Audit Fiscal
: vers une gestion optimale du Risque Fiscal
1. DEFINITION :
L’audit fiscal consiste à se prononcer, par un professionnel, sur la régularité et/ou l’efficacité
des opérations fiscales (calcul du résultat fiscal, production des déclarations fiscales, respect
des obligations fiscales,…) et éventuellement sur la performance fiscale de l’entreprise. C’est
un examen critique de la situation et la conjoncture fiscale de l’entreprise afin de formuler une
appréciation.
Plusieurs auteurs ont donné des définitions à la notion d’audit fiscal (M, P, collin, 1985 ;
Jahier, H. et Lepine P.1997 ; J.F Costa et A. Mikol, 1999, etc.). De ces définition, nous
retenons celle de MASTOURI, M (1992, p15). (M, P, collin, 1985 ; Jahier, H. et Lepine
P.1997 ; J.F Costa et A. Mikol, 1999, etc.).
De ces définition, nous retenons celle de « l’audit fiscal permet de réaliser le diagnostic des
obligations fiscales de l’entreprise, de faire le point sur la stratégie finale de l’entreprise et
proposer le cas échéant des solutions de nature à rendre la gestion finale plus performante en
diminuant les charges fiscales ».
Cette définition appelle essentiellement deux dimensions de l’audit fiscal :
- Le diagnostic des obligations fiscales : c’est une dimension importante pour l’entreprise.
L’auditeur fiscal doit réaliser de façon exhaustive un inventaire suivi d’une analyse
approfondie de la situation fiscale de l’entreprise. A l’issue de l’audit, l’entreprise devra avoir
de façon exhaustive la liste des impôts auxquels elle est assujettie et le degré de respect
desdites obligations ;
- L’analyse de la stratégie fiscale de l’entreprise. Cette analyse doit prendre en compte la
politique générale de l’entreprise. La fiscalité étant omniprésent dans la vie de l’entreprise,
toute politique de l’entreprise doit insérer une dimension fiscale ;
- Le conseil. La plus-value à réaliser pour l’entreprise par l’auditeur fiscal est le conseil.
L’auditeur devra fournir des conseils utiles à l’entreprise pour le présent et pour le futur. Pour
le présent, il s’agit par exemple des corrections par anticipation des erreurs commises dans les
déclarations antérieures. Quant au futur, ces conseils peuvent toucher la politique
d’investissement ou même organisationnel de l’entreprise.
Revue du Contrôle de la Comptabilité et de l’Audit L’audit fiscal, outil de prévention des
redressements fiscaux dans les PME au Burkina Faso, P 49-50
2. OBJECTIFS DE L’AUDIT FISCAL :
L’entreprise peut rechercher à travers l’audit fiscal deux objectifs principaux :
Evaluer le risque fiscal encouru par l’entreprise et son impact. Il s’agit dans
ce cas de l’audit de régularité fiscale. La régularité fiscale constitue
l’analyse du mode de traitement réservée aux problèmes fiscaux au sein de
la société auditée, dans laquelle l’auditeur fiscal va s’interroger sur
l’existence des spécialistes pour effectuer l’enregistrement comptable en
conséquence fiscale et de connaître si l’entreprise consulte ou non des
conseillers fiscaux.
Juger de la qualité de la gestion fiscale de l’entreprise, c’est-à-dire voir si
l’entreprise bénéficie pleinement des avantages fiscaux qui lui sont
accordés par l’administration dans le cadre d’un statut particulier ou suite à
des facilités relatives à son secteur d’activité et si le paramètre fiscal est
intégré dans les choix stratégiques et opérationnels liés à la gestion de
l’entreprise. C’est ce que l’on appelle l’audit d’efficacité ou de la gestion
fiscale.
3. AUDIT FINACIER et AUDIT FISCAL : Points de convergence et de
divergence :
L’audit fiscal est une discipline qui ne peut aboutir aux objectifs escomptés sans l’intervention
des autres audits, notamment l’audit financier (autrement dit audit comptable), d’où
l’importance de distinguer les deux types d’audit.
-L’audit financier (ou audit comptable) consiste à évaluer l’état financier de l’entreprise pour
exprimer une opinion motivée sur la régularité et la sincérité des comptes tout en reflétant
l’image fidèle de l’entreprise (image fidèle).
-L’audit fiscal consiste à vérifier les opérations fiscales d’une entreprise, afin d’émettre un
jugement à leur sujet.
Au niveau de la démarche, celle adoptée par l’audit financier doit être détaillée, contenant
tous les circuits de création, d’enregistrement et de fonctionnement du système d’information
comptable et financier de l’entreprise afin de faciliter le traitement de ces informations. Quant
à l’audit fiscal, la démarche adoptée doit être plutôt rationnelle, lui adhérant d’atteindre ses
objectifs de la manière la plus efficiente avec un minimum de moyens.
Malgré la différence de concepts, et de démarches adoptées par ces deux missions d’audit, il y
a une interdépendance remarquable qui fait à ce que l’exécution de l’un ne peut guère
s’effectuer sans l’autre. Ceci est dû principalement aux états financiers (c’est-à-dire le bilan,
le CPC et leurs annexes) sur lesquels se basent ces missions d’audit. Autrement dit, l’auditeur
fiscal a intérêt à s’appuyer sur les travaux réalisés par l’auditeur financier pour vérifier l’état
fiscal de l’entreprise afin de mener une évaluation claire des problèmes fiscaux.
On peut donc conclure qu’une collaboration étroite entre les deux missions d’audit
s’avère nécessaire pour pouvoir traiter d’une manière claire les irrégularités fiscales, et
qui peuvent avoir des incidences négatives sur la structure financière des entités
marocaines.