L'Histoire de Moïse (Partie 1 de 12) : Qui Était Moïse?
L'Histoire de Moïse (Partie 1 de 12) : Qui Était Moïse?
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Les croyances de l'islam
Histoires des prophètes
L’histoire de Moïse (partie 1 de 12) : Qui était Moïse?
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L’islam nous enseigne que tous les prophètes furent envoyés à leur peuple
avec le même message : « Ô mon peuple! Adorez Dieu! Vous n’avez
aucune autre divinité en dehors de Lui. » (Coran 11:50). Moïse appela les
enfants d’Israël à n’adorer que Dieu et fixa pour eux les lois prescrites dans
la Torah.
Le Coran constitue un guide pour toute l’humanité. Bien qu’il contienne des
informations historiques, il ne s’agit pas d’un livre d’histoire. Dieu nous
demande de réfléchir et de méditer sur les histoires des prophètes afin que
nous apprenions des épreuves et des tribulations qu’ils subirent, de même
que des victoires qu’ils vécurent. L’histoire de Moïse contient de
nombreuses leçons pour l’humanité. Dieu affirme que l’histoire de Moïse et
de Pharaon, dans le Coran, est bel et bien véridique. C’est à la fois une
intrigue politique et l’histoire d’une oppression qui ne connaissait aucune
limite.
Pharaon exerçait sans peine son autorité et son influence sur tout le peuple
d’Égypte et avait adopté la stratégie consistant à diviser pour régner. Il
avait établi des classes distinctes et avait divisé les gens en groupes divers
et en tribus pour mieux les monter les uns contre les autres. Les juifs,
enfants d’Israël, avaient été relégués au niveau le plus bas de la société
égyptienne; ils étaient esclaves ou serviteurs. La famille de Moïse faisait
partie des enfants d’Israël.
Selon l’érudit musulman Ibn Kathir, les enfants d’Israël parlaient parfois,
entre eux, d’un fils de leur nation qui allait lutter pour détrôner Pharaon.
Peut-être s’agissait-il d’une rêverie, d’un espoir qu’ils entretenaient, eux qui
étaient particulièrement opprimés, ou encore une ancienne prophétie
transmise de génération en génération… Toujours est-il que là débute
l’histoire de Moïse. D’un côté, un désir ardent de liberté et de l’autre, le
rêve d’un roi tyrannique.
Pharaon devint si obsédé par son idée qu’il alla jusqu’à envoyer des
espions et des agents sur le terrain pour détecter les femmes enceintes.
Lorsque la mère de Moïse tomba enceinte de celui qui allait enfin libérer le
peuple d’Israël, elle dissimula sa grossesse. Mais Dieu souhaitait rendre
service aux faibles et aux opprimés et les plans de Pharaon furent déjoués :
« Mais Nous voulions favoriser ceux qui avaient été opprimés sur
terre et faire d’eux des exemples (à suivre) et des héritiers. Nous
voulions les établir fermement sur terre et réaliser sous les yeux de
Pharaon, de Haman et de leurs troupes ce qu’ils redoutaient tant de
leur part. » (Coran 28:5-6)
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Histoires des prophètes
L’histoire de Moïse (partie 2 de 12) : La confiance en Dieu
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Description: La mère de Moïse démontre que nul n’est plus digne de confiance que Dieu
Lui-même.
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Moïse naquit durant une année où les fils des enfants d’Israël devaient être
mis à mort, à leur naissance, sur ordre de Pharaon. Imaginez la terreur
que devait vivre chaque femme enceinte dans de telles conditions. La
grossesse n’était plus un événement à célébrer, mais une source de peur
et d’insécurité.
C’est ainsi que Moïse vint au monde. Un garçon. Le cœur de ses parents
dut sauter de joie et de peur simultanément. Qu’allaient-ils faire?
Comment allaient-ils pouvoir cacher un nouveau-né? La mère de Moïse
était une femme pieuse, qui craignait Dieu; alors en ce moment de
désespoir, elle se tourna vers Lui et Il lui inspira ce qu’elle devait faire.
Mais elle décida de placer toute sa confiance en Dieu, qui lui avait
dit : « N’aie nulle crainte et ne t’afflige pas! Nous te le rendrons… ».
Elle fabriqua un panier à l’épreuve de l’eau, y installa son minuscule bébé
et le déposa sur l’eau. Ibn Kathir rapporte qu’au moment où elle déposa le
panier sur l’eau, le courant s’apaisa et transporta le panier tout doucement.
La mère de Moïse donna l’ordre à sa fille d’avancer doucement à travers
les roseaux pour suivre le parcours du panier emportant son frère.
« C’est ainsi que la famille de Pharaon recueillit (cet enfant) qui, plus
tard, allait devenir pour eux un ennemi et une source d’affliction.
Certes, Pharaon, Haman et leurs troupes étaient d’impénitents
pécheurs. La femme de Pharaon dit : « (Cet enfant) sera une
consolation pour moi et pour toi. Ne le tue pas; il pourrait nous être
utile ou peut-être le prendrons-nous pour fils. » Ils ne pressentaient
rien [de ce qui allait advenir]. » (Coran 28:8-9)
Asiya fit venir des nourrices au palais, mais le nourrisson refusa de téter
chacune d’entre elles. Cela cause une grande détresse, chez elle;
l’agitation se répandit dans le palais, les servantes d’Asiya s’affairaient
autour d’elle, l’esprit si préoccupé par ce problème à régler que nulle ne
remarqua la présence de la sœur de Moïse parmi elles. Elle prit son
courage à deux mains et s’avança pour proposer une solution. Elle dit
qu’elle connaissait une femme en mesure d’allaiter le nouveau-né et de lui
apporter toute l’affection dont il aurait besoin. Étonnamment, on lui dit de
ramener cette femme sur-le-champ. Pourquoi la famille royale aurait-elle
suivi le conseil d’une inconnue, si cela n’était prévu dans le plan de Dieu?
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L’histoire de Moïse (partie 3 de 12) : Moïse fuit l’Égypte
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Ibn Kathir relate qu’un jour, alors qu’il déambulait dans la ville, Moïse vit
deux hommes se battre. L’un était israélite et l’autre, égyptien. L’israélite
reconnut Moïse et l’appela à son secours. Moïse s’interposa alors et
envoya un puissant coup de poing à l’Égyptien. Ce dernier s’écroula et
mourut quasi instantanément. Moïse fut submergé de chagrin. Il
connaissait sa force extraordinaire, mais jamais il n’aurait cru être capable
de tuer quelqu’un d’un seul coup de poing.
Soit parce que les rues étaient relativement désertes, soit parce que les
gens ne voulaient pas être mêlés à cette histoire, les autorités ne surent
pas, ce jour-là, que Moïse avait été impliqué dans la mort de cet homme.
Toutefois, le jour suivant, il vit le même Israélite impliqué dans une autre
bagarre. Il comprit qu’il s’agissait d’un faiseur de troubles et s’approcha de
lui pour lui reprocher son comportement.
L’Israélite vit Moïse se diriger dans sa direction et, pris de peur, cria :
« Vas-tu me tuer comme tu as tué ce misérable, hier? » En entendant cela,
son opposant, un Égyptien, tourna les talons et alla dénoncer Moïse aux
autorités. Plus tard, ce jour-là, une personne vint voir Moïse pour lui dire
que les autorités avaient décidé de l’arrêter et qu’elles allaient
probablement le condamner à mort pour son crime de la veille.
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L’histoire de Moïse (partie 4 de 12) : Un étranger dans une contrée étrangère
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Il prit alors sur lui-même de guider leurs moutons jusqu’au point d’eau, où il
se fraya aisément un chemin parmi les autres hommes. Après avoir fait
boire les bêtes, il sentit ses forces le quitter, car il était toujours sous l’effet
du long voyage qu’il venait de faire. Il s’installa à l’ombre d’un arbre, à
même le sol, et se mit à prier Dieu. Il dit : « Ô Seigneur, quel que soit le
bien que Tu es en mesure de faire descendre vers moi, j’en ai sûrement
besoin, en ce moment. »
Encore une fois, Moïse se tourna vers la seule source de secours, pour
l’être humain, c’est-à-dire Dieu. Et avant même qu’il ne termine son
invocation, Dieu lui envoyait Son secours. Moïse, à ce moment, n’espérait
probablement qu’une tranche de pain ou une poignée de dattes, mais Dieu
lui apporta plutôt la sécurité, de la nourriture et une famille.
Un peu plus tard, une des deux femmes revint voir Moïse. Avec modestie
et timidité, elle dit à Moïse : « Mon père aimerait vous récompenser pour
votre gentillesse et il vous invite donc chez nous. » Moïse se leva et la
suivit jusque chez son père. Une fois sur place, il s’installa avec le vieil
homme et lui raconta son histoire. Ce dernier apaisa ses craintes et lui
confirma qu’il avait bel et bien traversé la frontière égyptienne; il se trouvait
maintenant à Madyan et à l’abri des autorités qui étaient à ses trousses.
« L’une des deux femmes revint alors à pas timides vers lui et lui
dit : « Mon père t’appelle auprès de lui; il aimerait te récompenser
pour avoir abreuvé (les bêtes) pour nous. » Moïse se rendit auprès
du vieillard et lui raconta (toute) son histoire. Le vieillard lui dit : « Tu
n’as plus rien à craindre; te voilà délivré de ce peuple injuste. »
(Coran 28:25)
Après que Moïse eût été invité à rester en compagnie de la famille, une des
filles demanda à parler à son père en privé et elle lui suggéra alors
d’embaucher Moïse. Lorsque son père lui demanda pourquoi, elle lui
répondit qu’il était physiquement fort et digne de confiance. L’islam nous
apprend que ces deux qualités sont des signes de leadership. Dans les
années qui suivirent la mort du prophète Mohammed (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui), les leaders de la nation musulmane
furent choisis, entre autres, pour ces deux qualités.
« Alors l’une des deux femmes dit : « Ô mon père! Engage-le [à ton
service]! Car le meilleur (homme) que tu puisses engager est celui
qui est fort et digne de confiance. » Il dit : « Je voudrais te marier à
l’une de mes deux filles que voici, à condition que tu travailles à mon
service pour une durée équivalente à huit pèlerinages. Si tu veux en
prolonger le délai jusqu’à dix, ce sera de ton propre gré, car je ne
veux rien t’imposer d’excessif. Si Dieu le veut, tu trouveras en moi un
homme de bien. » Moïse répondit : « Voilà qui est convenu entre
nous. Quel que soit celui des deux termes que j’accomplirai, qu’il n’y
ait aucune injustice contre moi. Et Dieu est garant de ce que nous
disons. » (Coran 28:26-28)
En tant que croyants, nous ne devons jamais oublier que Dieu entend
toutes nos prières et nos invocations et qu’Il y répond, à Sa façon. Parfois,
la sagesse derrière la réponse que nous recevons se situe au-delà de notre
compréhension, mais nous devons garder à l’esprit que Dieu ne souhaite
que notre bien. Placer notre confiance en Dieu et nous soumettre à Sa
volonté nous permet de faire face à toute situation et de rester fermement
debout face à l’adversité. Nous ne sommes jamais seuls, tout comme
Moïse n’était pas seul lorsqu’il traversa le désert, fuyant la seule vie et la
seule contrée qu’il eût jamais connues.
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L’histoire de Moïse (partie 5 de 12) : Moïse entend la voix de Dieu
L’HISTOIRE DE MOÏSE (PARTIE 5 DE 12) : MOÏSE ENTEND LA
VOIX DE DIEU
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La vie de Moïse est remplie de leçons pour qui sait y porter attention. Dieu
fit vivre à Moïse des expériences qui allaient lui être fort utiles pour sa
mission future. Moïse avait été élevé dans la maison du pharaon d’Égypte;
il était donc bien au fait des intrigues politiques du gouvernement égyptien.
Il avait aussi une expérience bien personnelle de la corruption de Pharaon,
cet homme qui avait déclaré être lui-même Dieu.
C’est par la grâce de Dieu que Moïse réussit à fuir l’Égypte et à se rendre
dans une autre contrée, où il connut un autre peuple et une autre culture.
Les voyages élargissent les horizons d’une personne et lui ouvrent le cœur
et l’esprit aux différences, mais aussi aux similitudes entre les divers
peuples de la terre. Dieu dit, dans le Coran :
« Ô hommes! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et
Nous avons fait de vous des nations et des tribus, afin que vous
fassiez connaissance entre vous. » (Coran 49:13)
Mais parallèlement, il doit demeurer alerte, car les moutons sont des
animaux vulnérables. Si l’un d’eux s’éloigne du troupeau, il devient une
proie facile. Un prophète a normalement pour mission de protéger des
nations entières; il doit être alerte et conscient des dangers qui menacent
ses fidèles, surtout les faibles, les pauvres et les opprimés.
Après que Moïse eût complété son service auprès de son beau-père, il
commença à avoir le mal du pays. Sa famille lui manquait, de même que
sa contrée d’origine. Même s’il craignait ce qui pouvait lui arriver s’il y
retournait, son désir de revoir son pays prit le dessus. Il réunit les membres
de sa famille et entreprit, avec eux, le long voyage jusqu’en Égypte.
Alors que Moïse avançait à travers l’aride désert, il finit par se perdre, ne
sachant plus quelle direction prendre. C’était la nuit et il faisait froid. Il vit,
au loin, ce qui semblait être un feu. Il dit à sa famille de rester là où elle se
trouvait; il espérait trouver des gens, près de ce feu, qui pourraient l’aider à
retrouver son chemin ou qui lui permettraient, à tout le moins, de rapporter
un tison pour réchauffer sa famille. Il était loin de se douter qu’il allait
participer à l’une des conversations les plus étonnantes de l’histoire de
l’humanité. Il marcha en direction du feu et, tout à coup, il entendit une
voix :
« Béni soit celui qui siège au centre du feu et tout autour. Et gloire à
Dieu, le Seigneur des mondes! Ô Moïse! C’est Moi, Dieu, le Tout-
Puissant, le Sage. » (Coran 27:8-9)
« En vérité, je suis Dieu et il n’y a pas d’autre divinité à part Moi.
Adore-Moi donc et accomplis la prière pour M’avoir présent en ta
pensée. « L’Heure viendra certainement. Mais Je la garderai secrète
afin que chaque âme soit rétribuée selon ses efforts. Que celui qui
n’y croit pas et qui suit ses propres passions ne t’en détourne pas,
sinon tu périras. » (Coran 20:14-16)
Au cours de cette conversation directe entre Dieu et Moïse, la prière leur fut
prescrite, à lui et ses fidèles. La prière allait aussi être prescrite, plus tard,
à Mohammed et à ses fidèles, durant le voyage nocturne à Jérusalem et
l’ascension aux cieux.
Moïse tenait un bâton à la main; Dieu lui demanda quel était ce bâton et à
quoi il lui servait (Dieu connaissait évidemment la réponse, mais Il cherchait
tout simplement à faire parler Moïse). Celui-ci répondit : « C’est mon bâton
sur lequel je m’appuie et qui me sert à effeuiller (les arbres) pour mes
moutons. Et j’en fais aussi d’autres usages. » (Coran 20:18) Moïse savait
bien que son bâton n’avait rien de particulier. Mais Dieu lui demanda de le
jeter au sol. Et quand Moïse s’exécuta, son bâton se mit à ramper et à
s’agiter : il venait d’être transformé en serpent.
« Jette ton bâton par terre. » Mais quand il vit son bâton se tordre
comme un serpent, il se tourna aussitôt [pour s’enfuir
précipitamment], (mais la voix lui dit) : « Ô Moïse! Approche, et ne
crains rien! Tu es du nombre de ceux qui sont en sécurité. » (Coran
28:31)
Dieu dit ensuite à Moïse de mettre sa main dans son manteau et de l’en
ressortir; Il lui révéla ainsi un autre signe de Sa magnificence et de Son
omnipotence.
Dieu avait donc l’intention d’envoyer Moïse chez Pharaon, cet homme que
Moïse craignait plus que quiconque, cet homme qui allait sûrement, il en
avait la certitude, le condamner à mort. La peur fit se contracter son cœur,
mais Dieu le rassura.
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L’histoire de Moïse (partie 6 de 12) : Une étonnante conversation
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Description: L'histoire jusqu'ici.
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Au cours d’une nuit, près du Mont Tour, Dieu conféra à Moïse sa mission
prophétique. Et Son premier ordre à Moïse fut d’aller voir Pharaon :
Moïse avait fui l’Égypte car il craignait pour sa vie. Puis, il avait passé dix
ans dans un pays qui n’était pas sous la juridiction de Pharaon.
Maintenant, Dieu lui ordonnait d’aller affronter sa plus grande peur, de se
rendre devant Pharaon, devant celui qui, Moïse en était sûr, allait le faire
exécuter. Moïse ressentit à nouveau, tout au fond de lui, la peur qui ne
l’avait pas quitté durant son long voyage de fuite à travers le désert. Il
répondit à Dieu :
Ce dialogue entre Dieu et Moïse est l’un des plus extraordinaires rapportés
dans le Coran. Les paroles de Dieu sont transmises avec éloquence et
clarté. Elles dépeignent un homme fort mais humble, fasciné par sa
rencontre avec Dieu. De ces paroles, nous comprenons, nous ressentons
que Dieu est Tout-Puissant et Omnipotent, mais aussi plein de miséricorde
et d’amour envers Ses serviteurs.
Et voilà qu’un jour, ta sœur vint dire : « Puis-je vous indiquer une
nourrice pour s’en occuper? » Ainsi Nous te rendîmes à ta mère afin
que son œil se réjouisse et qu’elle ne s’afflige plus. Plus tard, tu tuas
un individu et Nous te libérâmes des craintes qui t’oppressaient. Et
Nous t’imposâmes plusieurs épreuves (difficiles). Puis tu demeuras
plusieurs années durant parmi les habitants de Madyan. Et ensuite tu
vins ici, ô Moïse, conformément à (Mon) décret. Je t’ai formé pour
être à Mon service.
Partez, toi et ton frère, [tous deux appuyés de] Mes signes, et ne
cessez pas de M’invoquer. Allez tous deux trouver Pharaon; il a
certes transgressé (toutes les limites). Et parlez-lui gentiment; peut-
être prêtera-t-il attention ou Me craindra-t-il. »
L’histoire de Moïse nous apprend que Dieu peut remplacer la faiblesse par
la force et l’échec par la victoire. Et que Dieu soutient les vertueux en leur
apportant un secours de sources qu’ils n’auraient jamais soupçonnées. Et
maintenant que Dieu confère une mission prophétique à Moïse et à son
frère Aaron, nous apprenons ce qu’est censée être la véritable fraternité et
nous apprenons pourquoi le fait de s’entourer des bonnes personnes peut
être une des clefs de l’accès au Paradis.
Moïse souhaitait que son frère l’accompagne dans cette mission risquée
visant à confronter Pharaon parce que Aaron était fort et digne de
confiance et surtout, parce qu’il était articulé et convaincant, dans son
discours. Quand une personne se tient debout, avec son frère, et qu’ils
sont unis par les mêmes convictions, par la même adoration de Dieu et par
la vertu, ils sont inattaquables, même devant l’ennemi le plus redoutable.
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L’histoire de Moïse (partie 7 de 12) : Magie et illusions
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« Je l’ai fait, dit Moïse, alors que j’étais encore du nombre des
égarés. Et, vous craignant, je me suis enfui. Puis, mon Seigneur m’a
donné la sagesse et m’a élu au nombre de Ses messagers. Est-ce là
une faveur du passé [que tu me rappelles] avec reproche, alors que tu
as asservi les enfants d’Israël? »
« Il (Pharaon) dit : « Es-tu venu avec ta magie pour nous chasser de
notre pays, ô Moïse? Nous pouvons certainement produire une
magie semblable. Fixe un rendez-vous entre nous, que nous
observerons tous deux sans faute, dans un endroit convenant à
chacun. » Alors Moïse dit : « Votre rendez-vous aura lieu le jour de
la fête. Et que les gens se rassemblent dès le matin. » (Coran 20:57-
59)
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L’histoire de Moïse (partie 8 de 12) : Signes du formidable pouvoir de Dieu
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Dieu ordonna à Moïse d’avertir Pharaon que lui et son peuple allaient subir
un sévère châtiment si les enfants d’Israël n’étaient pas libérés; que si la
torture, l’oppression et le harcèlement ne cessaient pas, la colère de Dieu
descendrait sur eux. Pour toute réponse, Pharaon ordonna un grand
rassemblement réunissant les Égyptiens et les enfants d’Israël. Devant
eux, il leur dit qu’il était leur Seigneur et que Moïse n’était rien d’autre qu’un
esclave sans pouvoir aucun. Les gens décidèrent en majorité de croire et
d’obéir à Pharaon. C’est alors que les signes de la colère de Dieu
commencèrent à se manifester.
L’Égypte fut d’abord affligée d’une grave sécheresse. Même les vallées du
Nil, toujours vertes et luxuriantes, se mirent à se dessécher. Il n’y eut
aucune récolte et le peuple s’en ressentit, mais Pharaon demeura
arrogant. Dieu leur envoya alors un énorme déluge, qui dévasta le pays.
Les gens, y compris les ministres de Pharaon, firent appel à Moïse.
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L’histoire de Moïse (partie 9 de 12) : « Nous les noyâmes dans la mer »
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Les enfants d’Israël se trouvèrent pris au piège. Devant eux, la Mer Rouge;
derrière, l’armée de Pharaon. La peur et la panique les gagna et ils se
tournèrent vers Moïse. Celui-ci fermait le groupe, à l’arrière, et voyait bien
l’armée se rapprocher de plus en plus. Il se fraya un chemin à travers les
gens, jusqu’au bord de la mer. Ce faisant, il tenta de les rassurer en leur
rappelant de garder la foi et d’avoir confiance en Dieu et il les assura que
Dieu ne les laisserait pas tomber.
Moïse, debout sur la rive de la Mer Morte, regarda vers l’horizon. Ibn Kathir
rapporte que Josué se tourna vers Moïse et dit : « Devant nous se trouve
une barrière infranchissable, la mer, et derrière nous, l’ennemi. Il ne fait
aucun doute que nous ne pourrons éviter la mort! » Mais Moïse ne paniqua
point : il se tint debout, en silence, et attendit un signe de Dieu, car il savait
que Dieu ne manquait jamais à Sa promesse et qu’Il ne manquerait pas à
celle qu’Il avait faite de libérer les enfants d’Israël.
À cet instant, alors que la panique s’emparait pour de bon des enfants
d’Israël, Dieu dit à Moïse de frapper la mer avec son bâton. Moïse
s’exécuta immédiatement. Un vent violent se mit à souffler, l’eau de la mer
se mit à tourbillonner et, tout à coup, elle se sépara, créant un chemin entre
deux murs d’eau. Et le fond de la mer s’assécha suffisamment pour que
les gens puissent y marcher sans crainte.
Moïse guida les gens à travers le corridor qui scindait la mer en deux. Il
attendit que la dernière personne se soit engagée dans le passage pour se
retourner et voir l’armée de plus en plus proche. Il s’engagea à son tour.
Comme le peloton de tête atteignait la rive opposée, la peur s’empara à
nouveau des enfants d’Israël, qui implorèrent Moïse de refermer le
passage. Mais Moïse refusa : Dieu était manifestement en train de mettre
Son plan à exécution et il savait que son peuple serait sauvé, même si
l’armée de Pharaon les suivait dans le passage pratiqué dans la mer.
« Et Nous fîmes traverser la mer aux enfants d’Israël. Pharaon et ses
armées les poursuivirent avec acharnement et hargne jusqu’à ce que,
submergé par les flots, (Pharaon) s’exclame : « Je crois que nul ne
doit être adoré en dehors de Celui en qui croient les enfants d’Israël,
et je suis du nombre des musulmans! » [Dieu dit] : « Quoi?
Maintenant? Alors que jusqu’ici tu étais rebelle et semais la
corruption sur terre?! Nous allons aujourd’hui épargner ton corps
afin que tu sois un signe pour ceux qui viendront après toi. Mais en
vérité, beaucoup de gens ne prêtent aucune attention à Nos
signes. » (Coran10:90-92)
Ibn Kathir décrit ainsi la mort de Pharaon : « Le rideau tomba sur la tyrannie
de Pharaon et les vagues rejetèrent son corps sur la rive occidentale de la
mer. Les Égyptiens le virent et comprirent aussitôt que le dieu qu’ils
avaient adoré et auquel ils avaient obéi n’avait été, en fait, qu’un être
humain incapable d’éloigner la mort de sa propre personne. » Quand
Pharaon détenait le pouvoir, la richesse, la santé et la force, il refusait de
reconnaître l’existence de Dieu; mais quand il vit la mort tout près de lui, il
cria et supplia Dieu, le cœur et l’âme remplis de terreur. Si l’homme se
souvient de Dieu dans les moments de tranquillité de sa vie, Dieu se
souviendra de lui en temps de détresse.
Dieu avait favorisé les enfants d’Israël. Ils avaient été guidés hors
d’Égypte en toute sécurité et ils avaient été témoins de la noyade de leur
plus cruel ennemi. Lorsqu’ils eurent besoin d’eau potable, Dieu ordonna à
Moïse de frapper une pierre de son bâton, ce qui fit jaillir douze sources
d’eau, pour chacune des douze tribus d’Israël, afin qu’il n’y ait aucune
dispute entre elles. Dieu leur envoya également des nuages pour les
protéger du soleil brûlant et, pour assouvir leur faim, Il leur fit descendre la
manne céleste et les cailles. Malheureusement, en dépit de la générosité
de Dieu, plusieurs d’entre eux se plaignirent et exigèrent la nourriture à
laquelle ils étaient habitués, en Égypte, dont des oignons, de l’ail, des fèves
et des lentilles.
Moïse sermonna son peuple et lui rappela qu’il venait tout juste de quitter
une vie d’oppression et d’humiliation. Il lui demanda pourquoi il se
plaignait, alors que Dieu lui octroyait les meilleures nourritures. Moïse dit :
« « Voulez-vous échanger le meilleur pour le pire ? Descendez donc
dans n’importe quelle ville ; vous y trouverez certainement ce que
vous demandez ! » (Coran 2:61). Tandis que les enfants d’Israël
poursuivaient leur chemin vers la terre promise, Dieu leur facilitait leur
voyage. Mais c’était un peuple brisé, incapable de s’éloigner du péché et
de la corruption.
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L’histoire de Moïse (partie 10 de 12) : Les dix commandements
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Description: Le prophète Moïse guide son peuple, les enfants d’Israël, hors d’Égypte.
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En tant que peuple, les enfants d’Israël avaient été opprimés et humiliés sur
une très longue période. Des générations avaient vécu sous le joug de
Pharaon. À la longue, ils étaient devenus rebelles et s’attendaient toujours
au pire. Privés de tout comme ils l’avaient été, leur cœur tendait
constamment vers les choses de ce monde. Leur sens de l’honneur et leur
estime d’eux-mêmes avaient fini par s’épuiser. Au cours de leur voyage
hors d’Égypte vers la terre promise, leurs faiblesses devinrent encore plus
évidentes. D’une manière générale, ils étaient ingrats envers Dieu, en dépit
du fait qu’Il assurait leur bien-être durant cette dure épreuve. Ils étaient
incapables de se soumettre à Dieu et d’accepter Sa volonté.
À un certain moment, ils croisèrent un peuple qui adorait des idoles et leur
désir de ressembler à ce peuple, qui leur apparaissait comme épanoui, se
manifesta lorsqu’ils demandèrent à Moïse de leur permettre de posséder
des idoles. Et cela, alors qu’ils venaient tout juste d’être témoins de
miracles inouïs. Lorsque Dieu leur fournit, pour se nourrir, des aliments
qu’ils ne connaissaient pas, ils se plaignirent, réclamant la nourriture à
laquelle ils étaient habitués. Quand Moïse leur ordonna d’entrer dans une
ville et de renverser les Cananéens, ils refusèrent, par peur, et désobéirent
ainsi à Dieu. Ibn Kathir rapporte que Moïse ne trouva pas plus de deux
hommes prêts à se battre.
Les jours d’errance débutèrent. Durant cette période, chaque jour était
semblable au précédent et les gens voyageaient sans destination précise.
Puis, ils entrèrent dans le Sinaï, que Moïse reconnut comme le lieu où Dieu
lui avait parlé tout juste avant qu’il ne rentre en Égypte. Cette fois, Dieu
ordonna à Moïse de jeûner, comme moyen de purification, pour trente
jours, auxquels Il ajouta dix jours. Lorsque son jeûne fut complété, Moïse
fut à nouveau prêt à communiquer avec Dieu.
« Et Nous avons prescrit à Moïse trente nuits (de solitude), auxquelles
Nous avons ajouté dix autres nuits, de sorte que le temps fixé par son
Seigneur se termina au bout de quarante nuits. Et Moïse dit à son
frère, (Aaron) : « Remplace-moi auprès de mon peuple. Agis
convenablement et ne suis pas la voie de ceux qui sèment la
corruption. » Et lorsque Moïse vint à Notre rendez-vous et que son
Seigneur lui eût parlé, il dit : « Seigneur! Montre-Toi à moi pour que
je puisse Te voir. » Dieu dit : « Tu ne Me verras pas, mais regarde la
montagne; si elle demeure à sa place, alors tu Me verras. » Mais
lorsque son Seigneur manifesta (Sa) gloire à la montagne, Il la
pulvérisa et Moïse s’effondra, foudroyé. Lorsqu’il revint à lui, il
dit : « Gloire à Toi! À Toi je me repens et je suis le premier des
croyants. » Alors Dieu dit : « Ô Moïse! Je t’ai préféré à tous les
hommes par Mes messages et par les paroles (que Je t’ai adressées).
Prends donc ce que Je te donne et sois du nombre des
reconnaissants. » (Coran 7:142-144)
Dieu donna à Moïse deux tablettes de pierre sur lesquelles étaient inscrits
les dix commandements. Ces commandements forment la base de la loi
juive, la Torah, et constituent des normes morales préconisées, de nos
jours encore, par toutes les églises chrétiennes. Ibn Kathir et les premiers
érudits de l’islam affirment que les dix commandements sont réitérés dans
deux versets du Coran.
219
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Les croyances de l'islam
Histoires des prophètes
L’histoire de Moïse (partie 11 de 12) : La mort de Moïse
L’HISTOIRE DE MOÏSE (PARTIE 11 DE 12) : LA MORT DE
MOÏSE
Évaluation:
A-AA+
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« Dieu dit : « Nous avons mis ton peuple à l’épreuve durant ton
absence. Celui qui vient de Samarie les a égarés. » Moïse retourna
donc vers son peuple, furieux et l’âme en peine. Il dit : « Ô mon
peuple! Votre Seigneur ne vous a-t-Il pas fait une belle promesse?
L’aurez-vous trouvée trop longue à s’accomplir? Ou avez-vous plutôt
souhaité que la colère de votre Seigneur s’abatte sur vous, en
rompant votre engagement envers moi? » (Coran 20:83-86)
Moïse se tourna vers son frère Aaron. Courroucé, il l’agrippa par la barbe
et par la tête et le tira vers lui. En hurlant, il ordonna à son frère de lui
expliquer pourquoi il avait fait fi des instructions qu’il lui avait données et
pourquoi il avait laissé as-Samiri égarer les enfants d’Israël. Aaron
expliqua que le peuple ne l’avait point écouté et avait même menacé de le
tuer. Il supplia Moïse de ne point laisser les idolâtres introduire la division
entre eux. Aaron n’était pas aussi fort et solide que son frère et il avait
craint perdre tout contrôle sur les enfants d’Israël; c’est pourquoi il avait
préféré attendre le retour de Moïse.
« Et lorsque Moïse dit à son peuple : « Ô mon peuple ! Vous vous
êtes fait du tort à vous-mêmes en choisissant le veau (pour idole).
Revenez donc repentants vers votre Créateur et tuez les coupables
parmi vous ; cela sera meilleur pour vous auprès de votre Créateur ».
Puis, Il accepta votre repentir. Certes, c’est Lui le Pardonneur, le
Miséricordieux. » (Coran 2:54)
Puis, Moïse choisit 70 hommes parmi les plus pieux et les plus âgés des
enfants d’Israël. Formant une délégation avec eux, il retourna au Mont
Tour afin que tous puissent se repentir de leurs péchés. Sur place, alors
que Moïse s’entretenait avec Dieu entouré d’un nuage à basse altitude, ils
l’attendirent en retrait. Lorsque Moïse revint vers eux, plutôt que de se
montrer repentants, les 70 hommes dirent à Moïse qu’ils ne croiraient pas
vraiment en lui avant d’avoir vu Dieu de leurs propres yeux.
Alors la terre se mit à trembler, les 70 hommes furent frappés d’un éclair et
tombèrent raides morts. Moïse demeura sans voix. Et il se demanda
immédiatement ce qu’il allait bien pouvoir dire aux enfants d’Israël. Ces
soixante-dix hommes étaient parmi les meilleurs d’entre eux et Moïse
sentait maintenant qu’il n’y avait plus aucun espoir pour les enfants
d’Israël. Il se tourna vers Dieu.
FOOTNOTES:
[1]Sahih Al-Boukhari
219
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Les croyances de l'islam
Histoires des prophètes
L’histoire de Moïse (partie 12 de 12) : Leçons à tirer de la vie de Moïse
Évaluation:
A-AA+
219
« Dans leur histoire se trouve certes une leçon pour les gens doués
d’intelligence. (Ce Coran) n’est point une histoire inventée, mais
plutôt une confirmation des (Écritures) qui existaient avant lui, un
exposé détaillé de toute chose, un guide et une miséricorde pour les
gens qui croient. » (Coran 12: 111)
À travers cette série d’articles, nous avons pu constater la très grande force
de caractère de Moïse et sa capacité à persévérer et à se montrer patient,
même dans les circonstances les plus difficiles. Moïse a suivi les
commandements de Dieu avec bravoure et détermination et, surtout, avec
une grande sincérité. Peu importe ce que Moïse faisait, il le faisait dans le
but de plaire à Dieu. Quand la détermination est conjuguée à la sincérité,
chez une personne, celle-ci possède habituellement un caractère
extraordinaire.
Durant les années au cours desquelles les enfants d’Israël errèrent dans le
désert, incapables d’atteindre la Terre Promise, Moïse passa une partie de
son temps avec Khidr, un homme qui, selon la majorité des érudits
musulmans, était lui aussi prophète.
Ibn Kathir rapporte qu’un jour, quelqu’un demanda à Moïse : « Ô messager
de Dieu, y a-t-il, sur terre, un homme plus savant que toi? », ce à quoi
Moïse répondit : « Non! », croyant que puisque Dieu lui avait permis
d’accomplir des miracles et lui avait donné la Torah, il devait certainement
être l’homme le plus savant de son époque. Ce n’était pourtant pas le cas.
Sa rencontre avec Khidr nous apprend que nul ne peut posséder toutes les
connaissances accessibles et que même si nous nous croyons sages et
instruits, le besoin et la nécessité d’acquérir de nouvelles connaissances ne
cessent jamais. Lorsqu’on parla de Khidr à Moïse, celui-ci demanda à le
rencontrer.
Dieu ordonna à Moïse de mettre un poisson vivant dans un seau et Il lui dit
que lorsque le poisson disparaîtrait du seau (i.e. qu’il s’échapperait), il
trouverait l’homme qu’il cherchait. Alors Moïse se mit en chemin,
accompagné d’un jeune homme qui portait le seau avec le poisson. À un
certain moment, ils arrivèrent au confluent de deux rivières et décidèrent de
faire une halte; Moïse tomba presque immédiatement endormi. Tandis qu’il
dormait, son compagnon vit le poisson sortir du seau et sauter dans l’eau.
Pourtant, il oublia d’en informer Moïse lorsque celui-ci se réveilla.
Une fois reposés, ils poursuivirent leur chemin jusqu’à ce qu’ils soient
éreintés et affamés. Moïse demanda à manger et c’est à ce moment que
son compagnon se souvint du poisson qui était sorti du seau. Entendant
cela, Moïse s’écria : « C’est exactement ce que nous attendions! » Ils
reprirent rapidement le chemin en sens inverse, revenant sur leurs pas
jusqu’au confluent des deux rivières.
Quand Moïse, donc, réalisa qu’il avait pris la mauvaise direction, il revint
immédiatement sur ses pas. Il ne s’obstina pas par orgueil, dans le but de
montrer qu’il avait raison; il reconnut son erreur et modifia son parcours.
Dans cette vie, nous sommes nombreux à choisir une mauvaise voie, à un
moment ou un autre, mais nous hésitons à le reconnaître ou sommes trop
embarrassés pour nous retourner et prendre une autre voie. Il y a de
grandes leçons à retenir de l’histoire de Moïse. Changer de voie n’est pas
une défaite, mais plutôt une victoire.
Moïse, donc, finit par rencontrer Khidr. Il s’agissait d’une rencontre prévue
pour apporter un certain savoir à Moïse. Cette histoire captivante relatant
la rencontre entre Moïse et Khidr se trouve dans la sourate 18 du Coran,
intitulée « La grotte ».
L’histoire de Moïse et de Khidr nous rappelle que Dieu est vraiment le plus
Sage. La fragile vie humaine peut certes être parsemée de joies et de
moments de pur bonheur, mais elle est aussi parsemée d’embûches, de
tragédies et de calamités qui, à première vue, peuvent sembler insensées.
En tant que croyants, nous devons croire et accepter que tout ce que
décrète Dieu, c’est par Son absolue Sagesse.
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Plan :
Les Études sur la Parole de J. N. D. et les commentaires de C. H. M., sur l’Exode et les
Nombres, permettront d’approfondir cette esquisse de la vie de Moïse. Avant tout, on lira
soigneusement au préalable les passages de la Parole indiqués en tête de chaque chapitre.
1 - Enfance, jeunesse, appel
1.1 - La foi des parents
(Hébr. 11:23 ; Actes 7:20 à 22 ; Ex. 2:1 à 10)
Amram et Jokébed, les parents de Moïse, étaient, d’après Exode 6:18 à 20, de la tribu de
Lévi, de la famille des Kehathites, famille qui, dans l’avenir, devait avoir une fonction si
importante en rapport avec le tabernacle.
Trois enfants sont mentionnés dans la Parole : Marie, qui pouvait avoir dix à treize ans à la
naissance de Moïse ; Aaron de trois ans son aîné (Ex. 7:7) ; Moïse.
Peu avant la naissance de ce nouvel enfant, avait paru l’édit du Pharaon : les Israélites
devaient jeter au fleuve tout enfant mâle, les filles seules pourraient survivre. Combien
Jokébed a dû être exercée, pendant les longs mois d’attente avant la naissance du bébé
espéré ! Serait-ce une fille qu’elle pourrait conserver… ? L’enfant naquit : c’était un fils, mais
pas un garçon comme les autres. La foi des parents discerne en lui une beauté particulière.
Actes 7:20 relève qu’il était divinement beau (littéralement beau à Dieu) ; Hébreux 11:23
souligne expressément que, parce que l’enfant était beau, les parents le cachent.
Il n’y avait pas de place dans ce monde pour celui que Dieu avait marqué dès sa naissance
comme lui appartenant d’une façon particulière. Il n’y aura pas de place à Bethléem pour
l’enfant Jésus ; le roi Hérode cherchera à le massacrer, comme le Pharaon avait voulu détruire
le petit Moïse. Aujourd’hui comme alors, la foi s’attache à Celui que le monde méprise, qui,
pour elle, est « plus beau que les fils des hommes ».
Pendant trois mois, les parents, ne craignant pas l’ordonnance du roi, firent tout pour
cacher l’enfant. Le moment vint où ce ne fut plus possible. Avec quels soins, la mère prépare
le coffret, l’enduit de bitume et de poix, et le dépose parmi les roseaux du Nil, sous la
surveillance de Marie.
Pendant quelques années, les enfants de parents chrétiens sont tout particulièrement sous
l’influence de leur mère, qui les entoure de protection et de soins. Puis vient un moment où il
faut « exposer » l’enfant au milieu extérieur. Il va à l’école, il a des contacts avec ses
camarades et ses petits voisins. Sachant bien qu’elle ne peut garder toujours son trésor auprès
d’elle, une mère chrétienne veillera pourtant que dans cette nouvelle période, toutes les
précautions possibles soient prises, afin qu’il ne soit pas inutilement exposé à des influences
mauvaises. Par-dessus tout, elle aura la foi de le remettre aux soins du Seigneur, qui est
capable de le garder.
Comme il fut merveilleusement répondu à la confiance des parents de Moïse ! La main de
Dieu se montre dans tous les détails : choix de l’endroit et de l’heure où la fille du Pharaon
vient se baigner, compassion dont elle est émue, présence d’esprit de Marie, bienveillance de
la princesse qui remet l’enfant à sa mère pour les premières années de sa vie.
Au foyer maternel, Moïse va rester sous l’éducation de ses parents. « L’enfant grandit ».
Plus tard, il sera au palais royal : la fille du Pharaon l’élève pour elle (Actes 7:29). Moïse,
instruit « dans toute la sagesse des Égyptiens » (Actes 7:22), devient puissant dans ses paroles
et dans ses actions (Jésus était puissant en œuvre et en parole, en Luc 24:19 et Actes 1:1 !) ; il
connaît les délices de l’Égypte.
Laquelle des deux éducations prévaudra ? Celle des quelques années passées à la maison
paternelle, où sans doute Amram (« le Dieu de ton père », Ex. 3:6) et Jokébed, n’auront pas
manqué de parler à Moïse de l’Éternel, et de ses promesses à son peuple ; ou bien celle de la
cour, qui, pendant tant d’années, aurait pu effacer jusqu’au souvenir de ce que Moïse avait
entendu à la maison ?
N’est-ce pas un problème terriblement actuel ? Les parents chrétiens cherchent à élever
leurs enfants pour le Seigneur. Ils les instruisent dans la Parole de Dieu. Les jeunes en
reçoivent l’enseignement aussi à l’école du dimanche, dans le rassemblement, et à des
occasions particulières. D’autre part, l’influence des études, de l’apprentissage, de la
formation professionnelle se fait sentir inévitablement. Cette dernière voilera dans le cœur
d’un jeune ce qui a été reçu dans la maison paternelle, s’il n’y a pas une foi personnelle et
vivante au Seigneur Jésus. Le cas de Joas montre bien que « la foi d’éducation » s’évanouit,
lorsque les influences qui l’ont entretenue s’effacent.
Lorsqu’il fut parvenu à l’âge de quarante ans, il vint au cœur de Moïse de visiter ses frères.
Il sortit vers eux, et vit leurs fardeaux. À la cour, il n’avait certes pas appris que ces Hébreux
méprisés étaient ses frères, encore moins que des promesses avaient été faites à leur égard
(Gen. 15:13). L’enseignement reçu de ses parents restait vivace dans son cœur.
Il semble bien qu’un jour de décision était arrivé. Il devait être officiellement appelé « fils
de la fille du Pharaon ». À cette occasion, Moïse « refuse » (Hébr. 11:24). La Parole ne nous
dit rien de la réaction de la princesse, mais nous pouvons bien penser qu’elle fut terrible, sans
parler de tout ce à quoi Moïse renonçait en fait de position honorable, avantages matériels,
richesses et « délices ».
Il y a des jours dans la vie où il faut savoir dire « non ». Joseph, en Genèse 39:10, en est
un exemple, dans un cas où, par la grâce de Dieu, il faut toute la décision du cœur attaché au
Seigneur pour refuser, s’en aller, rompre. Même si nous ne sommes jamais appelés à renoncer
à tout ce que refusa Moïse, il y aura certainement des circonstances où des avantages
matériels dans un monde souillé, devront être refusés, afin qu’ils ne fassent pas obstacle à la
communion avec le peuple de Dieu, même si cela signifie quelque renoncement.
Le côté négatif ne saurait suffire. Moïse « choisit ». Que choisit-il ? — « D’être dans
l’affliction avec le peuple de Dieu ». Sans qu’elles revêtent l’ampleur de la décision de Moïse,
bien des occasions nous seront offertes de choisir en faveur de ceux que le Seigneur aime.
Comme la Parole le dit, les « délices du péché », si réelles qu’elles puissent paraître, ne sont
que pour un temps, « mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement » (1 Jean
2:17). D’avoir lui-même renoncé et choisi, donnerait plus tard à Moïse l’autorité nécessaire
pour demander à d’autres, notamment à son peuple, de le faire aussi dans leur mesure.
Hébreux 11 soulève le voile du cœur de Moïse et nous donne le secret qui animait sa foi. Il ne
fit pas son choix par force de volonté ou par ascétisme, mais parce qu’il « estimait »
l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte. Le musée du Caire et
le tombeau de Toutankhamon prouvent que ces richesses n’étaient pas peu de chose. Mais ce
qui (en figure, sans doute) se rattachait à Christ, avait, pour le cœur de Moïse, plus de valeur
que tout le reste : c’était un plus grand trésor !
Ses frères allaient sûrement admirer l’abnégation de Moïse et son dévouement à leur
cause : « Il croyait que ses frères comprendraient que Dieu leur donnerait la délivrance par sa
main » (Actes 7:25). Quelle déception terrible fut la sienne ! « Ils ne le comprirent point », et
l’Israélite qu’il reprenait parce qu’il faisait tort à son frère « le repoussa ». À quoi bon avoir
« refusé », avoir « choisi », avoir « estimé », pour en arriver là !
Craignant le Pharaon, Moïse s’enfuit à Madian. Il s’assied auprès d’un puits ; les
réflexions les plus amères devaient envahir son esprit, mais il ne s’abandonne pas : témoin des
vexations auxquelles sont en butte les filles de Rehuel, il ne se morfond pas sur sa propre
douleur, mais leur vient en aide, et conserve son caractère de libérateur et de serviteur.
Comment tout cela fut-il possible ? Hébreux 11:26 nous en donne le secret : « Il regardait
à la rémunération ». Ses regards n’étaient pas portés sur l’avenir immédiat, sur les avantages
qu’il allait perdre, l’affliction qui serait son lot ; même au puits de Madian, au plus profond de
la détresse, ses actes prouvent que dans son cœur, la foi subsistait. Il regardait plus loin, plus
haut. De fait, le chemin où il s’était engagé allait le conduire au chant de triomphe de la Mer
Rouge, aux révélations du Sinaï, à la gloire reflétée sur sa face, à l’intimité du Pisga, enfin à la
glorieuse apparition sur la montagne de la transfiguration.
Il est un autre côté des choses. En allant vers ses frères, il n’avait pas consulté l’Éternel ; le
moment de Dieu n’était pas encore venu, ni pour le peuple, ni pour lui-même. Il allait dans sa
force personnelle, qui n’excluait pas — au contraire — la crainte des hommes (« il regardait
çà et là » Ex. 2:12). Maintenant, dans le calme, à l’écart, seul avec Dieu, il serait formé
comme berger ; ainsi avant lui l’avaient été Jacob et Joseph, ainsi plus tard le sera David. Sa
foi était réelle et profonde, mais il lui fallait l’école de Dieu.
« Le temps de la promesse que Dieu avait promise à Abraham approchait » (Actes 7:17).
Les années de formation silencieuse avaient forgé l’instrument ; le désert avait été pour Moïse
ce que la prison avait été pour Joseph, ce que le Kérith et Sarepta seront pour Elie, ou l’Arabie
pour Paul. Si Dieu permet dans notre vie de ces époques parfois incompréhensibles, où l’on
est arrêté dans son travail par la maladie ou d’autres circonstances, et mis à l’écart, n’importe-
t-il pas d’en profiter pour se nourrir particulièrement de la Parole, et apprendre à l’école de
Dieu ce que l’on n’aurait jamais appris dans la vie active et turbulente qui est notre lot
courant ? On peut perdre de telles périodes, s’y morfondre ou s’y disperser. Mises à profit,
elles seront à la base d’un service béni pour le peuple de Dieu.
Dieu va maintenant se révéler à Moïse et l’appeler pour le service en vue duquel, depuis sa
naissance, il le préparait. Moment extraordinaire, souvent unique dans la vie, où l’âme ressent
d’une façon toute particulière la présence de son Dieu, la sainteté qui s’y rattache, et entend
clairement Sa voix. Vision qui va marquer toute l’existence ultérieure, et la rendre ou
fructueuse ou stérile, suivant que l’on obéira ou non.
« Maintenant, viens, et je t’enverrai » (Ex. 3:10). Le moment de Dieu est arrivé. Autrefois,
Moïse voulait partir sans attendre l’heure divine. Maintenant, il va hésiter. Dieu ne dit pas
« va », mais « viens ». C’est avec lui, en sa compagnie, dans sa communion que Moïse est
envoyé. Mais Moïse n’est pas disposé à répondre. Il élève devant Dieu quatre objections
successives.
« Qui suis-je, moi ? » (v. 11) Je ne suis pas capable, je ne suis pas préparé, je ne saurai pas
comment faire… Que d’excuses semblables sont montées, à travers les âges, au cœur de ceux
que Dieu appelait ! — « Parce que je serai avec toi » est la réponse péremptoire et claire, qui
devrait suffire à tous les serviteurs. Un Gédéon, un Jérémie, les apôtres aux pieds de leur
Seigneur ressuscité, Paul en prison, et combien d’autres, l’ont entendue, et ont fait
l’expérience heureuse de la valeur de la présence divine dans le chemin.
Mais pour Moïse cette promesse ne suffisait pas. Une autre objection s’élève : les fils
d’Israël me diront : « Quel est son nom ? » Que leur dirai-je ? Dieu, plein de condescendance,
se révèle alors comme Celui qui est : « Je suis celui qui suis ». Celui qui, avant le temps, dans
le temps, et après le temps, demeure, la Parole qui « au commencement était auprès de Dieu »,
Jésus Christ le même, hier et aujourd’hui et éternellement.
Toutes les instructions nécessaires sont données à Moïse ; cela ne suffit pas encore. Il
allègue : « Mais voici, ils ne me croiront pas » (Ex. 4:1). Dieu lui donne alors trois signes qui
devront accréditer sa mission : la verge transformée en serpent, que Moïse peut saisir par la
queue pour illustrer le pouvoir que Dieu est capable de donner à son instrument, face à la
puissance de l’ennemi ; la main devenue lépreuse une fois mise dans le sein, ensuite purifiée,
montrant que Dieu seul peut guérir le lépreux et purifier le pécheur, l’eau du Nil — source de
vie pour les Égyptiens — changée en sang, preuve que le jugement va atteindre ce peuple
rebelle.
Mais Moïse n’est pas encore disposé à partir : « Ah, Seigneur ! Je ne suis pas un homme
éloquent, ni d’hier, ni d’avant-hier, ni depuis que tu parles à ton serviteur ». (Ex. 4:10) Au
sortir de la cour du Pharaon, Moïse était puissant en parole ; les années du désert lui avaient
appris le peu de valeur de cette facilité naturelle d’éloquence. L’Éternel lui dit : « Va et je
serai avec ta bouche, et je t’enseignerai ce que tu diras ».
Encore une fois, Moïse objecte, quoique moins vivement (v. 13). Contraint par la colère de
l’Éternel, pour finir, il cède, s’en va, demande à son beau-père la permission de retourner en
Égypte, et se prépare pour le voyage.
Il semble pourtant qu’en Madian, il traîne. Il faut une fois de plus que l’Éternel le rappelle
à l’ordre (Ex. 4:19) et lui dise : « Va, retourne en Égypte ». En chemin encore, des
instructions sont données. Il restait un obstacle, secret, profond, un péché véniel peut-être,
mais Dieu ne peut rien laisser passer chez son serviteur quand sa Parole est claire. Par
concession aux Madianites, à Séphora probablement, Moïse n’avait pas circoncis son fils.
Dans la poussière et le brouhaha du caravansérail grouillant d’animaux, Moïse tombe
gravement malade, et s’en va mourir. Séphora y voit avec raison le jugement de Dieu, et
s’empresse d’accomplir le rite de la circoncision, négligé jusque-là. Moïse est restauré dans
son âme et dans sa santé. Il s’en va à la rencontre d’Aaron pour ensemble accomplir l’œuvre
pour laquelle l’Éternel les envoie. Selon toutes probabilités, Séphora se retire chez son père et
rejoindra Moïse à la montagne de Dieu (Ex. 18:5).
Que serait-il advenu de Moïse s’il n’avait pas obéi au jour suprême de sa vie ? Il serait
sans doute resté en Madian, berger obscur dont nous n’aurions jamais entendu parler. Le
peuple serait demeuré esclave en Égypte, ou plutôt, Dieu se serait servi d’un autre instrument
pour le délivrer.
Contraint par le fidèle appel divin, Moïse a répondu. À travers les années, il a grandi dans
l’intimité de Celui qu’il avait appris à connaître comme le Dieu de grâce, lorsqu’il lui était
apparu « dans le buisson » (Deut. 33:16).
2 - En Égypte — le libérateur
(Ex. 5-12 ; Actes 7:35-36 ; Hébr. 11:27-28)
2.1 - Echecs
Au buisson, Moïse avait d’emblée reçu une mission parfaitement claire : « Tu feras sortir
hors d’Égypte mon peuple » (Ex. 3:10). Dans la suite de l’entretien, l’Éternel ne lui avait pas
caché les obstacles qu’il rencontrerait : « Je sais que le roi d’Égypte ne vous permettra pas de
vous en aller, pas même contraint par main forte. Et j’étendrai ma main, et je frapperai
l’Égypte par toutes mes merveilles que je ferai au milieu d’elle ; et après cela il vous
renverra » (Ex. 3:19-20). En Madian, Dieu avait même fait comprendre à Moïse que la
résistance du Pharaon serait terrible, obligeant l’Éternel à recourir à cette extrémité : « Voici
je tuerai ton fils, ton premier-né ».
Arrivés en Égypte, Moïse et Aaron réunissent les anciens d’Israël ; ceux-ci accueillent
favorablement le message, s’inclinent et se prosternent (Ex. 4:29-31).
Tout encouragés, Moïse et Aaron vont se présenter au Pharaon, et lui demandent de laisser
aller le peuple pour célébrer une fête à l’Éternel, dans le désert. L’insolence du Pharaon rabat
bien vite leur courage. Ils essayent d’insinuer encore : « Le Dieu des Hébreux s’est rencontré
avec nous. Nous te prions, laisse-nous aller le chemin de trois jours dans le désert… » (Ex.
5:3). La rebuffade royale est catégorique : « Pourquoi détournez-vous le peuple de son
ouvrage ? Allez à vos corvées ».
Au lieu d’alléger le fardeau du peuple, cette première entrevue n’a fait que l’aggraver. Une
partie des Israélites doit se répandre dans le pays pour chercher la paille nécessaire à la
confection des briques, et, comme la même quantité de briques est requise chaque jour, un
nombre moindre de personnes doivent travailler d’autant plus pour y [Link]
commissaires du peuple essayent de se plaindre directement au Pharaon, passant par-dessus la
tête de Moïse et d’Aaron, mais sans autre résultat que de faire empirer la situation.
On comprend la détresse de Moïse à cette heure, une des plus sombres de sa vie. L’Éternel
n’a pas du tout délivré son peuple par son moyen ; au contraire, ce peuple est plus opprimé
que jamais ; et ceux que Moïse désirait tant servir l’accablent de reproches. Que faire ?
Renoncer encore une fois, retourner en Madian, en abandonnant ses frères à leur sort ? Moïse
est au bout de ses ressources. Malgré tout, sa foi tient ferme (Hébr. 11:27). Dans sa profonde
détresse, il « retourne vers l’Éternel » (v. 22) et répand devant lui son malheur. Comme tant
de fois dans la suite, il va faire l’expérience de la grâce de son Seigneur, qui ne lui fait aucun
reproche, mais, au contraire, se révèle davantage à lui.
N’y a-t-il pas là, pour chacun de nous, une grande leçon dans les malheurs, les déceptions,
les épreuves de la vie ? On avait beaucoup travaillé pour réussir un examen… voilà l’échec.
On a soigné avec amour une personne aimée… le Seigneur la reprend quand même. On a
cherché à être utile à une âme pour l’amener à Christ et, semble-t-il, Satan la retient d’autant
plus fermement dans ses chaînes. Que faire ? Non pas céder à la dépression, non pas renoncer
à tout, mais répandre devant Dieu sa plainte, comme le psalmiste, et compter sur Sa grâce. Il
ne manquera pas de se révéler davantage à l’âme qui le cherche, et à faire l’issue.
Au début de la Genèse, Dieu se fait connaître comme le Créateur, Elohim, la déité dans le
sens absolu. Avec les patriarches, il prend essentiellement le nom de Tout-Puissant, celui qui
répond à tous les besoins des pèlerins de la foi, étrangers sur la terre. À Moïse, à cette heure
décisive, il se révèle comme l’Éternel (Jéhovah, ou Jahveh), le Dieu de l’alliance, dont tout
l’intérêt se porte sur son peuple, le Dieu qui ne change pas et agit dans le temps selon ce qu’il
est lui-même, et non selon les mérites de ceux en faveur desquels il opère (Ex. 6:2-8).
Ayant retrouvé l’assurance de sa mission, Moïse retourne vers les fils d’Israël, mais ils ne
l’écoutent pas, à cause de leur dure servitude. L’Éternel n’attend pas une nouvelle
supplication de son serviteur ; d’emblée il fortifie sa foi, en lui enjoignant d’entrer et de parler
au roi. Moïse objecte à nouveau : les fils d’Israël ne m’ont point écouté, comment le Pharaon
m’écoutera-t-il ? Alors l’Éternel donne à Moïse et Aaron des ordres pour les fils d’Israël, et
pour le Pharaon, de faire sortir le peuple du pays d’Égypte (Ex. 6:10-13 ; 7:1-5).
Pleinement confiants dans les promesses de Dieu, « tenant ferme comme voyant Celui qui
est invisible », Moïse et Aaron se présentent alors devant le monarque. Tout au long des récits
des plaies qui s’abattent sur l’Égypte, nous les voyons croître en hardiesse et en autorité,
fortifiés dans la foi par tout le déploiement de puissance de leur Dieu. De plus en plus, Moïse
prend de l’ascendant, conscient de parler au nom de l’Éternel, qui déploie « sa main forte et
son bras étendu » en faveur de son peuple.
Signes pour le peuple de Dieu, plaies pour les Égyptiens, les jugements de l’Éternel
s’abattent sur le pays. Sept fois le Pharaon endurcit son cœur (nous vous laissons le soin de
chercher les passages !), et sept fois l’Éternel endurcit le cœur du Pharaon.
Lorsque celui-ci commence à céder un peu, il propose à Moïse, afin que l’Éternel retire les
mouches venimeuses du pays, d’aller et sacrifier à leur Dieu « dans le pays ». Immédiatement
Moïse répond : « Il n’est pas convenable de faire ainsi ; car nous sacrifierions à l’Éternel notre
Dieu, l’abomination des Égyptiens… Nous irons le chemin de trois jours dans le désert, et
nous sacrifierons à l’Éternel » (Ex. 8:26-27). Premier piège de Satan : il voudrait que le culte
à l’Éternel se célèbre dans le monde, mêlé au monde. Comme il a bien su depuis lors réaliser
un tel état de choses : dans maintes congrégations chrétiennes, dans les plus importantes peut-
être, ne voit-on pas croyants et incrédules se mélanger dans le même « service divin », sans
parler des conducteurs dont certains n’ont plus foi en la Parole de Dieu, ni en l’œuvre
rédemptrice de la croix. Pour adorer vraiment le Seigneur, il faut une nette séparation du
monde, « le chemin de trois jours dans le désert », allusion à la mort et à la résurrection du
Seigneur Jésus.
Harassé par les jugements successifs qui dévastent son pays, le Pharaon est un peu plus
tard prêt à céder davantage. Il fait revenir Moïse et Aaron, et leur pose la question précise :
« Qui sont ceux qui iront ? » Moïse déclare : « Nous irons avec nos jeunes gens et avec nos
vieillards, nous irons avec nos fils et avec nos filles, avec notre menu bétail et avec notre gros
bétail ». (Ex. 10:8-9)
Mais le Pharaon ne l’entend pas de cette oreille et propose un nouveau piège aux
serviteurs de Dieu : « Allez donc, vous les hommes faits, et servez l’Éternel ». Dans certains
pays, aujourd’hui, il n’est permis aux jeunes d’assister à un culte chrétien qu’à partir de dix-
huit ans ; dans d’autres on ne peut parler de l’Évangile qu’à ceux qui ont dépassé vingt ans.
Que d’efforts l’ennemi ne fait-il pas, même parmi nous, pour induire des parents à ne pas
prendre leurs enfants avec eux au culte, ou trouver trop fatigant qu’ils fréquentent l’école du
dimanche, ou les rencontres qui leur sont spécialement destinées. La tactique de l’ennemi n’a
pas changé : il sait très bien que la jeunesse est l’âge favorable pour se tourner vers le
Seigneur, et que toute la vie peut être ainsi orientée vers Lui et vécue pour Lui.
Devant le refus catégorique de Moïse, et pour échapper aux trois jours de ténèbres, le
Pharaon a encore une autre « solution » de son imagination : « Allez, servez l’Éternel ;
seulement que votre menu et votre gros bétail restent ; vos petits enfants aussi iront avec
vous » (Ex. 10:24). Moïse sait très bien que, si les troupeaux restent en arrière, le cœur du
peuple sera attiré de nouveau en Égypte. « Tu nous donneras aussi dans nos mains des
sacrifices et des holocaustes, et nous les offrirons à l’Éternel notre Dieu ; nos troupeaux aussi
iront avec nous ; il n’en restera pas un ongle ». Veillons à ne pas mettre notre cœur aux biens
matériels que Dieu a pu nous confier : ils deviendraient une entrave au culte que le Seigneur
attend de nous. Comme nous le voyons en Luc 16, les « richesses injustes » sont une
administration qui nous est confiée, et non un trésor auquel notre cœur s’attacherait. Il
convient qu’elles soient, en tout temps, à la disposition du Seigneur, pour en user selon qu’Il
le montrera.
Moïse avait d’autant plus d’autorité pour engager le peuple à mettre à la disposition de
l’Éternel tout ce qu’ils avaient, que lui-même avait, en son temps, refusé les richesses de
l’Égypte et choisi l’opprobre du Christ.
2.3 - La Pâque
(Ex. 12:1-28 ; Hébr. 11:28)
L’épître aux Hébreux souligne que « par la foi » Moïse a fait la Pâque. La foi des parents
avait été nécessaire pour cacher l’enfant, puis l’exposer sur le fleuve. À quarante ans, la foi de
Moïse avait été mise en évidence, par le choix qu’il avait fait. Elle venait de se déployer pour
« tenir ferme » en Égypte, malgré la colère du roi. Pourquoi fallait-il la foi pour la Pâque ? Le
Pharaon n’avait rien à y voir ; il ne s’agissait pas d’une foi vis-à-vis de l’adversaire, ou dans
des circonstances difficiles ; c’était pourtant toujours la même foi. Il n’était pas question de
rencontrer l’ennemi, mais Dieu en jugement. Pendant les neuf plaies précédentes, le peuple
restait spectateur, préservé dès la quatrième, dans le pays de Goshen. Maintenant, il doit agir,
et agir selon la Parole de l’Éternel à Moïse, avec la foi nécessaire en ce que Dieu a dit.
Le peuple était tout aussi coupable, même plus coupable, que les Égyptiens, parce que sa
responsabilité était plus grande. Quoique connaissant un peu l’Éternel, il se livrait à
l’idolâtrie, comme nous le voyons ailleurs, et avait largement abandonné son Dieu. Si l’ange
destructeur passait dans le pays pour y mettre à mort tout premier-né, pourquoi épargnerait-il
les Israélites ? La justice de Dieu ne fait pas acception de personnes.
Seul le sang d’une victime sans défaut, type d’un Autre qui viendrait plus tard, pouvait
mettre le peuple à l’abri du jugement. L’Éternel en fait la révélation à Moïse et à Aaron (v. 1-
20), qui à leur tour instruisent les anciens d’Israël. La foi de Moïse est communicative, « le
peuple s’incline et se prosterne, et fait comme l’Éternel l’avait commandé » (v. 27-28).
Ainsi en est-il dans l’Évangile. Jésus est « la propitiation pour nos péchés, et non pas
seulement pour les nôtres, mais aussi pour le monde entier » (1 Jean 2:2) : la valeur de son
œuvre devant Dieu permet à celui-ci d’étendre son pardon au monde entier. Mais d’autres
passages montrent tout aussi clairement que, si la valeur du sacrifice de Christ est suffisante
pour tout le monde, seuls ceux qui l’acceptent par la foi sont mis au bénéfice de cette œuvre.
En Romains 3, la justice de Dieu est manifestée… envers tous, et sur tous ceux qui croient ;
on est justifié « par la foi en son sang ». Dans Jean 3:16, Dieu a aimé le monde,
mais quiconque croit au Seigneur Jésus a la vie éternelle. En Jean 1, à ceux qui L’ont reçu, est
donné le droit d’être appelés enfants de Dieu. « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme
Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras
sauvé ». (Rom. 10:9) Acceptation et confession personnelles, individuelles, de la mort et de la
résurrection du Seigneur Jésus.
Le sang est mis à l’extérieur des portes, sur les poteaux et le linteau. La famille, réunie à
l’intérieur de la maison, mange l’agneau de Pâque, avec les pains sans levain et les herbes
amères. Ce n’est pas elle qui voit le sang et en apprécie la valeur. L’Éternel déclare
catégoriquement : « Je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous, et il n’y aura point de
plaie à destruction au milieu de vous ». (Ex. 12:13) Le pécheur repentant qui vient au
Seigneur Jésus ne peut apprécier la valeur de Son sang ; Dieu seul le fait ; à cause de ce sang,
Il pardonne et reçoit. L’âme reçoit pour vraie la Parole de Dieu, et fonde sa certitude sur ses
déclarations. Elle ne peut pas expliquer, mais elle sait, que « le sang de Jésus Christ, son Fils,
nous purifie de tout péché » (1 Jean 1:7).
Les mois en Israël étaient lunaires et commençaient à chaque nouvelle lune. La Pâque
ayant lieu le quatorzième jour du mois, les Israélites sont donc sortis d’Égypte par la pleine
lune. Le soir, ils ont mangé l’agneau, les reins ceints, prêts à partir. « Au milieu de la nuit,
l’Éternel frappa tout premier-né dans le pays d’Égypte… Et le Pharaon se leva de nuit, lui et
tous ses serviteurs, et toute l’Égypte ; et il y eut un grand cri en Égypte, car il n’y avait pas de
maison où il n’y eût un mort » (Ex. 12:29-30). On comprend le désarroi des Égyptiens,
chacun se précipitant hors de sa demeure pour annoncer la triste nouvelle à son voisin, et en
apprendre le même malheur. Le Pharaon en tête, les Égyptiens chassent Israël du pays. Le
peuple, selon les instructions de l’Éternel à Moïse, dépouille les Égyptiens de leurs objets
d’argent et d’or, salaire bien mérité pour toutes leurs années de labeur servile.
À travers la nuit, les colonnes s’ébranlent des diverses parties du pays de Goshen « selon
leurs armées », pour se rallier à Ramsès et à Succoth. Six cent mille hommes de pied avec
leurs familles, plus un amas de gens qui montent avec eux représentent un peuple de deux à
trois millions d’âmes, sans parler de tout le bétail qui les accompagne. Quel moment pour
Moïse ! À quarante ans, il avait souhaité donner à ses frères « la délivrance par sa main ».
Après toute la tension des plaies successives, le drame de cette nuit mémorable, une nouvelle
vie allait commencer. L’Éternel avait déployé sa puissance, il avait accompli sa promesse, et
dans l’âme de son serviteur montait sans doute une reconnaissance profonde. Face aux
problèmes qui l’attendaient, quelle responsabilité aussi pesait sur lui : conduire cette foule
nombreuse, à travers un désert qu’il connaissait d’expérience, jusqu’au pays promis. La tâche
immense que Dieu lui avait confiée ne faisait que commencer.
Le dernier verset du Psaume 77 nous dit : « Tu as conduit ton peuple comme un troupeau,
par la main de Moïse et d’Aaron ». Moïse prend bien, lors de la traversée de la Mer Rouge et
du désert, ce caractère de berger.
Le Psaume souligne : « Ta voie est dans la mer, et tes sentiers dans les grandes eaux » (v.
19). Telle fut l’expérience du peuple ; pour eux la voie de Dieu était incompréhensible, elle
passait à travers les grandes eaux, non seulement de la Mer Rouge, mais de tribulations
successives qui devaient éprouver leur foi. Mais le psalmiste ajoute : « O Dieu ! Ta voie est
dans le lieu saint » (v. 13). En effet ce que Dieu a en vue pour les siens est toujours devant lui,
parfaitement connu de sa sagesse et de son amour, même lorsque, pour nous, sa voie paraît
être dans les eaux profondes.
Pour l’instant, la nuée les conduit à se détourner, et à camper en un lieu aussi mal choisi
que possible du point de vue de la sécurité : entre la montagne et la mer, sans autre issue que
le chemin par lequel ils venaient de pénétrer dans cette sorte de cul-de-sac.
Peu d’heures s’écoulent, et cette unique issue est occupée par le Pharaon et ses troupes :
« Les fils d’Israël levèrent les yeux, et voici, les Égyptiens marchaient après eux » (Ex.
14:10).
La merveilleuse délivrance que Dieu a opérée par sa main, Moïse va-t-il la perdre
maintenant ? Rien ne semble l’émouvoir, sa foi est sûre : il tient ferme une fois de plus,
comme voyant Celui qui est invisible.
Il n’en est pas de même du peuple. Pleins d’une grande peur, ils crient à l’Éternel ; ils font
des reproches à Moïse et se rebellent (Ps. 106:7). La panique s’empare d’eux ; mieux vaudrait
servir les Égyptiens que périr dans le désert. Première crise dans les relations de Moïse et
d’Israël, prélude de tant d’autres.
L’ennemi ne laisse pas facilement échapper une âme. Même lorsqu’elle a mis sa confiance
dans le sang de Christ pour ôter ses péchés, Satan cherche à produire en elle le doute,
l’incertitude, des hauts et des bas quant au salut ; au lieu de se réjouir dans une délivrance
accomplie, elle est remplie de doutes et de craintes. Seule la Parole de Dieu peut donner la
certitude du salut. La rédemption est assurée par l’œuvre de Christ. Ce n’est pas notre affaire.
Lui l’a opérée. La certitude de notre salut découle, par la foi, des déclarations de la Parole de
Dieu. Nous sommes appelés à contempler « la délivrance de l’Éternel » et à nous tenir
tranquilles, nous reposant pleinement sur tant de passages de la Parole comme : « Il n’y a
maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » (Rom. 8:1) ; ou :
« Qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jean 3:36).
Dans un autre sens, les efforts de l’ennemi visent à retenir les âmes sauvées dans le
monde, et sous son emprise. Combien de vrais chrétiens, lavés dans le sang de Christ, restent
moralement enveloppés dans le monde, en Égypte. De fait, ils répondent à l’injonction du
Pharaon : « Sacrifiez à l’Éternel, votre Dieu, dans le pays ».
Mais Dieu veut avoir les siens vraiment pour lui. Dans la nuit et la tempête, un chemin
s’ouvre à travers la mer, dans lequel le peuple s’engage. Hébreux 11:29 précise bien : Par la
foi, ils traversèrent : la foi a marqué l’ensemble du peuple, tandis que dans les passages
précédents de ce chapitre aux Hébreux, la foi de Moïse seul est mise en évidence. Ce n’était
pas peu de chose de s’engager, en se fiant à la parole de l’Éternel par Moïse, entre ces deux
murs liquides, qui, à tout instant, pouvaient les recouvrir.
« Sur la veille du matin » l’Éternel met en désordre l’armée des Égyptiens ; quand le matin
luit, la mer reprend sa force ; les ennemis au milieu d’elle, sont engloutis. « Israël vit les
Égyptiens morts sur le rivage de la mer. Et Israël vit la grande puissance que l’Éternel avait
déployée… et ils crurent à l’Éternel, et à Moïse son serviteur ». Sur la rive de la Mer Rouge
un chant de louange s’élève de toutes les bouches, premier cantique de la Bible, car seuls les
rachetés conscients de leur délivrance peuvent chanter. Le psalmiste et les prophètes ne
cesseront de célébrer cet événement mémorable ; et le cantique des rachetés, qui a jailli de
milliers de bouches dans l’Exode, résonnera jusque dans l’Apocalypse, à l’adresse de
l’Agneau immolé, centre éternel de la louange de tous les siens.
Moïse connaissait le désert (Ex. 3:1), son aridité, sa chaleur, son étendue. Quelle
responsabilité d’y conduire tout un peuple et ses troupeaux !
D’emblée la foi nouvelle va être mise à l’épreuve. Ainsi souvent dans la vie du jeune
converti, Dieu permet qu’au bout de peu de temps, il soit mis en évidence si sa foi est réelle,
s’il va se confier en Dieu ou pas.
Un jour, deux jours, trois jours, se passent dans le désert, sans trouver d’eau. Enfin on
arrive à Mara, « mais ils ne pouvaient boire des eaux de Mara, car elles étaient amères ». Le
peuple murmure contre Moïse ; celui-ci crie à l’Éternel. « Et l’Éternel lui enseigna un bois, et
il le jeta dans les eaux, et les eaux devinrent douces ». Dans les types des livres de Moïse, le
bois nous parle généralement de l’humanité du Seigneur Jésus, de cette humanité parfaite
dans laquelle il a toujours fait la volonté de Dieu, jusqu’au moment suprême de Gethsémané
où il pouvait dire : « Ta volonté, et non la mienne ».
Si l’épreuve surgit sur la route, la première leçon à apprendre dans le chemin de la foi, est
de l’accepter comme venant de Dieu. Se soumettre à la volonté de Dieu qui veut notre bien ;
chercher quelle leçon les difficultés rencontrées nous enseignent. On a postulé une place et
l’on est éconduit ; un jeune père de famille consacre tous ses efforts à nourrir et à équiper son
nouveau foyer… la maladie l’arrête ; l’invitation tant attendue ne vient pas ; l’ami sur qui l’on
comptait vous déçoit. La foi s’élève alors au-dessus de l’amertume de la déception ; elle
trouve dans la parfaite sympathie du Seigneur Jésus, la possibilité d’accepter comme de la
main de Dieu ce qui est si amer sur son chemin.
À Mara, l’Éternel se révèle sous un nom nouveau : « l’Éternel qui te guérit » ; les eaux
deviennent douces, la guérison de l’Éternel restaure. Puis à Elim, on trouve le
rafraîchissement et la nourriture dont l’âme a besoin. Enfin, chaque matin, expérience
merveilleuse, la manne viendra pourvoir aux besoins du peuple.
Comme nous cherchons à saisir ce que la Parole nous dit de la personnalité de Moïse, de la
manière dont Dieu l’a formé et enseigné le long de sa course, nous ne pouvons entrer dans
tous les détails du désert, et nous laissons notamment de côté le chapitre concernant la manne.
Jusqu’ici tout avait réussi à Moïse. Le Pharaon insolent et hautain avait été abattu, la Mer
Rouge ouverte, la manne avait répondu aux besoins du peuple. Mais il fallait que le serviteur
de Dieu apprenne toujours à nouveau son impuissance.
Il va apprendre une leçon nouvelle : la présence même de Dieu suffit à tous les besoins des
siens « Voici je me tiens là devant toi sur le rocher ». « Le rocher était le Christ », nous dit 1
Corinthiens 10:4. Il doit être frappé par la verge de Moïse, la verge de l’autorité et du
jugement, pour que les eaux, le Saint Esprit, en coulent en abondance (Jean 7:39).
Moïse, personnellement attaqué, doit être personnellement honoré. Dans toute sa dignité, il
passe devant le peuple ; aux yeux des anciens d’Israël, l’eau jaillit du rocher, et tous peuvent
boire (v. 6).
3.3.2 - Amalek (v. 8-16)
Un autre obstacle surgit pendant la marche au désert : Amalek, que l’on considère être un
type de la chair en nous. Amalek s’attaquait particulièrement aux traînards, aux faibles, pour
les harceler dans le désert. Il faut donc combattre, mais comment ?
Moïse apprend une nouvelle leçon. Josué, type du Seigneur ressuscité et du Saint Esprit,
prend la tête du peuple pour le combat (la chair convoite contre l’Esprit et l’Esprit contre la
chair, nous dit Galates 5:17). Mais il ne suffisait pas du combat de Josué. Moïse monte sur le
sommet de la colline, la verge de Dieu dans sa main, et intercède pour le peuple. Il n’est pas là
précisément un type de Christ, mais plutôt de ceux qui s’approchent de Dieu par Lui, afin
d’intercéder, soit pour eux-mêmes, soit pour ses rachetés. Moïse est conscient de sa faiblesse.
Quand il levait la main, Israël avait le dessus ; quand il reposait sa main, Amalek avait le
dessus. Les mains de Moïse étaient pesantes. N’en est-il pas ainsi de nous, même si nous
avons compris que le seul remède à notre infirmité est de persévérer dans la prière ? Que de
faiblesses, que de relâchements, que de manque de constance souvent ! Aaron s’approche, et
Hur ; ils soutiennent les mains de Moïse. Ici, Aaron est le type de Christ, Sacrificateur
« toujours vivant pour intercéder » pour les siens.
Dans sa jeunesse, Moïse voulait combattre : il tue l’Égyptien. Maintenant, avancé en âge,
avec son frère et son compagnon, pour le peuple de Dieu, il prie.
La présence de Dieu, et la prière d’intercession, telles furent pour Moïse les grandes
leçons de Rephidim.
La première année de l’exode s’ouvre par la Pâque et la Mer Rouge, pour se continuer
avec les soins du désert : la manne, l’eau du rocher, la victoire sur Amalek, et recevoir au
Sinaï la loi, et les ordonnances qui s’y rattachent. Cette première année, dans sa signification
pour nous, concerne surtout la vie individuelle : rémission des péchés, rédemption, nourriture
personnelle de l’âme, marche avec le Seigneur.
La deuxième année (Ex. 40:1, 17) s’ouvre avec l’érection du tabernacle, puis la
consécration des sacrificateurs, les offrandes des princes, l’institution du service, l’ordre de
campement et de marche. Elle concerne plutôt la vie collective. Le croyant n’a pas été racheté
pour vivre et marcher seul, mais pour se retrouver avec ses frères : Christ est mort « pour
rassembler en un les enfants de Dieu dispersés ».
Le peuple effrayé se tient loin. Ils disent à Moïse : « Toi, parle avec nous, et nous
écouterons ; mais que Dieu ne parle point avec nous, de peur que nous ne mourions ».
L’assemblée d’Israël reste à distance, mais Moïse s’approche de l’obscurité profonde où Dieu
était.
À une autre occasion, soixante-dix des anciens d’Israël l’accompagnent sur la montagne
avec Aaron, Nadab et Abihu ; mais Moïse seul s’approche de l’Éternel. Eux ne vont pas plus
loin ; quant au peuple, ils ne doivent même pas toucher la montagne, encore moins y monter.
De la vision du Dieu d’Israël de la part des anciens, tout ce qui nous est rapporté est : « Sous
ses pieds, comme un ouvrage de saphir transparent et comme le ciel même en pureté ».
Moïse enfin gravit la montagne pour y entendre les communications divines. Six jours se
passent sur le Sinaï, en compagnie de Josué. Le septième jour, Moïse tout seul pénètre au
milieu de la nuée, et reste dans la présence de Dieu quarante jours et quarante nuits ; il y
reçoit les deux tables, les ordonnances, et les instructions relatives au tabernacle.
À trois reprises, lorsque Moïse rapporte au peuple les paroles de Dieu, ils répondent :
« Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons » (Ex. 19:8 ; 24:3, 7). Pourtant, d’aucune façon,
ils ne pouvaient accomplir la loi. « Car s’il avait été donné une loi qui eût le pouvoir de faire
vivre, la justice serait en réalité sur le principe de la loi » (Gal. 3:23). En s’engageant ainsi à la
légère à accomplir Ses commandements, le peuple ne connaissait vraiment ni Dieu, ni lui-
même. Alors, dira-t-on, à quoi bon la loi ? Question à laquelle répond l’apôtre dans les
Galates et dans les Romains : par la loi est la connaissance du péché (Rom. 7:7).
Un enfant promettra facilement d’être sage, d’obéir toujours à ses parents. Mais Dieu
permettra des cas précis, où le jeune constatera sa faute ; sa conscience sera touchée. Y aurait-
il de vraie conversion sans conviction de péché, au moins dans une mesure ? Ne faut-il pas
être amené au sentiment de la sainteté de Dieu et de son propre péché pour sentir que l’on est
perdu ? Quand le jeune Ésaïe entre au temple, en Ésaïe 6, et voit le Seigneur dans sa gloire, il
s’écrie : « Malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures, et
je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures » (Ésaïe 6:5). Pierre a pris Jésus dans sa
nacelle, sensible à l’honneur qui lui est fait. Mais lorsque, ayant mené la barque en pleine eau,
il constate la pêche miraculeuse et saisit que son passager n’est autre que Dieu lui-même, il se
jette aux genoux de Jésus, disant : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme
pécheur » (Luc 5:8).
L’idolâtrie dégrade l’homme, elle le conduit au désordre (v. 25), aux orgies et à la licence
(v. 6). Il suffit de lire Romains 1 pour s’en convaincre. Et rien n’est plus grave que d’associer
le nom de Dieu à l’idolâtrie.
Quelle va être l’attitude de Moïse devant une telle situation ?
Dans l’intercession que nous pouvons exercer pour nos frères, n’en est-il pas de même ?
Se rappeler la fidélité de Dieu, ses promesses, sa justice envers Christ (« il est fidèle et juste
pour nous pardonner nos péchés ») ; d’autre part, penser au témoignage que les chrétiens ont à
rendre devant le monde : « Si quelqu’un voit son frère pécher… il demandera pour lui ; et il
lui donnera la vie » (1 Jean 5:16).
Moïse charge les lévites de la terrible mission d’exterminer ceux qui apparemment
s’étaient plus spécialement voués à l’idolâtrie, même s’ils étaient leurs frères, leurs
compagnons, leurs intimes amis. Trois mille hommes tombent ainsi frappés, contraste avec le
premier jour où l’Évangile sera annoncé, quand trois mille âmes seront amenées au Seigneur
(Actes 2).
4.2.3 - Le lendemain
Le lendemain, l’excitation et la colère se sont calmées. Moïse va-t-il dire : hier je me suis
fâché, mais le mal n’était pas si grave ? Tout au contraire ; avec une peine profonde, il
réaffirme : « Vous avez commis un grand péché ». Dans son for intérieur, il a médité ; il va
monter vers l’Éternel, et déclare : « Peut-être ferai-je propitiation pour votre péché » (v. 30). Il
ne révèle pas quel moyen il va employer ; il n’est pas même sûr que ce moyen réussira.
Devant l’Éternel, Moïse, accablé de douleur, reconnaît que le peuple a commis une grande
faute. Il ajoute : « Et maintenant, si tu pardonnes leur péché… », sans pouvoir terminer sa
phrase ; car il sait bien que Dieu ne peut pardonner sans que propitiation soit faite. Aussi va-t-
il ajouter ce qu’il a conçu en secret : « Efface-moi, je te prie, de ton livre que tu as écrit ». Il
s’offre lui-même en propitiation pour le peuple. Mais il n’a pas appris ce que le psalmiste
déclarera plus tard : « Un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à
Dieu sa rançon » (Ps. 49:7).
Pourtant l’Éternel pardonne quand même ! Il ne peut accepter que Moïse paie pour le
peuple : « Celui qui aura péché contre moi, je l’effacerai de mon livre ». S’il supporte le
péché, c’est parce qu’il a en vue la venue d’un Autre, qui s’offrira lui-même en sacrifice ; Il
sera présenté comme propitiatoire, afin que Dieu soit juste et justifie celui qui est de la foi de
Jésus (Rom. 3:24-26). Les « péchés précédents », ceux du peuple, ceux commis durant tout le
cours de l’Ancien Testament, ont pu être « supportés » en toute justice, en vue de la Victime
parfaite qui serait manifestée au temps propre.
Ainsi Dieu sera juste en pardonnant. Il sera fidèle à ses promesses (Ex. 33:1) ; sa gloire
sera maintenue vis-à-vis des Égyptiens ; mais dans son gouvernement, il devra quand même
châtier les siens ; il retire du milieu d’eux sa présence (Ex. 33:3).
Que faire dans une telle situation ? Le camp avait été livré au désordre. La présence de
Dieu s’en retirait. Pourtant Moïse venait de recevoir sur la montagne, les instructions pour
construire le tabernacle ; la demeure de Dieu occuperait la place centrale, et tout autour
camperaient les tribus.
Moïse sent bien que ce n’est plus possible, vu le désordre dans lequel le peuple se trouve.
Faudra-t-il renoncer à toute manifestation de la présence divine pour ceux qui craignent
l’Éternel ? Moïse prend alors une tente et la tend pour lui hors du camp, loin du camp, et
l’appelle la tente d’assignation. Tous ceux qui cherchaient l’Éternel, sortent vers la tente.
Lorsque Moïse lui-même s’y rendait, le peuple se tenait chacun à l’entrée de sa tente, et
suivait des yeux Moïse jusqu’à ce qu’il y pénètre (v. 7-8). Il y avait donc deux catégories de
personnes : Ceux qui cherchaient l’Éternel et sortaient vers la tente ; les autres qui,
simplement depuis l’entrée de leur propre tente, regardaient de loin.
N’avons-nous pas une instruction similaire en Hébreux 13 : « Sortons vers Lui, hors du
camp, portant son opprobre ». La chrétienté ressemble à maints égards au camp d’Israël, à
cause de tous les mélanges et les erreurs qui l’ont envahie ; il est possible, aujourd’hui aussi,
de sortir hors du camp, et, réalisant 2 Timothée 2:19-22, de se réunir simplement au nom du
Seigneur Jésus, comptant sur sa promesse que « là où deux ou trois sont assemblés en mon
nom, je suis là au milieu d’eux ». Comme alors, tous ne suivent pas ; seul un « résidu » se
retrouve autour du Seigneur, mais il peut compter sur la promesse de Sa présence.
« Il arriva que, comme Moïse entrait dans la tente, la colonne de nuée descendit, et se tint
à l’entrée de la tente, et l’Éternel parla avec Moïse ». Tout le peuple peut reconnaître que la
présence de Dieu se manifeste là, et non plus au milieu du camp. Le fidèle serviteur trouve
lui-même une communion comme il n’en avait jamais connu : l’Éternel parle avec lui « face à
face, comme un homme parle avec son ami ».
Moïse intercède alors sur un nouveau principe, celui de la grâce. Conscient qu’il est lui-
même l’objet de la faveur de Dieu, il supplie l’Éternel d’étendre cette grâce à tout le peuple. Il
reçoit la merveilleuse réponse : « Ma face ira, et je te donnerai du repos ». Mais cela ne
saurait suffire. Si Moïse a trouvé grâce aux yeux de l’Éternel, il insiste pour que Dieu marche
avec lui et avec son peuple. Enfin l’Éternel se rend à sa prière : « Je ferai cela aussi dont tu as
parlé ; car tu as trouvé grâce à mes yeux » (v. 17).
Placé dans la fente du rocher, seul dans le sanctuaire de la présence divine, Moïse a une
révélation nouvelle du Dieu qu’il a si fidèlement suivi jusque-là. Au buisson, il a appris à le
connaître comme celui qui est et ne change pas : Je suis celui qui suis. En Égypte, Dieu s’est
révélé à lui comme l’Éternel Jéhovah, le Dieu de l’alliance. Au Sinaï, il a reçu la loi du Dieu
juste et saint. Mais dans la fente du rocher, il apprend à connaître la nature même de Celui qui
est amour : « L’Éternel, l’Éternel ! Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et
grand en bonté et en vérité, gardant la bonté envers des milliers de générations, pardonnant
l’iniquité, la transgression et le péché » (Ex. 34:6-7). Dans le secret du temple, le jeune Ésaïe
apprendra à connaître la grâce qui ôte son iniquité et fait propitiation pour son péché. Dans la
vision à Horeb, Elie entendra la Voix douce et subtile qui touchera son cœur. Dans le temple
de Jérusalem, Paul verra Celui qui l’envoie au loin vers les nations. Et dans la lumière du
matin de la résurrection, seule dans le jardin de Joseph d’Arimathée, Marie de Magdala se
trouvera aux pieds de son Seigneur ressuscité.
On comprend que, descendu de la montagne, Moïse n’est plus le même. Les nouvelles
tables de la loi sont dans sa main. Elles ne sont pas brisées, mais placées dans l’arche, type de
Christ. Il ne vient plus châtier les coupables et répandre la terreur dans le camp. La peau de
son visage rayonne, reflet de la bonté et de la grâce entrevues : il avait « parlé avec Lui ».
Aaron et le peuple, tout d’abord effrayés, s’approchent de lui, mais Moïse met un voile sur
son visage : le temps n’était pas encore venu où la gloire de la grâce pourrait être pleinement
révélée. Même aujourd’hui, pour Israël, le voile demeure sur leur cœur.
Dieu a fait luire la connaissance de sa gloire dans la face de Christ. Nous tous qui
connaissons le Seigneur Jésus, pouvons contempler à face découverte cette gloire du
Seigneur, être transformés en la même image de gloire en gloire, comme par le Seigneur en
Esprit (2 Cor. 3:18). Avons-nous remarqué les détails de ce magnifique verset : nous tous…
sommes tranformés ? Non le privilège d’un homme particulier comme l’était Moïse, ni
l’apanage d’un serviteur éminent, mais pour tous la vision merveilleuse est là : il n’y a plus de
voile… Encore, faut-il avoir le temps et le cœur pour contempler !
N’en est-il pas ainsi pour nous ? En Jean 10, le bon Berger mène dehors ses propres
brebis, « il va devant elles » ; les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix.
Expérience précieuse que l’on peut faire à tout âge : Il va devant. Une étape inconnue de la
carrière s’ouvre-t-elle, un nouveau temps d’étude, un séjour à l’étranger, un autre stage
professionnel… « Il va devant ». Sachons nous confier en lui et nous attendre à lui. L’arche
part trois jours en avant du peuple. Aucune nécessité de se presser, mais tranquillement suivre
le chemin ainsi tracé. « Qui se fie à Lui, ne se hâtera pas » (Ésaïe 28:16). Puissions-nous saisir
pour nous-mêmes la promesse faite au psalmiste : « Je t’instruirai et je t’enseignerai le chemin
où tu dois marcher ; je te conseillerai, ayant mon œil sur toi » (Ps. 32:8). Enseignement puisé
dans la Parole de Dieu, appliqué pratiquement dans la communion avec le Seigneur.
Livre du désert, les Nombres sont aussi le livre des murmures ! Que de fois les Israélites
se plaignent, pleurent, se lamentent. Dans notre chapitre, « le peuple se plaignait… le peuple
cria à Moïse… le ramassis du peuple qui était au milieu d’eux s’éprit de convoitise, et les fils
d’Israël aussi se mirent encore à pleurer… Moïse entendit le peuple pleurant, chacun à
l’entrée de sa tente… »
On comprend que le conducteur pût être excédé de ces lamentations continuelles, qui
attiraient d’ailleurs sur Israël le châtiment de l’Éternel. Il répand devant Lui sa plainte :
« Pourquoi ? Pourquoi ? …Ils pleurent après moi… Je ne puis, moi seul, porter tout ce peuple,
car il est trop pesant pour moi ».
En Exode 18, Jéthro, le beau-père de Moïse, lui avait donné le conseil de se faire aider,
pour rendre la justice, par des chefs de milliers, de centaines, de cinquantaines, de dizaines.
Ces hommes avaient à juger le peuple en tout temps, et à porter devant leur chef les grandes
affaires. Moïse devait être pour eux auprès de Dieu et rapporter les affaires à Dieu ; d’autre
part, enseigner les statuts et les lois au peuple. Il avait suivi ce conseil, soumis, du reste, à
l’approbation divine (Ex. 18:23), et rappelle, semble-t-il, la chose en Deutéronome 1:9-18,
sans y ajouter de commentaires défavorables. On en aurait peut-être quelque contrepartie en 1
Corinthiens 6:4.
Dans notre chapitre, il ne s’agissait pas de rendre la justice et d’entendre les causes de
contestations, mais plutôt de porter le fardeau de la responsabilité. Il est certain que Dieu avait
la puissance de donner à Moïse les ressources nécessaires pour le faire, et qu’il l’avait chargé,
lui, de conduire Israël.
Aussi, même s’il n’était pas approprié de la part de Moïse de se plaindre ainsi devant
Dieu, nous pouvons penser que c’était une réponse de la grâce de Dieu que de lui adjoindre
les soixante-dix anciens, pour porter avec lui le fardeau du peuple. En tout cas Moïse ne l’a
pas pris de mauvaise part, au contraire. Lorsque Josué veut empêcher Eldad et Médad de
prophétiser dans le camp, Moïse de répondre : « Es-tu jaloux pour moi ? Ah ! que plutôt tout
le peuple de l’Éternel fût prophète ; que l’Éternel mît son Esprit sur eux ! » (Nomb. 11:29). Il
ne désirait nullement être le seul canal de l’Esprit de Dieu. 1 Corinthiens 12:21, nous
rappelle : « L’œil ne peut pas dire à la main : je n’ai pas besoin de toi ; ou bien encore la tête
aux pieds : je n’ai pas besoin de vous ! » Chacun a reçu du Seigneur un service à accomplir et
ne peut ni s’en décharger sur autrui, ni estimer de peu de valeur la fonction que Dieu a pu
confier à d’autres, ou encore vouloir l’imiter. Mais tous sont appelés dans la dépendance du
Seigneur, à « coopérer à l’œuvre et à travailler » (1 Cor. 16:16), dans la soumission et l’estime
mutuelles (Phil. 2:4 ; Rom. 12:3) ! Il ne s’agit pas d’une collaboration comme on l’entend
dans une organisation humaine, mais — aujourd’hui dans le cadre tracé par 2 Timothée 2:19-
26 — d’une coopération dans un organisme vivant, chacun œuvrant à la place assignée par le
Maître (Éph. 4:16).
5.3 - L’amère déception de Kadès
Deut. 1:19-46 ; Nomb. 13 et 14.
« Il y a onze journées depuis Horeb jusqu’à Kadès-Barnéa » (Deut. 1:2) : peu de jours
suffisaient à gagner la frontière du pays ; pourtant, plus de trente-huit ans après le départ de
Sinaï, nous retrouvons le peuple à Kadès (Nomb. 20:1) ! Les progrès spirituels d’une âme
peuvent être rapides ; mais souvent, des années et des années sont perdues par manque de foi,
manque de vigilance, manque d’amour pour le Seigneur.
5.3.1 - a.
Le peuple commet la faute de désirer envoyer des espions pour reconnaître le pays (Deut.
1:22). Ne leur suffisait-il donc pas que Dieu leur assure qu’il était ruisselant de lait et de miel,
et qu’il allait les accompagner dans sa conquête ? Non, ils veulent que des hommes examinent
« pour nous » le pays, leur en rapportent des nouvelles. En Nombres 13, puisque le peuple
veut des espions, l’Éternel accède à leur demande et dit à Moïse d’en envoyer. Il va mettre
leur cœur à l’épreuve, s’ils sont disposés à se confier en lui ou pas.
5.3.2 - b.
La seconde faute fut d’accepter le rapport des princes. Ceux-ci constatent que Canaan
correspond à la promesse de Dieu : « Nous sommes allés dans le pays… et vraiment il est
ruisselant de lait et de miel » (Nomb. 13:28). Ils s’empressent d’ajouter que le peuple qui
l’habite est très fort ; les villes sont fortifiées, très grandes. Ils décrient le pays, et découragent
complètement les fils d’Israël d’en faire la conquête.
Caleb proteste hardiment : Prenons possession, nous sommes bien capables de le faire. Le
lendemain, Josué se joint à lui et insiste : Ne craignez pas le peuple du pays, l’Éternel est avec
nous.
Israël va-t-il écouter les dix qui les découragent, ou les deux hommes de foi qui, se
confiant en l’Éternel, les assurent de la victoire ?
Qu’en est-il parmi nous ? Sommes-nous de ceux qui recommandent « le pays », ou de
ceux qui retiennent les âmes de suivre le Seigneur ? Les critiques, les médisances, la
dépréciation du ministère de la Parole, l’exemple de relâchement dans la fréquentation du
rassemblement, et tant d’autres insinuations, ne sont-elles pas autant d’éléments qui
découragent nos frères de « faire la conquête » des bénédictions spirituelles que Dieu nous a
données ? Ayons le désir d’être des Josué et des Caleb, qui comptent sur Dieu pour prendre
possession de ce qu’il a donné, et stimulent les autres à s’en emparer.
5.3.3 - c.
Le peuple écoute les dix espions. Toute la nuit, ils élèvent la voix, jettent des cris,
pleurent, et au matin rejettent Moïse pour s’établir un chef et retourner en Égypte. Quant à
Josué et Caleb, ils parlent de les lapider avec des pierres.
Quelle heure terrible pour Moïse ! Peut-être la plus sombre de sa vie. Combien de fois
n’avait-il pas intercédé pour ce peuple. Il s’était même offert pour eux, afin de faire
propitiation pour leur péché, si cela eût été possible. Avec fidélité et constance, il les avait
conduits jusqu’à la frontière du pays promis. Maintenant, ils le rejettent et veulent retourner
en Égypte. Il tombe sur sa face devant toute l’assemblée, douloureusement pénétré du
sentiment que le repos promis va échapper.
L’Éternel met son serviteur à l’épreuve en lui proposant de détruire le peuple et de faire de
lui-même une nation plus grande. Mais Moïse ne saurait entrer seul au pays, et sacrifier et ses
frères et la gloire de Dieu (v. 16). Il supplie l’Éternel de pardonner encore une fois, « selon la
grandeur de ta bonté, et comme tu as pardonné à ce peuple depuis l’Égypte jusqu’ici » (v. 19).
— « Et l’Éternel dit : J’ai pardonné selon ta parole ».
Mais il faudra que Moïse se soumette à la discipline qui va atteindre Israël à cause de son
incrédulité.
Toute la génération sortie d’Égypte périra dans le désert. Le fidèle serviteur accepte d’être
plutôt trente-huit ans dans l’affliction avec le peuple de Dieu que de le voir détruit et d’être
lui-même à l’honneur. Il se courbe pour subir avec eux le châtiment qu’il n’a pas mérité. Les
uns après les autres, il verra les cadavres de ses compagnons de l’exode tomber dans ces
arides solitudes. Dans son esprit, seuls d’entre eux, quatre survivants : Moïse, Aaron, Josué et
Caleb, entreront, après trente-huit années harassantes, dans le pays promis.
Même quand plusieurs regimbent et s’obstinent à monter avec leurs propres forces sur le
sommet de la montagne, Moïse se soumet à la discipline divine et reste dans le camp. Puis,
comme il le rappelle avec une mélancolie profonde : « Nous nous tournâmes, et nous partîmes
pour le désert, par le chemin de la Mer Rouge, comme l’Éternel l’avait dit » (Deut. 2:1).
Toutes proportions gardées, n’en est-il pas parfois de même aujourd’hui ? N’avons-nous
pas à nous humilier et à nous courber sous la main de Dieu qui atteint son peuple en
discipline, même si personnellement nous n’avons pas participé directement à la faute qui
attire le châtiment divin ?
Nous ne relèverons pas les divers incidents que la Parole nous rapporte de ces longues
années, sauf trois qui marquent plus particulièrement le caractère de Moïse : la médisance de
Marie, la rébellion de Coré, la tension de Mériba.
Cet incident a sans doute pris place avant l’arrivée à Kadès-Barnéa ; nous le considérons
ici pour l’unité du sujet.
Marie, sœur aînée de Moïse, était sortie avec lui d’Égypte, avait conduit les femmes en
chœurs lors du chant de triomphe de la Mer Rouge, et sans doute acquis une position
d’importance, soit au sein de la famille de par son âge, soit parmi le peuple (Michée 6:4).
Mais voilà que Séphora (*), qui avait quitté Moïse pour un temps, réapparaît (Ex. 18:2).
Moïse étant maintenant accompagné d’une épouse, Marie ne pouvait plus avoir tout à fait la
même place qu’auparavant ! Comme il arrive facilement en pareil cas, elle se met à critiquer
son frère, à parler contre lui, à médire. Elle gagne Aaron à sa cause, et, tous deux insinuent :
« L’Éternel n’a-t-il parlé que par Moïse seulement ? N’a-t-il pas parlé aussi par nous ? »
(Nomb. 12:2). Que de fois, même parmi nous, l’envie et la jalousie ne conduisent-elles pas à
la médisance, sinon à la calomnie. 1 Pierre 2:1 nous montre que l’envie et toutes médisances
sont à rejeter, si l’on veut être nourri du pur lait intellectuel, s’approcher du Seigneur, et
pouvoir rendre culte. Notre chapitre souligne la gravité de ces défauts. De plus, aveuglés par
leur propre importance, Marie et Aaron ne reconnaissaient pas à Moïse la place que Dieu lui
avait donnée.
« L’Éternel l’entendit » (Nomb. 12:2). On croit n’avoir fait que chuchoter une médisance à
l’oreille de son frère ou de sa sœur, en lui recommandant bien de n’en pas parler plus loin !
Souvenons-nous que le Seigneur l’a entendu, et en tirera les conséquences qui s’imposent.
Moïse avait probablement connaissance des critiques que Marie répandait contre lui. Mais la
Parole précise qu’il était très doux, plus que tous les hommes qui étaient sur la face de la terre.
Humble, Moïse se tait, comme son Maître le fera après lui. Ne convient-il pas, lorsqu’on est
l’objet de médisances, voire de calomnies, de s’en remettre à Dieu, qui fera la lumière au
moment opportun, et n’en permettra pas plus de mauvaises conséquences qu’il ne le juge bon
pour son serviteur ?
« Pourquoi n’avez-vous pas craint de parler contre mon serviteur ? » Verset que nous
pouvons bien souligner dans nos Bibles, afin d’être gardés d’en faire autant. On critique si
facilement les serviteurs de Dieu, leur ministère et leur conduite !
La colère de l’Éternel s’embrase, la nuée se retire de dessus la tente : « Voici, Marie était
lépreuse, comme la neige ». Elle doit porter les conséquences de sa faute. Moïse intercède
pour elle, nouvelle preuve de son amour et de son humilité ; mais tout le peuple saura quel
châtiment a atteint la prophétesse qui n’avait pas craint de médire de son frère. Pendant sept
jours, elle sera exclue du camp. Israël est arrêté dans son voyage, jusqu’à ce que Marie soit
recueillie. Il ne suffit pas de regretter une faute ; il faut sentir au profond de soi-même quelle
en a été aux yeux de Dieu, sinon des hommes, toute la gravité.
Soulignons l’attitude de Moïse qui prie et intercède pour sa sœur, comme Job l’a fait pour
ses amis, et Jean nous y invite, si l’on voit son frère pécher. Matthieu 18 nous enseigne
à aller voir un tel frère, et à chercher à le gagner ; si une telle démarche est sans résultat, bien
qu’effectuée dans l’esprit de Jean 13 (le lavage des pieds), il faut s’adjoindre deux ou trois
frères, pour tâcher de restaurer le fautif. C’est seulement après l’échec de cette seconde visite,
qu’il convient d’en parler à l’assemblée, si le cas est suffisamment grave. D’aucune manière il
ne faut répandre le mal à gauche et à droite. N’oublions pas ce qu’il en coûta à Marie !
Ce chapitre relate la difficulté la plus grave que Moïse ait rencontrée au long des quarante
années du désert. Coré, lévite, Kehathite, s’élève dans son esprit, rallie à lui deux cent
cinquante hommes, des princes de l’assemblée, et voudrait s’emparer du pouvoir religieux :
Pourquoi la sacrificature est-elle réservée à la famille d’Aaron ? Pourquoi les lévites n’y
auraient-ils pas accès ? D’ailleurs toute l’assemblée d’Israël, eux tous sont saints, et l’Éternel
est au milieu d’eux ; pourquoi Moïse et Aaron s’élèvent-ils au-dessus de la congrégation de
l’Éternel ? Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’un prétendu zèle pour la sainteté de l’assemblée,
n’est qu’un paravent pour se mettre soi-même en évidence, et se rendre important.
La double rébellion prend des proportions toujours plus grandes, et entraîne toute
l’assemblée (v. 19).
Que va faire Moïse ? Comme tant d’autres fois, il tombe sur sa face (alors que Coré
s’élève dans son esprit !) et laisse la décision à Dieu : « Demain, l’Éternel fera connaître…
celui qu’il a choisi » (v. 5). D’une part, Moïse s’en remet à Dieu pour décider, et confirmer la
position qu’il a donnée à chacun ; d’autre part, il attend à « demain », ne voulant rien
précipiter, mais offrir encore à Coré et aux siens, malgré la gravité de la situation, du temps
pour se repentir.
Devant une telle ingratitude, une telle rébellion, le conducteur aurait pu renoncer, s’en
aller, abandonner le peuple à son sort. Il reste, conscient de la responsabilité qu’impliquait la
position que Dieu lui avait donnée ; il en conserve toute l’autorité, demeurant lui-même
empreint d’humilité et de grâce.
N’est-ce pas la leçon première qui découle de ce chapitre : reconnaître la position que
Dieu a donnée à chacun, au milieu de son peuple ? Dans le corps de Christ, les membres n’ont
pas tous la même fonction ; Dieu a placé dans le corps chacun d’eux comme il a voulu. Les
uns ne peuvent pas dire aux autres : Nous n’avons pas besoin de vous ; ni des membres,
apparemment moins importants, penser que, parce qu’ils n’ont pas tout le relief d’un autre, ils
ne sont pas du corps. Les lévites, souligne Moïse, ont une position privilégiée. Ils peuvent
s’approcher de l’Éternel pour faire le service du tabernacle (v. 9). Pourquoi rechercher aussi la
sacrificature ? Si Dieu a voulu la confier à la famille d’Aaron, ne faut-il pas reconnaître cette
position ? De même, si Dieu a revêtu Moïse d’autorité, ne faut-il pas obéir et se soumettre ?
Il n’en est pas tout à fait de même aujourd’hui, puisque tous les croyants sont
sacrificateurs ; mais la Parole reconnaît des anciens ; des conducteurs auxquels il faut être
soumis ; ceux qui travaillent dans la Parole, qu’il faut estimer très haut en amour. N’importe-
t-il pas avant tout de discerner la place, le service que le Seigneur nous a personnellement
confiés ; puis chercher, par la grâce qu’il donne, et dans sa dépendance, à les remplir
fidèlement, sans vouloir empiéter sur le domaine que le Seigneur a pu confier à d’autres ?
Devant l’insolence de Dathan et d’Abiram, Moïse, une fois de plus, s’en remet à l’Éternel
(v. 15). Le lendemain, Coré rassemble ses deux cent cinquante hommes ; tous ensemble
présentent l’encens à l’entrée de la tente d’assignation, faisant ainsi fonction de sacrificateurs.
À nouveau, l’Éternel menace de détruire tout le peuple (v. 21) ; toutefois, par suite de
l’intercession de Moïse, il l’épargne, à la condition que l’assemblée se retire et se sépare des
demeures de Coré, de Dathan et d’Abiram. Le cas est trop grave pour que Dieu use de
miséricorde, ou que ces hommes soient simplement exclus de l’assemblée. Il faut s’éloigner
d’eux, et les laisser à leur sort.
Eux-mêmes n’en tirent aucune leçon ; au contraire, installés à l’entrée de leurs tentes, avec
leurs femmes, et leurs fils, et leurs petits-enfants, ils narguent toute l’assemblée. Soudain, le
sol ouvre sa bouche et les engloutit ; le feu sort de la part de l’Éternel, et consume les deux
cent cinquante hommes qui présentaient l’encens. Tout le peuple doit ainsi apprendre que
seule l’intercession de Moïse, type de Christ, pouvait les préserver de la perdition, mais aussi
que le jugement de Dieu n’épargne pas les coupables sans repentance.
Pourtant le lendemain, le calme ne se rétablit pas comme après l’affaire du veau d’or.
Toute l’assemblée murmure de nouveau contre Moïse et contre Aaron, et les accuse d’avoir
mis à mort le peuple de l’Éternel. Une plaie se déclare, qui les aurait anéantis, si Aaron,
prenant l’encensoir à l’invitation de Moïse, ne s’était tenu entre les morts et les vivants, pour
que la plaie s’arrête. L’encens parlait d’une offrande dont la bonne odeur montait devant
Dieu, figure de la parfaite Victime qui seule peut sauver de la mort éternelle ceux qui se
confient en lui. Cette fois, quatorze mille sept cents personnes sont frappées, montrant
combien il est grave de se rebeller encore quand le jugement de Dieu s’est clairement
manifesté.
Nous voici arrivés à la quarantième année au désert. Depuis l’affaire des espions, la
seconde année, le peuple a erré à gauche et à droite, et finalement se rallie à Kadès.
Marie meurt là, et y est enterrée. Le trio des frères et sœur se dénoue.
Encore une fois, l’eau manque. Comment va réagir la nouvelle génération élevée au
désert, qui connaît la loi et ses ordonnances, qui a célébré le mémorial de la Pâque, au milieu
de laquelle demeure le tabernacle ? On peut comprendre que ceux qui avaient été élevés en
Égypte aient murmuré ; mais les jeunes qui ont bénéficié de l’enseignement de Moïse, de ses
soins, qui ont vu la gloire de l’Éternel tant de fois apparaître au désert, ne vont-ils pas mieux
se comporter ? Il n’en est rien. Le cœur humain reste le même. Ce sont de nouveau les
murmures, les reproches, les pourquoi.
Moïse et Aaron tombent sur leur face, non devant la congrégation, comme à d’autres
occasions, mais « de devant la congrégation à l’entrée de la tente d’assignation » (Nomb.
20:6). La gloire de l’Éternel leur apparaît, cette fois-ci non pas pour consumer le peuple, mais
pour user de grâce, sur base de la sacrificature confirmée par la vie manifestée dans la verge
d’Aaron. L’Éternel donne à Moïse des instructions précises : prendre « la verge de devant
l’Éternel », celle qui avait bourgeonné, réunir l’assemblée, et parler devant leurs yeux au
rocher. Moïse prend la verge, comme l’Éternel l’a commandé ; les deux frères rassemblent la
congrégation devant le rocher. Moment de tension, d’irritation, d’indignation de la part de
Moïse, dont l’acte inconsidéré va briser la carrière : « Ecoutez, rebelles ! Vous ferons-
nous sortir de l’eau de ce rocher ? Et Moïse leva sa main et frappa le rocher de sa verge deux
fois ».
La foi de Moïse avait-elle baissé ? S’était-il quelque peu lassé de la longue ingratitude du
peuple ? Quoi qu’il en soit, il manque de foi pour simplement parler au rocher ; il veut faire
acte d’autorité en le frappant de sa verge, désobéissant en cela à la parole précise de l’Éternel,
qui lui demandait simplement de parler au rocher, ayant en main la verge de la grâce, liée à la
sacrificature. En effet, seule la grâce pouvait introduire le peuple dans le pays. Jamais
l’autorité, ni la verge du jugement. D’autre part, Christ ne devait être frappé qu’une fois ; si
même Moïse ne pouvait saisir toute la portée de son geste, il était grave de frapper le rocher
une seconde fois.
« Parce que vous ne m’avez pas cru, pour me sanctifier aux yeux des fils d’Israël, à cause
de cela vous n’introduirez pas cette congrégation dans le pays » (v. 12). La sentence divine
paraît, à nos yeux, disproportionnée à la faute. Mais l’Éternel tient pour plus responsables
ceux qui ont beaucoup reçu, notamment ses serviteurs.
Moïse supplie son Dieu à plus d’une reprise de révoquer sa sentence ; la décision divine
est inexorable (Deut. 3:25-26). Le vieillard retrouve la communion et l’intimité avec le
Seigneur, mais, sous le gouvernement divin, les conséquences subsistent : « Tu ne passeras
pas le Jourdain ». Il en fut de même pour David avec l’enfant de Bath-Shéba.
Quelques mois encore, Moïse restera seul à la tête du peuple. Cette dernière année de sa
vie est bien remplie. Tout le Deutéronome est plein de ses souvenirs. Le législateur récapitule
les ordonnances, donne de nouvelles instructions en vue du pays et fait ses dernières
recommandations au peuple. Aux yeux de tous, il investit Josué de l’autorité nécessaire pour
lui succéder. Il prononce le cantique qui rappellera à Israël les avertissements de l’Éternel.
Avant de mourir, il bénit les tribus, l’une après l’autre, montrant qu’il est à la fois conscient
de la ruine future du peuple, et des ressources de Dieu à son égard.
Avant de quitter ceux qu’il a si fidèlement servis et conduits, il prononce ces dernières
paroles : « Le Dieu d’ancienneté est ta demeure, et au-dessous de toi sont les bras éternels »
(Deut. 33:27). Dans la prière qui nous a été conservée au psaume 90, Moïse peut dire :
« Seigneur, tu as été notre demeure de génération en génération ». Cette communion, cette
intimité avec Dieu, n’avaient-elles pas marqué sa longue carrière, depuis le buisson jusqu’aux
plaines de Moab ? Union vitale dont le Seigneur Jésus dira : Demeurez en moi et moi en vous
(Jean 15). Le Dieu que les pères avaient connu, le Dieu qui s’était révélé à lui dans sa
jeunesse, restait le même ; Ses bras éternels l’avaient porté lui-même, comme Il avait porté
son peuple, toutes ces années.
Le dernier jour arrive. Moïse quitte les plaines de Moab, où se répandent les tentes du
peuple, et, lentement, gravit le mont Nebo, le sommet du Pisga. Son œuvre est achevée.
Jusqu’à la frontière du pays, à travers tant de difficultés et d’obstacles, il a conduit cette
nation à laquelle il avait communiqué les pensées de Dieu. Sa tâche est terminée, mais pas de
la façon qu’il aurait tant souhaitée, puisqu’il ne peut introduire Israël dans le pays. Il n’a pas
auprès de lui, comme Aaron, un frère, un fils, pour l’assister dans ses derniers moments ;
même son fidèle Josué, qui l’accompagnait au Sinaï, est resté dans la plaine. Mais Quelqu’un
de plus grand s’approche, et lui fait éprouver Sa présence, Son intimité : « L’Éternel lui fit
voir tout le pays… : C’est ici le pays au sujet duquel j’ai juré à Abraham, à Isaac et à Jacob,
disant : Je le donnerai à ta semence. Je te l’ai fait voir de tes yeux ». Abraham autrefois,
parcourait ce pays en long et en large, sachant que Dieu le donnerait à ses descendants
(Genèse 13:17). Les hommes de foi d’Hébreux 11 ont vu de loin les choses promises, la patrie
céleste, et les ont saluées. Jean à Patmos, conscient de la ruine des assemblées (Apoc. 2 et 3)
voit la cité, l’épouse de l’Agneau (Apoc 21).
Au buisson, Moïse avait été seul avec Dieu. Terre sainte, où Celui qui est se révélait, et
contraignait son serviteur à la mission qu’il lui confiait. Au Sinaï, le législateur avait été seul
avec l’Éternel, deux fois quarante jours ; puis, dans la fente du rocher, il avait appris à
connaître Ses pensées de grâce. Dans le lieu très saint, que de fois le conducteur, lassé de
l’ingratitude du peuple, avait pénétré pour écouter, dans le silence du sanctuaire, la Voix qui
lui parlait de dessus le propitiatoire (Nomb. 7:89), « et il Lui parlait ». Sur le Pisga dénudé, à
ce moment suprême de la vie, l’Ami fidèle et bien connu est là, présent aux côtés de son
serviteur.
Après avoir contemplé le bon pays que Dieu donnera à son peuple, Moïse, solitaire,
s’endort. L’Éternel lui-même l’enterre dans la vallée ; personne ne connaît son sépulcre,
jusqu’à aujourd’hui ; Dieu a pris soin du corps de son serviteur, comme plus tard il voudra
que celui de son Fils reçoive la sépulture qui convenait. Dans l’épître de Jude, nous voyons
qu’il y eut contestation entre l’archange Michel et Satan au sujet du corps de Moïse : Dieu a
veillé de peur que l’adversaire n’en fasse un objet de vénération et d’idolâtrie, comme le fut le
simple serpent d’airain.
Un jour Moïse est entré dans le pays. Sur la montagne de la transfiguration (Luc 9:28-31),
il a vu, dans son humanité glorieuse, la Face qui lui restait cachée au Sinaï. Non pour parler
du passé, et de tout ce qu’avait comporté la traversée du désert ; non pour envisager l’avenir
lointain, où la gloire du Fils de Dieu brillera dans son royaume ; mais pour parler de Sa mort
qu’il devait accomplir à Jérusalem. Dans l’agneau de Pâque, dans les sacrifices lévitiques,
Moïse en avait présenté le type. Maintenant, la réalité était là : Jésus allait être présenté
comme propitiatoire « en sorte que Dieu fût juste et justifiant celui qui est de la foi de Jésus ».
La vision merveilleuse s’efface ; la nuée emporte Moïse et Elie, jusqu’au jour de la
résurrection ; les disciples ne voient plus personne, sinon « Jésus seul avec eux ».
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