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Programme de Resilience FAO

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Le Niger 

Programme de résilience
juillet 2021-juin 2024
Améliorer la résilience, la sécurité alimentaire et la nutrition des populations
touchées par les chocs naturels et les conflits dans la région de Diffa
II | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)
Le Niger 

Programme de résilience
juillet 2021-juin 2024
Améliorer la résilience, la sécurité alimentaire et la nutrition des populations
touchées par les chocs naturels et les conflits dans la région de Diffa

Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture


Rome, 2021
CITER COMME SUIT
FAO. 2021. Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024). Améliorer la résilience, la sécurité alimentaire
et la nutrition des populations touchées par les chocs naturels et les conflits dans la région de Diffa. Rome.

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la part de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) aucune prise de position quant au
statut juridique ou au stade de développement des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs autorités, ni quant au tracé
de leurs frontières ou limites. Les lignes pointillées sur les cartes représentent des frontières approximatives dont le tracé
peut ne pas avoir fait l’objet d’un accord définitif. Le fait qu’une société ou qu’un produit manufacturé, breveté ou non, soit
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© FAO, 2021

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Photographie de couverture: ©FAO


Sommaire Acronymes et abréviations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . v

Résumé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1

Alignement et ajustement stratégique . . . . . . . . . . . . . . . 3


Alignement avec le cadre stratégique du pays . . . . . . . . . . . . . . . 3
Alignement avec le cadre stratégique de la FAO . . . . . . . . . . . . . . 3
Alignement avec le Cadre de programmation par pays . . . . . . . . . 3
Alignement avec le Plan-cadre des Nations Unies
pour l'aide au développement 2019-2021 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Cohérence avec d’autres initiatives régionales dans
le bassin du lac Tchad . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

Engagement des parties prenantes . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

Analyse du contexte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Contexte régional . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Contexte national, sectoriel et institutionnel . . . . . . . . . . . . . . . . 7
La région de Diffa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

Stratégie de mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11


Objectif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Impact . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11
Bénéficiaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .14
Zones d’intervention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .15
Indicateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .16

Avantages comparatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
Gestion des connaissances et communication . . . . . . . . . . . . . . .17

Dispositions institutionnelles pour la mise en œuvre . . . . . 18


Cadre institutionnel et coordination . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .18
Méthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Supervision technique et mécanismes de soutien . . . . . . . . . . . . 21
Statistiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .21
Technologies de l’information . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .21
Gestion des risques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .22

Suivi et évaluation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Renforcement des capacités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .25
Emploi rural décent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .25
Durabilité environnementale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .25
Équité entre les sexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Peuples autochtones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .26

iii
iv | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)
Acronymes et abréviations
AGR activités génératrices de revenus

CEAP champs écoles agropastoraux

covid-19 maladie à coronavirus 2019

FAO Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et


l’agriculture

FIDA Fonds international de développement agricole

GRAC gestion des risques agroclimatiques

G5 Sahel+1 groupe de cinq pays sahéliens (Burkina Faso, Mali,


Mauritanie, Niger et Tchad) et le Sénégal

ODD Objectifs de développement durable

OIM Organisation internationale pour les migrations

PAM Programme alimentaire mondial

PDI personnes déplacées internes

PNUAD Plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au


développement

RIMA modèle de mesure et d’analyse de l’indice de résilience

UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’enfance

v
©FAO

vi | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)


Résumé

Depuis 2013-2014, la région du lac Tchad a été touchée par les violences


liées à Boko Haram dans le nord-est du Nigéria qui ont débordé sur les pays
sahéliens voisins. L’insécurité persistante et l’état d’urgence ont également
gravement limité la pêche et l’agriculture avec un accès restreint aux
pâturages au bord du lac.

Arrosée par le lac Tchad et située à l’est de la République du Niger, la région


de Diffa couvre 12,4 pour cent de la superficie totale du pays. C’est la région
nigérienne où la proportion de population vulnérable est la plus élevée du
pays. À ceci s’ajoute l’arrivée de déplacés venant du nord du Nigéria, ce qui
accroît les risques en termes de pression sur les ressources naturelles et
d’instabilité socio-politique. Depuis début 2020, la région a été également
touchée par la maladie à coronavirus 2019 (covid-19). Le Gouvernement
a mis en place un ensemble de mesures de lutte contre la pandémie qui
ont considérablement impacté la vie économique et sociale du pays, et
la situation alimentaire et nutritionnelle des populations en particulier,
détériorant davantage l’état de vulnérabilité existant.

Au niveau environnemental, le changement climatique est fortement


ressenti au Niger par rapport à la dépendance économique du pays
en termes d’agriculture et d’élevage. Les incertitudes climatiques, les
inondations de plus en plus fréquentes, les sécheresses récurrentes
et l’arrivée de déplacés et d’animaux de pâturage ont contribué à
l’intensification des risques de conflit autour des ressources naturelles.

Au Niger, les projections du Cadre Harmonisé (mars 2021) pour la période


de juin-août 2021 indiquent que plus d’1,8 million de personnes se
trouveraient en Phase 3+ (8,3 pour cent de la population nationale) dont
plus de 190 750 à Diffa où la malnutrition aigüe globale est la plus élevée du
pays, avec une prévalence de 19,3 pour cent.

Face à cette situation, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation


et l’agriculture (FAO) a développé un programme afin d’améliorer la
résilience, la sécurité alimentaire et la nutrition des populations touchées
par les chocs naturels et les conflits dans le bassin du lac Tchad. Dans le
cadre de ce programme, la FAO requiert 4,75 millions d’USD pour assister
15 040 ménages (105 280 personnes) pendant trois ans (juillet 2021-
juin 2024). Les principaux bénéficiaires seront les personnes déplacées,
réfugiées, rapatriées ainsi que les populations locales hôtes selon leur
niveau de vulnérabilité, en particulier les femmes, les jeunes et les enfants,
les éleveurs et les petits producteurs dans la région de Diffa.

Résumé | 1
Le programme s’articule autour de deux résultats. Le premier vise à la
récupération et au renforcement rapide des moyens d’existence des
ménages les plus vulnérables, notamment à travers des interventions
d’urgence et des filets de protection sociale (cash+) et l’amélioration de
la sécurité alimentaire et nutritionnelle, à travers une diversification des
moyens d’existence adaptés au changement climatique. Le deuxième
résultat vise à améliorer la résilience aux chocs climatiques et à la crise
sécuritaire, par un renforcement de la cohésion sociale et une gestion
adaptative des ressources naturelles au changement climatique. Le
programme sera mis en œuvre selon une approche intégrée utilisant la
réponse aux besoins immédiats comme point d’entrée pour des activités à
plus long terme qui contribueront à renforcer la résilience des populations
vulnérables. Le programme cherchera l’établissement de partenariats
pendant sa mise en œuvre et se présentera en complémentarité
des initiatives en cours dans le bassin du lac Tchad. Le programme
renforcera les capacités des populations ciblées pour maintenir leurs
investissements, notamment en matière de gestion de leurs actifs
productifs et de leur capital. Il renforcera également les institutions
nationales et régionales.
©FAO

2 | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)


Alignement Alignement avec le cadre stratégique du pays

et ajustement Le programme de résilience de la FAO est aligné avec les plans nationaux
de développement et d’action humanitaire de la République du Niger.
stratégique Il contribue à l’initiative «les nigériens nourrissent les nigériens», dont
l’objectif global à l’horizon 2035 est de «contribuer à mettre durablement
les populations nigériennes à l’abri de la faim et de la malnutrition et leur
garantir les conditions d’une pleine participation à la production nationale
et à l’amélioration de leurs revenus».

Il contribue également au Plan de développement économique et


social 2017-2021, en particulier à ses trois domaines d’orientation
économique: (i) la promotion d’une économie compétitive et diversifiée,
(ii) la sécurité alimentaire et le développement agricole durable et (iii) la
promotion du développement social.

Le programme est également aligné au Cadre stratégique de gestion


durable des terres au Niger et à son Plan d’investissement 2015-2029,
ainsi qu’à la Politique nationale de changement climatique et est en
harmonie avec la Politique nationale d’action humanitaire et de gestion
des catastrophes. Enfin, le Programme contribue aux objectifs stratégiques
et au Plan de développement 2016-2020 de la région de Diffa, qui est le
principal instrument de mise en œuvre à court et moyen terme du Plan de
développement économique et social et du Programme de renaissance du
Niger.

Alignement avec le cadre stratégique de la FAO

Le programme de résilience contribue directement aux domaines


prioritaires «Situations d’urgence agricoles et alimentaires» et «Systèmes
agroalimentaires résilients» du Cadre stratégique 2022-2031 de la
FAO. La présente proposition contribuera également aux Objectifs de
développement durable (ODD) 1 «Pas de pauvreté»; ODD 2 «Faim zéro»;
ODD 5 «Égalité des sexes»; ODD 12 «Consommation et production
responsables»; ODD 13 «Mesures relatives à la lutte contre le changement
climatique»; et ODD 16 «Paix, justice et institutions efficaces». Enfin, le
Programme appuie l’Initiative régionale 3 en Afrique qui vise à «Renforcer
la résilience dans les zones arides».

Alignement avec le Cadre de programmation par pays

Le programme contribuera en premier lieu au Résultat 3 du Cadre de


programmation par pays (CPP) «Renforcer la résilience alimentaire
et nutritionnelle des communautés précaires et vulnérables face au
changement climatique, aux crises et aux catastrophes naturelles», en
particulier aux Produits 3.1 «appui aux ménages vulnérables d’agriculteurs/
trices, d’agropasteurs et pasteurs affectés par les crises; et 3.2 «la résilience
au changement climatique des systèmes de production et des personnes
est renforcée».

Alignement et ajustement stratégique | 3


Alignement avec le Plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au
développement 2019-2021

Le programme contribue principalement au Résultat 1 du Plan-cadre


des Nations Unies pour le l'aide au développement (PNUAD) 2019‑2021
«D’ici à 2021, la résilience des populations des zones ciblées du Niger
est améliorée, avec des moyens d’existence renforcés, un niveau de
pauvreté et d’insécurité alimentaire et nutritionnelle réduit, dans un
contexte de participation effective des institutions et des communautés
locales». Le programme s’aligne aussi avec la recommandation du PNUAD
qui considère essentiel de contribuer à améliorer l’interface action
humanitaire-développement-paix.

Cohérence avec d’autres initiatives régionales dans le bassin


du lac Tchad

Le programme contribuera aux objectifs du Plan de développement et


d’adaptation au changement climatique du lac Tchad 2016-2025 élaboré
par les gouvernements des pays membres de la Commission du
bassin du lac Tchad. Le Programme s’appuie sur les données du Plan
de réponse humanitaire élaboré par le Bureau de la coordination des
affaires humanitaires afin d’assurer une plus grande transparence dans
la gouvernance de la réponse humanitaire. Il est en cohérence avec les
priorités régionales de la Commission de la Communauté économique
des États de l’Afrique de l’Ouest, du Comité permanent inter-États
de lutte contre la sécheresse dans le Sahel en matière de résilience,
sécurité alimentaire et nutritionnelle, pastoralisme et protection sociale.
Le programme, en répondant à la crise humanitaire et aux activités
de relèvement économique des populations, est en ligne avec les
recommandations du sommet du lac Tchad (juillet 2016); le Plan de
développement du lac Tchad et d’adaptation au changement climatique;
la conférence de haut niveau de septembre 2018 à Berlin sur la région du
lac Tchad. Enfin, le programme contribue à l’interface action humanitaire-
développement-paix, et en particulier au Pilier 1 «Protection des droits
humains, cohésion sociale, gouvernance locale»; et Pilier 3 «Moyens
d’existence durables et opportunités économiques»; et cherchera, tant que
possible des synergies avec des agences agissant sur le Pilier 2 «services
de base, dans les domaines de l’eau et assainissement, santé et nutrition».

4 | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)


©FAO

Engagement La FAO se basera sur les partenariats déjà existants au niveau du pays et
développés dans le cadre d’autres projets ainsi que sur la collaboration
des parties entre agences afin de profiter des synergies possibles. Certains
partenariats bien établis notamment avec le Ministère de l’agriculture
prenantes et de l’élevage, la Direction régionale de Diffa, le Ministère de l’action
humanitaire et de la gestion des catastrophes, la région de Diffa, et la
Chambre régionale de l’agriculture seront indispensables tout au long
de la mise en œuvre du programme. Par ailleurs, les activités pourront
également s’appuyer sur des collaborations avec des organisations
non gouvernementales internationales et nationales présentes sur
le terrain telles que World Vision, Aridel, Volontaires nigériens pour le
développement et la Croix rouge nigérienne. Les agences des Nations
Unies tels que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM),
le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, le Fonds des
Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), et le Programme alimentaire
mondial (PAM) seront également des partenaires clés de la FAO au Niger
et les synergies possibles seront développées en fonction des activités du
programme.

En outre, le programme cherchera l’établissement de partenariats pendant


sa mise en œuvre et en complémentarité avec les initiatives en cours dans
le bassin du lac Tchad, comme le Programme conjoint Sahel en réponse
aux défis de la covid-19, conflits et changements climatiques du Fonds
international de développement agricole (FIDA)/PAM/FAO qui sera mis
en œuvre dans le groupe des cinq pays sahéliens (Burkina Faso, Mali,
Mauritanie, Niger et Tchad) et le Sénégal (G5 Sahel+1), le projet d’appui
d’aide à l’élevage, de la Coopération belge et le projet régional d’appui au
pastoralisme au Sahel de la Banque mondiale.

Engagement des parties prenantes | 5


Analyse du Contexte régional

contexte Le lac Tchad est situé en Afrique de l’Ouest à la frontière du Cameroun,


du Tchad, du Nigéria et du Niger. La taille moyenne du lac était de
22 000 km2 en 1960 alors qu’entre 2000 et 2015 elle est passée à une
superficie moyenne de 8 000 km2. Le bassin du lac Tchad constitue un
1,8 million de écosystème vaste et très productif mais également très fragile en raison
personnes projetées en de la forte croissance démographique. Les ressources naturelles du lac
insécurité alimentaire aiguë ont permis pendant des siècles aux populations riveraines de développer
(juin-août 2021) des activités productives basées sur la pêche, l’agriculture, l’élevage et
la foresterie. Les producteurs se déplacent en fonction de la variabilité
80% de la population rurale saisonnière et de la disponibilité des pâturages, de l’eau et du sol. La
tire ses moyens d’existence de majorité de la population s’appuie sur des activités multiples (pêche,
l’agriculture agriculture, élevage, commerce et artisanat) pour sécuriser ses revenus
en exploitant le même espace pour la pêche et l’élevage tout au long
+265 615 personnes de l’année, suite aux montées et descentes saisonnières. La mobilité est
déplacées à Diffa donc un élément clé de la résilience des producteurs. L’importance du
lac Tchad repose sur son écosystème particulièrement précieux dans
l’environnement sahélo-saharien caractérisé par la rareté et la variabilité
des ressources naturelles, notamment de l’eau.

Carte 1. Le lac Tchad en situation de petit lac (2010-2015)

N’guigmi

Cuvette nord T C H A D
N I G E R

e Bol
rièr
ar
deB
an
Gr Cuvette sud

N I G É R I A Guitté

CAMEROUN

0 50 km

eaux libres permanentes


N’Djaména
marécages quasi permanents

marécages irrégulièrement inondés

espaces qui ne sont plus inondés depuis 1973

Source: La Commission du bassin du lac Tchad (CBLT). 2015. Plan de développement et d’adaptation au
changement climatique du lac Tchad: Résumé. [en ligne]. [consulté le 14 mai 2021]. [Link]
[Link]/curated/fr/954571467999736073/pdf/R%C3%A9sum%C3%[Link]

6 | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)


Contexte national, sectoriel et institutionnel

Le Niger couvre une superficie de 1 267 000 km² dont les deux tiers sont
désertiques ou semi-désertiques. En 2019, la population était estimée à
21,94 millions (Institut national de la statistique du Niger) dont 50,1 pour
cent de femmes et, une population extrêmement jeune (70 pour cent
de la population a moins de 25 ans). Le rythme d’accroissement de
la population de 3,9 pour cent par an constitue un véritable défi de
développement au regard des ressources et capacités économiques
limitées du pays, amoindries par les dépenses liées à la sécurité
(15 pour cent du budget de 2017). L’indice d’inégalité de genre au Niger est
plus élevé que la moyenne africaine. Moins de 12 pour cent du territoire
reste potentiellement favorable à l’agriculture et constitue la source
principale d’emplois et de revenus pour 80 pour cent de la population
rurale. Le produit intérieur brut reste dominé par l’agriculture (43,1 pour
cent) et le secteur informel (65,7 pour cent). Du fait de la surexploitation
de plus en plus forte des ressources naturelles (terres, eaux, biodiversité),
les populations engagées dans ces activités sont particulièrement
vulnérables, entrainant l’accentuation de la pauvreté et l’insécurité
alimentaire. À ceci s’ajoute depuis début 2020 au Niger la covid-19. Le
Gouvernement a mis en place un ensemble de mesures de lutte contre la
pandémie qui ont considérablement impacté la vie économique et sociale
du pays, et la situation alimentaire et nutritionnelle des populations
en particulier, détériorant davantage l’état de vulnérabilité existant. Au
niveau environnemental, le changement climatique est fortement ressenti
au Niger par rapport à la dépendance économique du pays en termes
d’agriculture et d’élevage. Les incertitudes climatiques, les inondations
de plus en plus fréquentes, la sécheresse récurrente et l’arrivée non
seulement des déplacés mais aussi d’animaux de pâturage ont contribué à
l’intensification des risques de conflit sur les ressources naturelles.

La région de Diffa

La région de Diffa couvre une superficie de 156 906 kilomètres carrés


soit 12,4 pour cent de la superficie totale du pays. Selon le Système
international de numérotation, elle compte 691 357 habitants en 2017,
avec 51,2 pour cent de la population qui a moins de 15 ans. Elle se trouve
à 1 360 km de la capitale (Niamey) et fait frontière terrestre avec le Tchad,
le Nigéria, et le Cameroun à travers le lac. C’est la région nigérienne où
la proportion de population vulnérable, soit une personne sur deux, est
la plus élevée (Plan de réponse humanitaire 2018). Elle présente des
taux d’accès aux services de base (éducation, santé, eau potable, routes
et électricité) et des indicateurs de développement bien inférieurs à la
moyenne nationale. Le taux de croissance démographique de la région de
Diffa est de 4,6 pour cent (Système international de numérotation, 2018).
À ceci s’ajoute l’arrivée de déplacés venant du nord du Nigéria, ce qui
accroît les risques en termes de pression sur les ressources naturelles et
d’instabilité sociopolitique.

Analyse du contexte | 7
Depuis 2013-2014, la région du lac Tchad a été touchée par les violences
liées à Boko Haram dans le nord-est du Nigéria qui ont débordé sur les
pays sahéliens voisins – notamment le Cameroun, le Tchad et le Niger
– avec des effets dévastateurs sur la sécurité alimentaire et les moyens
d’existence. L’insécurité persistante et l’état d’urgence ont également
gravement limité la pêche et l’agriculture, et la hausse des coûts des
produits importés et l’accès limité aux pâturages au bord du lac ont
conduit à la faim et la malnutrition. Les enlèvements de civils continuent
à s’opérer par les groupes armés non étatiques de façon presque
quotidienne. Les femmes et les enfants constituent les principales cibles
de ces enlèvements, contraignant la population à se déplacer vers d’autres
destinations considérées comme relativement sécurisées. Le bassin du lac
Tchad est soumis à une urgence humanitaire complexe à travers le nord-
est du Nigéria, l’extrême nord du Cameroun, l’ouest du Tchad et le sud-est
du Niger. Plus de 80 pour cent des personnes déplacées et réfugiées ont
cherché refuge dans des zones peuplées de communautés extrêmement
pauvres, ce qui apauvrit les moyens de subsistance de ces familles
d’accueil et accroît leur vulnérabilité.

Carte 2. Chiffres de déplacés (réfugiés, retournés, personnes déplacées internes [PDI] et demandeurs d’asile)
de la région de Diffa
Ngourti
NGOURTI 709
Blabrine
!
13,424
N'Guigmi
Zinder
19,511
NIGER !

KABLEWA NGUIGMI
NGUELBELY
TCHAD
Boutti Kabélawa
!
N’Guelbely Diffa 18,492 !

!
893 29,270
GOUDOUMARIA Boulabrine Kindjandi
! TOUMOUR BOSSO
Kilakina Gorodi 8,201Bosso
856 Toumour
! 1,350 ! Garin
GUESKEROU 15,256 !
1,179 FOULATARI Wanzam ! ! !
Goudoumaria !
Waragou !
Foulatari 2,958 1,024 ! N’Gagam 33,899 Abadam
!
348 Sayam 18,122 Assaga
Toutourwa Forage ! 14,247
! Bula Bul
!
! Tunbun Rago !
MAINE SOROA 348 CHETIMARI DIFFA
9,856 Gashigar !
Tunbun Madayi
14,454 !
Kaya
965 Boudouri ! ! ! Asaka-Koura
Maïné-Soroa Ambouram Ali 11,833 !
23,404
Kaderi NIGÉRIA 4,539 !
Guidan Kadji
! ! 17,263
Kanamga 3,507 Chétimari Damasak
!
Baga
! !
! !

Gidimbari
!
Kukawa
!
Geidam !
Gashua !
!
!

Source: Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. 2020. Chiffres des déplacés: réfugies, retournés, PDI et demandeurs d’asile de la région de Diffa.
[en ligne]. [consulté le 14 mai 2021]. [Link]

8 | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)


©FAO

Agriculture, agropastoralisme et pastoralisme

La région de Diffa est une zone aride et semi-aride avec une courte saison
de pluie de juillet à septembre. La pluviométrie varie du sud au nord
de 400 à 20 mm. Les pâturages sont touchés par la sécheresse et les
feux de brousse, avec un déficit chronique depuis 10 ans. L’agriculture
se concentre au sud de la région et les principales cultures pluviales
sont le mil et le sorgho, avec des rendements par hectare très faibles. La
production de niébé est aussi une culture vivrière essentielle. Certaines
parcelles irriguées, à protéger, permettent une culture de rente de petite
échelle comme la production de poivron surnommé «l’or rouge». De
plus, la région de Diffa est l’objet d’une désertification accélérée, et
d’une insuffisance d’investissement et d’infrastructures hydrauliques,
agrosylvopastorales et routières. La pêche est pratiquée dans les «mares».
La présence des groupes armés insurgés perturbent les activités de pêche
dans le bassin du lac Tchad. L’insécurité dans certaines zones, combinée
à la faible base infrastructurelle, l’engagement limité des femmes et des
jeunes dans les processus de prise de décision, le manque d’opportunités
de développement économique, et le faible niveau de formation
des jeunes et des femmes (éducation, formation professionnelle,
analphabétisme), ont accru le chômage des jeunes et le niveau de
pauvreté des populations, notamment des femmes.

Analyse du contexte | 9
Sécurité alimentaire et nutritionnelle

Au Niger, les projections du Cadre Harmonisé (mars 2021) pour la période de


juin-août 2021 indiquent que plus d’1,8 million de personnes se trouveraient
en Phase 3+ (8,3 pour cent de la population nationale) dont 190 753 à
Diffa où la malnutrition aigüe globale est la plus élevée du pays, avec une
prévalence de 19,3 pour cent. La prévalence de la malnutrition aigüe sévère
est de 2,6 pour cent au niveau national et de 5,3 pour cent à Diffa.

Carte 3. Situation alimentaire et nutritionnelle projetée (juin-août 2021)

L I BY E

A LG É R I E

Agadez

MALI
Diffa
Tahoua
Zinder
TC H A D

Tillabéri Maradi

Dosso
BURKINA
FA S O 0 200 km
NIGÉRIA
BÉNIN

Classification des phases du Cadre Harmonisé


1 – Minimale 3 – Crise 5 – Famine Non analysé
2 – Sous pression 4 – Urgence Données insuffisantes

Source: Le Réseau de prévention des crises alimentaires. 2020. Le Niger: Situation alimentaire et
nutritionnelle projetée, juin-août 2021 [en ligne]. Niamey, Niger. [consulté le 14 mai 2021].
[Link]/datas/niger/

Pression sur les ressources naturelles et effets du changement


climatique

Les risques liés au climat et aux conflits se recoupent ou s’exacerbent


mutuellement, engendrant des besoins complexes. Les chocs climatiques
ont poussé les populations pastorales à migrer plus tôt et plus longtemps.
Les déplacements de population provoqués par le conflit ont accru la
pression sur des ressources naturelles déjà limitées (eau, terre et bois
de chauffage), réduisant la disponibilité de nourriture et d’eau, tout
en augmentant le risque de tensions sociales. De plus, les variations
climatiques récurrentes ont touché de manière chronique le sud-est
du Niger, la région de Diffa, avec des déficits de production enregistrés
annuels au cours des 10 dernières années et des déficits de fourrage
pendant huit de ces années. Depuis 2015, les insurgés de Boko Haram ont
bloqué l’accès aux principales zones fourragères, restreint la transhumance
et le commerce agro-industriel transfrontalier.

10 | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)


Stratégie de Objectif

mise en œuvre Renforcer la résilience, et améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition


des populations touchées par les chocs naturels et les conflits dans le
bassin du lac Tchad.

pour assister
15 040 ménages Impact
(105 280 personnes)
Les populations de la région de Diffa touchées par la crise du bassin du lac
la FAO requiert Tchad (communautés hôtes, PDI, réfugiés et rapatriés) ont amélioré leur
4,75 millions d’USD, dont sécurité alimentaire et nutritionnelle, et leur résilience face aux risques
• 2,3 millions d’USD agroclimatiques, liés à l’insécurité et à la covid-19.
pour la première année
• 1,5 million d’USD
pour la deuxième année Résultat 1. Les moyens d’existence sont renforcés, diversifiés et
• 950 000 USD adaptés au changement climatique pour améliorer la situation
pour la troisième année alimentaire et nutritionnelle des ménages vulnérables dans la région
de Diffa.
pour la période
juillet 2021- Produit 1.1. Les ménages plus vulnérables, incluant les déplacés
juin 2024 internes, réfugiés, retournés, familles hôtes, touchés par le conflit et des
groupes à besoins spécifiques ont amélioré leur conditions alimentaire
et nutritionnelle, notamment à travers des interventions d’urgence et
des filets de sécurité sociale.

Activités
• Ciblage de 2 000 ménages bénéficiaires par des activités d’urgence
et de protection sociale (cash+), avec une attention particulière aux
ménages dirigés par des femmes, victimes de violence provoquée
par les disparités entre sexes, personnes touchées par le VIH/SIDA,
handicapés, ménages touchés par la covid-19 et déplacés.
• Distribution d’intrants agricoles de qualité (semences et outils),
accompagnement technique et équipement pour la mise en place de
jardins de case.
• Distribution de noyaux caprins, incluant un accompagnement en santé
vétérinaire, et d'un kit alimentaire initial à 500 ménages parmi les plus
vulnérables.
• Transferts monétaires à 2 000 ménages bénéficiaires pour la reprise
d’activités productives pour assurer leur sécurité alimentaire (cash+).
• Sensibilisation et formation de 2 000 bénéficiaires par des activités
d’urgence/résilience sur la nutrition, la prévention de la covid-19 et
l’équité de genre.
• Fourniture d’aliments pour bétail et accompagnement en santé
vétérinaire.

Stratégie de mise en œuvre | 11


Produit 1.2. Les moyens d’existence (agricoles, agropastoraux, pastoraux
et pêche) des ménages vulnérables sont renforcés et diversifiés
en soutenant la production alimentaire, la transformation et la
commercialisation.

Activités
• Ciblage de bénéficiaires et de promoteurs/facilitateurs, et identification
des lieux pour l’établissement de champs écoles agropastoraux (CEAP)
et de caisses de résilience.
• Développement et adaptation du modèle CEAP à chacune des
communautés en fonction des besoins identifiés et des conditions
agro-écologiques (localisation, production prioritaire, localisation,
partenaires, etc.).
• Adoption et mise à l’échelle de bonnes pratiques d’agriculture
intelligente face au climat, de bonnes pratiques d’élevage, et de
réduction des risques de catastrophe et gestion durable des ressources
naturelles parmi les ménages agricoles pauvres et vulnérables des
communautés ciblées, à travers des CEAP.
• Distribution d’intrants de qualité (semences, tubercules, outils, etc.)
aux agriculteurs des villages où ont été établis des CEAP.
• Formation technique, installation et équipement des parcs de
vaccination, et des centres et bureaux vétérinaires.
• Soutien aux pratiques de pêche durables et équipement des
communautés de pêche (pirogues, filets, formation, etc.).
• Systématisation et publication de bonnes pratiques agricoles et de
gestion des risques agroclimatiques (GRAC) pour la région de Diffa à
utiliser dans les CEAP.
• Formation et mise en place d’Associations villageoises d’épargne et de
crédit.

Produit 1.3. Les femmes et les jeunes ruraux mettent en marche des


activités génératrices de revenus (AGR) diversifiées et durables.

Activités
• Alphabétisation fonctionnelle des femmes et des jeunes.
• Formation en compétences entrepreneuriales de base.
• Identification des AGR prioritaires, leurs points faibles et atouts.
• Analyse rapide du marché pour les AGR identifiées.
• Promotion et appui à la présentation de micro-projets d’AGR préparés
par des femmes et des jeunes, à titre individuel ou en groupe, financés
par le projet (ou autres partenaires présents à Diffa).
• Réalisation d’une étude de faisabilité et viabilité sociale, financière
et environnementale des propositions d’AGR, et financement des
propositions durables.
• Renforcement des capacités de transformation et de commercialisation
des produits agricoles, pastoraux et de la pêche, et accompagnement à
la mise en place d’AGR durant au moins un cycle productif.

12 | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)


Résultat 2. La cohésion sociale et la résilience aux chocs naturels
(sécheresse, inondation) et aux conflits sont améliorées à travers
une meilleure gestion des ressources naturelles et des risques, et la
promotion du dialogue intra et intercommunautaire.

Produit 2.1. Le dialogue intra et intercommunautaire est renforcé.

Activités
• Identification et renforcement des capacités des mécanismes
traditionnels, des autorités et des cadres de l’administration, en
matière de prévention et gestion de conflits existants au niveau du
village et de la commune.
• Promotion et développement de l’approche communautaire
participative pour une gestion durable de l’eau et des sols, terres
agropastorales et forêts, de manière sensible au genre et au
changement climatique, incluant la sensibilisation sur les feux de
brousse.

Produit 2.2. La gestion durable des ressources naturelles est intégrée


dans le développement communautaire.

Activités 
• Réhabilitation de 1 750 ha de terres dégradées, et mise en place de
mesures de lutte contre l’érosion et l’ensablement, avec des techniques
comme les demi-lunes, le zaï, la fixation de dunes et la lutte contre les
plantes envahissantes.
• Aménagement de 600 km de bandes pare-feu contre les feux de
brousse, par les ménages des communes à travers des activités
d’espèces contre travail.
• Sécurisation et réhabilitation des couloirs de transhumance.
• Promotion d’un accès durable à l’énergie pour les communautés.
• Amélioration des installations et des infrastructures
communautaires: forages pastoraux/puits, tout en assurant une gestion
durable de l’eau.
• Restauration du potentiel de production durable de fourrage.
• Développement de petits périmètres irrigués maraîchers pour les
femmes.

Produit 2.3. Les capacités des institutions gouvernementales sont


améliorées afin de renforcer la résilience des moyens d’existence
agricoles, la gestion des risques de catastrophe, l’action climatique et la
protection sociale au niveau de la région de Diffa.

Activités
• Formation des partenaires du projet sur le modèle de caisses de
résilience, sur la GRAC et le changement climatique, l’égalité de genre,
la protection sociale et la résolution de conflits.
• Établissement d’un réseau d’échange entre promoteurs/facilitateurs
communautaires des CEAP et caisses de résilience.
• Systématisation et publication de bonnes pratiques agricoles de GRAC
pour la région de Diffa à utiliser dans les CEAP.

Stratégie de mise en œuvre | 13


Produit 2.4. Une base de données de témoignages est établie pour
démontrer comment l’amélioration de la sécurité alimentaire, la GRAC
et la résilience peuvent contribuer à la prévention des conflits tout en
soutenant la paix et la stabilité (étude spécifique sur ce sujet).

Activité
• Identification de cas de succès des activités mises en œuvre par le
programme, et réalisation de produits audiovisuels avec des histoires
d’intérêt humain témoignant de l’amélioration de la résilience sur la
prévention de conflits et la paix.

Bénéficiaires

Les principaux bénéficiaires du programme seront des personnes


déplacées, réfugiées, rapatriées, populations locales hôtes selon leur
niveau de vulnérabilité, en particulier les femmes, les jeunes et les enfants,
les éleveurs et les petits producteurs. De manière plus spécifique, pour le
Produit 1.1, les bénéficiaires ciblés seront 2 000 ménages parmi les plus
vulnérables, incluant les déplacés internes, réfugiés, retournés, familles
hôtes, ménages touchés par le conflit et des groupes à besoins spécifiques
(handicapés, veuves, ménages avec accès très limité à la terre). Pour le
Produit 1.2, les bénéficiaires seront les agropasteurs et pasteurs familiaux,
qui risquent de se décapitaliser et sont particulièrement exposés aux
crises (climatique, économique, sanitaire, conflit). Pour le Produit 1.3,
les femmes et les jeunes ruraux (chômeurs, femmes cheffes de ménage,
groupements). Les Produits 2.1, 2.2 et 2.3 toucheront l’ensemble des
communautés, les administrations publiques et la société civile des
communes d’intervention du projet, et de la région de Diffa en général.
©FAO

14 | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)


La réhabilitation productive des terres dégradées et des infrastructures
spécifiques liées à la gestion de l’eau, les diverses formes de transferts
monétaires et les composantes génératrices de revenus monétaires ainsi
que les composantes génératrices de revenus soutiendront les petites
entreprises, en particulier celles gérées par les femmes et les jeunes. Ces
interventions généreront en outre des revenus et permettront d'injecter
des liquidités dans l'économie locale en contribuant à revitaliser les
marchés locaux. Grâce à la fourniture d'intrants de qualité, les agriculteurs
constitueront des réserves de semences pour plusieurs saisons,
augmenteront leur production agricole et verront leur accès au marché
renforcé. Le programme complétera des actions facilitant l'accès au
marché mises en œuvre par des partenaires tels que le FIDA.

Zones d’intervention

Le programme se concentrera dans trois des six départements de la région.


Les sites seront sélectionnés en fonction des potentielles synergies ou du
degré de complémentarité avec les interventions existantes – notamment
le Family Farming Development Programme et le projet G5 Sahel+1 du
FIDA. La sélection des communes d’intervention se fera selon les critères
des zones de convergence établis par le groupe de travail de l’interface
action humanitaire-développement-paix au Niger, en élargissant la zone
au vu de l’évolution des conditions de sécurité. Les communes retenues
par type d’intervention sont les suivantes:

Tableau 1. Communes sélectionnées

Récupération
Lutte plantes
Jardin des terres, Cohésion
Département Commune Agriculture Élevage Pêche envahissantes/
de case fixation des sociale
bandes pare-feu
dunes

Bosso Toumour X X  X   X X X

Chetimari X X X X X X X

Diffa Diffa X X   X     X

Gueskerou X X   X X X X

Foulatari     X   X X X
Mainé Soroa
Mainé Soroa   X X X X   X

Stratégie de mise en œuvre | 15


Les actions d’appui aux AGR, privilégiant l’emploi des jeunes et des
femmes, seront faites dans les six communes d’intervention. Aussi, de
manière transversale, la sensibilisation sur le changement climatique, la
gestion des risques naturels, la gestion des conflits et la prévention de
la covid-19 touchent l’ensemble des communes.

Tableau 2. Critères d’inclusion de villages ou communautés (camps et autres)

Critères Caractéristiques

Affectation par évènements • Village, communauté ou camp avec victimes de déplacements forcés et familles rapatriées, en
climatiques extrêmes et/ particulier celles qui n’ont pas reçu d’assistance humanitaire.
ou par des conflits intra et • Village affecté par des événements climatiques extrêmes (inondation, sécheresse, etc.).
intercommunautaires • Population à mobilité réduite (confinée) et dont la sécurité alimentaire et nutritionnelle est limitée.
• Populations vulnérables hôtes accueillant des familles déplacées.
• Communautés avec des cas de malnutrition aiguë et des taux élevés de malnutrition chronique.
Vulnérabilité
• Communautés composées principalement de femmes cheffes de ménage.
• Populations hôtes vivant dans des zones rurales touchées par des conflits et/ou des menaces
climatiques.
• Population avec double affectation (conflits et risques climatiques).
Renforcement de stratégies • Communautés appuyées par la FAO par des initiatives d’urgence et qui peuvent viser la résilience
existantes visant les victimes et le développement.
du conflit et les communautés • Populations bénéficiaires de programmes de protection sociale (gouvernementaux, PAM, UNICEF,
vulnérables OIM)

Indicateurs

Les indicateurs clés sont les suivants:


• 80 pour cent des familles d’accueil vulnérables et des populations
déplacées (PDI ou réfugiées) ont un classement de consommation
alimentaire acceptable (> 42), répartition par sexe.
• 40 pour cent des PDI, réfugiés et des familles hôtes ont amélioré leurs
actifs productifs.
• Les ménages agropastoraux et pastoraux ciblés ont augmenté leurs
revenus de 30 pour cent.
• Le nombre de conflits et de tensions liés aux ressources naturelles est
réduit de 50 pour cent.
• Le taux de résilience des ménages vulnérables ciblés est augmenté
de 30 pour cent à travers l’augmentation de l’indice de capacité de
résilience et le modèle de mesure et d’analyse de l’indice de résilience
(RIMA), répartition par sexe du chef de ménage.
• Amélioration de l’indice moyen de stratégie d’adaptation des ménages
ciblés.

16 | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)


Avantages En terme de capacité opérationnelle, la FAO dispose d’un sous-bureau à
Diffa. Les connaissances techniques multidisciplinaires et l’expertise de
comparatifs la FAO dans le secteur agricole en font une institution essentielle pour
promouvoir le renforcement de la résilience des communautés les plus
vulnérables. La FAO a développé le concept d’agriculture intelligente
face au climat et a été le principal défenseur de son intégration dans
des politiques cohérentes et des interventions de production. La FAO a
également développé un cadre solide autour de la protection sociale et de
la gestion des risques climatiques, y compris des approches spécifiques
telles que cash+ qui a été testée sur le terrain et mise à l’échelle au Niger.

Les analyses de 2018 dans le cadre du projet Fonds pour la consolidation


de la paix de la FAO, démontrent que dans le contexte du Niger rural, les
principaux déterminants de la résilience sont les filets de sécurité sociale
et l’accès aux actifs (productifs et autres). Cela signifie que toutes les autres
caractéristiques restant les mêmes parmi les ménages interrogés, les plus
résilients étaient ceux qui avaient des filets de sécurité sociale sur lesquels
compter, et ceux qui avaient un meilleur accès aux actifs. La valeur et la
fréquence globales des transferts par le biais des filets de sécurité sociale
ont également montré une corrélation positive avec le statut de sécurité
alimentaire du ménage. La possession d’actifs productifs (intrants et
outils agricoles, bétail) et non-productifs sont d’importants contributeurs
de la résilience et certains actifs (bétail, et le fait de posséder son propre
logement) ont un impact positif sur la sécurité alimentaire. De manière
générale, mettre l’accent sur une amélioration de l’accès aux actifs est
un moyen de promouvoir la résilience tout en permettant de réduire
progressivement la dépendance des ménages aux filets de sécurité.

Gestion des connaissances et communication

La gestion des connaissances joue un rôle clé tout au long du programme,


car elle permettra de partager les connaissances, l’apprentissage et les
expériences et de les internaliser par les parties prenantes à différents
niveaux. Le modèle de caisses de résilience sera partagé, ainsi que les
contenus des champs écoles paysans, qui intègrent la GRAC et une
perspective de genre, pour améliorer la résilience et le Réseau d’agriculture
durable des communautés d’intervention (à la fois les documents et les
audiovisuels). Un réseau de promoteurs de CEAP à Diffa sera établi dont
l’objectif principal est de partager les connaissances et l’apprentissage
mutuel. Une étude spécifique sera réalisée avec une base de données
de témoignages pour démontrer comment l’amélioration de la sécurité
alimentaire, la GRAC et la résilience contribuent à la prévention des conflits
tout en soutenant la paix et la stabilité. Une stratégie de communication
sera élaborée dès la phase initiale du programme avec le soutien du
responsable de l’information et de la communication.

Avantages comparatifs | 17
©FAO

Dispositions Cadre institutionnel et coordination

institutionnelles La mise en œuvre du programme sera coordonnée par une unité


regroupant des experts en résilience, protection sociale, agriculture,
pour la mise en pastoralisme, gestion des ressources naturelles, gestion des conflits et
équité entre les sexes. Des partenariats et des accords seront également
œuvre établis entre cette unité de coordination et des organisations non
gouvernementales ou de producteurs, les acteurs du secteur privé, les
organisations communautaires de base et les services publics.

Un comité de pilotage, composé de représentants de la FAO, ainsi


que des ministères participant à la mise en œuvre du projet (Ministère
de l’agriculture et de l’élevage, Ministère de l’action humanitaire et
de la gestion des catastrophes et Ministère de l’environnement et du
développement durable) et du bailleur si il est présent dans le pays,
supervisera l’avancement général du projet.

Une unité de coordination technique appuiera le comité de pilotage


en fournissant: (i) des mises à jour sur les progrès et les résultats du
projet; (ii) des informations sur les défis et les risques du projet; et (iii) des
recommandations pour surmonter tout problème.

Rôle du point focal de la FAO: la FAO désignera un point focal pour


l’unité de coordination technique. Il sera responsable des questions
opérationnelles, y compris la coordination de la mise en œuvre des
composantes du projet.

18 | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)


Ressources pour la mise en œuvre et la coordination du projet:
Les bureaux régionaux et sous-régionaux de la FAO en Afrique apporteront
un soutien technique institutionnel et formation à la demande du
pays; capitalisation; gestion des connaissances et recherche; pour
évaluer la mise en œuvre et l’impact général du projet. Le cas échéant,
le projet bénéficiera du soutien d’experts (planification participative,
programmation, achats, filets de sécurité sociale, analyse de la sécurité
alimentaire, résilience, etc.) disponibles au niveau régional et/ou au siège
et personnel supplémentaire.

Méthodologie

Le programme sera mis en œuvre selon une approche intégrée utilisant la


réponse aux besoins immédiats comme point d’entrée pour des activités à
plus long terme qui contribueront à renforcer la résilience des populations
vulnérables. De plus, le programme intègre les principes suivants dans son
approche:

Redevabilité et inclusion: Les activités du programme seront menées


selon une approche centrée sur les personnes et les droits. La redevabilité
et l’inclusion garantissent une participation significative des populations
touchées à toutes les étapes du cycle du programme en tenant compte
d’aspects essentiels tels que le sexe, l’âge, la diversité, le handicap, etc.
Ainsi, le projet mettra en œuvre des interventions axées principalement
sur des activités agricoles génératrices de revenus et la création d’emplois
ruraux pour les femmes, les jeunes et autres groupes vulnérables et
marginalisés, leur permettant d’accroître leur indépendance économique
et de renforcer leur prise de décision au sein de leur communauté.

Cette approche permet non seulement de mieux répondre aux besoins des
personnes touchées, mais contribue également à la durabilité des projets,
en renforçant les organisations locales et en transformant les structures
et les dynamiques de pouvoir. Dans cette entreprise, l’objectif global de la
FAO est de promouvoir et de soutenir la mise en œuvre d’une réponse et
d’une action humanitaires améliorées, plus responsables et inclusives, en
étant davantage redevable envers les populations affectées.

Les principales méthodologies utilisées dans les différentes composantes


sont:

Clubs Dimitra: La FAO a mis en place des clubs d’écoute au Niger depuis
2009, reconnus comme bonne pratique pour l’autonomisation de la
femme par le Ministère de la population, de la promotion de la femme et
de la protection de l’enfant. Le Niger comptait près de 2 761 clubs Dimitra
actifs en 2020. Ils offrent un espace de dialogue au sein de la communauté,
et aident à promouvoir la position des femmes dans leur communauté.
Ces clubs sont des groupes informels de femmes/filles et d’hommes/
garçons, mixtes ou non, composés, au maximum, de 30 personnes. Les
décisions des clubs sont toujours prises en concertation avec les autorités
coutumières et administratives.

Dispositions institutionnelles pour la mise en œuvre | 19


Caisse de résilience: Cette approche sera utilisée, car elle a démontré,
dans divers contextes, son efficacité et sa reproductibilité à grande échelle
pour autonomiser les ménages et les communautés et favoriser une
dynamique de développement social et économique intégrée reposant
sur une gestion plus rentable et durable des ressources naturelles. Cette
approche intégrée, participative et centrée sur la communauté associe
des dimensions techniques, financières et sociales qui se renforcent
mutuellement. Elle est construite autour de petits groupes de 20 à
30 personnes vivant dans le même village/quartier et partageant les
mêmes préoccupations. Les trois dimensions de cette approche incluent
le volet technique (CEAP); le volet financier (associations villageoises
d’épargne et de crédit) et le volet social. Les trois dimensions font
des caisses de résilience un moyen d’apporter un appui holistique
aux communautés. Le principal impact visé par cette approche est la
consolidation d’un esprit d’entreprise, de responsabilité et de solidarité
permettant de lutter durablement contre l’insécurité alimentaire et
nutritionnelle.
©FAO

20 | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)


Supervision technique et mécanismes de soutien

La supervision du programme sera assurée au niveau du pays par la FAO,


les Institutions nationales de tutelle, le Ministère de l’agriculture et de
l’élevage, le Ministère de l’environnement et du développement durable et
la représentation du bailleur. Les bureaux régionaux et sous-régionaux de
la FAO en Afrique organiseront des missions d’appui technique, et de suivi.
Une mission de supervision générale du programme sera organisée une
fois par an par les trois acteurs principaux (bailleur, FAO, administration
nigérienne).

Statistiques

Il est prévu que le programme recueille des données relatives à la sécurité


alimentaire, à la résilience et aux risques. Ces données seront traitées en
accord avec les normes et meilleures pratiques de la FAO. Des indicateurs
sur le score de diversité alimentaire des ménages et de la diversité
alimentaire minimale chez les femmes, apporteront une information sur
la qualité de l’alimentation des ménages. Des enquêtes de travail des
représentants de l’enseignement supérieur agricole seront également
réalisées pour le ciblage de bénéficiaires.

Technologies de l’information

Les deux composantes de la géomatique, à savoir (i) la télédétection,


le traitement des images satellitaires et de drones, et (ii) les systèmes
d’informations géographiques, permettent la réalisation de cartes
d’occupation du sol, de cartes de cultures, d’évolution et de changement.
Ces images permettent, grâce à leur répétitivité temporelle, d’alimenter les
bases de données et les systèmes de gestion agricole par des informations
précises et à des temporalités adéquates avec le dynamisme des cultures.
Leur utilisation dans le programme permettra d’améliorer la connaissance
sur l’évolution des zones pastorales et les zones d’inondations, et aidera
donc à la prise de mesures de GRAC.

Dispositions institutionnelles pour la mise en œuvre | 21


Gestion des risques

Tableau 3. Identification de risques potentiels et mesures de mitigation

Description du risque Probabilité Impact Mesures de mitigation

Aggravation de l’insécurité, Elevée Elevé Engagement des partenaires et des autorités locales:
exposant les populations et Engagement politique en faveur du programme de renforcement
le personnel à des menaces de la résilience et appui du Gouvernement à l’introduction de
accrues empêchant ainsi l’accès programmes nationaux de lutte contre la vulnérabilité.
aux sites du programme et/ Ciblage géographique: L’intervention se concentrera sur les
ou générant des risques de zones évaluées par les Nations Unies comme sûres et sécurisées
protection inacceptables pour les pour les bénéficiaires et le personnel. Les interventions dans
bénéficiaires les communautés de rapatriés se concentreront d’abord sur les
villages situés le long des routes principales et des villes.
Flexibilité de la programmation et réactivité: Les activités
peuvent être reprogrammées rapidement et efficacement selon
les conditions de sécurité et/ou temporairement suspendues
pour permettre des évaluations de sécurité approfondies et
répondre aux besoins humanitaires urgents.
Application stricte des procédures de sécurité des Nations Unies:
L’intervention sera mise en œuvre conformément aux
procédures de sécurité conjointes actuelles des Nations Unies
qui prévoient une autorisation préalable et une surveillance
étroite des mouvements de personnel, l’application de diverses
mesures d’atténuation des risques et des évaluations régulières
de la sécurité.

Aggravation des conflits intra ou Moyenne Moyen Adoption d’approches de dialogue communautaire et sensibles
intercommunautaires à un niveau aux conflits dès la phase de planification: identification des
qui compromet la gestion des activités bénéficiant à la population dans son ensemble,
activités ou compromet l’accès des création d’atouts communautaires tangibles qui inciteront
bénéficiaires et le maintien des à maintenir la cohésion sociale, et fourniture de moyens
actifs productifs d’existence significatifs pour les femmes et les jeunes.

Présence de chocs naturels Moyenne Moyen Système d’alerte précoce: Le programme sera coordonné
majeurs (sécheresse, invasion en relation avec le système d’alerte précoce et avec le Cadre
d’insectes) durant la mise en Harmonisé afin d’être informé le plus rapidement possible et
œuvre du projet, compromettant d’adapter la réponse.
les investissements agricoles Sélection d’activités sensibles au climat: Les activités identifiées
réalisés et empêchant les seront adaptées aux contextes agro-écologiques locaux. Par
bénéficiaires de reprendre leurs exemple: l’adoption et la mise en place de moyens permettant
activités agricoles et d’élevage de maîtriser le ruissellement et l’érosion des sols, amélioration
du contrôle des inondations et de la conservation de l’humidité,
application de normes de qualité, introduction de semences
résistantes à la sécheresse, sélection d’espèces animales
adaptées, etc.

La pandémie de covid-19 Moyenne Moyen Suivi de toutes les recommandations sanitaires et d’hygiène de
s’aggrave, créant des difficultés prévention de la covid-19.
dans la réalisation de certaines Restriction du nombre de personnes convoquées pour les
activités de formation, et de suivi formations/réunions.
des activités sur le terrain

22 | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)


©FAO

Suivi et Le cadre logique du programme facilitera la planification, l'exécution


et l'évaluation des différentes activités. La FAO est responsable du suivi
évaluation et de l’évaluation avec une mise à jour semestrielle. Outre les enquêtes
de référence et les évaluations post-distribution, le système de suivi et
évaluation comprendra des évaluations d’impact telles que le RIMA. Une
enquête de référence et une enquête finale seront par la suite réalisées
pour informer le RIMA. Enfin, le programme sera soumis à une évaluation
indépendante finale.

Suivi et évaluation | 23
©FAO

24 | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)


Renforcement des capacités

Le programme renforcera les capacités des populations ciblées pour


maintenir leurs investissements, notamment en matière de gestion de leurs
actifs productifs et de leur capital. Il renforcera également les institutions
nationales et régionales. Premièrement, le programme renforcera la
coordination et la collaboration à tous les niveaux, contribuant aux
processus de décentralisation en cours et élargira les liens avec d’autres
institutions et partenaires. Le programme s’appuie sur des institutions
existantes pour la supervision, et la Commission du bassin du lac Tchad.

Emploi rural décent

Les travaux civils, agricoles, environnementaux et hydrauliques prévus


dans le programme entraîneront la réhabilitation des terres dégradées,
des infrastructures d’irrigation à petite échelle, et des infrastructures
hydrauliques pastorales (puits, points d’eau) dans les zones très
vulnérables. Une production et une productivité agrosylvopastorales
et halieutiques accrues augmenteront les opportunités d’emploi dans
le secteur rural, en particulier pour les jeunes et les femmes. Cela aura
plusieurs effets positifs de redistribution tels que l’amélioration des
conditions de vie (y compris la sécurité alimentaire et nutritionnelle),
l’amélioration des services dans les zones rurales, la réduction des
phénomènes de migrations, etc. L’augmentation d’opportunités d’emploi
pour les jeunes à partir d’AGR durables aura un effet d’émulation parmi
d’autres jeunes de la communauté. Certaines de ces activités se feront
à travers les activités d’espèces contre travail, en respectant les normes
établies dans le pays, avec la rétribution journalière, la charge de
travail, les heures et jours de travail établis pour chaque type de travail
(par exemple: une heure/jour réalisation de trois demi-lunes pour une
rétribution de 2,35 USD/jour).

Durabilité environnementale

Tous les groupes d’agriculteurs, d'éleveurs et d'agropasteurs recevront des


formations techniques pour la gestion durable des terres, de l’eau et des
autres ressources naturelles. Les installations de production alimentaire
et de santé animale seront construites dans le respect de l’environnement
en tenant compte des effets du changement climatique. Le renforcement
de capacités des groupes ciblés pour planifier et adapter leur production
(agriculture, élevage et pêche) est un point essentiel dans les CEAP pour
assurer la durabilité de leurs moyens de vie. De plus, la restauration des
terres permettra d’augmenter la superficie disponible pour la culture, ou
pour le pâturage, tout en sensibilisant sur les risques de surexploitation.
La gestion des risques et des ressources naturelles sera un point principal
dans la planification participative communale et la gestion des conflits.
Enfin, des pratiques environnementales durables seront promues pour
maintenir la biodiversité et protéger les écosystèmes, comme par exemple
à travers la prévention des feux de brousse. La gestion des parcours

Durabilité | 25
des couloirs de transhumance et des aires de pâturage accordera une
attention particulière à la préservation de l’environnement, de la faune et
des ressources naturelles. Les expériences issues d’autres projets comme
le Family Farming Development Programme ou les projets pastoraux mis
en œuvre par la FAO et les autres partenaires seront prises en compte.

Équité entre les sexes

Le programme aborde l’équité entre les sexes de manière systématique. La


dimension de genre est intégrée dans toutes les composantes:
• Le suivi d’indicateurs sera réparti par sexe, si cela est pertinent.
• L’analyse de la vulnérabilité aux risques agroclimatiques et aux conflits
sociaux inclura la perspective de genre.
• Les propositions visant à établir des plans de GRAC pour les
moyens d’existence prendront en compte la perspective de genre et
comprendront des dispositions spécifiques, avec une répartition par sexe.
• Des instruments méthodologiques et du matériel technique seront
utilisés pour guider l’analyse participative de la résilience et de la
vulnérabilité avec certaines dimensions de genre.
• Un accent particulier sera mis sur la participation à toutes les activités
des femmes qui possèdent des compétences techniques. Les
indicateurs des participants par sexe seront désagrégés.
• Les clubs Dimitra, avec participation féminine, filles et femmes,
donnent une voix aux femmes et encouragent leur participation dans
les décisions villageoises.
• Les CEAP auront un quota minimum de participation des femmes
(supérieur à 30 pour cent) pour la production agricole.
• Il y aura une distribution équitable des intrants agricoles, en tenant
compte de la proportion de femmes agricultrices dans la région, et
priorisant les ménages dont le chef est une femme, et les listes des
bénéficiaires seront ventilées par sexe.
• Les initiatives productives visant à améliorer les avantages des petits
agriculteurs grâce à des processus à valeur ajoutée analyseront les
rôles spécifiques des femmes et des hommes dans le processus de
production, en promouvant l’équité.

Peuples autochtones

Compte tenu de l’environnement fragile et de la vulnérabilité des


populations ciblées, il est essentiel que les partenaires disposent de
mécanismes qui assurent des consultations rigoureuses, ouvertes et
transparentes et un suivi continu pour détecter des potentiels risques
sociaux. Des mécanismes de retour d’expérience communautaire
seront également mis en place. La FAO a prévu des consultations
communautaires approfondies et détaillées et des méthodologies
participatives. Les peuples majoritaires à Diffa sont des Kanouri. Les autres
communautés (Arabe, Boudouma, Peulh, Haoussa, Touareg et Toubou),
confèrent à la région sa grande diversité de langues et de cultures. C’est
pourquoi, au cours du projet, la participation des différents groupes
ethniques sera prise en compte.

26 | Le Niger – Programme de résilience (juillet 2021-juin 2024)


Résumé | 27
Protéger les moyens d’existence, c’est sauver des vies

Contact
Représentation de la FAO au Niger
FAO-NE@[Link] | @FAONiger
Niamey, Niger

Bureau des urgences et de la résilience de la FAO


OER-Director@[Link]
[Link]/emergencies | @FAOemergencies
Rome, Italie

Organisation des Nations Unies


pour l’alimentation et l’agriculture
CB5396FR/1/06.21

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