Simulation Du Trafic Routier Et Communication Inter-Véhicule S
Simulation Du Trafic Routier Et Communication Inter-Véhicule S
Mémoire présenté
à la Faculté des études supérieures et postdoctorales de l'Université Laval
dans le cadre du programme de maîtrise en informatique
pour l'obtention du grade de Maître es sciences, (M.Sc.)
2011
L' industrie des transports est une valeur sûre comme catalyseur de profits à
l'économie mondiale. Elle joue un rôle de poumon qui lie tous les autres secteurs d'acti-
vités sociétales dans la création d'emplois. Il existe une relation étroite entre le niveau
d'industrialisation d'un pays et son système de transport, c'est-à-dire que plus un pays
est développé plus son système de transport l'est aussi. C'est ce qu'explique l'augmenta-
tion exponentielle du nombre de véhicules surtout dans les pays industriellement avancés
où chaque famille possède plus d'une voiture, question de commodité. Cependant, cela
s'accompagne aussi pas mal de problèmes, notamment au niveau de la sécurité routière,
de la perte de temps et de la pollution.
Les travaux présentés dans ce mémoire ont été réalisés au Centre de recherches
de DAMAS (Decision, Adaptation, Multi-Agents) de l'Université Laval. Je profite de
cette occasion pour remercier mon directeur de recherche, Dr Brahim Chaib-draa,
qui m'a orienté et fourni des conseils tout au long de cette maîtrise. Il est toujours
prêt à m'écouter et m' aider à surmonter des problèmes non seulement à caractères
académiques, mais aussi personnels. C'est une personne extraordinaire, à qui je dis
chapeau bas. Et, je remercie également toute l'équipe de DAMAS, pour leur support.
Je voudrais aussi bien remercier Pierre-Marc Gérald, Pierre Antoine et Arnoux Des-
cardes. Ce sont tous mes employeurs qui ont toujours été disponibles pour m'écouter
et m'épauler.
Résumé ii
Avant-propos iii
1 Introduction 1
1.1 Le contexte du travail 1
1.2 Objectifs 2
1.3 1.3 Organisation du mémoire 3
2 Notions de communications 4
2.1 Introduction 4
2.2 Problématique 5
2.3 État de l'art 6
2.4 Communication entre ordinateurs 8
2.4.1 Architecture d'un réseau d'ordinateurs 8
2.4.2 Les couches sous-réseau 10
2.4.3 Les couches hôtes 13
2.5 Communication sans fil 14
2.6 Le routage dans les réseaux Ad Hoc à base d'agents 17
2.6.1 L'agent mobile 17
2.6.2 L'environnement d'exécution des agents 17
2.6.3 Avantages des agents mobiles 18
2.6.4 Le protocole MARP 19
2.6.5 Protocole MWAC 21
2.7 La communication GSM 22
2.8 Évaluation de la norme IEEE 802.11a MAC 23
2.9 Les réseaux AHVN 23
Table des matières v
3 Communication route-véhicule 29
3.1 Les causes de la congestion routière 29
3.1.1 La notion de débit de trafic 31
3.1.2 Temps de parcours 32
3.1.3 Effet de chaîne 32
3.1.4 Relation demande-vitesse-débit 32
3.2 Piste de solutions au problème de congestion 34
3.2.1 Système d'aide à la conduite 34
3.2.2 Trains de véhicules sans contact (Platooning) 34
3.2.3 Feux de gestion d'accès 35
3.2.4 Mobilité durable 36
3.2.5 Carrefours giratoires 36
3.2.6 Optimisation des feux de signalisation 38
3.2.7 Gestion des intersections et des feux de signalisation 38
3.2.8 Contrôle des feux de signalisation 39
3.2.9 Approche par la communication et les agents 39
3.3 État de l'art sur l'optimisation des feux de signalisation . 40
3.4 Conclusion 42
6 Conclusion 70
6.1 Contributions 71
6.2 Travaux futurs 72
Bibliographie 73
Liste des tableaux
2.1 Comparaison des caratéristiques entre les bandes GSM et DSRC [Patrick
PLAINCHAULT, (2005)] 26
4.8 La transition des états du carrefour pour les voies (Nord, Sud, Est et
Ouest) 55
4.9 Transition d'états feu tricolore 56
4.10 L'architecture d'un algorithme pour la gestion des feux 56
4.11 La présention de l'intersection aidée par le module de communication. . 58
4.12 Nombre de véhicules par épisode 59
4.13 La vitesse moyenne des véhicules 60
4.14 Véhicules en attente à l'intersection 61
4.15 La simulation du carrefour. 61
Introduction
Toutefois, ces travaux ont presque tous convergé vers des solutions basées sur les
systèmes de transport intelligents (« Intelligent Transport System », ITS). C'est dans
cette conjoncture qu'une panoplie de fonctionnalités des systèmes embarqués d'aide à
la conduite a fait son apparition.
Certaines sont déjà sur le marché, c'est le cas du système de freinage antiblocage
qui empêche les roues de bloquer en ajustant automatiquement la pression de freinage
lorsque le conducteur appuie fortement sur le frein (« Anti-lock Braking System »,
ABS). D'autres sont dans les phases de tests et de recherche.
Les systèmes d'aide à la conduite s'intègrent dans la sécurité routière, soit en per-
mettant une certaine collaboration véhicule-conducteur, pour éviter un accident ou
une situation à risque, soit en favorisant l'atténuation des conséquences. À l'instar du
système ABS, les principales catégories de fonction d'assistance sont présentées dans la
liste suivante :
Chapitre 1. Introduction 2
Malgré ces outils d'assistance ont facilité la conduite et réduit le nombre d'acci-
dents, bien des problèmes encore persistent. Ces problèmes sont particulièrement dûs
au nombre de plus en plus croissant de voitures.
1.2 Objectifs
Notions de communications
Ces éléments peuvent être des véhicules, des feux de signalisation ou des bornes
placées sur le bord de la route. Bien entendu, pour pouvoir communiquer, les ordi-
nateurs doivent utiliser un ou plusieurs protocoles ainsi qu'un ou plusieurs médias de
transmission. Plusieurs recherches ont été réalisées dans le domaine des réseaux sans fil,
en vue de dégager les protocoles qui conviendraient le mieux aux systèmes de transport
intelligents.
2.1 Introduction
Le système de transport routier pose de graves problèmes, qu'il faut à tout prix
chercher à atténuer leur impact sur notre société. L'un des problèmes majeurs, est celui
de l'accident que l'usager peut ocassioner en conduisant une automobile. Par exemple,
on a enregistré pour l'année de 2008 au Canada près de 2.419.0 de personnes mortes à
la suite de l'accident d'autonombile et selon cette même cause, pour l'année de 2009 au
Mexique et aux États-Unis, on a enregistré respectivement près de 12.505.0 et 33.808.0
de personnes tuées [Statistiques des transports en Amérique du Nord, (2010)]. Cette
problématique pourrait être résolue par la mise en application des systèmes de transport
intelligents (STI).
Chapitre 2. Notions de communications 5
Les STI sont de nos jours complétés par des techniques de communication aussi
bien de véhicule à véhicule que du véhicule vers l'infrastructure et de l'infrastructure
au véhicule. Ainsi, les communications sont :
a) Véhicule-Véhicule,
b) Infrastructure-Véhicule,
c) Véhicule-Infrastructure .
Ainsi, la communication à courte distance (DSRC) est l'un des standards des STI
qui fait l'objet de nombreuses études. C'est dans ce contexte que les États-Unis, par
le biais de la commission fédérale des communications, ont autorisé l'utilisation de la
bande de fréquence 5.9 GHz pour les communications à courte portée. Cette allocation
permettra de faire de la communication à large bande.
Dans ce contexte, les futurs véhicules doivent être équipés d'un ensemble de services
et d'applications du DSRC. L'un des principaux avantages de ce protocole est sa capacité
à fournir une faible latence de communication et de transférer des messages à tous les
véhicules se trouvant dans un rayon de 1000 mètres.
2.2 Problématique
Par ailleurs, la plupart des capteurs ne sont efficaces qu'en fonction d'un certain
niveau du seuil de vitesse du véhicule, tel est le cas du radar (RAdio Detection And
Ranging). Ainsi dans le souci d'innovation du véhicule, plusieurs systèmes d'aide à la
conduite ont été proposés. Nous pouvons nous baser sur le système de régulateur de
vitesse adaptatif (ACC) pour soutenir cette affirmation. Ce dernier est un système qui
Chapitre 2. Notions de communications 6
permet de garder une distance de sécurité constante prédéfinie par rapport à la vitesse
maximale fixée par le conducteur. Ce système a été développé à partir du régulateur
de vitesse classique. Il faut toutefois savoir que les capteurs présentent les deux in-
convénients majeurs suivants :
a) vitesse : certains capteurs n'ont pas la capacité de suivre les changements agressifs
de vitesse.
b) coût élevé : les versions de haute performance des capteurs radar coûtent trop
cher.
Lors des échanges d'informations, le système doit pouvoir spécifier le type d'infor-
mation à transmettre et aussi le moment idéal pour le faire. Puisque l'espace de contrôle
est dynamique, il y a donc un ensemble d'éléments qui évolue dans cet espace de manière
temporelle.
Selon [Pierre-Luc Grégoire-Girard, (2008)], des tests ont été faits dans les années
1990, afin de comparer les performances de diverses méthodes d'accès multiple, par
exemples : accès multiple à répartition dans le temps (< Time Division Multiple
Acess», TDMA), accès multiple par répartition en code avec séquence directe (« Direct-
Sequence Code Division Multiple Acess », DS-CDMA).
Les résultats des tests précités ont démontré que la méthode CDMA a obtenu
légèrement de meilleurs résultats par rapport au taux d'erreur de transmission. Plu-
sieurs concepts ont été étudiés comme celui du véhicule traceur. Ce dernier est défini
Chapitre 2. Notions de communications 7
Plusieurs expériences ont été menées sur les réseaux de véhicules (Vehicular adhoc
network : Vanet). Ces expériences ont démontré la faisabilité de la norme Wi-Fi (IEEE
802.11b) qu'utilise une voiture en mouvement connectée à un point d'accès dans le
désert de Californie, où il n'y a aucun obstacle (donc aucun autre véhicule) et aucune
interférence radio.
D'autres auteurs ont étudié le comportement des connexions réseaux (TCP et UDP)
pour une voiture en mouvement connectée à un point d'accès. Le but est de comprendre
l'impact de la vitesse, du taux de transmission et de la taille des paquets.
L'architecture utilisée pour ces expériences, repose sur Linux, des cartes PCMCIA,
des GPS et le protocole UDP. La plateforme générique Caremba permet de réaliser
des tests sur route sur des réseaux de deux à six voitures, et d'avoir des métriques
permettant de valider ou non les scénarios de tests réalisés, dont ; qualité du signal,
mesure de bruit, distance des véhicules, vitesse, direction, taux de perte, débit mesuré,
quantité de données reçues, durée de connexion, gigue, temps d'aller-retour.
La communication dans le réseau mobile ad hoc est un domaine complexe qui est
divisé en plusieurs champs de recherche : les ondes radio, les protocoles de routage, les
types de message, etc.
Les règles et les conventions qui dirigent la communication sont regroupées sous le
nom de protocole de couche n. Par définition, un protocole est la validation des règles
de communications établies par les parties en question pour établir une interface de
Chapitre 2. Notions de communications
dialogue.
Un protocole est défini comme un ensemble de règles reconnues par toutes les ma-
chines du réseau pour effectuer des opérations de transfert complexes sur celui-ci [Joe
Casad et Bob Willsey, (1999)]. Toutefois, on utilise le plus souvent le terme protocole
pour désigner un ensemble de règles utilisées par un système quelconque.
concentrateur
FIGURE 2.1 - Interaction entre deux machines distantes utilisant le protocole Ethernet
Chapitre 2. Notions de communications 10
La figure 2.2 présente l'architecture OSI, dans laquelle les trois premières couches
n'interviennent qu'entre machines voisines et non entre les machines d'extrémité qui
peuvent être séparées par plusieurs routeurs [Pierre-Luc Grégoire-Girard, (2008)]. Ces
couches agissent donc dans la frontière du réseau. Les quatre autres couches n'inter-
viennent, au contraire, qu'entre les hôtes distants et sont peu touchées par les ca-
ractéristiques physiques du réseau.
7 Application
Intcirface \,
6 Présentation
i
5 Session
î
4 Transport
t
3 Réseau
X
Liaison de
2
données
a
1 Physique
Cette couche doit être capable de renvoyer une trame, lorsqu'il y a eu un problème
sur la ligne de transmission. De manière générale, un rôle important de cette couche
est la détection et la correction d'erreurs intervenues sur la couche physique. Elle joue
également une fonction de contrôle de flux pour éviter l'engorgement du récepteur.
En revanche, dans le cas où le support est partagé comme pour les communications
sans fil, elle représente le coeur même du réseau dans le sens où les performances du
réseau dépendent en grande partie de celle-ci. D'ailleurs, c'est ce qui explique que tant
de recherches sont focalisées sur les protocoles de cette couche dans le domaine de la
communication inter-véhicules, infrastructure-véhicule et véhicule-infrastructure.
Finalement, la troisième couche est celle du réseau. Elle permet de gérer le sous-
réseau et responsabilise le fonctionnement de celui-ci sur la façon dont les paquets
doivent être transités. Cette couche gère l'adressage logique et le routage. De plus, elle
contrôle également la congestion du sous-réseau et assure une certaine qualité de service
(délais, temps de transit, etc.).
En fait l'IPv6 (Internet Protocol version 6) est une extension au protocole IPv4
(Internet Protocol version 4) qu'on a été amené à étendre pour des raisons de limita-
Chapitre 2. Notions de communications 12
tions. En effet, l'IPv4 a une capacité de 232 adresses. Face au nombre d'équipement
électronique qu'on prévoit mettre sur le réseau mondial, on estime la nécessité d'agran-
dir cette capacité d'adressage à 2128 en passant à l'IPv6. De plus, ce dernier contient
des spécificités par rapport à l'IPv4 qui faciliteront le développement de nouvelles ap-
plications.
Geocast
Les couches présentées dans la soussection précédente (la couche physique, la couche
de liaison et la couche réseau) sont les premières couches retrouvées dans le modèle
OSI. Ces couches sont implémentées dans la plupart des équipements électroniques de
réseaux, comme les routeurs et les cartes réseaux. Les quatre autres couches vont être
présentées dans les sous paragraphes suivants.
La couche session de son côté, ouvre les sessions qui relient les applications qui
Chapitre 2. Notions de communications 14
tournent sur les machines interconnectées. Elle gère la synchronisation, les interruptions
de dialogue et la reprise, etc. D'un autre côté, la couche présentation est chargée de
mettre les données au format standard, de gérer le cryptage et la compression. Les
couches inférieures travaillent plutôt avec des bits ; alors que la couche de présentation
permet, en plus, de convertir les données applicatives manipulées en chaînes d'octets.
Finalement, la couche application permet d'assurer l'interface entre applications et de
gérer les transferts de fichiers.
Les dispositifs portables ont permis de créer un type de connexion à l'Internet sans
avoir à se brancher par un câble réseau. Ce qui résout la problématique de la mobilité
du réseau câblé..
C'est dans ce contexte que différents groupes de chercheurs se sont intéressés à cette
question, et ont choisi comme solution l'approche simpliste : équiper les ordinateurs
portables et aussi d'autres dispositifs portables et les édifices de bureaux, d'émetteurs
radio à faible portée, pour leur permettre de communiquer [Tanenbaum, (2003)]. C'est
dans ce contexte que le comité IEEE, qui s'occupait déjà de la normalisation des LAN
filaires, s'est vu confier la tâche de définir une norme pour les LAN sans fil. Ce qui a
favorisé en quelque sorte la venue de la norme 802.11 [IEEE, (2008a)], communément
appelé WiFi (Wireless Fidelity).
En faisant référence au modèle OSI présenté dans la section 2.5, cette norme s'ap-
plique aux couches physiques. Il en va de même pour la norme Ethernet (IEEE 802.3)
qui régit les LAN filaires.
Donc, un protocole de la couche réseau par exemple le protocole IP peut faire usage
des services offerts par la norme WiFi ou Ethernet. Ceci est possible, grâce au prin-
cipe de couches et de services des architectures réseaux qui assurent une certaine in-
teropérabilité entre différentes technologies.
La norme WiFi peut être exploitée de deux façons différentes : les réseaux cellulaires
et les réseaux ad hoc. Les réseaux mobiles cellulaires fonctionnent suivant le principe de
la mise en place d'une infrastructure centrale à laquelle les équipements mobiles sont liés.
Cette infrastructure peut être, par exemple, un routeur sans fil comme ceux retrouvés
dans la plupart de maisons ou encore des points d'accès commerciaux présents dans les
édifices publics ou dans l'installation des antennes des compagnies téléphoniques.
Chapitre 2. Notions de communications 15
L'une des spécificités fondamentales des réseaux ad hoc est qu'ils assurent automati-
quement leur propre organisation interne, sachant qu'aucune administration centralisée
n'est fournie. Ils doivent donc s'auto-organiser pour assurer le trafic entre les différentes
connexions du réseau. Les figures 2.4 et 2.5 présentent l'architecture de ces deux modes
de fonctionnement de la norme Wifi.
Téléphone PC
Imprimante
Station de
Ces deux méthodes jouent chacune un rôle important dans l'effort de mettre en place
une architecture de communication inter-véhicules et infrastructure-véhicule. Dans cette
Chapitre 2. Notions de communications 16
Téléphone
optique, plusieurs solutions, utilisant l'une ou l'autre de ces deux méthodes, ont été
proposées [Moske et al (2004).,Ernst et Inria, (2002)].
Néanmoins, nous verrons plus loin que les réseaux ad hoc sont plus propices aux
applications typiquement sécuritaires, tandis que les réseaux centralisés sont plus utiles
pour des applications d'information générale.
Chapitre 2. Notions de communications 17
Le concept agent prend une signification différente, selon le contexte dans lequel il
est utilisé. Ici, ce terme est utilisé dans le contexte de l'intelligence artificielle. Lorsqu'on
a à faire à un système possédant un seul agent, on dit que le système est mono-agent.
Lorsqu'il y a plus d'un agent, on parle de système multi-agents.
Les systèmes agent et multi-agents sont une nouvelle technologie qui s'inscrit dans
le domaine de l'intelligence artificielle. Cette dernière peut être considérée comme étant
de l'informatique distribuée qui est particulièrement intéressante à utiliser dans des
environnements de nature distribuée et dynamique comme, dans le cas des réseaux ad
hoc. Dans cette section, nous allons présenter quelques notions sur l'agent mobile et
quelques protocoles de routage pour les réseaux ad hoc à base d'agents.
Un agent mobile est un agent qui possède la capacité de se mouvoir entre les
différentes machines du réseau [BOUKHECHEM Nadhir, (2008)]. Ainsi, un agent mo-
bile qui s'exécute sur une machine du réseau peut, pour une raison quelconque suspendre
son exécution sur cette machine, se déplacer ensuite à une autre machine du réseau et
continuer son exécution.
Ce type d'agent est identifié à partir de son code. Les agents mobiles héritent de deux
technologies : la technologie des agents et la technologie du code mobile qui consiste à
définir un code pour que le programme compilé dans ce code, puisse être porté et exécuté
sur n'importe quelle machine.
La création d'un agent mobile : Un agent mobile peut être créé sur la machine
locale ou sur une machine distante. Lors de sa création un nom globalement unique doit
être attribué à l'agent. Ce qui va permettre de le localiser et de communiquer avec lui ;
La migration faible quant à elle ne fait que transférer avec l'agent son code et
ses données sur le site de destination. L'agent redémarre son exécution dès le début, en
appelant la méthode liée au point d'entrée de l'exécution de l'agent. Ensuite, le contexte
d'exécution de l'agent est réinitialisé ;
L'accès aux ressources locales : L'agent mobile doit pouvoir accéder aux res-
sources de la machine où il se trouve, mais ceci pose un problème de piratage des sites
visités par les agents mobiles ;
Le choix d'utiliser des agents mobiles dans un système à base d'informatique dis-
tribuée, se justifie par les raisons suivantes [ERNST Thierry, (2003)] :
Réduire la charge du réseau : Les agents mobiles sont envoyés sur la machine où
résident les données. Ainsi, le calcul va aux données et non l'inverse. Cela va permettre
de réduire significativement, voire même de supprimer les communications distantes et
de se contenter des interactions locales ce qui réduit la charge du réseau ;
Etre robustes et tolérants : Un agent mobile peut se déplacer pour éviter une
erreur matérielle ou logicielle, ou tout simplement un arrêt de la machine.
2.6.4 Le protocole M A R P
signal et peut déterminer la distance qui le sépare du nœud n. Il peut aussi savoir s'il
s'éloigne ou se rapproche de lui et faire des prévisions sur la durée de vie du lien ;
Si un nœud reçoit des informations différentes des agents concernant un autre nœud
dans le réseau, il doit garder celles qui sont les plus correctes. Ceci est indiqué par l'in-
formation la plus récente. Alors, pour pouvoir déterminer le degré d'exactitude d'une
information, chaque nœud dans le réseau maintient un compteur indiquant les informa-
tions récentes qui est initialise à 0.
2.6.5 Protocole M W A C
c)Aucun ou plusieurs simples membres : Cette catégorie d'agents n'a aucun rôle
particulier dans le groupe, si ce n'est de recevoir et de traiter les paquets qui leurs sont
destinés et de transmettre leurs propres paquets.
m m
m
# ■
■ .
FIGURE 2.6 Organisation des agents dans MWAC [BOUKHECHEM Nadhir, (2008)].
Un agent représentant (R) traitera toutes les requêtes d'envoi de paquets des
Chapitre 2. Notions de communications 22
membres de son groupe. Lorsque le destinataire d'un paquet n'est pas le voisin de
l'émetteur, c'est à celui-ci que revient la charge de découvrir une route et de s'assurer
que le paquet s'acheminera au bon endroit. Cet agent est de plus inondé par les requêtes
de recherche de route des autres représentants. C'est ce qui fait qu'il va être donc plus
sollicité que les autres agents de son groupe.
Un agent de liaison (L) a pour rôle d'assurer la communication entre les groupes.
Alors que les agents simples (S) membres n'ont aucun rôle particulier dans la
gestion des paquets [BOUKHECHEM Nadhir, (2008)].
La norme GSM (Global Sytem Mobile system) était au début, européenne; suite à
la multiplication de nouveaux services utilisant cette technologie. Elle fait déjà l'objet
d'exploitation de plusieurs autres régions du monde. Le GSM a évolué pendant l'année
2001 vers la technologie GPRS, qui est basée sur des transmissions en mode par paquet.
Le GSM fait partie de la deuxième génération de la téléphonie mobile.
Depuis, cette technologie est passée à la troisième génération, avec l'arrivée en 2004
du fameux UMTS (Universal Mobile Telecommunications System). Ce dernier utilise
une commutation par paquets, et les débits de transmissions peuvent aller jusqu'à 2
Mbits/s en zone urbaine [Patrick Plainchault, (2005) ; Sofiane Khalfallah et ai, (2008)].
La norme UMTS est perçue comme étant la convergence de l'Internet et de la téléphonie
mobile.
Cette norme a facilité le développement d'un large éventail de services tels que :
le guidage en temps réel en fonction des conditions de trafic et météorologiques, des
transactions bancaires à distance, de divertissement en téléchargeant sur son terminal
des jeux, films et autres.
Par la suite, le GSM est passé à la couche intermédiaire (génération 3.5) ainsi qu'à
la quatrième. Nous admettons que la téléphonie cellulaire est considérée comme étant
éprouvée et bénéficie d'un important taux de pénétration en terminaux mobiles et d'une
bonne couverture. En effet, elle a permis le développement de beaucoup d'applications
avec des supports de communications variés : vocal, SMS, WAP et données. Comme
Chapitre 2. Notions de communications 23
ceci est expliqué dans la section 2.5, la téléphonie cellulaire fait partie du réseau avec
infrastructure centralisée.
Les auteurs [Sofiane Khalfallah et al, (2008)] ont indiqué que la collision des données
est liée à la couche physique, et il a proposé l'utilisation de la norme IEEE 802.11 MAC
pour disséminer les messages d'avertissement sur l'autoroute via la communication des
réseaux d'infrastructure à véhicule. Ces messages disséminés permettent de mesurer la
distance à partir d'un point de référence et les véhicules.
Les réseaux mobiles dynamiques diffèrent des réseaux sans fil standard par le fait
que les nœuds sont constamment en mouvement et peuvent circuler à grande vitesse.
Dans de telles circonstances, les protocoles standards comme IEEE 802.11 ou 802.11g
ne sont pas toujours très appropriés [Borgonovo et al, (2003)]. Plusieurs travaux ont
Chapitre 2. Notions de communications 25
été menés sur ce sujet afin de trouver les types de protocoles de communication qui
s'adapteraient mieux aux besoins de communication inter-véhicules et infrastructure-
vers-véhicule. Cette approche est illustrée dans la figure suivante.
Temporairement
connectées
Hors portée
FIGURE 2.8 - Réseau mobile dynamique avec point d'accès dans lequel les véhicules
représentent les noeuds du réseau changeant constamment.
Chapitre 2. Notions de communications 26
TABLE2.1 - Comparaison des caratéristiques entre les bandes GSM et DSRC [Patrick
PLAINCHAULT, (2005)].
Chapitre 2. Notions de communications 27
Pour répondre adéquatement aux besoins des applications de sécurité comme les
systèmes de détection de collision et les régulateurs de vitesse adaptatifs, il est évident,
bien sûr, que la latence soit conforme à ces types d'applications. Autrement dit, plus la
latence est faible, plus le système va être performant. De plus, la largeur de la bande
passante doit être raisonnable, pour que le réseau de véhicules puisse être efficace, car
plusieurs véhicules peuvent utiliser le canal en même temps.
D'un autre côté, vu l'aspect dynamique des véhicules, il est plus que nécessaire de
tenir compte dans la conception d'un tel réseau des techniques d'adressage et de routage
hautement dynamiques.
Considérant toutes ces subtilités, le choix d'une architecture réseau cellulaire n'est
pas approprié pour des applications sensibles de communication entre véhicules. Ceci
s'explique par le fait que la communication entre les usagers nécessite un temps de
réponse propre au transfert du signal, un temps d'attente jugé trop long et inadéquat
pour des applications critiques telles qu'un système d'évitement de collision.
2.13 Conclusion
Nous avons présenté les principes de base de la communication sans fil, parti-
culièrement des réseaux mobiles. On voit bien, au travers de cette présentation que
les réseaux mobiles sont indispensables pour la pleine exécution des services et appli-
cations du côté des terminaux mobiles. Il convient de retenir que les réseaux mobiles,
se divisent en réseaux ad hoc, sans infrastructures centralisées et réseaux avec point
d'accès. Ils sont tous utiles, mais pour la mise en place d'une infrastructure de com-
Chapitre 2. Notions de communications 28
Communication route-véhicule
Dans ce chapitre, nous allons aborder en détail les causes de la congestion routière
dans les grandes agglomérations, et présenter quelques solutions qui ont été envisagées
à cet effet.
La congestion routière est un phénomhe qui touche les grandes agglomérations mon-
diales. Elle défavorise les activités socio-économiques. En effet, elle contribue à augmen-
ter le temps des automobilistes passés dans les files d'attente, la surconsommation de
carburant, les risques d'accidents et la pollution. D'un autre côté, elle réduit le volume
du marché et l'accessibilité à certaines activités économiques.
qui augmente au fur et à mesure que la vitesse des véhicules diminue [Christopher
S, (2002)]. La définition de ce phénomène est illustrée davantage dans les lignes qui
suivent.
D'après une enquête dirigée par le comité Interrégional pour le transport à Montréal
en 1999 et d'autres organismes régionaux, plus de 117 000 camions ont emprunté les
routes de la métropole en 1998. Selon cette enquête, cette situation était liée à une
congestion critique due au déséquilibre entre la capacité du réseau routier disponible
et le nombre de véhicules en circulation [Comité Interrégional pour le transport des
marchandises, (2002)]. Suite à ce constat, les organismes de transport de la Province
et du Pays, en déduisent que le problème de congestion routière, particulièrement au
Canada, peut être lié aux facteurs suivants :
d) Le transport des marchandises est une tâche qui se fait principalement la semaine
et le jour. Plusieurs enquêtes réalisées [le Comité interrégional pour le transport des mar-
chandises, (2000b)] auprès des générateurs de déplacements routiers de marchandises
ont démontré que la plupart des entreprises montréalaises exercent leurs activités du
lundi au vendredi. La réception et la livraison de marchandises débutent généralement
entre 6h et 9h le matin et se terminent entre 16h et 18h le soir.
De manière globale, tous ces facteurs posent le problème du débit de trafic. Pour
mieux élaborer ce concept, nous allons discuter quelques notions traitant de la dyna-
mique des flux de véhicules dans la sous-section qui suit.
Chapitre 3. Communication route-véhicule 31
La notion de débit de trafic est une fonction importante qui est liée à la vitesse et la
densité de circulation des véhicules. Elle se calcule à partir de l'équation 2.1 suivante.
Par exemple, sur une voie où les véhicules circulent à 80 km/h (80 000 mètres/heure),
la longueur de chaque véhicule est de 3.5 mètres incluant 1 mètre de distance entre eux,
et avec une densité de six véhicules tous les 50 mètres (6/50 véhicules/mètres), le débit
sera de 9 600 véhicules/heure. Plus la densité est grande, plus le débit sera grand et
plus la congestion sera conséquente [Pierre-Luc Grégoire-Girard, (2008)].
3500
- 1 Espacement
3000 entre véhicules
1.5
2500 Espacement
entre véhicules
2 Espacement
H- 2000 entre véhicules
si
.»
Q -2.5
1500 Espacement
entre véhicules
1000 -
500
140
En analysant le graphe 3.1, nous constatons que le débit augmente peu en fonction
de la vitesse. Pour optimiser un itinéraire, l'augmentation de la vitesse moyenne des
véhicules empruntant cet itinéraire a peu d'influence. Cependant, ceci ne se vérifie pas
dans tous les cas, car nous avons vu que les premiers signes de congestion sont princi-
palement dûs au ralentissement du trafic. Par compte, le temps de parcours intervient
pour beaucoup dans l'augmentation du débit. Ainsi, il est concluant que pour améliorer
un itinéraire, il faut non seulement optimiser le débit du trafic mais aussi le temps de
parcours moyen des véhicules.
Ce phénomène est défini comme étant un effet de domino qui arrive sur la route,
lorsqu'un événement non conforme au code de la route se produit. Ceci oblige le conduc-
teur en avant à diminuer sa vitesse, et cet effet se propage sur toute la file de véhicules,
provoquant ainsi un effet de chaîne.
La demande des usagers est le nombre de véhicule/heure que reçoit la route. Elle
est variable en fonction de la vitesse, la capacité de la route et le débit en question.
Elle permet d'augmenter ou de diminuer le débit en fonction d'espace de circulation
disponible de la route [Pierre-Luc Grégoire-Girard, (2008)].
Moins les véhicules sont nombreux sur la route, plus ils peuvent circuler à la vitesse
désirée. Toutefois, cette vitesse est subordonnée au changement de performance de
chacun des véhicules, des caractéristiques de la route et des conditions atmosphériques.
Chapitre 3. Communication routevéhicule 33
Alors que, plus les véhicules sont nombreux sur la route, plus la vitesse moyenne de
circulation sera réduite, c'estâdire que la circulation s'intensifie. Les figures 3.2 et 3.3
montrent les relations du débit et de la vitesse en fonction de la demande.
30000 -,
25000 ■
. , - ■ - ' '
20000 ■
1 15000 -
Q
/ \
10000 ■
/ \
/ \
5000-
/ \
B- ) 100 200 500 600
300 400
( Demande
FIGURE 3.2 Débit en fonction de la demande (Nombre de véhicules pour une période
donnée).
60000 -
50000 T *
40000 -
(O
S 30000 -
20000 -
10000 -
Demande
Plusieurs solutions axant sur l'amélioration de l'efficacité de la route ont été ana-
lysées, testées et implémentées. Les plus connues sont présentées dans les sous- sections
(3.2.1-3.2.9) suivantes.
Les systèmes d'aide à la conduite vus au chapitre précédent sont l'une des solutions
envisagées pour contourner les problèmes de congestion. Leur développement et leur
instauration s'inscrivent dans le cadre d'une amélioration de la sécurité des usagers.
D'un autre côté, les systèmes d'aide à la conduite, qu'ils soient du type régulateurs
de vitesse adaptatif (Adaptative Cruise Control (ACC)), ou du type train de voitures
automatisées (« (automated highway system) », AHS) ; permettent tous aux véhicules
de participer activement dans la tâche de conduite. Ainsi, chaque véhicule devient un
collaborateur L muni d'assistance de contrôle.
Ces derniers établissent la communication entre eux et chacun a pour rôle de suivre le
véhicule qui le précède dans le train.
Les feux de gestion d'accès, plus connus sous le nom de « ramp mete » [Zhang et
Ritchie, (1997) ; Papageorgiou et Kotsialos, (2000), Pierre-Luc Grégoire-Girard, (2008)]
ont pour rôle de s'assurer que la circulation se fasse dans de bonnes conditions, c'est-
à-dire que la sécurité et la fluidité des autoroutes soient garanties. Ces feux de gestion
d'accès ont pour rôle de limiter le nombre de véhicules qui accède à l'autoroute, à partir
des feux installés sur les bretelles d'accès. Cela permet de d'avoir un débit et une vitesse
moyenne plus élevés.
Chapitre 3. Communication route-véhicule 36
Une autre solution envisagée est celle de dresser un lien sous-fluvial qui devrait
passer sous la voie maritime du Saint-Laurent et franchir le cheval Nord en passant par
l'île d'Orléans sur une distance à peu près de huit kilomètres. Cependant, ceci aurait un
coût faramineux de plus de deux milliards de dollars pour 25 000 véhicules par jour. À
l'opposé de celle-ci, une solution qui s'adapterait le mieux à la mobilité durable, d'après
plusieurs études menées, serait le transport collectif, du fait que ce dernier permet
de réduire le nombre de véhicules sur la route, ce qui favoriserait l'optimisation des
infrastructures routières.
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c* pefHMHw *d*citH*ftt
4 * n * i « carrelou*
11
FIGURE 3.6 Ces panneaux indiquent ce que les usagers doivent faire dans le carrefour
giratoire .
L'utilisation de ces technologies est apparue plus tard en Amérique du Nord. Depuis,
le nombre de carrefour giratoire s'est accru au cours des dernières années. En 2003, on
en comptait 310 aux ÉtatsUnis et près d'une centaine au Canada [Transport Québec,
(2008a)].
ayant rarement à y effectuer un arrêt complet pour céder le passage. Toutefois, les
conditions suivantes doivent être respectées [Bull, (2004)] :
a) L'intersection doit avoir cinq branches ou plus avec plus ou moins le même volume
de trafic sur chaque branche ;
b) Le flux de trafic voulant tourner doit être plus grand que le flux voulant aller
tout droit ;
Le but d'optimiser les feux de signalisation d'une intersection est de choisir les phases
et la durée de chacune, de manière à ce qu'un maximum de véhicules puissent circuler
dans une intersection et diminuer le temps d'attente. Ensuite, il faut synchroniser les
feux des différents carrefours, pour améliorer le trafic dans toutes les directions. Nous
aurons à discuter plus en détail sur ce sujet, dans le chapitre suivant.
Le réseau routier est composé de plusieurs éléments que l'on peut classer de la
manière suivante :
a) Les routes constituent, en quelque sorte, les segments du réseau routier. Ce sont
des voies de déplacement des véhicules, dans diverses directions du réseau ;
b) Les intersections sont des jonctions qui constituent les nœuds du réseau. Elles
représentent les points de rencontre entre plusieurs routes. C'est au travers de l'inter-
section qu'un véhicule peut naviguer d'une route à une autre ;
Des systèmes sont mis en place pour gérer la circulation aux jonctions du réseau
et éviter ainsi des accidents entre véhicules. Que ce soient des panneaux d'arrêts, des
panneaux pour céder le passage ou des feux de signalisation, ces systèmes indiquent la
priorité de passage.
Un contrôleur de feux doit posséder un plan de signalisation qui décrit les différentes
phases disponibles. Une phase consiste en la description des différentes transitions pos-
sibles que les véhicules peuvent effectuer pour chaque voie de l'intersection [Button
et Hensher, (2001)]. Les phases décrivent aussi les lumières qui doivent être affichées
à l'intention des véhicules pour leur indiquer le droit de passage. Il est évident que la
transition de chacune des phases doit se faire suivant les principes d'évitement de conflit
entre les états. Toutefois, la conception de grandes intersections est généralement faite
par un expert du trafic [Pierre-Luc Grégoire-Girard, (2008)].
Pour cela, on fait la supposition que les véhicules sont dotés de systèmes GPS aussi
que de systèmes de communication sans fil. Ainsi, ils seront en mesure d'interagir avec
l'infrastructure via la communication, en lui fournissant la position et la destination
ainsi que le parcours.
Chapitre 3. Communication route-véhicule 40
4»
Beaucoup de travaux ont été menés sur l'optimisation des feux de signalisation,
cette section en présente quelques-uns. Les contrôleurs des feux de signalisation, pour
une seule jonction, peuvent être séparés en deux catégories [Pierre-Luc Grégoire-Girard,
(2008)] : les contrôleurs à temps fixe et les contrôleurs réactifs.
Les contrôleurs à temps fixe sont basés sur l'utilisation de différents modèles de
trafic et bouclent à travers ceux-ci au cours de la journée. Dans ce contexte, Improta
et Cantarella [1984] ont proposé d'optimiser le contrôleur d'une intersection à l'aide de
la programmation linéaire dans le but de minimiser le délai.
Les contrôleurs réactifs utilisent, quant à eux, des données de trafic récoltées en
temps réel par des capteurs. Dans cette catégorie, Vincent et Young [1986] ont pro-
posé un contrôleur qui fait des ajustements dynamiques aux temps des cycles et à la
séparation des phases.
À l'opposé des contrôleurs ne gérant qu'une seule jonction, se trouvent les méthodes
de contrôle centralisées. On trouve dans cette catégorie, les méthodes TRANSYT,
SCATS and SCOOT [Button et Hensher, (2001)]. Robertson et Bretherton [1991] ont
étudié et évalué la méthode SCOOT, en calculant le débit de véhicules, la longueur
moyenne de la file d'attente et le nombre de véhicules arrêtés. Les données sont emma-
gasinées en temps réel, à partir des capteurs.
D'un autre côté, Dresner et Stone [2006] ont formulé le problème d'une autre façon,
et ont suggéré d'utiliser un système de réservations aux intersections pour éviter les
collisions. Dans ce système, les véhicules font une demande à un agent central, qui est
l'intersection. Si la requête est acceptée, le véhicule doit suivre le trajet fourni avec la
garantie d'être en sécurité durant la traversée de l'intersection. Les conflits sont résolus
Chapitre 3. Communication route-véhicule 41
par l'intersection, et les véhicules, qui ne respectent pas le plan suggéré, s'arrêtent à
l'intersection.
L'intuition est bonne, mais elle est plus automatique qu'humaine. De plus, ses re-
cherches n'ont pas touché la coordination entre les intersections, qui est un aspect
important dans l'optimisation des feux de signalisation.
Bien avant ces interventions, Thorpe, lui, a fait un plaidoyer sur l'application de
l'apprentissage de plusieurs feux placés sur une grille [Thorpe et Anderson, (1996);
Thorpe, (1997)].
Ce système, dans lequel une unité de contrôle est installée sur la bordure de route
avec un contrôleur de feux de circulation, a été expérimenté aux Etats-Unis [Hannes
Hartenstein et Kenneth P. Laberteaux, (2010)]. Les véhicules, qui s'approchent de l'in-
tersection, comparent l'information fournie par le système avec leurs trajectoires prévues
et déterminent s'il y a risque de violation du signal. Si tel est le cas, le conducteur est
alerté, et un message est envoyé aux autres véhicules.
3.4 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons discuté des notions portant sur la congestion urbaine
et les coûts qui y sont reliés, surtout pour plusieurs villes de la région de Québec. Nous
avons ensuite recensé plusieurs solutions ayant pour objectif de diminuer la congestion
urbaine et d'assurer la sécurité, et pour optimiser ainsi la circulation routière. Le cha-
pitre suivant présentera la méthode que nous proposons et qui permet de gérer les feux
de signalisation d'une intersection.
Chapitre 4
L'utilisation des systèmes intelligents vus dans les chapitres précédents conduit à des
systèmes qui innovent dans les secteurs du transport routier. L'industrie automobile, à
l'instar des autres domaines d'activité, s'est vite investie dans les systèmes intelligents
pour améliorer la sécurité, le confort et pour réduire les gaz à effets de serre, tout en
donnant un nouvel élan à l'économie.
De prime abord, nous établirons, dans cette section, la définition du concept d'agent.
Ce dernier, au sens de l'Intelligence Artificielle (IA), est une entité située dans un envi-
ronnement capable de mener des actions de manière autonome sur cet environnement
pour atteindre son but. Les concepts agent et multi-agent sont relativement nouveaux
dans le domaine informatique. Il n'y a pas une définition unanime de ce que sont un
agent et un système multi-agent qui soit acceptée par la communauté de l'IA [Jennings
et al, (1998)]. Toutefois, la sous-section suivante tente de bien cerner ces concepts.
ternes et les règles qui se chargent de l'évolution et des conséquences des actions de
celui-ci.
Russel et Norvig [1995] définissent un agent comme « toute entité ayant la capacité
de percevoir son environnement à travers ses capteurs et d'agir sur un tel environnement
via ses effecteurs >. Ainsi, un robot muni de capteurs infrarouges, de caméras et des
composantes motrices pour exécuter des actions, peut être considéré comme un agent.
Son interaction avec l'environnement doit satisfaire certaines propriétés dues à cette
appellation. D'un autre côté, J. Ferber [1995] donne sa définition des agents basée sur
les propriétés. Selon lui, une entité physique ou virtuelle est considérée comme un agent,
si elle vérifie les propriétés suivantes :
c) elle est mue par un ensemble de tendance sous la forme d'objectifs individuels
d'une fonction de satisfaction ou de survie qu'elle cherche à optimiser,
i) elle a un comportement qui tend à satisfaire ses objectifs en tenant compte des
ressources et des compétences dont elle dispose, et en fonction de sa perception, de ses
représentations et des communications qu'elle reçoit.
Cette définition semble être plus générale que celle que nous avons mentionné plus
haut, dans le sens qu'elle introduit des caractéristiques importantes de l'agent, comme
la notion d'objectif et de perception limitée ou locale de l'environnement. Toutefois,
certaines définitions complètent d'autres ; tel est le cas de celle de Wooldridge et de
Jennings [1995].
Chapitre 4. Simulation du trafic routier 45
Un agent est défini comme étant tout système informatique situé dans un environ-
nement, et qui est capable d'agir de façon souple et autonome afin de satisfaire les
objectifs pour lesquels il a été conçu [Wooldridge et Jennings, (1995) ; Jennings et a l ;
(1998)] :
a) Un agent est dit situé, s'il a la capacité de percevoir son environnement à travers
ses capteurs, et susceptible de changer de comportement en agissant dessus via ses
effecteurs,
Selon cette même définition, un agent sera doté de souplesse s'il vérifie les propriétés
suivantes :
- le médium : C'est le support d'échange de l'agent avec son espace qui aura un
impact quelconque sur ce dernier, suite au choix d'actions de celui-ci,
- le contexte : Permet à l'agent d'accomplir son but, en fonction du contexte pour
lequel il a été créé.
4.1.2 Multi-agent
Un système sera dit multi-agents s'il y a plus d'un agent et que ces agents in-
teragissent dans un même environnement. En général, ces agents seront capables de
Chapitre 4. Simulation du trafic routier 46
Agent
^^.Capteurs
percepts /O*^
f Environnement >v
—--^Effecteurs
~fc-",fc*^fc, ^*~~^
actions
4.2 Problématique
L'inefficacité des routes à répondre aux attentes d'un nombre exponentiel des
véhicules, explique les problèmes de pollution, de congestion, etc. Ceux-ci représentent
un grand handicap pour le système de transport routier. Pourtant, il reste le moyen de
transport le plus utilisé des citoyens.
La figure 4.2 fait état du phénomène de congestion. Une fois de plus, nous réitérons
Chapitre 4. Simulation du trafic routier 47
FIGURE 4.2 - apprenez à vivre dans votre voiture, si vous habitez une grande ville [Chuck
Norris, (2010)].
que cette problématique est due au déséquilibre entre la demandex et l'offre 2 des usa-
gers.
Devant ces faits, beaucoup de chercheurs se sont lancés dans des travaux, en vue
de trouver des solutions permettant de résoudre cette problématique. En général, ces
solutions passent par la communication, de façon à permettre à tous les intervenants
d'interagir efficacement, tout en profitant des nouvelles technologies. Un ensemble d'ap-
plications basées sur les systèmes de transport intelligents sont disponibles dans [Sofiane
Khalfallah et al, (2008)]. Ces applications sont classées comme suit :
d) applications orientées passagers ayant pour rôle d'offrir de nouveaux services aux
1. C'est le nombre des automobilistes qui empruntent la route.
2. C'est la quantité des automobilistes que la route peut supporter. Si la demande dépasse l'offre,
ceci produit le phénomène d'encombrement.
Chapitre 4. Simulation du trafic routier 48
passagers comme, l'accès à Internet, les jeux distribués, la messagerie instantanée, etc.
4.3 Objectifs
La simulation de trafic routier connaît un essor important de nos jours. Elle est de
plus en plus utilisée dans le contexte de gestion de trafic. Elle se révèle comme étant
un outil efficace permettant d'analyser un grand nombre de problèmes qui ne peuvent
pas être solutionnés par des méthodes analytiques. Il est important de noter que les
premières techniques de simulation ont été développées dès le début des années 50 dans
le secteur des transports. Mais, de nos jours, la simulation est considérée comme une
étape nécessaire pour les gens qui travaillent sur les projets d'aménagement routier ou
sur la régulation des flux.
Une macro-simulation aussi appelée une simulation macroscopique met l'accent sur
des comportements observables d'un système, c'est-à-dire sur les aspects globaux d'un
phénomène. Dans le cas du trafic, l'approche de macro-simulation implique de modéliser
les aspects généraux du système comme, la densité, la vitesse moyenne des véhicules
sur la route, etc.
De ces trois niveaux de simulation que nous venons de présenter, nous retenons
l'approche microscopique, parce qu'elle s'adapte mieux au concept de multi-agent. Ainsi,
nous considérons un système dans lequel :
- Chacun ou l'ensemble des véhicules peut être considéré comme un agent auto-
nome,
- Le carrefour peut être considéré comme un agent autonome,
- Le réseau routier peut être considéré comme un seul agent de l'environnement.
Notre modèle est proche de celui proposé par [Patrick A.M.Ehlert et Leon
J.M.Rothkrantz, (2001)]. Leur modèle est basé sur les techniques de développement
des systèmes de transport intelligents. Ils font la combinaison de deux comportements
au sein d'un agent : le comportement réactif et le comportement délibératif.
Un comportement réactif est un type de comportement qui se base sur une fonc-
tion liant directement la perception à l'action. Dans ces conditions, l'agent reçoit une
information via ses percepts et la lie directement à une action donnée qu'il exécute direc-
Chapitre 4. Simulation du trafic routier 50
tement sur l'environnement. Cette action reflète son réflexe sur l'environnement ; c'est
un agent du type stimulus / réponse. Ils utilisent aussi un comportement délibératif,
comme un type de comportement qui est lié à un cycle, c'est-à-dire quand un agent
reçoit une information de l'environnement via son capteur, il ne déclenche pas direc-
tement une action, cette information passe par un ensemble d'états, avant que l'agent
prenne la décision sur les conséquences de ses actions sur l'environnement.
Communication module
input Oulout
T
Short-Term
Controller
Sensors & Arbiter
Wanner
Memory
I
Behaviour parameters
Behaviour rudes
Cnange
Aggre9iveri_8» aiiectiôr fcAcwmg
Pr eterr ea spe ec
AccsIerBttor & cecee^ton
Overtaking Stac for Obey trafic
rat»
Gap acceptance trafic hglt signs/rules
Reaction time
etc. Road Cot is*o*
f o l » * no. avoids nee
FIGURE 4.3 - La présentation d'un agent [Patrick A.M. Ehlert et Leon J.M.Rothkrantz,
2001].
Les agents communiquent à travers des messages échangés via le module de com-
munication. Chacun des agents possède un capteur qui lui fournit, non seulement de
l'information sur son état, mais aussi sur l'état de l'environnement. Cette information
est envoyée à la couche de communication qui la traite et chemine les résultats, par la
suite, à la mémoire de l'agent. Le module « Short-Term Planner » est chargé de prédire
Chapitre 4. Simulation du trafic routier 51
la position de tous les agents évoluant dans l'environnement. Il est basé sur des règles
de comportements, afin de soumettre les actions prioritaires. Finalement, le module
(Arbiter) choisit l'action la plus prioritaire et l'envoie au module de communication.
Module de Message
communication -1/
sz
Carrefour
Véhicule
Décision
Environnement
Les agents communiqueront via des messages. Plus précisément, l'agent véhicule est
doté d'un système de communication qui informe l'environnement sur l'état du système,
au module carrefour. Ce dernier achemine cette demande au module de décision qui
vérifiera s'il peut donner l'accès ou non (Accès ou Pas d'accès). Ainsi, dans le cas où
le carrefour prendra une décision favorable, il valide cette demande en envoyant un
message de validation au module de communication ; dans le cas contraire, le processus
recommence par l'envoi d'une requête au module de Venvironnement.
Information
source
source K
' Blackboard
~Ti
Information
source
i, ,
Information W
source J
Le blackboard est une zone commune permettant à des modules séparés de partager
des données. Dans une telle situation, la communication se fait de façon asynchrone à
travers les différents modules. Le blackboard est accessible par un seul module, pendant
un temps précis, et est contrôlé par une unité de contrôle (Control Unit).
Dans notre système, la route informe le module carrefour de son état. Par exemple,
le nombre de véhicules qui atteignent les jonctions des routes est une information per-
tinente, que le carrefour doit avoir pour prendre la décision qui s'impose.
Chapitre 4. Simulation du trafic routier 54
La conception du système repose sur le principe des machines à états finis. Cette ap-
proche est utilisée pour décrire le comportement d'un système, dans toutes les situations
imaginables où il peut se trouver. Les états représentent toutes les situations possibles
dans lesquelles l'automate peut s'y trouver. Ces états reflètent une sorte de mémoire
sur la façon dont l'automate peut atteindre une nouvelle situation. Étant donné que
l'application passe d'un état à un autre, ceci va donner lieu à la dépendance des entrées
et des sorties.
D'un autre côté, on peut concevoir une application qui repose sur les démarches
de l'algèbre booléenne, c'est-à-dire que le système reçoit un ensemble d'informations
(entrées) et produisent des actions sous l'effet de ces informations (Sorties) qui affectent
celui-ci. Toutefois, l'algèbre de Boole n'est suffisante que quand le système n'est pas
complexe ou lorsqu'on peut utiliser des opérateurs logiques (AND et OR) pour atteindre
le but.
De toutes ces considérations, notre système est modelé sur les automates à états
finis, lequel est constitué des modules suivants :
- Véhicule : tous les véhicules seront considérés comme un seul agent unique parta-
geant un ensemble de paramètres communs, c'est-à-dire qu'ils auront une vitesse
constante, une distance inter-véhicules constante entre eux, etc ;
- Environnement : chacune des routes possède deux voies à sens inverse ;
- Carrefour : celui-ci se charge de gérer les feux de trafic avec les attributs suivants :
un temps pour le feu rouge, un temps pour le feu vert et un temps pour le feu
jaune.
Le carrefour est divisé en cellules donnant ainsi lieu à quatre voies d'entrées et sorties
du système. Dès lors, la transition d'un état à un autre reflète l'effet de l'action que le
système prendra au niveau du carrefour. Les figures 4.7 et 4.8 illustrent cette démarche.
La transition d'un état à un autre se fait au moyen d'actions. Lorsque l'action choisie
Chapitre 4. Simulation du trafic routier 55
boucle sur l'état courant, l'agent reste dans celui-ci, sinon il passe à l'état suivant. En
effet, une fois que l'agent (véhicule) se trouve aux jonctions, le feu tricolore décide s'il
peut franchir ou attendre ; ce terme va être discuté plus en détail dans la sous-section
4.9.1.
Action. Etat 2 ,
.Surplace Surplace
.X—H-
Etatl Action2
Etat initial
Action4
Etat 3
\
i
Etat 4 Action 3
II Surplace
Etat final
TI Surplace
FIGURE 4.8 - La transition des états du carrefour pour les voies (Nord, Sud, Est et
Ouest).
Chapitre 4. Simulation du trafic routier 5G
ine)
J rwi,. *lJai
\ "
\Rouge)
li
r
Agent
central ^ vert Avancer
des feux
jaune Arrêter
-
r
Cette architecture fait une allocation de temps aux différents états des feux de
signalisation, c'est-à-dire vert, jaune, rouge. Dans chacune des situations, le carrefour
a un comportement qui répondra au besoin actuel du système. Notre analyse tient
compte de l'efficacité et de la sûreté de l'agent qui emprunte la route. Grâce au module
de communication, le carrefour sait quand il faut passer le feu au vert, pour éviter la
saturation des routes.
4.10 Résultats
des abscisses représente le nombre total de véhicules qui a franchi le carrefour. Étant
donné que les voies inverses sont synchronisées, cela évite l'utilisation d'une grande
ressource de communication. Par exemple, pour une intersection à quatre voies, notre
protocole est amplement suffisant pour aider l'intersection à vérifier quand il n'y a plus
de véhicules dans une voie de priorité, et à passer le feu au vert dans la voie d'attente,
si toutefois il y a des véhicules qui attendent à l'entrée de l'intersection. Cela consiste,
non seulement à avoir un débit acceptable, mais aussi à réduire le risque de congestion
de la route.
-♦-Nbr véhicules/seconde
12000 -
10000 -
s1 8000 ■
-3
■
6000 ■
8
3
Q.
œ
4000 ■
2000 -
0 -
C) 100 200 300 400 500 600
Véhicules
6 -t
5 -
g 4-
c
o
g-
E
g 3-
■
5 2-
1 ■
n - I
Ceci permet d'observer après 10 000 pas de temps, soient 2.7 heures de simulation,
un écoulement de 573 véhicules dans chacune des voies à une vitesse moyenne constante
de 5.2 mètres par seconde. Les figures 4.12 et 4.13 suivantes illustrent cette démarch e.
Les véh icules en attente sont ceux qui ne dépassent pas encore l'intersection. La
file d'attente se réduit au fur et à mesure qu'un tel événement se produit. Les figures
4.14 et 4.15 ci-dessus permettent de visualiser le comportement du système. Dans le
cas où il n'y a pas de véh icules dans les voies prioritaires et le feu est vert, le module
de communication intervient pour permettre de passer le feu au vert dans les voies
non prioritaires, si toutefois il y a des véhicules à l'entrée du carrefour. Ceci permet de
diminuer en quelque sorte le temps d'attente des véhicules.
Chapitre 4. Simulation du trafic routier 61
120000
100000-
| eoooo
o
j j 60000-
D.
E
" 40000-
20000 -
4.12 Conclusion
Nous avons expliqué plus haut (section 3.2) que la congestion est un problème réel
dans le déplacement quotidien de la plupart des citoyens urbains. Un peu partout à
travers le monde, les routes ne peuvent plus assurer, de manière acceptable, le trafic
routier.
5.1 Modélisation
La modélisation de notre système est basée sur les techniques des machines à états
finis, comme il a été vu au chapitre précédent.
Dans le cadre de notre modèle les véhicules sont équipés d'un dispositif de commu-
nication leur permettant d'établir une liaison de communication au moment opportun x
Le module de perception a pour rôle de fournir au carrefour l'information concernant
l'intention2 d'un véhicule quelconque, et le module carrefour lui informera si ce der-
1. L'établissement de la communication se fait au moment où un véhicule se trouve à une certaine
distance à l'entrée des jonctions du carrefour.
2. C'est-à-dire, si ce véhicule va croiser l'intersection dans son parcours.
Chapitre 5. Gestion des voies d'urgence 63
Carrefour
Véhicule A Véhicule B
Z \
Perception
jMtfM
nier peut traverser ou attendre, afin de s'assurer que la circulation se fasse de manière
sécuritaire.
Le tableau 5.1 donne une vue globale des éléments constitutifs de notre système
machines à états finis. Chaque élément de l'espace d'états décrit le trafic à un instant
précis. Il peut s'agir, par exemple, de la position des véhicules sur chacune des tronçons
de route. L'ensemble des actions permet à l'agent de contrôler l'intersection, pour savoir
quand il doit s'y arrêter ou circuler. La fonction de transition est un sous-ensemble
de l'ensemble des états qui passe d'un état à l'autre, en fonction du choix d'actions.
Finalement, la fonction de performance s'assure que la circulation se fasse de manière
correcte.
3. L'état du trafic
Chapitre 5. Gestion des voies d'urgence 64
Notre système est conçu à partir de structures mathématiques (comme les machines
à états finis). Ces dernières permettent de construire le système suite aux spécifications
retenues, la figure 5.2 ci-après représente la conception simplifiée réelle de l'intersection
Chapitre 5. Gestion des voies d'urgence 65
dans laquelle tous les feux sont au rouge. La circulation va être effective à partir des
techniques basées sur la communication.
Une intersection est le croisement d'une ou plusieurs routes. Chacune des routes
peut avoir une ou plusieurs voies. Dans la figure 5.2, par exemple, l'intersection possède
quatre routes, et chacune des routes contient une voie. Les voies, permettant aux voi-
tures d'entrer dans l'intersection, sont dites les voies sources. Alors que celles qui per-
mettent aux voitures de quitter l'intersection sont dites les voies de destination. Dans la
figure 5.2, les voies sources sont étiquetées par des numéros, et les voies de destination
par des lettres majuscules.
À partir d'une voie source quelconque, un véhicule peut atteindre uniquement une
Chapitre 5. G estion des voies d'urgence 66
voie de destination. Les deux barres perpendiculaires, placées sur l'axe des abscisses
de la figure 5.2, représentent une boucle d'induction des voies EstOuest et OuestEst.
Une boucle d'induction est un système de communication, elle permet aux véhicules de
ne pas s'arrêter à l'intersection. Evidemment, ces voies seront réservées aux véhicules
d'urgence comme l'ambulance, la police, les pompiers, etc. Ce genre de service n'est
efficace qu'en fonction du temps de parcours de l'automobiliste, d'où la raison pour
laquelle nous intégrons cette technique dans notre système.
L'intuition est de réserver, non seulement des voies spécifiques aux services d'urgence
mais aussi d'empêcher que l'automobiliste fasse trop d'arrêts pendant son parcours.
Etant donné que les voies NordSud et SudNord ne sont pas prioritaires avant de
franchir l'intersection, l'agent doit s'assurer qu'ils respectent la distance de passage, en
toute sûreté. Pour cela, il doit absolument communiquer à l'agent se trouvant dans les
voies prioritaires, dans le but tout simplement d'être informé de sa distance par rapport
à l'intersection. Cela se traduit par les équations suivantes :
où
2 » = 0.185 (5.1)
+
Pt(v) = (acc(v) * &£ * S ) (vitesse (v) * 2 » ) (5.2)
5.3.1 Performance
Les véhicules non prioritaires, une fois arrivés à une distance de 10 mètres de l'in
tersection, doivent vérifier l'état de la circulation dans les voies prioritaires, par l'envoi
de message aux véhicules prioritaires. Dans ces circonstances, le système pourrait avoir
tendance à être performant, uniquement dans un seul sens de la route. Pour éviter que
cela se produise, et que le système se comporte de manière optimale, nous introdui
sons une fonction de performance. Cette fonction utilise la position du véhicule et le
Chapitre 5. G estion des voies d'urgence 67
délai cumulé, s'il se trouve à une distance de 10m de l'intersection. En fontion de ces
paramètres, cette fonction donne une utilité négative à l'agent. Cette performance est
calculée à partir de la fonction suivante :
E = ^^(vitesse^/acc^)) (5.3)
5.4 Résultats
Intersection
0-
13 25 37 49 6. f 3 85 97 109 121 33 145 157 16_* 181 193 205 217 228 241 253
-0.5- M ! 1
! M y îi : \
• ! :j i | ♦
•
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-1 - ♦ ♦
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-1.5- » !♦ • •
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-3.5- # • ♦
1 ♦ < ■
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-4 - i
<> ♦
-4.5-1
d'urgence par rapport à l'intersection. Il analyse cette information avant de décider s'il
peut traverser l'intersection sans danger.
Il convient de se rappeler que les véhicules dans les voies Est-Ouest et Ouest-Est
ne font aucun arrêt durant leur parcours. En effet, les boucles d'induction, qui y sont
installées, leur permettent de ne pas avoir à attendre. Intuitivement, les automobilistes
d'urgence ne doivent pas faire des arrêts, car le facteur temporel peut rendre leur tra-
vail inefficace. Donc, pour pouvoir atteindre leur objectif, ils doivent impérativement
optimiser le temps.
Nous avons considéré les voies en direction est/ouest et ouest/est comme des voies
prioritaires, et les voies nord/sud et sud/nord comme des voies non prioritaires. Le
graphe ci-dessous nous permet d'analyser la conformité des résultats :
- * - Temps_E-W_et_W-E (pour
3500 -
une heure )
—*— N-S et S-N (voies non
3000 - / / prioritaires)
/ * Temps_N-S_et_S-N (pour une
^ 2500- heure)
2
S. 2000-
E
m
\-
1500 -
1000 -
500 -
0 '
1 51 101 151 201 251 301 351 401 451
Véhicule
véhicules dans la direction est/ouest et ouest/est. Soit un flux de 451 véhicules par
heure, par voie. Tandis que dans la direction sud/nord et nord/sud, nous avons un
flux de 241 véhicules par voie. Ce qui semble être un bon résultat, considérant que le
véhicule doit établir la communication à une certaine distance de l'intersection avant
de franchir cette dernière.
5.5 Conclusion
Conclusion
Après l'étude de ces notions, vient le chapitre porté sur l'un des buts de ce mémoire :
la simulation du trafic routier par l'entremise des systèmes multi-agents. En premier
lieu, nous avons présenté notre modèle de communication infrastructure-véhicule et
nous avons présenté aussi l'architecture permettait de considérer le carrefour comme
un seul agent aidé dans sa prise de décision par l'implantation de notre protocole de
communication. Le carrefour comprend quatre routes dans lequel nous avons montré la
Chapitre 6. Conclusion 71
En second lieu, nous avons présenté les résultats des tests de simulation. Ceux-ci
nous ont permis d'inférer que les feux se sont comportés de manière conforme à notre
attente. Ce mémoire se terminait, par la suite, avec la proposition d'une méthode qui a
permis de faire la gestion des voies prioritaires. Cette méthode, est une approche basée
sur la communication inter-véhicules dans laquelle nous avons considéré une intersection
sans l'installation des feux de signalisation. Les véhicules dans les voies prioritaires (Est-
Ouest et Ouest-Est) sont des véhicules d'urgence, qui n'avaient pas à s'arrêter pendant
le parcours.
6.1 Contributions
Les travaux effectués dans cette maîtrise ont constitué un aspect important sur
l'utilisation des techniques de communication sans fil pour faire de la communication
dans le contexte de la route intelligente et les techniques d'optimisation des feux de
signalisation. Ils ont démontré que la communication est utilisée dans l'interaction des
véhicules et infrastructure-véhicule. Il serait intéressant d'utiliser le même principe basé
sur notre protocole de communication pour une intersection complexe, c'est-à-dire de
tenir compte du virage à droite et gauche afin de constater le comportement de la
communication. Pour ce qui est de la mobilité durable, il serait mieux de favoriser le
transport collectif pour pouvoir diminuer la congestion urbaine, pour la simple et pure
raison, du fait que le comportement des feux de signalisation dépend de l'équilibre entre
la capacité de la route et de la demande. Donc, pour être sûr de s'assurer un tel équilibre,
il faut promouvoir le transport collectif au détriment des automobilistes.
Bibliographie
Boukhechem, N. (2008). Routage dans les réseaux mobiles ad hoc. Par une ap-
proche à base d'agents, page 39-52.
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Hedrick, J.K et al, (1994). Longitudinal Control of the Lead Car of a Platoon.
IEEE (2008a). Ieee 802.11 - the working group setting the standards for wireless
lans.
Thorpe, T. (1997). Vehicle trac light control using sarsa. Rapport technique,
Colorado State University.
Bibliographie 76