 40. Brochure écoles prototypes circulaires 266
Figure 41. Procédé iETP circulaire 267
Figure 42. Mise en œuvre du procédé Lafaille 269
Figure 43. Eléments préfabriqués utilisés à Limoges 271
Figure 44. Bloc-fenêtre porteur préfabriqué 272
Figure 45. Commandes groupées en préfabrication semi-lourde 272
Figure 46. Commandes groupées à Marseille 273
Figure 47. Ecoles industrialisés à étages 276
Figure 48. Murs rideaux 277
Figure 49. Ecole industrialisée à étages 278
Figure 50. Façades des planches d’éléments types 281
Figure 51. Procédé doublement mixte 281
Figure 52. Façade préfabriquée, Battut et Warnesson 282
Figure 53. Brochure de procédés 1965-1975 287
Figure 54. Collège d'enseignement secondaire spécialisé, Villiers-sur-Marne,
construction entreprise Edmond Coignet 293
Figure 55. Procédé Coignet : 1 Murs, 2 Refends et cloisons, 3 Plancher 294
Figure 56. Procédé Tracoba 295
Figure 57. Procédé Tracoba 298
Figure 58. Groupe scolaire Jean-Jaurès 300
Figure 59. Groupe scolaire Jean-Jaurès 301
Figure 60. Groupe scolaire Jean-Jaurès 302
Figure 61. Groupe scolaire Jean-Jaurès 303
Figure 62. La plancher, groupe scolaire Jean-Jaurès, procédé Camus 304
Figure 63. Le gymnase, groupe scolaire Jean-Jaurès 305
Figure 64. Procédé Barets (1, Système de construction, 2 Planchers, 3 caissons,
4 Panneaux de façade) 307
LVIII
Figure 65. Architecte Jean Monge, école non identifiée 310
Figure 66. Procédé Balency (1, Murs façades, 2, Planchers, 3, Escalier) 311
Figure 67. Procédé Coutant 312
Figure 68. Procédé Coutant : Murs 313
Figure 69. Procédé Coutant : Acrotère 314
Figure 70. Procédé Coutant : Plancher 314
Figure 71. Procédé SNC : 1, Murs, 2 Allège et 3 cloison 315
Figure 72. Procédé SNC : 1, 2 Plancher 315
Figure 73. Procédé Fillod : 1, murs et façades 318
Figure 74. Procédé Fillod : 1, Ossature, 2, 3 Procédé « EM » 319
Figure 75. CES 600, Maisons-Alfort 321
Figure 76. Procédé GEEP 323
Figure 77. Concours conception-construction, CIMT 324
Figure 78. CIMT 325
Figure 79. CES 600 à Sedan 326
Figure 80. Constructions Modulaires 327
Figure 81. Procédé Constructions Modulaires 329
LIX
Liste des tableaux
LX
Les paramètres de l’industrialisation du bâtiment
LXI
grands panneaux de béton, alors qu’en réalité Typification
l’industrialisation est un concept opérationnel qui Mécanisation
englobe le volume et la continuité de la production, Préfabrication
de la réduction de la variété, la mécanisation et la
préfabrication. La construction à base d’éléments
n’est qu’un aspect de l’industrialisation ».
MADELIN, L’industrialisation du bâtiment s’applique à la Technique de
19697 technique de construction proprement dite. construction et
L’industrialisation dans le bâtiment englobe les méthodes de
méthodes de l’industrialisation, s’est à dire la production
totalité du processus industriel : l’étude,
l’organisation et la conduite du chantier.
MOVSHIN, « L’industrialisation est définie comme ‘une Mécanisation
19708 méthode productive, établie sur des processus Organisation
mécanisés et/ou organisés, de caractère répétitif’. Répétition
La notion de répétition, impliquant la continuité, est Continuité
la différence principale entre l’industrialisation et la
construction traditionnelle ». [Le souligné par
l’auteur]
PROVISOR, Dans le bâtiment l’Industrialisation s’emploie avec Mécanisation
19729 différents sens : Organisation
i) « (…) il désigne la façon de réaliser scientifique du
physiquement composants et ouvrages ». (optique travail.
de la production matérielle stricto sensu). Dans
cette optique « on fait appel à une mécanisation
découlant d’une organisation scientifique (ou
rationnelle) du travail ; il n’importe à leurs yeux le
lieu de production : chantier, atelier ou usine ».
ii) « (…) il s’étend à la gestion et va même jusqu’à
englober la totalité du processus au terme duquel
un client prend possession d’un immeuble fini ».
BLACHERE, « (…) depuis que j’ai écrit cette belle formule Mécanisation
197210 [industrialisation = mécanisation + rationalisation],
j’ai tendance à mettre davantage l’accent sur
mécanisation. Je pense qu’on ne peut pas parler
d'industrialisation à propos d'une technologie qui ne
serait pas mécanique ».
BLACHERE, « Là comme ailleurs l'industrialisation c'est Mécanisation.
197511 l'utilisation de technologies qui remplacent l'habilité Et « peut-
de l'artisan par l'usage de la machine ». être » :
Mais surtout il signale « ce qu’elle n’est pas » par Préfabrication
rapport à : Série
Concernant la préfabrication : "[...] il a souvent été Rationalisation
MADELIN, P., Industrialisation dans le bâtiment. Paris: Editions G.M. Perrin, 1969.
7
8
J. MOVSHIN, « Divulgation de l'industrialisation, deux conférences et un symposium
(Industrialisation de l'industrie de la construction: cours donné à Washington University, St Louis) »,
Industrialisation forum, vol. 1, no 2, Janv. 1970, p. 44.
H. PROVISOR, (sous la dir.), F. HAKIM, E. HENRY, Pôles et perspectives de l'industrialisation du
9
LXII
dit que l'industrialisation est synonyme de travail à
l'usine et que le travail au chantier ne peut pas être
industriel. [...] Ce n'est pas l'endroit où l'on fabrique
qui fait la différence, c'est la technologie qu'on
utilise".
Par rapport à la série : « [...] La série est souvent
une condition nécessaire à l'emploi d'une
technologie industrialisée, afin notamment de
permettre d'amortir la machine, mais ce n'est pas la
condition suffisante".
En regard de la rationalisation : " […] En fait il est
inévitable que des personnes ou organisations
différentes participent à la conception et à la
réalisation d'un projet ou d'un objet [...] Dans le
bâtiment industrialisé comme dans la plupart des
industries, la conception restera partagée entre
plusieurs concepteurs et distincte de l'exécution »
C'est qu'il faut assurer donc « c'est l'engrainage de
gens entre eux ». Mais, "Que l'on utilise des
méthodes industrialisées ou pas, la nécessité est la
même […]"
Relatif à assumer qu’il faut produire des objets
différents. « […] lorsqu'on industrialise, on change
par définition la méthode de
production. […] L'industrialisation ne réside pas
dans la conception d'ensemble du produit, dans la
façon dont l'objet répond au programme […] ».
Cependant il ajoute : « Certes, la nouvelle méthode
d'élaboration a une réaction appréciable sur la
conception et peu à peu l'objet change, parce que
la manière de le réaliser change, mas c'est un
deuxième temps »
En relation à l’utilisation que des matériaux
nouveaux : « Un matériaux vieux comme l'histoire
peut être employé d'une façon nouvelle et
industrielle avec des machines [...] ».
CHOUINARD, « C'est le processus qui met en œuvre, en série, Série
197612 des procédés mécanises dans les méthodes de Mécanisation
production de l'industrie du bâtiment ».
CHEMILLIER, « Transfert du travail vers le capital fixe ». Mécanisation
197713
ACHE, L’industrialisation impose « une transformation des Changement
197914 méthodes de conception et de réalisation qui ne des méthodes
tient pas seulement aux problèmes matériels de la de conception
fabrication, du transport et de la mise en œuvre des et de
éléments préfabriqués, mais qui a englobé la façon réalisation
de conduire les études préalables et les calculs Normalisation
d’exécution, de dresser le programme des
12
L. CHOUINARD, Contribution à l' analyse économique de l' industrialisation d u bâti ment. Thèse
de 3ème cycle, Sciences économiques et d'économie appliqué à la gestion, Rennes 1, 1976, p.
51. Dir. Y., MORVAN.
13
P. CHEMILLIER, Les techniques du bâtiment el leur avenir. (Nouvelles données du marché,
évolution de l'industrialisation). Paris: Le MONITEUR, 1977. 428 p.
14
ACHE, J.-B., « Les techniques de construction des bâtiments », p. 247, in DAUMAS M. (dir.),
Histoire générale d es tech niques. Tome V: Les techniques de la civilisation industrielle. Paris:
Presses Universitaires de France, 1979.
LXIII
opérations, d’instituer une normalisation à la
fabrication et à l’assemblage des produits »
LXIV
duplicating the traditional construction processes,
the fifth degree, reproduction, seeks innovative
processes capable of shortcutting the repetitive
linear operations of craftsmanship nature”.
LXV
Ces auteurs font référence aux définitions d’autres auteurs.
« L’addition de la mécanisation et de la
rationalisation, avec comme corollaire la répétition
et la continuité ».
De CHAUMELY, 1969, in "L'industrialisation au Méthode
niveau des méthodes », La construction moderne,
sept-oct. 1969. pag. 34. [La cite ne correspond pas
à la source indiquée]
« L’industrialisation du bâtiment est plus affaire de
méthode et d'état d'esprit que de techniques »
BOUTTE, De H. PROVISOR (1978) dans une note Mécanisation
199222 d’information de la Direction du Bâtiment, des Organisation
Travaux Publics et de la Conjoncture (DBTPC) :
J.A. FERNANDEZ, Prefabricación. (T eoría y practic a, Tomo I). Barcelona: Editores técnicos
20
F. BOUTTE, Matériaux p our une réflex ion critique su r l' industrialisation de la construction des
22
logements. Projet de fin d'études, Génie civil et bâtiment, Ecole Nationale des Ponts et
Chaussées, nov. 1992, p. 12. Dir. C. QUEFFELEC.
LXVI
l’auteur]
SARJA, De J.LUGEZ, in European Communities Série
199823 Commission. Stuttgart, February 21-23, 1990. Diversification
par l’
“ Industrialising can be involving either: automatisation
-Series production: Productivity results from the
repetition of identical operations for the
manufacture of products which are themselves
identical
-Recourse to automation: Products are diversified
within a certain range, without any loss of
productivity. For this purpose, the production tool is
adapted to the order it receives for each of the
products to be manufactured”.
De A.-S. COMMANDANTE, Philippines, Mécanisation
Industrialized housing systems, p. 155-156, in Organisation
Industrialized building systems in Asia. Low-Cost Production de
Building Materials Technologies and Construction masse
Systems Monograph, Series Number 3 June 1988.
Regional Network in Asia for Low-Cost building
Materials technologies and Construction Systems
(DP/RAS/82/012), Manila, 1988.
LXVII
Annexe
Procédés constructifs
LXVIII
Procédé
AWB
1) CES 900 à Oyonnay, Bourg et Bresse (Ain, 01), susceptible pour le programme
industrialisé de 1968.
2) BALENCY-BEARN G.; GUILLOT J., (architectes). CES Mixte 600 à Echirolles,
Grenoble (Isère). Panneaux exécutés en usine et plancher en dalles
préfabriquées. Ces composants sont associés sur chantier à une ossature
métallique. Système de façade: mur-rideau « suivant les prescriptions
techniques de la Direction des Constructions Scolaires » Ce sont les
encadrements en acier inoxydable des panneaux, qui constituent l'ossature du
mur-rideau. Les panneaux sandwiches, et les cloisons intérieurs sont agréés
par le CSTB1. PELISIER (architecte d'opération).
LXIX
c. POIRIER R.
d. Autres écoles
« Constructions scolaires III », L'Architecture française, 19ème année, no 203-204, août 1959, p. 96
3
4
AN : 78522/22911/41751
LXX
Procédé
Balency-Schuhl
a. Jean MONGE
D’ailleurs, cet architecte a travaillé aussi avec les procédés « Coutant » et « Silibel ». Il
est aussi auteur de :
b. Autres écoles
LXXI
Pour l’agrément du CSTB, l’entreprise Balency-Schuhl illustre le procédé avec le CES
à Alfortville, déjà mentionné, et :
LXXII
Procédé
Barets-[COFEBA]
LXXIII
b. BOUET
c. G. BOVET et DELAHALLE
Les architectes de conception G. Bovet et J. Royer, sont des rares architectes qui
figurent dans la brochure de 35 modèles industrialisés, présentant un établissement
scolaire de la commune de Chevilly-Laure avec le procédé SICRA - grande maille (Sté
industrielle de constructions rapides)15.
d. J. de BRAUER
mars 1968.
« Constructions scolaires 5 », Techniques et architecture, 23ème série, no 2, fév. 1963.
13
14
« Concours 'Conception - construction' du Ministère de l'Education nationale », Techniques et
architecture, 23ème série, no spécial, janv. 1964, p. 89.
15
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE (éd.), Concours du Syndicat National du Béton Armé et
des Techniques Industrialisées, 35 modèles des CES industrialisés acceptés par le ministère de
l'Education Nationale. Paris: Editions Conseils, 1974. N. p.
« Concours 'Conception - construction' du Ministère de l'Education nationale », Techniques et
16
LXXIV
e. M ax DOIGNON-TOURNIER
f. DOTTEL ONDE
- CEG 400, Guillestre, Cap, Hautes Alpes [ ? vérifier commune] avec le procédé
Fiorio20.
g. Didier LEFEVRE
LXXV
6) CES 600 Le Coteau, Sain-Etienne, La Loire. Entreprise : Compagnie Française
d'Engineering-Barets.
h. M EZONNAT
ACHE, J.B., Acier et Architecture. Paris: Arts et Métiers graphiques, 1966, p. [118].
22
« Constructions scolaires V », L'Architecture française, 22ème année, no 231-232, nov.-déc. 1961, p. 72-
24
73
25
AN : 78522/22913/41757.
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) », Techniques et
26
mars 1968.
LXXVI
i. SIRVIN
28
78522/22913/41759 NON PH.
« Constructions scolaires 4 », Techniques et architecture, 20ème série, no 3, Mars 1960, p. 148.
29
« Constructions scolaires V », L'Architecture française, 22ème année, no 231-232, nov.-déc. 1961, p. 94-
30
« Constructions scolaires V », L'Architecture française, 22ème année, no 231-232, nov.-déc. 1961, p. 82-
32
88.
LXXVII
- Lycée mixte à Orsay (Essonne). Nom du procédé non spécifié : murs rideaux:
panneaux d'aluminium Studal posés sur une grille fixée à l'ossature en béton
armé au droit de chaque plancher. Ces éléments constituent un quadrillage de
1,75 X 3,25 m33.
« Constructions scolaires III », L'Architecture française, 19ème année, no 203-204, août 1959, p. 42-43
33
34
Le système Barets est utilisé à l’étranger : en Allemagne, en Belgique, en Italie, en Malaisie, en Suisse.
Probablement il a été utilisé aussi au Mexique. BONNOME, C., LEONARD, L., L'industrialisation du
bâtiment. Paris: Librairie Aristide Quillet, 1959. 1387-521 p.
35
AN : 78522/22913/41757
«Constructions scolaires, universitaires et socio-culturelles (Tome I) », Construction 23ème année, no 3,
36
mars 1968.
LXXVIII
Procédé
BARRIERE HELLEGOUARCH
b. Autres écoles
37
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) »,
Techniques et architecture, 27ème série, no 4, déc.-janv. 1966-67, p. 112-113.
38
AN :78522/22913/41757
39
AN : 78522/22911/41749.
LXXIX
Procédé
Bender
a. AUFRET H.
- CES à
1) CES 800 à Laon (Aisne). COLLE A.-F. (arch. Assistant). SFP (Sté Française de
préfabrication, Sté Générale d'Entreprises). BENDER [ Par relation sté]. Gros-
œuvre: structure métallique. Planchers: tôles. « Procédé de préfabrication
métallique totalement usiné, apporte une solution rationnelle »42.
d. Autres écoles
1) Collège 600 à Canteleu. Procédé [Bender] par relation avec société ; Bender,
Procédé mixte (préfabrication non spécifiée) [2]. CHAPUIS R. (Rapporteur
40
« Concours 'Conception - construction' du Ministère de l'Education nationale », Techniques et
architecture, 23ème série, no spécial, janv. 1964.
41
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) »,
Techniques et architecture, 27ème série, no 4, déc.-janv. 1966-67, p. 76
42
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) »,
Techniques et architecture, 27ème série, no 4, déc.-janv. 1966-67, p.78-81
LXXX
généra), 2001 #45} p. 89. 1974 (01.01.74). Destruction total incendie. Liste des
entreprises et groupements ayant travaillé pour le MEN de 1965-197443
43
POUVOURVILLE, op.cit., annexe 3
LXXXI
Procédé
BHTE
Dans la liste des entreprises et groupements ayant travaillé pour le MEN de 1965-
1974, en Procédé béton44.
Procédé figurant dans les « 35 modèles de CES industrialisés » au Havre avec cet
architecte45.
44
POUVOURVILLE, op.cit., annexe 3
45
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE (éd.), op.cit. p. N.
LXXXII
Procédé
Camus
Procédé dans la liste des entreprises et groupements ayant travaillé pour le MEN de
1965-197446
Architecte DPLG en 1928; architecte conseil du MEN pour les constructions scolaires
et sportives.
LXXXIII
1967 (décompte définitif)51. Commentaire de l'IFA (internet): ce groupe scolaire
peut être considéré comme le prototype du projet présenté au concours
conception-construction de 1963 (AILEM/H/63/02).
4) Lycée technique de jeunes filles à Tourcoing (Nord). OCIB, Bureau d'études ;
Caroni (Entreprise) ; CAMUS, Raymond et Compagnie. 1965-1972. Perforation
de façades régulière avec parties pleines.
c. REMONDET, A. et MALIZARD, A.
e. Autres écoles
LXXXIV
Procédé
CIMT-JeanProuvé
Pour tous les établissements scolaires trouvés , le procédé n’est pas explicité, sauf
indication contraire : i.e. GEEP et Lift Slab.
a. G. Barbé.
55
« Concours 'Conception - construction' du Ministère de l'Education nationale », Techniques et
architecture, 23ème série, no spécial, janv. 1964.
56
« Concours 'Conception - construction' du Ministère de l'Education nationale », Techniques et
architecture, 23ème série, no spécial, janv. 1964.
57
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) »,
Techniques et architecture, 27ème série, no 4, déc.-janv. 1966-67, p. 98-99
58
AN : 78522/22913/41757
LXXXV
3) CES 600 à Arcis-sur-Aube, Troyes (Aube) ; réalise par l’entreprise CIMT-
Lorraine, et le procédé n’est pas spécifié. [Programme industrialisé 1968]59. Par
la commune d’implantation, il est possible qu’il soit aussi l’architecte de
Chartreux, dans le programme industrialisé de 1967.
b. Eugène Beaudoin
e. Christofle
f. Cournuejols
59
AN : 78522/22913/41757
60
« Constructions scolaires VI », L'Architecture fran çaise, 24ème année, no 249-250, mai-juin
1963, p. 40-41.
61
« Concours 'Conception - construction' du Ministère de l'Education nationale », Techniques et
architecture, 23ème série, no spécial, janv. 1964.
62
AN 78522/22911/41746 BIS
63
AN : 78522/22911/41747
LXXXVI
7) Montluel,
8) Bourg et
9) Bresse (Ain).
Dans le même département CIMT construit un CES 900 CES 900 à Lagnieu, où
l’architecte n’est pas spécifié65.
g. Godard
10) Deux CES 600 à Croix et à Lys Lez Lannoy, Lille (Nord). Entreprise CIMT.
Susceptibles pour le programme industrialisé de 196866.
h. Melicourt
i. Montanary
j. Henri Prouvé
k. Autres écoles
14) CES 900 à Lagnieu (Ain), entreprise CIMT, architecte n’est pas spécifié.
Programme industrialisé 196771. [voir architecte Cournueljos.]
64
AN : 78522/22913/41757
65
78522/22911/41749
66
AN :78522/22913/41757
67
AN :78522/22911/41749.
68
AN : 78522/22913/41751.
69
PROUVE, Une architecture par l'industrie. Zurich: Artémis, 1971, p. 136
70
« Constructions scolaires », L'architecture d'aujourd'hui, 21ème année, no 34, fév.-mars 1951,
p.34.
LXXXVII
15) Résidence universitaire 308 chambres à Strasbourg-Robertsau (Bas-Rhin).
Entreprise CIMT. Programme industrialisé 196772.
16) CEG 400 : « Nenrichemont », à Bourges (Cher). Entreprise CIMT. Programme
196773.
17) Lycée à Bagnols-sur-Cèze (Gard)74.
18) Résidence universitaire de l’Aurence à Limoges (Haute-Vienne). Entreprise
CIMT. Programme 196775.
19) Lycée de jeunes filles, « La Source » à Orléans (Loiret)76, entreprise CIMT,
procédé Lift Slab : Préfabrication au sol77
20) CES Saint Foy, Lyon (Rhône). CIMT. Entreprise CIMT, Programme industrialisé
196778.
21) Résidence universitaire HLM 300 chambres, St-Ettienne, (Loire). Entreprise,
CIMT. Programme industrialisé 1967. 78522/22911/41746 BIS.
22) CES à Montrevault (Maine-et-Loire). Entreprise CIMT, Programme industrialisé
196779.
23) CES, à Sanvignes-les-Mines, Mâcon (Saône et Loire). Entreprise CIMT.
Programme 196780.
24) Résidence universitaire HLM 600 à Le Fresche-Blanc Nantes (Loire-Atlantique).
Programme industrialisé 196781.
71
AN : 78522/22911/41749.
72
AN : 78522/22911/41748 et 78522/22911/41746 BIS
73
78522/22911/41751.
74
PROUVE, op.cit. p. 126.
75
AN 78522/22911/41748.
76
PROUVE, op.cit. p. 45
77
Techniques et Architecture, 27ème série, no 5, fév. 1967.
78
78522/22911/41750
79
78522/22911/41752.
80
78522/22911/41750
81
78522/22911/41746 BIS
82
78522/22911/41749
LXXXVIII
Procédé
Constructions Modulaires
a. POIRIER
b. Autres écoles
83
POUVOURVILLE, op.cit., annexe 3
84
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) »,
Techniques et architecture, 27ème série, no 4, déc.-janv. 1966-67, p. 107.
85
78522/22911/41750 et 78522/22913/4175.
86
78522/22911/41751.
LXXXIX
2) CES 900 à Paris, avenue Vicent d'Indy, 12ème Mandataire commun : Sociétété
de CONSTRUCTIONS MODULAIRES/SEMIP. Dans le programme industrialisé
de 196787.
3) CES 600 à Ham, Amiens (Somme). Construction : Société de
CONSTRUCTIONS MODULAIRES/SEMIP et Sté d'Exploitation de Matériel
Industriel et de TP. Dans le programme industrialisé de 196788.
4) Collège 900. Paris (Pailleron). CONSTRUCTIONS MODULAIRES, Procédé
mixte89.
87
78522/22911/41751.
88
78522/22911/41749.
89
R. CHAPUIS R. (Rapporteur général), J.-M. SCHLERET (Président), Observations,
évaluations, prop ositions. (Rapport ann uel 2001, bil an de m andats), exempl. imprimé (Atelier
d'imprimerie du MEN). Paris: Ministère de l'Education nationale, Observatoire national de la
Sécurité des établissements scolaires et d'enseignement supérieur, 2001, p. 89.
XC
Procédé
Coignet
a. BARGE Jacques
d. Autres écoles
90
POUVOURVILLE, op.cit., annexe 3.
« Enseignement - formation X », L'Architecture française, no 351-352, 1971, p. 77
91
architecture, 23
ème
série, no spécial, janv. 1964.
93
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE (éd.), op.cit. p. N.
94
78522/22911/41750
XCI
Procédé
Costmagna
a. BLAN C A.V.
Cet architecte est parmi ceux présentés dans la plaquette de 35 modèles industrialisés
(1974) : VITAL-BLANC, A. et GAERTNER, R; ZONCA, R. Cagnes-Sur-Mer, CERC
(Centre d'études et de recherche COSTAMAGNA). Groupement COSTAMAGNA96
b. CLAUZIER, R.
c. CLEMENT
4) CES 600 à Annapes, Lille (Nord). Procédé non explicité. 1968 (susceptible pour
le prog 68). 100.
5) CEG 400 Ecuthe à Besançon (Doubs). 1968 (susceptible pour le prog 68)101
95
BEZANçON, DEVILLEBICHOT, NAGY, op.cit.
96
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE (éd.), op.cit. p. N.
97
AN : 78522/22913/41757
98
«Constructions scolaires, universitaires et socio-culturelles (Tome I) », Construction 23ème
année, no 3, mars 1968.
« Enseignement - formation X », L'Architecture française, no 351-352, 1971, p. 55
99
100
AN : 78522/22913/41757
101
AN : 78522/22913/41757
XCII
e. HENRI-L ABOURDETTE
Trois IUT, avec bureau d’études OTH, Ensemble: préfabrication lourde sous forme
d'éléments de grandes dimension s constitua nt façades et planchers . Planchers:
caissons préfabriqués. Structure des halls industriels préfabriqués. Poteaux à trame
carré de 7,20 X 7,20. Concours du MEN pour la construction d’Instituts Universitaires
de Technologie industrialisés103 ; à :
7) Grenoble (Isère),
8) Valencienes et
9) Nancy (Meurthe-et-Moselle)
f. ZONC A et CAERTNER
10) CES 600 à Réhon, Nancy (Meurthe et Moselle). 1968 (susceptible pour le prog
68) 104
102
AN : 78522/22913/41759
103
« Constructions scolaires et universitaires (Industrialisation) », Techniques e t architecture,
31ème série, no 1, oct. 1969, p. 105-107.
104
78522/22913/41757
XCIII
Procédé
Coutant
Dans la liste des entreprises et groupements ayant travaillé pour le MEN de 1965-
1974105,
a. R. de CIDRAC
b. J. MONGE
c. Autres écoles
XCIV
4) CES à Le Pouliguen et à Clisson, Nantes (Loire-Atlantique). Programme
industrialisé de 1966110.
5) Villaines-la-Juhel
6) Craon
7) Laval-Hilaire
110
78522/22911/41752 et 78522/22911/41750 ph 6
111
78522/22911/41750 ; 78522/22911/41751
XCV
Procédé
Duc et Méric
Procédé béton dans la liste des entreprises et groupements ayant travaillé pour le
MEN de 1965-1974112
a. G. et P. GENARD
b. Marcel BRUN
2) Cité scolaire. CES 600 - CET 432 à Decize (Nièvre) ; « système imposé » DUC
et MERIC (béton). Poutres de planchers sont des éléments préindustrialisés.
Trame 1,75. Réalisation de 11 000 m2 de surfaces en six moins114.
c. Autres écoles
112
POUVOURVILLE, op.cit., annexe 3.
113
« Concours 'Conception - construction' du Ministère de l'Education nationale », Techniques
et architecture, 23ème série, no spécial, janv. 1964.
114
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) »,
Techniques et architecture, 27ème série, no 4, déc.-janv. 1966-67, 116-117
115
78522/22911/41749.
XCVI
Procédé
Devillette-Chissadon
a. Autres écoles
116
Construction revue 68 p. 154-156
XCVII
Procédé
DUMEZ
a. Jean Balladur
b. Chatelin A.
c. Chauveau P.A.
Cet architecte a travaillé aussi avec les procédés Fillod et CIMT-Jean Prouvé.
d. Dondel J. C.
e. Robert Genermont
117
« Constructions scolaires et universitaires (Industrialisation) », Techniques e t architecture,
31ème série, no 1, oct. 1969, p. 76-77.
XCVIII
Pour le lycée technique Gustave Flaubert et CES annexe à Rouen l’architecte n’ayant
pas travaillé avec le procédé DUMEZ, utilise des allèges préfabriquées pour une
structure en béton armé.
f. Raoul Leroy
g. Noel
11) CES 600 -Prototype- à Chennevieres s/Marne, Versailles 78, Seine et Oise,
DUMEZ (Sté)/SCEPER(Sté) -Groupement d'Entreprises, procédé conjoint avec
la Sté VARIEL-France. Programme industrialisée 1968. C’est ce type qui est
présenté dans les 35 modèles de CES industrialisés en 1974.
Mis à part ce type il y a un lycée mixte à Bois-Colombes avec une préfabrication au sol
d'ossature en BA: poutres, poteaux, dalles de plancher, bandeaux. Murs-rideaux:
panneaux de remplissage (menuserie métallique sur allège rôle) préfabriqués en usine
et insérés dans la structure de béton laissé apparente. L'établissement fait partie des
20 lycées expérimentaux dont la réalisation fut entreprise en 1959 par la DESUS120.
h. Autres écoles
XCIX
f. Lagny, Melun (Seine-et-Marne)
g. Blanc-Mesnil, Versailles (Seine-et-Oise, aujourd'hui Yvelines)
14) CEG du programme industrialisé de 1967
h. Villers-Bocage à Caen (Calvados)
i. Lorrez-le-Bocage, Melun (Seine-et-Marne)
C
Procédé
Fillod
a. BARY J. ET RAUZIER
b. BATTU et WARNESSON
c. CANTIE H.-D.
6) CES 400 mixte à Calvi, Ajaccio (Corse-du-Sud). Date: 21 nov. 67. programme
68125 ;
7) CES 900 à Althirch, Colmar (Haut-Rhin). Susceptible pour le prog 68126 ;
8) CES 900 Annoeulin, Lille (Nord). Susceptible pour le programme de 1968127 ;
9) CES 900 à Marcoslsheim, Stasbourg (Bas-Rhin). Susceptible pour le
programme de 1968128 ;
121
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE (éd.), op.cit. p. N.
122
78522/22913/41757
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) », Techniques et
123
CI
10) CES 900 à Piennes, Nancy (Meurthe et Noselle). Susceptible pour le
programme de 1968129 ;
11) CES 900 à Villard-Bonnot, Grenoble (dépto ?). Susceptible pour le programme
de 1968130 ;
12) CES 800 à Toul (Meurthe-et-Moselle). Sté des Constructions Métalliques Fillod,
constructeur. Ossature métallique. Façades: murs-rideaux. Planchers: bacs
métalliques autoportants. Couverture: bacs métalliques. Cadre de programmes
des Constructions métalliques industrialisées. Contrôle: Services des
131
Constructions scolaires des Ponts et Chaussées à Nancy .
13) CES 600 à Saint Sébastien s/Loire, Nantes (Loire-Atlantique). Date: 15 nov. 67.
Programme de 1968132.
14) CES à Friville-Escarbotin, Amiens (dépto ?). David Jean Claude (architecte
d'opération). Programme industrialisé de 1967. Désignation des architectes par
le MEN le 24 mai de 1967133,
15) CES à Saint-Pol s/Ternoise (Pas-de-Calais). Constructions métalliques
Fillod134.
16) CET de 432 élèves - Cité scolaire à Cambrai (CHAUVEAU P.-A. (arch. À
Paris). Conception-coordination ; LANCELLE et PROD'HOMME (arch.
D'opération) à Cambrai. Sté des Constructions Métalliques Fillod, constructeur ;
procédé Fillod. Procédé mur -rideau Fillod: panneaux emboutis en tôle d'acier,
émaillé à 840°, trame 30 cm. Charpente primaire et entièrement réalisée en
usine. 1965 (1er CET) 1966 (2e CET), 1967 (3e CET), 1968 (internats).
Programmes de constructions industrialisées mis en œuvre par le MEN.
Contrôle assuré par la Direction départementale de la construction135.
128
78522/22913/41757
129
78522/22913/41757
130
78522/22913/41757
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) », Techniques et
131
CII
e. ROUX-DORLUT
f. Autres écoles
31) CES Les Minguettes à Venissieux, Lyon (Rhône). 1967 (date 22 août 67)146
136
78522/22911/41747
137
78522/22911/41753
138
78522/22911/41749
CHAPUIS, op.cit. p. 89
139
140
78522/22911/41749
141
1967 (date 8 juin 67)
142
78522/22911/41751
143
78522/22911/41749
144
78522/22911/41749 non ph
145
78522/22911/41749 ; 78522/22911/41750 et 78522/22911/41751 et 78522/22911/41752.
146
78522/22911/41753
147
78522/22911/41751
CIII
33) CES à Pontault-Combault, Melun (Seine et Marne). 1967 (date 15 juin 1967)148.
34) Ces 600 à Vaul le Penil, Melun (Seine et Marne). 1967 (Date: 14 nov. 67)149
148
78522/22911/41751
149
78522/22913/41759
CHAPUIS, op.cit, p. 89
150
CIV
Procédé
Fiorio
Ce procédé est parmi les 35 modèles de CES industrialisés de 1974, avec l’architecte
J.P. et J. CHAULIAT travaillant à Paris et Limoux avec la société GELF/FIORIO
(Techniques industrielles de construction). GELF Groupement d'Entreprises Licenciées
FIORIO. Et, liste des entreprises et groupements ayant travaillé pour le MEN de 1965-
1974151
a. CASTELL A
b. CHA ULIAT
c. DAVY, François
d. DOTTEL ONDE
151
POUVOURVILLE, op.cit., annexe 3.
152
«Constructions scolaires, universitaires et socio-culturelles (Tome I) », Construction 23ème
année, no 3, mars 1968.
153
«Constructions scolaires, universitaires et socio-culturelles (Tome I) », Construction 23ème
année, no 3, mars 1968.
154
« Enseignement spécialisé IX », L'Architecture française, no 323-324, 1969, 32-33
155
78522/22913/41757.
CV
e. EGGER
f. J.et E. NIERMANS
156
«Constructions scolaires, universitaires et socio-culturelles (Tome I) », Construction 23ème
année, no 3, mars 1968.
157
«Constructions scolaires, universitaires et socio-culturelles (Tome I) », Construction 23ème
année, no 3, mars 1968.
158
AN : 78522/22911/41752.
159
« Constructions scolaires V », L'Architecture française, 22ème année, no 231-232, nov.-déc.
1961, p. 100-101 [Construction revue spéciale Scolaire 1968, p. 93 (photo )
CVI
Procédé
CINB
Entreprise France-Gironde, et CINB [par relation avec l’entreprise ?] toutes les écoles
mentionnées ci-dessous160.
a. A. LAURENTI
160
« FRANCE-GIRONDE–CINB » en {MADELIN, 1969 #47} p. 114-119. « FRANCE-GIRONDE
DESSE » en Liste des entreprises et groupements ayant travaillé pour le MEN de 1965-1974,
en POUVOURVILLE, op.cit., annexe 3.
POUVOURVILLE, op.cit., annexe 3.
161
162
78522/22911/41750.
163
CHATELET, BENSALAH, op.cit. fiche 77.1.
CVII
80. Charpente, toiture et menuiserie, tous industrialisés164. Il peut être le même
dont le projet de marché est daté du 23 juin 1967 et 6 juin 67165.
b. Autres écoles
164
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) »,
Techniques et architecture, 27ème série, no 4, déc.-janv. 1966-67, p. 104-105].
165
78522/22911/41751.
166
78522/22911/41751
167
78522/22911/41751
CVIII
Procédé
GEAI
Procédé et entreprise non explicités, pour tous les établissements signalés ci-dessous.
a. Marcel Lods
168
« Constructions scolaires 1 », Techniques et architecture, 15ème série, no 3, nov. 1955, p. 86
« Constructions scolaires », L'architecture d'aujourd'hui, 21ème année, no 34, fév.-mars 1951, p.28.
169
170
« Constructions scolaires 1 », Techniques et architecture, 15ème série, no 3, nov. 1955, p. 64
171
Procédé et entreprise non explicités
172
« Constructions scolaires VI », L'Architecture fran çaise, 24ème année, no 249-250, mai-juin
1963, p.91.
CIX
solaire, d'une partie fixe en imposte, de lames mobiles coulissantes et de
l'allège, dans un cadre entièrement en profilés extrudés d'aluminium173.
6) ZUP - groupe scolaire élémentaire à Meaux -et- Beauval (Seine-et-Marne et
Somme). Architectes DEPONDT Paul, BEAUCLAIR Henri, et ingénieurs de
structure. GREGORY et SPILLMANN. Procédé et entreprise non explicités.
Coffrages perdus. Façades en acier et aluminium anodisé. Structure métallique
adoptée en raison de sa rapidité de montage". Le projet cherche à exprimer en
façade la classe comme unité, plutôt que le sous-module de 1,75 m
réglementaire. dessiné en 1965174.
7) Faculté des sciences de Reims. DEPONDT Paul, BEAUCLAIR Henri, (archs.);
OCCR (bureau d'études); GREGORY et SPILLMANN, ings de structure.
Procédé et entreprise non explicités. Structure générale en BA, préfabriquée en
ciment blanc et laissée brute de décoffrage; les moues étaient en béton175.
173
« Constructions scolaires VII », L'Architecture française, 25ème année, n° 267-268, nov.-déc. 1964, p.
31-34.
174
« Constructions scolaires et universitaires (Industrialisation) », Techniques e t architecture,
31ème série, no 1, oct. 1969, p. 61
175
« Constructions scolaires et universitaires (Industrialisation) », Techniques e t architecture,
31ème série, no 1, oct. 1969, p. 110-112
CX
Procédé
GEEP
a. Roger Anger
b. AUBERT A. ; DHUIT , R.; DON DEL, C.; GUILLET, G.; GRE GORIE, A.;
REMONDET, A.
c. B RUN
d. CLEMENT
e. DELANOE G.
176
AN : 78522/22911/41747
« Concours 'Conception - construction' du Ministère de l'Education nationale », Techniques et
177
CXI
l'industrialisation" ; Même élan pour les facultés de Clignancourt, Clichy et
Antony et Asnières180.
f. DHUIT
Par relation avec l’architecte il se peut qu’il soit l’architecte et que GEEP soit le
procédé de construction de :
Par relation avec les architectes il se peut qu’ils soient les architectes et que GEEP
[mais aussi possible DUMEZ] soit le procédé de construction de :
108-109
CXII
9) Centre national de rééducation physique à Paris, Porte de Châtillon. Elévation:
ossature métallique. Charpente métallique. Remplissage murs en briques
préfabriqués, type Pressec, système Rouzaud186.
h. DONDEL
i. DUFETEL
j. EGGER R.
CXIII
1,75190. Seules les fondations sont en maçonnerie. Le reste préfabriqué.
Portiques (poteaux poutres en trillis) sur lequel est fixée une ossature légère
(solives et poteaux de façade). Murs-rideaux: cadre en profilé aluminiym.
Planchers en dalles préfabriqués en BA possés sur l'ossature. Cloisons en
panneaux préfabriqués de plâtre. Escaliers préfabriqués en ossaute en acier et
marches et plaiers en béton,191 à :
13) Chaville et
14) Chambourcy.
l. FA VRAUD
15) CES 600 à Samur « Quartier du Chemin Vert », Angers (Maine et Loire). GEEP
Industries. Procédé GEEP. Date: 15 nov. 67192.
m. FAVRE et BURC
n. LE MARESQUIER
« Constructions scolaires V », L'Architecture française, 22ème année, no 231-232, nov.-déc. 1961, p. 97-
191
99 ;
192
AN : 78522/22913/41759
193
AN : 78522/22913/41757
194
AN : 78522/22913/41757
CXIV
poutres partiellement enrobées de béton, soit (C), un poutre vierendelle en
caisson recevant les planchers. La tôle intervient pour les planchers sous forme
de coffrages perdus, pour les escaliers, pour l'aménagement des amphis, pour
les façades, en fin, en tôle inoxidable. Construction :1959-1963195.
1968-69, p. XLI
197
78522/22911/41749
198
78522/22911/41749
199
78522/22911/41749
200
78522/22911/41749
201
78522/22911/41749
202
78522/22911/41752
203
78522/22911/41749
204
78522/22911/41753
205
78522/22911/41751
CXV
Dans le département du Nord [où l’architecte Clément construit un CES] 1967 (Doc.
Daté) 206.
33) CES à Biach St Vaast, Arras (Pas de Calais). 1967 (Doc. Daté) 207.
206
78522/22911/41749 et 78522/22911/41751
207
78522/22911/41749
208
78522/22911/41749 et 78522/22911/41751
209
78522/22911/41751
210
78522/22911/41751
211
78522/22911/41750
212
78522/22911/41749
VASSEUR, op.cit., p. 83.
213
CXVI
Procédé
SAE
Des commandes groupées ont aussi été réalisées à Limoges (Haute-Vienne) par la
SAETTP217.
214
POUVOURVILLE, G., L'innovation dans le secteur du bâtiment (Analyse d'une action publique en
faveur de l'innovation: le cas des constructions scolaires vu au travers de l'histoire de l'entreprise GEEP-
Industrie), Paris: Centre de recherche en gestion, Ecole Polytechnique, janv. 1979, annexe 3.
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE (éd.), op.cit. p. N.
215
216
« Constructions scolaires 4 », Techniques et archit ecture, 20ème série, no 3, Mars 1960, p.
144.
BEZANçON, DEVILLEBICHOT, NAGY, op.cit.
217
218
AN : 78522/22911/41752
CXVII
c. DANGER et CULLE
4) CES 600 Morteau à Besançon (Doubs). Réalisé par la SAE, procédé non
explicité220
e. MAL OT RAYMOND
5) CES 600 à Maxeville, Nancy (Meurthe et Moselle). Réalisé par la SAE, procédé
non explicité221.
g. ROUX-DORLUT
h. SCHAB Joseph
219
AN : 78522/22913/41757
220
78522/22913/41757
221
78522/22913/41757
« Constructions scolaires et universitaires (Industrialisation) », Techniques et architecture, 31ème
222 222
CXVIII
i. TOURNIER, MORANGIS, MALLARD, etc.
j. Autres écoles
225
AN : 78522/22913/41750 et 78522/22913/41757.
CXIX
Procédé
SICRA
Bovet est dans la liste des « Couples Architectes/Entrepreneurs des modèles de CES
industrialisés », et dans la « Liste des entreprises et groupements ayant travaillé pour
le MEN de 1965-1974 » : procédé béton226
b. Jouven G. et Phelouzat P.
d. Autres écoles
CXX
Procédé
SMBI
Dans la liste des entreprises et groupements ayant travaillé pour le MEN de 1965-
1974232,
a. LE BRETON P.-A.
b. Autres écoles
231
AN : 78522/22911/41750
232
POUVOURVILLE, op.cit., annexe 3.
233
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE (éd.), op.cit. p. N.
234
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) »,
Techniques et architecture, 27ème série, no 4, déc.-janv. 1966-67.
235
AN : 78522/22911/41750 et 78522/22911/41751.
CXXI
4) CES à Montpellier (L’Hérault)
5) CES Antibes, Nice (Alpes-Maritimes)
6) CES à Hyerres, Toulon (Var )
CXXII
Procédé
SNC
a. CAMMAS
b. JOUVEN G. et PHELOUZAT P.
c. SCHOEBEL
d. Autres écoles
CXXIII
Procédé
JCS (Stribicks)
a. DELANDE, M.
240
POUVOURVILLE, op.cit.
CXXIV
Procédé
Tracoba
a. Massé G.
Cet architecte, situé à Paris, 19 rue de Prony (17ème), est le seul qui nous avons
identifié avec le procédé Tracoba.
architecture, 23
ème
série, no spécial, janv. 1964.
« Constructions scolaires et universitaires (Industrialisation) », Techniques et architecture, 31ème
242 242
série, no 1, oct. 1969, p. 70-71, 73 pour Segré. Construction revue spéciale Scolaire 1968, p. 90 (photo du
collège)]
CXXV
au sol restent en traditionnelle243. Deux CES 600 à Salbris (Loir-et-Cher) et à
Valençay (Indre), susceptibles pour le programme industrialisé de 1968244.
b. Autres écoles
- CES 800 à Laon (Aisne) MASSE G., BIGOT P., FOY F. (archs.); COLLE A.-F.
(arch. Assistant). Entreprise : SFP (Sté Française de préfabrication, Sté
Générale d'Entreprises) en procédé préfabriqué métallique246.
- 2 IUT à Bordeaux et Dijon (Gironde et Côte-d’Or). Architectes : MASSE G.,
BIGOT P., ROY F. ; CHAUVE J. (arch. Assistant). Entreprise : SAE (Sté
Auxiliaire d'Entreprises). Procédé béton247.
CXXVI
Procédé
Vissol
a. LAGEAU P.
b. Autres écoles
2) CES à Auxerre (Yonne). Société Vissol. Procédé non explicité, mais mixte.
Programme industrialisé 1967250.
3) CEG Secondigny à Niort Deux-Sèvres. Procédé non explicité, mais mixte.
Programme industrialisé 1967251.
248
POUVOURVILLE, op.cit.
249
« C.E.G. - C.E.S. -C.E.T. (Essais d'industrialisation des constructions scolaires) »,
Techniques et architecture, 27ème série, no 4, déc.-janv. 1966-67, p. 81
250
78522/22911/41750 non ph
251
78522/22911/41751 non ph
CXXVII
Remerciements
Cette thèse n’aurait pu voir le jour sans l’aide précieuse de nombreuses personnes que je
tiens ici à remercier.
Mes deux excellents directeurs de thèse : Sabine Barles et André Guillerme.
Les membres de jury : Anne-Marie Châtelet, Valérie Nègre, Hélène Vacher, Jean-Luc
Salagnac.
Toutes celles et ceux qui ont facilité mes recherches dans différents endroits, spécialement
Michèle Bonnier du centre de documentation du CSTB.
Tous ceux qui ont partagé avec moi son expérience de préfabrication : Yvan Delemontey,
Michel Bazin, Jean-Daniel Merlet, Pierre Chemillier, Jean-Claude Croizé, Valérie Nègre, Guy
Lambert, Jean-Luc Salagnac.
Mes correctrices de français : Joëlle Petit, Florence Blanco, Pascale Serra, Aure Delpech,
Michèle Murez, Suzanne Dignowity, énormément merci.
Mes collèges du CDHTE, particulièrement Samaher Wannous et Michel Letté pour le
partage du bureau de cette dernière ligne droite. De même Joëlle Petit, Akio Sassa, Martine
Mille, Emmanuelle Gallo, Elisabetha Procida, Christophe Bernard, Anne Houssay, Francine
Perrine, Malika Rahmi, Sophia Foughali, Brigithe Destruel …
Mes professeurs mexicans : Zeus Moreno, Salvador Urrieta, Ricardo Tena, Fernando Luna,
Héctor Cervantes, Arturo España…
Mes amis montpelleriens : Israel Hernández, Julio Orantes, Damar Sánchez, Fernando
Ramírez, Sandra Lagunez, Enrique Torres, Julien Averseng, Magali Grilhot, Paul Menut,
Audrey Deschamps , Raúl Sánchez, Laura Vázquez, Georgina Jiménez …
Mes amis parisienes : Irina Valladares, Mariana Vargas, Eloy Ramírez, Edgar Belmont,
Julieta Rojas, Martha Ayala, Adriana Cano, Penélope López, Saúl Sánchez, Fausto Gómez,
Brenda Escutia, Esmeralda Mancilla, Oscar Holguín, Iliana Ortega, Judith Pérez, Alejandra
González, Laura Nicolas, Mónica Sierra, Manuel Miroglio, Martha Tawil, Mónica Falcón,
Mónica Vázquez, Eduardo Espinoza, David Hernández, Eloy Ramírez, Emilio Flores, Saul
Lugo, Adonis Reyes, Tania Vázquez, Leticia Cuen, Alicia Benito, Patricia Meza, Betzabé
López, Sabina Covarrubias, Rodrigo Rivera, Roberto Campos, Edna Hernández, David
Carvajal, Antonio Candelas, Claudia Gochicoa, Mara Tamayo, Verónica Castillo, Violeta
Solares, Hany-Kahwagi, Michèle Murez, François Assemat, Laurent Teyssiere…Du CSTB :
Isabelle Gueguen, Frédéric Bougrain, Bakari Hassani, José Carvalho…De la Maison du
Mexique : Jorge López, Ernesto Calderón, Isaura Corlay, Hassan et Abdala, Eunice Chao,
Elizabeth Gómez, la directrice à l’époque Marivel Gomez. Les CLAP’s : Martin Aranguren,
Guillermo Vargas, Valeria Eberle. Mes collègues architectes: Nohemí León, Olivier Namias,
Francisco Torres, Ixchel Garcés, Lila Oriard, Héctor Becerril, Maura Pérez…
Mes amis au Mexique : Isabel de Gante, Mary Cruz, Elisa Toledano, Leticia Paulino,
Cuauhtemoc García, Brenda Callejas, Adriana Mancilla, Liz Gutiérrez, Elena Riloba,
Teresita López, Rosy Ortega, Marisol Navarro, Luicita Lagunez, Cristina Noyola, Yadel
Avalos, Socorro Mora, Genoveva Nava…
Mes amis de l’escalade : Pablo Blanco, Florence Blanco, Yves Auton, Fiona Gowen,
Mélanie Coufignal, Pascale Serra, Aure Delpech, Nelly Grellier, Gaby Guzmán, Kathrin
Weber, Stefan Walmrath, Sthephen Dunk, Karina Chamorro, Patrice et Céline Bertaud,
Severine Poirier et le petit Paul-Elias, Judith Ackerman, Hernán Picard…
Mes proches : Rabindranath Reséndiz et ses enfants Celeste et Rabin, Naivi Reséndiz,
Citlali Romero, Patricia Yveth Reséndiz ; toutes les familles Vázquez-Blancas et
Reséndiz …
Un travail de si longue haleine n’a été possible qu’avec le soutienne de tous mes amis et de
ma famille, de ma grande mère Joaquina Blancas, de mes parents Adelina Vázquez et
Celestino Reséndiz ; de mes petits parents parisiens Pablo et Florence Blanco, qui m’ont
tellement soutenue quand bourses et logements ont arrivé à leur échéance : infiniment merci.
C’est à vous que je dédie ce travail.
Résumé
L’industrialisation du bâtiment : le cas de la préfabrication dans la construction
scolaire en France (1951-1973)
Abstract
The industrialization of buildings: the case of prefabrication in the construction of
schools in France (1951-1973)
This thesis examines the relationship between the industrialization of building methods and
the prefabrication of school buildings in France. This relationship relies on the interaction
between technical reason and public policies with the organization of production processes.
The boundary of this study begins in 1951, witnessed by a political drive to industrialize
educational establishments, until 1973 when this type of construction was put into question.
During this period the industrialization of building methods was considered as the unique
solution to the needs for mass production, cheaper and quicker. Subsequently, the
technology of prefabrication occurred in two distinct periods, giving rise to the separation
between conceptual design (centralized by the DESUS) and realization (represented by
construction methods). In the first period (1951-1962), the architects are the authors of the
projects and in the second period (1964-1973) the construction methods are clearly visible.
These events accentuate two logical opponents: mass production and series on one side,
diversity and flexibility on the other. The encounter of such diverse sources (reviews,
archives, technical documents) reveals the relationship between each domain: architects
(design and operations), educational planners, industrial entrepreneurs, ministerial offices for
construction and survey teams (technical controls). This research contributes to history of
prefabrication and its developments. The school building represents an excellent example of
the evolution of construction methods when prefabrication was making its mark in the wake
of the Second World War.