Harvey - CDC - 06-18-03165 C.C. Décision Sur Culpabilité
Harvey - CDC - 06-18-03165 C.C. Décision Sur Culpabilité
BARREAU DU QUÉBEC
CANADA
PROVINCE DE QUÉBEC
N° : 06-18-03165
APERÇU
[1] Selon la plaignante, l’intimé a retiré des sommes en excédant de l’argent détenu
annuelle au Barreau à partir d’un tel compte (chef 7). Il aurait fait défaut de demander et
d’accepter des honoraires justes et raisonnables pour le compte de son client AS (chef 2).
[2] Dans le cadre de l’exécution du mandat confié par son client AS, l’intimé se serait
approprié des sommes détenues dans le compte en fidéicommis (chefs 3 à 6), n’aurait
pas rendu compte de la gestion des sommes ainsi confiées (chef 9), se serait placé en
conflit d’intérêts et aurait manqué de modération en lui signifiant une mise en demeure
après avoir déposé une demande d’enquête (chef 10). Puis, il l’aurait intimidé en intentant
demande d’enquête (chef 12). L’intimé aurait contrefait ou fait contrefaire les paraphes
de ce client sur une lettre accompagnant une facture que la plaignante considère factice
(chef 11). Enfin, l’intimé aurait entravé le travail de la plaignante et d’autres représentants
chef 1 de façon à omettre la mention « #F- » avant les numéros des clients 05140, 07120,
10418 et 13112, ce à quoi l’intimé ne s’oppose pas. Le Conseil autorise cette modification.
plainte modifiée. Outre les moyens de défense qu’il invoque sous chacun des chefs de
HISTORIQUE DU DOSSIER
l’encontre de l’intimé.
[7] Par la suite, le Conseil a rendu des décisions relatives aux diverses requêtes
preuve2, une demande en rejet de plainte abusive ou manifestement mal fondée 3, une
[8] Le 26 février 2021, la Cour supérieure rejette une demande de l’intimé visant à
obtenir la suspension des dossiers disciplinaires9. Le 10 juin 2021, elle accueille des
derniers soit décidée10. Le 21 juin 2021, la Cour d’appel rejette la requête de l’intimé pour
[9] Soulignons que les auditions tenues entre la mi-septembre et la mi-décembre 2021
sont espacées en raison d’un billet médical produit par l’intimé selon lequel il doit « éviter
[10] Le 17 janvier 2022, l’intimé produit un nouveau billet médical du même médecin
pour une audience prévue le lendemain. Il fait état de symptômes à la suite d’un « test
covid + » et recommande « aucune audition sauf si courte durée ad. 25 janvier 2022 (max
30-60 minutes) ». Le 18 janvier 2022, l’intimé s’est dit incapable de continuer l’audition,
d’où une suspension à cette date. L’audition s’est poursuivie en février 2022.
QUESTIONS EN LITIGE
QUESTION 1
[12] Le Conseil rejette ce moyen de contestation. L’intimé n’a pas démontré que la
QUESTION 2
remodifiée?
[14] Le Conseil juge que la plaignante s’est déchargée de son fardeau de prouver que
fidéicommis des avocats (RRQ 1981, c. B-1) pour lequel il est acquitté;
[15] L’intimé est acquitté d’avoir contrevenu aux dispositions invoquées sous le chef 1
dans le cas des clients 05140, 07120 et 10418 et à celles invoquées sous le chef 2 de la
QUESTION 3
LA PLAINTE REMODIFIÉE
[18] La plainte remodifiée dont est saisi le Conseil se libelle comme suit :
Chef 1
À Québec, entre le 1er mai 2010 et le 31 janvier2015, a retiré à plusieurs
reprises de son compte en fidéicommis, des sommes excédant le total de
l'argent détenu dans ce compte en fidéicommis pour certains clients, (…05140,
…07120, …10418 et … 13112), créant ainsi des soldes déficitaires, le tout
contrairement aux dispositions des articles 3.06 du Règlement sur la
comptabilité et les comptes en fidéicommis des avocats, RRQ 1981, c B-1, r.3,
59 du Règlement sur la comptabilité et les normes d'exercice professionnel
des avocats, RLRQ c B-1, r. 5 et à 59.2 du Code des professions, RLRQ c.
C-26;
Chef 2
Le ou vers le 27 mai 2010 a fait défaut de demander et d'accepter des
honoraires justes et raisonnables dans le cadre de l'exécution d'un mandat
professionnel pour le compte de son client, AS, en facturant au taux
h o r a ir e de 250$ les services professionnels rendus par Me Fernand Moisan,
lesquels services lui avaient été facturés au taux de 125$/h le tout
contrairement aux articles 3.08.01 et 3.08.03 du Code de déontologie des
avocats, R.R.Q., 1981, c.B-1, r-1;
Chef 3
À Québec, le ou vers l e 30 juin 2 0 1 0 , s'est illégalement approprié un montant
de 2 437,25 $ à même des sommes détenues en fiducie au nom de son client,
A S, contrevenant ainsi aux dispositions de l'article 59.2 du Code des
professions;
Chef 4
À Québec, le ou vers le 2 août 2010 et le ou vers le 8 septembre 2010, s'est
illégalement approprié la somme de 6 500 $ à même des sommes détenues
en fiducie au nom de son client, AS, contrevenant ainsi aux dispositions de
l'article 59.2 du Code des professions, RLRQ c. C-26;
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Chef 5
À Québec, le ou vers le 13 septembre 2010, s'est illégalement approprié un
montant de 33 100 $ à même des sommes détenues en fidéicommis au nom
de son client, AS, contrevenant ainsi à l'article 59.2 du Code des professions,
RLRQ c. C-26;
Chef 6
À Québec, le ou vers le 2 février 2011, s’est illégalement approprié un montant
de 7 000 $ à même des sommes détenues en fiducie au nom de son client,
AS, contrevenant ainsi aux dispositions de l'article 59.2 du Code des
professions, RLRQ c. C-26;
Chef 7
À Québec, le vers le 8 avril 2011, et le vers le 3 octobre 2011, a retiré une
somme de son compte général en fidéicommis pour le paiement de sa
cotisation annuelle contrevenant ainsi à l’article 56 du Règlement sur la
comptabilité et les normes d'exercice professionnel des avocats RLRQ c B-1,
r 5 et à l'article 59.2 du Code des professions, RLRQ c. C-26;
Chef 8
À Québec, entre le ou vers le 2 février 2015 et janvier 2017, a entravé dans
leur enquête les représentants du bureau du syndic Pierre G. Guimont et
Nathalie Lavoie et l'inspecteur Nikolas Lefebvre et a tenté les tromper, […], en
leur remettant quatre factures d'honoraires professionnels simulées, datées du
29 juin 2010 (# 7353), au montant de 2 437.25 $, du 7 septembre 2010 (# 7367),
au montant de 6 500 $, du 10 septembre 2010 (#7377), au montant de 33 100 $,
laquelle portait en outre une initiale contrefaite de AS, et du 11 janvier 2011
(#7518), au montant de 7 000 $, toutes adressées à son client AS. mais qui,
dans les faits, n'avaient jamais été remises à ce dernier, contrevenant ainsi aux
dispositions des articles 122 et 114 du Code des professions, RLRQ c C-26;
Chef 9
À Québec, entre avril 2010 et le 6 novembre 2014, a fait défaut de rendre compte
de la gestion de l'argent qu'il lui avait été confié en fidéicommis par AS,
contrevenant ainsi aux dispositions de l'article 3.03.03 du Code de déontologie
des avocats, R.R.Q., 1981, c. B-1, r. 3;
Chef 10
À Québec, le ou vers le 6 novembre 2014, s'est placé en conflit d'intérêts et a
manqué de modération en faisant signifier une mise en demeure à AS, alors qu'il
était toujours son client et que ce dernier ne faisait que demander une reddition
de comptes, contrevenant ainsi aux dispositions des articles 2.00.01 et 3.06.06
du Code de déontologie des avocats RLRQ c. B-1, r 3;
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Chef 11
À Québec, entre septembre 2010 et mai 2015, a porté atteinte à la dignité
de la profession en contrefaisant ou en faisant contrefaire les paraphes de AS
sur la lettre portant la date du 10 septembre 2010 accompagnant la facture
#7377; le tout contrevenant ainsi aux dispositions des articles 59.1.1 et 59.2 du
Code des professions, RLRQ c. C-26;
Chef 12
À Québec, le ou vers le 28 janvier 2016, dans le dossier de la Cour du Québec
portant le numéro 200-22-077639-169, a intimidé, exercé ou menacé d'exercer des
représailles contre AS, en intentant une demande en justice en dommages-intérêts
contre celui-ci en raison de la dénonciation, par ce dernier, de comportements
contraires au code de déontologie, contrevenant ainsi aux dispositions de l'article
136 du Code de déontologie des avocats, RLRQ c B-1, r 3. 1 et à l'article 59.2 du
Code des professions, RLRQ c. C-26
[Transcription textuelle]
CONTEXTE
madame Yolande Gervais est reconnue experte en écriture. Celle-ci produit son
12 Pièce P-20.
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[21] L’intimé demande que madame Nada Gagné soit reconnue experte en écriture.
Celle-ci travaille à plein temps depuis environ 26 ans à titre de secrétaire médicale dans
des cliniques. Parallèlement, pendant sept ans, elle suit des cours de graphologie et
complète une spécialisation sur le trait graphologique en 2017 ainsi qu’une année de
formation sur l’expertise en écriture en 201813. Elle dit détenir un certificat de graphiste
agréé bien que celui-ci ne soit pas mentionné dans son curriculum vitae. Elle termine
son travail « c’est le secrétariat en chirurgie médicale ». Elle a effectué sept ou huit
Conseil reconnaît madame Gagné comme experte en écriture. Son curriculum vitae et
madame Nada Gagné sont abordés dans le cadre de l’analyse du chef 11.
[24] Le 25 août 2021, le Conseil reconnaît monsieur Alain Turbide comme expert en
[25] L’intimé fait entendre dans le cadre de sa demande en arrêt des procédures
madame Elizabeth Galant et Me Karim Fezzani, monsieur Daniel Morneau de même que
des clients dans le cadre de sa présentation de sa requête de type Babos : AP, BF, JD,
J-FD, YV, MB, FC, FL, R, VD et ER. Les témoignages de deux employées de BCF,
mesdames Josée Lévesque et Valérie Fiset, sont entendus de même que madame Sylvie
monsieur MP et de madame Annie Girard sont écartés, ceux-ci ne visant qu’à mettre en
Position de l’intimé
[26] Le 1er décembre 2015, l’intimé demande à la plaignante de lui fournir son acte de
à la suite d’un engagement pris par la plaignante devant le Conseil17. Toutefois, il réalise
[27] Le 31 janvier 2020, le président du Conseil rejette une requête présentée par
l’intimé sous l’article 143.1 du Code des professions18 et décide qu’il revient à une
résolution désignant la plaignante pour agir à titre de syndique ad hoc dans les dossiers
[30] Selon l’intimé, la nomination de la plaignante est invalide au motif que son nom
18 Barreau du Québec (syndique ad hoc) c. Harvey, 2020 QCCDBQ 10 (Demande de contrôle judiciaire
rejetée le 9 septembre 2020 : Harvey c. Conseil de discipline du Barreau du Québec, 2020 QCCS
2827; requête de l’intimé pour permission d’en appeler de ce jugement rejetée : Harvey c. Conseil de
discipline du Barreau du Québec, 2020 QCCA 1750).
19 Pièce I-5, RA-61.
20 Pièce I-5, RA-62.
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Position de la plaignante
Décision du Conseil
[32] L’intimé a le fardeau de démontrer que la plaignante n’est pas validement nommée
DE DÉSIGNER Me Nathalie Lavoie pour agir à titre de syndique ad hoc dans les
dossiers 2014-00199988-GUI et 2014-00199989-GUI confiés par le Syndic et que,
dans les limites du mandat confié, elle possède les pouvoirs du Syndic, y compris
à l’issue de l’enquête de déposer toute plainte disciplinaire qu’il pourrait juger
appropriée, le cas échéant.
la résolution reproduite ci-haut22. Les lettres GUI correspondent au nom du syndic adjoint,
[35] L’intimé ne conteste pas que les dossiers « GUI » mentionnés ci-haut
[36] Cela ne change rien au fait que le Conseil d’administration du Barreau du Québec
nom de l’intimé n’apparaît pas à la résolution adoptée par le Conseil d’administration cela
ne représente pas un obstacle. Au, contraire, comme le fait remarquer la Cour supérieure
dans son jugement du 9 septembre 202023, il est bien ainsi pour des motifs de
confidentialité.
[37] L’intimé n’a pas démontré que cette résolution nommant la plaignante est invalide.
au dossier.
jugement du 9 septembre 2020. Celle-ci rappelle que cette dernière affaire se distingue,
car seule une lettre de la syndique de l’Ordre nomme le syndic ad hoc. Ici, une résolution
[39] Vu ce qui précède, le Conseil rejette le moyen soulevé par l’intimé visant à faire
23 Harvey c. Conseil de discipline du Barreau du Québec, 2020 QCCS 2827, paragr. 37.
24 Pièce I-5, RA-1, page 7 de 56.
25 2016 QCTP 139.
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ANALYSE
i) Le fardeau de preuve
éléments des infractions reprochées26. La Cour d’appel, dans l’arrêt Bisson c. Lapointe27,
[66] Il est bien établi que le fardeau de preuve en matière criminelle ne s’applique
pas en matière civile[43]. Il est tout aussi clair qu’il n’existe pas de fardeau
intermédiaire entre la preuve prépondérante et la preuve hors de tout doute
raisonnable, peu importe le « sérieux » de l’affaire. La Cour suprême du Canada,
dans l’arrêt F.H. c. McDougall, a explicitement rejeté les approches préconisant
une norme de preuve variable selon la gravité des allégations ou de leurs
conséquences[44].
[67] Cependant, la preuve doit toujours être claire et convaincante pour satisfaire
au critère de la prépondérance des probabilités. Comme démontré plus haut, le
Conseil avait bien à l’esprit cette norme et la proposition des juges majoritaires qui
soutient le contraire est, avec égards, injustifiée.
[68] Comme le rappelle la Cour suprême, « [a]ussi difficile que puisse être sa
tâche, le juge doit trancher. Lorsqu’un juge consciencieux ajoute foi à la thèse du
demandeur, il faut tenir pour acquis que la preuve était, à ses yeux, suffisamment
claire et convaincante pour conclure au respect du critère de la prépondérance
des probabilités ».[45]
__________
[43] Hanes c. Wawanesa Mutual Insurance Co., 1963 CanLII 1 (SCC), [1963] R.C.S. 154, repris dans
F.H. c. McDougall, [2008] 3 R.C.S. 41, paragr. 41.
[44] Supra, note 43, voir paragr. 45.
[45] Supra, note 43, voir paragr. 46.
26 Landry c. Guimont, 2013 QCCS 2004 (demande de permission d’en appeler rejetée : Landry c.
Guimont, 2014 QCCA 128; Dentistes (Ordre professionnel des) c. Harandian, 2021 QCTP 46, paragr.
78, 82 et 83; Laprise c. Travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec
(Ordre professionnel des), 2019 QCTP 96.
27 Bisson c. Lapointe, 2016 QCCA 1078 (demande d’autorisation d’appel à la Cour suprême rejetée,
26 janvier 2017, n° 37197). Voir également : F.H. c. McDougall, 2008 CSC 53, paragr. 46.
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[41] La Cour d’appel28 enseigne que les notions juridiques exposées dans l’arrêt Bisson
[42] Le Conseil doit considérer la preuve faite devant lui et décider si elle constitue la
chef d’infraction29.
[43] Par ailleurs, le même fardeau de preuve s’applique tout autant aux faits qu’entend
[44] La Cour d’appel a décidé que les éléments essentiels d’un chef de plainte
disciplinaire ne sont pas constitués par son libellé, mais par les dispositions de
ii) La faute
[46] La faute professionnelle doit atteindre un niveau de gravité suffisant pour être
[43] Pour éviter un exercice de pondération arbitraire basé sur des facteurs
variables au gré des circonstances de chaque cas, la jurisprudence et la doctrine
préconisent de s'en remettre aux fondements mêmes de la déontologie
professionnelle, c'est-à-dire aux valeurs inspirées par l'éthique, la moralité, la
probité, l'honneur et la dignité nécessaires pour assurer la protection du public 32.
[47] Lorsque la norme est décrite dans le règlement, la moralité et l’éthique sont
faute déontologique34.
trame factuelle, il revient au Conseil d’évaluer leur crédibilité36. Ceci implique des efforts
science exacte37.
32 Médecins (Ordre professionnel des) c. Bissonnette, 2019 QCTP 51, paragr. 43.
33 Médecins (Ordre professionnel des) c. Bissonnette, supra, note 32, paragr. 54.
34 Gruszczynski c. Avocats (Ordre professionnel des), 2016 QCTP 143, paragr. 11; Architectes (Ordre
professionnel des) c. Duval, 2003 QCTP 144, paragr. 11.
35 Médecins (Ordre professionnel des) c. Bissonnette, supra, note 32, paragr. 51.
36 Fortier c. Québec (Procureure générale), 2015 QCCA 1426, paragr. 74; Boulanger c. Développement
Impérial JJ inc., 2018 QCCA 1946, paragr. 14
37 R. c. Gagnon, 2006 CSC 17, paragr. 45; Bichai c. Starra, supra, note 28, paragr. 10.
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[51] Néanmoins, des critères ont été identifiés pour évaluer la crédibilité des témoins.
Ainsi, dans un arrêt phare, l’affaire Stoneham c. Ouellet38, la Cour suprême indique qu’il
l’ensemble de la preuve :
[52] Après avoir vu et entendu les témoins, le Conseil peut tenir compte du langage
non verbal, rechercher les réticences et déterminer si un témoin est hésitant ou évasif39.
[53] Dans un litige concernant une réclamation faite à un assureur, la Cour du Québec
se réfère à l’arrêt Stoneham et énumère les critères suivants qui ne se veulent pas
exhaustifs40 :
[141] Les critères retenus par la jurisprudence pour jauger la crédibilité, sans
prétendre qu'ils sont exhaustifs, peuvent s'énoncer comme suit :
1. Les faits avancés par le témoin sont-ils en eux-mêmes improbables ou
déraisonnables?
2. Le témoin s'est-il contredit dans son propre témoignage ou est-il
contredit par d'autres témoins ou par des éléments de preuve matériels?
3. La crédibilité du témoin a-t-elle été attaquée par une preuve de
réputation?
4. Dans le cours de sa déposition devant le tribunal, le témoin a-t-il eu des
comportements ou attitudes qui tendent à le discréditer?
[54] Le Conseil doit appliquer les principes mentionnés plus haut, procéder à une revue
attentive des faits et à une analyse de la crédibilité des témoins afin de tirer des
depuis 2001.
d’avocats où exerce l’intimé pendant la période visée par ce chef de la plainte remodifiée.
[57] Les informations demandées et obtenues dans le cadre de son enquête ont donné
Les cartes clients 05140, 07120, 10418 et 13112 sont déficitaires pour la période du
1er janvier 2010 au 31 janvier 2015. Elle fait état des soldes déficitaires dans chaque cas.
41 Helou c. Entreprises Louis Cayer inc. (Royal Lepage Dynastie), 2013 QCCA 1262, paragr. 35.
42 Pièce P-14.
43 Pièce P-8.
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à la reconstitution des cartes clients. En contre-preuve, elle confirme ne pas avoir posé
Me Michel Barakatt
[60] Me Barakatt connaît l’intimé et déclare être son ami depuis 1986.
[61] En 2006, l’intimé s’installe dans son bureau d’avocats. Celui-ci devient ainsi son
[62] Le compte général en fidéicommis 100-704-6, ouvert le 24 août 2006, porte le nom
[63] Me Barakatt explique avoir signé des chèques à la demande de son associé,
[64] Le 1er septembre 2017, il transmet un courriel à la plaignante dans lequel il écrit :
« Les dossiers pouvaient être ouverts dans ma cote client, mais desservis par mon
associé d’alors Me Harvey. C’était notre façon de procéder. J’ai confirmé
l’information ci-dessus avec Me Harvey avant de vous la transmettre »45.
[65] Or, les clients 05140, 07120, 10418 et 13112 sont identifiés comme des clients
[66] La carte client 07120 affiche un solde débiteur du 7 décembre 2010 au 25 janvier
2011, le solde étant déficitaire depuis qu’un chèque46 de 10 000 $ payable à Barakatt
[67] Selon lui, il s’agit d’une erreur. Le chèque transmis par l’avocat de l’autre partie en
règlement d’un dossier est déposé dans le compte de Barakatt Harvey au lieu du compte
[68] Dans le cas de la carte client 0514049 et la carte client 1041850, Me Barakatt n’a
L’intimé
46 Pièce P-8, annexe 00017, chèque numéro 350 payable à Barakatt Harvey et signé par M e Michel
Barakatt avec la mention « Règlement dossier règlement partiel des honoraires… ».
47 Pièce P-8, page 2 et annexe 0002.
48 Pièce I-1.
49 Pièce P-8, page 2 et documentation jointe au rapport soit les annexes 00001(inscriptions au grand livre
annuel), 00009 (carte client) et 000015 (relevé de la Banque Royale du Canada).
50 Pièce P-8, page 3, annexe 0004 (grand livre).
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[71] Tant pour le chef 1 que pour le chef 7, le modus operandi est le même : l’avocat
[72] L’intimé précise ce qui suit pour chacun des quatre clients visés par le chef 1.
[73] Il s’agit d’un dossier de Me Barakatt. L’intimé n’a effectué aucune gestion
relativement à ce client et n’a présenté aucune facturation. Tout au plus, il a assisté son
[74] L’intimé a retracé un relevé bancaire. Le 31 mars 2010, son associé fait un
virement51 de 22 912,61 $. Il n’a retracé aucune facture. Il n’est pas possible de rattacher
[75] Le 25 juin 2010, son associé, Me Barakatt, régularise la situation. Il tire un chèque
[76] L’intimé conclut que le déficit est attribué erronément à ce client dont il n’a aucune
dossier. L’intimé l’a assisté devant le tribunal. En juin 2009, Me Barakatt facture 10.25
heures alors que l’intimé facture 3 heures pour du travail effectué entre la mi-mai 2008 et
dossier 07-120.
[80] Pour expliquer l’erreur, il souligne que le bureau d’avocats Barakatt Harvey avait
[81] Or, Me Barakatt dépose par erreur le chèque de 10 000 $ dans le compte général
[82] Par la suite, pour payer les honoraires professionnels, Me Barakatt tire le chèque
numéro 350 dans le compte en fidéicommis56. Ce chèque, signé par Me Barakatt, indique
pour payer les honoraires. Le montant de 10 000 $ reçu de Me Lord demeure dans le
compte général alors que l’associé de l’intimé tire un montant équivalent dans le compte
numéro 7030 part du compte 100-694-9 pour être déposé dans le compte 100-704-6.
[85] Il reconnaît avoir été le signataire du compte, sauf entre le 19 juillet 2013 et le
6 octobre 2014. Toutefois, pendant cette période, son nom est retiré à titre de signataire
[86] Par ailleurs, l’intimé reconnaît qu’il s’agit d’un de ses dossiers.
[87] Le 14 novembre 2013, Me Barakatt signe le chèque 0566 au montant de 1 000 $59
avec la mention suivante : « Pour honoraires partiels F-10-0418 (SH) [R…F…] »60.
[88] Ce chèque est fait à l’ordre de « Barakatt Harvey ». Me Barakatt retire ainsi 1 000 $
3 335,99 $61. Selon l’intimé, Me Barakatt remet alors 107,53 $ de trop à ce client, ceci
provoque le solde déficitaire. Ce dernier corrige cette erreur le 3 avril 2014 en émettant
[90] Il s’agit d’un client de Me Barakatt63. L’intimé explique n’être intervenu dans ce
[91] Le 13 mai 2013, l’intimé signe le chèque 0529 au montant de 5 000 $64 en faveur
d’un dénommé JB. Ce chèque est encaissé le 21 mai suivant. L’intimé ne se rappelle pas
[92] L’intimé considère que c’est par erreur que le comptable attribue ce chèque au
client NSE. Cette situation est régularisée le 9 juillet 2013 par Me Barakatt, qui émet un
[93] L’intimé déclare qu’il ne sait pas s’il y a un déficit de la carte client du fait qu’il signe,
le 13 mai 2013, le chèque 0529 au montant de 5 000 $ : « Est-ce que le compte en fiducie
61 Pièce RA-60, page 26, chèque 0573. Cette pièce est un doublon avec la pièce P-8, page 47 de 51.
62 Pièce RA-60, page 35, chèque 3944.
63 Pièce P-4, page 603.
64 Pièce I-59, page 43.
65 Pièce I-59, page 53.
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[94] La plaignante mentionne le rapport de madame Laberge, lequel fait état des cartes
clients desservis par l’intimé. Même s’il signe les chèques, c’est à la demande de l’intimé.
[95] L’intimé réitère les moyens de défense déjà invoqués lors de son témoignage. Il
s’agit d’erreurs de Me Barakatt pour lesquelles il n’a pas donné d’instructions. Pour le
client 13112, il signe le chèque qu’on lui présente, mais il s’agit d’un client de son associé.
66 Règlement sur la comptabilité et les comptes en fidéicommis des avocats, RRQ 1981, c. B-1, r. 3. Ce
règlement a cessé d’avoir effet le 8 juillet 2010 : décision 2010-02-17, 2010 G.O.2, 943 (publié le
10 mars 2010).
67 Règlement sur la comptabilité et les normes d’exercice professionnel des avocats, RLRQ, c. B-1, r. 5.
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[97] La preuve établissant des déficits de cartes clients est claire. Madame Laberge a
chèques. Ses conclusions sont appuyées par cette documentation. Les déficits se
• La carte client 5140 : du 30 avril 2010 au 25 juin 2010, soit pendant 56 jours69.
49 jours70. Le déficit s’élève à 10 000 $71 à la suite d’un chèque émis pour ce
68 RLRQ, c. C-26.
69 Pièce P-8, page 2 et documentation jointe au rapport soit les annexes 00001(inscriptions au grand livre
annuel), 00009 (carte client) et 000015 (relevé de la Banque Royale du Canada).
70 Pièce P-8 page 22, annexe 00017, chèque numéro 350 payable à Barakatt Harvey et signé par
Me Barakatt avec la mention « Règlement dossier règlement partiel des honoraires… ».
71 Pièce P-8, page 2 et annexe 0002.
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2014. Il s’élève à 107,53 $72, soit la différence entre le solde de la carte client
est comblé73.
• La carte client 13112 : Le solde est déficitaire pendant 49 jours, car un chèque
[98] L’intimé est-il responsable de ces déficits même si le client est au nom de
il confirme que les dossiers en litige sont desservis par Me Harvey même s’ils pouvaient
être ouverts dans sa cote client75. Il écrit : « C’était des dossiers que je lui avais confiés
parce que c’était dans son domaine d’expertise. Ils étaient sous sa responsabilité et sa
gouverne76 ».
[99] Toutefois, lorsque questionné au sujet de ce courriel de même que sur le contrôle
un dossier à Stéphane, il faisait comme ses autres dossiers à lui. Mais, compte tenu que
c’est moi qui le référais, peut-être que ça c’est fait par collégialité, mais là …toutes ces
[100] Conséquemment, même s’il s’agit de clients que Me Barakatt déclare avoir confiés
à l’intimé pour être desservis par ce dernier, il est possible qu’un contrôle ait quand même
été exercé par lui au niveau du compte en fidéicommis. Autrement dit, ce courriel du
1er septembre 2017 n’est pas en soi déterminant vu les précisions apportées par
Me Barakatt lors de son témoignage et son incapacité à se rappeler ce qui s’est finalement
passé.
[101] Ainsi, il faut examiner la preuve eu égard à chacun de ces quatre clients pour
déterminer qui a fait quoi et si, eu égard aux soldes déficitaires de ces cartes clients,
[102] Relativement au client 07120, l’intimé démontre que le solde déficitaire résulte
[103] Le chèque numéro 834 au montant de 10 000 $ transmis par Me Lord à Me Barakatt
est déposé par ce dernier erronément dans le compte général au lieu d’être déposé dans
fidéicommis et paye les honoraires du bureau dans ce dossier. Ce faisant, le compte est
[104] Le Conseil retient le témoignage de l’intimé, lequel est appuyé par une preuve
facturent un peu plus de 8 heures à ce client78. Celle du 4 juin 2009 indique que
Me Barakatt facture 10.25 heures et l’intimé 3 heures79. Celle du 9 juin indique que
Me Barakatt et un autre avocat ont facturé 19 heures et l’intimé 6 heures 80. Ainsi, plus de
37 heures sont facturées au client par d’autres avocats que l’intimé et ce dernier en a
facturé 9 heures. Vu ce qui précède, il est difficile de soutenir que l’intimé est celui qui a
« desservi » ce client. Cet exemple justifie qu’il ne faut pas accorder beaucoup de force
l’intimé qui a desservi ce client. Il a écrit ce courriel quelque sept années après les faits
et manifestement, selon les factures, l’intimé a raison de soutenir avoir joué un rôle
secondaire. Par conséquent, ce même courriel n’est pas davantage probant pour soutenir
[105] La preuve ne permet pas de retenir que le solde déficitaire résulte d’un geste ou
d’une instruction de l’intimé. Le Conseil ne peut retenir que l’intimé est au courant des
gestes posés par Me Barakatt. L’intimé n'a commis aucune faute disciplinaire sous l’une
[106] L’intimé est acquitté de ce reproche à l’égard du client 07120 et d’avoir contrevenu
avocats, à l’article 59.2 du Code des professions et à l’article 3.06 du Règlement sur la
[107] L’intimé démontre, à l’aide d’une preuve documentaire, que le solde déficitaire
3 335 $82. Ce faisant, il lui remet 107,53 $ de trop, d’où le solde déficitaire. Il corrige cette
RF ».
[109] Même s’il s’agit d’un client de l’intimé, pendant la période en cause, ce dernier
n’est pas autorisé à signer les chèques du compte en fidéicommis selon la preuve
dans son courriel du 1er septembre 2017, l’intimé est formel, il s’agit d’un de ses clients.
Comme déjà expliqué pour le client précédent, le Conseil n’accorde pas beaucoup de
[110] La preuve ne permet pas clairement de conclure que cette erreur provient d’une
[111] Il est vrai que l’intimé n’est pas en mesure de fournir une explication relativement
à ce déficit de 107,53 $. Toutefois, le fardeau repose sur les épaules de la plaignante qui
n’a pas démontré que le déficit résulte d’un geste de l’intimé. Ajoutons que
madame Laberge ne relève pas que l’intimé n’est pas signataire du compte pendant la
période en cause.
[112] Le solde déficitaire de 107,53 $ apparaît résulter d’une erreur du seul signataire
du compte en fidéicommis au moment des faits, soit Me Barakatt. Dans ces circonstances,
le Conseil retient que la preuve prépondérante ne permet pas de retenir qu’il a posé un
geste ou donné des instructions ayant pour effet de créer ce solde déficitaire.
professionnel des avocats, à l’article 59.2 du Code des professions et à l’article 3.06 du
[114] Le 13 mai 2013, l’intimé signe le chèque 0529 au montant de 5 000 $85 en faveur
[115] L’intimé reconnaît avoir signé ce chèque, mais ne peut maintenant dire pour quelle
[116] Or, le 13 mai 2013, le compte de ce client n’a aucun fonds, car le 8 mars 2013, la
s’assurer que des fonds suffisants se trouvent dans le compte en fidéicommis. Il lui revient
[118] Un client ne peut pas s’attendre à ce qu’un des associés du bureau signe un
chèque sans se préoccuper si ce dernier sera tiré dans son compte, avec pour
[119] Cette situation a été régularisée le 9 juillet 2013 par Me Barakatt, qui émet un
chèque au montant de 5 000 $ payable à Barakatt Harvey88. Le fait que ce dernier corrige
[120] L’intimé ne pouvait retirer les sommes qui sont confiées en fidéicommis à la société
Barakatt Harvey que pour les fins et aux conditions prévues au règlement.
public89. Les règles concernant les sommes détenues en fidéicommis ne souffrent pas
d’exception. L’obligation prévue est absolue et impose des responsabilités aux avocats90.
En outre, ce déficit a prévalu pendant 49 jours. Il s’agit d’une longue période pour une
situation complètement interdite. Il ne s’agit pas d’une simple erreur d’ordre technique.
[123] La plaignante a démontré, de façon claire et convaincante, que pour ce client dont
sur la comptabilité et les normes d’exercice professionnel des avocats dans le cas du
client 13112.
[125] Le Conseil juge également que l’intimé a posé un acte dérogatoire à l’honneur ou
la dignité de la profession.
ont pour but de protéger le public. Les sommes confiées par des clients à un avocat
doivent être déposées dans un compte en fidéicommis puis utilisées avec un très grand
souci d’intégrité et d’indépendance92. La preuve démontre que l’intimé n’a pas été à la
[127] Le Conseil déclare l’intimé coupable d’avoir enfreint l’article 59.2 du Code des
[128] En vertu des règles interdisant les condamnations multiples93, le Conseil ordonne
la suspension conditionnelle des procédures quant au renvoi à l’article 59.2 du Code des
professions.
92 Avocats (Ordre professionnel des) c. Ledoux, 2019 QCTP 19, paragr. 28.
93 Kienapple c. R., 1974 CanLII 14 (CSC).
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fidéicommis des avocats, cette disposition a cessé d’avoir effet le 8 juillet 2010 alors que
les événements reprochés à l’égard de ce client sont survenus en 2013. L’intimé est par
client. Le déficit apparaissant au grand livre à la fin du mois d’avril 2010 n’est finalement
comblé par Barakatt Harvey Société d’avocats qu’à la fin juin 2010 à la suite d’un virement
bancaire dont l’objectif ne peut être que de chercher à corriger tardivement cette situation
[131] Contrairement au cas précédent, aucun geste ne peut être attribué à l’intimé. La
preuve ne permet pas de retenir que ce dernier a signé un chèque afin de retirer des
permet pas de constater aucun geste ou instruction émanant de l’intimé à l’égard des
[132] Pour les motifs déjà mentionnés, le Conseil ne peut accorder beaucoup de force
il n’y a pas de preuve que l’intimé a facturé à ce client des services professionnels. Rien
94 Pièce P-9.
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Conseil ne le croit pas, car la preuve ne permet pas de retenir que l’intimé a été informé
S’il y a eu faute de l’associé de l’intimé, celle-ci n’a pas à être imputée à ce dernier vu les
[134] Le Conseil acquitte l’intimé d’avoir contrevenu à l’article 3.06 du Règlement sur la
comptabilité et les comptes en fidéicommis des avocats dans le cas du client 05140.
[135] Le Conseil acquitte également l’intimé d’avoir contrevenu à l’article 59.2 du Code
fidéicommis pour ce client provient d’un geste ou d’une instruction de l’intimé. Or, on ne
peut pas imputer à l’intimé des gestes posés par son associé dans ce contexte.
[136] Ajoutons que l’article 59 du Règlement sur la comptabilité et les normes d’exercice
professionnel des avocats dans le cas n’est pas applicable au moment des événements
concernant cette carte client. En conséquence, l’intimé est acquitté d’avoir contrevenu à
cette disposition.
[137] Lors de la présentation de son rapport96, madame Laberge fait état de transactions
à la carte client « 9999 Suspend ». L’intimé signe deux chèques pour le paiement de sa
cotisation annuelle au Barreau du Québec ainsi que celle Me Barakatt et une autre
Me Michel Barakatt
[138] L’intimé, tout comme lui, pouvait émettre des chèques du compte en fidéicommis
identifié par madame Laberge. Le mauvais chéquier a été utilisé pour payer les
L’intimé
[139] L’intimé déclare que les documents ont été préparés par l’adjointe de M e Barakatt
à la demande de ce dernier.
[140] Or, il admet avoir signé les deux chèques portant les numéros consécutifs 367 et
96 Pièce P-8.
97 Pièce P-8, annexes 00019 (relevé bancaire) et 00020 (chèque numéro 367 tiré à l’ordre du Barreau du
Québec), annexe 00021 (relevé bancaire).
98 Pièce P-8, page 3 et annexes 000022 (relevé bancaire) et 000023 (chèque numéro 368 tiré à l’ordre
du Barreau).
99 Pièces P-8, pages 25 et 28, annexes 0020 et 0023.
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[141] Lorsqu’il a signé ces chèques, il ne réalise pas qu’il utilise le mauvais chéquier :
Moi, on me présente les chèques, je signe les chèques. Je constate pas qu’ils ont
été pris dans le compte en fiducie.
[142] Il invoque qu’il s’agit d’une erreur administrative faite de bonne foi. Par la suite,
[144] L’intimé ajoute que cette erreur ne comporte pas le niveau de gravité suffisant pour
compte en fidéicommis)
100 Règlement sur la comptabilité et les normes d’exercice professionnel des avocats, RLRQ, c. B-1, r. 5.
101 RLRQ, c. C-26.
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[146] L’intimé retire des montants de son compte général en fidéicommis pour le
[147] En effet, ce dernier effectue les transactions suivantes relativement à la carte client
« 9999 Suspend » :
madame Laberge. Celui-ci est appuyé par une preuve documentaire complète émanant
[149] Il ne peut s’agir d’une simple maladresse technique ou d’une erreur administrative
102 Pièce P-8, annexes 00019 (relevé bancaire) et 00020 (chèque numéro 367 tiré à l’ordre du Barreau du
Québec).
103 Pièce P-8, page 3 et annexes 000022 (relevé bancaire) et 000023 (chèque numéro 368 tiré à l’ordre
du Barreau).
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[150] Ici, l’intimé signe deux chèques pour tirer du compte en fidéicommis le montant à
être payé pour des cotisations au Barreau. Le fait de tirer un chèque d’un compte en
fidéicommis n’a rien de mécanique. À chaque fois, l’avocat doit s’assurer que les
conditions prévues à la réglementation pour tirer un tel chèque sont présentes. L’intimé
ne peut pas dégager sa responsabilité en invoquant simplement qu’il a signé des chèques
qui lui sont présentés par l’adjointe de son associé. Il est de sa responsabilité
Or, il n’a posé aucune question et n’a effectué aucune vérification. En outre, pour que la
situation soit régularisée, il a fallu un mois pour le premier chèque et 105 jours dans le
cas du second.
[151] La disposition de rattachement établit la norme applicable qui doit être respectée.
Il revient à l’intimé de prendre les moyens pour s’assurer que tel est le cas, ce qu’il n’a
pas fait.
Code des professions, comme déjà mentionné sous le chef 1, l’intimé s’est vu reconnaître
104 Chauvin c. Beaucage, 2008 QCCA 922, paragr. 68; Bouchard c. Notaires, 1998 QCTP 1726.
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[154] L’intimé, en sa qualité de l’un des deux associés de Barakatt Harvey, devait
prendre les moyens pour être à la hauteur de ses obligations déontologiques. L’intimé
n’a pas apporté le plus grand soin à la gestion de son compte en fidéicommis.
[155] Par ailleurs, à l’égard de l’une ou l’autre des dispositions de rattachement, il est
pour le moins antinomique qu’un avocat retire des sommes détenues en fidéicommis en
maintenir son adhésion à un ordre professionnel dont le but est de protéger le public.
[156] Il appert de la preuve que l’intimé a simplement signé une série de deux chèques,
prendre les moyens pour éviter que des sommes soient retirées du compte général en
[157] Le Conseil déclare coupable l’intimé d’avoir enfreint l’article 59.2 du Code des
professions.
[158] En vertu des règles interdisant les condamnations multiples105, le Conseil ordonne
la suspension conditionnelle des procédures quant au renvoi à l’article 59.2 du Code des
professions.
Monsieur AS
[159] En avril 2007, le frère de monsieur AS est hospitalisé en raison d’un cancer. Celui-
[160] C’est dans ce contexte que, le 26 avril 2007, le frère de monsieur AS signe un
mentales et cognitives107.
[161] Le frère de monsieur AS lègue tous ses biens à sa fille mineure. Monsieur AS est
désigné à titre de liquidateur de la succession. Celui-ci doit verser les montants par
[162] Parallèlement, madame P, ex-conjointe de son frère et mère de la jeune fille, fait
des démarches auprès du frère de monsieur AS pour qu’il modifie le bénéficiaire d’une
[163] Celle-ci demande la garde et réclame les arrérages de pension alimentaire dus
pour le bénéfice de leur enfant et la garde de celle-ci alors que le frère de monsieur AS
est malade et hospitalisé. Le 26 juin 2007, une ordonnance de sauvegarde est émise en
ce sens108.
[164] Dans ce contexte, monsieur AS souhaite retenir les services d’un avocat pour faire
[166] Selon monsieur AS, l’intimé explique que la vérification du testament est une
[167] Quant aux honoraires, l’intimé précise qu’ils peuvent s’élever à une dizaine de
milliers de dollars. Il prévoit impliquer une stagiaire, Ally, pour effectuer des recherches.
[170] L’enjeu financier de cette affaire est constitué par le montant d’une police
[171] Le 13 février 2009, monsieur AS reçoit une lettre de l’assureur lequel se dit sans
nouvelle du conseiller juridique qu’il a désigné. Quelques jours plus tard, soit le 17 février
2009, il fait suivre ce document par télécopieur à l’intimé112. Lors de son témoignage, il
explique avoir retracé ce document un peu avant son témoignage devant le Conseil.
[172] Monsieur AS relate avoir communiqué avec l’intimé. Ce dernier lui indique qu’il doit
contestation de madame P. Il lui réitère qu’il s’agit d’une cause « très facile ».
pour le bénéfice de l’enfant de 250 $ par mois. Des arrérages de 7 545 $ doivent lui être
payés. Cette somme doit être versée à même les montants obtenus de la police
d’assurance-vie.
à cet effet ayant été préparé par Me Fernand Moisan, au nom du bureau Barakatt Harvey.
[175] Monsieur AS relate avoir rencontré une fois Me Moisan en présence de l’intimé.
111 Le montant initial de 160 000 $ s’est accru pendant la période de mise en vigueur de la police
d’assurance-vie.
112 Pièce P-40.
113 Pièce P-21, page 9.
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[176] Il ajoute qu’entre 2009 et 2010, il communique à quelques reprises avec l’intimé,
monsieur AS114. Le 30 mars 2010, un affidavit en reprise d’instance est notifié par
Me Moisan dans le dossier mû115. Le testament est vérifié le 14 avril 2010116 à la suite
[178] En mai 2010, l’intimé communique avec monsieur AS. Le dossier est réglé. La
requête en vérification de testament n’est donc plus contestée et monsieur AS n’a pas à
témoigner.
[180] Le même jour, une lettre est transmise par les avocats de madame P à l’attention
fille mineure depuis le 31 mai 2010118. Une série de chèques postdatés est aussi
en question.
[182] Monsieur AS reconnaît avoir inscrit ses initiales sur cette facture. Il précise l’avoir
payée, car il voulait avoir la paix. Il considère qu’il s’agit de la dernière facture sauf pour
[183] À la même date, soit le 27 mai 2010, une convention de gestion intervient entre
l’intimé et monsieur AS120. Cette convention prévoit que le bureau d’avocats Barakatt
Harvey reçoit des honoraires de 2,25 % pour la gestion des sommes en fiducie payables
le 1er juin de chaque année à compter du 1er juin 2020. Le bureau d’avocats est autorisé
rappelle que des chèques postdatés sont transmis à madame P par ce bureau d’avocats
[184] Il explique qu’une somme de 75 000 $ devait lui être remise par le bureau de
fidéicommis devait être utilisé pour payer la pension alimentaire et diverses dépenses
mai 2010, mais ne l’a reçue qu’en janvier 2011121. Il la dépose alors dans un compte à
[185] Le 6 septembre 2010, monsieur AS transmet par télécopieur la liste de frais (mini-
vie, soit 171 131,12 $, est déposé dans le compte en fidéicommis de l’intimé. Outre le
et la liste des derniers frais transmise le 6 septembre 2020, monsieur AS est formel : il
n’a autorisé aucun autre montant et seul le versement de la pension de 250 $ par mois
[187] Par ailleurs, monsieur AS relate que madame P l’informe de retards dans le
le rassure.
121 Pièce P-14, page 73, chèque numéro 354 portant la date du 11 janvier 2011.
122 Pièce P-21, page 13.
123 Pièce P-4, page 58 à 64.
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[188] Monsieur AS tente depuis 2010 d’obtenir de l’intimé une reddition de compte
relativement à l’utilisation des sommes ainsi détenues en fidéicommis afin que le solde
[189] En 2014, monsieur AS est appelé à témoigner dans une affaire impliquant un
collègue de travail. Ce dernier est représenté par l’intimé. Monsieur AS se rend à son
fidéicommis.
[190] En mai ou juin 2014, lors du procès impliquant un collègue de travail, monsieur AS
redemande à l’intimé une reddition de compte chiffrée. Il veut savoir combien il reste dans
[191] En octobre 2014, monsieur AS reçoit un courriel l’informant que l’intimé veut le
rencontrer lors d’un lunch. Il répond par courriel qu’il veut plutôt avoir une preuve du solde
détenu en fidéicommis et que l’intimé n’a qu’à lui transmettre ce document. À la suite d’un
Barakatt a requis que lui soit remis le dossier de la succession et qu’il est maintenant
l’interlocuteur au dossier125. Quelques jours plus tard, monsieur AS échange des courriels
avec Me Barakatt. Monsieur AS lui fait remarquer qu’il doit rester quelque 80 000 $ moins
son bureau pour lui demander en personne une reddition de compte 126. Le 3 novembre
monsieur AS, ce dernier l’invite à s’entendre avec l’intimé. Il fait état d’un document, mais
n’en remet pas une copie à monsieur AS. Finalement, il n’obtient pas l’information
rencontre, un huissier l’attend et lui remet une mise en demeure émanant de l’intimé128.
Il y a lieu de préciser que cette mise en demeure porte la date du 5 novembre 2014.
[194] Ainsi, monsieur AS est mis en demeure de retirer des propos diffamatoires quant
[195] Cette mise en demeure fait état d’une facture du 10 septembre 2010 s’élevant à
Monsieur AS est formel : il n’a jamais vu cette facture. La mise en demeure mentionne
considère qu’il s’agit d’un mensonge. Enfin, la mise en demeure fait état d’une « facture
finale » au montant de 7 000 $ du 17 août 2011 qu’il n’a jamais reçue. Par ailleurs, cette
de la somme détenue, soit 171 131,12 $. Monsieur AS est formel : le seul pourcentage
convenu est celui mentionné à la convention de gestion, soit 2,25 % par année. Cette
gestion consistait simplement pour l’intimé à faire douze chèques chaque année pour la
professionnels est sur la base d’un tarif horaire. Il se souvient très bien d’avoir convenu
[196] Le 7 novembre 2014, monsieur AS écrit à Me Barakatt pour lui demander copie du
document faisant état des transactions dans le compte en fidéicommis129. Le même jour,
une adjointe de Me Barakatt lui transmet un relevé du compte en fidéicommis lequel porte
le numéro 07458 portant la mention « Grand Livre annuel du 01/01/10 au 31/12/10 »130.
Ce relevé fait état de montants versés à « Barakatt Harvey » qu’il n’a jamais autorisés
du syndic131.
[198] Après le dépôt de sa demande d’enquête, soit un peu après la période des fêtes
[199] Premièrement, une facture du 29 juin 2010, portant le numéro 7353, adressée par
à 225 $ de l’heure pour la période du 5 février 2009 au 29 juin 2010 et quelques frais, le
tout s’élève à 2 437,25 $132. Le 29 juin 2010, Me Barakatt a payé cette facture à même le
s’élève à 6 500 $.
montant total facturé après l’ajout des taxes est de 33 100,49 $. L’intimé ne fait état
d’aucune période de facturation. Il est important de souligner que monsieur AS nie avoir
[202] Monsieur AS affirme n’avoir jamais vu ces trois factures avant qu’elles ne lui soient
[203] Dans un autre ordre d’idées, le grand livre de la société Barakatt Avocats fait état
d’un montant de 7 000 $ qui lui a été remis. Le chèque porte le numéro 359 selon ce
relevé et le retrait du compte en fidéicommis est effectué le 2 février 2011 136. Or, le
chèque portant le numéro 359 est tiré à l’ordre de Barakatt Harvey avec comme objet 05-
07-0458 (SH)137. Par ailleurs, la facture portant la date du 17 août 2011, adressée à
monsieur AS, et le numéro 7518 dans le dossier S-07-458 (SH) s’élève à 7 000 $138. Des
10 septembre 2010 auxquels s’ajoutent les taxes applicables. Monsieur AS réitère que
consulte un avocat139.
[205] Le 22 avril 2016, il écrit à la plaignante pour lui transmettre une nouvelle demande
d’enquête, car il vient d’apprendre que d’autres sommes ont été retirées du compte en
[206] Le 7 avril 2016, il écrit à Me Guimont, car madame P lui mentionne ne pas avoir
reçu les chèques pour payer la pension alimentaire de l’enfant mineur141. Or, quelques
jours plus tard, monsieur AS apprend qu’il n’y a presque plus de fonds dans le compte
136 Pièce P-13, page 305 (le grand livre pour l’année 2011).
137 Pièce P-13, page 46.
138 Pièce P-13, page 44.
139 Pièce P-18, page 11.
140 Pièce P-19.
141 Pièce P-26.
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en fidéicommis142. Au départ, il était prévu que la pension versée à sa nièce soit payée à
même ces fonds, et ce, jusqu’à ce qu’elle devienne majeure. Selon monsieur AS, le solde
devrait être supérieur à 20 000 $. Ce dernier a alors payé la pension alimentaire à partir
[207] Monsieur AS précise que l’enfant est devenue majeure. Le solde des sommes qu’il
détient lui est versé par tranche, conformément à ce qui est prévu au testament.
initial était de procéder à la vérification du testament, mais il ne peut se souvenir s’il était
[209] La première rencontre a eu lieu au bureau de l’intimé situé alors sur le boulevard
Henri-Bourassa.
[210] Il confirme que lors de cette première rencontre, il a été question des honoraires à
être versés. L’intimé lui a expliqué avoir embauché une stagiaire et que le tout allait coûter
avait retenu les services d’un avocat pour s’opposer à la vérification du testament.
Lorsque ce fait a été connu, il ne peut pas se souvenir s’il a eu une autre discussion
[211] Monsieur AS reconnaît qu’il est possible qu’il ait donné un mandat à l’intimé outre
présentée par madame P. Finalement, il se rappelle qu’un mandat a été confié à l’intimé
[212] À ce sujet, monsieur AS réitère qu’il n’y a pas eu d’autres discussions portant sur
[213] La question des honoraires n’a été abordée qu’à une seule reprise et seul un tarif
le montant ainsi détenu en fidéicommis est plus élevé. D’ailleurs, un montant de 75 000 $
lui a laissé à la réception un extrait du grand livre de l’année 2011 portant la date du
27 avril 2011 indiquant que le solde du compte est de 12 376,91 $145. Quant à l’extrait de
la même date faisant état de diverses transactions au grand livre pour la période du
1er janvier 2010 au 31 décembre 2010146, monsieur AS réitère que ce document lui a été
des délais mis par la plaignante pour l’enquête et que cela l’aurait motivé à se plaindre
auprès des médias, celui-ci explique ce qui suit. Un membre de sa famille lui a fait suivre
ayant des analogies avec les reproches qu’il formule contre l’intimé147. Il a écrit un
commentaire sur le site de ce diffuseur. Un recherchiste a communiqué avec lui. Cela n’a
[217] Par ailleurs, il relate qu’en février 2015, Me Guimont lui a fait suivre les
selon laquelle il ne voulait pas investir un sou pour récupérer l’argent de sa nièce. C’est
plutôt l’intimé qui lui a proposé d’attendre la fin du dossier avant de le facturer. Il ajoute
que l’intimé ne voyait aucun risque, c’était « gagné d’avance », qu’il réalisait que le
dossier concerne une enfant de 5 ans et qu’il ferait en sorte de maintenir au plus bas les
honoraires, d’où le fait de faire travailler une stagiaire à 100 $ de l’heure. Par ailleurs, s’il
a fait appel à un autre bureau d’avocats en novembre 2014, c’est parce qu’il n'avait pas
de réponses à ses questions depuis plusieurs mois. Il déplore que l’intimé associe ses
Madame DA
[220] En 2007, celle-ci est présente lorsque ce dernier rencontre l’intimé à son bureau
[221] À cette époque, madame DA et son conjoint demeurent depuis peu dans la région
[222] L’intimé est mandaté pour faire vérifier le testament. Lorsque le sujet de ses
honoraires est abordé, celui-ci évalue qu’il en coûtera entre 8 000 $ et 10 000 $. Tant
madame DA que monsieur AS expliquent à l’intimé que ce montant leur est apparu élevé.
[223] L’intimé considère qu’en l’absence d’autres testaments, ce dossier sera « très
facile », mais il faut du temps, car il y a beaucoup de paperasse. Il ajoute que les
médecins qui ont agi comme témoins devront être assermentés pour confirmer des
[224] L’intimé indique qu’une stagiaire, Ally, et un autre avocat peuvent exécuter une
partie du travail de façon à faire diminuer le montant des honoraires. Il précise que le tarif
horaire de la stagiaire est de 100 $ alors que celui de l’autre avocat est quasiment au
même taux horaire. L’intimé aurait laissé sous-entendre que cet autre avocat n’est « pas
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très bon ». Lors de son témoignage en chef, elle ne se rappelle pas que l’identité de cet
[225] Madame DA confirme que seul un tarif horaire est discuté. Aucune rémunération
[226] Elle accompagne également monsieur AS lorsqu’il revoit l’intimé en mai 2010 pour
[227] Cette rencontre a lieu au bureau de l’intimé à Sainte-Foy. À cette époque, la mère
15 299 $.
15 299,50 $150, elle se souvient d’avoir quitté la salle de réunion pour aller aux toilettes et
[229] Quant au montant de la facture, elle se rappelle avoir mentionné deux fois que
c’était dispendieux. Elle a alors discuté avec monsieur AS et ajoute qu’ils étaient
« tannés » et voulaient « en finir ». C’est dans ce contexte que cette facture a été
acceptée.
150 Pièce P-10, page 6 (facture sans les initiales « AS ») et pièce P-23, page 22, la même facture avec les
initiales « AS ».
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[230] Par ailleurs, son conjoint voulait payer les arrérages de pension alimentaire à sa
nièce ainsi que divers frais à venir (études, dentiste, etc.). Une convention est signée à
cet effet151. Les frais de gestion de l’intimé sont négociés puis établis à 2,25 %.
fidéicommis la somme de 50 000 $. Toutefois, madame DA croit qu’un montant plus élevé
est alors détenu par l’intimé. D’ailleurs, il est prévu que monsieur AS se fasse remettre le
montant de 75 000 $ qu’il voulait gérer lui-même au bénéfice de sa nièce. Elle mentionne
qu’il a fallu beaucoup de temps pour que l’intimé lui remette ce montant provenant de la
[232] Par la suite, elle se souvient que monsieur AS demande un bilan à l’intimé, mais il
[233] En 2014, elle relate que son conjoint s’est déplacé au bureau de l’intimé
[234] Elle ajoute qu’en octobre 2014, monsieur AS lui mentionne être allé attendre au
bureau de l’intimé sur la rue Saint-Paul à Québec. Elle n’est pas présente.
[235] Après que monsieur AS a reçu une mise en demeure en novembre 2014152, ils ont
décidé de demander l’aide du Barreau afin d’amener l’intimé à rendre des comptes. De
plus, elle n’a jamais vu la facture de 33 100 $ mentionnée dans cette mise en demeure.
feuille contenant un relevé des montants retirés du compte en fidéicommis153. Elle n’a
pas vu le courriel de transmission, mais, avec monsieur AS, elle a examiné ce relevé pour
avec son conjoint à deux reprises, mais elle ne lui a pas parlé entre ces deux rencontres.
de faire intervenir une stagiaire et Me Moisan. Elle répond par l’affirmative à cette
suggestion.
Me Michel Barakatt
[240] Me Barakatt connaît l’intimé et déclare être son ami depuis 1986.
[241] En 2006, ce dernier l’approche pour s’installer avec lui. Celui-ci devient ainsi le
[242] En 2013, Me Barakatt déménage son bureau sur la rue Saint-Paul, à Québec.
L’intimé le rejoint trois à cinq mois plus tard. Me Barakatt explique que l’intimé éprouve à
[243] Me Barakatt précise qu’à cette époque l’intimé est hospitalisé à la suite de
difficultés encourues dans sa vie privée. Me Barakatt a vidé son bureau dans le local sur
[244] Il explique que son adjointe est madame Pelletier. Elle travaille pour lui entre 2006
[245] Quant à Me Fernand Moisan, celui-ci sous-louait des locaux à compter du mois de
mai ou de juin 2008. Cet avocat était en « nominal » et facturait ses honoraires.
Me Barakatt explique ne pas avoir fait affaire avec lui. C’est plutôt l’intimé qui le
connaissait.
[247] Il a mis fin à son association avec l’intimé, car il n’aimait pas la tournure que
prenaient les événements à l’égard du litige avec son ordre professionnel. Il n’a pas
davantage apprécié le fait que l’intimé intente une poursuite contre la plaignante en
janvier 2016 pour faire déclarer cette dernière en situation de conflit d’intérêts dans ses
[248] Le compte général en fidéicommis 100-704-6, ouvert le 24 août 2006, porte le nom
« Barakatt & Harvey en fidéicommis ». Ce compte est fermé depuis le 9 février 2017155.
considère « pris dans l’engrenage » de cette affaire. Il savait en gros que le dossier
concernait une succession contestée et un litige familial. L’intimé ne l’a pas consulté et il
[251] Il ne se souvient pas quels étaient les paramètres de l’entente quant au paiement
des honoraires.
[252] Me Barakatt ne peut affirmer que l’intimé lui a montré une facture. Ainsi, pendant
dix ans où l’intimé est son associé, il n’exige pas de voir les factures, car il lui fait
confiance. Ainsi, il n’a pas pris connaissance de diverses factures relatives au dossier de
est un cas particulier. Il est possible qu’il l’ait vue, mais ne peut pas l’affirmer. L’intimé lui
[254] Il confirme qu’en ce qui concerne les factures suivantes, il n’avait aucune
dossier de monsieur AS156. Les factures qui se trouvaient dans l’ordinateur ont également
[257] Il précise que, selon le grand livre, un montant de 7 000 $ a été remis par chèque
à monsieur AS. Il reconnaît que le chèque est plutôt émis à l’ordre de Barakatt Harvey. Il
s’agit d’une erreur. Toutefois, avant son témoignage, il n’avait pas remarqué ce fait.
[258] Il confirme que les quatre cartes clients déficitaires mentionnées au chef 1 visent
des clients desservis par l’intimé158. Ils étaient sous la responsabilité de ce dernier.
que ce dernier est reparti avec une mise en demeure portant la date du 5 novembre
[260] Il se rappelle que monsieur AS souhaitait recevoir un rapport comptable avec des
avoir mentionné qu’il n’avait pas lui-même ces pièces et les documents demandés.
[261] Il reconnaît avoir reçu un message de monsieur AS159, le 21 octobre 2014, lui
finalement une feuille, soit un relevé tiré du grand livre annuel pour l’année 2010 161.
[263] Lors du contre-interrogatoire, il explique avoir signé des chèques pour payer des
factures, notamment celles portant les numéros 7353 et 7354, mais il ne peut dire si elles
lui ont été montrées. Il a signé ces chèques parce qu’on le lui demandait. Il réitère avoir
[264] Questionné sur l’entente de gestion dans le dossier de monsieur AS, M e Barakatt
ne peut dire quand il a vu ce document. S’il n’y a pas eu de factures à monsieur AS entre
2011 et 2014, c’est parce que les frais de gestion ont été liquidés.
montant de 7 000 $. Il tient pour acquis que l’intimé s’est entendu avec son client.
[266] Il ajoute que le grand livre pour l’année 2010 est préparé par son comptable. Celui-
ci entre les données à partir des factures et des talons des chèques. Il mentionne avoir
nominal signé, mais réfère à un document non signé163. Il n’a retracé aucune convention
[268] Comme déjà mentionné dans le cadre du chef 1, madame Laberge est inspectrice-
[269] Le 21 mai 2010, le chèque payable à la succession s’élevant à 171 131,12 $ est
[270] Lors de son témoignage et à l’aide de son rapport, elle explique de quelle façon il
[271] Madame Galant travaille pour l’intimé, comme adjointe, de juin 2010 à janvier 2011
[273] Quant aux factures 7353 et 7354, elle dit avoir remis à monsieur AS la facture au
montant de 2 437,25 $, car ce client n’avait pas reçu la seconde page de ce document.
[275] Elle relate avoir vu l’intimé et monsieur AS assis dans la salle de conférence en
septembre ou en automne 2010. Elle a photocopié trois documents. La copie a été remise
à monsieur AS et elle a laissé l’original à l’intimé. Elle affirme avoir vu des initiales.
7 000 $. Elle mentionne qu’un chèque au montant de 75 000 $ « lui dit quelque chose »,
[278] Elle relate avoir été condamnée à l’époque pour ne pas avoir déclaré sa situation
[279] Ils ont gardé contact, car elle est retournée devant la Cour supérieure et elle a
retenu les services de l’intimé. Ils ont continué à échanger et l’intimé connaît sa fille.
[280] Quant à monsieur AS, elle l’a vu deux ou trois fois. Elle ne peut toutefois le décrire
[281] Lorsqu’on lui exhibe la facture du 29 juin 2010 au montant de 1 269 $ et portant le
numéro 7354166, elle admet qu’elle pourrait tout aussi bien avoir vu cette facture et non
[282] Alors qu’elle témoigne devant le Conseil le 30 juin 2021, elle précise que l’intimé
lui a présenté, le lundi précédent son témoignage, une lettre de transmission classée
avec cette dernière facture. Elle précise ainsi que le 28 juin 2021, l’intimé l’a rencontrée
et a « sorti les feuilles. » Certaines feuilles, dont la facture du montant de 1 269 $, n’ont
[283] Finalement, elle explique n’avoir fait que du travail de photocopies pendant son
emploi avec l’intimé. Elle ne peut pas dire si les documents que l’intimé lui a montrés
[284] Elle explique que ce n’était pas dans ses fonctions d’aller voir les factures. Elle ne
peut dire combien de « grosses factures » elle a vues pendant son emploi.
[285] Elle ajoute que le lundi précédent son témoignage, l’intimé lui a montré deux ou
trois initiales de monsieur AS sur des documents. Elle déclare aussi que si l’intimé ne lui
[286] Quant aux initiales apparaissant sur la lettre du 10 septembre 2010 jointe à la
facture de 33 100 $, elle explique les avoir peut-être vues il y a onze ans. Elle reconnaît
qu’il est possible qu’elle ait vu les initiales « AS » sur la facture de 4 482,48 $ provenant
de la maison funéraire167.
[287] Elle conclut en déclarant que, n’eût été sa rencontre avec l’intimé quelques jours
avant son témoignage devant le Conseil, elle n’aurait aucun souvenir de ces évènements.
L’intimé
[288] L’intimé fait état de son parcours professionnel lequel l’a conduit à fonder en 2006,
S.E.N.C.R.L ».
[289] L’intimé précise qu’il ne s’implique pas dans la gestion. Il se décrit comme un
« avocat plaideur ». Ce travail occupe tout son temps puisqu’il représente constamment
justice. Un client peut être desservi par un ou l’autre des deux associés.
[291] Les services d’un comptable sont retenus pour effectuer la comptabilité. Celui-ci
[292] À cette époque, le bureau d’avocats est situé sur le boulevard Henri-Bourassa.
Les locaux sont exigus. Une stagiaire, Ally, s’est jointe à eux. Deux secrétaires
complètent l’équipe.
[293] En février 2008, le bureau d’avocats déménage au 18e étage d’un édifice de la
[295] L’intimé continue son association avec Me Barakatt jusqu’en avril 2016. Ce dernier
n’était pas « à l’aise » avec son recours intenté contre la plaignante devant un tribunal.
[296] Le 30 avril 2016, l’intimé fonde son propre bureau : Stéphane Harvey inc.
• Le dossier de monsieur AS
[299] Monsieur AS lui explique que son frère est sur le point de décéder d’un cancer. Ce
[300] Il l’informe que son frère a un enfant mineur, une jeune fille. Or, la mère de celle-
ci réclame une pension alimentaire. Des procédures sont pendantes devant les tribunaux
à ce sujet.
[301] C’est dans ce contexte que l’intimé est informé que le frère de monsieur AS a fait
[302] L’intimé fait état de documents qui lui ont été remis par monsieur AS à ce
moment168.
[303] L’intimé accepte le mandat. Toutefois, monsieur AS lui explique ne pas avoir
d’argent pour le moment, mais qu’il existe une police d’assurance-vie. Parallèlement, il y
[304] Lors de cette rencontre, l’intimé dit qu’ils n’ont « pas parlé beaucoup
[305] Monsieur AS est alors accompagné par sa conjointe, madame DA, laquelle
168 Pièce I-7, pages 7 à 21 (lettre de Me Goulet du 3 juin 2015, jugement convention intervenue sur garde
d’enfant, droit de visite et pension alimentaire).
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[308] Lors de cette rencontre du 20 juillet 2007, une entente est conclue relativement au
[309] Selon l’intimé, monsieur AS ne veut pas investir de l’argent et souhaite que l’intimé
frère. Il demande aussi que l’intimé s’occupe de la pension alimentaire à être versée.
testamentaire. La jeune fille est l’héritière. Or, monsieur AS craint que madame P, la mère
permettre à l’enfant de voir son père avant le décès170. Il invoque que la mère de l’enfant
s’opposait à cette visite et réfère une correspondance au dossier laquelle indique plutôt
que cette dernière acceptait, mais demandait que les frais de déplacement soient
[312] L’intimé fait état des différentes démarches et correspondances pour procéder à
jeune fille et une demande de pension alimentaire pour celle-ci au montant de 229,35 $
par mois173.
[313] Selon l’intimé, le dossier relatif à la vérification de testament était très litigieux.
professionnels
[314] Au sujet de l’entente sur les honoraires professionnels, l’intimé réitère ce qu’il a
déjà expliqué dans sa lettre du 16 mars 2015 au syndic adjoint Me Pierre Gabriel
Il n’y avait pas d’honoraires si nous n’avions pas gain de cause, mais dans le cas
d’un succès, tous nos honoraires seraient facturés et payés, plus un supplément
d’honoraires professionnels à titre de prime de performance et pour avoir supporté
le dossier au niveau des frais et des honoraires, sans jamais dépasser un tiers des
montants perçus, outre les taxes et le déboursés. C’est ce supplément
d’honoraires qui est visé par la contestation de monsieur [AS]. Nous nous en
sommes pourtant tenus à l’entente intervenue avec monsieur [AS] pour la
facturation du cabinet.
car il a « supporté » le dossier. Aucune facturation n’est faite avant le 27 mai 2010. Il ne
173 Pièce I-15, page 42 : lettre de Me Lavin du 31 juillet 2007; Pièce I-27, pages 99 à 145.
174 Pièce RA-65.
175 Pièce RA-63 c).
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[316] L’intimé a accepté une telle entente, car il y avait un climat de confiance.
Monsieur AS lui a été référé par un collègue de travail de ce dernier. Or, ce collègue de
travail de monsieur AS était aussi un très bon client de l’intimé. L’intimé ajoute avoir agi
[317] Ainsi, selon l’intimé, une fois établie la totalité des honoraires professionnels, dans
une seconde étape, il avait une entente avec monsieur AS selon laquelle un
« supplément d’honoraires » allait lui être facturé sur la base d’un pourcentage calculé
en fonction des honoraires professionnels facturés. L’intimé rappelle qu’il a attendu que
le dossier de la succession soit finalisé devant le tribunal pour débuter sa facturation. Par
la force des choses, celle-ci allait rétroagir. En effet, il a accepté que ses honoraires soient
payés uniquement s’il a gain de cause. Or, il a fallu plus de deux années entre le moment
[318] En janvier 2011, monsieur AS décide de garder une somme plus importante, soit
75 000 $, pour la faire fructifier lui-même, car l’intimé ne pouvait faire de placements à
[319] Le dossier de vérification du testament s’est réglé le 14 avril 2010. Par la suite, il
obtenu une partie du salaire impayé au frère de monsieur AS, soit 446,05 $. Enfin, un
chèque de 2 431,73 $ lui a été remis par Revenu Québec le 5 avril 2012. Cette dernière
[320] Ainsi, en avril ou juin 2012, le travail de l’intimé est pratiquement terminé. Il a
ne reste alors qu’à administrer la pension mensuelle payable à la jeune héritière et, pour
cela, il reçoit des honoraires de 2,25 % payés à partir d’une base de 50 000 $ comme le
l’intervention de Me Fernand Moisan au motif que celui-ci « coûte moins cher ». Il affirme
que Me Moisan n’a pas encore joint son bureau à cette époque. L’intimé précise toutefois
que d’autres avocats ont été embauchés avant Me Moisan, dont Me Fortier.
La facture 7309
[322] La facture 7309177 porte la date du 27 mai 2010. Elle s’élève à 15 299,50 $ après
taxes (13 639,92 $ avant taxes). Les paraphes « AS » sont inscrits près de ce dernier
montant. Un document joint fait état du travail effectué du 16 décembre 2008 au 4 février
2010. La facture fait état du temps effectué par l’intimé, Me Moisan et la stagiaire Ally.
[323] L’intimé relate avoir remis cette facture de main à main à monsieur AS. Comme il
ne s’agit pas de la facture finale, il était trop tôt pour discuter du supplément d’honoraires
qu’il qualifie aussi de « prime de performance ». À ce moment, l’intimé n’a pas encore
période du 5 juillet 2007 au 16 décembre 2008 n’a pas encore été facturée. Pour calculer
[324] Le 29 juin 2010, par la facture 7353178, l’intimé facture une des deux périodes
document joint fait état du travail effectué du 5 février 2010 au 29 juin 2010. L’intimé ne
rencontre pas monsieur AS, mais déclare l’avoir avisé verbalement qu’il allait lui réclamer
9 ½ heures pour cette période. La facture 7354181 concerne plutôt les frais de gestion de
2,25 %. Un montant de 1 269,84 $ (1 125 $ avant taxes) est réclamé. L’intimé précise
[325] Le même jour, Me Barakatt fait un chèque à l’ordre de Barakatt Harvey pour payer
[326] Selon l’intimé, monsieur AS appelle pour dire qu’il manque la seconde page de la
facture 7353. Il revient au bureau pour venir la chercher. D’où la présence d’un billet rose
dans son dossier indiquant que le 9 juillet 2010 monsieur AS s’est déplacé pour obtenir
la page manquante183.
mention « est venu ». Le bref message est le suivant : « voir page 2 ». Puis, l’intimé
[328] Selon l’intimé, il s’agit d’une preuve éloquente de la réception de cette facture.
La facture 7367
[329] La facture 7367 porte la date du 7 septembre 2010184. L’intimé déclare y avoir
[330] Cette facture fait état d’un ajustement du temps effectué par l’intimé du
16 décembre 2008 au 4 février 2010, soit 25 heures à 225 $ : 6 500 $ après taxes
[331] L’intimé souligne que Me Moisan ne travaille pas encore au bureau en 2009.
[333] Cette facture est jointe à une lettre du 7 septembre 2010 186 laquelle fait état des
services professionnels rendus entre le 16 décembre 2008 et le 4 février 2010 ainsi qu’un
document explicatif fait état des actions posées avant le 16 décembre 2008 pour justifier
cette facture.
[334] Nonobstant ce qui est mentionné plus haut, l’intimé déclare que la période du
5 juillet 2007 au 16 décembre 2008 n’a pas encore été facturée. À son retour de vacances
un ajustement de 25 heures à 225 $ l’heure. Il précise que cela a été convenu au début
[335] Il explique le délai de deux ans pour facturer par le fait qu’il devait attendre d’avoir
[336] L’intimé réfère à une note écrite de sa main188 indiquant que l’ajustement s’élève
à 6 500 $ pour la période qu’il dit avoir effectuée entre le 16 décembre 2008 et le 4 février
2010. Selon l’intimé, le nombre d’heures facturables a été convenu verbalement avec
monsieur AS. Cette note est inscrite sur une feuille où apparaît une photocopie du chèque
0330 du 1er août 2010 que l’intimé reconnaît avoir signé189. Le chèque 330 et le chèque
[337] L’intimé reconnaît que le chèque du début août 2010 portant le numéro 330 en
faveur de Barakatt Harvey est tiré avant que la facture ne soit transmise au client par la
monsieur AS et que cela correspond à leur entente. De plus, il ajoute avoir discuté de sa
La facture 7377
[338] La facture 7377 porte la date du 10 septembre 2010 et s’élève à 33 100,49 $191.
L’intimé fait aussi état de calculs manuscrits192 pour établir ce montant décrit comme un
supplément d’honoraires.
[339] Il déclare avoir montré ces calculs à Me Barakatt puis à monsieur AS, car celui-ci
s’est présenté à son bureau le ou vers le 10 septembre 2010. À cette date, il convient
[340] L’intimé note que seul le nom de monsieur AS apparaît dans le haut de sa lettre et
il n’y a pas d’adresse indiquée. La lettre n’a pas été transmise par la poste.
[341] L’intimé affirme avoir remis cette lettre en mains propres à monsieur AS et que
[342] Une fois les paraphes obtenus, il a demandé une copie de la lettre à son adjointe
Élizabeth afin de la remettre à monsieur AS. C’est pour cette raison que le 10 septembre
[343] Quant au calcul ayant mené à la facture 7377, il explique que ses honoraires
La facture 7518
[345] Le ou vers le 11 janvier 2011, l’intimé prépare une facture portant cette date. Cette
facture sans numéro est identifiée comme étant un : « projet ». Le montant avant taxes
[346] L’intimé affirme avoir convenu avec monsieur AS « de mettre un trait » sur ses
récupérer le chèque de 75 000 $ portant cette dernière date195. Comme déjà expliqué, il
veut administrer cette somme, car l’argent en fidéicommis ne produit aucun rendement.
[348] Selon l’intimé, monsieur AS retire cette dernière somme quitte à ce qu’il paye lui-
[350] Le 2 février 2011, Barakatt Harvey paye cette facture à même le compte en
fidéicommis197. Le grand livre note erronément que la somme est versée à monsieur AS.
[351] L’intimé s’est rendu compte plus tard que la facture de 7 000 $ ne porte aucun
[352] En septembre 2010, quelques factures sont présentées par monsieur AS pour
[353] Le 5 avril 2012, l’intimé écrit à Revenu Québec pour récupérer le solde d’un compte
[354] L’intimé explique avoir récupéré cette somme et en avoir discuté le 31 mai 2012
avec monsieur AS au téléphone. Il n’a pas facturé d’honoraires professionnels, car ces
[355] Le 31 mai 2012200, l’intimé écrit à monsieur AS que ce dernier a confirmé avoir
17 août 2011. Il lui renvoie cette dernière. Cette lettre de l’intimé n’est pas signée.
jeune fille.
[357] L’intimé invoque avoir comptabilisé au fur et à mesure le temps sur des notes
conservées séparément, ce qui ne peut être retenu. Ces notes n’ont pas été produites.
[359] En février 2014, l’intimé le rencontre afin de préparer son témoignage dans une
autre affaire concernant un collègue de travail. Il affirme avoir dit à monsieur AS qu’il
fallait se rencontrer, mais ce dernier lui répliquait ne pas avoir le temps d’aller à son
bureau. L’intimé lui offre de se déplacer, mais monsieur AS ne donne pas de suite.
lendemain par une invitation à dîner. Or, ce dernier s’entête à tout recevoir par courriel.
[361] L’intimé veut fermer le compte en fidéicommis et lui remettre le solde, lequel
s’établit à 126,91 $ au 1er mars 2015201. Un chèque de ce montant n’a jamais été encaissé
[362] L’intimé considère que « l’élément déclencheur » est l’extrait du grand livre
[363] Puis, le 20 octobre 2014, l’intimé dit avoir reçu de monsieur AS un courriel qu’il
considère diffamatoire, car il affirme avoir un doute très raisonnable sur sa gestion des
21 octobre 2014. Puis, le 5 novembre 2014, il fait signifier à monsieur AS une mise en
demeure.
[364] En octobre 2014, monsieur AS s’impatiente. Il veut une preuve du solde du compte
en fidéicommis202.
[365] L’intimé fait grand état d’un petit feuillet rose pour laisser des messages, lequel se
trouve dans son dossier. Celui-ci porte la date du 6 novembre 2014203 et concerne
monsieur AS. L’intimé reconnaît toutefois qu’il ne sait pas qui a écrit les mots suivants :
« aimerait avoir le rapport comptable pour faire la vérification avec ses factures ».
201 Pièce RA-66, lettre du 31 mai 2016 de l’intimé, page 3 sur 24.
202 Pièce I-6, pages 370 à 384.
203 Pièce I-6, page 385.
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[367] À ce sujet, elle note que l’intimé prétend avoir droit à 33 % du montant obtenu204.
Or, l’intimé prépare cinq factures après avoir obtenu le produit de l’assurance le 13 mai
2010. Selon ce que prétend l’intimé, on aurait pu s’attendre à ce qu’il transmette ses
factures à ce moment et simplement écrire à monsieur AS, en novembre 2014, que les
factures ont été payées à même le compte en fidéicommis. Or, ce n’est pas la position
[368] Par ailleurs, l’intimé n’a présenté aucun écrit pour attester une entente selon
laquelle il peut percevoir les montants qu’il réclame. Puis, les périodes facturées se
chevauchent, ce qui rend douteuses les factures. Pourtant, peu ou pas de procédures
sont faites à compter de juillet 2007. Dans sa longue lettre du 2 février 2015 au syndic
adjoint Guimont, l’intimé n’écrit pas avoir remis à monsieur AS un extrait du grand livre
[369] Elle soumet que la version de l’intimé selon laquelle il aurait comptabilisé au fur et
à mesure le temps sur des notes conservées séparément ne peut être retenue. Ces notes
[370] D’un autre côté, par de nombreux courriels, monsieur AS réclame des comptes-
rendus de la gestion de l’intimé. Il veut des preuves et non pas des invitations à dîner.
une facture factice. Enfin, la plaignante fait état de l’attitude de l’intimé dans ce dossier et
[372] De son côté, l’intimé réitère les faits déjà invoqués lors de son témoignage. Il infère
que puisque la plaignante a introduit en preuve les explications qu’il a données au bureau
[373] Il argue que le dossier n’était pas simple. Le frère de monsieur AS a écrit un
testament sur son lit de mort pour avantager sa fille. L’affaire n’était pas gagnée.
[374] Selon lui, le Conseil doit accorder une grande crédibilité à madame Élizabeth
Galant. Il revient sur le fait que le billet rose déposé en preuve montre que monsieur AS
est allé chercher une page manquante relativement à une facture, ce qui montre qu’il a
33 000 $ de septembre 2010, car il se rappelle avoir vu les calculs manuscrits au soutien
2010 au montant de 3 707,09 $ et fait état sur ce chèque du paiement des factures 7354
(1 269,84 $) et 7353 (2 437,75 $)208. Ceci montre que les factures existent. Celui-ci fait
également état de la facture de 7 000 $ qui a liquidé ses honoraires. Par ailleurs, la
facture projet a été remise en janvier 2011 à la même date que la remise du chèque de
[376] L’intimé argue qu’un feuillet de message indique que monsieur AS voulait un
rapport comptable pour vérifier « ses factures », c’est donc qu’il en avait obtenues209.
[378] Entre 2010 et octobre 2014, la preuve ne fait état d’aucune demande écrite de ce
dernier à l’intimé. Or, lorsqu’il fait une demande écrite en octobre 2014, un extrait du
grand livre lui est remis. S’il n’y a pas de demandes écrites avant, c’est parce qu’il a
toujours fait rapport verbalement à monsieur AS pour l’informer. De toute façon, à partir
d’avril 2011, il ne reste qu’à faire les chèques postdatés au bénéfice de la jeune fille.
[379] L’intimé mentionne avoir transmis en février et en mai 2015, dans sa réponse au
[380] En novembre 2014, monsieur AS écrit avoir fait des demandes à l’intimé quant à
sa gestion211. Or, en février 2015, il écrit plutôt qu’il aurait dû avoir fait de telles
demandes212.
Le droit
[382] L’article 59.2 du Code des professions constitue une disposition générale pouvant
pour déterminer ce qui constitue pour les pairs un comportement contraire à l’honneur et
la dignité de la profession.
[383] La notion d’appropriation n’est pas définie au Code des professions. Dans l’affaire
[384] À la fin du mois de mai 2010, un montant de 171 131,12 $ est déposé dans le
[385] Les montants payés à même ce compte en fidéicommis sont exposés par
madame Laberge. Cette liste est dressée à même l’information obtenue du bureau où
exerçait l’intimé pendant la période en litige. Pendant l’audition, ces informations n’ont
[386] Relativement aux montants payés à Barakatt Harvey, soit 56 374,25 $, ces
216 Pièce P-14, annexes 00032 (livre annuel 2010), 00046 à 00048 (relevé bancaire de Barakatt Harvey,
copie du chèque de 171 131,12 $, bordereau de dépôt du chèque dans le compte bancaire).
217 Pièce P-14, page 3 et annexes 00169 à 00192.
218 Pièce P-14 : 15 299,50 $, chèque no 292 (annexe 00051); 3 707,09 $, chèque no 314 (annexe 00051);
4 500 $, chèque no 330 (annexe 00056); 2 000 $, chèque no 336 (annexe 00059); 33 100,49 $, chèque
no 338 (annexe 00059); 7 000 $, chèque no 359 (annexe 00069).
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[387] Pour les motifs déjà exprimés, le Conseil retient les précisions suivantes apportées
[388] La question est maintenant de déterminer si l’intimé s’est approprié les montants
mentionnés aux chefs 3 à 6. Tel qu’il appert du tableau ci-haut, cette appropriation vise
les honoraires payés à Barakatt Harvey après le 1er juin 2010 à l’exclusion des honoraires
qu’il préfère la version de monsieur AS à celle de l’intimé quant aux chefs 3 à 6. Celle-ci
est davantage cohérente avec la preuve au dossier, les démarches et les rappels qu’il a
faits comme il sera davantage expliqué lors de l’analyse de ces chefs. La version de
une prime de performance apparaît illogique d’autant plus qu’une facture de 15 299,50 $
est acquittée alors que le travail de l’intimé est loin d’être aussi complexe que ce qu’il
[391] De plus, l’intimé ne s’est ménagé aucun écrit pour confirmer ces prétendues
autorisations pour les factures 7353, 7518 et 7367, il invoque avoir eu, à chaque fois, une
temps sur des notes conservées séparément. Or, ces notes n’ont jamais été produites et
[392] Cela est d’autant plus étonnant que pour cette dernière facture, il déclare avoir été
autorisé verbalement en août 2010 et que par le chèque numéro 330 il encaisse un
ajustement rétroactif de 25 heures à 225 $ l’heure. Il est illogique que monsieur AS ait
autorisé un tel ajustement alors qu’il venait de payer 15 299,50 $ en début juin 2010 et
que le travail pour lequel il a mandaté l’intimé est pratiquement terminé. Pour ce dernier
« ajustement » de 25 heures, l’intimé se paye en août 2010, mais ne prépare une facture
qu’en septembre. Encore là, il prétend avoir obtenu l’autorisation verbale de monsieur AS
pour facturer après l’encaissement. Tout ceci rend le témoignage de l’intimé moins fiable.
Comme il est analysé ci-après et dans le cadre du chef 11, la crédibilité de l’intimé est
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mise à mal, car la preuve permet de conclure à de faux paraphes sur la facture 7377
visée au chef 5 alors que l’intimé prétend l’avoir remis de main à main à monsieur AS.
de son frère.
[395] Monsieur AS relate que lors de ses rencontres avec l’intimé, ce dernier lui expose
qu’il s’agit d’une cause facile. En effet, deux médecins ayant traité à l’hôpital le frère de
monsieur AS ont agi comme témoins au testament. Ceux-ci peuvent attester que le frère
[396] Monsieur AS explique que l’intimé a évalué les honoraires professionnels à une
dizaine de milliers de dollars, mais qu’il allait faire intervenir la stagiaire Ally afin de
maintenir cet ordre de grandeur. Cette explication est corroborée, car la preuve
accepté de payer les honoraires professionnels sur la base d’un taux horaire, celui de la
[397] Madame DA est présente à cette première rencontre de mai 2007. Elle confirme
la version de son conjoint, monsieur AS. Lors de son témoignage, elle mentionne que la
stagiaire et un autre avocat allaient travailler au dossier pour garder le montant des
honoraires plus bas. Elle ne peut préciser le nom de l’avocat lors de son témoignage en
chef. Lors de son contre-interrogatoire, elle répond, à la suggestion de l’intimé, que cet
autre avocat pouvait être Me Moisan. Le témoignage de l’intimé selon lequel les services
professionnels de Me Moisan n’ont pas été requis avant 2009 va à l’encontre d’au moins
AS, l’avis de changement d’état produit par le bureau Barakatt Harvey est déposé au
dossier de la Cour supérieure le 8 août 2007 selon le plumitif produit par l’intimé231. Or,
le nom de l’avocat du bureau Barakatt Harvey inscrit à l’endos de cette procédure est
[398] Quoi qu’il en soit, le témoignage de madame DA est retenu relativement au fait
que l’intimé leur a représenté que la vérification du testament était une affaire facile et
qu’une dizaine de milliers de dollars allait être suffisant au niveau des honoraires.
représenté que cette cause de vérification de testament s’avérait « facile » est cohérente
avec le fait que deux médecins traitants ont agi comme témoins au testament du frère de
monsieur AS. Ceux-ci peuvent attester que le frère de monsieur AS a conservé ses
[400] Il est vrai que la requête en vérification de testament est initialement contestée par
avancer le dossier.
231 Pièce I-57, annexes en liasse-plumitif à la page 327 de 523. Voir l’entrée numéro 15 du plumitif.
232 Pièce I-29, endos à la page 150 de 523.
233 Pièce P-4, page 299.
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[401] La demande de vérification de testament est fixée en janvier 2008 et une demande
de remise conjointe des parties est présentée pour tenir compte de la disponibilité des
médecins et du fait que madame P est enceinte depuis quelques mois au moment de la
date fixée pour la présentation de la requête 234. La cause est fixée à nouveau en mai
2008, mais l’intimé demande une nouvelle remise en raison de l’indisponibilité des
2010, l’intimé écrit à un des médecins ayant agi comme témoin au testament pour lui dire
qu’il n’aura pas à se déplacer, car il y a absence de contestation et qu’un affidavit suffit237.
[402] La preuve au dossier montre donc que le dossier aurait pu procéder plus
[403] La prétention de l’intimé selon laquelle cette affaire est complexe et très litigieuse
et pour cette raison a pris du temps n’est pas cohérente avec les éléments qui viennent
d’être mis en exergue. Que l’intimé insiste sur cet aspect s’explique par sa tentative de
performance peuvent ainsi se justifier après le 1er juin 2020. Le Conseil ne peut le suivre
être versée à la jeune fille. Sous cet aspect, le dossier ne semble pas avoir davantage
[405] En effet, dès le mois de mars 2010, les avocats de madame P écrivent à Me Moisan
pour lui transmettre un projet de consentement à jugement239. Quelques jours plus tard,
Me Moisan écrit que le tout pourra être promptement finalisé dès que la vérification du
de monsieur AS, le mandat de vérification de testament lui a été représenté comme une
cause facile. Même si madame P a initialement annoncé une contestation, les affidavits
des médecins ayant attesté de la capacité cognitive du frère de monsieur AS ont permis
pension alimentaire de la jeune fille a pu être effectué par l’intimé, via le travail de
[407] Le Conseil retient la version de monsieur AS lorsqu’il affirme que dans l’ensemble,
[408] La preuve démontre que l’intimé n’allait facturer ses honoraires professionnels et
ses déboursés qu’une fois le montant du produit de l’assurance-vie récupéré, ce qui fut
possible une fois le testament vérifié. N’eut été des délais déjà mentionnés ci-haut,
[409] Ainsi, à la fin du mois de mai 2010, un chèque de 171 131,12 $ est déposé dans
présente. Cette date est importante puisqu’à ce moment, l’intimé a encaissé le produit de
pension alimentaire versée à la jeune fille est établi. L’intimé peut alors facturer les
[411] Monsieur AS a reconnu avoir accepté les montants facturés en date du 27 mai
2010. Ceux-ci font état du fait que la stagiaire Ally et Me Moisan ont été impliqués dans
le dossier.
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somme de 12 018,75 $ à titre d’honoraires avant taxes. Avec les déboursés, après taxes,
(1 968,75 $) pour le travail fait entre le 16 décembre 2008 et le 4 février 2010, le temps
facturé pour Me Moisan est de 29 heures à 250 $ pour la période du 16 décembre 2008
au 4 février 2010 (7 250 $) et dans le cas de la stagiaire Ally, il est de 28 heures à 100 $
[413] Cette facturation va dans le sens des prétentions de monsieur AS. La stagiaire a
effectué dans un premier temps le travail requis dès le 5 juillet 2007 puis, par la suite,
Me Moisan a pris la relève. Ainsi, 57 heures de travail professionnel ont été facturées par
la stagiaire et Me Moisan pour compléter les mandats confiés qui ne représentent pas de
de 8 heures.
facture d’une dizaine de milliers de dollars, mais finalement il accepte de payer la facture
[415] En outre, à cette rencontre, il signe une convention de gestion par laquelle l’intimé
verse un montant mensuel de 250 $ moyennant des honoraires de 2,25 % sur un montant
plafonné à 50 000 $.
244 Pièce P-23, page 21. Elle se retrouve aussi à la pièce P-4, page 407.
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comprendre que le travail de l’intimé est presque terminé. Celui-ci peut faire fructifier une
de laisser assez d’argent au compte en fidéicommis pour que la mère de sa nièce puisse
[417] Le Conseil retient la version de monsieur AS selon laquelle l’intimé tarde à lui
remettre cette somme jusqu’en janvier 2011, puisqu’il est logique qu’il fasse cette
demande en mai 2010 alors que l’aspect litigieux du travail professionnel est terminé. Il
des frais qu’il a assumés (frais funéraires, messe, entreposage), transmettre une
demande auprès des autorités fiscales pour récupérer le solde d’un compte à la Caisse
populaire ainsi que le montant d’une paye due au frère de monsieur AS.
l’intimé.
[419] Celui-ci communique en 2010 et en 2011 avec l’intimé qui le rassure après que
patiente entre les mois de mai 2010 et de janvier 2011 pour obtenir le montant de
75 000 $.
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[420] Il n’est pas contesté qu’à l’été 2014, monsieur AS se rend au bureau de l’intimé
relativement à une autre affaire impliquant un collègue de travail. À partir de cette période
et jusqu’en octobre 2014, ses demandes pour avoir une reddition de compte se font
[421] Dans ses courriels envoyés à l’intimé à l’automne 2014, monsieur AS réitère à un
grand nombre de reprises qu’il souhaite obtenir une reddition de compte et rappelle avoir
fait des demandes en ce sens en juin ou juillet 245. L’intimé ne nie pas avoir reçu ces
[422] Lorsque monsieur AS se fait plus insistant auprès de l’intimé, Me Barakatt est alors
identifié comme son interlocuteur. Encore là, monsieur AS insiste pour obtenir une
reddition de compte. Me Barakatt ne nie pas que ce dernier fait une telle demande, qu’il
est allé jusqu’à attendre dans le stationnement du bureau d’avocats. Ce n’est qu’après
avoir reçu une demande de monsieur AS, le 7 novembre 2014, que l’adjointe de
Me Barakatt finit par lui envoyer un extrait du grand livre le même jour246. Monsieur AS
constate pour la première fois que plusieurs retraits non autorisés ont été effectués.
laquelle il cherchait à savoir ce qui s’est passé avec le produit de l’assurance-vie déposé
245 Pièce I-6, pages 358 à 365 de 523 et pièce P-13, pages 181 à 187.
246 Pièce P-13, pages 172 et 173.
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[424] Le Conseil ne retient pas la prétention de l’intimé selon laquelle monsieur AS était
au fait de ces informations et qu’il avait déjà reçu et même approuvé les diverses factures.
Il n’est pas probable que monsieur AS ait envoyé autant de courriels à l’intimé et à
Me Barakatt pour obtenir une reddition de compte s’il avait par ailleurs approuvé les
factures donnant lieu à divers retraits pour des honoraires professionnels après le mois
de juin 2010.
[425] Le Conseil rejette également la prétention de l’intimé selon laquelle un billet rose
en date du 6 novembre 2014247 contredit la version de monsieur AS. L’intimé fait grand
état de ce petit feuillet, qui se trouve dans son dossier et selon lequel monsieur AS :
« aimerais avoir le rapport comptable pour faire la vérification avec ses factures ». Il n’est
pas possible de savoir si cette personne rapporte ou non les paroles de monsieur AS.
L’intimé ne sait pas qui a écrit ce billet. De plus, monsieur AS, dans ses très nombreux
courriels du mois d’octobre précédent, ne fait jamais état d’une demande de « vérification
[426] En outre, le Conseil écarte le témoignage de madame Élizabeth Galant. Alors que,
dans un premier temps, elle dit conserver un souvenir des faits, lors de son contre-
interrogatoire elle explique qu’elle n’en aurait conservé aucun, n’eut été du fait que
l’intimé lui a exhibé certains documents quelques jours plus tôt. Encore là, les documents
que lui a montrés l’intimé ont été triés sur le volet. Certains étaient même attachés
ensemble alors qu’elle affirme ne pas pouvoir dire que c’était le cas pendant la période
en litige.
[427] Alors qu’elle fournit moult détails d’une rencontre qui aurait eu lieu onze ans plus
tôt entre l’intimé et monsieur AS, lors de son contre-interrogatoire, elle ne peut pas décrire
ce dernier. Finalement, en bout de piste, elle déclare à deux reprises ne pas avoir de
souvenirs des faits, elle tient plutôt compte de certains documents qui lui ont été montrés
[429] Par ailleurs, la crédibilité de ce témoin a été diminuée grandement. En fait, aux
yeux du Conseil elle est très faible. Bien qu’elle déclare ne conserver aucun souvenir des
faits en litige n’eut été de la préparation de l’intimé, elle accepte de témoigner, car elle le
de l’intimé, des chèques retirant les sommes du compte en fidéicommis. Il n’avait que
informations données par l’intimé, son associé, sur qui reposait sa confiance.
[431] Ce n’est que plus tard, à la suite des demandes répétées de monsieur AS que
de cette rencontre. En effet, il apparaît peu vraisemblable, pour ne pas dire incongru, que
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Me Barakatt ignore qu’un huissier se trouve à son bureau et attend monsieur AS dès la
[432] En défense, l’intimé invoque avoir transmis ou remis et fait approuver un certain
[433] Pour chacune de ces quatre factures, le Conseil réitère ce qui vient d’être exposé.
dernières.
[434] Le 29 juin 2010, l’intimé facture à monsieur AS le montant de 2 437,25 $ (chef 3).
Il s’agit de la facture portant le numéro 7353248. L’intimé réclame 9 1/2 heures à 225 $
pour du « temps effectué » pendant la période du 5 février 2009 au 29 juin 2010, soit
des gestes posés par Me Moisan, lesquels ont déjà fait l’objet d’une facturation. Comme
déjà exposé, c’est surtout Me Moisan qui communique avec les avocats de madame P et
[436] La description du travail faite par Me Moisan, le 25 mai 2010, correspond en grande
partie à celle décrite par l’intimé lorsqu’il réclame des honoraires le 29 juin 2010
[437] S’il fallait accepter la version de l’intimé, c’est comme s’il faisait payer deux fois le
tarif horaire de 225 $ l’heure pour un même travail effectué par lui et par Me Moisan.
Comme déjà mentionné, le Conseil croit monsieur AS lorsqu’il mentionne ne pas avoir
reçu cette facture et, par conséquent, ne pas avoir autorisé l’intimé à retirer ce montant
de 2 437,25 $.
[438] Le fait que Me Barakatt ait signé un chèque le 29 juin 2010250 mentionnant le
numéro de cette facture ne change rien au fait que celle-ci n’a pas été approuvée par
[439] Comme déjà expliqué, le 27 mai 2010, monsieur AS croit avoir finalisé le paiement
des honoraires. Tout indique que l’intimé n’a pas obtenu de lui une autorisation pour cette
facture subséquente qui recoupe, en grande partie, une période ayant déjà fait l’objet
d’une facturation.
portant le numéro 7367251), pour justifier un « Ajustement du temps effectué » par lui-
même, soit 25 heures à 225 $ l’heure pour la période du 16 décembre 2008 au 4 février
2010 (5 625 $). Or, comme déjà mentionné, via la facture du 27 mai 2010 approuvée par
monsieur AS, l’intimé a déjà réclamé 8 ¾ heures à 225 $ (1 968,75 $) pour le travail fait
temps pour du travail fait par la stagiaire et Me Moisan. Dans le contexte déjà décrit, il est
très peu probable que monsieur AS ait approuvé trois mois plus tard une facture
[441] En outre, il existe un flou quant à la pièce justificative liée à cette facture. Selon le
dossier, une feuille détaillant le travail effectué semble jointe à la facture 7367253. Ce
document fait état de « la période précédant le 16 décembre 2008 (25 heures) » dans le
dossier de monsieur AS. Ainsi, la facture « d’ajustement » 7367 ne semble pas être
appuyée par la description du travail jointe à cette facture, car les périodes de facturation
ne correspondent pas.
[442] Ajoutons que la description du travail apparaissant à cette feuille réfère à diverses
examen des pièces produites par l’intimé montre que cette correspondance et les
échanges avec cet avocat et la Cour, entre les mois de juillet 2007 et de décembre 2007,
la stagiaire devait effectuer du travail pour réduire le coût des honoraires de la facture
7309 du 27 mai 2010 qu’il a approuvée. L’intimé a alors facturé pour superviser ce travail.
Il est illogique que l’intimé refacture en double en septembre 2010 via la facture 7353.
[443] Un autre élément doit être souligné eu égard à la facture 7367. Lors de son
témoignage, madame Laberge démontre que dans les faits, l’intimé a procédé en deux
temps pour retirer la somme de 6 500 $255. Premièrement le 2 août 2010, il retire du
2010, via le chèque 336, il retire un montant additionnel de 2 000 $, le tout formant un
facture. Il faut conclure que l’intimé a encaissé un premier chèque le 2 août alors qu’il n’y
avait aucune facture avant le mois de septembre 2010. La facture 7367 apparaît avoir
[444] Le Conseil réitère qu’il croit monsieur AS lorsqu’il déclare ne pas avoir vu la facture
7367. De plus, vu ce qui précède, cette facture apparaît pour le moins problématique
[445] Quant à la facture du 10 septembre 2010 portant le numéro 7377 256 ayant donné
[446] Cette facture ne fait état d’aucune période de facturation. L’intimé réclame ce
le gros du travail a déjà été fait par Me Moisan et la stagiaire et l’intimé a facturé
15 299,50 $ pour leurs honoraires et ses propres honoraires le 27 mai 2010 via la facture
7309257.
[447] Le Conseil croit monsieur AS lorsqu’il considère qu’à la fin du mois de mai 2010
les honoraires liés à la réalisation du mandat de vérification du testament sont à peu près
tous acquittés.
[448] Le 27 mai 2010, monsieur AS s’attendait à payer une dizaine de milliers de dollars
facturées en mai 2010 est important. Comme déjà expliqué, le mandat de vérification de
testament et celui ayant donné lieu à la conclusion d’une entente sur le versement d’une
pension alimentaire à l’enfant n’ont pas donné lieu à des embûches particulières.
[449] Il n’y a aucune raison logique qui aurait pu amener monsieur AS le 10 septembre
33 100,49 $ avec les taxes applicables). La version de monsieur AS selon laquelle seul
un tarif horaire a été accepté par ce dernier apparaît nettement plus cohérente et probable
à la lumière de la preuve.
[450] La position soutenue par l’intimé selon laquelle il pouvait se payer une telle somme
[451] La lettre du 31 mai 2012258 où l’intimé écrit à monsieur AS que ce dernier lui aurait
apparaît comme une manœuvre a posteriori pour tenter de se constituer une preuve. En
[452] Encore là, le Conseil juge que la preuve démontre que l’intimé a retiré la somme
mentionnée au chef 5 sans avoir obtenu une autorisation de monsieur AS. Il agit comme
paraphes de monsieur AS, il s’agit d’un motif additionnel selon lequel ce dernier n’a pas
[454] Tout comme dans le cas des factures précédemment analysées, l’intimé invoque
comme moyen de défense que monsieur AS a accepté la facture du 17 août 2011 portant
chèque portant le numéro 0359 pour le même montant. Ce chèque ne comporte aucun
numéro de facture.
[455] L’intimé explique cette situation par le fait qu’un « projet de facture » du 11 janvier
2011 pour le même montant a été remis à monsieur AS à cette date en même temps que
le chèque de 75 000 $.
[456] Tant la facture du 11 janvier que celle du 17 août 2011259 ne fournissent aucun
détail quant au travail effectué sauf à mentionner qu’il s’agit d’honoraires de 6 144,39 $
(avant taxes) pour des services professionnels rendus après le 10 septembre 2010. Selon
le tarif horaire réclamé par l’intimé (soit 225 $ l’heure), ce montant représente aux
[457] Or, il y a lieu de rappeler que depuis le mois de mai 2010, le travail de l’intimé au
niveau de la vérification de testament est terminé et qu’à la même époque, une entente
est survenue quant au versement de la pension alimentaire pour l’enfant. Même si l’intimé
a récupéré un chèque de paye non versé et le solde d’un compte à la Caisse populaire
par la suite, il apparaît invraisemblable que monsieur AS ait autorisé une telle facture.
[458] Dans l’ensemble, le Conseil juge que la preuve démontre de manière claire et
aux chefs 3 à 6 sans autorisation de monsieur AS. L’intimé a agi envers ces montants
confiance de son client en retirant des montants, à plusieurs reprises, sans son
autorisation.
[460] Le Conseil déclare coupable l’intimé d’avoir enfreint l’article 59.2 du Code des
fidéicommis)
La plaignante
[461] La plaignante réfère à la version des faits donnée par monsieur AS, laquelle a déjà
L’intimé
déjà expliqué dans le cadre des chefs 3 à 6. En outre, les factures transmises à
[464] Pour les raisons déjà mentionnées dans le cadre des chefs 3 à 6, le Conseil retient
[465] Rappelons qu’en mai 2010, il demande que lui soit retourné un chèque de
75 000 $, car cet argent ne peut fructifier s’il demeure dans le compte en fidéicommis de
l’intimé alors que le travail de l’intimé est presque terminé. En fait l’argent qui demeure
nièce. Or, l’intimé ne lui remet cette somme qu’en janvier 2011261. Puis, en 2011, lorsque
madame P communique avec lui en raison d’un retard dans le versement par l’intimé de
[466] Le Conseil souligne qu’en 2014, les demandes de reddition de compte atteignent
un point culminant :
pendant un dîner à une date qui reste à être déterminée alors que monsieur AS
rétorque qu’il veut plutôt une preuve écrite du solde et que cela ne devrait
48 heures263.
Barakatt Société d’avocats que Me Michel Barakatt a requis que lui soit remis
Me Barakatt. Monsieur AS lui fait remarquer qu’il doit rester quelque 80 000 $
son bureau pour lui demander en personne une reddition de compte 265. Le
6 novembre 2014.
préciser que cette mise en demeure porte la date du 5 novembre 2014. Ainsi,
[467] La preuve montre clairement qu’au lieu de fournir sans délai l’information
demandée, l’intimé se contente d’inviter monsieur AS à dîner à une date à être fixée. Ce
dernier exige une reddition. L’intimé rétorque par une mise en demeure.
[468] Les démarches de monsieur AS en 2014 sont bien documentées, elles appuient
son témoignage. Il est illogique que monsieur AS fasse autant de démarches et envoie
tous ces courriels si, comme le prétend l’intimé, celui-ci lui avait déjà fourni les
information chiffrée soit finalement remise à monsieur AS. La version de l’intimé est
[469] Il ne faut pas perdre de vue que l’argent confié à l’intimé en fidéicommis ne lui
appartient pas. Lorsqu’un client demande de rendre compte, l’avocat ne peut pas
tergiverser, temporiser, inviter à dîner à une date future et encore moins lui envoyer une
mise en demeure. Il doit, à la plus proche occasion, fournir les documents à son client.
La disposition de rattachement lui impose d’être diligent, ce qui signifie qu’il doit
s’exécuter avec empressement, célérité et même zèle. Le portrait ci-haut brossé montre
le contraire.
[470] Ici, la preuve claire et prépondérante montre que l’intimé a fait fi de ses obligations
déontologiques et a fait défaut de rendre compte de la gestion de l’argent qui lui a été
confié en fidéicommis.
[471] Le Conseil déclare coupable l’intimé d’avoir enfreint l’article 3.03.03 du Code de
au client)
La plaignante
[472] Elle argue que la mise en demeure du 5 novembre que l’intimé a fait remettre par
clairement une situation de conflit d’intérêts. À ce moment, monsieur AS est en droit d’être
L’intimé
[473] L’intimé réfère à la preuve déjà produite, aux factures déjà analysées sous les
avocats271 :
2.00.01. L’avocat doit agir avec dignité, intégrité, honneur, respect, modération et
courtoisie.
3.06.06. L’avocat doit éviter toute situation de conflit d’intérêts.
[475] Il n’est pas contesté que l’intimé fait remettre par huissier, à monsieur AS, une
[476] Lors de son témoignage, Me Barakatt confirme que le 6 novembre 2014, au terme
de la rencontre tenue avec monsieur AS à son bureau, un huissier attend ce dernier pour
lui remettre une mise en demeure datée de la veille. Le but de cette rencontre est clair.
Me Barakatt. Les échanges courriels dont il est fait état au chef précédent ne laissent
aucun doute quant au fait que monsieur AS exige alors une reddition de compte par écrit.
accrédite fortement sa version des faits alors que celle de l’intimé est beaucoup moins
probante, car elle repose sur des affirmations verbales. En outre, pour les raisons déjà
relativement aux remises de factures ou d’un extrait du grand livre avant novembre 2014
et la fiabilité de même que la crédibilité de madame Galant sont très faibles comme déjà
mentionné.
[478] Dans sa mise en demeure à monsieur AS, l’intimé écrit : « Vous m’avez manqué
de respect et nous avons dénoté un manque de collaboration de votre part pour fixer une
pas avoir déposé la somme de 171 131,12 $ en fidéicommis, ce qui constitue à ses yeux
des propos diffamatoires qui donnent lieu à une réclamation en dommages et intérêts.
Selon l’intimé, monsieur AS « crie au loup » alors qu’il lui a fait rapport le 27 avril 2011
que le solde est alors de 19 626,91 $. Il invoque une entente selon laquelle il pouvait
[479] Comme déjà expliqué dans l’analyse du chef précédent, l’examen des courriels
montre clairement que monsieur AS n’avait que faire d’une rencontre à un dîner à être
fixée dans les prochains jours : il exigeait un document écrit qui aurait du lui être transmis
de ne pas avoir voulu le rencontrer dans le contexte précédemment décrit au lieu de lui
et intérêts.
demande des comptes à son avocat ne devrait pas à s’attendre à recevoir une telle mise
[482] Le Conseil déclare coupable l’intimé d’avoir enfreint l’article 2.00.01 du Code de
[483] Comme déjà exposé sous le chef précédent, l’argent détenu par l’intimé en
fidéicommis ne lui appartient pas. Il devait fournir avec diligence une reddition de compte.
lieu de choisir la transparence, ce qui l’aurait exposé à faire état des retraits effectués
dans le compte en fidéicommis, a préféré mettre en demeure son client pour le dissuader
d’intérêts.
[484] Le Conseil déclare coupable l’intimé d’avoir enfreint l’article 3.06.06 du Code de
[485] En vertu des règles interdisant les condamnations multiples273, le Conseil ordonne
le client)
La plaignante
[487] Le 28 janvier 2016, l’intimé dépose une demande introductive d’instance contre
monsieur AS275. Celui-ci demande de déclarer que les initiales apparaissant à la lettre
qui accompagne la facture 7377 sont bien celles de monsieur AS. En outre, il demande
que ce dernier soit condamné à lui payer la somme de 50 000 $. Selon l’intimé,
monsieur AS a tenu des propos diffamatoires à son égard au sujet des sommes
déposées en fidéicommis.
[488] Ce dernier montant est ventilé comme suit : 25 000 $ pour atteinte à son intégrité
et inconvénients subis. L’intimé allègue le comportement fautif de monsieur AS, qui selon
lui affirme faussement que les paraphes sur la lettre jointe à la facture 7377 ne sont pas
les siens.
[489] Monsieur AS relate s’être senti intimidé par le dépôt de cette réclamation. Il a dû
retenir les services d’un avocat, mais l’intimé s’est par la suite désisté de cette procédure
à la suite d’une demande en ce sens que le syndic Guy Bilodeau lui a transmis par
lettre276.
[490] La plaignante argue qu’il s’agit d’une mesure de représailles pour avoir dénoncé
[491] Elle reconnaît ne pas avoir témoigné relativement au fait qu’elle aurait indiqué à
l’intimé que la question des paraphes de monsieur AS relève des tribunaux civils.
Toutefois, elle soulève que sa plainte reproche notamment à l’intimé d’avoir contrefait ou
fait contrefaire les paraphes de monsieur AS. Cela n’a donc aucun sens qu’elle ait
suggéré à l’intimé de poursuivre son client pour faire vérifier ses paraphes.
L’intimé
[492] Selon l’intimé, il s’agit de l’aboutissement d’un long processus qui n’a rien à voir
avec de l’intimidation.
[493] Rappelant la trame factuelle déjà exposée dans le cadre des chefs 3 à 6, l’intimé
explique qu’il voulait, pendant l’enquête du syndic adjoint M e Guimont en 2015, prouver
que monsieur AS passe au bureau du syndic pour qu’il fournisse des documents de
L’intimé précise avoir déposé une demande d’enquête contre ce dernier et avoir fait état
[494] Dans une lettre du 25 février 2016 au syndic Bilodeau, l’intimé explique à ce dernier
avoir rencontré la plaignante le 13 janvier précédent pour l’informer des demandes qu’il
avait faites à Me Guimont et celle-ci lui aurait indiqué que la question de la validité de la
[495] Selon l’intimé, la poursuite qu’il intente contre monsieur AS a pour objet central
d’obtenir les paraphes de monsieur AS afin de préparer sa défense et tel qu’il appert du
[496] Le 31 mai 2016, la plaignante lui demande par écrit de se désister de cette
procédure, ce que l’intimé fait le 6 juin suivant282. Il invoque avoir alors collaboré.
[498] Le Conseil retient de la preuve déjà examinée sous les chefs 3 à 6, que
[499] L’intimé invoque avoir poursuivi monsieur AS en janvier 2016 dans le but d’obtenir
[500] Dans ses conclusions, l’intimé demande à la Cour du Québec de déclarer que les
initiales apparaissant à la lettre jointe à la facture 7377 sont bien celles de monsieur AS.
Il y a lieu de constater que l’intimé ne demande pas que ce dernier fournisse des
Ceci n’a rien à voir avec la demande de paraphes qu’il souhaite avoir de monsieur AS.
S’il fallait que tous les avocats qui font l’objet d’une demande d’enquête
professionnelle se mettent à poursuivre les plaignants, tout le processus de
protection du public serait menacé. C’est d’ailleurs la raison de l’existence de
l’article 136 du Code de déontologie des avocats (LRRQ, B-1, r.3.1, anciennement
article 4.02.01 (z), qui interdit d’intimider ou d’exercer des représailles contre une
personne qui initie ou collabore à une enquête.
[503] L’intimé sait qu’il est sous enquête à la suite d’une demande de monsieur AS lequel
soutient ne pas avoir approuvé la facture 7377. Alors que le bureau du syndic enquête
procédure le « comportement fautif et de mauvaise foi du défenseur qui a fait une fausse
[504] Le fait que l’intimé se soit par la suite désisté de cette procédure contre son client
[505] Un tel procédé constitue une mesure de représailles au sens de l’article 136 du
Code de déontologie des avocats. En outre, le Conseil juge également que l’intimé a
cherché à intimider son client afin qu’il abandonne ses prétentions le concernant.
[506] Le Conseil déclare coupable l’intimé d’avoir enfreint l’article 136 du Code de
285 Elmaraghi c. Nadeau, 2017 QCCS 4156, paragr. 83 (Requête pour permission d’en appeler rejetée :
Elmaraghi c. Nadeau, 2017 QCCA 1915).
06-18-03165 PAGE 123
[507] Le Conseil ajoute que la plaignante a, par la suite, divulgué des paraphes de
Gervais, comme exposé au chef 11. Rien n’indique que monsieur AS souhaitait se
l’intimé de tels paraphes. On comprend que celui-ci a collaboré à une demande faite par
à une demande d’enquête le visant est une conduite inacceptable qui entache l’honneur
et la dignité de la profession. Un client n’a pas à subir les foudres de son avocat lorsqu’il
formule au Barreau un reproche à son égard. Une telle réaction nuit gravement à l’image
de l’avocat auprès du public. Ne perdons pas de vue que cette poursuite de l’intimé
relativement au fait qu'un avocat puisse ainsi poursuivre un client en raison des reproches
dirigés contre lui dans une demande d’enquête nuit à l’image de la profession.
[509] Le Conseil déclare coupable l’intimé d’avoir enfreint l’article 59.2 du Code des
professions.
[510] En vertu des règles interdisant les condamnations multiples286, le Conseil ordonne
la suspension conditionnelle des procédures quant au renvoi à l’article 59.2 du Code des
professions.
LE CHEF 11 (contrefaçon)
Monsieur AS
[511] Comme déjà mentionné dans le cadre de l’analyse des chefs 3 à 6, le Conseil a
fait état du témoignage de monsieur AS selon lequel il nie formellement avoir apposé ses
paraphes sur la lettre du 10 septembre 2010 à laquelle est jointe la facture 7377 287, ce
[512] Dans le cadre du présent litige, madame Gervais a examiné les paraphes « AS »
apposés sur une lettre de l’intimé du 10 septembre 2010 jointe à la facture 7377 du même
33 100,49 $288.
à 12 ont été faits par monsieur AS sur demande. Les paraphes 13 à 19 apparaissent sur
financières en août 2001, en mai 2005, en juin 2006 et en mai 2010. Ces derniers
permettent de constater si les paraphes ont conservé la même apparence dans le temps.
[516] Par la suite, deux autres originaux de paraphes de monsieur AS290 précédemment
analysés sur des copies lui ont été transmis291. Dans le présent cas, elle considère qu’un
examen de comparaison est possible. Selon elle, les paraphes de référence sont
[517] Madame Gervais fait état de la méthodologie et des outils utilisés soit : un
microscope USB 400X, une caméra numérique Canon professionnelle, des éclairages
divers, un logiciel Photoshop. Elle utilise le Guide Standard pour l’examen des
[518] Elle précise qu’un expert doit utiliser le microscope et la caméra numérique pour
effectuer une analyse du trait. Avec l’éclairage, il est possible de tenir compte de
[520] Lors de son examen du paraphe en litige, soit les paraphes AS « paraphes
cette lettre.
ainsi que la vitesse. Elle constate que le scripteur n’a pu soutenir son mouvement
dynamique jusqu’à la fin du parcours. Elle note de petits tremblements fins typiques dans
Le mouvement n’adhère pas au principe d’isochronie selon l’étude réalisée par les
auteurs (M.P. Caligiuri, Linton A. Mohammed 2012)295. Ces auteurs sont
catégoriques, le manque d’isochronie est le résultat d’une simulation.
[522] Madame Gervais explique le principe d’isochronie. Le geste posé par la main
résulte d’une commande du cerveau. Ainsi, c’est le cerveau qui écrit en réalité et non pas
cerveau garde en mémoire le mouvement à exécuter. Ce geste peut être modifié par les
[523] Le scripteur qui cherche à imiter un paraphe doit « rentrer dans le programme de
par la recherche de la mauvaise qualité du trait, l’expert est à l’affût des signes de faux.
[524] Dans le présent cas, la vitesse du trait n’est pas constante et le trait apparaît
sont reproduits dans son rapport296. La finale du « S » est formée par un trait plus
irrégulier. C’est la partie la plus difficile à effectuer, car il s’agit d’un mouvement
[525] Ici, il s’agit d’une signature par imitation. Le mouvement de départ, lorsque le
scripteur écrit les paraphes AS, est assez rapide, mais à plusieurs endroits elle constate
[526] Madame Gervais prend aussi en considération l’orientation des lettres dans
[527] Lorsqu’elle examine les paraphes de référence, les proportions ne changent pas
en général. Dans ces paraphes de monsieur AS, celui-ci n’incline jamais le « A » vers la
indiciaire débute dans la partie inférieure de la lettre alors que monsieur AS débute son
« ballon » en son centre par le croisement des traits, alors que tel n’est pas le cas des
[528] Selon madame Gervais, en fait, il n’y a pas grand-chose de similaire entre le « A »
indiciaire et les « A » qui se retrouvent dans les paraphes de référence signés par
monsieur AS.
crochet vers le haut, ce qui comporte une dissimilitude comparativement avec les
paraphes de référence. Elle note une vitesse inégale, particulièrement dans la finale
du geste.
[530] Madame Gervais est d’opinion que monsieur AS n’est pas l’auteur du paraphe
s’agit d’un cas assez évident même si sa conclusion repose sur une appréciation de la
probabilité et non pas une certitude. Elle réitère que le geste où le scripteur « attaque »
la lettre A n’est pas le même que celui de monsieur AS, la forme du A est différente et il
Cette annexe du 12 janvier 2019 comporte une série de paraphes exécutés par l’intimé
[533] Elle est d’avis que madame Gagné n’a pas suivi le protocole applicable dans un
tel cas, lequel prévoit la reproduction d’un texte en particulier. Elle note toutefois que les
paraphes AS reproduits par l’intimé comportent une attaque de la lettre A et une boucle
au centre, comme le paraphe indiciaire en litige. Quant aux S, elle note que le troisième
reproduit par l’intimé a une forme et un style comme celui en litige et que le huitième
puisque madame Gagné n’a pas suivi le protocole, celle-ci ne pouvait inclure l’intimé
[534] En contre-interrogatoire, elle explique ne pas avoir voulu donner suite à une
demande de la plaignante alors que l’intimé offrait sa collaboration pour fournir des
paraphes. Elle ne voulait pas agir comme experte mandatée par les deux parties au
risque d’être disqualifiée. Son mandat n’était pas d’identifier l’auteur des faux paraphes,
mais plutôt de vérifier si les paraphes sur la lettre en litige sont réellement de la main de
monsieur AS.
[535] Or, l’experte Gervais explique que madame Gagné a eu un double mandat. Or, un
expert ne va pas à la rencontre de l’auteur possible d’un faux pour obtenir un corps
d’écriture.
06-18-03165 PAGE 130
L’intimé
[536] Dans le cadre des chefs 3 à 6, l’intimé a expliqué les circonstances dans lesquelles
monsieur AS est venu à son bureau chercher la facture 7377. Il déclare que ce dernier a
reçu en main propre la lettre du 10 septembre 2010 jointe à cette facture et qu’il a alors
[537] Il a référé également à sa lettre du 25 février 2016297 dans laquelle il fait état de
ses démarches pour obtenir des paraphes de monsieur AS, comme demandé à l’époque
[538] Aux fins de son expertise, madame Gagné a examiné une vingtaine de
documents298, la plupart étant des orignaux signés par monsieur AS puis elle a effectué
2010 accompagnant la facture 7377. En outre, elle a obtenu une page blanche datée du
12 janvier 2019 avec les paraphes « SH » apposés par l’intimé où ce dernier s’est prêté
[539] Aux fins de son expertise, elle a utilisé une loupe grossissante 400 fois.
[540] Elle explique que son mandat est de déterminer si le paraphe « AS » apparaissant
sur la lettre du 10 septembre 2010 a été contrefait par l’intimé ou paraphé par
monsieur AS.
[541] Tout comme l’experte Gervais, madame Gagné note que le « A » indiciaire forme
une double boucle. Contrairement à cette dernière, elle ne décèle aucune trace
d’hésitation ou d’irrégularité. Selon elle, l’écriture est ronde et le trait est plein et nourri
[542] Selon elle, après examen des paraphes de comparaison, le paraphe apposé par
monsieur AS sur la facture transmise par la maison funéraire300 et celui sur la lettre du
10 septembre 2010 sont ceux qui se ressemblent le plus. Elle relève que le début du trait
du A dans les documents de comparaison peut commencer plus haut (soit à une ou à
[543] Quant au « S », madame Gagné note l’absence d’un crochet en finale. Elle
souligne toutefois que lorsque monsieur AS signe au complet son nom, elle note la
[544] Madame Gagné explique que la qualité du trait est un facteur important, car il
équivaut à une empreinte digitale dans son écriture. L’examen du trait sur tous les
documents lui permet d’affirmer qu’il s’agit bien de celui de monsieur AS. Selon elle, cette
300 Pièce I-4 b) annexe 16 au rapport de madame Gagné, ce qui correspond à la pièce P-4, page 58 (aussi
à la pièce P-13, page 68). Ce paraphe est comparé à celui apparaissant sur la lettre du 10 septembre
2010 à la pièce P-23, page 23.
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[545] Enfin, elle a examiné des paraphes effectués par l’intimé sur une feuille blanche à
sa demande et considère qu’il est fort peu probable que ce dernier ait été en mesure
d’imiter les paraphes de monsieur AS, car ces deux personnes ont une écriture très
différente.
[546] D’autre part, en examinant le paraphe numéro 20 utilisé par l’experte Gervais,
madame Gagné y décèle un crochet en finale du « S ». Sauf pour cet aspect, elle se dit
formation qu’elle a suivie quant à la méthodologie à suivre dans le cas d’une signature.
Ainsi, selon les documents qui lui ont été remis pendant ces cours, il lui faut sept
documents. Elle précise que ces documents et notes de cours à sa connaissance ne sont
[548] Elle maintient ne pas avoir constaté d’hésitation dans le paraphe analysé.
Toutefois, elle confirme ne pas avoir utilisé de microscope. Elle a regardé les originaux
avec une loupe. Elle considère que l’utilisation d’un microscope « est beaucoup trop »
pour un travail d’expertise en écriture. Il lui suffit d’avoir l’original et de voir le trait.
Toutefois, elle ajoute ne pas savoir si le microscope est utilisé en matière d’expertise
judiciaire.
[549] Quant au paraphe numéro 20 utilisé par l’experte Gervais, madame Gagné
[550] Elle explique ne pas avoir utilisé l’annexe 30 de son rapport, soit les paraphes faits
par l’intimé sur une feuille blanche. Elle précise avoir demandé à l’intimé, alors qu’ils sont
dans son bureau, de tenter d’imiter les paraphes de monsieur AS. Néanmoins, elle se
doutait que l’intimé n’allait pas exécuter des paraphes de manière à « se tirer dans
le pied ».
[551] Elle n’a pas jugé utile de les examiner aux fins de son expertise, car elle souhaitait
seulement avoir une idée du genre d’écriture. Du même souffle, elle affirme qu’elle voulait
[552] Malgré tout, elle maintient que l’intimé ne peut pas être le scripteur des paraphes
[553] À ce sujet, lorsqu’on lui demande si elle connaît le protocole pour obtenir des
échantillons afin de vérifier si une écriture est fausse elle répond : « Pas du tout ». Elle
reconnaît qu’un protocole suggère la façon de procéder lorsqu’elle fait des analyses
d’écritures. Finalement, elle déclare ne pas pouvoir affirmer que ce n’est pas l’intimé qui
a fait les paraphes en question. Elle ajoute ne pas avoir expertisé l’écriture de l’intimé,
car il est gaucher, son écriture est anguleuse; elle suppose que pour l’intimé, cela aurait
été trop lui demander de réussir à imiter les paraphes de monsieur AS.
[554] En conclusion, lorsqu’on demande à madame Gagné si son expertise portant sur
les paraphes est faite conformément aux règles de l’art, sa réponse est la suivante : « Ce
subséquente suivie, madame Gagné explique être « graphologue agréée ». Elle précise
que cette formation porte sur les signes de personnalité et que l’expertise en écriture :
« c’est totalement différent ». Elle précise toutefois avoir suivi un cours en 2018 sur ce
dernier sujet.
[556] En contre preuve, madame Gagné réitère ne pas avoir utilisé l’annexe 30, soit les
paraphes du 12 janvier 2019 faits par l’intimé à sa demande. Elle invoque que dans un
tel cas, le geste n’est pas spontané. Elle réitère que son expertise ne porte pas sur
ce document.
[557] Questionnée à ce sujet par le Conseil, madame Gagné admet avoir pris en
considération dans son rapport d’expertise le document numéro 22. Étonnamment, elle
reconnaît que le document numéro 22 est le même que l’annexe 30 qu’elle déclare
pourtant ne pas avoir utilisée même si la dernière page de son rapport précédant sa
[559] Le Chef 11 reproche à l’intimé d’avoir contrefait ou d’avoir fait contrefaire les
7377. Premièrement, s’agit-il de faux paraphes? En second lieu, dans l’affirmative, est-
[560] La jurisprudence foisonne de cas où l’expertise d’un expert en écriture s’est avérée
utile pour éclairer un tribunal. Dans le présent dossier, le Conseil considère qu’une telle
[561] D’entrée de jeu, le Conseil retient l’expertise de madame Yolande Gervais pour
[562] Dans un premier temps, cette dernière a expliqué la méthodologie suivie, fait état
des critères d’évaluation et s’est appuyée sur des auteurs, de même que sur le Standard
Guide de l’ASTM302. Sa méthodologie n’a pas été remise en question pendant l’audience.
302 Pièce P-20, page 7 : American Society for Testing and Material International E2290-07a et E1658-08.
06-18-03165 PAGE 136
Elle fait état de l’importance d’utiliser un microscope ainsi que de l’éclairage approprié
[563] Cette experte, munie de cet équipement et de ses connaissances, a été en mesure
de constater que la pression du trait et la vitesse sont inégales. Elle a noté de petits
d’isochronie. En outre, la finale du « S » lui est apparue irrégulière. La vitesse du trait est
inégale, particulièrement dans sa finale. Ce trait découle d’un mouvement rétrograde plus
[564] Tout comme l’experte Gervais, le Conseil a pu noter que le « A » apparaissant sur
le paraphe en litige est incliné vers la gauche alors que ce n’est pas le cas des paraphes
Le scripteur a débuté son trait dans la partie inférieure de la lettre contrairement aux
paraphes de référence.
[566] L’expertise de madame Gagné n’a pas la même force probante que celle de
madame Gervais.
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[567] Sa méthodologie est basée sur des notes de cours qui ne sont pas publiées et
qu’elle n’a pas produites en preuve. Ses connaissances en analyse d’écriture sont
beaucoup plus récentes, ses études ayant plutôt porté sur la graphologie. Elle explique
que son cours de graphologue de sept ans porte sur les signes de la personnalité des
[568] Elle admet ne pas savoir si l’obtention des échantillons doit s’effectuer dans le
cadre d’un protocole. Elle reconnaît même ne pas savoir si elle a agi conformément aux
règles de l’art. Cette dernière remarque à elle seule justifie le Conseil de ne pas retenir
son expertise.
[569] D’un côté, madame Gagné déclare ne pas tenir compte des paraphes faits par
l’intimé en sa présence et à sa demande pour vérifier s’il a imité celui qui est en litige.
D’un autre côté, elle déclare en tenir compte pour voir s’il y a des rondeurs dans les
paraphes ainsi exécutés. Puis, elle admet que l’intimé n’allait quand même pas « se tirer
pas avoir tenu compte de l’annexe 30, soit les paraphes exécutés par l’intimé. Du même
souffle, elle reconnaît avoir tenu compte du document numéro 20. Puis, elle admet que
[570] Le tout rend le Conseil perplexe et diminue grandement le peu de force probante
[571] Lors de son témoignage, madame Gagné a cru percevoir un crochet à la fin du
Pourtant, elle affirme aussi l’importance d’avoir en main l’original pour examiner la qualité
du trait. Madame Gagné admet aussi ne pas avoir vu de crochet à la fin du « S » dans
ses propres paraphes de référence et elle dit avoir constaté ce fait dans le contexte d’une
signature uniquement.
paraphe litigieux et les conséquences qu’elle en tire. Madame Gagné constate également
la situation, mais n’y voit pas de conséquences. Pour le Conseil, le fait qu’un scripteur
débute la lettre qu’il imite par le bas alors que monsieur AS débute son « A » dans la
partie supérieure apparaît significatif tout comme le fait que cette lettre du paraphe
Madame Gagné utilise une loupe comme les autres graphologues. Elle ne peut dire si,
[574] Le Conseil juge utile de mentionner que madame Gervais agit comme expert en
l’honorable René Hurtubise dans le dossier de la MIUF, madame Gervais apparaît aux
[575] Le Conseil conclut ainsi que le paraphe « AS », qualifié d’indiciaire, n’est pas de
[576] L’intimé avait en sa possession la lettre du 10 septembre 2010. Or, les faux
paraphes de monsieur AS ont été inscrits alors qu’elle est sous son contrôle.
[577] Dans le cadre de l’analyse des chefs 3 à 6, le Conseil a déjà décidé que
monsieur AS n’a jamais autorisé la facture numéro 7377 portant la même date, il n’a pas
apposé ses paraphes sur la lettre du 10 septembre 2010 à laquelle réfère cette facture
plusieurs autres :
Le 2 août 2010, cette somme est retirée sans facture. Le chèque ne comporte
aucun numéro de référence.
303 MIUF – 11, 1984 CanLII 2766 (QC CS), paragr. 14.
06-18-03165 PAGE 140
[579] Le 10 septembre 2010, la facture 7377306 apparaît donc dans ce contexte très
[580] Selon la preuve, ce n’est que le 2 février 2015 que la lettre litigieuse du
10 septembre 2010 surgit. Elle aboutit dans les mains du syndic adjoint, Me Pierre Gabriel
[581] En outre, force est de constater que la lettre du 10 septembre 2010 comporte des
incongruités.
[582] Celle-ci porte la mention « PAR COURRIER ». Il est illogique que monsieur AS
appose ses paraphes sur une lettre qu’il aurait dû recevoir par courrier. D’autre part, si
présence, il est surprenant que l’intimé ne l’ait pas lui-même signée préalablement. Or,
[583] Il n’est pas sans intérêt de constater que dans le cadre de la facture de
15 299,50 $, monsieur AS reconnaît les paraphes qui sont inscrits sur la facture, à côté
dit ne pas avoir approuvée, les paraphes indiciaires ne sont pas à côté du montant de
33 100,49 $, mais sur une lettre d’accompagnement309. En fait, si monsieur AS était venu
[584] En somme, l’intimé a dans son dossier la lettre portant la date du 10 septembre
2010, laquelle est jointe à une facture factice pour des honoraires réclamés relativement
à un travail de vérification de testament à toutes fins utiles terminé et ces honoraires sont
facturés sur la base d’un « supplément » qui n’a jamais été convenu. Monsieur AS n’a
jamais reçu autrement que via le syndic, et encore moins paraphée, la lettre du
10 septembre 2010.
[585] Cette lettre est au dossier de l’intimé puisqu’il l’a transmise au syndic adjoint. Il en
sont ajoutés.
[586] L’intimé ne pouvait ignorer que monsieur AS n’a pas paraphé la lettre du
ce fait. L’intimé a transmis cette lettre, avec les faux paraphes de monsieur AS, sachant
[587] Selon le libellé du chef 11, il suffit pour la plaignante de démontrer que l’intimé a
fait ou a fait contrefaire les faux paraphes AS. Comme déjà expliqué, le document sur
lequel les faux paraphes sont inscrits est sous son contrôle. C’est lui qui l’envoie au syndic
adjoint Guimont. À ce moment, il sait que le bureau du syndic le questionne sur sa gestion
démontre que ces faux paraphes ont été apposés alors que le document est sous sa
gouverne. Ajoutons que l’intimé prétend que monsieur AS a apposé ces paraphes en sa
présence. Or, l’expertise de madame Gervais est retenue, comme déjà expliqué. Les
paraphes que l’intimé prétend avoir vu poser par monsieur AS sont des faux.
de la profession.
[589] Sous le chef 11, le Conseil déclare coupable l’intimé d’avoir enfreint l’article 59.2
[590] D’autre part, la plaignante invoque l’article 59.1.1 du Code des professions pour
les mêmes gestes. Cette disposition est entrée en vigueur le 12 juin 2013310. Selon le
chef d’infraction 11, les faits reprochés sont survenus entre septembre 2010 et mai 2015.
310 Loi modifiant le Code des professions en matière de justice disciplinaire, L.Q. 2013 c. 12.
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moment le geste reproché au chef 11 est posé, en particulier si celui-ci est survenu avant
l’entrée en vigueur de l’article 59.1.1 du Code des professions. Conséquemment, les faits
[592] Sous le chef 11, le Conseil acquitte l’intimé d’avoir enfreint l’article 59.1.1 du Code
des professions.
factures simulées)
311 L’infraction est créée par l’article 114 du Code des professions et non par l’article 122 de ce Code :
Bégin c. Comptables en management accrédités (Ordre professionnel des), 2013 QCTP 45,
paragr. 97. Par conséquent, il ne sera pas fait mention de l’article 122 de ce Code dans le dispositif.
06-18-03165 PAGE 144
[594] La Cour d’appel dans l’arrêt Coutu c. Pharmaciens (Ordre professionnel des)312
[596] L’intimé doit collaborer pleinement à l’enquête de la plaignante alors qu’il est tenu
[597] Dans le cadre de l’analyse du chef 11 (contrefaçon), le Conseil a déjà retenu que
paraphes contrefaits alors qu’il dit avoir été présent au moment où ces paraphes ont été
apposés. Cette lettre accompagne la facture 7377. En agissant ainsi, l’intimé entrave le
312 Coutu c. Pharmaciens (Ordre professionnel des), 2009 QCTP 17, paragr. 83.
313 Gélinas c. Notaires (Ordre professionnel des), 2020 QCTP 37, paragr. 187 et 188.
314 Barreau du Québec (syndique ad hoc) c. Brouillette, 2021 QCTP 92, paragr. 149; Podiatres (Ordre
professionnel des) c. Bochi, 2019 QCTP 75.
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[598] Quant aux autres factures mentionnées au chef 8, dans le cadre de l’analyse des
chefs 3 à 6, le Conseil a déjà décidé que monsieur AS n’a jamais approuvé ces factures
qui sont au dossier de l’intimé et qui ont donné lieu à des retraits non autorisés dans le
compte en fidéicommis. Le Conseil a également déjà décidé que monsieur AS n’a pas
approuvé la facture 7377. Encore là, le fait de remettre ces factures à l’inspecteur du
[599] Sous le chef 8, le Conseil déclare coupable l’intimé d’avoir enfreint l’article 114 du
raisonnables)
Monsieur AS
[600] Comme déjà mentionné dans le cadre de l’analyse des chefs 3 à 6, monsieur AS
soutient que les honoraires professionnels étaient payables sur la base d’un tarif horaire
uniquement.
15 299,50 $315. Les honoraires professionnels se ventilent ainsi pour le travail effectué
[603] Par ailleurs, monsieur AS affirme ne pas avoir vu le compte d’honoraires du 25 mai
2010 que Me Moisan a transmis à l’intimé dans le dossier de la succession de son frère.
125 $ pour un total de 3 625 $ avant taxes316. Or, deux jours plus tard, l’intimé refacture
raisonnables)
[604] L’intimé reconnaît avoir facturé monsieur AS pour une durée 29 heures, au tarif de
250 $ l’heure, pour les services professionnels de Me Fernand Moisan rendus entre le
[605] L’intimé reconnaît également que le 25 mai 2020, pour la même période de
29 heures, Me Moisan lui facture ses services au tarif horaire de 125 $ l’heure317.
[606] Comme déjà expliqué dans le cadre des chefs 3 à 6, l’intimé explique qu’un client
du bureau d’avocats pouvait être desservi par un avocat autre que l’avocat responsable.
[607] Selon l’intimé, au printemps 2008, il embauche Me Moisan tel qu’il appert d’un
contrat d’associé nominal (non signé) portant la date du 21 mai 2008 318.
[608] Selon ce contrat, l’associé nominal paye à Barakatt Harvey un loyer et tient un
registre des appels interurbains qu’il effectue afin de rembourser ce bureau d’avocats.
S’il utilise les services de la stagiaire, il est facturé par le bureau d’avocats au tarif de 65 $
[609] L’intimé ajoute que Me Moisan possédait dix années d’expérience professionnelle
de plus que lui, notamment en matière de succession. En 2008, son taux horaire et celui
[610] Selon l’intimé, le taux de 250 $ l’heure facturé à monsieur AS pouvait ainsi
[611] L’intimé amène le client au bureau et Me Moisan est payé par le bureau à un taux
plus bas. À ce sujet, l’intimé mentionne que le contrat d’associé nominal précise que les
référencements « s’il y a lieu, feront l’objet d’une entente cas par cas »319.
[612] L’intimé illustre la situation de la manière suivante. Me Moisan agit comme sous-
traitant relativement à un client qu’il amène au bureau. Il fait une analogie avec un salarié
Le salarié est toujours payé, tout comme l’associé nominal. L’intimé de son côté est
rémunéré en fonction du succès obtenu dans le cadre de procédures alors que tel n’est
pas le cas pour Me Moisan. Ce dernier n’a pas d’administration à faire ni de collection de
comptes impayés.
[613] Pour l’intimé, ce mécanisme est normal et il estime que son bureau d’avocats n’est
Position des parties sous le chef 2 (demander des honoraires justes et raisonnables)
[614] La plaignante concède qu’il est possible pour un bureau d’avocats de se garder
« un mark up » (une plus-value) pour les services d’un avocat sous-traitant à qui un
[615] Selon la plaignante l’intimé savait que les honoraires devaient être maintenus au
plus bas en raison du fait que monsieur AS voulait laisser le plus d’argent possible à la
jeune héritière. Dans ce contexte, le fait pour l’intimé de refacturer monsieur AS au tarif
horaire de 250 $ alors que ces mêmes services ont déjà été rendus au tarif de 125 $
devient déraisonnable.
[616] De son côté, l’intimé rétorque que les critères prévus à la réglementation sont
réclamé. En outre, l’intimé payait cet avocat au fur et à mesure des factures qu’il lui
06-18-03165 PAGE 149
envoyait alors que l’intimé n’a pu refacturer monsieur AS que beaucoup plus tard après
que le testament a été vérifié. Il n’est pas logique de facturer monsieur AS les services
professionnels de Me Moisan au même taux horaire que celui de la stagiaire qui n'avait
aucune expérience.
raisonnables)
[618] La plaignante n’a pas démontré que le tarif horaire réclamé à monsieur AS pour
les services professionnels rendus par Me Moisan n’est pas justifié vu l’expérience de ce
dernier.
[619] Comme le souligne l’intimé, l’expérience et le temps consacré à une affaire sont
des critères reconnus par l’article 3.08.02 du Code de déontologie des avocats applicable
à l’époque.
[620] Elle n’a pas soutenu que le tarif horaire réclamé est, en soi, inapproprié dans le
cas de Me Moisan. En outre, il n’y a aucune preuve démontrant que le nombre d’heures
[621] En fait, selon la preuve déjà analysée sous les chefs 3 à 6, tant la stagiaire que
Me Moisan ont contribué à avoir fait avancer le dossier confié par l’intimé. Rappelons que
monsieur AS a accepté de payer la facture de 15 299,50 $ où il est indiqué que, pour les
services de cet avocat, 29 heures sont payées au tarif horaire de 250 $321.
[622] Ainsi, la plaignante n’a pas démontré que les honoraires réclamés au client ne sont
différence de tarif entre celui réellement payé à Me Moisan et celui qui a été facturé au
client, le fardeau de la preuve repose sur les épaules de la plaignante. Or, celle-ci n’a pas
[624] Par ailleurs, l’intimé n’est pas contredit sur le fait que c’est lui qui a dû supporter
certain temps, car ces derniers étaient rémunérés par le bureau d’avocats au fur et à
mesure des services rendus. C’est l’intimé qui a accueilli ce client. Les services de
pas qu’il est anormal que le bureau d’avocats réclame au client un tarif plus élevé que le
auraient pu être facturés au même tarif qu’une stagiaire sans expérience pour garder les
témoignage, monsieur AS relate que l’intimé lui a mentionné que la stagiaire ferait des
Quant à la conjointe de monsieur AS, celle-ci ajoute qu’un autre avocat allait travailler et
devait maintenir au plus bas les honoraires de ces deux personnes de façon à ne
réclamer que 125 $ l’heure pour les services rendus par Me Moisan.
[626] Est-ce que dans ce contexte du dossier le seul fait qu’un différentiel existe entre le
caractère de lucre. La réponse apparaît négative. Par ailleurs, la preuve est muette quant
au moment où ce différentiel deviendrait tel que l’intimé pourrait se voir reprocher d’avoir
[627] Sous le chef 2, le Conseil acquitte l’intimé d’avoir contrevenu aux dispositions des
période en litige.
[628] Le Conseil a déjà décidé que cette requête pouvait être entendue dans le cadre
322 Barreau du Québec (syndique ad hoc) c. Harvey, 2020 QCCDBQ 45, paragr. 79, 80 et 117.
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disposer d’un dossier complet, notamment pour évaluer, le cas échéant, du préjudice subi
i) La preuve de l’intimé
Monsieur JD
[631] Monsieur JD connaît monsieur JA. Il fait état de ses relations d’affaires avec ce
dernier. Notamment, ce dernier a déjà été impliqué avec lui dans la société « A » et il lui
[632] Lors d’une transaction, un emprunt est contracté auprès d’un prêteur pour
l’acquisition d’un immeuble. Toutefois, ils sont incapables de payer en totalité les
mensualités. Monsieur JD croit alors que de l’argent doit être réinvesti, mais monsieur JA
refuse d’en injecter plus. À l’été 2017, ce créancier leur transmet une mise en demeure
[633] C’est dans ce contexte que, vers la fin de l’été 2017, monsieur JD se déplace au
bureau de monsieur JA. Monsieur JA désire que Me McLean, avocate chez BCF Avocats,
agisse à titre d’avocate pour eux dans cette affaire, monsieur JD veut plutôt que leur
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société soit représentée par l’intimé. Cette avocate a un lien familial avec monsieur JA.
Alors que monsieur JD discute avec monsieur JA, ce dernier téléphone à Me McLean.
[634] Pendant cet échange entre monsieur JA et Me McLean, monsieur JD dit avoir
entendu cette dernière mettre en garde son interlocuteur, car l’intimé pourrait
éventuellement ne plus être avocat. Selon monsieur JD, Me McLean a alors mentionné
que l’intimé avait des problèmes avec le Barreau, qu’il est sous enquête.
[635] Sur le coup, monsieur JD n’a pas porté une grande attention à cette information.
[636] À la suite de cette discussion, l’intimé représente la société, alors que BCF
Avocats représente monsieur JA. Puis, le dossier suit son cours et une entente à l’amiable
acquiescement à jugement.
[637] Coup de théâtre, une ou deux années plus tard, monsieur JA reçoit une mise en
demeure du prêteur qui invoque ne pas avoir été totalement remboursé à la suite de la
[638] Monsieur JA se rend au bureau de l’intimé qui décide d’appeler monsieur JD avec
son cellulaire. Il utilise la fonction « main libre » afin de procéder à une revue des faits.
C’est à cette occasion que monsieur JD révèle à l’intimé l’information communiquée par
06-18-03165 PAGE 154
Me McLean à monsieur JA vers la fin de l’année 2017, soit que l’intimé avait des
[639] Dans un autre ordre d’idées, en 2020, monsieur JD est représenté par M e Roy,
Cette affaire est pendante devant les tribunaux. Au cours d’une rencontre au bureau de
Me Roy, ce dernier mentionne que l’intimé ne pouvait pas le représenter. Il lui a montré
actionnaire dans une société avec monsieur JA, mais que ce dernier lui prête de l’argent.
[641] Monsieur JD ajoute que plusieurs dossiers avec monsieur JA ont fait l’objet d’une
sociétés. Dans certains cas, monsieur JD agissait avec d’autres associés. L’argent ne lui
[643] Dans le cas déjà discuté où un prêteur a envoyé une mise en demeure,
[644] Questionné sur le montant d’argent qu’il doit à monsieur JA, le témoin refuse de
[645] Monsieur JD est avisé qu’il est tenu de fournir une réponse comme le prévoit le
Code des professions. En outre, le Conseil ordonne alors que les réponses de nature
financière soient protégées par une ordonnance de huis clos vu la volonté du témoin de
[646] Monsieur JD, souhaitant pouvoir consulter un avocat, se voit alors accorder un
délai de dix jours pour répondre aux trois questions suivantes par écrit, sans quoi il
[648] Lors d’une seconde présence devant le Conseil, les questions sont reformulées à
monsieur JD de la manière suivante alors qu’il est représenté par un avocat. Ce dernier
obtient un délai additionnel de cinq jours pour fournir par écrit ses réponses :
3) Est-ce que monsieur JD et les compagnies contrôlées par ce dernier ont fait
combien?
[649] Finalement, monsieur JD répond ce qui suit après avoir consulté son avocat.
[650] Monsieur JD répond : 1) qu’il évalue sommairement le total des emprunts faits
estime devoir au plus 6,5 $ millions de dollars à monsieur JA; 3) il reconnaît que lui-même
ou ses compagnies ont été en défaut de rembourser monsieur JA, mais que ceux-ci ont
été remédiés; 4) une convention a été signée entre lui et monsieur JA le 21 novembre
2017 et 5) aucun avocat ne les représentait aux fins de la négociation de cette convention.
[652] Il précise que Me McLean représentait monsieur JA dans un autre dossier à cette
époque.
06-18-03165 PAGE 157
conversation peut être entendue par monsieur JD, sa présence n’ayant pas été divulguée
à Me McLean.
[655] Par ailleurs, monsieur JD déclare ne pas avoir été au courant de la demande
[656] Dans un autre ordre d’idées, il reconnaît avoir déjà fait affaire avec le bureau
d’avocats BCF par l’entremise d’une ou plusieurs sociétés. Il ajoute que cette relation a
[657] Confronté à l’affidavit qu’il a signé le 17 avril 2020 selon lequel il se déclare
morale, monsieur JD précise qu’il ne l’est plus personnellement en date du 14 juillet 2021.
[658] Par ailleurs, il explique avoir retenu les services de l’intimé en 2007. Il a convenu
avec lui de lui verser des actions dans une société propriétaire d’un immeuble au lieu de
lui verser des honoraires de 15 000 $ en argent. Il précise ne pas avoir retenu les services
Monsieur RF
[660] Il relate qu’au printemps 2016, il doit rencontrer un avocat de BCF Avocats à leurs
bureaux relativement à un litige. Pendant la matinée, il est alors dans la salle d’attente de
ce bureau.
[661] Monsieur RF croit avoir entendu deux personnes discuter entre elles de l’intimé
avec un air moqueur. Il en a déduit ce qui suit : « je pensais que c’était une affaire
BCF/Harvey ».
[662] Quatre ans plus tard, soit en mai ou en juin 2020, il téléphone à l’intimé. Il lui
demande alors s’il est encore avocat, car il a entendu dire par deux personnes se trouvant
précise qu’il présume que les deux personnes étaient des employés de BCF.
lorsqu’il a rencontré comme prévu l’avocat chez BCF Avocats avec qui il avait rendez-
vous, il ne lui a pas fait part de ce qu’il avait entendu plus tôt.
[665] Monsieur RF est confronté au fait qu’il a signé une déclaration à l’appui de la
requête en arrêt des procédures où il mentionne s’être abstenu de faire affaire avec
l’intimé en raison de ce qu’il dit avoir entendu dans la salle d’attente du bureau BCF en
06-18-03165 PAGE 159
mai 2016. Finalement, monsieur RF mentionne plutôt ne pas avoir appelé l’intimé, car il
[666] Madame Lévesque est adjointe juridique au bureau BCF Avocats depuis 2008
[667] Elle reconnaît avoir agi à titre de commissaire à l’assermentation aux fins du
[668] Elle n’a souvenir d’avoir signé aucun autre document relativement à ce dossier
disciplinaire.
[669] Elle confirme qu’il existe un « mur de Chine » dans le bureau d’avocats protégeant
[670] Par ailleurs, à titre d’adjointe juridique et dans le cadre de son travail, elle a eu à
faire des suivis avec l’intimé relativement à des dossiers impliquant des avocats de
BCF325.
[671] Madame Fiset est adjointe juridique au bureau BCF Avocats depuis 2018.
[672] Elle est l’adjointe de plusieurs avocats de ce bureau, dont Me Émilie Leblanc dans
des dossiers disciplinaires. Elle n’est pas l’adjointe de la plaignante. Dans le cadre de
son travail, elle a effectué des notifications par courriel pour transmettre des plans
« muraille de Chine327 ».
Reportage de Radio-Canada
5 décembre 2017328.
[675] Ce reportage est intitulé : « Une héritière de 15 ans au cœur d’une bataille sur les
Monsieur AP
[677] Le 13 juillet 2021, il écrit à l’intimé pour lui manifester son inquiétude, car il est
décrit dans les médias comme un possible fraudeur329. Il lui demande si son droit de
Monsieur R
[678] Monsieur R est agent consulaire du Québec au Togo. Il explique que des
informations circulent depuis la fin de l’année 2017 au sujet de l’intimé. Son intégrité est
remise en question. Selon ces informations, un citoyen s’est plaint au Barreau du fait que
l’intimé aurait détourné des fonds. Les autorités du Togo n’ont pas bien pris ce
renseignement.
[679] Cette information a fait reporter une mission économique impliquant l’intimé. Puis,
[680] En juin 2020, le témoin a reçu un courriel d’un citoyen lui faisant état des
Monsieur BD
[681] Monsieur BD connaît l’intimé depuis une vingtaine d’années et il a fait appel à ses
[682] Il relate avoir reçu un message texte d’une connaissance en juin à la suite d’un
reportage de Radio-Canada portant sur le fait que l’intimé est devant son ordre
professionnel331. Il a appelé l’intimé qui lui a indiqué ne pas faire l’objet d’une radiation.
Me Karim Fezzani
[683] L’intimé était l’avocat de son père puis il est devenu son mentor lorsqu’il était
étudiant.
Par ailleurs, l’intimé faisant face à une enquête disciplinaire, l’a avisé qu’il ne pouvait pas
Monsieur ER
[686] Celui-ci a fait appel aux services professionnels de l’intimé concernant le cas d’un
locataire récalcitrant.
[687] Il relate faire partie d’un groupe de personnes ayant reçu, par message texte, des
captures d’écran en août 2021 au sujet de l’intimé333. Ces captures d’écran mentionnent
que, selon un reportage de Radio-Canada, l’intimé est traduit devant son ordre
professionnel.
Monsieur YV
[690] Il explique être en relation d’affaires avec l’intimé depuis environ quinze ans. Il
relate que plusieurs de ses clients ont fait « grand cas » d’un reportage de Radio-Canada
et ne voulaient plus faire affaire avec l’intimé. Il a alors pris « ses distances » face à ce
dernier.
Monsieur FC
[691] Monsieur FC se décrit comme un homme d’affaires. Depuis près d’une année,
[692] Celui-ci relate avoir écrit à l’intimé au début du mois de juillet 2020 pour le
questionner à propos de reportage sur Internet. Dans son courriel, il écrit devoir prendre
Monsieur MB
[693] Monsieur MB est un entrepreneur et l’intimé est son avocat depuis plusieurs
Monsieur FL
auprès d’un organisme à but non lucratif. Il explique avoir reçu en 2021 un message de
Monsieur SV
[695] Vers la mi-juin 2020, il a communiqué avec l’intimé pour qu’il mette en demeure le
propriétaire de l’immeuble dans lequel il loue un logement. Ce dernier, après avoir reçu
la mise en demeure de l’intimé, communique avec monsieur SV pour lui annoncer que
son avocat est radié. Le même jour, il communique avec l’intimé à ce sujet337.
Monsieur VD
[697] Entre 2016 et 2019, la plaignante l’a représenté comme avocate. En fait, elle
remplaçait un avocat de son bureau qui occupait dans un litige, et ce, jusqu’en 2015.
[698] Le 24 février 2019, la plaignante lui a réclamé le paiement d’une créance dans le
instance est présentement pendante. L’avocat qui représentait monsieur VD dans cette
affaire a cessé d’occupé. Celui-ci lui a fourni le nom de deux avocats pour le remplacer,
dont celui de l’intimé339. En avril 2021, l’intimé a déposé au nom de monsieur VD une
profité de sa situation d’avocate pour s’enrichir et lui réclame 25 000 $340. Cette dernière
représenter le défendeur341.
de le représenter, ne lui a pas fait part de son implication dans la présente affaire
disciplinaire. Puis, il précise ne plus le savoir, car cela n’est pas important pour lui.
l’intimé inhabile dans ce dossier, mais ne peut dire le moment exact où il a appris qu’elle
agissait aussi comme syndique ad hoc bien qu’il savait qu’elle avait par ailleurs agi à ce
[701] Par ailleurs, il reconnaît avoir déposé une plainte privée devant un conseil de
discipline contre la plaignante. Monsieur VD ajoute que l’intimé a comparu en son nom le
23 août 2021342.
l’appui de cette plainte alors qu’il était dans un bureau adjacent à celui de l’intimé.
privée contre la plaignante et dit ne pas savoir si ce journaliste a communiqué avec lui à
la demande de l’intimé344.
[705] À l’automne 2017, l’intimé retient ses services pour assurer un mandat de
rencontrer.
[707] En contre-interrogatoire, monsieur Morneau explique que l’intimé est un bon client.
[708] Monsieur Morneau précise avoir fait mention du reportage de La Facture sur la
[709] Monsieur Morneau reconnaît avoir agi dans un litige impliquant l’intimé346. Dans le
cadre de cette affaire, il reconnaît délivrer des visas pour le Togo et recevoir une
supérieure ne retient pas son témoignage quant aux services qu’il aurait rendus ou aux
[710] Il ajoute que sur le site de sa maison de production, dans la section « nouvelles »
a publicisé cela puisqu’il considère avoir fait une réalisation pour son client, l’intimé. Si
cette information apparaît encore sur le site de son entreprise, ce n’est pas un oubli.
[712] Elle explique que l’appellation « Service de garde Québec » est mieux connue. Il
s’agit d’un service offert au public. Par exemple, une personne en état d’arrestation peut
[713] Pour qu’un avocat puisse se voir référer des demandes de membres du public, il
346 Pièce P-47 : Gestion Stéphane Harvey inc. c. Guay, 2021 QCCS 3128 (en appel : 200-09-010396-
213).
347 Pièce P-49.
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[714] Madame Roy reçoit les inscriptions en question, il s’agit de demandes d’adhésion.
réception, madame Roy le fait suivre à trois services : le greffe de discipline, l’inspection
[716] C’est dans ce contexte que le bureau du syndic lui transmet des commentaires par
écrit348. En raison d’une objection provenant du bureau du syndic, l’intimé n’a pas adhéré
à ce service de garde.
[717] Avant d’informer l’intimé, elle a attendu d’être avisée par le greffe de discipline que
la plainte disciplinaire soit signifiée à ce dernier, ce qui est fait le même jour, soit le
[718] La plaignante est nommée syndique ad hoc comme en fait foi un extrait du procès-
3 septembre 2015351.
notamment en raison du délai mis pour faire enquête. Me Bilodeau explique qu’à titre de
syndic en titre, il lui revient de répondre à cette lettre de l’intimé. Dans sa lettre, il réfute
d’instance intentée contre monsieur AS. Toute cette documentation est numérisée,
[720] Le 25 février 2016, l’intimé transmet au bureau du syndic une lettre de 16 pages.
[721] Le 17 octobre 2018, Me Bilodeau sait que la plainte disciplinaire visant l’intimé doit
pourquoi il n’est pas disponible à certaines dates, ce dernier mentionne que plusieurs
dates sont réservées afin de procéder devant le présent Conseil dans un dossier qui
le vise.
L’intimé
[723] La plaignante est nommée à titre de syndique ad hoc dans le présent dossier en
septembre 2015355.
[724] Toutefois, le dossier au bureau du syndic est ouvert depuis novembre 2014 à la
suite d’une demande d’enquête de son client, monsieur AS. Un syndic adjoint,
Me Guimont est chargé de cette affaire. Selon l’intimé, rien ne s’est passé entre les mois
[725] Or, la plaignante se manifeste auprès de l’intimé en novembre 2015 et elle prévoit
le rencontrer en janvier 2016. Ce dernier est perplexe. Il n’a pas été avisé du
[726] L’intimé est offusqué que la plaignante veuille le rencontrer rapidement, car il a
[727] Le 1er décembre 2015, il lui écrit à ce sujet356 et lui reproche de ne pas avoir accédé
• L’intimé écrit avoir retenu les services d’un spécialiste en écriture, M. Dallaire,
lequel requiert en janvier 2015 que lui soit transmise une douzaine de
documents de comparaison.
• L’intimé n’a pas reçu de nouvelles, mais a « eu vent d’un marchandage » par
le bureau du syndic pour dénicher une syndique ad hoc. L’intimé n’a pas été
informé à l’époque que la plaignante a été nommée au dossier. Il a eu cette
nouvelle le 27 novembre 2015.
• L’intimé fait valoir que le bureau où travaille la plaignante est son compétiteur
et que le 1er décembre 2015 il en a fait part à cette dernière par lettre. Il la
considère en conflit d’intérêts.
• Le 16 février 2016363, Me Guy Bilodeau, syndic de l’Ordre, lui demande par écrit
de se désister de son recours contre le client, monsieur AS.
[730] Le 28 janvier 2016, l’intimé transmet à Me Patrick Richard, syndic adjoint, une
n’a pas donné suite à sa demande d’obtenir des paraphes de monsieur AS. Enfin,
pendant six mois, Me Guimont aurait « laissé dormir le dossier », soit du mois de mai au
[731] Le syndic, Me Bilodeau, rejette cette demande par sa lettre du 16 février 2016366.
monsieur AS.
[732] Le 25 février 2016, dans une lettre de 16 pages, l’intimé réplique à certains
passages de la lettre de Me Bilodeau et lui fournit sa version des faits. Il explique ce qui
10 septembre 2010 :
Il n’y avait pas d’honoraires si nous n’avions pas gain de cause, mais dans le cas
d’un succès, tous nos honoraire seraient facturés et payés, plus un supplément
d’honoraires professionnels à titre de prime de performance et pour avoir supporté
le dossier au niveau des frais et des honoraires, sans jamais dépasser un tiers des
montants perçus, outre les taxes et le déboursés. C’est ce supplément
d’honoraires qui est visé par la contestation de monsieur [AS]. Nous nous en
sommes pourtant tenus à l’entente intervenue avec monsieur [AS] pour la
facturation du cabinet.
[733] L’intimé ajoute dans sa lettre que la partie adverse, madame P (la mère de la nièce
[734] Par ailleurs, dans la même lettre, l’intimé réitère sa demande que la plaignante soit
remplacée et dresse une longue liste de reproches à la suite de sa rencontre avec elle
du 16 janvier 2016, notamment : son bureau est un compétiteur, elle tient des propos
[735] L’intimé relate qu’en 2016 la plaignante lui a demandé l’original de la lettre du
10 septembre 2010.
[736] Le 31 mai 2016, l’intimé écrit à la plaignante et aborde les sujets suivants :
[737] L’intimé explique se sentir jugé par un compétiteur. Dans sa lettre, il donne des
utilise un en-tête de lettre de son bureau d’avocats, soit BCF et s’affiche comme membre
de ce bureau368.
[738] Le 1er juin 2016, la plaignante accuse réception de la lettre du 31 mai 2016. Elle
qu’en ce qui concerne les paraphes litigieux sur la lettre de septembre 2010, « après que
notre expert nous ait remis notre rapport, je prendrai position aux fins de clore mon
enquête et vous serez informé des conclusions qui en ressortiront ». Elle ajoute que si
une plainte est déposée, lors de la divulgation de la preuve, il recevra « tout ce dont se
sera alors servi notre expert pour évaluer les initiales sous étude ».
[739] Le 20 juin 2016, l’intimé transmet une version dactylographiée du calcul manuscrit
ayant mené à la facture du mois de septembre 2010370. Il s’agit des mêmes explications
une expertise en écriture s’y trouve. Cette expertise préparée par l’experte Yolande
[741] Il souligne que même si la plaignante avait en main un rapport de son expert en
date du 3 novembre 2016, il n’a pas été informé des conclusions avant le dépôt de la
[742] Entre les lettres de juin 2016 et le moment où la plainte disciplinaire est déposée,
il s’est écoulé plus de deux années sans que cette dernière lui donne des nouvelles.
[743] Réalisant ce qui se produit, l’intimé communique avec M. Dallaire, l’expert dont il
a déjà retenu les services et qui demandait des paraphes de comparaison du client,
[744] L’intimé réfère à la décision du Conseil373 rendue en septembre 2019 prenant acte
de l’engagement de la plaignante à lui remettre des paraphes utilisés par son expert.
mars 2015.
[745] Il invoque que l’enquête du syndic adjoint était pratiquement complétée en mai
2015 et il ne s’est rien passé pendant six mois, soit jusqu’en novembre 2015 lorsque la
plaignante s’est manifestée face à lui. Il n’a pas été informé qu’elle allait être nommée. Il
n’a pu savoir pourquoi le syndic adjoint Guimont a laissé dormir le dossier pendant
six mois.
[746] Il réitère avoir été offusqué par la situation d’autant plus qu’il avait des
préoccupations à l’égard de la plaignante, lesquelles lui ont été exprimées dans sa lettre
[747] En outre, il a fallu une décision du Conseil pour forcer la plaignante à fournir les
échantillons demandés. Cette décision survient environ quatre ans après sa première
demande à ce sujet. En outre, il a fallu quatre années avant qu’il obtienne l’acte de
plaignante.
[748] Le 20 septembre 2021, le greffe du Conseil confirme à l’intimé que la plainte porte
[749] Or, le syndic, Me Bilodeau, écrit à madame Sylvie Roy en octobre 2021 que l’intimé
fait l’objet de plaintes assermentées alors qu’il émet une objection à la candidature de
l’intimé au Service de garde376. En octobre 2021, cette plainte n’est pas encore publique.
Encore là, il aura fallu un long délai avant que l’intimé n’apprenne que sa candidature à
[750] Ces longs délais précédant le dépôt de la plainte constituent pour lui une épée de
Damoclès.
professionnel sans tache377. Il qualifie les plaintes disciplinaires dirigées contre lui
[752] Il invoque que le dossier a pris une tangente dans les médias en 2017378. En
reprocher379. Or, à cette époque, l’instance disciplinaire n’a pas encore débuté, la plainte
ayant été déposée en novembre 2018. Par la suite, après le dépôt de la plainte
disciplinaire, d’autres médias ont repris cette couverture médiatique380. Selon lui, le fait
d’avoir eu ainsi à être confronté aux médias lui cause un dommage irrémédiable.
diffamation381.
377 Pièce RA-20 : article publié dans la revue Prestige, mai 2011.
378 Pièces RA-4 et RA-21 : reportages de Radio-Canada.
379 Pièces RA-4 à RA-6.
380 Pièce RA-54.
381 Pièce RA-53.2
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[755] Il ajoute ne pas avoir retardé l’instance disciplinaire, car, bien qu’il ait contesté en
sursis385.
[756] La plaignante n’a présenté aucune preuve dans le cadre de cette demande de
l’intimé.
• Les délais
[757] L’intimé argue que le Conseil doit s’inspirer des enseignements de la Cour
suprême dans l’arrêt Jordan. Ainsi, on ne doit pas tenir compte des délais liés à ses
diverses demandes faites au Conseil depuis le dépôt de la plainte, car elles sont
légitimes.
[758] Les délais précédant le dépôt de la plainte disciplinaire lui causent un préjudice.
de la plainte disciplinaire. La plaignante n’a donné aucune nouvelle entre le mois de juin
2016 et le dépôt de la plainte en novembre 2018. Il lui a fallu deux mois pour qu’elle
[759] Or, il perd les services de son expert Dallaire pendant toute cette période, ce
[760] Le délai est tellement long que le tout se transforme en un concours de mémoire.
Le Conseil est appelé à évaluer la crédibilité des versions rapportées relativement à des
[761] Par ailleurs, il reconnaît avoir intenté une poursuite contre monsieur AS en janvier
2016, mais dont il s’est désisté à la demande du syndic386. Il s’agit d’un geste de bonne
en janvier 2016 afin de contester son statut de syndique ad hoc dans le présent
dossier387.
• La rétention de documents
[763] Par ailleurs, l’intimé revient sur le reproche fait à la plaignante concernant la
rétention de documents. Il a fallu quatre ans et une audition devant le conseil de discipline
en juin 2019 pour que la plaignante fournisse des documents originaux de monsieur AS
cette dernière n’a pas respecté une ordonnance du Conseil en ne remettant pas la
nomination. Selon l’intimé, la plaignante a créé des débats inutiles en adoptant une
[765] Dans sa requête en arrêt des procédures, l’intimé reconnaît que le Conseil n’a pas
à s’immiscer dans l’enquête du syndic. Toutefois, selon lui, la gestion négligente de celle-
• Le bris de confidentialité
[766] Il souligne le bris de confidentialité rapporté par monsieur JD. Ce bris émane de
qu’elle l’aurait alors mis en garde de ne pas retenir les services de l’intimé en raison de
la tenue d’une enquête en cours le visant et du risque qu’il soit radié. Or, Me McLean
le Conseil.
[767] Selon l’intimé, une autre employée de BCF aurait « assisté » la plaignante. En
effet, madame Josée Lévesque l’a assermentée lors de son serment de discrétion389.
[768] Par ailleurs, selon l’intimé, monsieur RF doit être cru lorsqu’il rapporte un bris de
• Conflit d’intérêts
[770] L’intimé revient sur le fait que ce bureau d’avocats est un compétiteur direct. Or,
un compétiteur ne devrait pas être en position d’enquêter sur lui. Tant ce bureau que la
plaignante sont en conflit d’intérêts, car ils agissent dans divers dossiers civils impliquant
• Le préjudice
[772] L’intimé argue avoir subi un préjudice. Il fait état des nombreux témoins qui ont
rapporté au Conseil l’avoir questionné sur le fait qu’il faisait l’objet d’une plainte
disciplinaire et des distances que certains d’entre eux ont pris face à lui. Il fait référence
[773] Comme préjudice additionnel, il invoque avoir été exclus du Service de garde du
Barreau à la suite d’une opposition faite par le syndic, alors que la plainte n’était pas
encore déposée.
réputation.
• Les délais
[775] La plaignante rappelle les principes applicables dans le cas d’une demande en
arrêt des procédures et qu’il s’agit d’une mesure exceptionnelle lorsque le droit de
compromise. Le seul écoulement du temps ne suffit pas, l’intimé doit faire la preuve d’un
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préjudice. Lors de l’examen des faits, le Conseil doit examiner si l’intimé a contribué aux
[776] Elle souligne qu’en droit criminel l’article 11 de la Charte canadienne des droits et
avec de faux paraphes et des factures simulées. Par son entrave active, l’intimé est à
l’origine des délais dont il se plaint. Ces gestes de l’intimé ont rendu plus complexe
• La rétention de documents
[778] On ne peut reprocher à la plaignante de ne pas avoir remis à l’intimé plus tôt la
[779] De toute façon, l’intimé n’a pas démontré une atteinte qui justifie un arrêt des
procédures.
[780] Rappelons que l’intimé a en sa possession cette résolution en août 2020 392 alors
que, tout en sachant que son argument est faux, il continue de plaider que la plaignante
391 Loi constitutionnelle de 1982, Annexe B de la Loi de 1982 sur le Canada (R-U), 1982, c. 11.
392 Pièce I-5, RA-45, paragr. 8.
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• Le bris de confidentialité
[781] La plaignante a droit de se faire assister par des personnes travaillant pour BCF
Avocats comme le permet l’article 121.2 du Code des professions, lequel doit être lu avec
l’article 193 (2) du même Code. Ceux-ci sont tenus au serment de discrétion, mais, au
[782] Le bris du serment invoqué par l’intimé n’a pas été prouvé. Rappelons que la
n’a fait entendre ni l’un ni l’autre. Ce faisant, la plaignante n’a pu contre-interroger l’auteur
monsieur JD qui dit avoir entendu les paroles échangées. Il s’agit de ouï-dire.
Conséquemment, la véracité des propos n’est pas établie. Tout ce qui est mis en preuve
est ce qu’il a cru avoir entendu. En outre, lors de son témoignage, monsieur JD a fait
• Le conflit d’intérêts
[783] La plaignante n’a pas un devoir d’impartialité à l’égard de l’intimé dans son rôle
d’enquêteur ou dans ses fonctions de syndique ad hoc. Outre son devoir d’indépendance,
bonne foi.
[784] L’intimé n’a pas démontré un conflit d’intérêts du seul fait que la plaignante exerçait
sa profession au sein de BCF Avocats. C’est elle qui a été nommée syndique ad hoc et
non ce bureau.
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• Le préjudice
[785] Il ne faut pas confondre la situation où un intimé est privé de faire entendre un
témoin, par exemple en raison d’un décès, avec celle où la fiabilité d’un témoignage doit
être évaluée.
[786] L’atteinte à la réputation, à elle seule, n’est pas un préjudice donnant ouverture à
l’arrêt des procédures d’autant plus que l’intimé a pu exercer ses activités
v) Décision du Conseil
Le droit
[787] En droit criminel, la jurisprudence enseigne que l’arrêt des procédures constitue le
recours ultime sur lequel peut se rabattre un tribunal lorsque les droits d’un justiciable
393 R. c. Babos, 2014 CSC 16 (CanLII), [2014] 1 RCS 309, paragr. 30; Bourdon c. Commissaire à la
déontologie policière, 2000 CanLII 10049 (QC CA), paragr. 76.
394 R. c. Babos, supra, note 393, paragr. 32.
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l’évaluation des intérêts opposés, le Conseil est appelé à tenir compte de la nature des
infractions reprochées395. Soulignons dès à présent que dans le présent cas, le Conseil
en est déjà venu à la conclusion, sous les chefs 3 à 6 de la plainte disciplinaire, que
l’intimé s’est approprié à différents moments des sommes d’argent, ce qui implique
minimalement une période de radiation selon le quatrième alinéa de l’article 156 du Code
des professions. C’est donc à la lumière d’infractions de haute gravité que la troisième
[790] Cette mesure de réparation est appropriée dans les cas les plus manifestes,
[87] Les cas de figure où la Cour suprême a imposé ou confirmé un arrêt des
procédures révèlent d’ailleurs tous des circonstances extrêmement sérieuses.
[88] Ainsi, la Cour suprême a ordonné un arrêt des procédures dans les cas
suivants :
- La destruction délibérée d'éléments de preuve qui auraient dû être
communiqués à l'accusé[45];
- Lorsque l'accusé devait subir un quatrième procès à l'égard d'une
accusation de meurtre[46];
- Lorsque des fugitifs ont contesté avec succès leur extradition en raison
de déclarations faites par le juge et le procureur américains chargés de
l'affaire aux États-Unis. Le juge du procès américain a dit, en fixant la
peine d'un des coaccusés, qu'il imposerait la peine d'emprisonnement la
plus sévère aux fugitifs qui refusaient de collaborer et le procureur de la
poursuite aux États-Unis a laissé entendre, dans une entrevue télévisée,
que les fugitifs qui refusaient de collaborer seraient violés en prison[47];
- Lorsqu'un prévenu avait été détenu plus de vingt-quatre heures avant sa
comparution contrairement à l'article 503 du Code criminel[48];
- Lorsque la violation du devoir de communication de la preuve aurait
entraîné la tenue d’un troisième procès à l’égard d’une infraction pour
laquelle l’accusé avait purgé la peine[49];
- La tenue d'un procès pour homicide involontaire coupable près de
34 années après les événements alors que des éléments de la preuve
ont disparu[50];
- L’accusé avait été soumis par un représentant de l’État à un abus
physique et psychologique intolérable[51].
[89] En contrepartie, elle l’a refusé dans les situations suivantes :
- L'accusé devait subir un troisième procès relativement à une accusation
de meurtre[52];
- Un sous-procureur général adjoint au ministère de la Justice a
communiqué avec le juge en chef de la Cour fédérale pour tenter
d'accélérer l'audition des dossiers mettant en cause des criminels de
guerre[53];
- Une communication inappropriée entre les avocats de la poursuite et le
juge coordonnateur de la Cour du Québec avait eu lieu sans la
connaissance des avocats de la défense[54];
- Un procureur de la poursuite et un policier avaient préparé un
questionnaire demandant aux candidats jurés dans
l'affaire Latimer quelle était leur opinion à l’égard d’un certain nombre de
questions, dont la religion, l'avortement et l'euthanasie[55];
- Un délai de 30 mois dans le traitement d'une plainte de harcèlement
sexuel déposée auprès de la Commission des droits de la personne[56];
- L'omission par le ministère public de se conformer intégralement à
l'ordonnance de divulgation d'un juge a été considérée par certains juges
de la majorité inappropriée et inopportune alors que d'autres y ont vu un
comportement extrêmement arrogant et tout à fait répréhensible[57];
- La recherche d'un juge accommodant était outrageante et la
communication par la police du nom d'un accusé comme suspect bien
avant le dépôt de toute accusation était inappropriée[58];
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[11] Les tribunaux ont décidé depuis de nombreuses années que l'arrêt définitif des
procédures, tant devant une instance criminelle que disciplinaire, constitue une
sanction ultime et de dernier ressort et qu'elle doit être considérée avec
circonspection. Ainsi, dans Neiss c. Durand ès qualités (C.S. Montréal 500-05-
011301-866; 1987-04-22), le Juge Gonthier écrit, dans cette affaire concernant la
discipline des pharmaciens (p. 20):
Enfin, faut-il le répéter, l'arrêt définitif des procédures est une sanction
ultime de dernier ressort en ce qu'il empêche que le bien-fondé des
plaintes soit décidé et que le respect de la loi soit assuré. Or, le maintien
de la discipline professionnelle est de première importance dans la société
vu l'importance sociale des services professionnels tant par leur qualité
que par l'importance du public desservi.
…
[22] Faut-il rappeler que l'appelante a volontairement adhéré à une profession qui –
comme corollaire des privilèges qu'elle accorde – demande le respect des obligations
déontologiques auxquelles elle s'est engagée (R. c. Wholesale Travel Group Inc.,
1991 CanLII 39 (CSC), [1991] 3 R.C.S. 154, 163; R. c. Fitzpatrick, 1995 CanLII 44
(CSC), [1995] 4 R.C.S. 154, 177-178). De plus, compte tenu de la mission de
protection du public des ordres professionnels et des comités de discipline, l'intérêt
du public à ce que la discipline professionnelle soit maintenue au sein des ordres
professionnels doit primer sur les intérêts privés. Ce sont les enseignements de la
Cour suprême du Canada dans P.G. Manitoba c. Metropolitan Stores, (1987 CanLII
79 (CSC), [1987]1 R.C.S. 110).
[Soulignements ajoutés]
[793] Vu ce qui précède, il n’est guère étonnant que la jurisprudence prenne soin de
[794] Le Conseil a déjà fait état des motifs pour lesquels il pouvait examiner la conduite
puisque l’intimé cherche à démontrer que cette conduite porte atteinte de manière
irrémédiable à son droit à une défense pleine et entière ou porte atteinte à l’intégrité du
système disciplinaire400.
399 Bohémier c. Barreau du Québec, 2012 QCCA 308, paragr. 29; Bourdon c. Commissaire à la
déontologie policière, supra, note 393, paragr. 75.
400 Barreau du Québec (syndique ad hoc) c. Harvey, 2020 QCCDBQ 46, paragr. 79 à 92.
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i) Les délais
d’une poursuite disciplinaire est invoquée, a été examinée par le juge Dalphond, alors à
Reste l’argument des délais et des nominations multiples qui seraient contraires
aux chartes des droits. Encore une fois, la procureure de la requérante n’a pu citer
un article précis des chartes qui seraient applicables ni aucune décision
judiciaire. En fait, on semble confondre encore une fois le rôle d’enquêteur et celui
de décideur. Toutes les causes de jurisprudence citées par la requérante se
rapportent à des délais quant à l’instruction d’un acte d’accusation et non quant à
la durée de l’enquête. Qu’une enquête puisse prendre plusieurs mois, voire des
années, peut se justifier par les interventions judiciaires et les mises en demeure
de la partie enquêtée, la complexité des dossiers, le désir des enquêteurs de ne
déposer des plaintes qu’après avoir un dossier étoffé afin de ne pas préjudicier
indûment la réputation de la personne enquêtée… L’intérêt public commande
qu’une infraction déontologique soit punie, et le seul fait que l’enquête prenne un
certain temps ne saurait conférer une immunité à l’auteur de la faute. Si, advenant
le dépôt de plaintes, la requérante considère qu’elle n’est plus en mesure de faire
valoir une défense pleine et entière en raison du temps qui s’est écoulé entre
l’infraction alléguée et l’audition, il lui reviendra alors de convaincre les membres
du comité de discipline de fermer le dossier. Il ne revient cependant pas au
Tribunal d’intervenir pour empêcher le dépôt de plaintes et ainsi empêcher un tel
débat de se faire devant le forum approprié.
[Soulignements ajoutés]
répondre aux plaintes portées contre lui, puisque le seul fait d’invoquer de longs délais
ne suffit pas.
401 Parizeau c. Barreau du Québec et al, 1997 QCCS 9307(QC CS), ce passage est repris par la Cour
d’appel dans Huot c. Pigeon, 2006 QCCA 164, paragr. 45.
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[798] Encore récemment, la Cour d’appel402 réitère que les principes de l’arrêt
[101] Selon moi, le droit administratif offre des réparations appropriées en ce qui
concerne le délai imputable à l’État dans des procédures en matière de droits de
la personne. Cependant, le délai ne justifie pas, à lui seul, un arrêt des procédures
comme l’abus de procédures en common law. Mettre fin aux procédures
simplement en raison du délai écoulé reviendrait à imposer une prescription
d’origine judiciaire […]. En droit administratif, il faut prouver qu’un
délai inacceptable a causé un préjudice important.
[102] Il n’y a aucun doute que les principes de justice naturels et l’obligation d’agir
équitablement s’appliquent à toutes les procédures administratives. Lorsqu’un
délai compromet la capacité d’une partie de répondre à la plainte portée contre
elle, notamment parce que ses souvenirs se sont estompés, parce que des
témoins essentiels sont décédés ou ne sont pas disponibles ou parce que des
éléments de preuve ont été perdus, le délai dans les procédures administratives
peut être invoqué pour contester la validité de ces procédures et pour justifier
réparation […].
[…]
[115] Je serais disposé à reconnaître qu’un délai inacceptable peut constituer un
abus de procédures dans certaines circonstances, même lorsque l’équité de
l’audience n’a pas été compromise. Dans le cas où un délai excessif a causé
directement un préjudice psychologique important à une personne ou entaché sa
réputation au point de déconsidérer le régime de protection des droits de la
personne, le préjudice subi peut être suffisant pour constituer un abus de
procédures. L’abus de procédures ne s’entend pas que d’un acte qui donne lieu à
une audience inéquitable et il peut englober d’autres cas que celui ou délai cause
des difficultés sur le plan de la preuve. Il faut toutefois souligner que rares sont les
longs délais qui satisfont à ce critère préliminaire. […]
[Soulignements ajoutés]
402 Donaldson c. Autorité des marchés financiers, 2020 QCCA 401, paragr. 51 à 58; Moisan c. Ouellet,
2019 QCCA 2085, paragr. 9.
403 Blencoe c. Colombie-Britannique (Human Rights Commission), 2000 CSC 44.
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[799] Pour évaluer si le délai est inacceptable, le Conseil tient notamment compte de la
précisément, la Cour suprême dans l’arrêt Blencoe ajoute qu’il y a lieu de vérifier « si la
circonstances de l’affaire404 ».
[800] L’intimé invite le Conseil à tenir compte des principes de l’arrêt rendu par la Cour
des professions rejette cet argument. En effet, l’intimé n’est pas un « inculpé » au sens
profession, il ne s’agit pas d’affaires pénales comme l’a indiqué la Cour suprême dans
l’arrêt Wigglesworth407.
[802] Premièrement, au niveau du préjudice allégué en lien avec les délais, l’intimé n’a
pas démontré une atteinte à son droit à une défense pleine et entière. Lors de l’audition
404 Blencoe c. Colombie-Britannique (Human Rights Commission), supra, note 403, paragr. 122 de l’arrêt.
405 R. c. Jordan, 2016 CSC 27.
406 Grenier c. Psychologues (Ordre professionnel des), 2021 QCTP 63, paragr. 266 à 268.
407 R. c. Wigglesworth, 1987 CanLII41 (CSC). Voir : Gravel c. Gardner, 2017 QCCQ 17167, paragr. 46
à 49.
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même de repousser la plupart des reproches qui sont dirigés contre lui en référant à la
documentation pertinente.
comptable, a fait entendre madame Galant puis contre-interrogé son ancien associé,
relativement à ces chefs d’infraction, il n’a soulevé qu’il ne pouvait plus faire entendre un
monsieur AS et l’intimé, ainsi que celle des autres témoins à la lumière d’une imposante
preuve documentaire.
[804] Quant au chef 11 portant sur le reproche de contrefaçon, il est vrai que
l’audition du présent dossier. Toutefois, l’intimé a retenu les services d’un autre expert,
madame Gagné, qu’il a choisi de faire entendre après avoir obtenu les échantillons de
paraphes qu’il réclamait depuis un certain temps. Ces échantillons ont été obtenus lors
du syndic pour fournir des paraphes aux fins de l’expertise de l’intimé. Il appert que celui-
ci a collaboré à celle de la plaignante. Ce faisant, l’intimé n’a pas été brimé dans sa
défense puisqu’il a été en mesure d’obtenir les paraphes en temps utiles avant l’audition
de la présente affaire.
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[805] Le chef 8 portant sur l’entrave repose sur les mêmes bases et découle des mêmes
analyses. Dans la mesure où un intimé est trouvé coupable d’avoir entravé le travail du
bureau du syndic et de la plaignante, on voit mal comment par la suite il peut se plaindre
[806] Soulignons qu’à l’égard de tous les chefs d’infraction, l’intimé a été en mesure de
témoigner et de donner sa version des faits. Il est vrai qu’il a mentionné à plusieurs
reprises que cette démarche lui a occasionné beaucoup de travail, toutefois, en fin de
de l’affaire. Comme déjà mentionné dans le cadre de l’analyse des chefs 3 à 6, il existe
un certain cafouillis dans la comptabilité de l’intimé. À titre d’exemple, des chèques sont
encaissés par l’intimé alors qu’ils ne comportent pas de numéro de facture. Le travail de
17 août 2011 est en lien avec un retrait effectué au mois de janvier précédent. Le rapport
de madame Laberge relativement au chef 1 a été complété qu’en avril 2018408. Quant
aux chefs 3 à 6, un second rapport de madame Laberge porte la même date. Celui-ci
comporte 198 pages incluant les annexes. Or, plusieurs de ces factures comportent les
[808] En outre, il ne faut pas perdre de vue que le Conseil déclare coupable l’intimé sous
le chef 11 portant sur les paraphes contrefaits de monsieur AS. Or, l’intimé transmet au
bureau du syndic ces paraphes qui ont été apposés en sa présence. De plus, le Conseil
a déclaré coupable l’intimé de s’être approprié des sommes dans un contexte où il a fait
suivre au bureau du syndic des factures qui, selon la preuve prépondérante et claire,
[809] Tout ceci permet de constater que cette cause est complexe. La plaignante,
appelée à démêler l’écheveau, s’est appuyée sur les rapports fournis par
madame Laberge en avril 2018. Quelques mois plus tard, la plainte est déposée. En
somme, la nature et la complexité des faits et les gestes posés par l’intimé constituent
des facteurs importants pour mettre en perspective le délai entre la demande d’enquête
[810] L’intimé invoque que la plaignante est à l’origine d’un autre délai, car elle a retenu
pas lui avoir fourni la résolution confirmant l’adoption de ce texte. À ce sujet, il produit les
[811] Comme déjà mentionné, le fait d’invoquer des délais ne suffit pas. Ici, l’intimé a
obtenu tout ce dont il avait besoin avant l’audition sur culpabilité. Il n’a pas été porté
atteinte à son droit à une défense pleine et entière. Par ailleurs, si la plaignante n’a pas
c’est parce qu’elle ne l’avait pas en sa possession411. Ce document412 a été déposé par
l’intimé.
plaignante. Or, dans le cadre de la présente demande, le Conseil est d’avis qu’il faut
[813] D’une part, l’intimé invoque que la plaignante a brisé la confidentialité de l’enquête.
[814] La plaignante argue de son côté que le bris de confidentialité invoqué par l’intimé
repose sur du ouï-dire et que, de toute manière, l’intimé a publicisé lui-même le fait qu’il
411 Barreau du Québec (syndique ad hoc) c. Harvey, 2019 QCCDBQ 98, paragr. 94 à 98.
412 Pièce I-5, RA-61 et 62.
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[816] Le bris de confidentialité invoqué par l’intimé serait survenu à deux moments
conversation dans le couloir ou la salle d’attente de BCF Avocats. Abordons ces deux
événements.
[817] Lors de son témoignage, monsieur JD mentionne qu’à l’été 2017 ou à la fin de
cette année-là, il se trouve dans le bureau de monsieur JA après qu’un créancier de leur
société ait intenté une action civile à l’encontre de leur société. La question se pose alors
de savoir si leur société retient les services professionnels de l’intimé, ce que préconise
familial. Selon monsieur JD, monsieur JA appuie sur le bouton mains libres de son
combiné et monsieur JD entend Me McLean lui faire une mise en garde, car l’intimé est
sous enquête du Barreau et pourrait ne plus être avocat. Selon monsieur JD, il s’est
écoulé une ou deux années par la suite avant que ce dernier ne fasse part à l’intimé de
ce qu’il dit avoir entendu à l’été ou à la fin de l’année 2017. Puisque M e Mc Lean assiste
confidentialité prévu à l’article 124 du Code des professions et celui que doit prêter une
personne qui assiste la plaignante comme le prévoit l’article 121.2 (3) du même Code.
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[818] Lors de l’audition, la plaignante formule une objection en raison du fait que
monsieur JD rapporte une conversation téléphonique à laquelle il n’est pas une partie.
Toutefois, après que ce dernier précise avoir entendu cet échange car monsieur JA utilise
un téléphone mains libres, la plaignante déclare laisser le témoin relater ce qu’il dit avoir
avocat…que tu pourrais plus ne pas être avocat ». « Parce qu’il y avait une enquête, y
avait une enquête là. Y avait des problèmes avec le Barreau, quelque chose comme ça,
mais elle n’a pas donné de détails c’était quoi les problèmes ».
[819] Il y a lieu de souligner que quelques instants plus tard, pendant ce témoignage sur
la plateforme numérique, à la suite d’une question de l’intimé que l’on ne voit pas à
l’écran, monsieur JD s’exclame : « Non, non, ben…dis-moi rien là, je sais qu’est-ce qui
s’est passé… »413. La situation incongrue est dénoncée par la plaignante, car, de toute
monsieur JA ni Me McLean n’ont été assignés par une partie ou l’autre. Or, monsieur JD
ne rapporte pas les paroles exactes qui ont été échangées. Il fait état de problèmes avec
le Barreau en ajoutant « quelque chose comme cela ». On ne sait pas non plus quelles
sont les paroles exactes de Me McLean, car le témoin résume plutôt la conversation en
relatant qu’elle « mettait en garde » monsieur JA. Si Me McLean a provoqué une fuite, on
n’en connaît pas la nature précise. Ajoutons que monsieur JD ne peut situer le moment
de la conversation. Il mentionne dans un premier temps, l’été 2017, mais ajoute qu’elle
aurait pu avoir eu lieu à la fin de l’année 2017. De plus, monsieur JD mentionne qu’un
délai d’une année et demie à deux ans s’est écoulé avant qu’il ne rapporte cet événement
[821] Le Conseil retient de tout ceci que monsieur JD est crédible lorsqu’il rapporte avoir
entendu une conversation mains libres entre monsieur JA et Me McLean. Il apparaît franc
et posé bien que manifestement il n’est pas à l’aise avec les questions de l’intimé. En
outre, il s’offusque lorsque l’intimé, qui n’est pas devant l’écran, cherche à lui souffler une
réponse. Les réticences qu’il montre plus tard dans son témoignage ont plutôt trait à un
différend qu’il a tenté de régler avec monsieur JA et les termes d’une entente qu’il croit
la conversation rapportée. Pour les raisons déjà mentionnées, il ne peut rapporter les
paroles exactes qu’il dit avoir entendues, mais offre, de bonne foi, une sorte de résumé
au Conseil. Dans ce contexte, le fait que l’intimé n’ait pas fait entendre les principaux
n’a pu être clarifié. Dans ces circonstances, l’intimé n’a pas apporté une preuve claire et
peut pas accorder de force probante à ce ouï-dire ni considérer que les paroles
témoignage de monsieur RF. Ce dernier croit avoir entendu des personnes parler de
l’intimé avec un air moqueur. Quatre ans plus tard, il rapporte à l’intimé que ces deux
personnes auraient discuté du fait que ce dernier avait des problèmes avec le Barreau.
[823] Le Conseil juge non fiable le témoignage de monsieur RF. Il ne sait pas qui sont
les personnes qui auraient discuté du dossier de l’intimé. En outre, il ne peut pas relater
le contenu précis des paroles échangées. Il a attendu quatre années pour en parler avec
l’intimé. Après sa rencontre avec l’intimé, il semble faire le lien entre l’intimé et le Barreau.
L’intimé lui fait signer une déclaration sous serment à l’appui de sa requête en arrêt des
procédures où il déclare s’être abstenu de faire affaire avec l’intimé en raison de ce qu’il
a entendu quatre ans plus tôt. Or, il déclare au Conseil ne pas avoir accordé d’importance
à cette même discussion, d’où le délai de quatre ans. Pire, il finit par admettre qu’il n’a
pas fait affaire avec l’intimé, car il n’avait pas de mandat à lui confier. Le témoignage de
b) La conduite de l’intimé
[825] La conduite de l’intimé est analysée sous deux angles. Premièrement, il a lui-
même publicisé le fait qu’il est sous enquête, et ce, avant le dépôt de la plainte
présente affaire.
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plainte au bureau du syndic pour des faits remontant à 2010. Il précise que la plaignante
est la syndique attitrée au dossier, que celle-ci est en conflit d’intérêts et qu’elle fait défaut
de collaborer avec son expert en écriture. Ajoutons que l’intimé allègue que la plaignante
est en situation réelle ou potentielle de conflit d’intérêts à titre de syndique dans les
dossiers du demandeur et de son cabinet. Par la même occasion, il demande qu’elle soit
[827] Ajoutons que le 14 avril 2016, l’honorable Jean Lemelin rejette ce pourvoi. Ce
jugement est public, tout comme la procédure introductive d’instance déposée au greffe
contre Me Nathalie Lavoie, agissant ès qualités de syndique « ad hoc » qui a été chargée
[828] Alors que l’intimé soulève que la plaignante ou son assistante, Me McLean, aurait
créé une fuite en 2017 en dévoilant le fait qu’il était sous enquête, force est de conclure
qu’il a lui-même publicisé ce fait dès le mois de janvier 2016. Le Conseil ne peut retenir
la position de l’intimé selon laquelle la prétendue fuite de 2017 aurait atteint gravement
ses droits alors qu’il invoque publiquement en 2016 être sous enquête par le Barreau du
[829] Par ailleurs, il y a lieu également de tenir compte de la conduite de l’intimé. Déjà,
en avril 2016, l’honorable Jean Lemelin considère que, d’une certaine façon, l’intimé met
des bâtons dans les roues de la plaignante alors qu’elle tente de faire avancer son
enquête :
[26] Le tribunal est d’avis que le pourvoi du demandeur, outre qu’il vise à écarter
Me Lavoie du dossier ou de la faire déclarer inhabile, constitue une mesure
d’entrave sérieuse au rôle et aux obligations de Me Lavoie, ès qualités de syndique
« ad hoc ». Le tribunal n’ira pas jusqu’à dire que ce recours est une mesure
d’intimidation, mais il est certainement susceptible de nuire à l’existence d’une
indépendance sereine de Me Nathalie Lavoie et ainsi entraver son devoir
d’enquête.
[830] Il n’est pas sans intérêt de noter que parallèlement, l’intimé poursuit en dommages-
intérêts monsieur AS en 2016, et comme déjà expliqué dans le cadre du chef 12, s’en est
[831] En outre, l’historique des différentes demandes déposées par l’intimé dans le
cadre du présent dossier, et ce avant l’instruction de cette plainte disciplinaire doit être
pris en compte dans le délai. Peu importe que l’intimé ait eu gain de cause ou non
une partie du délai qui s’est écoulé depuis le dépôt de la plainte. Ce contexte procédural
a été examiné par l’honorable Alicia Soldevila de la Cour supérieure, dans un jugement
jugement :
[833] Comme déjà exposé, la Cour suprême dans l’arrêt Blencoe enseigne qu’il y a lieu
[834] Force est de conclure que tel est le cas dans le présent dossier en ce sens que
l’intimé a publicisé une enquête disciplinaire le visant, puis contribué aux délais dont il se
plaint maintenant. En outre, comme déjà expliqué, le Conseil déclare l’intimé coupable
sous les chefs 8 (entrave) et 11 (contrefaçon), en raison de ses propres gestes, l’enquête
[835] Comme troisième moyen, l’intimé fait état du préjudice qu’il a subi du fait des
procédures disciplinaires.
[836] Comme déjà expliqué, en 2016 l’intimé a publicisé lui-même le fait qu’il est sous
[837] Par ailleurs, l’intimé a fait entendre un grand nombre de témoins dont plusieurs ont
témoins AP, RA, BD, ER, YV, FC, MB, FL. Encore là, ce reportage est ultérieur à ses
demandes en justice de 2016 où il publicise le fait qu’il est sous enquête. En outre,
plusieurs de ces témoins ont réagi après que la plainte disciplinaire a été déposée.
[838] Un autre témoin, monsieur Morneau, explique que l’intimé a publiquement donné
l’autorisation d’en faire état sur sa page Facebook. Dans ce contexte, il devient plus
[839] Par ailleurs, comme tout autre professionnel qui doit se présenter devant son
clients, car la plainte disciplinaire, une fois déposée au greffe, devient publique 419. Il en
est de même lorsqu’il doit informer un collègue ou un tribunal du fait qu’il n’est pas
disponible à telle ou telle date, car il doit être présent dans le cadre d’une audition dans
la présente affaire.
[840] Enfin, l’intimé invoque que le 20 novembre 2018420 le Service de garde du Barreau
17 octobre 2018421. Ce dernier sait que la plainte sera déposée sous peu au greffe du
l’information que la plainte a été signifiée à l’intimé pour l’en informer, et ce, à la suite
[841] De ce qui précède, l’objection du syndic semble avoir pris effet à partir du moment
il n’a pas été question du fait que l’intimé a été préjudicié avant ce moment. La preuve
est muette quant aux dossiers qui auraient pu être référé à l’intimé entre le 17 octobre et
qu’une fois la plainte rendue publique, l’intimé ne pouvait espérer qu’un dossier lui soit
référé par les services de garde tant que les procédures disciplinaires sont pendantes.
419 Benhaim c. Médecins (Ordre professionnel des), 2017 QCTP 38, paragr. 60. Voir 108.7 (4o) du Code
des professions.
420 Pièce I-5, RA-57.
421 Pièce I-5, RA-60.
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[842] L’intimé soutient se sentir jugé par un compétiteur, soit BCF Avocats où travaille
la plaignante pendant l’enquête. Il invoque que la plaignante s’affiche alors comme une
[843] Ajoutons que l’intimé a fait entendre deux adjointes de BCF Avocats pour tenter,
sans succès, de trouver des failles dans le « mur de Chine » mis sur pied par la plaignante
dans ce bureau à l’égard des dossiers disciplinaires. L’intimé prétend que madame
l’assermentation lorsque cette dernière a prêté serment selon l’article 124 du Code des
professions. Cette prétention est sans fondement. Madame Lévesque n’assistait pas la
[844] Si la plaignante avait omis d’utiliser le papier en-tête de son bureau ou de signer
à titre d’avocate de ce même bureau, peut-être aurait-elle évité de prêter flanc à la critique
de l’intimé. Toutefois, comme déjà mentionné, il n’y a aucune preuve que la muraille de
Chine mise en place par la plaignante chez BCF a été contourné. Le fait que l’intimé ait
comme compétiteur BCF Avocats ne fait pas en sorte que la plaignante a privilégié les
[845] Comme le rappelle la Cour supérieure, le Conseil a déjà décidé que la plaignante
n’est pas représentée par BCF Avocats aux fins des présentes procédures disciplinaires.
Elle pouvait être assistée par des avocats de ce bureau et enfin elle n’a aucun devoir
[846] Ainsi, ce n’est pas à BCF Avocats à qui l’intimé a eu à faire face pendant l’enquête
[847] L’intimé n’a fait état d’aucun précédent, ni aucune norme ou règle où il est
mentionné qu’un syndic ad hoc devrait éviter d’utiliser l’en-tête du bureau d’avocats où il
travaille dans ses correspondances. Cette façon de faire n’est probablement pas de
[848] L’intimé n’a pas démontré une atteinte de son droit à un procès équitable ou à
[849] À la suite de l’examen des différents moyens soulevés par l’intimé, le Conseil
conclut que l’intimé n’a pas passé la première étape du test établi dans l’arrêt Babos. Il
n’a pas démontré une atteinte à son droit à un procès équitable ou à l’intégrité du système
disciplinaire.
[850] Même s’il avait subsisté une incertitude à ce sujet, et ce n’est pas le cas, le Conseil
ajoute que la mise en balance prévue dans le test de l’arrêt Babos ne milite pas en faveur
de l’arrêt des procédures. Comme déjà mentionné, les chefs d’appropriation pour
422 Harvey c. Lavoie, 2021 QCCS 2364, paragr. 51 et 52. Permission d’en appeler rejetée : Harvey c.
Lavoie, 2021 QCCA 1024.
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lesquels l’intimé est déclaré coupable sont minimalement sanctionnés par une période
de radiation selon le Code des professions. Il s’agit de gestes de haute gravité. L’intérêt
du public à ce que la discipline professionnelle soit maintenue doit prévaloir sur les
[851] Ajoutons que les situations dénoncées par l’intimé sont bien loin de celles relevées
par la Cour d’appel dans l’arrêt R. c. Brunelle déjà citée. La requête en arrêt des
procédures n’est pas une panacée ni un remède à une constellation d’irritants que peut
[852] Après avoir examiné l’ensemble des circonstances du présent dossier, le Conseil
[853] REJETTE la demande de l’intimé visant à faire déclarer que la plaignante n’est
Sous le chef 1
[854] ACQUITTE l’intimé d’avoir contrevenu aux dispositions des articles 3.06 du
Règlement sur la comptabilité et les comptes en fidéicommis des avocats (RRQ 1981, c.
B-1, r. 3), 59 du Règlement sur la comptabilité et les normes d’exercice professionnel des
avocats (RLRQ, c. B-1, r. 5) et de l’article 59.2 du Code des professions à l’égard des
Règlement sur la comptabilité et les comptes en fidéicommis des avocats (RRQ 1981, c.
Règlement sur la comptabilité et les normes d’exercice professionnel des avocats (RLRQ,
Sous le chef 2
[858] ACQUITTE l’intimé d’avoir contrevenu aux dispositions des articles 3.08.01 et
[859] DÉCLARE l’intimé coupable à l’égard de l’infraction fondée sous l’article 59.2 du
Sous le chef 7
Règlement sur la comptabilité et les normes d’exercice professionnel des avocats (RLRQ,
Sous le chef 8
[862] DÉCLARE l’intimé coupable à l’égard de l’infraction fondée sous l’article 114 du
Sous le chef 9
[863] DÉCLARE l’intimé coupable à l’égard de l’infraction fondée sous l’article 3.03.03
Sous le chef 10
[864] DÉCLARE l’intimé coupable à l’égard de l’infraction fondée sous les articles
Sous le chef 11
[866] DÉCLARE l’intimé coupable à l’égard de l’infraction fondée sous l’article 59.2 du
[867] ACQUITTE l’intimé d’avoir contrevenu aux dispositions de l’article 59.1.1 du Code
des professions.
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Sous le chef 12
[868] DÉCLARE l’intimé coupable à l’égard de l’infraction fondée sous l’article 136 du
Code de déontologie des avocats, RLRQ, c. B-1, r. 3.1 et l’article 59.2 du Code des
professions.
Awatif Lakhdar
Original signé électroniquement
_____________________________
Me AWATIF LAKHDAR
Membre
Raymond-Mathieu Simard
Original signé électroniquement
______________________________
Me RAYMOND-MATHIEU SIMARD
Membre
06-18-03165 PAGE 213
Me Nathalie Lavoie
Plaignante (agissant personnellement)
Représentée par Me Nicolas Plourde les 30 juillet, 24, 25 août, 22 septembre, 3 novembre
2021
Me Stéphane Harvey
Intimé (agissant personnellement)
Représenté par Me William Noonan et Me Fréderic Desgagnés les 28, 29 et 30 juillet 2021
Dates d’audience : 22, 23, 28, 29 et 30 juin, 28, 29 et 30 juillet, 24 et 25 août, 22, 24
et 28 septembre, 3 et 10 novembre, 9 décembre 2021; 18 janvier,
10, 16 et 17 février 2022