Ecole Nationale d'Ingénieurs de Sfax 2008-2009
Département de Génie Mécanique GEM2
EXAMEN DE MECANIQUE DES SOLIDES
Durée 2H00 - Documents non autorisés
Problème : flexion simple d’une poutre rectangulaire
Une poutre de section rectangulaire de longueur L, de hauteur 2h et d’épaisseur 2b est
constituée d’un matériau élastique homogène et isotrope de module d’Young E et de
coefficient de Poisson n et de limite élastique se. Soit R( O, x1, x2 , x3 ) le repère absolu tel que
O est le centre de la section droite en x1=0 de la poutre (voir figure).
x2
Encastrement
2b
2h O
x1
x1=0 x1=L
x3
Cette poutre est encastrée dans un massif à l’abscisse x1=0. Seule l’extrémité libre en x1=L est
soumise à un chargement. D’autre part, on suppose que les forces de volume sont nulles. On
suppose que l’épaisseur est très faible devant les autres dimensions de la poutre et qu’en
conséquence, on peut faire l’hypothèse d’un état de contraintes planes dans le plan (Ox1x2).
I- Première partie : Calcul de la solution et vérification du torseur des efforts appliqués
Nous adoptons la fonction d’Airy suivante :
F (x1 , x 2 ) =
P æ h2
çç
L x x3 ö
x1 x 2 + x 23 - 1 2 ÷÷ avec I=
(2b)(2h)3 =
4 3
bh .
I è 2 6 6 ø 12 3
1°)- Vérifier que F(x1,x2) est biharmonique.
2°)- Expliquer la signification de cette condition dans un problème d’élasticité plane.
3°)- Déterminer le tenseur de contraintes en fonction des coordonnées x1 et x2.
4°)- Vérifier les conditions aux limites en x2 = ± h.
5°)- Montrer que le torseur équivalent au centre de la section en x1=L est réductible à la
r r
résultante générale R = - P e2 et au moment résultant nul.
II- Deuxième partie : Comparaison avec la théorie élémentaire et calcul de résistance
On peut, compte tenu des résultats de la première partie, considérer que la poutre est sollicitée
en flexion simple et l’on notera alors que l’état de contraintes obtenu est parfaitement en
accord avec la théorie élémentaire des poutres. Il reste à vérifier les conditions aux limites sur
les déplacements et en particulier la condition d’encastrement de la section en x1=0. C’est
l’objectif de cette seconde partie.
6°)- Calculer le tenseur des déformations.
7°)- Déduire les expressions u1(x1,x2) et u2(x1,x2) du champ de déplacement. Montrer que ces
expressions sont fonctions de trois constantes d’intégration qu’on déterminera dans la
suite grâce à la condition d’encastrement.
8°)- Déterminer ces constantes sachant que les conditions aux limites relatives à
l’encastrement concernent uniquement l’origine O et les deux points en x2=±h et sont
données par :
u1(0,0)=0, u2(0,0)=0, u1(0,±h)=0,
9°)- Déterminer alors la déformée de la ligne moyenne de la poutre.
10°)- Déduire la flèche de la poutre (qui est celle de la ligne moyenne) en x1=L et la comparer
à celle de la théorie élémentaire des poutres donnée par :
PL3
u 2 ( L, 0 ) = -
3EI
On demande de donner l’erreur relative (en pourcentage) qu’on commettrait en adoptant
2
la théorie élémentaire si l’on prend n = et h=0.1 L.
5
11°)- Déterminer les points de concentration de contrainte.
12°)- Ecrire en ces points le critère de Tresca et donner la hauteur 2h minimale qui vérifie la
condition de résistance de la poutre.
N.B. : On rappelle que pour un problème d’élasticité plane dans le plan (Oxy), de fonction
d’Airy A(x,y) et en l’absence de forces de volume , le tenseur des contraintes est donné par :
¶2 A ¶2A ¶2A
s xx = , s yy = , s xy = -
¶ y2 ¶ x2 ¶ x¶ y