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Principes du Contentieux Civil et Pénal

Ce document traite des principes fondamentaux qui régissent les procès civil et pénal, notamment le droit d'accéder à la justice, le principe d'impartialité du juge, la publicité des débats et le principe du contradictoire. Il aborde également les principes spécifiques à chaque procès.

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Principes du Contentieux Civil et Pénal

Ce document traite des principes fondamentaux qui régissent les procès civil et pénal, notamment le droit d'accéder à la justice, le principe d'impartialité du juge, la publicité des débats et le principe du contradictoire. Il aborde également les principes spécifiques à chaque procès.

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U

Uuniversité Chouaib Doukkali

Faculté des sciences juridiques économiques et sociales d’El Jadida

Master de recherche : Droit pénal et sciences criminelles

SEMESTRE 1

Module : Droit processuel

Exposé sous le thème :

Encadré par : Réalisé par :

M. Amina EL KHALOUFI MOHAMED DAHBI

MARWA RAKKABI

AIT SALEM HOUSINE

Année universitaire : 2021-2022


INTRODUCTION

 Chapitre 1 : les principes gouvernant le procès civil et pénal

 Section 1 : le droit d’accéder à la justice


 Section 2 : le principe de l’impartialité et l’indépendance du juge
 Section 3 la publicité des débats et le principe contradictoire
 Section 4 : le principe de motivation et le principe du double degré de
juridiction

 Chapitre 2 : les principes spécifiques du procès civil et pénal

 Section 1 : les principes spécifiques au procès civil


 Section 2 : les principes spécifiques au procès pénal

CONCLUSION
CPC :CODE DE PROCEDURE CIVILE

DOC : DAHIR DES OBLIGATIONS ET CONTRATS

CEDH : CONSEIL EUROPEEN DES DROITS DE L’HOMME

CPP : CODE DE PROCEDURE PENALE

CAPA : CERTIFICAT D’APTITUDE A LA PROFESSION D’AVOCAT


INTRODUCTION
Le droit processuel est un droit extrêmement jeune, c’est une discipline récente, il est né dans les années
70, il ne se définissait pas comme les règles communs à toutes les procédures mais comme la comparaison
de la procédure civile à la pénale à l’administrative.

On s’est rendu compte par la suite que les procédures n’étaient pas comparable entre elles car les
procédures sont par nature différente l’une de l’autre.

De plus, au fil des années on a créé de nouvelle juridiction, le nombre de juridiction et de procès diffèrent
ont rendu ce droit processuel infini on a alors gardé cette approche transversale depuis les années 1985
jusqu’à aujourd’hui. Certes qu’est-ce qu’un droit processuel ?

Le droit processuel est une discipline qui a vocation à systématiser l’ensemble des règles applicables
devant les juridictions civiles, pénales, administratives et constitutionnelles. Autrement dit, il s’agit de la
branche du droit qui fixe l’ensemble des formalités qui doivent être observées dans le déroulement d’une
procédure. On distingue alors plusieurs composante dans le droit processuel notamment la procédure
civile, pénale, et le contentieux administratif. Certes La procédure civile et la procédure pénale sont les
deux plus importantes composantes du droit processuel. Certains auteurs considèrent que ces deux
procédures constituent deux voies bien distinctes qui ne peuvent jamais se croiser. Tout en étant
partiellement juste, cette thèse s'éclipsera certainement quand le droit processuel, discipline encore
balbutiante, sera reconnu par les praticiens et la doctrine comme étant une composante autonome du
droit .

En sus, La doctrine a depuis toujours, établi la distinction entre deux catégories de règles juridiques. Les
règles qui régissent les rapports entre les individus et qui déterminent leurs droits et leurs obligations sont
dites les règles relatives au fond. Celles qui déterminent les actes de procédure et les formalités devant
être accomplies et observées par les justiciables et les juridictions au courant de l'instance sont dites
processuelles ou formelles.1

Le droit processuel a fait objet de deux approches doctrinales distinctes. Une partie estime que ce droit
constitue une branche commune à toutes les procédures. Il serait ainsi une branche du droit qui rassemble
toutes les règles juridiques de forme, Une autre partie attribue à cette discipline une vertu uniformisatrice.
Il serait, selon les partisans de cette thèse, une discipline fondée sur la réalisation d'une étude comparée
des différentes procédures en vue de jauger les chances de leur unification.

1-Jawad AMAHMOUL , Procédure civile, édition Dar El Afak , 2019 p : 5, 6,8

1
ainsi une branche du droit qui rassemble toutes les règles juridiques de forme, Une

autre partie attribue à cette discipline une vertu uniformisatrice. Il serait, selon les partisans de cette
thèse, une discipline fondée sur la réalisation d'une étude comparée des différentes procédures en vue de
jauger les chances de leur unification.

A ce stade il s’avère nécessaire de rappeler la définition de chacune :

La procédure civile est une branche du droit processuel. Elle regroupe l'ensemble des règles de forme
applicables devant les juridictions de droit commun. Elle constitue aussi le droit commun des procédures.
Par conséquent, ce sont ses dispositions qui doivent être appliquées lorsque les procédures spéciales ne
prévoient pas de dispositions contraires.

Tandis que, La procédure pénale regroupe l'ensemble des règles juridiques régissant la poursuite pénale et
l'action publique. La mise en application de ces règles commence depuis la commission de l'infraction
jusqu'à l’exécution de la sanction prononcée par la juridiction répressive.

Historiquement parlant, Le droit processuel est né de la comparaison des procédures civile, pénale et
administrative françaises. L'objectif était de dégager les principes directeurs d'un procès, et aussi
reconnaitre aux justiciables des garanties fondamentales. Le droit processuel, en tant que droit comparé
des différentes règles de procédure souligne également les principales différences et il tente, disons,
d'opérer une articulation entre ces différentes règles. Alors. La matière du droit processuel a été créée
officiellement par un arrêté du 26 mars 1966 pris en application du décret du 11 mars 1966 qui instituait un
certificat d'étude officiel dans les facultés de droit. C'est Henri MOTULSKY qui en avait tait la proposition au
ministre de la justice de l'époque. Et, l’Object de cette matière juridique était de présenter aux étudiants
qui se préparent au CAPA, une synthèse des grands types de procédures suivies en France devant nos trois
ordres de juridictions. Cette synthèse était largement à construire parce qu'à cette époque, les différentes
procédures étaient étudiées séparément et encore maintenant. I n'y avait pas de relations entres les
spécialistes des trois ordres. Alors, le souci de caractériser les différences, voire les divergences entre les
trois procédures ont porté sur ce que souhaitait MOTULSKY, c'est-à-dire souligner leur ressemblance, voire
leur convergence. Ce fut le premier à relever le défi de ce droit processuel conçu à l'origine comme une
étude comparée des trois procédures.

Ce sujet revêt un intérêt très important, celui de dégager une sorte de comparaison entre le Procès civil,
procès pénal, et procès administratif.

2
Problématique :
D’après ce qu’on a introduit, il s’avère judicieux de poser la problématique suivante : quels sont les
principes spécifiques qui gouvernent chaque procès ? Quels sont leurs substances sur le droit à un procès
équitable ?

Ce travail sous le thème des principes qui irriguent le contentieux des procès civil et Pénal, mérite donc
réflexion à travers deux chapitres essentiels. En premier lieu, on va s’interroger sur les principes
fondamentaux gouvernant le procès civil et pénal (chapitre 1) et en deuxième lieu on va braquer les
principes spécifiques aux procès civil et pénal (chapitre2)

3
Les principes gouvernant le procès civil et pénal

4
 Section 1 : le droit d’accéder à la justice
Le droit d’accéder à la justice est reconnu, de manière implicite, par les dispositions du premier alinéa de
l’article premier du CPC qui prévoit « Ne peuvent ester en justice que ceux qui ont qualité, capacité et
intérêt pour faire valoir leurs droits ».

La jurisprudence (CEDH , 19 Mars1997,Honsby c/ Grèce ,précise que c’est un droit à obtenir une décision
de justice effective. Le droit d’accès à un juge est une des composantes du procès équitable, ce dernier est

une garantie fondamentale du procès conférée à tout plaideur qui intervient au cours d’une procédure
juridictionnelle.

-Source du procès équitable :

-L’article 10 de la déclaration de droit de l’homme du 10 Décembre 1948

-L’article 14 , du pacte internationale relatif aux droits civils et politiques de l’homme du 16 décembre 1966

-L’article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et du citoyen « Toute


personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement ]…[»

-l’article premier du CPC.

-Les composantes du procès équitable :

 Le droit d’accès au juge


 Le droit à un bon juge :le droit à un juge soit impartiale et indépendant , neutre à l’égard des
autorités publiques qui ne doivent pas orienter sa prise de décision .
 Equité de la procédure : la procédure doit présenter un caractère contradictoire et loyal.
 Célérité de la procédure : c’est le droit d’obtenir une décision de justice dans un délai raisonnable.
En effet, ce droit ne peut être exercé de manière effective qu’en la reconnaissance de la gratuité de
la justice. Cependant même s’ils ne payent pas les magistrats, les justiciables assument d’autres
charges conséquentes, notamment la taxe judiciaire. Les nécessiteux peuvent, néanmoins,
demander à bénéficier de l’assistance judiciaire afin de se soustraire de certaines charges que peut
engendrer l’exercice d’une action en justice.

Ce droit ne peut être exercé de manière effective qu’en la reconnaissance de la gratuité de la justice. Car,
Les nécessiteux peuvent demander à bénéficier de l’assistance judiciaire afin de soustraire de certains

____________________________________________

2- Razon jean - Paul « les institutions judiciaires et la procédure civile au Maroc »1988

5
charges que peut engendre l’exercice d’une action en justice2.
1. Le principe de la gratuité de la justice
La justice est un service public gratuit de l’Etat, c'est-à-dire les justiciable ne sont pas obligé de payer son
juge. Mais, cette gratuité n’est pas absolue, l’Etat impose de payer des taxes judiciaires et aussi les frais de
l’expertise et des autres mesures d’instruction ordonnée à leur requête.

Néanmoins, l’assistance judiciaire est un système mis à la disposition des justiciables nécessiteux. Elle
comporte l’exonération du paiement de la taxe judiciaire et la désignation d’un avocat d’office pour
assister gratuitement le plaideur. Elle est même de plein droit pour certaines catégories de
d’office pour assister gratuitement le plaideur. Elle est même de plein droit pour certaines catégories de

d’office pour assister gratuitement le plaideur. Elle est même de plein droit pour certaines catégories de

personnes défavorisées tels les travailleurs (art 273 CPC), mais, dans ce cas aussi, le plaideur est souvent
amené à débourser certains frais occultes.
Le justiciable qui désire en bénéficier doit prouver son éligible à ce système en produisant un certificat
d’indigence ou de non-imposition.

2. L’assistance judiciaire
L’assistance judiciaire est un système mis à la disposition des justiciables nécessiteux. Elle permet à ceux
qui en obtiennent le bénéfice d’être exonérés du paiement de la taxe judiciaire ainsi que la désignation
d’un avocat d’office.
Si l’intéressé n’a pas les moyens de payé les honoraires il suffit de faire une attestation, pour bénéficier de
la gratuité de la justice et de l’assistance judiciaire.

 Section 2 : le principe de l’impartialité et l’indépendance du juge


L’accès à la justice, l’équité du procès, l’indépendance et l’impartialité des magistrats sont des droits
attribués par la loi aux litigants.

Ces droits sont garantis par de nombreux principes processuels. Leur préservation est confiés à une
panoplie de mécanismes qui peuvent être utilisés par les justiciables afin de contrecarrer toute atteinte
susceptible de leur être portée. 3

____________________________________________

3- JAWAD AMAHMOUL , op.cit,p 19

6
Le pouvoir judiciaire est séparé du législatif et de l'exécutif. Le juge est indépendant c-a-d qu'il n'est pas
soumis à une hiérarchie administrative (le ministre de la justice ).
LA CONSTITUTION :
ARTICLE 107.
L'autorité judiciaire est indépendante du pouvoir législatif et du
pouvoir exécutif.

ARTICLE 124.
Les jugements sont rendus et exécutés au nom du ROI.
ARRICLE 108
Les magistrats du siège sont inamovibles.

Le droit à l’indépendance et à l’impartialité des magistrats ne peut avoir aucun intérêt si le principe de
l’égalité de tous devant la justice n’était pas reconnu .

Ce droit permet aux parties de provoquer le dessaisissement d’un magistrat, dont l’impartialité n’est plus
garantie. Et d’engager la responsabilité civile de toute faute qu’il a commise dans le cadre de l’exercice de
sa fonction.
1. L’égalité de tous devant la justice :
La justice ne peut être équitable que si elle ne se faisait pas en fonction des classes, des confessions, de la
race et de la nationalité. Les demandes introduites en justice par les justiciables doivent être traités sur
un pied d’égalité, et ils peuvent introduites par toute personne titulaire d’une prétention. Leur recevabilité
n’est pas subordonnées à la nationalité du demandeur. lorsque l’oralité est mise en application, et au cas
où le demandeur ou le défendeur parle une langue ou un dialecte dont la juridiction n’a pas connaissance ,
il doit être précédé à la désignation d’un traducteur.
2. La récusation
Tout magistrat désigné pour connaitre d’une affaire en tant que juge unique ou membre d’une formation
collégiale , peut demander d’office à ce qu’il en soit déchargé. Cette demande est présentée
indépendamment par le magistrat concerné, qui estime que son indépendance peut être compromise, à
raison des circonstances de l’affaire ou de la qualité de ses parties. La demande de dessaisissement d’office
peut être motivée , en vertu de l’article 298 du CPC, par l’une des causes de récusation déterminée à titre
limitatif par l’article 295 du CPC ou par tout autre motif d’abstention

7
Selon l’article 295 du CPC, Tout magistrat du siège peut être récusé :
 quand il a, ou quand son conjoint a un intérêt personnel direct ou indirect à la contestation ;

 quand il y a parenté ou alliance entre le magistrat ou son conjoint et l'une des parties jusqu'au degré de
cousin germain inclusivement ;
 quand il y a procès en cours ou quand il y a eu procès terminé depuis moins de deux ans entre l'une des

parties et le magistrat ou son conjoint ou leurs ascendants ou descendants ;


 quand le magistrat est créancier ou débiteur de l'une des parties;
 quand il a précédemment donné conseil, plaidé ou postulé sur le différend ou en a
connu comme arbitre ; s'il a déposé comme témoin;
 quand il a dû agir comme représentant légal de l'une des parties;
 s'il existe un lien de subordination entre le juge ou son conjoint et l'une des parties ou son conjoint.
 s'il y a amitié ou inimitié notoire entre le juge et l'une des parties.4

3. La suspicion légitime
Cette procédure est régie par les arts 383 et 384 du CPC. Cette procédure vise à atteindre le même objectif
que celui de la récusation. Elle a pour intérêt de retirer l’affaire à la juridiction compétente dont
l’impartialité ne semble pas être garantie, et partant son renvoi devant une autre juridiction du même
degré. La demande de renvoi pour suspicion légitime doit être présentée à la cour de cassation.

partant son renvoi devant une autre juridiction du même degré. La demande de renvoi pour suspicion
légitime doit être présentée à la cour de cassation.

C’est cette dernière qui décide, le cas échéant, de renvoyer l’affaire devant une autre juridiction du même
degré. La décision rendue, à ce titre, par la cour de cassation n’est susceptible d’aucun recours.

Le dessaisissement de la juridiction compétente, pour suspicion légitime peut être requis la partie ayant
intérêt s’il est apparu que le magistrat saisi de l’affaire ou la juridiction collégiale ont, auparavant,
manifesté une opinion qui laisse entendre qu’ils statueront, fort probablement, contrairement aux intérêts
du requérant. Néanmoins, le fait qu’un magistrat ou qu’une juridiction collégiale s’est prononcé dans le
cadre d’une affaire identique ne constitue pas un motif pouvant justifier la demande de renvoi pour cause
de suspicion légitime .

______________________________

4- JAWAD AMAHMOUL ,op.cit,p 21 .


8
intérêt s’il est apparu que le magistrat saisi de l’affaire ou la juridiction collégiale ont, auparavant,
manifesté une opinion qui laisse entendre qu’ils statueront, fort probablement, contrairement aux intérêts
du requérant. Néanmoins, le fait qu’un magistrat ou qu’une juridiction collégiale s’est prononcé dans le
cadre d’une affaire identique ne constitue pas un motif pouvant justifier la demande de renvoi pour cause
de suspicion légitime .
4. La prise à partie
La responsabilité civile des magistrats pour les fautes qu’ils ont commises dans le cadre de l’exercice de
leur fonction ne peut être évoquée que dans les cas déterminés par la loi . Le domaine de cette
responsabilité a fait l’objet d’une grande restriction.

Les dispositions de l’article 81du DOC, l’ont limitée aux cas dans lesquels peut être pris à partie .

Les cas de la prise à partie ont été déterminés par la loi à titre limitatif. Ces derniers sont respectivement le
dol, la fraude, la concussion et le déni de justice.

Selon l’article 395 du CPC « les prises à partie sont portées devant la Cour de cassation. Il est présenté, à
cet effet, une requête signée de la partie ou d'un mandataire désigné par procuration authentique et
spéciale, laquelle procuration est annexée à la requête, ainsi que les pièces justificatives, s'il y a lieu, à
peine de nullité ».

le législateur a voulu établir, par la limitation de ces cas, un équilibre fort important entre le droit de celui
qui a subi un préjudice d’obtenir réparation et la stabilité dont les magistrats ont besoin pour exercer
sereinement leurs fonctions.
5. La procédure de l’art 517
Cette procédure concerne uniquement les magistrats siégeant près d’une cour d’appel ou d’un TPI. Elle a
pour effet de relever une affaire à la juridiction territorialement compétente si l’un des magistrats y
siégeant ou son conjoint sont parties à un procès soumis à la même juridiction en qualité de demandeur
ou de défendeur . Le magistrat concerné doit saisir, de son cas, le premier président de la cour suprême.
Art 517 du CPC. Ce dernier rend en cas de besoin. Une ordonnance désignant la juridiction qui sera chargée
de connaitre de l’affaire. La juridiction désignée doit relever d’un ressort distinct de celui de la cour d’appel
dans le ressort de laquelle le magistrat concerné exerce ses fonctions.

Toute décision rendue en violation de cette procédure à nullité.

9
Section 3: la publicité des débats et le principe contradictoire
Les débats sont généralement publics à moins que la loi n’en décide autrement. C’EST une garantie de
bonne administration de la justice et cette publicité s’applique à l’audience et au jugement et elle a pour
corollaire la publicité des débats et des décisions judiciaires notamment par voie de presse. toutefois dans
certains cas, la loi peut décider que les débats auront lieu à huit clos s’il doit résulter de la publicité une
atteinte à l’intimité de la vie privée ou s’il survient des désordres de nature à troubler la sérénité de la
justice.

Cette formalité vise à renforcer la confiance en les décisions judiciaires et à garantir leur transparence .La
publicité doit être observée sous peine de nullité.

La Procédure est contradictoire en ce sens qu’une partie ne peut être jugée sans avoir été entendu ou
appelée. ce principe consacre la liberté de la défense. il s’impose au partie et au juge . En effet, les parties
doivent faire connaitre en temps utile les moyens de fait sur lesquelles elles fondent leur prétention .Les
éléments de preuves qu’elles produisent. Les moyens de droit qu’elles invoquent afin que chacun soit à
même d’organiser sa défense.

Les règles de notification et autre acte de procédure, veille au respect des échanges des informations

entre partie adverse en vue de faire respecter le principe du contradictoire .Quant au juge, il ne peut

retenir dans sa décision que les moyens et documents invoqués ou produites par les parties que celle-ci ont
été en mesure d’en débattre contradictoirement.

Ce principe exige particulièrement :


→ que le demandeur informe le défendeur de sa prétention,
→ que les parties échangent leurs conclusions et leurs pièces,
→ que les mesures propres à l'établissement de la preuve soient
menées en présence des parties et de leurs conseils,
→ que les débats soient eux-mêmes contradictoirement menés,
→ que la décision soit rendue en audience publique à une date
communiquée aux parties par le juge lors de la clôture des débats

la Cour constitutionnelle est particulièrement attentive à assurer le respect du principe du contradictoire


puisqu’elle énonce qu’en règle le droit de la défense implique qu’aucun élément pouvant déterminer la
décision de l’autorité compétente ne peut être soustrait à la contradiction des débats. Le droit de défense
doit être respecté en tant que principe général de droit ; la Cour ajoute qu’il importe d’avoir égard à la
10
règle selon laquelle la charge de la preuve incombe à l’autorité.
Les droits de la défense doivent toutefois être mis en balance avec les intérêts qui relèvent du domaine de
l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. On peut concevoir des situations
exceptionnelles dans lesquelles certaines pièces du dossier échappent à la contradiction. Ainsi, dans
certains procès pénaux, il peut y avoir des intérêts divergents, tels que la sécurité nationale, la nécessité de
protéger les témoins ou de garder le secret sur des méthodes d’enquête, qui doivent être mis en balance
avec les droits du prévenu. De ce fait, il peut être nécessaire de ne pas divulguer des éléments de preuve à
cette partie en vue de
préserver les droits fondamentaux d’une autre personne ou de garantir un intérêt général important. Une
telle ingérence dans les droits de la défense n’est toutefois justifiée que si elle est strictement
proportionnée à l’importance des objectifs à atteindre et si elle est compensée par une procédure qui
permet à un juge indépendant et impartial de vérifier la légalité de la procédure.

Cette ligne de conduite suivie par la Cour constitutionnelle s’inspire de la jurisprudence de la Cour
européenne des droits de l’homme selon laquelle le droit à une procédure contradictoire implique, en
principe, le droit pour les parties à un procès civil ou pénal de se voir communiquer et de discuter de toute
pièce ou observation présentée au juge en vue d’influencer sa décision. Il y va notamment de la confiance
des justiciables dans le fonctionnement de la justice : elle se fonde, entre autres, sur l’assurance d’avoir pu
s’exprimer sur toute pièce du dossier

Les règles régissent la convocation (notification) sont prévue par l’art 36 du CPC. Le
CPC prévoit une seule dérogation à ce principe, est celle de l’ordonnance sur requête. Prévue par l’art 148
du CPC.

Section 4 : le principe de motivation et le principe du double degré de juridiction


Cette obligation vise à faciliter l’exercice du contrôle des décisions judiciaires lors des différentes voies de
recours. Elle permet aussi de renforcer la foi en l’équité des décisions judiciaires. Une bonne motivation est
gage de rationalité et de l’équité du verdict rendu. Le défaut de motivation constitue un vice qui peut
entacher les décisions rendues par les différentes juridictions de fond. Ce vice peut être évoqué lors des
différentes voies de recours.

Motiver c’est fonder sa décision en fait et en droit.

Les enjeux de la motivation des décisions de justice sont importants car, si moralement elle est une
garantie contre l’arbitraire, elle permet surtout d'expliquer la décision rendue et de justifier du respect
d’un raisonnement rationnel et juridique.5

_____________________________________

5- Razon jean - Paul « les institutions judiciaires et la procédure civile au Maroc »1988

11
En matière civile, l’obligation de motivation des jugements répond à une triple finalité.

Ainsi, l'obligation de motivation de sa décision oblige le juge au raisonnement juridique, c’est-à-dire à la


confrontation de la règle de droit applicable avec les faits de l'espèce.

Elle constitue ensuite pour le justiciable la garantie que ses prétentions et ses moyens ont été
sérieusement et équitablement examinés par le juge.

Elle permet enfin au juge de justifier sa décision pour la soumettre au contrôle des juridictions supérieures.

Aussi, la motivation des arrêts de cour d'appel permet à la Cour de cassation, qui est la plus haute
juridiction de l'ordre judiciaire, dont les décisions s'imposent aux juridictions inférieures d’exercer son
contrôle sur l'application des règles de droit, le respect des principes directeurs du procès et d’expliquer
son arrêt.

Concrètement les juges doivent analyser les éléments de preuve produits aux débats par les parties.

Par voie de conséquence, les juges ne doivent pas statuer par des considérations générales, ni se
déterminer sur la seule allégation d’une partie ou sur des pièces qu’il n’analyse pas.

Les juges ne sont cependant pas tenus de s’expliquer spécialement sur les éléments de preuve qu’ils
décident d’écarter du procès.

Si les contours de l'obligation de motivation ne sont pas strictement établis, les juges ne peuvent en tout
état de cause pas se prononcer par une clause de style dépourvue de toute motivation précise.

Si en théorie, la motivation doit porter sur chacun des chefs de demande et sur chacun des moyens
invoqués au soutien des conclusions, en pratique, il peut arriver que l'ensemble des moyens invoqués par
les parties au procès dans les conclusions des avocats n'ait pas été évoqué par le juge dans la décision de
justice.

Sur un plan qualitatif, l'obligation de motivation de sa décision de justice implique pour le juge l’obligation
d’expliquer clairement les raisons qui le conduise à se déterminer, de sorte que les motifs doivent donc
être rigoureux et pertinents, sans formuler des hypothèses ni contradiction.

La motivation du jugement sera ensuite pertinente si elle est opérante, c’est-à-dire si elle est propre à
justifier la réponse apportée par le juge aux moyens et prétentions des parties.

La Cour de cassation opère un contrôle et s’assure que les motifs des juges soient bien de nature à justifier
la décision prise et qu’ils sont propres à démontrer la solution 6 .

____________________________________

6-https://www.legavox.fr/blog/maitre-anthony-bem/obligation-motivation-decisions-justice-juge-20105.htm

12
- PRINCIPE DU DOUBLE DEGRÉS DE JURIDICTION :
Le principe du double degrés de juridiction signifie qu'une affaire peut être jugée deux fois, que ce soit en
fait et/ou en droit, et par deux sortes de juridiction. Les deux degrés de juridiction :
-1 degré : Examen par la juridiction du 1 degré.
-2 degré : Réexamine la décision de la juridiction du 1 degré.
La personne qui n'est pas satisfaite d'une décision rendue en premier ressort peut demander que son
affaire soit réexaminée à un nouveau par une juridiction supérieure. La décision va donc faire l’objet
d’appel.

Le principe de double degré de juridiction a pour objectif d’amoindrir les iniquités dont peuvent souffrir les
justiciables.

Il garantit l’examen de tous les litiges par deux juridictions distinctes appartenant à deux degrés différente.
L’affaire est examinée , d’abord par une juridiction de premier degré. Ensuite, si l’appel est interjeté , la
même affaire est renvoyée devant la cour d’appel. Cette cour dispose de la possibilité .

d’examiner aussi bien les questions de droit que les questions de fait . Le nouvel examen peut aboutir soit à
l’annulation, avec ou sans réformation de la décision rendue par le TPI soit à sa confirmation.

EXCEPTION :
La loi prévoit des cas dans lesquels il n’est pas possible de faire appel, lorsqu’un jugement est rendu en «
premier et dernier ressort », pour des litiges où l’intérêt en jeu est de faible importance. Un jugement en
premier et dernier ressort veut dire que l'on ne peut faire appel à la juridiction du second degré. La seule
possibilité de contestation est la Cour suprême.

Les jugements rendus par les juridictions du premier degré peuvent être contestées. Le juge peut se
tromper, il n’est pas infaillible.
L’APPEL :
Lorsqu’une juridiction du premier degré rend son jugement, une des parties au procès, le demandeur ou le
défendeur, peut se sentir lésée et elle a la possibilité de refaire juger l’affaire par une juridiction supérieure
: la cour d’appel.
La cour d’appel saisie va rejuger l’affaire intégralement (fait et droit) , et rendre un arrêt qui peut être un :
- ARRÊT CONFIRMATIF
Lorsqu’il confirme la décision de la juridiction du premier degré
-ARRÊT INFIRMATIF:
Lorsqu’il contredit la décision de la juridiction du premier degré

13
LE POURVOI EN CASSATION
La pourvoi en cassation devant la cour suprême n’est pas considère comme un troisième degré de
juridiction. En fait, les juridictions du premier et du deuxième degré
jugent le fait et le droit.

Le rôle de la cour suprême n'est pas de rejuger une troisième fois les faits mais plutôt de juger les décisions
des juges du fond.
La cour suprême ne juge donc que le droit: elle juge la manière dont les juges du fond ont appliqué le
droit.7

_______________________________

7- Bouchra Jdaini, cours magistral, Fsjes Ibn Zohr Agadir .

14
Les principes Spécifiques du procès civil et pénal

15
Section 1 : les principes spécifiques au procès civil

-Droit à un Procès équitable.

-Procès civil :
Le droit à un procès équitable est garanti par plusieurs principes qui doivent être respectés
tout au long des différentes phases que traverse l’instance civile. Ces principes sont d’un ordre très
divers. Ils touchent à la fois aux règles régissant les audiences, aux formalités que les décisions
judiciaires doivent respecter et aux règles de l’organisation judiciaire.

A- Le Principe dispositif :
Ce principe attribue aux justiciables le droit de déterminer et de maitriser la matière litigieuse.
L’objet du litige est déterminé librement par les parties, et notamment par le demandeur dans sa
requête introductive d’instance. La juridiction saisie ne peut pas le modifier d’elle-même. Elle doit se
contenter de se prononcer dans la limite des demandes formulées par les parties. Toute décision rendue
en violation de ce principe risque d’être sanctionnée de nullité.

Dés qu’elle est accomplie par le demandeur, la détermination de l’objet du litige s’impose aux
deux parties. Par conséquent, ces dernières ne peuvent plus, en principe, provoquer sa modification au
courant de l’instance.

La direction de l’instance est attribuée, en grande partie, aux justiciables. Ce sont eux qui
décident de son évolution. En effet, c’est aux parties qu’appartient de décider du déroulement des débats
contradictoires et de leur clôture. Elles peuvent aussi décider de l’accomplissement de certaines
mesures d’instruction qui échappent, dans certaines circonstances, au pouvoir d’appréciation des
juridictions de fond.

B- Le Principe du contradictoire:

Le principe du contradictoire fait parti des droits de la défense. Il permet aux parties de se
faire connaitre, mutuellement et en temps utile, les moyens de faits et de droit sur lesquels elles fondent
leurs prétentions. Il leur permet aussi de prendre connaissance des éléments de preuve sur lesquels leur
adversaire compte s’appuyer pour obtenir gain de cause. Aucun justiciable ne peut être jugé qu’après
avoir été dument appelé à comparaitre devant la juridiction compétente.

Les règles régissant la convocation sont régies par les dispositions des articles 36 et suivants
du CPC. Ces règles fixent l’ensemble des formalités devant être respectées pour que la notification soit

16
valable. La formalité la plus importante se rapporte au délai devant séparer la notification de la
convocation du jour fixé pour la comparution. Ce dernier ne peut être inférieur à cinq (05) jours si la
partie est domiciliée ou réside dans le ressort de la juridiction compétente et 15 jours si elle demeure en
dehors de ce ressort.

Le code de procédure civile prévoit une seule dérogation à ce principe. Cette dernière concerne
l’ordonnance sur requête. Prévue par l’article 148 du CPC, qui stipule les procédures en cas d’urgence et
celles d’injonction de payer, cette procédure permet au président du tribunal de première instance
d’ordonner, sur requête de la partie requérante, l’une des mesures conservatoires prévues par la loi sans
que la partie contre laquelle cette requête est présentée, soit appelée. L’injonction de payer est aussi
soumise à la même procédure non contradictoire.

2-Procès Pénal:

A-Principe de la présomption d’innocence :


Selon la célèbre adage de Montesquieu « quant l’innocence des citoyens n’est pas assurée,
la liberté ne l’est pas non plus ». l’adage témoigne de l’importance du statut d’innocent et de son lien
très étroit avec ce qui est plus cher à l’Homme : sa liberté.

En effet, le principe de la présomption d’innocence joue un incontestablement le rôle de


"disait déjà qu’ : « Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent »

Dans le langage commun, la présomption est, notamment, définie comme « le jugement fondé
non sur des preuves mais sur des indices, des apparences, sur ce qui est probable sans être certain ». le
dictionnaire Larousse complète sa définition du terme « présomption » en mentionnant qu’elle est « la
conséquence que la loi ou le juge tirent d’un fait connu à un fait non connu ». d’un point de vue
juridique, cette notion signifie qu’un individu est innocent tant que sa culpabilité n’a pas été prouvée par
un jugement irrévocable. Elle impose à l’accusation de démontrer la culpabilité de la personne poursuivie,
c’est à dire de renverser le jeu de la présomption. « il découle de ce principe que la personne mise en
cause est en toute logique dispensé d’avoir à établir son innocence ».

Ce principe est reconnu en droit interne. Il est garanti par la constitution (art 23). La
procédure pénale est également imprégnée dudit principe. Ainsi, l’article 1 prévoit que : ‘’ Tout accusé
ou prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie par décision
ayant acquis la force de la chose jugée, au cours d’un procès équitable où toutes les garanties
juridiques lui auront été assurées’’. Et multiples textes législatifs se chargent d’assurer le principe.

La présomption d’innocence figure aussi dans les instruments internationaux des droits de
l’Homme ci-après:

17
- La Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 (art.11).

- La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 (art 9).

- La Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme (C.E.S.D.H).

- Le Pacte international relatif aux Droits civils et politiques du 16 Décembre 1966. « ratifié le 08
Novembre 1979 (art.9 et 8) ».

Ce droit est également consacré par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de
l’Homme (Cour EDH). Celle-ci fait, en effet, preuve d’une attention particulière quant au respect du
principe de la présomption d’innocence. Elle a affirmé que la présomption d’innocence se trouve
méconnue si, sans établissement légal préalable à la culpabilité d’un prévenu et notamment sans que
ce dernier ait eu l’occasion d’exercer les droits de la défense, une décision judiciaire le concernant, reflète
le sentiment qu’il est coupable.

L’autorité judiciaire ne saurait se départir (octroyer) de son impartialité en considérant la


personne mise en cause comme coupable.

Le juge ne peut condamner que si l’accusation a réussi à prouver, en sa présence, que la


personne mise en cause est coupable. Elle empêche ainsi le juge de partir de l’idée préconçue
(préétablie) que cette personne a commis l’acte incriminé.

Cette position est un puissant moyen de lutter contre l’erreur judiciaire en évitant les
décisions arbitraires. Nul ne peut être condamné sans preuve et sans jugement. Il en résulte que toute
solution tendant à refléter le sentiment que la personne est coupable constitue une violation
caractérisée de cette présomption d’innocence. ‘’ une condamnation est injuste quand le prévenu n’a pas
bénéficié de la présomption d’innocence’’. L’importance du principe manifeste tout le long de la
procédure pénale : de la phase de recherche de la preuve à la phase de jugement’’.

Ainsi en matière répressive, la preuve doit etre faite par le demandeur, c’est à dire par le
Ministère public, ‘’ qui est toujours partie principale et non seulement partie jointe ( comme il est le plus
souvent dans le procès-civil), et par la victime, dans le cas où elle s’est constituée partie civile, ou
procède par voie de citation directe.la partie poursuivante doit doit rechercher et rapporter la
preuve de la responsabilité du prévenu ( responsabilité pénale s’il s’agit du ministère .

public, la partie civile doit rapporter en plus de la preuve du dommage qu’elle a subi et celle du
rapport de cause à effet avec l’infraction commise). Mais elle sera aidée par le rôle actif de la police
judiciaire et du juge en cette matière (juge d’instruction ou juge de jugement) et par le fait que la
règle de l’intime conviction oblige pratiquement le prévenu à faire valoir ses arguments’’.

18
Son travail consiste à faire disparaitre le doute dans la conscience du juge, car en l’absence de
preuves suffisantes ou si un doute subsiste (dure) sur sa culpabilité, la personne mise en cause doit être
lavée de tout soupçon. C’est pour cela que le Ministère public doit montrer que l’infraction est bien
caractérisée dans ses trois éléments : élément légal, élément matériel et élément moral.

S’agissant de l’élément légal, l’accusation doit qualifier les faits et énoncer les textes sur
lesquels se fondent les poursuites.

Outre l’élément légal, le Ministère public doit prouver l’élément matériel constitutif de
l’infraction (aussi bien l’action, l’omission, ou les circonstances matérielles aggravant l’infraction).

Dans tous les cas, l’accusation doit établir que le fait matériel de l’infraction est bien l’œuvre
de celui qui est poursuivi; elle doit notamment établir l’identité du contrevenant, ‘’ car il n’existe pas , à
cet égard, de présomption de culpabilité’’.

Enfin quant à l’élément moral, c’est le ministère public qui doit prouver cet élément, du moins
pour les infractions intentionnelles.

Au cours de la procédure d’instruction, la présomption d’innocence se matérialise par l’examen


des preuves à charge et à décharge ainsi que par la possibilité des investigations de la part du juge
chargé de l’enquête. La preuve doit effectivement renverser la présomption d’innocence. Et enfin, des
juges de jugement qui, s’ils estiment que les preuves présentées sont insuffisantes, peuvent ordonner un
supplément d’informations. De là, le juge apprécie souverainement la valeur probante (convaincante) des
preuves produites et détermine celles qui entrainent son intime conviction.

Il en ressort donc clairement que la charge de la preuve incombe aux autorités étatiques. A
partir de là, la personne mise en cause n’a pas à prouver son innocence. Compte tenu de la présomption
d’innocence, ‘’ une personne non définitivement condamnée doit être protégé contre toute constatation
formelle de sa culpabilité sous quelque forme que ce soit’’. Le suspect n’est pas tenu d’apporter la
preuve de son absence d’implication dans les faits qui lui sont reprochés ni au processus de
recherche des preuves. Il peut librement décider de collaborer ou d’adopter un comportement
passif. Cette attitude s’explique par le fait que la personne qu’on soupçonne dispose de moins de
moyens pour établir son innocence. Il est donc logique de placer, dés le départ, l’individu dans une
situation plus favorable’’ et dans le même sillage, selon les prescriptions de l’article premier du code
de la procédure pénale Marocain, qui stipule que ‘’ le doute s’interprète au profit de l’inculpé’’.

Toutefois, l’accusé agira sagement à la recherche des preuves. L’article 6, §3, d, de la


Convention européenne des droits de l’Homme (C.E.D.H) stipule que :’’ l’accusé a le droit de faire
interroger les témoins à charge et obtenir l’interrogation des témoins à décharge dans les mêmes
conditions que les témoins à charge’’.

19
Cependant, cette protection offerte à la personne mise en cause souffre de certaines limites

- Les tempéraments (caractères) apportés à la présomption d’innocence

Le principe de la présomption d’innocence souffre de certaines limites.

1-D’abord les procès-verbaux et les rapports dressés par les officiers de la police judiciaire pour
constater les délits et les contraventions font foi jusqu’à preuve de contraire.

2-ensuite dans certaines hypothèse, le législateur a tenu compte de la difficulté pour le ministère public
d’apporter la preuve de la culpabilité de la personne poursuivie en établissant des

présomptions de culpabilité. C’est ainsi que la loi assimile au proxénétisme le fait de l’individu qui ‘’ se
trouve incapable de justifier la source de ses revenus, considérant son niveau de vie alors qu’il vit avec
une personne se livrant habituellement à la prostitution ou à la débauche ou entretenant des relations
suspectes et douteuses avec une ou plusieurs personnes se livrant à la prostitution ou à la débauche’’.
Du fait de la clandestinité du proxénétisme, les autorités de poursuite se trouvent dispenser de
l’obligation de prouver la participation du mis en cause à des activités caractérisant le proxénétisme. Il
suffit que les investigations permettent de montrer que la personne mise en cause fréquente une ou
plusieurs prostituées et mène un train de vie au dessus de ses sources légalement connues pour exiger
sa justification.

3- Cependant, la présomption de culpabilité n’est pas irréfragable (irrécusable). La personne mise en


cause a, en effet, la possibilité de la combattre par tout moyen. La justification des revenus en matière
de proxénétisme suffit à faire apparaitre que le mis en cause n’a aucun lien, malgré sa fréquentation des
prostituées. Seule l’impossibilité de justifier de l’origine des sources correspondant à son train de vie
que la personne fréquente régulièrement des prostituées fait présumer l’infraction de proxénétisme. En
d’autres termes, ‘’ l’absence de ressources avouables fait présumer que le prévenu vit du partage des
recettes de la prostitution d’autrui’’.

4-Aussi le droit au silence, qui est la manifestation fulgurante (éblouissante) de l’application du principe
de la présomption d’innocence, peut avoir un effet néfaste sur le déboulement du procès et précisément
sur la personne mise en cause. Pour s’en convaincre en matière répressive, le juge apprécie
souverainement les preuves qui lui sont apportées, car il décide selon son intime conviction. A partir de
là, il peut décider de tirer des conclusions défavorables du silence de la personne en présence des
charges suffisantes. ‘’ Dès lors, le droit de se taire ne constitue véritablement une protection qu’en
l’absence d’éléments de preuve suffisants à emporter la conviction’’ .

20
Enfin, la protection offerte par le respect du principe de la présomption d’innocence connait une
autre limite due essentiellement au progrès de la science. Celle-ci est devenue un formidable outil de
faire apparaitre la vérité en procédure pénale. La preuve de la culpabilité peut être ‘’arrachée du Corps
de la personne poursuivie’’. L’analyse ADN tend peu à peu à devenir ‘’ la reine des preuves ‘’ faisant
ainsi présumer la culpabilité de la personne mise en cause.

-B-L’individualisation de la peine

- La détermination de la sanction à appliquer.


A l’évidence, le juge, une fois qu’il avait reconnu la culpabilité du prévenu ou de l’accusé,
devait déterminer le type de sanction (privation de liberté, amende…) et son quantum. A ce titre, le
juge dispose, en vertu du principe d’individualisation des peines, d’un pouvoir d’adaptation de la sanction
à la personnalité du délinquant ainsi qu’aux circonstances concrètes qui marquent la commission de
l’infraction. Mais quelles que soient les prérogatives qui sont reconnues au juge, en application du
principe d’individualisation des peines, celui-ci ne peut arrêter par le législateur. L’article 141 du code
pénal Marocain, dispose que : « dans les limites du maximum et du minimum édictés par la loi réprimant
l’infraction, le juge dispose d’un pouvoir discrétionnaire pour fixer et individualiser la peine en tenant
compte d’une part, de la gravité de l’infraction commise, d’autre part, de la personnalité du délinquant».

Cependant, soucieux d’adapter, autant que le permettent les textes, la peine encourues aux
situations particulières, le législateur définit lui-même certaines règles d’adaptation de la sanction aux
circonstances de la commission de l’infraction et la personnalité de son auteur.

La peine est la sanction attachée par un texte légal à la définition d’une infraction et qui est
la conséquence de la commission de cette infraction. En tant que châtiment infligé au délinquant, la
peine remplie trois fonctions essentielles.

Elle a d’abord une fonction de rétribution, car le délinquant doit répondre de sa faute afin
de compenser le trouble social causé. En raison du but de rétribution, la peine est largement tournée
vers le passé à la fois parce que les éléments qui la déterminent sont accomplis ( infraction commise,
responsabilité Fixée) et parce qu’elle a pour but d’apaiser un trouble social et moral avéré. Cependant, la
fonction de la peine n’est p as strictement tournée vers le passé mais, elle exerce aussi un rôle préventif
et de resocialisation du délinquant à travers la fonction d’intimidation. En effet, dans le choix que le
législateur fait des peines qu’il édicte, cette fonction a toujours tenu une grande place. C’est elle qui
conduit le législateur à prévoir les peines les plus fortes pour les actes qui causent le trouble social
le plus grave, la perturbation la plus grande dans l’opinion publique. Or, le maintien de la rétribution
parmi les fonctions assignées à la peine ne doit pas faire réduire la place que doit occuper le but de
réadaptation des délinquants. En effet, une répression qui ne se préoccupe de réinsérer les délinquants

21
fait une œuvre vaine et inhumaine.

Par ailleurs, les fonctions que remplies la peine explique les caractères qu’elle présente. Aussi,
toute peine est en principe, par nature afflictive, infamante, déterminée et définitive.

Le caractère afflictif de la peine et la résultante directe de la volonté de rétribution. L’individu a


commis une faute qu’il doit expier. Il est normal que la peine soit ‘’ pénible’’, douloureuse,
désagréable. C’est pourquoi les peines trouvent leur domaine d’application au point sensible à
l’individu, notamment sa vie, sa liberté, ses droits, son patrimoine, sa réputation. Les peines doivent être
d’autant gênantes que la faute commise est plus grave.

Toute peine a aussi un caractère infamant qui manifeste que la conduite du délinquant a été
non seulement regrettable, mais blâmable au point de vue social. En effet, la peine désigne le condamné
à la réprobation publique. Cette réprobation est un élément dont la politique criminelle doit tenir
compte, car la crainte de cette réprobation sociale est l’une des plus puissante raisons de prévention
de la commission d’infractions.

Or, la peine pour remplir ses buts d’intimidation et de rétribution doit être déterminée.
Mesurer le trouble social et la faute morale de l’individu dans les circonstances de l’espèce, est chose
relativement facile ; le juge dose la peine en conséquence et prononce une sentence déterminée. Per
conséquence, l’intéressé et l’opinion publique savent à quoi s’en tenir et les droits et devoirs de
chacun sont délimités avec la clarté et la précision qui conviennent en matière juridique.

La peine a aussi un caractère définitif. De ce fait, le jugement pénal qui prononce une peine devient
définitif, une fois que les voies de recours ne sont plus ouvertes, et il acquiert alors l’autorité de la
chose jugée qui est indispensable à une décision de justice rétributive. La peine prononcée doit donc
être exécutée sans aucune variation postérieure.

Par ailleurs, les peines édictées par le code pénal Marocain sont nombreuses et il faut
donc les classer. Or, les classifications concevables sont elles aussi très nombreuses. A ce titre, nous
retiendrons la classification des peines d’après leur sanction juridique, qui oppose la sanction directe
d’une infraction, à des peines qui vont simplement s’ajouter à celle-ci. Aussi, distingue-t-on les
peines principales et les peines accessoires.8

_____________________________________

8 - Aziz EN-NEFKHAOUI, Traité de Procédure Pénal, 1° édition 2020.p .40

22
A-Les peines principales :
La peine principale est celle qui est prévue à titre principal, en priorité, par le texte pour
sanctionner un comportement déterminé contraire à la loi. C’est en d’autres termes, la peine encourue
en premier chef par le délinquant. La peine principale peut être prononcé seule sans être adjointe à
aucune autre peine.

Cette notion de peine principale et d’autant plus importante qu’au-delà de l’énoncé de la


sanction par le condamné, elle sert à qualifier l’infraction. Elle permet de définir si l’infraction
reprochée est un crime, délit ou une contravention. Aussi, les peines principales sont criminelles,
délictuelles ou contraventionnelles.

1) Les peines criminelles.


- La peine de mort.
- La réclusion ( peine privative de liberté).
- La résidence forcée. ( peine restrictive de la liberté).
- La dégradation civique ( la peine privative ou restrictive de droits).
2) Les peines délictuelles :
- Emprisonnement.
- L’amende.
3) Peines contraventionnelles.

-Détention de moins d’un mois et amende allant de 30 dirhams à 1200 dirhams.

B-Les peines accessoires :


-Interdiction légale.

-Dégradation civique.

-Suspension de l’exercice de certains droits civiques, civils ou de famille.

-La perte ou la suspension du droit à la pension servie par l’Etat et les établissements publics.

-La confiscation partielle des biens appartenant au condamné.9

_____________________________________

9 - Jawad AMAHMOUL, op .cit , p , 35

23
Principe de la présomption d’innocence :

- Paragraphe 01
Selon la célèbre adage de Montesquieu « quant l’innocence des citoyens n’est pas assurée, la
liberté ne l’est pas non plus ». l’adage témoigne de l’importance du statut d’innocent et de son lien
très étroit avec ce qui est plus cher à l’Homme : sa liberté.

En effet, le principe de la présomption d’innocence joue un incontestablement le rôle de


"disait déjà qu’ : « Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent »

Dans le langage commun, la présomption est, notamment, définie comme « le jugement fondé
non sur des preuves mais sur des indices, des apparences, sur ce qui est probable sans être certain ». le
dictionnaire Larousse complète sa définition du terme « présomption » en mentionnant qu’elle est « la
conséquence que la loi ou le juge tirent d’un fait connu à un fait non connu ». d’un point de vue
juridique, cette notion signifie qu’un individu est innocent tant que sa culpabilité n’a pas été prouvée par
un jugement irrévocable. Elle impose à l’accusation de démontrer la culpabilité de la personne poursuivie,
c’est à dire de renverser le jeu de la présomption. « il découle de ce principe que la personne mise en
cause est en toute logique dispensé d’avoir à établir son innocence ».

Ce principe est reconnu en droit interne. Il est garanti par la constitution (art 23). La
procédure pénale est également imprégnée dudit principe. Ainsi, l’article 1 prévoit que : ‘’ Tout accusé
ou prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie par décision
ayant acquis la force de la chose jugée, au cours d’un procès équitable où toutes les garanties

juridiques lui auront été assurées’’. Et multiples textes législatifs se chargent d’assurer le principe.

La présomption d’innocence figure aussi dans les instruments internationaux des droits de
l’Homme ci-aprés:

- La Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 (art.11).

- La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 (art 9).

- La Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme (C.E.S.D.H).

- Le Pacte international relatif aux Droits civils et politiques du 16 Décembre 1966. « ratifié le 08
Novembre 1979 (art.9 et 8) ».

24
Ce droit est également consacré par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de
l’Homme (Cour EDH). Celle-ci fait, en effet, preuve d’une attention particulière quant au respect du
principe de la présomption d’innocence. Elle a affirmé que la présomption d’innocence se trouve
méconnue si, sans établissement légal préalable à la culpabilité d’un prévenu et notamment sans que
ce dernier ait eu l’occasion d’exercer les droits de la défense, une décision judiciaire le concernant, reflète
le sentiment qu’il est coupable.

L’autorité judiciaire ne saurait se départir (octroyer) de son impartialité en considérant la


personne mise en cause comme coupable.

Le juge ne peut condamner que si l’accusation a réussi à prouver, en sa présence, que la


personne mise en cause est coupable. Elle empêche ainsi le juge de partir de l’idée préconçue
(préétablie) que cette personne a commis l’acte incriminé.

Cette position est un puissant moyen de lutter contre l’erreur judiciaire en évitant les
décisions arbitraires. Nul ne peut être condamné sans preuve et sans jugement. Il en résulte que toute
solution tendant à refléter le sentiment que la personne est coupable constitue une violation
caractérisée de cette présomption d’innocence. ‘’ une condamnation est injuste quand le

prévenu n’a pas bénéficié de la présomption d’innocence’’. L’importance du principe manifeste tout le
long de la procédure pénale : de laphase de recherche de la preuve à la phase de jugement’’.

Ainsi en matière répressive, la preuve doit etre faite par le demandeur, c’est à dire par le
Ministère public, ‘’ qui est toujours partie principale et non seulement partie jointe ( comme il est le plus
souvent dans le procès-civil), et par la victime, dans le cas où elle s’est constituée partie civile, ou
procède par voie de citation directe.la partie poursuivante doit doit rechercher et rapporter la
preuve de la responsabilité du prévenu ( responsabilité pénale s’il s’agit du ministère public, la partie
civile doit rapporter en plus de la preuve du dommage qu’elle a subi et celle du rapport de cause à
effet avec l’infraction commise). Mais elle sera aidée par le role actif de la police judiciaire et du juge en
cette matière (juge d’instruction ou juge de jugement) et par le fait que la règle de l’intime conviction
oblige pratiquement le prévenu à faire valoir ses arguments’’.

Son travail consiste à faire disparaitre le doute dans la conscience du juge, car en l’absence de
preuves suffisantes ou si un doute subsiste (dure) sur sa culpabilité, la personne mise en cause doit être
lavée de tout soupçon. C’est pour cela que le Ministère public doit montrer que l’infraction est bien
caractérisée dans ses trois éléments : élément légal, élément matériel et élément moral.

25
S’agissant de l’élément légal, l’accusation doit qualifier les faits et énoncer les textes sur
lesquels se fondent les poursuites.

Outre l’élément légal, le Ministère public doit prouver l’élément matériel constitutif de
l’infraction (aussi bien l’action, l’omission, ou les circonstances matérielles aggravant l’infraction).

Dans tous les cas, l’accusation doit établir que le fait matériel de l’infraction est bien l’œuvre
de celui qui est poursuivi; elle doit notamment établir l’identité du contrevenant, ‘’ car il n’existe pas , à
cet égard, de présomption de culpabilité’’.

Enfin quant à l’élément moral, c’est le ministère public qui doit prouver cet élément, du moins
pour les infractions intentionnelles.

Au cours de la procédure d’instruction, la présomption d’innocence se matérialise par l’examen


des preuves à charge et à décharge ainsi que par la possibilité des investigations de la part du juge
chargé de l’enquête. La preuve doit effectivement renverser la présomption d’innocence. Et enfin, des
juges de jugement qui, s’ils estiment que les preuves présentées sont insuffisantes, peuvent ordonner un
supplément d’informations. De là, le juge apprécie souverainement la valeur probante (convaincante) des
preuves produites et détermine celles qui entrainent son intime conviction.

Il en ressort donc clairement que la charge de la preuve incombe aux autorités étatiques. A
partir de là, la personne mise en cause n’a pas à prouver son innocence. Compte tenu de la présomption
d’innocence, ‘’ une personne non définitivement condamnée doit être protégé contre toute constatation
formelle de sa culpabilité sous quelque forme que ce soit’’. Le suspect n’est pas tenu d’apporter la
preuve de son absence d’implication dans les faits qui lui sont reprochés ni au processus de
recherche des preuves. Il peut librement décider de collaborer ou d’adopter un comportement
passif. Cette attitude s’explique par le fait que la personne qu’on soupçonne dispose de moins de
moyens pour établir son innocence. Il est donc logique de placer, dés le départ, l’individu dans une
situation plus favorable’’ et dans le même sillage, selon les prescriptions de l’article premier du code
de la procédure pénale Marocain, qui stipule que ‘’ le doute s’interprète au profit de l’inculpé’’.

Toutefois, l’accusé agira sagement à la recherche des preuves. L’article 6, §3, d, de la


Convention européenne des droits de l’Homme (C.E.D.H) stipule que :’’ l’accusé a le droit de faire
interroger les témoins à charge et obtenir l’interrogation des témoins à décharge dans les mêmes
conditions que les témoins à charge’’.

Cependant, cette protection offerte à la personne mise en cause souffre de certaines limites.

26
-Paragraphe 2
Les tempéraments (caractères) apportés à la présomption d’innocence

Le principe de la présomption d’innocence souffre de certaines limites.

1-D’abord les procès-verbaux et les rapports dressés par les officiers de la police judiciaire pour
constater les délits et les contraventions font foi jusqu’à preuve de contraire.

2-ensuite dans certaines hypothèse, le législateur a tenu compte de la difficulté pour le ministère
public d’apporter la preuve de la culpabilité de la personne poursuivie en établissant des présomptions
de culpabilité. C’est ainsi que la loi assimile au proxénétisme le fait de l’individu qui ‘’ se trouve
incapable de justifier la source de ses revenus, considérant son niveau de vie alors qu’il vit avec une
personne se livrant habituellement à la prostitution ou à la débauche ou entretenant des relations
suspectes et douteuses avec une ou plusieurs personnes se livrant à la prostitution ou à la débauche’’.
Du fait de la clandestinité du proxénétisme, les autorités de poursuite se trouvent dispenser de
l’obligation de prouver la participation du mis en cause à des activités caractérisant le proxénétisme. Il
suffit que les investigations permettent de montrer que la personne mise en cause fréquente une ou
plusieurs prostituées et mène un train de vie au dessus de ses sources légalement connues pour exiger
sa justification.

3- Cependant, la présomption de culpabilité n’est pas irréfragable (irrécusable). La personne mise en


cause a, en effet, la possibilité de la combattre par tout moyen. La justification des revenus en matière
de proxénétisme suffit à faire apparaitre que le mis en cause n’a aucun lien, malgré sa fréquentation des
prostituées. Seule l’impossibilité de justifier de l’origine des sources correspondant à son train de vie
que la personne fréquente régulièrement des prostituées fait présumer l’infraction de proxénétisme. En
d’autres termes, ‘’ l’absence de ressources avouables fait présumer que le prévenu vit du partage des
recettes de la prostitution d’autrui’’.

4-Aussi le droit au silence, qui est la manifestation fulgurante (éblouissante) de l’application du principe
de la présomption d’innocence, peut avoir un effet néfaste sur le déboulement du procès et précisément
sur la personne mise en cause. Pour s’en convaincre en matière répressive, le juge apprécie
souverainement les preuves qui lui sont apportées, car il décide selon son intime conviction. A partir de
là, il peut décider de tirer des conclusions défavorables du silence de la personne en présence des
charges suffisantes. ‘’ Dès lors, le droit de se taire ne constitue véritablement une protection qu’en
l’absence d’éléments de preuve suffisants à emporter la conviction’’ .

27
Enfin, la protection offerte par le respect du principe de la présomption d’innocence connait une
autre limite due essentiellement au progrès de la science. Celle-ci est devenue un formidable outil de

faire apparaitre la vérité en procédure pénale. La preuve de la culpabilité peut être ‘’arrachée du Corps
de la personne poursuivie’’. L’analyse ADN tend peu à peu à devenir ‘’ la reine des preuves ‘’ faisant
ainsi présumer la culpabilité de la personne mise en cause.

-L’individualisation de la peine

- La détermination de la sanction à appliquer.


A l’évidence, le juge, une fois qu’il avait reconnu la culpabilité du prévenu ou de l’accusé,
devait déterminer le type de sanction (privation de liberté, amende…) et son quantum. A ce titre, le
juge dispose, en vertu du principe d’individualisation des peines, d’un pouvoir d’adaptation de la sanction
à la personnalité du délinquant ainsi qu’aux circonstances concrètes qui marquent la commission de
l’infraction. Mais quelles que soient les prérogatives qui sont reconnues au juge, en application du
principe d’individualisation des peines, celui-ci ne peut arrêter par le législateur. L’article du code pénal
Marocain, dispose que : « dans les limites du maximum et du minimum édictés par la loi réprimant
l’infraction, le juge dispose d’un pouvoir discrétionnaire pour fixer et individualiser la peine en tenant
compte d’une part, de la gravité de l’infraction commise, d’autre part, de la personnalité du délinquant».

Cependant, soucieux d’adapter, autant que le permettent les textes, la peine encourues aux
situations particulières, le législateur définit lui-même certaines règles d’adaptation de la sanction aux
circonstances de la commission de l’infraction et la personnalité de son auteur.

La peine est la sanction attachée par un texte légal à la définition d’une infraction et qui est
la conséquence de la commission de cette infraction. En tant que châtiment infligé au délinquant, la
peine remplie trois fonctions essentielles.

Elle a d’abord une fonction de rétribution, car le délinquant doit répondre de sa faute afin
de compenser le trouble social causé. En raison du but de rétribution, la peine est largement tournée
vers le passé à la fois parce que les éléments qui la déterminent sont accomplis ( infraction commise,
responsabilité Fixée) et parce qu’elle a pour but d’apaiser un trouble social et moral avéré. Cependant, la
fonction de la peine n’est pas strictement tournée vers le passé mais, elle exerce aussi un rôle préventif et
de resocialisation du délinquant à travers la fonction d’intimidation. En effet, dans le choix que le
législateur fait des peines qu’il édicte, cette fonction a toujours tenu une grande place. C’est elle qui
conduit le législateur à prévoir les peines les plus fortes pour les actes qui causent le trouble social

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le plus grave, la perturbation la plus grande dans l’opinion publique. Or, le maintien de la rétribution
parmi les fonctions assignées à la peine ne doit pas faire réduire la place que doit occuper le but de

réadaptation des délinquants. En effet, une répression qui ne se préoccupe de réinsérer les délinquants
fait une œuvre vaine et inhumaine.

Par ailleurs, les fonctions que remplies la peine explique les caractères qu’elle présente. Aussi,
toute peine est en principe, par nature afflictive, infamante, déterminée et définitive.

Le caractère afflictif de la peine et la résultante directe de la volonté de rétribution. L’individu a


commis une faute qu’il doit expier. Il est normal que la peine soit ‘’ pénible’’, douloureuse,
désagréable. C’est pourquoi les peines trouvent leur domaine d’application au point sensible à
l’individu, notamment sa vie, sa liberté, ses droits, son patrimoine, sa réputation. Les peines doivent être
d’autant gênantes que la faute commise est plus grave.

Toute peine a aussi un caractère infamant qui manifeste que la conduite du délinquant a été
non seulement regrettable, mais blâmable au point de vue social. En effet, la peine désigne le condamné
à la réprobation publique. Cette réprobation est un élément dont la politique criminelle doit tenir
compte, car la crainte de cette réprobation sociale est l’une des plus puissante raisons de prévention
de la commission d’infractions.

Or, la peine pour remplir ses buts d’intimidation et de rétribution doit être déterminée.
Mesurer le trouble social et la faute morale de l’individu dans les circonstances de l’espèce, est chose
relativement facile ; le juge dose la peine en conséquence et prononce une sentence déterminée. Per
conséquence, l’intéressé et l’opinion publique savent à quoi s’en tenir et les droits et devoirs de
chacun sont délimités avec la clarté et la précision qui conviennent en matière juridique.

La peine a aussi un caractère définitif. De ce fait, le jugement pénal qui prononce une peine devient
définitif, une fois que les voies de recours ne sont plus ouvertes, et il acquiert alors l’autorité de la
chose jugée qui est indispensable à une décision de justice rétributive. La peine prononcée doit donc
être exécutée sans aucune variation postérieure.

Par ailleurs, les peines édictées par le code pénal Marocain sont nombreuses et il faut
donc les classer. Or, les classifications concevables sont elles aussi très nombreuses. A ce titre, nous
retiendrons la classification des peines d’après leur sanction juridique, qui oppose la sanction directe
d’une infraction, à des peines qui vont simplement s’ajouter à celle-ci. Aussi, distingue-t-on les
peines principales et les peines accessoires.

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A-les peines principales :
La peine principale est celle qui est prévue à titre principal, en priorité, par le texte pour
sanctionner un comportement déterminé contraire à la loi. C’est en d’autres termes, la peine encourue
en premier chef par le délinquant. La peine principale peut être prononcé seule sans être adjointe à
aucune autre peine.

Cette notion de peine principale et d’autant plus importante qu’au-delà de l’énoncé de la


sanction par le condamné, elle sert à qualifier l’infraction. Elle permet de définir si l’infraction
reprochée est un crime, délit ou une contravention. Aussi, les peines principales sont criminelles,
délictuelles ou contraventionnelles.

4) Les peines criminelles.


- La peine de mort.
- La réclusion ( peine privative de liberté).
- La résidence forcée. ( peine restrictive de la liberté).
- La dégradation civique ( la peine privative ou restrictive de droits).
5) Les peines délictuelles :
- Emprisonnement.
- L’amende.
6) Peines contraventionnelles.

-Détention de moins d’un mois et amende allant de 30 dirhams à 1200 dirhams.

B-Les peines accessoires :


-Interdiction légale.

-Dégradation civique.

-Suspension de l’exercice de certains droits civiques, civils ou de famille.

-La perte ou la suspension du droit à la pension servie par l’Etat et les établissements publics.

-La confiscation partielle des biens appartenant au condamné. 10

_____________________________________

10 - Traité de procédure pénale.

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Conclusion :
La pratique quotidienne a révélé l’existence de plusieurs lacunes et problèmes liés aux textes
juridiques ou à la réalité sociale, auxquels il convient d’apporter les solutions et des réponses aux
problématiques qu’ils posaient. La ratification par le Royaume du Maroc d’un ensemble de Pactes et de
conventions internationaux imposaient l’intervention du législateur pour mettre son droit en adéquation
avec les orientations internationales ajouter à cela le grand développement qu’à connu le domaine des
droits de l’Homme d’une manière universelle avec la nécessité de la préservation de ces droits, la
protection des libertés individuelles et collectives et l’édification de l’Etat de droit.

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-BIBLIOGRAPHIE :

Ouvrages : Aziz EN-NEFKHAOUI, Traité de Procédure Pénal, 1° édition 2020.

Kaoutar BALBOUL et Youssef LAHJOUJI, Précis Droit pénal général Marocain, 1°


édition

Année 2019.

Jawad AMAHMOUL, Procédure civile à la lumière de la jurisprudence,


édition 2019.

-Références : -Précis droit pénal spécial Marocain

-Code procédure pénal Marocain

- Traité de procédure pénale.

- Bouchra Jdaini, cours magistral, Fsjes Ibn Zohr Agadir .

Webographie :
-https://www.legavox.fr/blog/maitre-anthony-bem/obligation-motivation-decisions-justice-juge-
20105.htm

- Cours de droit.net

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