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Biologie Et Cycle Vital Des Schistosomes

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Acta gastro-ent. belg.

, 1972, 35, 277-284

Biologie et cycle vital des schistosomes

A. FAIN
Professeur de Parasitologie à l'Institut de Médecine tropicale
d'Anvers et à "Université catholique de Louvain.

Biology and life cycle of the schistosomes.

SUMMARY
The author describes the biology and the development of the schistosomes,
parasites of man, and especially of the species responsible for the intestinal
bilharziosis. Schistosomes belong to the group of the digenetic Trematodes or
Digenea. AlI the species in this group go through a complex development, requi­
ring a definitive host to harbour the adult worms, and an intermediate host in
whom the immature parasitic individuals develop. The Digenea are divided into
two groups clearly distinct from each other, from a morphologieal as weIl as
from a biological standpoint: the flukes living in the liver, the intestine and
the lung on the one hand, and the schistosomes on the other.
The author gives more detail on the cycle of Schistosoma mansoni. He descri­
bes the main characteristics of the schistosomes that cause the intestinal bilhar­
ziosis. Their pathogenic action is directly related to their location in the blood
vessels and to their biology. Chiefly responsible for almost aIl the lesions obser­
ved in the bilharziosis are the eggs of the schistosomes. (Acta gastro-ent. belg.,
1972, 35, 277-284).

Je voudrais rappeler ici, brièvement, la biologie et le cycle de déve­


loppement des schistosomes parasites de l'homme. La connaissance de
ces notions permettra de mieux comprendre le rôle pathogène de ces
vers parasites.

Position systématique des schistosomes

Les schistosomes font partie du groupe des trématodes digénétiques ou


Digenea. Chez les représentants de ce groupe, le corps est formé d'un seul seg­
ment aplati qui porte une ou deux ventouses servant à la fixation des parasites
aux üssus de l'hôte. La cuticule est molle. Le tube digestif existe, mais il est
incomplet et se termine en cul-de-sac. Biologiquement, les Digenea présentent un
développement complexe, comportant un hôte définitif, qui héberge les vers
adultes sexués, et un ou plusieurs hôtes intermédiaires dans lesquels évoluent les
stades immatures du parasite. Le premier hôte intermédiaire est toujours un mol­
lusque. C'est dans cet hôte que l'embryon, issu de l'œuf, et appelé encore mira­
cidium, va se transformer en larve infectante, ou cercaire, capable d'infecter

Acta Gastro-Enteroloeica Belgica, Vol. XXXV, luin 1972


278 A. FAIN SCHISTOSOMES : BIOLOGIE

l'hôte définitif. Cette transformation de l'embryon en larve infectante est accom·


pagnée d'une multiplication asexuée, souvent considérable des formes larvaires est particulièrement compliquée. Les
du parasite. A titre d'exemple, rappelons que chez les schistosomes un seul petites veines intestinales ou vésical(
miracidium peut donner finalement naissance à 100.000 cercaires. tissus, avant de p2rvenir dans la lu
Tous les trématodes responsables des bilharzioses humaines font partie du
genre Schistosoma, dans la famille Schistosomatidae. Chez les animaux, on ren· cheminement intratissulaire des œufs e
contre, outre le genre Schistosoma, divers autres genres de schistosomes repré· à distance dans le foie ou le poumon
sentés chacun par un nombre variable d'espèces. logiques observés dans la bilharziose.
La description du cycle de déveloPI
Différences entre schistosomes et douves de mieux comprendre ces phénomène
pIe celui de Schistosoma mansoni. l'a
Les schistosomes se distinguent nettement des autres trématodes, appe­ intestinale.
lés aussi douves, par de nombreux caractères. Nous en rappelons ici
Cycle évolutif de Schistosoma mans
les plus importants:
Les schistosomes deviennent adult(
1° Les schistosomes présentent les sexes séparés, alors que les douves
s'accouplent déjà avant leur maturité
parasites des mammifères et des oiseaux sont hermaphrodites. Le dimor­
logée dans le canal gynécophore du
phisme sexuel chez les schistosomes est très marqué. La femelle est
penszble pour que la femelle puisse
longue, étroite et presque cylindrique; le mâle est plus nettement aplati ;
constate, en effet, qu'en l'absence de
il est plus court, mais plus large et plus musclé que la femelle, et il
tures.
présente sur sa face ventrale une gouttière appelée « canal gynécophore »,
Après maturité sexuelle, les coupl
qui sert à recevoir la femelle au moment de l'accouplement.
veine porte et aboutissent dans les ve
2° Un deuxième caractère séparant les schistosomes des douves est étant plus étroite que le mâle, peut
la forme des œufs. Chez les premiers, les œufs sont munis d'un éperon petites où le mâle ne pourrait plus
mais n'ont pas d'opercule, alors que chez les seconds c'est l'inverse : nule distendue par elle que la femelle
présence d'un opercule mais absence d'éperon. la femelle se retire et les œufs reste~
seau. Très rapidement, la petite vei
3° Les schistosomes diffèrent encore des douves par la mamere dont
libérés dans les tissus de la muque
leurs larves envahissent leur hôte. Alors que les cercaires des schisto­
mécanisme de l'effraction du vaisseau
somes pénètrent activement à travers la peau de l'hôte, celles des dou­
les tissus n'est pas complètement éJ
ves, du moins pour les espèces parasites de l'homme, s'enkystent dans
relève de la combinaison de facteurs
le milieu extérieur ou dans un deuxième hôte intermédiaire sous forme
mouvements péristaltiques de l'intest
de métacercaires et sont absorbées passivement avec de l'eau ou des ali­
tées par l'embryon). L'œuf traverse
ments contaminés (plantes, poissons, etc.).
et tombe dans la lumière de l'intestin
4° Un autre caractère très important qui différencie les schistosomes L'éclosion du miracidium ne se pro
des douves est Jeur localisation parasitaire. L'habitat normal des schisto­ douce. Elle est stimulée par la lum
somes ::dultes est le sang veineux. Les douves, parasites de l'homme, la coque de l'œuf est le résultat ci
par contre, ne se rencontrent jamais dans les vaisseaux sanguins. Leurs moindre part, des mouvements du DI
principales localisations sont des organes en communication avec le milieu cidium se met à nager activement :
extérieur, comme les canaux biliaires, l'intestin ou les poumons. diaire, le mollusque. Le miracidium
C'est cette localisation dans le sang veineux qui est à la base de la négativement géotropique. Il gagnera
pathogénicité très particulière des schistosomes. En effet, comme le l'eau où vivent la plupart des molh
système vasculaire dans lequel vivent les schistosomes est un milieu vit que quelques heures et il meurt
clos, l'élimination des œufs de ces parasites dans le milieu extérieur pas rencontré l'hôte intermédiaire COll

Acta Gastro-Enterologica Belgica, Vol. XXXV. Juin 1972 Acta Gast.


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A. FAIN 279
SCHISTOSOMES : BIOLOGIE

e l'embryon en larve infectante est accom­


souvent considérable des formes larvaires est particulièrement compliquée. Les œufs qui sont pondus dans les
~lons que chez les schistosomes un seul petites veines intestinales ou vésicales doivent en effet traverser les
IÏssance à 100.000 cercaires. tissus, avant de p2tvenir dans la lumière intestinale ou vésicale. Ce
1es bilharzioses humaines font partie du
1Ïstosomatidae. Chez les animaux, on ren­ cheminement intratissulaire des œufs et aussi leur embolisation fréquente
v,ers ,autres genres de schistosomes repré­ à distance dans le foie ou le poumon sont à la base des troubles patho­
:l especes. logiques observés dans la bilharziose.
La description du cycle de développement des scmstosomes permettra
chistosomes et douves de mieux comprendre ces phénomènes. Nous prendrons comme exem­
ple celui de Schistosoma mansoni, l'agent responsr ble de la bilharziose
lettement des autres trématodes, appe­ intestinale.
lX caractères. Nous en rappelons ici
Cycle évolutif de Schistosoma mansoni:
Les schistosomes deviennent adultes dans la veine porte. Les vers
es sexes séparés, alors que les douves
s'accouplent déjà avant leur maturité sexuelle complète, la femelle étant
:seaux sont hermaphrodites. Le dimor­
logée dans le canal gynécophore du mâle. Cet accouplement est indis­
les est très marqué. La femelle est
penszble pour que la femelle puisse devenir sexuellement mûre. On
!e ; le mâle est plus nettement aplati;
constate, en effet, qu'en l'absence de mâles les femelles restent imma­
et plus musclé que la femelle, et il
tures.
uttière appelée « canal gynécophore »,
Après maturité sexuelle, les couples remontent à contre-courant la
noment de l'accouplement.
veine porte et aboutissent dans les veinules du gros intestin. La femelle
-ant les schistosomes des douves est étant plus étroite que le mâle, peut cheminer dans des veinules très
:ers, les œufs sont munis d'un éperon petites où le mâle ne pourrait plus passer. C'est dans une petite vei­
ue chez les seconds c'est l'inverse : nule distendue par elle que la femelle dépose ses œufs. Après la ponte,
:e d'éperon. la femelle se retire et les œufs restent emprisonnés dans le petit vais­
:ore des douves par la manière dont seau. Très rapidement, la petite veinule se rompt et les œufs sont
Alors que les cercaires des schisto­ libérés dans les tissus de la muqueuse ou de la sous-muqueuse. Le
mécanisme de l'effraction du vaisseau et du cheminement de l'œuf dans
:rs la peau de l'hôte, celles des dou­
:rasites de l'homme, s'enkystent dans les tissus n'est pas complètement élucidé, mais il est probable qu'il
-xième hôte intermédiaire sous forme relève de la combinaison de facteurs mécaniques (éperon de l'œuf et
passivement avec de l'eau ou des ali­ mouvements péristaltiques de l'intestin) et chimiques (enzymes sécré­
., etc.). tées par l'embryon). L'œuf traverse finalement l'épithélium intestinal
et tombe dans la lumière de l'intestin d'où il est éliminé avec les selles.
~tant qui différencie les schistosomes L'éclosion du miracidium ne se produit que si l'œuf tombe dans l'eau
lsitaire. L'habitat normal des schisto- douce. Elle est stimulée par la lumière et la chaleur. La rupture de
Les douves, parasites de l'homme, la coque de l'œuf est le résultat de l'absorption d'eau et, pour une
s dans les vaisseaux sanguins. Leurs moindre part, des mouvements du miracidium. Aussitôt éclos, le mira­
mes en communication avec le milieu cidium se met à nager activement pour rencontrer son hôte intermé­
., l'intestin ou les poumons. diaire, le mollusque. Le miracidium est positivement phototropique et
3ng veineux qui est à la base de la négativement géotropique. Il gagnera donc les couches superficielles de
schistosomes. En effet, comme le l'eau où vivent la plupart des mollusques vecteurs. Le miracidium ne
ent les schistosomes est un milieu vit que quelques heures et il meurt si après cette brève période il n'a
• parasites dans le milieu extérieur pas rencontré l'hôte intermédiaire convenable. D:ns le cas de Schistosoma
luin 1912 Acta Gastro-Enterologica Belgica, Vol. XXXV, Juin 1972
280 A. FAIN SCHISTOSOMES : BIOLOGIE

mansoni, cet hôte est un mollusque pulmoné du genre Biomphalaria, miques (enzymes protéolytiques sécré
appelé aussi planorbe. Lorsque le miracidium arrive à proximité de tion) .
cet hôte, il manifeste des signes d'excitation et il se met à nager plus Seul le corps de la cercaire pénètre
vite et de façon plus irrégulière en se retournant fréquemment jus­ et tombe avant que le corps n'ait ad
qu'au moment où il arrive en contact avec le mollusque. Le miracidium la profondeur de la peau, la cercaire
se colle alors à la peau du mollusque au moyen d'une épaisse sécré­ ou veineux. Elle est alors entraînée p
tion produite par des glandes spéciales situées à l'avant du corps. La guine jusque dans le cœur, de là da
pénétration à travers la peau du mollusque est assurée grâce à l'action foie. Ces corps cercariens en migration
d'enzymes protéolytiques produites p2r un autre groupe glandulaire. Une Ce sont des jeunes schistosomes dont
fois parvenu à l'intérieur du mollusque, le miracidium se transforme sable.
en une nouvelle forme larvaire appelée sporocyste, qui a l'aspect d'un Pour gagner le foie en partant des
sac. A l'intérieur de ce sporocyste primitif se développent de nou­ vent emprunter deux voies différentes,
veaux sporocystes (= sporocystes fils), qui se libèrent et gagnent l'hépato­ gauche, aorte, artère hépatique), soit
pancréas du mollusque. On observe alors l'apparition dans les sporo­ à travers le poumon et le foie. Um
cystes de nouvelles formations larvaires appelées cercaires. Ces cercaires schistosomules gagnent la veine porte
sont les larves infectantes des schistosomes. Elles sont formées d'un La période comprise entre la pénét
corps long et étroit muni de deux ventouses de fixation et d'une queue des premiers œufs dans les selles 01
fourchue qui leur permet de nager dans l'eau. Les cercaires quittent trente à quarante jours, mais elle peu
les sporocystes, traversent activement les tissus du mollusque et
arrivent finalement dans l'eau.
Espèces de sel
On peut estimer à plus de 100.000 le nombre de cercaires éliminé
responsables de la bill-
par un mollusque au cours de sa vie. Toutes les cercaires provenant
d'un seul miracidium sont du même sexe et elles se transformeront donc Nous n'envisageons ici que les sch:
en schistowmes d'un seul sexe chez l'hôte définitif. plus importants pour l'homme:
Les cercaires sont des petits organismes transparents et mobiles mesu­
rant moins de 1 mm de long. Les cercaires sortent du mollusque le 1" L'espèce la plus répandue est Sc!:.
matin, sous l'influence de la lumière. Elles gagnent les couches super­ en Afrique, au Moyen-Orient et en A:
ficielles de l'eau où elles se tiennent verticalement avec le corps dirigé est longue de 15 à 17 mm, le mâle
vers le bas et la queue vers le haut, les fourchons étant déplo~7és afin de 4 à 13 testicules, en moyenne 8
de ralentir la descente de la cercaire. court et n'occupe que le tiers antéri
La durée du cycle du parasite dans le mollusque depuis la pénétration en moyenne 150 tJ. de long pour 60
du miracidium jusqu'à la production de cercaires libres est de quatre fort éperon latéral. Les œufs sont pOl
à cinq semaines pour S. mansoni, cinq à six semaines pour S. haematobium tin. Une femelle pond de 100 à 300 e
et sept semaines ou plus pour S. japonicum. est un planorbe du genre Biomphalari
voir de ce schistosome. On l'a rencor
La cercaire est la larve infectante des schistosomes. Elle envahit acti­
singes, mais ces animaux ne jouent c
vement l'hôte définitif, en l'occurrence l'homme, au moment où celui-ci
se baigne ou marche dans une eau contaminée. La cercaire a une durée miologie de ce parasite.
de vie d'environ quarante-huit à soixante-douze heures. La pénétration 2" La deuxième espèce africaine •
de la cercaire à travers la peau de l'homme est rapide. Elle est le est exclusivement africaine. Les ver­
résultat d'une action complexe où interviennent des facteurs mécaniques (femelle) et 8 à 15 mm (mâle). Le
(mouvements de la ventouse antérieure, appelée aussi organe de péné­ On rencontre cette espèce au Conge
tration et action abrasive des spinules cuticulaires) et des éléments chi- occidentale. Les œufs sont un peu pl

Acta Castro-Enterologica Belgica, Vol. XXXV, Juin 1972 Acta Castre


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A. FAIN SCHISTOSOMES : BIOLOGIE 281

sque pulmoné du genre Biomphalaria, miques (enzymes protéolytiques sécrétées par les glandes de pénétra­
le miracidium arrive à proximité de tian) .
d'excitation et il se met à nager plus Seul le corps de la cercaire pénètre dans la peau, la queue se détache
'e en se retournant fréquemment jus­ et tombe avant que le corps n'ait achevé sa pénétration. Arrivée dans
ntact avec le mollusque. Le miracidium la profondeur de la peau, la cercaire gagne les capillaires lymph~tiques
l1usque au moyen d'une épaisse sécré­ ou veineux. Elle est alors entraînée passivement par la circulation san­
)éciales situées à l'avant du corps. La guine jusque dans le cœur, de là dans les poumons et enfin dans le
mollusque est assurée grâce à l'action foie. Ces corps cercariens en migration sont encore appelés schistosomules.
:s p?r un autre groupe glandulaire. Une Ce sont des jeunes schistosomes dont le sexe n'est pas encore reconnais­
ollusque, le miracidium se transforme sable.
:lppelée sporocyste, qui a l'aspect d'un Pour gagner le foie en partant des poumons, les schistosomules peu­
~ste primitif se développent de nou­ vent emprunter deux voies différentes, soit la circulation artérielle (cœur
fils), qui se libèrent et gagnent l'hépato­ gauche, aorte, artère hépatique), soit le passage direct par effraction
~rve alors l'apparition dans les sporo­ à travers le poumon et le foie. Une fois parvenus dans le foie, les
~vaires appelées cercaires. Ces cercaires schistosomules gagnent la veine porte où ils deviennent adultes.
:chistosomes. Elles sont formées d'un La période comprise entre la pénétration des cercaires et l'apparition
i{ ventouses de fixation et d'une queue
des premiers œufs dans les selles ou les urines est au minimum de
;gel' dans l'eau. Les cercaires quittent trente à quarante jours, mais elle peut durer beaucoup plus longtemps.
-ement les tissus du mollusque et

Espèces de schistosomes

10.000 le nombre de cercaires éliminé


responsables de la bilharziose intestinale

:a vie. Toutes les cercaires provenant


Je sexe et elles se transformeront donc
Nous n'envisageons ici que les schistosomes les plus répandus et les
ez l'hôte définitif.

plus importants pour l'homme:


~anismes transparents et mobiles mesu­

:"es cercaires sortent du mollusque le


10 L'espèce la plus répandue est Schistosoma mansoni. On la rencontre
ière. Elles gagnent les couches super­
en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique du Sud. La femelle adulte
-ent verticalement avec le corps dirigé
est longue de 15 à 17 mm, le mâle de 10 à 13 mm. Le mâle possède
.aut, les fourchons étant déplo~7és afin
de 4 à 13 testicules, en moyenne 8 à 9. Chez la femelle, l'utérus est
ire. court et n'occupe que le tiers antérieur du corps. Les œufs mesurent
:ans le mollusque depuis la pénétration en moyenne 150 !J. de long pour 60 iL de large. Ils sont munis d'un
ion de cercaires libres est de quatre fort éperon latéral. Les œufs sont pondus dans les parois du gros intes­
nq à six semaines pour S. haematobium tin. Une femelle pond de 100 à 300 œufs par jour. L'hôte intermédiaire
'!1ponicum. est un planorbe du genre Biomphalaria. L'homme est le principal réser­
le des schistosomes. Elle envahit acti­ voir de ce schistosome. On l'a rencontré aussi chez des rongeurs et des
-ence l'homme, au moment où celui-ci singes, mais ces animaux ne jouent qu'un rôle secondaire dans l'épidé­
~ contaminée. La cercaire a une durée miologie de ce parasite.
soixante-douze heures. La pénétration 2 0 La deuxième espèce africaine est Schistosoma intercalatum. Elle
de l'homme est rapide. Elle est le est exclusivement africaine. Les vers adultes sont longs de 20 mm
interviennent des facteurs mécaniques (femelle) et 8 à 15 mm (mâle). Le mâle possède de 4 à 5 testicules.
fieure, appelée aussi organe de péné­ On rencontre cette espèce au Congo et dans certains pays d'Afrique
Jles cuticulaires) et des éléments chi- occidentale. Les œufs sont un peu plus grands que ceux de S. mansoni
Juin 1972
Acta Gastro-Enterologica Belgica, Vol. XXXV, Juin 1972
282 A. FAIN SCHISTOSOMES : BIOLOGIE

(en moyenne 175 lJ. X 60 tJ.) et ils sont munis d'un fort éperon ter­ par le passage des œufs sont autar
minal. Ces œufs sont également pondus dans les parois du gros intestin. bacilles de l'intestin et il en résull
L'hôte intermédiaire est un mollusque d'eau douce du genre Bulinus, ou subaiguë de la muqueuse, qui
sous-genre Physopsis. dysenterie.
Ce schistosome est moins pathogène que S. mansoni. Tous les œufs cependant ne pal"
30 Schistosoma japonicum est une espèce qui n'est rencontrée qu'en tinale. Un certain nombre wnt ret(
Extrême-Orient. La femelle adulte est longue de 20 à 28 mm; son la sous-muqueuse ou la muqueuse. 1
utérus occupe la moitié ~ntérieure du corps et contient en permanence inflammatoire dont le résultat final el
de nombreux œufs (au moins 50). Le mâle mesure de 15 à 20 mm Cette inflammation est accompagnée
en longueur; les testicules sont au nombre de 6 à 7. Les œufs sont est finalement remplacé par du tiss
longs de 70 à 100 [J., larges de 50 à 65 tJ. et ils présentent un éperon de ces nombreuses petites cicatrices
latéral rudimentaire. Les hôtes intermédiaires de ce schistosome sont de la paroi intestinale. Les œufs
des mollusques du genre Oncomelania. Les femelles pondent leurs œufs ces tissus sclérosés cheminent de
principalement dans les petites veines de l'intestin grêle. Une femelle coup n'arrivent plus à atteindre la
produit de 1.500 à 3.000 œufs par jour. A cause du grand nombre dans les tissus avec comme consé<
d'œufs produits et de la localisation haute de l'infection, ce schistosome plus rapide et importante de la s
est plus pathogène que S. mansoni. Son importance est aussi plus grande où la plupart des œufs sont retem:
sur le plan épidémiologique par le fait qu'il peut se développer chez de alors devenir très difficile et nécess
nombreux animaux domestiques et sauvages, ce qui rend son éradication Les lésions pathologiques au niv
très malaisée. œufs qui n'ont pas été retenus dar
œufs sont repris par le courant s
Rôle pathogène des schistosomes s'embolisent finalement dans le foie
que celles que nous avons décrites
L'action pathogène des schistosomes est directement liée à leur loca­ nique aboutissant à la résorption d
lisation parasitaire et à leur biologie. du tissu local suivie d'une fibrose
C'est la migration des œufs à travers les parois de l'intestin et l'em­ ment à l'hypertension portale avec ­
bolisation d'un certain nombre de ceux-ci dans le foie et pour une et cliniques.
moindre part dgns les poumons qui sont à la base de la plupart des RES.
lésions observées dans la bilharziose intestinale. Le rôle des vers adultes L'auteur décrit la biologie et le cycle
est encore mal connu. On pense qu'au moment de leur mort, ils pour­ sites de l'homme et en particulier de­
raient déclencher une réaction de sclérose au niveau du foie. intestinale. Les schistosomes appartien:
ques ou Digenea. Toutes les espèces de
La gravité des lésions produites dépend donc directement du nombre complexe comportant un hôte définitit
d'œufs pondus par les femelles. C'est ainsi que Schistosoma japonicum intermédiaire dans lequel évoluent les
Les Digenea se divisent en deux gr
dont la femelle produit de 1.500 à 3.000 œufs par jour est plus patho­ phologiquement et biologiquement: le
gène que S. mansoni dont la femelle ne pond que 100 à 300 œufs par d'autre part.
jour. L'auteur décrit en détail le cycle de
Il donne les principales caractéristique:
Les deux organes, qui sont les plus touchés en cas de bilharziose harziose intestinale.
intestinale à Schistosoma mansoni, sont le gros intestin et le foie. L'action pathogène des schistosome:
dans les vaisseaux sanguins et à leur ~
Les œufs, qui sont pondus dans les parois de l'intestin, arrivent dans des schistosomes qui sont responsables
la lumière intestinale après avoir traversé l'épithélium intestinal par effrac­ la bilharziose.
tion. Les nombreuses microlésions produites à la surface de la muqueuse

Acta Gastro-Enterologica Belgica. Vol. XXXV, Juin 1972


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A. FAIN SCHISTOSOMES: BIOLOGIE 283

et ils sont munis d'un fort éperon ter­ par le passage des œufs sont autant de portes d'entrée pour les coli­
pondus dans les parois du gros intestin. bacilles de l'intestin et il en résulte une inflammation septique aiguë
llusque d'eau douce du genre Bulinus, ou subaiguë de la muqueuse, qui se manifeste cliniquement par une
dysenterie.
ogène que S. mansoni. Tous les œufs cependant ne parviennent pas dans la lumière intes­
une espèce qui n'est rencontrée qu'en tinale. Un certain nombre wnt retenus pour des causes diverses, dans
lte est longue de 20 à 28 mm; son la sous-muqueuse ou la muqueuse. Leur présence engendre une réaction
Te du corps et contient en permanence inflammatoire dont le résultat final est la résorption de la coque de l'œuf.
50). Le mâle mesure de 15 à 20 mm Cette inflammation est accompagnée d'une destruction du tissu local, qui
au nombre de 6 à 7. Les œufs sont est finalement remplacé par du tissu cicatriciel fibreux. L'accumulation
50 à 65 IJ. et ils présentent un éperon de ces nombreuses petites cicatrices conduit à une sclérose progressive
intermédiaires de ce schistosome sont de la paroi intestinale. Les œufs qui continuent à être pondus dans
'!!lania. Les femelles pondent leurs œufs ces tissus sclérosés cheminent de plus en plus difficilement et beau­
veines de l'intestin grêle. Une femelle coup n'arrivent plus à atteindre la lumière intestinale et sont retenus
par jour. A cause du grand nombre dans les tissus avec comme conséquence une aggravation de plus en
ion haute de l'infection, ce schistosome plus rapide et importante de la sclérose. Il arrive ainsi un moment
~i. Son importance est aussi plus grande où la plupart des œufs sont retenus. Le diagnostic de la maladie peut
le fait qu'il peut se développer chez de alors devenir très difficile et nécessiter une biopsie de la muqueuse.
~t sauvages, ce qui rend son éradication Les lésions pathologiques au niveau du foie sont produites par des
œufs qui n'ont pas été retenus dans les petites veines intestinales. Ces
œufs sont repris par le courant sanguin des veines mésentériques et
le des schistosomes s'embolisent finalement dans le foie. Ils y provoquent les mêmes lésions
que celles que nous avons décrites pour l'intestin: inflammation chro­
somes est directement liée à leur loca­ nique aboutissant à la résorption de l'œuf. Il y a aussi une destruction
,gie. du tissu local suivie d'une fibrose cicatricielle. Celle-ci conduit finale­
travers les parois de l'intestin et l'em­ ment à l'hypertension portale avec toutes ses conséquences pathologiques
.de ceux-ci dans le foie et pour une et cliniques.
qui sont à la base de la plupart des RESUME
)se intestinale. Le rôle des vers adultes L'auteur décrit la biologie et le cycle de développement des schistosomes para­
qu'au moment de leur mort, ils pour­ sites de l'homme et en particulier des espèces responsables de la bilharziose
sclérose au niveau du foie. intestinale. Les schistosomes appartiennent au groupe des trématodes digénéti­
ques ou Digenea. Toutes les espèces de ce groupe présentent un développement
:'>dépend donc directement du nombre complexe comportant un hôte définitif hébergeant les vers adultes et un hôte
C'est ainsi que Schistosoma japonicum intermédiaire dans lequel évoluent les stades immatures du parasite.
à 3.000 œufs par jour est plus patho­
Les Digenea se di\1isent en deux groupes nettement tranchés à la fois mor­
phologiquement et biologiquement: les douves d'une part, et les schistosomes
_elle ne pond que 100 à 300 œufs par d'autre part.
L'auteur décrit en détail le cycle de développement de Schistosoma mansoni.
Il donne les principales caractéristiques des schistosomes responsables de la bil­
~s plus touchés en cas de bilharziose harziose intestinale.
sont le gros intestin et le foie. L'action pathogène des schistosomes est directement liée à leur localisation
dans les vaisseaux sanguins et à leur biologie. Ce sont essentiellement les œufs
s les parois de l'intestin, arrivent dans des schistosomes qui sont responsables de la plupart des lésions observées dans
-aversé l'épithélium intestinal par effrac­ la bilharziose.
produites à la surface de la muqueuse A. FAIN
Institut de Médecine Tropicale
Nationalestraat 155
.l, Juin 1972
B-2000 Antwerpen (België)
284 A. FAIN

SAMENVATTING

De schrijver beschrijft de biologie en de ontwikkelingscyclus van de schistoso­


men die bij de mens parasiteren, en in het bijzonder de soorten die darmbil­
harziose veroorzaken. Schistosomen behoren tot de groep der digenetische tre­
matoden of Digenea. Alle soorten van deze groep vertonen een ingewikkeld
ontwikkelingsproces, waarbij een definitieve gastheer noodzakelijk is, die de
volwassen wormen herbergt, en een intermediaire gastheer, waar de onvolwas­
sen wormen van de parasiet in huizen.
De Digenea worden in twee groepen verdeeld, die op morphologisch en bio­
logisch gebied duidelijk verschillen : de lever-, darm- en longwormen enerzijds,
de schistosomen anderzijds.
Er wordt een uitgebreide beschrijving gegeven van de cyclus van Schistosoma
mansoni. De pathogene werking der schistosomen is rechtstreeks verbonden aan
hun vestiging in de bloedvaten en aan hun biologie. De eieren zijn hoofdzakelijk
verantwoordelijk voor het merendeel van de letsels die bij de bilharziose voor­
komen.

Acta Gastro-Enterologica Belgica, Vol. XXXV, Juin 1972

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