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LA PERFECTION DE LA CHARITE CHRETIENNE
1.0. Introduction
La perfection chrétienne consiste dans la charité. En effet, elle est fondée sur
l’amour de la très sainte trinité qui nous permet d’aider nos frères ou nos prochains et
de leurs venir au secours ; donc d’un amour agape, d’un amour désintéressé, celui qui
brise nos haines, nos limites tribales. C’est cette charité qui nous permet d’entrer en
relation, en amitié et en union avec Dieu et avec nos frères et sœurs.
C’est à ce niveau que Dans Scot dans sa contemplation du mystère de la passion
salvifique du Christ, montre que l’amour ne se révèle pas seulement sur le calvaire,
mais également dans la très sainte eucharistie en laquelle il avait une très grande
dévotion.1 Pour ce qui nous intéresse, dans ce chapitre il s’agira de présenter l’inter-
diffusion de la charité avec ses mystères, de la permanence de la charité et ses voies, la
loi de la charité et les conséquences de cette loi de charité, indications fragmentaires
aux effets de l’amour, propre de l’amour, la contemplation infuse, la charité comme
source de….. voilà les thèmes autour desquels portera les idées maitresse de ce
chapitre.
1.1. INTERDIFFUSION DE LA CHARITE AVEC SES MYSTERES
La perfection chrétienne consiste dans la charité. Il y a un précepte d’étendre à
la perfection de la charité : tendre à la perfection de l’amour est précepte : tu aimeras
Dieu de tout cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces et de tout ton esprit, et ton
prochain comme toi-même. Les prochains c’est celui que nous ferons proches de nous
en le touchant par les liens de notre bienveillance. l’amour est la force la plus puissante
qui soit dans le cœur de l’homme mais elle ne peut s’égarer. Elle peut s’orienter vers
sa destinée qui est la béatitude les bonheurs : c’est un devoir pour nous d’étendre à
notre bonheur. Le but de l’homme est d’être heureux. 2 Jésus n’est venu que pour nous
donner les moyens de mettre les bonheurs où il faut, c’est la source de tout bien et la
source de tout mal, c’est de le mettre où il ne faut pas. 3 Le bonheur ne se commande
1
DANS SCOT
2
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 99
3
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 99
2
pas, et Dieu nous demande de tendre à notre vrai bonheur parce qu’il y a de faux
bonheur qui nous égares. De même que l’amour, le bonheur est ambivalent, il faudra
l’orienter. L’amour de charité aime Dieu pour lui faire des amis parce que l’amour en
Dieu est une surabondance, il ne faut pas qu’il tombe dans le vide, mais dans le cœur.
Jésus désire notre amour pour nous sauver et pour avoir notre amour éternel. 4
La perfection Chrétienne réside spécialement dans la charité, l’épître au Colossiens le
dit : par-dessus toute chose, revêtez-vous de la charité qui est le lien de la perfection
Col 3,14
La charité ne périt jamais. C’est déjà la vie éternelle tombé au milieu de nous
dans le temps, elle donne connaissance savoureuse de Dieu qui est l’esprit de sagesse.
La perfection consiste, pour un être à rejoindre sa fin suprême, c’est alors qu’il se
parachève, et ce qui nous fait rejoindre à notre fin c’est la charité.5 La perfection de la
vie chrétienne consistera donc dans la charité, cette vertu qui se jette sur la fin
dernière. Jésus dans le sermon sur la montagne conclus : soyez parfait comme votre
père céleste est parfait Mt 5,48
Cela veut dire que jésus nous demande de nous mettre en route vers lui ; ce qui
fera la valeur et la qualité de notre vie, c’est sera l’intensité et la mesure du trajet que
nous aurons accompli.6 La charité est la perfection et la fin vers laquelle il faut tendre,
et la fin doit toujours être désirée sans mesure. Ce sont les moyens qui sont mesurés à
la fin. Le médecin ne désire pas amener le malade à un certain degré de santé mais
bien lui donner toute la santé possible mais il va mesurer les moyens, les remèdes pour
atteindre cet état de santé.7
1.2. PERMANENCE DE LA CHARITE
La charité consiste essentiellement : premièrement dans l’amour de Dieu ;
secondairement à une distance infinie bien sûr, en retombant à partir de Dieu par voie
d’écho dans l’amour du prochain. Tout cela sans limite, puis instruit mentalement dans
l’accomplissement des conseils évangéliques, ainsi qu’ils reçoivent de la parole de
4
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 100
5
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 102
6
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 103
7
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 104
3
jésus au jeune homme riche. Mt 19,16-21 à la question maitre : que dois-je faire pour
avoir la vie éternelle ? Jésus rappelle le commandement : et comme le jeune homme
dit : j’ai observé toute ces choses que me manque-t-il encore ? Jésus répond : va, vend
ce que tu possèdes donne-le au pauvre et tu auras un trésor dans le ciel. 8
1.3. LES VOIES DE LA CHARITE
Il y a deux voies de la charité : la voie commune et la voie parfaite. La voie
commune : est celle de l’ensemble des hommes, qui permet la possession des choses
extérieures, le mariage et la libre disposition de la vie. Par contre, la voie parfaite : est
celle des conseils : renoncer aux biens extérieurs au mariage, à la libre disposition de
soi-même.
Ces deux voies nous mènent vers le sommet de la montagne, vers la perfection
de l’amour. Pour accéder à la charité, on monte à l’aide de l’amour vers le sommet de
l’amour, et chacun sera juger selon l’intensité de son amour, et non pas selon la voie
qu’il aura choisie. Si il était fait pour la vie commune qu’il entre dans la voie
commune, si il fait cela dans un grand amour il sera plus haut que celui qui aura choisi
la voie recousis avec moins d’amour. Seulement la voie recours à égalité d’amour
permet d’atteindre plus vite le sommet. Une seule charité et ceux chez qui elle est le
plus intense serons les plus haut dans le ciel 9. Ce qui est de précepte ce n’est pas d’être
actuellement dans la plénitude de la charité, parce qu’il y aura toujours quelque chose
à gagner mais c’est d’accepter la loi de la charité qui est de grandir. 10
1.4. LA LOI DE LA CHARITE
La loi de la charité on doit l’accepter toute entière, cela nous poussera toujours
en avant et nous ne devons plus dire maintenant en toi la charité et la charité garde les
commandements de Dieu et de son Christ loi. 11 Si j’accepte vraiment la charité, c’est
avec toute la succession des degrés qui sont en elle au fur et en mesure qu’ils pourront
8
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 105
9
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 105
10
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 106-107
11
CATECHISME DE L’EGLISE CATHOLIQUE, p 384
4
éclore en moi. De même que la nature humaine comporte un degré qui est le plus bas :
celui du petit enfant, ainsi la charité comporte un degré qui est le plus bas, qui est
infini : c’est de rien aimer plus que Dieu, contre Dieu, autant que Dieu.
A partir de ce degré je dis oui à la loi de croissance de la charité ce qui comporte trois
conséquences12.
1.5. CONSEQUENCE DE LA LOI DE CHARITE
La première est celle-ci : qui n’avance pas recule, c’est un acte d’étendu. Les
actes d’étendus ne diminue pas l’habitus de charité mais si vous vous y accoutumez,
vous arriverais a un état de tiédeur, vous serez une âme attarder vous resterez un nain
lorsque Dieu est venu combien de fois frapper à la porte de votre cœur ! À ce qui est
dans cet acte doivent être attentif à la sollicitation divine.
La deuxième conséquence est que : tous les chrétiens chacun dans sa conditions
doivent tendre à la perfection de la charité selon ce qu’écrit saint Paul aux Ephésiens :
… mais que professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui
qui est le chef le Christ. Il y aurait bien d’autres textes. Chacun doit accepter la place
ou il se trouve et bénir Dieu de vivre au moment où nous sommes d’être la charnière
de temps13.
Il nous a mis là pour un témoignage. Si ce sont des conditions difficiles à cause
de l’entourage, cela peut-être un endroit crucifiant ou des difficultés que nous avons
avec nous même, disons : mon Dieu, avec votre amour je dis oui mais ne m’abandonne
pas, aidez-moi. Chacun, dans sa condition doit tendre à la perfection de l’amour en
ayant l’esprit de conseil et surtout en laissant monté en soi la marée de la charité. Il
faut alors se rappeler la loi d’accélération de la charité. Les premiers pas seront les
plus difficiles puis au fur et en mesure que vous approcherez du contre les progrès
deviendrons plus marqués, plus décisifs.
La troisième conséquence est que : il est des grâces actuelles qui nous sont
constamment offertes par Dieu, d’une manière progressive. Dieu, qui a fait naitre le
bourgeon le fera éclore. Dans la fleur, et la fleur dans le fruit. Dieu est toujours entrain
12
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 107
13
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 108
5
de pousser l’âme en sorte que si je ne monte pas plus haut c’est ma faute. Cela ne veut
pas dire que nécessairement je serais condamner pour avoir refusé telle invitation à
monter, mais, si je ne suis pas arriver plus haut, c’est parce que je fais résistance à un
moment donner au lieu d’accepter la loi de la générosité j’ai accepté la loi de
l’égoïsme.14
1.6. INDICATIONS FRAGMENTAIRES AUX EFFETS DE L’AMOUR
Les indications fragmentaires aux effets de l’amour en nous sont des
considérations par lesquels saint thomas a essayer dans la somme contre les gentils,
livre 4 chapitre 21,22 avec son humilité et son amour de l’écriture, de hiérarchiser ces
effets montrant comment le saint esprit fait telle chose qui va entrainer telle autre, qui
a son tour va déterminer telle autre…
Dans l’épitre aux romains, on lit :… l’amour de Dieu est répandu dans nos
cœurs par le saint esprit qui nous a été donné. (veillez signaler la fin du texte biblique) Ainsi
l’esprit nous donne l’amour par quoi nous aimons Dieu. Et s’il nous donne l’amour il
va nous le conserver, comme il ressort de la première lettre aux corinthiens : Ne savez-
vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’esprit de Dieu habite en vous. En
nous conservant dans l’amour, il va faire de nous des amoureux de Dieu 15 mais comme
l’être aimé, en tant qu’aimé, habite celui qui l’aime, grâce à l’esprit saint le père et le
fils habitent aussi en nous, et c’est pourquoi il est dit en saint Jean : si quelqu’un
m’aime, mon père l’aimera, nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure Chez
lui 14,23 et dans la première épitre du même Apôtre, celui qui garde ses
commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui, et nous connaissons qu’il demeure
en nous par l’esprit qu’il nous a donné 3,24
Dieu aime d’un amour infini ceux qu’il a constitués ses amis par l’esprit saint. Il
n’y a qu’un tel amour qui puisse confère un tel bien selon la parole du seigneur au
livre des proverbes : j’aime ceux qui m’aiment 8,17 dans sa première épitre, saint Jean
14
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 109
15
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 110
6
dit : l’amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il
nous a aimé.16
Or si tout être qui est objet d’amour habite celui qui l’aime en vertu de l’esprit saint, ce
n’est donc pas seulement Dieu qui habite en nous, mais nous-mêmes qui habitons en
Dieu, qui sommes enfoncés en lui. Nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous et
nous y avons cru. Dieu est amour et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu,
et Dieu demeure en lui 1Jn 4, 16.
1.7. PROPRE DE L’AMOUR
Le propre de l’amour c’est de relever son amis ses secret, car l’amitié crée la
communauté de sentiment et fait pour ainsi dire de deux cœurs un seul cœur, aussi ce
que je confie à un ami ne semble pas quitter mon propre cœur17
Voilà pourquoi le seigneur Pourrat dire à ses disciples : je ne vous appellerai plus
désormais mes serviteurs mais mes amis parce que tout ce que j’ai appris de mon père
je vous l’ai fait connaitre Jn. 15,15. L’esprit saint en nous constituant donc amis de
Dieu, c’est de lui que vient la révélation aux hommes mystères de Dieu. Il nous fait un
avec lui et Dieu c’est par lui-même à travers nos pauvres cœurs. 18
Saint François d’Assise par avec un frère disant : « on va prêcher » Le frère va
le premier, saint François le suit comme le moins digne ; il parcourt assise, sans rien
dire, l’un derrière l’autre, « mais tu as dit que nous allions prêcher ? dit le frère mais
nous avons prêché en passant ainsi, tout pauvre, dans la ville » répond saint François.
Ce qui aime Dieu ont besoins de dire ainsi, leur amour d’une façon ou d’une autre.
C’est pourquoi le saint esprit qui nous révèle le secret de Dieu nous poussera à le dire :
celui qui a parler par les prophètes (He 1,1) c’est l’esprit du père qui parlera en vous
Mt 10,20.(flou) L’ami, non seulement livre a son amis ses secret mais encore lui donne
ce qu’il a. L’ami est un autre soi-même. Subvenir aux nécessités de l’ami est un besoin
comme de subvenir à ses propres nécessités.19
16
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 111
17
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 111
18
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 111
19
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 111
7
1.7.1. Théologie de l’amour.
Saint Jean nous donne une Théologie de l’amour part de Dieu : C’est lui qui a
aimé le monde et pour cela lui a donné son fils. (Jn 3,16). Ce n’est pas nous qui avons
aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimé et qui a envoyé son fils en victime de propitiation
pour nos péchés. (1Jn IX, 16). Et plus encore ; « Dieu est amour » 1Jn 4,8,16)
Mais précisément parce que Dieu est amour, la relation du fils au père est
l’amour. Jésus n’est plus le serviteur, il est le fils. « Le père aime le fils et il a tout mis
en sa main » Jn 3, 35. Le père aime le fils et il lui montre tout ce qu’il fait » Jn 5, 20)
et il témoigne pour le fils et il montre la gloire du fils. ( Jn 8,50) Nous apercevons
ainsi, dans les relations d’amour, quelque chose de la vie intérieure de Dieu. Mais il y
a une autre raison : « si le père m’aime, c’est que je livre ma vie (Jn 10, 17). Jésus
obéit : « il faut que le monde sache que j’aime le Père, et que je fais ce que le père m’a
prescrit » (Jn 14, 31). Il suit la direction de l’amour de Dieu pour le monde.
« Comme le père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimé » Jn 15,9) « Ayant aimé les
siens qui étaient dans le monde il les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1). « Personne n’a
de plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis (15, 13). L’amour
fraternel est en effet, une mutation de l’amour de Dieu et du Christ pour les hommes,
et une réponse à cet amour. Il est le signe et le moyen de l’amour des hommes pour
Dieu.20 Le propre de l’amitié est de vouloir faire du bien à l’ami ce qui est conforme à
cette parole de saint jean : « si quelqu’un possède le bien de ce monde et que, voyant
son frère dans les besoins, il lui ferme ses entrailles comment l’amour de Dieu habite-
t-il en lui ? 1Jn 3,17 c’est en Dieu que cette parole a sa plus haute réalisation puisque
d’une façon souveraine il s’est répandu dans la création et dans l’incarnation d’une
façon encore plus mystérieuse. Les dons qui sont ainsi faits vont nous configurés à
Dieu, nous rendant capable d’agir conformément à une sorte d’instinct qui nous sera
donné.21 Ainsi, les propres de l’amitié c’est de conserver avec l’ami notre conversation
avec Dieu et dans les cieux. Ph 3,20
C’est l’esprit saint qui nous rend amoureux de Dieu, c’est par lui que nous
allons être constitué contemplateur de Dieu. 113. Quand il y a l’amour, il y a la
20
H. BARS, Trois vertus –clefs, Foi, espérance, charité P 92
21
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 112
8
contemplation. La contemplation infuse ne pas possible sans beaucoup d’amour, et
quand l’amour est là, c’est n’est pas possible qu’il ne soit pas contemplatif 22. L’amour
se jouit de la présence de l’ami de ses paroles de ses actes. Dans cette présence elle
trouve consolation à toutes ses anxiétés, remède a toutes ses tristesses. C’est pourquoi
l’esprit saint parce qu’il nous constitue ami et contemplateur de Dieu qui le fait habiter
en nous va être appelé le consolateur, le paraclet.23
L’amour fait consentir à l’ami. La volonté de Dieu est manifesté par ce
concept : si quelqu’un m’aime, il gardera mes commandements Jn 14,15 mais l’esprit
qui nous constitue amoureux de Dieu nous le faits accomplir non par contrainte mais
librement avec joie et amour.24 L’esprit saint nous oriente vers la vérité d’une façon
toujours plus profonde et vers la paix divine. L’amour fera verser de larmes mais ces
larmes seront douces comme celle de cette petite bergère qui ne pouvait pas dire le
nôtre père sans pleurer.25 La loi de l’amour de Dieu en nous c’est de grandir.
L’amour pour arriver à sa perfection devra s’accompagner de la contemplation,
une contemplation beaucoup plus caché dans l’humilité des cœurs et l’obscurité de
l’esprit et qui fait qu’on est devant Dieu comme le mendiant devant celui qui est
donateur, comme celui qui ne sait rien devant celui qui est la vérité infinie, comme
celui qui ne peut rien devant la toute-puissance, comme celui qui n’est que ténèbres
devant la totale pureté divine 115-116. Il suffit de la juxtaposition de deux êtres, celui
qui est mendiant est souillé avec celui qui est la toute pureté pour susciter en Dieu la
miséricorde par laquelle il va descendre vers sa créature blessée 26
Cette contemplation sera donc une contemplation infuse que nous ne pouvons
pas nous donner à nous-même mais à laquelle nous pouvons nous disposer à savoir
enlever les obstacles qui pourraient empêcher Dieu de venir en moi. 27 Si les obstacles
sont écartés, si Dieu a pu venir visiter un cœur de plus en plus fréquemment plus
intensément (c’est flou), alors arrive un moment où il l’arrache à ses efforts et à ses
discours et l’emporte comme l’aigle vole un lièvre. Il emporte vers le mystère qu’il est
22
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 113
23
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 114
24
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 114
25
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 114
26
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 116
27
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 116
9
lui-même. C’est la contemplation infuse et quand on a franchi le seuil de la méditation
et qu’on est entré dans cette zone de la contemplation infuse, c’est la sainteté.
1.7.2. L’amour comme Grâce de Dieu selon Journet
Le mot grâce à trois sens subordonnés. Le premier c’est celui de bienveillance.
Le second d’amour qui descend à la rencontre d’un être. Et le troisième c’est la
reconnaissance de celui qui a été favorisé. Il rend grâce. La faveur précède le don qui
quand il est reçu par quelqu’un qui en est digne, appelle l’action de grâce. 28 De ce fait,
il existe une grande différence entre l’amour de Dieu et l’amour de l’homme, la faveur
ou la grâce de Dieu, et la faveur ou la grâce d’un homme. L’amour de Dieu est
créateur, il verse l’être et la bonté, la beauté des choses. 29La descente de la vérité et de
l’amour d’une façon plénière, aux jours de l’incarnation et de la pentecôte, a exaspéré
par contrecoup les puissances du mal. En antagonisme des puissances évangélique de
lumière être de l’amour, se coalisent des puissances d’erreurs, de haine, de mensonge,
ardentes à livrer le grand combat dont parle l’apocalypse, qui doit durer jusqu’à la fin
du temps.30 Dieu est amour. Il est la lumière véritable qui éclaire tout homme (Jn 1,9).
S’il est monté sur la croix c’est pour « attirer tous les hommes à lui »(Jn 13,32).
Dieu notre sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la
connaissance de la vérité (Tim11,4). L’Eglise tout entière supplie le Seigneur Jésus
d’envoyer dès sa grâce aux amés qu’elle ne peut atteindre. Quand dans le pater nous
disons, mais profondément : « Que votre règne arrive ! ». C’est cela que nous
demandons. L’Eglise tout entière supplie pour le salut du monde entier 31. Les âmes qui
acceptent ces grâces de suppléance feront déjà spirituellement de l’Eglise, mais d’une
manière commencée, entravée.
1.7.3. Sagesse.
28
CHARLES Journet, Entretiens sur la grâce, édition Desclée de Brouwer, Paris, 1959, p 14
29
C. Journet, Entretiens sur la grâce, p 15
30
C. Journet, Entretiens sur la grâce, p 186
31
C. Journet, Entretiens sur la grâce, p 194
10
Il est évident que la sagesse appartient à la divinité tout entière à l’essence
divine, au Père, au Fils et au Saint Esprit. Le mot Sagesse dans cette perspective-là,
est pris essentiellement comme le Père engendre le Fils qui est son verbe, sa parole
intérieure lumière intelligence, on pourra appeler sagesse la seconde de la Trinité. Le
verbe est la sagesse du Père. Il est pris personnellement. 32
Dieu est Amour, là, ce mot
désigne l’essence divine. Et il procède par voie d’amour pour aboutir à l’amour33
Quand on pense à ce qui est beau, ou bon, l’amour est déclenché. Si vous
supprimez la connaissance, l’amour est impossible, car on n’aime que ce que l’on
connait, au moins mystérieusement. En Dieu si vous supprimiez la procession à partir
du Fils, vous auriez un amour qui partirait sans lumière. Il y a d’ailleurs dans
l’écriture des textes encore plus précis montrant que l’esprit vient du Père et du Fils,
du Fils par le fils.34 L’Esprit saint remplit notre cœur de la grâce divine. Il fait pression
sur le cœur de Jésus pour faire déborder le trop-plein de sa grâce à lui sur l’humanité.
Dans la mesure où celle-ci l’accepte, le corps mystique du sauveur se forme de par
intérieure. « il était plein de grâce et de vérité, de sa surabondance nous avons tous
reçus » Dans cette grâce-là, se donne l’esprit saint lui-même. De même que le soleil se
donne dans le rayon qui nous arrive, ainsi quand le rayon de la grâce de Dieu descend
en nous, c’est la source elle-même de ce rayon qui vient habiter dans nos cœurs. Ce
sera donc l’habitation du Saint-Esprit ou de la Trinité.35
1.8. LA CONTEMPLATION INFUSE
La contemplation infuse a plusieurs ( a plusieurs quoi ?) et pourra être topique
et absolument manifesté. Cette contemplation donc doit trouver sa plénitude au ciel ou
le cœur sera alors tout rempli de Dieu ici-bas, parce que tout ce que nous tenons n’ai
que miette, est infusant pour remplir les dimensions infinies de notre cœur il y a eu
nous dit saint François de sale, comme une soif qui ne peut être étanché par le
contentement de la vie mortelle, c’est une souffrance dans toute nos vies. Nous
32
C. Journet, Entretiens sur la trinité, P 88
33
C. Journet, Entretiens sur la trinité, P 89
34
C. Journet, Entretiens sur la trinité, P 93
35
C. Journet, Entretiens sur la trinité, P 102
11
essayons de satisfaire notre faim avec ces choses dont nous savons d’avance qu’elles
sont incapables de le faire.36
1.9. LA CHARITE COMME SOURCE.
L’ancien testament montre que le double commandement de l’amour appartient
à la loi Mosaïque : « écoute Israël le Seigneur notre Dieu est le seul seigneur. Tu
aimeras, le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton
pouvoir » (Deut. 6, 4-5). Tu aimeras ton prochain comme toi- même (Lév. 19,18) 37
Que Dieu lui-même aime son peuple et que cet amour soit un attribut essentiel de son
être, la chose est également claire. Moise invoqua le nom, du Seigneur. Le Seigneur
passa devant lui et cria : Le seigneur, le seigneur Dieu de tendresse et de pitié, lent a la
colère, riche en grâce et en fidélité… » (Ex 34,6) « éternel est son amour ». A
l’époque des prophètes, la réciprocité d’amour entre Dieu et son peuple est
magnifiquement mise en lumière par l’image du lien nuptial « va crier ceci aux oreilles
de Jean Salem : Ainsi parle le Seigneur, je me rappelle l’affection de ta jeunesse,
l’amour de tes fiançailles, tu me sauvais au désert (Jérémie 2,2).
Les synoptiques mettent d’abord en lumière l’universalité de l’amour pour les
autres hommes, qui est la seule manière de ressembler au père. (Mt 5,43, 46) et priorité
de l’amour du prochain sur toutes les observances légales (Mt 9, 13) ou l’amour » Tout
amour nait dans le sang de la rédemption du sauveur, c’est la source de toute richesse
et c’est à partir de cette source qu’il se reprend sur le monde, mais avec une grande
variété d’effets.
De même que dieu a voulu la variété des êtres pour refléter plus splendidement
sa simplicité ainsi dans l’ordre de la grâce, l’Eglise celle d’ici-bas, et plus tard l’Eglise
de cieux sera comme un jardin avec sa richesse, sa variété, ses surprises. 38 C’est sur la
pitié que nous aurons eue pour les malheureux que nous serons jugés au dernier jour
(Mt 25,31). L’amour du prochain est plus fortement accentué que l’amour de Dieu 39
Cependant Jésus insiste sur la nécessité de choisir entre Dieu et monde : on ne peut pas
36
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 117
37
HENRY BARS, Trois vertus –clefs, Foi, espérance, charité, éd Fayard, Paris 1960, p 90.
38
C. Journet, Entretiens sur la charité, p 118
39
H. BARS, Trois vertus –clefs, Foi, espérance, charité P 91.
12
les aimer l’un et l’autre (Mt 5,20). Et il réclame pour lui-même, d’être préféré à qui
que ce soit père, mère, … (Mt, 10, 30). Il accepte l’hommage de l’amour personnel et
rejette un certain utilitarisme de la bienfaisance ( Marc 14, 3)
Dans une circonstance particulièrement publique, rapportée par les synoptiques
avec nuances, Jésus affirme solennellement le double commandement de la loi
mosaïque. Amour de Dieu et du prochain Mais le plus grand enseignement qu’on
trouve dans les synoptiques sur l’amour, c’est Jésus lui-même, sa pitié et sa bonté pour
les hommes, manifestées de toutes façons et sur tout, par sa passion et sa mort,
annoncées, acceptées, endurées.40
CONCLUSION
Dans ce chapitre il a été question de montrer la perfection de la charité dans la
vie des Chrétien. Ainsi, cette vertu de la charité souligne que toute notre attention doit
se porter vers les personnes vulnérables qu’il s’agisse des pauvres, des détenus, des
migrants, des victimes ou des isolés de façon générale (veuves, orphelins, personnes
âgées ou handicapées) et bien sûr des malades. Encore faut-il rappeler que la tradition
40
H. BARS, Trois vertus –clefs, Foi, espérance, charité P 92
13
judéo-chrétienne donnait à l’assistance aux personnes pauvres, malades et vulnérables,
un statut sanctifiant : satisfaire à l’exigence d’aider son prochain menacé et dans la
difficulté était la condition du salut. La charité n’était donc pas un simple devoir moral
mais aussi une démarche spirituelle. La charité chrétienne est ainsi devenue une
véritable institution de l’église au service de la société toute entière.
La perfection consiste, pour un être à rejoindre sa fin suprême, c’est alors qu’il
se parachève, et ce qui nous fait rejoindre à notre fin c’est la charité. La perfection de
la vie chrétienne consistera donc dans la charité, cette vertu qui se jette sur la fin
dernière.