21 Extrema
21 Extrema
Recherches d’extrema
1. Un extremum (maximum ou minimum) est une valeur 4.6 Le théorème [4.5] prouve l’existence d’extrema absolus
particulière de la fonction. On distingue deux types d’extrema. (maximum et minimum), mais ne permet pas d’estimer la va-
1.1 ✍ La fonction f : U → R
atteint un maximum global, ou leur de ces extrema puisqu’il ne donne aucune indication sur les
maximum absolu, au point M0 ∈ U si, et seulement si, points de K où ces extrema sont atteints.
En outre, l’existence d’éventuels extrema relatifs distincts des ex-
∀ M ∈ U, f ( M ) 6 f ( M0 ) . trema absolus ne peut être prouvée de cette manière.
5. Exemples
1.2 ✍ La fonction f : U → R
atteint un maximum local, ou 5.1 La fonction f définie sur D = [ x2 + y2 6 2] par
maximum relatif, au point M0 ∈ U si, et seulement si,
∀ ( x, y) ∈ D, f ( x, y) = xy| x2 + y2 − 1|
∃ V ∈ VU ( M0 ), ∀ M ∈ V, f ( M ) 6 f ( M0 ) .
atteint un maximum absolu et un minimum absolu sur D.
5.2 La fonction f définie sur D = [ x2 + y2 6 1] par
1.3 Tout extremum absolu est en particulier un extremum
local.
q
∀ ( x, y) ∈ D, f ( x, y) = x 2 + y2 + y2
1.4 Il ne faut pas confondre un extremum de f , qui est une
valeur réelle de f , avec les points de U, parfois appelés extré-
mants de f , où la fonction f prend cette valeur particulière. atteint un maximum absolu et un minimum absolu sur D.
Si f atteint un maximum global, cette valeur maximale est 5.3 La fonction f définie sur D = [ x2 + y2 6 16] par
unique. Il est atteint en un point au moins de U, mais peut être q
atteint en plusieurs points de U (éventuellement en une infinité ∀ ( x, y) ∈ D, f ( x, y) = x 2 + y2 + x 2 − y2
de points de U).
Une fonction peut atteindre plusieurs maxima relatifs différents atteint un maximum absolu et un minimum absolu sur D.
sans atteindre de maximum absolu. 5.4 Soit K = [ x > 0] ∩ [ y > 0] ∩ [ x + y 6 1] ⊂ 2 . R
2. Les extrema d’une fonction numérique f définie sur un R
La fonction f : K → définie par
R
intervalle de peuvent se déduire des variations de f .
Pour une fonction f définie sur un ouvert U de d , l’étude des R ∀ ( x, y) ∈ K, f ( x, y) = xy(1 − x − y)
variations n’a plus de sens et la recherche des extrema est un
problème difficile en général. atteint un maximum absolu et un minimum absolu sur K. →[20]
6. Extrema d’une forme affine
I
R
On étudie une forme affine f sur d , définie par
6.7 Exemples II
1. Calculer les extrema de la fonction définie par
Extrema locaux
∀ ( x, y) ∈ R2, f ( x, y) = 2x − y + 3
9. La formule de Taylor peut servir à localiser un extre-
sur K = [ x2 + y2 + 2x − 3y 6 5]. mum. Un développement limité ayant une valeur locale, cette
2. Calculer les extrema de la fonction définie par technique ne peut servir qu’à justifier la présence d’un extre-
mum relatif.
∀ ( x, y) ∈ R2, f ( x, y) = x + 3y + 2 En particulier, on pourra peut-être déterminer l’endroit où un
extremum global est atteint, ainsi que la valeur de cet extre-
sur K = [−1, 1] × [−1, 1]. mum, mais les techniques qui vont être présentées maintenant
3. Calculer les extrema de la fonction définie par ne peuvent en aucune manière prouver que cet extremum est
bien un extremum global.
∀ ( x, y, z) ∈ R3 , f ( x, y, z) = −3x + 2y + z − 2 10. Condition nécessaire d’extremum
10.1 R
Si f ∈ C 1 (U, ) atteint un extremum local au point
sur K = [ x2 + y2 + z2 + 2y − 6z 6 3]. M0 ∈ U, alors la fonction
4. Calculer les extrema de la fonction définie par
ϕv = [t 7→ f ( M0 + t · v)]
∀ ( x, y, z) ∈ R, 3
f ( x, y, z) = x + 2y − z + 1 atteint un extremum local en t = 0, quel que soit v ∈ E.
atteint un maximum absolu et un minimum absolu sur R2∗. admet l’origine O comme seul point critique. La hessienne de f
8.4 Soit a > 0. Les fonctions définies sur U = ∗+ × R R+ par en O est positive, mais pas définie positive.
R
2. Pour tout θ ∈ , on pose u θ = (cos θ, sin θ ).
Un équivalent de f (t · uθ ) au voisinage de t = 0 montre que
1 1 a2 a2 xy
f 1 ( x, y) =
x
+ + xy
y
f 2 ( x, y) =
x2
+
y2
+
a2 ∀θ∈ R, ∃ αθ > 0, ∀ 0 < t < αθ , f (t · uθ ) > f (O).
a a Ainsi, la restriction de f à une droite quelconque passant par O
f 3 ( x, y) = x + y2 +
2
f 4 ( x, y) = x + y +
xy xy atteint un minimum local strict en O — ce qui ne signifie que
pas que f atteint un minimum strict en O.
atteignent un minimum absolu sur U. 3. Comme f ( x, y) = (y − 3x2 )(y − x2 ), la fonction f n’at-
8.5 La fonction f définie sur A = [0 < x 6 a 6 b 6 y] ⊂ R2 teint pas un minimum strict en O.
par
( x + y )2
∀ ( x, y) ∈ A, f ( x, y) =
xy
atteint un minimum absolu sur A.
II Extrema locaux
t2
2
w ∇ f ( M0 )(w) + O (t2 )
f ( M0 + t · w ) = f ( M0 ) +
2
pour t voisin de 0 et le comportement de f au voisinage de M0
est décrit par la forme quadratique* q associée à la hessienne de
f , définie par
∀ w ∈ E, q (w) = w ∇2 f ( M0 )(w) .
∀ w ∈ E, q (w) 6 0.
4. Si λ 6 µ < 0, alors q (h) 6 µ khk2 et
15.2 Si f atteint un minimum local en M0 , alors la hessienne
f ( M0 + h ) < f ( M0 )
de f en M0 est positive :
pour tout vecteur non nul h assez petit.
∀ w ∈ E, q (w) > 0.
5. Si λ < 0 < µ, alors [15.3]
15.3 Si la hessienne de f en M0 admet une valeur propre stric-
f ( M0 + t · u ) < f ( M0 ) < f ( M0 + t · v )
tement positive et une valeur propre strictement négative, alors
f n’atteint pas un extremum local en M0 . pour tout scalaire t 6= 0 assez petit. →[11]
16. Réduction de la hessienne en dimension 2
R
On suppose ici pour simplifier que E = 2 . La base canonique
de E est notée B0 = (e x , ey ).
16.1 La décomposition d’un vecteur h ∈ E dans cette base
orthonormée
h = h x · e x + hy · ey
permet de calculer sa norme :
kh k2 = h2x + h2y .
∂2 f ∂2 f
∂x2 ( M0 ) ∂x∂y
( M0 )
∂2 f ∂2 f
( M0 ) ( M0 )
∂x∂y ∂y2
21 • Recherches d’extrema
6. Si le vecteur propre u est associé à la valeur propre λ = 0, 16.5 * Soit M0 ∈ U, un point critique de f ∈ C 2 (U, ). R
alors 1. Si rt − s2 > 0, alors f atteint un extremum local strict en M0 .
f ( M0 + t · u ) − f ( M0 ) = O ( t 2 ) Il s’agit d’un minimum pour r > 0 et d’un maximum pour r < 0.
pour t voisin de 0 et le signe de cette différence ne peut être 2. Si rt − s2 < 0, alors la fonction f ne passe pas par un extre-
déduit de la formule de Taylor-Young à l’ordre deux. mum local en M0 .
6.a Pour f ( M0 + h ) = h2v , la fonction f passe par un mini- 17. Exemples
mum en M0 , mais ce minimum n’est pas strict. 17.1 La fonction [( x, y) 7→ x3 + y3 − 3xy] n’est ni majorée, ni
R
minorée sur 2 . Elle admet deux points critiques : M0 = (0, 0)
et M1 = (1, 1). Elle atteint un minimum local strict en M1 . La
valeur en M0 n’est pas un extremum local.
17.2 Suite de [8.1] – La fonction f admet trois points critiques :
M−1 = (−1, −1), M0 = (0, 0) et M1 = (1, 1). Elle atteint son
minimum global en M−1 et en M1 . La valeur f ( M0 ) n’est pas
un extremum local.
17.3 La fonction f = [( x, y) 7→ x2 + xy + y2 + 2x − 2y] admet
M0 = (−2, 2) pour seul point critique. Elle atteint son minimum
absolu en M0 . →[40]
17.4 Suite de [8.2] – √
La fonction
√ f admet trois
√ √points critiques :
M0 = (0, 0), M1 = ( 2, − 2) et M1′ = (− 2, 2). La valeur
6.b Pour f (h ) = h2v + h3u , la fonction f ne passe pas par un f ( M0 ) n’est pas un extremum local. La fonction f atteint son
minimum en M0 , mais l’allure du graphe (une fronce) n’est pas minimum absolu en M1 et en M1′ .
celle d’un col pour autant. 17.5 La fonction f = [( x, y) 7→ x2 + y2 − x3 ] n’est ni majorée,
R
ni minorée sur 2 . Elle admet deux points critiques : M0 = (0, 0)
et M1 = (2/3, 0). Elle passe par un minimum local strict en M0 ;
la valeur f ( M1 ) n’est pas un extremum local.
Entraînement
18. Suite de [8.4] –
1. La fonction f 1 admet le point (1, 1) pour unique point
critique et atteint son minimum absolu en√ce point.
√
2. La fonction f 4 admet le point ( 3 a, 3 a) pour unique
point critique.
3. Les fonctions f 2 et f 3 admettent chacune un unique point
6.c Pour f (h) = h2v + h4u , la fonction f passe par un mini- critique, situé sur la droite [ y = x ].
mum local strict en M0 , comme dans le cas où les deux valeurs 19. La fonction f = [( x, y) 7→ xy − x2 y + xy2 ] n’est ni majoré,
propres de la hessienne sont strictement positives. R
ni minorée sur 2 . Elle admet quatre points critiques :
∀ ( x, y) ∈ K, g( x, y) = x a yb (1 − x − y)c
∀ ( x, y, z) ∈ R3 , f ( x, y, z) = xyz + xy + yz
∂2 f ∂2 f ∂2 f
r= ( M0 ) , s= ( M0 ) , t= ( M0 ) .
∂x2 ∂x∂y ∂y2
III Extrema globaux
III Applications
26. L’expression définie sur ]0, 1[ n ∩ [ x1 + · · · + xn = 1] par
Extrema globaux
n
1
ϕ ( x1 , . . . , x n ) = ∑
III.1 Extremum d’un polynôme quadratique k =1
1 − xk
f (1 − t 0 ) x + t 0 y = (1 − t 0 ) f ( x ) + t 0 f ( y ),
25.3 R
Si f ∈ C 2 ( I, ) et si f ′′ ( x ) > 0 pour tout x ∈ I, alors f
min f ( x, y) = min m( x )
( x,y )∈K a6 x 6b
et max f ( x, y) = max M ( x ).
( x,y )∈K a6 x 6b
est strictement convexe.
25.4 Soit f , une fonction strictement convexe. Pour tout entier 30.2 Si Ω est l’image de [ a, b ] × [ c, d] par une fonction ϕ, alors
n > 2 et toute famille ( xk )16k6n d’éléments de I, s’il existe des
réels strictement positifs t1 , . . ., tn tels que min f ( M ) = min ( f ◦ ϕ)(u, v)
M∈Ω a 6 u6 b
c 6v6d
n n n
max f ( M ) = max ( f ◦ ϕ)(u, v)
∑ tk = 1 et f ∑ tk xk = ∑ t k f ( x k ), M∈Ω a 6 u6 b
k =1 k =1 k =1 c 6v6d
31. On considère une fonction f de classe C 1 sur un rec- 31.2 De manière analogue, on peut aussi, pour chaque valeur
tangle U = ] a, b [ × ]c, d[. de y0 ∈ ]c, d[, chercher les valeurs extrêmes de la fonction
[ x 7→ f ( x, y0 )]
y y
C2 S
V
S
C1
S′
C2 x
V
V
On voit sur ses courbes de niveau que cette fonction admet cinq
points critiques :
– Elle atteint son maximum global en S. C1
– Elle passe par un maximum local en S ′ . S′
– Elle atteint son minimum global en V.
– En deux autres points critiques C1 et C2 , elle n’atteint ni maxi-
mum local, ni minimum local.
31.1 Pour chaque valeur de x0 ∈ ] a, b [, on cherche les valeurs En étudiant f le long de ces deux courbes, c’est-à-dire en étu-
extrêmes de la fonction diant
y 7 → f ψm ( y ) , y et y 7 → f ψ M ( y ), y
[ y 7→ f ( x0 , y)]
on peut situer les ordonnées des points S et V.
sur ]c, d[. Le minimum est atteint en ym = ϕm ( x0 ) (courbe rouge)
et le maximum en y M = ϕ M ( x0 ) (courbe bleue). 32. Exemples
32.1 La fonction f définie par
y
∀ ( x, y) ∈ [−1, 1] × [−1, 1], f ( x, y) = x4 y2 + ℓn(1 + y4 )
min f ( x, y) = ℓn(1 + y4 )
x ∈[−1,1]
C2 x
V max f ( x, y) = y2 + ℓn(1 + y4 )
x ∈[−1,1]
1−x−y
p
∀ ( x, y) ∈ T, f ( x, y) = xy
R R
où T = ( x, y) ∈ + × + : 1 − x − y > 0 .
1. La fonction f est positive sur T et nulle sur le bord de T.
2. La fonction f atteint son maximum en un point critique
de l’intérieur de T.
L’unique point critique de f situé à l’intérieur de √
T a pour coor-
données (2/5, 2/5) et le maximum de f est égal à 4 5/125.
3. Pour chaque x ∈ [0, 1], en restriction à [0, 1 − x ], la fonc-
tion [y 7→ f ( x, y)] passe par un maximum en
V S x 2
ϕ M (x) = (1 − x ).
3
En étudiant f le long de ces deux courbes, c’est-à-dire en étu-
diant Sur [0, 1], la fonction g définie par
et
x 7→ f x, ϕm ( x ) x 7→ f x, ϕ M ( x ) 2
g( x ) = f x, ϕ M ( x ) = √ x (1 − x )3/2
on peut situer les abscisses des points S (maximum maximorum) 3 3
et V (minimum minimorum).
atteint son maximum en x = 2/5.
Questions, exercices & problèmes
Applications 38.2 R
On suppose que A ∈ Sn ( ) et, pour tout x ∈ E, on pose
33.1 La fonction f définie sur [0, 1] × par R ψ ( x ) = h x | Ax i .
f = ( x, y) 7→ 2xy2 + ℓn(4 + y2 ) Restreinte à la sphère unité, l’application ψ atteint un maximum
en un vecteur x0 qui est un vecteur propre de A : →[18.26.1]
atteint un minimum absolu en (0, 0).
33.2 Suite de [8.5] – Le minimum absolu de f sur A est atteint Ax0 = h Ax0 | x0 i x0 .
en ( x, y) = ( a, b ).
33.3 Suite de [8.4] – La méthode des crêtes s’applique aux fonc-
tions f 1 , f 2 , f 3 et f 4 . 39. Fonction de Leibniz
34. Utilisation des coordonnées polaires Soient n points A1 , . . ., An d’un espace euclidien et (α1 , . . . , αn ),
34.1 La fonction f définie par une famille de réels. On pose σ = α1 + · · · + αn .
q 1. Si σ 6= 0, la fonction f définie par
f ( x, y) = y2 + x2 + y2 − 1 n
Approfondissement
∀t∈ R, x ′′ (t) − 2tx ′ (t) + 2nx (t) = 0.
38. R R
Soit A ∈ Mn ( ). L’espace d est muni de sa struc-
43. Soit K = [0, 1] × [0, 1].
ture euclidienne canonique et, pour tout vecteur x, on note Ax,
l’image de x par l’endomorphisme canoniquement associé à la 1. Étudier la continuité de la fonction f : K → R définie
matrice A. par
38.1 Pour tout x ∈ E, on pose x (1 − y) si 0 6 x 6 y 6 1,
f ( x, y) =
y(1 − x ) si 0 6 y 6 x 6 1.
ϕ( x ) = h x | t AAx i .
Peut-on en conclure à l’existence d’un maximum et d’un mini-
Restreinte à la sphère unité [k x k = 1], l’application ϕ atteint un mum de f ?
maximum en un vecteur x0 qui est un vecteur propre de t AA : 2. Calculer le minimum et le maximum de f à l’aide de
t
2 la méthode des crêtes. Comment trouver les extrema de f en
AAx0 =
Ax0
x0 .
cherchant ses points critiques ?