Méthode D'optimisation Maillage
Méthode D'optimisation Maillage
THÈSE
pour obtenir le titre de
Hao LIU
JURY
Trois ans de travail de thèse sont très enrichissants. Après toutes les périodes de doute et
d’inspiration, vient ce moment de reconnaissance.
Je voudrais tout d’abord remercier mon encadrante Isabelle Ramière et mon directeur
de thèse Frédéric Lebon pour leur accompagnement et leur soutien tout au long de cette
thèse. Ils m’ont guidé et permis de découvrir la magie de la mécanique numérique. Leur esprit
scientifique m’a beaucoup appris. C’est un honneur pour moi d’avoir travailler avec eux durant
ces trois dernières années.
Je remercie Mikaël Barboreu et Serge Dumont d’avoir accepté de relire et de rapporter
mon travail. Leurs remarques et commentaires m’ont permis d’améliorer ce mémoire. Merci à
David Dureissex de m’avoir fait l’honneur d’accepter d’être président du jury. Merci également
à Bruno Michel pour les discussions plus mécaniques ainsi que pour son aide et son intérêt
sur mon travail.
Je tiens à remercier ma hiérarchie : Renaud Masson, Bruno Collard, Carole Valot, Mireille
Bauer pour la confiance qu’ils ont mise en moi.
Je remercie mes sympathiques collègues du LSC pour m’avoir accueilli dans cet excellent
laboratoire.
Je n’oublierai jamais les super secrétaires Laure Imbert et Régine Bousquet qui se sont
toujours occupées de moi.
Merci à Jérôme Sercombe, Vincent Marelle, Thomas Helfer et Etienne Castelier pour leur
aide.
Je voudrais remercier également mes collèges LMA de m’avoir bien accueilli.
Merci à mes amis Marcelle, Jules, Coralie, Maverick, Karl, Sarah, Lei, David, Bachir, ... pour
les bons moments partagés. J’ai beaucoup aimé chaque minute que j’ai passé avec eux.
Enfin, un grand merci à ma famille pour leur amour inconditionnel et leur soutient fonda-
mental.
Stratégie de raffinement automatique de maillage et méthodes multi-grilles locales pour
le contact : application à l’interaction mécanique Pastille-Gaine
Résumé : Ce travail de thèse s’inscrit dans le cadre de l’étude de l’Interaction mécanique Pastille-Gaine
(IPG) se produisant dans les crayons combustibles des réacteurs à eau pressurisée. Ce mémoire porte
sur le développement de méthodes de raffinement de maillage permettant de simuler plus précisément
le phénomène d’IPG tout en conservant des temps de calcul et un espace mémoire acceptables pour des
études industrielles. Une stratégie de raffinement automatique basée sur la combinaison de la méthode
multi-grilles Local Defect Correction (LDC) et l’estimateur d’erreur a posteriori de type Zienkiewicz et Zhu
est proposée. Cette stratégie s’appuie sur l’erreur fournie par l’estimateur pour détecter les zones à raffiner
constituant alors les sous-grilles locales de la méthode LDC. Plusieurs critères d’arrêt sont étudiés afin de
permettre de stopper le raffinement quand la solution est suffisamment précise ou lorsque le raffinement
n’apporte plus d’amélioration à la solution globale.
Les résultats numériques obtenus sur des cas tests 2D élastiques avec discontinuité de chargement per-
mettent d’apprécier l’efficacité de la stratégie proposée.
Le raffinement automatique de maillage dans le cas de problèmes de contact unilatéral est ensuite abordé.
La stratégie proposée dans ce travail s’étend aisément au raffinement multi-corps à condition d’appliquer
l’estimateur d’erreur sur chacun des corps séparément. Un post-traitement est cependant souvent néces-
saire pour garantir la conformité des zones de raffinement vis-à-vis des frontières de contact. Une variété
de tests numériques de contact (avec ou sans frottement, avec ou sans jeu initial) entre solides élastiques
confirme l’efficacité et la généricité de la stratégie proposée.
Mots clés : Raffinement adaptatif de maillage, Méthodes multi-grilles locales, Estimateur d’erreur a
posteriori, Interaction mécanique Pastille-Gaine, Contact unilatéral, Loi de frottement de Coulomb
Automatic mesh refinement and local multigrid methods for contact problems :
application to the Pellet-Cladding mechanical Interaction
Abstract : This Ph.D. work takes place within the framework of studies on Pellet-Cladding mechanical
Interaction (PCI) which occurs in the fuel rods of pressurized water reactor. This manuscript focuses on
automatic mesh refinement to simulate more accurately this phenomena while maintaining acceptable
computational time and memory space for industrial calculations. An automatic mesh refinement strategy
based on the combination of the Local Defect Correction multigrid method (LDC) with the Zienkiewicz
and Zhu a posteriori error estimator is proposed. The estimated error is used to detect the zones to be
refined, where the local subgrids of the LDC method are generated. Several stopping criteria are studied
to end the refinement process when the solution is accurate enough or when the refinement does not
improve the global solution accuracy anymore.
Numerical results for elastic 2D test cases with pressure discontinuity shows the efficiency of the proposed
strategy.
The automatic mesh refinement in case of unilateral contact problems is then considered. The strategy
previously introduced can be easily adapted to the multibody refinement by estimating solution error
on each body separately. Post-processing is often necessary to ensure the conformity of the refined areas
regarding the contact boundaries. A variety of numerical experiments with elastic contact (with or without
friction, with or without an initial gap) confirms the efficiency and adaptability of the proposed strategy.
Keywords : Automatic mesh refinement, Local multigrid method, a posteriori error estimator, Pellet-
Cladding mechanical Interaction, Unilateral contact, Coulomb’s friction law
Table des matières
Introduction 9
1 Contexte industriel 11
1.1 Réacteur à Eau Pressurisée (REP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2 Crayon combustible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.1 Pastille de combustible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.2 Gaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.3 Comportement du crayon combustible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3.1 Dilatation thermique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3.2 Densification et gonflement du combustible . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.3.3 Fluage de la gaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.4 Interaction mécanique pastille-gaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.5 Objectif du travail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Bibliographie 119
Introduction
De la recherche à l’industrie, la simulation numérique par la méthode des éléments finis est
devenue un outil essentiel permettant de modéliser des phénomènes physiques divers. Cette
méthode associée au développement de méthodes numériques performantes de résolution
permet de simuler et de comprendre des phénomènes et le comportement d’objets de plus
en plus complexes. La précision de la solution par éléments finis est directement liée à la
taille des éléments du maillage. La conséquence est que les modèles numériques présentent
potentiellement un très grand nombre de degrés de liberté.
En vue d’atteindre des tailles de maille localement fines sans avoir à raffiner uniformément
le maillage pour des raisons évidentes de temps de calcul et d’espace mémoire, différentes
méthodes de raffinement de maillage ont été développées, en particulier les méthodes de
raffinement adaptatif et les méthodes multi-grilles locales. Les méthodes de raffinement adap-
tatif ont pour but de modifier le maillage initial dans des zones d’intérêt telles que singularité
ou concentration de contraintes afin d’obtenir un maillage optimal en terme de taille ou
degré d’élément. Les méthodes multi-grilles locales consistent quant à elles à ajouter des
sous-niveaux avec un pas de maillage de plus en plus fin dans ces zones d’intérêt et de re-
lier les solutions de chaque niveau par un processus itératif. Afin de permettre de détecter
automatiquement les zones d’intérêt, les méthodes de raffinement de maillage sont souvent
couplées avec un estimateur d’erreur a posteriori.
En mécanique des solides, le phénomène de contact entre solides déformables est un pro-
blème largement répandu et étudié. La résolution précise des tels problèmes par la méthode
des éléments finis requiert des mailles suffisamment fines autour des zones de contact et
est donc souvent assez coûteuse. À titre d’exemple, dans le cadre de l’étude de l’Interaction
mécanique Pastille combustible-Gaine (IPG) dans les Réacteurs à Eau Pressurisée (REP), la
représentation précise des phénomènes mis en jeu nécessite des mailles fines de l’ordre du
micron autour de la zone de contact pastille-gaine pour une structure de l’ordre du centi-
mètre. Au-delà de la formulation du problème de contact et de sa résolution mathématique,
beaucoup de travaux de recherche et développement s’intéressent désormais à l’optimisation
locale du maillage de calcul.
Cette thèse porte sur le développement de stratégies de raffinement de maillage permettant
de simuler plus précisément le phénomène d’IPG avec des temps de calcul et un espace
mémoire acceptables. En effet, la gaine est la première barrière de confinement des produits
de fission. Son intégrité et son étanchéité doivent être garanties, notamment vis-à-vis du
phénomène de rupture. Le phénomène d’IPG doit donc être bien compris et simulé dans la
10 INTRODUCTION
Plan de ce mémoire
Ce mémoire de thèse se compose de quatre chapitres.
Le chapitre 1 détaille le contexte industriel. Nous y présentons les différentes phénomènes
mécaniques se produisant à l’intérieur du combustible d’un réacteur à eau pressurisée.
Dans le chapitre 2, les différentes techniques de raffinement de maillage pour un problème
élastostatique linéaire et les méthodes d’estimation d’erreur a posteriori permettant de détecter
automatiquement les zones à raffiner sont présentées.
Nous proposons dans le chapitre 3 une stratégie de raffinement automatique de maillage
basée sur le couplage de la méthode Local Defect Correction et l’estimateur d’erreur a posteriori
de Zienkiewicz et Zhu. Cette stratégie est vérifiée sur des cas test 2D élastiques représentatifs
de l’IPG.
Enfin, dans le chapitre 4, nous étendons la stratégie proposée à des problèmes de contact
avec ou sans frottement. Nous vérifions notamment qu’un raffinement multi-corps s’effectue
bien autour des zones de contact.
Notre objectif est de proposer une stratégie de raffinement local automatique unique et gé-
nérique permettant de raffiner différents types de problèmes comportant des singularités
locales, notamment des problèmes de contact, ce qui serait novateur vis-à-vis de la littérature
existante.
Chapitre 1
Contexte industriel
Dans ce chapitre, nous présentons le contexte industriel de la thèse. Il concerne les phéno-
mènes mécaniques se produisant à l’intérieur du combustible d’un réacteur à eau pressurisée
et qui conduisent, sous l’effet de la température et de l’irradiation, à l’interaction mécanique
entre la pastille et la gaine de combustible.
Sommaire
1.1 Réacteur à Eau Pressurisée (REP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2 Crayon combustible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.1 Pastille de combustible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.2 Gaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.3 Comportement du crayon combustible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3.1 Dilatation thermique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3.2 Densification et gonflement du combustible . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.3.3 Fluage de la gaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.4 Interaction mécanique pastille-gaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.5 Objectif du travail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.1. Réacteur à Eau Pressurisée (REP) 13
Les réacteurs à eau légère et en particulier les réacteurs à eau pressurisée (REP) dominent
le marché éléctronucléaire international depuis plusieurs décennies. En effet sur les 430
réacteurs en opération à travers le monde, 2/3 sont des REP, et sur les 70 réacteurs en
constructions, 3/4 sont également des REP.
Avec ses 58 réacteurs nucléaires répartis dans 19 centrales nucléaires produisant près
de 80% de l’électricité nationale, la France est un pays fortement axé autour de l’énergie
nucléaire. Tous les réacteurs nucléaires en service en France sont des REP de puissance
900 MWe à 1450 MWe (MégaWatt électrique, unité de puissance électrique). Nous rappelons
ici brièvement le fonctionnement de ce type de réacteur.
• Le circuit primaire
Dans le coeur du réacteur, la fission nucléaire produit de la chaleur. De l’eau, jouant le
rôle de modérateur et de caloporteur, circule dans le circuit primaire à la pression de
14 Chapitre 1. Contexte industriel
15,5 MPa. Cette eau, à la température d’environ 290 ◦ C à l’entrée du coeur, est chauffée
au contact des crayons combustibles à environ 324 ◦ C en sortie du coeur.
• Le circuit secondaire
Dans le générateur de vapeur, l’eau du circuit secondaire est chauffée par le circuit
primaire au contact des tubes et se transforme en vapeur. Cette vapeur fait tourner une
turbine couplée à un alternateur qui produit de l’électricité.
• Le circuit de refroidissement
L’eau de ce troisième circuit refroidit le circuit secondaire à travers un échangeur et
condenseur.
Vue la radioactivité des produits de fission nucléaire, les exigences de sûreté sont fortes pour
éviter l’éventuelle dispersion d’éléments radioactifs à l’extérieur de la centrale. Il existe ainsi
3 barrières de confinement :
• Première barrière : un gainage métallique qui enferme le combustible
• Seconde barrière : une enveloppe métallique autour du circuit primaire (tube de Géné-
rateur de vapeur, cuve de réacteur, ...)
• Troisième barrière : une enceinte de confinement en béton de forte épaisseur
3852mm
F I G U R E 1.2 – Dimension d’un crayon combustible pour un REP de puissance de 900 MWe
1.2. Crayon combustible 15
13, 5 mm
Plan median-pastille
Evidement
Plan inter-pastille
8, 2 mm
1.2.2 Gaine
La gaine est un tube de diamètre extérieur valant 9,5 mm et d’épaisseur 0.57 mm. Il s’agit
de la première barrière de confinement des produits de fission.
Les matériaux utilisés pour la gaine des REP actuellement en fonctionnement en France et
à l’international sont des alliages à base de zirconium (Zircaloy-4,M5
R
, ZIRLO TM , Optimized
ZIRLOTM ). Leurs propriétés répondent à certains besoins :
• une très faible absorption des neutrons thermiques (utiles à la réaction en chaine),
• une bonne conductivité thermique en vue d’évacuer vers l’eau la chaleur produite dans
le crayon,
• une bonne résistance mécanique,
• une bonne résistance à la corrosion vis-à-vis de l’eau à haute température et du com-
bustible.
16 Chapitre 1. Contexte industriel
plus important est observé. La figure 1.9 présente un exemple du profil axial du diamètre du
crayon après 2 cycles annuels et montre que ce déplacement reste modéré et est inférieur 20
µm en fonctionnement normal.
Dans les REP, le phénomène d’IPG ne provoque pas la rupture de la gaine en fonction-
nement normal. Cependant, comme la gaine est la première barrière de confinement du
combustible, son intégrité et son étanchéité doivent être garanties non seulement en régime
normal mais également en régime incidentel de niveau 2 (probabilité de 10−2 par réacteur et
par an) selon l’échelle INES (de l’anglais International Nuclear Event Scale).
De nombreuses études sur ce phénomène ont été réalisées en vue de qualifier les li-
mites technologiques à rupture de la gaine et contraintes exercées sur le rayon interne de la
gaine. En particulier, un grand nombre d’essais de rampe [Garlick 1973, Alberman et al. 1997,
Mougel et al. 2004], simulant une situation incidentelle de niveau 2, a été effectué dans des
Réacteurs d’Essai des Matériaux (MTR acronyme Anglais pour Material Testing Reactor) afin
de déterminer la limite à rupture. Les essais expérimentaux sont cependant généralement
complexes et coûteux.
Un type d’étude complémentaire repose sur la modélisation des mécanismes condui-
sant à l’IPG [Jernkvist 1995, Michel et al. 2008b, Michel et al. 2008a, Marchal et al. 2009,
Sercombe et al. 2012, Michel et al. 2013]. Les objectifs de la modélisation sont également
de déterminer les limites à rupture du crayon ainsi que de prédire le comportement du crayon
en situation incidentelle.
En vue de simuler le comportement des éléments combustibles sous irradiation, la plate-
forme PLEIADES (Plateforme Logicielle pour les Elements Irradiés dans les Assemblages en
20 Chapitre 1. Contexte industriel
Les études expérimentales [Mougel et al. 2004] et numériques [Michel et al. 2008a,
Sercombe et al. 2013] ont confirmé que les contraintes et les déformations de la gaine sont
maximales au niveau du plan inter-pastilles en face des fractures radiales de la pastille (voir
figure 1.11). Ce point est appelé point triple.
performance d’une méthode multi-grilles locale de type Local Defect Correction (LDC) pour
des problèmes linéaires et des problèmes non-linéaires avec loi de fluage de Norton. Via
l’estimateur d’erreur a posteriori de Zienkiewicz et Zhu [Zienkiewicz & Zhu 1987] (ZZ), les
auteurs ont choisi de raffiner les éléments du maillage dont l’indicateur d’erreur était supérieur
à α% de l’erreur maximale où α désigne un paramètre. Cette stratégie de raffinement est
efficace et simple à mettre en oeuvre, mais elle ne permet pas d’arrêter la génération de
sous-niveaux. De plus, le paramètre α dépend du problème et est donc difficile à connaître a
priori.
Le but de ce travail est tout d’abord de développer une stratégie de raffinement auto-
matique, toujours basée sur la combinaison de la méthode LDC et de l’estimateur ZZ, mais
permettant de générer de manière optimale et générique les sous-grilles locales nécessaires
au calcul précis et ce, indépendamment de la connaissance du problème traité.
Le deuxième objectif de la thèse est de s’intéresser au raffinement multi-grilles local multi-
corps (pastille-gaine ici) et d’y étendre la stratégie de raffinement automatique. En particulier,
le raffinement doit pouvoir traiter des situations de contact entre les corps.
Chapitre 2
Raffinement de maillage en
mécanique des solides
Dans ce chapitre, nous commençons par exposer le problème modèle élastostatique li-
néaire sur lequel un rappel de la méthode des éléments finis est formulé. Ensuite, nous pré-
sentons les différentes techniques de raffinement de maillage pour ce type de problème ainsi
que les méthodes d’estimation d’erreur a posteriori permettant de détecter automatiquement
les zones à raffiner.
Sommaire
2.1 Préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.1.1 Problème élastostatique linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.1.2 Formulation variationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.1.3 Approximation par la méthode des éléments finis . . . . . . . . . . . . . 28
2.1.4 Erreur de discrétisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.2 Raffinement de maillage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.2.1 Méthodes adaptatives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.2.2 Méthodes multi-grilles locales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.3 Estimateurs d’erreur a posteriori . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.3.2 Critères de comparaison des estimateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.3.3 Estimateur basé sur le résidu d’équilibre . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.3.4 Estimateur basé sur la loi de comportement . . . . . . . . . . . . . . . . 45
2.3.5 Estimateur basé sur le lissage des contraintes . . . . . . . . . . . . . . . 47
2.1. Préliminaires 25
2.1 Préliminaires
Dans cette section, nous faisons un bref rappel du problème d’élasticité linéaire statique
et de la méthode des éléments finis utilisée pour le résoudre.
σ = Cε (2.1.2)
et en notation d’Einstein :
(Cε)ij = Cijkl εkl (2.1.4)
— un champ régulier de contraintes est statiquement admissible (SA) s’il satisfait l’équa-
tion d’équilibre (2.1.1) et les conditions aux limites de Neumann sur le bord ΓN :
V 0 = {v ∈ (H 1 (Ω))m ; v(x) = 0, x ∈ ΓD }.
avec
∂vi
σ : grad v = σij .
∂xj
2.1. Préliminaires 27
En utilisant v ∈ V 0 sur ΓD , on a :
Z Z Z
σ : grad v dΩ − (σn) · v dΓ = f · v dΩ
Ω ΓN Ω
Les propriétés de symétrie du tenseur des contraintes (σij = σji ) nous donnent :
1
Z Z
gradv + gradT v
σ : grad v dΩ = σ:
Ω 2
ZΩ Z
= σ : ε(v) dΩ = (Cε(u)) : ε(v) dΩ (2.1.9)
Ω Ω
Pour simplifier l’expression et être plus général, on utilise les notations suivantes :
Z
a(u, v) := (Cε(u)) : ε(v) dΩ
ZΩ Z
l(v) := f · v dΩ + FN · v dΓ
Ω ΓN
−div Cε(ũ) = f + div Cε(ru ) dans Ω
1
grad ũ + gradT ũ
ε(ũ) = dans Ω
2 (2.1.12)
ũ = 0 sur ΓD
σn = FN sur ΓN
À titre illustratif, nous allons présenter la méthode des éléments finis de Lagrange en 2D
pour des éléments triangulaires. Pour d’autres types d’éléments, le lecteur pourra se reporter
à [Raviart & Thomas 1998]. Soit Ω un ouvert polygonal de R2 , on se donne une triangulation
Th de Ω, c’est-à-dire un ensemble de triangles (Ki )i=1,··· ,nk tel que Ki ⊂ Ω̄, Ω̄ = ∪ni=1k
K̄i et
l’intersection de deux triangles Ki et Kj avec i 6= j est soit vide, soit un point, soit une arête
entière. Les triangles (Ki )i=1,··· ,nk sont appelés les mailles ou les éléments du maillage. Pour
un triangle Ki , son diamètre est diam(Ki ) = max kx − yk. Il est appelé aussi taille de la
(x,y)∈Ki
maille Ki . La taille du maillage est définie comme h = max diam(Ki ).
Ω
On définit Pk l’ensemble des polynômes en 2D de degré inférieur ou égal à k ∈ N par :
X
Pk = {p(x, y) = aij xi y j , 0 ≤ i + j ≤ k, aij ∈ R} (2.1.14)
i,j≥0
où n0h = nh − nD D
h avec nh le nombre de noeuds du maillage et nh les noeuds sur les bords ΓD .
2.1. Préliminaires 29
La base N = {N1 , · · · , Nn0 } associée aux noeuds du maillage est appelée base nodale.
h
On décompose uh sur cette base :
nh0
X
uh = Ni ui (2.1.18)
i=1
uh = N T U
(
(2.1.21)
σh = Cε(uh )
Remarque : dans X
le cas d’éléments de type quadrangle, l’espace d’approximation se base
sur Qk = {q(x, y) = aij xi y j , i ≤ k, j ≤ k, aij ∈ R}.
i,j≥0
Notion d’erreur :
Quand on choisit d’utiliser une méthode numérique pour résoudre des problèmes physiques,
il existe différentes origines à l’erreur. Comme cela est montré dans [Ladevèze & Pelle 2005],
les principales sources d’erreur sont :
— Erreur de modèle : erreur de modélisation mathématique des problèmes physiques.
— Erreur de discrétisation : erreur entre la solution approchée et la solution exacte du
modèle.
— Erreur de résolution : erreur entre la solution approchée (définie par (2.1.20), par
exemple) et celle obtenue numériquement par une méthode de résolution.
Dans ce mémoire, on ne s’intéresse qu’à l’erreur de discrétisation et l’erreur de résolution.
Erreur de discrétisation :
On définit l’erreur de discrétisation en terme de déplacement comme
euh := u − uh (2.1.22)
eσh := σ − σh (2.1.23)
En mécanique des solides, nous utilisons souvent la "norme énergie" d’un champ de déplace-
ment qui est en fait une semi-norme équivalente à une norme lorsque le problème possède
des conditions aux limites de Dirichlet :
Z 1/2
Norme énergie : kvkE := σ(v) : ε(v)dω
Ω
avec l = min(s−1, k), k l’ordre d’interpolation de Lagrange utilisé. L’entier l est appelé
ordre de convergence de la méthode. Ainsi, on en déduit que :
Une autre stratégie consiste à raffiner récursivement les mailles avec un rapport de
raffinement constant (voir la figure 2.2).
h-méthode
local conforme
Zone d'intérêt
: noeud d'interpolation
— Pour les éléments triangles, plusieurs algorithmes ont été proposés afin de rendre
les maillages conformes. Par exemple, l’algorithme basé sur la bissection du bord
le plus long proposé par Rivara [Rivara 1984], l’algorithme récursif Newest Vertex
Bisection proposé par Mitchell [Mitchell 1991] (voir exemple de figure 2.4a), l’al-
gorithme de raffinement d’un triangle en triangles simulaires proposé par Bank
[Bank et al. 1983] (voir exemple de figure 2.4b), ...
(a) (b)
p-méthode
Zone d'intérêt
: noeud d'interpolation
La vitesse de convergence des méthodes p-adaptatives est souvent plus élevée que
celle des méthodes h-raffinement et peut être exponentielle [Babuska et al. 1981,
34 Chapitre 2. Raffinement de maillage en mécanique des solides
Babuska & Szabo 1982]. Ce type de méthodes est également intéressant en terme de
temps de génération de maillage. Elles sont aussi beaucoup étudiées dans la litté-
rature (par exemple, [Babuška & Suri 1987a, Düster & Rank 2001, Barros et al. 2004,
Kubatko et al. 2009]). La plupart des implémentations de ce type de méthodes utilisent
des fonctions de forme hiérarchiques cf. la figure 2.6 (voir [Zienkiewicz et al. 1983]
pour plus détails) permettant simplement d’obtenir le degré d’approximation désiré
en ajoutant de nouvelles fonctions de formes aux fonctions de formes existantes. Les
fonctions de forme obtenues sont de plus généralement conformes.
1 1
0 0
noeud noeud
Fonctions de forme d'ordre 1 Fonctions de forme d'ordre 2
r-méthode
Zone d'intérêt
: noeud d'interpolation
Les méthodes r-adaptatives sont intéressantes pour des problèmes transitoires où les élé-
ments peuvent suivre des phénomènes en évolution. Ce type de méthodes est aussi beau-
coup étudié (par exemple [Ghosh & Manna 1993, Cao et al. 2001, Beckett et al. 2001,
Huang & Russell 2010]). Différents algorithmes en déplacement ont été développés,
le lecteur pourra notamment se référer à [Huang & Russell 2010]. Les méthodes r-
adaptatives gardent la conformité du maillage et sont simples à mettre en oeuvre. Ce-
2.2. Raffinement de maillage 35
Maillage fin
Ω
ΩL
ΩL
Maillage composite
Ω
ΩL
F I G U R E 2.8 – Exemple simple de superposition des maillages [Yue & Robbins 2005]
degrés de liberté. Elles se basent sur le fait que les méthodes itératives éliminent rapidement
les hautes fréquences de l’erreur et que les parts de basses fréquences de l’erreur peuvent être
bien calculées sur des maillages grossiers. A partir d’un maillage initial fin, plusieurs niveaux
de grilles grossières sont définis sur tout le domaine (voir la figure 2.9). Des opérateurs de
prolongement et de restriction relient les différentes grilles jusqu’à la convergence de la solu-
tion sur le maillage initial fin. L’algorithme multi-grilles est une généralisation de l’algorithme
bi-grilles. L’algorithme bi-grilles consiste à effectuer itérativement jusqu’à convergence de
la solution fine quelques itérations de lissage sur le système à résoudre sur le maillage fin,
puis à restreindre sur le maillage grossier les résidus fins obtenus et utiliser cette restriction
comme correction du second membre du problème grossier. La solution exacte du problème
grossier est quant à elle ensuite prolongée sur le maillage fin pour corriger la solution fine.
L’opérateur de prolongement doit être la transposée de l’opérateur de restriction pour assurer
la convergence des méthodes multi-grilles.
Il est à noter que ce type de méthodes a été très étudié dans la litté-
rature (par exemple,[Lubrecht et al. 1987, Lebon 1995, Boersma & Wriggers 1997,
Wriggers & Boersma 1998, Lebon et al. 2007]) et a été notament utilisé pour la résolu-
tion de problèmes de contact avec ou sans frottement, qui feront l’objet du Chapitre 4.
Niveau 2
Niveau 0
Niveau 1
Niveau 1
Niveau 2 Niveau 0
Toutes les méthodes multi-grilles locales sont issus des travaux réputés de Brandt
[Brandt 1977] dans le cadre du développement des méthodes MLAT (Multi-Level Adaptive
Techniques). Les méthodes multi-grilles locales elles aussi consistent à résoudre un problème
sur plusieurs niveaux de grilles (voir la figure 2.10). Cependant, seul le maillage le plus gros-
sier recouvre le domaine initial de calcul. A partir de ce maillage grossier défini sur l’ensemble
du domaine, ces méthodes consistent à ajouter récursivement des niveaux locaux avec pas de
mailles de plus en plus fins dans des sous-domaines où la solution n’est pas suffisamment pré-
cise. Un processus multi-grille (voir la figure 2.11 comme exemple) relie les différents niveaux
2.2. Raffinement de maillage 37
Grille grossière
: Résolution
solution corrigée n’est pas suffisamment précise. L’opérateur de restriction est identique
à celui de la méthode LDC. L’opérateur de prolongement consiste en plus à définir
une estimation initiale de la solution fine à partir de l’interpolation de la solution
grossière. La méthode FMG locale ressemble donc beaucoup à la méthode LDC. La
seule différence réside dans le fait que les sous-niveaux FMG locaux ne sont ajoutés
qu’après convergence des solutions sur les niveaux précédents.
Grille fine
Grille grossière
: Résolution
• La méthode FAC (Fast Adaptive Composite), proposée par McCormick [McCormick 1984,
McCormick & Thomas 1986], introduit un problème composite intermédiaire entre
deux niveaux de grille. Le résidu calculé sur le maillage composite est utilisé pour
corriger à la fois le problème grossier et le problème fin. Cette méthode est souvent
utilisée avec une discrétisation par différences finies. L’analyse de convergence de cette
méthode a été étudiée dans [McCormick 1984, McCormick & Thomas 1986]. Les résul-
tats numériques (par exemple, [Hart et al. 1986, Thomas et al. 1986, Cai et al. 1995,
Ritter et al. 2010]) montrent l’efficacité de cette méthode qui est par ailleurs facilement
parallèlisable.
Il est à noter que la méthode FAC a été aussi appliquée à des problèmes de contact (voir
[Grego 1995]).
• Les estimateurs d’erreur basés sur le résidu de l’équation d’équilibre, introduits par
Babuška et Rheinboldt [Babuška & Rheinboldt 1978b].
• Les estimateurs d’erreur basés sur le lissage des contraintes, introduits par Zienkiewicz
et Zhu [Zienkiewicz & Zhu 1987].
Tous les estimateurs précédents reposent sur le fait que comme indiqué dans le paragraphe
2.1.3 en page 29, la solution approchée par la méthode des éléments finis n’est pas statique-
ment admissible.
Ladevèze [Ladevèze 1975] a proposé un estimateur basé sur l’erreur en relation de com-
portement. Il cherche alors à construire une solution statiquement admissible à partir de
la solution cinématiquement admissible obtenue par la méthode des éléments finis. Ce-
pendant, il n’y a pas de raison que cette nouvelle solution vérifie la loi de comporte-
ment. L’erreur a posteriori est alors définie comme l’erreur sur la relation de comporte-
ment de cette solution statiquement et cinématiquement admissible. Des résultats d’utili-
sation de cette méthode en 2D élastique pour les éléments finis P1 ont été publiés dans
[Ladevèze & Leguillon 1983, Ladevèze et al. 1986]. Dans [Ladevèze et al. 1991], Ladevèze a
étendu cette méthode à d’autres types d’éléments finis pour des problèmes élastiques en 2D.
Le point de départ du développement de la seconde famille d’estimateurs d’erreur, les esti-
mateurs d’erreur basés sur le résidu de l’équation d’équilibre, est que la solution éléments
finis ne vérifie pas localement l’équation d’équilibre (2.1.1). En se basant sur le calcul du
résidu de l’équation d’équilibre du problème mécanique linéaire 1D, Babuška et Rheinholdt
[Babuška & Rheinboldt 1978b] ont développé des techniques d’estimation d’erreur a poste-
riori qui permet d’approximer l’erreur sur chaque élément fini K en norme énergie.
Plus récemment, Zienkiewicz et Zhu [Zienkiewicz & Zhu 1987] ont développé une tech-
nique simple afin d’estimer l’erreur de discrétisation. Cette technique est basée sur le fait
que les contraintes obtenues par la méthodes des éléments finis sont discontinues entre
les éléments lorsque on utilise des éléments finis de Lagrange car uh est dans l’espace
H 1 tandis que σh est dans L2 . Les auteurs ont proposé de lisser les contraintes des élé-
ments finis pour obtenir des contraintes plus régulières et d’estimer l’erreur à partir de
la différence entre ces contraintes lissées et les contraintes obtenues par la méthode des
éléments finis. Ainsworth et al. [Ainsworth et al. 1989] ont montré que la solution lissée
converge vers la solution exacte si la solution exacte est suffisamment régulière. Plus tard,
la méthode SPR (Superconvergent Patch Recovery) a été proposée par Zienkiewicz et Zhu
[Zienkiewicz & Zhu 1992a, Zienkiewicz & Zhu 1992b]. Cette méthode consiste à construire
sur des patchs d’éléments le champ de contraintes lissées à partir de points dits "superconver-
gents".
La définition mathématique de ces estimateurs va être donnée dans les sections
2.3.3 à 2.3.5. Cependant, pour plus de détails, le lecteur peut aussi se reporter à
[Ladevèze & Pelle 2005, Ainsworth & Oden 1997, Gratsch & Bathe 2005, Verfürth 1999,
Ramm et al. 2003]. La relation entre les différents estimateurs a été étudiée par Zhu
[Zhu 1997]. Parmi les différentes familles d’estimateur, les estimateurs basés sur le lissage
des contraintes sont les plus utilisés.
40 Chapitre 2. Raffinement de maillage en mécanique des solides
L’estimateur d’erreur explicite est calculé directement à partir des résidus élémen-
taires de l’équation d’équilibre et des sauts des contraintes aux interfaces des éléments.
2.3. Estimateurs d’erreur a posteriori 41
Ces techniques d’estimation ont été proposées initialement par Babuška et Rheinboldt
[Babuška & Rheinboldt 1978a, Babuška & Rheinboldt 1981].
Par définition (cf. éq. (2.1.22)), euh satisfait :
D’après (2.1.11), on a :
(2.3.3)
On a ainsi
on a :
X Z X Z
a(euh , v) = a(euh , v − χh v) = R (v − χh v) dΩ + J(v − χh v)dΓ ∀v ∈ V 0
K∈Th K ∂K∈∂Th ∂K
(2.3.10)
On applique ensuite l’inégalité de Cauchy-Schwarz :
X X
a(euh , v) ≤ kRkL2 (K) kv − χh vkL2 (K) + kJkL2 (∂K) kv − χh vkL2 (∂K) (2.3.11)
K∈Th ∂K∈∂Th
Selon les résultats du théorème d’interpolation de Clément [Clément 1975], nous avons :
1
avec c = ( c33 max{c11 , c22 })2 .
c0
On a obtenu un estimateur d’erreur globale basé sur le résidu de l’équation d’équilibre :
X X
η2 = c h2K kRk2L2 (K) + hK kJk2L2 (∂K) (2.3.17)
K∈Th ∂K∈∂Th
L’indicateur d’erreur locale pour chaque élément ηK peut être calculé par :
n o
2
ηK = ch2K kRk2L2 (K) + chK kJk2L2 (∂K) (2.3.18)
et X
η2 = 2
ηK (2.3.19)
K∈Th
Du fait des difficultés de calcul de la constante c pour les estimateurs explicites, des esti-
mateurs d’erreur implicites ont été développés. Par la résolution d’un problème auxiliaire, les
estimateurs implicites permettent d’obtenir des informations plus précises que les estimateurs
explicites. Il existe deux types de méthodes : la méthode du résidu élémentaire et la méthode
du résidu par patch.
44 Chapitre 2. Raffinement de maillage en mécanique des solides
Les deux premiers termes sont entièrement calculables à partir de la solution éléments
finis. Par contre, le troisième terme est inconnu car on ne connaît pas la solution exacte σ|K .
Celle-ci est approchée par :
1
σ|K n ≈ (σh|K + σh|K ′ )n (2.3.23)
2
′
où σh|K ′ est la contrainte dans l’élément K adjacent à l’élément K.
Le problème local approché devient :
Trouver ζK ∈ VK tel que
Z Z
a(ζK , v)|K = (fh|K + divσh|K ) · v dΩ + (Fn|K − σh|K n) · vdΓ
K ∂K∩ΓN (2.3.24)
1
Z
+ (σh|K ′ n − σh|K n) · vdΓ ∀v ∈ VK
∂K\Γ 2
Après la résolution de (2.3.24) sur chaque élément K, l’erreur peut être estimée par :
X
keuh k2E ≈ 2
ηK avec ηK2
= kζK k2E (2.3.25)
K∈Ωh
où I = {1, ..., n0h } est l’ensemble des noeuds du maillage et Ni la fonction de forme associée
au noeud i . Cette condition de prolongement permet de prolonger σh en σSA .
Il y a deux étapes successives pour construire le champ statiquement admissible :
— construction du second membre élémentaire F̄K à partir de la solution éléments finis
pour chaque élément K.
— calcul des champs de contraintes admissibles par résolution des problèmes d’équilibre
locaux avec F̄K donnée.
Ce processus est maintenant décrit :
46 Chapitre 2. Raffinement de maillage en mécanique des solides
avec α un entier relatif défini sur chaque face de l’élément et valant +1 ou −1 et F̄K le second
membre recherché.
Les fonctions αF̄K et σSA|K satisfont l’équation d’équilibre au sens faible :
Z Z Z
σSA gradNi dΩ = αF̄K · Ni dΓ + f · Ni dΩ ∀K ∈ Th , ∀i ∈ I (2.3.28)
K ∂K K
On obtient :
Z Z Z
αF̄K · Ni dΓ = σh gradNi dΩ − f · Ni dΩ ∀K ∈ Th , ∀i ∈ I (2.3.30)
∂K K K
Z
On a donc la valeur de αF̄K · Ni dΓ pour les frontières ∂K connectées au noeud i.
∂K
On peut résoudre ce problème en utilisant la méthode des éléments finis en contraintes. Les
conditions aux limites sont alors des conditions de Dirichlet. On discrétise chaque élément de
la triangulation en sous éléments finis.
La solution (uCA , σSA ) est à la fois cinématiquement admissible et statiquement admissible,
mais elle n’a aucune raison de vérifier la loi de comportement.
On peut alors estimer l’erreur en relation de comportement par :
Les estimateurs basés sur le concept d’erreur en relation de comportement sont précis
avec des bornes garanties de l’erreur globale [Ladevèze & Pelle 2005]. Ces estimateurs ont
par exemple été appliqués à des modèles industriels : un modèle 2D de structure fissurée
[Pares et al. 2006, Ladevèze et al. 2010], un modèle 3D de plaque trouée en traction et un
modèle 3D de tête de réacteur [Pled et al. 2011] ... Par contre la construction de la solution
statiquement admissible est coûteuse.
Une méthode similaire mais basée sur le calcul direct des champs cinématiquement et
statiquement admissibles a aussi été étudiée par plusieurs auteurs [Coorevits et al. 2000,
Bellenger & Coorevits 2005, Kuss & Lebon 2011] pour les problèmes élastiques.
2.3. Estimateurs d’erreur a posteriori 47
Méthode de projection :
La méthode de projection proposée dans [Zienkiewicz & Zhu 1987] consiste à construire σ̄ ∗
au sens des moindres carrés à partir de σh .
σ̄ ∗ doit minimiser Z
J(σ̄ ) = (N · σ̄ ∗ − σh )2 dΩ
∗
(2.3.34)
Ω
La minimisation donne : Z
N T · (N · σ̄ ∗ − σh ) dΩ = 0 (2.3.35)
Ω
D’où :
Z
∗ −1
σ̄ = A · N T · σh dΩ (2.3.36)
Ω
Z
avec A = NT · N d Ω
Ω
Cet estimateur d’erreur est simple à mettre en oeuvre et moins coûteux que les autres
estimateurs. Ainsworth et al. [Ainsworth et al. 1989] ont montré que cette méthode est très
efficace. Même quand il existe des singularités, ce type d’estimateur fonctionne bien. Il a
été implémenté dans plusieurs codes industriels comme Abaqus [Dassault_Systèmes 2016] ,
Cast3M [CAST3M 2016] et Code_Aster [Code_Aster 2016].
Un patch est centré sur un noeud du maillage et contient un ensemble de points super-
convergents (voir figure 2.14). Sur chaque patch ω, la méthode SPR consiste à écrire les
contraintes au noeud comme une expansion polynomiale :
σ̄ ∗ = P · a (2.3.37)
On cherche à minimiser sur chaque patch (au sens des moindres carrés) :
nX
SP R
où (xi , yi ) sont des coordonnées des points superconvergents, et nSP R le nombre de points
superconvergents.
La minimisation de (2.3.38) implique que a satisfasse (équation normale) :
nX
SP R nX
SP R
Ce type d’estimateur est simple à mettre en œuvre. Il est largement étudié et appliqué
à la méthode des éléments finis. Bouillard et al. [Bouillard et al. 1996] ont utilisé ce type
d’estimateur dans le domaine acoustique. Wriggers et Scherf [Wriggers & Scherf 1998] l’ont
appliqué au problème de contact sans frottement. L’étude dans le cadre de la simulation de
forgeage a été réalisée par Boussetta et al. [Boussetta et al. 2006].
Bilan du chapitre
A partir du problème modèle élastostatique linéaire, nous avons présenté les deux princi-
pales familles de méthodes de raffinement local et les trois principales familles d’estimateurs
d’erreur a posteriori.
Dans notre contexte d’étude, nous souhaitons utiliser une méthode de raffinement
de maillage permettant de considérer le solveur comme une "boîte noire". Les méthodes
de raffinement de type multi-grilles locales sont ainsi choisies. Les travaux précédents
[Barbié 2013, Barbié et al. 2014, Barbié et al. 2015] ont montré les performances de la mé-
thode LDC. Nous continuerons d’utiliser cette méthode dans ce mémoire. Afin de détecter
automatiquement les zones du maillage à raffiner, nous décidons de combiner la méthode
LDC avec un estimateur d’erreur a posteriori. Nous choisissons d’utiliser l’estimateur d’erreur
a posteriori de Zienkiewicz et Zhu (ZZ) [Zienkiewicz & Zhu 1987] en raison de sa simplicité
de mise en oeuvre, de sa rapidité et de son efficacité démontrée dans la littérature.
Chapitre 3
Sommaire
3.1 Méthode “Local defect correction” . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.1.1 Formulation de la méthode LDC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
3.1.2 Application la méthode LDC dans le cadre de la méthode des éléments finis 57
3.2 Combinaison de la méthode LDC et de l’estimateur ZZ . . . . . . . . . . . . . 60
3.3 Présentation des cas tests 2D issus de la simulation de l’IPG . . . . . . . . . . 63
3.3.1 Mise en diabolo : cas 2D(r,z) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
3.3.2 Fissuration de la pastille : cas 2D(r,θ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
3.4 Résultats numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
3.4.1 Choix numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
3.4.2 Erreur relative en norme énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
3.4.3 Erreur absolue en norme infinie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
3.1. Méthode “Local defect correction” 53
Niveau 2
Grille fine Gl∗
Niveau 1
Grille grossière G0
Solution convergée
F I G U R E 3.1 – Exemple de
maillages locaux fins hiérar- F I G U R E 3.2 – Représentation du processus multi-grille lo-
chiques cal pour 4 niveaux de grilles [Barbié 2013]
application à la méthode des éléments finis. Nous nous inspirons des travaux de Hackbush
[Hackbusch 1984], de [Link] et al. [Khadra et al. 1996] et de L. Barbié [Barbié 2013].
On discrétise chaque domaine Ωl sur grille Gl de taille de maille hl avec hl < hl−1 et de
frontière Γl = ΓD,l ∪ ΓN,l . La solution approchée ul sur Gl est la solution du problème noté
(Pl ) :
(Pl ) : Ll ul = fl + gl dans Gl (3.1.3)
Notons que par soucis de clarté, les illustrations sont présentées sur des maillages
hiérarchiques avec un rapport de raffinement égal à 2. Cependant, la méthode LDC
est très générique, et les sous-grilles locales ne sont pas forcément hiérarchiques (voir
[Nefedov & Mattheij 2002]).
[Link] Initialisation
Nous notons fl0 la discrétisation sur Gl du second membre f|Ωl du problème continu. La
solution grossière initiale u00 est obtenue en résolvant le problème (P00 ) défini sur tout le
domaine avec une grille G0 .
Gl
Conditions aux limites de Dirichlet
obenues par prolongation
Gl−1
Une fois que les conditions aux limites sur la grille Gl sont définies, la solution ukl est
calculée en résolvant le problème (Plk ).
56 Chapitre 3. Stratégie de raffinement automatique de maillage
La solution ukl , k ≥ 1, l∗ > l ≥ 0 est corrigée via un résidu calculé à partir de la solution
du niveau immédiatement plus fin ukl+1 . Les conditions aux limites définies durant l’étape de
prolongement précédente sont conservées afin de résoudre le nouveau problème (Plk ).
Deux ensembles de noeuds de Gl doivent être définis (voir figure 3.4 et
[Hackbusch 1984]). On introduit Al l’ensemble des noeuds de Gl strictement inclus dans
Gl+1 , et Ål l’ensemble des noeuds Al ne faisant intervenir que des noeuds de Al ∪ (Γl ∩ Γ)
dans le schéma de discrétisation.
Tout d’abord, on restreint la solution ukl+1 sur l’ensemble des noeuds de Al :
Remarque : L’équation (3.1.8) suppose que la résolution du problème fin soit suffisamment
précise. Dans ce cas, la restriction du résidu du problème fin r̂lk = R̂l+1
l
(Ll+1 (ukl+1 )−fl+1
k k
−gl+1 )
l
(où R̂l+1 est un opérateur de restriction basé sur la conservation des forces) est négligeable
devant rlk :
kr̂lk k ≪ krlk k (3.1.10)
Les étapes [Link] à [Link] conduisent à l’algorithme LDC multi-niveaux décrit dans
l’algorithme 1 en page 58.
où [Kl ] est la matrice de rigidité calculée sur la grille Gl , [Flk ] est la matrice des forces
externes volumiques, [Gl ]Γl ∩ΓN est la matrice des forces externes surfaciques (conditions de
Neumann), notée [Gl ] dans la suite, [Hl ] est la matrice de discrétisation des conditions aux
k
limites de Dirichlet, [Ul,D ]Γl \Γ est la matrice des valeurs de Dirichlet interpolées sur la frontière
k
fictive Γl \Γ, notée [Ul,D ] dans la suite, et [Ul,D ]Γl ∩ΓD est la matrice des valeurs de Dirichlet
provenant des conditions aux limites naturelles, notée [Ul,D ] dans la suite.
L’algorithme 2 en page 59 décrit la méthode LDC dans ce cas.
Remarque : Sur le niveau le plus grossier, k=0, seuls les efforts volumiques F0k vont varier
au cours des itérations (invariance des conditions aux limites).
58 Chapitre 3. Stratégie de raffinement automatique de maillage
ukΓl \Γ = (Pl−1
l
ukl−1 )|Γl \Γ
k l k
[Ul,D ] = [Pl−1 ][Ul−1 ] sur Γl \Γ
Calcul de [Ulk ];
(
[Kl ][Ulk ] = [Flk−1 ] + [Gl ]
[Hl ][Ulk ] = [Ul,D
k
] + [Ul,D ] sur ΓD,l
fin
/*Restriction : Correction sur les grilles grossières*/;
pour l = l∗ − 1 à 0 faire
k
Restriction de la solution fine [Ul+1 ] sur Al
[Ũlk ] = [Rl+1
l k
][Ul+1 ] sur Al
fin
fin
60 Chapitre 3. Stratégie de raffinement automatique de maillage
kuk0 − uk−1
0 kL2 (Ω)
≤δ (3.2.2)
kuk0 kL2 (Ω)
La méthode LDC converge souvent très vite. Typiquement, pour δ = 10−5 , moins de quatre
itérations sont nécessaires pour que la solution converge.
Sl
S0
Se
Algorithme 3 : Algorithme LDC appliquée à la méthode des éléments finis couplée avec
l’estimateur d’erreur
Initialisation : Calcul de la solution [U00 ] ;
(
[K0 ][U00 ] = [F00 ] + [G0 ]
[H0 ][U00 ] = [U0,D ] sur ΓD,0
Calcul de [Ulk ] (
[Kl ][Ulk ] = [Flk−1 ] + [Gl ]
[Hl ][Ulk ] = [Ul,D
k
] + [Ul,D ] sur ΓD,l
fin
/*Étape de restriction*/;
pour l = l∗ − 1 à 0 faire
k
Restriction de la solution fine [Ul+1 ] sur Al
[Ũlk ] = [Rl+1
l k
][Ul+1 ] sur Al
fin
fin
3.3. Présentation des cas tests 2D issus de la simulation de l’IPG 63
Conditions de symétrie
(Relation d’ensemble)
0.6 mm
Plan Médian-Pastille
Pression externe
6.15 mm
constante (15.5MPa)
Pic de pression
0.6 mm
due à la forme de
diabolo (150MPa) Plan Inter-Pastille
Conditions de symétrie
Ce cas test a une géométrie très simple : des maillages réguliers structurés uniformes
peuvent parfaitement représenter le domaine d’étude.
Comme il n’existe pas de solution analytique pour ce cas test, nous utilisons une solution
64 Chapitre 3. Stratégie de raffinement automatique de maillage
obtenue avec un maillage très fin (maillage uniforme avec un pas de maille d’environ 2 µm et
1053801 nœuds en total ) comme solution de référence.
métrie
de sy
itions o
Cond 22,5
Pression externe
Pression interne constante (15.5MPa)
constante (80MPa)
Discontinuité de
pression (0MPa) 8 µm
R = 4,2 mm 600 µm
Conditions de symétrie
Pour ce cas test, une solution analytique a été proposée par Roberts [Roberts 1978]. Ce-
pendant, cette solution est exprimée sous la forme d’une série Fourier et le nombre de termes
requis afin d’obtenir une solution assez précise devient très vite prohibitif. Comme pour le
cas test 2D(r,z), on utilise une solution obtenue avec un maillage très fin (maillage quasi-
uniforme avec un pas de maille d’environ 1 µm et 260365 nœuds en total) comme solution
de référence.
logiciel Cast3M [CAST3M 2016] a été utilisé ici. Nous choisissons d’utiliser des éléments Q1
de Lagrange standard car le logiciel Cast3M ne traite pas correctement le problème de contact
avec des éléments supérieurs à 1 même pour les éléments Pk .
Les éléments finis Q1 permettent théoriquement d’atteindre une convergence d’ordre 2 en
norme L2 (cf. section 2.1.4). Cependant, l’approximation à l’ordre 1 de la discontinuité de
pression par le maillage conduit notre schéma de discrétisation à être du premier ordre
[Ramière 2008, Barbié et al. 2014]. Des opérateurs de prolongement et de restriction d’ordre
1 sont suffisants. Nous choisissons d’utiliser comme opérateur de prolongement l’interpolateur
bilinéaire et comme opérateur de restriction une restriction canonique (car on utilise des
maillage hiérarchiques).
À chaque étape, nous résolvons les problèmes par un solveur direct. À la première prolonga-
tion, la factorisation de la matrice de rigidité est conservée pour les résolutions des ∧-cycles
suivants. Pour les problèmes linéaires, seuls les temps de résolutions de la première étape de
prolongment sont donc coûteux.
Les calculs sont effectués sur un ordinateur avec 8 processeurs de Intel Core i7-4790 et un
espace de mémoire de 8 Gigabytes.
Nous commençons par étudier les résultats obtenus lorsque l’erreur choisie dans le cri-
tère (3.2.1) est l’erreur relative et la norme est la norme énergie.
L’erreur relative en norme énergie pour l’élément K donnée par l’estimateur ZZ peut être
exprimée sous la forme suivante :
∗ 1/2
− σh ) : (ε∗ − εh ) dK
R
K (σ
keK kE = R
∗ ∗
(3.4.1)
K σ : ε dK
où σh représente les contraintes calculées par la méthode des éléments finis, σ ∗ les contraintes
lissées, C le tenseur d’élasticité et ε = C −1 σ, ε∗ = C −1 σ ∗ .
On peut démontrer que lorsque la génération des sous-niveaux s’arrête grâce au critère
keK kE ≤ β avec β seuil d’erreur alors l’erreur keΩ kE est également inférieure au seuil, avec
keΩ kE l’erreur sur le maillage composite (réunion des sous-niveaux) .
∗ 1/2
− σh ) : (ε∗ − εh ) dK
R
K (σ
keK kE = R
∗ ∗
≤β
K σ : ε dK
∗ σ ) : (ε∗ − εh ) dK
R
K (σ −R h
⇐⇒ ∗ : ε∗ dK
≤ β2
K σ
Z Z
⇐⇒ ∗ ∗ 2
(σ − σh ) : (ε − εh ) dK ≤ β ( σ ∗ : ε∗ dK)
K K
66 Chapitre 3. Stratégie de raffinement automatique de maillage
avec Ωl∗ +1 = ∅.
On a donc :
∗ +1
1/2
lX X Z
(σ ∗ − σh ) : (ε∗ − εh ) dK
K⊂Ωl−1 \Ωl K
l=1
keΩ kE = ∗
≤β (3.4.2)
lX +1 X Z
∗ ∗
σ : ε dK
l=1 K⊂Ωl−1 \Ωl K
Ainsi, les erreurs composites entre la solution de la méthode LDC et la solution de référence
à la fin du calcul (après convergence des ∧-cycles) nous permettrons de vérifier si l’estimateur
ZZ est un bon estimateur (i.e. s’il estime bien keK kE ).
Nous appliquons la stratégie de couplage LDC-ZZ présentée dans la section 3.2 au cas test
2D(r,z).
On utilise un rapport de raffinement égal à 2. Les sous-grilles générées à partir d’un
maillage initial de pas 164 µm, pour un seuil d’erreur β fixé à 1% et un critère d’arrêt de 10
éléments minimaux sont présentées sur la figure 3.8. A partir du calcul sur le maillage initial,
on estime les erreurs relatives sur chaque élément avec l’estimateur ZZ. Nous choisissons
alors les éléments possédant une erreur supérieure au seuil de 1% (éléments en vert) pour
générer un sous-niveau. Nous ajoutons ainsi récursivement des sous-niveaux jusqu’à atteindre
le critère d’arrêt. Ces premiers résultats semblent très satisfaisants puisque les sous-grilles se
localisent automatiquement autour de la zone de discontinuité de pression. On peut en effet
penser que c’est dans cette zone qu’il est nécessaire d’avoir un maillage assez fin pour avoir
une solution précise.
F I G U R E 3.8 – Génération des sous-niveaux · Cas test 2D(r,z) · Maillage initial de pas 164 µm
et seuil d’erreur relative en norme énergie des contraintes β est fixé à 1% · Critère d’arrêt : 10
éléments. Pour chaque niveau de maillage, les erreurs élémentaires estimées sont présentées
à gauche et les mailles en vert présentés à droite sont les éléments à raffiner.
Nous remarquons que pour certains seuils, les maillages sont complètement raffinés. Dans ce
cas, les maillages totalement raffinés deviennent alors le nouveau maillage de départ.
La première conclusion qui peut être tirée du tableau 3.1 est que la génération des sous-
niveaux s’arrête automatiquement pour le nombre minimal d’éléments choisi. Quelque soit le
maillage de départ, les zones raffinées sont les mêmes (taille et nombre d’éléments) pour un
seuil fixé. Il montre aussi l’efficacité de la méthode LDC. En effet, quelque soit le maillage de
départ, on obtient le même niveau d’erreur pour un pas de sous-niveau le plus fin équivalent.
Les erreurs diminuent rapidement en ajoutant des sous-niveaux locaux avec un nombre limité
de degrés de liberté. Il semble donc plus intéressant en terme de nombre de nœuds de com-
mencer avec un maillage grossier et d’ajouter des sous-niveaux locaux que de commencer avec
un maillage très fin. La seconde conclusion que l’on peut tirer est que la stratégie proposée
fonctionne bien : à la fin des calculs, les erreurs relatives obtenues sont inférieures aux seuils
demandés. De plus, chaque sous-niveau généré (excepté pour le maillage hi/8) est généra-
lement nécessaire pour que l’erreur reste inférieure au seuil demandé. Ce cas test présente
une géométrie simple avec petit nombre de degrés de liberté sur laquelle des maillages réglés
uniformes peuvent être appliqués. Les temps d’exécution restent très faibles même quand on
rajoute des sous-niveaux. Les temps de calculs pour les trois premiers maillages initiaux sont
comparables. Par contre, les temps pour le maillage de départ de hi/8 sont plus élevés. La
tendance qui se dégage en terme de temps de calcul est qu’il y a donc un compromis à trouver
68 Chapitre 3. Stratégie de raffinement automatique de maillage
Seuil d’erreur β
Maillage de départ 5% 2% 1%
nombre de sous-niveaux : 1 2 4
nombre de noeuds par niveau : 125/99 125/315/697 125/441/1105/2343/247
hi
erreur relative : 4,84% 2,11% 0,653%
temps de calcul : 0.1 s 0.3 s 1.2 s
nombre de sous-niveaux : 0 1 3
nombre de noeuds par niveau : 441 441/697 441/1105/2343/247
hi/2
erreur relative : 4,20% 2,01% 0,653%
temps de calcul : 0.03 s 0.3 s 1.2 s
nombre de sous-niveaux : 0 0 2
nombre de noeuds par niveau : 1649 1649 1649/2343/247
hi/4
erreur relative : 1,92% 1,92% 0,550%
temps de calcul : 0.2 s 0.2 s 1.3 s
nombre de sous-niveaux : 0 0 1
nombre de noeuds par niveau : 6369 6369 6369/247
hi/8
erreur relative : 0,757% 0,757% 0,443%
temps de calcul : 1.7 s 1.7 s 3.0 s
Tableau 3.1 – Cas test 2D(r,z) pour différents pas de maillages de départ et différents seuils
fixés avec la formule (3.4.1) · hi=328 µm · Critère d’arrêt : 10 éléments
SCAL SCAL
< 3.54E−02 < 9.18E−02
> 6.88E−03 > 7.22E−03
9.00E−02 9.00E−02
8.00E−02 8.00E−02
7.00E−02 7.00E−02
6.00E−02 6.00E−02
5.00E−02 5.00E−02
4.00E−02 4.00E−02
3.00E−02 3.00E−02
2.00E−02 2.00E−02
1.00E−02 1.00E−02
8.20E−03 8.20E−03
6.40E−03 6.40E−03
4.60E−03 4.60E−03
2.80E−03 2.80E−03
1.00E−03 1.00E−03
F I G U R E 3.9 – Comparaison entre les erreurs estimées et les erreurs calculées par rapport à la
solution de référence · Cas test 2D(r,z) · Pas de maillage 164 µm.
70 Chapitre 3. Stratégie de raffinement automatique de maillage
Cast3M, Code_Aster, Catia, Abaqus etc. Nous testons les mêmes seuils et les mêmes maillages
de départ avec cette formule d’erreur (3.4.3). Les résultats sont présentés dans le tableau 3.2.
Seuil d’erreur β
Maillage de départ 5% 2% 1%
nombre de sous-niveaux : 1 2 4
nombre de noeuds par niveau : 125/99 125/315/697 125/441/1105/2343/247
hi
erreur relative : 4,84% 2,11% 0,653%
temps de calcul : 0.1 s 0.3 s 1.2 s
nombre de sous-niveaux : 0 1 3
nombre de noeuds par niveau : 441 441/697 441/1105/2343/247
hi/2
erreur relative : 4,20% 2.01% 0,653%
temps de calcul : 0.03 s 0.3 s 1.2 s
nombre de sous-niveaux : 0 0 2
nombre de noeuds par niveau : 1649 1649 1649/2343/247
hi/4
erreur relative : 1,92% 1,92% 0,550%
temps de calcul : 0.2 s 0.2 s 1.3 s
nombre de sous-niveaux : 0 0 1
nombre de noeuds par niveau : 6369 6369 6369/247
hi/8
erreur relative : 0,757% 0,757% 0,443%
temps de calcul : 1.7s s 1.7 s 3.0 s
Tableau 3.2 – Cas test 2D(r,z) pour différents pas de maillages de départ et seuils fixés avec la
formule (3.4.3) · hi=328 µm · Critère d’arrêt : 10 éléments
On remarque que les résultats sont similaires à ceux obtenus avec la formule (3.4.1). Les
deux formules sont donc équivalentes pour nos cas test. Dans la suite, la formule (3.4.3) sera
utilisée pour rester compatible avec codes industriels.
Les tableaux 3.1 et 3.2 montrent que l’application au cas test 2D(r,z) de la stratégie de
raffinement LDC-ZZ est prometteuse. Cependant, nous avons utilisé le critère d’arrêt basé
sur un nombre d’éléments arbitraire qu’il est difficile de déterminer à priori. La génération
des sous-niveaux peut ne pas s’arrêter pour un autre nombre d’éléments choisi et ce nombre
d’éléments varie en fonction du cas test.
Seuil d’erreur β
Maillage de départ 5% 2% 1%
nombre de sous-niveaux : 1 2 3
nombre de noeuds par niveau : 125/99 125/315/697 125/441/1105/1155
hi
erreur relative : 4,84% 2,11% 0,969%
temps de calcul : 0.1 s 0.3 s 0.7 s
nombre de sous-niveaux : 0 1 2
nombre de noeuds par niveau : 441 441/697 441/1105/2343
hi/2
erreur relative : 4,20% 2.01% 0,899%
temps de calcul : 0.03 s 0.2 s 0.8s
nombre de sous-niveaux : 0 1 2
nombre de noeuds par niveau : 1649 1649/117 1649/2343/247
hi/4
erreur relative : 1,92% 1,01% 0,550%
temps de calcul : 0.2 s 0.3 s 1.3 s
nombre de sous-niveaux : 0 0 2
nombre de noeuds par niveau : 6369 6369 6369/247/165
hi/8
erreur relative : 0,757% 0,757% 0,440%
temps de calcul : 1.7 s 1.7 s 3.2 s
Tableau 3.3 – Cas test 2D(r,z) pour différents pas de maillages de départ et seuils fixés avec la
formule (3.4.3) · hi=328 µm · Critère d’arrêt : mesure inférieure à un élément du maillage
de départ
Quand la taille de maille initiale est petite, cette stratégie conduit à générer des sous-niveaux
non nécessaires (cf. pas de maillage de départ hi/8).
Nous allons tester le critère d’arrêt basé sur le ratio de surface de la zone à raffiner du
domaine de départ. Ici, nous choisissons 0,5% de la mesure du domaine de départ comme
critère d’arrêt. Les résultats sont présentés dans le tableau 3.4. Ces résultats sont satisfaisants.
En effet, ce critère permet d’arrêter la génération des sous-niveaux indépendamment de la
taille de maille initiale. Le nombre de sous-niveaux ajoutés est suffisant pour assurer que
les erreurs relatives obtenues sont inférieures aux seuils demandés. Cependant, il conduit à
générer un sous-niveau de plus que nécessaire pour les calculs avec le seuil β = 1%
Seuil d’erreur β
Maillage de départ 5% 2% 1%
nombre de sous-niveaux : 1 3 4
nombre de noeuds par niveau : 125/99 125/315/697/117 125/441/1105/2343/247
hi
erreur relative : 4,84% 1,34% 0,653%
temps de calcul : 0.1 s 0.3 s 1.2 s
nombre de sous-niveaux : 0 2 3
nombre de noeuds par niveau : 441 441/697/117 441/1105/2343/247
hi/2
erreur relative : 4,20% 1,17% 0,653%
temps de calcul : 0.04 s 0.3 s 1.2 s
nombre de sous-niveaux : 0 1 2
nombre de noeuds par niveau : 1649 1649/117 1649/2343/247
hi/4
erreur relative : 1,92% 1,02% 0,550%
temps de calcul : 0.1 s 0.2 s 1.3 s
nombre de sous-niveaux : 0 0 1
nombre de noeuds par niveau : 6369 6369 6369/247
hi/8
erreur relative : 0,757% 0,757% 0,443%
temps de calcul : 1.7 s 1.7 s 3.0 s
Tableau 3.4 – Cas test 2D(r,z) pour différents pas de maillages de départ et seuils fixés avec
la formule (3.4.3) · hi=328 µm · Critère d’arrêt : mesure inférieure à 0,5% de la mesure du
domaine initial
Grille grossière G0
Solution convergée
Seuil d’erreur β
Maillage de départ 5% 2% 1%
nombre de sous-niveaux : 0 1 2
nombre de noeuds par niveau : 125 125/315 125/441/1105
hi erreur relative estimée : 3,83% 1,99% 0,986%
erreur relative : 8,52% 4,25% 1,95%
temps de calcul : 0.01 s 0.2 s 0.4 s
nombre de sous-niveaux : 0 0 1
nombre de noeuds par niveau : 441 441 441/1105
hi/2 erreur relative estimée : 1,89% 1,89% 0,986%
erreur relative : 4,20% 4,20% 1,95%
temps de calcul : 0.03 s 0.03 s 0.2 s
nombre de sous-niveaux : 0 0 0
nombre de noeuds par niveau : 1649 1649 1649
hi/4 erreur relative estimée : 0,924% 0.924% 0,924%
erreur relative : 1,92% 1,92% 1,92%
temps de calcul : 0.2 s 0.2 s 0.2 s
nombre de sous-niveaux : 0 0 0
nombre de noeuds par niveau : 6369 6369 6369
hi/8 erreur relative estimée : 0,455% 0,455% 0,445%
erreur relative : 0,757% 0,757% 0,757%
temps de calcul : 1.7 s 1.7 s 1.7 s
Tableau 3.5 – Cas test 2D(r,z) pour différents pas de maillages de départ et seuils fixés avec
l’algorithme FMG local · hi =328 µm · Critère d’arrêt : erreur composite estimée inférieure au
seuil
étape de prolongement et donc à partir de solutions non convergées, nous nous demandons si
une procédure de détection du deuxième niveau après convergence sur le premier sous-niveau
(convergence du ∧-cycle bi-grille) peut améliorer la stratégie proposée.
En comparant les erreurs estimées sur le premier sous-niveau après convergence du cycle
bi-grille (cf. figure 3.11a) et celles estimées sur la solution non convergée à la première étape
de prolongement (cf. figure 3.11b), nous pouvons conclure que les zones détectées restent
toujours les mêmes. Le processus FMG ne permet donc pas vraiment d’améliorer la stratégie
LDC-ZZ proposée.
Conclusion
Nous avons appliqué plusieurs stratégies de génération de sous-niveaux au cas test 2D(r,z).
La stratégie de raffinement LDC-ZZ et les critères d’arrêt proposés permettent tous de générer
des sous-niveaux et de stopper la génération de façon automatique. À la fin des calculs, les
erreurs par rapport à la solution de référence sont généralement inférieures aux seuils. La
stratégie basée sur l’algorithme FMG local ne permet pas d’améliorer les solutions obtenues
74 Chapitre 3. Stratégie de raffinement automatique de maillage
SCAL SCAL
> 2.56E−03 > 2.56E−03
< 2.45E−02 < 2.44E−02
2.43E−02 2.42E−02
2.32E−02 2.32E−02
2.22E−02 2.22E−02
2.12E−02 2.11E−02
2.01E−02 2.01E−02
1.91E−02 1.90E−02
1.80E−02 1.80E−02
1.70E−02 1.70E−02
1.59E−02 1.59E−02
1.49E−02 1.49E−02
1.39E−02 1.38E−02
1.28E−02 1.28E−02
1.18E−02 1.18E−02
1.07E−02 1.07E−02
9.69E−03 9.67E−03
8.65E−03 8.63E−03
7.60E−03 7.59E−03
6.56E−03 6.55E−03
5.52E−03 5.51E−03
4.48E−03 4.47E−03
3.43E−03 3.43E−03
Pour aider à faire un choix entre les critères d’arrêt indépendant du problème, nous testons
les différents critères d’arrêt de génération des sous-niveaux sur le cas test 2D(r,θ). Les résul-
3.4. Résultats numériques 75
tats sont présentés dans le tableau 3.6 pour le critère en nombre d’élément (ici, le nombre
optimal semble être 7), dans le tableau 3.7 pour le critère géométrique de la mesure d’un
élément du maillage de départ et dans le tableau 3.8 pour le critère géométrique de du ratio
de la mesure du domaine initial.
Seuil d’erreur β
Maillage de départ 5% 2% 1%
nombre de sous-niveaux : 0 0 2
nombre de noeuds par niveau : 231 231 231/861/121
hi
erreur relative : 7,05% 7,05% 1,27%
temps de calcul : 0.01 s 0.01 s 0.3 s
nombre de sous-niveaux : 0 0 1
nombre de noeuds par niveau : 861 861 861/121
hi/2
erreur relative : 3,19% 3,19% 1,27%
temps de calcul : 0.08 s 0.08 s 0.1 s
nombre de sous-niveaux : 0 0 0
nombre de noeuds par niveau : 3321 3321 3321
hi/4
erreur relative : 1,22% 1,22% 1,22%
temps de calcul : 0.5 s 0.5 s 0.5 s
Tableau 3.6 – Cas test 2D(r,θ) pour différents pas de maillages de départ et seuils fixés avec
la formule (3.4.3) · hi=109 µm · Critère d’arrêt : 7 éléments
Seuil d’erreur β
Maillage de départ 5% 2% 1%
nombre de sous-niveaux : 0 1 2
nombre de noeuds par niveau : 231 231/81 231/861/121
hi
erreur relative : 7,05% 3,26 % 1,27%
temps de calcul : 0.03 s 0.1 s 0.3 s
nombre de sous-niveaux : 0 1 2
nombre de noeuds par niveau : 861 861/81 861/121/121
hi/2
erreur relative : 3,19 % 1,27% 0,462%
temps de calcul : 0.07 s 0.2 s 0.3 s
nombre de sous-niveaux : 0 1 2
nombre de noeuds par niveau : 3321 3321/81 3321/121/121
hi/4
erreur relative : 1,22% 0,294% 0,289%
temps de calcul : 0.8 s 1.0 s 1.2 s
Tableau 3.7 – Cas test 2D(r,θ) pour différents pas de maillages de départ et seuils fixés avec
la formule (3.4.3) · hi=109 µm · Critère d’arrêt : mesure inférieure à un élément de maillage
de départ
76 Chapitre 3. Stratégie de raffinement automatique de maillage
Seuil d’erreur β
Maillage de départ 5% 2% 1%
nombre de sous-niveaux : 0 2 3
nombre de noeuds par niveau : 231 231/99/81 231/861/121/121
hi
erreur relative : 7,05% 1,48 % 0,464%
temps de calcul : 0.02 s 0.02 s 0.4 s
nombre de sous-niveaux : 0 1 2
nombre de noeuds par niveau : 861 861/81 861/121/121
hi/2
erreur relative : 3,19 % 1,27% 0,462%
temps de calcul : 0.07 s 0.08 s 0.5 s
nombre de sous-niveaux : 0 0 1
nombre de noeuds par niveau : 3321 3321 3321/121
hi/4
erreur relative : 1,22% 1,22% 0,296%
temps de calcul : 0.6 s 0.6 s 1.0 s
Tableau 3.8 – Cas test 2D(r,θ) pour différents pas de maillages de départ et seuils fixés avec
la formule (3.4.3) · hi=109 µm · Critère d’arrêt : mesure inférieure 0,5% de la mesure du
domaine initial
Les résultats montrent que la génération des sous-niveaux s’arrête bien automatiquement
dans tous les cas. La combinaison LDC-ZZ fonctionne bien ici aussi puisqu’à la fin des calculs,
les erreurs obtenues sont généralement inférieures aux seuils fixés. Le nombre d’éléments
minimal pour arrêter la génération de sous-niveaux a été difficile à définir pour le critère d’ar-
rêt en nombre d’élément. En effet, le cas test 2D(r,θ) est plus sensible au nombre d’éléments
minimal que le cas test 2D(r,z). Pour le maillage de départ de hi, il a 3 éléments possédant une
erreur supérieure à 2%. Afin qu’un sous-niveaux soit ajouté, le nombre minimal d’élément doit
être inférieur à 3. Cependant, pour le seuil à 1%, la génération de sous-niveaux ne s’arrête
pas si le nombre minimal d’élément est inférieur à 7. Le deuxième critère améliore la stratégie
pour les maillages de départ avec hi et hi/2 mais on voit bien ici que ça conduit à raffiner
inutilement pour hi/4. Ce critère d’arrêt n’est pas non plus optimal. Les résultats 3.8 montrent
que le critère géométrique basé sur le rapport de mesure par rapport au domaine initial est le
meilleur pour ce cas test. Chaque sous-niveau généré semble être nécessaire pour que l’erreur
de la solution LDC par rapport à la solution de référence reste inférieure au seuil.
Les résultats obtenus pour le maillage le plus grossier (avec le pas de maillage hi = 109µm)
ne sont pas aussi bons qu’attendu pour les deux premiers seuils (5% et 2%), surtout pour
les deux premiers critères d’arrêt. En vue d’en trouver la raison, l’erreur relative estimée par
l’estimateur de Zienkiewicz et Zhu et l’erreur relative par rapport à la solution de référence
sont comparées dans la figure 3.12. La figure 3.12 montre que l’erreur la plus importante
par rapport à la solution de référence est située autour du coin en bas à droite du maillage.
Ceci est dû à la mauvaise approximation des conditions aux limites du fait du maillage trop
grossier. Ce type d’erreur ne peut pas être détecté par l’estimateur ZZ qui est basé sur le lissage
de la solution. Si la solution est lisse mais fausse, l’estimateur ZZ ne peut pas la détecter. Dans
3.4. Résultats numériques 77
0.15 0.15
0.13 0.13
0.11 0.11
9.00E−02 9.00E−02
7.00E−02 7.00E−02
5.00E−02 5.00E−02
3.00E−02 3.00E−02
2.60E−02 2.60E−02
2.20E−02 2.20E−02
1.80E−02 1.80E−02
1.40E−02 1.40E−02
1.00E−02 1.00E−02
[Link] Bilan
Nous avons appliqué la stratégie de raffinement et les critères d’arrêt proposés pour les
deux cas tests 2D(r,z) et 2D(r, θ). Nous avons comparé la stratégie proposée de couplage
LDC-ZZ et la stratégie basée sur l’algorithme FMG local. En raison de la sous-estimation de
l’estimateur ZZ, la stratégie de couplage FMG local-ZZ fonctionne moins bien que la stratégie
de couplage LDC-ZZ. Les résultats de la stratégie de couplage LDC-ZZ sont satisfaisants : les
sous-niveaux sont ajoutés automatiquement dans les zones d’intérêt, les erreurs de solutions
diminuent rapidement par ajout de sous-niveaux, les erreurs sont de même niveau pour
des maillages les plus fins équivalents. Parmi les trois critères d’arrêt permettant stopper
automatiquement la génération de sous-niveaux, le critère d’arrêt basé sur le ratio de surface
de la zone à raffiner vis-à-vis du domaine de départ semble être le plus optimal. Dans la suite,
nous allons tester cette stratégie pour un critère de détection basé sur l’erreur absolue en
norme infinie.
Dans le cadre de la modélisation de l’IPG, l’erreur absolue en norme infinie sur les
contraintes est souvent beaucoup plus intéressante d’un point de vue pratique pour les méca-
niciens. L’erreur absolue en norme infinie estimée par ZZ peut être exprimée sous la forme
suivante :
keK,abs k∞ = kσ ∗ − σh k∞ (3.4.4)
78 Chapitre 3. Stratégie de raffinement automatique de maillage
Cependant, cette norme est rarement utilisée pour les estimateurs d’erreur a posteriori
dans la littérature car elle repose directement sur la "fiabilité" quantitative de l’estimateur.
Dans un premier temps, nous comparons les erreurs absolues estimées par l’estimateur de
ZZ et les erreurs absolues par rapport à la solution de référence pour le cas test 2D(r,z) sur les
contraintes équivalentes de von Mises et sur différentes composantes du champ de contraintes
dans la figure 3.13. Cette figure montre que les erreurs sur la contrainte équivalente de von
Mises et les erreurs sur les contraintes les contraintes cisaillement sont celles qui sont les
mieux estimées par l’estimateur ZZ. De plus, la contrainte équivalente de von Mises prend
en compte toutes les des composantes des contraintes. C’est donc plus intéressant d’estimer
l’erreur absolue en norme infinie de la contrainte équivalente de von Mises.
Nous allons donc nous baser sur les erreurs absolues sur les contraintes équivalentes de
von Mises pour détecter les éléments à raffiner. A la fin du calcul, afin de valider la stratégie
proposée nous évaluerons les erreurs absolues entre la solution de LDC et la solution de
référence sur le maillage composite privé du dernier niveau. En effet, du fait de la singularité
de contrainte, le dernier niveau contient toujours une zone sur laquelle l’erreur maximale est
supérieure au seuil. Les résultats sont présentés dans le tableau 3.9.
Seuil d’erreur β
Maillage de départ 10MPa 5MPa 2MPa
nombre de sous-niveaux : 4 5 6
hi nombre de noeuds par niveau : 125/297/697/891/285 125/441/1071/2541/2925/621 125/441/1649/4653/11895/12513/38293
erreur absolue : 8,34MPa 5,00MPa 2,25MPa
nombre de sous-niveaux : 3 4 5
hi/2 nombre de noeuds par niveau : 441/697/891/285 441/1071/2541/2925/621 441/1649/4653/11895/12513/38239
erreur absolue : 8,32MPa 5,00MPa 2,25MPa
nombre de sous-niveaux : 2 3 4
hi/4 nombre de noeuds par niveau : 1649/891/315 1649/2541/2925/621 1649/4653/11895/12513/38239
erreur absolue : 8,28MPa 4,99MPa 2,25MPa
nombre de sous-niveaux : 1 2 3
hi/8 nombre de noeuds par niveau : 6369/315 6369/2925/621 6369/11895/12513/38239
erreur absolue : 8,29MPa 4,99MPa 2,25MPa
Tableau 3.9 – Cas test 2D(r,z) pour différents pas de maillages de départ et seuils fixés · Erreur
absolue sur la contrainte équivalente de von Mises en norme infinie · hi =328 µm · Critère
d’arrêt : mesure inférieure à 0,5% de la mesure du domaine initial
Les résultats obtenus en utilisant l’erreur absolue sur la contrainte équivalente de von Mises
en norme infinie sont très satisfaisants pour le cas test 2D(r,z). La stratégie LDC-ZZ marche
très bien dans ce cas. Elle permet d’arrêter automatiquement de génération de sous-niveaux.
Les sous-niveaux sont ajoutés dans les même zones et avec le même nombre d’éléments
pour un seuil fixé. Pour la taille de maille la plus fine équivalente, les erreurs absolues sont
similaires. A la fin des calculs, les erreurs absolues en norme infinie entre la solution éléments
finis et la solution de référence sont généralement très proches des erreurs demandées.
3.4. Résultats numériques 79
SCAL SCAL
< 6.02E+07 < 9.99E+07 SMRR SMRR SMZZ SMZZ
>−1.22E+07 >−1.29E+06 < 2.05E+07 < 5.76E+07 < 3.94E+07 < 9.28E+07
>−2.05E+07 >−3.41E+07 >−3.94E+07 >−6.15E+07
9.00E+06 9.00E+06
9.00E+06 9.00E+06 9.00E+06 9.00E+06
8.20E+06 8.20E+06
8.20E+06 8.20E+06 8.20E+06 8.20E+06
7.40E+06 7.40E+06
7.40E+06 7.40E+06 7.40E+06 7.40E+06
6.60E+06 6.60E+06
6.60E+06 6.60E+06 6.60E+06 6.60E+06
5.80E+06 5.80E+06
5.80E+06 5.80E+06 5.80E+06 5.80E+06
5.00E+06 5.00E+06
5.00E+06 5.00E+06 5.00E+06 5.00E+06
4.20E+06 4.20E+06
4.20E+06 4.20E+06 4.20E+06 4.20E+06
3.40E+06 3.40E+06
3.40E+06 3.40E+06 3.40E+06 3.40E+06
2.60E+06 2.60E+06
2.60E+06 2.60E+06 2.60E+06 2.60E+06
1.80E+06 1.80E+06
1.80E+06 1.80E+06 1.80E+06 1.80E+06
1.00E+06 1.00E+06
1.00E+06 1.00E+06 1.00E+06 1.00E+06
ZZ-VonMises Erreur référence
-VonMises
ZZ-SMRR Erreur référence-SMRR ZZ-SMRZ Erreur référence-SMRZ
(a) Contrainte équiva-
(b) σRR (c) σZZ
lente de von Mises
SMTT SMTT SMRZ SMRZ
< 1.69E+07 < 7.03E+06 < 3.30E+07 < 2.87E+07
>−1.69E+07 >−5.83E+07 >−3.30E+07 >−5.12E+07
F I G U R E 3.13 – Comparaison des erreurs absolues estimées par l’estimateur ZZ et des erreurs
absolues entre la solution des éléments finis et la solution de référence · Cas test 2D(r,z) hi
=164 µm
(10 MPa, 5 MPa,2 MPa). Les résultat sont présentés dans le tableau 3.10.
Seuil d’erreur β
Maillage de départ 10MPa 5MPa 2MPa
nombre de sous-niveaux : 3 3 3
hi nombre de noeuds par niveau : 231/99/99/99 231/861/143/169 231/861/3321/289
erreur absolue : 4,45MPa 3,35MPa 2,06MPa
nombre de sous-niveaux : 2 2 2
hi/2 nombre de noeuds par niveau : 861/99/99 861/143/169 861/3321/289
erreur absolue : 2,97MPa 2,80MPa 2,06MPa
nombre de sous-niveaux : 1 1 1
hi/4 nombre de noeuds par niveau : 3321/99 3321/143 3321/289
erreur absolue : 3,04MPa 2,62MPa 2,06MPa
Tableau 3.10 – Cas test 2D(r,θ) pour différents pas de maillages de départ et seuils fixés ·
Erreur absolue sur la contrainte équivalente de von Mises en norme infinie · hi=109 µm ·
Critère d’arrêt : mesure inférieure à 0,5% de la mesure du domaine initial
Les résultats montrent que la stratégie de couplage LDC-ZZ utilisant l’erreur absolue sur
la contrainte équivalente de von Mises en norme infinie fonctionne également bien pour
le cas test 2D(r,θ). La génération des sous-niveaux s’arrête automatiquement et de manière
cohérente. Les sous-niveaux sont ajoutés dans les mêmes zones et ont les mêmes nombres
d’éléments pour des calculs avec le même seuil et différents pas de maillages de départ. Les
erreurs en norme absolue diminuent rapidement par ajout des sous-niveaux. Les erreurs par
rapport à la solution de référence après la convergence de la méthode LDC sont proches pour
des tailles de maille fines équivalentes. Cependant, il semble que cette stratégie génère plus de
sous-niveaux que nécessaire pour les cas tests avec seuils fixé à 10 MPa. Nous allons regarder
en détail l’évolution de l’erreur en fonction de nombre de sous-niveaux. Pour ce faire, nous
reprenons les cas test avec le seuil fixé à 10 MPa et différents pas de maillages de départ. Pour
chaque cas test, nous fixons le nombre de sous-niveaux dans la phase de génération des sous-
niveaux. Les erreurs calculées entre les solutions convergées et la solution de référence sont
présentées dans le tableau 3.11 ci-après. On voit que l’ajout d’un sous-niveau fait descendre
d’un facteur supérieur à 2 l’erreur absolue. Ce tableau montre que les sous-niveaux générés
par la stratégie de raffinement automatique sont en fait nécessaires pour que l’erreur absolue
reste inférieure au seuil.
1 Sous-niveau 2 Sous-niveaux 3 Sous-niveaux
hi 25,73MPa 10,63MPa 4,45MPa
hi/2 10,44MPa 2,97MPa
hi/4 3,04MPa
Tableau 3.11 – Erreur des sous-niveaux pour différents pas de maillages de départ et seuil fixé
à 10MPa · hi=109 µm
Nous pouvons donc conclure que la stratégie de couplage LDC-ZZ avec critère d’arrêt
3.4. Résultats numériques 81
automatique fonctionne globalement très bien pour le cas test 2D(r,θ) en utilisant l’erreur
absolue sur la contrainte équivalente de von Mises en norme infinie.
Bilan du chapitre
Dans le cadre de la mise en place d’une méthode multi-grilles permettant de simuler
l’Interaction mécanique Pastille-Gaine (IPG) de façon précise, nous avons étudié dans ce
chapitre les performances d’une stratégie basée sur le couplage de la méthode multi-grilles
LDC et de l’estimateur d’erreur a posteriori ZZ.
Afin de générer les sous-niveaux automatiquement et indépendamment du problème traité,
nous avons proposé une stratégie de couplage LDC-ZZ basée directement sur l’erreur estimée
par l’estimateur ZZ. Divers critères d’arrêt supplémentaires ont également été proposés afin
d’arrêter la génération des sous-niveaux quand le problème présente des singularités de
contraintes. Les résultats numériques des cas tests 2D élastiques nous ont permis d’apprécier
les avantages et les limitations de chacun des critères d’arrêt. De manière générale, le couplage
LDC-ZZ fonctionne très bien puisque les sous-niveaux sont ajoutés automatiquement autour
des zones de singularités. La stratégie proposée conduit généralement à des erreurs (en norme
énergie ou infinie) inférieures au seuil demandé mais un des critères d’arrêt est plus optimal
en terme de sous-niveaux et d’indépendance au problème traité. Il s’agit du critère d’arrêt
basé sur le ratio de surface de la zone à raffiner sur le domaine initial le plus optimal pour
des cas tests 2D élastiques.
Cette stratégie de couplage LDC-ZZ et ce critère d’arrêt ont été appliqués et ont fonctionné
correctement sur différents cas test 2D élastiques avec différentes normes d’erreur. Cette
stratégie de raffinement semble donc très générique.
Chapitre 4
Application de la stratégie de
raffinement automatique au problème
de contact
Sommaire
4.1 Problème de contact . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
4.1.1 Problème de contact unilatéral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
4.1.2 Problème de contact avec frottement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
4.2 Quelques méthodes pour résoudre le problème de contact avec ou sans
frottement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
4.2.1 Méthode de pénalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
4.2.2 Méthode des multiplicateurs de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
4.2.3 Méthode du Lagrangien augmenté . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
4.2.4 Méthode de point fixe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
4.2.5 Algorithmes de résolutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
4.3 Stratégie de raffinement automatique du maillage adaptée au problème de
contact . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
4.4 Résultats numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
4.4.1 Présentation du cas test . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
4.4.2 Illustration de la détection des zones à raffiner . . . . . . . . . . . . . . 97
4.4.3 Résultats numérique pour un cas test sans jeu ni frottement . . . . . . . 98
4.4.4 Résultats numériques pour un cas test avec jeu sans frottement . . . . . 105
4.4.5 Résultats numériques pour un cas test avec jeu avec frottement . . . . . 106
4.4.6 Contact avec frontière courbe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
4.1. Problème de contact 85
Les frontières suffisamment régulières de ces deux solides, notées respectivement ∂Ω1 et
∂Ω2 , sont divisées en trois parties ΓD , ΓN , ΓC et ∂Ω = ∂Ω1 ∪∂Ω2 = ΓD ∪ΓN ∪ΓC , ΓD ∩ΓN = ∅ :
— la partie ΓD est la zone où les déplacements sont imposés (conditions aux limites de
Dirichlet).
— la partie ΓN est la zone où les forces sont appliquées (conditions aux limites de Neu-
mann).
— la partie ΓC est la zone où les deux solides sont supposés être en contact. Les deux
parties Γ1C et Γ2C sont les zones de contact respectivement de Ω1 et Ω2 . On a ΓC =Γ1C ∪
Γ2C . A priori, la partie ΓC est inconnue.
La projection de la force surfacique sur les bords de contact ΓC sur la direction normale
et la direction tangentielle donne :
FCN = FC · n
(4.1.1)
FCT = FC − FCN n
Nous supposons qu’il n’y a ni pénétration ni adhésion entre les deux solides dans la zone
de contact. Le contact unilatéral sans frottement se traduit par une composante tangentielle
nulle des forces de contact. Les forces de contact sont donc normales.
Sur la zone de contact, la condition de non-pénétration revient à imposer que le déplace-
ment relatif uN entre Γ1C et Γ2C est inférieur au jeu initial d :
u N = u 1 · n1 + u 2 · n2 ≤ d (4.1.2)
avec u1 , u2 les déplacements respectivement sur Γ1C , Γ2C et n1 , n2 sont les vecteurs unitaires
normaux dirigés vers l’extérieur de Γ1C , Γ2C (voir figure 4.2). On a ainsi n1 = −n2 sous
l’hypothèse des petites perturbations.
La condition de non-adhésion impose que les efforts normaux ne peuvent correspondre
qu’à de la compression, c’est-à-dire la force normale de contact est toujours non-positive :
FCN ≤ 0 (4.1.3)
Il faut noter qu’il n’existe alors que deux statuts entre les deux solides : soit contact
(uN = d, FCN ≤ 0), soit décollement (uN ≤ d, FCN = 0). Nous obtenons alors la condition de
complémentarité :
(uN − d)FCN = 0 (4.1.4)
La loi de contact unilatéral (4.1.2), (4.1.3) et (4.1.4) peut être présentée par la fi-
gure 4.3. Sous l’hypothèse des petites perturbations, le problème élastostatique avec ces
conditions conduit au problème de Signorini (voir [Duvaut & Lions 1976, Raous et al. 1988,
Lebon & Raous 1992]) qui peut s’exprimer sous la forme :
−div σ = f dans Ω
σ = Cε dans Ω
1
T
ε= grad u + grad u dans Ω
2
u = u0 sur ΓD (4.1.5)
σn = FN sur ΓN
N N
uN ≤ d, FC ≤ 0, (uN − d)FC = 0
sur ΓC
N T T
σn = FC n + FC , FC = 0 sur ΓC
décollement
jeu
contact
1 2
VC = {v ∈ V | vN = vN · n1 + v N · n2 ≤ d sur ΓC } (4.1.7)
Pour simplifier l’expression et être plus général, on utilise les notations suivantes :
Z
a(u, v) := (Cε(u)) : ε(v) dΩ
ZΩ Z
l(v) := f · v dΩ + FN · v dΓ
Ω ΓN
88 Chapitre 4. Application de la stratégie au problème de contact
Les conditions du problème de Signorini (4.1.4), (4.1.3) et dans l’espace VC nous donnent :
Du fait de l’inéquation (4.1.13), le problème de contact est non-linéaire (il entre dans le cadre
de l’analyse non régulière).
La formulation variationnelle du problème de Signorini (4.1.5) peut s’écrire sous la forme :
(
Trouver u ∈ VC tel que
(4.1.14)
a(u, v − u) ≥ l(v − u) ∀v ∈ VC
avec
1
J(v) = a(v, v) − l(v)
2
Les problèmes (4.1.15) et (4.1.14) sont équivalents. L’existence et d’unicité du problème
de Signorini a été démontrée par Fichera [Fichera 1973].
Nous cherchons une formulation d’un problème de contact avec frottement. Nous utilisons
la loi classique de Coulomb [Duvaut & Lions 1976] qui peut se représenter par les figures 4.4
et 4.5. Il n’existe que deux statuts de frottement :
• statut d’adhérence : si la force tangentielle |FCT | est inférieure à µ|FCN |, alors la vitesse
tangentielle est nulle, u̇T = 0.
4.1. Problème de contact 89
• statut de glissement : si la force tangentielle |FCT | est égale à µ|FCN |, alors la vitesse
tangentielle est non nulle. Elle est colinéaire et de direction opposée à la force de
contact : u̇T = −λFCT .
La loi de Coulomb peut alors s’exprimer sous la forme quasi-statique :
|FCT | ≤ µ|FCN | et
( T
|FC | < µ|FCN | ⇒ u̇T = 0 (adhérence) sur ΓC (4.1.16)
|FCT | = µ|FCN | ⇒ ∃λ > 0, u̇T = −λFCT (glissement)
glissement adhérence
glissement
Dans [Raous et al. 1988, Cocu et al. 1996, Raous 1999] est introduite une formulation
"statique" (en déplacement) de la loi de frottement de Coulomb obtenue à partir d’une dis-
crétisation temporelle de la loi en vitesse. À chaque pas de temps, on a alors à résoudre un
problème statique de type (4.1.17). Dans ce mémoire, nous ne considérons que la formulation
statique. Le formulation statique est aussi une approche valide pour les problèmes sous un
chargement monotone.
|FCT | ≤ µ|FCN | et
( T
|FC | < µ|FCN | ⇒ uT = 0 (adhérence) sur ΓC (4.1.17)
|FCT | = µ|FCN | ⇒ ∃λ > 0, uT = −λFCT (glissement)
Le problème de Signorini avec frottement de Coulomb peut alors s’exprimer sous la forme :
−div σ = f dans Ω
σ = Cε dans Ω
1
grad u + gradT u
ε= dans Ω
2
u = u0 sur ΓD
σn = FN sur ΓN (4.1.18)
σn = FCN n + FCT sur ΓC
uN ≤ d, FCN ≤ 0, (uN − d)FCN = 0
sur ΓC
( T
|FC | < µ|FCN | ⇒ uT = 0
|FCT | ≤ µ|FCN | et
sur ΓC
|FCT | = µ|FCN | ⇒ ∃λ > 0, uT = −λFCT
On obtient alors :
Remarque : on peut montrer que le problème (4.1.18) est équivalent au problème (4.1.25).
Cocu [Cocu 1984] a démontré que le problème de Signorini avec frottement de Coulomb
(4.1.18) admet au moins une solution si le coefficient de frottement µ est “petit”. L’unicité de
la solution est encore un problème ouvert.
glissement
décollement adhérence
jeu
glissement
contact
F I G U R E 4.6 – Représentation la loi de F I G U R E 4.7 – Représentation la loi de
contact de façon plus régulière Coulomb de façon plus régulière
méthode ne vérifie pas exactement les conditions de contact. De plus, le paramètre de pénali-
sation est difficile à définir : il doit être suffisamment grand pour que le problème approché
soit proche du problème réel mais s’il est trop grand, le système à résoudre devient très vite
mal conditionné.
Cette méthode est largement utilisée par les codes industriels, cf. Abaqus [Abaqus 2016]
Code_Aster [Code_Aster 2016].
Duvaut et Lions [Duvaut & Lions 1976] ont montré que le problème de contact statique
avec la loi de frottement de Tresca (4.2.2) peut être aussi considéré comme un problème de
minimisation : (
Trouver u ∈ VC tel que
(4.2.3)
J(u) ≤ J(v) ∀v ∈ VC
avec
1
J(v) = a(v, v) − l(v) + j(v)
2
Le problème (4.2.2) a une solution unique [Duvaut & Lions 1976]. Ainsi, par la méthode
de point fixe, le problème de Signorini avec la loi de frottement de Coulomb est résolu via des
résolutions intermédiaires d’une suite de problèmes avec la loi de frottement de Tresca.
Nous présentons quelques algorithmes adaptés aux différentes méthodes de formulation
pour résoudre le problème de contact.
Les méthodes de projection consistent à projeter les conditions unilatérales sur chaque
noeud dans la zone de contact. À chaque itération de résolution, les méthodes vérifient
les conditions de contact : si le jeu devient négatif, une condition de contact est imposée.
L’itération continue jusqu’à la convergence.
La plus classique de ces méthodes est la méthode de Gauss-Seidel avec ou sans paramètre
de relaxation [Raous et al. 1988]. La méthode de point fixe peut être couplée à ce type de
méthodes.
94 Chapitre 4. Application de la stratégie au problème de contact
Les méthodes des statuts (en anglais “active set method”) consistent à donner a priori
les statuts de chaque noeud dans la zone de contact. Les méthodes des statuts sont souvent
utilisées en étant couplées avec la méthode des multiplicateurs de Lagrange. Les conditions
de contact seront mises à jour par un algorithme itératif. Après chaque résolution, les forces
de contact et le jeu sont analysés : si les forces de contact sont des tractions, les conditions de
contact sont supprimées et si le jeu est inférieur à 0, des conditions de contact sont ajoutées
par la suite (voir l’algorithme 4). Une comparaison de deux méthodes des statuts avec la
méthode du Lagrangien augmenté a été étudiée par [Abide et al. 2016].
Ces méthodes sont simples à mettre en oeuvre. La convergence des méthodes des statuts
est démontrée si une seule condition de contact est mise à jour par itération. Une d’entre elles
est implémentée dans Cast3M [CAST3M 2016] et sera utilisée par la suite car ces méthodes
semblent être bien adaptées à un couplage avec la méthode multi-grilles locale LDC, comme
on le verra par la suite.
En utilisant la méthode des statuts, nous pouvons facilement adapter la stratégie de raf-
finement automatique de maillage proposée au problème de contact. Nous décrivons dans
l’algorithme 5 en page 96 l’utilisation de la stratégie de raffinement automatique de maillage
pour traiter un problème de contact.
Nous proposons ici de continuer à utiliser l’algorithme LDC standard, i.e. en ne re-
streignant que les déplacements, contrairement aux méthodes multi-grilles standards (voir
[Lebon 1995]). En effet, on choisit ici de résoudre complétement le problème de contact sur
toutes les grilles.
96 Chapitre 4. Application de la stratégie au problème de contact
[Ũlk ] = [Rl+1
l k
][Ul+1 ] sur Al
6.4 mm
0.6 mm
4.1mm 0.57 mm
VONMISES
> 9.75E+05 SCAL SCAL
< 2.36E+08 > 9.77E−04 > 4.92E−03
< 2.96E−01 < 5.91E−01
2.34E+08
2.23E+08
2.01E+08
4.50E−02 4.50E−02
1.89E+08
5.51E+07
6.40E−03 6.40E−03
4.39E+07
4.60E−03 4.60E−03
3.27E+07
Nous utilisons une solution obtenue avec maillage très fin comme solution de référence
(taille de maille environ 3,1 µm, nombre de noeuds 1653223).
Seuil d’erreur
Taille de maille initiale 5% 2% 1%
nombre de sous-niveaux : 3 4 5
erreur relative : 4,08% 1,23 % 0,99%
hi nombre de noeuds par niveau : 1785/2484/5060/8090 1785/5644/12788/23030/52854 1785/6188/21038/49306/87300/202876
nombre total de noeuds : 18237 96101 368493
temps de calcul : 54s 718s 4982s
nombre de sous-niveaux : 2 3 4
erreur relative : 2,60 % 1,06% 0,78%
hi/2 nombre de noeuds par niveau : 6800/4972/8908 6800/13066/22172/52026 6800/21306/50232/86580/200732/
nombre total de noeuds : 20680 94064 365650
temps de calcul : 56s 412s 3688s
nombre de sous-niveaux : 1 2 3
erreur relative : 2,15% 1,35% 0,85%
hi/4 nombre de noeuds par niveau : 26532/8772 26532/22654/51750 26532/50778/86220/199660
nombre total de noeuds : 35304 100936 363190
temps de calcul : 106s 258s 1943s
nombre de sous-niveaux : 0 1 2
erreur relative : 2,23% 1,30% 0,85%
hi/8 nombre de noeuds par niveau : 104410 104410/51750 104410/86220/199124
nombre total de noeuds : 104410 156160 613873
temps de calcul : 300s 781s 4057s
Tableau 4.1 – Cas test de contact 2D(r,z) pour différents pas de maillages de départ et diffé-
rents seuils fixés · hi=328 µm · Sans jeu initial · Critère d’arrêt : mesure inférieure à 0,5 % de
la mesure du domaine initial.
Les résultats du tableau 4.1 montrent que la stratégie de raffinement automatique couplant
la méthode LDC et l’estimateur ZZ fonctionne très bien dans ce cas et que l’algorithme LDC
est très robuste car il marche directement sur des problèmes de contact. L’erreur composite
diminue rapidement par ajout d’un sous-niveau. De plus, on obtient le même niveau d’erreur
pour un pas de sous-niveau le plus fin équivalent. La stratégie de raffinement permet de
plus de raffiner toujours les mêmes zones quelque soit le maillage de départ (même nombre
d’éléments dans les sous-niveaux de pas de maillage équivalent). La génération des sous-
niveaux s’arrête automatiquement. Le critère d’arrêt géométrique avec 0,5% de la mesure du
100 Chapitre 4. Application de la stratégie au problème de contact
domaine initial semble être assez générique. A la fin des calculs, les erreurs entre les solutions
composites et la solution de référence respectent les seuils demandés.
Les résultats montrent l’efficacité de la méthode LDC. Pour un seuil fixé à 5%, l’ajout de
sous-niveaux permet de diminuer le temps de calcul tout en ayant le même niveau de précision
qu’en utilisant d’un maillage très fin uniforme. Pour les seuils fixés à 2% et 1%, il semble qu’il
y ait à faire un compromis entre le nombre de sous-niveaux et temps de calcul. Les résultats
les plus optimaux en temps de calcul sont obtenus pour un maillage de départ avec un pas
de hi/4. Afin de comprendre cette tendance, nous avons superposé les sous-niveaux générés
pour le maillage de départ de hi et le seuil fixé à 1% sur la figure 4.16. Nous voyons que
pour atteindre ce niveau de précision, nous avons besoin de raffiner presque tout le domaine.
Le maillage de départ de hi est donc trop grossier pour atteindre rapidement le niveau de
précision demandé. A partir du troisième sous-niveau dont la taille de maille correspond au
maillage de départ de hi/4, les sous-niveaux commencent à être ajoutés localement, et c’est
là que la méthode LDC devient efficace.
4.4. Résultats numériques 101
Nous proposons de regarder la répartition des temps de calcul en trois parties pour les
calculs avec les seuils β = 1% et 2% :
• Temps de résolution initiale du maillage grossier
• Temps de génération des sous-niveaux qui correspond au temps de la première étape
de prolongement
• Temps des ∧-cycles depuis la première restriction jusqu’à la convergence du calcul
Les répartitions des temps de calcul sont présentées sur les figures 4.17 et 4.18.
Les figures 4.17 et 4.18 montrent que les ∧-cycles pour les problèmes de contact semblent
être assez coûteux. En effet, la non-linéarité de contact doit être résolue itérativement à
chaque appel du solveur. Comme le nombre de ∧-cycles est proportionnel au nombre de
sous-niveaux, le temps de calcul des ∧-cycles sera proportionnel au nombre de sous-niveaux,
on a donc intérêt à limiter le nombre de sous-niveaux. A contrario, le temps de calcul sur le
maillage initial augmente avec la diminution du pas du maillage. Il y a donc un optimum
« nombre de sous niveaux/pas du maillage initial » à trouver. Ici l’optimum semble obtenu
pour un maillage initial de pas hi dans le cas d’une erreur voulue de 5% et de pas hi/4 pour
une erreur voulue de 2% ou 1%.
En vue de diminuer le temps de calcul des ∧-cycles, nous proposons d’utiliser une tech-
nique permettant d’initialiser la zone de contact actif : au lieu d’initialiser les contacts actifs
sur toute la zone possible de contact, on active les statuts de contact uniquement sur la zone de
102 Chapitre 4. Application de la stratégie au problème de contact
F I G U R E 4.16 – Superposition des niveaux de maillage pour un maillage initial de pas 328 µm
et un seuil fixé à 1% · Sans jeu initial.
800
500
Temps (s)
75%
400
19%
300 57%
200 35%
37%
100 25% 36% 48%
contact obtenue après résolution du problème immédiatement plus grossier dans la première
étape de prolongement. Pendant les ∧-cycles, l’initialisation des statuts de contact sera définie
à partir de la solution précédente de même niveau pour éviter une extrapolation de la zone de
contact et optimiser la convergence de la méthode des statuts à convergence de l’algorithme
LDC. Dans la suite, cette technique sera appelée “maillage de contact actif” (MCA). Nous
4.4. Résultats numériques 103
calcul -cycle
v
5000 calcul première génération
calcul grossier
4000
Temps (s)
73%
3000
61%
60%
2000
27%
1000 32%
27% 39% 71%
testons cette technique sur différents pas de maillages de départ (hi=328 µm, hi/2=164 µm,
hi/4=82 µm, hi/8=41 µm) et différents seuils d’erreur β (5%, 2%, 1%). Les résultats sont
présentés dans le tableau 4.2.
Seuil d’erreur
Taille de maille initiale 5% 2% 1%
nombre de sous-niveaux : 3 4 5
erreur relative : 4,08% 1,23 % 0,99%
hi nombre de noeuds par niveau : 1785/2484/5060/8090 1785/5644/12788/23030/52854 1785/6188/21038/49306/87300/202876
nombre total de noeuds : 18237 96101 368493
temps de calcul : 44s 417s 2764s
nombre de sous-niveaux : 2 3 4
erreur relative : 2,60 % 1,06% 0,78%
hi/2 nombre de noeuds par niveau : 6800/4972/8908 6800/13066/22172/52026 6800/21306/50232/86580/200732/
nombre total de noeuds : 20680 94064 365650
temps de calcul : 51s 320s 1627s
nombre de sous-niveaux : 1 2 3
erreur relative : 2,15% 1,35% 0,85%
hi/4 nombre de noeuds par niveau : 26532/8772 26532/22654/51750 26532/50778/86220/199660
nombre total de noeuds : 35304 100936 363190
temps de calcul : 113s 207s 986s
nombre de sous-niveaux : 0 1 2
erreur relative : 2,23% 1,30% 0,85%
hi/8 nombre de noeuds par niveau : 104410 104410/51750 104410/86220/199124
noeud total : 104410 156160 389754
temps de calcul : 300s 780s 1694s
Tableau 4.2 – Cas test de contact 2D(r,z) sans frottement pour différents pas de maillages de
départ et différents seuils fixés · hi=328 µm · Sans jeu initial · Initialisation des statuts de
contact par la technique MCA · Critère d’arrêt : mesure inférieure à 0,5% de la mesure du
domaine initial.
Les résultats présentés dans le tableau 4.2 sont similaires aux résultats présentés dans le
tableau 4.1 quant au nombre de sous-niveaux, à l’erreur et au nombre de noeuds. La solu-
104 Chapitre 4. Application de la stratégie au problème de contact
800
calcul -cycle
v
700
calcul première génération
calcul grossier
600
54%
500
Temps (s)
400
300 8.2%
72%
59%
200
32%
38%
100 32% 46%
28%
0.16% 8.7% 22%
0
hi hi/2 hi/4 hi/8
Taille du maillage grossier
4000
calcul -cycle
v
3500 calcul première génération
calcul grossier
3000
2500
Temps (s)
79%
2000
1500
54% 48%
1000
34%
500 35%
21% 44% 62%
0.019% 1.8% 4.5% 16%
0
hi hi/2 hi/4 hi/8
Taille du maillage grossier
tion du problème est donc bien inchangée. Cette technique par ailleurs a beaucoup diminué
(jusqu’à un facteur 2) le temps de calcul pour les seuils fixés à 2% et 1%. Comme attendu, il
est intéressant d’utiliser la technique MCA quand il y a plusieurs sous-niveaux afin de trans-
mettre des informations de contact entre les ∧-cycles. Nous allons conserver cette technique
d’initialisation des statuts de contact dans la suite.
Les répartitions des temps de calcul avec la technique MCA sont présentées sur les fi-
gures 4.19 et 4.20. La tendance n’a pas trop été modifiée : il y a toujours un minimum à
4.4. Résultats numériques 105
4.4.4 Résultats numériques pour un cas test avec jeu sans frottement
Lors de l’irradiation du réacteur, il y a un jeu initial entre la pastille et la gaine d’environ
85 µm. Ce jeu se ferme à la fin du premier cycle de vie en réaction (voir section 1.4). Nous
souhaitons tester la stratégie de raffinement à un cas test avec un jeu initial. Ce jeu est choisi
petit afin de représenter l’instant de contact. Ici on prend un jeu initial de 2 µm.
La figure 4.21 présente la superposition des niveaux de maillage pour un maillage initial
de pas hi=328 µm et un seuil fixé β à 5% pour le cas test avec jeu initial égal à 2 µm. Les
sous-niveaux se localisent bien autour de la zone de changement de statut de contact. La
stratégie proposée peut donc générer des sous-niveaux dans la zone où l’erreur est importante
pour un cas test avec jeu. La figure 4.22 montre les forces de contact pour ce cas test. Les
forces présentent bien seulement des composantes normales.
Des résultats plus détaillés pour différents pas de maillages de départ (328 µm, 164 µm,
82 µm, 41 µm) et différents seuils d’erreur β (5%, 2%, 1%) sont présentés dans le tableau 4.3.
Les résultats présentés dans le tableau 4.3 montrent que la stratégie de raffinement fonc-
tionne très bien pour un cas test de contact avec jeu initial. La stratégie permet d’ajouter des
sous-niveaux dans la zone où les erreurs sont les plus importantes et d’arrêter de générer les
sous-niveaux quand les solutions sont suffisamment précises en regard des seuils fixés. À la
fin des calculs, les erreurs entre les solutions composites et la solution de référence respectent
106 Chapitre 4. Application de la stratégie au problème de contact
Seuil d’erreur
Taille de maille initiale 5% 2% 1%
nombre de sous-niveaux : 3 4 5
erreur relative : 3,14% 1,77% 1,07%
hi nombre de noeuds par niveau : 1785/2484/5500/13662 1785/5508/13152/22842/55614 1785/6800/21306/49500/86580/199124
nombre total de noeuds : 23431 98901 365095
temps de calcul : 21s 315s 1754s
nombre de sous-niveaux : 2 3 4
erreur relative : 2,03 % 1,01% 0,6%
hi/2 nombre de noeuds par niveau : 6800/5500/14076 6800/13700/22842/55338 6800/21038/50948/85500/198990
nombre total de noeuds : 26376 98680 363276
temps de calcul : 32s 209s 1669s
nombre de sous-niveaux : 1 2 3
erreur relative : 1,97% 1,36% 0,83%
hi/4 nombre de noeuds par niveau : 26532/13662 26532/22654/55062 26532/52032/85500/196444
nombre total de noeuds : 40194 104248 360508
temps de calcul : 82s 190s 912s
nombre de sous-niveaux : 0 1 2
erreur relative : 2,12% 1,47% 0,45%
hi/8 nombre de noeuds par niveau : 104410 104410/54264 104410/85140/196444
nombre total de noeuds : 104410 158674 385994
temps de calcul : 300s 754s 2350s
Tableau 4.3 – Cas test contact 2D(r,z) sans frottement pour différents pas de maillages de
départ et différents seuils fixés · hi=328 µm · Jeu initial = 2µm · Initialisation des statuts de
contact par la technique MCA · Critère d’arrêt : mesure inférieure à 0,5% de la mesure du
domaine initial.
bien les seuils demandés. Ici encore, les zones de raffinement obtenues sont les mêmes pour
un pas de maillage local identique. Il existe encore un optimum entre maillage de départ et
localisation des sous-niveaux (et donc nombre de ∧-cycles). Ici aussi, le maillage de départ
hi/4 semble optimal pour les seuil fixés à 2% et 1%.
4.4.5 Résultats numériques pour un cas test avec jeu avec frottement
Nous voulons à présent tester notre stratégie de raffinement automatique de maillage pour
un problème de contact avec frottement de Coulomb. Le coefficient de frottement est égal à
0,2 (µ = 0.2).
Les sous-niveaux générés pour un maillage initial de pas 328 µm et un seuil fixé à 5% sont
superposés dans la figure 4.23. La stratégie génère toujours bien les sous-niveaux autour de
la zone de changement de statuts de contact.
La figure 4.24 représente les forces de contact avec frottement. Contrairement aux cas
tests sans frottement, les forces de contact ont des composantes normales et des composantes
tangentielles. Un glissement peut être observé dans la zone de contact.
Le tableau 4.4 présente des résultats de calcul pour différents pas de maillages de départ
(328 µm, 164 µm, 82 µm, 41 µm) et différents seuils d’erreur β (5%, 2%, 1%).
Les résultats montrent que la stratégie de raffinement nous permet d’obtenir de bonnes
performances également sur les problèmes de contact avec frottement. La stratégie génère
automatiquement des sous-niveaux dans les zones d’intérêt et s’arrête automatiquement de
générer des sous-niveaux lorsque la précision demandés est atteinte. Ainsi, nous atteignons le
même niveau d’erreur pour des tailles de maille de niveaux les plus fins égales. Au niveau du
4.4. Résultats numériques 107
temps de calcul, il y a là encore un optimum qui dépend du pas du maillage initial et du seuil
d’erreur. Par exemple, il semble que le maillage de départ avec un pas de hi/2 soit optimal
pour les seuils 5% et 2% alors qu’un pas de hi/4 est optimal pour un seuil de 1%.
F I G U R E 4.23 – Superposition des niveaux de maillage pour un maillage initial de pas 328 µm
et un seuil fixé à 5% · Jeu initial égal à 2 µm · Coefficient de frottement égal à 0,2.
F I G U R E 4.24 – Forces de contact avec frottement pour un maillage initial de pas 328 µm ·
Jeu initial égal à 2 µm · Coefficient de frottement égal à 0,2. Figure de droite zoom de la zone
en rouge
108 Chapitre 4. Application de la stratégie au problème de contact
Seuil d’erreur
Taille de maille initiale 5% 2% 1%
nombre de sous-niveaux : 3 4 5
erreur relative : 6,04% 1,27% 0.84%
hi nombre de noeuds par niveau : 1785/2484/4972/11022 1785/5508/12604/21988/51000 1785/6800/21038/48048/83952/194142
nombre total de noeuds : 20263 92885 355765
temps de calcul : 90s 765s 6477s
nombre de sous-niveaux : 2 3 4
erreur relative : 2,79 % 1,06% 0,51%
hi/2 nombre de noeuds par niveau : 6800/5500/14076 6800/12878/21804/49714 6800/21038/48958/83838/194040
nombre total de noeuds : 22706 91196 354674
temps de calcul : 81s 506s 4297s
nombre de sous-niveaux : 1 2 3
erreur relative : 2,37% 1,31% 0.89%
hi/4 nombre de noeuds par niveau : 26532/13662 26532/21804/49446 26532/49496/82544/192456
nombre total de noeuds : 37554 97782 351028
temps de calcul : 170s 596s 4152s
nombre de sous-niveaux : 0 1 2
erreur relative : 2,15% 1,41% 0,42%
hi/8 nombre de noeuds par niveau : 104410 104410/49446 104410/82544/190474
nombre total de noeuds : 104410 153856 377428
temps de calcul : 591s 1422s 5788s
Tableau 4.4 – Cas test contact 2D(r,z) avec frottement pour différents pas de maillages de
départ et différents seuils fixés · hi=328 µm · Jeu initial = 2µm · Coefficient de frottement
égal à 0,2 · Initialisation des statuts de contact par la technique MCA · Critère d’arrêt : mesure
inférieure à 0,5% de la mesure du domaine initial.
Pour finir, nous allons tester la stratégie proposée pour différents coefficients de frottement.
Nous reprenons le cas test précédent avec des coefficients de frottement µ = 0, 6 ou 1, 0. Les
forces de contact dans ces deux cas, pour un maillage initial de pas 328 µm, sont présentées
dans les figures 4.25 et 4.26. La direction des forces montre que les forces tangentielles sont
plus petites que µFcN . Il n’y a pas de glissement entre les deux objets.
Nous présentons les calculs pour différents pas de maillages de départ (328 µm, 164 µm,
82 µm, 41 µm) et différents coefficients de frottement µ (0,2 ; 0,6 ; 1,0) dans le tableau 4.5.
Le seuil β est fixé à 5%.
Les résultats présentés dans le tableau 4.5 montrent que la stratégie proposée de raffi-
nement fonctionne bien pour différents coefficients de frottement. La stratégie semble être
très générique. Les solutions ont les mêmes nombres de sous-niveaux et les mêmes niveaux
d’erreur pour des calculs de même pas de maillage de départ. Les erreurs sont inférieures aux
seuils demandés sauf pour le pas de maillage de 328 µm. Il semble que la stratégie de raffine-
ment détecte presque les mêmes zones pour les coefficients de frottement testés. Cependant,
il semble que le temps de calcul augmente quand le coefficient de frottement augmente. Ceci
semble dû à la convergence de la méthode des statuts (voir la ligne correspondant à un pas
de maillage de départ de hi/8 pour lequel l’algorithme LDC n’a pas été appliqué). Comme
pour tous les cas tests précédents, il existe aussi un compromis entre la taille de maillage de
départ et le nombre de sous-niveaux.
4.4. Résultats numériques 109
Coefficient de frottement
Taille de maille initiale 0,2 0,6 1,0
nombre de sous-niveaux : 3 3 3
erreur relative : 6,04% 6,93% 6,95%
hi nombre de noeuds par niveau : 1785/2484/4972/11022 1785/2278/4746/11072 1785/2208/4522/10266
nombre total de noeuds : 20263 19881 18781
temps de calcul : 90s 68s 108s
nombre de sous-niveaux : 2 2 2
erreur relative : 2,79 % 3,37% 3,29%
hi/2 nombre de noeuds par niveau : 6800/5500/14076 6800/4662/11072 6800/4522/10266
nombre total de noeuds : 22706 22534 21588
temps de calcul : 81s 90s 97s
nombre de sous-niveaux : 1 1 1
erreur relative : 2,37% 2,98% 3,08%
hi/4 nombre de noeuds par niveau : 26532/13662 26532/10944 26532/10266
nombre total de noeuds : 37554 37476 36798
temps de calcul : 170s 210s 234s
nombre de sous-niveaux : 0 0 0
erreur relative : 2,15% 2,22% 2,27%
hi/8 nombre de noeuds par niveau : 104410 104410 104410
nombre total de noeuds : 104410 104410 104410
temps de calcul : 591s 800s 981s
Tableau 4.5 – Cas test contact 2D(r,z) avec frottement pour différents pas de maillages de
départ et différents coefficients de frottement · Seuil d’erreur β = 5% · hi=328 µm · Jeu initial
= 2µm · Initialisation des statuts de contact par la technique MCA · Critère d’arrêt : mesure
inférieure à 0,5% de la mesure du domaine initial.
110 Chapitre 4. Application de la stratégie au problème de contact
Le jeu initial entre la pastille et la gaine est 2 µm. La figure 4.28 présente l’ensemble des
conditions aux limites.
VAL − ISO
> 2.68E+02
< 1.44E+03
1.44E+03
1.38E+03
1.32E+03
1.27E+03
1.21E+03
1.16E+03
ue
1.10E+03
étriq
1.04E+03 Sym
9.87E+02
9.31E+02
8.75E+02
ue
étriq
Sym
8.19E+02
7.63E+02
7.07E+02
6.51E+02
5.95E+02
5.39E+02
4.83E+02
4.27E+02
3.71E+02
Dans cette section, nous choisissons d’utiliser l’algorithme LDC avec raffinement hiérar-
chique, voir section 3.1. Le raffinement hiérarchique utilisé consiste à ajouter des noeuds au
milieu des segments du niveau immédiatement plus grossier et à construire les mailles fines
en s’appuyant sur ces noeuds, voir figure 4.29. On voit ainsi que les noeuds frontières ajoutés
sur le sous-niveau sont situés sur la corde du cercle et non directement sur l’arc de cercle.
Après application de l’algorithme LDC, nous vérifions les forces de contact sur chaque
niveau. La force de contact du maillage grossier est présentée dans la figure 4.30.
4.4. Résultats numériques 111
noeud de niveau fin
On constate cependant que la force de contact du deuxième sous-niveau est très différente
de celle du maillage grossier, cf. figure 4.31 et présente des discontinuités de contact, voire
du décollement sur les noeuds fins rajoutés sur la corde.
A titre de comparaison, nous proposons de calculer le champ de force de contact obtenu
sur un maillage initial construit de façon hiérarchique à partir du maillage grossier 4.30 et
donc équivalent localement au maillage de deuxième sous-niveau obtenu avec LDC et sans
utiliser de procédure de raffinement automatique. Les forces de contact sont présentées sur
la figure 4.32.
En comparant la figure 4.32 à la figure 4.31, on peut constater le bon fonctionnement de
la méthode LDC. En effet, les champs de force obtenus localement par la méthode LDC sont
équivalents à ceux obtenus sans LDC sur un maillage global construit de manière équivalente.
En analysant le champ de force sur le maillage déformé, cf. figure 4.33, on constate que les
112 Chapitre 4. Application de la stratégie au problème de contact
La figure 4.34 représente de manière illustrative ce phénomène. Le noeud "a" sur l’arc de
cercle de la pastille va entrer en contact avec le segment "1" et le noeud “b” avec le segment
“2”. La géométrie du maillage des 2 corps peut alors empêcher le noeud “c” de rentrer en
contact avec la gaine.
a 2
c
noeud de niveau fin
noeud de niveau fin
Les forces de contact obtenues en utilisant le raffinement quasi-hiérarchique sur les zones
en contact sont données sur la figure 4.36.
Les résultats montrent que le déplacement des noeuds ajoutés dans la zone de contact
vers l’arc de cercle améliore la solution. Les forces de contact semblent cohérentes sur les
sous-niveaux.
Nous avons effectué des calculs avec différents pas de maillages de départ et différents
seuils. La stratégie quasi-hiérarchique proposée permet d’obtenir des erreurs après cycles LDC
qui sont inférieures aux seuils comme le montre le tableau 4.6.
114 Chapitre 4. Application de la stratégie au problème de contact
Bilan
Dans ce chapitre, nous avons présenté le problème de contact de Signorini avec et sans
frottement ainsi que les méthodes classiques pour le résoudre. En utilisant la méthode des
statuts, nous avons adapté la stratégie de raffinement automatique de maillage couplant la
méthode LDC et l’estimateur ZZ au problème de contact. Les résultats présentés pour des
problèmes de contact unilatéral avec ou sans jeu initial et un problème de frottement avec
jeu initial montrent que la méthode LDC et la stratégie de raffinement sont très génériques et
très efficaces. Nous disposons à présent d’un outil permettant de raffiner de façon optimale
un maillage initial d’un problème de contact en respectant un seuil d’erreur relative donnée
par l’utilisateur.
4.4. Résultats numériques 115
Seuil d’erreur
Taille de maille initiale 5% 2% 1%
nombre de sous-niveaux : 0 1 3
hi erreur relative : 1,22% 0,80% 0.47%
nombre de noeuds par niveau : 455 455/650 455/900/2254/4462
nombre de sous-niveaux : 0 0 2
hi/2 erreur relative : 0,62 % 0,62% 0,38%
nombre de noeuds par niveau : 1632 1632 1632/2162/4278
nombre de sous-niveaux : 0 0 1
hi/4 erreur relative : 0,31% 0,31% 0.26%
nombre de noeuds par niveau : 6298 6298 6298/4278
nombre de sous-niveaux : 0 0 0
hi/8 erreur relative : 0,17% 0,17% 0,17%
nombre de noeuds par niveau : 24380 24380 24380
Tableau 4.6 – Cas test contact 2D(r,θ) pour différents pas de maillages de départ et différents
seuils fixés · Jeu initial = 2µm · Raffinement avec maillage quasi-hiérarchique · Critère d’arrêt :
mesure inférieure à 0,5% de la mesure du domaine initial.
Conclusion et Perspectives
Une perspective à court terme de ce travail est de compléter l’étude sur le problème de
contact. Les résultats numériques montrent qu’il y a un compromis à trouver entre maillage
de départ et localisation des sous-niveaux pour que le temps de calcul soit optimal. Un critère
pourrait être proposé afin d’éviter de faire des sous-niveaux dans l’algorithme LDC lorsque la
zone de raffinement est trop large. Ces sous-niveaux seraient alors remplacés par un maillage
initial directement plus raffiné. Ensuite, il faudrait étendre la stratégie proposée à des pro-
blèmes comportant des matériaux non linéaires et des problèmes d’évolutions temporelles.
Les zones de raffinement évoluant alors dans le temps, il faudra s’intéresser au problème de
transmission d’informations d’un pas de temps sur l’autre entre sous-grilles et au raffinement
local spatio-temporel.
L’objectif in fine étant de disposer d’un solveur multi-grilles local pour les études concer-
nant l’interaction mécanique pastille-gaine, la perspective à plus long terme est d’intégrer
cette stratégie de raffinement automatique dans la plate-forme logicielle PLEIADES afin de
pouvoir tester l’efficacité et les performances de l’approche proposée sur des configurations
industrielles.
Bibliographie
[Babuška & Rheinboldt 1978a] I. Babuška et W. Rheinboldt. Error Estimates for Adaptive
Finite Element Computations. SIAM Journal on Numerical Analysis, vol. 15, no. 4,
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[Babuška & Rheinboldt 1978b] I. Babuška et W.C. Rheinboldt. A-posteriori error estimates for
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vol. 12, pages 1597–1615, 1978.
[Babuška & Rheinboldt 1981] I. Babuška et W. Rheinboldt. A Posteriori Error Analysis of
Finite Element Solutions for One-Dimensional Problems. SIAM Journal on Numerical
Analysis, vol. 18, no. 3, pages 565–589, 1981.
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